La Lumière électrique
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- La Lumière Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L'ÉLECTRICITÉ
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- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. D’ARSONVAL A. BLONDEL Eric GERARD M.LEBLANC
- PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE, INGÉN. EN CHEF DES PONTS ET CHAUSSÉES, DIRECTEUR DE L’iNSTITUT ANCIEN PROFESSEUR A
- MEMBRE DE L’INSTITUT Pr A L’ÉCOLE DES PONTS ET CHAUSSÉES ÉLECTROTECHNIQUE MONTEFIORE L’ÉCOLE SUPÉRIEURE DES MINES
- G. LIPPMANN D. MONNIER H. POINCARÉ
- PROFESSEUR A LA SORBONNE, PROFESSEUR A L’ÉCOLE CENTRALE MEMBRE DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES MEMBRE DE L’iNSTITUT DES ARTS ET MANUFACTURES ET DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE
- VWWVA/WWWM/M
- A. WIT2
- Dr DE LA FACULTÉ LIBRE DES SCIENCES DE LILLE, MEMBRE CORR*- DE L’iNSTITUT
- RÉDACTEUR EN CHEF :
- R. CHASSERIAUD, Ingénieur,
- ancien élève de l’École Polytechnique et de l'École Supérieure d’Électricilé.
- TOME XV (a* Série)
- 3e TRIMESTRE I 9 I I
- AVJWW*^
- ADMINISTRATION et REDACTION
- l42, RUE DE RENNES, l42
- PARIS VIe
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- Tron te-trolslftme année.
- SAMEDI 8 JUILLET 1911.
- Tome XV (3' série)* — N° 27,.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- - REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ELECTRICITE
- -À
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 5. — W. Gexkin et A. Schillès. Étude expérimentale d’un compteur à courant alternatif, p. 7. — A. Guyau. Sur le rôle d’une self-induction et d’une capacité à la base d’une antenne, p. i3.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Recherches expérimentales sur les étincelles de décharge, p. i5. — Méthodes et appareils de mesures. Sur la mesure des champs magnétiques en valeur absolue, P. Sève, p. i5. — Etude, construction et essais de machines. La détermination du décalage entre la tension aux bornes et la force électromotrice induite dans un générateur synchrone, J. Ltska. et O. Szilas, p. 16. — Usines génératrices. Groupe auxiliaire dans les installations d’éclairage et traction avec batterie d’accumulateurs, L. Jacobitti. p. 17. — Variétés. Le Congrès International des applications électriques de Turin, p. ai. — Bibliographie, p. a3. — Chronique industrielle et financière. .Votes industrielles. Com-mutatrices, p. 26. — Etudes économiques, p. 27. — Renseignements commerciaux, p. 29. —Adjudications, p. 3i.
- ÉDITORIAL
- Les compteurs électriques soumis, dans certaines installations modernes, à des variations de voltage très importantes, doivent être étudiés en conséquence.
- La méthode proposée, aujourd’hui, par MM. W. Genkin et A. Schillès met en évidence le rôle de la puissance de l’aimant ; les auteurs montrent, en effet, que lorsqu’un compteur a été examiné par leur méthode, on peut toujours, quelle que soit la sensibilité qu’il a montrée aux variations de tension, ramener son erreur entre des limites admissibles, en choisissant convenablement la puissance de l’aimant.
- Un calcul de M. Guyau précise le rôle de
- la self-induction et de la capacité placées à la base d’une antenne de T. S. F. : on sait que c’est sur ces éléments qu’on agit pour accorder l’antenne.
- Bien que limitée aux antennes constituées par un simple fil vertical, l’étude de M. Guyau donne, comme on le verra, des conclusions intéressantes et que l’expérience a très suffisamment confirmées.
- Un certain nombre de recherches expérimentales sur les étincelles de décharge, dues à MM. Hemsalech, A. Léauté, G. Caudrelier, ont précisé différents points de détail, en particulier au sujet des oscillations dont l’étincelle est le siège.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série). — N»27.
- Une méthode, proposée par M. P. Sève, peut permettre d’effectuer la mesure des champs magnétiques en valeur absolue avec un© très haute exactitude. Un champ de 15 oqq gausa peut, être ainsi estimé aveo une précision de l’ordre du millième.
- MM. J. Lislca et O. Szilas, en étudiant la force synchronisante qui agit sur les générateurs synchrones travaillant en parallèle sur un réseau, ont été amenés à déterminer par une méthode, intéressante le décalage entre la tension aux homes et lu force éleçtromo-trice induite dans ces machines.
- Les auteurs se sont sei’vis d’un électrodynamomètre et ont fait agir sur ses deux équipages respectivement l’une des deux tensions dont on cherche l’écart de phase.
- de procédé, donne directement le décalage dans le temps,, que la machine à laquelle on T'applique soit bipolaire ou multipolaire.
- Une formule, approximative simple permet de représenter les résultats obtenus d’une manière très satisfaisante.
- Un dispositif, réalisé par M. L. Jacobitti dans une centrale italienne, permet de rendre automatique le réglage de la tension ainsi que celui de la charge et de la décharge de la
- batterie d'accumulateurs : on sait que ce réglage est généralement assuré par la mise en circuit ou hors cii’cuit des éléments de queue, dont l’usure est très rapide en raison de l’irrégularité du travail qui leur est imposé.
- Dans le système de M. Jacobitti, deux dynamos sont montées en série avec la batterie : la combinaison des deux caractéristiques permet de donner au fonctionnement de l’ensemble la souplesse cherchée, sans sacrifier le rendement.
- Nous donnons ensuite des détails complémentaires sur le prochain Congrès international des applications de l’électricité qui se tiendra à Turin, cette année.
- La liste des rapports et les noms des rapporteurs sont une garantie que l’œuvre du Congrès méritera d’être suivie attentivement par tous les électriciens.
- Dans nos « Bibliographies », nos collaborateurs rendent compte de divers ouvrages intéressants.
- L’un des plus remarquables est le Cours de mathémathiques de M. H. Bouasse, qui soulève des questions d’une importance générale pour l'éducation et l’enseignement des ingénieurs.
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- ÉTUDE EXPÉRIMENTALE D’UN COMPTEUR A COURANT ALTERNATIF
- Le progrès de l'électrification des grosses usines, réalisé depuis quelques années, a nécessité la création de réseaux spéciaux de distribution de force motrice, complètement séparés des réseaux de lumière. Alimentés généralement par l’intermédiaire d’une ligne de transport, ces réseaux sont assujettis à des variations de voltage considérables, atteignant io et même 20 % du voltage normal. Dès lors, il est clair que les compteurs électriques, appelés à fonctionner sur de tels réseaux, se trouvent soumis à des conditions bien différentes de celles des réseaux d’éclairage et doivent posséder des caractéristiques différentes pour satisfaire à des conditions nouvelles.
- La présente étude essaye de donner une méthode simple, facilement réalisable dans un laboratoire industriel et suffisamment exacte pour permettre à l’exploitant de faire le choix du type de compteur répondant aux desiderata d’un réseau de force motrice.
- L’inconstance du voltage étant caractéristique pour un réseau de ce genre, on s’est surtout attaché à mettre en évidence l’influence de ces vax’iations sur le fonctionnement du compteur, dont l’erreur, comme on verra par la suite, peut toujours être ramenée aux limites prescrites par un choix judicieux de la puissance de l’aimant.
- Accessoirement, on était conduit à appliquer la même méthode pour suivre la marche de l’appareil sous l’influence des autres facteurs (courant, facteur de puissance).
- Pour rendre l’exposé de la méthode plus facile, nous rappelons brièvement le principe de fonctionnement d’un compteur; On sait que dans un tel appareil on cherche à obtenir une vitesse rigoureusement proportionnelle à la puissance à enregistrer. En effet, le couple-frein dû à l’aimant permanent étant
- proportionnel à la vitesse, on obtiendrait P
- P = a», K; d’où 6), = —. On voit, a priori,
- que la proportionnalité rigoureuse ne peut être réalisée, carie couple-moteur est obtenu par la combinaison de deux champs, de valeurs très inégales, l’un proportionnel "à la tension, très important et sensiblement constant, et l’autre faible et proportionnel à l’intensité. Le champ résultant ayant, par
- Courant alternatif, //SûV
- cc
- 110Y
- Fig. 1. — Montage.
- conséquent, des propriétés analogues au champ elliptique, développera dans un système mobile un couple composé d’une partie motrice et d’un couple-frein intérieur, de sorte que le couple total aura pour expression :
- Couple =/i (E, I, cos cp, w) — /2 ((«>,, E,lj
- ; I
- où E est le voltage, I le courant, cosj> le
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2* Série).— N» 27.
- facteur de puissance, w la fréquence, w, la vitesse du disque.
- Le fonctionnement d’un compteur est donc caractérisé par la forme des fonctions et/2 que nous tâcherons de déterminer expérimentalement.
- Les essais ont été faits au laboratoire de la Société du Gaz et de l’Électricité de Marseille, en utilisant le courant de distribution.
- freinage équilibrant à chaque vitesse le couple du compteur. On connaissait la vitesse ci»! du disque et la valeur du flux et on calculait le couple par la formule :
- Couple = ü)i*ï>2.
- En portant les valeurs du couple en ordonnées et les vitesses en abscisses on a obtenu une série de courbes pour différentes
- Le compteur étudié, destiné à mesurer la puissance d’une distribution électrique triphasée à phases non équilibrées, comportait deux moteurs agissant sur le même système mobile et avait les spécifications suivantes : 44° volts, io ampères, 2.5 périodes, C = 7 5oo ; il était branché en monophasé.
- Pour étudier le couple en fonction de la vitesse, on disposait (fig. i), à la place de l’aimant permanent du compteur, un électro-aimant continué courant réglable. Les facteurs E, I, cos <p, w restant constants, on faisait varier le courant dans l’électro et par conséquent le
- valeurs de E, I, cos <p dont nous donnons l’exemple sur la figure 2. Ces lignes étant très sensiblement des droites, l’expression du couple devient :
- Couple — fi (E, I, cos cf-, w) — a),/"2 (E,I).
- On remarque que pour la vitesse u>l = o on obtient la valeur du couple statique qui se détermine par l’intersection d’une ligne droite avec l’axe des ordonnées.
- L’intersection de la même droite avec l’axe horizontal donne la vitesse du compteur à vide, c’est-à-dire privé de son aimant. Il s’en-
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- 8 Juillet 1911. LA. LUMIERE ÉLECTRIQUE
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- suit qu’on pourra tracer les droites donnant les valeurs du couple pour chaque vitesse sans faire l’essai à l’électro-aimant réglable, mais seulement en connaissant pour chaque valeur de E, I, cos ® les valeurs des couples pour vitesse nulle (essai statique) et les valeurs des vitesses à vide pour couple nul (essai dynamique).
- Les mesures de couple statique se faisaient au moyen d’un ressort immobilisant le disque
- Si l’on veut, par exemple, étudier l’influence des variations du voltage (entre 20» et 5oo volts) sur la marche du compteur, on relève les vitesses sans aimant sur la figure 3-pour 200, 3oo, 4oo, 45o et 5oo volts et on le» porte en abscisses sur la figure 4- On relève,, ensuite, les valeurs des couples correspondant aux mêmes voltages et on les porte en ordonnées à une échelle arbitraire (fig. 4)' En joignant deux par deux les point»
- Fig. 3. — Couple statique en fonction du voltage, à 7,8 ampères (courbe i\ — Vitesse sans aimant en fonction du voltage, à 7,8 ampères (courbe 2).
- et dont la torsion était proportionnelle au couple. On observàitlesdéviations àl’aided’un miroir fixé sur l’axe du compteur, qu’on soumettait à un couple variable avec tension (fig. 3), courant (fig. 5) ou décalage (fig. 7). On mesurait dans les mêmes conditions les vitesses du compteur sans aimant (mêmes figures).
- Ces essais fournissent tous les éléments nécessaires à la construction des droites et, par conséquent, caractérisent, comme nous allons le montrer, le fonctionnement du compteur.
- correspondants on obtient la série de droites.
- Etant donnés ces graphiques le calcul d’erreur se fait de la façon suivante.
- Faisons fonctionner le compteur sous 4»o volts et 7,8amp. Nous savons que, pourtoutes les valeurs du frein, le couple se trouvera sur la ligne droite A B. En adoptant pour l’aimant permanent une valeur telle que la constante du compteur, supposé exact, soit 7 5oo on
- w
- trouvera que sa vitesse est —z— = o,4t
- 7 000 '
- tours-seconde. Portons cette valeur sur le
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- *0
- diagramme 4 et traçons par ce point une ligne parallèle à l’axe vertical jusqu’à l’intersection D avec la ligne droite A B.
- La droite OD représentera, à la môme échelle conventionnelle, le couple frein de l’aimant en fonction de la vitesse.
- Les points d’intersection de la droite O D avec les droites correspondant aux voltages de 200, 3oo, 4oo et 5oo volts détermineront les régimes du compteur pour ces voltages.
- En faisant le môme calcul mais pour une autre puissance de l’aimant correspondant à une constante du compteur égale à 16000, on obtiendra la droite O E et les erreurs du compteur aux mêmes voltages se trouveront réduites à — i ,34 % et -f- 2,87 %. On voit dans quelle proportion on améliore le fonctionnement du compteur en doublant la valeur de sa constante. La figure 8 correspondant à la constante de 7 Soo a été
- Tours par seconde
- Fig. 4. — Couple en fonction de ia vitesse pour 5oo,45o, 400, 3oo, 200 volts, à 7,8 ampères. (Courbes construites d’après la figure 3.),
- Ainsi on trouve, pour 4°o volts, une vitesse de o,44 tours-seconde tandis qu’elle devrait
- être, si le compteur était exact, de
- o>47X4oo
- 600
- = o,4i8 tours-seconde.
- Le compteur aura {donc à 4°° volts une
- . -, . o,44 — 0,4*8
- avance égalé a ——:—r—r------= 5,27 %. Pour
- ^3t?{o,4i8 J
- Soo’volts il aura un retard égal à
- 0,622 — 0,49 0,52 2
- = d, >3 %.
- construite par points à l’aide de la figure 4* Le même procédé est applicable à la variation du compteur avec l'intensité -ou avec le facteur de puissance. Ainsi on a déduit la figure 9 des figures 5 et 6 et la figure 10 de la figure 7 (*).
- C) Il finît remarquer que le réglage du décalage intérieur du compteur a une très grande influence sur la courbe d’erreurs correspondant au facteur de puissance variable.
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- Tours par seconde
- 8 Juillet mi.
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- Fig, g, — Couple statique (courbe i) et vitesse sans aimant (courbe a) en fonction de l’intensité, à 5oo volts.
- t,$0
- Tpi/i’p ppr se p onde
- 6,50
- Fig. .6. Couple eu fonctàû» (le la vitesse pour i, a, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 et jo ampères, à 5oo volts. (Courbes construites d’après la figure 5.)
- Couple
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- S °-S0
- cos qp
- Fig. 7. — Couple statique (courbe 1) et vitesse sans aimant (courbe 2) en fonction du facteur de puissance,
- à 4p5 volts, 4 ampères.
- Ampbres g
- 1 ! Z 4. 3 6 7 8 3 10
- ♦21. 0
- -Z'/-
- Fig. 9. — Influence de la charge.
- cos 9 o,zs
- 0.50
- Ml°+S7*
- H 0
- —I-sv»
- Fig. 10. — Influence du facteur de puissance.
- Toutefois il est préférable de mettre les droites de la figure 6 en équation y = a — bx
- n tirant les paramètres de la figure 5 ; on opé-
- rera par calcul au lieu de se servir de la méthode graphique qui devient peu précise, par suite de la faible divergence des droites de la figure 6. W. Gknkin et A. Souillés.
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- SUR Lù ROLE D’UNE SELF-INDUCTION ET D’UNE CAPACITÉ A LA RASE D’UNE [ANTENNE.
- L’accord de la période propre d’une antenne, soit avec celle des ondes reçues, soit avec celle de l’antenne sur laquelle on veut agir se fait aisément par l’introduction à la base de l’antenne d’une self induction et d’une capacité variables.
- Je me propose ici de préciser, au point de vue mathématique, le rôle de ces éléments de réglage.
- f
- C
- Je me placerai dans le cas simple d’une antenne verticale à une seule branche. Soit l la longueur de l’antenne comptée à partir du point B (fig. i). Soient u et i le potentiel et l’intensité le long de l’antenne et -( et w sa capacité et sa self linéaire. Les équations bien connues de jiropagation le long de l’antenne sont :
- Ù2Î _ y* ü?
- ôt2 ùx2
- du ôi ' àt d.ï
- 710
- Conditions aux limites. — La présence de la self L et de la capacité C à la base de l’antenne vont me permettre d’écrire les conditions aux limites qui détermineront la solution du système (1). Si l’on admet que l’intensité a une valeur constante /0 = ix = 0 de B en O, ce qui ne doit pas être très éloigné de la réalité, on a les relations évidentes :
- -'• = cs(v*-v*>-
- __ T ---- V V
- L d7-*~
- d’où :
- àt
- (y0_VB)==_L^
- i
- 0
- G’
- d’où le système d’équations aux limites :
- Je chercherai à satisfaire à ces équations par une intégrale de la forme
- i == sin a„ [x — l) sin (Vant — <p„).
- En faisant les identifications nécessaires, l’équation (3) s’écrit (en y faisant x — o) :
- l
- L V«„
- G Va,,
- («)
- et l’intégrale générale de l’antenne oscillant seule se présente, au moins fort vraisemblablement, sous la forme :
- i = 2A(l sin a„ (x — l) sin (Va,,t — ip„). {b)
- Les a„ sont racines de l’équation transcen-
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- T. XV (2* Série). «N*it.
- dante [a). L’harmonique fondamental est d’ailleurs le seul qui nous intéresse en général. Ces formules solutionnent la question dans le fcas de l’emploi simultané d’une capacité et d’une self.
- J’étudierai spécialement les cas d’inie self seule et d’une capacité seule.
- i° Réglage par la self'seule. — C = oo .
- L’équation [a) s’écrit :
- Remarquons que yV2 représente la capacité de l’antenne par centimètre en unités électrostatiques. L’harmonique fondamental est tel que
- les intégrales particulières est la même que dans l’étude des harmoniques d’un circuit fermé présentant une capacité et une self uniformément réparties. Dans ces conditions, la série (b) représente bien l'intégrale générale, ainsi que Ta montré M. André Léauté (’) dans la remarquable étude mathématique qu’il a faite de la question.
- a0 Réglage par la capacité seule. — L = o
- * Y /
- (*,;/) cot a.,,1 = — -g-.
- J’ai pôtir le prômiei’ harmonique :
- (5)
- et comme la longueur d’onde de cet harmonique est donnée par la relation
- a0Xe = ait, (6)
- je déduis de (5) et (6) :
- *0 > My
- ce qui met en évidence le rôle de la self de réglage, qui est d’augmenter la longueur d’onde de l’harmonique fondamental. D’après ce qui précède, il semble que si L croît indéfiniment, a.,,1 tendant vers o, X0 doive croître indéfiniment. Sans entrër dans la discussion mathématique complète de la question, il est évident que les Oscillations ayant à franchir une réactance de plus en plus grande, l’importance de cet harmonique ira en s’affaiblissant, tandis que le second harmonique prendra une importance de plus en plus considérable.
- 4e harmonique
- a, l = 7C, ajX4 = air.
- D’où :
- Xt =: al ;
- l’antenne se met à vibrer en demi-onde comme un oscillateur de Ilerz entier (•).
- Remarque. — La manière dont se présentent
- *
- ao< > -,
- a
- a qXq — nZf
- d’où :
- Xq < 41.
- Le rôle de la capacité est inverse de celui de la self et diminue d’autant plus la longueur d’onde du premier harmonique que cette capacité est plus petite. Lorsque C tend vers o, anl tend vers
- Kw et les X vers ^ et, comme dans le cas d’une
- self infinie, l’antenne se comporte comme un oscillateur de Ilerz complet, résultat évident a priori, puisqu’une capacité nulle équivaut au sectionnement de l’antenne au ras du sol.
- Comme dans tous les problèmes de télégraphie sans fil, ce calcul ne saurait prétendre qu’à indiquer la marche générale des phénomènes. En particulier, il ne convient pas de perdre de vue qu’avec les longueurs d’ondes relativement courtes des courants à haute fréquence, la conception dé self et de capacité linéaire n’a généralement aucun sens. C’est d’ailleurs ce que montrent lés expressions
- 7 — ï^ra — —"—7 (U.E.S.)
- a logc-
- j = 0) = a log0 i (U.E.M.)
- (t) Voir Télégraphie sans fil, par Boulanger et Ferrie, p. 65, édition 1909.
- (1) André Léauté, thèse Paris. Gauthier-Yillars.
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- qui ne sauraient être indépendantes de l qu’au-tant que log l est négligeable devant log /, c’est-à-dire qu’autant que le rayon de l’antenne est infiniment petit.
- Sous ces réserves, j’ai procédé au Laboratoire Central d’électricité à une vérification des formules ci-dessus.
- Les capacités et les selfs ont été mesurées par les méthodes de Sauty et d’Anderson sous une fréquence de 800 à 1 000 périodes avec des écouteurs téléphoniques Sullivan ordinaires ou monophoniques.
- Longueur de l’antenne : 30,60 m.
- Diamètre de l’antenne : o,3 cm.
- Capacité linéaire de l’antenne :
- ou sensiblement
- al = y/8,7 10—(i) 2 = 0,295.
- Donc
- X =------- 3 060 = 65 000 cm,
- 0,295
- Les constantes du circuit de résonance (onde-mètre) étaient d’autre part :
- L — i,3.io_t lienrys,
- G = 8,5.io—* 10—0 = 8,5 10—10 farads,
- d’où
- fV2
- , l 4,6 log)0 20 4«0 10,8
- 2 loge -
- (U.E.S.)
- Self intercalée à la base de l’antenne : 7.10® cm, d’où :
- al Ig al
- 3 060
- = 8>7-io-2>
- 7.10°
- 19.8
- X = 3io10 27c y/i,3 X 8)5 10—’* = 62 5oo cm.
- La différence de 0,04 entre la longueur d’onde calculée et la longueur d’onde mesurée établit un accord très satisfaisant entre la théorie et l’expérience; j’estime d’ailleurs qu’en pratique il ne serait pas prudent de compter sur un aussi faible écart.
- A. Guyav.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Recherches expérimentales sur les étincelles de décharge. — Comptes Rendus, 10 avril, 29 mai et 19 juin 1911.
- M. A. Hemsalech a établi l’existence d’un deuxième spectre de lignes de l’air, lequel est émis exclusivement par les oscillations de l’étincelle électrique ; puis il a reconnu, comme suite à des recherches antérieures (*), que, pour une distance explosive donnée, l’intensité du spectre de la décharge initiale d’une étincelle de self-induction varie en raison inverse de la capacité du condensateur et en raison directe de la self-induction du circuit de décharge.
- D’autres recherches, consacrées par M. A. Léanté à l’étude du potentiel disruptif, ont mis en évidence ses irrégularités, qui, dans l’air, sont plus nombreuses pour une charge rapide que pour une charge
- (i) Voir Comptes Rendus, t. CXLI, igo5, p. t 227 et
- t. CXLIV, 1907, p. 692.
- lente, tandis que c’est l’inverse dans l’huile, le pétrole, la paraffine, etc.
- Enfin M. C. Caudrelier a montré que les traits lumineux qui se produisent dans les étincelles de faible longueur sont causés par des oscillations, dont la fréquence est de l’ordre de 10 000 par seconde.
- A. S.
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- Sur la mesure des champs magnétiques en valeur absolue. — P. Sève. — Comptes Rendus, 29 mai 1911.
- Dans la méthode employée par l’auteur, une bobine de surface s est enlevée dans le champ II à mesurer; dans le même circuit se trouve une bobine de surface S placée dans un champ connu h (dû au passage d’un courant connu dans un solénoïde). On s’arrange pour que la quantité d’électricité produite par l’enlèvement de la bobine soit égale à celle qui résulté de l’inversion du courant dans le solénoïde.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série). — N° 27.
- On a alors :
- H* = 2 h S.
- Au lieu d’un balistique ordinaire, on a employé, •dans ces expériences, un lluxrnètre qui permet d’utiliser les méthodes de-zéro. Le rapport des surfaces S et s, égal à 5 370 environ, était mesuré électriquement.
- En employant simultanément la balance de Cotton • et les méthodes d’induction de l’auteur, on mesure avec sécurité des champs magnétiques de l’ordre de i5 000 gauss avec une précision de l’ordre du millième.
- A. S.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- La détermination du décalage entre la tension aux bornes et la force êlectromotrice induite dans un générateur synchrone.—J.Liska et O. Szilas. — Elektrotechnik und Maschinenbau. — a 6 avril 1911.
- On sait que la partie tournante d’une machine •synchrone travaillant en parallèle peut être assimilée à un pendule ayant comme durée d’oscillation :
- Le moment d’inertie I se laisse aisément mesurer ou calculer ; M étant le couple de rotation et 0 le décalage entre la tension aux bornes et la force élec-M
- tromotrice, — est la force synchronisante (à laquelle
- correspond, pour le pendule, la force directrice).
- Pour connaître cette force synchronisante, il est nécessaire d’avoir l’angle 0. Or MM. Gorges et Weidig, ainsi que M. van Dyck, l’évaluent en mesurant l’angle que font dans l’espace les rotors de deux machines couplées en parallèle, mais cette méthode ne donne directement l’angle 6 que sur des machines bipolaires et exige des conditions d’expérience très parfaites ; c’est dire qu’elle ne peut être appliquée dans des centrales quelconques. Les auteurs se sont servis de l’électrodynamomètre en mettant respectivement l’un des deux équipages sous l’influence du vecteur force électromotrice induite et l’autre sous l’influence du vecteur tension aux bornes, selon le dispositif qui va être décrit : on mesure ainsi directement le décalage dans le temps.
- La génératrice n’a pas été branchée sur le réseau,
- mais on a constitué pour elle un circuit propre de mise en charge, estimant qu’011 pouvait ainsi avoir le même décalage sans s’exposer aux à-coups du réseau. Un accouplement rigide pourvu d’un engrenage multiplicateur reliait cette génératrice à une petite dynamo auxiliaire de 10 watts de puissance.
- En mesurant d’abord le décalage entre la tension de la dynamo auxiliaire et la tension à vide E du générateur principal et ensuite l’angle entre cette même tension auxiliaire et la tension V en charge, on avait par la différence des deux lectures le résultat cherché.
- Fig*. 1. — Montage.
- La figure 1 représente le montage adopté par les auteurs.
- On avait comme génératrice un alternateur triphasé à huit pôles d’une puissance de 80 kilowatts à 4^ périodes et 180 volts de tension composée. Faute d’électrodynamomètre on s’était servi d’un watt-
- Fig. a. — Décalage 0 en fonction du couple.
- mètre à torsion de 1 ampère et 100 volts ; la bobine de tension était aux bornes de la dynamo auxiliaire du type bipolaire et recevait un courantde 0,09 ampère ; la dynamo principale envoyait un courant de
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- i ampèredans la bobine d’intensité, où une résistance réglable le maintenait constant.
- D’ailleurs, ce courant est négligeable devant le courant de charge de la génératrice. Les courbes de la ligure % (traits pleins) se rapportent à trois séries de résultats obtenus dans les conditions suivantes :
- Courbe /. — Excitation constante d* 45 ampères1; génératrice à vide sous 180 volts; fréquence 42-
- Courhe IL — Tension aux bornes constante de 180 volts.
- Courbe JIL — Excitation constante de 71 ampères; tension aux bornes de 180 volts à charge maxima.
- Les traits interrompus correspondent aux valeurs des angles 0 calculées d’après la méthode de Arnold-Lacour. Les tangentes des angles compris entre les courbes et l’axe des ordonnées représentent évidemment les forces synchronisantes ' ' .
- On prouve graphiquement que ces forces peuvent
- . , E.V
- sous certaines reserves ctre exprimées par m.----,
- où z est généralement l’impédance de court-circuit et m le nombre de phases. La concordance entre les valeurs des forces synchronisantes trouvées au moyen de celle formule et les valeurs tirées des courbes de la figure 2 est très sensible.
- On arrive à une exactitude plus grande lorsque la dynamo auxiliaire possède un stator tournant avec cercle gradué. Dans ce cas, on n’a qu’à déplacer ce stator dans la marche à vide jusqu’à ce que l’électr.o-dynamomètre soit au zéro ; on recommence l’expérience avec la génératrice en charge : la différence angulaire est lue sur le cercle gradué.
- La raison de la mise au zéro réside dans la considération que rélectrodynamomètre donnant le cosinus de l’angle, les lectures sont d’autant plus
- TT
- exactes que l’on est plus rapproché de
- Th. S.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Groupe auxiliaire dans les installations d’éclairage et traction avec batterie d’accumulateurs. — là. Jacobitti. — L'Eletlricista, vol. IX, n° 20.
- Dans les installations d’éclairage où les dynamos à courant continu travaillent en parallèle avec les
- accumulateurs, la tension à l’usine et la charge et décharge de la batterie sont réglées généralement à la main, selon le procédé ordinaire, au moyen d’éléments de queue.
- Ces éléments, chargés au moyen d’un survolteur, ou bien de la dynamo principale elle-même, ont une durée de plaques très brève, due au régime irrégulier de charge et de décharge et aux difficultés de les tenir sous un contrôle rigoureux.
- L’auteur veut montrer qu’en disposant une machine auxiliaire en série dans le circuit d'une batterie, on peut réaliser le réglage de la tension à l’usine, la charge et la décharge de la batterie, dans les limites extrêmes admissibles, le fonctionnement de l’usine dans les conditions de charge maxima et minima. On peut, enfin, rendre automatique tout le système, en rendant le travail de la batterie et le réglage de la tension sur la ligne de distribution indépendants du personnel de l'usine.
- Soit D la dynamo principale d’une distribution à % fils, B la batterie, a la machine auxiliaire reliée mécaniquement avec D ou avec un moteur séparé («g. 1).
- D et
- -Çy~
- B
- Imr. 1.
- La charge de la dynamo principale et la tension aux barres peuvent être maintenues à une valeur convenable, indépendamment de la tension de la batterie par un réglage convenable des rhéostats de champ des deux machines.,La machine a travaillera comme dynamo ou comme moteur, selon le régime de travail de la batterie et les différences des tensions.
- Dans tous les cas, soit E la tension de la dynamo-E0 celle de la batterie, e celle de la machine auxiliaire, on a la relation :
- E —J— E0 —j— e o.
- Pou r se rendre compte d’une manière concrète du fonctionnement du système, on peut prendre la comparaison hydraulique suivante, qui représente une approximation suffisante.
- La pompe D (lig. 2) élève l'eau à une certaine hauteur E que l’on veut constante ; de l’orifice I se déverse une certaine quantité. Si cette quantité est égale à
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- celle fournie par D, le niveau E pourra se main-tenir invariable et égal à celui de B. Mais si la quantité sortie par I est inférieure à celle fournie par D, il devient nécessaire, pour maintenir constant le niveau E> de faire agir la pompe a qui transportera le surplus en B, éleyant le niveau jusqu'à une certaine hauteur E0 maxima.
- Si, maintenant, les deux quantités sont égales, la pompe a devra travailler simplement pour s'opposer à la décharge du récipient B, sans effectuer aucun transport de liquide. Mais si la quantité sortie en I est supérieure à celle donnée par D, la différence sera fournie par B qui se videra, faisant agir la machine a comme turbine avec production de travail.
- Si alors la sortie en I diminue, le surplus d'eau donné par D retournera en B, faisant agir a de nouveau comme turbine.
- On voit que dans la charge et la décharge du récipient B, la machine a travaille comme pompe ou comme turbine selon que la différence de niveau du liquide dans les deux récipients et le mouvement dans le tube communiquant sont dans un sens ou l'autre.
- Par analogie, soit dans le diagramme de la figure 3 : AA la courbe de consommation en ampères ; la droite DD, la production constante de courant de la dynamo ; la courbe EE, la tension de l'usine aux diverses heures et pour les diverses consommations; la courbe E0 E0, la tension aux bornes de la batterie durant la charge et la décharge.
- Nous avons entre les points i et % la batterie en charge et sa tension est supérieure à celle de l'usine; la machine a travaille comme dynamo; entre 2 et 3
- la machine a travaille comme moteur, la batterie étant en décharge, et sa tension est encore supérieure à celle de l'usine ; entre 3 et 4, comme dynamo ; entre 4 et 5, comme moteur; entre 5 et 6, comme dynamo.
- Représentant par A le courant consommé à un moment donné, par D celui de la dynamo, par E la
- Fig. 3.
- tension de l’usine, par E0 celle de la batterie, l'énergie transformée par la machine a sera :
- K = (A—D)(E~E0).
- Si cette quantité est positive, la machine a travaille comme dynamo; si négative, comme moteur.
- Le sens de rotation de la machine auxiliaire est toujours le même; son excitation doit être dans un sens ou l'autre selon qu'elle travaille comme dynamo à la charge ou à la décharge; de même quand elle travaille comme moteur.
- Réglage automatique.
- Pour procéder à la charge de la. batterie B (fig. 4), on porte au moyen du rhéostat la tension opposée de la dynamo D à la même valeur que celle de la batterie. Le circuit étant fermé, pour
- D
- o
- Fig. 4-
- que la dynamo fournisse le courant de charge que l'on désire, il faudra augmenter son excitation; la batterie subira la même élévation de tension spécifique pour un état donné de charge et pour un courant donné. Au fur et à mesure que ce courant la traverse, l’état de charge et la tension croissent avec les ampères-heures emmagasinés et la dynamo, en même temps, fournit un courant qui
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- diminue selon l'allure de sa caractéristique externe. Arrive tut moment auquel le courant dévient nul, la charge ne continue plus et les tensions restent en équilibre. Si l'on veut continuer la charge, il est nécessaire d'augmenter l'excitation, ce qui fait ci'OÎtre la tension du système, et les mêmes phénomènes se répètent.
- On voit que la tension de là dÿriàmo suit parfaitement la côurjbe dé charge de la batterie, tout en restant liée à sa caractéristique externe.
- Soit D'D (fig. 5) la caractéristique êxterné de là dynamo, BË la courbe dé chargé d'une batterie, c*est-à-dire une courbe dans laquelle les abscisses indiquent lès heures, et lès ordonnées, les tensions que la batterie prend en sê chargeant. On peut facilement construire là courbé CG dont les ordonnées
- Fig. 5.
- i
- indiquent le courant fourni par la dynamo aux diverses heures de fonctionnement. Il suffit de mener d'üri point a l’horizontale cib jusqu'à la rencontre de la courbe DD en b et de porter sur l'ordonnée \ici le segment i C1 = OC.
- Supposons que nous ayons deux dynamos D et a en série pour charger la batterie. Gomme la caractéristique externe totale des deux dynamos en série est lasomme des deux caractéristiques partielles, elles se comportent comme une seule dynamo ayant pour caractéristique la somme de deux autres, donnant lieu aux mômes phénomènes. Dans ce cas, cependant, pour procéder à la charge avec une intensité de courant déterminée, on peut agir sur l’excitation de l'une ou l’autre dynamo ou des deux ensemble. En particulier, fixant en un certain point l'excitation de la dynamo D, on peut maintenir la tension constante et, par conséquent, le courant et la charge en variant au moment voulu l’excitation de la dynamo auxiliaire a.
- Evidemment, la manœuvre du rhéostat de la dynamo auxiliaire a, pour les variations de teftsiôn ci-dessus, peut être faite automatiquement, moyennant un relais voîtmétrique relié aux bornes de D et un
- orgàtié qui commande le rhéostat de l'excitation de a.
- Supposons maintenant que des bornes de la dynamo D on dérive un courant I à travers une résistance II ; Une quantité de courant moindre ira à la batterie, dont la tension s’àbaissé; de même la tension de D et de « s’abaisserait si le régulateur automatique n'intervenait pas pour augmenter l'excitation de a et maintenir celle de D constante.
- La même chose arrive, si on suppose le courant I supérieur à celui fourni par D; la batterie est alors obligée de se décharger à travers a. Dans ce cas la machiné a travaillera comme moteur avec excitation invariable, ou au contraire comme dynamo avec excitation inverse quand la tension de la batterie tendra à s'abaisser au-dessous de celle quia été fixée.
- Le régulateur automatique doit donc agir dans un sens ou l'autre sur l’excitation de la machine auxiliaire et l’organe moteur doit être commandé au moyen d’un relais voîtmétrique en dérivation sur les barrés. De cette manière, la dynamo principale travaillera à tension constante sous la charge constante que l'on désire.
- La tension de D, qui représente celle de l'usine, ne doit pas être, maintenue constante, mais varier avec la charge externe et précisément selon la formule :
- E = E4 + h I,
- E, étant la tension constante au centre de la distribution et k la constante de la ligné d'alimentation. Il est donc nécessaire qu'à la bobine voîtmétrique du relais soit ajouté un deuxième enroulement en série avec la ligne d’alimentation de la distribution externe et en opposition avec l'enroulement dérivé. Ce deuxième enroulement doit être calculé et réglé pour chaque cas selon la résistance de la ligne qui alimente le centre de distribution.
- Fig. 6.
- Pour une installation à 3 fils (fig. fi), on aies mêrnès considérations ; on a un groupe formé dé trois machines reliées mécaniquement qui travaillent comme dynamos ou moteurs selon les conditions du. service.
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- Il faut enfin observer que l’appareil automatique, en général formé d’un petit moteur qui déplace le levier du rhéostat, étant doué d’inertie, s’il répond aux variations de charge d’une installation de lumière, ne corrige pas avec la même vitesse les fluctuations rapides de tension dans les installations mixtes de lumière et de traction. Dans ce cas, il est nécessaire que les machines a du groupe aient des inducteurs avec enroulements compound, dans le circuit série desquels circule une fraction déterminée du courant de traction. Ceci compense les variations instantanées; le régulateur automatique intervient pour un réglage plus précis.
- Calcul des machines du groupe.
- Nous avons vu que l’énergie donnée ou reçue par. la machine a est donnée par la formule suivante :
- K = (A — D) (E — E0) = C (E — E0)
- G étant le courant de charge ou de décharge.
- Fonctionnant comme dynamo à la décharge, le maximum de cette expression, C étant le maximum de courant admis à la charge ou à la décharge, est égal à :
- K,
- G (E,
- E
- 0min J
- et fonctionnant de même à la charge:
- Kma* = C (E
- Qinax
- E,
- Si on veut que la machine travaille à un maximum égal, tant à la charge qu’à la décharge, il suffit d’écrire :
- à 25o et aao volts et pour un maximum de courant de charge ou de décharge de 90 ampères, on a :
- n — io5; Kmax = (2,7 n — Emla)C = 5,58 kw.
- Dans le schéma à 3 fils, la puissance de b sera : 2 X 5,58 kw. = 11,16 kilowatts, soit 18 chevaux environ. Le nombre des éléments ainsi calculés, qui conduit à des machines de la plus faible puissance utile et à la plus grande économie dans les frais d’installations, ne convient cependant pas dans les petites centrales dans lesquelles la batterie seule fera le service des heures avancées de la nuit, la dynamo principale et le groupe étant ainsi au repos. Dans les heures très avancées de la nuit, la charge est minime et à peu près constante, et minime aussi la perte dans les feeders ; les variations de charge et tension ont peu d’influence ; tout réglage devient inutile, et un nombre fixe d’éléments pourra faire le service avec une tension moyenne de décharge et un courant fixé.
- Ainsi, supposons que l’on doive maintenir à l’usine pendant ces heures-là une tension moyenne de 23o volts; le nombre des éléments sera environ 120.
- Alors la machine a devra développer sa puissance maxima à la charge et l’énergie correspondante sera :
- >-.
- Kmnx—(E0m„—Emin)C=(i2oX*,7—220)90=9,36kw
- et le moteur b du schéma à 3 fils devra être calculé pour 2 X 9,36 kw. = 18,72 kw., soit 3o chevaux.
- Rendement.
- E (Emax Eomin) ---- C ltEomnx Emjn)
- -et comme’ :
- Eomai —- 2,7 n et E— 1,8 n
- n étant le nombre des éléments de la batterie, on a :
- n = 0,222 (Emai + Emîn)
- expression du nombre d’éléments qui convient le mieux pour que la machine a travaille au même maximum de puissance tant à la charge qu’à la décharge. Il est facile de voir que, avec ce nombre d’élé- > ments, la même puissance maxima sera absorbée, •dans le cas de la marche en moteur.
- Pour des tensions d’usine maxima et minima égales
- N O I
- Il peut sembler qu’un groupe ainsi construit aura un faible rendement étant données la double transformation et les conditions de fonctionnement. Pour s’en rendre compte, il suffit de considérer la quantité d’énergie enjeu, parce que, quoique le rendement absolu soit très restreint, la perte d’énergie peut ne représenter qu’un pourcentage faible. L’énergie que le groupe transforme est donnée à chaque instant par :
- K = (À —D)(E —E0).
- Ayant un diagramme de consommation et les courbes de la tension, il est facile de tracer celle de l’cnergie transformée et les surfaces qui la représentent.
- Avec les données déjà exposées et comme il résulte du diagramme (fig, 3), cette énergie peut être
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- considérée comme représentée par deux surfaces principales ; la première durant le temps que la machine a travaille comme dynamo pendant la période de décharge, l’autre quand elle travaille encore comme dynamo à la charge. Elles peuvent être calculées approximativement en multipliant leur longueur par les deux tiers de la hauteur maxima.
- Soit la dynamo principale de 70 kilowatts qui donne i5o ampères et une tension moyenne de 2 X 23o volts et la batterie de 240 éléments avec courant maximum de charge ou décharge de 90 ampères. Dans la période de décharge, supposons la tension minima de la batterie de 2 X 23o volts et la tension maxima de la ligne, de 2 X 240 volts. A la charge, ne considérant pas la charge à fond — qui n’est pas du régime normal — la tension maxima de la batterie est 2 X 288; la tension minima de l’usine 2 X 227 ; le courant moyen de charge et décharge 5o ampères.
- Supposons 5 heures de décharge, et 7 heures de charge. L’énergie totale que le groupe transforme est :
- — [2X 240— 2X230) 5o X -f- (2 X 288 — 2 X 227) X 5o X 7] = 31,8 kw-h.
- Supposons le rendement moyen du groupe égal à 60 % ; l’énergie perdue est alors 21,2 kilowatts-heures. L'énergie totale produite est celle de la dynamo marchant douze heures au régime de 2 X Mo volts et i5o ampères :
- —— (2 X Mo X'5o X 12) = 828 kw-h.
- 1 000
- et la perle indiquée n’est plus que les 2,56 % de l’énergie produite, perte insignifiante qui descend à une limite encore plus basse quand le nombre de kilowatts-heures produit est supérieur ; pour des dynamos travaillant en parallèle,elle est moindre que
- celle que l’on rencontre dans les Autres systèmes où les dynamos à tension variable offrent un coefficient total de rendement assez restreint et où les groupes survolteurs ordinaires pour la charge des éléments de queue dissipent de l’énergie pour ramener en charge des éléments inégalement déchargés.
- Le système proposé, avec un seul corps de batterie, ayant un régime de travail égal pour tous les éléments avec dynamo fonctionnant à charge et tension presque constantes et avec le rendement maximum, offre, selon l’auteur, le grand avantage de la simplicité et de la facilité de la manœuvre.
- La constance de la tension est assurée automatiquement aux centres de distribution sans fils pilotes ni appareils équivalents.
- L’auteur étudia et proposa ce système pour la centrale de Catanzaro. Actuellement et depuis fin mars 1910, il fonctionne pour le service de la lumière de cette ville, répondant parfaitement aux conditions de simplicité recherchées, de réglage parfait et de fonctionnement tout à fait automatique.
- Dans cette centrale, il y a deux unités motrices à gaz pauvre de ioo chevaux chacune, dont une servant de réserve ; chacune actionne un groupe de deux dynamos en série sur bâti unique avec poulie centrale. La batterie est formée de 2 X 120 éléments Tudor, 270 ampères-heures de capacité, 90 ampères de charge et décharge; le groupe est formé par un moteur de 3o chevaux et deux dynamos latérales de 10 kilowatts chacune. Sur le tableau, chaque unité a ses appareils de mesure et de manœuvre avec interrupteur à minima; sur le panneau de batterie, il y a des interrupteurs à maxima, rhéostats pour le groupe, relais et appareils régulateurs.
- Pour ce qui regarde la ligne de distribution, étant donnée la forme allongée de la ville, on a formé trois lignes d’alimentation aboutissant à trois centres, desquels partent les circuits principaux sur lesquels sont branchés les circuits secondaires. La tension de distribution choisie a ‘été de 2 X 220 volts.
- VARIÉTÉS
- Le Congrès International des applications électriques de Turin.
- Nous avons récemment (*) annoncé la convocation
- de ce Congrès qui se réunira sous les auspices de l’Association Electrotechnique italienne, du 10 au 18 septembre 1911.
- Comme complément aux renseignements d’ordre matériel que nous avons déjà donnés, voici de nou-
- (*) Lumière Electrique, icr juillet 1911,
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- veaux détails sur l’organisation technique dn Congrès et les travaux qui doivent y être abordés,
- Le Congrès se subdivisera en sections qui seront les suivantes !
- I. Machines électriques et transformateurs.
- II. Installations et canalisations électriques.
- III. Instruments de mesure et appareils pour les installations.
- IV. Eclairage et chauffage électriques.
- V. Traction et propulsion électriques.
- VI. Télégraphie et téléphonie.
- VIL Accumulateurs, électrochimie, électrométallurgie et autres applications de l’électricité.
- VIII. Tarification, taxation et réglementation égislative de l’énergie électrique.
- Les sections commenceront leurs travaux par l’examen des thèmes établis préalablement par le Comité d’organisation. Sur chacun de ces thèmes un rapporteur désigné par le Comité d'organisation lira son rapport officiel ; on pourra, au besoin, nommer deux ou meme plusieurs rapporteurs pour certaines questions qui sembleront exiger ce développement.
- D’après le règlement du Congrès, auquel nous empruntons ces détails :
- Les rapports officiels sur les thèmes dont il vient d'être parlé devront être rédigés dans un esprit pratique et conforme au caractère du Congrès ; ils devront particulièrement résumer, aussi objectivement que possible, l’état des questions dont ils auront à s’occuper ; à la suite de celle exposition, les rapporteurs pourront faire, à leur. gr.é, connaître les résultats de leurs propres recherches et leur opinion personnelle.
- En dehors des rapports officiels, lc6 membres du Congrès pourront lire d’autres rapports ou faire des communications originales pendant le6 séances des sections, pourvu toutefois qu’il en nient, au préalable, fait connaître le'texte ou déclaré l’argument à la présidence du Comité d’organisation. Les communications de cette nature pourront former l’objet de discussions, comme d’ailleurs aussi les rapports officiels.
- Nous reproduisons ci-dessous la liste des thèmes et des rapporteurs :
- Dr Beiin-Eschenbukg (Oerlikon, Suisse). — Caractéristiques électriques et mécaniques des générateurs électriques modernes et considé-ations spéciales sur ceux à très grande vitesse.
- Dr Bisckmann (Berlin, Allemagne). — Etat actuel de la technique de l'accumulateur électrique fixe oii servant à la traction,
- Marche simultanée de plusieurs centrales qui .alimentent un même groupe de réseaux.
- Philip Torcuio (New-York, U. S. A.). — De la tension à choisir et de la construction des tableaux et des sous-stations dans les grandes installations électriques considérées sous le point de vue de l’économie des frais d'installation ot sous celui de la continuité du service.
- J. Gbosselin (Paris, France), — Des réseaux souterrains à haute tension reliés métaUlquement aqx lignes aériennes, (
- G. Facciom (Pittsfield Mass, U. 3, A,). :— Elat aetuel des études sur les surtensions et sur les systèmes de prévention et de protection qui s’y rapportent.
- E. Ragonot (Asnières (Seine), France). — De la construction et de l’emploi des interrupteurs automatiques.
- Le problème du refroidissement dans les transformateurs de dimensions moyennes.
- Prof. Silvanus P. Thompson (Londres, Angleterre).— Convertisseurs, redresseurs et moteurs-générateurs.
- P. Bu.Net fPtu-ip, Fi-apce). — Le problème de la transformation de la fréquence.
- Ing. C. Sabli (Berlin, Allemagne). — Le moteur triphasé à vitesse variable, considéré spécialement dans son application aux laminoirs et aux machines à papier.
- Prof. D. Wedding (Gross Lichterfelde (Os.), Allemagne). — De l’influence technique et économique des lampes à filament métallique et d.es lampe.8 9 arc avec charbons métallisés sur l’industrie de l’éclairage.
- La traction monophasée et la traction triphasée sur les lignes de grand trafic.
- F. -J. Spuague (New-York, U. S. A.). — La traction monophasée et la traction à courant continu à haute tension sur les lignes interurbaines.
- Gustave L’Hoest (Ixelles, Belgique). — La ligne de prise de courant dans les chemins de fer électriques.
- Ing, Remo Catani (Rome, Italie). — De Papier obtenu directement du minerai par l’emploi des fours électriques.
- Dr Erlwein (Nonnendamm-Berlin, Allemagne), — De la stérilisation de l’eau par les procédés qui utilisent l'électricité.
- Dr H. C. Sharp (New-York, U. S. A.). — A. Duranp (Paris, France). — Le compteur électrique, eu égard à la nalure et aux différents régimes de charge.
- Dr A. Denzler (Zurich, Suisse). — Du timbrage des compteurs électriques.
- Ing. G.-G. Ponti (Turin, Italie). — Méthodes rationnelles pour la mesure commerciale de l’énergie électrique.
- Ing. Prof. G. S^rtoiu (Trieste, Autriche). — Le problème de l’augmentation du facteur de charge dans les centrales électriques.
- Ing. Agostino Bezzi (Spezia, Italie). — Les applications de l’électricité aux bateaux submersibles.
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- F.-B. Jewett (New-York, U. S. A.), — Téléphonie ordinaire à grandes distances.
- Df Yaldemar Poulsen (Copenhagen, Danemark). — La téléphonie sans fils,
- H. Milon (Paris, France). Les systèmes téléphoniques automatiques et semi-automatiques dans leurs rapports avec l’économie et le perfectionnement des communications dans les grandes villes.
- Prof. P.-O. Pedersen (Copenhagen, Danemark). — Le problème du secret dans les communications radiotélé-graphiques.
- C.-A. Rossender (Stockholm, Suède). — Etat actuel et développement futur du chauffage électrique.
- Ing. Mario. Bonghi (Naples, Italie). — D»' Fret (Rheinfelden, Suisse). — Etude comparative de la fiscalité directe et indirecte sur l’énergie électrique dans les différents pays.
- E.-G. Ericson (Stockholm, Suède). — Dr H. Sciirei-ber (Vienne, Autriche). — La législation-sur la transmission électrique de l’énergie
- Leclerc (Chatelleraull (Cher), France). — De la distribution de l’énergie électrique pour les travaux agricoles.
- Major W.-A.-J. O'Meara (Londres, Angleterre). —• Divers systèmes de télégraphie multiple.
- • Voici également la liste des communications annoncées au 3i mai 1911.
- P. Bouçherot (Paris). — Les phénomènes électromagnétiques qui résultent de la mise en court-circuit brusque d’un alternateur.
- B* Hallo (Karlsruhe ï, B., Allemagne). — Cascaden-u informer.
- H liber Stoekar (Zurich). — Aluminium fur eloktrische Leilungen.
- Ing. Elvjo Soleri (Turin), — Gli estremi limiti di applicabilità dei cavi ad alla tensione.
- J. Routin (Lyon, France). —• Régulateurs automatiques.
- Jules Neiier (Genève). — Misuratori eletlrici a tari (lit multipla.
- Ing. Alberto Dîna (Païenne, Italie).-—Su ahiuni metodi di prevenzione delle sovralensioni interne.
- S.-Q. Hâtes (Pittsbnrg Pa, U. S. A.). — Commercial apparatus for 100 000 volts service.
- Prof. Riccardo Arno (Milan). —Walt-voltamperometri eleltrodinamici e a induzionc,
- Prof. Riccardo Arno (Milan). — Di 1111a soluzione del problema délia compra-vendita razionale dell’energia elettrica.
- Ing. Pieto Lanino (Rome). — La trazione elettrica in riguardo aile esigenze del servizjd ferroviario,
- Dr W. Kummer (Zurich). — Uber die Ausbildung der Triebfahrzeuge fur elektrischen Vollbahnbetrieb mit Einphasenwechselstrom,
- Ing, Guillaume Gtaros (Budapest). — Traction élec-trique appliquée aux lignes vicinales spécialement par rapport au système du courant continu haute tension.
- Dr Osuke Asano (Tokio). — Progress in electrical installation in Japau.
- J.-Ai Montpellier (Paris). —- La technique de l’accumulateur électrique,notamment en ce qui concerne l'accumulateur alcali» fer-nickel.
- Ewesne de Fodoii (Budapest). — Etat actuel de la question de la destruction des ordures en combinaison avec les usines électriques.
- LéoN Gaster (Londres). — The international outlook in scientific illumination.
- Dr Chaules P.Steinmetz (Schenectady, N. Y., U. S. A.).
- Prof. Quirlno Majorana Calatabiano (Rome). — Ri-cerche di telefonia senza tili. .
- A.-E. Kennellt (Cambridge-Mass, U. S. A.). — The rotating eleclric current fiold.
- BIBLIOGRAPHIE
- fl est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Traité juridique de l’industrie électrique Manuel (pratique de législation, réglementation et jurisprudence en matière de production et distribution d'énergie électrique), par P. Istel et E. iieinonon, avocats à la Cour d’Appel de Paris. — 1 volume in-8° raisin de qiS pages. — Mar-ciiAL et Godde, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 8 fr; relié, 10 francs.
- Cet intéressant ouvrage, rédigé sous une forme essentiellement pratique, est destiné à faciliter aux
- industriels, ingénieurs, etc. qui s’occupent de production ou de distribution d’énergie électrique, la compréhension des divers textes administratifs et des lois et règlements élaborés dans ces dernières années avec une profusion peut-être remarquable, mais plutôt gênante.
- Dans une première partie, les auteurs s’occupent de « l’électricité dans l’usine », e’est-à-dire de la construction de l’usine, de l’achat des appareils électriques et de l’installation des appareils à vapeur,
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- de la production de l’énergie électrique et enfin des applications des lois ouvrières dans les usines électriques.
- La seconde partie est consacrée à « l’électricité hors de l’usine ». Elle se rapporte par suite presque uniquement à la loi du i5 juin 1906 et constitue une étude commentée très intéressante de cette loi, étude qui sera certainement très goûtée des électriciens.
- La troisième partie traite de la fourniture et de la consommation de l’énergie électrique. Elle indique successivement les rapports entre l’entrepreneur de distribution d’énergie électrique avec les consommateurs ainsi qu’avec les tiers et traite enfin des conflits des entreprises de distribution d’énergie électrique et des concessionnaires d’éclairage par le gaz.
- L’ouvrage est terminé par des annexes comprenant le texte de la loi du i5 juin 1906 ainsi que celui de divers décrets, les cahiers des charges-types et enfin différentes formules pour l’établissement des états de renseignements.
- La forme de commentaire avec nombreuses références des jugements intervenus plaira certainement aux lecteurs qui trouveront dans le traité de M. Istel et Lemonon la solution de bien des questions intéressant l’industrie électrique. Ce livre sera donc accueilli avec plaisir dans le monde industriel.
- C.-F. Guilbert.
- Cours de mathématiques générales, par H. Bouasse. — i volume in-8° raisin de 646 pages, avec 323 figures. — Ch. Dej.agrave, éditeur, Paris. — Prix : broché, ?o francs.
- • Les préfaces de M. Bouasse sont en train de devenir célèbres. Avec une brusquerie voulue, elles énoncent des paradoxes apparents qui sont souvent loin d’être dépourvus de vérité profonde.
- Il serait dommage de ne pas citer ici les quelques boutades suivantes, cueillies dans la préface du livre que nous présentons aujourd’hui :
- A propos de l’astronomie .- « Là où les Anciens voyaient une raison d’extase, nous trouvons pour nos élèves un sujet de changement de coordonnées. »
- a On est en train de transformer les Facultés en je ne sais quelles écoles primaires préparatoires à elles-mêmes. »
- « Le certificat de mathématiques générales n’est pas un abrégé du certificat d'analyse pour esprits faiblês... »
- Généralement d’ailleurs, les préfaces de M. Bouasse
- sont plus révolutionnaires que les livres qu’elles annoncent, et l’ouvrage actuel n’échappe pas entièrement à cette objection. Mais nous ne saurions méconnaître que l’esprit qui anime ce livre est résolument nouveau et mérite à tous égards d’être encouragé.
- M. Bouasse demande qu’on enseigne aux physiciens et aux ingénieurs des mathématiques qui puissent leur servir à quelque chose. Ici comme dans son Cours de Mécanique, il touche vraiment du doigt au point très faible de notre enseignement. Il ne faut pas enseigner les mathématiques au futur ingénieur comme au futur membre de l’Institut pour les sciences mathématiques. Et il est très juste de dire que cette vérité première est généralement méconnue.
- Pour appliquer ses conceptions, M. Bouasse est amené à débuter par l’étude du calcul différentiel, ce qui n’a rien d’injustifiable. L’élude de la droite, de la parabole, etc., les élément de trigonométrie, le cercle et les sections coniques ne viennent qu'en-suite.
- Le livre se développe ensuite, très abondant, trop abondant peut-être -— c’est l’ordinaire reproche qu’on pourrait faire aux travaux de M. Bouasse: on dirait des cours sténographiés; plus concis, ils solliciteraient plus impérieusement l’attention du lecteur.
- Mais nous avons été très heureux d’y trouver quelques pages sur les abaques, qui sont aujourd’hui d’un si grand emploi pratique ; sur la cartographie ; de nombreuses tables de valeurs numériques, enfin de bonnes indications, toujours mélangées de réflexions intéressantes d’ordre général, sur les exercices pratiques et les manipulations.
- Une légère critique pourrait être faite peut-être au choix de certaines matières traitées : par exemple l’escalier à vis et les questions de stéréotomie sont peut-être des sujets peu opportuns au moment où la stéréotomie est en train de perdre ses derniers tenants. Ne vaudrait-il pas mieux consacrer quelques pages à l’exposé des propriétés des fonctions de Bessel, dont la connaissance est si importante dans plusieurs questions de physique ou de mécanique?
- Tel qu’il est, l’ouvrage représente ce que devrait être le programme de la classe de mathématiques spéciales, s’il était bien compris et réellement inspiré par le désir de préparer de futurs ingénieurs. Malheureusement, les Facultés des sciences paraissent peu disposées à favoriser ainsi dans l’enseignement l’application du principe de la division du travail; car en créant le certificat de mathématiques générales elles se sont surchargées d’un travail d’enseignement secondaire, qui prend inutilement du
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- temps aux professeurs de l’enseignement supérieur: et il est certainement à craindre que les élèves travaillent beaucoup moins bien ces questions avec la liberté académique que lorsqu’ils sont solidement tenus en mains dans une classe de lycée par un professeur qui les interroge régulièrement et leur donne de nombreux devoirs.
- En somme, cette nouvelle œuvre de M. Bouasse, comme les précédentes, est le témoignage d’un effort qui commande le respect. Il ne faut pas qu’elle passe inaperçue ; non seulement les ingénieurs et les physiciens y pourront apprendre les mathématiques, mais encore certains mathématiciens y pourront entrevoir qu’il existe autre chose au monde que les mathématiques, et qu’ils ont eux aussi dans notre technique actuelle une tâche positive à remplir.
- M. G.
- Magnetismo e elettricità, par le professeur F. Gràssi. — i volume in-i6 carré de 8j8 pages et 3g8 fîguies. — Ulrico Hoepli, éditeur, Milan. — Prix : cartonné, 7 fr. 5o.
- Sous ce titre, l’éditeur Ulrico Hoepli, de Milan, publie la quatrième édition, revue et augmentée, de l’un des 1 100 manuels de sa célèbre collection.
- L’ouvrage s’adresse à tous ceux qui désirent connaître les applications de l’électricité, bien qu’ils soient des profanes dans les études de cette branche de la science.
- L’auteur n’a donc pas recours aux calculs, mais plutôt à la représentation graphique pour les phénomènes fondamentaux concernant les courants alternatifs. Il présente des notices historiques intéressantes et des statistiques destinées à mettre en lumière les merveilleux progrès et la diffusion des applications électriques.
- Le livre sc divise en 3o chapitres dont voici les litres :
- Coup d’œil général sur les différentes formes d’énergie physique. — Propriétés fondamentales des aimants. — Magnétisme terrestre. Phénomènes fondamentaux concernant l’électricité provoquée par frottement.— Champ électrique. Potentiel. Capacité. — Induction électrostatique. Machines électriques. Décharge et courant électrique. Ions et électrons. — Condensation électrique. — Electricité atmosphérique. — Aurores polaires. — La pile. — Mesure des courants. Lois de Faraday, d'Ohm, de Joule. — Phénomènes électromagnétiques. — Courants d’induction. — Courants alternatifs. Courants polyphasés. Champ tournant. — Machines magnéto-électriques et dynamo-électriques. Période historique. — Machines dynamo-électriques. Période actuelle. — Mo-
- teurs électriques. Générateurs secondaires. Les accumulateurs. — Générateurs secondaires. Les transformateurs. Les expériences d’IIert/. et de Tesla. — Transmission et distribution de l’énergie. — Effets physiologiques du courant électrique. — Quelques applications éleclrochimiques. — Effets caloriliques et lumineux du courant électrique. Leurs grandes applications. — Nouveaux rayons. — La radioactivité. — Avertisseurs. Télégraphes. — La radiotélégraphie. — Téléphones. — Traction électrique. Applications diverses de l’électricité.
- Dans sa conclusion, le professeur Grassi, dont les travaux sont bien connus de nos lecteurs, après avoir insisté sur la transformation que l’électricité a opérée dans les conditions sociales et chez l’homme même, appelle l’attention sur l’influence qu’elle a exercée dans le domaine technique et intellectuel.
- Nul doute que ce manuel ne rencontre un heureux succès auprès du public technique. C. B.
- Lignes électriques souterraines (Etude, pose, essais et recherches de défauts), par P. Girardet et W. Dubi, ingénieurs électriciens. — x volume in-8° raisin de 208 pages, avec 48 ligures. — J. Rey, éditeur,Grenoble. — Prix : broché, 5 francs.
- Comme le font très justement remarquer les auteurs dans un premier chapitre, le développement dés canalisations souterraines s’étend de plus en plus, dans les villes d’importance ordinaire. Leur traité de l’établissement des lignes souterraines, conçu dans un but très pratique, vient donc à son heure.
- L’ouvrage comprend une première partie purement descriptive (chapitres là X) où MM. Girardet et Dubi traitent de la composition des câbles, de leur fabrication et de leur pose, sans négliger bien entendu l’appareillage accessoire : boîtes de jonction, de dérivation, d’extrémité, de distribution, etc. Cette partie comprend également les essais des câbles avant et après la pose. La pose des câbles est étudiée avec-détails et de nombreuses photographies montrent nettement les détails de l’opération.
- La seconde partie du traité, imprimée en caractères plus petits, se rapporte à la recherche des défauts par les différentes méthodes classiques. Les auteurs y donnent des exemples vécus d’applications pour chacune des méthodes.
- L’ouvrage nous a semblé un peu écourté en ce qui concerne la fabrication des câbles; quoi qu’il en soit, il constitue un des meilleurs livres de la bibliothèque de l’élève ingénieur et pourra rendre des services aux ingénieurs. J. R.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Commutatrices.
- On connaît les diverses solutions qui ont été envisagées pour transformer le courant alternatif en courant continu : la dynamo génératrice à courant continu peut être entraînée soit par moteur asynchrone, soit par moteur synchrone ; elle peut faire corps avec ce dernier sous forme de commutatrice ; par la combinaison d’un moteur asynchrone avec cette dernière, on réalise la commutatrice en cascade, d’origine relativement récente.
- Chacun des systèmes a ses avantages et ses inconvénients.
- Le groupe rotatif moteur asynchrone et dynamo à courant continu est employé assez souvent dans les grandes centrales comme groupe de traction. Il présente l’avantage d'un démarrage facile et d’une Capacité de surcharge relativement grande. La dynamo à courant continu est entièrement indépendante du courant triphasé et le réglage de la tension se fait de la façon la plus simple.
- Cependant de hautes tensions ne peuvent être employées avec une entière sécurité dans le cas du moteur asynchrone. Des nécessités de construction, en vue d’assurer un facteur de puissance suffisant, obligent le constructeur à ne laisser qu’un jeu relativement faible entre le rotor et le stator. Dans ces conditions, la très haute tension peut amener des décharges électriques entre stator et rotor et nécessiter des réparations longues et dispendieuses. De plus on observe, dans les moteurs asynchrones industriels, un décalage de phase entre le courant et le voltage, qui diminue, comme on le sait, la capacité de travail des alternateurs.
- Ces deux défauts sont éliminés par l’emploi du moteur synchrone. Celui-ci, en effet, peut réaliser un facteur de puissance égal à l’unité ; il est même possible, en le surexcitant, d'obtenir un courant décalé en avant sur la force électromotrice et pouvant contrebalancer des courants magnétisants déwattés demandés par d’autres appareils à courant alternatif (moteurs asynchrones). Ces précieuses qualités en motivent l’emploi dans les centrales où le facteur de puissance réduit, souvent obtenu,
- amène un service absolument défectueux au point de vue rendement des générateurs.
- Mais tandis que la mise en marche d’un moteur asynchrone n’exige aucune manœuvre compliquée, il n’en est pas de même du moteur synchrone. De plus, son démarrage est, sinon impossible, du moins difficile sans source de .courant étrangère ; son emploi s’est donc limité à des centrales possédant un personnel expérimenté.
- En outre, les deux systèmes, dont nous venons d’indiquer sommairement les avantages et les défauts particuliers, ont aux yeux de l’exploitant un défaut plus grave. Leur rendement est relativement faible, surtout aux faibles charges, car les pertes de chacune des machines s’ajoutent dans la transformation; Nous citerons plus loin quelques chiffres de comparaison à ce sujet.
- Le troisième mode de transformation de courant alternatif en courant continu est obtenu à l’aide de la commutatrice qui fait l’objet de cette étude.
- Dans une notice technique publiée par les Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, on trouve rassemblés des renseignements pratiques sur ces machines ; nous en extrayons ce qui suit ;
- La commutatrice, dont l’emploi est jusqu’à présent réservé à certains cas particuliers, est en somme une combinaison du moteur synchrone et de la dynamo à courant continu.
- Une commutatrice possédant 4 pôles et alimentée par du courant triphasé à 25 périodes tournera à ySo tours. Cette vitesse restera constante quelle que soit la charge. Cependant, si celle-ci dépasse une valeur déterminée, le retard de la partie mobile devient trop grand par rapport au champ magnétique principal et le moteur s’arrête, le jeu des réactions électro-magnétiques ne pouvant plus s’effectuer. On dit alors que le moteur est décroché et il est, dans ce cas, le siège d’un courant intense1.
- La partie dans laquelle la commutatrice ne décroche pas s’appelle l’angle de stabilité.
- Le couple moteur ne s’établissant que quand il y a concordance entre la vitesse de l’organe mobile et celle du champ tournant, il est donc nécessaire d’amener la commutatrice au nombre de tours de
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- régime d'une façon quelconque. Le côté alternatif se couple alors en parallèle avec la source de courant principal absolument commepourdeux alternateurs.
- La mise en vitesse de l'organe mobile peut se faire de diverses façons, mais, à moins d'admettre un assez grand accroissement de courant au démarrage, celui-ci demande toujours des organes spéciaux et des manœuvres assez compliquées. Nous les étudierons d'ailleurs plus tard en détail.
- Si le démarrage de la commutatrice présente assez de difficultés, cette machine offre cependant un avantage très sérieux au point de vue de l'exploitant d'une centrale à courant alternatif.
- On peut, par la simple manœuvre du rhéostat d’excitation, non seulement annuler la composante déwattée du courant de magnétisation, mais on peut arriver en surexcitant, à produire des courants décalés en avant, c'est-à-dire pouvant contrebalancer l'influence des courants décalés en arrière émanant des autres récepteurs. Rappelons brièvement que la surexcitation de la commutatrice amène le décalage du courant en avant, tandis que la diminution d'excitation produit un déphasage en arrière.
- U y a un inconvénient des machines synchrones qui peut dans certains cas devenir très grave : l'oscillation ou hunting♦
- L'alternateur produisant le courant principal d’alimentation peut être entraîné par une machine à vapeur à mouvement alternatif et le coefficient d’irrégularité du groupe électrogène peut être assez élevé.
- Des oscillations de vitesse peuvent aussi se produire pour d'autres raisons. Quoi qu'il en soit, si ces variations de vitesse sont périodiques, la fréquence du courant d'alimentation, intimement liée à la vitesse du générateur, subira les mêmes variations ainsi que le champ tournant produit dans l-’induit en mouvement de la commutatrice. Nous savons que l’induit de la commutatrice doit tourner à la même vitesse que le champ tournant pour produire un couple moteur. Il pourra donc se faire que, par suite de l'inertie de la partie tournante, celle-ci ne puisse suivre la variation de vitesse angulaire du champ tournant principal.
- Si la période propre d'oscillation de l'induit est multiple de celle du mouvement pendulaire de l’alternateur, l'amplitude des oscillations pourra augmenter et l'on dit qu'il y a résonance. Si cette amplitude dépasse l'angle de stabilité du moteur synchrone qu’est ici la , commutatrice, il y a décrochage»
- Ces oscillations se traduisent d’ailleurs par des variations périodiques de voltage et de épurant facilement remarquables aux appareils de mesure et peuvent aussi amener des arcs entre balais de polarité contraire au collecteur. Ce phénomène est connu, sous le nom de flashing (coup de feu).
- L’amplitude des oscillations pendulaires est d’autant plus petite que la résistance du milieu, c'est-à-dire l'amortissement, est plus grand. On est arrivé à obtenir un amortissement efficace en munissant les pièces polaires de circuits fermés en bronze qui sont le siège de courants parasites intenses si le flux magnétique dû au courant alternatif se déplace par rapport au flux émanant des pièces polaires.
- En tout état de cause, l’étude des groupes électrogènes alimentant des commutatrices doit être faite minutiéusement de façon à assurer un coefficient d’irrégularité compatible avec une marche satisfaisante de ces récepteurs.
- Du côté courant continu, la tension aux ^bornes est sensiblement indépendante du courant d'excitation ; seul le voltage du courant alternatif d'alimentation aune influence à ce point de vue. La chute de tension de la commutatrice est minime, étant donné que le courant résultant d’induit est faible et partant la réaction d’armature. Cependant, en pratique, on peut désirer une variation sensible de la tension avec la charge. Nous étudierons plus loin les différentes façons d'arriver à ce résultat.
- Les étincelles au collecteur d’une commutatrice peuvent provenir de différentes causes. La plus importante d'entre elles est une trop grande fréquence dû courant dans la spire commutée, c'est-à-dire mise en court-circuit par le balai. Cette fréquence est naturellement celle du courant alternatif d'alimentation. C'est pour cette raison que les anciennes commutatrices étaient toujours alimentées à a-5 périodes.
- Cependant les progrès réalisés ces dernières années dans la construction des dynamos ont permis d'établir des commutatrices ayant un fonctionnement irréprochable à 4o et à 5o périodes.
- (/t suivre*}
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- L'assemblée générale des actionnaires de la Compagnie Parisienne de Distribution Électricité a-eu lieu le 24 juin dernier. Comme nos lecteurs Fe savent, cette Société doit succéder à l’Union des
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- Secteurs pour la distribution de l’énergie électrique dans Paris et n’entrer en exploitation qu’en 1914.
- Le chapitre principal du bilan : compte de premier établissement, est passé de 66 3i8ooo francs en 1909 à 98 592 000 francs en 1910, soit une augmentation de 27274000 francs. Pour faire face à cette . dépense, la Société a émis 5o millions d’obligations sur les 100 millions de son capital-obligations. Du fait de sa période préparatoire, elle n’établit pas de compte profits et pertes; cependant, elle perçoit, au titre de redevances de l’Union des Secteurs, des sommes assez importantes, et en outre elle touche des intérêts sur ses cautionnements et sur ses comptes de banque; en 1910, ces recettes ont atteint 3 3oi 561 fr. 29, et sont venues en atténuation de charges, qui comprennent le service des obligations et l’intérêt intercalaire de 4 % au capital-actions. Le montant de ces charges a été de 4 406000 francs, de telle sorte que le débit de l’exercice 1910 s’est élevé à 1 104 000 francs qui sont venus s’ajouter au compte de premier établissement.
- D’après son cahier des charges, la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité est tenue d’établir 400 kilomètres de canalisations nouvelles avant 1913 et 600 kilomètres avant 1920. En 1910 elle a procédé à l’établissement de 162 kilomètres de canalisations, ce qui, à l’heure actuelle, forme un total de 4*5 kilomètres canalisés. En dehors des canalisations de rues et de l’installation de 11 000 nouveaux compteurs, la Société a établi, en 1910, 116 kilomètres de feeders et 18 kilomètres de câbles primaires. De plus, elle a à peu près achevé la modification de la portion du réseau précédemment installée à deux fils et a mis en service dans la zone périphérique plus de la moitié des postes de transformation desservis par les centres de couplage.
- La Compagnie doit aussi construire deux usines pour la fourniture du courant; l’une sera établie à -Saint-Ouen, elle aura une puissance de Soooo kilowatts et comprendra 8 turbo-alternateurs de 10000 kilowatts ; l’autre, à Issy-les-Moulineaux, sera dotée de 3 turbo-alternateurs de 10000 kilowatts et développera une puissance de 23000 kilowatts. Ces deux usines seront complètement achevées et équipées à la fin de 1912.
- Pour assurer l’achèvement du programme des travaux de distribution, il ne reste à terminer que la sous-station des Gobelins et plus tard celle des Ternes, à établir les galeries'de pénétration destinées ii relier en 1913 le réseau aux deux usines extra muros, à apporter à quelques sous-stations les modifi-
- cations nécessitées par la mise en service des nouvelles usines, enfin à réaliser les travaux de renforcement des sous-stations et des Canalisations primaires ou secondaires qu’exigera le développement de la consommation.
- Le rapport du Conseil d’Adminislration donne les renseignements suivants concernant les résultats d’exploitation des Secteurs Parisiens en 1910. Il a été souscrit 19099 polices nouvelles, dont 1 534 ont été contractées pour la force motrice ou pour d’autres usages industriels. Déduction faite des polices résiliées, le nombre des polices en cours, qui était à la fin de 1909 de 67 246, s’est trouvé porté à la fin de l’année 1910, à 78417, soit une augmentation de 16 % .
- Quant à la consommation, elle est passée de 56716725 kilowatts-heure en 1909 à 571294*8 kilowatts-heures en 1910, malgré une diminution de 600 986 kilowatts-heures de la consommation de la Ville de Paris, et de 1 700 000 kilowatts-heures due à l’interruption de la distribution dans certains quartiers pendant les inondations.
- La Compagnie Générale Madrilène d’Electricité, par suite de la baisse des tarifs résultant de la lutte opiniâtre que se livrent depuis plus d’un an les diverses Sociétés distributrices du réseau de Madrid, n’a obtenu pendant l’année 1910 qu’un bénéfice net de 325 g33 pesetas contre 877 023 pesetas en 1909. Ce bénéfice a été entièrement consacré aux amortissements et aucun dividende n’a pu être distribué, alors qu’en 1909 le dividende réparti avait été de 6 pesetas. Cependant le nombre des abonnés apassé de 26 261 en 1909, à 29 218 en 1910, et l’augmentation de kilowatts-heures a été de 1 682 882 pour l’année 1910.
- Grâce à celte progression, les résultats de l’exercice 1910 n’ont pas été si désastreux que le faisaient prévoir et la réduction des tarifs et la concurrence des Sociétés rivales.
- La Société d’Electricité Nilmelior a réalisé pendant l’exercice 1910 un bénéfice net de 3*2 6i3 fr. 90 qui, avec le reliquat de l’exercice précédent, 23 56o fr. 60, forme un total de 346 174 fr. 5o. Sur cette somme, un dividende de 7 francs a été distribué aux actions, soit io5 000 francs : 192 i36 fr. 25 ont été consacrés aux amortissements, 17848 fr. 3o ont été répartis au conseil d’administration et 22430 fr. 70 reportés à nouveau.
- Les bénéfices des Tramways Electriques de Boulogne-sur-Mer* se chiffrent, pour l’exercice 1910, à
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- 203921 francs, inférieurs de 1 645 francs à ceux de 1909. Dans la répartition: 124659 francs ont été attribués aux actions (dividende de 4 fr, 5o par action), 25 000 fr. au fonds de renouvellement et 6817 fr. à la réserve.
- La Circulaire Renaud nous annonce la formation de l’Omnium d’Entreprises, au capital de 25 millions de francs, ayant pour but de rechercher, d’étudier et de préparer toutes entreprises de travaux publics ou privés, tels que : ports, canaux, voies ferrées, distributions d’électricité, travaux hydrauliques, etc. Parmi les promoteurs de cette Société, nous notons les Banques : Perier, Renauld, Société Nancéiennc de Crédit Industriel et de Dépôt, et les industriels : MM. Cavallier, Grosdidier, Brueder, Chagnaud, Dol-fus. Il est certain qu’avec un parrainage aussi puissant et aussi choisi, l’affaire ne peut qu’être appelée à prendre une extension considérable. Pour notre part, nous constatons avec satisfaction cette collaboration ' de la banque et de l’industrie que nous avons toujours préconisée et qui certainement favorisera le développement de nos affaires régionales, aussi intéres-
- santes, sinon plus, que les valeurs exotiques dont notre marché est inondé.
- Nous aimons à croire que parmi les sommités appelées à diriger cet Omnium figurera un représentant de l’industrie électrique, et certes la région de l’Est est assez riche en ingénieurs électriciens réputés et éminents !
- Le 27 juin s’est constituée, à Paris, au capital de 8 millions de francs, la Société de Blanc-Misseron pour la contruction de locomotives. Les principaux souscripteurs sont : les Ateliers de construction du Nord de la Franee et Nicaise et Delcuve, la Société lorraine des anciens établissements de Dietrich etCi0, les Aciéries de Longwy, la Compagnie française de matériel de chemins de fer, la Société Générale de Paris, la Banque de Paris et des Pays-Bas et la maison Jules Bernard et Mathieu Goudchaux.
- Il faut espérer qu’avec cette nouvelle Société nos Compagnies de chemins de fer trouveront maintenant en France la main-d’œuvre suffisante pour la construction de leur matériel et n’auront plus à avoir recours aux usines étrangères. D. F’.
- RENSEIGNEMENTS
- TRACTION
- Indre-et-Loire. — Le département est autorisé à emprunter une somme de i5 616 francs applicable aux frais d’établissement de la partie située sur son territoire du tramway de Blois à Amboise déclaré d’utilité publique par décret du 3i octobre 1910.
- Morbihan. -— Le département est autorisé à emprunter une somme de 3 887 000 francs applicable aux frais d’établissement des chemins de fer d’intérêt local de Ploërmel à la Trinité-Porhoët et de Port-Louis à Baud par Hennebont.
- Suisse. — A l’assemblée du 3o juin de la Compagnie des chemins de fer des Alpes Bernoises, le rapport du Conseil d’administration annonce que les travaux de la ligne du Loetschberg sont aujourd’hui suffisamment avancés pour que l’on puisse compter sur sa mise en service il la date du iSr mai 1913.
- La ligne doit être exploitée à l’électricité. Les études de l’équipement ont été faites sur le tronçon Spiez-Fru-tigen déjà exploité par la Compagnie du Loetschberg.
- C’est le courant alternatif monophasé à i5 000 volts i5 périodes qui a été adopté.
- COMMERCIAUX
- Il y a déjà près d’un an que le service de trains légers de voyageurs est assuré à l’aide d’automotrices électriques.
- Depuis le 6 mars 1911 une locomotive électrique de 2 000 chevaux, des Ateliers Oerlikon,est en service normal. Les deux moteurs de cette locomotive sont du type à collecteur à séries compensées; ils permettent de développer un effort de[traction au démarrage de i5 000 kilog. et de i3 000 kilog. à la vitesse de fyi kilomètres à l’heure.
- Celte locomotive a une longueur totale de i5 mètres et pèse 88 tonnes; elle a été construite par les ateliers de Wintherthur.
- L’appareillage électrique comprend : deux collecteurs de courant, deux transformateurs, deux interrupteurs, deux moteurs et deux contrôleurs. Leur disposition est telle que la locomotive peut être mise en marche avec un seul groupement et être alimentée par du courant monophasé ou du courant triphasé.
- En plaçant convenablement la résistance des pôles auxiliaires, les moteurs peuvent aussi fonctionner avec du courant continu à 400 volts.
- Les deux transformateurs sont construits pour un débit normal continu de 2 X 1 °°° kilovolts-ampères.
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- Chaque moteur pourvu de ses engrenages pèse 9 600 kilogrammes.
- La locomotive est équipée avec un frein à air comprimé, elle remorque des trains de 3io tonnes sur des rampes de 27 millimètres à la vitesse de 42 kilomètres à l’heure. Sa vitesse maximum est de 70 kilomètres à l’heure.
- Elle assure actuellement le service 'des marchandises en attendant qu’elle soit affectée au passage du tunnel pour les trains internationaux.
- De plus, une locomotive électrique de l’A. E. G. de Berlin, après une série d’essais ayant entraîné certaines modifications, sera sous peu mise en service.
- Russie. — Les commandes de matériel roulant pour lés chemins de fer de l’Etat en 1912 viennent d’être établies à 5o locomotives à voyageurs de fort tonnage, 42 voitures de première classe, voilures mixtes de première et deuxième classes, 147 voitures de deuxième classe, 4a3 voitures de troisième classe et 88 wagons .à marchandises spéciaux de types divers. Une commission spéciale étudie le remplacement, en une période de dix années, des locomotives de faible capacité sur les chemins de fer de l’Etat, au nombre d’environ 3 000, par un nombre correspondant de 1 200 locomotives puissantes de type nouveau.
- Pour 1911 les commandes prévues de matériel roulant sur les chemins de fer de l’Etat comportent 180 locomotives à voyageurs et i52 plates-formes et wagons spéciaux à marchandises. Aucun crédit n’est demandé pour la commande de locomotives à marchandises en 1911.
- DIVERS
- Frais de contrôle des distributions d’énergie électriques.
- Nous extrayons du rapport de la Commission des finances sur le budget du ministère des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes les observations suivantes concernant les frais de contrôle des distributions d’énergie électrique :
- Crédit demandé pour 1911, iSoooo francs.
- Crédit voté pour 1910, i3oooo francs.
- Crédit voté par la Chambre, îüoooo francs.
- Crédit proposé par la commission, iôoooo francs.
- Augmentation sur 1910, 20 000 francs.
- Le contrôle des distributions d’énergie électrique est organisé par département.
- .Dans chaque département, l’ingénieur en chef du service ordinaire des ponts et chaussées est chargé de la direction du contrôle des distributions d’énergie électrique.
- EPa. sous ses ordres :
- i° Les ingénieurs d’arrondissement qui sont chargés du contrôle au point de vue de la voirie ;
- 20 Un ingénieur spécialement chargé du contrôle de l’exploitation technique.
- Les sous-ingénieurs et conducteurs subdivisionnaires instruisent, au premier degré, les affaires de permission de voirie.
- Le contrôle de voirie comporte l’instruction relative aux demandes de permission ou de concessions, et la surveillance technique des distributions en ce qui concerne l’entretien et la solidité des supports.
- L'ingénieur spécialement chargé du contrôle de l’exploitation technique est, soit un ingénieur des ponts et chaussées, soit un ingénieur des mines, soit un ingénieur des télégraphes; il a sous ses ordres des contrôleurs.
- Le contrôle de l’exploitation technique s’occupe de toute la partie électrique.
- Le contrôle des distributions exclusivement communales est exercé par des agents désignés par les municipalités. Ces agents portent le titre de contrôleurs municipaux des distributions ; leur recrutement a été réglementé par l’arrêté ministériel du 27 décembre 1907.
- Ce personnel municipal est placé sous la surveillance de l’ingénieur en chef du contrôle qui a, d’ailleurs, dans ses attributions, le contrôle de toutes les distributions, même de celles qui sont exclusivement communales.
- Le service du contrôle des distributions d’énergie électrique instruit les demandes pour la délivrance des permissions ou des concessions ; il établit les états des frais de contrôle, il prépare les états de recouvrement des redevances ; il dresse les statistiques des distributions, des accidents...; enfin, il a la surveillance des installations au point de vue de la sécurité publique.
- Le contrôle ne porte que sur les parties des distributions empruntant les voies publiques ; aucun contrôle n’existe actuellement pour les parties établies sur les terrains prives.
- Toutes les fois qu’il y a désaccord, soit entré les services intéressés, soit entre le demandeur et un ou plusieurs services, l’affaire est portée, conformément à la loi, devant le comité d’électricité. Ce comité comprend 3o membres, dont if> industriels (constructeurs ou exploitants) et i.5 fonctionnaires, Çes quinze fonctionnaires appartiennent, à raison de trois par administration, aux cinq administrations ci-après :
- 10 Travaux publics ;
- 20 ,Postes et Télégraphes ;
- 3° Intérieur;
- 4° Guerre;
- 5” Agriculture.
- V. — A la suite de la loi du i5 juin 1906, les distributions d’énergie électrique ont pris, en France, un grand développement, et le service de contrôle de ces distributions a dû être organisé dans chaque département. L’ingénieur en chef du service ordinaire est également l'ingénieur en chef du service du contrôle, des distributions d’énergie électrique. Mais il arrive assez souvent ’
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- $ Juillet 1911.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 31
- qu'un industriel demande à établir une distribution dans plusieurs départements. Dans ce cas, le ministre désigne l’ingénieur en chef du contrôle qui sera chargé de l’instruction de l’affaire ; il est, en effet, indispensable qu’il n’y ait qu’une direction1 unique de contrôle pour une même distribution.
- Pour l’instruction de l’affaire, l’ingénieur en chef désigné dispose du personnel de contrôle de lotis les départements traversés, et il est autorisé à prendre les mesures nécessaires, même auprès des agents des départements autres que le sien, pour assurer l’homogénéité de l’instruction.
- Les questions relatives au contrôle des distributions d’énergie électrique présentent, d’une manière générale, une grande complexité. L’électricité industrielle est une science d’origine encore récente et toujours en voie de transformation. L’expérience démontre que telle disposition électrique, considérée comme bonne autrefois, est .aujourd’hui condamnée; l’inverse se produit parfois; enfin, chaque jour, les dispositions se perfectionnent et s’améliorent ; il s’en crée de nouvelles.
- Bien souvent, dans les services départementaux, le personnel est embarrassé pour résoudre les nombreuses difficultés qui se présentent, aussi bien dans l’ordre administratif que dans l'ordre technique, et il en résulte des retards pour la solution des affaires.
- Il serait donc d’une grande utilité, dans l’intérêt de l’application de la loi et dans celui des industriels, de charger un fonctionnaire, d’un ordre élevé, de s’occuper tout particulièrement de ce service de contrôle des distributions d’énergie électrique pour obtenir l’unité de méthode et de direction dans le fonctionnement des services.
- En favorisant directement, tant aux industriels qu’aux ingénieurs en chef des services de contrôle, les renseignements nécessaires, les multiples difficultés, qui se présentent pourraient être résolues sans retard. Il assisterait les divers conseils techniques relatifs aux distributions électriques qui fonctionnent au ministère des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes. Enfin, il pourrait, dans la mesure où il sera utile, faire des enquêtes sur place, vérifier le fonctionnement des services de contrôle départementaux et même, dans des tournées, vérifier le bon établissement des distributions au point de vue de la sécurité publique.
- Les dépenses du chapitre a et du chapitre 28 de la ir0 section du budget du ministère des Travaux pttblics, des Postes et des Télégraphes, ne représentent pas, en réalité, une charge pour le Trésor, puisque ces dépenses sont entièrement couvertes par les versements des concessionnaires et permissionnaires des distributions d’énergie électrique, en conformité de l’article 18, paragraphe 3 de la loi du i5 juin 1906 qui a mis à la charge du concessionnaire ou du permissionnaire les frais du contrôle de la construction et de l’exploitation.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l'Est, Jeumont.
- Bulletin, décembre 1910. — Nos oommutatrices. Janvier 19x1. — Nos c.ommutalrices (.suite).
- Société Française d'Electricité A.E.G. Paris. Turbo-compresseurs.
- - SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Société pour la location de compteurs et de matériel électrique. — Capital : 260 000 francs. — Siège social : xâq, boulevard Pereire, Paris.
- Société des Téléphones Ericsson. — Capital : 5 000000 fr.
- — Siège social : 4, rue Le Peletier, Paris.
- Compagnie des Tramways Electriques d’Eu à Ault et du Littoral. — Durée : 60 ans. — Capital : 800 000 francs.
- — Siège social : 34, boulevard Magenta, Paris.
- Société d'Energie Electrique de Chauffailles, La Clayette et Extensions. — Durée : 3o ans. — Capital : a8o 000 fr.
- — Siège social : Beaudemont. Usine de Gothard (Saône-et-Loire).
- CONVOCATIONS
- Compagnie de Construction Electrique, — Le 19 juillet, 44, rue du Dr Lombard, à Issy-les-Moulineaux.
- Compagnie Electro-Mécanique.— Le 10 juillet, 5, rue des Malhurins, à Paris,
- Société de Montages et Installations Electriques. — Le 7 juillet, i5, rue de la Pépinière, à Paris.
- Société de Gaz et d'Electricité Paris- Plage et Extensions.
- — Le 10 juillet, 46, rue de Provence, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 18 juillet, au sous-secrétariat des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, Paris, fourniture de cèbles électriques isolés au caoutchouc (4 lots). Les demandes d’admission à l’adjudicatioù devront être parvenues au sous-secrétariat d’Etat avant le 8 juillet.
- Rens. rue de Grenelle, io3 (direction de l’exploitation téléphonique, 20 bureau).
- Le 29 juillet, au sous-secrétariat des Postes et Téléphones, xo3, rue de Grenelle, Paris, fourniture'd’appa-reils pour postes d’abonnés et bureaux centraux télé-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2* Série).' — N# 27.
- phoniques (21 lots). Les demandes d'admission à l’adjudication devront être parvenues au sous-secrétariat d’Etat le 19 juillet.
- Rens. rue de Grenelle, io3 (direction de l’exploitation téléphonique, 3° bureau).
- Le 16 juillet, à io heures, à la mairie de Perrégaux (Algérie),cession du service de l’éclairage électrique pour 3o années. Mise à prix : un franc de location annuelle; caut. : 2 000 francs. !
- BELGIQUE
- Le 28 juillet, à 11 heures, à la d>” ‘
- ponts et chaussées, 38, r ... ...«îu, à Bruxelles,
- installation de l’éclairage électrique dans le hangar du quai à marée du. ^ J d’Ostende" ••'(. ; 65o frau, (cahier.des charges n° 7. prix du plan :
- 1 franc; s’adresser i5, rut ... ..s, ê Bruxelles.
- Soumissions recommandées le 24 juiller_____
- ESPAGNE
- Le 20 juillet 1911, à la direction des Postes et Télégraphes, à Madrid, adjudication de la construction et ' de l’exploitation d’un groupe téléphonique, Villafranca del panadès (province de Barcelone).
- Les tarifs d’abonnement sont fixés comme suit :
- ire catégorie................. pesetas 112
- 20 — — 128
- ' 3° — ................ — 144
- 4° — — 320
- Presse........................... — 80
- On peut se procurer le cahier des charges relatif à cette adjudication, à la direction précitée.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- FRANCE
- 27 juin. — Au sous-secrétariat des Postes et Télégraphes, Paris, fourniture de câbles téléphoniques.
- i01' lot. — 10 000 mètres de câble téléphonique, sous plomb, à 28 paires de conducteurs. — Ateliers de Constructions Electriques du Nord èt de l’Est, 1 724. —The India Rubber, 1 575.— Société de matériel téléphonique; 1 4?8. — MM. Grammont, i 476. — Geoffroy et Delore, 1 38o. — Société industrielle des téléphones, 1 38o. —-Ane. Etablissements Houry et Filleul Brohy, adj. à 1 33o le kilomètre.
- 2e 1 t. — 10 000 mètres de câble téléphonique, sous plomb, a 28 paires de conducteurs. — Ateliers de con-'•'•eus Electriques du Nord et de l’Est, 1 724. — Thè ", 1 5t5. — Société de matériel téléphonique, 1 878. — , !. Grammont, 1 557,. — Geoffroy et Delore,
- 1 33o. — Société industrielle des téléphones, 1 38o. — Aric. EbvMtssëmenls Houry et Filleul Brohy, adj. à _i 33o ie - :.ièlre, après tirage au sort. ~
- 3° lot. — _ o .mètres de câble téléphonique, sous
- plomb, à 14 pairesde conducteurs. — Ateliers de constructions électriques du Nord et dé l’Est, 854- — The'India Rubber,899. — Société de matériel téléphonique, 948. —• MM. Grammont, 873. — Société industrielle des téléphones, 849. — Ane. Etablissements Houry et Filleul Brohy, 1 o3o. — MM. Geoffroy et Delore, adj. à 810 le kilomètre.
- 4° lot. — i5 000 mètres de câble téléphonique, sous plomb, à 14 paires de conducteurs. — Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, 854, — The India Rubber, 899. — Société de matériel téléphonique, 848. — MM. Grammont, 918. — Geoffroy et Delore, 770. — Société industrielle des téléphones, 849. — Ane. Etablissements Houry et Filleul Brohy, adj. à 769 le kilomètre.
- ier juillet. — A l’établissement central du matériel de la Télégraphie Militaire, Paris, fourniture de i5o postes microtéléphoniques de campagne.
- Assoc.des ouvriers en instruments de précision, 6a>5o. — MM. Burgunder, 49>5o. — Mambret et Cio, 49- — Société industrielle des téléphones, 63. — MM. Mildé fils et Cio, adj. à 46,90 l’unité.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- SAMEDI 15 JUILLET 1911.
- Tranta-trolsltme
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- Tome XV («• »érie), — N* 28.
- La
- Lumière Electrique
- P'!^* îédemment
- L'Éclate,'! Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATION# DE L’ELECTRICITE
- La reproduction dès articles dç_La Lûmi!»'a Elerfî*s*^«e est interdite.
- SOMMAIRE!
- ÉDITORIAL,p. 33. — W. Genkin. Sur la marche à vidé d’un transformateur triphasé asymétrique, p. 35.
- — E. Guillaume. Sur une propriété générale dés anneaux à collecteur, p. 3p. — J.-F. Audouin. Analyse des courbes périodiques du courant alternatif par le procédé de M. A. Schleiermacher, p. !t%.
- Extraits des publications périodiques. — Etude, construction et essais de machines. Le réglage du nombre de tours dans les installations triphasées ; applications aux mines et aux usines, H. von Saaf, p. 48. — Sur une grande machine électrostatique, P. Villard et H. Abraham, p 5o. — Arcs et lampes électriques. Eclairage à incandescence réalisant une économie très notable sur les lampes à filament de charbon, Dussaud, p. 5o.
- — Recherches sur les rayons ultraviolets, p. 5i. — Sur la loi de Stokes et sur unè relation générale entre l’absorption et la phosphorescence, L. Brüninghaus, p. 5i. — Allumage et extinction automatiques d’un réseau triphasé d'éclairage public, Boissard, p. 5i. — Petits transformateurs pour lampes à incandescence, J. Nietham-mer, p. 5a. — Variétés. Hommage à la mémoire de Joubert, p. 54. — Le développement industriel de la
- » région nantaise, p. 55.— Bibliographie, p. 55. — Chronique industrielle et financière. IVotes industrielles. Commutatrices (suite et fin), p. 56. — Les échauffements de machines, p. Co. — Etudes économiques, p. 60. — Renseignements commerciaux, p. 62. — Adjudications, p. 64.
- ÉDITORIAL
- M. Genkin a observé que la marche ci vide d'un transformateur triphasé asymétrique (dont les noyaux sont en ligné droite) produit un déséquilibrage remarquable dans le circuit d’alimentation.
- Il y a là un fait d’expérience industrielle courante, dont il était intéressant de rendre compte ; il se manifeste par un changement dans les indications des wattmètres suivant le montage employé.
- M. Genkin soumet le phénomène à une analyse très simple et très courte, basée sur
- des essais exécutés sur un transformateur industriel.
- La propriété générale des anneaux à collecteur que démontre M. E. Guillaume intervient dans la théorie de la commutation.
- L’auteur compare la force électromotrice due à la rotation de l’induit dans son propre champ à celle due à l’induction mutuelle des spires court-circuitées sur les autres spires, et il trouve que la première est égale, dans tous les cas, à la valeur moyenne de la seconde.
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- 3* LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2»Série). —N» 28.
- II en résulte un emploi intéressant de l’oscillographe pour l’étude de ces phénomènes.
- Un récent travail consacré par M. Schleier-macher à l'analyse des courbes périodiques de courant alternatif a suggéré à M. J.-F. Audouin un certain nombre de réflexions, les unes d’ordre général, les autres d’ordre particulier.
- Au point de vue général, M. Audouin discute la valeur comparée des procédés gra-, phiques et des procédés arithmétiques appliqués à la solution de ce problème. Il reproche aux premiers de ne permettre que difficilement d’atteindre une grande précision et de laisser ignorer le degré d’approximation qu’ils fournissent.
- Sé limitant alors à l’étude des procédés arithmétiques, l’auteur expose la méthode préconisée parMji Schleiermacher et indique comment il lui paraît possible d’en simplifier l’application. Ces simplifications ont pour but de rendre les multiplications moins laborieuses par un choix judicieux du nombre et de la position des ordonnées à considérer.
- M. II. von Saiif récapitule les procédés de réglage du nombre de tours de machines triphasées usités principalement dans les mines et les ateliers.
- L’auteur entre dans quelques détails, notamment au sujet du procédé de M. Thall-mayer, qui réunit toute la commande dans
- un seul levier (manœuvrable dans deux directions), et de celui qui est basé sur le couplage de deux moteurs, système Déri.
- La grande machine électrostatique de MM. P. Villard et II. Abraham permet de réaliser des différences de potentiel de 3oo ooo volts, dont on peut être assuré que les auteurs sauront tirer un heui’eux parti dans les très intéressantes recherches qu’ils ont entreprises sur les potentiels explosifs.
- Une note, courte et substantielle, comme à l’ordinaire, nous renseigne sur les derniers résultats obtenus par M. Dussaud avec ses procédés à?éclairage à incandescence.
- Après l’exposé d’un procédé assez exceptionnel d'allumage et d'extinction automatiques appliqué par M. Boissard à un réseau triphasé d’éclairage public, on lira les dernières données réunies par M. Niethammer sur des appareils qui ont beaucoup fait parler d’eux : les petits transformateurs pour lampes à incandescence.
- Nous avons été très heureux d’ouvrir nos colonnes à l’appel du Comité qui a pris à tâche d’honorer par une fondation très heureusement conçue la mémoire du grand électricien que fut J. Joubert.
- Enfin nous signalons en quelques mots, d’après un exposé présenté récemment par M. Godard devant la Société des Ingénieurs civils, le développement industriel si remarquablement rapide de la région nantaise.
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
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- 15 -Juillet 1911:
- SUR LA. MARCHE A VIDE D’UN TRANSFORMATEUR TRIPHASÉ
- ASYMÉTRIQUE.
- Un transformateur triphasé à trois noyaux dont les axes sont dans le meme plan présente une dissymétrie dans son circuit magnétique qui se traduit par un déséquilibrage électrique du circuit d’alimentation lors de l’essai
- Fig. I.
- à vide. Ce déséquilibrage a une particularité qu’on constate en branchant les appareils suivant le schéma i (ou par la méthode des deux wattmètres) et qui se manifeste par un changement dans les indications des watt-mètres toutes les fois qu’on inverse les connexions entre les bornes i, 2, 3 et 1', 2', 3'.
- On peut démontrer qu’il n’existe que deux systèmes de valeurs caractéristiques suivant les deux sens de rotation des vecteurs, de sorte qu'une simple permutation cyclique des
- bornes, n’entraine aucun changement dans les indications des wattmètres.
- Les mesures effectuées sur un transformateur de 200 K V A, 5 5oo/44o volts, 25 périodes, monté en étoile et provenant des ateliers Thomson-Houston, ont donné les résultats suivants :
- I. Pour toutes combinaisons entre bornes 1, 2, 3 et 1', 2', 3' donnant le même sens de rotation des vecteurs (sens inverse des aiguilles d’une montre).
- Tableau I
- PHASE n° r PHASE n° 9 PHASE n° 3
- Volts par phase 258 258 258
- Watts par phase 150 392 640
- Ampères par phase .... 6,1 7»1
- cos cp = cos (p -|- a) 0,088 0,298 0,349
- II. Pour toute autre combinaison donnant le sens de rotation invefse du précédent (sens direct des aiguilles d’une montre).
- Tableau II
- PHASE n° 1 PHASE II® 2 PHASE ' n° 3
- Volts par phase 258 258 258
- Watts par phase 740 237 200
- Ampères par phase .... 6,6 5,i 7*1
- cos cp = cos (P — a) o,435 0,180 0,109
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2* Série); i-kll“28.
- O a en conclut que les indications des wattmètres sont différentes dans les deux cas, cependant que leur somme est sensiblement la môme et égale à x 182 watts dans le premier cas et à 1 177 dans le
- Ces relations ne tiennent pas compte des composantes wattées des courants.- ,
- En additionnant les équations (1), on trouve :
- -)- <?2 -j- e3 = o (2)
- Fig. a.
- second. Ces deux essais sont consignés sur le diagramme vectoriel 2.
- L’analyse élémentaire du phénomène se fait sans difficultés, en négligeant l’effet de la dispersion qui est, d’ailleurs, très peu important.
- Désignons par a, b, c les coefficients d’induction mutuelle entre circuits 1-2, 1 -3, et 2-3 du transformateur, par e,, e2, e3 les valeurs instantanées des voltages et par i2, i3 les valeurs instantanées du courant dans les circuits Oi, O2 et 03. La loi de l’induction permet d’écrire.
- (a + di\ di2 . dt.,
- dt a—— — dt b —i : dt = e.
- di\ + («• + , di« di„
- — a — dt ‘>•37- c —i dt = e2
- , dit di% -)- (i -f- dln
- — b dt — C —r- dt c —5 ldi =
- en vertu de l’égalité évidente :
- L -f* H •*(“ L — o.
- Si le voltage triphasé alimentant le transformateur est symétrique, l’égalité (2) prouve que les vecteurs e,, <?>., e3 ont leur point commun au centre du triangle et peuventêtre representéspar Oi, O2, 03 (fig. 2). 11 n’en serait pas de même, si l’on tenait compte de la dispersion.
- En résolvant les équations (1) par rapport aux
- , , . , dl\ dl<2 dln !.. ,
- denvees —, — et et en désignant par l, m, ti,
- les produits de la fraction —-,—;— --------;
- 3 [ci b -j- bc —|— ce
- tivement par c, b, a, on obtient :
- respec-
- dii
- dt
- di3
- dt
- dis
- dt
- = îlei — me3 — ne3 ~ 2 me2 — ne3 — le, = %ne3 — lei — me-i
- (*)
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- 15 Juillet 1911. .. LA LUMIERE ÉLECTRIQUE _ 37
- Et finalement en faisant l = i.
- dt\ b a „ \
- ~t. — aei-----------e3 = Ei !
- at c c J
- di2 b a I
- — =ï-e2--------e, — et = h2\ (/,)
- ctt Ü c (
- di% a b „ 1
- * = ’ =
- Les courants ilf i2, iA sont donc décalés de
- - par rapport aux forces électromotrices
- E1,E2,E3 composées des tensions et,e2,e3 con-
- ii
- Considérons le cas particulier où :
- b 94 a 136
- S — 0,576, et - = —
- c ibi c 120
- .i3a.
- La substitution de ces valeurs dans (4) donne :
- dit ..
- -jj- = 2et — 0,576 e2 — 1,13a e}
- ' dln
- dt
- di%
- ~di
- — i,i52e2— 1,1'Js e,
- «1
- (V)
- = 2,264 C3 — St — 0,576 e2
- formément aux équations (4). En réalité, par suite de la perte à vide du transformateur, ies vecteurs de courant ne seront pas en quadrature, mais formeront des pngles g,, 32, $3 avec les forces électromotrices Ej, E2, E3. Ces dernières peuvent être facilement construites en partant des vecteurs Oi, O2, 03 (fig. 3), décalés de 1200, si l’oii connaît les rapports entre les coefficients d’induction mutuelle.
- Le transformateur à essayer étant alimenté en monophasé entre O et le sommet d’une phase, on obtient les rapports en question par les lectures des voltmètres branchés sur deux autres phases du transformateur.
- Le diagramme 3 traduit graphiquement ces relations et fournit la position des vecteurs 01, OII et OUI formanttroisangles différents av «2, a3 avec les vecteurs Oi, O2, 03. Les valeurs numériques des angles relevées sur le diagramme sont :
- sin a, = o,i65 («j = 9°3o') ; sin a2 = o,o55 (a2 = 3° 10'); sin ot3 — 0,125 (a3 = 7°io').
- Le sens de rotation n’a aucune influence sur la position des vecteurs OI, OU et OIII, de sorte que les vecteurs de courant sont
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série). — N* 28.
- décalés par rapport à ces derniers toujours de l’angle 3- Mais, grâce à la présence des angles x, le décalage des courants par rapport aux tensions Oi, O2, 03 subira, avec l’inversion du sens de mouvement, une variation de 2a. Les indications des wattmètres seront donc modifiées et passeront des valeurs ei cos (3 + «) aux valeurs ei cos (3 — a), toutes les trois différentes des premières
- santé, quoiqu’on n’ait pas tenu compte de la dispersion.
- La condition d’après laquelle la puissance absorbée par le transformateur à vide ne dépend pas du sens de rotation des vecteurs détermine une relation entreles angles a,,a2,a3qui peut servir également de vérification. En effet en développant l’égalité
- eti, cos —j—oci) —J— e2i2 cos (P2-f- a2) "H 6313 cos ($3 -f- a2) = = edi cos (Pi —ai) + e2e2cos(p2 —a2) -f- es *3 cos (p3— a3),
- Z
- Fig. 4.
- dans le cas où les trois coefficients d’induction sont inégaux.
- La superposition des diagrammes 2 et 3 (fig. 4) donne une solution complète pour le cas considéré.
- L’essai à vide, en fournissant les valeurs de cos (3 — a) et de cos (3-j-a) par phase, permet de déterminer les angles a et de contrôler ainsi l’approximation du procédé graphique (fig. 3). On obtient a, = io°i5' au lieu de 9°3o' a2 = 3°3o' au lieu de 39io' et a3 = 7°5' au lieu de 7°to'. L’approximation est donc suffi -
- on trouve :
- il sin <pi sin ai -|- i2 sin <j>2 sin a2 {3 sin ^3 sin a.% — o. La variation du sinus étant négligeable aux environs
- , « ...
- de (p = -, on peut poser : sin<pj = simp2 = sinq>3 et
- l’égalité devient :
- il sin ai -f- i2 sin a2 -)- i3 sin 03 = o.
- Dans le cas particulier, on trouve :
- 6,6 . 0,165 — 5,i.o,o55 — 7,1.0,125 = — 0,08.
- W. Gknkin,
- Ingénieur à la Société du Gaz et de l’Electricité de Marseille,
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- 15 Juillet 1914.
- LA LUMIERE ELECTRIQUE *
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- SUR UNE PROPRIÉTÉ GÉNÉRALE DES ANNEAUX A COLLECTEUR
- Considérons une génératrice bipolaire à courant continu. Elle comprend une partie fixe (stator), produisant le champ inducteur et une partie mobile (rotor), formant l’indiiit et tournant dans le champ du stator. Dans le cas d’un induit en anneau à n spires et faisant N tours par seconde on a, pour la force électromotrice entre les balais, en appelant F le flux total créé par le stator à travers l’anneau :
- E = N «F. ' (i)
- Cette formule est valable quelle que soit la répartition du flux à travers les différentes sections de l’anneau.
- Si nous réunissons les balais par une résistance, la machine débitera un courant I. Ce courant, en traversant les spires du rotor, produira un champ, le champ d’induit ; ce champ donne lieu, à travers l’anneau, à un flux transversal au flux F et d’apparence immobile. Raisonnant sur le flux <ï> comme sur le flux F, on sera conduit à admettre l’existence d’une nouvelle force* ëlectromo-trice En que l’on pourra mettre en évidence par des frotteurs calés perpendiculairement à la ligne neutre et en connexion avec ùn électromètre statique. Cette force électromotrice est utilisée, en particulier, par M. E. Rosenberg (*), dans sa dynamo à courant constant pour l’éclairage des trains. Elle joue aussi un rôle dans les môteurs à courant alternatif’ à collecteur, où le champ excitateur est produit par le rotor lui-même.
- Abstraction faite de ces applications intéressantes, l’étude de cette force électromotrice offre un intérêt d’ordre général : elle permet dé montrer clairement toute l’importance des phénomènes de commutation dans
- (*) E. Rosenberg. Eine neue Dynamomaschine und ihre Anwendungzur Beleuchtung von Eisenbahmvagen. Elek-trotechnische Zeitschrift, Berlin, igo5.
- les machines à collecteur, notamment de mettre en évidence la relation existant entre les effets du flux ‘ï> et les effets des spires court-circuitées. C’est ce que nous nous proposons d’établir dans cet article, quoique nous soyons convaincus que la plupart des conclusions auxquelles nous parviendrons sont connues par bon nombre d’électrotechniciens.
- Rappelons qu’ici même eut lieu, entre MM. Leblanc (l), Latour (2) et Poincaré (3), une discussion qui contribua à mettre beaucoup de clarté dans ces notions. Néanmoins, nous avons pu constater que des ingénieurs, s’appuyant sur l’autorité de G. Kapp (*), avaient été conduits à des conclusions inadmissibles, par l’ignorance du rôle des spires en court-circuit. Kapp, en effet, expose les phénomènes dont l’induit est le siège, comme si la self-induction des spires court-circuitées était un phénomène accessoire, n’ayant rien à voir avec le champ d’induit. L’erreur de Kapp a été relevée avec beaucoup d’autorité par M. J. Sauter dans l’intéressant article qu’il a publié récemment (5). Nous nous permettons d’y renvoyer le lecteur. D’une façon générale, il serait à souhaiter que l’on évitât, dans les livres d’enseignement, de mettre la commutation parmi les phénomènes accessoires auxquels donnent lieu la circulation du courant dans l’induit.
- Portons d’abord notre attention sur le flux <I>. En fait ce flux n’est pas, en général, immobile dans l’espace. Il dépend essentiellement de la façon dont
- p) Eclairage Electrique, tome XXIX, p. n3.
- (a) Eclairage Electrique, tome XXIX, p. 294.
- (3) Eclairage Electrique, tome XXX, p. 78.
- (•') G. Kapp. Dynamomaschinen ftïr Gleich-und Wech-selstrom, 4° édition, p. 225 et 226, Berlin, 1904.
- Sauter. Ueber eine irrtümliche Auffassung der Vorgange bei der Kommulation in Kolleklormasehinen. Schweizerische ElektrotechnischeZeitschrift, 1911, nos 26 et 27.
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- LA L UMIJÈRE ÉLECTRIQUE
- la commutation s’effectue. Rappelons que la commutation est dite parfaite lorsque le courant j, dans les spires court-circuitées, varie linéairement ; alors la dérivée
- d[_J_
- dt ~ T„
- est constante, Tc étant la durée de la commutation.
- Fip. i.
- Appelons (fig. 1) |3 la largeur d’un balais, X celle d’une lame du collecteur, i celle de l’espace isolant entre deux lames, p le rayon du collecteur, w la vitesse angulaire de l’induit. Prenons le cas simple où il n’y aura jamais qu’une seule spire court-cir-cuitée par un même balai ; alors :
- »<P ^X + ac. (3)
- Lorsque le collecteur allant dans le sens de la flèche f passe de la position i à la position 3, il n’y a pas de bobine court-circuitée ; le champ est entraîné avec le rotor à la vitesse w ; le mouvement du champ par rapport à l'induit est nul. L’amplitude angulaire de l’oscillation du champ est :
- il -j- X — p P
- et la durée du passage de i à 3 est :
- ^ ai+X-p
- 1 a — • pt*>
- De la position 3 à la position P, où l’on a la même configuration qu’en i, il y a une spire court-circuitée par chaque balai. Le champ revient en arrière avec une vitesse
- ai .-f- X — p P-t “
- T. XV (2® Série). —H® 28.
- ce qui lui donne par rapport au rotor une vitesse relative . -
- w,. = w — (o
- 2p — 3i — X
- et le temps nécessaire à ce retour est
- T„ =
- P
- pu>
- TaJ
- c’est aussi le temps de commutation. Nous excluons le cas : p = i, Te = o.
- Par contre, si
- P a t -|— X,
- .(4)
- on a Ta = o. Le champ est fixe dans l’espace en supposant toutefois la relation (a) satisfaite. Il a la vitesse relative
- o,. — (o,
- par rapport au rotor.
- Ces quelques considérations élémentaires nous montrent: en premier lieu, qu’ilfaut des précautions lorsqu’on applique la formule (i) au flux <I>; en second lieu, que la période pendant laquelle il y a court-circuit des spires sous les balais joue un rôle fondamental : pendant le temps T„, le champ n’ayant aucun mouvement relatif par rapport au rotor, la force électromotrice Ej est nécessairement nulle; ce n’est que lors de la commutation que Ef est différent de zéro.
- Démontrons maintenant une propriété fondamentale de l’anneau à collecteur. Supposons que l’anneau fasse N tours par seconde et comporte n spires (n pair et très grand), chaque spire étant reliée à une lame du collecteur. Il serait aisé d’étendre ce qui suit au cas où l’anneau comporterait n bobines de chacune v spires. Envoyons dans cet anneau, par deux balais A et B à i8o° un courant I que nous supposerons rigoureusement constanten première approximation. De plus nous admettrons que les conditions (2) et (4) sont satisfaites ; comme nous l’avons vu, dans ce cas, le flux d> du au courant I est fixe dans l’espace. En appliquant la formule (1) à ce flux, on trouve
- E* r= N n<t>,
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- 15 Juillet 1911. , LA LUMIÈRE ELECTRIQUE 41
- pour la force électromotrice, mesurée par un électromètre, entre deux frotteurs situés sur un diamètre perpendiculaire à AB. Ceci posé, considérons l’ensemble des deux spires court-circuitées; chacune d’elles est parcourue par le courant j variable. Supposons la commutation parfaite, c’est-à-dire la relation (2) satisfaite, La variation du courant j produira dans les n — 2 spires restantes de l’anneau, par induction mutuelle, des forces électromotrices qui donneront entre les deux frotteurs une force électromotrice résultante E,-.
- Dans ces conditions je dis que :
- E* — Ey- ;
- autrement dit : la force électromotrice due a la rotation de l'induit dans son propre champ est identique à la force électromotrice due à l’induction mutuelle des deux spires court-circuitées sur les (n — 2) spires en circuit.
- En effet, calculons d’abord E*. Appelons -f(0) ¥ ^
- le flux élémentaire produit par deux spires quelconques à 1800 à travers chacune des deux sections de l’anneau situées dans un plan diamétral faisant l’angle ô avec le plan des spires. On admet que f(0) ne dépend ni de I, ni des positions absolues des spires etdes sections. La fonction f {6) est seulement astreinte à satisfaire aux conditions :
- /•(6)=/-(-0) .
- /'(») = -/'(» + *)•
- Dans chacune des sections de l'anneau situées dans le plan diamétral passant par les frotteurs, le flux dû au champ d’induit a la moitié de sa valeur 4> . *
- maximum, soit -. Il est aisé de déterminer <t> par la 2
- fonction f(Q), où 0 désigne maintenant l’angle variable entre le plan traversé par le flux maximum et le plan de la paire de spires considérées. Entre deux plans
- diamétraux formant l’angle dQ, il y a — d& spires
- qui produisent à travers ces sections un champ —/'(0) dû. Le flux résultant à travers chacune de ces sections est donc:
- <I>
- a
- fîmdO;
- d’où
- E* = N«<l» =
- d 0.
- Calculons maintenant Ey . Le flux produit à travers chacune des deux sections de l’anneau situées dans un plan diamétral faisant l’angle Ô avec les spires en court-circuit sera : j /(O) et la force électromotrice induite dans les spires embrassant lesdites sections est) en tenant compte de la relation
- nNTc=i,
- I
- I n N/‘(6) ;
- les forces électromotrices induites dans les— rfÔ
- ait
- spires situées à la distance 0 des spires court-circui-I«2N
- tées auront pour valeur -- f(Q) dti. La force élec-
- tromotrice totale engendrée par induction mutuelle et qu’on peut recueillir entre les deux frotteurs sera donc :
- = ^/?,(•)*,
- TC Jo
- d’où :
- Ey = E*.
- Ainsi se trouve mis en évidence le rôle fondamental des spires en court-circuit sous les balais.
- On peut généraliser ce résultat : i° La commutation étant toujours considérée comme parfaite, on a d’une façon plus générale
- 1 P <C X -j- 21.
- La force électromotrice Ey est alors intermittente : nulle pendant l’intervalle de temps (fig. 2) :_
- Ta = AB = A^B, = ...
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- 42
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série).:— N« 28.
- elle est constante pendant la commutation : T,. = BA, ±= B,A2 = ...
- Elle peut être considérée comme engendrée par le retour du champ d’induit, qui a lieu, comme nous l’avons vu, en un temps T<? et avec une vitesse rela-28—81 — X
- Uve —^ --- — w par rapport au rotor.
- Si, par contre, |3 = X -(- 2 t, nous savons qu’elle est constante; Ta = o et Tc = AA, = A,A2 =...
- Or la surface BB"A",A, représente l’intégrale
- ^ta-j-Tc ’ Ala - j- l e-
- J Rjdt—h J dj = Ll,
- en appelant L le coefficient de self-induction des Spires court-circuitées. Elle èst donc égale à la surface AA' A,'A, qui doit avoir la même valeur LI. Il en résulte que la valeur moyenne Ey de Ey est la même que dans le cas précédent :
- E* = E y.
- 2° La commutation n’est pas parfaite. Dans ce cas il faut ajouter au courant / de commutation parfaite un courant j" additionnel, tel que :
- J=f+f
- représente le courant total dans les spires court-circuitées,
- Les variations de ce courant produisent une force électromotrice
- où :
- d[_ ± 1 df_ dt Tc ' dt ‘
- Considérant les valeurs moyennes, on a :
- Or
- X
- % 4~ E/'.
- Ta + Tc
- df=o.
- Donc,
- Ë/ = o,
- et l’on a comme plus haut :
- E* = Ëy' = E j.
- Il est à remarquer que, dans l’expression
- TT
- de Ey, le facteur - J^ f (0) dO de ^ peut être
- défini comme le coefficient d’induction mutuelle entre les spires court-circuitées par les balais et les circuits mis en parallèle par les frotteurs.
- On peut donc formuler la proposition suivante :
- Quelle que soit la commutation, la force électromotrice due à la rotation de l'induit dans son propre champ est égale à la valeur moyenne de la force électromotrice due à l’induction mutuelle des deux spires en court-circuit sur les autres spires de l’induit.
- Cette proposition serait encore vraie dans le cas où
- P>2t + X.
- Chacune des valeurs E>i> et E, est égale à la valeur moyenne de Ej.
- Remarque. — Nos conclusions montrent aussi qu’il serait aisé de suivre expérimentalement la marche de la force électromotrice de self-induction dans les spires court-circuitées en remplaçant l’électromètre par un oscillographe, puisque la force électromdX trice Ey varie exactement comme cette force èlectromotrice de self-induction.
- Edouard Guillaume,
- Docteur ès sciences, Berne.
- ANALYSE DES COURBES PÉRIODIQUES DU COURANT ALTERNATIF
- PAR LE PROCÉDÉ DE M. A. SCHLEIERMACHER
- v On sait quel intérêt considérable est attaché à l’analyse exacte d’une courbe de courant alternatif. La connaissance des divers harmo-
- niques superposés à l’onde fondamentale et de cette onde même, permettra en effet au constructeur de modifier heureusement cer-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 4$ Juillet 1941.
- 43
- taines données de l’altérnateur, à l'ingénieur exploitant d’éviter quelquefois dans les réseaux des résonances ou des surtensions. Aussi, depuis une dizaine d’années au moins, c’est-à-dire depuis le développement des courants alternatifs de haute tension, s’est-on préoccupé, étant donnée une courbe pratique (obtenue par exemple à l’ondographe), de déterminer le nombre et la nature des harmoniques qui interviennent pour constituer la courbe, et les valeurs des amplitudes correspondant à chacun de ces harmoniques.
- Les procédés utilisés se groupent en deux classes : d’une part, les procédés graphiques, souvent préférés à cause de leur élégance ou de leur rapidité d’emploi ; ils ont cependant le défaut fondamental de ne pas permettre d’apprécier le degré d’approximation auquel on arrive, et d’être aussi lents que les procédés algébriques dès que l’on recherche une grande précision, — d’autre part,les méthodes algébriques ou arithmétiques. L’analyse arithmétique est certainement la méthode la plus commode, et l’objection qu’on lui a souvent faite d’entraîner de laborieuses multiplications vient de ce que les ordonnées employées étaient mal choisies, soit en nombre, soit en position.
- En nombre : c’est bien évident. Si l’on se contente d’une analyse rudimentaire de la courbe, point n’est besoin d’employer un nombre d’ordonnées considérable.
- En position : remarquons en effet que les points de la courbe substituée caractériseront d’autant mieux la courbe effective donnée qu’entre ces points n’existeront ni maxima ni minirna importants. Aussi, dans cet ordre d’idées, se trouve-t-on mieux quelquefois, au lieu de resserrer les intervalles de la division, d’employer deux divisions distinctes et d’espacement différent.
- La première application de la méthode arithmétique, à ma connaissance, est la méthode de Ludimar Hermann, dont une bonne description a été donnée par M. G. Weisp (’). Ce procédé donne jusqu’à l’har-
- (* *) Revue Générale des Sciences, 1898, n° 17.
- monique de rang 18. Mais son emploi est quelque peu laborieux, comme ont pu s’en rendre compte tous ceux qui ont eu l’occasion de s’en servir.
- En iyo3, M. Schleiermâcher a exposé les principes de l’analyse arithmétique méthodique, et M. Runge, en 1905 (’) a indiqué quelques simplifications de calcul. Cette dernière méthode présente encore un grand nombre d’additions et de soustractions inévitables; la nouvelle méthode que vient de décrire M. Schleiermacher (2) a pour but de réduire considérablement ces dernières opérations et de rendre le procédé vraiment pratique.
- ¥ ¥
- Rappelons en deux mots le principe de la méthode arithmétique.
- Etant donnée une courbe y = f (x) obtenue pratiquement, et périodique, on lui substitue une courbe périodique harmonique
- y = A, sin# -(-... -f- B, cos# -J- ...
- donton sait calculer les amplitudes successives A,... B,...
- Du nombre des points (supposés, nous l’avons dit plus haut, convenablement choisis), dépendra en général le degré d’approximation de la courbe substituée. En général, on s’arrange pour que ces points divisent également la longueur d’onde.
- Le problème se ramène donc au calcul des coefficients AxBx des harmoniques de rang X.
- 2) ysinX# ^ ÿc°sL'.
- __2it __2r
- ’ H ‘ «
- Dans le développement de ces fonctions, il apparaît des produits de sin X#, ou cos X#, par sin p.x, ou cos p.# ou) ce qui revient a.11 même, des sommes ou des différences de sinus ou de cosinus de la forme:
- - cos([A----X)X
- I
- a
- cos ([/. -J- X)#, etc.
- (*) La méthode de Runge étant généralement connue des électriciens, je ne crois pas devoir la rappeler ici. Cf. Elektrotechnische Zeitschrift 1905, p, a47.
- (*) Elektrotechnische Zeitschrift, 8 décembre 1910.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série). — H® 28.
- M. Schleierinachcr remarque alors que l’intégration
- de ces membres depuis x — — jusqu’à x = ait
- donne, pour les sinus, des sommes Ou différences (p. ± X), une intégrale toujours nulle, et pour les cosinus des mêmes, une intégrale égale à± i toutes
- les fois que (p. ± X) —’ n’est ni nul ni multiple de
- arc, c'est-à-dire que (p. dt X) n’est ni nul ni multiple de n.
- Dans ces hypothèses, la somme des n facteurs pour les n points est égale à -.
- Et l’on aura :
- 2 _
- A'/’0 = - 2/sinX.r = A,. — A„_,. -f- An+)l — A2n_x
- -f- A|n_|_x -j-...
- Bx(n) = ~ '2 U cosXa? = Bx -j- B„_* -j- Bnq.x -f- B2n_>
- -(- B2)I+x -f-. ..
- Supposons maintenant qu’il n’y ait que des harmoniques d’ordre impair ; il suffit alors d’opérer sur une demi-longueur d’onde.
- Appelons donc maintenant n le nombre des points de division par demi-longueur d’onde.
- Les harmoniques de rang X sont :
- ]£ysinX.r et £ycosX.r.
- Leurs coefficients respectifs A\ et Bx contiennent n facteurs.
- (p. — X) et (p, -f- X) sont des nombres exacts, dont les sommes sont dénombrables :
- p. + X
- 2 n
- HP X
- •x
- Chacune de ces sommes s’annule si ——— n’est ni
- 2
- nul ni multiple de n. Dans le cas contraire, elle est égale à —. On a donc :
- Axcn) = A_x A2„_x + A2n+X A4n_x.. .
- Bx<n> = Bx + B2n_x -f.. .
- x Restons toujours dans l’hypothèse où il n’y a que des harmoniques d’ordre impair et proposons-nous d’étudier la variation des
- facteurs de sinus de l’onde fondamentale A j00 en fonction - du nombre des points de division n.
- L’étude des facteurs de cosinus B/"’ serait identique ; dans le tableau I, il suffit de remplacer A par B et les signes — par des signes -f-.
- Les valeurs de A!1"* à partir des A des harmoniques impairs successifs sont rangées dans le tableau suivant :
- Tabj.eau I
- On voit de suite par ce tableau que si, comme c’est la règle avec les courbes fournies par la pratique, la valeur moyenne des amplitudes décroît quand le nombre des ordonnées augmente j At,n) se rapproche de A1 quand n croît
- On voit également comment, en comparant les diverses valeurs des A,1’0, on peut reconnaître quel est le rang des harmoniques supérieurs auxquels on a affaire (*).
- Enfin, et ceci est l’application la plus utile, on voit par quelles combinaisons de termes on peut éliminer les harmoniques supérieurs sans avoir recours aux laborieuses multiplications de la méthode arithmétique ordinaire.
- (*) J’ai déjà fait des remarques analogues, basées sur l’allure des papiers fenêtres de la méthode d’Hermann.
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- 15 Juillet 1911. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE 45
- Explicitons par un exemple :
- Soient | “q12 | les six premières valeurs
- ( ••Ri2 !
- d’amplitude des | S11^US ( d’une courbe sub-r ( cosinus )
- stituée déterminée par 12 points également répartis sur une demi-longueur d’onde de la courbe périodique donnée y =
- Supposons en outre que les harmoniques supérieurs au 13e n’existent pas.
- Nous calculons alors A/121 par la méthode ordinaire.
- Les amplitudes Aj'0’, A,14’, A1(3) et A^2' s’obtiennent immédiatement à partir du calcul de A,'1’1, sans multiplications nouvelles, en annulant simplement les coefficients des points intermédiaires.
- Pour A,<2), il suffit de remarquer que c’est
- la valeur de y pour x = -.
- On obtient donc ainsi 5 valeurs, à savoir :
- / A1t,t) = A, | — A33 -f- A2S —. ..
- \ A»*61 = A|—Aj 11 —A13—...
- <A»W =A, —AT + A,|-A18+...
- I Atw = A, — A y -f- A. — An | -f- A13 —...
- I A|l!) = A! — Aj-f-A5 — A7-)- A9— Ait[+A-i3 —.. .
- Dans chacun de ces termes', nous nous limitons, par hypothèse, aux harmoniques de rang inférieur au i3“.
- Pour obtenir les valeurs des 6 amplitudes cherchées, il nous faut donc encore une relation. Nous allons nous la donner en calculant un coefficient d’amplitude avantageux; par exemple A;,(12L
- A3"2' = A, I — A2! -P a17 —.. .
- Nous nous limitons également au 13a harmonique.
- Remarquons enfin que B1C,) est la valeur de y pour x — o. Ce point initial est d’ailleurs arbitraire.
- Formons alors le tableau II où nous portons,d’une part les ordonnées, et de l’autre les valeurs trigono-métriques pour x variant de o à 180° par fractions de i5° (douze divisions) et en supposant
- X = 1 et X = 3.
- En multipliant les sinus par les sommes inscrites dans la troisième ligne, les cosinus par les différences (quatrième ligne), on forme les intégrales correspondant à 2 y sin X x et 2 y cos X x.
- On obtient ainsi le tableau d’opération III.
- On a de même :
- A3<18’- [3o,5oo. 1 -f- i5,5oo (— 1)
- -(- 0,707 [ 14,336 -J- 40,307 — 33,426 J |
- = g[*5 + ol7o7.a,,ai7] = -f 5,
- b3c*' = I[3,5.i -5,5(-.)
- + °>7°7 ! 3,28o -(- 4,953 -j- 4,5o6 j |
- =g[» + 0,707. i2,739] = + 3,
- d’où, par un calcul immédiat :
- A, = -j- 20 B, = 0
- A3 — + 5 b3 = + 3
- A, = O b5 = 0
- A, = 2 B, == 0
- A, = O b9 == 0
- A„ = + 1*5 B„ C + II
- L'équation y = f (x) est do ne remplacée
- l’équation harmonique (jusqu’au treizième harmonique inclus)
- y = 20.sin.r -f- 5sin3.r -j- 3cos3.r — 2sin7a:
- -)- sin 1 ix — o,5 cos 11 x — o,5 sin 13x -j- cos 1'ix.
- Il apparaît, d’après la forme même donnée à notre développement, que la méthode que nous venons d’employer conduit à des résultats identiques à ceux de la méthode arithmétique ordinaire, et non à une approximation par rapport à cette méthode. Cependant M. Schleiermacher a cru en devoir donner une démonstration (*). Je ne le suivrai pas dans cette voie, d’autant plus qu’il n’est pas très aisé de se convaincre de l’exactitude de son raisonnement, au milieu du dédale d’hypothèses qu’il est amené à faire pour dégager sa méthode de l’abstraction algébrique.
- C) Elektrotechnischc Zeitschrift, 8'décembre 1910.
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- 46
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2e S$rie). 28.
- En revanche, je vais indiquer encore une simplification très importante en pratique.
- Supposons encore n= 12. Faisons d’abord les calculs pour une division deux fois plus grossière : n' = 6.
- Nous avons alors :
- ( Ai — Au = A»'4'
- A3 — A„ = A,1’1 — A,»»» + A,*6’ - A.t*»
- ( A6 - A, = A,**1 — A,(3>,
- B3 + B9 = B/*» — B.m ( Bs -|- B7 = Bj(*> — B,(8).
- La suite des ordonnées intercalaires avec indices impairs forme une seconde division
- n' = 6 dont le point initial est décalé de ± —.
- On peut alors calculer rapidement les différences ou sommes :
- A'i — A'u B'j -j- B'u.
- Ax et Bx se déduisent aisément de A'x et B'x par les formules :
- A A/ ^ n; • ^
- A) = A x • cos — =j= B'a . sin —,
- n n
- n Xnr, . . Xit
- B) = B'a.cos—±A'x.sin—.
- n n
- Or
- Donc
- sin [n — X) — — sin
- À7U
- n n
- Tt Xlt
- cos In — X) — = — cos —. ' n n
- Ax -j-An—a—[A'x —A'ii—xjcos — —[—[B^, -j-B’n—xjsin -—,
- Il est vrai qu!il faut y ajouter 4 autres multiplications par sin 6o° = 0,866 et enfin les multiplications
- par le facteurTout ceci reste bien long.
- On peut heureusement simplifier. En effet, les seules multiplications indispensables sont celles par 0,707 ; ceci provient de ce que l’angle 3 x, dans la division n — 12, s’accroît
- de | à chaque fois.
- En prenant donc n = 4X, les multiplications à effectuer seraient celles par i 0,707 et ± 1.
- Si on prend n = 2 X. on simplifie .encore, car les multiplicateurs ± 0,707 disparaissent dans la sommation et il ne reste que des sommes algébriques multipliées pari 1. On aura ensuite Ax et Bx par simple division par X.
- Dans le cas où l’on aurait à analyser une série de courbes ayant toujours même longueur d’onde, par exemple celles d’un oscillographe, on peut tracer La division sur un calque; on peut alors faire les sommations au compas, ce qui abrège encore le travail.
- Jusqu’ici, nous avons suivi la méthode arithmétique en la simplifiant mais en restant aussi rigoureusement exacts qu’elle.
- La méthode se prête également à une intégration planimétrique ; mais celle-ci donne lieu à une légère erreur.
- Remarquons, en effet, que le terme de Fourier
- A,
- y sin ,% dx
- Bx —B,i_x=[B'x -t-B'n—x]cos —if A'x -f-A'n_x]sin —.
- n n
- Pour n == 12 (c’est-à-dire une rotation de i5° ou d’un multiple de i5°), on peut prendre 45°, de sorte
- Xx
- que les cosinus et sinus de — sont égaux à i 0,707. On a alors 6 facteurs de la forme :
- Ai + An = [A', — A',, =p (BS -f B'u)] 0,707,
- B, - Bu = [B'( + B',, ± (AS - A',,)] 0,707.
- Soit 6 multiplications seulement pour 12 amplitudes.
- est approximativement
- Aj s----V y.A(cos.xj.
- it
- Pour une demi-longueur d’onde, Faire de
- la courbe est - A,.
- Il suffit donc de se donner une division
- finie (par exemple, A (cos x) = — Jetd’ad-
- 10 /
- ditionner les ordonnées des points de divi-
- sions.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 47
- Tableau II
- Ordonnées.. — 8,8o8 i5,683 *7,677 11,539 14,460 i5,5oo
- — 3,5oo + 5,528 14,817 22,63o »7>o39 18,966 —
- Sommes .... — i4,336 c 0 xTi O en 40,307 28,578 33,426 i5,5oo
- Différences.. -f- 3,5oo 3,280 0,866 — 4,953 — 5,5oo — 4,5o6 —
- sin x O 0,259 0,5 o,7°7 0,866 0,966 I
- COS 4? - 0,966 0,866 0,707 o,5 0,259 O
- sin 3 u,1 O °i7°7 1 0,707 O — °>7°7 — 1
- cos 3a: K 0,707 0 0,707 I — 0,707 O
- Tableau III
- A,U») A, (6) A,W A ,18) Ad*)
- O
- 3,7i3
- i5,25o 28,497 i5,25o 28,497
- *4,749 32,289 34,749 24,749 , t.
- i5,5oo i5,5oo i5,5oo . • • i5,5oo
- ug.998 : 6 55,499 : 3 43,997 : 2 24,749 ': 3/2 i5,5oo : 1
- = 20 = 18,50 = 22 = 16,50 — 15,500
- B,!!») Bd®) B,!*) • B,!*) B, (*)
- + t 3,5oo 3,i 65 + 3,5oo t -|- 3,5oo -f- 3,5oo -f- 3,5oo
- ( 0,750 o,75o v ’ '
- / 3,5oo —- 3,5oo
- — 3,75o — 2,750 — 2,750
- ( i,i65 5-
- + 7 » ^15 — 7,4 > 5 4,260 —- 2,750 -j- 3,5oo — 3,5oo -f- 3,5oo — 2,750 -j- 3,5oo : 1
- — 0 : 6 = i,5oo : 3 = 0 : a = 0,750 : 3/2
- = 0 = + 0,50 = 0 = 0,50 = -f 3,50
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2® Série). -4 N°28»
- Remarquons avec M. Schleiermacher que ceci revient à remplacer la ligne sinueuse par une ligne polygonale inscrite. Il y a donc une erreur par défaut qui, dans le cas d’une sinusoïde Simple, atteint environ i %. En corrigeant de i % le résultat trouvé par la méthode simplifiée, on aura donc encore une excellente approximation.
- Appliquée à la courbe harmonique qui a servi d’exemple plus haut :
- y^= 2osin.r 5sin3.r -|- 3cos3.r— asin^a-' -f- sim i.r — o,5cos n x — o,5sin 13—(— cos 13.r,
- la méthode donne :
- A,
- 2?/,
- R, = - - S'y,
- x io
- d’où
- 2 y = 30,960, A, = >9,71.
- Pour la sinusoïde (1) (amplitude 20), le quotient par 10 de la somme des ordonnées calculées a pour valeur 3i,o45.
- La valeur exacte de l’aire est 3i,4i5.
- L’en*eur est de—0,370. En reportant sur Aj calculé la correction corréspondant à cet écart, on a :
- A, — 19,95 (au lieu de 20). ....
- Pour Bj l’aire a pour valeur o,o44, d’où
- Bt = -f- o,oo3 (au lieu de o).
- On voit combien faible est l’erreur, et si l’on y compare la rapidité du procédé, surtout en appliquant un calque gradué à l’avance pour la longueur d’onde de la courbe, on excusera le développement, peut-être un peu ennuyeux, nécessaire pour exposer cette méthode.
- ’ J.-F. Audouin.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Le réglage du nombre de tours dans les installations triphasées; applications aux mines et aux usines.— H. von Siâf. — Conférence faite le a5 janvier 1911 devant l’Association Electrotechnique de Vienne; reproduite par Elektroteclmik and Mas-chinenbau, 4 et 18 juin ,911.
- Le réglage de la vitesse des moteurs dans les réseaux triphasés a trouvé, depuis la création du système Léonard, plusieurs solutions pratiques évitant les pertes d’énergie propres au réglage par résistances.
- A l’heure actuelle les procédés en présence peuvent se subdiviser en deux grandes catégories, selon qu’ils ont pour base l’emploi du couplage en cascade ou l’emploi des moteurs réglables, mais toutes les deux ont pour principe de transporter le siège de la manœuvre sur le collecteur.
- La première catégorie, représentée par les deux sôlutions Kramer et la solution Scherbius, utilise à cet effet le collecteur d’un moteur auxiliaire. Kra-
- mer joint les trois bagues du moteur principal à un alternomoteür à collecteur monté sur le même arbre. Dans une deuxième disposition il monte sur l’arbre du moteur triphasé un moteur à courant continu dont le collecteur est relié aux trois bagues du premier moteur par l’intermédiaire d’une commuta-trice.
- Dans la disposition de Scherbius qui est la plus généralement employée, l’énergie de glissement du moteur principal est envoyée, comme dans le premier cas, à un moteur à collecteur qui ne lui est plus relié mécaniquement. Ce second moteur actionne un alternateur qui restitue le courant au réseau.
- Ces combinaisons ont l’avantage de pouvoir être appliquées à des moteurs existants, surtout dans les fortes puissances et de n’utiliser dans le moteur auxiliaire qu’une faible partie de l’énergie totale en proportion avec la diminution du nombre de tours du moteur principal ; elles ne sont pas applicables aux machines réversibles.
- Leur place est tout indiquée dans les installations de ventilateurs, les souffleries, les laminoirs, ainsi que dans les réseaux triphasés où elles jouent le rôle de tampons ; dans les laminoirs est mis en évidence
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- Un nouvel avantage du système vis-à-vis du réglage par résistances : même quand il travaille à vide, le moteur n’atteint pas la vitesse de synchronisme ; ceci est important car les rouleaux ne peuvent saisir la tôle que jusqu’à une vitesse maxima.
- A titre d’exemple on peut citer le premier système Scherbius qui fut adopté; c’est celui de la Compagnie minière de Gelsenkirchen, assurant le réglage à 26 % du moteur de 800 chevaux du ventilateur. Le ventilateur consomme une puissance d’environ 870 chevaux, 268 tours par minute, et de 610 chevaux pour 3i5 tours (vitesse correspondant à un réglage de i3 %). L’énergie économisée par rapport au réglage par résistance est de 76 kilowatts pour la première vitesse etde 55 kilowatts pour la seconde.
- Diverses autres installations suivirent l’exemple de celle de Gelsenkirchen, entre autres les chemins de fer de l’Etat italien qui appliquèrent le réglage Scherbius à 20% à des commmutatrices de 2 5oo chevaux.
- La deuxième catégorie de procédés de réglage remplace le moteur triphasé lui-même par un moteur à collecteur; parmi ceux-ci, c’est le moteur monophasé système Déri qui est le plus en vogue.
- Ses principaux avantages sont les suivants.
- Simplicité de l’enroulement statorique (absence de tout croisement) ; possibilité de brancher le moteur sur n’importe quelle tension ; absence de toute influence du réseau sur le rotor qui n’est traversé que par la basse tension ; démarrage sans chocs ; possibilité non seulement de régler la vitesse mais aussi d'effectuer le renversement de marche sans pertes sensibles ; faculté de freinage par renversement du courant à n’importe quel nombre de tours ; rendement élevé et commutation excellente ; grand couple de démarrage à très faible courant.
- Ce moteur qui est tout indiqué quand la réversibilité s’impose ne peut-être intercalé dans un réseau triphasé lorsqu’il est de faible puissance ; quand il yen a plusieurs on peut obtenir l’équilibre en branchant chacun d’eux sur l’une des phases du réseau.
- La Compagnie Brown-Boveri est arrivée à la répartition égale de la charge par le couplage de deux moteurs Déri de même arbre montés sur un même socle ; l’enroulement statorique de l’un des moteurs étant partagé entre la première et la troisième phase du réseau, la deuxième phase est reliée au point de jonction des deux moitiés par le stator du second moteur. On a pu réaliser ce système sans sacrifier aucun des avantages du moteur Déri simple.
- En comparaison avec le môteur à courant continu, les deux collecteurs du nouveau système ont fait preuve d’une durée singulièrement plus longue. Ceci tient à la basse tension qui règne dans le double moteur (à peine 10 volts en marche normale et 100 volts au démarrage) ainsi qu’à l’absence de différence de polarité entre les différents jeux de balais et de toute action électrolytique.
- Les difficultés provenant de la commutation, ainsi que l’impossibilité de combiner une grande vitesse de rotation avec une puissance élevée, limitent l’emploi de ce moteur à de petites et moyennes puissances. D’autre part cependant, son prix relativement élevé ne lui permet de figurer que dans les installations d’une certaine importance.
- En ce qui concerne la manœuvre du réglage dans les moteurs d’extraction, la Compagnie Brown-Boveri en a établi différents systèmes et dans cet ordre d’idées un exemple intéressant est fourni par la disposition suivante réalisée par M. Thallmayer.
- Toute la commande est réunie dans un seul levier qui se trouve à portée de la main du mécanicien. Le levier peut se mouvoir dans deux plans en croix ; le premier mouvement règle la position de la tige porte-balais, le second commande le frein de manœuvre et le démarreur du moteur d’extraction. Un électro-aimant commandé par un relais à maximum a pour mission d’empêcher un déplacement trop brusque du levier et, partant, une surcharge du moteur. Il existe également un frein de sûreté électromagnétique dont le système déclencheur est fixé sur le bâti du levier régulateur et peut être manœuvré à la mai 11, mécaniquement ou électriquement.
