La Lumière électrique
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- La Lumière Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
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- Lumière Électrique
- Précédemment
- L/Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. D’ARSONVAL A. BLONDEL Eric GERARD
- PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE, 1NGÉN. EN CHEF DES PONTS ET CHAUSSÉES, DIRECTEUR DE L’INSTITUT
- MEMBRE DE L’iNSTITUT P1’ A l/ÉCOLE DES PONTS ET CHAUSSÉES ÉLECTROTECUNIQUE MONTEFIORE
- M.LEBLANC
- ANCIEN PROFESSEUR A
- l’école supérieure des mines
- G. LIPPMANN
- PROFESSEUR A LA SORBONNE, MEMBRE 1)E L’iNSTITUT
- D. MONNIER H. POINCARÉ
- PROFESSEUR A l/ÉGOLE CENTRALE MEMBRE DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES DES ARTS ET MANUFACTURES ET DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE
- vW*^\/W\AA/WWV^
- A. W1TZ
- Dr DE LA FACULTÉ LIBRE DES SCIENCES 1)E LILLE, MEMBRE CORR1 DE L’iNSTITUT
- REDACTEUR EN CHEF :
- R. CHASSERIAUD, Ingénieur, ancien élève de l’École Polytechnique et de PÉcole Supérieure d’Électricilé.
- TOME XIV (a* Série)
- 2° TRIMESTRE 191!
- ADMINISTRATION et RÉDACTION
- l42, RUE I) E RENNES, l42
- PARIS VIe
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- Trente-troisième année. SAMEDI 8 AVRIL 1911. Tome XIV (S« série). — N‘ 14
- ——~ i-«-f-r-^«~ir^i~»'^i~i~r^nnnjnjVTrwvriruTrayy^v^v2rM~vvyTryyyyyyyyyM'e~M~^M^wvM<jwMtj'WMMMMiswMMMMMMy^
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est [interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 5. — F. Leprince-Ringuet. La mise du point neutre à la terre et le contrôle permanent des isolements dans un réseau à courant alternatif [suite et fin), p. 7. —J. Reyval. Moteurs mono-.phasés à collecteur à vitesse pratiquement constante, p. i3.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Contacts électriques efficaces sans pression, G. Lippmann, p. i5. — Potentiel de décharge dans le champ magnétique, M. Gouy, p. i5. — Recherches sur la constitution de l’étincelle électrique, E. Caudrelier, p. i5. — Etude, construction et essais de machines. Enroulement eu parallèle double avec connexions équipotentielles, F. Punga, p. i5. — Arcset lampes électriques. Quelques travaux récents sur l’éclairage électrique, p. 17. — Transmission et distribution Nouveaux modes de construction des redresseurs à vapeur de mercure, W. Heciiler, p. 18. — Sur l’installation des tableaux de distribution, W. Fuiirmann, p. 20. — Transport de force à haute tension aux Etats-Unis : Transmission d’énergie à 100 000 volts au Colorado, p. 21 ; Transport de force à 135 000 volts au Michigan, p. 22. — Télégraphie et téléphonie sans fil. L’excitation par chocs; nouvelles expériences, B. Gi.atzel, p. 23. — Nécrologie, p. 24. — Législation et contentieux. Chronique de législation industrielle : Législation des chutes d’eau en Autriche, P. Boucault, p. 24. —Variétés. La charge électrique des pluies, p. 27. — Bibliographie, p. 27. —Brevets. Procédé de démarrage et de réglage de vitesse des moteurs à courant alternatif, p. 28. — Chronique
- industrielle et financière. — Etudes Economiques, p. 29. — Renseignements commerciaux, p. 3i.— Adjudications, p. 3i.
- ÉD1T0RIAL
- Gomme nous le disions il y a une semaine, l’étude de M. Leprince-Ringuet sur la mise à la terre du point neutre dans les installations à courant alternatif et le conlrô ’e permanent des isolements comporte des conclusions très concrètes. Ces conclusions, on les trouvera dans le numéro actuel, sous la forme d’exemples d’applications expérimentales des méthodes que l’auteur a étayées sur ses calculs antérieurs.
- Les mesures faites sur des installations existantes, notamment aux mines de Lens, ont montré que de simples mesures de voltage, faites avec des appareils d’une résistance
- de quelques milliers d’ohms, permettent de fixer le critérium du danger couru par le personnel.
- L’auteur estime, par conséquent, que ces mesures devraient se substituer aux prescriptions qui limitent le courant de fuite.
- Enfin, pour la question si débattue de l’isolement du point neutre, M. Leprince-Ringuet conclut qu’il est en somme, sous certaines réserves expressément indiquées, digne d’être recommandé.
- Les moteurs monophasés à collecteur, dont le grand avantage est de pouvoir dé-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2® Série). — N® 14.
- marrer en charge avec un couple assez puissant, ne possèdent pas, en général, les propriétés des moteurs asynchrones au point de vue de la variation relativement faible de la vitesse de ces derniers avec la charge.
- M. Niethammer signale cependant qu’un moteur, muni de deux lignes de balais perpendiculaires, réunit les qualités des moteurs série ou à répulsion, au point de vue du démarrage, et celles des moteurs asynchrones au point de vue de la constance pratique de la vitesse en marche normale.
- L’abondance des documents originaux que nous ayons publiés, dans ces derniers mois, nous a contraints de remettre quelque peu l’analyse d’un certain nombre de travaux théoriques ou d’un caractère général présentés à l’Académie des Sciences.
- Les contacts sans pression, signalés par M. Lippmann, font l’objet de l’une des plus intéressantes de ces communications.
- De même, nous avons rassemblé ensuite les résultats essentiëls de quelques travaux-relatifs à Véclairage électrique. Les uns sont de purs travaux de laboratoire, comme ceux qu’a synthétisés M. Hovvell, dont nous donnons la remarquable loi concernant la durée dévie des lampes à incandescence; d’autres sont déjà de réalisation industrielle.
- Entre les deux, signalons l’intéressant arc tungstène-mei’cure, récemment présenté à l’Académie.
- L’emploi des connexions équipotentielies dans les enroulements à courant continu pour réduire la tension entre les lames du collecteur, surtout dans les machines à grande vitesse, a, de tout temps, préoccupé les constructeurs, et de nombreuses solutions ont été proposées dans ce but.
- M. Punga préconise l’emploi d’un enroulement en parallèle double avec connexions équipotentielies situées de part et d’autre de l’induit et reliées entre elles par un nombre restreint de conducteurs inactifs traversant celui-ci. Ce dispositif présente, d’après l’au-
- teur, l’avantage de réduire exactement de moitié la tension maxima par section; d’autre part, étant donné le nombre restreint des conducteurs auxiliaires qui traversent l’induit, la présence de ceux-ci n’augmente pas sensiblement la self-induction de l’induit; cet enroulement permettrait, par suite, d’obtenir une commutation satisfaisante, même dans les moteurs à vitesse variable, sans qu’il soit nécessaire de munir ceux-ci de pôles auxiliaires.
- Les qualités et les défauts des redresseurs à vapeur de mercure ont fait l’objet d’une intéressante conférence de M. Hechler, au cours de laquelle l’auteur a présenté des courbes et des oscillogramrnes que nous reproduisons.
- M. Fuhrmannémet quelques réflexions sur l’appareillage et l’installation des tableaux de distribution. En particulier, il n’est pas d’avis de les placer sur une galerie surélevée.
- Deux importants transports de force à haute tension (ioo ooo et i35 ooo volts respectivement) réalisés aux Etats-Unis offrent, aux constructeurs eui’opéens, des exemples intéressants de hardiesse et de simplicité : ce sont, d’une part, la transmission de là Central Colorado Power Company, dont nous décrivons aujourd’hui l’usine génératrice de Boulder et, d’autre part, le transport d’ « Au Sable » à Flint et Battle Creek. Ce dernier a fait l’objet d’études préparatoires très complètes sur les pertes par fuites et par ellluves. Selon le système américain, il sera peut-être entièrement dépourvu de parafoudres.
- Dans sa Chronique de législation industrielle, M. Bougault se propose de passer en revue la législation des chutes d’eau en Europe.
- Notre distingué collaborateur étudie aujourd’hui la législation autrichienne et la compare à la nôtre.
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- 8 Avril 1911.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- LA MISE DU POINT NEUTRE A LA TERRE ÉT LE CONTROLE «PERMANENT DES ISOLEMENTS DANS UN RÉSEAU A COURANT ALTERNATIF
- [Suite et fin.)w
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- APPLICATIONS
- I. — Détermination de la limite supérieure du
- COURANT DE FUITE ET APPRÉCIATION DE LA SÉCURI TÉ PAR UNE SIMPLE LECTURE DE VOLTAGE.
- On peut apprécier le danger d’une installation par une simple mesure de voltage.
- Il suffît de se reporter à l’équation (2 bis), dans laquelle Vf représentera le voltage mesuré et V'j la tension qui s’exercerait sur un individu se mettant en contact avec un pôle et présentant une résistance ohmique :
- voltmètre est notablement plus grande que la résistance de l’individu, il suffit de lire le voltage du voltmètre pour avoir une limite supérieure de la tension à laquelle il est exposé.
- Comme la résistance du corps humain est relativement faible, il est facile de disposer d’un voltmètre à résistance plus grande ; l’approximation sera d'autant meilleure que-la résistance de l’appareil sera plus voisine de celle à comparer et sa self-induction plus faible (‘).
- R' = /•, avec costp' — 1 et sintp'o. Si je pose :
- Xi
- v,
- m,
- m est de la forme :
- m =
- T + --+P P P
- 4 + £ + P'
- P P
- avec
- a =
- R ’
- cos^cp asincpcoscp i P = "Ri r ^
- P' — 75 + Ip-
- II. — Application pratique a la mesure
- DE LA RÉSISTANCE ET DE LA CAPACITÉ.
- i° Cas cl' appareils sans self-induction.
- Je supposerai d’abord que l’on a affaire à des appareils de mesure pour lesquels
- COS = I.
- S’il en est ainsi, les équations (17) ou (18) deviennent :
- (!) Lorsque les valeurs de p et de y sont très grandes par rapport aux résistances de l’appareil de mesure et du corps humain, on a approximativement :
- La discussion analytique de cette formule montre, en particulier, que toutes les fois' R.
- que -----— 7> l'c’est-à-dire que la résistance du
- cos2©
- cos2<p
- et les indications de voltage demeurent proportionnelles à la résistance intercalée. Mais, en général, il n’en est rien, et l’on ue saurait se contenter de celle approximation.
- (•) Lumière Electrique, ier avril 1911.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Série).—N»44.
- a) S’il xl’y a pas de capacité, on trouvera immédiatement :
- p = R(v//«— i).
- L’erreur commise sur p sera proportionnelle à celle commise sur y/m — 1 ; comme on a :
- m — i y/ m -f- i et
- SV,2
- v* 4- vN2----î-
- on vdit que, V pouvant varier au cours des mesures, m — i peut être assez incertain s’il est faible. Il y a donc avantage à faire les mesures avec un appareil ne présentant pas une trop grande résistance ; par contre, comme cet appareil donnera alors de faibles voltages, il faudra que l’on jouisse lire facilement ces faibles voltages.
- b) S’il y a une capacité, l’emploi de deux voltmètres donnera les relations qui font connaître p et y (*)•
- Pour avoir une valeur précise de p, il faut, moins encore que dans le cas précédent, commettre des erreurs sur m — i et sur m'— i. Il faut donc que les deux voltmètres aient des résistances relativement faibles par rapport aux quantités à mesurer, quoique
- y m
- ou :
- et
- et
- (*) On a :
- w(? + ?) = (p+ s) + ?
- {? + Ÿ2) ("' ~ 0 = R (r + ï) '
- {?+ I)= R1 (W+ ?)•
- Relations d’où l’on déduit :
- _ a RR' [R (ni — i) — R' (m — i )]
- P — R'2(,n'_ ,)_ R2(„, _ ,)
- N
- 1 1 _ R' — R
- ^ + ÿi ~ RR’[R(W — ij— R'(m' — 1)]’
- (a3)
- (M)
- très différentes l’une de l’autre, et •‘qu’ils soient lisibles pour de faibles voltages (l).
- 20 Corrections nécessitées par la self-induction des appareils.
- Il est important de se rendre compte du degré d’erreur que l’on peut commettre en négligeant la self-induction des appareils ou en commettant une erreur sur sa valeur.
- On fait le calcul par la formule :
- “ l} (£ + f») = ÏÏ5 + ÏÏ? . alors que, en réalité, on a :
- fi i\ cos2(f 2 cos2 (p asincpeos©
- RT
- La valeur que l’on devrait prendre est
- (') Calcul de m.
- Si l’on peut mesurer le voltage du point neutre, on a :
- V2
- svp
- n
- Vn2 ’
- Si l’on ne peut pas le mesurer, on le calcule, dans le cas du système triphasé, par l'équation (<g), qui devient en posant.
- 3 V2 t i8V’>
- SVP ~ X Gt 2(VP — VP)2 — 1
- Y2
- m
- X + ‘
- et admet comme solutions :
- De ces deux solutions, il faut prendre la plus petite, car si, par exemple, les résistances et capacités de chaque pôle sont voisiues, les voltages trouvés sont nécessairement voisins, Vji e^t nul, Y est très grand par rapport
- Y2
- à X; l’une des valeurs de m teud vers —,l’autre vers X, comme cela doit être.
- On écrira donc :
- Y2
- aX
- (25)
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- donc mx au lieu de m et l’on voit que l’on a :
- (mi — m)
- sin2 9 , 2 sin2 “ R2
- 2 sin 9 costp
- RŸ
- On a donc toujours mx > m.
- Au lieu de p et de y les valeurs calculées par (23) et (24) sont p'et y.
- Posons :
- sin*tp ( \ , a\ , asinipcos<p a \
- ~w\n + p)+ rÿ ~ ïïï
- > (26)
- sin2<p' ( 1 , i\ | ïsintp costp'_ a' \
- “Rr\R7+ pj "* R^Ÿ “R72)
- On trouve que l’on a :
- R' — R
- On aurait pu calculer directement les valeurs exactes de^- -j-—„et de p par des équa-P Y
- tions du second degré, mais ces équations sont assez compliquées et il est plus rapide, en général, de les tirer des équations (27) et (28), en partant de valeurs approximatives de a et à', puis en remplaçant successivement dans le second membre les valeurs de p et de y par les chiffres de plus en plus approchés obtenus : ce mode de calcul permet de se rendre compte immédiatement des termes négligeables et de ceux qui ne le sont pas.
- Le calcul montre que la correction relative à.
- apporter à
- â ~1---7ï est égale,d’après (27), à
- RR' R'—R
- [sin,‘'(s+;)+
- 2sincpcosc
- Elle sera en général faible, en choisissant deux appareils dont les résistances soient très différentes et dont les sin 9 ne soient pas très grands. Dans ce cas, c’est le dernier
- terme qui prédomine, et il y a avantage à faire R et R' petits. La correction relative est d’ailleurs facile à effectuer dès que l’on connaît approximativement sin 9, sin 9' et y.
- Par contre, l’erreur commise sur p dépend, principalement, d’après (28), de l’expression p [a — a') . ,
- r(R>'—R) <ïul est esale a :
- -^-^[sin29(p+2R)-f-2sin9COS9^—sin*9'...J.
- Le terme en sina9 pourra être important si p est très grand vis-à-vis de R et si sin 9 est grand; mais en choisissant sin 9 suffisamment faible, le terme sera faible. Quant au
- terme —-----— - sin 9 cos <p, il est plus élevé
- R — R y
- pour l’appareil dont la résistance est la plus
- élevée, et il peut être très grand si - est
- Y
- grand, c’est-à-dire que l’erreur relative com-
- • ï r
- mise sur p augmente avec le rapport — •
- On ne pourra mesurer la résistance d’une ligne présentant une forte capacité que si l’on connaît très exactement la self-induction des appareils de mesure.
- 11,
- Par contre, 1 erreur sur étant, comme
- c y
- on l’a vu, relativement négligeable, on aura :
- dy dp Y3 P3
- ou:
- dy___. y2dp
- y ~ p8
- R y
- R^ZRpSmcpcos9.
- dans le cas où les termes en sin2 9 peuvent être négligés (*).
- (*) Calcul exact de p et de y.
- Le calcul exact de p et de Y se fait à l’aide des relations :
- K—')(£ + £)
- coss9 , acos29 2 sin 9 cos 9
- — “rT + HRp RŸ
- cos29' , 2 cos29' 2 sin 9'cos 9'
- - R y
- (29i
- Ces relations permettent de calculer - et - .en fonction
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- • 10
- Diverses applications.
- Application à la mesure précise des self-inductions. — Il résulte de ce qui précède que la méthode permet de déterminer avec une très grande précision la self-induction d’un appareil en l’intercalant sur une ligne à forte résistance et forte capacité et en le comparant à un appareil de self-induction connue.
- Application à la mesure des capacités. — Il en résulte également que l’on peut aisément mesurer en marche la capacité d’une ligne présentant une forte résistance.
- Mesures des résistances et capacités de chaque pôle. — Les formules 20, ai et 22 donnent le résultat sans difficulté.
- III. — Exemples d’applications expérimentales.
- i° Les mines de Lens se servent depuis plusieurs années d’un voltmètre électromagnétique d’une impédance de 8000 ohms pour lequel cos f — 0,947, pour mesurer les tensions de leurs circuits du fond par rapport à la terre. — Les voltages donnés par cet appareil sont toujours supérieurs à ceux qui s’établiraient à travers un individu et donnent, par conséquent, une assurance de sécurité tant qu’ils ne dépassent pas,* par exemple, 76 volts.
- 20 J’ai procédé, tant aux mines de Liévin qu’aux mines de Lens qui ont bien voulu
- de -5+ -5 P* Tf2
- — X, qui sera donné par l’équation suivante :
- (/;2-j-//2tg2<ptg2(p')a::l—a;r[2(tg<p—tg<p')2-|-ai>-|-a'&'tg2<p tg2<p']
- —|— <»2 —J— «'2 tg2 <p tg2 <p' — o. (3o)
- qui se résout facilement.
- Dans cette équation on a posé, en outre :
- 1 1 11,
- R R5 U' R tgtp — IV tg<p' ~~ “ ’
- R(m— i)__R'(m'—1)_^ R(m — 1) R'(m'—1)_
- cos2<p cos2ç' ’ sincpcostp sintp'cosip' ‘
- Ce mode de calcul servira dans tous les cas où les expressions (27)et(a8)ne donneraient pas iine approximation suffisamment rapide.
- prêter leur concours à cet effet, à des mesures avec plusieurs appareils sur différents circuits souterrains et au jour. Ces vérifications ont surtout servi à se rendre compte des difficultés pratiques d’application de la méthode et de la nécessité de choisir des appareils appropriés; elles ont eu aussi l’avantage d’attirer l’attention sur un certain nombre de circonstances qui avaient échappé à première vue.
- L’installation souterraine de la fosse 3 de Liévin comporte un réseau d’éclairage sous tubes métalliques, de 5oo mètres environ d’étendue et une pompe de yS chevaux ; le tout est alimenté par untransformateur de 100 KVA, sous i3o volts, 5o périodes.
- Des mesures directes en courant continu ont donné les capacités suivantes : pour le transformateur, 0,21 ; pour la ligne, 0,37 ; pour le moteur 0,06 microfarad. Le système transformateur-ligne donne :
- Y =
- 10®
- 0,88 X 3i4
- = 3 600 ohms
- chiffre très faible ; la résistance d’isolement a été trouvée égale à 78 000 ohms.
- Les appareils qui ont servi à faire les mesures en marche sont:
- i° Unohmmètrede i5o volts, 10000 ohms installé à demeure comme aux mines de Lens.
- 20 Un électrodynamomètre de précision de i3o volts, 1 924 ohms.
- 3° Un voltmètre électromagnétique découplage de 3o volts, 35o ohms, cos y = 0,746.
- 4° Un voltmètre calorique de précision Hartmann et Braun, de i5o volts, pour la mesure du voltage entre phases et pour la comparaison des autres appareils au point de vue des corrections à apporter à leurs indications et de la détermination de leurs cos ip.
- Le cos <p des deux premiers appareils est très voisin de l’unité et n’a pu être mesuré avec une précision suffisante pour fournir une valeur exacte de sin f. Or l’ohmmètre ayant une résistance bien supérieure à l’inverse de la capacité à mesurer, une erreur relative
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- REVUE D'ELECTRICITE
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- importante sur sin 9 entraîne une erreur considérable sur 9. Sin 9 peut très bien être calculé, au contraire, de manière à ce qu’il conduise aux mêmes valeurs de p et de y que celles données par les deux autres appareils.
- Les mesures faites, corrigées des erreurs instrumentales, sont les suivantes :
- I II III
- V, 76,2 3o,6 8,i5
- V, 64,6 25,8 6,88
- V3 63,4 23,3 6,60
- V v/3 i3o,75
- D’où l’on déduit :
- 3 V2 SV,2 7 >64 109
- S(V,2 — V22)2 IOO 3 670 660 000
- 0,24 6,76 X IO
- Si l’on se reporte à la formule (18), qui peut s’écrire :
- 1 , cos2 9 ! 2 cos2 9 2 sin 9 cos 9
- R2 ' Rp Rÿ ’
- on constate que l’erreur commise sur [m — 1) a une grande importance. Donc, pour deux raisons, l’ohmmètre ne se prête pas à la mesure ; il a une résistance intérieure trop élevée et les voltages qu’il indique sont trop
- ... V
- voisins de .
- >/3
- Si l’on fait cos 9 = 0,995 pour l’ohmmètre et pour l’électrodynamomètre, on trouve que la formule |(i8) est satisfaite avec p= 78000 ohms avec les valeurs respectives suivantes de y :
- 1 n m
- Y (ohms) 5 200 5 100 5 200
- Si l’on fait une erreur de + 1 % sur cos 9 dans I, II et III, 011 trouve pour y respectivement :
- 4 35o 4900 5 i5o
- ce qui montre clairement que le cos 9 de l’ohmmètre peut être déterminé avec précision en connaissant mal celui des autres appareils à moindre résistance et que la capa cité peut, au contraire, être exactement déterminée avec ces derniers appareils.
- On remarque encore que la capacité en alternatif n’est, dans ce cas, que la fraction 3 600
- g 2Qt> = 70 % de celle en continu, ce qui
- montre que les mesures qui peuvent être effectuées en continu sont, à cet égard, incomplètes ; le résultat tient à l’hystérésis du pouvoir inducteur spécifique et donne un moyen très simple de mesurer ce phénomène.
- Parmi les expériences faites à Lens, je signalerai celles effectuées au carreau de la fosse 12 bis. L’installation, sous 200 volts, 5o périodes, fil neutre, ne comporte que deux installations d’éclairage entre neutre et phases, l’une de 100 mètres de fil aérien, l’autre de 120 mètres de fil torsadé à l’intérieur en bâtiment; un radiateur triphasé, et un moteur de treuil qui a été débranché pour les essais.
- En continu, on avait trouvé une résistance de plus d’un mégohm sur les différents circuits, sauf sur la canalisation de fil torsadé qui avait donné i5 000 ohms.
- Les mesures ont été effectuées avec trois appareils :
- i° Un électrodynamomètre de 200 volts, 7 575 ohms, cos 9 = 0,95 ;
- 20 Un voltmètre calorique Hartmann et Braun de i5o volts, 666 ohms;
- 3° Un milliampèremètre Hartmann et Braun de 60 milliampères et 83 ohms.
- Les mesures faites sont indiquées dans le tableau I (les milliampères transformés en volts).
- Les voltages Vj, VN qui n’avaient pas été mesurés dans les appareils II et III ont été calculés proportionnellement aux indications de l’appareil I.
- Les indications des appareils I et HI permettent de calculer p.
- En adoptant la même valeur de p, les me-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- sures II donnent une valeur de y un peu différente des autres ; mais les lectures faites avec cet appareil étaient très incertaines,
- Tableau I.
- I II III
- V, 10 » ))
- v2 86 12 1 j 49
- V3 93 v 15 i,54
- VN 42 » 0,7*
- vv/3 2Vta 200 (non mesuré) 3620 88 1 ,o3
- m— i 2 , l3 128 I I ,000
- comme le montre la différence entre les 12 i5 .
- rapports gg • On trouve ainsi : p=i4 ioo
- ohms, très voisin du chiffre obtenu en courant continu, et
- y (ohms) 11 8oo g 6oo 1i 8oo
- La capacité correspondante est de 0,27 microfarad.
- Au premier abord, il était singulier de trouver une telle capacité dans un réseau si peu étendu et sans câble armé. Mais l’explication en était simple : le fil torsadé sans caoutchouc était fixé le long d’un mur humide et la même raison qui en faisait tomber l’isolement lui donnait une capacité considérable, puisque l’extérieur d’un diélectrique très mince se trouvait mis au potentiel de la terre.
- IV. — Résumé.
- Ces quelques exemples suffisent pour montrer que les mesures effectuées sur les réseaux alternatifs en marche, tout en étant d’une grande facilité d’exécution, fournissent des indications précieuses sur l’état des réseaux et attirent l’attention sur des phénomènes qui passeraient facilement inaperçus, comme certains phénomènes de capacité.
- Dè simples lectures de voltage faites avec des appareils d’une résistance suffisante, de 7 Soo ohms, par exemple, donnent toute sé-
- curité quant au danger des personnes. Elles peuvent et elles devraient se substituer à la règle qui est prescrite par plusieurs associations techniques, qui impose la limitation du courant de fuite à 10 milliampères, par
- exemple, ou à —-—‘du courant total, sans 1 10 000
- donner, d’ailleurs, le moyen d’évaluer ce courant de fuite, et sans que cette évaluation fournisse la moindre indication, ni du danger pour les personnes, ni de l’état des isolements.
- Si l’on veut faire des mesures plus précises, on a tous les éléments pour déterminer les résistances et les capacités, mais il faut que les appareils soient appropriés à ce genre démesures. Il faut, à cet effet, que leur résistance soit aussi faible que possible par rapportaux grandeurs à mesurer; par exemple, deux appareils de 100 et 5oo ohms donneront de très bons résultats jusqu’à des résistances d’isolement et de capacité de l’ordre de 2 000 ohms et, dans ces conditions, leurs indications de voltage seront au plus de l’ordre du tiers du voltage du réseau par rapport au point neutre. Ainsi, pour un réseau à 200 volts entre phases, il faudra des appareils gradués et bien lisibles sur 4° ou 5o volts. Gomme tous les calculs portent sur le carré des voltages, ces appareils devront être gradués en V2, ce qui est du reste la graduation naturelle en alternatif. Pour la commodité des calculs il est avantageux que le cos <p de ces appareils soit voisin de 1 et il doit être en tout cas déterminé à l’avance.
- Si l’on veut se servir des méthodes indiquées pour faire des études ou des déterminations précises de capacités de câbles en courant alternatif, il suffira que les câbles à essayer aient une bonne résistance d’isolement ; si l’on veut déterminer avec une grande précision la self-induction d’un appareil de mesure, il suffira d’expérimenter cet appareil sur un réseau dont la résistance de capacité soit notablement plus faible que l’appareil à essayer.
- Pour en revenir enfin à la question de
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- l’isolement du point neutre, on doit conclure de l’étude qui précède qu’il présente moins de dangers pour la sécurité des personnes que sa mise à la terre, toutes les fois que l’installation n’est pas sujette à de fréquents dérangements, à condition de procéder régulièrement, tous les jours par exemple,à la lecture des voltages entre phases et terre au moyen d’un appareil d’au moins 7 5oo ohms de résis-
- tance, et de mettre le neutre à la terre ou de faire les réparations utiles dès que le voltage indiqué montera au-dessus de 75 volts. On pourra ainsi exploiter des réseaux, sous 200 volts notamment, avec les avantages simultanés du voltage élevé et du point neutre isolé.
- F. Lephince-Ringuet,
- Ingénieur au Corps des Mines.
- MOTEURS MONOPHASÉS A COLLECTEUR A VITESSE PRATIQUEMENT CONSTANTE
- Le moteur monophasé à collecteur a surtout trouvé son emploi jusqu’ici dans les chemins de fer électriques et dans la commande des appareils de levage industriels pour lesquels un moteur à vitesse variable était préférable; cependant pour certains services tels que les ascenseurs et les chemins de fer de montagne, il serait avantageux de posséder un moteur dont la vitesse angulaire restât sensiblement constante à toutes charges.
- Fig. 1.
- Dans une étude documentée M. F. Nietham-mer (‘) a passé en revue quelques procédés employés industriellement dans ce but. Les renseignements qu’on va lire sont tirés de cette étude.
- Sil’on munit un moteur monophasé à collecteur, possédant un induit à courant continu, de deux lignes de balais en court-circuit, perpendiculaires l’une à l’autre (lig. 1), on obtient un moteur dont
- le fonctionnement est analogue à celui d’un moteur asynchrone monophasé, presque synchrone à vide, et dont le glissement en charge n’est que de quelques pour cent; ce moteur peut en outre fonctionner en génératrice hypersynchrone. Mais son couple de démarrage est nul; on devra donc le faire démarrer en moteur à répulsion, c'est-à-dire avec une seule ligne de balais en court-circuit et ne mettre en court-circuit la seconde ligne que lorsque la vitesse atteindra son régime normal se rapprochant du synchronisme. Il prend naissance un flux <t>y perpendiculaire au flux principal ‘ï’œ (fig. 1), et dont la valeur est approxima-
- fr
- r
- tivement /"étant la fréquence du réseau,
- et fr = g- la fréquence des courants induits.
- Mais le cos cp d’un tel moteur est médiocre ; on peut l’améliorer et le rendre pratiquement égal à l’unité en reliant les balais de la seconde ligne à un second enroulement inducteur. La General Electric C° (Etats-Unis) construit de petits moteurs de 1/2 à 5 chevaux, basés sur ce principe, mais dans lesquels l’enroulement inducteur supplémentaire est simplement constitué par une partie de l’enroulement inducteur principal que l’on relie simplement à la deuxième ligne de balais.
- On ne peut régler la vitesse du moteur de la figure 1 en agissant sur le stator, mais on peut parvenir à ce résultat à l’aide d’un transforma-
- C) Elektrotechnik und Maschinenbau,3 juillet 1910.
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- teur relié aux balais principaux: le primaire de ce transformateur est branché sur le circuit d’alimentation et il suffît de prendre un nombre de spires variable sur le secondaire, qui est relié aux balais; on peut aussi insérer des selfs ou des résistances dans les connexions entre balais ; on arrive ainsi à réduire la vitesse d’environ 5o % .
- Arnold et Lacour emploient un dispositif analogue à celui de l’inducteur supplémentaire, dans lequel ils font varier la vitesse en modifiant le nombre des spires de cet inducteur supplémentaire.
- Fynn emploie une disposition analogue (fig. a).
- Fig. 2.
- Le moteur démarre en moteur à répulsion, les interrupteurs Aj et A2 étant ouverts et le commutateur H étant amené progressivement de i à 3 ; on ferme ensuite A, et A2 et on place H dans la position 4» ce qui correspond à la marche normale; le commutateur U sert à l’inversion du sens de marche. La société Alioth de Bâle cons-
- Fig. 3.
- truit des moteurs de ce type pour des puissances de 1/2 à 18 chevaux (en service permanent) à des vitesses variant, selon le type, de i5oo à 775 tours par minute à vide, c’est-à-dire de 14/^720 tours à pleine charge ; le cos <p de ces moteurs varie de
- 0,9a à 1 et leur rendement de 58 à 82 %.
- Afin d’éviter les étincelles aux balais sur les moteurs d’une certaine puissance,'"Fynn met en série avec la bobine auxiliaire S3 un rhéostat W que l’on met progressivement en court-circuit lors du démarrage ; en outre, un enroulement auxiliaire triphasé, dont les bobines R4, R2, R3, sont reliées à des bagues h, est ouvert au moment du démarrage et mis en court-circuit en marche normale (fig. 3).
- Fig. 4- Fig. 5.
- Si l’on relie les balais de la seconde ligne au secondaire d’un transformateur dont le primaire est alimenté par le réseau, on obtient un moteur à caractéristique shunt.
- Fraenkel emploie un dispositif mixte et arrive ainsi au moteur représenté par la figure 4.
- La société Lahmeyer de Francfort emploie le dispositif de la figure 5; l’interrupteur S, ouvert au démarrage, est fermé à une certaine vitesse
- fi-----*
- ---------------
- Fig. 6.
- par un régulateur à force centrifuge ; le moteur fonctionne alors à une vitesse sensiblement indépendante des variations de la charge.
- Enfin l’A. E. G. Union a adopté, pour ses moteurs W E, la disposition de la figure 6 ; l’interrupteur S est ouvert au démarrage et fermé en marche normale.
- J. Reyval.
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- Extraits des publications périodiques
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Contacts électriques efficaces sans pression. — G. Llppmann.— Comptes rendus, 5 décembre 1910.
- Un courant électrique de faible tension ne peut traverser le point de contact de deux conducteurs quand ceux-ci n’appuient pas bien l’un sur l’autre : une pression est nécessaire. Mais un contact sans pression peut exister entre un métal et un électro-lyte.
- On a de bons résultats en constituant l’une des électrodes par une bande de papier imbibée d’une solution de chlorure de calcium et posée sur du verre, l’autre électrode pouvant être une simple feuille d’or battu. De même, le contact sans pression entre deux fils d’argent amalgamés est efficace, tandis que le contact platine mercure ne l’est pas.
- Th. S.
- Potentiel de décharge dansle champ magnétique.— M. Gouy. — Comptes rendus,S décembre 1910.
- Le passage des faisceaux magnéto-cathodiques dans une ampoule fait apparaître deux cathodes supplémentaires aux environs de la principale ; celles-ci font baisser le potentiel de décharge, mais on évite leur production en doublant l’ampoule d’une garniture cylindrique en feuille de métal, formant anode, perpendiculaire au champ magnétique. Au même point de vue, la cathode unique peut être formée de deux boules en contact, ou de fils perpendiculaires au champ.
- Dès lors, on peut conclure des expériences que « le champ multiplie le potentiel de décharge par un facteur d’autant plus grand que le faisceau magnéto-cathodique est plus raccourci. »
- On peut facilement ainsi doubler le potentiel. Une expérience de sondage dans le faisceau tend à prouver la richesse de celui-ci en ions positifs.
- Th. S.
- Recherches sur la constitution de Vétincelle électrique. — E. Caudrelier. — Comptes rendus, 20 mars 1911.
- Les observations faites par M. Caudrelier ont porté sur l’influence de Tipnisation initiale de l’air
- sur la rupture de l’étincelle de décharge des transformateurs. L’expérimentateur a opéré sur deux éclateurs identiques en les mettant sucessivement dans des conditions différentes. Il a pu ainsi remarquer les faits suivants.
- Quand l’une des étincelles est soufflée avec l’air puisé dans la salle et l’autre avec un courant d’air traversant au préalable un vase dans lequel brûle un arc au charbon, on n’observe aucune différence dans l’aspect des étincelles ni dans l’écartement des traits lumineux. Même résultat négatif quand l’arc est remplacé par un pulvérisateur qui surcharge le courant d’air de vapeur d’eau ou de liquides conducteurs, ainsi que dans le cas où, au-dessous de l’étincelle de l’un des éclateurs, est disposé un bec Bunsen à flamme écrasée par du papier d’amiante.
- Ces expériences ont été effectuées dans des limites de température comprises entre 170 et ioo°.
- Enfin si on laisse libre la flamme du bec Bunsen, l’influence de cette flamme se traduit par une augmentation très marquée du nombre de traits lumineux dans l’étincelle, augmentation qui dure jusqu’à ce que l’intensité du courant dans le secondaire du transformateur ait atteint une valeur déterminée.
- Th. S.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Enroulement en parallèle double avec connexions équipotentielles. — F. Punga. — Elek-trotechnik und Maschinenbau, Ier janvier 1911.
- L’auteur décrit un nouvel enroulement à connexions équipotentielles qui lui est dû, et dont le but est de réduire dè moitié la tension par section de l’induit et par suite la tension entre les lames du collecteur; cet avantage est particulièrement intéressant pour les moteurs à courant continu à grande vitesse dans lesquels, même en cas de commutation satisfaisante, des crachements périphériques nuisibles à la
- bonne conservation du collecteur et dé l’induit
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- peuvent se produire, par suite d’oscillations subites de l’intensité ou de l'arrachement de particulës de charbon provenant des balais; à plus forte raison, lorsque la commutation n’est pas parfaitement satisfaisante, le danger de crachements périphériques est encore plus grand.
- Si l’on considère une section formée de deux conducteurs, la tension aux bornes de cette section sera, en désignant par Bmax l’induction maxima dans l’entrefer, par v la vitesse périphérique en centimètres par seconde, et par l la largeur du fer de l’induit :
- Omax — Bmax a/. 10 ® volts.
- Si Bfflax — 7 ooo ; v = 6 ooo centimètres par seconde ; l =. 5o centimètres, la valeur de la tension par section sera :
- Omax = 4» VOltS.
- Or, la puissance maxima de la machine est intimement liée à la valeur de la tension moyenne par section, ainsi que l’a démontré M. Pohl.
- En outre, dans une machine non pourvue d’un enroulement compensateur, les ampères-tours de l’induit produisent une déformation du champ qui a pour résultat d’augmenter de 20 à 3o % , entre la marche avide et la pleine charge, la tension maxima par section pour une même valeur de la tension aux bornes de l’induit.
- Dans les moteurs à vitesse variable, par exemple les moteurs de trains de laminoirs, cette augmentation est encore bien plus sensible. Si la vitesse varie, par exemple, dans le rapport de 1 à a, la tension maxima par section dépasse souvent à pleine vitesse le double de sa valeur à vide.
- De nombreux procédés ont été proposés pour réduire de moitié la tension par section.
- Fig. 1.
- Elihu Thomson reliait le milieu de chaque section à des lames auxiliaires du collecteur intercalées entre les lame^ principales au moyen de connexions traversant l’induit (fig. 1). Ce procédé réduisait do moitié la tension par section, mais il présentait, d’après l’au-
- teur, l’inconvénient de rendre la commutation moins bonne, à cause de la trop grande seljf-induction des connexions auxiliaires.
- M. Pohl a remédié à cet inconvénient en réunissant les connexions auxiliaires par faisceaux (fig. a).
- D’autre part M. Walker réunissait à chaque lame auxiliaire un point pris au milieu de l’induit (fig. 3).
- Fig. a.
- L’auteur estime que les connexions auxiliaires sont trop nombreuses dans les deux premiers procédés, et que la réalisation des connexions, d’après le troisième, présente des difficultés pratiques. En outre, d’après lui, aucune de ces méthodes ne permet d’équilibrer exactement la tension entre les deux moitiés de chaque section.
- C’est pourquoi il préconise l’emploi de l’enroulement représenté par la figure 4> B s’agit d’un en-
- Fig. 4.
- roulement en parallèle double dont tous les points équipotentiels sont réunis par des connexions m et n situées de part et d’autre de l’induit. Toutes les connexions équipotentielles, situées d’un côté de l’induit, ou quelques-unes d’entre elles seulement, sont réunies aux connexions correspondantes de l’autre côté par des conducteurs inactifs O traversant l’induit, ce qui permet de réduire exactement de moitié la tension maxima par section ; ces conducteurs inactifs,
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- servant simplement à l’égalisation des potentiels, ne sont parcourus normalement par aucun courant, ce qui permet de leur donner une section très réduite ; en outre le nombre de ces conducteurs peut être très restreint.
- Au cours des premiers essais effectués avec cet enroulement, on remarqua une augmentation assez sensible des pertes à vide, due à la formation de courants de court-circuit, par suite de la disposition des conducteurs.
- Fig. 5.
- Pour remédier à cet inconvénient, l’auteur dispose les conducteurs, non plus comme d’habitude (fig. 5), mais de manière que, dans un faisceau de plu-
- Fig. 6.
- sieurs conducteurs appartenant respectivement aux deux enroulements en parallèle, l’un de ceux-ci ne se trouve pas dans la même encoche que les autres.
- Fig. 7.
- La figure 6 indique cette disposition daiia le cas de quatre conducteurs par encoche et la figure 7 dans le cas de huit conducteurs par encoche. Les conducteurs hachurés (a et 2' sur la fig. 6 ; 2 et 2', 4 et 4' sur la fig. 7) appartiennent à l’un des enroulements en parallèle, les autres conducteurs à l’autre enroulement.
- Cet enroulement s’applique, d’après l’auteur, particulièrement bien aux commutatrices de grande puissance, les bagues jouant elles-mêmes le rôle de connexions équipotentielles.
- Enfin, M.Punga estime que, dans de nombreux cas, cet enroulement permettra d’obtenir une commutation satisfaisante, sans qu’il soit nécessaire de recourir à l’emploi de pôles auxiliaires de commutation.
- *
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES
- Quelques travaux récents sur l’éclairage électrique.
- D’importante études ont été faites, dans ces derniers mois, sur l’éclairage électrique, tant en Amérique qu’en Europe. Nous allons en consigner succinctement les résultats principaux.
- En étudiant la durée de vie des lampes à incandescence, M. Howell a dégagé une loi intéressante, parce qu’elle est à la fois simple et très générale :
- La vie d’une lampe est en raison inverse de la puissance 3,65 de son intensité lumineuse.
- M. Howell a vérifié (*) qu’elle s’applique aussi bien aux lampes au carbone qu’aux lampes métalliques (au tungstène). Relativement à ces dernières, le même auteur a établi expérimentalement le tableau I
- Tableau I
- Watts per c.p. 0 1 2 3 4 » 6 7 8 • 9
- 0.1 0.2
- 0.3 '
- 0.4 0.04 0.05 0.00 0.07 o.os 0.09 0.10 0.11 0.13 0.15
- 0.5 0.17 0.20 0.23 0.20 0.29 0.33 0.37 0.42 0.48 0.54
- 0.6. Q.01 0.70 0.80 0.91 1.03 , 1.15 1.28 1.42 1.57 1.74
- 0.7 1.93 2.13 2.34 2.56 2.79 3Æ3 3.30 3.60 3.93 4.30
- 0.8 4.71 5.15 6.62 6.13 6.69 7.31 8.00 8.77 9.63 10.60
- 0.9 11.70 12.60 13.65 14.65 15.70 16.76 17.85 19.00 20.20 21.50
- 1.0 23.00 24.50 26.10 27.80 29.50 31.30 33.20 35.20 37.30 39.50
- 1.1 41.80 44.70 47.05 50.65 53.75 57.00 60.75 64.60 68.55 72.60
- 1.2 76.80 80.85 85.20 89.85 94.80 100.00 106.50 113 30 1.20.40 127.8C
- 1.3 135,60 143.00 151.00 159.00 1G7.00 175.00 184.00 193.00 202.00 211.C0
- 1.4 221.00 231.00 242.00 253.00 204.00 275.00 286.00 298.00 310.00 322.00
- 1.5 335.00 349.00 303.00 377.00 392.00 407.00 423.00 440.00 458.00 477.00
- 1.6 496.00 512.00 531.00 552.00 572.00 595.00 617.00 040.00 666.00 690.00
- 1.7 717.00 746.00 776.00 807.00 839.00 872.00 905.00 938.00 972.00 1007.0
- 1.8 . 1043.00 1081.00 1120.00 1100.00 1201.00 1243.00 1285.00 1327.00 1370.00 1413.00
- 1.9 1457.00 1510.00 1504.00 1619.00 1675.00 1734.00 1797.00 18è4.00 1935.00 2010.00
- 2.0 2089.00 - - - “ - — -
- qui donne, pour des consommations spécifiques différentes, les valeurs du facteur de durée : l’auteur appelle ainsi le rapport (en pour cent) de la durée pour une consommation spécifique quelconque (de 0,4 à 2 watts par bougie) à la durée correspondant à i,a5 watt par bougie.
- D’autre part, M. S. Merrill (2) a traité d’une manière générale des lampes au tungstène et donné, en outre d’une série de diagrammes fort intéressants, plusieurs photographies de filaments, qui nous les montrenttels qu’ils apparaissentau microscope. Elles
- (*) Proceedings of the American Instiliile of Electrical Engineers, juin 1910.
- (2) Idem, septembre 1910.
- J.-L. M.
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- permettent de vérifier combien le filament de tungstène, même en courant alternatif et après des centaines d’heures de fonctionnement, se comporte mieux que le filament de tantale, qui affecte rapidement la forme générale d’une ligne brisée et dont la structure se modifie très profondément.
- En France également, d’intéressants travaux ont été publiés.
- C’est ainsi que, dans le domaine des lampes à arc, nous devons signaler l’arc entre tungstène et mercure dont ont parlé MM. E. Urbain, C. Seal et A. Feige dans une récente note à l’Académie (*).
- Ces auteurs ont montré que l’arc éclate dans le vide ou dans un gaz inerte entre une anode de tungstène et une cathode de mercure, donnant un rendement lumineux de 0,45 watt par bougie. La tension (12 volts) peut être augmentée en augmentant la pression. (On avait d’abord essayé sans succès de faire jaillir l’arc, dans un gaz inerte, entre deux électrodes de tungstène.)
- La source de lumière constituée par l'arc tungstène-mercure est très blanche, et peut, si on l’enferme dans une enveloppe de quartz, devenir une source intense et très économique de rayons ultraviolets.
- EnfinM. Aliamet (2) vient tout récemment dedécrire avec détails la lampe à arc, dans laquelle M. Bardon a fait l’application du principe du vase clos à l’arc minéralisé.
- S. F.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Nouveaux modes de construction des re dresseurs à vapeur de mercure. — W. Hech-ler. — Elektrotechnische Zeitschrift, i3 octobre 1910.
- Pour exciter l’arc dans un tube à gaz très raréfié entre deux électrodes dont au moins la négative est en mercure, il faut, en continu, plusieurs milliers de volts, à cause de la forte résistance de la cathode. Une fois l’arc formé, la tension, par suite de l’ionisation, tombe considérablement et se maintient constante tout le temps que l’arc reste allumé. Pour le degré du vide de la pratique, la chute de tension (dans l’anode, la cathode et la colonne de gaz lumineuse) est en tout de i3 à 25 volts.
- (<) C. R., 3o janvier 1911.
- (2) Société Internationale des Electriciens, séance du 5 avril igu,
- Si le courant qui traverse le redresseur s’abaisse, même pendant un cent-millième de seconde au-dessous d’un certain minimum, l’arc s’éteint et la forte résistance réapparaît.
- Avec les fréquences usuelles, on ne peut assurer le fonctionnement du redresseur qu’en appliquant à la cathode une tension continue donnant constamment le courant minimum nécessaire, ou bien recourir à des bobines de self dans le circuit extérieur et utiliser les deux alternances du courant alternatif à redresser. Dans la pratique, on met la bobine de self en parallèle sur le secondaire du transformateur ou bien on la relie au point-milieu du transformateur et à la cathode par un conducteur G.
- JFig. 1.
- Les schémas de la figure 1 font voir qu’alors la tension primaire sinusoïdale (I) engendre les tensions secondaires (II et III); le courant dans les circuits anodiques est de la forme IV et V, et le courant dans G, sans bobine de self, serait selon VI ; avec la bobine, il y a superposition de deux alternances VII, de sorte que le courant redressé a la forme VIII. Les oscillogrammes de la figure 2 justifient ces schémas : I et II sont les tensions primaire et secondaire; III est la tension entre les anodes, où l’on voit l’influence de la durée de superposition des deux alternances; IV est la tension au bout du récepteur en courant redressé ; V représente le courant de l’arc et VI est le courant redressé.
- La continuité du courant redressé dépend de la grandeur de la superposition. Dans les courants polyphasés, cette superposition est d’elle-même
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- donnée par le déphasage; elle peut, évidemment, être augmentée par les bobines de self.
- Les redresseurs diffèrent par le nombre des anodes, la grosseur, la force des électrodes, surtout de l’anode, suivant l’intensité du courant maximum
- Fig. a.
- admissible et enfin par l’écartement des électrodes suivant la tension.
- Jusqu’à 200 volts continus, la chute de tension dans le redresseur est de i5 volts, et elle reste constante jusqu’à la charge maxima. Le rendement tj, qui dépend en outre des perles dans le transformateur et dans les bobines de self, est donc plus élevé tant que la tension d’utilisation est plus élevée (‘) (fig. 3).
- L’usage le plus important des redresseurs est pour la charge des batteries d’accumulateurs. L’A.E. G. les construit de 5 jusqu’à 3o ampères, en courant monophasé et de 3o ampères, en courant triphasé.
- L’allumage se fait ici à la main en basculant le redresseur, ce qui amène le mercure de la cathode
- en court-circuit avec l’anode‘auxiliaire, ainsique l’introduction de la résistance additionnelle sur laquelle est branché le redresseur au commencement de l’allumage. Après io secondes, au plus, l’anode auxiliaire et la résistance sont, également à la main, mises hors circuit.
- L’ensemble porte un ampèremètre, un voltmètre, un disjoncteur à courant maxima et un régulateur à la main de la tension (par exemple de 55 à a35 volts, en 3 parties chacune de 25 plots, pour charger 22, 44, b6, 88 accumulateurs).
- 10 20 30 60 50 60 10 80 90 100 110 120
- Volt
- Fig. 3.
- Une autre application du redresseur est l’emploi pour les lampes de projections et pour les petits projecteurs. Il n’y a ici ni appareils de mesure, ni disjoncteurs, mais l’allumage se fait automatiquement.
- Il y a aussi d’autres combinaisons suivant l’usage : en médecine (*), pour le freinage électro-magnétique, pour l’éclairage de lampes en quartz, etc.
- Les charges maxima sont de 4o ampères en triphasé et de 3o ampères en monophasé ; la dernière est portée actuellement, en Amérique, à 5o ampères. Les difficultés proviennent de réchauffement au point de fixation des électrodes. On a essayé, en Amérique, l’emploi de tubes à vide métalliques, mais cela nécessite des appareils auxiliaires pour maintenir le vide, et l’encombrement est beaucoup trop grand.
- Pour les charges entre 40 et 100 ampères, on peut recourir à la mise en parallèle des redresseurs, mais il faut employer, pour la mise en fonctionnement, des résistances additionnelles qui assurent la répartition de la charge. L’A. E.G. construit aussi des redresseurs multiples avec arrangement spécial des
- (^Yoir^f. E. G. Zeilung, n°8, 1910.
- (') Voir Elektrotechnische Zeitschriftt 1909, p, 1225,
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- bobihes, reliant électriquement ou mécaniquement les divers redresseurs en parallèle; on augmente ainsi le rendement et l’on assure automatiquement la stabilité. Si l’un des redresseurs cesse de fonctionner, les bobines additionnelles agissent comme les bobines de réaction pour les redresseurs continuant à fonctionner, etlimitent le courant.
- En somme, les avantages des redresseurs sont : grande simplicité de la mise en service et du fonctionnement; service sans bruit ni secousse ; absence de parties mobiles ; régulation facile dans de grandes limites de tension et surtout fonctionnement très économique.
- Dans la discussion à laquelle a donné lieu ce rapport, on a parlé entre autres des avantages des redresseurs polyphasés et de faible charge : économie sur le prix, facilité d’entretien, plus longue durée de fonctionnement et marche en parallèle sans dispositifs spéciaux, uniquement par les résistances additionnelles en fer (*),sur quoi M. Hechler a objecté que la sécurité de fonctionnement demande, pour les charges non inductives, tels que projecteurs et, sauf peut-être pour le chargement des accumulateurs, des précautions spéciales.
- Quant à la durée, les redresseurs de 4o ampères, d’après M. Hechler,fonctionnent au moins i ooo heures et il peut arriver que des tubes contenant un peu d’air fonctionnent mieux que des redresseurs tout neufs. On a trouvé aussi les durées de fonctionnement de 3 ooo heures (2) et même de 5 ooo heures (5) pour des ampoules qui avaient été cassées et réparées. S. B.
- Sur l’installation des tableaux de distribution. — W. Fuhrmann. — Elektrotechnik und Maschinenbau, 5 février 1911.
- L’auteur attire l’attention sur certains détails pratiques de la construction des tableaux de distribution, qui, dans nombre d’installations, même récentes, sont encore trop négligés.
- On trouve, dans plusieurs usines, un tableau dont le service n’est possible qu’en accédant à une galerie élevée de plusieurs mètres au-dessus du sol de la salle des machines; cette disposition est adoptée pour permettre de voir facilement l’ensemble des
- Oblich, citant des essais.sur les redresseurs Westinghouse et C°, 10 ampères, chargeant une batterie d’accumulateurs.
- (2) General Electric C°.
- I3) Orlich.
- machines. Mais il faut considérer que l’on constate beaucoup moins bien la bonne marche d’une machine, en la regardant de loin, qu’en l’écoutant de près.
- Par contre, avec une telle disposition, et lorsqu’il s’agit de petites usines où la surveillance des machines et le contrôle du tableau sont assurés par une seulepersonne, le service est rendu sensiblement plus pénible ; c’est souvent le cas, lorsque les machines sont des turbines hydrauliques ou à vapeur, qui comportent fort peu de surveillance. Il arrive donc que, lorsque le tableau est placé sur une galerie à laquelle on n’a accès que par un escalier, le personnel de service doit être augmenté. Enfin, dans les instants critiques, le personnel peut trébucher dans l’escalier et devenir indisponible au moment même où il est le plus nécessaire.
- Quand l'importance de l'installation exige que le service soit assuré par plusieurs personnes, l’existence de l’escalier allant au tableau rend difficile ou impossible la réciprocité de leurs attributions.
- Enfin, la construction de ces galeries augmente les frais d’installation.
- Pour conclure, si l’importance du tableau et des raisons d’esthétique rendent nécessaire de le surélever, il faut ne le surélever que le moins possible, au moyen de quelques marches donnant accès directement au sol de la salle des machines.
- Au point de vue de l’installation des instruments de mesure, il faut noter que souvent on néglige de protéger par des fusibles les voltmètres, wattmètres et compteurs, lorsque ces appareils sont directement alimentés par la tension de service. Bien que les prescriptions, relatives à la sécurité, n’exigent pas ces fusibles, l’auteur conseille de les employer pour éviter des troubles graves dans l’exploitation.
- Qn utlise relativement peu d’appareils enregistreurs; leur emploi est néanmoins très utile, surtout celui des wattmètres enregistreurs, qui permettent d’exercer un contrôle très efficace sur les diverses circonstances de l’exploitation et sur le personnel chargé de l’assurer.
- Un appareil rarement employé, à tort, est le fréquencemètre : c’est un appareil très simple, n’exigeant aucune surveillance, et qui remplace avantageusement les tachymètres placés sur les machines ; ceux-ci donnent souvent des indications inexactes à cause du relâchement de leurs ressorts.
- La mise à la terre des instruments de mesure, comportant des transformateurs sur réseaux à haute tension, est beaucoup trop souvent omise.
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- Les commutateurs pour instruments de mesure destinés à mesurer différentes tensions, etc., causent souvent des troubles dans l’exploitation à cause de leurs contacts imparfaits, conséquences de leur construction trop légère.
- D’une façon générale, les interrupteurs à levier pour basse tension sont montés devant le tableau et les contacts, qui amènent le courant à cesappareils, sont eux-mêmes à la partie antérieure du tableau, enfermés dans des boîtes de protection, pour protéger le personnel contre les arcs qui pourraient se produire et contre un contact involontaire des parties sous tension. Mais, le plus souvent, ces boites sont trop légèrement construites, et on finit par les abandonner, d’autant plus qu’elles sont d’un aspect peu élégant. On devrait même, pour les tableaux à basse tension, établir les interrupteurs de façon qu’aucune de leurs parties, donnant passage au courant, ne soit à l’avant du tableau.
- En ce qui concerne les coupe-circuits fusibles, leur montage défectueux pèut causer des troubles sérieux; il faut donc apporter la plus grande attention à ce montage. Il faut, d’une façon générale, les enfermer, car ils sont ordinairement placés en des endroits où l’on ne pénètre qu’au moment d’un incident quelconque pour effectuer une réparation. C’est précisément alors 'que les fusibles ont le plus de chances de fondre et de blesser le personnel occupé à ces réparations, s’ils ne sont pas entourés d’une enveloppe protectrice. Bien souvent les fusibles sont placés au-dessus de rhéostats dont la chaleur provoque leur fusion intempestive ; pour éviter cet inconvénient, on a quelquefois recours à un remède absolument condamnable, consistant à adopter des fusibles trop forts, qui ne fondent plus en temps opportun, si le rhéostat voisin se trouve ne pas être .chaud.
- Une fusion prématurée des coupe-circuits se produit souvent lorsqu’ils sont montés avec contacts à ressort, et fonctionnent en parallèle sur des circuits parcourus par des courants très intenses. Les résistances de contact de ces ressorts deviennent tellement différentes, par suite de diverses circonstances, échauffement, oxydation, etc., que la répartition du courant dans les différents fusibles n’est plus du tout uniforme : l’un d’eux donne alors passage à un courant trop intense et fond, d’où résulte naturellement la fusion des autres. Il faut donc, spécialement pour les courants intenses, apporter une grande attention au choix des fusibles et remplacer les contacts à ressorts par des contacts à vis. H. B.
- Transports de force à haute tension aux Etats-Unis.
- La tendance à l’emploi de hauts voltages dans les transmissions s’accentue de plus en plus. Les Etats-Unis montrent le chemin avec leur décision habituelle. Nous avons rassemblé ci-dessous, sur deux transports de force importants, des indications dont les ingénieurs européens peuvent faire leur profit.
- TRANSMISSION d’ÉNERGIE A IOO OOO VOLTS AU COLORADO
- Il a déjà été question ici, à différentes reprises, de cette importante transmission appartenant à la Central Colorado Power Company. Nous en avons décrit les lignes (') qui partant des usines de Shoshone et de Boulder viennent se raccorder à Denver qui est la principale sous-station du réseau.
- Rappelons que l’usine de Shoshone, près Glen-wood, établie sur la Grande-Rivière, à2Üo kilomètres environ de Denver, est destinée à fournir une charge constante de 5 ooo kilowatts, et qu’elle a une réserve d’eau très peuabondante en cas de surcharges.
- Pour posséder une vue d’ensemble complète sur cette installation, il nous reste à décrire l’usine de Boulder et les sous-stations (3).
- Usine de Boulder. — Cette usine, possédant une très grande réserve d’eau, doit servir pour les surcharges et les circonstances imprévues. En fait, elle dépendra presqu’entièrement de l’eau accumulée dans ses réservoirs, car le débit minimum du « Mid-dle Boulder Crcelc» qui l’alimente, s’abaisse pendant la saison sèche, jusqu’à o,i/( mètre cube par seconde. Le réservoir « Barker » a une capacité de 14 56oooo mètres cubes et permet de régulariser le débit en lui donnant une valeur continue de i mètre cube par seconde environ. Ce réservoir est fermé par un barrage de 53 mètres de hauteur. Une conduite en béton, de 0,90 mètre de diamètre et de 19 kilomètres de longueur, amène l'eau de ce premier réservoir à un second, le réservoir Kossler, situé à l’origine de la conduite forcée qui alimente l’usine sous une hauteur de chute de 556 mètres. La puissance de l’usine est de 10 ooo kilowatts. Le réservoir Kossler a actuellement une capacité de 140000 à 168 ooo mètres cubes et, quand le barrage projeté sera exécuté, sa capacité sera d’environ 25oooo mètres cubes.
- C) Lumière Electrique, (a° série), tome X, p. 145.
- (2) Lumière Electrique (20 série), tome XII, p. a4a-
- (3) Electrical World, 14 juillet et 3 juin 1910.
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- Dans ces conditions, l’usine pourra développer une puissance de i5 5oo chevaux pendant i no heures. Ainsi, en cas d’arrêt de l’usine de Glenwood, ou d’avarie à la ligne de Glenwood à Denver, l’usine de Boulder constituera une réserve importante. Le diamètre de la conduite forcée à sa partie inférieure est de i,i i mètre et les tôles qui entrent dans sa construction ont une épaisseur de 4,44 centimètres. Elle est enfouie dans une tranchée de 3,3o mètres de profondeur.
- Les deux turbines, de construction américaine, du type à action, peuvent chacune fournir une puissance de io5oo chevaux. Elles actionnent chacune un alternateur triphasé de 5 ooo kilowatts, 6o périodes, 4 ooo volts, réuni aux barres collectrices par l’intermédiaire d'un interrupteur à huile de i 200 ampères à commande par moteur. Un interrupteur à huile du même type est placé entre les barres collectrices et les transformateurs. Les interrupteurs à huile sont disposés le long d’un des côtés du bâtiment. Les transformateurs, élevant la tension de 4 ooo à 100 boo volts sont placés à une extrémité de l’usine. Les transformateurs de courant pour relais et appareils de mesure sont disposés au-dessous des interrupteurs à huile, et les transformateurs de potentiel au-dessus.
- Les transformateurs principaux, de 3 33o kilowatts chacun, au nombre de trois, sont connectés en triangle. Leur rendement garanti, à pleine charge, est de 98,5 % . Leur régulation de voltage, sur charge non inductive, est de 1,2 % entre la marche à vide et la pleine charge. Ils sont établis pour un fonctionnement à pleine charge pendant 24 heures, avec une élévation de température de 35° C. La sortie des conducteurs à 100 ooo volts, se fait par le toit, au moyen de dispositifs semblables à ceux déjà décrits à propos de l’usine de Glenwood.
- Sous-statio/is. — La plus importante, celle de Denver, peut-être considérée comme le type des sous-stations américaines à haute tension. Toutefois une disposition qu’on ne rencontre encore qu’assez rarement est la suivante : les barres à haute tension sont situées à l’air libre entre les bâtiments où sont logés les coupe-circuits des lignes d’alimentation et la sous-station proprement dite, contenant les transformateurs qui délivrent à Denver du courant à 13 ooo volts. Les lignes à haute tension arrivent à un bâtiment contenant les parafoudres, puis de là chacunexd’elles se rend à un poste d’interruption séparé. L’interrupteur à huile qu’il contient est isolé entre deux jeux de connecteurs à couteaux, placés
- à l’extérieur et montés sur des isolateurs du type employé couramment sur la ligne (*).
- De là, le courant se rend aux barres supportées par des pylônes à air libre, séparées en leur milieu par des connecteurs à couteaux et- dont les extrémités sont reliées, toujours par l’intermédiaire de connecteurs à couteaux et d’interrupteurs à huile à deux transformateurs situés dans la sous-station proprement dite. Les entrées de lignes se font au moyen des isolateurs que nous avons déjà décrits à propos de l’usine de Glenwood1 (*) et les câbles arrivent directement, sans supports intermédiaires, aux bornes des transformateurs. Ceux-ci sont isolés du reste de la sous-station par des murs en briques. Les transformateurs sont montés sur roues et on a prévu des voies ferrées, pour les transporter à un atelier de réparations où on dispose d’appareils de levage qui facilitent le démontage de leurs bobines.
- Les secondaires des transformateurs sont reliés à une canalisation en boucle, divisée par des interrupteurs à huile et d’où partent les circuits à i3 ooo volts que protègent également des interrupteurs à huile.
- La sous-station contient l’appareillage d’interruption à i3 ooo volts et, en outre, une batterie d’accumulateurs que permet de charger un groupe moteur-générateur, et qui est destinée à l’alimentation des différents circuits de contrôle.
- Nous nous bornons à signaler l’existence des autres sous-stations de Dillon, Leadville et Idaho-Springs, où se retrouvent les mêmes dispositions, mais qui sont moins importantes.
- TRANSPORT DE FORCE A l35 OOO VOLTS AU MICHIGAN (3)
- L’usine des Chutes de Cook, d’une puissance de 9000 kilowatts, qui est maintenant en construction sur la Rivière « Au Sable », à 24 kilomètres d’Au Sable (Michigan), sera mise en service cette année et desservira une ligne de transport de force ài35ooo volts, alimentant Flint à 200 kilomètres, puis Battle Creek à 100 kilomètres plus loin; cette ligne se raccordera en d’autres points au réseau à 44 ooo volts qui couvre la partie méridionale et centrale du Michigan.
- Cette centrale est la première d’une série de quatre ou cinq centrales projetées pour utiliser les forces hydrauliques disponibles sur la Rivière «Au Sable».
- (1) Lumière Electrique (20 série) tome X, p. <46, lig. 1.
- (2) Lumière Electrique (2e série) tome XII, p. 244» fig. 3.
- (3) Eleetrical World, 14 juillet 1910.
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- Elle utilisera une chute de 12 mètres environ. La Rivière Au Sable a un débit remarquablement uniforme, s’élevant en moyenne à 3i mètres cubes par seconde : une statisque de dix années montre que jamais le débit des crues ne dépasse quatre fois le débit minimum.
- L’équipement de l’usine comprendra 3 alternateurs de 3 ooo kilowatts, à 6o périodes, à arbre horizontal.
- Le courant produit par ces alternateurs sera élevé à la tension de 135 ooo volts par des transformateurs connectés en triangle, installés à une extrémité de la salle des machines.
- Le barrage comporte une ouverture nette totale de ai,88 m., fermée au moyen de 3 vannes de 7,20 m. X 3,95 m. Le barrage, de 12 mètres de hauteur, crée un lac d’une superficicie de 800 hectares, qui sera utilisé comme réservoir pour parer aux variations journalières de la charge.
- La ligne de transport de force comprend un simple circuit triphasé, constitué par 3 fils de cuivre de 8,a5 millimètres de diamètre, supportés au moyen d’isolateurs suspendus par les consoles de pylônes en acier, à section triangulaire, de 16,70 mètres de hauteur.
- Ces pylônes sont généralement semblables à ceux du transport de force à 110 ooo volts des Grands Rapides. Ils comportent deux consoles d’un côté, une console du côté opposé, et les fils sont placés aux sommets d’un triangle isocèle ayant une base de 3,65 mètres et des côtés de 5,17 mètres. Le fil le plus bas est à 12 mètres au-dessus du sol. Les isolateurs suspendus se composent de 8 disques en série, chaque disque étant établi pour supporter, d’une façon permanente, la tension de 75 ooo volts et, pendant une courte période, la tension de 100 ooo volts. Chaque isolateur complet, formé de 8 disques, mesure une hauteur de i,3a mètres.
- C’est seulement après une étude attentive et la constatation de l’excellent fonctionnement de la ligne à 110 ooo volts des Grands Rapides, qu’on a décidé d’adopter la tension de 135 ooo volts sur la ligne de Cook à Flint. Dans des expériences pré-* liminaires, la tension de la ligne des Grands Rapides a été portée à 125 ooo volts, pour déterminer les pertes par fuites et par effluves aux tensions dépassant la tension normale de service. D’après les résultats sur cette ligne de 80 kilomètres de longueur, constituée par des conducteurs de cuivre de 6,54 millimètres de diamètre, les ingénieurs ont estimé que, sur une ligne à i35 ooo volts composée
- de conducteurs de 8,a5 millimètres de diamètre, la perte par effluves sera d’environ un kilowatt par mille (1 600 m.). La puissance apparente de la ligne à i35 ooo volts est estimée devoir atteindre io ooo à 12 ooo K. V. A. pour la première section de 200 kilomètres de longueur.
- La ligne alimentera des sous-stations situées à Flint et à Saginaw. Celle de Flint occupe une partie de la centrale à vapeur de 9 ooo kilowatts, qui a été établie hâtivement pour satisfaire à la demande d’énergie, en attendant l’achèvement de la centrale hydro-électrique.
- Un des murs de pignon de la sous-station est situé à une assez grande distance, en recul de l’extrémité des murs de façade : on a ainsi formé une sorte de porche protégeant contre les intempéries les fils de ligne qui traversent ce mur horizontalement.
- Les transformateurs sont connectés en triangle.
- L’emploi de parafoudres sur cette ligne est encore problématique : son isolement très élevé l’expose peu aux effets destructeurs de la foudre.
- En fait, la ligne à 11 o ooo volts des Grands Rapides subit moins d’avaries que plusieurs autres fonctionnant sous des tensions beaucoup moins élevées, et, bien qu’elle ne soit pas munie de parafoudres, elle a travaillé sans interruption, malgré les plus violents orages.
- H. B.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- L’excitation par chocs ; nouvelles expériences. — B. Glatzel.— Comptes vendus, 5 décembre 191°.
- Dans le procédé Max Wien d’amortissement par étincelles courtes des vibrations du circuit primaire d’un excitateur d’ondes hertziennes on obtient des résultats parfaits en faisant éclater les étincelles dans de l’hydrogène, entre des électrodes de nickel.
- Une augmentation de l’intensité du courant dans l’excitateur augmente l’amortissement (par suite de la disparition des particules de nickel), et produit une variation dans l’aspect de l’étincelle ; un accroissement de température a peut-être la même influence.
- L’élargissement des raies de l’hydrogène dans le cas des vibrations non amorties est dû, probablement, aux chocs irréguliers des particules de ce corps avec les particules métalliques.
- Th. S.
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- NÉCROLOGIE
- Maurice Joly.
- Une nouvelle cruelle nous parvient au moment de mettre sous presse ce numéro. Notre collaborateur, Maurice Joly, dont l’état de santé était depuis longtemps précaire, vient de succomber.
- Maurice Joly, dont les « Chroniques des théories électriques », publiées ici-même, avaient été justement remarquées, s’était, très jeune encore (il n’avait pas vingt-neuf ans), acquis une réputation scientifique très distinguée, par l’intérêt de ses recherchés, autant
- que par la clarté et la valeur technique de ses écrits. Agrégé des sciences physiques, ingénieur diplômé de l’Ecole Supérieure d’Electricité, professeur et expérimentateur, ce jeune savant venait précisément de communiquer à l’Académie des Sciences deux notes importantes et très remarquées sur les transformateurs statiques de fréquence.
- Sa disparition est une perte pour la science, et tout particulièrement pour notre Revue. Nous offrons à la famille de Maurice Joly l’hommage de notre sympathie attristée.
- R. C.
- LEGISLATION ET CONTENTIEUX
- CHRONIQUE DE LÉGISLATION INDUSTRIELLE (•)
- Législation des chutes d’eau en Autriche.
- Il y a dix ans, au grand étonnement des praticiens de l'hydraulique, quelques écrivains fortement imbus de théorie, proclamaient comme aphorisme que les chutes d’eau, en France, ne sauraient se développer si la législation en vigueur, depuis le Code Civil,n’était pas complètement modifiée, et même bouleversée.
- C’était le moment où l’on pouvait lire dans la première proposition de loi, déposée à ce sujet sur le bureau des Chambres, cette invitation pressante à copier l’étranger : « Toutes les nations, écrivait alors le député de Maurienne, ont proclamé publiques toutes les eaux de leur territoire. Faisons comme elles, si nous ne voulons point rester en retard. »>
- Et le texte présenté à la suite des travaux préparatoires, commençait par cette formule, si encourageante pour l’industrie privée: «Nul ne peut créer une chute si etc... »
- Aujourd’hui, ce mouvement de sympathie à outrance pour la législation étrangère paraît être ralenti.
- La France qui a établi 475^000 chevaux-vapeur dans la seule région comprise entre le Rhône,
- (l) La dernière chronique de Législation industrielle a paru dans la Lumière Electrique (2° série), t. XIII, p. 178 et 211. Elle était relative à la législation des chutes d’eau en France.
- les Alpes et la Méditerranée, peut espérer que, pour les 600000 chevaux qui restent, elle arrivera aux mêmes fins, avec les mêmes moyens: mais il estpeut-être intéressant de parcourir, au-delà de nos frontières, les régions où quelques-uns de nos capitaux sont engagés et d’étudier, au point de vue pratique, la législation de nos voisins.
- Commençons par l’Autriche.
- L’Autriche admet comme présomption que toutes les eaux courantes sont publiques, à moins que, par des titres anciens ou une possession très longue, certaines personnes puissent les revendiquer comme eaux « privées. »
- Les procès sont, paraît-il, nombreux sur la question du titre ; mais ils ne sont en aucune façon basés sur le degré de flottabilité ou de navigabilité de la rivière : en d’autres termes, le critérium admis par la législation française, pour la publicité du cours d’eau, et exclusivement basé sur son aptitude à être « un chemin qui marche », ne se retrouve pas en Autriche.
- La jouissance de l’eau pendant un temps immémorial apporte, quand elle est prouvée, un véritable droit à celui qui l’invoque ; de très nombreuses rivières sont soumises à ce régime dans les contrées suivantes : le Tyrol, la Dalma-tie, et la Bohême.
- Quel est ce droit ? En l’examinant dans son principe, il serait en réalité un véritable droit
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- de propriété: mais il est tellement vrai que, en matière d’eaux courantes, le droit de propriété, forcément soumis aux exigences des riverains d'aval, qu’il faut respecter, tend à devenir, dans tous les pays, un simple droit d’usage, qu’en fait, les restrictions ont fini par rapprocher la situation de celle qui est créée par l’article 644 de notre Code Civil pour nos rivières non navigables, ni flottables.
- C'est ainsi, par exemple, que le paragraphe 5 delà loi de 1869 sur le régime des eaux dit que, sauf preuves contraires, les ruisseaux privés sont considérés comme une « appartenance » des fonds sur lesquels il coule, et cela en proportion de la longueur des rives du fonds.
- Ne croirait-on pas lire l’arrêt de la Cour d'Appel de Grenoble, en date du 7 août 1901, déclarant que : si la restitution ne peut pas se faire par le dérivant, celui-ci doit laisser à l aval de son barrage, une quantité d'eau proportionnelle aux besoins que le riverain évincé pourrait faire valoir, et dans le cas où celui-ci pourrait utiliser également, une quantité d'eau proportionnelle à la longueur des riverainetés respectives. (*).
- De plus, rutilisation de l’eau par un propriétaire ne doit occasionner aucune inondation, aucun remous, au détriment des propriétés d’autrui.
- Le propriétaire d’un fonds ne peut changer
- (*) Il n'est pas sans intérêt de remarquer que, dans presque toules les législations, on a été amené, d’une pari, à considérer que le possesseur d’une terre est présumé en même temps possesseur de l’eau qui coule à la surface ; et de plus, l’ancienneté des droits, résultant delà possession, a toujours été considérée comme res pectable à tous les points de vue.
- En France, nous avons d'abord les ventes antérieures è i566 pour les rivières de toute nature, et les actes d’albergement pour les rivières non navigables, ni flottables.
- En Angleterre, le propriétaire foncier, dont le sol est bordé ou traversé par l’eau, a droit à Ja possession de cette eau. Mais il peut être dépouillé de son droit, soit en suite d'une convention avec d’autres intéressés à la même eau, soit par l’effet de la prescription, la législation anglaise admettant qu’un long usage contraire à un droit, doit être réputé s’appuyer sur une ancienne con vention, dont le texte serait introuvable.
- Aussi le voisin peut opposer avec succès au propriétaire, soitun acte de concession formel, émanant de lui-même soit un traité passé par un de ses auteurs, et obtenir ainsi pour lui, ce que l’on appelle un « Water-course » limitant celui dudit propriétaire.
- arbitrairement, au détrimerrt des fonds inférieurs, le cours naturel de l’eau qui y coule.
- Le propriétaire du fonds inférieur ne peut, de son cûté, empêcher l’écoulement naturel de l’eau sur son fonds, au détriment du fonds supérieur. L’eau du cours d’eau privé détournée et non consommée par le propriétaire du fonds, doit être ramenée a son lit naturel à la sortie du fonds, à moins que son détournement n’occasionne quelque préjudice aux autres ayants-droit. Si les propriétaires de plusieurs fonds riverains se réunissent pour une utilisation commune, leurs fonds sont considérés, dans les rapports avec les tiers, comme formant un seul tout.
- Si les deux rives appartiennent à des propriétaires différents, chacun d’eux, sauf titre contraire, a droit, sur l’étendue de sa rive, à rutilisation de la moitié de l’eau courante.
- Enfin, l’utilisation parle propriétaire du cours d’eau privé peut, dans la mesure que nous venons de déterminer, être faite en vue d’usages industriels, aussi bien qu’en vue d’usages agricoles.
- Mais, ce qui est important au-delà de toute expression, c’est la nature du droit de l’Administration sur les rivières privées. En France, dans les rivières non classées, qui correspondraient assez bien par assimilation à la rivière privée de l’Autriche, l’Administration doit toujours intervenir ; sans son autorisation nous 11e pouvons nous livrer à aucun travail et, si nous l’entreprenons, même avec le consentement des voisins, il ne nous rapporte qu’un procès-verbal et un ordre de destruction (loi du 8 avril 1898, articles de 8 à i5).
- En Autriche, le travail .dans les eaux privées n’a besoin d’être autorisé que lorsqu’il peut influencer sur les droits d’un tiers et encore la nécessité de l’autorisation cesse si les tiers intéressés donnent eux-mêmes le consentement à l’ouvrage projeté.
- 11 est à croire que, comme tous les gouvernements, celui de l’Autriche eut l’idée de faire cesser cet état de choses quand il prépara, en i865, une loi, unique pour tout l’Empire, sur le régime des Eaux.
- Mais il arriva ce qui est arrivé également à la Suisse, dans une situation analogue : lesprovinces qui ont conservé un pouvoir de législation propre sur tout ce que la constitution n’attribue pas au
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- Reichsrat, n’ont point ratifié le désir dn gouvernement, parce que beaucoup de points traités par le projet de loi leur ont paru de la compétence de la diète provinciale (Landtag).
- Aussi, la loi sur le régime des eaux du 3o mai 1869, dite loi d’Empire, n’a-t-elle que 29 articles qui ont tous été admis par les Assemblées provinciales comme étant en concordance avec les usages et les droits reconnus dans chacune des Laender : et, en certaines provinces, la loi a été complétée par une loi locale (*) qui l’englobe tout entière, de telle sorte qu’il 11’y a qu’un tout parfaitement homogène à consulter.
- Quant aux eaux publiques, qui comprennent la plus grande partie des eaux courantes, elles appartiennent à l’Etat, comme les eaux navigables du flottables lui appartiennent chez nous, en vertu de l’article 538 du Code Civil.
- Personne 11e peut prétendre, en ce qui les concerne, à un droit privatif : tout le monde peut en userenvue decertaines utilisations domestiques : on, peut s’y baigner, laver, abreuver les bestiaux, puiser de l’eau, extraire le gravier ou le sable, à condition qu’il s’agisse d’un usage normal, n’exigeant aucun ouvrage permanent, n’excluant pas même le mode d’utilisation pour autrui.
- A condition aussi que cet usage 11e nuise, ni au cours de l’eau, ni à la rivière, qu’il ne blesse pas le droit d’autrui, et n’occasionne aucun dommage pour un tiers ; enfin, à condition que l’on se conforme aux règles de police. Pour le sur-
- (*) Ces lois locales sont d’ailleurs assez semblables aux autres; dix d’entre elles (Dalmatie, Galicie, Goerz, Corinthie, Moravie, Haute-Autriche, Salzbourg, Tyrol, Trieste et Voralberg) ontle même nombre d’articles (ioo) rangés dans le même ordre. Les autres ont, à cet égard, des différences plus ou moins grandes, mais peuvent toujours être facilement rapprochées des lois précédentes. Les jurisconsultes autrichiens peuvent ainsi donner le commentaire de la loi d’Empire et des 17 lois de pays, comme si elles constituaient une loi unique. Ils indiquent les dispositions en se référant, soit à la loi d’empire, soit au type général des lois du pays, et il leur suffit de mentionner à part les points spéciaux sur lesquels certains pays ont des dispositions divergentes.
- plus, on ne peut user de ces eaux que moyennant une autorisation qui doit être donnée préalablement par les autorités politiques compétentes.
- Mais, ce qui est plus particulièrement intéressant, pour nous Français, c’est la conception autrichienne des conséquences de l’autorisation donnée, car elles sont essentiellement différentes de la conception française.
- Lorsque l’Administration des Ponts et Chaussées nous donne l’autorisation de nous servir d’une quantité d’eau déterminée, le bénéfice de l’autorisation ne va pas plus loin que l’adduction de l’eau, en deçà du barrage. C’est à l’impétrant à payer, quelquefois à prix d’or, le droit d’amener cette eau à travers des terrains particuliers, et de la reconduire à la rivière par le canal de fuite.
- Au contraire, en Autriche, l’expropriation au profil d’une personne privée ne parait pas anormale : et l’autorisation de prendre de l’eau dans la rivière publique donne le droit d’établir des servitudes sur des fonds appartenant à des tiers, moyennant indemnité préalable. Les possesseurs du fonds ainsi grevé, peuvent s’exonérer de cette servitude, en abandonnant la surface de terrain nécessaire au service réclamé.
- L’Administration peut même décider que si celui qui peut utiliser l’eau ne met pas en œuvre, dans un délai imparti, le droit qu’il possède, il devra, moyennant indemnité, abandonner à un autre, l’exercice de son droit, pour qu’il profite à l’intérêt général.
- Telles sont, dans leurs grandes lignes, les différentes dispositions de la loi de 18G9.
- Est-il besoin de dire que, comme toutes les législations de la terre, elle a ses détracteurs et ses partisans ?
- Ce qu’il y a de certain, c’est qu’elle subsiste et que la loi du 4 janvier 1909 n’y a apporté aucune modification, mais a seulement indiqué certaines contributions obligatoires à l’amélioration de quelques cours d’eau.
- Paul Bougault, Avocat à la Couv de Lyon.
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- VARIÉTÉS
- La charge électrique des pluies.
- Dans sa séance du i3 mars dernier, l'Académie des Sciences prenait connaissance d’une note présentée par M. J. Violle et due à M. A. Raidit, auteur d'expériences récentes sur les charges électriques de la pluie, faites au Puy-en-Velay. Ces expériences se sont trouvées être en concordance avec celles de G. Simpson à Simla (Inde), en 1908-1909, pour dévoiler une prédominance marquée des pluies positives sur les pluies négatives, et en désaccord avec celles faites par Gerdien à Goltingcn en 1902, et antérieurement à Wolfcnbiittel par Elsteret Geitel.
- S'étendant à 3o journées pluvieuses, elles ont porté sur 48 pluies différentes, dont 27 orageuses.
- On a trouvé le nombre de i,5^ comme valeur du rapport entre les durées de pluie positive et de pluie
- négative. En regardant les charges électriques apportées par la pluie en une seconde et par centimètre carré de surface comme équivalentes à des courants électriques, on a trouvé que, à partir des valeurs supérieures à o,5 X io~13 ampère par centimètre carré, les courants positifs ont une tendance à devenir plus fréquents qu'ils ne sont en moyenne.
- L’évaluation du rapport des quantités d’eau fournies par les pluies des deux polarités, quoique peu susceptible de précision absolue, a donné à M. Raidit le chiffre de i,4r>.
- De l'ensemble des observations faites, doit-on conclure que les pluies sont le plus souvent positives? Les auteurs se bornent à considérer ce fait comme probable.
- Th. S.
- BIBLIOGRAPHIE
- il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction,
- L’action électrique du soleil ; son rôle dans les phénomènes cosmiques et terrestres, par A. Nodon. — 1 volume ia-16 de 200 pages avec 19 ligures, dont 4 planches. — Gautiiiisr* Villàhs, éditeur, Paris, — Prix : broché, 3 fi*. a5.
- Le livre de M. Nodon se divise en trois parties essentielles : les faits, les théories et applications, l’action solaire dans la physique du globe.
- C’est cette dernière partie qui résume le sujet, car elle contient les conclusions que les faits antérieurement connus et de multiples expériences ont permis à l’auteur d’établir. Ce n’est pas la moins intéressante. On y trouve une image de l’énorme énergie électrostatique contenue dans le soleil, énergie quelque peu méconnue.
- Certes, on ne possède pas encore d’une façon absolument sûre les (ils qui pourront former le canevas d’une théorie unique et englobant tout, mais l'ensemble des faits et constatations, soigneusement détaillé par M. Nodon, donne une impression nette
- et peut-être inattendue du chemin déjà parcouru.
- L'électricité, dit l’auteur, explique les perturbations de la surface solaire, les changements survenus dans sa couronne, les variations dans le mouvement sidéral des planètes et satellites, la genèse des comètes, voire même la plupart des phénomènes terrestres.
- Comme on le voit, le sujet est suffisamment attrayant pour stimuler les imaginations les plus récalcitrantes ; ce livre, tout en étant fort documenté, est d’une lecture facile. En le parcourant, on apprend à connaître l'œuvre des principaux pionniers des nouvelles idées et l’on sc rend rapidement compte de la large contribution qui a été apportée par M. Nodon lui-même. Les procédés et instruments, employés par ce dernier, sont longuement décrits ; on ne se lasse point de suivre avec lui le perfectionnement des méthodes, les difficultés rencontrées et aussi les résultats acquis, dignes récompenses de sa persévérance. —
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE T. XIV (2* Série).
- N‘ 14.
- L’année électrique, êlectrothérapique et radiographique (9e année), par le Dr Foveau deCour-melles. — i volume in-ia de pages. Ch. Béranger, éditeur, Paris. — Prix : broché, 3 fr. 5o.
- Comme chaque année nous présentons avec plaisir à nos lecteurs celle revue des progrès récents de l'élcctrotechnique, dont la présentation agréable et pittoresque, la division en chapitres et en para-
- graphes de peu de longueur rend la lecture très facile.
- L'auteur nous promène, sans discours pesants, ni pédagogie inutile, à travers les appareils et les faits nouveaux et, comme il est médecin, il s'attarde de préférence aux applications thérapeutiques de l’électricité. Dans ce dernier volume, il a multiplié davantage les indications bibliographiques.
- S. F.
- BREVETS
- IPi'ocêdè de démarrage et de réglage de vite ssq des moteurs à courant alternatif.
- La Société Alsacienne de Constructions Mécaniques a fait breveter (*) un dispositif de réglage de la vitesse des moteurs à courants alternatifs à collecteur qui s’applique aussi au démarrage de tous les rqoteurs à courant alternatif, avec ou sans collecteur.
- Dans le premier cas, le stator possède un enroulement auxiliaire formant transformateur avec l’enroulement principal.
- Sur les.figures i et a, cet enroulement auxiliaire est représenté en E ; A est l’enroulement principal du stator, C indique le rotor et D (fig. i) des balais.
- Fig. i.
- Le flux créé par l’enroulement A se partage: une partie traversant les bobines F n’a pas d’action sur E, l’autre traverse l’enroulement E qui est relié au rotor.
- Lç réglage s’obtient en faisant varier la répartition du flux suivant ces deux directions.
- On conçoit que, enaugmentantlaréluctance dans la direction de F et en la diminuant en G, l’on puisse arriver à écouler une plus grande partie du flux vers E et à augmenter par conséquent la tension induite en E et appliquée au rotor.
- La variation de réluctance s’obtient par une modification dans l’état de saturation. A cet effet, deux enroulements supplémentaires H et I sont traversés par un courant continu de provenance quelconque. En faisant successivement ou simultanément croître concourant dans H et décroître dans 1, on fera augmenter la tension induite dans E et varier, en meme temps, la vitesse du rotor.
- Fig. 2.
- Pour avoir des vitesses inférieures à la vitesse normale, on donnera à la tension appliquée au rotor un sens contraire à celle qui est induite par le stator, en intervertissant les balais D.
- Le dispositif appliqué au démarrage des alterno-moteurs à collecteur est identique au précédent.
- Le démarrage des moteurs asynchrones ordinaires se fait par un partage du flux inducteur entre l’enroulement induit normal et un enroulement supplémentaire de grande résistance. A cette fin, on fait varier, comme il a été dit plus haut, l’intensité dans les enroulements à courant continu disposés ici entre l’enroulement normal et l’enroulement auxiliaire.
- (*) N° 4l& SBq, demandé le 16 juillet 1910.
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- 8 Avril 1911.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Du Moniteur des Intérêts Matériels, nous extrayons l'information que la Compagnie du Nord a demandé aux constructeurs belges des offres pour 700 wagons à marchandises et la Compagnie P.-L.-M. pour 1 3oo wagons à marchandises fermes, ainsi que pour i 000 wagons à charbon. Evidemment les mêmes offres ont été demandées à nos constructeurs, mais il n’est pas besoin de répéter que ceux-ci sont surchargés et que ceux d’entre eux qui procèdent à l’agrandissement de leurs ateliers ne sont pas encore en mesure d’augmenter leur production. Et le seraient-ils qu’ils ne pourraient probablement pas lutter comme prix avec leurs concurrents étrangers ! Il y a peu de temps, le ministre des Travaux publics forçait les Compagnies à passer une partie de lèurs ordres en France. Mais peut-on faire un grief à des administrateurs de chercher à réduire leurs dépenses, fut-ce au détriment du travail national, du moment où, sans souci des contrats qui le lient à elles, l’Etat, autant dire la Nation ou la collectivité, surcharge les Compagnies d’une façon exhorbitante ! C’est véritablement une autre manière d’arrêter l’exode de nos capitaux déjà trop portés à favoriser les entreprises étrangères. Nul ne se met en travers de ces mesures démagogiques comme nous l’avons vu précédemment et tout est un prétexte à en inventer d’autres. Si l’Etat exerce un monopole, il entend le faire avec la plus large fantaisie, le plus d’arbitraire, le minimum de responsabilités et le maximum de gains; s’il concède son droit à des particuliers, il retourne la formule et le voilà tout prêt, sur les injonctions d’une minorité d’anti-économistes, à exiger rien que des sacrifices de ses concessionnaires, et bien peu d’avantages.
- La Banque de France risque bien de l’apprendre encore à ses dépens et ceci tou jours au mépris des engagements, sous prétexte de ne point paraître favoriser les capitalistes, on imposera à une catégorie de citoyens qui savent faire leurs affaires, le soin de favoriser à leurs dépens celles d’une autre catégorie, très intéressante sans doute, mais pourquoi moins habile à faire prospérer leur capital? Ainsi donc, il apparaît comme nécessaire à nos législateurs d’obliger la Banque de
- France à avancer sans intérêts aux petits commerçants et industriels les sommes dont ils ont besoin. C’est une erreur économique : rien ne se donne en matière de commerce, s’agit-il de l’exercice d’un privilège? La Banque, qui doit faire des bénéfices, ne réduira point le taux de son escompte et le commerce et l’industrie en souffriront d’une façon générale. Organisez le crédit mutuel, mais que ce 11e soit point aux dépens des uns pour le profil des autres.
- • Certains nouvellistes avaient cru pouvoir attribuer la baisse des actions Thomson à l’échec d’une combinaison dans laquelle la Société Française s’était assuré une importante commande de matériel. Ces nouvelles étaient fausses car, de bonne source, on annonce que la concession du réseau téléphonique à Constantinople a été accordée à M. Webb, représentant d’un syndicat international composé de la Western Electric C° de Chicago, de la British Insulated and Helsby Cables et de la Thomson-IIouston française. Le secteur desservi comprendra toute la ville et les faubourgs de Constantinople, y compris Stamboul, Péra et Galata, Scutari d’Asie, ainsi que plusieurs autres localités sur les deux rives du Bosphore et sur la mer de Marmara jusqu’à San Stephano. Les dépenses sont évaluées à 6 a5o 000 fr. Le gouvernement s’est réservé le droit de racheter le réseau après quarante ans.
- L’assemblée générale des actionnaires de la Com-pagniê Générale Parisienne de Tramways a été l'occasion pour le Conseil d’administration d’exposer les causes de la réduction des recettes qui avait pour conséquences la diminution des bénéfices et la suppression du dividende aux actions ordinaires. Deux faits principaux ont contribué au cours de l’exercice à influencer malheureusement l’exploitation : l’arrêt de l’usine de Vitry, fournisseur de courant, par suite d’incendie, et l’ouverture de deux nouvelles lignes métropolitaines : Clignancourt-Portc-d’Or-léans, et le Nord-Sud. A ce sujet, le rapport fait ressortir que c’est au début de leur exploitation que les lignes souterraines donnent aux transports de surface le choc le plus rude, mais que, peu à peu, le développement des moyens de transport crée de nouvelles sources de trafic qui permettent aux lignes de surface de reconquérir la clientèle perdue. Les re-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2« Série). — N° 14.
- celtes se présentent donc, en diminution de 289885 francs, au chiffre de 9/1 o3 018 francs et les dépenses s’élèvent au chiffre de 7574 438francs,enaug-mentation de 408 457 francs : les mêmes causes ont produit la diminution d’une part, l’augmentation de l’autre, car l’arrêt de l’usine de Vitry a obligé la Compagnie à avoir recours à d’autres fournisseurs de courant qui ne l’ont pas aussi bien traitée. Le coefficient d’exploitation ressort ainsi à 80 % . Si l’on tient compte de toutes les recettes de l’exploitation, la différence en faveur du crédit est de 18378760’. 12. Après réduction de frais divers, des intérêts et arrérages des avances consenties par les banquiers, et d’une provision de 56o 000 francs pour réfection des voies et du matériel, il reste un solde créditeur de 84,2 174 fr. 45 qui a reçu les affectations suivantes :
- Réserve légale...................... 41 643 89
- Intérêt de 5 % à 5g3i3 actions de
- priorité.......;.................. 741 537 5o
- Amortissement des actions de priorité. 5o 000 00 Report à nouveau.................... 8 993 06
- Les actions ordinaires ne reçoivent donc celte année aucun dividende comme nous l’avions annoncé. Un actionnaire a cru pouvoir faire remarquer que la Compagnie portant au compte de premier établissement les insuffisances d’exploitation, elle pouvait y faire figurer les sommes nécessaires à un intérêt intercalaire de 4 %, mais le Conseil n’a pas accepté de pousser aussi loin cette pratique de l’incorporation au compte de premier établissement du déficit des lignes en cours de transformation ou non encore transformées. La somme en vaut la peine, car elle figure à l’actif pour 278 129 francs, sans compter la provision dé i5o 000 francs qui avait été inscrite en prévision au passif du précédent bilan. D’un exercice à l’autre, le bilan se présente sous un aspect très différent pour que le compte dépenses relatives aux lignes nouvelles et à la transformation générale ait été amputé de 12 769696 fr. 85 qui ont été répartis entre les différents postes de l’actif qui se subdivise en immeubles, voies ferrées, canalisations électriques, matériel roulant, matériel fixe et mobilier. Au passif, le compte créditeurs divers est en augmentation de 533 760 fr. 37 et le compte d’entreprise générale qui représente la dette de la Compagnie envers la Thomson s’inscrit à 10868 307 fr. Depuis le mois d’août 1910, la Compagnie Parisienne est titulaire de concessions renouvelées ou prolongées jusqu’en ig5o; celfes-ci lui ont été attri-
- buées par le ministre des Travaux publics, le Conseil général de la Seine n’ayant jamais voulu accéder aux demandes de la Compagnie de la faire bénéficier des avantages accordés par le nouveau cahier des charges à la Compagnie des Omnibus et à la Compagnie des Tramways de Paris, et prétendant, au contraire, lui faire supporter des charges nouvelles.
- En vertu de ces nouvelles conventions, le réseau a, subi certaines modifications, une seule ligne Vanves-Saint-Philippe du Roule ayant été supprimée et toutes les autres ayant été prolongées ’, les tarifs ont été établis par sections, ce qui a constitué pour toutes les lignes intra-muros un relèvement des prix de transport; la correspondance a été supprimée ainsi que les indemnités kilométriques dues chaque année à la Compagnie des Omnibus à. titre de redevance. Mais des charges nouvelles ont été imposées et notamment le partage des bénéfices avec le département lorsque ces bénéfices auront atteint un niveau tel que toutes charges d’intérêts et d’amortissements étant prélevées, le solde créditeur restant sera suffisant pour assurer aux actions non amorties un dividende de 8 % et aux actions de jouissance un intérêt de 3 % ; l’excédent sera partagé par moitié entre le département et la Compagnie. Les travaux neufs sont estimés dix millions; ils seront répartis sur plusieurs exercices et ne donneront pas lieu quant à présent, en raison des accords intervenus avec la Thomson-IIouston, à une nouvelle émission. L’exercice en cours ne semble pas se présenter dans les meilleures conditions; il faut attendre la belle saison qui influe sur les recettes des lignes de banlieue et tend à relever la moyenne générale des recettes kilométriques.
- Le rapport des directeurs des Mines de Rio-Tinto sur l’exercice 1910, confirme les prévisions de tous ceux qui suivent la valeur : les bénéfices nets sont tombés de 1 297000 livres sterling à 1 o35ooo livres; chiffre le plus faible depuis 1902. Pour répartir 5o shillings au lieu de 60 shillings l’an dernier, l’amortissement du matériel a été réduit de 81 686 à 9639 livres. Le rap2)ort constate la réduction volontaire de la production au cours du deuxième semestre 1910 pour amener une diminution des stocks mondiaux. La consommation, en augmentation sensible en Europe, est satisfaisante, mais les cours restent déprimés et plusieurs mines exploitent sans bénéfices appréciables.
- On annonce l’émission d’une série d’obligations
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- 8 Avril 1911.
- nouvelles, 5oo francs 5 % , de la Société générale de Force et de Lumière. La Société Grenobloise vient de prendre ce nouveau titre qui répond mieux, paraît-il, à l’étendue de son activité. Elle dessert une population de 120 000 habitants et fournit l’énergie aux Omnibus et Tramways de Lyon, à la Compagnie du Gaz et au service des Eaux de cette ville. Ses recettes progressent et ses dépenses lui réservent une marge suffisante pour le service de scs nouvelles obligations. D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- /
- TRACTION SOCIÉTÉS
- Russie. — Le Conseil des ministres a émis un avis favorable à l’emprunt de la ville de Kharkoff, du montant de 6 aoo 000 roubles, destiné à la création d’une usine d’électricité et à l’établissement d’un réseau de tramways électriques. CONSTITUTIONS Société Anonyme d'Electricité de Gaillefontaine. — Durée : 4o ans. — Capital : 75000 francs. — Siège social : 5, rue Saint Vincent-de-Paul, à Paris.
- Autriche-Hongrie. — La municipalité de Zenta a décidé d’établir une ligne de tramways électriques dans cette ville. Le coût de cette entreprise est évalué à 800 000 couronnes. Force électrique et lumière. — Durée : 5o ans. — Capital : 3oo 000 francs. — Siège social : 17, rue Morel-Ladeuil, à Clermont-Ferrand. Union des Secteurs électriques de France. — Durée :
- ÉCLAIRAGE 5o ans. — Capital : 2 5ooooo francs. — Siège social : 1, Cité Trévise, à Paris.
- Mexique. — Il est question d’établir, à Merida, une usine électrique destinée à fournir la lumière et la force motrice à la ville et aux districts voisins de Merida : Progreso, Acansak, Motul, Ixkokob, Humema, Maxcanu, lzamal, Tckax, Temax et Ticul. ADJUDICATIONS BELGIQUE
- Ausiialie. — Le « Commercial Intelligence » annonce que le Conseil municipal d’Albury (Nouvelle Galles du Sud) se propose de consacrer une somme de 10 5oo £ à l’installation de l’éclairage électrique dans cette ville. Le 20 avril, à 11 heures, à la maison communale, à Ixcllcs-lez-Bruxelles, fourniture de câbles armés et d’accessoires pour le réseau d’électricité à basse tension ; caul. : 10 % du montant de la soumission.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES ALLEMAGNE
- Richard Relier. Paris.
- Charbons Siemens frères et Cie pour éclairage électrique cl autres applications analogues. Lampes à arc et appareils pour projections. Lampe électrique « Jupiter » pour la photographie. Le i5 mai, au Kônigliches Maschinenbauamt, à Hanovre, fourniture de turbines hydrauliques, générateurs électriques et grue roulante.
- Allgemeine Elektricitats-Gesellschaft. Berlin, A. E. G. Zeitung, avril 1911. — Die Umformung der elektrischen Energie. Neue Bahnen; Elektrizilat in Schulen ; Das moderne Installations material. BULGARIE Le 19 avril 1911 (nouveau style) à la mairie de Varna adjudication de l’installation et de la fourniture d appareils électriques, pour la ville de Varna. Devis : 855 000 francs. Caut. ; 5o 000 francs.
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- •LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2« Série). — N» 44.
- ROUMANIE
- Le i»*' mai 1911, à la mairie de Tccuci, adjudication de l’entreprise de l’éclairage électrique de la ville de Tccuci, comprenant :
- i° La construction de l’usine d’électricité. [Devis : 45 000 francs.
- 20 La fourniture de deux moteurs « Diesel », chacun d’une puissance de 160 chevaux, avec tous leurs accessoires, etc. Devis : 3g5 000 francs.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS FRANCE
- Le 28 mars. — Au sous-secrétariat Jes Postes et Télégraphes, Paris, fourniture de 180 ooo éléments de pile à liquide immobilisé, en 6 lots égaux.
- Le Carbone, type P. T. T. 1911, 3 lots à 2 45, 1 à 2 35,
- 1 à 2 3o, 1 à 2 25. — Leclanché et C'°, type A, 6 lots à 3 5o. — Dinin, type T. 2, 1 lot à 2 36, 1 à 2 31. — Société des accumulateurs Heinz, type T. T., 2 lois à 2 70. — M. Delafon, type R. 1, 6 lots à 2 45 l’un.
- Le résultat sera proclamé ultérieurement.
- Le 9 mars. — A la mairie de Saint-Etienne, fourniture de matériel téléphonique pour la Manufacture d’armes de Saint-Etienne.
- i«r lot. — 860 magnétos d’appel. Société des téléphones et télégraphes de Lyon, à Lyon, 17 5o l’unité.
- 2° lot. — 860 sonneries trembleuses. M. Burgunder, à Paris, 4 10 l’unité.
- 3° lot. — 4 o85 cordons. MM. Alliot et Roi, à Paris, 1 99, 1 20, o,35, o 34 l’unité.
- UKLCIQUE
- Le 29 mars. — A la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Rruxelles, fourniture de câbles armés souterrains et pose de canalisations électriques de lignes vicinales de la banlieue de Bruxelles :
- Süddeutsche Kabellwerk, à Mannheim 33 939 fr. o5 avec conducteurs en cuivre ou 3i 204 fr. 80 id. aluminium; Callendcr’sCable and Construction, à Londres, 35 781 id cuivre;Conslructions électriquesde Charleroi, 41 000 id.; E. Dubois et G. Baseil, à Bruxelles, 42 696 id. A.-E.-G. Union électrique, id., 47020 fr. 5o id. ; plus une soumission lardive de Cassirer cl C°, à Charlotlenburg,
- 44 515 idem.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction, scientifique ne s'occupe-que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- PARIS. x— IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nodet.
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- Trente-troisième année.
- SAMEDI 15 AVRIL 1911.
- Tome XIV (2° série). — N* 15
- ---------------------V*
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ELECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 33. — R. Arno. Sur la définition pratique et exacte de la charge complexe. Sa mesure industrielle exacte pour la tarification de l’énergie dans les installations ordinaires à courant alternatif, p. 35. —J. Rezelman. La réactance synchrone et asynchrone, p. 42. — L. Joly. Sur un volt-watt-mètre de précision à lecture directe, p. 4,9.
- Extraits des publications périodiques. — Méthodes et appareils de mesures. Mesure absolue des courants forts, M. Chopin, p. 52. — Etude, construction et essais de machines. Génératrices à pôles commutables, F. Nietiiammer et E. Siegel, p. Su. — Gradation des rhéostats de démarrage, F. Natalis, p. 52. — Traction. Tracteur mixte, D. Hornaday, p. 55. — Variétés. Les torrents des Alpes; leur correction, p. 55. — Un prochain Congrès de l’Association Française pour l’Avancement des Sciences, p. 5y. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Les ateliers Bergmann, à Colombes, p. 58. — Etudes Economiques, p. 5g. — Renseignements commerciaux, p. 61. — Adjudications, p. 64.
- ÉDITORIAL
- Nous avons rendu compte, à deux reprises différentes, des intéressantes communications faites à l’Association électrotechnique italienne par M. le professeur Arno, au sujet des nouveaux principes de tarification qu’il propose pour l’énergie électrique. Le même auteur nous communique aujourd’hui un travail original sur le même sujet.
- Le distingué ingénieur italien a fait ressortir, on le sait, la nécessité pour une compagnie de distribution de faire entrer en ligne de compte le courant déwatté, dans une certaine mesure. Mais dans quelle mesure? C’est ici que les expériences et les documents rassemblés par l’auteur ont apporté des précisions intéressantes. Les moyennes rele-
- vées sur un grand nombre d’installations-l’ont amené à formuler cette loi : la charge tarifée doit être la charge complexe définie comme la somme des deux tiers des watts et du tiers des voltampères.
- Et pour adapter un wattmètre ordinaire à la mesure de cette quantité bien définie, M. Arno a montré qu’il suffisait de modifier la bobine du circuit «volts» de ce wattmètre.
- Quels sont les résultats pratiques ainsi obtenus ? C’est ce dont on pourra se rendre compte en lisant les tableaux comparatifs publiés dans l’étude actuelle et,en particulier, en se reportant à l’exemple pratique analysé finalement par l’auteur. ^ _
- Les chiffres qu’il donne montrent que l’ap-
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- LA LUM 1ÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2» Série). — 15.
- proximation ainsi réalisée est très largement suffisante.
- M. Rezelman expose aujourd’hui l’étude -de la réactance synchrone et asynchrone d’un turbo-àlternateur dont le rotor est à pôles lisses, mais massifs et en acier coulé, ce qui termine le cycle des études expérimentales consacrées à cette question spéciale.
- L’auteur a envisagé, cette fois, des machines triphasées de aoo et 4 ooo kilovolts-am-pères ; ses relevés expérimentaux font pai*-ticulièrement ressortir l’influence de la cage d’écureuil.
- M. Rezelman a poursuivi, depuis ces expériences, une série méthodique de travaux du plus grand intérêt dont nous aurons prochainement l’occasion d’entretenir nos lecteurs.
- L’un des problèmes les plus délicats qui se soient posés dans la technique des watt-mètres électrodynamiques à lecture directe, a été dk»btenir une échelle de sensibilité « ampères », suffisamment souple et large. On a, à cet effet, sectionné la bobine de champ, afin de pouvoir coupler de diverses manières ses différentes sections ; mais en réalité, l’échelle de sensibilité ne se trouvait pas ainsi considérablement élargie, tandis que l’on était obligé de recourir à des organes délicats, comme le commutateur-coupleur. D’autre part, le shuntage des watt-mètres soulève les difficultés que l’on sait, au point de vue du réglage et de la consommation.
- La solution appliquée dans le volt-watt-mètre de' précision à lecture directe dont
- M. L. Joly donne aujourd’hui la description est élégante et radicale : elle consiste à rendre les bobines de champ amovibles et interchangeables, de telle sorte qu’on les substitue simplement les unes aux autres selon la sensibilité dont on a besoin. En outre, l’appareil peut servir de voltmètre électrodynamique étalon moyennant l’emploi d’une autre bobine de champ.
- C’est également à la technique des appareils de mesure que se rapporte une communication de M. Chopin, que nous citons ensuite, sur la mesure absolue des courants forts.
- Après de brèves indications sur une génératrice à pôles commutables, on trouvera un procédé graphique de M. Natalis pour la gradation des rhéostats de démarrage basé sur l’emploi des papiers à graduation logarithmique qui sont aujourd’hui couramment usités par les ingénieurs.
- Le tracteur mixte décrit par M. Hornaday, comporte un moteur à essence accouplé élas-tiquement à une dynamo qui doit subir des surcharges de ioo % pendant des intervalles de temps appréciables. Les conditions très spéciales du service auquel est destiné cet appareil augmentent l’intérêt des détails techniques de sa description.
- En parlant de la correction des torrents des Alpes, M. Hulin a très heureusement rappelé l’œuvre classique de Surell, dont nous citons, d’après lui, les passages caractéristiques.
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- 15*Avril 1911.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- SUR LA DÉFINITION PRATIQUE ET EXACTE DE LA CHARGE COMPLEXE
- SA MESURE INDUSTRIELLE EXACTE POUR LA TARIFICATION DE L’ÉNERGIE DANS LES INSTALLATIONS ORDINAIRES A COURANT ALTERNATIF/').
- La puissance réelle, qui seule entre aujourd’hui en ligne de compte dans la rae-suredel’énergie électrique,a pour expression :
- Pr=VIcos
- V et I étant respectivement la tension et l’intensité du courant, et q> le décalage de phase entre la tension V et le courant I.
- La puissance apparente est :
- P. = VI.
- La différence entre P„ et Pr, soit :
- VI (i—cos <?),
- est tout à fait négligée dans la mesure industrielle ordinaire.
- Pour tenir compte, d’une manière pratiquement exacte, dans la mesure de l’énergie électrique, de la puissance réelle aussi bien que de la façon dont elle est utilisée, on devra ajouter à la puissance réelle une fraction
- convenable - de la différence entre la puissance apparente et la puissance réelle. On obtient ainsi :
- Cr=VIcos<p-)-- VI(i — cos T) = VlI+(n~~IlC0Sff, 1 n 1 n
- quantité que j’ai appelée charge complexe.
- On peut observer que, théoriquement, on
- peut donner à n toutes les valeurs de i à oo .
- Mais,pour n— i,laformule donne la puissance
- apparente Pa = VI ; et pour n — oo, la
- même formule donne la puissance réelle :
- Pr = VI cos <p.’
- (') Les deux communications de M. R. Arno, à l’^s-sociazione elettrotecnica italiana, dont il est question au cours dé cet article, ont été analysées en détail dans la Lumière Electrique, t. XII, p. 231, 264 et 296 et t. XIII, p. 396.
- La charge complexe correspondra donc à une valeur de n certainement comprise entre 1 et 00 .
- Cela posé, considérons la charge complexe qui correspond à un facteur de puissance moyen dans une installation de force motrice donnée (charge complexe moyenne) :
- r, VI » + (n — 1) X COS <fmoy
- v^moy — V 1
- J n
- Dans la pratique ordinaire des installations de force motrice, les limites entre lesquelles varie le facteur de puissance sont les suivantes :
- Valeur maxima possible de cos <p = 0,95.
- Valeur minima admissible de cos<p = o,5.
- On peut donc prendre :
- COS Cpmoy
- °,95 +
- S °,7b
- Cette valeur du facteur de puissance pourra subir quelques variations : par exemple on peut la prendre égale à 0,71 — ce qui n’apporte aucune modification ni aux considérations qui vont suivre, ni aux conclusions qui en dérivent.
- Dès lors, pour cette valeur 0,71 du facteur de puissance moyen des installations de force, correspondant à un décalage moyen de 45°, il est possible de donner une définition rationnelle et intuitive, en disant :
- Le facteur de puissance moyen d’une installation cle force correspond à cette condition que, dans l’installation, le courant dévvatté (,courant daimantation) soit égal au courant watté (courant de travail) absorbé par le fonctionnement de Vinstallation. -
- Nous pouvons donc écrire :
- r — vi 1 + («— 0 >Ço>73
- A^inov — V I >
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2* Série). — NM5.
- ce qui, en posant :
- „ i + (» — 0 X o,73 0,27 , ,
- K = -------n--------” ~ + °’73’
- donne :
- Cmov = KVI
- et, dans ce cas, on a immédiatement la valeur de K par la relation :
- Mais nous avons vu que n varie théoriquement de i à oo ; nous pouvons donc encore dire que IC varie, de manière correspondante, de i à 0,73.
- Cela posé, nous pouvons considérer les cas très importants où la mesure de l’énergie, chez l’abonné, est effectuée sur la base du produit des volt-ampères par un coeflicient K contractuel, préétabli, correspondant au l'acteur de puissance moyen de l’installation considérée. Mais, comme dans la pratique ordinaire la valeur du coefficient K varie entre des limites assez rapprochées, de 0,80 à o,85 (valeur moyenne: 0,82), on voit que, dans ces cas, la mesure de l’énergie est effectuée sur la base du produit :
- VI X 0,80 à VI X o,85 dont la moyenne est VI X 0,82.
- Tableau I
- A MESURER MESURE MRRF.UIl %
- o,85 VI o,8/, VI 0,82 VI 0,82 VI 3 X J 00 85 " ’’5 2 X IOO zir 2, f\ 8/,
- o,83 VI 0,82 VI 1 X «oo “ 1.2 83
- . 0,82 VI 0,82 VI O
- 0,81 VI 0,82 VI 1 X 100 = + 1,2 81 r ’
- 0 00 c 0,82 VI 2 X 100 — -4- 2,5 80 “ ’
- Dans le tableau I, on a mis en évidence les erreurs en pour cent, qu’on vérifie, en fonction désdites valeurs de K, par rapport à la valeur moyenne K = 0,82.
- Dans la relation (a) précédente, substituons à K chacune des valeurs possibles, que nous venons de voir : on en tirera corrélativement les valeurs possibles de n (Tableau II).
- Tableau II
- Pour K = 0,80 on a : n = — 27 — 3,9
- 8<> — 73
- — K = 0,81 — n =r 2 7 = 3,4
- 81 —
- 1 M 00 11 1 n — 2 7 = 3
- 82 —
- 1 00 c 11 l n — — 27 — 2j7
- 83 — 73
- l 06 c li 1 n — — 27 — 2,5
- 84 — 73
- — K — o,85 — n — — 27 — 2,3
- 85 — 73
- Donc, toutes les valeurs que/* peut recevoir en pratique, dans l’expression de la charge complexe, sont comprises entre 2, 3 et 4 et sa valeur moyenne est égale à 3 (‘).
- Mais j’ai démontré que, s’il s’agit d’installations monophasées de force, on peut établir un appareil qui, pour chaque valeur possible du facteur de puissance de l’installation, donne par ses indications et avec une exactitude pratique suffisante, les valeurs de la charge complexe, correspondant à toutes les valeurs de n comprises entre 2,5 et 3,5.
- Ges valeurs de la chax-ge complexe sont comprises entre
- c = vi L±_lrL25ï! c = VII±Mfïîî.
- 2,5 3,5
- Ce l’ésultat, je l’obtiens par la simple modification du circuit de la bobine voltmétrique d’un wattmètre ordinaire, de façon à porter dans ce circuit la valeur du décalage de
- (') Dans la pratique industrielle ordinaire, et suivant les renseignements pris sur plusieurs des plus importants réseaux de distribution, d’après les recherches et les soins très appréciés de M. l’ingénieur Conti, la valeur de n est toujours plus grande que 2 et plus petite que 4; et dans la plupart des cas, elle varie entre les valeurs 2,5 et 3,5 (moyenne n —3).
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 37
- phase tp entre le flux voltmétrique et la différence de potentiel appliquée aux extrémités delà bobine voltmétrique, à i5° ou à io5°, suivant qu’on a affaire à un appareil électrodynamique ou à induction (’).
- Pour les systèmes triphasés, on peut faire des considérations analogues et tout aussi simples, mais en tenant compte des conditions spéciales des relations mutuelles entre les valeurs angulaires de chaque décalage de phase dans de tels systèmes.
- Tableau III
- cos <p A MESURER ,,r l + l,3.COS? MESURE i+i,5.cos9 ERREUR
- 2,3 2,5 en %
- 0,9 0,943 VI 0,940 VI 3 X 100 943 — —
- 0,8 0,887 VI 0,880 VI 7 X 100 887 = — 0,8
- °)7 o,83o VI 0,820 VI 10 X 100
- 83o — 1,1
- 0,6 0,774 VI 0,760 VI 14 X ioo — 1 8
- 774
- o,5 0,717 VI > 0 0 tr>* 17 X 100 7r7 - = — 2,4
- yj l+3.9-COS<P yj I+a,5.COSÇ
- 3,9 3,5
- °,9 0,926 VI 0,929 VI 3 X 100 926 — + °j3
- 0,8 0,851 VI o,857 VI 6X100 851 = + o,7
- o.7 0,777 VI 0,786 VI 9 X 100 777 = + D2
- 0,6 0,703 VI 0,714 VI 1 x X 100 703 O, + II
- o,5 0,628 VI 0,643 VI 15 X 100 628 = + 2,4
- Pour toutes les valeurs de « correspondant aux valeurs de K comprises entre o,84 et o,8i —valeurs qu’on rencontre précisément dans la pratique industrielle — la mesure delà
- (') Voir les tableaux X, XI et XII de la Communication faite à YAssociazione eletlrotecnica italiana, le 3 décembre 1909.
- charge complexe peut être effectuée, à la seule condition que le décalage ^ soit égal à 15° ou à io5°.
- Mais on peut encore examiner le cas où les valeurs de «correspondent aux valeurs limites 0,80 et o,85 que le coefficient K pourrait atteindre dans certains cas pratiques. Nous avons déjà vu plus haut que ces valeurs de n sont respectivement « = 2,3 et n = 3,9.
- Dans le tableau III, on a calculé les erreurs en pour cent que l’on fait sur G, pour différentes valeurs de cos ©, pour n ==a,3etpour «—3,9, en supposant que, dans chacun de ces cas,oneffectuelamesure delà charge complexe en prenant respectivement n = 2,5 et « = 3,5.
- On en déduit que, étant donné un appareil électrodynamique ou à induction, avec un décalage <!> respectivement égal à i5° ou à io5° — pour le cas assez rare, mais qui peut cependant se présenter parfois, de valeurs de n plus petites que 2,5 et plus grandes que 3,5 — cet appareil peut toujours donner la mesure de la charge complexe, moyennant de petites erreurs absolument acceptables dans la pratique industrielle.
- Ces erreurs sont, en effet, du même ordre que celles que l’on commet dans la mesure de la puissance réelle par les wattmètres ordinaires, en raison des variations (dont on doit toujours tenir compte en pratique), soit de la tension, soit de la fréquence et de la forme delà courbe du courant alternatif. Ces considérations, naturellement, se rapportent notamment au cas des appareils à induction, qui sont les plus importants.
- Il est d’ailleurs très intéressant de faire une autre constatation , qui montre que les petites erreurs, mises en évidence ci-dessus, non seulement peuvent être acceptées dans la pratique ordinaire, mais encore se présentent comme tout à fait convenables, pour tenir compte — dans les rapports réciproques entre les Sociétés et les abonnés — des valeurs ou trop petites ou trop grandes atteintes par n dans la pratique industrielle, de part ou d’autre des limites ordinaires.
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- En effet, on peut observer que, pour n plus petit que 2,5, les erreurs sont négatives, tandis que pour n plus grand que 3,5 les erreurs sont positives. Evidemment, la valeur de n plus petite que 2,5 correspond à un réseau de distribution à rendement relativement faible : il est alors équitable que la mesure de la charge complexe soit affectée Tableau IV Watts.
- VI sin(cp — = VI cos j cp — (<j/ — 90°) J
- A MESURER ^ = 90» VI cos 9
- 26 0,899 VI
- 3o. 0,866 VI
- 4o 0,766 VI •
- 5o 0,643 VI
- 60 o,5oo VI
- 26 0,899 VI
- 3o 0,866 VI
- 40 0,766 VI
- 5o 0,643 VI
- 60 o,5oo VI
- MESURE = ç)[0
- VI cos (9— 1)
- 0,906 VI 0,875 VI 0,777 VI o,656 VI o,515 VI
- ^ = 92°
- VI COS (<p - 2°)
- 0,914 VI 0,883 VI 0,788 VI 0,669 "VI o,53o VI
- 7 X 100
- 899
- 9 X 100 866
- ii X 100
- 0,8
- 766
- 13 X 100
- = + 1
- = 4-
- 643
- i5 X 100
- — +3
- i5 X 100
- 899
- 17 X 100
- 866
- 22 X 100
- 766
- 26 X 100
- 643
- 3o X ioo
- = + 4 = 4-6
- par de petites erreurs négatives, c’est-à-dire au bénéfice de l’abonné. Au contraire, une valeur de n plus grande que 3,5 correspond à un réseau à rendement relativement élevé et il est, dans ce cas, parfaitement juste que la mesure Soit affectée par de petites erreurs positives, c’est-à-dire au bénéfice de la Société de distribution.
- J’ai dit un mot plus haut des petites erreurs qu’on rencontre inévitablement aussi dans la mesure ^actuelle de la puissance réelle, notamment, avec les appareils à induction : erreurs dues aux variations du décalage tj; qui dépendent des variations de la tension, de la fréquence et de la forme de la courbe du courant.
- Tableau V Charge complexe.
- VI sin (cp — <J<) = VI cos | cp — (<}i — 90°) J
- 26 3o 40 5 o 60
- 26
- 3o
- 40
- 5o
- 60,
- A MESURER MESURE
- tp = io5° tp = 106“
- VI cos (9—15°) VI cos (9—16°)
- 0,981 VI 0,965 VI 0,906 VI 0,819 VI 0,707 VI
- 0,981 VI 0,965 VI 0,906 VI 0,819 VI 0,707 VI
- 0,984 VI
- °,97° VI
- 0,913 VI
- 0,829 VI
- 0,719 VI
- 4, = 107°
- VI cos (9 — 17°)
- 0,988 VI
- o»974 VI
- 0,920 VI
- 0,839 VI
- 0,731 VI
- ERREUR
- en %
- 3 X 100
- 981
- 5 X 100
- o,3
- —- _L_ r\
- 965
- 7 X 100
- 9°6
- 10 X 160
- 4- °»8
- 819
- 12 X IOO
- 7°7
- 7 X 100
- 981
- 9 X 100 965
- 14 X 100
- °>7
- 906
- 20 X 100
- 819
- 24 X 100
- = 4“ °)9 — 4~ *»4
- = + 2,4
- 7°7
- — 4" 8,4
- Eh bien! à cet égard aussi, les appareils mesureurs de la charge complexe, se présentent avec des conditions de fonctionnement meilleures que les wattmètres ordinaires. Imaginons, en effet, que, pour une des causes possibles rappelées ci-dessus, le décalage soit modifié pour les uns aussi bien que pour les autres appareils, supposés
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 39
- à induction : par exemple qu’il subisse une augmentation respective d’environ i ou 2 %. En d’autres termes, supposons que, dans le cas du wattmètre, l’angle <{/ soit porté de 90° respectivement à 910 et à 920, et dans le cas du mesureur de la charge complexe, que l’angle ij/ soit porté de 1 o5° respectivement à xo6° et à 1O70.
- Les tableaux IV et V indiquent les erreurs que l’on commet en fonction des différentes valeurs du facteur de puissance, dans l’un ou l’autre de ces deux cas.
- Ces tableaux nous montrent que les erreurs éventuelles inhérentes à l’emploi des appareils à induction, lorsque se produisent des variations possibles des différentes caractéristiques d’une installation à courant alternatif, pendant le fonctionnement de celle-ci, sont bien plus petites dans le cas de la mesure de la charge complexe que dans le cas de la mesure de la puissance réelle.
- D'après ces considérations, on peut se proposer une définition précise et pratique de la charge complexe.
- La valeur moyenne du coefficient contractuel K, établi à l’avance dans la mesure de l’énergie électrique exécutée sur la base de son produit par les volt-ampères, est 0,82.
- A cette valeur moyenne de K correspond, dans la mesure de la charge complexe, la valeur moyenne : n — 3.
- Dès lors, on pourra définir la charge complexe comme donnée par la formule :
- C = VI 1+lïïü,
- qu’on peut aussi présenter sous cette l’orme assez évidente :
- G = ^ VI cos <p —f- — VI.
- Nous pouvons donc énoncer que :
- La charge complexe est égale a la somme
- DES DEUX TIERS DE LA PUISSANCE REELLE ET D’UN TIERS DE LA PUISSANCE APPARENTE.
- Ou bien encore, on peut dire que :
- La charge complexe est représentée par
- LA SOMME DES DEUX TIERS DES 'WATTS ET d’un TIERS DES VOLTAMPÈRIÏS.
- Voyons maintenant comment nous devons entendre effectivement, dans la pratique industrielle ordinaire, la tarification de l’énergie électrique, suivant mon nouveau principe de la charge complexe.
- On peut dire que, par la mesure de la charge complexe, on obtient un nombre de kilowatts-heures total tel que, pour passer directement de cette valeur à la valeur réelle de ce que la Société a vraiment fourni à l’abonné, on peut appliquer au kilowatt-heure un seul tarif, à savoir le tarif que rationnellement et équitablement on appliquerait au kilowattheure, si dans une installation donnée on devait ne pas tenir compte du facteur de puissance. Ceci revient au même que si dans la dite installation le facteur de puissance était toujours constant et égal à 1. On va simplifier sensiblement, de la sorte, les mesures et les tarifs, car on peut considérer de la même manière, à ce point de vue, les installations à courant alternatif pour force motrice, et les installations pour simple éclairage et celles à courant continu.
- Mes nouveaux appareils de mesure sont encore effectivement des wattmètres et des compteurs, mais présentent la seule différence caractéristique que les watts qu’ils mesurent et qu’ils intègrent par rapport au temps sont tarifés pour cos 9=1, d’une manière automatique, quelle que soit la valeur du facteur de puissance de l’installation considérée.
- Une fois que la Société de distribution a établi la valeur ou le prix du kilowatt-heure à cos <p = 1, cette Société, par l’emploi de mes nouveaux appareils de mesure, n’a plus besoin de se préoccuper du décalage existant dans les installations des abonnés, et du courant déwatté ou d’aimantation demandé pour le fonctionnement desdites installations.
- Considérons, en effet, une installation don-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2e Série). — N° 15.
- née, où V et I sont les valeurs eflicaces de la tension et de l’intensité du courant requis, «t <p la valeur du décalage eritre V et I.
- Supposons que, à l’aide d’un artifice quelconque — par exemple par une batterie de condensateurs d’une capacité convenable, ,mise en dérivation sur le réseau de distribution — nous puissions fournir tout le courant déwatté nécessaire au fonctionnement des machines réceptrices de l’installation considérée. Dans ces conditions, si l’on suppose insérés sur la ligne,, avant l’installation, un Avattmètre ordinaire et un appareil mesureur de la charge complexe, celui-ci donnera évidemment la même indication que l’autre, puisque; dans ce cas spécial, la charge complexe est réduite à la simple puissance réelle, le courant déwatté I sin <p étant produit, comme on a supposé, directement chez l’abonné par la batterie des condensateurs.
- Mais supposons, maintenant, que l’on ait affaire à une installation ordinaire à courant alternatif et à charge inductive, à laquelle, comme dans la pratique ordinaire, la Centrale doit fournir aussi le courant déwatté nécessaire à son fonctionnement. C’est précisément dans ce cas que la Société doit faire entrer en ligne de compte le courant déwatté pour la mesure et tarification de l’énergie électrique effectivement fournie à l’abonné.
- En fait, la puissance magnétisante n’est pas fournie par une canalisation séparée : la Société la procure à l’abonné, en même temps que la puissance réelle, à l’aide de la même canalisation de transmission et du même réseau de distribution. On n’a donc pas à additionner simplement I sin 9 + I cos ?, mais à tenir compte de ce que ces deux courants sont décalés l’un par rapport à l’autre de 90° et ont, par suite, pour résultante
- \/l2 sin? ip + I* cos2 ip = I.
- Quel est alors le supplément de courant qui doit entrer en ligne de compte ?
- Ce n’est pas I sin<p, mais bien la différence
- I — I cos 9, entre le courant total et le courant de travail déjà tarifé, c’est-à-dire :
- I (1 -COS ffl).
- Ce courant, fourni à la tension Y, devra être évalué à un tarif qui sera environ le tiers du tarif établi pour la puissance réelle.
- Il s’ensuit que l’expression de ce qu’on doit mesurer, en conservant le tarif établi pour le kilowatt-heure à cos = 1, sera :
- VI cos «p + VI ~~Sf = tVI cos tp + I VI,
- qui représente la charge complexe dont la mesure est donnée, comme nous venons de voir, avec une exactitude pratique suffisante, par l’application de mes nouveaux appareils et méthodes de mesure.
- EXEMPLE PflATiQUE
- Pour fixer les idées et donner un exemple pratique, considérons le cas spécial d’un moteur triphasé en étoile fonctionnant à la tension composée Y — 5oo volts, absorbant un courant I = 200 ampères par phase, avec un facteur de puissance égal, pour chaque phase, à 0,7 environ (<p = 45° environ).
- Dans ce cas, les kilovolt-ampères absorbés par le moteur sont :
- \/$ X 5oo X 200 = 173 k.v.a., et les kilowatts :
- y/3 X 5oo X 200 X 0,7 = i2i kw.
- Pour chaque phase, le courant watté est:
- I coscp a 200X0,7 = 140'ampères, et le courant déwatté :
- I sin<p 200 X 0,7 — 140 ampères.
- Supposons d’abord le courant d’aimantation ou déwatté fourni, à chacune des trois branches de l’étoile du moteur, par une batterie de condensateurs de capacité électrosta-
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- revue d électricité
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- tique C. Celle-ci doit être calculée de façon que le courant de charge de la batterie de V
- condensateurs 2it«C ~p (n étant la lré-
- quence du courant alternatif), soit égal à I sin <p = 14o ampères.
- On a donc :
- c _ i jo X y/â a %n V
- Supposons n — 5o et C exprimé en microfarads, on aura :
- On en déduit l’énergie absorbée par phase : 5oo
- — x ifio = 4b kilowatts et, pour les trois
- v/:i
- phases, 46x3 = 138 kilowatts.
- L’expression de la charge complexe doit aboutir au même résultat pour ce cas ; et en effet:
- c — y i
- I 4- 2 X O,H
- = 5oo X 2oo--------------X i ,7-3 = 138 k\v.
- C
- »4q X y/3 X 'O6 314 X 5oo
- 1 543 microfarads.
- Pour les trois branches de l’étoile, c’est-à-dire pour le moteur triphasé que nous considérons, la batterie totale sera représentée par trois batteries de condensateurs, ayant chacune la capacité de 1 543 microfarads.
- Ce résultat est très instructif, car il démontre que, dans la pratique industrielle ordinaire, la production directe du courant déwatté, chez l’abonné, est bien difficile et très coûteuse. C’est pour cela que, en général, aujourd’hui les Sociétés doivent produire le courant déwatté à la Centrale, et le conduire par les canalisations sur les réseaux jusqu’aux abonnés.
- Donc, pour ce cas général, il faut considérer que le courant dont on doit tenir compte dans la mesure et dans la tarification de l’énergie électrique, pour l’ajouter au courant en phase, n’est pas I sin <p = i4o ampères, comme dans le cas considéré d’abord, mais bien :
- On obtient encore cette valeur par Ta somme des 2/3 des kilowatts avec i/3 des kilovolt-ampères, soit:
- ~ X ^ X 173 = i38 kw.
- Pour conclure, le wattmètre ordinaire donne, pour notre cas, la puissance réelle, soit :
- VI cos
- 0 = \Z'ix
- 5oo X 200 X 0,7 — ni kw.
- Mon appareil pour la mesure de la charge complexe donnera la puissance réelle majorée d’un nombre de kilowatts, dont la valeur est équivalente à celle destrois courants déwattés de l’étoile, fournis par la Société à l’abonné à la V
- tension c’est-à-dire :
- >/3
- I ( I — COS Cp)
- 3
- X 3 3= 17 kilowatts. ,
- I (1 — coscp) £ I (i — 0,7) = 200 X o,3 = 60 arnp.
- Mais, d’après les considérations précédentes, le tiers seulement de ce courant doit entrer en compte dans la mesure et la tarification de l’énergie absorbée par notre moteur, soit 20 ampères, qui ajoutés à I cos <p = i4o ampères, donnent 160 ampères, qu’on
- 5oo
- mesurera à la tension V = ~pr volts.
- /3
- Donc, au total, mon appareil donnera pour la charge complexe :
- 121 -j— 17 = 138 kilowatts.
- comme nous venons de voir.
- L’appareil en effet, pour le décalage 6 de la bobine voltmétrique égal à i5° (dans ce cas la constante K de l’appareil étalonné exactement à cos © = 0,866 (® = 3o°)
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* * Série). — N°15.
- est égale à 0,943) (') donne effectivement: V
- 3xK — I cos (<p—4») =
- „ 5°o ,, „ .
- = 3x 0,943 x —rrXaoocos(45°— x50)vvatts
- V3
- = 0,943 X *73 X 0,866= i4ï kw.
- On obtient encore ce que nous voulions mesurer, avec ' une petite erreur sur les 3 100
- ü 38 kilowatts de -----=— = 2 %.
- 100
- Mais il est nécessaire de remarquer, que cette erreur — se référant, dans le cas considéré,^ la mesure effectuée par trois wattmètres
- (*) Voir letableau X de la communication faite à l’Association électrotechnique italienne, à Milan, le 3 décembre
- *9°9-
- branchés sur les trois branches de l’étoile — devient beaucoup plus petite dans la pratique ordinaire, où l’on emploie par la méthode des deux wattmètres, seulement deux appareils. L’erreur, pour les différents cos 9, se réduit alors à celle déterminée dans le tableau XYII de la Communication à l’Association électrotechnique italienne du 3 décembre 1909 (*).
- Prof. RiCCÀRDO ArnÔ.
- (4) On peut démontrer que l'application de mon dispositif aux compteurs ordinaires est très facile et qu’elle ne comporte aucune variation dans le coût de l’appareil et aucune variation appréciable de la consommation propre de l’appareil même. M. l’ingénieur G. Giulietti, mon assistant et collaborateur, est d’ailleurs en train de publier, à ce propos, une série de résultats expérimentaux.
- LA RÉACTANCE SYNCHRONE ET ASYNCHRONE
- Dans une étude précédente (2), nous avons analysé la réactance d’un turbo-alternateur, dont le fer du rotor était constitué de tôles non isolées d’une épaisseur de 1 millimètre. Décrivons maintenant les expériences faites sur un turbo-alternateur ayant également un rotor à pôles lisses, mais massif et en acier coulé.
- Turbo-alternateur triphasé de 200 K V A, à 2 pôles, 460 volts entre phases, 5o périodes, 3 000 tours.
- Stator :
- d'mt = 4 iomm, l —420 — 8X7,5“"", Rainures = 66 (8 X 23)““, S„ = 1, p = 1,
- Rotor :
- t = 644““,
- U — 39o““,
- ts = i9,5““ (fig. x),
- 9= ”•
- <I>«t = 400““, S = 5'n“,
- Divisions = 36 t,r =34,9““,
- Rainures = 24 (i3 X 70)““ à 16 barres (lig. 1).
- Le stator a un nombre impair de rainui’es par pôle et phase et une disposition dissy-
- L—U—J
- (') Voir Lumière Electrique (2e série), tome XI,
- XII, XIII.
- (*) Lumière Electrique, 3 et 10 décembre 1910.
- Fig. ».
- métrique des bobines extérieures, étant bobiné par pôle. Les raccordements de six
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- REVUE D’ELECTRICITE
- 43
- encoches sont pliés vers le haut et ceux des cinq autres vers le bas. Les longueurs l, sont les mêmes pour les trois phases; ceci a pu être obtenu grâce à l’enroulement à barres avec raccordements soudés; les raccordements d’unè bobine étant placés d’un côté contre les tôles, se trouvent de l’autre côté à l’extérieur.
- ls — I ioomm,
- lsa = lsb= 9oo““, = i95mm, aLA = i75“m,
- Ite = 200mm, 0lîc = 44«mm.
- A) Sans rotor, sans plateaux.
- Les résultats des essais ont été les mêmes pour chaque phase (tableau I).
- Sur une phase : Q = 33, q — 11.
- Le calcul donne :
- \n — a,4 et X*=i3,95,
- d’où :
- xsn + xSk — 0,00645 -f- o,o374 = o,o4385 Û
- et
- xss = 0,0723 — o,o4385 = 0,02845 Q.
- On trouve ainsi pour le coefficient d’induction A des bobines extérieures : A = 0,275. Sur deux phases en série : Q = 33, q — 22.
- X;i —2,4 et \k = 16,9,
- tu I
- Ci <?ÏI Ci-il I, WATTS par phase cosqp € I2 .R par phase watts I2 .R ei ^1—cos2<j>
- En monophasé sur une phase 7)35 ï,65 9 IOO i3o °,177 5o 95 i,37 7,23
- En monophasé sur deux phases en série. 9 9 18 ÏOO 129 0,143 » )> i,36 8,9
- En triphasé 8,9 8,9 i5,4 IOO 120 0,135 » » 1,27 8,82
- Tableau II
- ei en ei-u It WATTS par phase COScp c ENROULEMENT d’excitation
- ei \j 1—cos2ç £rotor ouvert îrotor (.fermé
- 1) En monophasé sur une phase. 5,05 5,27 10 10 6,75 6,75 o,73 0,78 o,85 0,80 o,95 o,93 S,?8 6,o5 io,85 10,80 7,7° 7,68 IOO » » )) )) » 3i4 294 645 645 417 396 0,622 0,558 0,645 0,645 o,6i7 o,588 52' » » )) » » 3,96 4,3 7 7,65 7,65 5,3o 5,45 i3,2 0 10,i5 3.39 7 1 2,63 Position antagoniste. Position transversale. En tournant lentement.
- q) En monophasé sur deux phases en série. 5,66 1 5,87 8,60 \ 8,67 7,55 7,63 5,58 5,79 8, i5 8,i5 7,4o 7,5° n,5 U,82 16,80 16,80 i4,65 >4,9° » » » » » » 316 262 5i5 525 435 402 o,56o 0,446 o,598 0,606 o,578 (),527 » » » » » » 4,75 5,25 6,72 6,72 6,o5 6,40 25,6 0 *9,8 6,27 O 4,73 Position antagoniste. [ Position transversale. 1 En tournant 1 lentement.
- 3) En triphasé. 7.30 1 7,37 1 - 7,33 | 7,37 12,60 t2,7° » )) 414 376 0,566 o,5io )) » 6,o3 6,35 2,62 6,15 En tournant i lentement. 1 '
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Sérié).—N® 15
- d’où :
- x,„ + xsk = OjOi 2g 4- 0,0910 = 0,1039 Q.
- Le coefficient de l’induction mutuelle entre les bobines extérieures est ±4,31.
- B) Avec rotor, avec plateaux.
- Des mesures très précises ont été faites avec le rotor dans la position antagoniste, transvex-sale et en tournant lentement :
- i° En monophasé sur une phase;
- 20 En monophasé sur deux phases en série ;
- 3° En triphasé. (Tableau II).
- Les essais permettent diverses remarques.
- On obtient dans les deux premiers cas (1 et 2), avec rotor tournant lentement, des tensions aux bagues de l’enroulement d’excitation ouvert, ainsi que des courants dans l’enroulement fermé, dont la valeur effective est ± 0,77 X celle de la position antagoniste correspondante.
- De plus, la tension aux bagues du rotor er (et le courant ir). est, pour même courant dans le stator, en monophasé sur une phase, environ moitié de celle sur deux phases en série ou en triphasé.
- Quoique le rotor soit massif et pourvu de rainures, dont les cales métalliques constituent avec les couronnes en bronze (fig. 2) Tableau III
- RÉACTANCE PAR PHASE A 5o PÉRIODES
- sans rotor avec rotor (enroulement d’excitation fermé)
- position antagoniste position transversale en tournant lentement
- En monophasé sur une phase. 0,0723 0,0/125 0,0745 o,o53o
- En monophasé surdeuai phases en série. 0,0890 o,o:no 0,0652 0,0620
- En triphasé. 0,0882 — — 0,0615
- une cafe-e d’écureuil, la réactance dans la position transversale est beaucoup plus élevée que dans la position antagoniste.
- En vérifiant le tableau de comparaison III, on constate que la réactance sans rotor est beaucoup plus élevée qu’avec rotor fixe dans la position antagoniste et même en tournant lentement.
- Cette grande diminution de la réactance en introduisant le rotor résulte de la suppression du flux (J/4, qui est, pour une machine à deux pôles, très important par rapport aux autres flux èn et
- Nous avions avec rotor enlevé pour chacun des cas 1 et 2 :
- 1) xsk = 0,0374 ü et xSfl -f- xss = o,o3/i9£2 et
- 2) xsk — o,o455Q et xsn + xss = 0,0437 Q ;
- la réactance x,k constitue donc plus de 5o % de la réactance totale.
- Nous calculons pour la valeur moyenne, en tournant lentement le rotor :
- 1) o, 03x8-)-o,o 189:= 0,05070,
- 4 4
- au lieu de o,o53 Q mesuré et :
- 2) -.R„ 4- -. R, = o,o255 4- 0,0326 = 0,0581 Q,
- J 2 2
- au lieu de 0,062 Q mesuré.
- L’impédance de l’enroulement d’excitation du rotor (stator enlevé) a encore été mesurée à 5o périodes (tableau IV) :
- Taiileau IV
- TEN- SION <*r COU- RANT *r WATTS COS <p IMPÉ- DANCE RÉAC- TANCE RÉSISTANCE OHMIQUE R
- a) 83 IO 365 0,44 8,3 7)45 o,3o5
- b) 42 IO 285 0,68 4,2 3,09 o,3o5
- a) Avec cales en laiton, mais sans couronnes en bronze ;
- b) Avec couronnes en bronze.
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- On constate que l’impédance b concorde
- (>
- entièrement avec le rapport du tableau II.
- Les mêmes expériences ont été faites sur le rotor d’un turbo-alternateur de 4 ooo KVA, à 2 pôles, 66oo volts entre phases, z5 périodes, Tableau V
- TEN- SION er COU- RANT *r WATTS cos IMPE- DANCE RÉAC- TANCE RÉSISTANCE CHIMIQUE l\
- a) 293 IO i 35o 0,46 29,3 26 0,36
- b) QO O M IO 585 o,54 10,8 9»1 o,36
- î 5oo tours, dont la masse de fer était constituée par des tôles non isolées d’une épaisseur de i millimètre (tableau V).
- On voit donc nettement l’influénce de la cage d’écureuil qui constitue le secondaire de l’enroulement d’excitation.
- Nous savons, par ce qui précède, que l’introduction du rotor dans le stator annule totalement ou partiellement le flux dans l’intérieur des tôles et qu’il est remplacé par le flux de dispersion du rotor.
- 11 en résulte que le placement du rotor augmente ou diminue la réactance, suivant que le flux de dispersion du rotor est plus ou moins grand que le flux d’un autre côté, l’importance de l’augmentation ou de la diminution de la réactance totale dépend de l’importance du flux par rapport aux autres flux du stator et
- Les machines analysées jusqu’à présent permettent de dresser un tableau de comparaison très utile (tableau VI).
- Tableau VI
- RÉ VCTÀNCE PAR PHASE COS <p on monophasé sur deux phases en série et en triphasé
- MACHINES En monophasé sur une phase En monophasé sur deux phases en série En triphasé
- Moteur triphasé asynchrone de 175 HP, 3 000 volts, 5o ** , 750 tours, avec rotor bobiné et court circuité. 9*9 10,7 10,75 0,09 Sans rotor.
- 16,05 11,3 11,45 0,18 , Avec rotor tournant lentement.
- Moteur triphasé asynchrone de 5o HP, 38o volts, 5o , 3 ooo tours, < avec rotor à cage d’écureuil. 0,51 o_,6o 0,60 o,i 3 Sans rotor.
- 0,475 o,5i o,5a5 0,28 Avec rotor tournant lentement.
- Turbo-alternateur triphasé de 4000 , KVA, 6600 volts, 5o r~ , 1 5oo tours, avec rotor lisse en tôles et enroulement d’excitation fermé. 1 ' 0,8.7 1,14 I,i3 o,o5 Sans rotor.
- 1 ,o5 1,23 1,15 0,33 Avec rotor tournant lentement.
- Alternateur monophasé de 75 KVA, 3 600 volts, 5oo ^ , 1 5oo tours, avec rotor en tôles à pôles saillants et enroulement d’excitation fermé. — 9,5 — 0,25 Sans rotor.
- — 11,6 — 0,27 Avec rotor lour-1 nant lentement.
- Alternateur triphasé de 75 KVA, 120 volts, 5o ^ ,75o tours,avec rotor à pôles saillants massifs et enroulement d’excitation fermé. 1 0,0156 o,oi85 0,0171 0,35 Sans rotor.
- o,<>3<>5 'w 0 '-rr O •“S 0,04 1 °,37 Avec rotor tournant lentement.
- Turbo-alternateur triphasé de 200 KVA, 460 volts, 5o ~ , 3 ooo tours, 1 avec rotor lisse massif et enroule- ‘ ment d’excitation fermé. | 0,0723 0,089 0,0882 0, i5 Sans rotor.
- o,<>53 0,062 0,0615 o,53 Avec rotor tournant lentement.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2® Série). — N° 15.
- Les essais habituels de court-circuit ont été effectués sur notre alternateur à 3 ooo tours ; on trouve, pour un courant d’excitation de io ampères :
- 1) En monophasé sur une phase : 196 ampères ;
- 2) En monophasé sur deux phases en série : 115 ampères.
- 3) En triphasé: 68 ampères.
- Le rapport :
- A.T. d’excitation à courant continu du rotor A.T. totaux elï. du stator en court-circuit
- est donc :
- *)
- 3)
- Le tableau VII renseigne surjles valeurs obtenues pour les différents alternateurs traités :
- ûl =
- ûl
- CH =
- 24 . l6 . 10
- 22 . Ii 96
- 24 . 16 . IO
- 2 . ' 22. 115
- 24 . 16 . 10
- 3. 22. 68
- = 0,89,
- 0,86.
- Tableau VII
- MACHINES RAPPORT (H
- En monophasé sur une phase En monophasé sur deux phases en série En triphasé
- Turbo-alternateur, 4000 KVA, 4 pôles, 1 5oo tours, 5o » . 1,1 0,90 0,89
- Alternateur, 7.4 KVA, 40 pôles, i 5oo tours, 5oo ». — CO CO —
- Alternateur, 76 KVA, 8 pôles, 750 tours, 5o » . 0,94 0,76 0 *0
- Turbo-alternateur, 200 KVA, « pôles, 3000 tours, tio ». d CO 0,76 0,86
- Le tableau VIII donne de la même manière le rapport — entre la réactance syn-
- ' Bec
- chrone antagoniste R„a et la réactance asynchrone moyenne Rc. On y trouve également
- le rapport correspondant entre l’intensité
- *»ncc
- d’excitation Imo pour la tension normale à vide, pour non saturation et l’excitation ImM pour le courant normal en court-circuit.
- Tableau VIII
- EN MONOPHASÉ SUR DEUX PHASES EN SÉRIE EN TRIPHASÉ
- Roa Rce Im I mcc Roa Rce Jmo Imc9
- Turbo-alternateur, 4000 KVA, 1 5oo tours, 5o » . 2,62 L7 4,75 0,99
- Alternateur, 75 KVA, i 5oo tours, 5oo » . 1,26 i ,18 — —
- Alternateur, 75 KVA, 7Üo tours, 5o » . 2,17 2,2 3,32 1,42
- Turbo-alternateur, 200 K V A, 3 000 tours, 5o ~ . 12,1 t,4 19,1 °,89
- On constate que le rapport variable que le rapport
- Ro„
- Roc
- est aussi
- courant de court-circuit courant à vide
- des moteurs asynchrones et qu’il est donc indispensable de calculer la réactance de dispersion comme pour .ces derniers.
- Pour terminer, parlons encore de l’emploi de cercles métalliques en une pièce renforçant les tiges, qui servent à tenir rigidement les bobines extérieures du stator d’un turbo-alternateur (fig. 2 et 3).
- Il résulte de la figure 4, que les bobines extérieures d’un enroulement monophasé,. bobiné par pôles conséquents, y produisent une force électromotrice ; la figure 5 montre que, pour un enroulement monophasé bobiné par pôle, la force électromotrice induite dans le cercle est nulle. Cette différence disparaît naturellement dans le cas d’un enroulement polyphasé symétrique ; il n’en est pas de même pour un enroulement dissymétrique, c’est-à-
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- dire bobiné par pôles conséquents en trois plans, comme celui du turbo-alternateur de 4ooo KVA, traité précédemment. Dans ce dernier cas, la force électromotrice induite, et par conséquent le courant, peut atteindre une valeur assez considérable pour provoquer un échaufïement exagéré du cercle ; les plateaux de serrage des tôles et autres circuits, ayant une position semblable par rap-
- 3 . 3
- le facteur - doit être remplacé par —:
- 5 1 1 10
- la va-
- leur 5,92 devient ainsi 4>8a û et il reste pour la réactance des raccordements extérieurs :
- 16,83 — 0,96 — 6 — 4,82 = 5,05Q, au lieu de 3,92 Q indiqué.
- L’essai en monophasé sur deux phases en. série a donné 4,68 Q par phase (').
- Cercles en ironie retient tes tfges
- Couronne en brome —-
- Fig. 2. — Turbo-alternateur triphasé, 200 KVA, 460 volts, 3 000 tours, 5o périodes.
- port aux bobines extérieures, sont dans le même cas.
- Errata.
- Une erreur s’est glissée dans l’étude : «j|La réactance des moteurs asynchrones »(*). En effet dans l’expression :
- i2,5.5o,5.2 rjG'1 4.3. I os
- .26] 2,62+0,9,',+ -(2,41+1,16) =5,92Q,
- Dans l’étude précédente sur la « Détermination de l’induction mutuelle entre raccordements extérieurs » nous avons trouvé, en monophasé sur une phase :
- -F31 “f~ — 4 u 3 Q
- pour A = o. L’essai indique donc que, pour ce moteur, la compensation n’est pas assez importante pour correspondre à la suppres-
- (4) Lumière Electrique, tome XI, p, 206, 2® colonne, en haut.
- (*) Lumière Electrique, tome XI, p. 209, ir« colonne, en haut.
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- i
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- sion du facteur d’induction A. Les expériences sur le moteur triphasé de 5ochevaux, 38.o volts, 3 ooo tours-ont même , montré
- facteur . A dépend de la disposition ; relative des bobines-extérieures stator et rotor; la 'compensation sera donc en général plus pai*-
- que l’introduction du rotor à cage d’écu-
- Fig. 4. — Bobinage par pôles conséquents, 4 pôles.
- reuil n’a aucune influence sur la réactance des bobines extérieures du stator. Il en résulte que l’importance de la compensation du
- faite pour les machines à basse tension,
- Fig. 5. — Bobinage pur pôle, 4 pôles.
- ayant des enroulements semblables et diminuera pour les tensions plus élevées.
- J. Rezelman,
- Ingénieur, Chef de service des A.C.E.C.
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- SUR UN VOLT-WATTMÈTRE DE PRÉCISION A LECTURE DIRECTE
- On connaît les divers modèles de wattmètres électro-dynamiques à lecture directe qui ont été réalisés jusqu’à ces derniers temps. Les perfectionnements principaux apportés dans ces appareils ont été les suivants. Tout d’abord, l'amortissement par l’air, généralement adopté et entièrement satisfaisant ; puis, la réalisation delà proportionnalité dans la graduation par divers artifices dont le plus simple, et peut-être le meilleur, consiste à employer des bobines de champ rectangulaires et centrées, où les côtés verticaux, parallèles à l’axe du cadre mobile, sont plus rap-
- faible, surtout dans le cas des intensités élevées, expose à des mécomptes, au point de vue de la précision : le commutateur coupleur est un organe délicat. D’autre part, le nombre des sensibilités qu’on peut ainsi obtenir est assez limité, les sensibilités extrêmes restant entre elles dans le rapport i ou 4. On a bien proposé, pour résoudre la question, de shunter les watt-mètres au moyen de shunts inductifs : on aperçoit de suite la difficulté d’ün réglage précis dans ces conditions et les inconvénients d’une consommation forcément considérable.
- Fig. 1. — Wattinètrc et bobine de champ amovible.
- prochés du centre que les côtés horizontaux. Enfin, on a cherché à multiplier les sensibilités ampères, par le sectionnement de la bobine de champ et le couplage en série ou en parallèle de ses différentes sections. Cette dernière solution a l’avantage d’augmenter sensiblement le « range » de l’appareil ; elle peut donner lieu cependant à quelques critiques. Tout d’abord, la mise en parallèle d’enroulements de cuivre, imparfaitement identiques et de résistance très
- Il était donc intéressant de songer à rendre les bobines de champ amovibles et interchangeables, en les réglant de façon qu’elles puissent se substituer immédiatement les unes aux autres, comme les shunts d’un ampèremètre. C’est ce qui a été réalisé dans le nouveau wattmètre J. Carpentier (fig. 1). L’appareil proprement dit, dont l’aspect est celui des appareils de contrôle courants, ne renferme plus dans sa boite qu’un cadre mobile muni d’un amortisseur à air et
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- d’un index disposé au-dessus d’un cadran avec miroir de parallaxe. Des résistances additionnelles complètent ce circuit à fil fin.
- Sur le côté vertical delà boîte,à l’opposé du cadran et de l’index, est pratiqué un large logement rectangulaire au fond duquel reste saillant le couvercle étanche qui protège l’équipage.
- De chaque côté, des glissières, dont la position par rapport au cadre mobile est rigoureusement fixée, permettent de guider pendant leur introduction les bobines de champ renfermées dans des blocs soigneusement ajustés qui viennent remplir lelogement disposé dans la boîte. Ainsi les circuits de champ peuvent se substituer l’un à l’autre autour du cadre mobile, comme autant de tiroirs interchangeables, rencombrement de ces circuits étant identique, ainsi que le nombre des ampères-tours, et la section des conducteurs variant simplement en raison de l’intensité maxima prévue.
- Dans ces conditions, il est possible, moyennant quelques précautions, d’arriver à obtenir la même courbe de graduation pour les diffé-
- Cadre mobile
- ^ S* t x.0,5 x 1
- Fig. 2. — Schéma des connexions intérieures du volt-waltmètrc.
- rentes bobines de champ et de régler leurs ampères-tours avec assez de précision pour que la mesure n’exige pas d’autre calcul que la multiplication du chiffre lu sur le cadran par l’intensité matèima caractéristique de la bobine de champ employée. C’est ainsi que, dans Je cas de la bobine 3o ampères, on multiplie la lecture par 3o pour avoir le nombre des watts.
- Ce résultat n’est possible que si la position des circuits de champ, dans les blocs qui les renferment, est rigoureusement fixée et si ces-blocs eux-mêmes sont assujettis à prendre une position déterminée, toujours la même, lorsqu’ils sont introduits dans l’appareil. A cet effet, des ressorts robustes obligent le bloc à prendre appui sur les surfaces de butée qui définissent sa position, de façon que tous les jeux soient rattrapés. D’ailleurs, une circonstance favorable à la précision est que, dans la position d’appui du bloc, l’axe du circuit de champ est en coïncidence avec celui du cadre mobile. Les petits écarts autour de cette position qui correspond au maximum d’action électrodynamique n’introduisent
- Fig. 3. — Volt-watlmètre.
- que des différences du second ordre dans le couple qui Vexerce entre les deux circuits.
- Une autre difficulté pour la réalisation de bobines de champ interchangeables consistait dans-la disposition des conducteurs d’entrée et de-sortie, surtout dans le cas des intensités élevées. Les formes des amenées de courant ont dû être étudiées spécialement pour chaque type de bobine, de façon que la même loi de déviation soit
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- obtenue tout le long de l’échelle. Pour éviter l’influence des câbles amenant le courant, ceux-ci sont terminés par des fiches coniques rigides qui s’introduisent dans des trous égalementco-niques portés par les divers blocs. Un écrou permet de fixer la connexion et d’obtenir à volonté le coincement ou le décoincement de la fiche dans son trou.
- Les bobines de champ peuvent être établies normalement pour des intensités maxima variant de i à 3oo ampères, les circuits de champ correspondants présentant toujours le même
- courant continu ou alternatif. Parmi les blocs qui complètent l’appareil, l’un ne présente pas les trous coniques destinés à la connexion des câbles. Les deux plots sur lesquels appuient les ressorts visibles à la partie antérieure, servent en même temps de prises de courant, et la connexion de la bobine en série avec le cadre est faite en même temps que sa position est assurée. Le schéma (fig. a) des connexions intérieures de l’appareil rend compte de ce résultat.
- Dans ces conditions, le cadran de l’appareil est double : l’une des échelles est réservée aux watts,
- Fig'. 4. — Boite d’étalonnage. (Volt-watlmètre, jeu de bobines de champ et résistances.)
- nombre d’ampères-tours,voisin de 6oo. Quant au circuit à fil fin, il prend un courant maximum de 0,02 ampère pour le coefficient i (i5o volts) et un courant maximum de o,o4 ampère pour le coefficient o,5 (i5o volts), ce dernier étant spécialement recommandé dans le cas de l’emploi des bobines de champ au-dessous de to ampères, afin d’éviter réchauffemen t des bobines.
- Une des dernières particularités de l’appareil, et non la moins in téressante, est que l’adjonction d’une bobine de champ à fil fin permet d’en faire un voltmètre électrodynamique étalon pour
- l’autre aux volts. Cette dernière, comme on le voit sur la figure 3, est resserrée vers le zéro, mais elle devient presque proportionnelle à partir de la tension moitié. La consommation de l’appareil comme voltmètre est d’environ 5o milliampères.
- Le modèle normal de volt-wattmètre,représenté par la figure 3, présente 4 bornes de tension pour iüo volts maxima. L’une marquée YYV est com-j muneaux mesures de tension et de puissance. La | seconde marquée Y (X i) est destinée-aux me-! sures de tensions aveclecture directe sur le cadran
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- des volts. La troisième, marquée W (X o,5) est destinée aux mesures de puissance : le coefficient étant la moitié du chiffre caractéristique de la bobine de champ employée, par exemple i5 dans le cas de la bobine 3o ampères. Enfin la quatrième, marquée W (X>) et destinée également aux mesures de puissance, donne comme coefficient le chiffre de la bobine de champ.
- Une boîte de transport (fîg. 4) a été combinée pour renfermer le volt-wattmètre et l’ensemble de ses accessoires (série de bobines de champ jusqu’à 3oo ampères, résistance additionnelle
- sectionnée pour mesures de tensions et. de puissance jusqu’à 6oo volts, câbles d’amenée de courant avec fiches). Comme on le voit par la figure, bien que chacun des appareils soit amovible, on peut les laisser tous à leur place dans la boîte, lorsqu’on fait les connexions et les mesures. Il semble que ce dispositif présente un intérêt particulier pour les services de vérifications de compteurs qui utilisent les wattmètres à lecture directe.
- Louis Joly.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- Mesure absolue des courants forts. —M. Chopin. — Comptes rendus, 6 décembre igio.
- La mesure absolue ne peut être faite exactement avec la boussole des tangentes que si les déviations
- observées sont aux environs de -, ainsi que l’indi-
- que le calcul. Il faut y ramener celles qui n’y seraient pas.
- A cet effet, une bobine verticale est adjointe normalement au plan du cadre et est parcourue par un courant auxiliaire ; on renforce ainsi la composante horizontale du magnétisme terrestre.
- Les oscillations du barreau aimanté sont amorties par un nouveau procédé : on attache au barreau une ailette de mica qui plonge dans du mercure dont on fait à volonté varier le niveau. On supprime le contact entre le mercure et l’ailette lorsque l’équilibre est presque atteint. Il est possible d’obtenir, par ce procédé, l’amortissement critique.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Génératrice a pôles commutables. — F. Nie-thammec et E. Siegel. — Elektrotechnik und Masclii-nenbau, 4 décembre igio.
- Le changement de la fréquence et, partant, du
- nombre de tours d’un alternateur peut s’obtenir par une commutation des pôles. Ainsi, 4 pôles N S N S n’en formeraient qu’une paire si l’on renversait le sens du courant dans une des deux paires existantes.
- La Société autrichienne Siemens-Schuckert (*) ne modifie que le nombre de pôles de l’inducteur dans une génératrice, dont l’induit n’a que 24 conducteurs, en trois circuits étoilés, pour 48 encoches; les 24 encoches restantes reçoivent une autre étoile : on peut ainsi alimenter deux moteurs différents. Un abaissement de la fréquence de 2 à 1 obtenu par commutation de pôles, entraîne dans ces moteurs un changement dans la vitesse et dans le sens de la rotation. Pour rendre les pôles commutables, dans un alternateur à pôles saillants, on n’a même pas besoin de doubler le nombre des bagues collectrices.
- Des essais ont été faits au régime de 104 ampères, pour différents cos 9 et différentes tensions, sur une génératrice ordinairement tétrapolaire, à pôles intérieurs, de 5 kilowatts, 5oo-6oo volts, 1200 tours par minute, 48conducteurs d’induit, de laUnionE. G.
- Les auteurs ont ainsi réuni et discuté les caractéristiques et les oscillograinmes. Th. S.
- Gradation des rhéostats de démarrage. — F. Natalis. — Elektrolechnik und Maschinenbau, 5 février igi i.
- L’auteur expose une méthode pratique et rapide pour le calcul des rhéostats de démarrage. Il
- (*) Brevet autrichien 42464.
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- emploie le papier logarithmiqué, qu’on trouve maintenant dans le commerce (papier dont les ordonnées correspondent aux logarithmes, et dont l’axe des abscisses est divisé en parties égales).
- Soient : E, la tension en volts du réseau;
- In la valeur en ampères à laquelle le courant doit être limité, lorsqu’on passe d’un plot au suivant;
- I2, la valeur en ampères du courant normal (valeur à laquelle le courant doit descendre avant la mise en court-circuit de la résistance suivante); m, le nombre de plots.
- «•, la résistance de l’induit, en ohms;
- /•,, r2> r3> r'n> la valeur en ohms des résistances successives ;
- R,=tv4-r„ R2 =«>-!-/•,R3=tf+'’i+-''2+'-3,
- R,„ = w -)- t’i -f- ... -f- les résistances totales successives du circuit parcouru par le courant;
- X = ^ (X > i) la raison de la progression géomé-
- M
- trique qui doit exister entre les sections successives du rhéostat (') ;
- E , . .
- Pour la résistance R,„ = —, le moteur doitattein-
- 12
- dre son régime de marche normale.
- Cette valeur Rw étant prise pour unité, toutes les autres résistances sont exprimées en pour cent de cette valeur, pour plus de simplicité.
- (*) En effet on a, en désignant par em la force contre-électromotrice du moteur, lorsqu’on passe de la résistance totale Rm à la résistance Rm_i :
- I,=
- E—e„
- E—e,.
- R ///.
- d’où -2
- que l’on peut écrire :
- I.=
- R/n—Rm—1 R/n
- rm
- Rm —1*
- n . h K»-.
- Ile meme — — ----,
- 1, R/n—2
- d’où l’on tire :
- L
- I.-I.
- Rm—1
- f'm — 1
- En multipliant membre à membre, on a
- c’est-à-dire
- U _____ C/n
- 11 rm—1
- >'2 - Xr,
- ;-3 = Xr2
- — X
- et
- D’autre part on a : R, = X» (*).
- D’où l’on déduit :
- /’i = Ri — (v = (X — 1) w,
- /•2 = X/-! = X (X — 1) (v,
- r3 — Xr2 = X2/1! = X2(X — 1) (v,
- rm — X/'m_i = X”‘—‘ /*i = X”'-1 (X — 1 ) w
- Ri = w -|- = Xm>,
- R2 = XRt = X2 tv,
- R3 - - XR2 = \3fv,
- R»
- : XRm—1 == X"'fV,
- d’où :
- x=75= = v^
- v w v l.i tr
- et
- 1 E log-:---
- 12 w l°gX
- Puisque les termes w, Rj, R2, R3, ... R,„ sont en progression géométrique, leurs logarithmes sont en progression arithmétique.
- Les abscisses de la figure 1 représentent les plots successifs et les ordonnées représentent les résistances totales w, Rj, R2, ... R,„ exprimées en % E
- de R„, — —,
- *2
- Soit, par exemple, à déterminer un rhéostat de démarrage à 4 plots, destiné à unmoteur dont la
- E . . ,
- résistance d’induit est 8 % de —; on joint le point
- I2
- B, qui correspond à l’ordonnée 8 % et à l’abscisse 4, au point A, par la droite AB ; celle-ci est divisée par les verticales 1,2, 3 en 4 parties égales. Les horizontales menées par ces points de division coupent l’échelle logarithmique en des points qui donnent immédiatement les valeurs :
- w
- R*
- R,
- R,
- 8 % i5,i % 28,3 % 53,2
- R,
- Rm—1
- R*
- E
- 100 % de Rt = —.
- *2
- ; X. Or, quand on
- (•) En effet, on a déjà vu que
- met le rhéostat en court-circuit, on passe de la résistance R, = ri -f- w à la résistance »> de l’induit. «
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XIV(2e Série). — N® 15.
- 84
- On obtient par soustraction les valeurs :
- >' 1 r2 r3
- 7,1 % i3,2 % 24,9 % 46,8 % de R*.
- On obtient les valeurs absolues en ohms en multipliant ces valeurs en % par R4.
- Si l’on préfère obtenir directement ces valeurs, on opère ainsi :
- E
- E = 200 volts, I2 = 8 amp., — = 25 ohms,
- L
- (V = 2 ohms, m = 4.
- On réunit le point C (25 ohms) au point D (2 ohms
- La ligne CD est parallèle à AB.
- Le rapport X dépend de l’inclinaison de AB. Du point A sont tracées des droites correspondant aux différentes valeurs de X. Si X ne doit pas dépasser une valeur déterminée, par exemple i,3, et si, de plus, la résistance d'induit est connue, atteint par exemple 3 % , le nombre de plots déduit de la figure est 13,4, soit 14.
- La détermination d’un rhéostat de démarrage pour un moteur d’induction se fait de la même façon.
- Si, par exemple, la tension est E, le courant entre balais I2, la résistance apparente du moteur pour le
- {Ohm)
- •/. A
- Fig. 2.
- et 4 plots); la droite CD coupe les verticales en des points qui correspondent aux valeurs
- w Rt R* R3 Rt
- 2 3,8 7,1 i3,3 25 ohms,
- d’où on tire :
- /-l r'3 7%.
- 1,8 3,3 6,2 11,7 ohms.
- cas du rotor et du rhéostat connectés en étoile est :
- E
- R„
- sj'i h ’
- y/3E
- pour une connexion en triangle elle est —-— et la ré-
- la
- sistance d’armature doit être évaluée en pour cent de cette valeur. H. B.
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- 15 Avril 1911.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- TRACTION
- Tracteur mixte. — D. Hornaday. — Electrical World, ai juillet 1910.
- La Compagnie « Del Carmen Mining », dont les mines de plomb et de zinc sont situées dans une région dépourvue de moyens de communication, de combustible et d’eau, s’est décidée, afin de pouvoir expédier ses minerais, à créer une bonne route de 13o kilomètres et à y faire circuler un tracteur remorquant un chariot chargé de minerai.
- Le tracteur adopté est de type mixte : il comporte un moteur à essence à 4 cylindres, accouplé directement à une dynamo compound de i5 kilowatts, et un contrôleur à côté du conducteur. Le châssis, en acier, supporte par une triple suspension le groupe moteur-générateur.
- L’énorme quantité de poussière et de sable que le tracteur reçoit dans son trajet habituel a conduit à «nfermer tous les organes qui doivent être lubréfiés dans un carter où ils baignent dans l’huile.
- La dynamo, accouplée élastiquement au moteur, peut supporter aisément une surcharge de 100 % pendant un temps suffisant pour fournir les coups de •collier. Elle donne une tension de ia5 volts.
- Les quatre roues du tracteur sont motrices ; chacune d’elles est actionnée par un moteur au moyen d’un train d’engrenages ; l’ensemble du moteur et des engrenages est complètement enfermé dans un carter en acier, ce qui les met à l’abri de l’eau et de la poussière.
- Par la simple manœuvre du contrôleur, le conducteur peut passer de la marche en série, à la marche en série-parallèle; on évite ainsi les avaries causées aux tracteurs ordinaires à essence, par les manœuvres brutales du changement de vitesse ou de l’embrayage.
- Le truck est suspendu à l’avant et à l’arrière sur ressorts.
- Le chariot de minerai, de 4,5o m. de longueur, n’a que deux roues situées à l’arrière, la partie antérieure reposant sur le tracteur par l’intermédiaire d’un pivot à billes, disposition qui facilite beaucoup les tournants et la marche arrière, tout en se prêtant parfaitement à toutes les inégalités de la route. Ce chariot peut porter i5 tonnes de minerai.
- Le tracteur peut emporter 180 litres de gazoline, quantité suffisante pour parcourir i3o à 160 kilomètres. Ses quatre roues sont non seulement motrices, mais directrices, ce qui lui permet de passer dans les chemins étroits et sinueux de montagne. La consommation de gazoline par kilomètre est d’environ 1,4 litre. La vitesse à vide sur une bonne route est de i4,5 kilomètres à 16 kilomètres à l’heure; le tracteur peut gravir toutes les rampes qui se présentent sur les i3o kilomètres de son parcours et qui atteignent parfois, sur une faible longueur, 14 % . En remorquant le chariot chargé, le tracteur atteint une vitesse de 6,4 kilomètres à 9,6 kilomètres à l’heure,suivant l’état de la route et l’importance des rampes.
- Des essais ont montré que les moteurs absorbent environ 7,5 kilowatts, lorsque le tracteur fonctionne à vide à la vitesse de i3 à 14 kilomètres à l’heure. Quand il remorque le chariot chargé, la consommation est d’environ 10 kilowatts en palier, et elle s’élève parfois à 20 kilowatts dans les fortes rampes.
- Le tracteur avance facilement dans le sable ; il ne progresse difficilement que dans les terrains tout à fait vaseux et, même dans ce cas, si on le conduit habilement, on arrive à lui faire remorquer le chariot chargé.
- H. B.
- VARIÉTÉS
- Les torrents des Alpes; leur correction.
- Dans une intéressante conférence, faite à la Société des touristes du Dauphiné, au Palais de la Chambre de Commerce de Grenoble, le 17 février 1911, M. V. Hulin, inspecteur adjoint des eaux et forêts, a rappelé en quelques mots l'œuvre d’Alexandre Surell.
- Né à Bitche, le 19 avril 1813, Alexandre Surell
- entra à l’Ecole Polytechnique en i83i, puis àl’Ecole des Ponts et Chaussées en i836.
- Installé à Embrun, durant plusieurs années, il étudia le régime des torrents et accumula des matériaux avec lesquels il édifia, à l’âge de 2Ü ans, sa magistrale « Etude sur les torrents des Hautes-Alpes ».
- Voici comment M. Noblemaire, directeur honoraire de la Compagnie P.-L.-M., appréciait cette
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2e Série). — N» 15.
- œuvre, dans une notice biographique parue en 1887:
- « L’étude sur les torrents des Hautes-Alpes est « l’œuvre d’un jeune ingénieur de 25 ans, œuvre « classique et parfaite, où les faits observés avec « une rare sagacité, reliés entre eux avec une irré-« futable rigueur, conduisent à des solutions qu’au « point de vue administratif le législateur s’est « résolu à adopter dans leur entier et qu’au point de « vue technique l’ingénieur forestier ne fait qu’appli-« quer littéralement depuis que la loi lui en a donné « les moyens. »
- Ces lignes, dit M. Hulin,sont encore vraies en 1911.
- La magistrale étude du jeune ingénieur des Ponts et Chaussées fut très remarquée. L’Administration supérieure la fit imprimer à ses frais en 1841, puis la croix \Ie la Légion d’Honneur ne tarda pas à venir récompenser le travail de Surell, à qui, l’année suivante, c’est-à-dire en 1842, l’Institut décernait un des prix Monthyon.
- L’attention une fois attirée sur les torrents et le corps de doctrine établi par la collaboration d’autres ingénieurs connus (Scipion Gras, Philippe Breton), on s’inquiéta de passer à la correction pratique.
- Ces éludes et discussions aboutirent au vote des lois de 1860, remplacées par celle du 4 avril 1882, qui régit actuellement la restauration et conservation des terrains en montagne.
- M. Hulin rappelle ensuite comment, en i854, Surell ayant pris en main la direction de l’ensemble des services de l’exploitation de la Compagnie du Midi et contribuant à la mise eh valeur de la région des Landes, sut imprimer à tout son personnel un merveilleux entrain, prouve par le fait suivant: en i85g, l’empereur décidait de se rendre à Cauterets mais la voie ferrée s’arrêtait à Mont-de-Marsân. Il s’agissait d’achever, jusqu’à Tarbes, 48 kilomètres de ligne, de laballaster, d’y poser la voie.
- Electrisés par l’exemple de leur chef, ingénieurs, agents secondaires, entrepreneurs et ouvriers, tous redoublent d’activité; on travaille jour et nuit, la nuit avec un éclairage de fortune (l’acétylène n’étant pas encore utilisé) et, au bout de douze jours et douze nuits, la locomotive pouvait en toute sécurité, saluer pour la première fois., de son sifflet strident, la ville de Tarbes étonnée.
- Ce tour de force valut à Surell la croix d’officier de la Légion d’Honneur.
- Enfin, après avoir suivi Surell jusqu’à sa mort (1892) etsalué au passage son dévouement en 1870, M. Hulin pose quelques questions techniques. La première est naturellement celle-ci :
- Qu’est-ce qu’un torrent?
- C’est, d’après Surell, « un cours d’eau dont les crues sont courtes et presque toujours subites ; sa pente est très irrégulière et excède souvent six centimètres par mètre sur la plus grande partie du cours et ne s'abaisse jamais au-dessous de deux centimètres ; enfin, il affouille dans la montagne, dépose dans la vallée et divague ensuite sur ces dépôts. Ce dernier trait est, pour le grand public, la caractéristique du torrent que l’on ne saurait imaginer sans un vaste cône de déjections ».
- On rencontre presque toujours dans un torrent quatre parties distinctes :
- D’abord, un vaste cirque ou entonnoir, aux parois plus ou moins abruptes et dénudées, disposées de telle sorte que la masse d’eau qui tombe sur cette surface se trouve très rapidement concentrée en un même point. En aval, s’ouvre souvent une gorge,aux parois très raides qui sont constamment minées par les eaux et généralement coupées de nombreux ravins affluents.
- Parfois, le bassin de réception est couronné de falaises élevées qui se désagrègent et offrent à l’activité torrentielle un aliment toujours renouvelé. Ce sont les torrents les plus dangereux ou au moins les plus difficiles à dompter (Saint-Antoine à Bourg-d’Oisans, les mille ravins qui descendent du Saint-Eynard et du Haut-du-Seuil...).
- Une fois concentrées et plus ou moins chargées de matériaux, les eaux s’engagent dans la deuxième partie, appelée canal d’écoulement ou gorge. Dans cette portion de son cours, qui peut être tantôt très longue, tantôt très courte, parfois même absente, le torrent ne creuse plus guère; il se charge parfois encore des matériaux tombés des berges ; il ne dépose pas non plus, la pente étant trop forte:
- Ce dernier phénomène se produit avec ampleur sur le cône de déjection qui fait suite à la gorge. Ce cône s’appuie sur le fond de la plaine ; sa base est une courbe voisine du demi-cercle ou de la demi-ellipse, si la rivière qui coule au fond de la vallée ne vient pas l’ébrécher, comme cela se produit souvent.
- Enfin, quand le torrent doit traverser un certain espace de plaine avant de rejoindre la rivière, les eaux, debarrassées des matériaux en excès, s’encaissent et forment le lit dans lequel le torrent, devenu calme, termine son aventureuse carrière.
- Ensuite vientlaquestionde l’antiquité des torrents.
- Les torrents sont-ils anciens ? ün peut répondre affirmativement.
- Au sujet des causes de leur formation les principes
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- 15 Avril 1911.
- suivants ont été formulés en i8/|i par Surell :
- i° La présence d’une forêt sur le sol empêche la formation d’un torrent.
- a0 La destruction d’une forêt livré le sol en proie aux torrents.
- « En examinant les bassins de réception des « grands torrents éteints, on y découvre presque « toujours des forêts et, le plus souvent, des forêts « épaisses... Il en est dont les forêts sont tombées, « en partie, dans les premières années de la Révo-« lution, sous la cognée de l’habitant. Le résultat de « ces déboisements a été de rallumer les torrents « éteints... »
- Telle est l’action néfaste de l’homme.
- Mais le remède est" à côté du mal: l’eau dangereuse, Comme dit Surell, dans certaines conditions, devient un agent de défense lorsque l’on veut bien le lui permettre.
- • Que faut-il donc faire ? Aider la nature, tout simplement, et l’imiter : elle n’a pas élevé de barricades aux torrents, barricades qui ne font qu’exagérer la fureur des eaux et provoquer des débâcles dangereuses. Elle a, par contre, accumulé les petits obstacles, opposant à chaque goutte d’eau qui tombe le brin d'herbe ou de mousse qui la retiendra pour s’en parer comme d’une perle, à chaque filet d’eau qui ruisselle, une racine minuscule qui brise sa vitesse etle divise.
- Ecoutons encore Surell : « Combien toutes nos « digues paraissent débiles à côté de ces grands « moyens dont dispose la nature lorsque, l’homme « cessant de la contrarier, elle poursuit patiemment « son œuvre à travers les longs intervalles des siè-« clés. Tous nos mesquins ouvrages ne sont que « des défenses, ce sont des masses passives oppo-« sées à des forces actives, des obstacles inertes et « qui se détruisent, opposés à des puissances vives « qui attaquent toujours et ne se détruisent jamais.
- « Pourquoi donc l’homme ne demanderait-il pas « un secours à ces forces vivantes dont l’énergie et « l’efficacité lui sont si clairement révélées ? Pour-« quoi ne leur commanderait-il pas de faire de nou-« veau, 'et cette fois par son ordre, ce qu’elles ont « l’ait anciennement sur tant de torrents éteints et « par l’ordre seul de la nature ?
- « Le problème est donc ramené à la discussion des « meilleurs moyens à suivre pour jeter la plus « grande masse de végétation, soit sur les terrains « menacés de futurs torrents, soit à l’entour des « torrents déjà formés; l’art alors se bornera à imi-« ter la nature, à s’emparer de scs procédés et à
- « opposer habilement les forces de la vie organique « à celles de la matière brute... »
- Le programme de la correction est donc : gazon-nement el boisement. Tout tient dans ces deux mots.
- Et M. Ilulin formule ainsi les deux préceptes qui doivent régir l’œuvre de correction :
- i° Travaux d’art provisoires, étudiés avec soin, emplacésuudicieusement pour réduire au minimum les dangers de destruction et les dépenses inévitables d’entretien ;
- 2° Travaux actifs et simultanés de gazonnement et de boisementpar fous les moyens possibles, en suivant toutes les indications de la nature, sans rien brusquer, mais sans se relâcher un seul instant. Patience, persévérance, minutie, permettront d’obtenir ces résultats importants, sinon la victoire définitive. M. G.
- Un prochain Congrès de VAssociation française pour l’Avancement des Sciences.
- L’Association française pour l’Avancement des Sciences a décidé de tenir sa 4oe session à Dijon, au mois d’août ign. Un Comité local a pour mission d’organiser des conférences, visites industrielles et excursions qui doivent avoir lieu, pendant ou après le Congrès. Il préside à la composition et à l’édition d’un ouvrage dans lequel Dijon et la Côte-d’Or vont être décrits sous les rapports les plus variés.
- Le bureau du Comité local a été constitué dans une réunion tenue à l’hôtel de ville de Dijon le 3o avril 1910. Depuis, il a établi, en faisant appel aux collaborateurs les plus compétents, le plan de l’ouvrage qui sera offert aux congressistes membres de l’A. F. A. S. et aux souscripteurs du Comité local.
- On peut participera cette manifestation scientifique de deux manières, soit en se faisant inscrire comme membre de l’A. F. A. S. (cotisation : 20 fr.), soit en adhérant au Comité local (cotisation : 10 fr.).
- Un ouvrage considérable est actuellement à l’impression sur Dijon et la Côte-d’ Or en 1911.
- Seuls le recevront les membres de l’A. F. A. S. prenant part au Congrès et les membres adhérents du Comité local.
- Toute demande d’adhésion doit être adressée soit au Secrétaire général du Comité local, M. le colonel Boulanger, 2 bis, rueGagneraux, à Dijon, soit au siège du Comité local, 65, rue des Godrans,à Dijon.
- L’ouvrage étant tiré à un nombre limité d’exemplaires, les adhésions set'ont classées par„ordre de dates. On est donc prié de s’inscrire le plus tôt possible et, en tout cas, avant le i5 mai 1911.
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- T. XIV (2® Série). — K» 15.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Les Ateliers Bergmann, à Colombes.
- Dans ces ateliers, une force motrice totale d’une centaine de chevaux et un personnel de a5o ouvriers sont employés à la fabrication des tubes Bergmann et du petit apparéillage.
- , LE TUBE BERGMANN
- Le tube Bergmann consiste essentiellement en un cylindre de papier imprégné d’une matière isolante et incombustible, revêtu d’une enveloppe métallique de tôle d’acier plombée, de laiton ou d’acier, et destiné à protéger les fils électriques d’une distribution quelconque. Par exemple, dans une installation d’appartement, le tube Bergmann remplace la moulure, et supprime la vue de tous les fils. Il se prête facilement à la courbure, aux prises de dérivation, offre un aspect propre et élégant, ainsi qu’un haut degré de sécurité, et n’a guère actuellement d’autre inconvénient que de coûter encore un peu cher, sans que cette circonstance paraisse décider beaucoup d’exploitants à se priver de ses bons et loyaux services . En fait, son utilisation industrielle se développe rapidement.
- Sa fabrication se fait à partir d’un papier spécial, très robuste et homogène, que les usines de Colombes, près Paris, devaient naguère encore se faire expédier d’Amérique, mais dont elles viennent de trouver l’équivalent en France. Le rouleau de papier est d’abord découpé en rubans de quelques centimètres de largeur. Ces rubans sont ensuite bobinés et trois bobines ainsi formées vont servir à constituer un tube. L’appareil qui réalise cette fabrication est, si l’on veut, une sorte de tour, dans l’axe duquel s’avance, en tournant sur lui-même, le ruban qui formera le centre du tube définitif. A mesure qu’il avance, une pièce de forme spéciale le roule cylin-driquement, de manière k ramener ses bords latéraux l’un contre l’autre. Sur lui vient s’enrouler, en hélice, le ruban intermédiaire et sur celui-ci, en hélice'également, le ruban extérieur. La liaison entre ces trois rubans estfaite de la manière la plus simple. C’est le ruban intermédiaire qui joue le rôle principal : avant de venir s’enrouler sur le ruban axial
- ou intérieur, il a passé dans une boîte remplie de colle, de manière qu’il adhère par ses deux faces collantes, d’une part, au ruban intérieur, d’autre part, au ruban extérieur. Au fur et à mesure de l’opération, un brûleur à gaz vient activer le séchage de la colle. On voit ainsi s’avancer le long de l’axe du tour un tronçon de tube Bergmann. Si on le laissait ainsi progresser indéfiniment, il sortirait rapidement des limites de l’usine ; on pourrait même dire qu’il aurait, dans sa journée, le temps de se prolonger de Colombes jusqu’à Paris, car la capacité quotidienne de production de l’atelier atteint ioooo mètres de tube.
- Mais on évite cette éventualité en sectionnant automatiquement le tube, tous les 3 mètres, à la sortie du tour. Ce sont; en effet, des tronçons de 3 mètres qui sont normalement usités, ajustés entre eux, coudés, etc-, dans les installations.
- Le tube en papier, une fois constitué de cette manière, on lui donne ses qualités caractéristiques isolement et incombustibilité, en le plongeant, pendant quelques heures, dans un liquide noir qui a vaguement l’aspect et l’odeur du goudron, mais qui n’en est pas.
- Une fois qu’il a subi cette opération mystérieuse, mais efficace, le tube est d’un noir mat, mais présente encore deux petits défauts : sa surface extérieure a quelques petites inégalités dues à l’enroulement hélicoïdal des rubans intermédiaire et extérieur, et d’autre part il est très cassant.
- On le lisse par des procédés faciles à imaginer, et pour lui donner la souplesse indispensable, on le recouvre de sa gaine métallique définitive (*). Tous les appareils employés dans ces manipulations se ressemblent un peu; ils portent toujours, à une extrémité, un orifice où s’engage, suivant la phase de la fabrication, le ruban de papier pu le tube déjà formé ; il y a toujours un organe qui tire sur ce tube et le fait avancer; enfin, dans l’opération du revè-
- (*) Pour les tubes à revêtement d’acier, ces deux dernières opérations sont interverties : c’est le tube avec son enveloppe qu’on plonge dans la composition isolante et incombustible.
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- tement, la pièce qui est chargée de rouler l’enveloppe métallique autour du tube en opère immédiatement l’agrafage.
- Pour redresser le tube, on se borne à le faire tomber deux ou trois fois de suite sur une table plane.
- Cette fois, le tube est prêt à se plier — c’est bien le mot — à toutes les exigences de l’installation à laquelle on le destine. Dans son âme, qui est de différents calibres suivant les usages auxquels on destine le tube (7, 9, u, i3,5, 16, a3, 29, 3(3 millimètres), on logera librement les fils de la canalisation, en les tirant à l’aide d’une longue aiguille d’acier.
- LE PETIT APPAKEILLAGE
- Dans un atelier immédiatement voisin de celui où l’on fabrique les tubes, des ouvrières ajustent et combinent des pièces nécessaires à la fabrication de petits interrupteurs d’allumage, dont on peut signaler un type intéressant destiné à l’éclairage des automobiles.
- Parmi les modèles les mieux conçus du petit appareillage construit par les ateliers Bergmann, nous retiendrons un interrupteur de démarrage, avec fusibles, pour moteurs asynchrones. On sait que le courant absorbé au démarrage par ces moteurs est très supérieur au courant normal de régime. Il en résulte qu’en plaçant, comme on le fait parfois, des fusibles sur le circuit d’alimentation, on n’obtient aucune sécurité ; il faut bien, en effet, que les fusibles laissent passer le courant de démarrage, mais alors une fois en régime normal, les plus graves à-coup ne parviendront pas à les émouvoir... Pour y remédier, on a, dans ce modèle, doublé les balais de contact ; les plus élevés sont les premiers atteints par le couteau de l’interrupteur et alimentent directement le moteur, les bouchons fusibles étant hors circuit. Le moteur démarre alors, puis le couteau, en continuant à descendre, atteint les balais les moins élevés qui correspondent au régime ordinaire, et font intervenir les fusibles : ceux-ci ne sont donc calculés qu’en vue du courant normal.
- De même, signalons un petit commutateur très simple et robuste pour réaliser successivement les montages triangle et étoile, au démarrage d’un moteur triphasé.
- M. G.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Nos lecteurs auront certainement lu, dans le numéro du ier avril, le rapport du Conseil d’administration de l’Energie Electrique duNord de la France. Il y a pourtant lieu de souligner la progression remarquable des recettes qui a été de 03 % au cours de l’exercice, tandis que le nombre de kilowattheures augmentait lui-même de 65 % . L’usine, du reste, était assez puissante pour y pourvoir, puisqu’une unité de 4 5oo chevaux a toujours été gardée en réserve. Mais les contrats nouveaux passés avec de nouvelles municipalités ou d’importantes compagnies ont obligé l’Energie Electrique du Nord à envisager encore des agrandissements de l’usine de Wasquehal; et, tandis qu’à l’actif, nous voyons figurer sous le titre Extension Wasquehal, une somme de 1 983 409 fr. 90, ou le montant du forfait prévu pour le développement de celte usine, le passif comporte 589 816 francs de dépenses non encore réglées pour cette même entreprise. On peut conclure également de la lecture du bilan que, avec une immobilisation de i3 440 000 francs environ, l’affaire, au bout de trois ans d’exploitation, fait près-de deux millions de recettes, d’où un coefficient d’utilisation de 14, 8 % qui est loin d’être atteint par nombre d’entreprises similaires après plusieurs années d’exploitation. A remarquer enfin, au bilan d’entrée de janvier 1911, l’amortissement intégral des trois comptes : mobilier et outillage, portefeuille de contrats, frais de constitution et de premier établissement. Le dividende de 4 % n’absorbe que 227 o83 francs ou moins de la moitié des bénéfices nets de l’exercice ; le complément de ceux-ci est affecté aux amortissements ou réserves.
- A l’occasion 'd’une émission de i5 millions de marks d’obligations 5 % ,série 6, remboursables avec une prime de 3 %, à partir du ior février içi5, la Société d’Electricité Allemande Transatlantique, connue sous le nom de Deutsch Ueberseeische Elektricitiits Gesellschaft, fait paraître une notice complète sur sa constitution et son développement. Nous en extrayons les quelques renseignements suivants qui ne manqueront pas d’intéresser tous ceux qui visent à l’extension de notre influence commerciale dans le monde. Fondée 0111898, elle a son siège à Berlin et ses succursales à Buenos-Aires et Santiago de Chili. Son objet est extrêmement large en tout ce qui concerne l’exploitation et la construction d’installations électriques de toute espèce ; mais il est limité à l’Amérique pour les en—
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE T. XIV (2« Série). — N° 15.
- treprises que la Société acquiert, fonde, construit ou prend à bail, ou auxquelles elle participe. Son capital, à l’origine, de 10 millions de marks, a été porté successivement à ioo millions de marks, représenté par 100 ooo actions de i ooo marks chacune; la dernière augmentation date de janvier •911 •
- Il a été émis, en outre, 3 millions de marks d’obligations 5 %, série I, remboursables au pair, émises au nom de la River Plate Electricily Company ; 12 millions de marks d’obligations 5 %, série II, remboursables avec primes de 3 %, émises au nom de la Deutsche Bank; 4o millions de marks d’obligations 5 % remboursables avec prime de 3 %, émises au nojn de la Deutsche Bank; et enfin i5 millions de marks d’obligations 5 % remboursables avec
- prime de 3'% émises également au nom de la Deutsche Bank ; et enfin i5 millions d’obligations 5 % sont en cours d’émission. Au passif, en regard d’un capital de ioo millions de marks, la dette obligataire, amortissements non compris, représente donc 85 millions de marks. En parcourant la liste du conseil, il est aisé de se rendre compte qu’il est composé des directeurs de toutes les grandes banques allemandes : Deutsche Bank, Bisconto-Gesellschaft, National Bank, Bank für Handel und Industrie, etc. et des représentants de l’Allgemeine Elektricitats Gesells-chaft et de Siemens Schuckert.
- En premier lieu, la société s’est occupée delà production et de la vente d’énergie électrique dans la ville de Buenos-Aires, dont la population atteint i 3ooooo habitants. Puis, en janvier 1908, elle conclut avec l’administration communale de la ville un contrat formel de concession de 5o ans, au bout de laquelle tout le matériel qui servira à l’alimentation du territoire de la ville devient la propriété de l’administration communale, sans aucune indemnité. Pour toute redevance, la Société paie à l’administration 6 % des recettes brutes de la vente du courant à l’intérieur de la ville, à l’exception des rentrées faites pour fourniture de courant et pour le service de l’éclairage public. La Société assure le service de Buenos-Aires à l’aide de six usines dont les unes sont à courant continu et les autres à courant triphasé. La production de ces six centrales et de leurs dix batteries d'accumulateurs est de 74 ooo kilowatts. De 1906 à 1910, le nombre de kilowatt-heuresfournis pass^ de 65 ooo ooo à 117 955 829.
- A Santiago de Chili, la Société d’Eleclricité Allemande Transatlantique est intéressée dans laChilian Electric Tramway and Light C°. Elle possède la tota-
- lité des actions de préférence et les deux tiers des actions ordinaires. Elle a acquis, à 18 kilomètres de Santiago, une concession pour l’exploitation de 20000 chevaux de force hydraulique, dont les installations maintenant terminées ont été prises à bail par la Chilian Electric Tramways and Light Company pour toute la durée de la concession.
- A Valparaiso, tout le capital-actions de la Société du tramway électrique de Valparaiso, s’élevant à 5 millions de marks, a été racheté par l’Allemande Transatlantique. Enfin à Montevideo, elle est la principale intéressée dans la Transàtlantica Compania de Tranvias Electricos. En résumé, au 3i décembre 1910, l’actif de la Société d’Electricité Allemande Transatlantique se composait de :
- Usines électriques.......... 48 100 ooo marks.
- Réseau de câbles............ 35 3oo ooo
- Marchandises et matériaux. 4 280 ooo
- Usines de Santiago.......... 11 35o ooo
- Participations.............. 3i 660 ooo
- Constructions............... 3a 5io ooo
- Compte avances.............. 47 100 ooo
- Débiteurs.................... 7 33o ooo
- Caisse et banquiers.......... 1 555 ooo
- Les dividendes depuis igoB ont été de 9, 9 1/2, et 10 % malgré les augmentations de capitalsuccessives, et le dernier chiffre de 10 % paraît être celui de 1910 sur la totalité du capital de 90 millions de marks.
- Nous ne trouvons pas en France dans nos organismes financiers l’équivalent de la Société d’Electricité Allemande Transatlantique. Puisque des esprits avisés parlent de créer une banque d’exportation, nous pensons que l’une de leur première préoccupation sera de s’assurer le concours de techniciens divers, de maisons de construction, voire d’électricité et que leur but sera comme celui de la société allemande de ne s’intéresser qu’à des affaires de commerce ou d’exploitation. Il y aurait beaucoup à gagner à grouper chez nous les bonnes volontés qui sont toutes prêtes à porter au dehors le bon renom de notre matériel et de nos habitudes commerciales.
- La Société Française des Câbles Electriques, système Berthoud, Borel et Cie, à Lyon, distribue le même dividende que l’an dernier, soit 80 francs. Les résultats ont été un peu moins brillants que l’exercice précédent : 248091 francs de bénéfices nets au lieu de 272229 francs; c’est encore bien près de 20 % du capital, et la situation est donc plus que satisfaisante. D. F.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — La commande des a 3oo wagons de la Compagnie des chemins de fer P.-L.-M. a élé répartie ainsi qu’il suit : 700 aux Ateliers du Nord de la France, à Blanc-Misseron, 53o à la Société de l’Horme et la Buire, à Lyon, 361 à la maison Carel, au Maus, 240 & la Société Lorraine Dietrich, à Lunéville, a5oà la maison Pélolat, à Dijon, 14. à la maison Garde, à Bordeaux, 35 à la Société Franco-Belge, à Raismes, et 3oo à la Société l’Industrie, à Louvain.
- La Compagnie des chemins de fer du Nord a commandé : 54 locomotives à la maison Henschel de Cassel et 10 aux Forges de Gilly.
- Aube.— Il estquestion d’établir une ligne de tramways électriques entre Ervy et Coussegray.
- Pyrénées-Orientales. •— Par décret du 5 avril est déclaré d’utilité publique l’établissement, sur la rivière du Tech d’une usine hydro-électrique pour la traction des chemins de fer d’intérêt local des Pyrénées-Orientales.
- Indre-et-Loire. — Par décret du 2 avril 1911 est autorisé le département d’Indre-et-Loire à emprunter une somme de 765 000 francs pour l’établissement du tramway de Tours à Azay-sur-Cher.
- Par décret du 2 avril 1911 est autorisé le département d’Indre-et-Loire à emprunter une somme de 3oo 000 francs pour l’électrification du tramway de Tours à Vou-vray.
- Par décret du 2 avril 1911 est autorisé le département d’Indre-et-Loire à emprunter une somme de 400 000 francs pour l’électrification du tramway de Tours à Luynes.
- Allemagne. — Le bureau central des chemins de fer à Berlin est en négociation avec les usines habituelles pour la fourniture de 49a locomotives pour les chemins de fer de l’État prussien. La livraison devra être terminée le 3i mars 1912.