- Le sens de rotation du moteur est toujours opposé au sens de calage des balais. La manette du régulateur étant retirée en deçà de la position zéro des balais, si le moteur est en marche' sous l’influence d’un excès de charge ou de l’inertie des masses en mouvement, il exerce un couple de freinage proportionnel au déplacement du levier. Le frottement des balais sur le collecteur ramène -le levier à la position initiale et donne ainsi lieu à un freinage efficace et dépourvu de toute secousse. Le frein de sûreté actionné par (un deuxième relais intervient lorsque le courant de freinage continue à croître par suite de la diminution survenue dans le nombre de tours et malgré l’action de l’aimant qui empêche un déplacement trop grand du levier. Ce freinage automatique est une des propriétés caractéristiques du moteur ; elle rehausse considérablement le degré de sécurité de son fonctionnement.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série).—-N° 28.
- Le moteur Deri se répand rapidement dans le domaine de la traction et particulièrement dajis celui des locomotives des mines. Ceci est à attribuer aux moindres dangers d’incendie que présente le courant alternatif mais surtout à la facilité de répartition de l’énergie.
- Etant donné, cependant, d’une part l'impossibilité d’employer le moteur pour les grandes puissances ét d’autre part son prix élevé, les ateliers de la Brown Boveri ont résolu dernièrement de créer un nouveau moteur réglable, qui puisse atténuer ces inconvénients : c’est un moteur série à collecteur.
- Le réglage du nombre de tours se fait ici également par décalage de la ligne des balais. Un transformateur devra toutefois être intercalé entre le stator et le rotor lorsqu’il s’agira du réglage dans un réseau à haute tension. Pour effectuer le renversement de marche, il faudra passer par la permutation de deux phases du réseau.
- Ce moteur est nettement inférieur au moteur Deri en ce qui concerne le renversement ; mais, par contre, il a, en tant que régulateur, un meilleur rendement et un facteur de puissance plus élevé. Ce dernier point permet une restriction des dimensions en général et en particulier de celles du collecteur lorsqu’il existe un démarreur.
- Le premier modèle construit a mis en évidence pendant lesessais des propriétés remarquables ; son rendement se maintenait aux environs de 85 à 90 % ; le facteur de puissance, égal à 0,09 à 700 tours, passait k l’unité pour un accroissement de 200 tours.
- Th. S.
- Sur une grande machine électrostatique.
- __ P. Vill&rd et H. Abraham. — Comptes Rendus,
- 26 juin 1911.
- Les auteurs poursuivent leurs études sur les hauts voltages k l’aide d’une grande machine Wimshurst à vingt plateaux.
- Cette machine a été réalisée avec une très grande perfection par M. Roycourt. Les plateaux d’ébonite sans secteurs, individuellement démontables, ont 0,72 m. de diamètre; ils sont renforcés dans toute leur partie centrale et restent ainsi parfaitement plans pendant la marche, malgré les attractions électrostatiques considérables auxquelles ils sont alors soumis. Les conducteurs diamétraux sont isolés du bâti, afin qu’on puisse mettre l’un des pôles de la machine au sol sans trop réduire la différence de potentiel disponible. En outre, l’isolement
- des diamétraux l’un de l’autre a pour effet de rendre le fonctionnement plus symétrique et augmente sensiblement le débit.
- L’ensemble des paliers qui supportent les axes, au nombre de n, ainsi que les organes de transmission et de réglage mécanique, sont montés sur un solide bâti métallique venu de fonte. Toute la construction est suffisamment robuste et précise pour qu’on puisse réaliser en régime normal des vitesses de rotation de 1 200 k 1 400 tours à la minute, ce. qui correspond k des vitesses périphériques de près de 5o mètres par seconde. Une vitesse de 800 à i 000 tours suffit généralement d’ailleurs, pour obtenir le voltage maximum à faible débit. Ce voltage maximum est limité vers 320 000 volts par les étincelles qui éclatent entre les collecteurs et le bâti ou les conducteurs diamétraux : le voltage normal est d’environ a5o 000 volts. Le tableau suivant résume les caractéristiques principales de cet appareil ;
- Débit à 25oooo volts............. 1 milliamp.
- Débit maximum à bas voltage .. 3 milliamp.
- boules de 3o cm. de
- diamètre......... 14 cm.
- boules de 10 cm. de
- Longueurs l diamètre............. 40 cm.
- maxima J boules de 6 à 7 cm. d’étincelles ) de diamètre...... 55 cm.
- entre / b°ule positive de io f cm. de diamètre et plateau négatif de
- 5o cm. de diamètre 60 cm.
- Les hauts voltages et la puissance élevée disponibles sur cette machine ont déjà permis aux auteurs de mettre en évidence certains phénomènes, sur lesquels ils auront k revenir et que les machines ordinaires sont incapables de produire. Ils ont pu, d’autre part, étendre avec facilité jusqu’à 3oo 000 volts les mesures de potentiels explosifs entreprises précédemment et dont ils rendront compte dans une prochaine communication.
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES
- Eclairage à incandescence réalisant une économie ti'ès notable sur les lampes à fila ment de charbon. —Dussaud. — Comptes Rendus, 26 juin 1911.
- Le procédé expérimenté par l’auteur consisté à faire passer un courant d’environ 16 volts et i,3 ampère à travers un fil fin de tungstène, enroulé en
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- 15 Juillet 1911.
- LA LUMIERE (ELECTRIQUE
- .51
- solénoïde, qui occupe un espace de 3o millimètres cubes.
- Avec ces ao watts, sanssurvoltage (à l’inverse d’expériences précédentes) (*), l’auteur obtient le même éclairement pratique qu’avec environ 4oo watts et des lampes à filament de charbon : la dépense est donc rendue vingt fois moindre. L’auteur a utilisé cette lumière pour un éclairage usuel soit en employant le secteur, soit en employant une petite pile.
- En disposant, d’autre part, pour les projections, un système optique à foyer ultra-court devant la source lumineuse de 3o millimètres cubes qui ne l’échauffe pas sensiblement, l’auteur obtient avec environ 20 watts, sans survoltage, le même éclairage qu’avec un arc de 4 000 watts qui exige des systèmes optiques à foyer beaucoup plus long; l’économie est ici de 200 fois. Cet éclairage supprime tout danger dans l’application aux cinématographes, aux projections de clichés ou corps opaques inflammables, aux préparations microscopiques vivantes les plus délicates, à l’étude de la main rendue transparente, à des phares qui peuvent être constitués par une lentille de petit diamètre à très court foyer.
- L’auteur ajoute que, pour éviter l’affaissement du solénoïde incandescent, il a trouvé commode de le placer dans un champ magnétique approprié ; cela ne complique que très peu le dispositif.
- Recherches sur les rayons ultraviolets. — Comptes Rendus, 10 avril, 29 mai, 6 et 19 juin 19x1.
- D’après M. A. Tian, les radiations qui décomposent l’eau, avec formation d’hydrogène et d’eau oxygénée, sont localisées dans l’extrême spectre ultraviolet, au delà de 1900 angstrôms, environ. Au point de vue des gaz dégagés, l’effet delà lumière est identique, au bout d’un certain temps, à celui de l’électrolyse.
- La lumière de la lampe à mercure en quartz détermine cette décomposition, grâce à la présence des radiations 1846, 1848, i85i ; celle émise par l’étincelle, entre électrodes d’aluminium, possède la même propriété.
- MM. J. Gourmont et Ch. Nogier ont reconnu que des causes encore indéterminées (peut-être une modification de la paroi interne du tube de quartz)
- (•) Voir J. Reïval. L’Exposition de la Société Française de Physique, Lumière Electrique, tome XIV (2e série), p. 171.
- font décroître peu à peu le rendament en ultraviolet des lampes en quartz à vapeur de mercure, lorsqu’elles fonctionnent à haute température.
- . Quant aux conséquences de cette diminution de rendement, elles affectent aussi bien l’éclairement que l’action chimique. Il faut donc refroidir les lampes en quartz pendant leur fonctionnement.
- Signalons enfin que MM. II. Bierry, V. Henri et A. Ranc ont étudié l’action des rayons ultraviolets sur le saccharose (qui subit d’abord une hydrolyse, suivie de dégradation des hexoses formés, dégradation qui va jusqu’à la formation d’oxyde de carbone), et M. M. Landau leur action sur l’acide lactique, dans lequel il a reconnu qu’ils produisaient des transformations moléculaires profondes.
- A. S.
- Sur la loi de Stokes et sur une relation générale entre l’absorption et la phosphorescence. — L. Brüninghaus. — Comptes Rendus, 6 juin 1911.
- La loi de Stokes, inexacte sous sa forme primitive, contient une part de vérité qu’on peut énoncer ainsi : tous les corps phosphorescents solides ou liquides présentent, dans les spectres visible et ultraviolet, une prédominance de grands pouvoirs émissifs pour des radiations de longueurs d’onde plus grandes que celles qu’ils absorbent fortement.
- Ou encore : chez les corps phosphorescents, le spectre d’émission est décalé vers les grandes longueurs d'onde par rapport au spectre d’absorption.
- Ce caractère de l’émission par phosphorescence lui est commun avec l’émission calorifique, dans les limites usuelles d’observation.
- A. S.
- Allumage et extinction automatiques d’un réseau triphasé d’éclairage public. — Bois-sard. — La Houille blanche, juin 1911.
- L’auteur a eu à étudier le remplacement d’un éclairage public au gaz par l’éclairage électrique dans une localité déjà desservie par un réseau triphasé alimentant la force motrice et l’éclairage privé. Le réseau est divisé en cinq secteurs alimentés chacun par un transformateur. Le réseau secondaire est aérien. La tension primaire est de 10000 volts composés; la tension secondaire est de 190 volts composés et de 110 volts en étoile, le point neutre étant distribué. Le triphasé à 190 volts est plus spécialement affecté aux moteurs ; l’éclairage public sera branché entre neutre et phasé et fonctionnera à no volts.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série).N" 28
- S*
- Les cinq secteurs secondaires sont indépendants. Ils ne sont pas efficacement couplables, les lignes étant coniques et trop faibles aux points où les jonctions pourraient être faites. D’ailleurs, l’établis sement de feeders de couplage serait trop coûteux, eu égard aux difficultés que susciteraient les propriétaires des immeubles sur lesquels il faudrait s’appuyer. Enfin, il y a plutôt avantage à avoir de petits secteurs à marche autonome, afin que les pannes basse tension n’intéressent qu’une partie du réseau.
- Voici la solution qui a paru la plus favorable au double point de vue technique (équilibrage) et économique (installation et exploitation) :
- On ajoutera un fil neutre à la distribution existante. Dans chaque secteur, les lampes destinées à l’éclairage public seront divisées en trois groupes d’égale consommation branchés chacun entre le fil neutre supplémentaire et une des trois phases.
- Le fil neutre supplémentaire sera coupé par des interrupteurs A, B, C... servant à l’allumage et à l’extinction de l’éclairage public. Ces interrupteurs pourront être placés en ville dans des coffrets fixés contre les murs et fermés à clef.
- On aura alors à manœvrer trois interrupteurs par secteur, soit en tout quinze interrupteurs, d’où une certaine complication apparente.
- Mais le premier interrupteur A de: l’un des secteurs sera une horloge à contact. Les .quatorze autres seront des contacteurs automatiques disposés comme l’indique le schéma (fig. i).
- % câcctci-vi- I.
- 3te.Cei.ii IU
- Fig. i.
- Dès que l’horloge A aura fermé le circuit du premier groupe de lampes du premier secteur, la bobine du contacteur B, branchée comme une lampe
- du premier groupe, s’excitera et fermera B, provoquant l’allumage du second groupe, l’excilation du contacteur C, etc..., de proche en proche jusqu’au dernier groupe de lampes du dernier secteur. Cette solution implique la nécessité de joindre bout à bout les fils neutres d’éclairage privé et d’éclairage public de tous les secteurs, ce qui n’offre pas de difficultés puisque tous les réseaux d’éclairage sont équilibrés.
- Si on ne voulait pas connecter les fils neutres de tous les secteurs, il suffirait de monter le troisième contacteur M, de telle sorte qu'il joue pour le deuxième secteur le même rôle que l’horloge A pour le premier secteur ; de même pour les secteurs suivants.
- Si l’un des contacteurs ne fonctionne pas, le défaut sera vite localisé, les lampes suivantes ne s’allumant pas. Pour parer à cet inconvénient, on placera à côté de chaque contacteur un interrupteur M permettant de le court-circuiter provisoirement à la main.
- L’horloge interrupteur A sera placée dans les bureaux de la mairie, d'où se fera le réglage des heures d’allumage selon les saisons, ainsi que le contrôle permanent.
- Ce mode de distribution est économique en raison même de son automaticité. Son installation est peu coûteuse ; l’horloge vaut environ 120 francs et chaque contacteur 10 francs. Il ne faut tirer qu’un fil supplémentaire et l’équilibrage est aussi bon que possible.
- On peut sur le parcours des canalisations bran* cher des rupteurs commandés par le même fil neutre que les contacteurs et destinés à rompre, sur les consoles mêmes, le courant destiné aux moteurs de marche de jour. Cette rupture ainsi que la remise en circuit a lieu automatiquement au moment où commence l’éclairage intensif et à la fin de cet éclairage.
- C’est du même coup la condamnation des interrupteurs automatiques particuliers, mal surveillés, faciles à frauder et une simplication pour l'exploitant;
- Petits transformateurs pour lampes à incandescence. — J. Niethammer. — Elektrotechnik und Mastchinenbau, 3o avril 1911.
- Afin de pouvoir utiliser les voltages habituels aux réseaux d’éclairage pour l’alimentation de petites lampes à filament métallique, on a depuis des années songé à utiliser des transformateurs. Ceux qui sont décrits par l’auteur ont été établis par une maison
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- 15Juilletl911.
- LA LUMIÈRK ÉLECTRIQUE
- allemande: Oh leur a donné un aspect nouveau en
- I
- Fig. i. — Transformateur réducteur.
- restreignant leurs dimensions de façon qu’ils puissent tenir dans la monture même de la lampe. Ces réduc-
- teurs de tension ont la forme ^représentée sur la
- WtfWWNAj
- Fig. a.
- 1,
- figure i. Ils sont pour la plupart à circuit simple et
- A/WWW'
- Fig. 3<5
- permettent d’insérer de toutes petites lampes (de 5 volts, par exemple) dans des circuits de 220, 3oo, voire même de 5oo volts.
- Tableau I
- Tension aux bornes normale y fréquence 5o.
- NUMÉROS D’ORDRE Pertes-fer j WJ PLEINE CIIARG Pertes-cuivre E • • Rendement % RENDEMENT MAXIMUM ' % PUISSANCE EN *VATTS UTILES (en charge) CHUTE DE en pour cos^p = I l TENSION % maxima FACTEUR DE PUISSANCE en charge non inductive
- ittS
- I 13,1 9^ 97>* 97>8 893 T— 1,24 1,37 0,999
- II 12,3 18,1 93>7 93,8 370 4,0 4,4 o,997
- III 3,44 3,56 9!>5 91?5 76 4,74 5,07 0,981
- 2,32 ^ 0 98>9 — ~ 0 O o,999
- 1V )b 2,32 s 5>57 92>7 93,3 65 5,55 5,84 o,997
- V 0,90 2,56 88,3 89,5 i5 io,3 10,74 0,983
- VI o,55 0,70 88,8 89 . 8>9 6,95 7>8> °,967
- Tableau II
- NUMÉROS D’ORDRE COURANT A VIDE en % du courant de pleine charge s FACTEUR DE PUISSANCE . A VIDE
- I 4,3 6>7 16,6 2,8 1 5,6 1 15,3 23,2 0,4<)7 o,4o3 0,264 0,415 o,235 o,236
- II
- III
- IV »
- y
- VI..
- RESISTANCE
- OHMIQUE
- TOTALE
- REACTANCE
- TOTALE
- Valeurs réduites au primaire (on ohms)
- 2,01
- *9,2
- 26,8
- 57>7
- IOO
- o,oo5
- 0,89
- 11,6
- 8,8
- 20,1
- 5o,3
- DEPHASAGE PRIMAIRE pour un facteur de puissance secondaire égal à 1
- 2°3//
- 4°3i'
- ii°V
- i°35'
- 4°i5'
- io°3o'
- i4°4<>'
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- 64
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2“ Série). — 28.
- Un des réels -avantages du système tient à ce que, le bouton interrupteur étant entre le réducteur et le réseau, la bobine de la lampe éteinte n’est pas parcourue par le courant : les pertes à vide dans ces
- Tahleau III
- Pour une lampe de 16 bougies normales.
- i LAMPES à filament métallique de i io volts sans réducteur i 1 LAMPES à filament métallique de 1 bas voltage : (l4 VOUS) avec 1 réducteur
- Prix du réducteur | 11,9,5 fr.
- Prix de la lampe 2,5o fr. ! i ,25 fr.
- Watts par bougie normale. T)nriîft pn hftiirfiS . finn i primaire 1 0,95 1 5oo
- Frais pôur une durée de 3 ooo heures 12,50 fr. 2,5o fr.
- Coût du courant pour une durée de 3 ooo h. à raison de 62,5 cent, par kw-h. . Déduction du réducteur après 3ooo h. (à ioo %). Frais totaux d’exploitation pendant 3 ooo heures... Economie réalisée 33,00 fr. » 45,5 fr. » 28,50 fr. 11.25 fr. 42.25 fr. 3,25 fr.
- bobines n’existent pour ainsi dire pas. De plus, la consommation de ces lampes en watts par bougie, ainsi que leur prix, sont sensiblement inférieurs à ceux des modèles courants de 110 volts ; la durée est également accrue, du fait de l’emploi de plus gros filaments.
- L’auteur s’est livré à une série d’expériences avec six lampes à réducteur de dimensions, puissance et rapport de transformation différents. Les résultats en sont réunis dans les tableaux I et IL
- Il est à noter que seul le transformateur II était à double bobine; le transformateur IVa fonctionnait comme diviseur de tension d’après le montage représenté sur la figure 3 ; en ce qui concerne les autres, ils travaillaient tous comme transformateurs simples d’après le montage de la figure 2.
- Les expériences ont établi, particulièrement en ce qui concerne les réducteurs à simple bobine, que les rendements ont été très satisfaisants, que les chutes de tension et les déphasage^ étaient insignifiants. L’essai à la durée a donné également pleine satisfaction au point de vue de réchauffement, qui dépend d’ailleurs aussi du mode d’installation du réducteur dans la monture de la lampe.
- Le tableau III permet de se faire une idée des conditions économiques du fonctionnement de ces lampes — en comparaison d’une lampe ordinaire de même intensité.
- Th. S.
- VARIÉTÉS
- Hommage à la mémoire de J. Joubert.
- Nous avons annoncé, l’an dernier, en son temps, la perte très grande que venait d’éprouver la Science électrique en la personne de J. Joubert et rappelé les services qiie ce physicien éminent a rendus, la part qu’il a eue au développement des études et de l’industrie électrique, sa collaboration avec Pasteur, les ouvrages d’importance capitale qu’il a publiés seul ou avec E. Mascart.
- Sur l’initiative de l’Union des Physiciens, et avec le concours de la Société Française de Physique, de la Société Internationale des Electriciens, de l’Institut Pasteur, une souscription vient d’être ouverte, dont l’objet est de rendre à la mémoire de Joubert un hommage durable.
- Un Comité a été formé et a décidé que les sommes recueillies seraient employées à constituer un fonds dont la Société Internationale des Electriciens acceptera vraisemblablement là gestion, et dont les revenus serviront à entretenir une bourse d’études perpétuant le souvenir de Joubert.
- Ce genre d’hommage exige la réunion d’un capital important; et le projet ne pourra être pleinement réalisé que si l’appèl du Comité est largement entendu. Très heureux d’aider à le répandre, nous le signalons à nos lecteurs (').
- (') M. Ganthier-Villars s’est très aimablement.offert à centraliser les souscriptions individuelles ; elles peuvent lui être, dès maintenant, adressées, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
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- 15 Juillet 1911.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- SS
- Le développement industriel de la région nantaise.
- s Dans une courte mais très intéressante communication àlaSociétété des Ingénieurs Civils (*),M. F.Godard signale l’expansion industrielle remarquable de la Loire maritime. Là, comme dans l’Est de la France, des résultats admirables ont été obtenus par l’accord de toutes les bonnes volontés pour des initiatives purement objectives conçues en dehors de toute préoccupation politique.
- (') Bulletin de mai ign.
- Les.5 ooo chevaux-vapeur installés en 1880 dans le département de la Loire-Inférieure sont devenus 5o ooo en 1910. Dans le môme intervalle, la jauge des navires fréquentant le port passait de 800 ooo tonnes à 1 55o ooo.
- M. Godard estime que, dans l’avenir, Nantes et Saint-Nazaire doivent être deux centres d’activité industrielle qui se compléteront l’un l’autre. Saint-Nazaire deviendrait un point d’appui de la flotte et recevrait les grands ' cuirassés, tandis qu’à Nantes seraient placées des usines de transformation.
- M. G.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Manuale delV ingegnere elettricista,par l’ingénieur Attilio Marro. — 1 volume in-16 de 862 pages, avec ï54 figures. — Ulrico Hoepri, éditeur, Milan. — Prix : cartonné, 8 fr. 5o.
- La première édition de cet ouvrage,qui fait partie de la collection des manuels Hoepli avait paru en 1905. Le but de l’auteur était d’offrir à l’ingénieur et au constructeur les données dont il peut avoir besoin; il les avait extraites pour une partie des meilleurs périodiques français et allemands, il avait adopté pour une autre partie les résultats d’une expérience de plusieurs années acquise dans les grandes maisons de constructions électrotechniques.
- L’éditeur Hoepli vient de publier une seconde édition revue, considérablement augmentée, et enrichie des prescriptions récentes. Le nouvel ouvrage comporte 18 chapitres et un appendice :
- Résumé des principes fondamentaux de l’électrotechnique. — Unités de mesure. — Constantes électriques et magnétiques. Lois des circuits électriques et magnétiques. — Méthodes et instruments de mesure. — Générateurs d'énergie électrique. — Générateurs secondaires. __Transformateurs de l’énergie électrique. — Utilisation de l’énergie électrique. Moteurs. Lampes. — Distribution de l’énergie électrique. Systèmes de distribution. Canalisations électriques, — Construction et conduite des installations électriques. —Economie des installations. Tarification. — Prescriptions pour la sécurité des installations. — Législation des installations. — Traction électrique. Applications spéciales du courant électrique.
- Quant à l’appendice, il fournit tous les éléments des calculs et les formules nécessaires pour les effectuer, depuis la table de logarithmes jusqu’à la j>uissance exigée par les divers types de machines industrielles, sans omettre les renseignements concernant les propriétés des matériaux.
- Le livre se termine par un index analytique.
- D’une disposition claire et commode, rédigé avec une concision suffisante, il est destiné à rendre de réels services aux électriciens.
- G. B.
- Agenda de l’Electro (1911). — 1 volume in-16 de 376 pages, avec figures. — Electro, éditeur, Bruxelles. — Prix : cartonné, 3 fr. 5o.
- La quatrième année de cet agenda comporte des modifications intéressantes. Les données sur les turbines à vapeur, sur l’éclairage et la traction ont été complétées.
- Le tableau des centrales est soigneusement tenu à jour, en tenant compte des nouvelles installations réalisées l’année dernière.
- Enfin lesNotions théoriques générales forment un chapitre complètement séparé et distinct des Formules et Tables nouvelles.
- Souhaitons encore bon succès à ce manuel qui contient beaucoup dé choses sous un petit volume.
- S. F.
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- 56 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2'8érie). — N° 28.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Commutatrices (Suite et fin) (J).
- Démarrage.
- Le couple moteur ne s'établissant que lorsqu’il y a concordance entre la vitesse de la partie mobile et la vitesse relative du champ tournant, il est nécessaire d'amener la commutatrice au nombre de tours de régime d'une façon quelconque. Le côté alternatif du convertisseur se couple alors en parallèle avec la source principale de courant absolument comme deux alternateurs.
- La mise en vitesse de l'organe mobile peut se faire de trois façons, énoncées dans la notice technique des Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, à laquelle sont empruntés ces détails.
- i° Comme moteur shunt, à l’aide d'une source auxiliaire de courant continu;
- a0 Par un petit moteur auxiliaire à courant alternatif accouplé directement ou indirectement à la commutatrice ;
- 3° En se servant de la commutatrice comme moteur asynchrone.
- Le mode de démarrage de la commutatrice comme moteur shunt est soùvent adopté quand la centrale ou la sous-station possèdent une source de courant continu suffisamment puissante, dynamo ou batterie .
- Quand la centrale ou la sous-stalion en question est munie d’une batterie-tampon, la manœuvre est assez facile, car les variations de voltage, relativement peu importantes, influent peu sur la vitesse de la commutatrice pendant la synchronisation.
- Mais lorsque, dans le cas contraire, il y a à chaque instant des variations brusques de voltage, la vitesse de la commutatricç fonctionnant comme moteur shunt varie suffisamment pour rendre difficile la mise en parallèle. Il convient d'abord d'avoir, dans ce cas, des instruments indiquant clairement et rapidement le moment du synchronisme. On fera bien également de laisser une certaine résistance insérée dans le rhéostat de démarrage pendant la mise en parallèle. Le courant d’armature pouvant
- (*} Lumière Electrique, 8 juillet 1911.
- devenir intense, dans le cas où l’on aurait couplé à un moment peu propice, sera limité par cette résistance. De plus, ^interrupteur automatique à maxima de démarrage peut être réglé de telle façon qu'il coupe le circuit aussitôt que le courant dépassera une limite donnée.
- On peut imaginer des enclenchements électriques et mécaniques entre les interrupteurs placés de part et d’autre de la commutatrice, de façon à éviter les conséquences d’une mauvaise mise en parallèle.
- En second lieu, la commutatrice peut être amenée à la vitesse de synchronisme par un petit moteur alimenté par le courant alternatif principal, directement ou par l'intermédiaire d'un transformateur statique.
- Pour avoir un couple moteur au démarrage, on peut employer un moteur monophasé ou triphasé à collecteur, mais on se sert généralement en pratique d’un petit moteur asynchrone triphasé, à rotor en cage d'écureuil ou à bagues.
- Si le courant principal est à haute tension, on peut se servir du transformateur même de la commutatrice, abaissant la tension à la valeur nécessaire pour cette dernière et en même temps suffisamment faible pour alimenter le petit moteur de démarrage. Il est indispensable, dans ce cas, de synchroniser à basse tension.
- Le petit moteur alternatif peut être accouplé directement ou par l'intermédiaire d'une réduction par engrenages. Dans tous les cas,sa vitesse de synchronisme, réduite, le cas échéant, pour entraîner la commutatrice, doit être supérieure à la vitesse normale de cette dernière. Dans le cas d’un moteur en cage d’écureuil, on peut placer une résistance en série avec le stator, de façon à régler sa vitesse d'une façon suffisante pour pouvoir coupler en parallèle. Dans le cas d'un moteur à bagues, on se sert de la même manière du rhéostat intercalé dans le rotor.
- Le plus souvent, ce petit moteur auxiliaire est alimenté soit par un transformateur statique spécial, soit par un transformateur statique de service pour l’éclairage ou d’autres petits moteurs.
- Enfin, en ce qui concerne le démarrage de la commutatrice comme moteur asynchrone, nous savons
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- <5 Juillet 1911
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 57
- que le couple moteur d’un moteur asynchrone est produit par la réaction du flux magnétique principal émanant du stator,et sensiblement pi'oportionnel au voltage d’alimentation, sur le courant induit dans le rotor. L’influence de ce dernier facteur est d’autant plus grande que l’intensité du courant de rotor est plus grande etqueson décalage relativement à la force électromotrice induite dans les spires du rotor par le champ tournant est plus faible. Au démarrage, ce retard du courant est nécessairement grand dans un rotor non muni de résistances de démarrage, car la fréquence du courant de rotor est égale à celle du courant de stator. Si Ton applique directement le courant alternatif triphasé sur l’induit de la commu-tatrice, il se produit un champ tournant d’intensité nécessairement variable, puisque l’entrefer n’est pas constant. Ce champ tournant induit dans les pièces polaires de la dynamo des courants de Foucault assez intenses. Le circuit d'excitation doit nécessairement être ouvert, de même que l’interrupteur côté courant continu. Ces courants de Foucault, quoique intenses, ne produisent qu’un couple moteur relativement faible par suite du déphasage de ces courants provoqué par la self-induction de leurs circuits (fermés dans le fer des pièces polaires). Les circuits amortisseurs pourront également produire le même effet.
- Le couple moteur résultant peut être suffisant pour entraîner la commutatrice, surtout si celle-ci est de faible puissance. L’inconvénient principal dç cette méthode est l’à-coup de courant déwatté au démarrage, à-coup qui peut se répercuter sur la centrale ou les autres récepteurs de la sous-station. On peut, il est vrai, atténuer l’influence funeste de cette demande brusque de courant en intercalant, entre les barres principales et le convertisseur, un transformateur statique présentant un fort flux de dispersion et par conséquent une grande chute de tension; on est arrivé de cette façon à faire démarrer, sans grand inconvénient, des comrautatrices d’assez grande puissance, celles-ci étant munies d’amortisseurs spéciaux.
- Synchronisation des commutatrices.
- Les conditions nécessaires pour mettre les commutatrices en parallèle sont les suivantes :
- i° Amener la machine à coupler à la même fréquence que la source de courant;
- a0 Réaliser l’opposilion des phases et pouvoir
- s’assurer du moment où celle-ci a lieu pour fermer l’interrupteur de couplage ;
- 3° Amener sensiblement le même voltage des deux côtés de l’interrupteur. Celte condition est moins1 importante*.
- La méthode classique pour se rendre compte du moment du synchronisme consiste dans l'emploi de lampes avec ou sans transformateur, suivant qu’il s’agit de haute ou de basse tension.
- Les lampes peuvent être couplées sans transformateur ou avec transformateur de potentiel entre phases correspondantes. Elles doivent, dans ce cas, s’éteindre quand les phases sont en opposition et elles indiquent le moment de coupler en parallèle. Si, au contraire, on les branche entre phases opposées, les lampes sont allumées au moment de la synchronisation.
- Il faut prévoir les lampes pour une tension double de celle d’une machine.
- Dans la méthode avec deux voltmètres ou un voltmètre double, l’un des équipages est calculé pour la tension normale et gradué en conséquence; le second est construit pour une tension doublé et les deux aiguilles peuvent venir se placer en face l’une de l’autre, quand la tension aux bornes du premier voltmètre est la moitié de celle aux bornes du second; celui-ci est d’ailleurs couplé de telle sorte qu’il existe une tension double de la normale entre ses bornes, au moment de l’opposition des phases.
- La manœuvre est relativement simple : le premier voltmètre indique la tension du réseau; on amène le voltage de la machine à coupler approximativement à une valeur telle que les élongations du second voltmètre aient comme amplitude la déviation du premier. On fait varier la vitesse delà commutatrice jusqu'à ce que l’aiguille du second voltmètre ait un mouvement de plus en plus lent et l’on couple au moment où elle reste fixée suivant la direction de celle du premier voltmètre.
- Nous avons figuré ici le schéma complet de l’installation moderne d’une commutatrice avec tous les appareils de mesure et de manœuvre nécessaires à son bon fonctionnement (fig. i).
- Nous considérons le cas que l’on rencontre généralement dans la pratique. Une centrale produit du courant triphasé à haute tension dont une partie doit être transformée en courant continu par l’intermédiaire d’une commutatrice.
- È ” les barres de distribution à haute tension; C = trois sectionneurs avec mise à la terre le cas échéant;
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2* Sérié). 4- N« 28.
- I™ un interrupteur automatique à bai n d’huile; t = un transformateur de courant servant à l’alimentation à basse tension des appareils de mesures; a == un ampèremètre; pk = un phasemètre ; T — un transformateur statique triphasé, ramenant la tension à la valeur nécessaire pour l’alimentation de la commutatrice ; b = les bagues à courant alternatif de la commutatrice ; A == l’induit de la commutatrice ; E “ les électros de la commutatrice; RA 2= le rhéostat de champ de la commutatrice;
- Dans le cas présent, nous avons supposé que les bagues de la commutatrice étaient reliées directement à la basse tension du transformateur T et que le couplage se faisait sur la haute tension du transformateur.
- On vérifiera d’abord si les bagues de la commutatrice sont bien couplées. On découple les connexions reliant la basse tension du transformateur T aux
- tr t
- rv-i
- Fig. i. — Schéma d’installation d’une commutatrice et des appareils de synchronisation.
- un petit moteur à courant alternatif servant à mettre en vitesse l'organe mobile de la commutatrice; f=- des fusibles faisant office de sectionneurs pour les transformateurs de tension; ti ~ des transformateurs de tension ; i’ = un interrupteur pour la colonne de synchronisation ; S = un synchronoscope montrant si la machine à coupler tourne trop vile ou trop doucement; VB — un voltmètre mesurant la tension des barres ; Vs =: un voltmètre mesurant la tension de la machine à synchroniser (dans le cas présent, c’esl la haute tension \du transformateur T) ; V ~ un voltmètre de zéro ; i = des lampes de synchronisation; br broche de synchronisation .
- bagues de la commutatrice. Pour cela on fera tourner la commutatrice à l’aide du moteur m. On l’excitera et l’on branchera sur les bagues à courant alternatif un petit moteur triphasé et on notera le sens de rotation. On reliera ensuite ce petit moteur aux barres à basse tension correspondantes du transformateur T. Il faut qu’il tourne dans le même sens qu’au premier essai.
- On vérifiera ensuite si les transformateurs de potentiel sont bien couplés en vue de la synchronisation. Pour cela, nous synchroniserons les barres avec elles-mêmes. Nous déconnectons la haute ten-
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- 1S Juillet 1911.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- S9,
- sion du transformateur T de façon, toutefois, à laisser sous tension le transformateur monophasé t(. Nous fermons les sectionneurs C et les interrupteurs 1 et i. Les voltmètres VB et Vs doivent marquer la même tension; l’aiguille du synchronoscopc S doit rester fixe, tandis que le voltmètre de zéro ou voltmètre d’opposition doit marquer zéro et les lampes l rester éteintes. Si ces conditions ne sont pas remplies, on doit vérifier le câblage et, s’il le faut, croiser les barres à basse tension du transformateur monophasé tt.
- Quant au couplage même en parallèle, il est très facile de voir qu’il n’exige aucune manœuvre délicate : les sectionneurs C sont fermés, tandis que l’interrupteur I reste ouvert. On met, l’organe mobile de la commutatrice en vitesse à l’aide du moteur m; on excite la commutatrice à l’aide du rhéostat R/i. On met la broche de synchronisation br et on ferme l’interrupteur i. On règle l’excitation de la commutatrice de façon que les voltmètres VB et Vs marquent sensiblement le même voltage; on agit ensuite sur la vitesse du moteur m de façon que la fréquence du courant alternatif produit par la commutatrice soit égale à celle du courant principal. On le voit immédiatement au synchrono-scope, dont l’aiguille doit rester fixe. L’opposition de phase est réalisée quand le voltmètre V reste au zéro et que les lampes sont éteintes. On doit alors fermer l’interrupteur I et découpler le petit moteur m. Il ne faut pas s’exagérer la difficulté de cette manœuvre. Quand on dispose d’un appareillage suffisant, le couplage en parallèle des machines peut être confié au premier électricien intelligent venu et point n’est besoin d’appareils automatiques délicats et dispendieux.
- Nous avons considéré, dans ce qui précède, le cas d’une commutatrice triphasée, qui est d’ailleurs celui que nous rencontrons généralement dans la pratique. Mais on peut rencontrer également des commutatrices biphasées ou hexaphasées. L’appareillage et la manœuvre pour la mise en parallèle sont absolument les mêmes. Il faudra seulement vérifier si le couplage entre basse tension du transformateur principal et des bagues de la CQmmuta-rice est exact, de la même façon que pour le triphasé en ce qui concerne le sens du champ tournant et avec un volmètre.
- Réglage de la tension.
- Certaines applications demandent une variation de voltage sensible avec la charge. Par exemple, il
- est désirable qu’une commutatrice fournissant du courant pour la traction soit hypercompound, afin de compenser la chute de tension dans les feeders d’alimentation.
- D’autre part, si une batterie-tampon existe dans la sous-station de transformation, il convient que le voltage aux balais tombe avec la charge de façon à faire fonctionner les accumulateurs.
- Bref, suivant les cas d’utilisation, la tension du courant continu doit augmenter ou diminuer avec la charge. Comme il existe un rapport sensiblement constant entre les tensions du courant alternatif et continu, il faut donc que cette variation du voltage demandée se fasse sur le voltage aux bagues.
- Une première solution consiste à placer un sur-volteur à courant alternatif en bout cl’arbre de la commutatrice et possédant le même nombre.de pôles qu’elle.
- Ce survolteur fonctionne absolument comme un alternateur mis en série avec la commutatrice. Il est facile devoir que, en réglant le sens et la valeur du courant d’excitation, nous pouvons faire varier la tension d’alimentation dans une certaine mesure.
- Un second moyen est d’insérer en série, avec le côté alternatif de la commutatrice, un régulateur de tension. Cet appareil consiste tout simplement en un moteur asynchrone ordinaire, mais dont les phases du rotor n’ont aucune liaison entre elles. Chacun des circuits du rotor est mis en série avec la phase correspondante de la commutatrice. Le champ tournant émanant du stator induit, dans les circuits du rotor immobile, une force électromotrice alternative, suivant la position du rotor par rapport au stator. Cette force électromotrice peut affecter un décalage de phase quelconque sur le courant alternatif d’alimentation, variable entre la mise directe en série et l’opposition. On peut donc réaliser, de cette façon, une variation de tension aux bagues en rapport avec les besoins.
- Une troisième solution, plus simple que les deux premières, consiste à munir l’enroulement primaire ou secondaire du transformateur principal de plusieurs bornes et d’un commutateur rotatif permettant d’utiliser en marche une quelconque de ces bornes.
- Une dernière solution est obtenue par le réglage de Vexcitation de la commutatrice mise en série avec une bobine de self-induction appropriée.
- Pour les besoins de l’enseignement technique, les Ateliers de Constructions Electriques ont étudié
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- et construit des dynamos polymorphiques qui servent à étudier les propriétés respectives des courants continu et alternatif et leurs corrélations.
- Prenons, par exemple, une dynamo polymorphique de i 5oo watts. C’est, somme toute,une com-mutatrice ordinaire, de dimensions restreintes et pouvant fonctionner comme commutatrice ordinaire, comme commutatrice renversée et comme générateur de courantalternatif et continu. A cet effet, la dynamo polymorphique est munie d’une poulie. Le circuit inducteur est tétrapolairc, de façon que la périodicité soit de 5o périodes, pour une vitesse de i 5oo tours à la minute.
- La tension du courant continu à celte vitesse est de 65 volts, celle du courant monophasé de 46 volts, celle du courant biphasé de 46 volts et enfin celle du triphasé de 40 volts. La commutatrice porte, en effet, 6 bagues réunies à l’enroulement, de façon à produire les différents genres de courants énoncés ci-dessus.
- Les èchauffements de machines.
- A l’heure actuelle, il n’est plus rare de voir, dans quelques machines, des tourillons travailler à la vitesse linéaire de 10 mètres à la seconde.
- Or, tandis que les vitesses et les charges se sont élevées, les huiles minérales ont remplacé partout, dans le graissage, celles de colza ou d’olive, de pieds de bœuf ou de saindoux. Si celles-ci ne possèdent ni la neutralité, ni la stabilité chimique de celles-là, par contre on ne saurait nier qu’au point de vue du pouvoir lubrifiant, elle ne leur soient de beaucoup supérieures.
- Cette question, après avoir été durant de nombreuses .années laissée dans l’ombre, a, pendant ces derniers temps, singnlièrementpréoccupé ingénieurs et chimistes. De ces recherches sont sortis divers produits, dits réfrigérants.
- Ceux-ci contiennent, en général, intimement mélangée à un lubrifiant, une matière volatile qui, généralement, est de l’éther ou tout autre fluide bouillant à basse température. Quand, dans un palier qui chauffe, on verse un réfrigérant de celte catégorie, la matière volatile qu’il renferme s’évapore aux dépens de la chaleur produite par le frottement. Celle-ci diminue donc, quelquefois même très rapidement.
- Mais à cette catégorie on fait parfois quelques critiques :
- Les matières volatiles se répandant dans l’air,
- celles-ci étant généralement inflammables et explosives, il y a danger d'incendie et d’explosion, s’il existe du feu dans le voisinage. D'autre part, réchauffement a disparu ou plutôt disparaît tant que l'on emploie le réfrigérant, mais la cause, qui avait fait chauffer, subsistant et pouvant même avoir encore été aggravée par l’échauffement, le démontage et la réparation s’imposent. Enfin le refroidissement est souvent trop marqué : il peut en résulter une fêlure du coussinet.
- Parmi les différentes tentatives faites pour échapper à ces critiques, l’une a abouti à la fabrication d’un produit nouveau dit Glacial (*), sorte de liquide gras, onctueux et nullement abrasif par lui-même, mais qui paraît capable, dans certaines conditions d’accomplir un travail de glaçage assez complexe, quelque peu analogue à celui que ferait une abrasion d’ordre microscopique.
- Ajouté à un lubrifiant dans une faible proportion, 2 % environ, ce produit abaisse le coefficient de frottement. 11 peut faire ainsi réaliser sur la force motrice nécessaire une économie qui a, dans certains cas, paraît-il, atteint 22 %.
- S. F.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- La Société anonyme de l’Eclairage Electrique du Secteur de la Place Clichy a réalisé, pendant l’année 1910, i6i8 63ofr. 21 de bénéfices contre 1 572 3oo fr. 56 en 1909. Par suite de diverses affectations, le solde disponible n’a été que de 620 000 francs; il a été réparti ainsi qu’il suit : actionnaires (dividende 9 % ), 540000 francs, conseil d’administration, 80 000 francs. Voici du reste le bilan tel qu’il a été approuvé par l’assemblée générale du 28 juin dernier.
- ACTIF
- fr. c.
- Dépenses de premier établissement,
- amortissements déduits.......... i 268 467 46
- Magasin, existences à l’inventaire.. 262 58i 35
- Cautionnements.................... 204 607 65
- Caisse et débiteurs divers........ 1 847 564 53
- Maisons de rapport................ 435 491 80
- Valeurs en portefeuille........... 11 892 217 55
- i5 910 9X0 34
- (?) Grenier et Cio, à Denain (Nord).
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-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 61
- 15 Juillet 1914.
- PASSIF
- fr. c. -
- Capital........................... 6 ooo ooo »
- Réserve légale........................ 6oo ooo »
- — spéciale...................... i 180 ooo »
- Amortissement (art. 5i des statuts). 6 ooo ooo »
- Créanciers divers. Fr. i 491 998 99 ) f
- Coupons à payer.. . 18 g3i 35 ) 1 >10 9 o ^4
- Compte de profits et pertes (solde
- créditeur........................... 620 ooo »
- i5 910 g3o 34
- Le rapport du Conseil d’administration signale que, par suite des inondations et de la grève des électriciens, la diminution des recettes en 1910 pour l’ensemble des Secteurs parisiens peut être évaluée à 1 ooo ooo de francs. Cependant, comme nous le constations récemment pour la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité, le nombre des abonnés du Secteur de la Place Clichy a fort heureusement progressé et, au 3i décembre 191:0, il était de i5 900,avec une consommation de 3o6 454 hectôwatts alors qu’il représentait, au 3i décembre igo9j 14 253 polices et 281 883 hectôwatts.
- Au 3i décembre 1906, à la fin de la concession primitive, le nombre des polices n’était que de 10 147, l’accroissement est ainsi de 06,7 % . Quant à la consommation dans la même période écoulée depuis 1906, elle est passée de 55 088 85o hectowatts-heures à85oi5g5o hectowatts-heures, soit une augmentation de 54,3 % .
- Le Triphasé, qui fournit l’énergie électrique au Secteur de la Place Clichy, au Nord-Lumière et à l’Electrique de Montmorency, a réuni ses actionnaires le 23 juin. Le bilan que nous donnons ci-des-sous annonce, comme bénéfices de l’exploitation, le chiffre de 1 959680 fr. 46 sur lequel 1 370 206 fr. 76 ont été consacrés aux amortissements, 29 473 fr. 70 à la réserve légale et 56o ooo francs répartis aux actionnaires (dividende 4 %).
- ACTIF
- Compte de premier établissement.. 23 ig3 274 57
- Cautionnements.................... 29 539 9®
- Valeurs en portefeuille..... ..... 6 3oi 375 »
- Magasin, existences à l’inventaire.. 291 889 i5 Prime de remboursement sur obligations .......................... 183 ooo »
- Caisse, espèces. ... 3 565 »
- Débiteurs, banquiers
- et divers......... i 525 920 »
- 3i 528 263 67
- PASSIF •
- Capital........................... 1.4 060 ooo »
- Obligations......... 8 ooo ooo » \
- — moins rem- j 7 370 ooo »
- bourseinenls...... 63o ooo » J
- Amortissements.................... 7 272 ooo 57
- Réserve légale.................... 143 i58 o5
- Créanciers divers................. 2 047 351 89
- Coupons d’obligations............. io5 279 46
- Obligations sorties non présentées
- au remboursement................ 1 ooo »
- Profits et pertes :
- Bénéfice de l’exercice 1910-1911
- après amortissement.......... 589 4?3 70
- 3i 5a8 a63 67
- PROFITS ET PERTES
- Actif. — Dépréciations diverses....
- Amortissement sur prime de remboursement, sur frais de constitution et frais de premier établissement.....
- Amortissement......
- Solde créditeur...
- Passif. — Bénéfice. .
- La Société a mis en marche pendant l’exercice 1910 deux turbo-alternateurs de 6 ooo kilowatts ; de plus elle vient de commander une unité de 1 o ooo kilowatts qui sera mise au service au plus tard au mois d’octobre prochain.
- Les bénéfices, au 3i mars 1911, delà Société Alsacienne de Constructions Mécaniques se sont élevés à 4 !>94 ooo francs. Ils ont été ainsi répartis ; amortissements^ ooo ooo de francs ;dividehde 10 % , 1 800000 francs; fonds de secours aux ouvriers, 700 ooo francs ; report à nouveau y compris le précédent, 299 231 fr. 64. Le chiffre des ventes a été de 67 5oo ooo francs, en augmentation de 5 millions sur le dernier exercice. L’électricité y figure pour 17737000 francs; les locomotives pour 18994 394 francs; les machines de filature et de tissage pour 21 082 273 francs; la grosse construction pour 10 805889 francs et les machines-outils pour 2 316 437 francs.
- La division électricité a pris un développement considérable depuis ces dernières années. Il est vrai de dire que là Société Alsacienne de Constructions Mécaniques s’est acquis, dans cette branche, une valeur incontestable et une renommée mondiale.
- ! 1 529 485 »
- 37 ooo »
- i63 327 i5 1 169 879 61
- 58g 473 70 1 g5g 680 46
- 1 g5g 680 46
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- 62
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2e Série).— N? 28.
- Le chiffre des commandes, au 3r mars igix, se montait à 44 288 i5i francs,supérieur de 631 000 fr. à celui de l’année dernière.
- Nos lecteurs pourront apprécier, parle tableau ci-dessous des cinq derniers bilans de la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques que nous don-
- BILAN AU 3i MARS APRÈS RÉPARTITION 1907 1908 1909 1910 1911
- ACTIF M
- Immobilisations totales 25 991 o38 27 588 223 28 901 492 3o 818 224 34 i63 228
- Amortissements i3 o33 744 14 521 244 16 708 744 19 196 244 21 683 744
- k Valeur nette 12 957 294 i3 066 979 12 192 748 11 621 980 12 479 484
- Approvis., marchandises et tra-
- vaux en cours 9 398 656 20 100 080 19 o3o 366 19 56i 3g5 19 902 333
- Disponibilités 4 ga5 101 5 899 o63 9 25g 537 10 599 934 7 '44 9<>7
- Clients i3 i36 292 i5 824 .061 12 962 048 12 724 9i3 i5 802 343
- PASSIF
- Capital 18 000 000 18 000 000 18 000 000 18 000 000 18 000 000
- Obligations 3 25o 000 3 25o 000 3 25o 000 3 a5o 000 3 a5o 000
- Dépôts 4 964 076 5 5gi 744 5 989 879 6 075 474 6 696 5gi
- Réserves 10 024 i5i 10 248 970 10 3l2 730 10 496 486 10 711 106
- Institutions ouvrières 2 149 o43 2 '462 221 2 674 469 3 377 263 4 990
- Créditeurs divers 9 748 927 i3 985 228 II 4g5 I70 11 343 3o4 10 639 149
- Bénéfices de l’exercice.' 3 687 5oo 4 387 5oo 4 123 060 4 708 600 4 894 600
- RÉPARTITION
- Réserves et amortissements. . . 1 187 5oo 1 823 600 3 032 199 2 299 231
- Sommes distribuées 2 457 4oo 2 3oo 000 2 5oo 000 2 5oo 000
- Dividende . 8 % = 320 8 % = 320 10 % —400 10 % =400 10 % —400
- Chiffre d’affaires 47 166 321 57 554 211 5g 844 414 62 451 292 67 45i 4'3
- Cours au 3i mars 6 000 » 5 800 » 5 875 » 7 075 » 7 800 »
- Nous avons signalé plus haut un versement de 700 000 francs aux œuvres sociales ; ce chapitre figure au bilan pour 4 o32 990 francs. La Société Alsacienne, qui occupe dans ses trois usines de Belfort, Mulhouse et Gratenstaden 11 000 ouvriers, montre ainsi qu’elle ne néglige aucun sacrifice pour améliorer le sort de son personnel et subvenir à ses besoins.
- lions à titre de comparaison,les résultats brillants de la marche de cette Société. Ils y constateront, entre autres, que le cours de l’action, qui était, ail 3i mars 1907, de 6 000 francs, est actuellement de 7 990francs (dernier cours), et que le chiffre d’affaires est passé de 47 millions à plus de 67 millions.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS
- TRACTION
- Paris. — La Chambre des Députés, dans sa séance du 4 juillet, a adopté leprojet de loi, dontnous avons annoncé le dépôt dans notre numéro du 22 avril, autorisant la Ville de Paris à émettre un emprunt de 240 millions de francs pour l’achèvement du réseau du Métropolitain.
- Basses-Pyrénées. — Est déclaré d’utilité publique l’établissement, dans le département des Basses-Pyrénées, d’une ligne de tramway à traction mécanique des-
- GOMMERGIAUX
- tinée au transport des voyageurs et des marchandises en grande vitesse entre Laruns et Eaux-Bonnes.
- Pyrénées-Orientales. — Le Conseil général a émis un vœu en faveur du projet de chemin de fer électrique de Quillan à Montlonis.
- Autriche-Hongrie. — Le gouvernement austro-hongrois examine la question de l’électrification des chemins de fer de l’Etat et, à cet effet, a décidé de désigner deux experts, dont l’un se rendra en Angleterre,et l'autre aux Etats-Unis, en vue d’établir un rapport sur les lignes
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 63
- 15 Juillet 1911.
- électrifiées. Le gouvernement prendra ensuite une décision finale;
- La municipalité de la ville d'Ustinad Labem projette l’établissement d’un chemin de fer électrique d’Usti à Zdirnice par Pokau. Il a été volé une somme de 35oooo couronnes pour la construction des bâtiments, 140000 couronnes pour une batterie d’accumulateurs et 180000 couronnes pour l’établissement de la turbine.
- Russie. — La municipalité de Stavropol (Caucase) a ouvert un concours pour la construction et la mise en exploitation d'un tramway électrique dans cette ville.
- Italie. — Le gouvernement italien a accordé à la So-cieta Anonima Tram vie di Mestre une concession pour l’établissement d’un tramway électrique de Mestre à Car-pendo et de Mestre à Trévise et San-Artemio.
- La Societa Varinese per Imprese Elettriche a obtenu la concession de nouvelles lignes de tramways électriques en extension de la ligne Yarese-Prima Capella.
- ÉCLAIRAGE
- Allier. — Une société de Gannat a fait une demande d’autorisation de voirie avec concession de la fourniture de l’énergie et de la lumière électrique pendant 40 ans à la ville de Moulins.
- Aude. — La ville de Limoux vient de passer un traité avec M. Huguet concernant l’éclairage électrique de la ville. L’usine génératrice sera installée dans un bâtiment loué au concessionnaire par la municipalité.
- Côte-d’Or. — Le Conseil municipal de Saint-Seine-sur-Vingeanne vient de concéder à M. Rebourg, ingénieur électricien, le monopole de l’éclairage électrique dans la commune.
- Creuse. — U est question d’installer l'éclairage électrique à Chatelus-Malvaleix. Deux sociétés ont fait des offres qui seront examinées par la municipalité.
- Deux-Sèvres. — La Société des forces motrices de la Vienne a l’intention de demander à la ville de Parthenay la concession de l’éclairage électrique et de la force motrice.
- Eure. — Le Conseil municipal de Guiseniers, dans sa dernière réunion, a accordé la concession de l’éclairage de la commune par l’électricité au secteur électrique des Andelys et du Yexin.
- Haute-Vienne. — M. Nège, ingénieur à Limoges, a fait à la municipalité de Bellac une proposition concernant l’installation de l’électricité dans cette ville.
- Le préfet de la Haute-Vienne viqnt d’approuver la convention intervenue entre la municipalité de Chalus et M. Bourinet, ingénieur électricien il Piégut, pour l’installation de l’électricité dans la commune.
- Indre-et-Loire, — La concession de l’éclairage de La Haye-Descartes accordée par la municipalité â l’usine de Baugé (Vienne) 11’ayant pas été ratifiée par le préfet,i une autre société vient de faire des offres nouvelles qu pourraient faire annuler l’autorisation accordée antérieurement â l’usine de Baugé.
- Loire. — La société des forces motrices du Lignon a soumis à la municipalité de Montbrison une demande d’installation de l’électricité dans la ville. Le Conseil a décidé de la soumettre à la formalité de l’enquête.
- Il est question d’installer l’électricité àYzieux;une commission municipale est chargée de s’aboucher avec la compagnie électrique en vue d’obtenir les mêmes conditions que la ville de Saint-Chamond.
- Loiret. — La société 1’ « Omnium » a fait à la commune de Saint-Benoit des offres d'installation pour l’éclairage électrique. La municipalité va examiner cette demande.
- Oise. — Le Conseil municipal de Pontoise a émis un avis favorable au projet d’installation de l’éclairage électrique et de la distribution de l’énergie électrique à Pontoise.
- Saône-et-Loire. — La municipalité de Blanzy a donné un avis favorable à la demande de concession de distribution d’électricité formulée par la société Energie électrique de la Côte-d'Or.
- La municipalité de Mâcon a décidé d’émettre un avis favorable en ce qui concerne la demande d’installation de l’électricité à Mâcon faite par la Société Mâconnaise Electrique. La ville étant liée avec la compagnie du gaz pour la question de l’éclairage, il ne s’agirait que de la distribution de force motrice.
- Seine-et-Oise. — Le Conseil municipal du Raincy a voté une somme de 2 j5o francs pour l’éclairage électrique de la mairie.
- Seine-Inférieure. — La municipalité de Vieux-Rouen-sur-Bresle a décidé de faire installer l’éclairage électrique dans les locaux scolaires, à la mairie et à la poste.
- Roumanie. — Le conseil municipal de Vaslui a approuvé le plan d'ensemble modifié et mis au point par l’ingénieur J. Gavrilesco pour l’éclairage de la ville à l’électricité. L’usine électrique, elle seule, coûtera 200 000 francs.
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- 64
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2* Série). — M* 2fc
- Autriche-îHongrie. — La municipalité de Maribor (Styrie) projette l’exploitation de l’énergie hydraulique delà rivière Drava, dont la chute, située près delà ville, présente une hauteur de 10 mètres.
- Russie. — Le Conseil des ministres a fait transmettre avec avis favorable, en principe, la demande de concession formulée par M. Stuart, ingénieur anglais, pour la création au Caucase de deux usines d’électricité pour éclairage et force motrice.
- TÉLÉPHONIE
- Côte-d’Or. — La Chambre de commerce de Dijon est autorisée à avancer à l’Etat une somme totale de 247 i55 francs en vue de l’établissement d’un circuit téléphonique Dijon-Nevers (56 53o francs) et de l’extension du réseau départemental dans l’arrondissement de Beaune (190 625 francs).
- Creuse. — Le conseil général a voté, dans sa session extraordinaire, un crédit de a5 000 francs pour l’établissement du circuit téléphonique Châteauroux-Guéret. La part du département de l’Indre serait de 3o 000 francs.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Société Internationale de Lumière froide {Procédés Oussaud) . — Durée : 75 ans. — Capital : 5o 000 francs. — Siège social : 27, rue de Mogador, Paris.
- Wagner et C'e (Electricité). — Durée : 10 ans. — Capital : 35o 000 francs. — Siège social : 5, rue Victor-Laprade, Saint-Etienne (Loire).
- Société Boulte Larbodière et C'e. — Durée : 17 ans. — Capital : 1 5oo 000 francs. — Siège social ; 2, rue de la Pépinière, Paris.
- CONVOCATIONS
- Société Havraise d’Energie Electrique. — Le 24 juillet, 19, rue Blanche, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 28 juillet, au sous-secrétariat des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de 277 780 poteaux en bois injecté (45 lots). Demandes d’admission avant le 18 juillet.
- Le 5 août, au sous-secrétariat des Postes et Télégraphes. io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de tableaux commutateurs téléphoniques (9 lots). Demandes .d’admission avant le 22 juillet.
- BELGIQUE
- Le 28 juillet, aux bureaux de l’Exposition, 2o3, chaussée de Courlrai, à Gand, adjudication-concours pour l’éclairage électrique des bureaux de l’Exposition de Gand, Soumissions jusqu’au 20 juillet.
- Le 27 juillet, à 11 heures, à la maison communale, a Ixelles-lez-Bruxelles, fourniture, installation et mise en service de deux ponts roulants,' dont un de a5 tonnes pour la centrale et l’autre de i5 tonnes pour la sous station d’électricité de Ten-Bosch.
- Jusqu’au 6 octobre, avant midi, à l’administration communale, à Mons, soumissions pour la concession de l’entreprise de la fourniture de,l’énergie électrique pour éclairage et force motrice sur tout le territoire de la ville jusqu’au i” juillet 1937.
- ESPAGNE
- Le 3i juillet, à 11 heures, à la direction générale des télégraphes, à Madrid, adjudication de la construction et de l’exploitation d’un groupe téléphonique à Torre-lavega (Santander); caut. : 2 5oo pesetas.
- Le 28 août, à 12 heures, à la direction générale des Travaux publics (ministère de fomento), Madrid, adjudication de la concession d’un tramway d’Orihuela à Crevillente ; caut. : 7.346 pes. 21.
- BULGARIE
- Le 4 août, à l’hôtel de ville de Philippopoli, établisse* ment de tramways électriques; caut. : 90 000 francs.
- RUSSIE
- Le 14 octobre, à l’administration de la ville, à Sjsr.an, construction d’un tramway électrique et d’un réseau d’éclairage électrique.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS FRANCE
- 3 juillet. — Au lycée Saint-Louis, à Paris, installation du matériel pour l’éclairage électrique.
- iér lot. — Pose et installation du matériel d’éclairage. Cance et fils, Paris; adj. à 18 900. - :
- 20 lot. — Fourniture de moteurs à gaz pauvre. Salmson, Paris, adj. à 37 900.
- 3e lot. -- Dynamos et moteurs électriques. Société Alsacienne de Constructions Mécaniques, Belfort ; adj. à
- 6 290. -•
- 6 juillet. — Au port de Brest, fourniture de crayons de charbon pour lampes à arc et projecteurs.
- Compagnie Française des charbons pour électricité
- 7 802,45. — Société des charbons à Lumière, 8 908,
- — Compagnie Générale électrique de Nancy, 9 258,16,
- — J.-A. Berne, à Montreuil-sous-Bois, 14,199. Fabius llenrion, à Nancy, adj. à 4 698,674.
- »ARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- SAMEDI 22 JUILLET 1911.
- Tome XV (2* série). — N“ 29-
- Trente-troisième année.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ELECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 65. —J. Rezelman. Réactance synchrone et marche en parallèle des alternateurs polyphasés, p. 67. —J. Reyval. Chronique des usines centrales : la régulation des groupes électrogènes,p. 78.
- Extraits des publications périodiques. Elude, construction et essais de machines. A propos des court-circuits d’alternateurs, Boucherot, p. 83. — Arcs et lampes électriques et photométrie. Sur la perception des lumières brèves à la limite de leur portée, A. Blondel et J. Rey, p. 84. — Transmission et distribution. Indicateur de puissance pour circuits à haute tension, J. Rya.n , p. 85. — Résistances ohmiques pour parafoudres, G. Gola, p. 87. — Traction. Les tramways électriques à 1 200 volts continus en Italie, T. Jervis, p. 87. — Télégraphie et Téléphonie. Enregistrement delà parole à distance, H. Lioret, F. Ducretet et E. Roger, p. 88. — Variétés. Le service d’étude des grandes forces hydrauliques, R. de la Brosse, p. 88. — Les Congrès de Turin, p. 89. — Bibliographie, p. 90. — Chronique industrielle et financière. Notes industrielles. Appareil de localisation des défauts des câbles, p. 91. — Etudes économiques, p. 92. — Renseignements commerciaux, p. 94-— Adjudications, p. 96.
- ÉDITORIAL
- Lorsqu’on fait fonctionner des alternateurs polyphasés en parallèle, entraînés par des moteurs à couple variable, on sait que leur mouvement n’est pas uniforme, et qu’il se produit des phénomènes de résonance qui engendrent des oscillations plus ou moins importantes.
- M. Rezelman a cherché quel rôle joue, dans cet ordre de faits, la réactance synchrone, c’est-à-dire quelle valeur on doit lui donner dans les formules qui en rendent compte.
- A cet effet, il étudie successivement des alternateurs à pôles pleins et à pôles sail-
- lants et analyse spécialement l’influence de la saturation.
- Un certain nombre de questions, d'un intérêt général pour les stations génératrices, viennent d’être traitées avec beaucoup d’ampleur, dans des réunions ou des discussions, en France et à l’étranger.
- On trouvera ces différents éléments réunis et condensés dans la Chronique des Usine? Centrales que nous publions aujourd’hui.
- Dans la première partie, M. J. Rey val analyse un remarquable travail de M. Bar-
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- 66
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2e Séjrië}:' — N» 29.
- billion sur la régulation des groupes électrogènes.
- M. Barbillion a passé en revue, dans une conférence technique, les principaux types de régulateurs, qu’il a classés en régulateurs directs (dont le type est le régulateur à boules de Watt) et régulateurs indirects à servo-moteurs ; à un autre point de vue, ces systèmes de régulation peuvent se répartir en deux classes, suivant qu’ils sont à critère électrique ou mécanique.
- Leur • ensemble constitue presque à lui seul une technique spéciale, branche particulière de la technique des centrales.
- De récentes communications ont été consacrées, en France et en Angletei’re, aux surintensités provoquées par la mise en court-circuit des alternateurs.
- M. Boucherot, avec sa compétence bien connue, apporte quelque lumière dans cette question si délicate : il se produit dans l’inducteur, par suite de l'étouffement du flux, une surintensité continue, et celle-ci provoque dans l’induit des courants plus ou moins considérables suivant la grandeur de l’exposant d’amortissement.
- Quant aux surtensions, consécutives aux rhptures de court-circuits, il faut en voir également l’origine dans la surintensité continue.
- L’importance de l’étude de MM. A. Blondel et J. Rey, sur la perception des lumières brèves à la limite de leur portée, n’échappera à personne.
- Suivant quelle loi, en fonction de l’intensité lumineuse et du temps, une lumière brève produit-elle la sensation minimum perceptible? Tel est l’un des plus importants problèmes des phares. .
- Pour le résoudre, les auteurs ont entrepris de nombreuses expériences en s’adressant à divers observateurs : des moyennes obtenues résulte une loi indiquant le rapport suivant lequel il faut augmenter l’intensité
- d’une lumière d’abord fixe pour réaliser en lumière brève la môme portée.
- L'indicateur de puissance pour circuits à haute tension, que décrit M. J. Ryan, repose sur le principe suivant : on donne à un faisceau de rayons cathodiques deux déplacements rectangulaires, dont l’un est proportionnel à l’intensité et l’autre au voltage.
- Le diagramme inscrit par le rayon lumineux représente donc l’énergie par période dépensée dans un certain appareil.
- Nous donnons quelques détails techniques, d’après M. T. Jervis, sur l’équipement des tramways électriques à courant continu, i 200 volts, en Italie.
- On s’est préoccupé de conserver partout l’uniformité des moteurs. Us sont d’ailleurs du type courant, à 6oo volts, étant montés deux par deux en série.
- MM. H. Lioret, F. Ducretet et E. Roger ont réalisé un dispositif permettant d'enregistrer la parole à distance, dans un phonographe, en utilisant un poste téléphonique haut parleur. Le microphone est parcouru par un courant intense (o,5 ampères environ) et le secondaire du transformateur est réuni par une ligne de longueur quelconque au téléphone proprement dit, monté sur un phonographe.
- Nous avons récemment présenté la bibliographie de la dernière publication (tome IV), faite par le Service d'étude des grandes forces hydrauliques.
- M. R. delà Brosse ayant lui-même résumé quelques-uns des traits principaux de cet important ouvrage dans un article récent, nous avons reproduit plusieurs données rassemblées dans cet article. Elles paraîtront, sans doute, d’une éloquente brièveté : lorsque l’usine projetée sur le haut Rhône sera construite, les installations de la houille blanche, dans les /Vlpes françaises, s’élèveront à une puissance de un million et demi de chevaux.
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 22 Juillet 1911.
- RÉACTANCE SYNCHRONE ET MARCHE EN PARALLÈLE DES ALTERNATEURS POLYPHASÉS.
- 67
- Nous savons, depuis les travaux fondamentaux de Boucherot, de Blondel et d’autres, que le mouvement des volants, entraînés par
- m = nombre de phases, E = tension par phase,
- 10000
- 1000
- 3000..
- des moteurs à couple variable, n’est pas uniforme et que les oscillations d’un ordre quelconque sont renforcées d’une façon continue et progressive, quand il y a résonance entre l’oscillation propre du volant et celle du circuit électrique.
- Pour deux groupes électrogènes identiques travaillant en parallèle, on peut déterminer le moment d’inertie PD2 critique, correspondant à l’harmonique v, par la formule :
- E
- m. E.—.p2 PD2 lt = —---fü--
- E
- m.E.—.p
- v2.4 .ic.e.
- 7c . n‘
- 2.6o2
- 'r. tr
- -.3 5oo,
- xp = réactance,
- p = nombre de paires de pôles,
- . i
- v = nombre d’impulsions par tour =-, i, 2, 4... p.n
- c = fréquence = ——, n = nombre de tours par minute.
- Dans cette équation, il n’y a qu’une inconnue :
- c’est la réactance :vp; en posant Ircp = la formule bien connue :
- E , .
- —, On obtient
- •la ' ?
- 3 5oo
- )ïi. E. Lcp* P
- v2. n3
- Nous déterminerons dans la suite la valeur de réactance xp à faire intervenir.
- (;
- la
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- 68
- la lumière électrique
- T. XV (2* Série). — N-29.
- A) Alternateur à pôles pleins (oc — i).
- Les courbes E0 et Icca de la figure i représentent les caractéristiques à vide et en court-circuit d’un turbo-alternateur ti’iphasé avec rotor lisse, de 4 ooo K. V. A., 6 6oo volts entre phases, 5o périodes, i 5oo tours (’).
- L’impédance synchrone antagoniste pour non saturation, par exemple E0=4 000 volts, a la valeur :
- R,
- 4 ooo
- l/3.l e
- = 11,2 Q
- s/i. 2o5
- 1
- par phase, où est le courant de court-circuit correspondant à la même excitation I„ = 60 ampères.
- La résistance ohmique de l’enroulement du stator étant négligeable, nous pouvons
- considérer que la valeur • — représente
- également la réactance.
- D’après nos développements antérieurs (*), cette réactance synchrone antagoniste se décompose
- Rcea = Rfci -f- Rf« = io,35 -|- o,85 = 11,2 Q.
- Il en résulte que, en faisant tourner la machine comme moteur synchrone non excité, donc avec le rotor dans la position antagoniste, le courant absorbé a pour valeur:
- I,
- I
- ccaf
- c’e&t-à-clirç qu’il e^t égal au courant de court-circuit de l'excitation^,„ donnant la tension E0 à vide.
- (')Voir Lumière Electrique, t. XII(2« série), 3 et 10 décembre 1910.
- La réactance synchrone transversale était très peu différente, par suite de ta continuité des pôles de l’inducteur :
- Ree< — Rit -f~ Rji == 9,65 -)- 0,95 = 10,6 Q (6§- 2)»
- Pour un angle intermédiaire,, la réactance synchrone aura une valeur comprise entre R(M et Rcc(, variant sensiblement suivant une sinusoïde (fig. 3).
- Rappelons que pour non saturation la réactance antagoniste est invariable dans le cas de charge inductive ; d'où résulte que la caractéristique extérieure, pour excitation constante, est une droite entre E0= 4 ooo et Éca = 205 (fig. 4).
- En charge non inductive, la caractéristique extérieure serait une ellipse passant par E0 == 4 000 et Icca = 2o5, si la réactance était constante et égale à l’antagoniste.
- La réactance transversale étant moindre, la première partie de la courbe suit l’allure de l’ellipse entre EQ = 4 ooo et le courant ;
- hct = leea =217 (%• 4.)f
- f+CCt
- Déterminons maintenant les réactances pour une tension plus élevée E'0 = 8 ooo volts pour r,„ = i4o ampères, où il y a saturation; nous supposons que cette saturation se trouve exclusivement dans les pôles de l’inducteur. La machine, tournant en moteur synchrone non excité (rotor dans la position
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-
- 22 Juillet 1911.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 69
- antagoniste), le
- courant absorbé sera encore :
- I'
- 0
- É'o
- mais ce courant ne sera plus égal au courant de eeurt-circuit roc« do la tension E'0 à vide.
- E’'0 = 9 200 et = 480, la réactance étant constante, et égale à celle de non saturation
- E"0 __ E0
- \/3.1 (en \/3 . ICca
- Au début de la charge, la réactance est
- IC 000
- 9000
- 5000
- 10001
- La saturation des pôles sera moindre dans le cas d’un moteur synchrone non excité, par suite de l’absence du flux de dispersion de l’enroulement d’excitation. La réactance sera donc plus élevée et le courant I'0 plus petit flue l'cca ; par suite la courbe E0 = f (I0) se trouvera au-dessus de E0 = f (Icc„) dans la partie saturée (fig. 4)-On voit donc que la réactance de l’induit dépend de l’état magnétique de l’inducteur, c’est-à-dire de l’excitation.
- La caractéristique extérieure sous charge inductive, à excitation constante, peut être établie en partant de l’état magnétique. Cette courbe suit, à partir de I'cca, la droite entre
- variable et la coürbe suivra la droite entre E'0 = 8ooo et \"cca — 940, ou
- I" —
- * cca —
- R*» *f R*«
- ici en effet intervient la réactanfce :
- variation de tension „ /AA’\ „
- ---—-------------:- = Ri„. Rso fig. I .
- variation de courant \A0 J ' °
- Pour ce qui concerne la réactance transversale, celle-ci est indépendante de l’excitation, étant donné que le flux transversal ne traverse pas l’axe des pôles, qui seul est saturé. Il en résulte que la caractéristique
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-
- 70
- ’> I
- LA LUMIÈRE . ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série).-r Kc-29
- extérieure, pour charge non inductive, suit au début l'allUre'dé l’ellipse entre E'0 = 8 ooo et le courant de court-circuit
- I'
- cca
- pour non saturation
- et, dans les environs du court-circuit, l’ellipse entre E"0 == 9 200 et le courant de court-circuit I'cc„ = 48° (fig- 4)- Pour un angle intermédiaire, la réactance synchrone aura une
- Bobinage par pôles conséquents:
- Isa =265”“, U,„=i4omm,
- lsc — 3iomm Usc = i8omm l, = 575““.
- Rotor :
- d>eit —/,
- _ „ 180
- Epanouissement= i8oX24omm, a = —g— = 0,72
- Spires par électro = io5 <7= 1, Q=i.
- 488"
- 6mm au milieu
- » . \j - » . < j ' •
- 7mmauxbordjs
- 1000 2000-
- SOO JOOO--
- Fig. 5.
- valeur comprise entre R'cc„ et R^, variant de nouveau sensiblement suivant une sinusoïde (fig. 3).
- B) Alternateur à pôles saillants (a <( 1).
- Les courbes E0 et Icca de la figure 5 se rapportent à un alternateur volant triphasé de 85o K. Y. A.; 2 ^5o volts entre phases, 5o périodes, 107 tours, dont les données sont les suivantes :
- Stator :
- = 4 5oOmm, T = 252mm
- Largeur = 240 — 1 X i5“”, L; = 23omm Rainures = 5o4 (ia X 35)mm, ti — 28mm (fig. 6)
- ' S„ = 3, p — 28 q — 3, Q — 9..
- Nous calculons pour la perméance (de dispersion antagoniste (*) :
- X„ = i,83, X* — 0,780 et \sa = 1,26
- Xjc — 1 » 11J
- d’où la réactance en triphasé par phase : iia 5 5o
- Rfa=—"^3——g -(23.1,83+23.0,785+26,5.1,26+31.1,11)
- = o,6i Q.
- non compris l’influence des champs d’ordre supérieur, dus à la différence de forme des champs inducteur et antagoniste de l’induit.
- Pour la perméance transversale :
- X„ = i,83, ~hk — o et \sa — 1,26
- XJC — i,ii,
- (*) Lumière Electrique, tome XIII (2e série), 18 et a5 mars 1911.
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- .22 Juillet 1911. LA LUMiERE ELECTRIQUE 71
- d’où la réactance :
- 1Q< = o,52 Q.
- Nous trouvons, d’après les courbes E0 et Icca, pour une excitation Im = 20 ampères,
- E0 = 1 53o volts et leca = 182 ampères,
- d’où
- R,
- i 53o
- y/3. i8j
- 4,85Q
- Nous pouvons séparer les valeurs de Rsa et Rsa de la manière suivante :
- Nous posons
- 2. AT. excitation-p __ 2.20. io5.28
- ^ cca • Npar phase 182.252
- = a»57'C);
- ce facteur a.cca est à décomposer en deuxpartics, dont l’une se rapporte au champ de réaction (antagoniste) et l’autre au champ de dispersion. Or, la partie correspondant à la réaction a la valeur de 2,2 pour a = 0,72 (2) ; il en résulte que, sans dispersion, nous aurions mesuré un courant de court-circuit plus grand, c’est-à-dire
- 2,57
- 2,2
- d’où la réactance :
- Rîa = et
- En
- X 182 = 212 ampères,
- 1 53o
- v/3-.
- = 4,l60
- 212
- R — Ri» = 4,85 — 4,16 = 0,69 Q,
- V 3.Icca
- au lieu de 0,61, champs sùpérieurs non compris.
- L’importance de ces derniers est donc de o,o5 Rsa environ (fig. 7).
- Pour notre machine, la force magnétomotrice maximum de l’induit en court circuit est égale à celle de l’inducteur; donc Bomax = Bamax-
- Nous pouvons écrire, pour la réactance antagor niste du circuit magnétique principal :
- n _ 6,9.50.252' 25,2.23
- * t ,î(j — ,, o 2— 4 ,it),
- 28.io8
- d’où :
- <X8a = o,5G
- 1,02.0,G
- pour a = 0,72.
- Or, pour « = 0,72, la valeur de a.t de la réactance fondamentale transversale est moitié de a$(l; R^ serait donc également moitié de RjI(, c’est-à-dire
- Rs= 4,16 = 2,08 £2, ensupposant même entrefer
- S — 6 millimètres. En réalité, l’entrefer est plus grand pour le circuit transversal, en moyenne G,5 millimètres, d’où :
- R*/= 2,08^ = i,93Q.
- La réactance totale antagoniste par phase sera donc pour non saturation :
- R<?ca — Rio -f* R50 — 4,16 -|- 0,69 = 4,85 Q
- et la transversalé :
- Rcc/ = R st + Rs« = 093 + o,52 = 2,45 û,
- d’où le rapport :
- 4,85
- 1 ’ et: il
- Rffi?/
- 2,4'J
- 1,98 ~ 2.
- Jusqu’à présent, nous-n’avons déterminé, que les valeurs extrêmes :
- R = 4,i6,
- R« = i,p3,
- Ria = 0,69
- Ri/ r= 0,52.
- (*) Ce rapport est peu variable 2,5 à 2,7 pour a =1
- il diminue avec l’entrefer, puisque augmente et Ria ne varie guère.
- (a) Voir J. A Schouten, E. T. Z, du iBr septembre 1910.
- En calculant la réactance synchrone du circuit magnétique de l’entrefer pour différents angles, on trouve pour notre machine, avec a = 0,72, Q = 9, une courbe (fig. 8) de forme sensiblement sinusoïdale, de manière que :
- _ R$« -f- Rst . Rs« — Rsr .
- RaE =----------------------- sin2S. .....
- 2 2
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- 72
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2® Série). — II® 29.
- Nous pouvons admettre que la variation de la réactance de dispersion suit la même loi :
- n R»a “1” R»t . R»a------ R»( .
- n5l =------------)----------sinae,
- d’où la somme :
- R*t + R„ = -cg-f + Rcct _)_ jüffîL
- R,
- Fig. 7.— En court-circuit. — champ inducteur; «K, champ
- antagoniste ; <}/r, champ résultant correspondant aux champs de dispersion et d’ordre supérieur.
- but elle suit l’ellipse entre E0 = 153o et U = I«»S£ff = 36o (fig. 9).
- Nous trouvons la forme des caractéristiques extérieures dans le cas de saturation, par exemple, pour :
- E'0 = 3 ioo volts, Vcca=. 455 amp., I',„ = 5oamp.,
- comme pour la machine à pôles pleins, en admettant les noyaux polaires seuls saturés; ainsi la réactance transversale n’est pas influencée; il n’y a qu’un simple déplacement des lignes de force dans l’entrefer, i ) Charge inductive :
- Au début, la courbe suit la droite entre
- •E'o = 3 ioo et reca = lc
- R in Ri
- «-(£)
- H-R*
- et à la fin, celle entre :
- Nous en concluons que la réactance est peu variable, aussi bien dans les environs de la position antagoniste (e = o°) que transversale (e = 90°).
- La caractéristique extérieure de charge
- inductive, pour non saturation, suit la droite entre E0 = 1 53o et ÏCC(, = 182; celle de charge non inductive suit, dans les environs du court-circuit, l’allure de Pellipse dçitre E'0 = 1 53o et I«„ = 182, tandis qu’au dé-
- E"0 = 3 85o et 1^ = 455 (%. 5 et 9).
- 2) Charge non inductive :
- Au début, la courbe suit l’allure de l’ellipse entre
- E'o = 3 100 et Vccl = Vcca
- / pour ooa saturation
- et à la fin, celle entre
- E*0 = 3 85o et Vnca — 455 (fig. 5 et g).
- Ayant déterminé les différentes valeurs de la réactance qui se présentent dans un alternateur triphasé, vérifions maintenant celle qui intervient dans le calcul du moment d’inertie PD2 critique.
- Nous supposons deux groupes électrogènes identiques marchant en parallèle à vide, avëc un courant d’échange assez faible pour éviter une déformation trop . sensible du champ principal.
- Pour une faible différence dans les excitations Iml donnant la tension E0, à vide et IJU2 donnant la tension E02 à vide et sans oscillations, les deux tensions E0, et E02 seront en phase avec 4a résultante (E^ — E0,} et le
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- 22 Juillet 1911.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 73
- Tableau I
- ALTERNATEUR A \ v B G C) D
- j Nombre de phases m. 3 3 3 3
- 1 Paires de pôles /?.... 2.4 24 28 28
- 3 55o 4 2ÔO 4 5 00 4 5oo
- j Largeur i85 — i X<5 240 — 1 X é 240 — i X i5 240 — 1 X «5
- f Pas polaire v 23a 278 252 252
- \ Rainures par pôle Q. 9 9 9 9
- / Entrefers! au "îilie?” 6 6 6 7
- / aux bords. 8 8 7 8
- 1 Arc polaire I rjO 200 180 180
- I a.. o,73 « O c 0,72 0,72
- . / Eoritique 3 600 2 200 3100 2 500
- ] *cca pour non saturation • • • 115 360 360 300
- j n 125 I IO IO7 10*7
- f V I I I
- ( PD2 8 3 000 190 000 3oo 000 2 I O OOO
- \ dat 2,72 2,21 2 2,04
- courant de circulation, décalé de 90° par rapport à cette dernière (fig. 10) sera donc déwatté (2) et aura la valeur :
- E01 — E02
- y/3. a. R"cra où
- Üff _r,, AA'
- cca — AO
- et AO ainsi que AA' correspondent à la tension
- moyenne
- E01 + E02
- Pour même excitation aux deux machines, mais avec oscillations, il y aura une tension résultante s de valeur variable, décalée de ± 90° sur les tensions E01 et E02 (fig. 11).
- Il circulera de nouveau un courant décalé de ± 90° par rapport à la tension résultante, mais qui sera sensiblement en phase avec les forces électromotrices induites E01 et E02. La valeur de ce courant sera donc déterminée par la réactance transversale Rcc( et la tension résultante e.
- (*) Alternateur de 85o K. Y. A . de notre étude.
- (2) La résistance ohmique des enroulements est supposée négligeable ; en effet, la résistance ohmique à froid par phase du turbo-alternateur de 4 ooo K Y A n’est que o,o44 Q et celle de l’alternateur volant de 85t> Iv V A o,i55 Q seulement.
- Les oscillations étant périodiques, la tension e, ainsi que le courant d’échange, varient de valeur et de sens ; le champ transversal, produit par le courant de circulation, se déplacera donc dans l’entrefer avec une fréquence correspondante aux oscillations.
- Les forces électromotricès produites par la variation du flux dans les épanouissements massifs ou amortisseurs y engendreront également des courants ; toutefois, la fréquence étant faible (quelques impulsions par tour seulement), ces courants seront sensiblement en phase avec leurs forces électromotrices., Les courants amortisseurs exerceront donc une faible réaction sur le champ et auront par conséquent .peu d’effet sur la réactance transversale.
- Pour la marche en parallèle à vide et des oscillations peu importantes, il faut donc prendre pour xp dans la formule du PD2 critique, la valeur de la réactance transversale :
- RCe« = Rii -f- Rsi
- et la formule sera :
- E
- m.E. — .p
- PD\.rit =------ .3 5«>o
- .nô
- = 3 5oo
- m.E.\cct.p
- V* ; n*
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2‘ Série). — N° 29.
- Or, pour une machine avec noyaux polaires seuls saturés, la réactance transversale Ree* est indépendante de cette saturation et par conséquent dans un rapport déterminé avec la réactance - antagoniste
- En général, il y a lieu d’éviter la saturation de ce circuit pour que la réactance transversale soit bien déterminée et ne varie pas trop avec la tension.
- tooo
- R*»?* pour n®n saturation.Nouspouvons donc écrire :
- E,
- p
- PDvu = 3 5oo-------
- nu. /W. E. I cca • P
- 3 5oo ----;--;--— O-ati
- O-at
- 'P', n3'
- R<jc« pour uon «atuntion P ourle turbo-altematenr de 4 «aoa K. V. A. à pôles
- pleins : aat = — a = °,95, donc peu différent de
- l’unité,tandis que pour l’alternateur de 85o K. V. A-à pôles saillants, a = 0,7a, ce rapport est
- &<ll
- 4,85
- 1,98 =
- 2.
- S’il y a saturation du circuit transversal à cause des dents ou des cornes polaires, la réactance transversale se trouve diminuée et il faut en tenir compte comme pour l’antagoniste, c’est-à-dire suivant la tangente :
- À À'
- R"cc, = Rs ~ + Rrt
- Vérifions (tableau I) la valeur de a.at pour les quatre alternateurs volants essayés et décrits par M. Punga (').
- /> s •
- Fig. 10. Fig. 11.
- Nous constatons que seul le coefficient de la machine A est anormalement élevé, donc la réactance inférieure à celle prévue. Ceci s’explique de suite par la saturation des
- (*) Eléktroleehnisehe Zeitschrift, n« r6 du 10 avril 19H.
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- 2$ Juillet 1941.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 7o;
- dents ; on trouve en effet, pour la tension critique de l’essai :
- ®dents — 2900° iSoOO j6j00 13 600
- La figure 12 montre l’allure des courbes
- constante pour une tension déterminée et diminuera même pour une tension encore plus élevée.
- Une autre cause tend à diminuer la composante antagoniste de la réactance intermé-
- Tension critiqu
- . J-.
- 3000
- / / Tension critique n Tensipn critique/y/
- démagnétisation des quatre machines ; celles de A (très saturée) et de D [(peu saturée) sont surtout intéressantes nomme confirma-tien.
- Jusqu’à présent, nous n’avons considéré que la marche en parallèle à vide avec faibles oscillations ; du moment que l’amplitude des oscillations augmente, le courant de circulation se décale par rapport à la force électro-motrice induite par le champ inducteur, c'est-à-dire que ce n’est plus la réactance transversale proprement dite qui intervient, mais une valeur intermédiaire. Toutefois nous avons vu (fig, 8), que la réactance varie relativement peu dans les environs de s = 9»0.
- Cette variation de la réactance dépend encore de la saturation des pôles ; la réactance augmentera dans le cas où la machine à pôles saillants est peu saturée, elle sera
- diaire ; en effet, le flux antagoniste correspondant est oscillant et, comme il traverse les noyaux polaires, il produit des forces éleetromotriees dans le circuit inducteur (électros, bobines en zinc, etc.).
- Les courants qui en' résultent f‘) sont de faible fréquence (comme ceux produits par le flux transversal dans les épanouissements polaires) et, par conséquent, en phase avec leurs forces électromotrices; ils exercent donc peu de réaction sur le champ, mais, par contre, ils produisent un couple avec celui-ci. L'amortissement de ces courants étant faible, on peut en conclure que la valeur de la composante antagoniste de la réactance intermé-
- (') Pour les alternateurs sans amortisseurs, attaqués par moteurs à gaz, on compte facilement le nombre d’oscillations sur l’ampèremètre d’excitation.
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- LA LÜMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2« Série).— N° 29.
- diaire doit se rapprocher de celle de la réactance synchrone antagoniste propre.
- L’augmentation du courant d’échange, due au renforcement des oscillations, ne dépend donc pas seulement de la tension e, mais aussi de la variation de la réactance. Il est encore à remarquer que le décalage entre le courant de circulation et le champ inducteur augmente, ce qui fait que le couple synchronisant ne varie plus proportionnellement avec ce courant.
- Supposons, à présent, les mêmes machines marchant en parallèle en charge :
- i) Charge inductive (cos y — o).
- Pour de faibles oscillations, c’est de nouveau la réactance de la composante transversale qui seule intervient avec même valeur que dans la marche à vide.
- Dans le cas de fortes oscillations, c’est encore la réactance intermédiaire, dont la composante transversale est celle delà marche à vide; toutefois, la composante antagoniste est diminuée.
- Dans la figure i3, E0 représente la courbe de magnétisation et E00 la courbe de réaction de Potier. Gomme déjà démontré (') cette courbe n’est plus équidistante pour de fortes saturations de l’inducteur, la correction donne la courbe E'00.
- On constate que, pour une même tension aux bornes, les saturations à vide et en charge, ne sont pas les mêmes ; la tangente de E00 étant plus inclinée, la réactance antagoniste est inférieure.
- En résumé : La marche en parallèle sera la même en charge inductive qu’à vide :
- i° Pour de faibles oscillations quelle que soit la saturation ;
- %'' Pour de fortes oscillations, et non saturation.
- Elle sera seulement légèrement différente dans le cas de saturation et de fortes oscillations.
- B) Charge non inductive (cos <p — i). ~
- Considérons d’abord la machine avec pôles pleins (a — i).
- Pour la charge non inductive, le champ de l’induit (transversal) est décalé de ± go° par rapport au champ inducteur : le rotor étant continu, le champ de l’induit a la forme sinusoïdale comme celui de l’inducteur. Le champ résultant est donc encore sinusoïdal et simplement décalé. Les deux machines ayant même charge, les axes des champs résultants ont même décalage et même position sur l’inducteur. II y a donc un simple déplacement de la position des vecteurs.
- Il en est de même pour le champ produit par le courant de circulation qui se superpose avec le courant débité; ce champ occupe, par conséquent aussi, une position différente par rapport à l’inducteur, mais, le rotor étant continu, la réactance correspondante conserve même valeur.
- On arrive ainsi aux conclusions exprimées ci-dessus pour la charge inductive. Les phénomènes deviennent plus compliqués pour les machines à pôles saillants.
- Ici, l’axe du flux fondamental résultant se déplace également par rapport à l’inducteur, (lîg. i4) et, par suite aussi, le champ du' courant de circulation. Il en ressort que, même pour de faibles oscillations, il y a une; composante antagoniste, qui peut donc devenir ici plus importante, surtout pour des fortes oscillations.
- De la ligure 14> on peut déduire que la déformation du champ, due au flux transversal du courant watté débité, peut produire une saturation locale (dents de l’induit et-épanouissements polaires), assez élevée pour influencer la réactance transversale.
- M. Punga a constaté, lors de ses expériences, qu’une variation de charge avait peu d’influence sur le P D2 critique.
- D’après notre étude, ceci dépend de la valeur de la réactance intermédiaire correspondant au courant d’échange, qui ne doit donc pas varier avec la charge. Pour ceci, il
- (4) J. Rezelman, Les alternateurs mono et polyphasés.
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- 22 Juillet 1911.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- faut que la réactance antagoniste en charge ne s’écarte pas trop de la transversale à vide ; elles n’ont pas besoin d’être identiques, puisque l’on travaille sur la partie horizontale de la sinusoïde (fig. 8).
- En effet, il y a, en pratique, toujours une
- où Icc est le courant de court-circuit ordinaire, correspondant à l’excitation qui donne la tension E sans saturation (fig. 5).
- Le facteur sa pour un arc polaire a s 0,7 ; la valeur Icc dépend de la chute de tension imposée ; elle varie, pour les machines ac-
- «000
- 3000
- 2000
- /OOO
- certaine saturation et l’on peut dire, d’après ce qui précède, que les valeurs des réactances antagoniste et transversale à considérer, seront peu différentes en général. Poumon saturation le PD2„,.It sera plus faible en charge qu’à vide ; le contraire se présente pour forte saturation des pôles.
- En résumé,pour les alternateurs polyphasés, marchant en parallèle à vide il faut s’écarter des Pn2C),( déterminés par la formule ci-après :
- PD2cl.i( = 3 5oo
- m.E.lect.p
- v- .n°
- où Icct est le courant de court-circuit correspondant à la réactance transversale fondamentale. Pour les alternateurs avec noyaux polaires seuls saturés
- donc
- t — L
- nr,2 ir m.E.lcc.p
- PD2crii = 3 5oo--—T-t-.a-nt,
- E./v
- tuelles, entre i,a et ?. fois le courant normal. Pour la marche en parallèle en charge, les
- l'ig. >4- — Charge non inductive. — champ inducteur ; i|/(, champ transversal ; <\fy, onde fondamentale du champ transversal ; champ résultant.
- conditions peuvent varier et dépendent des caractéristiques des machines.
- J. RezelmXn,
- Ingénieur, chef de service des A. C. 13. C.
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- LA LUMÏÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2e Série).- A- N® 20.
- "'78
- CHRONIQUE DES USINES CENTRALES
- Parmi les nombreux problèmes que comportent l’installation et le fonctionnement des usines centrales, la régulation des groupes électrogènes occupe une place prépondérante. Ce problème semble, à l’heure actuelle, résolu d’une manière satisfaisante, ainsi qu’il ressort d’une conférence remarquablement documentée que M. Barbillion, directeur de l’Institut Electrotechnique de Grenoble, a consacrée récemment à l’examen de cette question et dont nous extrayons les considérations suivantes.
- IlÉGULATION DES GKOUPES ÉLECTKOGÈNES
- Les moteurs thermiques sont, en général, munis de régulateurs «directs», c’est-à-dire dont l’organe de régulation (tachymètre) agit directement sur l’admission.
- Ces régulateurs ont, depuis l’apparition des premières machines à vapeur, subi de nombreux perfectionnements : l’un des plus importants a été l’adjonction d’un frein à air ou à huile, destiné à amortir leurs oscillations ; ces freins donnent, actuellement, des résultats très satisfaisants, puisqu’ils permettent d’assurer le fonctionnement normal de plusieurs groupes électrogènes couplés en parallèle. M. Barbillion l’appelle, à ce sujet, qu’il convient, lorsqu’on veut procéder au couplage en parallèle de deux groupes, de raidir le ressort de la machine à accoupler, laquelle fonctionne à vide et de détendre, au contraire, celui de la machine déjà en charge.
- On sait, en effet, que l’accroissement de la tension initiale du ressort a pour effet d’augmenter la vûtesse de régime du groupe, vitesse qui correspond à une admission et par conséquent à un couple déterminés.
- La diminution de cette même tension produit, naturellement, l’effet invérse, c’est-à-dire qu’elle diminue la vitesse correspondant à une admission donnée.
- C’est ce qu’indique, d’ailleurs, la figure i qui reproduit les caractéristiques de deux groupes (courbes des vitesses en fonction des couples). On voit que l’augmentation de la tension initiale du ressort de la machine à vide a pour effet de déplacer la caractéris-
- C.niiEiima C djann-chargo (ym.-iTÎft..-. '
- Fig. i. — Modification des caractéristiques de groupes réglés pour le couplage de groupes électrogènes en parallèle.
- tique de celle-ci vers la droite, et que l’opération inverse, effectuée sur la machine déjà chargée, déplace au contraire la caractéristique de cette dernière vers la gauche ; les deux caractéristiques viennent ainsi se couper en un point correspondant à la moitié de la charge totale, de sorte que la charge est répartie également entre les deux machines tournant à leur vitesse de régime.
- Pour la régulation des moteurs hydrauliques, il est nécessaire, étant donnée la grande inertie de la colonne liquide dont il s’agit de régler le débit, d’exercer des efforts mécaniques relativement considérables et néanmoins assez rapides ; d’où l’obligation de recourir à des régulateurs « indirects », c’est-à-dire dont le tachymètre n’agit plus directement sur la vanne d’admission, mais jpro-voque la mise en action d’un servo-moteur capable d’exercer sur cette vanne l’effort nécessaire. Nous rappellerons seulement ici que la plupart de ces servo-moteurs utilisent l’eau ou l’huile sous pression qui, agissant suivant le mouvement de clapets commandés par le tachymètre, sur fune ou l’autre face
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- d’un piston, ouvrent ou ferment la vanne, d’admission de la turbine. D’autres régulateurs, purement mécaniques, ne comportent pas de servo-moteur proprement dit; le tachymètre provoque l’embrayage momentané d’un arbre, animé d’un mouvement de rotation constant à l’aide d’une transmission entraînée par la turbine, avec un autre arbre qui ouvre ou ferme le vannage ; un régulateur de ce type, fréquemment employé, comporte un cône d’embrayage mâle double, que le tachymètre déplace dans un sens ou dans l’autre, de manière à l’amener en prise avec l’un ou l’autre de deux cônes femelles, dont chacun correspond à l’un des mouvements de la vanne (ouverture ou fermeture). La plupart de ces régulateurs sont munis d’un système de compensation commandé par le servo-moteur lui-même et tendant à ramener le régulateur à sa position primitive, au fur et à mesure de l’action sur le vannage, de manière à éviter une action exagérée de celui-ci, qui aurait pour conséquence des oscillations dans la vitesse de la turbine.
- Indépendamment de la vitesse des groupes électrogènes, la tension aux bornes des génératrices nécessite, d’autre part, un réglage absolument précis. Ce réglage peut se faire de deux manières, selon que l’on agit sur l’un ou l’autre des dèux facteurs variables dont le produit détermine la valeur de la tension, c’est-à-dire la vitesse du groupe d’une part et, d’autre part, la valeur du flux dans la génératrice. La méthode de beaucoup la plus employée est la seconde qui consiste à maintenir constante la vitesse du groupe à l’aide d’un régulateur tel que ceux que nous avons décrits précédemment, et à augmenter ou à diminuer le flux dans la génératrice selon que la charge de celle-ci augmente ou diminue, de manière à compenser la chute de tension. Nous reviendrons, d’ailleurs, plus loin, sur les procédés employés dans ce but; mais il nous a semblé intéressant de dire auparavant quelques mots de l’autre
- méthode, consistant à régler la tension en agissant sur la vitesse du groupe.
- Les régulateurs automatiques, employés dans ce but, comportent un solénoïde à fil fin, monté en dérivation aux bornes de la génératrice et dont le noyau ouvre ou ferme la vanne d’admission du moteur primaire, suivant que la tension aux bornes de la dynamo diminue ou augmente. Nous rappellerons, pour mémoire seulement, le régulateur Willans, déjà ancien et qui fut l’un des premiers appareils basés sur ce principe. M. Hergott a imaginé plus récemment un régulateur électro-automatique à huile sous pression, auquel nous consacrerons quelques lignes.
- La figure 2 représente la disposition du
- Fig. a. — Régulateur électro-automatique de tension Hergott.
- régulateur Hergott. Le noyau du solénoïde T, dont l’enroulement est connecté en dérivation aux bornes de la génératrice à régler, remplit le rôle de tachymètre joué dans les appareils précédents par le régulateur à force centrifuge. Ce noyau agit, en effet, sur une série de clapets intervenant dans la distribution de l’huile sous pression qui actionne la vanne du moteur primaire à l’aide d’un servomoteur P (fig. 2), lequel peut être une petite turbine réversible ou tout autre moteur à huile.
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- '80
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2e Série).'— N»29.
- ;; Dans la position d'équilibre, correspondant à la tension normale aux bornes et l'epré-sèntée parla figure 2, l’huile refoulée en A, par une pompe, suit le trajet indiqué par les flèches, c’est-à-dire que, par a', 2", L, M, d’une part et par 4\ 4"» N, d’autre part, elle gagne les conduites d’échappement G et F, d’où elle est reprise par la pompe (non représentée sur la figure) qui la renvoie de nouveau en A, et ainsi de suite.
- Lorsque la tension aux bornes de la génératrice et par suite du solénoïde diminue, ce dernier laisse tomber son noyau; la soupape 2 s’applique alors sur le siège 2' et la soupape 4 sur le siège 4" 5 l’huile ne peut plus alors gagner directement les conduites d’échappement, mais est contrainte de passer par 4 , B, et de là dans le récepteur P qu’elle actionne de manière à ouvrir la vanne d’admission du moteur primaire ; revenant- ensuite par C, l’huile s’écoule par 2", K, M dans la conduite d’échappement G.
- Si, au contraire, la tension aux bornes de la génératice augmente, le noyau tend à se soulever; la soupape 2 s’applique alors sur le siège %n et la soupape 4 sur le siège 4' '» * l’huile doit alors passer par 2', C, P, B, 4",N, F et actionner le récepteur P dans le sens inverse du précédent, c’est-à-dire fermer la vanne.
- Le rôle des soupapes M et N est de permettre une certaine action compensatrice que l’on règle en fermant partiellement plus ou moins ces soupapes. En effet, supposons la soupape M partiellement fermée à l’aide du bouton K; s’il se produit une diminution de voltage et, par suite, un abaissement de la tige des clapets, l’huile revenant par G, K, L ne pourra s’échapper entièrement par G ; il se produira alors par le canal G' une légère contre-pression sous le piston 5 ; cette contre-pression tend à soulever la tige des clapets que le solénoïde T laissait descendre ; si elle devient suffisante pour ramener la tige à ^a position d’équilibre, l’action du régulateur cesse ; mais la contre-pression cesse en même temps ; si la tension n’a pas repris sa
- valeur normale, la tige descend de nouveàù et le régulateur recommence à agir sur l’admission du moteur primaire, en même temps que la contre-pression se rétablit; cette série d’intermittences, qui empêche une action brusque et exagérée du régulateur, se continue jusqu’à ce que le voltage aux bornes de la génératrice soit redevenu normal. La soupape N intervient dans le cas d’une augmentation de tension.
- Si le courant vient, pour une cause quelconque, à faire défaut dans le solénoïde, la tige descend à fond de course, la soupape 3 tombe sur le siège 4' et la soupape 1 sur le siège 2" ; toute l’huile passe alors par G dans le récepteur P qui ferme l’admission du moteur primaire; la mise hors service du régulateur provoque ainsi l'arrêt du groupe.
- Mais, ainsi que nous l’avons dit plus haut, on préfère, en général, faire tourner constamment les groupes à leur vitesse de régime et pour maintenir la tension constante agir sur l’excitation de la génératrice, susceptible également d’un réglage automatique. Dans le cas de génératrices à courant continu, le compoundage etl’hypercompoun-dage fournissent une solution extrêmement simple et suffisante dans le cas où l’on n’exige qu’un réglage approximatif ; on sait en effet que, par suite des formes différentes de la caractéristique à vide et de la courbe de chute de tension, c’est uniquement pour une seule valeur de la charge arbitrairement choisie (par exemple la chai’ge maxima) que les ampères tours de l’enroulément série peuvent compenser exactement la chute de tension; pour les autres valeurs de la chai'ge la compensation n’est qu’approximative.
- Lorsqu’on désire obtenir un réglage plus précis, il y a donc lieu de l'ecourir à des procédés plus complexes. D’autre part, dans le cas d’alternateurs, il faut soit redresser le courant de compoundage, soit recourir à l’emploi d’excitatrices spéciales, soit enfin faire appel aux procédés de réglage par action sur le rhéostat d’excitation, qui donnent
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- seuls un réglage précis à toutes les charges aussi bien en courant continu qu’en courant alternatif. M. Seidner a, d’ailleurs, consacré à la question du réglage automatique de la tension aux bornes des altei’nateurs une étude très complète que nos lecteurs connaissent (*). Nous croyons toutefois intéressant de déci’ire, d’après M. Barbillion, deux types de régulateurs d’excitation présentant certaines particularités.
- Le premier de ces régulateurs est le ré-
- Fig. 3. — Régulateur tensimétrique Tliury.
- gulateur tensimétrique Thury, dont la figure 3 représente la disposition schématique. C’est un régulateur électro-mécanique, en ce sens que le déplacement du commutateur du rhéostat est dû à une commande mécanique et que l’électricité n’intervient que pour provoquer l’action de cette commande. Le solénoïde S est connecté en dérivation aux bornes de la génératrice G à régler; lorsque la tension aux bornes de celle-ci est normale, l’armature A reste en équilibre, les actions respectives sur celle-ci du solénoïde S et des ressorts antagonistes r et /•', étant réglées de manière à s’équilibrer pour cette tension seulement. Si la tension augmente, l’action du solénoïde l’emporte sur celle des ressorts, l’armature A est attirée et é tablit un contact en e2 ; un courant se fermant par G, t, e2, S.,, G4 parcourt alors le solénoïde S2 qui attire le plateau p; celui-ci provoque un léger déplacement longitudinal de l’arbre B entraîné.à une vitesse constante Ü par une courroie ou tout autre dispositif ; ce déplacement de l’arbre B fait engrener le
- C) Voir Lumière Electrique, l. XII, (2e série), p. 78 et 112.
- pignon Cj avec un autre {Mgnon qui lui est perpendiculaire ; ce dernier pignon est alors entraîné dans le mouvement de rotation du système et provoque le déplacement du commutateur du rhéostat de champ, de manière à augmenter la résistance de celui-ci; lorsque la tension a repris sa valeur normale, l’armature A revient à sa position d’équilibre, le contact est rompu en e.,, et l’attraction du plateau p et, par suite, le déplacement du commutateur .du rhéostat cessent.
- S’il y a, au contraire, diminution de tension, l’action des ressorts r et r' sur l’armature A devient prépondérante ; celle-ci tombe et établit un contact en el ; c’est alors le solénoïde S qui attire le plateau p et, par suite, le pignon C2 qui entraîne le commutateur du rhéostat, ce qui diminue la résistance de celui-ci. Lorsque la tension est redevenue normale, le mouvement s’arrête comme précédemment.
- M. Barbillion signale, en passant, que l’on a proposé, afin de rendre concordantes l’action du régulateur de vitesse et celle du régulateur de tension, de faire agir le tachymètre sur l’excitation de la génératrice et le solénoïde sur l’admission du moteur, de manière à obtenir ce que l’on appelle la « régulation croisée », mais qu’aucune solution définitive n’est encore intervenue dans cet ordre d’idées.
- Le deuxième régulateur de champ, signalé par M. Barbillion, estle régulateur de Brown-Boveri. La figure 4 en représente schématiquement l’application à un groupe d’alternateurs triphasés couplés en parallèle. Ce régulateur comporte deux transformateurs, l’un de tension Sp, l’autre d’intensité St, dont les primaires sont montés respectivement en dérivation entre deux des fils de la ligne triphasée pour le transformateur de tension, et en série dans un circuit dont l’intensité est proportionnelle à celle du courant de ligne pour le transformateur d’intensité. Les secondaires de ces deux transformateurs alimentent deux enroulements bobinés sur l’inducteur du servo-moteur de réglage. L’in-
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- duit de ce servo-moteur est un simple disque en aluminium, présentant par suite une iner-
- Fig. 4-— Régulateur automatique à action rapide de Brown-Bovcri. — Montage dans le cas d’alternateurs triphasés avec excitatrices indépendantes.
- tie très faible, qui agit sur un rhéostat intercalé dans le circuit d’excitation commun des excitatrices. Un système de ressorts produit un couple constant et de sens contraire au couple électromagnétique exercé par l’inducteur du servo-moteur sur l’induit de celui-ci.
- La figure 5 représente d’ailleurs les détails de l’induit et des ressorts destinés à
- Fig. 5. — Régulateur automatique à action rapide Brown Bovcri. — Vue de l’arbre.
- produire le couple antagoniste; ceux-ci sont au nombre de deux : un ressort principal en spirale f et un ressort à boudin n agissant en sens contraire du premier et destiné à annuler à tout moment l’accroissement de tension qui résulte pour celui-ci d^un mouvement de rotation de l’arbre; la tension et, par suite, le couple résultant
- sont donc bien constants. Lorsqu’une .variation de voltage se produit, l’induit se déplace dans un sens ou dans l’autre et entraîne, par l’intermédiaire d’un troisième ressort q, l’arbre de] l’appareil et le commutateur du rhéostat, de manière à augmenter ou à dimi-minuer, selon les cas, la résistance de celui-ci.
- Un secteur denté p, solidaire de l’arbre dans son mouvement, entraîne, par l’intermédiaire d’un petit pignon, un disque amortisseur en aluminium qui tourne dans un champ créé par deux aimants permanents; les courants de Foucault engendrés dans ce disque, par sa rotation, amortissent les oscillations du système et empêchent le commutateur de dépasser la position qu’il doit occuper. Lorsque la tension a repris sa valeur normale, le ressort q ramène, en se détendant, l’induit à sa position d’équilibre.
- Dans le régulateur Brown-Boveri pour courant continu, l’induit de l’appareil triphasé est remplacé par un cadre de galvanomètre, dont la bobine est montée en série dans le circuit d’excitation ; en outre, par suite de la disposition adoptée, le champ magnétique augmente dans le même rappoi’t que le couple mécanique antagoniste dû au ressort f, ce qui permet de supprimer le ressort auxiliaire ».
- Le rhéostat commandé par le régulateur est intercalé directement dans le circuit d’excitation des génératrices à courant continu.
- Enfin, M. Barbillion a terminé son remarquable exposé en parlant du régulateur électrique, automatique et indirect à asservissement Routin, sur lequel nous ne reviendrons pas, puisqu’il a été présenté en détail à nos lecteurs ('). Nous dirons seulement que ce dispositif, classé par M. Barbillion comme régulateur électrique à mode indirect et à asservissement , est employé dans l’Isère aux papeteries de Rives, de Brignoud, aux aciéries de Livet, en Savoie, aux aciéries d’Ugine, etc.
- (A suivre.) J. Reyval.
- (') Lumière Electrique, t. X (2» série), p. 33i.
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- £2 Juillet 1911. LA LUMIERE ELECTRIQUE m
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- A propos des courts-circuits d’alternateurs. — Boucherot. — Bulletin de la Société Internationale des Electriciens, juin 1911.
- Plusieurs théories ont été proposées pour rendre compte des surintensités qui se produisent à la mise en! court-circuit brusque d'un alternateur.
- L’auteur rappelle d’abord rapidement l’explication de M. Steinmetz (J). C’est aussi celle de M. Miles Walker (2), que M. Giles a rappelée récemment (3) :
- « La réactance d’un des circuits de l’induit toL3
- peut se décomposer en deux : la réactance de fuites
- «.£2 et une autre correspondant à da portion dü flux
- d’induit-passant dans l’inducteur; celle-ci nécessite
- un temps appréciable pour se développer, en sorte
- qu’au début du court-circuit la force éleclromotrice
- E2 n’agit que sur la réactance ti>J?2 et donne un cou-
- ‘Ë2 u , , E2
- rant —- beaucoup plus grand que ——. » axi?2 cr o 1 wL2
- D’après ce raisonnement, le facteur de surinten-
- . , . L2
- site serait —.
- L’auteur propose une autre explication.
- Au premier instant du court-circuit, le flux dans l’inducteur est F,, celui qui développe dans l’induit! la force électromotrice E2; quand le régime du court-circuit polyphasé est établi, le flux dans l’inducteur ! est F,cc, beaucoup plus petit que F,, puisqu’il ne! correspond plus qu’aux fuites de l’inducteur et de j l’induit. Il y a donc, pendantle changement de régime, ! une variation de flux (F, — F)CC) dans l’inducteur. I Si la résistance du circuit inducteur est R,, il en résulte une quantité d’électricité induite dans ce ! circuit :
- F, — Flcc
- Ri (*)
- (*) Exposée par M. P. Bxjnet. Bulletin de la Société Internationale des Electriciens, mai 1911.
- (2) Communication à l'Institution of Electrieal Engi-neers de Londres.
- (3) Voir Lumière Electrique, t. XIII, (2e série), p. 202.
- qui se manifeste sous forme d’un courant continu. Ce courant continu s’amortit sous la forme exponentielle, niais il peut atteindre dans les premiers instants des valeurs considérables; les courants alternatifs de court-circuit dans l’induit atteignent de ce fait, eux aussi, des valeurs considérables, puisque, en court-circuit, il y a proportionnalité entre les courants induits et le courant inducteur.
- Les fuites influent grandement sur l’allure de l’exponentielle qui représente le courant.
- Si on laisse de côté le courant alternatif dans l’inducteur, dont l’importance est secondaire, on peut dire : les surintensités considérables constatées dans les circuits induits des alternateurs de turbines à vapeur, mis brusquement en court-circuit, proviennent d’une surintensité continue, qui prend naissance dans l’inducteur par l'étouffement du flux qui suit la mise [en court-circuit. Dans les alternateurs ordinaires ou volants, ayant plus de fuites, ces surintensités acquièrent moins d’importance, mais durent plus longtemps.
- Exposer les choses autrement, c’est mettre la charrue devant les bœufs.
- L’auteur exposera au Congrès de Turin les développements nécessaires.
- En ce qui concerne maintenant les surtensions qui suivent la rupture des courts-circuits, on répète volontiers ce raisonnement : si, au moment de larup-ture d’un court-circuit,d’intensité instantanée est i2, l’énergie emmagasinée dans [l’induit de l’alternateur est - L2 42 ; cette énergie se dissipe dans la ca-
- pacité C en dérivation sur le circuit considéré (capacité de la ligne, par exemple), en sorte que1 la tension monte à une valeur « telle que
- Si C est petit, la tension peut monter à des valeurs considérables.
- On aurait le droit de raisonner ainsi, si! le courant était produit par une source n’ayant que de la self-
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- induction : ce n’est pas le cas pour un alternateur dans lequel l’induction mutuelle joue un rôle aussi important.
- L’énergie potentielle ou intrinsèque d’un alternateur n’est pas localisée dans tel ou tel circuit électrique, mais dans le champ magnétique; elle est par conséquent bien plus grande avide qu’en court-circuit. S’il n’y avait pas de fuites, elle serait nulle en court-circuit.
- Il n’y a pas libération d’énergie dans le passage de la marche en court-circuit à la marche à vide ; c’est dans le passage inverse qu’il y a libération d’énergie, laquelle donne lieu aux surintensités continues dont il a été parlé plus haut.
- En réalité, quand on a constaté des percements d’isolants consécutifs à des courts-circuits, il faut en chercher l’explication dans l’une ou l’autre des raisons suivantes :
- - Si l’on fait court-circuit brusquement sur une seule phase d’un alternateur diphasé, la surintensité continue se produit, quoique moindre, dans l’inducteur : il n’est pas étonnant que la tension monte encore plus dangereusement dans la phase restée ouverte.
- Si un court-circuit se rompt pendant l’état variable, c’est-à-dire pendant l’existence de la surintensité continue dans l’inducteur, quand le flux est encore important, par exemple les trois quarts du flux normal F1? il se peut que la tension monte encore plus dangereusement dans la phase restée ouverte.
- Enfin, il n’est pas impossible qu’une surintensité continue se produise dans l’inducteur à la rupture d’un court-circuit, môme quand le régime normal du court-circuit est établi. 11 y a encore induction d’une quantité d’électricité dans l’inducteur égale et de sens contraire à celle induite lors delà mise en court-circuit.
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES
- Sur la perception des lumières brèves à la limite de leur portée. — A. Blondel et J. Rey.— Comptes Rendus, 3 juillet 1911.
- Il importe, au point de vue de la limite de la portée j des signaux brefs, de savoir suivant quelle loi, en ! fonction de l’intensité et du temps, une lumière brève produit sur la rétine la sensation minimum perceptible. Ce problème a, autrefois, semblé résolu par là loi de Bloch, analogue à la loi des impres-
- sions photographiques, et qui faisait dépendre la sensation limite du produit E t de l’éclairement par le temps (') (produit que nous appellerons,pourabré-ger, quantité d’éclairement). M. Charpentier (â) avait cru pouvoir fixer à cette loi un temps limite d’addition variant entre 1/8 et ijio de seconde; M. Mac Dougal (3) avait porté, pour des lumières faibles, cette durée jusqu’à i/5 de seconde environ.
- Mais cette conception d’une limite de perception relativement courte a été contredite par des travaux plus récents ; c’est ainsi que, dans des expériences de MM. Broca et Sulzer (*), le temps nécessaire pour la sensation permanente a varié entre 1 et 2,5 secondes et que, dans des expériences de M. Ribière (B), la portée d’un éclat a continué à augmenter avec lenteur depuis la durée de 0,25 de seconde, jusqu’à 1,78 de seconde sans atteindre la portée de la lumière à l’état fixe.
- Les auteurs ont été ainsi conduits à induire que la loi de Bloch ne peut s’appliquer qu’à des lumières fortes, que la durée de perception d’une lumière juste capable de produire le seuil de la sensation doit être supposée infinie, et que la loi de perception doit donc être de la forme :
- (E — E0) t — const.
- On a d’ailleurs pu le vérifier par une étude expérimentale complète du seuil de la sensation produite par les lumières brèves, de faisant varier l’intensité lumineuse et la durée de perception en sens opposés de façon à reproduire, pour chaque observateur, la sensation minima. En ayant soin de prendre un grand nombre d’observateurs et de rapporter pour chacun d’eux respectivement les éclairements à son éclairement minimum , pris comme étalon, les auteurs ont pu établir des moyennes assez satisfaisantes pour pouvoir en déduire véritablement une loi.
- Les éclats produits se succédaient à des intervalles T assez grands (3 à 5 secondes) pour qu’on n’ait pas à craindre d'influence mutuelle ; les auteurs ont opéré par égalisation de deux éclats brefs et non d’un éclat bref avec une lumière fixe. La durée t des éclats a varié depuis 1/1000 de seconde jusqu’à 1 seconde et, exceptionnellement, jusqu’à 3 secondes.
- (') Comptes Rendus de la Société de Biologie, 8° série' t. II, i885, p. 495.
- (2) Td., I. Il, 1887, p. 5.
- (3) Journal of Psychology, volume I, part. 2, juin 1904. (*) Journal de Physiologie et de Pathologie générale,
- juillet 1902.
- (5) Phares et Signaux maritimes, p. i5.
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- Les résultats ont été traduits sous forme graphique, en portant en ordonnées les produits E t de l’éclairement par le temps nécessaire à l’impression mi-nima, et en abscisses les temps t eux-mêmes. Les points ainsi obtenus se sont trouvés alignés très sensiblement suivant une ligne droite, ce qui prouve que le produit E t est, non pas une constante, mais une fonction linéaire de la forme :
- E t ~ E0 {ci -j- t) (i)
- ou :
- (E —E0) t -- a E0 (a)
- en appelant E0 une constante qui doit représenter l’éclairement de la lumière minima découvrable en régime permanent et a une constante de temps pour laquelle on a trouvé la valeur moyenne o,ai seconde. L’équation a est précisément conforme à la loi qui avait été prévue ; si l’on porte en ordonnées E au lieu de E t, elle se traduit graphiquement en fonction de E et de t par une hyperbole équilatère, ayant pour asymptote verticale l’axe des ordonnées et pour asymptote horizontale une droite correspondant à la constante d’éclairement minimum E0.
- On peut écrire la même loi sous la forme :
- E , o,ai
- E„ ~ t
- Elle indique alors le rapport suivant lequel il faut augmenter l’intensité d’une lumière, d’abord fixe, pour réaliser en lumière brève la même portée quand la durée de l’éclat est réduite à t secondes. Avec la loi de Bloch, qui, pour des lumières très brèves et intenses, doit donner sensiblement les mêmes résultats, on aurait seulement :
- E' o,ai
- Ë£ “ t.
- Ceci montre combien la loi nouvelle exige des intensités plus fortes pour une même portée que la loi de Bloch, quand la durée de l’éclat va en croissant.
- L’impression limite à grande distance dépend de la différence des deux produits E£ — E0 t. Si chaque éclat est produit en accumulant, par un appareil optique, pendant un temps donné T, le Ilux débité par une source donnée, la quantité d’éclairement E t, contenue dans l’éclat, est une quantité proportionnelle à T et indépendante de t; il y a donc, dans ces cas, intérêt, pour la meilleure utilisation de la
- source de lumière, à concentrer les éclats dans le temps t le plus court possible.
- Pour calculer l’effet utile d’un éclat non homogène, c’est-à-dire dont l’intensité à l’horizon I/t varie en fonction du temps, il suffira de même d’intégrer la quantité d’éclairement que reçoit la pupille entre les temps variables avecladistance et f|, où l’éclairement dépasse l’éclairement limite E0. La limite de la portée est donc donnée par la condition :
- f* (E — E0) dt — a E0.
- vt 1
- On voit ainsi qu’une lumière fixe, capable de produire la même portée, doit avoir une intensité à l’horizon :
- r hdt
- .
- a -|- (f2 — fi)
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Indicateur de puissance pour circuits à haute tension. — J. Ryan. — Proceedings of the American Inslitute of electrical Engineers. avril 1911.
- Cet appareil, d’une réalisation facile et peu coûteuse, sert à observer les pertes de puissance occasionnées dans de tels circuits par la présence des diélectriques ou par des causes analogues.
- Il inscrit un diagramme indicateur de puissance, obtenu au moyen d’un faisceau de rayons cathodiques. Le voltage du circuit à haute tension expérimenté, appliqué à deux quadrants situés de part et d’autre du faisceau de rayons cathodiques, détermine un déplacement de ces" rayons dans une certaine direction, déplacement qui est proportionnel, au voltage ; la différence de voltage aux bornes d’un condensateur monté en série avec le circuit à haute-tension est appliquée à une autre paire de quadrants et donne au faisceau de rayons une vitesse proportionnelle au courant et normale au déplacement précédent.
- Un courant alternatif déterminera le tracé, par le faisceau de rayons, d’un diagramme dont la surface sera proportionnelle à l’énergie fournie pendant chaque cycle : en d’autres termes, à fréquence constante, la surface du diagramme mesurera la puissance développée dans le circuit.
- En effet, tout diagramme enregistré par l’appareil
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- 11*20.
- est une courbe fermée dans laquelle le déplacement vertical?/ du faisceau (c'est-à-dire l’ordonnée) estpro-portionnel (égal en choisissant l'échelle) à la valeur instantanée de la force électro-motrice e d’un circuit à courants alternatifs.
- De même, a? étant le déplacement horizontal (ab -doc —
- scisse), du faisceau la vitesse — de ce déplacement
- est proportionnelle (égale, en choisissant convenablement l’échelle), à la valeur instantanée du courant; on a donc les relations :
- .. dx
- l = -dï
- Par suite :
- eidt — y dx.
- L’intégrale du premier membre représente l’énergie fournie pendant un cycle, celle du deuxième membre représente l’aire du diagramme.
- Les limites d’emploi de l’appareil peuvent être modifiées en agissant sur la capacité des condensateurs employés. On l’a utilisé aussi bien pour mesurer les pertes dues à l’humidité ou à d’autres impuretés <Ians un échantillon d’huile (o,o3 watts à 9 000 volts) que pour mesurer la perte par effluves (750 watts) sur une ligne artificielle dont la tension était de iSoooo volts.
- La précision de l’instrument dépend :
- i° De l’uniformité des champs électrostatiques engendrés par les quadrants ;
- a® De la variation de la tension fournie par la machine électrostatique qui produit le faisceau de rayons cathodiques ; à cette variation correspond une modification dans le déplacement du faisceau de rayons. Mais on peut affirmer que, même en n’apportant qu’un soin médiocre au montage etau réglage des quadrants, ainsi qu’au fonctionnement de la machine électrostatique, les erreurs restent inférieures à 5 % .
- Cet appareil est réellement satisfaisant pour l’étude des isolateurs, des pertes diélectriques dans les transformateurs à haute tension, des qualités isolantes de l'huile pour transformateurs et de l’influence de l’humidité et autres impuretés sur ces qualités, des pertes dans l’atmosphère sur les lignes à haute tension, etc.
- Une variante de cet appareil s’obtient en remplaçant les condensateurs par des selfs, mais cette variante ne peut être employée que sur les circuits à basse tension ; cette forme de l’instrument est donc
- d’un intérêt moindre, puisqu’on dispose déjà de facilités de toutes sortes pour l’étude de tels circuits.
- L’indicateur, sous sa forme ordinaire, peut être utilisé pour tracer des diagrammes de l’hystérésis dans un diélectrique : le champ électrique établi entre la seconde paire de quadrants est une fidèle reproduction du champ électrique produit dans le diélectrique. Le diagramme obtenu représente la relation, pendant la durée d’une période, entre la force électromotrice appliquée au diélectrique et le champ électrique dans ce diélectrique. Sa surface représente la perte de puissance — la fréquence étant constante— due à l’hystérésis diélectrique.
- Le même appareil peut aussi être employé comme oscillographe : on obtient un oscillogfamme de la courbe de force électromotrice en court-circuitant l’indication du champ dû au courant ; le faisceau de rayons a simplement un mouvement proportionnel à chaque instant à la for ce éïectromotrice. La forme sinusoïdale ordinaire peut être observée dans un miroir rotatif tournant synchroniquement avec la source.
- Pour obtenir un oscillogramme du courant, on substitue aux condensateurs ordinairement employés des résistances non inductives ayant des valeurs égales aux réactances de ces condensateurs.
- Après l’exposé des divers montages qui conviennent le mieux suivant l’étude qu’on désire faire au moyen de cet indicateur, l’auteur décrit en détail l’appareil dont la coupe est représentée par la figure 1.
- Le cône de rayons cathodiques cr est émis par
- mmf
- Fig. 1.
- l’électrode négative qui a la forme d’un disque. Le diaphragme d’aluminium d porte une ouverture a qui donne passage au faisceau de rayons r, lequel en tombant sur l’écran s donne un spot fluorescent. Ce faisceau peut être concentré et le spot rendu beaucoup plus net par l’emploi d’un champ magnétique obtenu au moyen de la bobine M M F parcourue par un courant continu.
- Les diagrammes fournis par l’appareil peuvent
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- être reproduits soit par la photographie, soit par le tracé à la main.
- Quant à la production des rayons cathodiques, elle peut être réalisée par toute bonne machine électrostatique du type Wimshurst, ayant 4 paires de plateaux ou plus, d’un diamètre égal ou supérieur à 38 centimètres.
- H. B.
- Résistances ohmiques pour parafoudres. — G. Gola. — Alti delVAssociazione elettroteenica ita-liana, mai ign.
- L’auteur présente les résistances « Multiplex », sortes de piles à colonne constituées par de nom-breusesrondelles en substancerésistante serrées avec des plaques métalliques au moyen de deux ressorts plàcés hors du circuit du courant. On règle la résistance totale en choisissant le nombre des éléments et la valeur-ohmiqUe de chacun,
- La fragilité qu’on reproche aux matériaux résistants solides est vaincue par la subdivision en pastilles de faible épaisseur et de grand diamètre, par le rôle des plaques en métal qui dissipe la chaleur et celui des ressorts, capables de court-cârcuiter les éléments éventuellement brisés.
- L’appareil, assez simple et peu encombrant, assure ainsi la communication entre les parafoudres et la terre par l’intermédiaire d’une résistance ohmi-que déterminée, sans dangers d’interruptions.
- TRACTION
- Les tramways électriques à 1 200 volts continus en Italie. — T. Jervis. — Atti délia Associazione elettroteenica italiana, mai 1911.
- La Société électrique de Brescia ayant racheté en 1907. tout le réseau de tramways de la province de Brescia en a électrifié une partie, soit deux importantes lignes suburbaines à très fort trafic local et la ligne reliant la ville de Brescia au lac de Garde et à sa Riviera.
- Le problème de l’électrification de ces ligues présentait plusieurs difficultés qui ont été résolues d’une manière heureuse en adoptant le courant continu à une tension de ï »oo volts.
- Pour réaliser l’uniformité du matériel électrique, on a adopté de» équipements à deux moteurs sur les lignes de banlieue et à quatre moteurs sur la ligne du
- lac de Garde, le type de moteur restant le même dans les deux cas.
- Les équipements à quatre moteurs (de la General Electric C°) à contrôle multiple Sprague comportent des moteurs accouplés deux à deux d’une manière permanente en série, de sorte que le voltage aux bornes de chaque moteur ne dépasse pas 600 volts. La puissance des moteurs est de 5o chevaux environ et la vitesse de marche raaxima 40 kilomètres à l’heure.
- Le courant des circuits de contrôle, d'éclairage de la voiture et du moteur-compresseur du frein est' fourni par un petit convertisseur placé sous la voiture, qui réduit le voltage de 1 aoo à 600 volts.
- Le choix du type et des dimensions des voitures à boggies a été imposé par les fortes courbes et les obstacles fixes existant le long de la route : l’automotrice est cependant une unité puissante pouvant remorquer jusqu’à quatre voitures.
- Les automotrices pour le service suburbain sont à deux essieux et les deux moteurs sont couplés en permanence en série, le contrôle se faisant uniquement au moyen de résistances.
- Les sous-stations, dontl’uneest placée à Brescia et l’autre à Salo, sur la rive occidentale du lac de Garde, comportent chacune deux groupes convertisseurs rotatifs avec batterie tampon qui constitue le premier exemple en Europe d’une application de si hauts voltages pour des batteries d’une certaine capaeitc.
- La ligne aérienne construite par la Société italienne Thomson-Houston est à suspension caténaire supportée en quatre points par des poteaux en treillis à'60 mètres l’un de l’autre.
- La transformation a eu lieu sans la moindre interruption du service à vapeur préexistant et la mise en exploitation du service électrique, avec un nombre double de trains, s’est faite d’un jour à l’autre sans le moindre inconvénient.
- Les résultats d’exploitation sont très satisfaisants. La consommation par voiture-kilomètre sur les lignes suburbaines, avec automotrices de 12 tonnes, à vide et marchant à une vitesse maxima de 3o kilomètres (moyenne 22 kilomètres) est d’environ 950 watts.
- Sur la ligne de Salo, avec des trains d’un peu plus de 40 tonnes en moyenne (vitesse maxima 40 kilomètres) ,1a consommation observée est de 2 kilowatts par train-kilomètre.
- La chute normale de tension sur la ligne est à peine sensible. Le rendement de la transformation
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2« Série). — N° 29.
- alternatif continu (non compris celui de la batterie) peut être fixe à environ 85 % pour un régime de -80 % de la pleine charge.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Enregistrement de la parole à distance. — — H. Lioret, F. Ducretet et E. Roger. — Comptes Rendus, 29 mai 1911.
- L’enregistrement de la parole, de la musique et des sons de toute nature a toujours été réalisé jusqu'ici au moyen du phonographe en agissant directement sur l’appareil, les sons étant toujours émis à très faible distance de l’appareil enregistreur.
- Les auteurs ont réalisé un dispositif qui leur a permis de faire cet enregistrement d’une manière parfaite, à une distance quelconque de l’appareil inscripteur, en faisant usage d’une ligne téléphonique. La reproduction est faite ensuite avec une forte intensité, en munissant l’appareil soit d’un cornet amplificateur, soit de tubes écouteurs placés dans les oreilles.
- Pour atteindre ce résultat, les auteurs ont fait usage du téléphone haut-parleur dit poste téléphonique haut-parleur Gaillard-Ducrctet.
- Le microphone, placé à distance, est construit de
- manière à laisser passer un courant assez intense, variant aux environs de o,5 ampère. Ces variations, sopt reproduites dans le récepteur qui est placé dans le circuit direct dans le cas des courtes distances (3oo à 400 mètres), ou dans un circuit réduit en utilisant une bobine d’induction, dans le cas des grandes distances (10 à i5 kilomètres).
- Le récepteur téléphonique est ajusté exactement au moyen d’un tube de raccord aux lieu et place de l’embouchure ordinaire dont est généralement muni le porte-diaphragme enregistreur. Le réglage du! récepteur peut se faire avec une grande exactitude en faisant varier, au moyen d’une vis, la distance entre l’électro-aimant et le diaphragme.
- Entre la membrane du téléphone et celle du phonographe se trouve interposée une chambre remplie d’air et constituée par deux tubes rentrant l’un dans l’autre, de manière à pouvoir faire varier son vdlume. Cette chambre reste en communication avec l’air extérieur au moyen d’un petit trou empêchant la compression de l’air à l’inférieur.
- Les vibrations reproduites par la membrane du récepteur sont ainsi communiquées au diaphragme et au style du phonographe par l’intermédiaire de la couche d’air, et viennent s’inscrire, suivant les procédés connus, sur disques ou cylindres. En ayant soin de bien choisir les dimensions et formes de diaphragmes les plus convenables, on arrive à un enregistrement absolument fidèle des vibrations multiples et compliquées de la voix humaine.
- VARIÉTÉS
- Le sei'vice d’étude des grandes forces hydrauliques. — R. de la Brosse. — La Houille Blanche, mars 1911.
- Les études de ce service 'ont pour bases essentielles l’observation journalière des niveaux d’eau aux échelles hydrométriques installées dans la région des Alpes (on en compte actuellement 178) et la .mesure des débits correspondants ; on en déduit la loi ou courbe des débits qui permet de définir ensuite le régime avec une entière précision. Toutefois, la mobilité des fonds vient malheureusement compliquer le problème èur bien des points, notamment dans le
- bassin delà Durance, ce qui retarde certains résultats.
- Dans les stations de jaugeage, on trouve toujours une ou plusieurs échelles, généralement en lave émaillée dont la lecture quotidienne est confiée à un habitant du voisinage.
- Dans un certain nombre de stations, cette lecture est remplacée par un enregistrement automatique continu évidemment bien préférable.
- La mesure des débits a lieu, le plus souvent, au moulinet, quelquefois au tube Darcy ou au déversoir et, pendant les crues, aux flotteurs.
- Les résultats obtenus sont les suivants à la fin de 1910 :
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- 22 Juillet 1911.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- Nombre de stations de jaugeage, dont plu-
- sieurs ont cessé de fontionner......... 178
- Nombre de jaugeages exécutée............. 3 ïi6
- —- de moulinets tarés.................. 240
- Longueurs des cours d’eau nivelés (en kilomètres).................................. i 900
- Volumes publiés (')....................... 4
- Cartes publiées (annexe I du tome IV).... 8
- Profils de cours d’eau (annexe II du tome IV) 33
- D’autre part, le Service des forces hydrauliques est chargé, depuis 1909, de l’examen et de l’instruction des affaires relativés à l’aménagement et à l’utilisation de ces forces sur tous les cours d’eau du domaine public dans la région du Sud-Est (Rhône exclu). Ces cours d'eau sont les suivants :
- L’Arve en aval du Fayet sur......______kil. 63
- Le Fier et ses annexes (lac d’Annecy et
- canal de Thiou)........................ a3
- La Leysse et ses annexes (lac du Bourget et
- canal de Savières),.................... a 3
- L’Isère en aval d’Aigueblanche..... a 17 k.\
- L’Ariy en aval des Mollières...... u
- L’Arc en aval de la Madeleine..... 36
- Le Drac en aval de Pont-de-Claix. . 11
- La Baume en aval de Pont-en-Royans i3 La Lyonne en aval de Saint-Jean-en-
- Royans............................. 5
- La Drôme en aval du confluent du Bez 68
- Le Bez en aval de Mensac........... j o
- La Durance en aval de St-Clément. . a56 Le Buech en aval de St-Julien-en-
- Beauchêne.......................
- Le petit Buech en aval de la Roche.. a6 Le Var en aval du confluent de la Vésubie..
- Total des cours d’eau du domaine pu- 1 blic dans la région du Sud-Est...... j ^il. ^6
- On sait que les industries de houille blanche se sont développées d’abord principalement sur les cours d’eau privés où la modicité des débits et la rapidité des pentes étaient favorables à l’économie des installations, mais le mouvement s’étend peu à peu aux grands cours d’eau du domaine public comme l’Arc, le Drac, l’Isère, la Durance, etc... ; les demandes dé concessions s’y multiplient rapidement, à tel point que les divers projets dont l’Administration se trouve aujourd’hui saisie ne portent pas sur moins de 5ooooo chevaux. Il est donc problable que ces der-
- (') Lumière Electrique, 3 juin 1911, p, 281.
- niers cours d’eau vont être avant peu l’objet d’un développement industriel intense.
- Si l’on voulait dresser le bilan des progrès de la houille blanche dans les Alpes françaises, voici à quoi l’on serait conduit, sans tenir compte des moulins, scieries et autres petites usines fort nombreuses, dont la puissance ne dépasse pas 100 chevaux.
- Tableau I
- INSTALLATIONS DBS ALPES FRANÇAISES INSTALLATIONS existant (à la fin de 1910) sur les cours d’eau INSTALLATIONS projetées ou à l’étude sur les cours d’eau
- PRIVES PUBLICS PRIVÉS PUBLICS
- Nombre des usines. / "S 12 25 l8
- 1 Minima _g 1 (basses-eaux) 148000 32 000
- ü 1 ] en / 409 5oo 65 5oo 220 OOO 5 00 000
- c j Installées 4^ 000
- » J ou a installer 1
- s
- eu-
- I igS 0O0
- Cet aperçu ne comprend pas l’usine projetée sur le Haut-Rhône à Génissiat (325 000 chevaux) qui serait située sur la rive droite du fleuve, c’est-à-dire hors des limites du territoire auquel s’appliquent ces chiffres ; on arriverait, en l’y comprenant, à près de i 5oo 000 chevaux. Tel est l’ordre de grandeur des puissances hydrauliques dont un avenir prochain verra sans doute l’aménagement réalisé dans nos Alpes. L’importance du résultat vaut la peine d’être signalée.
- Les Congrès de Turin.
- Nous avons récemment donné tous les détails nécessaires sur l’organisation du prochain Congrès International des Applications Electriques de Turin.
- On nous prie d’annoncer également que le 5e Congrès International d’Aéronautique se tiendra dans la même ville du 25 au 31 octobre.
- La Société d’Aviation qui prête, pour l’organisation de ce Congrès, son concours à la Commission Permanente Internationale d’Aéronautique (Prési-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIV (2* Série). U U» 29.
- dent : Commandant Paul Renard), est elle-même présidée par M. C. Monté, qui est également un ingénieur électricien très distingué. M. Monté avait notamment prononcé au ier Congrès International des Elèves-ingénieurs, dont nous avons rendu compte,
- un remarquable discours sur l’œuvre électrotechnique de Galileo Ferraris.
- En Italie comme en France, le nombre s’accroît tous les jours des électriciens qu’attire également la science nouvelle de l’aviation.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Manuel de l’ingénieur (Nouvelle édition française du Manuel de la Société Hutte), traduit par L.-M. Desmarest. — a volumes in-12 ‘de i 3oo et 900 pages, avec de nombreuses figures. — Béranger, éditeur, Paris. — Prix : cartonnés, 3o francs.
- La publication d’un manuel par line maison d’édition est une œuvre très importante et coûteuse, et le choix de l’ouvrage difficile.
- . En s’adressant à la Société Hutte, la maison Béranger a été évidemment très bien inspirée, car le manuel de cette société est une œuvre réputée, et d’ailleurs très appréciée des ingénieurs.
- Cet ouvrage est très développé et l’on jugera de son importance par ce fait que l’ensemble des deux volumes ne comporte pas moins de 2 25o pages avec i 200 figures.
- La partie électrique, qui constitue une très petite partie du manuel, comprend environ i5opageseta été rédigée par M. G. Fellmann, le professeur bien connu de l’Ecole industrielle supérieure de Delft.
- Les principales divisions de l’ouvrage, les seules que nous puissions reproduire ici pour donner une idée des matières traitées, sont :
- Malhémalhiques, mécanique, physique et chimie, résistance des matériaux, connaissance des matières, parties de machines, machines motrices, machines de travail, science des mesures, construction, ventilation et chauffage, distribution de l’eau, drainage des villes, construction des roules, statique des constructions, construction des ponts, construction des navires et machines de navires, technologie des chemins de fer, sidérurgie, technologie électrique, fabrication du gaz.
- La partie du manuel consacrée à l’électricité comprend les généralités, l’étude des piles, celle des dynamos génératrices et motrices ; les transformateurs rotatifs, les transformateurs statiques, le couplage et le réglage des génératrices, propriétés des divers systèmes et choix du système de courant, les
- canalisations, l’éclairage, les tramways électriques, les prescriptions et règles de la Société des électri-, ciens allemands, et enfin des tables relatives à des machines de l’A. E. G. et de Siemens-Schuckert.
- La traduction donnée par M. Desmarest est très rigoureuse, trop rigoureuse même,dans la partie électrique, où l’auteur, peu électricien sans doute, a suivi de trop près les termes techniques allemands pour leur traduction en français et en négligeant par suite le vocabulaire électrique.
- C’est ainsi qu’on voit passer des expressions, comme le « volume d’air » d’une machine, pour son « entrefer », la « roue magnétique » ou 1’ « aimant de champ » pour 1’ « inducteur » ; le type d’alternateur à induction pour le « type d’alternateur à flux ondulé ou fer tournant », le « coefficient de diélec-tricité » pour la « constante diélectrique », la résistance de « tranquillisation » pour « sécurité, » les courants « tourbillonnants » pour courants « parasites », « courants tournants » pour « courants polyphasés », etc, etc.
- A côté de cela, les unités ne sont pas toujours respectées, « le travail K W en kilowatts » n’est pas admissible ; d’autres expressions sont fausses comme les « enroulements transversaux » pour « ampère-tours transversaux », etc., le « bâti magnétique » pour le « circuit magnétique inducteur », etc.
- Ces erreurs purement matérielles n’enlèvent d’ailleurs rien à la valeur de l’ouvrage ; on ne peut demander à un traducteur d’être universel. Il eût suffi aux éditeurs de faire reviser le texte traduit par un simple électricien pour éviter ces imperfections.
- Le succès du manuel de la Société Hutte sera évidemment très grand et viendra récompenser les éditeurs et le traducteur d’un travail pénible, mais dont beaucoup d’ingénieurs tireront grand profit.
- C.-F. Guilhert.
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- 22 Juillet 1911. ; LA LUMiEKE ÉLECTRIQUE
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Appareil de localisation des défauts des câbles.
- L’appareil dont nous donnons ici la description a été établi pour déterminer rapidement les défauts sur les câbles ou les lignes de distribution. Il utilise la méthode de mesure dite « de la perte de tension » et donne le résultat directement en mètres.
- Il s’agit de rechercher le point où se produit la perte à la terre d’un câble dont les lignes d’aller et retour ont la même section ; la recherche se fait d’après le schéma de la figuré i.
- Les deux extrémités des câbles sont réunies à
- vVVVVvVVWVVvV^^V^
- Tnrrrwmiunimm )/nlu,/»,/.
- Fig. i. — Schéma de montage
- l’aide d’une connexion courte et de faible résistance.
- Dans le fond de la boîte (fig. a) se trouve la batterie de piles dont les bornes I sont indiquées sur l’appareil par les mots « courant principal ». De ces deux bornes partent deux lignes de connexion réunies
- aux extrémités A et B des câbles, tandis que deux fils fins,qui doivent permettre de mesurer la chute de
- Fig. 2. — Vue extérieure.
- tension auxpoints G etD, sont connectésauxbornes V (mesure de tension). Un fil de connexion va directement à une terre ou à l’armature en plomb du câble.
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2* SéH«). — K* ».
- Il faut s’arranger pour que le fil de courant et le fil de tension connectés au pôle positif soient bien fixés à la même extrémité du câble à mesurer.
- En K et R se trouvent deux résistances réglables. La manette K est placée au début sur le dernier contact- indiqué par la lettre a sur le schéma, tandis que le curseur de la résistance réglable R se trouve dans sa position médiane. Cette précaution est nécessaire pour éviter que l’instrument ne soit soumis à des déviations violentes lors de la fermeture du courant.
- Les deux bornes marquées « courant principal » sont construites avec des contacts mobiles de telle manière que la batterie peut être mise en circuit simplement par pression. La borne de droite munie d’un ressort qui la maintient toujours soulevée peut être utilisée comme clef de fermeture et elle n’est abaissée que lorsque tout est prêt pour la mesure, ceci pour éviter tout passage inutile de courant.
- La mesure se fait de la façon suivante :
- Le commutateur ù se trouve au préalable sur la .borne « câble ».
- On appuie sur la clef de la main gauche et on note la déviation de l'aiguille qui est en communication avec le voltmètre. On manœuvre lentement la manette K, ensuite le curseur de R. de façon que la déviation de l’aiguille, très faible au début, indique en mètres sur l’échelle de l’appareil la longueur totale do câble & mesurer.
- Supposons, par exemple, que les câbles aient une longueur de 90 mètres chacun, soit une longueur totale aller et retour de 180 mètres, comprise entre les points C et D. L’aiguille doit donc être placée sur le chiffre 180 de l’échelle de l’appareil. L’appareil indique alors une chute de tension pour une longueur de 180 mètres.
- Si l’on place maintenant le commutateur u sur la borne «c terre », on élimine du circuit la partie comprise entre le défaut et le point D. Au nouveau voltage correspondra maintenant une nouvelle indication en mètres. Si l’aiguille marque par exemple i3o mètres, cela indique que l’endroit du défaut se trouve à i3o mètres du point G.
- On peut vérifier le résultat obtenu en intervertis-santles deux pôles aussi bien pour les connexions du courant principal que pour les connexions de tension, le résultat obtenu dans ce dernier cas donne la distance du défaut à partir du point D. En plaçant le commutateur u sur « câble », on obtient à nouveau laMéviation 180, et en le plaçant sur « terre » la déviation de l’aiguille doit indiquer 5o mètres, distance du point D à l’endroit du défaut.
- Avant de commencer une mesure il est donc nécessaire de connaître la longueur des câbles. Quelques minutes suffisent pour effectuer la mesure complète.
- Afin d’avoir à sa disposition un appareil permettant de mesurer des longueurs différentes, celui-ci a été prévu avec deux échelles superposées, l’une de o à 100 mètres et l'autre de o à 5oo mètres. On peut naturellement mesurer également des distances allant respectivement à 1 000 et 5 000 mètres. Comme dans le cas indiqué ci-dessus, l’échelle de too mètres ne suffit pas, on placé lè point 180 sur l’échelle de 5oo mètres.
- Les deux lectures dont se compose la mesure doivent évidemment être effectuées sut* la même échelle.
- La partie supérieure de l’instrument peut être détachée de la partie inférieure qui contient la batterie s’il existe au point d’utilisation un courant suffisant.
- Si à la suite d’un choc, l’aiguille de l’appareil ne revient pas au zéro, on peut facilement l’y ramener en tournant le bouton Z.
- L’appareil est robuste et d’un maniement fort simple.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- A l’assemblée générale du 28 juin de la Société Pyrénéenne d’Energie électrique, le rapport du Conseil d’administration signale que la vente du courant pendant l’année 1910 a été en progression de 161 972 fr. 75 et que l’excédent des recettes sur les frais de production et de distribution a été en augmentation de 93 221 fr. 71 sur l’exercice précédent. Cette progression est due au développement du réseau du Tarn, du fait de la mise en route, en octobre dernier, de l’usine d’Orlu.
- Le fonctionnement de cette usine, dit le rapport, ainsi que celui des stations » hydro-électriques d’Arthez, Marssac et Bessières a été d’une parfaite régularité. Ce résultat, en ce qui concerne l’usine d’Orlu, est d'autant plus remarquable que l’importance de l'installation, la hauteur de la chute utilisée (936 mètres) l’étendue du réseau de transport et de distribution présentaient certaines difficultés qui ont été brillamment surmontées.
- La puissance fournie est de 3 000 kilowatts; l’ensemble des usines permet d’atteindre près de 9 000 kilowatts, réserve comprise.
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- 22 Juillet 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 93
- Pendant cet exercice ont été terminées et mises en service la ligne de raccordement du Mas Grenier à Lavit par Beaumont de Lomagne, au Nord-Ouest de Toulouse, celles d’Ondes à Castelsarrasin, au Nord, et, au Sud, celle qui réunit Lagardelle à Saint-Sulpice» Lezat à Saint-Ybars, en suivant la vallée de la Lèze,
- Du côté de l’Est, la ligne d’Ondes à Verfeil a été prolongée jusqu’à Sainf-Félix-de-Caraman, en desservant les principales localités du Haut-Lauragais : Bourg-Saint-Bernard, Lanta, Cararnan, Auriac, Saint-Julia.
- Les réseaux du Tarn ont été raccordés avec le poste de Navés près Castres, et ainsi, en desservant par l’usine d’Orlu les villes de Graulhet et de Castres, on a pu soulager les usines d’Arthez et de Marssac qui ne pouvaient plus suffire, même avec leur réserve à vapeur.
- D’autre part, la ligne de Navés à Mazamet a été acquise par la Société Pyrénéenne, et elle la prolonge par Saint-Amans-Soulf jusqu’à Lacabarède et Labas-tide-Rouairaux où elle vient de traiter pour fourniture de force motrice.
- Elle a établi un nouveau poste de transformation de l’énergie à 55 ooo volts à Labastide d’Anjou, en vue d’apporter à la Société Méridionale de Transport de Force de Carcassonne les excédents dont elle a besoin pour son propre secteur. Ce poste sera très prochainement raccordé aux deux lignes du Haut-Lauragais (Ondes, Saint-Félix de Caraman) et du Bas-Lauragais (Venerque-Le Vernet-Gorronsac-Mas Saint-Puelles).
- Enfin, la Société Pyrénéenne construit, dans le Tarn, le tronçon de Navés à Puylaurens par Lempaut.
- Toutes ces lignes de distribution sont à 13 5oo volts, sauf celle d’Ondes à Castelsarrasin, pour laquelle le voltage a été porté à 25 ooo volts, afin de permettre d’atteindre certaines localités importantes du Nord de la zone.
- Ces réseaux à haute tension (55 ooo, 25 ooo et r3 5oo .volts) comprennent 915 kilomètres terminés et 26 en construction, soit, au total, 941 kilomètres.
- Quant aux communes desservies, elles sont au nombre de 88, et atteignent directement ou indirectement une population de 35o ooo âmes.
- La Société Pyrénéenne d’Energie Electrique s’est assuré, d’autre part, d’importants intérêts dans la Société Toulousaine du Bazacle et dans la Société Biterroise de Force et Lumière; ces deux Sociétés lui assurent, par leurs contrats actuels, une recette annuelle de 85o ooo francs, que le conseil estime devoir être portée prochainement à 1 million, par suite
- de l’extension du réseau de distribution dans les régions environnantes de Toulouse et de Béziers.
- Voici le bilan au 3i décembre 1910 qui a été soumis à l’assemblée des actionnaires.
- ACTIF
- Valeurs immobilisées amortissables :
- fr. o.
- Chute d’Orlu, concessions d’Qo et de
- Siguer............,............ i 179 283 63
- Usine d’Orlu..................... 4 655 647 9a
- Usines du Tarn...................... i 740 3ï3 87
- Réseaux et postes primaires.. 3 836 920 3o
- Réseaux et postes secondaires. Réseaux basse tension. Lignes téléphoniques........................ 4 025 5i2 19
- Immeubles et terrains............ 206 468 o5
- Acquisitions de concessions d’éclairage............................. .. 577 43o 65
- Outillage............................ 249 6o5 35
- Mobilier............................... 37 942 5o
- Dépôts d’avances....................... 53 548 n
- Frai» à imputer en 1911................ 74 040 a5
- Redevances pour location déchûtes. 76 895 »
- Primes de remboursements.......... . 412 5oo »
- Intérêts intercalaires et obligataire». ,.......................... 1 i6t 335 *4
- Frais de premier établissement... 1 8ri 087 9a
- Valeurs disponibles :
- Caisses................................ 20 923 11
- Banques............................... 437 962 71
- Portefeuille..................... 2 898 685 »
- Effets à recevoir...................... 5o ooo »
- Marchandises en magasin............... 341 869 47
- Valeurs engagées :
- Cautionnements......................... a5 640 »
- Comptes des tiers :
- Débiteurs divers................. 422 295 09
- . 24 295 906 26
- PASSIF
- Comptes du capital :
- Capital action».......
- Capital obligations...
- Comptes des tiers :
- Créditeur» divers.....
- Coupons obligataires . .
- 24 295 906 26
- 8 ooo ooo » 8 25o ooo »
- 7 826 701 36 219 204 90
- Les recettes de l’exercice 1910 de la Compagnie Electrique des Tramways de la Rive gauche de Paris se sont ressenties et des inondations qui ont interrompu la circulation pendant près de deux mois, et de l’incendie de l’usine de Vitry appartenant à la Com-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2« Série). — N° 29;/
- pagnieGénéralejde Distribution d’Energie Electrique, leur principal fournisseur de courant électrique, qui a nécessité l’achat de courant à diverses usines à des prix bien supérieurs à ceux de la Compagnie de Distribution. De ce fait, les recettes n’ont été que i 865 996 fr. 37 contre 1 878 534 fr. 47 en 1909, et les bénéfices sont passés de 38o 027 fr. 58 en 1909 à 343 609 fr. 3o en 1910. La recette par voilure-kilomètre a atteint o fr. 706 en 1910 contre o fr; 671 en 1909, soit une augmentation de o fr. o35. Par contre, les dépenses ont passé de o fr. 54a en 1909 à o fr. 58g en 1910.
- Quant aux parcours, ils ont atteint 2 583 291 kilomètres au lieu de 2 762 53o en 1909, soit une diminution de 179 23g kilomètres provenant des circonstances particulières que nous avons signalées plus haut.
- Nous donnons ci-dessous le bilan de l’exercice 1910.
- ACTIF .
- fl'. C.
- Compte de premier établissement.. 9 38i 3i2 98
- Terrains Ivry et Boulogne.............. 370 146 16
- Travaux complémentaires........... 1 249 133 17
- Outillage, matériel, elc............... 47 623 42
- Approvisionnements..................... 274 662 46
- Débiteurs et divers.................. i33 5io 18
- Comptes spéciaux....................... 562 83g 4°
- Caisse et banquiers............... i 63o 735 52
- 13 649 973 29
- PASSIF
- Capital............................
- Créanciers et divers...............
- Règlement d’exercice...............
- Provisions diverses................
- Profits et pertes :
- Bénéfice 1910...... 343 609 3o
- Report 1909........ 482 5a
- Sur la somme de 826 i5a fr. 62, solde créditeur du compte Profits et Pertes, il a été consacré : 188060 fr. 90 aux amortissements, »5o 000 francs. Aux provisions diverses, 19 404 fr. 5g à la réserve . légale, 3oo 000 francs aux actionnaires, au taux de 2 fr. 5o par action, et 68 G87 fr. i3 comme report à t nouveau.
- Le rapport du conseil annonce l’accord définitif conclu avec le conseil municipal et avec le conseil général au sujet de la réorganisation des transports. •En dehors du relèvement de certains tarifs, de la modification du réseau, de la réduction des droits de stationnement et d’entretien de la voie, la Compagnie des Tramways de la Rive Gauche a obtenu la prolongation de sa concession pour une période de vingt ans et elle estime cet avantage d’une importance considérable.
- D. F.
- 12 000 000 1
- 629 214 16 35 928 38 i58 678 i3
- 826 152 62
- >3 649 973 29
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- PYRÉNiiES-Oiuentai.es. — Le ministre des Travaux publics a autorisé, le 28 juin, la Compagnie des chemins de fer du Midi à ouvrir à l’exploitation la section de la ligne électrique de Villefranche à Bourg-Madame comprise entre Montlouis-la-Cabanasse et Bourg-Madame. Celte section, d’une longueur de 28 kilomètres, achève la ligne électrique de Cerdàgne.
- Suisse. — Une concession a été accordée à MM. Masson, Gilliéron et Chenaux pour la construction d’un chemin de fer électrique de Glion à Sonchaux avec un embranchement à Caux. La ligne aura une longueur de 5 kilomètres environ et le devis se monte à 1 600 000 fr.
- Allemagne. — Le gouvernement projette, l’établissement d’un chemin de fer latéral au Rhin de Strasbourg
- à Bâle par Markolsheim, Neuf-Brisach, Bauzenheim et Saint-Louis, entre le canal d’Alsace et le fleuve. La ligne vicinale de Strasbourg à Markolsheim sera remplacée par une ligne à voie normale et prolongée jusqu’à Bâle ; elle traverserait une cinquantaine de localités et présenterait un intérêt stratégique considérable.
- La municipalité de Breslau a volé le rachat de la concession des tramways de celle ville.
- DIVERS
- Les fours électriques.
- Le Moniteur des Intérêts matériels donne dans les tableaux ci-dessous l’état actuel des divers fours électriques.
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- 22 Juillet 1911. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE --- 95
- i° Tableau récapitulatif des systèmes à arc etàinduction.
- ACTIFS INACTIFS EN CONSTRUCTION totaux
- Fours à‘ arc 5i 7 . *25 83
- Fours à induction. 2 I 4 10 35
- Fours mixtes (arc
- combiné avec une
- résistance) 2 — — 2
- 74 1 I 35 I *20
- 2° Tableau comparatif des divers systèmes.
- SYSTÈMES FOURS actifs FOURS inaclifs FOURS en construction TOTAUX
- diaplH; 4 1 5
- A.-G. Eleklrornelal. Frick 2 1 " — 2 4 • 1
- Firminy 1 — — 1
- Kjellin Kjellin-Colby : — Z 31
- Rochling-Rodenhauser IO 1 8 8
- Girod • 4 — 4
- Héroult •9 — i5 3 4
- Hickmanu 1 — — 1
- Iliorlh I — — 1
- Relier 4 — 2 6
- Chàtillon - Commen trv I 1
- kj - ~ Wathusius 2 — — 2
- Schneider I — — 1
- Scott-Anderson.... Slassano I 5 7 1 I j 3
- 79 8 33 î20
- 3° Tableau de la répartition par pays du système Rôchling-Rodenhauser (fin 1910).
- PATS FOURS NOMBRE d’établis- sements. CHARGES en tonnes CAPACITÉ EN kw..
- Allemagne, Grand-Duché, Autriche. i5 8 47 55o
- F rance . 1 I 3 35o
- Angleterre ........ 4 3 . 3,6 640
- Belgique 1 I 1 200
- Italie 1 J i,5 33o
- Suède 2 2 4 475
- Espagne 1 1 1,5 2l5
- Russie 1 l 1 175
- Etats-Unis 3 2 1 260
- Mexique 1 I 2,5 3oo
- 3o 3 495
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Société d'appareillage et de locations électriques pour favoriser le développement de ta petite industrie eth l'emploi de l'énergie électrique. — Durée : 3o ans.— Capital: 25o ooo francs. — Siège social : Bruxelles.
- Société des Tramways Electriques de Loir-et-Cher. — Durée : 5o ans. — Capital : 3 5oo ooo francs. — Siège social : 96, rue de la Victoire, Paris.
- Société Nationale d'Electricité. — Durée : 56 ans. — Capital : 1 000 000 francs.— Siège social : 29, rueMogador, Paris.
- Anciens Etablissements Giaenzer et Perreaud. — Capital : 1 3oo ooo francs. Siège social : 18, rue du Faubourg-du-Temple, Paris.
- CONVOCATIONS
- Compagnie Générale de Rai/ways et d’Electricité. —Le 25 juillet, 91, rue de l'Enseignement, à Bruxelles.
- Société Française de Machines-Outils. — Le 29 juillet, 7, rue de Madrid, à Paris. .
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 3 août, à 3 heures, au sous-secrétariat d’Elat des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle <1 Paris, fourniture de fils de bronze et de cuivre (22 lots). Demandes d'admission avant le 24 juillet.
- Le 10 août, à l'Ecole Centrale de Pyrotechnie militaire à Bourges, fourniture de matériel électrique.
- ier lot. — Poulies, isolateurs, manchons en porcelaine, pipes siinples ou tubes coudés, interrupteurs, coupe-circuits, lampes à incandescence et fournitures diverses.
- 2e lot. — Fils et câbles en cuivre, maillechort et nickel.
- 3e lot. — Poteaux tubulaires cylindriques en acier extra-doux.
- Rens. à l’école.
- BELGIQUE
- Prochainement, à la Bourse de Bruxelles, fourniture d’objets d’éclairage électrique des trains,nécessaires au service de la traction et du matériel des chemins de fer de l’Etat.
- Le ii août, à 11 heures, à la direction générale des ponts et chaussées, 38,rue de Louvain, à Bruxelles, fourniture et placement des appareils pour l’éclairage électrique d’une partie des installations maritimes d’Ôs-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIV (2« Série). — N«2fc
- tende, en 2 lots : l,r lot, 35 000 fr. ; 2“ lot, 33 000 fr. ; caut, :3 000 fr. par lot (cahier des charges n° 74; prix: o fr. 3o) ; prix des plans : 4 fr. 3o ; s’adresser, rue des Augustins, à Bruxelles. Soumissions recommandées le 7 août.
- AUTRICHE HONGRIE
- Le 25 juillet, à la direction des lignes de la Société des chemins de fer de l’Etat, à Vienne, établissement des installations d’énergie électrique pour l’atelier de Bubna.
- Le i01' août aux chemins de fer de l’Etat autrichien, à Stanislau, fourniture de 5 électro-moteurs à. courant continu pour les ateliers.
- RÉSULTATS, D'ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- A l’administration communale, à Jumet (Hainaut), fourniture et pose de câbles armés nécessaires à l’extension et au renforcement du réseau électrique :
- Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi, 47 25o francs ; H. Cassirer et C‘e, à Gharlottenbnrg (Berlin), 48 225; F. Todlenhauyst Kabelwerhe, 48900; Société Siemens-Schuckert, à Bruxelles, 48945 ; Felten et Guillaume à Mulheim-sur-Rhin, 52 200 ; Sarens Anglo-Belge, 5a 275 ; Land und Seekabelwerke, 5a 65o ; Ka;-belwerke Rheydt A. G.r 53700; A.-E.-G. Union électrique, à Bruxelles, 55 875 ; G. Gass, id., 57 000.
- H
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M, le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux bureaux de la Lumière Electrique.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-troisième année.
- SAMEDI 29 JUILLET 1911.
- Tome XV (2“ série). — IS” 30.
- La a.
- Lumière Electrique
- Précédemment
- L’Eclairage Electrique *
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ELECTRICITE
- '* ' La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- î SOMMAIRE
- EDITORIAL, p .65. — J.Reyval. Chronique des usines centrales : Les centrales de secours; le moteur Diesel, p. 99. — A. Reisset. Chronique de l’enseignement technique : Le développement et le but des Ecoles supérieures d’instruction générale et technique en Allemagne, p. io3.
- Extraits des publications périodiques. Théories et Généralités. Nouvelle méthode d’analyse harmonique par la sommation algébrique d’ordonnées déterminées, S.-P. Thompson, p. io5. — Sur un effet électrique-du déplacement d’un métal et d’un électrolyte au contact, J. Pionchon, p. io5.— Méthodes et appareils de' mesures. Noies sur les compteurs, B. Morgan, p. 10O. — Arcs et lampes électriques. Sur le rayonnement de» lampes à vapeur de mercure, Ch. Fabry et H. Buisson, p. 107. — Sur les variations de transparence du quartz pour la lumière ultraviolette et sur la dissociation de la matière, G. Le Bon, p. 107. — Transmission et distribution. La protection des lignes par le système Giraud, G. Gutton,' p. 108. — Transports de force considérées au point de vue de leur exploitation, C. Wood, p. 109. — Usines génératrices. Chauffage par les vapeurs d’échappement d’une importante station centrale, E. Darrow, p. 110. — Notes sur la combustion du charbon, C. Kkrsiiaw,-p. ni. —Applications mécaniques. Docks de charbon de Duluth (Minnesota), p. 112. — Télégraphie et Téléphonie. Appareil de réception téléphonique de signaux sous-marins, J. Gardner, p. 112. — Sur un moyen de-supprimer les troubles causés aux lignes télégraphiques parles lignes d’énergie, Giroussf, p. 113. — Législation et Contentieux. Durée des autorisations de voirie, P. Bougauet, p. n3. — Variétés. L)électricité-dans les bureaux, p n5. — Bibliographie, p. 118. — Chronique industrielle et financière. -Votes industrielles. Les réseaux électriques en France, A. Solier, p. 119. — Généralités sur la commande électrique des appareils de levage, p. 120. — Avertisseurs électriques d’incendie, p. 124. — Etudes économiques, p. 126. — Renseignements commerciaux, p. 127. — Adjudications, p, 127.
- ÉDITORIAL
- La question de l’emploi des moteurs à combustion interne, en France, vient d’entrer dans une phase nouvelle, grâce à l’initiative delà Société des mines de Lens, dont les efforts pour obtenir, en utilisant les sous-produits de la bouille, un combustible d’un prix abordable, ont été couronnés de succès. M. du Bousquet a présenté, à ce sujet, à la Société des ingénieurs civils, un rapport remarquablement documenté, dont on trouvera
- l’analyse dans notre Chronique des usines centrales.
- Après avoir signalé la baisse survenue au cours des dernières années sur les prix des moteurs à combustion interne, M. du Bousquet insiste sur les avantages de celui-ci, au point de vue de l’encombrement restreint qu’il nécessite, de sa rapidité de mise en marche et de sa facilité de conduite.
- L’auteur expose ensuite l’évolution qu’a-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- subie le moteur à combustion interne. Ce remarquable exposé se termine par une comparaison économique entre le moteur à vapeur et le moteur Diesel : ce dernier est, à l’heure actuelle, en état de soutenir avantageusement la lutte pour les installations d’usines centrales de moyenne puissance et surtout de centrales de secours.
- Après le cri d’alarme poussé par M. Le Chatelier, nous avons tenu à permettre à nos lecteurs d’apprécier quel est, dans les pays voisins du nôtre, le mouvement actuel des idées sur l’enseignement technique. Dans la Chronique de l'enseignement technique, M. A. Reisset expose principalement une opinion allemande autorisée : celle que M. D. Meyer vient de développer devant l’Union des ingénieurs allemands.
- Chez nos voisins, comme chez nous, c’est, •en somme, l’antagonisme des tendances classiques et des tendances modernes qu’on trouve au fond de toutes les discussions êt de toutes les réformes. Mais on relève, en outre, dans les desiderata de M. Meyer, une intéressante propension à vouloir, pour le futur ingénieur, une instruction générale.
- On peut se demander comment cette impérieuse exigence se conciliera avec le besoin de spécialisa tion qui s’est, de plus en plus, affirmé dans nos méthodes industrielles actuelles. Et l’on sait à quel degré cette spécialisation est poussée, précisément en Allemagne.
- La nouvelle méthode d'analyse harmonique proposée par M. S.-P. Thomson permet de déterminer les coefficients d’une certaine harmonique, en effectuant une sommation algébrique d’ordonnées déterminées, tout à fait indépendamment des coefficients des harmoniques d’ordre inférieur.
- L’application de cette méthode est aisée, si l’on se sert de gabarits transparents.
- T. XV (2” Série). — N° 30.
- Les théories des forces électromotrices de contact devront tenir compte des expériences de M. Pionchon, relatives au déplacement relatif d'un métal et d'un électrolyte, et aussi les expérimentateurs soucieux d’une grande précision dans leurs mesures.
- Les essais sur les compteurs entrepris, récemment, en Amérique, sur une grande échelle, au sein même de la clientèle, ont démontré l’influence de leur mode de fixation sur la régularité de leur marche.
- On prendra ensuite connaissance de travaux spéciaux sur les lampes à vapeur de mercure, l'ultraviotet, puis de plusieurs études sur les lignes.
- Celles-ci comprennent, notamment, la description, par M. Gutton, du système Giraud, pour la mise en court-circuit des lignes-sur lesquelles se produit une rupture.
- Dans les extraits relatifs aux stations centrales, nous signalerons surtout les renseignements donnés par M. Darrow sur une installation réalisant le chauffage par les vapeurs d'échappement : malgré la Suppression de la condensation, ce système produit des bénéfices, et il faut considérer qu’il élimine les fumées gênantes dans les villes.
- M. Girousse a indiqué un procédé simple et élégant pour supprimer l'influence perturbatrice des lignes d'énergie sur les lignes télégraphiques.
- Enfin, l'appareil de réception téléphonique des signaux sous-jnarins, utilisé par M. Gard-ner, est basé sur le principe de la résonance présenté par certaines membranes téléphoniques. Insensible aux bruits de l’hélice, elles décèlent facilement des sons, môme de faible intensité, de même période que la leur.
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- a» Juillet 1911.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- CHRONIQUE DES USINES CENTRALES (Suite)
- Dans la première partie de cette chronique nous ayons surtout envisagé, avec M.Ôarbillion, là question delà régulation des groupes électrogènes à turbines hydrauliques, que la régularité de leur vitesse par tour rend particulièrement aptes à la commande des dynamos.
- Mais l’emploi de ces turbines est limité aux régions pourvues de chutes d’eau assez puissantes pour les actionner. Dans les régions dépourvues de ces chutes, les plus étendues en France, la nécessité de recourir aux moteurs thermiques s'impose ; d’ailleurs, même lorsqu’on dispose d’une chute d’eau, si le débit de celle-ci est, comme cela se produit fréquemment, irrégulier et variable selon les saisons, il n’est pas moins nécessaire de prévoir une centrale de secours destinée à suppléer à l’insuffisance momentanée de l’usine hydraulique.
- LES CENTRALES DE SECOURS LE MOTEUR DIESEL
- Quel est le type de moteur thermique qu’il conviendra d’installer dans une centrale de secours? M. du Bousquet estime que le moteur à combustion interne, type Diesel, est, grâce à sa facilité de conduite et à sa mise en marche instantanée, particulièrement indiqué pour remplir cet office.
- Or, jusqu’à présent, le moteur Diesel, fort répandu à l’étranger et particulièrement en Angleterre, en Russie et en Allemagne, n’a trouvé en France qu’un nombre d’applications très restreint.
- Dans un rapport remarquable, présenté récemment à la Société des Ingénieurs Civils (a), M. du Bousquet recherche les causes
- (') Lumière Electrique, aa juillet 1911, (2) Bulletin, avril 1911.
- de cette défaveur, qu’il attribue tout d^abord aux prix élevés auxquels les eonstyu,Cteur& maintinrent, pendant longtemps, les moteuré à combustion interne 5 mais aujourd’hui, par suite de l’extinction des premiers brevets Diesel, ces prix sè sont sensiblement abaissés. Néanmoins, ils sont encornasse* élevés, ce que les constructeurs justifient en invoquant le renforcement dès*Organes ét le nombre de cylindres, pour une puissance déterminée, qu’imposent les fortes compressions nécessaires pour le fonctionnement du moteur Diesel,
- M. du Bousquet donne, à ce sujet, l’exemple suivant :
- Une machine à vapeur de 5Sô Chevaux indiquée, alimentée avec de la vapeur à 10 kg*, a pour dimen-
- sions principales :
- Diamètre des cylindres ........ 5à5/85b
- Course......................... i 000
- Nombre de tours.. ............. ïoo
- Poids total.................... 3i 000 kg.
- Le moteur Diesel de 5oo chevaux effectifs' est composé de trois cylindres ayant chacun :
- Diamètre....................... 58o.
- Course.. '...................... 580
- Nombre de tours................. i5o
- Poids total................. 90 000 kg.
- En outre, les soupapes, les arbres, les paliers et, d’une manière générale, tous les Organes de transmission ou de distribution doivent être, en raison des compressions élevées qu’ils ont à supporter, construits avec beaucoup plus de soin, de sorte que, même ramené au kilogramme, le prix de revient du moteur Diesel est encore supérieur à celui du moteur à vapeur. Toutefois, ainsi que nous le disions plus haut, une-baisse sensible s’est manifestée depuis quelques
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2* Série). — N“30.
- années seulement dans les prix des moteurs Diesel.
- C’est ainsi que :
- Francs
- En igoS, un moteur de a5o chevaux à
- 180 tours se vendait couramment..... 92 5oo
- Actuellement, le même coûterait........ 65 000
- En vitesse accélérée (290/300 tours par minute), un moteur de 270 chevaux
- coûte actuellement.................. 48 5oo
- En 1905, un moteur de 400 chevaux à 180
- tours se vendait.................... 115 000
- Le même actuellement , coûterait....... 90 000
- Un moteur à vitesse accélérée se vend.. . 70 000
- Il faut en outre tenir compte de ce que la machine à vapeur exige une chaudière et une quantité d’organes accessoires tels que le condenseur, etc., et naturellement les bâtiments nécessaires pour loger l’ensemble, ce qui rend le prix global de l’installation plus que double de celui de la machine seule, ainsi qu’on peut le voir par l’exemple ci-dessous, alors que le Diesel comporte en lui-même tous les organes nécessaires à son fonctionnement.
- M. du Bousquet indique à ce sujet les devis suivants :
- I. — Moteur Diesel de 5oo chevaux effectifs à trois cylindres, tournant à 100 tours par minute (tuyauterie et tous autres accessoires .compris). Le prix varie entre 83 000 el 110 000 francs selon les con-
- structeurs. ............................ 84 000
- II. —' Machine à vapeur de 55o chevaux
- indiqués, compound parallèle......... 35 000
- Trois chaudières (dont une chaudière de
- réserve................................. 3o 000
- Tuyauteries et divers....................... 8 5oo
- Maçonnerie des chaudières. s-............... 4 000
- Bâtiment de chaufferie../'.................. 8 000
- Cheminée............../................... 6 000
- / 91 5oo
- Si l’installation à avec économiseur > coût en serait augin Trois surchaulfeurs Un économiseur. . .
- apcur était prévue t surchauffeurs, le nié de :
- ......... 5 5oo
- ......... 3 000
- \ Soit au total :
- 8 5oo 100 000
- Si, au lieu d’un moteur à vitesse lente, on installait un moteur à vitesse accélérée, le prix d’achat du moteur Diesel serait notablement réduit. En effet, d’après les renseignements d’un constructeur, un moteur de 5oo chevaux effectifs à trois cylindres, tournant à 235 tours par minute, coûterait, avec tous ses accessoires, 76 000 francs environ.
- Si l’on table sur les chiffres de 84 000 et 76 000 francs, le moteur à vitesse lente réalise donc une économie d’installation de 16 000 francs par rapport à la machine à vapeur, le moteur à vitesse accélérée une économie de 24 000francs.
- A l’heure actuelle, le moteur Diesel peut donc lutter avantageusement au point de vue du prix de l’installation avec la machine à vapeur. D’ailleurs. M. du Bousquet estime que la principale raison du peu de succès que ce moteur a obtenu jusqu’à présent en France n’est pas son prix élevé, mais l’impossibilité où se trouvait l’industrie française de fournir un combustible permettant de produire le cheval-heure à un prix convenable.
- En effet, tandis qu’en Angleterre, en Russie et en Roumanie par exemple, où les produits du pétrole peuvent être obtenus à bas prix, il est facile de se procurer à des prix égalementminimes des combustibles,tels que le pétrole lampant, le mazout ou le naphte qui conviennent particulièrement bien à l’alimentation du Diesel, ces combustibles reviennent en France, par suite des frais de transport et des droits de douane, à i5o ou 160 francs la tonneau minimum ; il était donc impossible, avec ces combustibles, de produire le cheval-heure dans des conditions suffisamment économiques.
- Mais un grand progrès a été réalisé dans cet ordre d’idées, grâce à l’initiative de la Société des Mines de Lens et aux recherches des constructeurs. C’est en effet à la Société des Mines de Lens qu’est due l’idée de remplacer les produits du pétrole par des huiles lourdes de houille. Les premiers essais effectués dans cette voie datent de 1903; ils furent au début peu concluants et cela pour
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- 29 Juillet 1914. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- deux raisons; D’abord on ne trouva pas immédiatement la formule du meilleur combustible et ensuite le moteur dut subir quelques modifications pour en permettre l’adaptation à ce nouveau combustible.
- On remarqua en effet que l’huile de houille, brûlée dans un moteur construit en vue de l’utilisation des produits du pétrole, n'assurait pas un fonctionnement satisfaisant, surtout à charge réduite; la combustion se produisait dans des conditions d’autant moins bonnes que le moteur était moins chgud, c’est-à-dire moins chargé. On en conclut qu’il fallait brûler l’huile de houille à une température plus élevée que les combustibles dérivés du pétrole ou, en d’autres termes, augmenter la température du milieu carburant avant d’y injecter l’huile.
- La maison Garels, de Gand, parvint à ce résultat en injectant d’abord dans le cylindre une légère quantité de pétrole, de manière à créer un milieu incandescent où l’huile de houille brûlait normalement. Mais cet artifice exigeait la présence d’une pompe et d’une soupape auxiliaires destinées à débiter le pétrole à la fin de la course de compression, c’est-à-dire au moment où l’air pur, aspiré préalablement dans l’atmosphère, atteignait, par suite de la compression, la température de 6oo° environ ; la combustion du pétrole surélevait cette température et l’huile, injectée aussitôt après, brûlait normalement.
- Ce dispositif donna des résultats parfaitement satisfaisants. Mais on arriva bientôt à la conclusion que, pour augmenter la température du milieu carburant, il suffisait d’augmenter le degré de compression de l’air aspiré, ce qui permettrait à l’huile de brûler dans de bonnes conditions sans qu’il fût nécessaire de recourir à l’injection préalable de pétrole.
- La pratique confirma cette hypothèse et l’on put en effet, en augmentant le degré de compression de l’air, supprimer la pompe et la soupape auxiliaires. On peut donc considérer aujourd’hui le problème de l’emploi
- 101
- pratique du moteur Diesel en France comme complètement résolu.
- Nous donnons, à titre d’indication, quelques renseignements sur la nature des huiles destinées aux moteurs à combustion interne. Ces huiles sont obtenues par distillation du goudron de houille préalablement déshydraté.
- Lors de la distillation, les premiers produits obtenus sont les huiles légères, dénommées benzols; les diverses espèces d’huiles lourdes s’obtiennent ensuite à des températures variant entre aoo° et 3oo°. Les huiles destinées aux moteurs à combustion sont d’ailleurs obtenues en mélangeant, dans des proportions convenables, les divers carbures liquides et solides que renferment les différentes huiles de houille ; les carbures solides sont préalablement séparés par cristallisation et refroidissement.
- La Société des Mines de Lens fabrique deux qualités d’huiles pour moteurs qu’elle désigne sous les noms d’huile V et d’huile Y extra io, et dont les principales caractéristiques sont les suivantes :
- Tableau I
- i HUILE V IIUILE \ | EXTRA ,0
- Densité à i~>0 Limite d’inflammabilité.. Pouvoir calorifique total. Teneur en eau I , I 00 102° ; 947a intér. à 2 % 1,080 93° 9 5l5 infér. à 2 %
- Les huiles de schistes obtenues par distillation en vase clos des schistes bitumeux ont également donné, parait-il, des résultats satisfaisants dans les moteurs à combustion interne.
- Le prix moyen des huiles de houille ou de schistes en France varie, selon les régions, de 75 à 120 francs la tonne. En se basant sur le prix de 80 francs la tonne, que M. du Bousquet indique comme prix de base, le cheval-heure revient [à 1,77 centime pour
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- 102
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2‘ Série). — R« SOI
- un moléut de ioo chevaux et à 1,68 cen* tjme pour un moteur de 5oo ou de i ooo chevaux,ce qui permet au moteur Dieselde lutter
- l’intérêt et de l’amortissement i ia Noue reproduisons ici cet exemple.
- Si l’on admet que les machines à va*
- Tableau II
- Machine à vapeur. — Frais d'exploitation.
- PUISSANCE
- 5oo chevaux 5oo chevuux
- Moteur A vapeur Moteur A vapeur
- flux continu compouod
- Consommation do vapeur par cheval-indiqué-heure (kg). 4*45 5,i
- Consommation de vapeur par cheval-eiïectif-heure (kg).. 5 5,6
- Consommation totale par heure (kg) 2 5oo 2 800
- Consommation de charbon par heure (kg) 333
- Consommation ffe charbon par an (tonnes) I ooo I 12$
- Frais pour le charbon (en admettant un prix de 32 fr. par
- tonne) par année 3a ooo fr. 36 ooo fr*
- Réparations, entretien (huile de graissage, chiffons, net-
- toyage de chaudières) 4 ooo 4 3oo
- Surveillance 3 600 3 606
- Intérêt et amortissement de l’installation (12 % ) ao 400 22 260
- Frais totaux par année 60 ooo fr. . 66 100 fr. 1 -, ; i.
- Frais par cheval-effectif et par année (francs), i ao i3a,2
- Nombre des chevaùx-efïectifs-heures 1 5oo ooo 1 5oo ooo
- Frais par cheval-effectif-heure (centimes). 4 4;4l
- Tableau III
- Installation Diesel. — Frais d'exploitation.
- Puissance des moteurs en chevaux-effectifs 5oo
- Consommation de combustible par cheval-effectif-heure (huile de goudron) (gr). 210
- Frais de combustible par heure (francs) 8,40
- Frais de combustible par année 25 200 fr.
- Entretien, réparations, surveillance 5 ooo
- Intérêt et amortissement des frais d’installation (12 %) 200
- Frais totaux par année 48 400 fr.
- Frais par cheval-effectif et par année (francs) 9.6»8
- Nombre de chevaux-elïectifs-heures i 5oo ooo
- Frais par chevaï-effectif-heure(centimes) 3,23
- avantageusement avec le moteur à vapeur.
- M. du Bousquet donne, d’ailleurs, un exemple établissant la comparaison à ce point de vue entre les deux types de moteurs, en tenant compte des frais d’entretien, de surveillance, de réparation, ainsi que de
- peur travaillent à charge normale pendant 3 ooo heures par an et que le charbon employé soit de bonne qualité (750 calories), vaporisant pratiquement 7,5 kg. on obtient les chiffres réunis dans le tableau II.
- Le tableau III résume de la même manière
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- 29 Juillet 1914.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 10&
- les calculs de frais d’exploitation relatifs à une installation Diesel fonctionnant pendant le même temps.
- Cet exemple montre clairement la supériorité économique du moteur Diesel sur le moteur à vapeur; il en est de même par rapport à la locomobile et au moteur à gaz pauvre, dont les gazogènes sont, d’autre part, assez encombrants.
- Enfin, la sécurité de fonctionnement du Diesel est beaucoup plus grande que celle de n’importe quel autre moteur thermique.
- On cite, en effet, le cas d’un moteur dé 160 chevaux qui resta pendant six heures
- sans aucune surveillance, les deux hommes qui le conduisaient ayant été électrocutés par suite d’un contact accidentel avec une ligne à 5 ooo volts; lorsqu’on découvrit l’accident, on constata que le moteur n’avait pas cessé de fonctionner normalement.
- Il n’est pas douteux, conclut M. du Bousquet, qu’en considération de ces divers avantages, le moteur Diesel ne se répande maintenant très rapidement en France pour les moyennes et aussi pour les grosses puis sances.
- {A' suivre.)
- J. Reyval.
- CHRONIQUE DE R ENSEIGNEMENT TECHNIQUE
- LE DÉVELOPPEMENT ET LE BUT DES ÉCOLES SUPÉRIEURES D’INSTRUCTION GÉNÉRALE ET TECHNIQUE EN ALLEMAGNE
- Tout récemment, il a été publié dans cette Revue un extrait assez étendu d’une conférence de M. Le Chatelier sur l’enseignement technique supérieur (‘).
- Comment le même problème est-il traité au même moment dans d'autres pays, que M. Le Chatelier nous donne — avec raison, il faut l’avouer — en exemples à ce point de vue?
- C’est dans le but de fournir à nos lecteurs matière à comparaison que nous reproduisons tout d’abord ci-dessous les points saillants d’un discours prononcé par M. D. Meyer devant l'Assemblée générale de l’Association des ingénieurs allemands, à Breslau (2).
- Voici d’abord où en est la question de l’instruction générale. Pendant le siècle écoulé, ce sont les humanités qui ont prédominé en Allemagne. Ce n’est qu’à partir de l’avènement au trône de Prusse de Guillaume Ier que fut créée P « école moderne » [Realschule), comprenant neuf années d’études, celle qu’on appelle aujourd’hui Recil-gi/mnasium pour la distinguer des écoles modernes supérieures (Obervealschulen), nées peu
- (*) Lumière Electrique, ier juillet. 1911, p. 407.
- (aj Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure, 8 juillet 1911.
- après et dont le programme a proscrit l’étude du* latin.
- Depuis lors, la lutte est engagée entre l’enseignement classique et l’enseignement moderne, à tendance marquée vers les sciences naturelles. Deux conférences provoquées par l’initiative personnelle, toujours en éveil, de l’empereur actuel, marquent les étapes de l’évolution qui s’en est suivie. En 1890 on pi’ononce, du moins en principe, l’équivalence des droits conférés par les trois catégories d’écoles ; ce principe est affermi et prend corps en 1892 et l’on peut dire aujourd’hui que l’identification est complète. Toutes les Facultés, sauf toutefois celle de théologie, sont ouvertes aussi bien aux jeunes gens sortant des écoles modernes qu’à ceux qui ont suivi l’enseignement classique. Les examens complémentaires, dernier point de distinction entre les deux systèmes, ont été également suspendus.
- L’examen de maturité, imposé aux élèves de toutes les écoles et passé devant un jury comprenant, à côté des professeurs, des commissaires du gouvernement, ouvre seul une large voie aux activités et aux ambitions. —
- Disons en passant que la comparaison de ce
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2* Série). — N» 30.
- système au système anglais a été faite tout dernièrement par M. Silvanus Thompson ('), au Congrès de 1’ « Institution of Civil Engineers » tenu le mois dernier. Elle n’est guère favo-* rable aux écoles anglaises. Le savant anglais le déplore en s’exprimant à peu près en ces termes :
- « Si le jeune homme allemand échoue aux examens de maturité de son école, il est par là même marqué comme incapable de vie professionnelle. Les universités lui sont fermées, la «arrière ecclésiastique et les hauts postes civils le sont également; il ne peut devenir ni avocat, ni magistrat, ni iiiédecin, ni chirurgien, ni vétérinaire, ni architecte, ni ingénieur, ni agent-voyer, ni comptable.
- « On peut facilement se rendre compte des immenses avantages de cette organisation raisonnée de l’école secondaire.
- « Une bonne instruction systématique est assurée ainsi à la majorité des jeunes gens. D’autre part, le professeur qui se désintéressait de la plupart de ses élèves pour ne porter son attention que sur quelques-uns des plus capables «n serait du coup discrédité ; les résultats des examenssont ainsi,en même temps, un critérium de la valeur de l’école. »
- En poursuivant sonexposé historique,M. Meyer isignale le plus récent type d’établissement secondaire : la Reformschule, dont la première, celle d’Altona, créée en 1878, fut longtemps seule de son espèce. L’enseignement y est général au début, la division en classique et moderne n’étant censée apparaître que vers les dernières années d’études à un moment qui est de plus en plus reculé.
- Pendant les dix dernières années, les nombres des disciples des deux principaux enseignements marquent une nette tendance vers l’égalisation, tandis que, de son côté, la Reformschule se répand d’une façon prodigieuse (1 établissements en 1911 contre 35 en «900).
- Il ne faut pas croire que le mouvement de réforme ait pris fin; il est caractérisé actuellement par la pénétration progressive des études mathématiques et naturelles dans le cycle de l’enseignement général. La marche de l’enseignement mathématique en particulier devra se faire de plus en plus à partir du concret, on 'ne négligera point, toutes les fois qu’il serapos-
- (') Engineering, 3ojuin 1911.
- sible, l’emploi de modèles; d’autre part, pour mieux concentrer l'enseignement, la notion de fonction devra être imposée aux jeunes cerveaux depuis les premières années. La physique sera présentée comme une des sciences naturelles et non pas comme une spéculation mathématique ; une vaste place sera accordée à la biologie.
- Les écoles techniques supérieures actuelles dérivent en Allemagne de l’école professionnelle. Unepremière réforme, due à l’initiative de Grashof et à l’activité de l’Association des Ingénieurs, transforma celle-ci vers i865 en Ecole Polytechnique (Polytechnikum).
- Quelques années après et sous le même patronage, le Polytechnikum se scinde en écoles techniques supérieures [Technische Hochschulen). Le programme très développé de ces écoles et le droit d’octroyer des litres de docteur ingénieur qui leur fut conféré vers la fin du siècle dernier les assimilèrent complètement aux Universités.
- Leur nombre n’a pas augmenté dans de fortes proportions depuis i88o;mais lenombre d'élèves qui les fréquentent, a passé pendant ce laps de temps de 4 3g4 à 16 568.
- Les nécessités actuelles des écoles techniques no peuvent plus être méconnues. Elles sont encore telles qu’elles étaient formulées par Riedler dans son ouvrage : Unsere Hochschulen und die Anforderungen des zwanzigsten Jahr-hundert.
- « Devant la tâche que nous imposera le siècle à venir, écrivait en 1898 cet auteur, tâche qui sera, même pour l’Etat, d’ordre technique et économique, les Ecoles techniques supérieures exigeront un élargissement systématique et non pas une modification de leur base ou de leur but; les branches de l’enseignement devront être rapprochées; les sciences mathématiques et naturelles devront former un ensemble complet, de façon que l’école puisse fournir une instruction générale dans la plus large acception du mot et donner à l’éducation une base de notions économiques. »
- Les réformes qui s’imposent aujourd hui sont, d’après M. Meyer, les suivantes :
- L’école supérieure doit être complètement isolée de l'école professionnelle sa concurrente,
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- et cela par son développement et son extension dans l’ordre d’idées susdit.
- Devant former des chefs, l’Ecole technique pourra empiéter sur certains domaines qui étaient exclusifs à l’Université. Les conférences et cours facultatifs doivent devenir obligatoires et former matière d’examen.
- Dans le but de montrer le rapport qui existent entre la technique et les affaires, des cours d’économie politique devront être incorporés dans les programmes.
- La durée des études ne pouvant pas être prolongée, l’incorporation des nouvelles matières ne pourra se faire que si on relègue à l’école préparatoire nombre de cours appartenant à l’instruction générale et faisant encore partie des programmes supérieurs.
- D’ailleurs, on économisera de nombreuses heures en réduisant les cours et projets de construction qui, dans certains cas, ont pris un développement exagéré.
- D’autre part, une limitation s’impose dans l’influence qu’exercent sur les programmes les exigences de l’Etat. Cette influence se traduit par la disgrâce dans laquelle tombe l’enseignement des branches de l’industrie qui n’intéressent pas l’Etat. Et l’auteur cite, comme exemple l’industrie textile.
- 11 souhaite, en terminant son exposé qu’une place plus grande soit réservée dans la future école à l’enseignement contradictoire.
- Il a la ferme conviction que c’est surtout de prévoyance et d’initiative que doivent faire preuve les sujets dont a besoin l’industrie.
- Celle-ci ne devra pas cependant, exiger que l’écolè lui fournisse des ingénieurs complètement outillés; la mise au point sera fatalement l’œuvre des années de pratique qui suivront.
- (A suivre).
- A. Rkisset.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Nouvelle méthode d’analyse harmonique par la sommation algébrique d’ordonnées déterminées. — Silvanus-P. Thompson. — Comptes Rendus, io juillet 1911.
- On se propose de calculer les coefficients de la série harmonique de Fourier.
- Pour trouver la valeur de B„ (coefficient du /iiè,lle terme en cosinus), il suffit de mesurer sur la courbe
- 2 «ordonnées équidistantes espacées de
- v
- - sur w
- une
- période entière, commençant au point choisi comme origine, et alors, après avoir changé le signe de chaque terme alternatif de former leur somme algébrique et de la diviser par in.
- Pour trouver la valeur de A„ (coefficient du nième terme en sinus), il suffit de mesurer sur la courbe.
- 111 ordonnées équidistantes, espacées de - sur une
- période entière mais commençant en un pointsitué à
- une
- distance
- — de l’oriSine, et alors, leur assi-%n ,
- gnant des signes positifs et négatifs alternativement, de former leur somme algébrique et de la diviser par in.
- Si, afin de déterminer la valeur du m'1’"10 coefficient, par exemple A„, on prend, comme il a été indiqué, avec des signes alternativement positifs et négatifs, la somme des 111 ordonnées équidistantes et si on la divise par 2n, la moyenne ainsi obtenue ne sera pas À» pur et simple, mais sera la somme des coefficients A„ — A3„, -f- A„s — A7„ puisque
- ces harmoniques supérieures, si elles sont|présentes, ont aussi leurs maxi ma et minima respectifs aux points où sont situées les ordonnées choisies pour déterminer le coefficient A„. Pour éliminer celles-ci, si elles sont présentes, elles doivent être d’abord déterminées séparément. Une élimination analogue est requise pour B, afin de tenir compte de la présence possible de B3„, B5„,.... car la moyenne obtenue avec les 2 n ordonnées choisies pour déterminer B„ est en réalité la somme de B„. -j- B3„ -f- B.,, -f- B,»..’.
- Pour prouver que dans le procédé de l’addition algébrique des valeurs, alternativement changées en signe de in ordonnées, afin de trouver l’amplitude de la n'bme harmonique, l’amplitude fondamentale
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2« Série). — N« 30.
- est éliminée de la somme, considérons la série de an termes :
- S ~ sina— sin (a -j- fl) sin (a -f- aP) — sin(a-f- 8(3)
- — sin[a -j- ['in — i)(3]-
- période. La méthode convient particulièrement à l’analyse harmonique des marées, des variations magnétiques diurnes et du mouvement-périodique des mécanismes de distribution de vapeur dans les machines à vapeur.
- Elle est équivalente à la suivante :
- :S = sina -f- sin[a -j- (fi -f- it)] -f- sin [a -f- a(p -f- tc)] + ••• + ainfa + [an — i) (P -f *)],
- TC TC
- 'dont la somme est, en faisant : a = — et S = — :
- 'in n
- sin(« i)tc sin — (n -f- i ) tc
- . P
- 5111 I
- 7c -f- (%n — i) (n -j-
- Cette somme est nulle pour toutes les valeurs entières de n, puisque sin [n -f- i) 7t est nul. Une démonstration analogue pour la série correspondante des termes en cosinus prouve que la somme s’annule .aussi pour toutes les valeurs entières de n.
- Pour prouver que le procédé de l’addition algébrique des valeurs (prises alternativement positives et négatives) des :>,n ordonnées, stir une période entière, donne la valeur de an A„ pour l’harmonique dont l’équation est tj = A„ sin n 0, considérons les ordonnées successives lorsque ô reçoit les valeurs
- —, Celles-ci, affectées de signes alterna-
- an an an
- tivement positifs et négatifs, auront pour somme
- _ . T • n . -Irc . Erre . jk
- S =A„ sin------sin----t-sin-----sin----h--—sin
- L a a a a
- Mais chacun de ces termes est égal à -4- >, et il y a a n termes; donc la somme de la série est an A„ et la moyenne est simplement An-
- La série correspondante des termes en cosinus donne un résultat analogue pour B„.
- Pour appliquer le procédé en pratique, il convient de tracer toujours les courbes à analyser à l’échelle de 180 millimètres pour une période. Des gabarits en celluloïd transparent, sur lesquels sont gravées les différentes séries de lignes équidistantes (ainsi qu’il est nécessaire pour trouver les différentes harmoniques) sont alors placés successivement sur la courbe afin de faciliter la mesure des ordonnées.
- Les courbes qui représentent des courants alternatifs ou des forces électromotrices alternatives ne contiennent que des harmoniques impaires et, pour de telles fonctions, il suffit d’opérer sur une demi-
- Sur un effet électrique du déplacement relatif d’un métal et d’un électrolyte au contact. — J. Pionchon. — Comptes Rendus, 3 juillet tgn.
- Soit une solution électrolytique qu’on désignera par (A C), dans laquelle plongent deux électrodes métalliques M et N ; si l’on équilibre, à l’aide d’un potentiomètre, la force électromotrice de la pile à un liquide ainsi formée et qu’on vienne à donner à l’une des électrodes un léger déplacement au sein du liquide, par exemple au moyen d’une petite impulsion ou d’une vibration imprimée au support (flexible) de cette électrode, on constate que l’équilibre établi au potentiomètre est rompu et que, par conséquent, le glissement relatif de l’électrode et du liquide fait varier la force électromotrice à leur contact.
- Ce phénomène est apparu avec une très grande généralité. L’auteur n’a pas encore trouvé de système métal électrolyte qui ne le manifeste à quelque degré. Il n’y a que le sens et la grandeur de l’effet observé qui présentent, d’un cas particulier à un autre, des différences à signaler.
- Voici quelques-uns des résultats observés sur un élément Daniel!.
- ÉfLÉiM KNT DANIELL FORCE ÉLECTRO- MOTRICE DIITÉRENCE
- Au repos.. . , Cuivre agité Zinc agité Au repos * volts 1,0944 1,0990 1,0754 1,0940 volts » + 0,0046 —'0,0190 »
- Les observateurs qui manient des éléments étalons et qui poursuivent dans leurs mesures les millièmes ou dix-millièmes de volt jugeront peut-être ce fait non dénué d’intérêt.
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURE
- Notes sur les compteurs. — B. Morgan. — Electrical World, 6 avril igu.
- Beaucoup de directeurs de stations centrales n’at-
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- tachent pas suffisamment d’importance à la vérification et à l’entretien des compteurs.
- Ils recherchent parfois avec soin la cause d’un accroissement très faible du prix de revient du kilowatt-heure, alors qu’ils perdent, sans s’en préoccuper, dans des compteurs mal réglés ou fixés d’une manière défectueuse, jusqu’à 25 ou ioo kilowatts-heures sur i ooo kilowatts-heures produits.
- L'Association des Compagnies d'éclairage Edison, ainsi que VAssociation Nationale de la Lumière Electrique des États-Unis et YInstitut américain des Ingénieurs électriciens poursuivent des recherches méthodiques sur les compteurs, jugeant que cette question est d’une importance considérable.
- Le moteur des compteurs d’énergie électrique est le plus délicat et le plus léger de tous ceux de l’industrie; il doit travailler dans les conditions les plus variées, dans des emplacements quelconques et tourner d’une façon intermittente, pendant des mois, sans graissage et sans surveillance.
- Peut-on lui conserver un rendement élevé si on le traite sans soins, si l’emplacement où il est établi, la manière dont il est fixé, ne le placent pas dans les conditions les plus favorables i1
- Des essais périodiques ont été faits sur des compteurs monophasés d’induction par une compagnie de distribution d’énergie, dans un quartier où plusieurs compteurs furent trouvés fixés d’une façon défectueuse. Ce lot de compteurs désignés par « Lot A » comportait 239 appareils. D’un autre côté, 295 compteurs constituant le « Lot B » furentessayés dans un autre quartier où une attention toute spéciale avait été apportée à leur fixation : ces appareils étaient soigneusement nivelés et toujours supportés par trois vis. Les compteurs des lots A et B étaient du même type, placés chez des clients de même catégorie; en somme toutes les conditions étaient identiques.
- Les résultats des essais, à faible charge, ont été les suivants :
- Compteurs EXACTITUDE au-dessous de 94 % 03 S?
- Lot A. . . . 5o 34
- % du total. 20,9 14,2
- Lot B.. .. )> 5
- % du total. » U69
- OO 03 O Ô Ci ~ 2.o • O O *-1 Q
- 94 4
- 39,3 1,67
- 278 4
- 94,4 i,34
- S3 o'-<0
- en \r> « o
- T3 « S 0>
- 2,92
- 1
- o,34
- J
- «I
- H
- O
- H
- 2 39
- *95
- Les résultats des essais à pleine charge ont été encore plus favorables au lot B.
- La différence d’exactitude entre les compteurs des deux lots dépend principalement du soin plus ou moins grand avec lequel ils ont été fixés, les autres conditions n’ayant qu’une influence insignifiante. H. B.
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES
- Sur le rayonnement des lampes à vapeur de mercure. — Ch. Fabry et H. Buisson. — Comptes Rendus, 10 juillet 1911.
- Les auteurs ont mesuré (*) en unités absolues l’énergie correspondante aux diverses radiations.
- Les lampes étudiées étaient :
- i° Une lampe Heraeus dont le tube de quartz a 6 centimètres de longueur. Intensité du courant, 3,5 ampères; tension aux bornes de la lampe, 27 volts ; puissance consommée dans la lampe, 95 watts. Le tube s’échauffe peu, et la pression de la vapeur de mercure reste faible;
- 2° Une lampe A. E. G., du type 220 volts. Le tube de quartz a 12 centimètres de longueur. Courant, 4,65 ampères; tension aux bornes, 164 volts; puissance consommée dans la lampe, 763 watts. Au moment des expériences, la lampe avait brûlé déjà pendant 600 heures ;
- 3° Une lampe Westinghouse, du type 220 volts. Le tube de quartz a 11 centimètres de longueur. Courant,4,2 ampères; tension aux bornes, 133 volts; puissance consommée dans la lampe, 559 watts. Cette lampe était neuve au moment des mesures. Pour ces deux dernières lampes, le tube atteint une température élevée et la pression de la vapeur de mercure y est voisine de la pression atmosphérique ;
- 4° La même lampe immergée dans l’eau. L’intensité du courant dans la lampe était de 11 ampères et la tension aux bornes 31,5 volts ; la puissance consommée dans la lampe était de 346 watts.
- Les valeurs indiquées pour les puissances et les tensions ne comprennent pas ce qui est consommé dans les rhéostats.
- Les mesures faites confirment ce fait, déjà observé dans la région visible par des observations photo-métriques, que le rapport des intensités des diverses
- C) Voir Comptes Rendus, aG juin 1911.
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- radiations varie beaucoup avec le régime de la lampe. Quand la consommation croît, les raies jaunes augmentent en intensité beaucoup plus vite que la raie verte.
- Cela explique la différence de teinte de lumière totale des diverses lampes et montre que le rayonnement n’est pas dû à un effet purement thermique qui devrait produire une variation en sens inverse.
- Pour les applications photochimiques et biologiques, le tableau suivant donne quelques résultats sur le rendement en ultraviolet :
- RAYONNEMENT
- LAMPE — _
- WATTS TOTAL ULTRAVIOLET
- CONSOMMÉS EN WATTS EN WATTS
- Heraeus 95 35 0,81
- A.E.G 768 » 36,2
- Westinghouse.. 55cj 375 35,6
- Westinghouse
- immergée . . . 346 » 0 ,46
- D’une lampe à une autre, le rendement en radiations ultraviolettes (À < 3 200) varie beaucoup. Pour 100 watts fournis à la lampe on a, sous forme de rayonnement ultraviolet, 6,4 watts dans le cas de la lampe Westinghouse, 4,7 pour la lampe A.E.G., o,85 pour la lampe Ileraeus et seulement o, 18 pour la lampe immergée.
- La lampe immergée a été préconisée pour la stérilisation de l’eau, dans le but d’utiliser plus complètement son rayonnement. On voit combien son emploi est peu économique, puisque son rendement est environ 5o fois plus faible que celui de la même lampe en régime poussé.
- Enfin les recherches des auteurs ne semblent pas confirmer l’affaiblissement du rayonnement ultraviolet avec le temps (').
- A. S.
- Sur les variations de transparence du quartz pour la lumière ultraviolette et sur la dissociation de la matière. — G. Le Bon. — Comptes Rendus, 3 juillet 1911.
- MM. Courmont et Nogier ont fait remarquer que
- (') Cet affaiblissement a été signalé par M. Bordier (Archives d'électricité médicale, 1910, p. 396) et par MM. Courmont et Nogier (Comptes Rendus, 19 juin ign). Voir Lumière Electrique, i5 juillet 1911, p. 5i.
- le rendement en ultraviolet d’une lampe de quartz à mercure diminue rapidement et ils attribuent ce fait à l’opacité relative qu’acquiert le quartz soumis aux. vapeurs de mercure ('). .
- Cette altération du quartz, que l’auteur a signalée il y a plusieurs années, s’observe avec des électrodes quelconques.
- Tous les métaux employés comme électrodes ': or, platine, cuivre, etc., produisent le même résultat. Il est probable qu’une lampe à quartz quelconque doit finir par donner un spectre qui n’est pas plus étendu dans l’ultraviolet que celui donné parla même lampe munie d’un verre mince. Impossible de rendre ses propriétés à une lampe de quartz, puisque c’est sa surface interne inaccessible qu’il faudrait pouvoir nettoyer. Des lampes à mercure dont les parois seraient en verre mince rendraient vraisemblablement les mêmes services que des lampes en quartz usagé.
- L’auteur rappelle à ce propos ses expériences sur la dissociation de la matière (2).
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- La protection des lignes par le système Giraud. — G. Gutton. — Bulletin de la Société industrielle de l’Est, juin 1911.
- Ce système do protection met la ligne en court-circuit dès qu’il se produit une rupture. Le disjoncteur de la centrale saute et le courant est coupé.
- Soit une ligne aérienne, dont la figure i représente deux fils. La ligne centrale est supposée du côté gauche. Sur l’isolateur on fixe par un collier un levier AC mobile autour du point A. On fixe le câble en B à ce levier; à cet effet, on le serre entre les mâchoires d’une pince, celles-ci étant légèrement cintrées de façon à immobiliser parfaitement le câblé sans nécessiter un serrage qui l’altérerait. Le conducteur vient-il à se rompre au delà de cet appareil l’effort de tension fait basculer le levier, la fourche qui le termine atteint l’autre fil et met la ligne en court-circuit. Le disjoncteur de la centrale ou de la section fonctionne aussitôt et coupe le courant.
- A cause de la grandeur considérable de l’effort de (*)
- (*) Loc. cit.
- (2) Voir YEvolution de la matière, 21° édition, p. 33g. Voir aussi Comptes Rendus, 1897, P- 755 et 8g5 ; juillet 1902, p. 32.
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- tension, le mouvement du levier est très rapide, la mise en court-circuit est instantanément et très franchement réalisée. Les essais faits sur divers réseaux ont' montré que le courant est supprimé bien avant
- Fig. i.
- que la chute du conducteur coupé l’amène au contact du sol ou à portée de la main.
- Le conducteur supérieur de la ligne est protégé par un appareil analogue, disposé de façon à fonctionner vers le bas. Il en existe aussi dont le levier se déplace horizontalement ou obliquement. Sur les lignes triphasées,l’une des phases est mise en court-circuit lors d’une rupture de fil.
- Afin d’éviter, lorsque le vent agite les conducteurs, un trop grand balancement du levier, la partie AB repose dans une gouttière placée au-dessus de l’isolateur. L’appareil est entièrement en bronze.
- Un poteau sur trois est muni des appareils Giraud, il est évidemment nécessaire de ne pas arrêter complètement le conducteur sur les isolateurs intermédiaires; on le maintient dans la gorge supérieure par une bride qui n’empêche pas le déplacement longitudinal nécessaire au fonctionnement du levier.
- Dans le cas, rare d’ailleurs, de lignes bouclées, il existe des appareils doubles fonctionnant dans les deux sens.
- Le prix de revient est, suivant la grosseur des isolateurs, de 400 à 5oo francs par kilomètre pour une ligne triphasée. Une partie de la dépense est compensée par l’abaissement du tarif d’assurance contre les accidents qui peut atteindre 5o % dans les installations munies de ce système.
- Voici, afin de permettre la comparaison, les autres systèmes employés jusqu’ici.
- La rampe de garde est une ferrure fixée au poteau et reliée à la terre; le filet est un système de protection du même genre. Lors d’une rupture, le câble vient les toucher et est mis à la terre. Leur incon-
- vénient est le manque de sécurité qui vient de ce que la prise de terre est très souvent imparfaite, de sorte que le conducteur reste dangereux. Il peut aussi arriver que le contact avec le dispositif de protection ne se produise pas.
- Le système italien consiste à doubler la ligne et à réunir les deux fils par une ligature tous les i,5o mètre. Si un seul fil casse, il ne peut tomber jusqu’au sol. Il arrive cependant fréquemment que les deux fils se rompent; à cause de l’inégalité des tensions, le second reçoit en effet un choc violent. Il est à remarquer de plus que rien n’avertit la centrale de la première rupture.
- Dans le système caténaire on supporte par des pendules et des isolaleursle conducteur àun câble d’acier. On reste encore exposé à une rupture de ce câble.
- Le système Siemens emploie un relais branché sur un transformateur spécial. Il coupe la ligne lors d’une rupture. Il a l’inconvénient de fonctionner avec un retard sensible. Souvent aussi il coupe une ligne triphasée lors d’un déséquilibre, sans qu’il se soit produit aucun accident; le personnel de l’usine dérangé inutilement est alors tenté de caler l’appareil de protection.
- Il est essentiel, en terminant, de remarquer que l'emploi du système Giraud suppose des disjoncteurs très sûrs ; dans le cas contraire, il serait sans efficacité.
- Des essais ont été faits notamment sur les chemins de fer du Sud, près de Grasse, et ont démontré que le courant était supprimé bien avant que le fil, dans sa chute, atteigne le toit des voitures.
- A. R.
- Transports de force considérés au point de vue de leur exploitation. — C. Wood. — Pro-ceedings of the American Institute of Elcctrical Engb-neers, avril 1911.
- L’exploitation d’un transport de force doit réunir les conditions suivantes : régulation suffisante du voltage; interruptions réduites au minimum; souplesse; facilité des réparations.
- Le choix du voltage est déterminé principalement par les conditions économiques. On reconnaît maintenant que l’exploitation d’un transport de force à 60 000 volts est aussi aisée que celle d’un transport de force à i5 000 volts; les transmissions à très haute tension (plus de 100000 volts) ne semblent même pas exposées à plus de troubles que celles à tension moyenne, en raison du soin tout spécial apporté à leur installation.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- Le degré de régulation du voltage h réaliser dépend de la nature de la charge et aussi du nombre et de la disposition relative des usines génératrices.
- Dans les systèmes en boucle alimentés aux deux extrémités, les lignes doivent être suffisantes pour permettre d’alimenter la boucle entière h partir de l'une ou de l’autre extrémité.
- L’auteur, se demandant s’il convient d’effectuer, dans les usines génératrices, la régulation automatique du voltage, constate qu'un régulateur automatique parfait devrait agir différemment, suivant que la chute de voltage est due à un accroissement de charge, à une surcharge extrême, ou à un court-circuit : c’est demander beaucoup à un appareil.
- D’excellents résultats peuvent être obtenus par la régulation automatique de l’excitation des moteurs synchrones quand il existe de tels appareils à l’extrémité de la ligne.
- Pour réduire au minimum les interruptions de service, il est évident que la première condition est de .réaliser une construction parfaite des lignes, usines et sous-stations. En faisant un projet de ligne, il est prudent de se baser sur les conditions climatériques les plus défavorables qui se soient présentées depuis !o ans et d’adopter un facteur de sécurité de 2,5 dans les calculs de résistance des matériaux.
- II est prudent aussi d’essayer les isolateurs sous un voltage égal à trois fois et demie le voltage d’exploitation.
- En ce.qui concerne la protection contre la foudre, l’auteur préconise les fils de terre tendus au-dessus des lignes; ils ont en outre l’avantage de donner un supplément de résistance mécanique aux lignes.
- D’après l’auteur, aucun parafoudre n’est parfait; tous peuvent brûler, mais en sauvant des parties plus importantes et plus précieuses de l’installation.
- Il peut devenir nécessaire d’employer des para-foudres électrolytiques contre les surtensions ducs au fonctionnement des interrupteurs ou à des troubles atmosphériques peu violents, concurremment avec des parafoudres à cornes destinées à la protection contre les coups de foudre très violents.
- Au moment d’un coup de foudre, les isolateurs se brisent souvent sous l’effet seul de la chaleur dégagée par l'arc produit : une protection excellente contre (•<-lto cause de rupture est réalisée par des anneaux de garde établis à la partie supérieure et à la partie inférieure des isolateurs.
- Faut-il donner la préférence aux lignes de transmission disposées en étoile ou à celles disposées en hruclo?
- Le système delà boucle présente cet avantage que chaque sous-station peut être alimentée par deux lignes qui ne sont pas exposées à être hors de service en même temps; pour obtenir la même sécurité dans le système en étoile, il est nécessaire ' que chacune de ses branches soit composée d’une ligne double : ce système est donc plus coûteux que le système en boucle.
- En vue des réparations à effectuer sur les longues lignes, il faut les établir de façon à pouvoir les sectionner en plusieurs tronçons; les interrupteurs de sectionnement devront être établis de façon à mettre à la terre les deux extrémités du tronçon en réparation.
- Les postes de sectionnement peuvent avantageusement être ulilisés comme logement pour les ouvriers chargés de la surveillance des lignes.
- H. B.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Chauffage par les vapeurs d'échappement d’une importante station centrale. — B. Dar-row. — lilectrical World, t> avril igu.
- Cet article contient des renseignements intéressants sur l'installation de chauffage par vapeur d’échappement que la Société « Merchant’s Heat and Lighting Company » a organisée dans la ville d’Indianapolis.
- La vapeur est distribuée aux clients par un système de tuyaux présentant une longueur totale de plus de i!\ kilomètres et néanmoins les pertes sont inférieures à io % . La compagnie a maintenant en service une surface de radiateurs d’environ iooooo mètres carrés èt donne la plus absolue satisfaction à sa clientèle.
- La compagnie possède pour la production d’éclairage, de force motrice et pour le chauffage, deux stations centrales, l’une au centre des affaires dans la ville d’Indianapolis, l’autre à environ i,5 kilomètre à l’ouest.
- La première possède quatre unités de 3oo kilowatts actionnées par machines à vapeur sans condensation et trois unités de 85o kilowatts actionnées par turbines sans condensation; la seconde centrale a deux unités de i ooo kilowatts actionnées par turbines sans condensation, deux de 85o kilowatts (turbines avec condensation), et une de 4 ooo kilowatts (machine marchant avec ou sans condensation).
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- Les conduites principales de chaulïage partant de ces deux usines ont l’une o,5o mètre de diamètre, l’autre 0,70 mètre de diamètre; les conduites secon-dairesonto,37, o,3o, 0,2!» et 0,20 mètre de diamètre.
- Elles sont contenues à l’intérieur de conduites en poterie, fendues longitudinalement, dont le joint est cimenté une fois la conduite mise en place.
- Les conduites elles-mêmes sont composées d’une couche d’amiante de 3,7 centimètres d’épaisseur, recouverte d’une épaisseur de feutre de 3 centimètres et d’une enveloppe de papier goudronné de 6 millimètres.
- Le tarif de vente comporte une échelle de prix variant de g fr.' 10 par 1 000 kilogrammes de vapeur condensée pour une consommation inférieure à 4 53o kilogrammes par mois, jusqu’à 5 fr. 70 par 1000 kilogrammes de vapeur condensée pour une consommation supérieure à 3o X 4 53o kilogrammes par mois (ou, en unités américaines, une échelle variant de 80 cents par 1 000 lbs. pour une consommation inférieure à ioooo lbs. par mois, jusqu’à 5o cents par 1 000 lbs. pour une consommation supérieure à 3oo 000 lbs. par mois).
- Malgré l’augmentation de consommation dé charbon due au fonctionnement des machines sans con-dènsation, la compagnie réalise dans la vente de vapeur pour le chauffage un bénéfice net d’environ 2 fr. 60 par 1 000 kilogrammes de vapeur (23 cents par 1 000 lbs.).
- Un avantage de la généralisation de ce mode de chauffage central serait la suppression dans les villes de la fumée intense provenant de centaines de cheminées, les usines centrales, grâce aux foyers modernes automatiques, ne produisant plus par moments qu’un léger nuage de fumée.
- H. B.
- Notes sur la combustion du charbon. — C. Kevshaw. — Elecirical World, 6 avril 1911.
- La composition et la température des gaz entraînés dans la cheminée, d’une part et, d’autre part, l’instruction des chauffeurs sont deux points sur lesquels les industriels doivent porter la plus grande attention.
- Quand la proportion de CO2 dans les gaz de la cheminée est de 8 % et que la température de ces gaz est d’environ 3i5° G, la chaleur perdue dans la cheminée s’élève à environ 24 % de la chaleur totale dégagée par la combustion du charbon.
- Mais souvent la proportion de GO2 atteint seulement 5 % , et la proportion de chaleur perdue est de
- 4o % ; la température des gaz peut aussi dépasser 3i5°G et les pertes sont alors encore plus considérables.
- La présence d’un économiseur dans sa chaufferie 11e doit pas rendre l’industriel indifférent à ces pertes de chaleur par les gaz qui s’échappent dans les carneaux : si l’on considère, en effet, le faible rendement des économiseurs, rarement supérieur à-35 % , il vaut beaucoup mieux utiliser le plus possible la chaleur provenant de la combustion du charbon,, en la transformant directement en vapeur dans la-chaudière, que d’en perdre beaucoup dans les carneaux pour en récupérer une petite partie dans de grands économiseurs.
- Pour diminuer autant que possible le gaspillage-de chaleur, il faut apporter la plus grande attention à la proportion de CO2 dans les gaz de la cheminée pour une température des gaz de 315° G ; si cette proportion est de 10 %, la perte de chaleur est de 20,2 % ; si la proportion de CO2 atteint 12 % , la perte de chaleur s’abaisse à 17,1. Mais il est prudent de ne pas dépasser, pour la proportion de GO2, une moyenne de toà 11 %, au risqué de provoquer la formation de CO, qui est une nouvelle cause de perte de chaleur.
- Les meilleurs résultats seront obtenus en contrôlant la composition des gaz au moyen d’appareils automatiques et en donnant aux chauffeurs un entraînement et une instruction excellents. Une des meilleures méthodes imaginées dans ce but est celle qu’emploie la Société de'Hambourg pour la diminution de la fumée; cette Société possède plusieurs chauffeurs très exercés, constamment occupés à surveiller et instruire les chauffeurs employés par ses membres adhérents.
- Un moyen très efficace pour obtenir une bonne utilisation du combustible consiste aussi à accorder aux chauffeurs des primes basées sur la proportion de GO2 et sur la température des gaz.
- Les appareils à employer pour effectuer ce contrôle sont d’ailleurs peu coûteux et peuvent être employés dans les plus petites chaufferies.
- Les moyens exposés ci-dessus, employés concurremment avec un entretien régulier et fréquent des chaudières et de leurs maçonneries, une régulation parfaite de l’air aux différentes allures, le tirage forcé avec de l’air préalablement réchauffé, permettent de réaliser une utilisation du combustible incomparablement meilleure que celle communément obtenue jusqu’à présent.
- IL B.
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- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Docks de charbon de Duluth (Minnesota.) — Electricol World, 6 avril 1911.
- Le port de Duluth comporte 21 docks de charbon, ayant une capacité totale de 6 000000 de tonnes.
- Onze de ces docks, les principaux et les plus modernes, sont desservis électriquement et emploient, sauf deux d’entre eux, des moteurs à courant alternatif à la fréquence de 25 périodes.
- Les plus modernes sont du type « man-trolley », c’est-à-dire que la cabine du mécanicien fait partie du chariot de levage; le mécanicien voit ainsi facilement tous les mouvements de la benne suspendue au-dessous de lui.
- Les surfaces des docks sont divisées en deux ou trois zones de 76 mètres de largeur et quelquefois 600 mètres de longueur, parallèles aux quais. Chaque zone est desservie par plusieurs ponts en acier dont l’extrémité construite en cantilever s’étend au-dessus de l’eau et forme une portion de la voie de trolley qui s’étend en arrière à i5o ou 200 mètres. Ces ponts sont établis pour se déplacer transversalement à la vitesse de i5 mètres par minute, au moyen de quatre moteurs de 75 chevaux accouplés par arbres et engrenages.
- Le pont proprement dit supporte le chariot éléva-teiir auquel est suspendue la benne, qui peut ainsi puiser le charbon dans les chalands même et le décharger soit dans les wagons qui circulent sur les docks, soit sur les tas qui couvrent ces docks.
- Dans l’un des types de pont, le courant de 25 périodes est distribué directement à 13 000 volts par des lignes de trolley caténaires, aux chariots, sur lesquels sont montés les transformateurs réduisant la tension pour les moteurs à 440 volts. Un moteur de i5o chevaux sert à fermer la benne automatique, qui pèse 8 tonnes et peut contenir 5 tonnes de charbon. Pour l’élévation de la benne, à ce premier moteur de i5o chevaux vient s’ajouter un autre moteur semblable; la puissance de 3oo chevaux ainsi développée élève la benne à la vitesse verticale d’environ i,5o mètre par seconde. Les manœuvres se font au moyen d’appareils de contrôle pneumatiques avec circuits auxiliaires à courant continu.
- 'Le pont le plus récent monté à Duluth a un moteur de 225 chevaux qui ferme la benne et la monte à la vitesse de 1,10 mètre par seconde. Le chariot est mû
- à la vitesse de 364 mètres par minute par deux moteurs de 112 chevaux.
- Dans ce dernier type de pont, la tension de i3 20o' volts est réduite à 44<> volts par des transi-formateurs placés dans une sous-station: on évite ainsi de faire transporter au chariot le poids des transformateurs.
- H. B.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Appareil de réception téléphonique de signaux sous-marins. — J. Gardner. — Comptes Rendus, 26 juin 1911.
- L'appareil récepteur que l’auteur a employé dans ses recherches, est basé sur un système téléphonique. La cuirasse même du navire constitue la paroi, qui est directement influencée par les ondes sonores transmises par l’eau. Les vibrations de la cuirasse amènent les changements de résistance électrique dans un microphone monté de façon à pouvoir être influencé par elles. Le microphone est relié électriquement avec un récepteur téléphonique, placé dans une partie convenablement choisie du bâtiment. L’observateur doit pouvoir déterminer la direction précise des ondes émises par la cloche.
- Ce système d’appareils récepteurs vient d’être adopté par la marine française à la suite des essais qui ont été faits au port de Cherbourg, et les modèles qui sont construits actuellement pour cet usage en France, par MM. F. Ducretet et E. Roger, comprennent un transmetteur microphonique très sensible, renfermé dans une boîte parfaitement étanche, en fonte, solidement fixée contre la cuirasse du navire, au-dessous de la ligne de flottaison, et relié à une paire de téléphones qu’on fixe aux oreilles.
- Ce microphone reçoit les vibrations par l’intermédiaire d’un anneau de métal à l’extrémité duquel il est vissé et qui est fixé solidement au fond de la boîte par l’extrémité diamétralement opposée. Cet anneau, dont les dimensions ont été rigoureusement déterminées, possède des propriétés de résonance très marquées, de telle sorte qu’il ne puisse entrer en vibration que sous l’influence exclusive des ondes sonores émises par la cloche sous-marine, à la fréquence la plus convenable pour la transmission des signaux.
- L’utilisation du phénomène connu de la résonance permet, en même temps,d’accroître considé-
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- rablement la portée des signaux, les sons provenant de la clocle étant amplifiés par résonance, et ceux provenant du bateau même (bruits d’hélices, frottement des vagues, etc.) étant amoindris dans leurs effets sur l’appareil téléphonique.
- Chaquè bateau comprend deux systèmes semblables, l’un fixé à bâbord, l’autre à tribord, et l’opérateur peut connecter à volonté à l'aide d’un commutateur le récepteur téléphonique sur l’un ou l’autre des microphones. 11 est ainsi possible de comparer les intensités des sons frappant les deux côtés du bâtiment. En modifiant ensuite la direction du bateau jusqu’à ce que les deux microphones soient également influencés, on peut arriver à déterminer la direction suivantlaquelle les sons sont émis.
- Sur un moyen de supprimer les troubles causés aux lignes télégraphiques par les lignes d’énergie. — Girousse. — Comptes Rendus, io juillet i 911.
- M. Voisenat a indiqué, pour affranchir les
- récepteurs télégraphiques de l’influence perturbatrice des lignes d’énergie à courants alternatifs, l’emploi de récepteurs différentiels : l’un des enroulements est monté en série avec une capacité et une self, l’autre avec une résistance ; ces deux enroulements travaillent en opposition.
- Mais à ce procédé, on fait l’objection d’ôtre trop coûteux et d’entraîner l’emploi de- tensions et d’intensités trop élevées.
- M. Girousse montre que ce dispositif peut être affranchi de ces inconvénients, si l’on a soin de rendre les deux enroulements aussi identiques que possible, et leurs impédances égales pour les courants parasites qu’il s’agit d’éliminer, si, d’autre part, on emploie des selfs sans fer (elles ont alors, en pratique, 100 ohms par henry) et si enfin on s’arrange pour que le fonctionnement soit satisfaisant en courant continu.
- Des expériences ont été faites sur ces données et ont donné de très bons résultats.
- A. S.
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- Durée des autorisations de voirie. — P. Bou-gault. — La Houille Blanche, avril 1911.
- *Le bruit s’est répandu, récemment, dans le milieu des électriciens, que, dans les hautes sphères administratives, on aurait l’intention d’insérer, dans les autorisations de voirie, une limitation de durée, ou tout au moins d’indiquer que l’autorité compétente, pour accorder la permission de voirie, aurait le droit de lui impartir un délai.
- Cette innovation est extrêmement grave et particulièrement menaçante.
- L’auteur se borne à faire la démonstration suivante :
- La limitation d'une permission de voirie, en ce qui concerne la durée, est absolument illégale, parce qu elle est contraire à la loi de 1906.
- La loi de 1906, dans son article 3, établit d’une façon formelle qu’une distribution d’énergie électrique peut être exploitée sous trois régimes différents, entre lesquels il n’est fait aucune distinction, ni préférence : la permission de voirie,
- sans durée déterminée, la concession avec durée déterminée, et la concession avec déclaration d’utilité publique.
- Le deuxième paragraphe de cet article reconnaît que « sur la demande de l’entrepreneur, la même disposition peut être soumise à ces trois régimes dans différentes parties de son parcours ».
- Il serait difficile d’avoir un texte plus formel que celui du premier paragraphe : la permission ne comporte pas de durée déterminée; la concession, au contraire, comporte la fixation d’un terme; et l’on peut dire que cette fixation est de l’essence même de la concession, parce que toute concession constitue un contrat, discuté et adopté d’un commun accord ; mais elle est absolument contraire à la nature de la permission de voirie, qui se résume en une mesure de police, unilatérale, étrangère à toute discussion. Elle existe, ou elle n’existe pas; elle est donnée, refusée ou retirée : c’est à ce titre qu’elle est précaire et révocable. Or, il parait banal, jusqu’à la naïveté, de faire remarquer qu’une"autorisation
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- perpétuellement révocable ne doit pas être soumise à une durée déterminée : une limitation temporaire, loin de se concilier avec une révocabilité permanente, serait plutôt faite pour la supprimer (*).
- Aussi, sousle régime antérieur à la loi de 1906, les distributions d'énergie électrique étaient autorisées sans limitation de durée, absolument comme le sont encore, et l’ont toujours été, les permissions d’aqueduc, sous les routes, les canalisations d’eaux ménagères pour la desserte des maisons et les autorisations de prise d’eau sur les rivières navigables.
- Et, en écrivant cet article, le législateur ne pouvait avoir d’autre but que de maintenir les dispositions que la nouvelle loi trouvait en vigueur.
- Cela est révélé, avec la dernière évidence, par les travaux préparatoires de la loi de 1906, dont l’enfantement a été particulièrement laborieux.
- Il est inexact de dire qu’en fait une permission une fois donnée neutralise le pouvoir de l’Etat, ou de la commune, de donner une autre autorisation ou concession : il est créé un modus vivendi, légal, rigoureusement obligatoire à tous ceux qui bénéficient d’une autorisation, puisque l’article 12, § a, du même décret, dispose que la non-observation des décrets et règlements serait une clause de retrait de l’autorisation.
- En pratique, une installation peut toujours être modifiée : la question des frais est réglée par les articles précités et il est à remarquer que
- (t) Voici le texte de l’article 3, que, dans certaines sphères, on paraît avoir oublié : « Une distribution d’énergie, empruntant sur tout ou partie de son parcours les voies publiques, peut être exploitée, soit en vertu de permission de voirie, sans durée déterminée, dans les conditions spéciliées au litre 3 de la préseule loi, soit en vertu de concessions d’une durée déterminée avec
- cahier des charges et tarif maximum......
- «Elle peut, suivant la demande de l’entrepreneur, être soumise simultanément dans des communes différentes à des régimes différents, soit celui des permissions de voirie sur une partie de son réseau, soit celui de la concession simple, ou celui de la concession déclarée d’utilité publique dans d’auti’es parties. »
- ce n’est jamais -l'administration qui les supporte.
- Cette législation qui rend obligatoire la modification de l’installation est incontestablement plus heureuse que serait le brusque retrait de l’autorisation existante, retrait prononcé au profit d’un occupant postérieur; elle est plus heureuse également que la fixation d’un délai qui permettrait d’atteindre la fin d’une autorisation donnée, pour adjuger la place à tout autre qui la solliciterait.
- En effet, trois hypothèses peuvent être envisagées : ou bien l’administration renouvellera purement et simplement l’autorisation légalement terminée; ou bien elle la modifiera, avant de la renouveler pour permettre d’autres occupations : mais, nous avons vu qu’elle a incontestablement le droit de le faire dans l’état actuel des choses.
- Donc, dans ces deux cas, la fixation d’une durée est inutile.
- Ou bien — et c’est la troisième hypothèse — l’administration attendra la fin de l’autorisation, et en refusera le renouvellement, motif pris qu’il faut réserver un sol libre pour d’autres occupations : on dira donc que le sol est « encombré » par une ligne installée, utile et quelquefois nécessaire, dont on ordonnera l’enlèvement pour « encombrer » le même sol par d’autres occupations.
- Or, c’est précisément l’odieux de cette mesure qui a poussé la jurisprudence administrative à déclarer illégal un arrêté, basé sur l’intérêt d’autrui, et le rédacteur du décret à prévoir une série de modifications qui permettront la coexistence.
- Aussi, il paraît tomber sous le sens qu’une limitation dans la durée est aussi contraire au décret du 3 avril 1908 qu’elle est contraire au texte et à l’esprit de la loi de 1906.
- De tout ceci, une conclusion s’impose : c’est qu’il faut répandre dans le public des électriciens, les travaux préparatoires de la loi de 1906.
- S’il était permis d’espérer que l’on ait le temps de lire lesdits travaux, dans les hautes sphères administratives, on pourrait peut-être espérer un revirement dans l’état des projets.
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- VARIÉTÉS
- L’électricité dans les bureaux.
- Voici comment, d’après un journal allemand ('), on peut concevoir dès maintenant la transformation radicale du fonctionnement d’un bureau d’affaires, par l’emploi d’une série d’appareils électriques appropriés. Ceux auxquels il'est fait allusion dans l’article que nous citons sont tous de construction allemande.
- Les machines à dicter sont, en principe, des phonographes qui enregistrent les paroles sur des rouleaux de cire. Elles permettent de dicter à n’importe quel moment, en dehors de la présence d’une deuxième personne. La sténographie est ainsi complètement éliminée : on économise du temps et on évite les fautes qui peuvent résulter de la dictée et de la copie. Il ne peut pas non plus y avoir de contestation entre la personne qui a dicté et celle qui écrit. Les rouleaux de cire peuvent être utilisés très longtemps, on peut les polir à nouveau après s’en être servi, jusqu’à 80 et 100 fois; la consommation en est donc minime.
- Les appareils sont actionnés par des moteurs électriques et peuvent être branchés sur n’importe quel circuit de lumière ou de force au moyen de contacts à fiches ou à vis. Si l’on ne dispose pas du courant d’un secteur, on peut se servir du faible courant d’un accumulateur.
- Le service de l’appareil « Odéon », par exemple, est le suivant : on place sur un cône spécial, porté par l’appareil, un rouleau de cire ; au moyen d’un levier, on place la membrane au point voulu par l’apport au rouleau et on ferme le circuit électrique. Le moteur se trouve ainsi tout d’abord mis en marche. Ensuite, avec un petit levier, on met également le rouleau en marche, et l’appareil est prêt pour la dictée. Pour dicter, on se sert d’un tube spécial dont on tient l’embouchure tout contre ses lèvres. Le levier qui sert à la mise en marche du rouleau sert aussi à l’arrêter instantanément. L’arrêt peut être obtenu également au moyen d’un dispositif pneumatique actionné au pied. L’arrêt du rouleau a pour but de l'empêcher de tourner avide pendant les petits arrêts de la dictée, par exemple les instants de réflexion ou autres. Pour le dactylographe, il est
- (*) Ilélios, a5 juin et 2 juillol 1911,
- prévu un casque s’adaptant sur la tête, afin de lui laisser les mains libres pour écrire, tout en écoutant la dictée transmise.
- Lorsque les lettres sont écrites et signées, il faut les copier.
- La machine à copier électrique coupe les copies et les rassemble automatiquement.
- Les lettres qui doivent être expédiées à un grand nombre de destinataires différents, telles que circulaires,. offres, sont reproduites électriquement. On peut employer pour cela soit l’ancien procédé à la gélatine, soit un nouveau procédé d’impression, le « printographe », imprimant 3 000 exemplaires par heure; il enlève les exemplaires automatiquement de la machine et les range en paquet.
- Lorsque les lettres sont terminées, elles doivent être pliées ; la plieuse est établie pour des formats différents. Pour le pliage des lettres destinées aux enveloppes à fenêtres, on fixe une manivelle sur l’arbre de commande et on ajoute sur le côté une table auxiliaire grâce à laquelle les lettres sont amenées séparément jusqu’à la table d’expédition. Lorsqu’on tourne la manette, la lettre est entraînée par le couteau de pliage entre des cylindres, ce qui produit le pli. Le réglage de la machine pour des modes de pliage différents se fait en déplaçant des curseurs et un butoir. La puissance de production de cette machine est de 3 000 lettres à l’heure.
- Pour les services qui ont à envoyer régulièrement des lettres aux mêmes adresses, on peut employer la machine électrique à imprimer les adresses « Success ». Les adresses sont tout d’abord poinçonnées électriquement une. fois pour toutes; on peut poinçonner 80 à 100 adresses à l’heure. Ensuite l’impression se fait à la presse. Le poinçonnage est fait dans du papier, de façon à former des cartes servant comme de pochoirs. Ces cartes sont empilées dans une glissière verticale et amenées, l’une après l’autre, contre un ruban encré où se fait l’impression des enveloppes. On peut, avec une de ces machines, imprimer 2000 à 2 5oo adresses à. l’heure. Il faut introduire les enveloppes à la main dans la machine. On peut imprimer également, par ce procédé, des listes, etc.
- La fermeture des enveloppes peut être faite également par une machine à commande électrique-: les enveloppes sont posées en piles sur la machine, le
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- moteur est mis en marche, et les enveloppes sortent de la machine fermées.
- L’affranchissement automatique des lettres assure en môme temps le contrôle de la caisse de ports. La condition primordiale pour l’emploi d’une machine de ce genre, est que les timbres soient en rouleaux de la largeur d’un seul timbre. La Zéit-schrift fiirprahtischen Maschinenbau (n° 11, «gu), contient la description d’une machine à commande électrique permettant d’obtenir ce résultat. Les demi-feuilles de timbres, qui ont une largeur de dix timbres et une longueur de vingt, sont tout d’abord collées bout à bout, et ensuite roulées, avec intercalation de papier Manille, de façon à former de grosses bobines. On fait ensuite le bobinage des roulettes; tout d’abord on coupe une roulette de papier Manille de la largeur d’un timbre. La machine possède dix fuseaux portant chacun une roulette munie d’un côté d’une bride qui guide les timbres. Les bandes de timbres sont séparées les unes des autres par des couteaux rotatifs. On peut faire de cette façon en sept heures i 200 roulettes de chacune 5oo timbres.
- Une machine à coller les timbres est à commande électrique; elle déroule les timbres, les sépare, les mouille, y poinçonne la marque de la maison, les colle, les compte, fait la somme de la consommation totale et renvoie les lettres affranchies. La puissance de production est de 5 000 affranchissements à l’heure^
- Lors de la réception du courrier, on se sert également de machines de bureau à commande électrique.
- La machine à ouvrir les lettres « Blitz » (Eclair) supprime l’ouverture à la main. Les lettres sont placées sur la plaque contre la butée et le moteur coupe une très fine bande sur le bord de l’enveloppe qui se trouve ouverte.
- Pour la distribution du courrier dans les divers bureaux, on emploie beaucoup l’électricité. De petits monte-charges assurent le service entre les étages, des tubes pneumatiques servent pour le transport, non seulement de lettres roulées, mais môme d’argent, ce qui permet dans les grands magasins de centraliser la caisse. Il est inutile de dire que, la plupartdu temps, l'air comprimé est obtenu au moyen d’une machine à commande électrique.
- La poste automatique à câble sert également à transporter des papiers, des sommes d’argent, etc., mais ne peut être employée que pour des objets de -moins de 6 kilogrammes. Elle joint au transport
- automatique là levée et la distribution automatique des objets à transporter. Le fonctionnement est le suivant : de petits wagons munis de pinces sont entraînés le long de deux rails placés l’un au-dessus de l’autre, par une corde sans fin, actionnée par un moteur électrique ; ils passent à intervalles réguliers à tous les postes de la ligne desservie. A chaque station correspond une pince qui ne prend et ne délivre d’objets qu’à sa station. Les autres pinces passent cette station sans lâcher leur contenu. La pince, qui est montée sur charnières, saisit automatiquement les pièces de correspondance et les transporte à l’endroit voulu. On peut môme envoyer ainsi simultanément et indépendamment des papiers à des endroits différents. Les pinces sont fixées à un câble actionné électriquement et s’ouvrent et se referment automatiquement. A l’instant du dépôt d’un envoi à station réceptrice, la pince s’est ouverte et a laissé tomber son contenu dans un panier.
- Lorsqu’elle continue à se déplacer, elle prend automatiquement les objets préparés sur la tablette de départ. Les objets emportés ne peuvent être livrés qu’à la station à laquelle-ils sont destinés et, d’autre part, les pinces 11e peuvent prendre les envois que là où ils sont déjà préparés. Une station se compose essentiellement d’une tablette de départ et d’une tablette de réception qui est, en général, simplement une corbeille. Les stations peuvent être disposées verticalement (lorsque le système suit les murs ou le plafond) ou horizontalement. Pour le transport des pièces plus lourdes, on emploie des récipients spéciaux. Dans les ministères, les rédactions de journaux, les bureaux d’expédition, les grands magasins, etc., ce système a été employé avec succès.
- Les divers travaux accessoires d’un service de bureau sont en grande partie déjà exécutables au moyen de machines électriques. La machine à tailler les crayons, là perforeuse pour les relieurs, la machine à relier, peuvent être commandées électriquement. Ce sont simplement des machines à main transformées pour commande électrique, et il n’y à pas lieu de les décrire plus spécialement.
- Une application nouvelle et intéressante de l’électricité au service des bureaux est constituée par la machine à compter les pièces de monnaie et' à les mettre en rouleaux. Elle fournit le travail de six personnes avec une dépense d’énergie de 1/16 de cheval. Les pièces à compter sont versées sur une planchette spéciale munie d’un rebord et, de là, elles sont poussées à la main dans la glissière. A cet en-
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- droit, elles sont contrôlées automatiquement au point de vue, de leur épaisseur, ainsi que de leur diamètre. Les pièces trop grandes sont arrêtées ; lorsqu’il passe des pièces pliées ou défectueuses, la machine s’arrête. Au passage de chaque pièce, un dispositif de déclenchement fonctionne et on sait exactement le nombre de pièces qui ont passé. Celles-ci vont ensuite sur une forme composée d’une mâchoire fixe et d’une mâchoire mobile. La mâchoire mobile est plus ou moins écartée, suivant la longueur du rouleau à obtenir et les pièces viennent se ranger sur deux guides d’acier. Lorsque la pile a atteint une certaine longueur, par exemple 5o pièces,, elle est enveloppée. Elle est saisie par une pince et portée au dispositif d’enveloppement et à ce moment le dispositif compteur se remet en mouvement et laisse passer d’autres pièces.
- La commande du dispositif d’enveloppement est faite directement par l’arbre principal et l’accouplement se fait automatiquement. Le papier est amené sur deux rouleaux guides qui le maintiennent tendu. Le papier est seulement replié aux deux extrémités du rouleau au moyen d’un appareil spécial ; les rouleaux restent donc ouverts et on peut voir de quelles pièces ils sont composés.
- La machine met ainsi en rouleaux de 3oo à 400 pièces par minute et remplace un travail manuel qui entraîne une grande responsabilité par un travail mécanique économique.
- Une machine à additionner (' ) à commande électrique a été employée avec succès par l’administration des chemins de fer.
- Le service des marchandises en question doit, chaque jour, calculer a5o pages entières, ce qui nécessitait quatre employés qui effectuaient en même temps le contrôle du port.
- Tout d’abord, on a introduit une machine à additionner commandée à la main, avec laquelle un employé, avec un peu- de pratique, additionnait i5o pages, sans le contrôle du port; les fautes étaient excessivement rares.
- Ensuite, on a essajm si la machine pouvait être employée pour la vérification sommaire des ports ou si elle pouvait être commode pour faire la multiplication. Le multiplicande était écrit tout d’abord dans la colonne des unités et on manoeuvrait la manette autant de fois qu’il devait être multiplié. La
- (') Zeitung des Vereines Deutscher Eisenhahnver-waltungen, iç)ii,page 49^ et suiv.
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- même chose était faite ensuite pour le^ dizaines, les centaines, etc. Pour le calcul du port, on a constaté, également, que la rapidité était beaucoup plus grande que par le calcul de tête. Toutefois,'vers la fin de la journée, les employés étaient fatigués par la manipulation incessante de la manette et fournissaient moins de travail.
- On est passé de là à la construction de la machine électrique; la commande de la manette se fait par un moteur électrique mis en marche très facilement au moyen d’un manipulateur.
- Les essais ont montré qu’avec cette machine un employé peut journellement calculer et vérifier iso pages, soit 40 % de plus qu’avec la machine à main et 100 % de plus qu’avec le calcul ordinaire. Et', de plus, il n’en résulte aucune fatigue pour l’employé. Les économies que l’on peut réaliser sont évidentes si l’on sait que les frais d’achat d’une machine à calculer à commande électrique ne sont que de 3 000 francs environ.
- La machine à classer et à compter permet de supprimer le travail intellectuel dans beaucoup de travaux statistiques. Elle repose sur le principe de la cartothèque; chaque objet à classer correspond à une carte imprimée d’après un schéma déterminé et divisé en rubriques. Chaque indication est exprimée au moyen d’un chiffre et pour cela la machine perce un trou à un endroit déterminé correspondant à ce chiffre. On introduit des paquets de ces cartes dans-la machine à classer ; chaque carte a un coin coupé en biais pour servir au guidage. Un dispositif spécial fait toujours passer une carte dans l’ouverture. La classification se fait de la façon suivante l un balai de contact est disposé sur la ligne verticale voulue ; il glisse sur les chiffres et dès qu’il arrive à un trou, il ferme pendant un instant le circuit d’un électro-aimant; la glissière s’ouvre en un point déterminé et la carte tombe. Suivant la hauteur où se' trouve le trou, c’est un point ou un autre de la glissière qui s’ouvre, dirigeant ainsi la carte vers l’une ou l’autre des boîtes de classement. Aussitôt après que la carte est passée les glissières se ferment automatiquement.
- La machine permet de classer de cette façon i5 ooo-cartes à l’heure.
- S’il s’agit de plus de dix classes, la classification, doit être faite d’abord pour jes unités et ensuite pour les dizaines. Pour le pointage, les cartes sont passées ensuite dans la machine à compter. Celle-ci est munie également de contacts qui sont fermés à travers les trous percés dans les cartes. A chaque rou-
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- lette à chiffre correspond un accouplement entraîné par l’arbre qui traverse les mécanismes d’addition ; au moment du passage du courant, l’arbre s’accouple avec la roulette et la fait tourner jusqu’à un certain point où les électros se trouvent hors circuit et débraient l’accouplement. La machine additionne ainsi les indications numériques des diverses rubriques.
- Cette machine permet la mise en rubriques de
- toutes les affaires, d’après les points de vue les plus divers. Elle permet d’établir le nombre des transactions de toutes sortes, et d'additionner les sommes relatives à chacune d’elles : recensement, statistique commerciale, bilans, feuilles de paie, établissements des frais généraux de fabrication et des bénéfices, inventaires, chiffre d’affaires, etc.
- E. B.
- BIBLIOGRAPHIE
- II est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- L’électrification des grandes lignes de che znins de fer, par J. Signorel.— i volume in-8° carré de a32 pages. — Berger-Levrault, éditeur, Paris. — Prix : broché, 5 francs.
- Une statistique, close il y a trois ans, évalue à .près d’un million de kilomètres (mille fois la traversée de la France d’un bout à l’autre) le développement total des lignes de chemins de fer du monde; plus de a5o milliards de francs constiluentle capital absorbé par cette œuvre colossale, qui venait à peine de naître, il y a quatre-vingts ans.
- C’est la machine à vapeur qui a fait ce prodige : mais, depuis près de vingt ans, l’électricité paraît une rivale de plus en plus menaçante : elle a réussi à entraîner les convois à plus de 200 kilomètres à l’heure (expériences sur la ligne électrique de Zosscn à Marienfeld) ; elle ne donne pas de fumée, pas de bruit; elle est propre, commode, toujours prête à donner immédiatement tout son effort, et alors à le donner pendant vingt-quatre heures de suite; elle facilite considérablement les manœuvres de garage, de virage aux points terminus ; enfin on peut la créer avec des chutes d’eau, énergie naturelle qui ne •chôme jamais.
- Voilà bien des qualités. En faire l’analyse détaillée, chercher même quelques ombres à un si beau tableau, voir enfin très exactement quel avenir on doit rationnellement attribuer à la traction électrique, telle est la tâche que M. J. Signorel s’est imposée.
- Son ouvrage est surtout une compilation : nous ne lui reprocherons pas ce caractère, car rien n’est plus utile qu’une compilation bien faite, et celle-ci
- nous a paru être faite avec suffisamment de soin pour rendre des services. Sans être très approfondis, les commentaires dont l’auteur accompagne les nombreux documents qu’il présente sont établis avec ordre et cohésion. L’ouvrage est divisé en deux parties.
- La première, consacrée à la technique de l’électrification, traite à peu près uniquement des systèmes à alimentation directe. La traction par accumulateurs est simplement mentionnée.
- Nous n’insisterons pas sur les comparaisons entre la traction continue, triphasée, monophasée : cette question capitale a été assez souvent exposée ici pour être devenue à peu près classique pour nos lecteurs.
- Dans le chapitre de la « comparaison entre l’électricité et la vapeur », on trouve des considérations très suggestives; elles sont suivies des documents sur les résultats économiques des électrifications.
- Nous signalerons, notamment, un intéressant résumé des discussions émises sur l’électrification des lignes au point de vue militaire.
- Si l’on envisage la défense nationale, la locomotive à vapeur, unité indépendante, se recommande comme infiniment moins facile à paralyser que le matériel électrique ; la destruction d’une centrale ou d’une ligne de transport peut annihiler celui-ci.
- Dans la deuxième partie, l’auteur étudie la pratique de l’électrification dans les pays suivants ; Espagne, Belgique, Hollande, Suède et Norwège, Russie, Suisse, Italie, Autriche-Hongrie, Allemagne, Angleterre, Etats-Unis, France.
- S. F.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Les réseaux électriques en France (Suite).
- C’est le 18 novembre 1907 que fut définitivement constituée la Société Roubaisienne d’Eclairage par le Gaz et l’Electricité, au capital de trois millions de francs, représenté par 12 000 actions de aüo francs chacune. La presque totalité des actions restait aux mains de l’Energie Electrique du Nord qui passait avec sa liliale une convention de fourniture de l’énergie dont elle avait besoin, avec toutefois la réserve de pouvoir livrer directement le courant aux clients dont les moteurs dépasseraient aü chevaux. La nouvelle société bénéficiait de la concession de l’éclairage de Roubaix par le gaz et l’électricité pour une période de trente ans à partir du ier jan-' vier 1910. Le contrat de concession comportait le principe du partage des bénéfices avec les consommateurs ; car au delà d’un dividende cumulatif dé 8 % , la moitié du supplément doit être retournée aux consommateurs en diminution de leurs factures. Le programme initial prévoyait environ seplmillions de dépenses, etdes recettes pouvant atteindre dès les premières années 2 200000 francs, laissant dans la première période d’exploitation un bénéfice net de 6 à 7 % .
- Roubaix ayant une population de iu5 000 habitants, très agglomérée, très intéressée aux progrès de l’industrie, ces prévisions, qui s’appliquaient aux deux modes d’éclairage,ne pouvaient paraître exagérées pour cette ville manufacturière où la concentration industrielle est exceptionnelle.
- Au 3o mai 1908, les contrats signés avec l’Energie Electrique du Nord représentaient déjà 700 chevaux. Deux années furent consacrées à l’installation des réseaux primaire et secondaire d’éclairage et de force motrice. Durant l’hiver de 1909, quelques clients purent être raccordés, mais l’exploitation de la société ne
- débuta réellement,suivant ses conventions, qu’au ier janvier 1910.
- Les bilans au 3i décembre 1908 et au 3i décembre 1909 ne présentèrent donc aucun compte de profits et pertes. Le premier exercice s’achevait sans que la société reconnût la nécessité d’appeler plus du quart de son capital. Elle exécutait néanmoins pouf 5o6 3i8 francs de travaux et remplissait ses engagements financiers vis-à-vis de la ville de Roubaix qui lui avait imposé, outre le cautionnement d’usage, le versement d’une somme de 35o 000 francs. La société consacrait son deuxième exercice, l’année 1909, à compléter ses réseaux, à faire souscrire des polices pour plus de 40000 lampes électriques, à relier ses abonnés aux réseaux et à lever l’option qu’elle tenait des anciens concessionnaires du gaz en achetant l’ensemble de leur usine avec toutes les installations, accessoires et canalisations dans Roubaix. Là, comme partout ailleurs, le nouveau mode d’éclairage ne diminuait pas la vente du gaz.
- Pour réaliser tous ces travaux et solder cette acquisition, le Conseil d’administration de la Société Roubaisienne avait obtenu de ses actionnaires l’autorisation d’émettre pour 4 millions d’obligations, .avec faculté de leur conférer une affectation hypothécaire. Au 3i décembre 1909, deux millions de ces obligations étaient souscrites et sans que le conseil eût reconnu la nécessité d’appeler les trois autres quarts du capital-actions, grâce à une combinaison financière qui lui permit de faire face à toutes ses dépenses d’installations et d’entrée en exploitation. Les sommes affectées, au 3i décembre 1909, tant aux installations d’électricité qu'aux installations de gaz, se montaient au total de 4 273 028 fr. 35, dans lequel le compte électricité rentre pour une somme de \ 538 848 fr. 80. Au passif, figurait alors, comme contre-partie, pour 2 23i i32 francs de créditeurs divers. — ---
- Mais, la Société Roubaisienne se trouvait en
- 0) Lumière Electrique, 17 juin 1911, p. 344.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série).-—N°c0.
- mesure, dès le ior janvier 1910, de remplir les obligations de son contrat de concession avec la ville de Roubaix. Elle débutait avec 36 260 lampes et 1 080 chevaux de force motrice installés ; elle achetait à l’Energie Electrique du Nord tout le courant dont elle avait besoin et vendait, au cours de 1910, 1 229 5oo kilowatts-heures à sa clientèle. Au ier janvier 1911, le nombre des lampes installées avait presque doublé ; il était de 62 734 et la puissance des moteurs installés avait augmenté de 20 % . Les immobilisations correspondantes figuraient alors au bilan de 1910 pour 1 939028 fr. pour les installations électriques et pour 3 447 447 francs pour le réseau du gaz. Les recettes brutes atteignaient 2 536270 francs, laissant un bénéfice d’exploitation de 452 779 francs, et un bénéfice net de 234 4>9 francs.
- La deuxième tranche de 2 millions des obligations hypothécaires avait été souscrite au cours de l’année et les actionnaires s’étaient presque entièrement libérés. Le compte créditeurs divers ne figurait plus, malgré les importantes dépenses de premier établissement, que pour une somme de 499 331 francs.
- (A suivre.) A. Solieh.
- Généralités sur la commande électrique des appareils de levage (Suite) (').
- VITESSES DES MOTEURS
- M. G. Brentenall-Duckett donne (fig. 1) une série de diagrammes qui permettent de calculer l’augmentation des vitesses des différents mouvements suivant la charge. On voit que le rapport de l’augmentation de vitesse à la diminution de la charge est environ de 3 pour la levée, de 2 pour le déplacement transversal, et de 1,5 pour le déplacement longitudinal. Naturellement la vitesse à vide ne doit pas dépasser la limite de sécurité, surtout pour le moteur de levage, car la vitesse, lors de la descente d’une charge, peut être beaucoup plus grande que pendant la levée d’une charge très légère ; dans ce cas, à moins d’un régulateur de vitesse de descente automatique, le conducteur de l’appareil serait seul chargé d’éviter un accident.
- Les figures 2 donnent les courbes des vitesses suivant le diamètre de l’induit pour les moteurs com-'mandant les différents mouvements.
- Comparaison des divers types de moteurs.
- La plupart des appareils de levage à commande électrique sont à courant continu; c’est d’ailleurs la forme sous laquelle la plupart des secteurs et stations
- Charge en %
- Fig. 1. — a, déplacement longitudinal; h, déplacement transversal ; c, levée.
- centrales françaises distxûbuent le courant, et c’est d’autre part sous cette forme également qu’il est
- Diamètre de /’induit.
- Fig. 2. — a, déplacement longitudinal; 6, déplacement transversal ; c, levée.
- utilisé dans les usines ou entreprises qui produisent elles-mêmes l’énergie électrique nécessaire à leurs besoins.
- Le moteur à courant continu est d’ailleurs de
- (^Lumière Electrique, 3 juin 1911, p. 283.
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- beaucoup celui qui se prête le mieux à la commande des appareils de levage, par suite de sa souplesse, du réglage économique et simple de sa vitesse, et enfin de son couple de démarrage élevé, surtout dans le cas du moteur série. Si l’on n’a à sa disposition que du courant alternatif simple, le moteur à collecteur, qui possède des propriétés se rapprochant de celles du moteur série à courant continu, sera encore avantageusement employé. Quant aux moteurs asynchrones triphasés, ils sont loin de posséder le couple de démarrage élevé et la souplesse des moteurs à courant continu; en outre, leur rendement-n’est satisfaisant que pour d’assez faibles valeurs du glissement, et le réglage de leur vitesse ne peut s’opérer que par l'insertion dans le circuit du rotor de résistances qui absorbent inutilement une quantité importante d’énergie. Ces considérations restreignent nécessairement les limites entre lesquelles on peut faire varier leur vitesse et les rendent par suite moins aptes à la commande des appareils de levage que les moteurs à courant continu. Enfin, ils nécessitent l’emploi de lignes à trois fils, alors qu’il en suffit de deux avec le courant continu, ce qui cause une légère complication des contrôleurs et des connexions.
- * Nous étudierons successivement, dans cet article, chacun de ces trois types de moteurs au point de vue de^leur emploi dans la- commande des appareils de levage.
- A. — Moteurs a courant continu.
- Comparaison entre le moteur série et le moteur
- shunt.
- Le moteur série est aujourd’hui le plus généralement .employé. Il possède, en effet, pour les services à charge très variable, comme ceux des appareils de levage, des avantages incontestables, dont le principal est son couple de démarrage élevé.
- On sait en effet que dans un moteur série, tant que l’inducteur n’est pas saturé, le flux d’excitation augmente proportionnellement au courant I et, par suite, le couple est proportionnel à I2. Par conséquent, si l’on veut avoir, par exemple au démarrage, un couple double du couple normal, ce couple nécessitera dans un moteur shunt un courant double du courant normal, tandis qu’il n’exigera dans
- un moteur série qu’un courant égal à \J% ou i,f\ 14 fois le courant normal. Les appareils de levage devant souvent démarrer à pleine charge, on conçoit que cet avantage du moteur série soit particulièrement précieux.
- ÉLECTRIQUE 121
- D’autre part, un autre avantage du moteur série sur le moteur shunt est que ce dernier possède un nombre de spires inductrices beaucoup plus grand. Il s’ensuit que la force électromotrice de self-induction due à la rupture du courant dans les bobines inductrices d’un moteur shunt atteint une valeur considérable.
- Or, étant donné qu’un moteur de levage est soumis à des arrêts très fréquents, il peut s’ensuivre, si l’on coupe à chaque arrêt le circuit inducteur, des ruptures d’isolement des bobines inductrices et des détérioriations rapides du contrôleur. Quant à la solution qui consisterait à n’ouvrir le circuit induc— teur que pour les arrêts prolongés, elle provoquerait la dissipation en pure perte d'une importante quantité d’énergie sous forme de chaleur dans les bobines inductrices, ce qui, en outre, porterait la température de celles-ci à une valeur dangereuse pour la bonne conservation des enroulements ; cette solution est donc inapplicable en pratique.
- Néanmoins, le moteur série possède, à côté de ces avantages, l’inconvénient grave et bien connu de s’emballer à vide.
- Pour la commande des mouvements de translation, cet inconvénient n’a pratiquement aucune importance; en effet, lès moteurs qui commandent ces mouvements sont comparables à des moteurs de traction et ne fonctionnent jamais à vide; or, en matière de traction électrique, le moteur série a depuis longtemps fait ses preuves.
- Mais pour les moteurs de levage proprement dits, c’est-à-dire ceux qui actionnent le treuil qui supporte la charge, il n’en est plus de même; l’emballement pourrait être en effet à craindre, lorsque le crochet remonte à vide ou peu chargé ; il convient donc, si l’on veut néanmoins, à cause de ses avantages, employer le moteur série, de faire choix d’un moteur fortement saturé; en outre, il sera préférable de renoncer à l’emploi de celui-ci si le couple correspondant à la charge minima représente une fraction inférieure à io % du couple correspondant à la charge maxima.
- D’ailleurs, la vitesse du moteur série variant dans d’assez larges limites avec la charge, celui-ci serait d’un maniement peu commode, lorsqu’il est nécessaire d’arrêter la charge exactement en un point déterminé de sa course, ce qui est, par exemple, le cas des appareils de levage employés dans les fonderies ; dans ce dernier cas, il faudra donc recourir, malgré les inconvénients que nous avons signalés plus haut, au moteur shunt dont la vitesse ne varie que de
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- quelques pour cent avec la charge et qui est, par suite, beaucoup plus susceptible que le moteur série de s’arrêter exactement en un point déterminé.
- Quant au moteur compound à enroulements différentiels, il possède l’avantage d'une vitesse rigoureusement constante, quelle que soit la charge, mais il ne convient néanmoins pas pour la commande des appareils de levage, car, en cas de grande surcharge, le flux dû aux ampères-tours de l’enroulement série peut devenir supérieur au flux dû aux ampères-tours de l’enroulement shunt; il s’ensuivrait alors une brusque inversion du sens du flux résultant dans l’inducteur et, par suite, du sens de rotation du moteur, c'est-à-dire les plus graves dangers:
- Enfin, nous verrons que le moteur série se prête moins bien que le moteur shunt au freinage électrique.
- Construction des moteurs de levage à courant continu.
- La construction des moteurs de levage à courant continu ne diffère pas sensiblement de celle des moteurs ordinaires.
- Il faut cependant signaler que la plupart des moteurs destinés à la commande des appareils de levage sont complètement blindés, dans le but d'empêcher la poussière de venir se déposer sur les collecteurs et de pénétrer àl’intérieur des enroulements. Ces moteurs tendent naturellement à chauffer davantage, étant donné qu’aucune circulation d’air ne les refroidit.
- Si l’on veut éviter une surélévation de température dangereuse, il ne faudra donc demander à ce moteur qu’une fraction de la puissance qu’il pourrait fournir dans les mêmes conditions de service s’il était refroidi librement par le déplacement d’air provoqué par la rotation de l’induit.
- Le rapport de la puissance d’un moteur complètement blindé à celle que peut développer, dans les mêmes conditions., un moteur de mêmes dimensions à circulation d’air libre peut varier de 40 à 75 % . Un moteur complètement blindé sera donc d’un prix de retient plus’ élevé que le moteur ouvert susceptible de fournir la même puissance. Néanmoins l’emploi des moteurs blindés est, dans la plupart des cas, de beaucoup préférable, car leur blindage les protège efficacement non seulement contre les poussières, mais encore contre les avaries assez graves que pourrait causer la pénétration à l’intérieur du moteur d’ùn outil ou d’une pièce quelconque tombée accidentellement sur lui.
- Enfin, pour les appareils de levage travaillant à
- l’air libre, un blindage hermétique sera indispensable, dans le but de préserver le moteur de la pluie.
- Par contre, pour les appareils de levage placés dans des ateliers où les poussières ne sont pas trop nombreuses, on pourra faire usage de moteurs du type « blindé-ventilé », c’est à-dire dont les trappes mobiles servant à la visite du moteur sont pourvues soit de volets, soit d’un grillage permettant une circulation d’air partielle à l’intérieur du moteur; ce dispositif assure un meilleur refroidissement que le blindage complet et permet au moteur de développer une puissance variant de 70 à 100 % environ, selon le» dimensions des ouvertures réservées au passage de l’air, de celle qu’il pourrait développer, dans les mêmes conditions de service, s’il était complètement ouvert. Ce blindage partiel protège bien le moteur contre les chocs, mais non contre la pénétration des poussières ténues : il ne faudra donc en faire usage que dans les cas où ces poussières ne seront pas à craindre.
- Choix des moteurs à courant continu pour les différents services.
- Nous avons déjà dit précédemment que, les appareils de levage travaillant d’une façon intermittente, il convenait de choisir pour la commande de ces appareils des moteurs susceptibles de développer la puissance nécessaire sans surélévation de température anormalependant un certain temps seulement. Le délai d’unè heure que nous avons indiqué est un délai moyen, qui peut être réduit sans inconvénient dans certains cas et qu’il sera prudent au contraire de prolonger dans le cas d’un service très chargé. Nous donnons d’ailleurs ci-dessous, à titre d’exemples, les règles généralement adoptées en Allemagne à cet égard.
- Lorsque les moteurs ne doivent travailler qu’à des intervalles assez éloignés, ce qui est par exemple le cas des moteurs de commande des ponts tournants, des ponts-levis, des treuils d’écluses, ou encore des: moteurs de translation des grues portiques se déplaçant rarement, il y aura avantage à faire choix de moteurs susceptibles de fournir la puissance nécessaire sans surélévation de température anormale pendant trente ou quarante minutes sans interruption seulement. Cette règle pourra également être appliquée aux moteurs des grues ou des ponts roulants qui ne travaillent que très rarement à pleine charge, ainsi qu’aux moteurs de translation des chariots de ponts-roulants à voie étroite ; dans ce der-
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- nier cas, en effet,la période de translation du chariot est relativement courte par rapport aux périodes de lçVàge et de translation de l’ensemble du pont.
- Roui; un service normal tel que celui des ponts-roùlànts ou des g'r'ue's d’ateliers et de* fonderies, ou des çrues portiques, travaillant. à des intervalles plus rapprochés que les appareils précédents, mais encore par intermittences, les moteurs essayés à pleine charge pendant une heure et dans les conditions que nous avops définies précédemment conviendront parfaitement.
- Dans le cas d’un service plus chargé, par exemple lorsque 1’appareiJ devra travailler toujours à pleine charge, il sera préférable, surtout si l’on emploie des moteurs à grande vitesse angulaire, de choisir ceux-ci de telle sorte que la puissance qu’ils devront développer à pleine charge soit à peu près égale à la puissance qu’ils pourront fournir sans surélévation de température anormale, au cours d’un essai ininterrompu d’une durée d’une heure et quartà une heure et demie selon les cas.
- Enfin, dans le cas d’un service très chargé, par exemple dans les aciéries où les appareils de levage doivent travailler nuit et jour sans interruption et où, d’autre part, les manœuvres doivent être effectuées très rapidement, afin de ne pas laisser au métal le temps de se refroidir, il sera bon, pour le choix de moteurs de levage de ces appareils, de se baser sur la règle suivante : que l’on emploie des moteurs à faible vitesse angulaire, ou bien des moteurs à grande vitesse angulaire, les uns comme les autres devront pouvoir fournir la puissance nécessaire sans surélévation de température anormale pendant une. heure et demie sans interruption.
- En ce qui concerne les tensions à adopter pour l’alimentation des moteurs, s’il s’agit d’appareils d’ateliers, les tensions de iio à 220 volts, qui sont les tensions normales pour la transmission de l’énergie à l’intérieur des usines, seront en général suffisantes. Si, au contraire, les appareils sont disséminés, et si par conséquent l’énergie électrique doit être transportée à des distances relativement grandes, il y aura avantage à employer les tensions de 4 40 et 55o volts universellement adoptées aujourd’hui pour la traction électrique par courant continu.
- Réglage de la vitesse des moteurs à courant continu.
- Nous examinerons d’abord le cas d’un moteur
- m
- ê
- shunt, le plus simple, quoique le moins fréquent; en matière d’appareils de levage, d’après les remarques que nous avons faites précédemment.
- Rappelons l’expression de la vitesse d’un moteur à épurant continu
- „ U — ri U TV • ———
- n<ï>in8 “. ra«bit>8. (*)
- à quelques pour cent près.
- Dans cette expression n représente le nombre des conducteurs de l’induit et par conséquent un nombre invariable ; par contre, on peut facilement-faire varier soit la tension aux bornes de l’induit U, soit le flux 4>, ce qui offre deux moyens de régler la vitesse du moteur,
- La variation de la tension aux bornes U s’opère en intercalant des résistances variables dans le circuit de l’induit. Cette méthode, qui présente l’avantagé de la simplicité, est, par contre, .peu économique^ étant donnée la quantité d’énergie RI® relativement considérable perdue par effet Joule dans le rhéostat. Il convient de signaler que, si l’on veut faire usagé de ce procédé, le rhéostat doit être calculé beaucoup plus largement que s’il ne devait servir qu’au démarrage du moteur, puisqu’il doit pouvoir rester d’une façon permanente en circuit sans atteindre une température dangereuse.
- Le réglage de la vitesse par la variation du flux est naturellement beaucoup plus économique, puisqu’il porte sur une quantité d’énergie qui ne dépasse guère quelques pour cent de l’énergie totale absorbée par le moteur, qu’il soit petit ou grand.
- La formule montre immédiatement que, pour augmenter la vitesse N, il faut diminuer le flux<I> et inversement. Ce résultat est généralement obtenu, dans un moteur shunt, par l’insertion de résistances dans le circuit d’excitation et, dans un moteur série, par le montage d’un shunt v#riable en dérivation aux. bornes de l’inducteur. On peut encore l’obtenir plus économiquement en partageant les bobines inductrices en un certain nombre de groupes que l’on monte soit en série, soit en parallèle.
- Dans le cas où l’on emploie deux moteurs pour la commande du même mouvement, il est très avantageux de faire usage du couplage « série-*parallèle », dont l’emploi en traction électrique est devenu presque général. On sait que ce couplage consiste à monter les deux moteurs, d’abord en série et
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- ensuite en parallèle. Aux faibles vitesses, les forces contre-électromotrices des deux moteurs couplés en série s’ajoutent> ce qui permet de réduire les pertes rhéostatiques. Supposons en effet deux moteurs identiques montés en série sans rhéostat on a, en appelant E la force contre-électromotrice de chaque moteur :
- U ~ 2E -|- 2/T = 2N/iff>io-8 -f- 2/T.
- Si en première approximation nous négligeons / I, il vient :
- U = 2 N n <I> i o-8
- ou :
- N —
- U
- 2rt<I>I08'
- En rapprochant cette expression de l’expression ( i ) on voit que l’on pourra obtenir une vitesse inférieure à la vitesse normale des moteurs de 5o % environ (nous avons en effet négligé la chute ohmique /T qui représente quelques pour cent seulement de la tension aux bornes U), sans qu’il soit nécessaire d’intercaler un rhéostat dans le circuit.
- Pour obtenir les vitesses inférieures, il sera nécessaire d’intercaler un rhéostat dans le circuit des deux moteurs montés en série, mais l’énergie perdue dans celui-ci sera moindre que si les deux moteurs étaient montés en parallèle ou si l’on n'employait qu’un seul moteur.
- Pour les vitesses comprises entre 5o et 100 % de la vitesse normale, on montrera les deux moteurs en parallèle et on intercalera de nouveau dans leur circuit le rhéostat que l’on éliminera progressivement. Nous verrons plus loin que les contrôleurs permettent de réaliser ces manœuvres successives par le déplacement d’une seule manette.
- M. Philippi signale un procédé de réglage par variation de la tension, basé sur l’emploi de plusieurs ponts à tensions différentes ; des dynamos auxiliaires, jouant le rôle de régulatrices, répartissent la tension entre les différents ponts.
- Ce procédé présente l’inconvénient d’une très grande complication. Il pourrait être utilisé dans le cas où le courant serait fourni par un secteur ou une station centrale distribuant à 3 ou à 5 fils ; mais il est pe«*probable qu’il serait autorisé par les secteurs intéressés à cause dès variations de charge brusques qu’il provoquerait sur les différents ponts.
- [A suivre). J.-L. M.
- Avertisseurs électriques d’incendie.
- Nous avons récemment décrit (') quelques appareils de construction allemande destinés à prévenir les incendies. Les constructeurs français ne s’étaient pas laissé devancer dans cette voie.
- Nous donnons ci-dessous quelques indications^ sur les appareils établis par la maison Richard.
- S'il s’agit d’abord de simples thermomètres aver-
- Fig. i. — Thermomètre avertisseur.
- tisseurs électriques (fig. î), on utilise le tube thermométrique métallique à dilatation de liquide, semblable à celui adopté pour les thermomètres enregistreurs. Un tel appareil indique la température des étuves, séchoirs, chambres de malt, tourailles, serres chaudes, ateliers, hôpitaux, chambres de malades, salles de réfrigération pour la conservation des viandes, etc.
- Il peut être mis en communication avec deux sonneries différentes indiquant les températures maxima et minima admises ou avec une seule sonnerie commune (fig. 2 et 3). Il peut être réglé pour toutes les températures jusqu’à ioo° G.
- La même maison a breveté un système de tableau comprenant un guichet à voyant rouge pour indiquer « trop chaud » et un guichet à voyant bleu clair pour indiquer « trop froid » ; ceux-ci ont pour effet, en apparaissant, de rompre le contact avec le thermomètre et de fermer le circuit d’une sonnerie unique
- (') Von Moltke et Auuagen. Lumière Electrique, 24 juin igi i, p. 3?5.
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- qui prévient le chauffeur. A titre d’indication nous j Dans les locaux peu étendus, une simple sonnerie dirons que le tableau en service à la Banque de | suffit; dès qu'on l’entend, on peut se porter aussitôt
- Fig. 2. — Schéma de montage d'un thermomètre avertisseur avec un seul timbre.
- Fig. 3. — Schéma de montage d'un thermomètre avertisseur avec deux timbres.
- France comporte 96 guichets et une seule sonnerie. Quant aux avertisseurs d’incendie proprement
- tr-yi
- Fig. 4.
- dits,on en amis, depuis plus de vingt ans, plusieurs milliers en service.
- à l’endroit en danger et prendre les mesures de précaution. Pour les grandes administrations, les usines importantes, on peut relier les avertisseurs à un tableau à guichets qui indique le local et l’endroit exact en danger.
- L’appareil est d’un volume restreint qui permet de le placer partout, et au besoin de le dissimuler dans les moulures ou les ornements des appartements.
- L’avertisseur est basé sur la dilatation d’unliquide contenu dans un tube métallique méplat T (fig. 4). Lorsque la température s’élève, le liquide,se dilatant, modifie la courbure du tube T et entraîne dans son mouvement la lige métallique Lqui, pourune température déterminée, vient s'appuyer sur la vis Y : le
- Hg, 5. — Schéma du montage des avertisseurs d'incendie.
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- LA LtiMIKftÈ ÉLECTRIQUE
- T. XV (2'.84?l»)4«* WS0.
- côntact àîtii^ établi fermé le oiècüit d’une pilé feur urté Sonneêîé éléétviquè. Dèüx borne», A ét B, dont l’une A est isolée et l’autre B communique avec la masse de l'avertisseur, permettent d’établir facilement les connexions électriques. Le méoaniâiné est protégé par une tôle perforée.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- En dépit des efforts des groupés intéressés, les valeurs de cuivre ne peuvent sortir des cours moyens qui s’inscrivent depuis plusieurs mois. Au cours du dernier môis, nous avions assisté & une reprise accentuée des cours du métal. Brusquement, pour des raisons qui ne paraissaient point purement spéculatives, le Standard montait de 54 livres à 57 livres. De partout, on annonce des entreprises de distribution qui provoquent des achats dé métal. La question de l'entente entre lés producteurs fait dé temps à autre l’objet dé dépêches sensationnelles qui se transmettent dans les deux mondes. Certains journaux, devançant un avenir encore éloigné, parlent du haut fourneau électrique, d'utilisation de chutes alpestres, etc..., et cependant les faits démentent tant d’enthousiasme et quoique les statistiques les plus dignes de foi signalent les progrès de la consommation au détriment des stocks, lés cours du métal baissent. Plusieurs fois nous avons exprimé l’avis que le baromètre des cours subissait d’autres influences que celles du seul marché américain : il apparaît bien qu’il en est ainsi et que la multiplicité des lieux de production doit fausser toutes les conclusions que l’on déduisait autrefois de la lecture de certaines statistiques. MM. Merton et Gie évaluent les stocks visibles du cuivre au 15 juillet à 67 899 tonnes contre 70 17'! tonnes au ter juillet, soit une diminution de 2278 tonnes en i5 jours. On lit cependant, aux dernières nouvelles, que le Rio a baissé de 10 points et que les cours du métal oscillent autour de £ 56,i 1,0.
- Dans un de nos derniers articles, nous avons signalé la création, sur l’initiative de la Banque Renauld, de l’Omnium d’Entreprises, groupement pour travaux publics et privés. La première assemblée constitutive a eu lieu le 25 courant. Aujourd’hui, nous notons la nouvelle donnée par VEvening Standard de la formation d’un puissant syndicat comprenant des financiers, des entrepreneurs et des ingénieurs électriciens en vue de la création d’usines de distri-
- bution d'énergie électrique dans foutes lès parties du mondé. Ce syndicat créerait des agences au Canada^ dans l’Amérique, du Sud, en Australie, en Nouvelle-Zélande, éxx. Afrique clu Sud, en Espagne, ert Turquie, etc. Plusieurs Hiaisons françaises y seraient, parait-il, intéressées, mais le Conseil d’administration exclusivement anglais comprendrait MM. Norton Griffiths, Powles, Mac-Carter, etc.
- Ainsi donc, on parle toujours dans les milieux financiers de groupements qui doivent favoriser l’industrie électrique, et du jour ou' celle-ci fait appel au „concours de ces financiers, elle, pe trouve pas souvent l’aide dont elle a besoin. Il y a en France, à l’heure actuelle, nombre de petites affaires d’exploitation intéressantes qui ne pèfivent se créer faute de capitaux. A quand l’organisation d’une société française similaire formée avec des capitalistes français et non étrangers, qui se chargera de mettre en valeur ce que nous appellerons les disponibilités naturelles de certaines de nos régions ?
- Ôii télégraphie de Berlin qüe la Société Siemens-Schuckert aurait l’intention d’énpcttre un emprunt obligations de 3o millions. Celles-ci seraient du type 4 1/2 % remboursables à iô3 %. L*emprûrit serait placé par l’entremise d’un consortium sous lâ direction de la Bank de Berlin et de la Bayerische Verein-bank de Munich.
- En France, l’événement analogue est l’émission à 400 francs de 20 000 actions nouvelles de 25o fr. de la Société des Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est. Les nouveaux titres sont réservés par préférence aux actionnaires et aux porteurs de parts bénéficiaires à raison d’une action nouvelle pour huit anciennes ou deux parts bénéficiaires.
- Une autre émission, celle de la Société Havraise d’Ertergie Electrique occupera prochainement le groupe des valeurs électriques. Le projet d’augmentation du capital comporte la création de 4 000 actions nouvelles de 25o francs au cours de 400 francs.
- Les autres titres de ce groupe montrent une faiblesse peu en rapport avec les résultats généraux de ces entreprises ; on attribue la baisse à des réalisations de bénéfices. Pourtant le recul du Nord-Sud à 275 francs s’expliquerait par une importante moins-value des recettes. Elle est de règle à cette époque de l’année et point n’est logique de considérer les recettes par décades ou par mois, mais la moyenne des recettes tout au moins par semestre.
- Ne terminons pas cette chronique sans signaler la constitution de la Société Aciérie et Laminoirs
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- 39 Juillet 1911. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE i27
- deBeautor, création de MM. Japy frères et C1*, de Beaueourt, et dont l’objet sera la production des tôles minces, des plats, des ronds et des verges destinés aux différentes fabrications de la maison Japy, ainsi que les aciers de qualité, notamment ceux des-
- tinés à l'industrie électrique. Cette‘nouvelle usine sera installée à proximité de la station centrale que créé, au voisinage de La Fère, la Compagnie Electrique du Nord. Nous aurons l'occasion prochaine d’en reparler. D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- ÉCLAIRAGE
- Calvados. — Le Conseil municipal de Caen a accepté de participer pour le quart dans l'installation de l’éclairage électrique sur les quais.
- Dordogne. — La commission de la lumière électrique de Nontron a approuvé le projet présenté parM, Maître, concernant l’installation de l’éclairage électrique à Non-tron.
- Doubs. — Le Conseil municipal de Deluz a voté le crédit nécessaire à l’installation de l’éclairage électrique.
- Gard. — Le Conseil municipal de Bessège a décidé de demander à la Compagnie du gaz un devis de l’installation de l’électricité dans la commune.
- Loiret. La municipalité de Saint-Jean-de-la-Ruelle a ordonné la mise àl’enquête de la proposition formulée par la société Ch. Lefebvre qui désire obtenir la concession de distribution d’énergie électrique.
- Il est question d’établir l’éclairage électrique à Ser-inaize-du-Loiret. La Compagnie d’électricité d’Etampes serait nommée concessionnaire.
- Hérault. — Le maire de Celte a soumis au Conseil :
- i» Une demande de concession pour la distribution de l’énergie électrique sur toutes les voies nationales et départementales de la commune de Cette par M. Louis Christophe ;
- 2° Une demande de concession pour la distribution de l’énergie électrique pour tous les usages sur le territoire de la commune de Cette par la compagnie 1’ « Union des gaz ».
- La mise à. l’enquête de ces demandes et leur renvoi à la commission spéciale déjà nommée pour étudier la question de l’éclairage électrique ont été décidés.
- La compagnie l’Union des gaz, concessionnaire de l’éclairage public de Fronlignan, vient de présenter une demande de concession simple pour ^a distribution de
- l’énergie électrique pour tous lés usages sur le territoire de la commune. Cette énergie sera fournie par la Société Bitlerroise de Force et Lumière.
- Seine-Inférieure. — Le maire d’Ecouen a été chargé de faire des démarches auprès, de la société Georgi pour que celle-ci s’entende avec la Société d’électricité qui dessert la ligne de chemin de fer pour amener l’électricité dans la localité.
- Vienne. — Depuis que la municipalité de Châtelle-rault a voté le principe de l’installation de l’électricité dans la ville, le maire a reçu des offres de la compagnie le Centre électrique de Limoges, la Société des forces motrices de la Vienne et la Compagnie Thomson-Houston. Le Conseil va être appelé sous peu à fixer son choix.
- Allemagne. — La ville d'Alloua négocie la vente de son usine d’électricité à l’AUgemeine Elektrizitals-Gesellschaft, qui créerait à cet effet une nouvelle société au capital de 6 5ooooo marks dans lequel la ville s’intéresserait pour 3 millions et demi de marks,
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Compagnie Electrique de Bourgogne. — Durée : 5o ans. — Capital : 750000 francs. — Siège social : Tart-le-Bas (Côte-d’Or).
- CONVOCATIONS
- Société d’Electricité du Littoral Normand. — Le 2 août, 5, rue de l’Isly, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 9 août, à la direction des constructions navales, à Toulon, construction de trois sous-slations électriques.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2* Série}.—30.
- Mont., 98000 francs ;Caut. provisoire et définitif,3 000 fr. ; Soumissions au plus tard le 8 août à 7 heures.
- Renseignements à Paris, au ministère de la Marine, et à Toulon, à la direction des constructions navales.
- Le i5 août, à la mairie d’Angers, concours pour la fourniture de gazogènes, moteurs et pompes.
- Les demandes d’admission seront reçues jusqu’au i5 août. Renseignements à la mairie.
- BELGIQUE
- Le 3i juillet, à 11 heures, à l’hôtel de ville, à Gani, installation de l’éclairage électrique dans les locaux de l’académie des beaux-arts ; caut. : 10 % du montant de la soumission. Soumissions recommandées le 29 juillet.
- 1 ALLEMAGNE
- Le 10 août, aux chemins de fer de l’Etat prussien, à Magdebourg, fourniture de 270000 crayons en charbon pour lampes â arc électriques.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS FRANCE
- i3 juillet. ,— Aux chemins de fer de l’Etat à Paris, fourniture de 62 000 mètres câbles sous plomb.
- Houry et Filleul-Brohy 22 200. — Geoffroy et Delore, 21 G80. — Société Alsacienne de Constructions Mécaniques, 21 980.— Strauss, 24 925,60.— Grammônt, 23 290. — Société Industrielle du téléphone, 19 104. — François Grellou et Cie, 20 110.
- La Canalisation Electrique, adj. à 17280.
- 16 juillet. — A la mairie de Perrég aud (Algérie), cession de l’énergie électrique pour 3o ans. Mise à prix annuel, 1 fr.
- Pcyral Marcel, à Oran, adj.
- 18 juillet. — Au sous-secrétariat des'Postés et Télégraphes, à Paris-, fourniture dé, câblés électriques;isolés au caoutchouc. r. ' _r. V*
- Câble téléphonique sous plomb. • ... r-.
- ier lot. — 5o kilomètres à ,un conducteur, isolé au caoutchouc, mod. 88/1 ; 5o kilomètres à une paire de conducteurs, isolés au caoutchouc, mod. 88/a; a5 kilomètres à sept paires de conducteurs, isolés au caoutchouc, mod. 88/3.
- The India Rubber, n5 000. — Ateliers de Construction Electriques du Nord et de l’Est, 109 800. — MM. Gram-mont, 106 950. — La Canalisation Electrique, 91 6a5. — Société industrielle des téléphones, 90 975.
- MM. Geoffroy et Delore, adj. à 90 475 ; prix du kilomètre : à un conducteur, 237; à une paire de conducteurs 475; à sept paires de conducteurs, 2 ig5.
- 20 lot. — Identique au précédent.
- The India Rubber, n3ooo. — Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, 105675. — M. Grammônt, 112925. — La Canalisation Electrique, 91 975. — Société industrielle des téléphones, 90975..— Société Alsacienne de Constructions Mécaniques, 98 5oo.
- MM. Geoffroy et Delore, adj. à 90 000; prix respectifs du kilomètre : 235, 470 et a 190.
- 3e lot.- — Identique au ior lot,
- Thelndia Rubber, 110 g5o. —Ateliersde Constructions Electriques dii Nord et de l’Est, 119300. — M. Grammônt, 119 525. — La Canalisation. Electrique, 92 425.
- Société industrielle des téléphones, adj. 890975; prix respectifs par kilomètre : 238, 4g5 et 2 T73.
- 4e lot. — Identique au 1" lot.
- The India Rubber, 109875. — Ateliers dé Constructions Electriques du Nord et ' de l’Est, io5 6a5. —• M. Grammônt 119525. — La Canalisation Electrique, 92625. — Société Alsacienne de Constructions Mécaniques, g5 5oo.
- Société industrielle des téléphones, adj. à 90975; prix du kilomètre du lot précédent.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s'occupe que de la partie technique, Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute ant^e communication, s’adresser aux bureaux de la Lumière Electrique.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- SAMEDI 6 AOUT 1811.
- Tome XV (8* strie). — N* 31
- Trente-troisième année.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ELECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- (SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 129. — J.Reyval. Chronique des usines centrales : Les centrales de secours. Le moteur Diesel {suite et fin), p. i3i. — G. Maukovitch. Sur l’inductance et la chute de tension des lignes aériennes pour courants triphasés, p. i36. — G. Caminati. L’échaufFement et la ventilation des machines électriques de grande puissance, p. 147-
- Extraits des publications périodiques. Traction. L’électrilicationdes chemins de fer, S. Murray, p. i5i. — Télégraphia ot Téléphonie. Régulation automatique dans les systèmes télégraphiques Hughes-duplex, R. Merino, p. i53. — Bibliographie, p. 154. — Chronique industrielle et financière. iS’otes industrielles. Les réseaux électriques en France [suite), A. Solieb, p. i56.— Etudes économiques, p. i58. —Renseignements commerciaux, p. i5t). — Adjudications, p. 160.
- ÉDITORIAL
- Le développement rapide du moteur Diesel et les nombreuses discussions dont il a fait l’objet dans différentes sociétés d’ingénieurs lui donnaient droit à prendre bonne place dans notre Chronique des usines centrales. Aux documents français et anglais mis à contribution par M. J. Reyval, il conviendrait d’ajouter un article publié le 29 juillet dans l’excellente revue le Génie civil.
- On pourrait résumer ainsi les avantages du moteur Diesel : simplicité, sécurité, rapidité, économie.
- Ni chaudières, ni gazogènes, ni les caprices du moteur à explosion ; deux minutes pour la mise en train; et un rendement thermique relativement excellent, tout en
- restant, on le sait, extrêmement loin de l’unité. Aujourd’hui, la construction des moteurs Diesel à grande puissance est à l’ordre du jour. On a réalisé 1 000 et 2 000 chevaux. On s’attaque aux unités de 4 000 chevaux.
- M. J. Reyval continue cette chronique en signalant les expériences de M. K. Schreber sur les moteurs à explosion à injection de liquides volatils ; en injectant une quantité d’eau très minime dans le mélange combustible, M. Schreber a obtenu des résultats remarquables et qui lui paraissent susceptibles d’application pratique immédiate.
- Enfin, les questions connexes du facteur
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série). — N» 31.
- 130.
- sô,
- u*le charge et de la tarification sont examinées
- / M. Sartori étudie actuellement la première, tandis qu’un article, un peu confus, mais fortement documenté, de M. Norberg-Schulz, apporte, sur la seconde, d’intéressantes précisions.
- M. G. Markovitch a songé à réunir toutes les conclusions que l’on (peut tirer, des formules fondamentales pour le calcul de Y inductance et de la chute de tension dans les lignes aériennes triphasées. L’emploi systématique de procédés graphiques permet à l’auteur de résoudre assez simplement les différents problèmes qui se posent dans le cas où les conducteurs triphasés ne sont pas disposés en triangle équilatéral.
- Nous rapprocherons cette étude, par son principe, du travail publié récemment, ici même, par M. Genkin, sur les phénomènes observés dans les transformateurs triphasés dissymétriques.
- Un jeune ingénieur italien, M. G. Cami-nati, n’a pas craint d’aborder, dans toute sa complication, le problème de la ventilation des alternateurs : en cherchant à tenir compte, d’une manière précise, de tous les facteurs du problème, et à suivie la réalité dans tous ses détails, l’auteur a établi Un calcul nécessairement compliqué dont nous
- publions aujourd’hui un abrégé rendu concret sur un exemple pratique.
- Nous n’avons pu ici que succinctement résumer un long mémoire de M. S. Murray sur l’électrification des chemins de fer. C’est une étude détaillée, accompagnée de nombreuses planches, des installations électriques du New-Haven Road. Du moins, les traits saillants de cette étude sont-ils mis en lumière.
- Fervent partisan de la traction monophasée, M. Murray en prône l’emploi universel et propose de « standariser » le matériel pour 11 ooo volts et 2Ô périodes. Il faudra bien en effet, dit-il, revenir de cette sorte de proverbe : « A chaque installation correspond un problème particulier et des solutions différentes. » On pourrait, à -chacun de ces problèmes, trouver une solution en étudiant l’électrification du New-Haven Road, où la traction monophasée a fait ses preuves.
- Notons dans cette étude des comparaisons fort documentées entre la traction électrique et la traction à vapeur.
- Enfin nous décrivons, d’après M. R. Me-rino, un dispositif de régulation automatique dans les systèmes télégraphiques Hugues-duplex.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- 5 Août 1911.