- Autriche-Hongrie. — La société des chemins de fer Moraves-Silésiens projette l'électrification de la ligne d’Ostrava à Bohuniu.
- Il est question d’exploiter une chute de 600 mètres sur la rivière Flaror (Tyrol) entre Buntscheu et le Châ-teau-Ried, qui donnerait une force de 20 400 chevaux. Le montant des frais d’établissement serait d’environ 5 5oo 000 couronnes.
- L’énergie sera employée pour la traction électrique des chemins de fer de la vallée Sarnensk à Bozen.
- Un autre chemin de fer électrique sera établi de Iunsbruck à Scharnilz (près de la frontière) par Seefeld (33,4 kilomètres) puis de Reutte à Griesen par Lermoo (32 kilomètres).
- La construction de ces diverses lignes sera effectuée sous le contrôle du ministre des chemins de fer autrichiens.
- ÉCLAIRAGE
- Ain. — L’électricité va être installée prochainement dans la commune de Lalleyriat. L’énergie sera fournie par l’usine de Saint-Germain-de-Joux.
- Aisne. — Les communes de Charly, Nanteuil, Méry, Citry, Cronlores, Pavant et Mont-Saint-Père-Chartèves vont être prochainement dotées de l’éclairage électrique. L’installation sera effectuée par le Secteur électrique de la vallée de la Marne.
- Allier. — Le traité concernant l’éclairage électrique d’Ainay-le-Chàteau est signe. Les travaux vont commencer prochainement.
- Ardennes. — La municipalité de Mézières a émis un avis favorable à la demande de concession d’énergie électrique présentée par M. Jacta.
- Aube. — M. Favrolle a obtenu du Conseil municipal de Pont-sur-Seine, la concession d’éclairage électrique et de distribution de force motrice.
- Aude. — Le cahier des charges concernant l’établissement de l’éclairage électrique de Limoux a été adopté par le Conseil municipal.
- Côte-d’Or. — La Société Energie Electrique a obtenu la concession d’éclairage et de distribution de force motrice dans les communes de Belan, Thoires, Brion et Châtillon-sur-Seine.
- Eure-et-Loir. — La municipalité de Dreux a imposé, comme condition à la Compagnie du Gaz, pour le renouvellement de son traité, l’installation de l'éclairage électrique. •
- Loire-Inférieure. — Le Conseil municipal de Nantes a reçu une demande de concession d’éclairage électrique, formulée par la Société Nantaise d’éclairage et de force par l'électricité. —
- Maine-et-Loire. — Une demande de concession
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- d'éclairage électrique a été soumise au Conseil municipal de Beaupréau.
- Nord. — Le Conseil municipal de Glagcon a accordé à la Compagnie du Gaz la concession de l’éclairage électrique.
- M. Dobelin a été nommé concessionnaire, pour vingt cl un ans, de l’éclairage électrique de Tournai.
- Seine-Inférieure. — La concession de l’éclairage élec” trique de Gaillefonlaine a été accordée à la maison Cance et Cio, qui vient de fonder une société, au capital de 75 000 francs, pour l’exploitation de ladite concession.
- Seine-et-Marne. — Il est question d’installer une usine électrique au Boucard pour éclairer les communes riveraines du Petit-Morin.
- Vienne.' — Une Société serait en voie de formation à Châtellerault pour fournir l’éclairage électrique et la force motrice à Châtellerault, Naintré, Cenon, Scorbé-Clairvaux, Dangé et Ingrandes-sur-Vienne.
- Egypte. — La Société Ganz et Cio, de Budapest, a été chargée par le gouvernement égyptien d’établir, à Beni-SouefF, sur le Nil, une importante station de force et d’éclairage électrique.
- DIVERS
- Circulaire et arrêté du ministre des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes, en date du 21 mars 1911, déterminant les conditions techniques auxquelles doivent satisfaire les distributions d'énergie électrique pour l’application de la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d’énergie.
- Circulaire préfectorale.
- J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint ampliation d’un arrêté en date du 21 mars 1911, par lequel j’ai déterminé, conformément à l’article 19 de la loi du i5 juin 1906 et après avis du comité d’électricité, les conditions techniques auxquelles doivent satisfaire les distributions d’énergie électrique, au point de vue de la sécurité des personnes et des services publics intéressés.
- Je vous adresse en même temps les instructions nécessaires pour vous permettre d’en assurer l’application.
- Dispositions générales. — Le nouvel arrêté ei la présente circulaire abrogent et remplacent l’arrêté et la circulaire du 21 mars 1910 ().
- C) Il est rappelé que l’arrêté du 21 mars 1910 abrogeait et remplaçait toutes les instructions techniques antérieurement en vigueur, notamment l’arrêté préfectoral du i5 septembre i8g3, les instructions techniques annuellesxémanant de l’administration des Postes et des Télégraphes et les dispositions techniques de l’instruction du ior février 1907, relative à la traversée des chemins de fer.
- L’arrêté s’applique à tous les ouvrages des distributions empruntant en un point quelconque de leur parcours le domaine public, ainsi qu’aux ouvrages des distributions établies exclusivement sur des terrains privés et s’approchant à moins de 10 mètres de distance horizontale d’une ligne télégraphique ou téléphonique préexistante; mais il ne s’applique ni aux usines de production d’énergie, ni aux ouvrages d’utilisation situés dans les usines ou autres immeubles. Ces usines ou ouvrages d’utilisation sont soumis aux dispositions du décret du 11 juillet 1907, édicté en exécution de la loi du 12 juin 1893-11 juillet igo3 sur l’hygiène et la sécurité des travailleurs dans les établissements industriels.
- L’arrêté ne contient aucune prescription relative à la protection des sites que mentionne l’article 19 de la loi du i5 juin 1906. Je ne doute pas que les ingénieurs auront le plus grand souci de veiller à ce que l’établissement des ouvrages d’une distribution ne compromette pas le caractère artistique ou pittoresque des monuments, des paysages ou des rues des villes ; il peut néanmoins être utile, toutes les fois que la situation le comportera, de consulter les fonctionnaires ou les commissions chargés, dans chaque circonscription administrative, de veiller à la conservation des monuments et des sites.
- A cet égard, il sera bon que les ingénieurs se mettent en rapport avec l’architecte départemental lorsque les projets seront de nature à modifier l'aspect des rues ou des promenades des villes. Si les travaux projetés intéressent un immeuble classé parmi les monuments historiques, en vertu de la loi du 3o mars 1887, ils pourront utilement faire appel à l'architecte ordinaire des monuments historiques; s’ils intéressent un paysage pittoresque, il y aura lieu, pour vous, de saisir la commission instituée dans votre département par la loi du 21 avril 1906 sur la conservation des sites et des monuments naturels.
- Dispositions spéciales. — L’arrêté technique est divisé en cinq chapitres correspondant aux diverses questions que soulèvent l’établissement et l’exploitation des ouvrages de distribution.
- Le chapitre I contient les dispositions générales applicables à tous les ouvrages de distribution et donne lieu de ma part aux observations suivantes :
- Article premier. — Les distributions sont classées en deux catégories, suivant la plus grande tension de régime existant entre les conducteurs et la terre. Les dispositions adoptées sont les mêmes que celles du décret du 11 juillet 1907 relatif à la sécurité des travailleurs dans les établissements industriels qui mettent en œuvre des courants électriques.
- Il 11e faut pas toutefois conclure de cette classification que seuls les ouvrages de la deuxième catégorie peuvent présenter des dangers; les limites indiquées pour la tension maximum de la première catégorie correspondent aux installations usuelles, qui ne donnent lieu à des accidents que très exceptionnellement, mais il a été
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- constaté que; dans certaines circonstances spéciales, de§ courants dont la tension est très inférieure à la limite adoptée ont occasionné des électrocutions. Vous aurez à tenir compte de ce fait dans l’étude des installations de première catégorie.
- Art. 3. — L’état de conservation des supports en bois portant des lignes de la deuxième catégorie devra être l’objet de vérifications fréquentes surtout au voisinage des traversées de voies publiques, de voies ferrées, ainsi que des lignes télégraphiques, téléphoniques ou de signaux.
- , Art. 4. — Les essais des isolateurs ne peuvent être pra. tiquement faits sur une ligne établie; conformément à la pratique courante de l’industrie, les isolateurs seront esayés à l’usine avant livraison; le service du contrôle •pourra exiger la production du procès-verbal des essais.
- Art. 5. — Le point le plus bas des conducteurs de la première catégorie a été maintenu à 6 mètres à la traversée des voies publiques, mais à la condition que le minimum de 6 mètres soit observé strictement, même pendant les plus grandes chaleurs de l’été, de façon qu’il n’en résulte jamais de gêne pour la circulation (§ 2).
- Il n’est fait d’exception que dans le cas où, à la traversée des ouvrages construits au-dessus des voies publiques, une hauteur moindre peut être admise, pourvu que la sécurité soit assurée par un dispositif spécial de protection, mais sans que la hauteur libre de 4,3o mètres, à réserver au-dessus de la chaussée, puisse être diminuée.
- Dans les parties en courbe des voies publiques, les poteaux ou pylônes devront être plus .rapprochés que dans les alignements droits pour diminuer l’empiètement en projection horizontale des conducteurs sur la voie publique; il importe d’éviter des contacts possibles avec des chargements élevés.
- L’arrêt du i5 septembre 1893 fixailù 60 degrés.l’angle minimum pour la traversée des routes par les conducteurs d’énergie. Ce minimum a été abaissé à 3o degrés (§ 4) afin de réduire le plus possible l’angle de la brisure dans la direction générale de la ligne de distribution. Cette brisure constitue, en effet, malgré la consolidation cies supports, un point faible dans les canalisations. La disposition adoptée améliorera les conditions de la sécurité.
- Si des conducteurs d’énergie sont établis le long d’une voie publique qui en croise une autre sous un angle inférieur à 3o degrés, il n’y aura pas lieu de modifier leur alignement à la traversée (§ 4).
- Les épissures et soudures interdites dans la traversée des voies publiques et dans les portées contiguës peuvent être autorisées <1 litre provisoire comme moyens de réparation (§ 5).
- Les supports des distributions de la deuxième catégorie devront porter l’inscription : «Danger de mort », substituée à l’inscription « Dangereux ». Le danger de mort est réel et doit être explicitement signalé (§ 6 c).
- Lorsque les conducteurs d’énergie longent un toit en pente ou passent au-dessus, la distance ù laquelle il doit être de ce toit a été portée à 2 mètres, s’ils sont de la deuxième catégorie. Cette distance est portée à 3 mètres lorsque les toits sont en terrasse, quelle que soit la catégorie à laquelle appartiennent ces conducteurs (§ 7).
- Lorsque des conducteurs de la première catégorie seront portés par les même supports que des conducteurs de la deuxième catégorie, il y aura lieu d’en vérifier avec le plus grand soin les conditions d’établissement et d’entretien, en particulier au voisinage des traversées de voies publiques et de voies ferrées, ainsi que des lignes télégraphiques, téléphoniques ou de signaux.
- Art. 6. — L’article 6 définit les conditions dans lesquelles doivent être calculées les dimensions de tous les ouvrages des distributions. Il y a lieu de tenir compte dans ce calcul non seulement des charges permanentes que les organes ont à supporter, mais aussi des charges accidentelles qui peuvent se produire sous l’action du vent. Ces charges accidentelles peuvent d’ailleurs varier suivant la température. Par les temps froids, la flèche des conducteurs diminue, ce qui est défavorable à la solidité, mais, par contre, en général, dans ces circonstances, la violence du vent n’atteint pas le maximum constaté avec des températures moyennes. Il conviendra de faire le calcul dans les deux hypothèses et de retenir le résultat trouvé dans le cas le plus défavorable.
- Dans ce calcul, il n’y a pas lieu de faire l’hypothèse d’une couche de verglas recouvrant les conducteurs, car cette couche ne se produit que très exceptionnellement en pratique à raison de la chaleur développée par le passage même du courant.
- Art. 7. — Dans les distributions de deuxième catégorie,les accidents présentent un caractère particulier de gravité et peuvent nécessiter la coupure du courant dans le plus bref délai possible. A cet effet, l’article 7 prévoit que chaque agglomération importante doit être reliée par un moyen de communication directe à l’usine génératrice ou au poste le plus voisin muni d’appareils de coupure. L’entrepreneur peut, pour réaliser cette liaison, faire usage d’une ligne téléphonique ou avoir recours à d’autres moyens, par exemple munir le personnel de surveillance de moyens de transport rapide (automobiles, bicyclettes, etc.). Il appartiendra au service du contrôle d’apprécier les propositions faites à cet effet par l’entrepreneur.
- Dans les cas où la distribution est munie d'appareils de coupure à l’entrée de chaque agglomération, l’installation pourra être considérée comme répondant à la prescription de l’article 7, à la condition toutefois que l’entrepreneur ait pris toutes les mesures nécessaires pour que ces appareils puissent être manœuvrés efficacement quand il en sera besoin.
- (A suivre.)
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- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Compagnie des Tramways de Vallirana à Barcelone et Extensions. — Durée: 35 ans. — Capital: 4000000 de francs. — Siège social ; 78, rue Taitbout, Paris.
- Secteur Electrique de Saint-Léger-Saint-Ouen. — Durée : 20 ans. — Capital : 20 000 francs. — Siège social: Saint-Léger-les-Domart (Somme).
- Société Française des Accumulateurs Paul Gouin. — Durée : 10 ans. — Capital: 600000 francs. — Siège social: 107, rue Saint-Lazare, Paris.
- . s CONVOCATIONS
- Société d'Electrométallurgie de Dives. — Le 28 avril, 7, rue de Madrid, Paris.
- La Lutèce Electrique. — Le 21 avril, 9, rue Butfault, à Paris.
- Compagnie des chemins de fer du Nord. — Le 29 avril, 19, rue Blanche, à Paris.
- 'I -
- Ateliers de Constructions électriques de Charleroi. — Le 27 avril, 91, rue de l’Enseignement, Bruxelles.
- Compagnie des chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranée. — Le 27 avril, 88, rue Saint-Lazare, à Paris.
- Compagnie Electrique du Secteur de ta Rive Gauche de Paris. — Le 29 avril, 7, rue de Madrid, à Paris.
- • Compagnie des Tramways de Nantes. — Le 28 avril, 9, rue de Clichy, Paris.
- Compagnie des Tramways de Cette. — Le 28 avril, 8, rue de la Bourse, Lyon.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 20 avril, à la mairie d’lstres (Bouches-du-Rhône), construction d’une usine électrique, 3 83o fr. 60.
- Le 27 avril, au ministère des Colonies, 27, rue Oudi-not, à Paris, fourniture de wagons destinés au chemin de fer de Thiès à Kayes; ior lot. Caut. prov. 7 5oo fr., déf. i5 000 fr. ; 20 lot, caut. prov. 6 5oo fr.,déf. i3ooofr.
- ALLEMAGNE
- Le 25 avril, aux chemins de fer de l’Etat prussien, à Cologne, fourniture de 6 25o lampes électriques.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 28 avril aux chemins de fer de l’Etat autrichien, à Prague, installation de l’éclairage électrique dans les stations d’Eisenberg et d’Obergeorgenthal.
- GRANDE-BRETAGNE
- Le 24 avril, à la corporation municipale, h Glasgow, fourniture d’un turbo-alternateur électrique.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M, le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- RIS.---IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J -B. Noubt.
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- SAMEDI 22 AVRIL 1911.
- Trente-troisième année.
- Tome XIV (2e série). — N" 1&
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Eclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DÈ L’ÉLECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 65. — Devaux-Chakbonnel. — Chronique de télégraphie et téléphonie : La deuxième , Conférence internationale des télégraphistes [fin), p. 67.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Rigidité électrostatique de l’huile, W. Tobey, p. 79. — Divers. La constitution des éléments de résistance des appareils de chauffage électriques, p. 82. — Correspondance. Sur le théorème de Théveniu, R.-V. Picou, p. 83. — Variétés. Notes sur l’industrie américaine, André Gérard, p. 84, — Bibliographie, p. 86. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Ponts roulants électriques Oerlikon, p. 89. — Etudes Economiques, p. 91^ — Renseignements commerciaux, p. 94. — Adjudications, p. 96.
- ÉDITORIAL
- M. Dcvaux-Gharbonnel termine aujourd’hui l’exposé des communications faites à la deuxième Conférence internationale des télégraphistes, tenue à Paris, l’année dernière.
- Comme dans le premier article, consacré à cette Conférence, l’auteur ne se borne pas à donner un compte rendu tout uni, mais il y ajoute les commentaires et les opinions personnelles dont il aurait élé regrettable que nos lecteurs fussent privés.
- Il était d’autant plus intéressant de voir faire, par un spécialiste tel que M. Devaux-Cliarbonnel, la synthèse des travaux de la Conférence, qu’en réalité, ces travaux n’ont pas, en général, abouti à des conclusions explicites et formelles. La Conférence a plutôt posé les questions qu’elle ne les a résolues.
- Prenons la standarisation, par exemple : le cas des lignes homogènes a donné lieu à des études précises. Mais il n’en a pas été de meme des lignes hétérogènes, qui sont, en-fait, plus intéressantes.
- De même, en traitant la délicate question de la coexistence des lignes à courant fort et à courant faible, le Congrès n’a pu donner de règles fermes, relativement aux lignes à simple fil.
- Dans la téléphonie à grande distance, la « pupinisation » joue un rôle dont l’intérêt n’est pas contestable lorsqu’il s’agit de lignes souterraines. Pour les autres lignes, elle permet bien de réaliser une économie, mais permettrait - elle d’accroître sensiblement leur portée ?
- On a indiqué d’intéressants procédés de conservation des poteaux; enfin, l'examen des
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Série). — N° 16.
- systèmes télégraphiques à grand rendement, a fait l’objet de la sixième et dernière question examinée par le Congrès.
- Si beaucoup de ces questions, comme l’indique M. Devaux-Charbonnel, restent encore à l’étude, il n’en est pas moins vrai que le Congrès de 1910 a très activement contribué à déblayer le terrain, sur lequel le prochain Congrès de 1913, pourra, on doit l’espérer, édifier des constructions stables et précises.
- L'emploi très général qui est fait, dans l’industrie électrique, des huiles isolantes, notamment dans les transformateurs à haute tension, justifie le soin que l’on prend actuellement d’établir des méthodes rationnelles et sûres pour se rendre compte de la rigidité électrostatique des huiles.
- C’est là, évidemment, la première qualité que l’on doit exiger, bien que ces huiles doivent remplir d’autres conditions secondaires : par exemple à être suffisamment fluides, et indemnes de matières étrangères •susceptibles d’attaquer les appareils.
- Lè mémoire de M. Tobey nous a paru digne «l'être reproduit avec quelque ampleur, pai’ce qu’il constitue, sur toutes les questions relatives à l’huile isolante, une référence documentaire de premier ordre.
- On verra, en effet, en étudiant les tableaux diagrammes établis par M. Tobey, avec quel soin et quelle méthode ont été conduites ces •expériences. On y recueillera surtout les indications précises sur la question capitale: celle de l’humidité des huiles. Les recherches de l’auteur ont, en effet, mis en évidence, d’une manière frappante, l’énorme influence de ce facteur. La présence dans l’huile de
- proportions d’eau de l’ordre du dix-millième fait baisser la rigidité électrostatique d’un quart ou de la moitié de sa valeur. Deux problèmes se posent alors : d’abord reconnaître l’humidité, ensuite la supprimer.
- Relativement au premier, l’auteur donne une série de procédés d’application très pratique. Pour le second, il en fait un triage intéressant, et nous signalerons surtout celui des filtres en papier, qui permet de sécher l’huile des transformateurs sans interrompre leur fonctionnement.
- Le chauffage électrique sera certainement un jour d’utilisation aussi courante que la lumière électrique ; c’est une simple question de prix du kilowatt-heure, et les progrès faits dans cette voie légitiment beaucoup d’espéi’ances.
- Il n’est donc pas étonnant qu’ons’occupe de plus en plus, dans le détail, de la constitution des appareils de chauffage électrique. Nous reproduisons à cet égard les traits essentiels d’une étude [dans laquelle une place honorable est faite au charbon concassé, dit cryptol.
- Enfin, un jeune ingénieur qui porte un nom illustre dans l’électrotechnique a rapporté d’un voyage d’étude fait aux Etats-Unis une documentation intéressante sur l'industrie américaine. Plusieurs installations importantes ont été déjà décrites dans nos colonnes ; les vues d’ensemble de M. André Gérard et ses documents viennent synthétiser ou compléter ces études antérieures d’une heureuse manière.
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- CHRONIQUE DE TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- LA DEUXIÈME CONFÉRENCE INTERNATIONALE
- DES TÉLÉGRAPHISTES
- (Suite et fin.)(u
- IL — La. Standarisation.
- La deuxième question traitée à la Conférence internationale est celle qui a le plus d’importance, car elle a pour but de réaliser un accord international au sujet de la construction des lignes et des appareils. Sous le titre général de standarisation, on a groupé toutes les études qui ont pour objet, soit la recherche du type le plus parfait de lignes ou d’appareils, soit celle d’un type qui puisse servir d’étalon, de terme de comparaison. Les études de ce genre sont d’autant plus nécessaires que les différents pays ont adopté, pour les lignes et pour les appareils, des dispositions particulières qui correspondaient à certaines conditions climatériques ou à certaines nécessités locales. Il n’y a pas lieu d’espérer pouvoir ramener à l'uniformité cette diversité qui a partout sa raison d’être. Mais il est indispensable de pouvoir comparer entre elles les diverses solutions qui ont été adoptées, de pouvoir les classer par ordre de valeur et se mettre ainsi à même de profiter des progrès réalisés.
- Comme les différents rapports présentés arrivaient à des conclusions sensiblement différentes, on jugea opportun de nommer une commission chargée d’étudier et de présenter des propositions qui puissent être soumises à l’approbation des membres de la Conférence. Il nous suffira de rendre compte de ses travaux, pour faire un exposé complet de la question de la standarisation (2). Nous y ajouterons d’ailleurs un résumé des
- 0 Voir Lumière Electrique, lorne XIII, p. 259.
- (2) Cette commission était ainsi composée : M. Devaux-Charbonnel, président ; MM. Breisig, Carty, Hollos, di Pirro, Pleijel, membres ; M. Addey, secrétaire.
- discussions qui se sont engagées sur chacun des points envisagés.
- Fréquences des courants téléphoniques. — Il a paru tout d’abord indispensable de se mettre d’accord sur un point essentiel de théorie : les courants téléphoniques doivent-ils être envisagés avec la complexité énorme des fréquences différentes qu’ils renferment? Y a-t-il, au contraire, parmi ces fréquences, quelqu’une qui soit d’une importance prépon dérante ? Peut-on ramener, au point de vue pratique, tous les problèmes de téléphonie à l’étude des propriétés d’un courant sinusoïdal d’une fréquence donnée ?
- De nombreuses expériences faites par divers expérimentateurs semblent bien indiquer que cette dernière hypothèse est légitime. Nous rappellerons les expériences de MM. Cohen et Shepherd qui se servaient d’une ligne artificielle chargée de bobines de self induction, de manière à éteindre certaines fréquences bien déterminées. Us trouvèrent que la parole n’était intelligible que quand on conservait les fréquences comprises entre 800 et 1600. M. Ilaupt employait une ligne formée de deux résistances égalés réunies en leur milieu par une dérivation qui pouvait être, à volonté et au moyen d’un commutateur, constituée par une résistance ohmique ou par un condensateur. En réglant le condensateur de manière qu’il fût équivalant en impédance à la résistance, on avait
- d’où l’on pouvait tirer m. O11 trouva ainsi que la fréquence était voisine de 700^ pour une voix d’homme, et de 900 pour une voix de femme. Nous-même, nous avons analysé
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- au moyen de l’oscillographe les courants microphoniques. Nous avons trouvé que le son fondamental de la voix humaine, variant de i5o à 25o vibrations à la seconde, n’était pas la fréquence la plus importante. Les harmoniques jouent un rôle prépondérant et en cherchant à éteindre soit les sons graves au moyen d’un faible condensateur, soit les sons aigus par une forte self-induc-tiôn, nous avons trouvé que les fréquences indispensables à l’intelligibilité de la parole sont comprises entre 8oo et i 200.
- Enfinf toutes ces expériences, et bien d’aqtres de même genre, amènent à conclure que les fréquences les plus importantes de la voix sont certainement comprises entre 700 et 1 000. Aussi, dans les rapports présentés sur cette question, M. Martin proposait d’adopter le chiffre de 750, M. Wagner 800 et nous-mêmes qüo. Seul, M. Bêla Gati pro-posait 1 600. Ce chiffre est évidemment trop élevé, s’il s'agit de représenter le nombre moyen des vibrations les plus importantes en téléphonie. Il est certain qu’il y a dans la voix humaine des notes très aiguës. L’analyse y révèle des sons ayant 2000 et 3ooo vibrations à la seconde, mais ces sons ne sont pas ceux dont l’amplitude est la plus grande. Il ne faudra pas les négliger si on veut faire une étude complète des propriétés d’un dispositif téléphonique quelconque, mais leur fréquence n’est pas celle qu’il convient d’adopter, s’il s’agit de trouver le courant sinusoïdal qui peut être substitué au courant téléphonique.
- Néanmoins, la fréquence joue un rôle important dans les propriétés des lignes et appareils. Leur impédance, tout d’abord, en est une fonction bien connue ; mais, pour les lignes, l’élément le plus important, le coefficient d’affaiblissement, subit des variations très notables avec la fréquence. Les lignes aériennes en cuivre de fort diamètre font seules exception à celte règle ; mais les lignes en câble, les lignes munies de bobines Pupin, ’sôht loin de jouir du même avantage. Il en résulte que le timbre de la voix est générale-
- ment déformé et qu’il l’est plus ou moins suivant les lignes qui servent à la transmission. Il a paru, en conséquence, nécessaire à la commission chargée d’étudier cette question, tout en adoptant un chiffre pour la fréquence du coui’ant sinusoïdal qui, au point de vue de l’intensité, peut remplacer le courant téléphonique, de conseiller de prendre en considération des fréquences voisines pour étudier plus rigoureusement les propriétés d’un dispositif et tout particulièrement les questions de timbre.
- Finalement, le texte qui a été admis est le suivant :
- Dans les calculs pratiques, le couvant téléphonique peut être remplacé par un courant sinusoïdal. Pour ce qui est relatif à l'intensité, la pulsation de S 000 peut être adoptée comme chiffre moyen. Il convient de considérer en outre les pulsations de 3 000 et de 7 000 pour ce qui concerne les questions de’timbre.
- La ligne étalon. — Cette question de l’équivalence du courant téléphonique et d’un courant sinusoïdal simple, question fondamentale en téléphonie, ayant été ainsi tranchée, il convenait d’examiner s’il était possible de trouver un étalon qui permît de comparer les lignes entre elles. Le problème revient à rechercher une ligne, de propriétés convenables, qui puisse servir de commune mesure à toutes les autres.
- La commission a été unanime à reconnaître qu’aucune ligne ne possédait toutes les qualités nécessaires pour être choisie comme étalon. En effet, il se produit entre la ligne et les appareils de conversation des phénomènes de réflexion assez complexes. Il en résulte que l’intensité du courant ne varie pas d’une manière simple en fonction de la longueur de la ligne, surtout si la longueur de cette dernière est faible. Ainsi, le courant peut être plus fort pour une ligne de certaine longueur que pour une ligne très courte. Il résulte de là un certain nombre de conséquences très curieuses. Supposons qu’on ait adopté une ligne étalon. Une autre ligne, qui sera trouvée équivalente à une certaine Ion-
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- gueur de l’étalon, pour un appareil déterminé, ne lui sera plus équivalente, si on change d’appareil. Si on considère, d’autre part, deux longueurs de ligne et leurs équivalents en ligne étalon, la somme des deux longueurs ne sera pas égale à la somme de leurs équivalents. Il n’est donc pas possible de trouver un terme général de comparaison.
- Les phénomènes qui se produisent en téléphonie sur les lignes dépendent uniquement de deux quantités. L’une est la caractéristique, ou mieux l’impédance caractéristique, qui régit surtout les phénomènes de réflexion qui prennent naissance, soit entre une ligne et les appareils de transmission, soit au point du raccordement de deux lignes de spécification différente. La caractéristique joue donc un rôle très important. Mais ce rôle est certainement beaucoup moindre que celui de l’exposant d’amortissement, qui donne la loi exponentielle suivant laquelle le courant va en s’affaiblissant, à mesure qu’il se propage sur la ligne. C’est pourquoi, à défaut d’un étalon qui soit d’usage universel, la commission a émis l’opinion suivante :
- Il est désirable, au point de vue international, d'avoir un terme de comparaison qui permette d'apprécier les qualités auditives des lignes téléphoniques. Le terme de comparaison le plus convenable est Vexposant cT amortissement.
- Amortissement pratique. — Il a paru nécessaire d’indiquer quelles étaient les limites qu’on pouvait accepter pour l’amortissement. Pour donner des chiffres, il faut naturellement bien définir les conditions dans lesquelles on se place. On a proposé depuis quelque temps des transmetteurs très puissants, qui ont une portée bien plus grande que ceux ordinairement en usage. D’ailleurs, leur emploi n’a pas encore été rendu absolument pratique. D’autre part, il y a, comme nous l’avons rappelé, des phénomènes de réflexion qui dépendent de la nature des appareils et des lignes et qui interviennent pour modifier très notablement la valeur du courant. On a pensé qu’on devait se limiter
- aux conditions qui se rencontrent réunies le plus généralement, tout en attirant l'attention! sur ce fait que les chiffres donnés ont le caractère d’un simple renseignement et peuvent être modifiés si les conditions ne sont pas les mêmes. Voici le texte qui a été adopté.
- Avec les appareils actuellement en usage et dans le cas d’une ligne aérienne ordinaire en cuivre, raccordée directement aux appareils, on est généralement d’accord sur les relations suivantes entre l'audition et Vexposant d’amortissement :
- Audition Exposant
- Très bonne a,5
- Bonne 3,5
- La limite pratique d'audition est atteinte pour la valeur 4,8 de l'exposant d’amortissement. Pour les autres lignes uniformes, il peut y avoir lieu de modifier les nombres ci-dessus, ce qui pourra se faire soit au moyen du calcul, soit au moyen d'expériences.
- Enfin, un dernier paragraphe est destiné à attirer l’attention des techniciens sur la question délicate des réflexions.
- Dans le cas cl'une ligne non uniforme, il sera nécessaire d'examiner si on ne doit pas tenir compte des phénomènes de réflexion.
- La question de la standarisation a donc été non pas résolue par la conférence, mais nettement posée, et il y a tout lieu d’espérer que, l’attention des techniciens ayant' été appelée sur ce sujet si important et si délicat, desrésolutions plus nettes et plus impératives pourront être prises à la prochaine réunion.
- Lignes artificielles. — Avant d’en terminer avec cette question des lignes, il convient de signaler les différents moyens qui ont été indiqués pour déterminer l’exposant d’amortissement. Nous ne parlerons pas du calcul qui est évidemment le procédé le plus simple, une fois que des expériences préalables et faites en général sur de courtes sections de lignes, ont permis de mesurer les valeurs des constantes électriques.
- Nous ne ferons que signaler la méthode de
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- mesure que nous avons présentée et qui consiste à comparer le courant au départ et à l’arrivée au moyen d’un thermo-galvanomètre de Duddell. Nous reviendrons très prochainement sur cette question et nous lui consacrerons un article spécial.
- Mais il est indispensable de dire quelques mots de la question des lignes artificielles. Kennelly a montré déjà depuis longtemps qu’une ligne téléphonique pouvait être figurée, pour un courant sinusoïdal de période donnée, par deux dispositifs très simples (’). L’un est le dispositif en T. Il comporte deux résistances égales et un shunt inductif en leu» milieu. L’autre est un dispositif en 11 et comprend une résistance ohmique, shuntée à ses deux extrémités par des shunts inductifs égaux.
- Le premier de ces dispositifs a été réalisé par M. Breisig et le deuxième par nous-même. Quel que soit le principe sur lequel ils sont établis, on ne peut malheureusement réaliser qu’un type de ligne bien défini.
- Ces lignes peuvent donc servir à étudier commodément les propriétés d’une ligne déterminée, en particulier la façon dont elle se comportera avec des appareils de nature différente, mais elles ne pourront servir à déterminer, au moyen d’expériences d’audition, l’exposant d’amortissement, que si elles ont été établies pour représenter le type de lignes à étudier. Cette remarque montre donc l’utilisation qu’on en peut faire et tendrait à donner une certaine préférence aux lignes artificielles qui ne sont pas invariablement construites, et dont les divers éléments peuvent être rapidement et commodément modifiés pour pouvoir représenter un type de ligne quelconque.
- Slandarisation des appareils. — La recherche du meilleur modèle d’appareil est une question qui, à l’heure actuelle, est très peu avancée. Il nous suffira de donner en quelques mots les conclusions des mémoires
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- (') Voir notre Chronique de Télégraphie et Téléphonie.
- ] umière Electrique (2® série), t. IX, p. 25g.
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- qui ont été présentés sur cette question. M, Bêla Gati estime que la résistance ohmique des récepteurs devrait être aussi faible que possible; il en devrait être de même de éelle des transformateurs; mais ces derniers devraient avoir un rapport de transformation élevé. Pour le transmetteur, il est utile que sa résistance soit grande. M. Bêla Gati signale aussi que la plaque des microphones doit avoir une période de vibration propre plus élevée qu’elle ne l’est généralement. Il conseille 8oo, qui est, d’après ce que nous avons déjà exposé, la fréquence la plus importante dans la voix humaine.
- M. Breisig, examinant le cas où un transformateur est intercalé pour relier un circuit à une ligne d’abonné, arrive à conclure que le rapport de transformation n doit être égal à la racine carrée des caractéristiques des lignes à réunir :
- “ = \/r
- 1 •**'2
- M. Pleijel arrive à peu près à la même conclusion (*).
- Enfin, nous-même avons montré que le rapport de transformation de la bobine d’induction ordinaire devrait être convenablement choisi, suivant la résistance du microphone et la caractéristique de la ligne. Toutes choses égales, ce rapport doit être inversement proportionnel à la racine carrée de la résistance du microphone.
- Nouscroyons d’ailleurs utile d’insister sur la remarque suivante : la marge qu’on peut se permettre dans le calcul des appareils est assez grande.
- Après avoir calculé une bobine d’induction et l’avoir construite, avec tout le soin voulu, on ne constate pas toujours que son emploi réalise une amélioration très notable. C’est pourquoi les appareils usuels, qui ont été établis par des moyens empiriques, bien que ne répondant pas toujours aux conditions
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- (•) Lumière Electrique (2® série), t. XI, p 25g.
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- que leur imposeraitla théorie, font néanmoins un très bon service.
- Piles primaires. — Enfin, il est une question qui peut être rattachée à celle des appareils, c’est celle des piles primaires qui sont encore, usitées dans les petits bureaux pour les microphones, les appels et les signaux.
- M. Lucas,dans une étude très documentée, a présenté des données très intéressantes, au sujet de la durée des piles Leclanché. Il a constaté l’avantage marqué du bioxyde de manganèse en poudre sur le bioxyde en grains, la capacité d’un élément étant, dans le premier cas, de 47 ampères-heure, au lieu de 4 dans le second. Il a remarqué aussi que la solution de chlorure d’ammonium peut être avantageusement remplacée par du chlorure de manganèse. Il ne se dégage plus de gaz ammoniac. L’élément peut être complètement fermé, ce qui supprime l’évaporation, et, par 'conséquent, rend l’emploi beaucoup plus commode.
- III. —Coexistence des lignes
- A COURANT FORT ET A COURANT FAIBLE.
- Par la dénomination courant fort et courant faible, il faut entendre les lignes industrielles, d’une part, les lignes télégraphiques, téléphoniques et de signaux de chemins de fer,d’autre part. Aussi,l’expression n’est peut-être pas très heureuse, car elle ne correspond pas toujours à la réalité des faits. M. Hollos a proposé à la Conférence la classification plus exacte en courants industriels et courants de communications intellectuelles. Cette proposition n’a pas été adoptée et, faute de mieux, on a accepté une terminologie imparfaite qui oblige à attribuer aux mots un sens qu’ils n’ont pas explicitement.
- Quoi qu’il en soit, le problème posé à la Conférence comporte deux parties : étude des influences réciproques des courants forts et des courants faibles; précautions à prendre pour éviter que ces influences ne soient nuisibles ou dangereuses pour les personnes et pour les choses, précautions qui doivent être
- rendues obligatoires par *des textes réglementaires ou législatifs.
- La première partie, influences des courants forts sur les lignes à courants faibles, a été examinée dans la plupart des rapports et a conduit leurs auteurs à des conclusions concordantes. Les lignes à courants faibles,, quand elles se trouvent au voisinage des lignes industrielles, deviennent impraticables si elles sont à simple fil, à cause des dérivations du courant fort qui pénètre par les terres et de l’induction. Les appareils à forte self-induction, comme les appareils Morse, sont moins gênés que les autres. Mais les appareils télégraphiques plus sensibles, et tous les appareils téléphoniques sont fort troublés. Pour les lignes à double fil, les influences sont beaucoup moindres. On peut supprimer l’effet des dérivations par une bonne isolation. Reste l’induction et surtout l’induction électrostatique en présence des lignes à haut voltage. On peut néanmoins se mettre à l’abri de ces perturbations par une-construction rationnelle, en enroulant, par exemple, les deux fils des lignes à courant faible en hélice, de façon à égaliser les influences, sur chaque fil, et à rendre leur effet négligeable sur les appareils placés aux extrémités.
- Mais il est nécessaire d’ajouter que l’équilibre ainsi réalisé est toujours assez précaire. M. Martin cite de nombreux exemples de ce fait, et M. Pleijel, traitant la question par le calcul, établit d’une façon simple et élégante des formules qui permettent de déterminer la tension et l’intensité du courant induit ainsi que le courant qui doit se produire dans les appareils, dans le cas d’une perte en ligne. Les résultats du calcul sont d’accord avec les faits cités parM. Martin.
- Les effets du courant fort sont surtout nuisibles quand il circule sur des lignes qui ne sont pas elles-mêmes équilibrées. C’est le cas des tramways et chemins de fer électriques. Leur voisinage est particulièrement gênant, quand il s’agit de troufion par courant monophasé. Bien que la fro .uence
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- soit très basse, i5 à a5 périodes, le courant monophasé comporte' des harmoniques élevées qui rentrent dans la catégorie des sons percçptibles par l’oreille, et influencent les lignes téléphoniques. Quant aux lignes télégraphiques, qui peuvent généralement être maintenues au simple fil devant les lignes de traction, à condition que les prises de terre soient suffisamment éloignées et convenablement établies, quand le courant de traction est continu ou du moins dénommé comme tel, ces lignes télégraphiques à simple fil sont soumises à une induction intense de la part du courant monophasé qui circule, Lui aussi, dans un fil unique.
- Mais, si l’on connaît bien la nature du mal, il n’est pas commode de trouver le remède à lui apporter. Une solution qui se présente tout d’abord à l’esprit paraît être de nature à donner complète satisfaction. C’est de ne construire les lignes à courants faibles qu’en employant le double fil et en disposant ces fils en hélices, de manière à réaliser un équilibre parfait. Pour le téléphone, celte solution n’est pas difficile à adopter, car il a été reconnu depuis longtemps que les lignes à double fil présentaient des avantages indiscutables. Mais il n’en est pas de même pour les lignes télégraphiques. Les doubler devient une opération non seulement coûteuse, mais très difficile à adopter, à cause de l’encombrement que sa réalisation apporterait sur les appuis et des modifications profondes à introduire dans l’installation des bureaux.
- Aussi, la question n’a-t-elle pas reçu, jus-cju’à présent, une solution satisfaisante. Et cependant il serait fort désirable, comme l’expose M. Millier, que des prescriptions uniformes soient imposées aux constructeurs et entrepreneurs, afin qu’ils puissent se rendre compte des charges auxquelles la réalisation de leurs projets est soumise.
- Au point de vue réglementaire, devra-t-on imposer une double protection, c’est-à-dire exiger que chaque installation, celle à courant faible ou celle à courant fort soit établie, entretenue et exploitée de manière que sa
- propre protection et celle des auti-es installations soit assurée? Si, au contraire, une seule protection suffit, à qui devra-t-on l’imposer? Ce devrait être, en toute justice, à celle des installations qui est postérieure en date. Cependant, certaines installations sont dangereuses, même pour la vie des personnes, et il semble que c’est d’elles que l’on doit exiger des précautions, parce que c’est là seulement qu’elles seront réellement efficaces. D’autre part, quand il s’agit de simples troubles inductifs, il y a bien des cas où les précautions sont plus faciles à réaliser, si elles doivent être prises par les installations de courants faibles.
- En résumé, nous nous trouvons là en présence d’un problème, dont les données sont nettement posées, mais dont la solution n’est pas encore trouvée, et devra faire l’objet des délibérations des conférences futures.
- IV. - La TELEPHONIE A GRANDE DISTANCE.
- L’étude de celte question se ramène à celle des moyens à employer pour étendre aussi loin que possible la portée de la téléphonie. 11 est donc naturel, si on veut se rendre un compte exact de l’état de la techniqne à cet égard, d’examiner séparément chacun des facteurs qui influent sur la distance franchissable pour le courant téléphonique.
- Tout d’abord, le courant est engendré par un transmetteur dont la puissance sera l’élément le plus important sur la portée du courant. C’est le transmetteur qui lui donnera ses qualités principales, sa force électromotrice et sa composition.
- Ensuite, le courant sera affaibli par les lignes sur lesquelles il se propagera, soit par amortissement, soit par -réflexion entre les différentes parties de ces lignes entre elles.
- Enfin, ce courant aura à traverser dans les bureaux un certain nombre d’organes de connexion qui contribueront à diminuer son intensité ; mais, d’autre part, ce couran pourra être revivifié, régénéré à travers des relais ou des retransmetteurs. Nous allons
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- passer en revue ces différents éléments en commençant par les appareils.
- Transmetteurs. — Les transmetteurs télé-, phoniques sont toujours basés sur le môme principe, c’est celui du microphone; mais, depuis quelque temps, des recherches fort intéressantes ont été entreprises pour en augmenter la puissance. M. Bêla Gati conseille de prendre des membranes de microphone ayant une fréquence propre beaucoup plus élevée que celles qui sont généralement adoptées et de s’approcher autant que possible de la fréquence Boo, qui est considérée comme la plus importante dans la voix humaine. MM. Egner et Holmstrom ne sont pas complètement de cet avis et déclarent que le microphone à grande puissance qu’ils ont construit et qui a permis d’atteindre des distances jusqu’ici inconnues, dcit ses propriétés à d’autres causes. La membrane a une période propre qui ne dépasse pas 200 vibrations par seconde. Mais le diaphragme est fortement tendu et l’électrode étant assujettie à la partie centrale du diaphragme, chaque point de l’électrode qui se trouve en contact avec les granules de charbon vibre exactement avec la même phase et la même amplitude. D’autre part, comme le voltage employé est assez élevé et le coui’ant intense, un dispositif de refroidissement empêche le transmetteur de s’échauffer.
- Avec un pareil microphone, M. Egner déclare qu’on a pu parler sur des circuits réels dont l’exposant d’amortissement était 8, et sur des lignes artificielles dont l’exposant était de 12. Il nous suffit de rappeler que le maximum admis par la commission de stan-darisation, pour les microphones ordinaires, est de 4,8 pour faire comprendre combien le microphone de MM. Egner et Ilolmstrôm est plus puissant que ceux qui ont été usités jusqu’ici. Il convient de ne pas oublier qu’il s’agit d’un exposant d’amortissement et que l’amortissement varie dans des proportions considérables.
- e ’"8 rr: i 2 i ,5
- Le courant doit donc être environ aa fois plus puissant dans le second cas que dans le premier.
- Il est à souhaiter que ces nouveaux microphones deviennent pratiques et puissent pré senter les mêmes commodités que les modèles actuellement usités.
- Relais téléphoniques. — La question des relais téléphoniques a fait en ces dernières années de très grands progrès. On se rappelle les résultats très intéressants obtenus au moyen du relais Brown basé sur les grandes variations de résistance que présente un intervalle d’air de très faible épaisseur. Le courant de ligne passe dans un électro-aimant et les mouvements de très faible amplitude de l’armature font varier la grandeur d’un espace d’air placé dans le circuit de la pile qui doit produire le courant dans la seconde partie du circuit. Mais le moyen d’utiliser d’une façon absolument pratique ce relais n’est pas encore trouvé, et nous en sommes toujours à la période d’essai. Il convient aussi de tenir compte, ainsi que le fait remarquer M. Bêla Gali, de ce que souvent les circuits téléphoniques sont parcourus par des courants parasites qui atteignent, lorsque la ligne est longue, une intensité comparable à celle des courants téléphoniques eux-mêmes. Le relais amplifiera ces courants de la même manière que les courants de ligne. Aussi, convient-il de prendre-certaines précautions dans l’installation des relais, et tout particulièrement il n’est pas avantageux de les placer trop loin sur les lignes, en des points où le courant est trop affaibli.
- Commutateurs. —Le passage du courant a travers les bureaux est une cause bien connue d’affaiblissement. M. Liischen a étudié, dans son rapport, la grandeur des pertes qui proviennent des dérivations à travers les transformateurs, relais de fin ou de supervision, etc. Ces pertes peuvent augmenter l’exposant d’amortissement de o, 15 à 0,20-par bureau ; elles ne sont donc pas négligeables, i D’ailleurs, l’auteur indique que l'insertion
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- d’une bobine de self-induction peut avoir un effet’ très avantageux.
- En résumé, l’on a le sentiment ‘que de grandes améliorations vont très probablement être apportées à la téléphonie du côté des appareils ; des microphones plus puissants donneront un courant plus intense, des relais pourront retransmettre à plus grande distance, les pertes dans les bureaux intermédiaires seront diminuées, mais ce sont là des surprises agréables que l’avenir nous réserve et, pour le m'ornent, les seuls progrès bien acquis qu’a fait la téléphonie sont ceux qui sont dus au perfectionnements des lignes. Nous allons en dire un mot.
- Lignes aériennes. — Des résultats très intéressants ont été obtenus par la pupinisation des lignes aériennes. Pendant longtemps ce procédé a donné lieu à des mécomptes. Les bobines destinées à augmenter la self des conducteurs étaient indépendantes. 11 était très difficile de leur donner une self identique ; des influences extérieures, coups de foudre, courants accidentels intenses, faisaient varier l’état magnétique des noyaux ; d’autre part, l’isolement des raccords avec les fils de ligne était mal assuré. Les fils de ligne se trouvaient mal équilibrés et étaient troublés par l’induction des fils voisins. De plus, l’isolement étant imparfait, l’affaiblissement était augmenté dans de notables proportions et on perdait de cette façon une grande partie de l’amélioration due à l’augmentation de la self-induction.
- Les procédés de fabrication et d’installation des bobines se sont notablement perfectionnés (*). On dispose aujourd’hui les deux bobines, qui doivent servir aux deux con-ducteurs, sur le même noyau; on supprime ainsi le déséquilibre dû aux variations d’aimantation. Une attention particulière a été apportée à la confection des raccords. De sorte qu’aujourd’hui les qualités d’une ligne pupinisée sont devenues à peu près indépendantes des troubles atmosphériques.
- .(’) Ebeling. Lumière Electrique [ic série), tome X,
- p. 195.
- Il est cependant, en ce qui concerne les lignes aériennes, une remarque qui con-serve toujours toute sa valeur. L’isolement varie suivant l’état de l’atmosphère entre 1 et 10 mégohms au kilomètre. L’amortissement des lignes augmente quand l’isolement diminue, mais il augmente d’autant plus que la résistance est plus faible et la self plus grande. Il en résulte que la pupinisation des lignes de fort diamèti’e ne peut pas donner des l’ésultats avantageux. L’augmentation de résistance apportée par l’insertion des bobines, d’une part, l’accroissement d’amortissement dû à l’imperfection de l’isolement devant une plus grande self, d’autre part, sont autant de circonstances défavorables^! nous ne pensons pasqu’il soit possible, tout au moins dans nos climats, de pupi-niser avec avantage des gros fils, des fils de 5 millimètres et au-dessus.
- Il en résulte que la pupinisation ne permet pas, d’une façon générale, d’étendre la portée de la téléphonie. Elle présente plutôt des avantages du côté économique. On pourra par exemple, avec des fils pupinisés de 3 millimètres, obtenir une communication aussi bonne qu’avec des fils de 3,5 et même de 4 millimètres non pupinisés. Mais on ne pourra pas, par la pupinisation, obtenir un conducteur qui ait un amortissement inférieur à celui d’un fil de 5 ou de 6 millimètres non pupinisé.
- La pupinisation est encore peu répandue en Europe. Mais il n’en est pas de même en Amérique. M. Carty nous apprend qu’il y a près de 5o 000 kilomètres de circuits pupinisés aux Etats-Unis, en fils de a,64 et de 4,a millimètres. On ne se contente même pas, en ce pays, des circuits pupinisés ordinaires. On constitue avec ces derniers ce' qu’on appelle, en France, des circuits combinés et, en Angleterre, des circuits fantômes, c’est-à-dire des circuits fictifs constitués au moyen de deux circuits ordinaires, dont les fils sont réunis en série, les deux fils d’un circuit composant formant un conducteur du circuit composé. Il faut, naturellement,
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- pour arriver à cè résultat, employer des bobines de ptipihisation d’une construction spéciale, des débines quadruples, comportant quatre enroiïléfiiènts.
- Les circuits fantômes, formés avec des circuits ordiMires, sont en général équivalents au# circuits composants, c’est-à-dire qu’ils ont Ùïï Amortissement à peu près égal et la raison ën est que la résistance du circuit fantôme est à peu près moitié moindre, mais que, d’autre part, la capacité est environ deux fois plus grande et la self deux fois plus petite. Si les circuits sont au contraire pupi-nisés, rien n’empêche de construire les bobines de telle manière que la self du circuit fantôme soit égale à celle des circuits composants. Aussi, M. Cai’ty déclare-t-il que l’efficacité des circuits fantômes est supérieure à celle des circuits composants, et que, par ce moyen, on espère établir un circuit praticable entre New-York et Denver, soit sur une longueur de plus de ?>5oo kilomètres. Si ce circuitfonctionne d’une manière satisfaisante, ce sera là un fort joli résultat, car nous n’avons jamais pu franchir jusqu’ici, en Europe, des distances aussi considérables.
- Ajoutons encore, pendant que nous parlons des merveilles réalisées au delà de l’Atlantique, que les circuits téléphoniques sont aussi utilisés par des communications télégraphiques, chaque fil d’un cii’cuit pouvant être exploité en diplex, de sorte que, par exemple, entre New-York et Denver, on aura les communications suivantes, qui seront obtenues au moyen de quatre fils et sans aucune gêne mutuelle :
- a circuits téléphoniques New-York-Chi-cago ;
- a circuits téléphoniques Chicago-Denver;
- i circuit téléphonique New-York-Denver;
- 8 communications télégraphiques.
- En France, nous avons toujours évité jusqu’à présent la superposition du télégraphe et du téléphone, à cause des facilités avec lesquelles se produisent des dérangements pour le téléphone. Il y aura le plus grand intérêt à savoir comment se comportent en
- Amérique ces dispositifs que nous avons jusqu’ici regardés comme imparfaits.
- Lignes souterraines. — Pour les lignes souterraines, encore plus que pour les lignes aériennes, l’amortissement peut être réduit au moyen de l’augmentation de la self-induction. Deux solutions sont ici en présence : les bobines Pupin, et le procédé Krarup, dit du cuirassement, qui consiste à placer un ou plusieurs fils de fer fins autour du conducteur de cuivre. La comparaison des deux procédés doit être faite à deux points de vue différents : au point de vue économique et au point de vue technique. Au point de -vue économique, il est certain que le procédé Pupin est moins coûteux; il permet d’employer des conducteurs de moindre diamètre, il diminue plutôt qu’il n’augmente l’encombrement, ce qui est une considération de grande importance ; au point de vuetechnique, il donne aux lignes une grande caractéristique, ce qui est quelquefois désavantageux, comme nous le veiTons plus loin, quand il s’agit d’amorces souterraines à relier à des lignes aériennes ordinaires ; de plus, il intro -duit sur les lignes des résistances qui aug-ment l’amortissement. Si on laisse de côté la question économique, et qu’on ne considère que la question technique, on trouve que la construction de cables ayant un amortissement inférieur à 6, pour i ooo kilomètres, est déjà très difficile. M. Ebeling pense cependant qu’on pourra arrrver à 4 et même à a,5. Si on parvenait à ce chiffre, ce serait un résultat très remarquable et qui ne saurait être atteint par aucun autre procédé connu jusqu’ici.
- Les câbles cuirassés sont certainement moins avantageux, car la self-induction ne peut en être augmentée que dans une proportion beaucoup moins élevée. Pour leur donner de l’efficacité, il faut réduire la résistance, ce qui oblige à choisir de gros conducteurs. Les câbles sont lourds et dispendieux. On peut cependant arriver, de cette façon, à faire des câbles dont l’amortissement ne serait pas supérieur à 6, pour, i o.oo
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- kilomètres. Ces câbles ont, au point de vue technique, l’avantage d’avoir une caractéristique égale à celle des lignes aériennes ordinaires et il semble qu’on pourrait, pour le moment, juger ainsi la question de supériorité entre les systèmes Pupin et Krarup.
- Quand il s’agit de lignes souterraines de grande longueur, les lignes pupinisées sont à la fois celles qui sont les plus économiques et les meilleures au point de vue de l’audition. Pour les lignes qui doivent être raccordées aux lignes aériennes, il conviendra de prendre des lignes souterraines pu-pinisées, si les lignes aériennes sont de ce même type. S’il s’agit de lignes aériennes ordinaires, la question devra être étudiée de plus près. Il sera, en tout cas, avantageux de choisir un type de ligne souterraine dont la caractéristique soit voisine de celle de la ligne aérienne. Si la ligne souterraine est de faible longueur, il pourra arriver que la self d’une ligne pupinisée ne puisse être suffisamment répartie pour qu’un effet favorable soit obtenu, et qu’au total elle soit moins bonne qu’une ligne non pupinisée. Dans ce cas, il y aurait lieu de songer à une ligne cuirassée. Enfin, dans certaines circonstances spéciales, par exemple s’il s’agit de lignes sous-marines, il pourra arriver que l’installation des bobines soit peu commode et présente même certains inconvénients au point de vue de la conservation de l’isolementetde l’entretien ultérieur. Le câble cuirassé pourrait alors, dans ces conditions, présenter de grands avantages et donner une solution avantageuse à tous égards.
- Phénomènes de réflexion. — Un mémoire des plus intéressants a été présenté sur ce sujet par M. Pleijel. L’auteur fait remarquer que la propagation de l’onde électrique peut être traitée comme celle d’une onde lumineuse ou d’une onde sonore qui, au passage d’un milieu dans un autre, subit à la foi§ des phénomènes de réflexion et de réfraction. Il arrive ainsi à donner une méthode de calcul très élégante qui, dans quelques cas particuliers , conduit d’une manière très
- simple et très raipide au résultat.
- D’une manière générale, les phénomènes de réflexion sont nuisibles et on doit s’efforcer, par le mode de construction des lignes et par le choix judicieux des appareils,
- * d’en réduire les inconvénients. Pour cela, il faut que les différentes impédances caractéristiques soient aussi voisines que possible les unes des autres, et c’est à ce point de vue que nous avons signalé plus haut le désavantage des lignes pupinisées à grande caractéristique quand elles doivent être reliées à des lignes ordinaires.
- V. —Procédés de conservation des poteaux.
- On sait que les poteaux en bois ne se conservent que s’ils ont été soumis aune préparation spéciale. Longtemps l’injection de sulfate de cuivre, par le procédé Boucherie, a paru le moyen le plus commode , et le plus économique. Appliqué à des arbres fraîchement coupés, il permet d’en éliminer la sève, et de la remplacer par une substance métallique qui, au bout d’un certain temps, se combine avec la fibre du bois et en produit une sorte de minéralisation. Ce procédé est celui qui est appliqué en France et dans un certain nombre d’autres pays d’Europe, en Hollande, par exemple. En ayant soin de tailler en cône la pointe du poteau et d’y appliquer tous les deux ans une couche de peinture, toute la partie du poteau hors de terre se conserve remarquablement bien. La partie enterrée est moins résistante. Cependant, dans la plupart des cas, c’est-à-dire quand le poteau n’est pas implanté dans des terrain® septiques, renfermant des germes de pourriture, il peut résister indéfiniment. Certains poteaux ont, en France, plus de quarante années de service. En moyenne, la durée est de quinze ans. Toutes choses égales d’ailleurs, la créosote paraît donner de meilleurs résultats et assurer une vie moyenne de vingt années. Mais ce produit présente de nombreux inconvénients. Il brûle les vêtements et attaque les mains des ouvriers. Si
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- le climat est chaud, il se produit des suintements qui rendent très pénibles les opérations d’entretien des lignes et, de plus,, la Substance préservatrice se trouve ainsi peu à peu éliminée. M. Carty indiqué à cet égard qu’au bout d’une dizaine d’annéés, toutes les parties constituantes de la créosote, ou des huiles de goudron employées dans le même but, dont la température d’ébullition estinfé. rieure à 240°, ont complètement disparu. On doit cependant ajouter, en faveur delà créosote, que les procédés nouveaux Rüpin et Guido Rütgers ont beaucoup amélioré le procédé primitif d’injection de Béthell. La quantité de créosote absorbée est réduite au tiers ou au quart, le liquide imprègne seulement les tissus circonscrivant les cellules, de sorte que les suintements ultérieurs, surtout si la température n’est pas trop élevée, sont complètement évités, en même temps qu’une bonne conservation du bois est assurée.
- Les deux procédés sont, en somme, absolument comparables dans les cas ordinaires ; mais, s’il s’agit de terrains septiques, qui contiennent de nombreux germes de pourriture ou qui ont été contaminés par des poteaux antérieurs, le procédé au sulfate du cuivre est insuffisant. Il n’empêclie pas l’attaqUe des végétations mycotiques et souvent le poteau ne dure même pas un an.
- La kyanisation ou injection de bichlorure de mercure paraît donner de meilleurs résultats que le sulfate de cuivre. Ce procédé est employé en Bavière. Les poteaux y durent treize à dix-sept ans. Mais ce produit est éminemment toxique et son maniement n’est pas sans présénter de danger. En Angleterre, on y a renoncé, à cause du danger d’empoisonnement des sources d’eau, par l’entraînement du produit par les eaux pluviales.
- En somme, dans le cas de terrains malsains, c’est surtout la partie enterrée du poteau qu’il faut immuniser. On a cherché à y parvenir par différents procédés. En Amérique, on enduit à la brosse le pied du poteau de goudron de houille ou de créosote ; en France, on emploie une substance particulière, l’in-
- jectol, composée d’hydrocarbures et de substances antiseptiques qui est facilement absorbée par le bois. On a essayé également l’emploi d’une sorte de cuirasse, en toile d’amiante enduite de goudron, qui protège la partie la plus exposée, c’est-à-dire le collet du poteau. Tous ces procédés sont de date relativement récente, et leur réelle efficacité ne pourra être connue avant quelques années d’expérience.
- On a proposé également d’employer des socles en maçonnerie, béton, ciment, etc., de manière que le poteau ne soit jamais enterré. Ce moyen est en effet très efficace puisqu’il supprime la cause du mal. Mais, il est coûteux et mal commode et ne peut être employé que dans certains cas spéciaux.
- En résumé, le créosotage et le sulfatage paraissent être les deux procédés les plus employés. La préférence à accorder à l’un ou à l’autre doit être dictée par des considérations locales, où les conditions climatériques doivent surtout entrer en ligne de compte.
- VL — Les systèmes télégraphiques
- A GRAND RENDEMENT.
- Des rapports très intéressants ont été présentés à la Conférence par MM. Addey et Taylor sur les procédés employés par le Post Office pour l’exploitation des lignes télégraphiques.
- Ces procédés diffèrent totalement de ceux qui sont usités en France et par le principe et par le détail. En France nous adoptons en général le principe de la retransmission et le relais est peu usité ; nous ne superposons pas non plus très volontiers plusieurs communications sur le même fil.
- En Angleterre, le principe est tout différent. Le système quadruplex exploité au Morse est très en faveur. On dispose sur un seul fil, àlafoisdesrelaispolarisésetdesrelais ordinaires, munis de ressorts de rappel, qui fonctionnent par variation d’intensité de courant. On obtient ainsi deux communications distinctes qui peuvent être montées en
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- duplex, ce qui donne quatre communications entre deux points. Mais on peut encoi’e faire mieux. Au moyen de translateurs, on arrive à réaliser un nombre très varié de combinaisons et, en particulier, on peut installer des communications directes entre des postes dont les lignes transitent par des bureaux intermédiaires qui ne sont nullement dérangés par les communications des bureaux extrêmes.
- Quant aux générateurs de courant, nous avons l’habitude en France d'en disposer dans chaque bureau. Nous avons bien réalisé quelques timides essais de batterie centrale, mais jusqu’ici ce dispositif n’a pas eu la faveur des services d’exploitation. En Angleterre, au contraire, ce système paraît avoir été très sérieusement expérimenté et a pris, depuis quelques années, un grand développement. Les avantages sont d’ailleurs bien connus. Le générateur de courant n’est installé que dans des bureaux importants où il est bien surveillé et bien entretenu. On réalise.ainsi une économie très grande par la suppression des piles dans les bui’eaux satellites, en même temps qu’on assure un service plus parfait. Enfin, le montage des bureaux satellites peut être simplifié, ce qui est très précieux quand l’exploitation de ces bureaux est confiée, comme il arrive souvent, à un personnel peu expérimenté et qui est surtout préoccupé par des opérations d'ordre postal.
- M. W. Blanchon a présenté sur cette question un [rapport qui est la reproduction d’articles parus dans cette revue (’) et où il présente le système de son invention. Il serait certainement à désirer que l’administration française mette à l’étude les différents systèmes qui sont actuellement connus et qu’elle recherche consciencieusement si elle ne pou'rraitpas faire son profit de dispo-
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- sitifs qui ont donné autre part des1 résultats fort intéressants.
- M. Taylor expose les installations réalisées en Angleterre et a donné la description des batteries, des sounders et des relais, ainsi que des rosaces de concentration des fils. Il donne aussi quelques détails sur des dispositions particulières intéressantes : la batterie pour lignes omnibus, la batterie montée temporairement pour des événements extraordinaires (courses de chevaux, procès sensationnels, etc.), les moyens à employer quand la ligne est mal isolée, etc. Il y a là une documentation de grand intérêt et dont il convient de faire son profit.
- Enfin, des questions d’ordre plus général ont été abordées. M. Wittichen a étudié les avantages présentés par la construction d’un réseau souterrain, tant au point de vue de la sécurité des communications, que de l’économie de l’entretien, et M. Strecker a exposé des idées fort judicieuses sur l’organisation des bureaux d’essais et d’études pour la télégraphie. Le personnel devrait y être versé à la fois dans les questions de théorie et dans celles de pratique. Comme ces qualités se trouvent rarement réunies en une seule personne, il convient d’appeler dans ces bui’eaux, des savants, des techniciens et des constructeurs qui, dans une collaboration intelligente et féconde, étudient et solutionnent les problèmes difficiles de la télégraphie.
- Le CongTès s’est clos le io septembre et l’année 1913 a été choisie comme date de la future réunion. U est à espérer que la prochaine Conférence pourra trancher un cei> tain nombre de questions qui restent encore à l’étude. Le Congrès actuel a eu pour lui le mal de déblayer le terrain, et ce sei’a justice de ne pas oublier l’utilité de son travail, quand, plus tard, les problèmes qu’il a indiqués et posés auront reçu leur solution définitive.
- (’) Lumière Electrique (ae série), tome XI, p. 107, i33. !
- Devaux-Ciiaruonnei..
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Rigidité électrostatique de l’huile. — W. Tobey. — Proceedings of the American Institute of Electrical Engineers, juillet 1910.
- Le bon fonctionnement d’une grande partie des appareils électriques dépend de la qualité de l’huile qu’ils contiennent; elle doit être d’une fluidité suffisante pour circuler facilement et transporter les calories jusqu’aux surfaces externes de refroidissement; être pure de toutes les matières étrangères qui peuvent endommager les isolants ou les parties actives des appareils; enfin et surtout, elle doit continuellement résister aux efforts de la tension.
- La communication faite par l’auteur à Y American Institute of Electrical Engineers & pour but de faire connaître les caractéristiques les plus importantes qui permettent à une huile déterminée de remplir ces diverses conditions, en insistant particulièrement sur la rigidité électrostatique. Ces caractéristiques ressortent de courbes et de données obtenues à la suite de nombreuses expériences et de recherches poursuivies pendant plusieurs années.
- Nature des huiles isolantes.
- Les huiles isolantes généralement employées sont tirées du pétrole brut par distillation fractionnée, conduite de façon à conserver les hydrocarbures à leur état primitif. Il est probable que ces huiles sont Tauleau I
- DISTILLATION MOYENNE DISTILLATION DJi TÈTE
- Température d’ébullition 180 à 190° C. 13o à 14o° G.
- Température de combustion 2o5 à 215° G. 140 à i5o° G.
- Point de congélation . . — 10 à — i5°C. — i5à— 2o°C.
- Poids spécifique à 13,5 degrés centigrades. . . o,865 40,870 o,845 à o,85o
- Viscosité à 4o° G. (essai de Saybolt) iooà 110 sec. 40 à 5o sec.
- Acide, base, soufre, humidité Néant Néant
- composées surtout de substances ayant pour formule générale C„Ha„+2, quoiqu’elles en contiennent aussi d’autres ayant la formule C„II2„.
- Le tableau I résume les caractéristiques de l’huile, suivant qu’elle provient d’une distillation plus ou moins poussée.
- Quand elles sont dépourvues de toute humidité, ces deux catégories d’huile ont la même rigidité diélectrique (45 000 à5oooo volts, dans le cas d’une tension sinusoïdale, entre disques de 12,7 millimètres de diamètre placés à 5 millimètres de distance).
- On emploie généralement les huiles de la première catégorie dans les appareils tels que les transformateurs à refroidissement par simple bain d’huile, où la température peut quelquefois s’élever beaucoup,, et les huiles de la deuxième catégorie dans les appareils tels que les transformateurs k refroidissement par circulation d’eau, dont la température peut être modérée.
- Facteurs qui influent sur la rigidité électrostatiq ue.
- L’auteur fait d’abord observer que la rigidité électrostatique de l'huile dépend de la valeur maxima de la force électromotrice et non de sa valeur efficace. Si pourtant la courbe de tension reste bien constante pendant les essais, il y a un rapport constant entre sa valeur maxima et sa valeur efficace et celle-ci peut être prise comme base des mesures : c’était le cas pour les mesures faites par l’auteur.
- Dans tous les essais, une faible tension était, au début, appliquée entre les bornes, et on l'augmentait progressivement jusqu’à la rupture. La même fréquence a toujours été employée.
- La forme des bornes est un facteur important de la variation de rigidité. Le voltage nécessaire pour provoquer la rupture à une distance déterminée entre deux sphères est moindre que pour la provoquer entre deux disques ; entre deux pointes d’aiguille, ce voltage est encore moindre, etc.
- Ces résultats s’expliquent facilement par l’examen de la disposition des lignes de force entre les bornes, la rupture se produisant d’autant plus facilement que la concentration de ces lignes de force sur la surface-des bornes est plus grande.
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- Le tableau 11 ci-après, déduit de très nombreuses expériences, donne les valeurs de la tension qui provoquent la rupture de l’huilé, celle-ci étant débarrassée de toute humidité, en fonction de la distance entre les bornes. Ces expériences ont été répétées entre des bornes de formes variées. Dans tous les cas, la tension était sinusoïdale, obtenue au moyen d’un alternateur de 35 kilowatts, 6o périodes, et d’un transformateur de ioo kilowatts, 200000 volts. ’ La rigidité électrostatique de l’huile ne varie pas
- rature, la rigidité reprend sa valeur primitive, mais ses variations.sont tout d’abord en retard sur les variations de la température. -
- La courbe de la figure 1 donne une représentation de ce phénomène.
- h'humidité a une influence énorme sur la rigidité électrostatique de l’huile. Une proportion d’eau de 3 dix-millièmes la réduit aux trois quarts de sa valeur primitive et une proportion de 4 dix-millièmes la réduit de moitié.
- Tableau II
- NATURE DES BORNES DISTANCES ENTRE BORNES EN CENTIMETRES
- I ,27 3,54 5,o8 7,6a 10,16
- 2 disques de iorm,i6 de diamètre 72 ooov io5 ooov i55 ooov 192 oooŸ
- 2 sphères de 5cra,o8 de diamètre 5o ooov 78 ooov 120 ooov i5o ooov 175 ooov
- 2 pointes d’aiguilles ,. 35 ooov 56 ooov 92 ooov 120 ooov i45 ooov
- i disque de iocm,i6 et une pointe d’aiguille 25 ooov 38 ooov 65 ooov 90 ooov 115 ooov
- Il est donc de la plus grande importance de sécher parfaitement, avant d’y introduire l’huile, les appareils qui doivent y être immergés ; l’huile doit être essayée avant son emploi, au point de vue de sa rigidité, qu’on doit ensuite vérifier à des intervalles déterminés. Si l’on constate que cette rigidité tombe au-deséous de la valeur désirée, l’huile doit être à nouveau séchée ou remplacée.
- L’auteur mentionne les procédés ci-après pour déceler l’humidité dans l’huile :
- On en remplit un réservoir, et on la laisse déposer pendant une dizaine de jours ; puis avec un tube de verre on en prélève un échantillon dans le fond du réservoir. S’il y a une certaine quantité d’eau, elle est visible dans le tube.
- Une plaque de verre est placée au-dessus d’un échantillon, qui est porté à la température d’ébullition de l’eau. Celle-ci se condense sur la plaque.
- Une petite quantité de sulfate de cuivre anhydre, agité avec l'huile à essayer, lui donne une coloration-bleuâtre si l’huile contient de l’eau en assez grande quantité.
- On peut aussi plonger dans l’huile une aiguille chauffée au rouge : on entendra un pétillement
- beaucoup avec la température. Un échantillon, par - exemple, supportait en moyenne 52000 volts à6o°C avant la rupture,45 5oo volts soit seulement 10 % de moins à 20° C, et 44 000 volts à quelques degrés au--dessus de zéro.
- TEMPERATURE" OEQ-CENT,
- Fig. 1.
- Cependant, lorsqu’on descend au-dessous du point de congélation, la rigidité électrostatique augmente très rapidement : elle est, dans certains cas, de 60 à 80 % supérieure à celle observée juste avant la congélation. Puis, quand on élève de nouveau la tempé-
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- •bruyant si 1 huile contient de l’eau ; sinon il se produira seulement une bouffée de fumée.
- .. On peut faire un essai analogue en chauffant sur une flamme une coupelle en, porcelaine contenant l’huile, qui fera entendre des pétillements si elle contient de l’eau.
- . Mais de toutes les méthodes, la plus sensible et la meilleure à tous les points de vue est l’essai de rigidité électrique; la plus recommandable après elle consiste à chauffer l’huile dans une coupelle en porcelaine. Les autres ne peuvent s’appliquer que si la .proportion d’eau est considérable.
- Séchage des huiles.
- Pour le séchage de l’huile, plusieurs méthodes peuvent être appliquées ; les unes ne peuvent s’appliquer que dans le laboratoire, les autres qu’à l’atelier ou dans les services d’essais ; enfin d’autres sont trop coûteuses ou trop longues à employer. Finalement il en reste peu de pratiques pour le cas des installations ou l’exploitation des grandes usines.
- L’auteur les passe en revue :
- Méthodes chimiques. Celle qui donne les résultats les plus satisfaisants consiste à employer le chlorure de calcium.
- Le sodium a l’inconvénient de former, en présence de l’eau, de l’hydrogène et de la soude caustique, et la chaleur dégagée peut être suffisante pour enflammer l’hydrogène ; de plus, la soude caustique se dissout dans l’huile et peut attaquer les isolants.
- On peut employer la chaux vive; mais elle agit plus lentement que le chlorure de calcium.
- • Le procédé au carbure de calcium, enlin, demande un peu moins de temps que le procédé à la chaux vive, mais il forme avec l’eau de l’acétylène qui est très inflammable.
- La manière la plus efficace d’employer le chlorure ; de calcium'est de le placer dans un tube de métal •perforé, suspendu dans le réservoir d’huile à égale "distance entre le haut et le bas; l’huile est chauffée à environ 8o° G au moyen d’un rhéostat.
- On peut encore hâter l’opération en faisant passer l’huile sous pression dans un récipient contenant le chlorure de calcium ; il est bon ensuite de la faire passer à travers du sable sec qui la débarrasse de toute matière étrangère.
- Séchage par la chaleur. — Le mieux, lorsqu'on sèche l’huile en la chauffant, est d’élever sa température, soit par un serpentin de vapeur, soit au moyen d’une résistance parcourue par un courant.
- Il faut chauffer un peu au-dessus de la température d’ébullition de l’eau et éviter avec le plus grand soin d’altérer l’huile par un chauffage exagéré.
- Séchage par la chaleur et le vide. — Le danger de porter l’huile à une température trop élevée peut être pratiquement évité, en faisant le vide dans le récipient qui contient l’huile et chauffant comme il est dit ci-dessus, puisque dans ce cas l’eau est portée à l’ébullition à une température beaucoup plus basse (46 degrés, par exemple, avec un vide de 685 millimètres).
- Ce procédé est encore facilité si l’on fait barboter rapidement, à travers l’huile, de l’air préalablement desséché par son passage sur du chlorure de calcium ou de la chaux vive.
- Séchage par la chaleur et l'air. — Ce procédé est le même que le précédent, maison se contente de chauffer l’huile en y faisant barboter de l’air très sec, sans faire le vide.
- Séchage par dépôt. — Quand l’huile contient de grandes quantités d’eau, on peut l’en débarrasser presque entièrement en la laissant reposer quelque temps : l’eau et les impuretés se déposent au fond du récipient. Ce procédé exige plusieurs jours.
- Séchage par la force centrifuge. — 11 est extrêmement difficile de faire disparaître toute l’eau par ce procédé, mais il est recommandable lorsque l’huile en contient beaucoup. L’eau que la force centrifuge n’a pas enlevée (environ un millième de l’eau totale), peut être éliminée aussitôt après par le passage à travers un lillre.
- Avec une machine de dimensions moyennes, on peut ainsi sécher a3o à 270 litres par heure.
- Séchage par filtres en papier. — On a reconnu que le papier filtre ordinaire, employé dans les laboratoires de chimie, se laisse traverser lentement par l’huile, mais arrête l’eau qu’elle contient. Ce principe a été appliqué dans la construction d’une machine à sécher et purifier l’huile. Elle consiste en une presse qui maintient les feuilles de papier et une pompe actionnée par moteur pour envoyer l’huile sous pression dans le filtre. Après le passage à travers ce dernier, la rigidité électrostatique de l’huile est portée à 60 000 ou 70 000 volts (mesurée entre disques de 1,27 centimètre de diamètre, placés à une distance de o,5 centimètre).
- Avec une machine de dimensions moyennes, 011 peut traiter de 2 700 à 5 400 litres par heure suivant la fluidité de l’huile.
- On peut employer ce procédé pour sécher l’huile des transformateurs à haute tension, tout en lais-
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- sant ceux-ci en service. II suffit d’amener l’huile à la presse par un tuyau branché au fond de la cuve du transformateur et de la faire retourner dans la cuve à sa partie supérieure, en continuant ainsi jusqu’à séchage complet.
- i
- Présence du soufre et de la paraffine dans l'huile.
- La présence de soufre libre dans l’huile a un effet sur la rigidité électrostatique, mais surtout il attaque énergiquement le cuivre, même en très petite quantité. On peut déceler sa présence en chauffant l’huile, y plongeant un petit fil de cuivre poli, et observant au bout de combien de temps il a noirci. L’auteur donne, ci-dessous, le résultat de quelques expériences, l’huile étant chauffée à 85° G.
- Taule au III
- PROPORTION DE SOUFRE TEMPS au bout duquel le fil de cuivre noircit
- 1/10 de 1 % 2 à 3 minutes
- 1/100 de 1 % 3o minutes
- 1/1 ooo de 1 % 15 à 20 heures
- 1 /10 ooo de i % Indéterminé
- Le soufre existe quelquefois dans l’huile à l’état de combinaison chimique très stable et, dans ce cas, ne présente pas d’inconvénient.
- L’huile ne doit pas contenir, en dissolution, de paraffine qui, particulièrement dans les appareils à refroidissement d’eau, peut se solidifier et obstruer les conduits.
- Résistance d’isolement considérée comme une indication de la rigidité électrostatique.
- L’expérience montre que la résistance d’isolement de l’huile ne donne pas une indication de sa rigidité électrostatique, à moins qu’il ne soit tenu compte de la température. Quand celle-ci s’élève, la résistance d’isolement s’abaisse très rapidement, tandis que la rigidité électrostatique augmente progressivement puis tend à devenir constante (’).
- (*) Quand la température de l’huile s’élève de 5o° C il f)o° C, la tension disruptive, mesurée entre disques de 10,16 centimètres à o,ii centimètre de distance, s’élève de 3l> ooo volts à 4* 000 volts; la résistance d’isolement s’abaisse au contraire de 1 220 mégohms à 25o mé-gohms.
- Quand on chauffe l’huile d’un transformateur pour la sécher, la résistance d’isolement peut s'abaisser jusqu’à une valeur très faible, puis elle s’élève lorsque les dernières traces d’humidité ont disparu.
- On peut simplement supposer que l’huile est bien sèche quand la résistance d’isolement devient constante et reste constante pendant plusieurs heures. Mais cette valeur finale peut être très au-dessous de la résistance d’isolement mesurée qtfand l’huile était froide.
- L’auteur conclut en constatant que l’industrie produit actuellement de l’huile remplissant si bien les conditions idéales, qu’elle est presque universellement employée, malgré les précautions très grandes exigées par son maniement; il espère que son étude contribuera à les simplifier, et aidera les électriciens dans le choix de l’huile dont ils ont besoin.
- H. B.
- DIVERS
- La constitution des éléments de résistance des appareils de chauffage électriques.
- Dans un travail d’ordre pratique publié par une revue autrichienne (f),nous trouvons de bonnes indications sur l’exécution des appareils de chauffage électriques et les qualités spéciales des matériaux qu’ü convient d’employer.
- Le développement des appareils de chauffage électriques et le désir d’obtenir une consommation d’énergie aussi réduite que possible ont été le point de départ de nombreux perfectionnements dans la construction de ces appareils.
- Les matériaux les plus employés dans la pratique sont le platine, le charbon et le fil de nickel pur; ce dernier présente l’avantage d’un prix de revient plus faible que celui des autres matériaux, mais son emploi comporte cependant quelques inconvénients. Il fond en effet à 1484° et, en outre, il n’est pas possible de lui faire supporter longtemps une température supérieure à i ooo0. D’autre part, les expériences, de Lorenz et Hevesy ont prouvé qu’il s’oxyde à chaud. Enfin, il est fragile et, lorsqu’il est chaud, se brise au moindre contact. C’est pourquoi on ne le porte guère en pratique aune température supérieure à 6oo°, ce qui en limite l’emploi à quelques appareils de cuisine et de laboratoire.
- C) W.Scuuen. Elektrolechnik und Maschinenbau,iyio,
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- Une disposition couramment employée pour la fixation du fil de nickel, consiste à l'entourer d'une couche d’émail et à l'emprisonner dans une plaque métallique. Cette disposition assure une bonne transmission de la chaleur, mais le courant absorbé lors de la mise en service de l’appareil est assez élevé, car toute la masse du métal qui entoure le fil doit être portée à une température uniforme avant que la résistance ait atteint sa température de régime. En outre, si en un seul point la transmission de chaleur est insuffisante, le fil fond.
- Pour remédiera ces inconvénients, M. Schuen a proposé de disposer le fil à l’intérieur d'une série de tubes de quartz accolés les uns aux autres et ouverts à leurs extrémités. Tous les points du fil sont ainsi en contact avec l'air qui circule dans les tubes, de sorte que la résistance atteint plus rapidement sa température de régime et que la transmission de la chaleur s'opère également sur toute la longueur du fil.
- Si l'on emploie du fil de platine, il est recommandable de faire usage de mica pour assurer une bonne transmission de la chaleur ; dans un autre dispositif, une lame de bronze de platine est enfermée entre deux plaques de mica entre lesquelles elle est serrée par une gaine en tôle de fer.
- Pour les appareils de laboratoire, le nickel et le platine ne conviennent pas, le premier parce que son point de fusion est trop bas, le second parce qu’il s’échauffe trop lentement. Il faut donc recourir au charbon.
- Un premier dispositif consiste à intercaler un charbon de lampe à arc entre deux électrodes également en charbon. On a aussi souvent employé le charbon concassé dit « cryptol » qui ne mérite pas la défaveur dans laquelle il se trouve actuellement et qui n'est due qu'à des défauts de construction. Le cryptol est en effet par lui-même un mauvais conducteur de la chaleur; c'est pourquoi il convient de ne l'employer qu'en couches minces ; sinon, la partie inférieure de la couche s'échauffe jusqu'à la sublimation, sans que la chaleur ainsi produite puisse être transmise utilement.
- Voici quelle est la disposition d'un appareil* de chauffage au cryptol :
- Une mince couche de cryptol est disposée entre deux électrodes de charbon sur une plaque en terre réfractaire et recouverte d’une plaque de fonte qui en est maintenue cependant à une certaine distance par des supports en cuivre isolés. Le nickel devra toujours être préféré au cryptol, lorsque son emploi
- sera possible. Le cryptol reprendra toutefois l'avantage lorsqu'il s’agira d'atteindre des températures de i ooo°, comme c’est par exemple le cas dans les fours à tubes et à moufles.
- Un four à tube comporte essentiellement un tube de quartz ; autour de ce tube et entre deux électrodes de charbon se trouve une couche de cr}rptol. Afin d’empêcher le rayonnement de la chaleur à l'extérieur, l'ensemble est entouré d’un second tube de quartz recouvert d’une couche de magnésie ou de kaolin ; autour de ce tube se trouve une couche d’air qui constitue un bon isolant calorique ; il y a enfin une enveloppe extérieure.
- Le cryptol trouve encore son emploi dans les fours à creuset et à moufles. Le creuset à chauffer est placé à l’intérieur d’un autre creuset tubulaire en quartz entouré de cryptol; le courant est amené comme dans les fours précédents par deux électrodes de charbon. Enfin, le cryptol se prête également fort bien à la construction des rhéostats de réglage destinés aux fours électriques de laboratoire ; on peut obtenir un réglage parfaitement graduel en déplaçant simplement l’une des électrodes de charbon à l’intérieur de la couche de cryptol.
- J.-L. M.
- CORRESPONDANCE
- Sur le théorème de Thèvenin.
- Au début de l’étude de M. Leprince-Ringuet,
- publiée dans votre numéro du icp avril, l'auteur rappelle un théorème de Thèvenin sur les réseaux parcourus par du courant continu. Permettez-moi de signaler que ce théorème n’est qu'un corollaire d’un autre théorème plus explicite énoncé parM. Pollard, voici une trentaine d'années, et qu’on formule ainsi :
- Si l'on considère un système électrique parcouru par un courant continu et si, entre deux points, on crée une dérivation de résistance R, il passe dans cette dérivation un courant I égal à celui qu'y produirait la source qui alimente le réseau dont la force électromotrice E et la résistance R0 seraient toutes
- R' i r> ,
- deux réduites dans le rapport ——p^ en appelant R
- Ko q- R
- la réduite de tous les conducteurs, du système.
- Z -r
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2® Sériej. — M° 16.
- E
- R'
- On a donc
- I =
- R0 + R'
- R + R0
- R'
- Or E
- R'
- R0 + R'
- Ko +R'
- est évidemment la différence de
- R'
- poteniel V' appliquée à R et la quantité R0 ——-
- R0 -J- R1
- s’identifie immédiatement à---, ce qui donne la for-
- y ^
- r
- mulj de Thévenin.
- Celle de M. Pollard est plus générale, en ce qu’elle explique la valeur de V'. Elle est d’ailleurs également applicable aux courants alternatifs.
- R. V. Picou.*
- VARIÉTÉS
- 1Votes sur l’Industrie américaine (l).
- Pendant un voyage d’études de quelques mois dans l’Est des Etats-Unis, j’ai été amené à visiter les principales usines de Construction électrique et les grandes Centrales que les Américains ont créées dans ces dernières années. L’exploitation d’un territoire immense, protégé par des tarifs douaniers prohibitifs, et la possibilité de profiter de la science ot de l’expérience des Européens les ont conduits à établir, d’une façon toujours très moderne, des usines et installations très importantes. D’autre part, leur esprit d’organisation et la faculté de spécialisation qu’amène la fabrication par grandes quantités de tout article leur ont permis d’aborder le travail en grande série et d’y exceller.
- L’ouvrier et le contremaître américains n’hésitent pas à collaborer de toutes leurs forces à un système qui peut améliorer leur production et, par suite, leur faire gagner de gros salaires. Patrons et personnel sont animés du désir constant de faire mieux et plus vite, et leurs divergences de vues ne sont jamais dictées que par de gravés questions économiques. En un mot, la question sociale ne se présente pas au delà de l’Atlantique comme une affaire purement politique, ainsi qu’elle l’est trop souvent chez nous.
- Dès qu’une nouveauté a fait ses preuves, toute l’industrie américaine s’en empare et en tire profit (2).
- (*) Extrait du Bulletin de l’Association des Ingénieurs électriciens sortis de l’Institut Electrique Monte flore, tome X, 3e série, 1910.
- (2) Un exemple probant s’est manifesté en ces derniers temps : quelques ateliers nouvellement établis ont remplacé les transmissions électriques, à moteur indépendant pour chaque machine-outil. On discuta quelque temps les avantages du nouveau système et, après recon-
- Le même esprit de recherche de la nouveauté se manifeste d’ailleurs partout aux Etats-Unis et il est très rare, par exemple, de rencontrer encore là-bas des lampes à filament de carbone, partout détrônées par le filament métallique.
- Dans le domaine de l’éclairage, la lampe à tungstène triomphe en ce moment. Elle est généralement à voltage faible, entre 5o et 60 volts, et se raccorde aux distributions existantes par l’intermédiaire de petits transformateurs de voltage à rendement élevé. La cause de ce faible voltage réside dans la fabrication plus aisée des filaments courts (d’environ 10 centimètres) et gros (o,a5 millimètre en moyenne), qui exigent des courants intenses. Dans ces conditions, les nouvelles lampes à tungstène ne consomment que 1 à 1,2.5 watt par bougie et durent environ ’i. 000 heures.
- La fabrication courante d’unités d’au moins 1000 bougies fait prévoir le moment où le filament métallique remplacera l’are, même dans l’éclairage extérieur, supprimant tout entretien, tout bruit et donnant une lumière moins crue. Ce résultat sera surtout atteint très vile si, comme l’espère la General Electric C°, le tréfilage du tungstène, nouvellement découvert, s’applique aisément à la fabrication courante, réduisant ainsi de beaucoup le prix encore élevé des lampes à tungstène.
- L’usage des lampes à vapeur de mercure s’est également beaucoup répandu dans ces derniers temps aux Etats-Unis.
- naissance de sa supériorité, tous les ateliers transformèrent leur mode de transmission et substituèrent le conducteur électrique si souple aux encombrantes poulies et courroies.
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- En fait d’arcs, les arcs à longues flammes sont généralisés pour l’illumination des rues, avec globes opalins remplaçant les globes clairs. L’industrie emploie plutôt l’arc intensif à carbone.
- L’éclairage rationnel des bâtiments a été très étudié ces derniers temps. On place les lampes de plus en plus haut et l’on s’efforce d’écarter des yeux la crudité d’une vive lumière. Des réflecteurs à grand rendement concentrent celle-ci vers le bas. Souvent même, toute la lampe est entourée d’une enveloppe opaline. Les puissantes unités à tungstène ont beaucoup aidé dans la réalisation d’une lumière qui se rapproche de la lumière diffuse du jour.
- Le type des centrales qui fournissent l’énergie considérable nécessitée pour l’éclairage et la traction des grandes villes de l’Est des Etats-Unis tend à s’uniformiser. La turbine a remplacé la machine à pistons, surtout depuis la réduction de son prix d'achat. Dans les centrales existantes, des turbines à basse pression pour vapeur de décharge ont permis d’accroître la puissance totale sans agrandissements notables. On tend de plus en plus à centraliser toute la production d’énergie, ce qui conduit à la construction de centrales puissantes, telle celle de Fisk Street, à Chicago, fournissant i33ooo chevaux (*).
- Les centrales hydrauliques se développent rapidement, surtout aux chutes du Niagara, capables de développer une puissance totale de 7 5oo 000 chevaux. Jusqu’ici, a5o ooo chevaux ont été captés et sont distribués aux ' industries électrochimiques, établies dans le voisinage des chutes ainsi qu’à Buf-fallo, Erié/tramways du lac Erié,elc.. Les Américains prévoient pour l’avenir un centre très industriel autour du Niagara, par suite de l’énorme réserve et du bon marché de l’énergie hydraulique et de cette particularité que les chutes sont le centre
- (*) Les salles de chauffe ont donné lieu également à d’importants perfectionnements, toujours dans le but de réduire la consommation de charbon. Une meilleure attention à la combustion, une isolation calorique plus parfaite des chaudières et conduites, l’insufllation d’air sous le foyer, l’emploi courant d’appareils d’analyse de fumées et d’indicateurs de dépression, assurent une meilleure utilisation du pouvoir calorifique des combustibles. Les nouvelles chaudières s’inspirent des recherches du professeur Nicholson, qui a démontré qu’aux environs d’une surface métallique chauffée se trouve une couche gazeuse stagnante qu’il faut rompre en donnant aux gaz chauds la plus grande vitesse possible.
- de territoires très peuplés : si l’on trace un cercle de 800 kilomètres de rayon, on englobe une population de /|5 millions d’habitants, soit la moitié de la population des Etats-Unis et les trois quarts de la population canadienne.
- Grâce aux conditions climatériques du pays et à la siccité moyenne de l’air, l’emploi de la haute tension est devenu d’un usage courant. lies tensions produites au Niagara ne s’élèvent pas, à l’heure présente, à plus de 60 000 volts, mais on va jusque 100 000 volts dans l’Ouest, à la Central Colorado Power C° ('), et l’on projette une ligne de 110 000 volts partant du Niagara. On s’est aperçu que ces tensions élevées ne donnaient pas lieu à plus d’ennuis que les tensions courantes de 5oooo à 60000 volts. Les périls imaginaires que l’on s’était créés dépassaient de beaucoup la réalité. Il faut dire que le type d’isolateurs à suspension, remplaçant les isolateurs à support inférieur, a contribué beaucoup à cet accroissement du voltage.
- Par contre, l’industrie américaine s’est refusée à élever le voltage des générateurs qui, aux environs de Rome, par exemple, fournissent directement 3o 000 volts.
- On préconise de plus en plus l’emploi de lignes doubles, pour parer aux accidents qui peuvent facilement interrompre un transport de force par ligne simple, ainsi que la mise en parallèle des stations qui peuvent alors s’aider en cas de manque d’eau ou de détérioration à l’une d’elles.
- Les très hautes tensions ont amené la construction de transformateurs d’essai qui vont jusqu’à 760 00b volts.
- Les batteries ci’accumulateurs trouvent de nombreuses applications dans les fentrales, comme réserve, en cas d’accident. Le gt «nd progrès dans cette voie est l’imprégnation des plaques négatives d’une substance organique que l’on carbonise et qui donne une capacité constante, tout en augmentant beaucoup la longévité.
- Un accumulateur à qui semble réservé de l’avenir, spécialement pour la traction, est le nouvel accumulateur Edison. Sa plaque négative est couverte d’oxyde de fer; sa plaque positive d’hydrate de nickel, le tout baignant dans une solution d’hydrate de potasse additionnée d’hydrate de lithium. Les supports des matières actives sont en nickel.
- La question de Y électrification des chemins de fer
- (•) Voir Lumière Electrique, 8 avril 1911, p. ai et les autres références indiquées dans cet article.
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- commence à se poser avec acuité aux Etats-Unis, principalement pour les terminus des grandes villes, qui ne tolèrent plus les fumées des locomotives à vapeur. La traction urbaine doit s’y faire, de plus en plus, en tunnel, ce qui n’est compatible qu’avec l’usage de l’électricité.
- Le monophasé et le continu ont chacun leurs partisans déclarés (') : la Westinghouse Company sou-
- (') La principale électrification en monophasé est celle -de la ligne de New-York, New Haven et Hartford Rail-road. Le Rock Island and Southern Railway veut également recourir à ce système pour son réseau. Quant au continu, n compagnies différentes avec un réseau électrifié de 6oo kilomètres et i5a locomotives emploient ce système.
- La Compagnie du chemin de fer de Pensylvanie a adopté récemment le continu à 600 volts pour son terminus de New-York. Cet exemple de conservatisme, rare aux Etats-Unis, a été surtout dicté par le désir de rendre l’équipement nouveau interchangeable avec l’équipement du chemin de fer dé Long Island qui, produisant du courant à 11 000 volts dans une usine de 40 000 chevaux, grâce à des turbo-génératrices Westinghouse, le transforme à 600 volts continus dans une série de sous-stations, par l’intermédiaire de transformateurs et commutàtrices de 1 000 kilowatts chacune.
- C’est depuis peu seulement qu’un service de traction en triphasé s’est établi au tunnel des Cascades, sur le réseau du Great Northern Railroad. II a donné complète satisfaction, les caractéristiques à vitesse constante des
- tient le premier ; la General Electric Company prône le second. Les raisons de la Westinghouse sont la suppression des stations transformatrices réduisant le coût de l’installation première èt du personnel d’exploitation, la simplicité de l’équipement des voitures, une meilleure utilisation de l’énergie fournie par la station génératrice. La General Electric Company prétend, par la voix de ses ingénieurs les plus autorisés, tel le professeur Elihu Thomson, que le moteur monophasé n’est pas arrivé à maturité, et remplace môme certains réseaux monophasés qu’elle avait établis, par du continu à 1 200 volts, son voltage type actuel. L’expérience a démontré, en effet, que 1 '200 volts continus sont préférables à 600 volts pour le Service suburbain, surtout depuis l’emploi des moteurs à pôles de commutation ; La General Electric espère même arriver sous peu à 2 400 volts continus, avec deux moteurs en série de r 200 volts chacun (2).
- André Gérard.
- moteurs d’induction permettant la récupération sur les descentes et, par suite, une notable économie.
- (4) Les installations dont il est ici question ont été décrites dans la Lumière Electrique (a® série) : Locomotion du chemin de fer de New-York, Newhaven et Hartford, t. XI, p. i45.
- L’équipement électrique du Great Northern Railway, l. IX, p. 33g. (N. D. L. R.)
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- A treatise of electrical theory and the problem of the universe considered from the physical point of view, with mathematical appendice, par G. W. de Tunzelmann. — 1 volume in 8° carré de 654 pages, avec 35 figures. -— Ch. Griffin et C°, éditeurs, Londres.
- C’est parmi les livres de pensée sincère et de pure méditation qu’il convient de classer le traité de M. de Tunzelmann.
- L’auteur lui même en explique le titre dans la préface : « La théorie électrique englobe actuellement, dit-il, grâce à son développement, tous les phénomènes physiques, sauf peut-être la cohésiqn et la gravitation ; quoique celles-ci ne soient pas encore
- définitivement comprises dans le système électromagnétique, on ne peut ne point apercevoir les relations qui les lient à ce système. Un examen complet du domaine de la théorie électrique ne peut, par conséquent, ne pas comprendre le problème de l'Univers.
- La simplicité de l’exposé est la marque de cet ouvrage. Peu de formules cl aucune recherche de l’extraordinaire. Ce raccourci bien proportionné de la science électrique ne néglige pas dansses premiers chapitres les principes élémentaires (chapitres 1, 11, 111, iv). Il est donc accessible au lecteur insuffîsa-ment armé de bagage mathématique.
- IVautre part, c’est là peut-être la forme qui con-
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- vient le mieux pour rendre la perfection d’un ensemble, surtout lorsqu’il s’agit d’aboutir aux eonclusions quasi théologiques du chapitre xxiv.
- La théorie de Faraday-Maxwell, exposée avec une limpidité remarquable, nécessite la description préalable de l’éther et de ses interprétations successives (chapitres v, vi, vrr).
- Le développement de la théorie des électrons et tout le cycle des phénomènes radioactifs, la dissipation de l’énergie et l’entropie croissante de l’univers donneront une portée inattendue aux observations des phénomènes cosmiques, que l’on trouvera résumées dans les chapitres xvm, xix et xx. Le lecteur trouvera des enseignements dans la description de cette mystérieuse et lointaine catastrophe d’il y a 120 ans survenue à la Nova-Persei et dont l’image nous est arrivée seulement en 1910.
- L’univers a-t-il jamais eu un commencement 1* Durera-t-il éternellement ou est-il appelé à péricliter et à périr, fondu en un éther englobant tout, inerte à tout ce qui est échange physique ? L’origine de cet univers est-elle le résultat du hasard ou faut-il admettre un Esprit Créateur ? Et, alors, cet Esprit continuera-t-il à régir et à exercer son contrôle?
- M. de Tunzelmann se range à cette dernière conception, après avoir encore une fois souligné la pro-balité infinie de la disparition de l’Univers.
- « L’existence d’un esprit universel, comprenant les unités séparées que sont les intellects de tous les êtres vivants, apparaît comme une conclusion inévitable ; la seule question en suspens consiste à savoir si cet Espritpeut être considéré comme l’ori-wine de l’évolution ou bien comme son résultat. »
- Bien conçu dans la proportionnalité de l’ensemble, dans le choix éclairé de l’exemple, plein de résultats scientifiques en ce qui concerne les nouvelles interprétations, le livre s’adresse, comme nous l’avons dit, aussi bien au lecteur dépourvu de notions mathématiques qu’au physicien, voire à l’ingénieur électricien.
- Notons que le traité est accompagné de l'i chapitres complémentaires, tantôt éclaircissant quelque idée, tantôt donnant la théorie mathématique de telle ou telle question.
- M. N.
- Foi‘ce motrice d’atelier, par E. Allain-L.au-nay. — 1 volume in-8° carré de 160 pages, avec 18 figures. — C11. Béranger, éditeur, Paris. — Prix : broche, 4 francs.
- Nous avons déjà publié (') un extrait de cet ouvrage. Il possède lui-même d’un bout à l’autre le même caractère pratique, industriel, économique, que les fragments que nos lecteurs ont eu sous les yeux.
- La force motrice est de plus en plus employée dans les ateliers (pétrissage mécanique, couture mécanique des chapeaux, travail du diamant, du fer, etc.). Mais comment l’industriel « sans connaissances spéciales » choisira-t-il entre les propositions qui lui sont faites pour son installation ?
- Manquant d’expérience personnelle, il trouvera dans le livre de M. AIlain-Launay une série d’indications puisées à très bonnes sources et commentées avec clarté.
- En un texte sobre, accompagné de nombreux tableaux et de diagrammes, l’auteur étudie successivement les dépenses de premier établissement et d’exploitation d’une installation privée ou raccordée au secteur, les constantes du moteur électrique et la tarification de l’énergie (vente à forfait, vente au compteur, lumière et force motrice).
- Deux annexes contiennent les instructions édictées par le Syndicat professionnel des usines d’électricité pour la fourniture et la réception des machines électriques, et le décret de 1907 portant réglement pour les appareils à vapeur à terre.
- Nous signalerons particulièrement les judicieuses observations faites par M. AIlain-Launay sur la puissance des moteurs, et son évaluation suivant la règlementation imposée. L’auteur y fait ressortir l’importance qu’il y a à bien définir, au moment de la commande,sous le règlement de quelle association le moteur sera construit et reçu. J. R.
- Lignes électriques aériennes (étude et construction), par Ph. Girardet. — 1 volume in-8° raisin de 181 pages, avec i3 figures. — Gautuier-Yilgars, éditeur, Paris. — Prix : broché, 5 francs.
- Voici comment s’exprime l’auteur dans son avant-propos.
- « A l’ancienne méthode de construction des lignes électriques, s’est substituée une technique particulière, plus précise et plus sure, qui fait de la construction d’une ligne à haute tension un ouvrage d’art comparable à la construction d’une route ou d’une voie ferrée. Contribuer à fixer et à faire connaître cette technique nouvelle, tel est le but que nous nous sommes proposé en écrivant cet ouvrage, désirant
- (') Voir Lumière Electrique ('>.e série), tome XII, p. 169.
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- par là mettre les jeunes ingénieurs en état de profiter des enseignements tirés par nous d’une expérience personnelle acquise en ces matières dans la direction d’importants travaux d’installation de distribution d’énergie électrique. Nous nous sommes attaché exclusivement au côté purement pratique et surtout économique de l’étude relative à la construction d'une ligne de transport d’énergie électrique à-haute tension; c’est dire que nous ne prétendons pas y apporter une rigueur mathématique. Ce que nous avons voulu montrer, à l’aide d’exemples, c’est surtout la manière de faire pour arriver à une construction méthodique et écomique. »
- L’auteur s’est placé, dans son exposé technique, à un point de vue strictement élémentaire et donne des indications sobres et pratiques.
- C’est le point de vue administratif qui nous a paru être traité ayec le plus de complaisance; le lecteur trouvera à cet égard beaucoup de textes utiles réunis dans le présent ouvrage.
- Ce‘livre condense, en somme, d’une manière utile, l'expérience d’un praticien.
- " ?" S. F.
- ’l !
- L’Electricité (introduction àl’étude pratique ><l{ de T électricité industrielle), par H. M. Hobart, traduit de l’anglais par P. Cazade. — 1 volume in 8° raisin de 180 pages, avec ii5 figures. — A. Lahure, éditeur, Paris. — Prix: broché, 6 francs.
- La tendance maîtresse de cet ouvrage est indiquée par son sous-titre : pour « introduire à l’étude pratique de l’électricité industrielle »,M. Il, M. Hobart s’est dit avec raison qu’il fallait avant tout apprendre à l’étudiant à « chiffrer » les phénomènes physiques qui sont à la base de l’électrotechnique. A cet effet,il donne en abondance des tableaux numériques ou des diagrammes de caractéristiques électriques ou mécaniques, de prix,etc., dont nous aurons suffisamment fait ressortir l’allure générale en disant qu’un tableau, par exemple, est consacré aux valeurs de l’énergie cinétique des corps animés de différentes vitesses linéaires. De même, en introduisant la notion d’énergie, considérée comme la « vie de la matière », M. Hobartdonne une série d’exemples rapides, clairs, parfaitement bien choisis, et laissant dans l’esprit
- du lecteur des impressions quantitatives, ce qui est une chose excellente. D’un bout à l’autre du livre, à travers les chapitres consacrés au champ magnétique, à l’électricité alternative, à l’inductance, au circuit magnétique, aux isolants, règne le même esprit pratique, qui se traduit par l’emploi de graphiques ingénieux et simples, comme dans le calcul approximatif de l’induction en un point d’un conducteur.
- M. Hobart voudrait voir adopter un mot unique, le Kelvin, pour désigner l’unité servant à mesurer l’énergie sous toutes ses formes (travail, chaleur, lumière, électricité).
- En somme cet ouvrage contient, sous une forme très accessible et pratique, l’exposé des lois générales et des notions fondamentales que doit apprendre le débutant, et il nous paraît éminemment propre à lui faciliter sa tâche.
- M. G.
- Recherches sur le phosphore et les phos-phures métalliques, par P. Jolibois (thèse présentée à la Faculté des Sciences de Paris). — i volume in-4° de 88 pages, avec 21 figures. — Gauthier-Villars, éditeur, Paris.
- Les travaux de M. Pierre Jolibois ont fait l’objet de plusieurs communications très remarquées à l’Académie de.s Sciences. Dans la thèse que nous présentons aujourd’hui, l’on trouvera l’exposé des recherches sur le phosphore que M. P. Jolibois a poursuivies avec un succès constant et qui lui ont permis de mettre en évidence quelques points nouveaux fort importants. Le plus caractéristique est l’existence d’une variété allotropique du phosphore, de densité plus forte que le phosphore rouge ordinaire, variété à laquelle l’auteur a donné le nom de phosphore pyromorphique. Celte découverte a conduit l’auteur à concevoir une théorie entièrement neuve fixant le domaine de stabilité de chacune des variétés de phosphore. Il en résulte en particulier qu’aux températures ordinaires et jusqu’à /(5o°, ce n’est pas le phosphore rouge ordinaire qui est stable, mais bien le phosphore pyromorphique.
- C. M.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Ponts roulants électriques Oerlikon.
- Ces ponts roulants sont établis, selon la formule moderne, avec trois moteurs, un pour chaque mouvement (levage, translation du chariot, translation du pont), ce qui donne à la fois souplesse et économie.
- Nous rassemblons ci-dessous les éléments d’une description de ce type de ponts roulants, accompagnés de photographies qui permettent de se rendre
- vois à engrenages, la première réduction de vitesse est effectuée au moyen d’un engrenage à ris sans fin. On obtient par l’emploi de ces engrenages une marche des plus silencieuses possibles, car les roues à engrenages qui sont encore nécessaires marchent, alors à petite vitesse ; les roues dentées, fraisées très exactement dans la masse, contribuent également au même but. Les engrenages à vis sans fin, que les Ateliers Oerlikon ont récemment perfec-
- F’ig. i. — Pont roulant électrique pour une charge de 3o tonnes.
- un compte exact de la disposition des organes.
- Le treuil () se compose d’un châssis en fer profilé portant les tambours à câble, dont la disposition est brevetée ; les galets-guides et le galet porteur sont placés sur le même arbre ; on obtient de cette façon une construction simple et restreinte du treuil ainsi qu’une hauteur de levage maximum, avantages auxquels s’ajoutent un démontage facile des différentes pièces, ainsi qu’un bon rendement mécanique.
- Pour réduire à un minimum le nombre des ren-
- (') Brevet suisse 41 649.
- lionnes, sont munis de vis sans fin en acier, fraisées dans la masse et de roues hélicoïdales à bandage en bronze phosphoreux. Les pressions axiales sonL supportées par des portées à billes baignant dans l’huile. L’engrenage complet est renfermé dans une boîte en fonte et plonge complètement dans un bain d’huile.
- O11 arrive) avec les vis à plusieurs filets, appliquées pour les puissances élevées, à de très hauts rendements (jusqu’à yfj % ) ; l’usure est en même temps réduite à un minimum par l’emploi de métaux durs et appropriés (acier et bronze phosphoreux). Les
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- la' lumière électrique
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- galets sont en fonte d'acier : ils tournent sur leur axe, et sont munis de coussinets en métal blanc et de graisseurs Stauffer. Comme organe de suspension, on fait exclusivement usage de câbles d'acier, brevet Pflug, extra-flexibles et d'une résistance à la rupture très élevée; la suspension est à 4, 8 ou i a brins, suivant la charge du pont.
- Les moteurs sont naturellement calculés de façon à pouvoir supporter une surcharge très élevée. Ils sont accouplés directement aux engrenages à vis sans fin au moyen d'un manchon mi-élastique qui sert en même temps de disque de freinage. Ils sont
- La commande des moteurs pour les différents mouvements s’effectue au moyen des appareils de démarrage et de réglage, dont un pour chaque moteur, placés sur la plate-forme. Les commutateurs sont combinés avec ces appareils, de sorte que toutes les manœuvres nécessaires pour le démarrage, le réglage, l'arrêt et le changement du sens de marche d’un moteur peuvent se faire au moyen d'un seul levier. Tous les appareils électriques, tels qué les démarreurs avec commutateur pour chacun des moteurs, l'interrupteur principal commun et les coupe-circuits, sont réunis et disposés clairement
- Fig. 2. —Démarreur combiné pour les trois moteurs.
- de construction complètement fermée, afin de protéger l’intérieur du moteur contre la vapeur et la poussière. Les arbres sont en acier, les paliers munis d’un graissage à bagues.
- Les moteurs, à courant triphasé, sont à induit à bagues.
- La commande des moteurs s’opère d’une plateforme fixée d’un côté de la poutre. La plate-forme est construite et disposée de façon à permettre au conducteur du pont de surveiller le levage quelle que soit la position de la pièce, et de façon que le chemin de roulement du treuil puisse être utilisé complètement, du côté de la plate-forme aussi.
- dans une boîte protectrice commune (fig. 2).
- Les résistances sont d’ailleurs suffisamment séparées du démarreur pour que celui ci n’ait pas, à souffrir de réchauffement des résistances ; il est du reste toujours prévu une ventilation très efficace de ces résistances.
- L’interrupteur principal pour la déconnexion des conduites longitudinales du réseau sera généralement placé en bas dans le bâtiment, à un endroit approprié. Les conduites d'amenée aux démarreurs sont réunies sous la boîte de ceux-ci ; les câbles de connexion, des câbles de cuivre sous caoutchouc, sont menés de là, dans un tuyau, le long de la
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- poutre, aux conduites latérales et aux trolleys ; les points d’attache sont désignés clairement, de sorte qu’il est possible, saris schéma, de contrôler à tout moment les connexions.
- On ne prévoit en général ào frein que pour le mouvement de levage (fig. H). Ce frein se compose de deux sabots agissant directement sur le manchon d’accouplement entre le moteur et l’engrenage hélicoïdal. La commande de ce frein s’opère électriquement au moyen d’un servo-jnoteur. Cet appareil est monté sur le treuil, à proximité du frein, et connecté en dérivation sur. le moteur de levage, de sorte qu’il est commandé au moyen du levier du démarreur de ce moteur; le frein s’ouvrira donc dès qu’on mettra le moteur en marche et, inversement, entrera en fonction dès qu’on mettra ce moteur hors circuit. L’effet de freinage est également obtenu au moyen d’un ressort à boudin.
- l''ig. 3. — Détails du frein de levage à commande électrique.
- Outré le frein mécanique, on dispose encore,pour la descente de la charge, d’un frein électrique ; le moteur est en effet entraîné par la charge, et travaille comme générateur directement sur le réseau, dès que sa vitesse dépasse celle du synchronisme, et sert également de frein. Ce frein électrique est très commode lorsqu’il s’agit de descendre une charge à une vitesse constante, car l’effet de freinage augmente en proportion de la vitesse. Il empêche donc une accélération dangereuse de la vitesse lors de la descente de la charge ; par contre,
- il faudra quand même se servir du frein mécanique à pédale ou à commande électrique pour arrêter la charge.
- La commande du mouvement de translation du pont est disposée sur une console fixée au milieu de la poutre.
- La prise du courant aux conduites principales disposées le long de la voie de roulement du pont se fait au moyen d’un trolley, à l’extrémité de la poutre opposée à la plate-forme de commande. Les moteurs du treuil sont alimentés des conduites latérales, disposées de manière à être accessibles, le long de la poutre, au-dessus de la galerie, du côté opposé à la plate-forme. La prise de courant à ces conduites se fait au moyen de contacts à roulettes montés sur le treuil.
- En ce qui concerne enfin les poutres, celles-ci sont construites, à parois pleines, de forme parabor lique. Le long de la poutre sont disposées deux galeries à plancher de bois, munies d’un garde-fou et accessibles depuis la plate-forme de commande au moyen d’une petite échelle de fer. Le graissage et le contrôle de toutes les parties mécaniques et électriques peut s’effectuer sans difficulté depuis ces galeries.
- La construction des poutres et des treuils des ponts roulants électriques Oerlikon est, tant pour la partie mécanique que pour la partie électrique, le résultat de nombreux essais et d’une longue expérience et correspond en tous points aux conditions de service les plus dures. Chaque treuil, avant d’être expédié, est soigneusement essayé, avec son équipement électrique, à pleine charge, de sorte qu’on peut donner toutes garanties pour un bon. fonctionnement de ces ponts roulants.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- L’assemblée des actionnaires de la Compagnie Générale française de Tramways, tenue le 5 avril dernier, a été l’occasion pour le président du conseil d’administration, M. Rostand, de faire ressortir deux choses : l’indifférence des actionnaires à l’égard de cette réunion voulue par la loi et l’intérêt toujours croissant des pouvoirs publics à l’égard du personnel des entreprises de transport. M. Rostand s’est plaint que l’assemblée,convoquée une première fois, n’ait pu avoir lieu malgré l’appât d’un jeton de présence de io francs ; et il a fait appel de^ nouveau à la bonne volonté des actionnaires présents pour
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- stimuler le zèle de leurs co-associés en vue de pouvoir tenir les assemblées dès la première convocation. L’année dernière, à propos de plusieurs faits du même genre, nous avions souligné cette attitude des actionnaires : mais il ne faut pas tout-à-fait leur en vouloir. La Compagnie Générale Française de tramways par exemple est, sinon une fondation du Comptoir d’Escompte, tout au moins une des affaires importantes auxquelles s’intéresse cet établissement de crédit : nul doute que celui-ci, par ses multiples agences et particulièrement à Nancy, Marseille, le Havre et dans toutes les villes où la Compagnie Générale est exploitante ne se fasse auprès du public l’organe de placement de ses titres : au cours de 5g4 francs, le dividende de 3o francs représente un revenu brut de 5,o5 % , soit un revenu net de 4,84 % pour les actions nominatives, bien plus séduisant que le 3,12 % de notre perpétuel ou le 3,43 de nos obligations de chemin de fer. Pour ces deux raisons, les titres doivent se disséminer et leurs porteurs n’ont guère souci de dépenser en allées et venues le bénéfice de leurs économies. On ne voit donc aux assemblées que les actionnaires de Paris, peut-être quelques gros porteurs de province, mais point cette masse répandue dans le pays qui se contente de toucher et ne s’inquiétera de son placement que du jour où le dividende baissera. La seconde question qui a été longuement traitée dans le rapport du conseil, puis dans la réponse du président à certaines demandes des actionnaires est pourtant de celles qui auraient intéressé tous les capitalistes petits et gros. L’article i26de la loi de fi-nancesdu 8avril 1910 enjoint à toutes les Compagnies de chemins de fer d’intérêt local ou de tramways de soumettre, pour toutes les concessions nouvelles, à l'homologation ministérielle, des statuts et règlements pour la retraite du personnel. Prenant les devants, la Compagnie,Générale'dc Tramways avait effectué à la Caisse des retraites sur la vieillesse un versement de 2 % du salaire de ses ouvriers en faveur des agents qui, de leur côté, consentaient à faire un sacrifice égal. Elle amorçait ainsi l’application de la loi sur les retraites ouvrières. Mais le législateur, méprisant tant de prévoyance, a eu bien soin de laisser en dehors du bénéfice de la nouvelle loi précisément toutes les compagnies de tramways ! Celles-ci ne recevront donc rien de la part de l’Etat et toute la charge des retraites retombe sur elles et leitrs agents. Et comme, partout où elle exploite des réseaux importants, la Compagnie Générale avait à faire approuver des demandes de concessions
- nouvelles, elle a du au cours de l’exercice se soumettre à ce bienveillant article 126 de la loi de 1910; apporter des règlements régissant le personnel avec améliorations de salaires et s’engager pour " les retraites à prélever supplémentairement 20 centimes par mois et par agent pour une augmentation de dividende de 1 franc : à une allocation supplémentaire de 100 000 francs au capital de 5o millions correspondra, en l’état actuel du personnel, un versement de 12 000 francs à la caisse des retraites. Le président a pu dire ensuite de cela que le véritable bénéficiaire des progrès de la Compagnie c’était le personnel, puisque, en dix ans, ses salaires avaient augmenté de 35 % , tandis que les actionnaires touchaient toujours 3o francs et que de nouvelles charges, toujours au profit du personnel, reculaient loin pour eux la perspective d’une augmentation de dividende. La progression normale du trafic compensera-t-elle ces dépenses ? Le coefficient d’exploitation de 1910, pour l’ensemble de tous les.réseaux, est de 67,1 % très réduit pour des réseaux de villes françaises : la compagnie ne pourra l’abaisser que par l’amélioration de ses méthodes d’exploitation, amélioration basée sur de plus grandes dépenses de premier établissement et sur l’abaissement dü prix du courant électrique : elle fera face aux dépenses par des émissions d’obligations dont l’intérêt chargera le débit du compte de profits et pertes ; mais-elle peut espérer compenser cette charge par la réduction des frais d’entretien, un meilleur rendement du personnel et du matériel et un meilleur prix de courant; car partout où elle exploite, les usines locales sont trop heureuses de trouver un client de plusieurs milliers ou millions de kilowatts qui forme toute l’année le fond de leur clientèle avec chances de progression et sans aucune incertitude sur le règlement; elles n’hésitent donc pas à consentir des prix qui sont de véritables minima comme prix de courant.
- Quoi qu’il en soit de l’avenir que la Compagnie prépare en annonçant une émission de 20 000 obligations de 5oo francs, au taux de 4 % , l’exercice 19x0 a présenté une plus-value de produits nets d’exploitation de 184 537 francs, mais une moins-value des intérêts et produits divers (réalisation de valedrs de portefeuille) d’où un résultat d’ensemble inférieur de 1G0724 francs à celui de l'exercice précédent. Sur un total de produits de 5479220 francs, la charge des obligations absorbe 2284x99, soit 41 % •
- 5o 000 francs sont affectés à la reconstitution du capital et iùoooo francs au fonds de provision
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- pour accidents et renouvellement ; le complément des„ produits nets est absorbé par l’intérêt et dividende des actions, les tantièmes, sauf 54 4io francs qui sont reportés. Mais si l’on fait d’une part le total des débiteurs divers, et de l’autre celui des créditeurs divers, on ne peut pas ne pas être frappé de la gêne qu’un pareil décaissement doit apporter à la trésorerie de la Compagnie. Certain actionnaire insistait pour qu’on retardât l’émission d’obligation : que n’a-t-il demandé de réduire le montant du coupon pour éviter précisément cette émission. Le portefeuille qui s’élève à 5 282 i3i fr. peut donner quelque élasticité à la trésorerie : et chaque année, le Conseil en réalise un peu, les meilleurs morceaux, mais c'est un moyen assez aléatoire, puisque d’une année à l’autre il peut faire tomber de 343260 francs le chapitre des intérêts et produits divers. On sait que, dans ces sortes d’entreprises, l’amortissement se fait surtout par le jeu du remboursement des obligations et des actions : la Compagnie Générale préfère reconstituer le capital en y affectant chaque année une certaine somme qui est représentée au bilan par des obligations de la Compagnie ou de ses filiales. Si on ajoute à ce fonds de reconstitution l’ensemble des réserves diverses, on arrive au total de 9666249 francs, très insuffisant, semble-t-il, malgré la longue durée des concessions, puisque la moindre dépense nouvelle pour les travaux neufs exige un emprunt : c’est le fait des sociétés prospères, a dit le président. Combien le sont et progressent sans avoir autant besoin d’argent! Cependant, si l’exercice 1911 se poursuit normalement, tout ira bien et le Conseil fermera pour quelque temps l’ère des demandes de fonds qu’il fait si souvent : parole rassurante, mais qui ne concorde pas tout à fait avec la précédente.
- La transformation progressive de la traction sur la ligne de la Compagnie des Omnibus produit déjà des résultats intéressants. Ainsi sur le parcours Tro-cadéro-Gare de l’Est, le nombre des voyageurs de deuxième classe serait en augmentation pendant ces trois dernières semaines de 460 % par rapport à 1909, tandis que celui des voyageurs de première ne présenterait qu’une diminution de 20 % . Quant au nombre total des voj'ageurs transportés, il serait déjà supérieur de 90 % à celui de 1909; la recette kilométrique serait également plus élevée que celle de 1909. Ceci n’a pas échappé aux investigations de
- la Compagnie Générale des Voitures à Paris, dont le dividende a été légèrement réduit celte année, en prévision des efforts financiers qu’elle devra faire pour se tenir constamment au niveau d’une concurrence que l’augmentation du caoutchouc et des matières premières rend chaque jour plus difficile.
- Le Nord-Sud a obtenu du Conseil municipal l’approbation d’un embranchement de la gare Montparnasse à la porte de Yanves. Cette décision doit être sanctionnée par une loi déclarative d’utilité publique, qui'accorderait en même temps à la Compagnie une prorogation de sa concession jusqu’au 3i décembre ip55, en compensation des frais de premier établissement et d’exploitation occasionnés par le service en navette de cet embranchement.
- Des renseignements communiqués par la Berg-mann Elektrizitatswerke, à Berlin, il résulte qu’après amortissement de 1 552 100 marks, le bénéfice net atteint 3 251886 marks au lieu de 3go5 5i6 marks en 1909. Le dividende est ramené de 18 à 12 % sur l’ancien capital de 21 millions de marks, les 8 millions de marks d’actions nouvelles recevant 1 1/2 % . Le carnet de commandes du premier trimestre de l’exercice en cours dépasserait d’environ 4 millions de marks le chiffre de la période correspondante de l’exercice écoulé.
- L’A. E. G. Union Electrique accuse également des résultats un peu inférieurs à ceux de 1909. Le bénéfice, après amortissements habituels, est de 4 13 477 fr.. contre 4j9 46i francs. Le Conseil proposera les mêmes dividendes que l’an dernier. Mais il faut voir dans ces réductions de bénéfices l’influence des baisses de prix inconsidérées consenties par ces deux sociétés, pour s’assurer quand même certaines affaires.
- Un nouveau groupement qui s’intitule Union des Secteurs Electriques de France est eu formation à Paris. Le capital est fixé à 2 5ooooo flancs divisé en 25 000 actions de 100 francs chacune. L’objet de la nouvelle société est aussi large que possible,, car il embrasse l’exploitation et l’installation de toutes concessions d’éclairage, soit en France, soit dans les colonies françaises ou les pays de protectorat français. 11 n’est pas spécifié dans la notice d’avantages particuliers au profit des fondateurs.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — M. Louis Marin a soumis à la Chambre des Députés son rapport sur le projet de loi tendant à autoriser la Ville de Paris à emprunter une somme de 2.40 millions pour l’achèvement du chemin de fer Métropolitain.
- Panama. — L’Assemblée nationale de Panama a voté une loi autorisant la mise en adjudication des travaux de construction d’un chemin de fer à voie étroite, à trac-tion'électrique ou à vapeur, allant de la ville de Panama à David, avec embranchement pénétrant dans la province de Las Saritos et à la ville d’Anton, Les dépenses sont évaluées à 9 835 429 balboas.
- ÉCLAIRAGE
- Rhône. — La Compagnie du Gaz de Lyon, en participation avec la Compagnie Edison, constitue la Société Hydro-Electrique des Forces du Fier. Celte Société, au •capital de 4 millions, fournira l’éclairage et la force motrice à la région lyonnaise.
- Brésil. — Sous la raison sociale « Companhia de Electricidate de Corumba », une entreprise, au capital de 335 000 milreis, s’est constituée à Sao Paulo à l’effet d’installer l’éclairage et l’énergie électrique nécessaires, dans la ville de Carumba (Etat de Matto Grosso).
- Transvaal. — Le Conseil municipal de Johannesburg doit voter prochainement les crédits suivants, ouverts pendant la période quinquennale igii-igi5 : 28g 280liv. sterl. destinés à assurer l’énergie et l’éclairage électriques ; 298 236 liv. sterl. pour l’installation de
- tramways électriques,
- TÉLÉPHONIE
- Paris. — Le ministre des Travaux publics a déposé à la Chambre des Députés un projet de loi relatif à l'engagement d’une dépense de 11 667 700 francs, pour l’amélioration et l’extension du réseau téléphonique à Paris.
- Saône-et-Loire. — La chambre de Commerce de Chalon-sur-Saône est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 10 840 francs en vue de l'établissement de circuits téléphoniques Saint-Léger-sur-Dheune-Chalon-sur-Saône et Remigny-Chagny.
- DIVERS
- Circulaire et arrêté du ministre des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes, ën déité du 31 mars 1911, déterminant les conditions techniques auxquelles doivent satisfaire les distributions d'énergie électrique pour l’application de la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d’énergie (Suite) (*).
- Art. 8. — L’armure métallique d’un câble souterrain peut suffire comme protection mécanique de celui-ci.
- Le chapitre II détermine les conditions spéciales auxquelles doivent satisfaire les ouvrages de distribution à ja traversée des cours d’eau (section I) et des lignes de chemins de fer (section II) et les ouvrages servant à la traction par l’électricité (section III).
- La section I s’applique aux traversées des cours d’eau,; la rédaction de l’arrêté du 21 mars 1910 a été maintenue.'
- La section II est relative aux traverées de chemins de fer; les prescriptions de l’arrêté du 21 mars 1910 ont été maintenues presque intégralement. Je signale les points suivants :
- Art. 24. — Le paragraphe i01' de l’article 24 ne classe plus les passages à niveau parmi les points qui doivent être choisis de préférence pour la traversée des chemins de fer. La traversée aux passages à niveau crée, en elîet, un risque pour la circulation publique. Il peut être avantageux, toutefois, au lieu d’établir une traversée en pleine voie, de la placer à proximité d’un passage à niveau pour qu’elle puisse être surveillée par le garde-barrière. Mais ce n’est pas là une obligation; il appartient aux services de contrôle d’adopter la solution la plus conforme aux intérêts en présence.
- Le paragraphe 2 correspond à l’article 8 de l’ancienne instruction du icr février 1907, mais il a reçu une rédaction un peu différente afin de bien préciser que les appareils Je coupure ne doivent pas nécessairement être établis dans le voisinage immédiat de la traversée; il suffit que l’installation soit faite de manière qu’il soit possible de couper facilement le courant dans la traversée.
- Art. 25 et 26. — Conformément à l’avis déjà donné précédemment par le Comité d’électricité, il ne m’a pas paru nécessaire de fixer une limite pour la densité maxima du courant dans les canalisations aériennes et souterraines. Les nécessités industrielles obligent, en effet, les entrepreneurs à adopter des densités de cou-
- (*) Voir Lumière Electrique, i5 avril 191t.
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- rant bien inférieures à celles qui pourraient compromettre la sécurité.
- En outre des deux points que je viens de rappeler, je vous signale de nouvelles questions relatives à l’article 25.
- Akt. 25, § i01’. — L’arrêté du 21 mars 1910 prescrivait d'une façon absolue que toute calisation aérienne qui n’emprunte pas un ouvrage d’art doit franchir les voies ferrées d’une seule portée. La rédaction nouvelle est moins absolue; elle indique en effet que cette prescription doit être observée « autant que possible ». Cette modification vise les cas particuliers, comme celui des abords des gares où il peut y avoir un grand nombre de voies à traverser. Dans ce cas, il y a intérêt, au point de vue de la sécurité, à avoir un ou même, s’il y a lieu, plusieurs supports intermédiaires.
- Le même paragraphe permet de franchir les voies ferrées suivant une direction aussi voisine que possible de la normale et, en tout cas, suivant un anjgle d’au moins 60 degrés. A cet égard, il convient d’éviter que cette prescription n’amène à faire de la traversée et des portées contiguës une ligne brisée et à diminuer ainsi la solidité de la traversée. Il y a lieu d’éviter cet incon-vévénient et d’établir, autant que possible, en ligne droite la traversée et les portées contiguës
- Art. 25, § 4. — La circulaire du 21 mars 1910 indiquait que le comité d’électricité continuait l’étude générale des traversées de chemins de fer et, en particulier, celle des isolateurs doublés.
- Après élude approfondie, le comité estime qu’il n’y a pas lieu d’imposer un dispositif d’une manière exclusive. Il a reconnu qu’il existe un grand nombre de dispositifs satisfaisants permettant de doubler les conducteurs, soit dans toute la portée de la traversée, soit au droit des isolateurs seulement. Il a donc estimé qu’il y avait lieu de les signaler, sans en imposer aucun.
- Une planche schématique (*) avec légende donne les
- (*) Il ne nous est pas encore possible de reproduire les dessins de cette planche dans nos colonnes.
- Les dessins de cette planche sont accompagnes des légendes suivantes :
- Légende de la planche.
- a) Deux isolateurs placés à. la même hauteur et à côte l’un de l’autre sur chaque support de la traversée. Le fil de ligue passe sur un des isolateurs. Un fil court est fixé à l’autre isolateur et relié au fil de ligne par deux ligatures soignées, de part et d’autre de 1 autre isolateur. De cette manière, le fil de ligne et son isolateur, d une part, le fil court et le deuxième isolateur, d’autre part, travaillent en parallèle.
- b) Même dispositif, mais avec l’isolateur n° 2 placé au-dessus et non à côté de 1 isolateur n° 1. Ce deuxième isolateur devrait être d’un type plus résistant et éprouvé au double de la tension des isolateurs normaux de la ligne.
- c) Avec trois isolateurs sur chaque support de la traversée. Les trois isolateurs sont placés à la même hauteur et à côté l’un de l’autre dans le sens perpendicu-
- explications nécessaires sur dix dispositifs qui ont paru présenter une bonne garantie au point de vue de la sécurité.
- Aiit. 25, § 5. — La rédaction du ui mars >910 a été modifiée en précisant que le cadre était métallique, qu’il était placé à 5o centimètres au moins en avant des isolateurs et qu’il devait être mis a la terre. Ce dispositif doit assurer la mise à la terre des conducteurs eux-mêmes en cas de rupture des isolateurs ou des conducteurs en un point quelconque de la traversée.
- (A suivre )
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Société des Etablissements Singrun, Epinaî.
- Service hydraulique. Barrages et siphons automatiques.
- F. Ducretet et E. Roger, Paris.
- Notice illustrée et tarif de télégraphie et téléphonie sans fil.
- Allgemeine Elektricitâts-Geseffschaft, Berlin,
- Anlasstranyformatoren type AT.
- laire au fil de ligne. L’isolateur du milieu supporte le fil de ligne qui est ininterrompu.
- A droite un fil court, fixé cl’une part à l’isolateur de droite, d’autre part au fil de ligne par une ligature faite du côté de la traversée. A gauche un deuxième fil court fixé de même à l'isolateur de gauche et au fil de ligne.
- d) Même dispositif; mais chaque fil court fixé de même à l’isolateur de gauche et au fil de ligne.
- J) Même dispositif; mais chaque fil court est fixé avec fil de ligne par deux ligatures, l’une du côté traversée, l’autre sur la portée contiguë, de façon à équilibrer la traction sur chaque isolateur.
- e) Ti •ois isolateurs en triangle horizontal, le sommet du côté opposé à la traversée.
- Le câble de ligne est fixé sur chaque support à deux de ces isolateurs en série. Un deuxième câble, dit câble porteur, de mêmes section et métal que le câble de ligne, le double dans la traversée. Ce câble porteur est ligaturé au câble de ligne, juste avant le support de la traversée, s’attache à l’isolateur de ligne placé du côté opposé à la traversée, s attache ensuite à un isolateur spécial à ce câble puis rejoint le câble de ligne auquel il est jonc-tionné tous les mètres.
- La tension de chacun des deùx câbles qui constituent la traversée est moitié de la tension du câble opposé à la traversée, de manière à équilibrer les efforts sur le support.
- Sur toute la longueur de la traversée, les jonctions sont de simples ligatures en fil de bronze, mais aux deux extrémités avant d’arriver aux supports, les deux câbles sont réunis par un joint spécial.
- Ils sont également réunis par un joint spécial en dehors du support du côté opposé à la traversée.
- f) Chaque conducteur est remplacé par un système de deux conducteurs câblés, fixés chacun sur un isolateur. Les deux conducteurs sont dans un même plan horizontal, ils sont reliés par des fils transversaux et diagonaux torsadés.
- Si l’un des deux conducteurs vient â se rompre, il tombe et pend dans un plan vertical, toujours retenu cependant par les fils transversaux et diagonaux. L’aspect de ceux-ci est modifié, le service de la voie s en aperçoit et fait le nécessaire.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Compagnie départementale d’Electricité. — Capital : . 200 ooo francs. — Siège social : Vincennes (Seine).
- Société Ph. Morand et fits (installations électriques). — Capital: j5oooo francs.— Siège social: 32, boulevard Haussmann, Paris.
- CONVOCATIONS
- Compagnie Française pour /’Exploitation des Procédés Thomson-Houston. — Le 27 avril, 7, rue de Madrid, à Paris.
- 'Tramways Electriques de Boulogne-sur-Mer.— Le 29 avril, 5o; rue de Lisbonne, à Paris.
- Société Havraise d'Energie Electrique. — Le 27 avril, 19, rue Blanche, à Paris.
- Société de Construction et de Location d'Appareils de Lerage. — Le 3 mai, 62, rue Yitruve, à Paris.
- • Compagnie Générale de Railways et d’Electricité. — Le 26 avril, 91, rue de l’Enseignement, à Bruxelles.
- Comqagnie des Tramways de l’Est Parisien. — Le 6 mai, 6, rue Chauchat, à Paris.
- . Société Roubaisienne d’Eclairage par le Gaz et l’Electricité. — Le 28 avril, 69, rue Miromesnil, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- 1-RANCE
- L’administration municipale de la ville de Montpellier reçoit les propositions pour l’éclairage de la ville par le gaz et l’électricité, à partir du ier janvier 1917.
- Le ministère de la Marine, 2, rue Royale, à Paris, reçoit les propositions pour la fourniture de matériel d’éclairage, en 4 lots : i° appareils pour l’éclairage non électrique sans optique, 56 000 à 70 000 francs; — 20 lustres, appliques, etc., pour l’éclairage électrique, 16 000 à 20 000 francs; — 3° fanaux-phares et fanaux divers à optiques, 20 000 â a5 000 francs; — 4° fanaux
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- et appareils divers sans optique pour l’éclairage élec-'. trique, fanaux de soute, 145 000 à 180 000 francs.
- Le 4 mai, au ministère des Colonies, 57, boulevard des Invalides, A Paris, fourniture d’isolateurs scellés, destinés au chemin de fer de Thiès à Kayes; caut. prov. 1 ‘ i5o francs; défin. 3oo francs.
- Le 18 mai, à la mairie de Bourges, fourniture de câbles, fils, interrupteurs et appareillage pour canalisation et éclairage électrique (3 lots). Cahier des charges-à la fonderie de Bourges et 2, avenue de Saxe, à Paris.
- TURQUIE D’ASIE
- Le i3 juin 1911 (n, s.), au ministère des Travaux publics, à Constantinople, adjudication de la concession de l’éclairage et des tramways électriques, de la ville de Jérusalem.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- t '
- BKLGIQUK
- 12 avril. — A la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, fourniture de câbles électriques armés souterrains et surveillance de la pose desdits câbles pour le renforcement de l’alimentation des lignes vicinales de la banlieue de Charleroi.
- Ateliers de constructions électriques de Charleroi, 146 156 francs avec conducteurs en cuivre et avec remploi de boîtes de connexion des câbles ordinaires ou 116 708 id., id. à lames amovibles; Fellen et Guilleaume, à Mulheim-sur Ruhr, i52, 782,20 ou 158 578,25 id., id_ ou 155 081,5o ou iGi.o5o,8o id., id. ou 149 75i,5oid., aluminium avec remploi de boîtes de connexions des câbles ordinaires ou i5a 863,62, id,, id., à lames amovibles; Kabelwerk Rheyd, à Bruxelles, i53 38o -j- 1 610 pour frais de surveillance id. cuivre avec l’emploi de connexions des câbles ordinaires; Heddernheimer Kupferwerke und Süddeutsche Kabelwerk, à Mannheim, i58 477)32 id. id. ou 164 702,12 id. id. à lames amovibles ou i3i 601,15 id. aluminium avec l’emploi de connexions des câbles ordinaires ou 137 3ai,i5 id., id., à lames amovibles ; Cassircr et Cle, à Charlottenbourg 189 440,87 id., id., ou 167 090,37 id., id., ou i35 232,25 id. id., ou 142 882,35 id. id.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Noue*.
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- Tronte-trolslème année.
- SAMEDI 29 AVRIL 1911. Tome XIV (3* série).,—17
- . La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- 'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE '*
- A
- lk
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 97. — Roger Lautré. Sur la détermination des résistances d’isolement d’un faisceau de conducteurs isolés, p. 99. — A. Mariage. Emploi des bobines inductrices en fil d’aluminium sur les moteurs électriques de traction, p.. 104.
- Extraits des publications périodiques. — Etude, construction et essais de machines. Sur la dispersion dans les transformateurs, W. Rogowski, p. 109. — Traction. Le freinage électromagnétique sur rails, R. Nau-mann, p. 110. — Divers. Méthodes électrodynamiques pour l'exploration du sol, H. Lôwy, p. 111. — Législation et contentieux. Chronique de Législation industrielle : Législation comparée des principaux Etats d’Europe au point de vue des chemins de fer d’intérêt local, C. de Burlet, p. n3. — Variétés. Quelques centrales américaines, A. Gérard, p. 115. — Bibliographie, p. 122.— Chronique industrielle et financière. — Etudes Economiques, p. ia3. — Renseignements commerciaux, p. 123. — Adjudications, p. 128.
- ÉDITORIAL
- M. R. Lautré a relevé une certaine divergence entre les mesures industrielles effectivement exécutées dans les essais de réception des conducteurs isolés et celles qu’il serait nécessaire de faire pour répondre aux conditions définies généralement dans les cahiers des charges. Ce qu’on détermine en réalité, ce n’est pas, à rigoureusement parler, la résistance d’isolement de tel conducteur par rapport au sol, par exemple, mais bien une autre résistance toujours plus faible que celle-là.
- Pour faire cesser cette divergence, M. R. Lautré indique une méthode générale qu’il a eu l’occasion de faire appliquer lui-même et qui comporte une série de mesures simples. En concluant, l’auteur estime qu’il y aurait
- lieu de spécifier, dans les cahiers des charges, le procédé selon lequel la vérification doit être faite.
- De nouveaux rapports présentés au dernier Congrès de l’Union internationale des tramways et chemins de fer d’intérêtlocal viennent d’être publiés.
- On sait quel est l’intérêt technique de ces communications, faites toujours par des praticiens très autorisés. Le rapport de M. Ch. Thonet sur les usines centrales à gaz pauvre, par exemple, que nous avons publié en son temps, a été universellement remarqué.
- Aujourd’hui M. Mariage expose les conditions techniques qui régissent actuellement Y emploi des bobines inductrices en fil d’alu-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Série). — Nc 17.
- minium sur les moteurs électriques de traction. L’auteur estime que l’aluminium ne présente, par rapport au cuivre, que des avantages, avec un seul inconvénient, consistant en un affaiblissement du rendement.
- La question des chemins de fer secondaires présente une importance capitale pour les nations européennes : leurs réseaux de grands chemins de fer sont à peu près stationnaires ; en France, leur augmentation kilométrique n’a été que de 6 % en dix ans, de 1898 à 1908. Au contraire les réseaux secondaires tendent à se développer de plus en plus.
- Quelles sont les dispositions législatives ou administratives les plus propres à accentuer ce développement? C’est ce qu’a recherché M. C. de Burlet dans un rapport présenté au Congrès de Bruxelles, et à celte occasion il a examiné notamment de près le système législatif belge. Il l’a fait avec une compétence particulière, en sa qualité de directeur général de la Société Nationale des chemins de fer vicinaux. C’est donc un avis très autorisé que nous trouvons formulé dans les conclusions de ce rapport. Or, cet avis est très favorable au système belge qui consacre l’association des branches des pouvoirs publics : Etat, provinces et communes. « C’est là, a dit M. de Burlet, le principe essentiellement fécond, c’est l’idée-mère de la loi organique belge. »
- Avant d’aborder l’examen du système belge, nous résumons aujourd’hui, d’après M. de Burlet, les principes de la législation française.
- Jusqu’à ces dernières années, les méthodes géologiques étaient les seules qui permissent de reconnaître la nature des couches profondes du sol. Or ces méthodes présentent, d’après M. Lôwy (de Gottingen), le grave inconvénient de ne permettre que des déductions par analogie et de se trouver par suite en défaut si une discontinuité se présente dans la nature de tei’rain. M. Lowy expose le principe de deux méthodes cVexploration du sol, basée sur l’emploi des ondes hertziennes, dont il est l’auteur. 1
- La première de ces méthodes, dite « méthode par réflexion » nécessite simplement l’emploi de deux antennes, l’une de transmission, l’autre réceptrice, plantées obliquement dans le sol.
- La seconde, dite « méthode par absorption » exige par contre le percement de trous de sondage d’une profondeur de 3oo mètres environ, mais on peut ainsi explorer des couches situées à 1 000 mètres de profondeur, ce qui permet d’après Fauteur, de réaliser de notables économies sur les anciennes méthodes.
- On trouvera en outre dans ce numéro des calculs de M. Rogowski sur la dispersion dans les transformateurs ; les remarquables résultats d’expériences effectuées avec le freinage électrique sur rails, et les commentaires de M. Naumann ; enfin de nouvelles notes de M. A. Gérard sur Vindustrie américaine, auquellesnous avons ajouté une rapide présentation,d’après M. Laporte, de quelques laboratoires américains.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- 29. Avril 1911.
- .1*
- SUR LA DÉTERMINATION DES RÉSISTANCES D’ISOLEMENT D’UN FAISCEAU DE CONDUCTEURS ISOLÉS
- Pour vérifier les conditions d’isolation de conducteurs isolés, mentionnées dans les cahiers de charges ou traités, il y a lieu de déterminer les valeurs que doit présenter chaque âme de cuivre comme résistances d’isolement, d’une part, par rapport à l’une quelconque ou chacune des autres âmes, d’autre part, par rapport au sol ou à l’enveloppe.
- Or, si nous nous en rapportons aux mesures industriellement effectuées dans les essais de réception des conducteurs isolés (câbles à plusieurs âmes ou faisceau de canalisations ordinaires d’installations particulières), les valeurs trouvées ne représentent pas toutes exactement les valeurs vraies des résistances envisagées, ou tout au moins définies dans la plupart des textes de cahiers des charges ou de contrats.
- Prenons en effet une installation importante desservie par un réseau de distribution à plusieurs fds (cinq fils, comme au secteur de Glichy, quatre fils dans les réseaux triphasés à fil neutre, six fils, en hexaphasé, comme dans certaines gares, etc.). Soit une installation à cinq fils, par exemple ; les clauses générales des conditions d’installation prescrivent, dans tous les secteurs, des minima de résistances d’isolement pour les canalisations (eu égard à la tension de distribution et à l’intensité du courant amené), tant par rapport au sol que par rapport au conducteur voisin (résistance entre fils).
- En vue d’effectuer les mesures d’isolement de réception, le mode d’opération pour la première série de mesures, est le suivant (*) :
- (*) Il reste entendu que, pour toutes les mesures d’isolement, tous les appareils d’utilisation (lampes, moteurs, transformateurs, etc.) sont déconnectés et tous les appareils interrupteurs, particulièrement les unipolaires, sont fermés.
- Soit à mesurer la résistance d’isolement par rapport au sol d’un conducteur a. Laissant ce conducteur dans ses propres conditions d’ijistallation, on court-cii’cuite les quatre autres et on connecte à une terre franche, puis on mesure l’isolement de a par l’apport au sol.
- Cette mesure ne détermine pas la résistance d’isolement définie par le texte, mais une autre résistance qui résulte de la mise en parallèle de la résistance d’isolement du conducteur envisagé par rapport au sol, et des quatre résistances d’isolement du fil a par rapport à chacun des quatre autres, b, c, d,f. La valeur ainsi trouvée est donc plus faible que la valeur définie par le texte.
- Pour ce qui est de la détermination des résistances entre fils, la plupart des mesures effectuées en ce cas sont entachées d’erreurs, car interviennent à ce moment toutes les résistances d’isolement de chaque conducteur par rapport au sol et par l’apport à chacun des autres conducteurs.
- Il en est rigoureusement de même pour les câbles armés à plusieurs âmes.
- Il peut être cependant intéressant de connaître la valeur vraie d’une résistance d’isolement définie par la simple loi d’ohm (puisque les résistances d’isolement sont assimilées aux résistances ohmiques) ne serait-ce que pour l’interprétation d’un texte de contrat qui mentionne toujours « la résistance d’isolement de chaque conducteur par rapport... » ; d’un autre côté, l’entrepreneur ou le fournisseur, aux essais de réception, et le propriétaire, dans l’utilisation quotidienne de son installation, ont chacun intérêt à être parfaitement renseignés sur ces valeurs, afin de rechercher et de faire disparaître les défauts.
- C’est pourquoi nous allons étudierAe près cette détermination exacte des diverses ré-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Sérié). — N» 17.
- sistances d’isolement et démontrer que :
- Quel que soit le nombre des conducteurs, il est toujours possible, par une série de mesures très simples, d'obtenir la valeur réelle des résistances d'isolement :
- i° De chaque conducteur, a, par rapport au sol ;
- 2° De chaque conducteur, a, par rapport à chacun des autres conducteurs b, c, d, de V installation.
- Toute la démonstration reposera sur la conduite des mesures, qui seront effectuées en permutation cyclique, et sur un changement de variables aux inverses, rigoureusement applicable dans ces équations, car une résistance d’isolement, en pareil cas, n’est jamais mathématiquement nulle ni infinie ; seule une connexion de contact l’élimine.
- Les mesures forment alors un système de n équations linéaires à n inconnues du premier degré, et aucune indétermination n’existe, car dans tous les cas le discriminant dénominateur de la règle de Cramer, appliquée au système, est toujours égal à 2 en valeur absolue, quel que soit le nombre des conducteurs : a, b, c,... f.
- Une exception toutefois est à signaler pour le cas d’un seul conducteur (').
- Nous obtiendrons ainsi les deux formules de récurrence donnant, l’une la valeur vraie de la résistance entre fils pour deux conducteurs considérés, l’autre la valeur vraie de la résistance d’isolement d’un conducteur déterminé par rapport au sol.
- La résistance d’isolement ne devient donc plus de ce fait une quantité d’un certain ordre de grandeur, ainsi qu’elle est souvent estimée aujourd’hui, mais elle possède une valeur bien définie, dont la détermination comporte une précision égale à celle des lectures de l’appareil de mesure adopté.
- Nous préconiserons par suite le procédé galvanométrique ou du voltmètre, qui est le plus simple et le plus exact. La précision
- (*) C’est le premier terme de la série, et l’on sait que ce terme fait souvent exception dans les séries.
- des lectures l’emporte en effet de beaucoup sur celle obtenue par les ohmmètres à aiguille aimantée, dont la sensibilité est relative, la graduation empirique, l’orientation peu précise, et la lecture malaisée par suite d’oscillations non amorties, ou par les ohmmètres à magnéto dont le prix et le poids sont d’une part à considérer, et dont la manipulation, par un seul opérateur, est d’autre part incommode, peu précise et pénible.
- Pour un réseau à courant continu, un pôle du secteur sera la source, l’autre pôle étant le sol, et les mesures seront d’autant plus précises que, toutes choses égales d’ailleurs, la différence de potentiel (pôle — sol) sera plus grande et le voltmètre électromagnétique plus résistant et mieux gradué.
- Si les mesures doivent être effectuées sur un réseau à courant alternatif, il suffira d’une petite batterie de piles ou d’accumulateurs de poche et d’un voltmètre de contrôle de sensibilité appropriée. Néanmoins, dans ce cas, la valeur de la différence de potentiel à utiliser dans une ville ne devra pas être trop faible, à cause des courants telluriques (tramways, etc.).
- ¥ *
- Traitons rapidement le cas d’un seul conducteur, qui fait exception à la formule de récurrence, en rappelant le principe de l’emploi du voltmètre.
- Soient (fig. 1) a le conducteur envisagé,B le-sol, g la résistance ohmique du voltmètre ou galvanomètre, V la différence de potentiel continue dont on dispose (dont-un pôle est au sol), p la résistance d’isolement cherchée par rapport au sol, a les déviations de l’aiguille du voltmètre.
- Mesurons Y ; le galvanomètre est traversé par un courant
- . r V
- 1 = Iv a = —.
- £
- Mettons en série le voltmètre avec la résis-
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- 29Avril 1911. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- tance d’isolement, c’est-à-dire connectons-le avec a ; on obtient :
- d’où
- V — K a' =
- V
- g + P’
- P
- O'
- a — a'
- âr~'
- Fig- i.
- Le raisonnement s’applique aux câbles armés, en employant un galvanomètre à miroir, et la précision de la détermination de p est celle de la lecture.
- Indiquons maintenant le changement de variable.
- Soient (fig. 2) x, y, z, t quatre résistances en parallèle.
- Désignons leurs inverses par les majuscules
- I = X, - = Y, - = Z et - = T.
- x y z t
- La résultante R de ces quatre résistances en parallèle est telle que
- s=î+j+i + Hx + Y + z + T’
- ou
- Connectons le voltmètre en série, ainsi que précédemment. On a
- d’où :
- Ka =
- V
- g
- et
- ï = K*' =
- V
- â' + R’
- 1
- R
- 1 a' g'* — *’
- ou
- X-f-Y + Z + T:
- Par trois autres équations semblables, on
- JD
- AAAAAAAAAAAAAAAA-
- -WWWVWWW\AAA
- -VWVWWWWWWW^
- Fig. a.
- obtiendra linéairement X, Y, Z et T ou x, y, z, t par leurs inverses.
- CONDUITE DES MESURES. --- ETABLISSEMENT DE
- LA FORMULE DE RÉCURRENCE.
- Nous allons appliquer rapidement la méthode au cas de deux- et trois conducteurs, indiquer les mesures et les résultats au cas de quatre conducteurs, et traiter le cas de cinq conducteurs (où alors seulement la loi est manifeste) sous forme de cas général à n conducteurs.
- I. — Cas de deux conducteurs.
- Soient x, y les résistances d’isolement de chaque conducteur par rapport au sol, rab la résistance d’isolement entre fils.
- Posons :
- R
- I
- R«*
- ?ab
- X + Y + Z + T'
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2* Série).
- N° 17
- Mesures. — On a : V =: K g a. i° Mettons b au sol, y s’élimine. Mesurons l’isolement de a en connectant le voltmètre entre A et a;
- A
- a
- les deux résistances x et rab sont en parallèle ; d’où si a« est la lecture, on a tous calculs faits,
- X -)- Rai
- i M«.
- g{* — «a) g 2° De même pour l’autre conducteur, il vient
- «b
- ù -J- Rab
- ' g (* — **)
- - m6.
- S
- 3° Connectons ensemble a et ù; la résistance ra0 s’élimine et prenons l’isolement des deux conducteurs par rapport au sol
- X + Y
- &ab
- g{« — *0i) g Ce système résolu donne pour x, y, et rab les va-
- leurs
- x
- i( y
- ?'ab =:
- ,j-g.
- Ma& -j- Ma — Mô’
- 2£-
- M«6 -j- M*
- *g
- Ma -f- M* — MaS II. — Cas de trois conducteurs.
- Soient x, y, z, les résistances d’isolement des conducteurs a, b, c par rapport au sol rab, i'bc, t'ca les trois résistances entre fils.
- Mesures. — i° Mettons successivement au sol deux des trois conducteurs et mesurons l’isolement du troisième par rapport au sol. On obtient ainsi pour le conducteur a :
- -------------------= Kaa,
- g + X + Ra6 + R«c
- ou en tenant compte de
- V = Kg»,
- X + R«ô + R«c = ~-a- . = - Ma.
- g (a. — ««) g
- De même pour b :
- Y -j- Rja -j- Rfic = —-,—-—r = — M*,
- g[* — «*) g
- et pour c :
- Z -j- Rca + Rc6 = —;——--r = - Mc.
- g (a — a- ) g
- A CL
- Fig. 4.
- 2° Court-circuitons maintenant deux des conducteurs et, mettant le troisième au sol, mesurons l’isolement par rapport au sol de l’ensemble des deux conducteurs réunis. Nous obtenons par permutation trois nouvelles équations :
- X + Y + R«c + R4c Y —[— ^ R„c -j- Ra6 Z -f- X -j- Ra& Rfcc
- _ «ab __ 1 nr
- -g(u-«ai)-gL'ab’
- = . = - M6c,
- g{« — «bc) g — aca _ X M
- g (« — «ea g
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- îoa
- Ce système des six équations résolues donne :
- Ma -j- Mi — Mai’
- *g
- Mi —Mc — Mic *g
- M. + M« — MCa’
- _________*g
- Mai Mac — Mi — Ma
- y Mia + Mic— Mc— Ma’
- * =__________________a.£ .
- Mca -f- Mci — Ma — Mi
- La loi apparaît évidente pour les résistances entre fils, mais est plus complexe pour les résistances par rapport au sol.
- C’est pourquoi nous donnerons pour le cas de quatre conducteurs simplement la conduite des mesures et le résultat.
- III. — Cas de quatre conducteurs.
- Mesures. — i° Mettre successivement à la terre trois des conducteurs et prendre l’isolement du quatrième par rapport au sol, on obtient quatre équations de la forme
- X -j- Rai Rac “I- R ad = —",----T — — Ma.
- g(a — a„) g
- Fig. 5.
- 2° Dans une deuxième série de mesures, mettre deux conducteurs au sol, et prendre l’isolement des deux autres connectés ensemble,toutes choses égalés d’ailleurs, par rapport au sol.
- On obtient ainsi six équations telles que, par exemple,pour les conducteurs a et d, l’équation
- T "j-X-j- Ra& -f- Roc -(- Rirf -j~ Rie:
- : —----------------.—. —
- g-(a — *atf) g
- Le système résolu donne pour les résistances entre fils (la loi est manifeste)
- J'ab —
- ?'bc —
- *g
- Ma + Mi — M«i’
- Ig
- m7+Mc — Mic’
- et pour les résistances d’isolement par rapport au sol.
- ___ ig
- X ~ Mai + Mac + M«(i — Ma — Mi — M0 - M*’ _____ 2 g
- y — Mai + Mia + Mm — M« — Mi — Ma — M/
- ___ %g
- z ~ Mc„ + Mci + Med — Ma — Mi — Mc — Mrf’'
- / = ;___________________II___________________.
- Mrfa -è 1 (/i -|— Mrfc — Ma-Mi — Mc — Mrf
- IV. — Cas de m (= 5) conducteurs.
- Soit m le nombre, des conducteurs ; le soi pouvant être assimilé à un conducteur le nombre des inconnues à déterminer est C2m+i
- ou, pour m — S :
- C2m+, = .5.
- On devra donc effectuer C2m+i mesures
- md-1 —“ •
- 1.2
- La première série de mesures, effectuées en connectant m — i fils au sol et prenant l’isolement du mièn,e par rapport au sol qui est un m (m -f i)ième conducteurs, donne m équations linéaires en X et en R.
- Restent à déterminer
- m(m — i)
- 1---!—!---m =------------
- 1.2 2
- . . m(m — i)
- équations ; mais ------= G4,,, ; nous pren-
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- drons donc les résistances d’isolement par rapport au sol de deux conducteurs i et j connectés ensemble,^ les m — 2 autres fils étant mis au sol, en effectuant une permuta-tation cyclique. Nous obtenons ainsi Cm2 équations.
- En effectuant le calcul pour cinq conducteurs : a, b, c, d,f, il vient
- __ ig
- Vii ~ M/ + My — M,-/
- et pour les résistances d’isolement de chaque conducteur par rapport au sol, cinq équations telles que,
- (en prenant X = au lieu de x)
- X=— —2 M a—M —Me — M —M/').
- Dès lors, la loi des x est manifeste et,pour un système d’un nombre quelconque de conducteurs a, b,... h,’i, /, k,... m, les C2mq-i résistances d’isolement sont obtenues linéairement ;
- i® La résistance entre fils de deux conducteurs i et j est donnée par l’expression
- __ ig
- r,j ~~ Mi + M; — M,./
- 20 La résistance d’isolement d’un câble i par rapport au sol, par
- r.=----------------------?£--------------------.
- ---|-Mim——••—u—(m—3)M,-—Mj—• —Mm
- Nous voyons ainsi l’interprétation qui pour-
- rait être donnée, aux essais de réception par le constructeur ou le fournisseur, à un texte portant mention des valeurs de l’isolement des âmes entre elles ou par rapport au sol; et il est manifeste que les valeurs, déterminées par la méthode de mesures que nous venons d’exposer, seront plus élevées que celles obtenues par le procédé habituel.
- Il y aurait donc lieu de spécifier, après l’exposé des conditions techniques auxquelles doivent satisfaire les faisceaux de conducteurs isolés, de quelle manière doivent être effectués les essais (’).
- Enfin ces mesures permettent d’obtenir les véritables valeurs des isolements entre fils et de surveiller de très près les grandes installations anciennes, où des court-circuits se déclarent par trop souvent, dont on ne peut prévoir la réfection entière à cause de la question pécuniaire (théâtres par exemple), de leur mise en service quotidienne, et qui doivent cependant présenter les. meilleures garanties de sécurité.
- Roger Lautré.
- (') Il reste bien évident que pour les câbles à haute tension, l’épreuve de surtension reste de beaucoup la plus rationnelle, la plus certaine, et que les précautions générales d’essais (températures, résistances de connexions, etc.), doivent être observées.
- EMPLOI DES BOBINES INDUCTRICES EN FIL D’ALUMINIUM SUR LES MOTEURS ÉLECTRIQUES DE TRACTION
- D’une manière générale, les bobines en aluminium (2) employées ont été utilisées en remplacement
- (*) D’après le rapport de M. A. Mariage, directeur général de la Compagnie générale des Omnibus de Paris au Congrès International de Bruxelles (septembre 1910).
- (2) Cette question n’a pas encore été traitée dans les •Congrès antérieurs de l’Union internationale, mais elle a fait l’Objet d’un rapport très intéressant de M. Pauls-meier au Congrès de l’Association allemande de Tramways tenu à Hambourg en septembre 1909.
- de bobines en fil de cuivre, sur des moteurs en service. Sauf exception, ces bobines ne sont encore qu’en essai sur un petit nombre de voitures dans les diverses compagnies.
- i° Durée de service. — Sur 25 exploitations employant des bobines d’aluminium, 8 en possèdent depuis moins de six mois; 9 en possèdent depuis moins d’un an et 8 en possèdent depuis plus d’un an, sans toutefois que le début des essais remonte à plus de trois ans (année 1907).
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- 2° Nombre de bobines en essai ou en service. — Sur 25 exploitations employant des bobines en aluminium, 23 en sont encore à la période d’essais avec un nombre de moteurs équipés variant de i à 9.
- Une compagnie possède 120 moteurs équipés (soit i/n du nombre total des moteurs); une seule enfin en a muni la totalité de ses moteurs de traction (au nombre de 54).
- 3° Forme du fil d'aluminium et isolement. —Sur 19 exploitations ayant fourni des indications sur ce point, 14 emploient le fil d’aluminium de-section carrée ou quadrangulaire, 5 emploient le fil de section circulaire.
- Une seule exploitation fait usage de fil avec guipage; une autre indique qu’elle emploie du fil nu enduit d’une sorte de vernis laqué; toutes les autres emploient le fil nu.
- Pour ces dernières, l’isolement entre spires est réalisé par la couche d’oxyde qui recouvre le fil.
- En ce qui concerne l’isolement entre couches de fils, entre lesquelles la tension peut atteindre une valeur importante,' il est obtenu par l’interposition, sous faible épaisseur, de substances diverses, telles que papier, fibre, toile simple ou toile imprégnée.
- 4® Section du fil d’aluminium et nombre de spires. — La résistivité du cuivre à o° est de 1,6 et celle de l’aluminium 2,7.
- Par conséquent, à cette température, pour que deux bobines de mêmes dimensions extérieures et de même nombre de tours aient la même résistance, il faudrait que la section d’aluminium soit 1,687 fois celle du cuivre. Pour être plus exact, il faut tenir compte de la température et appliquer aux chiffres de résistivité ci-dessus la formule de Matthiessen R< = R0 (at -f- bP).
- D’après les résultats d’expérience les plus récents, on sait que le coefficient b est négligeable et que la valeur de a est de 0,004 pour le cuivre et de o,oo365 pour l’aluminium.
- Tableau I.
- TEMPÉRATURES EN DEGRÉS CENTIGR. RÉSISTIVITÉ DU CUIVRE RÉSISTIVITÉ DE l’aluminium RAPPORT DE LA RÉSISTIVITÉ DE l’aluminium A CELLE DU CUIVRE
- O 1,6 2>7 1,687
- 80 2,112 3,488 1,651
- IOO 2,240 3,685 1,645
- 120 2,368 3,882 1 >639
- L’application de celte formule jrnui* les températures de 80, 100 et 1200 centigrades donne les chiffres indiqués dans le tableau, qui donne également le coefficient par lequel il faudrait multiplier la section de cuivre pour avoir la section d’aluminium d’égale résistance.
- En se basant sur la température moyenne de 8o°, on voit que la section d’aluminium doit être i,65i fois celle du cuivre.
- Gomment peut-on obtenir un tel accroissement de section sans réduire le nombre des spires et sans augmenter le volume total de la bobine P
- Dans les essais faits jusqu’à ce jour avec l’aluminium, on a généralement supprimé le guipage qui existait sur le fil de cuivre et, dans certains cas, on a employé la section quadrangulaire au lieu d’une section circulaire, mais il convient de remarquer que ce second moyen n’a été possible que parce que le fil de cuivre était primitivement circulaire.
- - Pour les différentes exploitations qui ont répondu au questionnaire, on voit que le coefficient d’accroissement de l’aluminium par rapport au cuivre varie de 1 à 1,70 % .
- 50 Poids des bobines (aluminium et cuivre). — La réduction de poids des bobines exécutées en fil d’aluminium est toujours très sensible.
- Le taux de diminution varie entre 40 % et G5 % du poids de la bobine de cuivre et est en moyenne de 5o à 55 % de ce poids.
- Cette économie de poids apparaît donc appréciable et avantageuse, en particulier en ce qui concerne la réduction du poids non suspendu du moteur, et de son influence défavorable tant sur le matériel roulant proprement dit que sur la voie ; si nous considérons-en effet une automotrice munie de 2 moteurs du type T. H. 2 dont les bobines inductrices en fil de cuivre pèsent environ 3o kilogrammes, une réduction de poids de 5o % permet de gagner, à raison de 4 bobines par moteur et de 2 moteurs par automotrice r. 2 X 4 (3o — 15) = 120 kilogrammes par automotrice.
- 6° Coût de fabrication. — Un certain nombre d’exploitations indiquent que le prix des bobines en aluminium est moindre que celui des bobines en. cuivre.
- En général, les renseignements fournis à cet égard sont assez sommaires, et il n’est pas indiqué le prix relatif de fabrication des bobines en aluminium et de cuivre. ~
- M. Paulsmeier, dans son rapport au Congrès de Hambourg, déclarait que la diminution du prix des-
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- 106
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XIV (2« Série). — N 17.
- bobines en aluminium devait être à peu près compensée par le prix de vente, aux vieilles matières, des bobines de cuivre.
- Il nous a paru utile de préciser ce point spécial en donnant quelques chiffres de comparaison.
- Pour des moteurs du type T. II. a, on a obtenu à la Compagnie Générale des Omnibus de Paris les chiffres du tableau II :
- Tableau II.
- POIDS DU MÉTAL
- d’une BOBINE
- cuivre aluminium
- 3i kgr. »i5 kgr.
- fr. fr.
- Priiç d'une bobine 107
- Vente du vieux cuivre /|0 ))
- Vente du .vieil aluminium. . . . » 15
- Prix par renouvellement de
- bobine 67 49
- Economie en faveur de l’aluminium par renouvellement d’une bobine (moteur T. H. a) : 18 francs.
- 7° Avaries survenues en service. —La plupart des exploitalions n’ont en service des bobines en fil d’aluminium que depuis un temps assez court ; les .avaries survenues sont donc en général très peu nombreuses. Pour les compagnies dont les essais ont une durée plus longue, les avaries, très rares d'ailleurs, consistent en coups de feu ou courts circuits entre spires de la couche extérieure, ou même entre les pattes de fixation des conducteurs et les spires voisines ; ces avaries proviennent le plus souvent du fait de l’humidité ou de l’huile qui a pu pénétrer dans le moteur. Il y a été remédié par un renforcement de l’enveloppe protectrice extérieure •des bobines.
- 8° Construction et formation des bobines. — La plupart des exploitalions ayant reçu des bobines toutes confectionnées n’ont pas eu à se préoccuper de la construction des bobines et en ignorent même le procédé de fabrication.
- La Compagnie Générale Française de Tramways (réseau de Marseille) donne les renseignements suivants :
- L’isolement entre spires est assuré par la couche d’oxyde et entre couches par du calicot interposé.
- Au moment de l’isolement entre couches, on a soin de mouiller le calicot ; on humecte également les spires avec un pinceau. Quand la bobine est terminée, avant de l’isoler extérieurenrjent, on fait
- passer un courant suffisant pour élever la température à ioo° environ et peu à peu, on voit sa résistance augmenter jusqu’à sa valeur normale. L’isolement est alors complet. Par suite, la couche d’oxyde ne peut que s’accentuer.
- A la Compagnie Générale des Omnibus de Paris, on recuit généralement entre 200 et 3oo° le fil d’aluminium destiné à la fabrication des bobines ; le recuit donne au fil une grande malléabilité et permet de le bobiner facilement.
- On procède ensuite à la formation de la couche d’oxyde qui assure l’isolement entre spires. Le procédé généralement employé consiste soit à humecter d’eau la bobine au fur et à mesure de la construction, soit à l’immerger dans l’eau une fois construite, puis à la porter à 100 ou à 1200 par passage à l’étuve, ou en y faisant passer un courant assez fort. Généralement l’immersion est répétée à plusieurs reprises, suivie chaque fois d’un séchage par courant électrique, et ce, jusqu’à ce que la résistance ohmiquc de la bobine ait atteint sensiblement sa valeur théorique. A noter d’ailleurs que, norma-1 ment, cette résistance augmente progressivement en service jusqu’à atteindre la résistance théorique, ce qui indiqueraitune amélioration due au renforcement de la couche d’oxyde.
- Un auteur, M. Singer, a signalé que la présence d’oxyde hydraté, à faible isolement, était cause que les bobines d’aluminium se comportaient de manière très variable.il conseille de sécher les bobines à ioo°, puis de les exposer à l’air pendant plusieurs jours, et enfin de proscrire l’emploi de matières hydrophiles entre couches de spires.
- A la Compagnie Générale des Omnibus de Paris, on utilise un autre procédé de confection, qui consiste à tremper la toile isolante placée entre couches de fils dans un produit spécial (produit Lemort) formant vernis protecteur ; la bobine achevée est séchée par passage du courant, sans qu’il soit nécessaire de recourir à l’immersion pour former la couche d’oxyde isolante ; la présence de cet enduit protecteur facilite la formation de la couche d’oxyde et donne à la bobine une résistance mécanique plus grande, due à sa compacité.
- 90 Vérification de Visolement des bobines. — Cette vérification a lieu comme pour les bobines de cuivre, les bobines à vérifier étant en général descendues du moteur.
- Cette vérification s’opère soit en mesurant leur résistance ohmique au moyen d’un voltmètre et d’un ampèremètre, soit avec un pont de Wheastone ; enfin
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- dans des exploitations mieux outillées, cette vérification se fait au moyen d’un appareil spécial ayant pour but de mesurer la force magnétisante de la bobine.
- En général, il est préférable de donner aux bobines à essayer un certain serrage assurant le contact des fils de la bobine entre eux, de manière à se rapprocher le plus possible, au cours des essais, des conditions de fonctionnement de la bobine mise en place sur moteur.
- io° Observations diverses. —Un soin particulier doit être apporté à la soudure du fil d’aluminium avec les pattes d’extrémité destinées au raccordement des bobines avec le câblage du moteur ; cette soudure est particulièrement délicate par suite de la formation d’oxyde sur la surface de l’aluminium.
- De même, il est préférable de constituer la bobine d'aluminium avec une seule longueur de fil, de manière à éviter les soudures dans le corps même de la bobine.
- *
- V *
- L’aluminium présente sur le cuivre, au point de vue de la construction des bobines d’inducteurs de de tramways, les avantages suivants :
- i° L’économie de poids en conservant la même résistance ohmique, est de 5o % ;
- 2° Le prix d’achat et, par conséquent, le capital immobilisé, est moindre ; en comptant le cuivre à 2,15 francs le kilogramme et l’aluminium à 2,/|5 francs, le prix d’achat de la bobine en alumi-minium serait d’environ Go % de celui de la bobine de cuivre ;
- 3° Le coût réel de renouvellement, en tenant compte de la revente de vieilles matières, est, avec l’aluminium, environ 75 % du coût dans le cas du cuivre ;
- 4° Enfin, bien que l’on ne soit pas encore définitivement fixé, on peut escompter un renouvellement moins fréquent avec les bobines d’aluminium qu’avec les bobines de cuivre en fil guipé. D’après nous, cet avantage serait dû à deux raisons :
- a) L’effet des trépidations et des chocs est beaucoup moins destructeur sur les bobines d’aluminium par suite de leur faible poids spécifique ;
- û) L’effet des augmentations de température est •aussi beaucoup moins destructeur par suite de la suppression du guipage.
- Les inconvénients de l’aluminium sont les suivants :
- i° Si le volume de la bobine d’aluminium n’est pas augmenté par rapport à celui de la bobine de cuivre, si l’on conserve le même nombre de tours et si la forme de la section du fil est la même, la résistance ohmique de la bobine d’aluminium sera plus élevée. Il en résultera une perte supplémentaire d’énergie par effet Joule, c’est-à-dire une diminution de rendement et par conséquent une augmentation de la consommation par toniie kilométrique.
- 20 Toutes les soudures des tronçons de fils d’aluminium entre eux ou des fils d’aluminium avec les pattes d’extrémité doivent être très soignées, sinon on observe des variations importantes de la résistance ohmique.
- Pour solutionner le problème, il faut mettre en balance, d’une part l’économie du capital immobilisé et celle résultant des moindres dépenses, d’autre part l’augmentation de la consommation d’énergie par tonne kilométrique.
- On est malheureusement encore assez mal renseigné sur la diminution du rendement dans le cas de l’aluminium ; certains constructeurs croient cette diminution assez importante, mais il faut connaître l’influence de la diminution du rendement sur la consommation d’énergie.
- Seuls des essais pourront nous fixer, car, pendant la période de démarrage, c’est-à-dire de fonctionnement sur résistance l’influence de l’augmentation de résistance de la bobine est négligeable.
- Les essais entrepris dans ce sens à la Compagnie Générale des Omnibus de Paris rie sont pas encore assez avancés pour que l’on soit fixé. Leurs premiers résultats indiquent, néanmoins, une augmentation assez sensible de la consommation d’énergie, dans le cas où la section d’aluminium est la même que celle du cuivre.
- Essais spéciaux faits à la Compagnie Générale des Omnibus de Paris.
- Bien avant d’essayer l’aluminium sur les moteurs de tramways, la Compagnie Générale des Omnibus de Paris avait appliqué, dans la fabrication de ses bobines de cuivre, un produit spécial appelé a produit Lemort » du nom de son inventeur qui était à cette époque ouvrier bobinier dans les ateliers de la compagnie. Ce produit est constitué par une pâte
- Ià base de kaolin et de silicate. Lorsqu’on enroule le fil pour confectionner une bobine, on enduit le fil I avec ce produit en ayant soin de bien remplir Ites
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- vides entre spires et entre couches ; après ressuyage de la bobine terminée, on la passe à l’étuve pendant deux ou trois jours, à une température atteignant à la fin 120° centigrades.
- La bobine ainsi obtenue constitue une masse rigide indéformable et résistant très bien à des températures assez élevées. Pour obtenir de bons résultats avec ce produit, il faut que le fil de cuivre soit guipé. La Compagnie Générale des Omnibus a commencé à appliquer ce produit en 1906 sur les moteurs des lignes de traction exploitées avec accumulateurs électriques. A cette époque, ces moteurs présentaient de très fréquentés avaries dues le plus souvent à la détérioration des bobines inductrices; ces dernières, malgré tout le soin apporté à leur confectiqn. dans les ateliers de la compagnie, ne pouvaient fournir qu’un service de durée restreinte ; lorsqu’on les démontait après avarie, on constatait le plus souvent que le guipage coton du fil de cuivre était soit calciné, soit usé par frottement des spires l’une contre l’autre ; on commença alors à employer dans'la construction des bobines le produit spécial Lemort ; devant les bons résultats obtenus par ce produit, on décida de l’employer pour réfectionner progressivement toutes les bobines inductrices des i5o moteurs de tramways.
- Cette transformation est maintenant complètement achevée et, à l’heure actuelle, les avaries de moteurs et de leurs inducteurs ne se produisent plus qu’exceptionnellement.
- Les bobines ainsi fabriquées peuvent d’ailleurs se réparer ; si, par suite d’un accident, la matière formant isolant a été détériorée, on peut faire un replâtrage et, après un nouvel étuvage, on obtient une bobine présentant les mêmes qualités qu’une bobine neuve.
- Parallèlement aux essais poursuivis avec le produit Lemort sur ses moteurs, la Compagnie Générale des Omnibus étudiait la substitution du fil d’aluminium au fil de cuivre sur ses bobines inductrices; nous avons indiqué plus haut les procédés qUe nous avons reconnus les meilleurs à l’application.
- Les résultats obtenus étant assez variables par suite de l’insuffisance de la couche d’oxyde, on eut recours au produit Lemort, mais sans faire, comme sur les bobines de cuivre, une large application de la pâte. Avec l’aluminium, en effet, l’adhérence des fils l’ur^ contre l’autre est obtenue avec un poids moindre de la matière logée entre fils.
- Avec l’aluminium, l’emploi du produit Lemort
- présente encore un avantage important : lorsque la bobine est terminée, un séjour'de vingt heures environ à l’étuve est suffisant à la fois pour son séchage et pour la formation de la couche d’oxyde. La pâte se solidifie fortement et si l’on mesure ensuite la résistance de la bobine, on observe qu’elle a atteint sensiblement en une seule opération la résistance théorique convenable ; ainsi, l’enduit est intervenu pour déterminer, par son action chimique, la formation de la couche isolante d’oxyde.
- Qu’il s’agisse de bobines de cuivrç ou d’aluminium, après étuvage, les bobines sont recouvertes de ligatures en toile de 3u millimètres de largeur enroulées autour du bobinage sur 2 couches. On fait ensuite un badigeonnage à la gomme laque pour achever la fabrication.
- En résumé, le produit Lemort est avantageux avec l’aluminium, parce qu’il facilite la fabrication des bobines et donne à ces bobines une résistance mécanique bien supérieure ; avec le cuivre, il est encore plus avantageux, car il donne aux bobines de cuivre deux des principaux avantages de l’aluminium, à savoir une très grande résistance aux effets des trépidations et des chocs et une très grande résistance aux augmentations de température. Enfin, les bobines de cuivre ainsi confectionnées n’ont pas l’inconvénient d’une augmentation de résistance.
- Ces diverses considérations nous permettent de poser le problème dans son ensemble :
- On peut dire que, quel que soit up moteur de tramways, on a intérêt à utiliser tout le volume disponible pour les bobines des inducteurs. Pour un volume déterminé, on obtient une résistance ohmique moindre avec le cuivre qu’avec l’aluminium. Si, par conséquent, la durée des bobines de cuivre est la même que pour les bobines d’aluminium — ce qui est réalisé à la Compagnie Générale des Omnibus de Paris avec le produit Lemort— les seuls facteurs qui restent en présence sont les suivants :
- Avantages de Valuni nium : Poids mort moindre, coût de premier établissement moindre.
- Avantages du cuivre : Rendement meilleur.
- Tout revient donc à connaître exactement la diminution du rendement avec les bobines en aluminium.
- *
- * *
- L’aluminium présente donc de grands avantages pour la confection des bobines d’inducteurs : économie de poids et de prix.
- Les essais entrepris doivent être continués, mais,
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- à notre avis, on doit, avant de les développer davantage, faire des essais pour être fixés sur la diminution du rendement, la comparaison devant se
- faire en supposant le même volume de bobine et la même forme de fil.
- D’après A. Mariage.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Sur la dispersion dans les transformateurs. — W. Rogowaki. — Elektrotechnische Zeitschrift, i3 et 20 octobre 1910.
- Il y a déjà douze années que Kapp a donné (Elek-trotechnische Zeitschrift, 1898, p. 245) une méthode de détermination de la dispersion par l’étude du champ de court-circuit. Cette méthode suppose quelques simplifications et de plus on est obligé pour ramener les résultats en accord avec l’expérience, d’introduire le facteur d’expérience qui est variable jusqu’à 100 % .
- L’auteur expose une méthode permettant d’étudier la dispersion de plus près.
- A. Bases théoriques.
- Les effets de la dispersion sont évidemment les plus marqués si le champ résultant est le plus faible possible, c’est-à-dire si les ampères-tours primaires et secondaires sont égaux et opposés.
- Fig. 1.
- On peut réaliser cette opposition dans le cas du rapport de transformation égal à 1 : 1 (fig. i, ; on remarque que l’inductance de dispersion n’est autre chose que la self-inductance du circuit total ABC et que celles des circuits partiels AC et BC sont les inductances de dispersion du primaire et secondaire respectivement.
- B. Méthodes de mesure.
- On voit ainsi que toutes les méthodes de mesure
- des coefficients de self induction peuvent être appliquées pour la mesure-de dispersion (').
- En particulier :
- 1) Par la mesure simultanée des courants I ou J, tension E et watts W suivant le montage de la figure 1.
- On a ici pour l’inductance de dispersion :
- et pour les dispersions primaire et secondaire :
- 2) Par la méthode du pont,employée par le Professeur M. Wien (2) suivant la figure 2. On a, lorsque le pont est en équilibre :
- S Wi , ... \
- — = — Iw, et wv étant les résistances mortes).
- L w, v ‘
- Fig. 2.
- De même (fig. 3) on a
- S4 __ w\
- S2 w' 2
- d’où
- Sj et S2,
- iVi w\
- «'a iv'i -J- w'f
- etc.
- (•) Voir Orlicii : Induktivitat und Kapazitat. Yieweg 1909. P- !95 274-(2) Orlich. Loc. cit.,p. 23o.
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- Dans le cas du rapport différent de i : i il y a une certaine complication ; on emploie ici un transformateur auxiliaire de faible puissance avec le même
- Fig. 3.
- rapport de transformation quedansle transformateur à.étudier, les champs de dispersion étant opposés et égaux.
- C. Lts champ de dispersion et l'inductance de dispersion.
- A titre d’exemple l’auteur donne les valeurs de la dispersion dans les cas suivants :
- i) Deux tores coaxiaux superposés. Le coefficient de la dispersion étant égal au coefficient de l’inductance on a, « étant le nombre de tours, a le rayon moyen des deux tores, d la distance verticale entre leurs plans médians et p le rayon de leur section.
- S = 8tcan* j ln-----(- o,a5 j io-11 henrys,
- a) De même pour deux solénoïdes concentriques infiniment longs :
- S — %%n'i\]„i | — -|-Lit—r | IO—a henrys.
- U,„ étant la moyenne des périphéries des deux solénoïdes, n est le nombre de spires par centimètre, a, et a2 respectivement l’épaisseur du solénoïde intérieur et du solénoïde extérieur et A leur écartement.
- Si l’on introduit un noyau de fer, les ampères-tours étant égaux et opposés, le champ à l’intérieur est nul, et la dispersion n’est j>as modifiée.
- 3) Noyau de fer infiniment long et grand, entouré alternativement par les bobines primaires et secondaires. L’auteur donne le spectre magnétique des lignes de fuite et fait voir l’existence des lignes de dispersion dites « biliées ».
- Ces lignes de fuite peuvent être trouvées par le calcul, en intégrant les équations de Maxwell qui donnent l’induction pour un transformateur infiniment long et en déterminant pour chaque ligne quelques points. Connaissant le champ de dispersion une nouvelle intégration donne l’énergie magnétique
- ÉLECTRIQU E T. XIV (2e Série). — N° 17.
- correspondante d’où l’on déduit le coefficient de dispersion.
- Cette méthode se généralise pour les transformateurs à enroulement en disques ou cylindrique.
- Les résultats trouvés ainsi s’accordent très bien avec l’expérience : le plus grand écart ne dépasse pas 3 % . Malgré la présence du fer il n’y a pas lieu, d’après l’auteur, de s’étonner de cette grande exactitude : la perméabilité étant déjà assez élevée, dans la région où on l'introduit, le fer ne peut pas modifier de beaucoup la réluctance.
- L’auteur indique d’ailleurs la manière de tenir compte du fer par la méthode « des images », conduisant, somme toute, à ajouter un coefficient d’induction mutuelle et l’applique pour les transformateurs à enroulement en disques et cylindrique.
- S. P.
- TRACTION
- Le freinage électromagnétique sur rails. — R. Naumann. —Elektrotechnische Zeitschrift, îa et 19 janvier 1911.
- Le freinage habituel par court-circuit ou par l’air comprimé ne représente pas, comme on sait, l’idéal, notamment à cause du patinage possible des roues, par suite de la diminution du coefficient d’adhérence. Dernièrement la Société Westinghouse a recouru au freinage sur les rails : un sabot en fer soumis à l’action d’un champ magnétique vient au contact des rails et freine la voiture; on voit que le frottement qui intervient ici est le frottement de glissement et non plus de roulement. Des essais ont été faits parle professeur Kübler en décembre 1908 et janvier 1910 sur ce freinage, appliqué aux tramways de Dresde.
- Dans le type 1908, le circuit magnétique parcourait le rail dans le sens de sa longueur (c’est-à-dire que les deux sabots du frein venaient frotter sur le rail l’un en avant, l’autre en arrière). Ce système ne fut pas reconnu bien pratique; on fit donc usage en 1910 d’un circuit magnétique transversal aux rails ;*dans ce dispositif, les deux sabots du frein, très étroits, viennent s’appliquer sur la tête du rail, à côté l’un de l’autre : le circuit magnétique est alors très court et dirigé, dans la tête du rail, perpendiculairement à la direction générale de la voie.
- Chaque sabot du type 1910 peut presser indépendamment sur le rail correspondant. Les bobines portent deux enroulement, l’un parcouru par le cou-I rant de court-circuit du moteur, travaillant comme
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- génératrice pendant le freinage, l'autre alimenté directement par le conducteur aérien. Ce dernier ne commence à agir qu'après que le moteur a été complètement court-circuité ; il correspond au freinage énergique en cas de danger. Les deux bobines sont naturellement placées dans une caisse imperméable.
- Il fallait connaître exactement la vitesse initiale et la durée du freinage. Voici à cet effet le dispositif du professeur Kübler : un électro-diapason (de fréquence no) inscrivait ses vibrations sur un tambour tournant proportionnellement à la vitesse de la voiture et de plus se déplaçant parallèlement à son axe; un sac jeté au moment du freinage servait de contrôle. On a enregistré en outre le courant et la tension par un ampèremètre enregistreur à inscription par étincelles, type Hartmann et Braun ; le tambour de l’enregistreur étant entraîné par un petit moteur de six volts alimenté par les accumulateurs. On a comparé le nouveau freinage au freinage par court-cir • cuit bien connu.
- Les essais de 1908 ont porté sur trois états des rails : rails secs, humides et couverts d’huile et de graphite, et sur rampe faible (3 %0). Les coefficients de frottement ont été :
- 1) Dans le cas des rails couverts d’huile et de graphite, en moyenne 0,06 ;
- 2) Dans le cas de rails humides, entre o,o65 et 0,079; mais à partir du moment où les rails avaient été parcourus une fois avec les freins, on avait 0,14 et 0,19;
- 8) Avec les rails secs on a eu de 0,12 ào,ao3.
- Les valeurs suivantes ont été constatées pour l'accélération négative en centimètres par seconde au freinage.
- Freinage par le court-circuit.
- o,33 à 0,61 ; 0,62 à 1,75 ; 0,8 à 1,88.
- Freinage par 'rails et court-circuit.
- o,8 à i,8; 1,6 à 2,2 ; 1,98 à 2,83.
- Les essais de 1910 ont donné comme coefficients moyens du frottement : 0,074 à 0,177; o,o58 à 0,087; o,i23 à o,i52.
- On a essayé également ce freinage sur des rampes de 7,7 % : les rails étant couverts d’huile et de graphite, la longueur du freinage était, pour le freinage de court-circuit avec sablage de 42 mètres, avec le freinage par le rail et sans sablage seulement de 25 mètres ; la vitesse initiale étant dans les deux cas 2i kilomètres.
- Ces résultats sont donc très favorables au nouveau mode de freinage. Les essais analogues à Abbazia
- ont donné les mêmes résultats favorables à la suite-desquels le gouvernement a permis la construction de tramways à adhérence, tandis qu’auparavant les concessions n'étaient données qu'aux voies a crémaillère.
- L’examen des oscillogrammes de courants relevés permettent de se rendre mieux compte du fonctionnement de ce mode de freinage.
- Enfin, on a fait une série d'essais en service normal. On a constaté que le freinage par les rails est; un peu plus brusque que le freinage par le court-circuit.
- Pour l'établissement de ce freinage électro-magnétique, il était nécessaire de connaître la force portante des aimants en fonction du nombre d’ampères-tours. A cet effet, on a arraché le sabot des rails en mesurant chaque fois la force de traction et le courant. Onarelevé également la courbe du déplacement du sabot au moyen d’une presse hydraulique, les rails étant secs ou bien couverts d’huile et de graphite. Les coefficients de frottement ainsi trouvés se rapportant à une très faible vitesse, ont été o,32 et o,i8. Pour un freinage seulement pour les rails et par les aimants, on a 0,29 pour les rails humides et pour les rails graissés 0,206 et o,23.
- Actuellement il existe en Angleterre environ 1 o 000 voitures employant ce freinage. En Allemagne, il est encore peu développé. A Goblentz, il y a depuis deux ans douze voitures motrices avec ce frein. On n'a constaté aucun inconvénient. A Zurich, il y a depuis 1907 16 anciennes voitures de 5,2 tonnes; 25 nouvelles voitures de 10 tonnes avec ce freinage et environ 100 voitures vont être pourvues de freins sur les rails établis par différentes maisons de construction. L'usure des sabots et le nombre des réparations étaient minimes.
- L’auteur conclut en attirant surtout l'attention sur la propriété de ce freinage d’être indépendant pratiquement de l’état des rails, ce qui en fait un freinage de secours très sûr et très énergique. Son emploi dans les tramways serait donc un progrès important.
- S. P.
- DIVERS
- Méthodes électrodynamiques pour F exploration du soi. — H. Lôwy (*). —Pkysikalische Zeitschrift, n° n,p. G97, 1910.
- L'auteur expose une méthode qui lui est due et
- (<) De Gôtlingen.
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- qûi permet, d’après lui, grâce à l'emploi des ondes hertziennes, de reconnaître la nature des couches profondes d’un terrain quelconque avec plus de certitude que les méthodes géologiques employées jusqu’ici. Le principe de cette méthode est le suivant : si les ondes électriques peuvent pénétrer dans le sol à une assez grande profondeur, ces ondes permettent de déceler la présence de matières métalliques. Pratiquement, on emploie selon les cas, •deux dispositifs auxquels l’auteur a donné les noms de « méthode par réflexion » et de « méthode par absorption».
- Dans la première de ces' méthodes, on enfonce Aans le sol en un point déterminé A (fig. i), une
- 1 Fig- i.
- antenne de transmission AB inclinée d’un certain angle par rapport à celui-ci. Les ondes émises par cette antenne rencontrent ùn milieu M, dont la conductibilité ou le pouvoir diélectrique sont essentiellement différents des constantes correspondantes du terrain ; après réflexion, ces ondes parviennent à un autre point Af que l’on cherche à déterminer à l’aide d’une antenne réceptrice A' B'. Le transmetteur et le récepteur fonctionnent comme un système à direction déterminée, ce qui permet de séparer les ondes transmises directement par l’air ou par le'solde celles qui ont subi une réflexion. Si, en maintenant constante la position du transmetteur, on fait varier l’angle de l’antenne réceptrice, il se produit deux maxima dont l’un provient essentiellement des ondes directes, l’autre des ondes réfléchies.
- L’emploi de la seconde méthode dite « méthode par absorption » exige le percement de trous de sondage d’environ 3oo mètres de profondeur dans lesquels on introduit les antennes de transmission
- Ik
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- -*5
- E,
- Fig- ».
- (fig. a)> Si les ondes électriques émises par le transmetteur S sont décelées par l’antenne réceptrice E,, mais non par la seconde antenne E2 placée -à égale distance du transmetteur, cela signifie que
- dans le trajet des ondès de S à E2, se trouvent des matières conductrices qui s’opposent au passage de célles-ci, en partie par réflexion, en partie par absorption.
- La méthode par absorption convient particulièrement à l’exploration systématique de larges étendues de terrain. La profondeur considérable des trous de sondage est nécessaire, d’abord pour permettre la disposition symétrique d’antennes d’une longueur totale de ioo mètres environ et ensuite de déplacer le plan équatorial du transmetteur dans un sol aussi sec que possible. S’il s’agit, par exemple, d’explorer une étendue de 4°° kilomètres au maximum, cette étendue doit être partagée en réseaux quadrangu-laires d’environ 5o kilomètres de côté, au sommet desquels on creuse les trous de sondage. Avec l’emploi du dispositif précédent, il faudrait, pour a 5oo kil. carrés percer plus de 200 trous de profondeur variable. Pour l’exploration systématique de toute l’étendue du sous-sol hongrois, il serait suffisant de creuser 48 trous de sondage à une profondeur de 3oo mètres, dont les dépenses totales ne dépasseraient pas 5So 000 francs, alors qu’un seul trou de 1 000 mètres de profondeur revient à 37 5oo francs. Le principal avantage de cette méthode est donc de permettre d’explorer à l’aide de trous de sondage d’une profondeur déterminée des couches situées à une profondeur beaucoup plus grande; par suite de la courbure de la terre les ondes électriques passent, en effet, à une profondeur de i 000 mètres, lorsque la distance qu’elles ont à parcourir est de 3oo kilomètres.
- L’auteur envisage ensuite la possibilité d’appliquer les méthodes précédentes à la télégraphie sans fil à grande distance par le sol, dont l'importance pratique résulte du fait, que la conductibilité des strates très secs est à peu près la même que la conductibilité normale de l’atmosphère.
- Les théories, exposées par l’auteur, se sont trouvées confirmées, pratiquement, au cours d’expériences qu’il a entreprises, d’une part, avec la collaboration du Dr Leimbach, à Vienenberg, à Ronnenberg et à Weelzen, d’autre part, seul, dans les minières de Scharleyer (Silésie orientale). La transmission des ondes électriques, à travers le sol minéral, a été établie par ces expériences d’une manière irréfutable.
- Les expériences entreprises entre Ronnenberg et Weetzen (distance 1,8- kilomètre et récepteur à 5oo mètres de profondeur environ) , ont montré que les ondes se transmettaient parfaitement à
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- travers des couches de matériaux différents ; d’autre part, les essais effectués dans les mines de minerais de plomb de Scharleyer, ont montré que la faible teneur en minerai du terrain, 12 % environ, suffit à le rendre non conducteur. Au cours de
- toutes ces expériences, l’auteur eut recours à l’emploi d’antennes symétriques ; dans la première série d’expériences, on employa le montage ordinaire de Marconi, puis l’excitation par chocs.
- J. L.-M.
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- CHRONIQUE DE LÉGISLATION INDUSTRIELLE
- Législation comparée des principaux Etats d’Europe au point de vue des chemins de fer d'intérêt local (*).
- Avant d’entrer dans l’examen des diverses législations relatives aux chemins de fer d’intérêt local, je crois nécessaire de poser quelques principes et de classer les divers systèmes qui peuvent être admis pour favoriser le développement du réseau secondaire des voies ferrées.
- Différents moyens se présentent à la pensée et ont été essayés pour résoudre ce problème essen • tiel.
- I. — Abandonner ce soin à Y initiative privée et lui accorder les concessions qu’elle sollicitera, en la livrant à ses seules forces.
- Il est absolument certain, et l’expérience le prouve, que ce moyen 11e donnera pas grand’ chose. L’initiative privée se bornera à solliciter quelques bonnes lignes secondaires à trafic important et rémunérateur. Elle n’engage ses capitaux — et qui pourrait le lui reprocher? — que là où elle peut être assurée d’un revenu industriel sérieux. Si donc il ne restait, en dehors du grand réseau, que des lignes productrices à construire, ou bien si elles constituaient la grande majorité, la solution serait trèf> single et il ne faudrait pas déployer un bien grand effort législatif. Il suffirait de régler les conditions à imposer aux demandeurs en concession qui se présenteraient d’eux-mèmes en grand nombre. Mais je ne crains pas d’affirmer qu’aucun pays au monde n’est dans ce cas et que là où l'on s’en est rapporté uniquement à l’industrie privée pour
- (’) D’après la Conférence de M. C. de Burlel au Congrès international de tramways et de chemins de fer d’intérêt local (Bruxelles, septembre 1910).
- compléter par ses se*ils moyens, l’œuvre des voies de communication d’un pays, pour créer un réseau secondaire de voies ferrées répondant aux besoins restant à desservir, les résultats ont été bien minces.
- Ainsi, en Belgique, la loi de 1875 qui était basée sur ce principe, ne donna absolument rien et c'est précisément à la suite de cet échec que l’on sc mit à l’étude et que l’on arriva à l’organisation actuelle.
- 11. — Il faut donc trouver autre chose : aider et stimuler l'industi'ie privée par des subsides, des subventions, des garanties de minimum d’intérêt du capital investi et de minimum de frais d’exploitation, etc.
- On a expérimenté tous ces systèmes; mais, à mon avis, ils paraissent bien critiquables ou du moins donnent lieu à des inconvénients qui nous ont toujours frappé et paru bien sérieux.
- Examinons de plus près ces diverses solutions :
- a) Subsides ou subventions à fonds perdus accordés par les pouvoirs publics.
- Une pareille combinaison est-elle bien logique? Est-il rationnel et conforme aux principes et aux règles du droit public qu’une administration gouvernementale, provinciale ou communale, abandonne ainsi bénévolement des fonds, sans espoir de récupération, à une entreprise industrielle privée, même si celle-ci réalise des bénéfices, ce qui sera souvent le cas, sinon elle n’aurait point entrepris l’affaire ?
- Nous ne pourrions conseiller une combinaison semblable qui paraît d’ailleurs de plus en plus abandonnée. _ ___
- b) Garanties de minimum d’intérêt surle capital investi.
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- Système dangereux: le concessionnaire auquel on donne semblable garantie, n’a plus aucun intérêt à chercher le tracé le plus économique de la ligne à créer. Il tâchera, au contraire, de trouver les solutions qui, même à prix d’argent — que lui importe la dépense puisqu’on lui en garantit l’intérêt? — donneront le meilleur profil en long et le meilleur tracé en plan : diminution des inclinaisons, pentes et rampes, réduction du nombre des courbes et augmentation du rayon de celles-ci. Sa grande préoccupation sera de diminuer ses dépenses annuelles d’exploitation, ce qui est pour lui l’élément essentiel de l’entreprise. La charge supplémentaire d'intérêt résultant de l’augmentation du capital investi pèsera exclusivement sur l’administration publique qui aura assumé la garantie du minimum d’intérêt.
- On pourrait citer des exemples frappants où s’est manifesté de façon bien fâcheuse, sinon désastreuse, l’inconvénient grave signalé.
- c) Garantie de minimum de frais d’exploitation.
- Les objections sont à peu près les mêmes que pour le système précédent.
- C’est un inconvénient capital de la formule. La base de tout système rationnel et conforme à ce que commande l'intérêt général, doit être celte-çi : il faut que le concessionnaire d’une ligne ait, à tout instant de sa concession, intérêt à augmenter la recette et à faire produire à l’entreprise le maximum de trafic. La même règle doit dominer les contrats d’affermage d’exploitation.
- Il faut aussi que l’autorité concédante n’ait pas à vérifier les dépenses de construction faites par le concessionnaire privé, ni surtout ses comptes d’exploitation.
- Ce serait là, en effet, une source de difficultés et de contestations, particulièrement en ce qui concerne cette dernière catégorie de comptes, susceptibles, chacun le sait, d’être établis d’après des procédés multiples.
- Plutôt que d’avoir à exercer pareil contrôle, mieux vaudrait, semble-t-il, que l’autorité supérieure, au lieu de concéder, établit elle-même la ligne et se chargeât de l’exploitation directe en régie.
- d) L’autorité intervient dans le capital de construction sous forme de prise d’actions et non pas à fonds perdus ou sous forme dé garanties d’intérêt.
- Quand nous disons d’une manière générale l'autorité, nous parlons non seulement du Gouvernement, mais encore des autres branches des pouvoirs publics : provinces et communes.
- Ce système échappe aux objections et inconvénients signalés. La Belgique a adopté cette formule.
- Les considérations développées ci-dessus nous guideront dans l’examen des législations.
- FRANCE
- La première loi date de i865, prévoyant des subventions de l’Etat en capital; elles s’élèvent au quart, au tiers ou à la moitié des participations réunies des départements, communes et particuliers et ne peuvent jamais les dépasser; c’est pour l’Etat un maximum.
- Le pouvoir concédant est le département.
- Jusqu’en 1880, un certain nombre de lignes, ayant d’ailleurs peu réussi, ont été construites.
- En 1878 et 1879 fut dressé le grand programme Freycinet.
- La loi de 1880, qui remplace celle de i865, a substitué les subventions par annuités aux subventions en capital.
- Elle vise les tramways et les chemins de fer d’intérêt local. Ces services doivent être organisés par les autorités départementales ou municipales, la concession étant toutefois faite par l’Etat pour les tramways empruntant des voies, nationales.
- L’Etat, les départements et les communes accordent leur concours financier.
- Le cahier des charges-type des concessions est arrêté par le Conseil d’Etat et, pour chaque ligne, il faut une loi (chemins de fer) ou un décret d’utilité publique (tramways).
- Les annuités payées par l’Etat ne pourront porter à plus de 5 % le revenu du capital de premier établissement. C’est une sorte de garantie d’intérêt.
- Outre les deux maxima résultant de ce que la subvention de l’F.tat ne peut ni excéder celles des intéressés ni porter à plus de 5 % l’intérêt du capital, la loi en institue deux autres pour les formules d’exploitation.
- Enfin, l’acte autorisant l’exécution des travaux fixe pour chaque entreprise un maximum — c’est le cinquième — basé sur les prévisions de dépenses et recettes.
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- C’est le jeu très compliqué des cinq maximums. Il amène parfois des conséquences singulières.
- Le contrôle de l’administration est très étendu. Il comporte un pouvoir presque absolu, pour tout ce qui concerne la sécurité publique et la marche des trains, un droit d’homologation, mais non d’initiative pour les tarifs.
- Le cahier des charges fixe le nombre minimal des trains (généralement trois par jour dans chaque sens). Souvent, ce nombre augmente avec la recette et si l’administration en exige davantage, elle doit payer.
- Fin 1908, il y avait : chemins de fer d’intérêt général, 40 121 kilomètres; chemins de fer d’intérêt local et tramways : avec service de petite vitesse, i3 3oo kilomètres; sans service de petite vitesse, 2 55o kilomètres ; soit un total de 15 85o kilomètres.
- Il y a cinq ans, le revenu moyen était de 1 % et le déficit annuel pour l’Etat dans ses subventions, de 7 millions.
- Il y a une centaine de compagnies concessionnaires, mais beaucoup de compagnies spéciales sont, en réalité, des filiales d’un même groupe financier et fort peu ont un caractère vraiment local.
- Tout récemment, on a concédé un chemin de
- fer d’intérêt local de Sedan à la frontière belge où il se soude à notre ligne vicinale vers Bouil-, Ion.
- La concession a été donnée parle département des Ardennes; celui-ci a effectue, à scs frais, les travaux d’infrastructure et confié à la compagnie concessionnaire les travaux de superstructure, dont le coût a été remboursé immédiatement à cette compagnie à concurrence des trois quarts, le dernier quart devant rester dans les caisses du département à titre de garantie d’exploitation.
- Les ressources nécessaires au paiement des dépenses engagées sont couvertes par une subvention des communes s’élevant à 6000 francs par kilomètre ; pour le surplus, le département a contracté un emprunt remboursable par annuités.
- D’autre part, l’Etat accorde au département, et pendant la durée de l’emprunt, des subventions annuelles correspondant sensiblement à la moitié des annuités à payer par le département et les communes. s
- Un nouveau projet de loi relatif aux chemins de fer d’intérêt local a été déposé par le gouver-ment français en 1908.
- D’après G. de Ruulet.
- VARIÉTÉS
- Quelques centrales américaines (*),
- Usine de la General Electric C° à Schenectady.
- La General Electric G0, cette fÔrmidable entreprise qui possède actuellement les trois grandes usines de Schenectady, Pittsiield, Lynn, plus une série d’usines de moindre importance, et qui emploie une trentaine de milliers d’ouvriers dans ses ateliers, fut fondée en 189a par la fusion de l’Edison General Electric C°, la Thomson Houston Electric C° et la Thomson Houston International G0.
- Les progrès furent rapides depuis la construction, en 1887, à Richmond, par la Thomson Houston G0, du premier tramway électrique aux Etats-Unis et
- (') Extrait du Bulletin de l’Association des Ingénieurs électriciens sortis de l’Institut Electrique Monte flore, tome X, 3e série, 1910.
- l’introduction, en 1889, du caniveau et des balais de charbon. La puissance des générateurs sortant de ces grandes usines est montée de deux à trois cents chevaux à xoooo et 16000 chevaux. En 1882, le nombre total des lampes à incandescence fabriquées aux Etats-Unis était de 100000; en 1903, les usines de Harrison seules, appartenant à la General Electric, en lançaient plus de 28 millions sur le marché !
- Les plus grands ateliers de la General Electric G0 se trouvent à Schenectady, dans l’Etat de New-York, à 3o kilomètres environ d’Albany, la capitale de l’Etat. Ils couvrent une superficie totale de 55 hectares, la superficie des bâtiments seule étant de 36 hectares, et i3ooo à i5ooo ouvriers y sont employés (fig. 1).
- A gauche de l’entrée, à laquelle aboutissent des lignes de tramways rayonnant dans toutes les lirec-tions jusqu’à Troy et Albany, situés à 3o kilomètres
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- environ, se dresse un imposant bâtiment de cinq étages, contenant les bureaux des ingénieurs et du personnel dirigeant, le déparlement commercial, le département des brevets, les salles de réunions et de conférences. Pour donner une idée de l’importance de ces services, disons que la superficie des bureaux contenus dans ce bâtiment est de 8900 mètres carrés et qu’un second bâtiment, plus petit, en contient 2 600.
- Trois cents dessinateurs occupent les salles de dessin, à Schenectady, exécutant plus de 200 000 planches par an. Ces dessins sont ensuite portés sur de petits chariots à circulation continue jusqu’à la
- dans l'usine, ainsi que d’essais sur les matières premières et particulièrement les métaux. Une machine pouvant donner un effort de 100 tonnes sert aux essais à l’extension. C’est là également que s’opèrent les recherches particulières, qui ont beaucoup porté ces derniers temps sur les lampes à filaments métalliques et ont abouti au tréfilage du tungstène.
- Le département des tableaux de distribution et des projecteurs se trouve tout à côté. Il y a i5 ans, iloccupait 20 à 3o hommes. Aujourd’hui, 1 000 ouvriers y travaillent.
- Comme exemple de grands tableaux construits à
- salle de fabrication des bleus,t où on les copie à la lumière d’arcs à mercure. Plus d’un million de copies en sortent annuellement.
- Inutile de dire que toutes ces salles sont munies des installations les plus perfectionnées, et que les manipulations à faire subir aux bleus sont automatiques ainsi que leur lavage. Un reçu est réclamé pour chaque calque délivré.
- A-côté des bâtiments de la direction se trouvent les laboratoires de recherches et de précision, où des ingénieurs et des chimistes s’occupent de l’étalonnage de tous les appareils de mesure en service
- Schenectady, on peut citer les tableaux de l’Inter-borough Rapid Transit C° de New-York, pour le' chemin de fer aérien et le Métropolitain. Le courant fourni par neuf générateurs de 5 000 kilowatts à 10 000 volts est mesuré et distribué parles différents panneaux du tableau principal à 40 feeders, qui vont aboutir aux convertisseurs rotatifs des sous-stations.
- Les appareils à haute tension ont pris, dans ces dernières années, uite place prépondérante. Les interrupteurs à huile pour tensions de 3o 000 à 100000 volts sont entourés d’une caisse de bois et leurs
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- couvercles sont traversés par des isolateurs à rainures, de dimension très considérable dans le cas dunoooo volts, en porcelaine et alliage isolant d’amiante, que l’on nomme alliage compound. Cet alliage compound est fabriqué dans un bâtiment spécial, à côté de la porcelainerie, qui renferme les malaxeurs, pour mélanger les matières constitutives, et les presses moulant des isolateurs de différentes formes et différentes tailles.
- Un appareil que l’on construit beaucoup dans le département des tableaux de distributions est le régulateur Tyrill.
- La General Electric a, tout récemment, remanié toutes ses plates formes d’essais et y a installé des tableaux de distribution très pratiques et de maniement beaucoup plus commode que les distributions souvent primitives des autres usines. Ces tableaux comprennent deux parties : l’une ayant des prises de courant à différents voltages, 25o, 5oo volts, ou bien encore le neutre : la seconde a des prises de courant en relation avec les différents points du plancher, tout à côté des machines. Grâce à de simples broches, on amène ainsi, contre la machine à essayer, le courant désiré.
- Le personnel d’essai se compose de jeunes gens diplômés, de 18 à 24 ans, de toutes nationalités, qui passent deux ans aux essais, recevant un salaire de 70 francs par semaine et travaillant 10 heures par jour, avant d’entrer comme ingénieurs soit aux usines, soit dans l’une des nombreuses filiales de la General Electric G0.
- Nous arrivons ensuite à l’usinage des grosses dynamos et au compartiment des collecteurs. Remarquons ici que le mica qui sépare les lames des collecteurs, spécialement pour moteurs de traction, est rodé, laissant entre les lames consécutives des intervalles qui ne gênent en rien la commutation. Cette particularité de construction a été amenée par l’usure plus rapide du cuivre que du mica.
- Le dernier bâtiment, tout neuf et très moderne, des usines de Schenectady, est réservé aux petites pièces confectionnées en grande série, par de nombreuses ouvrières. La machine servant à fabriquer des culots de lampes produit 3 600 culots à l’heure et se trouve sous la conduite d’un gamin de 14 ans.
- Signalons enfin un poste de pompiers très important situé au centre de l’usine et les restaurants où, moyennant un prix modique, les ouvriers peuvent absorber un repas substantiel pendant la demi-heure de repos, entre midi et midi et demi. C'est un spectacle curieux de les voir se presser tous, à cette
- heure, autour des comptoirs où Tes bonnes à vêtements blancs leur servent une nourriture bien gagnée, puis, au sonde la cloche, se disséminer rapidement dans l’usine, qu’ils quitteront à cinq heures, et demie, après 10 heures de travail. (’).
- Usines de la Westinghouse Electric and
- Manufacluring Company à East Pittsbourg.
- C’est en 1886 que s’établit, â Pittsbourg même, la Westinghouse ElectricandManufacturing C°, quiem-ployait alors 200 ouvriers. En 1894, l’usine fut transportée à East Pittsbourg et couvrit une superficie de 4,8 hectares, employant 3000 personnes. D’année en année, elle s’agrandit et, aujourd’hui, elle occupe 10,6 hectares et possède un personnel de 2 5oo ingénieurs et employés, 2 000 ouvrières et 10000 ouvriers (fig. 2). La production mensuelle a une valeur dépassant r5 millions de francs et comprend les appareils électriques de tous types : générateurs de 1 à 20000 chevaux, moteurs de 1/12 à 10 000 chevaux, transformateurs de 10 watts à 10 000 kilowatts, locomotives-électriques, tableaux de distribution, turbines Parsons-Westinghouse, freins à air comprimé, condenseurs Leblanc (fig. 3), etc.
- Le premier département visité est le petit bobinage où des femmes, pour la plupart, bobinent de fil fin les petites armatures, les relais et les transformateurs de faible capacité. Une faible partie de ce travail seulement s’effectue mécaniquement, grâce à l’aide de tours spéciaux, qui reproduisent le même type de bobines. Le gros bobinage, où travaillent des ouvriers, possède plusieurs machines électriques à souder pour soudure autogène du cuivre. Les départements suivants isolent et réunissent les bobines terminées qui passent ensuite aux séchoirs. Les bobines sont couvertes automatiquement de leurs isolants. Une importante équipe d’ouvrières
- (')Une particularité qui prouve combien l’on arrive êt simplifier les rouages des grandes usines américaines, est le dispositif en vigueur à Schenectady pour assurer la paye hebdomadaire qui s’élève à i 200 000 francs.
- Les salaires de la semaine précédente sont répartis, chaque vendredi soir, dans des enveloppes correspondant chacune à l’un des i3 000 salariés. Ces enveloppes sont distribuées dans les différents bâtiments de l’usine et les ouvriers défilent ensuite devant des bureaux provisoires établis dans les locaux mêmes qu’ils fréquentent et, sur simple présentation de leur carte, reçoivent la somme à laquelle ils ont droit. ________
- La répartition de tout cct argent s’effectue ainsi, en. moins d’une demi-heure, sans heurt et sans bousculade.
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- fabriquent la rnicanite avec des fragments de mica. Certaines bobines de champ sont isolées à l’asbeste, ce qui les rend incombustibles.
- Au rez-de-chaussée se trouve le plancher d'essais des turbo-généraleurs, ainsi que le bobinage des grosses unités, tant continues qu’alternatives, et des commutatrices. Non loin de là, nous rencontrons une machine pour souder les grosses pièces de fonte, livrées par morceaux. On emploie à cet usage un courant alternatif de 70 volts et de 200 à 5oo ampères.
- Le département des locomotives électriques est en ce moment très occupé, car, outre les nouvelles locomotives pour le New-York, New-Haven et Hartford Railroad, qu’a électrifié la Westinghouse, on cons-
- à pôles de commutation, à raison d’un moteur de 2 000 chevaux par unité.
- Nous arrivons dans le compartiment des transformateurs. La Westinghouse tend à abandonner, pour le triphasé, l’usage d’un transformateur par phase, se basant sur le poids et le coût moindre, l’efficacité plus grande et l’installation plus simple si l’on emploie un seul transformateur, qui ne donne plus lieu, par suite de perfectionnements dans la construction, aux troubles de service et aux réparations coûteuses résultant du dérangement de l’appareil.
- La dernière nouveauté, appelée à un très grand succès, est le condenseur rolatif Leblanc (’).
- Depuis sa mise en vente, qui ne date que d’un an
- Fig.
- truit en ce moment à Pittsbourg les locomotives qui serviront au passage sous la ville de New-York et sous le fleuve Hudson des trains du chemin de fer de Pensylvanie. Cette dernière électrification est nécessitée par la nouvelle gare terminus de la trente-troisième rue, située en plein centre de New-York. Ces locomotives, qui ont 19, 5 mètres de long et pèsent i5o tonnes, peuvent imprimer une vitesse de 144 kilomètres à l’heure à un train de fioo tonnes. Chaèune d’elles est composée de deux unités de 2 000 chevaux, soit 4 000 chevaux par locomotive, le courant de 600 volts continus actionnant les moteurs
- environ, la société Westinghouse en a installé aux Etats-Unis plus de 60, qui condensent la vapeur de turbines représentant une puissance totale de 75 000 chevaux.
- USINES ELECTROCHIMIQUES DE NIAGARA FALLS
- Les usines électrochimiques se sont établies, très nombreuses depuis ces dernières années, aux environs des chutes du Niagara, qui leur fournissent à bas prix l’énergie considérable qu’elles réclament. (*)
- (*) Lumière Electrique, tome XI, p. 67 et 99.
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- La production d’aluminium s’est surtout développée on cet endroit, mais les divulgations faites il y a quelques années par un Européen sur les procédés en usage ont fermé les usines qui produisaient ce métal à tout étranger.
- L’A tcheson graphite Company exploite lés procédés de M. Atcheson, l’un des plus célèbres électrométallurgistes américains, pour la fabrication du graphite. Dans le four Atcheson, la charge répartie suivant un demi-cylindre entre deux électrodes de carbone constitue elle-même la résistance. Pour rendre la charge plus consistante, on la compose de barres de carbone avec interposition, dans 1er interstices, de carbone pulvérulent. L( courant alternatif reçu à l’usine est à 2 200 volts, que des transformateurs statiques ramènent à 110 volts, utilisés directement dans les fours. Les barres secondaires sont prévues pour une intensité de 12000 ampères.
- Pendant toute la durée de l’opération, de l’oxyde de carbone brûle autour de la charge. Pour faciliter sa sortie, on aménage dans celle-ci des ouvertures circulaires.
- La masse finale du graphite estentourée d’une couche de carbure de silicium. Le graphite est broyé et aggloméré ensuite, suivant les différents usages auxquels ou le destine.
- La Carborundum Company. — Le carborundum est du carbure de silicium, matière très dure qui sert à la confection de meules, de polisseuses, d’outils de dentiste et de papier à polir. Les matières premières qui entrent dans sa fabrication sont le coke et le sable. C’est pourquoi, à côté des fours à carborundum, la Carborundum Company a installé des fours à électrodes pour l’obtention de silice pure.
- Les fours à carborundum sontdu type Fig
- Atcheson, décrit précédemment. La niasse obtenue après traitement, qui affecte une forme cristalline du plus bel aspect, est broyée, moulée.’el recuite ensuite dans des fours ordinaires. La Carborundum Company possède plusieurs machines pour la fabrication automatique du papier que l’on saupoudre de carborundum.
- La Norton Company % — La Norton Company
- fabrique l’alumdum qui sert ami mômes usages que le carborundum. Les matières premières formées de minerais aluminiques sont d’abord calcinées dans un four rotatif, broyées ensuite et passées au four électrique à électrodes. La différence de potentiel, réglée par dispositif automatique, suivant la résistance que présente la charge, est de no volts continus. Les
- 3. — Turbine à vapeur avec condenseur Leblanc, électrodes sont au nombre de deux et les fours sont refroidis par jets d’eau.
- La masse obtenue au sortir du four est compacte. On la transporte à Worcester, dans l’Etat de Massachussets, où l’on pratique le broyage, le moulage etla cuisson qui la transforment en meules et polisseuses.
- André Gérard.
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- Quelques laboratoires américains.
- Une récente communication de M. F. Laporte a la Société Internationale des Electriciens (') vient compléter d‘unc manière opportune les aperçus précédents en nous montrant comment aux Etats-Unis le laboratoire est l’auxiliaire fidèle de l’industrie et se développe à ses côtés
- M.Laporte faisait partie de la commission internationale européene désignée pour étudier particulièrement les conditions expérimentales à recommander pour l’emploi du voltamètre à argent et la
- tional (Bureau of Standards) de Washington, les Electrical Tesling Laboratories de New-York et de plus, certains laboratoires industriels faisant partie d’usines.
- C’est le Bureau of Standards, un des principaux pionniers de l’introduction du système métrique en Amérique, qui retint surtout les visiteurs européens. Situé au nord-ouest de Washington sur le sommet d’une colline boisée, il comprend quatre bâtiments occupant les trois côtés d’un rectangle dont le quatrième est destiné à un dernier bâtiment. Tous les sacrifices nécessaires ont été faits en vue d’avoir une
- Fig. 4. — Aux Etats-Unis : Pont à interrupteurs sur une voie ferrée.
- construction des éléments étalons, et surtout pour fixer, avec une plus grande précision, la valeur de la force électromotrice de l’élément Weston en fonction de l’ohm et de l’ampère.
- Quatre grandes sociétés techniques américaines couvrirent généreusement les frais de ce voyage : les Américains ont tenu à prouver aux représentants de l’Europe qu’ils ne sont pas moins passionnés d’exactitude scientifique que préoccupés de spéculations industrielles ; en outre le plus cordial accueil fut fait aux délégués.
- Lqs laboratoires visités furent le Laboratoire Na-
- installation répondant aux multiples désiderata delà laborieuse expérimentation moderne :murs épais, cloisons doubles, vaste système de canalisation, de chauffage et de ventilation, d’eau froide et d’eau chaude, de gaz et d’air comprimé, sans parler des canalisations électriques.
- Dans le bâtiment principal se trouvent les laboratoires d’essais de résistance électrique, des unités absolues, de chimie, d’optique, de métrologie, l’administration, la bibliothèque une salle de conférences. C’est dans cet édifice que se trouvaient les deux salles réservées aux travaux des délégués étrangers. Un autre-bâtiment récemment achevé est destiné aux machines pour mesures mécaniques
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- parmi lesquelles il faut surtout noter les essais relatifs à la résistance du papier. La presque totalité des produits fabriqués par l’industrie, depuis le ciment jusqu’aux étoffes, font l’objet d’une installation spéciale.
- Dans le bâtiment de la force motrice et de la mécanique se trouve un ensemble très intéressant d’alternateurs. La première de ces machines donne une force électromotrice aussi exactement sinusoïdale que possible. Les autres machines dont les induits sont montés sur le même arbre avec la première donnent respectivement toute la série d’harmoniques depuis l’harmonique 3 jusqu’à l’harmonique 17.
- Dans le même bâtiment se fait la vérification et l’étalonnage des appareils à courant continu, les recherches magnétiques et celles de courants alternatifs, les études photométriques. M. Laporte ne manque pas de signaler dans sa conférence les instruments de haut intérêt qu’il a vu fonctionner et souligne entre autres, la méthode employée en Amérique pour éliminer les inconvénients de l’orientation des lampes devant le photomètre, méthode consistant à imprimer aux lampes un mouvement de rotation autour de leur axe à raison de 200 tours par minute.
- On a eu en général en vue dans le choix des procédés une exécution rapide et pratique, n’otant cependant rien à l’exactitude des observations.
- Il en est de même des mesures de résistance faites toujours au moyen d’appareils plongés entièrement dans du pétrole. Quant à l’électrodynamomètre absolu qui sert actuellement aux mesures de force électromotrice, il est logé dans une chambre à part et rappelle l’installation analogue du Laboratoire Central d’Electricité sauf que le modèle adopté est simple et non pas double.
- Le personnel technique, administratif et des machines s’élève à trente-six personnes.
- La comparaison du budget accordé au bureau avec les budgets des institutions correspondantes de l’Europe témoigne de la générosité du gouvernement américain. La subvention a atteint pour l’exercice 1900-19x1 la somme de 1 a5o 000 francs.
- Une autre comparaison avec le Laboratoire Central d’Electricité, celle 'des prix et des tarifs, ainsi que du nombre d’essais effectués est également intéressante.
- Durant l’année 1910 les deux sections : Electricité et Photométrie ont procédé à 4 389 essais d’une valeur totale de 36 270.50 francs, le nombre d’essais effectués au Laboratoire Central d’Electricité étant
- pour la même année de 1 170, ce qui représente la somme de 59 000 francs.
- Le Bureau of Standards publie un Bulletin auquel collabore le personnel de l’établissement ainsi que des circulaires expliquant aux industriels les meilleurs procédés d’expérimentation ainsique la marche à suivre.
- Le Laboratoire d'essais industriels (Electrical Testing Laboratories) de New-York ne s’occupe que de questions industrielles et particulièrement des essais électriques et photométriques. Dans la section électrique l’appareillage très nombreux et très précis comprend, entre autres, un système très intéressant de mésure du rapport de transformation basé sur l’emploi d’une méthode d’opposition de différences de potentiel instantanées aux bornes de résistances connues.
- Une grande attention a été portée au bon isolement des canalisations; ainsi par exemple, l’air extérieur vient en contact avec des surfaces métalliques refi-oidies artificiellement et y dépose son humidité (abondante en été) ; ensuite il est réchauffé et alors seulement pénètre dans le laboratoire. La section de photométrie s’occupe principalement de la vérification des clauses des marchés passés enti’e les grands consommateurs de lampes et les fournisseurs. Les usines importantes ont en permanence un agent du laboratoire détaché auprès d’elles. Dans le laboratoire lui-même ne se font que les essais de durée.
- En comparaison avec le Laboratoire central, l’établissement en question présente des statistiques très analogues tant au point de vue du nombre des appareils expérimentés qu’à celui des prix en géné-ral. Cependant par rapport à ceux des deux laboratoires mentionnés certains essais du Laboratoire central d’Electricité sont considérablement meilleur marché, comme par exemple les mesures des ampèremètres. En ce qui concerne les compteurs, les plus bas prix sont ceux du Bureau of Standards suivis de près par ceux du Laboratoire central et singulièrement distancés par ceux de l’Electrical Testing. Les essais de hautes tensions sont plus coûteux chez nous ; c’est le contraire pour les essais photométriques des lampes à arc.
- Les laboratoires industriels privés de la General Electric Cy à Schenectady et principalement celui des recherches s’occupent particulièrement des lampes à filament métallique. M. Laporte a remporté de sa visite à ces établissements l’impression d’une certaine exiguïté dans l’installation mais en même temps aussi d’une activité exemplaire. Les bâtiments
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- sont en bois malgré la présence des fours électriques donnant des températures allant jusqu’à i ooo à 3 ooo0. Quant au laboratoire de photométrie industrielle de la même compagnie, il vient seulement d’être aménagé. Parmi les instruments ingénieux, à signaler un de ceux qui servent à l’étude de la répartition lumineuse des lampes à arc et dans lequel le photomètre avec l’observateur tournent autour de la lampe fixe.
- Enfin, le laboratoire de la National Electric Lamp Association à Cleveland, qui poursuit également l’amélioration de la lampe, comprend en plus du laboratoire de physique,les sections : industrielles, de recherches, et commerciale.
- Dans le laboratoire de physique, on a récemment entrepris des recherches sur l’acuité visuelle dans différentes conditions d’éclairement et dans le cas où l’œil est gêné par la présence d’une source lumineuse ; l’échelle à divers caractères est remplacée par un champ formé de raies de diffraction dont on fait varier soudain l’orientation afin d'éliminer les effets d’autosuggestion et d’accoutumance.
- La section industrielle de ce laboratoire construit des lampes et cela dans de grandes proportions : la
- production atteint les 5oo lampes au tungstène par jour. Toute la fabrication s’y fait mécaniquement : l’ouvrier n’a qu’a introduire le filament dans une pince. Les machines qui sont annexées aux lampes à livrer sont construites dans un atelier connexe. Les essais sont effectués avec une activité digne d’être notée : vingt mille lampes passent chaque mois devant le photomètre, vingt cinq mille subissent chaque année l’épreuve de durée.
- La section commerciale s’occupe des différentes publications parmi lesquelles à signaler le bulletin périodique relatif aux lampes, très apprécié par les ingénieurs.
- L’association possède une salle de conférence et un laboratoire pour l’enseignement, de nombreux élèves venant y suivre les cours et se familiariser avec le photomètre.
- M. Laporte a terminé sa conférence par une énumération rapide des autres distributions de moindre importance qu’il a eu l’occasion de visiter.
- Mais nous ne pouvons ici que nous borner à donner un rapide aperçu de sa très intéressante conférence que nous ne saurions trop engager à lire dans son texte intégral. Th. S.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction,
- Formulaire de l’Électricien et du mécanicien de É.Hospitalier. (Vingt-cinquièmeédition, 1911), par G. Roux. — 1 volume in-16 de xii-i. 261 pages. — Masson et C1h, éditeurs, Paris. — Prix : cartonné toile, 10 francs.
- Le formulaire d’Hospitalier est un livre trop bien connu pour être présenté dans tous ses détails. Nous nous bornerons donc à indiquer en quoi celte a5e édition diffère des précédentes :
- Les principales additions par rapport à l’année 1910 concernent: le chapitre des moteurs thermiques (où d’anciens tableaux ont fait place aux données les plus récentes sur les puissances et les consommations des moteurs à essence et à alcool carburé appliqués en aviation, sur les barques de pêche et à la traction des poids lourds); celui des transformateurs et des convertisseurs qui a été remanié; celui des lampes à arc (complété par les résultats des essais sur les arcs à électrodes de mercure, d’oxydes métalliques, de tungstène etc.) ; des lampes à incandescence (étudiées au point de vue mathématique
- aussi bien qu’au point de vue pratique); de la Juris-jmidence enfin (complété par tous les arrêtés, décrets, circulaires et cahiers des charges qui ont paru pendant l’année 1910).
- Nul doute que l’accueil fait à cette nouvelle édition ne soit conforme à une tradition aujourd’hui bien établie. M. G,
- L’Électricité en 20 Leçons, par Jï. de Graf-flfifoy. — 1 volume in-8 carré de;.r?8 pages, • avec 67 figures. —P. Paclot, éditeur, Paris.----Prix : bro-
- ché, i franc.
- L’auteur donne des explications d’un caractère très accessible sur les phénomènes essentiels de l’électrostatique, de l’électromagnétisme, de l’électrodynamique et leurs applications industrielles pour l’éclairage, les transports de force, la télégraphie avec et sans fil, la téléphonie, l’électrochimie, etc.
- Nullement destiné à l’instruction de spécialistes, mais bien à l’initiation de la masse du public, ce petit livre est naturellement d’une allure très simple et très élémentaire. S. F.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- L’assemblée de la Société Française des Câbles électriques Berthoud Borel et Cie a approuvé, le 28 mars dernier, la répartition d’un dividende de 80 francs égal au précédent. Les résultats de l’exer-. cice ne se présentaient pas d’une manière aussi brillante que l’année précédente, mais ils sont encore des plus satisfaisants, car beaucoup de sociétés se contenteraient, pour leur capital, d’un rapport net de 19,08 % . Comme d’usage, les constructions neuves de l’exercice et le nouvel outillage ont été passés par profits et pertes : de ce fait, le poste bâtiment, matériel et fonds de commerce, qui figure à l’actif pour 2256819 fr. i3, a sa contre-partie au compte du passif amortissements pour la même valeur, La réserve statutaire a augmenté de 12 236 fr., prélèvement de l’exercice précédent; la réserve pour entretien de câbles est passée de 97 64/, francs à 113 681 francs; la réserve extraordinaire s’accroît de 40 000 francs prélevés sur lesvbénéfices avant toute répartition. Le compte obligations première série qui figurait en 1909 pour 400 5oo francs a disparu par suite du remboursement et les créanciers divers ont diminué d’une année à l’autre de près de 5o % ; on constate aussi qu’à l’actif un compte de reports qui existait au 3i décembre 1909 pour 495 601 fr. a disparu du bilan en 1910, précisément par suite de son affectation au remboursement des obligations et créances diverses. Inutile d’insister sur l’aisance de la trésorerie : tous créanciers déduits, les valeurs disponibles et réalisables représentent plus que le double du capital; et la valeur que la dernière bourse a assignée au titre : soit 1 900 fr., est loin de correspondre à sa valeur intrinsèque. Le cours est plutôt basé sur le revenu qui 11e ressort guère, impôts déduits, qu’à 3,80 % ; mais on peut espérer que le Conseil sera plus large dans l’avenir.
- Les incidents, tout récents, qui viennent de se produire entre les compagnies de chemins de fer elle ministre des Travaux publics remettent à l’ordre du jour la question de l’intervention de l’Etat dans les questions de réglementation du travail et participation aux bénéfices.
- L’Etat se prétend le droit d’obliger des industriels
- avec lesquels il a des contrats d’une certaine forme, à employer les ouvriers qu’il lui plaît de leur imposer : peu lui importe les résultats de cette intervention sur la marche industrielle et financière de l’affaire : c’est le sic s>olo, sic jubeo du tyran qui ne souffre pas de résistance. Il prétend, en outre, ne plus accorder de concessions qu’il n’intervienne une clause de participation aux bénéfices soit de lui-même, soit des ouvriers.
- Dans une réunion officielle d’électriciens, notre actuel ministre des Travaux publics s’est fait le porte-parole de ces idées, quand il a fait allusion aux concessions de distribution d’énergie, corrélatives de concessions de droits d’eau; à la commission des mines, d’accord avec son collègue du travail, il a demandé d’insérer dans la nouvelle loi sur le régime des mines une disposition qui permettrait à l’Etat d’imposer aux nouveaux concessionnaires des clauses relatives aux conditions du travail ; l’Etat participerait aux bénéfices de l’exploitation et serait représenté par des délégués dans les conseils d’administration des compagnies concessionnaires. On prête , d’autre part, au gouvernement, l’intention de faire soumettre à son agrément, la nomination des administrateurs des compagnies de chemins de fer ! Il vaudrait mieux, dans ces conditions, que l’Etat prît de suite possession de toutes ces industries pour substituer sa volonté à celle des actionnaires.
- A propos de la participation aux bénéfices, soulignons dans le rapport du conseil des Omnibus et Tramways de Lyon, à l’assemblée des actionnaires du 22 avril, le très important passage que voici : « Les dépenses ont progressé dans une proportion « moindre que les recettes et le coefficient d’exploi-« tation qui était de 70,3i en 1900 est seulement « de 57,52 en 1911. II en résulte que malgré les « très importantes améliorations que nous avons « apportées à notre matériel et l’extension que nous « ne cessons de donner aux horaires, toutes choses « qui se traduisent par des dépenses supplémen-« taires, nous avons retrouvé, dans un excédent de « recettes, la juste compensation de nos efforts. « Nous vous entretenions l’an dernier du contrat de
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- « travail et de participation aux bénéfices accordés à « tous nos agents titulaires. Le peu de durée de fonc-« tionnement de ce contrat ne nous avait pas permis « alors de juger suffisamment de ses conséquences « pratiques. Aujourd’hui, nous pouvons dire qu’il a « répondu à toutes nos espérances. Les agents de « notre compagnie sont bien à présent de véritables « associés que votre direction dans toutes les circon-« stances ne manque pas de traiter comme tels. La « discipline indispensable à toutes les entreprises y a « gagné, parce que tout le monde est bien convaincu « qu’elle s’exerce avec bienveillance, sans arrière-« pensée, etdansle seul intérêt de l’œuvre commune. « En 1909, cette participation ouvrière avait produit « une somme de 65 636 francs pour les huit derniers <è mois de l’année, somme inférieure de 14 3i3 francs « au minimum de 80 000 francs garanti par le con-« trat. En 1910, cette participation a donné pour « l’année entière une somme de 138 113 francs, supé-« rieure de 18 n3 francs à sa valeur forfaitaire. Ce « supplément va être mis à la disposition des ayants-« droit dans la forme prévue au contrat. »
- Un pareil optimisme pourrait surprendre s’il n’était appuyé sur des chiffres. Gomment est calculée cette participation? Sur la base du bénéfice réalisé en 1908 par kilomètre-voiture: il était à cette date deofr.2086. En 1910, il est passé à o fr. 2238, soit une augmentation de o fr. 0152 par kilomètre-voiture bien que les dépenses, correspondant spécialement au personnel, aient augmentées. Pour les 18 104077 kilo-mètres-voitures effectués au cours de 1910, le supplément de bénéfice total est de 276 226 francs qui, aux termes de la convention,doit aller pour moitié au personnel. Du montant du bénéfice brut d’exploitation, on déduira d’abord ce qui revient au personnel supérieur à titre de gratifications, allocations, puis la somme de i38n3 francs pour la participation ouvrière et le bénéfice d’exploitation se trouve ramené à sa valeur réelle soit pour l’exercice 1910 à 3 834 677 francs. Avant d’avoir le bénéfice net, il faudra déduire encore les charges financières : intérêts des obligations, intérêts en compte courant, dépréciation et amortissements divers, et le bénéfice net de 1910 devient 2 45o o44 francs pour un capital à rémunérer de 16 666 5oo francs. De la répartition votée, il résulte que les actions au nominal de 25o fr. entièrement libérées reçoivent brut 26 fr. 5o, soit 10,60 % : au cours actuel de 65o francs, c’est un rfevenu brut de 4,07 % . L’augmentation du dividende de o fr. 5o seulement par rapport à l’exercice précédent a été peu goûtée de certains actionnaires
- qui ont pensé tout haut qu’il valait mieuxnepas distri-buerofr.5ode plus, si le conseil estimait qu’il ne pouvait répartir au moins quelques francs supplémentaires. Aussi l’Assemblée s’est rattrapée en votant, malgré son président, l’octroi de cinq tickets de circulation à chaque action présente ou représentée, ce qui constitue, pour les actionnaires présents, une augmentation déguisée du dividende. Le développement des O. T. L. est continu et très progressif.
- La Société Grenobloise de Force et Lumière lui fournit maintenant 3 000 kilowatts de puissance, tan dis que la Société des Forces motrices du Rhône, à cause du développement de sa clientèle, a dû suspendre, au cours de cet hiver, certains jours ou à certaines heures, la fourniture du courant. L’accroissement du trafic de la ligne de Montluel, dont l’exploitation se fait en courant monophasé, oblige le renforcement de la sous-station de transformation. Enfin, la fusion de l’O. T. L. avec le Fourvière-Ouest-Lyon-nais est à présent chose faite, et le bilan en reflète, pour la première fois, les conséquences, qui ne sont point défavorables à l’ensemble de l’affaire.
- Le marché du cuivre est toujours terne en Amérique et en Europe. Le Standard a fini la semaine au cours de 54.2.6 £; depuis deux ans, nous ne voyons que la baisse, favorable d’ailleurs à l’extension des applications de l’électricité et nous assistons à la confusion des intéressés qui nous avaient prédit des cours de 100 £! Les statistiques européennes accusent une réduction importante des stocks d’avril 1910 à avril 1911. Mais les statistiques américaines ne cessent d’enregistrer des plus-values, malgré le ralentissement de la production.
- D’uné correspondance adressée à la Vie Financière, nous pouvons conclure que la situation aux Etats-Unis, donnée il y a quelques mois comme meilleure, semble au contraire devenir moins satisfaisante et marquer le début d’une nouvelle crise industrielle. Le marché financier et le marché industriel sont dans l’attente de la décision de la Cour suprême concernant les trusts du pétrole, du tabac et de l’électricité; puis l’opinion publique attend les votes du Congrès au cours de la session extraordinaire actuelle quant aux modifications à apportera la législation douanière. La tendance serait dans le sens d’une diminution des droits qui varierait pour les textiles de 20 à 40 % • Enfin, la reprise industrielle n’a eu qu’un moment et la réduction du dividende de sociétés importantes en même temps que la diminution des recettes des chemins de fer sont
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- des symptômes caractéristiques d’un état peu satisfaisant.
- En Allemagne, par contre, l’animation règne au marché des valeurs sidérurgiques, houillères et électriques. L’action du chemin de fer électrique aérien et souterrain de Berlin est en hausse à 136 marks; l’action A. E. G. est plus hésitante en raison d’une grève d’une partie de ses ouvriers; mais l’action
- Bergmann, malgré la réduction du dividende, a haussé au comptant de près de i3 % sur les déclarations faites à l’Assemblée. L’action Schuckert est également très en faveur, grâce aux prévisions de fournitures que lui procureront les grands projets d’électrification des chemins de fer en Bavière.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Loir-et-Cher. — Le département est autorisé à emprunter une somme de 161 5ao francs applicable aux frais d’établissement du réseau de tramways déclaré d’utilité publique par décret du 3i octobre 1910.
- Gironde. — 11 est question d’établir une nouvelle ligne de tramways électriques entre Bordeaux et Bègles.
- ÉCLAIRAGE
- Aisne. — La Société Electrique du Nord, dont le siège est à Lens, va installer à Beautor une usine centrale, dont lacréation serait la conséquence de l’ouverture prochaine des ateliers de la maison Japy. Ces ateliers ayant besoin de 2000 chevaux de force, la Société Electrique du Nord créerait une usine centrale à Beautor qui fournirait de plus l’énergie électrique à la ville de Saint-Quentin.
- Le Conseil municipal a accepté le traité par lequel l’usine sera établie soità Beautor, soit entre Beautor et Mézières-sur-Oise.
- Doubs. —On projette l’établissement d’une usine électrique à Fourges pour fournir l’éclairage et la force motrice aux industriels de la région.
- Loire. — Une enquête est ouverte à Saint-Chamond au sujet de la proposition de distribution d’énergie électrique formulée par la Société d’Electricité de Saint-Cha-monà.
- Manche. — Le Conseil municipal d’Avranchcs a renvoyé à la commission d’éclairage le projet d’installation de l’électricité qui lui avait été soumis.
- Meuse. — L’énergie électrique de Meuse et Marne a été constituée à Saint-Dizier au capital de 1 200 000 fr. dans le but d’établir une station centrale à Saint-Dizier pour électrifier les régions de la Meuse et de la Marne. Cette Société se constitue avec le concours technique de la Compagnie Générale d’Electricité. Le réseau de Saint-Dizier sera relié au réseau de la Compagnie Lorraine d’Electricité de Nancy.
- Seine-et-Marne. — La municipalité de Verdelot a décidé la mise à l’étude d’un projet d’éclairage électrique.
- Tarn. — Le Conseil municipal de Gaillac, dans sa dernière séance, a définitivement volé le traité d’éclairage électrique.
- Vendée. —Une enquête d’utilité publique est ouverte à la Roche-sur-Yon au sujet de la proposition de la Compagnie du Gaz d’installer l’éclairage électrique.
- TÉLÉPHONIE
- Rapport, décret et arrêté du ministre des Travaux publics relatifs aux postes téléphoniques.
- Rapport.
- Aux termes du décret du 7 mai 1901, régissant le service téléphonique, il peut être concédé par abonnement : d’une part, des postes dits principaux reliés directement au bureau central téléphonique de la localité; d’autre part, des postes dits supplémentaires rattachés à un poste principal.
- Les règlements prévoient une taxe d’abonnement s’appliquant uniformément à chaque poste supplémentaire quel que soit le nombre des postes de cette catégorie, entrant dans une même installation.
- Ce tarif devient prohibitif pour les installations importantes, et les grands établissements financiers, industriels et commerciaux, ainsi que les hôtels hésitent à souscrire le nombre de postes dè l’espèce qui seraient nécessaires aux besoins de leur activité.
- Il eu résulte que les postes supplémentaires n’ont pas pris le développement qu’ils auraient dû normalement atteindre.
- Il nous a paru qu’il serait possible de remédier à cette situation qui constitue un préjudice pour la clientèle téléphonique et pour le Trésor lui-même en adoptant un tarit dégressif pour les abonnements supplémentaires d’une même installation souscrits en nombre supérieur à dix.
- Toutefois, afin d’assurer aux usagers des postes supplémentaires un service régulier, obligation se 'ait
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- imposée aux titulaires de faire établir line ligne principale par chaque série annuelle de 8 ooo communications émanant de leurs postes pour les abonnés annuels, et une ligne principale par série de a ooo communications de départ par période trimestrielle ou de 700 par période mensuelle pour les abonnés forfaitaires temporaires.
- EnGn, nous avons cru utile de donner aux abonnés suivant leurs convenances personnelles, le choix de souscrire leurs abonnements sous l’ancien ou sous le nouveau régime.
- Il n’est pas douteux que la mise en vigueur de ces mesures serait bien accueillie par les abonnés ayant besoin d’installations supplémentaires multiples.
- Le projet de décret ci-dessous que nous avons l’honneur de soumettre à votre haute sanction a pour but d’autoriser l’application de cette réforme des tarifs téléphoniques.
- ' Décret.
- Art. icr. —Les dispositions de l’article 4 du décret du 7 mai 1901 sont modifiées comme suit, en ce qui concerne le taux annuel des abonnements supplémentaires :
- III. — Abonnements supplémentaires.
- « Les abonnés ont la faculté de choisir entre les deux tarifs suivants :
- Tarif A.
- « ,_i° A Paris, 5o francs par poste supplémentaire pour les abonnés forfaitaires et pour les abonnés interurbains ;
- « 20 Dans tous les autres réseaux :
- « a) 4® francs par poste supplémentaire pour les abonnés forfaitaires et pour les abonnés interurbains ;
- « b) 3o francs par poste supplémentaire pour les abonnés à conversations taxées.
- de la seconde, et, le cas échéant, à la fraction de série excédente, doit de même correspondre un nouvel abonnement principal pour le service des postes supplémentaires.
- DISPOSITIONS COMMUNES AUX TARIFS A ET B
- « Les lignes supplémentaires donnent, en outre, lieu, dans tous les réseaux, à une redevance annuelle, pour droit d’usage, de 1 fr. 5o par hectomètre indivisible de ligne.
- « Ne sont pas soumises à cette redevance :
- « Les lignes supplémentaires reliant deux postes principaux forfaitaires d’un même réseau;
- « Les lignes supplémentaires reliant des postes’ supplémentaires à un poste principal, lorsque ces postes (supplémentaires et principal) sont situés dans le même immeuble ;
- « Les lignes supplémentaires intérieures ou les sections intérieures des lignes supplémentaires en fil d’appartement;
- « Les lignes supplémentaires des services publics de l’Etat, des départements ou des communes. »
- Art. 2. — L’article i5 du décret du 7 mai 1901, modifié par le décret du 10 juillet 1903, est remplacé par le suivant :
- « Art. 25. — Le taux, en principal, des abonnements temporaires se compose :
- « 1» D’una redevance fixe, représentative des dépenses annuelles alférentes au maintien en bon état de fonctionnement de la ligne et du poste d'abonnement et des organes qui y correspondent au bureau central;
- « 20 D’une redevance d’abonnement proportionnelle à la durée pendant laquelle le poste est effectivement mis à la disposition du titulaire.
- « Ces redevances sont fixées ainsi qu’il suit :
- Tarif B.
- DÉSIGNATION PARIS Abonnés forfaitaires et abonnés interurbains AUTRES Abonnés forfaitaires et abonnés interurbains RÉSEAUX Abonnés il conversations taxées
- francs francs francs
- Du Ier au 10e poste supplémentaire, par poste (') 5o » 40 » 3o »
- Du 11e au 5oe poste supplémentaire, par poste (‘) 37 5o 3o » 22 5o
- Du 5ie au 200e poste supplémentaire, par poste (*) 25 » 20 » i5 »
- Au-dessus du 200® poste supplémentaire, par poste (*) 1 2 5o IO )) 7 5o
- (!) Compris dans une meme installation.
- « Le bénéfice de l’application du tarif B ci-dessus comporte pour l’abonné l’obligation de souscrire, pour le service de ses postes supplémentaires, un second abonnement principal dès que son trafic de départ atteint le chiffre de 8 ooo communications au cours d’une année.
- « A chaque série de 8 ooo communications au-dessus
- rOSTES principaux I. — Redevance fixe.
- « i° A Paris, 100 francs par poste principal.
- « 20 A Lyon, 75 francs par poste principal.
- « 3° Dans tous les autres réseaux, 5o francs par poste principal.
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- II. — Redevance d’abonnement.
- « a) Par période trimestrielle :
- « i° A Paris, ioo francs par poste principal.
- « j" A Lyon, 75 francs par poste principal.
- « 3° Dans tous les autres réseaux, 5o francs par poste principal.
- « b) Par période mensuelle :
- « i° A Paris, 40 francs par poste principal.
- « 20 A Lyon, 3o francs par poste principal.
- « 3° Dans tous les autres réseaux, 20 francs par poste principal.
- (A suivre).
- DIVERS
- Circulaire et arrêté du ministre des Travaux publics des Postes et des Télégraphes, en date du 21 mars 1911, déterminant les conditions techniques auxquelles doivent satisfaire les distributions d'énergie électrique pour Tapplication de la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d’énergie (Suite) (‘).
- A. a5. § 7. — Le comité d’électricité, prenant en considération un avis fréquemment exprimé dans l’enquête qu’il a faite, a réduit de 10 à 5 comme dans le règlement suisse, le coefficient de sécurité des organes constituant la superstructure, c’est-à-dire en somme des supports; les isolateurs étant jusqu’à nouvel ordre laissés de côté au point de vue des conditions que doit offrir leur résistance mécanique.
- La circulaire du 21 mars 1910 avait supprimé les interprétations abusives en vertu desquelles on exigeait les coefficients de sécurité de 5 et 10 dans l’hypothèse où tous les conducteurs étaient rompus d’un même côté. Mais cette circulaire se bornait à déclarer que ce coefficient devait être notablement supérieur à l’unité. L’expérience a démontré la nécessité de préciser la valeur de ce coefficient : cette valeur est fixée à 1,25.
- Art. 25, § 8. — Ce paragraphe est nouveau. Il vise les distributions de deuxième catégorie qui traversent les lignes de chemins de fer. Pour ces lignes, le nouvel arrêté interdit l’emploi des poteaux et pylônes en bois dans la traversée et les portées immédiatement contiguës. En outre, il porte de 3 millimètres (minimum fixé par l’article 6, § 3) à 4 millimètres le diamètre des conducteurs quand les supports ne sont distants que de 40 mètres au maximum, et à 5 millimètres si la portée est plus grande.
- Toutefois, si le conducteur, dans la traversée et ses abords, a un diamètre inférieur aux minima ci-dessus indiqués, il pourra être conservé à la condition d’êlre doublé par un autre dans la portée de la traversée et de lui être réuni par des attaches convenables. Cette autorisation a pour objet d’éviter dans le voisinage de la
- 1 Voir Lumière Electrique, i5 et 22 avril 1911.
- traversée la présence d’épissures qui constituent toujours des points faibles dans les lignes.
- Je dois encore appeler votre attention sur les dispo-sitifS' spéciaux de protection qui sont parfois employés pour la traversée des lignes de chemins de fer et sur l’interprétation qu’il convient de donner à la circulaire du 5 septembre 1908 qui a traité celte question.
- Cette circulaire porte envoi dri modèle d’arrêté préfectoral autorisant la traversée des voies ferrées, et elle traite surtout des questions administratives que comporte la rédaction de cet arrêté. Toutefois, voulant citer un exemple de dispositions spéciales qui peuvent être reconnues nécessaires, en dehors des prescriptions de l’arrêté technique, elle indique les coffrages placés parallèlement à la voie ferrée et qui entourent sur trois côtés les lignes, etc., pour préserver ces lignes de tout contact dangereux avec les conducteurs d’énergie, si ces derniers viennent à se rompre. Certains intéressés en ont conclu que mon administration imposait ou recommandait l’emploi de ce coffrage.
- Cette question a été soumise tout particulièrement à l’examen approfondi du comité d’électricité, et ses conclusions peuvent se résumer de la façon suivante :
- Il y a lieu de maintenir la suppression des filets qui, aujourd’hui, parait justifiée par l’expérience tant en France qu’à l’étranger. Toutefois, si dans le cas d’installations de deuxième catégorie, les intéressés sont d’accord pour demander l’établissement d’un dispositif spécial de protection, il convient de satisfaire à leur désir.
- Il peut y avoir deux types de dispositifs consistant: l’un dans un protecteur longitudinal parallèle aux voies ferrées; l’autre dans un protecteur transversal aux voies ferrées.
- Protecteur longitudinal. — Le protecteur longitudinal se place au-dessus des fils télégraphiques, téléphoniques et de signaux; il consiste en un grillage formant nappe horizontale, à mailles de 20 centimètres environ. Ce grillage doit avoir une largeur suffisante pour déborder les fils protégés, de façon qu’en cas de chute des conducteurs d’énergie, ces conducteurs ne puissent venir en contact avec les fils. Sa longueur, en dehors de la projection des conducteurs d’énergie, doit être égale à la distance séparant le grillage du conducteur d’énergie le plus élevé. Enfin ce grillage doit être relié à la terre et supporté par quatre poteaux qui peuvent être en bois.
- Le dispositif qui vient d’être appliqué est différent du « coffrage » qui est cité par la circulaire du 5 septembre 1908, parce que l’expérience a démontré les inconvénients du « coffrage » notamment au point de vue de l’entretien des fils télégraphiques, téléphoniques et de signaux.
- Protecteur transversal. — Le protecteur transversal se place au-dessous des conducteurs d’énergie et ses dispositions devront satisfaire aux prescriptions suivantes :
- a) Il sera en forme d’U ou de V ouvert pour retenir les conducteurs s’ils viennent à tomber;
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- b) Les mailles du filet auront au moins 48 centimètres de manière à ne pas retenir la neige et le verglas;
- c) Un intervalle d’au moins un mètre le séparera partout du point le plus bas des conducteurs électriques et les: dispositions seront telles que, quel que soit le vent, il ne puisse y avoir de contact accidentel entre les conducteurs et le filet;
- d) Le filet sera muni d’une bonne communication avec le sol ;
- e) Le coefficient de sécurité de l’installation du filet sera égal à 10;
- f) Dans le calcul prévu par l’article 25, paragraphe 7 de l’arrêté, en ce qui concerne le filet, on supposera que toutes les pièces de l'installation sont recouvertes par une couche de verglas de 5 millimètres d’épaisseur dans l’hypothèse de la température minimum de la région (art. 6, § 1 b, de l’arrêté du 21 mars 1910).
- g) La visite et l’entretien de ce filet n’auront lieu que dans des conditions fixées par ordre de service de la Compagnie des chemins de fer, après accord avec l’entrepreneur de la distribution, et avec toutes les précautions nécessaires pour assurer la sécurité du visiteur; le courant, en particulier, sera supprimé pendant la visite.
- h) Il n’y a pas lieu, dans ce cas, de placer les cadres 'prévus à l’article 25, § 5, ces cadres faisant double emploi avec le filet.
- (A suivre.)
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Station centrale de Vrice. — Durée : 3o ans. —• Capital : 125 000 francs. — Siège social : Puy-Table (Vienne).
- Compagnie du Tramway Electrique de Besançon au Plateau Beauregard-Bregiiie. — Durée : y5 ans. — Capital : a5o 000 francs. — Siège social: Besançon-Beauregard (Doubs).
- Société Française d’éclairage, chauffage, force motrice par T Electricité. — Durée : 99 ans. —Capital : 1 Sooooo fr. — Siège social : 10, rue d’Hauteville, Paris.
- L’Algérienne Electrique. — Durée : 5o ans. — Capital : 45o 000 francs.— Siège social: Aïn-Temouchent (Oran).
- Société d'Electricilê de Cérans-Foulletourte. — Durée : 3o ans. — Capital: 33 000 francs. — Siège social: Cerans-Foulletourte (Sarthe).
- CONVOCATIONS
- Compagnie d'Electricité de T Ouest-Parisien. — Le 29 avril, 19, rue Blanche, à Paris.
- Société Sud-Electrique. —Le 27 avril, 8, rue Pillet-Will, à Paris.
- Société Gramme. — Le 6 mai, 20, rue d’HautpouI, à Paris.
- Compagnie du chemin de fer Métropolitain de Paris. — Le i3 mai, 19, rue Blanche, à Paris,
- Etablissements Arbei, Forges de Douai, Forges de Couzon. — Le 4 mai, 28, rue du Rocher, à Paris.
- Compagnie Française des Tramways [Indo-Chine). — Le 11 mai, 3, rue de Stockholm, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 28 mai, à 2 heures, à la mairie de Bourges, adjudication, en un seul lot, sur concours de projets et de prix, de la fourniture du transport à pied d’œuvre et de la mise en place, au Camp d’Avor (Cher) ; d’un groupe mécanique comprenant i° un moteur à pétrole lampant de la force de 4 è 6 chevaux avec accessoires etmise en marche automatique ; 20 une pompe élévatoire pour l’eau d’alimentation du Camp.
- BELGIQUE
- Le 3 mai, ait heures, à l’hôtel de ville, à Gand, fourniture et placement de canalisations électriques pour l’usine centrale, caut. prov. : 1 000 francs. Soumissions recommandées le Ier mai.
- BULGARIE
- Le 18 mai (nouveau délai), à la municipalité, à Varna, éclairage électrique delà ville.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- 20 avril. —A la maison communale à Ixelles-lez-Bruxelles, fourniture de câbles armés et d’accessoires pour le réseau d’électricité à basse tension :
- Poste A: Felten et Guilleaume, à Mulheim-sur-Rhin,
- 29 769 fr. ; Land und See Kabelwerk, à Cologne-Nippes,
- 30 o43, Ateliers de constructions électriques de Charle-roi, 3o 365 (câbles courants) ou 32 363; A.-E.-G. Union-électrique, à Bruxelles, 3og38 ; Siemens-Scliuckert, id. 3i 484"t>5; Heddernheimer Kupferwerk und Süddeutsche Kabelfabrik, à Mannheim (Allemagne), 3i 5o5 ; D. Cassireret Cl°, à Charlottenburg (Berlin), 3a 227 ; Deutsche Kabelwerke, àRummelsburg(Berlin), 3a 986-60; Kabelwerk Rheydt, à Bruxelles, 33 83o; Kabelfabrik und Drahtinduslrie, à Vienne, 34 106 ; Industrielle des téléphones, à Bruxelles, 35 438 ; Aubert, Grenier et C'* à-Cossonay-gare (Suisse), 35 820 ; A. Sarens, à Elterbeek, 35 922.
- Poste B : A. .Sarens, 2 5gi francs; Kabelfabrik und Draht-industrie, 2 754 ; Felten et Guilleaume, 2854 ; Land und See Kabelwerk, 3 325,80 ; A.-E.-G. Union électrique, 4276,80; Siemens-Schuckert, 5 335,40; Kabelwerk Rheydt, 5 6i5,6o ; D. Cassirer, 5 694 ; Ateliers de constructions électriques de Charleroi, 10 272 ; Heddernheimer Kupferwerke und Süddeutsche Kabelfabrik, 14 i5o.
- paris.
- IMPRIMERIE LEVÉ- I> 13 CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J B. Nouet.
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- 'Traotv-trolslAme innée. SAMEDI 6 MAI, 1911. , Tome XIV (3'»<rle). — N*(18.>
- xA*n~A--j*/vwuWifMViyvVMVrtVVWflWyywy» Ü»^
- La 4
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITË
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 129. — L. Verain. Sur la mesure de l’isolement des réseaux à courant continu en service et spécialement des réseaux à trois fils, p. i3i. — J. Reyval. L’Exposition de la Société française de physique, p. i38.
- Extraits des publications périodiques. — Méthodes et appareils de mesures. Sur l’emploi du galvanomètre Deprez d’Arsonval comme électromètre, W. Peukert, p. 144• — Télégraphie et téléphonie sans fil. Sur la réalisation d’un alternateur à haute fréquence pour la radiotélégraphie, R. GoldscRmidt, p. 145. — Divers. La protection des conduites d’eau et de gaz contre l’électrolyse par les courants vagabonds, Geppert etLiESE,p. 147. — Correspondance, p. i4?.— Législation et contentieux. Chronique de Législation industrielle : Législation comparée des principaux Etats d’Europe au point de vue des chemius de fer d’intérêt local (suite et fin), C. de Burlet, p. 147. — Sur les redevances communales pour occupations de voirie sur les chemins vicinaux, redevances fixées, antérieurement à la loi de 1906 et supérieures aux tarifs de 1907. Jugement du tribunal civil de Valence, du 6 février 1911, p. i5i. — Bibliographie,p. i52. — Chronique industrielle et financière. Etudes Economiques, p. i53.— Renseignements commerciaux, p. i54-— Adjudications, p. 160.
- ÉDITORIAL
- La première partie de l’étude consacrée par M. L. Verain à la mesure de Visolement des réseaux à courant continu en service, et spécialement des réseaux à trois fils, est plutôt une étude critique dans laquelle l’auteur s’attache à décourager certaines tentatives de vérification. M. L. Verain montre en effet que, si les fuites sont réparties sur le réseau d’une manière quelconque, c’est peine perdue que de chercher à les connaître en détail en intercalant des conducteurs entre certains points du réseau et la terre.
- Dans la dernière partie, l’auteur énonce au contraire des résultats positifs, en donnant
- deux méthodes pour mesurer l’isolement des ti*ois conducteurs d’un réseau à trois fils. Elles ne permettent pas de déterminer l’isolement du réseau en un point quelconque de la canalisation, car elles exigent l’une et l’autre l’accès aux machines.
- L'exposition de la Société Française de Physique, dont nous donnons comme chaque année un compte rendu, présentait cette fois-ci un certain nombre d’appareils très nouveaux et du plus grand intérêt.
- L’attention des visiteurs se portait notamment sur les transformateurs statiques de
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- T3Û
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2» Série). — N« 18.
- fréquence de Maurice Joly; on regardait également avec une curiosité particulière le premier « phasophone » présenté en France, le cinématographe de M. Dussaud, etc.
- Mais, précisément en raison de leur intérêt, ces divers appareils feront l’objet dans cette Revue d’une description plus détaillée, en dehors de l’analyse rapide qui leur est consacrée aujourd’hui. L’article de M. J. Rey-val s’attache plutôt à donner une idée générale de l’ensemble des appareils exposés. En particulier, on trouvera dans cette première partie de l’article une note succincte sur les appareils d’électricité médicale.
- M. W. Peukert expose de quelle manière on peut utiliser un galvanomètre Deprez-<VArsonvàl comme électromètre en employant comme aiguille le cadre d’aluminium et comme quadrants l’aimant lui-même.
- Les difficultés qui se présentent dans la construction des . alternateurs à haute fréquence sont brièvement résumées par M. R. Goldschmidt. L’auteur décrit ensuite un montage grâce auquel une machine d’induction du type ordinaire peut fournir, théoriquement au moins, grâce à une série de phénomènes d’induction mutuelle, un courant d’une fréquence aussi élevée qu’on le veut.
- •M. Goldschmidt précise ces considérations en décrivant le montage destiné à produire. i
- une fréquence égale à quatre fois celle du rotor.
- Nous signalons ensuite, d’après MM. Gep-pert et Liese, un moyen de réaliser la protection des conduites d'eau et de gaz contre Vélectrolyse par les courants vagabonds. Une petite génératrice à bas voltage permet d’abaisser le potentiel de la conduite à protéger, en faisant passer les courants vagabonds par une conduite auxiliaire hors d’usage.
- Notre dernier numéro contenait un exposé des principes législatifs susceptibles de favoriser le développement des chemins de fer secondaires.
- Cette étude, extraite d’un rapport de M- C. de Burlet au Congrès de Bruxelles, se terminait par l’examen de la législation française.
- Le même auteur envisage aujourd’hui les principes de la législation correspondante en Belgique où l'Etat, les provinces et les communes concourent à fournir les capitaux engagés : c’est là le trait le plus caractéristique de la loi organique belge.
- M. G. .de Burlet, jugeant « l’arbre à ses fruits », comme il le dit lui-même, fait grand éloge de ce système, étayant d’ailleurs ses conclusions sur la statistique des chemins de fer vicinaux actuellement exploités en Belgique.
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- 6 Mai 1911. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- SUR LA MESURE DE L’ISOLEMENT DES RÉSEAUX A COURANT CONTINU EN SERVICE ET SPÉCIALEMENT DES RÉSEAUX A TROIS FILS
- Lorsqu’un réseau fonctionne, des différents points du conducteur qui le constitue partent des courants qui, se dirigeant vers le sol à travers les isolants, sont des fuites.
- La connaissance de la résistance comprise entre chaque tronçon du réseau, d’une part, et le sol, d’autre part, serait une donnée très précieuse pour les directeurs d’exploitation. Nous montrei’ons que, dans le cas le plus général, il n’est pas possible de l’atteindre.
- Nous considérerons le cas d’une installation comprenant une ou plusieurs machines génératrices, ou bien une batterie d’accumulateurs, des bornes desquelles partent les conducteurs d’alimentation du réseau. Des points de jonction des machines, ou de certains éléments d’accumulateurs, peuvent partir, dans les distributions à plus de deux fds, d’autres conducteurs alimentant les récepteurs.
- Dans le cas d’une installation à deux fils, où on suppose (ce qui n’est jamais réalisé) que les fuites sont localisées sur les deux conducteurs, on connaît en particulier la méthode dite du voltmètre qui permet de déterminer les conductances des deux défauts. Elle consiste à placer entre les deux conducteurs un cadre de galvanomètre avec en série une résistance convenable ; soit e la déviation constatée ; transportons le môme appareil entre le pôle positif et le sol (soit p la lecture et a? la résistance d’isolement), puis entre le pôle négatif et le sol (soit m la lecture et y la résistance d’isolement). On sait qu’on a :
- e — p — m _ e — p — m
- r désignant la résistance totale du cadre et la résistance ajoutée s’il y a lieu.
- Pour que cette méthode puisse donner de bons résultats, il faudra que les rapports
- e — p — ni e — p — m
- p m
- puissent être déterminés avec assez de précision, c’est-à-dire que les deux termes ne soient pas trop différents l’un de l’autre. Ceci aura lieu lorsque r aura été choisi du même ordre de grandeur que a; et y. On pouvait prévoir ce résultat a priori, puisque la présence de la résistance r doit modifier le régime des fuites du système ; s’il n’en était pas ainsi, les deux lectures donneraient simplement, par leur rapport, le rapport des isolements, et on ne pourrait pas déterminer la valeur de chacune des résistances.
- Un voltmètre à courant continu qui est constitué par un cadre, indiquant sur un cadran les courants qui le traversent, et une forte résistance en série, avec lui, convient en général pour ces mesures ; il est cependant des cas où, pour un isolement très mauvais, on est obligé d’utiliser un ampèremètre en série avec un rhéostat ; d’autres fois, des résistances d’isolement très élevées exigent l’emploi d’un galvanomètre sensible en série avec des mégolims.
- Il est facile de montrer qu’une méthode analogue consistant à intercaler des conductances entre différents points du réseau et le sol ne peut rien donner, lorsqu’il y a d’autres fuites que celles des deux conducteurs, et en particulier dans le cas des distributions h plusieurs fils.
- P
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2* Sérié). — N* Ï8.
- 132
- Nous considérerons dans ce but un cas simple et fréquent en pratique1, celui d’une distribution à trois fils ; nous supposerons de plus que les trois conducteurs seuls ont des défauts d’isolement plus ou moins importants.
- Soit donc un réseau constitué par une batterie d’accumulateurs de force électromotrice 2 e alimentant trois fils de départ « + »,«o » et « — », les deux ponts du système ayant, comme c’est l’habitude, des tensions égales e.
- +
- Fig. i.
- Soient x la résistance d’isolement du pôle positif par rapport au sol;X la conduc tance
- définie par X — — ; y, Y, z, Z, les mêmes x
- inconnues relatives au fil neutre et au pôle négatif.
- Par suite des courants de fuite des différents points de la batterie, il est certain que le sol sera à un potentiel intermédiaire entre ceux du pôle — et du pôle -f- de la batterie.
- Branchons, comme il est indiqué sur la figure, un voltmètre de résistance r (conductance R = -) entre le point de la batterie
- qui est à e volts au-dessus du potentiel du pôle négatif et le sol. Calculons alors la différence de potentiel Y entre le sol et le pôle négatif de la batterie : nous la compterons comme positive lorsque le sol est à un potentiel plus élevé que le conducteur. Ecrivons que la soir\me des courants qui se dirigent
- vers le sol à travers x, y, z, /•, est nulle: ae — V . e —V . —V . e —V
- y
- d’où
- V =
- îX + Y 6 S+ R
- R
- £s + r’
- en désignant par S la somme des conductances X, Y et Z.
- Dans le cas où le voltmètre est branché entre ïe pôle — et le sol, e = o et on a
- aX + Y S 4- R '
- Si le voltmètre est branché entre le pôle -f-et le sol, E = 2e et on a
- aX -{- Y S 4- R
- ïe
- R
- S 4- R‘
- Pour une valeur de e comprise entre o et ae, la différence entre les potentiels du sol et celui du pôle — est représentée par une valeur constante V„„ à laquelle on ajoute un terme proportionnel à e.
- Ces remarques vont nous permettre de prévoir, après avoir fait au voltmètre deux lectures seulement, ce qu’indiquera le même
- P
- Fig. a.
- appareil branché entre un point quelconque de la batterie et le sol. Nous y arriverons par une construction graphique.
- Sur une première perpendiculaire à une droite LL, nous porterons en N P et NM deux
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- 6JU14911. REVUE D’E LECTRICI TÉ
- longueurs représentant + e et —e à une certaine échelle.
- Sur une autre perpendiculaire à LL, nous porterons vers le haut et à la même échelle les différences entre le potentiel du sol et celui du pôle négatif, en prenant pour origine le point d’intersection Mj de cette seconde perpendiculaire avec une parallèle à LL menée par M.
- Quand le voltmètre est branché entre le pôle — et le sol, il donne une indication Vm qui nous détermine le point M' ; branché entre le pôle + et le sol, il donne une lecture p d’où nous pouvons facilement tirer V,,, puisque
- % e — p — Yp — o.
- Nous déterminons ainsi un point P'.
- Menons les deux droites MM'et PP'. Elles se coupent enO. Une demi-droite issue de O et balayant l’angle MOP détermine sur M'P' et MP des segments proportionnels.
- Il en résulte que, lorsque le voltmètre sera branché entre un point de la batterie, correspondant à K sur le graphique, et le sol, ce dernier sera à un potentiel supérieur à celui du pôle négatif et d’un nombre de volts représenté par Mj H obtenu enjoignant K à O.
- En particulier, le voltmètre branché entre le neutre et le sol portera ce dernier à Mj N' volts au-dessus du pôle — et indiquera par conséquent Mj N' — M N (en tenant compte de l’échelle).
- En résumé, lorsqu’on a fait avec un appareil, intercalé entre deux points du réseau et le sol, deux mesures, on n’en fait pas une nouvelle en déplaçant l’appareil; comme il faut trois mesures pour déterminer les trois inconnues #,3/, z, ou X, Y, Z, le problème ne peut pas être résolu par le procédé indiqué.
- On peut d’ailleurs voir sur le diagramme qu’il existe entre les trois lectui’es une relation qui est forcément satisfaite.
- Dans le cas où nous nous sommes placés, le voltmètre de résistance r franche entre le pôle -b et le sol indiquera p = AP, puisque le
- 133
- pôle H est à 2e volts et le sol* à Md P' volts au dessus du pôle —. Cette lecture est négative avec la convention de signes ci-dessus. Là lecture faite entre le neutre et le sol sera dans notre cas particulier n — BN et, ici, de sens inverse à p. La lecture m = G M faite entre le pôle— et le sol est toujours de sens contraire à la première.
- Menons par M' une parallèle à ON. Elle coupe PM en C' et on a CC' = BN.
- Si nous désignons par l la demi-longueur P'M', on voit de suite que :
- NB -f- BA -f- AP = NP — MN = MG + CB — NB,
- ce qui donne après simplification:
- p — n = n — ni.
- Cette relation est générale. Il est facile de voir que, dans le cas où les fuites sont trop importantes pour que le voltmètre les modifie, chacune de ces différences p—net n— m vaut précisément e.
- Dans ce qui précède, nous avons supposé, pour la facilité du langage, que l’on opérait avec un voltmètre; les mêmes conclusions subsistent évidemment, lorsqu’on est obligé d’employer un ampèremètre avec un rhéostat en série ou un galvanomètre avec une très grande résistance.
- D’une manière plus générale, il est encore possible de prévoir l’indication d’un voltmètre quelconque de résistance /’3 branché entre un point de la batterie et le sol, lorsque les deux premières lectures ont été faites avec des appareils de résistances /•, et i\.
- Recherchons en effet l’action d’un changement de /• sur les termes qui composent l’expression de V que nous avions ci-dessus. Pour le premier terme, qui contient seulement S -f R, nous saurons l’effet d’une variation de r si nous connaissons S. Or, c’est toujours possible, comme nous allons l’indiquer. Il en est de même du second terme et nous pourrons toujours tracer le graphique, comme ci-dessus, en supposant touteslés lectures faites avec le même voltmètre.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2‘ Série).— N» 18'.
- v
- • Pour connaître S, on peut, comme l’a proposé M. Frœlich, insérer un galvanomètre de résistance /• entre un des conducteurs et la terre; il marque cl\ puis faire une nouvelle lecture cL' après avoir shunté le galvanomètre par une résistance connue s; on a alors :
- 1
- S
- (id — d'} s r
- La méthode de M. Lartigue conduit au même résultat à l’aide de deux mesures; la première lecture est la même que celle de M. Frœlich ; la seconde se fait en intercalant eqtre un des conducteurs et le sol une résistance connue.
- Ces deux méthodes exigent l’emploi de résistances séparées que l’on n’a pas toujours à sa disposition. Nous arriverons au même résultat avec un seul appareil.
- Si nous calculons par le même procédé que plus haut la différence de potentiel entre le pôle-f- et le sol, lorsque le voltmètre est branché précisément entre ces deux points, nous trouverons une lecture négative
- et comme
- P =
- m
- 2Z +Y S + R ’
- îX + Y S + R ’
- on obtient par soustraction ;
- S = R
- m — p
- ae — (m — p)‘
- -c’est le seul renseignement qu’on puisse avoir. Si l’on trouve une valeur élevée, on pourra être certain qu’aucun point du circuit n’est réuni au sol par une résistance faible, sans d’ailleurs qu’une valeur faible indique à coup sûr un isolement général mauvais ; il suffit en effet d’une installation particulière défectueuse ou d’une communication momentanée avec le sol d’un des points du conducteur pour abaisser l’isolement total.
- On peut encore trouver la résistance d’isolement d’un réseau au sol par la méthode suivante applicable à un genre quelconque de distribution à courant continu, en un point quelconque de la canalisation, et qui ne fait intervenir aucune hypothèse sur la façon dont les fuites sont réparties. Considérons le réseau comprenant des génératrices, des réceptrices, des canalisations toutes plus ou moins bien isolées ; ce conducteur,
- AAAAAA/VWWW^/WWWW\a
- |aVA\\\\\\\\^
- Remarquons ici que m et p sont toujours de signes contraires, m — p est la somme des valeurs absolues.
- Le terme S est la conductance des fuites du réseau entier, ou si l’on veut l’inverse de la résistance de toutes les fuites du réseau mises en parallèle. La connaissance de cet isolement global ne remplace évidemment pas celle des isolements partiels des différents tronçons du réseau ; elle a pourtant une très grande importance, surtout dans les cas où
- parcouru par des courants, est séparé du Soi par une résistance d’isolement quej’appellep'. Entre un point O du réseau et le sol, établissons une ligne comprenant un rhéostat de résistance R et un ampèremètre A. Soit E„ la différence de potentiel entre le point O et un point N quelconque du circuit, comptée
- comme positive dans le sens ON ; in le courant de fuite qui part de N vers le sol, compté comme positif dans ce sens; p„ la résistance qu’il a à traverser. Comptons le cou-
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- frMai 1911.
- REVUE D’ELECTRICITE
- m
- rant I mesuré par A comme positif quand il va du sol vers le réseau.
- D’après la première loi de Kirchhoff, I est égal à la somme algébrique des courants i„ :
- I = 24-
- La seconde loi de Kirchhoff appliquée à la fraction de circuit comprenant p„, le sol et' R nous donne, en négligeant la résistance du sol :
- d’où
- E» — p„4 RI,
- E«__RI
- prt P»
- et
- 24-
- K»_sRl_sEfi_RI P» P» P» P
- En changeant R en R', I devient I' et on a encore :
- ^ e„ rt
- I' = 2 —------,
- Ph P
- d’où :
- tance d’isolement au sol d’environ 5o ohms. Cet isolement qui paraît faible n’occasionne pourtant pas des pertes bien importantes ; il est facile de se rendre compte que ces fuites seraient maxima, lorsque, pour un isolement de 5o ohms, on aurait deux fuites de îoo ohms de résistance sur le -f- et sur le —,
- 700 ohms WOôk/n
- le reste du réseau étant parfaitement bien isolé. Dans ces conditions tout à fait défavorables le courant de fuite débité serait de
- 44° ,
- --- = 2,2 ampères,
- 200
- _ RT — RI “ P •"
- et enfin :
- _ RT — RI U' — U , P “ I — I' “ I — I' ’
- U et U' désignant les indications d’un voltmètre branché aux bornes de R, si ce dernier n’est pas étalonné.
- Les valeurs de R et R' d’une part, la sensibilité de l’appareil destiné à mesurer I etl' d’autre part, doivent être choisies en tenant compte de la remarque faite au début, de façon à modifier le régime des fuites du réseau.
- Cette méthode appliquée à des réseaux en bon état conduit parfois à des résultats qui, au premier abord, surprennent par leur petitesse. C’est ainsique le réseau de Nancy à deux ponts de aao volts donne une résis-
- ce qui est insignifiant auprès du débit moyen journalier d’un secteur tel que celui de Nancy, environ ioooo ampères. Pratiquement, les fuites qui abaissent l’isolement sont réparties un peu en tous les points de la canalisation et le courant perdu en fuites ne dépasse pas des fractions d’ampères malgré l’étendue de la distribution : la puissance perdue est au maximum de o,oi %.
- Les résultats précédents sont encore vrais, lorsque les tensions des deux ponts sont différentes; ce dispositif n’est pas employé en pratique; aussi ne nous a-t-il pas paru utile d’introduire cette complication.
- Il nous semble donc avoir montré clairement que, dans le cas général d’un réseau où les fuites sont réparties d’une façon quelconque, bien plus compliquée par conséquent que le cas simple que nous avons étudié, on ne pourra jamais connaître d’une façon
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- LA LUMIÈRE É L E C T R1 QU E T. XIV (2* Série). — N° 18;
- détaillée les différents défauts par intercalation de conducteurs entre certains points du réseau et le sol.
- Nous profitons de l’occasion qui nous en est offerte pour mettre le lecteur en garde contre différents articles parus sur la question: La plupart du temps les auteurs n’ont pas soumis leurs méthodes au contrôle de l’expérience ; ils auraient constaté que les systèmes d’équations auxquels on est amené sont indéterminés, parce que l’une des équations se réduit à une identité ou à une équation dont les: deux membres diffèrent d’une quantité très petite ; cette différence provient d’erreurs fortuites d’expérience.
- Est-ce à dire qu’un ingénieur exploitant un réseau à 3 fils ne pourra jamais connaître l’isolement de ses trois conducteurs ?
- Non et nous allons lui proposer deux solutions : le voltmètre branché entre deux points de la canalisation d’une part et le sol d’autre part donne deux lectures indépendantes qui fourniront deux équations pour la détermination des trois inconnues que nous poursuivons. Il faut en trouver une troisième qui ne soit pas la conséquence des deux premières.
- Un premier procédé pour obtenir cette troisième équation sera de faire au voltmètre placé entre un point quelconque et le sol une lecture, après avoir fait varier la tension de l’un des ponts ou des deux ponts, mais pas dans le même rapport.
- Reprenons en effet l’équation (i), en supposant que les. ponts ont primitivement des tensions différentes : ex pour le pont supérieur et e2 pour l’inférieur, l’équation devient :
- e. + e.-N , e2 — V , -V , e-V
- -----^------1------1—:—I-----— — °»
- d’où
- y __ (ei -j~ ca) N -|- g8\ sR
- — S + R +S-fR'
- Si nous multiplions les tensions des deux
- ponts par Æ, nous pourrons encore prévoir l’effet de l’adjonction d’un voltmètre à un certain endroit; la distribution relative des potentiels ne sera pas différente de ce qu’elle était avant la multiplication des tensions par h et on n’acquiert pas par ce procédé de nouvelle connaissance.
- Mais si nous élevons la tension d’un des ponts dans le rapport kt et l’autre dans le rapport Æ2, à cause des produits séparés de e{ et e2 par X et Y dans le premier terme de V, nous ne pourrons plus prévoir aucune lecture au voltmètre et nous avons ainsi le moyen d’établir une équation de plus (*).
- (') Nous pourrons, par exemple, conduire les opérations de la façon suivante : le voltmètre branché entre le pôle -|- et le sol donne une lecture p (comptée comme positive lorsque le sol est au potentiel le plus élevé), les tensions des ponts étant ei et ez. Le voltmètre branché entre lç pôle — et le sol, sans qu’on ait changé les tensions, donnera m (même convention de signe). .
- Changeons et en e't et e2 en e'2. Le voltmètre, dans sa dernière position, indiquera m'. Dans les trois cas, nous pouvons écrire la loi du nœud pour le sol, ce qui donne les trois équations
- _ P iei P e> ~h e2 — p — p __ Q
- x ' y ' z * r ’
- Ci -4- e2 — m . e2 — m . — m , — m
- -------------------1_-----------• --------[- ------- — o,
- x y z r ’
- e't -f e'2 — m' t e'^ — m' . — m' — m
- + •
- o,
- 1 1 1
- * y ~ *
- — P r et — P et + e2 — p
- — m r C2 m — m
- — m r e'2 — m — m*
- — p et — p Ci + e'2 — p
- ci -(- e2 — m €2 m — m
- e't + e'2 — m C 2 tri — m1
- (2i
- (3)
- (4)
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- 6 Mai 1911.
- RÈVUË D’ÉLECTRICITÉ
- 137
- L’opération du changement de tension est facile à réaliser et peut se faire sans grand inconvénient dans la seconde moitié de la nuit. Il est vrai que, dans ces conditions, on n’aura pas les isolements de l’installation en service, puisqu’alors un grand nombre de récepteurs sont débranchés. Il peut parfois être nécessaire de faire la mesure en plein jour ; il sera bon alors de prévenir les abonnés. Il faudra en tous cas toujours choisir une baisse de tension préférablement à une élévation, de façon à ne pas risquer de brûler les lampes en service ou de provoquer des accidents; le relèvement de la tension, une fois la lecture terminée, devra, par mesure de précaution, se faire lentement.
- Une seconde méthode pour l’établissement de la troisième équation consiste dans
- — P — P r e, + c-z — p
- ei -j- Cï — m — ni r — m
- e’t -f- e'2 —ni — iri r — m
- P Ci — p et + es — p
- et -f c. — ni e-i — m — ni
- e'f -)- o'i — ni e'2 — ni — ni
- — P et — p — p r
- d -}- e > — ni 02 Wt — m r
- e'i -f- e'2 — ni I — ni r
- — P ei — p et + e-2 — p
- ei -|- e2 — ni e% — m — m *
- e't -f- e'2 — ni e'2 — ni — ni
- Avec intention, nous ne donnons pas ici les formules résultant du développement de ces déterminants, car elles sont fort compliquées. Leur emploi est plus pénible que le développement même des déterminants, qui se fait très facilement avec la règle à calculs, lorsque les lettres sont remplacées par des chiffres.
- la détermination séparée de la résistance d’isolement d’un des fils ; l’opération est en général plus facile sur le neutre.
- Plaçons entre le câble de mise en série des 2 dynamos génératrices et le départ des barres du neutre un ampèremètre aussi sensible que possible. Mettons le pôle -f- franchement au sol. La tension e du pont supérieur fera passer dans la résistance y un certain courant qui, à l’ampèremètre, sera lu avec le courant du neutre à l’instant considéré. Mettons le pôle — au sol ; le courant de fuite du neutre est changé de signe ; s’il s’ajoutait précédemment au courant débité, il s’en retranche maintenant et inversement ; la différence entre les deux lectures à l’ampèremètre donne, comme on voit, le courant qui passe dans la résistance d’isolement du neutre sous la tension 2e. On peut en déduire V = 2/o*
- Les équations (2) et (3) de ci-dessus subsistent (*) ; l’équation (4) devient :
- i 1
- y 2/0 °'
- Cette méthode n’est pas précise et nous avons le droit d’en faire nous-même une critique sévère : quand le débit du câble étudié est important, la lecture est peu différente dans les deux cas ; de plus, les variations du réseau font qu’on n’est jamais sur de la différence entre les deux mesures ; on peut obvier en partie à ces deux inconvénients en choisissant un instant où le régime varie peu et où les deux ponts sont à peu près également chargés ; il sera possible alors d’employer un ampèremètre fait pour des courants bien inférieurs à celui du neutre en temps normal ; il est facile d’imaginer des dispositifs simples de protection contre une élévation de débit mettant cet appareil en danger. Il est bon également de faire une série de mesures en
- (!) Les formules à employer sont les mêmes ; il suffit, dans les déterminants, de remplacer e\ e't —~ni par o,
- ni 1
- e, — ni par i, -in par o, et — par —,
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- mettant alternativement les pôles -f et — au sol. Des moyennes permettront d’éliminer les erreurs fortuites.
- Le plus grave inconvénient de la méthode est à notre avis la nécessité de mettre au sol les deux câbles extrêmes. Cette opération est souvent dangereuse, non pas tant pour le personnel que pour l’installation elle-même. Quoi qu’il en soit, on pourra peut-être se servir de ce procédé avec profit dans certains cas ; il fournit une valeur de l’isolement du câble neutre d’autant plus approchée que cet isolement est plus faible.
- Comme on Voit, la méthode serait difficile à rendre applicable aux câbles extrêmes où on ne peut pas avoir un courant aussi faible qu’on veut.
- Les deux méthodes que nous avons indiquées ne peuvent être employées que par celui qui dirige l’exploitation, puisque toutes deux exigent l’accès aux machines. On ne peut pas déterminer l’isolement du réseau à 3 fils en un point quelconque de la canalisation, comme il est possible de le faire avec une installation à deux fils.
- L. Vehain.
- L’EXPOSITION DÉ LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE
- Cette exposition a eu lieu cette année les 20 et ai avril, et nous en donnons ici comme à l’ordinaire un compte rendu, où nous nous attachons surtout aux appareils nouveaux ou aux variantes nouvelles d’appareils connus.
- Encore, parmi ces nouveautés, en laisserons-nous délibérément quelques-unes de côté, et non des moins intéressantes, parce que cette Revue leur consacrera incessamment une description approfondie. C’est le cas par exemple pour les transformateurs statiques de fréquence, si remarqués des techniciens, et qui sont dus à notre très regretté collaborateur, M. Maurice Joly.
- D’autres dispositifs nouveaux sont déjà bien connus de nos lecteurs : par exemple, ceux qu’a préconisés M. Riccardo Arno pour la mesure de la puissance. De même, les appareils de radiotélégraphie, de MM. Bellini-Tosi ; les tissus chauffants, de M. Herr-gott, etc., etc.
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- Yoici dès lors les appareils que nous avons plus spécialement à signaler.
- La Compaghie pour la Fabrication des
- Compteurs et Matériel d’Usines à Gaz exposait plusieurs appareils de tableau, parmi lesquels il y a lieu de retenir d’abord une série complète à'appareils encastrés pour montage sur panneau vertical, comprenant des appareils ronds (ampèremètre, wattinètre, d’induction, triphasé non équilibré) et des appareils de profil horizontal dans lesquels l’échelle seule fait saillie hors du tableau (ampèremètre, voltmètre, phasemètre); et une autre série d’appareils encastrés pour montage sur le pupitre de commande d’une station centrale, comprenant des appareils de profil incliné, à inclinaison Variable, afin de lire facilement, sans avoir à déplacer l’œil, le long de l’échelle.
- Un relais ampèremétrique à maximum,' temporisé, destiné à la commande des disjoncteurs, présentait la particularité d’être réglable comme intensité, du simple au double et comme temps de 5 à 25 secondes; il établit, donc le circuit du disjoncteur pour un temps réglable entre 5 et a5 secondes lorsque l’intensité dépasse, par exemple, de io % la valeur pour laquelle l’appareil est réglé.
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- De même, on trouvait des transformateurs d’interisité et de tension, dont les qualités spéciales résident dans l’isolement particuliérement soigné (essai aù triple de la tension maximum normale de service) et dans leur exactitude.
- Lê professeur Riccardo Arno a publié récemment dans cette Revue (‘) la conception qu’il s’est faite de nouvelles méthodes de mesure des courants alternatifs et de leur application à une tarification de l’énergie électrique qui tiendrait compte non seulement de la puissance vraie, mais encore delà puissance magnétisante.
- La mesure de la charge complexe pouvant se faire par deux mesures de puissance vraie et de puissance apparente, la Compagnie des Compteurs exposait deux types d’appareils permettant d’effectuer, par simple manœuvre d’un commutateur, les deux mesures en question (l’un des appareils est du type indicateur et l’autre enregistreur).
- Tous deux sont du genre électrodynamomètre et comportent les éléments d’un watt-mètre ordinaire. L’introduction dans le circuit de tension d’une bobine de self de valeur convenable transforme l’appareil en un volt-ampèremètre exact pratiquement pour des valeurs du facteiw de puissance oscillant entre o,5 et 0,9.
- Les deux lectures permettent évidemment, par simplerapport, la connaissance du facteur de puissance.
- L'appareil Boucherot, destiné à la mesure, en service, des circuits de dynamos, comporte un voltmètre ordinaire et un ampèremètre ordinaire avec série de shunts; d’où mesures de tension et d’intensité.
- La combinaison de ces deux appareils avec des résistances réglables et l’induit (ou l’inducteur) de la machine forme un pont de Wheatstone dans leqxxel xine branche se troxive être la insistance à mesurer et contient la force électromotrice nécessaire à la mesure.
- (1) Lumière Electrique, i5 avril 1911, p. 35. Voir aussi loines Xfî et XIII.
- Lé branchement étaiit établi, on peut suivre, lors de l’eésai de durée, la variation de résistance du circuit considéré et eil déduire les variations de température dudit circuit.
- De même, le tellurohmmUrè Berland, destiné à mesurer les résistances de prises de terre, paratonnerres, etc., est encore ulx pont de Wheatstone; on élimine l’action gênante deg courants vagabonds dans la insistance à mesurer en inversant périodiquement les connexions de cette résistance avec le pont, aü ttioyett d’un commutateur tournant actionné par un mouvement d’horlogerie,
- Les ateliers Carpentier présentent, comme à l’ordinaire, nombre d’appareils intéressants.
- Les études, faites au Laboratoire Central d’électricité SUf les étalons de l'ohm en fil de mangdrtin réalisés depuis plus d’une année, ont montré leur parfaite comparabilité et leur invariabilité. La idéalisation de ces appareils constitue donc une intéressante contribution à l’ensemble des études sur les unités qui Ont donné lieu, cette année, aux comparaisons effectuées à Washington entre les étalons des principaux laboratoires d’électricité, et dont il a récemment été question ici même (').
- L’électrotnètre Abraham et Villard permet, sous tin volume restreint, de mesurer directement, et sans précaution spéciale, des tensions continues ou alternatives de l’ordre de 200 à 3oo kilovolts. Il comprend essentiellement un instrument de mesure renfermé dans un boîtier métallique arrondi ét muni d’un piston mobile dont les petits déplacements amplifiés produisent la déviation de l’index. L’un des pôles est relié au boîtier de l’appareil. D’autre part, en face du piston, pour lequel le reste du boîtier forme anneau de garde, se trouve, disposé à une distance convenable, un plateau métallique à bords arrondis. Ce plateau est relié au deuxième pôle et il est destiné à exercer sur le piston
- I (*) Lumière Electrique, tome XIII, p. 54.
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- une force attractive fonction de la tension à mesurer. Deux longues tiges de verre fixées sur un même socle portent chacun de ces deux oi’ganes et assurent leur isolement par rapport à la terre. Ces tiges se démontent facilement de façon à devenir indépendantes des appareils et du socle et à permettre ainsi
- Fig*, i. — Voltmètre électrostatique Abraham et Yillard.
- le transport de l’ensemble dans une boite. Suivant la distance du plateau, et pour des positions repérées sur le socle, l’appareil présente différentes sensibilités. C’est ainsi que le modèle présenté portait sur son cadran deux graduations^ l’une de . 3o ooo à uio ooo volts, l’autre de 5o ooo à ioo ooo volts.
- Les fréquencemètres Abraham (*) sont des appareils à lecture directe avec déviation
- (') Voir Bulletin de la Société Internationale des Electriciens, mars 1911.
- continue de l’aiguille. Le fréquencemètre indicateur a l’aspect, et l’encombrement * des appareils de tableau ordinaires. Le fréquencemètre enregistreur est du type des enregistreurs J. Carpentier à ordonnées rectilignes et à diagramme continu.
- Ces appareils sont essentiellement des galvanomètres à cadre mobile et à pivots dans lesquels le champ est fourni par un électro excité par le courant à étudier. Le courant du cadre mobile est amené, non par des ressorts, mais par de minces rubans d’argent sans force directrice appréciable.
- Dans ces conditions, le cadre prend une position d’équilibre qui dépend uniquement de la fréquence. En effet, d’une part la déviation que tend à produire le courant dérivé dans le cadre est limitée par le couple d’induction antagoniste croissant qui résulte de la déviation même du cadre, de sorte que le cadre s’arrête bientôt dans une position d’ér quilibre. Et, d’autre part, comme il n’y a pas de ressorts et que toutes les actions électrodynamiques en jeu sont proportionnelles à la tension, la position d’équilibre du cadre reste la même quand la tension varie, du moins dans les limites où le fer ne se sature pas. Pratiquement, des variations de tension de :‘>o % sont sans influence sur les indications de l'appareil.
- La sensibilité des fréquencemètres Abraham peut être très grande. C’est ainsi qu’à ào périodes, il est facile d’obtenir toute la déviation pour une variation de a périodes et de faire des lectures à moins de 1 dixième de période près. Par contre, pour Un réglage convenable des selfs et des résistances, l’échelle peut être aussi étendue que dans lés modèles ordinaires.
- L’enregistreur présente les particularités suivantes : le papier est guidé dans un couloir cylindrique dont l’axe coïncide avec celui de l’équipage. On utilise ainsi go° de déviation et on peut employer une aiguille plus courte que dans les enregistreurs ordinaires, ce qui est un avantage. D’autre part, l’axe de l’équipage étant vertical, la quantité
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- d’encre plus ou moins grande que contient la plume n’influe pas sur l’indication de l’appareil.
- Enfin, il n’y a pas à faire, pour changer la feuille, la manœuvre un peu délicate de l’enroulement sur un tambour. La feuille s’introduit aussi simplement qu’une lettre à la poste et le diagramme se dégage de l’appareil au fur et à mesure qu’il est tracé.
- Les divers fréquencemètres sont généralement complétés par une boite d’accessoires comprenant le transformateur à circuit ouvert et les résistances nécessaires pour adapter l’appareil aux tensions et aux fréquences pour lesquelles il est prévu.
- Ces boites, semblables comme aspect extérieur aux boîtes de résistances additionnelles, se disposent facilement à l’arrière des tableaux de distribution.
- Les ateliers Carpentier exposaient encore un indicateur de nombre de tours comprenant une magnéto cuirassée et étanche à faible vitesse et qui donne près de 5o volts pour une vitesse de iao tours à la minute. Cette machine puissante actionne un appareil à cadre mobile cuirassé et particulièrement robuste, de façon à permettre l’enregistrement lorsque les circonstances l’exigent.
- L’indicateur avec le zéro au milieu indique, par simple lecture, le nombre de tours des machines pour la marche avant et la marche arrière. Le cadran est lumineux pour permettre les lectures dans l’obscurité.
- L’enregistreur est un milliampèremèlre à courant continu et a ordonnées rectilignes du modèle ordinaire des enregistreurs J. Carpentier (').
- (*j D’aulrcs appareils exposés par la même maison sont déjà connus de nos lecteurs. Nous rappelons qu’on peut en trouver la description aux sources suivantes :
- Logomètres. (Voir Communications à la Société des Electriciens et Lumière Electrique, tome X, p. 169.)
- Nouveaux appareils à 2 aiguilles, (fréquencemètre 1 000 périodes, ondemètre, voltanipèreniètrc combiné : Voir i’article du capitaine Brcnot, Lumière Electrique, di décembre 1910.)
- L'oscillographe d’usine a* synchronisation mécanique de M. Blondel, exposé par MM. Camillerapp et Delagrange, se signale à l’attention par d’intéressantes simplifications constructives qui en font un appareil éminemment industriel.
- Les lampes à filaments, métalliques de petite intensité 11e peuvént se construire dans de bonnes conditions de prix, de rendement et de solidité que pour des voltages relativement bas, ce qui en rend l’emploi difficile sur les réseaux à 110 et à 220 volts.
- Pour les distributions à courant alternatif, la question a été résolue par l’emploi de transformateurs interposés entre le réseau et les lampes.
- On connaît depuis 1900 le principe des économiseurs, construits par M. Weissmann d’après les conseils de M. A. Blondel, sorte de petits transformateurs à-circuit unique, qui, en abaissant la tension à une vingtaine de volts, permettent de faire usage de lampes métalliques à gros filaments, par conséquent très robustes.
- A l’Exposition de Physique, l’éclairage de l’escalier était assuré par des « perles électriques » Weissmann.
- Pour le courant continu, on peut envisager diverses solutions basées sur la remarque suivante : pour qu’un filament ait son éclat normal, il faut lui fournir par unité de temps une quantité donnée d’énergie, mais celte quantité d’énergie peut, au lieu d’être fournie au filament d’une façon ininterrompue, lui être amenée par intermittences, à condi-
- YoU-wallinèti'o. (Voir l’article de M. 1,. Joly, / umière Electrique, i5 avril 1911.)
- Pendule demi-seconde pour les longitudes. (Voir l’article du capitaine Brcnot, Lumière Electrique, a.j décembre 1910.)
- Transformateur de fréquence Maurice Joly. (Voir Comptes rendus de VAcadémie des Sciences Ti et 2- mars 1911 et le mémoire que nous publierons prochainement.)
- Voltmètres à cadre mobile et à courant alternatif et fréquencemètres. (Voir Société des Bleelriciens, mars 1911, M. Abraham.)
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- tion que la fréqqence de ces intermittences, soit assez grande. ,
- Ainsi, s’il s’agit alimenter d’une lampe de i6 bougies construite pour fonctionner usuellement à 20 volts avec une intensité moyenne de 0,8 ampère, on peut l’alimenter avec, du courant à 200 volts en interposant, par exemple, entre la lampe et le réseau, un interrupteur rapide établi de façon que la durée de fermeture soit environ le centième de la durée d’ouverture et que la fréquence de cet interrupteur soit assez grande pour que, grâce à la capacité calorifique du filament d’une part et à la persistance des impressions sur la rétine, d’autre part, l’éclairement soit constant.
- On pourra régler l’éclat de la lampe en faisant varier les rapports des durées de fermeture et d’ouverture.
- L’interrupteur rapide étant de réalisation délicate pour des rapports élevés de durée de fermeture et d’ouverture, on peut, lorsqu’on a besoin de très grands rapports de voltage, employer un interrupteur donnant seulement un faible rapport et y ajouter un transformateur analogue aux transformateurs employés pour le courant alternatif ordinaire, car le courant vibré produit par l’interposition de l’interrupteur rapide sur le coui’ant continu est apte à être abaissé de voltage par un transformateur.
- L’appareil exposé par M. L. Neu est ainsi établi : un transformateur a son primaire relié au réseau à 110 volts avec interposition d’un interrupteur à fréquence élevée ; cet interrupteur, du type à trembleur, est actionné par les fuites mêmes du circuit magnétique du transformateur.
- Le secondaire du transformateur alimente une lampe de 6 bougies construite pour fonctionner usuellement à 6 volts.
- Un condensateur est monté en dérivation sur le primaire du transformateur.
- On peut également placer aux bornes du trqmbleur un condensateur monté en série avec une résistance qui a pour but de faire fonctionner le trembleur sans étincelle nui-
- sible, malgré le voltage élevé employé : ceci, grâce à ce que l’énergie de décharge du condensateur est absorbée en majeure partip dans cette résistance auxiliaire au lieu de se dissiper sur les contacts sous forme d’étincelle chaude et destructive.
- L'appareil inscripteur et préviseur d’orages de M. A. Turpain, est constitué par de simples aiguilles à coudre placées en croix, et formant cohéreur. Deux appareils de ce type ont été installés à Poitiers et à La Rochelle. L’antenne de ce dernier a été foudroyée, le iS décembre 1910 dans des conditions très singulières : la foudre, tombant sur l’extrémité de l’antenne, d’une longueur totale de 100 mètres, volatilisa littéralement le fil de cuivre, d’un diamètre de 2 millimètres sur plus de 60 mètres, tandis qu’elle le laissait complètement indemne sur le reste de sa longueur. Quant au cohéreur lui-même, il fut à peine endommagé. Enfin l’observation la plus curieuse porta sur l’éclair en boule, produit au point où cessait la volatilisation du fil de l’antenne : cet éclair en boule vint frôler des maisons voisines et trouer un carreau, sur une hauteur de près de 3o centimètres, avec brutalité, à l'emporte-pièce en quelque sorte. Tel est l’exploit par lequel s’est signalé cette fois l’éclair en boule, décrit notamment par Arago, et qu’on a rarement l’occasion d’observer.
- L'exposition du premier phasophone introduit en France provoquait une certaine curiosité. Etabli par la maison Stephenson, le phasophone consiste essentiellement en un écouteur téléphonique que l’on branche entre un conducteur aérien et la terre, le même circuit comprenant, en série, un condensateur et une résistance purement ohmique.
- Le principe de fonctionnement est extrêmement simple : si l’on met l’oreille au téléphone, on entend un son régulier correspondant à la fréquence normale du réseau. Si maintenant il existe quelque part sur la ligne un défaut latent ou déclaré, il se ma-
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- nifestera par la production de fréquences parasites qui donneront naissance à des bruits parfaitement distincts du son soutenu dû à la fréquence normale de la ligne. Tel sera le cas par exemple lorsque, un isolateur commençant à faiblir, il se produit dans sa masse de petites étincelles imperceptibles.
- Le condensateur et la résistance insérés dans le circuit conducteur-téléphone-terre sont montés dans une même boîte, d’aspect robuste et peut-être un peu encombrante si l’on veut transporter l’appareil pour la localisation d’un défaut. Il est nécessaire, bien entendu, que la prise de terre soit exécutée avec soin. L’impédance totale du circuit était, dans l’appareil exposé, de i5 mégohms ; cet appareil était destiné à servir sous S ooo ou io ooo volts.
- Il serait très intéressant de connaître quelques résultats expérimentaux donnés par le phasophone ; simple et rustique, dépourvu de tout organe de réglage (le condensateur et la résistance ont des valeurs fixes), il doit être exécuté d’une manière spéciale pour chaque réseau; si, malgré ce peu d’élasticité et de souplesse, il donne des indications auditives vraiment nettes, son intérêt peut être très grand pour l’exploitation des lignes.
- Arrivons maintenant au domaine spécial de Vélectricité médicale.
- La maison GaifFe expose un commutateur-redresseur à haute tension pour l’utilisation directe des courants alternatifs à la production des rayons X.
- Gét appareil comporte un transformateur pouvant absorber jusqu’à 200 ampères sous 110 volts, et donnant une tension efficace au secondaire de 120 ooo volts.
- Le courant secondaire est redressé au moyen d’un commutateur tournant enti’ainé par un moteur synchrone et formé par quatre bras qui établissent au moment voulu les connexions entre les secteurs auxquels aboutissent d'une partie transformateur et d’autre part le tube,
- L’intensité qui traverse les ampoules peut
- atteindre jusqu’à i5o milliampères. Avec une puissance pareille, on peut aisément faire des radiographies en une faible fraction de seconde.
- L’appréciation du temps de pose devenant impossible, le même constructeur a adjoint à son appareil un très ingénieux déclencheur automatique, permettant de régler à l’avance le temps de fermeture du courant sur la source de rayons X.
- Le déclencheur comporte en principe deux appareils distincts ; un compteur de temps et un disjoncteur. Le compteur de temps démarre automatiquement par la fermeture du courant actionnant la source à haut potentiel et, au bout d’un temps variable, à volonté, vient fermer le circuit d’un relais, faisant partie d’un disjoncteur et qui déclenche ce dernier.
- M. GaifFe présente également un appareil pour les applications localisées de haute fréquence, caractérisé par un éclateur construit d’après les résultats des expériences de M. Broca. Ce dernier avait reconnu que, lorsque l’étincelle éclate dans un milieu carburé, elle est plus régulière que dans l’air, moins bruyante et moins chaude ; l’arc ne se produit plus, ce qui permet de travailler à grande puissance avec des étincelles excessivement courtes.
- De la même maison, un tableau électrothé-rapique à graduation et distribution localisées du courant faradique du professeur Bergonié pour la cure" d’obésité par l’exercice électriquement provoqué. Cet appareil permet de faire travailler en même temps et rythmiquement plusieurs groupes musculaires en réglant pour chacun d’eux la valeur de la contraction qui lui convient.
- Nous signalerons en dernier lieu dans l’exposition de la maison Gaiffe un appareil à courant faradique ondulé des Drs Zimmern et Turchini. Pour arriver à ce résultat, la bobine secondaire est formée par un certain nombre de sections associées en jsérie et réunies à des plots disposés circulairement. Sur ces plots se déplace un petit balai monté
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- ,sur Taxe d’un mouvement d’horlogerie. C’est ,en somme un collecteur d’éléments faradiques,
- Le courant faradique ondulé étant l’exci-tant par excellence du muscle trouvera son emploi dans le traitement des atrophies musculaires et des paralysies, particulièrement chez les enfants en bas âge.
- M, Roycourt expose une machine électrostatique monumentale à 20 plateaux, de construction et de fonctionnement parfaits. Cette machine est destinée aux recherches de MM. Villard et Abraham sur les potentiels explosifs. Un sait que ces recherches ont mis en évidence, comme premier résultat, le caractère accidentel et accessoire du poten-
- tiel explosif ordinaire et l’existence d’ün autre potentiel plus élevé et bien déterminé (*).
- M. Ropiquet nous montre son très intéressant sélecteur d’ondes, permettant d’éliminer l’onde de fermeture dans une bobine d’induction* L’auteur est arrivé à ce résultat en utilisant le principe du commutateur tournant.
- Cet ingénieux dispositif permet de supprimer la soupape destinée à arrêter l’onde inverse si pernicieuse pour les ampoules à rayons X.
- J. Reyval.
- (•) Voir Lumière Electrique, tome XI, p. 2a et 210.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- Sur l’emploi du galvanomètre Deprez-d’Ar-sohval comme êlectromètre. — W. Peukert. — Eleklrotechnische Zeitschrift, i3 avril ig£i.
- L’auteur indique un procédé permettant d’employer le galvanomètre ordinaire Deprez-d’Arson-val comme électromètre pour la mesure des tensions alternatives.
- Ce procédé consiste à utiliser la bobine mobile du galvanomètre, dont les spires sont généralement enroulées sur un cadre d’aluminium, comme aiguille, et l’aimant de l’appareil comme quadrants. Il suffit dans ce but de relier la source dont on veut mesurer la différence de potentiel, d’une part à la bobine, d’autre part à l'aimant, ainsi que l’indique la fi-gure 1.
- La déviation obtenue pour une tension déterminée, c’est-à-dire la sensibilité de l’appareil, dépend essentiellement de la position initiale de la bobine par rapport à l’aimant; la position de zéro normale de l’appareil fonctionnant en galvanomètre correspond à une sensibilité très faible.
- On peut augmenter cette sensibilité en donnant à la main une certaine torsion initiale au fil; mais ce procédé a l’inconvénient d’exiger la remise au zéro
- de l’appareil dès que l’on veut s’en servir comme galvanomètre ordinaire. U est plus commode de donner artificiellement cette torsion initiale à l’aide d’un courant continu que l’on fait passer constamment dans la bobine et dont l’intensité règle le zéro de l’appareil fonctionnant en électromètre,
- La différence entre la déviation initiale constante due au courant continu et la déviation que l’on constate, lorsqu’on applique la différence de potentiel à déterminer donne la mesure de cette dernière, La fi-
- Fig. 1.
- gure 1 donne d’ailleurs le schéma du montage dans ce cas; le rhéostat r sert à régler l’intensité de manière à obtenir la position initiale qui correspond à la plus grande sensibilité.
- Enfin, on peut encore augmenter cette dernière en intercalant dans le circuit un condensateur qui pro-
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- tègè d'ailleurs l’appareil dans le cas où il s’agit de mesurer des tensions élevées. Si C, est la capacité du condensateur auxiliaire et C3 celle de l’appareil, et si celui-ci accuse une tension e, la tension E à mesurer est donnée par la formule connue :
- Le condensateur C, peut d’ailleurs être remplacé par une grande résistance R non inductive (fig. i).
- J.-L. M.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Sur la réalisation d’un alternateur à haute fréquence pour la radiotélégraphie. — R.Gold-schmidt. — Elektrotechnische Zeitschrift, 19 janvier
- »9’1 •
- Dans la télégraphie sans fil, on emploie généralement des fréquences d’au moins 3o 000, 100000 et même plus. D’autre part, on est obligé d’avoir d’assez fortes puissances pour franchir les grandes distances ou pour avoir une certaine sécurité de fonctionnement à faible portée ou enfin pour la téléphonie sans fil, pour laquelle il faut en plus assurer une parfaite constance d’émission:
- Les éclateurs et les arcs sont limités en puissance et leur constance de fonctionnement n’est pas parfaite sous de fortes charges. C’est pourquoi on a cherché déjà depuis plusieurs années à produire les ondes électriques directement dans la machine, sans recourir ni aux éclateurs ni aux arcs, la puissance de la machine pouvant être, comme pour les dynamos, augmentée à volontéen augmentant Ses dimensions : c’est le problème bien connu de l’alternateur à haute fréquence.
- Mais si l’on essaie de construire un tel alternateur pour de fortes puissancés, on se heurte immédiatement à des difficultés, que les considérations suivantes permettent de préciser. Si on prend une vitesse tangentielle assez élévée, soit 80 mètres par seconde, on est obligé de donner au pas polaire la va-
- leur ---------— 1,33 millimètre, si Ion veut une
- îX3o 000
- fréquence de 3o 000.
- Ces i,33 millimètres sont presque tout entiers employés pour l’isolation et il ne reste par conséquent presque rien pour le fer et le cuivre. Si .1 on double la vitesse de la machine ou même si l’on va encore plus loin, on ne peut pas augmenter de beaucoup la
- puissance, car, tout d’abord, la profondeur de l’encoche ne peut pas être bien grande avec un aussi faible pas dentaire ; sinon la dispersion deviendrait trop considérable. Dans les inducteurs, cela ne produit pas, il est vrai, d’autres effets que de forcer un peu la saturation, mais les pertes par hystérésis et par courants de Foucault, ainsi que les pertes de tension dans l’armature deviennent alors trop considérables. En outre, les petits pôles demandent un faible entrefer, ce qui augmente encore la difficulté de construction.
- L’auteur propose le procédé suivant éprouvé par la pratique.
- Dans la figure 1, S représente le stator, R le rotor d’une machine construite comme un moteur triphasé d’induction, du type ordinaire. Les bagues du rotor sont liées par les condensateurs C aux bornes du stator. On envoie, soit dans S, soit dans R, soit
- Fig-, 1.
- simultanément dans les deux, le courant d’une batterie B, protégée par la self D contre le courant alternatif, et on fait tourner le rotor avec une vitesse angulaire w (valeur réduite à deux pôles). Le rotor et le stator étant séparés par les condensateurs G, le courant continu ne passe que dans S ; dans le rotor circulentles courants alternatifs de fréquence /', correspondant à la vitesse de la rotation. Ces courants engendrent dans S, à travers les condensâteurs C, un champ tournant animé d’une vitesse w ; R et S sont montés de telle sorte que ce champ tourne en sens inverse du rotor R, de manière que sa vitesse relative par rapport au rotor, soit 2 w. Dans R se produisent par conséquent des courants de fréquence 2/’ qui, de nouveau traversant le stator, engendrent dans le rotor des courants de fréquence 3f et ainsi de suite. Théoriquement, par cette self-transformation, des courants de fréquence infiniment élevée prennent naissance.
- En pratique, on emploie le montage de la ligure 2 avec le courant monophasé, R étant en court-circuit direct et S court-circuité pour les courants
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- alternatif» par un fort condensateur C. En excitant S avec le Gourant continu, on engendre dans le rotor le courant de fréquence f. Considérons maintenant R comme le primaire et décomposons son champ alternatif en deux champs tournants en sens contraire avec la vitesse angulaire ta. L’un de ces champs reste immobile et représente la réaction de R sur le champ dû au courant continu du stator. La seconde composante tourne avec une vitesse aw et engendre dans le stator des courants de fréquence if. De nouveau, on a une composante de réaction et une composante d’action produisant dans R les courants de fréquence 3/’et ainsi de suite.
- D
- Fig. a.
- On remarquera que, dans ce montage, la transformation de fréquence se fait par induction mutuelle, R et S jouant alternativement le rôle de primaire.
- Il semble qu’on n’utilise, par ce procédé, que les faibles a harmoniques supérieurs » existant, à titre de sous-produits,dans toutes les machines à courants alternatifs, En réalité, il n’en est pas ainsi, si l’on prend soin de ce que, pour les fréquences inférieures, non utilisées, on ait un véritable court-circuit et que, seule, la fréquence voulue soit apportée au circuit d’utilisation (antenne). Alors la transformation de la fréquence s’effectue avec un très bon rendement et, jusqu’à une certaine limite, avec une puissance croissante avec la fréquence, En effet,à chaque augmentation de la fréquence une nouvelle énergie mécanique est transformée en énergie électrique. Sans la mise en court-circuit des fréquences mortes,les courants deviendraient de plus en plus faibles pour des fréquences croissantes et l’obtention de la « puissance » serait impossible.
- L’auto-transformation de la fréquence a cet avantage que la composante d’action de la fréquence nf est presque détruite par la composante de réaction de fréquence (n —. i )/*, de sorte que seulement le dernier champ (la plus haute fréquence, champ utile) existe en toute sa force et c’est lui seul qui détermine en totalité les pertes dans le fer.
- Bien entendu, il faut entendre par court-circuit le circuit comprenant un condensateur détruisant la self-inductioh de la machine.
- On comprendra mieux le fonctionnement par l’exemple de la figure 3 : ici l’on veut produire la fréquence 4 f. Les courants de la fréquence /du rotor parcourent le circuit accordé RC3 D2 C* R. Le condensateur C3 équilibre la self-induction de R, tandis que D2 et C4 sont en résonance pour la fréquence f. Le courant de fréquence a/engendré dans le stator parcourt le condensateur Ci, détruisant la self du stator, D4 et C2 étant en résonance pour la fréquence
- Fig. 3.
- a/. Les courants de fréquence 3f passent dans le condensateur C6 également accordé. Les courants de fréquence kf seront recueillis entre les bornes ab. D, Cj, étant très bien accordés pour la fréquence %f, dans ce circuit en dérivation sur l’antenne il y aura un très faible courant de fréquence 4/et, par contre, une très faible tension de fréquence %f entre les bornes ab. Il est à remarquer que l’addition du condensateur Cs dans le rotor aussi bien que de l’antenne dans le stator ne changent pas la résonance pour la fréquence f: cela tient à la présence des condensateurs Ci et C2 qui assurent cette résonance indifféremment, que Dj C2 ou D2 C4 soient en court-circuit ou bien ouverts.
- La première machine construite suivant ce principe se trouve depuis avril 1910 à la radio-station de Lorenz A.-G., à Eberswald, et donne, pour la Ion--gueur d’onde de 10000 mètres, ja,5 kilowatts avec un rendement de 80 % 5 pour 5 000 mètres, on a encore de 8 à 10 kilowatts. Il n’y a pas de difficultés à construire ces machines pour 60 ou 80 kilowatts aussi bien que pour une longueur d’onde de 3 000 mètres.
- L’avantage spécial de ces machines est la possibilité, par un simple commutateur, de réaliser un grand nombre de fréquences, un dispositif spécial permettant d’en achever le réglage. S. P.
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- DIVERS
- La protection des conduites d’eau et de gaz contre l’èleotrolyse par les courants vagabonds. — Geppert et Llese. — Elektrotechnische Zeitschrift, i3 avril jg11; Journal für Gasbeleuchtung und Wasserversorgung, vol. LUI, 1910,
- De nombreuses dégradations par électrolyse ayant été constatées sur les conduites de gaz et d’eau de la ville de Karlsruhe, principalement aux points de croisements avec'les voies de iramways, des essais d’un nouveau dispositif de protection dù à M, Geppert ont été entrepris.
- Ce dispositif consiste à placer, à proximité de la conduite à préserver, une conduite auxiliaire en vieux tuyaux et à intercaler entre celle-ci et la première conduite une petite génératrice à bas voltage ; le pôle positif de cette dernière est relié directement à la conduite auxiliaire et le pôle négatif à la conduite à protéger. Grâce à cette génératrice, le potentiel de la conduite à préserver est sensiblement abaissé et devient presque égal au potentiel des rails de la voie. Les courants vagabonds ne peuvent ainsi quitter la conduite pour se diriger vers les rails ou vers le sol environnant ; mais ils traversent la génératrice à bas voltage pour se rendre, à la conduite auxiliaire,d’où ils regagnent le sol ou les rails, sans produire aucun effet nuisible sur la conduite à préserver.
- Une génératrice de 11 ampères sous 10 volts fut suffisante pour protéger une longueur totale de 190 mètres de conduites. Les résultats furent satisfaisants ; on ne constata, en effet, au bout de quinze mois,aucune dégradation sur les conduites ainsi pro-
- tégées, alors qu’auparavant de gt-aves détériorations se manifestaient au bout de dix mois environ.
- J. L.-M.
- CORRESPONDANCE
- Votre numéro du 2a avril contient, sous la rubrique « Correspondance », une note dans laquelle M. Picou présente le « théorème de Thevenin » comme un corollaire d’une certaine formule relative à des conducteurs groupés en dérivation sur une source électrique.
- Permettez-moi de vous signaler l’erreur commise par M. Picou. Il lui suffira, pour reconnaître sa méprise, de se reporter à l’énoncé et à la démonstration que j’ai donnés en 1883 (Comptes Rendus des 16 juillet et 6 août).
- Je crois devoir rappeler que ma proposition, loin d’être limitée au cas d’une source alimentant des conducteurs en dérivation, possède un caractère d’absolue généralité.
- Elle s’applique à un réseau aussi complexe qu’on le voudra, c’est-à-dire formé de conducteurs en nombre quelconque reliés entre eux d’une manière quelconque, et elle suppose que des forces électromotrices en nombre quelconque sont distribués d’une manière quelconque sur les divers conducteurs.
- Le théorème est évidemment applicable aux dispositifs considérés par M. Leprince-Ringuet et par M. Picou, comme à tous autres cas particuliers. Mais, en raison même de sa généralité, on ne voit vraiment pas comment il pourrait se déduire de la formule très spéciale citée par votre correspondant.
- Paris, 28 avril 1911,
- L. Thevenin.
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- CHRONIQUE DE LEGISLATION INDUSTRIELLE
- Législation comparée des principaux Etats d’Europe au point de vue des chemins de fer d'intérêt local \ (*)
- (*) D’après la Conférence de M. C. de Burlet au Congrès international de tramways et de chemins de for d’intérêt local (Bruxelles, septembre 1910). yoiv Lumière Electrique, 29 avril 1911, p. >i3.
- ÎIEI.GIQL’E
- Dans ce pays où le réseau des grands chemins de fer est à peu près achevé et où, sur le terrain des chemins de fer secondaires, l’initiative privée, nous l’avons vu, n’a rien ou presque rien produit, bien qu’une loi de 18^5 lureût largement ouvert ce vaste champ, le Parlement, par
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- les lois de 1884 ët «885, a résolu la question d’une manière radicale et créé de toutes pièces une organisation complète et tout à fait nouvelle.
- Cette œuvre législative, qui fonctionne maintenant depuis vingt-cinq ans, mérite nous semble-t-il, un jugement favorable, s’il est vrai, comme le disent les" Livres Saints, que « l’on juge l'arbre à ses fruits».
- Elle fut, on peut l’affirmer, d’une importance capitale pour la Belgique.
- Véritable charte de la voirie vicinale ferrée, elle consacre des principes absolument nouveaux dont il importe de mettre en lumière les grandes lignes :
- 1. — La réalisation des chemins de fer vicinaux est'confiée à un organisme unique: a la Société nationale des chemins de fer vicinaux », investie d’un monopole, mitigé toutefois : le Gouvernement,auquel appartient seul le droit de concéder, pouvant accorder des concessions à d’autres, si la Société nationale n’a pas, dans le délai d’une année, formulé semblable demande.
- Les statuts de la société nouvelle sont annexés à la loi, dont ils font partie intégrante et ils ne peuvent être modifiés que législativement.
- a. — Les concessions accordées à la Société nationale ont une durée illimitée comme la société elle-même ; celles accordées à d’autres ne peuvent avoir une durée dépassant quatre-vingt-dix ans.
- L’Etat peut exercer, en tout temps, le droit de rachat aux conditions fixées dans l'acte de concession.
- 3. — La Société nationale fonctionne sous le contrôle du Gouvernement, auquel il appartient :
- a) d’approuver les tarifs et, en tout temps, d’en exiger le rehaussement ;
- b) de s’opposer à l’exécution de toute mesure contraire à la loi, aux statuts ou aux intérêts de l’Etat;
- c) de régler la police des chemins de fer vicinaux et d’imposer certains transports gratuits dans l’intérêt des services publics.
- 4. —Le capital est constitué, sous forme de prises d’actions, par les trois branches des pouvoirs publics: Etat, provinces et communes, et éventuellement avec le concours des particuliers.
- C’est un des points les plus caractéristiques et les plus intéressants de l’organisation.
- Jusqu’à cette époque, totite la grande voirie ferrée avait été construite soit directement par
- l’Etat, soit par des compagnies privées, mais en dehors de toute intervention financière des provinces et des communes. ;
- On entrait donc dans une voie absolument différente etil fallut faire pénétrer dans les assemblées délibérantes communales et provinciales cette notion, jusque-là inconnue, d’une participation financière à une entreprise d’un caractère tout à fait spécial, évidemment d’intérêt public, mais qui présentait aussi des aspects industriels avec scs aléas et ses incertitudes. Ce ne fut pas une des moindres difficultés de la mise en train de l’œuvre créée par le législateur.
- Heureusement, une ingénieuse combinaison permet aux pouvoirs publics de réaliser leur participation financière, non pas par un décaissement de fonds équivalent à leur mise, mais sous la forme d’annuités souscrites pour un terme de 90 ans et comprenant l’intérêt et l’amortissement. Le taux des annuités fixé actuellement, à 3,65 % se modifie selon que la situation du marché financier rend plus ou moins favorable le placement clés obligations de la Société nationale.
- Les communes, les provinces et l’Etat lui-même peuvent donc : ou bien libérer leurs actions par un versement immédiat, ou bien adopter le système des annuités qui vient d’être exposé et qui ne peut apporter dans leur budget aucun trouble appréciable.
- Il est presque superflu d’ajouter que tous ont choisi ce dernier mode, à l’exception de trois actionnaires pouvoirs publics.
- On conçoit très aisément, dès lors, le fonctionnement du système financier: une commune, dont, l’intervention est, par exemple, de 100 000 francs, reçoit ioo actions de 1 000 francs de la ligne et souscrit 90 annuités à 3,65 % , c’est-à-dire 90 annuités de 3 65o francs. A la fin de l’exercice, elle aura ou bien à payer ou bien à encaisser une certaine somme, selon que le dividende ou le revenu net de la ligne (car chaque ligne a sa comptabilité spéciale et séparée) aura été inférieur ou supérieur à 3,65 % , et cette somme sera précisément la différence entre le taux de l’annuité 3,65 % et le dividende distribué.
- Mais dans quelle proportion interviennent les pouvoirs publics et comment se répartit entre eux le capital à souscrire?
- La loi 11’a pas déterminé et elle ne pouvait
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- réellement pas déterminer cette proportion « priori et pour tous les cas infiniment variables qui peuvent se présenter. De plus, le législateur a Voulu, et il faut l’en louer, laisser à chaque pouvoir public la faculté de souscrire ou de ne pas souscrire dans le capital d’une ligne vicinale déterminée. On ne peut pas plus y contraindre une commune ou une province que l’Etat lui-même. C’est le régime bienfaisant de la liberté et non de la contrainte. C’est par la persuasion parfois patiente et lente qu’il a fallu y arriver dans chaque cas particulier ; surtout au début, alors qu’il y avait tout naturellement et très légitimement, à l’endroit de cette nouveauté, de ce bienfait encore inconnu, des hésitations, des doutes): des craintes mêmes !
- N’en soyons point surpris : c’est Je sort de toutes les institutions nouvelles aux premières années de leur existence, lorsqu’il s’agit de les mettre en mouvement et de les appliquer.
- Les grandes administrations publiques, l’Etat et les provinces ne tardèrent pas cependant à adopter certaines règles pour fixer invariablement le tantième de leur participation dans le capital des lignes vicinales.
- L’Etat commença par intervenirpour un quart; mais, au bout d’un certain nombre d’années, il put se rendre compte des services considérables rendus au pays par ces nouvelles voies de communication, et il constata, d’autre part, quel minime sacrifice d’argent elles entraînaient pour le Trésor public. Dès lors, M. le ministre des Finances, comte de Smet de Naeyer, décida en 1896, que désormais lapait d’intervention de l’Etat serait portée à la moitié du capital pour toutes les lignes vicinales.
- C’est le maximum de ce que l’Etat peut faire : la loi interdit, en effet, au gouvernement, de dépasser la moitié. On a voulu que, dans chaque affaire de ce genre, il y eût, au moins à concurrence de 5o % ,un intérêt communal et provincial.
- Des neuf provinces de la Belgique, cinq ont fixé au tiers leur part d’intervention, les quatre autres ont limité leur participation au quart du capital.
- Dans ces conditions, il ne reste pour les communes qu’à souscrire un sixième seulement ou un quart, selon qu’elles appartiennent à la première ou à la seconde catégorie des provinces. C’est l’ensemble ou le groupe des communes intéressées à la ligne qui doit assumer ce quart ou
- ce sixième. Mais ici nouvelle question : Comment se fait la répartition entre ces communes de la somme ainsi déterminée ? A cet égard encore, la loi est muette et on le conçoit très bien.
- La Société nationale a examiné de près la question et elle a pensé qu’on se rapprocherait assez bien de la réalité en prenant comme mesure de l’intérêt des communes, et par suite comme base de leur intervention, ces deux facteurs : la population de la commune et la longueur du parcours sur son territoire.
- Il importe de noter que les particuliers sont également admis à souscrire des actions, et leur intervention vient alors diminuer la part des communes.
- Seulement, ils 11e peuvent se libérer sous forme d’annuités fils doivent verser immédiate-? ment les fonds ; la souscription des particuliers pour une ligne déterminée 11e peut dépasser le tiers du capital.
- 5. — La Société nationale émet des obligations que le gouvernement est autorisé à garantir envers les tiers, en représentation des annuités dues par les communes, les provinces et l’Etat. Il est inutile d’insister sur l’importance de cette garantie et sur les facilités qu’elle donne à la Société nationale pour se procurer les fonds dont elle a besoin.
- 6. —Le capital social estdiviséen autant de série d’actions qu’il y a de lignes concédées, chaque série ayant droit aux bénéfices produits par la ligne à laquelle elle se rapporte.
- 11 suit de là que chaque ligne vicinale forme une affaire distincte, ayant une comptabilité spéciale et qu’un actionnaire s’intéressant à une ligne déterminée ne participe pas aux chances bonnes ou mauvaises d’autres lignes.
- 7. — La Sociétéestadministrée par un Conseil formé d’un président et de six administrateurs et par un directeur général. Le Conseil est investi des pouvoirs les plus étendus.
- Le Gouvernement nomme le président et trois membres du Conseil ; les trois autres sont nommés par l’Assemblée générale des actionnaires, qui se réunit trois fois par an.
- Le directeur général est nommé parle Gouvernement.
- Il est institué un Comité de surveillance, composé de neuf commissaires nommés par l’assemblée générale. Ce sont les délégués" des neuf provinces.
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- 8. — Nous avons signalé déjà que chaque ligne a un compte spécial de dépenses de premier établissement et d’exploitation. Elle participe aux frais généraux de la Société nationale dans la proportion de sa recette brute.
- Le bénéfice est réparti d’abord en un premier dividende équivalent au taux (actuellement 3,65 %) de l’annuité souscrite; puis, sous déduction des tantièmes statutaires, l’excédent servira à constituer, pour un quart, un fonds de prévision, appartenant à chaque ligne et pour trois huitièmes, un fonds de réserve appartenant à la masse; lés trois huitièmes restant formeront un second dividende.
- Ce fonds de réserve est le lien financier entre les diverses lignes. Constitué par les bonnes lignes dçnt les recettes permettent de donner un dividende supérieur au taux de l’annuité, il est destiné à couvrir les pertes éventuelles d’exploitation des mauvaises lignes.
- J’ai exposé, à grands traits, et sous ses aspects lés plus caractéristiques, l’organisation de la Société nationale des chemins de fer vicinaux telle qü’ellè est sortie des délibérations du législateur de 1884 et ï885 : société anonyme, disent les statuts, mais, il faut le reconnaître, société tout à fait sui generis, participant aussi, én réalité, à certains égards, aux caractères d’une administration publique. Et, en meme temps, rouage complexe, du moins en apparence, et, semblait-il, malaisé à mettre en mouvement; mais aussi, combinaison ingénieuse et féconde, l’expérience l’a montré, associant de la façon la plus heureuse les trois branches des pouvoirs publics (Etat, provinces et communes) et, éventuellement, les particuliers (propriétaires, com. merçants, industriels, etc.) pour réaliser une couvre de haut intérêt général que l’initiative privée, seule, eût été impuissante à menerà bonne fin.
- Comment cette loi fut-elle accueillie par les économistes belges ? Avec un certain scepticisme chez les uns, qüi y voyaient trop de complications, trop de rouages, trop de volontés à mettre d’accord et qui doutaient que la vaste machine put être mise en mouvement; par des objections de principe et d’école, chez les autres.
- Vingt-cinq ans se sont écoulés depuis que cette loi â été promulguée. L’expérience a-t-elle confirmé ce scepticisme, ou bien a-t-elle donné ce
- qu’en attendaient les espérances du législateur? Les faits se chargent de répondre.
- Au icr septembre 1910, voici quelle est la situation :
- Longueur.
- I. 167 lignes concédées........ 4 388 km.
- 89 lignes Concession demandée 424 »
- IL Prises en considération obtenues :
- a) définitivement avec la part, de
- l’État, 4 > lignes............. 750 »
- à) provisoirement, 56 lignés...... 585 »
- Elle est sollicitée pour to lignes. 70 y> Total général : 3i3 lignes........ 6 ài5 »
- Les capitaux engagés pour lés lignes des deux premières catégories (concessions accordées et demandées) représentent un total de 3ao 870 000fr. se répartissant comme suit :
- Etat............. i38 810 000 fr. 43,3 %
- Provinces........ 90 081 000 » 28,1 »
- Communes....... 87 496 000 » 27,3 »
- Particuliers... 3 983 000 » i,3 »
- Les lignes en exploitation sont au nombre de 140, ayant une longueur de 3 5So kilomètres, dont : 3 3oo kilomètres avec traction à vapeur ; 25o kilomètres avec traction â l’électrité ou avec service combiné à l’électricité et a la vapeur.
- En 1909, la recette brute totale a été de 20 228 208 francs et les chemins de fer vicinaux ont transporté 75 millions de voyageurs et 5oo 000 wagons de 10 tonnes de marchandises.
- Le revenu net ou dividende moyen des dernières années s’est élevé à 3 % environ.
- Pour avoir une idée de l'importance relative du chiffre de 6215 kilomètres, qui ne tardera pas à constituer le réseau des chemins de fer vicinaux belges, disons que les grands chemins de fer, œuvre de trois quarts de siècle, ont, à ce jour, dans ce pays, une longueur de 4628 kilomètres.
- J’ajouterai pour que ces renseignements statistiques sur la voirie ferrée belge soient complets qu’il y a dans ce pays 366 kilomètres de tramways répartis entre lés villes de Bruxélles, Anvers, Liège, Verviers, Gand et Charleroi, et 70 kilomètres de lignes vicinales concédées â des particuliers.
- Il y aurait encore à signaler bien des points intéressants de l’organisation des chemins de fer vicinaux en Belgique, notamment 1
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- • Mode de traction : en général la vapeur; mais la traetion électi‘iqué sè répand et actionne déjà a5t> kilomètres.
- Des essais de voitures motrices benxo-électri-ques sé poursuivent en ce moment.
- . —Importance et type du matériel roulant, qui Comprend 645 locomotives, 2087 Voitures et fourgons, 5 991 Wagons, 33g voitures motrices et 333 voitures de remorque et fourgons polir lignes électriques.
- 3. «U Ecartement des voies : généralement i mètre ; quelques lignes seulement à l’écartement normal; particularité des voies à 4 rails qui, dans certains eas, peuvent rendre de grands services ; il y en a 53 kilomètres.
- 4. — hnplantatiôn des voies sur route ou sur siège spécial : la proportion est à peu près de 2 à i et elle tend à diminuer.
- 5. — Coût moyen des lignes par kilomètre, y compris le matériel roulant à vapeur(écartement de i mètre) : 57 465 francs ; à vapeur, (écartement normal) : 100 700 francs ; lignes électriques : 169000 francs.
- . — Procédure préalable à la concession dNitte ligne; elle est longue, trop longue peut-être.
- 7. —Recettes. — Proportion entreles voyageurs et les marchandises; pour 1909; elle a été de 62, 26 et 37,74 % et elle est sans doute destinée à augmenter pour les marchandises.
- 8. — Modes d’exploitation. — Exploitation directe, affermage, sociétés intercommunales d’exploitation. Formules et coefficient d’exploitation.
- Lâ Société nationale a admis l’affermage de ses lîgfléS comme règle générale.
- 9. — La Société nationale est armée du droit d'expropriation, ce qui n'existe pas dans tous les pays pour les chemins de fer d’intérêt local.
- La loi organique régissant les chemins de fer vicinaux én Belgique date, nous Pavons vu, de i885.
- Les tramways sont régis par une autre loi, celle de 1875.
- Il se conçoit très bien que l’on ne puisse pas, dans tous les cas, définir avec précision les caractères d’un chemin de fer vicinal et ceux d’un tramway, surtout dans la banlieue des grandes villes et agglomérations urbaines.
- Delà, ont surgi assez fréquemment, non seulement des difficultés et parfois des conflits inévitables, mais passagers, entre les sociétés de
- tramways et la Société nationale des chemihs de fer vicinaux ; mais aussi, ce qui est plus grave, des divergences de vue, des hésitations et, pourquoi ne pas le dire, une certaine incohérence administrative de la part des deux départements ministériels ayant dans leurs attributions l’un les vicinaux, l’autre les tramways.1
- C’est un inconvénient assez sériettx, nan point de la loi ni du système, mais de la répartition, défectueuse, à mon sens, des attributions des divers départements ministériels.
- L’intérêt public peut souffrir et souffre parfois de cette situation à laquelle d’ailleurs le remède est simple : il suffirait dè placer sous ia même autorité ces deux catégorie dè voies ferrées: les vicinaux et les tramways. On aurait ainsi plus d’unité et de promptitude dans lés décisions à prendre. Je me permets de reproduire ce vœu souvent exprimé, mais jusqu’ici toujours vainement.
- D’après C. de Burlet.
- Sur les redevances communales pour occupations de voirie sur les chemins vicinaux, redevances fixées, antérieurement à la loi de 1906 et supérieures aux tarifs de 1907. Jugement du tribunal civil de Valence, du 6 février 1911 (').
- Une Société de distribution avait été obligée d’emprunter, dans deux communes, diverses routes, soit de grande communication, soit surtout vicinales ordinaires.
- Au moment de cette occupation, par une sorte de convention, sans aucune indication de durée, elle s’était engagée à payer une somme forfaitaire pour droits de voirie relativement aux occupations de toute nature. Ceci se passait bien avant la loi de 1906.
- Ûri Sait que, postérieurement à l’apparition de cette loi, des décrets qu’elle annonçait, d’ailleurs, dans son article 18, vinrent, à la date du 17 octobre 1907, donner un tarif pour toutes les occupations de voirie, tarif dont il est interdit aujourd’hui aux communes de sortir.
- En imposant à la Société un tarif sans limitation de durée, la Commune avait-elle fait un véritable contrat ? Ou bien, n’avait-elle pas, en quelque sorte, fait une autorisation de voirie soumise, comipe telle, aux dispositions fiscales émanant du pouvoir législatif ou du pouvoir exécutif? (*)
- (*) Communication du Comité du contentieux de la Chambre Syndicale des Forces Hydrauliques, elè,
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- Si on décide que l’on se trouve en présence d’un véritable contrat* cela revient à dire que les communes pourront, par ce moyen, s’affranchira perpétuité de l’obligation de respecter le tarif de 1907. Sans doute, la loi de 1906 sur les distributions d’énergie a bien décidé que rien ne serait changé aux conditions des autorisations et des concessions antérieures. Mais, pour les concessions ordinaires, qui ont une durée limitée, on peut prévoir, qu’à l’expiration du délai fixé, les parties contractantes, reprenant leur liberté d’action, devront observer fatalement les conditions nouvelles résultant de la loi de 1906. Quant aux autorisations ordinaires, qui ne sont pas des contrats, puisqu’elles sont données sans même que la signature du distributeur apparaisse, il n’est discuté par personne qu’elles sont soumises aux conditions fiscales prévues par les décrets de 1907, à partir du jour où ce décret est devenu applicable, soit à partir du ier janvier 1908.
- La question, vraiment très intéressante, qui était
- présentée au tribunal de Valence, était la définition même de cette situation un peu hybride que présentaient les liens dans lesquels étaient engagés la Commune et la Société, et, à ce titre, soit pour le passé, soit pour l’avenir, la solution était intéressante.
- Le tribunal a décidé que l’absence de délai dans le lien contractuel ci-dessus mentionné n’en changeait pas le caractère.
- De plus, ce qui lui a paru capital, c’est le caractère rigoureux de l’article »6 de la loi de 1906 qui consacre le principe de l’immutabilité des occupations antérieures à la loi et de toutes les conditions, même fiscales, de ces occupations.
- Il en résultera, par conséquent, que les communes qui, comme cela s’est souvent présenté, ont accordé la gratuité complète pour les occupations, ne pourront pas percevoir à l’avenir les sommes indiquées aux tarifs postérieurs à la loi.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Die elektrolytischen Prozesse der organis-chen Chemie, par F. Haberct A. Moser. — 1 volume de 200 pages.— Wilhelm Knapp, éditeur,Halle a. S. ---Prix : broché, 12 fr. 5o.
- Cet ouvrage fait partie de la collection allemande des « Monographies d’électrochimie appliquée » dont il constitue le 36e volume.
- C’est un répertoire considérable de recettes électrochimiques, établi avec une documentation très étendue et au prix d’un très grand travail par les deux auteurs dont le premier est professeur de chi-mie physique et d’électrochimie à l’école technique
- supérieure de Karlsruhe et le deuxième, professeur d’électrochimie à l’école technique impériale de Moscou.
- Après avoir, au début, rappelé les notions générales essentielles (lois et hypothèses fondamentales de l’électrochimie) les auteurs étudient successivement l’électrolyse des combinaisons ionisées, l’oxydation et la substitution, la réduction électrolytiques.
- Très au point, d’un classement parfait et d’une consultation aisée, ce livre nous paraît destiné à rendre les plus grands services au spécialiste.
- G. M.
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- ‘ 6 Mal 1911.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Une enquête d'utilité publique était ouverte depuis trois semaines sur l’avant-projet d’électrification des lignes de banlieue. Elle est dès maintenant close avant peut-être que le public ait pu s’en apercevoir, et les résultats en seront examinés de suite par la commission çompétente. Gageons qu’ils seront favorables : car bien rarement ces enquêtes d’utilité publique modifiènt les projets de l’administration. Pourtant les groupements communaux et industriels auraient dû s’y intéresser : chambres de commerce, chambres syndicales, sous quelque nom que ce soit, devraient saisir ces occasions de manifester leur existence et leur force en examinant de près ces projets et en les commentant pour le plus grand profit de leurs adhérents. Filles peuvent, en effet, avoir des vues différentes de celles des ingénieurs sur l’opportunité de telle ou telle mesure, sur la nécessité de modifier ceci avant cela, sur la façon d’exécuter le projet.
- L’ancienne Compagnie de l’Ouest avait projeté d’établir la traction électrique de Paris à Saint-Germain et de Paris à Argenteuil ; on construisait une gare souterraine à Saint-Lazare, on dépensait 55 millions, sans compter les usines électriques et on amorçait une réforme, un progrès : mais on agissait probablement assez vite et on courait au plus pressé : le dégorgement de deux artères qui ne peuvent plus avec l’organisation actuelle écouler les voyageurs qui affluent.
- L’Etat voit plus grand : il établit un projet d’ensemble, transforme la gare Saint-Lazare sans créer de gare souterraine, électrifie toutes les lignes de la petite banlieue (rive droite), savoir : de Paris à Auteuil et au Champ-de-Mars ; de Paris à Versailles, l’Etang-la-Ville, et les Moulineaux ; de Paris à Saint-Germain et Argenteuil. Puis il supprime le tunnel des Batignolles. Mais il engage une dépense de i3g millions minimum pour réaliser l’électrification de 220 kilomètres de voies, 4o kilomètres de voies nouvelles, transformer la gare Saint-Lazare et supprimer le légendaire tunnel des Batignolles. Le programme complet sera réalisé en deux étapes : de quelle durée?L'avant-projet ne le dit pas. Quant aux moyens financiers, ils consisteront en émissions
- d’obligations. Nous aurons, à côté de la rente, des titres des chemins de fer de l’Etat qui lui feront concurrence. A moins que décidément la rente échappe à l’impôt sur le revenu !
- Les constructeurs français de matériel de traction peuvent se réjouir de ces projets qui feront avancer en France l’étude de ce matériel spécial : il semble que les essais tentés sur le Métropolitain, le Nord-Sud, l’Orléans et l’Ouest lui-même ont fait faire de grands pas à la question et élucidé plus d’un problème qui trouvera son application sur les nouvelles lignes.
- Nous disions dans nos dernières notes -que le marché du cuivre marquait beaucoup d’hésitation. Il importe comme complément de noter en passant les déclarations des présidents de la Tharsis et du Boléo à leurs assemblées respectives du 19 et 28 avril. Le premier estime que quelques circonstances favorables méritent d’être retenues : l’Europe a consommé beaucoup depuis le commencement de l’année et sa consommation ne semble pas témoigner d’un ralentissement ; aux Etats-Unis les stocks visibles ont diminué et les délivraisons intérieures sont en progression. La conclusion de sir James King est donc optimiste et tout le début de son allocution à l’assemblée n’a été pourtant qu’une constatation pessimiste : moyenne des cours du cuivre de l’année inférieure de 14 sh. à celle de l’année précédente ; abaissement de la teneur en cuivre des minerais de la Compagnie ; production de cuivre raffiné aux usines de la Compagnie à Cardiff moindre de 863 tonnes ; pour l’exercice à venir les délivraisons de pyrites s’accroîtront, mais leur teneur en cuivre sera probablement plus faible ; enfin la moyenne du Standard depuis le début de l’exercice en cours est inférieure de £ 2 à celle de 1910. Les résultats financiers de l’exercice écoulé sont toutefois satisfaisants, parce que la direction a veillé à réduire les dépenses d’extraction du minerai, de son transport aux usines de traitement et les frais de grillage et autres. La Compagnie est parvenue à mettre en briquettes le minerai pourpre produit à Cardiff et a amélioré ainsi sa vente et ses bénéfices. Pour 362 y5o tonnes de minerai extrait, le bénéfice s’est, élevé à 191 728 £, soit 4 1792 3oo francs pour un capital engagé de 1 25o 000 £
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- soit 3i 25o ooo francs. Le dividende a été fixé à 5 sh. par titre de a £, soit 12.5 % ; les amortissements de toute nature se sont élevés à 55g ^5o francs et 886 g5o francs ont été reportés à nouveau.
- A l’assemblée de la Compagnie du Boléo, le président, au contraire, a été beaucoup plus prudent dans ses déclarations. Quel sera l’avenir du métal ? a-t-il dit; il est impossible de faire des prévisions à ce sujet. Les uns prévoient la baisse, d’autres prévoient la hausse : mais je crois qu’il est impossible de rien dire de certain à cet égard. Les résultats de l’extraction sont supérieurs à ceux de la Tharsis : 365 000 tonnes de minerai ont été extraites contre 33o 000 en 1909. Mais le rendement n’a été que de 3,55 % au lieu de 3,79 % . Cependant, en raison de la phis grande extraction, la production du cuivre a été plus élevée de 575 tonnes, atteignant le chiffre de i3 000 tonnes. Le solde créditeur du compte profits et pertes s’est élevé au chiffre de 3 856 231 fr. 35 pour un capital de 12 millions de francs; les actions reçoivent 25 francs bruts, et le cinq-centième de part de fondateur touche i3 fr. 246. Une somme de 149 fr. 78 est affectée aux amortissements; mais les dépenses de l’année en travaux neufs, installations, acquisitions de matériel qui se sont élevées à 1 804 33g francs ont été amortis, mois par mois, par le débit du compte exploitation jusqu’à concurrence de 802 4g5 francs. Au cours de 760, le revenu net de l’action ressort à 3,3 % environ; l’an dernier, l’action avait touché 3o francs.
- L’Union des Tramways a tenu, le 8 avril, sa première assemblée, depuis sa réduction de capital votée l’an dernier par l’assemblée extraordinaire du 9 avril 1910. Comme conséquence de cette déci-
- sion, le capital ne figure au bilan que pour 1 million représenté par 10 000 actions privilégiées de 100 francs; les actions de capital sont portées pour mémoire. Le compte de profits et pertes qui comporte à son crédit une somme de 3 565 725 francs provenant de la réduction de capital se balance exactement. Il semble que l’Union puisse sortir de ses difficultés financières : les sociétés, dans lesquelles elle a des intérêts, commencent à lui procurer quelques bénéfices plutôt susceptibles maintenant de progresser. Les Tramways de Kharkoff, notamment, ont réalisé, au cours de 1910, des recettes en plus-value de 266 5i2 francs, qui ont permis de distribuer un dividende de 5 francs contre 3fr.5o 1909. Les Tramways d’Orel ont réparti 10 fr. 5o par titre et les résultats acquis de l’exercice en cours permettent d’entrevoir déjà un dividende égal au précédent. Les autres affaires, patrônées par l’Union : les tramways de Tiflis, de Malaga, l'Electrique Lille-Roubaix-Tourcoing, le Central Electrique du Nord, sont en progrès et entrevoient prochainement des résultats qui permettront de rémunérer leurs actions. Toutes ces sociétés, dont les titres figurent clans le portefeuille de l’Union, lui doivent, en outre, une somme de 2 986 431 francs. Celte situation pourra gêner l’Union, si les versements qu’elle doit effectuer sur les titres du Nord-Est de l’Espagne ou sur ses comptes créditeurs privilégiés devenaient exigibles, soit par l’appel d’un complément des souscriptions pour le premier cas, soit par l’échéance du terme pour le deuxième cas ; elle espère que la situation de ses intéressés ne la placera pas de nouveau dans cette position difficile.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Aube. — Dans sa session d’avril, le Conseil général de l’Aube a concédé définitivement, à la maison A. Giros et Loucheur, un réseau de chemins de fer d’intérêt local à traction électrique monophasé de ioo kilomètres de longueur environ et comprenant les deux lignes Romilly-Brienne-le-Château et Saint-Mards à Ercy.
- Ce réseau est le complément d’un prethier réseau de 194 kilomètres déjà concédé à MM. A. Giros et Loucheur
- et qui comprenait les lignes Troyes-Romilly et Troyes Tonnerre-Les Riceys.
- L’énergie sera fournie par une station centrale à vapeur qui sera située à Troyes et qui distribuera l’énergie dans toute la région industrielle de Troyes et Romilly,
- Autriche-Hongrie. — La municipalité de la ville de Karlovy Vary (Karlsbadj a chargé la maison Siemens-Schuckert de Vienne d’élaborer un projet d’établissement de tramways électriques pour la ville.
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- Turquie. — Une publication de la Chambre de commerce anglaise de Turquie indique que sur les 7 38o kilomètres de lignes ferrées déjà construites ou en projet dans l’empire ottoman une seule ligne, celle du Hcdjaz, longue de 1 5oo kilomètres, appartient aux Turcs. Les autres sont ainsi réparties : les Anglais possèdent la ligne de Smyrne à Aïdin, longue de 5i6 kilomètres; les Autrichiens détiennent les chemins de fer Orientaux, 935 kilomètres; les Français administrent la ligne de jonction Salonique-Conslanlinople, de 510 kilomètres; celle de Smyrne à Cassaba et prolongement, de 519 kilomètres; celle de Damas-Hamah et prolongement Rayak-Alep, de 581 kilomètres et la ligne Jaffa-Jérusalem, de 87 kilomètres. Les Allemands ont la ligne de Bagdad, qui mesure jusqu’ici .200 kilomètres; celle de Mersina-Tarse-Adana, 67 kilomètres ; le chemin de fer d’Anatolie, dont les lignes Haïnar-Pacha-Ancyre, Eski-Cheshir-Konia et Arifié-Adabazar forment un total de 1 o35 kilomètres et la ligne Salonique-Monastir, 219 kilomètres. Le total se répartit donc ainsi : Français, 1 697 kilomètres; Allemands, 1 519 kilomètres; Turcs, 1 5oo kilomètres; Autrichiens, g55 kilomètres; Anglais, 5i6 kilomètres; divers, 41 kilomètres, soit en tout 6228 kilomètres.
- Mais si l’on compte les lignes projetées, c’est-à-dire les 820 kilomètres du chemin de fer de Bagdad, les 102 kilomètres de la ligne Homs-Tripoli, les 190 kilomètres de la ligne Sonia-Panderna (ces deux dernières aux Français), les 40 kilomètres de la ligne Baba-Eski-Tesk-Klisse (aux Autrichiens), on arrive à un total de 7 38o kilomètres dont 2 33g aux Allemands, 1 989 aux Français, 995 aux Autrichiens, les Anglais restant avec leurs 5i6 kilomètres du chemin de Smyrne à Aïdin, qui 11e jouit, d’ailleurs, d’aucune garantie kilométrique.
- En garanties kilométriques l’Etat ottoman a payé 749000 livres turques en 1909 et dans les cinq dernières années 3 714 000 livres turques. Quant aux lignes nouvelles, à part le chemin de fer de Bagdad, elles 11e jouissent pas de garantie kilométrique.
- ÉCLAIRAGE
- Turquie. — La Société Anonyme d'Electricilé de Constantinople a été constituée le 11 avril par l’assemblée générale des actionnaires et reconnue officiellement par le ministère des Travaux publics ottoman.
- Le capital de 12 millions est représenté par 24 000 actions de 2a livres turques.
- Le Conseil de la Société a été nommé. Voici les principaux administrateurs :
- Pour le groupe hongrois: MM. le comte Batthyany, le marquis de Pallavicini, Corneille de Tolnay.
- Pour le groupe belge : MM. de Laveleye, président de la Banque de Bruxelles ; Monnom, directeur de la Banque de Bruxelles.
- Pour le groupe français :M. Loucheur, administrateur-délégué de la Société Générale d’Entreprises.
- La Société a organisé ses services à Constantinople et acheté les terrains de l’usine à l’extrémité de la Corne d’Or sur la rivière Silightar.
- Les études d’exécution établies par les entrepreneurs généraux, la Société Ganz et MM. Giros et Loucheur, seront très prochainement soumises à l’approbation du ministre des Travaux publics.
- Angleterre. — La Westinghouse Cooper Hewilt C° Lld de Paris, a reçu, de son agence de Londres, une commande de 240 lampes à arc sans charbons Silica-Westinghouse du type Z 2 de 3 000 bougies consommant 3,5 ampères sous 220 volts courant continu. Ces lampes sont destinées à éclairer les usines Wickers Sons et Maxim, de Sheflields, ce qui porte leur installation totale à 290 lampes du même type. Cette commande prouve la supériorité de la lampe Silica-Westinghouse, pour l’éclairage des usines et, en général, de tous les grands espaces.
- TÉLÉPHONIE
- Algérie. — La Chambre de commerce d’Alger est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 27 000 francs en vue de concourir aux dépenses d’établissement d’un circuit téléphonique Bouïra-Maillot.
- La Chambre de commerce d’Oran est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 80 800 francs en vue de concourir aux dépenses de construction des circuits téléphoniques Oran-Mascara, Oran-Assi-Bou-Nif-Assi-ben-Okba, Mascara-Sain t-An-dré-de-Mascara.
- La Chambre de commerce de Bougie est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de i3 000 francs, en vue de concourir aux dépenses d’établissement d’un circuit téléphonique Tamzalt-Maillot.
- Saône-et-Loire. — La Chambre de commerce de Mâcon est autorisée à avancer à l’Etal une somme de 3 555 francs en vue de l’établissement d’un circuit téléphonique Vendenesse-Charolles, d’une cabine publique et d’un réseau à Yendenesse-les-Charolles.
- Rapport, décret et arrêté du ministre des Travaux publics relatifs aux postes téléphoniques ().
- POSTES SUPPLÉMENTAIRES
- « Les abonnés ont la faculté de choisir entre les deux tarifs suivants :
- (() Lumière Electrique, 29 avril i9ii,p. 125.
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- Tarif A.
- I. — Redevance fixe.
- « i° A Paris, iu fr. 5o par poste supplémentaire.
- « i° Dans tous les autres réseaux, io francs par poste supplémentaire.
- II. — Redevance d’abonnement.
- « a) Par période trimestrielle :
- «. i° A Paris, 12 fr. 5o par poste supplémentaire.
- « 2° Dans tous les autres réseaux, io francs par poste supplémentaire.
- « b) Par période mensuelle :
- « i° A Paris, 5 francs par poste supplémentaire, a 2° Dans tous les autres réseaux, 4 francs par poste supplémentaire.
- Arrêté.
- Art. Ier. — Les dispositions de l’article 9 de l’arrêté ministériel.du 8 niai 1901, modifiées par l’article i*r de l'arrêté du 11 juin 1910, sont remplacées par les suivantes :
- « Art 9. — L’Etat fournit, pour la durée de l’abonnement, sans surtaxes spéciales :
- « i° A tous les abonnés, le dispositif de protection du poste principal ou supplémentaire.
- « 20 A tous les abonnés, sauf aux concessionnaires de postes supplémentaires souscrits aux conditions des tarifs B, les générateurs d’électricité nécessaires au service normal du poste, y compris les éléments de piles nécessaires au fonctionnement de la • sonnerie locale
- Tarif A.
- DÉSIGNATION PARIS AUTRES R1CSEAUX
- I. — Redevance fixe. francs francs
- Du icr au 10" poste supplémentaire, par poste () 12 5o IO »
- A partir du ii° poste supplémentaire, par poste (*) 7 5o 6 »
- II. — Redevance d’abonnement.
- 0) Par période trimestrielle.
- Du Ier au io* poste supplémentaire, par poste (') 12 5o IO »
- A partir du n° poste supplémentaire, par poste (') . 7 5o 6 »
- b) Par période mensuelle.
- Du Ier au io« poste supplémentaire, par poste (*) 5 » 4 »
- A partir du n* poste supplémentaire, par poste (*) 3 » a »
- (1) Compris dans une même installation. •
- « Le bénéfice du tarif B ci-dessus comporte pour l’abonné temporaire l’obligation de souscrire, pour le service de ses postes supplémentaires, un second abonnement principal dès que son trafic de départ atteint le chiffre de 2 000 communications par période trimestrielle ou de 700 par période mensuelle.
- i< A chaque série de 2 000 ou de 700 communications, suivant le cas, au-dessus de la seconde et, le cas échéant, à la fraction de série excédente doit de même correspondre un nouvel abonnement principal pour le service des postes supplémentaires.
- « Dans tous les cas, la ligne et le poste peuvent être maintenus à la disposition de l’abonné sous réserve du paiement, pour chaque nouvelle période de douze mois, de la redevance fixe indiquée ci-dessus.
- « Les postes et les lignes d’abonnement sont mis & la disposition des abonnés temporaires aux conditions générales fixées pour les abonnés forfaitaires annuels. » Art. 3. — Les dispositions du présent décret seront mises en vigueur à partir du 20 »"-il 1911.
- installée dans les postes principaux pourvus d’un tableau et les lignes intérieures en fil d’appartement.
- « Il n’est fourni normalement qu’un seul élément de pile microphonique par poste téléphonique. Cependant, un deuxième élément est concédé à titre exceptionnel, quand la nature ou l’état des appareils en exigent l’adjonction.
- # 3° Aux abonnés à conversations taxées, les organes principaux d’abonnement.
- « Ces appareils sont du modèle mural et d’un type déterminé par l’administration.
- « Des appareils par postes mobiles, également d’un type déterminé par l’administration, pourront être mis h la disposition des abonnés moyennant le paiement d’une redevance supplémentaire (art. 16 et 34 de l’arrêté du 8 mai 1901).
- « 4° Aux abonnés des réseaux de Paris et de Lyon et aux abonnés à conversations taxées, les lignes ou sections de lignes principales d’abonnement situées à l’intérieur du mur d’enceinte pour le réseau de Paris, dans
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- 6 Mai 1911.
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- les limites de l'ancien •octroi pour le réseau de Lyon, et dans un rayon de 2 000 mètres à compter du bureau central téléphonique pour les abonnés à conversations taxées ».
- Art. 2. — Les dispositions des articles i5 et 16 de l’arrêté du 8 mai 1901 sont modifiées ainsi qu’il suit :
- « Art. 13. —Les organes essentiels des postes principaux ou supplémentaires d’abonnement sont, quel que soit le régime de l’abonnement, installés et entretenus gratuitement par l’Etat, sauf les exceptions visées à l'article 16 ci-après.
- « Les organes accessoires de ces postes sont installés et entretenus par l’Etat, sauf les exceptions visées audit article 16, moyennant le paiement, par le titulaire, d’une redevance qui est déterminée d'après les bases indiquées aux titres III (art. a5) et V (art. 35).
- « Art. 16. — La mise en place et l’entretien des organes essentiels ou accessoires et des générateurs d’électricité entrant dans la constitution des installations avec postes supplémentaires concédés aux conditions des tarifs B, sont à la charge du titulaire. Celui-ci est tenu de soumettre, avant exécution des travaux, ses croquis d’installation à l’agrément de l’administration.
- « L’entretien des organes essentiels des postes principaux d’abonnement à conversations taxées munis d’appareils mobiles fournis gratuitement par l’administration (art. 9, § 2, 3° alinéa), donne lieu au paiement d’une redevance supplémentaire dont le taux est déter miné au titre VI (art. 34).
- « L’entretien des organes essentiels ou accessoires de luxe reste à la charge du titulaire ».
- Art. 3,. — L’article 19 de l’arrêté du 8 mai 1901, modifié par l’article i01' de l’arrêté du 29 avril 1910, est remplacé par le suivant :
- « Art. 19. —Il est interdit au titulaire de greffer aucun fil sur celui dont l’usage lui est concédé, de démonter ou déplacer les appareils et accessoires, et, d’une manière générale, de modifier en quoi que ce soit l’installation téléphonique effectuée par l’administration (art. 15) ou agréée par elle (art. 16). Tout changement que le titulaire désirerait faire apporter à son installation doit être exécuté par l’administration et aux frais de l’abonné, d’après les conditions prévues à l’article 26, ou être agréé par elle s’il s'agit d’installations avec postes supplémentaires concédés aux conditions des tarifs B.
- « L’administration se réserve la faculté d’apporter au poste de l’abonné, sans frais pour lui, les modifications qu’exigerait le service.
- « En particulier, si des changements doivent être effectués dans les postes d’abonnés, en raison des modifications apportées d’office à l’outillage par l’administration, dans l’intérêt du service, ces changements sont faits gratuitement dans tous les postes principaux et supplémentaires en service.
- « Le cas échéant, les organes accessoires ajoutés, en
- raison de ces modifications, dans les postes précités, sont entretenus gratuitement par l’Etat. »
- Art. 4- — Les dispositions de l’article 25 de l’arrêté du 8 mai 1901 sont modifiées ainsi qu’il suit :
- « Art. 23. — L’installation des organes accessoires par les soins de l'Etat donne lieu au remboursement intégral des frais de pose, majorée de 10 % à titre de frais généraux. » ’
- Art. 5.— L’article 26 de l’arrêté du 8 mai 1901, modifié par l’article 2 de l’arrêté du 22 avril 1910, est remplacé par le suivant :
- « Art. 26. — Les dépenses occasionnées par des changements d’installation effectués par l’Etat à la demande des abonnés (article 18 et 19) ainsi que les frais résultant de réparations, de remplacements de pièces ou de détériorations (art. 20) intéressant des installations entretenues par l’Etat, sont intégralement remboursés, y compris une majoration de 10 % à titre de frais généraux. »
- Art. 6. — Les dispositions des articles 27, 28 et 29 de l’arrêté du 8 mai 1901 sont modifiées comme suit :
- « Art. 27. — A Paris et à Lyon, le transfert d’un poste principal d'abonnement forfaitaire ou d’abonnement pour l’échange exclusif de communications interurbaines donne lieu à la signature d’un nouvel engage, ment, faisant suite à l’engagement précédent en ce qui concerne les échéances trimestrielles et valable pour une durée minimum d’un an, à compter de l’expiration du trimestre d’abonnement au cours duquel le transfert est effectué.
- « Lorsque le poste principal est transféré dans la limite d’entretien gratuit, le raccordement avec le réseau, le déplacement et la réinstallation des appareils essentiels sont soumis à une redevance fixée à forfait à 40 fr. si l’abonnement en cours est en vigueur depuis moins d’un an. Si l’abonnement correspondant est en vigueur depuis un an au moins, le transfert n’est soumis à aucune redevance.
- (A suivre.)
- DIVERS
- Circulaire et arrêté du ministre des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes, en date du 21 mars 1911, déterminant les conditions techniques auxquelles doivent satisfaire les distributions d'énergie électrique pour Vapplication de la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d’énergie (Suite) (*).
- Il convient cependant de remarquer que, de l’avis du Comité d’électricité, les prescriptions des articles 24 et
- (') Voir Lumière Electrique, i5, 22 et 29 avril 1911, p. 62, 94 et 127.
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- IR8
- T. XIV (2« Série). — N» Ifr.
- 25 paraissent convenables pour assurer la sécurité et que, d’une manière générale, les filets ofFrent plus d’inconvénients que d’avantages. Toutefois, si les intéressés, comme il a été dit plus haut, demandent l’installation d’un protecteur, cette installation devra être conforme à l’un des dispositifs indiqués plus haut.
- Avant de quitter la section If, relative aux traversées de chemins de fer, et pour répondre aux préoccupations dé certains services de contrôle, je rappelle qu’une canalisation souterraine empruntant la voie publique pour traverser un chemin de fer sous un passage inférieur sans avoir aucun contact avec les ouvrages de la ligne de chemins de fer peut être établie sans intervention du service du contrôle du chemin de fer et sans arrêté spécial d’autorisation pour la traversée.
- Les prescriptions de la section III, relatives à l’établissement des ouvrages servant à la traction par l’électricité, demeurent les mêmes que dans l’arrêté du 21 mars agio.
- Il est toujours spécifié que ces prescriptions (articles 27 à 3o) s’appliquent en fait exclusivement à la traction par courant continu. En ce qui concerne la traction par courant alternatif, tous les projets devront m’être soumis, toutes les fois que les canalisations électriques emprunteront la voie publique.
- En raison des conditions de leur installation et de leur exploitation, les ouvrages de distribution des entreprises de traction continuent à bénéficier des tolérances admises pour l’établissement de distribution de première catégorie tant que la tension entre les conducteurs et la terre ne dépasse pas 1 000 volts. Mais, si l’établissement des ouvrages servant à la traction par l’électricité est ainsi facilité, autant que le permet le souci de la sécurité, des précautions ont au contraire été prescrites par l’arrêté en vue de parer aux dangers que peuvent présenter les courants vagabonds pour les masses métalliques établies au voisinage des rails employés comme conducteurs de courant.
- Il importe que le service du contrôle assure strictement l’exécution de toutes les mesures jugées nécessaires dans chaque cas pour protéger contre l’action nuisible des courants dérivés les masses métalliques voisines de la ligne de distribution et notamment les lignes téléphoniques et les lignes de signaux.
- A cet égard je signalerai la nécessité pour le service du contrôle d'exiger de la part des entreprises qui utilisent les rails comme conducteurs de courant la vérification périodique de la conductance de la voie qui peut être faite tout d’abord par grandes longueurs, puis par sections plus petites, si le résultat n’est pas satisfaisant, jusqu’à ce que l’on ait trouvé les points où l’éclissage électrique est défectueux. L’expérience démontre que cette opération faite régulièrement permet d’assurer par un bon entretien une conduclauce satisfaisante de la voie et de rendre pratiquement négligeables,'dans la plupart des cas, les effets d’électrolyse,
- Le chapitre III traite de la protection des lignes télégraphiques, téléphoniques et de signaux, et n’appelle aucune observation. Toutefois les croisements de ces lignes avec des lignes de distribution d’énergie doivent être l’objet dune attention particulière; l’indication d’une distance minimum de 1 mètre entre ces lignes, qu’il y ait ou non croisement, n’exclut nullement l’adoption d’un plus grand écartement s’il est pratiquement et raisonnablement réalisable.
- Il y a même plus : il convient de chercher à supprimer ces croisements toutes les fois qu’il est possible de le faire moyennant une modification des lignes télégraphiques, téléphoniques ou de signaux n’entrainant qu’une dépense raisonnable à la charge des entrepreneurs de distributions.
- Quand les lignes télégraphiques, téléphoniques ou de signaux ne peuvent être placées au-dessous des conducteurs d’énergie, il convient de les consolider, s’il y a lieu, pour éviter leur rupture, indépendamment du dispositif de garde solidement établi entre les deux sortes de conducteurs.
- Le chapitre 4 renferme les prescriptions relatives à l’entretien des ouvrages et à l’exploitation des distributions.
- Art. 35. — Je rappelle que les conditions d’application de l’article 35, relatif à l’élagage des plantations, ont été précisées par la circulaire du Ier septembre 1909 à laquelle il y a lieu de se référer.
- Art. 36. — J’appelle votre attention sur l’article 36 qui prescrit au troisième alinéa d’afficher des extraits de l’arrêté dans un endroit apparent des salles contenant des installations de la deuxième catégorie. Des difficultés se sont produites au sujet du choix des articles à afficher ; après examen, ce choix me paraît comporter les articles 11, 12, i3, 14 B, 15, 16, 17, 34 et 35.
- Le chapitre 5 contient diverses dispositions nécessaires pour l’application de l’arrêté. Vous remarquerez que les dispositions de l’arrêté sont obligatoires pour toutes les distributions et qu’il ne peut y être dérogé que par décision ministérielle; mais elles ne sont pas limitatives. Lorsque les circonstances locales l’exigent, le service du contrôle peut imposer, pour l’établissement des distributions, toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité.
- Dans cet ordre d’idées, j’appelle particulièrement votre attention sur les conditions d’implantation et d’établissement des lignes, notamment en pays de montagne, au point de vue des mesures à prendre contre le$ dangers que peuvent présenter éventuellement les éboulements, les torrents, les avalanches, etc.
- Vous remarquerez également que l’arrêté ne contient aucune disposition spéciale concernant les distributions à très haute tension. L’établissement de ces distributions nécessite toutefois une étude particulièrement attentive des projets d’exécution en raison des dangers qu’elles présentent.
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- Vous voudrez bien, en conséquence, avant de statuer, me communiquer avec vos propositions, les projets de toutes les distributions dont la tension de régime dé-passe 3o ooo volts. Après examen, je vous renverrai les projets avec mes instructions. ,
- Vous pourrez d’ailleurs me saisir également toutes les fois que les conditions d’établissement d’une distribution de tension inférieure ou égale à 3o ooo volts soulèveront des questions délicates sur lesquelles vous ne croirez pas devoir statuer sous votre propre responsabilité.
- (A suivre.)
- Dispositifs d’attache des conducteurs auxquels fait allusion la circulaire ministérielle commentant l’arrêté du ai mars iqii.
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- ÉLÉVATION.
- DE FACE.
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- «
- c) Avec trois isolateurs sur chaque support de la traversée. Les trois isolateurs sont placés à la même hauteur et à côté l’un de l’autre dans le sens perpendiculaire au fil de ligue. L’isolateur du milieu supporte le fil de ligne qui est ininterrompu.
- A droite un fil court, fixé d’une part à l’isolateur de droite, d’autre part au fil de ligne par une ligature faite .du côté de la traversée. A gauche un deuxième fil court fixé de même à l’isolateur de gauche et au fil de ligne.
- d) Môme dispositif, mais chaque fil court est fixé avec fil de ligne par deux ligatures, l’une du côté traversée, l’autre sur la portée contiguë, de façon à équilibrer la traction sur chaque isolateur.
- e) Trois isolateurs en triangle horizontal, le sommet du côté opposé à la traversée.
- Le câble de ligne est fixé sur chaque support à deux de ces isolateurs en série. Un deuxième câble, dit câble porteur, de mêmes section et métal que le câble de ligne, le double dans la traversée. Ce câble porteur est ligaturé au câble de ligne, juste avant le support de la traversée, s’attache à l’isolateur de ligne placé du côté opposé à la traversée, s’attache ensuite à un. isolateur spécial à ce câble puis rejoint le câble de ligne auquel il est jonc-tionué tous les mètres.
- La tension de chacun des deux câbles qui constituent la traversée est moitié de la tension du câble opposé à la traversée, de manière à équilibrer les efforts sur le support.
- Sur toute la longueur de la traversée, les jonctions sont de simples ligatures en fil de bronze, mais aux deux extrémités avant d’arriver aux supports, les deux câbles sont réunis par un joint spécial.
- Ils sont également réunis par un joint spécial en dehors du support du côté opposé à la traversée.
- f) Chaque conducteur est remplacé par un système de deux conducteurs câblés, fixés chacun sur un isolateur. Les deux conducteurs sont dans un même plan horizontal, ils sont reliés par des fils transversaux et diagonaux torsadés.
- Si l’un des deux conducteurs vient à se rompre, il tombe et pend dans un plan vertical, toujours retenu cependant par les fils transversaux et diagonaux. L’aspect de ceux-ci est modifié, le service de la voie s'en aperçoit et fait le nécessaire.
- Légende.
- a) Deux isolateurs placés à la même hauteur et à côté l’un de l’autre sur chaque support de la traversée. Le fil de ligne passe sur un des isolateurs. Un fil court est fixé à l’autre isolateur et relié au fil de ligne par deux ligatures soignées, de part et d’autre de l’autre isolateur. De celle manière, le fil de ligne et son isolateur, d’une part, le fil court et le deuxième isolateur, d’autre part, travaillent en parallèle.
- b) Même dispositif, mais avec l’isolateur n° a placé au-dessus et non à côté de l’isolateur n° i. Ce deuxième isolateur devrait être d’un type plus résistant et éprouvé au double de la tension des isolateurs normaux de la ligne.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Société Electrique des Vallées de l’Aisne et de l'Oise. — Durée : 35 ans. — Capital : i 5oo ooo francs. — Siège social : 24, rue d’Ulm, Compiègne.
- CONVOCATIONS
- Compagnie des chemins de fer départementaux de la Haute-Vienne. — Le 6 mai, 69, rue Miromesnil, à Paris.
- Compagnie d'Electricité de Varsovie. — Le 17 mai, 60, rue Caumarlin, à Paris.
- Compagnie Française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston. — Le 18 mai, 7, rue de Madrid, Paris.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Série), t- N6 48.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 11 maiign, à la Direction des Travaux hydiau-liques, à Brest, construction d’une sous-station d’électricité et d’un hall de traitement des accumulateurs : dévis: 75 000 francs ; caut. 2 200 francs.
- RUSSIE
- Le 18 mai 1911, à l’hôtel de ville de Roustchouk, adjudication des travaux d’installation de l’éclairage et de la force motrice dans ladite ville. L’entreprise comprend :
- a) La construction d’un bâtiment pour les machines.
- b) La fourniture et le montage de deux groupes électrogènes.
- c) La fourniture et le montage complet de toutes parties èt accessoires du réseau électrique.
- Devis : 65o 000 francs. Caut. : 32 5oo francs.
- ALLEMAGNE
- Prochainement, à l’administratton de la ville, à Biele-feld, établissement de l’électricité, 700 000 marks.
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Cologne, fourniture de 80 voitures ouvertes et 43 id. fermées pour tramways, 799 5oo marks, et d’un wagon d’essai, 7 000 marks.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- 20 avril. — A l’Hôtel des Invalides, à Paris, fourniture de t 600 dispositifs à l’Etablissement central de la télégraphie militaire.
- Société des ouvriers en instruments de précision, à Paris, adjudicataires à 16 fr. 70 le modèle 1906 et à 17 fr. 5o celui de 1910.
- 22 avril. — Aux Postes et Télégraphes, h. Paris, four-
- niture d’appareils accessoires et d’objets divers pour postes d’abonnés et bureaux centraux téléphoniques.
- i,r à 6® lots. — 12000 sonneries pendantes de 200 ohms, en 6 lots égaux.
- Association des ouvriers en instruments de précision 6 lots à 6,5o. — M. Burgunder, 6 lots à 6,10, — Compagnie générale d’électricité, i lot à 6,07, 1 à 5,97, 1 à 5, 87, 1 à 5,77, 1 à 5,67, 1 à 5,37. — MM. Sidot; 1 lot à 5,75, 1 à 5,70, 1 à 5,65, i à 5,6o, t à 5,55. — Mildé .fils et C1®, 3 lots à 5,74, 1 à 5,72, 2 à 5,70. — Delafon, 1 lot à 5,69, 1 à 5,62, 1 à 5,5o, 1 â 5,48, 1 à 5,47, 1 ^ 5, 46. — Hamm et Cie, 1 lot à 5,54, 1 à 5,49, 1 h 5,47,
- 1 à 5,46, 2 à 5,36. — Société de matériel téléphonique, 3 lots à 6,89. — Société des téléphones et télégraphes de Lyon, 1 lot à 6,35, 1 à 6,25, 1 à 6,i5. — M. Pernet, 1 lot à 5,94.
- Société industrielle des téléphones, 1 lot à 5,3g, adj. du icr lot à 5,53, du 2e à 5,48, du 3® à 5,44, des 5° et 6® à 5,34 l’unité.
- Société française des téléphones, 1 lot à 5,48, 1 à 5,70, adj. du 4e lot à 5,38 l’unité.
- 7e et 8e lots. — 6 000 fiches (modèle 1909) pour tableaux commutateurs téléphoniques, en 2 lots égaux.
- Société des ouvriers en instruments de précision,
- 2 lots à 3. — Compagnie générale d’Electricité, 2 à 2,17. — Société industrielle des téléphones, 2 lots à 2,29. — MM. Bréguet, 2 lots à 2,55. — Thomson-Houston, 1 lot à i,83, 1 à 1,79.
- Société de matériel téléphonique, adj. des 2 lots à 1,78 l’unité.
- 9® lot. — 1 000 fiches pour prise de courant.
- Compagnie générale d’électricité, 2,55. — MM. Mildé fils et C>®, 3,4o. — Société industrielle des téléphones, 3,44- — Thomson-Houston, 2,19 l’unité.
- Non adjugé, prix limite dépassé.
- • io® lot. — 1 000 réglettes de 27 paires de plots.
- Compagnie générale d’électricité, 7,80. — MM. Mildé fils et G1®, 14,90. — Société industrielle des téléphones, 8,99. — Société des téléphones et télégraphes de Lyon, 7,69. — M. Meltetal, 9,g5.
- Thomson-Houston, adj. à 7,64 l’unité.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M, le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
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- ^*1 .tji'.: •vryia.MtiRi 1
- PARIS. — IMPRIMERIE LF.VS. RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-troisième année. SAMEDI 13 MAI1911. Tome XIV (8« série). — N* 19.^
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L/Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- - SOMMAIRE
- ÉDITORIAL, p. 161. — Devaux-Chahbonnel. Mesure directe de l’amortissement et de la caractéristique des ligues téléphoniques, p. i63. — J. Reyval. L’exposition de la Société Française de Physique, p. 171.
- Extraits des publications périodiques. •— Méthodes et appareils de mesures. Sur un fréquencemètre enregistreur et sur le principe d’un relais ou servomoteur sans réaction, H. Abraham, p. 176. — Divers. La fréquence de la foudre, F. Emde, p. 177. — Législation et contentieux. Droits d’octroi sur bâtiments et constructions immobilières. — Différence entre ces deux termes en ce qui concerne les fils électriques aériens. — Arrêt de la Cour de Cassation du 6 février 1911, p. 178. — Chronique industrielle et financière.
- • Notes industrielles. Nouveau type de compteur d’induction pour courant monophasé, p. 179. — Etudes Economiques,p. 184. — Renseignements commerciaux, p. 186. — Adjudications, p. 192.
- ÉDITORIAL
- La mesure directe de Vaffaiblissement et de la caractéristique des lignes téléphoniques présente le plus grand intérêt, car tous les phénomènes qui se produisent sur les lignes dépendent de ces deux facteurs. Le premier est un coefficient qui donne la loi exponentielle suivant laquelle varie le courant en se propageant; le second est analogue à une impédance et régit les phénomènes qui se produisent au point de jonction de deux lignes de spécifications différentes.
- Ces deux facteurs peuvent être calculés au moyen des constantes des lignes, mais celles-ci ne sont jamais homogènes, surtout si elles sont pupinisées et, par suite, les formules théoriques ne sont pas rigoureusement ap-
- plicables. Il est donc indispensable de pouvoir effectuer des mesures directes.
- M. Devaux-Charbonnel, dont nos lecteurs connaissent la haute compétence en matière de téléphonie, montre que cette opération se fait facilement, quelle que soit la longueur de la ligne en expérience, si on la ferme sur une impédance justement égale à sa caractéristique. Dans ce cas, il n’y a plus de phénomènes de réflexion. La mesure de l’impédance au départ donne immédiatement la caractéristique, et le rapport des courants de départ et d’arrivée, l’affaiblissement, sous forme d’une simple exponentielle.
- Cette méthode parait appelée à rendre de grands services, par la commodité et la
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2» Série).-- N* 19.
- précision qu’elle apporte à des mesures qui avaient été considérées jusqu’ici comme difficiles et incertaines.
- M. J. Reyval termine aujourd’hui le compte rendu de Vexposition de la Société Française de Physique.
- Quelques-uns des appareils présentés ont été récemment l’objet de communications à l’Académie des Sciences. Tels sont ceux de M. Dussaud, vraiment déconcertants, tellement leur rendement lumineux est élevé ; le nouveau procédé dedésélectrificationdes matières textiles, utilisé dans les filatures de Fourmies, grâce auquel sont devenues meilleures les conditions de travail des ouvriers et plus grandes les économies pour l’industriel; le chronophone Gaumont, dont l’image de M. d’Arsonval vantait récemment les mérites.
- A côté de ces inventions nouvelles, déjà passées dans le domaine de l’industrie, il était donné de voir à l’Exposition de Physique de nombreux perfectionnements d’appareils déjà connus, où l’ingéniosité des constructeurs s’est multipliée pour en augmenter la sensibilité, en simplifier la manipulation et en diminuer l’encombrement.
- M. J. Rey val les énumère ou les décrit brièvement, cherchant surtout à dégager l'impression d’ensemble qu’il a recueillie en. visitant cette exposition de trop courte durée.
- Nous revenons sur le fréquencemètre enregistreur de M. M. Abraham pour appliquer à cet exemple particulier les propriétés générales des systèmes mobiles formés par un cadre entièrement libre tournant dans le champ magnétique d’un électro-aimant à fer feuilleté. Les positions d’équilibre d’un tel système sont uniquement fixées par l’action des courants induits et le couple stabilisant est très énergique.
- M. Abraham décrit deux schémas de montage du fréquencemètre; il montre qu’on peut baser sur les mêmes principes beaucoup d’autres appareils et, en particulier, des servomoteurs sans réaction. >
- La fréquence de la foudre est de l’ordre de 5 ooo périodes par seconde. Tel est la conclusion du travail de M. F. Edme qui a traité le problème par le calcul en faisant différentes hypothèses simplificatrices sur la forme des nuages, etc.
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- 13 Mai 1911.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- MESURE DIRECTE DE L’AMORTISSEMENT ET DE LA CARACTÉRISTIQUE DES LIGNES TÉLÉPHONIQUES
- Les techniciens sont aujourd’hui à peu près unanimes à admettre que toutes les questions de téléphonie peuvent être ramenées au problème relativement simple de la propagation d’un courant sinusoïdal de période donnée. C’est le sens des résolutions qui ont été votées au dernier Congrès des télégraphistes, tenu àParis en septembre 1910O.
- Il a été, de plus, indiqué qu’il suffirait, en général, de considérer un certain nombre de périodes pour bien connaître les phénomènes essentiels de la propagation. S’il s’agit de l’intensité du courant, la pulsation 5 ctoo, correspondant à une fréquence voisine de 8oo, est seule à envisager ; s’il s’agit de comparer différents dispositifs, les questions de timbre peuvent entrer en ligne de compte, il faut alors considérer les pulsations 3 ooo et 7 ooo.
- Le problème de la téléphonie ainsi posé peut être résolu d’une manière assez simple. Les phénomènes du courant sinusoïdal, en régime permanent, donnent lieu à des calculs qui sont beaucoup moins compliqués que ceux du courant continu en régime variable. Pour les appareils, il suffira de considérer la valeur de leur impédance pour des périodes bien déterminées; pour les lignes, il suffira de connaître la valeur de leurs constantes pour les mêmes périodes. Mais, pour que les calculs conduisent à des déductions exactes, il sera nécessaire qu’ils reposent sur des données expérimentales de toute rigueur. Les appareils seront facilement étudiés au moyen du pont à téléphone
- (<) Devaux-Charbonnel. La deuxième conférence internationale des télégraphistes (20 partie), Lumière Electrique, 22 avril 1911, p. 67,
- en choisissant convenablement la période du courant d’expérience. Pour les lignes, la question est moins simple, ainsi que nous allons l’expliquer.
- AMORTISSEMENT ET CARACTÉRISTIQUE.
- On sait que pour un courant sinusoïdal toutes les propriétés d’une ligne se déduisent de la connaissance de deux grandeurs, l’affaiblissement a et la caractéristique (ou impédance caractéristique) Z qui sont données par les formules
- a = \/(p + iwX) (<r + ï«y), Z = t/
- en fonction des constantes électriques de la ligne.
- L’affaiblissement a, auquel on a donné la forme
- a = p -j- a.i,
- se compose de deux parties : la première (î régit la loi suivant laquelle le courant s’affaiblit en se propageant sur la ligne. Cette loi est exponentielle, et pour cette raison (2 a reçu le nom d'exposant^ d'amortissement. La quantité a détermine les différences de phase qui s’établissent le long de la ligne entre les différentes valeurs de l’intensité et de la force électromotrice. Elle intervient surtout dans les phénomènes de réflexion ; mais le rôle le plus important au point de vue de la propagation est celui de l’exposant d’amortissement.
- La caractéristique Z détermine les phénomènes qui se produisent au point de raccord de deux lignes différentes et au point de liaison de la ligne et des appareils. Son rôle est moins connu, on peut même dire qu’il
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2® Série). — N* 19'.’
- est souvent méconnu. Et pourtant, il ne saurait être négligé, si on veut calculer exactement l'affaiblissement subi par le courant.
- Nous allons, par quelques exemples, montrer l’importance de ces deux quantités : amortissement et caractéristique.
- DÉFORMATIONS
- Prenons tout d’abord l’amortissement. Nous
- Les valeurs employées dans le calcul sont les suivantes :
- ü) a
- 3 000 6,6 X io_1
- 5 000 1 i,o X io~1
- 7 000 i5,4 X 10-1
- On peut, dans ces conditions, former, pour les valeurs de l’amortissement, le tableau I.
- Tableau I
- Valeurs de Vexposant d'amortissement.
- u> = 3 000 b) = 5 000 (0 = 7 000
- Câble souterrain, imm Ligne aérienne, 5mul Câble Manche, 1897 Câble Manche, 1910 5o,52 X 10—3 i ,66.5 X 10—3 a3,6 X 10—3 8,69 X 10-3 64,4o X 10-3 1,674 X JO-3 26,5 X io-3 I 1,20 X JO-8 75,42s X JO-3 1,674 X 10-3 28,80 X Jo—3 15,74 X 10-3
- avons calculé les valeurs de l’exposant pour un certain nombre de lignes téléphoniques usuelles : le câble de i millimètre, employé en France, dans les réseaux souterrains, pour relier les abonnés ; la ligne aérienne de cuivre de 5 millimètres, usitée pour les grands circuits interurbains ; le câble téléphonique de la Manche, posé en 1897, et enfin, le nouveau câble posé en 1910 par l’Office anglais. Ce dernier câble est muni, tous les milles, d’une bobine Pupin de o, 1 henry et de 6 homs environ de résistance effective pour un courant dé 750 périodes. Nous avons envisagé les pulsations importantes 3 000, 5 000 et 7 000. Pour le câble pupinisé, nous avons admis que la résistance effective des bobines augmentait de 2. ohms d’une pulsation à l’autre, ce qui est assez vraisemblable. Les deux câbles sous-'marins étant isolés à la gutta, nous avons dû tenir compte de la valeur de l’isolement qui est assez faible en courant alternatif. A la suite de mesures faites sur des câbles analogues, nous avons reconnu que la perte kilométrique (inverse de l'isolement), était à la fois proportionnelle à la capacité et à la pulsation et était assez bien représentée par la loi
- On voit, d’après ce tableau, qu’en général les lignes doivent déformer le timbre de la voix, puisqu’elles amortissent inégalement les sons de différentes hauteurs dont se compose la parole humaine. Cette déformation est à peine sensible pour les lignes aériennes de fort calibre, mais elle n’est pas négligeable pour les lignes souterraines et les lignes sous-marines. A ce point de vue., les lignes pupinisées isolées à la gutta ne paraissent pas avantageuses. Le câble de 1910 a un amortissement beaucoup moindre que celui de 1897, mais il déforme beaucoup plus la voix. Cet inconvénient n’est pas grave, parce que le câble est de faible longueur, mais il n’en serait peut-être pas de même s’il était beaucoup plus long.
- Pour mieux nous rendre compte de ces phénomènes de déformation, nous allons supposer qu’on compare différentes lignes dont la longueur est choisie de manière' que l’intensité du courant téléphonique soit le même. Nous admettrons que, pour la pulsation 5 000, le produit $1 est égal à 3,5, ce qui a été reconnu comme la condition suffisante pour avoir une bonne audition. Nous calculerons l’affaiblissement e$l pour les trois pulsations indiquées plus haut et nous les
- <7 == (i)CÀ.
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- KEVUE D’ELECTRICITE
- 43 Mai 4911.
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- comparerons à l’affaiblissement calculé pour tù = 5 ooo (tableau II).
- Nous appellerons déformation le rapport des affaiblissements.
- communication traversant P.aris, celui d’une ligne sous un tunnel, etc.
- Dans ces conditions, l’affaiblissement dû à la ligne en question sera différent de la
- Taiileau II
- e?* DÉFORMATION
- l en km.
- to — 3 ooo ai = 5 ooo o) = 7 ooo (0 = 3 OOO (o = 5 000 ü) = 7 OOO
- Câble souterrain, iram 16,0 3/| ,0 60,0 2, 12 l ,00 °,5 7 54,4
- Ligne aérienne, 5'nra 33,0 3î,o 34,0 1 ,o3 I ,0() 1,00 2 090,0
- Câble Manche, 1897 •26,0 34,o 46,0 1,31 I ,00 0,74 1 32,0
- Câble Manche, 1910 15,2 34,o w 0 a, 2 4 1,0(1 0,25 3i3,o
- On voit par ces chiffres que les lignes que nous avons considérées ont des déformations importantes. La ligne aérienne seule possède de bonnes qualités téléphoniques et les autres lignes ne sauraient être employées sans certains inconvénients pour constituer des lignes d’une certaine longueur, et, chose très curieuse, la pupinisation appliquée à un câble isolé à la gutta paraît donner des résultats assez désavantageux. Hâtons-nous d’ajouter que ce fait est peu important, s’il s’agit de lignes d’une quarantaine de kilomètres, car le phénomène de déformation est peu sensible; il s’accentue avec la longueur. Pour une ligne de 3oo kilomètres, la pulsation 3 ooo (fréquence ooo) serait deux fois moins affaiblie que celle de 5 ooo (fréquence 8oo) et la pulsation 7000 (fréquence 1100) serait quatre fois plus affaiblie que cette dernière.
- BÉFLEXIONS
- Examinons maintenant le rôle joué par la caractéristique.
- Nous supposerons un cas particulier, qui se rencontre fréquemment en pratique, celui d’une ligne courte, intercalée dans une ligne de spécification différente et d’assez grande longueur. Ce sera le cas du câble sous-marin
- O
- de la Manche intercalé sur la ligne Paris-Londres, celui des câbles de Paris sur une
- valeur Il est donné par la formule en posant
- « z . z>
- M-z; + 'z
- et en appelant Z la caractéristique de la ligne courte considérée et Zl celle de la ligne où elle est intercalée.
- Voici les caractéristiques calculées pour 03 = 5 ooo :
- Tableau III
- Z
- Câble souterrain, imm Ligne aérienne, 5mul Câble Manche, 1897 Câble Manche, 1910 310 — 290 i 600 i44 — 70 i I IOO
- Si on considère une- longueur de 4o kilomètres intercalés dans une ligne aérienne de 5 millimètres de diamètre, on trouve que le facteur qui multiplie e$l dans la formule (1) et que nous mettrons sous la forme ePh a les valeurs suivantes :
- Tableau IV
- Souterrain, imm Manche, 1897 Manche, 1910 0,90 1,42 1,01 — 0, \ 0 + °>35 0,01
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE , T. XIV (2* Série).— N# 19.
- On voit que le facteur en question est suivant les cas supérieur ou inférieur à l’unité. S’il était égal à l’unité, l’affaiblissement de la ligne intercalaire s’ajouterait purement et simplement à celui de la ligne principale. Pour apprécier l’influence de la ligne intercalaire, il suffirait de considérer son coefficient d’affaiblissement. C’est très sensiblement le cas du câble de 1910. Si le facteur est différent de l’unité, il n’en est plus ainsi : il se produit un phénomène de réflexion qui a pour effet apparent de modifier la longueur de la ligne apparente, de l’allonger ou de la diminuer. C’est ce que nous avons calculé dans la colonne (3^, qui représente en grandeur, et en signe la quantité dont il faut modifier l’exposant d’amortissement.
- Pour rendre plus intelligible cette remarque nous donnons ci-dessous les équivalents, en longueurs de ligne aérienne de 5 millimètres, d’un câble]qui aurait4o kilomètres de longueur, suivant qu’on tient compte ou non des réflexions.
- Tableau V
- LONGUEUR LONGUEUR AÉRIENNE
- de 40 kilomètres EQUIVALENTE
- de sans réflexions avec réflexions
- Câble souterrain, im,n.. l442ltm 138akm
- Câble Manche, 1897. • • 635 ' 8/,5
- Câble Manche, 1910... 268 274
- Nous avons cru utile d’insister, sur ces diverses considérations de déformations et de caractéristiques. Nous l’avons peut-être fait un peu longuement, mais nous avons pensé qu’il était indispensable, avqnt de parler de la mesure des amortissements et des caractéristiques, de bien expliquer le rôle que jouaient ces quantités en téléphonie, et de donner l’ordre de grandeur d’un Certain nombre de phénomènes accessoires, qu’il importe de bien connaître, si l’on veut faire des mesures correctes.
- x
- AMORTISSEMENT ET CARACTERISTIQUE
- Nous allons maintenant exposer les diffé-
- rentes méthodes qui ont été proposées pour mesurer l’amortissement et la caractéristique.
- Détermination par le calcul.
- Rappelons tout d’abord deux formules fondamentales. Quand une ligne de longueur l est fermée à son extrémité sur une impédance Z,., l’impédance au départ U a pour valeur :
- U _ y Z,, -f- Z tg hyp. al J Z -f Zr tg hyp. al
- et le rapport m des courants de départ I0 et d’arrivée I est donné par la formule
- Io
- I
- Zr
- Z
- sin hyp. al -j- cos hyp. al.
- (3)
- Si la ligne est très courte, on a très sensiblement
- tg hyp. al = al.
- Si on laisse la ligne ouverte, ou si on la met en court-circuit, on aura les relations suivantes :
- iZ,. = <x>,
- ligne ouverte < __ Z __________ 1
- ( * tg hyp. al
- . . , ( Z,. = o,
- ligne court circuitee 1 TT , , ......
- & ( Ua = Ztghyp. rt7=(p + «oX)L
- On peut donc, dans ce cas, par deuxmesures d’impédance, déterminer les valeurs des constantes électriques de la ligne. Ces mesures se feront sans difficulté au moyen d’un pont à téléphone. Il est ensuite bien facile de calculer l’exposant d’amortissement a et la caractéristique Z dont nous avons donné l’expression algébrique au début de cet article.
- Si la ligne est d’une certaine longueur, la même méthode expérimentale peut être employée, mais le calcul est un peu plus compliqué.
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- REVUE D'ÉLEGT.RICITE
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- On remarque, en effet, qu’on a
- VUiU,=Z, y^Hi=:tghyp.^=A=:
- —al’’ 4*'
- -f- h
- (5)
- Les équations 4 et 5 donneront a et Z.
- d’expériences faites le 8 février dernier sur le câble de la Manche de 1910.
- Nous avons opéré à partir de la côte française sucessivement sur le i8r et le 2® circuit, puis sur les deux circuits en série.
- Les donnés expérimentales et les valeurs de a et Z qui s’en déduisent, sont renfermées dans le tableau VL
- Tableau VI
- Ui U2 l a
- i«ï r-.îrnnît 1 084 — 785 i 890 — 785 Z 865 — 85 i 454 -j-491 i 696 -j- 788 i 1 623 -j- 258 i 947 e+SH6' X 1 x6e+3°34' 1 196 H-1”43' 0,01182 i[o,01422 -|- no,o4i/|) 0,0n06 -j- i [0,01829 -f- 710,0414) o,oii65 -j- i(0,02513 -j- 710,0207)
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- Ces différents moyens de déterminer ces deux importantes constantes sont tous deux sujets à bien des critiques.