- CHRONIQUE DES USINES CENTRALES [Suite et fin.)
- LES CENTRALES Î)E SECOURS LE MOTEUR DIESEL
- Nous avons récemment analysé un intéressant travail de M. du Bousquet sur l’avenir du moteur Diesel en France. Or ce même moteur a fait l’objet d’une intéressante communication deM. II.-L. Howard au XVIe Congrès annuel de l’Association des Electriciens municipaux, réuni récemment à Brighton (2). Il nous a paru intéressant de rapprocher les déclarations des deux auteurs.
- M. Howard, après avoir rappelé les principes du fonctionnement du moteur Diesel, insiste également sur la facilité de conduite et sur l’encombrement restreint de celui-ci.
- D’autre part, le prix peu élevé auquel peuvent être obtenues en Angleterre les huiles de pétrole, met le cheval-heure produit par le moteur à combustion interne à un taux très bas, Comme l’indique le tableau I, relatif à un moteur de 6oo chevaux alimenté avec de l’huile lourde de pétrole à 47 francs la tonne.
- Tableau 1
- VALEUR DE LA CHARGE en % CONSOMMATION DE COMBUSTIBLE en grammes par cheval-heure FRAIS DE COMBUSTIBLE en centimes par cheval-heure
- 112,5 î93 0,91
- 100 i93 Û,9I
- . 7* ‘AO i <’>97
- 5o »3o 1,08
- 25 337 1,57
- Ces prix extrêmement bas ne peuvent pas encore être égalés en France à l’heure actuelle ; néanmoins, il nous a paru intéressant de les signaler afin de mettre en lumière les avantages économiques du moteur Diesel;
- (l) Lumière Electrique, 22 et 29 juillet 1911.
- (a) Voir Electrician, 3o juin 1911.
- d’ailleurs, les prix obtenus par l’emploi de l’huile de houille, dont nous avons déjà parlé dans cette chronique, permettent d'ores et déjà de réaliser en France même des applications très intéressantes.
- M. Howard a procédé également à l’établissement d’un devis comparatif en prenant comme base l’exemple de l’usine centrale à vapeur de Brighton, dont la puissance; totale installée actuellement est de 10200 kilowatts, Pour obtenir la même puissance, il faudrait installer 7 moteurs Diesel ou 7 moteurs à gaz d’une puissance individuelle de 1 45o kilowatts, ce qui conduirait à un total de 10 ioo kilowatts.
- L’encombrement et les frais de premier établissement et d’exploitation seraient, d’après l’auteur, les suivants pour chacun des cas envisagés : . ! . .
- Tableau II _ . j -
- V
- CENTRALE centrale CENTRALE
- â vapeur à gaz DIESEL
- Espace occupé par cheval (mèt. carrés). Frais de premier établissement (francs). Frais de premier établissement par cheval installé (francs). Frais d’exploitation par cheval-heure produit (centimes). Frais totaux par cheval-heure (centimes) 0,208 4 980 000 359 4,3o (>,86 0,355 4 4 20 DUO 325 2,3o Vl7 0,109 - 3 65o oo'o 264 1,61 3,53
- Ces chiffres sont légèrement supérieurs à ceux qu’indique M. du Bousquet en ce qui concerne la machine à vapeur, mais, pour le moteur Diesel, les deux auteurs arrivent sensiblement au même résultat, ce qui peut sembler surprenant au premier abord, étant
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2* Série). — N° 31.
- donnée la différence de prix du combustible en France et en Angleterre : c’est qu’il faut tenir compte de ce que le prix des moteurs Diesel est assez variable selon les constructeurs et qu’il peut d’ailleurs subir encore, ainsi que l’a indiqué M. du Bousquet, d’assez notables réductions.
- D’ailleurs les nombreux ingénieurs anglais, qui prirent part à la discussion du rapport de M. Howai’d, citèrent des chiffres assez différents, relatifs, il est vrai, à des cas particuliers comportant des moteurs de puissances très diverses ; néanmoins la plupart d’entre eux se montrèrent favorables à l’adoption du Diesel, surtout pour les moyennes et les grandes puissances. Toutefois l’un d’eux, M. A. Blackman, contesta les chiffres de M. Howard en ce qui concerne les frais d’exploitation de la machine à vapeur ; d’après lui, l’exemple choisi par M. Howard correspond à un cas trop particulier, étant donné que le prix du charbon à^Brighton est sensiblement plus élevé que le prix moyen de ce combustible en Angleterre. A Sunderland, dit M. Blackman, le prix de revient du cheval-heure est de i ,55 centime seulement, qu’il s’agisse d’une turbine ou d’un moteur à vapeur à piston. Enfin, le même ingénieur reproche au Diesel de présenter une moins grande capacité de surcharge que le moteur à vapeur.
- De l’ensemble de ces diverses opinions, qui peuvent sembler au premier abord un peu contradictoires, il est toutefois permis de conclure que le moteur à combustion interne est, à l’heure actuelle, en état de lutter avec le moteur à piston, et même avec la turbine à vapeur, pour les installations d’usines centrales de moyenne puissance et, en parti-culier, de centrales de secoui-s, pour lesquelles sa facilité de mise en marche et de conduite le recommandent tout particulièrement.
- Il est donc à désirer qu’il en soit fait en France un nombre d’applications assez nombreux pour permettre d’obtenir des résultats de comparaison définitifs.
- Dans un ordre d’idées analogue, signalons les intéressantes expériences de M. K. Schreber, professeur à l’Universitéde Greifs-wald, sur les moteurs à explosion à injection de liquides volatils. On sait, comme M. Witz l’a démontré, que le rendement d’un moteur à explosion ou à combustion est d’autant plus élevé que la compression du mélange détonant est elle-même plus élevée. Or une trop grande pression risque de surélever la température du mélange au point de provoquer une inflammation prématurée de celui-ci.
- Deux solutions s’offrent pour remédier à cet inconvénient : la première, appliquée dans le moteur Diesel, consiste, ainsi qu’on le sait, à ne comprimer que de l’air pur et à n’injecter le combustible dans le cylindre qu’à la fin de la compression; la seconde solution, déjà appliquée autrefois par Banki, consiste à refroidir artificiellement le mélange pendant la période même de compression, en y injectant une certaine quantité d’eau pulvérisée ; cette eau se volatilise et, comme la chaleur de volatilisation est uniquement empruntée au mélange, il s’ensuit un abaissement de la température de celui-ci.
- Les essais du moteur Banki ne furent pas très concluants; la quantité d’eau injectée étant trop grande, ce qui provoquait une oxydation des parois internes du cylindre et en outre une perte d’énergie calorifique appréciable.
- Ces considérations amenèrent M. Schreber à réduire de 7/10 environ la quantité d’eau injectée par Banki. Il effectua ainsi, en partant de ce principe que la quantité d?eau injectée devait être réduite au minimum, plusieurs expériences dont il publia récemment le compte rendu détaillé (*).
- D’après l’auteur, la pression effective dans le moteur qui a servi aux essais atteignit
- (*) D1' K. Schreueh. Les moteurs à explosion à injection de liquides volatils. Revue générale des Sciences, 3o mai 1911.
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- 5 Août 1914. LA LUMIÈRE
- 6 kilogrammes par centimètre carré pour une puissance de io,4 chevaux, alors que dans le moteur Diesel elle n’est que 5,4 à 5,7 kilogrammes par centimètre carré ; d’autre part le rendement mécanique du moteur Schreber atteignit, paraît-il, 85 %, alors qu’il n’étaitquede 8o % dans le moteur Diesel.
- Enfin, M. Schreber faitvaloir que ses essais ont été entrepris sur un moteur Diesel ordinaire auquel il n’eut à faire subir que de très légères modifications, dont les principales furent l’installation d’une soupape de réglage qualitatif et quantitatif du mélange de gaz et d’air (le combustible employé étant du gaz d’éclairage), et le montage dans le trou de la soupape d’admission, d’une bougie, et plus tard d’un rupteur, ce dernier ayant donné de meilleurs résultats; il s’agit en effet non plus d’un moteur à combustion interne, mais d’un moteur à explosion, lequel doit natu-x*ellement être pourvu d’un appareil d’allumage. La. pompe à combustible fut, d’autre part, remplacée par une pompe à eau.
- La construction de moteurs à injection d’eau ne nécessiterait donc, d’aprèsM. Schreber, aucune modification aux procédés de fabrication actuelle, et pourrait par suite être entreprise immédiatement par tous les constructeurs.
- Ce moteur est-il appelé, comme le croit son auteur, à prendre une place prépondérante parmi les moteurs thermiques? C’est là une question que l’avenir seul résoudra, mais il était dès à présent intéressant de signaler ces essais qui semblent susceptibles d’ouvrir au moteur à explosion de nouveaux et vastes horizons.
- LE FACTEUR DE CHARGE ET LA TARIFICATION
- Le choix judicieux d’un type de moteur approprié n’est pas le seul élément qui intervienne dans la question complexe de l’amélioration du rendement économique d’une usine centrale : un autre élément, d’une importance au moins égale, est le « facteur de charge », dont l’augmentation améliore
- ÉLECTRIQUE
- considérablement les condifions d’exploitation de toute usine centrale. M. G. Sartori vient d’ouvrir à ce sujet une enquête pour laquelle il fait appel au concours de tous ceux qui, parmi les techniciens, les industriels, les constructeurs, etc., ont eu à s’occuper de ce très important problème : il est, dit-il, en relation étroite avec l’exploita-' tion rationnelle des machines des centrales, des lignes, des transformateurs, etc., et, pour les installations hydroélectriques, c’est de sa solution que dépend l’utilisation la plus complète possible de l’énergie disponible.
- Voici comment le distingué professeur de Trieste divise le problème :
- D’après lui, pour complexe qu’il soit, il se réduit essentiellement à deux questions :
- a) Trouver d’autres formes d’emploi de l’énergie électrique à horaire préétabli pour améliorer le facteur de charge au centre d’utilisation;
- b) Intercaler entre la centrale de production et le lieu d’utilisation une forme d’accumulation d’énergie pour améliorer le facteur de charge à la centrale de production.
- ¥ -*
- Nous étudierons, maintenant, d’après un travail de M. Norberg-Schulz (*), quelle est l’influence des tarifs sur les résultats financiers et sur les conditions de charge des usines centrales. L’expérience montre que, suivant qu’une usine centrale relève ou abaisse le prix de vente du kilowatt-heure, il en résulte une augmentation ou une diminution de la consommation chez les abonnés, et que, en outre, unediminution de tarif a pour conséquence un accroissement du nombre de ceux-ci. Cependant, lorsque tous les besoins de la ville ou de la région à desservir sont satisfaits, la consommation atteint une limite qu’elle ne peut dépasser. D’autre part, pour donner des résultats financiers satisfaisants, une usine centrale ne peut abaisser ses prix au delà d’une certaine limite.
- (1) Elektrotechnische Zeitschrift, 23 et 3o mars et 8 juin 1911.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série). — N* 31.
- L’auteur défnontre, à l’aide de nombreuses statistiques relevées dans diverses usines Centrales de Norvège et d’Allemagne, que le chiffre des recettes par kilowatt-an diminue très rapidement lorsqu’on abaisse le tarif du kilowattheure, mais qu’il tend vers un minimum qui varie, selon les centrales, entre 62,5o et ia5 francs par kilowatt installé et par ah ; cette limite est légèrement plus élevée pour les centrales admettant le tarif à fprfait que pour celles qui ont recours à l’emploi de compteurs. C’est ce que montre d’ailleurs la figure 1 dont les courbes représentent les variations des recettes par kilowatt-an de plusieurs centrales en fonction
- Marks par kw.-heure
- Fig. i.-- Caractéristiques de consommation.
- duprix du kilowatt-heure. La plupart de ces courbes se rapprochent sensiblement de droites dont l’équation serait :
- E,' = SmiQ . 0/ -J- E,ni,i, (l)
- dans laquelle Ei représente les recettes moyennes par kilowatt branché et par an ;
- Sml„, la limite de la durée d’utilisation en heures, lorsque les tarifs s’élèvent;
- , e„ le prix de vente moyen du kilowattheure ;
- E,pin, le minimum de recettes lorsque les tarifs s’abaissent.
- ; De cette équation, on déduit la durée d'utillisation S; du kilowatt installé :
- ^ = ^ = Smin. : . (2)
- ei Zi . . '
- D’autre part, si l’on désigne par K. la valeur de la oharge maxima et par Kia,t le nombre total de kilowatts branchés le jour dé la charge maxima, on a la relation :
- K = gKinst,
- où g représente le facteur de charge maxima.
- De même, si l’on désigne par (1 -j- P) le
- rapport entre la valeur de l’installation
- en kilowatts branchés le jour de la charge maxima et la valeur moyenne en kilowatts de l’installation au cours de l’année, et par EA les recettes par kilowatt de la charge maxima, la valeur de EA, déduite des relations précédentes, est la suivante
- f - E' — ei-Si m
- < + D + P)/ u
- Or EA caractérise le rendement économique du réseau. En effet c’est la charge maxima qui détermine l’importance de la centrale et des canalisations, c’est-à-dire la partie fixe des dépenses d’exploitation, intérêts, amortissements, etc. L’équation (3) montre que EA croît proportionnellement à Si et en proportion inverse de g.
- Si l’on désigne alors par (1 -f- a) le rapport entre le nombre de kilowatts-heures fournis aux barres du tableau et le nombre de kilowattheures consommés par les abonnés, c’est-à-dire le facteur de perte, et par B le facteur de charge, on a encore la relation ;
- E*
- ei
- 1 —}— oc
- .8
- 760.B
- Pi. Si
- (* + Plff’
- D’où l’on tire la valeur de g .-
- O- —S'._ ii-T-^1, - (4)
- ” ^ 8 760 B (j + p) K l
- Cette relation permet donc de trouver la loi de variations de g en fonction de e,, si l’on connaît celle de B en fonction de l’équation (2) donnant d’autre part les valeurs de Sien fonction de Ci-
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- 5 Août 1911.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 136
- Or, à l’aide de chiffres relevés dans 38 centrales différentes, mais n’alimentant aucun réseau de traction, l’auteur a pu trouver la courbe de variation moyenne de B en fonction de e,-; c’est cette courbe que reproduit la figure 2.
- Soit m le rapport entre la puissance
- 0,10 Q,20 O,JO 0,*o o,so
- Marks par kw,-heure
- Fig. a. — Valeurs du facteur de charge.
- absorbée par l’éclairage et la puissance totale installée dans une certaine centrale. Dans la figure 2, les points représentatifs du facteur de charge sont : i° des cercles si m >• 60 % ; 20 des croix si 3o % <Z m < 60 % ; 3° des croix encerclées si m <; 3o %.
- En admettant que (i 4* «) — L2 et que (1 -f P) = i (soit 3 ='o), et que les valeurs moyennes de B sont celles que donne la courbe de la figure 2, l’auteur a ensuite calculé les valeurs correspondantes de g pour les quatre groupes de valeurs de Em,n et de Smi„ suivants :
- Emin = 75 Erain = 7^ Emin = 5o Emin ==
- ^min — ySo
- Smin == 200
- «
- Smin — 600 Smin == 200
- Ces valeurs de g sont représentées respectivement par les courbes des figures 3 et 4.
- On voit d’après ces courbes que le facteur de charge maximum croît d’abord lentement lorsque le prix du kilowatt-heure diminue, puis qu’il décroît ensuite, et recommence à croître rapidement lorsque le prix du kilowatt-heure tombe au-dessous de 12,5 cen-timès environ. •
- On peut d’ailleurs représenter graphiquement tous ces résultats sur une même figuré
- QJO 0, tC O..’O
- Marks par kw.-heure
- Fig. 3. — Courbe représentativejdu facteur de charge maximum.
- à l’aide de deux courbes seulement, ainsi que l’a fait l’auteur pour l’usine centrale de Christiania (fig. 5). L’auteur donne à ces deux courbes les noms respectifs de « caractéris-
- ez» 0,20 0,30 0,00 OJO. I
- Marks par kw.-heure
- Fig. 4. — Courbe représentative du facteur de charge maximum.
- tique » et de « caractéristique de consommation» (* l).
- La « caractéristique de consommation » est la courbe de E< en fonction de e,-, c’est-à-dire une courbe analogue à celles de la figure i ; quant à la « caractéristiquë », c’est la courbe de Eh en fonction des recettes es par kilowatt-heure fourni aux barres du tableau.
- Enfin la courbe intermédiaire en trait fin est celle de E,, en fonction de e,.
- (') Nous avons‘conservé dans ces figures les échelles employées par l’auteur. On en féra facilement la conversion en tenant compte de ce que ;
- 1 mark =r i,a5 franc, .......
- i couronne Scandinave — i,4o frano_ . '
- approximativement.. , ' ; -
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- 136 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2e Sérié)?-— Na31.
- - Toutes ces courbes étant reproduites à la même échelle, on voit immédiatement sur la figure 5 que
- et que
- tge'" =
- E*
- es
- -Z— = 8 760 B ee
- 1 -j- a
- E,
- et
- St.
- Enfin de la relation (3) on tire :
- K .E,
- (1 + p) K,- - (1 4- fl) E„
- Ci-Si
- (>+P)FV
- D’où :
- tge" =
- E*
- Ci
- ce qui donne :
- Sj 1
- g 1 + i3’
- tgr"
- + Vg =
- bc
- Couronnes par kw.heure
- Fig. 5. — E;,, caractéristique ; E„ caractéristique de consommation.
- tions relatives aux grandeurs qui figurent dans la relation (4) et qui déterminent les conditions de charge, c’est-à-dire : g, S< et B.
- On remarque que les deux caractéristiques tendent à se rapprocher aussi bien lorsque le prix du kilowatt-heure augmente que lorsqu’il diminue. Le facteur de charge
- maxima g, déterminé par le rapport tend
- dono à croître, d'une part lorsque le prix du kilowatt-heure augmente, d’autre part lorsque celui-ci diminue ; ce résultat concorde d’ailleurs avec les courbes des figures 3 et 4.
- L'auteur conclut en constatant que l’abaissement des tarifs semble être le moyen le plus propre à développer la consommation de l’énergie électrique; les usines centrales devraient donc abaisser leurs tarifs autant que les considérations économiques le permettent et, en tout cas, ne pas les maintenir au-dessus du niveau correspondant, d’après les considérations précédentes, aux meilleures conditions d’exploitation:
- Or, d’après les résultats acquis en Norvège, où les recettes par kilowatt installé et par an de la plupart des centrales se rapprochent de la limite :
- E;=(i+P)£-.Ea=C‘°.
- ;= ra5-fr. environ à Christiania,
- il semble que les conditions d’exploitation sont d’autant meilleures que l’on se rapproche davantage de cette limite.
- La figure 5 donne donc toutes les indica-
- J. Reyval.
- SUR L’INDUCTANCE ET LA CHUTE DE TENSION DES LIGNES AÉRIENNES
- POUR COURANTS TRIPHASÉS
- La chute de tension dans les lignes à courants alternatifs est, comme on le sait, la somme vectorielle de la. chute de tension ohmique et de la chute de tension inductive.
- D’après la règle générale, énoncée dans la plupart des aide-mémoire, on doit porter la chute de tension ohmique dans le sens du vecteur du courant J et la chute de tension
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- inductive perpendiculairement à celui-ci, dans le sens des phases croissantes ; la résultante représente alors la chute de tension totale qui peut être aussi déterminée par l’équation complexe :
- JZe-hn = RJ -(-ywLJ.
- D’après M. Blondel, le coefficient de self-induction L* s’exprime, par unité de longueur, par la formule :
- Li =----2 |A0 loge /' +
- et le coefficient d’induction mutuelle linéaire entre deux conducteurs par la formule :
- Pour les lignes à courant mononophasé avec un ou plusieurs fils par phase, symétriquement ou asymétriquement disposés les uns par rapport aux autres, le vecteur de la chute de tension inductive est toujours perpendiculaire au vecteur de la chute de tension ohmique, car le flux magnétique enveloppant chacun de ces conducteurs est en concordance de phase avec le courant. Le vecteur du courant d’aller est en ligne droite avec le vecteur du courant de retour, c’est-à-dire décalé de i8o°, ainsi que les flux magnétiques engendrés par ces deux courants.
- Pour les lignes de transport de force à courant triphasé à un ou à plusieurs conducteurs par phase, la règle générale s'applique seulement pour le cas où les conducteurs triphasés sont symétriquement disposés les uns par rapport aux autres, soit au sommet d’un triangle équilatéral pour trois fils, ou au sommet d’un polygone équilatéral, pour plusieurs fils.
- Mais quand les conducteurs triphasés sont asymétriquement disposés, comme c’est toujours le cas pour les fils de traction électrique à courant triphasé et quelquefois pour les lignes de transport de force, alors le vecteur de la chute de tension inductive n’est plus perpendiculaire au vecteur de la chute de tension ohmique : l’équation vectorielle (i) ne subsiste plus.
- Avant de procéder au calcul de la chute de tension, nous allons d’abord déterminer l’inductance des conducteurs triphasés, cette dernière jouant un rôle important pour les lignes à courants alternatifs.
- Nous nous servirons des formules de M. A. Blondel (*).
- L,„ = — 2(A0logeD,
- dans lesquelles r est le rayon du conducteur mesuré en centimètres, D la distance en centimètres entre les deux conducteurs, p0 la perméabilité du milieu et p,j la perméabilité duconducteur.
- Etant donné que,pour les lignes aériennes, la perméabilité du milieu séparant les conducteurs ainsi que la perméabilité du conducteur même sont égales à l’unité, on a pour Ls et L,« les expressions suivantes, pour une longueur de i kilomètre, en unités G. G. S.
- Ls = io5|^— 2loge/’-j"J = k»5[— 4,6 logio 0,5]
- L,„= to8 [—2 logeD] = io5 [— 4,6 log^ D].
- On peut d’ailleurs vérifier qu’avec les coefficients de self-induction Ls et d’induction mutuelle L,„ ordinaires :
- ^ — i J unités G. G. S., i unités C. G. S.,
- ainsi qu’avec les coefficients de M. Sumec (*), on arrive aux mêmes résultats.
- I. — Ligne triphasée équilatérale.
- Soient :
- r = o,33 centimètre, le rayon de chacun des conducteurs triphasés ;
- D=2oo centimètres, la distance entre les conducteurs (fig. i).
- Le flux magnétique <!>!,< enveloppant le conducteur triphasé i est la résultante de trois flux magnétiques partiels correspondant aux trois courants, et peut être exprimé à un moment donné par l’équation :
- » — Lj,li, -J- Lm,2i2 -j- Lm,3h•
- C) Eclairage Electrique. 1894, bl>. 246.ul.suiv
- (*) Elektrotechnische Zeisclirift, 1906.
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- ’-v^", v" ^ r-*v > *L ,4 jj ji' il
- Ü&'m&MÈRS Ê^i$ÇTaî<
- Çq ymp.pfôçmfl î<i et Ijw p,J»r Içç formules de
- M. Blondel, nous aurons pour i kilomètre de longueur, en unités C. G. S :
- <lti,«.=: ta6 [(— 4,6 log r -j- o,5) 4 -— 4,6 log 1>i-24 — 4,6 log ÏWa}-
- Si nous supposons des courants sinusoïdaux,
- quelle valeur des trois épurants. Si nous supposons une charge égale dans les trois phases
- nous pouvons, pour .1 — 1, déterminer graphir quementla grandeur et la direction du champ magnétique enveloppant le conducteur triphasé 1.
- La solution graphique de l’équation vectorielle 4», est représentée dans la figure 2 : OJ,,OJ.> et OJ3 indiquent la direction des trois courants. Le flux magnétique partiel 4»,., == Oa, = 271 5oo unités G.G.S. est porté sur le vecteur du courant; le flux magnér tique partiel 4>m2 = albl = — 1 o58 5oo unités G G. S. est porté dans le sens opposé au courant J2 et enfin le flux magnétique partiel
- Fig. 2.
- les champs magnétiques partiels sont en concordance de phase avec leurs courants.
- Si nous remplaçons maintenant les valeurs instantanées par les valeurs efficaces, en substituant à r et à D les valeurs
- r = o,33 cm. et Di_2 = D1-3 — aoo cm., nous aurons, tout calcul fait :
- <1»! = 10? [j-|- 2,715ïo,565 J2 — io,585 J3],
- \
- Gette équation doit subsister pour n’importe
- 4>m3 — b\Cy=-1 o58 5oo unités G.G.S. est porté de même dans le sens opposé au courant J3; la résultante Oc, représente alors en grandeur et en direction le flux magnétique ré^ sultant 4>, — Oc, — 1 33o 000 unités G. G. S. par kilomètre, enveloppant le conducteur triphasé r. Comme on voit, le vecteur du flux magnétique 4», est en concordance de phase avec le courant J,.
- Les variations du flux magnétique 4>M
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- B Août 4011
- •'130
- induisent dans le conducteur triphasé i une farce électromotrice d’induction décalée d’un quart de période en arrière de oe flux; la tension e,, qu’on doit appliquer pour équilibrer l’effet d’induction sera par conséquent en avance de phase de 90° par rapport an flux magnétique n>,.
- Pour npe fréquence de 20 on trouve pour la valeur efficace de e,, par kilomètre et par ampère
- E.,,i = 0,209 v°fl*
- Gomme la tension appliquée E,, pour vaincre l’effet d’induction n’est autre chose que la chute de tension inductive dans le conducteur triphasé 1, nous pouvons écrire pour celle-ci :
- lis = wLjJi,
- d’oùVinductance h{du conducteur triphasé i : Ei
- Lt = —— = — = 1 33o 000 unités C. G. S. par km., Ü) J x J i
- Si e2 = E2 sin wt est la tension étoilée à l’arrivée et i — i y/2 sin (u)( — <p) le courant, la tension à la station de départ peut être déterminée, en négligeant les effets de la capacité des conducteurs, par l’équation complexe :
- ' E, — E2 -f J,Zte+Jr = E, + J,R, + ywL.J,.
- La solution graphique de cette équation complexe est donnée dans la figure 3. OA,
- ou en henrys :
- L, = 0,0013.3 henry par km.
- D’autre part, par définition
- Fig.
- 3.
- L, =: <1»! pour J ! = J2 = J3 = 1.
- On peut donc écrire,pour l’inductance d’un conducteur triphasé, l’équation vectorielle suivante :
- Li == [LS,1 -f- Lm,3 4- L»i,3] henry par km.
- Pour l’inductance des conducteurs triphasés 2 et 3 on trouve naturellement la même valeur.
- Si nous portons (fig. 2) la résistance ohmi-que du conducteur triphasé 1 (OA, = o,5 ohm par kilomètre) sur le vecteur du courant J, etsa réactance (A,B, = u, 21 ohm par kilomètre) perpendiculairementà celubci dans lesens des phases croissantes,le vecteur OB, =o,54 ohm par kilomètre donne alors la grandeur et la direction de son impédance,
- est le vecteur de la tension étoilée E.,, et OJ, le vecteur du courant J,. Le vecteur A,B, parallèle au vecteur du courant J, est égal à la chute de tension ohmique R, J, ; le vecteur B,C,, perpendiculaire au vecteur du courant, est égal à la chute de tension inductive <j)L,J, ; le vecteur OC, donne alors la grandeur et la direction de la tension au départ E(, R, et L, représentant la résistance et l’inductance du conducteur triphasé : pour 1 kilomètre de longueur. La différence algébrique des tensions E, — Eo = C,D, donne alors la perte de tension le long du conducteur triphasé 1.
- .Ce procédé graphique de calcul de l’in^ ductance d’un conducteur triphasé est indispensable, lorsqu’il s’agit de conducteurs asymétriquement disposes.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2» Sérië)/^;E«.0?
- Pour les lignes triphasées équilatérales, on obtient, en remarquant que + i3 = — ï% :
- L = L( — L
- En remplaçant L* et Lm par leurs valeurs correspondantes, on trouve la formule bien connue pour l’inductance d’un conducteur triphasé.
- L = —^4,61og— -j- o,5^ henry par km.
- Le coefficient d'induction d'un système se composant de deux conducteurs triphasés est pour les lignes équilatérales 1,73 fois plus grand que celui d'un conducteur triphasé.
- De même, la chute de tension inductive, ainsi que les chutes de tension ohmique et totale entre deux conducteurs triphaséss, ont 1,73 fois plus grandes que celles d'un1 conducteur seul.
- II. — Ligne triphasée asymétrique.
- l’effet indücteiir des courants ùt et i3 sur lé conducteur i, c’est-à-dire les flux magnétiques partiels <ï>m)2 et ÏVi,3 sont égaux; donc
- L, = o,ooi33 henry par km.
- Pour ce conducteur triphasé subsiste la règle générale ; le vecteur de la chute dé tension inductive AjB, (fig. 5) est perpendiculaire au vecteur dé la chute de tension ohmique 0At ; l’impédance de ce conducteur est égale, selon la formule (1), à o,54 ohm par kilomètre.
- Le flux magnétique enveloppant le conducteur 2 est donné par l’équation vectorielle :
- 4*2 = i Ji -f-'Lni.a—3 «13 J -
- En substituant à L„ et Lm les valeurs correspondantes de la figure 4« nous aurons, tout calcul fait :
- q>2 ~ ) o8 [-}- 2,715 J2 — 10,585.1! — 11,969 J3],
- Soient ;
- r = o,33 centimètre, le rayon de chacun des conducteurs triphasés;
- Di_2=Di_3 = 200 centimètres;
- Da—3 — 4oo centimètres,l’écartement entre les conducteurs (fig. 4)-
- L’inductance du conducteur du milieu L(
- T'
- Fig. 4.
- aura la même valeur que celle d’un conducteur triphasé d’une ligne équilatérale,
- La solution graphique de cette équation vectorielle est représentée dans la figure 5, pour le cas d’une charge égale Jj — J2=J3= 1, et les vecteurs des flux magnétiques partiels y sont portés dans le sens des courants correspondants ou dans le sens opposé.
- Le diagramme traduit le fait que le flux magnétique <ï>2 — Oc2 i4o 000 unités C.G.S. par kilomètre, enveloppant le conducteur triphasé 2, n’est plus en concordance de phase avec le vecteur du courant J2; par conséquent la chute de tension inductive ne peut plus être perpendiculaire au vecteur de la chute de tension ohmique. Comme le vecteur du flux magnétique <I>2 est en avance de phase d’un angle §2 = 5° sur le vecteur du courant J2, il s’ensuit que le vecteur de la chute de tension inductive est en avance de phase de 90° — S2 = 85° par rapport au vecteur de la chute de tension ohmique (au lieu de 90° comme c’est le cas pour le conducteur 1).
- Pour l’inductance L2 du conducteur triphasé 2, on trouve L2=^o,ooi4 henry par
- car
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- kilomètre ; donc elle est de 5 % plus grande que celle du conducteur i.
- Si nous portons maintenant sur le vecteur du courant J2 la résistance ohmique du conduc-
- d’où l’on tire,en égalant séparément, selon le prooédé classique, les parties réelles et les parties imaginaires des deux membres :
- Z2 = 0,528 ohm par km.,
- V /'
- teur triphasé 2 (OA2 = o,5 ohm par kilomètre) et, perpendiculairement au vecteur du flux magnétique, d>2 = Oc2, sa réactance (A2B2= 0,22 ohm par kilomètre), nous aurons par la résultante la grandeur et la direction de son impédance (OB2 .= 0,528 ohm par kilomètre) ou sa chute de tension totale : OB2 = 0,028 volt par kilomètre et par ampère.
- Pour le conducteur triphasé 2 l’impédance Z2 e+A» n’est plus égale à R2 -f-,/w L2, car tg y n’est pas égal
- à *^1?. D’après le diagramme, on trouve :
- Z2e-hA« — Z2 cos y2 -j~yZ2 siny-2 = (R2-;— <dL2 sino2)
- -}- y«o L2 cosSî,.
- et y2 = 2/(°3o',
- M. Blondel (*) a développé les mêmes équations en opérantavec les forces électromotrices d’induction, et il appelle réactance oblique la réactance qui n’est pas perpendiculaire au vecteur de la résistance ohmique.
- L’équation vectorielle du flux magnétique <h3 enveloppant le conducteur triphasé 3 aura pour expression
- d>3 = 10e* £LSi3.1<j -f- Lm.iL Lm,2J2].
- En remplaçant Ls et L,„ par leurs valeurs, nous obtiendrons, tout calcul fait :
- <I>3 = io5 [-f- 2,718 J3 — 11,989 J2— iO,585 J1 J.
- (*) Eclairage Electrique, 1894,1.1, p. 247.
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- I ri
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- Le diagramme de la figuré 5 représente de nouveau le fait que le vecteur du flux magnétique <ï>3 = Oc3 = i4® ooo unités G. G. S. par kilomètre n’est pas non plus en concordance de phase avec le courant J3. Pour le conducteur triphasé 3, le vecteur <h3 est maintenant en retard de phase d’un angle S3 = 5° par rapport au vecteur du courant J3. Il en résulte que le vecteur de la chute de tension inductive wL3J3 est dans ce cas en avance de phase de 90° -)- §3 = 95° sur le vecteur de la chute de tension ohmique R3 J3.
- L’inductance du conducteur triphasé 3 a la même valeur que celle du conducteur 2.
- Si nous portons sur le vecteur du courant J} la résistance ohmique du conducteur triphasé 3 (0A3 = o,5 ohm par kilomètre) et, perpendi-culairementau vecteur du flux magnétique <b3, sa réactance A3B3 = 0,22 ohm par kilomètre, le vecteur 0B3 représente alors en grandeur et en direction sonimpédance : 0B3 ±=0,563 ohm par kilomètre.
- Bien que les conducteurs triphasés 2 et 3 aient même inductance, leur impédance diffère cependant de 7 %.
- L’impédance Z3 du conducteur 3 se détermine par l’équation complexe :
- d’où
- Z3e+jv> =z Z3 cos y3 -j- jZ3 sin y3
- = R3 -f- wLa sin S3 -f^ytoLs cos c;!
- Z3 = 0,563 ohm par km.
- Ainsi, c'est le conducteur triphasé central 1 quia la plus petite inductance, tandis que le conducteur triphasé extrême 2, dont le courant est en retard de phase par rapport à celui du conducteur central, possède la chute de tension minima.
- La chiite de tension entre les conducteurs triphasés i ét 2 n’est pas* cette fois-ci, égale à t,^3 fbis celle d’un conducteur, mais elle doit être calculée à l’aide de la formule :
- JiZj e+jT* — JsZ2e+ù«.
- La solution graphique de cette éqüatiôh complexe est donnée dans la figufê 5 ; la chute de tension JgZg *=* ODg est portéè en sens inverse suivant B,^ .*= OB2l le vecteur ODj = 0,915 volt par kilomètre et par ampère représente alors la chute de tension entre les conducteurs 1 et a. La chute de tension entre les conducteurs triphasés 2 et 3 est représentée par le vecteur 0D2 = 0,94 volt par kilomètre et par ampère et celle entre les conducteurs 1 et 3 par le vecteur 0D;, — 0,96 volt par kilomètre et par ampère.
- L'inégalité des chutes de tension dans les trois conducteurs triphasés aura comme conséquence que les courants à transporter dans les trois phases seront inégaux et que la dissymétrie dans les diagrammes des tensions s’accentuera davantage.
- Si l’on considère enfin la capacité des conducteurs triphasés, on peut dire a priori que la dissymétrie aura lieu aussi pour les vecteurs des courants.
- Sans trop compliquer le problème, il suflit d’opérer avec les courants égaux dans les trois phases et de tirer du diagramme des tensions et du diagramme des courants les conclusions sur les tensions étoilées au départ, ainsi que sur les charges de trois phases.
- Remarquons ici que, malgré la dissymétrie des conducteurs Biphasés, on peut obtenir uùe chute de tension égale dàtts lés trois phases ; il suffira de changer la place de cêë conducteurs de telle manière, que chacun d’eux prenne successivement là place de déüx autres sur un parcours d’un tiers de la longueur de la ligne triphasée, pourvu toutefois que l’écarleinent entré léS poteaux, supportant les conducteurs triphasés, permette ci’exécüter cette opération sans grands frais. Ajoutons encore que, par ce procédé, la chute de tension dans les deux phases sera augmentée (le cas échéant) et qü’on aura des réactances obliques dans les trois phases.
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- L A L ÜMî\il\E ÊLfeCl’UIQ(JK
- 5 Août 19Ü.
- ua
- HL DêÜX LIUXeS TRÏPtiÀSÉES PLACÉES CÔTÉ A CÔTÉ.
- Le rayon de chacun des conducteurs est r — o,33 eentimètrè, l’écartement entre conducteurs étant indiqué sur la figure 6. Les côntllictéürspôPtaht les liiêmès chiffres transmettent des cotirants de même phase. NôhS supposons en plus une charge égale dans
- les trois phases et admettons que les deux lignes triphasées partent des mêmes barres collectrices, chacun des conducteurs transportant ainsi seulement la moitié du courant.
- Cherchons l’indüctance du conducteur triphasé I, se composant des deux conducteurs i et i) reliés en parallèle.
- Là solution graphique de cette équation vectorielle est représentée dans la figure 7 où lès vecteurs des flux magnétiques par-
- tiels sont portés en sens opposé de leurs vecteurs de courant. On remarquera que le vecteur du flux magnétique fP, n’est pas non plus en phase avec le courant Jj.
- Lë flttï magnétique enveloppant le conducteur 1 a pour expression
- fI»1=ioîif(Ls l+Lm,ii) —+(L;)!i24-Lm,2i) —-(-(bm.a+Lj),
- L 2 2 ^ J
- En substituant à L« et L,« les valeurs correspondantes de la figure 6.nous aurons, tout calcul fait:
- <!>, —t io*’ [— 4j483 Jj — io,855 Jü — 11,282 J3],
- L’équation vectorielle du flux magnétique enveloppant le conducteur i4 est de même :
- <!>',= ios [— 4,483 Ji — 11,282 J2 — 11,558 J.J.
- Pour trouVér l’inductance du conducteur triphasé I se composant de ces deux conducteurs 1 et 1, reliés en parallèle, il faut prendre la moyenne algébrique de leurs inductances L[ et L',. Nous pouvons encore faire la somme géométrique des flux magnétiques ‘îq et «I»', et prendre alors la moyenne algébrique de cette somme. Par conséquent, nous pouvons écrire :
- $I=îd±l=io«i—4,483 i6,034 Ja—u,42cJ3].
- On trouvé pour l’indüctance dti conducteur triphasé I la valeur L, = 0,00069 henry par kilomètre.
- De la même manière, on trouve pour l’inductance du conducteur triphasé II, se composant de deux conducteurs 2 et reliés en parallèle, la Valeur L„ = 0,00067 henry par kilomètre et, pour Lm, o,Ooo63 henry par kilomètre.
- Du diagramme Oalblc1 de la figure 7, on peut déduire : '
- Li = V/[Li cosS,]2 -f- [Li sihS,]* et
- LïSinS,
- ^ 1 LxCOsSt'
- Si nous portons sur les vecteurs des courants correspondants les résistances des conducteurs triphasés I, II et III, c’est-à-
- dire — Rj = - R9 — " IL — 0At = 0A2 == 0A3
- = 0,25 ohm par kilomètre et, perpendiculairement aux vecteurs des flux magnétiques cor-
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- 144 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2« Série). — N° 31.
- respondants «b, <f>„ et leurs réactances
- w L, = A4B, = o, io8 ohm par kilomètre, a» L2 = A2B2 = o,io5 ohm par kilomètre, g) L, = A3B3 = 0,099 ohm Par kilomètre,
- nous aurons, suivant les vecteurs OB, = 0,28$ volt, OB2=o,260 volt et OB3 = 0,275 volt, les chutes de tension par kilomètre et par ampère dans chacun des trois conducteurs. Les impédances des trois conducteurs triphasés se composant chacun de deux conducteurs reliés en parallèle seront
- - Z, = 0,285 ohm par kilomètre,
- L’accroissement de la résistance par skin effect se détermine d’après le travail de M. G. Huldschiner ('), par rail
- f ^
- R,/, = par km.,
- 1,4.10*
- où f est la fréquence et la perméabilité équivalente de l’acier des rails
- La disposition des conducteurs triphasés est représentée sur la figure 8, aArec l’écartement entre les rails de Di_i = 14^,5 centi-
- — Z2 = 0,260 ohm par kilomètre, 2
- 4*-
- 1
- - Z3 = 0,275 ohm par kilomètre.
- Pour les conducteurs triphasés I et III, subsiste l’équation vectorielle :
- Ze+ù = (R -p ywLsinS) -j- ywLcosS, tandis que pour le conducteur triphasé II :
- Z2e+./rs = (R2 — wl_,2 sin§2) -(- ywL2 cosS2.
- IY. — Chute de tension
- DANS LES CONDUCTEURS DE TRACTION TRIPHASÉS.
- Pour déterminer le coefficient de self-induction d’un rail Ls, on remplace la surface compliquée de celui-ci par la surface d’un cercle d’un rayon équivalent t\. Si 9. est la perméabilité de l’acier du rail, on peut écrire d’après M. Blondel pour Ls :
- L, = — /i,G log/'.
- Nous choisirons des rails de 3a kilogrammes par mètre courant pour lesquels la surface d’un rail est 4i,a centimètres carrés et le rayon équivalent i\ — 3,64 centimètres. La résistance ohmique du rail est de Rj = 0,04 ohm par kilomètre ou, par kilomètre de voie, R’j = 0,02 ohm.
- 5
- Fig-. 8.
- mètres. La section de chacun des deux conducteurs triphasés, servant de fils de trolley, est de 5o millimètres carrés, correspondant à un rayon de i\ — /’3 = o,4 centimètre, avec une résistance ohmique R2=R3 = o,35 ohm par kilomètre. La distance entre les fils de trolley est:D2_3 — 100 centimètres et leur distance commune aux rails Di_2 = 600 centimètres ou D1—3 =y/6°o2 -p 1442.
- Cherchons l’inductance du conducteur I, se composant des deux rails en acier reliés en parallèle.
- Chaque rail transporte seulement la moitié du courant. Nous supposerons en plus une charge égale dans les trois phases.
- L’équation vectorielle du flux magnétique enveloppant le rail 1 aura pour expression :
- -b , x «h
- ----p L‘ml-1 —
- 2 1 2
- --- L*,l — p Lh(1-1 -------------p L,h1-2 J-2 "p L,111-3 J3.
- (') Eleklrotechnisclie Zeitschrift, icr décembre 1910, p. 1210.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 145
- S Août 1911.
- En remplaçant L, et L,„ par leurs valeurs correspondantes, nous aurons pour :
- 25
- f= 2 5 et i*r=—- 16,08
- 2 jO
- cpj = ios [— 2,235 J, — 12,780 Ja — 12,835 J,].
- et sa réactance, pour f — 25 :
- wLx = 0,166 ohm par km. de voie.
- Si nous portons sur le vecteur du courant «h la chute de tension ohmique par kilomètre de voie et par ampère :
- De même, l’équation vectorielle du flux magnétique entourant l’autre rail est :
- <ï>', =± ioG [— 2,235 J, — 12,835 J2 — 12,780 J3].
- Pour la valeur moyenne du flux magnétique enveloppant le conducteur triphasé 1 on peut écrire :
- <!>,— — 1 o8[—2 235J,—12,808J2—i2,8o8J3],
- 2
- La solution graphique de cette équation vectorielle est représentée dans la figure 9 pour le cas = J2 = J3 = 1, et les vecteurs des flux magnétiques partiels sont portés dans le sens opposé aux vecteurs des courants correspondants. On remarquera que le vecteur du flux magnétique d>, = Oest en concordance de phase avec le vecteur du courant J,. L’inductance d’un kilomètre de voie sera
- L, = 0,00106 henry
- K . K
- JjR, . 0,02 -J--------—— = o,o568 volt = OA,
- 2 14.000
- et, perpendiculairement à celui-ci, la chute de tension inductive par kilomètre de voie et par ampère
- ai Lt J, = A, Bt == 0,166 volt,
- le vecteur OB, = 0,176 volt représente alors la chute de tension par kilomètre de voie et par ampère.
- Pour le conducteur triphasé I se composant des deux rails reliés en parallèle, la règle générale subsiste.
- Zie+Ji> = Bt -f-yuLi.
- L’inductance du conducteur triphasé 2 se déduit du flux magnétique enveloppant ce conducteur ; pour ce dernier on peut écrire :
- J , T J, | _ Tl
- 4>2 = I Od [L3^2 J2 Lm2-1------(- Lm2-li----r Lmî-3 J3].
- En développant le calcul, nous trouvons :.
- $2 — ios [-f- 2,334 L — 12,808 J2 — 9,208 J,].
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-
- 440
- LA LUMIÈftË ËLËCTftiQÜË
- La solution graphique de cette équation vectorielle est représentée dans la figure 9, pour Jj = J2— <13= i il en résulte que le vecteur du flux magnétique <ï*2 = Oç2 — 1 870 000 unités G. G. S. est èn retard de phase d’un angle §2 = i3°io' par rapport au vecteur du courant J2. On trouve pour l’inductance du conducteur triphasé 2 :
- L2 = 0,00137 henry par km.
- §2 = i3°io'.
- et, pour sa réactance <0 L2 — 0,215 ohm par kilomètre.
- Pour le même conducteur, l’impédance Z2, calculée toujours de la même manière, est égale à
- Z2 = o,45o ohm par km.
- Ta = 270/io'.
- On détermine l’inductance L;î du conducteur triphasé 3 de la même manière que L2, en partant du diagramme Oa3 bs c3.
- On trouve :
- L3 ==: 0,00137 henry par km.
- S3 = i3°io'.
- Le vecteur du flux magnétique <ï>2 enveloppant le conducteur triphasé 3 est en avance de phase d’un angle S;3 = i3°io' sur le vecteur du courant J3.
- L’impédance du conducteur triphasé 3, calculée par la méthode ordinaire, est
- Z3 =r o,366 ohm par km.
- Y* = 3'i045\
- Quoique les conducteurs triphasés 2 et 3 aient même inductance L2 == L3, leur impédance diffère cependant de 18 %. La chute de tension dans les rails est minima, elle n’ëst cjuü o, 1^5 volt par kilomètre et par ampère.
- T. XV (2* Sérié). *- Kl* 34 j
- La chute de tëftsien entre le fil de trolley 2 et les rails est représentée pâr lé vêCtëüï* ODj = 0,62 volt par kilomètre et parahipère, celle entre le fil de troîley 3 et les rails par le vecteur 0D3 = o,38 volt par kilomètre et par ampère et enfin celle entre les deux fils de trolley par le vecteur 0D2 = 0,68 volt par kilomètre et par ampère.
- Outre la différence entre les chutes de tension dans les trois conducteurs triphasés, le diagramme montre encore une parfaite asymétrie entre les vecteurs de celles-ci.
- Y. — Conclusion et iiésumé.
- D’après ce qui précède nous pouvons établir l’équation exponentielle suivante pour le calcul de l’impédance des conducteurs triphasés assymétriquemént disposés
- Z<rH/r = (R ± wL sinS) -j- /uL cos 3.
- L’indu.ctance L et l’angle 3 doivent être calculés d’après les formules ci-dessus développées.
- Le signe -f- dans la quantité réelle doit être pris lorsque le vecteur du chahip magnétique enveloppant le conducteur en question est en retard de phase d’un angle $ par rapport au courant ; dans le cas contraire d’une avâtice de phase, c’ëst le signe — qu’il Convient de choisir.
- L’angle y, l’argument de la quantité complexe Z, se détermine par la relation :
- wLcosS
- R±u>Lsino’
- G. Markovitch,
- Ingénieur mécanicien et électricien.
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-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 147
- 5 Aàût 1911.
- L’ÉCHAUFFEMENT ET LA VENTILATION DES MACHINES ÉLECTRIQUES DE GRANDE PUISSANCE
- CALCUL DE LA QUANTITÉ d’AIR MINIMA QUI ASSURE UNE BONNE VENTILATION DE LA MACHINE
- Quand un alternateur à grande vitesse et de grande puissance fonctionne sans être dans des conditions spéciales de ventilation, en raison de la quantité de chaleur qui se dégage des enroulements, il arrive que les isolants se détériorent* souvent jusqu'à sè carboniser, et que les dilatations qui résultent de ces élévations de température donnent lieu à des courts-circuits qui nuisent à la bonne marche et à la conservation des machines. Il est donc de toute nécessité d’assurer une ventilation rationnelle, capable de refroidir les divers organes Susceptibles de chaulfer.
- Etudions le partage de la quantité de chaleur entre le cuivre et le fer d’un alternateur et cherchons à déterminer les températures maxima atteintes eh régime normal.
- Dans le cas des machines électriques ordinaires, on petit Sé dispenser dë faire l’étude détaillée de réchauffement des conducteurs de l’enroulement. Cependant, on ne peut la négliger dans le cas de machines à grande longueur d’armature, comme celles que nous étudions ici. M. Arnold a établi, pour ce cas spécial, quelques formules dont nous nous servirons plus loin pour calculer la température atteinte dans le cuivre. Si l’isolant est suffisamment épais, la transmission de la chaleur, depuis les conducteurs noyés dans le fer jusqu’aux têtes des bobines directement refroidies par l’air extérieur, se fait uniquement par conduction. La différence de température entre le milieu du stator et le milieu de la tête de bobine doit être assez grande pour permettre au flux de chaleur de parvenir jusqu’à la surface refroidie. En outre, une partie de la chaleur se transmet du cuivre au fer par l’intermédiaire de l’isolant.
- Pour simplifier, M. Arnold admet qüe la
- température du fer reste constante dans lés parties entourant les conducteurs. Une telle hypothèse est trop loin de la réalité, en raison de la grande conductibilité du fer et des nombreux canaux de ventilation. NoUs déterminons aussi la température atteinte dans le fer.
- M. Arnold néglige aussi, dans l’étude du régime du cuivre, l'effet de ces canaux de ventilation, en raison de leurs petites dimensions par rapport aux paquets de tôles, et aussi à cause de la présence de la gaine isolante disposée autour des conducteurs sur toute leur longueur. Ceci revient à supposer que la température du cuivre noyé dans le fer augmente de l’intérieur de l’armature à l’extérieur, et que, au droit des canaux de ventilation, le refroidissement se fait comme pour le fer.
- Pour exposer plus aisément cette théorie, nous prendrons un exemple numérique.
- APPLICATION NUMÉRIQUE POUR UN TURBO-ALTERNATEUR DE 10.000 IiVV.
- Étant donné que la puissance perdue sous forme de chaleur dans les diverses parties de l’alternateur est exprimée en watts, nous sommes porté, pour simplifier les calculs, à exprimer aussi en watts les coefficients de conductibilité et de chaleur spécifique. Pour ceci rappelons que
- 1 calorie (g. d. par sec.) vaut 4,2 watts environ.
- Considérons alors les éléments suivants pris sur la spécification d’une machine existante :
- = longueur du tube isolant dans chaque trou = 200 -+- ,2 X 20 = 240 cm. (en supposant que les tubes isolants sortent du fer d’une longueur de 20 cm. en moyenne). ------------
- ),c„ = conductibilité du cuivre == 300.1Ü—4 wàtls-cm.-mm2.
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-
-
- 148
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV(2* Série). — Ns,34.
- s„ = section de cuivre dans chaque trou = 2 X 900 = 1.800 mm3,
- L„ — périmètre de chaque trou = 2 X 9,0 + 3 = 21 cm.
- S,- — épaisseur totale d’isolant entre le fer et le cuivre = 0,3 cm.
- \ — densité de courant dans le cuivre = 1,52 (à pleine charge avec cos? = 0,85). lk = longueur totale développée de la section extrême de la tête de bobine = 160 cm. en moyenne.
- X, = conductibilité calorifique moyenne de l’isolant = 7.10—4 watts-cm.-cm2.
- T',„ — surélévation moyenne de température du fer par rapport à l’air au voisinage des trous à déterminer et que, pour ce calcul, nous prendrons égale à 31°, sauf vérification, p = coefficient de résistivité du cuivre à 18°
- _ _1_
- — 5700’
- Z — nombre des trous = 54.
- La = périmètre de la section de tête de bobine = 2 (9,1 — 0,6 3 — 0,6) = 22 environ.
- \a — coefficient de conductibilité calorifique de l’isolant
- = 12,10—4 watts-cm-cm2.
- H — coefficient d’émission de la chaleur par conduction, dans une atmosphère calme.
- = 12,10—4 watts-cm
- K = coefficient de transmission calorifique dans l’air animé d’une vitesse v, donné par :
- H (1 -1- 0,107v).
- En supposant v = 35 m, (ce qui correspond à la vitesse due à une pression moyenne de 70 mm. d’eau), on trouve K = 57.10-4.
- K,. = coefficient qui tient compte de ['augmentation de la résistance par suite de l’inégale répartition du courant dans la section, et des courants de Foucault = 1,2 environ.
- ba — épaisseur totale de l’isolant des têtes de bobine, 0,1 cm.
- Si nous désignons enfin par x la distance d une section quelconque d’un conducteur de cuivre au cenlredu stator,nous obtenons l’équation suivante
- T» = Ai (e«* + t—*) + A ,|)
- \ U-
- déterminerons plus loin; on a d’ailleurs :
- ffll _ _ 0,00*KrpA»
- ° ficuS u ^-eu
- b
- Posons :
- A2K,-p [1 0,004 (Tw — 18)]
- çax g—ax ~ g
- = COS iÙX
- la relation (I) devient :
- Ti = 2 Ai cos/aæ -f-
- Pour la section extrême du conducteur qui se trouve à l’extrémité du tube isolant, on a ;
- T/= 2 Al cos,a| + i + T,„.
- en remarquant que :
- Soit Lk le périmètre de la section de tête de bobine et y la distance de cette section au centre de la tête même. On aura
- Ta = 2Ci coSicy + ^
- où G, est un coefficient constant dont nous donnerons la valeur plus loin.
- J ... .A»KrP[l + 0,004 (Tq — 18)1
- - *<M,
- I ^
- s _ Xc„g» _ 0,004K,,? A2 . J_ *cu
- + H'
- H' = coefficient d’émission calorifique dans l’air de refroidissement, dont la vitesse est v.
- Suivant les expériences de M. Ott, ce coefficient satisfait à la relation.
- H' — H (1 -+- 0,i07v).
- Pour la section extrême de la tête de bobine on a, 7k étant sa longueur totale développée :
- T/ = îfCj cos/c — + + Ta.
- Les coefficients A et C sont déterminés par
- dans laquelle At est une constante que nous
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-
- 5 loft! 1911.
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- 149
- l’équàtion obtenue en exprimant que la température T/> est la même dans les deux sections extrêmes et correspond à la même quantité de chaleur dégagée, soit :
- a Aj sin,a
- ou :
- . lr
- situa - =
- r . lï — cüi sm,c —,
- lr Ij.
- - e •“*
- 2
- avec
- 2 A, cos,4 + ± + T,n - 2 Ci cos,4
- T' = T',„ — ï„.
- La quantité totale de chaleur qui est transmise par le cuivre au fer est donnée par
- W
- - n n Lu X,' /2 A, , a If | b ir\
- ''=sz-jr(+‘"“‘ir + sâj
- dans laquelle Z indique le nombre total des trous.
- L’échauffement moyen du cuivre est donné par
- T = — sin£ — + — —^
- lr\ a ‘ 2 ^ a2 2 )
- . 4 /2Ci , C tK | d lÿ\ .
- + k\~ suliT + 7* 2)+ T"1‘
- Les tètes de bobines dégagent dans l’air une
- quantité de chaleur.
- ... » rsCi . c/k , d +1
- = 2Zxc,,s„c2 1^— sm,: — + ^ jJ.
- La température maximum du cuivre est donnée par l’équation générale dans laquelle on fait# = 0. C’est-à-dire qu’on obtient
- Tm“ = 2Ai +
- À, étant toujours négatif.
- Nous avons ici :
- «s = 234 [îTt-ra^]'<,-,'
- — 9.34 f 21 L2XL52'lm-^=r9.03S.I0-1
- LO,3.1800 1000 J
- donc
- a = 3.10-2 environ.
- Supposons que la température de l’air extérieur soit de 25°, c’est-à-dire que la température moyenne effective du fer dans lé voisinage des trous soit de 56°.
- 6 =
- 18)).
- = 1,2 X Lïï2* 2^8_±.0-004 (3I. +lï>^ 1>9 x 10_.
- 171
- Alors
- U
- KuSu'Ua 1
- Z+K
- 1,9.10-2 _ 9,035.10-*~'
- 0,004KrpA2
- 20,5
- 22
- 3«0.10-.XI.80Ô[n!«n+5riF,]
- 0,004X1,2X^X1,52
- donc
- 300 X 10-4
- c = 4,07.10-2 environ
- - 16,55.10—'environ.
- , KrA2p fl -)- 0,004(Ta —18)] „ 0,928+0,004 Ta. ,
- (I =--------—r---------------------:---—--------A-
- Vw 11 1
- = V7°44 = 1,70.10-2
- d 1,7. iO-2 .
- — —7= environ 10,3.
- donc
- c2 16,55.10"
- On trouve de même par le procédé indiqué : C, — 0,64 = — Ai A, — — 0,64.
- Donc la surélévation de température maxima dans le cuivre par rapport au fer, sera
- :2Ai +
- 2.0,64 + 20,5 = ~ 19°.
- Pour la section extrême terminale des barres de cuivre, l’excès de température sur l’air ambiant est donné par :
- _ „ , alr . b
- T/ —2Ai cos, —+-5
- +T'„
- -2X0,64X18,315+20,5 + 31=28°.
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-
- 150
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* SèrU). ~ N*31.
- ................................. 1 "J •»— ' -i-f-Vir. '-V i"
- Echauffement moyen du cuivre par rapport à l’air ambiant.
- Calcul de la température dans le fer de l'induit (à pleine charges avec coeç == 0,8S).
- T — 1 f?*Ai sin — 4- — —1
- ,i raCi . ch . d n
- + kLt “,n-2-+?ïJ +T"
- = H5[aW^,s'285 + 20'5><,?,>] +
- + Î5J [wî®S '*.<» + X »]+3,'= * «"•
- Dans le cas que nous considérons, les paquets de fer intérieurs sont au nombre de 37 et ont une épaisseur de 40 millimètres chacun. Les deux paquets extrêmes ont une épaisseur de 75 millimètres. L’épaisseur de chaque tôle est de 0,5 millimètre et chaque paquet intérieur est formé de 72 tôles ; l’épaisseur d’isolant pour
- ..fana ctêr»
- Fig. I.
- Quantité de chaleur dégagée par les têtes de bobines.
- ... a... n /2Ci . c/k , d h\
- \VS — 2Zxc„s„c- ^ snij -g- +^2 ^’J
- — 2 X 54300rl0-> 1800 -- 16,55.10~* (408 + 824), d’où :
- W,= /* 11.900 watts soit a» 12.000 watts.
- Quantité totale de chaleur transmise du cuivre au fer.
- : 2Z
- L,t Si
- . al.,.
- 81,1 T +
- A k"|
- a2 2 J
- =?X54
- 21X7X10 ' 0,3
- p2(-—0,64)
- - ’ 48,2854-20,5X120
- s; « 900ÛAvatts.
- Donc, au total, la chaleur engendrée dans les barres de cuivre de l’induit est de 12.000 4- 0.000 = 21,000 watts.
- chaque paquet est de 4 millimètres [ en 1
- moyenne de l’épaisseur totale
- Considérons maintenant une tôle quelconque.
- La quantité de chaleur g' produite par centimètre cube de fer dans la partie au-dessus des dents est inférieure à la quantité de chaleur g" produite dans la zone des dents.
- La dispersion de la chaleur dans le sens ra* dial a lieu de deux côtés, vers l'entrefer d’une part et vers la surface cylindrique extérieure du fer d’autre part; il doit donc exister une ligne circulaire partageant le fer en deux régions. Une de ces régions envoie sa chaleur vers l’entrefer, l’autre l’envoie vers la surface cylindrique extérieure du fer.
- Nous appellerons cette ligne « Cercle neutre » et tenant compte de ce que la quantité de chaleur engendrée, par centimètre cube dans les dents est plus grande que celle engendrée dans
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-
-
- "l^iHÉCir^ "“::i 'T'1A L)ÜMÏÈH,E ' ÉLECTRIQUE
- '**T*&ït$fif%%il. -
- " 1K1
- le fer aurdessus des dents, on voit que le cercle neutre devra se trouver à l’intérieur de la zone des dents.
- Rour cette raison, la distribution de la température dans le sens radial de la couronne circulaire d’une tôle peut se représenter par la figure 1.
- CHALEUR ENGENDRÉE A PLEINE CHARGE INDUCTIVE
- Qp trouve ppr un calcul dont nous ne donnerons pas lo détail ici ; ,
- i
- Induit.
- Dans la oouronne au-dessus des dents par centimètre cube :
- (Ayant évalué à 180.000 watts les pertes dans la couronne de l'induit).
- / Itlvivvv n « . . « , . 9
- «. = 4mm=3M0 watts environ-Dans les dents
- (Ayant évalué à 55.QQ.Q w^tts les pertes dans les dents).
- Chaleur engendrée dans un paquet au-dessus des *
- dents............ 341.10-1 X 109.880 — 3.736 watts
- Chaleur engendrée dans un paquet dans les
- dents......... 900.10—1 X 17.860 — 1.580 —
- Chaleur transmise du cuivre
- à chaque paquet, environ.....— 220 WC
- 41 J
- Chaleur totale dans chaque paquet.. Wp — 8.836 watts W, — 12.QQQ.
- Rotor.
- Wr == 30.000.
- On peut arriver (•} à déterminer la quantité d’air nécessaire et suffisante pour assurer la bonne ventilation de l’alternateur.
- Dans le cas actuel, on pourrait, par exemple, choisir un ventilateur centrifuge Sirocco, dont les dimensions principales seraient les suivantes :
- Diamètre du ventilateur....... 1.148 millimètres
- du tuyau de prise.... 1.280 —
- — du tuyau de décharge. 1,148 •—
- Puissance absorbée ........... 40 chx environ.
- 88.000
- q ~ 612.600
- 900.10-1 watts environ,
- C. Caminati.
- Volume de la couronne au-dessus des dents pour
- chaque paquet intérieur.. 109.580 centimètres cubes
- Volume dans les dents pour chaque paquet intérieur. 17.560 —
- (*) Les calculs complets, que nous ne pouvons qu’indiquer ici, se trouvent avec leur complet développement dans notre brochure, portant le même titre que cet article et dont-la publication sera annoncée dans un prochain numéro de la Lumière Electrique.
- C2
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- TRACTION
- L’èlèctriÛôatiôrl des chemins de fer. — S. Murray, — Proceedings of the American Instiiute of Electrical Enginèers, avril 1911.
- L’auteur, qui à effectué l’électricification des principales lignes du New-Haven Road sur environ 480 kilomètres de longueur (comptée en simple voie), donne dans sa coitimunication un aperçu d’ensemble de la façon dont cette électrification a été réalisée.
- Se basant sur l’expériencençe qu’il a acquise, il préconise l’emploi de la traction par courant monophasé sur les lignes principales ou artères qui desservent les terminus et les territoires suburbains, tant pour les trains de voyageurs que pour ceux de marchandises.
- Il est partisan de l’unifieatiqn de la tension de 11 000 volts sur le fil de contact et de la fréquence de a5 périodes \ il affirme que dans l’état actuel de l’industrie électrique, l'électrification peut
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- « payer », c’est-à-dire que l’économie actuelle réalisée dans l’exploitation par la traction électrique, comparativement à la traction à vapeur qu’elle remplace, est supérieure à l’intérêt du capital dépensé pour cette transformation.
- En vue de l’électrification qu'il a réalisée, l’auteur a fait pendant quatre ans une étude très complète des locomotives à vapeur affectées au service des voyageurs et des marchandises. Il reproduit les graphiques obtenus, qui indiquent les consommations de vapeur et de charbon par tonne kilométrique pour les trains de différentes catégories, ainsi que les puissances en chevaux indiqués, développées par les locomotives à vapeur pour la remorque de ces trains. Ces expériences ont été complétées par l’étude de la résistance de la voie, pour des trains de différents poids.
- L’ensemble des données ainsi obtenues a permis de fixer en toute connaissance de cause la puissance que devront développer les locomotives électriques.
- C’est ainsi que la locomotive de voyageurs a été établie pour fournir une puissance normale de i ooo chevaux à la jante.
- La locomotive de marchandises, destinée à remplacer une locomotive à vapeur remorquant des trains de i ooo tonnes à une vitesse comprise entre 38 et 51 kilomètres à l’heure, en développant une puissance indiquée de 655 à 892 chevaux, a été établie de façon à fournir une puissance normale de 1 400 chevaux environ; elle atteint une vitesse moyenne de 58 kilomètres àl’heure ; la consommation moyenne d’énergie est de 16,2 watts-heures, par tonne-kilomètre.
- Les mesures effectuées sur les locomotives à vapeur affectées au service des manœuvres ont montré qu’elles travaillent seulement pendant 36,7 % du temps; il en résulte que l’emploi de la traction électrique pour ce service est beaucoup plus avantageux que la traction à vapeur, la puissance moyenne provenant d’une station centrale étant fournie avec un rendement très supérieur à celui d’une locomotive à vapeur inutilisée pendant la plus grande partie de la journée.
- Le rapport du charbon brûlé pour actionner un train électrique de voyageurs au charbon brûlé par une locomotive à vapeur remorquant le même train est de 1 à 2.
- Dans le cas du service de manœuvres, ce rapport est de 1 à 3.
- x Des graphiques indiquant les retards des trains remorqués par locomotives électriques, il ressort
- que ce mode de traction a considérablement âmélioré le service.
- Pour 160 ooo kilomètres parcourus par les locomotives électriques, on n’a compté que 9 arrêts intempestifs, alors que pour le même parcours on a compté 21 arrêts dans le cas de la traction à vapeur.
- L’usine centrale ne présente pas de particularité spéciale; bien que la traction se fasse par courant monophasé, les alternateurs sont triphasés : en tous temps on dispose ainsi d’une phase de rechange, et on peut fournir des courants triphasés à des appareils accessoires.
- Pour atténuer les effets provoqués par des bourts-circuits dans les enroulements des machines génératrices et les maintenir dans les limites où ils ne soient pas destructeurs, on a adopté un dispositif qui se répand dans les usines importantes, et qui consiste à introduire sur les circuits de génératrices des impédances d’une valeur convenable.
- Au point de vue du système de distribution, on compte plus de 480 kilomètres de ligne (voie simple) sans sous-station; il n’y a pas d’autres feeders que le conducteur en cuivre installé au-dessus du fil de contact en acier.
- L’équipement de chaque voie se compose d’une ligne à suspension caténaire, composée d’un conducteur en cuivre d’environ 12 millimètres de diamètre, auquel est suspendu, par des attaches métalliques, le fil de contact en acier, de même diamètre que le conducteur en cuivre.
- La chute moyenne de voltage à l’extrémité de la ligne, le jour où le trafic est le plus intense (Football Day), est de 3 % ; la chute maxima de voltage dans les mêmes conditions est de 14 % .
- Les progrès réalisés ces dernières années dans la construction des isolateurs ont permis d’obtenir des résultats parfaits ; l’auteur cite notamment les isolateurs d'ancrage (fig. 1), qui sont essayés avant expédition à 110 ooo volts sous un effort mécanique de
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- i5 800 kilogrammes et ne coûtent que 36 francs environ.
- Le fil de contact en acier n’a présenté, depuis trente mois qu’il est en service, qu’une usure verticale de 0,7 millimètre, ce qui lui assure une durée supérieure à vingt ans. On n’observe pas d’effet de corrosion sur ce fil, constamment graissé par les pantographes des locomotives.
- La dilatation due aux variations de température n’a donné lieu à aucun inconvénient.
- Sans entrer dans des détails sur les locomotives électriques des divers types adoptés dont il a donné la description dans d’autres communications, l’auteur signale l’économie notable réalisée dans l’enlre-
- Fig. 2. — F, feeders et fils de signaux ; G, fil do terre.
- tien de la voie grâce à ce que ces locomotives sont complètement suspendues.
- Les circonstances ont obligé à établir ces locomotives de façon à utiliser le courant continu aussi bien que le courant alternatif; l’auteur regrette la nécessité d’une telle complication en faisant remarquer qu’il en résulte une augmentation de poids de plus de 3 tonnes par locomotive et une augmentation de 100 % dans le nombre des interrupteurs.
- Les lignes, à suspension caténaire, sont généralement supportées par des ponts à charpente métallique conformément à la pratique maintenant courante (fig. a). L’auteur donne des détails sur les dispositions particulières adoptées pour l’établissement des lignes dans le tunnel d’Hoosac, dont la hauteur réduite apportait certaines difficultés à l’établissement des isolateurs supportant la ligne. A la voûte du tunnel sont fixées des consoles portant quatre isolateurs, répartis par deux en série pour chaque voie; chacun de ces isolateurs peut résister à une tension de t5o 000 volts ; on a ainsi une très grande sécurité, moyennant une très faible augmentation des dépenses de construction.
- L’auteur ne peut donner de renseignements définitifs sur l’économie réalisée par la traction électrique tant que celle-ci ne sera pas exclusivement employée sur les lignes du New-Haven Road; mais il est certain que ce mode de traction diminue considérablement la consommation de charbon, ainsi que les dépenses de réparation du matériel roulant.
- Les Compagnies de chemin de fer qui se posent la question de l’électrification peuvent, pour les dépenses de premier établissement, se baser sur les chiffres approximatifs ci-après :
- Les usines centrale coûtent de 460 à 070 francs par kilowatt.
- Les lignes pour 1, 2, 4 et 6 voies coûtent respectivement par kilomètre de i3 000 à 23 000 francs; de 26 000à 49 000 francs ; de 81 000 à 13o 000 francs; de i3o 000 à 194 000 francs. Leur prix varie suivant que les supports sont en acier ou en bois, que les lignes sont soutenues par des transversaux caténaires ou des ponts, que la suspension caténaire est simple ou compound; la construction des lignes dans les dépôts et gares de triage varie de 4 900 à 9 700 francs par kilomètre.
- Le prix des locomotives de voyageurs et de manœuvres varie de i3o 000 à 235 000 francs.
- Comme conclusion, l'auteur recommande le courant monophasé pour les lignes principales de chemin de fer de la même importance que celles du New-Haven Road ; le coût de premier établissement de ce système de traction serait environ 85 % du coût des systèmes concurrents, et les frais d’exploitation y entreraient dans une proportion encore plus
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Régulation automatique dans les systèmes télégraphiques Hughes-duplex. — a. Merino.
- L’auteur, dont nos lecteurs connaissent un dispositif téléphonique à batterie centrale (*) et une modification de la pile Callaud(2), a combiné la disposition suivante pour la régulation automatique des systèmes télégraphiques Hughes-duplex.
- Dans le bras X, par exemple, du pont de Wheat-
- (t) L’Eclairage Electrique, 4 février 190,5, (2) Ibid, 5 octobre 1907.
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- tone (flg. i), on intercale un électro-aimant dans lequel circule un courant continu (positifou négatif) pendant la transmission duplex. Cet électro agit sur deux leviers, ou armatures, qui sont réglés, celui de droite
- dans la ligne L produira des variations dans l'intêft-sité du courant qui passe dans l’électro-aimant et provoquera soit l’attraction d’un levier, soit la répulsion de l’autre.
- Fig. i.
- par excès (en tendant le ressort) et celui de gauche par défaut, en le relâchant. Les deux leviers reliés à la pile P et à l’induit d’un petit moteur électrique N S constituent un inverseur de pôles.
- Dans ces conditions, toute variation de résistance
- Dans le premier cas, le moteur tournera à droite ; dans le second cas, à gauche, et par l’intermédiaire d’une ou de deux roues dentées, il fera tourner la manivelle d’un rhéostat R relié à la ligne artificielle X,
- S. F.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Traité théorique et pratique des machines dynamo-électriques (courant continu), par le professeur Sylvanus Thompson. — 4e édition française traduite sur la 7$ édition anglaise, par E. Boistel. — i volume in-8° jésus de 1 o56 pages, avec 602 figures. <— Ch. Béranger, éditeur, Paris. — Prix : cartonné, 35 francs.
- Parmi les nombreux traités écrits sur la théorie et la construction des dynamos, celui du professeur Sylvanus Thompson a toujours été l’un des plus goûtés dans le monde électrique français. Mais que de transformations il a subies depuis vingt ans environ, époque de sa première édition, où les deux parties : a courants alternatifs » et « courant continu » se réduisaient à un maximum d’environ 3oo pages.
- Si la deuxième édition (18^3) présentait de pro-
- fondes modifications sur la première, en revanche la troisième (1900) ne différait pas sensiblement de la précédente. Avec la quatrième édition, nous assistons à nouveau, non peut-être à une transformation radicale, mais néanmoins à une augmentation considérable de la capacité du traité. Celui-ci atteint maintenant un millier de pages, ce qui équivaut, en somme, au double de l’édition précédente, Il est vrai que la plus grande partie d’un autre traité de l’auteur, le calcul et la construction des machines dynamo-électriques, rentre dans l’édition actuelle.
- L’ossature du livre qui nous avait paru autrefois présenter une légère confusion a été plus sérieusement modifiée encore que dans les deux précédentes éditions ; mais il subsiste au point de vue didactique, à notre humble avis, bien entendu, un défaut capital : c’est celui de reporter l’étude détaillée jd.eÿ
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- machines après la théorie complète de celles-ci.
- Les propriétés magnétiques du fer (chapitre iv) ont bien été mises avant les réactions de l’induit qui constituent le chapitre ix, mais la commutation passe avant la théorie élémentaire de la dynamo, les caractéristiques et la théorie de l’enroulement induit. Cette dernière est assez inspirée de celle d’Arnold avec schéma réduit de forme, assez commode d’ailleurs, inaugurée dans le traité sur le calcul et la construction des dynamos,
- En somme,les premiers chapitres (jusqu’au xive), sauf les premiers qui sont descriptifs, traitent de la partie théorique des dynamos génératrices et la partie construction fait l’objet des dix chapitres suivants,
- Une étude nouvelle, celle des moteurs-générateurs et de leurs applications spéciales, survoltage des réseaux ou des feeders, survoltage négatif et modification des tensions de batteries en suryolteur-dévol-teur que M, Boistel traduit d’un mot nouveau : le a revolteur ».
- Les moteurs à courant continu sont plus largement étudiés, tant au point de vue théorique qu’au point de vue descriptif, ainsi que leurs applications, Us font l’objet de deux chapitres dont l’un est consacré plus spécialement à la régulation des dynamos en général, dynamo-génératrices ou moteurs.
- Le dernier chapitre, peut-être un peu court, d’ailleurs parce qu’une partie du sujet se trouve avoir sa place aussi dans le reste du livre, traite des essais, épreuves et conduite des dynamos et des moteurs.
- . L’ensemble de l’ouvrage du professeur Sylvanus Thompson présente donc, comme on le voit par cette courte analyse, une extension réellement importante et l’on peut affirmer que cet ouvrage est réellement une oeuvre maîtresse et complète.
- En lisant ce traité, on est naturellement porté à le comparer avec celui du professeur Arnold. Une différence profonde existe entre ces deux oeuvres, d’ailleurs éminentes à plus d’un titre, et leur comparaison ne peut que faire ressortir la simplicité d’exposition du professeur S. Thompson dont l’oeuvre s’adresse bien aux électriciens et veille, avant tout, à rester à la portée de tous.
- La partie bibliographique a pris dans cet ouvrage une amplitude de bon aloi dont nous ne saurions trop louer l’auteur et le traducteur.
- Nous ne serions pas complet si nous ne disions, pour finir, quelques mots de la traduction.
- M. Boistel nous a présenté le traité du professeur S. Thompson avec son habileté ordinaire dans U
- maniement de la langue français® : ses traductions ne conservent pas de traces de là langue primitive, évitant ainsi un défaut malheureusement trop commun aux traducteurs.
- Gomme dans tous ses travaux, notre vieil ami ne manque pas de -nous montrer combien les électriciens oublient souvent les mots existants, lorsque, pour la nécessité des choses, ils tiennent à en créer de nouveaux que nos académiciens ne seront heureusement pas forcés de sanctionner plus tard.
- C’est ainsi que M. Boistel nous fait observer que le courant doit « commuer » et non « commuter », que P « l’hyper-compoundage » est de formation ridicule, alors que le surcompoundage satisfait tout le monde, etc.
- Nous terminerons en disant que la nouvelle et particulièrement importante édition du traité du professeur S. Thompson mérite le succès qu’ont obtenu ses devancières; un seul regret nous restera : c’est que pour un livre d’étude, ou d’étudiant, comme on voudra, le prix en soit si élevé...
- G.-F. Guilbert.
- Les lampes électriques, par H. Pécheux. — i volume in-8° carré de 180 pages, avec 38 figures. — Gauthier-Villars et Masson, éditeurs, Paris. —. Prix : broché, a fr. 5o.
- Ce nouveau volume de l’encyclopédie des aide-mémoire (section de l’ingénieur), dirigée par M. Léauté, est surtout conçu au point de vue des mesures photométriques, comme il est naturel, puisque l’auteur, M. H. Pécheux, est un spécialiste en ces matières.
- Nos lecteurs ont eu plus d’une fois communication de ses observations sur les caractéristiques des divers filaments.
- Le côté descriptif, l’exposé des procédés de construction, etc., cèdent donc nettement le pas dans cet ouvrage au compte rendu des expériences de laboratoire, et tout particulièrement à celles que l’auteur lui-même a exécutées.
- C'est aux lampes à incandescence qu’est consacrée la plus grande partie de l’ouvrage. Les lampes à arc sont plus brièvement traitées ; les lampes à vapeur de mercure, la lumière froide, etc., un peu trop sommairement peut-être. G’est en somme la détermination des caractéristiques des lampes à incandescence qui forme le cœur de l’ouvrage ; l’auteur y résume d’une manière intéressante les résultats de recherches personnelles que nous avoijgjité heureu* de trouver ainsi réunis. L. A.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Les réseaux électriques en France (suite) (*).
- La Compagnie Electrique du Nord (2) a été fondée le 17 mai 1904, au capital de 2000000 de francs, divisé en 20000 actions de 100 francs. Elle avait pour principal objet l'exploitation du halage électrique sur les canaux delà Deule, de la Sensée, et sur le canal d’Aire. En effet, l’importance du trafic sur les canaux de la région du Nord nécessitait l’emploi de modes de traction mécaniques ayant une puissance et un rendement très supérieur à la traction par cheval qui peut suffire pour les canaux sur lesquels la circulation est moigs intense.
- Pour accroître la bonne utilisation des lignes de transport d’énergie qu’elle était appelée à construire, la Compagnie Electrique du Nord songea de bonne heure à distribuer la lumière et la force motrice dans les communes les plus importantes qui étaient situées le long des canaux qu’elle desservait. Elle n’obtint qu’au mois d’août 1907 la concession qu’elle avait sollicitée; enêore le décret de concession lui imposait-il l’obligation de créer une société spéciale pour réaliser cette entreprise de traction. Par ce fait, la Compagnie Electrique du Nord allait consacrer toute son activité à la distribution de l’énergie électrique.
- La Société de Halage Electrique fut créée le 9 novembre 1907 au capital de 3 5oo 000 francs, divisé en 35 000 actions de 100 francs. Toutefois, la Compagnie Electrique du Nord ne voulut pas se désintéresser de son but primitif et elle augmenta son capital à 3.ooo 000 de francs pour être en mesure de souscrire une part importante du nouveau capital de la Société de Halage à laquelle elle avait fait apport d’une part de son matériel et de ses installations.
- L’énergie électrique utilisée par la Compagnie Electrique du Nord est produite à Pont-à-Vendin par les soins de la Société des Mines de Lens; elle est transportée et distribuée sous forme de
- (4) Lumière Electrique, 17 juin et 29 juillet 1911. (a) Siège social : 9, rue de0 Wetz, Douai.
- courant alternatif triphasé à la fréquence de 5o périodes par seconde et sous trois tensions différentes : 4^000, i5ooo et 5 000 volts efficaces entre conducteurs.
- Les lignes à 45 000 volts constituent, à proprement parler, les grandes artères de transport qui permettent d’utiliser dans une région étendue l’énergie électrique prodnite dans les usines centrales de Pont-à-Vendin (fig. 1).
- La tension de i5ooo volts est utilisée pour desservir la région entourant la centrale et comprenant un certain nombre de communes populeuses et industrielles. Cette région s’étend jusqu’à Seclin, c’est-à-dire aux portes de Lille, et jusqu'à Estaires et Merville.
- Enfin, pour les centres urbains, tels que Lens ou Douai, la tension de 5 000 volts a été choisie parce qu’elle paraissait avec juste raison se prêter plus commodément à l’emploi de câbles armés.
- Cependant les résultats qu’elle avait obtenus décidèrent rapidement la Compagnie Electrique du Nord à étendre, dans des proportions importantes, le champ d’action qu’elle s’était primitivement attribué et, pour la réalisation de ses projets nouveaux, l’Assemblée générale ordinaire du 28 janvier 1910 décida de porter le capital social à 6 000000 de francs.
- Appelée par la Société Saint-Quentinoise d’Eclairage à lui fournir l’énergie électrique dont elle a besoin pour sa distribution dans la ville de Saint-Quentin, où elle possède un monopole exclusif, la Compagnie Electrique d.u Nord entreprit le prolongement de ses lignes à 45 000 volts dans le département de l’Aisne et, devant l’importance des demandes qui lui étaient adresséès, décida la création d’une usine centrale aux environs de La Fère. Cette usine est actuellement en construction.
- Pour accélérer l’électrification de cette partie nouvelle de son réseau, la Compagnie Electrique du Nord traita avec un certain nombre de sociétés qui s’engagèrent à prendre chez elle l’énergie qui leur serait nécessaire et concourut à leur formation ou à leur développement. Nous pou-
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- Fig', i. —• Réseau de la Compagnie Électrique du Nord,
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- vons citerj comme exemple la Société Electrique de la région de Ham, fondée au capital de 65o ooo francs, ainsi que d’autres sociétés en formation comme la Compagnie Electrique des vallées de l’Aisne et de l’Oise (capital i 5ooooofr.) et la Compagnie Electrique de l’Aisne (capital i ooo ooo de,francs).
- (A suivre.) A. Solieu.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Au moment où la situation politique extérieure se présente d’une manière peu satisfaisante, relevons quelques chiffres de la situation économique de la France et de l’Allemagne. D’après la statistique de notre administration des douanes, le total des importations du premier semestre de l’année 1911 s’est élevé à 4 411 492 000 francs, celui des exportations à î 09,5 122000 fr. L’augmentation des importations sur 1910 atteint, d’après ces chiffres, un peu plus de 843 millions de francs ainsi répartis : 5^8 millions pour les objets d’alimentation, 214 483 000 francs pour les matières nécessaires à l’industrie, et 50689000 francs pour les objets fabriqués.
- Les exportations ont, par contre, diminué de 71 583 000 francs: la moins-value est de 96 millions pour les objets d’alimentation, 18 millions pour les matières nécessaires à l’industrie, et 4 millions pour les colis postaux. Seuls, les objets fabriqués sont en augmentation de 46 729 000.
- L’insufTisance de la récolte dernière se fait donc lourdement sentir sur la vie économique du pays, et la nouvelle loi douanière qui aura été favorable aux intérêts du trésor n’aura fait qu’accentuer cette mauvaise situation. N’en déplaise aux protectionnistes, il ne faut pas chercher bien loin les causes du renchérissement de la vie. L’industrie a montré une activité incontestable ; mais elle achète bien cher cette prospérité.
- En Allemagne, nous constatons, au contraire, pour le premier semestre de 1911, une augmentation de 202 millions aux exportations et de i58 5oo 000 aux importations par rapport à 1910. Les chiffres d’ensemble sont de 3 848 millions de marks pour les exportations et de 4 772 millions de marks pour les importations, accusant une diminution importante d’une année â l’autre dans la différence entre ces deux chiffres. L’Allemagne s’étend de plus en plus au dehors : son expansion économique se poursuit avec
- une régularité que ses difficultés intérieures ^arrivent point à influencer.
- La production totale du charbon dans le bassin du Rhin et la Westphalie et la consommation ont suivi de même des progressions intéressantes : la production totale pour le premier semestre 1911 ressort à 42859683 tonnes, soit 14 295 tonnes de plus par jour qu’en 1910; et les ventes se sont montées à 42 814 473 tonnes pour la même période, en augmentation de i3 355 tonnes par jour.
- La situation- présente de la Société allemande Transatlantique d'Electricité prouve, par ailleurs, que les Allemands n’exportent pas leurs capitaux sans profit. Celte société exploite trois centrales à courant continu et trois centrales à courant alternatif à Buenos-Aires ; elles fournissent le courant à d’autres compagnies qui le distribuent aux particuliers, aux entreprises de chemins de fer et de tramways dans lesquelles elle est intéressée. A Santiago de Chili, elle détient toutes les actions de préférence de la Chilian Electric Tramways and Light Company à laquelle elle vient de louer son usine hydro-électrique pour une durée de 46 ans. A Yalparaiso, elle distribue elle-même le courant à la ville et aux particuliers et en assure la fourniture à la Société Anonyme du Tramway électrique. Enfin, à Montevideo, elle exploite les tramways.
- Au capital de 90 millions de marks jusqu’au 3o janvier 1911 et, depuis lors, au capital de ioo millions de marks, la Société allemande transatlantique a réalisé, en 1910, un bénéfice net de 14 689 o 13 marks. Affectant au fonds d’amortissements divers une somme globale de 4 8i3 082,88 marks, elle déclare un bénéfice à répartir de g 875 960 marks qu’elle a distribué comme suit :
- Aux actionnaires : iei'et 20 dividendes
- de 5 % soit en marks........... 9 000 000
- Au Conseil de surveillance....... 320 332 97
- A la caisse de secours des ouvriers
- et employés. ................... 3oo 000
- Report à nouveau................ 255 627 68
- Au3i décembre 1910, le montanttotaldes réserves était de 21 o5o 849,63 marks y compris les affectations précédentes. Mais la dette obligataire s’élevait à 69 651 5oo marks et la dette flottante était de 19 314 724,39. Pour faire face à ses obligations financières, la Société augmenta le capital de 10 millions et émit pour i5 millions de marks d’obligations. Il
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- eût peut-être mieux valu s’abstenir de distribuer tant aux actionnaires pour leur reprendre, sous forme de capital, ce qu’on leur donne si généréusement sous forme d'intérêts. Les immobilisations au 3i décembre 1910 atteignaient 149 408 980,19 marks. Les participations dans les diverses sociétés qui achètent le courant à la Société transatlantique figurent au bilan pour 28 432 086 marks et les avances diverses à ces mêmes sociétés sont de 42 080 240 marks.
- Si toute cette organisation financière, très pratiquée en France, appelle une critique, elle comporte un enseignement à l’égard des préteurs, puisque la dette en banque de la Société allemande transatlantique se chiffrait, à la fin dé l’exercice précédent, par i2 236 666 marks. Lès banquiers allemands n’hésitent pas à se faire les commanditaires de ces immenses entreprises.-
- Le rapport donne en particulier une idée de la capacité des usines de Buenos-Aires, en énumérant les différentes unités en service qui donnent un total de 74 000 kilowatts disponibles. La longueur effective des canalisations souterraines était de 2 788 971 mètres alimentant près de 900 000 lampes et plus de 18 000 moteurs et appareils divers.
- L’industrie électrique allemande a largement profité de ce débouché qui est maintenant visé par la France et l’Amérique, mais avec combien de retard et de moindres chances de succès. En tout cas, Santiago de Chili, Valparaiso, Montevideo, paraissent bien .soustraites à la concurrence européenne. Le
- Japon, qui commence à construiredui-même, visera probablement ces intéressants débouchés pour son commerce et son industrie naissante.
- L’Appareillage électrique Grivolas a poursuivi au cours de 1910-1911 sa marche ascendante. Pour un capital de 2 millions, ses bénéfices nets atteignent, en 1911, 291 188, 47 francs contre 278 499 en 1910. Il sera proposé un dividende de 10 francs, égal au précédent, qui absorbera 200 000 francs et laissera disponible, avec le report de l’exercice précédent, une. somme de 121 809 fr. 10 sur laquelle on prélèverait 72 000 francs pour la caisse de prévoyance et le compte de réserve,reportant à nouveau 49 809 francs. Au bilan, figure pour la première fois une somme de 55 061 francs en regard du compte : usine de Montreuil. Cette usine est destinée à la fabrication des moulures et de tous objets en bois. L’augmentation du chiffre d’affaires peut se caractériser par les deux comptes : matières premières et marchandises fabriquées qui passent, d’un exercice à l’autre, de 574 218 francs à 659 847 francs et de 5o3 609 à 614 857 francs.
- En igio-igri le bénéfice net de la Compagnie de l'industrie électrique et mécanique, à Genève, s’est élevé à 161 252 francs, ce qui permet de répartir un dividende de 4 francs par action de priorité, contre 3 francs pour l’exercice précédent.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Nord. — Par décret du i3 juillet, la Compagnie des Tramways électriques de Lille et de sa banlieue, rétro-qessionnaire du réseau des tramways urbains et suburbains concédés à la ville de Lille, est autorisée à engager son capital social, jusqu’à concurrence de 1 million de francs, dans l’entreprise de distribution d’énergie électrique dont elle sollicite la concession en vue de la vente et de la distribution de l’énergie électrique seulement, pour Unis usages autres que l’éclairage et pour son emploi accessoire à l’éclairage des locaux dans lesquels l’énergie sera utilisée.
- Seine-Inférieure. — La Chambre de commerce de Rouen vient d’émettre un avis favorable à l’avant-projet
- présenté par la Compagnie des tramways^e Rouen pour l’établissement de trois nouvelles lignes.
- Indre-et-Loire. Est déclaré d’utilité publique l’établissement, dans le département d’Indre-et-Loire, d’un chemin de fer d’intérêt local, à voie normale, reliant la station de Saint-Maure (ligne d’intérêt général de Paris à Bordeaux) à la ville de Saint-Maure.
- Italie. — La Cote européenne annonce qu’un groupe français projette la construction d’un chemin de fer électrique de Rome à Ostia, au capital de 20 millions de lires. Le courant serait fourni par la ville de Rome.
- Espagne. — On annonce la fusion de diverses entreprises de tramways qui exploitaient le transport-en commun dans la capitale delà Catalogne et sa banlieue.
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- Entrent dans l’union : la Compagnie des Tramways de Barcelone avec un capital de n millions de pesetas et un réseau de 3i 4oo mètres ; la Compagnie de Tramways avec 5 941 000 pesetas de capital et un réseau de 29 5oo mètres; la Barcelone San Andrès y Extensiones, avec 6 millions et 3i 200 mètres de voie; la Sarria à Barcelone, avec 2 millions et 7 600 mètres de'lignes ; soit ensemble, un capital de a5 941 000 pesetas et un réseau de 91 700 mètres.
- La nouvelle société anonyme aura pour raison sociale « Les Tramways de Barcelone » et exploitera 3i 000 mètres de voie normale et 60 700 mètres de voie étroite.
- Le capital sera de i3 4oo 000 francs, en 134 000 actions de 100 francs chacune.
- ÉCLAIRAGE
- Meurthe-et-Moselle. —* On annonce l’établissement prochain, à Longuyon, d’une ligne électrique pour le transport de l’énergie nécessaire à la nouvelle usine de la Chaudronnerie Lorraine. Cette ligne sera établie par M. Maurice Brézol, directeur de la station électrique de Longuyon. Le matériel a été fourni par la Compagnie Gnérale Electrique ,de Nancy.
- TÉLÉPHONIE ET TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Seine-Inférieure. — La Chambre de commerce de Bolbec est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 24 760 francs en vue de l’établissement d’un deuxième circuit téléphonique Bolbec-Rouen.
- Isère. — Des essais de radiotélégraphie en pays fortement accidentés seront exécutés incessamment sur le territoire du 14e corps par la commission d'études.
- Au cours de ses expériences, les postes mobiles stationneront probablement à Grenoble, Montmélian, Chambéry, Albertville, Modane, Briançon, Fort-Queyras, Mont-Dauphin, Embrun, Tournoux, Jausiers et Gap.
- DIVERS
- Paris. — Par arrêté du 6 juillet 1911, est approuvé, eu conformité de l’article 16 des cahiers des charges-types des 17 mai et 20 août 1908, le type de compteur Westinghouse C, pour courant alternatif monophasé, pour des intensités atteignant 80 ampères et des tensions allant jusqu’à 5oo volts.
- 1 SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Société Douaiaienne de Distribution d'Energie Electrique — Durée : 35 ans. — Capital : 3oo 000 francs. — Siège social : 19, rue Saint-Christophe, Douai.
- Société Electrique de Carnac. — Durée : 40 ans. — Capital : 22 000 francs. — Siège social : Carnac (Morbihan).
- CONVOCATIONS
- Société d'Energie Electrique de fa Manche. — Le 18 août, 167, rue Montmartre, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 22 août, à la mairie de Bailleul (Nord), concours, pour l’installation d’un moteur au gaz de ville de i5 chevaux. Mont. 8 000. Caut.': 3oo.
- Le certificat de capacité sera déposé à la mairie huit jours avant celui du concours. Rénseignements à la mairie.
- BELGIQUE
- Le 18 août, à 11 heures, à l’hôtel de ville, à Gand, fourniture et installation du matériel nécessaire pour l’éclairage électrique des écoles professionnelles Carels et Nicaise, boulevard des Hospices, à Gand ; caut. : 10 % du montant de la soumission (cahier des charges n°" 1263). Soumissions recommandées le 16 août.
- ITALIE
- Le 18 août, à 10 h. 3o, à la direction d’artillerie à Venise, fourniture de 10 2.82 isolateurs en porcelaine,
- 5 627 lires; caut. : 563 lires.
- ALLEMAGNE
- Le 14 août, au service de l’électricité et des eaux, à Brême, fourniture de transformateurs de courant continu en courants alternatifs.
- ESPAGNE
- Le 28 septembre, à 12 heures, à la direction générale des travaux publics (ministère de fomento), à Madrid, adjudication de la concession d’un tramway électrique de Reuteria à la frontière française (Guipuzcoa) ; caut, :
- 8 332,2g pesetas.
- Pour éviter tout retard dans ia rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupr que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M, le Rêdacteue en chef. Pour toute autre communication, s'adresser aux bureaux de la Lumière Electrique.
- PARI8. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Noüet.
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- Tr«nte*trolslènie année.
- SAMEDI 12 AOUT 1911.
- Tome XV (2«eérle). — N* 32
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- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- ÉDITORIAL, p. 161. —Capitaine P. Brenot. Chronique de télégraphie et téléphonie sans fil : A propos d’un jugement récent, p. i63. —7 A Reisset. Chronique de l’enseignement technique : La crise de l’en-. seignemeut technique en Angleterre, (A suivre), p. 169. — J. Reyval. L’électricité en Italie, (A suivre), P- «7-*-
- Extraits des publications périodiques. Théories et Généralités. Sur les coefficients d’aimantation de l’or, H. Haniuot et F. Raoult, p. 175. — Arcs et lampes électriques et photométrie. Sur la dépense d’énergie nécesaire pour produire l’unité d'intensité lumineuse, H. Buisson et Ch. Fabry, p. 175. — Rayons cathodiques produits à l’intérieur des lampes à incandescence,L. Houllevigue, p. 175.— Etude du rayonnement ultraviolet des lampes à vapeur de mercure en quartz, V. Henri, p. 176. — Transmission et distribution. Continuité du service dans les transports de force, T. Crawford, p. 176. — Console de coupure de réseau, p. 177. — Traction. Omnibus à prise de courant, A. Mossay, p. 178. — Usines génératrices. Installation hydro-électrique de Blue Earth de la Consumers’ Power Company, p. i83. — Variétés. La télégraphie sans fil en aéroplane, p. 184. — Brevets. Çompoundage t]e machines dynamo électriques à courant continu, p. 187. — Chronique industrielle et financière. — Etudes économiques, p. 188. — Renseignements commerciaux, p. 189. — Adjudications, p. 191.
- ÉDITORIAL
- M. le capitaine P. Brenot consacre aujourd’hui sa chronique de télégraphie sans fil a l’examen des considérants techniques d’un jugement récemment rendu en Angleterre, et dont on parle beaucoup.
- L’examen des éléments commerciaux qui ont pu intervenir dans la genèse et le développement de cette lutte juridique ne saurait entrer dans le cadre de notre revue. Mais le juge a basé sa sentence sur un exposé technique et historique dont tous les spécialistes de la télégraphie sans fil suivront avecintérèt la discussion.
- M. P. Brenot, prenant donc pour thème
- l’exposé du juge anglais, en fait un commentaire serré où nous retrouvons un historique condensé des principales découvertes et expériences de Marconi, Braun, Tesla, Ducretet, etc., historique qui fait d’ailleurs ressortir à nouveau le rôle, très grand et incontesté, joué par le premier dans la création de la technique radio télégraphique.
- La crise de Venseignement, technique est générale. Celte constatation peut servir à rassurer ceux qui craignent que nous allions vers une infériorité désastreuse, parce que sa réorganisation tarde chez nous : chez, nos
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- voisins non plus, la crise ne semble pas devoir se résoudre aisément. Il ne faut pas s’en •étonner, puisqu’il s’agit là d’un problème formidable qui engage tout l’avenir industriel des nations et dont la solution doit s’élaborer sous la pression de la nécessité, au milieu du flot des concurrences étrangères.
- La discussion qui s’est engagée au Congrès des Ingénieurs Civils anglais est intéressante à plus d’un titre, mais le trait le plus caractéristique qu’elle présente est peut-être la quasi-unanimité des orateurs à reconnaître l’influence heureuse des études classiques, et même du latin, sur le développement de l’esprit de l’ingénieur. La spécialisation ne doit pas être trop hâtive; il faut tout d’abord former le jugement du jeune homme et lui donner des idées générales.
- Nous détachons d’un remarquable rapport deM. Ourson sur les transmissions d'énergie en Italie, un rapide aperçu historique des progrès réalisés dans ce pays depuis les premières manifestations de l’électricité industrielle.
- M. Mahaut décrit une console de coupure de réseau, dont la construction permet une vérification facile; puis nous exposons, d’après M. Crawford, les dispositions qu’il semble utile de prendre en Amérique pour assurer la continuité du service dans les transports de force.
- Les systèmes de traction électrique sans rails, ou à'omnibus à prise de courant, attirent, surtout à l’étranger, l’attention des
- exploitants parles avantages qu’ils présentent sur plusieurs points par rapport aux omnibus à essence. Ceux-ci, dont le développement a été très rapidement poussé dans ces dernières années, n’ont pas donné, d’après M. A. Mossay (qui a consacré à la question une étude très complète, sur les bases des données recueillies par M. Otto), tous les résultats qu’on en espérait. En terrain plat, les facteurs économiques donnent souvent l’avantage aux omnibus à prise de courant; en terrain accidenté, cet avantage est plus marqué encore.
- Grâce à la compétence et à l’activité de nos officiers, le problème de la télégraphie sans fil en aéroplane fait de rapides progrès. Toute la presse quotidienne en a propagé l’écho, il y a quelques jours, le capitaine Bre-not ayant réussi à transmettre un radiotélé-gramme au ministre de la Guerx*e.
- Comme lors des premières tentatives de l’an dernier, nous nous sommes mis aussitôt en mesure de donner à nos lecteurs tous lès renseignements techniques nécessaires.
- En réussissant à mettre au point l’équipement électrique nécessaire (condensé sous un poids dérisoire) et à le manœuvrer dans des conditions fort peu confortables, comme on le lira, le capitaine Brenot, assisté par le pilote éprouvé qu’est le lieutenant Ménard, a mené à bien une tentative qui demandait les qualités techniques les plus distinguées et dont l’heiu'eux succès aura les plus importantes conséquences pour notre défense nationale.
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- CHRONIQUE DE TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL <*>
- A PROPOS D UN JUGEMENT REGENT
- On a cherché récemment de divers côtés, soit pour défendre des intérêts commex’ciaux, soit pour diminuer l’autorité de physiciens ou d'ingénieurs que l’on accusait de plagiat, à donner à un jugement obtenu en Angleterre, au début de ign, parla Compagnie Marconi contre The British Radio Telegraph and Téléphoné Company Limited, une importance considérable, dont nous nous proposons d’examiner ici le bien-fondé.
- Le procès dont il s’agit a été intenté par M. Marconi, et la Marconi’s Wireless Telegraph Company Limited, pour interdire à la British Radio Telegraph and Téléphoné Company Limited de faire infraction au brevet n° 7777 de 1900.
- Avant de considérer la question de l’infraction et de la validité du brevet n° 7777, M. le juge Parker a estimé, avec raison, nécessaire de dire quelques mots sur la télégraphie sans fil en général, et sur les divers problèmes qui ont du être solutionnés pour en réaliser l’application pratique.
- En 1894, dans une conférence faite à la « Royal Institution » sur les travaux de Hertz, mort l’année précédente, Lodge expliquait les difficultés qu’offrait alors l’utilisation du principe de la résonance, dans le but de percevoir dans de meilleures conditions les ondes de l’étlier.
- Il montrait la nécessité d’émettre des ondes puissantes et peu amorties, de les déceler au moyen d’organes récepteurs sensibles et ayant un amortissement propre très faible.
- En 1894, de telles conditions pouvaient paraître absolument contradictoires. Si un circuit est susceptible d’être le siège d’oscillations lentement décroissantes, c’est qu’il rayonne mal son énergie : il donnera nais-
- (') La dernière chronique de T. S F. a paru dans La Lumière Electrique des 17, 24 et 3i décembre 1910.
- sance à des ondes de faible amortissement, mais de peu d’amplitude.
- Inversement, un circuit sensible aux ondes de l’éther se sépare immédiatement de toute l’énergie qu’il reçoit et n’est pas apte à l’accumulation des efforts qui produit le phénomène de résonance.
- Le radiateur de Hertz était un bon radiateur, mais un mauvais oscillateur. Il cédait facilement son énergie à l’éther, mais les ondes qu’il créait n’étaient pas lentement décroissantes. Le récepteur de Hertz, constitué par un circuit presque fermé, n’était pas un bon « absorbeur » d’énergie, mais était bien compris pour accumuler les effets d’une série d’ondes.
- « Les deux conditions d’énergie apparente de radiation et de vibration persistante produites par l’électricité sont à présent incompatibles »,dit Lodge en 1894. Cette affirmation reste exacte, fait remarquer le juge, si on emploie à l’émission et à la réception un seul circuit de travail.
- Les difficultés qui viennent d’être spécifiées, et que la télégraphie sans fil devait avoir à vaincre, sont celles que Marconi affirme avoir tournées le premier, par l’invention qui fait l’objet du brevet de 1900, discuté dans le pi’ocèsen question. M. le juge Parker fait de ce brevet une analyse que nous résumons ci-dessous : Marconi commence sa description en énonçant que l’objet de son invention est, non seulement d’augmenter l’efficacité de l’appareil jusqu’alors employé, mais d’assurer la sélection. Il se reporte tout d’abord au transmetteur, décrit dans le brevet de 1896, avec fil vertical relié à la terre à travers l’éclateur, et continue comme il suit :
- « D’après la présente invention, le fil vertical est relié à la terre par l'enroulement secondaire d’un transformateur d’un genre convenable pour la transformation decouranls
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- électriques alternatifs très rapides, et le primaire de ce transformateur est relié aux sphères ou bornes de l’appareil à étincelles. Un condensateur de capacité convenable est introduit en série avec le primaire. »
- Cette disposition, dit Marconi, permet de communiquer à l’antenne beaucoup plus d’énergie qu’avant, le circuit approximativement fermé du primaire étant bon conservateur d’énergie et le circuit ouvert du secondaire étant bon radiateur. Lodgé avait dit avec raison : vous ne pouvez pas faire faire à votre circuit deux choses incompatibles en même temps, quelque désirable que ce puisse être. Marconi aurait le premier répondu : « Prenez deux circuits, et faites faire l’une des choses à l’un, la deuxième chose à l’autre. Le circuit primaire est un réservoir d’énergie pour le circuit radiateur. »
- Le dispositif, dit Marconi, fonctionne comme suit :
- « En fermant le circuit de la bobine d’induction connectée aux bornes'du condensateur, ce condensateur, en série avec le primaire et l’éclateur, se charge. Il se déchai'ge ensuite à travers l’éclateur. Si les conditions déterminées par Kelvin sont remplies, la décharge est oscillante. Les oscillations de haute'fréquence produites ti’aversent le primaii’e du transformateur et induisent de semblables oscillations dans le secondaire, ces oscillations étant communiquées au conducteur radiant, l’antenne, « dont le circuit doit être convenablement accordé dans ce but ».
- Il n’y a pas de renseignements complémentaires sur ce sujet.
- Je pense, dit M. le juge Parker, et cette phrase est à retenir pour les discussions à venir, que la seule déduction raisonnable est que le but de l’accord était d’obtenir tous les effets de la résonance ; en d’autres tenues-, les oscillations peu amorties du cir-cuit primaii’e, bon conservateur d’énergie, provoquaient graduellement la formation d’oscillations secondaires et les maintenaient.
- De cette manière une plus grande énergie
- était communiquée à l’antenne, premièrement pai’ce que l’énergie du circuit primaire pouvait être augmentée en choisissant un condensateur de capacité convenable, deuxièmement parce que le circuit primaii’e agissait comme un réservoir où le circuit radiateur puisait son énei’gie.
- Marconi explique ensuite que les oscillations de l’antenne doivent agir sur des antennes éloignées, si elles sont établies convenablement; le juge anglais estime qu’il s’agit d’un accord semblable au précédent. Après avoir spécifié qu’au poste récepteur on emploie un appareil semblable à ceux qu’il décrivit dans ses brevets de 1898 et 1899, c’est-à-dire un récepteur dans lequel l’antenne est reliée à la terre par le primaire d’un transformateur dont le secondaire agit sur le cohéreur, Marconi continue ainsi : « Les quatre circuits de l’émission et de la réception doivent être établis de façon à avoir la même période électrique. Ces périodes peuvent d’ailleurs être, non pas identiques, mais harmoniques les unes des autres. »
- En résumé, le brevet de 1900 de Marconi vise l’emploi à la transmission et à la réception du procédé connu en télégraphie sans fil sous le nom d’excitation par induction.
- Le jugement l’interprète d’une façon très large et y trouve implicitement contenu l’emploi des accouplements lâches.
- « Pour obtenir pleinement l’effet cumulatif, dit-il, les deux circuits inductifs doivent être accouplés lâchement, parce que cet éffet cumulatif diminue à mesure que l’union est serrée. La spécification ne contient aucune instruction expresse quant à ce que les _cir-cuits soient reliés lâchement ou étroitement; mais tous les témoins scientifiques étaient unanimes, et pensent que, en 1900, pour un ingénieur électricien, des instructions pour obtenir un effet cumulatif dans un circuit, au moyen des oscillations d’-un autre circuit accordé avec lui, étaient de fait des instructions pour relier les circuits lâchement, bien que les témoins des défendeurs doutent s’ils
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- auraient compris la spécification comme donnant de telles instructions pour obtenir un effet cumulatif. »
- Les témoins du défendeur n’avaient donc aucune autoi’ité scientifique?,Ce que l’on peut affirmer, c’est que si, dès 1890, Oberbeek avait donné la théorie générale des accouplements, ces questions étaient néanmoins restées très obscures dans toutes leurs applications à la télégraphie sans fil jusqu’aux beaux et très complets travaux de Drude et Seibt vers 1904. AA'ant les calculs de ces physiciens, il était arbitraire de prétendre qu’il résultait une diminution de l’amortissement des ondes rayonnées par l’antenne du fait de l’accouplement de cette dernière avec un circuit peu amorti. Tous les longs développements que l’on vient de lire au sujet des effets cumulatifs se réduisaient pour l’ingénieur à ceci : obtenir un effet maximum à la réception pour une énergie aussi petite que possible dépensée à l’émission. Il modifiait les selfs des circuits transmetteurs et récepteurs, leurs capacités, de façon à réaliser le meilleur réglage : et ce réglage, dans bien des cas, n’était pas obtenu avec un accouplement lâche.
- A la suite d’un examen détaillé du brevet, le jugement reconnaît d’ailleurs que, dans un des cas qui y sont spécifiés, la liaison des deux circuits n’est pas très lâche... mais, ajoute-t-il, elle est encore assez lâche pour permettre un effet cumulatif considérable.
- D’ailleurs, il ne s’agit là que d’un point de détail dont l’examen est sans importance pour le fond, nous le verrons plus loin. Le juge Parker l’abandonne de suite, « toute cette question de liaison étroite ou lâche relevant seulement d’une question d’interprétation » et examine alors les anticipations possibles au brevet en cause.
- Pour soutenir l’invalidité, les défendeurs se reposèrent, en particulier, sur les brevets suivants :
- Nos 8 5^5 et :>.o 981, de 1891 et 1896, accordés à Tesla.
- N“s 11 070, 18644 et 29 5o5, de 1897, accordés à Lodge.
- N° 5a5, de 1898, accordé à Silvanus Thompson.
- Nos 1 862 et 22. 020, de 1899, accordés à Braun.
- Le brevet n° 1 862. de Braun, fut un de leurs principaux arguments. Il est bien certain que ce brevet renferme l’idée de l’accouplement de l’antenne émettrice avec un circuit à condensateur.
- Le dessin n° 1 du brevet montre, par exemple, l’antenne reliée à l’armature interne d’une bouteille de Leyde, dont les deux armatures sont reliées à l’éclateur. La bouteille est chargée par une bobine d’induction.
- Braun préconise d’abord l’emploi d’oscillations plus lentes que celles de Hertz, et le juge Parker fait remarquer, à juste titre, que Marconi et Lodge avaient déjà considérablement diminué la fréquence de leurs antennes.
- Mais Braun ajoute : « Un important avantage dans l’emploi de vibrations plus lentes est que leur potentiel et leur ampleur, et pour cela l’énergie transmise, sont plus facilement augmentés. Quand les ondes produites par l’excitateur de Hertz sont employées, il y a une certaine longueur d’étincelle qui ne doit pas être dépassée si on veut que le circuit soit siège de vibrations ; autrement les vibrations seraient trop amorties, la tension du système s’abaissant graduellement et non plus soudainement ; mais ceci indique que le potentiel effectif est limité, ce qui, si des oscillations plus lentes sont employées, ne se produit pas, ou peut être très facilement évité. »
- Le juge anglais déclare n’avoir pu obtenir, au sujet de ce passage, un accord complet. Il cherche quelles ont été les raisons de Braun et n’en trouve pas de sérieuses.
- Pour lui, Braun a simplement préconisé l’utilisation de fréquences plus basses que celles qu’il croyait à tort être alors em-
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- ployées...; et comme Marconi, en particulier, émettait déjà des ondes relativement lentes, il ne resterait rien du brevet de Braun.
- C’est prêter gratuitement à Braun une bien faible technique, api’ès avoir accordé tant d’intuition au simple ingénieur électricien qui avait, en 1900, à interpréter le brevet de Marconi ; c’est vraiment laisser trop facilement dans l’ombre l’idée du circuit à condensateur, pour ne conserver que celle relative aux oscillations lentes, corrélative en fait de la première.
- Si Braun, dans son brevet de 1899, vise sans cesse l’emploi d’oscillations qui sont lentes, si on les comparé à celles de Hertz, c’est que l’émission de telles oscillations découle pour lui forcément des montages en excitation directe qu’il préconise et dont il donne les schémas. Qu’on lise la phrase incriminée avec le schéma n° 1 du brevet sous les yeux, et on y verra, naturellement, la description d’un des avantages bien connus de l’excitation directe, l’augmentation possible de l’énergie des oscillations et, par conséquent, de leur potentiel maximum, grâce à l’emploi du circuit à condensateur, emmagasinant plus d’énergie que l’antenne à faible capacité excitée directement, sans nécessiter des potentiels dè charge considérables.
- L’idée d’augmenter l’énergie rayonnée, par l’emploi d’un circuit auxiliaire à condensateur, nous semble bien, si l’on s’en tient aux pièces du procès, appartenir à Braun.
- Il n’était pas nécessaire, pour réaliser un tel effet, d’employer des accouplements lâches, que le montage proposé permettait d’ailleurs d’obtenir.
- Le physicien allemand ne parle pas d’accord et la discussion se rouvre à ce sujet.
- Etait-il évident quand, en 1899, on proposait d’exciter l’antenne à l’aide d’un circuit auxiliaire, qu’un tel dispositif entraînait la mise en résonance des deux circuits?
- Dans un brevet de 1897, Lodge emploie deux circuits à la réception. Il ne les accorde
- pas. Le juge Parker fait ressortir que, puisque un physicien comme Lodge ne vit pas, en 1897, ^es avantages de 1‘appliçation particulière du principe de résonance qu’il lui était possible de faire, c’est que ces avantages étaient loin d’être évidents.
- D’ailleurs, dans un brevet de 1898, Marconi proposait un récepteur à deux circuits sâns penser à les accorder. Le secondaire de son transformateur de réception, connecté aux bornes du cohéreur, ne devait avoir d’autre but que d’élever le voltage, et de soumettre ainsi le cohéreur à un à-coup de tension plus susceptible de le décohérer.
- De ce que Lodge, puis Marconi, n’ont pas pensé à accorder leurs circuits accouplés, ou, y ayant pensé, n’ont pas cru devoir préciser les raisons qui pouvaient leur faire rechercher ou négliger cet accord, il ne s’ensuit pas que l’accord des circuits oscillants couplés ait été, en 1900, une chose nouvelle.
- Dès 1891, Tesla parle de l’accord de ses circuits. Le juge anglais n’attache à cela aucune importance parce que Tesla ne donne pas d’instructions sur la réalisation de cet accord.
- Mais, en 1893, dans une conférence, Tesla présentait un transformateur « dont le secondaire contenait un condensateur ajustable dans le but de l’accorder avec le primaire ». — Voilà le procédé demandé par le juge Parker. — Il est juste d’observer que Tesla discute en même temps la théorie de la résonance en exprimant les doutes sur son utilisation à un système de télégraphie sans fil. Gela n’empêche pas qu’il ait indiqué des procédés d’accord et les ait réalisés.
- Nous reviendrons plus loin sur le montage du docteur Oudin. Le jugement confond tous les transformateurs de haute fréquence dans une même critique : « Ils ont été employés pour élever le voltage, et dans ce but seulement. »
- Par construction, une liaison très serx*ée était impossible.
- « On a trouvé que, en pareil cas, l’effet du
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- transformateur pour élever le voltage, était diminué, à moins que les deux circuits ne fussent ajustés, et cet ajustement était, en réalité, un accord grossier d’un circuit avec l’autre. »
- « L’emploi de l’accord pour remédier aux « maux inévitables des liaisons lâches, est « très différent de l’assemblage délibéré de « deux circuits lâches, que l’on accorde en-« semble, afin que l’un soit un réservoir, et « ait un effet cumulant sur l’autre, et que « l’on crée ainsi une aussi longue série « d’ondes qu’il est nécessaire pour assurer « le plein avantage de la résonance entre le « récepteur et le transmetteur. »
- Ainsi le jugement revient sur l’emploi des acçouplements lâches, après avoir renoncé pourtant à préciser comment, en 1900, on pouvait facilement classer un accord dans la catégorie des accouplements lâches ou des accouplements forts.
- C’est que l’accord en accouplements serrés ayant été en fait réalisé par Tesla en particulier, il ne resterait à Marconi que les accouplements lâches.
- Les transformateurs Tesla ne sont construits que pour élever le voltage des oscillations, dit le juge : mais un des principaux avantages de l’excitation indirecte est précisément de permettre d’augmenter l’amplitude des oscillations dans l’antenne.
- En 1900, connaissait-on un autre effet de l’excitation indirecte? C’est nous a dit le juge Parker, d’après Marconi, de créer une longue série d’ondes... etc., c’est-à-dire de diminuer l’amortissement. Si l’on entend par là que l’amortissement est diminué du fait de la suppression de la longue étincelle de l’excitation directe, nous ferons observer que ce phénomène se produit aussi bien avec un accouplement serré et un montage de Braun.
- Si l’on veut parler de la diminution de l’amortissement d’une des deux ondes d’accouplement, nous répondrons que toute affirmation à ce sujet, en 1900, était arbitraire et dénuée de fondement. Seuls les calculs de Drude et Seibt en 1904 ont fait connaître
- Il nous semble que les arguments invoqués au procès, et dont nous venons de parler, suffiraient à démontrer, contrairement aux interprétations du jugement anglais, que l’accord de deux circuits couplés était une chose connue en 1900. Lodge avait d’autre part assimilé l’antenne à un circuit oscillant quelconque.
- Il résulte alors, à notre avis, de ce qui a été exposé, que la seule revendication valable de Marconi pourrait être la suivante : « Il aurait été le premier, si on s’en tient aux arguments des défenseurs, à appliquer les principes d’accord, connus pour d’autre cas, à des circuits accouplés par induction, dans le but spécial de faire des émissions pour la télégraphie sans fil, l’idée de l’excitation indirecte avec condensateur ne lui appartenant d’ailleurs pas.
- Le montage de la « British Radio-Tele-graph and Téléphoné Company » était un montage du type dit en excitation directe par dérivation (montage Oudin).
- Le jugement estime qu’un tel montage se déduisait évidemment en 1900 du montage de Marconi, par un raisonnement semblable à celui qui assimilait à la même époque un autotransformateur à un transformateur. Il ne retient pas l’objection des accusés qui font remarquer la possibilité d’éliminer toute induction mutuelle entre les deux circuits, en rendant la totalité de l’enroulement commune à ces deux circuits, l’appareil fonctionnant alors entièrement par dérivation. Il affirme que, d’ailleurs, l’usage d’un instrument à deux bobines n’est pas un point essentiel de l'invention de Marconi, dont le mérite est dans l’idée d’utiliser deux circuits résonants accouplés et non dans les moyens spéciaux employés pour cela.
- Le montage Oudin est pour le juge anglais le même en substance que le montage proposé par Marconi dont il contiendrait tous les traits essentiels, l’étude comparative des deux montages étant faite « à la lumière de ce qui était généralement conmT à la date du
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- « Je suis certain, dit-il, que si, à la date du brevet Marconi de 1900, on avait expliqué à un ingénieur électricien compétent, comprenant la télégraphie sans fil, l’invention de Marconi et si on lui avait demandé : Peut-on substituer aux deux bobines de Marconi des autotransformateurs? sans la moindre hésitation, il eût répondu affirmativement. Cette certitude n’est pas partagée, nous en sommes convaincus, par les nombreux techniciens pour qui le fonctionnement des montages en dérivation a été l’objet de recherches qui se traduisent encore à notre époque par des calculs assez ardus.
- Dès lors, pourra-t-on dire également que les montages avec accouplements par condensateurs de Braun, Lodge, Bélhenod sont des autotransformaleurs tels que son ingénieur électricien de 1900, si plein d’intuition pourtant, les aurait sans hésitation employés à la place des bobines avariées des « transformateurs de courants » de Marconi? 11 serait d’ailleurs assez piquant, nous le verrons par la suite, d'admettre, avec le jugement, que le montage Oudin, et le montage à la Tesla préconisé par Marconi devaient, en 1900, être considérés comme sensiblement identiques.
- Nous lisons en eflet dans une notice de M. E. Ducretet (octobre 1898) sur les courants de haute fréquence (pages 13 à 17) :
- « J’ai indiqué comment j’utilise le résonateur Oudin pour l’émission et la transmission des ondes électriques destinées à la Télégraphie hertzienne sans fil et les bons résultats obtenus... etc. »
- Dans une autre notice du même ingénieur, tirée à un grand nombre d’exemplaires envoyés dans tous pays, (novembre-décembre 1898), nous trouvons à la page 5 les renseignements suivants :
- « Le conducteur métallique isolé, amené à l’appareil récepteur, est un véritable collecteur des ondes électriques lancées dans 4’espace, celui du transmetteur jouant le rôle de radiateur... Leur longueur varie suivant la distance à franchir et elle doit être
- accordée : à cet effet, une bobine de self-induction, bien isolée, ou un résonateur à haute fréquence de M'/ le Dr Oudin, tous deux à réglage, ajoutés au transmetteur, donnent de bons résultats. »
- M. Ducretet ajoute que le résonateur Oudin disposé convenablement supprime le caractère dangereux des étincelles qui peuvent jaillir du fil radiateur, et qu’il donne aux ondes hertziennes une plus grande portée dans l’espace.
- Les expériences de M. Ducretet sont d’ailleurs décrites ou rappelées en particulier dans le Bulletin de la Société d’encouragement, à Paris (pages 1627 à i643), séance du 8 juillet 1898, dans les Annales de la Société Scientifique de Bruxelles, tome XXI11, janvier 1897 (R.-P. Lucas), dans la Revue Scientifique et industrielle de l’année 1898-1899, (J.-L. Breton).
- Il ne fut pas fait, au procès, allusion aux documents que nous venons de citer. On y trouve pourtant la preuve indiscutable, faite publiquement, que dès 1898 on avait réalisé en France l’accord de période entre l’antenne radialrice et l’antenne collectrice et employé pour l’émission l’excitation indirecte par dérivation.
- M. Ducretet ne semble pas avoir compris à cette époque la plupart des avantages de l’excitation indirecte. Les textes confus laissent croire qu’il a pu assiiniler parfois le rôle de l’Oudin à celui d’une bobine de self permettant de s’accorder sur l’antenne réceptrice. Gela n’empêcherait pas qu’il ait appliqué le premier le montage à deux circuits aux émissions pour la télégraphie sans fil, et’ il l’a fait connaître en de nombreux pays bien avant les demandes de brevet de Braun et de Marconi.
- D’ailleurs l’Oudin,que M. Ducretet emploie en 1898, est « à réglage ». Les textes et les cahiers d’expérience en font foi.
- M. Ducretet remarque que le montage nouveau donne une plus grande portée à'son poste: c’est en somme la constatation intéressante, celle du résultat brutal poursuivi par tous.
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- II règle l’Oudin en faisant varier la longueur des circuits. La meilleux-e réception, qu’il n’a qu’à constater sans avoir besoin de comprendre toutes les diverses raisons pour lesquelles elle est obtenue, correspond nécessairement à la réalisation des deux accords, qu’il effectue mécaniquement en quelque sorte, celui des antennes radiatrice et collectrice entre elles, celui de l’antenne radiatrice et de l’Oudin.
- Il a suffi à Marconi de préconiser un accord sans renseignements complémentaires pour que le jugement en conclût :
- « La seule déduction raisonnable est que le but de l’accord était d’obtenir tous les effets de la résonance. »
- Or M. Ducretet parle de réglages, après avoir parlé d’accords. On serait en droit de tirer de cela les mêmes conclusions, si elles étaient absolument nécessaires, et si le résultat désirable, qui était la mise en résonance, n’avait pas été fatalement obtenu empiriquement, ce qui est suffisant.
- Si l’on avait suivi le juge dans le raisonnement téméraire qui lui faisait affirmer qu’en 1900 on devait évidemment considérer comme sensiblement identiques les montages par induction et par dérivation, il faudrait conclure que Marconi préconisa en 1900 un procédé sensiblement identique à celui qui avait été employé deux ans auparavant en France, et pour lequel de nombreuses notices avaient été publiées en divers pays.
- Nous n’irons pas si loin. Gomme résumé de cette discussion, nous croyons que Marconi a été le premier à préconiser pour l’émission en télégraphie sans fil l’emploi de circuits oscillants accouplés par induction. Les montages par dérivation, accordés ou non, l’idée d’adjoindre à l’antenne un circuit à condensateur ne lui appartiennent pas.
- Son œuvre industrielle est d’ailleurs assez belle et assez vaste pour qu’il n’en résulte pas de dommage appréciable pour sa gloire.
- Capitaine Paul Brenot.
- CHRONIQUE DE ï/ENSEIGNEMENT TECHNIQUE {Suite)™
- LA CRISE DE L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE EN ANGLETERRE
- Pendant les derniers jours du mois de juin s’est tenu à Londres le Congrès des Ingénieurs Civils anglais.
- L’importance de ce Congrès est facile à comprendre et à l’heure où les questions de l’enseignement sont agitées en France, nous devons nous féliciter de recueillir la contribution d’idées qu’il nous apporte avec tant d’à-propos.
- Les discours prononcés ont eu trait successivement aux principales étapes de la préparation de l’ingénieur : l’instruction générale, l’instruction scientifique spéciale et l’instruction pratique dans l’atelier.
- INSTHUCTION GÉNÉUALE
- M. Silvanus Thompson, qui ouvre avec M.Gow le débat, dénonce le danger dû à la crise de l’enseignement secondaire.
- « Dansl’état de chaos où se trouve aujourd’hui l’instruction secondaire, dit-il, les écoles qui ont pour principale mission de préparer les jeunes gens aux études techniques sont pour la plupart dépourvues complètement de toute orientation. Des plus anciennes jusqu’aux dernières créées, aucune ne peut offrira’ la majorité de ses élèves une ligne d’éducation bien définie... En général, les professeurs dépensent leur énergie à former un petit lot de candidats, en négligeant totalement la grande masse. L’enseignement anglais continuera à être engagé dans une mauvaise voie jusqu’à ce qu’on se décide à juger de la valeur d’une école d’après la proportion des élèves présentés à l’examen de maturité et non pas d’après le succès d’un petit nombre d’entre eux. »
- L’orateur oppose à ce système défectueux les programmes allemands ('), favorisant lsrcolJabo-
- (*) Lumière Electrique, 29 juillet 1911, p. io3.
- (’) Voir Lumière Electrique, 29 juillet 1911.
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- ration de l’Ecole et de l’Etat, et poursuit en indiquant les principales réformes nécessaires : absence de toute spécialisation de l’enseignement pour l’élève n’ayant pas atteint l’âge de dix-sept ans; examen de sortie, pour les écoles du royaume, subi, si possible, d’après un règlement unique et donnant ainsi droit d’entrée dans toutes les universités'; réformes des enseignements mathématique et littéraire, avec comme but, le développement des facultés de raisonnement et de précision dans l’emploi des termes, chose autrement importante que l’acquisition de connaissances variées; en particulier, en mathématiques : conservation de la géométrie euclidienne, exercices d’arithmétique et de calcul logarithmique, enseignement très général des sciences physiques et naturelles.
- Remarquons, au sujet de l’enseignement littéraire, que tous les orateurs qui ont abordé ce sujet n’ont pu que souligner sa grande utilité. Nous reproduisons quelques-unes des réflexions de M. Gow qui sont de nature à frapper l’esprit par leur concordance avec ce qui a été dit tout récemment en France.
- « L’éducation littéraire est aussi nécessaire à l’ingénieur qu’à toute autre personne; s’il ignore la langue, il aura l’occasion de le regretter même parvenu aux étapes supérieures de sa carrière. Sans doute, l’ingénieur fait essentiellement œuvre mathématique et toute de déduction, mais, en certaines circonstances, il doit nécessairement prendre contact avec la chimie, la géologie ou autre science inductive. L’étude de la langue est, incomparablement, l’introduction la plus facile et la plus rapide à la science inductive; à ce point de vue, le jeune homme qui a étudié le latin possède un notable avantage. »
- M. Gow indique ensuite l’utilité d’une connaissance approfondie de la langue maternelle en vue des contrats à établir ou à interpréter et pour l’entente parfaite avec l’ouvrier. Les langues étrangères sont également nécessaires, ne serait-ce qu’en vue de la fréquentation des ouvriers étrangers.
- Dans la suite de son discours, l’orateur fait remarquer que l’ingénieur a souvent affaire en Europe et en général dans tout pays d’ancienne civilisation, à des choses possédant une valeur artistique ou reliées à des traditions chères au public cultivé. Le proverbe français « Rien n’est
- sacré pour un sapeur (*) » montre qu’en France aussi bien qu’en Angleterre, l’ingénieur n’est pas très porté vers le respect des traditions ; on voit souvent de vrais chefs-d’œuvre de construction qui n’en choquent pas moins le goût artistique du public.
- Envisageant l’avenir, l’orateur dit :
- « Le temps n’est pas éloigné où il sera profi- > table à l’ingénieur de savoir joindre l’agréable à l’utile, de savoir apprécier non seulement ce qui est possible au point de vue mathématique, mais aussi ce qui est impossible au point de vue artistique, de distinguer non seulement ce qui est peu coûteux, mais aussi ce qui est disgracieux.
- Etpour développer son goût, former son esprit, il est nécessaire de donner au jeune homme une culture générale solide, de développer chez lui le goût de la lecture. Il aura des vues plus larges et, par suite, il fera plus volontiers des concessions aux goûts et aux habitudes de ses semblables.
- D’ailleurs, il n’est pas vrai que la culture littéraire absorbe trop de temps à l’instruction du futur ingénieur : le jeune homme qui a le désir de devenir un ingénieur de mérite ne continuera plus ses études littéraires à partir de l’âge de seize ans. Mais, jusqu’à cet âge, tous les jeunes gens intelligents ont sensiblement les mêmes capacités pour toute chose ; c’est seulement ensuite que l'esprit s’oriente d’une façon définie. Les parents ne se rendent que rarement compte de ce fait. »
- L’orateur termine en donnant la formuled’édu-cationqui lui paraît la plus rationnelle : on donnera au début au jeune homme une instruction générale, principalement littéraire, on surveillera étroitement ses tendances quand il aura atteint l’âge de seize ans et on lui donnera alors l’orientation qu’il demande.
- M. Schwartz est également de l’avis que le but de l'école secondaire est de développer les facultés mentales et surtout de jcompréhension, d’abord dans un sens général et ensuite dans certaines branches plus spécialisées. Il recommande fortement l’enseignement des langues vivantes.
- ENSEIGNEMENT SCIENTIFIQUE
- « L’objet principal de l’école technique n’est pas de donner à l’étudiant des détails sur une industrie particulière : il les aura sous les yeux
- (') En français dans le texte.
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- dès les premières années de l’enseignement pratique dans les usines. Cet objet n’est pas non plus dans la préparation du jeune homme en vue du métier qu’il devra faire au début. L’institut doit tâcher de donner à l’étudiant le bagage intellectuel qui lui sera suffisant pour toute sa carrière efquine lui deviendra utile que petit à petit, au fur et à mesure de son avancement.
- « L’opinion que les études rendent l’homme incapable au travail pratique est erronée.
- « L’enseignement doit être considéré comme défectueux et peu pratique, si l’étudiant qui l’a reçu n’est pas plus capable d’entrer dans un atelier qu’un apprenti dépourvu d’études; la discipline qu’on lui enseigne dans l’institut est mauvaise si elle n’a pu servir à renforcer sa volonté et son énergie. »
- C’est ainsi que définit l’activité rationnelle de l’école scientifique M. Unwin. Il s’élève contre le mépris dans lequel tiennent certains ingénieurs praticiens les études théoriques et rappelle que l’ingénieur doit travailler du cerveau et non pas de ses mains.
- M. Dixon défend également l’éducation généralisée et comprenant la littérature, l’histoire, la philosophie et autres sciences qui élargissent l’horizon de la pensée. L’homme qui domine ses camarades en classe, dans les sports ou à la discussion ne peut, d’après lui,qu’être en voie de succès.
- La plupart des orateurs ont tenu à signaler la grande utilité des laboratoires scientifiques au sein des instituts.
- M. Ilopkinson fait remarquer que la science de l’ingénieur occupe une place intermédiaire entre la biologie, dont l’étude se réduit à l’observation directe de la nature, et la physique qui est presque uniquement expérimentale. Cette science étudie les lois du mouvement,delà chaleur et de l’électricité, phénomènes qui ne peuvent être directement observés par suite des conditions excessivement complexes qui régissent leur action dans la nature. D’où la difficulté d’installation des laboratoires.
- La variété des conditions ne doit pas être omise dans l’interprétation des résultats. Les travaux de laboratoire des ingénieurs doivent être précédés de travaux de laboratoire physique aussi simples que possible. L’étude sur de petits modèles renferme les mêmes enseignements que
- l’étude des grandes machines. De plus, les petites unités sont de maniement infiniment plus simple et cette simplicité même empêche l’attention d’être détournée. Il faut éviterqu’ilyait un grand nombre d’élèves auprès de chacun des appareils. Ceux-ci doivent être de vrais modèles de commerce placés autant que possible dans les conditions de leur fonctionnement normal.
- Le but du travail jde [laboratoire est de montrer à l’élève comment il peut tirer de l’essai tous les renseignements que celui-ci est en état de donner.
- M. Goodman et M. Dalby émettent les mêmes opinions que M. Ilopkinson au sujet de l’utilité des laboratoires et de leur équipement.
- M. Goodman combat un programme de travaux pratiques trop rigide et caractérise comme suit ces établissements.
- « L’étudiant ne manquera pas d’être frappé de l’importance des conditions d’expérience... Il se rendra compte qu’u ne absolue exactitude du résultat est chose très rare, sinon impossible. Dans certains cas, le but du laboratoire est de montrer jusqu’à quel point la théorie concorde avec la pratique; il faut veiller toutefois à ce que les étudiants ne concluent pas trop rapidement à un désaccord souvent dû, en réalité, à l'inexactitude et à l’imperfection de leur expérience.
- M. Dalby signale les trois points suivants comme devant faire l’objet des recherches dans les laboratoires :
- i) Principes fondamentaux sur lesquels est basée la science de l’ingénieur;
- a) Propriétés physiques des matériaux de construction ;
- 3) Manière de mesurer l’énergie dans ses différents aspects.
- La question des diplômes d’études a soulevé de longues discussions.
- M. Fleming s’attaque aux diplômes délivrés par les instituts techniques actuels et s’applique à démontrer qu’ils n’ont, pour ainsi dire, aucune valeur. Les examens à la suite desquels ces di-plômes sont délivrés se passent dans des conditions complètement artificielles, ne ressemblant guère aux conditions de la pratique. D’ailleurs, on ne voudra ensuite rien savoir du diplôme ou des titres éventuels du candidat; on ne demande en pratique que des hommes de confiance, capables de raisonnement et d’exactitude.
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- Une opinion plus violente encore est celle de M. Trotter qui prétend que « le diplôme est une absurdité dans la profession de l’ingénieur. Celui-ci ne peut être instruit que par la pratique ».
- Ces opinions extrêmes ont été vivement combattues.
- D’après M. Jenkin, le diplôme atteste que le candidat a étudié pendant un certain nombre d’années les sciences qui forment la base de son éducation technique et qu’il a acquis des connaissances sérieuses.
- « Point n’est besoin d’insister sur l’importance des études scientifiques. L’éducation de l’ingénieur doit se faire en trois étapes comprenant respectivement les études scientifiques générales qui en sont le fondement, l’étude des sciences appliquées, conformes à la profession future, l’obtention de certaines connaissances pratiques qui ne peut se faire qu’au contact direct avec le métier. »
- ENSEIGNEMENT l’HATIQUE
- La thèse de l’utilité de cet enseignement, en ce qui concernela majorité des ingénieurs,n’a guère trouvé d’adversaires dans l’assemblée.
- Exception a été faite cependant pour les ingénieurs civils dont le besoin de stage paraît douteux.
- Sir A. Binnie dit catégoriquement :
- « L’habileté pratique n’est point nécessaire. Un constructeur de ponts n’a pas besoin de savoir poser des rivets; il suffit qu’il sache comprendre ce qui peut être exécuté et distinguer une bonne exécution d’une mauvaise. »
- Tel n’est pas l’avis de M. Donaldson qui impose à l’ingénieur civil un minimum de dix-huit mois d’apprentissage de sa spécialité, suivi de six mois d’apprentissage électrique et d’une année de bureau.
- M. Henry Louis ne saisit pas la raison des moindres exigences imposées, au point de vue pratique, à certaines catégories d’ingénieurs.
- « Pour ma part,dit-il, je ne vois pas bien pourquoi un individu pourrait construire un pont sans être un habile riveteur, tandis que le même individu devra être un monteur consommé avant de construire la machine qui passera sur ce spont. L’anomalie est encore plus frappante dans le cas de deux branches connexes de l’exploita-tions des mines: la plupart des propriétaires de
- mines de métaux considèrent le maniement de l’outil du mineur commé une partie importante de l’instruction pratique, tandis que les propriétaires des mines de charbon traitent cet exercice manuel de complètement inutile. »
- Les opinions se partagèrent davantage lorsqu’il s’est agi de définir la durée de l’apprentissage et l’époque à laquelle le jeune ingénieur mécanicien, électricien, ou autre, doit s’y livrer.
- Pour certains membres de l’assemblée, (MM. Allen, Brodie, etc.), un stage de trois ans dans une usine est convenable; pour M. Donald-son, cette durée est un minimum ; pour M. Welch, une année prise entre l’école moyenne et l’école spéciale est suffisante.
- MM. Allen, Donaldson et autres sont de l’avis que l’étude théorique doit précéder la période de travail dans l'atelier qui ne peut porter fruit que s’il est étayé sur de solides bases de connaissances techniques. Parmi les adversaires de ce point de vue, citons M. Brodie qui estime qu’un jeune homme ayant fait ses études après la période de stage trouve immédiatement, son diplôme en mains, un emploi réel et payé dans la pratique. D’autres adversaires indiquent que le travail ultérieur dans l’institut est facilité par la connaissance des machines et appareils, que possède déjà l’élève lors de son entrée.
- M. Barr jette un pont entre ces deux opinions en remarquant qu’il y a là question d’individualité et qu’il ne peut y avoir de règle générale. D’ailleurs, il est ferme partisan du système sandwich : l’enseignement scientifique se faisant durant les six mois de l’hiver et l’enseignement pratique en été.
- A titre d’exemple, M. Donaldson cite le tableau suivant qui répartit rationnellement le temps que peut accorder àla pratique le jeune ingénieur mé-
- canicien :
- Travail des matériaux............. 8 mois
- Montage........................... 7 —
- Ajustage, applications électriques. 8 —
- Modelage........................ 8 — .
- Fonderie.......................... 4 —
- Forge............................. 8 —
- Atelier de dessin................. 8 —
- La conférence a montré l’utilité du dessin.
- Elle permet de tirer la conclusion que l’enseignement pratique ne doit pas être trop spécial et qu’il ne peut être régi d’une façon immuable, mais
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- qu’il doit, au contraire, être modifié suivant les tendances et les goûts personnels du stagiaire. L’utilité d’un guide préposé aux stagiaires apparaît clairement; elle a été tout particulièrement indiquéepar M. Yarrow qui a tenu, entre autres, à dénoncer le péril qui réside pour le jeune homme dans son éloignement de la famille.
- D’après M. Henry Louis, la grande utilité du travail d’usine réside surtout dans la fréquentation des gens à laquelle le jeune homme est forcément astreint. C’est là que réside un des gages les plus certains du succès futur.
- Signalons, pour terminer, le discours très
- caractéristique de M. Alexandre Siemens qui s’est fait le porte-parole des industriels. Il rappelle que les fabriques existent, avant tout, dans le but de réaliser des bénéfices et que très souvent il n’est pas possible d’y admettre des stagiaires. Dans les ateliers de sa propre maison il ne peut en accepter que lorsque des vacances se présentent ; il est impossible, aussi bien à lui qu’à d’autres industriels, d’assurer l’admission annuelle d’un nombre fixe d’élèves ingénieurs.
- (.1 suivre.) A.. IIeissht.
- L’ÉLECTRICITÉ EN ITALIE
- En igolf, à la suite de la proposition, faite dès cette époque, par MM. Blondel, Harlé et Miihl, d’aménager un transport des forces motrices du Rhône à Paris, le Conseil municipal de Paris fit exécuter une série d’études sur l’utilisation des forces hydroélectriques.
- Un voyage d’études ainsientrepris en mai 1910, en Italie, vient d’aboutir à l’établissement d’un rapport des plus intéressants, rédigé par M. Ourson, ingénieur des Ponts et Chaussées (f). auquel nous faisons ci-dessous divers emprunts.
- *
- En Italie, dès le mois de juin i883 commença à s’édifier à Milan, sur l’initiative audacieuse de la Société Générale italienne d’Electricité, système Edison, la première station centrale électrique d’Italie.
- Elle possédait 9 grandes machines dynamo électriques Edison de ia5 à 200chevaux chacune, alimentant un réseau souterrain qui s’étendait jusqu’à 5oo mètres environ de la station génératrice de S. Radegonda, placée dans le voisinage du Dôme, au centre de la distribution.
- Ce genre de distribution de l’énergie rencontrait une très grande faveur à Milan, et l’usine de S. Radegonda qui à l’origine n’alimentait que 1 no lâmpes à incandescence, fut l’objet de rapides et successifs agrandissements en vue de
- satisfaire à la demande toujours croissante de courant.
- C’est ainsi que le nombre des lampes à incandescence qui était déjà de 5 3oo à la fin de 1884 atteignit 10 000 en 1886, i5 000 en 1889, 22 000en 1891, 38 000 en 1894 et 69 555 en 1898, tandis que celui des lampes à arc de l’éclairage privé, qui était de 565 en 1889 passait à 624 en 1894 et à 817 en 1898.
- Mais en outre du réseau pour l’éclairage privé, le besoin se fît sentir à Milan d’un réseau pour l’éclairage public. Et comme la distribution en dérivation système Edison ne se prêtait pas à l’alimentation en série des lampes à arc placées sur la voie publique, on créa, au mois de juin 1892, dans ce but, via Giambattista Yico, une nouvelle usine génératrice, qui alimenta 272 lampes à arc réparties dans les principales artères de Milan, et dont le nombre fut porté à 299 en 1893, à 347 en 1895 et à 416 en 1898.
- Cette première distribution à courant continu fonctionna ainsi jusqu’au mois de septembre 1898, époque où entra en service le transport de force triphasé de Paderno d’Adda à Milan.
- L’exemple de Milan avait été bien vite suivi par d’autres villes de l’Italie (Turin, Terni, Palerme) et du reste de l’Europe (centrale type Edison de 3oo chevaux à Berlin, 1884).
- Ap rès les installations de Milan, il faut citer, dans l’ordre d’importance, celles de Rome.
- Le 16 octobre 1886, on vit fonctionner à Rome pour la première fois, l’éclairage public et privé
- (') Imprimerie Hardy et Bernard, Paris.
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- du centredela ville, obtenu avec du courant alternatif transporté à la tension de 1800 volts dans un réseau de câbles souterrains d'un développement de 6 kilomètres, ayant son origine à l’usine génératrice située dans le quartier excentrique des Gerchi où étaient installées deux machines génératrices de,i5o chevaux chacune.
- Cette installation était due à la Société Anglo-Romaine d’éclairage de Rome qui assurait déjà l’éclairage au gaz de la ville. Initiative hardie, car, à cette époque, on ignorait presque tout des phénomènes qui se passent, à cette tension dans les machines électriques, les câbles souterrains et les transformateurs et l’équilibre d’un pareil système de distribution était tout entier à créer.
- Bientôt, toutes les difficultés techniques résolues, la distribution prit une grande extension. L’usine des Cerchi alimenta par ses câbles à haute tension un grand nombre de stations de transformation, dont chacun devint le centre d’un petit réseau à basse tension couvrant une zone de la ville.
- La puissance de l’usine qui était en 1887 de i 5oo chevaux passait en 1889 à 2 700 chevaux; le réseau souterrain à haute tension d’une longueur de 19 kilomètres desservait alors 25o stations de transformation.
- Cette application en entraîna de nombreuses où l’on distribua la lumière par courant alternatif.
- A Palerme, les installations, qui remontent à 1887 comportèrent une double distribution pour l’éclairage privé par lampes à incandescence et par lampes à arc en dérivation, une distribution à courant alternatif à haute tension et, pour l’éclairage public par lampes à arc en série, une 'distribution à courant continu.
- La même année furent créées les stations centrales de Trévise et Terni, cette dernière pourvue d’alternateurs d’une puissance totale de 3oo chevaux.
- En 1888, apparurent les stations centrales de Livourne avec 35o chevaux et 2 000 lampes à incandescence et de Schio, en 1889, celle de Tagliacozzo, Pordenone, Bassano, Syracuse, Alzano Maggiore et Cuneo, toutes à courant alternatif et transformateurs en dérivation, x A Turin fut établie, en 1888, la station centrale de San Donato, station mixte comportant une distribution d’éclairage par lampes à arc en
- série à l’aide de dynamos à courant continu à intensité constante et une distribution d’éclairage par lampes à incandescence à l’aide d’alternateurs et de transformateurs en dérivation à potentiel constant. Cette station avait une puissance de 1 000 chevaux dont 400 chevaux pour les lampes à arc et 600 chevaux pour les lampes à incandescence.
- En 1890, une station centrale fut créée à Venise parla Société d’éclairage électrique de Venise, elle comporta 5 alternateurs d’une puissance globale de 5oo chevaux et alimenta dès le début 3 000 lampes à incandescence.
- En 1892, la Société anonyme Piémontaise d’électricité qui, au cours de l’année précédente, avait acheté Fusine de San Donato à Turin, se résolut à créer une deuxième station centrale en utilisant une chute d’eau, propriété d’une ancienne papeterie au R. Parc, à la distance de 3 kilomètres de Turin.
- La force utilisable était de 600 chevaux, mais se réduisait à 400 chevaux pendant neuf mois chaque année, si bien que l’usine, en outre de
- 3 turbines de 200 chevaux chacune, fut dotée d’une installation à vapeur de réserve.
- Les deux alternateurs au nombre de 400 chevaux chacun installés dans cette station offrent cette particularité d’être les premiers du type à bobinages fixes et à fer tournant, qui aient été construits.
- Il convient encore de citer les installations de Grosseto (1892) avec u5 chevaux, de Lovere (1895) avec 160 chevaux dont une partie est transportée à Castro à 4 200 mètres de distance, de Pise (1898) où l’éclairage de la ville est assuré par une dynamo à courant continu de 180 chevaux, unie à une batterie d’accumulateurs de 54o ampère-heures, tandis que l’énergie est fournie aux quartiers suburbains par des alternateurs d’une puissance de 160 chevaux.
- Le rapport de M. Ourson donne également les descriptions des installations de Tivoli.
- D’importantes chutes d’eau se trouvent à Tivoli, à 25 kilomètres de la capitale.
- Les travaux d’aménagement des chutes, commencés en 1891, comportèrent la création d’une puissance génératrice de 2ooochevaux, au moyen d’alternateurs à 5 000 volts construits par la maison Ganz. Les installations fonctionnèrent le
- 4 juillet 1892. Les noms de M. Pouchain et du
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- professeur Mengarini restent attachés à cette œuvre.
- La tension du réseau souterrain de distribution de la ville fut d’ailleurs maintenue à i 8oo volts, si bien qu’on dut créer dans le voisinage de Porta Pia, point d’arrivée à Rome de la ligne de transport, une station de transformation où la tension de l’énergie fut abaissée à cette valeur de i 8oo volts. L’ancienne usine à vapeur des Cerchi, qui fournissait du courant alternatif à i 8oo volts, fut maintenue quelques années en service jusqu’à la création d’autres centrales plus modernes, mais son fonctionnement fut limité aux heures de la soirée où la consommation est maximum.
- De la sorte, le réseau de Rome put recevoir du
- courant des deux usines <3e Porta Pia et des Cerchi, situées à deux extrémités de la ville diamétralement opposées et alimentées l’une par les forces hydrauliques de Tivoli, l’autre par des machines à vapeur. Mais comme ces dernières ne marchaient qu’aux moments où les transformateurs fonctionnaient à forte charge, le rendement de la distribution se trouvait dans les meilleures conditions possibles.
- Le rapport de M. Ourson s’occupe ensuite des distributions en série à intensité constante et des distributions par courants alternatifs polyphasés, dont il convient de dire maintenant quelques mots.
- J.Reyval.
- [A suivre).
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Sur les coefficients d’aimantation de l’or. — H. Hanriot et F. Raoult. — Comptes Rendus, 17 juillet 1911.
- L’or brun (résidu de l’attaque par l’acide nitrique d’un alliage d’or et d’argent) est, comme l’or jaune, diamagnétique.
- Leur coefficient d’aimantation est diminué par la présence du fer comme impureté. Celui de l’or jaune est le plus faible et a pour minimum — 0,234.10 —li.
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES ET PHOTOMÉTRIE
- Sur la dépense d’énergie nécessaire pour produire l’unité d’intensité lumineuse. — H. Buisson et Ch. Fabry. — Comptes Rendus, 24 juillet 1911.
- En opérant sur une lampe Heræus (tube de quartz de 6 centimètres, courant de 3,5 ampères, tension de 27 volts), les auteurs ont déterminé pour chaque radiation le nombre de watts rayonnés par bougie moyenne sphérique.
- Ils ont ainsi trouvé pour la radiation violette (à
- laquelle notre œil est très peu sensible) o,3i watt par bougie; pour la radiation verte (la plus éclairante), 0,018, et pour les radiations jaunes (éclairantes surtout avec les lampes poussées), 0,021.
- Le nombre trouvé pour la radiation verte correspond à la dépense minimum possible d’une lampe qui transformerait entièrement l’énergie qu’elle reçoit en radiation lumineuse la plus avantageuse. L’intensité lumineuse dans ces conditions serait de 55 bougies par watt. Cet « équivalent mécanique de la lumière » avait été trouvé égal à 17 par Drysdale, à 72 par Ilyde.
- Rayons cathodiques produits à l’intérieur des lampes à incandescence. — B. Houllevigue.
- — Comptes Rendus, 26 juin 1911,
- Comme suite à ses recherches antérieures dontnous avons rendu compte, l’auteur a réussi à l’aide d’un dispositif analogue à celui qui sert à produire les rayons canaux, à obtenir un véritable pinceau de radiations qui obéit, comme les rayons cathodiques, aux lois de l’électromagnétisme.
- Ce pinceau, formé d’électrons de vitesses faibles, surtout aux voisinages des parois, se réfléchit lorsqu’il rencontre une paroi de verre ounn plateau métallique.
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- Etude du rayonnement ultraviolet des lampes à vapeur de mercure en quartz. — V. Henri. — Comptes Rendus, 24 juillet 1911.
- Le rayonnement ultraviolet d’une lampe brûlant dans l’air augmente extrêmement vite quand on élève son régime électrique (c’est-à-dire sa tension) ; l’action sur le citrate d’argent est absolument parallèle à l’action bactéricide et peut ainsi servir à la contrôler.
- L’intensité des raies jaunes 5 790 et ~> 769 croit bien plus vite que celle des raies verte et bleue.
- La réaction sur l’iodure de potassium croît plus lentement que celle sur le citrate.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Continuité du service dans les transports de iorce. — T. Crawford. —Proceedings of the Ame-' rican Institute of Electrical Engineers, avril 1911.
- L’auteur résume les résultats de plusieurs années d’exploitation des lignes de transport de force de la « Seattle-Tacoma Power Company » et en tire quelques conclusions pratiques sur les mesures qu’il convient de prendre pour assurer la continuité du service sur les réseaux analogues.
- Le réseau qu’il décrit comprend plusieurs usines génératrices, dont la principale est celle de Snoqual-mie Falls.
- En 1907, la puissance totale des usines génératrices était de 12 000 kilowatts. L'énergie était transmise sous forme de courants triphasés à 3o 000 volts, avec fil neutre non à la terre.
- Les lignes étaient soutenues par des poteaux en cèdre d’une hauteur variant de 12 à i5 mètres. Les portées variaient de 41 à 7,8 mètres, certaines traversées de rivière atteignant jusqu’à plus de 3oo mètres.
- La longueur, totale des lignes était de 376 kilomètres.
- Les isolateurs étaient constitués par une triple cloche en porcelaine, d’une seule pièce, de i5 centimètres de diamètre environ.
- En 1909, on décida d’élever le voltage de transmission à 60 000 volts en conservant les mêmes fils et les mêmes supports.
- 'Lés isolateurs furent alors remplacés par des isolateurs de porcelaine en quatre pièces, essayés à 120 000 volts. Les parafoudres,primitivement à inter-
- T. XV (2e Série). — N° 32.
- vallès d’air multiples, furent remplacés par des parafoudres électrolytiques. • •>
- Lorsque l’usine de Falls travaille en parallèle avec d’autres usines hydro-électriques ou avec l’Usine à vapeur de Seattle, la liaison entre ces usines est opérée au moyen d’interrupteurs automatiques.
- Lorsqu’un court-circuit se produit, tous les interrupteurs automatiques, connectant aux lignes les autres usines,s’ouvrent,laissantleslignes uniquement reliées à l’usine de Falls. L’opérateur de cette dernière usine abaisse le voltage et règle la vitesse des machines. Ses ampèremètres de . lignes lui indiquent généralement quelle ligne est court cir-cuitée et, si au bout de quelques secondes le court-circuit persiste, l’opérateur ouvre l’interrupteur à huile de cette ligne. Puis le voltage est lentement remonté à sa valeur normale et il n’y a plus alors qu’une partie du réseau qui soit hors service. Tous les interrupteurs de sectionnement de la ligne endommagée, établis sur poteaux, sont ouverts, et la section endommagée est localisée en essayant la ligne par sections successives à partir de l’usine de Falls.
- Si on ne peut reconnaître immédiatement sur quelle ligne existe un court-eircuit, on cherche à le reconnaître en ouvrant successivement les interrupteurs sur chaque ligne et tâchant de ne jamais couper le courant complètement tant que les machines peuvent tourner. Deux grands rhéostats en fer sont immergés dans le canal de fuite des turbines et, au moyen d’interrupteurs à huile, sont insérés sur le circuit des générateurs au moment où une surcharge très considérable va être supprimée, notamment quand on coupe une ligne court-circuitée.
- . Dans les cas extrêmes, toutes les lignes sont coupées ; l’usine travaille sur les rhéostats et chaque ligne est remise successivement et par intervalles sous tension jusqu’à ce qu’elle soit reconnue bonne.
- La surveillance des lignes est assurée par des patrouilleurs, chacun étant responsable de la portion de ligne qui lui est affectée.
- Ces patrouilleurs demeurent dans les postes de transformateurs et ont le téléphone à leur disposition. Chacun possède un cheval de selle pour parcourir rapidement la zone qu’il surveillé et porte fine sacoche contenant les outils nécessaires pour une réparation. Les inspections de ligne se font à intervalles réguliers.
- Tous les 3 kilomètres environ, un des supports de ligne est entouré d’une petite baraque contenant du matériel de rechange. Chaque patrouilleur, une fois
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- par mois, essaie et entretient les interrupteurs de ligne; unie fois par sèmaine, il rédige un rapport écrit.
- En cas de réparations, chaque section de ligne est coupée et solidement mise à la terre.
- Les accidents survenus pendant les quatre dernières années d’exploitation sont résumés dans le tableau suivant :
- Tableau I
- ACCIDENTS dus INTERRUPTION DE SERVICE Supprimant 1 la moitié 1 b de la charge | < f f r 5» Supprimant L £ 2 un quart 1 o de la charge / a TOTAL des accidents
- r. Construction de ligne dé-
- fectueuse, avaries aux inter-
- rupteurs, aux isolateurs, etc. 2. Accidents de transforma- I 2 7 IO
- teurs O I 5 0
- 3. Avaries causées par la mal-
- veillance 6 I 7 >4
- 4. Tempêtes, incendies, inon-
- dations. 0 6 6 18
- 5. Foudre. O I I 2
- 6. Erreurs du personnel 0 2 I 3
- .7. Cause inconnue I 4 8 i3
- Totaux - • • Y / 14 *7 35 06
- 11 est à remarquer que sur les i4 cas d’interruption complète, 7 sont arrivés quand on travaillait sur une seule ligne pendant le remplacement des isolateurs, nécessité par l’adoption de la tension de 60 000 volts. Durant le reste du temps, soit trois ans et demi,la moyenne des interruptions complètes a été de deux.par an.
- Pour remédier aux deux premières causes d’accidents indiquées par le tableau, il est prudent d’essayer tous les isolateurs à un voltage un peu supérieur à deux fois le voltage normal et d’essayer soigneusement tous les enroulements de machines.
- Contre les coups de foudre, l'auteur conseille les parafoudres à intervalles d’air, concurremment avec l’installation de parafoudres électrolytiques à l’entrée des stations importantes et, si c’est nécessaire, des anneaux de garde sur les isolateurs.
- En prévision des troubles atmosphériques, il est nécessaire d’adopter un grand facteur de sécurité dans la construction des lignes.
- Pour réduire au minimum les accidents dus à des erreurs du personnel, il convient de donner à celui-ci des instructions écrites, de bons instruments de travail, des salaires suffisants : il ne faut lui imposer
- qu!un travail modéré, chercher les moyens de l’y intéresser et stimuler son amour-propre.
- L’expérience de l’auteur lui a montré que le meilleur moyen d’atténuer les oscillations destructrices qui se produisent à la suppression d’un court-circuit est de confier le tableau à un opérateur soigneusement exercé. On a d’ailleurs installé, à l’usine principale du réseau qu’il décrit, un régulateur Tirrill muni d’un relais spécial qui a pour effet d’abaisser le voltage au moment d’un court-circuit : l’opérateur a donc plus de liberté d’esprit, puisqu’il n’a pas à se préoccuper d’abaisser lui-même le voltage, et il peut aussitôt consulter les ampèremètres de ligne pour juger de la situation. On espère retirer de ce dispositif d’excellents résultats.
- II! B.
- Console de coupure de réseau.
- Dans une « Note sur les canalisations aériennes (*) », M. Mahaut décrit un montage pratique de coupures, qu’on place de manière à isoler les parties avariées du réseau, en limitant l’appel de courant en cas d’accident. Cette coupure est généralement placée à un carrefour pour commander au minimum quatre départs.
- Celte console-coupure est constituée par un assemblage de fers profdés.
- Le schéma électrique est lesuivant : A, barre générale en cuivre (a3 X 5) (fig. 1), cosses en bronze,
- Fig. 1
- ayant une masse assez importante, soudées à l’extrémité du câble arrêté sur l’isolateur H; D, fusibles.
- (') Bulletin Technologique des Arts et Métiers, mai
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- On emploie des isolateurs type Est du calibre voulu, en plaçant la rainure normale à la direction de la barre en cuivre, de façon que, le câble arrêté sur la gorge à la façon ordinaire, l’extrémité libre puisse être soudée à la cosse en bronze. Cette dernière est installée dans la rainure de l’isolateur et tenue par un fil d’attache mis dans un trou F, réservé à l’extrémité du prisonnier E dans la gorge et vient se fixer ensuite sur le câble, à la sortie de la cosse.
- Le tube est tenu de la façon indiquée sur la figure : la platine G porte une queue G' supportant un isolateur H sur la tête duquel vient se fixer une calotte en bronze I qui tient la barre en euivre A.
- Gomme point particulier, l’auteur signale que l’on a quelquefois intérêt, au point de vue de la pose, à mettre une console à quatre scellements, au lieu de trois, quand les câbles sont lourds ou pour les maisons dont quelquefois les angles sont en pierres dures appareillées; il est moins onéreux, pour ces dernières, de faire les scellements au bord de ces pierres ou dans les joints en mettant les cotes voulues pour y arriver.
- Un des avantages de cetle façon d’opérer est que, jusqu’à une hauteur de 12 mètres environ, selon l’acuité de la vue, on peut se rendre compte, du sol, si les fusibles sont ou non en place, ces derniers se profilant sur le ciel; cette disposition simplifie considérablement, en certains cas, la visite du réseau.
- Le même montage peut s’adapter aux potelets de toiture.
- S. F.
- TRACTION
- Omnibus à prise de courant.—A.Mossay.—
- Bulletin de l'Association des Ingénieurs électriciens sortis de l’Institut électrotechnique Montefiore, tome X, 3e série (*).
- CONSIDÉKA.TIONS GÉnÉH AL.ES
- Omnibus automobiles.
- Partout les Compagnies d’omnibus à essence, à part quelques exceptions, ont donné des résultats peu encourageants et il semble, à l’heure actuelle, que le succès de telles entreprises soit une chose qu’il est convenu de n’admettre que dans les cas les plus exceptionnels.
- Le fait est que les frais d’exploitation qui entrent en ligne de compte sont tellement élevés qu’il faut un
- trafic considérable et permanent ou bien un tarif élevé pour permettre une rémunération du capital engagé.
- M. K. Otto, ingénieur en chef de la Grossen Ber-liner Strassenbahn, a publié à ce sujet un article très documenté dans le Zeitschrift fûr Klein Bahn (‘J, qui conserve un intérêt d'actualité.
- Nous devons attacher une grande importance aux chiffres donnés par M. Otto, car ils sont basés sur l’expérience acquise par la Grossen Berliner Motor Omnibus Gesellschaft, et tout porte à croire que, dans l’intervalle de temps qui s’est écoulé depuis la publication de l’article en question, ils n’ont guère changé, car si d’un côté la technique automobile ne. cesse de faire des progrès, le prix des matières premières, telles que le caoutchouc, s’est accru dans des proportions élevées.
- Suivant la méthode adoptée en général pour étu * dier tout problème de traction, l'auteur établit le prix de revient de la voiture-kilomètre.
- Remarquons, toutefois, qu’il envisage des voitures à impériale capables de transporter 36 personnes et pesant vides environ 5 000 kilogrammes.
- Les frais d’exploitation par voiture-kilomètre de telles voitures, pour le service d’une grande ville (c’est-à-dire roulant en grande partie sur rues asphaltées), se répartissent sous les différents titres : service d’administration, personnel roulant, inspection, benzol, graissage et éclairage des voitures, bandages en caoutchouc, entretien des voitures et service du dépôt, assurances et divers ; ils s’élèvent au total à 64 centimes.
- Pour évaluer les frais d’amortissement, l’auteur étudie une entreprise nécessitant pour le service 60 voilures, dont i5 sont prévues pour réserve.
- Le capital nécessaire à une telle entreprise est d'environ 2 millions de francs répartis sur 60 voitures (sans bandages), bandages en caoutchouc, garage, réservoir à essence, atelier de réparation.
- Si l’on admet qu’une voiture puisse rouler 3ooooo kilomètres avant d’être mise au rebut, auquel cas elle peut avoir une valeur de 1 000 marks (1 a5o francs), nous aurons à amortir le matériel roulant à raison de 7,5 centimes par voilure-kilomètre.
- Si, en plus, chaque voiture parcourt par jour i5o kilomètres soit, pour 45 voitures,a 000 000 de kilomètres par an, nous pourrons, en comptant l’intérêt du capital, l’amortissement du matériel roulant,
- (*) Publié le i5 mars 1911.
- C) Octobre 1908.
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- l'amortissement des bâtiments (a,5 %), l’amortissement de l’atelier et du réservoir à essence (ia %) (dont le total s’élève à ia centimes) faire ressortir un prix de revient de 64 + i a = 76 centimes par voiture-kilomètre.
- M. Otto a publié depuis un nouvel article (') dans lequel il étudie la question de l’omnibus électrique à accumulateurs. Ses conclusions sont de nouveau basées sur l’expérience obtenue pendant six mois avec deux omnibus mis à la disposition de la Grossen Berliner Motor Omnibus Gesellschaft par la Compagnie Daimler.
- Les frais d’exploitation réduits à la voiture-kilomètre répartis en : service d’administration, personnel roulant, inspection, énergie électrique, entretien des batteries, manipulation des batteries, kilomètres à vide (pour aller recharger), graissage, bandages en caoutchouc, entretien des voitures, assurance et divers, s’élèvent à 65 centimes.
- Pour un service semblable à celui étudié plus haut, M. Otto estime qu’il est nécessaire d’avoir au moins 53 voitures, dont 8 soient en réserve, ce qui fait que, si l’on admet la possibilité d’acheter le courant électrique nécessaire à la charge des accumulateurs, un capital d’environ 2 millions sera nécessaire à l’entreprise.
- Si l’on admet que la voiture à accumulateurs, en raison de sa plus grande simplicité organique, puisse rouler 5oo 000 kilomètres avant d’être mise au rebut, auquel cas elle aura avec sa batterie une valeur de 3 800 francs, nous aurons une quote d’amortissement de 5,5 centimes par voiture-kilomètre et pour 2 000 000 de voitures-kilomètres par an, nous aurons un prix de revient de65-(- 10 = 75 centimes par voiture-kilomètre.
- Ce résultat diffère peu de celui que nous avons obtenu avec l’omnibus à essence et laisse peu de chances de succès à l’omnibus à accumulateurs dont le rayon de parcours est nécessairement limité.
- Les résultats obtenus à Londres ont d’ailleurs démontré amplement que l’omnibus à accumulateurs n’est pas destiné à faire une longue carrière.
- Quoi qu’il en soit, les chiffres de 75 centimes environ que nous reproduisons 11e représentent rien d’anormal ; il suffit de rappeler quelques résultats publiés par les Compagnies d’omnibus pour s’en convaincre : par exemple, sur la ligne Dethmanns-dorf-Marlow, la voiture kilomètre revient à 1 fr. 09 ;
- (•) Wirtscliaftlichkeit und Retriebskosten des elektris-chen Aulobusse, 1909.
- sur la ligne Partenkirchen-Koclkel, à 1 fr. 13 ; sur la ligne Southofen-IIindelang, à 94 centimes.
- En résumé, le succès d’une entreprise d’omnibus à essence ne se réalisera que dans des conditions tout à fait exceptionnelles :
- i° Dans les grandes villes, où nécessairement le tarif doit s’adapter au tarif très bas des tramways électriques ; la ligne dessert les grandes artères dans lesquelles, pour des raisons de police, d’organisation ou de difficultés techniques, il est impossible de faire passer un tramway électrique ;
- 2° Dans le cas des cités balnéaires, où le trafic ne dure qu’une saison pendant laquelle il est possible d’exiger un tarif élevé d’un public qui change sans cesse;
- 3° Ainsi que nous le verrons plus tard d’une façon approfondie, dans le cas d’un service suburbain à longue distance et de faible fréquence : départ toutes les trente minutes et plus.
- Omnibus à prise de courant.
- La nécessité d’un système de' transport à bon marché s’impose cependant de plus en plus dans les districts de population peu dense, dans les villes présentant des accidents ‘de terrain qui rendent un service de tramways onéreux. Ni les chemins de fer soi-disant économiques, ni les lignes d’omnibus à essence ou à accumulateurs ne sont à même de donner des résultats tout à fait satisfaisants ; c’est pourquoi il faut voir dans le succès croissant des lignes d’omnibus à prise de courant aérienne, la solution tant demandée d’un problème d’actualité.
- En principe, la chose n’est pas neuve : voici près de douze ans que Lombard Guérin fit des essais avec une voiture automobile électrique recevant le courant d’une double ligne aérienne, au moyen d’un petit chariot automoteur roulant sur cette double ligne et relié à la voiture au moyen d’un câble flexible.
- Vers cette époque, l’attention des grandes compagnies était entièrement portée vers l’électrification des tramways à traction animale; la voilure automobile était encore dans la période expérimentale. On peut attribuer à ces deux raisons le peu de succès des idées de Lombard Guérin, bien que son système ait été employé en Allemagne pendant quelque temps pour le service du lialage sur le canal de Teltow, près de Berlin.
- D’autre part, l’engouement pour la voiture à . essence a fait perdre de vue les avantages nombreux ! que présente tout véhicule mu par le moteur
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- de traction idéal qu’est le moteur électrique.
- Les idées de Lombard Guérin ont été reprises dans ces dernières années et, grâce à l’expérience acquise dans la construction du matériel automobile, l’on peut dire avec conviction que les systèmes d’omnibus à prise de courant aérienne sont venus combler une lacune dans nos modes de traction. Comme tout le porte à croire, ils sont destinés à jouer un rôle important dans le développement de l’industrie des transports, ainsi que le démontre le nombre croissant des lignes ouvertes, fonctionnant d’une façon satisfaisante, tant au point de vue technique que commercial.
- Les différents systèmes de traction automobile à prise de courant aérienne nécessitent tous trois parties essentielles :
- i° Une double ligne aérienne dont la construction se rapproche plus ou moins de celle des tramways électriques ;
- 2° Un appareil de prise de courant qui constitue la caractéristique principale de chaque système ;
- 3° Une voiture automobile munie d’un ou de plusieurs moteurs etd’appareils de mise en marche et de réglage de vitesse ; elles ressemblent d’ailleurs plus ou moins aux types de voiture à essence ou à accumulateurs.
- Nous admettrons tout d’abord que les frais d’exploitation, en ce qui Concerne le personnel administratif, le personnel roulant et le service de contrôle, sont les mêmes.
- Le courant électrique peut être acheté au prix de i5 centimes le kilowatt-heure. En prenant comme base une consommation moyenne de 4oo watts-heures par voiture-kilomètre, nous aurons comme prix de la force motrice par voiture-kilomètre : 6 centimes.
- La ligne aérienne, d’après les données expérimentales, pourra être entretenue à raison de i,iÜ centime par voiture-kilomètre.
- En admettant un parcours annuel de 2000000 de voitures-kilomètres, on trouve 58 centimes environ par voiture-kilomètre comme dépenses d’entretien et d’amortissement.
- Si l’on compare ce chiffre à ceux obtenus ci-dessus, on peut conclure que l’omnibus à prise de courant aérienne — lorsque celle-ci est tolérée dans les grandes villes —- a tout autant de droit à l’existence que l’omnibus à essence ou à accumulateurs et, bien plus, qu’il se présente comme le réel concurrent et en même temps comme l’auxiliaire du tramway électrique.
- Nous avons envisagé ci-dessus de lourdes.voiture, à impériale dont la circulation n’est possible que dans les rues macadamisées et bien entretenues des grandes villes présentant peu ou pas de rampes.
- Pour un service interurbain, la pratique a consacré une voiture sans impériale, donc beaucoup plus légère, capable de contenir de 20 à 24 personnes dont quatre debout et pesant complète, avec les voyageurs, environ 5 tonnes.
- Si nous reprenons pour ce nouveau type de voiture les calculs que nous avons donnés plus haut, en tenant toutefois compte delà hausse du caoutchouc, du nombre de voitures et du service journalier et plus spécialement des conditions -que l’on rencontre en Belgique ou en France, nous obtiendrons les chiffres d’exploitation suivants :
- Omnibus à essence : de 5o à 70 centimes par voiture kilomètre.
- Omnibus à prise de courant : de 3i à 70 centimes par voiture-kilomètre. •
- L’intérêt et l’amortissement par voiture-kilomètre varient peu dans le cas de l’omnibus à essence, alors que, dans le cas de l’omnibus électrique «à prise de courant, ils sont plus ou moins proportionnels à la longueur de la ligne. •
- Pour nous rendre compte des conditions dans lesquelles il est avantageux d’établir une ligne d’omnibus à prise de courant, nous avons étudié une série de projets comparatifs et, dans chaque cas, nous avons établi le capital unitaire par voiture en service et le prix de revient par voiture-kilomètre.
- Dans chaque cas, nous avons une seule voilure en service et avons fait varier la longueur de la ligne entre 1 et 16 kilomètres.
- Nous avons pris en considération trois cas :
- i° Un parcours journalier de 96 kilomètres par voiture ;
- 20 Un parcours journalier de i/,4 kilomètres par voiture ;
- 3° Un parcours journalier de 192 kilomètres par voiture.
- En tenant compte d’une vitesse commerciale de 12 kilomètres à l’heure, cela donne respectivement un service journalier de 8,12 et 16 heures.
- Etant donné dans chaque cas la longueur de ligne par voiture et la vitesse commerciale, il est aisé d’en déduire la fréquence des départs dans une direction et de rapporter les résultats obtenus à cette donnée très importante des projets.
- Dans notre comparaison, nous admettons que notre nouvelle ligne se rattache à un système de
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- tramways dont on peut utiliser le dépôt, l’atelier de réparations et dont on obtient le courant électrique à raison de 12 centimes par kilowatt-heure.
- Nous admettons de plus que les pentes, s’il y en a, sont suffisamment faibles et les courbes de rayons assez grandes pour ne pas influencer défavorablement le cas du tramway.
- Nous avons calculé un amortissement de 10 % sur le matériel roulant pour l’un et l’autre système.
- Dans le cas du tramway, les voitures étudiées ont 18 places assises et 12 places debout, ce qui fait, en plus du conducteur et du receveur, 82 personnes.
- De telles voitures pèsent complètes, avec voyageurs, environ 10 tonnes.
- Dans le cas d’omnibus à prise de courant, on pourra transporter 26 personnes, y compris le conducteur et le receveur.
- Remarquons toutefois que,dans la plupart des cas, il est possible de se passer de receveur. Il suffit pour cela que l’omnibus soit construit de façon à ne permettre l’entrée des voyageurs que d’un seul côté. Il en résulte naturellement une diminution des frais d’exploitation qui peut varier de 3 à 5 centimes par voiture-kilomètre.
- De telles voitures pèsent, complètes, avec voyageurs, de 4,5 à 5 tonnes, c’est-à-dire à peu près la moitié de ce que pèse une voilure de tramway.
- Comme, dans l’un et l’autre système, il est possible de faire usage de voitures de remorque, nous ne tiendrons pas compte de celles-ci. Ce serait une complication superflue qui n’altérerait pas d’ailleurs la valeur relative des résultats.
- Nous avons de plus admis que la ligne aérienne, y compris les feeders, etc., peut être établie pour le même prix unitaire de 12 5oo francs par kilomètre.
- Ce n’est pas'tout à fait correct, mais l’erreur introduite est assez faible pour ne pas influencer la comparaison en faveur du système d’omnibus d’une façon matérielle.
- Nous avons, de plus, choisi comme prix de la voie ferrée, la somme de 40000 francs par kilomètre. Ce prix s’entend pour rails de 57 kilogrammes par mètre courant et comprend tous les frais de pavage et de repavage.
- Dans le cas de voies purement suburbaines, où il est possible d’utiliser les accotements des routes, les frais de pavage n’entrent pas en ligne de compte, ce qui permet une réduction notable du prix d’établissement de la voie ferrée.
- Cette pratique, qui est assez suivie en Belgique,
- réduit la surface utile des routes et implique une redevance plus élevée aux autorités.
- Si l’on compare alors l’omnibus à prise de-courant * avec l’omnibus à essence, dont les frais d’exploitation, augmentés de l’intérêt et de l’amortissement, se montent à 60 centimes par voiture-kilomètre, on peut tirer les conclusions suivantes :
- i° Service de 8 heures, 96 kilomètres par jour et par voiture. — L’omnibus à pétrole devient meilleur marché lorsque le service nécessite au plus une voiture pour 2,25 kilomètres de ligne, soit un départ dans un sens toutes les vingt-cinq minutes;
- 20 Service de 12 heures, 144 kilomètres par jour et par voiture. — L’omnibus à essence devient meilleur marché dans l’exploitation lorsque le service nécessite au plus Une voiture pour 4,5 kilomètres de ligne, soit un départ toutes les quarante-cinq minutes dans un sens.
- 3° Service de 16 heures, 192 kilomètres par jour et par voiture. — L’omnibus à essence devient meilleur marché dans l’exploitation lorsque le service nécessite au plus une voilure pour G,5 kilomètres de voie, soit un départ dans un sens à peu près toutes les soixante minutes.
- Les mêmes considérations d’ordre financier interviennent aussi dans ce cas et peuvent plus ou moins influencer les résultats, suivant le montant de la recette que l’on prévoit par voiture-kilomètre.
- Nous avons admis un service en terrain plat. En pays accidenté, la comparaison serait encore plus favorable à l’omnibus à prise de courant, vu que le poids mort d’une voiture de tramway est double de celui d’un omnibus et conduit,par exemple, dans le cas d’une rampe moyenne de 5 % , à un accroissement des frais d’exploitation de 6 à 8 centimes par voiture-kilomètre pour le tramway" et un accroissement de 2 à 4 centimes seulement pour l’omnibus à prise de courant.
- DIVERS SYSTÈMES d’oMNIBUS A l’RISE DE COURANT
- Les systèmes d’omnibus à prise de courant qui se sont établis d'une façon permanente sont,dans l’ordre chronologique, au nombre de cinq:
- * i° Le système Schiemann, qui compte de nombreuses lignes en Allemagne, une en France, une en Italie et une en Norvège;
- 20 Le système Filovia, exclusivement répandu en Italie;
- 3° Le système Stoll, principalement connu en Autriche ;
- 4° Le système Koehler Lloyd, qui comprend, à
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- l’heure actuelle, trois lignes en service en Allemagne;
- 5° Le système R. W. Schoemaker dont une ligne existe dans les environs de Los Angeles. (Etats-Unis • d’Amérique.)
- Système Schiemann
- Le système est exploité par la Gesellschaft fur Gleislose Bahnen M. Schiemann et C°, de Wiirzen, d’après les brevets de l’inventeur du même nom.
- La ligne aérienne consiste en deux fils conducteurs snspendus parallèment à la voie d’une façon analogue à celle que l’on rencontre dans l’exploitation des tramways.
- Il a déjà été question ici de ce système ('). Rappelons que, sous sa dernière forme, la prise de courant est constituée par une perche unique supportant une double selle (fig. i). La perche est maintenue relevée
- Fig. i. — Prise du courant Schiemann
- par un système de ressorts convenablement disposés sur la voiture (fig. 2).
- Les moteurs (de i5 à 22 chevaux) sont maintenant boulonnés au châssis, sous le siège et commandent par cardan une vis sans fin réversible montée sur l’axe arrière. Quant aux roues, munies de bandages en caoutchouc, elles sont folles sur l’essieu. La puissance motrice leur est transmise par un ressort à lame encastré dans la partie intérieure de la jante.
- Dans les courbes, la roue qui décrit le plus petit cercle reçoit l’effort tout entier; si elle patine, cet effort se porte aussitôt sur l’autre roue (fig. 3).
- Système Filovia.
- Le système Filovia a été développé par la Sociela Trazione Elettrica, de Milan et Turin, et compte déjà à présent près de 100 kilomètres en exploitation régulière; c’est en somme une variante du système Schiemann.
- (') Voir Lumière Electrique, 3o juillet 1910.
- La ligne aérienne est semblable aux lignes aériennes des tramways électriques.
- Le trolley, construit d’après les brevets Cantano, consiste en un petit chariot à quatre frotteurs porté
- Fig. 2. — Détails du pivot de la perche
- par joint à rotule au bout d’une perche montée sur le toit de la voiture.
- Des ressorts tendent à relever la tige du trolley et pressent par conséquent le chariot contre la ligne aérienne avec une pression de bas eq haut qui varie de 6 à 7 kilogrammes.
- Le support de la tige du trolley peut pivoter sur un axe vertical permettant ainsi à la voiture un déplacement latéral d’environ 2,25 mètres départ et
- Fig. 3. — Roues motrices, système Schiemann
- d’autre de l’axe de la ligne aérienne et de dépasser sans encombre d’autres véhicules se mouvant dans un sens ou dans l’autre.
- Lorsque deux voitures se rencontrent, l’une se
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- gare et la tige de trolley étant abaissée au moyen d’une corde, l’autre pourra continuer son chemin sans le moindre encombre.
- Simple comme il l’est, le système semble répondre parfaitement aux exigences du service, le chariot n’ayant apparemment aucune tendance à dérailler, même lorsque la voiture marche à grande vitesse, dans les courbes de faible rayon, et au virage de bord,lorsque la voiture a atteint un des terminus.
- Les voitures peuvent contenir 18 à ao, et dans certains cas a4 voyageurs.
- Le châssis est en acier embouti. Les roues en acier ont des roulements à billes et sont munies de bandages en caoutchouc plein, dont ceux d’arrière sont doubles.
- L’équipement électrique consiste en deux moteurs de ia chevaux boulonnés au châssis et commandant chacun, indépendamment, une des roues d’arrière au moyen d’une double réduction par train d’engrenages et chaîne.
- L’élasticité du moteur électrique rend superflu un engrenage différentiel.
- Le combinateur est arrangé pour la connexion série parallèle et pour le freinage électrique.
- La voiture possède en plus deux freins mécaniques dont l’un est mû par pédale et agit sur l’arbre de renvoi de chaque moteur ; l’autre est mû par levier à main et agit sur les roues d’arrière.
- On peut dire du système Filovia qu’il a été amené à un haut état de perfectionnement et qu’il reste peu à critiquer. On peut, tout au plus, différer d’opinion sur l’emploi de la transmission par chaînes, qui, sans aucun doute, exige des soins minutieux pour rester en bon état.
- ' La double transmission, si elle abaisse le rendement, est compensée par l’emploi de moteurs à grande vitesse ayant un très haut rendement et une grande capacité de surcharge.
- Pour illustrer ce fait, il suffit de citer le cas de la ligne d’Argegno à San Fedele, dont la longueur est d’environ 9 kilomètres, avec une pente moyenne de 6 % qui, en certains endroits, atteint i3 %, où le service est fait par des voitures du type cité ci-dçs-sus, pesant vides 3,5 tonnes, capablesde transporter 20 voyageurs et dont la vitesse est de 12 kilomètres à l’heure en rampe de 5 % .
- De même que le système Schiemann, un des avantages du système Filovia est qu’il peut s’adapter aisément à la traction sur rails, sans aucun changement dans la structure de la ligne aérienne. Tel, par exemple, est le cas à l’heure actuelle de la ligne
- Spezzia-Fezzano où depuis quelque temps le trafic a tellement grandi que la Compagnie s’est décidée à poser les rails d’un tramway électrique déjà partiellement en exploitation.
- Il est à noter que le passage d’un système à l'autre s’est fait sans interruption et qu’il est probable que les voitures automobiles retirées du service ont trouvé immédiatement emploi sur d’autres lignes.
- (A suivre.) P. L.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Installation hydro-électrique deJBlue Earth, de la « Gonsumers’ Power Company ». — Electrical World, 13 avril 1911.
- L’usine hydro-électrique de Blue Earth, située sur la Blue Earth River, fournil l’énergie électrique à la ville de Mankato (Minnesota), dont elle est distante de 14 kilomètres environ; une fois terminée, sa puissance sera de 3 5oo chevaux ; elle est actuellement de 2 3oo chevaux.
- Le barrage, créant une chute de 19 mètres environ, est construit en béton armé et du type évidé ; l’une de ses parois est inclinée à 45°; l’autre, servant de guide à l’eau qui se déverse, a un profil à double courbure disposé pour assurer l’écoulement de l’eau sans choc dans le bassin d’aval.
- La crête du déversoir est à 16,25 m. au dessus du niveau aval. Sept vannes, de 9,76 ra. de largeur, actionnées à la main, s’élèvent à 2,10 m. au-dessus de la crête du déversoir. Au sommet de ces vannes sont disposées des hausses de 3o centimètres de hauteur, disposées pour s’abattre lorsqu’il y a plus de 20 centimètres d’eau au-dessus de leur sommet.
- Le barrage crée un bassin dont la surface est d’environ 220 hectares 'et dont la capacité est telle qu’en le vidant sur Une hauteur d’environ 4,5o m. on peut faire travailler l’usine pendant vingt jours.
- A l’une des extrémités du déversoir sont 4 vannes de décharge pouvant, dans le cas d’une' inondation, débiter 85o mètres cubes par seconde.
- La station centrale fait partie du barrage ; c’est un bâtiment de 22 X u mètres carrés environ et de 9 mètres de hauteur. Elle comprend actuellement 2 unités génératrices de 1 160 chevaux et une excitatrice actionnée par turbine, et recevra ultérieurement une troisième unité et une autre excitatrice. Chaque unité se compose de deux turbines jumelles à axe horizontal Pelton-Francis de 1160 chevaux, directement accoupléesàun alternateur triphasé de 750 kilo-
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- watts,2 3oo volts, 6o périodes, tournant à 3oo tours par minute. Une excitatrice de 16 kilowatts est montée en bout d’arbre de chaque unité. Entre la turbine et l’alternateur de chaque unité est calé un volant d’environ 5 tonnes.
- Des régulateurs Pelton à pression d’huile actionnent simultanément les vannages des turbines jumelles.
- L’excitatrice indépendante, de 5o kilowatts, est actionnée par une turbine de 8o chevaux.
- Le tableau principal comprend les organes de commande à distance des interrupteurs à haute tension, ainsi que les instruments de mesure.
- Tous les appareils à i 3oo volts sont rassemblés dans une salle spéciale ; les interrupteurs sont séparés les uns des autres par des cloisons de ciment.
- Les variations de voltage sont réduites au minimum par un régulateur Tirrill.
- Deux transformateurs triphasés de i a5o kilowatts, à bain d’huile et refroidissement par circulation d’eau, élèvent la tension de i 3oo à 33 ooo volts. Ils sont installés dans des cellules séparées, pouvant se fermer au moyen de rideaux métalliques. Des attaches fusibles retiennent ces rideaux qui s’abaissent automatiquement si la température dépasse une valeur déterminée.
- Les bornes haute tension des transformateurs sont reliées à des interrupteurs de sectionnement qui permettent de connecter l’un ou l’autre des transformateurs à des barres collectrices : celles-ci aboutissent, dans une salle voisine, à un interrupteur de ligne, à huile, automatique, actionné par électros. De là, les conducteurs haute tension se rendent aux
- fils de ligne, aux parafoudres à cornes établis sur la couverture en terrasse du bâtiment-et aux para-foudres à éléments d’aluminium installés à l’extrémité dé la galerie haute tension. Un élément, inséré sur le fd de terre des parafoudres et combiné avec une sonnerie d’alarme, indique les décharges qui se produisent.
- La ligne de transport de force, qui va de la slatioh centrale à la sous-station de Mankato, est établie sur poteaux en bois et portée par des traverses d’un type spécial, dont la forme a mérité l’appellation imagée d’« os de poulet ». 'Ces traverses se composent de deux cornières boulonnées ensemble à l’une de leurs extrémités, de façon à présenter la forme d’un V. Chacune des branches du V est fixée au poteau par un boulon placé aux deux tiers de sa longueur à partir du sommet du V, et la fixation des deux branches se fait de part et d’autre du poteau. Le sommet du V et les extrémités de ses deux branches portent les isolateurs de ligne. Le mode de fixation de la traverse au poteau a pour effet d’équilibrer les efforts horizontaux et verticaux exercés sur la traverse par les fils de ligne, et de s’opposer à ce que la traverse tende à tourner autour du poteau.
- Ce dispositif présente en outre l’avantage d’empêcher les fils de se toucher sous l’action des vents violents, puisqu’ils se trouvent à de3 hauteurs différentes les uns des autres. Il permet aussi d’avoir des poteaux un peu plus courts, l’un des isolateurs se trouvant placé plus haut que le sommet du poteau. —
- II. B.
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- VARIÉTÉS
- La télégraphie sans îll en aéroplane.
- Nous avons déjà rendu compte (*) des expériences faites, l’automne dernier, sur un monoplan à deux places, avec le capitaine Brenot comme observateur et le lieutenant Acquaviva comme pilote. Ces expériences furent interrompues, comme malheureusement beaucoup d’expériences d’aviation, par une chute. Si, en tombant d’une hauteur de 20 mètres, les aviateurs eurent la rare chance de rester indemnes, xles appareils du moins furent brisés.
- f) Voir Lumière Electrique,tome XII (a» série) p.341.
- Au printemps de- cette année, on reprit les essais avec des appareils identiques à ceux qui avaient été proposés et construits au mois de juillet 1910, en vue des premiers essais de leur auteur, le capitaine Brenot. Cet officier reprit donc le poste d’observateur à bord d’un nouvel aéroplane. C’était, cette fois, un biplan II. Far-man, actionné par un moteur Gnome de 5o chevaux et piloté par le sous-lieutenant Ménard, l’un de nos officiers aviateurs les mieux qualifiés et bien connu parle « Tour de France », qu’il a du moins amorcé sur l’imposante longueur de 900 kilomètres. Ces nouvelles expériences eurent lieu à Yillacoublay.
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- Fig. i. — Biplan H. Farman muni des appareils de T. S. F. Capitaine Brenol, Lieutenant Ménard.
- Nous rappellerons que l’énergie électrique est fournie par le moteur même de l’aéroplane qui embraye une magnéto spéciale, employée pour charger l’antenne par excitation directe. L’observateur, placé derrière le pilote, dispose d’un levier d’embrayage qui lui permet d’actionner la magnéto ; disons, en passant, que le poids de cette magnéto n’excède pas is kilogrammes.
- L’observateur a également à sa droite un petit récepteur à détecteur électroly-lique, un manipulateur et, enfin, l’os-oillaleui’j constitué par une petite pointe placée en regard d’un plateau, le courant d’air du à la marche de l’aéroplane se
- chargeant lui-même d’assurer la ventilation. En agissant sur l’antenne et sur l’oscillateur, l’observateur peut, àvolonté, faire varier la longueur d’onde et l’énergie rayonnée.
- L’antenne est un câble nu de i millimètre de
- diamètre, en bronze téléphonique, que des tubes isolants ar-ticulés conduisent jusque sous l’aéroplane; cette antenne sort à côté de l’hélice en un point où la traction qu’elle peut produire, quand elle est déroulée, n’a qu’une faible action sur l’équilibre de l’aéroplane, faible, mais sensible toutefois, de sorte qu’elle nécessite un léger g a u c h i s s em e n t. Comme nous l’avions dit antérieu •
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- rement, l’antenne est munie d’une cisaille automatique à poignée isolante, qui peut être rnanœuvrée par l’observateur au cas où le temps manque pour réenrouler l’antenne (atterrissagé forcé ou approche imprévue de nuages orageux. Le contrepoids électrique était constitué par la masse même de l’appareil.
- Les premières expériences faites entre Villa-eoublay et Longjumeau, permirent de cons. tater que les signaux étaient reçus avec beaucoup d’intensité, tant’par la Tour Eiffel que par des postes à antennes basses, à une distance de 20 kilomètres. Mais l’embrayage de la magnéto, tournant à 3 ooo tours, fatiguait très vite en l’air et l’expérience n’a pu être poussée plus loin. Après une nouvelle mise au point, les expériences furent reprises sur l’aérodrome de Saint-Cyr. Les résultats obtenus ont été les suivants :
- L’aéroplane, partant de Saint-Cyr, alla évoluer entre Gallardon (à 6o kilomètres de Paris) et Rambouillet : bien que l’énergie mise en jeu n’atteignit même pas la moitié de l’énergie disponible, des télégrammes envoyés au ministre de la Guerre et à diverses personnalités offî. cielles furent parfaitement reçus,tant par la Tour Eiffel que par les postes à antennes basses. Les aviateurs évoluaient à 5oo mètres de hauteur.
- L’un des principaux intérêts de ces expériences fut qu’elles eurent toutes lieu dans les conditions normales des vols militaires. Le biplan portait, en effet, avec le pilote et l’observateur, son équipement complet de marche, pour trois heures et demie d’essence et d’huile, ainsi que divers accessoires ajoutés aux appareils de télégraphie sans fil et portant le poids de l’équipement électrique à 21 kilogrammes.
- Le moteur de l’appareil avait ainsi à transporter une charge de plus de 240 kilogrammes, à traîner une antenne qui, déroulée en l’air, atteignait 120 mètres de longueur (J), et enfin, à actionner la magnéto, qui le ralentissait d’environ 10 tours par minute.
- Sur de tels aéroplanes, qui ne sont pas établis
- spécialement pour ces installations et avec les montages de fortune réalisés pour les essais, le pilote et l’observateur ne sont pas, on le conçoit, très ap large : serrés l’un contre l’autre et bien près de la bobine d’antenne et de l’oscillateur, ils se trouvent exposés constamment à recevoir des commotions dangereuses, par suite de faux mouvements ou par l’action brusque d’un remous. 11 en résultait que les deux aviateurs devaient s’astreindre à ne faire aucun geste, même au cours d’un long voyage ; si l’on ajoute à cette tension d’esprit l’atlention qu’exige pour le pilote la conduite d’un appareil lent, lourdement chargé et, pour l’observateur, la manipulation et l’observation des appareils électriques, on aura la mesure du mérite qu’eurent les deux officiers en menant à bien ces délicates expériences. Pour illustrer ce que nous venons de dire, nous mentionnerons qu’un simple faux mouvement du capitaine Brenot eut pour conséquence de lui faire subir, pendant quelques instants, une décharge des plus désagréables et qui aurait pu être des plus graves. Nous croyons savoir que le distingué officier porte encore actuellement, sur les mains, les traces de l’entrée et de la’sortie de la décharge : d’une part, une tache rouge, d’autre part une sorte de piqûre comme celle d’un clou.
- L’excellente construction de l’appareil IL Far-man était, néanmoins, un sensible appoint de sécurité; si ce type de biplan n’oppose pas aux remous une résistance très énergique, il est, en effet, remarquable par sa bonne tenue, n’ayant aucune tendance à s’engager, et permettant de belles descentes de 5oo mètres de hauteur en vol plané, le pilote pouvant même lâcher son levier. Grâce aux provisions de combustible emportées, l’aéroplane pouvait également s’élever à 5oo mètres de hauteur en six minutes.
- R. C.
- (') L’antenne était lestée à l’extrémité par nu poids de 5oo grammes, et prenait une inclinaison de 45" pendant le vol.
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- BREVETS
- Compoundage de machines dynamoélectriques a courant continu.
- La Société Alsacienne de Constructions Mécaniques (‘) vient d’imaginer un nouveau procédé de compoundage-des dynamos à courant continu.
- L’invention consiste en un procédé de compoundage, sous- ou surcompoundage, de machines à courant continu et est caractérisée par les points suivants.
- L’alimentation de l’enroulement de compoundage se fait à l’aide d’une excitatrice dont on fait varier le voltage au moyen d’un appareil électromécanique quelconque gouverné par le courant d’induit de la machine à compounder.
- Une petite machine auxiliaire sert à exciter cette excitatrice de compoundage, l’appareil électromécanique agissant sur le voltage de cette excitatrice auxiliaire par décalage des balais, décalage des inducteurs, variation de la réluctance du circuit magnétique, etc.
- L’appareil électromécanique employé, moteur-couple, solénoïde, régulateur, etc.,{pourra, suivant les cas, être wattmétrique, ou gouverné seulement par le courant d’induit de la machine à compounder.
- A titre d’exemple,il est donné sur la figure i l’application du procédé au compoundage d’un moteur alimenté par une génératice de démarrage (système Ward-Léonard). A désigne le moteur à compounder ; B, l’excitatrice principale qui alimente l’excitation du moteur et en même temps celle de la génératrice de démarrage par l’intermédiaire du rhéostat de réglage C et de l’inverseur du sens de marche D. L’excitatrice à voltage variable est désignée par E.
- On a supposé que l’excitatrice de compoundage E alimentait un enroulement d’excitation spécial F et que son voltage était réglé par le décalage de ses balais au moyen d’un moteur-couple wattmétrique G. Le réglage de l’action du moteur-couple peut être effectué par l’un des procédés connus, par exemple au moyen d’un contre-poids H.
- L’emploi, pour le décalage des balais de la ma (*)
- chine E,d’un moteur-couple wattmétrique dont l’induit est en série avec l’induit A et l’inducteur connecté entre les appareils G et D, a l’avantage de donner toujours le même sens de rotation pour les balais quel que soit le. sens du courant dans A. En effet, le changement de sens de ce courant est produit par la manœuvre de D qui inverse en même temps
- l’excitation du moteur-couple. Cet avantage permet ainsi d’obtenir un sens de compoundage indépendant du sens du courant de A et dispense de l’emploi d’un inverseur sur F. Cependant, lorsque le courant change de sens dans A, sans que l’inverseur ait fonctionné ou inversement (dans le cas particulier considéré, ce sera lors du freinage électrique du moteur A), le sens du compoundage du moteur change, ce qui est d’ailleurs avantageux dans le cas présent.
- On pourrait tout aussi bien connecter l’induit du moteur-couple entre C et D et mettre son inducteur en série sur A.
- La tension suit d’une manière continue et très exacte les variations du courant d’induit de la machine à compounder. Le réglage du voltage de l’excitatrice de compoundage se fait sans pertes dans les résistances.
- Le procédé de compoundage décrit s’applique évidemment non seulement aux exemples donnés, mais à toutes les machines à courant continu, génératrices ou réceptrices et aussi bien pour leur compoundage que pour leur sous- ou surcompoundage.
- (*) Brevet 426 demandé le 4 mai 1910.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Une nouvelle importante, qui ne peut manquer d’avoir son écho aux assemblées générales prochaines de la Compagnie Générale. d’Elcctricité et de la Société du Gaz de Marseille, est la réalisation de l’entente intervenue entre cette dernière cl la Compagnie d’Electricité de Marseille. Les négociations ont été longues, non dépourvues d’incidents, qui se traduisirent par une guerre de tarifs, avantageux seulement à la clientèle, et leur heureuse conclusion peut être due à la modification des conseils au cours de l’exercice précédent. Les effets de l’entente se feront sentir progressivement, au fur et à mesure de l’expiration des contrats en cours.
- Au moment où se terminent les études du réseau complémentaire du Métropolitain de Paris dont la construction va d’ailleurs être entreprise, à la suite du vote du Parlement autorisant la Ville de Paris à emprunter 249 millions pour cet objet, nous devons signaler qu’à New-York commencent les travaux de construction d’un nouveau Métropolitain. Le coût total de l’entreprise est évalué à un milliard de francs et cinq années sont prévues pour mener au bout cette œuvre considérable. Mais l’innovation dont le caractère très pratique n’échappera pas aux habitués de nos lignes souterraines est l’aménagement à quatre voies du nouveau réseau ; l’une de ces quatre voies sera toujours libre pour permettre le passage de convois express ne s’arrêtant à aucune des stations intermédiaires. Il semble qu’en vue du trafic sans cesse croissant de notre Métropolitain, on eût dû prévoir pour les nouvelles lignes des combinaisons permettant de ne desservir pour certains trains qu’un certain nombre de stations ; malheureusement la réalisation de celte réussite exigerait à Paris de tels capitaux qu’une plus grande nécessité y fait renoncer.
- En attendant, les recettes de la Compagnie, pour le premier semestre 1911, s’élèvent à 3o 498 884 francs, en plus-value de 8280817 francs, sur celles de 1910. On escompte que les cinq derniers mois de l’année étant parmi les plus productifs, l’augmentation totale du bénéfice permettra de répartir un dividende plus élevé.
- ^ Le Nord-Sud, moins favorisé, voit au contraire ses recettes baisser considérablement par rapport à celles de juin : conséquence de la période des vacances qui
- ne subsistera pas avec la fin de celles-ci. Il ne faut point oublier, dans les conclusions hâtives qu’on se plaît à déduire de cette situation, que les terminus de la ligne ne sont pas tous desservis ; à cet égard,’il sera regrettable que la ligne ne desserve la gare du Nord, évitant aux nombreux habitués de cette gare deux changements pour l’atteindre.
- D’importantes modifications aux statuts ont été volées par l’Assemblée générale extraordinaire du 3o juin 1911 des actionnaires de la Société Anonyme Westinghouse. Le conseil avait résolu de proposer à l’Assemblée une réduction du capital, avec adoption de mesures sauvegardant les intérêts des actions ordinaires et privilégiées. L’Assemblée a approuvé la réduction du capital de 20 millions à 14 millions par la réduction de 25o francs à 100 francs de la valeur nominale des actions ordinaires; l’élévation à 12 1/2 % du premier dividende accordé à ces dernières, de façon à leur maintenir un dividende égal à celui qu’elles avaient avant la réduction; la fixation à 2Ûo francs du remboursement auquel ces actions ordinaires pourront prétendre en cas de liquidation; enfin la modification du type des actions privilégiées dont le nominal a été fixé à 100 francs. En conséquence, le capital est fixé à 14 millions de francs, divisé en 14 000 actions de deux catégories : la première de 100000 actions privilégiées de 100 francs, la deuxième de 40000 actions ordinaires de 100 francs.
- On annonce aussi la réduction du capital de la Compagnie Centrale de Tramways électriques à Paris; on ramènerait la valeur nominale des actions de 5oo à 3oo francs, puis on créerait 2 000 actions nouvelles de 3oo francs pour porter définitivement le capital à 3 millions de francs.
- La Compagnie Internationale d’Electricité à
- Liège a repris cette année la distribution d’un dividende. L’assemblée du 3i juillet a approuvé, sur la proposition du conseil, la répartition d’un dividende de 25 francs qui absorbe les trois quarts du bénéfice net. L’année a été plus favorable à la Compagnie : elle a réalisé sur son matériel un bénéfice brut de 1 020 233 fr. 54 ; mais, en outre,la réalisation de certains terrains, de certains titres, les produits du portefeuille ont rapporté pour 602 O69 francs : le bénéfice brut total s’est donc élevé à 1 G22 908 fr. 10 sur
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- LA' LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- lequel on a prélevé, en dehors des frais généraux, 6i5 a53 francs pour des amortissements divers. L’augmentation à l’actif du bilan du poste travaux en cours qui figure pour 2719 58F> francs, et du poste débiteurs en comptes courants qui figure pour 1 516 2Ü6 francs, démontre, en effet, que les ateliers ont été et sont largement approvisionnés de commandes.
- L’outillage toujours plus perfectionné a permis d'abaisser les prix de revient des dynamos de série courante; puis la construction des turboalternateurs et des moteurs à grande vitesse, tant à courant continu qu’à courant triphasé, a procuré un nouveau et important débouché à la Compagnie. Mais la spécialité qui semble absorber le meilleur de l’activité industrielle de la Compagnie Internationale est la voiture automotrice électro-thermique à récupération. Après des essais prolongés, la Société Nationale des Chemins de fer Vicinaux a commandé quatre voitures à boggies pour le service de la ligne Petite-Espinelte à Waterloo. Ces voitures ayant donné satisfaction, quatre autres du même système ont été mises en construction. De plus, la Compagnie du Chemin de fer de la grande banlieue étudie la transformation de sa traction à vapeur par des automotrices de ce système.
- Le portefeuille, qui se compose presque exclusivement des actions du Central Electrique du Nord, a rapporté exceptionnellement 80000 francs pour cet exercice en raison du paiement de deux coupons dont un arriéré par celte Société. Dans l’ensemble, la situation de la Compagnie apparaît comme satisfaisante et le président du conseil a pu répondre à une question d’un actionnaire qu’il espérait close la période des gros amortissements et désormais ouverte l’ère des dividendes.
- Le bilan, au 3o avril 1911, se résume de la façon suivante :
- ACTIF
- Immobilisations .... Portefeuille-titres. .
- Réalisable..........
- Disponible ..........
- Débiteurs divers.. . . Succursale de Paris.
- Total
- fr. c.
- 3-66a 808 29 8.{ 6 83o 00 3 589 714 85 734 249 19 1 631 427 02 357 4a3 a 5
- 10 822 45a 60
- PASSIF
- Capital...................
- Obligations..................
- Créditeurs divers............
- Bénéfice à répartir..........
- 6 277 000 00
- 1 954 000 00
- 2 i5i 048 07 44° 4°4 53
- 10 822 452 60
- On annonce comme certaine la concession à un groupe financier français de la ligne électrique Rome-Ostia. La Compagnie en formation aurait un capital de 20 millions. La Bancaria Italiana vient dans ce but de porter son capital de 40 à 5o millions avec l’aide du Crédit mobilier de Paris. En mars prochain, elle procédera à une nouvelle augmentation de capital de 10 millions qui sera également garantie par le Crédit mobilier. Il est simplement à souhaiter, si ces nouvelles sont exactes, que l’industrie française soit appelée à bénéficier largement sinon exclusivement de cette situation financière. Trop souvent, soit nonchalance, soit désintéressement, le corollaire de notre participation financière, qui est l’octroi des commandes de matériel à notre industrie, est omis dans les contrats ; il n’y aurait plus lieu dès lors de blâmer l’exportation de nos capitaux si nos financiers posaient toujours ce principe de réciprocité.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paiiis. — Les Chemins de fer de l’Etat se proposent de faire l’acquisition de :
- i° 100 voitures automotrices électriques (parties électriques non comprises) ;
- 20 1 800 wagons à marchandises de divers types ;
- 3° 10 locomotives à six roues accouplées et à boggie, eompound à quatre cylindres et surchauffe;
- 4° 80 tenders de 18 mètres cubes de capacité, montés sur deux boggies.
- Nord. — Par décret du 21 juillet est déclaré d’utilité
- publique l’établissement d une ligne de tramway à traction mécanique destinée au transport des voyageurs et des bagages entre Dunkerque et Pclile-Synthe, avec embranchement sur Coudekerque-Branche.
- Orne. — Est approuvée la substitution de Al. Fouché à M. Laval comme rétrocessionnaire des tramways de Mortagne ii la Loupe et de la Lacelle à Trun, dont l’établissement a été déclaré d’utilité publique par le décret du 18 août 1905.
- Doubs. — Un comité d’initiative prépare la constitution d’une société par actions ayant pour but de cous-
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- truire et d’exploiter un chemin de fer électrique à voie étroite de Nyonpar ïrélox, Genollier, Giyrins, Le Muids, Arzier, Saint-Cergue à la frontière française, à la Cure, et d’exploiter la ligne La Cure-Morez à construire par les soins du département du Jura. La traction sera électrique, le courant employé sera du monophasé à 8 ooo volts.
- Le devis établi sur la base du projet délinitif se monte à : 4 3oo °oo francs pour la ligne suisse, i 35o ooo pour la ligne française, soit 5 65o ooo francs.
- ÉCLAIRAGE
- Algérie. — Le Conseil municipal de Misserghin vient de voter une somme de a 4°° francs pour l’installation de l’éclairage électrique dans la commune.
- Allier. — L’électricité va être installée prochainement à Gannat. La municipalité a reçu deux demandes de concession émanant de MM. Maréchal et Brosson. L’étude de ces propositions va être mise à l’ordre du jour.
- Ardennes. — La Société Est électrique est autorisée à installer une ligne électrique à haute tension entre Torcy et Glaire.
- La ligne à i5ooo volts construite par les secteurs électriques des Ardennes sur Sedan a été prolongée jusqu’à Bazeilles et desservira ensuite la région Remilly-Raucourt.
- Une seconde ligne de même voltage de Mohon à Cons-la-Grandville, rejoindra prochainement la première par Vrigne-aux-Bois et Floing et en réalisera le doublement.
- Des réseaux secondaires ont été construits pour desservir un certain nombre de communes. La canalisation souterraine et les transformateurs installés à Mézières permettent d’assurer régulièrement l’éclairage de la ville par le courant de la station de Mohon.
- Malgré la mise en service dans le courant de ce mois de la troisième unité de a ooo kilowatts et de deux nouvelles chaudières, la totalité de la production des trois groupes générateurs se trouve absorbée et au delà, par les besoins de la clientèle, de sorte que la société a dû commander une quatrième unité de 4 ooo kilowatts qui fonctionnera en janvier 1912.
- A l’heure actuelle, la société assure directement tous les services publics de la région. Le nombre de ses clients a plus que doublé, ainsi que ses recettes d’exploitation qui se sont élevées à plus de aa5 ooo francs. En moins d’un an, la puissance souscrite est passée de 1 ooo à 4 ooo kilowatts.
- La Société des Ardennes Electriques, qui doit prendre à la station de Mohon le courant qui lui est nécessaire, poursuit la construction de ses lignes de transport dans la vallée de la Meuse, au nord de Charleville. Elle espère Commencer son exploitation en octobre prochain.
- Haute-Saone. — MM. Vincent et Brigonnet, directeurs de la Société électrique d’Avilley, dont le siège est
- à Loulans-les-Forges, ont été chargés de la construction et de l’exploitation d’un réseau de distribution publique d’énergie électrique dans les communes de Larians et Munans, Loulans, Verchamp, Cenans, Beaumotte, Maus-sans, Ormenans, Roche-et-Sorans, Fontenois-les-Mont-bozon et D'ampierre-sur-Linotte (Haute-Saône) : d’Avilley, Blarians, Germondans, Rigney, Ollans et Cendrey (Doubs).
- Marne. — Une enquête a été ouverte à la mairie d’Anglure concernant la demande d’établissement d’énergie électrique, déposée par M. Gaston Fréquelin.
- M. Marcel Vasset, de Villeneuve-sur-Tourbe, vient de proposer à la commune de Virginy de fournir l’électricité pour une période de trente ans. Le préfet a ordonné une enquête.
- D’autre part, une autre enquête sera ouverte à Cernay-en-Dormois, M. Vasset ayant fait à cette commune la même proposition qu’à Virginy.
- Orne. — Le Conseil municipal d’Alençon, après examen des propositions faites par la Compagnie générale française et continentale d’éclairage pour l’exploitation et la distribution de l’énergie électrique dans Alençon, a accepté les dites propositions et a décidé de faire procéder à l’enquête prévue par le décret du 3 avril 1908, relatif aux demandes de concession pour la fourniture d’énergie électrique et,a donné pouvoir au maire à l’effet de signer le contrat de concession qui a été soumis par la Compagnie générale française et continentale d’éclairage.
- Seine. — Une somme de 19951 francs vient d’être votée par le Conseil municipal de Paris pour compléter l’installation électrique de la Maternité.
- En outre, une somme de 8 ooo francs a été votée pour l’installation de l’électricité à la clinique Baudelocque.
- Saone-et-Loire. — La municipalité de Sauvigne a émis un avis favorable à la demande de concession de distribution d’énergie électrique déposée par la Société d’énergie électrique de la Grosne.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Société Ed. Gabreau et P. Dotaux (Appareillage électrique automatique Gabreau). — Durée : 20 ans. — Capital : 190 ooo francs. — Siège social : 91, rue Lafayette, Paris.
- Compagnie Générale des Téléphones privés. — Durée : 5o ans. — Capital : i5o ooo francs. — Siège social : 41, rue Saint-Augustin, Paris.
- Société pour l'Industrie des Compteurs et de /’Appareillage à (Étranger, — Durée : 99 ans. — Capital : 100 ooo fr. — Siège social : 27, rue Mogador, Paris.
- Société E. et H. Cadiot et Cie. — Durée : 20 ans. — Capital : 5o ooo francs. — Siège social : 12, rue Saint-Georges, Paris. .
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- 12 Août-1911
- LA LUMIÈRE É.LECTR1QUE
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- Société des Télégraphes Edouard Beiin. — Durée : 99 ans. — Capital : 5oo 000 francs. — Siège social : 3, boulevard Suchet, Paris.
- CONVOCATIONS
- Société d’Electricité de la Marche et du Limousin. — Le 17 août. 364, rue Lecourbe, à Paris.
- Société des Forces motrices et Usines de i’Arve,— Le 17 août, Chambre de Commerce, à Grenoble.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Un concours est ouvert par l'Administration des Chemins de fer de l’Etat pour l’étude, la fourniture et la pose des appareils électriques et accessoires destinés à une installation de block-syslem sur double voie.
- Les personnes désireuses d’y prendre part devront s’adresser à M. le chef du service de la Voie et des Bâtiments, 5i, rue de Londres, à Paris, pour recevoir le programme de ce concours, définissant les appareils et objets qui en font l’objet et les conditions à remplir.
- Les propositions.des concurrents devront être adressées à l’Administration conformément aux indications du programme, le 21 août 1911, au plus tard.
- BELGIQUE
- Le 18 septembre (au lieu du 11 août), à 11 heures, à la direction générale des ponts et chaussées, 58, rue de Louvain, à Bruxelles, fourniture et placement des appareils pour l’éclairage électrique d’une partie des installations maritimes d’Ostende, en 2 lots : i01- lot,
- 35 000 francs ; 2e lot, 33 000 francs ; caut. : 3 000 francs par lot (cahier des charges, 110 74; prix, o fr. 3o; prix des plans, 4 fr. 3°; s’adresser rue des Augustins, à Bruxelles. Soumissions recommandées le 4 septembre.
- Le i3 septembre, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, équipement électrique aérien du prolongement jusqu’à Lodelinsart-Saint-Antoine de la ligne vicinale de Charleroi à Jumet et de ce dépôt. Soumissions recommandées le 12 septembre.
- Le 4 octobre, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, installation de la traction électrique sur la ligne vicinale de Bruxelles à Haecht et comprenant : ligne aérienne, sous-station de transformation, fourniture et montage de l’équipement électrique de voitures motrices (en un seul lot). Soumissions recommandées le 3 octobre.
- Prochainement, au service de l’électricité, 170, chaussées d’Ixelles, à fxelles-les-Bruxelles, installation des pompes d’alimentation pour les chaudières à vapeur,
- d’un compresseur d’air, d’un ventilateur centrifuge et d’un groupe transformateur rotatif pour la nouvelle centrale électrique à édifier, chaussée de Boodael, en 2 lots,
- RUSSIE
- Prochainement,à la municipalité, à Omsk, concession de l’établissement d’un tramway et d'un réseau d’éclairage électrique dans la ville.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS FRANCE
- 29 juillet. —Au sous-secrétariat des Postes et Télégraphes, à Paris, fourniture d’appareils pour postes d’abonnés et bureaux centraux téléphoniques.
- Ie*’ lot. — 1 5oo appareils muraux, type de l’adminis-tation, modèle 1910, avec appel magnétique solidaire, n° 3o4-11 bis.
- Société industrielle des téléphones, 65,85. — Société de matériel téléphonique, 61. — Thomson-Houston, 57,g5. — Société des ouvriers en instruments de précision, 48 l’unité.
- Non adjugé, prix limite dépassé.
- 2e lot. — Identique au précédent.
- Société industrielle des téléphones, 67,85. — Société de matériel téléphonique, 61. —Thomson-Houston, 57,95.
- — Société des ouvriers en instruments de précision, 48 l’unité.
- Non adjugé, prix limite dépassé.
- 3e lot. — Identique au i**1, lot.
- Société industrielle des téléphones, 63,85. — Société de matériel téléphonique, 59. — Thomson-Houston, 56,85. — Société des ouvriers en instruments de précision, 48. — Bréguet, 56,25 l’unité.
- Non adjugé, prix limite dépassé.
- 4e lot. — Identique au i01- lot.
- Société industrielle des téléphones, 63,85. — Société de matériel téléphonique, 5g. — Thomson-Houston, 56,85, —- Société des ouvriers en instruments de précision, 48.
- — Bréguet, 56,85. — Compagnie générale d’électricité 57,21 l’unité.
- Non adjugé, prix limite dépassé.
- 5e lot. — 2 000 appareils identiques au ior lot.
- Société industrielle des téléphones,61,85. — Société de matériel téléphonique, 56. — Thomson-Houston, 56,45.
- — Société des ouvriers eu instruments de précision, 48.
- — Bréguet, 56,85. — Compagnie générale d’électricité, 56,2i. — Mildé fils et Cie, 59,g5 l’unité.
- Non adjugé, prix limite dépassé.
- 6° lot. — Identique au précédent.
- Société industrielle des téléphones, 5g,85. — Société de matériel téléphonique, 56. — Thomson-Houston, 56,25. — Société des ouvriers en instruments de précision, 48. — Bréguet, 56,85. — Compagnie- générale d’électricité, 55,21. —Mildé et Cie, 59,85.
- Non adjugé, prix limite dépassé.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2* Série). — N“ 32
- 7° lot. — i 5oo appareils mobiles pour combinés, type de l'administration, mod. 1910, avec appel magnétique solidaire, n° 3o4-io bis.
- Société industrielle des téléphones, 52,85. — Société de matériel téléphonique, 55. — Thomson-Houston, 5a,g5. — Bréguet, 5a,7 5. — Mildé fil s et Cie, 5i ,g5.
- Société des ouvriers en instruments de précision, adj. à 41 l’unité.
- 8e lot. — Identique au précédent.
- Société industrielle des téléphones, 49,85. — Société de matériel téléphonique, 55. — Thomson-Houston, 52,65. — Bréguet, 5a,75. — Mildé fils et Cle, 5i,g5.
- .Société des ouvriers en instruments de précision, adj. à 41 l’unité.
- 9e lot, — 2 000 appliques murales (type de l’Administration, modèle 1910 (n° 3o4-g quater).
- Société industrielle des téléphones, 23,85. :— Société de matériel téléphonique, 3o. — Thomson-Houston, 26,5o, -—Société des-ouvriers en instruments de précision, 18,5o. — MM. Burgunder, 19,90. — Mambret, i8,45 l’unité.
- Non adjugé, prix limite dépassé.
- 10e lot. — a 000 appareils combinés (type de l’Administration, modèle 1910), avec anneau (110 3o8-6 ter).
- Société industrielle des téléphones, i5,85. — Société de matériel téléphonique, 16,20. — Thomson-Houston, i6,a5. — Société des ouvriers en instruments de précision, 10,5o. — Mildé fils et Cio, i5,5o.
- Compagnie générale d’électrité, adj. à 9,13 l’unité.
- ' ii* lot. — Identique au précédent.
- Société industrielle des téléphones, 14,85. — Société de matériel téléphonique, 16,20. — Thomson-Hôuston, 15,90. — Société des ouvriers en instruments de précision.
- Compagnie Générale d'Electricité, adj. à g,i3 l’unité.
- 12° lot. — 3 000 appareils combinés (type de l’Administration, modèle 1910), sans anneau (n° 3o8-6 ter).
- Société industrielle des téléphones, i3,85. — Société de matériel téléphonique, 16,20. — Thomson-Houston, i5,go. — Société des ouvriers en instruments de précision, 10,10.
- Compagnie générale d’électricité, adj. à 8,68, l’unité.
- i3a lot. — 2 5oo appels magnétiques (n° 322-1).
- Société industrielle des téléphones, 24,85. — Société de matériel téléphonique, 23,60. — Thomson-Houston, 2 1,44- — Compagnie générale d’électricité, 19,53. — Société d'électricité de Creil.
- Société des ouvriers en instruments de précision, adj. à 18,90 l’unité.
- i4e lot. — Identique au précédent.
- Société industrielle des téléphones, a3,85. — Société de matériel téléphonique, a3,6o. — Thomson-Houston,
- aiy{4. — Société générale d’électricité, 19,43. — Société d’électricité de Creil.
- Société des ouvriers en instruments de précision, adj, à 18,98 l’unité.
- i5° lot. — 5 000 récepteurs téléphoniques (n° 301-7 bis).
- Société industrielle des téléphones, 3,48. — Société de matériel téléphonique, 4,98. — Thomson-Houston. 3,64. — Compagnie générérale d’électricité, 4,°4-
- Société des ouvriers en instruments de précision, adj. à 3,07 l’unité.
- 16e lot. — Identique au précédent.
- Société industrielle des téléphones, 3,48. —- Société de matériel téléphonique, 4,90; — Thomson-Houston, 3,64. — Compagnie générale d'électricité, 3,97. — M. Berliner, 3,18.
- Société des ouvriers en instruments de précision, adj. à 3,07 l’unité.
- 17e lot. — Identique au précédent.
- Société industrielle des téléphones, 3,48. — Société de matériel téléphonique, 4>9o. — Thomson-Houston, 3,59. — Compagnie générale d’électricité, 3,88.
- Société des ouvriers en instruments de précision, adj, i\ 3,07 l’unité.
- 180 lot. — Identique au précédent.
- Société de matériel téléphonique, 4,90. — Thomson-Houston, 3,5g. —Société des ouvriers en instruments de précision, 3,07 — Compagnie générale d’électricité,
- 3,86. — M. Berliner, 3.
- Société industrielle des téléphones, à 3 l’unité après tirage au sort.
- 198 lot. —- Identique au précédent, ‘
- Société industrielle des téléphones, 3. — Société de matériel téléphonique, 4,90. — Thomson-Houston, 3,5g. — Société des ouvriers en instruments de précision, 3,07. — M. Berliner, 2,98 l’unité.
- Non adjugé, prix limite dépassé.
- 20e lot. — 10000 planchettes de raccordement à 8 bornes (n° 3o4-a 1 bis).
- Société industrielle des téléphones, i,63. — Société de matériel téléphonique, 1,90. — Thomson-Houston, 1,29. — Compagnie générale d’Electricité, 1,44. — MM. Mildé fils et Cle, 1,95. —Guenet, 1,80. — Pernet, *7*4-
- Mme Veuve Charron, MM. Bellanger et Duchamp, adj. ii i,o5 l’unité.
- 21e lot. — 5 000 planchettes de raccordement à 12 bornes (n° 3o4-2i ter).
- Société industrielle des téléphones, 2,i5. — Société de matériel téléphonique, 2,5o — Thomson-Houston, 1,84. — Compagnie générale d’électricité, 1,87. — MM. Guenet, 2.37. — Pernet, 1,54.
- Mme veuve Charron, MM. Bellanger et Duchamp, adj. à. 1,48 l’unité.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Noueî.
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- Tfraate-trolslème année.
- SAMEDI 19 AOUT 1911.
- ï^oin# XV (a«.. série). - N* â3
- nque
- Précédemment
- L/Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- ÉDITORIAL, p. 193. —A Reisset. Chronique de l’enseignement technique (suite et fin), p. 195. — J. Reyval. L’électricité en Italie [suite et fin), p. 197.
- Extraits des publications périodiques. — Méthodes et appareils de mesures. Corrections des lectures au wattmètre dans le cas de courants à haute fréquence, E. Beiine, p. ao3. — Influence des perles ducs aux compteurs sur le rendement économique des petits réseaux, p. 205. — Arcs et lampes électriques et pholomé-trie. La photométrie des sources lumineuses rectilignes, J. Pôle, p. 2o5. — Transmission et distribution. Canalisations souterraines et aériennes en Amérique, p. 206. — Traction. Omnibus à prise de courant, A. Mossay, p. 209. — Divers. Statistique des usines électriques en Autriche,p. 211. —Correspondance. A propos des courts-circuits d’alternateurs, p. 212. — Variétés. Les applications domestiques de l’électricité, p. 2i3. — La tarification de l’énergie électrique, p. 216. —La lutte du gaz et de l'électricité en Allemagne, p. 218. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Le halage électrique sur les canaux, p. 219. — Etudes économiques, p. 222. — Renseignements commerciaux, p. 223. — Adjudications, p. 224.
- ÉDITORIAL
- En Amérique aussi, les problèmes que soulève la question de l’enseignement technique sont à l’ordre du jour. C’est pourquoi nous disions récemment que la crise était générale.
- Le discours récemment prononcé à Pittsburgh — le jour même où se réunissait, à Londres, le Congrès des Ingénieurs Civils — sont la preuve que, là-bas aussi, on se rend compte qu’il est nécessaire de réformer l’enseignement théorique et pratique donné aux élèves ingénieurs.
- Il est bien diflicile de formuler, d’après toutes ces discussions, un programme des
- réformes qu’il est nécessaire d’opérer. Tou* tefois, est-il possible de n’être pas frappé, comme M. Reisset lui-même, du souhait que formulent tant d’ingénieurs de tous les pays, de cultiver davantage les études classiques, de développer aussi chez le jeune homme les qualités du caractère ?
- La Commission d’études de la Houille Blanche de la ville de Paris, soucieuse de se documenter sur les transports hydro électriques à longue distance, avait envoyé en Italie, en 1910, une délégation dont la mission était d’étudier les principales transmis-
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- 194 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série). *— N® 83^’
- sions d’énergie, particulièrement dans les provinces du Nord et du Centre.
- Le remarquable rapport établi par M. Ourson, au sujet de ce voyage d’études, débute par un exposé historique qui met en relief l’importance du développement des applications de Vélectricité en Italie.
- Nous avons déjà publié une partie de cet aperçu historique. Aujourd’hui, il est question des distributions à intensité constante et par systèmes polyphasés.Nous reproduisons, de plus, à titre documentaire, un tableau de répartition de la puissance installée en
- 19'°.
- M. Behne détermine les corrections à faire subir aux wattmètres dans le cas de courants à haute fréquence et, pour les réduire, il propose d’intercaler dans le circuit du système mobile un condensateur variable avec la fréquence.
- Nous réunissons, d’après des documents américains, un certain nombre de données sur l’établissement des canalisations aériennes et souterraines. En particulier, la construction des pylônes du type flexible permettrait, entreautresavantages, de réaliser de notables économies sur les frais de premier établissement des lignes.
- Les omnibus à prise de courant prennent de plus en plus d’extension. Nous en avons déjà décrit plusieurs types et nous terminons aujourd’hui la revue des principaux systèmes existants.
- C’est bien, comme le dit M. A. Mossay, une œuvre de pénétration qu’ils ont à accomplir dans les campagnes. En créant de nouveaux débouchés, ils assurent aux tramways qui les remplaceront dans l’avenir un trafic suffisant pour que leur exploitation soit rémunératrice.
- \ Un grand mouvement se dessine actuellement en Allemagne, au sujet des applications domestiques de l'électricité.
- Ce mouvement se manifeste, en particu. lier, par des expositions destinées à montrer au public les avantages de l’éclairage et de la cuisine électriques, ainsi que des autres applications domestiques de l’électricité; une exposition de ce genre s’est, en effet, tenue, il y a quelques mois, à Berlin et devait parcourir les principales villes de l’empire allemand.
- D’ailleurs, les techniciens eux-mêmes ne dédaignent pas de s’intéresser à ces questions dont dépend, en grande partie, l’avenir des usines centrales. A ce propos, il nous a paru intéressant de reproduire très largement un rapport présenté au XIX8 Congrès des électriciens allemands, par M. ‘Dettmar, dans lequel on trouve, en particulier, une comparaison approfondie entre l’emploi du gaz et celui de l’électricité au point de vue des usages domestiques ; ce rapport se termine par un exposé détaillé des avantages de la cuisine électrique, lesquels sont encore à l’heure actuelle généi’alement méconnus, même des techniciens.
- Ces questions sont d’ailleurs intimement liées à celle de la tarification de l'énergie électrique, qui fait également l’objet des préoccupations des exploitants et des techniciens; nous résumons rapidement les opinions les plus caractéristiques formulées récemment à cet égard.
- Les applications domestiques de l’électricité et sa tarification présentent une importance d’autant plus grande que l’industrie du gaz montre, actuellement, une âpreté particulière à défendre ses intérêts.
- La lutte du gaz et de Vélectricité est extrêmement vive en Allemagne ; l’avantage semble cependant devoir rester à l’électricité.
- Nos Notes industrielles contiennent d’intéressantes considérations sur le halage électrique sur les canaux, et décrivent en détail un système de remorquage par câbles sans fin établis sur les berges.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- CHRONIQUE DE L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE (.suite et fin) (1).
- OPINIONS AMÉRICAINES'
- En même temps qu’avait lieu à Londres l’important Congrès des Ingénieurs Civils, dont nous avons retracé les travaux (2), se réunissait en Amérique, à Pittsburgh’, la Conférence de la Société de Perfectionnement de l’Education Technique.
- Lé débat n’a sans doute pas eu l’ampleur de celui de Londres, mais, en revanche, d’après l’Electrical World (3) dont nous extrayons ces détails, les congressistes se sont efforcés de faire converger leurs efforts et ils ont apporté un réel enthousiasme à la défense de leurs idées.
- Signalons l’heureuse initiative du comité local de Pittsburgh qui, pour mettre en évidence les rapports de l’industrie avec la préparation technique du jeune ingénieur, avait organisé des visites aux principales usines de la région.
- Les discussions qui se sont engagées ont principalement porté sur l’enseignement de la langue du pays, sur le stage dans les usines, sur l’instruction mathématique, sur des questions générales de l’enseignement.
- M.Earle,duTufts College, considère l’étude de la langue maternelle comme une partie très importante de l’enseignement technique. Apprendre à l’étudiant à s’exprimer clairement, c’est lui enseigner l’art de penser et c’est, somme toute, dans l’enseignement de l’art de penser que réside l’objet de l’éducation technique.
- Cette nécessité pour l’ingénieur de s’exprimer d’une façon claire et correcte, M. N. Raymond la reconnaît aussi et il cherche à définir quels doivent être les éléments de succès d’une œuvre de littérature technique : elle doit reposer sur
- (') Voir Lumière Electrique, 29 juillet et 12 août 1911. P) Voir Lumière Electrique, 12 août 1911.
- Pour réparer une omission involontaire, signalons que le texte intégral des discours prononcés au Congrès des Ingénieurs Civils anglais a été publié par l’Engineering des 3o juin et 7 juillet 1911. (N. D» L. R.)
- (3) 8 juillet 1911.
- une observation exacte et complète ; de plus, son auteur doit clairement interpréter les points de vue de ceux qui ont traité le même sujèt; enfin, il doit établir entre ses idées une corrélation étroite et faire de son œuvre une mise au point soignée.
- M. Telleen, de la Case School, souligne aussi l’importance de l’esprit de logique, et c’est d’une façon fort imagée qu’il définit l’art de bien dire comme celui de a s’exprimer avec le rendement maximum ».
- Quant à la question de savoir où doit se faire cette élude de la langue, M. W. Kent est convaincu que c’est dans l’école technique elle-même, en apprenant aux élèves à faire des rapports techniques dont l’établissement pourrait être considéré comme la base de l’étude de la langue maternelle.
- En Amérique aussi la question de l'éducation pratique des ingénieurs reste à résoudre. La nécessité du changement se fait sentir, maison en est encore à la période des tâtonnements. Et d’ailleurs, le débat qui s’est ouvert, à propos de cette question, reflète bien cet esprit d’indécision.
- A l’Université de Missouri on a voulu donner aux laboratoires scolaires l’organisation de ceux des usines. La tentativè est très récente, et c’est pour cette raison que les rapporteurs, MM. Ilib-bard et Philbrick, n’ont pu formuler à ce sujet de conclusions décisives.
- MM. Scott et Dooley citent, dans le même ordre d’idées, l’expérience entreprise par la Westinghouse Electric and Manufacturing Company : le stage de deux ans qu’on y impose aux jeunes ingénieurs électriciens est divisé en deux périodes. Dans la première, l’enseignement pratique est plus général et est doublé d’un enseignement scolaire. La spécialisation se fait seulement pendant la seconde année.
- D’autre part, l’Université de Pittsburgh distribue ainsi le travail, durant les quatre années
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2* Série)
- . — N» 33..
- d'études que comporte son enseignement : la première et la dernière sont uniquement scolaires et, pendant les deux années intermédiaires, le temps est partagé, par périodes de trois mois, entre les cours et l’usine.
- Enfin, pour terminer ce rapide exposé des idées qui ont été exprimées au Congrès sur l’éducation pratique des ingénieurs, signalons le discours de M. B. Raymond, vice-président de la Pittsburgh Plate Glass Company. Parlant au nom des chefs d’industrie, l’orateur constate que l’on rencontre chez les jeunes gens, au début de leurs études pratiques, de nombreux défauts tels que paresse intellectuelle, légèreté d’esprit, manque de goût pour le travail pratique, inaptitude à prendre une responsabilité et à devenir une unité active parmi les nombreux rouages qui contribuent à assurer la vitalité d’une usine. « Et, dit-il à peu près textuellement, il me semble absurde de demander à un enseignement de quatre années qu’il transforme radicalement des hommes en les guérissant de tous ces défauts. »
- M. B. Raymond est convaincu que, pour améliorer les résultats des instituts pratiques, il est nécessaire de donner aux élèves moins de « bon temps » et, en revanche, de les faire vivre un peu plus dans 1’ « atmosphère de l’industrie », espérant par là leur donner les qualités primordiales pour un chef : l’ambition et la force du caractère.
- Une discussion, corrélative à la précédente, vint s’engager au sujet de la construction des instituts techniques eux-mêmes.
- M. White, professeur à l’Université de l’Illinois, a recherché quel est l’aménagement le meilleur à réaliser, quels emplacements il est rationnel d’affecter respectivement aux laboratoires, aux ateliers, aux salles de cours. Et il cite, comnïe répondant particulièrement bien aux besoins de l’enseignement technique, les dispositions qui ont été adoptées à l’Institut Politech-nique de Worcester, dont on a pu lire ici même la description (*).
- Au sujet de l’instruction mathématique, le rapport du Comité nommé par l’American Ma-thematicai Society et l’Association for the Ad-
- (1) L. Fabrk. L’enseignement de l’électricité à l’Institut Polytechnique de Worcester (Mass.). Lumière Electrique, tome VII (2° série), p/io5.
- vancement of Science propose au Congrès l’adjonction des éléments de la dynamique au programme actuellement enseigné et qui comprend l’algèbre, la géométrie, la trigonométrie, la géométrie analytique, le calcul différentiel et intégral.
- Le programme, ainsi défini, constituerait la préparation mathématique moyenne que doit posséder tout élève ingénieur, programme dont certaines parties seraient à développer davantage dans chaque enseignement spécial.
- Se rangeant en principe aux conclusions de ce rapport, le Congrès a cependant discuté certains détails, et notamment la nécessité d’introduire, dans l’enseignement, la théorie des vecteurs et des quantités complexes.
- Quelques points particuliers relatifs à l’enseignement technique ont été développés par certains membres du Congrès. C’est ainsi que MM. Hillebrand et Charters ont’insisté sur l’utilité de conférences d’ensemble destinées à attirer l’intérêt du jeune homme vers les sciences à l’étude desquelles il veut se consacrer.
- D’antre part, M. Paine réclame, pour les ingénieurs électriciens notamment, une instruction mathématique plus développée; il renverrait volontiers la partie pratique de l’éducation aux années qui suivent l’école.
- M. G. Raymond réclame une instruction ayant un caractère plus individuel, quitte à prolonger d’un an les années d’études.
- Nous ne pouvons que signaler ces conférences, nous proposant éventuellement d’en développer plus complètement certaines parties lorsque leur texte intégral sera publié.
- * ,
- * *
- De ce bref exposé résulte, comme nous le disions au début, une certaine impression d’incertitude.
- U y a sans doute quelque chose à faire pour réformer l’enseignement technique, mais de tous ces discours, de conclusions si diverses, que résulte-t-il au juste?
- Il serait prématuré et téméraire aussi, à nous du moins, de vouloir le formuler. Pourtant il est impossible de ne pas être frappé de la similitude de certaines des conclusions du Congrès américain et du Congrès de Londres, et en particulier
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- de celle-ci: l’étude de la langue est primordiale, c’est par elle que s’acquièrent les qualités de l’esprit et que se forme le jugement. Tel est le sens du discours de M. Earle. N’y a-t-il pas lieu de rapprocher ces paroles de beaucoup d’autres, prononcées à Londres, où les orateurs s’accordaient à reconnaître l’influence heureuse des études classiques sur le développement intellectuel du jeune ingénieur?
- Et si, pour les uns, la vraie mission de l’éducation technique est d’enseigner au jeune homme l’art de penser, pour d’autres, c’est de former son caractère et de lui inculquer les qualités d’énergie et de discipline qui seules pourront en faire un véritable chef d’industrie.
- C’est cette dernière idée qu’exprimait, à Pittsburgh, M. B. Raymond; c’est elle aussi que développait tout récemment M. Le Chatelier en la commentant par des exemples (*).
- Ces deux conceptions du but que doivent poursuivre les méthodes de l’enseignement technique supérieur ne sont pas contradictoires et M. Le Chatelier les réunissait toutes les deux lorsqu’il disait, en terminant sa remarquable conférence, que l’enseignement technique doit « former des hommes d’action et non pas seulement des savants ou des penseurs ».
- A. Reisset.
- (') Lumière Electrique, i01'juillet 1911, p. 407•
- L’ÉLECTRICITÉ EN ITALIE [suite et fin)
- Il convient maintenant de parler des différentes distributions à courant continu, en série à intensité constante, réalisées en Italie, sur les bases posées par Thury; le célèbre ingénieur suisse.
- C’est d’après ce système que fut établie, au mois de mars 1899, par la Société des aqueducs De Ferrari Galliera de Gênes, une importante transmission de force dans la vallée du Polce-vera, laquelle, utilisant la force hydraulique du Gorzente, capable de donner o,5oo mètre cube, à la seconde, obtenus avec un barrage construit dans l’Apennin Ligure, à Campo Morone sur Pontedecimo, à 55o mètres au-dessus du niveau de la mer, distribuait l’énergie mécanique à une quantité d’ateliers échelonnés le long des vallées du Polcevera etdu Verde jusqu’à Sâmpierclarena, sur une étendue de 3o kilomètres environ.
- La première station électrique installée fut dénommée Station Galvani; forte de 140 chevaux, elle utilisait une chute de i5o mètres.
- En 1891, il lui fut adjoint, sur la même dérivation, mais à l’amont, la station Yolta avec 56o chevaux sous no mètres de chute et, en 1892, à une altitude encore plus grande, la station Pa-cinotti ayant la même puissance de 56o chevaux
- sous une chute égale. Cette distribution a fonctionné à 8 000 volts.
- Des transformateurs rotatifs réduisaient la tension du courant à la valeur réclamée par la la distribution de l’éclairage dans les immeubles particuliers ou par les autres applications.
- Ces installations étaient alors justifiées par l’impossibilité où l’on se trouvait de construire des turbines et des conduites capables de résister à de très fortes pressions, ce qui obligea à fractionner la chute en trois parties en construisant, au pied de chacune des chutes partielles, une centrale électrique. La distribution par systèmes polyphasés était d’ailleurs en enfance.
- Parla suite, on aménagea la chute en une fois et l’on créa la centrale cl’Isoverde, d’une puissance de 136o chevaux, quiengendredes courants triphasés à 5 000 volts, transportés à a5 000 volts jusqu’à Sampierdarena où des transformateurs rotatifs alimentent le réseau d’éclairage et de force motrice de Gênes en courant continu à 2 X 110 volts et les tramways à 55o volts.
- En 1896 et 1899, deux nouvelles centrales thermiques furent édifiées à Bisagno et à Sampierdarena, d’une puissance respective de 10 000 et 16 600 chevaux. Elles produisent aussi des courants triphasés transformés dans 5 sons-stations.
- En 1909, cette vaste mais complexe distribu-
- (j) Voir Lumière Electrique, ia août 1911.
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- 108
- LA LUMIÈRE ‘ ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série). — H* 33
- tiôn qui s’étend à l’entour de Gênes sur la Ri-viera desservait ao 3c>3 abonnés, 262 33a lampes à incandescence, 4044 lampes à arc, a 89a ventilateurs et i 6c>5 moteurs de la puissance globale de 8 444 chevaux et assurait la marche d’un réseau de tramways comportant 3o5 voitures motrices et 154 voitures remorquées.
- A Naples, en 1890, commença à fonctionner une distribution d’éclairage à courant continu qui a été étendue par la suite à la force motrice et à la traction de tramways. Le courant est engendré à 55o volts, dans la centrale du Port où la puissance thermique installée est maintenant de 6 55o chevaux. Il est amené par un réseau primaire en câbles armés souterrains, de 46 kilomètres de développement, à 5 sous-stations de transformation, d’où partent les canalisations, en partie souterraines, en partie aériennes, du réseau secondaire de distribution qui est à 5 fils, à novoltspai pont, donc à 4 X no volts entre fils extrêmes. En outre des transformateurs rotatifs, chaque sous-station comprend une batterie d’accumulateurs, permettant d’uniformiser la charge des machines génératrices.
- L’énergie est transmise ainsi à 55o volts de la centrale jusqu’aux stations qui en sont à des distances allant jusqu’à 4 200 mètres, et distribuée par chacune de ces sous-stations, centres d’alimentation,à no et22o volts pour l’éclairage, à 110, 220 et 44o volts pour la force motrice dans des zones d’un rayon de 2 000 mètres.
- Les services de force motrice du port, les tramways de Capodimonte et le funiculaire de Vomero sont alimentés directement à 55o volts par la centrale du Port.
- Actuellement, la Société Générale d’éclairage de "Naples assure le service de 355 Soo lampes à incandescence, 2 925 lampes à arc et de moteurs d’une puissance globale de 4 i5o chevaux.
- Enfin, Turin a offert un notable exemple de distribution d’énergie pour l’éclairage et pour la traction des tramways par courant continu, avec distribution simultanée à 5oo volts, pour la traction et à 4 fois 125 .volts pour l'éclairage, dont les récepteurs sont placés par groupes en série sur chaque dérivation.
- L’usine génératrice située via Bologna, construite en 189(1, fut dotée de 5oo chevaux fournis par des machines à vapeur dont la puissance globale fut portée par la suite à 2 700 chevaux. A partir de 1889, les générateurs à vapeur ne
- servirent plus que d’unités de réserve, et la station centrale fut alimentée par un transport de force de 35 kilomètres, ayant son origine à la centrale de Pian Funghera de la Société anonyme d’électricité Haute-Italie , et exécuté d’après le système triphasé dont il va être parlé. ’
- *
- » *
- Enfin, les transports de force par courants alternatifs polyphasés se multiplièrent et au premier rang d’entre eux, tant par l’importance de l’œuvre réalisée que par la hardiesse du projet, se place celui de Paderno d’Adda, à Milan, entrepris en 1896, et inauguré le 28 septembre 1898, par la Société générale italienne Edison d’électricité. Ce transport utilise une chute de l’Adda dont la hauteur varie, des plus basses aux plus hautes eaux, de 29 à 25 mètres; la longueur de transmission est de 33 kilomètres.
- La centrale de Paderno comprend 7 unités génératrices d’une puissance totale de i3 000 chevaux effectifs.
- Elle fonctionne actuellement en parallèle avec la centrale thermique de Porta Volta, d’une puissance de 43 25o chevaux et sera bientôt soutenue par la centrale hydro électrique de Rob-biate, actuellement en construction, qui fournira 24 000 chevaux.
- Présentement, la Société Edison dessert 457 700 lampes à incandescence de 5o watts, 3 35o lampes à arc de 307 watts et des moteurs fixes d’une puissance globale de 32 200 chevaux. Elle assure enfin le service de i85 kilomètres de tramways, comportant 55 voitures motrices et 298 remorques.
- D’autre part, la Lombardie offre un exemple admirable d’une distribution d’énergie par courants triphasés, conçue dans le but de 'supprimer la consommation de charbon dans un grand nombre d’usines. C’est celle de la Société Lombarde pour la distribution de l’énergie électrique, qui peut être considérée comme une des plus grandes installations de ce genre fonctionnant présentement, non seulement en Italie, mais encore en Europe, et qui n’est égalée en France que par le superbe réseau de la Société Energie Electrique du Littoral Méditerranéen.
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-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- , 199
- 19 Août 1911.
- La Société Lombarde utilisa, en 1897, concession qu’avait obtenue la Société Italienne de conduites d’eau, autorisée à dériver un débit de 55 mètres cubes du fleuve Tessin par le canal Villoresi à 7 kilomètres du débouché du lac Majeur et créa, près du village de Vizzola, sous une chute de 28 mètres, une centrale de 20 000 chevaux effectifs, comprenant 10 groupes de turbo-alternateurs de 2 000 chevaux chacun.
- En igo3, la Société construisit un deuxième établissement hydro électrique près de Turbigo, sur le canal Naviglio Grande. L’usine contient 5 groupes de turbo-alternateurs de 1 5<>o chevaux et fonctionne en parallèle avec celle de Vizzola. L’importance acquise par la distribution èt les intérêts industriels qui y étaient liés conduisirent la Société à installer.à Castellanza, près du fleuve Olona, une centrale à vapeur de réserve qui a maintenant 33 800 chevaux installés.
- Elle utilise, enfin, l’énergie créée à Brusio (canton des Grisons, Suisse), dans une nouvelle station hydro-électrique, par l’aménagement du torrent Poschiavino, émissaire du lâc de Pos-chiavo. La centrale de Campocologno comprend 12 groupes de turbo-alternateurs de 3 5oo chevaux chacun, à 7 000 volts. Les courants triphasés passent de là à l’usine de transformation de Piattamala, près de Tirano, où leur.tension est relevée à 5o 000 volts, et empruntent deux lignes de transport aboutissant aux stations de Lomazzo et de Castellanza, à i5g kilomètres de Piatamala où la tension est ramenée à 11 000 volts, celle de la distribution.
- Cette gigantesque entreprise dispose ainsi, dans ses usines génératrices, de io3 3oo chevaux électriques au service d’un réseau comprenant 600 kilomètres de lignes à haute tension.
- Comme transmissions de force notables, construites dans le but de distribuer l’éclairage ou de remplacer les générateurs à vapeur d’usines, il convient de citer encore celles de la Société anonyme Haute-Italie. Cette Société, quidistribue l’énergie dans les provinces de Novare et de Turin, dispose de la centrale hydro-électrique de Ponte dei Preti de 2 25o chevaux, de la centrale hydro-électrique de Bussoleno de 2 280 chevaux, de la centrale hydro-électrique de Pian Funghera, dans la vallée de Lanzo, comprenant l’établissement de Pessinetto de 3 000 chevaux et l’établissement de Viu de 8 000 chevaux, de la
- centrale hydro-électrique Je Cérès de 6 750 chevaux et, à Turin, de l’usine thermique de via Bologna de 9 770 chevaux et de l’usine thermique de via Parma de 4 080 chevaux, ainsi que de la centrale thermique de Biella, de 5oo chevaux, soit en tout 36 600 chevaux.
- Les courants triphasés, produits dans la Station de Cérès, à 12000 volts, sont transmis à la centrale de Pian Funghera, où leur tension est relevée à 24 000 volts et transportés, en même temps que ceux que produit cette usine à la même tension, jusqu’à Turin, à la centrale de via Bologna, au moyen d’une “ligne à supports en fer à treillis, avec des portées de 75 mètres, d’une longueur totale de 35,5 kilomètres.
- Les usines de Pian Funghera et de via Bologna sont encore .reliées par une autre ligne de 33,2 kilomètres, à supports en fer à treillis, et avec des portées de i5o mètres. Il est ainsi possible d’envoyer de la centrale de Funghera à Turin toute l’énergie sur l’une ou l’autfe ligne ou de la partager entre les deux.
- L’énergie produite dans l’usine de Bussoleno est envoyée, à 2 400 volts, à Turin, dans l’usine de via Bologna au moyen d’une ligne à supports en bois, de 53 kilomètres.
- Quant à l’énergie produite à Ponte dei Preti, une partie en est envoyée dans le Biellese et y est distribuée au moyen d’une ligne de 35 kilomètres de longueur pour la force motrice et pour l’éclairage public et privé de la ville de Biella. Le reste est distribué dans la région du Canavese pour la force motrice et pour l’éclairage public et privé des communes de Cuorgne, Valperga, S. Giorgio Canavese où sont installées les stations secondaires de transformation nécessaires. Au moyen d’une ligne à 24 000 volts qui se détache de la ligne Funghera-Turin, à Caselle, il est possible de faire parvenir l’énergie produite à Funghera et à Turin à la centrale de Ponte dei Preti, comme secours en temps de sécheresse.
- L’énergie amenée à Turin est, en partie, transformée à 3 000 volts et distribuée à ce voltage et en partie transformée en courant continu pour la lumière et pour la traction sur les tramways municipaux et sur ceux qui sont exploités par la Société Belge et Turinaise avec une consommation respective de 1 200 et 2 5oo chevaux.
- C’est également à Turin qu’aboutit la pre-
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- 200
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Sérié)! — R»33.
- TABLEAU DES INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES EN ITALIE
- INSTALLATIONS
- Abruzzes.
- Société Italienne d’électrochimie ..............
- Société d’entreprises électriques Abruzzaiscs.... Société électrotechnique industrielle............
- Calabres.
- Société d’électricité de
- Reggio Calabres.......
- Ing. R. Zehender et Clc, Reggio Calabres.........
- Campanie.
- Société d’applications d’énergie électrique, Torrc
- Annunziata...........
- Société électrique de Be-
- nevento...............
- Société hydroélectrique
- du Medio Calore.......
- Société générale d’éclairage, Naples...........
- Société méridionale d'électricité, Naples.......
- Société Napolitaine d’entreprises électriques . . .
- Emilie.
- Société Bolonaise d’électricité ................
- Société Brieschi d’entreprises électriques......
- Entreprise Calyari Marga-ra Oliva-Massa Maritima.
- Latium.
- Société Anglo-Romaine d’éclairage de Rome par le gaz elaulres systèmes. Société Italienne du carbure de calcium.........
- Société industrielle électrique de la Valnerina
- (en liquidation)......
- AngoloFrigo. - Entreprise d’applications électriques....................
- Sociéléd’enlreprises électriques, Ing. R. Oltavi.. Société d’en treprise.s électriques de Rome.........
- Société d’industries élec triques du Latium et
- autres régions........
- Société Laliale d'électricité ...................
- Ligurie.
- Aqueduc de Ferrari Galbera....................
- A reporter.....
- PUISSANCE HYDRAULIQUE INSTALLÉE ; PUISSANCE THERMIQUE INSTALLÉE PUISSANCE TOTALE INSTALLÉE LONGUEUR . DES LIGNES DE TRANSMISSION
- chevaux chevaux chevaux kilom.
- 18800 » 18800 te O 00
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- 35o » 35o 35
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- 200 I '20 3 20 ))
- 4oo )) 400 ))
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- 14 200 » 14 200 145
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- 32 ooo )) 3 2 ooo ))
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- 45o )) 45o 66
- 2 ooo » 2 OOO 140
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- 74o )) 740 »
- 00 O O » 1 890 IOO
- i 36o » 1 36o 39
- 11g 8651 557io 175 575 1293
- INSTALLATIONS
- lieports......
- Société hydroélectrique
- Ligurienne.............
- Usines électriques Génoises.....................
- Société électrique Riviera di Ponenle, Ing. R. Nogri. Tramways électriques de la Spezia. Société Italienne d’industries électriques ..............
- Union Italienne de tramways électriques, Gènes. Chemins de fer de l’Etat, Gênes ..................
- Lombardie.
- Société générale électrique de l’Adamello.......
- L’Agognella, Société anonyme d’industries électriques ................
- Société électrique Haut
- Milanais...............
- Société auon. par actions de distribution d’énergie électrique, Ing. Banfi. . Société Bergamasque de distribution d’énergie
- électrique.............
- Chemin de fer monophasé de la vallée Brembana.. Société électrique Bres-
- ciane..................
- Société hydroélectrique
- Briantea...............
- Société électrique et électrochimique du CalTaro. Société hydroélectrique de Cerro-sur-Lambro . . Société électrique Co-
- moise A. Volta.........
- Société anonyme d’entreprises électriques Conli. Dynamo, Société Italienne d’entreprises électriques Société générale Italienne Edison d’électricité . . 4. Chemins de 1er de l’Etat. Société hydroélectrique
- Italienne.............
- Société Lombarde de distribution d’énergie électrique .................
- Société anonyme Lumière
- et Force...............
- Les Etablissements électriques communaux de
- Milan..................
- Société anonyme d'électricité Paviaise au delà du Pô...................
- A reporter.....
- PUISSANCE HYDRAULIQUE INSTALLÉE PUISSANCE THERMIQUE INSTALLÉE PUISSANCE •TOTALE INSTALLÉE LONGUEUR DES LIGNES DE TRANSMISSION
- chevaux 119865 chovaux 55710 chovaux 175575 kilom. 1 293
- 14000 » 14000 )>
- » 26600 26600 »
- 17400 8 16 0 25 56o 3io
- )) 940 94o a 3
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- » I7OOO 17000 *9
- 47 5oo » 47 5oo 140
- 470 » 470 85
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- )) » » 210
- 5 100 a 040 7 '4o 160
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- 46910 9020 55g3o 660
- 37900 » 37900 IÔO
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- 8 160 » 0 <£> 00 »
- 69 5oo 33 800 io3 3oo 780
- )) » » 20
- 31 5oo 16860 48 36o 23o
- » IOO IOO 47
- 444215 247140 691 355 5410
- KOISSIKSNTHl
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-
-
-
- YÔ.Août 1911. LA LUMIERE ELECTRIQUE 201
- INSTALLATIONS
- Reports......
- Société anonyme Orobia. Sociélé Leccoise d’élec-
- tricilé ................
- Société Paviaise d’électricité Alexandre Volta . Société anonyme . G.-M.
- Regazzoni...............
- Entreprise électrique de
- l’isola.................
- Société anonyme des forces hydrauliques de Trez-zo - sur-l’Adda - Beuigno Crespi et Société Marte-sana de distribution d’énergie électrique.......
- Société Varesine d’entreprises électriques......
- Marches.
- Entreprise d’énergie électrique Cingoli et S. Se-
- verino, Marches.........
- Société Marchigiane d’entreprises électriques . .. Commn* de Montelupone. Société électrique du Tronlo..................
- Ombrie.
- Ing. A. Nelti...........
- Commune de Narni ..... Commune de Spoleto... . Société anonyme électrique Tifernate...........
- Piémont.
- Société anonyme d’électricité. Haute Italie .... Société des forces hydrauliques du Haut-Pô.......
- Société des forces motrices de l’Anza...........
- Société générale Casa-laise d’électricité ......
- Dora, Société industrielle
- Italienne...............
- Société des forces hydrauliques du Mont-Ceuis.. . Sociélé électrique du Pel-
- lino ..'..............
- Sociélé anonyme d’entreprises électriques du
- Piémont oriental........
- Société pour le développement des entreprises électriques en Italie. . . . Société anonyme d’électricité du Tessin.......
- Service, électrique municipal de la Ville de Turin. Société industrielle et éleclrochimique de Pont, Saint-Martin.. .........
- A reporter....
- PUISSANCE HYDRAULIQUE INSTALLÉE PUISSANCE THERMIQUE INSTALLÉE . PUISSANCE TOTALE INSTALLÉE LONGUEUR DES LIGNES DE TRANSMISSION
- chovaux chevaux chevaux kilom.-
- 4 à 4 ‘a 15 247140 691355 5410
- 8o5o 2600 io65o 226
- 140 » 140 1 2
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- 70 80 i5o »
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- I I 2Ô0 6000 17 a5o 245
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- 3 45o » 3 45o 26
- 200 2 10 410 10
- 22 a5o i435o 36 600 i57
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- 16 000 10470 26 470 215
- 7700 )) 7700 60
- 56i275 291 640 852915 7 554
- ' INSTALLATIONS
- Reports........
- Pouilles.
- Ing. Bonomo et Utili. Entreprises électriques . . . Société Tirrena d'électricité ................
- L’Union-C. Caracecl Cle. Société d’éclairage électrique ..................
- Service électrique municipal de Monopoli..........
- Sicile.
- Slé d’établissements et exploitations électriques. . Société Messinaise d’électricité .................
- Société électrique de la
- Sicile Orientale.........
- Société Sicula. - Entreprises électriques..........
- Tramways et éclairage électriques à Catane ...
- Toscane.
- Société électrique Apuana Sociélé Ligurie Toscane
- d’électricité............
- Société minière et électrique du Valdarno .... Société anonyme des mines de mercure du Mont
- Amiata...................
- Ing. Gustavo Reinaeher.. Usines électriques Sainati. Société Toscane d’entreprises électriques.......
- Vénétie.
- Société électrique du Barman......................
- Société électrique Bar-nabo Giacobbi et C,e... Société Forces motrices
- Cismon Brenta............
- Société Frioulane d’électricité .................
- Société électrique Milani. Société anonyme Véro-
- naise d’électricité......
- Société électrique interprovinciale..............
- Société Italienne d'utilisation des forces hydrauliques de la Vénétie.. . .
- Sociétés qui exploitent des établissements dans plusieurs régions.
- Sociélé Adriatique d’électricité .................
- Union d’exploitations électriques .................
- Totaux.......
- i
- PUISSANCE HYDRAULIQUE INSTALLÉE , ! PUISSANCE THERMIQUE INSTALLÉE PUISSANCE TOTALE INSTALLÉE 1 LONGUEUR ; DES LIGNES DE TRANSMISSION
- chevaux 56i275 chevaux 291640 chovaux 8529l5 kilom. 7 554
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- i(û
- LA LUMIÈRE* ELECTRIQUE , T. XV (2* Série). — 3âF
- rpière ligne triphasée à 3o ooo volts qui ait été Construite en Europe. Elle vient des centrales de Pifovalesa et Saluroglio, de la Société des forces Hydrauliques du Mont-Cenis.
- I La Société électrique Breseiane dispose, dans ses centrales deCalvagese,de Barghe,jde Sabbio, du Degnone, de Covoli et de Gratacosolo d’une puissance hydraulique de 9 280 chevaux, à laquelle s’ajouteront, dans un avenir prochain, les Usines génératrices de Mozzuno, sur le fleuve Dezzo, de 6 000 chevaux et de Cedegolo, sur le fleuve Oglio, de 9 000 chevaux. Elle possède en Outre, à Brescia, via Milazzo, une centrale thermique de 10 000 chevaux.
- | Les lignes à haute tension du réseau sont à 4,o 000 volts, elles desservent Brescia, Crémone, Mantoue et Cocca'glio. Leur développement est de 790 kilomètres.
- Les sous-stations principales sont au nombre de 8, les postes de transformateurs au nombre de 200, avec une puissance installée globale de 14 000 kilowatts.
- , La Société Breseiane a obtenu, en 1906, la concession d’une ligne de tramways de 10 kilomètres de Brescia à Gussogo. Elle a, en outre, acquis en 1907 un réseau de lign:s à vapeur de 120 kilomètres de la Compagnie des Chemins de fer secondaires dont elle poursuit l'électrification graduelle. Elle vient d’inaugurer la ligne électrique de Brescia à Toscolano de 36 kilomètres, qu’elle exploite avec du courant continu à 1 200 volts, distribué par l’intermédiaire de deux stations de convertisseurs rotatifs.
- A Rome, la tension du transport de force de Tivoli, déjà mentionné, fut portée à 10 000 volts, en 1898. Puis, en 1899, on adopta le système triphasé et on installa 7 alternateurs de 11 200 chevaux. En 1906, une station d’une puissance de 12 000 chevaux lui fut adjointe à Subiaco et, en 1911, va être inaugurée une nouvelle centrale de 8. 000 chevaux, à Arci.
- En tenant compte de l’usine à vapeur de San Paolo (18 000 kilowatts) et des 22 000 kilowatts qui seront transportés par la ligne de Terni à Rome, actuellement en construction, la puissance totale dont disposera, la Société Anglo-Romaine,en igii.sera d’euviron 53000 kilowatts,
- ; A Milan, l’éclairage public des grandes rues et des places est réalisé à l’aide du courant continu au moyen d’un groupe convertisseur mo-tpur dynamo, installé à la sous-station de via
- Gadio. Ce courant alimente 1 200 lampes à arq de 9,6 ampères et de tfi volts réparties en 3^ séries. ! j
- De son côté, le parc est éclairé par 90 lampes; à arc à courant alternatif, de 20 ampères et 3o volts.
- Le réseau d’éclairage public comprend 120 kilomètres de conducteurs aériens isolés et 60 kilomètres de câbles souterrains.
- Comme.installations récentes, il convient encore de citer celles de la Société électrique Mi-> lani qui ont été inaugurées en 1909. La station hydro-électrique de 9 5oo chevaux sur l’Adige et la centrale thermique de 3 000 chevaux qlui lui est adjointe engendrent des courants triphasés à 3 3oo volts, dont la tension est relevée à 40 ooej volts sur la ligne qui transporte -l’énergie dans les provinces de Vérone et les provinces limitrophes. ’
- Ap rès avoir ainsi retracé dans ses grandes lignes les progrès réalisés dans le domaine de l’électricité industrielle, M. Ourson s’efforce de préciser l’importance de la puissance créée au cours de ce magnifique développement. !
- Et d’abord, en ce qui concerne la houille noire,, l’importation de celle-ci ne s’est nullement ra-; lentie du fait de l’extension des applications de la houille blanche. Bien au contraire, pour 4 947 180 tonnes de charbon importées en 1900, on en compte g 264 3i 1 (c’est-à-dire presque lé double) en 1909. A mesure que les installations hydro-électriques se multipliaient, la cùnsom-; mation de charbon se développait parallèlement et proportionnellement aux demandes croissantes de l’industrie.
- Toutefois, à l’heure actuelle, la houille blanche a conquis la suprématie en Italie, ce qui n’a rien d’étonnant dans un pays très favorisé au point de vue des richesses hydrauliques naturelles et qui doit, d’autre part, importer la presque totalité du charbon qu’il consomme.
- A la fin de 1910, l’Italie comptait, pour la production de l’énergie électrique, 9905i5 chevaux, dont les deux tiers environ d’origine hydràuf lique.
- Quant aux lignes de transmission, leur longueur est voisine de 10 000 kilomètres.
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- ïêAÜtâmi. v la lumière électrique
- 203
- JLe tableau que nous reproduisons ci-dessus donne d’ailleurs la répartition par provinces de la puissance installée à la fin de 1910, y com-
- pris les installations dont la mise en service pou* vait à cette époque être escomptée à bref délai.
- J. ReyVal.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES-
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURE
- Corrections des lectures au wattmètre dans le cas de courants à haute fréquence. — E. Behne. — Elektrotechnik und Miischinenbau, 26 mars 1911.
- Dans le cas de mesures au wattmètre effectuées sur.des courants alternatifs de haute fréquence, il convient de tenir compte de la self-induction du système mobile et de l’induction mutuelle des deux systèmes, fixé et mobile, dont les effets doivent s’ajouter au facteur de correction de l’appareil. Nous négligerons les effets de Kelvin qui 11e peuvent influer sur les lectures que dans le cas de bobines série de section importante.
- Soient :
- I, le courant dans la bobine série;
- E, la tension aux bornes du circuit shunt;
- 9, le déphasage entre E et I;
- Fig. 1.
- 4, le courant dans le système mobile; w3, une résistance additionnelle intercalée dans le circuit du système mobile ;
- 4, lè courant dans le shunt du système mobile;
- la résistance non inductive de ce shunt;
- h = H + 4 ;
- dsq.une résistance non inductive intercalée dans lé circuit parcouru par le courant total 4 (fig. t).
- Représentons les diagrammes des courants et des tensions dans l’ensemble des deux systèmes, L désignant le coefficient de self-induction du système mobile et M le coefficient d’induction mutuelle des deux systèmes M dépend de la déviation a du système mobile ; admettons que ce système ait une position déterminée.
- Le diagramme de la figure 2 donne 4i 4 étant connu; de là il est facile de déduire 4 à l’aide du diagramme de la figure 3, et enfin le diagramme de la figure 4 permet de trouver le déjdiasagc 9 de I par
- f—
- Fig. 3.
- rapport à E. La puissance réelle est El cos 9; s’il n’y avait pas d’effets d’induction, le système mobile serait parcouru par un courant 4 défini par l’expression :
- ° ' H'(«2 -f- H’iW'j -(- «4'M'3
- en phase avec E.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2® Série). — N® 33;
- 201
- La puissance réelle à déterminer est proportionnelle à /„ cos cp; en tenant compte des effets d’induc-lion, la puissance mesurée est proportionnelle à
- ï3 cos ty, cp représentant le déphasage entre I et î3 (fig. 2); l’erreur due à ces effets est donc en % :
- i3 cos ci — /'o cos cp
- A 100 ---------:----------
- i0 cos y
- En remplaçant dans celle expression /0, i3 et cos cp par leurs valeurs en fonction de wj, «’2, w3 et des valeurs cherchées E, I et cos cp, en posant
- L ü) H’i -j- H'2
- w •
- Q
- M
- 100 . P
- ^r+p*
- — a — b x
- 1 I
- E cos cp co0 formules dans lesquelles
- W =
- Ht'l'Vi -)- • VgW'j -j- H’jCS’s
- où, de plus
- a représente la déviation lue; oc0> la déviation correspondant à la puissance réelle El cos cp;
- c, la constante du wattmètre ; en désignant enfin par lu le courant maximum admis-
- sible dans l’appareil, et par p le pour l’expression de A :
- I
- rapport r-,on trouve
- *o
- A = Q (tg cp — P) —
- CO (m>, + m-2)
- q.5/2 _6yi0..p*.
- «0 \« /
- tivement, car cp et a0 connus, on admet alors que
- 100 -j- A
- o n’étant pas
- ‘g <P = ‘g ?'> l’angle <j/ étant défini par la relation :
- c. a
- C°scp =Ë7r
- En remplaçant a0 et tg p par ces valeurs, on obtient, en première approximation, l’expression :
- A' = Q(tg9'-P)-wWii±^.Q.(--ô)*o2.r
- cu>2 \a /
- Comme seconde approximation, on pose :
- OC
- 0
- 100
- 100 -)- A'1
- et on remplace tg cp' par une autre valeur tg cp", l’angle cp" étant défini par la relation :
- cos <p" = cos
- 100
- 100 -j- A'’
- d’où une seconde expression approchée A", et ainsi de suite jusqu’à ce que la différence entre deux valeurs approchées successives devienne négligeable; en pratique A" et même souvent A' donnent une approximation suffisante dans la plupart des cas.
- Le facteur de correction k est défini par l’égalité :
- • an = ko..
- Sa valeur, en fonction de A, se déduit de la relation suivante :
- o — 100-----
- d’011 l’on tire :
- A = 100
- ko.
- ko
- et enfin :
- __ 100
- 100 -j-
- En considérant la première expression de A, on remarque que, pour L = o,
- A — o.
- Celte expression ne donne l’erreur qu’approxima-
- Donc, si on annule l’effet de la self-induction dans
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 205
- 19 Août 1911.
- le système mobile, l’induction mutuelle seule ne modifie pas les lectures du wattntètre.
- On peut annuler l’effet de la self-induction en mon-
- tant en série, avec le circuit mobile (fig. 5), un condensateur de capacité C définie par la relation :
- c = ii-
- Si cette capacité est déterminée pour une fréquence donnée—l’erreur A sera facile à déterminer pour
- -- M
- une autre fréquence —. Désignons cette erreur par
- A0;il suffit de remplacer, dans l’expression de A, Lta par l’expression :
- Lia— —— = Lw-------Lw02 = Lui [ i — / — ^ .
- «C u> [ \ w /
- Si ii) et (o0 ne diffèrent pas beaucoup, on peut admettre avec une approximation suffisante que :
- En résumé, pour annuler les erreurs de' lecture au wattmètre, dues aux effets de self-induction du système mobile et d’induction mutuelle des deux circuits, il suffit d’annuler l’effet de sèlf-induction en intercalant, dans le circuit du système mobile, un condensateur dont la capacité dépend de la fréquence des courants à mesurer.
- Cette méthode a été appliquée pour la mesure des courants d’une fréquence de 5oo périodes par seconde ; l’expérience a confirmé les résultats des calculs exposés par l’auteur.
- A. C.
- Influence des pertes dues aux compteurs sur le rendement économique des petits réseaux. — Elektrotechnische Zeitchrift,6 avril ign.
- L’énergie absorbée par les compteurs wattmètres
- (4 watts en moyenne, soit 35 kifowatts-heures par an représente, pour les petits réseaux (dont la consommation par abonné varie de a4 à 35 kilowatts-heures par an), îoo il i5o % de l’énergie réellement consommée par les abonnés; on cite l’exemple d’un petit secteur allemand exploité depuis cinq ans et dans lequel ces perles représentent, depuis la mise en service, une somme de 11 5oo à i5 ooo francs, soit % 5oo à 3ooo francs par an, ce qui est considérable si l’on songe que les recettes, y compris celles qui proviennent de l'éclairage public et de l’énergie consommée pour les besoins de l’usine élévatoire municipale, ne dépassent guère 3i a5o francs par an. Pour diminuer ces pertes, il y aurait lieu, soit de rec'ourir à l’emploi de compteurs ampère-heure-mètres, dont la consommation est moins élevée par suite de l’absence de la bobine shunt, soit de traiter de préférence à forfait avec les abonnés, ce qui permettrait de supprimer complètement les compteurs.
- C. M.
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES ET PHOTOMÉTRIE
- ha photomèti'ie des sources lumineuses rectilignes. — J. Pôle. — Elektrotechnische Zeitschrift, 4 m ai i g 11.
- Les lampes à vapeur de mercure et les tubes Moore nécessitent l’adjonction de certains compléments à la théorie de la photornétrie des sources lumineuses rectilignes.
- M. Pôle établit les formules relatives au calcul de l’éclairement de ces sources ; il critique ensuite les méthodes habituelles de calcul du flux lumineux en ce qui concerne leur application aux sources rectilignes et démontre que les valeurs obtenues à l’aide de ces méthodes,appliquées à de telles sources, n’ont de sens que sous certaines réserves. Des recherches dans cet ordre d’idées ont conduit l’auteur à proposer une nouvelle définition du flux lumineux total des sources lumineuses rectilignes.
- A l’aide de calculs fort longs et assez pénibles, dont il donne d’ailleurs le développement, l’auteur arrive à la formule suivante :
- ff) “ tc2 I L
- dans laquelle ff> désigne le flux total émis par la source rectiligne, I, l’intensité lumineuse par centimètre de cette source, mesurée perpendiculairement à l’axe, et L sa longueur.
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- 20R
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV(2«Sérl*>::W»* 39.
- M. Pôle propose, en conséquence, de définir par l’expression it2 I L le flux lumineux total émis par une source rectiligne, et de prendre cette grandeur comme base de comparaison pour la photométrie des sources lumineuses rectilignes.
- C. M.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Canalisations souterraines et aériennes en Amérique^).
- Canalisations souterraines.
- Dans certaines parties de la ville de Saint-Louis, à l’exception des fils de trolley, tous les conducteurs électriques doivent passer sous terre dans des caniveaux spéciaux. Les fils téléphoniques et télégraphiques sont posés d’un côté des rues et les conducteurs servant au transport d’énergie électrique à haute tension, de fautre côté.
- L’Union Electric Light and Power Company, la
- Fig1, i. — Caniveau en poterie.
- Section de béton : 9,3 dm2;
- Section des conduites : 3,i dm2 Béton par mètre courant : 23,5 dm3
- plus importante des compagnies de distribution de Saint-Louis, a adopté une nouvelle méthode de con-
- f---------13î<---------J
- Fig. 2. — Caniveau en béton.
- Section de béton : 8,C dm2;
- Section des conduites : 2,7 dm2;
- Béton par mètre courant : 21,6 dm3,
- struction de ces caniveaux : les conduits destinés à recevoir les câbles sont formés par le béton lui-même,
- (') Electrical World, 19 mat 1910.
- convenablement tassé autour de moules en forme d’U. On obtient ainsi une masse unique percée de trous, d’où le nom de monolithique donné ù ce système de caniveau.
- Antérieurement, on tassait du béton autour de formes en poterie, présentant le nombre de canaux voulu et qu’on plaçait bout à bout,
- D’après les ingénieurs de l’Union Company, on réalise, avec le nouveau mode de construction des conduites souterraines, des bénéfices notables sur la
- Fig. 3. — Caniveau en poterie.
- Section de béton : 10,9 dm2;
- Section de conduites : 4,7 dm2 ;
- Béton par mètre courant : 18.8 dm*.
- quantité de béton nécessaire, du moins lorsqu'il s’agit de moins de huit câbles. Pour plus de huit câbles la dépense est la même avec les deux systèmes.
- Dans l’ensemble, les frais s’élèveraient à environ o fr. 15 par mètre courant, en négligeant tous les frais de tranchées, pavage, etc., qui restent les mêmes dans les deux cas..
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- Fig. 4. — Caniveau en béton.
- Section de béton: n,3 dm2;
- Section des conduites : 4,0 dm2 ;
- Béton par mètre courant : 18,8 dm3.
- Les figures 1 et a, 3 et t, représentent les sections de caniveaux possédant respectivement soit 4, soit 6 canaux et les légendes indiquent les quantités de béton nécessaires avec chacun des deux systèmes dont nous avons parlé.
- Canalisations aériennes.
- L’Union Electric Company possède aussi dans la ville de Saint-Louis un important réseau de distri*
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 207
- le Août 1911.
- bution par lignes aériennes triphasées à a 3oo volts et voici quelques détails pratiques sur certaines particularités de la construction et de l’exploitation de ces lignes.
- • Les poteaux, en bois, sont complètement pré-parés, ainsi que leurs traverses, dans les dépôts de matériel de façon à éviter autant que possible le travail à pied-d’œuvre.
- L’Union Electric Company fait usage d’une attache spéciale métallique, due àM. B. Way ('), pour la fixation des isolateurs aux traverses, qui a donné d’excellents résultats.
- Cette attache embrasse les traverses sur leurs quatre faces; contre lesquelles elle est serrée par des boulons. On évite ainsi de percer les traverses et de risquer de les fendre; tout au contraire, l’attache renforce les traverses, qui se fendent naturellement, > et eelapermetde réaliser une économie notable, grâce à la réduction des frais d’entretien.
- Des transformateurs d’un type spécial, dont la puissance peut aller de 20 kilowatts à 7 5 kilowatts, sont montés sur les poteaux qui supportent les lignes;,ces poteaux portént aussi, sur traverses, les parafoudces, boîtes de fusibles, d’interrupteurs et de compteurs.
- Le service des réparations est facilité par l’emploi de camions parfaitement aménagés, portant de 1 longues échelles et tout le matériel nécessaire pour le travail d’un jour; ce type de camion est muni d’un moteur de 10 chevaux destiné à enrouler ou dérouler les longues bobines de fil pour économiser la main-d’œuvre.
- Le chef du service des lignes aériennes et son assistant ont à leur service des automobiles rapides.
- En vue des accidents et . avaries aux lignes, on a organisé un service très complet, dirigé par trois chefs travaillant chacun huit heures et secondés par des inspecteurs compétents pourvus d’automobiles.
- Il y a également un service d’inspection qui visite : les clients à de très fréquents intervalles et réduit ainsi au minimum les réparations à effectuer à leur matériel.
- DispQsitifs de construction des pylônes.
- Afin de rédifire les frais d’établissement des lignes, c’est-à-dire d’augmenter leur rayon d’action pour un même capital investi, on a réalisé en Amérique des supports flexibles. Voici les considérations que développe à cet égard M. Wilkinson.
- (t) Lumière Electrique, t. XIII (ae série), p. a?4-
- Les efforts les plus violents auxquels une ligne doit résister sont ceux dus à la rupture des conducteurs,lorsque celle-ci se produit au moment où les fils sont couverts d'une couche de glace et quand un vent violent souffle normalement à la direction de la ligne.
- Les efforts dus à la rupture des conducteurs sont analogues à des chocs; ils peuvent être supportés par une charpente rigide ou être absorbés par un système flexible.
- De faibles déplacements dans le sens de la ligne n’ont pas d’inconvénient pourvu que la distance entre les conducteurs et la distance entre les conducteurs et la terre restent suffisantes.
- On peut donc employer des supports rigides pour tous les efforts latéraux ou verticaux, mais flexibles dans le sens de la ligne et pouvant, par leurs déformations, absorber le choc dû à la rupture d’un conducteur. Les fils de la portée où s’est produite la rupture sont plus tendus qu’avant la rupture, et la nouvelle distribution des efforts évite aux supports des distorsions exagérées.
- Les premiers supports construits aux Etats-Unis sur ce principe se composaient de deux montants en fer U de ia5 millimètres, réunis1 par des traverses et portant à leur extrémité supérieure une traverse en fer U de 125 millimètres. La distance entre les montants était de 6 mètres environ ; la longueur totale de la traverse supérieure de 9 mètres. Les supports portaient 4 câbles en cuivre de 6 millimètres de diamètre, et. au-dessus deux câbles de terre en acier; l’écartement était d’environ i5o mètres. La hauteur de la traverse au-dessus du sol était de i3 mètres.
- Dans les constructions les plus récentes, les montants sont composés de fers U réunis par le sommet en forme d’A.
- Fig. 5.
- Les supports flexibles usités aux Etats-Unis diffèrent notablement des premiers supports flexibles
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- LA-.LUMIÈRE ÉLECTRIQUE , T. XV (2* Série). — N»38.
- construits par M. Semcnza en Italie : ils sont plus écartés les uns des autres et d’une construction plus robuste. Ils sont en outre considérés comme supports intermédiaires, haubannés dans les deux sens de 5 en 5; de plus, un support rigide est généralement, dans la construction américaine, intercalé tous les 1600 mètres environ.
- La figure 5 montre le support intermédiaire et le support d’extrémité d’une ligne établie en Poméranie. Les fils ont i»,5 millimètres carrés de section. La portée moyenne est de (io mètres; il y a un support d’extrémité sur 8 ou io supports. La ligne à ioooo volts a une longueur de 19a kilomètres. La traverse est à 7 mètres au-dessus du sol.
- La figure 6 représente le support de la ligne du Royal TrolIhUltan Canal. La portée minima est de 180 mètres, la portée maxima de 240 mètres. L ligne, à la tension de 5o 000 volts, a une longueur de 29 kilomètres ; elle se compose de 6 fils de cuivre de 35 millimètres de section, et d’un fil de terre de 57 millimètres carrés. Les conducteurs les plus bas sont à i5,8o mètres au-dessus du sol; la largeur à la baèe est de 3,(5 mètres.
- M. Wilkinson donne un exemple de calcul de tels supports, par une méthode qui, sans être d'une exac-
- titude absolue, donne des résultats suffisamment voisins dé la réalité : supposons un support flexible n’ayant aucune résistance dans la direction de la ligne, portant 7 fils fixés de part et d’autre à des supports rigides distants chacun de 160 mètres du support flexible; supposons que chaque portée ait une flèche de 3,64 mètres.
- Considérons le cas où deux fils d’une des portées se brisent.
- Soient : T, la tension totale d’un côté du support; Ta la tension totale de l’autre côté ; S la flèche avant rupture, supposée égale à 3,64 mètres; S4 et Sa les flèches après rupture.
- On a : T, = T2. On peut admettre, par approximation, que les flèches sont inversement proportionnelles à la tension, et suivent une loi linéaire dans les limites étudiées.
- Avec ces hypothèses, on peut écrire :
- 5S2 = 7S, et
- S, -(- Ss = a X 3,64 = 7,28 mètres.
- Par suite :
- S, -f- 1,4 S4 = 7,a8 mètres;
- d’où :
- S( = 3,o3 mètres et
- S4 = 4,25 mètres.
- En se reportant à une courbe établie pour les portées supposées plus haut, soit 160 mètres, dont les ordonnées représentent les flèches et les abscisses l’excès de longueur des fils sur la distance entre supports, on voit que, pour la flèche primitive, 3 64 mètres, cet excès de longueur était 0,22 mètre; pour la nouvelle flèche de mètres il est de
- 0,29 mètre. Le sommet du support a donc dû se déplacer de 0,07 mètre et en réalité, à cause de l’allongement des fils, de o,io mètre environ. Cette flexion du support est, comme l’a montré Sernenza, la moitié de celle qui se produirait dans une longue ligne entièrement établie sur supports flexibles.
- A côté des supports flexibles, il faut mentionner aussi les poteaux en acier : placés à environ 90 mètres de distance, ils permettent d’établir une ligne à moins de frais et plus solidement que les poteaux en bois tout en* présentant les avantages des supports flexibles indiqués plus haut; mais la fondation en
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 20!*
- ••rar? ’ *
- 19! Août 191ik
- est plus difficile à établir. De plus, l’alignement se conserve moins bien qu’avec les supports flexibles à deux montants.
- Le coût d’une ligne établie sur supports flexibles est seulement de (15 à 8o % de celui d’une ligne, sur supports rigides.
- Comparé à celui d’une ligne sur poteaux en bois, il lui est quelquefois égal, d’autres fois inférieur d’environ 3o % .
- Les isolateurs suspendus, en usage pour les hautes tensions complètent heureusement l’emploi des supports flexibles, et tout particulièrement quand les fils sont reliés aux isolateurs par l’intermédiaire de manchons métalliques à rebords arrondis, où ils peuvent glisser librement en cas de rupture de la ligne.
- M; Wilkinson rappelle enfin que les supports flexibles doivent être bien étudiés et que leur poids ne doit pas descendre au-dessous d’une limite inférieure; pour ce type de support, comme pour les autres, ce n’est pas en économisant trop sur le poids du métal qu’on atteint la plus grande économie finale.
- H. B.
- TRACTION
- Omnibus à prise de courant. — A. Mossay. — Bulletin de l'Association des Ingénieurs électriciens sortis de l’Institut électrotechnique Montefiore, tome X, 3e série (*).
- DIVERS SYSTÈMES DOMNIRU3 A PRISE DE COURANT
- [Suite) (2).
- Système Mercédès Electrique Stoll.
- Ce système est dû à M. Louis Stoll, de Vienne, dont les brevets ont été depuis exploités par la Société Daimler autrichienne.
- Ce système est, somme toute, un retour aux idées de Lombard Guérin, sans la complication du petit moteur synchrone que celui-ci avait cru devoir introduire pour assurer un déplacement synchronique du trolley et du véhicule.
- Dans ce système, déjà décrit ici (3), la ligne aérienne est supportée à la partie inférieure et constitue deux rails sur lesquels roule l’appareil de prise
- (') Publié le i5 mars 1911.
- (a) Voir Lumière Electrique, août 1911, p. 178. (3) Voir Lumière Electrique, 3o juillet 1910:
- de courant (fig. 4). Le bon contact de celui-ci est assuré par un pendule de stabilisation, lesté au moyen d'une poulie à ressort sur laquelle s'enroule le conducteur souple venant de la voiture et qu’un treuil automatique maintient tendu. Le véhicule dispose pour circuler de toute la largeur de la route ; il se meut donc avec l’aisance d’une automotrice.
- Les voitures sont construites d’après le système
- Fig. 4. — Prise de courant, système Stoll.
- de l’Oesterreichische Daimler Motoren A. G. Wiener Neustadt. Elles possèdent deux ou quatre moteurs à vitesse très lente, calés directement sur le moyeu des roues. Celles-ci possèdent des roulements à billes. .
- Le système Mercédès Electrique Stoll a de nombreux avantages qui sont la flexibilité de la prise de courant, la suppression de tout engrenage dans la voiture et, par conséquent, sa marche silencieuse.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- : XV (2* Série). W'"1"
- On lui a reproché la suspension des fils aériens qui empêche l’adaptation subséquente d’une ligne de tramway et qui nécessite une ligne spéciale pour rentrer les voitures dans un dépôt terminus d’un système de tramway, comme c’est très souvent le cas.
- L’emploi de quatre roues motrices permet d’utiliser le poids total de la voiture pour l’adhérence, réduit le coefficient de traction et exclut pour ainsi dire les chances de dérapage. Il rend la manœuvre de la voiture dans les descentes et par temps de neige très sûre.
- Système Koehle/ -Lloyd.
- Le système Koehler-Lloyd est exploité par la Koehler Bahn Patent Gesellschaft, de Brême, les voitures étant construites par la Norddeulsehe Automobile und Motoren A. G., de la même ville.
- Le système de prise de courant dû à l’ingénieur W. Koehler se rattache à la même classe que le précédent, dont cependant il diffère essentiellement.
- La ligne aérienne consiste en deux fils de trolley suspendus l’un au-dessus de l’autre dans un plan vertical (fig. 5).
- Fig. 5. — Prise de courant, système Koehler Lloyd.
- L’appareil de prise de courant est une combinaison du trolley et de l’archet.
- Deux roues de trolley roulent sur le fil supérieur et deux archets, tendus par des ressorts à boudin, frottent sur la partie inférieure du fil positif.
- Le courant est conduit à la voiture au moyen d’une ligne flexible qui s’enroule, comme dans le système Stoll, sur yn tambour à ressort.
- d’appareil de prise de courant est muni en plus d’une fourche élastique qui protège la ligne aérienne des chocs dus au démarrage et à l’arrêt de la voiture.
- Un seul moteur .à vitesse modérée est boulonné au châssis en acier embouti et commande le train de roues d’arrière par cardan et engrenage différentiel.
- La puissance nominale du moteur varie, suivant les cas, de jo à 20 chevaux et sa capacité de surcharge est égale à au moins trois fois la puissance normale. -
- Les voitures, d’un type analogue au type courant de voiture à benzine, contiennent de ao à a6 personnes.
- L’avantage de ce système réside tout d’abord dans la légèreté de l’appareil de prise de courant. Le principe sur lequel'il repose lui permet de fonctionner en dépit des variations dans la distance des deux fils. Il peut osciller dans un plan perpendiculaire à l’axe de la roue sans cesser d’assurer un bon contact.
- La position des deux fils l’un au-dessus de l’autre, dont le supérieur, de polarité négative, est mis à la terre en différents points le long de la ligne, est une protection efficace contre les décharges atmosphériques et contre les accidents qui peuvent résulter de la rupture des fils conducteurs tombant au travers de la route.
- La ligne peut être utilisée pour la traction sur rails et permet la conversion du système sans interruption de trafic.
- Système Schoemaker.
- Ce système se rapproche du système Schiemanii.
- La prise de courant se fait au moyen de deux perches de trolley montées sur le toit de la voiture, à une distance d’environ un mètre, égale à l’écartement des deux fils de la ligne aérienne.
- Les voitures sont munies de deux moteurs de i5 chevaux attaquant séparément les roues d’arrière par chaînes et roues dentées.
- En somme, ce système ne représente rien de bien original mais est intéressant en ce sens qii’il indique que l’idée de la traction électrique par omnibus à prise de courant attire l’attention des ingénieurs américains et qu’il faut s’attendre sous peu à voir là-bas une floraison de systèmes rappelant plus ou moins les systèmes en vogue en Europe.
- CONCLUSIONS
- L’omnibus à prise de courant, tout aussi bien que le tramway électrique, est à même de supporter de fortes surcharges sans inconvénients. Il suffit de citer le cas de la ligne d’Arsten (Koehler Lloyd), près de Brême, dont une voiture, construite pour contenir aô personnes, a pu transporter, lors d’un
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- 19 Août 1911. \ LA LUMIERE ÉLECTRIQUE 211
- jour de fête, continuellement et sans encombre 45 voyageurs à chaque parcours.
- La plupart des lignes utilisent des voitures de remorque, plus légères naturellement que les voitures motrices et qui se comportent avec la plus grande aisance sur la route.
- En Norvège, sur la ligne de Drammen (Schie-mann), les remorques sont en hiver des traîneaux qui ont donné jusqu’à présent toute satisfaction.
- Dans les pays très accidentés, où une ligne de tramway eût rencontré des difficultés presque insurmontables, les lignes d’omnibus électriques ont donné des résultats inespérés.
- Citons, par exemple, la ligne en lacet du Yalle d’Intelvi (Filovia), qui présente des courbes de 6 mètres de rayon et des pentes maxima de 11 % .
- La ligne de Judenburg (Stoll) présente une longue côte de 15 % .
- La ligne de Laurel Canyon (Shoemaker) présente, sur une longueur de 3 ooo mètres à peu près en ligne droite, des pentes variant entre 5 et 12 % .
- 11 nous reste maintenant à attirer l’attention sur un avantage, des plus considérables,qu’offre le nouveau système et qui est de permettre sur une même ligne le trafic mixte des voyageurs et des marchandises sans le moindre inconvénient pour l’un et pour l’autre.
- L’expérience a démontré que le tramway électrique se prête mal aU trafic mixte.
- Celui-ci, en effet, exige des raccordements coûteux, des voies de manœuvres, des entrepôts de transbordement et un personnel spécial qui contribuent à rendre le transport des marchandises d’un prix qui n’est pas en rapport avec les distances parcourues et qui sera toujours beaucoup plus élevé que la traction animale.
- Avec l’omnibus à prise de courant, il en est tout au. trement ; il n’est point besoin de voies de manœu vre, d’entrepôt de déchargement ni de personnel spécial.