- Le premier s’appuiera sur des mesures faites sur une courte section de ligne et rien ne prouve que la ligne soit homogène sur toute sa longueur.
- Le deuxième opère sur une ligne longue ; ce sera en général la ligne elle-même à mesurer. Il semble donc plus parfait. Cependant, si la ligne est longue, les valeurs de Uj et de U2 sont peu [différentes, la variable auxiliaire h est mal déterminée et la valeur a est peu sûre. D’autre part il ne faut pas oublier que les calculs ne sont pas aussi commodes que porterait à le faire supposer l’apparente simplicité des formules. Toutes ces quantités sont des quantités imaginaires. Quant on a fait une fois un calcul de ce genre, on ne peut s’empêcher de remarquer que les arguments de U! et U2 jouent un rôle très important et qu’une faible erreur dans la mesure peut compromettre gravement l’exactitude des résultats. Enfin, quand il s’agit de lignes pupinisées, l’argument de «Z est souvent supérieur à 2 iu, il est égal à plusieurs circonférences, quelquefois 5 ou 6, et il n’est pas possible de savoir à quelle valeur il convient de s’arrêter.
- Voici, à titre d’exemple, des résultats
- On voit tout d’abord l’incertitude qui règne sur la valeur de Z déduite des calculs. Comme il s’agit de câbles pupinisés, il faut s’attendre àce que lescircuits ne soient pas absolument homogènes, caries bobines ne sauraient être identiques entre elles. L’écart serait cependant bien élevé.
- Quant à a, la partie réelle qui représente l’exposant d’amortissement 3 présente des valeurs assez concordantes. La partie imaginaire ne jouit pas du même avantage. Elle renferme de plus une indéterminée nt et nous ne sommes pas parvenu à donner à cette indéterminée une valeur acceptable. On ne peut donc pas tirer de ces expériences tous les résultats qu’on espérait y trouver. Les seules conclusions fermes à en déduire, conclusions dont nous nous servirons plus loin, c’est que l’exposant 3 a une valeur très voisine de 0,0113 par kilomètre et que la caractéristique a une valeur très sensiblement ohmique. En particulier pour le 2e circuit, elle est à peu près de 1 100 ohms.
- Sans nous arrêter plus longtemps sur les difficultés que l’on est exposé à rencontrer dans les calculs, nous devons maintenant attirer l’attention sur une remarque qui s’impose a priori. Il n’est pas prudent de juger des qualités d’une ligne pandes expériences faites à une seule extrémité. Et c’est
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- là la base des méthodes que nous venons de rappeler. La ligne n’est jamais d’une homogénéité parfaite ; c’est de toute évidence pour les lignes pupinisées ; niais même les lignes ordinaires ont un isolement qui est variable d’un point à un autre. Il est indispensable, à notre avis, d’employer des méthodes qui contiennent des résultats obtenus aux deux extrémités.
- Mesures directes ordinaires.
- Voici un procédé qui a été employé par le Post-Office pour mesurer l’amortissement du nouveau câble de la Manche de 1910 (’). On a placé le câble entre deux sections de ligne artificielle représentant une longeur de io à i5 milles du câble souterrain de petit calibre. La disposition était la suivante :
- Lignes artificielles AA' et BB'. Câble de A en B. Un alternateur en A' et des thermogalvanomètres Duddell en A et B.
- On mesurait le rapport m
- des cou-
- rants en A et B.
- Lei-s expérimentateurs ont supposé que, de cette façon, ils évitaient les phénomènes de réflexion et que le rapport m permettait de calculer l’amortissement par la formule simple
- m = e.8L
- Il y a là, à notre avis, une inexactitude. En effet, si on reprend la formule (3) on voit que
- I Z
- m — sin hjrp. al -f- cos hyp. al.
- 1 h
- T
- Cette formule peut s’écrire
- Elle ne prend une forme simple que si Zr = Z .
- dans ce cas
- m — eal
- et, prenant les formules, on a bien m = e?1.
- Mais cette relation n’a pas lieu dans le cas où Zr est différent de Z. Or, dans le dispositif employé par l’Office anglais, la ligne artificielle ayant une longueur assez grande, son impédance au départ peut être confondue avec la caractéristique de cette ligne qui a pour valeur
- Z, = 400 (i — i).
- Le Duddell a une certaine résistance R et on a
- Zr = Z, + R.
- L’impédance du câble Z est certainement différente de cette valeur. En tout cas, le calcul de e$l est beaucoup plus compliqué.
- Voici comment il devrait être fait, si on supposait que la résistance du Duddell est très faible et que Z ait pour valeur le nombre que nous avons trouvé pour le deuxième circuit, c’est-à-dire i ioo ohms :
- Z,
- 400
- o,36 —
- eal = e(?+®‘)* = eM(cos al -j- i sina£),
- On ne connaît pas a.1, mais on peut faire le calcul dans les deux hypothèses
- al = o al =
- on trouve alors pour e$l les valeurs 2,54 et 2,74 et 011 prendra la moyenne a,G4
- P) Electrical Review, 23 décembre 1910,
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- 43 Mai 1911.
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- Cette moyenne est assez différente de la valeur trouvée pourm par expérience qui est
- m = 1,90.
- La longueur de la ligne était de 77 kilomètres.
- On a donc :
- e$l — 2,64, (^^=0,98, p — o,oi35i
- alors que le résultat brut de l’expérience donnerait
- e$l = 1,90, $1 = 0,64, p = o,oo83i
- On commet une erreur très grave en ne tenant pas compte des phénomènes de réflexion. Le chiffre que nous avons calculé n’est pas exact, parce que la valeur de Z, que nous avoirs admise n’est probablement pas celle qu’avait la ligne artificielle employée et de plus il faudrait tenir compte de la résistance du Duddell.Mais il est néanmoins à peu près certain que la valeur qui a été obtenue par le Post Office n’est pas correcte.
- Nous avons nous-même essayé de mesurer directement [3 au moyen de deux Duddell et voici le procédé que nous avons employé. Ayant, par un calcul hâtif, fait immédiatement après les expériences dont nous avons donné plus haut les résultats, été conduit à accepter pour Z la valeur 1 000", nous avons opéré sur les deux circuits placés en série, en mettant un Duddell au départ, et un autre à l’arrivée. Ce dernier ayant 510“ de résistance, nous lui avons adjoint une résistance de 490“ en série de manière à avoir pour Z,, la valeur de 1 000.
- En opérant ainsi, nous avons trouvé la valeur
- m = 2,2/1.
- Ce nombre ne peut pas être pris pour la valeur de eP*, parce que le calcul nous a montré que la caractéristique pour le deuxième circuit, où nous placions le Duddell d’arrivée, n’était pas égal à t 000, mais bien à 1 100.
- Le calcul exact qui n’est pas très compliqué donne alors
- 2,5a,
- Ce nombre concorde pour (3 d’une manière très satisfaisante avec celui qu’a donné le calcul. Il est à présumer qu’il est exact.
- On voit, par tout ce que nous venons d’exposer, combien les méthodes qui s’appuient sur le calcul sont défectueuses. Elles sont d’un maniement peu commode et laissent toujours planer une certaine incertitude sur la correction des résultats. Il serait donc bien préférable de chercher à déterminer directement, par la mesure seule, sans avoir à faire de correction après coup, les éléments que nous cherchons.
- Mesure directe sans réflexion.
- 11 nous a paru que le problème pouvait recevoir une solution à la fois très simple et très rigoureuse, si on évitait tout phénomène de réflexion à l’extrémité de la ligne en expérience. Il suffît pour cela d’avoir
- Z,. = Z,
- c’est-à-dire de fermer la ligne sur une impédance égale à sa caractéristique.
- Dans ce cas, les formules (2) et (3) prennent une forme particulièrement simple. Elles se réduisent à
- U = Z, m = ^ = eV.
- Mais il faut avant tout connaître exactement la valeur de Z. Pour cela, il suffit de remarquer que l’impédance au départ U, est égal à la caractéristique Z, quand la ligne est fermée sur une impédance égale à Z. Or on connaît toujours la valeur approchée de Z, pour la ligne sur laquelle on opère. On fermera donc la ligne sur une impédance dont la valeur sera celle qui est présumée pour Z. On mesurera une certaine valeur pour U qui sera une valeur plus approchée de la valeur exacte de Z. On substituera celte valeur à la première employée pour boucler la ligne, et on recommencera la mesure. Après un petit nombre de tâtonnements, on obtiendra la valeur exacte de Z, et cela par l’expérience même et sans faire aucun calcul.
- P = 0,0113.
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- Gètte valeur de Z aura une forme complexe, c’est-à-dire qu’elle se composera d’une résistance ohmique. et d’une inductance.
- Pour mesurer le rapport m, on emploiera des thermogalvanomètres Duddell. Ces instruments ont une résistance purement ohmique. Il sera donc très facile de mettre celui qui est à l’arrivée en série avec des résistances, des selfs ou des condensateurs de façon à constituer une impédance égale à la caractéristique mesurée. Celui du départ sera simplement intercalé en série, car sa résistance n’intervient pas. Dans le cas où l’homogénéité de la ligne ne sera pas parfaite, il sera bon de mesurer la caractéristique à chaque extrémité et donner à Zt la valeur qui correspond à l’extrémité où l’on place le Duddell d’arrivée,
- En résumé, il est possible de mesurer directement, sans avoir à faire aucune correction par le calcul, les deux facteurs de qui dépendent tous les phénomènes qui se produisent sur les lignes téléphoniques, l’amortissement et la caractéristique. Cette méthode directe présente de grands avantages. Tout d’abord elle est commode, simple, et rapide. Elle ne nécessite qu’un pont ordinaire à téléphone pour la mesure de Z et deux Duddell pour mesurer (3. Dans le cas où le circuit à mesurer a ses deux extrémités dans le même laboratoire, ce qui arrive pendant la fabrication d’un câble, par exemple, ou bien sur les câbles renfermant plusieurs circuits, on peut même n’employer qu’un seul thermogalvanomètre, qu’un jeu de commutateurs permet de renvoyer à l’une ou à l’autre extrémité du circuit, en même temps que le galvanomètre supprimé est remplacé par une résistance égale. Ce procédé est même à recommander toutes les fois qu’on pourra l’utiliser, car il dispense de la tare préalable de l’instrument, le rapport des déviations étant seul intéressant à connaître et intervenant seul pour donner e\il.
- 'Cette méthode, de plus, est exacte et plus correcte que celles qui obligent à faire appel dans une large mesure au calcul. En effet,
- les lignes sur lesquelles on opère ne sont jamais parfaitement homogènes. Si on peut admettre que la résistance, la self et la capacité sont uniformément réparties, on ne peut guère soutenir que la même hypothèse soit vraie en ce qui concerne' l’isolement. Cette remarque a encore plus de valeur s’il s’agit de lignes pupinisées. Non seulement la self n’y est pas uniformément distribuée, mais les différentes bobines qui ne sont jamais identiques entre elles, introduisent des hétérogénéités tout le long de la ligne. Les formules des lignes homogènes ne sont donc pas rigoureusement applicables. La méthode expérimentale proposée donnera, au contraire, dans tous les cas, la valeur de l’amortissement telle qu’elle résulte de l’état actuel de la ligne.
- On a souvent proposé de mesurer l’amortissement au moyen d’expériences d’audition. On a, en particulier, procédé de la manière suivante : On intercale la ligne en expérience au milieu d’une ligne de comparaison, et on cherche à quelle longueur de la ligne de comparaison est équivalente la ligne à mesurer. Après ce que nous avons dit des phénomènes de réflexion, il est facile de comprendre pourquoi ce procédé ne saurait donner des résultats exacts. Suivant les cas, l’exposant d’amortissement est diminué ou augmenté. Ainsi, pour le câble de la Manche, modèle 1910, intercalé au milieu d’une ligne du modèle des lignes d’abonnés de Londres, l’exposant d’amortissement peut être diminué de o,i5 à 0,20. L’expérience ayant donné, par exemple, 0,60, ce chiffre doit être trop faible, et il est probable que le chiffre exact est voisin de 0,80, correspondant à une valeur de (3 voisine de 0,0104 par kilomètre.
- Cet exemple montre une fois de plus quelle attention il convient d’apporter dans les questions de téléphonie aux phénomènes de réflexion causés par la différence des caractéristiques des lignes ou des appareils, et combien il est essentiel, dans tout dispositif expérimental, de se mettre à l’abri des erreurs qui peuvent se produire de ce fait.
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- Les montages qui, à l’exômple de celui que hous indiquons pour la mesure directe des amortissements et des caractéristiques, suppriment les phénomènes de réflexion, doi-
- vent naturellement conduit»® à des installations plus simples en même temps qu'à des résultats beaucoup plus exacts.
- Devaux-Guauhonnel.
- L’EXPOSITION DÉ LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE (Suite et fmf]
- Parmi les dispositifs exposés par la maison Ducretet et Roger, les appareils Silf imaginés par M, Düssaüd attiraient particulièrement l’attention des visiteurs.
- Pour donner une idée de ces appareils, nOUs ne pouvons mieux faire que de Suivre mot à mot la note, d’une rédaction remarquablement nette ét concise, dans laquelle l’auteur a communiqué à l’Académie des Sciences (2) le principe de son invention en indiquant ses principales, applications.
- M. Dussaud a fixé, sur le pourtour d’ün disque, 16 ampoules de 2,5 centimètres de diamètre, à filament de tungstène, de io volts, i ampère. Il a fait tourner le disque dé manière que chaque ampoule vienne successivement recevoir Un courant de 20 volts, i,5 ampère pendant une fraction de seconde.
- Il a constaté qu’il avait réalisé, avec 3o watts, une lumière paraissant fixe, froide, continue, équivalente à 10 000 bougies devant un système optique approprié, c’est-à-dire donnant les mêmes résultats qu’un arc électrique de ioooo bougies (110 volts, 60 ampères, 0ooo watts).
- Cette lumière ainsi produite et employée lui a permis l’éclairage ordinaire dans un appartement avec une dépense d’électricité au compteur deux cents fois moins grande que pour toute autre lumière électrique à incandescence à charbon.
- (>) Voir Lumière Électrique, 6 mai igz i.
- (2) M. Dussaud. Emplois nouveaux des ampoules de bas voltage. (Comptes rendus de VAeudèmie des Sciences, i8 avril tgt«.)
- D’autre part, la faible quantité d’électricité nécessaire (environ 20 volts et i,5 ampère) lui a permis à volonté de substituer au courant du secteur, celui d’une pile d’un prix , d’achat et d’ehtretien infime.
- Grâce à la surface réduite de cette lumière froide, il est possible de réaliser des phares ; à longue portée avec des systèmes optiques •; si simples, si économiques, que toute barque de pêcheur pourra en posséder pour faire des ; signaux et qu’un Soldat pourra les mettre : dans son sac avec la pile nécessaire, pour la télégraphie optique. L’absotleo de chaleur de celte lumière permet de piacer l’ampoule i presque en contact avec des lentilles spéciales à grand rendement donnant des cônes : si divergents et si puissants qu’ils constituent de véritables yeux pour les sous-niarins et aéroplanes,*
- Avec 3o watts, la largeur des projections atteignait 8 mètres avec les clichés fiâtes, 5 mètres avec le cinématographe, 4 mètres avec les plaques en couleurs naturelles et les corps opaques-, les objets microscopiques pouvaient être projetés avec tth grossissement superficiel dépassant diti millions de fois; quant aux projections ordinaires de 1 m. 5o de large, elles se faisaient en plein jour.
- Avec des ampoules de quart/ ou d’uviol, l’auteur a recueilli dés radiations ultraviolettes; il les a séparées de la chaleur par le procédé du disque pour les appliquer froides par contact presque direct à des traitements, stérélisations, synthèses;- et pour télégraphier, téléphoner ou photographier.
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- A l’Exposition de Physique, ce procédé d’éclairage était appliqué en particulier à deux cinématographes : un grand cinéma Pathé, éclairant un grand écran, et un petit cinéma, modèle d’amateur (fig. i), projetant une image de dimensions réduites, mais très lumineuse, malgré les nombreux foyers électriques répandus dans la salle. La lumière était produite par une petite lampe à incandescence de 8 volts, alimentée par une source électrique de 16 à 18 volts.
- Fig. i.
- La lampe à filament de tungstène peut supporter pendant un temps assez long ce survoltage, grâce à sa construction spéciale, son degré de vide, le mode d’attache du filament et surtout grâce à l’interruption périodique du circuit, obtenue au moyen d’un commutateur tournant. Cette interruption coïncide mécaniquement avec le changement d’image du film, défilant devant l’objectif.
- Pour obtenir les mêmes résultats il aurait fallu, dans les conditions ordinaires, un arc de 25 ampères.
- Un nouveau procédé dé dés électrification des matières textiles a fait récemment l’objet d’une communication présentée par M. d’Arsonval à l’Académie des Sciences (').
- On sait que, par suite de l’électrisation qui (*)
- (*) J. Paillet, F. Ducketet ut E.' Roger, Comptes Rendus, 6 mars 19n.
- se produit pendant l’étirage de la laine, par exemple, les fibres divergent ét se détachent de la mèche principale.
- Il en résulte un déchet important et, de plus, le fil est d’une grosseur irrégulière, ce qui entraîne de fréquentes ruptures.
- Les différents procédés employés jusqu’ici (humidification des salles, charges électriques distribuées le long des métiers par des conducteurs isolés) entraînent des inconvénients très sérieux pour les ouvriers, soit au point de vue de l’hygiène soit à celui des commotions qu’ils ressentent.
- On a pu obtenir le résultat cherché en utilisant des courants de haute fréquence. Le matériel employé est assez semblable à celui d’un poste transmetteur de télégraphie sans fil ; les antennes sont horizontales et disposées le long des métiers.
- Les Ateliers Ducretet exposaient la photographie de l’une des salles de travail de l’usine de Fourmies.
- Dans cette filature, l’économie réalisée sur les déchets a atteint 23 %, en même temps que l’élasticité des fils s’est trouvée accrue de 19 %, depuis que la nouvelle installation est en service.
- Il y a lieu de noter, d’autre part, que ces résultats, favorables au filateur, ont été accompagnés d’une amélioration notable des conditions où se trouvent les ouvriers, les salles de travail pouvant être largement aérées.
- L'électrothèque Goldschmidt constitue un laboratoire portatif et peu encombrant, destiné à rendre des services aux professeurs qui ne disposent ni du temps, ni du personnel nécessaires pour la préparation des expériences qui doivent être réalisées dans leurs cours.
- Il est constitué par une série de boites pouvant se ranger sur des rayons, comme des livres et chacune d’elle contient les appareils nécessaires pour réaliser une ou plusieurs expériences concernant l’électricité et le magnétisme. L’expérience est toute préparée à l’intérieur de la boîte et la ma-
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- nœuvre se réduit presque toujours à tourner une manivelle ou à appuyer "sur un bouton.
- Les nouveaux appareils de télémécanique de M. le baron d’Ivry ont été combinés de telle sorte que l’opérateur faisant la commande puisse avoir sur son propre appareil le contrôle que le signal a été exécuté à la réception.
- Nous ne décrirons pas les appareils de radiotélégraphie de MM. Bellini-Tosi {radio-goniomètre et compas azimutal hertzien) exposés aussi par les Ateliers Ducretet.' Ils sont déjà connus et, d’ailleurs, nous reviendrons prochainement sur leurs derniers perfectionnements.
- A signaler encore un appareil récepteur des signaux horaires hertziens, permettant aux navigateurs ou aux horlogers, situés dans un rayon de i ooo kilomètres autour de Paris, de recevoir deux fois par jour l’heure du méridien initial, transmise par la Tour Eiffel; enfin, dans le même ordre d’idées, un matériel complet pour la téléphonie sans fil.
- La Société Industrielle des Téléphones exposait un relais de tension à étincelles fondé sur le principe suivant :
- Un fil de maillechort de —- se rompt ins-
- ioo 1
- tantanément lorsqu’une étincelle jaillit sur lui, et cela même pour un courant de i4 milliampères. On est loin, comme on le voit, des 900 milliampères nécessaires à l’interruption dans un fusible de même diamèti*e et des 20 000 tours de fil fin donnant à un enroulement une sensibilité analogue.
- Le fil fin est réuni, dans le relais, à une masse métallique qui est mise à la teri’e. A un certain intervalle, réglable par une vis, se trouve une deuxième masse reliée au point où une tension excessive peut se produire.
- Le relais est monté soit pour établir un contact, soit pour laisser retomber un poids, capable d’effectuer une manœuvre mécanique. Dans ce dernier cas, le contact est remplacé par une poulie d’équilibre.
- Les applications de ce relais sont nom-
- breuses : contacts fortuits entre le primaire et le secondaire des transformateurs; protection des lignes télégraphiques contre la foudre, etc.
- La même Société construit un appareil microphonique de grande sensibilité destiné à permettre aux personnes atteintes de surdité la perception des sons. Cet appareil, connu sous le nom de parleur du Dr Laimé se compose de trois parties distinctes réunies par un fil fin et souple : le transmetteur, le récepteur et la pile.
- Le transmetteur microphonique peut être logé dans la poche. Le récepteur est appliqué contre l’oreille, ou fixé par un ressort formant serre-tête. Il offre la particularité d’avoir une sensibilité réglable, au moyen d’une petite manette, suivant le degré de surdité de la personne. En temps normal, le courant est interrompu et aucun son n’est transmis. La pile est de dimensions très restreintes et peut facilement être mise dans la poche.
- Dans les mesures électrométriques, il est difficile d’obtenir, entre la partie mobile et la source d’électricité, une liaison assez parfaite pour qu’elle n’influence ni le mouvement à observer, ni la charge électrique, en provoquant des fuités. Il faut pourtant réduire celles-ci au minimum pour obtenir le retour au zéi’o de l’index des instruments. Abandonnant le dispositif connu de prise de courant au moyen d’un conducteur plongeant dans un électrolyte, la Société Industrielle des Téléphones intercale un condensateur entre l’aiguille et la source; l’armature du condensateur relié à la partie mobile, se déplace dans un champ magnétique, ce qui produit l’amortissement des oscillations. L’appareil étant placé sous une cloche desséchée par du chlorure de calcium, l’index revient au zéro avec une grande exactitude.
- En ce qui concerne l’électricité, la maison Richard présentait cette année un micro-ampèremètre enregistreur utilisé par M . Turpain dans l’enregistrement des orages par la
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- méthode bolométrique. L’équipage mobile, formant un tout avec le système enregistreur, est complètement indépendant du système magnétique, constitué par un électro-aimant du type Weiss que beaucoup de laboratoires possèdent et qu’on peut utiliser sans aucune modification en y adjoignant simplement l’équipage mobile. Celui-ci possède une résistance d’environ 3 ohms et la déviation maxima est obtenue pour une excitation d’environ 3 ampères dans l’électro. Avec 7 ampères, la sensibilité atteint 7 milliampères pour la course entière de la plume.
- Cet appareil est utilisé, en combinaison avec le cohéreur à aiguilles de M. Fényi, dans le préviseur d’orages dont nous avons parlé dans là première partie de cet article (').
- Signalons encore un wattmètre enregistreur pour véhicules en mouvement, établi spécialement pour les automotrices du Métropolitain.
- Ce wattmètre est prévu pour une tension de 5oo à 53o volts et pour des intensités atteignant 260 et môme 3oo ampères.
- L’axe de la bobine mobile est vertical et repose sur une crapaudine à pompe, en rai-* son des trépidations; d’autre part l’amortisseur à liquide est rendu extrêmement énergique par la disposition de la palette en forme de cuvette.
- Ces wattmètres sont destinés à enregistrer des variations très rapides de puissance, mais pour des expériences assez courtes; aussi, sont-ils pourvus d’un dispositif faisant défiler le papier à raison de 60 millimètres1 par minute.
- Parmi les nombreux appareils d’électricité exposés par la maison Chauvin et Arnoux, nous retiendrons en particulier les suivants :
- i° Différents appareils portatifs de contrôle et d’étalonnement (jumelé de contrôle, potentiomètre d'étalonnement) ;
- 20 Un multicalorique, appareil basé sur la dilatation différentielle de deux fils symé-
- , ' \
- - (^)fMmière Electrique, 6 mai ign,p. 142* \
- triques, indépendant par conséquent des variations de température; on a cherché à annuler sa capacité et sa self-induction ainsi que l’action des champs extérieurs. Par différents couplages, on peut faire successivement des mesures d’intensité, de force électromotrice et de puissance ;
- 3° Un milliampèremètre thermo-électrique ;
- 4” Un mégohmmètre comportant un galvanomètre à miroir, une pile de joq éléments, et une bobine de ioo ooo ohms. Il permet de mësurer par comparaison des résistances jusqu’à iSoooo mégohms ; .
- 5° Un voltmètre compoundé donnant directement le voltage à l’extrémité d’un feeder, grâce à un shunt, placé sur le feeder, qui réduit les indications du voltmètre d’une quantité égale au voltage absorbé dans la canalisation ;
- 6Q Différents pyromètres dont les couples au platine rhodié permettent d'évalüer des températures de j6oop;
- 7P Enfin, des enregistreurs discontinus et un enregistreur photographique, formé d’un galvanomètre à deux miroirs sur lesquels vient tomber un faisceau lumineux. Les deux images de la fente d’où ce faisceau provient se produisent l’une sur une feuille de papier sensible, entraînée par un mouvement d’horlogerie, devant laquelle est une fente horizontale de toute la longueur du papier, l’autre sur un Verre dépoli placé en dessous et permettant de suivre les déviations du galvanomètre, derrière un verre rauge,
- L’enregistreur peut servir à mesurer des forces électromotrioes, des intensités, des températures, etc,
- La maison ftousseUe et Tournaire exposait un fréquencemètre (Siemens et Halske) basé sur le principe de la résonance et composé d’une série de palettes métalliques formant ressorts, L’ensemble du peigne ainsi constitué est excité par un électro-aimant traversé par le courant périodique, C’est la palette en synchronisme avec lq courant qui vibre seule devant une échelle graduée
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- On peut déterminer les fréquences comprises entre 7,5 et i4o périodes. Il y a deux lames par période, entre 3o et 80 périodes ; quatre au-dessous de 3o et une seule au-dessus de 80.
- Avec un électro-aimant polarisé, à chaque période correspond une seule attraction de la palette ; cette propriété permet de douhler le champ d’expérience; elle est utilisée dans un autre fréquencemètre où un commutateur peut mettre en circuit un électro-aimant ordinaire ou polarisé.
- L'appareil peut être employé pour des tensions comprises entre 5o et 3oo volts. Il peut servir aussi de tachymètre. Dans ce dernier cas, les xnesui’es sont basées sur le fait que toxxte machine tournante est soumise ù, des trépidations invisibles à l’œil nu et dues à l’excentricité toujours existante du centre de gravité de la partie en mouvement. Ces trépidations agissent sixr celle des palettes du tachymètre qui est susceptible de vibrer avec la même fréquence.
- La même maison exposait un appareil pour la diathermie produisant des courants de haute fréquence (de 600000 à 1000000 de périodes) qui traversent le malade avec une intensité de 2,5 ampères.
- Le matériel est analogue à celui couramment employé en télégraphie sans fil.
- L’intensité secondaire, dont on utilise l’effet Joule, est fonction du nombre d’étincelles et de l’accouplement.
- Les appai’eils de pi’oduction des coui’ants à haute fréquence sont logés dans une table dont la partie supérieure, en marbre, supporte les manettes, éclateur et ampèi’e-mètre nécessaires.
- Nous mentionnerons dans l’exposition delà maison Radiguet et Massiot, outre différents appareils destinés aux projections électriques, Y interrupteur-redresseur synchrone, modèle Bosquain qui peut être branché sur courant altei’natif oix sur courant continu (20 volts et no volts). Cet appareil est rotatif et constitué par uixe turbine à mercure sur l’axe
- de laquelle est fixé le rotor d’un petit moteur composé d’un électro-aimant parcouru par l’une seulement des deux alternances, toujours la même, d’un courant alternatif.
- L’autre alternance est arrêtée par un petit clapet électrolytique de dimensions appropriées. Une manette permet. de décaler l’électro-aimant par l’apport aux palettes de contact, do manière à utiliser la poi’tion voulue de la courbe du courant et éviter ainsi l’étincelle de fermeture. Les interruptions sont faites dans un milieu diélectrique liquide ou gazeux.
- On reti’ouve cet intei’rupteur dans le matériel de radiographie transportable qui peut fonctionner sur un secteur alternatif à no volts ou sur courant continu (20 ou 110 volts).
- Mentionnons enfin la cabine radiologique Massiot destinée à protéger le médecin contre les effets funestes des x*ayons X.
- Signalons encore les condensateurs légers en papier, système Boucherot exposés par M. Yarret, destinés aux courants de haute fréquence utilisés en T. S. F. ; la dynamo Bloc auto-régulatrice et à self couplage, de M.E. Gabreau, particulièrement établie pour l’éclairage des automobiles et dans laquelle un conjecteui’-disjoncteur spécial et très robuste entre en fonctionnement dès que la tension de la dynamo est suffisante pour charger une petite batterie d’accumulateui’s, et empêche le retour du courant ; le chronomètre électrique Ch. Eéry pouvant sei’vir à la distribution de l’heui’e; les redresseurs de courant, de M. Stamatty, utilisant les deux phases du coui’ant, etc.
- L’éclairage de l’exposition était assuré principalement par les lampes à arc Beck et les lampes Conta.
- Soi’tant du domaine de l’électricité, nous terminerons ce compte rendu en disant quelques mots du chronophone pour projections de films parlants, exposé parles établissements Gaumont.
- Il n’est pas possible d’entrer dans le détail
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- des procédés mis en oeuvre pour réaliser le synchronisme du mouvement et des sons ; la plupart d’entre eux ont fait l’objet de plis cachetés déposés par M. Gaumont dans les archives de l’Institut.
- Récemment, les derniers perfectionnements du chronophone étaient présentés par M. Carpentier (*) à l’Académie des Sciences et celle-ci pouvait se rendre compte de visu
- P) Comptes Rendus, 29 décembre 1910.
- de la concordance complète existant entré le geste et l’articulation. L’image parlante de M. d’Arsonval exposait en quélques mots les difficultés qu’il a fallu vaincre pour réaliser le chronophone actuel. Et, concluait-elle, lorsque le phonographe reproduira sans altération les diverses valeurs phoniques, les académiciens pourront faire des communications posthumes. C’est alors qu’ils seront vraiment immortels !
- J. Reyval.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- , Sur un fréquencemètre enregistreur et sur le principe d’un 'relais ou servomoteur sans réaction. — H. Abraham. — Bulletin de la Société Internationale des Electriciens, mars 1911.
- L’auteur rappelle d’abord les propriétés des appareils à cadre mobile et à électro-aimants pour courants alternatifs. Il insiste sur leur grande sensibilité et sur la précision dont ils sont susceptibles, à condition de donner à l’entrefer une valeur suffisante. En particulier, ces appareils permettent d’effectuer aisément des mesures de capacité en courant alternatif (*).
- M. Abraham montre ensuite quel intérêt il y a à supprimer tout ressort élastique dans ces instruments. Seules, les forces électromotrices, induites par le champ alternatif dans le cadre, en fixent la position d’équilibre, indépendante, d’ailleurs, de la tension d’alimentation, puisque cette position est uniquement déterminée par des différences de phase. Le cadre s’immobilise lorsque le courant qui le traverse est en quadrature exacte avec le champ, et il est à remarquer. que son équilibre est des plus stables.
- (*) Si la fréquence augmente, le courant de capacité augmente proportionnellement et le champ magnétique diminue dans la même proportion. Se fondant sur ce fait, M. IIélitas a construit un voltmètre alternatif dont les indications sont indépendantes de la fréquence. Grâce à la faible capacité nécessaire, la consommation est dé l’ordre du centième d’ampère.
- Partant de cette théorie, l’auteur a établi le fréquencemètre enregistreur dont il a été donné ici une description succincte (*) et sur lequel nous allons revenir en explicitant, dans ce cas particulier, les considérations qui précèdent.
- La figure 1 représente le montage du fréquencemètre enregistreur. L’électro-aimant (1) est actionné par le réseau avec interposition d’une petite résistance (2). Le réseau actionne en même temps lih circuit auxiliaire formé d’une forte résistance (3) suivie d’une petite bobine d’induction mutuelle (4,5) qui est sans fer ou au moins à fer non saturé avec
- l-A/Vv'WWWW\a
- Fig. I.
- circuit magnétique ouvert. En raison de la forte self-induction de l’électro, le courant du premier circuit est en quadrature avec la force électromotrice du réseau, tandis que le courant du second circuit est en phase avec cette force électromotrice.
- (') J. Reyval, L’exposition de la Société Française de Physique, 6 mai 1911, p. 140.
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- £3 Mai 1911. . REVUE D’ÉLECTRICITÉ ° 171
- Le cadre mobile (6) est mis en série avec la résistance (2) du premier circuit et le secondaire (a) (inversé) de la bobine d’induction mutuelle (4,5) du second circuit. Les forces électromotrices (a) et (5), qui sont toutes deux sensiblement en phase avec le champ magnétiqué de l’éleclro et qui isolément tendraient à provoquér des rotations de sens inverse du cadre mobile, vont ici se retrancher et le réglage est fait de telle sorte que le cadre se maintienne au zéro pour la valeur normale de la fréquence.
- Si alors la période du réseau varie, les forces électromotrices qu’on opposait cessent de se compenser, car l’une augmente tandis que l’autre diminue ; l’équilibre est donc rompu et le cadre tourne à droite ou à gauche, selon le sens dés variations de fréquence, jusqu’à ce que la force électromotrice d’induction
- Fig.2.
- résultant du changement de position du cadre mobile ramène le courant total à être en quadrature avec le champ. La position d’équilibre que l’appareil prend ainsi, pourchaque valeur de la fréquence, estindépen-dante des variations de tension du réseau.
- L’instrument que représente la figure 2 mesure les fréquences comprises entre 40 et 5o périodes et consomme environ o,5 ampère. Les efforts qui y
- sont exercés sont largement suffisants pour qu’il inscrive directement les variations de fréquence par un tracé à la plume. Il est adapté à un enregistreur à ordonnées rectilignes Carpentier. On a vérifié que ses indications sont sensiblement indépendantes des variations de la forme du courant, tant que celles-ci sont raisonnables.
- Pour réaliser un fréquencemètre à grande sensibilité et à faible consommation, M. Abraham monte en parallèle un condensateur et le circuit de l’électro(i). La résistance (2) et la bobine d’induction mutuelle (4,5) sont supprimées et le cadre mobile est parcouru par la somme des deux courants qui traversent le condensateur et la self de l’électro, en résonance à la fréquence normale. Le courant du cadre est alors en quadrature avec le champ mais, dès que la fréquence varie, le courant de capacité ou celui de self-induction l’emportent et le cadre tourne dans un sens ou dans l’autre. Pour une variation de fréquence de l’ordre de 2 % , l’aiguille peut alors parcourir toute l’échelle, la consommation étant
- de---- d’ampère.
- 100
- En terminant cette remarquable communication, M. Abraham indique qu’il est possible de réaliser un servomoteur jouissant des propriétés suivantes :
- Dépourvu de tout frottement, le transmetteur démarre sous l’action du moindre couple, bien que le récepteur soit en charge.
- Dès que le cadre transmetteur tourne, il fonctionne comme secondaire d’un transformateur à couplage variable et puise dans le champ de son électro l’énergie nécessaire pour faire mouvoir le récepteur. Les mouvements transmis au récepteur sont propor-portionnés à ceux du transmetteur qui les commande énergiquement. Mais ni le fonctionnement ni l’..rrêt du récepteur n’exercent aucune réaction sur le transmetteur.
- Les équations du problème ne sont pas incompatibles ; on y satisfait sans difficulté par le jeu des différences de phases, et l’expérience confirme les prévisions théoriques.
- L. B.
- DIVERS
- La fréquence de la foudre.
- M. F. Emde a cherché à déterminer par le calcul quel est, dans les cas ordinaires,d’ordre de grandeur de cette fréquence.
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- 178
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2» Séria);— H* 18.
- Dans la décharge de la foudre, une partie de l’énergie électrique potentielle existant entre la terre et les nuages se dissipe sous forme de chaleur, une autre sous forme d’énergie magnétique entourant la colonne gazeuse qui conduit la décharge. Le rapport de ces deux termes détermine si la décharge est apériodique ou oscillatoire.
- Pour se rendre compte de ce phénomène, l’auteur se place dans le cas simple d’un nuage en forme de cercle du côté de la terre, tandis que le gaz conduisant la décharge a la forme- d’un cylindre au centre du nuage. Les lignes de- foroe magnétiques sont alors des cercles entourant la colonne gazeuse et, en
- admettant que la densité du courant électrique est constante dans toutes les sections transversales du gaz, les lignes de force électriques sont des droites parallèles à l'axe du cylindre. Pris sous cette forme, le problème peut être soumis au calcul.
- Ce calcul est assez ardu ('). Nous en donnerons seulement le résultat.
- En pratique, la fréquence de la foudre varie entre 2 ooo et 8 ooo, soit en moyenne S <joo périodes par seconde. S. P.
- (*) Il est entièrement développé dans VElektkotech-nische Zeitschrift, 7 juillet 1910.
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- Droits d’octroi sur bâtiments et constructions immobilières. — Différence entre ces deux termes en ce qui concerne les fils électriques aériens,— Arrêt de la Cour de Cassation du 6 février 1911 (*).
- Au point de vue des taxes d’octroi, et en raison de ce que la perception n’en peut être légalement faite qu’autant que les objets que l’on prétend y soumettre sont clairement inscrits au tarif, il y a Heu, quand les tarifs visent uniquement les « constructions de bâtiment », delimiterles droits d’octroi aux constructions destinées à servir d’abri aux personnes, aux animaux et aux choses. Mais la portée de ces expressions « constructions immobilières » trouvées dans un tarif doit être considérée comme ayant un sens plus étendu et embrassant toutes les constructions immobilières de quelque nature qu’elles soient.
- Lorsqu’un réseau de canalisation électrique comprend des piliers en ciment, maintenus par une armature en métal, enfoncés dans le sol, et supportant
- (•) Cette note est extraite des communications publiées par le Comité du Contentieux de la Chambre Syndicale des F k’coô Hydrauliques, etc.
- des fds de cuivre, cos ftls eux-mêmes rentrent dans les termes du règlement d’octroi frappant les « constructions immobilières».
- Commentant cet arrêt M. Bougault fait valoir des considérations dont nous extrayons ce qui suit :
- « Le fil qui repose sur le support adhérent au poteau peut-il être vraiment considéré comme faisant partie de cette « construction » que constitue le poteau ?
- « A notre avis, cela nous semble impossible. Mais le premier juge, avait, en fait, admis le contraire. En vertu de ce principe que la Cour de Cassation n’a pas à revenir sur les considérations de fait, pour lesquelles le premier juge est souverain, l’arrêt se refuse h modifier le jugement qui lui était soumis.
- « Mais il ne faut pas admettre en principe que la chose est définitivement jugée. Et dans la suite on pourra trouver bien des tribunaux mieux inspirés pour décider en fait que ce fil aérien si facilement décroché ne peut être un tout homogène avec la construction représentée par le poteau. Et il faut d’autant moins perdre courage que d’autres tribunaux jugeant également en fait ont admis d’une façon complète l’exemption des fils. Nous pouvons citer par exemple le tribunal d’Amiens. »
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- -ÜS Mal 1911.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Nouveau type de compteur d’induction pour
- courant monophasé.
- On sait en quoi consiste un compteur pour courant alternatif, du type d'induction à champ tournant. Un disque très léger en aluminium, constituant l’induit d’un moteur en court-circuit, reçoit une impulsion rotative sous l’influence de deux champs magnétiques décalés et acquiert une vitesse proportionnelle au produit de ces deux champs et du sinus de l’angle de décalage de ces champs.
- Si l’on donne à ces deux champs magnétiques des grandeurs proportionnelles à la tension V et à l’intensité I on obtient des indications P = C VI sin 4,
- désignant l’angle de décalage dans le compteur entre les deux champs engendrés par Y et I, et C une constante.
- Mais on veut obtenir
- P — C V I cos <p,
- <p désignant l’angle de décalage entre Ja tension et l’intensité.
- Il faut donc que sin 4 = cos <p, c’est-à-dire que f soit le complément de 4.
- Dans un nouveau type de compteurs établi par l’A. E, G., on obtient cette condition par un dispositif dont il est parlé plus loin.
- On pourra utilement se reporter, pour plus amples renseignements à ce sujet, aux travaux spéciaux qui ont traité de la théorie des compteurs (‘j.
- Nous allons maintenant passer en revue les détails de construction de ce compteur monophasé, établi en vue de donner la meilleure solution aux conditions requises (fig. 1).
- L’électro est formé de tôles de fer constituant trois noyaux ; les deux extrêmes supportent les bobines de dérivation, celui du milieu, moins
- (') Babau-iuon, Compteurs électriques ;Iliovici. Instruments de mesure. Voir surtout l’article de M. Iliovici, paru récemment dans celte revue (Lumière Electrique (a8 série), tome XIII, p. i63 et 195).
- long, possède deux bobines d’intensité branchées sur les deux fils de l'installation, ce qui en fait un compteur bipolaire. On a choisi ce mode de branchement pour empêcher Ia.fraude. En effet, d’une part, l’abonné ne peut couper un des fils d’arrivée au compteur, sans être privé
- de courant; d’autre part, s’il met en court-circuit un pôle, le compteur continue à tourner (évidemment à demi-vitesse), ce qui fait croire au fraudeur que son acte est resté sans résultat. Des fraudes de ce genre étaient possibles dans le branchement unipolaire par simple coupure du fil de tension.
- En face des pôles de l’électro se trouve l’armature en fer lamellé. Dans l’entrefer compris entre cette dernière Qt l’électro, tourne l’induit formé par un léger disque d’aluminium. Celui-ci étant intercalé entre les pôles d’un fort aimant permanent, sert en même temps de frein à courants de Foucault,
- On voit que l’aimant permanent- est éloigné des bobines d’intensité, de sorte que les
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- :180
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2* Série). — N® 49.
- court-circuits n’ont aucune influence sur lui.
- L’aimant est muni d’une vis de rappel permettant le réglage fin et progressif du compteur. La compensation des frottements (c’est-à-dire le réglage du compteur à petitdébit) est obtenue par le déplacement d’une petite équerre en fer formant une dérivation du champ de tension (fig. a).
- Le réglage du compteur à charge inductive s’obtient en faisant glisser une bague en cuivre sur une dérivation magnétique du champ d’intensité. De cette façon, on assure le décalage intérieur, dont il a été parlé phis haut, nécessaire pour l’obtention de l’exactitude à toute charge inductive.
- du dispositif de blocage dans ce compteur, ce qui en facilite le montage, et, en supprimant une ouverture plombable, évite certaines malfaçons.
- Les bornes en laiton sont noyées dans une masse isolante, qui comporte des séparations entre chaque pôle, afin d’éviter des court-circuits dans le branchement.
- Toutes les parties sont facilement accessibles et tout réglage s’opère simplement en enlevant le couvercle du compteur.
- En cas d’avarie (bobine gros fil grillée, etc.) où u ii démontage devient nécessaire, le nouveau dispositif du châssis métallique facilite ce travail.
- Aimant de freinage. Vis d’ajustage de l’aimant.
- Crochet de démarrage. Equerre de réglage au i/ro.
- Bague en court-circuit. __ Minuterie.
- Bobine de tension. Bobine d’intensité.
- Secteur-
- Pivot supérieur à huile.
- Vis de réglage de l’aimant.
- Armature de l’électro.
- Disque.
- Armature de l’électro. Réglage de phase.
- Vis sans fin. Châssis.
- Fer de l’électro.
- Abonné.
- Fig. 2. — Schéma du compteur.
- Ces trois modes de réglage : pleine charge, petite charge, décalage, sont absolument indépendants les uns des autres.
- La marche à vide est rendue impossible par la disposition d’un crochet en fer du disque se trouvant attiré par une petite équerre fixée sur le noyau droit de l’électro. Plus la tension du réseau augmente, moins facilement la marche à vide pourra avoir lieu.
- xLa construction des pivots inférieur et supérieur, ainsi que le poids très réduit du disque (environ 3o grammes), permettent de se passer
- Sur ce châssis sont montées toutes les pièces essentielles du compteur : l’électro avec ses bobines, l’induit, l’aimant, la minuterie, la crapau-dine et le pivot supérieur. En dévissant ses 4 vis de fixation, ainsi que les fils de connexions aboutissant à la boîte à bornes, le compteur proprement dit s’enlève de sa boite et permet la réparation ou le remplacement des parties défectueuses.
- Voici les résultats de mesure obtenus avec le compteur L J a.
- Le fonctionnement est pratiquement indépen-
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- l3' Mai 1911.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 181
- dantdes modifications de la tension du réseau, ainsi que des à-coup de voltage qui peuvent se produire.
- Il en est de même en ce qui concerne la fréquence.
- La rotation du disque est transmise par une vis sans fin et une roue dentée, d’un grand diamètre, sur une minuterie à lecture directe, permettant de relever les indications enregistrées
- nuscule bille d’acier trempé. Cette bille joue librement sur un saphir dans de l’huile fine, ne s’usant pour ainsi dire pas. La crapaudine est retenue dans une ouverture du châssis au moyen d’un ressort et est facilement échangée dans le cas d’une vérification ; il suffit pour cela de libérer une vis.
- A sa partie supérieure, le système mobile est maintenu dans sa position normale par une
- très rapidement sans risque de commettre des erreurs dé chiffrés.
- La crapaudine et le pivot supérieur de ce compteur qui sont les mêmes que dans tous les compteurs de l’A. E. G. méritent une attention spéciale; la crapaudine à bille et à bain d’huile donne au compteur un minimum de frottement et rend, en quelque sorte, le pivot du compteur interchangeable. L’axe se termine par une cavité (fig. 4) dans laquelle se place une mi-
- aiguille en acier, longue et élastique, venant se placer dans une ouverture de l’axe creux. C’est par- cette élasticité que le pivot supérieur empêche le disque de suivre les trépidations imprimées au système par le courant alternatif agissant sur des masses de fer; ce fait se produit dans les appareils d’induction et devient désagréable dans les compteurs devant être placés dans des habitations (chambres à coucher, etc.).
- Il est également indépendant du facteur de
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- 182; LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2« Série)» — ?«» 19.
- puissance et est exact à tous les décalages pouvant se produire entre la tension du réseau et l’intensité de l’installation.
- Les erreurs maxima entre o,o5 et i,a5 de la pleine charge ne sont que ± a, 5 % .
- La marche à Vide est impossible, même à une grande surtension de réseau, grâce au dispositif décrit ci-dessus.
- A pleine charge, le couple moteur est d’environ 5 à 6 gr. cm.
- La consommation du fil dérivé est environ de :
- I 1,4 2,4 watts
- pour 1 IO i%o 44o volts.
- On peut diminuer cette consommation aux dépens du couple moteur. La perte du gros fil varie de 2 à 5,7 watts selon l’intensité de 5 à 10b ampères.
- Fig. 4. — Coupe de la ci’lipbUdine.
- Le compteur supporte une surcharge continue de % et des à-coup de 100 % .
- Le nombre de tours du disque à pleine charge n’est que de 25 à 45 à la minute. L’usure est donc minime et l’étalonnage facile.
- Les courbes de la figure 5 permettent de juger les qualités de ce nouveau compteur. Nous donnerons, en terminant, le texte d’un certificat d’essai fait sur un compteur ail laboratoire de Zurich.
- Certificat d’essai n° 7 279 délivré par le laboratoire de Zurich.
- Il s’agit d’un compteur monophasé à 2 fils, pour charge inductive ou non, du type LJ a (n° de fabrication 767 592), 5o périodes par seconde.
- Etendue de mesure : Volts = 1 /,5 ; Amp. = 10; K V A = i,45.
- Constante : 1 kilowatt-heure = 1 5oo tours.
- La minuterie enregistre sur G tambours, dont le dernier indique le 1/100 de kilowatt-heure.
- Couple-moteur à 10 ampères, 145 volts, 5o périodes (cos 9= 1) : 6,8 gr. cm.
- TaIjlëau 1
- . NUMEROS de Fessai Charge approxima- tive en fraction de la pleine charge Volts [ Ampères 1 coscp ; Erreur en % rapportée .sur la valeur réelle , « & >1 « « <5 * J St 11
- Indications à u Coi npleu r en f onction dé ta harpe.
- («8-20# C).
- 1 i/5o «45 0,2 i,o + 0,1 u.9‘7 ào
- 2 1 / 20 — 0,5 1,0 4- i,4 0,986 —
- 3 1/10 — 1,0 1,0 + 0,6 o,994 —
- 4 i/4 — 2,5 1,0 -f” 0,6 o,994 —
- 5 1/2 — 5,0 1,0 + 1,9 0,981 —
- 6 - 3/4 —* 7,5 1,0 + 1,9 0,981 —
- 7 i/i • « OA) «,0 +1,0 0,990 —
- 8 5/4 123 «,0 ‘ 0,2 1,002 —
- 9 3/a —• «5,o «,0 * 2,! 1,021 —
- 10 «/« —* lo,o 0,8 + 1,3 0,988 —
- iï V1 io,o o,5 +1,1 0,989 —
- 12 i/l — 10,0 0,4 + i,i 0,989 —
- i3 S l/« 10,0 0,35 -j-1,3 0,987 —
- Indications du compteur en fonction de la tension.
- 14 »/» • 74 10,0 1,0 + 0,5 0,995 5o
- i5 »/» 10,0 0,26 + 1,4 0,986 —
- 16 «/« ao3 !o,0 1,0 + 0,2 0,998 —
- «7 */« — 10,0 o,a5 + 0,0 1,000 —
- 18 «/« Il6 tOjO 1,0 0,2 1,002 —
- «9 >/« 10,0 0,25 +1,0 0,990 —
- 20 i',t 87 10,0 1,0 0,6 1,006 —
- 21 il* — «0,0 0,25 3,3 i,o34 —
- Influence de ta périodicité (16-20° C).
- 22 1/1 • 45 10,0 1,0 +1,4 0,986 55
- 23 1/1 —* 10,0 0,25 +1,9 0,981 —
- H */* 10,0 1,0 4* * »4 0,986 60
- 2.5 '/« 10,0 0,25 0,8 1,008 —
- 36 «/« —* iOjO 1,0 + 0,3 0,997 45
- 27 i/i «0,0 0,25 + 0,2 0,998 —
- 28 «/* «0,0 1,0 0,7 1,007 40
- 29 i/t — 10,0 0,25 - 2,4 1,025 —
- Influence de la position inclinée du compteur.
- 3o 1/10 «45 1,0 1,0 • 0,8 F,008 5o
- 3i 1/1 — 10,0 1,0 + 0,9 0,991 —
- 3a 1 /10 — «,0 1,0 1,0 1,010
- 33 »/‘ — 10,0 1,0 + o,9 0,991 —
- Influence de courants extérieurs sur le compteur : un con-
- ducteur donnant passage à 10 ampères est mis en boucle
- autour dti compteur
- a) Le plan de la boucle est parallèle à la plaque
- de base du compteur.
- 34 i/t «45 10,0 1,0 + 0,9 0,991 5o
- b) Le plftn dd lu boucle se trouve à angle droit
- avec la plaque de base du comjiteur.
- 35 «/» i46-|io,o î,0 H o>9 0.991 56
- Essais après court- circuit en intercalant un fusible
- de 10 ampères»
- 36 1/10 .45 1 1,0 1,0 + 0,2 0,998 5o
- 37 1/3 —1 5,0 1,0 4- 1,9 0,981 A^5*
- 38 1/1 — |lO,Q 1,0 + 0,8 0.99a —
- Estais après surcharge de So % pendant une heure.
- 39 1 /10 «45 1,0 1,0 -t- 0,8 0,99a 5o
- 40 1/2 — 5,0 1,0 - 2,2 0,878
- 4i »/l 10 îyÛ - i*ï 0,989 —
- 4a ' l/l *0 6,5 h 1.3 0,987
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 13 Uti 1911.'
- 183
- i) Influence de la charge. Eli fraction de la pleihe charge.
- a) Influence du décalage (intensité maximum)
- COS ç.
- b) à demi*charge.
- Volts-
- *
- e) au quart de chargé
- Volts.
- 00
- ISO
- 40
- 4) Influence de la fréquence (cos «p = i). a) à pleine charge
- 80 60 70
- Périodes.
- 40
- b) â demi-charge
- 50
- 60
- Périodes.
- 70
- Fig. 5. — Courbes d’étalonnage d’un compteur d’induction monophasé, type LJa, no volts, 5o périodes, (Les ordonnées de ces courbes représentent les erreurs en %.)
- Poids du système mobile = 3i*7 grammes. Consommation intérieure dans les bobines d’intensité à io ampères == i,4 watt.
- Consommation intérieure dans le lil de dérivation à 145 volts, 5o périodes rr: a,a watts.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2® Sérlfe). — Wf° 19;
- La bobine de dérivation est branchée avant l’entrée des bobines d’intensité.
- Le compteur N° 767 592 démarre franchement à 11 watts c’est-à-dire à 0,8 % de la charge maximum.
- Les essais sont résumés dans le tableau I.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- L’électrification des lignes de banlieue dont nous parlions dans notre précédent article a fait l’objet d’une communication plus complète de la commission chargée de elore l’enquête d’utilité publique ; et cette communication parle de méthodes nouvelles d’exploitation dont il eût été bien intéressant d’essayer l’adoption depuis fort longtemps sur le chemin de fer de ceinture et plüs récemment sur le Métropolitain. L’exploitation des lignes se fera par zones, c’est-à-dire que la banlieue comprenant trois zones, les trains d’une zone ne s’arrêteront pas dans les autres, sauf aux points nodaux pour y prendre ou pour y laisser des voyageurs suivant le sens de la circulation. Les bagages ne seront pas reçus à tous les trains, mais l’intervalle entre deux trains successifs prenant des bagages n’excédera pas normalement une heure. Grâce à ces mesures, la vitesse des trains pourra être poussée à 75 kilomètres à l’heure : ce doit être la vitesse maxima de marche des trains et dans leur vitesse commerciale, car la distance dans chaque zone entre les points d’arrêt ne permettrait pas à celle-ci d’atteindre un chiffre aussi élevé. Le progrès réalisé n’en sera pas moins réel. Nous faisons quelques réserves sur le modèle des voitures qui pourront contenir chacune 100 voyageurs assis et 100 debout. Tout le monde connaît pour l’avoir éprouvé le peu de confortable des voitures du Métropolitain où les voyageurs debout s’entassent à étouffer, ont peine à ne pas tomber lors des .démarrages et des arrêts et encombrent les portes de telle façon que l’entrée et la sortie causent des lenteurs dans le service et donnent lieu aux plus désagréables bousculades. Admettre qu’un va-et-vient de 100 voyageurs, pour ne prendre que les 5o % du contenu de véhiculesde 21 m. 90 de longueur,se fera sans heurts, n’est-cç pas trop sacrifier au coefficient d’exploitation ? Comment,à la vitesse réelle d’au moins 60 kilomètres à l’heure, éviter des chocs entre voyageurs atbpassage des courbes, des aiguilles, des accidents de la voie ? Malgré cela, l’exécutioii du programme
- projeté est urgente et dès que les moyens financièrs qui sont l’émission d’obligations des chemins de fer de l’Etat seront réalisés, les travaux commenceront. La Bourse en profite pour pousser certaines valeurs ‘ qui lui semblent devoir bénéficier de ces nouvelles entreprises : tels les Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est qui touchent presque le cours de 5oo francs, et la Thomson qui remonte de 86 à 796. Ces sociétés, qui ont acquis quelque notoriété dans la construction du matériel de traction, sont très bien placées pour enlever de nombreuses commandes : mais n’oublions pas qu’elles rencontreront dans la Société Alsacienne et dans la Société Westinghouse des concurrents aussi expérimentés, qui tiendront à leur part du gâteau : nous savons qu’il sera suffisamment important pour que tous et d’vautres encore soient satisfaits.
- Dans son rapport à l’assemblée du 26 avril dernier le conseil de la Compagnie Générale de Railways et d'Electricité a donné précisément quelques renseignements intéressants sur les Ateliers du Nord et de l’Est. Les commandes reçues au cours du dernier exercice se sont élevées, pour les ateliers et la câblerie, à 12 466 557 francs, en augmentation de 5100667 francs sur l’exercice précédent; l’année 1911 promet de meilleurs résultats. Ce qu’il faut noter de plus intéressant au point de vue général des affaires qui est celui qui doit retenir notre attention, c’est la tendance de Jeumont à se libérer de tous les intermédiaires qui ébauchent ou transforment les matières premières dont il a besoin pour son industrie; à la câblerie qu’on agrandit, on adjoint une fabrique de tubes isolants, une fonderie d’acier et probablement une tréfilerie. Railways et Electricité possèdent de nombreuses actions et parts bénéficiaires des Ateliers de Jeumont; avec eux, ils ont constitué la Société Electricité et Gaz du Nord qui possède maintenant par elle-même ou contrôle trois grandes centrales électriques d’une puissance de 15 000 kilowatts et onze usines à gaz : les unes et les autres sont réparties en France et en Belgique et seront complétées bientôt par une grande centrale en création auprès de Valenciennes.
- L’ensemble du rapport de Railways et Electricité donne une vue résumée des plus importantes affaires dans lesquelles elle a une participation : les unes, comme le Métropolitain de Paris, les Tramways Bruxellois, les Tramways de Gand, la Société de Gaz et d’Electricité du Hainaut sont en pleine prospérité et distribuent des dividendes. Les autres,
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- 13 Mai 1911.
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- comme les Tramways de Paris et du département de la Seine, les Chemins de fer du Calvados, les Chemins de fer économiques du Nord, les Tramways d’Astrakan, Taschkent, Kischineff, la The Cairo Electric Railways and Heliopolis Oases Company sont, soit en réorganisation et remaniement de réseaux, soit au début d’une ère de progression qui fait espérer des résultats'bénéficiaires. L’ensemble de ces valeurs figure au bilan pour 540499/12 fr. 29, somme inférieure de 27 400 000 francs à la valeur qui ressortirait de l’application aux titres du portefeuille des cours de la Bourse au 3i décembre. Les participations et travaux en cours qui s’appliquent aux apports faits en commun avec la Société d’Eclai-rage du Centre à la Société de Gaz et d’Eleclricité duHainaut figurent, en outre, pour 5 544 o32 francs. Au poste banquiers, débiteurs divers et prêts aux liliales, correspond une somme de 9 959 339 francs ; enfin 10779 000 francs restent à verser sur les actions de là Société Parisienne pour l’industrie des Chemins de fer, la Société française d’entreprises en Egypte et la Société des Tramways de Paris et du département de la Seine. Les bénéfices bruts de 1910 se sont élevés à 4 590 609 francs et les bénéfices nets à 3 176 3g8 francs correspondant à un revenu de 12 fr. 70 % du capital de 25 millions. La répartition de ces bénéfices a été faite de la façon suivante : les actions de capital à titre d’intérêt et de dividende ont touché 7 fr. 5o par titre, soit 7,5 % ; les actions de jouissance ont reçu 3 fr. 5o et les actions de dividende à titre de premier et de second dividende une somme de 23 fr. 42. Le fonds d’amortissement des actions de capital a été doté de 9G 365 fr. et 96 365 francs’ ont été alloués au Conseil et aux commissaires des comptes. Le fonds de réserve, porté par les prélèvements précédents à 9 040 444 fr. dépassant ainsi le tiers du capital social n’a reçu aucune dotation.
- Les Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi ont réalisé en 1910 un bénéfice net de 776 198 francs qui a reçu les affectations suivantes :
- Réserve légale 5 %.................... 32 44^ >57
- Actions 5 % au capital versé.......... 248 620 88
- Actions de priorité amorties.......... 3 o5o 00
- 10 % au conseil...................... 36 479 5o
- 5 % au fonds d’amortissement des
- actions de priorité................. 18239 7a
- Dividende: 10 francs à 31 000 actions. . . 310 000 00
- A reporter.................. 127362 82
- Total. . . . 776 198 52
- Ces bénéfices s’appliquent à un capital de 10 millions dont 4 5g4 i5o francs près de 5o % restent encore à verser : ils représentent un revenu net de i4,3 %
- qui provient tant des produits de la construction que de ceux du portefeuille. Celui-ci figure a l’actif pour 1 572 8i 1 francs composé d’actions Electricité et Gaz du Nord, Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, actions de la Société Jaspar, et de diverses autres. Les Ateliers ont été particulièrement favorisés au cours de l’exercice, leur chiffre de commandes s’étant élevé à 12003 075 francs contre 8 463 266 francs en 1909 : cette progression de 5o % dans les travaux à exécuter est un indice particulier delà prospérité générale des affaires et de la Société. Le nombre des ouvriers a dû être porté à 2 000, et l’augmentation des ateliers qui a conduit, tant en terrain qu’en construction^ une dépense globale de k 583 390 francs a permis de consacrer une partie de l’outillage à la construction des grosses unités (machines d’extraction, turbo-alternateurs, pompes centrifuges) et d’affecter un service spécial à l’étude et à la construction des appareils de signaux pour chemins de fer. Charleroi comme Jeumont possède sa fonderie de fonte et de bronze et sa câblerie : celle-ci fonctionne depuis février. Une tréfilerie de cuivre est en construction, ainsi qu’une fabrique de tubes et matériel isolants. La même pensée pi’éside donc à l’organisation autonome de ces deux grands ateliers de constructions électriques, Jeumont et Charleroi, qui ont entre eux des liens administratifs très étroits et qui convoitent la plus grande place, les uns sur le marché français, les autres sur le marché belge, avec l’intention d’y supplanter les constructeurs allemands qui en sont actuellement les maîtres incontestés.
- A l’assemblée des Etablissements Adt du 22 avril dernier, le conseil a obtenu des actionnaires l’autorisation d’émettre 5oo 000 francs d’obligations 4 1/2 pour transformer et améliorer l’outillage de ses usines. L’exercice écoulé a laissé un bénéfice brut de 354 110 francs et un bénéfice net de 240 358 francs pour un chiffre de vente de 2 602 878 francs. Le Conseil ne veut pas s’en tenir à ces résultats et se propose d’améliorer le rendement de certaines spécialités et de l’ensemble de ses ateliers. La répartition proposée et votée a été la suivante :
- Amortissements. .................... 106 000 00
- Réserve légale 5 %...................... 6717 90
- Intérêt 4 % au capital................ 100000 00
- Tantièmes............................... 2764 00
- Dividende supplémentaire 1 %........ 26 000 00
- Dotations : caissedes employés, caisse
- de secours, musique.................. 6000 00
- Report il nouveau......'............. . 18 544 45
- Total égal. . 265_x>26 35
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2» Série).— N° 19.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Morbihan. — Par décret du Ier mai, est déclaré d’utilité publique l’établissement, dans le département du Morbihan, de ligne de chemin de fer d’intérêt local :
- i° De Ploërmel à la Trinité Porhoët;
- 2° De Port-Louis à Band, par Hennebont.
- Côte-d’or. — Le département est autorisé à emprunter une somme de 7 665 000 francs applicable aux frais d’établissement du réseau de tramways départementaux déclarés d’utilité publique par le décret du 17 novembre 1910.
- Loiret. — Le Conseil général a été saisi d’un projet de tramway électrique de Meung à Chansonville.
- Pas-de-Calais. — Le Conseil' général a approuvé un vœu de M. Lamendin demandant la substitution de la traction électrique à la traction à vapeur sur la ligne Lens-Liévin.
- Lot. — MM. Planche et Laurent, concessionnaires des tramways du Lot, font faire actuellement des études pour l’avant-projet de la ligne qui doit relier Labastide-Murat à Livernon.
- Russie. — Le gouvernement russe a approuvé l’emprunt de la ville de Kharkow de 2 000 000 de roubles destinés à la construction d’une ligne de tramways eide 5oo 000 roubles pour l’agrandissement de la centrale électrique.
- ÉCLAIRAGE
- Ain. — Le Conseil général est saisi d’une demande en concession de force motrice et de transport d’énergie électrique présentée par M. Harlé.
- Aude. — La municipalité de Faujeaux a décidé d’installer l’électricité dans la commune.
- Aveyron. — La municipalité de Firmy a accepté les propositions de l’usine de Firmy concernant l’installation de l’électricité dans la commune.
- Bouciies-du-Rhône. — La construction d’une usine électrique à Istrcs a été décidée par la municipalité.
- Creuse. —- Une société est actuellement en pourpar-
- lers avec les municipalités de Dontreix (Creuse), Cha-rensat et le Montel-de-Gelat (Puy-de-Dôme), pour l’établissement de lumière et force électriques dans ces trois communes. L’usine génératrice serait placée à Chance-lade.
- Doubs. — L’aménagement de l’école supérieure d’Ornans fait prévoir une installation électrique assez importante. Une somme de 21 000 francs a été prévue à ce chapitre.
- Gard. — Le Conseil général a voté une somme de 12 000 francs pour l’installation de l’électricité à la préfecture.
- Hérault. — Les traités de concession passés par la ville de Montpellier avec les compagnies de l’électricité et du gaz pour l’éclairage de la ville et des particuliers expirent le 3i décembre 1916. Les personnes ou les sociétés qui désireraient faire à l’administration municipale des propositions sont invitées à les adresser le plus tôt possible à la municipalité.
- Ile-et-Vilaine. — La demande de concession d’éclairage électrique de Redon -présentée par M. Contrestin a été renvoyée à la commission des travaux.
- Manche.— Des propositions concernant l’éclairage électrique d’Avranehes viennent d’étre faites par une société qui a déjà traité avec les villes de Granville et de Cou-tances.
- Nord, — Le Conseil municipal d’Halluin a émis un avis favorable à la demande de distribution d’énergie électrique formulée par l’Energie Electrique du Nord.
- Puy-de-Dôme. — Le Conseil municipal de Montfermy a autorisé M. Blazeix, à emprunter les différentes voies de communication entre Montfermy et Chapdes-Beau-fort, Montfermy, Bromont-Lamothe et Ponlgibaud, pour l’exploitation de son usine hydro-électrique qui va être construite au lieu dit « La Cascade du Moulin Rouge », sur la rivière de la Sioulc.
- Oise. — La ville de Méru se propose d’accorder une concession pour la distribution do l’énergie électrique pour tous usages sauf pour l’éclairage public et privé. Cette concession aura pour base le cahier des charges type conforme au modèle annexé au décret du 17 mai 1908.
- Pyrénées-Orientales. — La municipalité de Prats-de-
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- 13 Mai 1911.
- Mollo vient d’approuver les plans et devis concernant la nouvelle construction de l’usine électrique.
- Seine-Inférieure. — Une enquête concernant la demande de la Compagnie Centrale d’Energic électrique a été ouverte dans les communes de Grand-Quevilly, Petit-Couronne, Grand-Couronne, Orival, Saint-Aubin-Jouxte-Boulleng, Elbeuf, Petit-Quevilly, Rouen et Dé-ville-les-Rouen.
- Allemagne, — Le tribunal impérial a rendu le 27 mars 1911 son jugement au sujet du litige survenu entre la Deutsche Beck-Bogenlampen-Gesellschaft m. b. II. de Francfort-sur-le-Mein et la Regina Eleklrizilats Gescll-schaft m. b. H. de Cologne-Sülz. D’après ce jugement, le tribunal a définitivement rejeté la demande en annulation et retrait du brevet allemand i56 363 de la Société Beck, demande formulée par la Société Regina et a reconnu le bien fondé du brevet relatif à la disposition des charbons dans les lampes à arc.
- TÉLÉPHONIE
- Rapport, décret et arrêté du ministre des Travaux publics relatifs aux postes téléphoniques [fin) (<).
- « Lorsque le poste principal est transféré en dehors delà limite d’entretien gratuit, le titulaire contribue, dans la mesure déterminée par les articles 22, a3 et 24, aux frais de premier établissement des nouvelles sections de lignes principales situées en dehors de la limite d’entretien gratuit.
- « En outre, le déplacement et la réinstallation des appareils essentiels comportent le payement d’une redevance fixée à forfait à i5 francs, si l’abonnement en cours est en vigueur depuis un an au moins, il n’est rien perçu pour le déplacement et la réinstallation des appareils essentiels.
- « Dans tous les cas, les organes accessoires sont déplacés et réinstallés moyennant le remboursement intégral des fournitures et frais de main-d’œuvre, majorés de 10 % à titre de frais généraux.
- « Toutefois, les dispositions des trois alinéas précédents ne sont pas applicables au transfert des postes principaux rentrant dans des installations comprenant des postes supplémentaires concédésaux conditions des tarifs B. Le transfert de ces postes principaux est soumis aux conditions suivantes :
- « Le déplacement et la réinstallation de tous les organes du poste principal sont à la charge de l’abonné.
- « En outre, lorsque le poste principal est transféré dans la limite d’entretien gratuit, le raccordement avec
- (1) Lumière Electrique, 29 avril et 6 mai 1911, p. 125 et i55.
- le réseau comporte le payement d’une redevance fixée à forfait à 2Ü jfrancs par poste principal si l’abonnement correspondant encours est en vigueur depuis moins d’un an. Si l’abonnement correspondant en cours est en vigueur depuis un an au moins, cette redevance n’est pas perçue.
- « Lorsque le poste principal est transféré en dehors de la limite d’entretien gratuit, le titulaire contribue, dans la mesure déterminée par les articles 22, 23 et 24, aux frais de premier établissement des nouvelles sections de lignes principales situées en dehors de la limite d’entretien gratuit.
- «Art. 18. — A Paris et Ji Lyon, le transfert d’un poste supplémentaire d’abonnement forfaitaire ou d’abonnement pour l’échange exclusif des communications interurbaines donne lieu à la signature du nouvel engagement, faisant suite à l’engagement précédent, en ce qui concerne les échéances trimestrielles, et valable pour une durée minimum d’un an à compter de l’expiration du trimestre d’abonnement au cours duquel le transfert est effectué.
- « Le titulaire contribue', dans la mesure déterminée par les articles 22, j3 et 24, aux frais de premier établissement des nouvelles lignes ou sections de lignes situées soit en dehors, soit en dedans de la limite d’entretien gratuit.
- « En ce qui concerne les postes supplémentaires souscrits aux conditions [des tarifs A, le déplacement et la réinstallation des appareils essentiels comportent le payement d’une redevance fixée à forfait à i5 francs par poste, si l’abonnement en cours est en vigueur depuis moins d’un an.
- « Si l’abonnement en cours est en vigueur depuis un an au moins, il n’est rien perçu pour le déplacement et la réinstallation des appareils essentiels.
- « Dans tous les cas, les organes accessoires sont déplacés et réinstallés moyennant le remboursement intégral des fournitures et frais de main-d’œuvre, majorés de 10 % à titre de frais généraux.
- « En ce qui concerne les postes supplémentaires souscrits aux conditions des tarifs B, le déplacement et la remise en place des installations reste à la charge de l’abonné qui est tenu de soumettre, avant exécution des travaux, les croquis de sa nouvelle installation téléphonique à l’agrément de l’administration.
- « Quel que soit le tarif d’abonnement, lorsqu’un transfert s’applique à une installation comprenant plusieurs postes situés dans un même immeuble et dont la mise en service remonte à des dates différentes, tous les engagements sont considérés comme ayant la même ancienneté que celui afférent au poste principal ou supplémentaire le plus ancien.
- « Art. 29. — Dans tous les réseaux, sauf à Paris et à Lyon, le transfert d’un poste principal ou supplémentaire d'abonnement forfaitaire ou 3’abonnèment pour l’échange exclusif de communications interurbaines,
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- donne lieu à la signature d’un nouvel engagement,. faisant suite à rengagement précédent, en ce qui concerne les échéances trimestrielles et valable pour une durée minimum d’un an à compter de l’expiration du trimestre d’abonnement au cours duquel le transfert est effectue.
- « Le titulaire contribue aux frais de premier établis^ sement des nouvelles sections de lignes posées ou utilisées dans la mesure déterminée par les articles 22, 23, et 24.
- « En ce qui concerne, d’une part, les postes principaux auxquels ne sont pas rattachés de postes supplémentaires, d’autre part, les postes principaux et les postes supplémentaires rentrant dans des installations souscrites aux conditions des tarifs A, le déplacement et la réinstallation des appareils essentiels comportent le payement d’une redevance fixée A forfait A i5 francs par poste principal ou supplémentaire si l’abonnement en cours est en vigueur depuis moins d’un an. Si l’abonnement en cours est en vigueur depuis un an au moins, il n’est rien perçu pour le déplacement j3t la réinstallation des appareils essentiels. .
- « Dans tous les cas, les organes accessoires sont déplacés et réinstallés moyennant le remboursement intégral des fournitures et frais de main-d’œuvre, majorés de 10 % A titre de frais généraux.
- « En ce qui concerne les postes principaux et les postes supplémentaires rentrant dans des installations souscrites aux conditions des tarifs B le déplacement et la remise en place de tous les organes restent A la charge de l’abonné qui est tenu de soumettre, avant exécution des travaux, les croquis de sa nouvelle installation téléphonique à l’agrément de l’administration.
- « Quel que soit le tarif d’abonnement, lorsque le transfert s’applique A une installation comprenant plusieurs postes situés dans un même immeuble et dont la mise en service remonte A des dates différentes, tous les engagements sont considérés comme ayant la meme ancienneté que celui afférent au poste principal ou supplémentaire le plus ancien.
- « Art. 7. — L’article 3o de l’arreté du 8 mai 1901 modifié par l’article 5 de l’arrêté du 11 juin 1910 est remplacé par le suivant:
- «Art. 30.— Le transfert dans un autre immeuble d’un poste principal concédé sous le régime des conversations taxées donne lieu à la signature d’un nouvel engagement faisant suite A rengagement précédent en ce qui concerne le taux de l’abonnement et les échéances trimestrielles. Cet abonnement est valable pour une durée minimum de deux ans à compter de 1’expiration du trimestre d'abonnement au cours duquel le transfert est effectué.
- « Lorsque le poste est transféré en dehors du cercle dq 2 000 mètres de rayon comptés du bureau central téléphonique, le titulaire contribue, dans la mesure déterminée par les articles 22, 23 et 24, aux frais de pre-
- mier établissement de la nouvelle section de ligne posée ou utilisée, en dehors de ce cercle.
- « Dans tous les cas, le transfert est soumis à une redevance fixée à forfait à 40 francs. En outre, les organes accessoires sont déplacés et réinstallés moyennant le rembourseanenl intégral des fournitures • et frais de main d’œuvre, majorés devio % k titre .de frais gêné raux,
- « Toutefois, les dispositions de l’alinéa précédent ne sont pas applicables au transfert d’un poste principal rentrant dans une installation comprenant des postes supplémentaires souscrits aux conditions des tarifs B. Le déplacement et la réinstallation de tous les organes du poste principal restent, dans ces cas, k la charge de l’abonné.
- « Le transfert dans un autre immeuble d’un poste supplémentaire concédé sous le régime des conversations taxées donne lieu k la signature d’un nouvel engagement faisant suite A l’engagement précédent en ce qui concerne les échéances trimestrielles et valables pour une durée minimum d’un an k compter de l’expiration du trimestre d’abonnement au cours duquel le transfert est effectué.
- « Le titulaire contribue, dans la mesure déterminée par les articles 22, 23 et 24, aux frais de premier établissement de la nouvelle ligne ou section-^de ligne posée ou utilisée pour raccorder le nouveau domicile.
- « En outre, en ce qui concerne les postes supplémentaires souscrits aux conditions des tarifs A, le transfert comporte le payement d’une redevance fixée k forfait k i5 francs par poste, si l’abonnement en cours est en vigueur depuis moins d’un an. Si l’abonnement en cours est en vigueur depuis un an au moins, cette redevance n’est pas perçue.
- « Dans tous les cas, les organes accessoires sont déplacés et réinstallés moyennant le remboursement intégral des fournitures et frais de main-d’œuvre, majorés de 10 % «A titre de frais généraux.
- « En ce qui concerne les postes supplémentaires souscrits aux conditions des tarifs B, le déplacement et la réinstallation de tous les organes restent k la charge de l’abonné qui est lenu.de soumettre, avant exécution des travaux, les croquis de sa nouvelle installation téléphonique à l’agrément de l'administration.
- « Quel que soit le tarif de l’abonnement, lorsque le transfert s’applique k une installation comprenant plusieurs postes situés dans un môme immeuble et dont la mise en service remonte a des dates différentes, tous les abonnements sont considérés comme ayant la meme ancienneté que celui afférent au poste principal ou supplémentaire le plus ancien. »
- « Art. 8.— Les dispositions de l’article 35 de l’arreté du 8 mai 1901 sont modifiées comme suit :
- « Art. 35. — Les organes accessoires rentrant dans l’installation des postes entretenus par l’Etat donnent lieu A une redevance annuelle d’entretien calculée A rai-
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- son de 5 % de la valeur de ces organes, sans que cette redevance puisse être inférieure à i franc par engagement et par an. »
- « Art. 9. — 11 est ajouté à l’arrêté du 8 mai 1901 l’article suivant :
- . « Art. 53 bis. — Le trafic de départ servant de base à la détermination du’nombre de lignes principales que doit comporter une installation avec postes supplémentaires concédés aux conditions des tarifs B, comprend les conversations locales, les conversations interurbaines, les messages, les avis d’appel et les télégrammes téléphonés.
- « Le trafic annuel de ces installations est compté pour trois cents jours ouvrables du Ie'' janvier au 3i décembre. Le trafic trimestriel ou mensuel des installations d’abonnement temporaire est compté pour soixante-quinze ou pour vingt-cinq jours ouvrables.
- '« Pour les abonnés forfaitaires, le chiffre des conversations locales résulte de pointages effectués par les soins de l’administration à raison d’une journée ouvrable chaque mois. »
- « Art. 10. — Les dispositions du présent arrêté seront mises eu vigueur à partir du 20 avril 1911.
- DIVERS
- Circulaire et arrêté du ministre des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes, en date du 21 mars 1911, déterminant les conditions techniques auxquelles doivent satisfaire les distributions d énergie électrique pour T application de la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d’énergie (Suite) (*).
- Arrêté ministériel.
- CHAPITRE I«
- EXPOSITIONS TECHNIQUES GÉNÉRALES APPLICABLES AUX OUVRAGES DES DISTRIBUTIONS d’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- Section I. — Classement des distributions et prescriptions générales relatives à, la sécurité.
- Classement des distributions en deux catégories.
- Article premier. — Les distributions d’énergie électrique doivent comporter des dispositifs de sécurité en rapport avec la plus grande tension de régime existant entre les conducteurs et la terre (2).
- Suivant cette tension, les distributions d’énergie électrique sont divisées en deux catégories.
- (<) Voir Lumière Electrique, i5, 22, 29 avril et 6 mai 1911, p. 62, 94, 127 et 157.
- (a) Dans les distributions triphasées, cette tension est évaluée par rapport au point neutre supposé à la terre.
- -/|,° catégorie.
- A. Courant continu. — Distributions dans lesquelles la plus grande tension de régime entre les conducteurs et la terre ne dépasse pas 600 volts.
- B. Courant alternatif. — Distributions dans lesquelles la plus grande tension efficace entre les conducteurs et la terre ne dépasse pas i5o volts.
- 2e catégorie.
- Distributions comportant des tensions respectivement supérieures aux tensions ci-dessus.
- Prescriptions générales relatives à la sécurité.
- Art. 2. — Les dispositions techniques adoptées pour les ouvrages de distribution, ainsi que les conditions de leur exécution, doivent assurer d’une façon générale le maintien de l’écoulement des eaux, de l’accès des maisons et des propriétés, des communications télégraphiques et téléphoniques, de la liberté et la sûreté de la circulation sur les voies publiques empruntées, la protection des paysages, ainsi que la sécurité des services publics, celle du personnel de la distribution et celle des habitants des communes traversées.
- Section II. — Canalisations aériennes.
- Supports.
- Art. 3. —t§ 1. Les supports en bois doivent être prémunis contre les actions de l'humidité et du sol.
- § 2. Dans le cas où les supports sont munis d’un fil de terre, ce fil est pourvu sur une hauteur minimum de 3 mètres, à partir du sol, d’un dispositif le plaçant hors d'atteinte.
- § 3. Tous les supports sont numérotés.
- § 4. Dans les distributions de deuxième catégorie, les pylônes et poteaux métalliques sont pourvus d'une bonne communication avec le sol.
- § 5. Dans la traversée des voies publiques, les supports doivent être aussi rapprochés que possible.
- Isolateurs.
- Art. 4. — Les isolateurs employés pour les distributions de la deuxième catégorie doivent être essayés dans les conditions ci-après :
- Lorsque la tension ù laquelle est soumis 1 isolateur en service normal est inférieure ou égale à 10 000 volts, la tension d’essai est le triple de la tension eu service.
- Lorsque la tension de service normal est supérieure à 10 000 volts la tension d’essai est égale à 3o 000 volts, plus deux fois l’excès de la tension de service, sur 10 000 volts.
- Conducteurs.
- Art. 5. — §1. Les conducteurs doivent être placés hors de la portée du public.
- § 2, Le point le plus bas des conducteurs et fils de toute nature doit être : — —
- a. Pour les distributions de la première catégorie, à
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- 6 mètres au moins, le long et à la traversée des voies publiques ;
- è. Pour les distributions de la deuxième catégorie, à 6 mètres au moins, le long des voies publiques et à 8 mètres, au moins, dans les traversées de ces voies.
- Néanmoins, des canalisations aériennes pourront être établies à moins de 6 mètres de hauteur à la traversée des ouvrages construits au-dessus des voies publiques, à ^a condition de comporter, dans toute la partie à moins de 6 mètres de hauteur, un dispositif de protection spécial en vue de sauvegarder la sécurité.
- § 3. Le diamètre de l'êmc métallique des conducteurs d’énergie ne peut être inférieur à 3 millimètres. Toutefois ce diamètre peut être abaissé à z millimètres pour les branchements particuliers ou de canalisations d’éclairage public de la première catégorie qui ne croisent pas des lignes télégraphiques ou téléphoniques placées au-dessous.
- § 4* Dans la traversée d'une voie publique, l’angle de la direction des conducteurs et de l’axe de la voie est égal au moins à 3o°.
- § 5. Dans la traversée et dans les portées contiguës, il 11e doit y avoir sur le conducteur ni épissures, ni soudures; les conducteurs sont arrêtés sur les isolateurs des supports de la traversée et sur les isolateurs des supports des portées contiguës.
- § 6. Dans les distributions de deuxième catégorie, les dispositions suivantes doivent être appliquées :
- a. Les poteaux et pylônes sont munis, à une hauteur d’au moins 2 mètres au-dessus du sol, d un dispositif spécial, pour empêcher, au Lan t que possible, le public d’atteindre les conducteurs;
- b. Les mesures nécessaires sont prises pour que, dans les traversées et sur les appuis d’angle, les conducteurs d’énergie électrique, au cas où ils viendraient à abandonner l’isolateur, soient encore retenus et ne risquent pas de traîner sur le sol ou de créer des contacts dangereux;
- c. Chaque support porte l’inscription : « Danger de mort » en gros caractères, suivie des mots : « Défense absolue de toucher aux fils, même tombés à terre. »
- § 7. Dans la traversée des agglomérations, les conducteurs sont placés à 1 mètre au moins des façades et en tous cas hors de la portée des habitants.
- Si les conducteurs longent un toit en pente ou s’ils passent au-dessus, ils doivent en être distants de i,5o mètre au moins, s’ils sont de la première catégorie, et de 2 mètres au moins, s'ils sont de la deuxième catégorie.
- Si le toit est en terrasse, les conducteurs doivent en être distants de 3 mètres au moins, qu’ils appartiennent ù la première ou à la deuxieme catégorie.
- Résistance mécanique des ouvrages.
- 'Art. 6._§ 1. Pour les conducteurs, fils, supports,
- ferrures, etc., la résistance mécanique des ouvrages est calculée en tenant compte à la fois des charges perma-
- nentes que les organes ont à supporter et de la plus défavorable en l’espèce des deux combinaisons de charges accidentelles, résultant des circonstances ci-après :
- . Température moyenne de la région avec vent horizontal de 120 kilogrammes de pression par mètre carré de surface plane ou 72 kilogrammes par mètre carré de section longitudinale des pièces ù section circulaire;
- . Température minimum de la région avec vent horizontal de 3o kilogrammes par mètre carré de surface plane et 18 kilogrammes par mètre carré de section longitudinale des pièces à section circulaire.
- Les calculs justificatifs font ressortir le coefficient de sécurité de tous les éléments, c’esL-à-dire le rapport entre l'effort correspondant à la charge de rupture et l'effort le plus grand auquel chaque élément peut être soumis,
- § 2. Dans les distributions de la deuxième catégorie, le coefficient de sécurité des ouvrages, dans les parties de là distribution établies longitudinalement sur le sol des voies publiques, doit être au moins égal à trois.
- Dans les parties des mêmes distributions établies dans les agglomérations ou traversant les voies publiques, la valeur du coefficient de sécurité est portée au moins à cinq.
- Distributions de deuxième catégorie desservant plusieurs agglomérations.
- Art. 7. — Dans les distributions de deuxième catégorie desservant un certain nombre d’agglomérations distantes les unes des autres, l’entrepreneur de la distribution est tenu d’établir, entre chaque agglomération importante desservie et l’usine de production de l’énergie ,ou le poste le plus voisin, un moyeu de communication directe.
- L’entrepreneur de la distribution est dispensé de la prescription énoncée ci-dessus s’il a établi, â l’entrée de chaque agglomération importante, un appareil permettant de couper le courant toutes les fois qu’il est nécessaire.
- Section III. — Canalisations souterraines.
- Conditions générales d'établissement des conducteurs souterrains.
- Art. 8. — § 1. Protection mécanique.
- Les conducteurs d’énergie électrique souterrains doivent être protégés mécaniquement contre les avaries que pourraient leur occasionner le tassement des terres le contact des corps durs ou le choc des outils en cas de fouille.
- § 2. Conducteurs électriques placés dans une conduite métallique.
- Dans tous les cas où les conducteurs d’énergie électrique sont placés dans une enveloppe ou conduite métallique, ils sont isolés avec le même soin que s’ils étaient placés directement dans le sol.
- § 3. Précaution contre l’introduction des eaux.
- Les conduites contenant des câbles sont établies de
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- manière à éviter autant que possible l’introduction des eaux. Des précautions sontprises pour assurer la prompte évacuation des eaux, au cas où elles viendraient à s’y introduire accidentellement.
- Voisinage des conduites de gaz.
- Art. 9, — Lorsque dans le voisinage de conducteurs d'énergie électrique placés dans une conduite, il existe des canalisations de gaz, les mesures nécessaires doivent être prises pour assurer la ventilation régulière de la conduite renfermant les cables électriques et éviter l'accumulation des gaz.
- Regards.
- Art. 10. — Les regards affectés aux canalisations électriques 11e doivent pas renfermer, de tuyaux d’eau, de gaz ou d’air comprimé.
- Dans le cas de canalisation en conducteurs nus, les regards sont disposés de manière à pouvoir être ventilés.
- Les conducteurs d’énergie électrique sont convenablement isolés par rapport aux plaques de fermeture des regards.
- Section IV. — Sous-stations, postes de transformateurs et installations diverses.
- Prescriptions générales pour l'installation des moteurs et appareils divers.
- Art. 12. § 1. Toutes les pièces saillantes mobiles et autres parties dangereuses des machines et notamment les bielles, roues, volants, les courroies et câbles, les engrenages, les cylindres et cônes de friction oulous autres organes de transmission qui seraient reconnus dangereux sont munis de dispositifs protecteurs, tels que gaines et chéneaux de bois ou de fer, tambours pour les courroies et les bielles ou de couvre-engre-nages, garde-mains, grillages.
- Sauf le cas d’arrêt du moteur, le maniement des courroies est toujours fait par le moyen de systèmes tels que monte-courroie, porte-courroie, évitant l’emploi direct de la main.
- On doit prendre, autant que possible, des dispositions telles qu’aucun ouvrier ne soit habituellement occupé à un travail quelconque, dans le plan de rotation ou aux abords immédiats d’un volant, ou de tout autre engin pesant et tournant à grande vitesse.
- § 2. La mise en train et l’arrêt des machines sont toujours précédés d’un signal convenu.
- § 3. Des dispositifs de sûreté sont installés dans la mesure du possible pour le nettoyage et le graissage des transmissions et mécanismes en marche.
- § 4. Les monte-charges, ascenseurs, élévateurs sont guidés.et disposés de manière que la voie de la cage du monte-charges et des contre-poids soit fermée; que la fermeture du puits à l’entrée des divers étages ou galeries s’effectue automatiquement; que rien ne puisse tomber du monte-charges dans le puits.
- Pour les monte-charges destinés à transporter le
- personnel, la charge est calculée au tiers de la charge admise pour le transport des marchandises, et les monte-charges sont pourvus de freins, chapeaux, parachutes ou autres appareils préservateurs.
- Les appareils de levage portent l’indication du maxi muni de poids qu’ils peuvent soulever.
- § 5. Les puits, trappes cl ouvertures sont pourvus de solides barrières ou garde-corps.
- § 6. Dans les locaux où le sol et les parois sont très conducteurs, soit par construction, soit par suite de dépôts salins ou par suite de l’humidité, on ne doit jamais établir, à la portée de la main, des conducteurs ou des appareils placés à découvert.
- Prescriptions relatives aux moteurs, transformateurs et appareils de la deuxième catégorie.
- Art. 12. —§ x. Les locaux non gardés dans lesquels sont installés des transformateurs de deuxième catégorie doivent être fermés à clef.
- Des écriteaux très apparents sont apposés partout où il est nécessaire pour prévenir le public du danger d’y pénétrer.
- §2. Si une machine ou un appareil électrique de la deuxième catégorie se trouve dans un local ayant en même temps une autre destination, la partie du local affectée 4 cette machine ou à cet appareil est rendue inaccessible, par un garde-corps ou un dispositif équivalent, à toute personne autre que celle qui en a la charge. Une mention indiquant le danger doit être aflichée en évidence.
- § 3. Les bâtis et pièces conductrices non parcourus par le courant qui appartiennent à des moteurs et transformateurs de la deuxième catégorie sont reliés électriquement à la terre ou isolés électriquement du sol. Dans ce dernier cas, les machines sont entourées par un plancher de service non glissant, isolé du sol et assez développé pour qu’il ne soit pas possible de toucher à la fois à la machine et à un corps conducteur quelconque relié au sol.
- La mise à la terre ou l’isolement électrique est constamment maintenu en bon état.
- § 4. Les passages ménagés pour l’accès aux machines et appareils de la deuxième catégorie placés à découvert ne peuvent avoir moins de 2 mètres de hauteur ; leur largeur mesurée entre les machines, conducteurs ou appareils eux-mêmes, aussi bien qu’entre ceux-ci et les parties métalliques de la construction, ne doit pas être inférieure à un mètre.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Société Gaz et Électricité de Gai/lac. — Durée : 42 ans.
- — Capital: 260000 francs. — Siège social: Gaillac (Tarn).
- Société Électrique de Flines-les-Saches. — Durée : 40 ans,
- — Capital: 35000 francs.— Siège social r-I’-lincs-les-Raclics (Nord),
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- 192 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Série). NM9^
- • Société d'Eclairage Electrique de la Sologne. — Durée : 5o-ans. — Capital: i5o ooo francs. — Siège social: 2, rue Agathoise, Toulouse.
- CONVOCATIONS
- Compagnie Centrale d'Énergie Électrique. —Le i5 mai, 5,' rue Moneéy, il Paris.
- Compagnie Barcelonaise d'Électricité. — Le 31 mai, 5, cambiale Canalelas, il Barcelone.
- Société de /’Accumulateur Tudor. — Le 23 mai,-26, rue de la Bienfaisance, à Paris.
- Société des Tramways Algériens.— Le 3i mai, 12, rue de Londres, à Paris.
- Compagnie des Tramways de l’Indre. — Le 29 mai, 19, rue Blanche, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 20 mai, 2, avenue de Saxe, à Paris, fourniture de câbles électriques pour la poudrerie militaire du Bouchet en deux lots : Ie1' lot, i o34 kilogrammes, fil de cuivre nu ; 2“ lot, 2 3oo mètres, fil isolé.
- Il sera éventuellement procédé, le i3 juin ign, à la réadjudication des lots non adjugés à la première séance.
- Le 29 mai, à la mairie de Valence (Drôme), fournitures nécessaires pour l'installation de 16 lampes à arc sur les boulevards de Valence et l’avenue de la Gare. Mont. 16.320.20. Rens. à la mairie.
- ALLEMAGNE
- Le 20 mai, au service électrique de la ville, à Franc-, fort-sur-Mein, fourniture de deux turbo-générateurs à vapeur de 7 5oo kilowatts avec condensateurs.
- BELGIQUE
- Le 17 mai, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, pose de câbles électriques armés souterrains pour le renforcement de l’alimentation des lignes de la banlieue de Charleroi. Soumissions recommandées le 16 mai.
- ROUMANIE
- Le 4/17 mai, à la direction des ports et voies de com-mnnicatiou par eau, à Bucarest, fourniture des charbons
- électriques nécessaires à l’éclairage des ports de Girlatz et Braïla en 1911-1912; caùt. : 6 %. •
- . /
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS < "- I
- 4 mai. — Ministère des Colonies, Paris, fourniture d’isolateurs scellés.* ( .
- MM. de Wavrin, 5.33o. Verreries de Foiembray',' 5.4io. — Charbonneaux et C1», 5.5oo. Société métal, .de Gorcy, 5 34o. Boulonnerie et ferronnerie .de Thiant,’ adj. à 4 800. j j
- Prix unitaires : 5 000 isolateurs n° 25/g, doublé cloche, scellés sur consoles courtes en S, galvanisés, modèle n° 21/23, o fr. 57. • -
- 3 000 isolateurs à double cloche n° 25/9, scellés sur consoles longues en S, galvanisés, modèle ne 21/24, o fr. 65. , ,.
- BELGIQUE
- 26 avril. — Au gouvernement provincial, à Mons, construction, entretien et exploitation d’une ligne de tramway électrique allant de Charleroi (gare de la ville haute) à Couillet-Queue avec embranchement vers Couil-let-Centre :
- Tramways électriques du pays de Charleroi et extensions, à Charleroi, tarif uniforme de o f. 10 quel que soit le parcours.
- 3 mai. — A l’hôtel de ville, à Gand, fourniture et placement de canalisations électriques pour l’usine centrale :
- Felten etGuilleaume, à Mulheim-sur-Rhin, 83 104 fr. 56; Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi, 86 5g3 fr. 45; A-E.-G. Union électrique, à Bruxelles, 86761 fr. o5 ; D. Cassirer et C°, à Charlottenburg, 92 1 n fr. 46 ; A. Savens, à Bruxelles, 92 291 fr. 75 ; Sie-mens-Scliuckert, id., B 94761 fr. 85 ou A 98067 fr. 21 ; Deutsche Kabelwerke, à Rummelsburg, 96 684 fr. 43 ; Heddernheimer Kupfer und Kabelwerke, à Mannheim, 100 883 fr. 45.
- LUXEMBOURG
- i01' mai. — A la maison communale, à Florenville, établissement d'une distribution d’électricité.
- Siemens-Schuckerl, à Bruxelles, 70490 fr.;A.-E;-G. Union électrique, id., 90 273 fr. a5 ; Dubois et Baseil, id. 94750 fr. ; Ateliers de constructions électriques de Charleroi, 106 255 fr.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ II JE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J B. Noubt.
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- Tome XIV (3» «Arte). - N' 20.
- îfénte-troIslAme année. * SAMEDI 20JV1AI 1911.
- jy^iWfrr ~i~i~i~i~ * — —~i~i~ — --- 1 t**1 —r 1
- La
- Lumière Électrique
- / Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRlClTE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- . . ' SOMMAIRE. ..
- EDITORIAL, p. 193. — Maurice Joly. Transformateurs statiques de fréquence, p. 195. — A. Pe— trowsky. Sur la mesure du décrément logarithmique d’un circuit oscillant, p. ao5.
- Extraits des publications périodiques. — Etude, construction et essais de machines. L’amortissement.
- du bruit et des trépidations des moteurs, W. Gerb,p. 206.— Divers. L’emploi de l’électricité dans l’agriculture “ et son influence sur les usines centrales rurales, II. Wallem, p. 206. — Législation et contentieux. Sur lanon-respon9abilité d'une compagnie électrique en cas d’accident. Jugement du tribunal civil du Havre, du <• a3 juin 1910, p. 2i5.— Loi du 7 avril 1911 portant prorogation de six mois dù-délai accordé pour la réconnaissance des droits acquis sur les cours d’eau du domaine public, p. 2i5.— Bibliographie, p. 2i5.— Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Eclairage moderne à Turin, p. 216. — Etudes Econo--iniques, p. 216. —Renseignements commerciaux, p. 218. — Adjudications, p. 224.
- ÉDITORIAL
- On a beaucoup parlé, ces temps derniers, des transformateurs statiques de fréquence, imaginés par notre très regretté collaborateur, M. Maurice Joly. L’importance du problème de la transformation statique des fréquences et les difficultés particulières qui en ont retardé la solution justifient la grande curiosité qui s’est manifestée, d’abord dans les milieux scientifiques, puis tout aussitôt dans les milieux industriels, vis-à-vis de ces nouveaux appareils.
- On en a vu récemment fonctionner un modèle à l’Exposition de la Société Française de Physique. D’ailleurs, deux notes d’une concision extrême, présentées au mois de mars à l’Académie des Sciences par M. J. Carpen-
- tier, en ont fait connaître, d’une part, le principe et, d’autre part, les résultats essentiels. Mais le mémoire original dont ces notes sont, en quelque sorte, la table des matières était resté jusqu’à présent inédit. C’est ce mémoire que nous publions aujourd’hui intégralement. On y trouvera tous les calculs et tous les développements nécessaires à la pleine intelligence des appareils décrits.
- Les deux premières parties traitent, l’une du doubleur de fréquence, l’autre du tripleur.
- Le principe essentiel qui a guidé l’inventeur est ensuite résumé page 2o3. Enfin, le mémoire se termine par une note sur les essais effectués à l’aide de ces appareils : on remarquera que les résultats obtenus-ouvrent
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2« Série). *- N« 20
- de grandes perspectives, puisqu’ils montrent la possibilité de faire de ces transformateurs un emploi industriel courant.
- M. Petrowsky expose brièvement de quelle manière l’emploi de deux ondemètres permet de mesurer le décrément logarithmique d'un circuit oscillant, en faisant trois observations.
- L’auteur explique comment il est possible <lc se passer ainsi des constantes du circuit de l’ondemètre, dont il faut connaître la valeur à haute fréquence lorsqu’on détermine par le calcul le décrément de ce circuit. D'ailleurs ,ses expériences l’ont amené à constater que ce décrément peut varier notablement (sans doute par suite de la plus ou moins bonne qualité des contacts) et ce fait ne peut que donner plus de valeur à une détermination purement expérimentale.
- La solution que propose M. W. Gerb pour réaliser Vamortissement des trépidations des moteurs électriques est de nature à répandre l’emploi de la force motrice dans la petite industrie.
- Les conditions d’emploi de Vélectricité dans Vagriculture et leur influence sur les usines centrales rurales ont fait l’objet, de la part de M. H. Wallem, d’un mémoire
- important pour lequel il a réuni une très vaste documentation.
- L’auteur étudie plus particulièrement les applications de l’électricité à l’agriculture-en Allemagne, mais les conclusions de son article sont d’ordre général et intéresseront tout aussi bien notre pays.
- Après avoir envisagé successivement les machines agricoles à commande électrique et insisté sur la nécessité des chemins de fer à voie étroite pour diminuer dans une large mesure le prix des transports, M. Wallem aborde la question des centrales rurales. Il montre que leur rapport financier dépend essentiellement de la vente annuelle d’une certaine quantité d’énergie qu’il détermine, le prix de revient et de vente du kilowattheure une fois fixés. Souvent, ce prix de vente a été choisi beaucoup trop faible pour allécher les populations et cependant il n’en est pas résulté un accroissement de consommation suffisant pour compenser les sacrifices faits, dans ce but, par les fondateurs de beaucoup de centrales. C’est la raison pour laquelle quelques-unes de celles-ci périclitent.
- Et l’auteur souhaite en terminant qu’on réalise à bref délai une heureuse association des usines urbaines et rurales pour lesquelles les heures de consommation maximum sont si différentes et qui pourraient, par suite, se prêter un mutuel appui.
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- 20 Mai 1911.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- TRANSFORMATEURS STATIQUES DE FRÉQUENCE
- L'article ci-dessous avait été préparé depuis quelque temps par notre regretté collaborateur M. Maurice Joly. Il devait incessammentnous le remettre : nous publions ci-dessous les notes qu'il a laissées.
- Les transformateurs statiques de fréquence sont des appareils permettant d’obtenir la transformation de la fréquence d’un courant alternatif et plus particulièrement sa multiplication. Celle-ci est aujourd’hui réalisée au moyen de transformateurs dynamiques : par exemple, un groupe moteur générateur; on sait aussi que le
- veaux, susceptibles d’importantes applications.
- Le travail qui suit expose la théorie de ces appareils et les résultats des essais effectués.
- Nous distinguerons deux cas :
- i° La fréquence obtenue est un multiple pair de la fréquence primitive ; pratiquement, le multiple deux ;
- a0 La fréquence obtenue est un multiple impair de la fréquence primitive; pratiquement, le multiple trois.
- TRANSFORMATEUR A FRÉQUENCE DOUBLE
- Deux transformateurs ordinaires identiques
- fféseao
- Fig. r.
- rotor d’un moteur asynchrone est parcouru par des courants dont la fréquence est variable selon la fréquence du courant du stator et selon le glissement du moteur, il était particulièrement intéressant d’obtenir une transformation de la fréquence au moyen d’un appareil purement statique, ne comprenant ni partie tournante, ni partie vibrante, applicable, par conséquent, à toutes les fréquences. 11 est possible ue trouver une solution du problème. Elle donne lieu à toute une classe d’appareils industriels nou-
- (fig. i) ont leurs primaires reliés en série; les secondaires, également reliés en série, sont connectés de façon que les forces électromotrices qui y sont induites, et qui ont la fréquence primaire, soient en opposition.
- Un enroulement spécial est ajouté sur chaque transformateur ; il est connecté de la même façon que les secondaires des transformateurs ; il est parcouru par du courant continu.____
- La théorie de l’appareil à circuit secondaire ouvert se fait aisément. Supposons la différence
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- LA. LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2* Série). — N» 20.
- de potentiel primaire sinusoïdale; le flux total qu’embrassent les spires des primaires est, si l’on néglige la chute ohmique, assujetti à être sinusoïdal. Il est facile de voir que, en raison du commencement de saturation que produit le courant continu auxiliaire, la variation de flux n’aura guère lieu pendant une demi-période que dans l’un des circuits magnétiques et, pendant la demi-période suivante,dans l’autre circuit magnétique. L’ensemble des deux circuits constitue un ensemble à perméabilité grossièrement constante .
- Fig. 2.
- ------fi
- .....Cp2
- ------ fl + ?»
- — ,--- <pi — ?2
- Représentons par <pt le flux dans l’un des circuits et par cp2 le flux dans l’autre circuit; ils auront les formes représentées par la figure 2; leur somme doit donner une sinusoïde; leur différence donne le flux secondaire qui a,comme on le voit, une fréquence double.
- Théorie du transformateur en charge.
- Il est beaucoup moins facile de se représenter le fonctionnement du transformateur en charge.
- Nous en ferons une théorie approchée, susceptible de donner l’allure des phénomènes; cela tient à ce que nous serons forcés de représenter les états magnétiques du fer par une fonction algébrique de forme relativement simplej mais nécessairement inexacte.
- Si ni sont les ampères-tours appliqués à un circuit magnétique, <p le flux, nous admettrons q.u’il existe entre ces grandeurs une relation de la forme :
- (0
- Pour le fer ordinaire des tôles de transformateurs on sait que :
- A 5 ampères-tours par centimètre correspond l’induction ioooo.
- A 8 ampères-tours par centimètre correspond l’induction 12000.
- Soit nj les ampères-tours par centimètre de longueur du circuit magnétique.
- La relation (1) devient, en introduisant l’induction ûi au lieu du flux (<p = s (33), l étant la longueur du circuit magnétique :
- S ÿ®
- nxi = A - 0b -j- B (333,
- ce qui nous conduit, pour l’exemple choisi, à :
- •
- A j — io-4, B j — 4 x 10-12, ou, en unités G. G. S. électromagnétiques,
- A j = 10—B y = 4 X 10-13.
- La courbe
- ni = Acp -|- Bcp5 (P)
- serait plus conforme àla réalité, mais les calculs, à partir de cette hypothèse, sont aussi plus compliqués.
- Soient le flux dans l’un des circuits magnétiques et <p2 le flux dans l’autre circuit, comptés suivant les mêmes règles par rapport aux deux secondaires.
- Du moment que la différence de potentiel primaire se compose de deux parties symétriques, ce qui mathématiquement signifie qu’elle ne compte que des harmoniques impairs, on voit immédiatement que <p2 est la même fonction que <pt retardée d’une demi-période primaire.-Donc, si nous représentons <pt par la série dè Fourier :
- tp, = a0 -|- a, sinw£ -|- a2 sin(2wZ -|- a2)
- -|- a3 sin(3w£ -f- a3) -(- ak sin (4 w t -f- a4) -f-...
- avec
- 2ir .
- ni — A cp —|— Bip3.
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- 20 Mai 1811
- REVUE D'ELECTRICITE
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- cp2 sera représenté par la série :
- 9s = «o + ai sin [« (^t -f- ^ J
- +«2sin ^W(«+ï)+a2] +«3sin [3w(ï+7)+a*]+-
- ou
- 9j rr= «0 — a, sina>£-|-a2 sin(2ü)£-j-a.2)
- — a3 sin(3to£ -j- ot3) -f- n4sin (4 wf-j- a4) — ...
- de' telle façon que 91 —<p2 a pour expression :
- 91 — 92 =: 2 ai sinwt -|- 2 a3 sin (3 «t -j- a3)
- -f- 2 a& sin ( 5 w t -j- a5) -)-...
- Or, 9i — 92 représentant, d’après nos conventions, le flux primaire, on en déduit, dans l’hypothèse d’un flux primaire sinusoïdal, que :
- a3 = o, rt6 = 0, «7 — o
- et que
- 9,—a0-f-a1sintiîif-j-a2sin(2(»)^-)-a2)-)-«4sm(4(j)f+«4)+...
- 92=a0—n1sintof-f-a2sin(aü)i-j-a2)-j-fl4sin(4(j)^4-«4)-l—••
- On voit que :
- 9,4-92 = 2 j>0 -|~«2 sin(2tû£-j-a2) -)- a4sin(4<o£ -f-a4)-f...]
- et que, par conséquent, le flux dans le secondaire, quel que soit le courant primaire, ne peut contenir que des harmoniques pairs du flux primaire.
- La différence de potentiel primaire ayant la
- fréquence
- T
- =: /, la force électromotrice secon-
- daire ne peut contenir que des termes en 2f, 4f, etc. Pratiquement, nous n’aurons au secondaire qu’une force électromotrice de fréquence if. ..-.g
- Soit NI les ampèçes-lôurs primaires,
- » ni » » secondaires,
- » K » » du courant continu,
- l’état magnétique des deux circuits magnétiques est déterminé parles relations suivantes:
- NI -f- ni -f- K — A9J -j- B9,3, (2)
- — NI —J- ni -)- K = A 92 -|- B 92'*. (3j
- On en tire :
- 2NI = A(9, — 92) -f B(9,3 — 923), n[ni -j- K) = A(9, -f- 92) -f- P(9i3 + ÿ23)'
- Si nous supposons a4, a6,..*. négligeables devanta0, a,, a2, ce que l’expérience montre être très légitime dans les conditions d’emploi de l’appareil, on tire :
- NI = An, shuo£
- -}-B ja,3sin3u)£-f-3u1sin<i)t[fl0-}-tf2sin(2ü^4_a2)]2l> (4)
- ou, en développant les puissances de sinus en fonction des sinus et cosinus des arcs multiples :
- NI^Aûq+SB^-^—h«i«o2+-^-+«o«i^2sina2^Jsino^
- -J-SBuîortjrta cos «2 cosw£
- «)«2
- — 3 B a0aia2 cos (3w£-|- a2) — 3 B----------sin (3ü)£-|- 2a2)
- 4
- -f- 3B sin (5o)£ -f- 2a,).
- La valeur des harmoniques dépend beaucoup du choix de la courbe qui représente le magnétisme : c’est à l’expérience d’en donner la vraie valeur ; si l’ensemble des deux circuits constituait un milieu à perméabilité constante (en fait, elle varie un peu) il n’y aurait, quand le secondaire est ouvert, que le courant de fréquence
- La même remarque s’applique à la valeur de l’angle de décalage, au primaire, entrelecourant et la différence de potentiel,que nous permettent d’apprécier les coefficients de sin oit et cos ut ; il dépend beaucoup de la fonction que nous avons choisie.
- Au secondaire, nous aurons :
- ni -(- K = A [a0 -j- a2 sin (2101 -f- a2)]
- -j- B j 3 a,2 sin2 w t [Æ0 + ^2 sin (2 w t -f- a2)] -f- [n0 + «2 sin (2 w t -f- a2)]3J cé qui donne finalement :
- 3 3 3
- K—Aa0-j-Bu03+ •- B«0«2M- - Ba0rtiî— - Bn^nasinaa
- et
- t3 3 3 “I
- A«2+ - Bn02n2+ - B«j2a2+ - B«23 j sin(2ù)i-|-a2)
- 3 3
- ---BÆ,2a0cos2(j)£---Ba0«22cos(4<d£-|-2«„)
- 2 2 , '
- - Bai2n2 sin (4mï -f- a2).
- 4
- (5)
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-
-
- m
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2‘ Série).— N» 20.
- L'énergie consommée au secondaire, égale à niX (ÿi-j-fs), a pour expression]
- W= 3Bfl12a0a2wcosa2,
- en laissant de côté les produits des termes décalés entre eux de
- 2
- Dans l’exemple de fer choisi,
- l
- B = 4 X io-'3 X-f-
- Si nous représentons par dî0, û$t, ûb2, les inductions correspondant aux flux a0, al} a2, on a :
- «0 — — (J&\S, a2 —
- et
- W = 12 X io—'13 mls6büGb^<8>% cos«2.
- L’énergie que débite le transformateur est proportionnelle au produit Is j elle est donc proportionnelle au volume du fer employé dans l’un des circuits magnétiques supposé de section s constante et de longueur l.
- La valeur de la différence de potentiel primaire et la constante K fixent deux des quatre variables a0) ait <i2, a2.
- Les conditions de débit du secondaire fixent les deux autres,
- Nous écrivons que la force électromotrice secondaire, obtenue en prenant la différentielle du flux secondaire donne, d’après la nature du circuit secondaire, un courant que nous identifierons à la valeur de i tirée de ni. Nous aurons ainsi deux relations, car il faudra identifier les coefficients de
- sin2io£ et eos2iùt.
- Nous examinerons les trois cas suivants :
- i° Le secondaire débite sur une résistance simple ;
- a0 Le secondaire débite sur une résistance et une capacité disposée en parallèle sur cette résistance ;
- 3° Le secondaire débite sur une résistance et une self disposée en parallèle sur cette résistance.
- i,r Cas. — Le secondaire est fermé sur une résistance.
- La force électromotrice secondaire a pour valeur :
- — 2nua2 cos(2ut -j- a2)
- et les ampères-tours secondaires
- . 2«2(i)
- ni —-----—— a2 cos
- K
- En identifiant cette expression de mavec celle que nous avons précédemment trouvée (5), on tire :
- ( 2 a) £ —J— a3).
- n3ti)
- ----— a2 cosa2 =
- K
- / 3 3 3 \ 3
- =( A«a+ - B<3j2a2+ -Brt02a2+-Ba23 )sina2—Bat2a<> \ a 2 4 / 2
- et
- n2o>
- ~R
- a2 sma2
- V 3 3 3 \
- ( A«2 -I— Bafa2 -1— Bflj2fl2 4- - Ba23 ) cosa2, \ a a 4 /
- d’où l’on tire facilement :
- n2(Ofl2
- R
- 3
- 2
- Bai2a0 cos a2
- et
- 3 3 3 3
- A«2-(- - Bafa2-\- - Baf-a2-{- - B«23= - Ba^oosinaa,
- On voit que a0 et cos a2 varient en sens contraire l’un de l’autre, du moins tant qu’il est légitime de considérer a2 comme une constante.
- On déduit :
- 3 B afaü
- 2 A -j- 3 B af -f- 3 B o02 * * -j- - B
- sin a.p
- Si l’on considère que le terme -0 a28 doit être
- faible devant 3 B af -}- 3 Ba02, on voit que, grossièrement, a2 est proportionnel à sin a2.
- Si l’on admet cela, tga2 est proportionnel à R
- TC
- de sorte que a2 croît deo à - quand R croît .de o
- à 00 et que aa croît de o à (a2)0 quand R croît de o à 00 .
- L’énergie consommée au secondaire, W, a pour expression
- W = 3 B w afa§a2 cos «2 = G sin 2 «2, C étant à peu près une constante.
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- W doit être maximum pour sin 2 «s = i, ou
- Pour R = o, l’énergie débitée est nulle ;a2— o.
- Donc le transformateur peut être mis sans danger en court-circuit au secondaire ; il n'en résulte pas d’appel d’énergie au primaire.
- a® Cas. — Le circuit secondaire comprend une résistance R et une capacité C en dérivation .sur cette résistance.
- Il est à prévoir qu’une capacité pourra rendre le secondaire auto-excitateur ; c’est ce que montre le calcul.
- L’identification donne, dans le cas présent :
- înswa2
- R
- - Ba1*a0cosa2 a
- duction de l’un des secondaires. La relation précédente s’écrit donc :
- LG W22 = I,
- où L est le coefficient de self-induction de l’ensemble des secondaires : a2 passe donc par un maximum lorsque la capacité donne lieu, avec la self que présente le secondaire.au phénomène de résonnance.
- Pour cette valeur maximum :
- sina2 = o, cos<x2 = i,
- 3 B«i2a0
- a 2=7 —i R.
- 4 n2<a
- S’il n’y avait pas de capacité, à la même valeur de R correspondrait une valeur a\ de n2, donnée par :
- et
- 3 3 3
- — 2Cto22n2a2 -t- Au2 -I— Ba.2«2 H— Ba02n2 4- - B<223 a 1 2 4
- = - Bai2«0 sina2, 2
- w2 correspondant maintenant au courant de fréquence 2 f:
- 4tc
- En éliminant l’angle a2, on montre facilement que «2 passe par un maximum correspondant à
- 3 3 3
- A a. —j— T^afa^ -{- — Boq2<22 —J— B n23—2Gw22/z2n2—o 224
- ou
- „ . A , 3 Ba,2 , 3 Ba„2 , 3 Ba32
- 2 G W22 = — -i------5--------5---b r —5—•
- n2 2 n2 2 n2 4 n2
- Si les circuits ne subissaient pas de saturation (B = o), on aurait
- r 2 A 2 C (l)2 = —.
- îv
- Or,— représente le courant susceptible de dé-n
- velopper dans un des circuits un flux d’une unité ; inversement ^ est le flux développé parle cou-
- •
- rant unité ; -r- est donc le coefficient de self-in-A
- a'2 = 7 4
- Ba,2a0 n2 w
- R cosa2.
- Il y a donc augmentation de l’énergie que peut transformer l’appareil. Ce sont les conditions qu’il faut réaliser dans la pratique.
- Le bon réglage de la capacité aura pour effet de ne donner de valeur appréciable qu’à la force électromotrice secondaire de fréquence 2 f.
- 3a Cas. — Le secondaire débite sur une résistance R et une self-induction C disposées en parallèle.
- L’identification donne :
- 2/l2U><72
- R
- = - Yiafa0 cosa2 2
- et
- Aa% -|- - B«,2n2 -f- - Ba02«2 + 7 B«23 -|-j—
- 2 2 4 L
- = - Bnj2a0 sina2.
- 2
- L’effet est inverse de celui d’une capacité. 11 y a donc intérêt à annuler les selfs par des capacités réglées à la résonnance pour la fréquence o.f.
- Rendement.
- Les conditions de fonctionnement nous fixent les inductions à adopter; d’autre l)art,“fl~y a un apport constant entre la puissance transformée
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- LA. LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2e Séria). ~
- -et le volume du fer soumis au champ variable. Les pertes par hystérésis sont donc, pour un fer donné, en rapport déterminé avec la puissance que peut fournir l’appareil ; il n’est possible de Clés diminuer qu’en utilisant les tôles spéciales au silicium étudiées récemment par Kolben et pour lesquelles le coefficient yj de Sleinmetz peut ne valoir que 0,0009, soit trois fois moins que .pour les tôles courantes. Nous sommes au contraire maîtres de diminuer autant que nous voulons les pertes par courants de Foucault, en diminuant l’épaisseur des tôles employées et en profitant de la grande résistivité des tôles au silicium. Les pertes par effet Joule peuvent aussi être ramenées à être négligeables ; du fait que nous admettons de fortes inductions et un grand ^volume de fer, il faut d’ailleurs moins de cuivre que sur un transformateur ordinaire.
- Si nous admettons ï) = 0,002, l’expérience montre que nous pouvons espérer un rendement supérieur à 85 % et,avec ï) == 0,001, un rendement supérieur à 90 % .
- WWV_/WV\T
- .'Fig. 3. — Disposition d’un transformateur supposé débitant -danssm autre.—Pj,P2,primaire du premier transformateur; C), C2, enroulement continu du premier transformateur ; S,, So, secondaire du premier transformateur;?’,, P’2) primait e du deuxième transformateur; y. X, capacité et self en résonnance pour l’harmonique 3 du courant primaire du deuxième transformateur.
- Comme seule l’harmonique 2 de la différence de potentiel primaire a une valeur appréciable au secondaire, l’harmonique 3 du courant primaire
- est aussi la seule appréciable. On évité qi)’ç}le ne trouble l’appareil producteur du courant primaire (le premier transformateur) en p)açani en dérivation sur le primaire P', P's Je circuit (y, en résonance pour cette harmonique. On assujettit d’autre part le même circuit à constituer pour le courant primaire (ici le courant primaire du deuxième transformateur) une capacité suffisante pour compenser la self du primaire P', P'a et pour donner lieu avec le secondaire St Sa au phénomène de résonance. Il suffit donc, lorsqu’on place plusieurs transformateurs de fréquence en cascade, d’une seule capacité par nouvel appareil.
- Les courbes fournies par l’oscillographe ou le rhéographe montrent que le courant secondaire est constitué par un courant pur de fréquence 2 f, et que le courant primaire ne contient comme harmonique importante que l’harmonique trois. Il est tout indiqué, dans le cas du courant triphasé, de monter les primaires des 3 phases, en triangle, ce qui permet à l’harmonique 3 de circuler librement dans ce triangle sans réaction sur les appareils producteurs de l’énergie.
- Propriétés de deux transformateurs ordinaires reliés de la même façon que dans le transformateur de fréquence.
- Si les deux transformateurs, sans que l’on atteigne la saturation magnétique dans aucun des deux circuits, ne possèdent pas le même coefficient de transformation, il en résultera, quand on les connecte de la même façon que les transformateurs élémentaires du transformateur de fréquence, une force électromotrice secondaire de même fréquence que la fréquence primaire ; on peut recueillir de l’énergie, faire entrer le secondaire en résonnance avec une capacité. On constate la même disparition de toute force électromotricë secondaire lors d’un court circuit au secondaire, et l’emploi d’un pareil dispositif paraît devoir être avantageux pour faire fonctionner un éclateur, comme le font déjà, avec plus de succès, certains transformateurs spéciaux.
- Il nous paraît inutile de reproduire ici les calculs qui conduisent à ces résultats.
- TRANSFORMATEUR A FREQUENCE TRIPLE
- Le dispositif expérimental est analogue aux
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- précédents : deux transformateurs (fig. /t) ont leurs primaires reliés en série, et leurs secondaires sont reliés également en série de façon que les forces électromotrices induites de la fréquence primaire y soient en opposition. L’un des deux circuits magnétiques estportépar le courant pri-
- pouvons réaliser un circuit plus ou moins complexe où la perméabilité est d’abord très faible, puis considérable.
- Comme deuxième transformateur élémentaire, nous pouvons employer, à cet effet, un ensemble identique à celui qui constituait le transforma-
- fféteau
- maire à une induction suffisante pour que se fasse sentir la saturation; l’autre, au contraire, doit fonctionner à perméabilité constante ou, encore mieux, posséder une perméabilité dont
- Fig. 5.
- -------: flux primaire supposé sinusoïdal;
- -------flux dans le premier transformateur;
- ....... flux dans l’ensemble constituant le second
- transformateur;
- ----.— flux secondaire.
- les variations soient contraires aux variations de la perméabilité du premier circuit.
- Lorsque le courant magnétisant augmente, celui-ci est d’abord très perméable, puis il le devient très peu par suite de la saturation ; nous
- teur à fréquence double; nous relierons cependant les secondaires de façon que les force»' électromotrices induites s’ajoutent au ISæu de s’opposer. 11 est aisé de voir que, pour utae valeur convenable du courant continu, nous avons réalisé un ensemble dont la perméabilité, d’abord très petite pour un faible courant magnétisant, croît ensuite rapidement avec le courant.
- Nous représentons ci-dessous les flux produits par un flux primaire supposé sinusoïdal dans le premier transformateur et dans l’ensemble qui constitue le second (fig. 5).
- Que la perméabilité du deuxième transformateur soit constante ou rendue artificiellement variable, comme on vient de le voir (ce qui est pratiquement avantageux), la théorie de l’appareil reste à peu près la même, comme on s’en rendra facilement compte. Nous ferons la théorie-dans le cas le plus simple, celui où le deuxième circuit magnétique a une perméabilité constante.
- Si nous adoptons pour la courbe du magnétisme la même fonction que précédemment, nous aurons pour représenter les états magnétiques des deux circuits, les deux équations :
- N(I -|- ni = -f- Bcpt3, _.
- — NSI -j- ni = A2Ÿ2,
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- LA. LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2e Série). N» 20.
- Nj, N„ n représentant respectivement le nombre de tours sur le primaire du premier transformateur, sur le primaire du second et sur chacun des secondaires. I est le courant primaire, i le courant secondaire, cp, le flux dans le premier transformateur, cp2 le flux dans le second transformateur. A,, A2, B sont des constantes.
- cpi est une fonction périodique de période T et ne possède que des harmoniques impairs du terme principal, car ç, se compose de deux parties symétriques, puisqu’il n’y a aucune raison pour que, pendant une demi-période de la différence de potentiel primaire, tous les phénomènes qui se passent ne soient pas, au signe près, les mêmes que pendant la demi-période suivante.
- Donc :
- tp,=a1sin(wf-|-a,)4-a3sin(3a>f-|-a3)+aesin(5wf-fa!.)+...
- Comme N, cp, —N2<p2 ne doit contenir qu’un terme en sin w t :
- N
- cp2 = — a2 sin (ü> t -{- a2) -(- —- a3 sin (3 a) t -f- a3) , N 2
- N
- + «8sin(5w£-f- aa)
- on voit que <p, -j- (flux secondaire) a pour expression :
- Nous avons supposé le même nombre de tours au secondaire sur les deux transformateurs ; cela n’est pas nécessaire. Il suffit, pour arriver à un résultat semblable, que l’un des circuits se sature et que l’autre ne se sature pas du tout.
- On peut employer, par exemple, deux transformateurs avec le même fer, mais, tandis que dans l’un des circuits la section du fer ou la longueur du circuit magnétique serait calculée de façon à entraîner la saturation, l'autre, circuit magnétique, au contraire, ne travaillerait qu’à une faible induction permettant d’admettre une perméabilité constante pour ce circuit. Bien des combinaisons sont équivalentes pour atteindre ce but.
- Nous pouvons répéter sur cet exemple un calcul absolument analogue à celui que nous avons fait à propos du transformateur à fréquence double.
- En ne retenant que les courants de fréquence/1 et 3 /, on obtient les résultats suivants :
- Au primaire, on trouve un courant de fréquence/1 dont les composantes sont :
- Acos a, -j- A2a2cosa2
- N. + N,
- +B[(-a1«3H7«i3)cosaJ+-ai^3c°s(«3_2«1)Jsin^
- et
- <p, + sin (wt -j- a,) — a2sin(w£ -f- a2)
- , N,4-N2 . , , ,
- + a3--------sin (3o)i+ a,) + ...
- En exprimant que le flux primaire a pour valeur :
- cp = cp0 sin (O t,
- on obtient :
- N, a, sin a, -f- N2a2 sina2 = o et
- A, a, sin a, -}- A2a2 sina2
- n, + n2
- +E[( ~aia32+ ^ aisina, + - at 2#asin(a3—aat) J | cos
- et un courant de fréquence 3 f dont les composantes sont
- Nj + nJ Ai«a—A*ï^«a
- t3 3 a 3 -i \
- -«s3;-^-cos(3a,—a3) j sin^w^-j-otg)
- Ni ai cos a, -(- N2 «2 cos a2 = cp0.
- L’équation précédente donnant <p, -f- cp2 montre que, dans le secondaire, peuvent prendre naissance à la fois une force électromotrice ayant la fréquence de la force électromotrice primaire et des forces électromotrices dont les fréquences sont des multiples impairs de celle-ci.
- et
- i Ba.!
- ~Nr-t-N7~4~Sm(3at ~ cos(3w* + «3)-
- Au secondaire, on trouve un courant de fréquence/'correspondant à une force électromotrice :
- — (j>/i [ax cos(tùt -|- a,) — at (cosu>t -f- a*)]
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- . 203
- et dont les composantes sont :
- n(N, + N2)
- AiNaOj eosaj — A2N,a2cosa2
- +BN.
- /3 3 \ 3 1)
- ^-«1tf38+-<7i3Jcosa1—-«j2«3cos(a3—aa,) jsintof
- et
- de la force électromotrice de fréquence 3 qui peut, au contraire, être renforcée par une capacité convenable mise aux bornes du secondaire, La relation qui donne l’énergie s’écrit, en effet, (pour at =o) en appelant £8, et<®, les inductions correspondant aux flux at et a3 :
- 3
- W3/ = - w B Is ûii 3ûi3 sin a3.
- - --r-jwT I AiN2«i sina) — A2N,a2 sina2 n(Nj-fN2)(
- +BNS
- ^alaîi+j «lésina,— j ai2#3sin(a3—sajjjjcostotf
- et un courant de fréquence 3/‘correspondant à une force électromotrice
- o N| -j- N2 t ,
- — 3w/i—-p-----as cos[3u>t -f- x3)
- »
- et dont les composantes sont
- n(N1T-^iAlN2^ + A^^
- —Æ12«3-f-^«33—^-cos(3a,—a3)Jjsin(3w£-f a3) et
- BN2
- — sin (3a, — a3) cos (3w£ -f- a3).
- n (Nj'-)~ N2) 4 L’énergie débitée pour la fréquence 3 / est
- W3/ = - (*)B«,3a3 sin (3 a, — a3). 4
- Fonctionnement en charge.
- Nous retrouvons par le calcul la même propriété, que nous avons déjà rencontrée précédemment, que le débit sur une résistance nulle entraîne la disparition des forces électromotrices secondaires.
- Plus particulièrement, si nous faisions débiter le secondaire sur un circuit comprenant une self et une capacité en résonance pour la fréquence f et sans résistance ohmique, la force électromotrice de fréquence f disparaît et le calcul fournit
- d\ — Cl%
- ai = a2 ~ o#
- Ces conditions n’entraînent pas la disparition
- * *
- CONCLUSION
- « En résumé ('), la méthode employée pour la « multiplication statique de la fréquence con-« siste essentiellement dans l’emploi de deux « transformateurs dont les primaires sont reliés « en série et dont les secondaires, également « disposés en série, sont connectés de façon que « les forces électromotrices de la fréquence pri-« maire qui y sont induites soient égales et « opposées et disparaissent de ce fait. Un tel « système, alimenté en courant alternatif, ne « débite aucune énergie lorsqu’on ferme son « circuit secondaire, à moins qu’on n’y développe « par un procédé spécial des forces électromo-« trices de fréquence multiple de la fréquence « primaire qui ne soient pas à chaque instant « égales et opposées dans les deux transforma-« teurs et qui permettent dès lors la circulation « de l’énergie dans l’ensemble du secondaire. « Dans le système dont il est ici question, qu’il « s’agisse du doubleur ou du tripleur, le procédé « employé consiste dans la création d’une dissy-« métrie magnétique dans les deux transforma-« teurs, soit par l’emploi d’un courant continu, « soit par une différence de perméabilité des deux « circuits magnétiques. » -
- L’emploi d’un condensateur en dérivation sur le secondaire et réglé de façon à résonner avec la self-induction du secondaire pour la fréquence à obtenir, permet d’augmenter pratiquement la puissance des appareils.
- NOTES SUR LES ESSAIS EFFECTUES
- Les premiers essais ont porté sur des doubleurs qui avaient été calculés d’après les formules théo-
- (*) Ce résumé reproduit les conclusions contenues dans la seconde de deux notes communiquées par l’auteur à l’Académie des Sciences (i3 et 27 mars igii),notes dont le mémoire actuel constitue le développement. N. D. L.R.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2» Série). + N* 20.
- riques et préviis pour un fonctionnement à a5o volts et 5oo périodes au primaire : lé secondaire devait pouvoir fournir une tension de io ooo volts et charger un condensateur’de o,o3 microfarad disposé sur le circuit oscillant d’une antenne. Ces appareils, essayés dans ces conditions, ont donné un résultat en tou# points conforme aux prévisions. L’utilisation des transformateurs statiques de fréquence pour l’obtension directe des fréquences musicales en T. S. F. paraît donc devoir entrer rapidementdansla pratique.
- Mais des mesures de rendement étaient difficiles à effectuer aux fréquences élevées. Il était donc intéressant d’essayer les mêmes appareils aux fréquences ordinaires (4» périodes), bien qu’ils ne fussent pas prévus pour cette application, quitte à faire la part des pertes disproportionnées qu’on pourrait rencontrer au cours de ces essais.
- Les essais du doubleur précédent, à 42 périodes, ont montré que les propriétés déduites des formules théoriques se vérifiaient très exactement et que la puissance prévue pouvait être obtenue à très peu près. D’autre part, les courbes relevées à l’oscillographe étaient très satisfaisantes et il n’a pas été nécessaire d’employer les circuits étouffeurs destinés à purifier la courbe des harmoniques parasites. Parmi toute la série des mesures effectuées en faisant varier les divers éléments (tension primaire, courant continu, condensateur secondaire, circuit d’utilisation secondaire, etc.), nous n’en retiendrons qu’une seule qui montre bien la valeur pratique de l’appareil. Le tableau suivant, indiquant les chiffres relevés au cours- de l’essai, permet de se rendre compte qu’on aurait facilement dépassé 80 % avec un doubleur bobiné pour cette application, et présentant en particulier des pertes ohmiques moins importantes que l’appareil en expérience.
- Tableau I
- V, h 'V, h W, G h P
- I IOv 23“ 86ow 75i" o“,83 623w 3,6mf i“,5 0,72
- La résistance du primaire atteignait 0,10 ohm et celle du secondaire 14 ohms.
- Pour l’essai du triplcur de fréquence, on a utilisé Simplement un des éléments du doubleur précédent, et on l’a complété par un transformateur à circuit ouvert bobiné convenablement. Ici encore le con-
- densateur secondaire a suffi pour l’obtention de courbes satisfaisantes. D’autre part, la série des mesures effectuées en faisant varier les divers éléments, (tension primaire, spires primaires du transformateur à noyau droit, condensateur secondaire, circuit secondaire d’utilisation, fréquence, etc.) ont permis de vérifier l’exactitude des formules théoriques indiquées ci-dessus.
- Ici encore, ou peut voir qu’on aurait obtenu facilement plus de 80 % si l’appareil était bobiné pour donner le rendement maximum dans les conditions de l’emploi, les pertes ohmiques primaire et secondaire étant disproportionnées. Le tableau suivant rend compte de ce résultat.
- Tableau II
- . a * 1 0 'U Z 0$ « b p o* Vi L w, V2 h 'V2 G h P
- 42— I I 2V 37“ io6ow 998' o“,08 679w 4,o7mf 2°,5 0,64
- 65- l42v V 1260^ 11 48v °“,72 895w 3 2a,2 0,71
- En résumé, les résultats obtenus sur les premiers appareils calculés et réalisés sans expériences préalables montrent qu’on est en droit d’attendre des transformateurs statiques de fréquence les rendements indiqués par la théorie. Dans ces conditions, leur utilisation pratique ne semble pas devoir rencontrer d’obstacle, quelle que soit la puissance qu’on leur demande. Le-tripleur de fréquence, en particulier, qui ne nécessite l’adjonction d’aucun courant auxiliaire, paraît devoir être précieux pour les réseaux de fréquence inférieure à 5o, particulièrement les réseaux de traction à 15. périodes sur lesquels on doit faire de l’éclairage.
- Sans parler des lampes à filament métallique mince, qui s’accommodent déjà assez mal de la fréquence 25, ou des lampes à arc à charbons ordinaires qui, même à 42 périodes, ont un fonctionnement peu satisfaisant, on conçoit immédiatement que, pour les sources à faible inertie lumineuse, comme les tubes à gaz, l’emploi de semblables transformateurs s’impose.
- Des essais à la fréquence 10 000 sont actuellement en cours : les résultats montreront si l’application des transformateurs statiques aux fréquences élevées peut être considérée comme pratiquement réalisable.
- . . Mauhice Joly.
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- SUR LA MESURE DU DÉCRÉMENT LOGARITHMIQUE D’UN CIRCUIT OSCILLANT
- La mesure du décrément logarithmique d’un circuit par la méthode de résonnance fait con- j naître, en réalité, la somme de deux décréments . logarithmiques : celui du circuit oscillatoire j étudié et celui de l’ondemètre qui sert à la mesure. Il est donc indispensable de connaître la valeur du dernier. Or, la résistance, le coefficient de self-induction et la capacité de l’onde* mètre étant connus, on peut trouver son décrément au moyen de la formule approximative :
- s = i:R y/p.
- Mais, il faut remarquer que les constantes physiques d’un circuit quelconque ne sont pas les mêmes pour les courants de haute fréquence. En outre, le circuit de l’ondemètre est couplé au circuit de l’indicateur, ce qui rend le calcul encore plus difficile. Si l’on se rappelle alors que l’emploi des étincelles musicales permet d’obtenir les décréments qui ne surpassent pas quelques centièmes de l’unité, il devient bien évident que le décrément de l’ondemètre doit être mesuré avec toute la précision possible.
- Je propose ici une méthode simple qui fait tomber toutes les difficultés; c’est la méthode de deux ondemètres ou méthode de mesure triple.
- Soit 8 le décrément du circuit étudié, Si et 82 ceux de deux ondemètres. Si l’on mesure le décrément du circuit étudié au moyen du premier ondemètre, on obtient un nombre a, qui satisfait à l’équation :
- a, = 8 -)- 8,. (i)
- Si l’on répète ensuite l’expérience avec le deuxième ondemètre, on obtient un autre résultat
- satisfaisant à l’équation analogue :
- cii = 8 -j- S2. (a)
- • On excite alors l’un des deux ondemètres et l’on fait encore la mesure au moyen de l’autre.
- On obtient ainsi un certain nombre a, qui est la somme :
- a — 8, -|- 82. (3)
- Les trois équations (i), (2) et (3) permettent de calculer 8, 8, et S2, notamment :
- g __ ai + ai — a
- 2
- 11 est bien entendu que, en pratique, on n’a pas besoin d’avoir deux ondemètres, parce que le second appareil peut être remplacé par un circuit oscillatoire quelconque, ayant une capacité ou une self-induction réglable.. En ce cas, on doit graduer le dernier circuit, en le comparant avec l’ondemètre.
- L’un de deux ondemètres étant employé tantôt comme transmetteur, tantôt comme récepteur, on doit être sur que le décrément de cet ondemètre reste le même. Pour cela l’excitation de celui-ci ne peut point être effectuée au moyen de l’étincelle, mais bien par l’induction d’un autre circuit contenant une étincelle très courte (excitation par chocs).
- En étudiant par cette méthode le décrément d’une petite antenne horizontale symétrique (f) j’ai trouvé des résultats concordants ; le décrément de l’antenne avait la valeur
- la — 0,079.
- L’étude de quelques ondemètres (type Dônitz)
- (•) Chaque moitié de l’antenne avait cinq fils équidistants. La longueur d’un fil quelconque était 14.6 mètres, le diamètre i millimètre et la distance entre deux fils voisins o,3o mètre. Les fils étaient tendus aune hauteur d’environ 3 mètres au-dessus du plancher et à une distance d’environ o,5o mètre du plafond. Les deux moitiés étaient éloignées l’une de l’autre de i,j5 mètre. Dans la partie moyenne, ily avait trois petites bobines (chacune à quatre tours, d’environ 12 centimètres de diamètre) une pour excitation par étincelles musicales,deux autres pour faire des mesures. La longueur d’onde de cette luîtenne était approximativement de 100 mètres.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2» Série). — N0' 20.
- au moyen delà méthode décrite plus haut a conduit au résultat inattendu, que ces ondemètres n’ont pas un décrément constant. Il est bien probable que la cause principale de cette inconstance se trouve dans les contacts imparfaits.
- Il est important que le circuit employé tantôt transmetteur, tantôt récepteur, soit un circuit spécial construit très soigneusement.
- La méthode décrite dans cette note peut être utile encore dans un autre cas : quand on mesure la somme des décréments selon l’indication dé L. Mandelstam et N. Papalexi (*).
- A. Petrowsky.
- (<) Voir Annaleti der Physik,vo 1. XXXIII, p. 4<jo-üi6, 191°.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- , ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- L’amortissement du bruit et des trépidations des moteurs. —W. Gerb. — Elektrotech-nische Zeitschrift, 27 avril 1911.
- L'auteur décrit un dispositif destiné à amortir le bruit et les trépidations des moteurs électriques, lesquels constituent parfois un obstacle à l’adoption de ces moteurs dans la petite industrie.
- Le principe du dispositif est représenté par les figures 1 et 2. K désigne le pied du moteur, dont il s’agit d’amortir les trépidations. Dans ce but, le pied
- Fig-, 1.
- K est fixé à la plaque P de l’amortisseur par un boulon S. La plaque P est elle-même supportée par trois tiges A, B et G, dont les tensions sont réglées par des écrous, de manière à équilibrer le poids du moteur. Les trépidations transmises à ces trois tiges sont amorties par les rondelles élastiques El 1 intercalées entre les plaques de serrage D et le socle St de l’amortisseur. Le socle St lui-même est fixé au sol ou\au plafond à l’aide des vis f; en outre, entre la plaque P et le socle St se trouve une autre rondelle élastique El n. L’examen de la figure 2 montre que
- non seulement les oscillations verticales, mais aussi
- Fig. 2.
- les oscillations horizontales et même elliptiques peuvent être amorties par ce dispositif.
- J.-L. M.
- DIVERS
- L’emploi de l’électricité dans l’agriculture et son influence sur les usines centrales rurales {*). — H. Wallem.
- L’auteur examine les économies que l’emploi de l’électricité en agriculture permet de réaliser, les applications qui en ont été faites jusqu’à présent et celles qu’on peut envisager dans l’avenir.
- Le moteur électrique peut être employé pour ac-
- (*) Nous ne pouvons reproduire les nombreux tableaux numériques et courbes statistiques qui accompagnent le texte de cette longue étude. Nos lecteurs les trouveront dans 1 ’Elektrotechnische Zeitschrift du mois de juillet «910*
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- 20 Mai 1911. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- tionner les trieurs, charrues, herses, rouleaux, semeurs, machines à épandre les engrais, moissonneuses, faucheuses, faneuses, rateaux, arracheuses et batteuses.
- Il se prête aussi à la commande des machines élévatoires et engins de transport de tous genres, et des machines destinées à la mise en valeur des récoltes (presses à paille, moulins, hacheurs, etc.); il convient également pour les machines utilisées par les industries rurales (distillerie, brasserie, scierie, laiterie, charronnerie, briqueterie, forge), pour les machines destinées à la préparation des aliments (hacheurs, broyeurs, etc.), aux soins à donner aux,animaux (tondeuses, etc.), et à l’exploitation des bois.
- Malheureusement, si le nombre des machines agricoles qui se prêtent à la commande par moteur électrique ^est très considérable, elles ne sont, pour la plupart, en service, dans une exploitation normale, que pendant 5o à aoo heures par an ; seules, la batteuse, la charrue électrique, le chemin de fer à voie étroite, les machines à préparer les aliments de conserve, ainsi que les moteurs de pompes pour irrigations comportent une notable durée d’utilisation.
- C’est de ces machines qu’il est traité dans la suite :
- La batteuse.
- L’emploi du moteur électrique, pour actionner la batteuse, présente les avantages suivants : suppression de la perte de temps nécessitée par la mise en route, de l’approvisionnement en eau et en charbon de la locomotive à vapeur, meilleure utilisation du personnel qui peut,sile temps devient subitement pluvieux, mettre aussitôt la batteuse en service dans une grange ; suppression d’un chauffeur ; transport facile du moteur électrique, comparé à celui de la locomobile; enfin,suppression du danger d’incendie, ce qui permet de placer le moteur directement dans la grange ; comme conséquence de cet avantage, économie de main d’œuvre dans le transport de la paille, et économie dans l’entretien des courroies qui ne sont plus exposées aux intempéries.
- • Enfin, l’emploi du moteur électrique, dont la vitesse se maintient sensiblement constante pendant les diverses phases du travail de la batteuse, a pour conséquence un nettoyage du grain bien meilleur qu’avec l’emploi des autres modes de commande ; le grain a, dans ce cas, une valeur supérieure d’environ 3 à 5 % à celui battu par locomobile à vapeur, de 8 à io % à celui battu au moyen d’un manège, et de i5 à ao % à celui battu au fléau.
- Quant aux dépenses, elles sont de 5 à io % inférieures à celles entraînées par l’emploi d’une locomobile. Cette économie est encore plus considérable dans les petites exploitations où on utilisait soit un manège, soit le travail à la main.
- Le labourage électrique.
- L’auteur envisage ensuite le labourage électrique.
- Jusqu’à présent, il y a en Allemagne plus de 3 ooo charrues à vapeur, et seulement une douzaine de charrues électriques. C’est en 1895 que furent construites les premières ; de 1899 à 1901, la Société d’agriculture fit des expérience de labourage sur trois charrues électriques, expériences dont les résultats furent satisfaisants au point de vue technique. Cependant la question du labourage électrique sommeilla jusqu’à ces dernières années : la création des centrales rurales lui donna alors une vivante actualité.
- Comparée à la charrue à vapeur, la charrue électrique présente l'inconvénient de ne pouvoir se déplacer par ses propres moyens. La voiture-treuil des charrues électriques construites jusqu’à présent exige l’emploi de plusieurs attelages pour son transport. On peut, il est vrai, remédier à cet inconvénient en remorquant cette voiture au moyen du câble du treuil fixé soit à des arbres existant au bord de la route, soit à des pieux plantés en terre. L’emploi de ce mode de déplacement se recommande spécialement dans le cas des parcours difficiles (terrains mous, rampes, etc.).
- La charrue électrique pèse 8 à i3 tonnes et est de 5'o % plus légère que la locomobile à vapeur. Elle peut donc passer dans des champs, sur des ponts et sur des routes où ne peut passer la charrue à vapeur. De plus, cette dernière exige un ravitaillement en eau et' en charbon souvent pénible, difficile et coûteux ; elle ne peut travailler, sous peine de danger d’explosion, dans des terrains présentant de fortes-pentes, où l’emploi de la charrue électrique n’offre pas d’inconvénients.
- La locomobile à vapèur donne lieu aussi à des réparations beaucoup plus fréquentes que la charrue électrique. Enfin, celle-ci présente sur sa rivale un avantage important :
- Le prix élevé d’une charrue à vapeur oblige les propriétaires à renoncer à l’achat d’une telle machine et à se contenter d’une machine en location. Mais le loueur ne laboure que les champs pour lesquels il est le mieux payé, ceux destinés à la culture des pommes
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- de terre ou des betteraves, par exemple, soit seulement 20 à 3o % de la surface labourable. Le propriétaire devra, pour le reste de ses labours, employer comme auparavant ses attelages ; le labourage à vapeur n’a donc pas pour conséquence une importante diminution des frais d’attelages et de personnel.
- Tout au contraire, la charrue électrique, dont l’acquisition peut être faite par les grands propriétaires, peut être employée à labourer la plus grande partie de la surface labourable. Le possesseur d’une charrue électrique peut donc utiliser celle-ci, aussitôt que la récolte est rentrée, pour retourner les chaumes ; il la fera ensuite travailler en automne pour Les labours profonds, au début de l’année et en mars pour les labours destinés aux pommes de terre ; enfin
- Pour répondre à cette question, l’auteur envisagé: le cas d’une propriété de 5oo hectares. Il évalue le travail en journées de chevaux, et suppose 3oo jours: de travail par an. En réalité, à cause des intempéries, des maladies, etc., on ne peut compter pap cheval et par an que sur 260 jours de travail ; il faut donc-— comme réserve — compter 10 % de chevaux de plus que dans l’hypothèse adoptée plus haut.
- Le besoin d’attelages varie beaucoup avec les différents mois de l'année. Il atteint en avril son premier maximum (5o chevaux) et en mai son minimum absolu (20 chevaux) ; du milieu de juin au milieu de sep--tembre, il est seulement de 10 % inférieur à celui de: la période la plus chargée; celle-ci s’étend du milieur de septembre à la fin de novembre (65 chevaux), tu I
- LABOUR de 10 cm. de profondeur LABOUR de 20 cm. de profondeur LABOUR de 35 à 40 cm. TOTAL
- Nombre d’hectares .' 25o i5o 200 65o
- Surface labourée par journée de travail de 14 heures, en hectares. 8j75 8,75 7
- Surface labourée par heure en hectares 0,625 0,625 o,5
- Durée d’utilisation en he.ures 400 240 5oo 1 140
- Puissance en kilowatts 44 44 47 à 53
- Puissance moyenne par heure en kilowatts 35 35 38 à 43
- Consommation moyenne d’énergie par hectare en kw.-h 56 56 76 à 86
- Consommation totale d’énergie en kilowatts-heure.. 14 000 8 400 ao 000 4 2 400
- en mars et en avril, si le terrain le permet, la voiture-treuil de la charrue électrique peut servir au • déplacement rapide du cultivateur, ou à remorquer la herse, permettant ainsi d’abréger le travail.
- C’est l’utilisation multiple de la voiture-treuil de la charrue électrique qui doit donner à celle-ci la préférence sur la charrue à vapeur.
- D’ailleurs, les frais d’exploitation du labourage électrique, sur lesquels on reviendra plus loin, sont moins élevés que ceux du labourage à vapeur.
- Quelle réduction dans le nombre des attelages et des travailleurs permet l’emploi d’un procédé mécanique de labourage ?
- L’entretien d’un grand nombre de chevaux de trait donne lieu à des frais considérables et expose à beaucoup de risques : c’est pourquoi les agriculteurs modernes ne sont pas éloignés d’adopter les procédés mécaniques pour le labourage.
- Ils peuvent ainsi réduire notablement le nombre de chevaux nécessaires à leur exploitation. Dans l’exemple choisi, 18 chevaux ou 26 bœufs peuvent être supprimés par l’emploi de la charrue à vapeur ; cette réduction peut s’élever à 24 chevaux ou 36 bœufs lorsqu’on peut employer en avril des appareils actionnés mécaniquement. La réduction du personnel est de 4 à n hommes.
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- Si, au lieu de la charrue à vapeur on emploie la charrue électrique, on obtient la même réduction des attelages.
- La durée d’utilisation d’une charrue électrique et l’énergie qu’elle consomme sont indiqués dans le -tableau I, établi en supposant que 8o % de la surface cultivable sont labourés et que la durée du travail est de 14 heures par jour. Il a été admis que le sol est moyennement lourd, que les conditions atmosphériques sont moyennement favorables, que la vitesse moyenne de la charrue est de i ,6 mètre par seconde et que le moteur développe une puissance de 8o à 120 chevaux.
- Au cas où le cultivateur est entraîné électriquement, les chiffres du tableau I relatifs à la durée d’utilisation et à la consommation annuelle d’énergie s’élèvent respectivement à i 35o heures et 48 000 kilowatts-heure. Ces nombres sont évidemment ti’ès approximatifs et sujets à de nombreuses variations sous l’influence de facteurs tels que la nature du sol, l’état atmosphérique, la forme des champs, etc,
- Des deux systèmes de labourage, l’un à une machine, l’autre à deux machines, lequel faut-il préférer ?
- Dans le cas du labourage électrique, la réponse à cette question n’est pas encore définitive. Dans le cas du labourage à vapeur c’est généralement le système à deux machines qui a l’avantage, malgré le prix d’achat supérieur d’environ 5o % à celui du système à une machine, parce que le poids de chacune des deux machines qui travaillent alternativement est plus faible que celui d’une seule locomo-bile actionnant continuellement la charrue et aussi parce qu’on cherche à labourer journellement de grandes surfaces et qu’une voiture d’ancrage convenable pour atteindre ce résultat n’a pas encore été trouvée jusqu’à présent.
- Avec le labourage électrique, la différence de poids des voitures-treuils du système à une machine et du système à deux machines est seulement de une à deux tonnes ; le poids d’une voiture treuil dans le second de ces systèmes n’est que de 8 à ii tonnes.
- Ces charges peuvent être déplacées sans trop de difficultés soit à l’aide d’attelages, soit à l’aide de treuils jusqu’au voisinage des lignes électriques.
- Le prix d’achat et les frais d’exploitation sont naturellement moindres dans le cas du système à une machine que dans le cas du système à deux machines.
- Lorsqu’il s’agit d’un sol moyennement lourd, de
- surfaces petites ou moyennes à* labourer chaque année, et qu’en même temps on s’attache à un faible prix d’achat, le système à une machine doit être préféré. Dans le cas où les conditions sont les contraires des précédentes, le système à deux machines aura l’avantage.
- Quant aux dépenses d’exploitation du labourage à vapeur, du labourage électrique et du labourage par attelages, on peut les représenter par des courbes établies en supposant la surface labourée journellement de 6 hectares, la journée de 12 heures, la pro-fonde’ur moyenne de centimètres en terrain lourd. Ces courbes montrent qu’en toutes circonstances le labourage électrique est plus économique que le labourage à vapeur, et que pour des durées d’utilisation dépassant 600 à 800 heures, il est aussi plps^ économique que le labourage par attelages. Il faut noter que, dans l’établissement de ces courbes, il a été tenu compte du capital d’acquisition, des intérêts, amortissements, réparations, frais de personnel, aussi bien que de la consommation de charbon ou de courant.
- Il y a lieu aussi de remarquer que le labourage mécanique a sur le labourage par attelages le grand avantage delà meilleure qualité du travail : les mottes de terre sont mieux divisées grâce • à la rapidité plus grande d’avancement. Les procédés mécaniques perméttent enfin de commencer les labours aussitôt que possible, sans attendre que les attelages occupés au transport des récoltes soient disponibles.
- Les accessoires importants du labourage électrique sont : les lignes de distribution à haute tension, le transformateur, les lignes à basse tension entre le transformateur et le moteur et les prises de courant du transformateur.
- Le choix entre un transformateur fixe et un transformateur transportable est une question d’espèce;il en est de même du choix entre le système à une machine et celui à deux machines. Avec un transformateur fixe on évite que le personnel ait aucune manœuvre à faire sur les lignes à haute tension, celles-ci étant réunies au transformateur par des prises de courant fixes. •
- D’un autre côté, les conducteurs à basse tension entre ce transformateur fixe et le moteur deviennent souvent si longues que, à cause du prix et de la chute de tension,on est conduit à renoncera la tension de 5oo volts et à adopter la tension de 1 000 volts, avec laquelle on peut craindre des accidents en raison du service pénible auxquels sont soumis ces' conducteurs et de la mise à la terre quelquefois insuffisante
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- de leur enveloppe. On sera donc souvent conduit à employer un transformateur transportable, malgré l’inconvénient d’avoir ainsi plusieurs points d’alimentation sur les lignes à haute tension.
- Il faut remarquer que l’installation de lignes de distribution pour le labourage se prête fort bien à l’installation d’une batteuse électrique, qu’on peut faire travailler dans les champs aux endroits les plus favorables, au lieu de transporter auparavant toute la moisson jusqu’à la ferme. >
- Chemins de fer agricoles.
- L’auteur étudie les avantages qu’ils procurent :
- Un attelage à a chevaux peut transporter i à i,5 tonne de charge utile, à la vitesse de 3 kilomètres à l’heure, dans les chemins agricoles. Sur les routes, on peut compter sur une charge utile de a à 3 tonnes.
- Aussi, plusieurs propriétaires emploient-ils de petites voies ferrées pour leurs transports ; les wagonnets sont remorqués par des chevaux ou des attelages dans les petites exploitations, par des locomotives à vapeur ou électriques dans les exploitations considérables. C’est un fait reconnu que, sans l’emploi de ces voies ferrées, le revenu des champs éloignés de plus de 3 ou 4 kilomètres de la ferme est entièrement absorbé par les frais de transport. La distance de la ferme à la gare est de même d’une importance capitale sur le revenu de la propriété. On peut affirmer, d’une façon générale, que l’emploi d’un chemin de fer à voie étroite permet une réduction telle des attelages, que son adoption est réellement économique principalement quand la propriété produit en quantité des pommes de terre et des betteraves et qu’elle possède aussi upe industrie rurale.
- Les frais d’installation d’un chemin de fer électrique ne sont pas excessifs : une voie de 5 kilomètres, l’emploi d’une locomotive de 3o chevaux du poids de 4,5 tonnes pouvant remorquer une charge utile d’environ 3q tonnes à io ou 12 kilomètres à l’heure,correspondent à une dépense totale de 5oooo à 56 000 francs, y compris 5oo mètres de voie légère amovible. Dans un exemple examiné par l’auteur, les frais d’exploitation par tonne kilométrique utile pour un transport annuel de 3o 000 tonnes utiles, sont de o fr. 375 à ofr. 5o dans le cas de transport par attelages tandis qu’ils sont seulement de ofr. 25 à o fr. 3i dans le cas d’un transport sur voie ferrée.
- En outre de l’économie dans les frais de transport,
- ces chemins de fer à voie étroite procurent de» avantages précieux aux agriculteurs : transport rapide du personnel de la ferme aux champs, enlève-» ment rapide des récoltes permettant de les soustraire plus sûrement aux intempéries, etc.
- Appareils de déchargement.
- Un autre moyen de réduire les dépenses et de gagner du temps consiste dans l’emploi d’appareils élévateurs et d’appareils de déchargement.
- Le déchargement d’une charrette de foin de une tonne dans une grange, par un ouvrier robuste, exige 40 à 45 minutes. Avec le dispositif américain consistant en une griffe qui saisit le foin et est soulevée au moyen d’un câble passant sur une poulie, ce-déchargement est fait en 10 minutes, au moyen d’un mbteur de 1 ou 2 chevaux.
- Dans les grandes exploitations, ce déchargement:' du foin peut être opéré en 6 minutes au moyen d’un moteur de 3 chevaux qui enlève toute la charge d’un seul coup.
- Ce moteur peut, naturellement, être employé à beaucoup d’autres usages, son utilisation, pour le déchargement du foin, ne durant que soixante-dix heures par an.
- L’emploi de l’électricité est également tout indiqué pour actionner les pompes d’irrigation et de drainage ; il se prête aussi à l’installation des appareils de séchage pour pommes de terre, feuilles de betteraves, etc.
- Electroculture.
- Il faut enfin citer les essais d’électrocuiture : les premiers, effectués par Lemstrôm, datent de vingt-cinq ans; plus récemment, Lodge et Newman, en Angleterre, Breslauer, Gerlach, Erlwein et Hôs-terman ont fait des essais sur une plus grande échelle. Tout dernièrement Breslauer a expérimenté, en Bohême, sur une étendue de 40 hectares.
- Les résultats obtenus jusqu’à présent sont contradictoires.
- Les expérimentateurs ne sont pas d’accord non» plus sur le meilleur mode opératoire; ces derniers temps, on a employé le courant continu à 40 000 ou 5o 000 volts.
- Les quantités d'énergie à dépenser pour l’électro-culture, par heure et par hectare, sont faibles ; mais la durée du traitement électrique étant longue, la consommation annuelle s’élève jusqu’à 3o kilowatts-heure par hectare, c’est-à-dire qu’elle est supérieure à celle de la machine à battre.
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- On ne peut pas, en ce moment, se prononcér sur ’électroculture; il faut attendre les résultats des essais qui sont actuellement entrepris.
- II convient de jeter un coup-d’œil d’ensemble sur la consommation d’énergie électrique nécessaire pour les différents besoins d’une exploitation agricole. L'auteur évalue comme suit cette consommation par hectare dans le cas de propriétés ayant une surface de plus de 25o hectares :
- i° Pour l’éclairage : 2,4 à 4 kilowatts-heure ;
- 20 Pour les petits moteurs : 4 à 6 kilowatts-heure;
- 3° Pour la machine à battre : 10 à 12 kilowatts-heure;
- 4® Pour le labourage : 84 à 96 kilowatts-heure.
- Soit au total no,4 à 118 kilowatts-heure par hectare. , „ 1
- Pour une propriété de 5oo hectares, la consommation totale annuelle est donc de 5o 000 à 60 000 ki-lowatts-heure.
- L’emploi d’un chemin de fer électrique de 5 kilomètres de longueur totale augmente cette consommation d’environ 12 à i5 kilowatts-heure par hectare.
- Stations centrales rurales.
- L’auteur examine enfin les relations qui existent entre l’agriculture et les stations centrales rurales.
- Jusqu’à ces dernières années, si les villes importantes ou moyennes possédaient toutes des centrales, si même beaucoup de petites localités avaient des usines de lumière et de force, il n’existait pas, en pleine campagne, d’usine électrique centralisant la production d’éclairage et de force motrice. D’un autre côté, il existe, depuis dix ans environ, de grandes centrales industrielles (les usines de la Haute-Silésie et celles du Rhin et de Westphalie) qui se sont extraordinairement développées et dont le réseau alimente des consommateurs agricoles. A leur exemple, se sont fondées une série de centrales mixtes alimentant à la fois des villes, des industries, ' de grandes propriétés, de petites’localités rurales et même de petites propriétés.
- En présence des bons résultats financiers obtenus par ces usines mixtes, des hommes d’affaires entreprenants créèrent des centrales uniquement destinées à l’agriculture et, depuis 1902, toute une série de telles centrales fut réalisée. Leurs fondateurs oubliaient, tout au moins dans une certaine mesure, que les revenus des centrales existant déjà dépendaient essentiellement de la grande capacité de consommation de l’industrie et des agglomérations urbaines.
- Aussi, quelques centrales rurales luttent-elles péniblement pour l’existence. Quelques-unes commencent à donner des revenus modestes, et ce résultat est dû principalement à ce qu’elles possèdent une-force hydraulique.
- Encore ne faut-il pas exagérer la valeur des forces hydrauliques, car beaucoup de centrales hydro-électriques souffrent du manque d’eau pendant l’été et l’automne, et on ne peut généralement éviter de leur adjoindre une usine de réserve à vapeur.
- La condition fondamentale du rapport financier d’une centrale rurale est que les frais d’établissement L du réseau à haute tension, les frais d’établissement des postes de transformateurs, le prix de revient r du kilowatt-heure et son prix de vente v soient dans un rapport convenable avec le nombre x de kilowatts-heure utilisables aux postes de transformation.
- L’auteur représente cette condition par la formule :
- où L et T sont exprimés en marks, et v et r en. pfennigs (4).
- Si l’on pose
- L = Ki l et T = K2 n
- K, étant le coût moyen des lignes de transport de force par kilomètre, Heur longueur, IC2 le coût moyen des postes de transformateurs et n leur nombre, la formule (1) devient :
- * = îWM, (a)
- Les considérations ci-après sont limitées, pour plus de simplicité, au cas où des Sociétés de distribution achètent le courant à basse tension, mesuré dans les postes de transformateurs.
- Pour des réseaux établis dans des conditions normales et pour des tensions s’élevant jusqu’à i5ooo volts, on peut admettre que Kt, dans le cas de lignes aériennes, atteint environ 2 500 marks (3 125 francs) par kilomètre, et K2 environ 4 000 marks (5 000 francs). En supposant que le prix de vente du kilowatt-heure mesuré aux barres basse (*)
- (*) On pourrait, sans modifier cette formule, exprimer L et T en francs et r et r en centimes. (N. D. L. R.)
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- tension des postes de transformateurs soit v = i5 pfennigs (18,75 centimes) et que le prix de revient du kilowatt-heure à la centrale soit /• = 6 pfennigs (7,5o centimes), la formule (a) donne :
- x sl 4 000 1 -f- 6 5oo n.
- Si v — 20 pfennigs (a5 centimes) et /' = 8 pfennigs (io centimes).
- x g 3 000 l -f- 5 000 n.
- Le nombre de kilowatts-heure consommés, nécessaire pour la rentabilité d’une centrale rurale est donc d’autant plus élevé que les consommateurs sont plus éloignés de la centrale et qu’un plus grand nombre de postes de transformateurs doivent être établis ; ce nombre de kilowatts-heures est aussi d’autant plus grand que le prix de revient est plus élevé et le prix de vente plus bas : c’est donc une erreur que de fixer une valeur trop faible à ce dernier, comme la plupart des centrales rurales l’ont fait. Le prix de vente, évidemment, ne doit pas être prohibitif, mais il doit être en rapport avec la consommation; il est opportun de le fixer, pour les premières années d’exploitation, à une valeur plutôt un peu élevée et de l’abaisser peu à peu au fur et à mesure de l’accroissctnenl de la consommation.
- La formule (2) donne pour e, prix de vente du kilowatt-heure aux barres à basse tension des postes de transformateurs :
- 12(K,Z—f K2n) , . p
- v — —!-----------i+1,25/-. (4)
- Le prix de revient du kilowatt-heure dans les centrales hydro-électriques est représenté par
- t'h
- 1,25 x’
- si A représente les dépenses annuelles (intérêts, amortissement, entretien et exploitation de la centrale comprenant les appointements, salaires, dépenses de graissage).
- Pour les centrales hydro-électriques, la formule (4) devient :
- 12 (K, f -J- K2n) + A
- Dans les centrales à vapeur, le prix de revient est la somme des frais fixes A/ et des frais relatifs à
- l’emploi du combustible. Ces derniers dépendent non seulement du rendement des moteurs à vapeür, mais aussi de la grandeur de leùr charge moyenne, ainsi que de leur durée d’utilisation et du nombre de kilowatts-heure.
- Pour le cas des centrales à vapeur l’auteur utilise la formule :
- ^ =r Ia(K^+ K«-”) + Al , G
- V X
- où A, est la somme de Ay et d’autres constantes et où C est aussi une constante.
- Les 3 courbes de la figure 1 représentent le nombre de kiloAvatts-heure dont la consommation doit être garantie par la Société de distribution qui achète le courant, en fonction de 3 valeurs différentes : 20;'i5 et 10 pfennigs (25; 18,75 et 12,5 centimes) du prix de vente du kilowatt-heure basse tension aux postes de transformateurs, et des différents prixde revient portés en abscisses du kilowatt-heure à la centrale : ces courbes ont été établies d’après la formule (2) en supposant le cas d’un réseau ayant une longueur totale de 120 kilomètres et 5o postes de transformateurs.
- 7 S 9 10 7! 12
- Fig. 1.
- Elles font ressortir l’énorme accroissement du. nombre de kilowatts-heure dont la vènte doit être assurée, si la centrale produit le courant à un prix de revient trop élevé, ou si elle a imprudemment trop abaissé le prix de vente. Supposons le prix de revient à la centrale de 6 pfennigs (7, 5o centimes) et le prix de vente du kilowatt-heure basse tension aux postes de transformation de 10 pfennigs (12, 5o centimes) : il fautque la consommation garantie s’élèVeà 2400000 kilowatts-heure. Si le prix de revient est de 7 pfennigs (8,75 centimes) c’est-à-dire s’il s’élève
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- seulement de i pfennig et que le prix de vente ne change pas, il faut obtenir une garantie de consommation double de la précédente.
- Aussi l’auteur n’approuve-t-il pas la décision de quelques centrales rurales de fixer le prix de vente à io pfennigs pour le labourage électrique car, même en supposant que le prix de vente du kilowattheure soit de i5 à 20 pfennigs, ce labourage est plus économique que le labourage à vapeur. ,
- L’auteur déplore que les fondateurs de plusieurs centrales rurales n’aient pas suffisamment pesé les considérations précédentes. Pour leur consolation, il exprime l’espoir que le développement du labourage électrique, qui peut environ sextupler la consommation d’énergie pour les besoins agricoles, amènera un heureux changement à l’état de choses actuel.
- Il examine ensuite quel est le plus avantageux mode de production de l’énergie nécessaire aux centrales rurales. La consommation d’énergie pour les besoins agricoles est essentiellement une consommation de jour. Le travail pendant l’été commence à 5 heures du matin, et se termine à 6 heures ou au plus tard à 7 heures du soir. Pendant l’hiver, il se termine à 5 ou 6 heures du soir. Seuls quelquefois les, appareils d’une installation de séchage actionnés électriquement, et l’éclairage, chargent la centrale le soir ou pendant la nuit.
- La consommation des villes, tout au contraire, atteint son maximum le soir, entre 6 et 8 heures pendant l’hiver, ce qui oblige à établir toutes les stations centrales en vue de ce maximum. Quoi de plus facile que d’utiliser cette heureuse opposition entre la consommation des villes et celle des campagnes, en rattachant le réseau des centrales rurales projetées à une centrale urbaine importante se trouvant dans son voisinage.
- Pour étudier de plus près cette question, l’auteur analyse les courbes de fourniture de courant des usines électriques des villes de Gassel et de Danzig pour tous les mois de l’année 1909 e.t en particulier la courbe de la charge maxima de jour, et celle de la charge maxima du soir.
- A l’usine de Gassel, 900 kilowatts au moins restent inutilisés pendant le jour, durant tout le cours de l’année : cette puissance pourrait évidemment être utilisée à alimenter en électricité, à un prix très bas, une grande partie des environs de la ville.
- A l’usine de Danzig, l’énergie inutilisée pendant le jour est proportionnellement plus considérable
- encore qu’à Cassel. A proximité de Danzig, se trouve la centrale rurale de Straschin-Prangschin, dont la charge s’élevait ces dernières années à environ aoo kilowatts et atteindra peut-être prochainement 800 à 1 000 kilowatts, grâce au développement du labourage électrique et à l’extension du réseau; la réunion de cette centrale avec celle de Danzig serait donc, pour toutes les deux, très avantageuse, d’autant plus que l’usine de Straschin-Prangschin dispose d’une puissance hydraulique d’environ 5ookilowatts, mais seulement à certaines époques de l'année ; la centrale urbaine pourrait donc, pendant le jour, fournir à la centrale rurale l’excédent de puissance que ne pourrait fournir la force hydraulique' Inversement, au moment de la charge maxima de la centrale urbaine, si la centrale hydraulique est peu chargée, elle peut à son tour lui venir en aide et parfois même lui permettre d’arrêter complètement ses machines à vapeur.
- Si la centrale rurale projetée est située à une trop grande distance d’une centrale urbaine pour s’y rattacher, elle tâchera d’acheter le courant à bas prix à une centrale industrielle, minière, ou alimentant un important réseau de tramways.
- L’ensemble des travaux publiés aujourd’hui sur les centrales rurales fait ressortir qu’en Allemagne le nombre de ces centrales, soit existantes, soit en voie de construction, soit décidées en principe, s’élève à 260. Ces centrales embrassent un territoire de 85 000 kilomètres carrés, soit 16 % de la superficie de l’Allemagne. En outre, beaucoup de centrales sont encore à l’état de projet.
- Peu de centrales rurales existantes ont un caractère purement agricole ; presque toutes alimentent aussi des villes, des industries, des tramways ou du
- moins plusieurs petites localités.
- Tahlea'u II
- SURFACES CULTIVÉES DES PROPRIÉTÉS EN I907 NOMBRE DES PROPRIÉTÉS SURFACE CULTIVÉE CHAMPS, PRAIRIES ET PATURAGES RICHES
- hectares hectares hectares
- Au-dessous de o,5. 2 084 060 359 558 276 871
- o,5 à 2. 1 294 449 1 371 769 1 2714i3
- 2 à 5 1 006 277 3 3o4 872 3 192 070
- 5 à 20 i <>65 539 10 421 869 10 248 869
- 20 à 100 262 191 9 322 106 9 a36 421
- 100 et au-dessus.. 23 566 7 o55 013 7012 144
- Totaux 5 736 082 3i 834_873 -3j -237 788
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- Qu’ont à attendre, dans l’avenir, ces centrales rurales et l’industrie électrique en général, des applications de l’électricité à l’agriculture?
- En 1907, il y avait en Allemagne, comme le montre le tableau II, environ 5 700 000 propriétés d’une surface totale de 3i 85o 000 hectares.
- Ces propriétés étaient, en 1907, cultivées par i5 millions de personnes (6 85o 000 hommes et ;8 3ao 000 femmes et enfants).
- Presque la moitié des 31 800 000 hectares cultivés se compose de 5 45o 000 petites propriétés au-dessous de 20 hectares.
- Ces petites propriétés ne peuvent évidemment produire elles-mêmes l’énergie électrique; les 262000 propriétés moyennes au-dessous de 100 hectares ne le peuvent elles-mêmes que très rarement •de sorte que plus de 99,5 % des propriétés agricoles ne peuvent profiter des avantages de l’électricité que si des sociétés ou des groupements quelconques construisent des centrales rurales. On voit par là l’importance économique et sociale de ces centrales.
- Il s’écoulera évidemment bien des années avant que la petite propriété puisse, sur une vaste échelle, •être pourvue de l’électricité.
- Il y a néanmoins un certain intérêt à évaluer, pour la durée des vingt-cinq prochaines années les besoins de l’agriculture en énergie électrique et en machines électriques. Laissant de côté les petites propriétés au-dessous de 5 hectares, on peut supposer que, dans ces vingt-cinq années, la moitié des propriétés de 5 à 20 hectares possédera un moteur de 4 che. vaux; les deux tiers des propriétés de 20 à 100 hectares auront un moteur de 6 chevaux; 80 % des propriétés de 100 à 5oo hectares auront trois moteurs d’une puissance tptale de 25 chevaux.
- La puissance totale des moteurs sera donc 3,6.108 chevaux.
- Si on admet, en outre, que la moitié des 23 566 propriétés de 100 hectares et au-dessus qui possèdent, •en champs, une surface totale de 7.10e hectares, emploieront le labourage électrique, la puissance des moteurs destinés à cet usage, en y ajoutant celle des moteurs de petits chemins de fer agricoles -sera de 0,4. io° chevaux.
- La puissance totale des moteurs agricoles s’élèvera donc à 4- io8 chevaux et le nombre de ces moteurs sera d’environ 750 000.
- Un capital d’environ 1 milliard de marks (1 a5o millions de francs) sera nécessaire pour l’acquisition de ces moteurs, des charrues électriques et de leurs accessoires, ainsi que pour l’installation de l’éclairage et des chemins de fer agricoles.
- Cette évaluation semble très élevée. Elle le semblera moins si l’on réfléchit qu’en Allemagne, dans ces vingt-cinq dernières années, il a été acheté plus | de 3 000 charrues à vapeur d’une valeur de i5o mil-| lions de marks, et 3oo 000 machines à battre à vapeur d’une valeur de 1 milliard de marks.
- D’ailleurs,l’Allemagne a récolté,ces cinq dernières années, une valeur de 5 680 000 000 de marks en êéréales, pommes de terre et betteraves. On peut donc admettre que l’agriculture, soit par ses propres moyens, soit avec l’aide de sociétés ou de banques et le concours de l’Etat, pourra en vingt-cinq ans consacrer un milliard de marks à l’acquisition dui matériel électrique qui lui sera nécessaire.
- Quant aux centrales, elles devront posséder une puissance totale de 1,6.108 kilowatts y compris les réserves, être au -nombre d’environ 5oo, et débiter annuellement environ 750 millions de kilowatts-heure.
- L’application de l’électricité à l’agriculture, en Allemagne, sera pour l’industrie électrique et les industries qui s’y rattachent une occasion magnifique d’activité productrice. Elle permettra à la petite propriété de subsister en face de la grande propriété ce qui est d’une grande importance au point de vue social et national. Enfin, elle rendra moins sensible le manque de bras dans les campagnes.
- Les agriculteurs, en employant l’électricité dans une large mesure, verront leurs frais diminuer et le revenu de leurs propriétés s’accroître.
- L’auteur constate, en terminant, que c’est en Allemagne que l’électricité a, jusqu’à présent, été employée sur la plus vaste échelle pour les travaux agricoles.
- H. B.
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- Itf Mai 1911. REVUE D’ÉLECTRICITÉ 215
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- Sur la non responsabilité d’une compagnie électrique en cas d’accident. Jugement du tribunal civil du Havre, du 23 juin 1910 (<).
- L’arrêté ministériel du 21 mars 1908, en prescrivant que, dans la traversée des agglomérations, les fils électriques passant au-dessus d’un toit doivent en être distants de 1 m. 5oau moins, n’a pas entendu dire que ces fils doivent en outre être placés à 1 m. 5o au-dessus des lucarnes, cheminées ou autres saillies qui peuvent surmonter le toit.
- En conséquence, lorsqu’un habitant est monté sur l’appui d’une lucarne en s’agrippant par la main gauche -à un crochet situé en dessus et est ainsi arrivé à pouvoir saisir avec son bras droit un fil électrique passant à 45 centimètres de la lucarne, la Société distribuant l’électricité ne saurait être
- (*) Cette note et la suivante sont extraites des communications publiées par le Comité du Contentieux de la Chambre Syndicale des Forces Hydrauliques, etc., {avril 1911).
- rendue responsable de l’accident mortel qui en est résulté pour lui, dès lors que ses fils passaient au-dessus dutoità ladistance réglementaire et que, au surplus elle ne pouvait prévoir que la victime se livrerait à un pareil exercice de gymnastique pour atteindre le fil qui a causé sa mort.
- Loi du 7 avril 1911 portant prorogation de six mois du délai accordé pour la reconnaissance des droits acquis sur les cours d’eau du domaine public (* *).
- L’article unique de cette loi stipule que le délai prévu par l’article 128 in fine de la loi du 8 avril 1910 est prorogé jusqu’au 8 octobre 1911 (2).
- (*) Les cours d’eau visés sont :
- i° Ceux qui figurent au tableau annexé à. la loi du 10 juillet i835, en tenant compte des modifications apportées par les décrets postérieurs déclassement et déclassement.
- 20 Ceux qui sont entrés dans le domaine public à la suite de travaux d’utilité publique ou d’actes de rachat.
- (2) Ce délai devait expirer le 8 avril 1911.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Statistique des usines électriques en Autriche.
- L’Elektrotechnischer Verein de Vienne s’occupe actuellement de la publication d’une statistique des usines électriques en Autriche. Etant donnée l'importance toujours croissante qu’acquiertl’électricité, non seulement dans les domaines techniques et industriels, mais aussi dans la vie même d’un pays, on ne saurait trop encourager une initiative de ce genre qui présente le plus vif intérêt.
- Cet ouvrage constituera un aperçu général de toutes les installations électriques de l’Autriche et de la Bosnie-Herzégovine. Il contiendra les noms <et adresses de tous les constructeurs et de toutes les
- usines électriques, dont il existe dans l’empire environ 800,alimentant plus de 1 600 localités;il renseignera également sur le nombre d’habitants des différents lieux d’exploitations, les dates de commencement de ces dernières; sur le genre de courant produit, la tension, la force motrice, les réseaux, la puissance des génératrices, accurnulateurs, le nombre de lampes, de compteurs et de moteurs ; sur les prix du courant, les tarifs, les capitaux, la production annuelle, etc.
- Le prix de souscription de cet ouvrage est de 2,80 couronnes (environ 3 francs) et, à partir de juillet 19x1, de 3,80 couronnes (4 francs). Il doit être envoyé à l’Elektrotech. Verein, Vienne, VI. Theobaldgasse, 12.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2« Série). —N« 20- '
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Eclairage moderne à Turin.
- A l’occasion de l’exposition de Turin, la municipalité a commandé à la Société Westinghouse un équipement de 65 lampes à arc à électrodes métalliques, branchées en série et commandées par un transformateur-régulateur à redresseur Cooper-He-vwitt. L’enroulement primaire du transformateur est connecté directement au réseau primaire à 6 3oo volts; l’enroulement secondaire forme lp diviseur du convertisseur. Les lampes sont alimentées par courant continu recueilli entre l’électrode négative de l’ampoule et le point neutre du diviseur. Les enroulements primaires sont mobiles; ils sont en équilibre lorsque le courant normal passe par les enroulements secondaires stationnaires. La plus légère variation de charge provoque une répulsion entre les enroulements primaires et secondaires; cet écartement modifie le coefficient de transformation de l’appareil et produit ainsi automatiquement un courant constant quel que soit le nombre de lampes en service. La production de courant constant étant la condition essentielle pour la bonne marche d’une série d’arcs, le système ci-dessus permet d’obtenir un excellent fonctionnement.
- Les lampes sont munies d’un dispositif de mise en court-circuit, assurant la continuité du circuit en cas d’extinction ; la chute de potentiel provoquée par la mise hors service d’une ou plusieurs lampes est automatiquement compensée au régulateur-transformateur.
- Les électrodes des lampes sont formées, non par des charbons, mais par des électrodes métalliques dont la durée de combustion minimum est de i5o heures pour 6,6 ampères et 68 volts par lampe ; l’intensité lumineuse émise est d’environ i /|ûo bougies par lampe.
- On voit que, dans ce système, on obtient les facilités de réglage et la modicité du prix d’installation propres aux distributions à courant alternatif, tout en alimentant les lampes par courant continu. La main-d’œuvre est minime, ainsi que les frais d’exploitation.
- Cet équipement doit être mis en marche aux environs de l’ouverture de l’exposition et les lampes sont destinées à l’éclairage de quelques avenues de la ville de Turin.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- ' Le renouvellement du privilège de la Banque de France intéresse, nous l’avons déjà dit, toüte l’industrie et tout le commerce français. La reprise prochaine des travaux parlementaires donne à cette question un regain d’actualité en même temps que la publication résumée de l’enquête faite par les ministères des Finances et du Commerce auprès des Chambres de commerce, des Chambres syndicales et des organisations économiques qui inondent notre pays. Nous noterons avec satisfaction que toutes, sauf trois Chambres de commerce, se prononcent pour le renouvellement du privilège sans conditions ; elles se félicitent d’abord de l’organisation des services de la Banque de France, elles reconnaissent l’excellente influence de sa politique monétaire, et elles émettent le vœu que rien lie soit changé aux conditions actuelles de son privilège. Cette confiance de la part de tous ceux qui travaillent et qui luttent pour le bon renom du pays est faite de la constatation des services rendus ; elle devrait être du plus grand poids pour déterminer une action conforme des législateurs. Si quelques vœux spéciaux qui souhaitent une amélioration de certaines conditions d’escompte et d’acceptation de papier pouvaient être pris en considération, la presque unanimité des désirs des commerçants et industriels devrait avoir gain de cause sur la question du renouvellement sans augmentation de charges, notamment sans l’obligation de mettre à la disposition du petit commerce et de la petite industrie et sans intérêts d’importants capitaux : cette mesure, nous l’avons dit, retomberait sur ceux mêmes qui en profiteraient. En résumé la consultation de nos assem blées commerciales est une explosion de bon sens économique, dès lors que la politique en est systé-
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- 26 Mai 1911.
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- matiquemeut exclue. On a écrit que le ministre des Finances négociait avec la Banque }es conditions du ^nouvellement ; est-ce bien utile quand on a derrière soi l’opinion de tant de gens qui réclament le statu qup ?
- . L’opinion anglaise vient d’être saisie de deux projets d’assurance contre l’invalidité et la maladie, et contre le chômage dont les dispositions principales revêtent lés mêmes caractères que celles de nôtfe lo1 des retraites ouvrières et paysannes. L’obligation est à la basé de l’assurance contré la maladie pour tous ceux dont les salaires sont inférieurs à 75 francs par semaine, soit 3 900 francs par an ; l’assurance • s’étendra donc à une catégorie plus nombreuse que celle de nos retraités obligatoires qui ne doivent pas gagner plus de 3 000 francs par an. Les ressources proviendront d’une contribution des salariés : ait; 4.9 par semaine pour lés hommes, o fr. 3o pour les femmes; d’une contribution des patrons : o fr. 3o par semaine et par salarié; et d’une contribution de l’Etat : o fr. 20. Mais pour proportionner l’effort des salariés au montant de leurs salaires, le projet prévoit une réduction de leur part contributive quand leur gain par journée de travail est égal ou inférieur à 4 fr. 35; dans ce cas, le patron devra parfaire la différence entre ce que l’ouvrier paie et ce qu’il aurait dû payer si son salaire était supérieur au taux minimum indiqué.
- La constatation des versements obligatoires sera faite par des timbres achetés dans les bureaux de poste et collés sur des cartes. Le nombre des assurés prévu est de 14 700000. Moyennant les versements prévus, les malades toucheront : les hommes, iafr. 5o par semaine pendant les trois premiers mois,6fr. 25 pour les trois mois suivants ; les femmes, 9 fr. 35 pour les trois premiers mois et 6 fr. 25 pour les trois suivants; médecins et pharmaciens seront payés; une allocation de 37 fr. 5o sera donnée à la mère au moment de l’accouchement, à la condition qu’elle ne retourne pas au travail avant un mois après la naissance de l’enfant.
- Différentes dispositions cherchent à résoudre les difficultés qui naîtront de l’altitude des malades. Les enfants de moins de seize ans, admis à l’assurance, n’auront droit qu’au traitement médical, et les personnes de seize à vingt et un ans recevront : les garçons, 6 fr. 25 par semaine pour les trois premiers mois, les filles, 5 francs par semaine.
- Les dépenses totales sont évaluées à 600 millions dès que la loi recevra son plein effet. L’assurance pour le chômage ne s’appliquerait qu’aux mécani-
- ciens, aux ouvriers des constructions navales et du bâtiment, soit environ 2 400 000 ; les contributions seront par semaine de : o fr. 25 pour le patron, o fr. 25 pour l’ouvrier, et pour l’Etat 25 % du coût de l’opération ; au total, celle-ci s’élèverait à 68 750 000 francs. Au momënt où, en France, tous les syndicats ouvriers discutent si vivement le régime obligatoire des retraites ouvrières, il est intéressant de voir l’Angleterre, d’uii tempérament très différent du nôtre, si peu habituée à l’intervention de l’Etat dans les affaires privées, essayer d’introduire chez elle les pratiques du continent.
- Les économistes en chambre discutent le projet, mais les industriels qui seront obligés de le subir réservent leurs appréciations et ne doivent penser qu’aux difficultés supplémentaires que leur créeront ces lois, à la vérité bienfaisantes, mais dont les conséquences toujours très différentes des prévisions surchargent toujours le prix de revient, puis le prix de vente, ce qui rend la vie plus chère pour tout le monde. Ces tentatives du chancelier de l’Echiquier auront une répercussion en France, il n’en faut point douter, et c’est pourquoi nous nous sommes attardés à en signaler les dispositions principales copiées on le voit sur celles de notre loi des retraites.
- L’attention des capitalistes est de nouveau mise en éveil par les valeurs d’aluminium. La Société pour l'Industrie de l’Aluminium à Neuhausen a déclaré un bénéfice de 3 472 907 francs.pour l’exercice écoulé et ses actionnaires viennent de voter la répartition d’un dividende de 14 % Le rapport est très optimiste sur l’avenir immédiat de la Société, qui ne dépend de personne pour la fabrication de l’aluminium, puisqu’elle possède d’importants gisements de bauxite dans le Var, et qui se trouve profiler pour le carbure de calcium de l’entente internationale réalisée au cours de l’été 1910. Mais la Société fabrique en outre l’acide azotique et ses dérivés.
- L’augmentation de capital proposée à l’assemblée précédente et approuvée par elle n’a pu aboutir, en raison des pourparlers engagés pour la formation d’un syndicat de producteurs eui’opéens. A cet égard, le rapport parle des tentatives de l’automne 1910 qui n’aboutirent pas, et du vœu pourtant général de fixer le marché d’une manière stable, mais l’alliance est faite entre les producteurs français. Ensemble ils viennent de racheter l’Aluminium du Sud-Ouest; ils créent une usine commune au pied de la chute d’Arreau dans les Hautes-Pyrénées et pour la réalisation de leurs projets sollicitent le crédit public sous la forme d’obligations de 5oo francs
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- rapportant 4 1/2 % nets des impôts actuels ou de leur équivalent en cas de remplacement. La Société des Produits Chimiques d’Alais et de la Camargue, l’un des membres du syndicat, a précisément déclaré dans son rapport à l’assemblée générale de ses actionnaires, le 28 avril dernier, que la fabrication de l’aluminium pouvait donner cette année de bons résultats, la marge entre les chiffres de la production et ceux de consommation étant suffisante pour que le prix de vente soit rémunérateur. Les bénéfices de l’exercice ont été supérieurs à ceux du précédent exercice et le dividende a été fixé à 40 francs par titre. Des essais sont en cours pour juger des procédés de fabrication de la Société générale des Ntyrures et, s’ils donnaient satisfaction, Péchiney les achèterait et se créerait de nouveaux débouchés qui exigeraient cependant de nouvelles immobilisations. L’assemblée, en prévision, a autorisé le conseil à émettre huit millions d’obligations.
- La Société Métallurgique de l’Aluminium, procédés Péniakoff, dont le siège est en Belgique, et dont l’actif est constitué par un portefeuille de diverses valeurs d’aluminium, a réalisé de son côté un bénéfice de 88 095 francs pour un capital actions de 1 638 3oo francs, bénéfice qu’elle a préféré reporter, la Société des produits alumineux, et la Société belge néerlandaise d’aluminium, ses filiales, étant encore dans une situation qui exige la consolidation de la situation financière.
- La dernière assemblée du Secteur Electrique de la Rive Gauche a procuré quelque surprise aux actionnaires. Le conseil d’administration a remis, en effet, sa démission à ses mandataires, à la suite
- d’une divergence de vues avec un groupe important d’actionnaires sur la question du remboursement du solde des obligations. Depuis deux ans, le conseil avait consacré ses disponibilités à l’amortissement de sa dette obligataire, poursuivant cette même politique qui avait pour objectif de laisser aux actionnaires la complète disposition des bénéfices réalisés pour les derniers exercices à courir. Mais le conseil poursuivait aussi pour 1914 la liquidation de la Compagnie dont l’actif ne devait plus se trouver représenté que par l’usine des Moulineaux, diverses canalisations, les valeurs en portefeuille et les espèces en caisse. Le groupe en question a estimé qu’il pouvait tirer un parti intéressant de l’actif immobilier, quitte à en modifier la valeur et l'utilisation par de nouvelles immobilisations qui trouveraient une rémunération suffisante dans la distribution de force motrice soit à Paris, soit hors Paris-Possédant la majorité des actions, il s’est donc opposé au vote de la proposition de l’ancien conseil et il a pris en mains la direction de l’affaire qui va désormais se poursuivre sur de nouvelles basés.. Les recettes de 1910, très influencées parles inondations, se sont élevées à 3 733 g5o francs, en diminution seulement de 65 000 francs sur 1909, et les dépenses se sont montées à 2929 2x9 francs, en augmentation de 2o3 670 francs. Le produit net de l’exploitation s’est trouvé réduit à 804 730 francs et le bénéfice total à 907 845 francs. Le nouveau conseil ne manquera pas de faire à bref délai de nouvelles propositions de l’emploi de ces disponibilités qui auront pour corollaire des dispositions financières-que l’on peut prévoir évidemment.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- DIVERS
- Circulaire et arrêté du ministre des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes, en date du 21 mars 1911, déterminant les conditions techniques auxquelles doivent satisfaire les distributions d'énergie électrique pour Tapplication de la loi du 15 juin 1906 syr les distributions d’énergie (Suite et fin) (»).
- (*) Voir Lumière Electrique, i5, 22, 29 avril, 6 et i3 mai 1911, p. 62, 94, 127, 157 et 189.
- Installation des canalisations à l’intérieur dès " sous-stations et postes de transformateurs.
- Art. i3. — § 1. A l’intérieur des sous-stations et postes de transformateurs, les canalisations nues de la deuxième catégorie doivent être établies hors de la portée de la main sur des isolateurs convenablement espacés et être écartées des masses métalliques, tels que piliers ou colonnes, gouttières, tuyaux de descente, etc.
- Les canalisations nues de la première catégorie qui
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- 20 Mai 1911.
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- sont & portée de la main doivent être signalées à l’atten-lion par une marque bien apparente.
- Les (enveloppes des autres canalisations doivent être convenablement isolantes.
- §a, Des dispositions doivent être prises pour éviter réchauffement anormal des conducteurs, à l'aide de coupe-circuits, fusibles ou autres distributifs équivalents.
- § 3. Toute installation reliée à un réseau comportant des lignes aériennes de plus de 5oo mètres doit être» suffisamment protégée contre les décharges atmosphériques.
- Tableaux de distribution.
- Art. 14. — A. Distributions de la première catégorie :
- Sur les tableaux de distribution de courants appartenant à la première catégorie, les conducteurs doivent présenter les isolements et les écartements propres à éviter tout danger.
- B. — Distribution de la deuxième catégorie :
- § 1. Sur les 'tableaux de distribution portant sur leur face avant (où se trouvent les poignées de manœuvre et les instruments de lecture) des appareils et pièces métalliques de la deuxième catégorie, le plancher de service doit être isolé électriquement et établi dans les conditions indiquées à l’article 12.
- § 2. Quand des pièces métalliques ou appareils de la deuxième catégorie sont établis à découvert sur la face arrière du tableau, un passage entièrement libre de 1 mètre de largeur et de 2 mètres de hauteur au moins est réservé derrière lesdits appareils et pièces métalliques ; l’accès de ce passage est défendu par une porte fermant à clef, laquelle ne peut être ouverte que par ordre du chef de service ou par ses préposés à ce désignés ; l’entrée en sera, interdite à toute autre personne.
- § 3. Tous les conducteurs et appareils de la deuxième catégorie doivent, notamment sur les tableaux de distribution, être nettement différenciés des autres par une marque très apparente (une couche de peinture par exemple).
- Locaux des accumulateurs.
- Art. i5. — Dans les locaux où se trouvent des batteries d’accumulateurs, toutes les précautions sont prises pour éviter l'accumulation de gaz détonants ; la ventilation de ces locaux doit assurer l’évacuation continue des gaz dégagés.
- Les lampes à incandescence employées dans ces locaux sont à double enveloppe.
- Eclairage de secours.
- Art. 16. — Les salles des sous-stations doivent pos-
- séder un éclairage de secours en état *dc fonctionner en cas d’arrêt du courant.
- Mise à la terre des colonnes et autres pièces métalliques des sous-stations et posteside transformateurs.
- Art. 17, — Les colonnes, les supports et, en général, toutes les pièces métalliques des sous-slations et [postes de transformateurs qui risqueraient d’être soumis à une tension de la deuxième catégorie doivent être convenablement reliés à la terre.
- Section V. —Branchements particuliers.
- Prescriptions générales.
- Art. 18. — Les branchements particuliers doivent être munis de dispositifs d’interruption auxquels l’entrepreneur de la distribution doit avoir accès en tout temps.
- Canalisations aériennes.
- Art. 19. — Les conducteurs aériens formant branchements particuliers doivent être protégés dans toutes les-parties où ils sont à la portée des personnes.
- Canalisations souterraines.
- Art. 20. — Les conducteurs souterrains d’énergie électrique formant branchements particuliers doivent être recouverts d’un isolant protégé mécaniquement d’une façon suffisante, soit par l’armature du câble conducteur, soit par des conduites en matière résistante et durable.
- CHAPITRE II
- DISPOSITIONS SPÉCIALES APPLICABLES AUX OUVRAGES DE DISTRIBUTION DANS LA TRAVERSÉE DES COURS d’eAU, DES CANAUX DE NAVIGATION ET DES LIGNES DE CHEMINS DE FER, AINSI QU’AUX OUVRAGES SËRVANT A LA TRACTION PAR
- l’électric.ité.
- Prescriptions générales.
- Art. 21.— Les prescriptions du-chapitre i« sont applicables aux parties des distributions d’énergie électrique traversant les fleuves, les rivières navigables ou flottables, les canaux de navigation ou les chemins de fer, ainsi qu’aux ouvrages servant à la tracli01 par l’électricité, sous réserve des dispositions spéciales énoncées au-présent chapitre.
- Section I. — Traversée des cours d’eau et des canaux de navigation par des canalisations aériennes.
- Hauteur des conducteurs.
- Art. 22. — § 1. A la traversée des cours d’eau navigables et des canaux de navigation, la hauteur minimum des conducteurs au-dessus du plan d’eau est fixée, dans;
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- chaque cas, suivant la nature des bateaux fréquentant ces rivières et le mode de navigation.
- Cette hauteur ne peut être inférieure à 8 mètres au-dessus des plus hautes eaux navigables.- Toutefois, dans les bras où la navigation est impraticable, elle peut être iréduite h 3 mètres au-dessus des plus hautes eaux.
- § a, La même hauteur minimum de 8 mètres est applicable à la traversée des autres rivières du domaine public, mais elle peut être réduite à la traversée des cours d’eau classés comme flottables, lorsque le flottage n’est pas effectivement pratiqué, sous réserve que celte hauteur ne sera pas inférieure à 3 mètres au-dessus des plus hautes eaux.
- Coefficient de sécurité de Vinstallation dans la traversée des cours d’eau et des canaux de navigation.
- Art. 23. — Le coefficient de sécurité de l’installation, dans la traversée des cours d’eau navigables et des canaux de navigation, est au moins égal à 5 et, pour la traversée des autres rivières du domaine public, au moins égal à 3.
- Le- même coefficient 3 .est applicable aux inslalla-i tions faites sur les dépendances des cours d’eau et des canaux qui ne sont pas ouvertes à la circulation publique •et en particulier sur les emplacements réservés au ihalage.
- Section II. — Traversée des lignes de chemins de fer.
- Dispositions générales.
- Art. 24. —§ 1. Pour traverser un chemin de fer, toute •canalisation électrique doit, de préférence, emprunter un ouvrage d’art (passage supérieur ou passage inférieur), et, autant que possible, ne pas franchir cet •ouvrage en diagonale,
- A défaut de pouvoir, en raison de circonstances locales, emprunter un ouvrage d’art la canalisation doit, autant que possible, effectuer la traversée en un point de moindre largeur de l’emprise du chemin de >fer.
- § 2. La ligne dont fait partie la canalisation traversant le chemin de fer doit pouvoir être coupée du reste de la •distribution et isolée de tout générateur possible de -courant.
- § 3. Des dispositions spéciales devront être prises, quand il y aura lieu, pour la protection des ouvrages traversés, notamment lorsqu’ils comporteront des parties métalliques.
- Canalisations aériennes.
- Art. 25. — § 1. Toute canalisation aérienne, qui n’em-prunle pas un ouvrage d’art doit franchir les voies ferrées autant que possible d’une seule portée et suivant «ne direction aussi voisine que possible de la normale à •ces voies et, en tous cas, sous un angle d’au moins 6o°, à
- moins qu’elle ne soit établie le long d’une voie publique traversant la voie ferrée sous un angle moindre. Son point le plus bas doit être situé à 7 mètres au moins de hauteur au-dessus du rail le plus haut ; ellè doit être établie à 2 mètres au moins de distance dans le sens vertical du conducteur électrique préexistant le plus voisin.
- § 2. Les supports delà traversée doivent être distants chacun d’au moins 3 mètres du bord extérieur du rail le plus voisin, et placés autant que possible en dehors des lignes de conducteurs électriques existant le long dés voies.
- § 3. Les supports de la traversée sont encastrés dans un massif de maçonnerie et constitués de façon assez solide pour pouvoir, en cas de rupture de tous les fils les sollicitant d’un côté, résister à la traction qu’exerceraient sür eux les fils subsistant de l’autre côté, à moins que l’entrepreneur n’ait fait agréer une disposition équivalente au point de la vue de la sécurité.
- § 4-En outre des prescriptions indiquées au chapitre i«r, notamment en ce qui concerne les traversées, chaque conducteur est relié, sur chacun de ses supports, à deux-isolateurs.
- § 5. A chacun des supports et 5o centimètres au moins des isolateurs dans la portée de la traversée est fixé un cadre métallique relié à la terre que traverse tout le faisceau des conducteurs, afin qu’eu cas de rupture d’un ou plusieurs isolateurs ou conducteurs ce ou ces conducteurs soient mis à la terre.
- § 6. Les supports métalliques sont pourvus d’une bonne communication avec le sol.
- § 7. Le coefficient de sécurité de l’installation constituant la traversée, calculé conformément aux indications de l’article 6 ci-dessus, est au moins égal à cinq pour les maçonneries de fondations et pour les organes des supports et à dix pour les conducteurs. Dans l’hypothèse de la rupture de tous les conducteurs placés d’un même côté, le coefficient de sécurité de l’installation doit être au moins égal à i,25.
- jj 8. Dans les distributions de deuxième catégorie :
- a) Il n’est pas fait usage de poteaux ou pylônes en bois dans la traversée et les portées immédiatement contiguës.
- b) Le diamètre de l’éme métallique des conducteurs d’énergie ne peut être inférieur à 4 millimètres quand la portée de ces conducteurs dans la traversée est au plus de 40 mètres et ù 5 millimètres quand celte portée est supérieure à 4o mètres.
- Le diamètre pourra, toutefois, être inférieur aux minima ci-dessus indiqués, si la traversée est constituée par des conducteurs doublés, pourvu que le coefficient de sécurité de l’ensemble de ces conducteurs doublés soit au moins égal à celui qu’assurerait l’emploi de conducteurs simples ayant les diamètres minima fixés par l’alinéa précédent.
- Canalisations souterraines.
- Art. 26.’— § 1. Les canalisations souterraines doivent
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- être en câbles armés des meilleurs modèles connus, comportant une chemise de plomb, sans soudure, et une armure métallique.
- Leè éâbles sont noyés dans le sol, non pas seulement à la traversée des voies ferrées, mais encore de part et d’autre et jusqu’à 3 mètres au moins au delà des lignes électriques existant le long des voies.
- § 2. Les câbles sont placés dans des conduites d’au moins 6 centimètres de diamètre extérieur, prolongées de part et d’autre des deux rails extérieurs des voies, de telle façon que l'on puisse, sans opérer aucune fouille sous les voies et le ballast, poser et retirer lesdils câbles,
- .Sur le reste de leur parcours, dans l’emprise du chemin de fer, les câbles peuvent être placés à nu dans le sol, mais à une profondeur de 70 centimètres au moins en contrebas de la plate-forme des terrassements.
- § 3. Les câbles armés employés dans la traversée ne peuvent être mis en place qu’après que les essais à l’usine démontrent que leur isolant résiste à la rupture à l’action d’un courant alternatif, sous une différence de potentiel au moins double de la tension prévue en service.
- Section III. — Prescriptions relatives à. l’établissement des ouvrages servant à. la traction par
- l’électricité au moyen du courant continu (•).
- Tension des distributions pour traction.
- Art. 27. — Les dispositions de l’article 3, paragraphe 4) de l’article 5, paragraphe 2 b, 4 et 6, de l’article 25 et des deux premiers alinéas du paragraphe 3 de l’article 3i ne visent pas les conducteurs de prise de courant, ni leurs supports, ni les autres lignes placées sur ces supports ou en dehors de la voie publique ou inaccessibles au public, si la .tension entre ces conducteurs et la terre ne dépasse pas 1 000 volts.
- Voie.
- Art. 28. — Quand les rails de roulement sont employés comme conducteurs, toutes les mesures nécessaires sont prises pour protéger contre l’action nuisible des courants dérivés les masses métalliques telles que les voies ferrées du chemin de fer, les conduites d’eau et de gaz, les lignes télégraphiques ou téléphoniques, toutes autres lignes électriques, etc.
- A cet effet, seront notamment appliquées les prescriptions suivantes :
- § i. La conductance de la voie est assurée dans les (*)
- (*) Les projets de traction par l’électricité au moyen du courant alternatif doivent être soumis au ministre des Travaux publics toutes les fois que les canalisations empruntent la voie publique.
- meilleures conditions possibles, notamment en ce qui concerne les joints dont la résistance ne doit pas dépasser pour chacun d’eux celle de 10 mètres de rail normal.
- L’exploitant est tenu de vérifier périodiquement cette-conductance et de consigner les résultats obtenus sur un registre qui doit être présenté à toute réquisition du. service du contrôle.
- § 2. La perte de charge dans les voies, mesurée sur-une longueur de voie de 1 kilomètre prise arbitrairement sur une section quelconque du réseau, ne doit pas. dépasser en moyenne un volt pendant la durée effective de la marche normale des voitures.
- § 3. Les artères reliées à la voie sont isolées.
- § 4- Aux points où la voie de roulement comporte des. aiguillages ou des coupures, la conductance est assurée par des dispositions spéciales.
- §5. Lorsque la voie passe sur un ouvrage métallique,, elle est autant que possible isolée électriquement dans la traversée de l’ouvrage.
- § 6. Aussi longtemps qn’il n’existe pas de masses métalliques dans le voisinage des voies, une perte de-charge supérieure aux limites fixées au paragraphe 2 peut être admise, à la condition qu’il n’en résulte aucun inconvénient et en particulier aucun trouble dans les communications télégraphiques ou téléphoniques, ni dans, les lignes de signaux de chemins de for.
- § 7. L’entrepreneur de la distribution est tenu de faillies installations nécessaires pour permettre au service? du contrôle de vérifier l’application des prescriptions d\a présent article; il doit notamment disposer, s’il y æ nécessité, des fils pilotes entre les points désignés de la. distribution.
- Protection des lignes aériennes voisines.
- Art. 29. — A tous les points où les lignes assurant le service de traction croisent d’autres lignes de distribution ou des lignes télégraphiques ou téléphoniques, les dispositifs doivent être établis en vue de protéger mécaniquement ces lignes contre les contacts avec les conducteurs aériens servant à la traction.
- Des dispositions sont prises pour qu’en aucun cas--l’appareil de prise de courant ne puisse atteindre les lignes voisines.
- Fils transversaux servant à la suspension des conducteurs de prise de courant.
- Art. 3o. — Les fils transversaux servant à la suspension des conducteurs de prise de courant sont isolés avec soin de ces conducteurs et de la terre.
- Partout où il est nécessaire, ces fils sont munis de dispositifs d’arrêt destinés à retenir les fils télégraphiques, téléphoniques ou de signaux qui viendraient à tomber et à glisser jusqu’au conducteur de prise de courant.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Série). ~ 2Ô.
- CHAPITRE III
- PROTECTION DES LIGNES TÉLÉGRAPHIQUES, TÉLÉPHONIQUES OU DE SIGNAUX.
- Voisinage des lignes télégraphiques, téléphoniques ou de signaux et des canalisations aériennes (').
- Art. 3i. — § i. En aucun cas, la distance entre les conducteurs d’énergie électrique et les fils télégraphiques, téléphoniques ou de signaux ne doit être inférieure à i mètre.
- § 2. Lorsque des conducteurs d’énergie électrique parcourus par des courants de la deuxième catégorie suivent parallèlement une ligne télégraphique, téléphonique ou de signaux, la distance minimum à établir entre ces lignes doit être augmentée de manière qu’en aucun càs il ne puisse y avoir de contact accidentel.
- Cette distance ne peut être inférieure à 2 mètres, excepté si les conducteurs sont fixés sur toute leur longueur, auquel cas la distance peut être réduite à 1 mètre comme pour toutes autres lignes.
- § 3. Aux points de croisement, les conducteurs d’énergie sont autant que possible placés au-dessus des fils télégraphiques, téléphoniques ou de signaux.
- Si les conducteurs d’énergie sont au-dessus des fils télégraphiques, téléphoniques ou de signaux, il est fait application des dispositions de l’article 3, paragraphe 5 et de l’article 5, iiaragraphes 5 et 6 h.
- Si les conducteurs d’énergie sont au-dessous des fils télégraphiques, téléphoniques ou de signaux, et s’ils sont parcourus par des courants de deuxième catégorie, un dispositif de garde efficace, pourvu d’une bonne communication avec le sol, est solidement établi entre les deux sortes de conducteurs.
- Une disposition analogue peut, en cas de nécessité, être imposée pour les conducteurs de première catégorie.
- Dans les deux cas qui précèdent, les lignes télégraphiques, téléphoniques ou de signaux sont dûment consolidées.
- Lorsque les dispositions prévues au présent paragraphe ne peuvent être appliquées, les lignes préexistantes doivent être modifiées.
- § 4 • Au voisinage des ouvrages de distribution, il pourra être établi, s’il est jugé nécessaire, des coupe-circuits spéciaux sur les fils télégraphiques, téléphoniques ou de signaux intéressés.
- Voisinage des lignes télégraphiques ou de signaux et des canalisations souterraines.
- Art. 32. —§ 1. Lorsque des conducteurs souterrains
- s (!) Nota. Il est rappelé que les frais des modifications jugées nécessaires des lignes télégraphiques ou téléphoniques préexistantes à celles de la distribution incombent â l’entrepreneur de cette distribution.
- d’énergie électrique suivent une direction commune avec une ligne télégraphique, téléphonique ou de signaux souterraine et que les deux canalisations sont établies en tranchée, une distance minimum de 1 mètre doit exister entre ces conducteurs et la ligne télégraphique, téléphonique ou de signaux, à moins qu’ils ne soient séparés par une cloison.
- § 2. Lorsque des conducteurs souterrains croisent une ligne télégraphique, téléphonique ou de signaux, ils doivent être placés à une distance minimum de 5o centimètres des lignes télégraphiques, téléphoniques ou de signaux, à moins qu’ils ne présentent, en ces points, au point de vue de la sécurité publique, de l’induction et des dérivations, des garanties équivalentes à celles des câbles concentriques ou cordés à enveloppe de plomb et armés.
- • Lignes téléphoniques, télégraphiques ou de signaux
- affectées à l’exploitation des distributions de deuxième
- catégorie.
- Art. 33, — Les lignes téléphoniques, télégraphiques ou de signaux, qui sont montées, en tout ou en partie de leur longueur, sur les mêmes supports qu’une ligne électrique de la deuxième catégorie, sont assimilées, pour les conditions de leur établissement, aux lignes électrique de cette même catégorie. En conséquence, elles sont soumises aux prescriptions applicables à ces lignes.
- Les lignes téléphoniques, télégraphiques ou de signaux sont toujours placées au-dessous des conducteurs d’énergie électrique.
- En outre, leurs postes de communication, leurs appareils de manœuvre ou d’appel sont disposés de telle manière qu’il ne soit possible de les utiliser ou de les manœuvrer qu’en se trouvant dans les meilleures conditions d’isolement par rapport à la terre, â moins que leurs appareils ne soient disposés de manière à assurèr l’isolement de l’opérateur par rapport à la ligne.
- CHAPITRE IY
- ENTRETIEN DES OUVRAGES. ---- EXPLOITATION DES
- DISTRIBUTIONS
- Précautions à prendre dans les travaux d'entretien^des lignes.
- Art. 34. — Lignes de la première catégorie :
- Aucun travail ne peut être entrepris sur des conducteurs de la première catégorie en charge ou sur des conducteurs placés sur les mêmes supports que des conducteurs de deuxième catégorie sans que des précautions suffisantes assurent la sécurité de l’opérateur.
- Lignes de la deuxième catégorie :
- § 1. Il est formellement interdit de faire exécuter sur les lignes de la deuxième catégorie aucun travail sans
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- qu’elles aient été, au préalable, isolées de tout générateur possible de courant.
- § a. La communication ne peut être rétablie que lorsqu’il y a certitude que les ouvriers ne travaillent plus sur la ligne.
- A cet effet, l’ordre de rétablissement du courant ne peut être donné que par le chef de service ou son délégué, et seulement après qu’il se sera assuré que le travail est terminé et que tout le personnel de l’équipe est réuni eh un point de ralliement fixé à l’avance.
- Pendant toute la durée du travail, toutes dispositions utiles doivent être prises pour que le courant ne puisse être rétabli sans ordre exprès du chef de service ou de son délégué.
- § 3. Les mesures indiquées aux deux paragraphes précédents peuvent être remplacées par l’emploi de dispositifs spéciaux permettant, soit au chef d’équipe, en cas de travail par équipe, de protéger lui-même l’équipe, soit aux ouvriers isolés de se protéger eux-mêmes par des appareils de coupure pendant toute la durée du .travail.
- § 4- Dans les cas exceptionnels où il est nécessaire qu’un travail soit entrepris sur des lignes en charge de la deuxième catégorie, il ne doit y être procédé que sur l’ordre exprès du chef de service et avec toutes les précautions de sécurité qu’il indiquera.
- Elagage des plantations.
- Art. 35. —’§ i. — Sur les voies publiques empruntées par une distribution d’énergie électrique, l’élagage des arbres plantés en bordure de ces voies publiques, soit sur le sol de ces voies, soit sur les propriétés particulières, doit être effectué aussi souvent que la sécurité de la distribution l’exige.
- S’il en est requis par le service du contrôle, l’entrepreneur delà distribution est tenu de procéder à cet éla-gage, en se conformant aux instructions du service de voirie.
- § 2. Il est interdit de faire exécuter les élagages, ou des travaux analogues pouvant mettre directement ou indirectement le personnel en contact avec des conducteurs électriques ou pièces métalliques de la seconde catégorie sans avoir pris de précautions suffisantes pour assurer la sécurité du public et du personnel par des mesures efficaces d’isolement.
- Affichage des prescriptions relatives à la sécurité dans les distributions de deuxième catégorie.
- Abt. 36. — Les chefs d’industrie, directeurs ou gérants, sont tenus d’afficher dans un endroit apparent des salles contenant des installations de la deuxième catégorie :
- i° Un ordre de service indiquant qu’il est dangereux et formellement interdit de toucher aux pièces métalliques ou conducteurs soumis à une tension de la
- deuxième catégorie, même avec des gajils én caoutchouc, ou de se livrer à des travaux sur ces pièces ou conducteurs, même avec des outils à manche isolant;
- 2° Des extraits du présent arrêté et une instruction sur les premiers soins à donner aux victimes des accidents électriques rédigée conformément aux termes qui seront fixés par une circulaire ministérielle.
- CHAPITRE Y
- DISPOSITIONS DIVERSES
- Interdiction d’employer la terre.
- Art. 3^. — Il est interdit d’employer la terre comme partie du circuit de la distribution.
- Voisinage des magasins à poudre et poudreries.
- Art, 38. — Aucun conducteur d’énergie électrique ne peut être établi à moins de 20 mètres d’une poudrerie ou d’un magasin à poudre, à munitions ou à explosifs, si ce conducteur est aérien; de 10 mètres si ce conducteur est souterrain.
- Cette distance se compte à partir de l’aplomb extérieur de la clôture qui entoure la poudrerie ou du mur d’enceinte spécial qui entoure le magasin. S’il n’existe pas de mur, on devra considérer comme limite :
- i° D’un magasin enterré, le pied du talus du massif de terre recouvrant les locaux;
- 20 D’un magasin souterrain, le polygone convexe circonscrit à la projection horizontale sur le sol des locaux et des gaines ou couloirs qui mettent ces locaux en communication avec l’extérieur.
- Conditions d’application du présent règlement.
- Art. 39. —§ 1. Des dérogations aux prescriptions du présent arrêté peuvent être accordées par le Ministre des Travaux publics, après avis du Comité, d’électricité.
- § 2. Le présent règlement ne fait pas obstacle à ce que le service du contrôle, lorsque la sécurité l’exige, impose des conditions spéciales pour l’établissement des distributions,sauf recours des intéressés au Ministre des Travaux publics.
- § 3. Le présent arrêté annule et remplace l’arrêté du 21 mars 1910.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Allgemeine Elektricitats Gesel/schaft. Berlin.
- A.E. G. Zeitung. Mai 1911. Dessau-Bitterfeld.
- Moderne Schaltaulagen.
- London Brighlon and South Coast Railway.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2® Sérié) 20
- Die New Zentralstation des Elektrizitiitswerkes Strass-burg i E.
- Die Umformung der Elektrischen Energie.
- SOCIÉTÉS.
- CONSTITUTIONS
- Société Anonyme pour le développement de la haute tension en France. — Durée : 99 ans. — Capital : 2 Sooooo fr.
- — Siège social : 77, avenue des Gobelins, Paris.
- CONVOCATIONS
- Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l'Est.
- — Le 29 mai, 75, boulevard Haussmann, à Paris.
- Société Parisienne pour l'Industrie des Chemins de fer et Tramways Electriques. -— Le 3o mai* 75, boulevard Hauss-mann, à Paris.
- Société Nord Lumière. — Le 26 mai, 53, rue des Dames, à Paris.
- Société Française Sprague. — Le 3o mai, 75, boulevard Haussmann, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 3o mai à l’Hôtel des Invalides, h Paris, fournitures pour l’Établissement Central du Matériel de la Télégraphie militaire.
- Ier lot. — 3oo tableaux annonciateurs à quatre directions du modèle des postes centraux militaires.
- 2e lot. — 200 appareils Morse modèle 1907.
- Le 29 juin à l’Hôtel de Ville, à Paris, concours pour l’installation de deux groupes élévatoires d’eaux de sources destinés au service de l’usine de Montsouris.
- La nouvelle installation comprend la fourniture, le transport et la mise en place, pour chaque groupe :
- i° D’un moteur monophasé à collecteur à axé. vèrtical ;
- 20 D’une pompe centrifuge actionnée directement par le moteur, et capable de fournir le débit normal de 25o litres par seconde à la hauteur manométrique de 35 mètres;
- 3° D’un tableau de distribution de l’énergie au moteur électrique ;
- \ 4° La fourniture et la pose du tuyau d’aspiration delà
- pompe et celles de tous les organes et accessoires nécessaires au bon fonctionnement du moteur et de la pompe.
- Une commission administrative se réunirai l’Hôtel de Ville, salle des commissions de la direction des travaux, le jeudi 29 juin 1911, à trois heures 'de l’après-midi, pour, en séance publique, recevoir lçs propositions des concurrents et décider de leur admission.
- Le tojuin, à L’Etablissement Central du Matériel de la Télégraphie militaire, 5i bis, boulevard Latour-Maubourg, à Paris, fourniture de 3oo parleurs téléphoniques modèle 1907-1910.
- BELGIQUE
- Le 23 mai,Ù7 heures, à la maison communale, àVaux-sous-Chèvremont (Liège), fourniture de courant éleclri-qùe;caut.: 1 000 francs. .y - , . .
- Le 28 juin, à n heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, entreprise de l'entretien et de l’exploitation par la traction électrique des chemins de fer vicinaux de Louvain. Soumissions recommandées le 24 juin. -
- Prochainement, à la Bourse de Bruxelles, fourniture à Namur d’objets pour éclairage électrique des trains nécessaires au service; de la traction - et. 'dii- matériel ‘des chemins de fer de VEtat'1:r‘ V-rx-'.r- k : ri • :
- i01' lot, objet en caoutchouc : 1 000 joints pour couvercles de récipients d’accumulateurs types 110, 2 000 id. type 110 eti5o; — 2e lot, objets en ébonite : 5 000 ba guettes pour accumulateurs types 110 et i5o, 55ôplaques de fond et 34o" plaques dé parois pour id. type i5o, 70 broches pour rondelles intercalaires et 120 rondelles intercalaires d’accumulatéurs Lehman type 110; iobro-ches pour rondelles intercalaires et 20 rondelles, intercalaires id. type i5o; — 3elot, 2 800 rhëophores avec saillie en bande de plomb laminé pour accumulateurs types 110 et i5o; -—4® lot; 600 crochets type n»4 â serrage progressif ‘ pour : fermeture de récipients ; -— 5e lot, 2 45o goupillés en fer," 5'4o pivots en fer, 1280 vis à métaux en fer; —• 6e lot, 25 bagues, 90 boutons et 40 pivots en laiton, 100 rondelles en cuivre, 56 rondelles en laiton, 12000 vis à bois et 570 vis à métaux en laiton; — 7e lot, 840 pièces isolantes.
- ANGLETERRE
- Le 24 mai, à. la corporation municipale, à South. Shields, fourniture ét montage d’une turbine à vapeur de 1 5oô kilowatts avec condensateur et pompes, un générateur de 1 100 kilowatts, etc.
- paris.
- IMPRIMERIE LEVÉ li JE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J - B. Noue».
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- trente-troisième année.
- SAMEDI 27 MAI 191 Ir
- Tome XIV ^3e série)».— N° 21. -------------;---------—
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique^-gJ?
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ELECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 225. — E. Bellini et A. Tosi. Le compas azimutal hertzien, p. 227. — Dr S. Tim-chinI. Chronique d’électricité médicale. Les applications médicales de l’éleclricilé, p. 233.
- Extraits des publications périodiques. — Etude, construction et essais de machines. Les alternateurs triphasés auto-excitateurs à fréquence variable, R. Rüdenberg, p. 240. — L’équipement électrique dans les mines des locomotives à courant alternatif type Maffei-Schwartzkopff, R. Richteb, p. 242. — Divers. Le gaz et l'électricité en Allemagne, F. Ross, p. 244. — Variétés. Généralités sur l’électrification des chemins de fer, R. de Valbreuze, p. 246. — Stations centrales et systèmes de distribution, p. 248. — Bibliographie,p. 25o. — Brevets. Dispositif pour la régulation électrique de vitesse des machines, p. 25i. — Procédé et dispositif pour la régulation automatique de la vitesse des moteurs polyphasés, p. 2.52. — Chronique industrielle et financière. — Etudes Economiques, p. 253. —Renseignements commerciaux, p. 255. — Adjudications, p. 256.
- ÉDITORIAL
- L’application, par MM. Bellini et Tosi, de leur système radiotélégraphique aux signaux maritimes destinés à assurer la sécurité de la navigation en temps de brume a donné des résultats fort intéressants que l’on trouvera consignés dans l’article publié aujourd’hui par les inventeurs eux-mêmes.
- La solution du problème se présente sous deux formes différentes selon que l’on place des postes dirigés sur les côtes et des postes ordinaires sur les navires, ou bien que l’on adopte la disposition inverse. Dans le cas où ce sont les navires qui sont munis de systèmes récepteurs dirigeables, les inventeurs ont employé leur compas azimutal hertzien, ainsi nommé, parce qu’il permet, comme le compas azimutal optique, de
- prendre le relèvement d’un point par rapport à l’axe du navire. Les auteurs font d’ailleurs ressortir les avantages marqués de ce compas hertzien sur le compas optique, le principal étant évidemment que le premier fonctionne par les temps les plus brumeux.
- Nous publions aujourd’hui notre première? chronique d'électricité médicale, depuis longtemps promise à nos lecteurs.
- Gomme dans toute série de chroniques, nous débutons par une mise au point complète de l’état actuel de la question.
- C'est M. leD1' Turchini, lauréat de l’Institut, auteur de recherches qui ont contribué à perfectionner l’outillage technique dans ce domaine si spécial de l’électricité, qui a bien
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- ^26 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV Série). — H*21.
- voulu, après entente avec notre éminent collaborateur M. d’Arsonval, traiter, dans leur •ensemble, les applications médicales de l'électricité. Nos lecteurs apprécieront la clarté de l’exposé, résultat d’une documentation très ample.
- La théorie des phénomènes électriques étant familière à nos lecteurs, le Dr Turchini l’a, de propos délibéré, négligée, et a'porté toute son attention sur la description des applications expérimentales elles-mêmes, et de leurs effets physiologiques. Après avoir dit quelques mots de l’électricité statique ou franklinisation, l’auteur s'occupe plus longuement de l’électricité galvanique, et enfin, de la faradisation, réservant pour un prochain article, l’examen de la haute fréquence et des rayons X.
- M. R. Rüdenberg a examiné récemment, à l’aide d’une analyse élémentaire de leur fonctionnement, les conditions d’emploi des machines triphasées à collecteur comme génératrices auto-excitatrices.
- L’attention des constructeurs continue à se porter, d’une manière efficace, sur le moteur monophasé à collecteur, dont on a chaque année à enregistrer de remarquables perfectionnements.
- Le nouveau type de moteurs décrit par M. R. Richter, et destiné à fonctionner sur les locomotives de mines, a été établi pour une tension de régime de 25o volts, chiffre relativement élevé pour ce genre d’applications et qui permet d’éliminer les déplorables pertes en ligne qui gênaient jus-
- qu’à présent ce mode d’utilisation du moteur monophasé à collecteur. En outre, par l’emploi d’un enroulement convenable, l’encombrement, du moteur a pu être notablement réduit.
- M. Richter donne également une description du contrôleur de commande qui prér sente des dispositions intéressantes.
- Les chiffres rassemblés par M. F. Ross, au sujet du développement comparatif du gaz et de Vélectricité en Allemagne, constituent un bon encouragement pour les électriciens. A noter l’influence exercée, à cet égard, par le développement des distributions à tarif réduit.
- On trouvera ensuite deux articles exposant des vues générales, l’un sur' les stations centrales et systèmes de distribution, celui-ci reflétant l’étai d’esprit des techniciens américains, l’autre fixant avec beaucoup de netteté les critériums essentiels qui déterminent, dans Y électrification des chemins de fer, le choix du système du courant. C’est là une question bien confuse et dont peu d’exposés complets ont été donnés. Il faut savoir gré à M. de Valbreuze d’en avoir dessiné l’excellent raccourci que nous reproduisons.
- Cette discussion du choix du courant est d’ailleurs précédée d’un rappel succinct du développement historique de la traction électrique, qui, comme les statistiques de M. F. Ross, est bien faite pour donner aux électriciens quelque confiance dans l’avenir.
- Songeons que le premier chemin de fer électrique date de quinze ans environ.*.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- 29 Mai 1911
- LE COMPAS AZIMUTAL HERTZIEN
- ' Depuis longtemps, on a imaginé des dispositifs pour permettre aux bateaux naviguant en temps de brume de reconnaître les endroits dangereux ou la présence d’autres bateaux, afin d’éviter les échouements et les Collisions.
- Lè point de départ de tous ces moyens a été naturellement de substituer aux signaux optiques, employés par temps clair, des signaux acoustiques ou d’autre nature, tels que les sirènes, les bouées sifflantes, les cloches sous-marines et la télégraphie sans fil.
- Les résultats obtenus par ces moyens sont connus de tous les marins. Ce qui nous intéresse est de faire remarquer que ces moyens ne donnent que des résultats qualitatifs, mais ne peuvent pas renseigner, ou d’une manière tout à fait vague, sur la direction d’où provient le son et sur la distance du bateau au poste qui envoie le signal.
- Nous avons pensé à appliquer notre système de télégraphie sans fil à la solution de cet important problème (*).
- Ce problème se pose de deux façons distinctes.
- On peut, d’une part, établir des postes dirigés côtiers, les bateaux étant pourvus de postes ordinaires. Dans ce cas, le poste côtier donne leurs relèvements aux navires qui les demandent.
- (*) Lumière Electrique, 27 février 1909.
- Bulletin de la Société Internationale des Electriciens, décembre 1908.
- Electriçal Engineering, 14 novembre 1907. Pkilosophical Magazine, octobre 1908.
- Atti deir Associazione Elettrotecnica ftaliana, i3 mai i909-
- Etektrotechnische Zeitschrift, 1909.
- Jahrhuch der drahtlosen Télégraphié und Telephonie, 1,898, 1908; 2,38i, 1909; 2,5n, 1909; 2,6o8, 1909; 3,571, 1910.
- Au contraire, ôn 'peut installer des postes côtiers ordinaires, les bateaux étant pourvus de postes dirigés. Dafis ce pas, le vaisseau prend lui-même le relèvement du poste côtier.
- Chacune de ces deux solutions présente ses avantages et ses inconvénients.
- La première solution permet d’atteindre de grandes portées, celles ordinaires de la télégraphie sans fil, en employant les longueurs d’ondes ordinaires; cela est dû à la possibilité de développer les antennes. Mais elle présente l'inconvénient d’obliger le commandant du bateau à se fier aux observations qui lui sont transmises et qui sont prises par des personnes qui n’ont pas un intérêt direct à obtenir la plus grande exactitude possible. En outre; cette première sp-lution ne permet pas à deux bateaux, naviguant en temps de brume, de se relever l’un l’autre, de façon à éviter un abordage.
- La deuxième solution ne permet pas d’atteindre les grandes portées de la télégraphie sans fil ordinaire, car, sur les bateaux, on n’a pas l’emplacement nécessaire pour bien développer les antennes. Mais elle présente deux avantages : ,i° les officiers d’un bateau peuvent prendre eux-mêmes les relèvements ; 20 deux navires peuvent se
- relever réciproquement.
- Comme 011 le verra ensuite, cette dernière solution a permis aux navires de faire leur point à une centaine de kilomètres de distance, ce qui est largement suffisant pour la navigation. En effet, avec les appareils optiques on ne fait guère en général des relèvements à des distances supérieures à 3o milles (56 kilomètres).
- Avant de faire le compte rendu des résul
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- LA LU MIEHE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2« Série). — /N* 21.:
- tats obtenus, il sera bon de rappeler le principe fondamental de notre système de télégraphie sans fil. Et, comme seuls les phénomènes de réception nous intéressent dans notre cas, nous nous bornerons à considérer seulement ces derniers.
- Un serai aérien dirigeable pratique et effectif existe et c’est l’aérien Brown-Blondel. Il est formé (fîg. i) par deux branches
- Fig. i.
- égales, reliées a leurs bases par un conducteur contenant les appareils de réception A. La forme idéale de cet aérien est constituée par deux antennes verticales, oscillant en quart d’onde et distantes d’une demi-lon-ffueur d’onde. Si la hauteur ou la distance des
- O
- antennes diminuent, la portée diminue. Il en est de même si on incline les antennes jusqu’à en rapprocher les extrémités supérieures (fig. a).
- Ces aériens reçoivent dans les meilleures
- conditions quand leur plan passe parle poste transmetteur et ne peuvent pas recevoir quand leur plan est perpendiculaire à la direction du poste transmetteur.
- L’intensité de la réception suivant les autres directions varie en fonction du rapport de la largeur de l’aérien à la longueur d’onde reçue. Cette fonction est la fonction sinusoïdale ou une autre un peu plus compliquée, mais parfaitement connue (*).
- Les aériens Brown-Blondel n’avaient pas pu entrer dans la pratique à cause de la difficulté qu’on rencontrait de faire tourner la direction de communication; mais on s’était rendu compte de leur précieuse propriété de pouvoir servir à déterminer la direction d’un poste transmetteur.
- On ne pouvait pas penser à faire tourner l’aérien, étant donné ses grandes dimensions; ou on était alors obligé dé faire cet aérien de dimensions très réduites et alors sa portée devenait négligeable.
- On avait, en vérité, envisagé la possibilité d’employer un certain nombre d’aériens coaxiaux, disposés à des distances angulaires égales et d’essayer avec lequel on obtenait la réception d’intensité maximum. Mais le grand nombre d’aériens qu’il a'ui’ait fallu employer pour avoir un écart raisonnable entre les différents aériens a toujours empêché la réalisation de cette idée.
- Pour résoudre ce problème, nous avons pensé à recevoir les ondes électromagnétiques sur deux aériens perpendiculaires (ou sur plusieurs angulairement équidistants). Les actions de ces aériens, composées par un appareil appelé radiogoniomètre de réception, donnent une action résultante de direction coïncidante avec celle du poste transmetteur, ou dépendant dé cette dernière d’après une loi parfaitement connue (2).
- Le radiogoniomètre de réception est formé
- (') Lumière électrique, 27 février 1909.
- Jahrbuch der drahtlosen Télégraphié und Telephoniè, 2,383, 1909.
- (2) Jahrbuch der drahtlosen Télégraphié und Téléphonie, 2,6o8, 1909. ' ' . .
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- -par deux bobines fixes, égales et perpendiculaires, AA (fig. 3), chacune insérée dans le milieu du conducteur horizontal de chaque aérien dirigeable. Dans l’intérieur de ces deux bobines, une troisième bobine B reliée aux appareils x-écepteurs (détecteur, téléphone, condensateurs, etc.) peut tourner autour de la droite d’intersection des deux premières.
- Il est évident que si un poste transmetteur se trouve exactement dans le plan d’un des aériens, il faudra disposer la bobine mobile parallèlement à la bobine reliée à cet aérien, pour obtenir la réception d’intensité maximum.
- Fig. 3.
- Si le poste transmetteur est dans une direction quelconque, les deux bobines fixes sont parcourues par des courants oscillatoires, dont les intensités dépendent des angles que cette direction forme avec les plans des deux aériens. Chacun de ces deux courants engendre un champ magnétique ; en faisant coïncider l’axe de la bobine mobile avec la direction du champ magnétique résultant, la réception atteint son intensité maximum. Pour chaque direction du poste transmetteur, il existe donc une direction de la bobine mobile pour laquelle la réception a le maximum d’intensité.
- L’appareil construit se présente comme il est indiqué par la figure 4, qui le représente
- sans couvercle. Il est-pourvu de cadran et d’index, qui donnent immédiatement la direction demandée.
- Fig. 4.
- En pratique, l’appareil se comporte de la manière suivante.
- On a (fig. 5) deux zones de réception AA,
- Poste transmetteur.
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- égales et à i8o° l’une de l’autre, et deux zones de silence B B, aussi égales et opposées. La largeur des zones de réception augmente
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Série).*— H» W
- quand l’inten'sité de-réception augmente ; elle est plus petite pour lçs réceptions d’étincelles musicales que pour celles d’étincelles rares. La largeur angulaire de la zone de réception est en moyenne de 6o°.
- Il est en général difficile de saisir avec exactitude la direction d'intensité maximum. Il vaut mieux déterminer les directions limites oa et ob d’une dés 'zones de réception et en prendre la ïttdyenne, qui représentera la direction du pôfé&è transmetteur. Les expériences ont démontré que l’exactitude des relèvements est indépendante de la distance ; elle est de quelques degrés soit à cinquante, soit à un kilométré.
- * *
- Maintenant, venons aux 'essais qui ont été ( faits et aux résultats obtenus.
- Parmi lés essais effectués d’après la première solution,noos ‘citerons ceux faits entre le pOstè ‘de Dieppe et le contre-torpïlleur Bdttïbarde et ceux faits entre le poste'de Bou-logne-sur-mer et le cuirassé Bouvines.
- Tableau 1
- OBSER- VATION Numéros RELÈVEMENTS pris au radiogoniômètre RELÈVEMENTS déduits de la route du bateau DÎFFÉ- } RENCES
- 1 Nord 48® Ouest Nord 43° Ouest + 5»
- 2 N. 39°0. N. 36° 0. _j_ 3®
- 3 N. 33° 0. N. 27° 0. 4- 6°
- 4 N. 24° 0. N. 190 0. + 5°
- 5 N. 9° 0. N. 3° 0. -j- 6°
- 6 N. 9° E. N. 4° E. + 5°
- 7 N. 90 E. N. 4° E. + 5°
- 8 N. 13° 0. N. 6° 0. + 7°
- 9 N. 34° 0. N. 270 0. + 7°
- IO N. 46° 0. N. 420 0. + 4°
- I I N. 6o° 0. N. 59°0. + i°
- Le poste de Dieppe était pourvu d’aériens triangulaires de 6o mètres de base et 5o mètres de hauteur ; la longueur d’onde devla Bombarde était de 3oo mètres. Le tableau I montre les résultats obtenus ; les erreurs furent toutes positives ; l’erreur
- moyenne ressortit à 5°. Une vérification de l’appareil, faite après les essais, montra que cette erreur de signe constant était due à un mauvais calage de l’aiguille, qui était décalée d’environ 5° dans le sens qui produisait une erreur positive. ;
- Le poste de Boulogne-sur-mer (*), appartenant à l’Administration des Postes et Télér graphes, est pourvu de deux aériens dirigeables de forme trapézoïdale, de 126 mètres
- Tableau II
- OBSER- VATION Numéros RELÈVEMENTS pris au radiogoniomètre RELÈVEMENTS déduits de la route du bateau Diffé- rences
- I Nord 720 Ouest Nord 74° Ouest - 2°
- % N. 70®, 5 0. N. 72°,5 0. - 2®
- 3 N. 69° 0. N. 68°,5 0. 4-0°, 5
- 4 N. 65°, 5 0. N. 66°, 5 0. - 1®
- 5 N. 63° 0. N. 64° 0. - 1®
- 6 N. 58» 0. N. Gi° 0. - 3»
- 7 N. 55°,5 0. -N. 59° 0. - 4°, 5
- 8 N. 5i°,5 0. N. 56° 0. - 4°,5
- 9 N. 5o° 0. N. 53» 0. - 3»
- IO N. 46°,5 0. N. 49°,5 0. - 3®
- I I N. 45° 0. N. 48° 0. -3®
- 12 N. 33°,5 0. N. 37° O. - 3°,5
- 13 N. 33°,5 0. N. 34»,5 0. - 1»
- i4 N. 3i° 0. N. 32» 0. - 1®
- i5 N. 28° 0. N. 28»,5 0. - o® 5
- 16 N. ' 24° 0. N. 25» 0.
- 17 N. 21° 0. N. 19», 5 0. +
- 18 N. 190 0. N. 17» 0. + 2»
- •9 N. 180 0. N. 140 0. + 4°
- 20 N. i4°,5 O. N. 11» O. + 3°,5
- 21 N. 6° 0. N. 5» 0. -j- 1°
- 2 2 N. 8° 0. N. 7«,50. 4- °o.5
- 23 N. i3°,5 0. N. ii»,5 0. -j- 2»
- 24 N. i4°,50. N. i2»,5 0. -j- 2®
- 25 N. i3° O. N. 12» 0. + **
- 26 N. 16® O. N. i4° 0. 4- 2®
- 27 N. i6° 0. N. 16» 0. o°
- 28 N. i9°,5 0. N. i7°,5 0. -(- 2°
- 29 N. 2i°,5 0. N.- 18», 50. * 4- 3 ®
- 3o N. 21° 0. N. 2 I » 0. o° ^
- 3i N. 26°, 5 0. N. 22® 0. h 4°,5
- 32 N. 28° 0. N. 23»,5 0. h 4»,5
- 33 N. 3o° 0. N. 25»,5 0. - 4°, 5
- 34 N. 32° O. N. 28® O. - 4°
- 35 N. 33° 0. N. 3i°,5 0. - i®,5
- 36 N. 34° 0. N. 34», 5 0. - o®, 5
- de base, de 80 mètres d’écartement supé-
- (i) Bulletin de la Société Internationale des Electriciens, mars 1910.
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- rieur et 4° mètres de hauteur; la longueur d’onde du Bouvines était de 3<oo mètres. Le Bouvines naviguait en vue deè eûtes anglaises. Le tableau II montre les résultats obtenus.
- Il est à considérer que les erreurs positives et celles négatives forment deux groupes distincts, ce qui est probablement dû aux écarts angulaires du compas magnétique du bord, provoqués par la bande du bateau suivant les différentes routes suivies.
- La moyenne des erreurs, en tenant compte de leurs signes, ressort à o° 20', celle de leurs valeurs absolues à 20. Gomme on voit, l’exactitude des observations est remarquable.
- Maintenant venons à la deuxième solution, celle consistant à pourvoir le bateau d’un système récepteur dirigeable. A ce système, nous avons donné le nom de compas azimu-tal hertzien parce que, comme le compas azimutal optique, ou taximètre (*), il permet de prendre le relèvement d’un point par rapport à l’axe du bateau. Les seules différences qui existent entre les résultats obtenus par les deux appareils sont que :
- i° La portée de l’appareil hertzien est en général supérieure à celle du taximètre ordinaire ;
- 20 Tandis que ce dernier donne la direction et le sens du point observé, le taximètre hertzien ne donne que la direction. Le sens est donné par deux observations simultanées ou successives.
- Gomme nous l’avons déjà fait remarquer, la largeur limitée des bateaux oblige à employer des aériens de dimensions relativement petites par rapport à celles des aériens qu’on peut employer à terre. Les aériens que nous employons dans ce but sont formés par quatre antennes (fîg. 6) disposées suivant les arêtes d’une pyramide droite, ayant pour base un
- (*) Le taximètre employé à bord des bateaux est un goniomètre qui permet de mesurer l’angle qu’une direction forme avec l’axe du bateau. Cet appareil est constitué par un viseur qui peut tourner autour d’un axe vertical, au-dessus d’un cadran gradué.
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- carré dont les diagonales Sont inclinées à 45° sur l’axe du bateau. Chaque couple d’antennes en diagonale forme un aérien dirigeable. Le nombre de fils composant chaque antenne et le moyen employé pour soutenir les antennes varie évidemment suivant Le type, les dimensions et l'encombrement des différents bateaux. Quatre fils reliés aux extrémités inférieures des quatre antennes aboutissent aux appareils de réception. Ceux-ci spnt montés sur un tableau général qui évite toute possibilité d’erreur.
- c ° °
- Les appareils composant le tableau sont : i° le radiogoniomètre de réception; 20 un condensateur variable qui peut atteindre la capacité de o,oo5 microfarads; 3° deux condensateurs fixes de 0,01 microfarad chacun;, 4° un détecteur à cristaux; 5° un téléphone et 6° une sonnerie d’essai, pour essayer la sensibilité du détecteur. Le schéma de montage de ces appareils est indiqué par la figure 3. .
- Le radiogoniomètre est pourvu de plots de contact pour faire varier le nombre des spires des enroulements fixes. L’accord avec la longueur d’onde à recevoir se fait en modifiant le nombre des spires des enroulements fixes et la capacité du condensateur variable.
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- -ilK2:É
- 1 D’autres appareils accessoires sont employés dans des cas spéciaux.
- Les essais préliminaires dil compas azi-mutal hertzien furent faits à bord du transatlantique Louisiane gracieusement mis à notre disposition par la Compagnie Générale Transatlantique. Ensuite cette Compagnie a fait installer ledit appareil sur deux de ses plus grands transatlantiques La Provence et VEspagne ; les appareils ont donné toute satisfaction.
- Il est intéressant de transcrire le compte rendu des expériences faites par L’Espagne durant un voyage du Ha'vre à Saint-Nazaire.
- Le départ du Havre eut lieu à une heure de l’après-midi. A 4 h. 3o, L'Espagne étant en vue du phare de Barfleur, on détermina la direction du poste anglais de Niton dans l’ile de Wight. La direction relevée au compas hertzien était de j5° tribord, qui fut trouvée coïncider avec celle déduite de la connaissance du point du bateau. La distance entre le bateau et le poste était de 6o milles (i io kilomètres) et la réception était si forte qu’on aurait pu recevoir à une distance beaucoup plus grande. La longueur d’onde, du poste de Niton était de 3oo mètres.
- De 5 heures à 5 h. i5, on détermina les directions et les déplacements de plusieurs bateaux, les uns montant vers le nord, les autres descendant vers le sud; les directions de tous ces bateaux étaient comprises entre 5° bâbord et 170 tribord.
- A 1 h. i5 du matin fut relevé un posle à 15o° tribord.
- A 8 h. 55, on observa un poste dans la direction de l’axe du bateau.
- A 9 h. 45, un poste à 35° tribord.
- A partir de 9 h. 55, on put recevoir une grande quantité de postes, de longueurs d’onde différentes, tous compris entre o° et 20° tribord. A un certain moment on put voir l’escadre française qui naviguait au large ilg Lorient. Les transmissions reçues étaient celles des bateaux composant l’escadre. On put par conséquent vérifier que les bateaux
- se trouvaient bien dans la! zone angulaire déterminée par le compas hertzien.
- La Provence a pu souvent constater l’exactitude des relèvements obtenus par le compas hertzien dans ses nombreux voyages du Havre à New-York et vice versa. Au point de vue portée, il suffit de dire qu’elle a pu relever, à la distance de 4® milles (74 kilomètres), La Bretagne qui transmettait avec la longueur d’onde de 3oo mètres.
- La marine de guerre française, qui avait déjà procédé aux essais de la Bombarde et du Bouvines, procéda à dés essais méthodiques du compas hertzien. Dans ce but, un cuirassé, le Carnot, fut équipé avec ledit compas. Les essais eurent lieu à Brest ; les postes transmetteurs étant celui de Brest-Kerlaer et celui du cuirassé Bouvet, le premier de 600 mètres et le deuxième de 3oo mètres de longueur d’onde. Parmi les nombreux essais faits, nous reportons ceux du tableau III qui eurent lieu avec le poste de Brest-Kerlaer.
- Tableau III
- OBSER- VATION Numéros RELÈVEMENTS pris au radiogoniomètre RELÈVEMENTS pris au taximètre optique DIFFÉ- RENCES
- I io3° Bâbord io3° Bâbord o°
- •1 98»,5 B. ioo° B. — i°,5
- H 116° B. 113° B. + 3»
- 4 G5® B. Go° B. + 5°
- 5 i73° B. 178° B. — 5°
- G G 5° Tribord G6° Tribord — i°
- 7 G, 2° T. 142° T. o°
- 8 G 5° T. 145“ T. o°
- 9 80° T. 84° T. — 4°
- 10 117° T. iG° T. + 3°
- I I 8o° T. 79° T- + G
- 11 75° T. 76» T. — i°
- i3 8i° Bâbord 82° Bâbord — i°
- G 5/,° B. 57o B. — 30 '
- 15 6o°,5 B. 6i° B. 0 i
- Au point de vue de la portée obtenue dans ces essais nous dirons que le poste de Brest-Kerlaer, qui marchait à énergie et étincelle réduites, fut reçu jusqu’à une distance de 12 milles (22 kilomètres); et que le poste du Bouvet était encore reçu très fort à la distance de 19 milles (35 kilomètres), ce qui
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- KEVUE D’ÉLECTRICITÉ
- aurait permis de recevoir à. des distances beaucoup plus grandes.
- Les conclusions de ces essais, ainsi que des observations dé Lit Provence et de L'Espagne, sont que le radiogoniomètreà bord donne la même exactitude qu’à terre et que les masses métalliques du bateau n’ont pas d’influence sensible sur lqs indications de l’instrument.
- Nous ne pouvons mieux terminer cet article qu’en citant une partie de la conférence (*) faite par M. le lieutenant de vaisseau Tissot, professeur à l’École Navale.
- « On sait à quels dangers est exposée la « navigation en temps de brume, dangers « qui n’ont fait que s’accroître avec l'augmente tation progressive de la vitesse des bâti-« ments. Bien que l’adoption des cloches « sous-marines et des microphones ait réalisé « un grand progrès sur les anciens signaux « sonores, la portée de ces signaux est trop
- (*) La Technique Moderne, janvier 1911, supplément.
- « faible pour assurer dans tous les cas la « sécurité de la navigation. Mais la propa-« galion des ondes hertziennes n’est nulle-« ment influencée par la brunie : c’est au « radio-compas qu’il appartient de fournir la « solution du problème.
- « Il suffit que l’on suppose installé sur le « littoral un réseau de postes spéciaux de-« télégraphie sans fil, émettant d’une manière « continue ou à intervalles suffisamment rap-« prochés des ondes hertziennes, pour qu’un-« bâtiment muni de radio-compas puisse « naviguer en temps de brume par relève-« ments de ces radio-phares, comme il navigue « par temps clair en vue des côtes en rele-« vant les phares ou les amers. »
- Enfin nous tenons à exprimer notre reconnaissance à MM. les ministres de la Marine et des Postes et Télégraphes ainsi qu’à la Compagnie Générale Transatlantique pour l’appui qu’ils ont bien voulu nous donner et. pour la bienveillance avec laquelle ils ont suivi nos travaux.
- E. Bellini et A. Tosi.
- CHRONIQUE D’ÉLECTRICITÉ MÉDICALE
- LES APPLICATIONS MÉDICALES DE L’ÉLECTRICITÉ ÉTAT ACTUEL DE LA QUESTION
- Chaque fois qu’une forme nouvelle de l’énergie électrique est venue au jour, les physiologistes en ont étudié l’action sur l’organisme, fournissant ainsi au médecin des renseignements précieux pour les applications thérapeutiques.
- L’électricité médicale a toujours largement bénéficié des progrès réalisés par les physiciens : l’introduction de moyens de mesures précis a permis de coordonner les observations et de les rendre comparables pour les divers observateurs.
- Pendant assez longtemps, cette partie de l’art de guérir a été décriée, parce qu’elle était
- entre les mains des empiriques, voire même-des charlatans, maisdepuis,avec Duchenne de Boulogne, Tripier, Onimus, d’Arsonval, Apos-toli, Bergonié en France, Remack, Erb en Allemagne, le rôle de l’électricité, comme agent curatif, a été étudié méthodiquement, physiologiquement, et, à l’heure actuelle, la-thérapeutique électrique a ses indications-précises et nettement déterminées.
- Notre but n’est pas d’écrire des articles-médicaux qui ne trouveraient pas leur place dans cette revue, mais d’étudier les propriétés biologiques générales des diverses modalités électriques, et d’indiquer le profit
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Série). — N° 21.
- qu’a su en retirer la médecine au point de vue curatif.
- Nous commencerons donc par envisager l’état actuel de la question, en passant en revue les divers es formes de l’énergie électrique: électricité statique, galvanique, faradique, courants de haute fréquence, rayons X...; dans les chroniques ultérieures, nous tiendrons le lecteur au courant des progrès et des applications nouvelles.
- ÉLECTRICITÉ STATIQUE
- Ce mode d’application, le plus ancien en date, porte le nom de franklinisation, en souvenir de Franklin.
- Ne disposant, pendant longtemps, que de machines à frottement, l’emploi de l’électricité statique s’est borné à peu près exelusive-' ment à l’utilisation de la propriété motrice des étincelles dans le traitement des paralysies ; les premiers essais furent faits par l’abbé Nollet (1743).
- Vers la même époque, on publia un certain nombre de guérisons de paralysies diverses obtenues à l’aide de l’électricité de friction.
- De Romas lui-même, l’inventeur du cerf-volant, traita « des paralytiques » par la machine à électricité (1749).
- Mais les actions du courant statique n’ont pu être réellement étudiées que du jour où l’on a été en possession des machines à influence.
- Avec les machines à frottement, on était obligé de dépenser une énergie mécanique considérable pour recueillir une quantité infime d’énergie électrique ; avec les secondes , au contraire, on a création d’un champ électrique, et les phénomènes d’influence sont seuls à produire la transformation de l’énergie mécanique en énergie électrique.
- Le type des machines utilisées est la machine Wimshurst.
- Les applications de l’électricité statique sont de deux ordres : générales et locales.
- Le sujet, étant placé sur un tabouret isolant
- et mis en relation avec l’un des pôles de la machine, se trouve porté au même potentiel que cette dernière ; en vertu du pouvoir des pointes, l’électricité s’échappe par toutes les aspérités du corps, qui est parcouru ainsi par un courant de haute tension.
- C’est là ce qui constitue le bain statique.
- Sous son influence on constate une légère augmentation des échanges respiratoires (d’Arsonval) ; les diverses combustions internes sont augmentées, les matériaux de désassimilation sont plus facilement éliminés.
- Le bain statique posséderait donc une action stimulante et régulatrice des fonctions de nutrition.
- Un des effets très manifeste du bain statique est son action sédative du système nerveux, se traduisant par un sentiment de calme et de bien-être et le besoin parfois irrésistible de dormir. Il sera donc tout indiqué dans certains états neurasthéniques, pour combattre les insomnies.
- Dans les autres modes d’application, douche, effluve, le sujet est toujours soumis à l’effet général du bain et en plus à l’action locale.
- L’action de l’effluve est sédative ; on l’utilise dans certaines manifestations douloureuses, telles que les névralgies, les prurits.
- L’étincelle jaillissant sur un point déterminé de la peau produit des effets sensitifs, vaso-moteurs et moteurs.
- En dirigeant l’étincelle sur le point moteur d’un muscle, on constate une contraction musculaire ; c’est ce qui l’a fait employer anciennement dans le traitement des paralysies. Mais l’étincelle jaillissant pendant un certain temps sur le même point produirait des effets douloureux. Pour remédier à cet inconvénient, on fait éclater l’étincelle entre une boule métallique tenue à la main par un manche isolant et appliquée sur le point moteur du muscle, et une autre boule également métallique tenue directement par l’autremain.On aainsil''excitation médiate.
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- COURANTS DE MORTON
- Pour produire ces courants, on accroche aux collecteurs tle la machine statique les armatures internes de deux condensateurs ; des armatures externes, l’une est au sol, l’autre est reliée au sujet non isolé. Toutes les fois qu’une étincelle éclate entre les armatures internes, la décharge se fait à travers le corps du sujet et le sol par les armatures externes.
- Si l’on étudie la forme de ce courant, on voit qu’il commence par monter rapidement, et revient lentement à zéro, mais sans changer , de sens ; on a là une décharge amortie, lente, bien propre à provoquer la contraction des muscles lisses.
- On a voulu assimiler les courants de Morton aux courants de haute fréquence ; il n’y a rien cependant qui les rappelle, sinon que dans les deux cas on utilise les décharges|de condensateurs. Mais tandis que, pour produire les courants de haute fréquence, il faut que le circuit de décharge des condensateurs ait une résistance négligeable, dans la production des courants de Morton, ce circuit formé par le sol et le corps du malade présente au contraire une résistance énorme. Dans le premier cas on aura une décharge oscillante, dans le second une décharge lente, amortie.
- ÉLECTRICITÉ GALVANIQUE
- Ce mode d’électrisation, qui porte le nom de galvanisation, utilise l’énergie électrique des piles, des accumulateurs ou des dynamos à courant continu.
- Tout comme dans l’industrie, nous aurons besoin d’appareils de mesure et de graduation ; et dans l’un comme dans l’autre cas les moyens employés sont les mêmes.
- Mais si dans l’industrie l’unité d'intensité est l’ampère, en électricité médicale cette unité serait beaucoup trop grande, aussi a-t-on fait choix du milliampère ou io~3 ampère, et aoo à 3oo milliampères seront pour nous
- des intensités considérables, que nous atteindrons rarement d’ailleurs, tout comme en électricité industrielle, 200 à 3oo ampères.
- Pour la graduation du courant continu, plusieurs moyens sont employés : les rhéostats, le réducteur de potentiel, le collée- , teur.
- Les rhéostats industriels ne sont pas utilisables, principalement parce que les variations d’intensité que l’on produirait par le passage de' la manette mobile d’un plot au suivant seraient trop brusques et impressionneraient désagréablement le malade.
- D’autre part, leur résistance devant être considérable, leurs dimensions seraient encombrantes. Si, par exemple, disposant d’une force électromotrice de 60 volts, on voulait une intensité de o, 1 milliampère, il faudrait donner au rhéostat une résistance d’environ 600 000 ohms.
- On emploie en électricité médicale des rhéostats à liquides dont on peut faire varier la résistance d’une manière continue, et dont les dimensions sont très restreintes.
- Si l’on dispose d’une source d’électricité de capacité notable (piles à grande surface, accumulateurs), ou d’tm secteur de ville à courant continu, l’appareil pratique sera le réducteur de potentiel.
- En dernier lieu, nous trouvons le collecteur que l’on utilise sur les petites batteries de piles transportables. Avec cet appareil on fait varier la tension en mettant en circuit un plus ou moins grand nombre d’éléments.
- Les applications du courant continu se font au moyen d’électrodes qui sont de deux natures : électrodes spongieuses, électrodes métalliques.
- Les électrodes spongieuses sont constituées par une plaque métallique (en étain généralement, de façon à ce qu’elle puisse se mouler aussi exactement que possible sur les téguments), recouverte d’un tissu hydrophile quelconque; l’électrode imbibée d’eau est appliquée sur la peau.
- Parmi ces électrodes, les unes-, <je grande surface, ont reçu le nom à'électrodes indiffé-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2« Série). — IK21.
- rentes ; les autres, de petites dimensions, sont les électrodes actives. Avec les premières, l’intensité étant répartie sur une grande surface, on aura une faible densité de courant (intensité par unité de surface), et, par conséquent, un effet nul; elles serviront en réalité uniquement de porte d’entrée au cou-rant; avec les secondes, au contraire, la même intensité se trouvant répartie sur une petite surface, on aura une grande densité de courant et, par conséquent, une action énergique.
- Les électrodes actives sont parfois constituées par un conducteur en charbon en forme de bouton l’ecouvert par du tissu spongieux. '
- Les électrodes métalliques peuvent être constituées de divers métaux, mais sont souvent en platine, métal inattaquable. ,
- Deux moyens sont en notre possession pour faire des applications de courant galvanique, ou bien l’intensité est amenée lentement à une valeur déterminée, et le courant sera en régime permanent, ou bien nous pourrons produire une série d’interruptions et nous aurons alors des périodes d'état variable de fermeture et de rupture.
- Il va sans dire que les effets biologiques sont différents dans l’un et l’autre cas, et qtie chaque mode a ses indications déterminées.
- État permanent.
- y Quand on fait des applications de courant continu à l’aide d’électrodes spongieuses, et si l’action se prolonge un certain temps, on remarque une rougeur sur la peau, au point où a porté l’électrode; c’est la manifestation de l’action vaso-motrice du courant continu. En même temps, on éprouve à la peau une sensation de picotement brûlant qui augmente avec l'intensité du courant (Volta).
- Mais le courant continu agit non seulement sur la sensibilité, mais encore sur l’excitabilité des nerfs.
- C’est à Pflüger que l’on doit la détermina-
- tion de la loi de ce phénomène déjà connu avant lui, et que nous trouvons décrit dans les traités de physiologie sous le nom de modifications électrotoniques de l’excitabilitév
- Si, sur un nerf mis à nu, on applique deux électrodes identiques, reliées respectivement à chacun des pôles, d’une batterie de piles, on constate qu’après le passage du courant l’excitabilité du nerf est augmentée au voisinage de l’électrode négative, diminuée au voisinage de l’électrode positive.
- Plusieurs obsérvatexirs ont essayé de vérifier chez l’homme, en opérant à travers la peau, les phénomènes électrotoniques. Mais les l’ésultats ont été contradictoires.
- Quoi qu’il en soit, on admet, et les observations thérapeutiques le confirment géné-lement, que le pôle positif exerce une action calmante, sédative, le îxégatif une action stimulante, excitante. C’est en se basant sur ces diverses constatations que l’on a institué le traitement électrique des névralgies (névralgie faciale, névralgie sciatique) et d’une façon générale du symptôme douleur, en appliquant le pôle positif sur la région douloureuse.
- Le coui’ant continu produit également une augmentation de la sécrétion glandulaire et, appliqué sur la langue, par exemple, une sensation gustative spéciale, mise souvent à pi’ofit par les ouvriers électriciens pour reconnaître la polai’ité des canalisations à bas voltage.
- Au pôle positif on a une sensation piquante, acide; au pôle négatif une sensation métallique, astringente.
- Toute une série d’applications du coui’ant continxi est basée sur ses propriétés dedécom position électi’olytique, soit que le phénomène d’électrolyse se pi’oduise dans l’intimité même de nos tissus, soit que la décomposition ait lieu dans xin électi’olyte dont noti’e corps constituera l’une des électrodes.
- Le coi’ps humain est constitué par des substances oi’ganiques et des matières miné-l’ales, païuni lesquelles le chlorure de sodium
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- et l’eau. Nous pouvons par conséquent l’assimiler à une solution de chlorure de sodium, autrement dit à un électrolyte.
- Si donc on enfonce dans les tissus deux aiguilles en platine, reliées l’une au pôle positif, l’autre au pôle négatif, on aura comme premier effet du sodium autour de l’aiguille négative, du chloi'e autour de l’aiguille positive; comme action consécutive ou secondaire, il y aura formation de soude et d’acide chlorhydrique, et enfin des effets modificateurs ou destructeurs, appelés par Bergonié effets tertiaires de l’électrolyse.
- Ce sont d’ailleurs ces effets tertiaires que l5on recherche au point de vue thérapeutique dans le traitement des nævi, des taches de vin, des verrues,'etc., dans l’épilation.
- Les rétrécissements de certains canaux de l’organisme sont justiciables de l’électrolyse; mais ici nous chercherons surtout à produire des effets modificateurs, en mettant à profit l’action adoucissante, assouplissante du pôle négatif.
- Qu’arrivera-t-il, si nous amenons le courant à l’organisme au moyen d’électrodes ^spongieuses, imbibées d’une solution saline ou même simplement d’eau ordinaire qui n’est autre chose qu’une solution de sels minéraux très étendue?
- Nous aurons constitué ainsi un système complexe, dans lequel le passage du courant produira le déplacement des ions tout aussi bien dans le liquide imbibant les électrodes que dans les liquides de l’organisme, de telle sorte qu’à la surface de séparation de l’électrode et de la peau se produira un double échange ionique : les cathions de l’électrode positive pénétreront dans le corps, les anions de l’organisme iront vers l’électrode ; à l’électrode négative, les anions de l’électrode s’introduiront dans les tissus, les cathions du corps pénétreront dans l’électrode.
- Il semble donc que l’on ait là un moyen pratique d’introduire, dans les tissus, des substances médicamenteuses. Et, en effet, le fait a été démontré d’une façon saisissante par Leduc.
- Deux lapins A et B, dont on a rasé les flancs, sur lesquels on appliquera des électrodes spongieuses, sont placés en série dans un circuit à courant continu, de telle façon que le courant, entrant par le flanc gauche du lapin A, sortira par le flanc droit du lapin B. L’électrode d’entrée du lapin A et l’électrode de sortie du lapin B sont imbibées d’une solution de chlorure de sodiüm; les électrodes intermédiaires ont été trempées dans une solution de sulfate de strychnine.
- D’après la théorie générale de l’électrolyse, il est facile de voir que le lapin B recevra l’ion strychnine et, en effet, après le passage du courant pendant un certain temps, ce lapin meurt en présentant tous les phénomènes de l’empoisonnement par la strychnine, tandis que le lapin A ne présente rien de particulier.
- En 1900, Edison proposa de traiter les accidents goutteux par l’introduction de l’ion lithium ; plusieurs auteurs ont obtenu de bons résultats de ce traitement. Dans les cas de rhumatisme articulaire aigu, Bergonié préconise l’introduction de l’ion salicyle par la voie cutanée.
- Le nombre des substances médicamenteuses que l’on a essayé d’introduire dans l’organisme par voie électrolytique est considérable ; nous avons cité les deux principales.
- Mais la galvanisation seule a de nombreuses applications, et nous la voyons journellement employée dans le traitement de beaucoup d’affections articulaires. Le courant continu possède, en effet, une action spéciale, l'action scléroly tique, capable de produire l’assouplissement, le ramollissement des tissus cicatriciels ou scléreux.
- D’après Leduc, il ne faudrait voir dans cette action spéciale qu’une action électrolytique.
- Les raideurs articulaires, les ankylosés sont justiciables de ce mode de galvanisation. Il est de règle de voir des articulations, dont les mouvements sont très limités ou_ même nuis àlasuited’uheimmobilisation prolongée,
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- reprendre toute leur souplesse après quel-queS’Séances.
- Les effets du traitement seront d’autant meilleurs qü’il aura été institué à une époque plus rapprochée de la terminaison de l’affection initiale.
- La galvanisation continue sera employée très souvent, avec succès, dans le traitement de la constipation. En produisant des modifications sur la muqueuse intestinale, vraisemblablement par échanges ioniques, le courant continu a pour effet de stimuler l’activité motrice, vaso-motrice et sécrétoire de l’intestin.
- V J
- Etat variable.
- A l’état variable, c’est-à-dire, quand nous produisons des fermetures et des ruptures du circuit, le courant continu possède des propriétés excito-motrices.
- L’électrode active étant portée sur un tronc nerveux, ce dernier sera excité et cette excitation se manifestera à nous par la contraction des muscles innervés par ce nerf.
- De même, si nous portons notre électrode en un point déterminé d’un muscle, appelé point moteur, ce dernier répondra par une con, traction.
- Selon la forme, la valeur, ou l’absence de ces réponses, nous pourrons conclure soit à l’intégrité des nerfs et des muscles, soit à une dégénérescence partielle ou complète de ces organes, et par conséquent nous prononcer sur la possibilité d’un retour de la fonction, ou sur sa perte définitive. On voit donc l’importance capitale de cette propriété excito-motrice du courant continu dans l’étude des paralysies.
- Son importance est non moins grande dans leur traitement. Un muscle paralysé étant incapable de se contracter sous l’influence de Ja volonté, si nous l’abandonnons à lui-même, ne fera plus aucun travail ; sa nutrition sera donc mauvaise et il s’atrophiera de plus en plus. Au contraire, ce même muscle, à condition bien entendu qu’il réponde à
- ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Série). — N»'21.
- l’excitant électrique, soumis à des excitations régulières et bien appropriées, se nourrira mieux et récupérera avec le temps sa fonction primitive.
- En produisant des interruptions fréquentes, bien régulières et d’une durée déterminée, sur un circuit à bas voltage, Leduc a fait connaître une propriété particulière du courant galvanique.
- Les courants de Leduc, eomme on les appelle, appliqués au moyen de deux élee-trôdes^ l’une sur la tête, l’autre sur le train postérieur d’un animal, provoquent, au bout de peu d’instants, l’inhibition des centres nerveux se traduisant par le sommeil et l’anesthésie générale.
- Pour montrer l’innocuité de ces courants,-Leduc s’est soumis lui-même à leur action.
- COURANT FARADIQUE'
- La faradisation, ou électrisation au moyen du courant produit par la bobine d’induction, se pratique en médecine à l’aide d’une bobine de Ruhmkorff un peu modifiée, qui porte le nom de chariot de du Bois-Reymond. Il est constitué par un secondaire mobile, que l’on peut rapprocher plus ou moins du primaire fixe, jusqu’à l’engainement complet. Cette disposition permet de graduer aisément l’intensité du courant selon les effets que l’on veut obtenir. Cet appareil est muni d’un interrupteur, dérivant du trembleur de Neef, dont on peut faire varier la vitesse dans des limites très étendues, d’une interruption par seconde à iooet davantage.
- Le courant faradique possède une action sur les nerfs sensitifs : avec un courant faible et des électrodes métalliques, on a une sensation de chatouillement, de fourmillement, qui se transforme en une sensation de douleur intense quand on emploie un courant plus énergique. Cette propriété nous permettra d’explorer la sensibilité cutanée dans certaines affections du système nerveux.
- Les effets vaso-moteurs du courant faradique produits au moyen d’électrodes spé-
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- ciales (pinceau de Duchenne), seront dans certains cas un excellent procédé de révulsion. .
- C’est uji fait connu que, lorsqu’on tient des deux mains deux conducteurs réunis à des bornes de courant alternatif, on ne peut les lâcher par suite de la contraction des muscles. Le courant faradique pi-oduit de même des contractions musculaires à chaque interruption du courant primaire. Si ces interruptions sont lentes, les contractions sont isolées ; mais si le nombre des interruptions est assez élevé pour que le muscle n’ait pas le temps de revenir au repos quand une nouvelle onde faradique vient l’exciter, il va rester en contraction permanente, en tétanos physiologique. Une trentaine d’interruptions par seconde suffisent pour le produire.
- On arrive d’autant plus aisément au tétanos parfait,, que la fréquence est plus grande. Mais l’effet n’augmente pas indéfiniment avec la fréquence, et d’Arsonval a montré que l’action cesse quand on atteint io ooo alternances par seconde.
- Le courant faradique, de même que le courant galvanique à l’état variable, sera employé dans le traitement des paralysies, mais il faudra faire un choix judicieux de l’un ou de l’autre mode d’électrisation.
- On peut, avec le courant faradique, produire des secousses isolées séparées par un temps de repos; il n’y a qu’à régler la vitesse de l’interrupteur.
- On peut également soumettre les muscles au courant tétanisant, mais à la condition de le rythmer. On emploie à cet effet un métronome ordinaire, perpendiculairement au balancier duquel est fixée une tige portant une pointe à chaque extrémité. Ces pointes peuvent plonger dans deux godets remplis de mercure, sans connexion entre eux, mais reliés à l’un des pôles du secondaire, le balancier étant réuni à l’autre pôle. Le circuit est fermé quand les pointes plongent dans le mercure et rompu quand le balancier passe à la verticale. La durée de la contraction et du temps de repos sera réglée par la
- plongée plus ou moins grande des pointes-
- Les conditions de travail du muscle sont, avec ce procédé, bien supérieures à celles que l’on obtient par les secousses isolées. On se rapproche de la forme de la contraction volontaire, que l’on atteindra en employant le courant faradique ondulé.
- Un des premiers onduleurs, imaginé par Bergonié, était un interrupteur rhéostatique,. c’est-à-dire un rhéostat à résistance rythmiquement variable.
- Plus tard,on a utilisé le dispositif du chariot de du Bois-Reymond en donnant un mouvement de va-et-vient au secondaire au moyen d’un petit moteur électrique ; tel est l’onduleur de Bordet.
- En commun avec Zimmern,nous avons fait construire par Gaiffe, sur un autre principe,, un onduleur faradique de dimensions restreintes et transportable. C’est toujours un chariot de du Bois-Reymond muni d’un trembleur très rapide; de plus, le primaire est mobile par rapport au secondaire.
- Il présente en outre un collecteur composé d’une série de plots isolés disposés en cercle et reliés symétriquement deux à deux; sur ces plots frotte un balai métallique porté par l’axe d’un mouvement d’horlogerie.
- La bobine induite est divisée en un certain nombre d’enroulements associés en série ; l’extrémité de chacun d’eux est reliée avec deux des plots conjugués du collecteur.
- Lorsque le balai se déplace, il met, automatiquement, dans le circuit i, a, 3, etc., jusqu’à la totalité des enroulements secondaires, puis, la rotation continuant, le balai supprime chacun d’eux.
- L’intensité dans le circuit suit la croissance, puis la décroissance du nombre des enroulements, passant ainsi de o au maximum pour revenir à o.
- Laforme de la courbe de la contraction musculaire obtenue avec ces divers appareils est en tous points semblable à celle de la contraction volontaire. Nous avons donc là un procédé précieux pour développer la force
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- musculaire* combattre l’atrophie et favoriser la réparation des éléments contractiles.
- Par la faradisation généralisée ét rythmée, Bergonié a obtenu d’excellents résultats dans ie traitement de l’obésité, en partant de ce
- principe que pour débarrasser les muscles de leur surcharge graisseuse* il faut les soù-mettre à un exercice régulier et méthodique.
- Dr S. Turchini, '
- Lauréat de l’Institut.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Le)s alternateurs triphasés auto-excitateurs à fréquence variable. — R. Rüdenbergv — Elek-trotechnische Zeitschrift, 20 et 27 avril 1911.
- L’auteur établit et discute les conditions de fonctionnement des machines triphasées à collecteur fonctionnant en génératrices.
- La figure 1 représente schématiquement une machine de ce type dont le stator est supposé constitué par un paquet de tôles muni d’un enroulement triphasé, et le rotor par un induit normal pour courant .continu sur le collecteur duquel frottent trois balais équidistants par paire de pôle ; ce collecteur est relié au réseau par l’intermédiaire d’un transformateur à rapport de transformation réglable.
- Fig. 1. — Montage d’une génératrice.
- Lorsqu’on ferme le circuit du stator, un champ tournant de fréquence w prend naissance dans •celui-ci; la fréquence v des courants du rotor dépend de la vitesse relative de ce champ tournant par rapport au rotor ; enfin, celui-ci est animé d’une vitesse correspondant à une fréquence w0. Par suite du jeu du collecteur, les courants recueillis aux balais possèdent la même fréquence ta que ceux du stator, de sorte que l’on peut réunir extérieurement les deux circuits. La grandeur dè's forces électromotrices induites dans le rotor n’est naturellement pas modifiée par la transformation de la fréquence.
- Si on suppose, pour plus de simplicité, que le rotor et le stator possèdent le même nombre de spires actives, les forces électromotrices.du stator et du rotor sont entre elles comme les fréquences correspondantes v et et, de sorte que, pour monter les deux circuits en parallèle, il est nécessaire d’intercaler extérieurement un transformateur (fig. i). Une telle machine branchée sur un réseau triphasé de fréquence déterminée fonctionnera en moteur, et le réglage de la vitesse s’opérera, comme on le sait, en modifiant le rapport de transformation du transformateur.
- Mais, d’après ce qui précède, cette même machine peut, étant donnée l’égalité de fréquence des courants recueillis aux balais et des courants du stator, fonctionner en génératrice auto-excitatrice. Si on suppose le rotor entraîné à une vitesse constante correspondant à la fréquence w0, la fréquence des courants du stator est intimement liée à la fréquence du champ tournant, et d’autre part la fréquence v des courants du rotor est donnée par la relation :
- ü>„ — w,
- l)
- la vitesse u0 du rotor étant supposée supérieure à la vitesse w du champ tournant.
- En outre, d’après ce qui a été dit précédemment, les forces électromotrices induites dans le stator et dans le rotor sont respectivement proportionnelles à <d et à v, de sorte que le rapport de transformation . vt du transformateur doit être égal à :
- w
- Des équations (1) et (2) on peut tirer les valeurs de 0' et de v, ou en fonction de x, et de w0, ce qui donne :
- y. (Oo
- I -f- Y.
- (3)
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- et :
- 0
- + *'
- (4)
- Ces relations montrent que le stator et le rotor possèdent chacun une fréquence propre que l’on peut modifier en agissant sur le rapport de transformation x du transformateur.
- Ces considérations ne s’appliquent rigoureusement qu’à une machine idéale ne possédant ni résistance ohmique, ni dispersion, ou à une machine normale fonctionnant à vide. Il s’ensuit que la vitesse du champ tournant et les fréquences présentent en charge un léger glissement par rapport à la marche à vide.
- L’auteur recherche ensuite les conditions de fonctionnement stable d’une telle génératrice. Le diagramme des tensions et des courants est représenté sur la figure i ; 4* désigne le flux principal, E, et E2 les forces électromotrices induites, I, et /’2 I2 les chutes ohmiques respectives dans le stator et dans
- Fig. a. — Diagramme de fonctionnement du générateur à vide.
- le rotor, S, et S2 les forces électromotrices de dispersion correspondantes, U! et U2 les tensions aux bornes des deux enroulements. Ce diagramme correspond à un fonctionnement hypersynchrone, c’est-à-dire aune vitesse du champ tournant inférieure à celle du rotor. En désignant par I(1 la somme géométrique des courants I, et I2, par E„ la somme algébrique des forces électromotrices Ei et E2, et par a l’angle de décalage entre les tensions Ui et U, (fig. a), l’auteur arrive par le calcul à la relation suivante :
- E„ x sin a
- — 151 Donc, si l’on porte en abscisses les valeurs de I,*
- et en ordonnées celles de :E„. (fig. S), l’équation (5) est représentée par une droite faisant avec l’axe des abscisses un angle p tel que : ...
- *gp =
- E»
- I.
- / i j-*1 sin a ' x
- (61
- Si on trace, d’autre part, sur la figure 3, la caractéristique à vide de la machine, on voit que celle-ci
- Fig. 3. — Caractéristique avide et droite de fonctionnement.
- coupe la droite précédente en un seul point qui correspond au fonctionnement stable. Donc la machine île peut fonctionner d’une manière stable, ainsi d’ailleurs que les machines à courant continu, que dans la partie incurvée de la caractéristique.
- Pour obtenir un fonctionnement stable, il faut donc agir à la fois sur x et sur a, en modifiant simultanément le rapport de transformation du transformateur et le calage des balais, de manière à maintenir constant le rapport :
- x sin a 1^ r
- r+i?= U = D-
- La relation (7) peut d’ailleurs se mettre sous la forme :
- (i)sin“+(3)” = (s!)'-'’ (8)
- qui représente l’équation d’un cercle de coordonnées polaires x et a, dont le rayon est :
- et la distance du centre :
- La figure 4 représente plusieurs de ces cercles correspondant à différentes valeurs de Q. Lorsque l’extrémité du vecteur Ax se déplace sur un de ces cercles, la fréquence propre de la génératrice, et par suite la vitesse du champ tournant, varient,
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- mais l’intensité du champ magnétique reste constante. Pour obtenir pratiquement ce résultat, on peut laisser les balais fixes, mais intercaler dans le
- Fig. 4. — Diagramme circulaire de l’intensité de l’auto-excitation.
- circuit du rotor deux transformateurs montés en ' série, dont l’un fonctionne comme transformateur de phase (fig. 5).
- ment, pour des valeurs [déterminées de x et de a, la valeur de la fréquence correspondante.
- Fig. 6. — Diagramme circulaire de la grandeur de la fréquence propre.
- Fig. 5. — Réglage automatique de la grandeur et de la phase de la transformation.
- L’auteur démontre, d’autre part, signe par a le glissement —-----,
- lation
- que si on dé-on obtient la re-
- Des essais effectués sur une machine construite ont pleinement confirmé les résultats de calculs précédents.
- Enfin, l’auteur termine en signalant que l’on peut également réaliser une génératrice à collecteur
- X2 -J- 2X (— \aa
- cosa-}-
- 1
- aa
- Fîg. 7. — Montage en série des tensions du stator et du rotor.
- qui est l’équation d’un cercle de coordonnées pO' laires x et a, dont le rayon est :
- et la distance du centre est :
- M / = — — 1.
- au
- x La figure 6 représente plusieurs de ces cercles correspondant à des fréquences différentes. A l’aide de ces cercles on obtient dohe immédiate-
- auto-excitatrice en montant en série le rotor et le stator. Pour régler le rapport de transformation et le décalage entre les dëux tensions, On peut, dans ce cas, se servir d’un transformateur relié d’un côté aux balais et de l’autre au rotor (fig. 7).
- J.-L. M.
- L’êauipement électrique dans les mines des locomotives à courant alternatif type Maffei-Schwartzkopff. — H. Richter. — Elektrotech-nische Zeitschrift, 22 décembre 1910.
- Jusqu’à présent,l’emploi des moteurs monophasés
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- à collecteur dans les mines présentait deux difficultés : grande chute de tension dans la canalisation à cause de la faible tension d’alimentation de la locomotive et mauvaise utilisation des matériaux dans le moteur lui-même. Mais actuellement, on a reconnu (') possible d’alimenter le moteur sous a5o volts avec une canalisation de hauteur ordinaire (1,80 mètre) et l’utilisation des matériaux est devenue suffisamment bonne.
- On adopte dans ces moteurs un grand nombre de pèles, de manière à réduire la hauteur de la culasse et à pouvoir donner ainsi un grand diamètre à l’armature, ce qui facilite l’encochement régulier du stator; en courant continu, on se heurte à des difficultés à cause du grand nombre d’ampères-tours nécessaires à l’excitation. L’isolation des encoches est aussi moins forte dans les moteurs monophasés à collecteur, car on peutles construire pour des tensions notablement inférieures à celles des moteurs à courant continu.
- Il faut aussi tenir compte de ce que, dans la mise en marche avec le courant continu, il y a échaufl'e-ment dans les résistances additionnelles, ce qui rend plus difficile le refroidissement du moteur, ces résistances étant placées en général avec le moteur à l’intérieur de la locomotive. Au contraire, avec les moteurs monophasés à collecteur, le transformateur sectionné, servant au même but dissipe en chaleur bien peu d’énergie.
- Pour les locomotives de mines, il s’agit de réaliser un moteur simple, d’un fonctionnement' sûr et de grande puissance spécifique ; le contrôleur doit fonctionner sans à-coup ni étincelles; les appareils auxiliaires doivent être aussi simples et aussi peu nombreux que possible.
- Ces desiderata sont réalisés dans les moteurs de la maison Maffei-SchwartzkopfE de la manière suivante.
- T
- O—wwvwwwwvw wvwwwwwv
- WrÇr
- O».
- Fig. i. — Principe du montage du moteur.
- Au démarrage, on affaiblit le champ en disposant le transformateur suivant le montage nouveau sché-
- (*) Prescriptions de l’Union des Electriciens allemands.
- matisé dans là figure i. On voit <Jue l’enroulement d’excitation est en série avec le primaire du transe formateur, dont le secondaire est lui-même en sérié avec l’armature. Le rapport entre les courants d’excitation et d’induit est donc proportionnel au coefficient de transformation correspondant, ou bien, comme le primaire du transformateur est constant, proportionnel à la tension de l’induit: Au démarrage, cette tension étant faible, le courant d’excitation croît avec le courant induit, c’est-à-dire avec la vitesse du moteur, et dans la proportion dont la force électromotrice, induite au repos dans les spires en court-circuit de l’induit se trouve détruite par la force électromotrice induite due au mouvement.
- Pour réduire autant que possible l’encombrement de l’enroulement de l’armature et augmenter l’utilisation de la largeur active de l’armature, sans trop exagérer le nombre de pôles, on a employé l’enroulement dit «en corde» (*) : on dispose les deux côtés des spires en court-circuit par le balais sous-les dents symétriquement par rapport à l’axe de l’enroulement d’excitation i les forces électromotrices induites par le mouvement sont ainsi détruites et, par suite de l’uniformité de l’entrefer, le champ transversal constant dans la zone de commutation détruit la force électromotrice de repos. L’enroulement est celui de la figure 2 correspondant à deux pôles ; le stator est enroulé, uniformément. Des 5 encoches par pôle l’une sert pour l’excitation et lesL.'i autres pour le courant de travail.
- Fig. a. — Schéma de l’enroulement.
- Le schéma des connexions est donné dans la figure 3 pour deux moteurs. Les spires de travail ont leurs axes dans l’axe des balais, les enroulements d’excitation dans la direction perpendiculaire. Le champ transversal d’excitation a toujours une phase convenable pour annuler la force électromotrice du repos induite dans les spires en court-circuit, quelle que soit la vitesse ; la tension de commutation est annulée par un enroulement en série avec l’induit.
- Le contrôleur a six positions dont 3 principales.
- ^ (*) Brevet allemand N°2i2 179,
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- ««21;
- Au démarrage, l’extrémité a de l’enroulement de charge du moteur A est relié avec le point i du transformateur ; cet enroulement est ainsi en court-circuit et l’enroulement de l’induit compensé ; pour
- Fig. 3. — Montage de deux moteurs de traction pour une tension de a5o volts.
- Je moteur B, il n’est que partiellement compensé à cause de la présence d’une résistance entre a et é. Les deux moteurs étant en série sont parcourus par le même courant et développent le même couple.
- Dans la première position principale, le pointé est aussi connecté au point i du transformateur ; les moteurs travaillent comme moteurs-série avec les •enroulements de compensation en court-circuit.
- Dans la deuxième position de manœuvre, le pointa est mis sur le point 2 du tranformateur ; le courant du moteur n’est pourtant pas rompu, car entre a et b -il y a une résistance.
- Dans les 2e et 3e positions principales les points a «té sont reliés aux points 2 et 3 du transformateur;
- o
- O a O •/ © 2 0 3 0 h 0
- I II JH
- Fig. 4. — Disposition du contrôleur correspondant uu montage de ln figure 3.
- -îès moteurs sont alors du type à charge double* Pour effectuer ces manœuvres, le contrôleur doit être établi suivant le schéma de la figure 4.
- La résistance entre a et é étant assez ; faible sè loge facilement dans le contrôleur même; le transformateur est également de faible puissance. Sous 25o volts d’alimentation et une charge de 40 chevaux, il ne transforme que 3 kilovolts-ampères.
- Le poids du moteur pour 20 chevaux (750 tours par minute) n’est que 55o kilogrammes.
- Pour une locomotive à deux moteurs de 20 chevaux, l’effort de traction normal est d’environ 750 kilogrammes. La puissance apparente vaut alors 22 kilovolts-ampères. Elle croît avec l’effort de traction et lorsque celui-ci est deux fois plus grand (1 5oo kilogrammes, au démarrage) elle atteint 5o kilovolts-ampères. C’est précisément ce chiffre qui est admis par l’Union des Electriciens Allemands pour un moteur de 20 chevaux, mais ici il y en a deux qui fournissent d’ailleurs un couple double du couple normal. Dans le même intervalle, le facteur de puissance croît légèrement, deo,38ào,4o et la puissance réelle de 8 à 22 kilowatts. Le rendement est à peu près constant (0,8). Le tableau I indique l’élévation-de température des différentes parties du moteur.
- Tableau I
- Echauff'ement du moteur en degrés C.
- SS P M u S o Pt/3-*-» s « U p u > s fl a S3'3 -? u 0 . 2 •40 Cu tfl « CA UJ essai de durée i3 chevaux, 75o tours par minute ÉCHAUFFEMENT . MAXIMUM (Prescriptions de l’Union des Electriciens)
- Fer du stator 27 48 70
- Collecteur 52 65 80
- Enroulement du stator. 42 67 70
- Enroulement du rotor. 46 58 70
- S. P.
- DIVERS
- Le gaz et l’électricité en Allemagne. — F. Ross. — Eiektrotechnische Zeitschrift, 27 avril 1911.
- L’auteur démontre, à l’aide de tableaux statistiques indiquant le développement respectif de la consommation de gaz et de la consommation d’électricité dans 18 villes allemandes de plus de 100000 habitants, que, depuis l’introduction de l’électricité dans ces villes, celle-ci a suivi une progression sensiblement plus rapide que le gaz.
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- 24$
- En effet, la’ production de gaz moyenne en centimètres cubes par an et par habitant dans ces 18 villes
- a atteint, au cours des chiffres suivants : douze dernières années,les
- 1898 60,0
- i9°4 7*>4
- i^o.. 82,6
- ce qui correspond à des augmentations en % de :
- 19° 4 ........... 19,0
- >910 i5,7
- L’augmentation de production de gaz, moyenne annuelle au cours des six dernières années, est donc de 2,6 % en chiffres ronds.
- Mais si, d’autre part, on fait abstraction de l’éclairage des rues, la consommation de gaz par habitant et par an, pour les besoins de l’éclairage, tombe aux chiffres suivants :
- 1898 3a>9
- i9°4 3a.9
- 1910
- c’est-à-dire qu’elle reste stationnaire.
- Quant à la puissance totale des moteurs à gaz installés dans les 18 villes considérées, elle est tombée de 28696 chevaux en 1903-1964 à 26813 chevaux en 1909-1910. Si dans quelques villes, telles que Leipzig et Nuremberg, la puissance totale des moteurs à gaz installés s’est accrue, cela tient à ce que dans ces villes une partie seulement des rues se trouve desservie par le réseau électrique (à Nuremberg la longueur totale des rues desservies.n’atteint que le quart de la longueur des rues desservies par le gaz ; à Leipzig ce rapport n’est que de un septième), ce qui oblige les industriels à avoir recours au moteur à
- gaZ'
- Par contre, le développement de l’électricité dans les mêmes villes a suivi une progression beaucoup plus rapide, ainsi qu’en témoignent les chiffres suivants :
- Energie totale fournie dans ces 18 villes.
- 1903/04 1909/10
- En 1000 kilowatts-heure (non
- compris les tramways).... 43 5io 12.4326
- Energie fournie par habitant
- en kilowatts-heure....... 11,1 26,2
- if)°3/o4 1909/10
- Puissance installée pour l’éclairage en kilowatts...... 68 164 13p 292
- Puissance installée pour la
- force motrice en chevaux.. 38 068 106 36j
- Augmentation en % , par habi-
- tant, de l’énergie totale
- fournie................................. i36
- Augmentation de l’énergie
- fournie pour l’éclairage... 68
- Augmentation de l’énergie fournie pour la force motrice ...................... 119
- La comparaison de ces chiffres et des précédente montre clairement que, dans l’ensemtde des ville» considérées, le développement de l’électricité a suivf une progression considérablement plus rapide que celle du gaz. D’ailleurs, dans certaines villes, où le tarif de l’électricité est relativement peu élevé, la consommation du gaz accuse une diminution sensible; c’est ainsi qu’à Strasbourg où la population a cependant augmenté de 20 % , la consommation de gaz par habitant est tombée de 23,6 centimètres cifbes en 1903-1904 à 19,9 centimètres cubes en 1909-10.
- Des résultats analogues ressortent d’autre part de statistiques relevées dans d’autres villes plus petites (de 5oooo à 100000 habitants) de l’empire allemand. Dans l’ensemble de ces villes, l’accroissement moyen de la consommation de gaz par an et par habitant n’a été que de 3,5 % , dû principalement aux appareils de chauffage et de cuisine ; pour l’électricité ce même accroissement a atteint par contre 26 % . La puissance globale des moteurs à gaz installés dans ces villes accuse également une diminution assez sensible (6092 chevaux seulement en 1909-1910 contre 6934 chevaux en 1903-1904), tandis que celle des moteurs électriques s’est élevée dans le même espace de temps de 7592 chevaux en 1903-1904 à 23 i5g chevaux en 1909-1910, ce qui correspond à une augmentation de consommation de 26 % par an et par habitant.
- L’auteur estime que, par suite des abaissements de tarifs consentis par de nombreuses compagnies de distribution d’électricité et du développement des lampes à filament métallique, la différence en faveur de l’électricité ne peut que s’accroître.
- J.-L. M.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2e Série). Jf»2tr
- VARIÉTÉS
- Généralités sur Vélectrification des chemins de fer. — R. de Valbreuze. — Conférence faite le a5 novembre 1910. Reproduite par le Bulletin de la Société d'Encouragement pour l’Industrie Nationale, mars 1911.
- HISTORIQUE
- Vers 1895,011 songea à étendre aux chemins de fer métropolitains le système de traction électrique employé sur les1 tramways. Gomme il s’agissait de mettre en mouvement des trains formés de plusieurs voitures, on augmenta d’abord la puissance des moteurs, placés sur le véhicule de tête. Plus tard, on fit entrer dans la composition de chaque train un certain nombre de voitures motrices et l’on employa des appareils de manœuvre permettant de régler simultanément, du poste de tête, la marche de tous les moteurs du train ; ce dispositif, imaginé en 1898, a reçu le nom de système à unités multiples.
- Vers i8g5 également, la Compagnie du « Baltimore and Ohio Railroad » décida d’adopter la traction électrique sur la ligne souterraine qui donne accès à sa gare de Baltimore. Elle fit construire dans ce but de puissantes locomotives,capables de remorquera faible vitesse ses trains les plus lourds. Quelques années plus tard, la nouvelle ligne de Paris à Versailles (rive gauche) et le prolongement souterrain de la ligne de Paris à Orléans, depuis la gare d’Austerlitz jusqu’à la gare d’Orsay, furent équipés électriquement. Dans ces trois installations, où il s’agissait de sections de faible longueur, la traction électrique avait été adoptée uniquement en vue d’éviter la fumée dans de longs tunnels.
- D’autre part, les chemins de fer suisses électrifiaient, en 1898, une portion de ligne de 40 kilomètres de longueur, comprise entre Burgdorf et Thoune. En 1901, deux lignes électriques de plus de 100 kilomètres chacune furent mises en exploitation dans le nord de l’Italie ; en 1902 et 1903, des expériences de traction à très grande vitesse furent faites en Allemagne sur la ligne militaire de Berlin à Zossen ; de igo3 à 1905 la ligne de Liverpool à Crossens (banlieue de Newcastle), le chemin de fer de la Mersey (Liverpool), la ligne de Paris à Juvisy étaient à leur tour électrifiés.
- Après igo5, la traction électrique se répand rapidement et est adoptée par les grandes voies ferrées suivantes : banlieue du « Long Island Rd », près de New-York; ligne de Philadelphie à Atlantic City (io5 kilomètres); tunnel du Simplon; voies du « New-York Central and Hudson River Rd » (48 kilomètres) et du « New-York, New-Haven and Hartford Rd » (55 kilomètres) ; lignes du « Spokane and Inland Ry» (217 kilomètres) et du New-York Central, entre Utica et Syracuse ; ligne de Blankanese à Ohlsdorf (Hambourg-Altona);tunnel de Sarnia(Ontario); tunnel de la Cascade (Etat de Washington); ligne du « Pennsylvania Rd » aux abords de New-York; voies de raccordement du « London Brighton and South Coast Ry ».
- L’énumération qui précède ne comprend ni les chemins de fer de montagne, ni les lignes d’intérêt local, ni les jonctions interurbaines, raccordées généralement aux tramways urbains. Ces dernières ônt fait, cependant, l’objet d’installations importantes et certaines d’entre elles, à plate-forme indépendante, présentent des conditions de fonctionnement analogues à celles des grandes voies ferrées : telles sont les lignes d’Innsbruck à Fulmpnes; de Murnatt k Ober-Ammergau; de Montreux Oberland Bernois; du Fayet à Chamonix ; d’Indianapolis à Connersvilié (90 kilomètres) et à Greensville (80 kilomètres) ; de Bloomington, Pontiac et Joliet (144 kilomètres) ; de Chicago à South Bend (ia5 kilomètres) ; de Pittsburg à Butter; du Borinage ( 129 kilomètres) ; de Rotterdam à La Haye et Scheveningue ; de Rome à Civita Cas-tellana ; de Bergatne à Valle Brembana, etc.
- CHOIX DU SYSTÈME DÉ TRACTION
- i° Courant continu, moyenne tension.
- Le principe des dispositifs employés pour la traction électrique par courant continu sous une tension de 5oo à 700 volts est le même que dans les installations de tramways, mais la puissance mise en jeu est infiniment plus considérable.
- Le moteur série à courant continu convient bien aux applications générales de la traction électrique, grâce au grand couple de démarrage qu’il est capable de développer, à sa puissance élevée par unité de
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- poids, à son excellent rendement, aux facilités de réglage et & la sécurité de fonctionnement qu’il présente. Dans les moteurs modernes,et particulièrement dans ceux qui sont munis de' pôles auxiliaires, la commutation est bonne à toutes les vitesses et le collecteur ne donne que rarement lieu à des ennuis.
- Le troisième rail constitue une ligne d’alimentation simple et robuste qui n’est pas sujette aux dérangements *. les accidents graves dus à un contact intempestif sont rares si la tension n’excède pas 6oo à 700 volts et Surtout si l’on emploie des revêtements en planches. Par contre, la présence d’une ligne d’alimentation au niveau du sol entraîne à des complications importantes dans les gares et aux aiguillages : d’autre part, en cas de neige, de verglas ou d’inondation, il est difficile d’assurer le service.
- Au point de vue des dépenses d’installation, le système à courant continu est évidemment très coûteux, puisqu’il exige, outre l’usine génératrice et l’équipement delà voie, de nombreuses sous-stations destinées à fournir le courant au troisième rail. Les frais de surveillance et d’entretien des installations fixes se trouvent eux-mêmes grevés parles dépenses relatives au personnel employé dans ces sous-stations. Par contre,ses frais de traction proprement dits sont peu élevés à cause du bon rendement des moteurs et du faible poids de l’équipement électrique du matériel roulant : cet équipement est lui-même peu coûteux.
- a0 Courants triphasés.
- Le moteur asynchrone triphasé est d’une robustesse exceptionnelle et offre le précieux avantage d’être dépourvu de collecteur ; il n’exige donc que très peu d’entretien. La constance de sa vitesse de rotation constitue, pour la traction électrique, un avantage incontestable parce qu’elle permet de maintenir rigoureusement les horaires prévus, quels que soient le profil de la voie et la charge remorquée : par contre, elle rend impossible l’emploi des trains à unités multiples, car, par suite des inégalités de diamètre des roues motrices de différentes voitures (dues à l’usure inégale des bandages), certains moteurs pourraient être beaucoup plus chargés que d’autres. La récupération d’énergie, qui se produit automatiquement dès que la vitesse du train dépasse la valeur normale prévue, peut présenter une certaine importance sur les lignes à profil accidenté.
- On a reproché souvent au système triphasé la complication de la double ligne de contact aérienne. Cette complication semble en réalité plus apparente
- que réelle, bién qu’évidemment la‘présence de deux conducteurs voisins, parcourus par des courants de phases différentes, nuise à la simplicité des installations : en pratique, on n’a éprouvé, de ce fait, aucun mécompte grave.
- Avec le système triphasé, les dépenses d’installations sont peu élevées, l’équipement de la voie (ligne d’alimentation et postes transformateurs) et celui du matériel roulant sont peu coûteux. Au total, les frais d’équipement de la voie et du matériel roulant sont d’environ 40 % inférieurs aux frais correspondants, relatifs au système à courant continu. Les frais de surveillance et de traction des installations fixes sont peu élevés ; il en est de même des frais de traction. Le rendement total, compté depuis les machines de l’usine génératrice jusqu’aux roues motrices, est supérieur au rendement total du système à courant continu à 600 volts : il est encore amélioré par la récupération sur les lignes à profil accidenté.
- 3° Courant monophasé.
- L’avantage principal du système monophasé réside dans la simplicité de la ligne d’alimentation à fil unique, qui permet l’emploi des tensions très élevées, jusqu’à 20 000 volts, et dans les facilités d’extension ultérieure de la ligne.
- Les moteurs monophasés ont des propriétés analogues à celles des moteurs-série à courant continu, mais ils leur sont inférieurs àplusieurs points de vue : pour une puissance donnée, ils sont plus lourds (*), plus volumineux et plus coûteux; leur rendement est moindre et leur échauffement est plus grand; le démarrage est mou et le facteur de puissance à ce moment est très mauvais(2);enfin l’effort de traction maximum (c’est-à-dire capable de faire patiner les roues) est de i5 à 20 % plus faible, à cause de la forme pulsatoire du couple moteur (2). Par rapport aux moteurs triphasés équivalents, ils sont beaucoup plus lourds, plus volumineux et moins robustes.
- Les dépenses totales d’installation relatives au système monophasé sont inférieures à celles qu’entraîne l’adoption du système à courant continu, mais inférieures à celles du système triphasé. L’équipement de la voie est peu coûteux, mais l’équipement du matériel roulant est bien plus coûteux qu’avec les
- (*) Le poids d’un moteur-série monophasé est presque double de celui d’un moteur-série à courant continu fonctionnant dans les mêmes conditions.
- (a) Cos <p = o,3 à 0,4 environ.
- (3) On peut y remédier en partie par l’emploi d’accouplements élastiques.
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- deux autres systèmes. Les frais de surveillance et d’entretien des- installations fixes sont beaucoup moins élevés que dans le cas du courant continu, grâce à l’absence de sous-stations. Lés frais d’entretien et de réparation du matériel roulant sont plus élevés, parce que les collecteurs des moteurs s’abîment plus ét sont {fins difficiles à réparer. La consommation d’énergie électrique sur voitures motrices est sensiblement plus élevée que dans le système à courant continu ou le système triphasé, à cause du rendement inférieur des moteurs et de l’augmentation de poids de l'équipement électrique (*) : cette infériorité est en partie compensée par le bon rendement des installations fixes, depuis les machines de l’usine génératrice jusqu’à la ligne de contact (*). *
- 4° Courant continu, haute tension.
- Les progrès réalisés dans la construction des machines à courant continu et, particulièrement, la bonne commutation obtenue par l’emploi des pôles auxiliaires ont permis d’établir des moteurs de traction capables de fonctionner sous une tension élevée (i aoo volts environ). En élevant la tension de 6oo à i 200 ou 2 400 volts, on augmente de quatre ou huit fois le rayon d’action de l’usine génératrice ou d’une sous-station : le système à courant continu à haute tension pourra alors être plus économique que le système monophasé sur certaines voies ferrées dont le trafic n’est pas suffisant pour jjustifier l’emploi du système classique à courant [continu avec troisième rail.
- La ligne aérienne est établie comme dans les installations à courant monophasé. Au lieu d’un seul fil de travail, on emploie généralement deux fils placés à côté l’un de l’autre et reliés en parallèle, de façon à pouvoir recueillir un courant d’assez forte intensité. Ces fils sont soutenus par une suspension caténaire et sont alimentés de distance en distance, par des sous-stations ou par des feeders.
- Les locomotives ou automotrices portent généralement quatre moteurs. Ceux-ci peuvent, au besoin, être groupés deux par deux en série et accouplés ensemble électriquement ou mécaniquement si l’on veut
- (*) Ce poids est de 4° kilogrammes par cheval en monophasé et de 16 kilogrammes en continu.
- (-) Le rendement des sous-stations à courant continu est médiocre, car les machines,dimensionnées pour supporter de fortes surcharges, travaillent souvent à faible charge. En monophasé,au contraire, les transformateurs, s’il y en a, travaillent avec nn bon rendement moyen et peuvent supporter de fortes surcharges momentanées.
- élevèr èncôrë la tension d’alimentation (J). On règle la vitesse comme d’habitude, en connectant én série et en parallèle les moteurs ou groupes de moteurs, avec introduction de résistances dans le circuit pour les transitions. Les trains peuvent circuler à vitesse réduite sur les lignes à coùrant continu à 6oo volts (réseaux urbains).
- Le système à courant continu à haute tension offre sur lé système monophasé les avantages suivants : le rendement des moteurs est meilleur, l’équipement électrique du matériel roulant est beaucoup moins lourd et moins coûteux : les pertes en ligne sont moins importantes par suite de l’absence d’effets de self-induction dans le conducteur d’alimentation et surtout dans les rails de retour : enfin, on peut utiliser commodément des batteries d’accumulateurs dans les cas particuliers où le besoin s’en fait sentir.
- L’auteur a terminé sa remarquable conférence en décrivant lés types de locomotives électriques les plus caractéristiques.
- Stations centrales et systèmes de distribution. — Electric Railway Journal, 7 janvier 1911.
- Il est intéressant de connaître comment, en Amérique, on envisage actuellement la question des distributions d’énergie électrique. L’article que nous analysons ici, bien que dépourvu de toutes précisions techniques, résume bien les conceptions admises, de l’autre côté de l’Atlantique, dans cet ordre d’idées.
- Le trait le plus remarquable se trouve dans la simplification du plan général par l’emploi de plus grandes unités motrices consistant particulièrement en turbines à vapeur aux dimensions accrues.
- Le courant engendré, ordinairement triphasé, est transmis à de lointaines sous-stations où il est converti en courant continu pour être distribué aux lignes. Il est regrettable que le groupe turbo-géhé-rateur de courant continu n’ait pas rencontré plus de faveur. La simplicité du matériel fournissant du triphasé, avec les groupes de convertisseurs des sous-stations, est très séduisante ; pourtant,- les ingénieurs des stations savent très bien que les pertes d’énergie inhérentes au système, si biefi étudié qu’il soit, sont grandes et que, malgré tout, la complication nécessaire des appareils de ce genre augmente les chances d’accidents.
- Le tableau de distribution principal est fort compliqué et son prix est une fraction importante de
- (*) 2 400 volts avec denxmoteurs à i 200 volts ensérie.
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- l’installation. Sans doute, les turbo-génératrices à courant continu de plus petite puissance sont actuellement susceptibles d’un grand développement, mais il reste encore beaucoup à faire dans cette direction. Les progrès dans la construction des machines à pôles auxiliaires de commutation s’accentueront encore; les avantages de leur emploi les situant tout naturellement au centre du territoire d’une exploitation de dimensions considérables. Il n’y a pas de raison, si ce n’est l’absence de turbo-génératricc à courant continu convenable, pour que la puissance soit engendrée sous forme de courant alternatif à une extrémité d’une usine de grandes dimensions et transformée par des machines coûteuses à l’autre extrémité pour desservir le territoire de voisinage immédiat.
- L’étude des usines centrales s’est nettement orientée vers la combinaison des turbines à basse pression associées à des moteurs à piston. Cette évolution progressive a obtenu des résultats très économiques. Et ici, on peut penser qu’une telle combinaison rencontre en partie l’objection qui a été élevée à la pratique de quelques stations : c’est, en effet, une méthode simple d’alimenter la partie centrale d’un réseau de voies ferrées par du courant continu provenant de génératrices actionnées par des moteurs à mouvements alternatifs et de reporter la charge de la fourniture d’énergie aux lignes périphériques par l’entremise des postes de transformation sur les turbines à basse pression. Dans tous les cas, la turbine à basse pression donne un admirable moyen d’augmenter la production cl le rendement des stations existantes, si les génératrices originelles sont conçues pour courant continu ou triphasé.
- Une question de la plus haute importance, c’est celle du combustible. Le prix du charbon passe par toutes sortes de fluctuations ; les phases de hausse sont plus fréquentes que celles de baisse et surtout plus accentuées. C’est au foyer de combustion qu’est la difficulté. Le prix du charbon n’est pas en corrélation directe avec sa puissance calorifique. Les houilles supérieures coûtent disproportionnellement plus que les houilles de grande teneur en cendres, parce que toute façon quelconque de conduire le feu procure des résultats satisfaisants avec les premières quel que soit le système du fourneau et par conséquent celles-ci sont plus demandées. Les chaudières
- et les foyers à chargement autotnatique donnent généralement satisfaction, mais il reste encore trop d’exemples de mauvais rendements. L’impuissance à utiliser convenablement la valeur thermique du charbon de bas prix est le point le plus faible de la solution du problème de production de l’énergie dans nos usines modernes.
- En ce qui a trait à la distribution de l’énergie au matériel des voies ferrées, il est bon de ne pas oublier que la pratique de la transmission sur les chemins de fer diffère de celle des systèmes hydroélectriques ordinaires, en ce sens qu’elle comporte souvent de considérables quantités de puissance et qu’il faut établir les lignes sur des bases larges le long des chemins fréquentés. La construction aérienne doit s’adapter à l’emploi de câbles en cuivre lourds et présenter le plus haut degré de sécurité.
- Pour supporter les lignes, différents types de pylônes sont employés. Le succès a couronné la construction italienne dans laquelle les supports sont doués d’une suffisante flexibilité longitudinale pour subvenir aux exigences des efforts extraordinaires de flexion exercés par les lignes.
- Le grand litige entre les partisans du courant alternatif et les adeptes du courant continu dans les moteurs reste encore indécis. Les voltages élevés, ceux de i aoo volts, par exemple, pour les services interurbains sur longue distance, ont simplement apporté un palliatif aux difficultés d’un problème ardu, mais celui-ci reste encore sans solution objective, quand il s’agit d’un travail en ligne très important. L’expérience des deux systèmes en présence ne semble pas encore avoir levé les doutes. Peut-être la seule catégorie de gens qui se réjouissent de cet état d’incertitude se compose-t-elle des magnats de la traction à vapeur qui y trouvent un excellent motif de doute et d’hésitation quand on leur propose la transformation électrique de leurs lignes.
- Le système tout à fait idéal dans lequel de longues sections de routes seraient alimentées à haut voltage par un simple fil de trolley, sans feeders, n’a pas encore été matérialisé par l’un ou l’autre camp en présence. A part le cas banal d’un service électrique interurbain ordinaire, le problème de la distribution dans ses rapports avec le fonctionnement du moteur demeure encore à résoudre.
- E. D.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Il est'donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Be&nspruchung und Durchhang von Freilei-tungen, par R. Weil. — « volume in-8° raisin de ro6 pages, avec 42 figures et 3 planches hors texte. — J. Springer, éditeur, Berlin.
- Dans cet ouvrage, dont un article paru ici même a donné à nos lecteurs quelque idée ('), M. Robert Weil établit d’abord les équations fondamentales qui donnent les expressions de la tension et de la flèche d’un conducteur aérien en fonction de la température et de la surcharge accidentelle qu’il peut avoir à supporter,. Il discute ensuite ces équations et en tire des formules pratiques s’appliquant aux divers métaux usuels : cuivre, bronze, aluminium, acier, fer. L’auteur applique ces formules à de nombreux exemples numériques et en déduit les courbes de la tension et de la flèche des conducteurs en fonction de la distance entre les poteaux pour différentes températures ; ces courbes sont reproduites dans l’ouvrage. Il tire ensuite de ces mêmes formules une méthode graphique simple permettant de déterminer la tension et la flèche dans n’importe quelles hypothèses de tension maxima et de surcharge, et donne un exemple numérique de l’application de cette méthode. Il examine ensuite le cas des lignes dont les points de suspension sont mobiles ou situés à des hauteurs différentes ; puis il compare la méthode algébrique et la méthode graphique, et signale en terminant la modification qui lui paraît pouvoir être apportée à la méthode Blondel-Nicolaus.
- Cet ouvrage présente ainsi d’une manière complète l’étude des relations qui représentent les changements d’état survenus dans un fil tendu par suite d’une variation dans la charge additionnelle, question qui forme le noyau de toutes les recherches sur les efforts et la flèche des conducteurs aériens.
- M. K.
- Die unipolare Gleiehstrommachine, par B.
- von Ugrimoff. — Brochure in-8° de 98 pages, avec 104 figures. — J. Springer, éditeur, Berlin.
- L’extension prise depuis quelques années par les turbines à vapeur a conduit, comme on sait, de nombreux techniciens à rechercher un type de dy-
- (*) Voir Lumtàttf Electrique, 17 décembre 1910.
- namo à courant continu susceptible de tourner à des vitesses angulaires et périphériques relativement considérables, de manière à permettre leur accouplement direct à ces turbines.
- Dans cet ordre d’idées, la machine homopolaire a séduit par sa simplicité un certain nombre d’ingénieurs; les machines de ce type, dont l'induit se compose d’un simple disque métallique analogue aux disques des turbines de»Laval et ne comportant ni enroulement ni connexion, se prêtent en effet aux plus grandes vitesses.
- Après avoir retracé en détail l’historique de la machine homopolaire depuis sa première réalisation sous la forme du disque de Faraday, M. von Ugrimoff aborde l’étude de la captation du courant aux grandes vitesses périphériques, qui constitue la principale difficulté de la réalisation pratique des machines homopolaires.
- L’auteur décrit un dispositif qui lui est dû et qui est constitué essentiellement par des lames d’acier au nickel baignant dans du mercure placé dans une gorge à la périphérie du disque de l’induit; le mercure est refroidi par une circulation d’eau, de manière à éviter son évaporation.
- Grâce à l’application de ce dispositif, M. von Ugrimoff a pu réaliser une dynamo à courant continu homopolaire, d’une puissance de 80 kilowatts environ, sous une tension de 40 volts et dont la vitesse angulaire peut atteindre 8 000 tours par minute. L’ouvrage contient la description détaillée de cette machine et le compte rendu des résultats qu’elle a donnés aux essais.
- Enfin l’auteur expose le projet qu’il a conçu d’une machine analogue, mais comportant deux disques montés en série,de manière à doubler la tension aux bornes. J.-L. M.
- L’électricité pratique à l’usage des architectes et des propriétaires d’immeubles, par B. Bloch et R. Zaudy. — 1 volume in-8° carré de i5i pages,avec99 figures. — J. Springer,éditeur, Berlin. " — Prix : relié, a,80 marks.
- L’emploi de l’électricité se répand déplus en plus, aussi bien dans les appartements prives que dans 1 les hôtels, restaurants,, maisons de commerce, etc.
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- Or, l'architecte chargé de la construction d’un immeuble, peut réaliser d’importantes économies, s’il prévoit d’avance certaines dispositions de nature à faciliter le travail de l'installateur ; une autre source d’écoftomie de temps et d’argent peut encore provenir de l’emploi, dans l’exécution des travaux de gros-œuvre du bâtiment, de l’énergie électrique à laquelle on néglige trop souvent de faire appel. D’autre part, par le choix judicieux d’un type de lampe approprié ou l’emploi de l’énergie électrique pour les usages domestiques sous la forme d’ascenseurs, monte-charges, ventilateurs, appareils de chauffage et de cuisine, le propriétaire d’un immeuble peut, également, réaliser de notables économies et augmenter le confort de son immeuble. C’est dans le but de mettre les architectes et les propriétaires d’immeubles en mesure d’acquérir, sans études techniques, les connaissances indispensables à ce sujet, que MM. Bloch et Zaudy ont composé cet ouvrage.
- Wt
- Le premier chapitre est consacré à l’installation des lignes (coffrets de branchement, colonnes montantes, petit appareillage, etc.); dans le deuxième, tous les modes d’éclairage électrique usuels, lampes à filament de carbone et à filament métallique,, lampes à arc, lampes à vapeur de mercure, ainsi que la disposition de ces lampes et leurs applications,, en particulier l’éclairage indirect, font l’objet d’une étude détaillée. Le troisième chapitre est réservé aux appareils de chauffage et de cuisine, et le quatrième aux applications mécaniques de l’électricité dans les immeubles (ascenseurs, monte-charges,. ventilateurs, aspirateurs, pompes, etc.). Enfin, dans un cinquième chapitre, les auteurs traitent la question de l’emploi de l’énergie électrique dans les travaux du bâtiment, par la commande des divers appareils de levage, des machines à gâcher le ciment et le béton, des ciseaux, des machines à percer,, des compresseurs d’air, etc.
- J.-L. M.
- BREVETS
- Dispositif pour la régulation électrique de vitesse des machines.
- Ge dispositif, breveté par la Société Siemens Schuckert-Werke (*), permet d’obtenir automatiquement une régulation de la vitesse de la machine de travail par compensation électrique.
- Le levier de régulation ne sert pas ici à actionner directement des résistances intercalées dans le circuit et réglant la vitesse, mais pour agir sur un alternateur synchrone intermédiaire en lui imposant, pour une vitesse mécanique voulue, une fréquence électrique directrice.
- La figure i donne un schéma de l’ensemble ; m est le moteur de travail, A les résistances réglables, t*le levier de régulation agissant par l’entremise du moteur à courant continu g sur la vitesse et, partant, sur la fréquence de la « machine directrice » r.
- La « machine de marche » l, à champ tournant, est accouplée mécaniquement au moteur m et reçoit dans son stator le courant triphasé débité par la machine directrice r.
- Quand le moteur m et, par conséquent, aussi le rotor de l tournent à la vitesse normale, correspon-
- dant à une position donnée du levier t, il n’y a pas de décalage entre la vitesse du rotor et la vitesse du champ tournant du stator de /; le petit moteur asynchrone s est immobile.
- On n’aura qu’à déplacer le levier t dans un sens donné pour augmenter la vitesse de g, la fréquence
- l’ig- i.
- de /•, la vitesse du champ tournant dans l ; l’avance de ce dernier induira dans le rotor de la même machine des courants qui seront envoyés sous une autre fréquence au moteur régulateur «. Mis ainsi en mouvement, celui-ci agira mécaniquement sur les résistances h et déterminera une accélération dans la vitesse du moteur principal m jusqu’à complète égalisation de cette vitesse de l’appareil directeur » r.
- (*) N° 418 3o5, demandé le 16 juillet 1910,
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- Un ralentisseinênt accidentel du moteur m amènerait un décalage entre le nombre de tours du rotor et du champ tournant de la machine /; alors les tensions ainsi induites feraient partir le moteur régulateur s et détermineraient la régulation automatique.
- Il faut que le régulateur de la machine soit en avance sur sa position d’équilibre, en raison des efforts d’accélération nécessaires aux masses inertes du moteur principal.
- Donc, lorsque le moteur aura pris la vitesse voulue, le régulateur sera ramené en arrière d’une certaine quantité par l’appareil régulateur, pour prendre, après un certain nombre de répétitions de ce jeu, sa position de repos. Des oscillations s’en suivent, plus ou moins amorties, suivant l’importance des masses inertes.
- On peut employer comme appareil régulateur s également un moteur synchrone avec excitation par •courant continu ou bien un relais qui met en activité un servo-moteur séparé. Comme « appareil directeur » /*, on pourra se servir aussi d’un alternateur à collecteur, d’un induit à courant continu qui reçoit par trois bagues du courant polyphasé et le transmet il travers un collecteur à trois balais. L'appareil de marche l) décrit, peut être remplacé par une machine synchrone ordinaire excitée par du courant continu ou alternatif.
- Mais en tous les cas, l’un des trois éléments de régulation (appareil directeur, appareil de marche, ou appareil régulateur) doit être une machine polyphasée doublement accouplée.
- • Th. S.
- Procédé et dispositif pour la régulation automatique de la vitesse des moteurs polyphasés.
- Le principe de cette invention brevetée par la Société Siemens Schuckert- VVerke (J ) consiste à effectuer ün échange d’énergie entre les courants de stator et de rotor, à Vaide d'un transformateur en série, de façon que les tensions transmises soient sensiblement proportionnelles aux courants de charge.
- La .figure i s’applique aux moteurs triphasés à collecteur en dérivation. Les courants de stator et de rotor du moteur m parcourant les deux enroulements du transformateur en série s qui, pour la commodité >de la régulation, peut être exécuté comme transformateur déplaçable à champ tournant. Si on le règle \-de manière que les deux champs magnétiques de son
- (*) N° 413 654, demandé le 16 mai 1910.
- statoret de sonrotor se compensent largement, il ne s’y induit pas de tensions sensibles, et les circuits n’agissent pas les uns sur les autres. Le nombre de tours du moteur m est alors réglable en pure dérivation par la tension au transformateur principal n.
- Fig. 1.
- Si maintenant on décale les enroulements du transformateur s les uns par rapport aux autres, il s’y forme un champ résultant qui produit des tensions ayant une grande composante dans le sens des courants mêmes et produisant en conséquence un transport d’énergie entre le stator et le rotor.
- Si maintenant on veut obtenir un abaissement du nombre de tours du moteur m en cas de charge, il faut que le flux du transformateur ait un sens tel qu’il produise de l’énergie dans celui des enroulements du transformateur en série qui est relié au moteur, alors qu’au contraire de l’énergie est consommée dans l’enroulement relié au rotor. Si l’on considère, par exemple, la marche hyposynchrcne du moteur m, le rotor restitue de l'énergie par le collecteur. Cette énergie est en partie consommée dans le transformateur en série, et transmise au circuit du stator; une autre partie de l’énergie retourne au réseau à travers le transformateur de régulation n. Au moyen du transformateur en série, on élève de la même quantité la tension du rotor et celle du stator; leur différence reste constante. Leflux magnétique du moteur augmente également, et il en résulte une diminution du nombre de tours par rapport à celui de la marche à vide. La valeur de cet abaissement du nombre de tours peut, d’après ce qui précède, se régler à volonté sur le transformateur en série. Si l’on veut obtenir un nombre de tours indépendant de la charge du moteur ou même croissant avec celle-ci, il faut donner au champ du transformateur en série la direction inverse, en sorte que la tension du stator, et par suite le champ du moteur, diminue quand les courants augmentent. En cas d’hypersyn-chronisme, les directions des tensions résultantes sont simplement inversées dans le circuit du rotor.
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- 27 Mai 1911.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Au moment où nos chemins de fer de l’Etat préparent, comme nous l’avons vu, une transformation du réseau de banlieue, enregistrons qu’en Allémagne l’électrification des voies - ferrées fait des progrès rapides. Le Ministre des Travaux publics a déclaré à la Diète que les expériences tentées avaient été satisfaisantes et qu’incessamment les travaux de transformation de la ligne Magdebourg-Bitterfeld-Leipzig-IIaile seraient entrepris. Les autorités prussiennes estiment que l'adoption du courant alternatif haute tension a rendu possible au point de vue financier l’électrification des principales lignes. Cependant, la question des lignes stratégiques est encore réservée : en France, c’est le point de vue qui prévaudra jusqu’à nouvel ordre pour- l’extension du système à certains réseaux. Notons que chez nous les expériences se poursuivent avec succès sur les lignes de tramways départementaux et notamment dans la Haute-Vienne dont le réseau est sur le point d’entrer en service.
- Le io mai, s’est tenue à Lyon l’assemblée extraordinaire de la Société des Forces Motrices du Rhône convoquée pour vérifier la sincérité de la déclaration de souscription des ioooo actions nouvelles, et suivie de l’assemblée ordinaire annuelle réunie pour entendre le rapport du conseil et approuver les comptes de l’exercice 1910. L’intérêt de ces deux assemblées ne pouvait échapper à personne, parce que le conseil ne pouvait manquer d’y fixer l’orientation delà Société depuis la rupture des conventions avec la Compagnie du Gaz; les auditeurs n’auront pas été déçus. Ils ont appris que sur 10000 titres nouveaux, 6982 avaient été souscrits par les actionnaires anciens, en vertu de leur droit de préférence, et que les 3 020 titres restants avaient été répartis entre 1 678 souscripteurs dans la proportion de 6 % des demandes : les événements de l’année n’avaient donc pas influencé ceux qui ont toujours fait confiance à l’affaire. Le capital des Forces Motrices du Rhône est donc porté définitivement de 25 à 3o millions. L’objet de cette augmentation a été indiqué à l’assemblée ordinaire dans le rapport du conseil : « C’est pour être toujours en mesure de soutenir le
- « choc d’une concurrence qui continue à s’armer de « son côté,comme pour faire face aux besoins d’une « clientèle à laquelle ne suffiront plus bientôt nos « premiers moyens de production, que nous avons « demandé d’élargir notre objet social. » L’usine de Cusset,d’une puissance actuelle de 11 000 chevaux, va être augmentée; mais elle doit rester usine de secours; et pour s’assurer toute la puissance dont elle prévoit l’utilisation, la Société a conclu un accord avec la Grenobloise de Force et Lumièi’e, devenue depuis la Société Générale de Force et Lumière, ayant pour but l’aménagement à frais communs de telles chutes que possède cette dernière ou que les. deux associés achèteraient ensemble.
- Si, en effet, les progressions de 1910 et du premier trimestre de 1911 se poursuivent dans l’exploitation avec la même proportion, il est urgent de se prémunir de réserves de force motrice : 3o 000 mètres de canalisations ont été placés, en 1910 ;.
- 1 5/|8 chevaux de moteurs et 55 355 lampes ont été installés. L’usine de Cusset a produit' 5o millions, d’hectowatts-heure de plus qu’en 1909; et, malgré la baisse des tarifs, les recettes ont atteint 5261 274 francs, en augmentation de 234 ^97 francs sur l’exercice précédent. Le premier trimestre de 1911, avec les nouveaux tarifs, marque une nouvelle augmentation des recettes de 73310 fr. sur celui de 1910 où les tarifs de lumière appliqués n’avaient pas encore été modifiés. On se fera d’ailleurs une idée de l’activité des services d’installation de la société quand on apprendra, d’après le rapport, que
- 2 38o abonnés de plus ont été réliés depuis le ier janvier 1911, comportant 49 483 lampes de 10 bougies et 557 chevaux. De tels résultats, s’ils se traduisent en fin de compte par des bénéfices, ne peuvent que plaider en faveur d’une situation qu’on était tenté de déplorer au début, si l’on se plaçait au seul point de vue de l’actionnaire menacé dans son revenu. Or, le compte de profits et pertes de 1910 se solde au crédit par un bénéfice de 2676154 francs, supérieur de i63 46i francs à celui de 1909 : sur ce bénéfice, auquel il faut ajouter le report de l’exercice précédent, les actionnaires se partagent à titre d’intérêt et dividende 1 35oooo francs; les parts, 70 000 francs; le conseil, 20 000 francs. Le .surplus, soit 1 193807 francs, est affecté à la réserve légale et à
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- divers amortissements; 72 928 francs sont reportés à nouveau. En définitive, l’action touche 37 francs et la part 11 fr. 666 ; c’est le deuxième coupon que touche cette dernière depuis la création de l’affaire. Sa situation, par le fait de l’augmentation de capital, vient de se modifier quelque peu. On voit que, en “bénéfices nets, le rendement dü capital a dépassé pour la première fois 10 % : il lui faudra avec le nouveau capital atteindre le même rapport en admettant la même proportionnalité d’affectations aux comptes de prévoyance, si les parts veulent détacher les coupons qui suivent.
- Les immobilisations totales au ier janvier 1911 s’élevaient à 57900818 francs; 1910 à lui seul a supporté, du chef des installations des usines et des canalisations, une dépense de 826 097 francs. Le nombre total des abonnés desservis était à cette époque de i5 717, avec 27 751 chevaux de force motrice et 3n 660 lampes de 10 bougies. Nous avons vit plus haut que, comparativement, les dépenses actuelles de première installation étaient plus productives : les cinq millions que la Société vient d’obtenir de ses actionnaires lui permettront un essor plus rapide : nous n’en constaterons pas moins que pour 25 3oo kilowatts de puissance nominale installée chez les abonnés, il a fallu immobiliser près de 58 millions. L’expérience acquise, d’une part, les progrès de la construction, d’autre part, permettent à présent de réaliser à meilleur compte de semblables exploitations.
- Les résultats de l’exercice 1910 du Chemin de fer Electrique souterrain Nord-Sud de Paris, qui ont été produits à l’assemblée du 8 mai, ne sont pas de nature à infirmer nos prévisions précédentes quant aux produits possibles de l’exploitation. Le produit brut âu cours des deux premiers mois de la mise en route pour un parcours, tronqué d’un côté, de 7951 mètres a été de 814024 francs comprenant 811 253 francs de recettes voyageurs, tandis que les dépenses de l’exploitation s’élevaient à 4 89951 francs; les redevances à la ville de Paris se chiffrant par 77 744 francs, le produit net pour 1910 s’établit à 296 328 francs dont l’assemblée a voté le report à nouveau. Au 3i décembre 1910, les dépenses d’immobilisation figurent au bilan pour 108090102 francs, dont 79 620 83o francs pour l’infrastructure, ia o5o 880 francs pour la superstructure, et 13375 191 francs pour les bâtiments de l’administration et les ateliers. Gn s’est efforcé évidemment de comparer les dépenses d’installation et les pro-
- duits bruts d’exploitation à celles et à ceux du Métropolitain ; les termes de cette comparaison ne sont pas les mêmes ; cependant le directeur général a pu répondre que, dès le début, la recette kilométrique s’est élevée aux 9/10 de la recette kilométrique moyenne du Métropolitain après dix années d’exploitation et que la dépense kilométrique était voisine de celle du Métropolitain, malgré des frais généraux proportionnellement plus élevés, puisque l’exploitation était plus restreinte.
- Il a été donné connaissance, à l’assemblée, des conventions avec la Ville de Paris qui prolongent la concession de cinq ans et demi, fixent à 90 millions le nombre de voyageurs au delà duquel sont perçues les redevances supplémentaires de la Ville et suppriment la clause du cahier des charges limitant aux seules charges du capital l’annuité de rachat à verser par la Ville dans les quatre dernières années de la concession, moyennant quoi le Nord-Sud s’engage à construire et à exploiter èn navette l’embranchement Montparnasset-Porte de Vanves. Les dépenses nécessitées par ces nouveaux travaux seront couvertes par une émission d’obligations correspondant à la réalisation effective d’une somme de 35 millions. Le capital, déjà représenté par 75 millions d’actions et 38 040 000 d’obligations sera porté, pour cette seconde partie, à 73 millions. L’exploitation actuelle se poursuit normalement; la première ligne s’arrête, maintenant, à la place Pi-galle ; l’embranchement sur la porte de Saint-Ouen est ouvert sur toute sa longueur. Dès que ces points terminus ont été atteints par les trains, on a pu se rendre compte de la plus grande masse de population intéressée et de la progression rapide des recettes que d'aucuns, dès le début, avaient osé proclamer très insuffisantes au kilomètre pour couvrir les dépenses et rémunérer le capital.
- Les Tramways de l’Est-Parisien ont été très influencés, au cours de l’exercice, parles conséquences des inondations. Les recettes totales sont en diminution de 27g 080 sur 1909, mais si l’on compare les dix derniers mois de l’année, qui ont donné une exploitation normale, on constate que les résultats sont satisfaisants ; la recette voyageurs par kilomètre voiture a été de 0,780 contre 0,708 et la dépense par kilomètre voiture s’est abaissée à o,5o5 contre o,55o. Les bénéfices nets, y compris un report de 1909 de 38 721 fr. 65, se sont élevés, à 1 i65 781 francs, sur lesquels 1 112 35o ont été attribué aux actions privilégiées. D. E.
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- 27 Mai 1911.
- RENSEIGNEMENTS
- TRACTION
- Meurthe-et-Moselle. — Est déclaré d’utilité publique l’établissement d’une ligne de tramway à traction électrique, destinée au transport des voyageurs, entre Champigneulles et Pompey, par Frouard.
- Cette ligne formera prolongement du tramway de Maxéville à Champigneulles.
- Gironde. — Le Conseil général a approuvé l’avant-projet concernant l’installation de la ligne électrique Bordeaux-Bègle.
- Loire. — Il est question d’établir un tramway électrique entre Saint-Etienne et la Talandière-Sorbiers.
- Gard. — Le Conseil général a adopté les conclusions du rapport relatif à l’établissement d’un tramway électrique entre Avignon et Villeneuve-les-Avignon.
- Haute-Vienne. — Le Parlement et l’Opinion, dans son Etudfe financière du io mai, décrit le réseau des tramways électriques de la Haute-Vienne dont nous avons annoncé l’établissement dans notre numéro du 21 janvier 1911.
- D’après cette étude, les concessionnaires ont constitué une Société d’exploitation au capital de 3 750 000 francs. La durée de la concession est de 65 ans. La Société concessionnaire a été autorisée à fournir la lumière électrique aux communes et la force motrice.aux industriels de la région.
- Les travaux, commencés il y a un an sont sur le point d'être terminés, et l’on espère commencer les essais du réseau dans le courant du mois.
- ÉCLAIRAGE
- Basses-Alpes. — Le préfet a approuvé le projet concernant l’installation de l’électricité à Digne.
- Calvados. — Le Conseil municipal de Bayeux étudie les offres d’installation de l’électricité faites par une Société de Caen.
- Indre-et-Loire. — Le Conseil municipal de Sainl-Martin-le-Beau a voté l’installation de la lumière électrique.
- Seine-Inférieure. — Le Conseil municipal du Grand-Quevilly a émis un avis favorable à la demande de concession d’éclairage électrique présentée par la Compagnie Centrale d’Enérgie électrique.
- Seine-et-MArne. — Une enquête est ouyerte à Dam-martin sur le projet de concession d’éclairage électrique déposé péîr M. Dupille,
- Seine-et-Otse. — La commission d’éclairage de la mu-
- COMMERCIAUX
- nicipalité d’Essonnes examine actuellement les diverses propositions faites pour la concession de distribution d’énergie.
- Arabie. —D’après le rapport de la Chambre de commerce d’Aden, pour l’année 1909-1910, on envisagerait la création, à Aden, d’une centrale électrique destinée à fournir l’énergie nécessaire pour l’éclairage électrique de la ville et pour actionner des ventilateurè électriques.
- Monténégro. — La Chambre monténégrine a adopté le texte de la loi visant la concession d’établissement d’une centrale hydroélectrique de 120 000 chevaux de force dans le port delà Bar (mer Adriatique). L’énergie électrique sera surtout employée pour les établissements industriels.
- TÉLÉPHONIE
- Côtes-du-Nord. — La Ghambre de commerce de Saint-Brieuc est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 16 920 francs en vue de l’établissement des circuits téléphoniques : i° Rennes-Saint-Brieuc; 20 Morlaix-Plestin et Quimper-Saint-Brieuc,
- Saône-et-Loire. — La Chambre de commerce de Mâcon est autorisée à avancer à l’Etal une somme de 6 690 francs pour l’établissement de circuits téléphoniques La Chapellc-du-Mont-de-France à Brandon et Saint-Martin de Salençay-la-Guide.
- Algérie. — La Chambre de commerce d’Alger est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 6 85o francs en vue de l’établissement d’un réseau téléphonique à Saint-Ferdinand et d’une cabine téléphonique publique au marché de Boufarik.
- La Chambre de commerce de Constantine est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 35 000 francs en vue de concourir aux dépenses d’établissement d’un circuit téléphonique Cons-tantine-Oued-Zénati.
- DIVERS
- Espagne. — M. Cajard, consul de France à Alméria, dit dans son rapport que, dans la région d’Almeria^ on compte de nombreuses sociétés qui utilisent les chutes d’eau pour la production d’énergie électrique, destinée à l’éclairage des diverses localités et plusieurs centrales importantes.
- La fourniture des appareils de ces installations ainsi que des pièces de rechange intéresse à un très haut point notre commerce d’exportation.
- La Compagnie des chemins de fer du Sud de l’Espagne vient d’installer, près du village de Santa-Fé, sur la rive gauche du fleuve Andarax, une centrale pour l’électrifi-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2e Série). — Nï 21
- cation de la ligne, sur un parcours de 22 kilomètres, entre les gares de Gergal et Sanjta-Fé.
- Cette installation de traction électrique, copie de celle qui fonctionne au Simplon, est la première de ce genre en Espagne. Elle est en voie d’achèvement et sera inaugurée très prochainement.
- Les machines à vapeur et les alternateurs ont été demandés à l’industrie française. . .
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- J. Gautier et R. Toury (Appareils électriques). — Capital: 85 000 francs. — Siège social : 7, impasse Milord.
- Le Therain Electric. — Capital : 60 000 francs. — Siège social : 22, rue des Jacobins, Beauvais (Oise).
- Société Electrique de Man signé. — Capital : 24 000 francs. *— Siège social : Mansigné (Sarthe).
- Compagnie Electrique du canton de Marquion. — Capital : 5ooooo francs. — Siège social': 5i bis, nie des Wetz, Douai (Nord).
- CONVOCATIONS
- La Lampe Osram. — Le 8 juin, 20, cité Trévise,à Paris. Compagnie Continentale Edison. — Le 3i mai, 28, rue de Châteaudun, à Paris.
- , Société Hydro-Electrique du Périgord. — Le 26 mai, 92, rue de la Victoire, à Paris.
- Energie Electrique du Sud-Ouest. —Le 26 mai, 92, rue de la Victoire, à Paris.
- Société des Forces Motrices d'Auvergne. —Le 12 juin, 28, rue de la Grange-Batelière, à Paris.
- Compagnie des Tramways Suresnes-Saint-Cloud-Garches. — Le i3 juin, ig, rue Blanche, à Paris.
- Compagnie des Tramways de F Ouest-Parisien. — Le 9 juin, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Société des Tramways Electriques de Châlons-sur-Marne.
- — Le 8 juin, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Compagnie des Tramways Electriques de Caen. — Le
- 8 juin, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Compagnie du Tramway de Bordeaux-Bouscat au Vigean et extensions. — Le 8juin, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Compagnie du Tramway d’Eu au Tréport. — Le 8 juin, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Compagnie des Tramways Electriques de Charleville, Mézieres et Mohon. — Le 8 juin, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Compagnie du Tramway de Bordeaux-Leognan. — Le 8juin, 19, rüe Louis-le-Grand, à Paris.
- Compagnie des Tramways Electriques de Bordeaux-Pessac.
- — Le 8 juin, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- \
- FRANCE
- Le i01’ juin, à 3 heures, au ministère des Colonies,
- 57, boulevard des Invalides, à Paris, fourniture de 7 locomotives de 3o tonnes à vide pour le chemin de fer de Thiès à Rayes (Sénégal) ; caut. provisoire : 10000 fr.
- Le 12 juillet à la mairie de Châtellerault, fournitures diverses pour la manufacture de Châtellerault :
- 1e1' lot. — Lampes à incandescence de 10, 16 et 32 bougies.
- 2e lot. — Lampes à incandescence.de 5o bougies.
- 3e lot. — Balais en graphite cuivré.
- 4° lot. — Creusets en plombagine.
- Rens. à la manufacture.
- BELGIQUE
- Le 9 juin, à i3 h. 1/4, à l’hôtel de ville, h. Bruxelles, fourniture de câbles et accessoires nécessaires au ser-, vice de l’électricité) caut.: 4000 francs; cahier des charges, o fr. 5o. Soumissions ledit jour, avant 11 heures..
- Prochainement, à la Bourse de Bruxelles, fourniture et montage nécessaires à là transformation d’un tableau de distribution d’énergie électrique et à l’établissement de deux panneaux à placer en extension à l’usine électrique d’Ath.
- *
- ITALIE
- Le 2 juin, à 11 heures, à la direction générale des arsenaux de la marine, à Spezia et Venise, fourniture de câbles et fils électriques, 35 5oo lires ; caut. : 3 55o lires.
- Le 8 juillet 1911, à la présidence du Conseil général de 1’ « Ente autonomo Vollurno », à Naples, adjudication de la construction d’ouvrages de dérivation sur le fleuve Vollurno, en vue de la production de l’énergie électrique, pour Naples et ses environs.
- L’entreprise comprend :
- i° La fourniture et mise en place des conduites forcées et accessoires (devis 702 900 francs).
- 20 La fourniture de 600 kilomètres de fils conducteurs, en cuivre électrolytique.
- 3° La fourniture des machines hydrauliques et électriques, nécessaires pour transformer l’énergie de 7000 litres d’eau par seconde, avec une chute de 190 mètres, en énergie électrique triphasée (devis : 1000000 de francs). Cahier des charges au siège de 1’ « Ente autonomo Vollurno », à Naples.
- ROUMANIE
- La mairie de la ville de Calarashi reçoit les offres pour la concession pendant trente-cinq ans de l’éclairage à l’électricité ; caut. provisoire: 12000 francs.
- TURQUIE
- Le 14 juin, à 2 heures, à Constantinople, adjudication de la concession d’une distribution publique d’énergie électrique et de tramways électriques, devant desservir la ville de Jérusalem et ses faubourgs; caut provisoire : 2 000 livres turques. Cahier des charges (texte français) à consulter au Musée commercial, à Bruxelles. .
- IMPRIMERIE LEVÉ li JE CASSETTE, 17.
- PARIS. —
- Le Gérant : J.-B. Noubt.
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- Tr^nto-trotaiimo année. SAMEDI 3 JUIN 1911.
- tome XIV (2o série). - N* 33;
- La
- Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- RÉVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRIClTE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE —
- EDITORIAL, p. 25^. — L. Cahen. Eléments de calcul des lignes téléphoniques pupinisées, p. 25g. — W. Genkin. Contrôle du facteur de puissance dans les installations à courant triphasé, p. 266.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Efforts dus à la tension dans les diélectriques, S. Osborne et H. Pknder, p. 268. — Traction. Nouveaux équipements de traction électrique monophasée dans le sud delà Fraffce, ,p. 273. —Variétés. Le Laboratoire et l’Ecole supérieure d’Electricité pendant l’année 1910, p. 274. —L’industrie électrique en Serbie et Bulgarie, p. 278. — Bibliographie,p. 279. — Brevets. Couplage d’un groupe d’alternomoteurs à collecteur mono et polyphasés, p. 281. — Chronique industrielle et financière. Notes industrielles. Généralités sur la commande électrique des appareils de levage, p. 283 — La recherche des défauts sur les lignes parle phasophone, p. 285. — Renseignements commerciaux, p. 288. — Adjudications, p. 288.
- ÉDITORIAL
- Les discussions qui ont eu lieu à la dernière Conférence internationale des télégraphistes, tenue à Paris, à la fin de l’année dernière, ont mis en évidence l’obscurité fâcheuse où se trouve encore plongée la théorie de la pupinisation. Nos lecteurs se rappellent que M. Devaux-Charbonnel, dans son compte rendu des travaux du Congrès, avait montré le double point de vue auquel doit être considérée la pupinisation : d’une part, l’extension des portées, d’autre part, l’économie d’établissement, des lignes. Suivant le but spécial que l’on se propose d’obtenir, et suivant qu’il s’agit de lignes aériennes ou de lignes souterraines, les conclusions varient ou, du moins, sont plus ou moins nettes.
- En se proposant d’établir d’une façon complète les bases du calcul des lignes téléphoniques pupinisées, M. Cahen aborde donc un travail d’uné très haute importance. Voici comment l’auteur s’est posé la question : ne considérant que les lignes longues, seules susceptibles d’une étude générale, l’auteur s’est demandé comment il fallait calculer la pupinisation d’une ligne de manière à en retirer l’avantage maximum possible.C’est donc le point de vue le plus général qui a été adopté dans cette étude. Après un rappel sommaire des notions théoriques fondamentales, M. Cahen étudie la variation de la self, indépendamment des autres caractéristiques de la ligne.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T, XIV (2* Série). — N"22.
- En appliquant, la méthode classique des deux wattmètres au montage de deux compteurs, M. W. Genkin a réalisé un procédé simple pour le contrôle du facteur de puissance dans les installations à courant triphasé.
- Un long travail a été consacré par MM. Os-borne et Pender, à l’étude des efforts supportés par la masse des diélectriques.
- En raison des inégalités de répartition du champ électrique dans un diélectrique donné, constituant, par exemple, l’isolant d’un câble, les efforts supportés sont très , differents sur les couches intérieures et sur les couches extérieures.
- On a proposé, comme remède, de former les isolants par des couches concentriques, ayant des constantes diélectriques différentes et graduées de manière à uniformiser les efforts.
- Pour réaliser cette graduation, il est nécessaire d’avoir des données expérimentales et théoriques aussi précises que possible sur les différents diélectriques. A cet égard, le travail des ingénieurs américains est d’une grande utilité pratique.
- La traction monophasée continue à se développer dans le domaine spécial d’applications qui lui est assigné par la nature même des choses.
- Des simplifications intéressantes ont été réalisées dans une automotrice électrique actionnée par des moteurs à répulsion dont nous disons quelques mots ; d’autre part, une locomotive électrique monophasée a été récemment établie pour les essais projetés sur le réseau du Midi. i
- Le Laboratoire central et l’Ecole supérieure d'Electricité ont donné, pendant l’année 1910, de nouvelles preuves de leur vitalité et de nouveaux gages de leur développement ultérieur. Du rapport de M. Paul Janet, leur éminent Directeur, nous retiendrons surtout la conclusion, relative au développement prévu comme matériel et comme locaux.
- Tous les électriciens seront heureux d’apprendre que cette perspective s’impose désormais; elle impliquera, sans doute, en ce qui concerne l’Ecole, l’étude de problèmes délicats auxquels celle-ci saura donner des solutions dans la pleine indépendance qui reste, selon une parole très autorisée, son meilleur élément de succès.
- Une récente communication de M. Blazy a donné des détails, qu’il nous a paru intéressant de condenser, sur le développement (de l’industrie électrique en Serbie et en Bulgarie. On verra que ce rapide exposé implique les meilleures promesses pour l’avenir.
- On trouvera dans nos « Notes Industrielles » des généralités sur la question des appareils de levage à commande électrique, question dont la mise au point 11’a guère été présentée en France avec l’ampleur nécessaire, tandis qu’à l’étranger existe nombre d’excellents travaux qui ont été mis à con-bution dans l’étude actuelle.
- Nous donnons ensuite quelques détails sur un appareil, appelé phasophone, destiné au contrôle des lignes.
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- 3 Juin 1911.
- i ÉLÉMENTS DE CALCUL DES LIGNES TÉLÉPHONIQUES PUPINISÉES.
- La possibilité d’améliorer la transmission du courant téléphonique par les lignes sans augmenter leur diamètre, au moyen de l’élévation de leur self-induction, a été reconnue depuis longtemps. Des deux procédés employés pour arriver à ce résultat, l’un, l’augmentation uniforme de la self par l’enroulement d’une spirale de fer autour de chaque fil (procédé Krarup), semble limité aux câbles sous-marins et aux lignes souterraines courtes servant de prolongement à des lignes aériennes. L’autre procédé, connu sous le nom de <> pupinisation », consiste dans l’intercalation sur la ligne, à distances égales, de bobines de self-induction : son emploi est beaucoup plus répandu ; il est seul possible pour les lignes aériennes, plus économique pour les lignes souterraines longues, et fait même une concurrence très souvent victorieuse au procédé Krarup dans les cas détaillés plus haut.
- Il y a dix ans que le Dr Pupin a fait connaître sa méthode. Au début, on a fondé sur elle des espoirs un peu exagérés et les premiers essais, effectués dans des conditions insuffisamment étudiées, ont donné des déboires. On a éprouvé des difficultés, d’une part, à assurer la sécurité contre la foudre dans le cas de lignes aériennes, d’autre part, à conserver une perméabilité constante pour le fer des bobines. On a pu parfois diminuer de moitié le nombre de bobines intercalées sans changer l’audition : et ce résultat, dont on verra plus loin l’explication très simple, fit hésiter beaucoup d’administrations à entrer dans une voie encore aussi mal frayée.
- Les constructeurs ont alors renoncé provisoirement à tenter de reculer les limites actuelles de la portée et se sont attachés seulement à montrer l’économie que l’emploi de leur procédé pouvait procurer dans l’établissement des circuits déjà réalisables antérieurement. Ils ont, peu à peu, perfectionné leurs types, étudié les conditions d’établissement, de sorte que, maintenant, l’avantage delà pupinisation pour les diamètres moyens, sur les lignes aériennes comme sur les lignes souterraines, n’est plus contestable. Ce pas étant franchi, les constructeurs
- recommencent à se préoccuper de l’avenir : en Amérique, on établit des lignes aériennes longues de 3 ooo kilomètres et des lignes souterraines de 35o;en Allemagne, on cherche à prouver que l’établissement de lignes souterraines de i ooo kilomètres est actuellement chose pratique.
- Il semblerait donc, en présence d’une expérience déjà si ancienne, que la théorie de la pupinisation dût être bien arrêtée, que les résultats auxquels on peut arriver dans les différents problèmes pratiques dussent être établis et les conditions de progrès futurs déterminées. Iln’ën est rien. Aux promesses parfois hasardées des constructeurs, qui se fondent sur des expériences de laboratoire souvent éloignées des conditions pratiques, répondent les affirmations de certains théoriciens à qui il arrive de prêter à des critiques du même genre; et les expériences des administrations publiques sont le plus souvent trop fragmentaires pour qu’elles suffisent à établir la vérité.
- Le but du présent article est d’établir comment on peut calculer la pupinisation d’une ligne de façon à en retirer l’avantage maximum possible : on en déduira naturellement les résultats actuellement réalisables et les conditions des progrès futurs. Nous n’avons pointla prétention de donner des formules dont l’application suffise immédiatement à résoudre tous les problèmes pratiques; les données fondamentale? du calcul sont déterminées encore aujourd’hui avec trop peu de précision, elles sont aussi trop sujettes à variation pour qu’on puisse arriver à un tel résultat. Il nous semble cependant que cet article ne sera pas inutile s’il peut donner une idée de l’ordre de grandeur des caractéristiques à adopter; s’il permet en somme à des ingénieurs qui n’auraient pas fait de ces questions une étude approfondie, de savoir approximativement — sans recourir aux lumières des constructeurs — ce qu’ils peuvent obtenir et comment l’obtenir.
- Remarques préliminaires. — Cet article est consacré à la transmission sur les lignes longues. Le cas de lignes courtes est beaucoup plus com-
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XIV (2« Série). -4 N-22.
- pliqué; il y a, pourrait-on dire, autant de problèmes que de lignes.
- Nous ne discuterons pas la question de savoir en quoi line ligne pupinisée se distingue d’une ligne uniforme. Des études très nombreuses et très intéressantes ont été consacrées à cetle question (*). Retenons seulement que sur les grandes longueurs, à condition que les bobines soient suffisamment rapprochées, la ligne pupinisée se comporte, au point de vue de la transmission du courant d’une extrémité à l’autre, comme une ligne homogène : la différence est très réduite et porte surtout sur la déformation. Nous considérerons donc, dans le calcul, qu’une ligne pupinisée est une ligne homogène.
- I. — Rappel des notions théoriques fondamentales.
- pédance apparente du circuit. Quand la distance est très grande, cette impédance ne varie plus, que l’extrémité soit bouclée ou isolée : c’est l’impédance de la ligne indéfinie qu’on désigne d’une façon simplifiée par le mot impédance (ou caractéristique) de la ligne.
- Enfin, il faut tenir compte des appareils aux deux bouts du circuit. Lorsqu’il s’agit d’une ligne longue, l’intensité efficace du courant à l’extrémité réceptrice est donnée par l’équation (*)
- I0l = o-*<a,od ()
- dans laquelle (3 est l’exposant d’amortissement, Z l’impédance de la ligne, Z,, celle des appareils supposés identiques aux deux extrémités, et Y la force électromotrice produite par le microphone.
- Z et p sont donnés par les deux équations :
- L’étude delà transmission du courant téléphonique sur les lignes se fait en supposant qu’on a affaire à un courant périodique sans amortissement dans le temps, c’est-à-dire à une série de courants sinusoïdaux. On néglige donc la période variable, c’est-à-dire la partie correspondant surtout aux consonnes : les résultats auxquels on arrive ne peuvent par conséquent rendre compte complètement des phénomènes : l’expérience a démontré que l’approximation est en général suffisante. On a déplus établi que les fréquences essentielles de la voix étaient comprises entre
- h ooo 3 ooo 5 ooo
- ---- et ------, la fréquence ----- pouvant etre
- » 7t a tc a tc
- considérée comme moyenne (2).
- Dans ces conditions, on constate que le courant en chaque point de la ligne est produit par la superposition d’une onde directe et d’une onde réfléchie à l’extrémité ; ces ondes s’amortissent suivant une loi exponentielle en se propageant : cet amortissement est du à l’énergie cédée au milieu environnant par suite des phénomènes de capacité et de perte. Le coefficient de l’exponentielle (fi/) est ce qu’on appelle l’exposant d'affaiblissement. Le 2’apport entre la différence de potentiel et l’intensité efficace, au début de la ligne, détermine ce qu’on peut appeler 17m-
- P =
- \A
- V/;
- / wX
- <7 -J- iwy
- - ^-ïX + s/(p2 + üi2X2) (a2 +
- *>Y)
- (3)
- p =: résistance ohmique ff = perte (inverse de la résistance d’isolement)
- Y = capacité électrostatique X = self induction
- par
- kilomètre de fil double.
- ü> = J.'KIl
- n = nombre de périodes par seconde.
- en employant les notations imaginaires de Stein-metz.
- Ces valeurs contiennent la fréquence et permettent par conséquent de juger de la déformation ou distorsion du courant à l’arrivée. Comme l’amortissement joue un rôle prépondérant dans le cas d’une ligne longue, on peut prendre comme mesure de la déformation la valeur
- pt.> = 7 000 --- (3w = 3 ooo
- P,.»=7 000 + Pi.» = 3 000
- II. — Etude de la variation de la self indépendamment des autres caractéristiques.
- x (*) Voir notamment : Mémoire de PuPiN,igoo. — Breisig, Pleijel. Communications A la Conférence Internationale des Techniciens des Télégraphes, Paris, 19 io.
- (2) Conférence Internationale des Techniciens des Télégraphes; Paris, 1910.
- Avant de considérer le cas pratique de la pupi
- (') Devaux-Charbonnel. Etude sur les lignes télépho niques. Lumière Electrique (20 série), t. VI et VII.
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- 3Juin 1911. REVUE D’ELECTRICITE
- ——-----------------1 y——
- nisation, nous examinerons d’abord le cas idéal où on peut faire varier la self-induction d’une ligne sans affecter les autres caractéristiques ; les résultats que nous obtiendrons ainsi seront des limites : le plus ou moins grand rapprochement avec ces limites nous indiquera, dans l’étude pratique ultérieure, si le résultat acquis est satisfaisant ou si l’on doit chercher encore une amélioration ; les formules que l’on va voir se trouvent d’ailleurs être exactement de la même forme que celles qu’il faudra employer pour la pupinisation : les conclusions dans ce dernier cas se déduiront donc immédiatement de celles qui vont suivre. ,
- Affaiblissement. — Nous devons considérer X comme seule variable dans les équations précédentes. Examinons d’abord l’affaiblissement qui pour les lignes longues joue un rôle prépondérant.
- Pour X = o, p = y/p (° +V^ + ^V) • P décroît quand X croit, passe par un minimum, puis augmente indéfiniment.
- La valeur de X qui donne le minimum est
- X =
- TP
- a
- (4)
- (3,n = \/ps. (5)
- On peut donc énoncer les résultats suivants :
- i° Il y a, pour chaque valeur de la résistance, de la capacité et de la perte, une yaleur optima de la self. Cette valeur varie proportionnellement à la résistance, toutes choses égales d’ailleurs.
- 2° L’affaiblissement minimum ainsi obtenu augmente proportionnellement à la racine carrée de la résistance et de la perte.
- En diminuant la résistance, on peut arriver, l’isolement restant constant, à réduire autant qu’on le veut l’affaiblissement.
- 3° La capacité n’iptervient pas dans la valeur de p„t. Si donc les lignes souterraines, à forte capacité, sont susceptibles du même isolement que les lignes aériennes, elles peuvent avoir un affaiblissement aussi réduit : mais la valeur de la self correspondante sera plus élevée.
- On peut dire que, sur une ligne pour laquelle Y P
- X =’—-, la capacité est a intégralement compen-
- «
- sée » parla self: nous appellerons degré de compensation d’une ligne le nombre e2 donné par l’égalité.
- X = e2 I?. (6)
- On met souvent l’expression (3) sous la forme approchée :
- > = !v/ï+;v/b^(* + 0-
- La courbe représentative de l’équation 3 bis (fig. i courbe 2) tend vers l’infini pour X = o ;
- elle passe au point |3 = |3,„, X = p - et a aussi un
- <7
- minimum en ce point : elle se confond avec la courbe (1) de la figure 1 quand X tend vers
- Fig. 1,
- l’infini. En pratique, pour la fréquence moyenne, l’expression 3 bis est toujours valable, avec une approximation de 99 % aù moins, dès que e2 est plus grand que 1/2 : elle montre que la self peut varier beaucoup autour du degré 1 sans que (3 varie très sensiblement : pour
- + -4=
- s2 =- = 2, p = fi„t-------------- = i,o5 p,„,
- 2 2
- pour
- \ + 3
- e2 — - — 9, P = P/»-----------= 1,66 p,„.
- 9 2
- Il n’y a donc pas grand intérêt à aller jusqu’au degré 1.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2« Sériej.rf 22V
- Le tableau I, ci-dessous, indiqueles valeurs de X et de correspondant à différents diamètres et différents isolements dans le cas des lignes
- ractéristiques optima. Seules les lignes aériennes de 5 millimètres se rapprochent de la compensa*» tion intégrale pour l’isolement de i mégohm qu'il
- 1 Tableau 1
- Self optima X et affaiblissement minimum pour différents diamètres et différents isolements.
- A) Lignes souterraines =4 X io—8.
- GABLES le USUELS 5ooo\ Lignes à self optima II -1Î5- •
- DIAMÈTRES I freq. 2 7t. / <7 = = 10 X 10-fl or = = 5 x I0““6 - <T = 10- -0 <T =*= o,5 X 10—® •
- Impédance Z Affaiblis- sement X Z pm X Z Pw X Z pm X Z Pra
- * 6/ ion,m 77° I IOO o/,88 3 5oo 35o o,97<? 4 94o 247 4,88 11 000 1 IO 9»76 i5 600 78
- IO OOO 10 OQO 10 OOO 10 000 10 OOO
- 8/io 58o 8a5 0,272 2 600 260 o,5/,4 3 620 184 8 25o 82,5 5,44 11 600 58
- 10 OOO IO OOO 10 OOO 2,72 10 000 IO OOO
- io/io 470 6 4 o 0,176 2 IOO 210 o,352 2 980 15o 1,76 6 600 66 3,52 9 35o 47,5
- IO OOO IO OOO 10 000 10 000 IO OOO
- 15/io Ï12 4 IO 0,078 I 400 I 40 0,156 1980 99 0,78 4 4 «0 44 1,56 6 200 31
- I O OOO 10 OOO 10 000 IO 000 10 000
- 2,0 j I O 235 29° 0,044 1 o5o io5 0,088 1490 75 . 0,44 3 3oo 33 0,88 4 675 * 3,4
- I O OOO 10 OOO 10 OOO 10 OOO IO OOO
- a5/io 186 235 0,028 835 83 o,o56 1 180 59 0,28 2 600 26* 0,56 3 700 18,6
- IO OOO 10 OOO IO OOO 10 OOO 10 000
- 5o/io i/13 108 0,007 415 41 0,014 590 • 0,07 I 320 13,2 0,14 1 860 9.3
- I O OOO 10 OOO 10 000 IO'OOO IO OOO
- B) Lignes aériennes.
- DIAMÈTRES
- 2mm,5
- 3
- 4
- G : = 2 X 10—G 1 O « 11 b -6 *
- Lignes ordinaires p Lignes à self optima Lignes ordinaires p Lignes ù self optima
- X Z Pm X Z Pm
- 64 17,5 1 860 37 57 35 2 600 26
- 10 000 I OOO 10 000 10 000 1 000 IO OOO
- 49 *^7 1 55o 31 42 25 2 200 22 .
- 10 000 1000 10 000 10 000 I OOO 10 000
- 27 7>5 1 15o 23 24 15 I 680 *7
- 10 000 I OOO 10 000 10 000 1 000 10 OOO
- 20 5 93o 18,6 17,5 10 I 320 I 3,2
- 10 OOO 1 000 10 OOO 10 000 1 000 10 000
- (j = o,5 X iO“6
- Lignes ordinaires Lignes 1 à self optima
- p X Z Pm
- 53,5 70 3 700 18,6
- 10 000 1000 10 000
- 38,5 5o 3 100 i5,5 ,
- IO OOO I OOO IO OOO
- 23 3o 2 260 n,3
- 10 OOO 1 000 10 000
- .5,3 20 1 860 9,3
- 10 OOO 1 000 10 000
- aériennes et des cables sous papier. On a mis en regard les valeurs actuelles, Ôn voit combien les types de ligne courants sont éloignés des ça-
- semble prudent d’adopter comme base de calcul : on peut néanmoins augmenter encore leur portée de 25 % . On voit de plus par quels nombres
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 263
- 3 Juin 1911.
- énormes on pourrait diviser l’affaiblissement des lignes souterraines, si on réalisait d’une façon certaine des isolements égaux ou supérieurs à un mé.gohm.
- Impédance. — Pour le degré i de compensation, l’impédance est égale à y/f ; elle est purement ohmique.
- Pour le degré e2, elle est égale à
- i -f- fAe2 i -f i'A
- . W Y avec A = —.
- a
- Quand A est grand, l’argument de l’impédance part d’une valeur négative grande pour ç = o, est égal à o pour e = i et tend vers une limite positive et petite quand e croît indéfiniment (fig- 2) •
- Le module de l'impédance est
- |z| = *^ = v/? (aé")
- avec une approximation de plus de 99 % tant que e2 est plus grand que ——.
- Pour étudier l’effet de l’impédance Sur la trans-
- ite- a.
- mission, il faut appliquer l’équation (1) dans laquelle interviennent la longueur de la ligne et l’impédance des appareils.
- Nous considérons une ligne longue 2).
- L’influence de l’affaiblissement sera prépondérante et par suite la valeur trouvée pour la self
- a • Y P
- ne sera pas très éloignée de —. L’impédance Z
- G
- pourra être considérée comme ohmique et
- égale à v/ - et l’affaiblissement s’écrira, en prenant Z comme variable :
- P = ^+!z.
- Si Z;. est de la forme p q i, avec Z,.2 == p2 -{- qÿ, on arrive à l’équation
- ^ = M = e<(àz+gf) IL+ q\ (?) les Z
- Le minimum de Z a lieu pour une valeur satisfaisant à
- /œZ* + Z3 (2/7/a + a) -(- Z2 (/aZ,.2 — ç>l)
- — 2 Z (ppl -j- Z,.2) — p/Z,.2 = o. (8)
- Cette équation que l’on peut résoudre par tâtonnement dans chaque cas particulier donnera Z et par suitePour les gros diamètres, l’impédance de la ligne devenant négligeable devant celle de l’appareil, Z tendra à se rapprocher de Lr.
- Pour les petits diamètres, au contraire, l’impédance de l’appareil devient négligeable devant celle de la ligne : l’équation 7 se simplifie alors et devient :
- 2 ]
- M = e ^2Z ' 2/ X Z.
- Le minimum de cette expression a lieu pour y/1 -(- p P a — 1
- Z =
- la
- L’affaiblissement correspondant est
- (9)
- m)
- Il tend vers y/pc et Z vers y/? quand l augmente indéfiniment et d’autant plus vite que pet a sont plus grands. .
- Si <7 = 0, ou bien est très petit, _ __;
- Z — - pf, ?== 1
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- Tableau II. — Influence de l’impédance de la ligne [en supposant celle des appareils négligeable). Valeurs de la résistance faisant M = ioo ooo pour différentes distances et différents isolements.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2* Série). — N« 22.
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- H X S
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- te
- «3
- < ~ S fl
- U fl
- et
- M — ^ pfe — i,3gpl. (ii)
- On peut se fixer pour M la valeur ioo ooo qui semble convenir comme limite supérieure pour la plupart des appareils usuels : cette équation, jointe à 9, déterminera la résistance maxima avec laquelle on peut atteindre une distance donnée l.
- Le tableau II donne des valeurs approchées de la résistance et de la self satisfaisant à ces équations pour différentes valeurs de la distance l et de la perte. On voit que le degré de compensation e est fortement réduit si l et <s sont petits.
- Si l est grand, le diamètre à choisir sera gros, l’impédance de la ligne devient faible et on ne peut plus appliquer les formules 9 et 10, car le rôle des appareils devient prépondérant. Nous avons cependant fait figurer les chiffres correspondants sur notre tableau. On pourra ainsi se rendre compte des progrès que ferait la téléphonie à grande distance si l’on employait des appareils qui, avec la même force électromotrice et la même sensibilité réceptrice que les types actuels, seraient à très faible impédance (*).
- En résumé, pour les lignes de petit diamètre bien isolées, le degré de self doit être assez réduit; pour les diamètres moyens, l’appareil joue un rôle prépondérant.
- Déformation. — Si la perte a était indépendante de la fréquence, la ligne à capacité intégralement compensée serait aussi à déformation nulle, puisque ni l’expression de y, ni celle de p, ni celle de l’impédance ne dépendent de la fréquence.
- Mais <7 varie avec w, en sorte que l’équation A. = n’a de sens que si l’on fixe pourra la
- valeur correspondant à la fréquence moyenne.
- Quand e2 est voisin de 1, la formule 3 bis est
- (') Toutefois, il est douteux que, même avec des appareils à impédance très faible, on puisse arriver aux résultats du tableau, car on est conduit à de très grands affaiblissements ; or, l’affaiblissement variant beaucoup plus que l’impédance avec la fréquence, on aura une très grande déformation.
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-
-
- 3 Juin 1911. REVUE D*ÉLECTRICITÉ 265
- applicable pour les fréquences moyennes et les types de lignes courants : donc
- T
- ftnp P«l
- Pno "4" Pttl
- ' 4 A
- T»o ain) y
- 2 P y/^ + (a»o + <bn) ~
- en supposant, ce qui est vrai pratiquement pour les fréquences téléphoniques, que X, y et p ne varient que très peu avec la fréquence. On voit que la déformation augmente avec la self : pour
- X infini, elle est égale à.*7"0 . Pour
- + ®/ll
- y p
- X = —— ------, les deux membres du dénomina-
- &no ~T~
- 2
- teur sont sensiblement égauxsi la courbe tradui-
- En résumé, une ligne à forte self n’est pas à déformation nulle, ni même toujours à déformation faible. A ce point de vue, il est préférable d’adopter une valeur de la self très inférieure à
- p y i
- — (<j moyen). Le degré e2 — - donne déjà en
- <J 2
- général une valeur beaucoup plus petite que celle qui correspond aux câbles à self négligeable (fig. 3).
- Le peu de connaissances acquises encore au sujet de la variation de la perte avec la fréquence ne permet pas de conclusions plus précises.
- Conclusions.
- L’isolement a une importance essentielle. S’il dépasse un mégohm, on peut, sans changer
- Cg-.+ crr,
- Z
- Fig. 3.
- sant les variations de a avec io ne s’éloigne pas trop d’une droite entre w == «„ et « = w, : par
- suite, la valeur t sera —;——, ; la réduction
- ira en s’accentuapt quand X diminuera, tant que l’équation 3 bis restera applicable : au contraire, quand la self dévient très petite, la déformation augmente et, si la perte n’est pas
- trèsélevée.estégaleàV^o n\ pourX— o(fig. 3).
- v/«o + / «i
- La déformation dépend donc essentiellement de la loi de variation de a avec w (')•
- (*) Pour les câbles sous papier et dans la limite des fréquences téléphoniques,il semble que a croisse moins vite que ta.
- la résistance, améliorer dans des proportions énormes la portée des lignes actuelles, même en tenant compte de l’impédance et de la déformation.
- Quand le diamètre est petit, il y a intérêt à rester en deçà de la valeur X = y - et à se tenir
- (7 v
- dans les environs de e2 = - : plus le diamètre
- 2
- augmente, plus on peut se rapprocher de e = i ; mais il n’y a pas intérêt à dépasser sensiblement cette valeur, à cause de la déformation, même si l’impédance des appareils est élevée.
- (A suivre.)
- L. Cahen.
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-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Série). — N® 25
- 266
- CONTRÔLE DU FACTEUR DE PUISSANCE DANS LES INSTALLATIONS
- A COURANT TRIPHASÉ
- Il nous paraît utile de signaler Un montage de compteur du type courant, permettant de suivre la consommation d’énèrgîè déwâttéê dans lès installations telles que postes dè transformation, sous-stations, etc. Lès relèves simultanés d'tin compteur ainsi monté et d’un compteur ordinaire permettent de se rendre compte de la valeur du facteur de puissance dans le laps de temps séparant les deux lectures.
- Le procédé est extrêmement simple et consiste dans l’application de la méthode bien connue de deux wattmètres au montage de deux compteurs.
- Pour fixer les idées, supposons un système d’alimentation triphasé détërminé par les vecteurs de tension i, i, 3 et le vecteur de courant 1 décalé de l’angle <p (fig. i).
- 2
- i*
- et celle du compteur II est proportionnelle à w, —elcos (3<>—!p) — el cos(3o-{-«(>) a=elsinj.
- Les compteurs ayant fonctionné un temps t pendant lequel îe décalage prend successivement les valeurs <pt ÿj..-. <p„, lé rapport des indications sera
- » t ^e1M1sin(p1-|-e2i2;2sin(p2-f-...4-e/tt/t<>tiin(p,,
- ^3 eiIi£iCOS<p1-}-e2I2£aCos<pa-}-...-(-enInf„coscf,l
- ^ i— tg<pmas.
- si*
- Les circuits d’intensité des compteurs i et II, représentés sur le schéma (fig. a), sont montés en série. Lès bobines d’excitation du compteur I sont branchées normalement, tandis qu’une bobine du compteur ÏI est inversée.
- Cèci étant posé, il est facile de voir que le compteur 1 enregistrera l’énergie wattëe et le compteur II l'énergie déwattêe. En effet, la vitesse de rotation du compteur I est proportionnelle à
- -)- M'a — e!cos(3o — :p)-j- el cos(3o -j- ?) = ^/3eI cosç
- Passant aux limites et désignant par m le rapport des deux indications, on trouve
- f/ el sifitp di
- •gr = 4------------— = /).»>,
- / eIcos<pe?£
- valeur dépendant essentiellement de l’allure de la courbe de consommation,mais également comprise entre tg xp^ja-x et tg’ <pmi„.
- Enfin nous ajoutons, comme exemple-, l’application de la méthode en question au cas très fréquent d’un poste de transformation, dont le pri-
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- 3 Juin 1911.
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 261
- maire est connecté en triangle et le secondaire en étoile. Comme il est rare d’avoir à sa disposition les transformateurs de potentiel, nous nous contenterons d’une approximation suffisante dans la pratique en excitant les compteurs par la basse tension des transformateurs eux-mêmes. Quant au courant primaire, nous
- Fig. 3.
- utiliserons la résultante des courants donnée par l’ensemble de deux transformateurs d’intensité
- Z.
- Fig. 4. — Haute tension (H. T. fig. 3). couplés en quantité à 120° et destinés à commander l’interrupteur automatique du poste.
- La figure 3 se rapporte au cas considéré. Les transformateurs d’intensité L et I2 servent à alimenter le gros fil des compteurs par les bornes I. Les points 1, a, 3 de la basse tension sont réunis aux points correspondants de la figure 2. Contrairement au cas précédent, le compteur 1 enregistrera l’énergie déwattée et le compteur II l’énergie wattée. Cela découle du diagramme de vecteurs qui donne pour le compteur f :
- Fig. 5. — Basse tension (B. T. fig. 3).
- ééi - PF2 = éIcos(6o — y) — eIcos(6o4-?) —y/^-elsincp et pour le compteur II :
- «'î + n-’a ^ elcosffio — <p) -f- elcosfôo-j-ç) = elcostp.
- En désignant le rapport des indications des deux compteurs par m on trouve comme précédemment :
- m
- fi
- *»?' =
- J* el sincp dt el costfdt
- W. Genkin,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2e Sêrie/i — N» 22 *
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Efforts dus à la tension dans les diélectriques. — S. Osborne et H. Pender. — Proceedings of the American Inslitute of electrical Engineers, octobre 1910.
- Maxwell s’exprime ainsi au sujet de la propriété des diélectriques de résister aux efforts dus à la tension : « Si le champ électrique en un point d’un diélectrique est graduellement augmenté, une limite est finalement atteinte à laquelle une décharge soudaine se produit à travers le diélectrique. La valeur de l’intensité électromotrice, à l’instant où se produit ce phénomène, est une mesure de ce qu’on peut appeler la rigidité électrique du diélectrique. »
- L’existence de cette constante physique étant admise, on voit que le voltage nécessaire pour produire la. rupture d’un dispositif isolant déterminé dépend de deux facteurs :
- i° La rigidité électrique du diélectrique ;
- a0 La distribution du champ électrique dans le diélectrique.
- Le problème de l’isolation serait entièrement résolu si on pouvait fabriquer des matières possédant une rigidité électrique déterminée en même temps que les propriétés mécaniques nécessaires pour le but à remplir.
- Mais, dans l’état actuel de nos connaissances sur la constitution de la matière, il semble- peu probable que l’on puisse fabriquer des matières ayant une rigidité électrique très supérieure à celles obtenues jusqu’à présent.
- Le second facteur, la distribution des efforts électriques dans le diélectrique, dépend de la forme de ce dernier. Avec une distribution idéale, l’effort serait uniforme dans toute l’étendue du diélectrique ; mais avec une matière homogène, cette distribution ne peut malheureusement être réalisée qu’entre deux plans parallèles conducteurs infinis, condition qui ne peut se rencontrer dans la pratique.
- Si un conducteur est isolé par une gaine d’un diélectrique homogène, l’effort est plus grand à la surface du conducteur, et moindre dans les couches extérieures de l’isolant.
- A cause de cette non-uniformité dans la distribu-
- tion des efforts, le voltage de rupture de la gaine isolante se trouve moindre que le produit de sa rigidité électrique par son épaisseur, tandis qu’il devrait, par définition, être égal à ce produit.
- Dans les appareils isolés pour les hautes tensions, l’épaisseur de la gaine nécessaire est relativement grande, et la non uniformité dans la distribution des efforts est telle qu’il devient important d’accroître, par un artifice quelconque, l’effort siir les couches extérieures, de façon qu’il devienne sensiblement égal à l’effort exercé sur les couches intérieures.
- Parmi les méthodes proposées pour obtenir ce résultat, celles applicables aux appareils à courants alternatifs sont les plus importantes. Si l’on imagine l’isolant divisé en plusieurs couches, il peut être considéré comme un groupe de capacités en série, les capacités intérieures étant les plus petites et supportant les efforts les plus grands. Deux méthodes générales sont employées pour égaliser les efforts sur les différentes couches :
- i° La première consiste à séparer les couches d’isolant par des feuilles métalliques, connectées à des points qui se trouvent à des potentiels convenables ;
- 20 La deuxième méthode consiste à accroître la capacité des couches intérieures.
- Les mêmes méthodes peuvent être appliquées dans la construction des appareils à courant continu, si l'on tient compte que, dans ce cas, les efforts exercés sur les diverses couches sont déterminés par leurs conductances relatives au lieu de l’être par leurs capacités relatives.
- La première méthode, exigeant des sources à des potentiels différents, ne peut s’adapter à tous les cas; mais elle convient à l’isolation des transformateurs, auxquels on peut emprunter les différents voltages nécessaires à des bornes prises sur l’enroulement haute tension.
- L’application la plus facile de la deuxième méthode consiste à séparer les couches d’isolant par des feuilles métalliques, et à connecter des condensateurs additionnels aux couches intérieures.
- Cette méthode a été préconisée pour la fabrication des câbles souterrains, mais elle a l’inconvénient d’exiger des appareils extérieurs aux câbles. Elle a
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- 3 Juin 1911.
- été cependant appliquée très ingénieusement et avec un plein succès aux bornes de transformateurs du type à condensateurs, décrites récemment par M. B. Reynders, dans une étude présentée à l’Institut américain des ingénieurs électriciens.
- Un procédé destiné à accroître la capacité des couches intérieures et qui pourrait recevoir une application étendue, consiste dans la gradation des capacités spécifiques des couches de l’isolant, ces capacités spécifiques étant plus élevées pour’ les couches intérieures que pour les couches extérieures. Cette méthode qui a l’avantage de ne pas exiger l’insertion de feuilles métalliques entre les couches de l’isolant, est appliquée dans la fabrication des câbles à très haute tension.
- Cette « gradation » des câbles a fait l’objet de plusieurs études.
- Il semble que, le premier, M. J. Swinburne, en 1897, ait attiré l’attention des ingénieurs sur ce que les efforts, dans les câbles concentriques, ne sont pas uniformes, mais varient en raison inverse de la distance à l’axe du câble.
- En 1901, M. O’Gorman suggéra de remédier à cet inconvénient par la gradation des constantes diélectriques des couches isolantes, de façon à produire l’uniformité des efforts sur les couches intérieures et extérieures. En particulier, il proposa d’accroître la conductibilité des couches intérieures des câbles à courant continu isolés au papier imprégné en ajoutant à la composition du papier de faibles proportions d’huile de lin, ou d’huile analogue.
- M. E. Jona, de la Société « Pirelli et Cie », de Milan, a discuté la « gradation » des câbles dans une étude présentée au Congrès international électrique, en 1904.
- Plus récemment, le professeur A. Russell a traité ce sujet et indiqué des formules pour la gradation des câbles concentriques.
- Mais, pour d’épaisses gaines d’isolant, ces formules ne donnent pas les meilleures proportions possibles.
- Le problème de la détermination des constantes d’un câble à un seul conducteur, gradué dans des proportions telles qu’il offre la plus grande rigidité possible aux effets de la tension, peut être résolu de la manière indiquée ci-dessous :
- Le champ électrique au voisinage d’un conducteur long, chargé uniformément, et entouré découches concentriques d’isolant, est égal à :
- où Q est la charge sur le conducteur par unité de longueur, s la capacité spécifique du diélectrique au point considéré, et p la distance de ce point à l’axe du conducteur.
- Si le conducteur a un rayon r0 et est entouré par un isolant homogène de rayon rn et par une enveloppe conductrice, le champ électrique devient :
- 0 In —
- ‘ i'o
- où V0 est la différence de potentiel entre le conduc-' teur et l’enveloppe et où In désigne un logarithme népérien.
- La distribution des efforts est représentée alors par la courbe o«C (fig. 1) et, si oA représente la rigidité électrique du diélectrique, la surface AoaCB représente le voltage le plus élevé qui puisse être appliqué sans provoquer la rupture d’une partie, au moins, de la gaine isolante. Si l’effort était uniforme dans toute l’épaisseur de cette gaine, le voltage de rupture serait représenté par le rectangle AowB.
- Si maintenant l’isolant est divisé en couches de rayons extérieurs t\, riy etc., et de capacités spécifiques g,, e2... etc. respectivement graduées de façon que l’effort à l’intérieur de chaque couche atteigne la valeur Ao, c’est-à-dire la rigidité électrique du matériel, le voltage de rupture du câble est évidemment représenté par la surface oaibi...k [11—i)mBA,et s’approche d’autant plus de la valeur maxima, c’est-à-dire du rectangle AonB, que le nombre des couches est plus grand.
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- iïo
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2« Sérié)
- N» âîf.
- Dans un câble ainsi gradué,Téqttatiofi qtii défitilt l’effort devient :
- F = — eP
- V0
- - ln - + -///- H----h - lu
- r0 s» r, e„
- (3)
- Puisque l'effort maximum sur chaque couche s’exerce sur sa face intérieure, le voltage qui causera la rupture de la couche intérieure est
- [sr>£].
- (4)
- formule où F, représente la rigidité électrique de la couche intérieure.
- Si toutes les couches doivent être soumises, au moment de la rupture* à l’effort du même voltage, on doit évidemment faire
- cas par Illimité cotnmerciale qui existe actuellement dans la variabilité des capacités spécifiques. V0 dé-
- A
- B, G
- Fig. 2. — Câble à un seul conducteur. Deux couches isolantes (F* = Fïb
- pend alors A
- des n — 2 variables indépendantes
- B, C
- ÉlSl/'o -- (5)
- formules où F* représente la rigidité électrique de la Àlème couche.
- Sous ces conditions la formule i4) donnant le voltage de rupture devient :
- V„=F
- Fi- et FT-iE/i-fi
- -)— ln
- &ll
- F
- F
- u^n^’n
- 1 /’o
- Le problème se ramène donc maintenant à tirer la valeur maximum de V0 de l’équâtion (6).
- Pratiquement, la recherche de cette valeur maxima de Y0 se fera dans les hypothèses ci-après :
- 1. — Le diamètre extérieur, 2/„ est seul fixé. V0 dépend dans ce cas de n variables indépendantes
- £1 £1 El .
- f'o, —j -••• — et sa valeur maximum est le voilage £2 £3 e» 6
- maximum qui peut être isolé par un diamètre extérieur donné d’une matière donnée.
- 2. — Le diamètre extérieur 2/„ et le diamètre extérieur du conducteur 2 /„ sont fixés. V0 est alors une fonction des (n—1) variables indépendantes
- Si j -, , ,
- -... —. Les conditions qui rendent V0 maximum Ê2 Eh
- donnent les caractéristiques d’un câble destiné à isoler un Conducteur pour un voltage donné avec le plus petit diamètre extérieur d’isolant. x 3. — Les rayons extrêmes et /•„ sont fixés, ainsi que le rapport extrême des capacités spécifiques
- ~. Cette dernière limitation est imposée en plusieurs
- Deüx couches Isolantes (F! =^F2).
- Les conditions qui rendent V0
- «»-t
- A
- maximum B, G, D
- Fig. 4. — Câble à un seul conducteur. Trois couches isolantes — F2 = Fg).
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- 3 Juin 1941,
- fl JS VUE D’ÉUECÏHICITÉ
- donnent les mêmes résultats que dans le second cas, sous cette condition restrictive.
- Les formules qui expriment ces conditions permettent de tracer les courbes qui donnent directement les caractéristiques des câbles. Les figures 2, 3, 4 et 5 reproduisent ces courbes poqr quatre types différents de câbles à un seul conducteur.
- Si on yeut isoler un conducteur de dimensions déterminées pour un voltage donné, on détermine le rapport dü diamètre de l’isolant au diamètre du conducteur au moyen de la courbe B; ce rapport est déduit dé la courbe A, si on désire réaliser, pour un voltage donné, un isolant d’un diamètre extérieur donné.
- Avec une valeur déterminée de , les autres quan-
- r9
- A B, Ç, D
- Fig. 5. — Câble à un seul conducteur.
- 3
- Trois couches isolantes (F, = F2 =-F3).
- tités sont lues directement sur les courbes. Les valeurs des rayons des couches intermédiaires sont obtenues en se rappelant que
- F^J/’O — F3S2/’j = ••• = F/t £rt /’„—|. (5)
- Le trait plein marqué max. donne la valeur de
- r„
- pour le plus grand rapport do voltage au diamètre extérieur. Le trait mixte coupe les courbes à la
- valeur de î-2 qui correspond à un rapport des capa-t'o
- cités spécifiques qui semble être la limite commercialement atteinte actuellement, Pour déplus grandes
- valeur de —, on doit introduire la condition que
- Si
- cette valeur de -t est maintenue constante a cette
- ®n
- valeur masima» On obtient ainsi les courbes poin-tillées et le trait pointillé indiqué max'. représente le rapport le plus élevé du voltage au diamètre extérieur que l'on puisse alors obtenir.
- Les figures 2 et 4 sont établies pour des câbles ayant respectivement a et 3 couches, les couches étant toutes de la même résistance. Le rapport maximum dès capacités spécifiques que l’on puisse atteindre actuellement est a, soit pour le caoutchouc, soit pour le papier imprégné.
- Les figures 3 et 5 donnent les courbes pour des câbles ayant respectivement % couches et 3 couches, dans lesquels les couches extérieures ont une résistance électrique égale aux a/3 de celle de la couche intérieure. Ce rapport est à peu près celui des rigidités électriques du papier imprégné et du caoutchouc ; ces courbes peuvent donc êU-e employées pour la détermination des câbles ayant des couches intérieures de caoutchouc ef U0é couche extérieure de papier. La limite commerciale du rapport des capacités spécifiques pour ce cas semble être actuellement a,4 et les courbes ont été tracées pour cette
- valeur maximum de —.
- Il est intéressant de noter le voltage le plus élevé qui puisse être appliqué aux câbles de différentes constructions ayant un diamètre extérieur de 70 millimètres (l’effort admissible sur le caoutchouc étant supposé de 6 lçilovolts par millimètre et celui sur le papier de 4 kilovolts par millimètre).
- Les résultats obtenus sont indiqués dans le tableau ci-desspus.
- Tableau I
- nombre DES COUCHES ISOLANT w « . 'd j S A < G Sg* SECTION en mm2 >r.
- I Caoutchouc 12,9 520 78
- 2 Caoutchouc 6,85 146 I 12
- 3 Caoutchouc 57 l3%
- 2 Caoutchouc-papier 8,24 21% 9°
- 3 Caout.-caout.-papier 5,59 98 115
- La figure 6 compare ce qu’on peut appeler les rendements en voltage des différents câbles, c’est-à-dire que le voltage suffisant pour soumettre un câble donné à une tension excessive est exprimé comme une fraction du voltage qui-perce-une couche d’isolant soumise à des efforts uniformes et ayant une épaisseur égale au rayon extérieur de l’isolant
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV(2e Série). — N0 22.
- du câble. Les maxima sont indiqués par de courts traits verticaux et il faut remarquer que les câbles gradués, non seulement montrent des maxima plus
- élevés et pour des valeurs de — plus grandes que les
- 7’o
- câbles non gradués, mais que leurs courbes sont beaucoup plus aplaties vers les maxima que celles des câbles non gradués.
- Fig. G. — Rendements en voltage de différents câbles. I, simple couche ;
- 3
- II, deux couches Fj = - F»;
- >
- III, deux couches F! = Fg ;
- 3
- IV, trois couches F, = F, = _FS;
- 2
- V, trois couches F, = F2 = F;J.
- Les cercles indiquent les points pour lesquels sont dépassées les limites commerciales actuellement obtenues pour les rapports des capacités spécifiques.
- Dans les cas ordinaires, l'influence de la conductance du diélectrique sur les résultats ci-dessus est complètement négligeable ; aux fréquences commerciales un diélectrique ayant une résistivité supérieure à 40 ooo megohms agit comme un isolant parfait.
- L’influence de la conductance augmente à mesure que la fréquence diminue ; pour les tensions continues, les efforts sont déterminés par les conductivités relatives, de même que, pour les tensionsalternatives, ils sont déterminés par les capacités spécifiques.
- Pour les câbles à plusieurs conducteurs, les formules seront établies en considérant la charge sur chaque conducteur comme concentrée au centre du conducteur.
- Les résultats théoriques exposés ci-dessus sont basés sur l’hypothèse fondamentale concernant la rigidité électrique qui a été indiquée au début de cette étude. Il a été supposé que la rigidité électrique d’un diélectrique est une constante physique réelle, mesurée par l’intensité électrique qui, appliquée
- d’une façon continuelle ou répétée, produit la rupture du diélectrique.
- Dans certaines circonstances, cette rupture s’étend seulement à la partie du diélectrique qui avoisine le conducteur, comme c’est le cas dans le phénomène de couronne,bien connu, dans l’air, et ne s’étend pas à la masse entière de l’isolant. Raisonnant probablement d’après le cas connu et indiscuté de l’effluve, le professeur Russell a émis l’hypothèse qu’il existe dans les diélectriques solides une effluve semblable à l’effluve aérienne qui produit la rupture uniforme de la partie soumise à une tension excessive, la carbonisant et la rendant inefficace au point de vue de l’isolement.
- Par exemple, d’après cette hypothèse, l’isolement d’un fil dont l’épaisseur d’isolant est plus de 2,7 fois supérieur à son diamètre, est, lorsqu’on augmente la tension, d’abord détruit à l’intérieur d’urie petite couche uniforme autour du conducteur. La rupture de cette couche sera insuffisante pour provoquer une tension excessive sur le reste du diélectrique. Si le voltage est encore accru, une zone de diélectrique uniformément détruit se produit autour du fil ; à l’intérieur de cette zone,l’isolation est sans valeur, et, à sa surface, la tension est juste égale à la rigidité électrique.
- Lorsque cette zone atteint un rayon égal à 10/27 du rayon extérieur de l’isolant, tout accroissement ultérieur du voltage produira une tension excessive du reste de l’isolant et en amènera la rupture.
- D’après cette hypothèse, oh peut prévoir alors, que de petits fils isolés avec un grand diamètre extérieur d’un diélectrique homogène seront tous percés, indépendamment de la grosseur du fil, à un voltage qui peut être évalué en remplaçant par un conducteur tout l’isolant dans un rayon égal à 10/27 fois le rayon extérieur de l’isolant. L’hypothèse du professeur Russell a soulevé de nombreuses objections ; il a cité à l’appui de son opinion une expérience de M. Jona,mais d’autres observations dû même expérimentateur sont en désaccord avec cette hypothèse. Pour obtenir des indications précises, sur les phénomènes qui se passent réellement dans un diélectrique soumis à une tension excessive, l’auteur a construit un condensateur cylindrique à 2 couches de diélectrique. Cet appareil consistait essentiellement (fig. 7) en un épais tube de verre G, dans lequel était introduit un conducteur isolé au caoutchouc R. Des pièces terminales en paraffine T étaient coulées aux extrémités pour éviter les fuites et le perçage aux bords de l’électrode.
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- R E VUE D’É L Eè T fi IG1TÉ
- 273
- La méthode employée pour mesurer le courant de charge est indiquée par la figure '<j. C0 est un condensateur, étalon variable entre o,ooi et i microfarad, connecté en série avec le condensateur servant à l’expérience; E est un voltmètre électrostatique destiné à mesurer le voltage aux bornes du condensateur; P est un dispositif de protection.
- Fis* 7- — Appareil de mesure du courant de charge, il haute tension.
- Les constantes des appareils furent mesurées et les valeurs suivantes furent trouvées :
- Caoutchouc..... e, = 6,3 F, = i8,3
- Verre .......... e2 — 8, 5 F2 = 3 5.
- D’après ces constantes, on peut calculer qu’à 24 kilovolts le caoutchouc commence à être soumis à une tension excessive. Un premier résultat fût qu’entre a4 kilovolts et 28 kilovolts (tension à laquelle se produisit la rupture) la capacité apparente augmentait, mais faiblement, et nullement autant que l’eût exigé l’hypothèse du Pr Russell.
- Un deuxième résultat, qui était inattendu, fut que l’appareil fut percé à 28 kilovolts, alors que le tube de verre seul était capable de résister à deux fois ce Voltage. A ce voltage de rupture, la tension entre les parois du tube de verre, était d’environ 10 kilovolts, celle entre les parois du caoutchouc d’environ 16 kilovolts, Un peu plus élevée que celle (i3,8 kilovolts) à laquelle le caoutchouc se perce seul.
- Un troisième résultat fut obtenu en enlevant du tube de verre le conducteur, après que la tension lui eût été appliquée, et en examinant ses propriétés isolantes.
- En apparence, même vu au microscope, le caoutchouc paraissait sain. La résistance d’isolement, difficile à mesurer exactement sur les courts échantillons essayés, était certainement de plus de 100 mégohms par kilomètre. Cependant, en faisant un essai sous tension, l'isolement fut trouvé notablement détérioré.
- Le caoutchouc qui a été soumis à une tension réellement excessive ne peut donc plus en aucun point supporter le voltage des appareils à haute tension, et le caoutchouc qui a été faiblement surtendu montre de nombreux points faibles.
- L’auteur a imaginé une hypothèse très simple qui donne l’explication des résultats expérimentaux obtenus soit par lui, soit par M. Jona. Admettons qu’une élévation excessive de tension en un point rompt le diélectrique en ce point. Il semble évident que, même dans un diélectrique parfaitement homogène,-la rupture uniforme supposée par Russell ne peut se produire, car si la destruction s’avance un peu plus loin en un point qu’aux points voisins, la charge qui s’écoule en ce point réduit l’effort sur les points voisins, et le champ plus intense à l’extrémité de cé point avancé tend à pousser de plus en plus loin la destruction du diélectrique.
- II faut donc prévoir que les diélectriques commerciaux, qui ne peuvent être parfaitement homogènes, ne seront certainement pas rompus uniformément, mais en un certain nombre de points, de sorte que la rupture qui commence à se produire détermine le même effet qu’un certain nombre de pointes d’aiguilles enfoncées dans l’isolant.
- Quand, dans le condensateur caoutchouc-verre décrit: ci-dessus, ces « pointes d’aiguille » atteignent le verre, elles tendent à le percer à un voltage très inférieur à celui qui serait nécessaire si la surface du verre était soumise à un potentieLuniforme. Les appareils, dans les expériences décrites, étaient percés à 28 kilovolts quoique le verre seul pût résister à une tension uniforme de 5o kilovolts ; le même tube en verre était percé à environ 25 kilovolts, lorsqu’il était soumis à une tension croissante au moyen d’une aiguille d’acier entourée d’un'isolant, ce qui confirme l’hypothèse de l’auteur.
- Il conclut en insistant sur la nécessité d’égaliser, dans la mesure du possible, les efforts dus à la tension, entre les différentes couches des isolants d’une grande épaisseur; il rappelle les moyens qui peuvent être employés dans ce but et qui ont été passés en revue dans la première partie de son étude, notamment la « gradation des câbles ».
- H. R.
- TRACTION
- Nouveaux équipements de traction électrique monophasée dans le sud de la France. Nous avons à signaler dans le domaine de la trac-
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- *74
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2« Série), —. N9 23.
- tion monophasée, un type de locomotive et un type d’automotriqe qui ont récemment été rais en service.
- La locomotive électrique a été construit© par la Société Westinghouse pour les essais que la Compagnie des chemins de fer dp Midi se propose de faire sur la ligne Ille-sur-Tet à Yillefranche. D’un poids total de 8 j tonnes, dont 43 pour l’équipement électrique, cette locomotive a une longueur de caisse d’environ iq mètres. Elle comporte trois essieux-moteurs, deux archets de prise de courant, et d une façon générale tout un équipement électrique établi en double, sauf le disjonctif à huile et les contacteurs du système de commande àunités multiples, L’alimentation se fait à 12 ooo volts, t6 a/3 périodes; le courant est transmis par deux transformateurs, dont le secondaire comporte neuf bornes différentes qui permettent de faire varier de aoo à 465 volts la tension envoyée aux deux moteurs, Ceux.ci d’une puissance de 6oo chevaux chacun, peuvent supporter a 3qq ampères d’intensité maxinja ; ils tournent à 5oo tours par minute et entraînent la voiture à 66 kilomètres à l’heure. Ils sont du type série compensé avec enroulement compensateur en court-circuit et sans connexions résistantes au collecteur,
- L’automotrice des chemins de fer du Sud de la France a été construite par la Société Alsacienne en
- çè qui concerne l’équipement électrique, Elles ont été mises en service l’année dernière sur les lignes d’intérêt local à voies de i mètre de Grasse à Rré-du-Lac et de Levens à Saint-Martin de la Yésubi©, sous 6 ooo volts et a5 périodes, le parcours éfapt très accidenté et présentant fréquemment des rampes de 6 % .
- L’automotrice est pourvue de deux moteurs à répulsion 6 pôles, 5o chevaux; l’attaque a lieu par engrenages au rapport i : 4,25; montés en parallèle les moteurs se trouvent alimentés suivant les besoins sous quatre tensions comprises entre 180 et 35ovolts; leur vitesse de rotation maximâ, i ioo tours par minute, correspond à 46 kilomètres à l’heure.
- Le transformateur est suspendu sou$ le châssis de la voiture entre les deux essieux. Le système de commande est remarquablement simple : il comporte la commande directe des contacteurs par le manipulateur, et un dispositif auxiliaire qui ne permet la fermeture d’iin contacteur que si tous les autres contacteurs sans exception sont ouverts.
- On a été conduit à l’adoption dé ce dispositif par la considération de la gêne imposée généralement par la bobine de self que l'on a coutume de placer en série dans 1© circuit d’alimentation du moteur.
- S. F.
- VARIETES
- 4e Laboratoire central et l'École supé-rienre d'électricité pendant l'année 1910.
- Nous avons récemment donné, d'après M. Laporte, un aperçu de la vie et de l’activité des laboratoires américains (’). En France, la situation actuelle du Laboratoire central et aussi celle de l’Ecole supérieure d’Electrioité sont clairement définies par le dernier rapport annuel de M. P. Janet. Nous reproduisons ci-dessous ce document, qui montre le remarquable développement pris par ces deux organismes techniques, sous la direction de M. P. Janet,
- LABORATOIRE CENTRAL d’ÉLECTRICITÉ
- i° Matériel. — Le Laboratoire a continué, en 1910, à enrichir, dans la limite toujours trop faible des crédits disponibles, sa collection d’instruments de mesure nous citerons, efi particulier, deux
- 1 êtres, l’un de 6 watts sous tao volts, pour l’étude de la puissance consommée dans le fil fin des compteurs, et l’autre de o,5 i ampère; deux transformateurs d’intensité (5, ip, 90, e5, 5q, iqo ampères); un voltmètre de précision à 6 sensibilités (9, i5, 75, ?5o, 3oq, 750 volts); deux ampèremètres électromagnétiques (0,3 , o,5, 1 ampère), etc, (Signalons, d’autre part, un petit groupe à courant continu pouvant donner 1 QQO volts et o,3 ampère pour l’étalonnage des voltmètres et des compteurs.