- Tout ce qu’il est nécessaire de faire, c’est un raccordement peu coûteux à la ligne aérienne, grâce auquel la locomotive et, dans certains cas, l’omnibus pourra aller prendre en remorque la ou les voitures chargées et les conduire soit au lieu de destination, si celui-ci est raccordé à la ligne aérienne, soit à un endroit d’où elles poursuivront leur route par traction animale sans qu’un transbordement soit nécessaire.
- La ligne d’omnibus a aussi, en commun avec la ligne de tramway, le grand avantage de permettre un éclairage et une distribution de la force motrice le long du parcours,
- C'est là un point qui ne doit pas échapper au législateur et qui est en mesure de donner un grand développement aux populations agricoles,
- Il suffit do citer J’exemplo du gouvernement italien, qui a décidé dans certains cas d’octroyer un subside de i 000 lires par an et par kilomètre de ligne d’omnibus à prise de courant.
- A l’heure actuelle, Père de création des tramways électriques est passée et l’œuvre d’extension des lignes existantes se poursuit lentement un peu partout et de plus en plus difficilement au fur et à mesure que les lignes s’écartent de la périphérie des centres .industriels où le trafic devient périodique et peu rémunérateur.
- L’œuvre de pénétration des districts ruraux est réservée, d’après M, Otto, à l’omnibus à prise de courant aérienne qui, en commençant là où le rail s’arrête, est l’avant-coureur et le feeder du tramway électrique dont il peut utiliser le courant, le dépôt, l’atelier de réparation, le personnel et l’administration.
- Quand le trafic aura pris l’extension nécessaire, le rail pourra être prolongé et l’omnibus pourra, en poussant plus loin la ligne aérienne, poursuivre le même but qu’auparavant et,continuer l’œuvre de pénétration.
- En résumé,de tout ce qui précède, il n’est pas trop hardi de prédire à l’ornnibus électrique un avenir de développement intense dans tous les pays civilisés.
- Il existe déjà, à l’heure actuelle, 33 lignes d’omnibus à prise de courant, ayant ensemble une longueur d’environ 200 kilomètres.
- Le nombre de voitures y compris les locomotives dépasse 100, impliquant un capital d’environ 4 000 000 de francs.
- P. L.
- DIVERS
- Statistique des usines électriques en Au-triche. — Eleklrotechnik und Maschinenbau, 23 juillet 1911.
- D’après la dernière statistique, il y avait en Autriche, au ier juillet de cette année, 740 usines électriques, dont 25 en voie d’achèvement. Ce chiffre est d’environ 800 si l’on y ajoute les 58 usines sur lesquelles des renseignements n’ont pu être obtenus. La Bosnie et l’Herzegovine n’en possèdent à ce jour que 5. — ------ ;
- Parmi les 740 installations citées, 287 appar-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- XV (2* Série).
- N° 33,
- tiennent à des sociétés, les 453 restantes étant privées ; 3a fournissent du courant pour la traction en dehors de la production de lumière et de force. Le nombre de centrales qui distribuent à grande dislance est de 138; ai7 utilisent des tensions supérieures à 1 060 volts ; le courant est produit dans 1 55o localités. La statistique renferme un certain nombre de tableaux dont nous extrayons les plus intéressants et qui permettent d’effectuer des comparaisons soit avec les statistiques antérieures, soit au point de vue de la force motrice utilisée ou du genre de courant produit.
- Tajileau I
- Comparaison avec les données des statistiques antérieures.
- ANNÉES NOMBRE d’usines CITÉES PUISSANCE TOTALE en kilowatts
- ,1907 446 168 85o
- 1909 571 a85 35o
- 1910 675 318 614
- 1911 740 (798) 378 736
- Tableau II -
- Nombre et puissance des installations classées d'après le genre de courant.
- GENRE DE COURANT NOMBRE PUIS! NORMALE des génératrices 5ANCE : EN KW. des accumulateurs PUISSANCE TOTALE EN KW.
- Courant continu avec accumulateurs a83 5o 5i8 11128 61 646
- Courant continu sans accumulateurs 170 5 78i 5 78i
- Courant alternatif monophasé Courant alternatif bi- 13 47 ai 2 47212
- phase Courant triphasé.. .. 4 216 135 968 _ 135 968
- Système combiné (courant alternatif et courant continu). 54 111 376 16 754 128 129
- Total 740 35o 854 27 882 378786
- 11 est à noter que le nombre des nouvelles usines établies annuellement a atteint un maximum en 190;") (6a usines) ; ce maximum a été suivi d’une chute assez marquée (41 en 1906 et 38 en 1907 et 1908).
- Tableau III "t
- Répartition du nombre d’usines d’après la nature de la force motrice utilisée.
- FORGE MOTRICE NOMBRE d’usiNes
- Eau 332
- Vapeur 129
- Moteurs à explosion 77
- Eau et vapeur 92
- Eau et moteurs à explosion... 54
- Vapeur et moteurs à explosion *9
- Eau, vapeur et moteurs à explosion. . . I I
- Electricité
- Total 740
- Actuellement, le chiffre s’approche de nouveau de celui de 1906,58 et 5g en 1910 et 1911.
- Th. S.
- CORRESPONDANCE
- A propos des courts-circuits d’alternateurs.
- « Dans le numéro 29, du aa juillet 1911, de la Lumière Electrique je note un extrait des travaux de M. Boucherot sur les courts-circuits d’alternateurs publié dans le Bulletin de la Société Internationale des Electriciens, juin 1911. Généralement je cherche à éviter toutes les discussions de priorité, mais comme M. Boucherot a bien soin de rappeler les travaux de M. Steinmetz, de M. Miles Walker et de M. Giles à ce sujet, je me permets d’attirer son attention et l’attention de vos lecteurs sur mon article publié dans YElelctrotechnische Zeitschrift en 1906,0° 36 (de même dans Y Electri-cian de Londres, en 1906, le 3i août) qui est le premier article important à ce sujet et qui donne non seulement l’explication complète du phénomène, mais publie aussi un grand nombre d’essais faits en commun parM. Hobarl et par moi. Les travaux de MM. Steinmetz et Miles Walker développent encore les théories de ce phénomène, mais d’autre part il me semble que M. Steinmetz a tort de négliger la dispersion de l’inducteur qui, d’après mon opinion, joue un rôle très important. Si M. Boucherot avait l’obligeance de lire mon article, il trouverait que son explication est tout à fait identique à la mienne publiée en 1906. »
- F. PüNGA.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- .213
- 19 Août 1911.
- VARIÉTÉS
- Les applications domestiques de l’êlectritè.
- Parmi les nombreuses applications de l’électricité, les applications domestiques jouent un rôle d’une importance assez grande, étant donné que leur développement est intimement lié à celui des secteurs et des compagnies de distribution d’électricité.
- C’est en s’inspirant de cette considération que le XIXe congrès du « Verband deutscher Elektrotech-niker », réuni récemment à Munich, a consacré à cette question une part importante de ses travaux.
- D’autre part une exposition d’un nouveau genre a eu lipu au mois d’avril à Berlin ('). 11 s’agit d’une exposition spécialement consacrée aux appareils électriques destinés aux usages domestiques et à la petite industrie : lampes à incandescence et à arc, petits moteurs, ventilateurs, appareils de chauffage divers, compteurs, etc. Les ustensiles de cuisine électriques, que l’on pouvait d’ailleurs y voir fonctionner, y tenaient une large place ; quelques appareils d’électricité médicale y étaient également exposés. Cette 'exposition devait quitter Berlin pour entreprendre une tournée à travers les principales villes de l’Allemagne.
- Cette manifestation montre l’intérêt qu’on attache actuellement en Allemagne au développement des applications accessoires de l’électricité.
- C’est cet intérêt que soulignait M. G. DeTtmar lorsque, à l'occasion du Congrès dont nous parlions plifs haut, il présentait un rapport très documenté (v), dans lequel il envisagerait les services que l’électricité peut rendre dans les usages domestiques.
- L’éclairage.
- M. Dettmarexamine d’abord la question de l’éclairage électrique dans les habitations particulières, en insistant sur les avantages bien connus de cet éclairage par rapport à l’éclairage au gaz.
- Un de ces avantages, que l’on néglige trop souvent de faire entrer en ligne de compte, mais qui n’en
- (') La première exposition ambulante de l’électricité, à Berlin, Elecklrotechnische Zeitschrift, i3 avril 1911 p. 37a.
- (2) Elektrotechnische Zeitschrift, 29 juin, 9, 13, 20 et 27 juillet 1911.
- correspond pas moins à une économie très réelle, est le suivant. Il arrive fréquemment, lorsqu’on va d’une pièce à l’autre, que l’on laisse les becs de gaz allumés dans chacune de ces pièces, afin d’éviter d’avoir à les rallumer à 'chaque instant. Plusieurs becs peuvent même brûler ainsi simultanément, en pure perte. Ainsi, M. Dettmar estime que le rapport du nombre de becs brûlant inutilement au nombre total de becs allumés est en moyenne de 5o % . Il en résulte donc une dépense double de la dépense nécessaire. La faculté d’allumage et d’extinction immédiates des lampes électriques permet de supprimer cet inconvénient.
- Mais, afin de mettre en évidence l’économie que permet de réaliser l’emploi de l'éclairage électrique, M. Dettmar va plus loin. Il examine le cas d’une personne allant chercher un objet dans une pièce obscure. Si cette pièce n’est pas munie de l’éclairage électrique, la personne allume une allumette qui revient, en Allemagne, à 0,0495 centime; si au contraire une lampe électrique à filament métallique de 25 bougies se trouve dans la pièce et que l’on allume celle-ci pendant 20 secondes, la dépense se trouve réduite à 0,007 centime.
- Si nous faisons, à titre de curiosité, la même comparaison en prenant pour bases le prix des allumettes et celui de l’énergie électrique à Paris, les dépenses respectives correspondantes sont de o,t centime pour une allumette et de 0,0098 centime pour l’éclairage électrique; la différence en faveur de ce dernier est donc encore plus grande.
- M. Dettmar rappelle ensuite les autres avantages de l’éclairage électrique par lampes à incandescence : possibilité de créer des foyers lumineux d’une intensité variable d’une fraction de bougie à plusieurs milliers de bougies, absence de flamme, facilité d’adaptation à toutes les formes de lustres ou d'appareils d’éclairage même artistiques, faible développement de chaleur, surtout avec les lampes à filament métallique, couleur de la lumière se rapprochant de celle du soleil, et enfin facilité de remplacement des lampes.
- D’ailleurs, la grandeur qui caractérise l’éclairage d’une pièce n’est pas l’intensité lumineuse de la source ou de l’ensemble des soürcesljüi éclairent cette pièce, mais l’éclairement des différentes parties
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- Éli- - LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Sérié). « Ë^ài;
- de celle-ci et en particulier celui des tables. Or, l’éclairage électrique permet d’obtenir un éclairement sensiblement supérieur à celui que donné l’éclairage au gaz, même avec un nombre de bougies plus élevé. Les chiffres que donne le tableau I sont tout à fait caractéristiques à cet égard.
- de 5oo heures par an, qu’une dépense annuelle de i franc environ.
- D'autres avantages précieux de l’éclairage électrique sont sa propreté et la pureté de l’air ambiant} les autres modes d’éclairage, tels que le pétrole, le gaz de houille, l’acétylène, produisent, au contraire,
- Tabléau I.
- DÉSIGNATION DES PIÈCES APPARTEMENT ÉCLAIRÉ AU GAZ MAISON DE CAMPAGNE ÉCLAIRÉE ÉLECTRIQUEMENT
- Surface de la pièce. Intensité lumineuse des sources employées. • Eclairement obtenu. Bougies Heffner par lux. Surface de la pièce. Intensité lumineuse des sources employées. Eclaire* ment obtenu Bougies Heffner par lu*.
- mètres cnrréfl bougies Heffner lux. mètreB carrés bougies Heffner lux
- Salle à matiger.....-.. 2<) ,2 3 20 12}l 26,5 32,3 33a 47.7 7.0
- Bureau 27,5 23,8
- Eclairage général.... 440 23,0 19,1 100 16,7 12,n
- Eclairage de la table
- do travail itiu 14 ,8 10,8 a5 34,0 o,7
- Chambre d’enfants... . ifi ,5 80 io,3 7.8 16,5 5o 16,3 3,1
- On voit d’après ce tableau que le nombre dé bougies Heffnër nécessaires par lux est bien plus faible avec l’éclairage électrique qu’avec l’éclairage au gaz. En ce qui concerne particulièrement l’éclairement dé la table de travail, l’électricité montre un avantage considérable, donnant en effet 34 lux pour 25 bougies Ileffner, alors qu’avec le gaz pour obtenir 14,8 lux; soit moins de la moitié, il fallut 160 bougies Heffner.
- Ce résultat s’explique très simplement par ce fait que, avec le gaz, l’éloignement de la source lumineuse par rapport à la table était de 2,1 mètres, alors que cette même distance n’était que de o,5 mètre avec l’éclairage électrique. C’est ici qu’apparalt nettement l’avantage des lampes électriques portatives oit à contrepoids qui permettent de réduire à volonté la distance entre la source lumineuse et; la surface à éclàirér, ce qui n’e'st guère réalisable avec l’éclairage au gaz.
- D’autre part, dans le prix de revient de l'éclairage au gaz, il faut faire entrer en ligne de compte l’entretien des becs qui revient à un prix assez élevé. Plusieurs directeurs d’usines à gaz proposent en effet à leur clientèle de se charger de l’entretien et du remplacement des becs, moyennant un prix à forfait, variant selon l’importance de l'installation de 3 fr. 73 à 5 fr. 625 par lampe et par an, ce qui représente environ 5o % du prix du gaz consommé. Or, M. Dèttmar estime qu’une lampe à filament métallique pouvant durer environ t 5oo heures, son remplacement ne nécessite, pour une durée d’allumage
- une quantité appréciable d’anhydride carbonique.
- Des expériences très concluantes ont d’ailleurs été faites à ce sujet dans une salle dont les dimensions étaient les suivantesJongueur, *4,6 mètres; largeur, 7,4 mètres; hauteur, 4,6 mètres. On disposa tout d’abord dans cette salle cinq appareils à gaz pour éclairage indirect, munis chacun de deux becs à incandescence. Ces appareils furent ensuite remplacés par deux lampes à arc à air libre, puis par 10 lampes à filament métallique de 100 bougies Heffner chacune, de manière à obtenir sensiblement le mime éclairage dans les trois cas. L’éclairement moyen était de 14 à 19 lux. La durée de chaque expérience fut de huit heures. Les résultats de ces expériences furent les suivants : à la fin de la période d’éclairage uu gaz, le séjour dans la salle était très désagréable, ce qui n’était pas le cas avec l’éclairage électrique. D’autre part, on constata qu’avec l’éclairage au gaz la teneur de l’atmosphère de la salle en anhydride carbonique s’était accrue de 0,4 % ; or, les hygiénistes estiment que la teneur de l’atmosphère d’une pièce en anhydride carbonique ne doit pas être supérieure à 0,22 % . Enfin la surélévation de température produite par le gaz fut de beaucoup supérieure à celle produite par l’éclairage électrique.
- D’ailleurs, les produits de la combustion du gaz sont nuisibles, non seulement à l’organisme humain, mais encore aux objets environnants. Les parties des appareils d’éclairage au gaz situées au-dessus des
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- 49 Août 1041. : LA LUMIEHE ÉLECTRIQUE
- SIS
- becs ne tardent pas à prendre, ainsi que les plafonds, une teinte désagréable à l’œil. Mais ce sont surtout les tentures qui souffrent de l’éclairage au gaz et qui doivent être remplacées plus fréquemment dans les pièces munies de cet éclairage que dans les pièces éclairées électriquement. C’est là encore une dépense qu’il convient dé faire entrer en ligne de compte dans le coût de l’éclairage au gaz.
- M. Dettmar insiste, d’autre part, sur la sécurité que présente l’éclairage électrique comparativement aux autres modes d’éclairage au point de vue des dangers d’explosion et d’incendie. Nous avons d’ailleurs publié récemment ('). à ce sujet une statistique relevée en t Prusse et suffisamment éloquente pour .qu’il ne soit pas nécessaire dè revenir sur cette question.
- L’ensemble de ces avantages assure à l’éclairage électrique une telle supériorité sur les autres modes d’éclairage qu’on ne doit pas. hésiter à le préférer à ceux-ci, même si le prix en est légèrement plus élevé..
- La cuisine.
- ! Un autre domaine d’applications domestiques, dans lequel l’électricité est susceptible de rendre également de grands services, est la cuisine. Mais, tandis que lès avantages de l’éclairage électrique ne sont complètement ignorés de personne, il est loin d’en être de même en ce qui concerne la cuisine électrique. Il est, en effet, une opinion très répandue, même et surtout parmi les techniciens, et qui consiste à croire que le prix de revient de la cuisine électrique est tellement élevé, que les applications pratiques en sont impossibles. Or, M. Dettmar a démontré, à l’aide de plusieurs expériences dont nous dirons quelques mots plus loin, que les applications de la cuisine électrique peuvent être réalisées actuellement à des prix très abordables, tout au moins en Allemagne.
- Un autre reproche que l’on fait aux appareils de cuisine électriques est leur fragilité. Ce reproche est également mal fondé, ainsi qu’il résulte d’intéressantes expériences effectuées sur des appareils présentant un.e durée de service de onze années.
- L’un de ces appareils, une théière, fut mise en circuit, le récipient étant vide; ce dernier fondit, mais la résistance dé chauffage resta complètement intacte et put être placée sur une autre théière. Un fer à repasser, qui avait été soumis à un usage presque
- (l) Voir Lumière Electrique, a4 juin 1911, p. 376.
- journalier de onze années, pift d’autre part supporter une tension de t 200 volts; après cet essai, la résistance de chauffage fut également retrouvée intacte; seul, le mica qui l’isolait souffrit de cette surtension. Ces expériences prouvent d’une manière indéniable que les appareils actuels sont loin d’avoir la fragilité qu’on leur reproche à tort.
- Les avantages de l’électricité au point' de vue de la cuisine sont les mêmes qu’au point de vue de l’éclairage, c’est-à-dire qu’ils peuvent se résumer ainsi : propreté, simplicité, facilité de réglage, répartition rationnelle de la chaleur, absence de bruit et de dangers d’explosion ou de viciation de l’air.
- Quant à la quantité d’énergie nécessaire pour la préparation des repas, lés différents auteurs qui se sont occupés de cette question indiquent des chiffres variant de 0,48 à 1 kilowatt-heure. Au tarif de o fr. 3o par kilowatt-heure actuellement en usage à Paris pour la force motrice, cette quantité d’énergie représenterait une dépense de o fr. i5 à o fr. 3o par personne et par jour, ce qui est déjà très abordable. La quantité de pétrole nécessaire pour obtenir le même résultat serait, d’après les observations de la société « Elektra », de Lindau, dé o,5 litre par personne et par jour, ce qui, à Paris, représenterait, en se basant sur le prix moyen actuel de o fr. 65 par litre, une dépense de .0 fr. 3a5 environ.
- Dans cette comparaison, l’avantage resterait donc à la cuisine électrique.
- M. Dettmar s’est d’ailleurs livré à plusieurs expériences dans lesquelles il a noté soigneusement la consommation d’énergie nécessaire pour la préparation de divers repas; nous reproduisons, à titre documentaire, les résultats d’une de ces expériences :
- Mets préparés :
- i,5 kilogramme de choucroute.
- 1 kilogramme de pommes de terre au sel.
- 1 kilogramme de viande fumée.
- 2 litres de soupe.
- Indications du compteur : à la
- fin de l’essai.............. 7,56 K. W. H.
- Indications dp compteur : au
- début.................... 6,56 »
- Différence : 1,00 »
- Les dépenses correspondantes seraient donc de
- o fr. 125 avec le tarif en usage à Berlin et de o fr. 3o avec le tarif de force motrice actuellement en usage à Paris. ~
- Néanmoins, il convient de le faire remarquer avec
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- ; .y* *
- T. XV (2e Série)”
- rï°;s’
- 3.
- M. Goisot ('),-le développement pris par la cuisine électrique en Allemagne ne provient pas seulement du tarif relativement bas de l’énergie électrique dans ce pays, mais aussi de la nature des mets à préparer. Tandis qu’en effet la cuisine allemande comporte principalement des viandes bouillies à la préparation desquelles l’électricité se prête très facilement, la cuisine française comprend une grande quantité de viandes rôties qui exigent une température plus élevée et, par suite, non seulement une plus grande dépense d’énergie, mais encore des appareils d’une fabrication plus coûteuse. Toutefois, les progrès accomplis dans la construction de ces appareils et les abaissements de tarif, sur lesquels nous reviendrons, permettront certainement de réaliser en France même d’importantes applications de la cuisine électrique.
- geusement le gaz pour tous les usages domestiques. A Paris, où les tarifs actuels sont un peu plus élevés, l’emploi de l’élqctricité n’est pas encore aussi économique qu’à Berlin ; mais l’application des nouveaux tarifs, qui doivent entrer en vigueur en 1914 ('), aura certainement une influence des plus favorables sur le développement des applications domestiques de l’électricité, ainsi que cela a d’ailleurs été constaté en Allemagne.
- C’est ainsi qu’à Erfurt, où les tarifs moyens ont été abaissés de o fr. 60 à 0 fr. 45 par kilowatt-heure, en «907, le nombrede kilowatts-heures fournis s’est élevé de 85 85g pour la période du icr avril 1906 au 3o mars 1907, à i43 897 pour la période correspondante de l’année suivante; ce chiffre n’a d’ailleurs cessé de s’accroître, et en 1910 il était de 5n 112. Il n’est pas douteux qu’une progression encore plus
- Tableau II.
- TARIF électricité (Prix du kilowatt-heure en centimes). GAZ (Prix du mètre cube en centimes).
- Force motrice 20 Eclairage.... 5o (Berlin) Force motrice 12,5 Eclairage .... 5o (quelques faubourgs de Berlin) 15,4 5 ' (Berlin). 20 (Munich).
- Dépenses totales (francs). 222 168 176 229
- p Enfin nous signalerons un avantage particulièrement intéressant de la cuisine électrique, qui consiste dans la possibilité d’arrêter là cuisson au moment voulu, ce qui évite des mécomptes et une consommation exagérée de courant. Il suffit pour atteindre ce but d’intercaler une minuterie réglable dans le circuit.
- D’autre part, M. Dettmar donne d’intéressants chiffres de comparaison entre les dépenses résultant de l’emploi du gaz et de l’électricité pour l’éclairage, la cuisine et le repassage d’une maison d’habitation moyenne. Ces chiffres sont reproduits dans le tableau II. Ils sont relatifs à une période de cinq mois (de décembre 1910 à avril 1911} et comprennent les frais de location des compteurs.
- Ces chiffres prouvent nettementque, en Allemagne tout au moins, l’électricité peut remplacer avanta-
- —^ . .
- (*) Rapport présenté au Congrès International des Applications de l’Electricité, en 1908.
- rapide sera observée à Paris lors de l’application du nouveau tarif, celui-ci étant, pour l’éclairage, inférieur de plus de 5o % au tarif actuel.
- Nous terminerons cet exposé en signalant les autres applications domestiques de l’électricité dont les unes, telles que les fers à friser, chauffe-lits, cataplasmes, allume-cigares, etc. , présentent un intérêt immédiat et universel, tandis que les autrès, telles que les monte-plats, les balayeuses, les aspirateurs dépoussiéré, etc., sont surtout appelés à rendre des services dans les immeubles d’une certaine importance, tels que les hôtels et les bureaux des grandes administrations.
- M. K.
- La tarification de l’énergie électrique.
- On pourrait parler actuellement d’une crise de la tarification de l’énergie électrique.
- (') A. Troller, La transformation du réseau électrique parisien. Lumière Electrique, tome X (2e série), p. 12.
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- !9Aoûtl911. LA LUMIERE ELECTRIQUE ________ 217
- De multiples propositions se font jour, afin de permettre au consommateur d’augmenter sa demande de courant, ou dans le but de tenir compte des besoins réels des abonnés. Dans ce dernier ordre d’idées rappelons les considérations qu'exposait tout récemment ici-môme (*) M. R. Arno.
- Cet ingénieur a montré la nécessité de faire entrer en ligne de compte, dans la tarification, la consommation de courant déwatté dont l’abonné ne saurait se passer si son installation n’est pas uniquement destinée à l’éclairage. Et c’est pourquoi M. Arno a proposé, après de longues discussions, de faire porter le tarif sur la somme des deux tiers des watts etd’un tiers des volts-ampères,somme qu’il a appelée la charge complexe.
- D’autre part, en Allemagne, les techniciens se préoccupent tout particulièrement des moyens propres à favoriser le développement de la consommation de l’énergie électrique sous toutes ses formes. Mais, si les divers auteurs qui se sont empares de cette question poursuivent le même but, les solutions qu’ils proposent sont assez différentes.
- C’est ainsi que les uns, comme M. Passavant, dont nous avons récemment analysé un intéressant travail sur « l’emploi d’un tarif unique et le développement de la consommation de l’électricité » (2), proposent l’emploi d’un tarif unique à forfait appliqué indistinctement à tous les abonnés, quelle que soit la forme sous laquelle ceux-ci utilisent l’énergie qui leur est fournie; ce tarif est basé sur une consommation continue de vingt-quatre heures par jour.
- M. Gajczak propose également un tarif basé sur l’emploi de disjoncteurs ou de limiteurs de courant (3).
- M. Mohl préconise au contraire le « double tarif » (4), mais sous une forme différente de sa forme actuelle, laquelle consiste, comme on le sait, dans l’application aux abonnés du tarif fort aux heures de pointe, et d’un tarif restreint aux heures où l’usine est peu chargée. D’après M. Mohl, ce mode de tarification présente l’inconvénient d’exiger l’installation de compteurs munis d’horloges, dont les prix sont assez élevés et qui nécessitent d’autre part un personnel spécial chargé de remonter périodiquement celles-ci; c’est en raison de cet inconvé-
- () Lumière Electrique, i5 avril 1911, p. 35. Voir aussi tomes XII et XIII.
- (2) Voir Lumière Electrique, 10 juin 1911, p. 3i5.
- (3) K. Gajczak, La question des tarifs, Eleklrotech-nische Zeitschrift, i’8 mai 1911.
- (-*) Elektrotechnische Zeitschrift, 12 janvier et 11 mai
- >9".
- nient que les cofnpagnies de distribution hésitent à appliquer le double tarif aux petits consommateurs.
- La solution proposée par M. Molli présente une plus grande simplicité, étant donné que l’horloge est remplacée par un simple relais thermique intercalé dans le circuit d’éclairage de l’abonné. Lorsque la consommation des lampes installées chez celui-ci dépasse le maximum pour lequel l’usage du tarif réduit est consenti, le fil du relais se dilate et ferme le circuit d’un électro-aimant qui débraie le mouvement d’enregistrement du tarif réduit et embraie celui du tarif fort. Les moteurs et autres appareils auxquels le tarif réduit est seul appliqué sont montés en dérivation entre le compteur et le relais thermique, de sorte que leur consommation propre n’a aucune influence sur celui-ci. Il est facile de comprendre que ce dispositif réaliseles mêmes conditions que le compteur à horloge, tout en présentant une plus grande simplicité.
- En effet, dans la journée, l’abonné se sert de ses moteurs et en outre de quelques lampes pour l’éclairage d’une vitrine ou d’une cave; le compteur enregistre donc au tarif réduit. Lorsque la nuit arrive, l’abonné allume un beaucoup plus grand nombre de lampes, ce quiproduit automatiquement l’enregistrement au tarif fort. Dès lors, il n’y a aucun avantage à utiliser les moteurs pendant les heures de pointe, puisque, par suite du grand nombre de lampes allumées, le compteur n’enregistre qu’au tarif fort.
- D’autre part, on peut signaler que l’Eleklri-zilatswerk Westfaler A. G. de Bochum consent à ses abonnés à forfait des conditions très avantageuses qui peuvent s’abaisser jusqu’à o fr. GaS par mois et par lampe à filament métallique de 16 bougies ('). En outre,la société accepte de faire l’installation à forfait moyennant une redevance de o fr. 5o par mois pour une ou deux lampes et de o fr. en plus par lampe au delà de deux; toutefois la durée minima du contrat est d’un an.
- Lorsque la redevance a été payée pendant cinq années consécutives, même par des abonnés différents, l’installation devient la propriété soit de l’abonné, soit du propriétaire de la maison.
- Enfin, la société loue également à ses abonnés des lustres ou des appareils d’éclairage quelconques. Cet exemple pourrait être utilement suivi par d’autres secteurs, si toutefois l’avenir montre qu’il donne des résultats suffisamment favorables.
- C. M.
- (!) Le tarif à forfait et la location des installations.
- ' Elektrotechnische Zeitschrift, 27 avril 1911.
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- 218 LA LUMIÈRE
- La lutte du gaz et de Vélectricité en Allemagne.
- Une lutte d’une âpreté particulière se poursuit actuellement entre les compagnies de gaz et les secteurs électriques qui rivalisent d’efforts pour s’assurer la préférence des consommateurs.
- On trouvera dans l’article précédent les principaux arguments qu’invoquent les défenseurs de l’électricité. Mais les adversaires de celle-ci ne se font pas faute de rpcourir également à la publicité des journaux pour exposer leurs griefs. C’est ainsi que le Oberschlesische Wanderer du i/( février 1911, publia un article reproduit par Y Elektrotechnische Zeitschrift ('), et dans lequel l’électricité était vivement attaquée. L’auteur de cet article reprochait en particulier aux lampes à filament métallique leur destruction rapide qui, d’après lui, était pour l’abonné une source de dépenses incessantes.
- Il est juste d’ajouter que le même périodique publia, sous forme de réponse, un autre article dont ,lcs conclusions étaient plus conformes à la réalité et où il était rappelé que la durée moyenne des lampes à filament métallique est de 1 000 heures et que certaines d’entre elles essayées par 1 e Physika-lisch-Technische Reichsantalt ont atteint une durée de 6000 heures; d’autre part, ajoutait l’auteur de cette réponse, la diminution d’intensité lumineuse des lampes à filament métallique n’est au bout de 1 000 heures que de 10 % , alors qu’elle est beaucoup plus grande avec les becs de gaz. D’ailleurs, la meilleure preuve des qualités des lampes à filament métalliques actuelle est la grande faveur que leur témoigne le public et grâce à laquelle le nombre de ces lampes,fabriquéesàBerlin seulement,dépasse 100 000 par jour. Enfin, il est significatif de constater que de nombreux fabricantsde manchons à gaz se sontadon-nés à la fabrication des lampes à filament métallique.
- Quoi qu’il en soit, l’avantage en faveur de l’électricité semble l’accentuer de plus en plus, ainsi qu’il ressort d’une statistique publiée par M. Dettmar (2) et qui montre que, au cours des dix dernières années,
- (*) 20 avril 1911, p. 3g6.
- (2) Le développement des usines de distribution d’électricité en Allemagne de 1 900 à 1909. —G. Det-tmati. Elektroteclinische Zeitschrift, 18 mai 1911, p. 489.
- Voir aussi : Comparaison du prix de l’éclairage électrique et de l’éclairage au gaz en Angleterre, Elektrotechnische Zeitschrift, 11 mai 1911, p. 47a.
- Cette revue donne un tableau comparatif des prix de l’éclairage électrique et de l’éclairage au gaz par bougie HefTner et par heure da is «4 villes d’Angleterre.
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- le nombre des abonnés aux secteurs: électriques en Allemagne n’a cessé de s’accroître ; de 1900 à 1909,1e rapport de la puissance moyenne installée au nombre d habitants a plus que doublé dans les villes de moins de 100 000 habitants et quadruplé dans les autres.
- L’existence d’usines à gaz dans les mêmes villes n’a nullement nui au développement de l’électricité; au contraire, ce développement a été beaucoup plus grand dans les villes pourvues d’usines à gaz que dans celles qui en sont dépourves, ainsi que cela ressort de la statistique dont nous parlons plus haut. Le gaz est, d’ailleurs, pendant cette même période, resté stationnaire; la consommation en a très légèrement augmenté dans les villes de moins de 100 000 habitants et marque, par contre, une tendance à la diminution dans les grandes villes.
- Enfin, M. F. Ross a abouti sur la même question à des conclusions nettement optimistes, que nos lecteurs connaissent d’ailleurs (’).
- Il est à signaler aussi qu’un nouvel élan a été donné à l’utilisation de l’énergie électrique en Allemagne, par une heureuse modification des prescriptions administratives (2).
- Beaucoup d’améliorations ont été apportées par les constructeurs du matériel d’installations : isolateurs, matériel de lignes, boîtes de dérivation et de raccordement, douilles, interrupteurs rotatifs, coupe-circuits, par suite des prescriptions imposées par le Verband deutscher Elektrotechniker. Ce sont ces perfectionnements successifs dont ce matériel a été l’objet qui ont eu pour conséquence le développement de plus en plus grand de l’emploi de l’électricité en Allemagne ; entre autres, ces perfectionnements ont permis de porter la tension des réseaux de distribution de 6Er volts au début, à 110, puis à 220, et même à 440 volts (2 ponts de 220 volts), ce qui a. accru considérablement le champ d’action de l’électricité (3). C. M.
- (*) F. Ross. Le gaz et l’électricité en Allemagne Lumière Electrique, 27 mai 1911, p. 244.
- |2) L’évolution du matériel d’installation sous l’influence des prescriptions de sécurité du Verband deutscher Elektrotechniker. — H. Perls. Elektrotechnische Zeitschrift, 13. juillet 1911.
- (3) Dans un article intitulé : Le monopole des installations et de la fourniture du matériel (Elektrotechnische Zeitschrift, i3 et 20 avril 1911 ), Elektrotechnische Zeitschrift commente certains articles publiés dans la Frankfurter Zeitung relatifs au monopole des installations et de la fourniture du matériel. C’est une question qui se rattache étroitement aux précédentes.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Le halage électrique sur les canaux.
- Si l’on considère l’énorme capital que représentent les canaux existants, ainsi que les dépenses annuelles d’entretien qu’ils nécessitent, il y aurait un intérêt évident à en tirer un meilleur profit en augmentant leur trafic, ce qui permettrait d’abaisser le prix du fret et de lutter plus, avantageusement contre lès transports par voie de fer. .
- Pour augmenter le trafic, il est nécessaire de substituer la traction mécanique à la traction animale dont la lenteur (la vitesse d’un bateau chargé, remorqué par des chevaux, varie entre i,5 et i,8 kilomètres à l’heure) vient s’ajouter à la difficulté qu’éprouvent, très souvent, les mariniers à se procurer un attelage, ce qui les oblige à des stationnements exagérés et à de grandes pertes de temps.
- Le développement de l’industrie a profondément modifié, dans ces dernières années, les conditions des transports par eau. Non seulement le trafic est considérablement augmenté, mais encore on exige impérativement la diminution des délais de transport. 11 s’agit donc, non pas seulement de multiplier les voies navigables, mais plutôt d’organiser des halages mécaniques, ce qui permet à la fois d’accélérer l’allure des bateaux et d’augmentej* le trafic sur les canaux existants.
- En vue de réaliser le problème du halage mécanique, on a fait de nombreux essais qui n’ont pas toujours été couronnés de succès,
- C’est ainsi que le long du canal de Teltow, construit pour éviter aux bateaux utilisant la Sprée la traversée de Berlin, on a installé, sur chaque berge, une voie ferrée et le halage se fait par locomotives électriques. Cette solution a été rendue possible par ce fait que le canal de Teltow a été construit spécialement en vue de son application et son prix de revient est telle-
- ment élevé qu’elle ne peut se justifier que par le trafic extrêmement intense et tout à fait exceptionnel de ce canal.
- Sur les canaux du Nord, on essaya d’abord des tricycles tracteurs sur berges; ils furent abandonnés en raison de leur inefficacité. On appliqua la traction par locomotives, mais en n’équipant qu’une berge avec voie simple, perdant ainsi en grande partie les avantages du système de Teltow. Malgré cela, le prix de revient reste encore très élevé et il est nécessaire d’être assuré d’un trafic important pour qu’une installation semblable soit rémunératrice.
- Le système par tracteurs sur berges présente non seulement l'inconvénient grave d’être d’une application onéreuse, mais, dans la plupart des cas, l’établissement de voies est rendu très difficile par les coUcles brusques du canal, la présence de ponts, de traversées de rivières et d’ouvrages d’art de tonies sortes. L’adaptation d’un tel système entraine donc des dépenses considérables, hors de proportion avec le résultat 'obtenu.
- Le haleur flottant ne peut guère être pris en considération, car il entraîne le double éclusage, ce qui, dans l’état actuel des canaux, limite son emploi aux canaux sans écluses.
- Cos différents systèmes ne peuvent donc être considérés que comme des solutions particulières, justifiées soit par un trafic considérable, soit par des 'conditions locales exceptionnellement favorables.
- Pour donner au problème une solution générale, il fallait trouver un système capable de s’adapter à tous les canaux, simple, robuste et sur, peut-être moins complet techniquement que ceux que nous venons de rappeler, mais moins coûteux comme premier établissement, étant bien entendu que la vitalité d’une entreprise de halage électrique dépendrait avant tout du capital engagé. C’est le problème que s’est posé
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- la Compagnie Générale Electrique de Nancy et nous nous proposons, dans la description qui va suivre, de montrer comment elle l’a résolu.
- DESCRIPTION
- DU SYSTÈME DE LA COMPAGNIE GÉNÉRALE ÉLECTRIQUE
- Le principe consiste à haler les bateaux par câbles sans fin longeant la berge. Ces câbles ont tous une longueur uniforme d’environ 45o mètres et chacun d’eux est actionné par un cabestan électrique.
- Si l’on suit le bord du canal, on rencontre d’abord un câble (sans fin, dont les deux brins cheminent en sens inverse et ont environ chacun /|5o mètres de longueur, puis un espace libre de 5o mètres environ, un nouveau câble sans fin et ainsi de suite. .
- Chaque cabestan, commandé par un moteur électrique,’peut être mis en route ou arrêté par deux interrupteurs spéciaux, placés aux deux extrémités du câble.
- Le halage se comprend alors sans difficulté. Supposons un bateau isolé sur le canal. Il est accompagné par un conducteur (analogue au charretier ou commis actuel) qui est chargé de manœuvrer les cabestans et la corde de halage.
- ,Le conducteur accroche l’amarre au câble sans fin^et le bateau est remorqué sur 45o mètres de longueur, en partant cl’une vitesse initiale nulle, pour être accélérée graduellement jusqu’à l’allure de 3 kilomètres à l’heure, ceci par le simple effet du moteur électrique du cabestan, qui, grâce à une combinaison spéciale, réalise le démarrage avec un couple très puissant et une accélération automatique de vitesse sans aucun appareil auxiliaire. Quand le point d’arrimage vient à l’extrémité du câble sans fin, le conducteur arrête le cabestan, décroche l’amarre et, suivant au pas le bateau qui, par sa vitesse acquise continue à avancer, vient accrocher l’amarre au câble sans fin suivant, dont il met le cabestan en roule. Le bateau est ainsi halé successivement par chaque cabestan, ceux-ci fonctionnant uniquement pendant le temps que met le bateau à parcourir la longueur du câble sans fin.
- Pour haler les bateaux dans l’un ou l’autre sens, il suffit d’attacher l’amarre à l’un ou à l’autre brin des câbles sans fin.
- Si nous avons maintenant affaire à plusieurs bateaux cheminant simultanément dans le même sens, on devra s’arranger pour que chaque
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- cabestan remorque un seul bateau; ceux-ci devront donc être à un intervalle régulier de 5oo mètres ou multiple entier de 5oo mètres.
- Si, enfin, nous nous plaçons dans le cas le plus général de bateaux circulant dans les deux sens, un cabestan devra toujours ne remorquer qu’un seul bateau; le débit maximum du canal sera donc obtenu quand chaque cabestan halera successivement deux bateaux cheminant en sens contraire. La distance entre deux bateaux circulant dans le même sens sera donc, cette fois, de i kilomètre.
- Cherchons à nous rendre compte, dans ces conditions, du débit du canal par jour, c’est-à-dire du nombre de bateaux qui pourront passer en un point donné en une journée de douze heures.
- Le premier élément à fixer est la vitesse des bateaux. Or, l’expérience montre que. étant donné la section des canaux, la forme des bateaux et leur tonnage moyen, il n’est guère possible de dépasser la vitesse de 3,5 kilomètres à l’heure. Au delà, la puissance absorbée croît considérablement, pour une augmentation de vitesse peu sensible, et le remous produit devient très important, surtout au croisement de deux bateaux chargés.
- Admettons donc, comme vitesse moyenne des bateaux, la vitesse de 3 kilomètres à l’heure. Puisque les bateaux marchant dans le même sens sont à une distance l’un de l’autre de i kilométré, il en passera en un point six par heure (trois dans chaque sens),soit, pour douze heures, 72 par jour dans les deux sens, ce qui correspond à un trafic très intense.
- Il est d’ailleurs clair que, pour augmenter le débit, il suffirait de diminuer la longueur de chaque câble. Avec des cabestans situés à 333 mètres l’un de l’autre, la distance entre deux bateaux consécutifs n’est plus que de 666 mètres. Il passe alors en un point 9 bateaux par heure, soit 108 par jour.
- En pratique, des trafics de cette intensité ne sont guère possibles, et cela à cause des écluses. Avec les procédés actuels, la durée d’éclusage d’un bateau est comprise entre 20 et 3o minutes; une écluse ne peut donc laisser passer au maximum que 3 bateaux à l’heure.
- De ceci résulte que, pour augmenter la capacité de débit d’un canal, il faut impérativement réduire les durées d’éclusage. Or, cçtte dernière
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- opération se compose de deux parties : la manœuvre des vannes (remplissage ou vidange de l’écluse) et la manœuvre du bateau (entrée et sortie).
- La durée de manœuvre des vannes dépend de la construction même de l’écluse et peut être diminuée par doublement des sas, amenée centrale de l’eau, etc... tous moyens qui nécessitent de gros travaux de maçonnerie.
- La manœuvre du bateau est actuellement fort longue, car les bateaux que l’on utilise ont une section transversale très peu inférieure à la section utile de l’écluse. Le bateau, dès qu’il est engagé, forme en quelque sorte piston et l’effort nécessaire pour le faire avancer devient très élevé.
- Les chevaux que l’on emploie actuellement ne développent qu’un effort insuffisant; aussi les manœuvres sont-elles très lentes.
- Pour accélérer l’éclusage, la Compagnie Générale Electrique dispose un cabestan électrique combiné avec des poupées de renvoi placées à chaque extrémité de l’écluse. Lorsqu’un bateau se présente, on l’amarre au moyen d’une corde qui passe sur la poupée de renvoi située à l’extrémité opposée de l’écluse et vient s’enrouler sur la poulie du cabestan. Ce dernier est mis en route et, comme il est susceptible de développer un effort très élevé, il fait entrer rapidement le bateau dans l’écluse. On l’emploie de la même façon pour la sortie, mais en attachant l’amarre à l’arrière du bateau.
- Ce dispositif permet de diminuer sensiblement la durée d’éclusage.
- DESCRIPTION DES APPAREILS
- Le câble sans fin est en acier toronné et travaille avec, un coefficient de sécurité élevé. 11 est actionné par un cabestan sur lequel il s’enroule et est supporté, tous les 3o mètres environ, par des poulies de guidage qui le maintiennent.
- Un tendeur à poids, placé près du cabestan, raidit le brin mou et assure l’adhérence du câble. Un autre tendeur, réglable à la main, est placé à l’autre extrémité et sert à compenser les dilatations et allongements permanents.
- I/accrochage du câble-amarre au câble sans fin présentait des difficultés. 11 fallait, en effet, que cette opération soit rendue simple, rapide et en même temps très sûre. Il fallait également empêcher le vrillage au point d’attache, afin d’éviter
- l’enroulement de l’amarre autour du câble sans fin. Il fallait, enfin, obliger le câble-amarre à se dégager sans choc des gorges des poulies de guidagè qui supportent le câble sans fin.
- Les dispositifs employés par la Compagnie Générale Electrique pour résoudre ces difficultés sont les suivants :
- On a placé sur le câble sans fin, tous les 25 mètres environ, une ligature souple sur laquelle vient s’appuyer un ensemble de billes en acier et de bagues en bronze enfilées sur le câble. D’autre part, l’amarre du bateau est terminée par une pièce d’accrochage qu’on engage sur le câble et qui vient s’appuyer sur le billage décrit ci-dessus. Cet accrochage est combiné de telle façon que la manœuvre en est très simple et très sûre.
- Le dispositif décrit ci-dessus ne sert pas seulement à entraîner le bateau, mais il a en outre pour effet de compenser les mouvements de vrillage du câble sans fin. Ce dernier peut tourner sur lui-même sans difficulté, car, grâce à l’interposition des billes, il n’oblige pas l’amarre à s’enrouler autour de lui.
- Le câble sans fin est supporté tous les 3o à /jo mètres par des poulies de guidage. Celles-ci comportent une gorge profonde avec deux joues d'inégale hauteur; celle côté canal est plus petite, et, en même temps, crénelée d’une façon régulière le long de sa circonférence. Dans son mouvement, le câble sans fin entraîne l’amarre qui vient à côté de lui s’engager dans la gorge. Mais, sur cette amarre, à environ i mètre du point d’attache, on a disposé une boule de diamètre bien supérieur à la gorge de la poulie. Cette boule ne peut pénétrer dans la gorge ; elle se trouve donc soulevée, et soulève avec elle, l’amarre qui s’échappe alors de la poulie sans que le câble sans fin ait pu s’en échapper lui-même.
- Les cabestans sont commandés par l’intermédiaire de plusieurs trains d’engrenages, par des moteurs asynchrones triphasés. Chaque moteur développe une puissance normale de io chevaux, environ. Afin d’obtenir un matériel aussi robuste que possible, et de réduire au minimum les opérations du démarrage, on emploie des moteurs avec rotor en court-circuit, ce qui permet de mettre le cabestan en route par la simple manœuvre d’un interrupteur.
- Des dispositions spéciales ont été prises pour faire de ces moteurs des organes essentiellement robustes et d’un fonctionnement absolumentsùr;
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- ils doivent posséder un couple élevé au démarrage et celui-ci doit s’effectuer rapidement. En fait, un bateau lourdement chargé est facilement et en un temps très court mis en vitesse. Les mêmes précautions ont été prises pour les moteurs des cabestans de halage dans les écluses.
- Les moteurs sont alimentés sous une tension de 190 volts. Le courant triphasé est amené le long du chemin de halage par une canalisation à haute tension, la tension étant abaissée à 190 volts dans des postes de transformation répartis d’une façon à peu près uniforme, de manière à alimenter deux cabestans chacun. On a ainsi un poste de transformation avec transformateur statique tous les kilomètres, dans le cas où nous nous sommes placés. Le courant haute tension peut être fourni, suivant les cas, par une usine spéciale ou acheté à des distributions de forces avoisinantes.
- Les cabestans sont commandés, ainsi que nous 1,’avons vu, par deux interrupteurs d’extrémité à deux positions. Le courant peut d’ailleurs être interrompu entre les deux points extrêmes par un nombre, aussi grand qu’on le juge nécessaire, d’interrupteurs d’urgence. Pour manœuvrer ces interrupteurs, il faut une clef spéciale que possèdent seuls les conducteurs. Ces interrupteurs permettent d’arrêter le cabestan en cas de besoin, mais ils sont construits de telle façon qu’on ne peut sortir la clef qu’après avoir mis le cabestan en route. Ce dispositif permet d’éviter toute fausse manœuvre, ne nécessite aucun personnel spécial et assure une sécurité absolue de fonctionnement.
- cour de l’installation
- Si le système de halage par câbles que nous venons de décrire se présente sous une forme simple, robuste, d'un fonctionnement sûr, il a aussi l'avantage de ne pas opposer à sa mise en pratique un prix de revient élevé et incompatible avec le trafic du canal qui devrait en être pourvu.
- Une telle installation nécessite, en efl'el, un capital immobilisé relativement faible, représenté parles câbles sans fin, les cabestans etlespoulies-guides, la ligne électrique haute et basse tension et lçs postes de transformateurs, capital que l’on peut évaluer de i5ooo à 20000 francs par kilomètre, au maximum.
- Avec le système de tracteurs roulant sur berge,
- il faut compter environ 25 000 francs par kilomètre pour la voie et les tracteurs. Il faut èn outre ajouter à ce chiffre la valeur des sous-stations de transformation de courant, qui sont indispensables dans la plupart des cas, ainsi que les lignes d’amenée de courant aux tracteurs. Il faut enfin tenir compte des frais d’appropriation des berges et, particulièrement, du déplacement des ouvrages d’art, qui peuvent être extrêmement onéreux, sans compter que, dans les traversées des villes, ce système est pour ainsi dire impraticable, en raison des nombreuses lignes de télégraphe, de téléphone, de tramways électriques et de distribution d’énergie, qui croisenU les canaux ou longent les berges, créant de nombreux obstacles à l’établissement d une ligne continue de traction le long de l’une d’elles.
- Au point de vue de l’exploitation, le système par câbles présente aussi des avantages très marqués. La rusticité du matériel en rend l’entretien facile; la conduite en est simple et n’exige aucun personnel spécial. Enfin, le rendement mécanique est très élevé, car l’énergie n’a à subir aucune transformation.
- Au contraire, avec les tracteurs roulants, les locomotives, et particulièrement leurs moteurs, nécessitent un entretien onéreux. La conduite ne peut être confiée qu’à des wattmen spécialisés. Les sous-stations exigent la présence d’un personnel mécanicien spécial; quant au rendement, il est fortement diminué par suite de la transformation qu’on fait subir à l’énergie.
- 11 faut enfin remarquer avec quelle souplesse le système par câbles sectionnés se prête, non , seulement à un trafic intense, mais aussi à un trafic réduit. Quelquesbateaux, particulièrement pressés, peuvent sans inconvénient continuer à marcher de nuit, ce qui ne serait pas possible * avec un système exigeant l’emploi de sous-stations.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- La période des vacances ne semble pas, celte année, avoir ralenti les opérations financières. Les usines de Siemens ScliuCkert, à Berlin, préparent une émission de 3o millions de marks d’obligations 4 1/2 remboursablesà io3 % . L’émission est garantie par la Deustche Bank et la Bayerische Vereinsbank. A Vienne, l’Oesterreichische Siemens Schuckert Ak-
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- i^AQÙt 1914, ï i V LA .LUMIÈRE
- tien Gesellschaft émet, au prix de a5o couronnes, i5 ooo actions nouvelles de aoo couronnes. En Russie, Tramways et Electricité font une émission qui rencontre un plein succès.
- Chez nous, nous assistons à des allègements de situations devenues par trop difficiles ; les tramways électriques d’Oran réduisent leur capital de 3 900000 à 3 120 000 francs, par la diminution de la valeur nominale de l’action qui sera désormais de 400 francs. Puis ils créent 3 950 actions nouvelles de 400 francs qui porteront le capital à 4 700000 francs.
- Les Tramways de Cherbourg font une opération analogue et ramènent leur capital de 1 15o 000 francs à 862 5oo francs, en échangeant quatre actions anciennes contre trois nouvelles de 100 francs. Ils émettent en outre 2875 actions nouvelles de 100 fr., réservées aux anciens actionnaires, pour reporter leur capital à la même valeur.
- L’argent est donc abondant partout, malgré les menaces de conflit extérieur. D’ailleurs, les affaires de traction continuent à tenter certains groupes de capitalistes : rien ne semble plus facile à suivre puisqu’on publie régulièrement les recettes, qu’on souligne les plus-values, qu’on peut par soi-même se rendre compte de la valeur du trafic. Et ceci, malgré certains échecs retentissants, dont la Compagnie Générale de Traction fournit l’exemple le plus désastreux.
- Les Tramways de Tiflis semblent s’acheminer vers une période de résultats plus satisfaisants. Leur situation, des plus difficiles, avait obligé le Conseil à procéder à une réorganisation financière, dont actionnaires et obligataires firent tous les
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- frais. Au 14 mars 1911, le capftal était représenté par 214 277 parts sociales et 6709 parts sociales estampillées de jouissance. Suivant les conditions du concordat intervenu entre ses créanciers et la Compagnie, un fonds d’amortissement de 6 539 °44 ^r-a été institué. Les produits de l’exploitation serviront maintenant d’abord à régler les frais qu’elle entraîne ainsi que les frais généraux, puis au prélèvement d’un fonds d'amortissement pour rachat d’obligations anciennes. S’il y a un, excédent de bénéfices, il sera attribué à titre d’intérêt aux obligations non amorties. Un nouveau capital-obligations, dont le service d’intérêt et d’amortissement se fera avant celui des obligations précédentes, sera créé pour faire face aux dépenses d’achèvement des lignes. L’exercice 1910-1911 se présente avec des recettes en augmentation, se chiffrant par i 851 771 francs, des dépenses en diminution. Le Conseil a pu consacrer 199 159 francs à des amortissements. Mais le passif présente encore des comptes créditeurs très importants : plus de 17 millions. La recette totale prévue devrait s’élever jusqu’à 3 600 000 francs, le double de celle que nous citons ci-dessus, pour que l’affaire puisse se présenter dans de meilleures conditions, La modification des lignes actuelles, leur transformation en traction électrique, la compression des dépenses, tout donne bon espoir au Conseil et notamment la plus-value des recettes des premiers mois de l’exercice en cours. Néanmoins, la situation reste délicate à dénouer et les anciens obligataires devront s’armer de patience avant d’entrevoir le moment du paiement de leurs coupons.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Italie, — Le ministère des Travaux Publics d’Italie a approuvé le projet de la ville de Yicenza relatif la construction et à l’exploitation d’un tramway électrique de la porte Castello à Loggetta.
- L’autorisation officielle a été accordée au projet d’établissement d’un tramway électrique entre Naples et Acerra.
- Russie, — A été pris en considération le projet de construction d’un chemin de fer électrique entre Kres-towski-Tor (Moscou) et Ssergijew; la distance est de 72 kilomètres environ.
- ÉCLAIRAGE
- Finistère. — Par décret du 8 août, est déclaré d’utilité publique l’établissement à Brest d’un réseau de distri-
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- bution d’énergie électrique dont la concession a été accordée à la Compagnie Générale d’Electricité.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est.
- Jeumont.
- Bulletin mensuel, février et mars 1911. — Equipements de chemins de fer à 4 moteurs de 5o chevaux pour la Société « The Cairo Electric Railways and Heliopolis Oases C. J. ».
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 5 septembre, au sous-secrétariat des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de fil de cuivre recouvert de caoutchouc et de colon ignifugé (6 lots).
- Les demandes d’admission à cette adjudication devront être parvenues au sous-secrétariat d’Etat des Postes et Télégraphes le a5 août 1911 au plus tard.
- AUSTRALIE
- Le 26 septembre, à M. le deputy postmasler general, à Melbourne, fourniture de 3o milles de câbles et autre matériel téléphonique.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS FRANCE
- 5 août.— Sous-secrétariat des Postes et Télégraphes, Paris, fourniture de tableaux commutateurs téléphoniques.
- Ier lot. — 5o tableaux commutateurs téléphoniques k 100 directions.
- Société de matériel téléphonique, 1 259,90. — Société industrielle des téléphones, 1 107,15.
- Thomson-Houston, adj. à 1 098 l’unité.
- a® lot. — 5o tableaux commutateurs téléphoniques à 100 directions.
- Société de matériel téléphonique, 1 259,90, — Société industrielle des téléphones, 1 107,15. — Thomson-Houston, 1 098. — Bréguet,i 120 l’unité.
- Non adjugé, prix limite dépassé.
- 3* lot. — 5o tableaux commutateurs téléphoniques'^' 5o directions. <. ’•
- Société de matériel téléphonique, 822,44. — Thomson* Houston, 806. — Bréguet,'815.. -,
- Société industrielle des téléphones, adj, à 738 l’unité.
- 4e lot. — 5o tableaux commutateurs téléphoniques à 25 directions.
- Société industrielle des téléphones, 483,80. —.Thomson-Houston, 5o4,90. y
- Société de matériel téléphonique, adj. à 443,43 l’unitéî'
- 5e lot. — 5o tableaux commutateurs téléphoniques à 25 directions. .
- Thomson-Houston, 504,90. — Société industrielle des téléphones, 483,80. .
- Société de matériel téléphonique, adj. à 443,43 l’unité.
- 6® lot. — 5o tableaux commutateurs téléphoniques à i5 direction's.
- l.
- Société de matériel téléphonique, 443,43 , — Société industrielle des téléphones, 483,80. — Thomson-Houston, 504,90. — Bréguet, 5o5 l’unité.
- Non adjugé, prix limite dépassé.
- 7e lot. — 25 tableaux interurbains.
- Société de matériel téléphonique, 1 106,90. —
- Thomson-Houston, 1 102.
- Société industrielle des téléphones, adj. à 965,5o l’unité.
- 8° lot. — 10 tables interurbaines.
- Société de matériel téléphonique, 1 i56,i6. —Thomson-Houston, 1 110. -
- Société industrielle des téléphones, adj. à 997,5o l’unité.
- 9“ lot. — i5 tables interurbaines.
- Société de matériel téléphonique, 1 i56,i6, —Thomson-Houston, 1 110.
- Société industrielle des téléphones, adj. à 997,50 l’unité.
- BELGIQUE
- 5 août, — A l’hôtel de ville, û Tongres, extension du réseau de la distribution électrique de la ville.
- Compagnie Siemens-Schuckert,à Bruxelles,26 280 fr. II. Dehousse et Cie, à Saint-Josse-ten-Noode, 29 670; Ateliers de constructions de Charleroi, 3i’i75 francs.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s'occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute aut’’e communication, s’adresser aux bureaux de la Lumière Electrique.
- PARIS.
- IMPRIMERIE LEVÉ, HUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-troisième année. SAMEDI 26 AOUT 1911. Tome XV (9* série). — N* 34
- La
- Lumière Électrique
- î
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- ÉDITORIAL, p. 226. — J. Simey. Chronique de la traction électrique : L’électrification des chemins de fer, p. 227. — S. F. Les machines frigorifiques à vapeur d’eau et leurs applications à la marine, p. 235.
- — J. Escard. Procédés permettant dç modifier la coloration habituelle des lampes à vapeur de mercure, p. a36.
- Extraits des publications périodiques. — Méthodes et appareils de mesures. Les essais magnétiques des tôles de fer, J. Epstein, p. 243. — Transmission et distribution. Dispositif de protection contre les effets destructifs de la foudre et des arcs, p. 244- — Quelques essais récents sur les interrupteurs dans l’huile, B. Mer-riam, p. 246. — Usines génératrices. Développement des stations centrales modernes, P. Steinmetz, p. 248. — Variétés- L’exposition d’électricité de Boston, p. 25o. — Bibliographie, p. 251. — Brevets. Machine panchrone à bagues avecvnachinc auxiliaire à collecteur, p. 25j.— Chronique industrielle et financière.
- — Etudes économiques, p. 253. — Renseignements commerciaux, p. 254. — Adjudications, p. 256.
- ÉDITORIAL
- L’étude de M. Simey, qui fait l’objet de la chronique de traction électrique que nous publions aujourd’hui, est inspirée par un certain nombre de considérations récentes sur Y électrification des chemins de fer.
- Il est bien difficile de formuler des conclusions en faveur d’un système plutôt que d’un autre.
- Les installations existantes correspondent pour la plupart à des cas trop particuliers pour qu’on puisse en déduire des indications d’ordre général. Il semble donc, contrairement à l’avis de M. Murray, que nous citions récemment ici, que les problèmes de la traction électrique exigent, du moins pendant
- longtemps encore, chacun une solution particulière.
- Mais, quel que soit le système de traction électrique adopté, il est hors de doute qu’il présente des avantages incontestables, en particulier au point de vue économique, par rapport t\ la traction à vapeur. De plus, indépendamment de la propreté et des simplifications de manœuvre que permet de réaliser la traction électrique aux terminus, il faut signaler les facilités qu’elle offre, en terrain accidenté, à la création de petites lignes dont le développement est intimement lié à celui des transports d’énergie.
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- r- M. J. Escard a réuni les résultats de différents travaux sur les lampes à vapéur de * mercure et passe en revue les procédés qui permettent, à l’heure actuelle, de modifier leur coloration pour la rendre plus esthé-que. Ce problème a reçu de très nombreuses solutions, mais presque toutes ont pour conséquence un abaissement très notable du rendement lumineux. Il faut signaler toutefois l’heureuse association qui a été faite de la lampe à mercure avec les lampes à filament métallique et, tout récemment, avec les tubes à néon.
- Nous indiquons un certain nombre de modifications apportées par M. Epstein à l’appareil qu’il a imaginé pour déterminer les propriétés magnétiques des tôles; grâce à elles, il est possible de mesurer successivement l’induction et les pertes d’un échantillon donné, par la simple manœuvre d’un commutateur.
- Le problème de la préservation des lignes et des isolateurs contre les décharges atmosphériques et les surtensions préoccupe à juste titre les techniciens. A cet égard, le dispositif qui a été mis en service en Amérique, sur les isolateurs d’une ligne à 60 ooo volts, semble donner des résultats très encourageants. Les plus récentes communications américaines le recommandent comme un moyen très efficace de protection contre la foudre et les effets destructifs des arcs.
- Nous avons décrit, d’après M. Nicholson tous les essais qui ont été effectués depuis
- la mise en exploitation de la ligne. Préoccupés de trouver une solution au problème, les ingénieurs américains avaient rejeté, de parti pris, tout dispositif de protection, au début de la mise en service. Il nous a semblé intéressant de résumer la série de tâtonnements systématiques par laquelle ils ont dû passer avant d’arriver à la solution maintenant adoptée.
- Les essais sur les interrupteurs dans l’huile présentent aussi un très grand intérêt, au point de vue de l’exploitation des réseaux. Ceux que relate M. Merriam ont eu pour but de se rapprocher le plus possible des conditions de fonctionnement courantes de ces appareils. Ils ont donné lieu à de nombreuses mesures pour lesquelles l’oscillographe s’est montré, une fois de plus, un instrument d’analyse fort précieux.
- M. Merriam décrit les phénomènes qui, au moment des courts-circuits, se sont produits dans les interrupteurs. Il étudie aussi la façon dont se sont comportés l’alternateur lui-même et les réactances traversées par le courant. *
- M. Steinmetz insiste particulièrement sur l’importance que présentent ces réactances pour la sécurité de l’exploitation des stations centrales modernes. Bien que fort puissantes, ces usines débitent souvent en parallèle sur un même réseau et, surtout dans ce cas, l’utilité des réactances se fait sentir pour éviter l’échange de courants trop intenses et limiter leur valeur au moment des courts-circuits.
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- M Août 1941. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- m
- CHRONIQUE DE LA TRACTION ÉLECTRIQUE
- L’ÉLECTRIFICATION DES CHEMINS DE FER
- La question de l'électrification des chemins de fer est actuellement à l’ordre du jour, en France particulièrement. D’une part la Compagnie de l’Ouest-Etat doit entreprendre prochainement les travaux nécessaires à l’électrification de ses lignes de banlieue ; il est d’ailleurs permis d’espérer que cet exemple sera suivi à bref délai par les autres réseaux. D’autre parties avantages reconnus de la traction électrique ont décidé les ingénieurs à procéder à de très intéressantes expériences dans le but d’électrifier certaines grandes lignes, au moins dans les parties de leur parcours où le voisinage de chutes d’eau assure la production de l’énergie nécessaire dans des conditions particulièrement avantageuses. Nous reviendrons d’ailleurs assez longuement sur ces expériences entreprises presque simultanément sur le chemin de fèr du Midi et sur le réseau P.-L.-M., afin de mettre définitivement au point la question du remorquage électrique des trains de fort tonnage sur les sections à parcours accidentés des grandes lignes.
- LA TRACTION ÉLECTRIQUE ET LA TRACTION A VAPEUR
- Mais, auparavant, nous croyons intéressant de résumer les avantages que présente la traction électrique par rapport à la traction à vapeur, avantages qui ont été exposés avec une grande netteté dans une conférence remarquablement documentée de M. de Val-breuze (*).
- Le premier de ces avantages est la suppression de la fumée et des escarbilles, d’où
- (^Conférence faite le 25 novembre 1910. Reproduite par le Bulletin de là Société d?Encouragement pour l'Industrie nationale, mars et mai 1911.
- résulte une propreté fort appréciée par les voyageurs et aussi par les riverains des voies ferrées.
- On peut même dire que la traction électrique est la seule qui permette de prolonger les voies des grandes lignes dans les villes importantes et d’installer les gares terminus au centre même de celles-ci. En effet, l’absence de fumée, d’ailleurs exigée par la plupart des municipalités, rend seule possible l’édification de gares souterraines, dont certaines, comme la nouvelle gare terminus du New-York Central Railroad, comportent même deux étages, et cela d’autant plus aisément qu’une gare équipée électriquement comprend un nombre de voies sensiblement inférieur à celui d’une gare destinée uniquement aux trains à vapeur. C’est là encore un avantage marqué de la traction électrique, qui s’explique par ce fait que l’emploi de ce mode de traction réduit considérablement les manœuvres nécessaires à l’arrivée et au départ des trains. La locomotive à vapeur doit, en effet, tourner sur une plaque ou sur un pont pour aller ensuite reprendre la tête du train, ou encore, si elle vient d’effectuer un long parcours, rentrer au dépôt; cette dernière manœuvre nécessite même, aux abords des gares importantes, l’établissement de voies spéciales entre la gare et le dépôt pour éviter l’encombrement des voies principales.
- La locomotive électrique, au contraire, est prête à repartir immédiatement; s’il s’agit d’un train à unités multiples, aucune manœuvre n’est nécessaire, celui-ci étant toujours pourvu d’au moins deux automotrices, c’est-à-dire d’une cabine de manœuvre à chaque extrémité. Enfin l’établissement d’un
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2* Série), r-N* 34;
- terminus en boucle permet encore d’accroître considérablement la rapidité du trafic sur les lignes de banlieue, tout en réduisant au minimum les chances de collision.
- Mais, quoique méritant d’être pris en sérieuse considération, ces premiers avantages de la traction électrique sont loin d’être les plus importants. Il convient surtout de faire entrer en ligne de compte la rapidité de démarrage des trains électriques, conséquence du couple élevé que développent les moteurs, et aussi de l’augmentation du nombre des essieux moteurs, grâce aux équipements à unités multiples. En outre, l’emploi d’automotrices aménagées pour recevoir des bagages ou même des voyageurs diminue le poids total, tout en augmentent le poids adhérent. 11 en résulte une sensible augmentation de la vitesse commerciale des trains, d’où une meilleure utilisation de la voie et du matériel. M. de Yalbreuze estime que l’électrification d’une ligne permet d’en doubler la capacité, ét qu’elle revient cependant à un prix moins élevé que le doublement des voies qui nécessite toujours d’importants travaux de terrassement.
- D’autre part, l’exploitation au moyen de trains légers, se succédant à intervalles très rapprochés, est très appréciée du public et permet aux compagnies de chemins de fer de soutenir, sur les lignes de banlieue, la lutte avec les tramways.
- Enfin, à puissance égale ou même supérieure, le poids des locomotives électriques est nettement inférieur à celui des locomotives à vapeur. Les plus puissantes locomotives à vapeur construites aux Etats-Unis, du type Mallet, développent au maximum •x ooo chevaux et pèsent 270 tonnes, alors que les locomotives électriques à courant continu du New-York Central ne pèsent que 85 tonnes pour une puissance normale de 2 200 chevaux.
- L’efFort de traction par tonne de poids total est donc beacoup plus élevé avec les locomotives électriques qu’avec les locomotives à Vapeur.. C’est ainsi que, si l’on com-
- pare deux types de locomotives à grande vitesse du New-York Central, l’une à vapeur du type « Atlantic », l’autre électrique du type que nous avons cité plus haut, on constate que la première ne développe, à la vitesse de 70 kilomètres à l’heure, qu’un effort de traction de 5 900 kilogrammes environ pour un poids de i45 tonnes, alors que, à la même vitesse, l’effort fourni par la seconde atteint environ 6 800 kilogrammes pour un poids de 85 tonnes. La valeur de l’effort de traction est d’ailleurs encore plus élevée pour les locomotives à courants triphasés du Simplon : elle dépasse en effet 7 000 kilogrammes pour un poids de 68 tonnes seulement.
- La possibilité, offerte par le système» à unités multiples, d’atteler en tête d’ün trâin deux ou trois locomotives électriques contrôlées par un seul mécanicien, permet, d’autre part, le remorquage de trains lourds à des vitesses élevées même sur de fortes rampes tandis que, avec la traction à vapeur, des raisons de prudence obligent à réduire la vitesse d’un train lorsqu’on y attelle deux machines. Il y a d’ailleurs lieu de remarquer quetroislocomotives électriques, de 2 200 chevaux chacune, du New-York Centralne représentent qu’un poids total de 255 tonnes, inférieur à celui d’un seule locomotive Mallet de 2 000 chevaux.
- Afin de mettre en évidence la diminution de poids résultant de l’emploi de la traction électrique, M. de Yalbreuze donne, d’après M. Wilgus, président du New-York Central Railroad, deux exemples que l’on trouvera reproduits dans les tableaux I et IL Le premier de ces exemples indique les poids respectifs d’un train express remorqué par une machine à vapeur et d’un train comprenant le même nombre de voitures, mais attelé à une locomotive électrique. Le second exemple, relatif à un train de banlieue, montre que l’on peut encore réaliser un gain de poids appréciable en remplaçant la locomotive électrique par des automotrices à voyageurs.
- Nous avons surtout envisagé jusqu’à pré-
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- 26 Août 191lr V LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- sent les avantages de la traction électrique au point de vue de la commodité de l’exploi-Tablkau I
- Poids total d’un train express (tonnes).
- Locomotive à vapeur Pacific...... 154
- 8 Pulmann-cars................... 36o
- ' Total...... 514
- Locomotive électrique G. E. C... . 85
- 8 Pullmann-cars................... 36o
- _ Total...... 445
- Economie de poids en faveur de la
- traction électrique................... 69
- ou i3,5 % du poids total.
- Tableau II
- Poids total d’un train de banlieue (tonnes).
- Locomotive électrique............... 85
- 4 1/2 voitures en moyenne.......... 180
- Total...... a65
- Unités multiples..................... »
- 4 1/2 automotrices................. 216
- Total.. 216
- Economie en faveur du train à unités
- multiples.............................. 49
- ou i8,5 % du poids total.
- tatioh; mais il y a principalement lieu d’examiner la question au point de vue économique. Si, en effet, les avantages de ce mode de traction sont évidents dans le cas où l’on dispose de chutes d’eau suffisantes, il est permis de se demander s’il en est toujours de même lorsqu’il est nécessaire d’édifier une ou plusieurs usines génératrices à vapeur.
- tions d’une installation à courant continu, d’une installation à courant triphasé et de deux installations à courant monophasé, l’une avec transformateurs, l’autre sans transformateurs.
- Mais il faut, d’autre part, tenir compte de ce que l’usine travaille toujours avec une certaine charge, d’autant plus constante que le nombre des trains en circulation est plus élevé, tandis que la machine à vapeur brûle encore du charbon lorsqu’elle ne fournit aucun travail.
- En outre, les machines fixes travaillante condensation, leur consommation spécifique est naturellement moins élevée que celle des locomotives, qui fonctionnent à échappement libre.
- Dans un article récent (*), M.J S. Murray donnait, comme valeur du rapport entre la quantité de charbon consommée par un train à vapeur et la quantité de charbon dépensée à l’usine pour assurer la traction électrique du même train sur le même parcours, les valeurs respectives de 2 dans le cas d’un train de voyageurs et de 3 dans le cas d’un service de manœuvres. Ces chiffres sont peut-être un peu optimistes et il y a lieu de ne les accepter que sous certaines réserves.
- Mais, si l’on tient compte du facteur principal qui est le prix de la tonne de charbon, l’économie de la traction électrique apparaît
- Ligne de transmission triphasée à haute
- SOU!-'
- USINE GENCRATfUt
- Transformat?ui
- -Transformateurs
- Commutatn
- Turbm\
- Génératrice à ckurani allèràatif
- Fig. 1. — Installation à courant continu.
- Dans ce dernier cas, il y a lieu de faire intervenir le rendement des génératrices, de la ligne et, éventuellement, des sous-stations de transformation. Les figures 1, 2, 3 et 4 représentent schématiquement les disposi-
- tandis qu’en effet les foyers des locomotives à vapeur exigent un charbon assez cher, ceux des chaudières fixes peuvent être alimentés
- (*) Lumière Electrique, 5 août 1911, p. i5i.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série). — H* 34*
- sans aucun inconvénient avec un charbon de qualité inférieure; dans certaines usines les compagnies de chemins de fer utilisent même les escarbilles recueillies dans les boîtes à fumée des locomotives à. vapeur, qu’elles mélangent au combustible destiné à l’alimentation des foyers.
- Afin de fixer les idées à ce sujet, nous donnons, d’après M. de Yalbreuze, quelques
- mie résultant de l’emploi de la traction électrique. La locomotive à vapeur est fréquemment immobilisée au dépôt pour y être nettoyée, visitée ou réparée.
- M. Pomeroy estime que l’existence d’une telle locomotive se décompose ainsi :
- Temps passé à l’atelier : 22 %.
- Temps perdu en manœuvres et stationnements : 5o %.
- Ligne de transmiss]pn tny >y t ’sée
- TtON
- US/NC CENERATR/Cl
- Transformateurs ,
- Turbmpj
- '•Génératrice ci courant d/tematif
- Fig. a. — Installation il courants triphasés.
- chiffres relevés sur des lignes en service. Les locomotives à vapeur de la ligne du tunnel de la Mersey brûlaient du charbon à iqfr. 5o la tonne ; les chaudières de l’usine électrique utilisent du combustible à io fr. 5o la tonne seulement. Au tunnel Saint-Clair l’économie est encore plus grande : par suite de la nécessité de réduire dans la mesure du
- Périodes de travail utile :a8 %,
- Avec la locomotive .électrique le rapport des périodes de travail aux périodes de repos est sensiblement plus grand ; il s’ensuit que, pour assurer le même service, il faut moins de locomotives électriques que de locomotives à vapeür.
- Enfin la locomotive à vapeur exige un mé-
- Ligne de fransmisst <n •
- monophasée à hau
- SOUS-STATION
- usiné génératrice
- Transformai ?im—
- équrant ak 'motif.
- ' Fig. 3. — Installation à courant monophasé avec transformateurs.
- possible le dégagement de fumée sous le tunnel on brûlait dans les foyers des locomotives de l’anthracite à 32 francs la tonne; le combustible consommé par l’usine électrique actuelle ne coûte que io fr. 4o la tonne. C’est ^pourquoi il n'est pas rare de constater, après l’électrification d’une ligne, de sensibles diminutions de la dépense de combustible.
- Mais là,n’est pas la seule cause d’écono-
- canicien et un chauffeur, alors qu’avec une automotrice à bagages ou à voyageurs le mécanicien seul suffit, le chef de train placé auprès de celui-ci pouvant arrêter le train en cas d’urgence, d’où une diminution de personnel.
- Il résulte encore de ces dernières considérations, une économie sensible en faveur de la traction électrique, ainsi qu’on peut s’en
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- • /
- rendre compte par les chiffres suivants, lesquels représentent les résultats de plusieurs années d’exploitation.
- Les dépenses d’entretien des locomotives électriques du tunnel Saint-Clair sont de o fr. i4 par kilomètre, alors que celles des locomotives à vapeur qu’elles ont remplacées s’élevaient à o fr. 44 par kilomètre ; il est vrai que ces dernières machines avaient
- politains et les lignes de banlieue en faveur du courant continu à 6oo volts. Mais, en ce qui concerne les lignes à longs parcours, bien que la plupart des techniciens semblent s’être prononcés en faveur du courant monophasé, certains d’entre eux défendent avec acharnement le courant triphasé. Les lecteurs de cette revue ont pu lire, à ce propos, les arguments présentés, d’une part par M. W-
- Turbine'
- Fig. 4. — Installation à courant monophasé sans
- déjà plusieurs années de service. Sur le Long ïsland Rd, la substitution de la traction électrique à la traction à vapeur a fait tomber les dépenses par voiture-kilomètre de o fr. 8683 à o fr. 553o.
- D’autre part, sur la ligne de Philadelphie à Atlantic-City, où circulent surtout des trains express à arrêts peu fréquents, c’est-à-dire où se trouvent réalisées les conditions les plus favorables à la traction à vapeur, une diminution de dépenses a néanmoins été constatée; celles-ci sont en effet tombées de o fr. 6928 à o fr. 6356 par voiture-kilomètre à la suite de l’électrification de la ligne.
- Enfin, M. Wilgus évalue, sur le New-York Central, les dépenses totales (intérêts, amortissement, réparation, entretien, visité- et conduite) à 52 fr. 45 par jour pour une locomotive électrique et à 65 fr. o5 par jour pour une locomotive à vapeur; l’économie, en faveur de la traction électrique, est donc de 19 %.
- CHOIX DES DIFFÉRENTS SYSTEMES
- Mais, si les avantages de la traction électrique sont, à l’heure actuelle, appréciés de la plupart des ingénieurs, l’accord est loin d’être fait sur les avantages des divers systèmes proposés. La question semble, il est vrai, définitivement tranchée pour les métro-
- transformateurs (usine & proximité de la ligne.)
- Heyden en faveur de la traction monophasée, et d’autre part par M. von Kando en faveur de la traction triphasée (‘).
- La traction monophasée semble actuellement devoir remporter l’avantage, mais on ne peut nier que les qualités réelles du moteur triphasé et, en particulier, sa robustesse et la constance de sa vitesse, méritent d’être prises très sérieusement en considération, lorsqu’il s’agit de lignes à profil très accidenté. Les chemins de fer à crémaillère en particulier tendent de plus en plus à devenir le domaine exclusif des courants triphasés.
- D’autre part, ainsi que le signale M. de Valbreuze dans la première partie de sa conférence (* *), le courant continu, dont l’emploi paraissait jusqu’ici limité aux lignes urbaines et suburbaines de faible longueur, semble voir s’ouvrir devant lui un champ plus étendu, grâce à la possibilité à laquelle sont parvenus les constructeurs de porter la tension de distribution à 1 200 et même à 2 400 volts. L’emploi de ces tensions permet d’augmenter respectivement de quatre ou de
- (*) Voir Lumière Electrique, 1910, tome XII (ae série), p. «45. — ~ “
- (*) En raison de son importance, nous avons déjà reproduit presque intégralement cette première partie. Voir Lumière Electrique, 27 mai 1911.
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- huit fois le rayon d’action des usines ou des sous-stations, c’est-à-dire de porter celui-ci à i5o ou 3oo kilomètres environ. Or, le courant continu, lorsqu’on peutl’employer, semble plus avantageux que le courant monophasé, ainsi que le montre l’exemple du tableau III qui donne les caractéristiques respectives des locomotives à courant continu du New-York Central et des locomotives monophasées du New-York-New-Haven.
- Tableau III
- LOCOMOTIVES N. Y. C. N. Y. N.h'
- Poids total (tonnes).... 85 87
- Poids adhérent (tonnes)... 60 87
- Nombre de moteurs....... 4 4
- Puissance totale unihoraire
- (chevaux)............. 2 aoo 1 000
- (ventilation (ventilation naturelle) forcée)
- Puissance par tonne de poids
- total (chevaux)....... 25,9 n,5
- Poids normal remorqué (tonnes) ................... 400 aoo
- M. de Yalbreuze ajoute d’ailleurs à cet égard, d’après M. Wilgus, les renseignements suivants : le fil de contact et les câbles de suspension se détériorent beaucoup plus rapidement que’le troisième rail; les frais d’entretien des locomotives du New-York Central sont doubles de ceux des locomotives du New-York-New-Haven; enfin ces dernières machines causent des retards sensiblement plus élevés que les premières (12,4 minutes en moyenne contre 1,2 avec les machines à courant continu et 2 minutes avec les machines à vapeur, pour 1600 kilomètres-locomotives parcourus). M. Wilgus estime que l’adoption du courant continu au lieu du courant monophasé, sur une section seulement du New-York-New-Haven, réaliserait une économie annuelle de 726 000 francs, soit 23 %.
- « Mais, ajoute M. de Valbreuze, il faut se garder de tirer des conclusions inexactes des chiffres qui précèdent et d’y voir la preuve générale que le système monophasé est inférieur au système continu; ils montrent seulement que, pour l’application par-
- ticulière dont il s’agit, l’emploi de courant continu aurait semblé plus justifié. »
- D’ailleurs d’autres techniciens, tels que M. Georges Westinghouse, émettent une appréciation contraire (’). Cet auteur donne en effet des diagrammes comparatifs des pertes et des dépenses d’exploitation dans les différents systèmes, que nous reproduisons sur les figures 5 et 6.
- (Transformateurs Ligne de transmission Transformateurs Commutatrice
- Ligne de tro/Ley
- Puissance fournie au* Ucomofires
- Fig. 5. — Diagramme des pertes dans les différents systèmes.
- Pour établir ces diagrammes, M. Westinghouse a supposé que la puissance totale fournie aux locomotives était la même; la différence entre les hauteurs des rectangles de la figure 5 provient donc uniquement
- Système de distribution ^
- Sous stcrtion »
- Entretien du mate’riet -----
- Fig. 6. — Diagramme des dépenses d’exploitation dans les différents systèmes.
- de la plus ou moins grande valeur des pertes inhérentes à chaque système. Le troisième et le quatrième rectangles sont tous deux re-
- ( ) Engineering, 12 août 1910.
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- "mi.''“ ' la 'lumière électrique "233
- latifs au courant monophasé ; mais le premier cas comporte des transformateurs (fig. 3) qui n’existent pas dans le second (fig. 4).
- Il est évident à première vue que les pertes sont plus élevées dans le cas du courant continu que dans les autres, par suite de la présence de sous-stations avec commutatrices; mais il convient de faire remarquer que M. Westinghouse n’envisage que le cas où la tension de distribution est de 600 volts et qu’il laisse de côté celui de l'alimentation à 1 âoo ou 2 4oo volts qui permet de réduire sensiblement le nombre de ces sous-stations.
- D’autre part, les pertes dans le système triphasé et dans le système monophasé avec transformateurs paraissent sensiblement équivalentes, ce qui n’a rien de surprenant.
- Enfin le système monophasé sans transformateurs est théoriquement celui qui comporte les pertes les plus faibles, mais M. Westinghouse lui-même estime que l’application de ce système n’est possible que lorsque la distance entre l’usine génératrice et l’extrémité de la ligne n’est pas supérieure à 2.5 ou 3o kilomètres environ.
- Sur le diagramme de la figure 6, le même ingénieur représente les dépenses d’exploitation inhérentes à l'emploi des différents systèmes, en se basant également sur l’hypothèse de la même puissance totale fournie aux locomotives. On remarquera que, sur ce diagramme, les dépenses d’entretien du matéi’iel roulant sont figurées comme étant à peine plus élevées avec le courant monophasé qu’avec le courant continu, alors que M. Wilgus estime, comme on l’a vu précédemment, que ces dépenses sont, dans le premier cas, environ le double de ce qu’elles sont dans le second ; d’autre part, les frais d’entretien du système de distribution sont plus faibles, d'après M. Westinghouse, avec le monophasé qu’avec le continu, alors que M. Wilgus, se basant sur les résultats obtenus sur le New-York Central et sur le New-York-New-Haven, émet une opinion absolument contraire. 11 est regrettable que le premier de ces deux auteurs n’ait pas cru
- devoir également indiquée les calculs ou les résultats d’expérience sur lesquels il s’est basé pour l’établissement de ses diagrammes.
- M. Ourson, dans son intéressant rapport sur les transmissions électriques d’énergie en Italie, se prononce également en faveur de la traction monophasée.
- Enfin, pour terminer, nous donnons dans le tableau IV quelques chiffres comparatifs dus à M. -Potter, ingénieur en chef de la General Electric G". M. de Valbreuze cite ces chiffres dans la conférence dont nous avons maintes fois parlé au cours de cette étude, mais il estime que le poids et le prix indiqués pour les locomotives triphasées sont trop élevés, de sorte que ce système est désavantagé. D’autre part, aucune application étendue du courant continu à 1 200 volts avec troisième rail n’a encore été faite, de sorte que les chiffres relatifs à ce système ne semblent pas à première vue établis suides bases suffisantes.
- Les diverses opinions que nous venons d’exposer sont, comme on le voit, assez discordantes; ceci peut s’expliquer sans doute par ce fait que les divers auteurs ont surtout envisagé des cas particuliers relatifs à l’électrification d’une seule ligne ou de plusieurs lignes placées dans des conditions d’exploitations analogues. Il faut donc se garder de formuler des règles absolument générales. Il semble plutôt que chaque cas doive faire l’objet d’u.ne étude particulière.
- Nous soulignerons toutefois, avec M. de Valbreuze, l’intérêt que semble présenter le système continu à 1 200 ou 2400 volts ; il est à désirer qu’il en soit fait des applications suffisamment étendues pour permettre de le juger définitivement; car, si le courant monophasé conserve incontestablement l’avantage pour les très longues distances, à cause des tensions élevées qu’il permet d’employer, le courant continu à 1200 ou 2400 volts nous semble susceptible de le remplacer avanlageusement pour les lignes interurbaines de longueur moyenne.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2® Série)7^ N* 34;
- Tableau IV.
- Service de grande ligne.
- I. — Sous-Stations.
- COURANT CONTINU COURANT CONTINU COURANT MONOPHASÉ COUSANTS TRIPHASÉS
- 600 volts 1 200 volts I 1 000 volts ii 000 volts.
- Dépenses totales de premier
- établissement (fr. par kw.). i3o I 40 55 60
- Puissances comparatives à *
- installer 200 à 2 5o 100 àia5 IOO 100 à 125
- Facteur de charge des ma-
- chines (%)... 20 à 40 35 à 76' 40 à, 80 3o à 60
- Rendement moyen (%).... 78 à 88 87 à 92 97 à 98 97 à 98
- Dépenses annuelles de sur-
- veillance et d’entretien par
- sous-station (francs) 25 000 25 000 12 5oo 12 5oo
- - 11. — Ligne de contact.
- Type de conducteur. 3e Hait. 3° Rail. Ligne aérienne. Ligne aérienne.
- Dépenses d’établissement I
- (francs par kilomètre).... 15 000 à 20 000 16 5oo à 23 5oo I 1 OOO à 2*A OOO i3 5oo à a5 000
- Rendement ( % ) 88 à 92 90 à 96 93 à 97 93 à 97
- Entretien par kilomètre et
- par an (francs) 280 à 400 310 à 470 310 à 6a5 400 à 800
- III. — Matériel boulant.
- Locomotives. Prix (francs). 'X’X0 000 287 5oo 3ao 000 280 000
- — Poids (tonnes) I 10 x 10 i45 i45
- — Rendementinoyen( % ) . 85 85 79 8l
- — Entretien par km (fr.). 0,125 0,125 O ,20 0,155
- Automotrices. Prix (fr.). . . 60 000 67 5oo IOO OOO
- — Poids (tonnes) 39 40 49
- — Rendementmoyen( % ) 82 81 73
- — Entretien par km (fr.). 0,0625 0,0687 0,11
- Gé dernier système semble d’autant plus intéressant qu’on peut le combiner avantageusement avec la distribution à trois fils, déjà appliquée en France sur la ligne de la
- Mure et plus récemment sur le chemin' de fer Nord-Sud de Paris.
- (.4 suivre.)
- J. SlMEY.
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- 26 ÀoSt^ïill. '
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 233
- LES MACHINES FRIGORIFIQUES A VAPEUR D’EAU ET LEURS APPLICATIONS A LA MARINE
- Nous avons récemment publié sous ce titre (') un article de M. Maurice Leblanc, dans lequel il exposait les vues théoriques qui l’ont déterminé à entreprendre la construction des machines frigorifiques à vapeur d’eau et où il résumait les résultats des essais effectuésjsur ces machines.
- Notre éminent collaborateur nous communique un certain nombre de modifications portant sur les tableaux que nous avons publiés. Nous nous empressons de les reproduire en rappelant les notations employées.
- Tableau II. — Valeurs du titre x.
- <0 II <52 II II n 5* 1 II >5
- if) C c 0 .1 o,937 o,9V> 0,943 0,946 0,949 0,931 0,933 0,934 0,936 o>937 °>929 o,g3o o,93i 0,932 0,933 0,928 °>929 o,93o o,93o . o/j31 °>927 0,928 0,929 o,929 o,93o
- L’auteur supposait que la vapeur aspirée soit saturée et sèche et qu’il faille y kilo-
- grammes de vapeur motrice pour entraîner i kilogramme de vapeur aspirée à la température
- En désignant par x le titre de la vapeur motrice fournie à l’éjecteur, le tableau II indique les valeurs de a? correspondant à diverses valeurs de tü et de y.
- Désignons maintenant par :
- T' la température absolue initiale de la vapeur motrice ;
- Q' la quantité de chaleur qu’il faut lui fournir, pour lui faire décrire un cycle fermé ;
- Q'0 la quantité de chaleur qu’elle doit échanger avec un condenseur à la température de t0 degrés centigrades, en décrivant son cycle ;
- T0 la température absolue de ce condenseur.
- Le tableau III renferme les valeurs de Q' et de Q'0 qui correspondent à différentes valeurs de y. D’autre part, le tableau IV renseigne sur le travail disponible dans la vapeur, prise au titre x, lorsqu’elle est détendue adiabatiquement jusqu’à t0 et que le rendement des tuyères est de o,85.
- La force vive exprimée en calories de chaque kilogramme du mélange entrant dans
- le diffuseur est égale à o,85 (Q' — Q'0) ( —-—\
- \y + q
- d’où les nombres du tableau V.
- Quant au nombre de frigories produites par la vaporisation de i kilogramme d’eau
- Tableau III
- T' y = I y = s 2 y = = 3 y = 4 y = = 5
- — ' irr- '' ———
- * 0 Q' Q'o Q' Qo Q' Q'o Q' Q’o Q' Q b
- i5 0,4074 609 428 606 425 60 5 425 604,5 424,5 604 424,2.
- IO- 0,4254 6i5 426 611,5 423 6 10,2 422,5 609,6 422 609,1 421,6
- 5 0,4434 621,5 424 617 /|2I 615,5 420 Gl 4,7 4i9,5 614,2 418,9
- 0 0,4614 628 422 622,5 419 620,7 4i7,5 619,9 417,2 619,3 416,3
- — 5 o,4794 634 420 628 417 626 415,2 625 414,5 624,4 4i3,6
- (i) Lumière Electrique, 10 juin 1911.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2e Série). — N° 34.
- Tableau IV. Valeurs de o,85 (Q' — Q'0).
- h y = 1 y = 2 y == 3 y = 4 y = 5
- i5 153,8 153,7 153,6 153,5 i53,/,
- 10 160 IGO 159,5 ir>9,4 i5g,3
- 5 i67,5 166 i65,8 i65,6
- 0 ï75 172/5 172 17*17
- k D 181,5 *79 179 178,6 178,4
- Tableau V. Forces vives, en calories, de chaque kilogramme du mélangey à Ventrée du diffuseur.
- ^0 y ~ 1 y = 2 y = 3 ^ i if j If
- i5 38,5 68,5 86,4 98,5 106,6
- 10 4», 1 7 V2 89,7 102/2 110,9
- 5 /,2 74 93,5 106 115
- 0 45,9 76,8 97 110 1 Hh2
- — 5 45,5 79.7 ioo,5 114,3 124,8
- à différentes températures, il est donné par le tableau VI ea tenant compte d’une absorption de i5 % de ces frigories, soit par le réchauffage extérieur de l’évaporateur, soit
- Tableau VI
- TEMPÉRATURE de l'évaporateur FRIGORIES produites par kilogramme d’eau évaporé FRIGORIES produites par kilogramme de vapeur motrice DIFFÉRENCE de température réellement produite
- i5° 494 309 20°
- 10 491 242 2 5
- 5 49° 192 3o
- 0 4 «9 I 52 35
- — 5 488 125 40
- par le refroidissement préalable de l’air extrait du condenseur.
- S. F.
- PROCÉDÉS PERMETTANT DE MODIFIER LA COLORATION HABITUELLE DES LAMPES A VAPEUR DE MERCURE (f)
- AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS DE LA COLOHÀTION HABITUELLE DES LAMPES A MERCURE
- La propriété la plus caractéristique de la lampe à vapeur de mercure est certainement sa couleur. Sa teinte verdâtre donne aux physionomies un aspect étrange des moins esthétiques.
- L’arc au mercure est en effet caractérisé par quatre raies dans le spectre visible: deux jaunes, une verte et une violette très intense ét par l'absence totale de radiations rouges (fig. i). Le spectre ultraviolet s’étend de C à D.
- Les premières recherches effectuées sur celte détermination sont dues à Hartley et Ramage (2), qui n’ont malheureusement pu photographier
- ni raies ni bandes du mercure en chauffant son oxyde dans la flamme oxhydrique. Il en a été de meme des recherches de Gouy (]).
- Mitscherlich a mentionné l'existence des raies 5/,7 et 415 en introduisant du cyanure de mercure
- A B C $ D
- '•* (j *
- Fig. i. — Spectre de la .vapeur de mercure dans un tube de verre. — A, deux raies jaunes ; B, raie verte ; C, raie violette très intense ; C à D, spectre ultraviolet.
- P) Cet article a été extrait par M. J. Escard de son ouvrage actuellement sous presse : Les lampes électriques à arc, à incandescence et à luminescence. (Dunod et Pinat, éditeurs). i
- (2) Hartley et Ramage, Scient, l'rans. of the Roy. ! Dublin Soc., vol. ATI, année 1901, p. 33g. I
- dans la flamme du chalumeau (2) ; mais en cher
- (h Gouy. Annales de Chimie et de Physique, 5° série tome XVIII, année 1879!
- (2) Mitscherlich, Phil. Mag., année 1864, p. 178.
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- chant à retrouver ces mêmes raies par l’emploi cl’acétate, de cyanure et de nitrate de mercure, M. de Watteville n’a pu les observer. Le nitrate mercurique en particulier permettrait, d’après ce savaDt, d’enregistrer la raie 2536,7a à l’exclusion de toute autre (*), ce sel étant dissous dans l’eau distillée et mélangé à l’état de poussière au gaz d’éclairage par l’appareil de Gouy. Cette raie est du reste très intense, puisqu’une pose d’une heure suffit à la faire apparaître d’une façon très nette sur la plaque.
- Des recherches minutieuses ont prouvé,depuis, que l’arc au mercure, fonctionnant dans le vide, contenait plusieurs raies (a) faciles à isoler par des milieux absorbants convenables.
- Le spectre du mercure ne contenant pas de. radiations rouges, il en résulte une grande altération dans la véritable nuance de la plupart des couleurs et une impossibilité de les comparer entre elles. C’est ainsi que le rouge apparaît brun ou lilas foncé; le blanc et le noir ne sont naturellement pas affectés ; en règle générale, les objets qui changent le moins de coloration sont ceux dont l’une des couleurs est comprise dans le spectre de l’arc au mercure, c’est-à-dire ceux qui sont jaunes, verts, bleus ou violets. Pour cette raison, le vert et le bleu sont même rehaussés comme intensité et la végétation prend, sous l’influence de cette lumière, des teintes très vives et très belles : elle paraît même posséder uue certaine fluorescence.
- Au point de vue de son action sur la vue, cette lumière verte n’a que des avantages. On sait en effet que les inconvénients des foyers lumineux sur les yeux tiennent surtout aux rayons rouges et orangés qu’ils émettent. Or, la lampe à mercure n’en contient aucun et il a été démontré que, non seulement elle ne fatigue pas la vue, mais qu’elle exerce une influencé dés plus favorables au point de vue physiologique et psychologique : sa flamme est absolument stable et n’a pas les fluctuations extrêmement fatigantes des lampes à arc ordinaires; elle est, aussi, bien supérieure au bec Auer dont la teinte verdâtre
- (*) C. de Wattevili.e. Sur le spectre de la flamme du mercure. Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 7.9 janvier 1906.
- (2) Ç11. Faisry et TI. Buisson. Sur l’emploi de la lampe Cooper-IIewilt comme source de lumière monochromatique. Comptes rendus de l’Académie des Sciences, a6 mars 1906.
- n’est pas due à l’absence de rayons rouges, mais simplement à la prédominance des rayons verts sur les rayons rouges et orangés qui existent dans cette lumière.
- Bien que la lampe à mercure soit très riche en rayons ultraviolets, elle ne peut produire sur l’organisme aucune action nuisible, comparable par exemple à celle des rayons X. Les essais sur la fatigue des yeux l’ont souvent prouvé et, d’autre part, il n’y a pas possibilité d’échappement de rayons dangereux de la lampe, le verre, dont elle se compose, étant opaque aux rayons ultraviolets. La tension de la vapeur de mercure à l’intérieur du foyer lumineux est du reste beaucoup trop élevée pour qu’elle puisse donner lieu à la formation de rayons X. u
- La couleur de l’arc au mercure, très douce et non irritante, exerce une action des plus bienfaisantes sur le personnel ouvrier qui travaille dans les ateliers ; non seulement les ouvriers s’habituent rapidement à la coloration spéciale et nouvelle des objets qui les entourent et qu’ils manipulent, mais ils paraissent fournir un travail plus soutenu et meilleur. Ce fait a été constaté dans de nombreuses usines. On sait du reste que la congestion et la fatigue des yeux sous l’action de la lumière rouge irritent le cerveau et excitent le système nerveux. Au contraire, la lumière verte ou bleuâtre repose et adoucit la fatigue musculaire; de même elle possède la propriété, fort appréciable, de faire ressortir la forme et le contour des objets éclairés aussi bien que la lumière solaire.
- Enfin, comme particularité propre à la cou-' leur de la lampe à mercure, il convient de mentionner celle qui a trait à son pouvoir pénétrant et qui se signale à la fois par des avantages et des inconvénients. Au point de vue du rendement lumineux, cette particularité est surtout avantageuse. Les rayons verts et bleu s ont en effet la propriété de diminuer beaucoup moins d’intensité, pour une distance donnée, que les rayons rouges ou orangés; c’est-à-dire qu’un foyer de lumière verte, vue à une grande distance, conservera pour les yeux une puissance de beaucoup supérieure à celle d’un foyer de même intensité, mais de couleur rouge ou orangée. Ces lois découlent du fait établi que l’atmosphère est moins absorbante pour la lumière verte et bleue que pour les autres couleurs.
- L’inconvénient qui résulte des considérations
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV(2e Série). — N» 34.
- précédentes est alors le suivant : la comparaison photométrique d’une lampe à mercure avec un étalon de lumière rouge-jaune, ne serait-il pas de plus en plus favorable à l’arc au mercure quand la distance des foyers au photomètre augmentera?
- Il en est malheureusement ainsi et les mesures photométriques concordent parfaitement avec la théorie (1). Deux lumières monochromatiques, vertes et rouges, ne peuvent s’équilibrer photo-métriquement et la mesure conduit à une indétermination. Le nerf optique, qui est l’organe primordial des mesures, est aussi, proportionnellement, plus impressionné par la lumière blanche que par l’une quelconque des couleurs composantes du spectre et il répond, à des degrés différents, à ces différentes couleurs. Le rouge et le vert ne paraissent pas également brillants dans tous les cas, au moment des mesures (2), de sorte que la comparaison ne peut s’établir que sur une sorte de moyenne des radiations communes aux deux lumières. Il en résulte des conclusions parfois peu en rapport avec la valeur réelle des intensités lumineuses.
- EMPLOI d'ÉCRANS CHIMIQUES OU DE TISSUS - FLUORESCENTS
- Plusieurs procédés ont été indiqués pour modifier la coloration verte, peu esthétique, de la lampe à mercure et la rapprocher autant que cela est possible de la lumière blanche. Ils visent tous la production de radiations rouges avec le minimum de pertes dans l’intensité lumineuse du foyer éclairant. Comme ils diffèrent par la façon dont ils sont appliqués, il convient de les étudier séparément.
- Pour colorer la flamme au mercure, le procédé le plus simple est évidemment celui qui consiste à entourer la lampe d’un verre rouge ou d’un verre spécial composé d’éléments riches en rayons rouges ou jaunes à la température de fonctionnement de la lampe. On a ainsi proposé d’introduire dans le verre des corps tels que le potassium et le sodium, sous forme de sels halo-génés auxquels on ajoute des substances non
- (’) F. Laporte et O. Bastian. Sur l’arc ail mercure et quelques problèmes de photométrie. The Electrician, il mai et 20 juin 1906.
- (2) J.-S. Dow. Influence do la coloration sur les mesures photo me triques. Eclairage Electrique, 3 novembre 1906, j>. 191.
- dissociables à la température de l’arc, comme le fluorure de calcium, par exemple. On peut aussi incorporer les substances sous forme de silicates alcalins qui se combinent avec le verre.
- Les tissus teintés de couleurs fluorescentes donnent également de bons résultats comme coloration, mais c’est le rendement lumineux do la lampe qui en souffre; en effet, il se perd, de ce fait, entre a5 et 3o % de l’intensité lumineuse initiale. Si l’on consent à cette perte, on a le choix entre bon nombre de substances qui transforment le rayonnement vert de l’arc au mercure en rayons rouges. C’est ainsi qu’un grand nombre de couleurs d’aniline (éosine, rhodamine) paraissent rouges sous la lumière de la lampe à mercure. On peut donc utiliser cette propriété en entourant les lampes d’une pièce de soie, teinte à l’aide d’une de ces matières colorantes. L’inconvénient qui résulte de l’application de ce procédé est que les couleurs d’aniline pâlissent et se fanent assez vite sous l’influence des rayons de la lampe à mercure..
- COMBINAISON DE L’INCANDESCENCE ÉLECTRIQUE ORDINAIRE ET DES RADIATIONS VERTES
- De nombreuses expériences ont démontré que,l’association de deux rayonnements différents, en vue d’obtenir une lumière sensiblement blanche, est très satisfaisante tant au point de vue du rendement lumineux que de la qualité de la lumière produite. O11 sait du reste que chaque couleur du spectre produit un certain degré d’effet visuel .et que c’est la lumière blanche qui produit le plus intense.
- D’après cela, la combinaison de deux couleurs, produisant de la lumière blanche, doit conduire à une amélioration très supérieure à celle que l’on pourrait attendre à première vue.
- D’après M. Bastian, il ne s’agirait pas là d’un effet de mélange mais de la composition de lumièresdifférentes etl’éclairage serait augmenté par la combinaison des deux lumières rouge et verte. On peut le démontrer en prenant deux faisceaux, l’un de lumière rouge, l’autre de lumière verte et en les projetant séparément ou successivement sur un écran blanc; on totalise les éclairements, puis on fait changer la direction des rayons, de manière à produire la superposition du rouge et du vert. On obtient ainsi de la
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- lumière blanche et l’on constate que l’éclairement produit par cette dernière est plus grand que lorsque les deux rayonnements colorés étaient isolés.
- Ces faits démontrènt que la combinaison du spectre vert de l’arc au mercure et du spectre rouge des lampes à incandescence doit donner de très bons résultats. Il en est en effet ainsi dans la pratique, et les dispositifs employés ne diffèrent que très peu les uns des antres. En général, les lampes à incandescence employées fonctionnent comme résistances de réglage; nous savons en effet que la lampe à mercure ne donne une lumière constante que si une certaine résistance se trouve montée en série avec elle. En faisant varier la valeur de cette résistance, il est donc possible de modifier également la proportion des rayons rouges et des rayons verts, dans des limites très étendues, c’est-à-dire de donner la supériorité à l’une ou l’autre des deux couleurs.
- Dans le procédé Fish, les rayons émis par la lampe à mercure sont simplement projetés sur un réflecteur en verre; en se réfléchissant, ils se mélangent avec ceux qui traversent directement le réflecteur et qui ont pour origine une source riche en rayons jaunes et rouges ; on emploie encore, dans ce but, une lampe à incandescence ordinaire.
- Lampe Hopfell. — La combinaison de la lampe à incandescence à filament de carbone avec la
- lampe à mercure peut être réalisée au sein même de l’ampoule lumineuse et il en résulte non seulement line plus grande simplicité de fabrication
- et dé fonctionnement, mais un rendement meilleur.
- La lampe llopfelt (lig. a), qui correspond à ce but, est constituée par un filament de charbon a soudé dans un tube t, en forme d’U et qui contient en outre une goutte de mercure v et un gaz indifférent. Ce tube t. est enfermé dans une deuxième ampoule A pour diminuer le refroidissement. En faisant le vide dans cette deuxième ampoule, on augmente lerendcment de la lampe de ia % environ. Le gaz inerte a une tension de i,5 millimètre en moyenne ; celle des vapeurs de mercure varie entre 5o et 75 dans une lampe bien réglée. En raison de la haute température du filament et de la grande conductibilité du gaz inerte, la chaleur rayonnée par le filament favorise la volatilisation du mercure; la répartition de la température dans le. tube t est aussi plus uniforme, condition essentielle pour le bon fonctionnement de la lampe; s’il n’en était pas ainsi, en effet, les vapeurs produites par le rayonnement direct du filament sur le mercure se condenseraient dans les régions les plus froides et la tension de la vapeur resterait toujours trop faible.
- La meilleure position de la lampe est celle indiquée par la figure 2; c’est aussi celle qui correspond au meilleur rendement, et à la mise en marche rapide de la lampe. L’éclat maximum est atteint presque aussitôt après l'allumage; le temps mis à l’obtenir dépend de la distance comprise entre le filament et la goutte de mercure.
- La couleur ainsi obtenue est très satisfaisante. Analysée au spectroscope, elle ne laisse voir les raies caractéristiques du mercure que juste au moment de l’allumage; ces raies s’évanouissent au bout de deux minutes, pour faire place aux radiations jaunes et rouges combinées au rayonnement de la flamme du mercure.
- La consommation spécifique de cette lampe, au début, est de i,65 watt environ par bougie et la courbe photométrique obtenue se rapproche sensiblement d’un cercle. La figure 3 permet de se rendre compte de ce fait : elle concerne une lampe de 220 volts et 0,^7 ampère. L’axe horizontal ab correspond à la section perpendiculaire au plan des deux brins du filament et l’axe vertical cd au plan du filament. Gomme on le voit, le maximum d’intensité lumineuse est de 68 bougies dans le plan ab etl’intensité moyenne horizontale de 62 bougies.
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- L’emploi d’une enveloppe intérieure mate permet ici, non seulement de répartir plus uniformément la lumière et de l’adoucir, mais aussi d’augmenter l’éclairement de io % environ : la température de cette enveloppe augmente en
- Fig. 3.
- effet dans ce cas et le mercure s’y trouve volatilisé en plus grande quantité. La durée de celte lampe varie entre 400 et i ooo heures, selon qu’elle est en marche continue ou que chaque allumage, est suivi d’un repos de quelques heures.
- Dans le modèle représenté par la figure /,, le globe extérieur, qui est toujours le siège d’un échauffement considérable, a été supprimé. Le gaz choisi est l’azote dont le spectre contient,
- Fig. 4.
- comme on le sait, des raies rouges en abondance. Ce gaz est à une pression correspondant à 1 millimètre de mercure. La vapeur de mercure ne paraît pas lumineuse dans cette lampe; elle augmente l’éclat du filament de charbon. L’avantage du mélange d’azote et de vapeur de mercure est de permettre au filament de fonctionner dans de bien meilleures [conditions de rendementque dans les ampoules ordinaires et d’éviter le noircissement de celles-ci. La con-
- T. XV (2« Série). — N» 34.
- sommation de ce. type de lampe mixte est de 2 watts environ par bougie ; sa durée varie entre 5oo et 800 heures.
- Emploi d'un filament métallique. — Pour obtenir une lumière différente de celle fournie par le charbon incandescent, on peut employer un filament métallique additionné ou recouvert d’oxydes de métaux convenables, tels que ceux de baryum, de calcium, de Zirconium qui permettent de produire toutes les teintes désirées. On peut de même substituer au filament métallique un alliage de deux ou plusieurs métaux réfractaires, platine, tantale, tungstène, etc.
- Dans le modèle représenté parla figure 5, on retrouve le dispositif général et la forme caractéristique de la plupart des lampes à mercure industrielles. L’électrode positive A est en fer ou en tungstène; l’électrode négative B, constituée par du platine, a la forme d’une spirale dont une des extrémités r plonge dans le mercure, tandis que l’autre extrémité s, isolée au contraire de la masse de mercure à l’aide d’un petit tube de verre, est reliée au pôle positif de la ligne.
- Lorsqu’on lance le courant dans la lampe en fermant l’interrupteur i, la spirale B est portée au rouge; elle émet des ions négatifs, le nier-
- -1-
- curc entre partiellement en vapeurs et le tube s’allume. L’anode auxiliaire a active l’amorçage de la flamme entre. B et a, puis tout le tube s’allume. A ce moment, on ouvre, l’interrupteur i' et, seuls alors, les deux pôles A et B amènent le courant .à la lampe. Le régime normal est ainsi atteint sans vacillement de la lumière .produite et la coloration de celle-ci ne laisse rien à désirer.
- Lampes Hahn et Bastian. — Dans la lampe
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE
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- Hàhn, les ampoules à incandescence ordinaires sont extérieures à la lampe à mercure. Le filament des ampoules _ est simplement porté au rouge et l’on a remplacé les électrodes en fer du tube à mercure par des électrodes de charbon. L’énergie habituellement dépensée en chaleur dans la résistance de réglage est ici transformée presque intégralement en lumière : il y a donc à la_ fois gain dans la dépense de courant électrique et production intense de rayons rouges. Pour effectuer une bonne combinaison des deux radiations ainsi produites, on place les lampes à incandescence 'au-dessus du tube à mercure, un réflecteur surmontant le tout.
- La lumière diffuse ainsi obtenue ne fatigue aucunement la vue ; elle est très douce et très uniforme et l’œil peut même la fixer pendant quelques instants sans éprouver aucune gêne ni contraction, ce qui n’a pas lieu avec la plupart des autres procédés d’éclairage. Un tube à mercure, de 9S centimètres de longueur et de 20 millimètres de diamètre, demande une tension de 75 volts environ et une intensité de 3,2 ampères; il fournit, en moyenne, une intensité lumineuse de 38o bougies, y compris celle des lampes à incandescence portées au rouge, ce qui correspond à une dépense d’énergie électrique moyenne de 0,87 watt par bougie.
- La lampe Bastian utilise également l’incandescence ordinaire pour la production de rayons rouges dans le globe de la lampe à vapeur de mercure.
- Le seul inconvénient de ce système d’éclairage mixte est la courte durée des lampes à incandescence, constamment sujettes à de grandes variations de courant; au moment de la mise en marche de la lampe à mercure, principalement, elles ont à supporter un courant très élevé qui les détériore rapidement.
- Lorsque la question d’économie est secondaire, on peut monter les lampes à incandescence sur un circuit indépendant de celui alimentant la lampe à mercure, de façon à pouvoir les éteindre ou les allumer à volonté. Des essais de ce genre, pratiqués dans un certain nombre d’ateliers, ont cependant montré que, soit par négligence, soit par inutilité, on n'allumait pas les lampes à incandescence : la lumière bleuâtre de l’arc au mercure, quoique esthétiquement peu recommandable, avait fini par être acceptée à cause de son innocuité complète pour la vue.
- EMPLOI D’ÉLECTRODES DE CHARBON
- L’association d’une lampe à arc ordinaire à électrodes de charbon avec une lampe au mercure est très facile à réaliser et, tant au point de vue du rendement économique que de la coloration de la flamme, elle donne d’excellents résultats.
- Dans la lampe Vogel, un globe soutenu à sa partie inférieure par un support est traversé par un tube livrant passage à l’électrode inférieure qui est fixe. Une petite quantité de mercure entoure cette dernière, de façon que le niveau du liquide soit situé un peu au-dessous de l’extrémité du charbon, soit à 5 millimètres environ. Le charbon supérieur est mu, au fur et à mesure de son usure, par un mécanisme spécial de réglage et il est entouré d’une sorte de cheminée en tôle avec chicanes ; cette dernière permet l’évacuation des particules et des vapeurs de charbon. L’allumage s’effectue sous un régime de 10 ampères, sous 5o volts environ; quand le mercure se vaporise, l’intensité tombe à 9 ampères et la tension monte à 56 volts. L’arc tourne lentement autour du charbon supérieur et, si la vaporisation du mercure est violente, tout le globe parait lumineux.
- La consommation d’une lampe à arc à vapeur de mercure de 2 200 bougies, ainsi constituée,est de 0,27 watt par bougie. Dans une lampe de 12 ampères, avec charbons de i5 millimètres de diamètre, l’usure du charbon positif est de 0,25 millimètre par heure et celle du charbon négatif de 0,1 millimètre. La dépense de mercure est insignifiante, car la cheminée de tôle est disposée de façon que ce métal s’y condense et soit recueilli pour retomber ensuite le long des parois où il se vaporise de nouveau.
- Des expériences précises ont permis de constater qu’il est très facile d’obtenir avec ce procédé des arcs de i5o millimètres de longueur et 75 millimètres de diamètre. La coloration de la lumière peut du reste être modifiée par l’emploi de charbons mixtes, à mèclie imprégnée de sels. On a également essayé de répandre ces derniers à la surface du mercure, mais les résultats n’ont pas été satisfaisants, les sels employés disparaissant rapidement de l’en ceinte à bail te température.
- SUBSTITUTION d’amALCAMES AU MERCURE
- Les métaux alcalins, potassium ou sodium,
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- T. XV (2* Série).-r N» 34.
- unis au mercure, sont actuellement employés dans certaines lampes à mercure destinées aux travaux de laboratoires ou aux recherches spectroscopiques. Dans un type de lampe dû à M. Weintraub, l’amalgame forme la cathode, l’anode étant constituée par du graphite. L’amorçage est réalisé soit au moyen d’un petit arc auxiliaire, soit d’uneétincelleproduiteàla surface de l’amalgame par la mise en contact1 de deux pièces métalliques, fer et platine iridié.
- La coloration de la lumière ainsi obtenue est d’apparence jaune rougeâtre; elle dépend naturellement de la densité de courant et de la teneur de l’amalgame en métal alcalin. Il est nécessaire que l’amalgame renferme plus de 4o % de sodium ou de potassium pour que le spectre du mercure disparaisse presque complètement et que le tube ait la teinte jaune ou rouge.
- L’inconvénient des métaux alcalins, à la température assez élevée du fonctionnement de la lampe, est d’attaquer le verre en donnant naissance à des silicates basiques qui le colorent en noir et absorbent ainsi une forte proportion de la lumière produite; on leur a également reproché d’abaisser Je rendement économique des lampes.
- Amalgame de cadmium. — La lampe à amalgame de cadmium, imaginée il y a une dizaine d’années parGumlich ctj>erfectionnée dans ces derniers temps par M. Heraeus, par l’emploi d’un tube de quartz, donne une lumière très colorée
- Fig. 0.
- et très intense. Elle se compose (fig. G) (\e deux tubes verticaux a et b réunis vers le milieu de leur longueur par un troisième tube c. Les extrémités inférieures des tubes a et h, d’un diamètre plus petit, sont coudées deux fois à angle droit. Les électrodes m et n d'amenée du courant sont àe simples fils de fer plongeant daps l’amalgame et scellés au verre à Laide de gomme-laque ou de composition chatterton.
- L’amalgâme employé contient 14 parties de
- cadmium pour ioo de mercure; il est mou a la température ordinaire, mais devient aussi liquide que le mercure par une faible chauffe.
- La lampe est remplie parla partie supérieure è; on fait le vide, puis on la ferme au chalumeau. L’amorçage est réalisé en chauffant légèrement et régulièrement la lampe avec un bec Bunsen, de façon à produire la quantité de vapeurs d’amalgame nécessaire, puis en interrompant brusquement le courant qui traverse une bobine d’inductance montée en parallèle sous la tension de no volts. L’ai'c sc produit entre les deux surfaces d’amalgame et la lampe s’allume et continue à fonctionner régulièrement, jusqu’à rupture du courant, avec une intensité de i à a ampères.
- Amalgames de zinc et de sodium. — L’obtention de rayons rouges dans la lampe à mercure peut encore être réalisée par l’addition de zinc au mercure. Si l’on place, dans un tube en quartz fondu, uneélectrode en amalgane de zinc (ioo parties de zinc pour 3o de mercure), l’arc qui jaillit dans le vide présente, à côté des raies du mercure, celles du zinc et dont une, en particulier, la raie 63G,4, est très intense.
- La lumière ainsi obtenue sc rapproche beaucoup, comme couleur, de la lumière solaire; c’est ainsi que la cire à cacheter rouge, au lieu de paraître brun foncé comme avec l’arc au mercure, conserve sa véritable couleur; il en est de même de la peau humaine; seuls, les objets de teinte jaunâtre sont encore un peu transformés et semblent ou trop rouges ou trop verts.
- /Imalgamescomplexes. —-. L’addition de sodium à l’amalgame de zinc évite ce dernier inconvénient et donne une lumière semblable à celle de la lampe Bremer. Enfin, une certaine quantité de bismuth ajoutée aux métaux précédents, soit io %, évite que, par la dilatation, l’amalgame de zinc solide ne brise le tube de quartz auquel il adhère fortement.
- La lampe en quartz à amalgame pour travaux de laboratoire contient un amalgame liquide à la température ordinaire et présentant la composition suivante :
- Mercure.............. Go %
- Plomb............\ . . . ii)
- Bismuth ............. 20
- Zinc................. o,5
- Cadmium.............. o,5
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- On additionne parfois ce mélange de traces de thallium et d’antimoine.
- Cette lampe s’amorce comme celle à amalgame de cadmium et permet d’obtenir, avec la tension maxima applicable aux électrodes, un spectre très riche en raies de tous les métaux, surtout dans l’ultraviolet.
- i
- ADDITION DE GAZ A RADIATIONS ROUGES A LA VAPEUR DE MERCURE
- Un assez grand nombre de gaz peuvent être utilisés pour modifier la coloration de la lampe à mercure : tels sont, en particulier, l’azote, l’argon, l’hélium, le néon. On constate cependant que le mélange des deux vapeurs diminue le rendement économique ; de plus, il est impossible de superposer pratiquement les spectres de corps différents dans les tubes à vide ainsi utilisés.
- Les deux expériences suivantes, dues à M. de Recklinghausen, confirment du reste cette manière de voir :
- i° Un tube à cathode de mercure, primitivement rempli d’azote, est plongé dans de la glace ; il paraît rose. Dès qu’on le remet à la température ordinaire, il devient vert, étant alors envahi par la vapeur du mercure. L’un des spectres de
- l’azote ou du mercure est donc toujours plus abondant. I/argon et l’hélium donnent des résultats semblables.
- •a0 On remplace le mercure par de l’amalgame de potassium. En employant dans ce but un tube de i mètre de longueur, la partie supérieure de celui-ci prend une coloration rouge et la partie inférieure une teinte verte; le changement de couleur s’étend sur une longueur de i centimètres environ. Quelles que soient les dimensions de la lampe, il semble impossible de superposer les deux spectres.
- L’emploi du néon semble très avantageux pour obtenir de la lumière sensiblement blanche, car son spectre est complémentaire de celui du mercure. Dans les tubes à vide, il donne une luminescence extrêmement brillante et il est facile, en juxtaposant des tubes à mercure et des tubes à néon, d’obtenir une lumière améliorant considérablement la teinte verdâtre des lampes à mercure seules. On peut même introduire le néon dans le tube à vapeur de mercure lui-même. Les expériences de M. Claude semblent démontrer qu’il existe une proportion de néon engendrant des radiations rouges en quantité suffisante, et cela sans nuire ni à la stabilité ni à l’amorçage de la lampe. Jean Escard.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURE
- Les essais magnétiques des tôles de fer. — J. Epstein. — Elektrotechnische Zeitschrift, 6 et
- 13 avril 1911.
- L’auletir décrit différentes modifications qu’il a apportées à l’appareil pour les essais magnétiques des tôles de fer dont la description a été donnée autrefois (’).
- Dans la forme actuelle de cet appareil, ['enroulement. secondaire est partagé en sept; bobines, de manière à permettre de mesurer l'induction en chaque point du paquet de tôles à essayer et de
- (*) Eclairage Electrique, 1900, t. XXY, p. 49.
- déterminer ainsi la dispersion ; d’autre part, l'enroulement primaire a été divisé en six bobines que l’on peut monter en série ou en parallèle; enfin, dans le dispositif pour la mesure des pertes, la bobine à fil fin du wattmètre ne se branche plus directement aux bornes du primaire, mais c’est au contraire le secondaire qui alimente cette bobine et le voltmètre montés en parallèle. L’auteur a pu ainsi réaliser un type d’appareil dans lequel, pour la simple manœuvre d’un commutateur tétrapolaire, 011 peut passer du dispositif pour la mesure de l’induction (primaire relié à une source à courant continu, secondaire à un balistique) au dispositif pour la mesure des pertes (primaire relié à une source à courant alternatif à travers l’enroulement à gros fil du wattmètre, secondaire à un voltmètre et .à l’enroulement à fil fin du
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- watlmèlre). D’autre part, toujours dans le but deper-fectionnerson appareil, l’auteur a entrepris quelques expériences en disposant directement sur le paquet de tôles à essayer un enroulement secondaire auxiliaire; il expose en détail, à l’aide d’un certain nombre de courbes et de nombreux tableaux, les résultats obtenus avec l’un et l’autre des enroulements et, après avoir comparé et discuté ces résultats, il en tire des conclusions pour la forme définitive qu’il conviendra, selon lui, de donner à l’appareil.
- M. K.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Dispositif de protection des isolateurs contre les effets destructifs de la foudre et des ai’cs.
- Deux articles analysés récemment ici (*) étudiaient les dispositions que les Américains jugent bon de prendre pour assurer les meilleures conditions de fonctionnement des transports d’énergie ; ils examinaient en particulier les moyens propres à éviter les interruptions du service ou, du moins, à réduire leur durée.
- En ce qui concerne en particulier les coups de foudre, M. Wood et M. Crawford préconisaient l’emploi des anneaux de garde sur les isolateurs comme un excellent dispositif de protection.
- Ces anneaux de garde ont fait’l’objet d’une communication de M. T. Nieholson (-) qui, à la suite d'expériences systématiques entreprises pendant quatre années, a reconnu leur grande efficacité pour un supplément de dépenses somme toute assez faible.
- Deux anneaux métalliques sont disposés comme l’indique la figure i. L’un, d’un diamètre légèrement plus grand que celui de la gorge, est suspendu au câble conducteur et lui est électriquement relié ; l’autre, d’un diamètre bien supérieur à celui de la cloche la plus grande est fixé sur la ferrure par des supports métalliques en communication avec le sol.
- Lorsqu'un arc vient à se produire entre le câble conducteur et la ferrure, il se déplace aussitôt et
- (') C. Wood. Transports de force considérés au point Nde vue de leur exploitation. Lumière Electrique, a g juillet ign, p. 109. — T. Crawford. Continuité du service I dans les transports de force. Lumière Electrique, 11 août
- *9! *, P- ‘76-
- (a) Proceedings of the American Inslitute of Electi ical Engineers, mars 1910.
- jaillit entre les deux anneaux. Ce déplacement est assez rapide pour que la porcelaine n’ai't' pas le temps de s’échauffer. D’aüleurs, en l’absènce
- Fig-. 1. .
- de tout vent, l’arc ne demeure jamais en plaae ; il tourne autour de l’isolateur et le fil d’attache 11’est pas sensiblement détérioré. Si, au contraire, le vent
- souffle, l’arc reste dans une position assez stable et alors le fil d’attache peut entrer en fusion et l’arc endommager la cloche supérieure, mais celle-ci seulement. Pour éviter' ce mécompte, il est indispensable que l’anneau supérieur ne touche pas la cloche et qu’il soit constitué par un fil assez gros.
- L’anneau inférieur ne doit pas être situé trop près de la cloche inférieure. On a, en effet, remarque sur
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- des arcs puissants que l’étincelle se portait toujours sur cet anneau quelle que soit la position de celui-ci par rapport à l’isolateur. C’est ainsi, par exemple, que, en air calmey aucune cause d’entrainement de l’arc n’existant, celui-ci se transportait instantanément sur l’anneau inférieur, dont le diamètre était de 5o centimètres plus grand que celui de la base de l’isôlateur, à io centimètres au-dessous d’elle.
- De nombreux essais ont été effectués en réalisant des arcs où était mise en jeu une puissance de 3oooo kiloAvatts. Dans aucun cas les isolateurs n’ont été mis hors de service.
- Lorsque lèvent souffledansla direction de la ligne, l’arc peut être entraîné et détériorer le câble conducteur. C’est ainsi qu’un vent d’une vitesse d'environ 5 kilomètres à l’heure entraînait l’arc à une distance de 3, 6 mètres en 4 secondes.
- Les effets destructifs qui résultent de cet entraînement ne nuisent pas beaucoup, en général, à la solidité de la ligne. Par exemple, dans les conditions atmosphériques précédentes un câble en aluminium de ,ii,5 millimètres de diamètre, parcouru trois fois par un arc de i 200 ampères, présentait une détérioration uniforme ; la résistance qu’il offrait à la traction était encore 95 % de sa valeur initiale.
- Mais ces phénomènes se produisent aussi bien, avec ou sans anneaux de garde et ces derniers n’introduisent aucune complication de ce fait.
- Signalons enfin que, en vue de l’application de ce dispositif de protection aux isolateurs suspendus, l’auteur propose de réaliser la disposition représentée par la figure a.
- Nous avons dit plus haut que la position de l’anneau de garde inférieur n’était pas absolument déterminée. Toutefois, on a effectué des mesures pour connaître l’influence de cette position et du diamètre de l’anucau, qui modifient manifestement l’isolation, c’est-à-dire la tension à laquelle se produit l’arc.
- Des décharges peuvent, en effet, s’amorcer entre le câble (ou même la surface de l’isolateur) et l’anneau, au lieu dé passer par-dessus l’isolateur pour atteindre la ferrure. Et ceci ne dépend pas seulement de la position.de l’anneau, mais encore de l’état de la surface extérieure de l’isolateur. Or, on peut réduire à volonté la tension nécessaire (D) pour amorcer l’arc, à sec, de façon à protéger l’isolateur contre les tensions trop élevées, et en même temps ne pas diminuer le voltage minimum de rupture sous la pluie
- (W).
- C’est ce que montre très clairement la figure 3 dans laquelle la courbe a représente, en fonction de
- l’intensité de la pluie, la tension d’amorçage de l’arc pour un isolateur ordinaire. Cette courbé peut se transformer en la courbe b, lorsque l’on place sur l’isolateur des anneaux de garde. On voit que la tension d’amorçage est, dans ce cas, notablement réduite, l’étincelle éclatant entre le câble et l’anneau
- VOLTAGE
- mi/finiètres de pluie par minute.
- Fig*. 3. — Courbes représentatives de la tension d’amorçage de Tare en fonction de l’intensité de la pluie : a) sans anneaux de garde ; b) avec anneaux de garde.
- inférieur, au lieu de se produire.entre câble et ferrure. Mais la tension minimum reste la même (point X). FJour ce point, l’arc s’établit aussi biencnLre l’anneau et le conducteur qu’entre celui-ci et la ferrure. A droite de ce point, il s'amorce de préférence sur cette dernière et à gauche surl’anneau. Naturellement la seconde courbe dépend de la position de l’anneau eL de son diamètre que l’expérience permet de déterminer, dans chaque cas particulier, de façon à obtenir le résultat cherché.
- Les isolateurs de hauteur assez grande se prêtent mieux à l’application de ce dispositif de protection. Il est à remarquer d’ailleurs,que, surtout dans ce cas, on peut protéger d’une façon très efficace la cloche inférieure de-l’isolateur. On sait en effet que, pour les isolateurs à ferrure, cette cloche a souvent à supporter la moitié de la tension qui existe entre le câble conducteur et la ferrure.
- Or Panneau, placé au voisinage de la cloche moyenne, joue le rôle d’un parafoudre à intervalle d’air qui protège la cloche inférieure contre une surtension excessive.
- Les essais effectués ont porté sur le réseau triphasé
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- ^60000 volls de la Niagara Lockport'and Ontario Power Company, inauguré en 1906, qui s’étend entre Niagara Falls et Syracuse.
- Ce réseau n’était, au début, muni d’aucun des dispositifs usuels de protection contre la foudre et il fut rnis en service au milieu même de la saison orageuse. De nombreuses interruptions se produisirent et on remarqua que le nombre des isolateurs mis hors de service était quatre fois plus grand sur le conducteur supérieur que sur l’un des deux autres. Aussi,l’année suivante,disposa-t-on de placeenplace, sur ce fil, des parafoudres à cornes, qui entraient en fonctionnement à 70 000 volts. De plus, des résistances de 5oo à 2 000 ohms étaient réunies au point neutre des transformateurs d’alimentation du réseau; dans les sous-stations des résistances de 5 000 à
- 10 000 ohms étaient montées de même. L’expérience montra que ces mesures étaient inefficaces, l’influence heureuse des parafoudres ne s’étendant pas très loin sur le fd supérieur et n’existant pas sur les autres.
- L’été de 1908 fut particulièrement orageux et,•'de l’étude des isolateurs détériorés, on tira la conclusion que ceux-ci étaient le plus souvent détruits par un arc jaillissant du câble à la ferrure par dessus et non à travers la porcelaine.
- Notons que jusqu’alors les isolateurs employés étaient composés de trois cloches de porcelaine superposées, essayées à 75 000 volls avant assemblage ; aucun essai n’avait été effectué par ces isolateurs une fois montés. La tension d’amorçage de l’arc, par-dessus la porcelaine, était de ig5 000 volts à l’air sec et de 120000 volts sous une pluie de 5 millimètres par minute, à /t5°.
- C’est alors, avant l’été de 1909, que fut appliqué le dispositif de protection déjà décrit. Mais on commença par faire subir aux isolateurs d’une ligne (car la ligne de transmission est double), au nombre de
- 11 000, un essai individuel de trois minutes, à 195 000 volts, ce qui amena un rebut de 3g,5 % . L’essai était d’ailleurs très rigoureux, la tension d’essai en usage, dans le cas d’une tension de service de 60 000 volts, étant seulement de iSoooo volts.
- Les isolateurs rejetés furent remplacés par de nouveaux d’une hauteur un peu moins grande, pour lesquels les tensions d’amorçage de l’arc par-dessus la porcelaine étaient respectivement de igo 000 et io5 000 volts à l’air sec et sous la pluie.
- C’est ce nouveau type que représente la figure 1. Ii est formé de quatre parties essayées séparément et une fois réunies à 190 000 volts. Ainsi, l’étincelle doit jaillir de préférence par-dessus l’isolateur.
- Tous les isolateurs furent munis de l’anneau de garde inférieur (l’expérience montra par la suite la nécessité de l’autre), de façon que la tension d’amorçage à l’air sec soit de 160 000 volts et qu’elle i*este, sous la pluie, égale à io5 000 volts. Cet anneau, constitué par un fil de fer de 9,4 millimètres,avait un diamètre de 65 centimètres et il fut placé à 6 centimètres environ au-dessus ou au-dessous du plan de base de la cloche inférieure, suivant qu'il s’agissait des anciens isolateurs ou des nouveaux.
- Sur la seconde ligne, aucune mesure nouvelle ne fut prise et l’on constata, en 1909,que pour 54 isolateurs détruits sur cette dernière pendant là période orageuse, un seul avait été mis hors de service sur la ligne nouvellement refaite.
- Notons enfin que, avant d’installer le nouveau dispositif de protection, la compagnie avait fait une enquête ,portant sur les principales transmissions d’énergie des Etats-Unis et du Canada, afin de sé documenter sur l’efficacité d’un fil de terre. Les résultats de son enquête ne lui parurent suffisamment nets pour qu’elle se décide à engager le capital correspondant à l’établissement de ce fil, et elle se prononça pour le système de protection par anneaux de garde.
- L. B.
- Quelques essais récents sur les intei'rup-teurs dans l’huile. — B. Merriam. — Proceedings of the Ameriean Institute of Electrical Engine ers, juillet 1911.
- Les essais en question, qui ont eu lieu sous les auspices de la Commonwealth Edison Company de Chicago, ont porté sur les conditions de fonctionnement des interrupteurs et des réactances intercalés dans des circuits de grande puissance, ainsi que sur la vérification de certains résultats antérieurs établis sur des réseaux de puissance moyenne.
- On conçoit aisément l’importance que peut avoir la constitution rationnelle des interrupteurs dans l’huile. On sait notamment que l’interruption d’un circuit de grande intensité donne lieu à une production de gaz. Ces gaz en se dilatant projettent le liquide hors du bac et forment même parfois avec l’air des mélanges explosifs ou combustibles.
- Les interrupteurs expérimentés appartenaient aux types uni et Iripolaires de différents modèles; les bacs étaient de deux dimensions différentes (diamètre 25 et 20 centimètres). Les réactances étaient dépourvues de noyau de fer. Le courant qui alimentait le
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- • 26 Août 1911. LA LUMIÈRE
- réseau était produit par un lurbo-alternatcur de 12 ooo kilowatts, 9 000 volts, 25 périodes.
- L’installation comprenait parmi les instruments de mesure deux oscillographes à trois équipages ; un appareil enregistreur de la longueur d’arc, etc.
- On a procédé à environ i5o expériences en provoquant des courts-circuits entre les phases ou bien en mettant une phase à la terre.
- La figure 1 représente un des montages employés.
- A est l’alternateur; K et II sont des interrupteurs
- RHÉOSTAT
- Fig. 1. — Schéma des connexions.
- dans l’huile; R, des réactances; T, des transformateurs de tension et G, un transformateur d’intensité.
- L’interrupteur en essai H étant fermé sur des résistances liquides, on provoquait un court-circuit en fermant K et aussitôt H coupait le courant.
- Les dispositions qui ont été prises peuvent être résumées ainsi :
- 1. On relevait des oscillograinmes montrant la relation entre les courants et les voltages des différents circuits: tension et courant de l’alternateur, du circuit d’excitation ; chute de tension aux bornes de R et de IL
- 2. On évaluait les efforts exercés par le flux de dispersion sur de petites pièces de fer disposées en des endroits déterminés près des bobines de réactance.
- 3. De fines bandes de papier étaient attachées aux bobines de self, de façon que tout déplacement de la bobine entraîne le déchirement du papier.
- Des éclateurs étaient disposés aux bornes des spires extrêmes des bobines afin de déceler tout accroissement anormal de voltage.
- ÉLECTRIQUE " 247
- 5. On relevait des diagramtnes des efforts dont les récipients d’huile étaient le siège.
- 6. On mesurait durant l’essai la longueur d’arc. Les essais ont apporté confirmation à l’hypothèse
- de l’expulsion de l’huile par les gaz. Toufefois, il a été possible de donner issue aux gaz seuls et de retenir l’huile dans le récipient. On a utilisé également des dispositifs spéciaux permettant de ramener 1 huile à la partie inférieure des bacs.
- Aucun des essais n’a révélé un accroissement notable de la température de l’huile.
- 0,2 0,4 0,ü
- Secondes•
- Fig. 3.
- Les conclusions sur l’efficacité de la rupture on été plus favorables aux grands récipients de 25 centimètres de diamètre qu’à ceux de 20 centimètres de diamètre. Les efforts supportés par les grands bacs étaient seulement le tiers ou le cinquième de ceux mis en jeu dans les autres.
- La longueur de la course d’interruption varie évidemment avec la rapidité, du déplacement des contacts. On peut se rendre compte de la loi de variation en examinant la courbe de la figure 2.
- Les interrupteurs ont assuré l’ouverture du circuit sans provoquer de perturbations extérieures ni de surtensions exagérées et sans avoir atteint la limite de leur capacité de rupture. Aucune inflammation ne s’est produite dans le circuit de charge et les cellules renfermant les interrupteurs,construites cependant en matières inflammables n’ont point été endommagées.
- Il 11’y a eu que 5 % d’huile échappée ; l’emploi de l’huile ayant déjà servi n’a pas entraîné de diminution notable dans l’efficacité de la rupture”
- En ce qui concerne la génératrice, il a été re-
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- *P;
- marqué que le courant inducteur augmente quand Farmature est en court-circuit. Des crachements ont été observés sur les bobines induçti’ices ; ce phénomène doit être imputable au haut voltage des courants induits dans ces bobines par la mise en court-circuit de l’induit. Le voltage observé dans ces conditions a été sept fois supérieur au voltage normal, ce qui n’est pas encore un chiffre très grand.
- De même, avec trois interrupteurs unipolaires, la phase non court-circuitée accusait un voltage deux fois et demi supérieur au voltage normal et cela, probablement, grâce au grand courant induit dans les bobines de champ. La vitesse * de la génératrice n’augmentait pas sensiblement lorsque les courts-circuits étaient établis.
- Tous ces phénomènes étaient bien plus violents quand le court-circuit était établi entre les phases que dans le cas de la mise à la terre.
- On utilisait, pour régler le courant, des bobines de self de 76 spires, en fil de cuivre de 25 millimètres environ et enroulées autour d’un noyau en ciment.
- Chacune d’elles était composée de trois couches dont les extrémités étaient apparentes au sommet et à la base.
- L’introduction de. réactances réduisait le couple à l’arbre de la turbine en diminuant de moitié la valeur instantanée du courant, ce qui avait pour effet d’empêcher Faugmentation de vitesse au courant du court-circuit. Il suffisait, pour obtenir ce résultat, d’introduire dans chaque phase une réactance de 6 % . Ceci veut dire que la chute de tension aux bornes de la réactance en régime normal serait égale à 6 % du voltage de régime.
- De plus, ces réactances, lorsque le court-circuit se produisait, maintenaient constant le voltage aux bornes de l’alternateur et la fréquence. A ces effets, dus à la présence des bobines de self, il faut encore ajouter la variation qu’elles amenaient dans le facteur de puissance du court-circuit et une certaine déformation de Fonde.
- Th. S.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Développement des stations centrales modernes. — P. Steinmetz. —Proceedings ofthe American Institute of Electrical Engineers, juillet 1911.
- En partant des premières stations centrales importantes, créées il y a une vingtaine d’années et qui distribuaient, dans un rayon limité, du courant con-
- tinu, à 3 fils, sous la tension de 220 volts, on est arrivé graduellement aux usines monstres modernes, distribuant l’énergie sous forme de courants triphasés à haute tension à des sous-stâtions de transformateurs ou de cornmutatrices.
- Pour éviter les conséquences très graves d’une avarie sérieuse survenue dans d'aussi immenses usines, on est conduit à subdiviser la puissance génératrice entre deux ou plusieurs stations centrales, reliées par de§ lignes de jonctionnement.
- Un tel système, comparé aux anciennes usines à courant continu, présente avec elles deux différences essentielles :
- i° L’emploi du courant alternatif implique le problème de la synchronisation.
- 20’ Dans le système de distribution à courant continu à basse tension,un accident quelconque ne pouvait avoir, à cause de la résistance des feeders et des câbles, que des conséquences locales ; dans le système moderne, il peut au contraire avoir une grave répercussion sur l’ensemble de la distribution, le maximum de la puissance pouvant entrer en jeu au point où cet accident est produit. Pour donner au système moderne une sécurité aussi grande que celle de l’ancien, il faut trouver un moyen de limiter la puissance qui peut entrer en jeu, au moment d’un accident, à | une valeur qui ne compromettra pas l’exploitation tout entière.
- Grâce au caractère alternatif du courant engendré par les usines modernes, ce moyen est fourni par des réactances qui limitent la puissance, en remplaçant à ce point de vue la résistance ohmique des câbles à courant continu et, de plus, en présentant l’avantage d’absorber du voltage sans entraîner un gaspillage d’énergie correspondant.
- Les industriels ont été lents à apprécier Futilité des réactances pour la sécurité des usines de grande puissance ; c’est que, dans leur esprit, survivait un préjugé contre les réactances, préjugé qui remontait aux premiers systèmes de distribution monophasés, à haute fréquence, où la réactance des alternateurs, des lignes et des transformateurs était l’ennemi qui s’opposait à la régulation du voltage.
- Dans les énormes usines modernes, au contraire, qui fournissent une grande partie de leur puissance à des machines synchrones, telles que commuta-trices, transformateurs de fréquence, etc., la réactance fournit le moyen le plus efficace de régler le voltage.
- Dans une centrale ou un groupe de centrales possédant une puissance génératrice de 100 à 200 méga-
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- watts, fournie par des turbo-alternateurs à grande vitesse — plusieurs centrales de cette importance existent actuellement — il faudrait pouvoir, en cas de court-circuit sur les barres collectrices, couper une puissance d’un million et demi à quatre millions de kilowatts. Il est évident qu’on ne peut construire un interrupteur capable de couper sûrement une telle puissance et qui soit en même temps de dimensions suffisamment réduites et d’un prix assez peu élevé pour qu’on puisse en employer un nombre suffisant sur les générateurs, feeders, etc. L’insertion de réactances de limitation de puissance sur les circuits de générateurs, sur les barres collectrices, etc., est donc nécessaire.
- Pour limiter la valeur momentanée du courant de •court-circuit à io ou 12 fois la valeur du courant de pleine charge, de façon à rester dans les limites extrêmes imposées par la construction mécanique et électrique des machines génératrices, il faut accroître la réactance de self-induction de celles-ci jusqu’à 8 ou io % . Cela peut être réalisé soit par des réactances extérieures, soit par la construction même des machines, soit par ces deux moyens simultanément.
- Le second moyen n’est pas compatible avec une construction économique et la solution qu’on doit préférer consiste à donner aux génératrices une réactance interne de 3 à 5 % , et à insérer extérieurement sur chaque phase une réactance de 4 à 6 % .
- Même en limitant le courant momentané de court-circuit des générateurs à io fois le courant de pleine charge, la puissance momentanée du court-circuit peut encore atteindre des millions de kilowatts , quand le système comporte l’exploitation en parallèle de plusieurs centrales, atteignant une puissance totale de plusieurs centaines de mégawatts. Dans de tels systèmes, il importe donc de diviser l’exploitation entre plusieurs sections séparées ou de sectionner les barres collectrices par des réactances de limitation de puissance.
- La première solution est souvent employée; mais, en supposant la puissance de chaque section limitée à un maximum de 6o mégawatts, on sera souvent conduit à disposer ainsi de 3 ou 4 sections séparées, solution beaucoup moins économique que la marche en parallèle de toutes les unités génératrices. De plus, comme la régularité de l’exploitation exige qu’on puisse alimenter chaque section à volonté par plusieurs sections successivement, on sera ainsi conduit à une complication très coûteuse,
- rendant le service difficile, et exposant à des fausses manœuvres très graves.
- La seule solution qui permette l’extension indéfinie sans danger ni complication, est donc l’exploitation au moyen de toutes les unités génératrices en parallèle sur des barres collectrices en boucle, divisées en sections par des réactances de limitation de puissance.
- Elles doivent être suffisantes pour que, dans le cas d’un court-circuit se produisant sur une section, les sections de barres collectrices voisines soient modérément affectées et que les suivantes ne le soient nullement; en même temps, elles doivent être assez faibles et pouvoir supporter un courant suffisant pour que tout courant, qui, durant une variation de charge sur une section des barres, doit être fourni par la section voisjne, puisse traverser la réactance sans chute de voltage, avec un faible décalage de phase entre les sections voisines des barres collectrices.