- Enfin, le Laboratoire a construit et monté un nouveau banc photométrique, et une batterie spéciale de i3o éléments de IQO ampères-heure a été installée pour la nouvelle catégorie d’essais photo-métriques dont il sera question plus loin.
- 20 Installations nouvelles. — Pour cette même catégorie d’essais (essais effectués pour le compte de l’Association des consommateurs de lampes à incandescence), nous avons dû construire de nQB-
- f1) Lumière Electrique, 29 avril ign,p. lao.
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-
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-
- 3 Juin 1911.
- REVUE D'ELECTRICITE
- 373
- veaux locaux. Nous avons utilisé pouy cela un des rares espaces disponibles qui nous restent dans l’annexe du Laboratoire (anciennes ambulances urbaines de la Ville de Paris). Nous avons pu ainsi couvrir, à l’aide d’une construction légère en briques, une surface de 6o mètres carrés environ. Une nécessité urgente seule a pu nous forcer à continuer le système des agrandissements par petites fractions et au moyen de constructions ayant nécessairement un caractère provisoire ; ces solutions partielles sont certainement très coûteuses, et il est plus que jamais nécessaire de prévoir, comme nous le faisions déjà dans notre rapport de l’an dernier, une large extension de nos locaux.
- Le nouveau bâtiment, qui se raccorde aux parties anciennes, comprend : i°un magasin; i° une salle d’accumulateurs; 3° une salle de réception et d’emballage pour les lampes à incandescence; '(° une salle de photométrie.
- 3° Essais, — Les essais effectués au Labora-ratoire en 1910, ont été au nombre de 1 187 contre 1 u4 en 1909, et 1 i3a en 1908. Les recettes se sont élevées à âqSoi fr. g5 contre 48 642 fr. 40 en 1909 et 49 765 fr. i5 en 1908. L’augmentation de iq 000 francs environ, obtenue sur l’exercice 1909, tient pour la plus grande partie aux essais q.ui ont été effectués, conformément au décret du 3 juin 1909, sur les types de compteurs destinés aux distributions publiques d’énergie électrique et soumis à l’approbation du Ministère des Travaux publics, et en partie à l’augmentation du nombre des essais de machines.
- Les essais effectués par le Laboratoire se ré-
- partissent ainsi :
- Compteurs..-........................... /,58
- Lampes à incandescence................. ic)5 (>)
- Machines et transformateurs............. 102
- Ampèremètros.......;................ pa
- Piles.................................... 74
- Voltmètres............................. 70
- Résistivités, Résistances................ 36
- Haute tension............................ 3i
- Isolements, Isolants..................... 18
- Lampes à arc............................. 17
- Wattmètros............................... 16
- Accumulateurs ........................... 10
- Oscillogrammes........................... p
- Fers, tôles.............................. 8
- Paratonnerres............................ 5
- Vérification d’installation............... 3
- Etalons photométriques.................... a
- Etalon de précision (résistance).......... 1
- Essais divers............................ 40
- 1187
- (’) Portant sur 404 lampes et 654 mesures photométriques.
- Dans ces essais, ne figure pas le service do vérifications périodiques des compteurs et dés installations électriques de la Chambre des Députés, que Je Laboratoire exécute, depuis 1898, par abonnement à forfait. Les mesures d’isolement de ces installations ont été, en 1910, particulièrement nombreuses, à la suite des inondations du mois de janvier.
- Au contraire, dans la statistique précédente figurent les essais de lampes à incandescence destinées à la flotte, que nous exécutons régulièrement depuis 1904 pour le Ministère de la Marine.
- Nous signalerons comme particulièrement intéressants, les essais suivants :
- En premier lieu, la continuation des essais d accumulateurs pour sous-marins exécutés pour ie Ministère de la Marine. Quatre éléments ont été essayés en 1910, du t4 mai au 17 septembre; ils ont été soumis au maximum à aïo décharges, dont 184 d’endurance et 26 de capacité.
- Le Ministère de la Marine nous a également chargés de l’étude d’un certain nombre de substances isolantes destinées à l’appareillage électrique des navires de guerre : nous avons dû analyser les diverses circonstances (chaleur, humidité, etc.) capables d’influencer sur les propriétés de ces substances.
- Le Ministère de la Guerre (Administration des Poudres et Salpêtres) a continué à nous confier la réception de ses installations électriques : les essais ont porté, en 1910, sur 97 moteurs, en général triphasés, d’une puissance moyenne de 100 kilowatts, et sur un groupe turbo-aitarnateur de 1 000 kilo-volts-ampères.
- Le même Ministère (Dépôt central de Télégraphie militaire) nous a confié l’étude complète d’une bobine de self-induction à Hoyau de fer.
- Le Ministère des Travaux publics (Administration des Télégraphes) a demandé au Laboratoire de procéder aux essais de piles présentées au concours pour l’adjudication..
- Des essais analogues nous ont été confiés par le Ministère des Colonies; pour ce même Ministère, nous avons procédé à l’étude des propriétés d’une nouvelle substance, analogue à la gutta-percha, recueillie à Madagascar.
- Parmi les essais qui nous ont été confiés par des administrations privées ou par des particuliers, nous citerons, en premier lieu, des essais oscillo-graphiques très complets que nous avons exécutés sur un réseau du centre de la France pour l’étude des phénomènes variables (surtensions et surinten-
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- T. XIV (2* Série). — N°22.
- sités), qui se produisent à la manœuvre des interrupteurs. Un heureux hasard nous a pérmis d’enregistrer les phénomènes qui se produisent au moment du percement d’un câblé. Ce travail,dont l’importance est égale à celui que M. David a exécuté il y a quelques années sur le littoral méditerranéen, pourra, nous l’espérons, être publié dans notre Bulletin, dès que nous aurons reçu les autorisations nécessaires. En outre, nous avons fait, dans des ateliers de construction, un certain nombre d’études oscillo-graphiques sur des alternateurs avec détermination d’harmoniques dans des conditions variées.
- Parmi les essais divers,nous citerons des essais de lampes à incandescence àfilaments métalliques qui ont duré en moyenne 3 ooo heures, et au maximum g ooo ; des essais de toiles isolantes recouvertes de vernis divers et soumis à diverses circonstances extérieures ; l’étude d’une lampe à vapeur de mercure dans le quartz ; des épreuves d’isolateurs, jusqu’à ioo ooo volts, à sec et sous la pluie artificielle.
- Deux nouveaux services d’essais ont été organisés au Laboratoire en 1910: la vérification des compteurs soumis à l’approbation du Comité d’E-lectricité pour les distributions publiques d’énergie électrique, et les essais de lampes pour l’Association des consommateurs de lampes à incandescence.
- Le premier nous a amené à faire l’étude complète de 33 compteurs, dont 16 à courant continu et 17 à courants alternatifs. Cette étude comprend essentiellement l’étalonnage à diverses charges; l’influence de l’obliquité, du champ terrestre, des surcharges, de la fréquence, du déphasagé, des courts-circuits ; à ce dernier point de vue* nous avons été amenés à faire un examen oscillographique des différents phénomènes qui se produisent suivant la manière dont a lieu le court-circuit.
- Le second a pris naissance dans les circonstances suivantes : en 1910, s’est formée une Association qui permet à chacun de ses adhérents, tout en conservant le libre choix de ses fournisseurs, d’obtenir, moyennant une très légère majoration du prix de la lampe, des lampes satisfaisant à un cahier des charges soigneusement étudié et garantissant une qualité uniforme et bien connue, soit comme consommation, soit comme durée. L’Association s’est adressée au Laboratoire pour exécuter les essais prévus au cahier des charges ; ce nouveau service, pour lequel nous avons constitué une installation et un personnel spécial, a commencé à fonctionner le ier novembre 1910 : nous avons déjà essayé, jusqu’au 3i décembre dernier,dans ces conditions,6 77a
- lampes au càrbone et 3ia lampes à filament métallique, ce qui correspond à l’achat, par l’Association, de 36 824 lampes au carbone, 7 080 lampes au tungstène et i 600 lampes Tantale. Ce service est évidemment destiné à prendre une extension rapide.
- 4° Travaux et recherches. — Les travaux les plus importants effectués au Laboratoire en. 1910 ont porté, comme les années précédentes, sur les unités électriques. Nous rappellerons, à ce sujet, les communications faites à la Société par MM. Laporte et de la Gorce sur l’équivalent électrochimique de l’argent, et par M. Jouaust sur les étalons de résistance et de force électromotrice. Mais l’événement le plus intéressant de l’année a été la délégation à Washington, de notre sous-directeur, M. Laporte, qui a collaboré avec MM. Rosa, Wolff, Jâger et Smith aux expériences internationales, entreprises au Bureau of Standards sur l’équivalent électrochimique de l’argent et l’élément étalon au cadmium. Les résultats de ces recherches ne pourront être publiés que lorsqu’ils auront reçu l’approbation du Comité scientifique international des Unités électri-quesqui en avait pris l’initiative. M. Laporte a résumé ici (*) ses impressions de voyage et rappelé avec quelle courtoisie il avait été accueilli aux États-Unis.
- Depuis le retour de M. Laporte, le Laboratoire a exécuté quelques mesures, suite naturelle du travail de Washington : c’est ainsi que nous avons comparé deux étalons de résistance de manganin appartenant au Bureau of Standards et qui avaient déjà été comparés à Londres et à Berlin; nous avons également continué l’étude d’étalons de résistances de manganin construits par la maison Carpentier et par la maison Otto Wolff : nous constituons ainsi, peu à peu, une base solide pour la conservation de l’ohm au Laboratoire, sous forme d’étalon en fil métallique. Toutes ces comparaisons ont été faites au moyen d’un pont d’un nouveau modèle construit au Laboratoire et combiné par M. R. Jouaust.
- Nous avons continué également la construction régulière de piles étalon Weston (40 environ dans l’année) et nous avons pu en communiquer des exemplaires à plusieurs laboratoires de Physique.
- Parmi les recherches non encore publiées ou non susceptibles de l’être, nous citerons encore : des recherches sur les divers procédés de mesure des grandeurs magnétiques, entreprises d’accord avec le Bureau of Standards, avec lequel nous avons
- (') Bulletin de la Société Internationale des Electriciens, mars 1911.
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- 3 Juin 1911.
- REVUE Ù'ÉLECTRICITÉ
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- échangé des éprouvettes d’acier ou de tôles ; des études sur les pertes dans le diélectrique des condensateurs, le perfectionnement de certaines mesures en courant alternatif (self-induction et capacité) au moyen du galvanomètre à résonance : cet appareil a été construit au Laboratoire et se prête à un certain nombre de mesures intéressantes, comme l’augmentation de résistance des rails en courant alternatif. Enfin, M. Jouaust a étudié l’aimantation du fer aux fréquences élevées : cette étude a donné lieu à une note à l’Académie des Sciences et à une communication à la Société.
- «Enfin, nous avons correspondu, à propos du choix d’un cuivre étalon, avec le Bureau of Standards à qui nous avons communiqué le résultat de nombreuses mesures de résistivité faites au Laboratoire depuis sa fondation.
- On voit que les travaux de recherches constituent une part importante de l’activité du Laboratoire : à ce point de vue, il est utile de remarquer que, dans les comptes de l’exercice financier, une partie notable du chapitre, Personnel, doit être considérée comme affectée à ces recherches.
- Publication des travaux du Laboratoire.
- Le premiervolume des travaux du Laboratoire, qui comprend 5oo pages environ, a paru dans le courant de 1910 (*). Il comprend toutes les recherches effectuées au Laboratoire depuis sa fondation jusqu’en igo5. Un second volume (1905-1910) est actuellement sous presse et paraîtra incessamment.
- II. — Ecole.
- i° Matériel. — Le matériel de l’École s’est enrichi en 1910 de deux moteurs à courant continu de 2 kilowatts, à 1 700 tours par minute, et d'un certain nombre d’instruments de mesure parmi lesquels nous citerons un fréquencemètre, un wattmè-tre(ia,5; 25 ampères), un ampèremètre et un voltmètre électromagnétique, une pile étalon Weston, deux compteurs Aron, etc.
- 20 Enseignement. — L’enseignement s’est donné en 1909-1910 suivant le programme habituel; signa-: Ions cependant deux conférences sur le radium et la radio-activité qu’a bien voulu faire à nos élèves, M. Debierne, chef des travaux du laboratoire de Mme Curie.
- (*) Gauthier-Villars, éditeur. Voir Lumière Electrique, 4 février 1911, p. i53,
- 3° Voyage d'études. — Le voyage d’études s’est effectué comme chaque année à l’époque des vacances de Pâques, sous la direction de M. Chaumat ; cinquante élèves environ y ont pris part, et M. Mazen nous a fait le plaisir d’accompagner la caravane pendant une partie du trajet. Comme l’année précédente, M. Bochet avait bien voulu mettre une bourse à notre disposition pour permettre le voyage à l’un de nos élèves peu fortunés, et le Ministère du Commerce nous a accordé quatre autres bourses dans le même but.
- Promotion XVI (1909-1910). — Il a été délivré, à la fin de juillet dernier, 89 diplômes se répartis-sant ainsi :
- Licenciés ès sciences....................... 16
- Elèves étrangers diplômés d’Ecoles techniques supérieures................... 12
- Officiers de Marine......................... 10
- Anciens élèves médaillés des Ecoles nationales d’Arts et Métiers................ 6
- Officiers délégués par le Ministre de la»
- Guerre. ................................ 4
- Ingénieurs des Arts et Manufactures,...... 2
- Ancien élève de l’Ecole Polytechnique..... 1
- Ingénieur civil des Mines.................... 1
- Elèves reçus au concours.................. 37
- 89
- 4° Promotion XVJI[ 1910-1911). —La promotion actuellement en cours d’études comprend 111 élèves et a la composition suivante :
- Licenciés ès-sciences....................... 17
- Anciens élèves médaillés et diplômés des
- Ecoles nationales d’Arts et Métiers..... i3
- Elèves étrangers diplômés d’Ecoles techniques supérieures.................... i3
- Officiers et Ingénieurs délégués par les Ministères.............................. 11
- Officiers de Marine.......................... 9
- Ingénieurs des Arts et Manufactures.......... 3
- Ingénieurs des Constructions civiles......... 2
- Ancien élève de l’Ecole Polytechnique..... 1
- Ingénieur agronome........................... 1
- Elèves reçus au concours. .................. 41
- m
- A ces élèves réguliers, il convient d’ajouter i3 auditeurs libres suivant en tout ou en partie notre enseignement.
- Comme chaque année, l’Ecole du Génie maritime a fait effectuer par ses élèves, dans nos laboratoires, un certain nombre de mesures et essais électriques.
- 5° Anciens élèves. — Le nombre total des anciens élèves ayant passé par l’Ecole supérieure d’Electri-cité depuis sa fondation est de 1 125, sur lesquels 970 ont obtenu le diplôme. Autant que jious pou-
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- ilè
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2« Série). 11*333
- vons en juger, leé situations occupées actuellement par ces dernierè se répartissent ainsi:
- Situations occupées
- par les anciens élèves diplômés au r8r avril 191i.
- Ateliers et maisons de construction
- Armée, Marine, Télégraphes......
- Stations centrales..............
- Enseignement et Laboratoires....
- Chemins de fer............
- Ingénieurs-Conseils.............
- Electrochimie et Electrométallurgie
- Travaux publics.................
- Tramways.......................J.
- Mines...........................
- Automobilisme...................
- Divers..........................
- > Situations inconnues............
- Décédés.........................
- 284
- 127
- 89
- 59
- 58
- 35
- 28
- '*7
- 25
- 21
- 16
- 56
- 127
- 21
- Total
- 973
- 6° Société amicale des anciens élèves. — La Société amicale compte aujourd’hui 4q3 membres. Ses deux principales sources d’activité sont : d’une part, le service de placement, d’autre part la publication de son Bulletin. On peut juger du développement du service de placement par le fait que l’Association a reçu, en 1910, 80 offres de situation. M. Chassé-riaud, directeur de la Lumière Electrique et ancien élève de l’École a eu l’obligeance de faire profiter ses camarades de la large publicité de son journal pour faire connaître rajudement aux intéressés les offres qui arrivent à l’Association. Quant au Bulle-tin, sous l’impulsion d’un Comité de rédaction jeune et actif, il s’est complètement transformé, et possède maintenant tous les éléments nécessaires pour former ùnrecüèil de plus en plus intéressant.
- Tel est, Messieurs, le tableau résumé de la vie et de l’activité du Laboratoire et de l’Ecole pendant l’année 1910 : la situation qui résulte des chiffres et des détails donnés plus haut est évidemment très prospère ; mais il faut l’examiner non au point de vue du présent, mais au point de vue de l’avenir : or, il ne peut échapper à personne que nous sommes aujourd’hui à une époque décisive pour les deux belles institutions de la Société ; il faut prévoir, dans un avenir très prochain, des développements considérables comme matériel et comme locaux : des capitaux importants sont nécessaires pour cela, et nous avons le ferme espoir que la Société, qui a (ondé ces établissements, saura trouver les moyens de leur donner la puissance à laquelle leur donnent droit les preuves de vitalité qu’ils ont montrées jusqu’ici.
- L’Industrie électrique en Serbie et Bulgarie.
- Deux petits pays des Balkans, la Serbie et la BuL garie, abandonnant peu à peu leur caractère exclusivement agricole, entrent dans la vie industrielle.
- C'est ce que montre un récent travail de M. A. Blazy(’)..
- Nous en exirajmns les détails concernant le domaine électrique.
- En Serbie, cette branche de l’industrie moderne est représentée surtout, pour le moment, par les réseaux de traction et d’éclairage de la capitale. Le réseau de traction a 18 kilomètres de longueur et alimente les moteurs d’une trentaine de voitures motrices. Les recettes annuelles ne dépassent guère 700 000 francs ; d’autre part, les frais d’exploitation sont élevés à cause des déclivités considérables que la voie présente.
- L’éclairage de Belgrade est assuré par deux réseaux. Le premier qui alimente le centre de la ville est à courant continu de 120 volts, le second qui dessert la périphérie est à courant alternatif triphasé de 2 100 volts et comprend de nombreux postes de transformation où la tension est abaissée aux 120 volts d’utilisation. 1 200 lampes à incandescence de 16 bougies et 120 lampes à arc éclairent les rues de cette ville de 80 000 habitants. Les abonnés privés et les divers établissements qui se servent du courant sont au nombre de 3 000, le prix de l’hec-towatt-heure pour le petit abonné non privilégié étant de 9 centimes.
- Une autre centrale électrique est celle de Vidché (à 20 kilomètres de la ville de Lescovatz). Cette station comporte des turbines verticales, système Yoigt de Bodenheim actionnées par l’eau amenée sous pression par un canal de 1 kilomètre èt donnant 200 litres environ par seconde. Les alternateurs sortent de ta maison Siemens et Halske de Berlin et donnent i5 ampères sous 6 5oo volts.
- La Bulgarie, pays d’étendue et de richesse plus grande, offre un développement plus important d’activité industrielle. Evidemment la presque totalité de cette activité revient ici aussi à la capitale et ses environs. L’énergie qui est consommée est produite par la « Compagnie d’Eleetricité de Sofia et de Bulgarie » dans l’usine hydro-électrique de Pant-charevo et dans l’usine à vapeur de Sofia.
- L’usine de Pantcharevo est constituée par quatre groupes hydro-électriques de 400 kiloAvatts, chacun
- (*) Bulletin de la Société des Ingénieurs civils de France, février 1911.
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- 3 Miami:
- revue d'électricité
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- composé d’ünè türbitte à axe horizontal et d’un alter* nâteur triphasé de 7 5oo volts. Le courant est envoyé à Sofia sur hnè double ligne aérienne de 17 kilomètres à poteaux métalliques. A l’entrée de la ville, nette ligne se bifurque en deux branchements circulaires qui se rejoignent à l’usine à vapeur. Celle-ci comprend trois groupes électrogènes (machine à vapeur-alternateur) de 400 kilowatts et un groupe de 800 kilowatts.
- Le réseau urbain a une longueur de no kilomètres ; il est en partie aérien, en partie souterrain et comprend 54 postes de transformation, d’une puissance totale de 2 767 kilowatts.
- La station de transformation principale réduit la tension de 7 5oO à 3 400 volts et c’est ensuite aux postes secondaires de rabaisser à t5o volts, tension nécessaire aux abonnés. L’éelairage deSofia est assuré par 100 lampes à arc et 4 440 lampes à incandescence de 3ü bougies.
- L’énergie électrique est produite dans ces deux pays soit au moyen du charbon, soit grâce aux cours d’eau. Les mines de houille sont d’ailleurs très riches.
- Ainsi, èrt Serbie, on rencontre les charbonnages pïineipanx suivants :
- Les mines de Dobra, sur le Danube, où le gisement a une longueur exploitée de 4 kilomètres et se
- stratifie (en 3 Couches, le produit contenant environ 77 % de carbone. Les gisements de Cenje (charbon brun), d’une puissance variant de 8 à 40 mètres et reconnus sur une longueur de 900 mètres ; l’exploitation y est déjà très avancée et la production annuelle atteint en moyenne 80 000 tonnes. Les mines de Ravna Reka, reliées aux précédentes par Un chemin de fer de profil audacieux et pouvant fournir annuellement,d’après les prévisions, 100 000 tonnes pendant quarante-quatre ans ; l’équipement de ce bassin est des plus perfectionnés. Enfin, les mines d’Alexinatz et de Jelachnitza, de Zajecar, de Cisevatz, de Vrania, etc. Les mines dé Jelachnitza, appartenant à une Société française, donnent un charbon ne contenant guère de soufre et précieux pour l’industrie.
- En ce qui concerne la Bulgarie, à citer les mines de la concession du Prince Boris, dans les Balkans, donnant un minerai de 5g % de carbone, les mines de Pernik à 28,5 kilomètres de Sofia appartenant à l’Etat et occupant, en pleine saison, 2 5oo ouvriers. L’exploitation se fait,dans ces dernières mines, à flanc de coteàn et donne annuellement une moyenne de 20O Ooo tonnes. Notons également les bassins de Bobov-Dol, celui de Lom-Palanka, etc.
- Tu. S.
- BIBLIOGRAPHIE
- ïl est donné une analyse des ouvrages, dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Commentaire pratique de la loi stir lès distributions d’énergie éieetriqüë (Loi du t5 juin 1906), d après la Jurisprudence et les Circulaires récentes, par P. Bougafelt, «voeat à la Gour d'Appel de Lyon.—* i volume in-8° raisin de 184 pages. —Troisième édition, complètement refondue. — J. Rey, éditeur Grenoble. — Prix, broché : 6 francs.
- La troisième édition de ce commentaire a été inspirée par l’idée suivante :
- Quand la loi de 1906 a paru, suivie de près par les règlements d’administration publique qu’elle faisait prévoir, B n’était guère possible de donner autre chose qu’une analyse fidèle des textes nouveaux qui sont aujourd’hui entre toutes les mains.
- C’est ce qui a été fait dans les deux premières éditions et dans le Manuel des règlements d’administration publique, paru à la même librairie, en tgi.o.
- Mais depuis la loi, de nombreuses décisions de jurisprudence l’ont complétée par maintes dispositions que l’électricien ne peut ignorer.
- Les préciser, les faire comprendre à tous, indiquer les nombreuses sources où chacun pourra trouver le jugement cité et commenté, tel est le but que l’auteur s’est proposé dans cette édition absolument transformée.
- Dès la sortie de l’usine, le distributeur peut, par exemple, placer une canalisation sur un chemin qu’il croit, de très bonne foi, public, et qui est un chemin privé : il est aussitôt l’objet d’une action possessoire, etdans le cas inverse d’une contravention ; plus loin, il peut violer un monopole de lumière (et même de force motrice si la concession a été faite antérieurement à la loi), ou bien être l’objet d’un refus d’une autorisation soliicitée, d’une
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2e Série). — N°22.
- discussion avec un abonné, avec le propriétaire des arbres rencontrés sur le parcours.
- Aussi ce livre a-t-il surtout pour but de remplir les conditions suivantes : indiquer minutieusement la législation, plus compliquée qu’on ne croit, des autorisations et des contraventions de voirie (arrêts delà cour suprême en février 1909 et en mars 1910) ; établir les principes d’après lesquels, conformément " aux nouvelles circulaires, il y a lieu à autorisation ou concession ; déterminer la limite des droits des concessionnaires (arrêt de la Cour de Bordeaux du 24 février 1910), renseigner le permissionnaire, soit lésé par une concurrence illicite (arrêt de la Cour du 18 février 1909) soit victime d’une contravention injuste ; l’instruire sur ses obligations et sur ses droits comme occupant de la voie publique, pour les accidents dont il est l’auteur comme pour ceux dont il est victime.
- En un mot, le livre donne d’une façon complète, jusqu'au 6 février 1911, la jurisprudence qui vise les autorisations et les concessions anciennes, tant au point de vue du maintien des droits de redevance (jugement du tribunal de Valence) qu’à tout autre point de vue et, en étudiant les modifications créées par la loi nouvelle, précise par les décisions qu’il rapporte toute la situation des distributeurs que le caractère non rétroactif de la loi maintient en leur situation première.
- Nous n’avons pas besoin de dire que le livre satisfait d’une manière remarquable aux différents desiderata qui viennent d’être énumérés. Le nom seul de M. P. Bougault nous dispense amplement d’y insister d’avantage.
- ' M. R.
- Traité de Chimie générale, par W. Nernst. Traduit sur la 6e édition allemande, par A. Corvisy. — Première partie. — i volume in-8° raisin de 5io pages, avec 33 figures. — A. Hermann et fils, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 12 francs.
- Le nom illustre de l’auteur, actuellement professeur à l’Université et directeur de l’Institut de chimie physique à l’Université de Berlin, la qualité du traducteur, agrégé des sciences physiques, le nombre des éditions déjà parues,le nom aussi de l’éditeur, dont les choix ont coutume d’être heureux, sont autant de garanties qui pourraient, à la rigueur, v dispenser un tel ouvrage de toute présentation bibliographique.
- C’est le premier tome d’une œuvre considérable. Il traite dçs propriétés générales des corps et porte
- ce double sous-titre : Atome et molécule. L’auteur y développe, avec beaucoup d’autorité, les hypothèses fondamentales de la physique moderne, se basant sur cette opinion légitime que « bien loin que, dans^ le cours des siècles, les théories physiques tombent comme des feuilles jaunies, il semble plutôt qu’entre certaines limites une vie éternelle leur soit départie ; toute loi nouvelle qui a été acceptée par des contemporains éminents pourra, sans doute, dans son développement futur, subir certaines limitations; elle n'en restera pas moins pour tous les temps la synthèse d’une certaine somme de vérités ».
- On ne s’étonnera donc pas que l’auteur fasse un grand usage de la théorie de l’énergie, de la théorie moléculaire, de toutes les théories. Il le fait, d’ailleurs, avec une hauteur de vues, une sûreté d’érudition, qui font merveilleusement valoir le sens profond de ces grandes synthèses.
- Aux électriciens, nous signalerons spécialement l’étude de la dissociation électrolytique — dont les conséquences chimiques seront étudiées au chapitre de la théorie de l’affinité— qui rend compte des travaux les plus récents de Kohlrausch sur la mobilité des ions, et de W. Œholm sur la diffusion ; la théorie atomique de l’électricité avec les travaux de Lan-gevin, problème capital, dont notre regretté collaborateur Maurice Joly, avait fixé, d’une manière si remarquable, l’aspect actuel dans sa première « chonique des théories électriques » (*) ; la théorie de la conduction métallique, celle de la radioactivité, etc.
- Mais si ces chapitres concernent plus particulièrement l’électricien, tout ingénieur, pourvu d’une culture générale, prendra un vif intérêt à l’ensemble de l’ouvrage, qui est un véritable monument élevé aux théories modernes de la physique et de la chimie, ainsi qu’aux travaux expérimentaux qui ont été consacrés à la vérification de ces théories.
- E. C.
- Précisd’Electricité industrielle, par A. Goul-liart, professeur à l'Institut électrotechnique de Lille. — 1 volume in-i6 de 600 pages, avec 400 figures. — F. Alcan, éditeur, Paris. — Prix : broché, 3 fr. 5o.
- Cet ouvrage est d’un caractère moyen, contenant à la fois l’exposé des multiples applications pratiques au point de vue industriel, avec quelques formules.
- Tous les points saillants de l’électrotechnique,
- (1) Lumière Electrique, t. XI, p. 35, 73.
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-
-
- 3 Juin 4911.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 281
- depuis la pile jusqu’aux appareils de mesure modernes et depuis l’électro-aimant jusqu’à la télégraphie sans fil, trouvent leur raccourci dans ce volume. Celui-ci est divisé en deux parties accompagnées d’un chapitre de compléments se rapportant à des questions limitrophes ou trop spéciales.
- On y trouve des tableaux relatifs aux divers montages de sonneries et de téléphones, des indications pour la construction, la réparation, le montage, la mise en route des dynamos ordinaires, — des détails pratiques se rapportant à la construction des divers organes de l’électromoteur. Les 400 figures intercalées dans le texte sont, ou des schémas très clairs ou la reproduction d’appareils industriels.
- Enfin des tables terminant le livre fourniront au lecteur, à la façon des manuels, des indications précises et immédiates, dispensant ainsi de calculs plus ou moins compliqués.
- De plus, l’auteur a eu l’heureuse pensée d’ajouter au volume une notice assez détaillée, publiée par. l’association des industriels de France sur les secours à donner aux blessés par l’électricité.
- S. F.
- Service des grandes forces hydrauliques (région j des Alpes françaises). Compte-rendu et résultats des études et travaux au 31 décembre 1910, (tome IV). — 1 volume ir-8° Jésus de 547 pages avec- de nombreuses figures et deux pochettes annexes — J. Rev, éditeur, Grenoble. — Prix : broché, 3o francs.
- Le ministère de l’Agriculture vient de faire paraître une publication particulièrement intéressante : ...
- La première partie du tome IV donne :
- i° Le compte rendu des études faites et des travaux accomplis à la fin de l’année 1910, par M. R. de la Brosse, ingénieur en chef des ponts et chaussée, à Grenoble;
- 20 L’essai de détermination des débits quotidiens en fonction des hauteurs, lorsque le niveau est influencé par les manœuvres variables de vannes si-
- tuées en aval de l’échelle, par M. Pommcreau, conducteur des ponts et chaussées, à Grenoble ;
- 3° Une notice sur le nivellement des vallées des Alpes et sur le relevé de la publication des profils en long des cours d’eau, par M. Ch. Lallemand, inspecteur général des mines, directeur du service du nivellement général de la France.
- La deuxième partie est consacrée à la planimétrie, aux profils en long des cours d’eau, croquis, plans et détails divers, et à l’hydrométrie, jaugeages, etc., ainsi qu’aux observations annuelles jusqu’au 31 décembre 1909, des cotes et débits, et au résumé du mouvement des eaux dans les bassins de l’Arve, du Fier, de l’Isère, de la Drôme et de la Durance.
- L’ouvrage est illustré de nombreuses gravures et dessins, et complété par deux pochettes annexes, contenant les cartes des usines hydrauliques de la région des Alpes, et des bassins de l’Isère supérieure, Doron de Bozel, Arly, Romanche supérieure, Venéon, ainsi que les nivellements et profils en longs de ces bassins, y compris celui de l’Arc.
- Inutile de souligner l’importance considérable d’un tel ouvrage.
- A. L.
- Annuaire de route de F Automobile-Club de France (12e édition). — j volume de 755 pages, publié à Paris, 8, place de la Concorde. — Prix : 3 fr. 5o.
- Différentes améliorations ont été apportées dans cette nouvelle édition, qui contient 56 pages nouvelles, 212 plans de villes, la carte des cantons de la Suisse; deux cartes routières en quatre couleurs : l’une des routes nationales de la France, l’autre des grandes routes carrossables de l’Europe, complétées par l’indication des distances kilométriques entre deux localités importantes ;-le certificat international de route (pièces à fournir et modèle) ; le texte complet de la convention internationale du 11 octobre 1909 pour la circulation temporaire des automobiles à l’étranger ; les renseignements sur les hôtels recommandés, etc.
- S. F.
- BREVETS
- Couplage d‘un groupe d’alternomoteurs à collecteur mono et polyphasés.
- Dans le couplage sur un réseau monophasé, il se
- présente particulièrement trois difficultés :
- i° Il faut que l’on dispose de tensions de phase différente, pour le couplage aux bornes de l’induit et
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- à l’enroulément excitateur, afin de créer un rapport - de phase aussi avantageux que possible entre le courant d'induit et le champ.
- a0 II se produit souvent, par auto-excitation, de puissants courants alternatifs à basse fréquence.
- 3° Enfin le facteur de puissance (cos cp) du courant de retour est réduit au delà de ce qui est désirable.
- , C’est pour éliminer les deux premières et atténuer à volonté la troisième qu’a été conçu le dispositif suivant, breveté par la Société Siemens-Schuckert (’).
- Fig. i.
- La figure i montre une forme des nouveaux couplages. I et II désignent deux machines à collecteur à excitation indépendante, dont les induits sont montés en série sur le réseau n. L’enroulement excitateur e1 de la machine I est alimenté par la tension d’induit de la machine II, ou, comme cela est indiqué, par une partie de cette tension ; de même, l’enroulement excitateur e2 de la machine II est alimenté par la tension d’induit de la machino I. cl et ifi sont des enroulements de stator des machines I et II qui, par leur situation, correspondent aux enroulements compensateurs usuels et remplacent aussi ces derniers ; ils ont en outre pour fonction de produire totalement ou partiellement, par transformation dans l’in-" duit, la force électromolrice nécessaire pour compenser la composante inductive de la tension de l’induit.
- A cet effet, les deux enroulements sont couplés en parallèle au transformateur réglable t, qui est ici à bobine unique, et qui, de son côté, se trouve entre
- (<) N° 413 372, demandé le 8 mars 1910.
- les bobines secondaires de deux branchements fi} fi d’un transformateur biphasé.
- Les bobines primaires correspondantes de ce transformateur sont reliées aux bornes d’induit des machines I et II.
- Le mode de fonctionnement du couplage décrit résulte plus clairement du diagramme de la figure a. Dans ce diagramme, et cfi représentent les cou-
- Fig. a.
- rants d’induit des deux machines I et II, tandis que p< et p2 représentent les tensions aux bornes des deux induits qui sont perpendiculaires l’une à l’autre, et dont p est la résultante, c’est-à-dire la tension monophasée du réseau. Le courant excitateur fi de la machine I est perpendiculaire à p*, le courant excitateur fi de la machine II est perpendiculaire à p>. D’autre part, fi représente le courant qui passe par les enroulements cl et e2, courant qui est en phase avec p et est produit par une tension p3 perpendiculaire à p. La tension p3 est la résultante de p1 et p2. Enfin, fi désigne le courant restitué au réseau, l’angle cp mesurant le facteur de puissance de celle restitution. Gomme dans la forme d’exécution représentée du couplage, les enroulements e1 et c2 sont à la même tension, les courants d’induit a1 et (fi reçoivent la même phase. En général toutefois c1 et c- pourront être mis à des tensions séparées.
- On peut donc ainsi faire réagir.sur un réseau monophasé des moteurs à collecteur, sans le secours d’appareils accessoires tels que des machines synchrones.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Généralités sur la commande électrique des appareils de levage.
- AVANTAGES DE LA COMMANDE ÉLECTRIQUE
- La commande électrique des appareils de levage est l’une des plus employées à l’heure actuelle. Scs principaux avantages sont les suivants :
- i° Augmentation du rendement de l’ensemble, duc au rendement élevé des moteurs électriques et d’autre part à la suppression presque totale des transmissions qui se réduisent aux engrenages réducteurs de vitesse (les embrayages et arbres de transmission étant dans la plupart des cas supprimés, sauf sur certains appareils, de type ancien ou de faible puissance, où un seul moteur est affecté à la commande de deux ou trois mouvements différents) ;
- 2° Sécurité due également à la suppression dos embrayages, des déclics et des freins à main et au remplacement de ces derniers par le freinage électrique, au moyen du moteur, et par des freins électromagnétiques se bloquant automatiquement dès qu’on coupe le courant du moteur ;
- 3° Grande souplesse due d’abord aux propriétés caractéristiques des moteurs électriques et ensuite à l’emploi, pour chaque mouvement, d’un moteur d’une puissance proportionnée à l’effort nécessaire pour ce mouvement;
- 4° Rapidité de manœuvre et par suite bonne utilisation de l’appareil. Cet avantage est dû principalement à la rapidité de démarrage et d’arrêt des moteurs électriques qui permettent, grâce à la valeur élevée de leur couple de démarrage, d’obtenir une accélération sensiblement plus grande que les autres moteurs ;
- 5° Simplicité de manœuvre, Celle ci se réduit, en effet, à la manœuvre des rhéostats ou des contrôleurs de démarrage dont le maniement est des plus simples. Il s’ensuit que, si l’on ne fait pas un usage constant de l’appareil, celui-ci peut être laissé sans surveillance et n’exige pas l’emploi d’un homme spécialement affecté à sa manœuvre comme les appareils à vapeur dont la conduite de la chaudière exige une attention soutenue. D’ailleurs, même dans le cas où, par suite du fonctionnement continu de
- l’appareil, un homme doit être spécialement affecté à celui-ci, ce poste peut être confié à un manœuvre quelconque qu’il suffit de mettre au courant du maniement des contrôleurs, alors qu’il serait dangereux de laisser un moteur à vapeur et sa chaudière entre les mains d’un homme inexpérimenté;
- 6° Grande économie d’entretien, puisque tout se réduit au graissage des moteurs et à la visite périodique des moteurs et des contrôleurs. Il n’est, toutefois, pas inutile de rappeler que cette visite doit être faite régulièrement, si l’on ne veut pas s’exposer à des avaries dont les conséquences peuvent être graves.
- Nous diviserons l’étude des appareils de levage électriques en trois parties; la première sera consacrée aux moteurs, la seconde aux appareils de manœuvre et de sécurité qui complètent l’équipement électrique proprement dit, et enfin la troisième à la description de quelques appareils à commande électrique des types les plus courants ou présentant des particularités remarquables.
- I. -- MOTEURS
- DÉTERMINATION DE LA PUISSANCE MOTRICE
- Avant d’entreprendre l’étude particulière et individuelle de chacun des types de moteurs électriques employés dans la commande des appareils de levage, nous allons indiquer quelques formules simples qui permettent de prédéterminer la puissance de ces moteurs dans les différents cas qui peuvent se présenter.
- i° Moteur de levage.
- Examinons d’abord le cas du moteur de levage proprement dit, c’est-à-dire de celui qui actionne le treuil destiné au levage de la charge.
- Désignons par :
- P, le poids de la charge normale en kilogrammes;
- P,, le poids de la chaîne ou du câble, y compris le poids du crochet et de la chape;
- la vilesse de levage en mètres par seconde ;
- p,, le rendement en pour cent de l’ensemble de la transmission.
- La puissance effective W^que devra fournir le mo-
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- tour de levage sera donnée en chevaux par la formule :
- W, =
- (P+P«)V,
- pi X 7&
- La valeur de p, varie suivant la charge, le type, la vitesse et la puissance de l’appareil, de 5o à 8o % .
- i° Moteur de translation du chariot.
- Désignons par :
- P, le poids de la charge normale en kilogrammes ;
- P2, le poids du chariot complet en kilogrammes ;
- V2, la vitesse de translation du chariot en mètres par seconde ;
- fi, le coefficient de frottement des galets sur les rails ;
- p2, le rendement de toute la transmission.
- La puissance effective du moteur sera donnée en chevaux par la formule :
- w._!
- p2 X 75
- p2 varie de 2!) à 60 % ,de o,oio à o,oi5.
- 3° Moteur de translation <Tun pont roulant.
- Désignons par :
- P, le poids de la charge normale en kilogrammes ;
- P2, le poids de l’ensemble du chariot en kilogrammes ;
- P3, le poids des poutres et des piliers en kilogrammes ;
- V3, la vitesse de translation en mètres par seconde ;
- fi, le coefficient de frottement des galets sur les rails ;
- p3, le rendement de l’ensemble de la-transmission.
- La puissance effective du moteur sera donnée en chevaux par la formule :
- \V< = ~r ^*2 ~i~ P3) V3 /à U ps X 75
- p3 varie de 40 à 70 % , et/*2 de 0,010 à 0,015.
- Si le pont doit se déplacer fréquemment et à de grandes vitesses, il y a lieu, afin de tenir compte de l’énergie
- .P + P. + P,
- - -------- y 3
- Ug.
- nécessitée par le démarrage ainsi que de la surélévation de température des moteurs, de majorer le résul-tat,obtenu à l’aide de la formule ci-dessus, de i5à25 % selon les cks.
- 4° Moteur d'orientation d'une grue fixe ou mobile.
- Désignons par :
- P, le poids de la charge normale en kilogrammes;
- P4, le poids de la flèche et de l’ensemble des parties tournantes en kilogrammes ;
- V4, la vitesse circonférentielle du crochet en mètres par seconde ;
- f3, le coefficient de frottement dans la crapaudine ;
- p4, le rendement de l’ensemble de la transmission.
- La puissance effective du moteur sera donnée en chevaux par la formule :
- W — f*
- 0 P, x 75 '
- p4 varie de 3o à 65 %, f3 de 0,008 à 0,012.
- 5° Moteur de translation d’une grue mobile.
- Désignons par :
- P, le poids de la charge normale en kilogrammes ;
- Ps, le poids de l’ensemble de la grue en kilogrammes ;
- P„, le poids du truc porteur en kilogrammes ;
- Vs, la vitesse de translation en mètres par seconde ;
- fiy le coefficient de frottement des galets sur les rails ;
- pH, le rendement de l’ensemble de la transmission.
- La puissance effective du moteur sera donnée en chevaux par la formule :
- W„ =
- (P + P, + Pt) v5 A p» x 75
- p5 varie de 40 à 70 % , /j. de 0,006 à 0,010.
- Pour les grues se déplaçant fréquemment et à de grandes vitesses, il faudra majorer ce chiffre de 15 à 2 5 % .
- Ces quelques formules, très simples, permettent de résoudre facilement la plupart des problèmes qui peuvent se présenter dans la pratique.
- Il y a lieu d’ailleurs de tenir compte de ce que les moteurs des appareils de levage ne travaillent pas d’une façon permanente, mais d’une façon intermittente, ou en d’autres termes de ce qu’entre les périodes de travail relativement courtes s’intercalent de nombreuses et parfois assez longues périodes de repos.
- Ces moteurs peuvent donc supporter une puissance sensiblement plus grande que s’ils travaillaient en service permanent, étant donné d’une part que la durée relativement courte des périodes de travail limite leur surélévation de température, laquelle est fonction du temps, et que, d’autre part, ils j>euvent se refroidir complètement pendant les périodes de
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- repos. Par suite, en faisant choix d’un moteur susceptible de supporter en service permanent la puissance indiquée par les formules ci-dessus, on serait conduit à un moteur de dimensions trop grandes, c’est-à-dire d’un prix de revient trop élevé.
- La puissance indiquée par les formules doit donc s’entendre comme puissance normale en service intermittent. Les règlements du « Verband deuts-cher Elektrotechniker » de Berlin définissent cette puissance comme étant celle que le moteur peut fournir sans interruption pendant une heure, sans que la. surélévation de température des différentes parties dépasse les valeurs suivantes :
- à) Enroulements en fils ou barres isolés
- Au coton........................ 5o° C.
- Au papier.......................... 6o°C.
- Au mica, à l’arniantc, ou matières analogues............. 8o°C.
- Ces valeurs s’entendent pour les enroulements mobiles ; pour les enroulements fixes, on admet des valeurs respectivement supérieures de io" C. aux précédentes.
- b) Collecteurs.............. 6o° C.
- c) Pour les parties en fer les valeurs dépendent de la nature de l’isolement des enroulements et sont les mêmes que celles indiquées en a.
- Ces chiffres s’entendent pour une température ambiante ne dépassant pas 35° C. Pour les enroulements fixes, les températures doivent être mesurées au thermomètre. Pour les enroulements mobiles, elles doivent être mesurées par la méthode des résistances, le coefficient d’augmentation de résistance du cuivre avec la température étant pris égal à 0,004.
- Ces règles se rapprochent d’ailleurs de celles adoptées en France et en Amérique pour la détermination de la puissance des moteurs de traction qui sont également des moteurs à service intermittent.
- Cette puissance est, en effet, définie comme étant celle que le moteur peut supporter pendant une heure également sans que la surélévation de température dépasse 75° C.
- Le rapport entre la puissance ainsi définie et la puissance normale du moteur en service permanent, correspondant à l’essai normal de dix heures, est, 3 pour les moteurs de traction, de 2,5 en moyenne.
- On peut même, dans certains cas, lorsque les périodes de travail sont particulièrement courtes par rapport aux périodes de repos, faire choix de moteurs susceptibles de développer la puissance correspondant à la charge maxima pendant un temps inférieur à une heure; dans d’autres cas, au contraire, poul-
- ies services très chargés, il est préférable de choisir un moteur susceptible de supporter cette puissance sans surélévation de température anormale pendant une heure et demie. Nous verrons plus loin les règles adoptées à ce sujet par certains constructeurs pour les différents types de moteurs.
- Il faut enfin considérer également que la plupart des moteurs des appareils de levage travaillent le plus fréquemment à une charge qui n’est que 5o % environ de leur charge maxima ; le maximum de leur rendement doit donc correspondre non à la puissance maxima, mais à 5o % environ de cettè puissance. Les pertes dans le fer doivent donc être faibles par rapport aux pertes dans le cuivre.
- D’autre part, MM. Siemens préconisent l’emploi de la méthode qu’ils désignent sous le nom de méthode du « facteur de charge » ; ils appellent ainsi le rapport du temps pendant lequel le moteur marche à pleine charge à la somme des périodes de travail et de repos. MM. Siemens, admettent une durée de 12 minutes pour un cycle complej. Dans ces conditions, on peut établir le tableau suivant :
- Facteurs de charge 1/2 i/3 1/4 1/8.
- Durée de travail du moteur 6 4 3 i,5 min.
- Durée de repos du moteur 6 8 9 10,5 min.
- Les moteurs sont calculés pour que leur température ne dépasse pas la limite admissible, lorsqu’ils marchent d’une manière intermittente à pleine charge pendant 6 heures pour les différents facteurs de charge; ainsi, pour un facteur de charge de 1/4, le moteur marche à pleine charge pendant trois minutes toutes les douze minutes.
- L’avantage de cette méthode, c’est qu’il suffit, pour l’appliquer, de connaître les conditions de marche ; avec la méthode par le temps, on doit tenir compte de réchauffement des différents moteurs, quantité essentiellement variable.
- (.4 suivre.) J. L.-M.
- La recherche des défauts sur les lignes par le phasophone.
- Voici quelques détails sur cet appareil dont nous avons dit un mot dans le compte rendu récent de l’Exposition de la Société Française de Physique (*).
- On sait quelle importance énorme a l’isolation d’un réseau à haute tension au point de vue de son bon fonctionnement, et il n’est pas téméraire de dire que 99 % des arrêts dans les services de distribution sont dus à des défauts d’isolement. JNon seu-
- (') Lumière Electrique, 6 mai 1911, p. 142.
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- lement les constructeurs doivent s’efforcer d’obtenir un bon isolement des appareils, machines, isolateurs, câbles, etc., mais le chef de service doit être constamment sur le qui-vive pour maintenir un bon isolement sur son réseau.
- On a reconnu depuis longtemps qu’un essai d’isolement effectué avec une tension double de la tension normale ne répond pas suffisamment aux exigences de la technique moderne et l’on effectue souvent ces essais avec une tension triple de la tension normale. Malgré ces conditions rigoureuses, les arrêts dus à un défaut d’isolement n’ont pas diminué d’une manière appréciable.
- Jusqu’ici tous le s appareils connus ne signalaienlles défauts que lorsque ceux-ci s’étaient produits, c’est-à-clire lorsque l’installation était endommagée. Or, une fois que le défaut s’est produit, les dégâts matériels sont la plupart du temps tellement importants qu’il est impossible de déterminer la cause de l’accident ; l’installation est réparée et mise en marche avec l’espoir que tout ira bien, l’important est de réduire l’arrêt du service au minimum. L’installation reste dans l’état primitif, la cause initiale de l’arrêt subsiste et cherche un autre point faible pour se manifester à nouveau après un temps plus ou moins long. L’installation est réparée une seconde fois, l’isolement mesuré est trouvé parfait, l’installation est remise en marche : l’ingénieur a fait son devoir.
- Parfois, des limiteurs de tension très éloignés fonctionnent, la cabine de connexion correspondante est sans surveillance, les limiteurs sont mis hors de service, les résistances s’échauffent, lorsque ce sont des résistances à bain d’huile elles prennent feu, et il en résulte une nouvelle source de dérangements. On constate quelquefois des affaissements du sol assez importants pour détériorer un câble, dans bien des cas, un transformateur ou une machine sont également mis hors de service, un autre arrêt s’est produit sans que l’ingénieur ait eu la possibilité de l’éviter. De même, la casse d’un isolateur de ligne aérienne est une faute qui ne peut être déterminée la plupart du temps que lorsque des complications plus graves se sont produites ; il est donc de la plus haute importance d’exercer un contrôle très sérieux des lignes aériennes. Ce contrôle est réalisé actuellement en faisant examiner périodiquement les isolateurs par des employés munis de jumelles. On comprend facilement que cette manière de procéder ne puisse donner de bons résultats, les emjiloyés sont vite fatigués, leur attention diminue, et l’inspection se termine sans avoir rien découvert. Si, au con-
- traire on utilise l’appareil que nous décrivons plus loin, chaque fissure d’isolateur peut être signalée dès qu’elle peut devenir nuisible au bon fonctionnement de l’installation ; l’employé n’a alors qu’à localiser la faute par élimination successive dés différentes sections, et il arrive rapidement à trouver l’isolateur défectueux.
- Les dissymétries produites en service normal par les décharges atmosphériques sont également signalées par le phasophone.
- Une cause futile, par exemple la formation de courtes étincelles Sur un réseau, peut amener des surtensions qui mettent l’installation complètement hors de service ; ici également le chef de service ne s’aperçoit du défaut que lors de l’accident qui en résulte.
- PRINCIPE DE l’appareil
- Le « Phasophone » se compose d’un condensateur en mica, ne pouvant être percé, d’une résistance non inductive supérieure à un megohm, d’un récepteur téléphonique et d’un micromètre à étincelles.
- Comme on le sait, un courant traversant un condensateur est décalé en avant par rapport au courant watté. Afin d’obtenir un courant de capacité parfait on connecte le condensateur entre la ligne sous courant et la terre, et, en triphasé, entre l'une quelconque des phases et la terre.
- L’énergie du condensateur s’écoule à la terre par la résistance non inductive et le récepteur téléphonique qui produit un son correspondant à la fréquence du courant alternatif. La membrane du récepteur téléphonique vibre d’une manière régulière ; lorsque la ligne est en bon état, le son perçu est tranquille. Si des irrégularités se produisent sur un réseau, dues à des pertes de courant, à des étincelles éclatant entre un point quelconque du réseau et la terre, à un mauvais fonctionnement de machines accouplées en parallèle, à de mauvais contacts, à un fonctionnement trop fréquent des limiteurs de ten -sion, etc., l’appareil les indique d’une manière précise.
- Soit par exemple une ligne triphasée sur laquelle les étincelles éclatent entre la phase i et la terre ; le condensateur connecté en série avec là résistance absorbe un courant qui, pour une tension de 5 ooo volts par exemple, correspond à une résistance de 15 ooo ooo d’ohms. On voit immédiatement que le téléphone sera fortement influencé par le passage d’une étincelle, si la résistance, à l’endroit
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- mal isolé, est inférieure à i5oooooo d'ohms. L’ae-tion sur le téléphone augmente avec la fréquence d’éclatement de l’étincelle, car les vibrations du téléphone augmentent avec l’aecrbissement de la résistance apparente; on obtient en conséquence une plus grande chute de tension utile. En plaçant le phasophone entre le point neutre de l’étoile et la terre, l’appareil indique immédiatement l’inégalité de charge d’une des phases par rapport aux autres ; il signale la dissymétrie qui se produit soit en tension soit en capacité, ainsi que la mise à la terre d’une des phases.
- Les à-coup de charge sont également indiqués d’une manière très perceptible par le phasophone.
- DÉFAUTS DES CABLES SOUTERRAINS
- On sait que les câbles, pendant leur fabrication, sont essayés d’une manière plus ou moins approfondie. La plupart du temps ces essais se limitent à une mesure d’isolation et à un essai sous tension après la mise du câble sous plomb, essai qui est répété une fois le câble complètement terminé, c’est-à-dire avant de quitter l’usine. L’essai du câble sous plomb se fait d’ordinaire après avoir immergé celui-ci pendant au moins »4 heures dans l’eau et sous une tension égale à deux fois ou deux fois 1/2 la tension normale.
- Outre le fait que pour un câble à haute tension une immersion de 24 heures dans l’eau ne prouve absolument rien, car la couverture en plomb peut très bien présenter des fissures imperceptibles qui ne laissent pénétrer l’humidité qu’après des semaines ou des mois, il faut encore tenir compte que les extrémités du câble, c’est-à-dire 4 ou 5 mètres environ, ne sont pas essayées sous l'eau car elles sortent du bassin. L’essai du câble immergé ne présente donc pas toutes les garanties nécessaires.
- Le câble qui a été jugé bon à l’usine et dont les essais ont éfé satisfaisants après la pose, peut très bien être percé après un temps plus ou moins long qui atteint parfois de un à trois ans suivant l’état d’humidité du terrain dans lequel le câble est posé. On a souvent constaté par exemple que des câbles devenaient défectueux après une période de pluie et particulièrement lorsqu’ils étaient placés dans une région exposée à être inondée.
- L’endroit défectueux brûle et il est, dans la plupart des cas, absolument impossible de déterminer la cause exacte de l’accident, bien qu’on l’attribue très souvent aux coups de pioche donnés lors de la pose
- du câble. L’usine qui a fourni le câble refuse de le remplacer ou de le réparer ; de ce fait, l’usine d’é-lectricilé doit cesser de fournir du courant pèndant la réparation, et subit ainsi de grosses pertes.
- Ces défauts de câbles se produisent très lentement, les décharges diélectriques échauffent petit à petit l’endroit du câble qui possède une mauvaise isolation et la masse isolante est détruite par les étincelles. Le courant à haute tension perce ensuite l’endroit défectueux et produit un court-circuit complet ; quelquefois le câble est entièrement détruit sur plusieurs mètres de longueur; la cause de cette destruction reste totalement inconnue. 11 en est de môme lorsque se produisent des affaissements du sol; dans ce cas, les connexions et les manchons sont les parties exposées.
- lies branchements avec connexions élastiques ne sont pas aussi exposés, mais les dangers n’en existent pas moins. Par suite de la traction produite par l’affaissement progressif du sol, les conducteurs d’un câble se rapprochent l’un de l’autre ou se rapprochent de la masse du manchon. La couche isolante est diminuée et le jeu d’étincelles se produit. La masse s’échauffe et est détruite petit à petit jusqu’à ce que le coul’t-circuit se produise. Le même effet se présente également pour les branchements peu étanches.
- DESCRIPTION DE L’APPAREIL
- La partie visible du « Phasophone » se compose dé 3,4 ou 5 bornes à haute tension, et 2 bornes à basse tension. Entre les bornes à haute et à basse tension est placé un micromètre à étincelles.
- EMPLOI DE l/APPAUEIL
- 11 faut écouter pendant'environ 10 minutes à l’aide du récepteur téléphonique ; pendant ce laps de temps, l’opérateur 11e doit pas couper les connexions avec la haute tension, car il se produit des étincelles de rupture qui ne sont pas nuisibles à l’appareil, mais agacent l’opérateur, par suite de la production de fritures très prononcées dans le téléphone. Pour effectuer les essais, on recherchera un endroit tranquille, afin de n’être pas dérangé par des bruits voisins : machines en marche, bourdonnements de transformateurs, etc.
- 11 résulterait d’expérience faites qu’après avoir écouté pendant dix minutes à l’aide du pha.sophonc, le chef de service peut être certain-que son réseau ' est en bon état.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Russie. — D’après l’Information, les ministères des Finances et des Voies de communication ont émis un avis favorable sur les deux projets suivants : i° projet de M. Ouschkolf portant sur l’établissement d’un chemin de fer électrique reliant Sébastopol, par Yalta, à Aloutcha avec un embranchement sur Balaclava. Frais de premier établissement, 28 i5o ooo francs. La Société serait au capital-actions de 5 900 000 roubles et pourrait émettre 29 5oo 000 roubles d’obligations non garanties par le gouvernement; 20 projet de M. Lipski et Biélolî con-'cernant la construction d’un chemin de fer électrique Moscou-Serguievski d’une longueur de 69 verstes 1/2 etdevant coûter 8 664 900 roubles. La Société aurait un capital-actions de 2 400 000 roubles et un capital-obligations non garanti de 8 200 000 roubles.
- Hongrie. — Le gouvernement hongrois a passé aux ateliers de construction du pays la commande de 1.800 wagons à marchandises. Des négociations se poursuivent également pour la fourniture d’un grand nombre de voitures à voyageurs. Ces commandes représentent environ i5 millions de couronnes.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Gaz et Electricité de Roubaix. Compagnie Générale de distribution d'éclairage et de force motrice. — Constituée le 6 mai 1911. — Durée : 3o ans. — Capital 2 5oo 000 fr. — Siège social : Bruxelles.
- Compagnie Générale d’Electricité du Centre. — Durée : 5o ans. — Capital : 400 000 francs. -— Siège social : 49, rue Cambon, Paris.
- CONVOCATIONS
- Compagnie des Tramways de Roubaix et de Tourcoing. — Le iojuin, 453, Grande Rue, à Roubaix.
- Compagnie Générale d’Electricité de Creii. — Le 16 juin, 59, rue Saint-Lazare, à Paris.
- Société des Forces Motrices et Usines de TAvre. — Le 16 juin, à Grenoble.
- Compagnie des Chemins de fer à voie étroite de Saint-Etienne, Firminy, Rive-de-Gier et Extensions. — Le 20 juin, 24, rue d’Athènes, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- v ' ' ' 1
- FRANGE .
- Lundi, 19 juin, à l’Hôtel des Invalides, Paris, fourniture de 270 postes microtéléphoniques de campagne, avec sonnerie modèle 1909 (sans microphone), pour l’Etablissement central du matériel de la télégraphie militaire.
- Les pièces nécessaires pour être admis à concourir devront être fournies au plus tard le 9 juin.
- Rens. à l’établissement, 5i bis, boulevard de La Tour-Maubourg, à Paris.
- \
- PAYS-BAS
- Le i3 juin, à la Société du chemin de fer électrique hollandais, à Amsterdam, installations de la ligne de Hoofddorp à Oude-Welering.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- FRANCE |
- Le 24 mai, à la mairie de Versailles, fourniture d’un moteur à pétrole de la force de 23 chevaux, avec accessoires.
- Société des moteurs Niel, i2Ôoo; Société des moteurs Gnome, adj. à 10 474-
- BELGIQUE
- Le 24 mai, à la Bourse de Bruxelles, fourniture de câbles pour l’administration des télégraphes (cahier des charges spécial n° 1120) :
- A.-E.-G. Union électrique, à Bruxelles, 1 5o3 francs; Felten et Guillaume Carlswerk, à Mulheim-sur-Rhin, 3 606,3o; Cassireret C°, à Charlollenburg-Berlin, 3 781 ; W.-T Henley’s, Telegraph C°, â Londres, 3 996, 75 ; Kabelwerk Rheydt, à Bruxelles, 4 o5g,5o; Deutsche Ka-belwerlce, à Rummelsburg-Berlin, 4 '231,90; Bergmann Electricitâts Werke, 'à Berlin, 4 232,4o; Siemens et Halske, à Bruxelles, 4 3g4,77 ; Land und Seekabelwerk, à Cologne,4 5i3,5o; Société Industrielle des téléphones, à Paris, 4586,o5 ; British insulaled and Helsby Cables C°, à Prescot (Grande-Bretagne), 4 802,75 ; Bell téléphoné manufacturing C°, à Anvers, 4 829,85 ; Calender’s Cabel and Construction, à Londres, 4 990 ; C. Gass, à Bruxelles 5 i63.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction, scientifique ne s occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communiôation, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
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- Ti-tnte-trolslèmo année. SAMEDI 10 JUIN 19H.
- f". '':Tç-sj?sp;".'’' ' “"'Tv;'' -
- Tome XIV v2« >«rie). — N* 23
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICiTE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 289. — Maurice Leblanc. Les machines frigorifiques à vapeur d’eau et leurs applications à la marine, p. 291. — L. Cahen. Eléments de calcul des lignes téléphoniques pupinisées {fin), P- 299-
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. La tension explosive en courant alternatif, W. Weicker, p. 310, — Arcs et lampes électriques. Lampes au tantale dans les tramways de Chi-• cago, p. 3n.— Sur les tubes luminescents au néon, G. Claude, p. 3i2. — Électrochimie et Electrométallurgie.. La préparation électrolytique du fer comme point de départ pour l’étude des alliages, p. 3i2. — Variétés. Sur les théories électriques de la lumière et des mouvements mécaniques. G. Lippmann, p. 314- — Les rapports-entre l’emploi d’un tarif unique, la durée de consommation et le développement de l’électricité, H. Passavant. p. 3i5.— Chronique industrielle et financière. —Etudes économiques, p. 317. *— Renseignements commerciaux, p. 3i8. — Adjudications, p. 319.
- cr .—, ---- t
- ÉDITORIAL
- Les machines frigorifiques les plus perfectionnées que l’on connût jusqu’à ces derniers temps étaient basées sur la vaporisation de liquides dont l’emploi n’allait pas sans inconvénients. En particulier, le danger d’asphyxie avait fait prohiber, dans la marine, les machines à acide sulfureux ou à ammoniaque. Il y avait donc, en outre de l’intérêt technique qui résulte de la considération des chaleurs spécifiques, un grand intérêt pratique à réaliser des machines frigorifiques à vapeur d'eau.
- Les difficultés de ce problème étaient grandes à cause du très grand volume occupé par la vapeur d’eau aux basses températures. Notre éminent collaborateur M. Maurice Le-
- blanc, dont nous publierons prochainement d’autres importants travaux, a cependant trouvé deux solutions, dont l’une est décrite dans notre numéro d’aujourd’hui. Disons tout de suite que l’autre solution, qui consisté à employer un compresseur d’air rotatif à 3o 000 tours par minute (vitesse périphérique : '500 mètres par seconde), fera vraisemblablement l’objet d’une prochaine communication, la réalisation en étant très avancée.
- En ce qui concerne la solution actuellement considérée, elle consiste à employer comme compresseur un simple éjecteur à vapeur : d’où simplicité et réduction d’encombrement, et aussi quelques inconvénients
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- mais qui sont beaucoup moins gênants à bord d’un navire qu’à terre.
- La preuve en est d’ailleurs que les résultats obtenus sont du même ordre que ceux des machines de Linde (ammoniaque) et de Pictet (acide sulfureux), les mieux établies, et que de telles machines à vapeur d’eau ont été commandées par la Marine pour toute une série de cuirassés.
- La seconde et dernière partie de l’étude de M. Gahen sur le calcul des lignes pupinisées conduit l’auteur jusqu’à ses conclusions, qu’on trouvera nettement détachées, aux page 3o8 et suivantes.
- Actuellement, la pupinisation rend déjà de grands services en réduisant la section des fils, accroissant les portées, améliorant l’audition. Dans l’avenir, on peut en attendre beaucoup encore, même, dit M. Cahen, en ce qui concerne l’augmentation dé portée des lignes aériennes, mais surtout pour l’amélioration des communications téléphoniques souterraines.
- Les recherches poursuivies dans les laboratoires sur la tension explosive en courants alternatifs intéressent par plus d’un point la technique des distributions.
- A cet égard, nous ne pouvons manquer de signaler la remarquable série d’expériences effectuées en Allemagne par M. Weicker; leurs résultats ont surtout conduit à mettre en évidence l’allure très différente des variations de la tension d’étincelle proprement dite et de la tension d’aigrette, selon les diverses influences : température, pression, humidité, forme des électi’odes, etc.
- Il y a là un complément intéressant des recherches exécutées en France par MM. Abraham et Villard, et dont nous avons déjà résumé les résultats principaux.
- A l’heure ou de nombreux essais sont faits, même en France, en vue d’utiliser couramment les lampes à filaments métalliques pour l’éclairage des véhicules, il convenait de rappeler les expériences faites avec les lampes au tantale dans les tramways de Chicago.
- Une courte mention est faite ensuite du procédé indiqué par M. G. Claude pour s’affranchir de l’emploi de la soupape dans les tubes à néon.
- Une série d’essais faits dans les laboratoires américains sur des alliages de fer électrolytique ont permis, en raison de la grande pureté du produit initial, de fixer avec précision la plupart des propriétés mécaniques de ces alliages.
- Nous reproduisons ensuite à peu près intégralement les courtes réflexions présentées par notre éminent collaborateur M. G. Lipp-mann, président de la Société Internationale des Electriciens, sur les théories électriques de la lumière et des mouvements mécaniques. Le point le plus intéressant peut-être en est constitué par les commentaires de l’auteur sur la célèbre expérience de Rowland.
- Enfin, une étude très documentée de M. Passavant fixe certains points importants du problème de la tarification de Vénergie électrique.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 10 Juin 1911.
- LES MACHINES FRIGORIFIQUES A VAPEUR D’EAU ET LEURS APPLICATIONS A LA MARINE <’>
- Si l’on fait décrire à un liquide vapori sable le cycle des machines à vapeur, le rendement de la transformation de chaleur en travail dépend, non seulement des températures de la chaudière et du condenseur, mais aussi de la nature du corps employé, parce que le cycle n’est pas réversible.
- De tous les liquides, c’est l’eau qui donne le meilleur rendement, étant celui dont la chaleur propre est la plus petite par rapport à sa chaleur de vaporisation et qui se surchauffe le moins vite, pendant sa compression.
- Il en est de même, dans le cas des machines frigorifiques à compresseur, qui sont presque exclusivement employées aujourd’hui, dont le cycle est celui d’une machine à vapeur parcouru dans le sens rétrograde.
- D’autre part, l’eau est de tous les corps chimiques le plus facile à se procurer et le plus inoffensif.
- Pourquoi n’a-t-on pas encore fait de machine frigorifique à vapeur d’eau? C’est que la densité de sa vapeur est extrêmement faible aux basses températures : les volumes occupés par i kilogramme de vapeur d’eau prise sur de l’eau ou de la glace, suivant que la température est supérieure ou inférieure au zéro des thermomètres, sont les suivants :
- io8,5 m3 à -j- io° 479 à — io°
- 2 10,68 m3 à o° 1 172 m3 à — 20°
- La production de 1 kilogramme de vapeur détermine celle de 620 frigories utiles envi-
- (') Note succincte lue à l’Association Technique Maritime le 10 mai 1911. Une notice détaillée sera prochainement publiée.
- ron. Les volumes à aspirer par frigorie sont donc les suivants :
- 208 litres par frigorie à -j- io°
- 416 — — à o°
- t)20 — — à — io°
- 2 25o — — à — 20°
- En revanche, les différences des pressions à surmonter, pour extraire la vapeur du réfrigérant, seront toujours très petites et inférieures à 4o millimètres de mercure, si on la refoule dans un condenseur donnant le vide théorique et maintenu à la température de + 35 degrés.
- Si le compresseur était constitué par une pompe, non seulement ses dimensions seraient énormes, par rapport à sa puissance, mais les résistances passives rendraient son rendement illusoire.
- Pourrait-on se servir d’un compresseur d’air rotatif analogue aux compresseurs d’air de notre collègue, M. Rateau, qui eût aussi un rendement voisin de 0,7 et ne fût pas de dimensions exagérées par rapport à sa puissance? Nous avons cherché à en dimensionner un, capable de produire 10 000 frigories à l’heure, à la température de — 20°, le condenseur étant maintenu à -f- 3o°. Pour obtenir le rendement voulu et faire une machine peu encombrante, nous avons dû associer 4 roues en série et communiquer à la plus grande une vitesse périphérique de 5oo mètres par seconde, la vitesse de rotation de l’axe étant de 3o 000 tours par minute.
- Cette machine nous a d’abord paru irréalisable et nous n'avons trouvé que dernièrement une solution simple du problème mécanique posé.
- Elle a été construite et est actuellement en essais.
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- Elle a déjà tourné à sa vitesse et a produit le vide prévu ; j’ai le bon espoir qu’elle sera bientôt mise au point.
- Mais on pouvait se servir aussi d’un éjec-teur à vapeur comme compresseur. Cet appareil présente deux avantages : une simplicité absolue et un faible encombrement, les fluides qui le parcourent ayant toujours des vitesses voisines de i ooo mètres par seconde, à l’endroit où le débit est maximum et la densité minima.
- En revanche, ses inconvénients sont nombreux :
- i° Mauvais rendement;
- <>.° Mélange intime des vapeurs motrice et aspirée qui force à les condenser dans le même condenseur ;
- 3" Impossibilité, dans la plupart des cas, d’associer plusieurs éjecteurs en série, pour obtenir une somme d’effets.
- Disons tout de suite que ces inconvénients se font bien plus sentir dans les installations à terre que dans les installations à bord, comme nous le verrons.
- . C’èst à bord, au contraire, que ses avantages propres sont les plus marqués.
- Aussi, je crois que, dans la Marine, les applications de la machine à éjecteur se développeront.
- I. — Rendement.
- Dans' l’éjecteur, la vapeur motrice entraîne par friction la vapeur aspirée. Ce sont les qualités de mouvement qui se conservent pendant l’entraînement, et non les forces vives.
- Désignons par M la masse de vapeur motrice dépensée par seconde, par Y sa vitesse à la sortie des tuyères, et par m le poids de vapeur aspirée par seconde. Soit W la vitesse du mélange à l’entrée du diffuseur.
- Le rapport de la quantité de force vive mW5, i. , , ,
- —-—, communiquée a la vapeur aspirée, à la ’ , . MY2
- quantité de force vive ——-, contenue dans la vapeur motrice, lorsqu’elle sort des tuyères,
- mW2 niM ,
- a pour expression d ou
- i i
- 4 5
- o,i6o o,i3<^
- Nous avons cherché à diminuer la perte de force vive en envoyant la vapeur motrice par bouffées, comme dans l’échappement des locomotives, pour qu’elle agît par propulsion et non plus par friction. Mais il fallait munir l’appareil d’un système de distribution fermant les orifices de la vapeur aspirée,, pendant le passage de chaque bouffée, et les ouvrant derrière elle. C’était trop compliqué et nous y avons renoncé, car il était plus simple de recourir à un compresseur rotatif.
- Nous avons cherché aussi à compenser le' mauvais rendement du système d’entraînement par l’excellence de la transformation de chaleur en force vive, dans les tuyères.
- La surchauffe de la vapeur motrice, très favorable dans les turbines, est mauvaise dans un éjecteur, la compression opérée dans le diffuseur devenant plus difficile, ce qui compense, et au delà, le bénéfice obtenu dans les tuyères.
- Ce qu’il fallait, c’était communiquer à la vapeur motrice la plus' petite quantité de chaleur possible, à très haute température. Cela conduisait à employer, comme fluide moteur, de l’eau extrêmement chaude fournie par une chaudière du genre Serpollet.
- Mais nous n’avons pas pu faire de tuyères détendant convenablement l’eau chaude. Celle-ci se séparait toujours en grande partie de la vapeur produite.
- D’ailleurs, dans une installation à bord, il convient d’utiliser les chaudières de l’appareil propulseur. Ce serait une grave sujétion que d’avoir besoin d’une chaudière spéciale.
- Nous nous sommes donc résignés à subir la grande perte de travail due à la friction et à utiliser la vapeur des chaudières normales,
- les nombres suivants :
- m iii
- M i a 3
- m M. 0 *5 0,111 0,187
- (M -f mf ’ ’ ’ '
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- en la supposant fournie à une pression absolue comprise entre 6 et 9 kilogrammes par centimètre carré.
- Proposons-nous de rechercher quel peut être, dans ces conditions, le rendement industriel d’une machine frigorifique à vapeur d’eau et à éjecteur.
- Nous allons chercher le nombre de frigo-ries que l’on peut produire aux températures suivantes: i5°, io°, 5°, o°, —5°, en supposant que la pression dans le condenseur corresponde à la température de 35°, et que l’eau de refroidissement soit fournie à la température dfe3o°. La vapeur motrice sera débitée à la pression absolue de 6 kilogrammes par centimètre carré et aura, dans tous les cas, le degré d’humidité voulue pour que la vapeur sorte saturée, mais sèche, du diffuseur.
- Nous supposons le condenseur à 35°, parce que nous aurons surtout en vue, pour le moment, les applications à la Marine et que la température des mers tropicales est voisine de 3o°.
- Nous admettrons que :
- i° Le rendement des tuyères soit de o,85 et celui du diffuseur de 0,70. Les valeurs de ces rendements sont celles qui nous ont paru résulter de nos expériences sur les éjecteurs.
- 20 L’eau évaporée soit remplacée par de l’eau à 3o°.
- 3° Le réchauffage extérieur de l’appareil et le refroidissement préalable de l’air extrait du condenseur fassent perdre i5 % des fri-gories produites.
- i° Travail, exprimé en calories, qui doit être disponible dans chaque kilogramme de vapeur pénétrant dans le diffuseur, en lui supposant un rendement égal à 0,7.
- Supposons d’abord le rendement du diffuseur égal à 1 ; ce travail serait le même que celui fourni par 1 kilogramme de vapeur saturée,mais sèche, passant par détente adiabatique de la température du condenseur à celle de l’évaporateur.
- Désignons par :
- T la température absolue clans le condenseur (T = 3o8);
- /• la chaleur de vaporisation de l’eau, à la température T ;
- t0 la température en degrés centigrades dans l’évaporateur;
- T0 la température absolue correspondante;
- /•0 la chaleur de vaporisation de l’eau, à la température T0;
- Q la quantité de chaleur fournie à l’eau, si elle produisait du travail;
- ~"Q0 la quantité de chaleur dégagée dans l’évaporateur, s’il jouait le rôle de condenseur.
- Nous avons :
- Q = (T - T0) + r r ~ 585,6 — = i,885,
- d’où le tableau suivant :
- Tableau I
- <0 T0 1 T loÉf« tït-Ao Qo Q Q-Qo
- 15 288 0,0671 56«., 5 602 4o,5
- O «83 0,0847 558 607 49
- 5 278 0,1025 553 G I 2 >9
- 0 278 o, 1206 549 617 68
- — 5 268 0,1392 545 622 77
- Si le diffuseur n’a que 0,7 de rendement, les quantités de force .vive, exprimées en calories, par kilogramme de vapeur, à l’entrée du diffuseur, devront être respectivement de 58 71 8/| 97 110 calories.
- 20 Titre que doit avoir la vapeur motrice lancée dans les tuyères.
- La chaleur totale de la vapeur saturée à -j- 35°, est de 617 calories. Or, par hypothèse, lorsque toute force vive a été consommée dans le diffuseur, la vapeur est saturée, sèche et à la température de 35°. Il faut donc que, à l’entrée du diffuseur, les quantités de chaleur sensible, contenues dans un
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- kilogramme du mélange de vapeur et d’eau, à la température t0, soient respectivement égales à
- 559 546 533 520 507
- Supposons, maintenant, que la vapeur aspirée soit saturée et sèche et qu’il faille y kilogrammes de vapeur motrice, pour entraîner i kilogramme de vapeur aspirée.
- Désignons par x le titre de la vapeur motrice, fournie à l’éjecteur.
- Tableau II. — Valeurs du titre x.
- h y = 1 y — a 0 = 3 y ~ 4 y - 5
- s i5 o,937 0,931 °,929 0,928 °,9a7
- 10 0,940 0,933 0,930 °,929 0,928
- 5 0,943 0,934 0,931 0,930 o,929
- 0 0,946 0,936 0,932 0,930 °,929
- — 5 o,949 °,937 0,933 o,93 1 0,930
- La chaleur de l’eau à la pression absolue de 6 kilogrammes par centimètre carré est égale à 159,6 et sa chaleur de vaporisation à 495.
- La quantité de chaleur contenue dans la vapeur motrice entraînant 1 kilogramme de vapeur aspirée sera donc égale à I159,6 + 495 x)y.
- Celle contenue dans le kilogramme de vapeur aspirée à la température /0 sera : (6o6,5 -|- o,3o5 /„). '
- Nous.devrons avoir la relation : '
- («5q,6 + 49.5^)2/4-606,5 + o’,3o5 4 „ (1 -\-y) 617, d’où :
- „ io,5 — o,3o5/#
- .*• = 0,925 h----—----------.
- 495 2/
- Le tableau II nous donne les valeurs de x cori’espondant à diverses valeurs de /0etdey.
- Souvent, si on ne prend pas la précaution de sécher la vapeur venant des chaudières, son titre sera plus faible qu’il ne le faudrait.
- Il y aui’a lieu alors de lui faire traverser un séparateur muni d’un purgeur automatique, aArant de l’envoyer dans les tuyères.
- 3° Travail disponible dans la vapeur prise au titre x, lorsqu elle est détendue adiabati-quement jusqu? ci la température /0, et que le rendement des tuyères est de 0,85.
- Désignons par
- T' la température absolue initiale de la vapeur motrice ;
- t'la même température en degrés centigrades ',
- Q' la quantité de chaleur qu’il faut lui fournir, pour lui faire décrire un cycle fermé ;
- /•' la chaleur de vaporisation de l’eau à la température T' ;
- Q'0 la quantité de chaleur qu’elle doit échanger avec un condenseur à la température cle t0 degrés centigrades, en décrivant son cycle ;
- T0 la température absolue de ce condenseur’,
- q et q0 les chaleurs de l’eau aux températures t et t0.
- Nous avons les relations
- T — 4 31, q = i59,6,
- ,T' dq T’
- Q = q — ?o 4- xr'r
- = 495 ç7=i,i488j
- d’où les tableaux III et IV :
- Tableau III
- y — 5
- y = 4
- y = 2
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- 10 J ui n 1911.
- Tableau IV
- Valeurs de o,85 (Q' — Q'0).
- <0 y = i y — 2 y = 3 y = 4 y — 5
- 15 i53,8 153 i53 153 153
- IO i5y, i»5 i57>9 lf>7,75 167,675 167,675
- 5 164,45© 162,8 162,5© i62,35o 162,35©
- O l89,775 *67,7 167,25 167,025 167,025
- — 5 175,1 172,6 I 72 171 >7 >757
- 4° Poids de vapeur motrice nécessaire pour entraîner un kilogramme de vapeur aspirée, pour èes différentes valeurs de t0.
- A'"75?
- Tableau V *
- Forces vives, en calories, de chaque kilogramme du mélange, à l’entrée du diffuseur.
- *0 y — 1 y = 2 y — 3 y = 4 y = 5
- i5 38,460 68 86 98»1 106,1
- IO 39v78t 7°,5 88,6 100,7 I09>7
- 5 41,112 72,3 9r)4 io3,9 113
- 0 42,443 74,5 94 !07,1 116,2
- — 5 43,775 : 76,7 96j7 I M 119,4
- portons en ordonnées les forces vives, exprimées en calories, que possède chaque kilogramme du mélange, àl’entrée du diffuseur,
- g 20
- Fig
- Si l’on se rapporte au tableau précédera- i
- ment établi et qui donne les valeurs de I
- mW2 „ . , M
- TïTiT" en fonction de y — —, on arrive aux
- MV! ^ m
- nombres que renferme le tableau V.
- Prenons pour abscisses les valeurs de y et
- suivant que sa température est de i5°, ip°v 5°, o°, ou — 5°. Relions ensuite tous les points correspondants aux mêmes températures : nous obtenons les courbes de la figure i. __
- Nous avons vu que ces forces vives
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- 29G
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- devraient être respectivement égales à :
- 58 calories pour tQ = i5
- 71 — — fo— IO
- 84 — — /0= 5
- 97 — — 'o = °
- i io — — f0 = — 5
- Cherchons sur les courbes pi’écédentes les abscisses des points correspondants. Elles sont respectivement égales à i ,5g ; 2,02 ; 2,55; 3,i8 et 3,92.
- Nous pouvons ainsi tracer la courbe de la figure 2. Elle nous fait connaître le nombre cle kilogrammes de vapeur motrice qu’il faut dépenser pour entraîner un kilogramme
- Fig-, 2.
- de vapeur aspirée, en fonction de la température tn que l’on veut obtenir dans l’évapo-rateur, lorsque la température correspondant à la pression du condenseur est de 35°.
- 5° Frigories produites par kilogramme de -vapeur motrice. .
- Cherchons, maintenant, le nombre de lrigo-ries produites par la vaporisation de 1 kilogramme d’eau à i5°, io°, 5°, o°, et —5°.
- Les chaleurs de vaporisation sont les suivantes :
- 5g6 599,5 6o3 6o6,5 610
- Chaque kilogramme évaporé doit, par hypothèse, être remplacé par 1 kilogramme d’eau ià 3o°. Celui-ci devra être préablement ramené à la température de l’évaporateur, aux dépens .des frigories produites. On ne' pourra donc
- disposer que des nombres de frigories suivants :
- 58i 579,5 578 576,5 575
- Nous avons supposé que i5 % de ces frigories seraient absox-bées, soit par le réchauffage extérieur de l’évaporateur, soit par le l’efroidissement préalable de l’air exti’ait du condenseur. Restent en définitive les nombres de frigories donnés au tableau suivant : 1
- Tableau VI
- TEMPÉRATURE de l’évaporateur FRIGORIES produites par kilogramme d’eau évaporé FRIGORIES produites par kilogramme de vapeur motrice DIFFÉRENCE de température réellement produite
- 15° 522 309 20°
- IO 5ao 2/|2 2Î>
- ) 519 I()‘2 3o
- 0 5i8 15a 35
- — 5 - 517 1 40
- Ces nombres repi’oduisent assez exactement ceux que nous avons relevés dans nos essais. Cela est naturel, puisque nous avons choisi les coefficients de rendement de manière à faire coïncider les résultats de l’expérience avec ceux de la théorie.
- Si nous cherchions quel est le rendement réel de l’éjecteur, c’est-à-dire le rappoi’t du travail de compression utilement communiqué à la vapeur aspii'ée au travail disponible dans la vapeur motrice, nous le trouverions très faible et très inféiûeurà celui d’un bon compi’esseur moteur. Mais nous avons aussi à tenir compte du rendement du cycle décrit par l’agent frigorifique. Or, ce rendement est meilleur pour l’eau que pour l’ammoniaque, l’anhydride sulfureux et surtout pour l’anhydride carbonique, lorque la tempé-rature de l’eau de condensation est de 3o°, comme nous l’avons supposé. Cela compense, en grande pai’tie, le mauvais rendement de l’éjecteur.
- Comme nous allons le voir, les chiffres des frigories auxquels nous sommes parvenus, se
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- rapprochent de ceux obtenus, dans les meilleures conditions, avec les machines à ammoniaque et à anhydride sulfureux.
- Un concours eut lieu à Munich, il y a quelques années, où figurèrent une machine à ammoniaque de Linde et une machine à anhydride sulfureux de Pictet.
- C’étaient des machines très perfectionnées et les résultats qu’elles ont fournis n’ont pas été dépassés.
- Le condenseur étant refroidi par de l’eau à la température de 90, et maintenu à la température de 35°, tandis que la saumure était extraite à la température de— 5°, les nombres de frigories produites par kilogramme-vapeur ont été de :
- 2o3 pour la machine à ammoniaque;
- 149 pour la machine à anhydride sulfureux.
- Si l’eau de condensation avait été fournie à 3o° au lieu de 90, ces nombres auraient été réduits à :
- 188 pour la machine à ammoniaque ;
- 138 pour la machine à anhydride sulfureux.
- Ce dernier nombre se rapproche de celui trouvé pour la machine à vapeur d’eau et à éjecteur, qui est de i25.
- Or, les machines à ammoniaque et à acide sulfureux sont prohibées [à bord, à cause du danger d’asphyxie pour l’équipage.
- C’est avec les machines à acide carbonique que nous devrions faire notre comparaison, mais il n’en figurait pas au concours de Munich.
- Degrés.
- Fig. 3.
- Toutefois, la figure 3 reproduit un dia-
- gramme extrait d’un article $le M. Heskieth paru dans YEngineering du ier novembre i8q5.
- Les ordonnées représentent le nombre de-kilogrammes de glace pi’oduits par cheval indiqué, et les abscisses la température initiale de l’eau de refroidissement.
- Lorsque celle-ci était de 3o°, le nombre de-kilogrammes de glace fournis était de 5,5. Admettons qu’il faille fournir i3o frigories pour faire 1 kilogramme de glace avec de l’eau à 3o° et que la production d’un cheval-heure indiqué nécessite une dépense de; 8 kilogrammes de vapeur.
- Les frigories nécessaires à la production de la glace étant généralement fournies à — 5°, une machine à acide carbonique ne produirait donc que 90 frigories par kilogramme de vapeur, dans les conditions pi’écédentes.
- Il résulte de ce qui précède que, malgré son mauvais rendement théorique, la machine à vapeur d’eau et à éjecteur peut être plus économique que la machine à acide carbonique dans les applications à la marine, parce que l’eau de refroidissement, si elle se trouve en quantité indéfinie, est toujours relativement chaude, lorsque la machine doit produire son plein effet.
- On nous a communiqué les nombres suivants :
- Température de Veau de mer en été. :
- Côte du Brésil.......................... 29"
- Lac de Bizei'te......................... 28®
- Rivière de Saïgon....................... 82°
- Cela suppose, toutefois, qu’il n’y a pas d’autre vapeur dépensée que celle qui traverse l’éjecteur.
- Or, il y a à conduire la pompe d’extraction et de circulation delà saumure, ainsi que; toutes les pompes du condenseur.
- Mais il suffit d’envoyer, dans l’éjecteur, de la vapeur à la pression absolue de 6 kilogrammes, alors que les chaudières des bateaux la fournissent à une pression absolue généralement supérieure à 13 kilogrammes.
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- et il ne convient pas d’envoyer de la vapeur surchauffée dans un éjecteur.
- Il est naturel de monter en série, avec l’éjecteur, un moteur à vapeur qui utilisera la différence de pression disponible. Si les pompes n’ont pas un trop mauvais rendement, il pourra les conduire toutes, sans exiger' une dépense de vapeur supplémentaire.
- Cette solution a été réalisée avec succès dans une installation ladite à terre., à l’usine descelles et gélatines françaises de Nanterre.
- Nous avons vérifié expérimentalement, avec nos machines à éjecteur, que :
- i° Le nombre de Frigories produites par kilogramme de vapeur motrice, ne dépendait pas pratiquement de la pression initiale de cette vapeur, lorsqu’elle était comprise entre 6 et 9 kilogrammes par centimètre carré ^absolus).
- ' L’accroissement de la chaleur totale de la vapeur tend à déterminer une surchauffe dans le diffuseur, ce qui compense l’effet de l’augmentation de la vitesse de la vapeur motrice, à l’issue des tuyères, lorsque la pression grandit ;
- •a® 'Le nombre de frigories produites par kilogramme de vapeur ne dépend alors que de la différence des températures correspondant aux pressions mesurées à l’entrée et à la sortie du diffuseur. Il est indépendant de la valeur absolue de ces températures, à la condition, bien entendu, que le dimensionnement de l’éjecteur varie avec elles ;
- 3° A égalité de frigories produites à l’heure et de différence de température créée, toutes les parties de l’éjecteur, à l’exception des cols des tuyères, doivent demeurer géométriquement semblables à elles-mêmes, leurs sections droites étant proportionnelles au volume spécifique de la vapeur aspirée. Celui-ci augmente rapidement, lorsque les valeurs absolues des températures diminuent.
- II.>—Mélange des vapeurs motrice et aspiree.
- La nécessité, qui en résulte,' de conden-
- T. XIV (2e Série). -~ll* 23.
- ser simultanément les vapeurs motrice et aspirée dans lie même condenseur est gravé dans les installations à terre. Supposons èn effet que i kilogramme de vapeur motirice entraîne o,33 kilogramme de vapeur aspirée. 11 nous Faudra dépenser 4 fois plus d'eau de refroidissement, si nous Voulons .avoir une température donnée dans le condenseur, que si nous ne condensions à cette température que la vapeur aspirée, .quitte à condenser la vapeur motrice dans un second 'condenseur, à température plus élevée, refroidi par l’eau sortant du premier condenseur.
- Dans les installations à terre, on cherche des eaux dé couché, dont la température est de i3° environ à Paris, alors que les eaux de surface sont à une température plus élevée de i o° à * 5°, en été. Gomme les eaux de couche sont générale ment peu abondantes et q«u’il faut les élever beaucoup, leur emploi nous était pratiquement interdit.
- 11 y a quelques années, nous avons fait fonctionner, devant notre collègue M. Ferrand, une machine qui produisait 120 frigories environ, par kilogramme de vapeur, à — i7°,en ayant son condenseur à -f- a3°..
- C’était un résultat intéressant, mais il nous a paru impossible de continuer ;à dépenser autant d’eau de refroidissement que noms le Faisions, et nous avons remonté de te", la température du condenseur. Gela a remonté d’autant la température de la saumure et nous a mis dans de telles conditions d’infériorité, que nous avons repris l’étude d’tm compresseur rotatif, pour les installations à terre, afin de pouvoir condenser séparément la vapeur aspirée.
- Mais à bord, il n’y a pas d’eau de couche. Il n’y a que des eaux superficielles et celles-ci en quantité indéfinie. L’inconvénient signalé disparait.
- III. — Montage d’éjecteuhs en série.
- Si l’on monte plusieurs éjecteur s en série, chacun d’eux doit comprimer non seulement la vapeur aspirée par le premier, mais aussi la
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- vapeur motrice de tous ceux qui le précèdent. Il en résulte que la dépense de chaque éjec-tettr croit en progression géométrique, lorsque son rang crôît en progression arithmétique.
- Il n’y a donc pas lieu d’adopter cette disposition, satif lorsqu’il s’agit de très petites machines, dont le rendement n’a pas d’importance et où l’on se préoccupe avant tout de la simplicité de l’installation. On peut alors n’employer que ^des électeurs s’amorçant spontanément, en place d’un éjecteur qui doit être amorcé au moment de la mise en route.
- Gela serait nécessaire aussi, si l’on voulait obtenir une différence de température supérieure à 4o°, mais cela ne sera jamais le cas à bord.
- En résumé, je pense que les maehines frigorifiques à vapeur d’eau et à éjecteur suffiront pour tous les besoins de la Marine.
- Elles oht le très grand avantage de n’em-
- ployer aucun corps chimique et de ne comporter que des pièces de machines d’un usag'e courant. Il n’est pas besoin d’un spécialiste pour lés faire fonctionner et pour les entretenir.
- La Marine française a bien voulu nous charger de la fourniture des machines destinées à refroidir les soutes du Suffren et de tous les cuirassés de la série Danton, le Voltaire excepté. Après les essais de réception des premières machines, elle nous a commandé celles du Jean-Bart et du Courbet.
- Elles doivent fournir des frigories à -jr i4°.
- Nous en avons d’autres en construction qui doivent fournir simultanément 4200a frjgp-ries à + 70, dans les mêmes conditions de rendement que les précédentes et i don frigories à — 5° pour faire de la glace.
- Nous pensons faire bientôt de grandes machines, pour refroidir les magasins de vivres des bateaux, avec de la saumure à —- $".
- Maurice Leùiawc.
- ÉLÉMENTS DE CALCUL DES LIGNES TÉLÉPHONIQUES PUPINISÉÉS.
- [Suite et fin) a)
- III. — Application de la théorie précédente AUX lignes plpinisées
- Nous abordons maintenant l’étude des lignes pupinisées considérées comme assimilables à des lignes homogènes,
- En première approximation (nous donnerons plus loin les solutions plus exactes) nous négligerons la self propre du câble devant celle des bobines et la capacité et la perte de ces dernières ;
- les bobines seront définies par la valeur H = y
- JL
- donnant la résistance apparente par unité de self. Nous appellerons p la résistance des fils de ligne -, la résistance réelle qu’il faudra introduire dans les formules fondamentales sera p -j*- I1X.
- Si l’on fait cette substitution et que l’on cher-
- che le minimum de la fonction de X définie par l’équation 3 ainsi modifiée, on trouve qu’il a lieu pour
- 1 — 9 — aller — IP y P T
- H y. ü)2 -(- H2 Hy-lr .a *
- Ainsi, la fréquence intervient ici dirccliemën* : mais, dans les cas pratiques, T est très voisin de
- y (la différence est inférieure à — dans les cas 1 ' ïoo
- les plus défavorables) et par suite
- \ —
- H'Y +
- .*3)
- Ce résultat se déduisait directement de la formule 1 bis, car
- (*) Lumière Electrique, 3 juin 1911.
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- 300 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2« Série):—N» 23.
- •h*'
- et le minimum de cetle expression, quand X varie, a lieu quand les deux termes sont égaux, ce qui donne bien le résultat vu plus haut.
- Nous nous contenterons dorénavant d’appliquer la formule 14. Elle montre que l’affaiblis-
- Y p
- sentent correspondant à X = t,—-,— est
- H Y + <f
- [im = y/p (H y -f a). (.5)
- Les formules i3 et i5 sont exactement de même forme que les formules 4 et 5, si on y remplace a
- pars-j-llyou encore si on multiplie a par i
- Nous appellerons pupinisation intégrale la spécification dans laquelle l’équation i3 est satisfaite et nous définirons comme précédemment le degré e'2 de pupinisation, variable de o à l’infini, par l’équation
- X = e'2
- yp
- Il y +
- (i6)
- L’affaiblissement d’une ligne pupinisée du du degré e’2 sera
- (3 =, y/p (Hy + ô) (e' + p)
- et son impédance Z est très voisine de
- 11 y+
- Nous pouvons donc appliquer les raisonnements du précédent chapitre et nous en tirons les conclusions sifivantes :
- i° Comparée au type de ligne idéal examiné plus haut, la ligne pupinisée présente un désavantage d’autant plus grand que la résistance par lienry II est plus grande par rapport à la perte. La self optima diminue proportionnelle-
- II Y
- ment au rapport i -|-----et l’affaiblissement aug-
- mente proportionnellement à du même nombre.
- la racine carrée
- a0 L’effet de la résistance des bobines s’ajoute à celui de la perte.
- A partir d’un certain isolement, il n’y a plus d’intérêt à réduire a qui devient négligeable devant II. A partir d’une certaine résistance des bobines, il n’y a plus d’intérêt à réduire encore
- cette résistance qui devient négligeable devant la perte, si on ne peut toucher à c.
- En d’autres termes, les progrès de la transmission sur une ligne donnée ne peuvent être réalisés et poursuivis que si l’on cherche à diminuer à la fois la résistance apparente des bobines et la perte.
- Si or est nul, la self n’est plus infinie comme
- dans la première étude ; elle est égale à
- P_
- H
- la va-
- leur de la self est alors telle que la résistance apparente qu’elle introduit soit égale à la résistance propre de la ligne (1), et l’affaiblissement
- est égal à y/p H y.
- 3° Les formules deX et de (3,„ contiennent cette fois y ' les lignes à forte capacité seront donc inférieures aux lignes à faible capacité, et cela d’autant plus que II sera plus grand. Les lignes aériennes seront meilleures que les lignes souterraines, tant que la perte de ces dernières et la résistance apparente des bobines ne seront pas très faibles. Si l’on se rappelle que, par les beaux temps, l’isolement kilométrique des lignes aériennes aux fréquences téléphoniques atteint et dépasse même io mégohms, on voit que les lignes souterraines resteront toujours sans doute loin des résultats auxquels peuvent atteindre les circuits aériens. Mais si l’on songe qu’un service téléphonique doit être assuré d’une façon permanente et non seulement à certains jours, et que, dans ces conditions, il paraît imprudent de compter pour les fils aériens sur un isolement supérieur à io8 ohms (*), il n’est nullement impossible que l’on parvienne, avec les câbles souterrains, à dépasser la transmission, non seulement sur les lignes aériennes ordinaires (ce qui est déjà réalisé pour les diamètres moyens) mais même sur les lignes aériennes pupinisées.
- 4° Les variations de l’affaiblissement au voisinage de la pupinisation totale sont très faibles ; les mêmes conclusions que dans la première partie sont valables, avec toutefois cette dille-
- (*) Voir Pleijei.. Communication à la Conférence Internationale des Techniciens des Télégraphes. Paris, 1910.
- (2) Cependant il semble que les Américains soient arrivés à augmenter l’isolement de leurs lignes aériennes par l’emploi d’isolateurs spéciaux. C’est ainsi qu’on aurait pu réaliser la communication New York-Denver (4000 kilomètres), récemment établie. (V. O’Mevra., Electrical Engeneer, mars 19x1.)
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- rence que l’équation i/, cesse plus vite d’être applicable que l’équation 3 bis lorsque e diminue au dessous de i.
- Comme tout accroissement de la self se traduit par l'augmentation du nombre des bobines, c’est-à-dire par un supplément de prix, il n’y a pas intérêt en général à aller jusqu’au degré i. Le degré i/a qui ne perd que 5 % est a priori avantageux.
- 5° En remplaçant g par «r -j- H y» 011 peut étudier comme ci-dessus l’influence de l’impédance. En particulier, les équations 9 et 10 deviennent respectivement :
- „ vA+pf* (o + Hy) — I Q_Vi + P^(ff+HY)
- ~ /(*+HY) ’ 1 l
- Si g est nul, on a :
- „ y/i+pPHf—1 _ D _ vA + P**HY
- Z_ ^ P — J •
- Les conclusions formulées dans la première partie sont valables. (Voir tableau Impartie inférieure).
- 6° La distorsion a pour expression :
- (H»io “f- o«o — — Gm) y/-
- ap y/ “I- (a«o + “P H ho "4" 11 « 1 )
- Les conclusions sont les même que précédemment, sauf qu’il faut considérer les variations avec la fréquence de II Y -f- a et non plus de a. Suivant les lois de variation respective de II et de g avec la fréquence, la présence des bobines peut augmenter ou diminuer la déformation de la ligne par rapport à ce qu’elle serait si la self était acquise sans augmentation de résistance : mais il convient d’ajouter que le fait de la non uniformité de la ligne joue dans cette question un rôle prépondérant.
- Nous avons indiqué, dans les tableaux III et III bis, les affaiblissements et impédances correspondant à la pupinisation intégrale dans les différentes spécifications pratiques des câbles sous papier et des lignes aériennes, sous différents isolements. Le tableau III se réfère à un type de bobines donnant, pour la fréquence
- téléphonique moyenne, une résistance effective de 100 ohms par henry (c’est le type le plus répandu pour les lignes souterraines de petit diamètre). Le tableau III bis correspond à une valeur II = 5o pour la fréquence moyenne (c’est le type courant pour lignes aériennes et le minimum de résistance obtenue d’une façon sûre).
- Isolement. — Si l’on veut tirer des tableaux 111 les valeurs delà self danslesproblèmes pratiques, il faut connaître g, la perte effective pour la fréquence téléphonique.
- Les nombres a X io~6 et io X io-fi correspondant respectivement aux lignes aériennes et aux lignes souterraines que nous avons fait figurer d’abord dans les tableaux 111 sont les plus faibles qu’on ait jamais trouvés pour des lignes en bon état (').
- En ce qui concerne les lignes aériennes, on est d’accord généralement pour admettre que la valeur moyenne de l’isolement est de plusieurs mégohms et qu’il dépasse fréquemment 10 et i5
- mégohms. Par contre, la valeur de - mégohm
- donnée comme minimum par M. Devaux-Char-bonnel semble très rarement atteinte quand il s’agit d’une ligne bien entretenue. On a récemment constaté sur une ligne aérienne un isolement de plus d’un mégohm pendant une tempête : cette valeur de un mégohm (g = io-°) semble pouvoir être prise sans imprudence comme un minimum.
- Pour les lignes souterraines, malgré les nombreuses recherches faites à ce sujet, on n’est pas arrivé à des résultats absolument certains. M. Ebeling (*) affirme obtenir couramment des pertes inférieures à o,5 X 10—6. Par contre, M. Devaux-Charbonnel et Bêla Gati entre autres ont trouvé presque toujours des valeurs inférieures à un mégohm.
- Des essais méthodiques ont été faits récemment sur les câbles du réseau de Paris par M. Lenor-mand, ingénieur. Il en résulte que tous les câbles, en bon état ont un isolement égal ou supérieur à 5 X io~c. Quand on insuffle Pair
- (') Voir notamment Deva.ux-Ciiahiîonnel. Etude sur les ligues téléphoniques. Lumière Electrique (20 série), tome VI et VII.
- (2) A. Ebelisg. Cilbles téléphoniques longue.dislance, système Pupin. Lumière Electrique (a0 série), tome X, p. 19I.
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- Tableau III
- Self optima et affaiblissement minimum p/;i pour différents diamètres et différents isolements^ dans le cas d'une ligne pupinisée, avec H = 100.
- / A) Lignes souterrain e's :-T = :-4 X I0^T 11 = 4X IO"1-45. -
- Ü3 W GASI.ES usuels / _ 5ooo\ Lignes pupinisées (d distance maxîma dés BoJünes).
- s H' ^freq. 27Î / a — 10 X 10- (T = 5 x 10-6 G SS 10—6 c = 0,5 X io—6 cr = = 0
- «s ** S Impédance Z Affaiblis. sernent X Z » d X Z jîm d X Z (3m d X Z (3m d X Z [3m d
- 6/iomm 770 I 100 oh35 2 95 0 4;I 0 Ik200 oh54 3 700 33o ob98o oh976 4940 247 ok7oo ih07 5 200 *34 ok68o 5 5oo 220 ok65o
- 10000 IOOOO lOGOC* rooao IOOOO Ih22 IOOOO
- 8/lO 58o 820 0,19 2 l5o 3io i,65a o,3o 2 65o 249 1 33oo 0,544 3 62 a 184. 1,000. 0,60 3 870 175 0,920 0,68 4,100 l64 0,800
- 10000 16000 IOOOO i 0 000 IOOOO ItiOOO
- 10/10 47<» 640 0,I2j I J 5o' a5o 2,000 o?l95 2 200 200 i,65o 0,352 3ooo i5o 0^9 3 100 140 i,o5o. o,44 3 3oo l32 0,960
- 10000 IOOOO IOOOO I;0 OOO 1,200. IOOOO IOOOO
- 15/10 3l2 410 o,o56 1 t5o i65 3,ooo o3o86 1470 133 274ûO o,i56 1980 99 1,700 3 070 93 1,540- 0,196 2 200 88 i,36o
- 10 000 IOOOO IOOOO 10 000 0,17* IOOOO IOOOO
- 20/10 235 290 o,o31 9°0 i3o 4,000 0,049 I IÔO IOO 3,3oo 0,088 1490 75 2;/fc00 °)°97 1 5^5 7° 1 65ô 66 ij9°°
- 10 000 IOOOO IOOOO IOOOO ro-ooo 2,1 JÔ 0,11 IOOOO
- 2 5/10 186 •I 230 0.023 700 100 5,ooo o^o3i 870 80 4,100 0,0 56 1 180 59 3?ooo 0,062 1 260 56 1 3oo 52 2^400
- IOOOO IOOOO IOOOO IOOOO IOOOO 2, 'j ui J 0,07 IOOOO
- 5o/-io 143 108 0,006 35o 5o 10,000 0,0077 440 40 8,200 0,014 5gro 29 6 000 o,oi56. 63o 28 5,400 0,017 660 26,4 4^800
- IOOOO IOOOO IOOOO IOOOO IOOOO 10 000
- B) Lignes aériennes.
- DIAMETRES
- 2mni?5
- 3
- 4
- 5
- G* . — 2 X IO—6 G - I 10—6 <T = 0 5 X 10—6 G = 0.
- Lignes or dinaires Lignes pupinisées Lignes ordinaires p Lignes pupinisées Lignes ordinaires p Lignes pupinisées Lignes ordinaires p Lignes pupinisées
- X X Z pm d X Z [3m d X Z [3 m d X Z (3m d
- 2h,5o 64 i4 I 670' 4l i6k 57 24 2 3oo 32,5 i3k 53,5 35 2 600 a6Y4 49 70 3 7&o l8,6 k-
- IO3 10 000 io3 IOOOO 10 000 IO3 10 000 IOOOO IO3 10 ôoo 10 9 10 000 IO3' IO 000 7 7
- 2,1,47 49 10 1 33g 35 20 42 16 1 800 27,5 16 38,5 22 I 90*) 22,3 -i3,4 36 49 3 o5o i5,9
- IO3 10 000 IO» 10 000 10 000 IO3 IOOOO 10 000 . IO3 ÉO OOO- IOOOO IO3 IOOOO 9
- 2“, 36 *7 S. 9 1 040 26 25 24 7 1 3 00 22,5 21 23 IO 1 4<K> 17; ;i9-3 19*8 .®7>5 J 2,2
- IO3 10 000 IO3 10 000 10 000 IO3 iaooo IOOOO JO3 10 OOO 10 000; 10^ ÎO 000 1 I
- as,27 20 3:,8 779 21 29 ï7,5 5 1 o5o : r®,7 i5,3 5,8 I 000 i3*6 14 1 700 10 1A .
- IO3 10 000 IO3 10 000 10 000 IO3 ;iaooo %1 IOOOO IO3 10 060 2 J. IOOOO IO3 io ooô
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- Tableau III bis
- Self optima et affaiblissement minimum pour différents diamètres et différents isolements, dans le cas d’une ligne pupinisée, avec H
- i . --— i ---- -i,. -------—r*— ----------rsss P*—-*& ifs aw " — 1 1 — — '—-- :
- A) Lignes souterraines : y - 4 X io~8, H y =? 2 X 6* *
- X 3 CABLES USUELS / K \ / A AAA \ Lignes pupinisées (d est Ijt distance ma*imu «ntre 2 bobines consécutives).
- H ( fréq- 2 TT / <J = IQ X 1.0 6 ff =3 5 x 10 :® ff SSP 10—& “T -"T. - TO = p,5 X IO™'6 «T &— 5= 0 Sr
- fS, < Impédance Z Affaiblis- sement X Z * fi m d X Z fim l Z (îm d x Z fim d X Z fim d
- g/I0mm 77° 1 IOO oh4i 3 i5o 38? IkI00 oh7 4 i5o ofc86o 6400 97 SSo™ lias 7000 174 Ok52p 2h44 VJ 0 0 246 45om
- IO OOO 10 000 10 000 IOQOO IOOOO IOOOO
- 8/1O 58o 825 0,23 2800 285 1,5oo 0,39 3 100 219 1,1 JO 0,90 4800 142 750 1,09 5 200 ï 3o 1,36 0 0 115 600
- 10000 10 00.0 10 000 10 000 IOOOO IOOOO
- 10/10 G40 <MJ 1900 23o 1,800 0,2 j 2460 175 1,400 0,54 3 900 i?4 900 0,70 4 i§o 104 o,86o 0,88 4670 93
- 470 10 000 ! OOOO 10000 10000 IO OOO IOOOO 7 j°
- i5/io 312 410 o,o65 1260 153 2,700 0,1 1 1 700 117 2,100 0,248 2540 76 1 35o o,3i 2 760 7° f,3oo 0,39a 3 100 62 1 i5o
- 10000 10000 I 0 000 IOOOO IOOOO IOOOO
- 20/10 ?35 290 0,037 95° 1 ij 3,6oo 0,062 I 23<) 87 2,800 « o,i35 1950 57 1800 0,176 1 375 52 0 0 0,22 233o 46,5 1 54o
- 10 000 10000 10 000 IOOOO IOOOO IOOOO
- c r?r (S l86 235 0,023 760 9a 4,5oo 0,04 1 000 70 3,5oo 0,084 1620 458 2 2 JO 0,H2 165o 42 2,15o 0,14 1870 37,2 192°
- 10000 lOOOO 10 000 IOOOO 10 OOO IOOOO
- 5o/io r',3 108 0,006 38o 46 0,01 5oo 35 0,0216 760 23 4 5oo 0,Q280 825 21 4,3oo o,o34 o35 18,6 3 840
- 10000 10000 9 10000 7 IOOOO IOOOO yjj IOOOO
- B) Lignes aériennes.
- X 2 <7 = 2 X 10“1b (J — 10“ 6 <7 = o,5 x 10—6 G == 0
- Lignes or dinaires Lignes pupinisées Li gnes ordinaires p Lignes pupinisées Lignes ordinaires s Lignes pupinisées Lignes ordinaires p Lignes pupinisées
- 5 X ? X Z fim 4 X Z fim d X Z fim. d X Z ~ fim <2
- «ram X 2],,5o 64 15,5 I 760 39 ï5k200 57 28 2 36o 29,6 I 2k 53,5 46,6 3o5o 23 9*400 49 140 5aoo i3,2 5k4oo
- z ?J IO3 10 OOO IO3 IOOOO 10 OOO IO3 IOOOO IOOOO IO3 ipooo 10 000 IO3 IOOOO
- 3 l 2h,47 49 11,3 1470 33 18,600 42 20 1 7J0 24,8 3,4 38,5 34 2 53o 9-3 10,700 36 98 43oo u,4 *6,3oo
- Vo3 10 OOO IO3 10000 IOOOO IO3 IOOOO 10 OOO IO3 IOOOO lOpOQ IO3 10 oeo
- f ! 2", 36 27 6,6 1 100 2.5 23,5oo 24 ”>7 1 460 18,6 17,800 23 I9ii 1900 14,5 14 9,8 55 3aoo 8,6 8,200
- 4 I IO3 10 000 IO8 IOOOO IOOOO I O8 IOOOO 10 poo IO3 IOOOO IOOOQ io3 IQ OOO
- 2U,27 20 4,9 760 J9 27,200 17*5 7-7 i i6q 13 aijôoo 15,3 12,7 i4»a 11 >7 j 6,800 ï4 35 a5oo 7 ÏO,
- J 10» 10 OOO io» 10 000 IOOOO 10» IOOOO IOOOO 10» IOOOO IOOOO IO8 IOOOO
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- 304 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV(2e Série). — N» 23.
- dans les câbles, on arrive à leur donner un isolement voisin de i mégohni(*)
- La situation des câbles de Paris posés en égout «ans protection, et épousant parfois des courbes assez brusques, ne doit pas être favorable au maintien d’un bon isolement. Il semble que si l’on a affaire à de longs câbles posés en tranchée sans angles et, le plus souvent, protégés par une armature, on pourra arriver à des isolements meilleurs. La perte, d’autre part, semble dépendre de la capacité.
- Quoi qu’il en soit, on peut sans imprudence .adopter 5 X io—6 comme minimum courant, 'lorsqu’il s’agit de pupiniser des câbles existants ; et lorsqu’on a à poser des lignes neuves, il semble qu’on puisse, en général, en prenant les précautions nécessaires lors de la pose, maintenir un
- isolement de —.
- 2
- Les tableaux III ne contiennent pas d’indica. -tions sur les câbles sous gutta. La perte y est plus forte que dans les câbles sous papier.
- D’après M. Breisig, —ne dépend que de w. Donc
- „si on la calcule pour la fréquence moyenne, la -self de pupinisation intégrale ne dépend que du diamètre et non pas de la capacité, car
- X =
- Pï
- ht + 5
- = pxci
- Quelle que soit l’épaisseur de gutta enveloppant des fils de cuivre, la self sera le même.
- Mais l’affaiblissement (}„» croîtra proportionnellement à la racine carrée de Ja capacité.
- Corrections à apporter aux formules ci-dessus pour tenir compte d’une façon plus approchée des conditions pratiques.
- i° On a négligé la self propre des lignes. Voyons à quoi on arriverait si on en tenait compte. SoitX0 cette self. Appelons X la self produite par les bobines : la self totale sera X -|- X0, la résistance supplémentaire apportée par la pupinisation étant toujours H X. La formule 3 bis donne alors
- p = -(p + HX)
- -f" Xo
- (*) Un système cTiusufflaticm permanente de l’air dans des câbles, actuellement en essai, serait donc avantageux à ce point de vue.
- Son minimum a lieu pour
- •> — Pï i aHï-+g H y + ® 0 H y -f- a ’
- et l’affaiblissement correspondant est
- Y
- c + Hy'
- La self est diminuée et l’affaiblissement aussi. Pour les lignes aériennes de 5 millimètres où la 3
- self propre est de----, avec <r = io~6 et II — 5o,
- IOOO
- la correction est importante : on trouve, pour la
- self des bobines, X =
- au lieu de —— : cela
- IOOO IOOO
- revient en somme à déduire la self propre de la ligne. L’affaiblissement estréduit dans le rapport
- de \/-lî^L c’est-à-dire très peu. Pour les câbles,
- * M5.
- la correction est tout à fait négligeable.
- a° On a négligé la capacité et la perte propre desiobines. Pour la perte, l’expérience montre qu’elle est extrêmement faible vis-à-vis de celle de la ligne et qu’on peut la négliger. Il n’en est pas absolument de même pour la capacité.
- Pour introduire cette capacité, nous procéderons comme précédemment : soit K la capacité introduite par unité de self. (K est en général voisin de 3 X io—8). La capacité de la ligne est Y + K X (en négligeant X„) : la formule 3 bis donne alors
- P + HX
- x
- Y + KX’
- Le minimum a lieu pour X satisfaisant à
- a 1IK2X:) + 3Hy KX2 + Xy(Hy -f g — Kp) — pY2 = o. Pour K = o on retrouvera bien
- > _
- Il Y 4~ °*
- Cette équation peut se résoudre par tâtonnements dans chaque cas particulier. Elle admet une seule racine réelle positive.
- La courbe des variations de X avec p affecte une des deux formes suivantes (fig. 4).
- L’affaiblissement est dans tous les cas plus grand que si K était nul. L’augmentation d’affai-
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- blissement quand on s’élève au-dessus de la valeur de X optima est également plus rapide : en effet, quand X tend vers l’infini, (3 tend vers
- HXy/K et par suite croit comme X, au lieu que, dans le cas précédent, c’était seulement comme
- Fig. 4.
- y^X. L’influence de l’isolement est encore réduite par rapport à celle de la résistance des bobines : en effet, quand X augmente, le second terme de l’expression de (3 augmente moins vite que si K — o.
- Les corrections auxquelles on arrive pour X sont notables s’il s’agit de petits diamètres, et sont d’autant moins négligeables que ct est plus petit. Le tableau IV donne un aperçu de ces corrections pour un type de bobines où
- K = 3 X io—8.
- Nous n’avons pas indiqué les différences d’affaiblissement : elles sont importantes pour les grands isolements et les petits diamètres (pour le diamètre de 6/io et u = o, la différence est de 3o % . Pour les diamètres supérieurs à i et les isolements courants, la différence n’est plus que de quelques centièmes. Elle est négligeable pour les lignes aériennes (').
- En somme, l’influence de la capacité réduit encore le rôle nuisible de la perte, que la résistance des bobines avait déjà restreinte. De plus, elle conduit à adopter pour les petits diamètres une self notablement réduite, par rapport à la
- (’) On pourrait faire l’élude complète en tenant compte de la self propre de la ligne et de la capacité des bobines. Le calcul, qui n’offre pas de difficulté, conduit à une équation du quatrième degré. Mais, comme le rôle de la self propre a de l’importance seulement pour les lignes aériennes de gros diamètre, et celui de la capacité pour les lignes souterraines de petit diamètre, celte élude rigoureuse n’est pas utile.
- Tableau'IV
- I. — Lignes souterraines. i°— H = ioo :
- a) a == io X io-° *
- Pour o""“)6, on trouve X = o,a5, au lieu de o,35
- i X = o,ia5„ o,ia5
- A partir de là la correction est négligeable.
- b) ct = 5 X io- 6
- Pour omu,,6, on trouve X — 0,46, au lieu de o,54
- t X = o, 193 o, 195
- i,5 X = 0,086 0,086
- Au delà la correction est négligeable.
- c) ct = 10 —G
- Pour 0mm,6, on trouve X = 0,68, au lieu de 0,976
- I X — o,3a o,35
- 1,5 X = 0,i36 o,i5
- •2 X = 0,081 0,088
- '2,5 X = o,o5i o,o56
- d) a = 0
- Pour omm,6, on trouve X = 0,735, au lieu de r,22
- 1 X = o,3a o,44
- X = 0,16 0,196
- '2 X = °)°96 0,11
- '2,5 X — 0,06a °>7
- 2°. . H — 5o :
- a) CT = IO X IO— *
- Pour omm,6, on trouve X — o,44, au lieu de 0,4 i
- 1 X = 0,144 0, i56
- i,5 X = 0,064 0,064
- CT — 5 x 10—“
- Pour omm,6, on trouve X = au lieu de °,7
- 1 X = 0,25 0,2 5
- '-•) CT = 0
- Pour omal,6,"on trouve X = L4, au lieu de 2,44
- 1 X = o,55 0,88
- ,,5 X = 0,37 o,3i
- a,5 X = 0,126 0,14
- 11. — Lignes aériennes.
- H = 5(), CT : = 10-6
- Pour a"'m,5, on trouve X= =o,o3o4, au lieu de 0,0283
- 3 X: = 0,02l5 0,020
- 4 X = = 0,01 1 0,011
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- 306 LA LUMIÈRE
- pupinisation intégrale : l’étude de l’impédance avait déjà amené à une conclusion analogue :
- Distance des bobines. — Pour connaître tous les éléments qui déterminent la spécification d’une ligne pupinisée, H ne reste plus maintenant à déterminer que la distance des bobines.
- , Pupina formulé à ce sujet la règle suivante : la distance maxima entre deux bobines consécutives doit être inférieure à -^r.. La pratique amé-
- V V'
- ricaine conduit à choisir pour Ale nombre ---;
- 7 ooo
- les ingénieurs allemands affirment qu’il faut choisir pour A la valeur = ---- si l’on ne veut lias
- io ooo
- avoir une déformation nuisible. C’est en partant du premier chiffre qu’ont été calculées les longueurs d figurant dans les tableaux III et III bis.
- Circuits combinés. — On sait qu’on appelle ainsi les circuits formés par la mise en parallèle de deux ou plusieurs circuits combinants, dans des conditions telles que des conversations puissent être échangées indépendamment les unes des autres sur les combinants et les combinés.
- Considérons d’abord deux circuits identiques réunis en parallèle (fig. 1). La capacité et la perte du circuit complexe doivent varier suivant les distances respectives des deux circuits : supposons d’abord qu’elles soient doubles des valeurs des caractéristiques Yi ct correspondantes pour les circuits combinants ('). Pupinisons le
- (>) C’est le résultat trouvé par M. Dovaux-Charbonnel (en ce qui concerne la capacité) pour les lignes françaises aérienues. Pour les lignes, souterraines, il semble que la
- ÉLECTR1QUE T. XIV (2» Sérié). — BU 20.
- circuit complexe avec des bobines de résistance IJX. Les équations 11 et i5 deviennent
- étant la self correspondant à la pupinisation intégrale d’un circuit composant, et
- P/« — (2 H Yi H- fft) —
- (affaiblissement minimum d’un circuit combinant).
- On ne gagne donc rien comme affaiblissement, mais il faut employer une self deux fois moindre. Si la capacité ou les pertes sont moindres que le double de yi ou de cr,, l’affaiblissement pourra se trouver réduit dans de fortes proportions. L’impédance
- est la moitié de l’impédance des combinants : cette circonstance est favorable puisque, dans les cas pratiques, l'impédance d’une ligne pupi-nisée est supérieure à celle des appareils et des câbles d’abonnés.
- Une ligne constituée de la sorte doit donc être un peu meilleure qu’une ligne simple de même diamètre, pourvu, bien entendu, que la résistance effective ne soit pas très su-pé-, pi
- rieure a — .
- 2
- Si l’on veut se servir des i circuits formant a combinants et i combiné, le problème devient plus compliqué : on doit, en effet, avoir des bobines spéciales pour le combiné, les bobines des combinants jouant, pour ce dernier, le rôle de résistances sans self et réciproquement. Il y a donc line résistance supplémentaire qui vient augmenter un peu les affaiblissements.
- IV. — Calcul pratique d’une ligne pupiniske.
- On veut établir entre deux villes une communication aérienne ou souterraine : Il faut cher-
- capacité soit moindre que le double des valeurs correspondantes pour tes combinants.. La question c.st encore controversée.
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- * • . t
- cher le diamètre du fil, le nombre et le type des bôblfies à adopter.
- La capacité y est connue si l’on a choisi la nature de la ligne (aérienne ou souterraine). Pour c, on peut, soit demander des garanties au fournisseur, soit tabler sur que valeur C[\\ apriori on soit assuré d’atteindre, ce cpii a l’inconvénient ct’eptraîner à de grosses dépenses,, peut-être inutiles : dans ce cas, on peut adopter, pour les lignes aériennes, la valeur a = io et pour les lignes souterraines 5 x io
- L’affaiblissement que l'on veut atteindre est fixé par la distance entre les deux villes : soit (3.
- P3* P
- Î+Hy)
- Cette équation renferme 3 inconnues, p, H et X, mais ces inconnues ne sont pas quelconques. En effet, H doit être plus grand que 5o; d’autre part, on fie peut rapprocher trop les bobines sans arriver à des difficultés pratiques considérables et à upe forte augmentation de frais : oomme 1 ’emplapement des bobines est fixé à moins de 5 % près, il faut que l’on puisse néanmoins avoir un certain jeu pour éviter les difficultés d'installation qui se présentent en certains points. Upe distance de i kilomètre pour les lignes souterraines, de 4 à 5 pour les lignes aériennes, parait être le minimum admissible : ceci correspond à une self de o,5 henry pour les lignes souterraines.
- Pour déterminer le problème, il faut faire intervenir la question d’économie : le prix P d’une ligne dépend de la valeur des fils et de celle des bpbines. Pqur les ligues aériennes, on a :
- P = — + B X (.5)
- A et B dépendant du cours des métaux et de diverses circonstances de temps et de lieu.
- Pour les câbles, P n’est plus proportionnel à p, eu raison de la présence du plomb, mais varie dans le même sens : il est facile d’ailleurs de déterminer le prix pour différents diamètres.
- Cette équation ne peut encore déterminer X que si l’on connaît 11. On sera donc conduit à envisager un certain nombre de types de bobines caractérisées par II et aussi par la valeur de la self (en pratique cette self ne sera jamais supé-
- rieure à — car, sinon, on arrive à des bobines 100
- trop encombrantes). Ayant évalue le prix de ces bobines, on pourra chercher le minimum de prix déterminé par l’équation 17; on comparera ensuite les minima correspondant aux différents types de bobine : on prendra le plus petit d’entre eux.
- Si l’on procède ainsi, on verra que pour les distances qui conduisent à l’emploi de fils de petit diamètre, il y a une grande économie à ne pas pousser la pupinisation jusqu’au degré 1, mais à rester en deçà, avec un diamètre plus élevé. Plus le diamètre augmente, plus l’avantage économique de la pupipisation ipté,grale s’accroît, ainsi que l’intérêt présenté par l’emploi de bobines de faible résistance.
- Nous n’avons fait entrer en ligne de compte que l’affaiblissement : il faut aussi considérer l’impédance : on s’assurera qu’elle n’est pas trop différente de celle des appareils ou des câbles situés aiut bouts de la ligne. P’aiLleurs, le calcul économique conduit à diminuer l’impédance pour les fils de petit diamètre, et à se rapprocher de la pupinisation intégrale quand le diamètre augmente : l’étude de l’impédance et de la capacité conduit à des résultats analogues.
- Le cas où il s’agit seulement de réunir deux villes est exceptionnel ; en général, on établira des communications qui permettront de causer au delà de chaque ville.
- Le coefficient d’affaiblissement sera alors plus petit que a,5 (limite pratiquement admise). La théorie vue plus haut ne s’applique plus ; mais comme J’étude détaillée de chaque cas conduirait à des calculs très compliqués, que, de plus, les lignes à mettre en série avec la ligne considérée, sont différentes les unes des autres, on pourra se fixer l’affaiblissement (3 et procéder comme précédemment, avec cette différence que, plus l’affaiblissement sera petit, plus la considération d’impédance deviendra importante : s’il s’agit, comme c’est le cas général, de mettre en série avec la ligne des lignes aériennes, il faudra que l’impédance du circuit à construire soit voisine de la caractéristique des lignes aériennes.
- Enfin, s’il s’agit de circuits servant de prolongement à des lignes aériennes longues (amorces souterraines dans les grandes villes) et en supposant que ces amorces soient assez longues pour que la ligne pupinisée puisse être assimilée à une ligne uniforme, il faudra se fixer d'abord la
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- LA . LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2* Série). — N» 23
- caractéristique qui ne devra pas dépasser i ooo ou I ioo ohms si la ligne aérienne à prolonger «’est pas pupinisée.
- COXCLLSIONS
- I. — Résultats actuellement acquis par la pupinisation.
- a. Lignes aériennes.
- L’isolement minimum pouvant être considéré comme égalé i mégohm, il en résulte qu’on peut, avec le fil de 2,5 mm. pupinisé, dépasser le fil de 3,5 mm. ordinaire; avec le fil -de 3 millimètres égaler le fil de 4 millimètres, •et avec le diamètre de 4 millimètres obtenir presque les mêmes effets qu’avec celui de 5 millimètres; l’amélioration sera bien plus grande quand l’isolement sera plus élevé, c’est-a-dire dans la majorité des cas.
- Enfin, le fil de 5 millimètres lui-même pourra •être pupinisé avec avantage : sans doute, l’accroissement de portée ne sera que de i5 %, •mais cela représente encore plus de 3oo kilomètres, ce qui est appréciable. Même dans le cas improbable où l’isolement tomberait à
- - mégohm, l’affaiblissement de la ligne pupi--2
- nisée ne serait pas plus grand que celui d’une ligne ordinaire; par les beaux temps, au contraire, l’amélioration serait énorme. Enfin, il faut remarquer que la pupinisation d’une ligne de 5 millimètres n’augmente que très faible-unent les frais de premier établissement.
- b. Lignes souterraines sous papier.
- Si l’on admet pour l’isolement la valeur de
- •de mégohm (<7 = 5 X io_s)j on voit que les résultats du tableau III sont loin de ceux du tableau I, mais qu’ils accusent encore des améliorations énormes par rapport aux câbles à faible ^elf ordinaires. Ainsi qu’on l’a vu plus haut, les chiffres inscrits pour X et p„t doivent être notablement modifiés, quand il s’agit de petits diamètres (plus petits que i millimètre) : néanmoins, l’erreur sur (3,„ est toujours moindre que 25 ou 3o % On voit donc que le fil de 6/io de millimètre pupinisé est deux fois supérieur au fil de i millimètre ordinaire.
- Pour arriver à l’affaiblissement kilométrique
- a 5 •
- qui permet d’établir une communication
- entre deux villes distantes de ioo kilomètres, on pourra donc (en prenant des bobines où H = 5o)
- employer des fils de de millimètre ou (en prenant H = ioo)des fils de — de millimètre ;
- pour arriver à l’affaiblissement —- permettant de communiquer à 25o kilomètres (Paris-Lille),
- \rj t
- il suffira d’employer le diamètre de — de millimètre (avec H= 5o). Enfin, si l’on veut atteindre 5oo kilomètres, c’est-à-dire obtenir un affaiblis-5
- sement de -------, le diamètre à choisir sera d’en-
- i ooo
- viron 4 millimètres. Il sera difficile, si l’on admet
- l’isolement de p de mégohm, de dépasser 5 à 5
- 6oo kilomètres.
- Ces résultats sont déjà remarquables si l’on songe que, il y aune dizaine d’années, on n’entrevoyait pas la possibilité de faire de lignes souterraines dépassant 8o à 100 kilomètres. Ils le sont encore davantage si l’on remarque que l’on peut consentir, pour une ligne souterraine, un affaiblissement plus grand que pour une ligne aérienne. Dans cette dernière, en effet, les phénomènes d’induction troublent les communications : il n’est pas douteux que la portée des lignes est limitée, en pratique, plutôt par les bruits parasites que par l’affaiblissement propre de la ligne. Il suffit, pour s’en convaincre, de remarquer combien la voix paraît encore forte et timbrée au bout des lignes les plus longues (Paris-Nice, par exemple), quand on cause le soir,où les causes perturbatrices sont moindres.
- Pour juger, en tous cas, combien la pupinisation peut améliorer l’audition sur les lignes souterraines, il suffit de remarquer que l’affaiblissement du fil de 2,5 mm. souterrain est presque égal à celui du fil de même diamètre aérien (l’écart n’est que de 20 % ) et que, pratiquement, d'après ce qui vient d’être dit, ces deuxlignes doivent être équivalentes.
- U. — Condition des progrès futurs. a. Lignes aériennes.
- Ainsi qu’on l’a vu, la résistance des bobines ne joue pas un grand rôle dans l’affaiblissement des lignes aériennes pupinisées, à cause de la faible
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- valeur de la capacité. Les chiffres du tableau I se rapprochent beaucoup de ceuxjdu tableau III. D’autre part, il ne semble pas que l’isolement puisseêtre amélioré :on est donc conduit à penser que la transmission sur les lignes aériennes ne doit plus faire de progrès.
- Cependant, cette année même, on a établi une communication New-York-Denver (plus de 4 ooo kilomètres) en fil pupinisé de 4,5 mm.; si on calculait,d’api’ès les chiffres vus plus haut, cela conduirait à une valeur de $1 = 0,75, ce qui n’est pas admissible, les appareils usités en Amérique étant très semblables aux nôtres.
- On a expliqué ces résultats étonnants par deux raisons : i° l’isolement de ces lignes serait rendu meilleur par l’emploi d’isolateurs spéciaux; a0 le circuit combiné serait préférable aux combinants : nous avons vu que ce dernier phénomène est très vraisemblable si la perte du combiné est inférieure au double de celle des combinants.
- Les résultats obtenus en Amérique ne permettent pas, en tous cas, de douter qu’il y ait moyen d’augmenter lapôrtée des lignes aériennes. Il y aurait un intérêt de premier ordre à étudier méthodiquement cette question.
- b. Lignes souterraines.
- On établit actuellement une communication New-York-Boston (35o kilomètres) avec du fil de i,85 mm. au lieu que, si on adoptait les spécifications vues plus haut, il faudrait un diamètre de 2,5mm. M. Ebeling, dans une communication publiée ici-même (toc. cit.),affirme qu’il pourra obtenir incessamment l’affaiblissement kilométrique de -----avec une ligne souterraine en fil
- i o ooo
- de 3 millimètres (avec les spécifications précédentes, il faudrait dépasser 5 millimètres, c’est-à-dire qu’il ne serait pas possible d’arriver pratiquement à cet affaiblissement). On pourrait ainsi communiquer à plus de i ooo kilomètres.
- Ces deux types de lignes, si elles donnent bien les résultats qu’on attend, auront donc un affaiblissement kilométrique inférieur aux lignes aériennes de même diamètre et sensiblement égal à celui de ces lignes aériennes pupinisées pour l’isolement de i mégohm. Dans ces conditions, si le nombre de lignes à établir entre deux points est important, les circuits souterrains même longs ne demeurent pas sensiblement plus 'Coûteux, à audition égale, que les lignes aériennes : elles donnent au trafic plus de sécu-
- rité,diminuent le temps d’utiiisajion des circuits,» suppriment l’induction.
- Ils peuvent même peut-être procurer encore-d’autres avantages : les microphones à grande puissance ont jusqu’à présent été peu employés, surtout à cause de l’induction qu’ils produisaient sur les lignes voisines : avec les lignes-sou terraines, cet inconvénient disparaît à peir près complètement.
- Pour que les progrès de la transmission par voie souterraine puissent se produire, il faut que l’on diminue à la fois la perte des câbles et la. résistance des bobines. Sur ce dernier point, les» progrès paraissent pouvoir être encore très; grands. Les types dé bobine actuellement pratiques ont suffi jusqu’à présent pour atteindre-les buts relativement modestes qu’ont d’abord visés les techniciens. Maintenant que les premiers succès les ont enhardis, qu’il ne s’agit plus seulement d’économie, mais d’augmentation de la portée limite, cette étude dés bobines devient très importante, et les recherches ne resteront point sans doute infructueuses (*).
- L’amélioration de l’isolement paraît plus difficile. Mais il Suffirait que l’on puisse compter sur un minimum de i mégohmpour arriverà des. résultats analogues à ceux qu’on a vus plus haut : or, ce sont les chiffres obtenus sur les câbles bien desséchés : il ne semble pas impos-sibledemaintenircesvaleursélevées par une construction soignée et un entretien méthodique.
- Enfin, il est probable que les circuits combinés dans les câbles — circuits dont le fonctionnement est aussi sûr que celui des combinants — seront sensiblement supérieurs à ces combinant» au point de vue de l’audition. (Voir note, p. 3o6.)
- Pour les lignes souterraines, plus encore que pour les lignes aériennes, l’avenir de la pupinisation apparaît donc plein d’espoir. Le jour n’est peut-être pas très éloigné où les grandes villes, de France et des principaux pays seront réunies entre elles par un réseau de lignes téléphoniques souterraines, et où les communications téléphoniques à longue distance, assurées par un grand nombre de circuits, exemptes de troubles et d’interruptions, permettront des conversations aussi faciles et aussi sûres que si les correspondants: étaient dans le même réseau. L. Cahex.
- (i) Il ne faut pas oublier non plus 1 (influence niait — vaise de la capacité des bobines.
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- théories et généralités
- La tension explosive èn courant alternatif. — W. Wéîckéi'. — Etëtiitrot’ëehnUche Zeits-ehfiift, 4' et i( mai 1911.
- L’auteur donne le résultat d’une série de mesures qu’il a entreprises, afin de déterminer l’influence de la forme et des dimensions des électrodes, ainsi que de l’état de l’atmosphère, sur la tension explosive en courant alternatif.
- Si l’on veut faire une étude rigoureuse, il convient de distinguer trois périodes, correspondant à trois tensions différentes qui sont : la tension initiale caractérisée par l’apparition d’une lueur faible, mais distincte ; la « tension limite de lueur », à laquelle la lueur se change en aigrettes ; et enfin la « tension limite d’aigrette », à laquelle les aigrettes font place à l’arc. En pratique, la première période est extrêmement courte par rapport aux deux autres et se confond avec la deuxième, de sorte que sa délimitation est assez incertaine, surtout lorsque les électrodes affectent la forme de sphères d’un diamètre supérieur à 2 centimètres. Il suffit donc, dans la plupart des cas, de considérer deux tensions seulement : la tension initiale correspondant à l’éclatement d’étincelles sans lueur préalable, et la tension limite d’aigrettes correspondant à l’éclatement d’un arc après la formation préalable d’aigrettes.
- Les diverses mesures entreprises par l’auteur le conduisirent aux conclusions suivantes :
- La forme des électrodes exerce une très grande influence sur la tension initiale, qui augmente en particulier considérablement avec le diamètre de celles-ci., s’il s’agit d’électrodes sphériques. L’influence de la forme des électrodes sur la tension limite d’aigrettes est, au contraire, très faible ; c’est à peine si l’on note à ce point de vue une différence entre les électrodes en pointe et les électrodes sphériques.
- La perturbation du champ électrique, .causée par le voisinage de corps ou de fils conducteurs, a une influence prépondérante sur la tension initiale. Par contre, la tension limite d’aigrettes n’est influencée par la même cause que si la formation des aigrettes
- en subit elle-même l’influence; mais, en général,cette influence est négligeable.
- L’humidité de l'atmosphère n’exerce aucune influence sur la tension initiale, mais influe considérablement sur la tension limite d’aigrettes ; si, par exemple, à la température de ao°, l’humidité relative passe de 4o % à 90 % (l l’augmentation de tension est de 6,70 % pour une distance de 35 centimètres entre les électrodes, de 10,1 % pour 25 centimètres, de n,6 % pour 35centimètres, de 12,.5 % pour 45 centimètres et de 13,i % pour 55 centimètres.
- En ce qui concerne la température absolue, la tension initiale est, indépendamment de la distance d’éclatement, inversement proportionnelle à celle-ci. La tension limite d’aigrettes diminue en général un peu plus rapidement avec la température absolue que si elle était inversement proportionnelle à celle-ci.
- La pression atmosphérique joue également un certain rôle. En effet la tension initiale est, indépendamment de la distance d’éclatement, directemént proportionnelle à cette pression ; à une augmentation de pression de 10 millimètres de mercure correspond une augmentation de tension de i,36 % par rapport à la tension correspondant à la pression de 735 millimètres. La tension limite d'aigrettes augmente, indépendamment en apparence de la distance d’éclatement, avec la densité de l’atmosphère, plus rapidement que si elle était proportionnelle à celle-ci; à une augmentation de pression de 10 millimètres de mercure correspond une augmentation de tension de 2,4 % environ.
- La présence de rayons ultra-violets dus à une source extérieure diminue assez sensiblement la valeur de la tension initiale, mais n’exerce aucune influence appréciable sur la tension limite d’aigrettes, par suite de la forte ionisation que produit déjà la décharge par aigrettes.
- L’augmentation de la capacité des électrodes ne semble exercer d’influence ni sur la tension initiale ni sur la tension limite d’aigrettes. Enfin la fréquence, dans les limites de 20 à 75 périodes par seconde, semble également sans influence, aussi bien sur la tension initiale que sur la tension limite d’aigrettes. M. K.
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- ftEVÜË D’ÉLËCTKlClTË 31i
- 40 Jtti» t9ütlv
- ARCS ET LAMPEES ÉLECTRIQUES
- Lampes au tantale dans les tramways de Chicago. — Electric Ra.ib.vay Journal, 17 décembre
- !910-
- Après une série d’expériences s’étendant sur une longue période de temps; la Chicago Railways Cbrtrpany a installé des lampes au tantale d'ans environ t 000 de ses grandes voitures du type pay as you enter. Ces expériences ont montré une économie moyenne d’au moins o fr. a5 par jour et par voiture sur les bases généreuses de 1 800 heures d’éclairage par voiture et par an. En d'autres termes, cette économie se chiffre annuellement par une somme de go 000 francs : ètle serait portée h xyS 000 francs, si les 2 000 voi-* tures en service étaient munies des nouvelles lampes.
- Le prix plus élevé des lampes au tantale, comparé au prix d'achat des lampes à filament de carbone, en y comprenant l’intérêt du capital dépensé, se trouve être équilibré, à la fin de la première année, par la plus grande longévité des lampes à filament métallique et l’économie réalisée est due à la réduction de l’énergie consommée. Cette constatation est Un fait très important pour les compagnies qui achètent l’énergie, car, bien souvent, et c’est le cas pour la compagnie de Chicago, on leur impose le paiement d’une prime sur les pointes de charge, attendu que', dans les mois d’hiver, l’éclairage des voitures mises en service aux heures de trafic intense augmente la demande maximum de courant.
- Les objets des essais furent de déterminer :
- i° Les renouvellements des lampes par voiture et par mois ;
- 20 L’économie d’énergie consommée ;
- 3° L’estimation du voltage propre de la lampe en service et, en général, l’adaptation des lampes à un service de tramways.
- Les méthodes suivies pour réunir ces renseignements présentent un certain intérêt. On a mis en expérience des lampes de diverses origines. La façon de se comporter de chaque lampe fut rigoureusement observée au cours de périodes variant de deux à six mois, l’essai total durant un an. Les expériences ont porté sur trois à six grandes voilures garnies de 27 lampes dont 7 de 32 bougies et 20 de 16 bougies, réparties ainsi : deux rangées de 9 lampes disposées latéralement sous le pavillon de la voiture, une rangée centrale de 3 lampes, une
- lampe au dessus de la tête du wattman sur chacune des pl'atès-formes avant et arrière, une lampe indicatrice de la direction à chaque extrémité de la Voiture et une lampe fanal à chaque bbut . Les dix-huit lampes latérales et les deux lampes de sens de la marche constituent quatre circuits de cinq lampes, chacun absorbant l'e Voltage de la ligne. Les trôis lampes centrales du pavillon Sont montées en série avec la lampe fanal d'avant et la lampe du wattman sur la plateforme d’arrière. Quand le sens de la marche est inversé, ces dernières lampes sont mises hors circuit et leurs doubles, sur la plate-forme opposée, sont mis en service. Les lampes centrales, celles de la plate-forme et des fanaux sont de 32 bougies ; le reste est constitué par dés lampes de 16 bougies.
- Pour déterminer les quantités de lampes des différents fabricants renouvelées par mois et par voiture, les observations, dûment enregistrées sur des graphiques, avaient trait aux données suivantes : parcours quotidien de la voiture, heure journalière d’éclairage, date du renouvellement de chaque lampe,, position dans la voiture de chaque lampe renouvelée et cause de l’accident, soit que celui-ci provînt d’un filament en court-circuit, soit d’une ampoule branlante ou cassée. A des intervalles de deux mois, de soigneuses mesures du voltage et de la charge des lampes étaient exécutées pour chaque voiture à l’aide de bons instruments sur lesquels on lisait d’une façon continue le voltage et l’intensité pendant une course complète aller et retour. Ces lectures donnaient le résultat de l’enregistrement de la consommation réelle des lampes, duquel la consommation individuelle d’une lampe moyenne pouvait justement se déduire.
- Ces essais ont donné lieu à une série de graphiques relatifs au fonctionnement des lampes, extrêmement intéressants à consulter pour lès exploitants qu'intéressent ces questions d’économie.
- On y trouve relatées les différentes circonstances de cette vaste enquête.
- Une attention toute particulière a été consacrée à la détermination de la consommation d'énergie des divers types de lampes dans les conditions vraies d’un fonctionnement en service uormaLSur une base de 1800 heures, faisant usage de quatre circuits de : cinq lampes de 16 bougies et d’un circuit de cinq,
- . lampes de 3» bougies, les lampes à filament de i tantale, comparées à des lampes à filament de carbone i de même puissance lumineuse, montrèrent une économie d’énergie dépensée de 1 726 kilowatt-heure s par voiture au tableau de distribution, ou, pratique-
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- ment i kilowatt-heure par voiture en moins pendant la période d’éclairage. Comparant la demande d’énergie exigée par une voiture comportant 25 lampes au tantale, de 16 bougies, avec un équipement semblable en lampes à filament de carbone, une économie de i 3oi kilowatt-heures, sur la base de i 8oo heures d’éclairage par an, est misé en évidence. Durant un essai de 6oo voitures-mois, les renouvellements des lampes à filament de carbone s’élevèrent à 4,269 par voiture-mois et avec les lampes au tantale à 2,21.
- E. D.
- Sur les tubes luminescents au néon. — G. Claude. — Comptes Rendus, 22 mai 1911.
- L’auteur a été frappé des inconvénients que présente la soupape qui sert, dans les tubes Moore, k laisser pénétrer le gaz nécessaire pour remplacer celui qui disparaît au cours du fonctionnement du tube. Pour s’affranchir de cette soupape, il a reconnu qu’il suffit de diminuer la vaporisation des électrodes, qui se présente comme la cause véritable de l’absorption gazeuse. En portant la surface des électrodes à 5 décimètres carrés par ampère, l’auteur a pu diminuer considérablement la vaporisation et enregistrer, avec un tube de 6 mètres, une durée de 400 heures, sans autre modification dans le régime qu’une baisse presque insensible, soit 4 % en tout, de la différence de potentiel aux bornes.
- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- La préparation èlectrolytique du fer comme point de départ pour l’étude des alliages. — Metallurgical and Chemical Engineering, août et septembre 1910. ,
- Une importante série d’études a été entreprise aux « Chemical Engineering Laboratories » de l’Université du Wisconsin, sur les propriétés d’alliages de fer électrolytique avec divers éléments. Ce travail a sa principale raison d’être dans la pureté du fer électrolytique servant aux expériences, ce qui permet de distinguer nettement l’effet des additions.
- La préparation électrolytique du fer a donc permis de mieux caractériser les propriétés des différents alliages. A cet égard, il paraît intéressant de résumer les principaux points qui viennent d’être ainsi fixés. Ces recherches ont été exposées par
- M. Roush d’une part et par MM. F. Burgers et J. Aston de l’autre.
- Les résultats trouvés sont d’ailleurs en concordance avec les travaux précédents sur la même question, sauf dans les cas où les expérimentations précédentes 11’avaient pas suffisamment éliminé le carbone.
- Alliages $e ferro-nickel.
- 1. Pour de faibles pourcentages de nickel, l’addition de nickel augmente la résistance mécanique et diminue la ductilité.
- 2. Pour de plus forts pourcentages,accroissement brusque de résistancé et diminution brusque de ductilité. Le métal devient cassant.
- 3. La position de cette zone de fragilité du métal varie avec la quantité de carbone et d’impuretés, en général. S’il n’y a pas d’impureté, cette zone se trouve entre 10 et 16 % de nickel.
- 4. La fragilité coïncide avec une augmentation de dureté.
- 5. Le recuit diminue un peu la zone de fragilité, sans la déplacer.
- 6. Si l’on augmente encore le pourcentage de nickel, la ductilité revient.
- Alliages de fer et de cuivre.
- Contrairement à l’opinion commune, allié au fer pur (mais seulement dans ce cas) le cuivre n’a pas une influence mécanique défavorable.
- Le recuit est du plus heureux effet. Sous son influence l’allongement devient très bon, pour toute proportion de cuivre. Il en résulte un alliage de très bonnes propriétés, l’alliage à i,5 % de cuivre étant spécialement avantageux.
- Alliages fer, nickel, cuivre.
- Leur intérêt vient surtout de ce qu’il existe un alliage, agent possible d’addition : à savoir le métal Monel, formé directement par la fusion de certains minerais et contenant 3 de nickel pour 1 de cuivre. Le prix en est celui du cuivre, bien inférieur à celui du nickel. Si donc l’effet du cuivre se neutralise par l’effet du nickel, il y a, concluent MM.Burgess et Aston, intérêt à employer cet alliage.
- Le métal Monel employé donna aux essais, pour des éprouvettes obtenues par fusion, une résistance à la rupture de 3o 400 et 3!j 000 livres par pouce carré. (21,5 kilogrammes et 24,7 kilogrammes par millimètre carré). Laminé, il a une résistance triple.
- Le fer était pur à 99,97 % . Les éprouvettes, obtenues par fusion au four électrique, furent forgées puis recuites à 900°. Les essais furent faits avec une
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- machine Riehle d’une force de 22 000 kilogrammes. La charge fut appliquée très lentement.
- De 2 à 12 % d’addition d’alliage, le travail de forge était facile pour des températures bien différentes ; de 12 à 18 %, il fallait dépasser le rouge cerise pour forger, de 18 à 20 %, il fallait le blanc soudant. Jusqu’à 12 % les éprouvettes furent
- façonnés au tour, au delà, il fallut employer la meule, par suite de la dureté.
- Essais à la traction.
- La réduction de surface à la rupture croît jusqu’à o,5 % de cuivre, puis décroît.
- Les additions de A,G et 8 % de métal Monel donnent de très bons résultats, sans trop grande altération de la ductilité.
- Comparaisons.
- En comparant les courbes d’alliages de métal Monel aux courbes de ferro-nickel de même pourcentage d’additions totales, on trouve que, peur les éprouvettes non recuites, les courbes sont semblables, avec un maximum de force et d’élasticité à 12 % pour le ferro-nickel, suivi d’un retour de la ductilité, tandis que pour l’alliage fer-Monel, la fragilité croit constamment avec lé pour cent d’addition.
- Pour les éprouvettes recuites, observations analogues.
- 11 résulte des chiffres des diagrammes établis que non seulement le cuivre n’est pas nuisible, mais qu’il aun effet utile. On peut donc comparer le ferro-nickel et le ferro-Monel ayant des additions totales égales.
- L’alliage ternaire (avec le métal Monel) supporte la comparaison avec les alliages binaires pour toute proportion. La proportion la plus favorable pour lui est au-dessous de 10 % avec des éprouvettes non recuites, et c’est probablement la proportion la plus utile. La ductilité de l’alliage fer-Monel est bonne.
- Donc, au moins pour des alliages privés de carbone, l’addition combinée de nickel et de cuivre dans la proportion de l’alliage Monel ne diminue pas les qualités de résistance due au nickel seul; le cuivre a même une bonne influence. L’effet général est le même pour des additions totales égales.
- Reste à voir si ces heureux effets se repx’oduisent avec les aciers commerciaux.
- Essais cle dureté.
- M. Roush a déterminé la dureté par la méthode scléroscopique, inventée par Albert Shore en
- 1906. Le scléroscope se compose d’un tube vertical gradué, en verre, suspendu au-dessus d’une enclume d’acièr. Un petit plongeur d’acier, à pointe de diamant, est suspendu à la partie supérieure du tube. Le inétal à essayer est fixé sur l’enclume. Les dimensions du tube et de la pointe de diamant sont telles que, dans tous les cas, la chute du plongeur fasse travailler le métal au dessous de sa limite élastique. Dans ces conditions le plongeur rebondit d’une quantité qu’on peut, prendre pour mesure de la dureté.
- Le fer employé était très pur. Vu le grand nombre d’essais l’auteur a obtenu une moyenne très constante. L’analyse des matériaux a également été soigneusement vérifiée.
- Kuranow et Zemezuzny ont cherché à établir une relation entre la dureté et les conditions métallo-graphiques. D’après eux, lorsque les deux métaux forment une solution solide, la densité croît et passe par un maximum coïncidant avec la résistance électrique rnaxima. Quand les deux métaux sont simplement mélangés, la courbe de dureté est une droite.
- Ces résultats sont totalement en défaut ici. Le fait a d’autant plus d’importance ici qu’il s’agit d’éprouvettes soigneusement établies, dans des conditions parfaitement déterminées.
- Portevin avait déjà d’ailleurs signalé des faits ana-ogues dans son élude sur les aciers ternaires.
- Conclusions.
- 1* L’addition du nickel au fer donne le maximum de dureté pour une proportion de nickel entre 10 et 20 % ;
- 20 L’addition de cuivre au fer jusqu’à 8 %, augmente la dureté d’une façon graduelle, mais irrégulière ;
- 3° Le nickel et le cuivre, dans les limites de cette élude, font exception à la loi de dureté formulée par Kuranow et Zemezuzny.
- M. Roush a cherché également quels résultats on obtenait avec du métal Monel.
- La comparaison des courbes du nickel et du Monel montre plusieurs points en faveur du Monel. Le maximum de dureté (que le métal soit forgé ou recuit) est sensiblement atteint pour 11 ou 12 % de Monel contre 16 % de nickel pur, et ces valeurs rnaxima sont pratiquement les mêmes. Ceci est un très gros avantage pour le Monel, étant donné son prix.
- L’addition de nickel pur ne donne pas d’augmen-
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- tation sensible de dureté au dessous de fi % tandis que pour le Monel l’augmentation est notable. Or les aeiers au nickel employés en construction ont des pour cent voisins de celui-là.
- Il est possible que l’industrie puisse tirer parti de
- ce fait que, «à 7 1/2 % de Monel, la dureté de l’alliage est la même, que l’alliage soit forgé ou recuit. Avec le nickel pur il faut aller jusqu’à 21 % pour trouver de semblables conditions.
- M. L.
- VARIÉTÉS
- Sur les théories électriques de la lumière et des mouvements mécaniques (*). — G. Lipp-mann.
- En prenant possession du fauteuil présidentiel de la Société Internationale des Electriciens, notre éminent collaborateur M. Lippmann a prononcé un discours dont nous détachons les lignes suivantes :
- Il y a cent ans, on était dans ï’ère des fluides; l’électricité était un fluide, ainsi que le calorique; la lumière une émanation subtile lancée par les corps; les fluides impondérables figurent dans les vieux Traités de Chimie à la suite des gaz pesants. Ensuite vientl’ère mécanique. Lalumière s’explique mécaniquementpar les vibrations d’un éther élastique ; la chaleur est de la force vive moléculaire. Le succès de la théorie de Fresnel est éclatant; l’analogie du principe de l’équivalence avec le théorème des forces vives est évidente. Nul doute dès lors pour beaucoup de physiciens : tout phénomène doit avoir finalement une explication mécanique : l’incompatibilité du principe de Carnot avec la théorie mécanique est en général méconnue.
- Aujourd’hui, c’est Ï’ère de l’électricité qui a succédé à Ï’ère de la mécanique. Ce qui est curieux, et cc que je désire justement vous faire remarquer, c’est que cette extension des lois électriques à divers phénomènes n’a pas été cherchée a priori ; elle s’est faite toute seule, en partant de l’étude quantitative, de la mesure des actions électriques. C’est ainsi que sont nées successivement et la théorie électromagnétique de lalumière, etla tentative hardie d’une mécanique nouvelle qu’011 peut appeler électromagnétique.
- (1) Discours prononcé à la Société internationale ct-s Electriciens. Bulletin, mai 1911.
- La théorie électromagnétique de la lumière est sortie des travaux faits sur les mesures électriques absolues. Vous savez que Gauss inventa la mesure absolue du champ magnétique;, son élève Weber fit servir la mesure du champ magnétique à la mesure des courants; enfin Kirchhoff, l’illustre élève de Weber, compléta le cycle en mesurant les forces électromotrices en valeur absolue. Entre autres problèmes, Kirchhoff résout le suivant : qu’arrive-t-il quand l’équilibre a été troublé dans un fil conducteur qu’on abandonne ensuite à lui-même? Il arrive que la perturbation produite voyage le long du fil avec une vitesse déterminée e, laquelle se trouve numériquement égale à celle de la lumière. Le rapprochement ainsi suggéré entre l’onde électromagnétique et l’onde lumineuse fut poursuivi par Maxwell, qui l’étenditdu fil conducteur à l’espace isolant. Ces idées d’ailleurs ont été fécondes : elles ont fait prévoir une relation qui existe réellement entre le pouvoir diélectrique des corps et leur indice de réfraction, entre leur opacité pour la lumière etla conductibilité électrique; elles ont fait comprendre pourquoi les métaux étant bons conducteurs doivent être opaques; comment un même corps, le sélénium, est isolant quand il est transparent, et opaque quand le recuit l’a rendu conducteur. Enfin cette même théorie a conduit à la découverte de l’action que le champ magnétique exerce sur l’émission lumière, c’est-à-dire du phénomène de Zeemann.
- Une autre extension de l’électricité est plus récente ; c’est celle relative aux propriétés d’un corps électrisé en mouvement. Elle est née des tentatives pour trouver la loi des actions électromagnétiques d’un circuit ouvert. Si le circuit est ouvert, on ne peut y entretenir un courant qu’en transportant par convection de l’électricité
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- cl’une extrémité à l’autre du conduit métallique. Mais cettë convection «n’agit-ellepas sur l’aiguille aimantée à la façon d’un courant ? Helmholtz a posé cette question et la lit résoudre expérimentalement par Rowland. Comme l’on sait, Row-land démontra qu’un disque, chargé électros-tatiquement, produit, en tournant, un champ magnétique. Ce phénomène doit avoir son inverse, qui est l’analogue de l’induction et de la self-induction : j’en ai fait la remarque dès 1879, et cette conclusion a été vérifiée dans mon laboratoire par M. Vasilesco-Karpèn. L’afnaiogue de la self, dans le cas d’un point électrisé en mouvement, c’est une inertie apparente, d’origine électromagnétique, et qui tend à prolonger le mouvement quand la vitesse diminue. On lui a donné le nom à’inertie électromagnétique.
- Quelques géomètres sont allés plus loin; ils ont remarqué qu’il y a de bonnes raisons pour attribuer aux molécules de tous les corps, même de ceux qu’on prend à l’état neutre, des charges statiques considérables, et ils se sont demandé si l’on ne devait pas expliquer par la self dont j’ai parlé plus haut même l’inertie du point matériel que l’on considère en Mécanique rationnelle. De là cette Mécanique nouvelle qui a suscité déjà plusieurs beaux travaux.
- Il sera bon, si l’on veut développer cette théorie, de tenir compte de l’observation suivante. Dans l’expérience de Rowland, qui sert de point, de départ, le champ magnétique est du à la vitesse relative des deux armatures de l’appareil. Quand cette vitesse varie, la réaction du champ électrique produit des forces qui sont appliquées à l’une et à l’autre armatures, et qui tend à maintenir constante non la vitesse de l’une d’entre elles, mais leur vitesse relative. Par là l’inertie électromagnétique se distingue notablement de l’inertie mécanique proprement dite.
- Ainsi l’on a tenté successivement d’expliquer la lumière par des phénomènes mécaniques, puis par des phénomènes électriques, et ensuite de ramener les phénomènes mécaniques à des actions électromagnétiques. Ces tentatives ont été fécondes en résultats divers comme on l’a vu, en lois qu’elles ont fait découvrir. Mais peuvent-elles aboutir à un résultat définitif:’ En d’autres termes, le progrès consistera-t-il à simplifier la Science en réduisant le nombre des chapitres qui la constituent? Je me permets
- d’en douter. Le progrès de la Science fait partie de l’évolution d.e la vie, et toute évolution vitale a pour caractère de conduire à une complexité croissante de l’ensemble, en même temps qu’à une subordination de plus en plus parfaite de ses différentes parties.
- Je veux dire que le nombre des chapitres relatifs aux divers agents, tels que la lumière, l’électricité, n’ira pas en diminuant; le nombre des éléments des agents irréductibles ira peut-être en augmentant, grâce à des découvertes nouvelles. Mais le nombre des relations connues, le rôle des mathématiques ira, par contre, en augmentant; la coordination, la simplification ne pourra se faife que sous cette forme mathématique.
- Les rapports entre l’emploi d’un tarifunique, la durée de consommation et le développement de l’électricité. — H. Passavant. — Elek-trotechnische Zeitschrift, 11 mai 1911.
- La plupart des compagnies de distribution d’électricité ont recours actuellement à l’emploi de deux tarifs distincts pour l’éclairage et pour la force motrice; certaines d’entre elles envisagent même l’éventualité de la création d’un troisième tarif pour les appareils de chauffage. Cela exigerait l’installation chez certains consommateurs de trois compteurs et de trois lignes distinctes, ce qui conduirait à une très grande complication. D’autre part, l’emploi du tarif à forfait reposant sur ses bases actuelles présente-également un très grave inconvénient; les secteurs se basent, en effet, pour établir ces tarifs, surunedurée de consommation moyenne de 1 5oo à 2 000 heures par an, et spécifient, en outre, que l’énergie livrée à l’abonné ne doit être employée que pour la production de la lumière. Et il est pratiquement impossible au secteur d’établir, pour vérifier la durée de consommation de chaque abonné et la nature des appareils qu’il emploie, un contrôle, que l’étendue des réseaux rendrait difficile, et qui serait d’ailleurs fort mal accueillipar les abonnés. L’auteur estime, au contraire, que l’emploi d’un tarif unique, basé sur une durée de consommation annuelle assez élevée,serait avantageux à la fois pour le secteur et pour l’abonné qui serait ainsi incité à faire le plus large usage de l’énergie mise à sa disposition en l’employant, par exemple, pour son chauffage ou pour sa cuisine, ou encore pour actionner un ventilateur, une machine à coudre, ou un petit moteur quelconque. -------------
- Or, le prix de revient annuel chez l’abonné de
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- 3’énergie fournie à celui-ci se compose de deux parties: une somme fixe que l’auteur évalue à 34$ francs •environ par kilowatt, — et une somme variable qu’il estime à o fi\ oü par kilowatt-heure, de sorte que le prix de revient du kilowatt-an est donné par la formule : 345 -J- o,o5 N.
- N représente la durée de consommation effective «de l’abonné en heures. Calculé d’après cette formule, le kilowatt-an revient, pour un abonné consommant .pendant 5oo heures, à 370 francs environ, ce qui met le kilowatt-heure à o fr. 74 ; s’il s’agit, par contre, d’un abonné consommant pendant 8 000 heures, le kilowatt-an revient à 746 francs environ et par suite le kilowatt-heure à o fr. 093 seulement. Il y a donc le plus grand intérêt pour le secteur et pour l’abonné à coque celui-ci fasse le plus large usage de la puissance mise à sa disposition. Et une puissance de 100 watts, par exemple, permet d’alimenter 3 lampes à filament métallique de 23 bougies et d’apprêter en outre le repas d’une famille de 3 à 4 personnes.
- Enfin les appareils spéciaux, du genre des appareils « Thérol » construits en Angleterre, dont l'auteur souhaiterait voir l’emploi se généraliser, permettent de faire chauffer économiquement de l’eau, aux heures où les 100 watts, mis constamment à la disposition de l'abonné, ne sont pas employés par lui à un autre usage. L’auteur estime donc qu’il y aurait intérêt pour le secteur à pousser l’abonné à la •consommation en lui vendant l’énergie à forfait au kilowatt-an moyennant un prix, fixé sur la consommation maxima, de 8 000 heures par an; ce prix serait de 700 francs environ par kilowatt-an, dans l’exemple considéré, ce qui donne pour 100 watts 75 francs par an ou 6 fr. a5 par mois seulement.
- Si l’on admet donc que le secteur livre l’énergie électrique au prix de 750 francs par kilowatt et par an, on voit que le kilowatt-heure revient à 1 fr. 5o à l’abonné qui ne consomme que pendant 5oo heures, •et à o fr. 094 seulement à celui qui consomme pendant •8000 heures. Quant à l’abonné moyen, dont la durée de consommation est d’environ 3 000 heures par an, le kilowatt-heure lui reviendrait a o fr. 23; ce tarif, inférieur à la plupart des tarifs actuels, permettrait à
- l’électricité de lutter avantageusement avec le gaz, grâce à l’emploi des lampes à filament métallique. I/abonné serait donc ainsi engagé à faire le plus large usage possible de la puissance mise à sa disposition.
- D’autre part, en ce qui concerne l’emploi de l’énergie électrique dans l’industrie, il est exceptionnel que tous les moteurs installés chez un abonné fonctionnent simultanément; cependant cette éventualité doit être envisagée; mais, dans ce cas, il est juste que l’abonné paie un supplément proportionnel à l’excès de puissance qu’il consomme,par rapporta la puissance à laquelle il a droit. L’auteur estime que les compteurs dits «d’excédent de consommation», qui n’enregistrent que la quantité d’énergie correspondant à l’excès de puissance, fourniraient une excellente solution du problème. Il serait alors possible d’appliquer aux abonnés de force motrice le même tarif qu’aux abonnés de lumière, sous réserve d’un supplément de o fr. 5o, par exemple, par kilowattheure en excès enregistré par le compteur.
- En résumé, l’auteur estime que l’adoption .d’un tarif unique à forfait, basé non plus sur le kilowattheure, mais sur le kilowatt-an, c’est-à-dire sur la redevance d’une somme variable selon les conditions locales, par kilowatt et par an, serait de nature à apporter les plus grands avantages à la fois aux secteurs et aux abonnés. D’autre part, afin de permettre à l’abonné de pousser momentanément, s’il le désire, sa consommation au delà de la puissance prévue par sa police, il y aurait lieu de remplacer les limiteurs d’intensité à bascule, actuellement en usage, par des compteurs d’excédent de consommation lui permettant de le faire moyennant une redevance supplémentaire déterminée par kilowatt-heure en excès. Toutefois, l’auteur reconnaît que, pour que ce tarif devint réellement avantageux pour les abonnés, il y auraitlieude perfectionner les appareils de chauffage et de cuisine électriques, dont la consommation est actuellement trop élevée, et de les remplacer par des appareils à faible consommation et à chauffage lent.
- J.-L. M.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Les gens bien informés n’ont cessé de nous répéter depuis un an que la ténue du marché du cuivre était suspendue à la sentence de la Cour suprême des Etats-Unis dans les poursuites exercées par le gouvernement contre le trust de la Standard Oit C°. La décision tant attendue vient enfin d’être rendue : bien que dénuée de fout rigorisme théorique, elle condamne le trust de la Standard Oil à se dissoudre dans les six mois parce qu’il a contrevenuà certaines dispositions de la loi contre les trusts et tenté par ses manœuvres d’apporter une restriction au commerce et de créer un monopole à son profit. Par cette décision d’espèce, la Cour suprême ne condamne pas l’organisation des trusts, mais leurs manœuvres déloyales, et semble faire une distinction entre les bons et les mauvais trusts. L’entreprise de la Standard Oil est considérable : son capital est de 5oo millions de francs et son action s’étend sur tout le marché du pétrole en Amérique; son dividende de 5 1/4 % au début de son organisation a atteint jusqu’à 48 % en 1900. On pense que la liquidation se bornera à constituer une nouvelle organisation plaçant à la tête de chaque filiale un conseil d’administration distinct. Quoi qu’il en soit, l'influence de cette décision a été favorable, et le marché du cuivre en particulier a repris quelque animation, car aussitôt on a reporté les projets d’entente entre les producteurs, et les spéculateurs ont acheté du Standard qui a atteint et dépassé le cours de £ 2 5 abandonné depuis longtemps. Ce mouvement de hausse a provoqué des demandes des consommateurs de l’Angleterre et du continent pour de très grandes quantités à livrer en juin et juillet. L’Europe apparaît pour l’instant comme devant consommer dans un avenir peu éloigné d’importants tonnages qui correspondent d’une part à la fabrication du sulfate de cuivre, d’autre part aux grands projets d’électrification des chemins de fer. Nous pourrions à présent assister réellement à une campagne de hausse dont il est difficile de prévoir la limite.
- Cependant, depuis quatre ans, de nouveaux producteurs sont parvenus à prendre sur le marché mondial une importance qui n’est pas négligeable et qui
- peut modifier les conclusions déduites uniquement des exemples antérieurs. La Russie et l’Afrique sont devenus ou deviendront à bref délai des centres de production avec lesquels il faudra compter pour le plus grand profit des consommateurs ; et si les efforts des Américains aboutissent à une entente plus complète pour la régularisation de la production, entente qui entraînerait l’adhésion à cette politique desgroupes encore dissidents, telle l’Amalgamated, les-cours pourront s’en ressentir mais dans une plus-faible proportion qu’on ne le craint.
- L’Assemblée de la Compagnie Française pour' l’exploitation des procédés Thomson Houston a eu
- lieu le 18 mai dernier. Les bénéfices bruts de l’exercice, provenant tant des bénéfices sur constructions,. ventes de matériel et entreprises diverses que-des revenus de portefeuille, se sont élevés à 6 847 384 3a francs pour un capital actions et obligations de 98 770 ooo'. Après déduction des intérêts suit obligations et primes de remboursement, soit 1 168 67a francs, et de l’ensemble des frais généraux: d’administration, 1 062 904 88 francs, il reste un bénéfice net de 4 6i5 904 fr. Sur cette somme, le conseil a prélevé 78772821 francs pour divers amortissements à répartir sur les chapitres frais d’études et de brevets, frais dus à l’inondation des usines. Le solde, soit 387817623 francs, auquel il y a lieui d’ajouter le report de 198 742 28 de l’exercice précédent forme le bénéfice à répartir. Les actions ont reçu 6 % absorbant 3 600 000 francs ; le conseil se-répartit 68 340 29 et des diverses réserves sont augmentées d’un prélèvement de 19477371 francs. Le report à nouveau est de 21380491 francs. Le total des bénéfices distribués, par rapport aux bénéfices réalisés avant tout amortissement, ressort ài 79 % . Les particularités que présente le bilan de 1910 par rapport à celui de 1909 sont les suivantes r: amortissement intégral des chapitres apports, frais-de constitution, mobilier, modèles, dessins, études,, brevets ; augmentation de 289 849 francs de la valeur-de l’immeuble du siège social ; augmentation de-153 986 fr. au total des comptes, bâtiments des usines,, matériel et outillage ; réduction de 4 227 221 64 francs-du chapitre titres en portefeuille qui figure pour la somme de 5i 254 437 99.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2* Série). — N°
- Les participations sont inscrites pour 12637269 fr. y compris une avance de 9855 241 francs à la Compagnie Parisienne de Tramways. Les ^travaux en cours s’élèvent à 8376791 francs et les débiteurs divers à 28 460 354 francs. Au passif, l’ensemble des réserves se monte à 30735 226 francs.
- Le rapport donne de nombreux et intéressants détails sur l’organisation des cinq usines et sur l’état des entreprises de lacompagnie. L’usine deLesquin, reliée directement au chemin de fer, a reçu nôtam-ment commande, au cours de l’exercice, de plusieurs turbo-alternateurs de 10 000 chevaux chacun. Parmi les entreprises, les installations, les lignes de chemins de fer de la Mure à Gap, et de Pau à Montrejan, la première en courant continu, 2400 volts, la sçsonde en courant alternatif monophasé, doivent être tout particulièrement signalées. Le président du conseil a déclaré en outre que les commandes reçues en 1910 s’étaient élevées à 14600000 francs : ajoutées à celles des exercices précédents restant à livrer, elles formaient un total de 43 800000 francs sur lequel 27 millions avaient été facturés. L’exercice en cours se présente sous les aspects les plus satisfaisants, et si le dividende de 1910 n’a pas subi d’augmentation, les résultats de cet exercice doivent être considérés comme encourageants en tenant eonqate de ce fait que certains frais ne se reproduiront pas en 1911.
- En son temps nous avons noté la constitution de la Société, les Exploitations Electriques, au capital d,e 10 millions de francs en vue de lareprise de l’actif delà Compagnie Générale de Traction. Par délibérations des assemblées générales des 27 février et i3 mai 1911, le capital a été porté de 10 millions à 11 millions par la création de 4 000 actions nouvelles de 25o francs chacune qui ne seront assimilées aux autres actions qu’à partir du début de l’exercice 1913-1914. Les actions ont été attribuées à la Compagnie Générale de Traction en représentation d’une
- partie de son apport des actions des compagnies de tramways de Bordeaux, Caen, Eu, le Tréport, Chfilons-sur-Marne, Charleville, Mézières, Montpellier. Pour le solde de cet apport, la Compagnie de Traction reçoit 1 85oooo francs d'obligations, plus une somme de 5oooo francs en espèces. Ces obligations seront à prendre sur les 4 millions d’obligations 5oo francs chacune, à 4 1/2 % dont l’émission prochaine a été décidée par le conseil. Ainsi se poursuit la liquidation de la Compagnie Générale de Traction qui, malgré bien des concours financiers et des sacrifices de ses obligataires, n’a jamais pu se mettre au niveau de ses affaires. On peut dire qu’une partie de son insuccès est bien dn à la mauvaise politique commerciale poursuivie pendant plusieurs années par quantité de sociétés sous la pression irréfléchie de certains pouvoirs publics. L’expérience a d’ailleurs porté ses fruits et a servi d’argument auprès de ces mêmes pouvoirs pour les modifications apportées dernièrement au régime des transports en commun à Paris. La lutte dont on se souvient entre le conseil général de la Seine et certaines compagnies de tramways qui a abouti à un décret ministériel de concession a eu pour cause des exigences insoutenables et qui ne trouvaient leur raison d’être que dans une conception erronée de l’intérêt public. La question du sectionnement est acceptée maintenant par tous les intéressés qui ont eu à modifier légèrement leurs habitudes avec bénéfice pour leur bourse, tout au moins sans grande augmentation de leur dépense.
- La Société Anonyme Méridionale de Transport de Force dont le siège est à Carcassonne porte son capital de deux millions à cinq millions divisé en 10000 actions de 5oo francs entièrement libérées. De gros projets sont à l’étude dans cette région où la Société Pyrénéenne s’efforce de vendre sa puissance disponible.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — La Compagnie des chemins de fer P.-L.-M. viènt de commander : 4° locomotives à la .Société Cail, à Denain, 20 à la Société des Batignolles, 20 .à la maison Henschel et Solin, à Cassel, et 20 à la Société Ilumboldt,
- à Cologne; 4° tenders à la maison Magnard à Four-chambaull, 3o à la Société Baume et Marpent, â Ilaînc-Saint-Pierre, et 3o à la Société des Ateliers du Word de de la France, è Blanc-Misseron,
- Morbihan, — Par décret du 27 mai 1911, est autorisé le département du Morbihan îi emprunter aine somme de
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- \r*vVTW^T" -----
- *10 Juin 1911
- 319
- 544 °oo francs en vue des frais d'établissement du tramway départemental de Lorient à Guidel.
- Russie. — MM. Poutiloff et Khrouleff, au nom d’un groupe financier, ont demandé la concession pour la construction et l’exploitation d’itn chemin de fer de Kertch A Voznessensk. La société à créer aurait un capital-actions de 7 000 000 de roubles et un capital-obligations de 48 000 000.
- Autriche-Hongrie. — D’e'prèsl'Elektrotechilicky Obzor, le gouvernement I. et R. à Prague a examiné, dans sa séance du a5 avril, le projet d’une nouvelle ligne de tramways électriques dans le IVe arrondissement, à Hradcany.
- La municipalité de la ville de Usti 11./1. (Aussig an der Elbe), Bohème, a demandé au ministère la concession pour la prolongation de sa ligne de chemin' de fer électrique à voie étroite.
- La Société anonyme des chemins de fer de l’empereur Ferdinand en Moravie, a voté 4 5oo 000 couronnes pour l’éclairage et la traction électrique dans ses mines.
- Les offres pour l’établissement de ce projet ont été demandés à la Société Siemens-Schuckert, à la Société A. E. G. Union, à Vienne, et è la succursale autrichienne des Usines électriques Bergmann de Berlin.
- Le ministère des chemins de fer autrichiens a accordé une concession aux communes Kunstat et Olesnice pour l’établissement d’un chemin de fer local de la station Skalice-Boskovice à travers les localités, Lysice, Drnovice, Kunstat et Sulikov, à la station terminus de Olesnice et avec un embranchement aux chemins de fer Je l’Etat h la station Skalice Boskoviee.
- ÉCLAIRAGE
- Autriche-Hongrie. — A Koflach, en Slyfie, on projette l’établissement d’une centrale électrique au piix de 4 000 000 de couronnes.
- Russie. — La municipalité de la ville de Jawarow, en Pologne, a ouvert un concours pour l’établissemenÇde l’éclairage électrique de la ville.
- Monténégro. — La municipalité de la ville d’Antivari à Cerna Hora projette l’établissement d’une centrale hydroélectrique de 120000chevaux. L’énergie électrique sera employée pour l’éclairage et la traction de la ville et du port d’Antivari.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Société Electrique de Septeuil-Dammartin et Extensions. — Durée : 40 ans. — Capital : 100 000 francs. — Siège social : Lépieds (Seine-et-Oise).
- Société Electrique de la vallée de l'Yonne: — Durée: 40 ans. — Capital: 4^0000 francs. — Siège social: Pont-sur-Yonne (Yonne).
- Société Anonyme Electrique de l’Ostrevent. — Durée : 3o ans. — Capital : 25o 000 francs. — Siège social : 26, rue Carnot, Somain (Nord).
- CONVOCATIONS
- Compagnie Electrique des Tramways de la Rive Gauche. — Le 24 juin, 8, rue d’Athènes, à Paris.
- Société Electrique Westinghouse de Russie. — Le 3o juin, 7, rue de Berlin, à Paris.
- Compagnie Parisienne de Distribution d'Electricité. — Le 24 juin, 8, rue d’Athènes, à Paris-
- Société d Electricité Nilmêlior. — Le 28 juin, 49, rue Lacordaire, à Paris.
- Compagnie des Tramways Electriques de Sedan, — Le 21 juin, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Société Franco-Algérienne d'Electricité. — Le 5 juillet, 2o5, rue Saint-Honoré, à Paris.
- Société Le Triphasé. — Le 23 juin, 53, rue des Dames, à Paris.
- L’Electrique de Montmorency. — Le 23 juin, 53, rue des Dames, à Paris.
- Secteur de la Place Clinhy. — Le 23 juin, 53, rue dos Daines, à Paris.
- Société d’Eclairage et de Force par T Electricité. — Le 26 juin, 26, rue Laffitte, à Paris.
- Société des Tramways de Saumur et Extensions. — Le 26 juin, 5a, route d’Angers, à Saumur.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 27 juin aux Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, Paris, fourniture de câbles téléphoniques à 14 et à 28 paires sous plomb (4 lots). „
- Les demandes d’admission à l’adjudication devront être parvenues au sous-secrétariat d’Etat le 17 juin, au plus tard.
- Rens. rue de Grenelle, n° io3 (direction de l’exploitation téléphonique, 3° bureau).
- BELGIQUE
- Le 28 juin, à 1 heure, à la Bourse de Bruxelles, fourniture et montage nécessaire à la transformation d’un tableau de distribution d’énergie électrique et à l’établissement de deux panneaux à placer en extension à l’usine électrique d’Ath (cahier des charges n° 3401).
- Le 28 juin, à 1 heure, à la Bourse de Bruxelles, fourniture et montage de poteaux métalliques : i«>- lot,
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Série): — N‘ 23.
- 22 poteaux & l’atelier central dé Gendbrugge ; — a8 lot, 3a id. en gare de Meirelbeke ; — 3°.lot, a3 id. id,.de Mei-relbeke (cahier des charges n° 3io3).
- i. ’
- Le a8 juin, à i heure, à la Bourse de Bruxelles, fourniture, montage et équipement de mâts pour lampes à arc en gares de Gendbrugge-Sud et de Meirelbeke : ier lot, 56 milts en fer ou en acier; — a8 lot, 56 mâts en fonte (cahier des charges n° 3402). . .. _
- Le i/( juin, à i heure, à la Bourse de Bruxelles, fourniture à Namur d’objets, pour éclairage électrique des trains, nécessaires au service de |la traction et du matériel des chemins de fer de l’Etat (cahier des charges spécial n° 626) :
- 188 lot, objets en caoutchouc : 1 000 joints pour cou-verçles de récipients d’accumulateurs type H0,2000C0U-vre-joints,'id. 110 et ï5o; —.2* lot, objets en ébonite : 5 000 baguettes pour accumulateurs types 110 et i5o, 55o plaques de fond et 34o plaques de parois pour id. type i5o, 70 broches pour rondelles intercalaires et 120 rondelles intercalaires d’accumulateurs Lehman ,type 110, 10 broches pour rondelles intercalaires et 20 rondelles intercalaires id. type i5o; — 38 lot, 2 800 rhéophores avec saillie en bande de plomb laminé pour accumulateurs types 110 et i5o ; — 4° lot, 600 crochets type n° 4 à serrage progressif pour fermeture de récipients ; — 58 lot, 2 45o goupilles en fer, 38o pivots en fer, 160 vis à bois en fer, 1 280 vis à métaux en fer; — 6“ lot, 25 bagues, 90 boulons et 40 pivots en laiton, 100 rondelles en cuivre, 5o rondelles en laiton, 12000 vis à bois et 570 vis à métaux en laiton ; — 7® lot, 840 pièces isolantes.
- Allemagne t '
- Le 22 juin, aux chemins de fer de l’Etat prussien, à Brême, fourniture et montage d’une chaudière à vapeur verticale pour la station hydraulique de Diepholz.
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Gôrlilz, fourniture d’un turbo-générateur, etc., 45oooo marks.
- GRANDE-BRETAGNE
- Le 12 juin, à la corporation municipale, è Worthing, fourniture et montage de deux moteurs Diesel avec accessoires.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- Le 3o mai à l’Hôtel des Invalides, à Paris, fournitures diverses à l’établissement central du matériel de la télégraphie militaire.
- 1 ®r lot. — 3ôo tableaux annonciateurs à quatre directions du modèle des postes centraux militaires.
- Assoc. des ouvriers en instruments de précision, gi,5o. — MM. Mambret, 82,5o, — Mildé fils et Cie, 72,45. — Société industrielle des téléphones, 68,85 l’unité.
- Non adjugé, prix limite dépassé.
- 2e concours
- MM. Mildé fils et Cie, 67,90.
- Sociétéindustrielle-des téléphones, adj. à 66,85 l’unité.
- 2e lot. — 200 appareils Morse, modèle 1907.
- Assoc. des ouvriers en instruments de précision, 194,70.
- Société industrielle des téléphones, adj. à 193,85 l’unité.
- Pour éviter tout retard dans in rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M, le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux <1 bureaux de la Lumière Electrique ».
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ MIE CAS3EÏTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Tr*nte-trolâlème année.
- SAMEDI 1*7 JUIN 1911.
- tome XIV (3® série). - IS® 34
- La
- Lumière Électriqu
- Précédemment
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
- )IB1
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 3ai. — D1' S. Turciiini. Chronique d’électricité médicale : Les applications médicales de l’électricité. Etat actuel de la question, p. 3a3. — J. Rkist et II. Maxwell. Les moteurs d’induction à vitesses multiples, p. 331.
- Extraits des publications périodiques. — Méthodes et appareils de mesures. Nouveaux appareils de mesure, Th. Buugek, p. 334.—- Arcs cl lampes électriques. Sur un rayonnement émis à l'intérieur des lampes à incandescence, L. Houlleviguk, p. 336. — Transmission et distribution. De la durée dos poteaux en bois imprégnés par différents procédés, p. 33?. — Électrochimie et Electrométallurgie. Aciers au cupro-nickel, H. Clame», p. 338.— Télégraphie et Téléphonie. Sur les progrès du téléphone, W. Wagner, p. 33g. — Correspondance. Aériens dirigeables, p. 343. — Bibliographie, p. 343. — Chronique industrielle et financière. — Éotes industrielles. Les réseaux électriques en France, A. Solier, p. 344. — Les barrages automatiques S. A. G.,p. 347. — Etudes économiques, p. 348. — Renseignements commerciaux, p. 35o. — Adjudications, p. 351.
- ÉDITORIAL
- Dans la Chronique cl'électricité médicale publiée aujourd’hui, M. le Dr Turchini achève de passer en revue l’état actuel des applications médicales de l’électricité en ce qui concerne les courants de haute fréquence et les rayons X. On se rappelle que la première Chronique avait mis au point la môme question en se limitant toutefois aux électricités statique, galvanique et faradique.
- L’histoire du développement de la haute fréquence se confond en grande partie avec celle des découvertes de notre éminent collaborateur M. d’Arsonval; l’introduction dans le langage technique courant du terme « d’Arsonvalisation « consacre aujourd’hui le caractère d’importance fondamentale de
- ces travaux. On sait que le mode de traitement ainsi baptisé — d’ailleurs par un savant étranger — a pour effet d’-activer la circulation du sang en agissant sur la tension artérielle, de sorte que ce sont spécialement les artérioscléreux qui y recourent.
- Dans le chapitre consacré aux rayons X, il y a surtout lieu de signaler la description du contact tournant de Delon, qui constitue un ingénieux dispositif remplaçant le redressement de courant par soupape, dont on connaît les multiples inconvénients.
- Plusieurs techniciens et industriels nous ayant demandé des renseignements aiTsüjet des moteurs cl'induction à vitesses multiples,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Série). N*> 24.
- étudiés aux États-Unis par MM. Reist et Maxwell, dont la Lumière Electrique avait signalé les travaux, nous avons demandé à ces ingénieurs de vouloir bien exposer à nos lecteurs l’état de leurs recherches.
- Ils nous ont adressé un court ai’ticle qui contient, pensons-nous, les précisions nécessaires pour donner satisfaction à nos correspondants.
- De nouveaux appareils de mesures électriques sont ensuite décrits : il s’agit de perfectionnements au pont de Wheatstone, et d’pn dispositif d’essai des paratonnerres. Ce dernier doit donner directement, sans calcul, la résistance de la conduite de mise à la terre.
- M. Houllevigue a pu mettre en éyidence, au cours de recherches expérimentales sur le rayonnement émis à l'intérieur des lampes à incandescence, l’existence d’une curieuse lueur qui se comporte, d’une manière générale, comme une émission d’électrons, mais présente cependant une différence importante.
- Le problème de la conservation des poteaux en bois par imprégnations ou injections de substances chimiques variées continue à faire l’objet d’études régulièrement suivies. Des statistiques soigneusement tenues à jour, notamment en Autriche, per-
- mettent de fixer, périodiquement, l'état de la question.
- Cela ne va pas, naturellement, sans quelques commentaires. Ceux de M. R, Nowotny, que nous reproduisons aujourd’hui, concernent le procédé au sulfate de cuivre. On se l’appelle que le même auteur avait déjà donné des détails sur le procédé de conservation par les fluorures (‘). Nous résumons ensuite, d’après M. Moll, les résultats accusés par la plupart des autres procédés.
- L’étude des aciers au cupro-nickel a été poursuivie, en Amérique, par M. Clamer.
- Les résultats de ces recherches font ressortir à l’actif du cupro-nickel un certain nombre d’avantages intéressants, comparativement à un échantillon d’acier Martin.
- M. K.-W. Wagner donne, à la suite de réflexions d’ordre historique et général sur les progrès du téléphone, le résultat d’expériences exécutées par lui-même siur les téléphones haut-parleurs.
- La comparaison des pertes d’énergie subies par les différents types de téléphones fournit à l’auteur une évaluation numérique de la sensibilité des appareils. M. Wagner montre d’ailleurs que ce n’est guère en augmentant la sensibilité qu’on peut espérer augmenter la portée.
- (!) Lumière 'Electrique, 24 décembre <910.
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- 17 Juin 1911.
- CHRONIQUE D’ÉLECTRICITÉ MÉDICALE
- LES APPLICATIONS MÉDICALES DE L'ÉLECTRICITÉ ÉTAT ACTUEL DR LA QUESTION (')
- COURANTS DE HAUTE FREQUENCE
- Sous le nom de courants de haute fréquence, nous entendons une modalité électrique entièrement distincte des courants alternatifs ordinaires, tant par son mode de production que par ses propriétés physiques et biologiques.
- Les premières expériences physiologiques furent faites par d’Arsonval, en 1889-90, en
- t>*
- -u-
- Fig. 1. — Dispositif de Tesla.
- 6, b, borrjes du secondaire; c, condensateur, p, self-induction.
- Utilisant l'oscillateur de Herte ; mais, avec ce dispositif, l'énergie électrique que l’on pouvait l‘air.e passer à travers le corps était très faible, et les courants 4e haute fréquence ne sortirent pas du domaine physiologique.
- En 1.891, Tesla indiqua un procédé capable de produire des courants de haute fréquence et d,e grande intensité et c’est à dater de ce jour qu’ils furent introduits dans le domaine médical.
- Pour produire ces courants, Tesla utilisa la décharge des condensateurs qui, dans
- (1 ) La première partie de .celte Chronique a para dans la Lumière Electrique du -i~] mai 1911.
- des conditions déterminées, est oscillante.
- Dans le dispositif imaginé par Tesla (fig. 1), le condensateur se trouve placé en dérivation entre les deux pôles du secondaire de la bobine. Ce montage, intéressant au point de vue historique, peut présenter de graves dangers pour le patient qui se trouve, par un point, en contact avec le courant de basse fréquence, servant à charger périodiquement le condensateur.
- Le dispositif symétrique de d’Arsonval (fig. a), le seul qui soit employé dans les appareils médicaux, offre toute sécurité à cet égard ; le malade n’a plus aucune communication avec le circuit du transformateur. Les
- Utilisation
- Fig. j. — Schéma du dispositif <Jc d’Ai'sonyal.
- armatures internes de deux condensateurs sont respectivement reliées aux deux pôles de la bobine; les armatures externes sont réunies entre elles par la self-induction sur laquelle on recueille les oscillations ,de haute fréquence ; l’éclateur est en dérivation sur
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- LA LUM1ËKË
- les armatures internes. Il faut remarquer que, dans ce dispositif, les condensateurs étant en cascade, la charge disponible est moitié de celle que l’on aurait avec un seul condensateur de même capacité que chacun d’eux; ce qui exige des condensateurs d’une capacité plus grande qu’avec le dispositif Tesla.
- Pour la production des courants de haute fréquence, on utilise comme source d’énergie primaire* soit le courant continu, soit le courant alternatif.
- Dans le premier cas, on emploie une bobine de Ruhmkorff munie d’un bon interrupteur et, à cet égard, les interrupteurs-turbines à mercure sont les meilleurs. Ils permettent d’avoir un grand nombre d’interruptions par seconde, et de diminuer., par conséquent, le temps perdu entre chaque .train d’ondes.
- Avec ce dispositif, suffisant pour beaucoup d’applications, on est assez limité comme puissance. En utilisant le courant alternatif et un transformateur du type industriel à circuit magnétique fermé, ou mieux encore le transformateur à fuites de d’Arsonval dont on connaît les propriétés remarquables, on développe une plus grande quantité d’énergie. Mais l’emploi du transformateur ne va pas sans quelques inconvénients, qui ont, du reste, retardé son utilisation. La quantité d’électricité mise en jeu est assez grande pour volatiliser une partie du métal de l’éclateur, de sorte qu’il se produit entre les boules un arc n’ayant aucun des caractères de l’étincelle oscillante. Pour obtenir une étincelle disruptive, il fallait souffler l’arc, ou le soumettre à l’action d’un champ magnétique puissant, ou bien encore employer les éclateurs rotatifs utilisés par d’Arsonval, dès 1900. L’adjonction d’appareils semblables rendait le dispositif peu pratique. D’autre part, les ondes de haute fréquence se propageant dans le circuit, aussi bien en arrière qii’en avant de l’éclateur, pouvaient retourner dans le secondaire du transformateur et y produire des différences de potentiel assez considérables pour amener des éclatements
- ÉLECTRIQUE T. XIV (2« Série). — N»24.
- d’étincelles entre les spires et en compromettre l’isolement.
- Dans le dispositif adopté par d’Arsonval, depuis quelques années, ces inconvénients ont disparu, par suite de l’adjonction de résistances liquides placées sur les fils venant du transformateur.
- Ces résistances empêchent la production de l’arc, comme l’avait déjà montré Kowalski, et de plus, elles protègent le transformateur contre les retours d’ondes.
- Prim&ire
- Eclateur
- Fig. 3. — Schéma des connexions du meuble à haute fréquence et rayons X, de Gaiffe.
- Un condensateur, appelé condensateur de garde, est placé en dérivation. Il absorbe aussi les ondes de retour, qui viennent osciller entre ses armatures au lieu de pénétrer dans le secondaire du transformateur, et assure par conséquent une protection plus efficace.
- D’Arsonval a indiqué trois procédés d’utilisation du courant de haute fréquence qui prend naissance dans le solénoïde reliant les armatures externes des condensateurs, et il faut se féliciter que, en 1899, Benedickt (de Vienne), le premier, ait proposé l’expression de d'Arsonvalisation, pour désigner ces applications, expression unanimement adoptée à l’heure actuelle.
- i° Application directe. — Le sujet, au moyen d’électrodes appropriées, est mis en dérivation sur les spires du solénoïde, dont on fait varier le nombre pour graduer le
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- 17 Juin 1911.
- REVUE D’ELECTRICITE
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- courant. L’intensité qui traverse ainsi le sujet peut être considérable puisque une ou plusieurs lampes, placées clans le même circuitj peuvent être portées à l’incandescence. La seule sensation qu’éprouve le malade est une sensation de chaleur due à
- SOURCE
- Pftotecmtt
- _rr rftiMMKt. >y
- TRANSFORMATEUR
- A.GAIFFE a PARIS
- CONDER
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- ET DE
- FREQUENCE
- I okfl/T I I
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- UTILISATION
- rit---------E--
- I
- ^chèma des connexions intérieures
- Fig. 3 bis. — Dispositif de haute fréquence sur courant alternatif (schéma complet).
- l’effet Joule. Son corps peut être traversé sans danger par des courants de plus de trois ampères, alors que, sous forme de courant alternatif ordinaire, une intensité de 3oo milliampères serait déjà dangereuse.
- Pour expliquer ce lait, de même que l’absence de douleur et de contraction muscu-
- laire, on a d’abord admis que l’électricité s’écoulait simplement à la surface du corps, sans pénétrer dans la profondeur des tissus. Cette conception n’est pas admissible, puisque l’on a constaté des effets sur l’organisme, comme l’élévation de la température centrale, impossibles à comprendre si ces courants ne traversaient pas l’organisme.
- D’Arsonval a émis l’hypothèse que, de même que nos éléments rétiniens ne sont influencés que par les vibrations lumineuses dont la fréquence est comprise entre des limites déterminées et assez rapprochées, de même nos nerfs moteurs et sensitifs ne répondent plus à des excitations dont le nombre dépasse ioooo par seconde.
- L’utilisation des courants de haute fréquence, en application directe, n’a pas, dans les débuts, joui de la vogue des autres procédés dont nous parlerons plus loin. Cependant, d’Arsonval et Charrin avaient montré leur action dans les maladies de la nutrition, et en particulier dans le diabète.
- Depuis deux ou trois ans, sous le nom de diathermie, thermopénétration, etc., on semble avoir découvert des propriétés nouvelles des courants de haute fréquence, sous ututD£ f°rme d’effets thermiques. Or, dès 1896, d’Arsonval avait attiré l’attention sur ces propriétés et les avait illustrées d’expériences : en soumettant des lapins à des courants dont l’intensité dépassait un ampère, il avait obtenu l’amputation des membres.
- Toutefois, la production d’effets calorifiques notables exigeant des intensités plus élevées que celles données par les appareils usuels, il a fallu modifier l’instrumentation.
- En utilisant l’éclateur rotatif imaginé par d’Arsonval en 1900, et adapté depuis à la télégraphie sans fil, Gaiffe a réalisé la multiplication des trains d’ondes et a pu construire des appareils donnant une intensité de 10 à i5 ampères.
- Une autre solution a été donnée récemment par le même constructeur, pour des puissances plus faibles mais suffisantes dans la plupart des applications. Dans ce nouveau
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Sérié).-—H* 24.
- dispositif, l’étincelle jaillit dttnB un milieu carburé, gaz d’éclairage ou vapeur d’éthei\ Broca avait, eh effet, montré que, lorsque l’étincelle jaillissait dans un pareil milieu, elle était beaucoup plus régulière, moins bruyante, moins chaude et que l’arc disparaissait complètement, Ce qui permettait de travailler à grande puissance, même pour de toutes petites lohgueurs d’étincelles.
- Signalons encore l’appàreil de Nagel-schmidt, construit par Siemens et Halske. Dans cet appareil, alimenté par du courant, alternatif, le transformateur destiné à charger les ,condensateurs élève la tension à a ooo volts ; l’éclateur, qui en est la partie intéressante, est formé par deux disques de cüivre argenté, séparés par une rondelle de mica dont l’épaisseur de quelques dixièmes de millimètre représente la longueur des étincelles.
- Quand l’appareil fonctionne, il se produit une véritable pluie de petites étincelles, de sorte que l’on a Un nombre de trains d’ondes considérable.
- Les effets thermiques produits dans les tissus par ces courants sont énormes; à tel point que, en appliquant de chaque côté d’un bloc de viande deux électrodes métalliques réunies à un appareil de diathermie, on cuit littéralement la viahde; mais là cuisson est limitée à un cylindre ayant pour bases les électrodes.
- De même, de l’albumine, placée dans ürte soucoupe, Se trouve rapidement coagulée quand on plonge deux électrodes en deux points diamétralement opposés.
- Ce pouvoir coagulant de la haute fréquence a été mis à profit pour frapper de mort des tumeurs malignes.
- Sous le nom d'électrôcoctgulation, Doyen a employé cette méthode, qui permettrait de pouvoir opérer de grandes tumeurs en plein tissu coagulé, ce qui préserverait de la dissémination des éléments iitfectieux par les vaisseaux; ces derniers seraient respectés par suite du refroidissement dû à la circulation i
- Mais là ne se bornent pas les applications de ces courants. En utilisant l’action sédà-tive de la chaleur, on a obtenu de bons résultats dans la sciatique, le lumbago, les affections douloureuses des articulations.
- Le traitement de la goutte aurait également bénéficié de ces applications. Chez les asthmatiques,la diathermie semble avoir produit les meilleurs effets en rendant la respiration plus profonde, et en modifiant l’expectoration. Les crises s’espacent dès les premières séances.
- Nous pourrons signaler des effets analogues dans les autres modes de d’Arsonva-lisation.
- 2° Autoconduction. — Le patient est enfermé dans un solénoïde de grandes dimensions, mais sans aucun contact avec lui, relié aux armatures externes des condensateurs. « Il devient ainsi un induit dont chaque cellule est le siège d’un courant particulaire refermé sur lui-même » (d’Arsortval) (fig. 4)-
- Fig. 4- — Gage il’autnconduction.
- Les phénomènes d’irtduetion, auxquels il est soumis, ont une énergie telle, qu’il lui est possible, comme l’a montré d’Arsonval, de porter à l’incandescence une lampe placée entre ses doigts, quand on lui fait arrondir les bras parallèlement aux spires.
- 3" Lit condensateur. — Le malade, 'couché sur une chaise longue, est relié à l’une des
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- extrémités du petit solénoïde au moyen d’une barre métallique qu’il tient entre les mains; l’autre extrémité est en communication avec une large plaque métallique disposée sous la chaise et séparée du patient par un matelas isolant (fig. 5).
- Fig. 5. — Lit condensateur.
- Le sujet constitue ainsi l’une des armatures d’un condensateur et se trouve soumis à des courants de charge et de décharge. La seule sensation qu’il éprouve est une sensation de chaleur aux poignets.
- Sous l’influence de la d’Arsonvalisation, les échanges respiratoires sont augmentés, de même que les échanges organiques.
- Son action sur le système circulatoire se traduit par une dilatation des A'aisseaux périphériques, amenant un abaissement de la tension artérielle; peu après, cette dilatation est suivie d’une contraction énergique, de sorte que la tension artérielle remonte, comme l’a signalé d’Arsonval.
- Zimmern et moi, avons pu mettre en évidence l’élévation de la température centrale sur des chiens soumis à la d’Arsonvalisation et chez lesquels le système régulateur avait été troublé par injection de substances toxiques. Le phénomène ne s’observe pas chez un sujet, normal, qui se défend contre l’élévation par ses moyens naturels (sudation chez l’homme, polypnée chez le chien).
- Un fait, relativement constant, est la sensation de faim remarquable éprouvée par beaucoup de personnes après chaque séance de haute fréquence.
- Les premiers essais thérapeutiques d’autoconduction ont été faits sur des arlériosclé-
- reux hypertendus. Chez ces malades, quelques auteurs ont constaté des abaissements notables de la tension artérielle ; d’autres affirment n’avoir jamais obtenu pareil résultat. Nous laisserons de côté cette discussion pour dire simplement que, quoi qu’il en soit et dans tous les cas, les artérioseléreux éprouvent un soulagement immense à leurs maux à la suite de la d’Arsonvalisation. Leurs malaises, étourdissements, vertiges, céphalée, oppression, disparaissent après quelques séances.
- Dans le rhumatisme chronique, la goutte, et d’une façon générale chez les arthritiques, la d’Arsonvalisation agit d’une façon remarquable.
- Elle a sa place tout indiquée dans les cas de mauvaise circulation périphérique, contre cette sensation de froid insupportable, dont se plaignent, si souvent les artérioseléreux.
- Un autre mode d’utilisation des courants do haute fréquence consiste à élever leur tension, résultat que l’on peut obtenir de deux façons différentes: i° par induction; a" par résonance.
- Le second procédé, de beaucoup le plus commode pour les applications médicales, a été largement emprunté à la médecine par la télégraphie sans fil. Tout le monde connaît à l’heure actuelle le résonateur du D1'Oudin et son principe, ce qui nous dispensera d’insister sur ce remarquable appareil (fig. fi).
- Les applications de haute tension constituent le groupe de ce que l’on a appelé des applications locales. Elles se pratiquent sous forme d’effluves ou d’étincelles, en reliant des électrodes appropriées, avec manches isolants, à l’extrémité libre du résonateur.
- Elles possèdent des effets sédatifs remarquables; aussi voit-on certains états névralgiques, les douleurs provoquées par le zona, céder après quelques séances, de môme que certains prurits rebelles. _
- Elles constituent également un excellent procédé de révulsion locale, indolore, qui
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- trouvera son emploi dans les douleurs articulaires, dans certaines contractures douloureuses, comme le lumbago, le torticolis, etc. Ce procédé est d’autant plus précieux qu’il peut être répété quotidiennement sans inconvénient pour la peau.
- Le traitement de la fissure anale, affection si douloureuse, découvert par Doumer, utilisera les propriétés antispasmodiques de
- et souvent de prévenir la crise. Son action sédative s’exerce rapidement sur les phénomènes douloureux, qui se dissipent après quelques séances.
- Beaucoup d’affections de la peau sont traitées avec succès par la haute fréquence, comme l’acné, certaines manifestations eczémateuses, etc. Les étincelles de haute fréquence constituent un excellent mode de
- r, '• V‘ ‘
- A -V."
- Fig. G. — Résonateur d’Oudin disposé pour effluvation.
- la haute fréquence, en même temps que son action sur la cicatrisation de la fissure.
- Signalons aussi ses propriétés décongestionnantes que l’on met à profit dans les crises hémorroïdaires aiguës. Certes, il ne faut pas voir là un moyen de cure radicale, mais la haute fréquence est capable d’atténuer une poussée hémorroïdaire, de modérer
- destruction des verrues, des petits cancers cutanés, et, sous le nom de fulguration, elles ont été employées ces dernières années dans le traitement des tumeurs malignes.
- hayons X
- Bien que les rayons X ne constituent pas une application directe de l’électricité, qui n’intervient que comme source d’énergie
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- pour leur production, nous les traiterons néanmoins, car leur emploi en médecine a acquis une importance considérable. Cela nous permettra également de dire deux mots des progrès remarquables réalisés par l’industrie électrique dans l’outillage destiné à l’excitation intensive du tube de Crookes.
- La façon la plus simple d’exciter un tube à rayons X, quand on dispose d’un secteur à courant continu ou d’accumulateurs, consiste à employer une bobine de Ruhmkorff munie d’un interrupteur dont on peut faire varier le nombre des interruptions; à cet égard, les meilleurs sont les interrupteurs-turbines à mercure à diélectrique gazeux (gaz d’éclairage, vapeur d’éther). Le nombre d’interruptions par seconde pour la meilleure marche d’une ampoule à rayons X est d’environ 3o, comme nous l’avons établi en 1905.
- Cette fréquence a l’avantage d’assurer un fonctionnement régulier et prolongé, sans variation notable de l’état de vide du tube.
- Les secteurs à courant alternatif se répandant de jour en jour, il a fallu songer à utiliser celte forme d’énergie. De là sont nés divers dispositifs que nous allons passer rapidement en revue.
- L’un des plus simples consiste à employer un interrupteur-turbine mû par un moteur synchrone et rompant seulement sur Tune des alternances, de façon à avoir au secondaire un courant de haute tension toujours de même sens.
- Avec ce dispositif on n’utilise que la moitié du courant alternatif et on est assez limité comme intensité au secondaire. Pour obtenir des intensités plus élevées on a construit des interrupteurs rompant sur chaque alternance, et pour que le courant de haute tension soit toujours de même sens, la bobine a deux enroulements primaires de sens inverse.
- Villard a indiqué un procédé qui consiste à lancer le courant alternatif dans un transformateur à haute tension. La décharge pouvant être trop puissante, on coupe le circuit par un condensateur de façon à limiter le débit dans le tube.
- Dans tous ces dispositifs,.on a deux courants secondaires de sens inverse : le courant de fermeture et le courant de rupture, quand on emploie des interrupteurs ; l’onde produite par la seconde alternance, quand on s’adresse au procédé de Villard. Or il est absolument indispensable que la décharge dans un tube à rayons X soit toujours de même sens, à cause du phénomène d’évaporation électrique que présentent les métaux.
- O11 sait, en effet, que dans un tube à vide, le métal qui constitue l’électrode négative ou cathode, sous l’influence des décharges électriques, se pulvérise, et cette poussière, venant se coller sur les parois, rend le tube rapidement inutilisable. L’aluminium étant le métal qui présente ce phénomène à un degré excessivement faible est employé à la constitution des cathodes des tubes de Crookes.
- Il est donc indispensable de supprimer l’une de ces ondes ; on arrive à ce résultat en intercalant des soupapes dans le circuit du tube.
- Les soupapes, tout en étant des appareils précieux, demandent un réglage assez soigneux et compliquent un peu l’installation. Il n’est donc pas étonnant que l’on ait cherché à les supprimer.
- La première solution pratique a été donnée par l’américain Snook.
- Le principe consiste à redresser, au moyen d’un commutateur tournant, mû par un moteur synchrone, le courant alternatif de haute tension fourni par un transformateur.
- Le nombre des commutateurs tournants est assez considérable; mais tous dérivent de l’appareil de Snook, qui lui-même n’est qu’une modification du commutateur de Clarke, adapté à la haute tension.
- Tout autre es t le contact tournant de Delon, qui repose sur un principe différent et vraiment original. Cet appareil était destiné à l’origine à essayer des câbles _pour le transport des courants à haute tension. En
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- voici le principe, tel que l’auteur lui-même l’a donné (*).
- « Considérons :
- i° Un système tournant, composé d’une tige conductrice mobile autour d’un axe C et actionné par un moteur synchrone;
- Quatre balais b, b% b3 &4 calés à 90 degrés l’un de l’autre sur la circonférence que décrivent les extrémités de la tige t ;
- 20 Un condensateur C dont l’armature A
- Fig. 7. — Contact tournant de Delon.
- est reliée au balai b{, l’armature B étant reliée à l’une des bornes P d’un transformateur à haute tension ;
- 3° Un transformateur de courant alternatif dont l’une des bornes P est reliée à l’armature B du condensateur, ainsi que nous venons de le dire ; l’autre borne Q est reliée aux deux balais b3 è4.
- « Le tube de Crookes est branché entre les balais bx et b%.
- « Dans ces conditions, si le moteur synchrone actionnant le système tourne à une vitesse angulaire égale à la moitié de la pul-
- ÉLECTRIQUÊ T. XIV (2* Sérié). — N» à*.
- sàtion du courant alternatif et, si l’appareil est réglé de telle sorte que la tige t se trouve dans la position I, lorsque la différence de potentiel aux bornes du transformateur est à son maximum positif par exemple, le condensateur C se charge sous une différence de potentiel égale à -f- Emaï et conserve cette charge, puisque le circuit est immédiatement rompu par le jeu de la tige t. Une demi-période après, la tige a fait un quart de tour et se trouve dans la position II. La différence de potentiel aux bornes du transformateur est alors égale au maximum négatif, et le pôle Q se trouve mis en relation avec la borne b%.
- « On voit alors que le condensateur et le transformateur agissent comme deux sources de force électromotrice égales, mises en série, et que l’on dispose ainsi, entre les balais bx et b2, d’une différence de potentiel double de la force électromotrice maxima que produit le transformateur.
- « Le tube branché entre b{ et ô2 est donc soumis à la différence de potentiel totale. Il est parcouru par un courant dont la valeur dépend de la durée du contact b% bk et de la capacité du condensateur.»
- La puissance de ces appareils est en quelque sorte illimitée, et dépend uniquement de celle du transformateur. Ils permettent de faire des radiographies en une fraction de seconde.
- Les rayons.X sont utilisés:
- i° Gomme moyen d’exploration ;
- 20 Comme agent curatif.
- Les procédés d’exploration sont au nombre de deux : la radiographie ou impression d’une plaque photographique, et la radioscopie ou examen sur un écran au platinocyanure de baryum rendu fluorescent par l’action des rayons X. L’un et l’autre reposent sur cette propriété que certains corps sont transparents pour les rayons X, tandis que d’autres sont opaques. Les corps opaques porteront ombre, de sorte que la plaque ne sera pas impressionnée au-dessous d’eux, et de même l’écran ne s’illuminera pas.
- (') Archives d’Electricité médicale, 10 juin 1910.
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- Nous ne ferons que signaler les services immenses que rend quotidiennement la radiographie dans le diagnostic des affections du squelette, la recherche des corps étrangers.
- La radioscopie permet de confirmer et de préciser certains diagnostics hésitants particulièrement dans les maladies du poumon. Les affections du tube digestif ont largement bénéficié aussi dans ces dernières années de ce mode précieux d’exploration.
- L’idée d’employer les rayons X comme agent curatif est née de l’observation de certains accidents cutanés par les opérateurs sur eux-mêmes, particulièrement sur les mains, à la suite d’expositions trop prolongées et souvent répétées. Si ces accidents ne sont pas à redouter pour les malades, à cause de leur connaissance et des moyens de dosage que l’on possède, ils sont cependant Un danger pour le médecin qui l'ait des applications fréquentes de rayons X.
- Les maladies de la peau sont d’une façon générale heureusement modifiées par la ra-
- diothérapie, comme le lupus,* les petits cancers cutanés, l’eczéma, les prurits, etc.
- Il faut signaler également les résultats merveilleux obtenus dans le traitement des teignes.
- Les verrues, certaines productions cornées de la. peau sont traitées avec succès par les rayons X, et cetté méthode est d’autant plus remarquable qu’elle est absolument indolore.
- Citons encore l’heureuse influence que possèdent les rayons X sur les ganglions tuberculeux, sur les fibromes, etc. Dans la leucémie, les effets de la radiothérapie sont excellents, et ils le sont d’autant plus qu’on n’a pas, à l’heure actuelle, d’autre traitement pour lutter contre cette maladie.
- Telles sont, parmi beaucoup d’autres, quelques-unes des affections contre lesquelles on peut lutter par l’emploi des rayons X.
- Dr S. Turchini,
- Lauréat de l’Institut.
- LES MOTEURS D’INDUCTION A VITESSES MULTIPLES
- On convient d’appeler machine à vitesse constante le moteur d’induction ordinaire; et, en effet, lorsque la charge varie entre zéro et une forte surcharge, sa vitesse demeure pratiquement constante. Ceci suppose que le voltage et la fréquence du courant d’alimentation ont les valeurs normales, pour un moteur de type également normal.
- Dans les moteurs dont la résistance secondaire est grande, il est difficile de régler la vitesse, mais, à vide, elle est invariable. Si l’on peut faire varier la résistance du secondaire, la vitesse en charge peut être modifiée e! l’on obtient ainsi un moteur à vitesse variable.
- Un moteur à vitesses multiples est, au contraire, une machine qui possède deux ou plusieurs vitesses de synchronisme ou vi-
- Fig. i.
- tesses à vide. Si la fréquence du courant d’alimenlalion est constante, le. seul procédé pour obtenir differentes vitesses de synchro-
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- nisme est de modifier le nombre des pôles.
- Nous avons déjà discuté les méthodes propres à atteindre ce but (‘); on peut employer l’un des trois procédés suivants :
- l'aide de schémas, différentes combinaisons possibles.
- On utilise le type d’enroulement en barres ou à double couche, tel que celui de la fi-
- / 2 3 6 S 6 7 B 3 6 10 II 12 13 16 16 II 19 3 17 19 I 2 » 6 S S 7 9 9 S tO H >2 H 14. 16 II 16 3 17 /»
- 6 po/es
- 10 po/es Fig. 2a.
- a) Modifier le mode de couplage des bobines d’un moteur donné ;
- b) Disposer sur le même moteur deux ou plusieurs groupes de bobines indépendants ;
- 10 pôles
- 6 pôles
- c) Monter en cascade deux ou plusieurs moteurs entièrement différents.
- Nous nous proposons de revenir sur la
- gure i : on voit de quelle manière les bobines sont montées sur le noyau; chaque rainure contient un côté de deux bobines différentes. Avec ce mode de connexions, le pas de l’enroulement, compté d’un côté à l’autre d’unébobine, correspond, en général, à 180 degrés électriques pour le plus grand nombre de pôles. Ce chiffre n’est pas rigoureux, mais il n’est pas avantageux que le pas d’une bobine soit supérieur à îoo % et, d’autre part, s’il est inférieur, les pertes sont beaucoup plus grandes et le rendement mauvais pour le plus petit nombre de pôles.
- Les figui'es 2 montrent quelles bobines on peut relier électriquement, d’une façon permanente, dans un moteur à 90 bobines, des-
- 1 2 3 4- S Z 6 5 7 9 8 7 3 3 I 2 9 4 S 2 € 6 5 4 9 S / 7 J
- 6 po/es
- première cle ces méthodes pour décrire,
- 1
- C) Gr. Reist et H. Maxwell. Multispeed induction motors. Proceedings of tke american Institute of elec-l'rical Engineers, juillet 1909.
- 10 potes Fig. 3a.
- à | tiné à donner soit 6, soit 10 pôles. Il y a visiblement 18 groupes de bobines, ce qui donne, au total, 36 conducteurs à mener au tableau de connexions. Toutefois, une ex-
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- trëmité de chacun des groupés de bobines
- 7 8
- S S
- - 4 2
- 3 h 1 1 3
- '2 1 / 6 1 8 1 1 4 1 / 6
- 6 potes 10 potes
- Fig. 36.
- 1,3, 18, peut être connectée à demeure au
- sortir de la machine. L’enroulement que représente la figure 2 est l’enroulement triphasé ordinaire, dans lequel un pôle de chaque phase embrasse un angle de 60 degrés électriques.
- Les figures 3 s’appliquent à un autre dispositif destiné à obtenir le même résultat (6 et 10 pôles) dans le même moteur. Ici, l’enroulement est irrégulier, au lieu d’avoir la disposition courante, mais il n’y a plus que 8 groupes de bobines, d’où 16 conducteurs seulement allant au tableau. On obtient le
- mUUmUUllWItWHMWMimiMMttttlUlUUlHUUllllilHHlWHUW
- 6 potes
- tlfflPdiiwiiwuiuuiiwuwMP
- 12 potes Fig. 4a.
- point neutre, de sorte que, grâce à cet arti-
- 6 potes (Tableau!, a)
- 12 potes (Tableau I, /')
- Fig. 46.
- 12 potes
- 6 potes
- fice, il ne reste„que 33 conducteurs à faire
- 6 potes 12 potes
- (Tableau I, b) (Tableau I. e) Fig. 4b'.
- 12 potes
- 6 potes
- Tableau I.
- VITESSE MODE DE MONTAGE PUISSANCE MAXIMA APPROXIMATIVE DÉBITÉE PAR LE MOTEUR
- 100 2 circuits triangle IOO
- 5o étoile-triangle I I
- h 100 2 circuits étoile 10 J
- 5o 1 » étoile '2 2
- IOO 2 circuits étoile IOO
- jo r » triangle 66
- d IOO 1 circuit triangle IOO
- i 5o 2 » étoile n7
- IOO i circuit étoile IOO
- JO 2 » étoile 35o
- f IOO étoile-triangle — IOO
- • 5o 2 circuits triangle 700
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- même chiffre pour un enroulement biphasé, avec quelques petites différences dans le mode de couplage.
- 6 potes 12 potes
- ( Tableau /, c) ( Tableau I, d)
- 12 potes
- 6 potes
- Les figures 4 sont, elles aussi, relatives à un moteur triphasé comportant 90 bobines. Les connexions de l’enroulementqu’elles schématisent permettent d’obtenir 6 et 12 pôles. C’est de ce moteur qu'il était question dans l’article auquel il est fait allusion ci-dessus, et c’est à lui que s’applique le tableau I que nous avons déjà donné et que nous reproduisons ici de nouveau (*). Il n’est plus besoin que de 6 conducteurs et on obtient soit la pleine, soit la demi-vitesse suivant les modes de montage indiqués dans le tableau I.
- Rappelons que cet enroulement, à pleine vitesse, n’est autre que l’enroulement triphasé normal, chaque pôle de chaque phase embrassant 60 degrés électriques. A demi-vitesse, on a encore un enroulement triphasé
- (4) C’est la combinaison c qu’on utilise généralement, car elle réalise le mieux les conditions de proportion-, nalité de la puissance et de la vitesse (couple constant aux deux vitesses).
- équilibré, mais l’angle en question est de 120 degrés électriques (J).
- J. Reist et H. Maxwell.
- C) En ce qui concerne les procédés b et c dont il n’est pas question ici, nous résumerons brièvement les considérations développées par les auteurs dans leur article antérieur (Proceedings).
- Dans la méthode b, on utilise le même circuit magnétique pour n’importe quelle vitesse; les enroulements étant indépendants, il faut trois conducteurs pour chaque vitesse s’il s’agit de moteurs triphasés, et quatre dans les biphasés.
- On fait, en général, des encoches assez larges pour contenir les deux enroulements (ou davantage), dont chacun correspond à une vitesse, mais il est peu pratique d’employer plus de deux enroulements. Les puissances maxima sont indépendantes, mais, pour bien utiliser la matière, elles doivent être proportionnelles à la vitesse. Ces moteurs ont des dimensions plus grandes que les dimensions normales, à cause de la place plus grande occupée par le cuivre et l’isolant. L’espace énorme occupé par ce dernier dans les moteurs à haute tension, empêche alors d’adopter celte méthode. Il est naturellement possible de combiner le procédé a avec celui-ci, mais la complication est très grande et les réparations difficiles.
- La méthode c s’applique à deux moteurs. C’est le montage en cascade, bien connu : le secondaire du premier est relié au primaire du second. D’où quatre vitesses de synchronisme : deux pour les moteurs en fonctionnement indépendant et deux pour les moteurs en fonctionnement combiné (dans l’hypothèse où les nombres de pôles des deux moteurs sont différents).
- On peut employer deux moteurs à demi-vitesse décrits ci-dessus (4-8 pôles et 6-12 pôles, par exemple). Le nombre de combinaisons devient très grand. (Dans l’exemple en question, on a toutes les vitesses correspondant ii 4, .•., 20 pôles, sauf 18.)
- En raison de la très grande variation dé puissance débitée aux deux vitesses, la matière est en général mal utilisée à grande vitesse, et ce tyrpe de machine convient mieux au cas où les vitesses variables sont voisines. Enfin, le facteur de puissance est faible. N. D. L. R.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- ''Nouveaux appareils dè mesure. —Th. Bru-ger. — Elektrotechnischç Zeitschrift, 25 mai 1911.
- L’auteur décrit trois nouveaux appareils de mesure construits par la Société Hartmann et Braun.
- Le premier de ces appareils est monté de manière à permettre soit l’emploi du pont de Wheatstone à fil divisé pour la mesure des résistances de 100 à 100000 ohms, soit celui de la méthode de déviation pouy la mesure des résistances d’isolement.
- La figure 1 montre le schéma de montage de cet
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- appareil : d représente le fil divisé, monté en série avec nçuf résistances additionnelles dont chacune a la môme valeur que le fil lui-même; a est la résistance de comparaison qui peut être divisée en plusieurs sections, G le galvanomètre et v une grande résistance, de ioooou ohms par exemple, pour les mesures d’isolement ; enfin un commutateur u à 3 positions sert pour le passago de Tune des méthodes à l'autre.
- Fig. i.
- Les quatre bras du pont sont constitués par les deux sections du fil divisé, d’une part, et d'autre part par la résistance de comparaison n et la résistance à mesurer désignée, sur le schéma,par x. Pour l’emploi de cette méthode le commutateur u doit être placé sur le contact marqué n. L’équilibre s’obtient naturellement en agissant sur le curseur h et, à l'aide d’une manette, sur les résistances additionnelles. Le fil est sectionné en ioooo divisions pour chacune desquelles des tables donnent directement la valeur
- a
- du rapport - de scs deux parties. Pour faire les me-
- sures d’isolement on place le commutateur h successivement sur les plots marqués ioB et E; on augmente la tension de la batterie et on connecte le câble à la borne de droite marquée x sur le schéma tandis que le contact E est mis cà la terre. On cherche alors, en agissant sur le curseur et sur les résistances additionnelles, à obtenir au galvanomètre la même déviation pour les deux positions du commutateur u correspondant respectivement à la résistance de comparaison 9 et à la résistance d’isolement a mesurer. Si l’on désigne par I le courant total qui parcourt le circuit et par g la résistance du galvanomètre, le courant i qui passe dans celui-ci est donné par la formule :
- I a
- i ~
- g + d
- Or, on peut négliger la résistance réduite du gal-
- vanomètre et de son shunt devant colles de 9 et de x de sorte que les valeurs do I, correspondant aux deux positions du commutateur w,sont données respectivement par les relations :
- i,=f i* = -, w
- 9 X
- e étant la tension de mesure.
- Or, si l’on tient compte de la relation (i), le rapport des valeurs correspondantes de i est :
- Lx’ &cc
- av et ax étant les valeurs de a correspondantes.
- D’où l’on tire enfin, on tenant compte des relations (a) :
- iv x av i
- ix v ax *
- Or, si l’on règle av et ax de manière â obtenir la même déviation au galvanomètre dans les deux cas, on a évidemment iv ~ fad’où :
- cix
- ~ ’ &t> *
- Le deuxième appareil, destiné à la mesure des coefficients de self-induction, est également monté en pont de Wheatstone, mais de manière à per* mettre de réduire au minimum le nombre des mesures nécessaires.
- G[y) ex
- n a
- Fig. 2.
- La figure o, en représente le schéma; L est une résistance inductive dont le coefficient de self-induction est L et la résistance ohmique R, r une résistance non inductive du même métal que L, de manière que l’on ait à toute température R = /’; n est une résistance à fiches avec fil divisé pour en parachever le réglago, X la bobine h mesurer dont le coefficient de self est X et la résistance ohmique x, enfin a -|~ b et c. d sont deux fils calibrés d’égale résistance, sur lesquels se déplacent respectivement deux
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- curseurs accouplés mécaniquement, mais isolés électriquement, de telle sorte que l’on ait toujours ci = c et b — d; G est J’appareil de zéro, galvanomètre par exemple; enfin la source de courant se connecte aux bornes J. Si l’on fait d’abord une mesure en courant continu, on obtiendra l’équilibre pour n — x, et cela quelle que soit la position du curseur, puisque l’on a toujours R a — c et
- b — d. Si l’on fait ensuite une mesure en courant alternatif sans modifier n, l’équilibre ne sera, par contre, obtenu que pour une position déterminée du curseur correspondant à quatre valeurs également déterminées a0, b0, c0 et dB. Le coefficient de self-induction cherché sera alors donné par la relation
- X = L Vr-A
- «o "T r
- r co + n ,, ,
- Le rapport —-—-------peut se déterminer 1res snn-
- dB + >'
- plement à l’aide d’une troisième mesure effectuée en courant continu, mais en séparant les deux curseurs et en mettant L et A en court-circuit à l’aide des interrupteurs visibles sur le schéma de la figure 2 ; on modifie alors a et b, sans changer c0 et d0 jusqu’à ce que l’on obtienne l’équilibre du galvanomètre; une
- table spéciale donne la valeur du rapport -, c’est-
- à-dire précisément, comme on le voit facilement, celle du rapport cherché.
- Afin d’étendre le champ de mesure de l’appareil, on a prévu en outre le montage de deux résistances additionnelles, à fiches respectivement en série avec R et r, et aussi selon les cas avec x et n.
- Enfin, le troisième appareil, basé encore sur la méthode du pont de Wheatstone, sert à la mesure des terres de paratonnerre.
- Fig-, 3.
- Lfe schéma de cet appareil est représenté par la figure 3; a, b et r désignent trois résistances, dont les deux premières a et b sont invariables, tandis que la troisième /' est constituée par un fil le long
- duquel glissent deux curseurs K, et K2. E, et E2 sont les deux résistances de terre à déterminer, que, l’on connecte aux bornes marquées des mômes lettres, tandis que le contact de terre auxiliaire se connecte au point H. Un téléphone T peut être relié, à l’aide d'un commutateur, soit à E,, soit à H; ce téléphone est relié d’autre part au curseur Ki, tandis que l’autre curseur K2 est constamment relié à E2; enfin J représente la source de courant. La mesure se fait, d’après le procédé de Stossel, en reliant d’abord T et Et ; on a alors, à l’équilibre :
- en désignant par ia et it, les courants respectifs en a et b. K, est alors placé en pt à l’extrémité de r.
- On relie ensuite T et H et on déplace Kj jusqu’à ce qu’on ait de nouveau l’équilibre, ce qui correspond à une position p2 (indiquée en pointillé) p, étant d'après la première mesure au même potentiel que E,, lorsque l'équilibre est rétabli, les potentiels sont de même égaux en p2 et H, ce qui donne :
- / . la __ ^1 __ ^2.
- Ci et <?2 désignant respectivement les résistances des deux sections px p2 e|; P2 K2 de r. Des relations (1) et (2) on tire finalement les valeurs des deux résistances de terre cherchées :
- T, a a
- Ej = Ci y et E2 — e2 b b
- Le rapport - étant fixe, on peut placer, le long de
- une échelle graduée en ohms permettant de lire directement, sans aucun calcul, les valeurs respectives de E, et de E2.
- M. K.
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES
- Sur un rayonnement émis à l’intérieur des lampes à incandescence. — L. Houllevigue. — Comptes Rendus, 8 mai 1911.
- Les lampes à incandescence à filament de carbone présentent parfois, lorsqu’elles sont survoltées, une lueur bleuâtre qui remplit toute l’ampoule, et s’éteint généralement en moins d’une minute.
- L’analyse de cette lueur au spectroscope montre
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- 17 Juin 1911.
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- les raies du mercure (sans doute de la vapeur de mercure qui reste dans l’ampoule après qu’on a fait le vide). D’une manière générale, cette lueur se comporte comme si elle était composée d’électrons projetés par le filament. Mais l’auteur fait observer que, toutefois, l’action d’un champ magnétique ne se manifeste jamais par une déviation, mais par un. raccourcissement de la lueur, quelle que soit la direction du champ.
- A. S.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- De la durée des poteaux en bois imprégnés par différents procédés. — Elektroteclmik and Maschinenbau, 5 mars 1911.
- Il est intéressant de connaître la durée moyenne des poteaux en bois imprégnés au sulfate de cuivre, généralement employés pour l’établissement des lignes. A cet effet, M. Nowotny avait déjà fait paraître (‘) un tableau de la durée moyenne de ces poteaux, déduite de la statistique de 1906, dans différentes régions d’Autriche.
- Dans un nouvel article, il établit un second tableau comparatif des résultats obtenus en 1909, dans les mêmes conditions. Il convient de tenir compte, dans l’établissement de la statistique des poteaux mis hors service et remplacés, de l’augmentation annuelle du nombre de poteaux installés. Ce sont les chiffres ainsi modifiés qui seront considérés.
- Les valeurs obtenues en 1909 sont généralement plus élevées que celles résultant de la statistique de 1906 ; ce fait provient de ce qu’il entre en ligne de compte en 1909 un plus grand nombre de poteaux mis hors service par suite de pourriture et de leur grand âge ; il ne faudrait néanmoins pas en conclure que la durée moyenne tendra à augmenter.
- Il résulte de l’étude du tableau ainsi établi que la durée moyenne varie de 9 à 22 ans, suivant les régions d’Autriche. Les deux causes principales de l’usure des poteaux résident :
- i° Dans les conditions climatériques de la région et dans les conditions du sol, qui favorisent ou non la naissance des champignons;
- i° Dans l’établissement des lignes : la pose de nouvelles canalisations sur des poteaux déjà existants augmente leur charge et diminue leur durée. La
- question des frais d’établissement du réseau entre donc en jeu pour l’évaluation de la durée moyenne des poteaux.
- Il est des poteaux qui durent jusqu’à 41 à 44 ans; et un très grand nombre n’ont été mis hors service et remplacés qu’après une durée égale au double de la durée moyenne.
- Le chiffre admis en France est de i5 ans.
- En Allemagne, l’on admet une durée moyenne de i4,5 ans, d’après la récente statistique du Dr Moll dont nous allons maintenant parler.
- Il résulte donc d’une étude récente de M. F. Moll(') que les poteaux imprégnés au sulfate de cuivre ont donné lieu, au cours de ces dernières années, à de nombreux mécomptes, particulièrement en Autriche. Tandis que la durée de ces poteaux atteignait en effet 20 ans en moyenne pour les lignes nouvellement installées, elle tombait à 3 ou 4 ans pour les lignes reconstruites. Ces constatations conduisirent les administrations intéressées à expérimenter, il y a environ 7 ans, d’autres procédés : 20 000 poteaux furent soumis dans ce but à divers traitements. Bien que ce laps de temps soit trop court pour permettre de prononcer un jugement définitif sur la valeur de ces divers procédés, il est possible de donner un compte rendu sommaire des résultats obtenus. La plupart des procédés en question sont basés sur l’emploi des sels de fluor et en particulier du fluorure de zinc et du fluorure de sodium. Les propriétés antiseptiques de ces sels protègent efficacement le bois contre la pourriture; mais au point de vue économique les résultats obtenus ne sont pas supérieurs à ceux dus au créosotage et à l’imprégnation au sublimé corrosif, employés dans une très large mesure depuis i85o. D’autre part, les résultats obtenus par l’administration autrichienne avec l’huile de goudron,depuis 1880,ont été probants, de même qu’en Allemagne. Quant au procédé qui consiste à imprégner les poteaux de sublimé et qui a été reconnu le meilleur en Allemagne depuis 60 ans, il s’est peu répandu en Autriche jusqu’à ces dernières années à cause des craintes émises par le corps médical au sujet des dangers d’empoisonnement qui pourraient en résulter pour les ouvriers ; mais il a été prouvé que l’existence de ce danger dépendait exclusivement de la propreté des ouvriers.
- En résumé, les poteaux imprégnés par ces différents procédés présentent, d’après les résultats acquis dans les diverses contrées, les durées
- (1) Êlehtrotechnik und Maschinenbau, n° 48, 1907.
- (*) Elektrotechnische Zeitschrift, a5 mai 1911.
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- T. XIV (2» Série). — N* 24.
- moyennes suivantes : 20 à 22 ans pour les poteaux imprégnés à l’huile de goudron, 17 ans environ pour les poteaux imprégnés au sublimé, 14 à 16 ans pour les poteaux imprégnés au sulfate de cuivre ; toutefois, en Autriche, on a constaté que les poteaux traités au sulfate de cuivre ne dépassaient pas 12 ans en moyenne. Quant au chlorure de zinc, il donne aux poteaux une durée moyenne de 12 années 5 enfin les poteaux non imprégnés durent de 5 à 7 ans, s’il s’agit de poteaux en sapin et de 9 à 11 ans, s’il s’agit de poteaux en mélèze.
- Si l’on tient compte du prix des poteaux et des frais nécessités par le traitement et l’installation de ceux-ci, les prix globaux en Allemagne s’élèvent à 3 fr. par an et par mètre cube de bois pour l’huile de gbudron, à 4fr. 35 environ pour le sulfate de cuivre, et,à 5 francs pour le chlorure de zinc.
- Quant aux poteaux en ciment et en béton armé, leur prix- de revient est encore, à l’heure actuelle, sensiblement supérieur à celui des poteaux en bois s,oumis à un traitement efficace.
- Leur emploi ne peut, par suite, être pris en considération que dans l’intérieur des villes, là où les questions économiques doivent céder le pas aux considérations esthétiques.
- J.-L.M.
- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Aciers au cvpro-nickél. — H. Clamer (f). — Metallurgical and Chemical Engineering. — Septembre 1910.
- L’auteur rappelle d’abord les qualités d’aciers au cupro-nicke! obtenus par mélange des trois corps en proportion convenable. De tels alliages, presque aussi résistants que le ferro-nickel, sont beaucoup moins cassants, et leur allongement à la rupture est beaucoup plus élevé. Ils résistent bien aux agents d’oxydation atmosphérique, De tels alliages pour-raient d’après l’auteur remplacer les aciers au nickel ayant de 25 à 35 % de nickel, étant donné leur prix de revient'plus faible.
- On peut, en effet, les préparer par additions de métal Monel (qui se vend à peu près au prix du cuivre), ou par le traitement direct des minerais de nickel de Sudbury (par fusion, bessemcrisation, grillage de la matte, réduction des oxydes provenant de ce grillage). Dans l’un et l’autre cas leur prix de
- revient les rend intéressants pour la fabrication des faîtages, gouttières, tuyaux, ventilateurs, et toutes applications où leur faible coefficient de dilatation et leur résistance à l’oxydation compense le petit supplément de prix.
- En tôles également ils peuvent servir pour des applications analogues, à condition de faire ees tôles plus minces que les tôles de fer ou de cuivre, ce que permettent leurs propriétés mécaniques.
- Ces aciers au cupro-nickel à dosage élevé en cuivre et nickel sont comparables à l’acier au nickel de composition cristalline (25 % Ni, ou un peu moins, s’il y a du carbone), le cuivre y faisant sensiblement fonction de nickel.
- En présence de ces résultats, l’auteur poursuivi ses essais en partant du métal Monel, et en réalisan un dosage beaucoup plus faible ; il s’agissait en effe de voir quelle proportion de nickel on pouvait remplacer par du cuivre dans de l’acier au nickel de dosage inférieur à 6 % •
- Le tableau suivant donne les propriétés physiques de quelques-uns de ces alliages :
- Tableau I
- tn O ‘W S P ?5 MÉTAL MONEL % U S O „ 3 ^ < 0 RÉSISTANCE A LA RUPTURE (kilogr. par cer.tîm. carré) LIMITE ÉLASTIQUE (kilogr. par . centim. carré) ALLONGEAIENT % !, W ü* i«
- I 4 0,11 5 85o 4 640 26,5 65,4
- 2 3 0,10 5 270 4 520 25,5 7!»4
- 3 2 0,15 5 285 4 460 28,0 65,4
- 4 4 0,67 10 570 8 400 8,0 00
- Récemment MM. Burgess et Aston, travaillant complètement indépendamment de l’auteur, pnt confirme ces résultats dans leur étude d’alliage de cupro-nickel avec du fer électrolytique (').
- Dans la discussion de la communication de M. Clamer au congrès d’Atlantic City le Dr A. Mathews confirme à son tour ces résultats, en rendant compte de données recueillies par lui sur un alliage analogue.
- Les gueuses ayant servi à la fabrication de l’acier avaient été produites au Canada au haut-fourneau
- (') Voir Lumière Electrique, io juin 1911, p. 3i2.
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- 1? Juin 1911.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- électrique Héroult, puis la fonte traitée au four Héroult pour donner l’acier, de sorte que toute la fabrication avait été électrique,
- La composition de l’acier était la suivante :
- Carbone....................... 0,44 %
- Silicium...................... O,o34
- Manganèse..................... o,5o
- Phosphore..................... 0,013
- Soufre........................ n,oi 3
- Nickel........................ 3,62
- Cuivre........................ 0,48
- On le compara à un acier Martin de la composition suivante :
- Carbone 0,46 %
- Silicium
- Manganèse <>,7°
- Phosphore 0,021
- Soufre o,o34
- Nickel 3,36
- Cuivre
- Les éprouvettes, de millimètres de diamètre, furent essayées simultanément. L’acier au nickel se montra un peu plus facile à travailler, mais là s’arrêta son avantage. A l’état forgé ou recuit, les éprouvet tes accusèrent une résistance à la rupture et une limite élastique presque identique; mais l’allongement à la rupture et la limite élastique furent tout en faveur de l'acier au cupro-nickel, quel que fut le traitement subi par les éprouvettes.
- Cette supériorité vient-elle du cuivre ou de la fusion électrique ? Le Dr Mathews ne se prononce pas sur cette question, mais déclare en tout cas le deuxième produit bien supérieur au premier.
- M .L.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Surlesprogrèsdu téléphone.— W.Wagner,—-
- Elektrotechnische Zeitschrift, 26janvier et 2 février icjii
- Le meilleur téléphone, jusqu’à présent, reste le téléphone électromagnétique découvert en 1876 par Graham Bell et Elisha Gray (•). Le téléphone électrostatique et le condensateur parlant (3) n’ont eu
- (* *) Le principe de ces téléphones doit être attribué à Philipp Reiss. Voir Tu. Karrass, Geschichte der Télégraphié, tome I, art. 192, p. 452, 1909.
- (2) H. Abraham, Comptes Rendus, tome CXLIV, 1907, p. 1 154; Ort et Rieger, Elektrotechnische Zeitschrift, 1909, p. 655; Peukert, Elektrotechnische Zeitschrift. 1909, p. 5i. .
- aucune valeur pratique : les effets mécaniques d’origine électrostatique sont de beaucoup plus faibles que ceux d’origine électromagnétique (1). Les téléphones clectro-dynamiques (a), où l’on utilise l’action mécanique provoquée par les courants dus à l’action de la parole, dans un conducteur placé dans un champ magnétique constant, sont aussi jusqu’à présent moins sensibles que le téléphone ordinaire; ils sont en plus de construction plus compliquée, plus chers et moins robustes.
- L’amélioration du téléphone est donc à prévoir, tout d’abord, par le perfectionnement du téléphone électromagnétique. Il estnécessaire, par conséquent, de connaître clairement les phénomènes physiques qui se passent dans ce téléphone du type actuel. Tout simples au premier abord, ils sont en réalité fort compliqués. Leur théorie la plus complète est celle de II. Poincaré (3) : l’une de ses principales supériorités sur les théories antérieures réside dans ce qu’elle tient compte des forces magnétomotrices induites dans 1 enroulement du récepteur par les mouvements de la membrane.
- La résistance apparente R du récepteur pour les courants d’une fréquence déterminée se compose de la résistance ohmiqueet de la réactance, toutes deux fonctions de la fréquence et ayant des valeurs plus grandes lorsque la membrane est mobile que si elle
- woo -
- Figf. 1, Variations delà résistance et de la self d*un récepteur.
- est fixe. Les termes complémentaires peuvent être calculés d après la théorie de Poincaré. Les courbes
- (*) Lmde, Elektrotechnik und Masehinenbau, Vienne 1910, p. 33. ’
- (*) Brevet américain N° 242816 de C. Cuttriss et J. Redding, 1881; N«4966o2de St. D. Kiei.d, i893; Oliver Lopge The Eleclrician, Londres, tome XLII, 1898-99 p 367 ; II.-Th. Simon, Phys. Zeitschr., tome X, '19Ô9’ p. 3io; Pedro Marcek, J,'Electricien, Paris, tome XXXIx' i9>o, p. i3 ; Siemens et Halske A.-G. Gebrauchsmuster! N" 407 457. — — - ’
- (3) /.’Eclairage Electrique, tome L, 1907, p. 221 329, 365, 401.
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- LA LUMIÈRE ^ÉLECTRIQUE
- que l’on obtient par le calcul ne coïncident pas (même approximativement) avec les courbes expérimentales, mais elles ont du moins la même formé analogue à celles de la figure i. Cette figure se rapporte au récepteur du grand type à aimant en forme d’anneau que l’on emploie dans les anciens postes à batterie locale en Allemagne. Comme on voit, la résistance augmente considérablement pour la fréquence correspondant à la résonance : la membrane oscille alors beaucoup plus fort et transforme par conséquent beaucoup plus d’énergie en ondes sonores, ce qui correspond à l’augmentation de la composante wattée r de la résistance apparente R. Les variations de la self-induction L s’expliquent de la manière suivante : avant la résonance, la phase des vibrations de laYnembrane est telle que la membrane s’approche des pièces polaires lorsque le courant du récepteur renforce le magnétisme rémanent ; les vibrations de la membrane augmentent donc les oscillations du flux magnétique ; L est donc augmenté. A la résonance la phase des vibrations de la membrane varie presque de 180 degrés et L diminue considérablement. Hors de la région de résonance, les vibrations de la membrane sont relativement faibles et n’influent pas beaucoup sur L. L’influence des oscillations de la membrane à la résonance sur L est tellement marquée que L devient même négatif dans les meilleurs récepteurs, qui agissent alors comme condensateurs avec résistance.
- Le récepteur étant tellement sensible dans les environs d’une fréquence déterminée, comment peut-on expliquer qu’il transmet si fidèlement la parole ? Si on tient compte de ce que l’oreille, d’après Helmholtz, est un résonateur par excellence (’) et, par suite, ne peut pas avoir la même sensibilité pour des sons de fréquences différentes, il est bien naturel de supposer que chaque son contient, en outre du son fondamental, un ou plusieurs sons de fréquence déterminée, fixe, qu’on appelle « sons composants ». Déjà Helmholtz (2) et bien antérieurement Willis (3) ont constaté que les voyelles se caractérisent par des composants dont la fréquence varie avec la fréquence du son fondamental, c’est-à-dire avec la hauteur du son.
- (’) B.-E. Riecke, Lehrbach der Physik, tome I, art. 235, p. 345, 4e édit. Leipzig, 1908.
- (2) Voir à ce sujet l'ancienne théorie d’Hclmhollz, Wied\Ann., tome Y, 1878, p. 448-
- (3) Camb. Phil. Trans., tome III, 1829, p. 23i, cité par Rayleigh, Theory of sound, tome II, p. 47°, art. 397, Londres, 1896.
- T. XIV (2* Série). 24.
- Ces composants sont en général des harmoniques supérieurs du son fondamental. Les courbes des voyelles sans indication de la hauteur du son fondamental n’ont par conséquent aucune signification. La théorie des composants pour les voyelles a été confirmée par L. Hermann (’) et vérifiée, pour les sons musicaux, par G. Meissner (2) et E. Herrmann-Goldap (3).
- La même propriété subsiste pour la parole. D’après l’étude de Breisig, en 1905, la pulsation des composantes de la parole serait comprise entre 4000 et 6000 (4). Les études faites par des méthodes différentes, par Devaux-Charbonnel (8) et Cohen et Shepherd (6) font voir que tous les sons de pulsation inférieure à 4 000 et supérieure à 7 000 peuvent être éliminés sans nuire à la transmission non altérée de la parole. Les essais de l’auteur (') sur un réseau artificiel, renforçant très considérablement les sons de pulsations comprises entre 3 000 et 7 000 et permettant de recevoir sans peine la parole, conduisent aux mêmes déductions. L’auteur se demande d’ailleurs comment on pourrait expliquer le fait, d’expérience courante, de la transmission de la parole par un microphone (qui n’est en somme qu’un mauvais contact) placé dans un circuit à constantes à peu près arbitraires, à résistance variable suivant la fréquence, terminé par une membrane de propriétés élastiques presque quelconques, si l’ancienne théorie de Helmholtz, exigeant la conservation de la forme de la courbe du son (c’est-à-dire des rapports déterminés des harmoniques) était exacte et la théorie des composants inexacte.
- 11 faut donc, d’après ce qui précède, donner aux récepteurs la plus grande sensibilité pour les fréquences des composants les plus importants et non la sensibilité la plus constante pour la plus grande région des fréquences, comme pour les oscillographes. Il n’y a donc pas en particulier à attendre de bons résultats de l’augmentation du son fonda-
- (J) Pfliigers Archiv. fdr d. ges. Physiologie, tome XLVII, 1890, p. 35i.
- (2) Pfliigers Arch.filr d. ges. Physiologie, tome CXVI, 1907, p. 543.
- (3) Ann. d. Physik, IY, tome XXIII, 1907, p. 979.
- (•*) Verh. d. Deutsch Physik Ges., tome XII, 1910, p. i84-
- (r>) La Lumière Electrique, tome III, 1908, p. 323.
- (°) The Electrician, Londres, tome LIX, 1907, p. 124.
- (7) Voir tome II des publications du IIe Congrès international des techniciens de l’administration des télégraphes ettéléphones d’Europe. Paris 1910,
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- mental de la membrane ('). D’ailleurs E. Mercadier a déjà constaté (2) que le son propre de la membrane n’a aucun effet sur la sensibilité du récepteur, même dans le cas où la membrane est hétérogène et à fréquences propres non harmoniques.
- L’auteur a trouvé en faisant des essais sur de longs réseaux et sur des câbles, avec un très grand nombre de téléphones électromagnétiques et électrostatiques, que leur sensibilité pour la parole suit les mêmes lois que pour les courants alternatifs de pulsations voisines de 5 ooo, à condition toutefois que les téléphones fussent également bons.
- On améliore la sensibilité du récepteur si l’on utilise mieux l’énergie qui lui est fournie ; en améliorant par exemple l’action mécanique du champ magnétique sur la membrane.Pour la membrane circulaire, la meilleure distribution du champ est évidemment la distribution à symétrie circulaire qui s’obtient, si l’un des pôles est un cylindre dont l’axe passe par le centre de la membrane et dont l’autre pôle est un cylindre évidé concentrique ; l’enroulement étant placé entre ces cylindres, comme l’a fait Bahr (3) qui d’ailleurs a surtout cherché à faire disparaître les crépitements désagréables provoqués par les courants des décharges de capacité ou par de forts courants d’appel, mettant en jeu les fréquences élevées de la membrane. Ces bruits peuvent être diminués en construisant la membrane à une seule fréquence propre par la concentration de sa masse au centre.
- Un autre moyen d’augmenter la sensibilité du téléphone est de diminuer les pertes d’énergie telles que les pertes par les courants de Foucault.
- Ces courants prennent naissance dans les pièces polaires, l’aimant permanent, aussi bien que dans la membrane elle-même.
- Dans la dernière, une partie de ces courants provient du mouvement de la membrane. Ils sont évidemment nuisibles, tendant, d’après la loi de Lenz, à s’opposer au mouvement qui leur a donné naissance. L’autre partie est engendrée par les oscillations du champ par les courants de la parole. Ces courants repoussent, pendant chaque demi-période, la membrane des pièces polaires (on se rappelle l’étude c é
- (1) E. Wiersch. Ann. d. Phys., IV, t. XVII, igo5, p. 999, Brevet ail., n° 165698 v. i3 m, igo3 ; aussi M. Wien. Ann. d. Phys., IV, t. XVIII, 1905, p. 1049.
- (2) Annales télégraphiques, 3° série, t. XIII, 1886, p. 83, 168.
- (3) Zeitschrift filr Schwachstromtecknik, igio,.p. 292.
- lèbre de Elihu Thomson ('), Je la répulsion des disques métalliques par un solénoïde parcouru par des courants alternatifs sans secourir le mouvement utile de la membrane, ils le défigurent et sont par conséquent également nuisibles.
- L’auteur a étudié la perte d’énergie sur les téléphones haut-parleurs avec aimant en anneaux du grand type OB (batterie locale) et du type plus petit ZB (batterie centrale), employés dans les postes d’Allemagne. En mesurant soit au pont (2) soit par la machine de Franke (3), pour un courant I et une pulsation w, la résistance apparente Rr; /• -(-ywL (*), on peut déterminer la puissance P —ri2 fournie au téléphone. Cette puissance se compose de la puissance utile absorbée par la résistance de l’air aux déplacements de la membrane et des pertes (chaleur Joule dans l’enroulement, courants de Foucault et pertes par hystérésis du fer). La résistance r dans le fonctionnement du téléphone augmente un peu avec le courant I et beaucoup plus avec la fréquence (elle n’est que 60 ohms en courant continu, (1) = o). Pour déterminer la partie qui revient aux pertes, on a mesuré r en éliminant l’effet utile : la membrane étant complètement éloignée, puis fixée directement sur les pièces polaires.
- Dans le premier cas, on obtient une résistance constante a = 80 ohms environ dans l’espèce. Dans le second cas, on a une résistance croissante c depuis ifio ohms pour l’intensité nulle jusqu’à 2.1H ohms pour I = 14 milliampères.
- Dans le fonctionnement la résistance des pertes a une valeur moyenne entre a et c. Or la résistance totale en fonctionnement a justement cette valeur moyenne : c’est une certaine valeur b croissant légèrement entre 12$ ohms et 140 ohms dans les mêmes limites que plus haut.
- On doit donc conclure que la résistance utile est très faible par rapport à la résistance des pertes, comme cela a été trouvé par une autre voie par H. Abraham (5). Sauf le cas de la résonance la résistance utile est pratiquement négligeable.
- La forte augmentation des pertes avec la fréquence correspond à la diminution de la self-induc-
- (1) Electrical World, 28 v. 1887,
- (2) M. Wien, Wied. Ann. t. XLIV, 1891. p. 689.
- (3) A. Franke, E. T. Z., 1891, p. 447-
- (<) Les mesures de l’impédance des téléphones ont été faites entre autres par M. Wien Ann. de Phys., I. IV, 1901, p. 45o; R. T. Wells. Phys. Review,A. XXVIII, 1909, p. 217.
- (5) Comptes Rendus, t. CXLIV, 1707, p. 906.
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- tion L, due essentiellement aux côurants de Foucault. Lorsque le courant I croît de o à 14 milliampères, L croît aussi bien que les pertes à cause de la saturation dufçr, mais cependant beaucoup moins rapidement, toujours à cause des courants de Foucault qui croissent eux aussi avec la saturation.
- En régime normal, L croît ainsi de o,55 à 0,64 henry pour <t> — 4000, et de 0,48 à o,56 pour **> =£: 7 000.
- La fraction des pertes qui est due à l’effet Joule peut être déterminée par la mesure de la résistance en courant continu, le « skin-effecl » n’étant pas appréciable. Les pertes par courants de Foucault et par hystérésis sont plus difficiles à séparer, mais la diminution de L avec la fréquence indique déjà que les premières ne sont nullement négligeables.
- Les courants de Foucault ont une autre influence nuisible : ils donnent lieu à une sorte de force contre-magnétomotrice empêchant le flux alternatif de pénétrer dans le fer; ce flux est ainsi diminué et sa dispersion augmentée.
- L’auteur a étudié la distribution du flux à l’aide de deux enroulements auxiliaires dont l’un sur l’aimant permanent et l’autre sur les pièces polaires (fig. 2).
- Fig. 2. — Disposition des enroulements auxiliaires.
- On a mesuré par la méthode de compensation de Franke (’) les forces éleclromotrices correspondantes E, et Fa ainsi que leur décalage par rapport au courant alternatif J parcourant la bobine du téléphone (qui est au-dessous de l’enroulement auxiliaire c et n’est pas reproduite dans la figure 2).
- Toute une série d’essais faite avec des pièces polaires et des membranes de résistances ohmiques différentes conduisent à ce que l’emploi des tôles d’alliage présentant une forte résistance pour les courants de Foucault permettent d’abaisser la résistance des pertes de i/3 et d’augmenter la variation de Bmax. de 5o % . Les variations beaucoup plus faibles du coefficient de dispersion, du décalage et
- de L avec la fréquence prouvent que ce résultat est en réalité obtenu par la diminution des courants de Foucault.
- L’auteur a comparé aussi les types extrêmes des téléphones quant aux pertes par courants de Foucault (type ordinaire Aa, pôles massifs, taillés trois fois, membrane en fer doux de 0,4 millimètre j type Erf — pôles en tôle de o,3 millimètre, membrane en fer doux de 0,4 millimètre j type Ert — pôles en tôle de o,3 millimètre, membrane en tôle comme les pôles, épaisseur 0,4 millimètre) au point de vue de la transmission de la parole, en utilisant le réseau artificiel de Breisig (’) et le montage de la
- Fig. 3. — Montage employé pour lu comparaison des récepteurs H, et H2. (n, transmetteur; p, récepteur.)
- figure 3, où les récepteurs à comparer H, et H2 sont branchés sur les réseaux Lj et L2 respectivement; ces réseaux étant formés chacun de 5 résistances et un condensateur suivant le schéma de la figure 4.
- Sortie
- Fig. 4. — Ligne fictive (Breisig).
- Toutes les autres conditions étant égales, l’énergie fournie au récepteur dans de longs réseaux (où on
- peut remplacer cos h $1 par - e—pf, est proportion-
- nelle à e—2M. A l’égalité des sons perçus, le rapport des énergies démandées par H, et H* est donc :
- e—3iM e—2 p2î
- —-6 —2 (IM— P2O.
- (*) Comparer A. Lausen, E, T Z. 1910, p. 1 o3g.
- (*) Verhandl . d, Deutsch. Phys. Ges., tomo XII, 1910, p. i8J.
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- il J.üin 1914.
- On a ainsi une estimation numérique de la sensibilité des téléphones. On a trouvé ainsi que la différence des coefficients d’amortissement est $1 ~ o,3 et 0,4 pour les types Ea et Erf, par rapport à Aa ; or, en pratique, la plus grande valeur de l’amortissement qui permet encore de transmettre la parole sans fatigue à la réception est §1 — 3,5, de sorte que, avec les types Ea et E<<,la portée peut être augmentée de 8,5 à ii,5 %, et d’autre part l’énergie n’est que 55 % (ioo e~°<fi) et 45 % (ioo e—^^) de celle qui esttiécessaire pour le téléphone ordinaire, Aa.
- On voit ainsi toute la difficulté d’augmenter la portée par l'augmentation de la sensibilité : pour que, avec lamême énergie envoyée, on puisse doubler la portée, il faut un récepteur qui, pour donner la même intensité sonore que le téléphone ordinaire, ne
- I •
- demande que-------(=e"7) de celle de l’énergie du
- i ion
- dernier. S.P.
- CORRESPONDANCE
- Aériens dirigeables.
- A propos du récent article de MM. Bellini et Tosi (') M. le Pp Alexandre Autom nous écrit pour rappeler les nombreuses formes d’aériens constitués par deux ou plusieurs conducteurs inclinés faisant des angles entre eux et employés par lui-même à l’Ecole Polytechnique de Turin en 1898, brevetés en l’année 1903 et suivantes et employés dans ses travaux avec la Marine Royale Italienne.
- (•) Lumière Electrique, 27 mai 1911.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analysé des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Dictionnaire pratique de mécanique et d’électricité, par C. Barbat. — 1 volume in-8° carré de 2 2i5 pages, avec 3 000 figures. -— L. Geisler, éditeur, Paris. — Prix, cartonné: i5 francs.
- L’auteur s’est proposé,d’une manière générale, de se mettre à la portée des travailleurs, qu’il s’est attaché à ne pas déconcerter par l’étalage d’un appareil théorique rebutant. Il a ainsi construit un ouvrage volumineux, et cependant aisé à consulter, grâce au classement alphabétique adopté, ouvrage qui pourrait être sans doute plus substantiel et plus concis, mais qui réunit une grande quantité de notions pratiques utiles aux travailleurs.
- Tout le monde électricien, par H. de Graffi-gny. — 1 volume iu-8° carré de 255 pages, avec 97 figures. — A. Méricant, éditeur, Paris. — Prix, broché : 3 francs.
- Le but de vulgarisation que s’ést proposé ici M. de Graffigny consiste surtout à faire connaître les applications domestiques de l’électricité. En fait, l’auteur a conçu sa tâche à un point de vue assez large, puisqu’il parle aussi bien des machines en général et même des usines, que des lampes ou des sonneries. La dernière partie de son ouvrage est d’ailleurs entièrement consacrée à ce dernier genre d’applications ; on y trouve la description des appareils usuels d’éclairage, de téléphonie, de chauffage, de cuisine, etc.
- L. A.
- S. F.
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- LA LUM1ÈRE ÉLECTIUQUE T. XIV (2'
- Sérié). - N»,24,
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Les réseaux électriques en France.
- Les lecteurs qui parcourent les dernières pages de texte de la Lumière Electrique, consacrées aux Renseignements commerciaux, ne sont pas surpris d’y trouver, périodiquement, la constatation du développement progressif des applications de l’électricité et des organismes quRy concourent. Hebdomadairement, de nouvelles concessions d’éclairage et de force motrice sont offertes ou sollicitées, d’autres sont accordées ; parfois des particuliers, le plus souvent des sociétés existantes ou en formation s’emploient à assurer le fonctionnement de ces concessions.
- Cette rubrique prend ainsi une importance de plus en plus grande, en s’efforçant de tenir le lecteur au courant de toutes les créations et de toutes les transformations qui s’opèrent dans le domaine administratif des applications de l’électricité. Ce domaine est le seul que nous voulions parcourir ici, nous proposant de donner, dans une série d’articles, une vue d’ensemble des organismes qui assurent en France l’existence et le développement des réseaux de distribution d’énergie.
- Grâce au concours des sociétés intéressées, nous pourrons faire ressortir, région par région, le montant des capitaux engagés, l’organisation financière des plus importantes sociétés, leurs sphères d’influences, leurs raisons de se développer et de prospérer. Si, dans cette nomenclature, il se commet par hasard une omission quel conque, elle ne sera due qu’à notre manque de documentation, et nul ne saurait nous en vouloir.
- Pour cette étude, on peut diviser la France en six régions diverses, sans limites encore bien définies, correspondant seulement à une division géographique créée par les accidents géologiques, les conditions économiques ou les affinités des populations qui s’y agitent. Dans ces^régions, un ou deux groupes, quelquefois plusieurs, s’y sont formés pour la fourniture et la distribution de l’énergie.
- La loi de 1906, et aussi les nécessités économiques de l’heure présente, ont grandement facilité l’extension de ces distributions. Beaucoup d’industriels ont été fort aises de supprimer chaudières et machines à vapeur pourleur subs-, tituer un ou plusieurs moteurs d’un maniement et d’un entretien plus faciles; leurs dépenses s’en trouvent réduites, et surtout leurs préoccupations, quant au recrutement de cette main-d’œuvre spéciale qu’est le chauffeur et le mécanicien. Puis, comme partout où le genre d’industrie le permet, il y a tendance à rétablir l’atelier de famille, on a trouvé dans l’énergie électrique le moyen d’appliquer des méthodes sociales et peut-être une solution à certaines questions ouvrières. Que de difficultés ne ren-contre-t-on pas pour installer dans les agglomérations et dans les locaux habités, chaudières et machines à vapeur ? Quoi de plus simple, au contraire, que de disposer, en un espace beaucoup plus restreint, des appareils sans danger et ne nécessitant que peu ou point de surveillance ?
- Pourtant, jusqu’à ces dernières années, le développement de l’énergie électrique avait subi un temps d’arrêt, en raison du coût relativement élevé de sa production et de l’impossibilité de la livrer à des prix assez réduits pour intéresser à la fois le petit et le gros consommateur : le premier, parce qu’il ne considère que la somme nette versée chaque mois à l’agent de perception, sans se rendre compte qu’une augmentation de la dépense peut correspondre à une augmentation de rendement, à une meilleure utilisation de sa force musculaire ou à une moindre fatigue, à plus de commodités et à plus de loisirs ; le second, parce qu’il prétend faire une économie nette sur la dépense en charbon de ses chaudières ; la différence des frais d’entretien, l’économie de main-d’œuvre, desurveillance, le gain d’une place importante au profit de nouveaux ateliers producteurs, la réduction des impôts et des assurances, tout cela ne compte guère pour lui ou constitue un bénéfice supplé-
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- mentaire. Car les distributeurs d’énergie se sont heurtés et se heurtent encore, même chez les industriels les mieux avertis, à ces erreurs de conception ou de jugement. Mais la turbine à vapeur, en-se substituant à la machine à pistons, à permis de vaincre les dernières résistances.
- Les installations municipales de Manchester et de Birmingham présentent h cet égard une leçon dex:hoses frappante, car l’on peut examiner, l’une à côté de l’autre, la machine ver ticale à pistons de 3 ooo chevaux et la turbine à vapeur de même puissance ; de la comparaison immédiate que l’on peut en faire, on en conclut rapidement à des résultats économiques entièrement différents.
- En France, un coup d’œil d’ensemble aux usines de la Société d’Electricité de Paris ou de la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité-, montre combien en un espace réduit on a pu grouper un certain nombre d’unités qui atteignent ensemble de 5o ooo à 75 ooo kilowatts. Une telle concentration de la puissance de production a conduit à des économies importantes dans l’achat des terrains, la construction des bâtiments, la répartition et la quantité de la main-d’œuvre ; le capital immobilisé devenant moindre permettait une utilisation plus profitable du «working capital », du fonds de roulement.
- Comme il fallait pour vivre vendre le plus de kilowatts possibles pendant le plus grand nombre d’heures, les services commerciaux de tous les grands réseaux se sont ingéniés à conquérir la clientèle par tous les moyens: tarifs réduits, tarifs dégressifs, tarifs différentiels, tarifs à forfait, tarifs de jour, tarifs de nuit, partage des bénéfices réalisés sur les anciens systèmes, installations en location, installations gratuites même, tout a été imaginé pour l’extension du nouveau mode d’énergie. Et l’on ne peut pas dire que tous ces efforts n’aient été couronnés de succès, ainsi que nous allons essayer de le montrer.
- Rkoion nu Nord.
- Jusqu’à ces dernières années, le Nord pouvait être considéré comme la région industrielle par excellence. Nous le délimiterons au-dessus de Paris par deux lignes : Paris-Le Tréport, Paris-Ilirson, qui constituent les voies ferrées de la Compagnie des chemins de fer du Nord et abou-
- tissent l’une à la mer, frontière du Nord-Ouest, l’autre à la Belgique, frontière du Nord-Est.
- C’est à Lille et dans ses environs immédiats que se sont tout d’abord créés les grands centres de production et de distribution.
- L’Energie Electrique du Norddela France (’) se fonde en mars 1907 au capital de 4 Sooooo francs, divisé en 18000 actions, de a5o francs chacune, entièrement libérées, ayant droit à un intérêt intercalaire de 3 %. En outre, 9000 obligations 4 i/a %, de 5oo francs chacune, avec un intérêt annuel de 22 fr. 5o bruts, sont émises pour donner à l’entreprise tous les moyens d’action nécessaires à la réalisation de son objet. Elle dispose donc, dès le début, de 9 millions de francs qui serviront à créer des stations centrales aux environs de Lille, Roubaix, Tourcoing et à exploiter un réseau de distribution qui s’étendra en principe dans tout l’arrondissement de Lille.
- A vrai dire, la place était déjà prise par le Central Electrique du Nord qui avait créé sur le territoire de la commune de Wasquehal, non loin de Roubaix, un commencement d’usine; le Central avait visé Croix, Roubaix et la région environnante. L’Energie Electrique du Nord, en se substituant à lui, élargit son programme. Wasquehal alimentera, d’un côté,Roubaix,Tourcoing et leurs environs; de l’autre, elle étendra ses canalisations jusqu’aux portes de Lille en s’assurant les concessions de Fives, Ilellemmes, Lezennes, La Madeleine, Saint-André. Les lignes projetées iront d’une part au Sud-Est de Lille jusqu’à Cysoing,au Nord-Est à Lcers et Halluin, et, d’autre part, au Nord-Ouest, à Quesnoy-sur-Deule et Deulémont. De sorte que, si l’on joint Deulé-mont à Cysoing, en laissant Lille à l’écart, toute la région située entre la frontière et cette ligne se trouve comprise dans la sphère d’action de l’Energie Electrique du Nord de la France (fîg. 1).
- Il 11’existe, pour ainsi dire, aucune localité importante de ce coin de Flandre qui ne possède un établissement industriel : filature, tissage, fonderie, chaudronnerie, atelier de construction, usine de produits chimiques, etc. Pour relier les centres les plus populeux, des tramways à vapeur transformés pour la plupart en tramways électriques, des lignes de chemins de fer, des canaux constamment sillonnés de « péniches » ou de « bélandres », et partout une vie commerciale et
- () Siège social : 69, rue de Mirotnesnil, Paris.
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- industrielle d’ilnè très grande intensité qui suit volontiers le progrès des moyens de production et n’hésite pas à y faire largement appel.
- Aussi, les recettes de l’Energie Electrique du Nord passent de îfl aoo francs au mois de janvier 1908 à8o ooo francs en janvier 1909 et à 164 oi5 fr. en janvier 1910, pour ne comparer que le môme mois. L’usine primitive, prévue pour débiter annuellement 3o millions de kilowatts-heures, est
- les disponibilités de l’Energie Electrique du Nord étaient absorbées et au delà par les dépenses de premier établissement : terrains, bâtiments, usine, installations électriques diverses, et par les acquisitions du portefeuille. L’assemblée extraordinaire du aa juin 1908 donnait au conseil tous pouvoirs nécessaires pour porter le capital de 4 5oo 000 francs à 8 millions de francs, et pour émettre 9 5oo 000 francs d’obligations au moment
- ÉNERGIE ÉLECTRIQUE DU NORD DE LA FRANCE
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- Fig. I.
- parvenue aune production totale de 28 100 000 ki-lowatts-heuresen l’année 1910 avec une puissance totale disponible de 14 5oo chevaux, assurant une recette de 1 89?) o35 francs.
- Mais tout cela n’a pas été créé avec les 9 000 000 de francs du début, car, dès le 3i décembre 1907, neuf mois après la constitution définitive, toutes
- qu’il jugerait convenable et aux conditions les plus favorables. Mais le conseil ne devait pas user de cette faculté au cours de l’exercice 1908, 4 449 obligations de la première série existant encore à la souche au début de 1908 et 1 860 seulement ayant été placées dans le public. Cependant, pour se libérer vis-à-vis de ses créditeurs
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- divers et attendre en même temps line époque plus favorable au placement de ses titres, époque qui devait coïncider avec le moment où le montant des bénéfices bruts d’exploitation suffirait à garantir le service des obligations émises, l'Energie Electrique du Nord contractait un emprunt hypothécaire qui figurait au bilan de 1909 pour la somme de 4 millions.
- C’est seulement au cours de l’année 1910 que l'augmentation du capital nécessaire était réalisée, et qu’à cette occasion le Conseil s’adjoignait le concours de quatre administrateurs nouveaux, MM. Alby, Gans Henri, Lion et Lorin qui devaient représenter au Conseil les grouper ments financiers accordant leur patronage à l’affaire et assurant l’émission. Rappelons que M. Alby est président de la Société Générale d’Entreprises qui compte elle-même, dans son Conseil d’administration, un représentant de la Banque Suisse des chemins de foret M. Lion, qui est ingénieur-conseil de la Banque de l’Union Parisienne. Dès lors, la physionomie du bilan, au 3i décembre 1910, présente un aspect tout différent de celui au 3i décembre 1909. En 1909, les créditeurs divérs, qu’il s’agisse d’échéances normales ou d’échéances éloignées, se montent à 7958600 francs; en 1910, ils sont réduits à 2.3i6 3i2 francs. L’emprunt hypothécaire a été remboursé, des titres ont été libérés pour un montant de 1 8o3 000 francs et le disponible ou réalisable à court terme est passé de 691 842 fr. 52 à 1 oi3 4o3 fr i3. fl n’y a plus d’obligations à la souche cL la charge obligataire qui passe do 211 708 francs à 467 309 francs est déjà largement assurée par les bénéfices d’exploitation.
- En résumé, après trois ans et demi d’une existence qui correspond à une meme période d’exploitation, l’Energie Electrique du Nord avait immobilisé en terrains, usines, matériel et canalisations, une somme de i3 463 769 fr. 87 ; la puissance disponible de l’usine est, au 3i décembre 1910, de 14 5oo chevaux; sa production journalière peut atteindre 100 000 kilowatts-heures ; sa production de l’année 1910 a atteint le chiffre de 28 100 000 kilowatts-heures et les recettes d’exploitation se sont élevées à 1 896 o35 francs, procurant un bénéfice net de 808 790 fr. 77.
- Nous constatons ici que le rendement brut du capital immobilisé est; de 14 %, son rende-
- ment net, dès à présent, de 6,o3 % ; ces chiffres sont à retenir pour les comparaisons que nous pourrons être appelé à établir au cours de notre étude.
- L’Energie Electrique du Nord avait visé, comme nous l’avons dit plus haut, Roubaix, Tourcoing et leurs environs immédiats. Pour réaliser ses projets, elle fut amenée, après avoir obtenu la concession de la ville de Roubaix, à constituer une société séparée qui fut fondée sous le nom de Société Roubaisienne d’Eclairage parle Gaz et l’Electricité.
- [A suivre.) A. Someii.
- Les barrages automatiques S. A. O. (1).
- Ainsi que leur nom l’indique, ces barrages sont imaginés de façon à empêcher systématiquement le niveatl d’un cours d’eau de dépasser le repère qui lui est assigné. De par leur construction même, ils permettent de disposer ce repère à la hauteur nécessaire à l’obtention d’une force motrice donnée 5 leur installation est peu coûteuse, ils sont peu encombrants et leur surveillance est, pour ainsi dire, nulle.
- Les barrages en question peuvent être rangés en deux catégories ;
- 1) Ceux qui sont destinés à maintenir un niveau constant crt amont du point choisi pour leur établissement ;
- 2) Ceux qui sont appelés à régler l’arrivée d’eau de débit variable bu bien qui assurent un débit constant dans la prise d’eau d’une rivière à niveaux variables.
- A la première catégorie appartiennent les barrages automatiques à conlreppids supérieur ou inférieur et le siphon automatique ; la deuxième catégorie n’est représentée que par le clapet automatique de règlement de décharge.
- Les barrages par contrepoids supérieur comprennent un rouleau compensateur, relié à la cloison de façon que, lorsque celle-ci s’abaiSse sous la poussée des eaux, le rouleau monte en suivant Un chemin de roulement. Celui-ci a le profd d’une courbe, spécialement calculée pour donner lieu, dans le contrepoids, à des moments de réaction capables à chaque instant de faire équilibre à la pression des
- (') Ces barrages sont construits parles Etablissements Siugriiu, à Epinal,
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- eaux. La cloison est montée sur couteaux et pivote autour d’un axe horizontal.
- Parfois, on préfère avoir le contrepoids en aval de la cloison; c’est alors qu’on emploie le contrepoids à rouleau inférieur.’ Le principe du système est, dans ce cas, identique au précédent, mais le diamètre des chemins de roulement est réduit afin de ne pas être encombrant. La pression des eaux se transmet au rouleau par action tangentielle.
- Ceci n’a plus lieu dans le cas du barrage où le contrepoids inférieur n’a plus la forme de rouleau. Ici la transmission se fait par l’intermédiaire d’un levier auquel le contrepoids est suspendu-. Dans le but de rendre l’appareil moins gênant, le contrepoids se loge, lors de son excursion, dans une cavité pratiquée en contrebas du fond du canal d’arrivéé.
- Ce système convient à tous les barrages de longueur quelconque, la lame d’eau ne dépassant cependant pas l’épaisseur de i mètre et le volume 'd’eau étant au maximum de 4 à 5 mètres cubes par seconde et par mètre courant de barrage. Le dispositif par contrepoids à rouleau inférieur peut, par contre, être appliqué à des lames d’eau allant jusqu’à i,5o m, d’épaisseur; celui du contrepoids à rouleau supérieur convient même pour des épaisseurs de a mètres et des longueurs de 16 mètres.
- Le siphon automatique se compose d’un tuyau étanche de section quelconque. La partie supérieure du tuyau a la forme d’une cuvette renversée et arrive au niveau de la hauteur d’eau que l’on veut maintenir. On conçoit que, lorsqu’une élévation vient à se produire, l’excès d’eau s’engouffre dans la cuvette en entraînant l’air. L’introduction continue de l’eau est assurée, grâce au vide partiel que le premier paquet d’eau a engendré et ne cesse que lorsque, le niveau ayant baissé, l’air atmosphérique peut de nouveau pénétrer dans le siphon et arrêter l’écoulement. C’est la vitesse d’écoulement, qui est très grande relativement aux dimensions restreintes du siphon, qui est le principal avantage de celui-ci par rapport aux déversoirs. Son rendement peut atteindre y5 % . Il se construit indifféremment en tôle ou en béton armé.
- Quant au clapet automatique servant à livrer passage uniquement à un volume d’eau déterminé, il est simplement constitué par une cloison pivotant autour d’qn axe horizontal placé au tiers environ de la hauteur. Quand le niveau en amont est à son maximum, la cloison est verticale; lorsque le niveau vient à baisser, le clapet s’incline et laisse passer ainsi par
- le bas une plus grande quantité d'eau. L’inclinaison augmente au fur et à mesure que le niveau baisse en amont; la section de passage restant toujours en proportion avec ce niveau, le débit est constant jusqu’à ce que le clapet reprenne sa position horizontale. Le mouvement se produit dans le sens contraire quand le niveau d’amont remonte. Ce dispositif peut être utilisé dans des cas très variés et rend particulièrement des services quand plusieurs propriétaires ont droit à un même volume d’eau.
- Tu. S.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Pour la première fois depuis sa création, l’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen a proposé à ses actionnaires la répartition d’un dividende. Jusqu’en 1909, la période des installations n’étant pas close, un intérêt intercalaire de 4 % avait été versé adx intéressés. En 1910, la période d’exploitation étant ouverte mais n’ayant pas encore procuré de résultats suffisants, les actionnaires n’avaient touché ni intérêt intercalaire, ni dividende. Cette année, l’exercice écoulé se soldant par un bénéfice net de 1 47^ 466 fr. 92, 1’assemblée, sur la proposition motivée du conseil d’administration, a voté la répartition suivante :
- Réserve légale 5 % sur 1 248059 fr. 55, soit 62 4°2 98
- Eonds d’amortissement du capital........ 62 5oo
- 2 1/2 % ou 12,5o aux actions anciennes et
- 5,70 aux actions nouvelles........... 868 4°o
- Report à nouveau........................ 480 i63 94
- Mais il ne faut pas nous en tenir à cette répartition si nous voulons saisir la physionomie réelle de l’affaire au 3i décembre 1910. L’exploitation a produit en recettes brutes la somme de 5 249 174 fr. 26, supérieure de 697 840 fr. 27 à celle de l’exercice 1909 : soit une plus-value de i3,3 % correspondant à des augmentations respectives de 25 % pour le nombre des lampes mises en place et de 11 % pour le nombre de cite vaux de force motrice. Les divers réseaux de l’Énergie alimentaient ainsi, au 3i décembre 1910,26 737 lampes et 14 557 chevaux de moteurs. Les dépenses, en diminution de 282 527 francs sur celles de 1909, se sont chiffrées à 1 908967 fr. 08, malgré une charge nouvelle d’impôts et redevances et en raison même de la réduction considérable des dépenses de combustible. Le produit brut del’exploi-
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- tatiori ressort donc à 3 340207 fr. 17 en augmentation de 980 367 fr. 43 et le coefficient d’exploitation s’établit à 36 % au lieu de 46 % . En ajoutant à ce produit brut le montant des intérêts et divers, et en en déduisant les charges des usines et réseaux en location de même que le service des obligations (intérêts et amortissements), le bénéfice net de l’exercice ressort à 853 876 francs auquel il faut ajouter le report de l’exercice précédent poiiï1 obtenir la somme de 1 473 466 francs disponible et qui fait l’objet de la répartition votée par l’assemblée.
- Au cours de l’exercice, l’Énergie avait réalisé une double opération financière qui lui avait permis d’assainir son bilan : le capital d’une part fut porté de 32 à 38 millions de francs par l’émission de 12000 actions nouvelles, et d’autre part 12000 obligations de 5oo francs 5 % furent émises. Les créditeurs divers qui figuraient au bilan de 1909 pour 7905326 francs n’apparaissent plus en 1910 que pour 1 172 354 francs, tandis que l’actif immobilier s’est augmenté de 5 444 680 francs par l’acquisition de la presque totalité des actions de la Société des Forces motrices de la Haute-Durance et de la Société d’Electricilé de la Nartuly et par l’extension des usines, sous-stations, lignes et canalisations. Les disponibilités diverses s’élevaient en fin d’exercice à 2 939 54o francs.
- Grâce à l’appoint d’énergie cjui a été fourni en 1910 par l’usine de la Haute-Durance, mais grâce aussi à l’humidité exceptionnelle de l’été 1910, l’Énergie du Littoral a pu réduire considérablement ses dépenses d’exploitation ; l’augmentation progressive de la clientèle sur les trois réseaux du Var, des Alpes-Maritimes et des Bouches-du-Rhône rend plus productives les dépenses de première installation ; les postes improductifs du bilan : frais de constitution, de premier établissement et d’études, de mobilier et d’outillage sont maintenant amortis et les réserves et amortissements s’élèvent à 1 466491 francs. L’amélioration de 1910 se poursuit dans les premiers mois de 1911 ; elle ne sera peut-être pas de même ordre, a prudemmentdéclaré l’administrateur délégué, mais elle lui sera comparable. L’Energie Électrique du Littoral semble donc bien sortie de l’ère des difficultés qu’elle a rencontrées dans l’organisation de son exploitation et au début de la période rémunératrice pour actionnaires.
- Le rapport du conseil de la Compagnie Continentale Edison présenté à l’assemblée du 31 mai a fourni une explication intéressante de la quasi-réduction de
- la consommation totale d’électricité à Paris au cours de l’exercice 1910, réduction qui a eu sa répercussion au conseil municipal en raison même des intérêts de la Ville de Paris dans les recettes de l’Union des Secteurs, En dehors des inondations qui ont amené une diminution de 1 700 000 kilowatts-heures chez les abonnés, l’emploi qui se généralise des lampes à filament métallique, l’application plus complète du repos hebdomadaire et la fermeture des magasins dès sept heures du soir ont constitué des causes de déficit. La Ville de Paris, à elle seule, a consommé 600 000 kilowatts-heures en moins du fait de la substitution aux lampes de carbone des lampes à filament métallique . La consommation totale des abonnés de l’Union des Secteurs a atteint 57 129428 kilowatts-heures en progrès seulement de 4i3 746 kilowatts-heures sur 1909. Néanmoins il n’y a là qu’un accident et l’extension des canalisations de la Compagnie Parisienne d’Electricité qui dépassent 400 kilomètres conduira sous peu à un nouveau développement de la vente. Pour la Compagnie Edison en particulier, grâce à des économies d’exploitation, à un accroissement des recettes chez les abonnés particuliers, le bénéfice d’exploitation, légèrement supérieur à celui de l’an dernier, atteint 2 897 425 francs. En y ajoutant les intérêts des fonds disponibles et les bénéfices divers réalisés notamment sur la vente de
- 1 675 actions de la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité et 1 200 actions de la Société Générale Italienne Edison, on arrive au total de 3 865 882 francs comme bénéfice brut de la Compagnie et à 3 367 731 francs comme bénéfice net. La répartition a porté sur un total de 3 649 182 francs, soustraction faite de la réserve légale, mais après addition du report de 449 787 b’ancs de l’exercice précédent. La part revenant aux actions, soit 56% ,a absorbé
- 2 100000 francs ou io5 francs par titre; les parts de fondateurs ont eu à se partager 1 o5o 770 francs, soit par part 75 fr. o55 et le conseil s’est réparti 45oooo francs. On a dit que la Compagnie Edison ne pouvait distribuer de si gros dividendes qu’en répartissant entre scs actionnaires une partie de son actif. Ceci n’est point exact d’après les comptes mêmes, car la réalisation de certains titres faite à bon escient a permis à la Compagnie de racheter d’autres valeurs avantageuses et de souscrire 5 95o actions de la Société hydro-électrique de Lyon. La répartition n’a porté que sur les bénéfices de ces ventes.
- La situation financière de la Compagnie est toujours extrêmement brillante, son portefeuille porté
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- à 10496738 francs, représentant et au delà le montant du capital, sans compter plus de 6 millions de fonds disponibles ou réalisables. Aussi la Compagnie Edison, qui cessera en 191/1 de participer aux bénéfices industriels de l'exploitation de l’électricité à Paris, a-t-elle cherché en dehors un emploi rémunérateur de ses capitaux. Dès maintenant, en collaboration avec la Compagnie du Gaz de Lyon, et sous le nom cité plus haut de Société hydroélectrique de Lyon, elle se propose de mettre en valeur les chutes du Fier pour réaliser, dans les régions lyonnaises, son transport d’énergie de 10 à 12000 kilowatts. Il n’est donc plus question de la liquidation de la Compagnie, annoncée un peu prématurément, par des reporters audacieux qui exercent leur virtuosité sur des calculs de probabilité que les événements se chargent de déjouer.
- Un dernier mot pour donner l’analyse du compte profits : les fonds disponibles ont procuré 169 5/17 fr. d’intérêt; le portefeuille, évalué à 10 496 738 francs, a rapporté 33a o33 francs ou 3,i %; le bénéfice
- sur la vente des valeurs diverses se chiffre par 419755 francs. Au total, on remarquera que le bénéfice net ressort, par rapport au capital, à 33,67 % .
- La Compagnie Générale de distribution d’Energie Electrique a été éprouvée, au cours d.e l’exercice
- 1910, par trois événements importants, qui ont grandement affecté les résultats de l’année : les inondations du mois de janvier, qui ont occasionné une dépense de 190146 francs; un incendie qui s'est traduit par une charge supplémentaire de 20/, 680 francs, et une grève du personnel qui a occasionné 66 808 francs de dépenses imprévues. Aussi, quoique l’exploitation git produit un bénéfice de 658 5.8o francs, le solde du compte profits et pertes se présente avec un débit de 55p 204 francs que le Conseil a proposé de porter à un compte d’actif spécial à amortir. Ces dépenses ont eu un caractère exceptionnel et ne devant pas se renouveler, il y avait lieu de prendre, vis-à-vis d’elles, des mesures spéciales.
- La Compagnie de distribution d’Energie a cédé ses différentes participations, notamment l’affaire d’Alger, qui lui a été reprise pour une somme de 8 384 5oo francs, inférieure de 10 % au chiffre dp bilan. Elle ne se trouve plus, actuellement, que propriétaire de l’usine de Vitry, pour l’extension de laquelle elle utilisera les sommes disponibles que va lui procurer une émission de 5 000 obligations de 5oo francs 5 % .
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- ÉCLAIRAGE
- Aveïron. — Il est question d’établir à ViHofranclie une usine d’électricité.
- Cher. — Le Contre Electrique a soumis au Conseil municipal de Meliun sur-à’èvro un projet d’éclairage électrique.
- Deux-Lèvres.— Lue Sociélé coopérative d’électricité serait en formation à I’ainproux pour fournir l’éclairage électrique à la commune.
- Loire. —Le Conseil municipal de La Uécamerie va
- statuer prochainement sur le projet de distribution et d’éclairage électrique qui lui a été soumis.
- Loiret. — La concession de l’éclairage électrique de Saint-Ay a été accordée à M. Ch. Lefebvre.
- Lozère. — Le Conseil municipal de Florac va signer très prochainement l’acte de concession d’éclairage électrique.
- Manche. — La municipalité de Tourlaville a reçu de la Compagnie du Gaz une demande relative g l’installation de l’éclairage électrique. Une .commission a été nommée pour étudier ce projet.
- M. Ilonnnclaer, ingénieur du génie maritime, a été chargé d’établir le rapport technique et financier de l’éleclrifiealion de l’arsenal de Cherbourg.
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- 17 Juin 1911
- revue d'électricité
- 331
- Marnb, ttw Lp Gonspil municipal dp Servan-Melzipourt a voté l’installation de l'électricité dans la commune.
- Rhône. — A l’hôtel de ville de Lyon on étudie le projet de l'établissement de l’éclairage électrique dans tous les services.
- Saône-et-Loiue. — Une enquête est ouverte à Tournus, relative au projet d’installation de l’électricité dans la commune, déposé par la Compagnie des Eaux, Gaz, Elèctricité.
- Seine-et-Oise, — La municipalité de Méricourt a accordé à M. Bréan la concession de l’éclairage électrique.
- Le Conseil municipal d’Orsay n’a pas donné suite aux diverses propositions d’éclairage électrique qui lui avaient été soumises. Il a décidé de demander un rapport détaillé à un ingénieur électricien.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Société Départementale de distribution d'Energie Electrique.
- — Durée : 90 ans. — Capital : 65 000 francs. — Siège social : 5, faubourg des Ancêtres, Belfort.
- CONVOCATIONS
- Société des Accumulateurs Heinz.— Le 27 juin, 2, rue Tronchet, à Paris.
- Société des Usines Hydro-Electriques des Hautes-Pyrénées.
- — Le 27 juin, 60, rue Caumartin, à Paris.
- Compagnie Centrale de chemins de fer et de Tramways. — Le 29 juin, 33, boulevard Malesherbes, à Paris.
- Compagnie des Tramways Electriques d'Eibeuf. — Le 29 juin, 33, boulevard Malesherbes, à Paris.
- Société d’Exploitation des Appareils Rateau. — Le 27 juin, 20, rue d’Anjou, à Paris.
- Compagnie d'Exploitation de Tramways et Chemins de fer.
- — Le 27 juin, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Compagnie des Tramways de Lourdes. — Le 29 juin 47, boulevard Haussmann, à Paris.
- Société Boulonnaise d'Eclairage et de Force par l'Electricité. -— Le 24 juin, 21, rue Bergère, à Paris.
- Compagnie (générale Boulonnaise d’gjoçtfipité, rr- Le 24 juin, 21, rue Bergère, è Paris,
- Société Anonyme Westinghouse. — Le 3o juin, 7, rue de Berlin, il Paris.
- Compagnie Electrique du Midi. — Le 3o juin, 5g, rue de ClnUeaudun, à Paris.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l'Est, Jeumont.
- Bulletin mensuel, novembre et décembre 1910, —Nos références en machines d’extraction électriques.
- Allgemeine Elektricitats Gesellschaft, Berlin.
- A. E. G. Zeitung, juin 1911. — Dessau-Bilterfeld. Elektrischer anlrieb von Ringspinumaschinen.
- Die A. E- G. in Südafrika.
- Moderne Schallanlagen.
- Société Anonyme Westinghouse, Paris.
- Feuille descriptive A 112, mai 1911. — Station centrale hydro-électrique de la Société « Canale Mi-lani ».
- ADJUDICATIONS
- Fit AN UE
- Le 1e1' juillet à l'Etablissement central de Télégraphie Militaire, à Paris, fourniture de :
- 1 000 paratonnerres Bertsch (petit modèle).
- i5o postes microphoniques de campagne, modèle 1908 (sans microphone, pile, ni sacoche).
- Demandes pour le 22 juin.
- Rens. à l’établissement, 61 bis, boulevard de Latour-Maubourg.
- Le 5 juillet, à Toulon, fourniture de matières isolantes.
- Importance :
- Minimum : montant de la soumission de l’adjudicataire.
- Maximum : 25 % en sus du minimum.
- Durée : deux ans.
- Cautionnement : 445 francs,
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- 3B2
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Série). — N'# 24.
- Date de l'envoi, au plus tard, des soumissions, le 5 juillet 1911, 10 heures du matin.
- Le 6 juillet, à Brest, fourniture de. crayons de charbon pour lampes à arc et projecteurs ; caut. : 4'-*o francs.
- ITALIE
- Le 3 juillet, à n heures, aux directions générales des arsenaux de la marine, à Spezia et Venise, fourniture de câbles et fils électriques, 35 5oo lires; caut. : 3 55o lires.
- BELGIQUE
- Le ai juin, à n heures, à la Bourse de Bruxelles, fourniture de 38 horloges électriques nécessaires à l’administration des télégraphes; caut. : a75 francs (cahier ^es charges spécial n° 1129).
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- FRANCE
- a? mai. — A la mairie de Bordeaux, fournitures
- diverses, en 1911, àla poudrerie de Saint-Médard, adjudicataires pour les câbles électriques.
- Ier lot, 7 5oo mètres cébles nus pour conducteurs électriques : La Canalisation Electrique, à Saint-Maurice (Seine), à g35o fr. 8a; a<> lot, 7 800 mètres câbles isolés pour conducteurs électriques : Société Industrielle des Téléphones à Paris, 3970 francs.
- BELGIQUE
- 9 juin. — A l’hôtel de ville, à Bruxelles.
- Fourniture de câbles et accessoires nécessaires au service de l’électricité :
- Land und Seekabelwerk,à Cologne-Nippes,76 911 fr. a5; Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi, 81 697 fr. 10; Cassirer et C°, à Charlottenburg-Berlin, 85 712 fr. ; Kabelwerk Rlieydt, à Bruxelles, 86o72fr. 5o ; Deutsche Kabelwerk, à Rummelsburg-Berlin,87 064 fr. 15; Siemens et Schuckert, à Bruxelles, 87 3oo francs ;C. Gass, id., 90 637 fr. 5o;F. Schmetz, id., 93991 fr. a5 ; Société Industrielle des téléphones, id., 90637 fr. 5o; A.-E.-G. Union Electrique, id., 108 26a fr.
- i
- \
- TARIS. — .IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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-
- rr ente-troisième année.
- SAMEDI 24 JUIN 1911.
- La
- Tome XIV (2« aérle). — N" 25
- i Il '
- Lumière Electriq
- J Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 353.— C.-F. Guilbert. Le diagramme du cercle dans les moteurs asynchrones monophasés, p. 355. — H. Pécheux. Des propriétés électriques des filaments de lampes à incandescence, p. 365.
- Extraits des publications périodiques. — Traction. Du choix de la fréquence des courants alternatifs destinés à alimenter les moteurs de traction, K. Pichelmayek, p. 372. — Usines génératrices. Des petites installations électriques, W. Schleyen, p. 373. — Télégraphie et téléphonie. Application de la syntonie acoustique et électrique à l’hydrolélégraphie ; méthode pour la réaliser, A. Blondel, p. 374. — Divers. L’emploi de l’électricité dans les services d’incendie, vos Moltke et Anhagen, p. 3jü. — Les dangers d’incendie résultant de l'emploi de l’électricité, du gaz et du pétrole, p. 376. — Variétés. L’électricité médicale au Maroc, S. Tuu-chini, p. 377. — Le premier Congrès international des élèves ingénieurs, p. 3yy. — Bibliographie, p. 378. — Brevets. Réglage automatique de plusieurs alternateurs fonctionnant en parallèle, p. 379. — Perfectionnements apportés aux microphones et aux installations téléphoniques, p. 38o. — Chronique industrielle et financière. — Etudes économiques, p. 38i. — Renseignements commerciaux, p. 382. — Adjudications, p. 384.
- ÉDITORIAL
- AP rès avoir étudié, dans un travail récent, le diagramme de fonctionnement des moteurs polyphasés et avoir, à ce propos, indiqué de remarquables simplifications à apporter à la construction de Potier-Os-sanna, M. G.-F. Guilbert publie, aujourd’hui, un mémoire analogue sur les moteurs monophasés.
- M. Guilbert montre que le diagramme du cercle, dans les moteurs monophasés, peut être tracé aussi facilement que dans le cas des moteurs polyphasés. Pour cela, l’auteur considère, avec M. Béthenod, le diagramme des impédances et en déduit d’élégantes simplifications.
- On trouvera, dans l’article publié aujourd’hui, la représentation et le calcul des courants secondaires, ainsi que de la puissance fournie à l’induit.
- M. H. Pécheux a exécuté une série d’expériences sur les propriétés électriques des filamenls de lampes à incandescence, dont il a déduit, en particulier, une règle pratique permettant de reconnaître la nature du métal qui entre dans la composition du filament.
- Cette règle consiste dans la considération du rapport entre la résistance- normale du filament et sa résistance à o° : la valeur de ce rapport indique à la fois la nature du fila-
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- '354
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XIV (?• Série). — M°25.
- ment incandescent, son intensité lumineuse normale et son mode de fabrication.
- Les essais ont d’ailleurs porté aussi bien sur les filaments de carbone que sur les lampes métalliques au tantale, au tungstène ou au tungstène-zircone.
- Au sujet du choix de la fréquence des courants alternatifs destinés à alimenter les moteurs de traction, M- K. Pichelmayer résume les données de l’expérience acquise.
- Il montre que cette fréquence optima a toujours tendu à diminuer de valeur et qu'aujourd’hui elle est fixée aux environs de i5 périodes par seconde.
- M, Schleyen donne de bonnes indications sur les conditions économiques d’exploiia-. tion des petites centrales électriques et montra comment, grâce au développement de l’éclairage par lampes à filaments métalliques, il est devenu souvent intéressant, pour l’industriel, d’établir une petite centrale, même dans des régions peu peuplées,
- En syntonisant, par une méthode basée sur l’emploi de l’oscillographe et de l’élec-trodiapason, les sons fondamentaux d’une cloche immergée, d’un microphone et d’en téléphone écouteur, M. A. Blondel a réalisé de remarquables expériences de transmission des signaux par l’eau ou hydrotélégraphie.
- La syntonisation complète que permet d’obtenir la méthode adoptée a pour effet
- non seulement d’augmenter la distance possible de transmission, mais encore de permettre le triage des signaux émis par plusieurs postes différents, en ..employant pour ceux-ci des fréquences différentes.
- Il résulte de la comparaison des deux articles qu’on trouve ensuite juxtaposés que si l’électricité allume parfois des incendies (plus rarement d’ailleurs que le gaz et surtout que le pétrole), elle contribue d’autre part efficacement à les éteindre ..
- MM. von Moltke et Anhagen insistent, en effet, sur le rôle qu’elle joue dans les dispositifs d’avertissement automatique, dès que la température d’un local dépasse une valeur fixée d’avance.
- Pour la traction des pompes à incendie, le moteur électrique est toujours en lutte avec le moteur à explosions, à qui ses progrès continuels tendent à conserver la confiance des services compétents.
- Comme appendice à sa récente Chronique d'électricité médicale, M. Turchini signale un dispositif tout nouvellement réalisé pour nos troupes du Maroc.
- Ce matériel comporte une installation radiologique ordinaire avec, de plus, un stérilisateur d’eau par les rayons ultra-violets.
- Enfin, nous disons quelques mots du récent Congrès des Elèves Ingénieurs, tenu à Turin, le mois dernier, sur l’heureuse initiative des étudiants italiens.
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- 24 Juin 1911.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ 5$»
- LE DIAGRAMME DU CERCLE DANS DBS MOTEURS ASYNCHRONES MONOPHASÉS
- Nous avons indiqué, dans une étude précédente (*), comment on pouvait construire facilement le diagramme du cercle de Polier-Ossanna pour les moteurs polyphasés, en admettant quelques simplifications rationnelles avec l’ordre de grandeur de certaines quantités entrant dans l’équation générale du cercle.
- Nous allons entreprendre maintenant une étude analogue pour les mpteurg monophasés.
- Nous reprendrons encore la question dans toute sa généralité pour 'rétablissement de l’équation de la circonférence, lieu de l’extrémité du vecteur courant. Nous montrerons ensuite qu’on peut aussi, avec les moteurs mpnQphasés, simplifier les résultats sans diminuer sensiblement la généralité du problème et tracer le diagramme du cercle non moins facilement qu’avec les moteurs polyphasés.
- ÉQUATION DU CEliCLE DK llÉTIIKiNOD
- On peut établir la nature du lieu décrit par l’extrémité du vecteur courant, soit directement, comme l’a fait, d’une façon très élégante, M. Béthenod (2), soit en utilisant la décomposition classique de MM. Blondel (0) et Ferraris, d’un moteur à courants alternatifs simples en deux machines polyphasées tournant en sens contraire.
- Nous utiliserons cette seconde manière de procéder en partantnon du diagramme des épurants, ainsi que l’a déjà fait M. Thomalen (l),
- mais de celui des impédances, ce qui nous permettra de simplifier beaucoup la partie mathématique du problème.
- Le diagramme des impédances pour le moteur polyphasé, déjà considéré par M. Béthenod (') peut s’obtenir facilement de la manière suivante :
- On trace (fig. i) le triangle des impédances OLN par la marche à induit ouvert en supposant, bien entendu, pour le moment, qu’il n’y a pas de pertes dans le fer. L’inductance du circuit inducteur Ü)M (2) est ensuite par-
- 0 0, L -
- Fig’ i-
- tagée en deux parties de longueur LIi = a QX, et RN = (i —a) QX, ; le cercle, lieu de l’extré-
- U,
- mité du vecteur représentant l’impédance -p,
- M
- est alors décrit sur cette seconde partie (i — a) QXj comme diamètre.
- Considérons séparément le moteur et la
- (') Voir La Lumière Electrique fies 4 et n mars iqii, (2) Voir VEclairage Electrique, tome XLVI, p. i3i, i9°6-
- ](*) Voir l'Eclairage Electrique, tome V, p. 44a, 1896. '(*) Voir l’Eclairage Electrique, lome XL, p. a53, 1904.
- (') Voir Y Eclairage- Electrique, tomé XL VI, p. .28, 190LI cl tome LI, p 134,1907.
- (2) Les notations adoptées ici sont celles indiquées dans notre élude précédente.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Série). — N?25.
- génératrice composants; nous pouvons leur appliquer le diagramme dont nous venons de rappeler la construction. Toutefois, comme l’inducteur est commun aux deux machines, et que, par suite, sa résistance ne doit être comptée qu’une seule fois, il faut, pour avoir les impédances correspondant aux deux parties composantes, prendre comme origine des vecteurs impédances de chacune des deux machines le milieu Oj du segment OL de la résistance de l’inducteur (*).
- Figurons donc les deux vecteurs OjK et OtK' résultants des vecteurs 0,L et LN successivement avec NK et NK' représentant les impédances dues à l’induction mutuelle et faisant, par suite, avec NR deux angles
- égaux à ^ — 0 et ^ — 6'.
- L’impédance résultante, ou impédance du moteur monophasé, étant égale à la somme vectorielle des impédances composantes sera le double du vecteur OjK, joignant le point O, au milieu de KK'. OjKj pourra donc représenter l’impédance même du moteur, à une échelle deux fois plus petite que celle adoptée tout d’abord pour les impédances composantes.
- Il reste à établir quel est le lieu du point K, sachant simplement que l’on a :
- (Q — ü))Xÿ (£i —to) X2 . .
- tgO— i-------et tg 6' == ——r 1 -, (1)
- t' 2 rï
- ou, en éliminant w par addition :
- QX,
- + -------------= '-*»**, (2)
- >'2
- QXo
- en posant —= m2. r2
- Ce lieu peut s’établir analytiquement d’une façon très simple (2).
- Prenons pour axe des x l’horizontale du point R et pour axe des y le diamètre RN, puis joignons RK' et RK, vecteurs qui font précisément avec RN les angles 9 et 9’.
- Les coordonnés des points K et K' sont respectivement, en désignant par D le diamètre du cercle pour simplifier l’écriture :
- x' = D cos9 sin9, ) ....
- y1 = D cos2 9, |
- et
- x" = D sin9' cos9', i y" = D cos29'. j
- Les coordonnées du point Kj sont donc respectivement :
- x — X X— .= — (cos 9 sin 9 -j- cos 9' sin 9')
- 2 2
- = — (sin 2 9 -j- sin 29') ; (i»)
- 4
- t, — y y - — ^ (cosz9 4- cos2 9')
- — — (2 -f- cos 29 cos 29'). (6)
- 4
- Posons pour simplifier :
- sin 29 -|- sin 29' = ^ = a, (7)
- cos 29 -j— cos 29' 1= ———— — b. (8)
- Nous n’aurons donc qu’à éliminer 9 et 9' entre les trois relations (2), (7) et (8).
- On en déduit tout d’abord, en élevant au carré les deux membres de (7) et (8) et en ajoutant :
- ,2 [1 -f- cos 2 (9 — 9')] — à2 b2,
- ou :
- (*) Au fond, l’impédance du moteur monophasé est, comme on va le voir, la somme géométrique des trois ^impédances : OL, ou résistance du moteur, et les deux résultantes LK et LK'. La décomposition de cette impédance résultante en deux parties 0(K et OiK' est donc, en somme, un artifice.
- (2) Nous en donnerons d’ailleurs la démonstration géométrique plus loin.
- 4 cos2 (9 — 9') = a1 -f- b2, et par suite, comme 9 et 9' sont inférieurs à
- cos (9 — 9'
- yla2 + b2
- (9)
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- REVUE D ÉLECTRICITÉ
- 357
- Les mêmes relations divisées membre à membre donnent :
- sin a 6 -j- sin 2 6' sin (8-{-8') cos (8— 0') a cos 2 8-|-cos 2 8' cos (6 -(- G') cos (0 — 0') b’
- C’est donc bien un cercle passant par l’origine R et par le centre T du premier cercle Le centre de ce nouveau cercle a ses coordonnées définies par :
- ou :
- tg(« + 8') = p M
- D’un autre côté, la relation (2) peut s’écrire :
- sin (0 -j- 0')_ 2 sin ^ -}- 0') __ ^
- cosOcosO' cos(6 -f- 6') -f- cos (9 — 6') %m2’
- ou
- sin (6 -f- 6') = [cos (0 0') + cos (6 — 8')] m2.
- f' x — 2 m2x0 — — = o,
- A/ = 2/«2//o — — m2 = o, 2
- d’où :
- To =
- 4/n2
- y° ~ T'
- (i3l
- Le diamètre passant par l’origine a pour coefficient angulaire :
- Remplaçons finalement, dans cette formule, les lignes trigonométriques de l’angle (8 -f- 8') par leurs valeurs en fonction de la tangente :
- tg (ô + ®') - -g'i
- et, d’autre part, cos (8— 6') par
- \/a2 -f- b2
- Il vient alors, en remarquant toujours que
- 8 et 8' sont inférieurs à - ;
- 2
- / b \/a2 -f- è2\
- V^+y2+ 7 /
- m2,
- \/a2 _f_ b2 \y«2 + b2
- d’où :
- 2a = [2b -(- (a2 -)- è2)] m2, et par suite :
- (a2 -j- b2) m2 -f- 2bm2 — 2a = o. (n) Le lieu cherché a donc pour équation : kx\2 /4 y — 2D\2"j a(4ÿ— 2^)
- [(0+(fcîE)-]
- /W2
- O m'-—0=°’
- ou encore
- , 9 , D D
- m2 [x2 y2)--------x-----------m%y = o. (12
- il fait donc avec le diamètre RN du premier cercle un angle y tel que :
- tgY = ir- (iy*)
- mï
- Connaissant cette circonférence, lieu de l’extrémité du vecteur représentant l’impédance, il est facile de passer au seul cas pratique intéressant, celui où Uy est constant et, par suite, au lieu de l’extrémité du vecteur courant.
- Il nous suffit pour cela d’appliquer les propriétés des figures inverses comme l’a fait M. Béthenod (*).
- Soit K', (fig. 2) le second point d’intersection du lieu avec OjKj ; nous avons :
- ÔXt X O,K', = C<« = A,
- d’où :
- ChK', X ^ = A,
- 2I,
- et par suite :
- (.5)
- (•) Loc. cit.
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-
-
- m
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Série).-' W
- QjR'j est donc proportionnel à R et peut le représenter en grandeur à une échelle convenable. D’autre part, l’angle de déphasage du courant et de la tension étahtÿ, on voit que le courant peut être représenté aussi en phase par le même Vecteur ORt', en comptant le déphasage par rapport à la direction 0,L. De plus, le point K't décrit la même circonférence que le point Kt.
- Il nous faut finalement calculer la valeur de la constante À. On a pour la puissance de l’origine, eh désignant par R le rayon du second cercle :
- A = {oX 4- R sîn y)2 + (LR + R cos y)* —
- Si nous remarquons que nous avorté :
- 0,L = R =
- h_
- D
- LR == aQXt, (i — o) OX,
- 4 cos y
- 4 cos y
- nous aurons :
- , 2
- A = (7 ),+ ff,Û*X,a+ {\^sQ\riS iny+icQX,],
- ou :
- 4 A = (> —|— ct) ctQ2X^i2 -|- i\ (1 — a)üXilgY. (16)
- Nous aurons donc la valeur du courant R
- ën multipliant la longueur du vèctèür OjKj par la constante
- Ui_ 2 A
- ________ 2Ü,
- /'i2 + 2(1' -j-rfi1 — ®)ÜX, tgY*
- [7)
- Faisons tourner la partie gauche de la figure autour de la bissectrice de l’angle ç de
- façon à échanger la direction des vecteurs OtL et O, K,', puis amplifions les rayortë Vecteurs
- U
- O, K', dans le rapport : nous obtiendrons un
- cercle homothétique du premier qui sera celui que nous aurons à envisager pour les applications du diagramme dans la pratique.
- En prenant pour origine (fig. 3) le point O,, pour axe des y la direction O, L et pour axe des x la perpendiculaire, l’équation de ce dernier cercle est facile à trouver.
- Les coordonnées nouvelles du centre sont, à l’échelle des impédances:
- ^•'0 = RL -f- R cos y
- i —(— 3 er.
- :=: cDX,
- üX, :
- -X,û,
- et
- ?/ 0
- — -f- R sin y,
- = 7 [*ri + (* — ‘gïl-
- 4
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-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 359
- 24 Juin 1911.
- A l’échelle des courants nous aurons :
- ________________(i + iDjûX.U,_________________ J
- 2 [/•12+2(i-^®)<îÜ3X12-)-/,i (l tj)ÜXftgy]’ /
- _ fa/'i 4- (» — <r)ÛXt tgy] U,________________ (
- i [/,I,+a(I -f-s)a£24X|2-f-/-i (i*-*»5)QXj tgy] j
- Quant au rayon, il se réduit à :
- (i — o)x,q (i + <j)i02
- — <t) I«
- \ cos y a U t t\ j cos y
- L’équation simplifiée dit Cerclé éstdütic:
- Quant au rayon du cercle il devient :
- ________ . g)QX1Ui ___________ ' , s J
- acosy[ri2+a( i +ffjaÛaX1*:+2/’1 ( i—c)QXj tgy] ’ ^
- L’équation du cercle qui se déduirait de ces valeurs serait, on le voit, beaucoup plus compliquée que pour les moteurs polyphasés et son expression n’aurait aucun intérêt pratique sous cette forme générale.
- On peut, toutefois, comme avec les moteurs polyphasés, simplifier les résultats précédents en remarquant que /\ et tg y sont très petits et que les termes qui les contiennent au dénominateur peuvent être négligés devant 2(1 -f üJdlT-Xp D’un autre côté, l’expression du courant magnétisant à vide, également compliquée dans le cas général, se réduit à la valeur approchée t2) :
- ... 1+3î1ïiL, “(1+3)/-ti02-Hi—ff)U4i0tgYT
- ^ "J +r îïü; J,
- h\\
- cos y J
- et même, si tgy est bès petit :
- IV r i+<s'Mo2"2 I i-œ. I2 , n
- •J +| y~^ ût 4irH (a5)
- i+3u
- x------1
- équations non moins simples que pour les moteurs polyphasés et qui peuvent convenir tant qu’il n’y a pas de résistances additionnelles dans l’induit pour faciliter le démarrage sous une légère impulsion.
- L’ordonnée du point situé sur O y et correspondant au point L étant l’ordonnée du centre pour tg y = o est :
- 1 -f- 5 ri L2 a s Uj
- (26)
- In
- u,
- (1 4- g)qXi
- La constante de transformation se réduit donc alors à :
- îU,
- Ul = aA 2(1 -f o)aÛ*X,
- (1 + <QV
- a U,
- Les coordonnées du centre prennent la iorme simple :
- __1 -f- i u 1 ( 1 -{- g) y_1 -|- .1 s -
- 0 '1 ( * 4“c) L <7 u i2 '1 s
- ~ „ u, n (« + s)i„2 , x
- u(i 4-0)/Y I02 + (i — O) U,I0lgY
- ............bü,
- (*) Les formules ^17), (18) et (19) pourraient être écrites uu peu plus simplement en y remplaçant QX, par t
- «m-i et tg Y par —.
- (2) Voir Blondel, Eclairage Electrique, tôtiie Y, p. 5/j3.
- Ainsi donc, le diamètre du cercle, si tg y reste négligeable, est encore ici le même que lorsque la résistance de l’inducteur est négligeable.
- Dans le cas, au contraire, où tgy est appréciable, on reconnaît, comme l’a signalé M. Béthenod, que le diamètre du cercle est
- amplifié dans le rapport ——.
- cos y
- On voit, de plus que, approximativement, il passe toujours par les mêmes points R et T de la droite LT dont les abscisses sont respectivement :
- aûX,
- + û) b
- &U,
- I»,
- ’+^QX, "
- y 1 -(-5
- (*7)
- a U,
- 2 cs
- h-
- Les diamètres du cercle passant par les points R et T font naturellement avec RT l’angle y.
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- 360
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2e Série). — N’ 25
- La construction de ce cercle peut dénc se faire facilement à condition de connaître toutefois, non seulement I0, <? et r2, mais aussi QX2. Cette dernière quantité peut s’obtenir facilement par l’expérience en alimentant le moteur par des courants polyphasés envoyés dans son induit et en laissant l’inducteur à circuit ouvert.
- On peut, si l’on veut éviter cette expérience, éliminer tg y en substituant la résistance totale ramenée au primaire.
- nous pourrons l’écrire, en y remplaçant /•, mi ou Oà, par sa valeur :
- y a =
- (I +a)I«r
- ou, L'1
- ( -f- ®) r'i L ïjU, ’
- en posant :
- (* ~ g)
- a
- q2r2 K2
- ]
- (29)
- r't — /’i + K2.
- Le centre déterminé, on fera passer le
- On peut, en effet, écrire l'ordonnée approchée du centre sous la forme :
- _ r'j U,__________(i — g) U, tgy
- 2 (i -j- u) o-Q2^,2 4 (i a) <t£2X,
- _ rt Ut___________(i — ct) U,
- a (i -)- <s)ari2mi2 4 (i a)
- =. ,ri.Pi. ,r.+^-°^i. (.8)
- a (i -j- a) | a m2J
- Si nous remarquons que l’on a approximativement (en supposant e, = e2) :
- mi _ gtr, YJ
- cercle correspondant par les points R et T dont les coordonnées ont été déterminées plus haut par les relations (26) et (27).
- REPRÉSENTATION ET CALCUL DES COURANTS ' SECONDAIRES
- Pour déterminer la valeur des courants induits dus aux flux utile et parasite, nous chercherons tout d’abord un moyen de retrouver les deux inductances composantes correspondant à chacune des deux machines, c’est-à-dire les droites NK et NK' de la figure 1 en partant d’un point du lieu, c’est-à-dire de K1.
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- 361
- 24iJuin 1911. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- Dans ce but, nous établirons une propriété intéressante ; c’est que la droite KK' passe par un point fixe qui est précisément l’extrémité Q du diamètre du cercle lieu de l’impédance ou du courant passant par le point T centre du cercle primitif (‘).
- Prenons pour origine le point R, pour axe des x la droite RN et pour axe des y la perpendiculaire (fig. 4)»
- Soit toujours D le diamètre du cercle RN.
- Les coordonnées du point K sont :
- x' — DcosôcosO = Dcosa0, ) .
- „ > 3o)
- y' — D cosO sinO. )
- Celles de K' seront de môme :
- x" = 13 008*0', y" — D cosO' sinO'.
- (3.)
- La droite passant par ces deux points sera :
- y — y’
- y' — y"
- x’ — x"
- (x — X1),
- JLx + y'-y^JLr
- J x1 — x"
- ou :
- _ y' — y" x _j_ x'v" — v'x"
- OC 1 OC OC ' oc
- (3.)
- La droite K'K pivote donc bien autour de l’extrémité Q du diamètre passant par le point T.
- Cette propriété établit en outre à nouveau que le lieu du point milieu de la droite K K', est une circonférence décrite sur QT comme diamètre, Q étant alors l’intersection de la tangente au point R au cercle primitif et de la droite faisant avec R T un angle y.
- Cette propriété connue, si l’on se donne un point de régime par la position du point K'j du lieu du vecteur courant, il suffira de joindre OjK’j, de chercher le second point d’intersection Kt de ce vecteur avec le lieu, puis de joindre ce point au point Q. Les points d’intersection K et K' de cette droite avec le cercle primitif donneront, en les joignant au point N, deux vecteurs qui sont pi’O-portionnels aux courants induits cherchés.
- En particulier, les courants induits ramenés au primaire r2.„ 1',,,, et dus respectivement aux flux utile et parasite, auront évidemment pour valeur :
- t NK t, t NK' ,,n
- I 2.U = L fvf et I 2-J) Il TÂT»
- Calculons seulement l’ordonnée à l’origine. On a :
- • cos 0'
- x1 — x" D (cos2 0 — cos2 0')
- cosO cosO' sin(6' — 0)
- COS 2 0 -- COS 2Ô'
- cosO cosô' sin(G' — 0) sin (0 -j- 0') sin (0' — 0)
- D cosô cosO' sin (0 -f- 0')
- Mais nous avons trouvé déjà :
- sin (0 -j- 0')
- (33)
- UHi = tgô —f- tgO' =
- On a donc finalement : x'y" — y'x" D
- cos 0 cos 0'
- RT .g Y.
- (34)
- () Cette propriété ne doit pas être confondue avec une autre propriété analogue indiquée par M. Thomiilen, sur laquelle nous reviendrons plus loin, et qui se rapporte aux vecteurs des courants.
- si l’on se rappelle que, à l’échelle des forces électromotrices composantes, L N était proportionnelle à I.!.
- Les courants secondaires eux-mêmes seront :
- __ c, KtNi
- 2u g2 K2Na 2“’
- 1 Çl K1N1
- lîp~ q2 K2N2
- (36)
- les formules à appliquer ici étant naturellement celles correspondant aux machines polyphasées composantes.
- On remarquera que les courants magnétisants produisant les flux utile et parasite sont proportionnels à L K et L K', toujours par analogie avec les moteurs polyphasés, c’est-à-dire par application de la théorie de ceux-ci aux machines composantes. Les triangles LKN etLK'N sont en effet semblables aux triangles des flux tournants dans l’indue-
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- La LÜMiÈkM ÉLECTtÜQtJÈ t. XiV(2*Séflë).^M«28.
- m
- tëur dé cés dëüx màëhiilëëj fcdtntnë dti le vbit à l’ihëpeetidtt de là figtife i de hdtfë pfëëé-dente étude.
- REPRÉSENTATION DE LA PUISSANCE FOURNIE A L’iNDUIT
- 11 ridiis lilüt, pdüi1 codiplétër l’ëtüdê dû cS§ où /\ li’ëët pûë hëgligëUblë* iridritrël; cditiiiiëiit dti peut rëprësëntëf la puiësailëë fbürhie à l’iüdüit.
- Fig. 5.
- Cherchons d’dbord à dëterininer quelques points particuliers importants.
- Le poiht dè fônctidtltlëttiëiit à vide ëst facile à déterminer si l’dil ëë rappelle t(Üë le couple dû à un moteur pdlÿphaëé ëst proportionnel à sin 0 cds 0 dû sih a 6.
- Pouf que lë couple sdit nulj il faut cjüe les deux Couples cdinpbsaiits âdiëtit égaux, ce tjüi exige qUe :
- sinaO •== siriiO'.
- La solution 0 = 0' qui correspond au démarrage étant rejetée, on a donc:
- 20 = TC — 20',
- détermine tgO et tg0' par :
- tg20 — a w2 tgO -|- i — o.
- Approximativement, les racines :
- tg0 = nu ± \//«22 — i peuvent s’écrire :
- £'"*[,±(,-ïS7)]'
- OU
- ce qui exprime que :
- IgO:
- ou :
- tgO’
- IgOtgO' = i.
- dette relation* avee l’étjüritidii (i): t&0 4- i&O1 = ï hl».
- (3-7)
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- 24 Juin 1941i
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 363
- d’où :
- tg® = IS- = ï,s''s'gï (38)
- et :
- tgO' ri % ÏÏÎ2 — —
- On déduit de la première :
- Si l’on se reporte alors à la figure 5, on voit que, par raison de symétrie, K et K' sont sur la ttiêihë horizërttâlë; le point du lieu correspondant est donc l’extrémité D du diamètre incliné de l’angle y.
- On aura donc le point cherché en joignant Oj D sur le diagramme des courants, d’où le point B„.
- On déterminera d’une façon analogue le point correspondant au synchronisme B„. On a pour ce point :
- tgO = O et tgO' rrr 2/Ha,
- d’où:
- 0 = o, ï_0'=*.
- •1 1
- Le point K vient donc en N et le point K' reste le même. Le point du lieu est donc le milieu de l’arc TD qu’on joindra au point O,, d’où B».
- Un dernier point intéressant est celui qui correspondrait à la marche au synchronisme également, mais en supposant la résistance de l’induit nulle.
- Ce point sera évidemment le second point d’intersection de la droite O/f avec le cercle, c’est-à-dire B0.
- En effet, le cercle, lieu du vecteur courant correspondant à ce cas, aurait pour diamètre RT et le point cherché s’obtiendrait en joignant 0tT et en cherchant le second point d’intersection de cëttë droite avec ce cercle.
- Toutefois, comme les deux cercles sont très voisins l’un de l’aütre, au voisinage de la droite RT qui joint leurs points d’intersection, on peut prendre, pour le point chërëhé,
- le secohd point Bÿ d’intèrsection de OjT avec le cercle de centre CLi
- Ceci posé, dn pourra montrer, par ün calcul analogue à celui que nbus avohs fait pour les liiOteüfs polyphasés, quë la puissance communiqüée à l’induit peut s’obtenir en comptant les ordonnées du cercle, lieu du point K', entré la circonférence elle-mêmé et, une certaine droite, puis en les multipliant par un facteur :
- Cette droite passe évidemment par le point B0 et par le point B» correspondant à un glissement infini puisque cette puissance est nulle pour les deux points.
- Le point BOT est encore ici le second point d’intersection avec le cercle de la droite joignant l’origine au point R, puisque, tg 0 et tg ü’ étant alors infiniment grands (tout en étant ici de signe contraire), le point correspondant du lieu de l’impédance est précisément le point R et qu’à ce point R correspond le point Bw du lieu du vecteur courant.
- Le point R étant toujours voisin de l’origine le point B^ pourra s’obtenir plus exactement par la construction de la droite OjB^, dont le coefficient angulaire est :
- (i -f- cJMo2 2 5 U,
- Si tg y est petit, le facteur de fédübtion par lequel il faut multiplier la différence des ordonnées pour avoir le courant watté réel se réduit à :
- Au lieu de multiplier la différence des
- (i -for) /'jlo ' 2 a U, '
- (1) Si l’on remarque qüe le courant riiaghétisanl lu de chacune des machines composantes a pour valeur,
- ainsi qu’on le verra plus loin,---1-!- . Iq, ou retrouve bien
- la valeur Al0 établie pour les moteurs polyphasés.
- (T U
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- 364
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2« Série). — N» 25.
- ordonnées par le coefficient de réduction, on peut encore, comme avec les moteurs polyphasés, prendre, d’après le procédé de M. Lehmann, la différence des vecteurs entre la circonférence et la droite B0Boo suivant une direction perpendiculaire au rayon du point B0.
- Ceci peut s’établir par un calcul analogue à celui que nous avons employé pour les moteurs polyphasés.
- Remarquons d’abord que l’équation du cercle étant mise sous la forme simplifiée :
- ' x'- 4- .y2 — %x*x — ay0y + D = °>
- En opérant alors comme avec les moteurs polyphasés (fig. 6) on voit d’abord que l’angle
- en B est manifestement égal à 2 Yi 4“ Y»
- • 1
- Yj étant l’angle défini par tg yj = —•
- Le triangle BKG donne alors :
- BG cosr i
- BK cos(2Yi+Y—v) cos(2Yl+Y)^-sin('2Yl^_Y)t8,’,
- ou en remplaçant tg v par sa valeur :
- BG _ 1 U,
- jg 1 / 2 /* 2/ \ *
- y i — —J cos (a y, -J- y) + a Wt sin (ayi + y)
- Fig. 6 .
- les pertes dans le primaire sont exprimées par :
- ui [y ~ f’i [**oX +* 2ÿoÿ — D)],
- ou :
- U,
- a r i.Vo Ui .
- y
- 2 t\yo U,
- 07+13
- }
- D' étant une nouvelle constante.
- Le coefficient angulaire tg v de la droite BoB^ est donc :
- i
- _ a
- U,
- (42)
- Il suffit donc d’établir que le dénominateur est sensiblement égal à l’unité.
- Remplaçons-y æ0 et y0 par les valeurs trouvées plus haut, (22) pour x0 et (28) pour y0, et remarquons que, Ti et y étant petits, on peut faire :
- cos a Yi = cos y ~ i,
- a
- sin a Yi = tg 2 Yi = —
- nii
- sin y = tg y = —.
- Nous aurons alors, en substituant égale-
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- 24 Juin 1911.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 365
- ment à /^I,, son égal
- U<
- r____________» / , I — q / _ a \
- L (x -f" ®) o/«i9 \ a m-JJ \ rtiiinj’
- +
- i 3 <j / a
- a®(> + ®)
- (— + —
- V/Wj /tt3/
- Cette expression peut s’écrire, toutes réductions faites :
- (x -t- ^c/w,2 le terme
- [(* + ®)
- — acr
- 2a
- (i + a) m^m^
- gligeable devant l’unité.
- étant évidemment né-
- Cette. propriété, démontrée* d’une façon approximative,nécessitée par l’emploi de l’équation du cercle qui n’est également qu’approchée, est probablement absolument générale comme pour les moteurs polyphasés, Il semble, du reste, très logique que la direction suivant laquelle on doit compter la différence des ordonnées doive être telle que, à la limite,pour une puissance nulle, elle soit tangente au cercle puisque, autrement, il existerait un second point du cercle pour lequel, la puissance communiquée à l’induit n’étant pas nulle, les pertes par effet Joule dans l’inducteur seraient les mêmes que pour une puissance nulle, ce qui est évidemment impossible.
- (A suivre.) C.-F. Guilbert.
- DES PROPRIÉTÉS ÉLECTRIQUES DES FILAMENTS DE LAMPES A INCANDESCENCE
- Au premier rang des caractères physiques qui permettent de fixer la nature d’un métal du commerce, ou son état physique, il faut placer la thermo-électricité et la résistivité.
- En ce qui concerne plus particulièrement le filament d’une lampe à incandescence — filament monté dans l’ampoule prête à fonctionner comme lampe — on conçoit qu’il soit impossible d’employer la méthode thermo-électrique ; reste la détermination de la résistivité et des coefficients de température, détermination facile à faire connaissant à l’avance le diamètre de section droite et la longueur du filament. Mais ce caractère ne suffit pas, à lui seul, pour établir nettement la nature du filament ; on utilise aussi la connaissance de la formule qui donne l’intensité lumineuse d’une lampe en fonction de la différence de potentiel aux extrémités du filament (caractère électro-optique).
- Nous allons, dans cet article, exposerles résultats que nous avons obtenus en expérimentant un assez grand nombre de lampes à incandescence d’usage courant, et nous essaierons,
- en manière de conclusion, et d’après la comparaison de ces résultats, de formuler une règle pratique permettant de reconnaître la nature du métal entrant dans la fabrication du filament d’une lampe à incandescence.
- I.— Détermination des formules caractéristiques.
- i° Intensité lumineuse en fonction du voltage, ou formule électro-optique.
- On sait que l’intensité lumineuse — horizontale, par exemple, comme nous l’adopterons dans ce qui va suivre, soit : lu — est liée à la différence de potentiel E aux extrémités du filament, c’est-à-dire entre les bornes de la lampe, par la formule parabolique :
- f» = AxE" fi'
- dans laquelle A et m sont deux constantes dépendant de la nature du filament, lA étant évaluée en bougies décimales et E en volts.
- La détermination de A et m, pour une lampe donnée, se fait en soumettant la lampe a s ou 3 voltages voisins du voltage normal (celui qui est marqué sur la douille de la lampe), et en rele-
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- ,M6
- LA LUMIpRS fLECTHIQVE T. XIV (2* Sér^a). n
- YçmÇ, d^ps cbaqhÇ cps, l’iqlpnsité l,t à j’aidp d’un pbp.tQniptre. Rppi^rqpon^ tout d’gbjord — et c’est là un ppiflt important — qpe les yaleurs de A et m c^angen^, pouy un même fllppient, avec lp régime électrique de la lampe, et aussi avec l’âge du filament ; les tableaux suivants le montreront aisément et il est aisé de le comprendre, à priori,à l’inspection de la formule (i). En plï’et, deux lampes, avec le même métal ou le même carhone, devant fournir ppr exemple a5 bougies décimales, l’une spus i io, volts, l’aptre pous 125 volts, donnprpnt pour foripules :
- î5=AX no"1 ;
- 25 = A' X i25,n''.
- Le produit (AxEm) valant 25 dans les deux cas, ne peut fournir ce résultat qu’avec deux valeurs différentes de A et de m.
- de la relation : 1 bqugie heffner = 0,895 bougie décimale (*).
- a. Filament de carbone.— Nous avons essayé trois lampes, neuves, deux à i3o volts, et une p 270 volts (voir le tableau I).
- La valeur de m est plus faible pour le carbone graphité, lequpl se rapprophe des métaux ; cette valeur augmente avec le voltage.
- iy. B. — F. Ilirschauer a trouvé, pour les lampes au carbone ordinaire, la formule : lh — 3,7 X io-12X E6-5,
- dans laqqeHp l’exposant m de E est un peu plus grand qup le nôtre : mais lh s’exp^imp ep heffpers, dans cette dernière formule.
- Le Laboratoire Central d’Electricité (Paris) a trqpYp : == fi (c^j|T|-e voisin du nôtre : 5?97)
- pour le carbone ordinaire. Sharp donne : /« = 5,5
- ïablkau I.—Lampes au carbone.
- pjo» NATURE DU FILAMENT MARQUES
- I Carbone graphité C.G.E. 16 b.d, i3o v.
- 2 Carbone cir.dipaire A.E.U. 11> b.d. i3p v.
- 3 id. A.L. ao b.d. 270 v.
- h FORMULES ^
- 14 b.d. 2,78 X io—9 X E*»39
- 1/1 b.d. 3,3fi X io~12 X E3.9?
- 20 b.d. 2,02 X 10—24 X E10'28
- Les travaux des divers expérimentateurs ont montré que A et m varient, pour un même métal, avec E et L] nous l’indiquerons plus loin.
- Il en résulte déjà que m ne peut, à lui seut, indiquer nettement la nature du filament. '
- Voici les résultats que nous avons obtenus,
- après avoir installé nos lampes suy une prise dp courant, avec un rhéostaf réglable pour obtenir diverses valeurs de E j les mesures de l/( étaient faites à l’aide du photopiètre Bunsen-Bqrcl, en nous servant d’unp lampe Ileiïnep bien réglée ; nous transformions ensuite l’intepsité obtenue en bqggies-heffnerSj en bougies décimales, à l’aide
- pour les lampes au carbone graphité, chiffre plus grand que le nôtre.
- b. Filament de tantale. — Toutes ces lampes sont fabriquées parla maison Siemens et Halske, de Berlin (tableau II).
- La valeur de /«, pour les lampes de 25 b. lp,
- 0 Nous emploierons dans PP fini spit fps polatioiig spivqptes :
- ]}. d. — bopgiq déçjpiale; b. Ii. = bougie heffner k = kerzen.
- Tablfau II. — Lampes au tantale.
- N°“ MARQUES AGE h MARQUES
- I 16 b.h. i3o v. neuve 14 b.d. 2,33 X io~4 X E2>27
- •1 25 b.h. 125 v. id. 22 b.d. i/3 i,63 X 10—7 X E3-88
- 3 25 b.h. 120 v. 200 heures 22 b.d. i/3 6,67 X io~8 X Eb'P
- 4 25 b.h. i3q v. 1000 heures b.d. 5,77 >< fb-S X Eb^j
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- 34 Juin 1314.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 367
- a été tuopvée égale à 3,9 par M. Laporte ; ce chiffre est très voisin du nôtre (3,88). F. Hirpchauer donng :m = 4,3, sans indiquer pi 4 ni E dans la lampe qu’il a expérimentée ; ce résultat se l'flPPFQfifre beaucoup fie celui de notre lampe de app hmres ; (s>5 b, h, — HP volts); J. (Morris
- On voit que m augmente aVec le voltage. Les auteurs cités précédemment (Morris, Stroude et Ellis) ont trouvé : m = 3,9 à 4,o3, avec A de l’ordre de io~7, mais pour des lampes de 35 b. d, et 1 ip volts ; pp^résultats, comme l’intensitc lumineuse de la lampe, sont compris entre les nôtres.
- F. Strpudfi et M. EtUs ont trouvé ; m =4,3 à 4,7,avpa A 4$ l’prflre de grapdowr dp ip-? à jo-s, pour les lampes an tantale de b- n° ypJts (résultats que nous ayons obtenus avec les lampes poussées et usagées).
- c. Filaments de tungstène (Wolfram). — Voici les résultats obtenus avec 9 lampes d’origines diverses, allemandes et françaises (tableau III).
- Conclusion. — Les résultats qui précèdent ~ ceux des expérimentateurs que nous avons cités et les nôtres — montrent suffisamment que la •valegp de l’gxppsapt m p’p@t pas tisse? cqnatapte avec un filament de nature connue, pour caractériser nettement ce filament, quels que soient le voltage et l’intensité lumineuse des lampes dans lesquelles il entre.
- Tableau III. —Lampes au tungstène.
- w* jV|AIlf}UES 4RK h FORMULES
- I Os. 16 k. 13o v. neuve 18 b.d. 4,22 X 10—? x Ebis
- 1 Os. 25 k. i3ov. x 5oo heures 20 b.d. 3,92 X io-5 X E2-79
- 3 S.K. 3ab.d. i3ov. neuve 33 b.d. 4,8x X xo~8 X E4-18
- 4 F.H. 25 b.d. 13o v. id. 25 b.d. 3,20 x 10—7 x E3*74
- 5 A.E.G. 25 b.d. x35 v. id. 22 b.d. x/3 2,78 X 10—8 X E4'18
- 6 C.G.E. i6b.d. 125 v. id. 14 b.d. 6,63 X 10—8 X E3’97
- 7 C.G.E 25 b.d. 125 v. id. 23 b.d. 1,68 X 10—7 X E3>88
- 8 C.G.E. 32b.d. 125 v. id. 82 b.d. 5,85 X 10—7 X E3,89
- 9 ü.G.E. ioob.d. i3ov. id. 96 b.d. 3,96 x xo—5 X E3'02
- Pour les lampes neuves de 16 à 25 b. h. sous xa5 à ;3o volts, l’exposant m varie tle 3,7 à 4,18, Ces différences s’expliquent p^r la difficulté d’qbtenir du tungstène également pur, avec un métal dur et cassait qui ne peut s’étirer et dont les filaments spnt filés et préparés de façons différentes d’une maison à l’autre.
- F. Hifschauer a trouvé^ pour deux lampes au Wqifrain, lh~ 3,4 X iq~î XÉ4 (çequp nous avqns obtenq, sensiblenjpnt, pour trois types essayés).
- J. Morris, F. Stroude, et M. Ellis ont obtenu, pour m, des valeurs variant de 3,65 à 3,90 avec A de l’ordre de io-7 à io-6 (5o b. et i2Q yplts).
- Il est certain que, si toutes les lampes étaient construites avec un métal également pur pu ayant la mêpe constitution chimique, m sçrait la véritable caractéristique clu métal delà lampe. En effet, dp : 4~ A]2"1, on tire aisément, en donnant à E un accroissement AE correspondant à. un accroissement A lu de l’intensité lumineuse :
- l/i -f- A lu — A(E -{- AE)"1;
- en développant le binôme, et en conservant les deux premiers termes, on aurait :
- 4 -f Mh = A[Em + mEm~l . AE].
- Tableau IV. — Lampes au tungslène-zircone.
- i JJos MARQUES AGE h FORMULES
- I Z. 25 b.d. i3o v. neuve a5 b.d. 2,28 X xo—0 X E3-33
- % Z. 4o b.d. 260 v. id. . 89 b.d. ï,°9 X 10—10 X E*,37
- d. Filaments de tungstène-zircone. — Ces lampes sont construites en France (Société Lacarrière, Paris); nous avons étudip deux types de voltages différents (voir le tableau IV).
- A4 = wAE”-1 XAE.
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- 368
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV(2e Série). J--N*‘25.
- Si :
- AE = E,
- . ' IOO
- on aurait alors :
- A4 = otAE”1-1 X — E = m AEm = ^ 4 ;
- IOO IOO IOO
- m fournirait alors la variation relative d’intensité lumineuse, en % de 4> pour chaque variation de tension de i % autour de E.
- 2° Résistivité et coefficients de température.
- En évaluant la résistance R du filament à une température donnée et connaissant les dimensions de ce filament (diamètre de section droite : d, en centimètres; longueur : l, en centimètres) ; on<en déduit la résistivité p à cette température :
- lits
- ?~~P
- Nous avons déterminé, pour chaque lampe
- du filament). L’ampoule était portée,' dans utt bain liquide, à des températures croissant dé o® à
- 2oo0; la boîte d’ohms du pont donnait le — 4’ohm .
- Pour la résistance normale R„,nous l’obtenions par le quotient du voltage normal E volts par l’in-* tensité du courant d’alimentation I ampères —ces deux quantités fournies par des appareils de mesure Chauvin et Arnoux, avec une approximation de i volt et de ---- d’ampère.
- io ooo
- De la connaissance de R0, nous déduisions la résistivité p0 à o°, et les coefficients de température de o" à 2oo0.
- Nous avons ensuite calculé les coefficients de température a, b, de o° à la température normale (sous voltage normal). Nous avons constaté, dans tous les cas, que :
- Le coefficient principal de température a, de
- Tableau V. — Filaments de carbone.
- N°‘ Po a b Ko Rn Rn Ro
- I 4 486 0» — 0,000 335 0,000 o32 767,3“ 4-95" 0,645
- 2 2 238 1*" — 0,000 527 — 0,000 o5o 677“ 406“ 0,600
- (Nous n’avons pu calculer les éléments pour cette lampe, dont les dimensions ne nous étaient pas connues.)
- étudiée, sa résistance R0 à o°, par la méthode du pont de Wheatstone à corde, et sa résistance Ru, normale, c’est-à-dire au voltage normal indiqué sur la douille.
- Dans le premier cas, nous négligions la résistance des deux gros fils de jonction , en cuivre, qui reliaient la douille au pont, ainsi que celle des électrodes joignant les bords du filament aux pastilles du culot (l’ensemble de ces résistances
- o° à ioo°, est très sensiblement le même que de o° à la température normale T.
- R
- Nous avons enfin effectué le rapport pour
- Ko
- chaque lampe.
- Voici nos résultats. Les numéros des lampes sont les mêmes que dans les tableaux précédents; a et b sont évalués de o° à T (température normale).
- Tableau VI. —Filaments de tantale.
- N°* Po a b R0 Rn Rn Ro
- I » 0,00 242 0,000 0004 no,4“ 60,3“ 788“ 7>1/i
- a 10,910-“ 0,00 243 0,000 0004 434,7“ 7,21
- 3 )) 0,00 262 0,000 ooo5 * 51 ,2°* 7,33
- 4 )) 0,00 262 0,000 ooo5 61,6“ 490“ 7>9$
- de la résistance
- représentant, au plus, les
- i ooo
- a. Filaments de carbone. — Nous avons admis, pour T, la valeur moyenne : i 66o°(voir tableau V).
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- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 369
- , Le rapport^ = 0,645 (carbone graphité) ; il est plus faible (0,60), pour le carbone ordinaire.
- b. Filaments de tantale. — Température normale moyenne : 1 925° (tableau VI).
- Le rapport est très sensiblement le même Ko
- pour les deux premières lampes {neuves)’, il augmente avec les lampes usagées (n“ 4) ; Y accroisse-ment de ce rapport vaut, en moyenne, 8 X i°_i par heure de vieillissement du filament.
- c. Filaments de tungstène. — Température normale moyenne : 2 ioo° (tableau VII).
- et les coefficients de température, ne sont dus qu’à un état physique différent ; avec la préparation, très variable d’une maison à une autre, des filaments filés, il en résulte une structure intime très différente aussi; mais le métal, quelle que soit son homogénéité, présente la même allure dans toute l’étendue de l’échelle de températures auxquelles il est soumis, de o° à T.
- Nous avons, pour chaque filament, la relation suivante suffisamment exacte :
- -- ^ = 1 4- «T + bT\
- I*o Po
- Ce trinôme : 1 -f- a T -j- b T2, est donc sensible-
- Tableau VII. — Filaments de tungstène.
- N1,8 Po a b Ro Rn R» Ro
- I » 0,00 280 0,000 00I 93 5a,7" 8ia,5" 7o3“ i5,4a
- 2 3,80e" 2,86e" 0,00 43o 0,000 001 40 43,5" 16,16
- 3 0,00 230 0,000 00a 17 33,7" 520" *5,44
- 4 )> 0,00 3io 0, 000 001 81 39,8” 619" 15,55
- 5 6,34 e" 0,00 260 0,000 001 80 54,8“ 794“ *4,45
- 6 4,62e" 0,00 3o5 0,000 001 96 63,8" 961 “ 15,o5
- 7 ' » 0,00 287 0,000 001 58 45" 617" i3,69
- 8 9 5,7 ii*w » 0,00 266 » 0,000 001 81 » 32,3" » 472" » i4,63 »
- A noter la valeur, très sensiblement commune,
- de ~ pour les filaments des lampes n08 i, 3 et 4,
- que nous pouvons considérer comme étant en tungstène pur, étant certain de la pureté des noS 1 et 3. Le filament n° 5, qui a donné la même valeur pour m que les nos 1 et 3, présente un rapport un peu faible (14,45); quand aux nÜS 6, 7, 8, 9, de la même maison, le premier se rapprocherait du n° i du tableau, et serait le plus pur.
- R
- La constance du rapport est à remarquer,
- Ko
- ment constant, pour un même métal, et quelles que soient : R„ et R0, ou p„ et p0.
- Remarque. — Selon la structure plus ou moins concrète d’un filament filé, la surface radiante doit présenter un pouvoir émissif lumineux assez différent, pour des filaments de même métal. Ceci explique les écarts obtenus entre les divers expérimentateurs, 'pour les coefficients de la formule électro-optique.
- d. Filaments zircone-tungstène.— Température normale moyenne : a ioo° (tableau VIII).
- Tableau VIII. —Filaments de zircone-tungstène.
- R» Rn
- Po a b Ro Ro
- l 13,77e" 0,00 3i 0,000 000 89 57,8" 658" 11,38
- 2 6,45e" 0,00 3o 0,000 000 9 2 123,9" i4o5" 11,34
- pour les numéros 1, 3, 4, malgré les valeurs différentes de po, a et b. U faut admettre, sans doute, que les écarts ainsi présentés, entre les résistivités
- Dans ce cas encore, malgré les différences
- obtenues entre p0, a et b, le rapport c’est-à-
- K0
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- 37Q
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2e Sérje). :—:
- dire (i -f- a T + b. T?), est remarquablement cqnstçint et caractérise pettemeqt f’alliagp ?ir-cpqertnngstène, quelles que soient sa structure ou son homogénéité.
- II. — CARACTERISTIQUES DU FONCTIONNEMENT ÉI.ECTRIQUE.
- Qn appelle par,çfçféçiçfigue 4n Ipnpljpnnefppnt électrique d’une laqipp, la çqqpbp pjjtepqp pq portant, en abscisses, les intensités I (en ampères) du courant d’ajimenlatjon, et en ordonnées, les force électromotrices aux bornes E (en volts) eor-re^ppndftnlps-
- ,E Volts
- Fig. i.— Caractéristiques des lampes A (ila)nen(. dp qarbope.
- JY. B. — Le rhéostat que nous avions interpalé entre chaque lampe essayée pt la prise de courant nous permettait d’obtenir divers régimes de fonctionnement, capaptériséppar djypfs couples, eje valeurs de E et I.
- sUne telle courbe montre bien les variations de
- E
- la résistancp R = j , avec le voltage aux bornes
- de la lampe E.
- Nous reproduisons ici les caractéristiques que nous a fournies l’étude de nos $jvers types de lampes. Iréphpllp à laquelle plies? §pnt jpi ppppp? sentées est celle-:pi: 3 millimètres valent: 8 volts
- (ordonnées), et d’ampère (abscisses).
- La figure i présente les caractéristiques des trois Jampes à ! lameqt de carbone : deux à i3o volts, l'autre à 270 volts.
- Remarquons que le coefficient angulaire de la caractéristique de la lampe à carbone graphité (C. G. E.) est supérieur, à voltage égal, à celui de la lapipe à carbonp ordinaire (A- E. G.) et qu’il décroît plus régulièrement. Dans les deux cpprbes plu pqrbf?ne ordinaire, le coefficient angulaire décroît très lentement : les courbes se rapprochent davantage d’une droite.
- La figure 2 des lampes au tantale nous permet de tirer les lois suivantes :
- Fig. 2. — Caracf.évi?tjques (les lampes tantale.
- i° Pour les filaments de même intensité lumineuse normale (a5 b. b. par exemple), le coefficient angulaire est d’autant plus élevé que le voltage nprnial est plus gftfBfl» et (Jqrég de fonctionnement de la lampe a été déjà plus longue ; mais f effet du voltage l’emporte sur celui de la durée (courbes 3, 2, 4).
- 20 Pour des filaments de même voltage normal, le coefficient angulaire est d’autant plus élevé que l’intensité lumineuse est plus faible ; (courbes 4, 1).
- Nota. — Ces deux conclusions s'appliquent à tous ies filaments métalliques.
- La figure 3 est formée des caractéristiques <les filaments de twgstèn.e : op y retrouve la 2e loi
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- REVUE ^'ÉLECTRICITÉ
- pnmrrérpe çMesjgus, pour lampes i Pg(?)pi
- (m (3) ;
- Lü figure 4 est fqripép fie cinq pfp’aptpi jçtiqpeg comparées de .filaments dp mfonç yofi^ge.
- Fig. 3. — Caractéristiques des lampes au tungstène.
- On voit que :
- i° Le coefficient angulaire de la caractéristique du tungstène, d’abord inférieur à celpi du tantale à pfirtir de l’origine des courbes), croît plus ra_
- - -ôéJ
- Fig. 4. — Caractéristiques comparées.
- piçfeinent (courbes (3 et a ppur filaments tfeufs) ; ccpi, à yoltage porma} q(; q intensité lumincqgq normale, égaux.
- o.° Cet écart entre les coefficients apgqlajres s’accuse davantage entpe filaments dp longue durée [pourbps y, S).
- 3° La courbyipe du carbonfc (caractéristique e) est contraire à celle des filaments métalliques, sa résistance décroissant quqnd le yoltagp, et par sqile la température, erpisspnt ; (les cpeffîcipnts dp température de ce filament sont négatifs].'
- N. B. — L’écart entre filaments neufs de tantale c|; tungstène, faible pqtjr îG bougies, devient assez sensible à partir de a!î bougies.
- Nous n’avons pas dessiné les caractéristiques des autres types de filaments au tungstène: elles se placeraient très près des courbes de la figure 3, et selon les règles énoncées relativement à l’intensité lumineuse et au voltage.
- La caractéristique du zircone-lungstène, placée sur la figure 3, montre bien les variations de la résistance de ce filament: le coefficient angulaire, d’abord plus granfi qqe cplpi du tungstène (à voltage et intensité lumineuse égaux), croît moins vite, et la courbe passe au-dessous de celle du tungstène.
- Resiauques. — Notons, pnfin : i° que le rapport des coefficients de température est d’un ordre décimal très voisin de
- — pour le carbone, tandis qu’il est de l’ordre de
- —-— (tantale! ou de —-—(tungstène) : ce que iq qoo ' i opo
- montrent bien les caractéristiques, celles du tungstène ayant un rayon de courbure, en chaque point, plps petit que celles du tantale ;
- •i° La constance du trinôme: i -f- a T -|- b T2, quels que soient « et b, pour deux filaments de meme métal, nous donne, entre deux filaments de tungstène par exemple, la relation :
- i + qT + ÔT* = i + a!T + b> T2 ; d’où, en effectuant et simplifiant : a, — a'
- ----- = 11' — 2 ioo°.
- b — b
- Pour le tantale, on a :
- a — a1
- 7>r^b
- i Q'25°.
- 1| exjslp là que rejatiqn frès sirqpie entre les coefficients de température de défi?: filamefifs de même nature.
- conclusion —
- De tous les résultats qui précèdent, il résulte
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Série). — N°25.
- nettement que, seul, le rapport
- définit la
- nature du filament d’une lampe à incandescence quels que soient son voltage normal, son intensité lumineuse normale et son mode de fabrication.
- La caractéristique du fonctionnement électrique d’un filament, par son allure, renseigne
- tout aussi clairement sur la nature du métal du filament : elle n’est, d’ailleurs, que la traduction géométrique des résultats fournis par le calcul des résistances à tous les régimes.
- II. Pécheux,
- Docteur ès sciences, Professeur à l’Ecole Nationale d’Arts et Métiers d’Aix.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- TRACTION
- Du choix delà fréquence des courants alternatifs destinés à alimenter les moteurs de traction. — K. Pichelmayer. — Elektroteclinik und Maschinenbau, 5 mars 1911.
- Dans l’état actuel de l’électrotechnique, le choix de la fréquence pour les réseaux de traction est limité entre les chiffres de périodes par seconde, ou i5, ou plus exactement 5o/3 périodes. On tend de plus en plus à unifier la fréquence des courants qui entrent enjeu dans toutes les parties d’une installation, de la machine génénératrice à l’appareil d’utilisation.
- En ce qui concerne les moteurs, pour le type série à collecteur compensé, le facteur de puissance croît quand la fréquence diminue. Il est facile de le voir en établissant le diagramme de la tension ; la tension appliquée aux bornes est la résultante de la force contre-électromotrice à laquelle est ajoutée la chute de tension et de la tension de self-induction et de réactance ; cette dernière est la composante déwattée qui est fonction de la fréquence et sera d’autant plus faible que la fréquence sera plus petite.
- Dans les moteurs à répulsion, la meilleure utilisation de la matière est réalisée pour la vitesse voisine du synchronisme. Le nombre de pôles est donc limité par celte condition essentielle ; d’autre part, pour obtenir une bonne commutation, il convient de réduire la surface polaire, ce qui oblige à prévoir un grand nombre de pôles, d’où résultent une diminution du facteur de puissance et une réduction du nombre de spires dans l’induit, par suite une forte intensité et finalement une augmentation des pertes
- dans le fer. La réduction de la fréquence permet de prévoir un nombre convenable de pôles. Mais, néanmoins, ce système de moteur n’est pas avantageux pour la traction.
- Le moteur compensé mixte, système combiné des deux précédents, ne présente pas l’inconvénient du moteur à répulsion : la vitesse « optima » est indépendante du synchronisme. L’enroulement série tendant de plus en plus à être plus important que l’enroulement de compensation qui alimente l’induit par transformation du courant, ce système de moteur réalise plutôt les conditions du moteur série proprement dit. En ce qui concerne la fréquence, on peut donc lui appliquer les mêmes conclusions.
- Tous les moteurs monophasés développent, comme on sait, un couple périodique fonction du carré du sinus, qui influe sur le glissement des roues de la locomotive, lorsque ce couple, ajouté au couple moyen, atteint une certaine valeur. Cet effet sera d’autant moins sensible que la fréquence sera plus faible.
- Pour les canalisations, la réduction de la fréquence entraîne une diminution de la chute de tension due à l’induction.
- Par contre, elle oblige à prévoir des transformateurs plus lourds ; mais le poids de ces appareils, relativement au poids total de la locomotive, est négligeable, et cette condition seule ne suffirait pas à faire adopter des valeurs élevées pour la fréquence.
- En résumé, c’est la fréquence de ï5 ou 17 périodes par seconde qui tend à être admise d’une façon générale.
- Il est intéressant de noter que, dans l’histoire de l’électrotechnique, les valeurs généralement adoptées de la fréquence ont baissé de plus en plus.
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- Partant de 120 ou i8o périodes en Amérique et en Angleterre, on est descendu à 6o et 5o en Europe. Les moteurs asynchrones, à faible vitesse, ont obligé d’adopter 25 périodes et, petit à petit, on admet 5o/3 périodes sur les réseaux de traction.
- . ' • A. C.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Des petites installations électriques. — W. Schleyen. — Elektrotechnik und Machinenbau, 26 mars .1911.
- R est reconnu que les entreprises d’exploitation électrique dans des régions peu peuplées et peu industrielles sont généralement peu fructueuses; en Allemagne et dans d’autres pays, la moitié de la population environ occupe des régions où il n’existe aucune ligne électrique ; en Autriche-Hongrie, on peut admettre que ce chiffre s’élève environ aux deux tiers de la population totale.
- Néanmoins, les perfectionnements apportés aux applications de l’électricité et à ses moyens de production permettent d’établir de petites usines génératrices partout où de grosses entreprises ne seraient pas d’un rapport intéressant. Notamment, l’emploi de la lampe à filament métallique peut contribuer au développement de ce genre d’installations.
- Une génératrice de i,5 kilowatt suffit à alimenter 89 lampes de 16 bougies, consommant 1 watt par bougie, en admettant une perte de 5 % et en supposant ces lampes allumées simultanément. Comme en général toutes les lampes d’un réseau ne sont pas allumées simultanément, le nombre de lampes installées peut dépasser celui mentionné ci-dessus. Si l’on admet un coefficient d’utilisation de 0,75, le nombre de lampes installées sur un réseau alimenté par une génératrice de i,5 kilowatt peut s’élever à 120, ce qui correspond à une installation de moyenne importance (petite gare, château, petit hôtel, etc.).
- D’autre part, le développement de l’automobilisme a contribué à celui des moteurs à pétrole qui, pour la plupart, peuvent être employés pour la commande des génératrices. Les deux conditions essentielles que doivent remplir ces machines pour en rendre l'emploi plus facile et plus général sont les suivantes :
- i° Manœuvre facile et simple, afin de pouvoir être confiée à un personnel inexpérimenté.
- 20 Pièces facilement interchangeables.
- Il est possible de réaliser ces deux conditions, en
- couvrant les machines d’une enveloppe et en ne laissant accessibles que les appareils de commande d’une part, en construisant les différents organes de ces moteurs avec des machines de précision d’autre part.
- Il convient de noter qu’étant donné la faible durée de fonctionnement d’une génératrice nécessitée pour l’alimentation d’un réseau d’éclairage, il n’est pas nécessaire d’attacher spécialement un homme à sa surveillance, d’où résulte une économie des frais d’exploitation.
- Un moteur de 3 chevaux, pesant environ 3oo kilogrammes à 2,5o fr. le kilogramme, coûterait donc 75o francs; un tel moteur suffirait à actionner une génératrice de i,5 kilowatt.
- Les frais d’installation s’élèvent à la somme de 2 5oo francs dont le détail est donné ci-dessous :
- Moteur à pétrole............. 750 francs.
- Tuyauterie et accessoires........ i5o »
- Génératrice de i,5 kilowatt,
- 65 volts....................... 4oo »
- Tableau de distribution...... 35o »
- Batterie d’accumulateurs de 36 ampères-heures, en 10
- heures......................... 600 »
- Canalisation et accessoires. . . i5o »
- Emballage........................ 100 »
- Total........... 2 500 »
- En comptant en outre 2 200 francs pour les frais d’installation de 120 lampes et 3oo francs pour les travaux de maçonnerie, de fondation des machines, le prix global d’une telle installation atteint 5 000 francs.
- Ce chiffre est certainement beaucoup plus intéressant que celui auquel on arrivait, il y a quelques années, pour des installations de 20 ou 3o lampes à filament de charbon, consommant 3 à 4 watts par bougie et pour lesquelles il fallait prévoir un moteur de 3 à 5 chevaux. Les résultats obtenus avec ces installations n’étaient pas encourageants et leurs frais de premier établissement s’élevaient même à 7 000 francs.
- Actuellement, grâce aux lampes à filament métallique, ce genre d’installation a revêtu un caractère tout différent.
- En comptant une durée de fonctionnement de 600 heures par an, on arrive à un total de 1 i52 kilowatts-heures par an,d’où en tenant compte des pertes en ligne et du rendement des machines, de 1 400 kilowatts-heures.
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- éU (A LUMIÈRE
- SI l’on adiilët d’ftuirë part lltib consommation dë pétrdlë dé 0,5 kildgrAthnlë pur chëvdl-Hëüi’e, ëë tjüi Correspond â i 4bB kilogrammes pAh Ail, ëtl chiffrés ronds, lfeâ frdiA d’eiploitüiibn, ÿ Compris rahibriis-sement et les intérêts du capital engagé, s’élèvéht à i itjb frAUCS par Ah.
- Cë§ Chiffrés mbhifënt l'intérêt qüè pëUvéHt présenter dés petites irtStalhitiohS élë’ctriqtiëS, dans dés rëgioiis pëu peüplëëë.
- fratig lêâ ëndëoitâ dit plüâiêurS bdhsdrühiatëurs assez près les uns des autres denikridëiit pëii d’éÜéiJ_ gle pbüi‘ lëui; ëélalfAgé, ce 'mode d’ihsiàlldtion peut rënclrë de gHtnds èêHiéëi ët être d’tin rapport frtic-tiieuk.
- Enfin, les groupes géÜërâtëùt’s' définis Ci-dësslis pëuvêiit être montés siir déS ëliàMOtS rhobilés ët être transportés pbur uti ëClairdge proviSOlrë de placés publiques, ou pour certains tèavaUx^ Ou encore dans un but militaire.
- , Il résulte de ce qui précédé que^ actuellement, les installations de faible puissance peuvent rendre de grands servîtes et être une solirce de revenus inté-
- O
- ressants dans les régions où de grandes entreprises d’exploitation électrique donneraient des résultats peu fructueux, partout où la population est peu dense et où l’industrie fait défaut.
- A. C;
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Appliôâiiàh dë la sÿhtohie acëiistiqüë ët ëlëëtMque à î’hÿürbtèlègPàphië ; mëitiôdè pou#la tê&ilk&fi — Â. feldtiûel.— CÜliiptes Réndits 6 juin 1911.
- L’aùtéür à indiqué, il y a qUëlquës années (•), i’àppii dation à là télégraphie sànë fil de la sÿntbni-sàtibn acoustique ; il a reconnu plus rëcëminerit crii’dn peut retirer dés avantagés encore plus grands cie la syntonisation acoustique ët électrique dans là transmission des signaüx par 1 eàü, où « hÿdrdtélê-graphie ». Les signaüx de cë genre sont produits généralement au moyen de cloches immergées, (comme dans l’expérience célèbre de Cdlladdhj et recueillis au moyen d’Un microphone également immergé et rélié à Un téléphone écdùteür ; cë sont ces trois appareils dont il syntonise lès Soüs fondamentaux, au moyen des procédés qU’oii va décrire, et qui ont servi à les étudier.
- Cette méthode repose siir l'ëmploi d’un oscillo-
- ËLËCTHiQUE T. XIV (2* Sérié): ^ 'H8 28:
- gëâgHë cdiiibihé avëb Üh mlétbpHdiië et BÜr lit edm-pfirâiSOn avec üh élëctrOdlfipasbh.
- Vldühëi — Lfeâ Vibrations dë IA cldcltë fMppëé, danS l’air puis SbuS l’ëAilj aii indÿeh d’Ufië hattërië ù mairij diit été ëëlëvëëé Aü hibyéh d’tlh rhlëhdpllbhë étanche Ayant une fréquence propre très notablement supérieure à celle de la cloche et un amortissement assez élevé ; un oscillographe était mis en circuit avec ce rtilërbpiiOHë; üh sëcBHd Ôscillographc avec un électrodiapason à 200 périodes par seconde. On cOnStâtë alhsi c{Ü*ÜH ëbfjp fëâppé SÜF la élbfche produit, même dans l’eàù, Une sérié pùÔlbngée de vibrations, dont l’amortissement par le liquide environnant ëët Supérieur à là valeur obtëhUë dahs Pair, iîiüis béàticdUp moins grand qu’On hé pourrait lë bi’ditë à priori:
- La cldëlië eH bronze^ ëhlplbyëë poür CëS essAiS, était rëlàtivëttiéht légère (i3j5 kg) ët dthihiiit à Tbreillé üh Sort Voisin du Soit ütjj généralement adbpté pour cèS transmissions^ afin de lëS distinguer des bruits parasites: Là mesure OSclllographlqUë à donné dàrtsl’air environ i 025 vibrations doublés^ avec un décrément logarithmique dë i>4- io —*) et dans l’eau environ 750 vibratibhs dbüblëS par secondé, avec un décrément logarithmique de 8^8: io —L Il en résulté qüe les vibrations durent Asse* longtemps, non seulement pour dohnèr l’impression d’un son musical dans lë récepteur, mais éticbré pour pbU1 vdlr déterminer dans celui-ci des phénomènes de résonance, s’il est convenablement établi. Mais les coürbeSrèleVëeS ont montré quë dè.S battements plüs ou moihs accentués se produisent et que la fréquence varie assez notablement avec l’amplitude dë l’élongation ; il convient d’accordër les récepteurs sur la fréquence correspondant aux fortes élongations car ce sont celles qui ont la plus grande portée utile.
- Mictophotié. — Le microphone dè réception est formé en général d’une membrane métallique fermant itUe boite étanché ët agissant sur dés contacts imparfaits (microphone à charbons) par une trans--mission mécanique ou par l’air ; cëtté membrane est susceptible d’iifih vibration propre caractérisée (SOn fondamental) avec 'amortissement assez lent dans l’air, plus rapide qdaüd l’appai'ëil est dans l’èaü (ce qui allonge naturellement la pseudo-période). Mais, en fait; lë phénümèhë est Compliqué par l’influence de la transmission intérieure et de IA vibration propre du microphone à Charbon, auquel la membrane transmet les oscillations dë l’eau. Suivant le mode de la liaison entre la rtiëmbrâhè et le cbhtact üiicrophOHique, l’auteur a trouvé d’ëxtrâordinaires
- (<) Comptes Rendus, 21 mai 1900.
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- 24 Juin 1911.
- ilEVÜÉ ti'ÊLËti'i’RiCITÉ 3i8
- dtfféi'ëiifeës entré îëâ àppârèilÜ dè diverses cdhstbhc-tioris.
- Pour déterminer les conditions véritables de résonance, l’auieui’ a donc dû recourir à une méthode directe (’), qui consiste à faire agir sur la membrane métallique une source sonore de puissance constante et dont la fréquence peut être variée d’une manière continue, de façon à déterminer le moment où l’amplitude passe par un maximum. M. Blondel a imaginé et fait construire une sirène spéciale mue électriquement, réalisant sensiblement ces conditions dans les limites de a5o et a 5oo vibrations par seconde, et pouvant être employée aussi bien dans l’eau que dans l’air.
- Avec cet appareil on a obtenu des phénomènes de franche résonance, avec amplification de i à 6 ou davantage (2).
- Téléphone'. — Le téléphone récepteur doit être à son tour mis en syntonie électromécanique avec la fréquence des signaux, avant d’être mis en service avec le microphone. Cë rësültat peut être obtenu facilement par un choix convenable du diamètre et de l’épaisseur de la membrane, ainsi que des constantes électriques dë ëâ bobine. L’aüteur détermine la fréquence qüi produit la résonance approximativement en aliihentant cet appareil à tension constatée pdr Un alternatéiir sinusoïdal dont il fâit vtirief la fréquence d’une rrianière continue, ën notant celle qui rend ihaximum l’amplitude de l’oscillation d’üii miroir collé sur là membràriê (3).
- La syntonie complète* obtenue par les moyens
- (•) Auparavant, M. Blondel avait étudié les oscillations pébprës eii lès pl>tidüis&Ul pàri üii chdë Ü’fin levlëri léger ou mieux par là déflagration d’uhe amorce aü fültniriale près du microphone; Sous l’action de fcette amorce, les oscillations propres dans l’eau ont accusé des fréquences très variables. Ces divergences qu’on rétrouve ailleurs tlàiis iëS Hiierophoties Bricüiidiréë ti gràrtüies, lHOtitrenl qiië ht mëlribt'îifië intëriiétifë ël les gràilülfes tîu microphone sont susceptibles de vibrations irrégulières et indépendantes de la variation de la membrane métallique.
- (2) M. Blondel a conclu de ces expériences que ie mi-erophdrié à tige est très forteriierit influencé par cette liaisdfl. Il éâtifnë ddiic qtt’U y a lied dé Cdlleri dli-ecté-mënt la membratife ètl chàribon (avec interposition d’isolant) contre là riiembrane métallique, de façon ;'t réaliser une seule fréquence, et à pouvoir employer la membrane de sensibilité maxima pour la fréquence considérée.
- (8) Le réglage dé 1 épaisseur de là membràhë peut être remplacé par un réglage de la lOngüfaur de la plarjltè vibrante ou de rélasticité mise en jeii, si l’on emploie un des micro-téléphones A fréquence réglable qui ont été décrits par M. Abraham et par M. Blondel en 1908.
- qüi précèdent, periiriet hbn Seülëltiènt B’àtigmeritëi* cbiisidérâblëhiënt là jiBbiée Üeâ signaux hÿdrotélé-gtaphitiilèd, hiàis etlbBre dé trlet" léë sighatix dë jdusleürs jidstës dîfiébehië, fen ëriiplBÿàrit pouè céux-ei dësî fréqiiëriëes différèiliës ; il éôt sëülcmehi dësiràblë iqü’élles soient cbriipriseâ entée les Utilités les pltië fàvBrablës à l’auditlbh, c’ési-à-dirè géhérià-ierilëht ëritl'ë SbB ët t 200 vlbrUtibnè.
- DIVERS
- L’ézhpltii dë rèlëctricité dans ies services d’iticéndiê. —- von Moitkë et Anhagën. — Èlektt-o-technische Zeitschrift, i01'juiri iglt.
- L’emploi de i’électricité est devenu, au cours des dix dernières années, absolument général dans les appareils avertisseurs d’incendie ' qüi n’orit cessé de subir de nombreux perfectionnements, dus en particulier a l’introduction des téléphones haut-parleürs, lesquels permettent au poste appelé d’étre immédiatement reriëeigné sur la nature et le liëù exacts du sinistre et d’éviter ainsi des pertes de tfeirips.
- Les auieùrs exposent en détail les progrès réalisés en Allemagne dans cet ordre d’idées. Étant donné que de nombreuses installations de ce genre sont en service en Pt-ànce et, en particulier, à Paris depuis quelques années, nous n’insistëroris pas â ce sujet. Toutefois, il nous pariait intéressant de décrire deùx avertisseurs autoiriâtiqhes très siriiples, destinés à donner l’alarme dès que la température dit local à proiéger dépasse unë valeur déterminée d’avarice.
- Le premièr de ces appareils, dit appareil de Scbcippe, se compose d’urië lame coristiiriée par i’assemblage de deux métaux différents; la courbure de cette lame varie sous l’influence de ia température.
- La lame repose sur üri socle et porte eii soit milieu un contact platiné; en face de ce coniaet se trouve une vis isolée. Selon la position de cette vis la lame doit offrir une courbure plus ou riioins accentuée pour établir Ou rompre le contact; or la vis est pourvue d’un index que l’on peut déplacer le long d’une échelle de riiàiiiëfe que l’appareil entre en fonctioiinëiiierit â ia température critique dibisie. L’ouverture ou la fermeture dii circuit provoque, selon la nature des apjjàreils récepteurs, la riiisc en aciioii de ceux-ci et donné l’alàrine. L^âppàreil peut être réglé pour une température quelconque de io° à ioo0 C.
- La Société Siemens ei Idalske construit dans le
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2e Série). — H» 25.
- même but des appareils à liquide enfermé dans [un tube thermométrique. Lorsque, par suite de la surélévation de température, le liquide emplit complètement le tube, il provoque le déplacement d’une petite boule qui maintient normalement deux lames de ressort soit en contact, soit éloignées l’une de l’autre; l’éloignement de la boule permet à ces lames de s’écarter ou de se rapprocher, ce qui ouvre ou ferme le circuit de l’appareil récepteur destiné à donner l’alarme; en effet, certains de ces appareils récepteurs sont disposés de manière à fonctionner lorsqu’on lance un courant; d’autres, au contraire, lorsque le courant qui les traverse continuellement en temps normal est interrompu. L’avertisseur à liquide de la maison Siemens et Halske peut être réglé pour une température quelconque de 3o° à i5o° C.
- Les aiuteurs terminent en signalant les applications de l’électricité à la traction des pompes et autres véhicules du service d’incendie au moyen d'accumulateurs, ainsi qu’à la commande des pompes elles-mêmes; celte dernière solution ne peut être toutefois appliquée, si l’on renonce à l’usage des accumulateurs, que dans les villes où il existe une canalisation d’énergie électrique disponible. Quant à la traction électrique des véhicules au moyen d’accumulateurs, elle permet de réaliser d’importantes économies de temps et d’argent par rapport à la traction animale; l’électricité s’est d’ailleurs montrée, à ce point de vue, nettement supérieure à la vapeur, reconnue actuellement impropre,pour de nombreuses raisons, à la traction des véhicules sur route; toutefois les perfectionnements apportés au moteur à explosion en font,pour le moteur électrique,un redoutable concurrent à cet égard, et il est encore, à l’heure actuelle,impossible de prédire lequel des deux l’emportera définitivement dans l’avenir.
- Quoi qu’il en soit, les services d’incendie offrent un champ encore très vaste à l’activité de l’industrie électrique. M. K.
- Les dangers d’incendie résultant de l’emploi de l’électricité, du gaz et du pétrole. — Elektrotechnische Zeitschrift, n mai 1911.
- On a publié récemment un article (*) tendant à démontrer, d’après les chiffres d’une statistique officielle sur les causes des divers incendies relevés en Prusse en 1908, que le gaz constituait le mode d’éclairage offrant à ce point de vue la plus grande sécurité.
- D’après cet article,le gaz causa en Prusse,au cours de l’année 1908, 923 incendies, l’électricité 394, et le pétrole 4 412.
- Mais, ajoute le même périodique, il y a lieu de tenir compte de ce que le nombre des consommateurs de gaz est environ cinq fois plus élevé que celui des consommateurs d’électricité, ce qui démontre les avantages du gaz au point de vue des risques d’incendie.
- Les conclusions de cet article sont contestables, ainsi que les chiffres sur lesquels elles sont basées. Il convient tout d’abord de noter que, parmi les incendies dont il est fait mention, il en est un certain nombre dont les causes n’ont pas été nettement établies et que l’on a simplement supposé devoir être attribués soit au gaz, soit à l’électricité, soit au pétrole. Si l’on s’en tient aux seuls incendies dont les causes ont été nettement reconnues, les chiffres ci-dessus se trouvent ramenés aux valeurs approximatives suivantes :
- Tableau I.
- INCENDIES PROVOQUÉS NOMBRE ESTIMATION . DES DÉGÂTS CAUSÉS
- • ' ’ ' * !. 4L fraucs
- Par l’électricité. ... 293 612 5oo
- Par le gaz 878 610 000
- Par le pétrole 4 208 " i 146 000
- L’électricité a donc causé environ trois fois moins d’incendies que le gaz et quatorze fois moins que le pétrole.
- Quant aux dégâts causés, s’ils sont plus élevés pour l’électricité que pour le gaz, cela tient à ce: que les immeubles éclairés à l’électricité sont en général plus luxueux que les immeubles éclairés au gaz.
- D’autre part, pour obtenir une comparaison exacte, il y a lieu de rapporter; les chiffres ci-dessus, non au nombre de consommateurs mais au nombre de lampes ou de becs installés. Or, ce nombre est de 40 millions environ pour les lampes électriques et de ao millions, soit la moitié seulement, pour les becs de gaz. Donc, en réalité, l’électricité a causé six fois moins de dégâts par lampe installée que le gaz.
- Enfin l’électricité est presque exclusivement employée pour l’éclairage des fabriques d’explosifs, des magasins contenant des matières inflammables, et en général de tous les locaux les plus exposés aux dangers d’incendie. Une circulaire, récemment éten-
- (i) Journal filr Gasbeleuchtung, 8 avril 1911.
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- 24 Juin 1911.
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- due à toute la Prusse, prescrit même son emploi exclusif dans les théâtres, aussi bien pour l’éclairage de secours que pour l’éclairage normal ; la même circulaire interdit formellement l’emploi, pour l’éclairage d’une partie quelconque des théâtres, du gaz, de l’alcool, des huiles minérales, ou des bougies.
- De toutes ces considérations, il résulte nettement que, si le gaz présente beaucoup moins de dangers d’incendie que le pétrole, il est encore sensiblement plus dangereux que l’électricité, laquelle procure à l’heure actuelle le mode d’éclairage offrant la plus grande sécurité à ce point de vue.
- J.-L. M.
- VARIÉTÉS
- L’électricité médicale au Maroc (l).
- En 1904, il avait été présenté au ministère de la Guerre une voiture automobile Panhard, comportant, à l’intérieur, tout un matériel de radiographie et de radioscopie et pouvant se transformer instantanément en chambre noire pour le développement des clichés.
- 11 est inutile d’insister sur les services qu’un pareil matériel peut rendre à une armée en expédition.
- Depuis, le problème de la radiographie en campagne s’est posé d’une façon tout à fait différente : il s’agissait de fournir au service de santé du corps expéditionnaire du Maroc le moyen de faire des examens radiologiques dans un pays où les transports en automobile et même en voiture sont impossibles. Il a donc fallu organiser un matériel en colis suffisamment légers pour pouvoir être portés à dos de chameau.
- Ce matériel comporte un groupe électrogène, une bobine, un interrupteur, etc., en un mot, tout ce qui constitue une installation convenable de radiologie; nous n’insisterons pas davantage.
- Mais là où l’idée est particulièrement intéressante, c’est d’avoir songé à profiter du groupe électrogène pour adjoindre au matériel radiologique un stérilisateur d’eau par les rayons ultraviolets produits par une lampe à vapeur de mercure Cooper-Hewitt.
- L’appareil permet un débit de 600 litres à l’heure d’eau stérile; il peut donc, non seule- (*)
- (*) Cette note forme un appendice à la récente Chronique d'électricité médicale du même auteur. (Lumière Electrique, 27 mai et 17 juin lyn).
- ment assurer le service des pansements des blessés, mais encore l’alimentation en eau potable d’un détachement important (’).
- Il y a là, évidemment, une tentative qui mérite de se généraliser; il faut louer, et d’une façon toute spéciale, M. le médecin-chef de l'hôpital militaire du Val-de-Grâce d’avoir facilité un essai aussi intéressant au point de vue de la santé du soldat.
- Dr S. Turchini.
- t
- Le premier Congrès international des élèves ingénieurs.
- Une heureuse initiative de l’Association Galileo Ferraris a réuni à Turin, les 3, 4, 5 et 6 mai 1911, à l’occasion du 5o° anniversaire de l’Ecole royale d’application du Valentino, le premier Congrès international des élèves ingénieurs.
- Les congressistes étaient fort nombreux ; un accueil particulièrement cordial fut réservé par leurs collègues italiens aux délégués des écoles françaises. La tribune du Congrès fut plus d’une fojs occupée par les élèves de notre Ecole Supérieure d'Electricité qui prirent une part active à la discussion du mémoire présenté par le rapporteur, M. A. Dessalles, au sujet du placement des jeunes ingénieurs.
- Ce premier Congrès, tenu sous le haut patronage du ministère de l’instruction publique italien, a dû nécessairement se borner à énumérer les questions dont la résolution importe aux jeunes ingénieurs, à les énoncer clairement. Il a fort bien rempli son but et a décidé qu’un deuxième Congrès, qui se tiendra à Paris, continuerait sa tâche.
- R. C.
- (') Ce dispositif a été réalisé par la maison GailTe.
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- H* 26*
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse dès ouvrages dont déux exemplaires sont envoyés à la Ëédaclion,
- Guide pratique de mesures et essais industriels. Tome III. — Mesures électriques industrielles. Instruments et méthodes de mesure, par J, A, Montpellier, rédacteur en chef de VElectricien, et M. Aliamet,inspecteur des services électriques à la Compagnie du Nord. — i volume in-8° raisin de 468 pages, avec 328 ligures. — H. Dunod et E. PiriÀT, éditeurs, Paris, — Prix : broché, 18 francs ; cartonné. 19 fr. 5o.
- ^Les noms do MM. Montpellier et Aliamet ne sont certes pas inconnus de nOs lecteurs qui ont pu apprécier les nombreux ouvrages publiés par l’un ou l’autre de ces auteurs* Dans la'rédaction du présent volume, ils ont été guidés heureusement par le même esprit pratique que dans leurs précédentes publications : ils ont voulu mettre à la portée do tôut électricien vraiment digne de ce nom les élér-ments nécessaires pour effectuer n’importe quelle mesure électrique d’ordre industriel.
- Par suite des développements si rapides des applications de l'électricité, le temps n’est plus en effet où l’on sè contentait, pour son installation, de faire appel aux lumières de quelque vague électricien «poseur de sonnettes» pour qui le « voltage» et « l’ampérage » constituaient toute la terminologie électrique ! Les notions de rendement, d'isolement, voire même de facteur de puissance,etc. deviennent il l’heure actuelle familières â iouS, et ceci justifie pleinement l’Idée de condenser dans [un Volume les renseignements nécessaires, tant aux installateurs qu'aux exploitants, pour effectuer ies mesurés ies plüs essentielles.
- Ainsi qu'on pourra en juger par la lecture du présent ouvrage, le programme tracé est du reste rempli de' ia façon la plus complète. Toutes les méthodes de mesure classiques, Susceptibles d'applications pratiques,sont passées succcSsivêtnent énrevué delà façon la plus claire ; nous regreiions seulement que parfois les auteurs n’aient pas cru devoir fournir la démonstration (qui peut pourtant toujours s'effectuer simplement) des formules utilisées. A part cette petite lacune, due sans doute il une volonté de sim-
- plification, i’œuvre de MM. Montpellier et Aîlataet est fort complète ; l’on y trouve aussi la description des appareils les plus récents tels que l’ohmmètre et le fréquencemètre Ferrie, le potentiomètre â courant alternatif Drysdale, etc., etc.
- il est donc à prévoir qu’elle connaîtra le même succès que les précédents ouvrages de MM. Montpellier et Aliamet, ce que nous souhaitons très vivement.
- J. B.
- Distributions d’énergie électrique. Loi du 15 juin 1909 et règlements annexes» — 1 Volume in-8d càrré de 34& pages,1— Ch. ËéRASUËR, éditeur, Paris, — Prix ; cartonné, 5 francs.
- Là librairie Pôlÿtëêhblqtlô Gh. Béranger & réuni sous forme de volume, lé texte dê là loi du i5 juin ipo6 ainsi que les règlements annexes émanant des divers rflitllstèfes ën Vüë dé l’âppliëatiôïi dé ëëtiëlôL Les textes s’arrêtent au 3i décembre 191 o,
- Gët ouvrage, fort bien édité,- b0Riprénd près de 3î»o pages et est ainsi divisé ;
- Textes dés lois et règlements émanant des pouvoirs publies et relatifs A la loi stir les distributions d’énérgie électrique dli lii juin ig06 «H reproduction en noté de lâ ldi du 2S juin J 895 5
- Lois, décrets, règlements, arrêtés et circulaires émanant dü ministère des Travaux Publics ;
- Documents émanant du ministère des Postes et des Télégraphes ;
- Documents émanant du ministère du Travail et de la prévoyance sociale;
- Documents émanant du ministère des Finances;
- Décrets 61 circulaires divers.
- Enfin, l'ouvrage est terminé par un résumé des diverses décisions ministérielles prises pôUî* l'application de la loi du 10 juin 1906 et des règlements annexés, avec table analytique de ces décisiônë.
- En somme, le volume de la librairie Béranger sera un précieux auxiliaire des électriciens et dé tous ceux qui s'occupent de distribution d’énergie électrique.
- G.-F. GuiliiëîIt.
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- RÉVÜË rTËLÉdTRlGlTÉ
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- BREVETS
- Réglage automatique dë plusieurs alternateurs fonctiàïinaiit en parallèle.
- Là Gofüpàghië Française pôîîr ^exploitation des pèoôédés Thôffisdfi-HoUStoîl S’èât demandé S’il fi’ëtàit pà8 possible de réglèf* autôrftatiqUemefitrêïtôb tàiioft de tout üfi système d’altérhateürs en parallèle lorsque le veltage du réseau vient a varier, eu agis^ sàfit ùhitpiérfièftt sU? lé Voltage de l’üfté deS ffi&chifiès ël eh corrigeant ensuite la variation du déphasage entre le courant et la tension introduite parla même dafis les autres unités du système*
- teur de voltage et d’Un transformateur d’intensité* Quant au régulateur du facteur de puissance, sa disposition varie suivant les cas. Ainsi,dans la figure i qui représente le circuit établi pour le réglage de générateurs monophasés, ayant chacun sa propre excitatrice, ce régulateur est composé d’un éleetro-aimant à courant continu 25, alimenté par l’e&citâ1-trice 20 de l’alternateur à régler a et d’un système de trois bobines 27, 28 et 29 dont les deux premières sont à noyau mobile dans un enroulement fixe et la dernière est mobile dans son ensemble. L’al-
- Le problème a reçu ia solution suivante (‘).Là pfé-mièré machine â été pûdi'viié d’un régülàtèiif dë Voltage-qui lui restitue son Voltage en âüg'mëHtânt Sôh excitation dans lé Cas d’üne variation dàttâ le têëëàti. De ce fait, les courants de toutes lêë alitées machinés du système se trouvent décalés par rapport à la tension. Il s’agit alors de les pourvoir de régulateurs automatiques du facteur de puissance, dont le principe est décrit ci-dessous.
- Le régulateur de voltage de la première machine comporte une bobine alimentée par le courant continu de l’excitation de l’alternateur et un électroaimant alimenté par les secondaires d’un transforma-
- (q Brevet n° 4M 6/,5, demandé le 6 janvier 1911.
- 1.
- ternaleur 1 est celui qui assure la commande du réglage automatique par la variation de son excitation. En 3a se trouvent une résistance et une réactance disposées de façon que les voltages des courants qui traversent les enroulements 27, 28 et 29 (alimenté par le transformateur 33) soient décalés de 1200. Pour un facteur de puissance donné, l’équilibre des ‘bobines subsiste tant que la modification de l’excitation de la génératrice 1, nécessitée par la variation du voltage dans les lignes 3 et 4 ne vient pas influencer le déphasage du courant sur la tension dans les conducteurs 7 et 8. Le régulateur du facteur de puissance remet automatiquement l’alternateur 2 dans les nouvelles conditions en faisant concorder les deux excitations.
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- Notons que i3 et 23 sont des relais qui mettent périodiquement en court-circuit les rhéostats 12 et 21, que i5 et 16 sont les parties du régulateur de voltage, que 17, 18 et 33 sont des transformateurs et que la disposition peut s’étendre sur un nombre indéfini de génératrices 2, le régulateur. de voltage pouvant conserver son principe.
- Th. S.
- Perfectionnements apportés aux microphones et aux installations téléphoniques.
- M. Edouard Belin.
- Les lignes téléphoniques à grande distance, comprenant ordinairement le secondaire d’une bobine d’indüction dont le primaire porte le microphone, donnent lieu à de multiples inconvénients. Parmi ces inconvénients, voici les principaux : voltage très élevé pouvant porter à de trop grandes valeurs la charge des lignes à capacité d’une certaine importance; limites de portée relativement restreintes . dans le cas de lignes souterraines et sous-marines; enfin, transmission par induction sur les lignes terrestres des actions perturbatrices.
- Le circuit établi par M. Belin (') et représenté sur la figure 1 n’est autre que celui du pont de Wheat-stone, tel qu’il est utilisé pour les mesures précises de résistance.
- Le circuit C, allant d’un pôle à l’autre de la source P, se divise en deux branches G1 et G2. Sur la bran-
- che G1 se trouve en série le microphone M trans-^ metteur et une boîte de résistance R. Entre ces deux appareils est dérivé le fil de ligne L1, qui se rend au récepteur E (écouteur) et revient suivant L2. G est un galvanomètre. On graduera la résistance de façon que ce galvanomètre indique au repos l’absence de tout courant entre L1 et L3.
- La vibration du microphone entraîne des variations de résistance; celles-ci se transforment de nouveau en vibrations dans l’écouteur, qui reçoit ainsi intégralement les ondulations de la voix. Du fait que la ligne ne se trouve plus dans le circuit secondaire, les hauts voltages sont écartés. De plus, on peut, par graduation de la résistance et par suite de l’intensité de la source, vaincre la capacité de la ligne. Cette même graduation permet de varier le rapport entre les amplitudes du circuit du microphone et celles de la ligne et annuler les perturbations induites en laissant passer un courant dans la ligne.
- * *
- M. E. Belin a également breveté un type spécial de microphone de grande stabilité, c’est-à-dire à variation de résistances suivant avec exactitude les variations des influences qui les font naître. Ce microphone est établi delà façon suivante.
- Sur la plaque de fond conductrice est fixée une plaque isolante présentant deux ou trois couronnes concentriques de trous circulaires. Suivant la force des vibrations auxquelles sera soumise le microphone, on mastique dans les cavités de l’une ou de l’autre des couronnes trois granules de charbon, de façon à former un triangle équilatéral, figure géométrique qui permet de. donner la résistance intérieure maxima par le plus petit nombre de granules, c’est-à-dire de dérivations.
- La fixation absolue des granules par rapport à la plaque de fond constitue, avec le réglage de la distance de la plaque vibrante, un des traits caractéristiques de l’appareil.
- (•) Brevet n° 419 744, demandé le 3 novembre 1909.
- Th. S.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Nous avions noté l’an dernier la réduction de capital de la Société Générale Électrique et Industrielle par voie de cession d’une partie de son portefeuille à la Banque Commerciale et Industrielle. Cet échange s’était fait contre 4 i>oo actions de cette dernière. La situation, à l’époque,[de la Société Générale Electrique et Industrielle ne lui laissait guère d’autre choix: ou sacrifier une partie de son actif ou liquider dans de mauvaises conditions. Au bilan de cette année, il apparaît un solde créditeur du compte profits et pertes de 248 254 francs, y compris le report de l’exercice précédent. Ce bénéfice provient de la cession des immeubles à la Société l’immobilière parisiènne et départementale et de la vente à un prix rémunérateur des 4 000 actions de la Banque Commerciale et Industrielle. L’apport, des immeubles a été payé par i 200 titres de la nouvelle société constituée par la Société Générale, titres qui figurent au portefeuille diminué d’autre part par la vente dont il est parlé ci-dessus. Malgré cela, le résultat pour la Générale Électrique et Industrielle, dont le capital est de 5 millions, est très peu satisfaisant. Aussi le Conseil, ayant liquidé toutes les participations qui pouvaient provoquer des difficultés, a-t-il préféré soumettre à une assemblée générale extraordinaire une proposition de dissolution anticipée qui a été votée à l’unanimité. La Banque Commerciale et Industrielle a été nommée liquidateur. En regard du capital de 5 millions et de 682 666 francs de comptes créditeurs, figurent à l’actif près de 870 000 francs d’espèces en banque ou valeurs en compte courant et 5 061 189 fr. de titres en portefeuille. Tout dépend donc de la réalisation de ce portefeuille ; n’oublions pas qu’il a été grandement assaini, les actionnaires peuvent donc espérer rentrer dans leurs mises, peut-être même avec un léger bénéfice. Il faut regretter que la tentative de la Société Générale ait ainsi échoué pour le plus grand dommage des petites affaires industrielles qui manquent bien souvent de l’appui financier nécessaire pour se créer, subsister dans leur première période, puis grandir et prospérer.
- Bien entendu, il faut faire un choix judicieux dans
- celles qui se présentent, car toutes n’ont pas ce qui est indispensable pour vivre. Ainsi la Société Lorraine d’Eclairage et de Force à Verdun présente en liquidation un passif de 536 i53 francs contre un actif de 170 900 francs, ce qui permettra une répartition de 33 {% aux créanciers. Les Tramways de Longwy qui se sont longtemps débattus contre une situation difficile et qui, depuis 1907, ayant confié leur administration à la Compagnie Centrale des chemins de fer et tramways, avaient vu leurs recettes progresser et leur solde de compte profits et pertes devenir créditeur, se trouvent maintenant engagés dans un procès en nullité de leur concession de distribution d’éclairage intenté par la Compagnie du Gaz. La perspective d’un dividende est donc bien éloignée pour les actionnaires à moins d’une entente avec cette dernière, entente que le Conseil se fera autoriser à négocier.
- Le Secteur de la Rive gauche à Paris, dont nous avons parlé il y a peu de temps, s’est toujours trouvé dans une situation industrielle et commerciale peu favorable que certaines résolutions de l’ancien conseil avaient contribué à rendre plus difficile. Le groupe d’actionnaires qui a provoqué le dernier bouleversement que l’on connaît a vivement critiqué, entre autres, la vente du droit de souscription aux actions de la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité. La quote-part du Secteur comportait à l’origine 14 324 actions qui lui assuraient, lors de l’augmentation du capital, ùn droit à un nombre égal de titres. Ceux-ci ayant très rapidement coté 400 fr., soit une hausse de i5o francs, il eût été plus avantageux pour le Secteur de conserver ces titres plutôt que de consacrer ses disponibilités au remboursement de ses obligations. Actuellement on estime qu’en cas de liquidation à l’expiration de la concession, les actionnaires pourraient toucher 5oo francs par action. Mais si Ton envisage la continuation de l’exploitation suivant des méthodes rationnelles maintenant bien établies par l’expérience de nombreuses Sociétés, les actionnaires peuvent envisager l’avenir sous un aspect plus satisfaisant.
- Electricité et Gaz du Nord ne projette-t-elle pas l’installation d’une centrale à Paris, concurremment avec celles du Nord de la France, et sans empiéter
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- T. XIV (2e Série).— N* 28.
- sur le domaine de l’Electricité de Paris ou de la Compagnie Parisiepnq <jle Distribution.
- Mais on prévoit que les deux usines Nord et Sud actuellement en construction, du concessionnaire de la Ville de Paris, seront insuffisantes, que l’appoint qui lui est fourni par l’Electricité de Paris ou la Compagnie de Distribution d’Energie ne lui suffira pas et qu’il y a encore plaoe pour de nouvelles cen • traies.
- Le Secteur de la Rive Gauche transformé peut prendre l'une de ces places.
- Dans les préavis de distribution de dividendes que donnent les journaux financiers, op annonce précisément que le Secteur de la place Glichy répartira le même que l’an dernier, soit 4o fr. 3o net par action au porteur; que la Compagnie Parisienne de l'Air comprimé distribuera 45 francs et qu’Eclairage et Force, dont la situation financière et industrielle est des plus satisfaisantes, augmentera peut-être son dividende.
- Le Triphasé d’Asnières qui, administrativement, tient de si près au Secteur de Clichy, annonce le même dividende que pour l'exercice antérieur.
- Le public a été dernièrement sollicité de sousorire des obligations des Chepiins do fer et Tramways électriques des Basses-Pyrénées et des Pays Bas-cjues. L’affaire, on se le rappelle, est aux mains d'un groupe bolge et ses titres se cotent k Bruxelles. La Société possède, en Basses-Pyrénées, les Chemins de fer de Pftu-Oloron-Mauléon ; le Conseil général de ce département lui a concédé les lignes de Pontapq h Lourdes, de Lembeye à Riscie et de Pau à Vie-en-Bigor-re. On n’attend que l’assentiment des conseils généraux des Hautes-Pyrénées et du Gers pour transmettre les dossiers à Paris, en vue de la déclaration d’utilité publique.
- A tout cela, il n’est rien que de normal, si ce n’est de constater que nous avons besoin d’initiatives étrangères pour mettre en valeur notre propre domaine. On s’explique alors notre répugnance apx
- entreprises qui contribueraient à la prospérité de no» colonies ; mais pourquoi faire confiance à tant d’affaires inconnues qui n’ont que l’étiquette étrangère présentée avec beaucoup d’habileté par nos banques françaises.
- Nos valeurs d’électricité sont en Bourse.l’objet de la faveur publique ; tous les cours, à de rares exceptions près, sont en hausse.
- En Allemagne, les valeurs correspondantes sont, à l’heure actuelle, plutôt négligées. Pourtant, Berlin demande l’autorisation d’un emprunt de 3a3 millions, dont fig seront consacrés à un nouveau métropolitain. D’autre part, ifo millions vont être consacrés à la modification de la traction à vapeur en traction électrique sur le chemin de fer qui dessert Berlin. Mais les résultats des grandes firmes allemandes ont étéplutôlmoins favorables pour l’exercice écoulé. Lahmeyer et Cle, à Francfort, a réalisé un bénéfice brut do 3 708 583 marks et un bénéfice net de 1 312 017 marks au lieu de 3 ?48 oa4 marks et 1 454 072 marks en 1909-1910. Cette diminution est due à une augmentation des amortissements. En définitive, le dividende a été fixé à 4 % au lieu de 5 % .
- La Société Générale d’Electricité à Saint-Pétersbourg a réalisé un bénéfice net dé 8«9 04p roubles, l’exercice écoulé, contre 769 3oi le précédent, Ledi-vidende a été porté de 6 à 7 % et aqo 347 roubles ont été affectés au fonds d’amortissement des actions. Le Conseil demandera à l’assemblée de voter l’anginontation du capital de 7 à to millions de roubles, les 3 millions d’ -étions nouvelles pouvant être émises en plusieurs fois,
- Toutes les affaires d’éclairage et d’installation de Saint-Pétersbourg prospèrent d’une manière régulière. Du reste, il y a, en Russie, une activité industrielle incontestable et l’on sourit de l’affiche adressée a l’épargne française qui souligne la grande banqueroute de la Russie.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- s TRACTION
- -Calvados. — La municipalité de La Cliapelle-Enger-: bold a volé une somme de 3 ooo francs pour participai ion à l’établissement du tramway de la Druanoe.
- Gard. — Le Conseil général a pris en considération, dans sa dernière session, la création d'une lignede tramways, i'i traction à vapeur ou électrique, allant de Saint-Ambroix à Barjac et à Bagnols et; se raccordant à Saint-Ambroix et à Bagnols avec le. P.-L.tM.j-CJ. à Baiyaè avec
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- 383
- 24 Juin 1914. HE V UE D'ÉLECTRICITÉ
- un prolongement des tramways de l'Ardèche à établir. La longueur de la ligne sera de 53 kilomètres environ.
- Les architectes, ingénieurs, entrepreneurs ou Sociétés qui désirent prendre part au concours (pour l’établissement du projet) cjui sera ouvert à ce sujet, sont invités à adresser leur demande à M. le Préfet du Gard avant le Ier août prochain en y joignant toutes justifications et Références utiles pour établir leur capacité technique et financière.
- Les candidats admis à prendre part au concours seront avisés ultérieurement de leur admission et recevront en même temps le programme du concours.
- Suisse. — Est approuvée la substitution, à la Compagnie du chemin de fer à voie étroite Genève-Veyrier, de la Société anonyme dite Compagnie du tramway Veyrier-Collonges, comme rétrocessionnaire du tramway de Veyrier (frontière suisse) à Collonges-sous-Salève qui a fait l’objet des décrets des 22 juin 1891, 4 février 1909 et 27 mai 1910.
- Espagne. — Les Electriques d’Espagne qui possédaient la ligne de tramways de Barcelone à Sarria, en dehors de leur réseuu de Madrid, viennent de la .céder à la Compagnie des Tramways de Barcelone.