- En supposant que chaque section ait une puissance de 5o à 6o mégawatts, on peut, d’après l’auteur, considérer actuellement que les caractéristiques ci-après seront les meilleures.
- >. i—
- Fig. i.
- Chaque réactance de barre collectrice devra pouvoir supporter, d’une façon permanente, 2 mégavolts-ampères, avec un décalage de phase de i5 degrés, et une limite de puissance, dans le cas d’un court-circuit sur une section et de plein voltage sur la section voisine, de 40 mégavolts-ampères. __
- Les barres en boucle, sur lesquelles débitent toutes les génératrices G, comprennent les barres
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série)? —1 H*34:.
- B des différentes stations centrales H,, H2, etc., et les lignes de jonctionnement L, entre ces stations centrales, comme l’indique le schéma de la figure i ; x indique la réactance de limitation de puissance dans les circuits de génératrices, x' celles des barres collectrices, F les feeders, G les interrupteurs non automatiques et AG les interrupteurs automatiques.
- Pour limiter les effets d’un court-circuit sur un feeder, on a, jusqu’à présent, employé avec succès les interrupteurs automatiques, mais la méthode la plus recommandable consisterait, évidemment, à insérer à chaque extrémité de chaque feeder, c’est-à-dire à son départ de la station centrale et à son arrivée à la sous-station S, une réactance convenable x", précédée d’un interrupteur non automatique.
- En ce qui concerne la synchronisation, il faut remarquer qu’elle est d’autant plus stable que le circuit reliant les machines à maintenir en paral-' lèle a une réactance plus considérable comparativement à sa résistance : c’est, en effet, si l’on considère le courant d’échange entre ces machines, la composante déwattée de ce courant qui exerce seule une action synchronisante.
- Pratiquement, la réactance du circuit reliant les machines à synchroniser doit être égale à au moins deux fois la résistance.
- Dans les turbo-alternateurs, la proportion entre la résistance et la réactance de l’armature est telle que, s’ils sont reliés aux mêmes barres collectrices, leur marche en parallèle est satisfaisante.
- Mais la marche en parallèle de deux stations centrales reliées par une ligne de jonctionnement qui n’a pratiquement pas de réactance est instable ou impossible sans l’insertion d’une réactance auxiliaire suffisante.
- D’ailleurs, il faut aussi que l’impédance de cette
- ligne de jonctionnement soit suffisante pour donner passage à un courant capable de lutter contre les causes tendant à la suppression du synchronisme, comme l’inégalité des puissances motrices, une différence de réglage dans le régulateur, etCi Le courant d’échange entre les machines doit être, pour ce motif, comparable en grandeur, à leur courant de pleine charge. Gela ne sera souvent pas possible lorsqu’il s’agira de la marche en parallèle de stations centrales, reliées par des lignes de jonctionnement établies, pour des raisons économiques, juste suffisantes pour l’échange de puissance nécessité par les fluctuations de la charge, mais insuffisantes pour permettre de réaliser leur marche en parallèle. Un nouveau problème se posera alors : contrôler les vitesses des machines motrices des deux stations* de façon à les maintenir, dans toutes les conditions, assez voisines pour n’exiger, entre les alternateurs, qu’une très faible puissance synchronisante. En d’autres termes, il faudra arriver à synchroniser les machines motrices : problème mécanique qui peut être résolu électriquement, sans difficulté sérieuse, en contrôlant, par exemple, les régulateurs d’admission de vapeur par la puissance échangée entre les stations, tout en évitant un effet de pompage entre les régulateurs, grâce à des dash-pots assez puissants.
- En résumé, deux problèmes importants doivent être résolus pour donner aux grandes centrales modernes toute la sécurité désirable et tout le développement qu’elles peuvent comporter :
- i° La localisation des troubles au moyen de réactances de limitation de puissance.
- a0 Une bonne marche en parallèle des usines, malgré l’insuffisance .des lignes qui les relient, grâce à un contrôle approprié de la vitesse des machines motrices.
- H. B.
- VARIÉTÉS
- L’exposition d’électricité de Boston.
- Le 28 septembre prochain s’ouvrira à Boston une exposition d’électricité placée sous les auspices de Y Edison Electric llluminating Company.
- On connaît l’importance de cette société qui fournit du courant à 38 villes et localités et dessert ainsi
- un territoire de plus de 1/(oo kilomètres carrés et une population de 1 5ooooo habitants.
- L’exposition occupera le grand hall des Machines de la ville de Boston, d’une superficie d'environ 9 3oo mètres carrés, pouvant contenir plus de 100 000 visiteurs.
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- 26 Août 4914.
- LÀ' LÜMIÈHE- ÉLECTRIQUE —^ 251
- U sera fourni aux exposants du courant continu et du courant alternatif : le continu et le monophasé à i io ou aao volts, le triphasé à l’unique tension de aao volts et à la fréquence de 60 périodes. Le prix du courant d’éclairage et de force motrice est fixé à environ i5 centimes par kilowatt-heure.
- La direction mettra gratuitement à la disposition des exposants des lampes à filament métallique et à filament de charbon, et fournira des lampes Mazda à des prix très bas. De leur côté, les exposants devront avoir leurs moteurs en parfait état, tout mo-
- teur devant être accompagné de son propre contrôleur et de son rhéostat ou démarreur.
- Cinq jours seront laissés (') aux maisons pour établir complètement leurs stands. Les règlements concernant l’entretien des stands, les dates, les rapports entre la direction, les exposants et les clients éventuels ont été élaborés dans un esprit de grande exactitude.
- La durée de l’exposition est d’un mois; elle prendra fin le 26 octobre.
- (') Du a3 au 28 septembre.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Les transmissions électriques d’énergie en Italie. (Voyage d'études 8-29 mai 1910). — Rapport rédigé par M. Ourson, ingénieur des Ponts et Chaussées. — Un volüme in-8° de 254 pages, avec 27 figures, 19 planches et 1 carte, publié par la Ville de Paris.
- M. Ourson a placé au début de son rapport un aperçu historique sur le développement de l’électricité en Italie. Nous l’avons reproduit dans ses grandes lignes (') et nos lecteurs ont pu voir quelle précieuse contribution cet ouvrage apporte à l’histoire de la houille blanche.
- Le rapport de M. Ourson est en outre une source de documents à laquelle tous les techniciens puiseront avec profit. Les monographies des installations des principales sociétés de distribution italiennes sont d’abord des descriptions fort complètes; de plus, chacune d’elles est suivie d’une nomenclature des tarifs en vigueur. et enfin l’auteur indique en quelques mots les résultats d'exploitation obtenus,
- (*) Lumière Electrique, 12 et 19 août 1911.
- mettant en relief l’essor économique dont certaines provinces sont redevables aux transports de force qui les traversent.
- Dans la troisième partie de cet ouvrage, M. Ourson développe Tes impressions qu’il a recueillies au cours de son voyage et formule ses conclusions. En particulier, les considérations qu’il expose au sujet de l’électrification des chemins de fer sont à retenir.
- Enfin, en appendice, on trouve la traduction de la loi italienne du 7 juin 1894 sur les transports d’énergie.
- En résumé, cet ouvrage renferme un ensemble de renseignements statistiques et techniques de la plus haute valeur et, sans aucun doute, il retiendra l’attention de tous ceux que préoccupe la mise en œuvre des forces hydrauliques de notre pays.
- I| est permis de souhaiter qu’un travail analogue sur les transmissions 'd’énergie françaises soit bientôt entrepris.
- P. L.
- BREVETS
- Machine panchrone à bagues avec machine auxiliaire à collecteur.
- On a proposé de fermer le rotor des machines d’induction sur des machines polyphasées à collecteur, dont la polarité était invariable. Or, M. Latour a signalé l’avantage qu’il y avait à établir ces der-
- nières pour une polarité arbitraire et à les entraîner à une vitesse également arbitraire, pouvant être indépendante de celle de la machine d’induction,
- Le dispositif que nous décrivons, dû aux Ateliers de Constructions Electriques du Nord etdel' Est({),
- (*) Brevet 417 190, demandé le 23 août 1909.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2» Série)» —/K» 34.
- consiste en l’application d’un transformateur série, agissant par induction mutuelle sur le circuit d’excitation de la machine à collecteur.
- 4*
- Fig. i.
- D’après la figure i, qui se rapporte à une machine à collecteur auto-excitatrice, les secondaires c,, c3 du transformateur triphasé sont intercalés dans le circuit b2 bif placé sur le rotor et qui sert à exciter le champ magnétique.
- En même temps, on s’est attaché à obtenir, dans la machine d’induction brevetée, une compensation de la réaction du rotor. C’est l’enroulement at ai a% du stator qui est chargé de cette mission.
- Sur chaque phase de l’enroulement d’excitation bt b2 b3 on fait agir, par induction mutuelle, une ou plusieurs phases quelconques du rotor dans le but d’obtenir, dans chaque circuit d’excitation bt b2 b2, toute phase et toute grandeur de force électro-motrice série jugées convenables. On peut modifier le nombre de spires des primaires, le nombre de spires des secondaires, la réluctance des circuits magnétiques du transformateur pour ajuster ou régler l’induction mutuelle entre les circuits primaires et secondaires.
- A vide, soit que la machine fonctionne au-dessus ou au-dessous du synchronisme, la machine à collecteur développe par auto-excitation en dérivation une tension entre balais correspondant à celle induite dans le rotor par le glissement de la machine d’induction. On peut admettre que l’excitation de la machine d’induction est fournie soit par le réseau dans le stator, soit par la machine à collecteur dans le rotor même, soit des deux manières à 1^ fols. C’est le deuxième mode d’excitation qui assure un bon facteur de puissance.
- En charge, les courants développés dans le rotor de la machine d’induction vont traverser la machine
- à collecteur. Au point de vue de ces courants, la machine se comportera, en raison du mode d’excitation série prévu, comme ayant une certaine inductance et une certaine résistance, positives ou négatives. On réglera la compensation de la réaction du rotor de la machine à collecteur et l’excitation série du champ de façon à réduire cette inductance et à lui donner de préférence une certaine valeur négative capable de contrebalancer l’effet des fuites de la machine d’induction. On réglera, d’autre part, l'effet de résistance de façon à donner à la machine d’induction la caractéristique que l’on juge convenable.
- L’excitation série pourrait être faite indépendamment de l’excitation shunt par des enroulements distincts, mais il faudrait toujours avoir recours à des transformateurs série pour contrebalancer l’induction mutuelle inévitable qui se produirait, dans le stator même, entre les enroulements série et les enroulements shunt.
- La simple excitation shunt de la machine à collecteur pourra suffire quelquèfois. Cette excitation devra alors être adoptée pour la pleine charge. A vide, la machine d’induction sera le siège d’un certain courant déwatté.
- Il faudra se réserver, dans tous les cas, de pouvoir varier les points d’introduction des courants d’excitation dans le stator, de façon que l’on puisse décaler dans l’espace le champ du moteur.
- Au lieu de rendre la machine auto-excitatrice, on peut, tout en établissant la compensation de la réaction du rotor, comme il a été. dit 'plus haut, établir l’excitation séparée ou auto-excitation indirecte de la machine à collecteur par les procédés Latour ou Milch.
- Conformément au premier de ces procédés, on adapte un collecteur avec balais mobiles au stator de la machine à collecteur. Le transformateur série est établi sur l’excitation faite sous la pleine fréquence du réseau et par conséquent le primaire ne pourra être que traversé par les courants statoriques de la machine d’induction.
- Dans le procédé Milch on çxcite le champ de la machine à collecteur par des courants ayant la fréquence du glissement de la machine d’induction. Ces courants sont obtenus par un convertisseur de fréquence. Le transformateur série pourra être disposé sur le circuit d’alimentation du convertisseur de fréquence, ou bien sur le circuit d’excitation à plus basse fréquence de la machine h collecteur, comme dans le cas de l’auto-excitation décrite plus haut.
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- la lumière électrique
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- 26Août 1911.1
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Les cours du cuivre métal pnt bien du mal à se maintenir au cours moyen de £ 56,io,o. Il y a là une situation qui ne manque pas de surprendre après tous les avertissements de hausse, de décroissance des stocks et de trusts partiels dont les journaux financiers et techniques nous ont chaquejour abreuvé. Ce que nous en pensons, nous l’avons déjà dit; mais nous tenons à faire de nouveau ressortir cette situation en apparence anormale d’une réduction très importante des stocks et du maintien des cours à un taux presque uniforme depuis plusieurs mois. Bien mieux, si nous prenons la situation des stocks en juillet 1909, 1910 et 1911, nous remarquons qu’elle varie de la façon suivante. En juillet 1909, les approvisionnements visibles étaient de 76559 tonnes; en juillet 1910, ils montaient à 99 a3g; en juillet '1911 à 68025 tonnes; les cours du Standard s’inscrivaient aux mêmes dates respectivement à £ 58,7,6, £ 55,io et £56,5. Ainsi, malgré une diminution des stocks qui n’est pas moindre de 8 000 tonnes, le cours n’est pas, au 3i juillet 1911, ce qu’il était au 3i juillet 1909.
- On nous promet depuis huit mois une reprise de la vie industrielle en Amérique, mais il ne semble pas que les faits aient répondu aux espérances de ceux qui propagent ces nouvelles. Cette époque de l’année est la moins favorable aux transactions, et il faut bien dire que l’influence de la température très élevée que nous subissons a eu une répercussion dans toutes les usines de fabrication des métaux et même dans lesateliers de construction. Les grèves anglaises ont contribué à ralentir les ventes et les achats. Mais la note de l’avenir prochain est toujours favorable et, confirmant ce que nous disions plus haut, les informateurs officiels espèrent toujours qu’en raison de l’importante réduction des stocks, les consommateurs américains couvriront plus volontiers leurs besoins futurs, surtout pendant l’automne.
- Les usines de transformation du cuivre profitent largement de cette situation. La Compagnie des Métaux, l’Electro-Métallurgie de Dives, les Tréfileries du Havre ont un excellent courant d’affaires et leurs cours sont en hausse sur des avis autorisés que les
- dividendes prochains se ressentiront de cet état de choses.
- Les Tréfileries du Havre ont procédé récemment à une augmentation de capital qui leur ont procuré les disponibilités supplémentaires correspondant à l’extension de leur chiffre d’affaires et les fonds dont elles avaient besoin pour réaliser leur projet de participations dans une affaire similaire en Italie. Les Tréfileries ont pris une part prépondérante dans la constitution de la Société a Trafilerie et La-ininatoi di Metalli » au capital de 4 millions de lires, ayant pour objet la fabrication et la vente de leurs produits. La nouvelle société italienne, profitant de l’expérience de ses fondateurs, de la clientèle des tréfileries en Italie pourra, à l’abri des tarifs douaniers, s’assurer des débouchés intéressants, tout en Vendant à des prix rémunérateurs. L’usine sera construite à Brescia.
- Le capital des Tréfileries, qui était fixé à 10 millions de francs, a été porté à 16 millions par la création de 60000 actions nouvelles de 100 francs, émises à 200 francs. Cette prime de 100 % est pleinement justifiée par les réserves importantes que les Tréfi-leries ont constituées depuis 1901, date de leur réorganisation et par le dividende qu'elles distribuent. On remarquera que, chaque année, les travaux neufs sont amortis sur les bénéfices de l’exercice, qu’il existe une provision régulatrice destinée à ramener au cours de £ 5o les stocks de cuivre en magasin, et que les aléas qui ne sont pas de fabrication sont réduits au minimum. Cette augmentation de capital aura procuré aux Tréfileries une réserve supplémentaire de6 millions que le Conseil aura probablement appliquée à l’amortissement d’une partie des immobilisations et peut-être d’une partie du stock de cuivre. Mais nous verrons, à l’assemblée générale de novembre, les décisions qu’il aura prises à cet égard.
- Les résultats de l’exercice 1910-1911 delà Société Brown Boveri et C'e, à Bade, sont plus favorables que ceux de l’exercice précédent, si l’on ne considère que le montant du bénéfice d’exploitation qui s’est élevé à 6863 716 francs contre 6 422636 francs en 1909. Mais il faut tenir compte de l’augmentation
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- liî'fv : • v . Æ '.'Sîïsstf
- *34 LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XV(2*Série). H* SI.
- du capital porté de 20 millions à 28 millions de francs. Aussi, malgré une augmentation de 1S7 909 fr. du bénéfice net qui ressort à 2 3ooo3i francs, après déduction des charges et amortissements divers, le dividende a-t-il été ramené à 7 % au lieu de 8 %. Les tantièmes absorbent 70 815 francs, les gratifications i5oooo francs, et le report à nouveau est de 119216 francs. Rappelons que le dividende de l’exercice 1908-1909 avait été de 11 % ,
- L’augmentation de capital de la Compagnie Elec-tro-Mécanique a été définitivement ratifiée par les actionnaires. De deux millions, le capital a été porté à 5 millions de francs par la création de 2 400 actions de 5oo francs et l’émission de 3 600 actions de 5oo francs à souscrire en espèces. Les 2 400 actions créées ont été attribuées à la Société d’Électricité Alioth pour ses apports faits à la Cohapagnie Electro-Mécanique comprenant un fonds de commerce de construction, fabrication et vente d’appareils électriques de tout genre exploités à Lyon et dans les succursales, dépôts etagences de Paris et de la pro-
- vince. Ainsi se trouve légalement consacrée la fusion des deuxfirmes qui avait été annoncée il y a plusieurs mois.
- Il s’était formé à Zurich, il y a peu de temps, une société dite l’Union Ottomane, société pour entreprises électriques en Orient. Les bénéfices de l’exercice se chiffrent par 90 246 francs. Le conseil proposera de reporter à nouveau 85 734 francs, après affectation de 5 % à Ja réserve légale. Mais la même information annonce qu’une assemblée extraordinaire suivant l'assemblée ordinaire sera appelée,à se prononcer sur une proposition d’achatdu portefeuille de la société, qui se compose exclusivement de titres des tramways de Constantinople. Et, si les actionnaires acceptaient les offres faites, la société serait mise en liquidation. Cette nouvelle est au moins surprenante, car elle semblerait vouloir dire que les entreprises de la société en Orient se limitaient et devaient se limiter à cet achat et à cette vente de titres de tramways, simple opération de bourse qui ne nécessite pas la constitution d’une société.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS
- TRACTION
- Côte-d’Or. — Sont déclarés d'utilité publique les travaux relatifs à l’extension et à la modification du réseau des tramways électriques de Dijon concernant les trois nouvelles lignes de tramways suivantes :
- i° De l’octroi de Talant à la place Darcy par l’avenue Victor-Hugo;
- 2tfDc la place Darcy à la place Etienne Dolet par le boulevard de Brosses ;
- 3° De la place du Peuple à la rue des Trois-Ponts par la rue des Moulins.
- Nord. — Le conseil d’arrondissement de Lille a émis le vœu que la ligne électrique de tramways entre Lille et Baisieux soit commencée dans le plus bref délai. Le conseil a en outre adopté un vœu tendant à la création d’un tramway entre Tourcoing et Halluin.
- Corse. — Les maires et élus du canton de Petreto-Bicchisano et du haut canton de Sainte-Marie-Sicché demandent è être desservis par le railway électrique. Ils ont, à cet effet, adressé au préfet un cahier de revendications au nom des populations intéressées.
- COMMERCIAUX
- ÉCLAIRAGE
- Basses-Pyrénées. — Dans sa dernière réunion, le conseil municipal de Bayonne a adopté le rapport de M. Durand qui concluait dans la question de l’éclairage au rejet du monopole. A partir du Ier janvier 1912, le régime de la libre concurrence sera mis en vigueur à Bayonne.
- Calvados. — L’électricité sera prochainement installée à Yillers-sur-Mer. Les frais d’installation sont évalués à 100 000 francs.
- Corse. — Le cahier des charges concernant la lumière électrique de Bastia ayant été approuvé parle préfet, on espère pouvoir éclairer la ville dans le plus bref délai.
- Côte-d’Or. — Le conseil municipal de Molinot vient de décider de faire installer la lumière électrique dans la commune. C’est l’usine d’Epinac-les-Mines qui fournira le courant.
- Gard. — La municipalité de Nîmes, dont dépend le hameau de Saint-Cézaire, a décidé de faire installer la lumière électrique dans cette localité.
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- Gers. — La municipalité de Saint-Puy a décidé de faire installer l’éclairage électrique très prochainement.
- Haute-Loire. — Le conseil municipal de Brioude a autorisé le maire à faire toutes démarches utiles en vue de pouvoir accorder à la Compagnie Générale d’électricité qui le demande une concession pour l’amenée à Brioude d'un courant électrique pour distribution de force motrice aux industriels qui seraient en mesure de pouvoir l’utiliser.
- Haute-Garonne. — L’adjudication de la concession d’éclairage électrique de Toulouse doit avoir lieu incessamment. Pour les conditions à remplir, les intéressés peuvent s’adresser dès maintenant à la mairie.
- Indre. — Le conseil municipal de Chàtcauroux a accepté la substitution de la Compagnie centrale d’énergie électrique à M. Chagnaud comme concessionnaire de l’électricité.
- Loire* — Dans une des dernières réunions du conseil municipal de Saint-Etienne, M. Jean Neyret a donné lecture du rapport suivant, qui porte approbation définitive de la concession d’électricité :
- Est approuvé la convention passée, le 20 décembre 1910 et modifiée les 27 février et 29 juin 1911, entre le maire de Saint-Etienne agissant au nom de cette commune, et la Compagnie électrique de la Loire à Saint-Etienne, pour la concession, sur le territoire de ladite commune, d’un réseau de distribution publique d’énergie électrique, pour tous usages, conformément aux clauses et conditions du cahier des charges en date du 20 décembre 1910, annexé à cette convention suivant les dispositions du plan d’ensemble ci-dessus visé.
- La Société du Lignon a fait des propositions pour installer l’électricité à Saint-Romain-le-Puy. La municipalité a décidé la mise à l’enquête.
- Meurthe-et-Moselle. — La-municipalité de Val-et-Châtillon a décidé de donner son adhésion au projet d’élairage présenté par la.Société Lorraine d’électricité.
- Saône-et-Loirf. — La municipalité da Chagny a reçu des offres de fourniture de l’éclairage et de la force motrice de la part de la Compagnie électrique de la Grosne.
- Seine. — Le conseil municipal de Pantin a reçu une demande de concession d’une distribution de force électrique.
- Var. — La Société Prieur, Barthélemy, Durand et Chapuis est en pourparlers avec la municipalité de Toulon dans le but d’obtenir la concession de l’électricité pour 3o ans.
- Vosges. — Un projet de concession de distribution
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- d’énergie électrique pour l’éclairhge électrique de Remi-remont a été déposé à la mairie.
- La Société Lorraine d’Electricité ayant fait à la municipalité des propositions avantageuses, le conseil a décidé de donner une suite favorable à ces propositions à l’expiration des contrats en cours d’exécution qui l’obligent à maintenir le statu quo jusqu’en 1918.
- Russie, — La Société belge « Centrales Electriques » a obtenu la concession de l’éclairage électrique de Moscou pour un montant de plusieurs millions de roubles.
- DIVERS
- Paris. — Par arrêtés du ministre des Travaux publics :
- Est approuvé, en conformité de l’article 16 des cahiers des charges types des 17 mai et 20 août 1908, le type de compteur Landis et Gyr « Alva Ça » pour courant alternatif monophasé, 2 fils, pour les calibres jusqu’à 75 ampères et 600 volts.
- Est approuvé, en conformité de l’article 16 des cahiers des charges types des 17 mai et 20 août 1908, le type de compteur Landis et Gyr «CB » pour courant alternatif simple pour les calibres jusqu’à 3o ampères et 5oo volts.
- Est approuvé, en conformité de l’article 16‘des cahiers des charges types des 17 mai et 20 août 1908, le type de compteur Landis et Gyr « Alva Fa » pour courant alternatif triphasé, 3 fils, pour les calibres jusqu’à 76 ampères par phase et 600 volts composés.
- Estapprouvé, en conformité de l’article 16 des cahiers des charges types des 17 mai et 20 août 1908, le compteur ampère-heuremèlre J. Garnier A. M. T., type S. A. K., pour les calibres jusqu’à 5o ampères inclusivement.
- Est approuvé, en conformité de l’article 16 des cahiers des charges types des 17 mai et 20-août 1908, le compteur wattheuremètre à Shuntelet, type O’K, de la Compagnie pour la fabrication des compteurs et matériel d’usines à gaz à Paris jusqu’à 3oo ampères inclusivement.
- Est rapporté l’arrêté du 29 octobre 1910, qui a approuvé le compteur d’énergie électrique pour courants continu et alternatif type Vulkain B de la Compagnie anonyme continentale pour la fabrication des comp -teurs à gaz et autres appareils, pour les calibres jusqu’à 1 5oo ampères inclusivement par 2 ou 3 fils.
- L’approbation est limitée, en ce qui concerne le type ci-dessus défini, au courant continu à 2 ou 3 fils.
- Par décret en date du i3 août 1911, rendu sur le rapport du ministre des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes, M. Jullien, inspecteur général des ponts et chaussées de ire classe, président de la commission des distributions d’énergie électrique, a été nommé membre du comité permanent d’électricité pour les années 1911
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- •.-'•VS''-
- T. XV (2* Série). — N<>‘34:
- et 1912, en remplacement de M. Weiss, ingénieur en chef des mines, nommé directeur des mines, des distributions d’énergie électrique et de l’aéronautique à l’administration centrale du ministère des Travaux publics.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Société Nouvelle des Tramways Electriques de Dunkerque et environs. — Durée : 5oans. — Capital : 600 000 francs.
- — Siège social : 12, quai des Ecluses, Dunkerque.
- Société Générale Electrique de la Marne, Force et Lumière
- — Durée : 3o ans. — Capital : 220 000 francs. — Siège social : 4, chemin de l’Ecluse, Chàlons-sur-Marne.
- Société Barrody et Couard (Matériel électrique). -— Constituée le 12 juillet 1911. — Capital : 220 000 francs. — Siège social : 195, rue Fazillau, Levallois-Perret (Seine).
- Société Française d'industrie Electrique. — Durée : 5o ans.
- — Capital : 4 5oo 000 francs. — Siège social : 20, rue Vignon, Paris.
- CONVOCATIONS
- Société Centrale pour l’Industrie Electrique. — Le 4 septembre, 3, rue Moncey, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le ier septembre, aux Chemins de fer de l’Etat, à Paris, fourniture de 45o moteurs électriques pour voilures électromotrices des lignes de banlieue.
- Jusqu’au 9 novembre, à 3 heures, à l’hôtel de ville, à Paris, concours pour la construction et l’installation de moteurs et générateurs à l’usine de Ménilmonlaut. Certificats de capacité avant le 25 octobre.
- Prochainement à l’hôtel de ville, à Nantes, fourniture de matériel électrique destiné à l’Ecole pratique de Commerce et d’industrie.
- Prochainement, à l’hôtel de ville, à Bordeaux, concours pour la fourniture et l’installation de pompes électriques destinées à l'usine de secours pour l’eau de la ville, rue Paulin.
- Le 4 septembre, à l'hôtel de ville, à Bordeaux, fourniture de cAbles électriques pour la poudrerie nationale de Saint-Médard.
- ior lot. — 800 mètres de câbles en cuivre nu de haute conductibilité en fils élamés.
- a® lot. — 740 mètres de câbles à isolement fort.
- Rens. il la raffinerie nationale, 14, rue Fondaudège, à Bordeaux, et à la poudrerie de Saint-Médard.
- Réadjudication éventuelle le 23 septembre.
- \
- BELGIQUE
- Le 6 septembre, à 11 heures, à la Bourse de Bruxelles,
- fourniture de matériel destiné à la construction de lignes téléphoniques (cahier de charges spécial n° 1 141 ).
- Le 14 septembre, à 11 heures, à l’hôtel communal à Ixelles-les-Bruxelles, fourniture et installation des pompes d’alimentation pour les chaudières & vapeur, d’un compresseur d’air, d’un ventilateur centrifuge et d’un groupe transformateur rotatif pour le service de l’électricité.
- Le i5 septembre, à 11 heures, à la direction du service d’études et de contrôle des applications de l'électricité, rue de Louvain, 38, à Bruxelles, installation de l’éclairage électrique dans certains locaux du ministère des Sciences et des Arts; caut. : 1 100 francs (cahier des charges, n° 80; prix, 1 fr. 10; prix des plans, 5 fr. 20; s’adresser i5, rue des Augustins, à Bruxelles). Soumissions recommandées le 11 septembre.
- Le 20 septembre, à 13 heures, à la Bourse de Bruxelles, fourniture d’objets d’éclairage électrique des trains nécessaires au service de la traction et du matériel des chemins de fer de l’Etat (cahier des charges spécial' n° 638).
- AUTRICHE-HONGRIE
- I
- Le 4 septembre, aux chemins de fer de l’Etat autrichien, à Vienne, fourniture de divers électromoteurs pour les ateliers de Gmünde, etc.
- TURQUIE
- Jusqu’au i5 septembre, à 2 heures, au ministère des Travaux publics, à Constantinople,' soumissions pour l’établissement de tramways électriques et de la distribution d’énergie électrique dans la ville d’Alep (Syrie). Cahier des charges (texte français) à consulter au Musée commercial, à Bruxelles.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- FRANCE
- 10 août. — Mairie de Bourges. Fourniture de matériel électrique à l’Ecole centrale de pyrotechnie militaire.
- iBr lot. — Poulies, isolateurs, manchons, etc.
- MM. Mizery, Nicolas Roger, 5 832,20. — Riegel. 4 234. — Strauss fr. et Cl6, 3 698,72.
- M. Bourdeau, à Aulun, adj. à 3 425,8o.
- 2“ lot. — Fils et câbles en cuivre.
- MM. Bourdeau, 3 719,60. — Strauss fr. et C*0, 4 i58,5o — Alliot et Roi, 4 016,25. — Grammonl, 4 J99,5o. — Meing, 4 463,25.
- Société Industrielle des Téléphones, adj h 3 480,40.
- 3° lot. — Poteaux tubulaires cylindriques.
- MM. Bourdeau, 2 589. — Rion et Cl0, 3 3oo.
- MM. Strauss frères et Cle, à Paris, adj. à 1 640.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trénto-trolaieno Ùn(t. SAMEDI 2 SEPTEMBRE 1911. Tome XV (S» série)! — N* 85:
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- sommaire:
- ÉDITORIAL, p. •257. — Capitaine P. Bhenot. Chronique de télégraphie et téléphonie sans fil : La station radiotélégraphique de la Tour Eiffel, p. 259.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. La chaleur dégagée pendant l’absorption d’électrons par différents métaux, p. 272. — Sur la masse des ions gazeux, W. Dùane, p. 273. — Le phénomène de Hall et l’effet thermomagnétique transversal dans le graphite, E. van Aubel, p. 273. — Etude, ,construction et essais de machines. Recherches sur le moment de giration des alternateurs triphasés, F. Punga, p. 273. — Transmission et distribution. Nouveau redresseur pour faibles puissances, E Falkenthal, p. 273.— Usines génératrices. Le chauffage au pétrole des chaudières, M. Negru, p 274. — Télégraphie et Téléphonie. Nouvelle station de mesures électriques au Poste central des Télégraphes de Paris, E. Montoriol, p. 276. — Divers. Effets curieux de la foudre, p. 277. —Variétés. Les prix de l’Académie des Sciences, p. 278. — La télégraphie sans fil aux colonies, p. 278. — Création d’un musée technique à Vienne, p. 279. — Bibliographie, p. 279. — Brevets. Procédé pour produire rapidement des variations de flux dans les machines dynamoélectriques à courant, continu, p. 280. —.Moteur à répulsion marchant en génératrice, p. 281. — Chronique industrielle et financière. Notes industrielles. Ventilateurs à courants triphasés à vitesse variable, p. 282. — Etudes économiques, p. 282, — Renseignements commerciaux, p. 284. — Adjudications, p. 287.
- ÉDITORIAL
- Dans sa Chronique de télégraphie sans fil, le capitaine P. Brenot accorde tous les développements nécessaires à la description du poste de la Tour Eiffel, qui vient de recevoir son aménagement définitif. C’est évidemment là la réalisation technique la plus importante de l’heure actuelle, et notre distingué collaborateur était mieux placé que tout autre pour bien faire connaîti’e comment elle s'est accomplie.
- Il nous rappelle les développements successifs de ce poste depuis la généreuse initiative de M. G. Eiffel, en 1903.
- Après avoir décrit l’équipement électrique
- proprement dit,le laboratoirejpour l’étude des ondes hertziennes et les locaux accessoires, le capitaine P. Brenot passe en revue les applications pratiques auxquelles servira ou pourra servir le nouveau poste.
- Parmi celles-ci, nous retiendrons particulièrement celle qui est relative à l’information météorologique. Au moment où la locomotion aérienne s’organise, on se préoccupe de plus en plus de prévoir avec certitude le beau temps ou la bourrasque, dont dépendront encore longtemps le succès ou l’échec des voyages aériens. C’est ainsi que la Société française de Navigation aérienne, sous
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- T. XV (3* Série):
- IfcStt
- l’active présidence du commandant Paul Renard, a résolu d’organiser un véritable concours de prévision du temps.
- Inversement, dès que le Bureau central météorologique a établi ses prévisions, il est du plus haut intérêt qu’elles soient communiquées au plus grand nombre possible de navigateurs et d’aéronautes. Il faut donc employer alors les moyens d’information les plus rapides et les plus vastes. Il est donc dès maintenant certain que la radiotélégraphie y jouera son rôle.
- Différents travaux, d’un caractère très spécial, sur les ions, les électrons et le phénomène de Hall, ont été récemment publiés. Nous en consignons rapidement les résultats essentiels.
- De même, il y avait lieu de noter les phases d’un débat scientifique ouvert entre MM. F. Punga et Rosenberg au sujet du calcul du moment de giration des alternateurs triphasés. Nous aurons sans doute l’occasion de revenir sur ce problème.
- Le dispositif de redresseur que décrit M. Falkenthal permettrait d’obtenir un courant ondulé dans de bonnes conditions de rendement, même lorsqu’il s’agit de faibles puissances. L’appareil rappelle assez par son principe les redresseurs à relais avec, toutefois, quelques simplifications de construction.
- Trois redresseurs de ce type, montés en étoile sur une distribution triphasée, fournissent, d’après l'auteur, un courant redressé dont les pulsations sont très atténuées.
- Le développement des stations centrales est particulièrement important en Amérique, et ceci tient à différentes raisons les unes sont d’ordre général, mais d’autres sont dues au caractère même des Américains, à leur -conception de l’organisation industrielle. Ce sont ces dernières que souligne spécialement M. Negru avant d’examiner le pro-
- blème qui s’est récemment posé à l’usine centrale de Westport.
- On se trouvait dans l’obligation de doubler sensiblement, pendant quelques heures de la journée, la production de vapeur des chaudières. La solution choisie, provisoire sans doute, a été d’adopter un chauffage mixte au charbon et au pétrole ; mais cette décision n’a été prise qu’après de multiples essais où nos lecteurs retrouveront cet esprit de tâtonnement dont nous avions récemment l’occasion de parler, cette méthode, purement expérimentale, si familière aux Américains.
- Dans les grands bureaux télégraphiques, tels que celui de Paris, il est indispensable de connaître, à un moment quelconque, l’état des lignes et de pouvoir localiser promptement les défauts qui s’y produisent.
- A propos de la nouvelle station de mesures du poste central de Paris, M. Montoriol décrit un combinateur de connexions, dû à M. Charles et qui permet de réaliser une grande rapidité dans la recherche des défauts.
- Nous décrivons les caractéristiques essentielles de son fonctionneihent. Ajoutons, cependant, que cet appareil n’est pas complètement automatique : il permet à l’opérateur de faire preuve d’initiative et de profiter de son expérience personnelle.
- Nous avons décrit de curieux effets de la foudre, observés dans un poste préviseur d’oi’ages au passage de la décharge électrique dans l’antenne. Pour être plus classiques, les phénomènes que nous signalons aujourd’hui, n’en sont pas moins singuliers.
- Dans nos Variétés, nous signalons la fondation d'un musée technique à Vienne, et l’institution d’un comité technique de radiotélégraphie au ministère des Colonies. Enfin, on trouvera la liste des Prix récemment décernés, pour l’électricité, par l’Académie des Sciences.
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- CHRONIQUE DE TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- LA STATION RADIOTÉLÉGRAPHIQUE DE LA TOUR EIFFEL
- Les premières expériences effectuées en télégraphie sans fil démontrèrent l’influence considérable sur le rayonnement de la hauteur des fils constituant l’antenne. Malheureusement les antennes élevées sont d’une réalisation difficile et coûteuse. On ne peut songer, dans les stations auxquelles on demande un certain rendement, à employer des ballons ou des cerfs-volants, d’un maniement impossible par mauvais temps. D’autre part, la construction des pylônes élevés est tellement onéreuse que l’on préfère le plus souyent majorer l’énergie mise en jeu, et se contenter d’un faible rendement.
- En France, la Tour Eiffel constituait un support d’antenne merveilleux que l’on devait naturellement songer à utiliser.
- Sa situation dans une vallée peu encaissée rendait relativement facile la réalisation d’excellentes prises de terre. D’une solidité à toute épreuve, la Tour pouvait supporter sans peine tous les réseaux de fils qu’on voudrait faire rayonner autour d’elle. D’un accès très facile jusqu’au sommet, où l’on pouvait commodément installer des appareils de toutes sortes, elle se prêtait aux expériences les plus intéressantes sur les phénomènes produits aux extrémités supérieures des antennes à grand rayonnement.
- Il était probable a priori qu’à énergie égale et avec un développement de fils moindre, on réaliserait des portées bien supérieures à celles de tous les postes étrangers : d’où un intérêt énorme au point de vue militaire.
- En outre, placée près du centre du gouvernement, dans une cité présentant de merveilleuses ressources scientifiques et industrielles, la station radiotélégraphique de la Tour Eiffel pouvait être d’une utilité considé-
- rable au point de vue politique, au point de vue scientifique, au point de vue commercial.
- La question de la possibilité d’utiliser la Tour Eiffel comme support d’antenne fut très controversée au début. Des essais, de courte, durée, il est vrai, effectués par des ingénieurs, n’avaient donné aucun résultat en ce qui concernait la réception. La transmission avait été reconnue possible. Certains considéraient que la capacité du monument devait s’opposer à la réception : de nombreux physiciens ou ingénieurs, et nous citerons en particulier M. Mascart, M. Eiffel, le capitaine Ferrié, réfutèrent immédiatement de telles assertions, dont ils démontrèrent l’inexactitude en 1903.
- Le i5 décembre 1903, M. Eiffel proposait de mettre la Tour Eiffel à la disposition du Génie Militaire pour de nouvelles expériences de télégraphie sans fil :
- « J’offre également, écrivait-il, de prendre « à ma charge tous les frais qui pourront « résulter de ces expériences et de l’instal-« lation d’un poste spécial... Je serais très « heureux que mon offre pût être profitable « à l’important service de la Télégraphie « Militaire, et servir la défense nationale. »
- Des succès éclatants ont récompensé cette offre généreuse. Le poste fut installé dans une maisonnette en bois, en bordure de l’avenue de Suffren, dans les terrains vagues du Champ-de-Mars, et des essais méthodiques furent entrepris par le service du Génie, à petite distance d’abord, avec les postes de Palaiseau et de Villeneuve-Saint-Georges.
- L’antenne, amarrée primitivement au second étage, fut ensuite fixée par l’intermédiaire d’isolateurs à une poutre brêlée dans les arcs du sommet. Elle était constituée par un petit câble de cuivre isolé.
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- En 1904 et 1905, de très bonnes communications étaient obtenues à plus de 4°° kilomètres avec une énergie d’un demi-cheval environ. Le poste deBelfort qui, en 190D,servit aux expériences avec la Tour Eiffel, disposait comme antenne d’un simple fil, dont l’extrémité supérieure était soutenue à 70 mètres de hauteur environ,par l’escarpement rocheux du château. A Belfort et à Paris, l’antenne était attaquée en excitation directe avec des bobines d’induction. La i*éception avait lieu au cohéreur et au détecteur électrolytique.
- La masse métallique de la Tour absorbait un peu d’énergie. On s’en rendit compte en faisant des expériences comparatives avec des antennes soutenues à la hauteur de 3oo mètres par des ballons. Les pertes d’énergie furent rendues presque insensibles par le procédé suivant : on souda au sommet de la Tour un petit câble que l’on fit redescendi'e presque jusqu’au sol, où il fut amarré par l’intermédiaire d’un isolateur, du côté opposé à l’antenne.
- La longueur d’onde de la Tour fut ainsi considérablement modifiée, la Tour se terminant au point de vue électrique, non plus à son sommet, mais à l’extrémité du câble supplémentaire. Ce dispositif, d’une efficacité certaine avec les premières antennes dontle quart d’onde était voisinde 3oo mètres, est devenu inutile avec les antennes actuelles et les grandes énergies employées.
- Le petit poste du Champ-de-Mars recevait parfaitement toutes les communications échangées par les stations anglaises. 11 suffisait déjà à relier Paris aux frontières, et à maintenir les relations entre les armées en campagne et la capitale.
- Le Génie Militaire décida de continuer sur une plus grande échelle les essais commencés. La surface de l’antenne fut accrue, le nombre de fils étant porté à quatre ; l’excitation directe fut remplacée par l’excitation indirecte, et l’on employa, pour la charge des condensateurs, des transformateurs alimentés par le courant alternatif du Secteur de la Rive Gauche. En même temps, des
- ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série). ~ H*36."
- pourparlers furent engagés avec la Ville de Paris pour les conventions à conclure en vue de l’installation définitive, dans le Ghamp-de-Mars, d’une station radiotélégraphique militaire puissante.
- En 1908, la station provisoire comprenait quatre baraques en bois groupées autour de l’ancienne maisonnette de M. Eiffel. Deux d’entre elles servaient d’abri aux officiers de service et aux télégraphistes, deux autres renfermaient des appareils d’émission et de réception. La cinquième, à larges baies vitrées, était un laboratoire d’études. L’antenne comportait quatre fils de 38o mètres, maintenus écartés- le plus possible dé la Tour par des haubans isolés de l’antenne. Les haubans étaient rattachés à des arbres en bordure de l’avenue de Suffren.
- La puissance maxima disponible était de 10 kilowatts, le courant nécessaire étant fourni, à 220 volts, 43 périodes, par le Secteur de la Rive Gauche. Le montage employé était le montage par dérivation, la capacité primaire de quatre dixièmes de microfai’ad étant chargée à 4» 000 volts. L’oscillateur était constitué par des cylindres de zinc, à axes parallèles, entre lesquels courait l’étincelle.
- Le poste de la Tour Eiffel ainsi constitué était entendu par les navires de guex’re, à 3 000 kilomètres, la nuit. De jour, ses signaux étaient reçus par les postes côtiers d’Alger.
- Il recevait parfaitement les émissions de Nanen (près Berlin), de Poldhu, de Clifden (Irlande) et de Glace Bay (Amérique du Noi’d).
- Pendant toute la campagne du Maroc de 1908, il assui'a un sei'vice direct dans les deux sens avec Casablanca. Son correspondant, sur la côte marocaine, était le croiseur Kléber, muni des appai'eils qui furent établis à cette époque, en collaboration par la Commission Centrale de télégraphie sans fil de la Mai’ine et le Génie Militaire, et qui étaient
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- tout à fait analogues à ceux mis en service au poste du Champ-de-Mars.
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- Les pourparlers engagés avec la Ville de Paris, pour l’installation d’une station définitive furent assez longs par suite des projets faits par la Ville en vue de la création, dans le Champ-de-Mars, du parc actuel.
- On craignait pour l’esthétique et la sécurité publique. Les difficultés furent aplanies de la façon suivante : le poste serait entièrement souterrain et le réseau constituant l’antenne ne comprendrait pas plus de six conducteurs ; l’entrée serait dissimulée dans un massif de verdure en dehors des allées centrales.
- Au printemps de 1908, la convention entre la Ville, le Ministère de la Guerre et la Société de la Tour Eiffel fut signée, et les travaux commencèrent immédiatement.
- En janvier 1910, on procédait au montage des appareils d’émission quand la grande inondation de la Seine vint causer dans les locaux souterrains des dégâts considérables. Sous l’une des salles du poste passe un vieil égout provenant des anciennes expositions univei’selles. De cet égout partent des ramifications qui ne furent pas bouchées après la dernière exposition. L’une de ces ramifications aboutissait sous le radier même d’une salle du poste : la pression de l’eau, transmise par elle, souleva le radier et détermina une large fissure par où l’eau pénétra avec violence. En quelques heures le niveau atteignit 2,3o mètres. Tous les appareils furent submergés. On avait lutté sans grande peine avec des pompes contre les infiltrations : il n’y eut rien à faire contre l’invasion directe par la Seine.
- Plusieurs mois furent nécessaires pour la i*emise en état du matériel. L’égout a été refait en ciment armé, et des vannes permettent de le fermer de part et d’autre du poste, en cas de crues exceptionnelles.
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- La station est située dans l’axe du Champ-de-Mars, tout près de la rue Saint-Dominique. Construite en ciment armé par le service du Génie, elle comprend un corps de bâtiments entourant une petite cour centrale et s’aérant en partie sur elle (fig.'i).
- Les bâtiments sont entièrement souterrains. Leur voûte, située à 5o centimètres de la surface du sol, supporte une pelouse et des massifs de fleurs. La petite cour centrale est entourée d’une bordure en pieri’e de taille et d’une grille décorative lui donnant l’aspect général d’un bassin.
- L’entrée est rejetée au bord de l’avenue centrale du parc, du côté de l’avenue de Suffren. Un passage souterrain la relie au poste proprement dit.
- En outre d’un assez gi’and nombre de salles ou locaux accessoires, la station comprend principalement une salle d’essais, une salle de réception et de manipulation, une salle à haute tension à parois étanches au son.
- Dans ces salles se trouvent groupés trois postes d’émission qui peuvent être mis en service à volonté en une ou deux minutes.
- Le pi’emier poste est installé dans un angle de la salle d’essais (fig. 1 et 2).
- C'est le poste à étincelles rares de 10 kilowatts, qui était en service dans lesbarraques en bois autrefois montées en bordure de l’avenue de Suffren.
- Le transformateur, les condensateurs, le résonateur et l’éclateur sont placés dans un compartiment complètement clos et rendu étanche au son au moyen de doubles tentures de feutre.
- Ce poste est encore utilisé quotidiennement pour les services à petite distance, avec les côtes de France ou d’Algérie.
- Le second poste, actuellement le plus puissant, mais non le plus moderne, met en
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- Passage Ouest
- jrjg, ,, » pian de la station racijotélé^raphique souterraine de la Tour Eiffel,
- jeu une énergie qui est normalement de 4° kilowatts environ. Les deux grandes salles,, dites salle de réception et salle à haute tension, lui sont plus spécialement affectées.
- C’est un poste à étincelles rares, alimenté par du courant alternatif à 4a périodes, sous £>.20 volts, fourni par le Secteur de la Rive Gauche.
- La batterie de condensateurs a une capacité de
- — de microfarad (fig. 3).
- Elle comprend 7 éléments
- de —demicrofarad, grou-10
- pés encercle autour du bâti qui supporte l’isolateur. Ces éléments, constitués par des tubes Moscicki montés en cascade, peuvent supporter une tension maxima de 120000 volts.
- On ne les fait pas travailler normalement à ce régime : la tension maxima dé service ne dépasse guère 80 000 à 90 000 volts.
- Les bâtis qui supportent les tubes sont isolés du sol.
- Le montage employé pour l’excitation de l’antenne est le montage par dérivation.
- Au centre de la batterie, un meuble en chêne supporte l’oscillateur à cylindres de zinc, au-dessus duquel un châssis isolé maintient le résonateur.
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- Les cylindres de zinc de l’oscillateur sont pleins. Ils ont 25 centimètres de diamètre et 5o centimètres de longueur. Ils sont placés chacun sur une plaque d’opaline. L’un d’eux est monté sur un chariot qui permet de régler le parallélisme des axes et la longueur de l’étincelle. Les deux cylindres sont animés d’un mouvement de . rotation (quatre tours à la seconde), au moyen d’un petit moteur asynchrone, placé sous le bâti de l’oscillateur, qui les entraîne en sens inverse à l’aide d’une transmission par courroies.
- cuivre rouge, d’un diamètre moyen de 6o centimètres, le diamètre du tuyau étant de io centimètres, et son épaisseur de 3 millimètres. Les spires sont espacées de io centimètres, et maintenues par des cales de verre. Une fente de i millimètre est ménagée tout le long du serpentin, de façon à réduire la production des courants de Foucault.
- Un palier servant à la prise de contact de la terre est situé à la partie inférieure du serpentin et une colonne centrale, avec pince
- Fig. a. — Vue de la salle d’essais. — Au fond et à droite, petit poste à étincelles rares de io kilowatts.
- Chaque cylindre porte, calé sur son axe, un plateau de cuivre rouge biseauté, plongeant à sa partie inférieure dans un auget plein de mercure, ce qui donne un contact parfait, pendant la rotation des cylindres, entre l’oscillateur et les connexions du résonateur.
- Une tuyère aboutissant près des deux cylindres permet de diriger sur l’étincelle le jet d’air d’une soufflerie.
- Cette étincelle peut atteindre 4o millimètres.
- Le résonateur est constitué par 4 spires en
- et colliers de serrage, permet le réglage du circuit du condensateur sur le circuit antenne-terre.
- La batterie de condensateurs est chargée au moyen d’un transformateur alimenté par le courant du secteur, à 42 périodes, sous 220 volts.
- Le transformateur employé est un transformateur industriel, sans fuites, immergé dans l’huile.
- La mise en résonance du circuit de charge du condensateur sur la période du courant
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- d’alimentation est obtenue au moyen de bobines de self-induction intercalées dans le circuit d’alimentation.
- Si l’on désigne par w la pulsation, par k le l’apport de transformation, par L la self-induction (self additionnelle et self de fuites), par C la capacité chargée, l’équation de résonance est :
- G>2 A2 L C = i.
- Comme il y a en général intérêt à laisser
- 3. — Salle à haute tension. — A, transformateur a résonance ; B, bat
- Ces éléments sont calculés assez largement pour que le coefficient de surtension soit de 5 environ en service normal.
- La self-induction variable est divisée en deux parties, l’une â variation discontinue, l’autre à variation continue, permettant d’obtenir toutes les valeurs comprises entre deux valeurs successives de la première.
- Les deux bobines de self-induction sont à noygm droit et isolées à l’air. La première a une valeur maxima de 9 millièmes d’henry, la deuxième d’un millième d’henry. Leur cuivre peut supporter 820 ampères. Le fer de la première est calculé pour 880 volts, celui de la deuxième pour 44° volts.
- La surtension se répartit entre les deux selfs d’après les valeurs mises en circuit.
- On fait varier la self-induction de la première bobine au moyen d’un commutateur à touches, celle de la deuxième par déplacement du noyau.
- La manipulation se fait en court-circuitant une partie plus ou moins grande d’une résistance mise en série avec les bobines de self et le primaire
- teries de condensateurs; C, l’oscillateur.
- oscillateur
- en jeu toute la capacité disponible, le réglage se fait par variations du rapport de transformation k, et de la self L.
- Le transformateur a quatre rapports de transformation 45, 5o, 60, 65, obtenus par prises secondaires. Il est calculé pour une puissance apparente de 140 kilovolts-ampères. L’isolement du circuit à basse tension à la masse estde 5 000 volts efficaces. L’isolement du circuit haute tension est de 100 000 volts efficaces.
- L’intensité primaire peut atteindre 320 ampères, l’intensité secondaire 6 ampères.
- La tension primaire qui est, comme on l’a vu, de 220 volts efficaces, croît par suite du phénomène de résonance, en tendant vers une valeur limite qui dépend des pertes dans le fer et dans le cuivre.
- D, résonateur; E, moteur de du transformateur.
- Au moment où l’on ferme les interrupteurs du tableau bien q ue le manipulateur soit levé, le courant passe dans le transformateur et dans le condensateur. Mais la résistance intercalée empêche la surtension due à la résonance d’atteindre la valeur nécessaire pour qu’une étincelle jaillisse à l’oscillateur. Si l’on appuie sur le manipulateur, la surtension augmente brusquement et l’étincelle éclate. On règle la valeur de la résistance intercalée de façon à réduire autant que possible les effets destructeurs qui se produisent aux contacts du manipulateur.
- Les manipulateurs en service sont de deux sortes : tous sont actionnés par relais.
- Le premier est un manipulateur à turbine avec jet de mercure établi par le com-_ mandant Ferrié. Le jet de mercure d’une petite turbine entraînée par un moteur asyn-
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- chrone frappé sur une couronne de cuivre rouge. La tuyère par laquelle sort le jet est articulée, et peut être déviée par un électroaimant, actionné par un courant auxiliaire, de façon que le jet ne frappe plus la couronne de cuivre.
- Bien construit', un manipulateur de ce type permet la manipulation rapide sur des courants de plusieurs centaines d’ampères. Les ratés d’étincelle sont rares, et l'on peut obtenir des points très brefs. Aussi l’appareil est-il employé avec succès pour l’envoi de l’heure et les émissions de battements nécessaires pour les mesures de longitude par télégraphie sans fil.
- Le second manipulateur comporte un électro-aimant dont l’armature soutient des cylindres de graphite.
- Ges cylindres, groupés en séi*ie-parallèle, constituent les plots du manipulateur. Quand le courant passe dans l’électio-aimant actionné par le petit manipulateur auxiliaire, les cylindres sont entraînés par l’armature et viennent butter, perpendiculairement à leur axe, contre des cylindres identiques. Le circuit d’alimentation est alors fermé. Des ressorts amortissent les chocs des cylindres les uns contre les autres.
- Un inverseur permet de transmettre à son gré, soit avec le premier, soit avec le second manipulateur.
- Les rhéostats de manipulation, au nombre de deux, ont une résistance totale de 2,8 ohms; ils sont constitués par des rubans de maillechort baignant dans l’huile contenue dans des bacs en fonte. L’huile est refroidie par une circulation d’eau.
- Un troisième rhéostat, qui reste en série avec le manipulateur, permet de faire varier l’énergie employée à la transmission.
- Pour le service normal, la valeur de la résistance mise en circuit est de o,4 ohm.
- L’intensité du courant qui passe dans les appareils, manipulateur levé, est de 270 ampères.
- Au moment où l’on abaisse le manipulateur, elle atteint 3io ampères.
- ÉLECTRIQUE 265
- L’énergie consommée est‘alors de 4o kilowatts, la longueur d’étincelle étant de 38 millimètres.
- *
- * * '
- Les fils d’antenne sont constitués par des câbles d’acier galvanisé d’un diamètre extérieur de 7 millimètres, formés de 6 torons de 7 fils, pesant 190 grammes au mètre, et d’une résistance à la rupture de 2 5oo kilogrammes.
- L’on avait au début employé pour l’antenne des câbles de bronze téléphonique, mais on ne pouvait obtenir ainsi une résistance à la traction suffisante,pour résister aux ouragans violents, sans dépasser le diamètre permis par la Ville de Paris. Au bout d’un séjour en l’air d’une année, les câbles présentaient des traces de fatigue : leur résistance à la rupture avait diminué de 200 kilogrammes, passant de 1 750 à 1 55o kilogrammes.
- On les remplaça par des câbles d’acier galvanisé, évidemment moins bons au point de vue électrique : les mesures qui furent faites prouvèrent que l’amortissement de la nouvelle antenne éjtait i,i5 fois plus fort que l’amortissement de l’ancienne.
- Le développement de l’antenne, limité par les conditions imposées par la Ville de Paris, est très réduit. Elle ne comprend que six brins (fig. 4)i comme on l’a déjà vu.
- Chacun de ces brins a 4aS mètres de longueur. Amarré au sommet dè la Tour à une potence métallique, par l’intermédiaire d’un chapelet de quatre isolateurs spéciaux, il est écarté de la masse métallique du monument au moyen d’une retenue dont il est isolé.
- Cette retenue passe sur une poulie fixée au sommet d’un petit pylône en fer de 2 mètres de hauteur, dissimulé dans un massif du jardin, et descend verticalement s’enrouler sur un treuil placé dans une chambre souterraine.
- Les retenues extrêmes aboutissent à deux pylônes plus élevés, ornés paT la “Ville de Paris de motifs décoratifs, et dressés dans
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série). — N° 35.
- l’axe de la rue Saint-Dominique, à son entrée Ils se comportent parfaitement, malgré les et à sa sortie du jardin. intempéries.
- Isolateurs
- \Pylôt>/ dà/rj'érraçe.
- A L L E E
- C A VAL!ERE
- Fig-, — A’ue perspective de l’antenne.
- Pour diminuer les pertes par induction, les retenues, en câbles d’acier identiques à celui de l’antenne, sont fractionnées en plusieurs parties par des chapelets d’isolateurs.
- Les 6 câbles de l’antenne se réunissent au-dessus de la cour centrale, et un gros conducteur vertical les connecte aux appareils du poste souterrain (fig. 5).
- Des treuils placés au sommet de la Tour permettent de descendre séparément chaque antenne et de régler sa flèche.
- Cette flèche est telle que, par les ouragans les plus violents, la tension due à la pression du vent ne dépasse pas 8oo kilogrammes.
- _ Les isolateurs employés sont constitués par des courroies caoutchoutées passant sur des poulies en bois : ils résistent à des efforts de 5 ooo kilogrammes. Chaque isolateur a un mètre de longueur environ.
- La prise de terre, disposée dans la couche
- Fig. !>. — Arrivée des antennes dans la petite cour centrale. — A, point d’entrée dans la chambre de haute tension ; B, isolateur ù courroie de caoutchouc ; C, tendeurs avec isolateurs en ébonite.
- humide, sous le radier du poste, est çoqstL
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- tuée par des bandes de zinc d’une surface totale de 6oo mètres carrés.
- La résistance apparente de l’antenne mesurée est de i3 ohms environ.
- Sa longueur d’onde propre est de a i ao mètres.
- Sa capacité dynamique est de 0,7.3 X io~8.
- Sa self de 196X io-6.
- L'accord du circuit oscillant sur l’antenne est obtenu avec un tour un quart du résonateur.
- détecteurs pendant les transmissions et empêche absolument la fermeture des circuits d’émission pendant la réception.
- Une des trois tables de réception porte des appareils de divers systèmes, français ou étrangers, avec détecteurs électrolytiques, magnétiques, à valve, à cristaux. Elle sert de table d’étude.
- Les deux autres tables sont utilisées en service normal.
- Elles portent des appareils sensiblement
- Fig-, 6. — Salle de réception et de manipulation.
- L’intensité dans l’antenne en service normal est de 46 ampères.
- Les ondes d’accouplement ont 2 070 mètres et 2 170 mètres de longueur : le coefficient d’accouplement est de 0,047.
- L’amortissement du circuit excitateur est de 0,1 et l’amortissement propre de l’antenne de 0,2.3.
- \ * *
- Près de la table de manipulation sont placées trois tables de réception. Un inverseur multiple, mû par un volant, isole tous les
- identiques : seuls les jiggers diffèrent. L’un a des enroulements à variation continue et est surtout utilisé pour les services courants. L’autre comporte un certain nombre de bobines fixes étalonnées pour des réceptions particulières.
- Chaque table comporte une double réception, au détecteur électrolytique, et avec des détecteurs à cristaux. Sur chaque récepteur, quatre casques téléphoniques peuvent être utilisés simultanément.
- Un commutateur permet de mettre en service à la fois les récepteurs des trois tables,
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- qui peuvent être accordés séparément sur des ondes différentes.
- Le troisième poste employé dans la station du Ghamp-de-Mars est un poste à émission musicale de io kilowatts, employant du cqurant alternatif à 6oo périodes.
- L’alternateur du type Bethenod, à induit fixe, est entraîné par accouplement direct avec un moteur asynchrone • monophasé à 4?. périodes et 220 volts.
- Il alimente un transformateur du type sans fuites. La résonance sur la capacité chargée est obtenue à l’aide d’une self auxiliaire faible, qui s’ajoute à la self de l’alternateur, laquelle a l’importance la plus grande. Quand l’alternateur est mis en charge, la tension à ses bornes atteint, par suite du phénomène de résonance, trois fois environ la tension que la machine donne à vide pour la même excitation.
- La manipulation se fait très facilement, aussi rapidement que l’on veut, sur le courant d’excitation : le manipulateur court-circuite une partie du rhéostat de champ de l’alternateur.
- L’éclateur est constitué par un tube de laiton de 5o millimètres dé diamètre, i millimètre d’épaisseur, perpendiculaire à un plateau de cuivre rouge. L’étincelle jaillit entre le plateau et la section droite du tube. Dans le tube est dirigé le courant d’air d’un ventilateur centrifuge actionné par un petit moteur électrique de 6oo watts. Le courant d’air souffle l’étincelle et empêche réchauffement du tube et du plateau.
- Quand on veut éviter le bruit de la décharge, on enferme l’éclateur dans une enveloppe étanche, munie de dispositifs pour l’évacuation de l’air de la soufflerie.
- Le service de la Télégraphie Militaire s’est arrêté, en 1910, à ce type d’éclateur pour les grandes et moyennes puissances, après un assez grand nombre de recherches : l’éclateur à pointe plateau, dont nous avons déjà
- eu occasion de parler ici ('), est excellent pour les petites énergies, mais ne peut guère être employé au delà de deux kilowatts.
- Avec l’éclateur qui a été décrit, on obtient des notes pures et bien régulières. Il est robuste, simple et ne nécessite aucun autre réglage que celui de la distance explosive. Son rendement semble excellent.
- Des signaux émis avec le petit poste à émission musicale que nous venons de décrire ont été perçus de nuit, à Glace-Bay, au Canada, par la station de M. Marconi, alors que l’énergie mise en jeu, mesurée aux bornes de l’alternateur, ne dépassait pas i3 chevaux. Aucun service régulier ne fut effectué, comme l’ont prétendu certains journaux, entre la côte d’Amérique et la Tour Eiffel : aucune tentative ne fut d’ailleurs faite pour cela. Il s’agissait simplement d’une expérience intéressante.
- L’éclateur tube-plateau donne d’ailleurs également d’excellents résultats avec des postes à étincelles raines. Un tel éclateur a été installé récemment sur le poste de 4° kilowatts décrit plus haut.
- Le tube, en laiton, a 20 centimètres de diamètre et 1 centimètre d’épaisseur.
- Le plateau, en cuivre rouge, a 65 centimètres de diamètre et 2 centimètres d’épaisseur.
- La soufflerie consomme 2 chevaux environ. La longueur d’étincelle est de i5 millimètres. L’intensité dans l’antenne a atteint 60 ampères, au lieu de 46 avec l’autre oscillateur.
- Quand on veut obtenir des note aiguës, et à condition d’employer des souffleries plus fortes, les tubes en cuivre rouge donnent aussi de bons résultats.
- Le manipulant dispose à côté de lui d’un rhéostat de champ supplémentaire : en agissant sur l’excitation de l’alternateur, il fait varier à son gré la hauteur de la note musicale émise. On obtient très facilement en particulier la quinte et l’octave.
- (l) Voir Lumière Electrique, 6 août 1910, p. 1G9.
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- On utilise également fréquemment à la station du Champs-de-Mars, pour les communications courantes à petite et moyenne distance, un alternateur pour émission musicale étudié par M. Villard, sur le même principe que les alternateurs à ?.o alternances établis antérieurement par cet éminent physicien pour la télégraphie sans fil par étincelles rares.
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- * *
- Très vaste, le laboratoire, utilisé pour toutes sortes d’études sur les ondes hertziennes, comporte principalement deux grandes plateformes d’essais.
- C’est dans ce laboratoire qu’ont été mis au point les postes puissants à émission musi-
- i° Continu no volts — alternatif monophasé, 5o périodes, 220 volts, d’une puissance de 35 kilowatts ;
- 20 Continu 110 volts —alternatif monophasé. 4a périodes, 220 volts, d’une puissance de 2 kilowatts;
- 3° Continu 160 volts — alternatif monophasé 220 volts, 42 périodes, d’une puissance de 1 kilowatt.
- Un certain nombre de moteurs asynchrones de puissance comprise entre 1 et i5 chevaux, une petite batterie d’accumula-leurs, une dynamo de 5 chevaux entraînée par un moteur à essence complètent le jeu de sources d’énergie disponibles.
- D’ailleurs, un grand nombre d’essais sont
- Fig. rj. — Autre vue de la salle d’essais.
- cale, les postes légers pour automobiles, dirigeables, aéroplanes ('), les appareils employés pour l’envoi de l’heure ('") et la mesure des longitudes (3).
- Une petite antenne à deux fils amarrée au deuxième étage de la Tour, d’une longueur d’onde de 5oo mètres environ, est utilisée pour les essais d’ondes courtes.
- Les officiers chargés des études disposent de trois groupes convertisseurs :
- (a) Voir Lumière Electrique,11 octobre et 10 décembre 1910; 12 août 1911.
- (2) Chronique de télégraphie sans lil, 17 décembre 1910.
- (3) ld., 24 décembre 1910.
- effectués avec les trois postes que nous avons décrits plus haut.
- Un moteur asynchrone accouplé à une dynamo spéciale Gramme permet d’obtenir du continu à 2 000 volts avec une puissance de 2 kilovolts-ampères.
- Ce courant à haute tension est employé pour les études sur les ondes entretenues, avec les divers systèmes d’arcs connus actuellement. Ce sont les arcs Blondel, jaillissant dans u,n diélectrique liquide entre électrodes métalliques, qui ont jusqu’ici, à la Tour Eiffel, donné les meilleurs résultats. Il ne semble pas d’ailleurs qu’en France ni ÿ
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- l’étranger on soit parvenu encore, soit pour la télégraphie, soit pour la téléphonie, à réaliser des dispositifs simples, faciles à régler, ayant un l'endement satisfaisant, et donnant des ondes entretenues bien régulières.
- La solution pratique de ce problème si important ne sera vraisemblablement obtenue qu’à l’aide d’alternateurs à haute fréquence. M. Goldschmidt a déjà réalisé dans cet ordre d’idées des appareils très intéressants.
- + *
- Par suite de l’importance considérable de la station, les locaux accessoires ont du être prévus vastes et nombreux. A l’entrée se trouve un corps de garde, une chambre pour les plantons cyclistes, un dépôt de combustibles, une chaufferie. ..
- Un monte-charge facilite les va-et-vient des appareils, même très lourds. Du monte-charge, les appareils sont placés sur wagonnets, et un rail Decauville, qui dessert les diverses salles, permet de les transporter aisément.
- Les locaux accessoires proprement dits sont répartis le long d’un même corridor, et on peut y avoir accès par une galerie spéciale, sans traverser aucune salle renfermant, des appareils:1'
- Ils comprennent une salle de compteurs, une chambre-bureau pour deux officiers, une chambre pour deux sous-officiers, une chambre pour les télégraphistes, un magasin, un petit atelier, un bureau télégraphique et téléphonique. Les locaux, très bien éclairés par la petite cour centrale, sont chauffés à la vapeur à basse pression.
- Ils sont ventilés par aspiration au moyen d’un ventilateur électrique disposé près de l’entrée : l’air vicié circule dans une gaine, munie de vannes, qui dessert toutes les salles.
- L’éclairage est assuré par une distribution spéciale à iio volts.
- Toutes les salles sont traversées par des conduites d’eau et de gaz.
- En cas d’inondations exceptionnelles, les eaux qqi pénétreraient par infiltration dans les locaux seraient rassemblées dans des caniveaux qui les conduiraient dans un puisard, sous le monte-charge. De là, elles seraient rejetées au dehors au moyen de pompes électriques surélevées, alimentées par un groupe électrogène à essence.
- ¥ *
- En dehors de son service spécial avec les postes de l’armée de terre, les postes côtiers de la marine, les escadres, certaines colonies, la station de la Tour Eiffel assure l’envoi quotidien de l’heure, et participe à de nombreux essais sur les mesures précises de longitude par télégraphie sans fil.
- L’envoi de l’heure rend des1 services de plus en plus étendus et le-nombre des organes publics ou des ^particuliers qui en profitent s’accroît sans cesse : observatoires, municipalités, compagnies de chemins de fer, horlogers etc... Il y aura bientôt autant de récepteurs horaires à terre que sur les navires. . :?•••>
- Il serait très utile d’organiser un service général de l’heure par télégraphie sans fil. Si l’on ne veut pas donner à chaque particulier l’autorisation d’installorl chez lui un récepteur horaii’e qui pouxTait, lè’c’as échéant, lui sei’vir à recevoir d’autres' communications, il est alors de toute nécessité d’engager des groupements, chambres de commerce, syndicats professionnels, etc., à centraliser ce service avec des agents responsables.
- Dans la plupart des pays étrangers, liberté absolue est laissée aux particuliers : on a ci’u pi’éféi'able, peut-être à juste titre, de'per mettre ce qu’on ne pouvait empêcher. Quoi de plus facile, en effet, à dissimuler qu’un récepteur de télégi-aphie sans fil ! Actuellement un hoi'loger étranger peut régler directement ses chronomètres sur l’heure de la Tour Eiffel; un hoi’loger français n’en a pas le droit, les pai-ticuliei’s n’étant pas autorisés en Fi’ance à installer chez eux des i*écepteui’s de télégx’aplxie sans fil.
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- Les signaux, horaires émis par la station duChamp-de-Mars sont reçus par les navires à 2 5oo milles. Les portées à terre dépendent évidemment du relief du sol, du développement et de la hauteur des antennes réceptrices : aux Canaries, les signaux horaires sont bien reçus avec une antenne de 18 mètres de hauteur.
- Les mesures de longitude par télégraphie sans fil opérées en 1911 ont confirmé les résultats et les conclusions des essais de 1910 avec Brest. Des applications de la méthode de MM. Claude, Ferrié, Driencoui’t, effectuées à Bizerte, Bruxelles, Lyon ont montré que l’on pouvait toujours compter sur une précision d’un centième de seconde au moins, avec de bons expérimentateurs. Elles ont, en outre, fait ressortir à nouveau les grands avantages de l’astrolabe à prismes.
- On commence à utiliser la télégraphie sans fil pour les cartes coloniales : une première application du cheminement par télégraphie sans fil est actuellement en cours sur la frontière de la république de Liberia.
- La station de la Tour Eiffel a inauguré, au mois de juillet dernier, un nouveau serviçe : l’envoi de télégrammes météorologiques très importants pour les navigateurs... de l’air ou de la mer. Les aérodromes commencent déjà d’ailleurs à installer des postes récepteurs de télégraphie sans fil qui permettront aux aéronefs de ne pas partir, sauf nécessité absolue, pour d.e longues randonnées aériennes, sans renseignements sur la situation atmosphérique.
- Le télégramme météorologique émane du Bureau Central Météorologique de France et est envoyé le matin à 10 h. 45, aussitôt après les signaux horaires. Il donne la pression atmosphéi'ique, la direction et la force du vent et l’état de la mer pour les six stations suivantes :
- Reykiavik (Islande), Valentia (Irlande), Ouessant (France), La Corogne (Espagne), Horta (Açores), Saint-Pierre et Miquelon (Amérique).
- Les observations des cinq premières sta-
- tions sont celles du jour même à 7 heures du matin ; pour la dernière, ce sont celles de la veille à 8 heures du soir.
- Ces stations sont désignées respectivement dans la dépêche par leur initiale (R, Y, O, C, H, S).
- Les deux premiers chiffres de chaque groupe indiquent, en millimètres, la valeur de la pression atmosphérique, en sous-entendant les centaines (700). Les deux chiffres suivants donnent la direction et le cinquième la force du vent, notées d’après les conventions télégraphiques ordinaires : pour la force, de o (calme), à 9 (tempête) ; pour la direction de 02 (NNE), à 32 (N), en toui’nant vers l’Est et le Sud (02 = NNE ; 04 = NE ;.... x6 = S;.... 3o = NNO; 3-2= N).
- Le sixième chifîi’e donne l’état de la mer de o (calme) à 9 (furieuse). L’état de la mer de figixi’ant pas dans les dépêches de Reykiavik et de Saint-Pierre-Miquelon, les gi-oupes coi*respondants à ces deux stations comprennent seulement cinq chiffi*es.
- Toute obsei’vation qui manque est renx-placée par un nombre équivalent de 9.
- A la suite de ces six groupes, on donne, en langage ordinaire, quelques indications sur la situation généi’ale de l’atmosphère en Europe et notamment sur la position des centres de hautes et de basses pressions.
- La dépêche débute parles trois lettres B CM annonçant qu’elle émane du Bureau Central Météorologique.
- Voici, à titre d’exemple, la dépêche qui aurait pu être expédiée le 5 juillet :
- B C M R 48x67 V 741013 O 753211 C 68o4n H 739901 B 62162 anticyclone Europe centi’ale beau temps général dépression Ouest Islande allant vers Est.
- La traduction des groupes de chiffres se ferait ainsi qu’il suit :
- R (eykiavik) 48 (pression 748), 16 (vent sud), 7 (très fort).
- V (alentia), 74 (pression 774), 20 (vent SO), 1 (presque calme), 3 (mer peu agitée}.-
- II (orla), 73 (pression 773), 99 (vent pas d
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- direction), o (calme), x (mer très belle).
- * *
- Des l’ésultats excellents ont été obtenus, comme nous l’avons dit, avec lç matériel actuellement en service à la station du Champ-de-Mars et particulièrement avec les nouveaux appareils pour émission musicale : signaux émis avec une énergie de i3 chevaux perçus à'5ooo kilomètres, signaux horaix’es habituels entendus par les navires français à 2 5oo milles, communications échangées à 4 700 kilomètres avec le Sénégal, l’énergie mise en jeu à Rufisque étant de 6 kilowatts, à la Tour Eiffel de io kilowatts, etc.
- Aussi a-t-on décidé d’augmenter considérablement la puissance du poste à émission musicale (du Champ-de-Mars, de façon à accroître encore son rayon d’action, et à assurer des communications très lointaines, même dans des circonstances atmosphériques troublées, avec les escadi’es et cei'-taines colonies. Un moteur sera installé dans la station souteri’aine, de façon à lui permettre de fabriquer elle-mêine son énergie, le cas échéant, et de ne pas être absolument tiùbutaire des distributions de la Ville de Paris.
- A l’entrée du poste, près du monte-charge, une nouvelle sallesoutei’i’ainede8 m. X id m.
- va être construite à l’automne, et on y installera les machines puissantes actuellement en construction. '
- Le moteur sei’a du type Diesel, à deux temps, à trois cylindres à simple effet. Il donnera 22S-250 chevaux à 3oo tours. Il pourra entraîner un alternateur à 25o volts, 42 péi’iodes, de i4o kilovolts-ampères (destiné à remplacer le secteur dans l’installation actuelle), ou un altei-nateur Bethenod, à 5oo volts, 1000 périodes, de 315 kilovolts-âm-pèi*es, pour le poste à émission musicale. Le transfoi’mateur de ce poste sera calculé comme pour 65o ampères primaires, 5o ampères secondantes. Son fer sera établi pour 1 5oo volts et l’isolement secondaire pour 35 000 volts efficaces.
- La manipulation; se fera sur l’excitation.
- L’excitatrice sera assez puissante pour alimenter les disti’ibutions diverses à courant continu de la salle d’essais.
- La nouvelle station émettrice ainsi constituée sera le point de départ du grand réseau intercolonial dont les bases ont été posées par M. Messimy, et dont la réalisation va commencer.
- La station de la Tour Eiffel a été entiêi’e-ment construite et mise au point par le Génie Militaire, qui en assume tout le fonctionnement.
- Capitaine P. Brenot.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- La chaleur dégagée pendant l’absorption d’électrons par différents métaux. — Philoso-phical Magazine, avril 1911 et Revue générale des Sciences, i5 août 1911.
- MM. W. Richardson et L. Cooke ont démontré antérieurement (’) qu’une bande de platine rece-
- (') Philosophical Magazine, juillet 1910.
- vant des électrons (lents dégage une quantité de chaleur indépendante, en partie, de l’énergie cinétique des électrons. De nouvelles observations analogues faites sur des bandes d’autres métaux et alliages (or, nickel, cuivre, argent, palladium, aluminium, bronze phosphoreux et fer) leur ont montré que la différence d’énergie potentielle entre les électrons intérieurs ou extérieurs au conducteur est de 4,5 à 7,5 volts. Sa valeur est d’ailleurs influencée très considérablement par la nature et l’état du ra-
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- diateur d’électrons. Les effets mesurés se trouvent être indépendants des variations de pression, du gaz résiduel remplissant l’appareil, pourvu que cette pression soit assez basse.
- Dans certaines conditions, encore mal déterminées, l’émission électronique de l’osmium devient instable ; il y a deux régions de stabilité, l'une à température basse, l’autre à température élevée.
- Sur la masse des ions gazeux. — w. Duane. — Comptes Rendus, 3ijuillet 1911.
- L’auteur a exécuté des expériences d’où il résulte que les ions positifs sont beaucoup plus petits dans l’hydrogèue que dans l’air. Cette conclusion est contraire à l’hypothèse de l’existence d’électrons positifs dans les conditions de ces expériences.
- Le phénomène de Hall et l’effet thermomagnétique transversal dans le graphite. — £. van Aubel. — Comptes Rendus, 3i juillet 1911.
- D’après Laws (') le graphite est, après le bismuth, la substance dont la résistance augmente le plus dans le champ magnétiquë.
- L’auteur a reconnu que le graphite, comme le bismuth pur et le charbon en général, donne le phénomène de Hall dans le sens opposé à celui qu’on obtient avec l’antimoine, mais l’intensité est plus de 5 fois plus grande avec le graphite qu’avec l’antimoine. Le graphite vient immédiatement après le bismuth dans la liste des coefficients de rotation de Hall.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET IESSAIS DE MACHINES
- Recherches sur le moment de giration des alternateurs triphasés. — F. Punga. — Elektro-technische Zeitschrift, 20 avril 191i.
- L’auteur critique la formule donnée par Rosenberg (* 2) pour le calcul du moment de giration des alternateurs triphasés. Cette formule qui est la suivante :
- S. O. T. S2, p. 1 000,
- G D2 — —-----------Ç---------
- 2. TT
- dans laquelle :
- (<) Philosophical Magazine, 6e série, t. XIX, 1900, p. 685.
- (2) Rapport présenté à l'Institution of Electrical Engi-neers, le 28 janvier 1909. Voir Rlectricïan, 29 janvier et 5 février 1909.
- O représente la puissance Aormale débitée par l’alternateur en kilovolts-ampères ;
- P, le rapport entre le courant de court-circuit et le courant normal;
- (P O désigne le nombre de K. V. A. en court-circuit) ;
- T, le temps d’unè révolution;
- 8, le temps d’une oscillation pendulaire ;
- p, le nombre de paires de pôles; donne, d’après M. Punga, des valeurs trop faibles, surtout aux faibles charges.
- Des essais effectués sur quatre alternateurs de la Compagnie Internationale d’Electricité de Liège ont en effet révélé des écarts sensibles entre les valeurs relevées aux essais. L’auteur propose une méthode de calcul, déjà indiquée par H. M. Hobart ('), et susceptible de donner, d’après lui, des résultats plus exacts; cette dernière méthode, appliquée aux machines qui ont servi aux expériences, a donné en effetdes valeurs très peu différentes des valeurs relevées aux essais.
- C. M.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Nouveau redresseur pour faibles puissances. — B. Falkenthal. — Elektrotechnische Zeitschrift, 17 août 1911.
- L’auteur décrit un nouveau dispositif qui lui est dù et qui permet de redresser un courant alternatif avec un rendement assez bon, même lorsque la puissance débitée est très faible.
- La figure 1 représente le principe de ce dispositif dans le cas d’un rapport de transformation égala 1/2. Une armature polarisée est placée dans le champ de dispersion artificiellement augmenté de l’une des culasses d’un transformateur alimenté par le courant alternatif à redresser ; cette armature est par suite
- (') Proceedings Am, Institute of Electrical Engineers, 22 avril 1904,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- . o*' , .l-y
- T. XV (2* Série).
- animée d'un mouvement oscillatoire dont chaque période correspond à une période du courant à redresser.
- L’armature entraîne d’autre part dans son mouvement une lame mobile, reliée en permanence à l’une dés bornes du circuit d’utilisation, et qui vient alternativement en contact avec deux plots reliés respectivement aux deux fils de la ligne à courant alternatif. L’autre borne du circuit d’utilisation est reliée au milieu de l’enroulement du transformateur..
- On voit que le principe de ce dispositif rappelle celui des redresseurs à relais; mais ici le transformateur et le relais qui commande le contact oscillant sont réunis en un seul appareil.
- Le rendement dépend naturellement du rapport entre la tension du côté alternatif et la tension du côté continu.
- Il existe deux modèles de redresseurs; l’un est prévu pour débiter de 5 à a5 volt-ampères. Pour une tension de 120 volts, à la fréquence de 5o périodes, du côté alternatif, et de i5 volts du côté continu, son rendement est de 65 % . Les pertes à vide sont d’environ 4 watts, dont i watt pour l’entretien du mouvement de l’armature.
- L’autre modèle, de plus grandes dimensions, peut débiter jusqu’à 3oo -volt-ampères ; son rendement maximum est de 85 % ; les pertes à vide sont d’environ 15 watts.
- Le petit modèle peut servir pour la charge des petites batteries d’accumulateurs de 4 à 12 volts utilisées pour l’allumage des moteurs à explosion ou pour les signaux électriques, de chemins de fer.
- Le grand modèle trouve également son emploi pour la charge des accumulateurs, mais il peut aussi être utilisé pour les bains galvanoplastiques. Il peut débiter, dans ce dernier cas, 40 ampères sous 6 volts, ce qui suffit pour un service moyen.
- Si le circuit d’utilisation est inductif, il convient de protéger les contacts au moyen de condensateurs, dont la disposition est d’ailleurs indiquée sur la figure 1. La capacité de ces condensateurs doit être telle qu’ils ne produisent aucun déphasage entre le courant et la tension.
- Dans le cas où l’on a besoin d’une puissance plus élevée que celles qui sont indiquées plus haut, on peut monter plusieurs redresseurs en parallèle, à condition que tous ceux-ci soient branchés sur la même phase du réseau alternatif.
- Enfin, dans le cas d’un réseau triphasé on peut, en montant trois redresseurs en étoile, diminuer
- sensiblement l’amplitude des pulsations du courant redressé.
- J.-L. M.
- USINES GENERATRICES
- Le chauffage au pétrole, des chaudières. —. M. Negru. — Bulletin de VAssociation des Ingénieurs électriciens sortis de l’Institut Electrotechnique Monte-fiore', t. XI (3" série), n° 2, publié le ieP.juin 191.1...
- L’emploi de l’énergie électrique se répand de plus en plus et, dans toutés les stations centrales, on’ se voit forcé, de bon gré d’ailleurs, d’augmenter fré- ' qüemment la capacité dans des proportions quelque- „ fois élevées.
- En Amérique en particulier, les stations centrales-privées sont rares : d’une part, en effet, l’esprit de la division du travail incite l’Américain à acheter tout ce qui peut lui permettre de fabriquer un article dans le minimum de temps, avec le moins d’encombrement et le plus de régularité possibles. D’autre part, le prix de la main-d’œuvre étant fort élevé, il ne trouverait que rarement une économie à produire, sur une petite échelle, chez lui, l’énergie électrique dont il a besoin. C’est pourquoi il s’en dispense.
- Ajoutons à cela que le souci du confort fait préférer généralement l’éclairage électrique à l’éclairage au pétrole, pourtant moins coûteux.
- Le développement de la production des centrales américaines est donc très grand. Mais il s'est produit à un degré plus prononcé pour la station centrale de Westport (Maryland, E. U.) qui fournit la force motrice et l’éclairage électriques à la ville de Baltimore.
- M. Négru a récemment étudié les moyens auxquels o?n a eu recours dans cette usine pour accroître sa production et nous lui empruntons les détails qui suivent.
- Mise en service, en 1906, la station centrale de Westport a vu sa capacité presque doublée en 1909, et au commencement de 1910 on devait se hâter de l’augmenter encore.
- La demande additionnelle étant plus pressante pendant deux ou trois heures, le soir,on hésitait entre deux solutions : ou. bien acheter de nouvelles chaudières, un turbo-alternateur et leurs accessoires et faire travailler l’installation en régime normal, ou bien, avec les chaudières existantes, produire le sur^
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- les générateurs à leur capacité de surcharge mâxima pendant la courte période du soir. On s’est arrêté à la dernière solution, non pas tant qu’on craignît une augmentation superflue pour le restant du jour, car elle devra malgré tou ^bientôt être faite, mais parce que les conditions actuelles la rendaient préférable.
- IJ s’agissait donc de résoudre le problème que voici :
- Une chaudière à vapeur, du type Babcock et Wil-cox, multi-tubulaire, fournissant en régime normal 11 ooo kilogrammes de vapeur par heure de ioo°.C à ioo° G et qui, pendant certaines périodes du jour, donnait déjà en moyenne environ i5 ooo kilogrammes à l’heure, devra pouvoir fournir, pendant deux ou trois heures par jour, de 23 ooo à 24 ooo kilogrammes de vapeur par heure de xoo° C à 100° G, à un prix de revient se rapprochant lé plus possible du prix normal.
- Il s’agissait donc de réduire la somme des pertes inévitables dues aux méthodes de chauffage, quantité de comburant, marche des gaz de combustion, ainsi que les pertes par la cheminée et par radiation et de fournir à la chaudière les calories nécessaires pour qu’on puisse atteindre le résultat cherché.
- On a commencé par se rendre compte des résultats détaillés de la capacité et du rendement des chaudières, par des essais faits dans les conditions du travail journalier et, partant de ces données, on a fait des changements successifs, chacun étudié par des essais/
- C'est la méthode des tâtonnements logiques dont la faveur est si grande en Amérique.
- L’essai initial, effectué pendant 7 heures, sans apporter aucune modification aux chaudières, a montré que, par heure, i5o8o kilogrammes d’eau étaient évaporés, la température moyenne de la vapeur étant 241° G et la pression da 12,3 kilogrammes par centimètre carré. L’énergie fournie dans çes conditions était alors de 961 chevaux-vapeur et le rendement de 69 % .
- Pour fournir plus de chaleur on a d’abord songé à augmenter la surface des grilles, afin que, toutes autres conditions égales, on puisse brûler plus de charbon par heure.
- On a donné alors aux grilles une profondeur de 2,74 mètres au lieu de 2,13 mètres.
- Le résultat en capacité était favorable (17 36o kilogrammes d’eau évaporée, à l’heure), mais le rendement était relativement faible (62 % ). Ceci était surtout dû à la grande difficulté pour les chauffeurs
- de travailler dans de bonnes ‘conditions avec cette profondeur des grilles. On a alors réduit la profondeur à 2,44 mètres.
- Dans ces conditions, le rendement reprenait la valeur de 69 % et descendait seulement à 65 % , les quantités d’eau évaporée étant respectivement, dans ces deux cas, de i5 990 et 16 700 kilogrammes par heure et les températures de la vapeur de .2 38° et 248° G, la pression étant légèrement plus faible.
- Mais ces expériences montraient que le charbon seul ne pouvait permettre d’atteindre les grandes capacités dont on avait besoin.
- Aussi a-l-on modifié la maçonnerie des chaudières en vue d’introduire des changements dans la marche des gaz de combustion, pour employer simultanément le charbon et le pétrole comme combustibles.
- Les calculs horaires des premiers essais effectués dans cet ordre d’idées ont montré un maximum de 19500 kilogrammes d’eau évaporée et la moyenne pour quatre heures consécutives (en omettant la première et la dernière heure de l’essai) était de 18800 kilogrammes de vapeur de ioo” C. à ioo° G. Le rendement était de 65 % .
- Ges résultats, confirmés par plusieurs expériences, semblaient être la limite de ce que la chaudière pouvait donner, mais des mesures sur les quantités de comburant fournies avec le tirage naturel montraient que l’insuffisance de l’air était la cause de l’impossibilité pratique de brûler plus de charbon par heure.
- On a alors fait des connexions appropriées avec un ventilateur Sturtevant, la quantité d’air admise pouvant être réglée à volonté.
- Avec le charbon seul comme combustible on obtenait alors de fort bons résultats; la moyenne de sept heures, durée de l’essai, était de 18 320 kilogrammes ; la moyenne de cinq heures consécutives en omettant la première et la dernière heure de l’essai, était de 20400 kilogrammes et le maximum 21920 kilogrammes de vapeur de ioo° G. à ioo° G. par heure.
- Enfin, on a procédé à un dernier essai avec charbon et pétrole comme combustible, essai qui a permis d’atteindre le résultat cherché.
- Sur les six heures, durée de l’essai, on brûlait pendant les deux premières heures seulement du charbon, pendant la troisième et la quatrième heure du charbon et du pétrole simultanément et pendant les deux dernières heures du charbon seul. Voici les résultats obtenus :
- Moyenne des six heures : 19 84o kilogrammes ; | moyenne de quatre heures, en omettant la première
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- et la dernière heure de l’essai : 22760 kilogrammes; moyenne des deux heures pendant lesquelles on a employé le charbon et le pétrole simultanément : 24 080 kilogrammes; maximum : 24 490 kilogrammes de vapeur de ioo° C. à ioo° C. par heure.
- Ces résultats ont été corroborés par la pratique journalière ; le problème donné était donc résolu et les mêmes dispositions ont été prises pour les autres chaudières.
- Pour effectuer le chauffage au pétrole on a installé 4 brûleurs, arrangés symétriquement derrière la chaudière.
- Ces brûleurs ont été construits dans l’usine même, ydls sé composent de deux tubes concentriques. La vapeur arrive par le tuyau intérieur qui est fendu, parallèlement à son axe, par deux traits de scie à angle droit, én l’un de ses bouts. A cette extrémité il est fermé par un couvercle percé de trous. Tube et couvercle sont vissés dans un bouchon qui obture le tube extérieur et le pétrole arrive sous pression dans l’espace annulaire.
- La vapeur qui sort par les fentes entraîne le pétrole, et le mélange de vapeur et de pétrole sort par les trous du couvercle.
- Un grand réservoir à pétrole placé en sous-sol, à une certaine distance de l’usine, est muni de deux tuyaux : l’un s’arrête un peu au-dessous du couvercle, l’autre descend à environ 20 centimètres du fond. Par le premier arrive de l’air sous pression. Le pétrole est refoulé dans le second, sous une pression de 4 kilogrammes par centimètre carré et passe par un filtre pour retenir les matières solides qui pourraient s’y trouver. Ce tuyau se subdivise dans la chambre des chaudières en autant de conduits qu’il y a de chaudières à alimenter, et chacun de ceux-ci donne naissance à quatre autres tubes de diamètre plus petit, conduisant le pétrole aux brûleurs.
- Quant à la vapeur, chaque chaudière la fournit à ses brûleurs par une conduite unique, raccordée avec quatre tubes de diamètre plus petit.
- Par un jeu de robinets, on peut nettoyer la tuyauterie à pétrole par de la vapeur.
- Pour régler la quantité d’air admise aux brûleurs, deux disques concentriques présentant des ouvertures correspondantes obturent les ouvertures des brûleurs derrière la chaudière. Le disque extérieur est mobile et sa position permet de régler les ouvertures d’admission de l’air.
- Quand les brûleurs ne fonctionnent pas, les ouvertures du disque fixe sont couvertes par les pleins du
- disque mobile et la fermeture est suffisamment étanche.
- L’installation est simple, économique et n’exige pas de grandes modifications par rapport a l’ancienne.
- Notons en terminant que le nettoyage ne pouvait pas facilement se faire avec le vieux système de grilles fixes. Pour l’effectuer plus aisément, on a rendu mobile la partie postérieure des grilles sur une profondeur d’enviroti 60 centimètres.
- Au cours de ces essais la quantité de vapeur injectée avec le pétrole était d’environ 1 % de la production totale de la chaudière.
- P. L.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Nouvelle station de mesures électriques au Poste central des Télégraphes' de Paris. — K. Montoriol. — Annales des Postes, Télégraphes et Téléphones, juin 1911.
- La rapidité est une condition essentielle dans la recherche et la localisation des défauts et l’inspection des lignes télégraphiques, surtout lorsqu’il s’agit de grands centres tels que Paris.
- Aussi y a-t-on installé récemment une nouvelle station de mesures électriques. Le point saillant de celte installation est le combinateur de connexions de M. Charles auquel M. Montoriol consacre presque entièrement son article.
- Outre la rapidité de manœuvre qu’il possède, cet appareil permet d’établir toutes les connexions avec sûreté et précision, exclut toute chance d’erreur, joint enfin à la simplicité la possibilité de se prêter aux expériences les plus diverses.
- Extérieurement, le combinateur de M. Charles a l’aspect d’une boîte quadrangulaire, avec à sa partie supérieure un plateau en ébonite entaillé de sept fentes. Dans les fentes se déplacent sept manettes, chacune pouvant occuper deux positions ; celle d’avant correspondant au travail, celle d’arrière au repos. Pour chacune des positions, il y a une pince métallique dans (laquelle la manette s’engage; celle-ci est donc en tous points semblable à un levier d’interruption double.
- Treize bornes extérieures permettent la connexion avec les appareils de la table d’opération (fig. 1).
- Lorsque toutes les manettes sont au repos, les connexions sont disposées pour les mesures de conductibilité ou d’isolement ; on peut effectuer en po-
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- 2 Septembre 1911. LA LUMIERE ELECTRIQUE
- 271
- sitif les mesures sur le pont de Wheatstone ; pour les faire en négatif, il suffit de déplacer la première manette de gauche : le pôle négatif de la batterie est alors améné à la tête du pont, le pôle positif étant à la terre.
- résistances, un railliampèremdtre et un voltmètre.
- La première sert pour déterminer, s’il y a lieu, la constante du galvanomètre ainsi qu’à d’autres expériences, A l’aide du milliampèremètre on peut s’assurer de l’état d’un fil avant la mesure ainsi que
- Pont de Wheastone
- jBornea du Galvanomètre
- Bornes du! Morse 1 |
- Bornes Tdu Morse? 2
- Combina teur
- mu h
- Schéma de la table des mesures.
- La seconde manette inverse l’entrée et la sortie du galvanomètre pour le cas où cet instrument n'aurait pas le zéro au milieu de la graduation et afin d’obtenir la déviation toujours dans le même sens, quel que soit le courant reçu.
- La troisième manette place les connexions pour la mesure d’une boucle sans terre.
- La quatrième permet de mesurer et de localiser une perte à la terre, selon la méthode de Murray.
- La cinquième est destinée à la mesure et à la localisation d’un mélange entre deux conducteurs.
- La sixième manette permet de faire la lecture directe au galvanomètre qui se trouve alors mis en série avec la ligne à essayer.
- La septième et dernière ramène chacune des lignes à une des deux installations Morse; à l’aide de celles-ci on peut s’assurer au début si une boucle est bien établie ou si un mélange persiste. L’appareil Morse a,i’elié à la seconde ligne, peut servir pour la conversation, afin d’indiquer au poste correspondant les mouvements à faire dans la première ligne.
- Les différentes liaisons entre l’installation proprement dite et les bornes de renvoi des fils sont établies à l’aide de barrettes en cuivre dont la disposition permet d’exécuter les manœuvres semblables à celles demandées au poste correspondant et cela à titre de contre-épreuve.
- On voit également, sur la figure i, une caisse de
- mesurer l’intensité du courant reçu. Le voltmètre est principalement utilisé pour la vérification de la batterie. Th. S.
- DIVERS
- Effets curieux de la foudre.
- On a pu lire, il n’y a pas longtemps, dans cette Revue, la description des dégâts causés par la chute de la foudre sur une antenne radiotélégraphique (•).
- Nous en rapprocherons le phénomène suivant, rapporté par une revue allemande ((i) 2) et dont Fallut e n’est pas moins singulière.
- Dans la forêt de Rostoek, un sapin de afi mètres de haut fut endommagé récemment par la foudre
- (i) J. Reyval. L’Exposition de la Sociétés Française de Physique, Lumière Electrique, 6 mai 1911, p. 142.
- (.2) Elektroteclmische Zeitschrift, 6 avril 1911.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série).* ^ N« 35.
- d’une manière fort curieuse. L’arbre fut séparé par l’éclair en trois parties, ainsi que le montre la figure i.
- L’éclair décrivit une couronne à une hauteur de io mètres au-dessus des arbres environnants; il creusa ensuite une rainure en forme de spirale de plusieurs centimètres de largeur autour du tronc de l’arbre atteint ; puis, à une hauteur de 15 mètres au-dessus du sol, il pénétra à l’intérieur de celui-ci en creusant un trou de 8 centimètres. A partir de cette place un quart c de l’arbre fut complètement arraché sur une longueur de i3 à 14 mètres, tandis qu’un second quart a était séparé du tronc sur une longueur à peu près égale; l’autre moitié b de l’arbre ne fut pas déplacée.
- On voit en outre sur cette figure que l’arbre fut partiellement dépouillé de son écorce. Enfin, les arbres environnants ne furent nullement endommagés.
- Ce phénomène peut s’expliquer de la manière sui-vante : au moment où l’arbre fut atteint par l’éclair les différentes parties de celui-ci se chargèrent à des potentiels considérables; les charges de ces différentes parties étant de même signe, ces dernières furent violemment arrachées les unes des autres.
- Un phénomène du même ordre s’est produit à
- Kobel près Dornbirn, massif de l’Arlberg(*). L’arbre atteint par la foudre était un sapin d’une hauteur de 3o mètres environ et pourvu de 3 cimes. Son diamètre, à la hauteur de 1,20 mètre, au-dessus du sol était de 0,70 mètre.
- La foudre se propagea le long des trois cimes et détacha celles-ci du tronc; ce dernier fut séparé jusqu'à la racine en plusieurs fragments, qui furent dispersés dans un cercle de 60 mètres de rayon; certains de-ces fragments posaient cependant jusqu’à i5o kilogrammes. Les trois cimes tombèrent sur le sol. Les branches furent dépouillées de leur écorce.
- D’après les témoins, le phénomène fut accompagné d’un bruit sourd, mais très violent, semblable à celui d’une explosion.
- Il semble qu’une sorte de choc en retour se soit produit le long du tronc. D’autre part, la résistance de passage entre la racine et le sol, sec et rocailleux, qui entourait celle-ci était si grande, que la foudre s’écoula par les branches inférieures, qu’elle dépouilla de leur écorce, pour gagner à travers l’atmosphère humide le sol recouvert d’herbes à cet endroit et par suite également humide. C. M.
- (*) Elektrotechnik and Maschinenbau, 20 août 1911.
- VARIÉTÉS
- Les Prix de l’Académie des Sciences.
- Les prix relatifs à l’électricité décernés cette année par l’Académie des Sciences ont été les suivants :
- A M. Paul Janet, l’éminent Directeur du Laboratoire Central d’Électricité et de l’École Supérieure d’Électricité, l’Académie a décerné le prix Gaston Planté pour ses travaux sur l’électricité et le magnétisme.
- M. Hemsalech, dont nos lecteurs ont pu suivre les travaux sur l’étincelle électrique, a reçu le prix Hébert. M. Ch. Féry, pour l’ensemble de ses travaux, le prix Hughes. .
- Enfin à M. H. Pellat, aujourd’hui décédé, ancien président de la Société Internationale des Électriciens, l’Académie a offert l’hommage posthume du prix Perrin, pour l’ensemble de ses travaux.
- La télégraphie sans Û1 aux Colonies-
- Le ministre des Colonies a décidé la création d'un Comité technique chargé d’étudier tous les grands travaux relatifs à la T. S. F. aux Colonies. Ce comité est composé de MM. Duchêne, directeur du service du contre-seing, Michel, commandant Ferrié, capitaine Brenot, secrétaire rapporteur.
- En outre, fonctionnera au ministère un service central de télégraphie sans fil, à la tête duquel est placé le capitaine P. Brenot.
- Parmi les grands travaux aux colonies, on envisage le grand réseau intercolonial de T. S. F., auquel MM. Messimy et Lebrun ont attaché leur nom et qui est destiné à relier entre elles et avec la métropole nos diverses colonies.
- S. F.
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- k Création d’un Musée technique à Vienne.
- On nous annonce l’achèvement du Musée Technique des Industries, des Arts et des Métiers,à Vienne (Autriche), à l’occasion du soixantième anniversaire du règne de François-Joseph Ier. Ce nouveau musée, édifié par l’industrie en collaboration avec l’Etat et la ville de vienne, et dont la première pierre a été posée le 20 juin 1909, s'élèvera bientôt vis-à-vis du célèbre palais de Schœnbrunn. Il comprend une surface de 20 000 mètres carrés.
- Le Musée technique montrera le développement de l’industrie et l’histoire des grands faits techniques et rendra en même temps justice aux travaux techniques de nos jours, par des expositions pério-
- diques. On recueille de grandes et précieuses collections, jusqu’alors éparses, appartenant à l’Etat, mais il y a beaucoup de lacunes encore.
- C’est pourquoi le musée s’adresse aux spécialistes des sciences exactes, biologiques, techniques et industrielles, et les prie de vouloir bien lui procurer des objets caractéristiques : machines, appareils, modèles, matériaux, démonstrations de travaux, de même que plans, dessins, livres, traités, illustrations et manuscrits. Ces dons permettront, d’ailleurs, de mettre en évidence l’influence importante du génie français.
- Le bureau du Musée technique est à Vienne, I. Ebendorferstrasse, 6.
- S. F.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- XVIe Congrès International de tramways et de chemins de fer d’intérêt local (Bruxelles . Comptes rendus détaillés et réponses aux questionnaires.— 2 volumes in-40 de668 et 716 pages avec figures. — Edité par l'Union Internationale de tramways et de chemins de fer d’intérêt local, Bruxelles.
- Le premier volume de cet ouvrage renferme le compte rendu détaillé des séances du XVIe Congrès International de tramways et de chemins de fer d’intérêt local qui s’est tenu à Bruxelles du 6 au 11 septembre 1910; les rapports, présentés par différents ingénieurs sur les questions soumises au Congrès, et dont plusieurs ont été reproduits très largement ici même (’), y sont publiés in extenso.
- A côté des questions de jurisprudence ou de comptabilité, traitées par M. C. de Burlet et de M. Géron, tous les problèmes techniques importants ont été examinés. La question de l’infrastructure et de la superstructure delà voie a fait l’objet de deux rapports très détaillés, l’un de M. Rochat, l’autre de M. Busse. Aucun événement importantn’estvenu mo-
- 0 Voir Lumière Electrique, 29 avril et 6 mai 1911 (C. dé Burlet); ii , 18 et 25 mars 1911 ; 10 décembre 1910 (A. Busse); 29 octobre 1910 (C11. Thonet); 8 octobre 1910 (G.Bouton et Battes) 529avril 1911 (A. Mariage); 17 septembre 1910 (H. Neiszen) ; 8 octobre 1910 (Wattmann).
- difier au cours de ces dernières années la technique des exploitations urbaines de tramways. L’attention des techniciens s’est portée par suite sur la résolution de quelques problèmes particuliers, telles que la standarisation des rails, la mise au point de la fabrication des aciers spéciaux, les procédés employés pour opérer la jonction des rails et la nature des soubassements des voies.
- L’usure ondulatoire des rails et les moyens propres à y remédieront également fait l’objet d’un rapport très complet de M. Busse.
- MM. Spangler, Delmez et Stahl ont traité d’autre part la question du matériel roulant; la forme à donner aux caisses a fait l’objet d’une étude détaillée de leur part, ainsi que les avantages et les inconvénients des voitures à deux et à quatre essieux.
- M. Thonet a présenté un rapport très documenté sur l’emploi des différents moteurs dans les usines génératrices. Le moteur à gaz pauvre ou le Diesel paraissent plus économiques que le moteur à vapeur pour les puissances inférieures à 5oo chevaux; d’autre part l’un ou l’autre des deux premiers types de moteurs sera le plus avantageux selon le prix de l’huile lourde dans la région considérée.
- L’emploi de compteurs sur les tramways pour contrôler le travail des wattmen se généralise de plus en plus. Mais l’accord est loin d’être fait sur le
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- type de compteur à adopter. Il semble résulter des deux rapports présentés respectivement à ce sujet par MM. Bouton et Battes que le choix des compagnies doit dépendre d’une part des conditions d’exploitation, d’autre part' de la plus ou moins grande surveillance que l’on peut exercer sur les wattmen.
- M. Otto a ensuite traité la question du contrôle et de l’entretien des lignes aériennes dans les exploitations de tramways électriques.
- Les bobines inductrices en aluminium ont fait l’objet d’un remarquable rapport de M. Mariage; l’aluminium présente sur le cuivre les avantages d'une diminution des frais d’éntretien et d’un poids mort moins élevé à volume égal de la bobine, mais dans ce dernier cas le rendement du moteur est légèrement diminué.
- M. Schorling expose l’utilité de procéder à un curage méthodique des rails de tramways, et décrit les principaux types de balayeuses automatiques employées à cet usage.
- Enfin il faut signaler entre autres rapports fort intéressants, celui de M. Ziffer sur la comparaison des divers modèles de traversés, et ceux de MM. Neiszen et Wattmann sur les conditions à remplir dans les plans d’extension des villes pour obtenir un réseau rationnel des lignes de tramways.
- Le second volume, qui offre un très grand intérêt au point de vue documentaire, renferme les réponses faites par les différentes compagnies aux questionnaires qui leur avaient été adressés sur les différents
- sujets que nous venons d’exposer; ce sont ces réponses qui, jointes aux observations personnelles des rapporteurs, leur ont fourni les bases de leurs rapports.
- En résumé cet ouvrage constitue,par suite de l’importance des questions qui y sont traitées, un document particulièrement précieux pour ceux qui, parmi les techniciens, s’occupent de la construction de la voie et du matériel des tramways ou dé l’exploitation de ceux-ci.
- M. K.
- L’èchauffement et la ventilation des machines électriques de grande puissance, par
- G. Gaminati. — Une brochure in-8° carré de 40 pages, avec i figures. — En vente aux bureaux de la Lumière Electrique. — Prix broché : a fr. 5o.
- On a pu lire dernièrement ici même un extrait de cette brochure ; il nous suffira donc d’y renvoyer nos lecteurs (').
- M. Caminati a traité d’une manière très détaillée le problème complexe qu’il s’était posé et qui a déjà donné lieu à tant de travaux de la part des électrotechniciens.
- S. F.
- (') Lumière Electrique, 5 août 1911, p. 147. Signalons qu’au début de cet article: à la page 147, colonne de droite, troisième ligne, au lieu de « une telle hypothèse est trop loin... » il faut lire : « une telle hypothèse n’est pas trop loin de la réalité.... »
- BREVETS
- Procédé pour produire rapidement des variations de flux dans les machines dynamoélectriques a courant continu.
- Il est parfois du plus haut intérêt d’obtenir, dans les machines dynamo-électriques, une variation rapide du flux d’excitation, en fonction des variations du courant principal.
- Tel est, par exemple, le cas des moteurs actionnant des trains de laminoirs réversibles. Pour augmenter le plus possible le débit d’un laminoir, il faut réduire au minimum la durée de renversement du sens de marche, c’est-à-dire fournir au moteur, le plus rapidement possible, le couple désiré. On y arrive par une variation rapide de son flux d’excitation.
- "Pour obtenir ce résultat, la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques^) dispose une bobine de self en série avec le courant principal; en régime permanent, la tension aux bornes de cette bobine provient uniquement de sa résistance ohmique et est proportionnelle au courant. Mais, dès que le courant principal varie, il se produitaux bornes de la bobine une tension additionnelle due à la force électromotrice de self-induction.
- C’est cette tension additionnelle qui est utilisée pour produire la variation rapide du courant prin-
- (*) Brevet n° 4ao 926, demandé le 7 décembre 1909.
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- 2 Septembre 1911. LA LUMIÈRE ELECTRIQUE '281
- cipal, et par conséquent celle du flux. On alimente, aux bornes de la bobine, l’excitation d’une génératrice auxiliaire qui débite sur des enroulements d’excitation spéciaux de la machine principale. Les enroulements spéciaux sont évidemment disposés de façon que les variations de leur courant d’excitation provenant des tensions additionnelles, qui naissent lors des variations du courant principal, accélèrent, dans le sens voulu, la variation du flux.
- Comme on le voit, pour une faible résistance ohmique de la bobine, la tension additionnelle est très sensiblement proportionnelle à la dérivée du courant, c’est-à-dire à la vitesse avec laquelle ce courant varie.
- C’est là un grand avantage, car la variation de flux est ainsi beaucoup plus rapide qu’avec les dispositifs connus où l’on utilise, pour produire les variations de flux, la tension prise aux bornes d’un shunt non inductif, tension qui est simplement proportionnelle au courant.
- Ce dispositif s’applique à tous les cas où l’on veut obtenir une variation rapide du flux d’une machine génératrice ou motrice et cela pour toute variation du courant principal.
- Th. S.-
- Moteur à répulsion marchant en génératrice.
- Lorsqu’un moteur à répulsion est actionné à l’opposé du sens de son couple de rotation, il restitue de l’énergie au réseau. Le stator et le rotor deviennent alors le siège de courants d’une grande intensité et d’un faible nombre de périodes, qui peuvent compromettre la sécurité de la marche.
- La Société Brown Boveri (*) construit, depuis quelque temps, un moteur qui semble affranchi de ces influences nuisibles.
- La production des courants en question est empêchée, grâce à l’emploi de rhéostats supplémentaires qui ont pour mission d’augmenter les résistances ohmiques du ou des circuits du rotor, des circuits du stator, et même des deux catégories
- de résistances à la fois. Les rhéostats peuvent être montés à l’intérieur de la machine ou à l’extérieur.
- Lorsque la même machine est utilisée alternativement comme moteur et comme génératrice, il est préférable que le rhéostat qui sert à la marche comme génératrice soit mis en court-circuit dès que la machine doit fonctionner comme moteur.
- Il peut être utile, en outre, de ne laisser les résistances supplémentaires intercalées que pour une vitesse assez élevée, où les risques d’une autoexcitation sont plus grands. Ces résistances peuvent aussi être intercalées automatiquement dès qu’un courant d’auto-excitation commence à circuler et être mises hors circuit, ou mises en court-circuit, dès que ce courant disparaît.
- L’intensité de l’auto-excitation dépend, en particulier, de la grandeur des enroulements dits transversaux du rotor. Elle est donc plus faible pour de grands décalages des balais que pour des décalages moyens. Dans beaucoup de cas, il suffira que les rhéostats amortisseurs ne soient intercalés que pour des positions critiques des balais et qu’ils soient au contraire remis en court-circuit lorsque lés angles sont très grands ou aussi lorsqu’ils sont très petits. L’introduction se fera d’une façon graduelle au fur et à mesure de la diminution du nombre des enroulements transversaux du rotor.
- A un sens déterminé du décalage des balais correspond toujours un sens de rotation déterminé de la machine lorsqu’elle doit fonctionner comme moteur, et en sens opposé lorsqu’elle doit marcher comme génératrice. Cette circonstance fournit un moyen automatique d’intercaler les rhéostats amortisseurs et de les mettre en court-circuit.
- L’intercalation du rhéostat abaisse naturellement le rendement total de la génératrice. Le dispositif étant surtout applicable ahx appareils élévatoires, où le fonctionnement en génératrice a pour but d’opérer un freinage, cet abaissement n’est pas très gênant : c’est, en effet, surtout l’énergie absorbée par le frein qui importe alors.
- Dans beaucoup de cas, le rhéostat peut même avoir son utilité, car la totalité de l’énergie de freinage n’a pas besoin ainsi de retourner au réseau.
- (<) Brevet n° 421 613, demandé le 19 octobre 1910.
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- "H0 35;
- . 0
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Ventilateurs à courants triphasés à vitesse variable. .— Elektrotechnische Zeitschrift, i'r juin 1911. — Glückauf, tome XLVI, p. 917.
- La Société Brown-Boveri et Cfe a livré récemment à la mine Rheinelbe III un ventilateur de 1 000 chevaux commandé par un moteur triphasé asynchrone, dont le rotor alimente un moteur triphasé à collecteur accouplé directement à une génératrice asynchrone qui restitue de l’énergie au réseau de manière à diminuer les pertes. Le rendement est de 83 % pour cos^ = 1, la vitesse variant de 26 % .
- D’autre part, la Société Siemens Schuckerta essayé à la mine de Wendel un ventilateur de 1 i5o chevaux commandé également par un moteur triphasé asynchrone dont le rotor alimente une commulatrice débitant elle-même sur un moteur shunt à courant continu ; ce dernier moteur est relié par une courroie à l’arbre du ventilateur, de manière à restituer à celui-ci une partie de l’énergie engendrée dans le rotor du moteur triphasé prijicipal.
- Ce dernier moteur fonctionne sous une tension de 3 100 volts, à la vitesse de 270 tours par minute; la commutatrice fournit 660 ampères sous 260 volts, soit 172 kilowatts du côté continu, à la vitesse de 270 tours par minute également ; le moteur à courant continu, muni de pôles auxiliaires, est établi pour fournir 210 chevaux à 65o tours par minute.
- Les constructeurs garantissaient un rendement de 91 ,4 %, pour une variation de vitesse de 8,9 % , et de 87,5 % pour une variation de 26 % . Les essais montrèrent que le réglage de la vitesse pouvait être poussé jusqu’à environ 10 % au delà de cette limite, et que, pour une variation de 37 % , le rendement était encore de 82,7 % .
- C. M.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- La Compagnie pour l’éclairage des villes et la fabrication des compteurs et appareils divers procède peu à peu au relèvement de sa situation financière. L’exercice 1910 prenant fin au 3i décembre
- présente, pour la première fois, depuis le concordat de 1904, un solde créditeur du compte profits et pertes en excédent de 283 fr. 66 sur l’annuité concordataire qui est de x 38 358 fr. 21. Il y a insuffisance de revenus, puisque ce solde a dû être affecté à compléter, au compte d’amortissement de la dette, la dotation de 1907, et porté à valoir sur celle de 1908, ne laissant rien par conséquent pour celles de 1909 et 19x0. Mais l’exercice a été particulièrement désastreux : la Compagnie possède, 37 concessions dont certaines de gaz, eau et électricité. Plusieurs d’entre elles n’ont pu donner les résultats attendus de cet exercice en raison des inondations qui ont suspendu le fonctionnement des usines pendant plusieurs semaines. Il a fallu inscrire au début du compte profits» et pertes des sommes diverses pour répai'ations, insuffisance de recettes, dont le montant total s’élève à 46 238 fr. o5, réduisant d’autant les bénéfices de l’exercice.
- D’autre part, si quelques économies ont été réalisées sur les frais généraux et les amortissements de créances, des augmentations de dépenses ont été enregistrées aux chapitres : frais d’exploitation, contributions, assurances, et de sages dépréciations sur du matériel en magasin d’une vente difficile ont dû être opérées.
- Le commissaire des comptes et le Conseil d’adrni-nisti’ation semblent admettre que toutes ces dépenses supplémentaires, toutes ces pertes ne se renouvelleront plus au cours des exercices ultérieurs, et que les actionnaires verront s’ouvrir la période des répartitions. Depuis la réorganisation en 1904, le Conseil a fait un effort considérable pour assainir la situation et redonner à la trésorerie toute l’aisance qu’elle n’avait plus. Un seul emprunt sous forme d’obligations privilégiées, du montant de 762 000 francs, a permis d’obtenir ce résultat, et comme le montant total des remboursements de la dette hypothécaire, des rachats des obligations, des sommes consacrées à améliorer les usines ou les concessions existantes, s’est élevé pendant le même laps de temps à 2 23a 3oo francs, il a fallu, par des réalisations de portefeuille, des améliorations dans les méthodes d’exploitation, des crédits à plus long terme, se procurer la différence entre 762 ooq et 2 232 3oo francs.
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- Du moment où sous la menace d’un procès gagné I en première instance, en suspens devant la Cour d’appel, le Conseil a pu se procurer les crédits dont il avait besoin, nul doute que, parvenu à remplir ce qu’on peut appeler la première partie de sa tâche, il n’obtienne rapidement des résultats très satisfaisants.
- La Compagnie, malheureusement, exploite beaucoup de petites concessions de villes de a à 3 ooo habitants dont le rendement est bien difficile à améliorer. Les localités de province ont peu de développement : elle se dépeuplent au profit des grandes villes. La construction de nombreux réseaux d’électricité pourra modifier quelque peu la répartition de la population, mais on ne peut beaucoup s’illusionner sur l’essor de ces concessions de petites villes. Un actionnaire s’étonnait du faible revenu des 37 concessions : 26a 000 francs pour un actif immobilisé de près de 11 millions. La raison en est que plusieurs exploitations sont onéreuses et que les concessions en fermage coûtent déjà 160 600 francs sans rien couvrir de leurs frais généraux : ceux-ci sont réduits au plus strict minimum, mais cependant ils ne sont pas indéfiniment compressibles. L’espoir réside dans la réalisation plus ou moins heureuse d’un certain nombre de concessions portées au bilan pour des prix très inférieurs à leur valeur normale. Dès maintenant une offre est faite pour racheter une concession qui est portée au bilan pour 60000 francs; le prix de l’offre peut vai’ier entre 3oo 000 et 400 000 fr. Si le Conseil parvient à aboutir, c’est un pas vers la réduction rapide de la dette concordataire qui est de 3 498 348 fr. 29.
- L’excuse qui consiste à dire que la Compagnie trouve l’occasion d’écouler les produits de son usine dans ces concessions onéreuses n’est pas suffisante pour justifier les errements du passé : tout au plus doit-on souhaiter que ce ne soit plus la cause de marchés désastreux; de pareilles combinaisons sont maintenant à la base de l’organisation de beaucoup d’affaires de construction de matériel. Une certaine expérience acquise par de grandes sociétés a assagi quelques industriels, mais les financiers, qui n’aperçoivent dans ces opérations qu’une occasion de placement de titres, en sont toujours très friands. La Compagnie pour l’éclairage des villes a cherché à tirer parti d’une mauvaise situation, elle y parvient non sans peine et, si tout va bien, elle peut espérer un certain avenir,
- Les Chemins de fer Nogentais plus que tous autres
- ont subi au cours de 1910 les désastreuses conséquences des inondations de janvier : absence de trafic pendant cette période troublée, absence de courant par suite de l’inondation de l’usine de Vitry, puis nouvel arrêt et dépenses imprévues à la suite’de l’incendie de cette dernière usine. La progression du nombre de voyageurs, qui était de 800000 en moyenne pour les deux années précédentes, a subi un arrêt sensible, la différence d’un exercice à l’autre étant de 1 200 000!
- Sur les recettes, la diminution n’a été que de 146057 fr. 24, et si l’on rapporte celles-ci au kilomètre, ori remarque qu’elles sont supérieures au chiffre de 1909 et passent de 0,7466 à o fr. 7780. Les dépenses d’exploitation ont été moindres qu’en 1909, mais à l’inverse des recettes, elles ont été supérieures à celles de 1910 par kilomètre parcouru : soit o fr. 549 au ^eu de 0 fr- 54* > et le coefficient d’exploitation est relevé de 68,70 % à 70,58 % . C’est un fait bien passager et dès que toutes les conséquences des inondations et de l’incendie ont été réparées, le trafic a repris avec plus d’intensité et l’exercice en cours rattrapera toutes ces différences. L’excédent des recettes d’exploitation et diverses sur les dépenses s’est chiffré en résumé par t 074 409 fr. 87. De ce chiffre, il a été déduit pour intérêts des obligations, amortissements de 225 obligations, amortissement d’un tiers du compte inondations, et dépréciation pour accidents, une somme de 628 331 fr. 87, laissant un solde de 446078 francs qui, ajouté au report de l’exercice précédent, a constitué un disponible de 5g4 799 fr. 5o qui a été réparti de la façon suivante :
- A la réserve légale 5 % sur
- 446 078....................... 22 3o3 90
- Amortissement de 45 actions. ... 22 5oo 00
- Aux actions : 5 % soit 25 francs
- pour 19626 actions............ 49° 65o 00
- Report à nouveau............... 5g 345 60
- La nouvelle que nous donnions de la liquidation probable de l’Union Ottomane se précise de la façon suivante. La Société Financière de transports, dont le siège est à Bruxelles, négocierait la reprise des Tramways de Constantinople, et offrirait à l’Union Ottomane l’achat de son portefeuille comprenant 17 180 actions de capital et 7080 actions de jouissance des Tramways de Constantinople, porté à son bilan pour 4 390 000 francs. L’établissement financier belge qui fait cette offre est en "étroite relation avec la Deutsche Bank. A la suite de cette opération,
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- une nouvelle société serait constituée : lé prix d’achat serait payé partie en espèces et partie en actions de la nouvelle société, permettant le remboursement des actions de l’Union Ottomane avec une légère prime. Les journaux allemands regrettent de voir cette affaire passer entre des mains belges, mais la Turquie offre un champ d’activité assez vaste pour que la participation des capitaux allemands à son développement économique puisse être aussi effective et efficace que possible.
- I
- La General Electric Company de Schenectady a déclaré un dividende trimestriel de 2 % .
- La Banque pour entreprises électriques à Zurich a réalisé un bénéfice net de 6 481 220 francs en 1910-1911, contre 4 381 34.1 francs en 1909-1910. Cet écart, de près de 2 millions d’un exercice à l’autre, est un symptôme de la marche favorable des affaires d’exploitation électrique. Le capital
- étant jiassé de 4oà 60 millions, le dividende a été maintenu à 10 % ;les tantièmes absorbent 292 101 fr. et le report à nouveau est de 189 119 francs.
- L’exercice clos le 3i mars dernier n’aura pas été des plus favorables à la grande firme Escber Wyss et C10 de Zurich. Le bénéfice présente sur celui de 1909-1910 un écart en moins de 286 000 francs. Après déduction des charges et prélèvement d’une somme de 8^3 568 francs pour amortissements, les comptes se soldent par une perte de i55 362 francs, ramenée à i3a 356 francs, grâce au report de l’exercice précédent. Le bénéfice de ce dernier avait été de 429880 francs permettant la répartition d’un dividende de 6 %, au capital de 6250000 francs. Cette situation ne peut être que passagère, et l’exercice en cours ne saurait réserver aux actionnaires la même surprise. 11 faut remarquer, d’ailleurs, le montant élevé de la somme affectée aux amortissements. D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — La Revue Industrielle de l’Est annonce que les Chemins de fer de l’Etat vont lancer une commande de 100 tenders, l’Orléans de plusieurs voitures mixtes de ire et 2e classes, le Nord un lot très important de wagons parmi lesquels i 700 couverts, et le P.-L.-M. 200 wagons plais à bogies et 20 fourgons à bagages.
- Itai.ie. — Une société au capital de 2 25o 000 francs vient d’être constituée à Bruxelles pour la construction et l’exploitation d’un chemin de fer électrique de 26 kilomètres à Catane. Le capital est divisé en 9 00O actions de 280 francs chacune. Il est créé, en outre, 9 000 parts de fondateur, lesquelles, jointes à 1 000 actions entièrement libérées, constituent le prix de l’apport.
- Turquie. — Le Moniteur des Intérêts Matériels donne les détails suivants sur le Consortium de Constantinople :
- Le trust s’occupera de trois groupes d’affaires : tramways, métropolitain, gaz et électricité.
- Le capital, suivant le programme prévu, sera de 90 millions, 36 millions pour les tramways, 36 millions 'pour le métropolitain et 18 millions pour le gaz et l’électricité.
- Les deux opérations du premier groupe (électrification des tramways et tunnel Péra-Galata) sont dès
- aujourd’hui dans l’activité directe du consortium. Le métropolitain y tombera si la concession demandée est obtenue. Quant aux entreprises gaz et électricité (Stamboul et Constantinople), elles entreront plus lard dans la sphère directe du consortium à des conditions dès maintenant fixées.
- D’après le programme financier, une société belge sera créée ultérieurement au capital de 45 millions qui créera 45 millions d’obligations 4 1 /a %. La répartition des bénéfices prévue est de 4 1/2 % de premier dividende aux actions de capital. Le surplus est partagé à raison de 10 % au conseil et aux parts de fondateur elles 90 % restants par moitié au* actions de capital et à des actions de dividende créées en nombre égal.
- Un comité directeur du Consortium de Constantinople siégeant à Bruxelles comprendra des représentants-des groupes français, allemands, hongrois, belge et suisse qui ont participé à la formation du capital, ces groupes étant composés de banques et banquiers et de trusts de tramways et d’électricité.
- En réalité, le Consortium de Constantinople, avec un caractère franchement international, est un omnium qui poursuivra, pour compte commun, l’exploitation des entreprises déjà en exercice, fera les constructions nouvelles et fonctionnera sous cette forme jusqu’à ce que l’ensemble des affaires soit complètement agencé et mis à point.
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- ÉCLAIRAGE
- Espagne.— Une Société coopérative d’électricité vient d’être fondée à Carabancheles Ëajo, ayant pour titre « Sociedad Coopérative Electricidad de los Carabancheles », dans le but d’établir une station centrale et de fournir l’éclairage électrique à cette ville.
- Brésil. — Le South American Journal, de Londres, signale que les articles et fournitures pour éclairage électrique trouvent une vente des plus favorables au Brésil. L’importation annuelle de ces articles s’élève & 3 5oo ooo dollars dont la moitié est fournie par les Etats-Unis et le reste principalement par la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Les villes de Rio-de-Janeiro, Saint-Paul, Bahia, Para, Manaos, Pernambouc, Rio-Grande-du-Sud et Pelotas, offrent les plus grands débouchés.
- DIVERS
- Décret du 13 août 1911 sur les installations minières.
- Nous en extrayons les articles suivants concernant l’industrie électrique.
- TITRE Ier
- Installations de la surface.
- Section II.
- Installations électriques.
- Art. 24. — Les prescriptions des arrêtés pris par le Ministre des Travaux publics, en conformité de l'article 19 de la loi du i5 juin 1906, sont applicables aux ouvrages de distributions d’électricité dépendant des mines et empruntant le domaine public en un point quelconque de leur parcours, ainsi qu’aux ouvrages des distributions établies exclusivement sur des terrains privés et s’approchant à moins de 10 mètres de distance horizontale d’une ligne télégraphique ou téléphonique préexistante.
- Toutes les autres installations électriques, usines de production d’énergie et ouvrages d’utilisation établis à la surface dans les carreaux ou dépendances des mines doivent satisfaire aux prescriptions dos articles ci-après.
- Art. a5. — Les installations électriques doivent comporter des dispositifs de sécurité en rapport avec lapins grande tension de régime existant entre les conducteurs et la terre.
- Suivant cette tension, les installations électriques sont classées en deux catégories :
- Première catégorie.
- A. Courant continu. — Installations dans lesquelles la plus grande tension de régime entre les conducteurs et la terre ne dépasse pas 600 volts.
- B. Courant alternatif. — Installations dans lesquelles la plus grande tension efficace entre les conducteurs et la terre ne dépasse pas i5o volts.
- Deuxième catégorie.
- Installations comportant des tensions respectivement supérieures aux tensions ci-dessus.
- Art. 26. — Les bâtis et les pièces conductrices des machines, appartenant à des installations de la deuxième catégorie, non parcourus par le courant, doivent être reliés électriquement à la terre ou isolés électriquement du sol. Dans ce dernier cas, les machines sont entourées par un plancher de service non glissant, isolé du sol et assez développé pour qu’il ne soit pas possible de toucher à la fois à la machine et à un corps conducteur quelconque relié au sol.
- La mise à la terre ou l’isolement électrique est constamment maintenu en bon état.
- Les mêmes prescriptions sont applicables aux transformateurs dépendant d’installations de la deuxième catégorie ; ces appareils ne doivent être accessibles qu’au personnel qui en a la charge.
- Art. 27. — Si une machine ou un appareil électrique de la deuxième catégorie se trouve dans un local ayant en même temps une autre destination, la partie du local affectée à cette machine ou à cet appareil est rendue inaccessible, par un garde-corps ou un dispositif équivalent, à tout autre personnel que celui qui en a la charge; une mention indiquant le danger doit être allichée en évidence.
- Art, 2S. — Dans les locaux destinés aux accumulateurs, dans les ateliers qui contiennent des explosifs et dans ceux oit il peut se produire soit des gaz détonants, soit des poussières inflammables, il est interdit d’établir des machines électriques à découvert, des lampes à incandescence non munies de double enveloppe, des lampes à arc ou aucun appareil pouvant donner lieu à des étincelles, sans qu’ils soient pourvus d’une enveloppe de sûreté les isolant de l’atmosphère du local.
- La ventilation des locaux destinés aux accumulateurs doit être suffisante pour assurer l’évacuation continue des gaz dégagés.
- Art. 29. — Les conducteurs établis sur les tableaux de distribution de courants appartenant à la première catégorie doivent présenter les isolements et les écartements propres à éviter tout danger.
- Pour les tableaux de distribution portant des appareils et pièces métalliques de la deuxième catégorie, le plancher de service sur la face avant (celle où se trouvent les poignées de manœuvre et les instruments de lecture) doit être isolé électriquement et établi comme les planchers entourant les machines.
- Quand des pièces métalliques ou appareils de la deuxième catégorie sont établis à découvert: sur la face arrière du tableau, un passage entièrement libre de
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- un mètre de largeur et de deux mètreâ de hauteur au moins est réservé derrière lesdits appareils et pièces métalliques; l’accès de ce passage est défendu par une porte fermant à clef, laquelle ne peut être duverte que par ordre du chef de service ou par ses préposés à ce désignés; l'entrée en sera interdite à toute autre personne.
- Art. 3o. — Les passages ménagés pour l’accès aux machines et appareils de la deuxième catégorie placés à déeo.jv'-rt: ne peuvent avoir moins de deux mètres de hauteur ; leur largeur mesurée entre les machines, conducteurs ou appareils eux-mêmes aussi bien qu’entre ceux-ci et les parties métalliques de la construction, ne doit pas être inférieure à i mètre.
- Dans tous les locaux, les conducteurs et appareils de la deuxième catégorie doivent, notamment sur les tableaux de distribution, être nettement différenciés des autres par une marque très apparente, une couche de peinture par exemple.
- Dans les locaux où le sol et les parois sont très conducteurs, soit par construction, soit par suite de dépôts salins, on ne doit jamais établir, à la portée de la main, des conducteurs ou des appareils placés à dérouvert.
- Art. 3i. — Les salles des machines génératrices d’électricité et les sous stations doivent posséder un éclairage de secours continuant à fonctionner en cas d’arrêt du courant.
- Art. 3a. — Les canalisations nues appartenant à une installation de la deuxième catégorie doivent être établies hors de la portée de la main sur des isolateurs convenablement espacés et être écartées des masses métalliques telles que piliers ou colonnes, gouttières, tuyaux de descente, etc., etc.
- Les canalisations nues appartenant à une installation de la première catégorie établies à l’intérieur des ateliers ou bâtiments, et qui sont à portée de la main, doivent être signalées à l’attention par une marque bien apparente; l’abord en est défendu par un dispositif de garde.
- Les enveloppes des autres canalisations doivent être convenablement isolantes.
- Art. 33. — Aucun travail n’est entrepris sur des conducteurs de la première catégorie en charge sans que des précautions suffisantes assurent la sécurité de l’opérateur.
- Des dispositions doivent être prises pour éviter réchauffement anormal des conducteurs à l’aide de coupe-circuits, plombs fusibles ou autres dispositifs équivalents.
- Toute installation reliée à un réseau comportant des lignes aériennes de plus de 5oo mètres doit être suffisamment protégée contre les décharges atmosphériques.
- Art. 34. — Les colonnes, les supports et, en général, toutes les pièces métalliques de la construction qui risqueraient, par suite d’un accident sur la canalisation, d’être accidentellement soumis à une tension de la
- deuxième catégorie, doivent être convenablement reliés à la terre.
- Art. 35.— Il est formellement interdit de faire exécuter aucun travail sur les lignes électriques de la deuxième catégorie, sans les avoir, au préalable, coupées de part et d’autre de la section à réparer. La communication ne peut être rétablie que sur l'ordre exprès du chef de service; ce dernier doit avoir été au préalable avisé par chacun des chefs d’équipe que le travail est terminé et que le personnel ouvriefr est réuni au point dp ralliement fixé à l’avance.
- Pendant toute la durée du travail, la coupure de la ligne doit être maintenue par un dispositif tel que lé courant né puisse être rétabli que sur l’ordre du chef de service.
- Dans les cas exceptionnels où la sécurité publique exige qu’un travail soit entrepris sur des lignes en charge de la deuxième catégorie, il ne d.oit y être procédé que sur l’ordre exprès du chef de service et avçc toutes les précautions de sécurité qu’il indiquera.
- Art. 36. — Il est interdit de faire exécuter des éla-gages ou des travaux analogues pouvant mettre directement ou indirectement le personnel en contact avec des conducteurs ou pièces métalliques de la deuxième catégorie sans avoir pris des précautions suffisantes pour assurer la sécurité du personnel par des mesures efficaces d’isolement.
- Art. 37. — Les lignes téléphoniques, télégraphiques ou de signaux particulières aux mines ayant des installations électriques et affectées à leur exploitation, qui sont montées, en tout ou en partie de leur longueur, sur les mêmes supports qu’une ligne électrique de la deuxième catégorie, sont soumises aux prescriptions réglant les installations de deuxième catégorie.
- Leurs postes de communication, leurs appareils de manœuvres ou d’appel doivent être disposés de telle manière qu’il ne soit possible de les utiliser ou de les manœuvrer qu’en se trouvant dans les meilleures conditions d’isolement par rapport à la terre, à moins que leurs appareils ne soient disposés de manière à assurer l’isolement de l’opérateur par rapport à la ligne.
- Art. 38. — L’exploitant est tenu d’afficher dans un endroit apparent des salles contenant des installations de la deuxième catégorie :
- i° Un ordre de service indiquant qu’il est dangereux et formellement interdit de loucher aux pièces métalliques ou conducteurs soumis à une tension de la deuxième catégorie, même avec des gants en caoutchouc, ou de se livrer à des travaux surfes pièces et conducteurs, même avec des outils à manche isolant;
- 20 Une instruction sur les premiers soins à donner aux victimes des accidents électriques, rédigée conformément aux termes qui seront fixés par un arrêté du ministre des Travaux publics.
- Art. 3g. — Dans les deux mois qui suivront la promulgation du présent règlement, l’exploitant doit adres-
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- .Séalteùibre 1911. LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
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- ser à l’ingénieur en chef des mines un 'schéma de ses installations électriques de la deuxième catégorie indiquant : l’emplacement des usines, sous-stations, postes de transformateurs et canalisations.
- Une note jointe indiquera, si, par application des articles du présent règlement concernant les machines et transformateurs de la deuxième catégorie, les bâtis et masses métalliques non parcourus par le courant sont isolés électriquement du sol ou s’ils sont reliés à la terre. La même note donnera les renseignements techniques nécessaires pour assurer le contrôle de l’exécution des prescriptions du présent règlement (nature du courant, tensions des différentes parties de l’installation, etc.).
- Dans la première quinzaine de chaque année, le. schéma et les renseignements qui l’accompagnent sont complétés s’il y a lieu par l’exploitant et les modifications transmises à l’ingénieur en chef des mines.
- En cas de modifications importantes ou d’installations nouvelles, le schéma et les renseignements complémentaires sont adressés à l'ingénieur en chef des mines avant la mise en exploitation.
- (A suivre.)
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Compagnie Electro-Mécanique, Le Bourget.
- La. Compagnie Electro-Mécanique à l’Exposition Internationale du Nord de la France à Roubaix.
- A.-E.-G. Revue Mensuelle.
- N» i, juillet 1911. — Une visite à la fabrique de lur bines de l’A. E. G. — Le chemin de' fer électrique de Dessau à Bitterfeld. — L’A. E. G. à l’Exposition de Munich. — Le chemin de fer aérien de Hambourg.
- N° a, août 1911. — Une visite à la fabrique de turbines de l’A. E. G. (suite). — Le chemin de fer électrique de Dessau à Bitterfeld (suite). — Le transport de force d’Adamello à 72 000 volts.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le i3 septembre, à la direction des Constructions navales à Toulon, construction de trois sous-stations électriques : à la pyrotechnie, dans l’arsenal principal et au Mourillon, en trois lots distincts.
- Caut. provisoires : i« lot (pyrotechnie), 1 000 francs ; 20 lot (arsenal principal), 1 3oo francs ; 3e lot (Mourillon), 1 200 francs.
- Importance approximative de l’entreprise :
- i81'lot, 3o 000 francs; 2® lot, 4o poo francs; 3® lot, 38 000 francs.
- Durée du marché : 6 mois.
- Soumissions, le i3 septembre 1911, à 10 heures du matin.
- Renseignements complémentaires : à Paris, au ministère de la Marine ; h Toulon, il la direction des constructions navales.
- BELGIQUE
- Le 4 octobre, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, équipement électrique aérien de la section de Salzinnes (dépôt) à Malonne (Malpas) du chemin de fer vicinal d’Onoz-Namur-Saint-Gérard-Profondeville et extensions. Soumissions recommandées le 3 octobre au plus tard.
- GRÈCE
- La direction des chemins de fer de Thessalie, à Volo, reçoit les soumissions pour la fourniture de 3 locomo-tives-tenders à vapeur saturée à 6 roues accouplées et un essieu bissel à l’avant pour voie de o in. 600, 3 locomotives à 6 roues et bissel munies de surchauffeur Schmidt pour voie de 1 mètre et 2 locomolives-tenders à vapeur saturée à 4 roues pour voie de o m. 600. Offres par locomotive complète, outillage compris, pour livraison f. o. b. Anvers ou Hambourg, y compris emballage pour transport maritime. Cahiers des charges et plans à l’Office national du commerce extérieur, 3, rue Feydeau, à Paris.
- ROUMANIE
- Les 6/19 novembre, à la mairie de Tulcea, éclairage de la ville par l’électricité, 5oo 000 francs.
- DANEMARK
- Le 4 septembre, aux chemins de fer de l’Etat danois, à Copenhague, fourniture de g36 accumulateurs électriques.
- ITALIE
- Le 12 septembre, aux chemins de fer do l’Etat italien, à Rome, fourniture de 200 000 kilogrammes acier laminé pour chaudières;— 26 septembre, fourniture de 4 grues à portique et d’une grue fixe à manœuvre électrique de 1 T. 5io pour le port de Gènes (adjudications internationales).
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- Le i5 septembre, à u heures, à la direction générale de l'arsenal, à Spezia, fourniture de câbles à fort et moyen isolement, n 920 lires ; caut. : 1 200 lires.
- »
- BULGARIE
- Le 3o septembre, à l’administration des linances du district, à Sophia, établissement d’une station centrale d’électricité an port de Varna, 2Ô0 000 francs.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- FRANCE
- 25 août. — A l’Ecole professionnelle supérieure des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de 180 000 éléments de pile à liquide immobilisé en 6 lots égaux.
- Delafon, à Paris, adj. de 5 lots à 2,45 l’élément.
- Le Carbone, à Levallois, adj. d’un lot à 2,25.
- 18 août. — A la sous-préfecture de Bonneville (Haute-Savoie), construction du réseau électrique municipal. Montant : 29 i32 fr. 40.
- Augmentation : MM. Badel et Cio, 3 697. — Ateliers
- de- construction Oerlikori, 3 3i6. —• Société générale-' d’électricité de Bâle, 1 8g5.
- Rabais : M. Dugit, 264,84-
- MM. Picard-Bornhâuser et C1*, à Grenoble, adj, à 84,76 de rab.
- BELGIQUE
- 18 août. — A l’hôtel de ville, à Gand, fourniture et installation du matériel nécessaire pour l’éclairage électrique des écoles professionnelles Carels et Nicaise,. boulevard des Hospices, à Gand ; s
- G. Bouché, à Gand-, 2710 francs; E, Rouvroy, id.,
- 3 790; A. Van Boeckxsel, id., 4 767,40 ; A.-E.-G. Union électrique, id., 4 900; Vincenf et Cie, id. 5 080; Electricité industrielle, à Liège, 5 968,75; Siemens-Schuckert, à Bruxelles, 8 55o. ,
- 21 août. — A l’hôtel de ville, à Gand, fourniture et placement de trois machines-pompes à vapeur à l’usine des eaux, quai du Sirop;
- Usines Béduwé^ à Liège, 36 000 fr. ; I,. Heinrichs, à Hodimont, 78 i5o; Société Patte, à Dour, 82 5oo ; Lem-brée et Bertrand, à Wegnez-Ensival, 92000; Société française des Pompes Worthington, à Bruxelles,
- 1.'{7 800.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la. Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux bureaux de la Lumière Electrique.
- PARIS.
- IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- rroqte-trolslèmo année. SAMEDI 9 SEPTEMBRE 1911. Tome XV (2* »érle). — K1 96.
- La
- Lumière Électriq
- P-r écédemment
- L'Éclairage Électrique
- j. REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ELECTRICITE
- La reproduction des articles de La_ (Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 289. —J. Rezelman. La réactance de dispersion des transformateurs statiques avec enroulements concentriques, p. 291. — C. Benjot. Compteur d’énergie pour machines à piston à charge variable, p. 3o2.
- Extraits des publications périodiques. —Méthodes et appareils de mesure. Sur un électromètre eure-: gistreur à filament de carbone, P. Villard, p. 3o8. — Etude, construction et essais de machines. L’emploi des pôles additionnels dans les convertisseurs rotatifs, R. Pont, p. 3io. — Télégraphie et Téléphonie sans fil. L’orientation des navires par la télégraphie sans fil, p. 3i3. — Bibliographie, p. 3i3. — Brevets. Moteur J polyphasé à collecteur, avec balais fixes ou mobiles montés en série, p. 314* — Nouveau parafoudre électrolytique, p. 314. — Chronique industrielle et financière. — Documents d'exploitation. Essais de consommation effectués sur un turbo-alternateur de 2 5oo chevaux destiné à la station centrale d’Erfurt, p. 3i6. — Turbines hydrauliques de grande puissance, p. 3i6. — Etudes économiques, p. 3i6, — Renseignements commerciaux, p. 3i8. — Adjudications, p. 320.
- ÉDIT OUIAL
- Dans une nouvelle étude sur les Ir ans for* mateurs statiques, M. J. Rezelman s’attache à soumettre au critérium de l’expérience les formules assez discutées qui représentent la réactance de dispersion de ces appareils.
- Pour cela, l’auteur a appliqué sa méthode expérimentale ordinaire (mesures en monophasé par phase, deux phases en série et en triphasé) à un transformateur de i5 KVA à enroulements concentriques.
- L’un des résultats pratiques qui se dégagent de cette étude est une correction à apporter aux formules habituelles, l’essai en court-circuit ayant montré que le flux propre de dispersion de l’enroulement se-
- condaire est presque négligeable. On sait qu’au contraire la formule admise pour représenter la réactance de dispersion du transformateur fait jouer un rôle notable à ce facteur : M. Rezelman a montré qu’il était très petit vis-à-vis de la dispersion du primaire,
- De même les idées reçues ont lieu d’être rectifiées en ce qui concerne les régions où le flux de dispersion se superpose avec le flux principal.
- On conçoit l’intérêt des dispositifs qui permettent d’enregistrer d’une façon continue l’énergie produite par les machines à vapeur à piston. De tels appareils totalise-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série). —W 3$.