- télégraphié sans fil
- v
- France. — Le ministre de la Marine, sur l’intervention de M, .Louis Piehon, a décidé l’établissement de 3 radio-phares système Beljini-Tasi : l’un sera installé au port du Havre et les deux autres au* abords du port de Brest à Créach (Ouessanl) et à l’île de Sein.
- Afrique, mm Des communications par télégraphie sans fil ont été établies récemment au Congo Belge au moyen de différents systèmes allemands et français.- Les résultats les meilleurs ont été fournis par la Société Française RadiorÉlecfrique qni a installé le poste de Ranima, Ce poste a été établi le plus rapidement et 11 a donné les portées les plus longuos et les plus régulières à puissance consommée égale.
- Il y a actuellement 33 postes du système Radio-Electrique en installation sur le seul continent africain dans les colonies de différents pays.
- TÉLÉPHONIE
- Paris. — Par décret du 10 juin :
- Article premier. — Il est institué, au sous-secrétariat d’Etat des postes et des télégraphes, un comité consultatif des postes et des télégraphes,chargé de rechercher les améliorations que comporte, dans l’intérêt du public, l’organisation des postes, des télégraphes et des télé-
- phones, et de donner son avis sur les mesures & prendre pour les réaliser.
- Art. 2. — Le comité consultatif des postes et des télégraphes comprend des membres de droit et des membres nommés par arrêté du sous-secrétaire d'Etat.
- Sont membres de droit, les membres de droit du conseil d’administration des postes et des télégraphes.
- Les membres nommés par arrêté comprennent:
- Trois sénateurs.
- Six députés.
- Un conseiller d’Etat.
- Un conseiller maître à la cour des comptes.
- Un membre du conseil municipal de Paris.
- Un membre du conseil général de la Seine.
- Un directeur du ministère des affaires étrangères.
- Un directeur du ministère de l’intérieur.
- Un directeur du ministère des finances.
- Un directeur du ministère de la guerre.
- Un directeur du ministère de la marine.
- Un directeur du ministère des travaux publics.
- Un directeur du ministère de l’agriculture.
- Un directeur du ministère du commerce et de l'industrie.
- Un directeur du ministère des colonies.
- Huit représentants des chambres de commerce de Paris et des départements.
- Six représentants des compagnies de chemins de fer.
- Quatre représentants des compagnies de navigation maritime.
- Six commerçants ou industriels français établis à l’étranger.
- Dix représentants deg groupements flprpqi’fttife Industriels, commerciaux, agricoles, financiers, de la presse et du public.
- Dix fonctionnaires, agents, sous-agents et ouvriers des postes et des télégraphes, en retraite ou en activité de service.
- Art. 3. — Le comité consultatif des postes et des télégraphes est présidé par le .sousrseerdtaire d’Etat.
- Deux vice-présideuls sont désignés chaque année par arrêté du sous-secrétaire d’Etat.
- Le service du secrétariat e§l assuré par les secrétaires et secrétaires adjoints du conseil d’administration des postes et des télégraphes.
- Art. 4- — Les membres du comité sont nommés pour deux ans ; leur mandat peut être renouvelé.
- Cessent de plein droit de faire partie du comité les membres qui n’exercent plus les fonctions ayant motivé lour nomination. Ils sont immédiatement remplacés par des membres appartenant aux t!atégQrtes qu’ils repré-sentaient oux-mênies.
- Art. 5. — Le comité élit dans son sein les commissions spéciales chargées de l’étude préalable dos questions qui lui sont soumises.
- Ces commissions procèdent elles-mêmes à la constitution de leur bureau.
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- 384
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2‘ Série). — N» 25.
- Des rapporteurs, chargés de présenter au comité les conclusions d’une commission, sont désignés par le président de la commission.
- Les commissions peuvent se grouper pour l’étude des affaires connexes à deux ou plusieurs d’entre elles.
- Art. 6. — Le comité consultatif délibère sur rapports écrits. Il peut, avec l’assentiment du sous-secrétaire d’Etat, entendre les chefs de service dont la consultation lui paraît nécessaire et les auteurs de propositions soumises à son examen.
- Art. 7. — Le ministre des travaux publics, des postes et des télégraphes est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera inséré au Journal officiel de la République française et au Bulletin mensuel des postes et des télégraphes.
- ' Algérie. — La chambre de commerce de Mostaganem est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme globale de 8 3oo francs en vue de l’établissement des circuits téléphoniques Mostaganem Tounin, Aïn-Tédelés Pont-du-Chélif, Aïn-Tédelès-Belle-vue.
- SOCIÉTÉS
- Ad. Lerollo et Cie (Electricité). — Capital : 35o 000 francs. — Siège social : 46, rue de la Tour, Paris.
- CONVOCATIONS
- Société Générale d'Entreprises. — Le 29 juin, 69, rue Miromesnil, à Paris.
- Compagnie Centrale des Tramways Electriques. — Le 29 juin, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Société Anonyme des Usines Electriques Bergmann. — Le
- 28 juin, 3o, place de la Madeleine, à Paris.
- Compagnie Électrique de la Méditerranée. — Le 8 juillet, 18, rue Notre-Dame-des-Victoires à Paris.
- Quest-Lumiere. —Le 29 juin, 19, rue Blanche, à Paris.
- Compagnie des Tramways Electriques de TAriège. — Le
- 29 juin, à Saint-Girons.
- Compagnie Générale de Bailways et d’Electricité. — Le 29 juin, 91. rue de l’Enseignement à Bruxelles.
- Compagnie Départementale d’Énergie Électrique. — Le 29 juin, 5, rue Taitbout, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 3 juillet, au Lycée St-Louis, 44> boulevard Saint-Michel, à Paris.
- Installation du matériel pour l’éclairage électrique
- i01' lot. — Pose et installation du matériel d’éclairage, électrique.
- 2e lot. —Fournitures de moteurs à gaz pauvre.
- 3e lot. — Dynamos et moteurs électriques.
- Soumissions le 27 juin au plus tard avant 3 heures, terme de rigueur, aux bureaux de l’économat du lycée.
- Renseignements à l’économat.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS FRANCE
- Le 9 juin, à la mairie de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Modification de l’éclairage électrique de la scène du théâtre.
- Renaud et Tripette, 14 520. —Daniel Sack et Gle, i5 800. — Société de force et lumière électriques, 12 000. — Compagnie générale de travaux d’éclairage et de force, à Paris, adj. à i3ooo.
- Le 29 mai, à la mairie de Valence (Drôme). Installation de seize lampes à arc. Montant : 16320,20.
- La Société grenobloise « Electricité », à Grenoble adj. à i3 % de rabais.
- Le 19 juin, à l’Etablissement Central du Matériel et de la Télégraphie Militaire, Paris. Fourniture de 270 postes microtéléphoniques de campagne avec sonnerie modèle 1909 (sans microphone).
- Burgunder, 94,5o. — Mildé fils et Cio, 89,75. — Société Industrielle des Téléphones, 94,35.— Société ouvrière des instruments de précision, 100,5o,
- Mambreladj. à 88,40 l’appareil.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s'occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trsnte-trolslèmo inn<«.
- SAMEDI 1er JUILLET 1911.
- Tome XIV (3« série). — N* 20 .
- ................."‘nnnrnvfinvMVWMWi r
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- g'MlÜOTi
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRlClTE
- ha reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 385.— C.-F. Guilbert. Le diagramme du cercle dans les moteurs asynchrones monophasés [suite et fin), p. 387. — E. Caudrelier. Détermination des défauts d’isolement par rapport à la terre dans les distributions à courant alternatif, p. 397.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Ions et électrons, p. 399. — Sur le travail d'aimantation, A. Leduc, p. 400. — Etude, construction et essais de machines. Détermination des pertes par frottement dans les moteurs d’induction, B. Zavada, p. 40a. — Arcs et lampes électriques. Données économi ques sur l’éclairage électrique des trains, J. Seidener. p. 402. — Divers. Appareils de cuisine électriques à cuisson lente, p. 4o3. — Variétés. Les postes militaires de télégraphie sans fil au Maroc, p. 404. — Le congrès ' international des applications électriques de Turin, p. 4°7. — L’enseignement technique supérieur, p. 407. — Chronique industrielle et financière. — Etudes économiques, p. 41a. — Renseignements commerciaux, p. 4i3. — Adjudications, p. 416.
- -- . , .
- ÉDITORIAL
- M. G.-F. Guilbert achève aujourd’hui d’exposer son procédé pour construire le diagramme du cercle dans les moteurs asynchrones monophasés et en fait l’application à un exemple pratique, pour lequel il a choisi un moteur de très faible puissance. On verra combien la concordance des résultats est satisfaisante.
- En somme, M. Guilbert est parvenu à tenir compte de la résistance d’inducteur — généralement supposée négligeable dans les théories approchées — simplement en excentrant le cercle correspondant à ces théories approchées.
- Dans la pratique, il suffit, pour étudier graphiquement un moteur, d’après ce pro-
- cédé, de connaître le courant magnétisant à vide et le coefficient de fuite.
- Ainsi se trouve complétée une contribution des plus intéressantes à la technique des moteurs.
- Pour la détermination des défauts d'isolement par rapport à la terre, dans les distributions à courant alternatif, M. Caudrelier indique un procédé simple, qui permet de connaître immédiatement, dans une centrale d’où rayonnent de nombreuses lignes, quel est celui des feeders qui présente une fuite.
- La courte note de M. Caudrelier se termine par un exemple pratique.
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-
- 38& LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T, XIV,(a» Série)26.
- Après le compte rendu de quelques travaux spéciaux sur les ions et électrons, et sur le travail d'aimantation, on trouvera l’exposé d’une méthode de M. Zavada pour déterminer les pertes par frottement dans les moteurs d'induction : à cet effet, l’auteur fait un essai à vide normal, puis un essai à vide sous faibles tensions, et, enfin, relève la courbe de magnétisme du moteur. L’intérêt de l’essai à vide sous faible tension, c’est que les pertes par frottement deviennent alors très importantes, et Fauteur montre comment on peut ensuite évaluer leur grandeur dans le régime normal de fonctionnement.
- Une étude que nous empruntons à M. Sei-dener permet de fixer les caractéristiques économiques des deux systèmes d'éclairage des trains par l’électricité ou par le gaz. Ml S.eidener a fait intervenir, dans sa comparaison, ainsi qu’il est légitime, les dépenses causées par l’installation d’éclairage quand elle n’est pas utilisée : on trouve alors que, au-dessus de deux heures d’utilisation par jour,, l’avantage de l’électricité devient •de plus en plus marqué.
- Bien entendu, ce point de vue économique n’est pas le seul qui doive être envisagé et la considération du danger d’incendie, par exemple, ainsi que de l’autonomie des voitures, vient encore renforcer les conclusions précédentes.
- Nous tenons à signaler, aussi exactement que possible, toutes les tentatives faites à l’étranger pour accroître et accélérer le développement de la consommation d’énergie
- électrique. Nos lecteurs ont ainsi pu se rendre compte que les entreprises étrangères déploient à cet égard une très grande activité, que nos industriels feront bien de suivre avec attention.
- Les expériences dont il est question, aujourd’hui, ont eu lieu à Hartford et ont donné, en ce qui concerne l’utilisation de l'énergie électrique pour la cuisine, des résultats à retenir.
- Nous donnons enfin, dans nos Variétés, la description — encore inédite, croyons-nous — des nouveaux postes de T. S. F. militaires que l’on vient d’expédier au Maroc. Il y a là l’aboutissement d’un esprit de suite et d’une activité technique remarquables, dont il convient de faire honneur à nos officiers et à nos ingénieurs.
- Nous rappelons en quelques lignes à cette occasion les progrès rapides réalisés par notre radiotélégraphie militaire depuis sa création qui est encore si proche. Encore n’avons-nous fait état ni de la télégraphie sans fil en dirigeable ou en aéroplane ni de bien d’autres réalisations qui ont été examinées en leur temps dans cette Revue.
- De la conférence faite par M. II. Le Cha-telier sur Y enseignement technique supérieur, nous n’avons rien à dire sinon que tout le monde en France devrait la méditer.
- Qu’on veuille bien lire seulement le paragraphe écrit en italique, page 409.
- Les extraits que nous donnons de cette conférence sont à peu près textuels.
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- Juillet 1911. REVUE D’ÉLECTRICITÉ 3#7!
- LE DIAGRAMME DU CERCLE
- DANS LES MOTEURS ASYNCHRONES MONOPHASÉS (Suite et fin) (1)
- REPRÉSENTATION DE LA PUISSANCE UTILE
- Le mode de représentation de la puissance utile, indiqué pour les moteurs polyphasés avec /•, non négligeable, reste applicable ici pour les moteurs monophasés.
- Pour le démontrer, il faut évidemment établir encore que la puissance perdue dans l’induit est une fonction linéaire des coordonnées de l’extrémité du vecteur courant. Ceci fait, il nous sera facile de trouver la droite dont il y aura lieu de retrancher les ordonnées de celles de la circonférence.
- Les pertes dans l’induit sont, en désignant par I2.u et \%v les deux courants utile et parasite :
- (Lu2 -f- bp2).
- En tenant compte des expressions connues :
- bu
- K,N, I,sinO
- et bp
- K,N, I,sinO'
- Çi 2 ^2 ^ Ç21^2^ 2 P?
- puis en posant toujours :
- K, N,
- K =
- on obtient :
- I.2
- tf2/-2(l2.u2 + bP2) = 5V2K» — [sin* 6 sina6']
- f'2
- = 5’2,’2K2-^Tj^I
- VP.
- P2
- Mais nous avons trouvé (8) :
- 4 y— aD
- d’où :
- cos a 6 cos a 6'
- cosaO cos a 6
- D
- ;=2('-5)’
- y étant l’ordonnée de l’extrémité du vecteur impédance avec l’origine en R (fig. 1).
- Si. nous passons au lieu de ^extrémité du vecteur courant, on voit que, partant d’un point K' de ce lieu, la valeur de y sera représentée par K, G (fig. 7).
- Fig. 7.
- Nous avons d’après la figure :
- 0^7x07^ = A et :
- BKt = OjK, cos w.
- D’autre part, x et y étant les coordonnées du point K'j, pour l’origine Oj, on a aussi :
- OjK', = ^x% y2 et cosw = X
- V#2 + î/2
- Il vient donc :
- BK,
- A x
- /x2 -J- y* \Jx2 + if
- Ax
- x2 -b yv
- et par suite, en posant H R = d:
- K,G
- Ax
- (!) Lumière Electrique, 24 juin 1911:
- x* -b y'
- d.
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- 388
- LA LUMIERE ELECTRIQUE ' T, XIV (2‘Série). — »«26.
- D’où l’on tire :
- C0S2Ô -(- cosaO' 2
- 2
- A ^
- ')•
- a#
- .r2 + t/2
- + P,
- a et ^ étant deux constantes.
- Les pertes dans l’induit peuvent donc s’écrire sous la forme, y désignant une troisième constante :
- ï(-*’ + y’)(-,?^i + p)
- = yP (^2 + y2) — «Y*- (44)
- *
- Comme x% -j- y2 peut s’exprimer, d’après l’équation (24) du cercle, linéairement en x et y, les pertes s’expriment donc aussi linéairement en x et ?/, comme les pertes dans l’inducteur pour le cas de la représentation cle la puissance fournie à l’induit. La démonstration faite pour ce cas subsiste donc encore ici.
- Il serait trop long de développer les calculs pour trouver l’équation de la droite dont les ordonnées doivent se retrancher de celles de la circonférence.
- Nous allons la déterminer par deux points particuliers ; le point B„ et le point correspondant au démarrage pour lesquels la puissance utile est encore nulle;
- Au démarrage, l’on a :
- tgû = tgO' = m%,
- et par suite :
- 2 2
- Le point correspondant du lieu de l’impédance s’obtiendra donc en menant par le point N (voir fig. 5) une droite faisant avec l’horizontale un angle y jusqu’à sa rencontre avec le cercle, droite qui passe naturellement par le point D, ce qui permet de la tracer à partir de ce point seulement (fig. 6).
- Le second point d’intersection P de cette droite sera joint à l’origine ’
- La droite ainsi obtenue correspond au courant à l’arrêt qui est mesuré par le vecteur du second point Bd de son intersection avec la circonférence.
- Pratiquement, comme y est très petit, on pourra prendre à partir de R un arc égal au double de l’arc TD.
- Le coefficient angulaire de la droite OBd a pour expression approchée
- 1 >'i I02 . ’ (1 —a) .
- OjL-f^TD 2 a. U, ' g 0 gY LR - I0
- (i+g) ^10+2(1 — «)U,tgY =-----------îïü;--------- ;(*5)
- 1
- On peut y remplacer tg y par— ou mieux
- m2
- par :
- _L — _L îiü k2
- ml ' m 2 nii ’ /•,
- ou, en substituant à mi sa valeur
- Ui . (i-J-g)/-,I0 ‘
- I
- m2
- (* + ff)
- U,
- I0ÿ2r2K2.
- On obtient ainsi pour valeur du coefficient angulaire :
- + a) f'i h , l 2 G U, ^
- gU,
- IpÇV’sK*,
- 1J°+2(‘ — °) <?»'* K2], (J +a)/-"iIo
- 2 gU,
- (46)
- en posant :
- r\ — /'i + 2 (1 — G)y2r2K2 (‘). (47)
- La détermination du facteur de réduction par lequel il faut multiplier la différence des
- (1) Cette droite est la même que pour les machines polyphasées composantes, mais avec résistance d’induit doublée, ce qui se vérifie immédiatement, en remplaçant
- . I + G.
- toujours ----1q par i0.
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-
- 1« Juillet 1911.
- REVUE D ÉLECTRICITÉ
- 389
- ordonnées du cercle et de la durée est facile à déterminer.
- La puissance utile s’exprimant par :
- ViV — J\ [a? -j- f) — -f if) + ay x = U4y — {i\ + yP) (.ra -f- f) 4- ayx,
- on a, pour valeur de ce facteur :
- ay0(#,i4-TP)
- u,
- - Remplaçons-y y et (3 parleurs valeurs :
- Y
- q,r2 K2
- y-/ ’
- p = % 4- 2
- d_
- D
- 2
- 25
- l ---- ç
- 2
- I — G
- 2
- il vient :
- 14
- __ a /'"j ÿ0
- -1" U, ’
- (48)
- en posant :
- des machines composantes, prises par suite séparément. Ce cercle est ensuite utilisé pour la construction du premier.
- Le lieu des impédances correspondantes étant la circonférence de diamètre RN (fig. r, 4 ou 5), mous aurons le lieu cherché en transformant ce cercle pour le ramener à l’échelle des courants, comme nous avons fait pour la circonférence de diamètre RD.
- La puissance de l’origine par rapport à ce cercle est :
- A' = O,T2 — TR2
- • = OtL, 4- L,T2 — TR2
- 4~ gQX,qx,
- if 4-4aQ,V 4
- Le facteur par lequel il faut multiplier les vecteurs inverses des impédances pour obtenir les coui’ants sera donc, en remarquant qu’avec les premiers diagrammes nous avons doublé les échelles pour que les demi-vecteurs représentent les courants :
- I /|Ui 2Uj
- â Vf 4- 4HÛ2).,1 = 7-4 4-
- (5.)
- r'i = ri 4- iq2r2K~. (49)
- Gomme pour la puissance communiquée à l’induit, on pourra, au lieu de multiplier la différence des ordonnées par ce facteur, prendre cette différence suivant la direction perpendiculaire au rayon aboutissant au point de marche à vide B„.Cette direction est, en effet, celle pour laquelle la puissance utile ne peut présenter qu’une seule valeur, égale d’ailleurs à zéro, pour la valeur des pertes avec la marche à vide.
- CERCLE DU VECTEUR COURANT DES MACHINES COMPOSANTES
- Quelques auteurs et, en particulier M. Tho-mïtlen ('), considèrent également le lieu de l’extrémité des vecteurs qui représenteraient les courants dans l’inducteur pour chacune
- Approximativement, on peut encore négliger r,2 devant 4sQ2'>m2 et le facteur de transformation est alors :
- U, ==(.4-q),V
- 2<7Û2Xi2 2 0U,
- Nous obtiendrons donc la circonférence lieu de l’extrémité du vecteur courant pour les machines composantes en prenant le cercle homothétique du cercle NR par rapport à l’origine, avec un rapport d’homothétie
- . , . (‘-M2V
- égal a
- 2<J 14
- Le courant à vide a pour valeur approximative :
- aX, O
- (. 4-ff)*i0*_(i4-<i)io
- 2<jU[
- Le rayon approximatif du cercle est,’
- a)Xi Q
- + 42ïo
- soU,
- •V
- (53)
- p (:)4)
- P) Voir Eclairage Electrique, I, XLVI, p. io5.
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-
-
- 390
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Série). — N° 26.
- Le centre serait ainsi transporté en un point dont les coordonnées auront pour expression :
- ^ _ (» + q)QX, (i + *)2 V = (* + g)8 io j
- 2 20rUi 4 CT J f
- , = r, (i +g)»IB» _ (+a)V,V (55)
- ,/ 0 2 25U, 4<jU, * J
- I —I— <J
- = ordonnée de L X ——.
- 2
- Ces coordonnées et la valeur du rayon per-
- posantes, sont confondus sur le diagramme, puisqu’alors les régimes se confondent aussi.
- Ceci a lieu à l’arrêt où tgO et tg 3' sont égaux et pour un glissement infiniment grand, où tgô et tgO' sont infiniment grands, mais de signes contraires, de façon que leur somme algébrique reste finie et égale à 2 m2.
- Ce dernier point sera donc le point Bw (fig-8) obtenu en joignant le point R à l’origine et en prolongeant jusqu’à sa rencontre avec
- mettraient d’obtenir approximativement le cercle, mais on peut y arriver aussi plus facilement par une méthode graphique.
- En effet, à l’échelle des courants, les deux cercles : lieu du vecteur courant pour le moteur monophasé et lieu du vecteur courant des machines composantes, ont évidemment pour points communs ceux pour lesquels les deux courants, dans les deux dynamos corn*
- le cercle du courant du moteur monophasé.
- Le premier point s’obtient, comme il a été dit plus haut, en construisant la droite OBdou encore, si le cercle de centre T est tracé, en menant par le point Q la tangente à ce cercle autre que QR (ce qui se fait facilement en remarquant que son point de contact P est symétrique de R par rapport au rayon QT), puis en joignant ce point de contact à l’ori-
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- i" Juillet 1911.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 3S1
- gine. Le second point d’intersection de cette droite 0,P avec le cercle dé centre T donne le point Bd.
- Pour obtenir et tracer le cercle du courant des machines polyphasées composantes, il suffit de remarquer que son centre se trouve sur la droite OtT joignant l’origine au centre du cercle des impédances et sur la perpendiculaire élevée sur le milieu de Bd B^,.
- Traçons la droite O [R Bœ qui coupe ce cercle en un second point R', puis joignons R'B' ; on sait que R'B' et B'B peuvent aussi représenter approximativement les courants secondaires utile et parasite respectivement.
- Si l’on désigne toujours par I'2.M et l\.p les longueurs respectives de ces vecteurs à l’échelle des courants primaires, on reconnaîtra facilement que les valeurs des courants secondaires correspondants I2.« et sont :
- I
- 3.14
- ao.KtN, K2N2 !
- et
- a^KtN,
- K2N2
- I',
- (56)
- Il peut être intéressant, comme l’a fait M. Thqmalen, de partir au contraire du cercle lieu du courant des machines composantes pour déterminer celui du moteur monophasé. Nous y arriverons, pour le cas général d’une résistance d’inducteur non nulle, en généralisant la construction élégante donnée par ce savant pour le cas d’une résistance d’inducteur négligeable.
- M. Thom&len a, en effet, montré que la droite joignant les extrémités des vecteurs courants, inverses des vecteurs impédances OjK et OjK', passait par un point fixe situé sur la tangente au point N à une hauteur égale à
- ï£ï, ou mieux au point de concours des tan-am2
- gentes aux points où se coupent les deux cercles, lieux des courants dans le moteur monophasé et les machines composantes.
- Cette propriété est facilement généralisable pour le cas d’une résistance d’inducteur quelconque. Pour l’établir, considérons encore (fig. 8) les cercles lieux des vecteurs impédances.
- Sachant, comme nous l’avons établi, que dans le cas général d’une résistance d’induo-teur quelconque, la droite joignant les extrémités K et K' des vecteurs impédances passe constamment par le point Q, il est facile de montrer que celle joignant les deux autres points F et F' d’intersection de ces vecteurs avec la circonférence passe également par un point fixe Q' qui est d’ailleurs situé sur la droite Oj Q prolongée.
- Traçons en effet la polaire GG de l’origine Oj qui passe par le point C d’intersection des deux sécantes KK' et FF', ainsi que par se point G d’intersection des deux sécantes PM et HR, et joignons OjC.
- Les quatre droites COj, CQ, GG et GQ constituent un faisceau harmonique qui coupe par suite la droite OtQ en quatre points Oj, Q, G, Q' qui forment une division harmonique. Les trois premiers points étant fixés, le quatrième l’est aussi.
- Pratiquement, on obtiendra facilement 'Ce point en considérant l’une des positions particulières delà droite FF' pour laquelle celle-ci est tangente au cercle, c’est-à-dire lorsque les points F et F' sont confondus et par suite aussi K et K'.
- Ges points correspondent, comme nous l’avons vu : i° à l’arrêt, au point P pour l’impédance, d’où le point H comme second point d’intersection avec le cercle de centre T ; 2° pour un glissement infiniment grand, au point R pour l’impédance, d’où le point M comme second point d’intersection.
- Le point de concours des droites FF' est donc aussi au croisement des deux tangentes en II et M.
- Nous avons supposé, pour la clarté de là démonstration, que nous opérions sur le cercle primitif ou à l’échelle des impédances; la même propriété s’appliquera naturellement au cercle transformé du courant dans les mêmes machines composantes, puisque les deux cercles sont homothétiques par rapporta l’origine Or Ue plus, la direction OjQQ' restera la même, cette direction passant par le centre d’homothétie.
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- 392
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2e Série). — N» 26.
- Les points de contact des tangentes au cercle de centre T, définissant l’homologue du point Q' sont alors, d’après ce que nous avons vu plus haut, précisément les points d’intersection des deux circonférences lieux des vecteurs courants, ou Bd et B^,.
- Nous allons, en outre, montrer que le point Q est l’homologue du point G, c’est-à-dire à l’intersection des droites P'B^ et RBd menées par Bd et B^ parallèlement à RH et PM respectivement.
- Si nous remarquons pour cela que le point de concours de ces deux droites, ou l’homo-log;ue du point G, est sur la polaire du point 01} comme ce point et le point Q sont sur la droite Oj Q', il nous suffira, pour prouver qu’ils se confondent, de démontrer que le point Q est lui-même sur la polaire de l’origine par rapport au cercle de centre Tj.
- Puisqu’il s’agit d’une propriété géométrique, nous ne pouvons naturellement employer les équations simplifiées des cercles; nous prendrons donc les équations complètes, mais sans expliciter certains termes.
- Les coordonnées du point Q sont, en désignant par 3 Ie coefficient de transformation
- D’autre part, l’équation du cercle, lieu du vecteur impédance des machines composantes, étant évidemment :
- / i+c* .. V . ( /-iV n*—ojQxn2 V—+(y-7j —J=0’
- celui du cercle, lieu du vecteur courant dans les mêmes machines, est en désignant par S le coefficient de transformation ou rapport d’homothétie donné parla relation (5i) :
- La polaire dé l’origine par rapport à ce cercle est : k .
- + = (59)
- + ris ('•î2 + 4aX,2i .
- . — mÀ^oæ1 “J— —— o y —— _ o*
- Subtituons-y les coordonnées du point Q ; nous aurons :
- s«(1+3o)QXi i '’isnp'* i (*—<t)QX,
- 2 4 r,2 -f- 4<rQ2Xi2)82
- tgy
- ou :
- [/,2-f-2(i -f a)uû2X12 -f- 2/-1(i — ff)QX4 tgy]
- — (#'i2-|-.4ffü,X,*)8* = o,’
- et finalement :
- P ______________G2 + 4gQ2X12____________
- S /'i2 —|— a ( i —[- ct) a 02Xx2 —|— a ( i—aJüXjtgy’ °
- Le second membre étant bien le rapport des expressions (17) et (5i), cette relation est donc une identité.
- La construction du cercle du vecteur courant du moteur monophasé peut alors se faire de la manière suivante :
- On trace (fig. 8) le cercle correspondant aux machines composantes ainsi que les droites OBrf etOB^ parleur coefficient angulaire. On joint les points d’intersection R' et P' autres que B<* et BM à ces deux derniers points ; le point de concours Q de ces droites définit avec les points Bd et Bœ le cercle cherché.
- On peut se demander ici ce que devient la représentation des courants dans l’induit, que nous avons indiquée plus haut. On voit facilement qu’on peut transformer cette représentation de façon à n'avoir à se servir que du cercle de centre Tj, au lieu de celui de centre T, en opérant comme il suit :
- Etant donné un point B de régime, on pro-
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- l?r Juillet:i911.
- REVUE EUÉLEGTmGITÉ
- longera Oj B jusqu’en Kt sur le cercle da vecteur courant du moteur monophasé, on joindra ensuite QKt.
- Le point G d’intersection de> K K' Q et F F' Q' étant sur la polaire de par rapport au cercle de centre T^, polaire qu’on peut tracer facilement sans connaître le cercle, sera déterminé par l’intersection de cette polaire et de là droite Q Kj.
- La polaire en question s’obtiendra en menant par les points R et T des parallèles à R' QB„ et QT,, d’où le point G et en abaissant de ce point la perpendiculaire' sur la droite Tt.
- Ceci fait, l’homologue G' (l) du point G, qui est situé sur l’homologue de là polaire tracée, et par suite sur la perpendiculaire abaissée au point Q sur Oj T,, et sur la droite Oj G, sera joint au point Q',. La droite ainsi obtenue coupera le cercle T, en deux points FYet Fj qui, joints à l’extrémité Nj du diamètre horizontal de ce cercle, donneront les deux vecteurs cherchés ; en les divisant par la longueur de la perpendiculaire N, L, abaissée de cette extrémité du diamètre sur 04 L et en les multipliant par le courant Il5 on aura les courants secondaires ramenés au primaire.
- CONCLUSION
- L’étude du moteur monophasé que nous venons de faire montre encore que< à part le cas de très petits moteurs, on peut, avec une approximation suffisante, adopter le cercle correspondant au cas où la résistance d’inducteur est négligeablè, considéré par MM. Béthenod et Thomalen, c’est-à-dire de diamètre :
- calement, égale à :
- d’une quantité supplémentaire^
- l1 ~t~ CT) rilu8 '
- 2<îUi
- Pour les applications pratiques, avec un-moteur projeté, il suffira, connaissant le cou-; rant magnétisant à vide I0 et le coefficient de fuite <j, de construire la circonférence dont-! les coordonnées du centre sont :
- 1 + 3 ,
- i-o — —;---------------11
- o» I/o
- I 4~ G-
- +
- P <?2r2
- K2] I„V
- cette dernière sîobtenant facilement par transformation et étant plus commode pour les calculs.
- On construira ensuite le point T du cercle défini par :
- 2(7 2gU,
- ce qui permettra de tracer le cercle et son diamètre TQ. On joindra ensuite les points T et O j pour obtenir le point B0 et l’on construira les droites OB«, et OBri par leurs coefficients angulaires respectifs :
- (i -f- g) rt I0
- 2 g U,
- et
- (* + g)
- 2 g U,
- P’i +a(I
- — g)^2/-2K2J I„.
- Si l’on voulait éviter le calcul de r2, on pourrait opérer un peu autrement en construisant tout d’abord le cercle du courant des machines composantes dont le centre est défini par :
- «fl
- y'o =
- gU,’
- et dont le diamètre est :
- I --- G
- G
- e0f,
- à condition de l’excentrer à nouveau verti-
- (I) Cette dernière partie de la construction n’a pas été tracée sur la figure.
- ainsi que l’horizontale RT, par l’ordonnée commune aux points R et T. La position de ces deux points étant fixée par leurs abscisses respectives, on construirait la droite OjB^ seule et l’on fera passer le cercle par les points R,T et B^,. On pourrait aussi faci-
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- 394
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. Xlt (2* Séiiè)f — N« 26.
- Iement obtenir le point Q par la polaire de l’origine et la verticale du point R.
- On pourrait encore construire le point de régime par la connaissance du courant watté et déterminer ainsi exactement les courants Ij, I’2-« et qui permettront de calculer la quantité >2 K2 par le rapport ri
- égal :
- I ) Wa 1‘*
- II W, 4 (I'\u + I'***)’
- Pertespar effet Joule dans l’induit : 7 % = 35,3 watts.
- Pertes dans le fer inducteur : 4 % = 20,7 »
- Pertes par frottement : 4 % — 20,7 »
- Résistance des inducteurs :
- 63,3 ,
- r4 = — 1,7 ohm.
- Valeur demi déduite du courant à vide I0 :
- __OXi ___ Ui ____________ i»5 _
- ,Ml _ ~ ~~ r,(! -+ a)l0 ~ 1,7.1,1.2,75 —
- qu’on établit facilement, comme pour les moteurs polyphasés, en se servant des relations (56), Wj et W2 étant les pertes consenties dans les deux enroulements.
- Toutefois, ces dernières constructions sont en général peu précises à cause de la faiblesse relative de i\ ; aussi vaut-il mieux passer ici par la valeur de /•,.
- La construction de la droite Oi Bd s’en déduira immédiatement.
- Ün tiendra compte naturellement des pertes dans le fer à la façon habituelle, par le procédé de M. Blondel.
- ni.
- Valeur du rapport — déduite des constantes du rr rri2
- moteur :
- __ q2r2
- m2 ri
- 0,398.
- Valeur de m2 :
- m2 =
- 22,3
- 0,398
- = 56.
- Nous en déduisons tout d’abord pour la détermination du cercle du moteur monophasé (fig. 9) :
- Abscisse du centre :
- APPLICATIONS
- Nous appliquerons ce qui précède au cas d’un petit moteur d’un demi-cheval environ dont les constantes sont les suivantes :
- Puissance utile : 1/2 cheval environ (o,514) = 378 watts.
- Tension aux bornes : 115 volts.
- Facteur de puissance : 0,74
- Rendement en pleine charge : 0,73
- Puissance apparente de l’inducteur : 700 volts-ampères.
- Puissance réelle fournie à l’inducteur : 5i8 watts.
- Courant magnétisant à videl0 = 2,75 ampères.
- Coefficient de fuite : <r = 0,11
- Courant magnétisant du moteur polyphasé 1
- composant : t0 — -
- lo = 1,525 ampère.
- 1+3(1, 1
- X0 — --:-- In -
- 0,33
- .2,75 = 8,3 ampères.
- 4<j ” o,44
- Abscisses des points L et T :
- I0 =r 2,75 ampères,
- I 4- a 1,11 1
- —-----In = ——.2,75 = 10,87 amperes.
- 2(7 0,22 —-
- Chute de tension relative pour Io :
- rilo __ ij7 X 2,75
- Ui ~ n5
- Ordonnée des points L et T : 1 + a ri Io2
- 0,0407.
- 2 a Ui Coefficient :
- = 13,87 X 0,0407 rrr 0,565.
- (, _ 0) fI£l R2 — (1 — 0) ^ = 0,89 X 0,398 = 0,354. Çl ”«2
- 700
- •Courant en charge : Ii = -^-jr = 6,1 ampères.
- Pertes par elfet Joule dans l’inducteur: 12,2 63,3 watts.
- Ordonnée du centre : 3
- •0='-±-î r,+—1
- ’i a Ui I; 1 2 W2J
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- 1" Juillet 1911. REVUE D’ÉLECTRICITÉ . .... 395
- — o,565 [i 0,177] = o,665 ampère. Coefficient angulaire de la droite Oj B^, :
- une corde égale au double de l’ordonnée du centre par rapport à LT ou
- ( 1 -f- a) fi Io_ 0,565
- O,2o5.
- •2cUt 2,75
- Coefficient angulaire de la droite OiBrf :
- (1 + g) ri Io
- )Mo r
- h L
- 1 + 2(1
- 0) —1
- 20U1
- = o,2o5 [i-fïX o,354] = o,35. Courant watté en charge :
- a (o,665 — 0,565) ~ 0,2,
- puis en traçant OjT.
- Le point'B'u réel à vide s’obtient en portant une ordonnée à partir de Bv égale à 0,18 ampère correspondant aux pertes par frottement.
- Facteur de réduction de la tension primaire par l’évaluation de la puissance communiquée à l’induit :
- 5 1 8 y
- —y = 4)5 amperes.
- a/'1.V0___ _2 X »,7 X o,665
- U, 115
- Courant watté correspondant aux pertes dans le fer :
- 20,7 0
- —~ =0,18 ampere.
- 115
- Courant watté correspondant aux perles par frottement :
- Facteur de réduction de la tension primaire pour l’évaluation de la puissance utile :
- ar"'i//0__ 2 X 3,o5 X o,665
- 1 1 ris
- en remarquant que :
- = 0,90,
- a3 0
- —- = 0,18 ampere. 115
- La détermination des points à vide (sans frottement) B„ et du point sans champ parasite à vide dans l’induit B0 se fera en joignant Oj D, 1) étant obtenu en portant à partir de T
- ’ Si-
- '1 2 x o,354
- ’7 ["
- 0,89
- ]-
- 3,o5.
- On peut remplacer la multiplication par ces facteurs en comptant la différence des
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- LA, LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Série). —;JÜ« 26,
- ordonnées suivant les directions tracées perpendiculairement à B0 02 et B 02.
- La position dù point Q s’obtiendra facilement en prenant R Q === TD.
- Il est intéressant de rechercher l’approximation des résultats obtenus par les équations simplifiées. Nous remarquons pour cela que le coefficient de transformation réel a pour valeur exacte (*) :
- _______________R],______________
- V[i + »(* + 5)s'«i2 + (* — ») au lieu de :
- aUt
- Ordonnée du centre :
- —fz- — = 0,02^55 1 = o,313 ampères,.
- crU, <r o,ii
- Coefficient angulaire de B,*, :
- I -J— Q Z'i I0 _ /'U, 0,02255
- 2ff U, îU, o,i i ’
- Le tracé de ce cercl,e donne les points R' et B0,,. En menant par B0M la parallèle à B0B, on obtient en B0)1B, et B,B les courants secondaires approchés et ramenés au primaire :
- I'i.u = 2,4 amp., l'î.p == a,6 amp.,
- Le point R' peut d’ailleurs se déduire de R :
- 0,R' = o,r.—r_.
- Or on a :
- i 2(l -f- a) (TW,2 = 2 X I,H .0,11.22,3* = 121,5
- et :
- (i — <s) — = 0,89 x 0,398 = 0,354.
- On vérifiera que la perpendiculaire élevée sur le milieu de la droite B„T passe bien sensiblement par le centre 02, ce qui permet de déterminer le premier cercle sans passer par la connaissance de m2. On constatera également que le point Q est bien sur R' Bd.
- On a ensuite :
- L’erreur sur le facteur de transformation est donc :
- 1,354
- i,354 -f 121,5 = °’011’
- c’est-à-dire un peu plus de 1 %.
- Nous avons ajouté sur la figure 9 le cercle du courant des machines composantes. Ses constantes sont les suivantes :
- Diamètre du cercle :
- 1 — a . 0,89
- ------i0 =----i,525 = 12,34 ampères.
- o 0.11
- Abscisse du centre :
- i,n
- 2<T 2 X 0,1 I
- Chute de tension relative à i0 :
- i,525 — 7,7 ampères.
- >•1*0
- Ut
- i,7 X 1,625
- nb
- 0,02255.
- rnt ni 2
- 9V2
- K2 =
- W2 L2 wt 4 (I'**.» + I'*,*)
- — 0,89
- 35,3 6,1
- 0,37.
- Le coefficient angulaire de Oj Bd obtenu par cette voie serait :
- r'1 ï2 ri+2(i_ff)^K2l 2ffUt L qt A
- = P,2q5 [i + 2 X 0,37.5.x 0,69] ==0,34,
- au lieu de o,35, approximation un peu plus
- faible et qui correspond à 7 % sur diffé-
- m2
- rence due surtout à ce que la détermination des courants I'2.u et I'2.p est peu exacte avec le mode de représentation adopté.
- Le glissement peut s’établir soit par la formule de M. Blondel (pertes égales pour les deux courants) :
- P2
- R + Pi
- (*) En introduisant les valeurs de. m.i et de »i*. pour plus de comtnPjditd'
- g
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- li>r Juillet l'Ô'i'l.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 397
- p2 est la perte pour chaque courant induit et P la puissance utile sur l’arbre, c’est-à-dire y compris les frottements :
- 35,3
- 3,-45 X n5 -f
- 35,3
- 4,a % .
- On peut aussi adopter la formule de Mac-Allister (*) :
- ta
- Ü
- V-
- p
- Pc
- Pc étant la puissance communiquée à l’induit
- . /JÂE.
- Cette formule résultant de la mesure de deux courants pèu différents sur le diagramme est évidemment moins exacte que la première.
- En résumé, d’ühe façon générale, on peut encore ici se contenter, même pour des moteurs assez petits, des formules simplifiées que nous avons indiquées.
- G.-F. Glilbert.
- ERRATA
- 4 mars ign, p. 2^0, éq. (24), 3e terme : Lire 1 — tr au liè'u de 1 + s.
- 11 mars 1911, p. 292, éq. (46) et (47) : Permuter x^ et y x. 24 juin 1911, p. 363, note (ire et 4e lignes) : Lire i0 au lieu de I0.
- (') Voir Eclairage Electrique, t. XLVIII, p. 3n.
- DÉTERMINATION DES DÉFAUTS D’ISOLEMENT PAR RAPPORT A LA TERRE DANS LES DISTRIBUTIONS A COURANT ALTERNATIF
- Un grand nombre des perturbations qu’on observe dans l’exploitation des centrales électriques sont causées par la mise à la terre accidentelle de points du réseau qui, normalement, doivent être à un potentiel différent de celui du sol.
- Lorsque c’est un seul point du système électrique, constitué par les machines géné-ratriêes, la ligne et les machines réceptrices, qui est mis à la terre, l’exploitation ne subit généralement aucun dommage; il n’en est plus de même si un deuxième point dont le potentiel diffère sensiblement de celui du premier est mis en communication avec le sol. Il arrive souvent alors que d’importantes détériorations se produisent ou que le fonctionnement des disjoncteurs provoque l’arrêt brusque de la station génératrice.
- Il est donc de première utilité pour les exploitants d’être avertis des défauts d’isolement aussitôt qu’ils se déclarent en un point de leur réseau.
- La détermination de ces défauts par les
- moyens ordinairement employés nécessite
- Fig. 1.
- une recherche longue et laborieuse que le procédé décrit ci-dessous a pour but de sim-
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- 398
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2e Série). N° 26.
- plifier; alors que les appareils actuellement en usage se bornent généralement à signaler qu’un défaut d’isolement s’est déclaré sur le réseau, sans permettre de le localiser, le dispositif que nous proposons indique quel est le feeder qui vient d’être mis plus ou moins directement à la terre.
- Soient A et B (fig. i) les barres générales d’une centrale à courant alternatif. Réalisons un point neutre par l’emploi de deux condensateurs Cœ et Cp égaux et en série, reliés aux barres A et B par des conducteurs identiques; un point quelconque O situé entre Ca et Cp est un point neutre et peut être mis en communication avec la terre au moyen d’une bôbine de self A. Chaque fil de feeder comprend le primaire d’un transformateur T, dont le secondaire est relié au secondaire du transformateur correspondant à l’autre fil du feeder, de façon qu’en exploitation normale les forces électromotrices soient opposées ; l’indicateur I dans ces conditions reste au zéro.
- Supposons qu’un défaut Ou une mise à la terre plus ou moins franche se produise sur le feeder (i), en par exemple.
- Les courants qui parcourent les primaires du transformateur Tj ne sont plus égaux et induisent par suite dans le secondaire de Tj un courant qui actionne l’indicateur Ij. L’exploitant est ainsi avisé que le feeder (i) est à la terre.
- Ce dispositif s’applique aussi bien aux distributions polyphasées qu’aux distributions monophasées.
- assurer aux indicateurs I un bon fonctionnement.
- Nous désignerons par (voir fig. a) :
- E sin u>t R -)- /• et L
- r
- p et X
- ?'
- c
- i, «i, 4} i' i et *4
- la différence de potentiel entre les barres générales ;
- la résistance et la self-induction du feeder considéré et des appareils branchés sur lui;
- la résistance de la portion de ce feeder comprise entre le défaut et les barres générales;
- la résistance et la self-induction de la bobine A ;
- la résistance du défaut et de la terre ;
- la capacité des condensateurs Ca et
- Cp;
- les courants qui parcourent les divers conducteurs;
- Nous supposerons que les connexions entre les barres générales et les condensateurs sont réalisées par des conducteurs de résistance négligeable.
- ------4
- A R
- Fig. a.
- Entre les quantités énumérées ci-dessus, on a les relations suivantes :
- Je me suis proposé de déterminer la distribution des courants dans les divers conducteurs, et notamment ceux qui parcourent les transformateurs T, quand un point M d’un feeder est mis en communication avec le sol.
- De cette étude, j’ai déduit la condition à laquelle devaient satisfaire la capacité des condensateurs et la self de la bobine pour
- E sin =: R ii -|- L
- dii
- dt
- *t" 77 2
- )
- E w cos iot
- i'ï -f* i't
- f'a , , A di dii
- T==(i’ + p! + x
- di*
- r
- d^
- dt
- V l - J1 " /g
- i'i = i + i'i.
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- 399
- 1" Juillet 1911. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- L’élimination de ù,/2, i\ et *'a conduit à l’équation différentielle :
- x“3"7--(p+p>27.]
- _ ,Lr . R-r i ,[>+R
- Eco2— I sincol——7—coscol l=îl-—
- arL wL J L ar«
- +l[«+(P+.')!ï±-R)+i-^]
- d’où l’on tire la valeur efficace if en fonction de Ef valeur efficace du potentiel.
- Or if est sensiblement proportionnel au courant qui parcourt les secondaires des transformateurs T; on a donc intérêt à rendre if aussi grand que possible.
- Pour cette raison, X et c doivent être choisis de façon à satisfaire à la condition de résonance
- X® = —. (i)
- a co)
- On trouve alors pour valeur de if :
- i = E//(R-r)» + L»<o« (2)
- * ay/(p-)-p')2L8w2 + [Rr-l-(p4-p’)(r + R)]2
- Applications. — Appliquons cette formule au cas particulier suivant :
- La distribution est à i5ooo volts, 5o périodes ; chaque feeder transporte à 35 kilomètres environ une puissance maximum de i 5oô kilowatts ; le cos <p de la ligne et des appareils branchés est de o,85. Le courant maximum qui parcourt le feeder est donc de 120 ampères. Il s’ensuit que la ligne doit avoir une section de 8o millimètres carrés et que sa résistance totale est de i4 ohms.
- On prendra par exemple c égal à de microfarad et X à 5o henrys.
- Ces valeurs de X et C satisfont à la condition de résonance.
- Dans ces conditions, p -)- p'peut être évalué à 3oo ohms environ.
- L’application de la formule (2) montre que la valeur de if varie peu avec r et se tient, dans le cas envisagé, aux environs de
- 25 ampères, c’est-à-dire au -J. de l’intensité
- o
- maximum qui parcourt le feeder et par suite les primaires des transformateurs T. Dans ces conditions, il est facile de dimensionner les transformateurs de manière que les indicateurs I fonctionnent de façon sure.
- Des calculs qui précèdent et de l’application que j'en ai faite, il résulte que le procédé que je propose peut être efficacement utilisé pour déceler le feeder sur lequel un défaut important vient de se déclarer ; il permet donc de simplifier considérablement la recherche des points mis accidentellement à la terre, en la limitant immédiatement à une ligne bien déterminée.
- Pour cette raison, le dispositif m’a paru susceptible de rendre service dans les grandes centrales d’où partent, dans des directions diverses, de nombreuses lignes de transport. . *
- E. Caudrelier.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PERIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Ions et électrons. — Comptes Rendus, ier mai 1911.
- D’expériences faites sur le soufre, M. J. Roux a déduit pour la charge de l’électron la valeur : 4,17 io~10, très voisine de celle qui résulte de l’étude du mouvement brownien.
- D’autre part, M. A. Blanc, en étudiant l’ionisation produite par le phosphore, a montré que l’oxydation de ce corps devient plus active dans le champ' électrique; il résulte de l’ensemble des observations^ de l’auteur que, lorsque le phosphore est placé dans le „champ électrique, le nombre _des ions produits dépend de l’intensité du champ.
- Enfin, M. G. Moreau a mesuré la conductibilité
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- [LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV(2e Série). —fHKÆB.
- >d’une flamme chargée d'un sel alcalin-entre deux électrodes, la cathode étant recouverte d’un oxyde alcalino-terreux, et il a reconnu ainsi qu’à l’ionisation propre de la vapeur saline s’ajoute une dissociation beaucoup plus intense des molécules du sel par le •choc des corpuscules émanés de l’oxyde.
- A. S.
- Sur le travail d’aimantation.—A. Ittânc. —
- •Comptes Rendus, 8 mai 1911.
- Le travaiLd’aimantation (ou travail nécessaire pour orienter les éléments ! magnétiques) est représenté généralement par des formules erronées et d’ailleurs contradictoires.
- On l’écrit par exemple :
- dT = MrfH,
- H étant le champ, M le moment magnétique du barreau considéré dans ce champ.
- En réalité on devrait écrire tout au contraire :
- dT.= HrfM.
- ' Ces , deux expressions aie sont égales que pour les •corps para ou diamagnétiques. Cependant l’application de ces formules erronées auxcÿc/es d’aimantation •est sans inconvénient. C’est ainsi qu’on a pu calculer sans erreur, au moyen de ces formules, l’énergie dissipée par hystérésis.
- A. S.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Détermination des pertes par frottement .dans les moteurs d'induction. — B. Zavada. —
- Elektrotechnik und Maschinenbau, 5 mars 1911.
- La méthode généralement employée pour l’évaluation des pertes par frottement dans les moteurs d’induction consiste, comme on le sait, à établir la courbe de la puissance à vide en fonction de la tension aux bornes du moteur, après avoir retranché de la puissance indiquée la perte ohmique dans le stator, •et. à prolonger cette courbe (qui ne peut être tracée •expérimentalement que jusqu’à une certaine valeur
- de la tension), jusqu’au point correspondant à;une
- tension, nulle, c’est-à-dire jusqu’à : son 1 intersection avec,l’axe des a puissances » ; la vàleur de la' puissance en ce point représente les pertes par frottement.
- ; II est néanmoins possible d’opérer d’une autre façon, en considérant la puissance absorbée; par.le frottement comme seule charge mécanique du moteur, dans la marche à vide : pes pertes et celles par hystérésis, courants de Foucault, etc. constituent alors la charge totale du moteur. Or si la tension diminue, la ; puissance id’un moteur id’induction diminue proportionnellement au.carré de la tension appliquée aux bornes. Pour de faibles valeurs de la tension les pertes par frottement deviennent très importantes,-aupoint même de surcharger lemûteur ; son facteur de puissance augmente en effet et la vitesse diminue notablement.
- En rapportant les valeurs ainsi obtenues -à la te
- 2oim Watt
- Fig. 1.
- sion normale, on obtient des points du diagramme du cercle du moteur. Réciproquement la puissance utile déterminée sur le diagramme du cercle pour la valeur ainsi réduite, ramenée.à la tension d’essai, représente l’ensemble des pertes par frottement et autres pertes dans le moteur ; ces dernières peuvent être négligées pour de faibles valeurs de la tension.
- Nous donnons dans ce qui suit les résultats d’essais obtenus avec un moteur de 90 chevaux, -5oo volts, ^5o tours par minute des « Mitteldeutsche Elektrizi-tatswerke », à Saalfeld (Saale).
- J. — Marche à vide normale.
- 5oo volts, a6,6 ampères, 3 100 watts, y5o tours.
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- Ie' Juillet 1911. REVUE D’ÉLECTRICITÉ 401
- II.— Marche à eide sous de faibles tensions.
- Tours par Amp. réduits
- Volts Amp. Watts minute COS (p à 5oô volts
- 260 i3,25 2 3oo 75o 0,386 25,5
- 200 10,8 2 000 75o o,535 .27
- 160 9>75 1 860 75o 0,688 3o,5
- 140 IO, I 1 840 0,752 36
- id5 10 1 840 0,852 4o
- x i5 10 1 740 745 0,874 43,5
- 100 10,75 1 700 740 o,9!4 53,75
- 7? 14,25 1 760 735 0,948 95
- 58 18,6 1 745 7>3o 0,935 161
- III. - - Caractéristique à eide, le rotor étant i
- circuit ouvert et fixe, ou courbe de magnétisme du moteur.
- 5x6 volts 27,7 amp.ramenésà 5oo volts = 26,8
- 5oo — 26,6 — — 26,6
- 472 — .24,2 — — 25,7
- 4*2 — 21,3 — — 25,3
- 39a — J9>8 — — 25,3
- 3a4 — 16,0 — — 24,7
- 264 ---- l3,2 -- ----------- 25,0
- 206 — 10 — — 24,3
- 15a '— 7 — — 23
- Sur la figure 1 sont représentées les différentes courbes du moteur, résultant de l’essai, én fonction de la tension aux bornes.
- On y voit la courbe du magnétisme du moteur et sa caractéristique dans la marche à vide : d’une part les valeurs obtenues directement y sont représentées, et d’autre part, celles rapportées à la tension normale, l’échelle étant réduite de dix fois pour les valeurs de l’intensité, dans ce dernier cas. Nous y avons figuré en outre les courbes de la puissance à vide W0 et celles du facteur de puissance cos <p.
- La figure 2 est la représentation analytique des valeurs de ^intensité du courant et de la puissance, rapportées à la tension normale du moteur. Les extrémités des vecteurs, désignées par la valeur de la tension correspondante d’essai, sont sur le diagramme du cercle du moteur considéré. Le point P0 représente l’intensité dans la marche a vide correspondant à la tension normale de 5oo volts. La ligne •des puissances est aussi figurée.
- Soit le point 58, ou A, pour la détermination des pertes par frottement. Le vecteur A a représente la puissance absorbée par le moteur, et la partie de cette ordonnée, Aa, a étant situé sur la ligne des puissances,représente la charge mécanique du mo-
- teur et, réduite à 58 volts, la puissance absorbée par les frottements. On pourrait évaluer Cés pértés en multipliant la valeur de la puissance, représentée
- . « / 58 y
- par Aa, par le rapport ! p— 1 pour la ramener a
- 58 volts ; mais il est . plus simple de multiplier la puissance de la marche à vide sous 58 volts par le Aa
- rapport-— et, pour plus d^exactitude, il convient A ci
- de prendre pour la puissance à vide du moteur celle que détermine la courbe W0 de la figure 1. Cette courbe permet d’ailleurs de déterminer les points de la figure 2.
- Les pertes par frottement seront donc :
- Aa 187
- -— X 1 760 = —-——— X 1 760 = 1 600 watts,
- Aa 1 r6o,5 '
- pour une vitesse de 730 tours.. -
- Pour plus d’exactitude, il conviendrait d’établir une correction provenant'du fait que la ligne des puissances L passe par le point de la marche à vide sous tension normale; par suite cette ligne comprend déjà les frottements. Il faut donc construire une ligne des puissances R, ne comprenant pas les pertes par frottement, en déterminant un point P0'
- / 58 Y*
- distant de P0 de la longueur Aa X ( ) et de l’ori-
- gine des coordonnées, d’une longueur égale au courant magnétisant sous 58 volts, ramené à la tension de 5oo volts. Cette correction n’est cependant pas indispensable, ca^la valeur ainsi obtenue est négligeable relativement à l’approximation que les mesures permettent d’atteindre.
- Cette méthode permet d’évaluer approximative-
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- 402 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2e Série).— N»26
- ment lés pertes dues au frottement sans qu’il soit nécessaire de connaître la puissance absorbée par le moteur, dans le cas où l’on ne dispose pas d’un wattmèlre permettant de lire celte puissance.
- A cet effet, on abaisse la tension aux bornes du moteur jusqu’à ce que le glissement à vide ait atteint la valeur qu’il a dans la marche à charge normale. Il est à noter que le rapport entre la tension normale et l’intensité du courant à pleine charge, pour le glissement normal, est* sensiblement le même que celui de la tension, à laquelle correspond le glissement égal au glissement normal, à l’intensité correspondante ; en réalité, dans le second cas, ce rapport est un peu plus grand à cause du courant magnétisant qui diminue plus rapidement que la tension, mais, comme première approximation, on peut considérer.ces rapports comme égaux.
- Pour le moteur considéré plus haut, nous avons en pleine charge : 90 ampères, 735 tours ; donc :
- E 5oo „ „„
- I
- 9°
- La caractéristique à vide donne comme valeur correspondante la tension de 77 volts, pour laquelle ces conditions de marche sont réalisées.
- Les pertes par frottement sont donc, en chevaux :
- 9° X
- 77 \2
- ) =i,i3 ou 1 56o watts. 5oo/
- Cette méthode permet enfin de déterminer les pertes dues au frottement dans toutes transmissions ou machines-outils actionnées par le, moteur d’induction.
- A. C.
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES
- Données économiques sur l'éclairage électrique des trains.
- Nous empruntons les chiffres qui suivent à un travail de M. Seidener, publié dans la revue autrichienne Elektrolechnik und Maschinenbau (').
- D’après cet ingénieur, les nombreux incendies du matériel provoqués par des catastrophes de chemins de fer imposent la nécessité d’introduire l’éclairage électrique dans les voitures. Ce système ne présente aucun danger d’incendie et, sous le rapport
- (<) 20 février 1910, Cf. Elektrotechnischë Zeitschrift, 27 octobre 1910.
- des dépenses d’exploitation, if n’est pas plus défavorable que l’éclairage au gaz. On peut estimer le nombre de voitures actuellement éclairées par lampes électriques à environ 40 000 pour l’Europe et l’Amérique . Dans le calcul comparatif des dépenses d’exploitation, le coût de l’énergie nécessaire, qui est très faible, n’est pas à envisager attendu que dans les deux méthodes d’éclairage, en raison du grand poids propre de l’installation au gaz, il reste sensiblement le même.
- Dans l’hypothèse d’avoir à effectuer l’éclairage d’une voiture au moyen de 22 lampes à filament métallique, chacune d’une intensité lumineuse de 16 bougies, qui se déplace au cours de la période de vingt-quatre-heures avec une vitesse moyenne de 5o kilomètres à l’heure, les frais d’exploitation reviennent à 1,04 centime par lampe-heure d’éclairage de 16 bougies ou à o,o65 centime par bougie-heure. Dans ces dépenses sont compris les frais de remplacement des lampes, d’entretien et de service. Les dépenses d’intérêt et d’amortissement se montent à o,83 centime par heure-lampe de 16 bougies; les dépenses totales d’exploitation se chiffrent donc par 1,87 ou 0,117 centime par bougie-heure. Les frais d’éclairage par voiture et par an, en supposant une durée d'allumage de cinq heures par jour, s’établissent en chiffres ronds à 750 francs.
- Dans une comparaison avec l’éclairage au gaz, il est au plus haut point convenable de fixer les dépenses causées par l’installation d’éclairage quand elle n’est pas utilisée. Pour l’éclairage électrique de la voiture prise commeexemple, le montant des frais fixes atteint. environ 537,5o fr- Cette même dépense pour le gaz est à peu près de 256,25 fr. d’après Wichert. A cela il faut ajouter : dans le cas de l’électricité, le remplacement des lampes, les frais de graissage, les balais de charbon ; dans le cas du gaz, la consommation du gaz, et, pour les deux procédés, les frais d’entretien et de service de l’installation. Ceux-ci se montent pour l’éclairage électrique à 43,75 fr. par heure quotidienne d’allumage pendant un an et pour l’éclairage au gaz, d’après Wichert, à 170 francs.
- Si l’on utilise ces chiffres dans la construction de courbes dont les abscisses représentent la durée d'éclairage par jour et les ordonnées les frais d’éclairage par an, on observe que l’éclairage électrique pour de très faibles durées d’emploi coûte plus cher que l’éclairage au gaz; un peu au-dessus de deux heures par jour, la dépense d’ordre électrique demeure bien en dessous de celle du gaz et l’écart continue à s’accentuer en faveur de l’électricité.
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- 1" Juillet 1911. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- On admet pour l'éclairage au gaz une intensité lumineuse totale de 374 bougies et, comme prix du gaz, environ 0,775 centime le mètre cube. Les manchons à incandescence devraient rendre l'éclairage au gaz plus économique, mais, à cet égard, il n’existe aucun chiffre authentique. Mais à considérer comme à peu près équivalentes les dépenses d’exploitation des deux systèmes, il serait encore du devoir des administrations intéressées d’adopter l’éclairage électrique essentiellement inoffensif. Au point de vue de la technique des chemins de fer il offre en outre l’avantage de rendre les voitures autonomès, propriété que l’emploi du gaz ne peut leur conférer.
- E. D.
- DIVERS
- Appareils de cuisine électriques à cuisson lente. — Elektrotechnische Zeitschrift, 8 juin 1911.
- Il est hors de doute que, si l’abonné fait un très large usage de l’énergie mise à sa disposition, il en résulte pour le secteur des avantages tels que celui-ci peut sensiblement abaisser le prix de vente du kilowatt-heure, ce dont l'abonné est le premier à profiter (*). Or des résultats acquis à Hartford ont démontré que l’énergie nécessaire pour apprêter les repas d’une famille de trois à cinq personnes, soit i5o watts, peut être fournie au prix de 15,75 centimes le kilowatt-heure, ce qui représente une dépense d’environ i5 fr. 75 par mois, en admettant une con-commation continue de vingt-quatre heures par jour ; l’électricité peut ainsi lutter avantageusement avec le charbon ou le gaz.
- La Société d’éclairage par l’électricité de Hartford a fait de nombreux efforts pour répandre l’usage de la cuisine électrique. C’est ainsi qu’elle se propose d’ouvrir une école de cuisine électrique où seront
- (*) Voir à ce propos : « Les rapports entre l’emploi d’un tarif unique, la durée de consommation et l’emploi de l’électricité. » H. Passavant, Lumière Electrique, 10 juin 1911, p. 3i5.
- installés 10 appareils de démonstration ; en outre un manuel spécial, édité par ses soins, donnera d’utiles indications pour la meilleure utilisation de ces appareils. Enfin elle prépare elle-même les repas de ses employés, lesquels lui reviennent à 1 fr. Ga5 environ par personne.
- Les appareils de cuisine électrique construits par cette société sont au nombre de deux, consommant respectivement 100 et 5o watts. L’appareil de iqo watts comporte deux éléments chauffants et permet de maintenir une température constante de ai i° C ; il est construit actuellement pour une tension de 60 volts , mais il n’y aurait aucune difficulté à réaliser des appareils semblables pour des tensions plus élevées.
- Et comme il s’agit de cuisine, l’auteur ajoute ces renseignements bien culinaires. L’appareil de 5çr watts ne renferme qu’un élément chauffant et permet d’obtenir une température de 140° C; son emploi est indiqué pour les mets exigeant une cuisson lente, que l’on peut par exemple y introduire à 8 h. 1/2 du soir, laisser cuire toute la nuit, et en-retirer le lendemain matin à 7 heures. L’appareil de 100 watts se recommande au contraire pour les fritures et les rôtis qui exigent une température plus élevée et une cuisson plus rapide variant d’une heure à une heure quarante-cinq minutes.
- L’emploi rationnel de ces deux appareils permet d’apprêter tous les repas d’une famille de trois à cinq personnes; leur consommation totale, lorsqu’ils fonctionnent simultanément, n’est pas supérieure à i5o watts, ce qui correspond, ai nsi que nous l’avons vu précédemment, à une dépense de i5 fr. 75 seulement par mois.
- Enfin, la question du chauffage électrique de l’eau-a été également envisagée; la société dont il s’agit se trouvera ainsi vraisemblablement en mesure de-fournir l’énergie électrique à un prix permettant à ses abonnés de réaliser, grâce à l’emploi de ses appareils, le chauffage de leurs immeubles par l'eau-chauffée électriquement.
- J.-L. M.
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- T. XIV (2* Série)
- N® 26.
- VARIÉTÉS
- Les postes militaires de télégraphie sansill au Maroc.
- Il vient d’être envoyé dans l’intervalle d’un mois à Oran et de là à Taourirt un poste fixe et deux postes mobiles de télégraphie sans fil militaire. Nous sommes en mesure de donner dès maintenant les indications suivantes sur leurs caractéristiques.
- Poste fixe. — Ce poste fixe est destiné à rester à Tnourirt. Il disposera comme supports d'antennes de deux échelles-observatoires de l’artillerie, type Durand, dont la hauteur (23 mètres) est portée à 3o mètres par l’adjonction d’un petit mât à l’extré-.mité supérieure.
- C’est un poste à émission musicale avec alternateur à résonance et éclateur tube-plateau. Doté d’une puissance de 5 kilowatts, il communiquera par ondes de 1 200 mètres avec Oran, Tanger, Casablanca, Marseille, etc.
- Postes mobiles. — Ces deux postes sont montés sur voitures légères à deux roues. Pour chaque .poste il y a 2 ou 3 voitures portant respectivement : le moteur et les accessoires; le matériel de transmission et de réception, le mât et les accessoires. Ce .mât est de 18 mètres de hauteur, en tubes d’acier.
- Le personnel du poste comprend cinq hommes sous les ordres d’un sergent-chef de poste. La durée de la mise en station ne dépasse pas i5 minutes tout •compris.
- La puissance disponible, 1 200 watts, permet de communiquer par ondes de 400 mètres dans un rayon de 100 à i5o kilomètres. Ces deux postes mobiles sont destinés à relier les colonnes du général Toutée au poste fixe de Taourirt et, au besoin, à d’autres postes de la région marocaine.
- En dehors de ces trois postes envoyés à Taourirt, le Génie a expédié à Casablanca un poste fixe et quatre postes mobiles, organisés comme les précédents par le commandant Ferrié et le capitaine Brenol, dont l’activité technique a apporté ainsi, dans le silence qui convient aux choses militaires, un appoint qui méritait d’être signalé à l’action française au Maroc.
- Comme 11 existait déjà au Maroc, deux anciens postes, munis d’ailleurs d’un matériel assez démodé, souvenir de la campagne de 1908, il se trouve donc
- actuellement au total dans la région de Casablanca un poste fixe et six postes mobilés.
- Le poste fixe a reçu la place d’honneur, puisqu’il est actuellement à Fez, où sa présence àuràit, quelques semaines plus tôt, singulièrement contribué à éclairer la marche des colonnes du général Moi-nier, qui a, comme. On sait, d’ailleurs entièï'émênt réussi sa mission, grâce à une prudence parfaitement justifiée. ... 1
- Ce poste de Fez est identique, comme caractéristiques, à celui de Taourirt, à ceci près qu’il dispose comme supports d’antennes de quatre'échelles-obser-vatoires, au lièù de deux.
- Quant aux quatre postes mobiles récemment envoyés, ils sont de types divers. Leur personnel est semblable à celui du poste de Taourirt; leurs voitures sont soit du type caisson d’artillerie, soit du type voiture en bois à deux roues avec brancards, soit voiture coloniale en acier type Lefèvre.
- L’un de ces postes, représenté par la figure 3, mérite une mention spéciale. C’est un poste extraléger, entièrement monté sur une seule voiture qui contient par conséquent à la fois l’équipement de transmission, de réception et les accessoires. Il y a, il est vrai, une deuxième voiture, mais elle transporte seulement les bagages du,personnel.
- Le groupe moteur pour émission musicale, comportant un moteur à essence de 1 cheval accouplé à une magnéto musicale spéciale, système Béthenod, pèse en tout 41 kilogrammes et met en jeu effectivement une puissance de 3oo watts. L’antenne est attaquée en émission musicale, mais par excitation directe. Un tel poste porte en mer à près de 3oo kilomètres. Si l’on évalue le chargement complet sur chaque voiture, on trouve qu’il ne dépasse pas 25o kilogrammes.
- *
- * *
- II.est à remarquer que le Génie militaire a pu en grande partie utiliser, pour constituer les deux postes fixes, le matériel construit par l’industrie française pour être envoyé au Congo belge. Le gouvernement belge et M. Goldschmidt, le professeur bien connu, ont en effet bien voulu mettre ce
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- i«r Juillet 19ill
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- matériel à. la disposition du Ministère de la guerre français.
- Quant aux quatre postes mobiles, dont nous avons parlé eb dernier lieu, ils sont actuellement échelonnés entre Fez et Méhédia, notamment à Lallaïto, Sidi-Gueddar, Béni-Amar.
- Le réseau militaire constitué par l’ensemble de tous ces postes est complété par un réseau civil dont les principales stations sont celles de Casablanca et de Tanger. Ajoutons d’ailleurs que ces postes, munis d’un matériel de modèle désuet, ont été revus au début de la campagne 1908, par le Génie militaire
- d’avril et que, moins d’un mois après, le Génie mili-taire, secondé par l’industrie française avait réussi à construire et à expédier ce réseau qui entre actuellement en fonctionnement.
- Cette rapidité dans l’exécution est d’ailleurs une tradition dans notre service de télégraphie militaire.
- Déjà en 1902 lorsque, après l’éruption de la Montagne Pelée à la Martinique, il s’agit de remplacer par des postes radiotélégraphiques le câble sous-marin de 180 kilomètres qui reliait notre colonie avec la Guadeloupe, l’embarquement du matériel et du personnel destiné à ces postes eut lieu moins de
- Fig. 1. — Un poste de Taourirt
- et la Marine qui les remirent en état en complétant même leur personnel. Leurs conditions de fonctionnement sont assez pénibles, car ils sont débordés par l’activité du trafic radiotélégraphique, et très gênés par les postes de Gibraltar et d’Espagne.
- Dès que les grands postes militaires fixes de Fez et de Taourirt entreront en fonctionnement, il est certain qu’ils transmettront directement leurs dépêches à Oran et en France.
- Nous ne voulons pas terminer ce petit exposé sans signaler que l’ordre de construire les deux postes de Fez et de Taourirt et les six portes mobiles nouveaux (deux pour Taourirt et quatre pour la région de Fez, comme on l’a vu plus haut) fut donné à la fin
- 15 jours après la demande faite, et la première dépêche fut échangée deux mois après l’embarquement, entre Beauséjour (Martinique) et La Verdure (Guadeloupe).
- * *
- Ainsi notre radiotélégraphie militaire, dont les premiers tâtonnements (') remontent à peine à
- (*) A celte première période se rattachent les essais faits, avec la collaboration de M. A. Blondel, sur son système de réception sélective par l’emploi d’un seul cadre mobile, qui donna des résultats remarquables.
- Un grand pas (fut accompli en T. S. F. militaire du
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE ï\ XIV (2» Série). — N‘26.
- l’année 1898, a collaboré de la manière la plus efficace à nos récentes campagnes africaines.
- Nous avons parlé plus haut de son rôle dans la première campagne du Maroc, en 1908. Le matériel destiné au service de terre comprenait alors un poste fixe à Casablanca et deux postes mobiles ; la distance entre ces deux postes n’atteignit jamais 100 kilomètres, mais le trafic avait déjà pris un développement étonnant, qui atteignit jusqu’à 3 000 mots par jour (*). C’était le croiseur Kléber
- la Tour Eiffel (a aoo kilomètres) pendant la nuit, soit,pendant le jour, indirectementparrintermédiaire d’un autre croiseur mouillé en rade de Tanger, et de là à Marseille par le câble sous-marin Tanger-Oran-Marseille.
- Il ne paraissait pas inutile de rappeler ainsi quel était il y a trois ans à peine l’état de nos communications radiotélégrapliïques avec le Maroc pour permettre au lecteur d’apprécier le progrès considérable qui s’accomplit aujourd’hui.
- Fig. 2. — Un poste de Fez.
- qui se chargeait de recueillir ces télégrammes et de les retransmettre en France (2), soit directement à
- jour où l'on put abandonner l'emploi des ballons comme -support d’antennes et les remplacer par des mâts démontables.
- Notons d’ailleurs que ce procédé avait cependant permis dès igo3 de communiquer entre Paris et Belfort (400 km.). Cette même année d’ailleurs le ballon delà station de Paris se trouva supprimé par suite de la première installation provisoire du poste de la Tour Eiffel.
- (') Voir l’excellent ouvrage de MM. Boulanger et Ferrié. I.a télégraphie sans fil et les ondes électriques (Berger-Levrault).
- (2) A bord de nos navires de guerre, les installations de T. S. F. ont réalisé de rapides progrès depuis que la Commission centrale de T. S. F. de la Marine a été instituée pour centraliser les efforts. Le matériel établi par qelte commission, en collaboration avec le Génie militaire, a permis, dès 1907, de porter la limite de transmission do 5oo kilomètres (entre le navire Le Bruix et Port-Vendres, 1906) à plus de 800 kilomè-
- Enfin, nous ferons une dernière remarque. Les postes du Maroc qui vont jouer pendant quelque temps encore un rôle surtout militaire auront bientôt, sans doute, un rôle d’information générale qui ne sera pas moins utile.
- Ce service de renseignements, la longue période de tension internationale qui, notamment en juin 1905, fit passer le spectre de la guerre près de nous, — beaucoup plus près de nous, qu’on ne le croit généralement, — ne nous permettait guère de l’instituer plus tôt. S’il était permis d’établir une
- très, le jour, avec moins de 40 mètres de hauteur d’antenne et 3 kilowatts de puissance seulement. Enfin la portée a atteint plus du double de celte valeur dans les communications directes du Klâber et du Dupuy-de-Lôme (Maroc) avec le poste Tour Eiffel. Celui-ci emploie pour ces communications une onde de 2 200 mètres elle navire correspondant une onde de 600 mètres ou 4$o inèlres.|
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 407
- 1er Juillet 1911.
- comparaison entre des conditions aussi dissemblables, nous rappellerions à ce propos que, il y a plusieurs mois, on annonçait que le gouvernement chinois avait fait installer la télégraphie sans fil au Tibet, région troublée qui se trouve un peu dans la même situation vis-à-vis de l’Asie que le Maroc vis-à-vis de l’Europe.
- Mais ce rapprochement, bien qu’artificiel, nous permet de sentir d'une manière saisissante à
- Fig- 3.
- quelle allure marche, dans le monde, le progrès de ces moyens d’information auxquels les diplomaties de tous les pays attachent un si grand prix. Il n’y a pas bien longtemps que la cour de Pékin n’était renseignée sur les événements du Tibet que par des messagers à cheval qui, en trente jours,presque sans dormir et en crevant plusieurs chevaux, franchissaient l’énorme distance. Aujourd’hui c’est en quelques centièmes de seconde que parvient la nouvelle, sans autre dépense musculaire que celle
- qu’il faut pour actionner le manipulateur de transmission... R, G.
- Le Congrès International des applications électriques de Turin.
- A l’occasion de l’Exposition Internationale de l’Industrie et du Travail qui aura lieu cette année à Turin, l’Association Electrotechnique Italienne et le Comité Electrotechnique Italien ont pris l’initiative de la convocation d’un Congrès International des Applications Electriques qui aura lieu, sous leurs auspices, du ioau 18 septembre 1911 (*).
- Le président du Comité est M. L. Lombardi; MM. Curti et Semenza sont les secrétaires.
- Ce Congrès est placé sous le haut patronage de S. A. R. le duc des Abbruzzes. Son organisation est confiée à un Comité d’organisation et à une commission exécutive nommés par le conseil général del’A. E. 1.
- Nous donnerons prochainement la liste des travaux auxquels doit se consacrer le Congrès.
- L’enseignement technique supérieur.
- Dans une conférence faite le 28 avril (*), M. Le Cha-telicr, l’éminent métallurgiste, a fait ressortir avec force le contraste qui existe et qui a été*maintes
- (•) Les demandes d inscription munies du montant des cotisations devront être envoyées le plus promptement possible à l’adresse suivante : Congresso di ElettricitA, Politecnico, Torino.
- Le secrétariat de la Commission Exécutive délivrera aussitôt, avec l’accusé de réception, un livret personnel d’inscription ; il fournira en outre toutes les informations requises.
- Cotisation des membres effectifs : 25 lires ; 10 lires pour les membres de leurs familles.
- En même temps qu’ils enverront leurs demandes d’inscription, les membres du .Congrès devront faire connaître à la présidence de la Commission Exécutive l’adresse exacte où ils désirent que la correspondance et les autres communications leur soient envoyées ; les membres qui participeront de leur personne au Congrès sont priés, en outre, de notifier leur adresse, à Turin, avant l’ouverture du Congrès. Un service postal spécial sera organisé au Siège du Congrès ; ceux des membres, qui voudront en profiter devront donner l’adresse suivante à leurs correspondants : Congresso di ElettricitA, Politecnico, Torino.
- La commission Exécutive instituera un bureau d’informations pour les logements des membres du Congrès. Les personnes qui voudront en profiler devront diriger leurs demandes à l’adresse suivante : Congresso di ElettricitA, Politecnico, Torino.
- (')Le texte intégral en est publié dans la Technique Moderne de mai 1911.
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- 4085 LA LUMIÈRE. ÉLECTRIQUE T. XIV (2e Série). — N*-26;:
- fois,.signalé dans cette Revue, entre le mouvement d’opinion, publique à l’étranger et l’indifférence française à propos des problèmes de l’enseignement technique.
- Il faut absolument, a dit Mi Le Chatelier, secouer cette torpeur. On ne comprend pas chez nous l’importance de ce problème, on ne sait pas s’y intéresser,
- A l'étranger, les grands industriels ont un véritable culte pour l’enseignement technique.
- En Angleterre, sir Henry White, présidant, il y a cinq ans, la grande Société des ingénieurs civils de Londres, provoqua la création d’une commission d’études, nommée par la réunion des cinq grandes sociétés techniques anglaises; il en dirigea activement les travaux et fit le rapport final; le secrétaire de la même commission, un de ses compatriotes non moins illustre, était le major Haldane, aujourd’hui ministre de la Guerre
- Des travaux de cette commission sortit un programme général d’enseignement qui devint la base des tentatives de réorganisation essayées ces dernières années à Londres et donna naissance à l’Im-perial College of Science, installé dans les établissements de South Ke.nsington.
- En Allemagne, la grande Société des ingénieurs, la plus puissante des Sociétés techniques du monde, — elle compte plus de ap oqo membres a, sous l’impulsion de son président, l’ingénieur docteur Th. Peters, mené depuis vingt ans une campagne incessante pour l’amélioration de , l’enseignement technique. ...
- L’établissement du doctorat technique, obtenu par leur président, a été une véritable création personnelle de l’empereur et en même temps une victoire remportée sur l’exçlusivisme des vieilles universités allemandes. L’effet moral de ce succès a été énorme; nous sommes trop sceptiques pour pouvoir comprendre toute la joie avec laquelle cette consécration accordée à l’enseignement technique a été reçue dans les milieux industriels allemands.
- Isolément, les industriels n’apportent pas un concours moins actif au développement des écoles techniques. Par exemple, Krupp a donné plusieurs millions pour la création de l’Institut métallurgique d’Aix-la-Chapelle. Et récemment M. Le Chatelier assistait àla cérémonie d’inauguration de cet Institut, qui eut lieu sous la présidence de la veuve de l’illustre métallurgiste allemand; un très vif incident qui se produisit au cours des toasts, pendant le banquet, entre le directeur de l’Institut et un représentant de
- l’Administration, montra bien la part que les.s industriels réclamaient dans cette fondation et l’intérêt qu’ils y attachaient.
- Qui ne connaît d’autre part l’ardeur avec laquelle le grand industriel belge Solvay travaille au développement de l’enseignement technique dans son pays; non content de donner ses millions, il a imposé une orientation très intéressante à l’Ecole supérieure du commerce fondée par lui à Bruxelles et mise sous la direction d’un des économistes les plus célèbres de la Belgique, le Dr Waxweiller.
- Enfin, aux Etats-Unis, deux grands industriels américains ont, dans ces derniers temps, agité l’opinion publique en lançant des thèses assez originales. Fr. Taylor, l’inventeur des aciers rapides; Fardent promoteur des méthodes sciéntifiques dé l’organisation du travail dans les usines, est parti en guerre contre les universités et instituts actuels qui démoraliseraient, dit-il, les jeunes gens sans rien leur apprendre d’utile; les sports seuls trouvent grâce devant lui, parce qu’ils sont des écoles de discipline et d’obéissance, deux qualités de première importance dans l’industrie. Les usines, avec leurs méthodes de travail, d’une complication tous les jours croissante, ne peuvent utilement fonctionner sans une coordination parfaite de tous les efforts. La compréhension de cette vérité devrait, prétend-il, être l’objectif essentiel de l’enseignement technique.
- Le milliardaire Carnegie, en souvenir sans doute de ses années de jeunesse, veut donner principalement l’enseignement par les bibliothèques. Il én crée partout dans ses deux patries, celle où il a vécu et s’est enrichi, les Etats-Unis, celle où il est né et qu’il a quittée dans la pauvreté, l’Ecosse. Mais, non content de donner les installations matérielles et les crédits, il fournit encore les livres et s’en réserve lé choix, pour mieux faire sentir son action personnelle sur l’esprit même de l’enseignement.
- Quant à la France, il y a cinquante ans, elle possédait une avance incontestée avec ses grandes Ecoles techniques, groupées autour de l’Ecole Polytechnique, et avec l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures, créée sur l’intelligente initiative du célèbre chimiste Dumas. Aujourd’hui encore, le niveau des études y est, au sommet, supérieur à celui des instituts étrangers, et cependant il est temps de commencer à évoluer, il faut suivre les progrès si rapides de l’industrie. Mais que de difficultés pour se réformer soi-même ! Cela est impossible à moins d’être stimulé par la concurrence ou par la pression de l’opinion publique. La création d’instituts tech-
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- niques à côté de grandes universités, [celle des Ecoles d’Arts et Métiers, celle d’écoles libres de toute attache gouvernementale, comme Y Ecole supérieure d'Electricité, ont été déjà très utiles; mais il faut faire plus encore.
- Le moment est favorable, car une évolution heureuse semble se préparer. Jusqu’ici les Français, façonnés à l’obéissance passive par des siècles de monarchie ne pouvaient concevoir la possibilité de s’occuper eux-mêmes des questions d’intérêt général ; ils croyaient à l’infaillibilité du pouvoir et à son dévouement à la chose publique. Les initiatives si fréquentes chez nos concurrents nous étaient inconnues, ou du moins restaient seulement le fait de quelques isolés, considérés généralement comme des déséquilibrés. L’intervention imprévue du Comité des Forges dans la crise du Français a produit une profonde Sensation. C’est là un heureux présage, cet exemple sera certainement suivi. Nous nous mettons en marche, et peut-être finirons-nous un jour par rejoindre les Américains ; espérons-le sans trop y compter. Pour faire comprendre tout le chemin qui nous reste à parcourir, il sera peut-être bon de rappeler comment s’est faite, il y a une vingtaine d’années, aux Etats-Unis, la grande réforme de l’enseignement secondaire sur le « programme des Dix» :
- Un groupe de professeurs et de pères de famille fonda une association pour la réforme de l'enseignement; ils réunirent rapidement des milliers d’adhérents, formulèrent un programme de leurs desiderata et le soumirent au gouvernement en lui demandant de confier le soin de la réforme à une Commission de dix membres nominalement désignés, et de donner la présidence de la Commission au directeur de Harvard University.
- Ce vœu fut exaucé à la lettre et les travaux de la Commission furent couronnés d’un plein succès. Quel contraste avec l’incohérence de nos méthodes parlementaires et administratives, capables seulement de produire, par l’amalgamation des points de vue les plus contradictoires, des monstres dont personne ne veut ensuite accepter la paternité !
- On confond généralement, sous le nom commun d’enseignement technique, trois enseignements essentiellement différents : un enseignement supérieur destiné avant tout à former de futurs chefs d’industrie, les généraux de l’armée du travail; un enseignement moyen, approprié aux besoins des ingénieurs, du personnel dirigeant en sous-ordre, c’est-à-dire des capitaines; et enfin un enseignement essen-
- tiellement professionnel et même manuel (l’apprentissage en est une des branches), destiné à préparer d'habiles ouvriers, c’est-à-dire à former les soldats et les sous-officiers.
- Il faut donc à la fois viser dans les écoles un double but : la préparation de futurs chefs d’industries et en même temps la formation de simples ingénieurs.
- Cette variété de but donne immédiatement l’explication d’une lutte actuelle très vive entre deux opinions diamétralement opposées; le conflit a été particulièrement aigu au dernier Congrès de l’enseignement technique à Bruxelles. Les uns veulent un enseignement encyclopédique nécessaire pour les chefs d’industrie, et les autres réclament, non moins énergiquement, un enseignement spécialisé, mieux approprié aux besoins des ingénieurs en sous-ordre.
- Voici, à ce sujet, un fait précis : les élèves de l’Ecole des Mines ont adressé récemment une pétition au Conseil de cette Ecole demandant que l’enseignement fût spécialisé, au moins pendant la troisième année de cours, à l’instar de ce qui se fait à l’Ecole Centrale, afin de leur permettre de rendre des services plus effectifs dès leur entrée dans les usines, et par suite de pouvoir se caser plus facilement. Peu de temps après, le Comité de l’Association des anciens élèves de la même Ecole a élevé une protestation non moins énergique et unanime contre toute tentative de spécialisation de l’enseignement de leur ancienne École.
- Bien plus, on a tellement discuté sur les méthodes d’enseignement technique que tout le monde, semble-t-il, doit être d’accord sur l’utilité de cet enseignement; or, récemment, quelques voix discordantes se sont élevées, tendant à réduire le rôle des écoles techniques à celui de filtres destinés à séparer les hommes de valeur de la multitude des médiocrités. L’autorité industrielle des défenseurs de ces idées est assez grande pour mériter une sérieuse prise en considération.
- M. Solvay dit par exemple : « Si j’étais obligé de m’occuper de la question capitale d’une réforme de l’enseignement au point de vue d’obtenir la plus grande productivité sociale future de l’enseigné, la première chose que je mettrais en avant dans mon étude serait celle de la spécialisation des tempéraments : Les vrais hommes sont, nous ne les créerons jamais; mais nous pourrons certes les distinguer et souvent les classer au début — pourquoi pas ? — dans leur direction naturelle propre, dans celle où ils pourront rendre à la société le plus
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- de services tout en'travaillant avec le maximum de satisfaction. »
- Sir Robert Hadfield est encore plus catégorique sur l’inefficacité de l’éducation. « L’éducation, dit-il, aidera certainement à la formation de ce type mixte (scientifique ^t pratique), mais elle ne le créera pas à elle seule; il doit résulter soit du témpëramént naturel, soit de facultés développées par la force du caractère, soit dans certains cas de dons transmis par hérédité. »
- De même, M. Waxweiller, directeur de l’Ecole supérieure de Commerce de Bruxelles, etc.
- Sans souscrire aucunement à cette condamnation trop absolue de l’enseignement, M. Le Chatelier recônnaît cependant l’importance capitale pour l’industrie d,’une semblable sélection.
- Les besoins de l’industrie, la richesse du pays demanderaient une sélection de plus en plus profonde et l’esprit démocratique, basé sur l’égalité des droits et des avantages, abstraction faite des capacités, la combat à outrance. L’auteur signale la difficulté sans proposer de solution.
- Il s’occupe surtout ici de l’enseignement technique supérieur et de la formation des chefs d’industrie. Le choix d’un directeur est une question de vie ou de mort pour une industrie., et l’on est souvent fort embarrassé par la pénurie des candidats ayant les capacités voulues.
- Le but essentiel de l’enseignement technique est de préparer à l’action; cela le distingue de l’enseignement scientifique proprement dit qui vise seulement l’acquisition des connaissances. Savoir et pouvoir sont deux choses absolument distinctes. Or, pour l’action, les qualités du caractère priment toutes les autres :
- Une volonté tenace (Bessemer essaya succes-sivemenftous les métiers et, finalement, recommença indéfiniment des essais infructueux sur son procédé de fabrication de l’acier après la condamnation de ce procédé par tous les grands métallurgistes anglais) ;
- Une grande activité intellectuelle (ce même Bessemer a tiré de cette qualité un parti précieux lorsqu’il a eu l’idée d’analyser ses fontes et d’y rechercher le phosphore, dont le rôle nuisible était alors complètement inconnu) ;
- L'esprit d’observation: grâce à lui, Ludwig Mond a Remarqué le dépôt de suie formé contre un clapet en nickel d’un de ses gazogènes, et cette observation a été le point de départ de la découverte du nickel carbonyle, puis bientôt de la création d’une
- nouvelle industrie pour l’extraction du nickel de ses minerais ;
- L’esprit de discipline dans les grades inférieurs;
- La fermeté dans les grades supérieurs ; enfin, le sens moral; (sans sa réputation d’honorabilité bien établie, Bessemer n’aurait jamais trouvé, après ses premiers échecs, des amis assez confiants pour faire avec lui les frais d’essais industriels à grande échelle, nécessaires pour ramener à lui les métallurgistes découragéspar leurs premiers insuccès).
- Ainsi, toutes les qualités du caractère jouent un rôle absolument dominateur en industrie. Jointes à un certain bon sens, à des aptitudes intellectuelles moyennes, elles suffisent pour conduire au succès; tandis que, en leur absence, avec les plus brillantes qualités de l’esprit, avec l’instruction scientifique et professionnelle la plus développée, ori n’arrivera à rien. L’auteur a connu deux paysans, fils de paysans, morts sans savoir lire ni écrire, qui ont réussi pendant leur vie à gagner par leur industrie et leur commerce, d’une façon parfaitement honorable, environ 5oo ooo francs chacun, fortune que bien peu d’ingénieurs peuvent espérer. L’un d’eux avait commencé par être conducteur de diligence, puis était devenu patron, avait monté une épicerie, entrepris la construction de maisons et enfin fait valoir un domaine agricole acheté sur ses économies. L’autre avait débuté comme petit fermier et était devenu un gros fermier; il avait ajouté plus tard à son exploitation un service de roulage, puis, la construction projetée d’un chemin de fer devant à brève échéance tuer son industrie, il prit l’entreprise de la construction de la ligne,
- Les exemples de Carnegie et de Bessemer sont tout à fait analogues; ils débutèrent dans la vie sans avoir reçu aucune instruction scientifique ni technique; ils n’avaient pas dépassé l’enseignement primaire tout à fait élémentaire, sachant seulement lire et écrire : pour le reste, ils se formèrent eux-mêmes au cours de leur existence en même temps qu’ils accumulaient des millions.
- Tous ces hommes durent leur succès à une énergie peu commune, à une ardeur au travail inlassable, faisant la journée de 16 heures et pas celle de 8. Un esprit d'initiative bien rare les conduisit à aborder successivement les métiers les plus différents; enfin une probité, un esprit de justice incontestés leur permirent de trouver en toutes circonstances les concours et la confiance dont ils eurent besoin. Gai’negie aime à rappeler, avec une fierté légitime, que des nombreux inventeurs dont il eut
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- l’occasion d’acheter les brevets, pas un seul ne s’est plaint une fois de ses rapports avec lui.
- Plus loin, parlant des connaissances scientifiques nécessaires, l’auteur insiste sur la question des mesures expérimentales :
- On doit mettre dans les mains des élèves des appareils de mesure, les familiariser avec leur emploi, leur en faire étudier les causes d’erreurs ; il faut en urt mot établir dans leur esprit un lien indissoluble entre la science et la notion de mesure. Cette intervention des mesures dans l’industrie a été la cause principale de son évolution si rapide pendant la seconde moitié du xix* siècle ; les laboratoires industriels de l'Allemagne ont été une des causes dominantes de sa suprématie industrielle. Chez nous, la question est encore à l’ordre du jour, car un trop grand nombre d’industries continuent à ignorer l’importance des mesures. Il y a quelques années, il n’y avait pas en France, en dehors de la Manufacture Nationale de Sèvres, une seule fabrique de porcelaine possédant un laboratoire d’analyse chimique. La création de laboratoires de mesures à l’Ecole Polytechnique a été, dans les réformes demandées, une des préoccupations dominantes de la Société des Amis de l’Ecole Polytechnique; cette réforme est aujourd’hui en voie de réalisation, grâce à des subventions importantes fournies par des industriels, ses anciens élèves, qui ont manifesté ainsi toute l’importance qu’ils attachaient à cette orientation de l’enseignement scientifique.
- En ce qui concerne l’économie politique, elle demande à être digérée et refondue par des hommes qui aient eu à conduire leurs semblables, à diriger de grandes industries, et qui puissent par suite apprécier exactement le degré d’importance relative, la puissance d’action, le degré de bienfaisance des différentes relations entre les phénomènes humains. A ce point de vue, le petit volume : Works and Wages, de lord Brassey, le grand entrepreneur qui a construit les premières lignes de chemin de fer en Angleterre et en France, est autrement suggestif que les gros traités d’économie politique
- En somme, continue M. Le Chatelier, dans l’état actuel, une étude sur les tragédies de Racine faite par un bon professeur de rhétorique qui s’attacherait à mettre en lumière la répercussion mutuelle des sentiments des différents personnages, semble pouvoir être plus utile à la formation d’un ingénieur qu’un cours d’économie politique. Un article de Janet publié il y a quelque trente ans dans la Revue des deux Mondes sur le Britannicus de Racine donnerait un excellent canevas pour étudier la plupart des grèves. Néron représente la multitude sans volonté et capable, par faiblesse, des pires excès, Burrhus, les bons conseillers toujours maladroits, et Narcisse, lés politiciens sans scrupules, mais connaissant à fond la psychologie des foules.
- Et nous citerons enfin la conclusion de cette remarquable conférence.
- En résumé, l’enseignement technique vise à former des ingénieurs, des chefs d’industrie, c’est-à-dire des hommes d’action et pas seulement des savants ou des penseurs. Ses méthodes doivent s’inspirer de ce but précis : viser avant tout à développer l’activité individuelle des élèves, tant par des travaux personnels que par le contact fréquent avec des maîtres ayant fait leurs preuves comme ingénieurs ou comme savants.
- Pour l’enseignement technique supérieur, destiné à la formation éventuelle de chefs d’industrie, les programmes doivent avoir surtout pour objet le développement des connaissances scientifiques, science pure et science industrielle, et présenter un caractère encyclopédique. Les connaissances professionnelles sont d'importance secondaire.
- Au contraire, pour la prépai-alion aux situations intermédiaires convenant à des jeunes gens pressés de trouver une situation et. n’ayant pas dépassé-notablement, dans leurs études scientifiques, le niveau du baccalauréat, l’enseignement doit être spécialisé et donné dans des écoles professionnelles limitées chacune à un petit nombre de corps de métiers.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- 11 faut noter comme une victoire économique le vote de la commission sénatoriale des usines de forces hydrauliques sur la proposition qui lui avait été faite par le ministre des Travaux publics d’admettre en principe le partage des bénéfices avec l’Etat. La Commission a repoussé ce principe en déclarant qu’hostile à l’immixtion de l’Etat dans les opérations commerciales des sociétés, elle n’était pas partisan d’une disposition qui imposerait encore la création de nouveaux fonctionnaires du contrôle.
- Par contre, le nouveau régime des mines ne paraît pas devoir bénéficier des mêmes dispositions. Au Sénat, le ministre, à une demande de solution en faveur des nombreuses concessions en suspens, a répondu : « J’ai entamé des négociations avec les demandeurs en concession pour que les statuts des sociétés nouvelles contiennent un pacte social incom-mutable qui me permette de réaliser par voie contractuelle ce que, en l’absence d’une disposition législative, je n’ai pu faire par voie d’autorité. » Théorie dangereuse qui se réclame d’une opinion ou de certaine politique pour entraver l’action d’une législation jusqu’alors bienfaisante et imposer dans les conventions liant les actionnaires des conditions qu’aucun texte de loi n’autorise. On apprend d’autre part que la Commission des Mines de la Chambre a déposé son rapport sur le nouveau régime. Le Gouvernement continuera à choisir discrétionnairement l’attributaire de la concession, sous réserve des droits de l’inventeur. La concession sera onéreuse, la propriété de la mine étant octroyée sous acceptation de charges spéciales. L’Etat ne participera pas dans les bénéfices, mais percevra les redevances actuelles. La participation des ouvriers sera facultative; et dans son ensemble, la loi n’aura pas d’effet rétroactif sur les concessions accordées en vertu de de la loi de 18 10.
- Il y a seulement quelques années on eût considéré comme une monstruosité juridique d’écrire cette dernière condition. Depuis 1901, 1904 et 1907, il n’en est plus de même! et nul qui possède un contrat public et exploite à la faveur de ses dispositions jie peut se dire à l’abri des fantaisies
- législatives qui modifieront entièrement les prévisions du début! Souhaitons donc qu’une décision intervienne rapidement dans le conflit pendant entre l’Etat et les Compagnies de chemins de fer quant à l’application de la loi sur la retraite de leurs employés pour que l’on sache à quoi s’en tenir à cet égard. Concluons, en tout cas, que de pareilles menaces ne sont pas de nature à faciliter les affaires et l’essor économique du pays par la mise en valeur de notre sol et de notre sous-sol.
- Pendant ce temps, on introduit à la Bourse de Paris les actions ordinaires de l’American Telephon and Telegraph C° où elles se négocient à 790 francs et on propose au public des actions privilégiées de 23 francs, 6 % or avec intérêt cumulatif de laRambla Company of Montevideo ! L’information suivante est de nature cependant à rendre circonspect.
- « En présence de la nouvelle augmentation de « capital de l’American Telegraph and Telephon C° « et de la baisse provoquée à New-York par cet.te « nouvelle, la Banque de Paris s’est mise à la dispo-« sition de ceux de ses clients qui désireraient « annuler leurs transactions en actions de cette « société. On craint à New-York que la mauvaise « impression produite à Paris par l’incident au su jet « de la cotation des actions de cette société n’abou-« tisse à la fermeture du marché français pour d’au-« très valeurs américaines, d’autant mieux que les « actions de la Virginia Carolina Chemical ont subi « également peu de temps après leur introduction « au marché parisien une forte dépression. » '
- Le rapport du conseil à l’assemblée des actionnaires des Ateliers de Constructions Électriques du Nord et de l'Est du 29 mai dernier a confirmé les impressions qui se reflétaient depuis quelques mois dans les notes des publications financières et les renseignements qui avaient été fournis sur le développement intéressant de celle affaire. Le chiffre de factures des trois divisions, ateliers, fonderies, càblerie est passé de 9673783 francs en 1909 à 12 ii3 128 francs en 1910, soit une augmentation de près de 3o % . Les bénéfices sur les ventes et installations se sont élevés à 1944613 francs; si l’on y ajoute le report de l’cxerçice précédent, le montant
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- total du crédit du compte profits et pertes est de i 946 498 fr. 67. Après déduction des frais d’administration et d’un amortissement de 508747 francs sur le compte de premier établissement et de 2 142 fr. sur le mobilier, il reste 1 369 436 francs à répartir entre 80000 actions et 20000 parts bénéficiaires.
- L’assemblée a approuvé la répartition suivante :
- Réserve légale....................... 68377 57
- Premier dividende de 4 % au capital. . 800 000
- Attribution au Conseil............... 24 6i5 38
- Deuxième dividende de 4 fr. aux actions . ............................. 320 000
- Dividende de 7 fr. 38 aux parts...... 147692 3i
- Solde à reporter............... 8 750 g3
- L’examen du bilan fait ressortir à l’actif une augmentation importante de tous les postes : le portefeuille figure pour 9 096 000 francs par suite de l’attribution des actions d’apport et des parts bénéficiaires de la Société d’Electricité et Gaz du Nord. Au cours de l’exercice, la progression du chiffre d’affaires, tant des ateliers et de ,1a câblerie, que de la centrale de Jeumont, a amené le Conseil à créer une société spéciale chargée de toute la branche
- exploitations électriques et gazières :t avec le concours de la Parisienne pour l’Industrie des Chemins de fer et Tramways et de la Générale de Railways et d’Electricité; cette société a été créée au capital de 25 millions, l’apport des Ateliers du Nord et de l’Est étant rémunéré par 34 384 actions de 25o francs entièrement libérées.
- La Société Electricité et Gaz du Nord possède trois centrales importantes de part et d’autre de la frontière, onze usines à gaz et projette une centrale àLomrae, près de Lille, et une à Anzin. Les dépenses de premier établissement figurent à l’actif pour 7 982611 francs, après un amortissement total d’un million, y compris les 508747 francs de l’exercice 1910 : l’outillage a été complété, un atelier spécial de construction de petites machines a été commencé, les diverses fonderies ont été agrandies et une tréfilerie est en cours de construction. La valeur, au prix de revient des approvisionnements et objets fabriqués, se chiffre par 3 33o 409 francs en augmentation de i 129021 francs; et l’activité des ateliers se démontre par le montant des fabrications et installations en cours qui n’est pas moindre de 6 268 163 francs. D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — La direction des chemins de fer de l’Etat mettra en adjudication, le ier juillet, 143 wagons dont 5o à boggies et g3 à deux essieux.
- Les Compagnies de chemins de fer ont commandé, en 1910, à l’industrie nationale 449 locomotives et 11 745 voitures et wagons, et à l’étranger, 126 locomotives et 53o wagons.
- Tarn-et-Garonne. — Est approuvée la substitution à la compagnie générale des travaux publics et particuliers de la société anonyme djte Compagnie anonyme des tramways de Tarn-et-Garonne, comme rétroces-sionnaire du réseau de tramways qui a fait l’objet du décret du 9 septembre 1909.
- Seine-et-Oise. — Est approuvée la substitution à M. Paul Chapuy de la société anonyme dite Compagnie des tramways Suresnes-Saint - Cloud-Garches comme concessionnaire de la ligne de tramway qui a fait l’objet du décret du 17 février 1910.
- Espagne. — La Compagnie des tramways de Barcelone vient de reprendre la concession des tramways de Barcelone à San-Andrès.
- ÉCLAIRAGE
- Ain. — Une enquête d’utilité publique est ouverte sur la demande de fusion de la concession de force motrice de Cize-Bolozon (Ain) (MM. Yuillermoz et Dalberto, concessionnaires), avec celle du Saint-Mortier (Jura), (la Société l’Union électrique concessionnaire). Ces usines fusionnées étendront leur rayon d'action dans les départements de l’Ain, du Jura et de la Saône-et-Loire.
- La municipalité de Lalleyriat est entrée en pourparlers avec la municipalité de Paizat dans le but d’arriver à une entente entre les deux communes pour installer à frais communs.une ligne électrique à haute tension destinée à l’éclairage et à la force motrice dans les deux communes.
- Aisne. — Le directeur de la Compagnie du gaz de
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- Chauny est entré en pourparlers avec la Compagnie électrique du Nord dans le but de fournir la lumière électrique à Chauny.
- Le Conseil municipal de Bohain a décidé la mise à l’étude de l’installation de l’électricité dans la commune.
- Aude. — Le Conseil municipal de Puivert a accordé la concession de l'éclairage électrique à M. Louis Cazelle, -de Toulouse.
- Aube. — M. A. Merenda a déposé dernièrement à la mairie de Romilly une demande de concession pour l’établissement de l’énergie électrique.
- Aveyron. — Le Conseil municipal de Saint-Affrique vient de nommer une commission pour examiner la demande faite par MM. Michal et Cfe, à propos de la concêssion de l’éclairage électrique.
- Charente. — En raison de la résiliation du contrat d’électricité demandé par le concessionnaire actuel, le directeur de la Société des Forces électriques du Sud-Ouest a déposé une demande de concession pour l’éclairage de Gond-Pontouvre.
- Eure-et-Loir. — Le Conseil municipal de Nogent-le-Rotrou vient de décider que les Sociétés qui désireraient se charger de l’entreprise de l’électricité pourront le faire sans payer aucune redevance à la ville.
- Finistère. — La municipalité de Brest a décidé d’accorder à la Compagnie Générale d’Electricité de Paris la concession de l’éclairage électrique de la ville.
- Une demande d’installation d’une usine électrique à Landerneau, à laÇroix de la Vierge, émanant de M. Le Grand, a été renvoyée pour étude à' la commission municipale d’éclairage.
- Haute-Savoie. — Une demande de concession d’éclairage électrique de Présinges, formulée par la Société Electrique d’Evian-Thonon-Annemasse, a été soumise à l’enquête d’utilité publique.
- Hérault. — Deux propositions ont été faites à la ville de Cette pour la distribution de l’énergie électrique aux particuliers. L’une émanerait de M. Louis Christophe •et ne comprendrait que les voies départementales et nationales; l’autre de la Compagnie du. gaz, déjà concessionnaire de l’éclairage public, s’étendrait à toute la commune. Ces deux propositions seront discutées dans une prochaine séance du Conseil municipal.
- Indre. — Une demande de concession relative à la distribution de l’énergie et de la lumière dans la ville de Châteauroux a été déposée par M. Chagaud.
- Loire. — La demande de la Compagnie du gaz de
- Montbrison concernant la concession d’énergie électrique a été soumise à l’enquête.
- Le Conseil municipal de Saint-Chamond a voté une somme de j 5oo francs pour l’installation à l’école pratique d’un moteur électrique en remplacement de l’installation à vapeur.
- Le traité d’installation de l’électricité à Panissières proposé par la Compagnie Lumière et Energie est accepté à l’unanimité du Conseil municipal.
- Lot-et-Garonne. — Le maire de Meilhan a été autorisé à signer le cahier des charges et le traité concernant l’électricité à passer avec la Société d’électricité dü Sud-Ouest.
- Maine-et-Loire. — Le maire de Cholet a fait connaître au Conseil que, conformément à une décision précédente, il a soumis à un expert-conseil le projet .de convention et le cahier des charges concernant l’établissement d'une distribution d’énergie électrique à Cholet par la Compagnie en formation dite « Société. électrique du Bas-Anjou ». La commission des travaux publics à laquelle ce rapport a été soumis a apporté des conclusions défavorables. Le Conseil adoptant les conclusions qui lui sont soumises a rejeté la demande de concession.
- Saône-et-Loire. — Le Conseil municipal d’Epinac a approuvé le cahier des charges concernant la distribution de l’énergie électrique.
- Seine. — On annonce qu’une usine d’électricité serait établie àCharenton sur une partie du domaine du Sacré-Cœur de Couflans.
- Seine-et-Marne. —Le Conseil munieipal de Chelles a décidé d’examiner les propositions de l’Omnium français concernant l’installation de l’éclairage électrique à Chelles.
- Algérie.— Le Conseil municipal d’Oran a voté dans une de ses dernières séances une somme de 4 200 francs pour l’extension de l’éclairage électrique.
- Belgique. — La Société belge de lampes électriques, constituée en novembre et dans laquelle le Central électrique du Nord, le Gaz. belge, le Gaz de Lisbonne, l’Electricité du bassin de Charleroi, celle du Borinage et l’intercommunale belge d’électricité ont un petit intérêt, vient de se transformer et a pris le nom de Métal et Lumière, au capital de zo5 ooo francs.
- Angleterre. — Le ministre anglais de l’Intérieur vient d’ouvrir un concours international, en vue de provoquer l’irventiôn d’une lampe électrique à l’usage des mineurs et présentant toutes les garanties désirables.
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- Un prix de a5 ooo francs sera décerné à l'inventeur de la lampe primée.
- Les lampes devront être adressées, jusqu’au 3i décembre 1911: (avec un verre de rechange pour chaque lampe), 4 aux bons soins de : C. Rhodes, Esquire, Home Oflice Testing Station, Rolherham » (comté d’York).
- Les industriels français peuvent consulter le règlement de ce concours à l’Office national du Commerce extérieur.
- Autriche-Hongrie. — L’administration de Budapest étudie la construction d’une usine municipale d’électricité qui serait exploitée directement par la ville. Le capital nécessaire de 10 millions de couronnes serait prélevé sur le produit du récent emprunt de 100 millions. Les installations seraient établies par la Société d'électricité Ganz, la Société hongroise Siemens et la fabrique Nicholson.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Maroc. — On procède actuellement à l’établissement de plusieurs postes de télégraphie sans 111 pour relier Oran à Fez par Tazza,
- TÉLÉPHONIE
- Eure.— La Chambre de commerce d’Evreuxesl autorisée à avancer à l'Etal une somme de 46 370 francs en vue de l’établissement de circuits et réseaux téléphoniques départementaux.
- Eure-et-Loir. — La Chambre de commerce de Chartres est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 10 i85 francs, en vue de l’établissement d’un circuit téléphonique Chateaudun-Logron-Brou et d’un réseau à Logron.
- Nord. — La Chambre de commerce de Lille est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 174 000 francs en vue de l’établissement des 7e et 8® circuits téléphoniques Lille-Paris.
- Saone-et-Loire. — La Chambre de commerce de Mâcon est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 14 790 francs, en vue de l’établissement de circuits téléphoniques à Sainl-Yan-Paray-le-Monial et d’un réseau à Saint-Yan (5 445 francs) ; Neuvy-Grandchamp-Gueu-gnon et d’un réseau Neuvy-Granchamp (5 810 francs); Iguerande-Melay et d’un réseau à Iguerande (3 535 francs).
- La Chambre de commerce de Chalon-sur-Saône est .autorisée à avancer à l’Etat une somme de 10 100 francs en vue de l’établissement de circuits téléphoniques Simard-Saint-Germain-du-Bois et d’un réseau à Simard (a 810 francs); Navilly-Seurre et d’un réseau à Navilly
- (4 3o5 francs) ; Saint-Marcel-Chalon-sur-gaôrie, et d’un réseau à Saint-Marcel (2 g85 francs).
- DIVERS
- Etats-Unis. — Thomas H. Edison a exposé, le i« juin ign, devant «The National Electric Light Association » à New-York, les derniers résultats obtenus avec le nouvel accumulateur Edison. D’après lui, l'accumulateur peroxyde de nickel — solution de potasse caustique — ferpourtractionélectrique est enfin à son apogée. Son inconvénient était de nécessiter beaucoup de temps pour la recharge ; maintenant 3 à 4 minutes suffisent, paraît-il, au chargement d’une batterie pour un service continu de 75 à 90 kilomètres.
- Les dimensions et les poids sont réduits au minimum de sorte qu,e la batterie nécessaire au service d’un tramway « pourrait être logée dans une valise ».
- Les accumulateurs pour tramways une fois chargés seront déchargés pendant deux à quatre trajets suivant les distances, rechargés en 3-4 minutes et pourront reprendre le service. Et même, suivant les besoins, le chargement pourrait se limiter à une minute pour un trajet correspondant, car l’avantage primordial de cet accumulateur est qu’on pourrait le charger à volonté pour pleine charge, demi-charge et même dixième de charge, sans écarts de quelque importance dans le rendement.
- SOCIÉTÉS
- Société Electrique de Leforest. — Durée : 3o ans. — Capital : 3o 000 francs. — Siège social : Leforest (Pas-de-Calais).
- Aux Forges de Vuicain (machines-outils). — Capital : 3 000 000 de francs. — Siège social : 3, boulevard Saint-Denis, Paris.
- CONVOCATIONS
- Société Electrique de la Lampe Hydra. — Le 10 juillet, 40, rue Condorcet, à Paris.
- Anciens Etablissements Lacarrière. — Le 7 juillet, 48, rue de la Victoire, à Paris.
- Compagnie Générale d'électrochimie de Bozel. — Le 12 juillet, 18, rue de la Pépinière, à Paris.
- Compagnie Electrique des Tramways de la fl/Ve Gauche de Paris. — Le 8 juillet, 8, rue d’Athènes, à Paris.
- Société Française des Pompes Worthington. — Le 3i juillet, 44, rue Lafayette, à Paris.
- Société Electrique de Saussay et environs. •— Le 12 juillet, 6, rue de Chantilly, à Paris.
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE T. XIV (2* Série). — N« 26,
- ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- Jusqu'au 3i août, a l’administration des hospices civils a4, rue Courle-du-Jour, A Gand, offres pour l’installation de l’éclairage électrique à l'hospice Lousbergs à Gand.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 3o septembre 1911, à l’IIôtel de Ville de Beszlercze (Hongrie), installation d’une usine et de l’éclairage électrique dans ladite ville. On peut se procurer le cahier des charges relatif à celte adjudication à la mairie précitée.
- Le ier octobre ign, à l’Hôtel de Ville de Ermihaly-falva (Hongrie), installation d’une usine et de l’éclairage éclectrique dans ladite ville. On peut se procurer le cahier des charges relatif à cette adjudication à la mairie précitée.
- ALLEMAGNE
- Le 25 juillet, à la Stadlbaudeputation, à Breslau, fourniture et montage de pompes centrifuges et électro-moteurs.
- RUSSIE
- Le 14 août, à l’administration de la ville, û Slaivropol (Caucase), établissement et exploitation d’un tramway électrique.
- BULGARIE
- Le 4 août, à l’administration de la ville, à Philippo-poli, concession de l’éclairage et des tramways électriques de la ville pendant cinquante ans, 170 000 francs.
- GRANDE-BRETAGNE
- Le 8 juillet, à la corporation municipale, à Rotherliam,
- fourniture de câbles électriques et appareils de mesure électrique.
- Le 8 août, à M. le deputy postmaster general, à Melbourne (Australie), fourniture de 1 4o3 appareils téléphoniques et autre matériel de téléphone.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- S
- BELGIQUE
- 22 juin.—A l’hôtel communal, â Ixelles-lez-Bruxelles :
- Fourniture de câbles armés et accessoires, feeders triphasés à haute tension :
- icrlot, câbles feeders : Sieméns-Schuckert, à Bruxelles, 100 202 fr. 60; Hedernheimer Kupferwerke und Süddeutsche Kabelwerke, à Mannheim (Allemagne), 101 979; Ateliers de constructions électriques de Charleroi, 102 099; Felten et Guilleaume, à Mulheim-sur-Rhin, 106086, 3a; Land und Sec Kabelwerke, à Cologne-Nippes, ni 173,20; Deutsche Kabelwerke, à Rummels-burg-Berlin, 112 369; A. E. G. Union électrique, à Bruxelles, 113 406,40 ; Cassirer et Cie, à Charlottenburg-Berlin, 113 868,60; A. Sarens, à Etlerbeck, 123 623,60; Draht Industrie und Kabelfabrik, à Vienne, 126227; Kabelwerk Rheydl, â Bruxelles, 129 284.
- 2e lot, câbles téléphoniques : Ateliers de constructions électriques de Charleroi, 1 914 fr. 75; Heddernheimer Kupferwerke und Süddeutsche Kabelwerke, 2 275, 5o; Felten et Guilleaume, 2 497,5o; Land und See Kabelwerke, 510 francs le kilomètre ; Cassirer et Cle, 2 941,5o; Draht Industrie und Kabelfabrik 2 941,5o; A.-E.-G. ; Union électrique, 3 108; Kabelwerk Rheyd, 3385,5o; Siemens-Schuckert, 3 561,45 ; Deutsche Kabelwerke, 3 701,85; A. Sarens, 5 217. — Plus une soumission tardive de la Société Industrielle des téléphones, de Paris, dont il n’a pas été donné lecture.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s'occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux ,« bureaux de la Lumière Electrique ».
- PARIS. —.IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- La Lumière Electrique
- TABLE DES MATIÈRES
- TOME XIV <2® Série)
- 2e Trimestre 1911
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- TABLE MÉTHODIQUE DES MATIÈRES
- APPLICATIONS mécaniques
- APPAREILS DE LEVAGE
- Généralités Sur la commande électrique des appareils dè levage (A suivre)............... 283
- Avantages de la commande électrique.
- Moteurs : Détermination de la puissance motrice (rtidteurs'de levage, de translation du chariot et du porit, d'orientation d’une grue). Données gênérrtlës atir leur construction.
- Ponts roulants électriques Oeriikon.... 89
- Moteurs triphasés.
- APPLICATIONS DIVERSES
- L’emploi de l’électricité dans les services d’incendie. — voa Moitke et Aubugen. — Eiékm-
- ieehnischê ZêlUskrift, icr juin i§t t;........... 875
- Appareils avertisseurs aütomatitfüôs.
- L’emploi de l’éleetricitè dans l’agriculture (machines agricoles).
- Voir Usines génératrices.
- BIBLIOGRAPHIE
- L’action électrique du soleil; son rôle dans lês phénomènes cosmiques et terrestres, par A. Nodon. — 1 volume in-16 de 200 pages, avec 19 ligures, dont 4 planches. — Gauthier- Villars, éditeur, Paris. — Prix : broché, 3 l’r. a5............... 27
- L’année èlecti'ique, èlectrothérapique et radiographique (<f année),- par le D( Fé-véièU de Goup-melles. — 1 volume in-12 de 348 pages. — C11. Béranger, éditeur, Paris. — Prix : broché, 8 f'r. 5o. 28
- A trèatisè ôf elëctrîcal theory and the problém Of thë univërse cônsidërëd fï'Orn the physical point of view, with mathematical
- appendice, par G. W. de Tunzslmann. — 1 volume in-8° carré de 654 pages, avec 35 figures. — Gh. Griffin et G°, éditeurs, Londres..... 86
- Forôe motrice d’atelier, par E. Allain-Lau usty. — 1 volume iu-8° carré de 160 pages, avec 18 ligures. Gu. Béranger, éditeur, Paris. — Prix : broché, 4 francs............ ............... 87
- Lignes électriques aériennes (étude et con-
- struction), par ?h. GiréirdeÈ. ^ 1 voluiüè ln-8® raisin de 181 pages, avec' i3 ligures. •— Gautiiier-Villaks, éditeur, Paris. — Prix : broché, 5 francs,....... 87
- L’électricité (introduction al’ étude pratique de l’électricité industrielle), par H.-M. Hobart, traduit de l’anglais par P. Cazade. — 1 volume in-8° raisin de 180 pages, avec -n5 figures. — A. Laiiurk, éditeur, Paris. — Prix: broché, 6 francs....... 88
- Recherches sur le phosphore et les phes-
- phures métalliques, par F. Jolibois (thèse présentée à la Faculté dos Sciences dé Paris). r volume in-4* de 88 pages, avec ai figures. — Gauthier-Villars, éditeur, Paris.................................. 88
- Formulaire de l’èléctricien et du mécanicien de E.Hospitalier (vingt-ehrqùièmeédition, 191 i), par G. Roux. — 1 volume in-i6 de 261 pages. — Masson et ClB, éditenrs, Paris. — Prix : cartonné toile, 10 francs.................................... 122
- L’électricité en 20 Leçons, par H. dë Graf-flgny. — 1 volume in-8° carré de 128 pages, avec
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- — 4
- 6y figures. — P. Paclot, éditeur, Paris. — Prix : broché, i franc............................... 122
- Die elektrolytischen Frozesse der organi-SCheil Chemie, par F, Haber et A. Moser. — 1 volume de 200 pages.— Wilhelm Knapp, éditeur,Halle a. S.
- — Prix : broché, 12 fr. 5o...,,........... i52
- Statistique des usines électriques en Autriche• — Elektrotechnischer Yerein, Vienne. — Ouvrage en préparation. Prix de souscription : 2,80 couronnes...................................... 2l5
- Beanspruchung und Durchhangvon Freilei-tungen, par R. Weil. — 1 volume in-8° raisin de 106 pages, avec 4a figures et 3 planches, hors texte. — J. Springer, éditeur, Berlin................ a5o
- Die unipolare Gleichstrommaschine, par B.
- von Ugrimoff. — Brochure in-8° de 98 pages, avec 104 figures^ — J. Springer, éditeur, Berlin. 260
- L’électricité pratique à l’usage des architectes et des propriétaires d’immeubles, par L. Bloch et R. Zaudy. — 1 volume in-8° carré de i5i pages,avec99 figures. — J. Springer,éditeur, Berlin.
- — Prix : relié, 2,80 marks................. 25o
- Commentaire pratique de la loi sur les distributions d’énergie électrique (Loi du i5 juin 1906), d’après la Jurisprudence et les Circulaires récentes, par P." Bougault. — 1 volume in-8° raisin de 184 pages. —Troisième édition, complètement refondue. J. Rey, éditeur, Grenoble. — Prix,broché : 6 francs. 279
- Précis d’électricité industrielle, par A. Goul-liart. — 1 volume in-16 de 600 pages, avec 400 figures. — F. Alcan,éditeur, Paris. — Prix : broché,3 fr. 5o. 280
- Traité de Chimie générale, par'W. Nernst. —
- Traduit sur la 6e édition allemande, par A. Corvisy. — Première partie. — 1 volume in-8° raisin de 510 pages, avec 33 figures, — A. Hermann et fils, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 12 francs...».... 280
- Service des grandes forces hydrauliques (région, des Alpes françaises). Compte-rendu et résultats des études et travaux au 31 décembre 1910 (tome IV). — I volume in-8° jésus de 547 pages, avec de nombreuses figures et deux pochettes annexes — J. Rey, éditeur, Grenoble. — Prix : broché, 3o francs................. 281
- Annuaire de l’oute de T Automobile-Club de France ( 12e édition],— 1 volume de 755 pages, publié à Paris, 8, place de la Concorde. — Prix : 3 fr. 5o,. 281
- Dictionnaire pratique de mécanique et d’électricité, par C. Barbat. — 1 volume in-8°
- carré de 2 2i5 pages, avec 3 000 figures. — L. Geisler, éditeur, Paris. — Prix, cartonné: i5 francs.. 343
- Tout le monde électricien, par H. de Graffi-
- guy. — 1 volume in-8° carré de 255 pages, avec 97 fi-
- gures. — À. Mèricant, éditeur, Paris. — Prix, broché : 3 francs.................................. 343
- Guide pratique de mesures et essais indus-
- triels. Tome III. — Mesures électriques industrielles. Instruments et méthodes de mesui'e, par J. A. Montpellier et M. Aliamet. — 1 volume in-8° raisin de 468 pages, avec 328 figures. — H.'Dusod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 18 francs ; cartonné, 19 fr. 5o................ 378
- Distributions d’énergie électrique. Loi du 1S juin 1906 et règlements annexes. — 1 volume in-8° carré de 348 pages.— Ch. Béranger, éditeur,
- Paris. — Prix : cartonné, 5 francs.......... 378
- - Listes de volumes reçus [Supplément).. 75, 828
- DIVERS
- CONGRES.
- Un prochain Congrès de l’Association française pour l’avancement des Sciepces... Sy Dijon, août 1911. jy'
- Le premier Congrès international des élèves
- ingénieurs..............................‘. 377
- Turin, mai 1911.
- Le Congrès international des applications
- électriques de Turin..................... 407
- Turin, 10-18 septembre 1911.
- CORRESPONDANCE
- \
- R.-V. PicOu............................ 83
- L. The venin......................... 147
- A. Artom.............................. 343
- ENSEIGNEMENT TECHNIQUE, ECOLES , LABORATOIRES
- L’enseignement technique supérieur. — Le
- Chatelier.— Technique Moderne, mai 1911..... 407
- Comment il est compris : dans les autres pays; chez nous. Qualités morales de l’ingénieur.
- Le Laboratoire central et l’École supérieure d’Electricité pendant l’année 1910... ... 274
- Rapport annuel de M. P. ïanet, directeur.
- Quelques laboratoires américains. — F. Laporte. — Bulletin de la Société Internationale des Electriciens, mars 1911......................... 120
- Bureau of Standards (Washington). Electrical Testing Laboratories (New-York). National Electric Lamp Association (Cleveland).
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- EXPOSITIONS
- L’Exposition de la Société Française de Physique. —, J. Rey val....................138, 171
- Compagnie des Compteurs................. i38
- Ateliers Carpentier (électromètre Abraham et
- Villard, etc)............................. i3g
- Réducteur de tension, système Neu...... 141
- Appareil inscripteur et préviseur d’orages Tur-
- pain.......................,............. 14 2
- Maison Caille (électricité médicale). ..... 14 î
- Ateliers Ducretet (Lumière Dussaud, etc.) 171
- Société Industrielle des Téléphones.... 173
- Maison Richard.......................... 173
- Maison Chauvin et Arnoux................ 174
- Maison Uousselle et Tournaire........... 174
- Maison Radiguct et Massiot.............. 178
- Chronophoue Gaumont................... 17.7
- INDUSTRIE EN GÉNÉRAL
- Notes sur l’industrie américaine. — A. Gérard. — Bulletin de l’Association des Ingénieurs de l’Institut électro technique Monte flore, septembre octobre 1910.......................................... 84
- Eclairage, centrales, électrification des chemins de fer.
- L’industrie électrique en Serbie et Bulgarie. — A. Blazy. — Bulletin de la Société des Ingénieurs civils, février 1911............................. 278
- Installations existantes et ressources de ces pays.
- Le gaz et l’électricité en Allemagne. — F. Ross. — Elektrotechnische Zeitschrift, 27 avril 19............................................. 2.4,4
- La seconde se développe. Influence des diminutions de tarifs et des lampes métalliques.
- Les rapports entre ï emploi d’un tarif unique, la durée de consommation et le développement de l’électricité. — H. Passavant. — Elek-
- trotechnische Zeitschrift, it mai 1911........... 3i5
- Un tarif unique, basé sur le kilowatt-an, apporterait les plus grands avantages.
- NÉCROLOGIE
- Maurice Joly................................... 24
- QUESTIONS DIVERSES
- Chronique d’électricité médicale : Les applications médicales de l’électricité. Etat actuel
- delà question.— S. Turchini.............233. 3a3
- Electricité statique. Courants de Morton. Electricité galvanique (états permanent et variable). Courant faradique..................... 233
- Courants dehaute fréquence (application directe auto-conduction,lit condensateur).Rayons X, 323
- L’électricité médicale au Maroc. — S. Turchini..................................... 377
- Matériel radiologique stérilisateur d’eau.
- La constitution des éléments de résistance des appareils de chauffage électriques. — W. Schuen. — Elektrotechnik und Maschinenhau, 5 juin 1910..................................... 82
- Platine, charbon, nickel pur, cryptol.
- Appareils de cuisine électrique à cuisson lente. —Elektrotechnische Zeitschrift, 8 juin 1911. 4o3
- Expériences faites à Hartford. Dépense faible (k. w. h. = 15,75 cent.).
- Les dangers d’incendie résultant de l’emploi de l’électricité, du gaz et du pétrole. — Elektrotechnische Zeitschrift, 11 mai 1911...... 376
- Moins grands avec la première (statistiques).
- La protection des conduites d’eau et de gaz contre l’èlectrolyse par les courants vagabonds. — Geppert et Liese. — Elektrotechnische Zeitschrift, i3 avril 1911. Journal fur Gasbeleuchtung und Wasserversorgung, vol. LIII, 1910........... 147
- Méthodes électrodynamiques pour l’exploration du sol. — H. Ldwy, — \Phjsikalische Zeitschrift, n° 11, 1910.............................. ni
- Deux méthodes : par réflexion et par absorption des ondes hertziennes à l’intérieur du sol.
- La charge électrique des pluies. — A. Raidit.
- — Comptes Rendus, 20 mars 1911............. 27
- Prédominance des pluies positives.
- Les torrents des Alpes; leur correction. —
- V. Hulin................................... 55
- Celle conférence a trait ii l’œuvre d’Alexandre Surell.
- Les machines frigorifiques à vapeur d'eau
- et leurs applications à la marine. — M. Leblanc.................................... 291
- Rendement. Mélange des vapeurs motrice et
- aspirée. Montage d’éjecteurs en série.
- Listes de volumes reçus.
- Voir Bibliographie.
- Listes de brevets français (Supplément), i3i, 160, 187, 216, 243, 272, 299, 355
- Listes\de brevets belges (Supplément), 19, 216,
- 243i 299
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- 6
- ÉCLAIRAGE
- fïotegsur l’industrie américaine(éclairage).
- Voir Divins.
- LAMPES A AttG
- Éclairage moderne à Turin,aig
- LAMPES A INCANDESCENCE
- Quelques travaux récents sur l’éclairage
- èi§qtriqm.‘ ............................... 17
- , ft> hê dupée vie des lampe» 4 jn^andêscsnee, d ’après W. I4ojypl| [Proçeçdings of ihç tunerican Institute of electrical Engineers, juin ipip).
- ' 2° Elude des lampes au tungstène, par S. Merrill (Proceedings of the american Institute, septembre 1910) : Façon dont se comporte le filament.
- 3° Are entre tungstène et mercure. E. Urbain, Ç, S.eal et A, beige [Comptes Rendus, 3o janvier 1911) étudient son rendement et ses propriétés 1 comme source de rayons ultraviolets.
- Des propriétés électriques de e filaments de lampes a incandescence. j— h. pécheux.. 365
- . ifi Formules caractéristiques : Intensité luinL
- ÉLECTRIQUE
- nouée ‘en fonction du voltage. Résistivité et coefficients de température. a° Caractéristiques électriques. Conclusions.
- Cette étude se rapporte aux filaments de carbone, tantale, tungstène et zircone-lüngstène.
- Sur un rayonnement émis à l’intérieur des lampes à incandescence, —t», JïouUevigue. — Comptes Rendus, 8 mai J .911. 336
- Lampes au tantale dans les tramways de Chicago. — Electric Railway Journal, 17 décembre
- 1910. ...................................,. 3i 1
- Conditions des essais. Economies réalisées.
- Données économiques sur Véclairage électrique des trains. — M. Seidener. — Elektrotech-
- nih und Muschinenbau, 20 février 1910.4°2
- Comparaison avec le gaz. L’électricité à l’avantage.
- x *>
- LUMIERE FROIDS
- Sur les tubes luminescents au néon. —
- G. Claude. — Comptes Rendus, 22 mai 1911... 3i2
- Suppression de la soupape .
- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- La préparation èlectrolytique du fer comme point de départ pour l’étude des alliages. — Meiallurgieal and Chemical Engineering, août et septembre 1910,................................... 3l2
- i° Etude de F, Bupgess et J, Aston sur les alliages fer-nickel, fer-cuivre, fer-nickel-cuivre. Rôle du métal Monel. Essais.
- 20 Recherches de A. Roush sur les mêmes alliages.
- Aciers au cupro-nickèl. — H. Clamer. —
- Meiallurgieal and Chemical Engineering, septembre
- 1910........................................ 338
- Comparaison à l’acier Martin.
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- CltnONIQPlS DE LÉpiSjLATION INPPSTEIELLE
- Législation dns chutes d’ean m Autriche. —
- P. Bougaulf. ...................... 24
- Comparaisons avec la législation française (voir t. XIII).
- Législation comparée des principaux Etats d’Europ» au point de vue des chemins de fer
- d'intérêt local. C.deBurlet.— Rapport présenté au Congrès international de Bruxelles, 6-11 septembre
- >910-....................................Il3> >47
- Principes généraux de .nature à favoriser le
- développement dos voies ferrées. Législation
- française..... 113
- Législation belge....................... 147
- JUGEMENTS
- %
- Sur les redevances communales pour occupations de voirie sur les chemins vicinaux, redevances fixées, antérieurement à la loi de 1QQ6 et supérieures aux tarifs de 1907. Jugement du tribunal civil de Valence, du 6 février 1911.................................. i5i
- Droits d’octroi sur bâtiments et construc-
- tions immobilières. — Différence entre ces
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- 7
- deux termes en ce qui concerne les fils électriques aériens.— Arrêt de la Cour de Cassation du 6 février 191 i.................. 178
- Sur la non-responsabilité d’une compagnie électrique en cas d’accident. Jugement du tribunal civil du Havre,du 93juin 1910. ai 5
- LOIS, DÉCHETS, ARRÊTES
- Circulaire et arrêté du ministre des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes, en date du 81 mars 1911, déterminant les conditions techniques auxquelles doivent satisfaire les distributions d'énergie électrique pour l’application de la loi du 13 juin 1906
- sur les distributions d’énergie....62,94, 127,
- 157, 189, ai8
- Circulaire,,,...........,,,,16», 94, 127, 167
- Arrêté...............................189, 218
- Ils abrogent l’arrêté du ai mars 1910.
- Rapport, décret et arrêté du ministre des Travaux publics relatifs aux postes téléphoniques...........................ia5, 155, 187
- Rapport............................ ia5
- Décret............,.........! .... 126
- Arrêté........................... 156, 187
- Loi du 7 avril 1911 portant prorogation de six mois du délai accordé pour la reconnaissance des droits acquis sur les cours d’eau du domaine public .................. a15
- MACHINES
- Emploi de bobines inductrices en fil d’aluminium sur les moteurs de traction.
- Voir Traction.
- Moteurs des appareils de levage.
- Voir Applications mécaniques.
- Gradation de$ rhéostats de démarrage. —
- F. Natalis. — Elektrolechnik and Maschinenbau,
- 5 février 1911.,..............,............. 52
- Théorie et exemple numérique du calcul d’un
- rhéostat.
- L’amortissement du bruit et des trépidations des moteurs, — W, Gorb, — Elektrotech-nische Zeitschrift, a? avril 1 • *....... 20G
- COURANT ALTERNATIF
- La réactance synchrone et asynchrone. —
- J. RezeJman................................. 42
- Continuation des études antérieures sur le même sujet (t. XI, XII et XIII).
- Expériences effectuées sur deux turboalternateurs, l’un de 200 R V A dont le rotor est à pôles lisses, massifs, en acier coulé, l’autre de 4 000 K V A dont la masse de fer est constituée par des tôles non isolées. Influence de la cage d’écureuil.
- Tableaux récapitulatifs indiquant en particulier les réactances et le cos <p de toutes les machines envisagées par l’auteur dans ses études
- antérieures.
- ALTERNATEURS
- Génératrice à pôles commutables. — F. Nie-thammer et E. Siegel. — Elektrolechnik und Maschinenbau, 4 décembre 1910........................ 52
- Les alternateurs triphasés auto-excitateurs
- à fréquence variable. — H. Rüdenberg. — Elek-
- trotechnische Zeitschrift, 20 et 27 avril 1911. 240
- Conditions de fonctionnement.
- MOTEURS
- Le diagramme du cercle dans les moteurs asynchrones monophasés. — C.-F. Guil-
- ....................................... • -355, 387
- Equation du cercle de Béthenod. Représentation et calcul des courants secondaires, de la
- puissance fournie 4 l’induit............. 355
- Représentation de la puissance utile. Cercle du vecteur courant des machines composantes. Conclusion. Application..................... 387
- Les moteurs d’induction à vitesses multiples. — G. Relst et H. Maxwell................. 331
- Schémas d’enroulements permettant de modifier le mode de couplage dés bobines et par suite le nombre de pôles.
- Détermination des pertes par frottement dans les moteurs d’induction. — B. Zavada. — Elektrotechnik und Maschinenbau, 5 mars 1911... 400
- Essai à vide; essai avide sous faibles tensions ; courbe de magnétisme.
- Moteurs monophasés à collecteur a vitesse
- pratiquement constante. — J. Reyval......... 1?
- D’après F. Niethammer (Elektrateçhnik und Maschinenbau, 3 juillet 1910), l’emploi de deux lignes de balais perpendiculaires permet d’obtenir un démarrage énergique et Une vitesse de régime constante. Description dé quelques dispositifs.
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-
-
-
- 8
- transformateur
- Sur la dispersion dans les transformateurs. — W. Rogowski. — Elektrotechnischè Zeitschrift,
- i3 et 20 octobre 1910..................... 109
- Bases théoriques. Méthodes de mesure. Champ et inductance de dispersion.
- Transformateurs statiques de fréquence. —
- M. Joly........................................ ig5
- Doubleur de fréquence................. ig5
- Tripleur................................ 200
- Résumé.................................. 2o3
- Note sur les essais effectués.......... 203
- COURANT CONTINU
- Enroulement en parallèle double avec con-nexiçns èquipotentielles. — F. Punga. — Elek-trotechnik und Mascliinenhau, Ier janvier 1911.. . . i5 La tension par section est réduite de moitié. La self-induction de l’induit n’est pas augmentée sensiblement. Commutation satisfaisante, sans pôles auxiliaires, à vitesse variable.
- BREVETS
- 1Procédé de démarrage et de réglage de vitesse des moteurs a courant alternatif. — Société Alsacienne de Constructions mécaniques. — N° 4J8 38g, demandé le 16 juillet 1910... 28
- Dispositif pour la régulation électrique de vitesse des machines. — Société Siemens-Schu-ckert. — N°4i8 3o5, demandé le 16 juillet 1910.. 25i
- Procédé et dispositif pour la régulation automatique de la vitesse des moteurs polyphasés. —- Société Siemens-Sckuckert. — N° 41 3 654, demandé le iG mai 1910................. a5a
- Couplage d’un groupe d’altemomoteurs à collecteur mono et polyphasés. — Société Sie-mens-Schuckert. — N° 413372, demandé le 8 mars 1910.................................... 281
- Réglage automatique de plusieurs alternateurs fonctionnant en parallèle. — Compagnie Française Thomson-Houston. — N° 424645, demandé le 6 janvier 1911.,.............. 379
- MESURES
- DIFFÉRENCES DE POTENTIEL
- Sur remploi du galvanomètre Deprez-d’Ar-sonval comme électromètre. — W. Peukert. —
- Elektrotechnische Zeitschrift, i3 avril 1911. i44
- Le cadre devient l'aiguille et l’aimant les quadrants.
- INTENSITÉS
- Mesure absolue des courants forts. —M. Cho-
- jji'n. — Comptes Rendus, 6 décembre 1910..... 52
- Boussole des tangentes modifiée.
- PUISSANCE
- Sur un volt-wattmètre de précision à lecture directe. — L. Joly........................... 49
- Les bobines de champ sont interchangeables (intensités variables). L’une d’elles, à. fil fin, permet de réaliser un voltmètre électrodynamique étalon.
- Nouveau type de compteur d'induction pour courant monophasé............................ 179
- Etabli par l’A. E. G. Données de construction et de fonctionnement (courbés d’étalonnage).
- \
- Sur la définition pratique et exacte de la charge complexe ; sa mesure industrielle exacte pour la tarification de l'énergie dans
- les installations ordinaires à courant alternatif. — R. Arno............................ 35
- Article complétant les communications antérieures de l’auteur sur le même sujet (analysées dans les tomes XII et XIII).
- La charge complexe est égale à la somme des deux tiers de la puissance réelle et d’un tiers de la puissance apparente. Elle se mesure en modifiant le circuit volts d’un wattmètre ordinaire. Exemple pratique.
- Contrôle du facteur de puissance dans les installations à courant triphasé. — W. Gen-kin.
- Voir Transmission et Distribution.
- RÉSISTANCES
- Nouveaux appareils dé mesure. —Th. Bru-ger. —Elektrotechnische Zeitschrift, 25 mai 1911. 334
- Perfectionnements au pont de Wheatslone, pour la mesure des résistances (100 à 100 000 ohms), des selfs, des terres de paratonnerre.
- DIVERS
- Sur un fréquencemètre enregistreur et sur le principe d’un relais ou servomoteur sans réaction. — H. Abraham. - Bulletin de la Société Internationale des Electriciens, mars 1911.. 176
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-
-
- 9
- Propriétés des systèmes mobiles (cadres) entièrement libres, tournant dans un champ magnétique.
- Application au fréquencemètre (deux schémas de montage).
- Sur la mesure du décrément logarithmique d’un circuit oscillant. — A. Petrowsky.
- Voir Télégraphie et Téléphonie sans fil.
- L’Exposition de la Société Française de Physique (appareils de mesure).
- Voir Divers.
- TÉLÉGRAPHIE
- Chronique de télégraphie et téléphonie : La deuxième conférence internationale des télégraphistes (suite et fin). — Devaux-Charbon-nel.................................... 67
- La standarisalion. Coexistence des lignes à courant fort et il courant faible. La téléphonie à grande distance. Procédés de conservation des poteaux. Les systèmes télégraphiques à grand rendement.
- Mesure directe de l’amortissement et de la caractéristique des lignes téléphoniques. — Devaux-Charbonnel......................' 163
- Il est possible de les calculer mais les résultats sont incertains à cause de la non-homogénéité, Mesures directes ordinaires : Critique du procédé du Post-Office. Méthode de l’auteur : fermer la ligne sur une impédance égale à sa caractéristique (plus de phénomènes de réflexion et formules simples).
- Eléments de calcul des lignes téléphoniques
- pnpinisées. — L. Cahen...............aSg, 299
- Considérations et remarques préliminaires (li-
- ET TÉLÉPHONIE
- gnns longues). Rappel des notions théoriques fondamentales. Etude de la variation de la self indépendamment des autres caractéristiques..., 259 Application aux lignes pupinisées. Calcul pratique. Conclusions................... 299
- Sur les progrès du téléphone.— W.Wagner.— Elektrotechnische Zeitschrift, a6 janvier et 2 février
- 1911...................................... 33g
- Historique. Estimation numérique de la sensibilité.
- Application de la syntonie acoustique et électrique à l’hydrotélêgraphie ; méthode
- pour la réaliser. —• A. Blondel. — Comptes Rendus, 6 juin 1911.................................. 374
- Cloche. Microphone. Téléphone, li REVETS
- Perfectionnements apportés aux microphones et aux installations téléphoniques. — E. Belin. — ATo 419 744, demandé le 3 novembre 1909.................................... 38o
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- APPLICATIONS
- Le compas azimutal hertzien. — E. Bellini et
- A. Tosi.................................. a27
- Deux solutions : Postes dirigés côtiers, ou placés sur les navires. Résultats d’expérience.
- Aériens dirigeables. — A. Artom....... 343
- Les postes militaires de télégraphie sans fil
- au Maroc................................ é«4
- Poste fixe ; postes mobiles. Développement de la télégraphie sans fil.
- Méthodes èlectrodynamiques pour l’exploration du sol. — H. Lôwy.
- Voir Divers.
- Sur la réalisation d’un alternateur a haute fréquence pour la radiotélégraphie. —R. Gold-
- schmidt. — Elektrotechnische Zeitschrift, 19 janvier 1911........................................ 14 5
- Les difficultés de construction. Montage grâce auquel une machine d’induction ordinaire peut fournir une fréquence aussi élevée qu’on le veut. Cas particulier : fréquence 4 f.
- »
- THÉORIES
- Sur la mesure du décrément logarithmique d’un circuit oscillant. — A. Petrowsky.... ao5 Trois observations évitent -de connaître les constantes de l’ondemètre.
- L’excitation par chocs ; nouvelles expériences. — B. Glatzel. — Comptes Rendus, 5 décembre 1910..................................... 23
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-
-
-
- to----
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Sur les théories électriques de la lumière et des mouvements mécaniques, — G, Lipp-mann. — Bulletin de la Société Internationale des Electriciens, mai 1911........................ 3i4
- Evolution des théories.
- DIELECTRIQUES
- Rigidité électrostatique de l’huile. — w.
- Tobey. — Proeeedings of fhe ameriçan Instituts of
- electrical Engineerg, juillet ................ 79
- Nature des huiles. Influence de la température et de l’humidité sur la rigidité. Différents procé-' dés de séchage. Soufre et paraffine, Résistance d’isolement et rigidité.
- Efforts dus à la tension dans les diélectriques,— S. Osborne et H. Pender. — Proeeedings of the ameriçan Institute of electrical Engineers, octobre ........................................ 268
- Si les couches concentriques de l’isolant d’un câble ont des constantes diélectriques différentes et graduées, on uniformise les efforts. Données expérimentales.
- ÉTINCELLE
- Recherches sur la constitution de l’étincelle électrique. —• B. Gaudrelier. — Comptes
- Rendus, 20 mars 1911........................... i5
- Influence de l’ionisation de l’air.
- Potentiel de décharge dansle champ magné-
- tique, — M. Gouy. — Comptes Rendus, 5 décembre 1910.............................................. i5
- Rôle des cathodes secondaires.
- La tension explosive en courant alternatif. — W. Weioker. — Elektrotechnische Zeit-
- schrift, 4 et 11 mai 1911.................... 3io
- Influence de la Forme et deB dimensions dès électrodes, de la pression, de l’humidité.
- QUESTIONS DIVERSES
- ;
- Contacts électriques efficaces sanspression. — G. Lippmann. — Comptes Rendus, 5 décembre 1910.......................................... i5
- Entre métal et électrolyte.
- La fréquence de la foudre. — P. Emde. —
- Elektrotechnische Zeitschrift, 7 juillet 1910.. 177
- Le calcul donne 5oo, en moyenne.
- Ions et électrons. — Comptes Rendus, iBr mai
- 191*.................................•'...... 399
- Etudes de .1. Roux sur la charge de l’électron, de A. Blanc sur l’ionisation produite par le phosphore et de G. Moreau sur la conductibilité des flammes.
- Sur le travail d’aimantation. — A. Leduc. —
- Comptes Rendus, 8 mai 1911..................... 4°°
- Le diagramme du cercle dans les moteurs polyphasés. — C.-F. Guilbert.
- Voir Machines.
- TRACTION
- Chronique des tramways électriques: Emploi des bobines inductrices en fil d’aluminium sur les moteurs électriques de traction. — A. Mariage. —.Rapport présenté au Congrès international de Bruxelles (6-11 septembre 1910)... 104
- Forme et section du fil ; poids, prix, construction et isolement des bobines. Avantages nombreux, mais diminution du rendement. Essais effectués à la Compagnie des Omnibus de Paris. (Produit Lemort.)
- Généralités sur l’électrification des chemins de fer. — H. de Valbreuze. — Conférence faite le a5 ^novembre 1910. — Bulletin de la Société d'Encou-ragement pour l’Industrie Nationale, mars 1911.. 24b
- Historique. Choix du système de traction (cou-
- rant continu moyenne et haute tension, triphasé et monophasé).
- Notes sur l’industrie américaine (traction).
- Voir Divers.
- Du choix delà fréquence des courants alternatifs destinés à alimenter les moteurs de traction. — K. Pichelmayer. — Elektrotechnik und
- Maschinenhau, 5 mars 1911................... 372
- Elle diminue de plus en plus et est actuellement fixée vers i5 périodes.
- TRACTION MONOPHASÉE
- L’équipement électrique dans les mines des locomotives a courant alternatif type Maffei-
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-
-
-
- ~ II
- Sûhw&rtzkopfT. — R. Richter, — Elektrotechnische Zeitschrift, 22 décembre 1910. a4a
- Tension de *5o volts. Enrouloment spécial du moteur. Contrôleur,
- Nouveaux équipements de traction électrique monophasée dans le sud de la France.
- Locomotive (chemins de fer du Midi) et aulo-motrice (chemins de fer d’intérêt local de Grasse, etc.)
- x •*
- QUESTIONS DIVERSES
- Tracteur mixte. — D. Hornaday. — Ëlectrical
- World, 21 juillet 1910....................... 55
- Moteur essence et dynamo compound alimentant les moteurs des quatre roues.
- Le freinage électromagnétique sur rails.
- — R. Naumann.—Elektrotechnische Zeitschrift, 12 et
- 19 janvier 1911..........................110
- Résultats d’essais.
- Eclaii'age des trains,
- Voir Eclairage élicctiuqui: .
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Les réseaux électriques en France {A suivre),
- tt- A, Solier...............................
- Etude économique do la région du Nord,
- Contrôle du facteur de puissance dans les installations à courant triphasé. — W. Gen-
- kin......................................... 266
- Montage de deux wattmètres appliqué à deux compteurs.
- APl’A R BILLAGE
- Sur l’installation des tableaux de distribution —t W. Fuhrmann. — Ehktrotechnik und Maschinenhau, 5 février 1911,................. 20
- Considérations générales : en particulier, critique de la disposition surélevée. Appareillage et instruments de mesures.
- Les Ateliers Bergmann, à Colombes... 58
- Le.tube Bergmann; le potlt appareillage.
- Nouveaux modes de construction des redresseurs à vapeur de mercure. — W. Hech-
- ler. — Elektrotechnische Zeitschrift, i3 octobre
- 1910............................................. 18
- Schémas et oscillogrammes de fonctionnement; rendement ; cos 9 ; dispositifs de construction ; durée.
- ÉQUIPEMENT DES LIGNES
- De la durée des poteaux en bois imprégnés par dià'êi'ents procédés....................... 337
- Données relatives au sulfate de cuivre d’après R. Nowotny (Eleklrotechnik und Maschinenhau. 5 mars 1911).
- Etude de F. Moll (Elektrotechnische Zeitschrift, 25 mai 1911) relative à l’imprégnation par différents procédés.
- Voir aussi : Chronique de Télégraphie et Téléphonie,
- INSTALLATIONS
- Transports de force à haute tension aux Etats-Unis.
- i° Transmission d’énergie à 100000 volts au
- Colorado............................ . ,., 21
- La description de l’usine de Boulder et des sous-stations (d’après VËlectrical World, 14 juillet et 3 juin 1910) complète les articles antérieurement parus sur les ligues de ce réseau [Lumière Electrique, t. X) et sur l’usine de Glemvood {Lumière Electrique t. XII).
- a° Transport de force i35 000 volts au Michigan................................... a2
- D’après VËlectrical World, 14 juillet 1910.
- PROTECTION DES RESEAUX (ISOLEMENT).
- La mise du point neutve a la teri'e et le conti'ôle permanent des isolements dans un
- réseau à courant alternatif (suiteet fin). — F. Le-prince-Ringuet........................... 7
- Applications de la théorie exposée dans la première partie de cette étude (t. XIII, p. 387) :
- in Détermination de la limite supérieure du courant de fuite et appréciation de la sécurité par une simple lecture de voltage.
- 20 Application pratique de la mesure de la résistance et de la capacité (appareils sans et avec self-induction ; applications diverses).
- 3° Exemples de mesures effectuées aux mines de Liévin et de Lens,
- 4° Résumé : sous certainesréserves, l’isolement du point neutre est à recommander.
- Sur le théorème de Thevenin. — R.-V, Pi-cou................................... 83
- Théorème auquel l’étude précédente fait allusion.
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-
-
-
- Réponse à la lettre précédente. — L. The-yenin......................,......... 147
- Sur la détermination des résistances d’isolement d’un faisceau de conducteurs isolés. — R. Lautré................................. 99
- Divergence entre les mesures industrielles effectivement exécutées et celles qui correspondraient aux cahiers des charges.
- Détermination des résistances d’isolement de chaque conducteur par rapport à : i° le sol; >.n chacun des autres (cas de 1, 2,...;» conducteurs).
- Sur la mesure de l’isolement des réseaux à courant continu en service et spécialement
- des réseaux à trois fils. —!.. Verain..... 13»
- Critique de certaines tentatives de vérification. Deux méthodes exigeant l’accès aux machines.
- Détermination des défauts d’isolement par rapport à la terre dans les distributions à
- courant alternatif. —E. Gaudrelier........ 397
- Dispositif qui permet de décaler sans ambiguité le l’eeder détérioré.
- La recherche des défauts sur les lignes par le phasophone............................. 285
- Principe. Description. Emploi.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Quelques centrales américaines. — A. Gérard. — Bulletin de l'Association des Ingénieurs de l’Institut Electrotechnique Monteflore, septembre-octobre 1910........................................ 115
- Note s sur l’industrie américaine (cen traies).
- Voir Divers.
- Stations centrales et systèmes de distribution.— Electric Railway Journal, 7 janvier 1911. 248
- Point de vue américain.
- Des petites installations électriques. —
- W. Schleyen. — Elektrotechnik und Machinenhau,
- 26 mars 1911............................... ’i’j'-i
- L’emploi de la lampe à filament métallique favorise leur développement. Devis.
- L’emploi de l’électricité dans l’agriculture et son influence sur les usines centrales rurales. — H. Wallem. — Elektrotechnische Zeitschrift,
- juillet 1910......................»........... 206
- Batteuse et charrues électriques (labourage électrique et à vapeur). Chemins de fer agricoles. Appareils de déchargement. Electroculture. Stations centrales rurales.
- Les barrages automatiques S. A. G.... 347
- Etablissements Singrün, Epinal,
- Les machines frigorifiques à vapeur d’eau et leur application à la marine. — M. Leblanc.
- Voir Divers,
- RENSEIGNEMENTS ÉCONOMIQUES ET COMMERCIAUX
- Etudes économiques, 29,59, 91, 123. i53, 184, 216, 253, 317, 344, 348, 381, 412 Rapports financiers :
- Energie électrique du Nord de la France, n" i3 Société Roubaisienne d’éclairage par le Gaz et
- l’Electricité.......................... n° 21
- Compagnie des Chemins de fer départementaux de la Haute-Vienne. .......... n" 22
- Renseignements commerciaux: 3i, 61, 94, 125, 154, 186, 218, 255, 288. 3i8, 344, 35o, 38i, 4*3
- Nouvelles Sociétés : 3i, 64,96, 128, i5q, 191, 224
- 256, 288, 319, 35i, 415
- Adjudications : 3i, 64, 96, 128, 160, 192, 224 256, 288, 319, 35i, 384, 4i6
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-
-
- — x3 —
- TABLE DES AUTEURS
- A
- Abraham (H.). — Sur un fréquencemètre enregistreur et sur le principe d’un relais ou servomoteur sans réaction . . . 176
- Arno (R.). — Sur la définition pratique et exacte de la charge complexe. Sa mesure industrielle exacte pour la tarification de l’énergie dans les installations ordinaires à courant alternatif. 35 Ahtom (A.).-—Aériens dirigeables .... 3/* 3
- Aston (J.). — Voir Burgess (F.).
- Auhagen. — Voir Moltke (von).
- B
- Baldit (A.). — La charge électrique des pluies. 27 Belin(E.).— Perfectionnements apportés aux microphones et aux installations téléphoniques.......................................38o
- BellTni (E.) et Tosi (A.). — Le compas azi-
- mutal hertzien.................. . . 227
- Blanc (A.). — Ionisation produite par le phosphore..........................................399
- Blazy (A.). — L’industrie électrique en Serbie
- et en Bulgarie.........................278
- Blondel (A.). — Application de la syntonie acoustique et électrique à l’hydrotélé-graphie; méthode pour la réaliser. . 874
- Bougault (P.). — Chronique de législation industrielle : Législation des chutes d’eau en Autriche......................................24 *
- Burgess (F.) et Aston (J.). —Alliages de fer
- électrolytique et de métal Monel. . . 312
- Burlet (C. de). — Chronique de législation industrielle : Législation comparée des principaux Etats d’Europe au point de vue des chemins de fer d’in-
- térêt local...................ii3, 147
- Bruger (T. ). — Nouveaux appareils de mesure. 334
- C
- Cahen (L.). — Eléments dé calcul des lignes
- téléphoniques pupinisées. . . 269, 299
- Caudrelier (E.). — Recherches sur la constitution de l’étincelle électrique. . i5
- Détermination des défauts d’isolement par rapport à la terre dans les distributions à courant alternatif. . 397
- Chopin (M.). — Mesure absolue des courants
- forts...............................02
- Clamer (H.). — Aciers au cupro-nickel. . . 338
- Claude (G.). — Sur les tubes luminescents au
- néon............................ . . 312
- D
- Devaux-Charbonnel. — Chronique de télégraphie et téléphonie : La deuxième conférence internationale des télégraphistes [suite et fin). . . . . ... . 67
- Mesure directe de l’amortissement
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-
-
-
- — ,»4
- et de la caractéristique des lignes téléphoniques......................i63
- E
- Emdb (F.). —La fréquence de la foudre. . 177
- P
- Feige (A.). — Voir Urbain (E.).
- Fuhiimann (W.). — Sur l’installation des tableaux de distribution...................20
- 6
- Genkin (W.). — Contrôle du facteur de puissance dans les installations à courant
- triphasé................................266
- GeppEEP et Lïésé. — La protection des conduites d’eau et de gaz Contre Téiectrolyse par les courants vagabonds. . . . 14 7
- Gérard (A.). — Notes sur l'industrie américaine. . . .............84
- Quelques centrales américaines. . na Gerb (W.). — L’amortissement du bruit et
- des trépidations des moteurs. . . 206
- Glatzeg (B.).- •*— L’excitation par chocs ; nouvelles expériences. ...... 23
- Goldschmidt (B.). — Sur la réalisation d’un alternateur à haute fréquence pour la radiotélégraphie . . , . . . . 1 i 3
- Gouy (M.). —- Potentiel de décharge dans le
- . champ magnétique. . . . . , . 15
- Guilbert(G,-F.). — Le diagramme du cercle dans les moteurs asynchrones monophasés.- . . . . . . i ' 355$ 38y
- H
- Hechler (W.). — Nouveaux modes de construction des redresseurs à vapeur de
- mercure.............................18
- IIounaday (B.). *— Tracteur mixte. ... 55
- IIoullevigue (L.). — Sur le rayonnement eTnis à l’intérieur des lampes à incan-. descence, . 336
- Howell (W.) — Durée de vie des lampes à incandescence..............................17
- Hulin (V.). — Les torrents des Alpes ; leur
- correction...........................55
- J
- Joly (L,). — Sur un volt-wattmêtre de précision à lécture directe. ..... 49
- Joly (M.). — Transformateurs statiques de
- fréquence............................iq5
- Janet (P.). — Le Laboratoire central et l’Ecole supérieure d’Electricité pendant Tannée 1910.............................274
- t,
- Laporte (F.). — Quelques laboratoires américains. . . / .- . . . 1 . . 120
- Lautré (R.,). — Sur la détermination des résistances d’isoleftiént d’un faisceau de conducteurs isolés. ...... 99
- Leblanc (M.), — Les machinés frigorifiques à Vapeur d’eau et leurs applications à la marine. . . . . . 291
- LE Chatelieu. — L’ensêigneme'nt technique
- moderne. ......... 407
- Leduc (A.). — Sur le travail d’aimdiUation . 400
- Lepuince-Ringuet (F.). — La mise du point neutre à la terre et le contrôle permanent des isolements dans, un réseau à courant alternatif. (Suite et fin.). . * 7
- Liese. —Voir Geppert.
- Lippmann (G.). — Contacts électriques efficaces sans pression. ...... i5
- Sur les.théories électriques de la lumière et des mouvements mécaniques. 314 Lowy (IL). — Méthodes électrodynamiques
- pour l'exploration du sol. . . . . ni
- M
- Mariage (A), — Emploi des bobinés inductrices en fil d’aluminium sur lés moféurs
- électriques de traction..........104
- Maxwell (ff.). — Voir Reis-c (J.).
- p.2x14 - vue 430/448
-
-
-
- Merrill (S.). — Lampes au tungstène. . . . 17
- Moll (F.). ““ Nouveaux résultats d’essais
- d’imprégnation des poteaux en bois, . 337
- Moltke (von) et Auhagen. — L’emploi de l’électricité dans les services d’incendie. 375 Moreau (G.). — Conductibilité des flammes. 399
- N
- Naumann (R.). — Le freinage électromagnétique sur rails...............................no
- Natalis (F.). — Gradation des rhéostats de
- démarrage.................. 5a
- Niethammer (F.). —Voir Reyval (J.). . . i3
- Niethammer (F.) et Siegel (E.), — Génératrice à pôles commutables...........5 2
- Nowotny (R.). — De la durée des poteaux imprégnés au sulfate de cuivre, en Autriche. . . 337
- O
- Osborne (S.) et Pender (H.). — Efforts dus
- à la tension dans les diélectriques. . 268
- P
- Passavant (H.). — Les rapports entre l’emploi d’un tarif unique, la durée de consommation et le développement de
- l’électricité.......................3i5
- Pégheux(H,).— Des propriétés électriques des fdaments de lampes k incandescence. !.....................................365
- Penuer (II.). — Voir Osborne (S.).
- Petrowsky (A.). — Sur la mesure du décrément logarithmique d’un circuit oscillant...................;.............200
- Peukert (W.). — Sur l’emploi du galvanomètre Deprez-d’Arsonval comme électromètre ....................................i44
- Pichelmayer (K.). — Du choix de la fréquence des courants alternatifs destinés à alimenter les moteurs de traction. . . 372
- Picou (R.-V.). — Sur le théorème de Theve-
- 83
- Punga (F.). — Enroulement en parallèle double avec eonnexionë'équipotentielles, i5
- R
- *
- REisTet Maxwell (H.).—Les moteurs d’induction à vitesses multiples. . . . 331
- Reyval (J.). —Moteurs monophasés à collecteur k vitesse pratiquement constante. i3 L’Exposition de la Société Française de Physique. ...... i38, 171
- Rezelman (J.). — La réactance synchrone et
- asynchrone............................4a
- Richter (R.). — L’équipement électrique dans les mines des locomotives k courant alternatif, type Maffei-Schwartzkopff. 242 Rogowski (W.). —Sur la dispersion dans les
- transformateurs. . ^ , . . , . 109
- Ross (F.). — Le gaz et l’électricité en Allemagne..................................... .... 244
- Roush (A.). — Alliages de fer électrolytique,
- de nickel et de cuivre................3i3
- Roux (J.). — Charge des électrons. . . . 399
- Rüdenbkrg (R.). — Les alternateurs triphasés
- auto-excitateurs k fréquence variable. 240
- S
- Scal (G.). —Voir Urbain (E.).
- ScnLEYEN (A.). — Des petites installations
- électriques.............................878
- Schuen (W.). — La constitution des éléments de résistance des appareils de chauffage électriques.................................82
- Seideneii (J.). — Données économiques sur
- l’éclairage électrique des trains. . . 402
- Siegel (E.). — Voir Niethammer (F.).
- Solier (A.). — Les réseaux électriques en
- France...................................344
- T
- Thevenin (L.). — Réponse k M. R.-V. Picou
- (sur le théorème de Thevenin). . . 147
- Tobey (W.). — Rigidité électrostatique de l’huile
- nin.
- 79
- p.2x15 - vue 431/448
-
-
-
- — s6
- Tosi (A.). — VoirBBLLiNi (E.).
- Turchini (S.). —Chronique d’électricité médicale : Les applications médicales de l’électricité. Etat actuel de la question. ...................................a33, 3a3
- L’électricité médicale au Maroc. . 377
- U
- Urbain (E.), Scal (C.) et Feige (A.). —Arc électrique entre tungstène et mercure..................................18
- V
- Valbreuze (R. de).— Généralités sur l’électrification des chemins de fer. . . . .
- Verain (L.).— Sur la mesure de l’isolement
- des réseaux à courant continu en service et spécialement des résaux à trois fils...................................131
- := W
- Wagner (W.). — Sur les progrès du téléphone. . . . 339
- Wallem (H.). — L’emploi de l’électricité dans l’agriculture et son influence sur les
- usines centrales rurales................aofi
- Weickeii (W.). — La tension explosive en
- courant alternatif....................310
- Z
- Zavada (B.). — Détermination des pertes par frottement dans lejs moteurs d’induction. ............................................400
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-
-
-
- SOCIÉTÉ ROUBA1SIENNE ^ D’ECLAIRAGE PAR LE GAZ ET L’ÉLECTRICITÉ
- ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE DU 28 AVRIL KI11
- RAPPORT DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
- Messieurs,
- Vous êtes réunis en Assemblée Générale Ordinaire à l'effet de délibérer sur l'ordre du jour suivant :
- ORDRE DU JOUR
- i° Lecture du Rapport du Conseil d’Administration ; a0 Lecture du Rapport des Commissaires des Comptes ;
- 3° Approbation s’il y a lieu, des Comptes et du Bilan de l'année iyio, quitus de leur gestion aux Administrateurs, fixation du dividende ;
- 4° Nomination d’un ou plusieurs Commissaires des Comptes et fixation de leurs émoluments ;
- 5° Compte rendu des contrats passés et des opérations effectuées en vertu de l’article 4° de la loi du if\ juillet 18G7 et autorisations nouvelles à donner aux Administrateurs ;
- G0 Questions diverses.
- La Convention intervenue entre la Ville de Roubaix et la Société Fncrgie Klectrique du Nord de la France, aux droits de laquelle notre Société se trouve substituée, a lixé la date du iei‘janvier 1910 comme point de départ de la concession, l/exercice écoulé est donc, en réalité, notre premier exercice d’expioila-tion, et les résultats de cette première année vous paraîtront sans doute satisfaisants.
- Messieurs les Commissaires vous donneront des explications détaillées sur tous les postes du Bilan qui vous est soumis.
- Votre Conseil lient, par contre, à vous donner des renseignements complets sur la marche industrielle de votre affaire.
- La mise en service de la nouvelle concession de gaz s’est effectuée sans aucun incident malgré la grande consommation de gaz qui se produit habituellement à pareille époque. Dans le courant de l’année, nous avons pris toutes les mesures utiles, prévues d’ailleurs à notre programme, pour mettre notre usine
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- à même de satisfaire seule à toute la consommation. Vous savez, en effet, que les Concessionnaires précédents faisaient produire à leur usine de Croix une partie du gaz consommé à Roubaix.
- Nous nous préoccupons, en ce moment, de compléter notre programme par une installation de gaza l’eau dont l’emploi, autorisé par notre Convention, nous permettra de faire face aux augmentations de consommation qui sont à prévoir.
- Nous avons apporté les plus grands soins au développement commercial de notre distribution d’Elec-tricité, désirant tirer, dès la première année, le meilleur parti des installations que nous avons dû faire. Les résultats acquis ne peuvent que nous engager à persévérer dans cette voie, ainsi que le montre le tableau ci-dessous :
- Iel‘ JANVIER 191O Ier JANVIER 19H Ier AVRIL 1911
- Lampes installées........................ 36 260 62 734 69 000
- Moteurs installés (Puissance en chevaux).. 1 080 1 296 1 320
- Le ^nombre de kilowatts-heure vendus en 1910 a atteint le chiffre de 1 229 56o.
- Vous savez que le courant ainsi vendu nous est fourni par la Société Énergie Electrique du Nord de la France, en vertu d’une Convention en date du 10 mars 1908 qui vous a été soumise en son temps. Cette fourniture nous a été faite très régulièrement.
- Grâce aux nouvelles polices que nous signons tous les jours, nous pensons vous montrer, l’an prochain, des résultats très intéressants accusant un développement notable de la branche électricité.
- Bénéfices, — Les bénéfices de l’exercice ressortent à 234 4*9 fr. 65.
- Conformément à l’article l\% de vos statuts, votre Conseil a décidé de faire les amortissements et réserves suivants :
- 234 4*9 65
- Amortissements :
- Mobilier et outillage........................ 7 275 60
- Frais de ior établissement et de constitution de
- la Société................................ io3 i8l 61 110 457 21
- Réserve pour amortissements.................. 45 000 00
- Total........................... 155 457 21
- Reste net....................... 78 962 44
- Les comptes Mobilier et Outillage et Frais cle Premier Etablissement se trouvent ainsi ramenés à 1 franc.
- Sur le solde de 78 962 fr. 44 qui constituent ainsi les bénéfices nets, nous prélèverons, conformément aux statuts, 5 % pour la réserve légale, soit 3 946 fr. 12.
- Pour le surplus, nous vous proposons de ratifier la distribution de l’acompte de 4 % déjà versé aux actions, au prorata de leur libération, et de limiter à cet acompte, représentant au total 70000 francs, le dividende de cet exercice.
- Nous vous proposons enfin de reporter à nouveau le solde, soit 5 014 fr. 32.
- Vous aurez, Messieurs, à nommer des Commissaires des Comptes pour l’exercice 1911 et à fixer leur rémunération. Nous vous rappelons, à ce sujet, que MM. de Grailly et Ravier, bommissaires sortants, sont rééligibles.
- Nous vous donnerons un compte rendu spécial de l’exécution des marchés et entreprises qui ont été passés ç-vec certains de vos Administrateurs, tant en leur nom personnel qu’aux nom 3 des Sociétés dans lesquelles ils sont intéressés, et nous vous prions de nous donner en tant que de besoin, pour, l’exercice en cours, les autorisations prévues par l’article 40 de la loi sur les Sociétés.
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- RAPPORT DES COMMISSAIRES
- SUR LES COMPTES DE L’EXERCICE 1910.
- Messieurs,
- Nous venons vous rendre compte de l’exécution du mandat de Commissaires des Comptes que vous nous avez confié dans votre Assemblée générale du 21 mai 1910.
- ' Tous les livres, toutes les pièces et documents résumant les opérations de l’exercice ont été mis à notre disposition en temps voulu.
- Nous avons constaté la bonne tenue des écritures et reconnu la parfaite concordance des chiffres qui figurent au bilan avec les soldes des Comptes du Grand-Livre.
- Nous analyserons rapidement ce bilan, qui correspond au premier exercice pendant lequel votre Société a exploité la concession de distribution dans la Ville de Roubaix.
- ACTIF
- Le capital engagé en installations pour la production et la distribution du gaz, et pour la distribution de l'électricité s’est accru dans le courant de l’exercice comme suit:
- ELECTRICITE GAZ
- 3i décembre 1909............................... 1 538 848 80 2 636 179 55
- 3i décembre 1910............................... 1 989 028 79 3 447 447 63
- Augmentation....................... ^00 479 99 811 268 08
- Ces augmentations indiquent d'abord que l'accroissement de la clientèle a répondu aux efforts de votre Société ; de plus, certaines améliorations ont été apportées aux installations de gaz déjà existantes. .
- Il faut observer que, dans le chiffre inscrit au 3i décembre 1909 comme « Installations Gaz » et qui comprenait la totalité des sommes payées à MM. Desclée, une somme de 53 000 francs environ, représentant principalement du matériel et du mobilier, a été passée à d’autres comptes, ce qui élève d’autant l’augmentation pour les installations de gaz au 3i décembre 1910.
- Parmi les autres chiffres de l’actif, il y a lieu de signaler :
- Le cautionnement à la Ville de Roubaix, cautionnement en titres, porté d’un commun accord de 5oo 000 francs à 826 000 francs en valeur nominale;
- Le poste magasin et approvisionnements qui figure pour 3 10 017 fr. 76 contre 11 4 082 fr. 13 au bilan précédent, par suite du jeu normal de l’exploitation.
- On remarquera enfin que les résultats heureux obtenus par l’exploitation dans cet exercice ont permis au Conseil d’Administration de répartir aux actions un acompte de dividende de 4 % .
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- 4
- PASSIF
- La principale différence avec le bilan précédent réside dans le chiffre de l’emprunt obligataire qui figure pour 4 millions, c’est-à-dire pour le montant total actuellement autorisé par les actes hypothécaires d'émission.
- PROFITS BT PERTES
- Les recettes brutes d’exploitation ont atteint : 2 536 270 fr. 58.
- Et laissent un bénéfice d’exploitation de : 452 779 fr. 26.
- D’après l’examen des recettes mensuelles, ou peut espérer un notable accroissement de recettes pour les exercices futurs.
- . Le bénéfice de l’exercice s’élève à 284 4*9 fr. 65,
- Nous vous proposons, Messieurs, d’approuver les comptes tels qu’ils vous sont présentés.
- Les Commissaires :
- J. de Giïailly. L.-Ravier.
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-
- RÉSOLUTIONS
- PREMIÈRE RÉSOLUTION
- L’Assemblée générale des actionnaires de la Société Roubaisiennc d'Ëclairage par le Gaz et l'Electricité réunis au siège social à Paris, le 28 avril 1911, après avoir entendu lecture du Rapport du Conseil d’Àdministralion et du Rapport dés Commissaires des Comptes, approuve l'inventaire, les comptes et le bilan qui lui sont présentés et donne aux administrateurs quitus de leur gestion pour l'exercice 1910.
- DEUXIÈME RÉSOLUTION
- L'Assemblée générale des actionnaires ratifie, en tant que de besoin,les amortissements et prélèvements effectués en vertu de l’article 42 des statuts, sur les bénéfices de l’exercice s’élevant à : 234 4*9 fr* 65.
- 234 4*9 65
- Amortissements :
- Mobilier et outillage................................... 7 2-5 60
- Frais de ior établissement el de constitution de la Société. io3 181 61
- Réserve pour amortissements
- Total......
- Reste net. . ,
- 110 437 21 45 000 »
- i55 4^7 21 76 962 44
- Elle décide, en outre, le prélèvement, conformément aux statuts,de 5 % pour la réserve légale, soit 3 948fr. 12 et la distribution d’un dividende de 4 % aux actions, au prorata des sommes dont elles étaient libérées pendant l’exercice. Le Conseil ayant décidé la distribution d’un acompte de 4 %> cet acompte constituera donc le dividende à distribuer pour l’exercice 1910, soit 70000 francs.
- Elle décide enfla, conformément aux propositions du Conseil, de reporter à nouveau le solde de S014 fr. 32.
- TROISIÈME RÉSOLUTION
- L’Assemblée nomme comme Commissaires des Comptes pourl’exereice 1911 ,MM. de Grailly,Ravier et fixe leur rémunération à 800 francs pour les deux commissaires rétmis.
- Il est entendu qu'en cas d’impossibilité pour l’un des Commissaires des Comptes, celui restant pourra opérer seul.
- L’Assemblée constate 1 acceptation des Commissaires désignés par elle.
- QUATRIÈME RÉSOLUTION
- L’Assemblée générale donne acte au Conseil d’Administration du compte rendu qui lui a été fait,conformément à l’article 40 de la loi du 24 juillet 1867, de l’exécution des marchés ou entreprises traités avec les membres du Conseil d’Administration ou avec des Sociétés auxquelles ils appartiennent, leur donne acte de toutes les conventions intervenues et les approuve d’une façon définitive en tant que de besoin.
- Elle leur renouvelle, pour l’exercice 1910, l’autorisation prévue par la loi précitée. ;
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-
-
-
- SOCIETE ROIMISIENNE D'ECLAIRAGE PAR LE GAZ ET L’ELECTRICITE
- BILAN au 31 décembre 1910
- ACTIF
- FR. C.
- {Eclairage public................ .......... .......... . .
- Réseaux................................................ ....
- Sous-Stations et Postes de Transformation....................
- Postes d’Abonnés.............................................
- ! Usine, Canalisations, Eclairage public (Installations primitives).. Usine, Canalisations, Eclairage public (Installations nouvelles). .
- , Installations chez les abonnés..............................
- Mobilier et outillage....................................................
- Frais de ier Etablissement et de Constitution de la Société . . . .......
- Frais d’émission et Prime de remboursement des Obligations...............
- Exposition de Roubaix......................... ..........................
- Redevance initiale à la ville de Roubaix.................................
- Cautionnement à la ville de Roubaix......................................
- Caisses et Banquiers............................................ .........
- Actionnaires. . ..........................................................
- Abonnés et Clients divers.................................................
- Débiteurs divers.......................................................
- Magasins et Approvisionnements...........................................
- Acompte sur dividende 1910........................................-......
- i5 133 91 1 245 868 86 484 38i 57 193 644 45
- -2 716 676 99 188 098 3i 542 672 33
- i27 485 35 | 422 125 » f
- 429 388 23. ( 2 806 » j
- 1 939 028 79
- 3 447 447 63
- 7 276. 60 • io3 182 61
- 321 792 73
- 3 200 »
- 35o 000 »
- 526 5oo »
- 981 804.58
- 3io 017 76 70 000 »
- 8 260 260 72
- PASSIF
- Capital Actions.........................
- Obligations* hypothécaires..............
- Obligations remises à la Ville de Roubaix
- 1 Fournisseurs.............
- Cautionnements.............
- Intérêts sur Obligations. . . .
- Coupons d’Actions.........
- Salaires...................
- Créditeurs divers..........
- Bénéfices de l’Exercice..................
- igS 876 89 \ '8 669 55 i
- 43 o32 45 f 3 473 85 [ 2 667 45 1 245 621 08 j
- FR. c.
- 3 000 000 »
- 4 000 000 V 526 5oo »
- 499 331 07
- 234 419 65 8 260 25o 72
- COMPTE DE PROFITS ET PERTES
- RECETTES DÉPENSES
- Bénéfices d’Exploitation ^Plus-value et divers FR. C. 432 779 26 4i 588 93 494 368 19 Frais généraux d’Administration Intérêts des Emprunts Divers. ... FR. C. 43 270 45 212 092 61 . 4 585 48 234 419 65 4g4 368 19
- Bénéfices de l’Exercice
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-
-
-
- 7 —
- SOCIETE ROEBAISIENNE D'ÉCLAIRAGE PAR LE GAZ ET L’ELECTRICITE
- BILAN D’ENTRÉE au 1" Janvier 1911
- ACTIF
- ! Eclairage public...........................................
- Réseaux.....................................................
- Sous.Stations et Postes de Transformation...................
- Postes d’Abonnés............................................
- 1 Usine, Canalisations, Eclairage public (Installations primitives).. gaz j Usine, Canalisations, Eclairage public (Installations nouvelles). . ( Installations chez les abonnés....................................
- Mobilier et Outillage....................................................
- Amortissements en 1916...........................................
- Frais de Ier Etablissement et de Constitution de la Société..............
- Amortissements en 1910 . ........................................
- i5 i33 9‘
- 245 868 86
- 484 38i 57
- 93 644 45
- 716 676 99
- 188 098 3i
- 542 672 33
- 7 276 60
- 7 275 60
- io3 182 61
- io3 181 61
- PR. C.
- I 939 028 79
- 3 447 447 63
- 1 00
- 1 00
- Frais d’émission et Prime de remboursement des Obligations Exposition de Roubaix..........................;.....
- 5ai 792 75 3 200 »
- Redevance initiale à la ville de Roubaix Cautionnement à la ville de Roubaix.. . .
- 35o 000 » 526 5oo »
- Caisses et Banquiers ....
- Actionnaires............
- Abonnés et Clients divers Débiteurs divers ........
- 127 485 33 ) 422 125 » f
- 429 388 23 1 2 806 » )
- 981 80.4 58
- Magasins et Approvisionnements
- 3io 017 76
- 8 079 793 5i
- PASSIF
- Capital Actions.........................
- Obligations hypothécaires..............
- Obligations remises à la ville de Roubaix
- Réserve légale.........................
- Réserve pour amortissements............
- FR. C.
- 3 000 000 »
- 4 000 000 »
- 5i6 5oo »
- 3 948 12 45 000 »
- ! Fournisseurs..........
- Cautionnements........
- Intérêts sur Obligations
- Coupons d’Actions.....
- Salaires..............
- Créditeurs divers.....
- 195 876 89 8 65g 55 43 o3z 45 3 473 85 2 667 45 245 621 08
- 499 331 °7
- Report à nouveau
- 5 014 3 2
- 8 0-9 793 5i
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVE, 17, RUE CASSETTE.
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- COMPAGNIE DES CHEMINS DE FER DÉPARTEMENTAUX
- DE LA HAUTE-VIENNE
- ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE DU 6 MAI 19H]
- RAPPORT DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
- Messieurs,
- Vous êtes réunis en Assemblée générale pour délibérer conformément à l’ordre du jour suivant :
- i° Lecture du Rapport du Conseil d’Administration ;
- a® Lecture du Rapport des Commissaires des Comptes ;
- 3.® Approbation, s’il y a lieu, des comptes et du bilan de l’année 1910; quitus de leur gestion aux administrateurs; fixation du dividende;
- 4® Nomination d’un ou plusieurs Commissaires des Comptes et fixation de leurs émoluments;
- 5® Compte rendu des contrats passés et des opérations effectuées en vertu de l’article 40 de la loi du 24 juillet 1867 et autorisations nouvelles à donner aux Administrateurs ;
- 6° Questions diverses.
- Le Rapport détaillé établi par vos Commissaires des Comptes vous renseignera sur chacun des postes du bilan qui vous est proposé. Nous croyons donc utile d’en faire nous-mêmes l’examen.
- Votre Société a été substituée à MM. A. Giros et Loucheur en qualité de rétrocessionnaire du réseaü des tramways de la Haute-Vienne, par décret en date du 20 mars dernier, inséré au Journal Officiel du 28 mars igi 1.
- Nous avons suivi de près la marche des travaux de construction, et nous pouvons vous annoncer que la plus grande partie de ces travaux, et la plus difficile, est exécutée dans les conditions les plus satisfaisantes au point de vue technique.
- La station hydro-électrique d’Eymoutiers est, à l’heure actuelle, achevée. Elle fonctionnera dans quelques jours.
- La ligne de transport de force d’Eymoutiers à Limoges est achevée et fonctionnera également dans quelques jours.
- Enfin les importantes installations centrales de l’Aurence, près de Limoges, sont à peu près terminées. Les machines à vapeur de l’usine fonctionnent. Il reste à mettre la dernière main aux appareils électriques, mais un montage provisoire permet de recevoir le courant venant de l’usine hydraulique d’Eymoutiers et d’alimenter dès maintenant, pour les essais de traction qui commencent, la ligne de Limoges à Sainl-Junien.
- La construction du matériel roulant s’achève. Plusieurs voitures motrices sont déjà arrivées à Limoges. Deux d’entre elles sont munies de leurs équipements électriques, et le montage sur les autres voitures va se poursuivre
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- 2 ----
- Au point de vue de l’exécution des voies ferrées proprement dites, deux lignes sont déjà terminées et il ne reste-plus que quelques parachèvements à exécuter, pour permettre leur mise en exploitation. Ce sont :
- i° La ligne de Limages’ à Saint-Mathieu et Roeheehouart (prolongement de la ligne de Limoges à Àix):
- 2° La ligne de Limoges à Saint-Junien. 7
- Ces deux lignes forment un total de g5 kilomètres.
- Les voies sont posées sur les tronçons suivants :
- i° De la Tuilerie à Blond (ligne d’Oradour-sur-Glane à Bussière-Poitevine).
- 2° De Limoges à Eyjeaux (ligne de Limoges à Eymoutiers).
- 3° De Blanzac au Repaire (ligne de Rançon à Bussière-Poitevine) ; soit un total de 35 kilomètres environ.
- Sur les autres parties, l’infrastructure est très avancée.
- C’est ainsi que les terrassements des déviations les plus importantes de la ligne de Limoges à Saint-Sulpice-Ïes-Féuilles sont en voie d’achèvement. Un viaduc de 18 mètres de hauteur et de i5o mètres de longueur, près de Rançon, est entièrement fondé. Il sera terminé cet été.
- En résumé, l’achèvement complet des travaux aura lieu dès les premiers mois de l’année prochaine, mais nous pensons ouvrir bientôt à l’exploitation plus de no kilomètres de ligne.
- Les Entrepreneurs auraient exécuté les travaux encore plus rapidement, malgré le mauvais temps de l’année 1910, si des modifications, heureuses selon nous, n’avaient pas été apportées dans le réseau primitif.
- Ces modifications ont consisté, notamment, dans l’adoption de nouveaux tracés à l’intérieur de Limoges. Les-tracés primitifs empruntaient, en grande partie, les voies des tramways urbains de Limoges. Des nécessités techniques ont imposé l’abandon de cet emprunt. Cela nous laissera notre liberté d’action. Le service que nous pourrons faire sur ces lignes de pénétration sera certainement rémunérateur et viendra s’ajouter aux recettes normales-des lignes du réseau.
- Il en est résulté de nouvelles enquêtes, et les nouvelles dispositions doivent être approuvées par un décret. C’est la cause du retard que nous vous signalions, plus haut.
- Malgré cela, vous pouvez constater, Messieurs, que la construction sepoursuit très activement, et que l’on peut considérer comme prochain le fonctionnement normal de l’ensemble du réseau.
- Le Département de la Haute-Vienne, qui avait construit et commencé à exploiter la ligne de Limoges à Aixe-sur-Vienne, en a remis l’exploitation à MM. A. Giros et Loucheur au i6r juillet 1909. Par suite du Décret du 2 j mars 1911, notre Compagnie se trouve substituée à MM. A. Giros et Loucheur pour l’exploitation de cette ligne.
- Les résultats de cette exploitation ont été jusqu’ici très satisfaisants, bien que le point de départ de la ligne soit placé à l’octroi de Limoges, à plus de deux kilomètres du centre de la ville.
- Les recettes brutes, impôts déduits, bnt été de 129973 fr. 90 en 1910, ce qui représente une recette kilométrique de n 562 fr. 5o.
- Les dépenses d’exploitation ont été de 106 077 fr. 3o.
- Vous trouverez, du reste, dans les annexes de ce rapport, tous les renseignements intéressants sur l’exploita tion de ce tronçon de ligne.
- La distribution de l’énergie électrique aux communes traversées a été l’objet des préoccupations de votre Conseil d’Administration. Des études techniques ont été entreprises pour établir des postes permettant de distribuer, avec une régularité suffisante, l’énergie empruntée directement au fil de trolley du tramway. Ces études sont terminées et nous procéderons, prochainement à des essais pratiques.
- En même temps, nos agents poursuivaient leur étude commerciale, et commençaient à dresser les dossiers des demandes de permissions de voirie.
- Désirant donner toute l’extension utile à cette branche de notre exploitation, votre Conseil d’Admiuistration a décidé de faire exécuter le canal de dérivation de la Vienne à l’usiue d’Eymôutiers, pour un débit de 8 mètres cubes par seconde, au lieu de 4 mètres cubes, débit initial prévu. L’augmentation de dépenses sera largement compensée par le bénéfice que vous retirerez de la vente de l’énergie correspondante.
- „Intérêts intercalaires. — Vous avez approuvé et ratifié, dans votre Assemblée générale extraordinaire du 9 décembre 1909, les conventions verbales intervenues avec MM. A. Giros et Loucheur pour la construction du réseau. D’après ces conventions, qui ont écarté de votre Société tous les risques de l’entreprise de construction
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- MM, A, Giros et Loucheur se sont chargés d’assurer Tintérêt intercalaire de 4 % pendant cette même période .jusqu’à la mise en exploitation des lignes.
- MM. A. Giros et Loucheur ont exécuté cet engagement, et,nous reportant au contrat, nous avons fait figurer, dans le bilan, au passif, une somme de i5o ooo francs représentant exactement le montant des intérêts intercalaires à 4 %, depuis le moment où chaque quart a été appelé jusqxi’au 3i décembre 1910. 'Conformément à l’article 4Q dés statuts, le premier exercice comprend la période du 29 novembre 1909 an 3i décembre 1910,
- Sur la demande d’un certain nombre d’entre vous, votre Conseil d’Administration a décidé de mettre en paiement, à la date du i5 janvier igu, un acompte de 10 francs par action, net de tous droits. Nous vous proposons de mettre en paiement, le i5 mai, le solde des intérêts intercalaires du premier Exercice, soit 10 francs par action, sous déduction des impôts dus pour l’intérêt total de 20 francs.
- Vous aurez, Messieurs, à nommer des Commissaires des Comptes pour l’exercice 1911.
- M. Henri Bloch, l’un de vos commissaires, qui n’avait d’ailleurs accepté les fonctions Tannée dernière qu’à titre transitoire, nous a manifesté le désir de ne pas se représenter à vos suffrages. Nous lui adressons ici tous nos remerciements pour son dévouement à notre Société.
- Nous vous donnerons un compte rendu spécial des marchés et entreprises qui ont été passés avec certains de vos administrateurs, tant en leur nom personnel qu’au nom des Sociétés dans lesquelles ils sont intéressés, et nous vous prions de nous renouveler, pour Texercice en cours, la même autorisation que celle donnée pour l’exercice écoulé.
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- Annexe au Rapport du Conseil d’Administration
- LIGNE DE LIMOGES A A1XE-SUR-VIENNE
- STATISTIQUE D’EXPLOITATION
- Du 1er janvier au 31 décembre 1910,
- Recettes
- D , . | Billets........................................... 129 944 75
- Recettes brutes { , .,
- j Abonnements....................................... a 917 5o
- Total............................. i33 862 a5
- A déduire :
- Impôts sur les transports................................................. 3 888 35
- Recettes nettes................... 129 973 90
- Dépenses
- Administration centrale..................................................... 2 529 45
- Direction locale............................................................ 9 278 3o
- Frais généraux locaux (assurances, caisses de retraites et de secours, etc.) 8 767 55
- Service des gares................................................... 520 75
- Service des trains.................... ............................ 26 4ot o5
- Voie, bâtiments et ligne aérienne..........................;........ u ou 74
- Entretien du matériel roulant....................................... i5 §14 36
- Energie électrique.........................................*........ 3i g54 10
- Total............................. 106 077 3o
- Bénéfice du compte d'exploitation....................................... 23 896 60
- Longueur de la ligne exploitée.......................................... 11 km. 241
- Nombre de trains-kilomètres dans l’année.................................. 306 386
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- RAPPORT DES COMMISSAIRES DES COMPTES
- Messieurs,
- Comme suite à la mission que vous avez bien voulu nous confier dans votre Assemblée générale extraordinaire du 29 novembre 1909, nous avons examiné les livres comptables de votre Société et le bilan arrêté en fin de ce premier exercice.
- Par suite de la convention verbale intervenue entre votre Société et MM. A. Giros et Loucheur, ces derniers se sont chargés, à forfait, tant que durera l’exécution des travaux, de remplir les différentes obligations auxquelles la Société est astreinte, tant par ses statuts que par la convention et le cahier des charges qui la lient au département.
- C’est ce qui explique que le bilan actuel ne comporte ni compte d’exploitation, ni frais de constitutiou.
- Nous avons pris connaissance de la convention et du cahier des charges signés avec le département, ainsi que de l’accord intervenu avec MM. A. Giros et Loucheur et nous avons pu nous rendre compte que votre comptabilité est établie en conformité avec ces accords.
- Les justifications et pièces comptables nous ayant été fournies, nous.allons examiner rapidement les différents postes du bilan.
- ACTIF
- Terrains. — Fr. 30827 fr. 73.
- Ce poste représente les dépenses faites pour acquisition de terrains qui restent la propriété de votre Compagnie.
- Participation dans les dépenses d'Etablissement, remboursable, sous forme d’annuités, par le département de la Haute-Vienne [art. 9 de la Convention). — Fr. 1 54a 870 fr. 97.
- Ce poste représente 20 % du montant des travaux exécutés au 3i décembre 1910. Conformément à l’article 9 de là Convention, ces dépenses doivent vous être remboursées par le département, sous forme d’annuités, au cours de la concession.
- Le poste : Cautionnements et les comptes suivants qui constituent l’actif réalisable s’expliquent d’eux-mêmes.
- Avances sur travaux et commandes. — Ce poste représente les sommes remboursées par votre Société à MM, A. Giros et Loucheur, lors de sa constitution, ainsi que le montant des versements effectués sur des commandes de matériel non encore livré.
- PASSIF
- Capital : 3 750 000 francs.
- Intérêts intercalaires. — i5o 000 francs comptés à 4 % conformément aux statuts. '
- Créditeurs divers. — 4 ?o5 francs.
- Entreprise des travaux. — Fr. 542 2i3 fr. 44* Ce poste représente les sommes dues à l’entreprise sur travaux exécutés avant le 3i décembre.
- Notre examen nous ayant montré) la bonne tenue des écritures et la concordance des chiffres qui figurent sur vos livres avec ceux qui sont portés à votre bilan, nous vous engageons à approuver les comptes de l’exercice et le bilan qui vous est présenté par votre Conseil d’Administration,
- Paris, le 19 avril 1911.
- Signé :
- Marcel Forret, Henri Bloch.
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- RÉSO LUTI ONS
- VOTÉES A L’UNANIMITÉ
- PREMIÈRE RÉSOLUTION
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- L’Assemblée générale ordinaire des actionnaires de la Compagnie des Chemins de fer départementaux de lç Haute- Vienne, réunie au siège social à Paris, le 6 mai 191.1, après avoir entendu lecture du Rapport du Conseil d'Administration, et du Rapport des Commissaires des Comptes, approuve les comptes et le bilan qui lui sont présentés et donne aux administrateurs quitus de leur gestion pour l’exercice 1910. s
- DEUXIÈME RÉSOLUTION
- L’Assemblée générale des. actionnaires faisant application du dernier paragraphe de l’article 42 des statuts, décide le paiement, k titre d’intérêt, intercalaire, d’un dividende de 4 % aux actions.
- L’Assemblée générale ratifie, en tant que de besoin, le paiement qui a été fait* sur délibération du. Conseil d’Administçation., au i5 janvier 19,11, d’un acompte sur dividende de 10 francs par action.
- Le solde du dividende, soit 10 francs, sous déduction des impôts dus pour le dividende total, sera payé aux actionnaires à dater du i5 mai 1911, aux caisses suivantes : ' ' ~
- Au Siège social : 69, rue de Miromesnil, à Paris.
- A la Banque de Bordeaux, 8, rue d’Orléans, à Bordeaux.;; place Jourdan, à Limoges; rue Chauchat, à Paris et dans ses succursales.
- A la Banque Privée, 41, rue de l’Hôtel-de-Ville, à Lyon; 3, rue Pillet-Will, à» Paris et dans ses- succursales et agences.
- A la Banque Transatlantique : 10, rue de Mogador, à Paris.
- La somme à payer par action, en échange du coupon N° 2, s’élèvera donc à :
- Pour les actions nominatives, 9 fr. 20. '
- Pour les actions au:porteur, .7 fr. gS.
- TROISIÈME RÉSOLUTION L/Assemblée générale nomme, comme Commissaires des Comptes r
- MM» Marcel Forret, ingénieur des Arts et Manufactures, demeurant 207, Boulevard’ P'erei're, à Paris-,
- Engelbert de Ferry, chef du Service financier de Ia> Bénque de Bbrd'eanx-, 7, cours* «FAcpirtaln», à' Bordeaux; et fixe la rémunération des commissaires à la somme de a5o francs (deux »cen-(f cinquante' francs1) pour cfrawu©
- T » ^
- cl eux.
- Elle décide qu’en cas d’empêchement ou de décès, de. jl’un des Commissaires des Comptes, l’autre pourra . «opérer seul.
- L’Assemblée constate l’acceptation des Commissaires désignés par elle.
- QUATRIÈME RÉSOLUTION
- L’Assemblée générale donne acte au Conseil d’Administratibh du compte rendu qui Pui a été fàit,eo»'formémaMt à l’article 40 de la loi du 24 juillet 1867, de l’exécution des marchés on entreprises traités avec l’es- membres du Conseil d”Administratxon ou avec des Sociétés auxquelles ils appartiennent, lira donne acte1 de tontes l’es* conventions intervenues, et lés’approuve d’une façon définitive entant) que de besoin.
- EUq leur renouvelle, pour l’exercice 1911, l’autoriisation prévue par lut loi précitée.
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- COMPAGNIE DES CHEMINS DE FER DÉPARTEMENTAUX
- DE LA HAUTE-VIENNE
- BILAN au 31 décembre 1910
- ACTIF
- Terrains (Domaines particuliers de la Compagnie) PR. C. 3o 827 73 1 542 870 97 100 oa3 45 862 071 54 1 911 124 75
- Participation dans les dépenses d’établissement remboursable, sous forme d’annuités, par le département de la Haute-Vienne (article 9 de la Convention)
- Cautionnement
- Actionnaires 58g ia5 00 En Caisses et Banques 147 901 21 Débiteurs divers 112 210 63 Impôts sur titres 12 834 70 Avances sur travaux et commandes en cours
- 4 446 918 44
- PASSIF
- Capital l'R. C. 3 75o 000 00 i5o 000 00 4 705 00 542 213 44
- Intérêts intercalaires
- Créditeurs divers ... r «
- Entreprise des travaux
- 4 446 918 44
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