- raient les chevaux-heures absolument comme les compteurs électriques indiquent, par une simple lecture, les kilowatts-heures produits. De plus, ils permettraient d’éviter de faire un trop grand crédit à l’évaluation de la surface des diagrammes que l’on relève un peu au hasard pendant la marche d’une machine à vapeur. Tabler sur de tels diagrammes ne permet, en effet, que de se faire une idée approximative de la puissance moyenne d’une machine, et cette idée peut même devenir fausse dans le cas d’importantes fluctuations de la charge.
- Le compteur cl'énergie pour machines à piston décrit par M. A. Bôttcher effectue lui-même la sommation de tous les diagrammes que l’on doit rigoureusement relever, si l’on désire effectuer une moyenne exacte. On peut donc l’utiliser comme compteur ou s’en servir,1 pendant un laps de temps déterminé, dans le but d’évaluer la puissance moyenne de la machine.
- Sans doute quelques causes d’erreur, dues en particulier aux effets d’inertie et de glissement, interviennent pendant le fonctionnement de l’appareil. M. Bôttcher s’est attaché à en déterminer l’influence théorique et pratique, indiquant par des chiffres, lorsque cela est possible, leur ordre de grandeur et faisant toujours ressortir leur importance relative.
- L'électromètre enregistreur à filament de carbone de M. P. Villard est remarquable par l’étendue de son échelle de sensibilités. Ainsi l’exigeait d’ailleurs l’usage auquel l’appareil est destiné (étude de l’électricité atmosphérique).
- On sait combien il est difficile de régler la tension secondaire dans les convertisseurs rotatifs à un seul induit.
- M. R. Pohl se propose de démontrer qu’on peut triompher de cette difficulté, jusqu’à présent singulièrement nuisible au développement industriel de ces machines, en les munissant de pôles additionnels.
- Ce ne.sont pas des pôles de commutation. Leur rôle est de créer un champ supplémentaire donnant naissance à une force électromotrice qui, selon les cas, s’ajoute ou se retranche à la force électromotrice due aux pôles principaux.
- L’emploi de ces pôles additionnels peut également s’étendre aux régulatrices des réseaux à trois fils, qu’on peut alors construire avec un seul induit.
- L’auteur indique encore d’autres applications éventuelles de ces pôles spéciaux et s’attache à montrer qu’ils n’introduisent pas de difficulté notable dans la commutation.
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- LA' LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- {^Septembre 1911.
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- LA RÉACTANCE DE DISPERSION DES TRANSFORMATEURS STATIQUES AVEC ENROULEMENTS CONCENTRIQUES
- Les formules pour le calcul de la réactance de dispersion n’ont pas la confiance générale des électriciens, surtout de ceux qui n’ont pas l’occasion d’en faire des vérifications répétées. Le calculateur consciencieux ressent même le besoin de faire des vérifications continuelles pour acquérir à leur endroit la conviction de l'exactitude.
- Les expériences décrites ci-après ont été faites dans ce but, en suivant toujours la méthode qui s’est montrée si efficace dans
- les études précédentes, c’est-à-dire en faisant alternativement les mesures en monophasé par phase, deux phases en série et en triphasé.
- I. —. Bobine de réactance sans fer.
- Les expériences ont été faites sur les
- bobines haute tension d’un transformateur monophasé à air libre- de i5 KVA., 3 ooo/23o volts, 4<> périodes.
- Les i2 bobines des deux» noyaux ont été superposées à l’essai.
- Nombre normal de bobines par
- noyau (fig. i).. . ."...... =6
- Spires par bobine...........; =142
- Surface intérieure des bobines.. S, = 392cm:1 Longueur moyenne d’une spire.. lml = 82®“
- Epaisseur des bobines....... A, = 2,5 »
- Hauteur d’une bobine.......... =5 »
- Intervalle d’air... ;......... = 0,8 »
- Hauteur normale des bobines
- d’un noyau................. A* — 34 »
- Les réactances ont été mesurées alternativement sur une bobine, deux bobines en série, trois bobines en série, etc. et avec un
- Bobines
- Fig. 2.
- courant constant de 5 ampères, à la fréquence de 5o périodes ; les résultats sont représentés par la courbe de la figure 2.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série). —W.°36.;
- Nous constatons que, dans les environs de la hauteur normale des bobines correspondant à un noyau', la tension de réactance est de la forme :
- E = À (x — B), (i)
- où x est le nombre de bobines ; nous pouvons aussi écrire :
- E = At [hb — Bt), (a)
- où hh est la hauteür des bobines.
- Pour notre cas :
- (i) E = 3a,7 (x,—. i,/»)
- I
- V j........
- nous savons que, en doublant le nombre de bobines, le nombre de spires double, ainsi que la hauteur totale, les surfacés S, et lmJ A, ne changeant pas. La réactance étant proportionnelle au carré du nombre de spires, il ne reste, pour obtenir la proportionnalité simple, qu’à conclure qu’elle est inversement proportionnelle à la hauteur. '
- Nous pouvons donc considérer deux flux :
- a) Flux constant principal embrassant toutes les spires;
- b) Flux constant négatif, embrassant un nombre de spires, toujours le même.
- 6_ Bqbinçs_
- 0 S /O /S 20 25 30 35
- Volts
- Fig. 3. — Tensions partielles.
- et
- (a) E = 5,75 (A*— 8),
- d’où la réactance :
- E 5,75 [hb — 8) „
- — — ------------ = 1,1 d . hb — 9,a.
- La réactance peut donc être décomposée en deux parties (à partir de la hauteur normale) :
- fl) l’une variant proportionnellement avec la hauteur des bobines;
- . b) l’autre constante.
- Pour ce qui concerne la première partie,
- Supposons une induction constante sur la surface qui diminue progressivement à zéro vers le bord extérieur (fig. 1); ainsi le flux total est
- et la réactance :
- S.c.wi2
- ~hT
- 10—8 Q,
- n
- On se rend compte facilement que le flux
- induit une force électromotrice correspondant à
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- 9 Septembre 1911. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 293
- ou
- • - kt — hauteur apparente
- - c — fréquence
- : — nombre de spires.
- Pour 6 bobines : hb — 34 centimètres, d’où la réactance principale d’après essai :
- xai = i,i5.34 = 3g,i Q.
- La différence des abcisse*s a et b donne donc la mesure de la force électromotrice induite dans chaque bobine par le flux négatif.
- Nous constatons que la démagnétisation est plus importante aux extrémités qu’au milieu de l’enroulement.
- II. — Magnétisation.
- Enroulement complet (haute -f- basse ten-
- Nous calculons ainsi
- 8.5o.85a2
- •L'a i
- 0
- :i92 +
- 8a.a,5
- ^9>1
- hi \ 3
- d’où hx — 34,2, c’est-à-dire hj = hb.
- Nous en concluons que la réluctance extérieure du circuit magnétique principal est négligeable par rapport à celle à l’intérieur des bobines.
- Les tensions partielles ont été relevées en alimentant différents nombres de bobines en série; les résultats sont représentés parla figure 3. De plus, la courbe a donne la répartition sur 12 bobines en n’appliquant la tension que sur 6 bobines.
- La droite b représente la tension partielle en supposant le flux principal seul; en effet i96 6
- : 3a,7 volts.
- sion) d'un noyau sans fer du transformateur monophasé de i5 KVA. (fig. 4)-
- Haute tension (fig. 5).
- 6 bobines à i/,» spires, d’où. . . e', = 85a
- Surface intérieure........... S, = 39acm2
- Longueur moyenne............. = 8a cm
- Epaisseur.................... à, = a ,5 »
- Hauteur...................... lun = 3', »
- Basse tension :
- i spirale de 68 spires, d’où w2 = 68, S2 = i8o°"’2. lmt = 57l5«",
- • As = i ,6‘“ et' hbî — 3V',n;
- de plus
- lm — 68,5''"’ et A — i ,6e"* pour l'intervalle d'air.
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- m
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2*-Série), -^N« 36.
- Voici les essais qui ont été faits : a) Enroulement haute tension à l'extérieur
- Fig. f>. — Magnétisation, sans fer.
- comme primaire; enroulement liasse tension ouvert; sans fer (tableau I).
- principal avec une induction constante (R sur la surface Sl5 on constate que le flux embrassé par l’enroulement secondaire varie entre
- Sg. Ûi et (S2 -{- 2 )03, (fig. 5, A)
- de manière que la force électromotrice induite (rapportée) sera :
- S2 -(-
- 180 -p
- 57,5.1,6
- Eo= E
- E,
- " 'o , imi•Ai p , , 8a.2,5 H-----------^— 892 -|----—
- — Ep.0,49.
- D’après les mesures précédentes Ep = 196, d’où :
- E’p2 = 0,49.196 = 96 volts ;
- nous mesurons seulement 70,2 volts, la différence
- E'„2 = 96 — 70,2 = 25,8 volts,
- correspond au flux négatif, qui induit E„= 46 volts dans l’enroulement primaire. Le rapport
- E.
- = -4? =<î'56-
- b) Enroulement basse tension à l'intérieur comme primaire; enroulement haute tension ouvert; sans fer (tableau II).
- La réactance rapportée est
- Tableau I
- Pl b Watts (i) E-2 E* = Es — U>2 C cos <p Ei = — cos3ijp '1 watts *i*->i
- 152 5 97 5,6 70,2 5o 0,127 i5o 3
- La réactance est donc :
- h
- b
- i5o 3 5
- En ne considérant de nouveau que le flux
- (•) En enlevant l'enroulement secondaire, on mesure 91 watts pour P, = 154 volts et même courant L = 5 am? watts
- pères, d’où —— = 1,21. li .ri
- La réactance correspondant au flux principal sera :
- 8.5o.85a2 84
- 57,5.1,6\
- [80 -j--------J I0-Sr= 17,95 Q,
- calculée avec la hauteur réelle hh — 34 centimètres.
- Nous constatons que la réactance négative est beaucoup moins importante que dans le
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- 9 Septembre 1911.
- cas précédent. Ceci résulte de ce que la surface S2 est plus petite pour une même hauteur Aj. En admettant une induction con-stantè Ob sur la surface S2, le flux sera
- (S2 + ^^)Æ; (flg.5,B)
- en supposant que l’enroulement haute ten-
- comme primaire; enroulemént basse tension en court-circuit, sans fer (tableau III, cas a).
- Nous avons trouvé (§ II, a), qu’un courant magnétisant de 5 ampères dans l’enroulement haute tension y produit une force électromotrice de i5o volts; d’après les mesures (§ II, b), un courant de 4>63 ampères (rapporté) dans l’enroulement basse tension
- Tableau II
- pa h Watts Ei C cos cp E'3 = E2 ^ w 2 r2 = i2 ^ w2 r2 watts (9 V-r*
- E2 = P2 V 1 — cos2 <f
- 7,°5 62,5 i3o 79 5o 0,295 6,75 85 5 0,00125 2,65
- sion embrasse ce flux complètement, la force électromotrice induite aura la valeur :
- S2 +
- 180 •
- £>7,5. i ,6
- Et = E',-
- S2 -|-
- imS • As
- 180 -j-
- 5^.5.1,6
- == 91,5 volts.
- On mesure seulement 79 volts, d’où nous pouvons conclure qu’une partie du flux se referme à l’intérieur de l’enroulement haute tension,
- produit une force électromotrice de 73 volts dans l’enroulement haute tension.
- Avec ces valeurs, nous pouvons déterminer les grandeurs et directions des vecteurs du diagramme de la figure 6. Remarquons que le flux embrassé par l’enroulement secondaire à l’intérieur est très faible; le flux de dispersion propre de cet enroulement est presque négligeable par rapport à celui qui correspond à sa résistance ohmique et surtout par rapport au flux de dispersion de
- Tableau III
- Cas Pi b Watts L I'2=L- IV2 cos <p Ei=P,\/1—cos2ç W atts PAR TENSION BOBINE PRIMAIRE
- II2?'! +1 22c2 I a 3 4 5 6
- a 90 5 147 57,5 4,6 5o 0,3?, 5 85 1,26 '*,9 15,3 16,1 16,2 i5,5 13,3
- b 9° 5 . 146 56,5 4,5o 5o o,325 85 1,26 I 3,2 14,6 i5,7 16,1 15,7 ï3,9
- III. — En court-circuit.
- Enroulement haute tension à l'extérieur comme primaire.
- a) Enroulement haute tension d’un noyau
- (') Ces mesures ont été vérifiées avec différents appareils; il y a donc des pertes supplémentaires considérables dues aux courants de Foucault dans le gros cuivre méplat.
- Ceux-ci sont produits surtout par le flux négatif. En éloignant l’enroulement haute tension on raçsure encore 128 Watts pour même valeur dé Pa-et de Ia.
- l’enroulement primaire. Jusqu’à présent, on les considérait en général équivalents; or, nous savons que la tension aux bornes de l’enroulement primaire n’est produite que par le flux embrassé par cet enroulement lui-même ; nous verrons dans la suite que cette considération apporte une correction à la formule de réactance de dispersion habituellement employée.
- D’après la figure 7, les lignes de force se ferment librement à Y extérieur de l’enroule-
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- la-lumière électrique
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- ment'primaire. La courbe ira représente la tension par bobine primaire avec l’enroulement secondaire en court-circuit, tandis que
- Fig. 6. — En court-circuit, sans fer. Enroulement haute tension à l'extérieur, comme primaire.
- b donne ces tensions pour même courant primaire avec secondaire ouvert.
- rence avec l’essai précédent, de même pour ce qui concerne la répartition de la tension sur les bobines primaires. *
- c) Gomme ra, mais avec deux ponts et un noyau en fer à Vextérieur (fig. 9 ; voir tableau IY, c).
- Nous constatons une légère augmentation de la réactance, résultant de la diminution de la réluctance extérieure et ceci malgré l’augmentation du courant secondaire.
- Le rapport serait 1,33, seulement le I2 /•
- supplément de 10 watts par l’apport à l’essai a doit être attribué à l’aimantation du fer par le flux primaire qui s’y ferme presque entièrement. Remarquons encore que la tension partielle des bobines extrêmes s’est élevée sans modifier celle des bobines du milieu; ceci est dû à la présence du fer des deux ponts, d comme <2, mais avec les deux ponts et les deux noyaux, c’est-à-dirè fer complet (fig. 10 ; tableau IY, d).
- Nous constatons que la réactance a encore augmenté légèrement, ainsi que le courant secondaire; les ampères-tours haute et basse tension ont maintenant même valeur.
- La répartition de la tension sur les bobines primaires est devenue uniforme ; même la tension des bobines extrêmes est presque supérieure à celle des bobines du milieu
- Volts
- Fig. 7. — Enroulement basse tension On court-circuit à l’intérieur, sans fer.
- b) Gomme «, mais avec un noyau en fer à l'intérieur (fig. 8; voir tableau III, b)
- Nous constatons qu’il n’y a guère de diiïé-
- (fig. 7, courbe c). Nous en concluons que le flux embrassé est le même pour chaque bobine ; ceci résulte de ce que la réluctance
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- * O \ •
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- extérieure est devenue négligeable par rapport à celle du circuit magnétique principal de dispersion et que le flux négatif a disparu.
- Tableau IV
- flux (lig. ii); toutes les spires de l'enroulement primaire embrassent les flux :
- lni 2 . Au
- l,„. A.Ü3
- cl
- watts TT7 i \ TENSION TENSION
- Cas 'i Watts U 11 J o c cos ÿ E, ! PAR 1' L BOBINI : PRIMA IKK — SUR LES BOBINES HAUTE TENSION
- i 1 a 3 4 5 ! 0 I DU SECOND NOYAU
- c 9<> 5 160 59,8 4,78 0,333 90,5 i,r\ ;< a, 3 16 t6,3 i6,3 iG • i > 8 67
- a 97>5 5 166 6*2,6 5 5o — j,6,. i6,3 1 16 16,1 16 T> C)
- Fig. 8. — Enroulement haute tension en court-circuit, à l’intérieur, avec un noyau en fer.
- Nous arrivons ainsi au diagramme des
- HT.
- B.T.
- Fig. f). — Enroulement basse tension en court-circuit, à l'intérieur, avec les 'ponts en fer.
- (l) Mesuré avec voltmètre i\ faible consommation de courant*
- et en partie le flux :
- Fig. io. — Enroulement basse tension en court-circuit sur un noyuu ; 1er complet. Enroulement haute tension l'extérieur comme primaire.
- de manière que la formule de la réactance de dispersion devient :
- ^ 8 . C. IV“ j 1m i . A| - , 4|
- Ri= HT +
- /,„.A -I-
- If)
- il.
- H T B T.
- !!1i
- Fig. ii. — Diugrammc des llux avec 1er complet; enroulement basse tension en court-circuit ù l'intérieur.
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-
- ‘V^b’
- 298
- ri A ; L U MIÈ R E É LECTK1Q UE T. XV (2‘
- ~c Pour notre cas
- 8.5o.8ass2/82;a,‘»
- R
- Ç%'?—-\-6$,$.i,(
- 7,5.1,6
- 10“
- 3/, \ 3. ' %
- 19,10 £2) au lieu de 18,3 mesurée.
- La force électromotrice induite dans l’enroulement haute tension du second noyau a
- du circuit magnétique extérieur est- déjà si faible par rapporta celle du circuit intérieury qu’une dérivation du flux à peu d’influence sur la réactance.
- é) Comme d, mais avec les enroulements du second noyau en court-circuit (tableau V).
- Tableau V
- h watts l'a cos 9 COURANT DANS LES ENROULEMENTS DU SECOND NOYAU
- P. C Haute tension Basse tension
- 92,5 5 1 58 r,9 4,7 r)o <>,34 0,173 0,865
- 70
- été trouvée 75 volts; la —r = 0,77e'"" partie
- '97x5
- )'ig. 1 a. — Transformateur complet: enroulement basse tension en court-circuit; enroulement haute tension'à l’ex-
- térieur comme primaire.
- du flux primaire se ferme donc par les en-
- Le flux de dispersion devant se fermer extérieurement par l’air entre les ponts, la réluctance diminue de ± o %.
- /) Essai en court-circuit ordinaire sur les enroulements haute tension des deux noyaux en série comme primaire et les enroulements basse tension comme secondaire (tableau VI).
- Nous constatons que les résultats sont absolument semblables à ceux de d; ceci s’explique facilement; en effet, le flux de dispersion est presqu’entièrement Gommun aux enroulements des deux noyaux et (comme en d) ce n’est plus qu’un circuit cle fer (des ponts) qui constitue la réluctance extérieure (fig. 12).
- « Nous avons encore à traiter le cas où au contraire l’enroulement basse tension à Vintérieur est le primaire et l’enroulement haute tension le secondaire,
- Tableau VI
- Pl h Avatts V i'a C CO 9 9 E! TENSION PAR IIOMNK PRIMAIRE D’UN NOYAU
- I 2 3 4‘ 5 '6
- 5 316 64 V ^>0 0,32 0 T 8 !\ 16,6 16,6 16,2 16 16,2 x 6,2
- roulements du second noyau en suivant le circuit du fer (fig. 10).
- Il y aurait donc une induction mutuelle considérable entre les enroulements des noyaux différents ; cependant la-réluctance
- IV. - Ex COURT-CIRCUIT.
- Enroulement basse tension à l’intérieur comme primaire.
- a) Enroulement basse tension d'un noyau
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- A Septembre 49li
- LÀ LUMIÈRE ÉLECTRtQUË &*9
- comme primaire; enroulemént haute tension i les deux enroulements, mais*se referme par en court-circuit ; sans fer. (Tableau VII, a). | le circuit extérieur à réluctance négligeable.
- Tableau YII
- CAS ...P* wutls P\> pt> iül W " MJ g r„ = 1, !üi " tüij watts
- >l <• cos 9 Ë'y P\j \j i — cos^tp IV
- a . -4,64 ' 6a,5 151 2,5 5 58 5 f»0 0,5a 49,5 2,3
- b 7,55 62,5 170 4,22 94,5 5 5o o,36 88 1,54
- Nous avons trouvé (§ II, b) qu’un courant magnétisant de 62,5 ampères dans l’enroule ment basse tension y produit une force électromotrice de 6,75 volts (rapporté 85 volts); d’après les mesures (§ II, a) un courant de 2,33 ampères dans l’enroulement haute tension produit une force électromotrice de 2,6 volts (rapporté 32,5 volts) dans l’enroulement basse tension.
- Fig. i3. — En court-circuit, suas fer. Enroulement basse tension comme primaire à l’intérieur.
- Avec ces éléments, nous pouvons établir le diagramme (fig. 13) ; nous constatons qu’il diffère en principe du diagramme (fig. 6) avec enroulement primaire à Vextérieur.
- La réactance est beaucoup inférieure, la réluctance du circuit magnétique de dispersion étant plus élevée. En effet, le flux passe entre les enroulements haute et basse tension et se referme par le circuit intérieur à réluctance assez élevée (fig. 14), tandis que dans le cas III «, il passe également entre
- Il n’y a qu’un très faible flux commun aux enroulements primaire et secondaire ; c’est celui correspondant à la résistance ohmique de l’enroulement secondaire et qui se ferme par l’extérieur ;• contrairement au cas précédent avec enroulement primaire à l’extérieur, il y a ici une grande différence entre les ampères-lours primaires et secondaires.
- Fig. 14. — Enroulement haute .tension en court-circuit, sans fer. Enroulement basse tension comme primaire, à l’intérieur.
- b) Comme a, mais avec un noyau en fer a l'intérieur (fig. 8) ; voir tableau VII, b.
- Nous constatons une augmentation considérable de la réactance (contraire à III Z», par-rapport à III a) par suite de la suppression de la réluctance intérieure et ceci, malgré l'augmentation du courant secondaire.
- Il n’y a que le circuit magnétique entre les deux enroulements qui reste, d’où résulte que la réactance (rapportée) se rapproche de celle trouvée en 111.
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- c) Comme a, mais avec deux ponts et un noyauà Vextérieur (fig. 9). (Voir tableau VII.I, cas c.)
- réactance (^apportée), doit être sensiblement la même qu’en III, d.
- Il va de soi que, en fermant en court-circuit
- Tableau VIII
- CAS P. 1 .j watts h P'* |/ V cos 9 E’o watts IV TENSION SUR LES ENROULEMENTS BASSE TENSION DES DEUX NOYAUX EN SÉRIE
- C V 62,5 I 76 3,1 64 ' ,5 . 5o 0,55 53,5 2,25 5,22
- d 7,» 62, 3 . i',6 4,88 9 5 5 oo 0,31 90,5 1,11 8,55
- Le fait que la présence du fera l’extérieur n'a guère modifié la réactance (voir IIÏ a) indique que la quantité de lignes de force se fermant à l’extérieur est minime ; la faible tension sur là bobine basse tension du second noyau avec fer le confirme du reste.
- d) Comme «, mais avec les deux ponts et les deux noyaux, donc le transformateur complet. (Tableau VIII, d.)
- Nous constatons ici également que seul le flux correspondant à la résistance ohmique
- HT
- Fig. i5. — Enroulement liuule tension en court-circuit. Enroulement basse tension comme primaire, fi l’intérieur, avec fer.
- de l’enroule ment haute tension se ferme par le second noyau en fer.
- Le flux de dispersion se ferme directement par le noyau de fer se trouvant à l’intérieur (fig. i5), d’où résulte que la réluctance du circuit de dispersion en IV d, et par suite la
- les enroulements du second noyau, aucun changement n’est apporté à la réactance, la force électromotrice induite dans les enroulements étant minime.
- Contrairement au cas précédent avec enroulement primaire à l’extérieur, le flux de dispersion des enroulements des deux noyaux n'est plus commun.
- Il y a encore une remarque intéressante à faire, c’est que le flux de dispersion se superpose avec le flux principal (utile) dans les ponts pour le cas de l’enroulement primaire à l'extérieur et seulement dans les noyaux jiour le cas du primaire à l’intérieur. Ceci différé de ce que Ton admettait en général jusqu’à présent.
- Pour terminer, décrivons encore les expériences faites sur un transformateur triphasé
- Fig. 16.
- à bain d’huile de 3o KVA., 3 ooo/23o volts entre phases, 4° périodes, avec les noyaux disposés dans un plan.
- Haute tension ;
- tvx = ^5o, lmi =: 87e*11, = 2,8cm hM — 26e".
- Basse tension :
- (A-ü = 5cj, lm3 =s 64e"’, A2 = i,Ÿm- hb3 = 26™,
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- La lumière électrique
- 301
- 9 Septembre 1911.
- puis :
- lm — 7 2, S0"5 et & ~ i)35tir'.
- Les essais ont été faits avec l’enroulement
- phase a encore sensiblement la même valeur q«e pour i et a ; il n’y a aucune force électromotrice induite dans les enroulements du milieu et par conséquent pas de flux traversant
- Tableau IX
- Pi II Watts En avec III en c. c. E111 nvec II on c. 0. Ei-ii . avec JII en c. c. Ei ni avec 11 en c. c. Eli m avec phases croisses h C eosip j ”Kr watts "is.r
- IOI 5 l65 1 1 OC • r-* 7'V» 1 80 176 79 «S 5o o,33 q5,5 1 1 ,'26
- haute tension à Y extérieur comme primaire et la basse tension en court-circuit :
- i) En monophasé sur phase I extrême (fig. 16; tableau IX).
- le noyau ; ceci s’explique par raison de symétrie.
- 4) En monophasé sur phases I et II en série (tableau XII).
- Tableau X
- Pu in Watts Ei avec III en c. c. Eui avec 1 en c. c. Ej.ir avec 111 en c. c. Eimii avec I en c. c. Ei-ih avec phases croisées c COS Jp En watts IV
- IOI r» ' 16'i QC 85 186 186 86,5 r>3 5o 0.325 95,5 1 , *2 'J
- Nous constatons encore que ± 77 % du flux de dispersion passe par les ponts.
- a) En monophasé sur phase II du milieu (tableau X).
- La réactance par noyau a encore la même valeur ; on mesure une force électromotrice e3 — i,83 volts sur 1 enroulement basse tension du noyau III, donc E,„ rapporté — a3,3
- Tableau XI
- Pi .111 h-m Watts,.,,, Pl Plu Eh /1 S c cosç E[.in Watts TT7-
- .98 5 295 97)r* 99 O 63 r>o 0,298 188 1,1 3
- La réactance est la même que pour le cas précédent, bien qu’une plus grande partie du flux de dispersion (dh 85 %) prenne son chemin par les noyaux extérieurs.
- volts. Cette force électromotrice ne peut être mesurée directement sur l’enroulement haute tension, le moindre courant (absorbé par l’appareil de mesure) provoquant une diminution
- Tableau XII
- Pmi I1.11 Watts, „ Pi Pu en i‘l-3 C CO S jp Elit Watts TT7-
- 198 *9* 9(î IO I 1,83 63,5 î>o 0,298 188 I, I 3
- 3) En monophasé sur deux phases extrêmes ! et III en série (tableau XI).
- Nous constatons que la réactance par
- considérable du flux traversant ce noyau 5) En triphasé ordinaire.
- Nous trouvons encore (tableau XIII)sensi-
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- :i02
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE! T. XV
- blement la'même valeur, pour la réactance par phase, c’est-à-dire :
- ÿ = 19,2 Ü.
- roulements concentriques peut être déterminée par la formule •:
- R,=!L±JL‘ (+ lm, a + lJSLÈl) I0- Q,
- Tableau XIIJ
- Pi Pu Phi U 5 lu lin watts totaux *1 tu ‘s V COS ÿ watts I ’Kr
- 1.00 97 99 >5 4,9 5,01 i 1 1 63,3 6t 63,3 5o 0,275 1 ,()5
- Le calcul donne :
- 1L-
- 8.50.750V87 • vs
- 26
- = 20,3 Q.
- 72,.. i,35-
- 64
- En résumé, la réactance de dispersion par noyau d’un transformateur statique avec en-
- du moment que la répartition de la tension sur les bobines est uniforme. Nous verrons, dans la suite, si cette condition est remplie d’une façon générale aussi pour les transformateurs de grande puissance avec noyaux longs. J. Rezelman,
- Ingénieur, Chef de service (les A. C. E. C.
- 1
- COMPTEUR D’ÉNERGIE POUR MACHINES A PISTON A CHARGE VARIABLE
- Ce que l’on appelle la puissance d’une machine n’est pas toujours une quantité fixe; sa valeur est constamment variable.il eiiest ainsi notamment pour les machines à piston, parce que la force du piston et sa vitesse, même pour une charge tout à fait permanente de la machine considérée, sont soumises à des changements constants. Comme terme de comparaison pour des opérations différentes, on^sait que l’on considère alors l’énergie moyenne pendant la période de temps qu’embrasse l’observation. Pour les machines à piston, cette observation porte toujours, sauf avis spécial, sur une période complète de fonctionnement du cylindre, donc pour les machines à vapeur, pompes, etc., sur une révolution complète, et, pour les machines à quatre temps, sur deux révolutions complètes.
- Mais la détermination de la puissance moyenne pour une longue période d’observation exigerait à proprement parler, que l’on tienne compte de tous les diagrammes. Or, même si l’on possède des indicateurs pour prendre les diagrammes
- d’une façon continue, on n’atteindra pourtant le but que dans des cas très rares ; par exemple, pour un essai de huit heures sur une machine eompound à deux cylindres, qui marche à 160 tours par minute, on aurait à prendre en tout 4o3 200 diagrammes (*).
- C’est pourquoi l’on se borne, aux dépens de l’exactitude, à prendre à intervalles de temps égaux donnés des diagrammes isolés, à titre de « coups de sonde », en veillant à ce que là charge de la machine ne soit pas soumise à des lluctuations importantes.
- Dans cet ordre d’idées, certains règlements prescrivent de relever des diagrammes toutes les dix à vingt minutes et, pour de fortes fluctuations de la charge, encore plus souvent. C’est ainsi, par exemple, que dans un essai pour lequel la puissance de la machine était réglée à
- (') Et pour en tenir eompte on aurait besoin, à raison de 8 minutes par diagramme, de 12,8 années de travail, de 3oo journées dè 8 befirés |chacune,
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- l’intérieur des limites prescrites, c’est-à-dire de façon que la moyenne générale ne s’écarte pas de plus de ^7, 5 % ni les valeurs individuelles de plus de ± i5 % de la moyenne de garantie, on a relevé des diagrammes toutes les cinq minutes; en prendre, plus fréquemment 11e semblejias bien pratique, caries frais d’essais atteindraient alors une valeur inadmissible. Or, contre toutes les prévisions, la courbe d’énergie montra une allure tout à fait irrégulière. Dès lors, la moyenne calculée d’après les diagrammes-, correspond-elle à la moyenne réelle ? Ce n’est rien moins que sûr, car la machine marche à i5o tours par minute et, par suite, on n’a qu’un diagramme sur 750.
- Ainsi, cette méthode courante de détermina-tiohde l’énergie moyenne est souvent tout à fait illusoire et inadmissible. Bien entendu, on doit la rejeter complètement pour des machines qui, en service normal, travaillent à charge constamment variable, sans qu’on puisse rien faire ni prévoir pour établir un régime constant.
- Tel est le cas pour les machines d’extraction, celles qu’on emploie dans les fabriques de ciment, etc.; alors chaque diagramme enregistré sur la machine est différent du précédent. On peut essayer de fixer, en superposant des diagrammes successifs, les limites entre lesquelles se trouve la moyenne de l’énergie. Les pressions moyennes maximum et minimum donnent, pour chaque faisceau de diagrammes ainsi constitué, deux valeurs de l’énergie qui, reportées ensuite sur un même graphique, déterminent une courbe d’energie maximum et une d’énergie minimum. La bande de surface, comprise entre ces deux traits, indique alors, avec une grossière approximation, la valeur de l’énergie moyenne. Un tel procédé, dont ou est bien obligé de se contenter souvent, est évidemment très insuffisant.
- *
- * *
- On voit quel intérêt il y a à posséder un dispositif qui permette de fixer, par des moyens pratiques, commodes et admissibles, l’énergie moyenne indiquée de machines à piston, pour des périodes d’observation quelconques, en tenant compte de tous les diagrammes.
- C’est cet intérêt que souligne M. A. Bôltcher dans un article fort documenté dont nous nous
- Î>Ô3
- proposons de mettre en lumière les points essentiels ().
- L’appareil qu’il décrit et dont il analyse eh détail le fonctionnement est un intégrateur d’énergie, qui permet par conséquent d’effectuer des moyennes exactes. Sans doute, des dispositifs de ce genre ont déjà été réalisés : on peut citer l’appareil de M. Little, l’indicateur intégrateur de Ch. Hamann, l’indicateur totali-i sateur de Hlawatscheck. Mais on n’est guère renseigné sur les essais effectués avec ces dispositifs.
- Fig. 1.
- Dans l’appareil que représente la figure 1 la tige du piston a de l’indicateur agit par le levier coudé b sur la roue d’enregistrement d supportée par le cadre c et la déplace sur la surface supérieure d’un tambour dans le sens radial. ÎJn ressort étalonné e permet de régler avec précision entre des limites déterminées l’adhérence de la roue d. L’axe de cette roue porte une vis sans fin, par laquelle le mouvement de rotation est transmis à un simple compteur de tours; le compteur peut enregistrer, dans le modèle d’appareil dont il s’agit, jusqu’à 100000 tburs entiers de la roue.
- Un raisonnement dont la forme est bien connue des mécaniciens montre que l’arc de circonférence décrit par la roue h est directèmerit proportionnel au travail indiqué fourbi sur un côté du piston dé la machine.
- (t) Zeitschrift des Verêines deutscher Ingenieare, a3 juillet 1910,
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- , < - -
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Sèçieg—R^Sfe;
- Le tambour, de rayon /•, tourna en effet d’une quantité proportionnelle au parcours a du piston, de sorte que l’angle do. dont le tambour a tourné a pour valeur
- A étant le rapport de réduction de vitesse du mécanisme du tambour.
- Si le point de contact de la roue d se trouve à une distance x de l’axe du tambour, l’arc de circonférence du parcouru pendant la rotation de celui-ci est proportionnel à cette distance, autrement dit :
- du = xda. — x A — .
- r
- D’autre part, en raison de la liaison du cadre c avec la tige du piston a, la distance x est proportionnelle à la valeur instantanée de la pression indiquée :
- * = cPh
- C étant une constante de l’appareil. Il s’ensuit que le déplacement du est proportionnel au produit de la pression instantanée par le déplacement instantané, c’est-à-dire à l’énergie instantanée; le compteur se charge d’effectuer l’intégration.
- La formule pratique est, eu égard aux caractéristiques du modèle :
- /’ = 8 —,
- f - la surface intérieure moyenne en millimètres carrés de tous les diagrammes développés dans la machine pendant la période d’observation;
- z — la différence des lectures du compteur de l’indicateur.
- z' = la différence des lectures au compteur de tours de la machine dans la même période.
- Pour l’étude d’une machine déterminée, la formule se simplifie de la façon suivante :
- Si b est l’arc d'oscillation total, mesuré à la circonférence extérieure du tambour (ce serait la base d'un diagramme) en millimètres, et m l’échelle du ressort employé, la pression moyenne a pour valeur :
- _ 8 95o 2 P'n~~b^
- La puissance moyenne indiquée est N,„ — Fpmn,
- expression dans laquelle F représente ce qu’on appelle la constante de la machine et n le nombre de tours par minute. En remplaçant pm parla valeur tirée de l’équation précédente, on a
- N,„ = F
- 8 QÜo n
- -h
- Ils
- 7»
- si Ton réunit toutes les constantes dans la quan-<z>
- tité IL Comme — = t est, la période d’observa-n
- lion (soit io minutes), on a
- On voit quel est l’intérêt de cet appareil : il donne immédiatement le résultat par la lecture finale; la prise de diagrammes ainsi que la lecture du compteur de tours de la machine sont complètement éliminés; il en est de même de la planimétrie, pénible et incertaine. Enfin l'appareil est à enregistrement continu et la. moyenne qu’il permet de déterminer porte sur tous les cycles du fonctionnement delà machine étudiée.
- Une discussion à laquelle se livre ensuite M. Bôttcher a pour but d’élucider un certain nombre de questions.
- i) D’abord, il faut se demander jusqu’à quel nombre de tours l’adhérence de la roue est suffisante pour assurer un enregistrement précis.
- Soit P le poids de la roue, de rayon R, et P' l’adhérence réalisée entre celle-ci et la surface supérieure du tambour, dont le mouvement est. solidaire de celui du piston. Le coefficient de frottement étant /’ il est nécessaire que la force de frottement. /'P', dont le moment, est /T'R par rapport à l’axe de la roue, puisse communiquer à celle-ci une accélération angulaire y au moins égale à celle qui correspond à la plus grande accélération angulaire réalisée pendant la course du piston. La relation /‘P'R = lv,
- PR2
- | — ---- désignant le moment d’inertie de la
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- 9.Septembre 1911. LA LUMIERE ÉLECTRIQUE ___305
- voue doit donc pouvoir être satisfaite. On peut montrer que cette relation se transforme en la suivante :
- n= r
- 3 ooo
- sn-
- dans laquelle n est le nombre de tours par minute de la machine et s l’arc de circonférence de la roue d’enregistrement décrit pendant une course du piston (*).
- Or, si l’on prend pour/’une valeur très faible
- P'
- (o,oi) et pour-p ,suivant les conditions de l’appareil à réaliser,-‘ao, 4°, do, 8o, ioo, i5o, il ne se produirait un glissement, dans l’hypothèse où s = !>o millimètres, que pour n = no, 155, 190, *19, a45, 3oo tours par minute, vitesses de rotation courantes.
- Ces considérations font ressortir l'influence qu’exercent sur l’exactitude de l’appareil la pression d’adhérence et le moment d'inertie de la roue d’enregistrement.
- 11 faut dônc en tenir compte dans la construction et les essais.
- a) En ce qui concerne les ressorts, l’elïort qu’ils exercent reste constant s’ils ne travaillent pas à plus de 1 5oo kilogrammes par centimètre carré.
- D’autre part la température n'a pas d’influence, puisque les ressorts sont, extérieurs.
- 3) Il faut encore rechercher si, dans leur mouvement, la roue et le bâti qui la supporte ne sont pas soumises,suivant leur axe,à une accélération de nature à modifier l’enregistrement delà pression et, par suite, à fausser l’indication finale.
- Traçons un diagramme dont les abscisses représenteront, non plus le chemin parcouru par le piston de la machine (fig. -a), mais le temps ffig. 3), c’est-à-dire la courbe p = f[t) (2).
- On peut en déduire graphiquement, au moyen de l’angle <p, la courbe de vitesse (fig. 4) et au
- () Lo coellieienl numérique qui intervient clans relie iormule provient de ce que l’an leur admet l’expression
- Tz'*SIl ^ ï
- ----- comme susceptible de représenter l’accélération
- 60
- angulaire maximum des machines courantes.
- Cette courbe représente le chemin parcouru par le piston de l’indicateur en fonction du temps, puisque les déplacements de la tige sont proportionnels aux pressions.— N.D.T.
- moyen de l’angle ^ la cotfrbé d’accélération (fig. 5) du piston de l’indicateur.
- La forüe d’inertie qui s’exerce à chaque instant sur le système mobile (roue et bâti) est égale au produit de la masse de ce système par l’accélération ainsi déterminée. Le poids des parties mobiles étant connu, on peut calculer cette force et la rapportera la surface du piston de l’indicateur. On a donc la pression fictive, positive ou négative qui vient modifier la pression de vapeur en se superposant à celle-ci.
- La courbe j représente, à l’échelle de droite de la figure, cette pression d’inertie, le poids du système mobile étant de a5o grammes. On peut reporter ces différences sur le diagramme initial (fig. a) et l’on obtient par exemple les nouveaux diagrammes que représentent les figures 6 et 7 et qui correspondent respectivement à des vitesses de régime de 1:10 et 3oo tours par minute. L’erreurabsolueest manifestement d’autant, plus grande que la vitesse est plus élevée, mais, dans le cas actuel, l’erreur relative est faible.
- Pour des machines à basse pression et grande vitesse, ces erreurs peuvent être importantes et c’est pourquoi il est nécessaire de fixer par des essais leur ordre de grandeur.
- 4) D'autre part, les sinuosités qui existent-fréquemment sur le contour des diagrammes ordinaires peuvent se trouver amplifiées du fait que des masses plus importantes sont ici mises en mouvement, et il peut en résulter des erreurs.
- Ces sinuosités se produisent en particulier dans le cas de machines à vapeur à faible compression et à grande avance linéaire ou bien avec les moteurs à explosion, lorsque la tige du piston de l’indicateur n’a pas à vaincre de frottements. On peut donner de ces irrégularités l’explication suivante :
- Sous l’action d’une force Fmax, l’énergie transmise au piston estFnmx Anax, si celui-ci se déplace de /ma»; mais la moitié seulement de cette énergie est dépensée à comprimer le ressort; l'autre moitié est en totalité ou en partie (suivant la vitesse de passage de F à Fmax) transformée en force vive, dont les effets sont d’autant plus marqués que les frottements sont moins grands.
- On n’attribue en général que peu d’importance à ces sinuosités; leur influence sur l’exactitude du diagramme est en effet très farbleT'quand les oscillations sont très rapides et même, en toute
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ai,•:< ir v
- T. XV (2* Série). — N® 36.
- rigueur, elles n’entraîneraient aucune erreur si la vitesse du piston de la machine était constante ; mais, comme elle est variable, on commet, en négligeant ces irrégularités, une erreur de surface-
- possible et, d’autre part, de chercher à préciser leur influence au cours des essais.
- a) Nous avons vu qu’il devait exister pour la
- Fig. 3. — Diagramme des pressions en fonction du temps.
- - sec.
- Fig. a.— Diagramme ordinaire.
- IQ fl,ISO
- ^ 0,073 ~
- 0,6 ^
- 2 120
- Fig. 6. -— Diagramme modifié. (i5o tours par minute)
- ^ 100
- a »
- 0,2 09
- 0,1 g'
- -0,1 %%
- Fig. r), — Diagramme modifié. ^ (3oo tours par minute)
- — Accélération.
- d’autant plus grande que les oscillations sont 'plus lentes. Or, les masses de la roue et du bâti qui sont reliées à la tige du piston de l’indicateur ainplifient la durée d’oscillation propre du système. Il est donc important de les réduire le plus
- roue d’enregistrement une certaine pression d’adhérence afin de l’empêcher de glisser. Cette pression P' est donnée par la relation (i). Mais, d’autre part, le piston de l’indicateur doit vaincre le frottement et le travail supplémentaire en-
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- Ô Septembre Î911. LA LUMIERE ÉLECTRIQUE :3ôt
- traîne une erreur h])j sur l’enregistrement de la pression instantanée pt. Si S est la surface du piston, exprimée en centimètres carrés, l’erreur en question est évidemment :
- à-[U
- P s n‘
- 3 000 S'
- Dans le modèle étudié,le diamètre du piston de l’indicateur est égal à 20,27 millimètres; la roue pèse 10 grammes et .v = 5o millimètres. On a alors pour
- n = 100 200 3oo t. par minute
- les erreurs correspondantes :
- -z o,ooo4i5 o,ooi65 0.00573 kg. par cm2. ' L’erreuren question, bien que proportionnelle au carré de la vitesse, reste donc inférieurc'aux erreurs de lecture d’un diagramme, circonstance très importante pour l’emploi de l’appareil.
- 6) Les frottements de roulement de la roue d’enregistrement doivent être réduits le pluspos-sible. Elle a un diamètre de 5o millimètres; celui des pivots est de 2 millimètres. La première réduction de vitesse, de —, s’opère à l’aide d’une
- JO
- vis sans fin,les engrenages diminuant à leur tour
- oette vitesse dans le rapport—. Les paliers sont
- io
- d’ailleurs réglables et l’usure négligeable, les forces qui entrent en jeu étant très faibles.
- 7) Une dernière question se pose : est-il possible défaire les lectures au compteur en marche normale, surtout si la vitesse de rotation de la machine est élevée, avec une approximation suffisante? Nous avons vu, en effet, que tous les organes de l’indicateur sont animés d’un mouvement de va-et-vient axial sur la partie supérieure du tambour et de plus que la roue et la minu terie qu’elle commande tournent alternativement dans un sens et dans l’autre. Mais, il n’est pas question de déterminer la position instantanée de la roue : un demi-tour de celle-ci correspond à deux divisions du premier disque enregistreur et à environ quatre fois la surface d’un diagramme moyen, c’est-à-dire à quatre tours de la machine. En admettant, que la lecture soit faite à deux divisions près et qu’on laisse faire à la machine ',00 tours entre deux lectures (ce qui correspond, pour une machine à i5o tours, à une durée de moins de trois minutes), l’erreur commise sera au plus de 1 % . Comme l’appareil est destiné à
- des périodes d’observation beaucoup plus longues, l’erreur est négligeable. Remarquons d’ailleurs que le mouvement de va-et-vient suivant l’axe de la roue cesse pendant un demi-tour de la machine et le temps de repos correspondant suffit pour faire une lecture, même à grande vitesse.
- Enfin, il est possible de disposer le tambour dans une position inclinée, en réglant convenablement le ressort d’adhérence, à condition que les axes du tambour et du piston de l’indicateur restent dans un plan vertical. lien résulte cependant un déplacement delà ligne atmosphérique, ce qui n’entraîne d’ailleurs aucune erreur.
- De nombreux essais ont été entrepris avec un appareil construit par M. H. Maihak.
- Sur un arbre a (fig. 8) entraîné par une transmission intermédiaire sont calées deux manivelles, à6o° environ l’une de l’autre : la première actionne le piston de l’indicateur; la seconde,par l’intermédiaire d’une bielle et d’une glissière, met en mouvement le tambour.
- ////s////////////////'/’///'/,
- VÏW7Zs77777777777777777777777777y7?77777777???
- Fig-, 8.
- Le diagramme enregistré est celui que représente la figure 9, tandis que le compteür fonctionne. Aux points A et B correspondent respectivement les positions extérieure et intérieurede la roue d’enregistrement lorsqu’elle se déplace suivant son axe; aux points C etD correspondent les extrémités de la course du tambour, dans son mouvement oscillant de rotation, et aussi les plus grandes accélérations angulaires de la roue. La régularité du mouvement et de la courbe élimine les influences dues aux masses du compteur. Si la poulie glisse, il doit en résulter une grande erreur d’enregistrement. Or, à t4i>_tours par minute, la planimétrie donnait 1 208 millimètres carrés pour surface d’un diagramme tandis que,
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- d’après lé compteur, la surface moyenne de 994 diagrammes était :
- f — 8 q5o —- = i 2oomm;!.
- ' y 994
- Ce résultat, très satisfaisant, demeurait le même,que la surface supérieure du tambour soit sèche ou humide, jusqu’à 3oo tours par minute. On est donc en droit de conclure que, jusqu’à cette vitesse, la base d’un diagramme étant de 8i millimètres, la roue ne glisse pas.
- B
- t’»!?. 9-
- D’autre part, différents essais ont été effectués avec quatre machines à vapeur permettant d’obtenir des vitesses soit de 5o à 160 tours soit de 200, 260 ou 34o tours par minute.
- Certains de ces essais ont eu pour but de mettre en évidence l’influence des forces d’inertie et de frottement sur la précision des relevés. On enregistrait, sur la même feuille de papier, des diagrammes en opérant d’abord suivant le mode classique, puis en reliant la tige du petit piston au compteur. La charge de la machine restait constante et on opérait successivement sur les
- cylindres à haute et à basse pression de la machine en essai.
- On a trouvé, ce qui était d’ailleurs prévu, que les masses en mouvement du compteur produisaient des oscillations importantes mais aussi que le frottement de la roue d’enregistrement dans son déplacement axial avait un effet favorable en réalisant un amortissement.
- D’autres essais se rapportaient plus directe-mentau contrôle de l’enregistrement du compteur. Ils ont été réalisés, autant que le permettaient les circonstances, à charge uniforme et leur durée n’a pas été inférieure à trois minutes.
- On faisait les lectures au compteur de l’indicateur et au compteur de la machine au commencement et à la fin de l’expérience et, pendant celle-ci, fréquemment, on relevait un diagramme sans changer la feuille. On déterminait au moyen d’un planimètre les surfaces maximum et minimum du faisceau ainsi obtenu, ce qui permettait d’effectuer une comparaison immédiate.
- De toutes ces expériences on a retiré cette conclusion que le nouvel appareil est un auxiliaire fort précieux qui paraît appelé à remplacer les appareils classiques employés pour l’étude des machines. Entre autres avantages, il possède celui d’éviter les calculs et les opérations pénibles de la planimétrie.
- Placé en permanence sur une machine, il serait un compteur d’énergie, enregistrant des chevaux-heures et constituerait un appareil analogue aux compteurs d’énergie électrique.
- G. Bf.niot.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURE
- Sur un éleotromètre enregistreur à Ûlament de carbone. — P. Villard. — Comptes Rendus, 3i juillet 1911.
- L’auteur s’est proposé de construire, en vue d’expériences sur l’électricité atmosphérique, un électro-rriétre enregistreur de faible volume, assez maniable pour pouvoir être installé dans un ballon sonde, et dont la sensibilité puisse être réglée à volonté,l’échelle
- entière comprenant, suivant les cas, plusieurs centaines de volts ou seulement quelques volts. '
- L’instrument, très habilement réalisé par M. Thur-neyssen, se présente extérieurement sous l’aspect d’une boîte rectangulaire en laiton munie des ouvertures nécessaires et fixée sur une planchette à laquelle s’adapte une enveloppe protectrice en bois, analogue à celle des baromètres enregistreurs Richard.
- Partie électrique. — L’électromètre proprement dit se compose de deux petits plateaux rectangulaires
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- xmzfy'f •
- 9 Septembre 1911. LA LUMIERE ELECTRIQUE 309
- reliés aux deux pôles d’une pile sèche et entre lesquels peut osciller librement un filament de lampe à incandescence, en forme d’U, tenu par une pince isolée à l’ambroïde et qui constitue l’aiguille d’une sorte d’électromèlre de Hankcl
- Le filament de la lampe que L'auteur a déjà utilisé dans les électroscopes, il y a une dizaine d’années, offre pour ce genre d’emploi des avantages considérables : le carbone qui le constitue est beaucoup plus léger que les métaux, parfaitement élastique et exempt de toute déformation résiduelle ou spontanée, le poids de l’aiguille et son moment d’inertie sont par suite très faibles et le zéro est absolument stable. D’autre part, la forme d’U supprime les déplacements autres que ceux perpendiculaires au plan des deux brins du fil.
- Les filaments qui conviennent le mieux sont ceux des lampes de no volts, 5 bougies, ou no volts, io bougies. Ces derniers, sensiblement plus longs, donnent une plus grande sensibilité qu’on augmente d’ailleurs beaucoup en amincissant le filament dans une flamme.
- Pour donner les meilleurs résultats, cet amincissement doit être non pas uniforme, mais progressif, croissant de la base à l’extrémité libre du filament; pour une flexibilité donnée, sous l’action des forces électriques, on réduit ainsi notablement le moment d’inertie et l’influence do la pesanteur.
- Un fil de carbone ainsi traité peut devenir assez flexible pour déceler le cinquantième de volt et la résistance de l’air suffit à l’amortir complètement ; toutefois, il est fragile et ne convient que pour une installation fixe ou l’emploi en ballon monté. Si l’appareil doit être confié à un cerf-volant ou à un ballon sonde, il convient de ne réduire que modérément la section de filament et l’on corrige alors le défaut de sensibilité et d’amortissement au moyen d’une petite bande d’aluminium battu, collée avec une trace de suif près de l’extrémité libre de l’U; l’amortissement est alors suffisant et l’on peut encore déceler le dixième de volt.
- - Pour faire varier la sensibilité dans les limites indiquées plus haut, on dispose des moyens suivants : amincissement plus ou moins grand du filament et emploi d’une bande d’aluminium plus ou moins large; modification de la distance des plateaux entre lesquels se déplace l’aiguille ; enfin,choix d’une pile de charge de voltage convenable.
- Dispositif optique de lecture et d'enregistrement. — Les déplacements de l’extrémité libre dufilamentne dépassent pas, en général, 2 millimètres à droite ou
- à gauche du zéro. L’amplification et la projection de ces déplacements sur un verre dépoli ou une surface sensible sont réalisées de la manière suivante :
- L’extrémité mobile du filament porte, collé au sommet de la courbure par une trace de cire, un très petit miroir cylindrique constitué par un tube capillaire en verre très mince, argenté intérieurement ; ce miroir, qui a environ 1 millimètre de longueur sur i/ioàî/ia de millimètre de diamètre, ne pèse que quelques centièmes de milligramme et est aisé-mentportépar des filaments,même fortement amincis. Une lampe de 2 volts, pourvue d’un condensateur et placée derrière une fente de 3 millimètres de largeur, éclaire ce miroir et y fait apparaître un trait lumineux extrêmement fin qu’un objectif de microscope, muni d’une ou deux lentilles divergentes amplificatrices, projette sur un verre douci ou sur la fente d’un cylindre enregistreur posé dans la boite de l’appareil. Pour assurer la permanence de la mise au point, l’axe de l’objelif est disposé dans le prolongement de l’axe de symétrie du filament ; la longueur de ce filament étant invariable, il en est de même de la distance de son extrémité à la lentille frontale de l’objectif et le réglage se maintient, même si l’instrument vient à être incliné dans un sens quelconque.
- Avec un grossissement de i5, le spot ainsi obtenu est extrêmement fin et sa netteté, qui ne dépend que des qualités optiques du microscope, est assez grande pour supporter un agrandissement ultérieur de 3 à t\ fois.
- Sensibilité. — Si l’appareil doit être employé à poste fixe, le filament peut être pris suffisamment fin pour que le spot se déplace de t\ à 5 millimètres par volt, les plateaux étant à une distance de quelques millimètres et maintenus à une différence de potentiel de 100 à 120 volts.
- Dans le cas où l’électromètre, doit être employé dans un ballon, il convient de prendre un filament plus solide et l’on n’obtient plus que o,5 mm. environ par volt, ce qui permet encore d’apprécier sans peine le dixième de volt.
- Pour la mesure de fortes différences de potentiel (potentiel atmosphérique, par exemple), ibest facile de réaliser avec le même instrument une sensibilité d’un ordre entièrement différent. Il suffit de prendre un filament plus court et d’écarter beaucoup les plateaux. L’étendue de l’échelle peut alors atteindre 1 000 ou 2 000 volts.
- Influence d'une inclinaison de Vinstrument sur laposition du zéro. —La force antagoniste étant produite par l’élasticité du filament, l’appareil peut fonc-
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- LA LUMIERE ELEÇ TRIQÜÈ
- • H'"
- tionner dans n’importe quelle position. 11 est commode de le placer de telle sorte que les deux brins du filament soient horizontaux,le plan qui les contient étant vertical : les déviations se (ont alors dans un plan horizontal ; ce cas est celui de l’instrument sim- ; plement posé sur une table. Si l’électromètrc doit 1 être placé sur un Support mobile tel que la nacelle d’un ballon et exposé ainsi à de légers changements d’orientation, il convient de le disposer de telle sorte que les déviations se produisent dans un plan vertical. Ou voit aisément qu’une inclinaison, même de quelques degrés, ne fait alors varier la position du zéro que d’une quantité tout à l'ait négligeable.
- P. F.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- L’emploi des pôles additionnels dans les convertisseurs rotatifs. — R. Pohl. —Elehtro-tcchnische Zeitschrift, 24 août 1911.
- L'auteur décrit un dispositif, consistant dans l’emploi de pôles additionnels, qui permettrait d’améliorer les conditions de fonctionnement de tous les types de convertisseurs rotatifs à un seul induit, c'est-à-dire soit des convertisseurs de courant continu en courant continu de tension différente (convertisseurs à deux enroulements logés dans les mêmes encoches, régulatrices de réseaux à plusieurs ponts), soit des commutatrices.
- Ces pôles additionnels se placent,comme les pôles auxiliaires de commutation, entré les pôles principaux, mais leur rôle est complètement différent. En effet, les pôles de commutation ont simplement pour but de renforcer le champ dans la zone de commutation, de manière à réduire les étincelles aux balais; le rôle des pôles additionnels est, par contre, de créer un champ supplémentaire, de manière à produire une force électromotrice qui, selon les cas, s’ajoute à la force électromotrice due aux pôles principaux ou s’en retranche. 11 est vrai que, dans certaines conditions, les pôles de commutation peuvent agir comme pôles additionnels, ou réciproquement; mais la différence entre les deux sortes de pôles n’en est pas moins très réelle.
- L’emploi des pôles auxiliaires est particulièrement intéressant sur les convertisseurs rotatifs à un seul induit, car il permet de faire varier à volonté le rapport de transformation, c’est-à-dire le rapport entre la tension secondaire et la tension primaire.
- L’auteur envisage d’abord le cas des convertisseurs de courant continu en courant continu, c’est-à-dire des convertisseurs pourvus de deux enroulements indépendants, mais logés dans les mêmes encoches, et reliés chacun à un collecteur indépendant. L’emploi de ces convertisseurs s’est jusqu’à présent fort peu répandu malgré les avantages qu’ils présentent au point de vue du prix de revient et de l’encombrement d’unapart, du rendement et de la commutation d’autre part, sur les groupes moteurs-générateurs à deux machines séparées. La raison de cette défaveur des convertisseurs à un seul induit est précisément la difficulté de réglage de la tension secondaire. En effet, l’insertion d’un rhéostat de champ modifie la vitesse de rotation de l’induit, mais non le rapport de transformation. Quant au compoundage, il ne donne pas de meilleurs résultats, et cela d’autant plus que ce n’est pas seulement la chute de tension de la génératrice, mais aussi celle du moteur qui agit sur le voltage de la première.
- Enfin, les deux enroulements étant logés dans les mêmes encoches, le rapport de transformation est déterminé par le rapport entre jles nombres de conducteurs par dent de chacun des enroulements ; les valeurs admissibles pour cc rapport se réduisent donc à un très petit nombre, telles que 4/1, 3/i, a/j , i/'L Z/*, etc.
- Fig. 1.
- L’emploi de pôles additionnels élimine, d après l’auteur, ces divers inconvénients. La figure 1 représente le schéma d’une machine munie de pôles additionnels. Si l'on désigne par N„ le champ dû au pôle principal, et par N- le champ dû au pôle additionnel, les enroulements étant représentés par deux cercles concentriques et reliés l’un aux balais calés suivant la ligne AA, l’autre aux balais calés suivant la ligne BB, le champ utile est N* = N, + N-,
- pour le premier enroulement, et :
- N„ = N„ - Ns,
- pour le second,
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- 9 ^ètptembré 1941. '
- yf?ï' ' LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Le rapport des forces électromotrices induites dans les deux enroulements, c’est-à-dire le rapport de transformation, est donc :
- . Ea Nh + xNs E„ - Nh - Nsr
- On voit donc la possibilité, en intercacalant un rhéostat dans le circuit des pôles additionnels, de modifier à volonté le rapport de transformation. Si l’on munit ces pôles d’un enroulement série parcouru par le courant du moteur ou par celui de la génératrice, on obtient, du côté de cette dernière, la. caractéristique d’une machine compoundée ou hypercom-poundée.
- L’emploi d’un enroulement compound sur les pôles additionnels eux-mêmes permet de régler la tension à vide et de maintenir celle-ci constante quelle, que soit la charge. Enfin, en inversant le sens du courant dans l’enroulement série des pôles additionnels, on obtient une caractéristique rapidement décroissante, ce qui est avantageux dans certains cas, par exemple pour la charge des batteries d’accumulateurs.
- Lorsque le courant d’excitation des pôles additionnels augmente, la tension aux bornes de la génératrice augmente pour deux raisons. Si l’on se place, en effet, pour simplifier les calculs, dans l’hypothèse où les pôles auxiliaires ne produisent, d'abord aucun champ, puis si l’on excite ceux-ci de manière à leur faire produire le champ N-, la tension aux bornes de la génératrice augmente d’une part dans le rapport
- par suite de l’augmentation du champ de la génératrice, et d’autre part dans le rapport
- N„ — N-’ •
- par suite de l’accroissement de vitesse du moteur, résultant de la diminution du champ de celui-ci dans le rapport inverse.
- La figure i représente schématiquement les effets de la réaction d’induit sur les pôles principaux et sur les pôles additionnels. Chacun des enroulements est divisé en deux parties; dans les parties marquées d’un fort trait noir, le courant circule dans chaque conducteur d’avant en arrière par rapport au plan de la figure; dans les autres parties de chacun des enroulements, le courant circule dans le sens contraire.
- On voit immédiatement que la réaction d’induit sotis les pôles principaux est très faible, puisque les ampères-tours des deux enroulements sont en opposition dans cette partie de l’induit, La distorsion du champ sous les pôles principaux n’est donc due qu’à la différence entre les ampères-tours transversaux respectifs des deux enroulements, compris dans l’angle rc — a; il s’ensuit qu’elle est très faible. Par contre, les ampères-tours compris dans l’angle a, c’est-à-dire les ampères-tours directs, sont de même sens.
- Fig. 2
- En ce qui concerne les pôles additionnels, c’est le contraire qui se produit. En effet, les ampères-tours transversaux par rapport aux pôles principaux jouent, relativement auxpôles additionnels,le rôle d’ampères-tours directs, etréciproquemént. Le champ des pôles principaux est donc peu distordu, mais sensiblement affaibli ; pour les pôles additionnels, c’est l’inverse qui a lieu. 11 faut tenir compte de ces effets dans le calcul des enroulements inducteurs ; en particulier, le nombre d’ampères-tours supplémentaires à disposer sur les pôles additionnels est très faible, puisqu’il ne correspond qu’à la différence des ampères-tours transversaux des deux enroulements induits.
- Dans la plupart des cas, la commutation est assez, bonne pour qu’il ne soit pas nécessaire de prévoir des pôles de commutation en outre des pôles, additionnels.
- En effet, si l’on suppose d'abord les deux paires de balais calés sur la ligne neutre (a = o), non.seulement la réaction d’induit disparaît presque entièrement, mais encore l’induction mutuelle des deux faisceaux de conducteurs,soumis chacun à l’inversion de sens du courant,détruit en grande partie l’effet de la self-induction. Si les deux paires de balais sont calés à un angle a l’une de l’autre, les conditions de commutation sont moins bonnes ; l’induction mutuelle est en effet d’autant plus faible que l’angle a est plus grand et devient même nulle lorsquelë-pôle addi-
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- T. XV (2*
- tionnel, séparant les deux zones de commutation, s’étend sur toute là longueur de l'induit, ce qui est toutefois rarement nécessaire. Néanmoins.lacomrnu-tation n’offre, mênie dans ce cas, aucune difficulté; en effet, par suite de la séparation des deux zones de commutation, le rapport de l'intensité du courant à commuter à la circonférence de l’induit n’est que la moitié de ce qu’il serait dans une machine ordinaire du même type. D’autre part, la distorsion du champ dû aux pôles principaux est faible et on peut utiliser le champ de dispersion de ceux-ci pour améliorer la commutation. On peut même décaler, d’une part les balais de l’enroulement générateur, d’autre part ceux de l’enroulement moteur, jusque sous les cornes polaires principales, les premiers dans le sens de la marche, les autres en sens contraire. Si les pôles additionnels sont munis d’enroulements série, on peut également utiliser leur champ pour améliorer la commutation sous l’une ou l’autre paire de balais ; les pôles additionnels agissent alors comme des pôles de commutation.
- Si l’on veut obtenir un fonctionnement sans étincelles, il y a lieu de tenir compte de ce que la zone neutre, entre le pôle principal et le pôle additionnel, est peu étendue, et de réduire par suite autant que possible la largeur des pôles additionnels et celle des balais, et au besoin l’épanouissement des pôles principaux. On peut cependant dire qu’aucun obstacle ne s’oppose en général, au point de vue de la commutation, à l’emploi de convertisseurs à pôles additionnels.
- 3.
- Les pôles additionnels trouvent également leur emploi sur les régulatrices des réseaux à trois fils. Les circuits inducteurs de ces machines sont généralement croisés, ainsi que le représente la figure 3. Or, ce dispositif nécessite l’emploi de deux machines distinctes. Les pôles additionnels permettent au contraire de réaliser des régulatrices à un seul induit.
- \ Il suffit, dans ce but, de construire une machine du type représenté sur la figure i et de munir l’induit de deux enroulements identiques montés en série
- entre les deux fils extrêmes. Les enroulements des pôles additionnels, qui sont représentés en traits forts sur les figures 4 et 5, sont soit parcourus piitr le courant du fil neutre N (fig. 4), soit répartis également sur les deux fils extrêmes E et E' (fig. 5). Toute différence de charge entre les deux ponts donne alors naissance,dans le fil neutre, à un courant de sens déterminé, lequel produit, grâce aux pôles
- additionnels, un champ qui augmente la force électromotrice de l’enroulement branché sur le pont le plus chargé, de manière à compenser la chute de tension. Pour obtenir un réglage précis, on monte un shunt en dérivation entre les bornes des enroulements des pôles additionnels. Pour obtenir une bonne commutation, il y a lieu de réduire autant que possible la largeur axiale des pôles additionnels, ainsi que l’angle de décalage a entre les deux paires de balais.
- L’adjonction de pôles additionnels permet encore d’utiliser les machines à un seul induit comme sur-volteurs, soit pour compenser la chute dè tension en un point déterminé d’un réseau, soit pour charger des batteries d’accumulateurs. En èffet, si l’on se reporte à la figure i, les forces électromotrices respectives des deux enroulements sont :
- Ea = Ka. (Nb + N*), »,
- E, = K„. (N, - NJ. »,
- Ka et K„ représentant des constantes dépendant des données des deux enroulements et n la vitesse angulaire de l’induit. Si l’on donne à N- une valeur suffisamment grande, ou si l’on affaiblit N„ pour la marche à vide, de manière à réaliser la condition N„ = N-, on voit immédiatement que E„ = o. On peut donc par ce moyen faire varier E„, entre des limites déterminées, sans modifier sensiblement la vitessse angulaire.
- Enfin,l’emploi des pôles additionnels sur les com-mutatrices proprement dites présente également un grand intérêt au point de vue de la facilité de réglage de la tension du côté continu. En effet, si l’on imagine une commutatrice pourvue de ce dispositif
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- g Septembre 1911.
- LA LUMIERE ELECTRIQUE
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- (fig. 6), on voit qu’on obtient en calant les balais suivant la ligne i — t une force électromotrice proportionnelle à Nh -j- N-, et en les calant suivant la ligne 2 — 2, une force électromolriee proportionnelle à N„ — Nz du côté continu, et cela pour une même valeur de la tension du côté alternatif. On
- Fig. 6.
- peut donc faire varier la tension du côté continu dans N 4-N-
- le rapport " sans modifier la tension du côté
- N„ — N-
- alternatif. Le même résultat -peut d’ailleurs être obtenu, sans déplacer les balais, en inversant la polarité des pôles auxiliaires.
- L’auteur estime d’ailleurs que'd’âutres problèmes se présenteront dans la pratique, qui pourront être résolus parl’emploi de pôlesadditionnels d'une forme convenable.
- J.-L. M.
- TÉLÉGRAPHE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- L’orientation des navires parla télégraphie sans fil. — Elektrolechnische Zeitschrift, 18 mai 1911.
- M. le major von Salviati propose, en cas de brouillard, de compléter les indications données par les phares du système Ahrenhold à l’aide de signaux de télégraphie sans fil; un signal serait émis à chaque extinction de la lumière par le jeu du même mouvement d’horlogerie k contacts qui commande celle-ci; les frais d’installation seraient minimes, ainsi que les frais d’entretien, car l’émission d’un signal court toutes les 1 ou 10 minutes serait suffisante.
- C. M.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont enrayés à la Rédaction.
- La Mutualité et les retraites. ouvrières et paysannes, par Claude Lucas. — 1 vol. in 8 raisin de 120 pages. —Société du Recueil Sirey, éditeur, Paris.
- Quelle place a été faite à la Mutualité dans la loi de 1910? Quelle place devait lui être faite?
- Telle est la double question que se pose M. Claude Lucas, auteur de cette brochure; pour la résoudre, il faut d’abord recourir à la documentation historique. Là se trouvent les raisons, aujourd’hui périmées, d’une certaine défiance, dont on constate encore les traces, à l'égard des sociétés de secours mutuels. A la fin du siècle dernier enfin, la Mutualité est devenue un organisme en quelque sorte national, auquel l’opinion publique a prêté tout son [appui.
- Lorsqu’il s’est agi d'entreprendre la grande œuvre des retraites, le législateur n’a pas pu ne pas songer à tirer parti de l’organisation mutualiste existante. Pour Waldeck-Rousseau, la Mutualité devait être « l’instrument préféré parce que préférable » de l’application de la loi.
- Une certaine place fut donc faite à la Mutualité dans la loi de 1910, mais M. Claude Lucas en fait ressortir, avec documents et chiffres à l’appui, la notable insuffisance. Et l'étude des législations étrangères : allemande, belge, anglaise, le conduit à cette conclusion, qui fut aussi celle de M. Ribot à la tribune du Sénat : c’est que la Mutualité doit nécessairement devenir le grand agent d’exécution de là loi.
- M. G.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série). ~ N« 86t
- BREVETS
- Moteur polyphasé à collecteur, avec balais fixes ou mobiles montés en série.
- Un procédé pour améliorer le rendement des moteurs polyphasés à collecteur avec balais fixes ou mobiles montés en série a été dernièrement breveté par YAllgemeine Elektricitâts Gesellschaft de Berlin (1).
- Ce procédé est caractérisé par le fait que le rapport de transformation entre les ampères-tours du stator et du rotor peut être modifié, suivant les conditions de charge, de vitesse et de position des balais,au moyen d’enroulements spéciaux, placés sur le stator, ou d’un transformateur à nombre de spires variable. On peut également utiliser un régulateur de potehtiel ou autre appareil analogue.
- La figure i montre sur un exemple le principe du .couplage. Le stator (enroulements de phases Sa, S b, Sc) et le rotor (balais aa', bb\ ce') du moteur sont en série avec intercalation d’un transformateur réglable T, qui permet de modifier, à volonté, le rapport entre les ampères-tours du rotor et les ampères-tours du stator. Les connexions entre le rotor et l’enroulement secondaire du tranformateur T n’ont pas été représentées, mais elles ont été indiquées par ce fait que les points à réunir ont été désignés par les mêmes lettres. La position des balais du moteur est réglable . La somme graphique, AW» = AW, -|-AW„, des ampères-tours du stator et du rotor (AW, et AW,,), décalés les uns par rapport aux autres de l'angle p, donne les ampères-tours résultants du moteur, qui engendrent le champ tournant
- (4) Brevet 4^5 ij3, demandé le a4 janvier 1911.
- résultant, lequel traverse le stator et le rotor. Le champ tournant ainsi engendré produit, dans le stator, une force électromotrice, indépendante du nombre de tours du moteur et, dans le rotor, une force électromotrice proportionnelle au glissement.
- La phase de la force électromotrice induite dans le stator dépend de l’angle compris entre AW, et AW» et la phase de la force électromotrice induite dans le rotor dépend de celui compris entre AW» et AW“. Pour le synchronisme, on peut obtenir une compensation de phases quelconque.
- En faisant tourner AW» par rapport à AW,, on peut même obtenir une avance de phase et cela non par une force électromotrice due au mouvement du rotor, mais bien par une force électromotrice de phase plus favorable, induite dans le stator.
- De même, on peut régler le rendement, au-dessus ou au-dessous du synchronisme, dans, de très grandes limites de vitesse, en faisant tourner AW» par rapport à AW,. Si les balais sont fixes, on peut
- obtenir cette rotation en modifiant le rapport
- AW
- AW,,’
- on peut encore décaler les balais après avoir convenablement réglé ce rapport pour la limite de vitesse voulue. Il arrive parfois qu’il faut appliquer concurremment les deux modes de réglage,soit alternativement, soit simultanément.
- On peut disposer l’enroulement du transformateur sur le stator même du moteur, lorsque cet enroulement est disposé de manière à ne pas influencer le champ tournant du moteur. Il va de soi que le moteur proprement dit peut également être construit pour une tension de réseau quelconque, grâce à l’emploi d’un transformateur en série; il peut fonctionner avec trois ou six balais.
- L’application de ce dispositif ne dépend pas du nombre de phases du moteur.
- Th. S.
- Nouveau paratoudre électrolytique.
- Quand un parafoudre électrolytique est intercalé dans un circuit électrique, la première émission de courant qui se produit donne naissance à une pellicule isolante d’oxyde sur l’anode, qui s’oppose au passage ultérieur du courant, tant que le voltage
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- n’excède pas un voltage critique, auquel correspond la rupture de la couche isolante.
- Si le courant est alternatif, cette pellicule isolante . se produit sur les deux électrodes.
- On a constaté que si les électrodes sont, au sein de l’électrolyte, en contact avec un corps solide quelconque, un isolateur par exemple, il se produit au contact un point faible dans la pellicule isolante : le fonctionnement devient moins bon et l’électrode s’y détériore rapidement.
- Il a été constaté également que, si les électrodes d’aluminium sont faites de deux ou plusieurs parties, le point de jonction mécanique, ou bien la. soudure, forme un point faible également de l’électrode qui s’attaque rapidement dans l’électrolyte.
- La Compagnie Française pour Vexploitation des procédés Thomson-Houston s’est appliquée à éliminer complètement ces défauts en supprimant tout isolateur ou espaceur entre les électrodes (*).
- Fig. i.
- Elle constitue chacune des électrodes par une seule feuille de métal, indéformable. Les deux électrodes sont rigidement fixées dans le couvercle isolant de la cellule contenant l’électrolyte.
- Chaque élément comprend un récipient en verre avec un couvercle en porcelaine, fixé au moyen d’un chapeau fileté. Une rondelle de feutre assure l’étanchéité entre le couvercle et le vase. Le couvercle possède cinq trous : un au centre fermé par un morceau de feutre qui arrête les poussières sans s’opposer à l’évacuation du gaz ; deux autres sont destinés à supporter l’électrode 8, et les deux derniers destinés à supporter l’électrode 7 (fig. x).
- Cette dernière est composée, d’une feuille d’aluminium, roulée en cylindre, qui présente des perforations allongées 9, obtenues en fendant le métal et en le repliant légèrement. Ces ouvertures permettent la circulation de l’électrolyte.
- L’électrode intérieure 8 est simplement formée d’une tôle d’aluminium roulée en cylindre.
- Chaque électrode présente des oreilles 10, qui en font partie intégrale, et qui servent à la fixation. Elles sont placées hors de l’électrolyte. Sur ces oreilles sont rivés des goujons n, qui servent à la suspension des électrodes, et en même temps à l’établissement des connexions. Des élargissements dissymétriques n" empêchent la torsion des oreilles 10, quand on serre les écrous, tandis que les rondelles 14, qui peuvent être en feutre, s’opposent à ce que l’électrolyte atteigne la jonction des oreilles avec les goujons.
- Une rainure est ménagée dans le couvercle sur sa face inférieure ; la ligne de fuite sur la surface de porcelaine, entre les électrodes, est augmentée grâce aux sinuosités dont est affectée cette rainure.
- Lorsqu’on emploie l’appareil, deux éléments en série sont solidement reliés par une bande de métal et par une connexion entre électrodes.
- Quant au liquide qui constitue l’électrolyte, il péut être tout liquide reconnu convenable pour un élément de cette nature. On peut employer, par exemple, une solution de tétraborate d’ammonium.
- Il est à remarquer que toute solution de borate exerce une très faible action dissolvante sur la pellicule isolante. Ces solutions sont, par conséquent, très avantageuses, mais elles ont le défaut, en usage continu, de donner lieu à un dépôt sur les électrodes, et particulièrement au voisinage de la surface de l’électrolyte. L’addition de tartrate d’ammonium s’oppose à la production de ce dépôt, et surtout, s’il se produit, empêche que son action ne soit nuisible. De plus, cette addition élève la valeur du voltage critique et diminue le courant de fuite.
- L’addition de glycérine donne une réaction acide à la solution, que l’on peut faire disparaître par addition ultérieure d’ammoniaque.
- Comme borate, il est préférable d’employer un tétraborate et, dans ce cas, il n’est pas nécessaire d’ajouter de glycérine.
- (*) Brevet 412 270, demandé le 3 février 1910.
- Th. S.
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- la Lumière électrique t. xv (2* sérié). — fcâe.
- , , su;
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- DOCUMENTS D EXPLOITATION
- Essais de consommation effectués sur un tùrbo-alternateur de 2500 chevaux destiné à la station centrale d’Erfurt. — Elekirotechnische Zeitschrift, 20 avril 1911.
- . ,M. M. Hemnann publie les résultats d’essais de consommation effectués sur un groupe turbo-alternateur de a 5qo chevaux construit par les usines Berg-mami et destiné à la station centrale de la ville d’Erfurt. Le groupe comprenait une turbine à 1 5oo tours par minute, accouplée à un alternateur triphasé, d’une puissance effective deu5oo kilowatts, à 3 3oo Volts et 5o périodes, le facteur de puissance étant de o,8,
- ' Turbines hydrauliques de grande puissance. — Elekirotechnische Zeitschrift, 20 avril 1911.
- La Pacific Power C° a récemment commandé deux turbines Francis, d’une puissance unitaire de 20 400 chevaux, destinées à la station centrale de White River. Ces turbines représentent les plus grosses unités construites jusqu’à ce jour.
- La station centrale renfermera 6 turbines de la même puissance tournant à 36o tours par minute et actionnées par une chute de 146'mètres.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- La situation extérieure ne facilite pas en ce moment l’essor des cours, ni desaffaireSi II s'y joint les effets d’une crise économique intérieure dont l’issue menace de devenir tragique. Il serait injuste d'attribuer aux seules conséquences des lois « ditès sociales » la surélévation constante des prix de toutes choses : car, ce ne sont pas seulement lés objets de première nécessité qui se vendent maintenant de 23 à 4o % plus cher qu’il y a cinq ans, tout a subi une hausse plus ou moins élevée. Mais, depuis deux ans, nous passons, au point de vue climatérique, d'un extrême à l’autre : à la très grande humidité succède la très grande sécheresse et ce qui à la rigueur peut s’accommoder de l’un ne s’accommode pas de l’autre et inversement.
- Les produits subissent une hausse forcée causée par leur moindre abondance devant une demande qui ne demeure pas stationnaire, mais grandit chaque année. A ces effets naturels, s'ajoutent ceux dont nous parlions plus haut et qui, pour avoir précédé ces derniers, se trouvent devenir la cause de tout le mal dans l’esprit du public peu averti. En fait, il faut avouer que l’équilibre ayant été rompu brutalement par l’application de lois mal étudiées et par conséquent funestes, il a suffi d’événements naturels toujours imprévus et toujours à prévoir pour accentuer celte rupture de l’équilibre économique. On ne modifie pas impunément le régime du travail, ni les mœurs de tout un pays : ceux-là même qui y poussent si inconsidérément sont maintenant les premières victimes de leur ignorance et de leurs exigences. Mais, de même qu’il a fallu plusieurs années pour s’apercevoir des effets funestes d'une mauvaise méthode économique, de même il faudra plusieurs années pour ressentir les effets d’un retour à des pratiques économiques plus en rapport avec les faits et les contingences.
- Toutes les valeurs d’électricité ont subi le contrecoup de cette situation critique. En quinze jours nous enregistrons une baisse sensible sur les titres des compagnies de traction.
- Le Métropolitain s’inscrit le 2 septembre à 627 venant de 633. La diminution des recettes depuis plusieurs décades ne laisse plus qu’une faible plus-value sur celles de 1910, malgré la plus grande longueur des lignes exploitées. On explique celte insuffisance par la température excessive de ces dernières semaines. C’est une des causes, mais ne faut-il pas l’attribuer aussi au commencement de réorganisation du réseau des Omnibus. La supériorité de ce mode de transport automobile s’affirme nettement sur les lignes déjà pourvues des nouvelles voitures : partout où, incidemment, elles doubleront les lignes métropolitaines, elles absorberont, à notre avis, le trafic à leurprofit. Les modifications du réseau se faisant progressivement, la période des vacances n’étant pas, d’autre part, favorable aux compagnies de transports en commun, il faut attendre l’hiver pour tenter un jugement définitif.
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- 9, Septembre 1911.
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- Le Nord-Sud a supporté les mêmes à-coups que le Métropolitain, dans une plus grande proportion ; de 284 il est descendu à 263. 11 n’est pas encore question de l’ouverture à l’exploitation de la ligne depuis la place Pigalle jusqu’à la place Jules-Jolïrin; c’est une cause d’infériorité manifeste pour l’exploitation.
- Les Omnibus, au contraire, dessinent un mouvement de reprise ; nous avons dit pourquoi plus haut. Les recettes sont en plus-value ; dès octobre, plusieurs lignes importantes seront pourvues des nouvelles voitures, et la faveur qui les a accueillies sur les lignes déjà équipées ira aussi à celles-ci.
- Les compagnies de tramways demeurent stationnaires dans leurs cours : les Tramways Nogentais à 522, la Compagnie Générale Française deTramways» à 565, les tramways de Paris et du département de la Seine à 282.
- Les grandes valeurs ne semblent pas non plus intéresser le public : la Thomson-Houston, en recul de 7 points il y a huit jours sur son cours précédent, a encore perdu 5 points à 745; la Parisienne Electrique descend à 290,5, l’Electricité de Paris passe de 576 à 566.
- Les Secteurs parisiens ne sont pas plus favorisés et s’ils ne s’inscrivent pas en baisse, ils ne marquent aucun progrès ; la Compagnie Parisienne de Distribution qui les résume tous continue à se tasser en dessous de 400 francs qui était un taux peu en rapport avec le dividende et la situation financière de l’affaire qui n’a encore que des perspectives d’avenir.
- En harmonie avec ces cours, ceux des valeurs de cuivre ont peine à résister aux efforts des baissiers : le Rio Tinto redescend rapidement à 1 627; l’action du Boleo, malgré les sollicitations de la presse financière, recule de 736 à 718 et la part de 443 à 435. La Tharsis est stationnaire à 134- Le cuivre métal toujours sur le point de monter s’en tient à ce bel espoir qui paraît bien fou après tant d’excitation ; les stocks augmentent, les stocks diminuent ; rien n’y fait, et comme la demande des consommateurs est normale, que l’offre des producteurs lui correspond sans difficultés, nous ne sommes pas près de voir l’enflure des cours, à moins d’événements extérieurs subits qui modifieraient les rapports économiques de l’ancien et du nouveau monde.
- Evidemment, les valeurs allemandes marquent
- comme les nôtres une grande dépression : des menaces de grève à Berlin dans l’industrie électrique ont causé une perte de 6 % aux cours de l’A.E.G. de la Siemens et Halske et de Schuckert. Seule la Société pour Entreprises électriques ne baisse que de 2,75 % .
- On annonce l’émission d’un nouvel emprunt 4 1/2 % de six millions de francs par la Société Suisse pour l’industrie de l’aluminium à Neuhausen. Le produit de cet emprunt servirait à réduire la dette en banque et à couvrir les dépenses des installations nouvelles. C’est un groupe suisse sous la direction du Kreditanstalt et du Bankverein qui s’est chargé de l’émission. Les négociations en vue de la constitution d’un syndicat de l’aluminium ont échoué.
- En même temps, le Journal officiel enregistre l’augmentation du capital de la Société Electrométallurgique française, augmentation de 5oo 000 fr. pour le rachat des parts de fondateurs. Le capital sera alors porté à i5 5ooooo francs. De plus, l’assemblée extraordinaire des actionnaires a autorisé le Conseil à émettre des obligations et à emprunter au mieux des intérêts de la Société. Les producteurs d’aluminium se préparent à la lutte, malgré tant d’avertissements antérieurs quant à l’issue certaine de celle-ci dans ses répercussions économiques et financières : on ne peut que le regretter.
- Un nouveau groupement, l’Union des Secteurs de France, est en formation autour du secteur électrique du faubourg Saint-Denis. Le fondateur est M. Bauer auquel il est attribué 200 parts de fondateur à charge pour lui de rémunérer les concours qu’il a pu obtenir pour constituer la Société. MM. Dupuy-Dutemps, Favaron, Ducommun et Lélourneau apportent à_ la nouvelle société tout l’actif social de la Société française d’entreprises électriques et de la Société du secteur du faubourg Saint-Denis. On leur attribue 1 35o actions de 100 francs sur les i5ooo qui constituent le capital de la Société.
- L’Electricité de Loir-et-Cher qui est au capital de 3 5ooooo francs,est autorisée à créer 3 5ooooo francs d’obligations de 5oo francs qui seront émises au fur et à mesure des besoins.
- D. F.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. —• La commande des i 8oo wagons des chemins de fer de l’Etat a été répartie ainsi qu’il suit :
- Ier lot : 200 wagons couverts, Dyle et Bacalan, à Bordeaux; 2° et 3° lot: 220 wagons couverts chacun, Dyle et Bacalan, à Bordeaux; 4e lot : 160 wagons à guérite, Chantiers Buire, à Lyon ; 5e lot : s5o wagons plats frein à main, Jules Weitz, à Lyon; 7e lot : ao wagons plats à guérite, Magnard, à Fourchambault ; 8e lot : 200 wagons à primeurs, Chantiers Buire, à Lyon.
- Ain. — Le conseil général a voté une somme de 42 000 francs pour le prolongement dii tramway de Lyon à Caluire jusqu'au camp de Sathonay.
- Ardennes, — Le conseil général vient d’approuver la construction de la ligne ferrée de Buzancy à Stenay ; la commission départementale a tous pouvoirs pour traiter, à ce sujet, avec le département de la Meuse.
- Loir-et-Cher. — Le conseil général a adopté le projet définitif du tramway de Montricliard à Montrésor. Une somme de 3^1 000 francs a été votée pour son exécution.
- Nièvre. — Un emprunt de 5 970 000 francs est voté par le conseil général pour la construction de la ligne de chemins de fer de Saxi-Bourdon à Decize et Moulins.
- Est adopté également un emprunt de 336 026 francs pour la construction de la ligne de Saint-Amand à Saint-Sauveur.
- TÉLÉPHONIE
- Ain. — Le conseil général a voté une somme de i34 aoo francs pour l'établissement de neuf circuits téléphoniques.
- Hérault. — L’extension du réseau téléphonique dans le département occasionnera une dépense de 57 5j5 francs qui ont été votés par le Conseil général dans sa dernière session.
- Pas-de-Calais. — Parmi les crédits votés par le conseil général, i85 000 francs seront consacrés à l’installation de divers circuits téléphoniques.
- Saône-et-Loire. — La chambre de commerce de Cha-ton-sur-Saône est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 4 4!o francs en vue de l’établissement d’un circuit téléphonique Simandre-Cuisery et d'un réseau à Simandre.
- Yonne. — Une somme de 116 Soo francs a été votée par le conseil général pour la construction d’un cinquième réseau téléphonique.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Angleterre. — La Société « The Helsby Wireless Telegraph C° Ltd », de Londres, vient d'acquérir la concession des brevets de télégraphie sans fil dirigeable système Bellini-Tosi pour l’Angleterre et ses colonies.
- DIVERS
- Décret du 13 août 1911 sur les installations minières (Suite) (‘).
- TITRE V
- Machines et câbles.
- Art. 81. — Les dispositions des articles 1$, paragraphes 1, 18, 19 et 20 sont applicables aux installations du fond comme à celles du jour. Celles dès articles i3, paragraphe 1 et paragraphes 2, i5, paragraphe 3 et paragraphe 4, sont en outre applicables aux machines fixes installées au fond à demeure, telles que pompes d’épuisement, compresseurs fixes, treuils de puits intérieurs.
- Art. 82. — Toute machine d’extraction établie à l’extérieur doit être munie
- i° D’un frein capable d’arrêter le mouvement dans toutes les positions de la machine, même en cas de rupture de la conduite du fluide moteur ou d’interruption du courant électrique, et être actionné par le mécanicien immédiatement et directement de la place de manœuvre ;
- 2° D’un indicateur de la position de la cage ou de la benne dans le puits, placé en vue du mécanicien, sans préjudice des marques qui seront faites sur les câbles ;
- 3° D’une sonnerie, d’un timbre ou d’un sifflet annonçant l'arrivée de la cage à son approche du jour ;
- 4° D’un enregistreur de vitesse lorsque la vitesse de translation peut dépasser 12 mètres par seconde.
- Art. 83. — Le frein des machines pour la circulation normale du personnel doit être disposé de façon à agir automatiquement en cas de rupture de la conduite du fluide moteur ou d’interruption du courant électrique.
- Art. 84. — Les chevalements doivent être disposés de telle manière que la cage ne puisse monter jusqu’aux molettes et retomber ensuite dans le puits.
- (’) Voir Lumière Electrique-, l. XY (2e série), 2 septembre 1911, p. 285.
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- Dans les installations nouvelles et en dehors de la période préparatoire, les machines d’extraction servant à la circulation normale du personnel seront munies d’un évite-molette automatique ; des dispositions seront prises pour que la cage ne puisse venir heurter les taquets du fond avec une vitesse dangereuse.
- Art. 85. — Les dispositions de l’article 82, paragraphes 2, 3 et 4, et de l’article 84 ne sont pas applicables aux treuils de secours ni aux treuils souterrains desservant un quartier ou un étage, lorsque ces treuils ne servent pas à la circulation normale du personnel.
- Art. 86. — Les chaudière à vapeur ne peuvent être établies à l’intérieur que sur une autorisation du service local.
- Les parois des chambres des chaudières et les conduites d’évacuation des gaz chauds doivent être au rocher sans aucun soutènement ou garnissage en bois ou autre matière inflammable.
- Art. 87. — Il est tenu sur chaque mine un registre spécial relatif aux câbles employés à l’extraction ou à la circulation normale du personnel.
- Pour chaque câble mis en place, on note :
- i° Sa composition et sa nature, y compris les essais qui ont été faits sur le câble neuf et ses éléments;
- a° Le nom et le domicile du fabricant ;
- 3° La date de la pose originaire ou de la repose après déplacement, et la nature du service auquel le câble est affecté ;
- 4° La charge qui ne doit pas être dépassée en service;
- 5° La date et les circonstances des visites détaillées, y compris le nom de l’agent visiteur;
- 6° La date et la nature des réparations, coupages, retournements, ainsi que la nature et le résultat des essais qui auraient été faits sur tout ou partie du câble ou sur certains de ses éléments ;
- 70 La date et la nature des accidents ;
- 8° La date et la cause de l’enlèvement définitif ou du déplacement;
- 90 Le travail total effectué.
- Art. 88. — Les appareils servant à l’extraction, tels que les cages, les freins et les parachutes, doivent faire l’objet d’un examen attentif et journalier.
- Chaque jour, avant la descente normale du personnel, il est fait une cordée d’essai à pleine charge dans chaque sens entre les recettes extrêmes en service. Pendant ces cordées d’épreuve, les indicateurs de position des cages sont vérifiés et les câbles examinés.
- Si quelque défaut est révélé, la circulation du personnel ne peut commencer avant qu’il y ait été porté remède.
- Une visite détaillée des câbles et des appareils servant à l’extraction, avec essai du parachute, est faite une fois au moins par semaine par un agent compétent, qui consigne les résultats de sa visite sur le registre spécial prévu à l’article précédent.
- Art. 89. — Tout câble doit, avant d’être mis en service pour la circulation normale du personnel :
- i° Avoir subi des essais de rupture par traction, les fils des câbles métalliques devant, en outre, être soumis à des essais appropriés, notamment par pliage ;
- 2° Avoir servi au moins pendant vingt voyages à pleine charge et avoir été reconnu en bon état. Pareille épreuve sera faite pendant quatre voyages au moins, après chaque coupage à la patte ou renouvellement de l’attelage.
- Art. 90. — Sur tout câble servant à la circulation normale du personnel, on doit procéder, une fois tous les trois mois la première année et une fois tous les deux mois pendant les années suivantes, au coupage de la patte sur deux mètres de hauteur au moins.
- Lorsque la cordée normale comprend plus de quatre personnes, des essais de rupture par traction sur une partie saine des bouts coupés du câble sont faits après chaque coupage réglementaire de la patte. Si ces essais, qui doivent avoir lieu dans le plus bref délai possible, indiquent pour la résistance à la rupture une réduction de plus de 3o % par rapport à la résistance initiale, le câble doit être mis hors de service.
- Art. 91. — Aucun câble ne peut travailler, s’il est métallique, à une surcharge supérieure au 1/16 de sa résistance à la rupture constatée par les essais faits soit sur le câble à l’état neuf, soit après sa mise en service, et au quart de sa résistance s’il est en textile.
- Toutefois, si pour des câbles ne servant pas à transporter plus de quatre personnes par cordée, il n’est point fait d’essais sur les bouts coupés, ces câbles ne peuvent être employés plus de deux ans à la circulation normale du personnel et ne peuvent travailler à une charge supérieure au 1/7 de leur résistance à la rupture à l’état neuf et ne peuvent servir plus de deux ans à la circulation du personnel.
- Art. 93. — Un câble rendu suspect par son état apparent, notamment, s’il est métallique, par le nombre de ses fils cassés ou rouillés, ne peut, en aucun cas, être maintenu en service.
- Il est interdit d’employer pour la circulation normale du personnel un câble chang-é de face pour cause de fatigue.
- Art. 94. — Les câbles épissés doivent, avant d’être mis en service, être essayés pendant vingt voyages au moins à pleine charge; après est essai, le bon état de l’épissure doit être constaté ; mention en est faite au registre prévu à l’article 87.
- Art. 95. — Un câble de réserve propre à la circulation du personnel doit toujours être prêt à être mis en service, (A suivre,)
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Compagnie électrique de l'Aisne. — Durée : 40 ans. — Capital : 1 200 000 francs. — Siège social : 87, rue Voltaire, Saint-Quentin.
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- CONVOCATIONS
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- Adriatique Electricité, é— Le ia septembre, a, piazza Eli-sabetta, à Fiurne.
- Compagnie du Tramway du Mont-Blanc. — Le 16 septembre, 3o, rue d’Anjou, à Paris.
- Electricité, gaz et eau de Tonneins. — Le 26 septembre, 364, rue Lecojirbe, à Paris.
- Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est. —Le 14 septembre, 76, boulevard Haussmann, à Paris.
- Gaz et Electricité de Bergerac. — Le 23 septembre, 43,' rue Nicolo, à Paris.
- . t,
- Société Gazière et Electrique de Viiièueure-sur-Lot et kxtensions, — Le 23 septembre, 43, rue Nicolo, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 22 septembre, à la| mairie de Dunkerque (Nord), marché à forfait pour la construction d’une usine électrique au projecteur de l’ilôt du Phare.
- Soumissions avant le i3 septembre. Renseignements à la chefferie du génie, 3o, rue Saint-Sébastien, à Dunkerque.
- Le ai septembre, à la mairie de Reims (Marne), travaux et fournitures de l’installation de l’éclairage électrique à l’usine des eaux.
- Renseignements à la mairie.
- Les chemins de fer de l’Etat, à Paris, se proposent d’acquérir 110 moteurs-compresseurs d’air électriques destinés à l’équipement de voitures automotrices de banlieue.
- S’adresser, pour tous renseignements, au service électrique, 43, rue de Rome, à Paris.
- Les constructeurs français qui désireraient prendre part à cette fourniture devront adresser leurs propositions avant le 2 octobre ign, à M. Maison, chef du service du matériel et de la traction, 44, rue de Rome, à Paris (8e).
- BELGIQUE
- Le i3 septembre, à i5. heures, à la maison communale, à Laeken-lez-Bruxelles, fourniture et placement des sonneries et téléphones, des cabines téléphoniques et d’un appareil de contrôle au nouvel hôtel communal ; cahier des charges : 1 franc. Soumissions recommandées le 10 septembre.
- Le i5 septembre, à midi, à l’hôtel de .ville, à Anvers, installation de l'éclairage électrique du hangar à établir au n° 77 du Bassin-Canal ; caut. : 3oo francs ; cahier des charges : o fr. 5o.
- Le 22 septembre, à n heures, à la direction générale des ponts et chaussées, à Bruxelles, rue de Louvain, 38, installation de l’éclairage électrique dans certains locaux du ministère des Affaires étrangères ; caut. .1 100 francs (cahier des charges n° g3 ; prix : o fr 90 ; prix des plans : 5 fr. 20; s’adresser, i5,rue des Augustins, à Bruxelles)'. Soumissions recommandées le 18 septembre.
- Le 27 novembre, à l’hôtel, de ville, à Tournai, concession de la distribution de l’électricité dans la ville.
- Le cahier des charges porte, qu’à conditions égales, la préférence sera accordée à la Société anonyme d'éclairage, chauffage et force motrice de Tournai et extensions.
- ESPAGNE
- Le 3o septembre, à 11 heures, à la direction générale des télégraphes à Madrid, adjudication de la construction et de l’exploitation pour quinze ans d’un réseau téléphonique urbain à Orense ; caut. : 800 pesetas.
- ITALIE
- Le 3 octobre, aux chemins de fer de l’Etat italien, à Rome, fourniture de trois grues électriques pour la station maritime de Venise (adjudication internationale).
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 18 septembre, aux chemins de fer de l’Etat autrichien, à Villach, fourniture d’un compresseur- à un cylindre actionné à l’électricité, avec moteur à courant alternatif, appareil régulateur, etc., pour l’atelier de Iinittelfeld.
- Pour éviter tout retard dans ia rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute antre communication, s’adresser aux bureaux de la Lumière Electrique.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEV*, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- SAMEDI 16 SEPTEMBRE 1911. Tome XV («« >4rle). — N- 3*7?'
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique \
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ELECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- sommaire:
- ÉDITORIAL, p. 3ai. — L. Berger. Les progrès réalisés dans la construction des dynamos. L’ « Elec-trotechnische Industrie » de Slikkerveer (Hollande), p. 3a3.
- Extraits des publications périodiques. —Etude, construction et essais de machines. Etude expérimentale du couple d’hystérésis, H. Zipp, p. 34a. — Formule simple pour le calcul de la capacité de surcharge des moteurs asynchrones, E.. Auerba.ch, p. 344- — La dispersion dans les transformateurs à bobines réglables, F. Niethammer et E. Siegel, p. 345. — Etude de la marche à vide des alternateurs triphasés à collecteur, R. Rüdenberg, p. 346. — Chronique industrielle et financière. — Etudes économiques, p. 347. — Renseignements commerciaux, p. 349. —Adjudications, p. 35a.
- ÉDITORIAL
- De nombreux articles ont paru ici même et dans toutes les revues techniques pour commenter les progrès réalisés dans la construction des dynamos, tels que les a manifestés la dernière exposition internationale de Bruxelles.
- Pour réunir des documents permettant d’établir une analyse plus serrée, nous nous étions adressé aux maisons de construction L’une d’elles, une maison hollandaise, a répondu à notre appel avec une obligeance toute particulière. Par les dessins et documents abondants qu’elle nous a communiqués, 1’ « Electrotechnische Industrie » a permis à notre collaborateur, M. L. Berger, de calculer en détail les principales machines exposées et de donner sur leur con-
- struction des précisions tout à fait techniques.
- En présence de documents d’un tel intérêt;. nous n’avons pas hésité à donner à la description des machines dont il s’agit une place très large. Tous les spécialistes de la construction des machines, prendront, nous en sommes assurés, un intérêt exceptionnel à l’étude de ces dynamos, et spécialement des artifices simples et ingénieux qui ont permis d’augmenter dans de très grandes proportions leur puissance spécifique.
- A cet égard, la comparaison illustrée par la figure 9 est particulièrement frappante : on y voit un moteur de 11 chevaux qui paraît énorme à côté d’un autre moteur dix fois plus puissant.
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- LA.4 LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Ce moteur de 11 chevaux a d’ailleurs été lui-même réalisé dans des conditions singulièrement paradoxales : sa vitesse est en effet voisine de 200 tours. Avec un nombre de tours aussi faible, on a néanmoins pu obtenir à- pleine charge un rendement supérieur à 70 %, c’est-à-dire, en somme, parfaitement acceptable.
- On peut dire que chacune des machines décrites aujourd’hui parM. L.Bergerrepré-sente un tour de force du même ordre.
- C’est encore de la construction des machines que nous entretiennent, dans les articles suivants, différents auteurs autrichiens et allemands.
- L'étude expérimentale du couple d’hystérésis, dans les moteurs asynchrones, a conduit M. H. Zipp à affirmer l’existence, même au synchronisme, d?un tel couple.
- Dans ses recherches, l’auteur s’est servi d’ün frein à courants de Foucault, comportant un disque tantôt en fer, tantôt en cuivre.
- On sait que ce disque, qui représente le rotor du moteur asynchrone, tourne devant un électro-aimant, qui représente le stator. Le couple produit s’équilibre par un poids appliqué au bout d’un bras de levier.
- Si l’on fait alors varier la vitesse de rotation du disque^ on observe donc facilement les variations correspondantes du couple.
- . M. Zipp a mis ainsi en évidence une série de résultats fort intéressants, notamment à
- propos de l’influence du glissement sur la position du champ rémanent.
- L’étude de M. Auerbach sur l’évaluation a priori de la capacité de surcharge des moteurs asynchrones présente un intérêt industriel évident.
- L’auteur pai’vient ingénieusement à mettre sous une forme très simple une formule de Thomalen, qui peut fort bien être ainsi appliquée quand la pleine charge du moteur ne coïncide pas précisément avec le plus petit déphasage.
- MM. Niethammer et Siegel ont étudié l’influence réellement exercée par le raccourcissement des enroulements secondaires qu’on pratique pour diminuer la dispersion dans les transformateurs réglables. On sait que ces appareils sont, de plus en plus, employés pour la traction monophasée.
- Les résultats sont donnés sous formes de courbes, portant en abscisses la longueur d’enroulement supprimée, et en ordonnées la réactance de dispersion correspondante, évaluées l’une et l’autre respectivement en fonction de la longueur et de la réactance primitives.
- Enfin, M. Rüdenberg a consacré à la marche à vide des alternateurs triphasés à collecteur une étude assez développée dont nous consignons les résultats principaux.
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- IBSeptenibre 1911. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- LES PROGRÈS RÉALISÉS DANS LA CONSTRUCTION DES DYNAMOS
- L’«ELECTROTECHNISCHE INDUSTRIE » DE SLIKKERVEER (HOLLANDE)
- A l’Exposition de Bruxelles, le stand de de cette société était un des rares qui rappelaient ceux de l’Exposition de Paris de 1900 : il constituait vraiment en effet une exposition complète des machines électriques construites par cette maison.
- On y trouvait rassemblés, des alternateurs à faible et à grande vitesse, des moteurs asynchrones, des machines à courant continu de différents types, et un transformateur en cascade de Arnold. Nous étudions ci-après les données complètes et les plans des principales de ces machines (*). Un rapide calcul montrera les progrès réalisés, actuellement, aû point de vue économique, dans la construction des dynamos.
- ALTERNATEUR DE 6a5 KILOWATTS A 125 TOURS 5o PÉRIODES
- Cet alternateur est construit pour l’accouplement direct avec machine à vapeur.
- Le volant a un moment d’inertie total PD2 de 170 tonnes-mètres carrés; sur la jante en fonte sont fixés les 48 pèles pleins, en acier coulé, à noyau rond et épanouissements rectangulaires chamfreinés, de manière à donner une répartition sinusoïdale du flux dans l’entrefer. Chaque pôle est fixé par une seule vis traversant la jante et son orientation assurée par un petit goujon pris dans deux trous borgnes, l’un sous la jante, l’autre sous le noyau polaire. Cette construction est, d’ailleurs, maintenant classique.
- La construction de l’induit présente plus d’originalité. Il est, en effet, constitué par 18 paquets de tôles indépendants, et non par des tôles empilées en les imbriquant. L’avan-
- (') Les machines décrites dans cet article ont été présentées à l’Exposition de Bruxelles.
- tage de cette construction est, évidemment, le remplacement rapide, en cas d’avarie, d’un des paquets avec ses bobines ; l’inconvénient possible est que, l’ensemble des tôles ne formant pas un bloc, chaque paquet est soumis à une forte attraction magnétique, ce qui fatigue à la flexion les boulons de serrage des tôles. Dans la construction de l’Electrotechnische Industrie, cette fatigue est supprimée en reportant l’effort d’attraction de chaque paquet sur deux barrettes à section en U de très grand moment d’inertie. Pour cela, les tôles sont empilées sur deux clavettes en queue d’aronde qui forment en même temps boulons de serrage, puis, dans ces clavettes, deux goujons radiaux sont vissés qui traversent la barrette à section en U et rendent ainsi cette barrette solidaire de la clavette, ce qui supprime presque complètement la flexion de celle-ci.
- Cette construction a, en outre, l’avantage de faire appliquer les paquets de tôles dans l’alésage de la carcasse en fonte, ce qui assure beaucoup mieux la régularité de l’entrefer que lorsque l’on compte pour cela sur un perçage convenable des trous des boulons de serrage.
- La carcasse en fonte, qui porte les paquets d’induit, est en deux pièces ; elle repose sur deux bancs en fonte par des vis calantes permettant de régler l’entrefer dans le sens vertical, pendant que des vis de butées permettent le réglage de cet entrefer dans le sens horizontal.
- L’alésage de l’induit est de 4 36o millimètres et l’entrefer minimum de 6 millimètres ; la largeur de tôles est de 18 centimètres en trois épaisseurs de 6 centimètres séparées par des évents intérieurs de io millimètres; deux autres évents existent encore de part et
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- LÀ LUMIERE ÉLECTRIQUE
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- d’autre entre les tôles et les joues de la carcasse en fonte. L’induit a 288 encoches, soit deux par pôle et par phase, dans chacune desquelles passe un seul conducteur
- tensité de 1 640 ampères, ce qui donne dans le câble induit une densité de courant de 3 ampères par millimètre carré, et un nombre d’ampères conducteurs par centi-
- Fig. 1. — Alternateur triphasé de 6a5 KVA., ia5 tours, 220 volts, 5o périodes.
- de 270 millimètres carrés, en câble étiré pour éviter les courants de Foucault ; Pen-rô'ulement induit est en 2 parties en parallèles, les trois phases couplées en étoile; la tension aux bornes est de 220 volts et Pin-
- mètre de longueur le long de la périphériè de l’induit égal à 170.
- L’induction moyenne dans l’entrefer, comptée sur la longueur totale du pas polaire de 28,5 centimètres et la largeur des tôles de
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- 18 centimètres, est de 4 6oo environ, ce qui donne dans les tôles une induction de 6 3oo environ.
- polaire est rond, de 16 centimètres de diamètre, ce qui donne environ une induction de- i4 ooo, en tenant compte des fuites.
- ___Mfl.,.
- Fig. 2. — Coupe du stator de l’alternateur ci-contre.
- L*e pôle inducteur a, dans l’entrefer, un développement dé 19 centimètres, soit un coefficient de 0,666 du pas polaire. Le noyau
- L’enroulement inducteur est ën barre enroulée sur champ de 1,6X 35-millimétrés’, à raison de 55. spires par pôle. L’excitation
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- est de 160 ampères sous iio volts, à pleine charge, ce qui donne 2,9 ampères par millimètre carré dans le cuivre inducteur, et par pôle, un nombre d’ampères-tours de 8 800 égal à 1,8 fois le nombre d’ampères conducteurs de l’induit par pôle et 3 fois le nombre d’ampères-tours nécessaire à l’entrefer.
- Le poids du cuivre inducteur est ainsi de 900 kilogrammes environ, soit 1,5 kilogramme par kilowatt, et celui du cuivre induit de45o kilogrammes, soit 0,700 kilogramme par ki-
- Les tôles forment deux paquets séparés par un évent de 10 millimètres, empilés sur un croisillon dont les six bras forment clavettes d’entraînement. Deux couronnes en fonte, lissées sur le croisillon, serrent les tôles et soutiennent le bobinage. Le collecteur est monté sur une douille fixée contre le moyeu du croisillon de l’induit.
- L’enroulement de l’induit est constitué par 558 barres de 10X2 placées dans i4o encoches de 28x8,5 connectéesà 279 lames,
- Fig*. 3. — Alternateur triphasé, de Ga5 KVA, 125 tours, 220 volts.
- lowalt. Ces chiffres sont très faibles étant donnée la vitesse lente de la machine. Le poids des tôles est de 4 ooo kilogrammes environ et le poids des pôles en acier coule de i 800 kilogrammes environ (fig. i, 2, 3).
- EXCITATRICE A 120 TOURS
- L’excitatrice de cet alternateur a son induit directement monté sur l’arbre. Elle est, par conséquent, de poids élevé, mais cependant de dimensions spécifiques assez réduites. x Elle est capable de fournir 160 ampères sous 110 volts (fig. 4).-
- L’induit a un diamètre de 800 millimètres ét l’entrefôr minimum est de 4 millimètres.
- de manière à former un enroulement ondulé, série à 2 circuits en parallèle. La densité de courant dans les barres est donc de 4 ampères par millimètre carré et le nombre d’ampères conducteurs par centimètre à la périphérie de l’induit est de 175. Le bâti de l’inducteur est en fonte alésé à i 090 millimètres, et portant à l’intérieuç 10 pôles feuilletés en tôles poinçonnées empilées sur 15o millimètres d’épaisseur.
- Le noyau polaire a 125 millimètres de largeur,-de sorte que la section de ce noyau est de i65 centimètres carrés et l’induction, fuites comprises, de i3 5oo environ. Dans l’anneau en fonte, cette induction est d’environ 5 000.
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- L’enroulement inducteur comporte, par bobine, 45o spires en fil de 3,25 millimètres de diamètre, ce qui permet 7 5oo ampères-tours maximum, soit 1,75 fois les ampères conducteurs induits par pôle et 2,6 fois les ampères-tours nécessaires à l’entrefer.
- Le collecteur a 600 millimètres de diamètre et 110 millimètres de largeur utile, soit i3 centimètres carrés par ampère.
- TURBO-A.LTERNA.TEUR DE 025
- KILOWATTS A 3 OOO TOURS
- Les données de cet alternateur sont d’autant plus intéressantes que sa puissance est la même que celle de l’alternateur précédent à 120 tours, ce qui permet entre eux une comparaison fructueuse.
- La tension est de 220 volts triphasés à 5o périodes. Cette basse tension permet, évidemment, un bobinage d’une grande simplicité. L’induit comporte, en effet, simplement 24 encoches avec une seule barre de 26 millimètres de diamètre dans chaque encoche. On n’a donc ainsi, par phase et par pôle, que 4 spires qui sont d’ailleurs couplées en deux circuits en parallèle. Les côtés des bobines sont, néanmoins, solidement fixés à la carcasse au moyen de cales en bois dur, serrées par des boulons, pour éviter des déformations en cas de court-circuit.
- Les tôles d’induit sont dé-
- Excitatrice de l’alternateur précédent (iio volts, \6o ajnpères).
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- - coupëes en 6 segments empilés sur des clavettes en queue d’aronde, qui sont fixées dans la carcasse, chacune par 6 vis à tête fraisée pour éviter ainsi toute fatigue à la flexion de ces clavettes. La largeur totale des paquets de tôles est de fîo millimètres, laissant dans la v région centrale deux évents de 20 millimètres.
- courants de Foucault, achèvent le serrage au moyen des clavettes en queue d’aronde, dont le prolongement fileté les traverse. ,
- L’induit ainsi constitué est perforé, parallèlement à l’axe, de 12 trous de 4° millimètres, placés à 80 millimètres du diamètre extérieur des tôles et de 24 trous de 25 milli-
- Alternateur triphasé de 6a5 KVA, à 3 000 tours, 220 volts, 5o périodes. — Coupe du bâti inducteur.
- Ces tôles sont d’abord serrées fortement entre deux plaques en bronze de 20 millimètres d’épaisseur par des boulons isolés; ces plaques sont dentées de manière à laisser passer les barres d’induit tout en serrant cependant les tôles presque jusqu’à l’entrefer, ce qui évite toute vibration. Deux grosses flasques en fonte, dont le diamètre intérieur est assez . éloigné de l’entrefer pour éviter les
- Cï
- mètres placés juste au-dessus des barres d’induit, dans le but de permettre un bon refroidissement des tôles.
- L’ensemble est à l’intérieur d’une carcasse en fonte, complètement fermée, à l’exception d’un orifice d’aspiration et d’un orifice de refoulement de l’air, aspiré par deux puissants ventilateurs montés sur l’arbre même de l’alternateur. On a ainsi une protection
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- et une ventilation parfaites. Cette construction est, d'ailleurs, classique maintenant, sauf quelques-uns des détails signalés.
- Le diamètre d’alésage est de 584 millimètres et le diamètre extérieur des tôles i 190 millimètres. Avec le nombre de barres indiqué, le nombre d'ampères conducteurs par centimètre de périphérie d’induit est de 11 o. Le choix de cette valeur, 35 % plus faible que dans l’alternateur à 125 tours, s’explique par le très grand développement du pas polaire et la difficulté de loger les ampères-tours correspondants sur le rotor.
- Fig. 6. — Turbo-générateur de 6a5 KYA, 3 ooo tours, aao volts.
- Le flux utile à vide pour 220 volts est de 28 5oo 000, ce qui donne,, sous le pas polaire de 92 centimètres et la largeur de 69 centimètres, une induction moyenne de 4 5oo, sensiblement la même que dans l’alternateur à 125 tours. Dans le fer, l’induction maximum est de 9 000 environ, ce qui est beaucoup plus élevé que dans l’alternateur à vitesse lente, mais se justifie peut-être par une meilleure ventilation et l’emploi de tôles de qualité supérieure.
- L’inducteur comporte 24 encoches écartées de 1 /2.8 de circonférence et dont 20 seulement portent l’enroulement. Ces encoches sont fraisées dans la masse d’acier qui constitue à la fois l’inducteur et l’arbre, et les 32 spires en barre de 3 X 10 millimètres qui remplissent
- chaque encoche sont maintenues par une cale en métal delta. Si le rapport des ampêres-toui’s totaux sur l’inducteur aux ampères-conducteurs de l’induit est de 2, la densité dans l’inducteur est de 4 ampères par millimètre carré au lieu de 1,6 dans l’induit, ce qui est logique, puisque le rotor n’a pas à évacuer d’autres pertes que celle-ci.
- Des bagues de bronze retiennent la partie extérieure de l’enroulement du rotor.
- MOTEUR ASYNCHRONE DE 220 CHEVAUX,
- I 5oO TOURS, 50 UÉRIODES
- La vitesse de ce moteur est déjà grande pour la puissance de 220 chevaux et, pour cette raison, ses constantes sont intéressantes à noter (fig. 7 à 8).
- Le stator de ce moteur est bobiné en étoile pour une tension de 2 000 volts entre phases ; l’enroulement est réparti dans 48 encoches, à raison de i4 conducteurs de 5o/10 de diamètre par encoche. Les encoches ont 5i X 18,5 millimètres et se terminent, dans l’entrefer, par une fente de 5 millimètres de largeur. Les fils sont isolés de la masse par un tube en micanite de 3 millimètres d’épaisseur. Le diamètre d’alésage est de 5oo millimètres et le diamètre extérieur des tôles du stator est de 85o millimètres. Les tôles sont empilées en 5 paquets de 62 millimètres, laissant entre eux quatre évents de 10 millimètres, de sorte que la largeur totale est-de 35o millimètres, évents compris. Elles sont serrées par deux flasques en bronze, dentées, de manière à presser les dents des tôles presque jusqu’à l’entrefer. Le stator est cylindrique et des orifices permettent la circulation de l’air sur les côtés des bobines et autour des tôles.
- L’entrefer est de 1,75 millimètre. Les tôles du rotor ont un diamètre intérieur de 260, Le bobinage est réparti dans 60 encoches de ii,5x37, se terminant dans l’entrefer par une fente de 5,5 désaxée, de manière à permettre la mise en place des barres, à raison de 4 de 3,5 X 1 ^,5 par encoche connectées en étoile avec deux circuits en parai-
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- lèle. L’enroulement èst du genre tambour à connexions hélicoïdales. Les trois bagues qui conduisent le courant au rhéostat sont à l’intérieur du moteur.
- La mise en court-circuit des 3 bagues est d’une construction originale (fig. 7a).
- Une douille, coulissant sur l’arbre, porte deux bagues isolées de cette douille et que
- qui les mettra toutes trois en court-circuit, cela par conséquent avec un très léger déplacement axial. Le mouvement de la poignée qui provoque cejdéplacement provoque également le relevage des balais par déplacement d’un doigt.
- L’arbre forme en même temps croisillon à 6 bras pour les tôles d’induit. Les tôles sont
- \J6J
- Fig. 7 a.— Mise en court-circuit des bagues.
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- -stator, 17 ooo max. dans les dents du stator ét 12 ooo max. dans les tôles du rotor.
- Les densités du courant sont de 3 ampères par millimètre carré dans le stator et de 4
- RS-t
- HéTËSsI I
- 13,S.
- Fig. 7 b.— Croquis des encoches.
- ampères par millimètre carré dans le rotor, et les poids de cuivre respectifs de 160 kilogrammes et 90 kilogrammes. Les poids de tôles sont de 700 kilogrammes sur le stator et de 3oo kilogrammes sur le rotor.
- Fig. 8. — Moteur asynchrone triphasé de 220 chevaux,
- 1 460 tours, 2 coo volts.
- Ges chiffres accusent, comme on le voit, une excellente utilisation de la matière.
- MOTEUR ASYNCHRONE DE 65 CHEVAUX v A 3 OOO TOURS, UO PÉRIODES
- Gomme le précédent, ce moteur a une vi-tè’sse dépassant notablement la normale qui
- est, pour cette puissance, de i ooo tours environ. Le stator est construit au point de vue mécanique tout à fait sur le type du moteur de 220 chevaux (fig. 9, 10 et 10a).
- L’enroulement du stator est exécuté pour fonctionner en triangle sous 220 volts triphasés avec une puissance de 65 chevaux à 3 ooo tours. Il se compose, par -phase, de 6 bobines, de 5 spires de 2 fils de 5 millimètres de diamètre en parallèle, de sorte que les encoches sont au nombre de 36 de 35 X i4a millimètres avec fente de 4 milli-
- Fig. 9. — Moteurs asynchrones. —A gauche :moteurde 65 chevaux, 2900 tours, 220 volts ; à droite : moteur de 11 chevaux, 205 tours, 220 volts.
- mètres dans l’entrefer. Les côtés extérieurs de ces bobines qui ont un très grand développement (1/2 circonférence), sont solidement serrés contre les flasques du stator par des tirants, avec interposition- de pièces isolantes; cette fixation est rendue d’autant plus facile que les 18 bobines sont réparties en trois couches, présentant chacune dans leur ensemble une face absolument plane perpendiculairement à l’axe du moteur. Entre chaque couche de bobines et entre le stator et les bobines, des espaces vides sont ménagés pour la ventilation.
- L’alésage du stator est de 287 millimètres et les tôles ont un diamètre extérieur de 5go millimètres. Les tôles sont empilées en 3 paquets de 67 millimètres laissant entre eux deux évents de 12 millimètres, de sorte que la largeur totale du fer, évents compris, est de 225 millimètres.
- Les tôles du rotor sont empilées directe-
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- ment sur l’arbre qui est fraisé dans sa partie médiane, en forme de croisillon à 4 bras, de manière à permettre la circulation de l’air.
- Le diamètre intérieur de ces tôles est de 120 millimètres et le diamètre extérieur est de 284 millimètres, ce qui donne un entrefer de i,5 millimètre.
- L’enroulement du rotor est en cage d’écureuil et constitué par 43 barres de 10 millimètres de diamètre, placées chacune dans un trou de 11 millimètres avec fente de 1 millimètre dans l'entrefer, et rivées à chaque extrémité dans un cercle en bronze de 27 X 27 millimètres de section. De chaque côté du rotor, est fixé un ventilateur centrifuge, en tôle, qui envoie l’air sur les bobines du stator.
- Les dimensions précédentes conduisent en pleine charge à avoir 200 ampères-conducteurs par centimètre le long de l’alésage et
- 3 700 comme induction moyenne dans l’entrefer, soit 8 5oo dans le noyau du stator, i5 000 max dans les dents du stator, et 12 000 dans le noyau du rotor. Les densités du courant sont de 2,7 ampères dans le stator,
- 5.5 ampères dans les barres du rotor et
- 6.5 ampères dans le cercle de court-circuit. Les poids de cuivre sont de yo kilogrammes pour le stator, 20 kilogrammes pour le rotor, et le poids de tôles de 270 et 80 kilogrammes.
- L’essai à vide de ce moteur a donné 35,5 ampères sous 220 volts avec 2 900 watts et en court-circuit i45 ampères sous 37 volts et
- 4 000 watts ; de ces deux points on déduit avec le diagramme du cercle que le coefficient de fuite 5 = o,o4 et que le moteur fonctionne en charge, à peu près avec son cos ? maximum, soit environ 0,92.
- MOTEUR ASYNCHRONE DE II CHEVAUX A 2 05 TOURS
- Nous passons là à un moteur absolument opposé aux précédents, car il est exécuté pour une vitesse tellement faible, qu’on aurait
- même pu le croire impossible à réaliser, Aussi, la comparaison de ses constantes avec celles des précédents est-elle très instructive.
- Ce moteur est construit pour fournir 11 chevaux à 20S tours sous 220 volts triphasés à 5o périodes. Le stator est bobiné pour 28 pôles, ce qui donne une vitesse de synchronisme de. 214 tours.
- Le diamètre de l’alésage est de 1 000 millimètres et le diamètre extérieur des tôles 1 15o millimètres. Ces tôles sont découpées d’une seule pièce et empilées sur une épaisseur de 100 millimètres en laissant un évent de 10 millimètres de chaque côté entre les tôles et les flasques de serrage. L’enroulement en étoile est réparti dans 168 encoches (soit 6 par pôle) et constitué par une bobine par pôle et par phase de 6 spires de (il de 4,5 de diamètre. L’encoche a 8x38 millimètres et s’ouvre dans l’entrefer par une fente de 2 millimètres.
- L’èntrefer est de 1,5 millimètre. Le diamètre‘intérieur des tôles du rotor est de 810 millimètres. L’enroulement est en barres de 3,5 X i5 millimètres, à raison de deux barres par encoche et 3 encoches par pôle et par phase, soit 252 encoches au total. L’enroulement est du genre tambour et les 3 phases connectées en étoile. Les encoches ont 6,5x37 millimètres et s’ouvrent par une fente de 2 millimètres dans l’entrefer.
- Le court-circuit des trois bagues se fait en poussant trois couteaux dans trois contacts à ressort connectés aux bagues et fixés sur le disque qui porte ces bagues. Les couteaux sont fixés sur une douille qui coulisse sur l’arbre et est poussée par un collier dont le déplacement est provoqué par la rotatio* d’un petit volant placé sous le palier. Le collier porte, à sa partie supérieure, une rainure hélicoïdale qui, pendant le déplacement, fait tourner un doigt qui soulève lui-même les porte-balais.
- Revenant aux constantes électriques, nous trouvons que le nombre d’ampères-conducteurs par centimètre, le long 'cle l’alésage, est de i5o et l'induction moyenne dans l’en-
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- „ Moteur asyn-
- chrone triphasé de 65 chevaux, à 220 volts, 3 ooo tours, 5o périodes.
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- Fig. io a. — Meme moteur asynchrone. — Coupenormale à l’axe.
- trefer, 3 200 environ, soit 5 600 dans le noyau du stator, 10 5oo max dans les dents du stator et 3 200 dans le noyau du rotor. Il est probable que la section de ce dernier a été déterminée plutôt par des considérations mécaniques et peut-être pour former volant, ce qui justifie la très faible induction dans le rotor.
- D’ailleurs deux raisons conduisent aussi dans un tel moteur à diminuer les inductions :
- i° Diminuer le courant magnétisant pour relever un peu le cos y rendu mauvais par le grand nombre de pôles ;
- 20 Diminuer les pertes par centimètre cube dans le stator pour que le rendement ne devienne pas trop mauvais, malgré le volume
- considérable de la matière par rapport à la’ puissance.
- Les densités de courant sont de 2,9 ampères dans le stator et de 1,8 ampères environ dans le rotor.
- Le poids de cuivre du stator est de 55 kilogrammes environ et celui du rotor de no kilogrammes environ, ce qui donne des pertes en charge de 1 o00 watts et 600 watts respectivement.
- Le poids des tôles du stator est de i5o kilogrammes environ et celui du rotor de i5o kilogrammes également.
- Les essais ont donné pour ce moteur 3i,3 ampères à vide sous 220 volts et 1 200. watts absorbés et 42 ampères sous -61 volts en* court-circuit avec 1 290 watts absorbés*
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- • • :*v - . ........... ... - FSS!jr*Z”*F?r7fi
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- On en tire, à l'aide du diagramme du | viron et un cos <p à pleine charge de o,6 assez'
- inférieur au cos 9 max. qui est o,65, cela à cause de la nécessité d’avoir un couple de décrochage suffisamment élevé (environ 2). Le rendement à pleine charge est d’environ 72 %. Si l’on songe à la très grande difficulté de réalisation de ce moteur, ces valeurs sont parfaitement acceptables.
- GÉNÉRATRICE A COURANT CONTINU DE 35o KILOWATTS A 2l5 TOURS
- Cette machine était, à l’exposition, attaquée directement par un moteur Diesel.
- Elle est capable de fournir 35o kilo-cercle, un coefficient de fuite 5 = 22 % en- | watts à ses bornes, sous 470volts à 2i5 tours.
- ________!J0_
- Fig. 11. — Machine à courant continu de 35o kilowatts, ai5 tours, 47^ volts.
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- "16 Séptembre ,191L LA LUMIERE "ÉLECTRIQUE '337?®^
- Lé circuit magnétique est à 12 pôles et comporte des pôles auxiliaires.'
- L’induit a 1 5oo millimètres de diamètre et une largeur de tôles de 24centimètres composée de 4 épaisseurs de 6 centimètres séparées par 3-évents de 1 centimètre. Deux autres évents sont ménagés, en outre, entre les tôles et les flasques de serrage. Le diamètre intérieur des tôles est 1 110 millimètres.
- L’enroulement est du type série-parallèle d’Arnold à 4 circuits en parallèle et 12 pôles ; il comporte 784 barres de 2,5 X 20 placées
- 22 000 max. La densité de courant dans l’induit est de 3,8 ampères. Il est diflicile, à l’heure actuelle, de dépasser une pareille utilisation de là matière.
- Le circuit inducteur est en fonte et les pôles en tôles feuilletées. Les bobines comportent 1 100 spires de fil de 2,5 millimètres de diamètre, en 3 galettes, avec évents entre elles, capables de fournir envii’on 8 3oo ampères-tours max., soit les 67/100 du nombre d’ampères-conducteurs de l’induit par pôle, chiffre très bas, justifié par la présence des pôles de commutation. L’entrefer est de 6 millimètres et absorbe environ 4 000 ampères-tours, chiffre à peu près égal aux contre-ampères-tours de l’induit à l’extrémité de la corne polaire. •
- Les pôles de commutation portent 11 spires
- Fig. i3. —Groupe électrogène, no volts, 110 ampères,
- 55o tours.
- sur 2 couches dans 196 encoches de io><54: le pas de l’enroulement est doue de 65 barres ou de 65 lames au collecteur, lequel a 3q2 lames. Derrière le collecteur, des connexions raccordent les lames de 4 en 4, à peu près, à 14 bagues équipotentielles. Le collecteur a une largeur utile de 170 millimètres et un diamètre de 908, soit 6,15 centimètres carrés par ampère (fig. 11 et 12).
- Ces chiffres correspondent à 310 ampères-conducteurs à la périphérie de l’induit et 6000 comme inductionmoyenne sous le pas polaire de 3p centimètres et la largeur de 24 centimètres ; l’induction dans le fer induil est de 9 5oo environ et dans le fond des dents !
- Fig. 14. — Convertisseur en cascade Arnold.
- de 10X37 millimètres qui donnent 8200 ampères-tours, soit 1,35 fois les contre-ampères-tours de l’induit. Les densités de courant sont de i,5 ampère dans l’inducteur et 2 ampères dans les petits pôles.
- Les poids de cuivre approximatifs sont : 270 kilogrammes sur l’induit, 90 kilogrammes pour le collecteur, 63o kilogrammes sur l’inducteur, z5o kilogrammes sur les petits pôles.
- Le poids de tôles de l’induit est 1 200 kilo grammes ; le poids de tôles des pôles 1 100 kilogrammes environ. La carcasse en fonte a un diamètre extérieur de 2 4oo et une section de 640 centimètres carrés, soit une induction de 4 5oo environ.
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- Fig. i5. — Cammutatrice ea cascade. — Coupe longitudinale du moteur.
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- .GROUPE ÉLECTROGÈNE EXTRA-LÉGER
- La figure i3 est la photographie d’un groupe électrogène pour torpilleur, extrêmement léger comme construction et de dimensions très réduites,
- La dynamo à 6 pôles, no volts, no ampères, 55o tours, a un induit de 44o millimètres de diamètre et 95 millimètres de largeur, ce qui donne 172 ampères-conducteurs par centimètre et 5 100 comme induction moyenne, valeurs très élevées pour une aussi petite dynamo.
- COMMUTATRICE EN CASCADE
- Nous terminerons cette revue du matériel de l’Electrotechnische Industrie en communiquant les données de construction d’une commutatrice en cascade Arnold, de 3oo kilowatts à 750 tours. Comme on le sait, cette machine est constituée par ün moteur asynchrone dont le stator peut être bobiné pour le voltage du réseau et .dont le rotor est relié mécaniquement et électriquement à une génératrice à courant continu. Dans ce cas particulier le stator du moteur est triphasé, à 6 200 volts et 5o périodes. Le rotor se compose de 12 phases qui sont, par une extrémité, en communication avec 12 points de l’enroulement à courant continu, et dont les autres extrémités aboutissent à des contacts qui sont court-circuités après le démarrage. L’ensemble tourne à j5o tours, c’est-à-dire à une vitesse correspondant à la somme des pôles de la génératrice et de la réceptrice (fîg. 14 et suivantes).
- Pour le démarrage, trois des 12 phases sont connectées avec des bagues dont les balais sont relevés après la mise en route.
- La machine à courant continu est munie de pôles auxiliaires et a pu fournir 3o % de surcharge sans aucune étincelle au collecteur sous la tension normale de 750 volts.
- En marche normale, la génératrice est
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- excitée de manière que la réceptrice renvoie sur le réseau un courant déwatté en avance, de 18 ampères.
- Les dimensions du moteur, qui est à 4 pèles, sont les suivantes :
- Diamètre extérieur du stator .... 1 x5omm
- Diamètre intérieur du stator .... 654
- Largeur de fer et papier........ 3ao
- Largeur avec 5 évents de iomm . . 370
- Entrefer..........'............. %
- Diamètre extérieur du rotor..... 65o
- Diamètre intérieur du rotor..... 340
- Enroulement du stator : 60 encoches de-18X70 millimètres à 23 conducteurs do 3,75 millimètres de diamètre connectés en étoile.
- Enroulement du rotor : 48 encoches de 16x60 millimètres à 16 conducteurs de 2X12 millimètres.
- Ces chiffres correspondent sur le stator à 240 ampères-conducteurs par centimètre et à une induction moyenne de 4 5oo dans l’entrefer, valeurs sensiblement égales à celles que l’on aurait sur un moteur asynchrone ordinaire. L’induction dans le noyau de tôles est d’environ 7 000 pour le stator, et i3 Soo pour le rotor, où la fréquence n’est que de 25 périodes.
- Les dimensions de la machine à courant continu qui est également à 4 pôles et qui fournit 43o ampères sous 65o à y5o volts,, sont :
- Diamètre extérieur de l’induit. . . . 700™“
- Diamètre intérieur de l’induit .... 280
- Largeur du fer et papier.......... 370
- Largeur avec 5 évents de iomm. ... l\io
- Entrefer............................... 7
- Section du noyau polaire............. 8i5cm2
- Section de la carcasse............... 55ocm2
- Longueur circonférencielle de l’épanouissement polaire......... 35omm
- Enroulement de l'induit : en parallèle avec 12 bagues équilibreuses,~528 conducteurs de i,5x dans 88 encoches de -io,5x38, ce qui donne 4,8 ampères par millimètre carré
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- V V- '• ' W.,-
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- * »vJ-
- dans le cuivre et 260 ampères - conducteurs par centimètre de longueur.
- Le collecteur comprend 204 lames, son diamètre est de 4ao millimètres et sa largeur active 3oo millimètres. Quatre lignes de chacune 5 balais de 16 x5o recueillent le courant, ce qui correspond à une densité de 5,5 ampères par centimètre carré.
- L’inducteur a par bobine 5 000 spires de fil de i,65 millimètre et les pôles auxiliaires, i5 spires de 2 bandes de i,5 X 100 en parallèle.
- On voit par ces données que, dans les transformateurs en cascade, les matériaux sont utilisés dans les conditions les plus économiques des machines à courant continu et moteurs asynchrones de même puissance.
- De précieux enseignements sont à tirer de l’ensemble des documents ci-dessus communiqués par l’Elec-trotechnische Industrie, et l’on ne peut qu’adresser à cette*société de sincères remerciements pour nous avoir permis d’en donner celte description.
- L. Bergen.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- 34Î
- Fig’. i5 b. — Gommutatrice en cascade. — Pôle principal.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2‘Série).--N»^7.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
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- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Etude expérimentale du couple d’hystérésis. — H. Zipp. — Elektrotechnische Zeitschrift, •6 juillet ign.
- Lorsque le rotor d’un moteur asynchrone continue à tourner, les enroulements étant à circuit ouvert, il s’exerce sur lui un couple D, qui se compose de deux parties Dw et Du', dues la première aux courants de Foucault, la seconde à l’hystérésis. Si l’on désigne par B l’induction du champ tournant inducteur, le couple D est donné par la formule ;
- D = c,. B. iyr -|- DH,
- dans laquelle représente l’intensité des courants de Foucault dans le rotor. Dans le cas où le champ inducteur est invariable, et où D„ conserve la même valeur, la formule ci-dessus peut se mettre sous la forme :
- D = O, ,7i -J- C„
- n désignant la fréquence des courants de Foucault, c’est-à-dire cellè de l’inversion d’aimantation de l’induit.
- Cette dernière forme représente l’équation d’une droite ayant pour abscisses les valeurs de n et dont l’ordonnée à l’origine serait :
- C2 = D„.
- Si l’induit était en métal non magnétique, le couple D„ dû à l’hystérésis disparaîtrait, et l’expression ci-dessus se réduirait à :
- D — C, .n,
- c’est-à-dire que les valeurs de D seraient données en fonction de celles de n par une droite passant par l’origine des coordonnées.
- Il s’ensuit que, si l’expérience confirme l’exactitude de ces relations, il existe même au synchronisme un couple d’hystérésis.
- Or l’auteur a relevé, à l’aide du frein à courants de Foucault plusieurs droites, dont les équations étaient de la forme ci-dessus.
- On sait que ce frein comporte un disque, tantôt de fer, tantôt de cuivre, animé d’un mouvement de rotation dans le champ magnétique engendré par un électro-aimant dont le flux est maintenu constant; on mesure le moment D du couple produit par le disque sur l’inducteur à l’aide d’un poids mobile le long d’un bras de levier.
- fOOO
- Fig. i. — Disque de fer à a,3 centimètres.
- Le disque tournant représente l’induit du moteur asynchrone; il exerce un couple sur l’électro du frein, qui correspond au stator.
- Les courbes des figures i et 2 reproduisent les résultats des mesures effectuées. On a porté en abscisse la vitesse angulaire n de la poulie et en ordonnées les longueurs correspondantes du bras de levier ; le même poids de 36o grammes servit pendant toute la durée des essais.
- Dans les mesures qui permirent d’établir lés courbes de la figure 1, la distance entre le disque de fer et les pôles de l’électro du frein était de a,3 centimètres; une autre série de mesures fut effectuée avec une distance de 3,5 centimètres et donna également une droite pour la fonction D = f (n). Ceci prouve l’existence d’un couple dû à l’hystérésis même au synchronisme, ce dernier cas correspondant à n — o.
- La courbe de la figure 2 fut établie avec un disque de cuivre placé à une distance de 0,8 centimètre des
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- 16 Septembre 1911. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- pôles de l’électro. Pour de faibles glissements, la fonction D = f[n) est encore représentée par une droite; lorsque le glissement augmente, on observe une incurvation due à la réaction des courants de Foucault sur le champ des électros. Cette réaction est particulièrement active dans le cas de la figure % par suite de la faible distance entre le disque et les pôles de l’électro; il était en effet nécessaire de
- Fig. a. — Disque de cuivre à o,8 centimètre.
- rapprocher ceux-ci pour obtenir des valeurs du couplq, assez élevées; en outre, pour les mêmes valeurs de B et de n, l’intensité des courants de Foucault est plus grande dans le cuivre que dans le fer.
- Ces essais prouvent qu’il est inexact de croire qu’il n’y a pas de couple d’hystérésis au synchronisme, puisque dans cette dernière hypothèse le couple DH) mesuré lorsque le disque est arrêté, n’existerait pas.
- D’autre part,on peut, en tournant lentement le disque à la main, amener le bras de levier à se placer horizontalement, la position du poids étant celle qui correspond au couple d’hystérésis; or lorsqu’on arrête le disque, le bras de levier reste dans cette position, tant que le champ de l’électro conserve la même valeur.
- Si par contre on fait tourner le disque d’un angle assez faible dans le sens opposé au sens de rotation précédent, on remarque que le couple d’hystérésis diminue.
- L’auteur a vérifié ceci de la façon suivante; en faisant tourner le disque de gauche à droite à la
- vitesse d’un tour en trente secondes, il observa que le couple faisant équilibre au couple d’hystérésis était de 155 grammes-centimètres. Lorsque le disque fut arrêté la valeur du couple DH n’accusa aucune variation. Par contre, lorsqu’il fit tourner le disque en sens inverse, c’est-à-dire de droite à gauche, de différents angles comptés à partir de la position d’immobilité précédente, l’auteur observa de sensibles diminutions du couple d’hystérésis, variations qui sont d’ailleurs reproduites dans le tableau ci-dessous en fonction des valeurs de l’angle de décalage a du disque par rapport à sa position d’immobilité choisie comme zéro.
- Tableau I
- POSITION DU DISQUE a (degrés) COUPLE D’HYSTÉRÉSIS Dh (gr. cm*).
- Le disque étant dép lacé vers la gauche.
- O -f i55
- 1,2 -f- i5o
- 2,3 + i45
- 3,5 -f* >4o
- 4,6 -j- ioo
- 5,8 + 75
- 7 -f- 35
- 7.7 O
- 9,2 — 65
- 10,4 I IO
- n,5 — 160
- 12,7 — 190
- i3,8 — 20 5
- i5 205
- Le disque étant déplacé vers la droite.
- 11,5 175
- 10,4 — i3o
- 9,2 — 90
- 8 — 65
- 7 ' 20
- 6,3 O
- Les valeurs de ce tableau ont d’ailleurs été portées en ordonnées sur la courbe de la figure 3. On voit que la valeur du couple d’hystérésis au synchronisme varie entre un maximum positif (-f- i55 g. cm.) et un maximum négatif (— 2o5 g. cm). La dissymétrie des résultats est due dans le cas précédent à ce que le disque tournait un peu excentriquement, de sorte que les attractions magnétiques n’étaient pas les mêmes pour les diverses positions de celui-ci.
- Les résultats de ces essais peuvent se résumer de la manière suivante : dans le cas d’un glissement, positif ou négatif, l’axe du champ rémanent avance
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série). — H*'37.
- ou retarde par rapport au champ primaire d’un angle indépendant du glissement; les couples résultants sont accélérateurs lorsque le glissement est positif, et retardateurs lorsqu’il est négatif, mais ils restent toujours les mêmes.
- Synchronisme.
- — Variation du couple d’hystérésis au synchronisme.
- Au synchronisme le déphasage angulaire des deux champs peut passer par toutes les valeurs comprises entre les valeurs correspondant aux positions extrêmes. On constate l’existence de couples tantôt accélérateurs, tantôt retardateurs.
- L’auteur a montré précédemment quelle était l’influence de ces résultats sur l’énergie empruntée au stator pour compenser les pertes par hystérésis dans le rotor ('). C’est d’ailleurs sur l’effet de ce couple d’hystérésis qu’est basé l’hystérésimètre d’Ewing. Le couple DH de cet appareil est complètement indépendant de la vitesse de rotation de l’échantillon de fer; les faibles variations de l'angle de déviation proviennent du couple du aux courants de Foucault, que l’on peut d'ailleurs négliger lorsque la vitesse de rotation est assez faible.
- Si l’on suppose que l’aimant portant l’aiguille puisse tourner suivant ce couple à une vitesse «2, pour faire tourner l’échantillon à la vitesse nl} il faudrait une puissance mécanique égale à
- A — D,2Tm, = ï)i B1’6 . V. («, — «a) -(- D„ . (i)
- Si l’on empêche l’aimant de tourner, la puissance mécanique nécessaire est donnée par l’expression :
- A’ = D't ai= v]i B1»6. V . /?i —j- o.
- D’où l’on tire :
- ce qui exprime que le système magnétique, maintenu au repos par un ressort,>ou tout autre dispositif, subit l’influence d’un couple D', exercé sur l’aimant par l’échantillon et indépendant de la vitesse.
- Un autre échantillon de même volume V exercera un couple :
- D'2 — vj2
- B«.6 , Y
- 27C
- D’où le rapport :
- Dj _ *h
- ce qui signifie que les coefficients d’hystérésis varient dans le même rapport que les déviations, indépendamment du nombre de tours. Si l’on connaît Y), pour un échantillon déterminé, on peut donc en déduire la valeur de yj2 pour un autre échantillon ; en effet :
- *Ï2= *Il
- D>
- Dï
- M. K.
- Formule simple pour le calcul de la capacité de surcharge des moteurs asynchrones. — E. Auerbach. —Elektroiechnische Zeitschrift, 27 juillet 1911.
- Il est parfois commode de pouvoir déterminer avec une certaine approximation la capacité de surcharge d’un moteur asynchrone, dont on n’a pu mesurer que la tension aux bornes et l’intensité absorbée à vide et en court-circuit.
- L’auteur propose, dans ce but, d’après M. Thoma-len, la formule suivante :
- 11
- couple maximum ax
- If1 —r 1 r I #
- couple normal /, (cos <p)max’.
- dans laquelle i0 désigne le courant à vide, le courant en pleine charge, c’est-à-dire le courant correspondant au plus petit déphasage, etxle coefficient de dispersion d’Heyland.
- Si l’on pose dans cette formule :
- l'a
- x = --------:
- 1CC *0
- et
- \ lec —“* t(i
- COS cp)max — -—j—r-, l 10
- (1) Elektrolçchnik und Maschinenbau, 1908, p. 443.
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- 16Sèptembrel911. LA LUMIÈRE ELECTRIQUE 34B
- i*c désignant le courant en, court-circuit, il vient :
- . , ___ îee ~|~
- a t,
- On prend naturellement pour ?i la valeur donnée par le calcul de prédétermination du moteur. La formule peut être approximativement appliquée quand le moteur ne fonctionne pas à pleine charge «xactement avec le plus petit déphasage.
- Pour leh moteurs blindés et les moteurs destinés -aux services intermittents, qui s’écartent sensiblement de cette dernière condition, les mesures dynamométriques du couple maximum donnent une valeur u = f u', f étant en général supérieur à l'imité.
- Il faut prendre pour la valeur du couple de démarrage la moyenne entre les deux valeurs limites correspondant aux diverses positions du rotor.
- Les mesures effectuées sur plusieurs, moteurs asynchrones triphasés dont les puissances variaient •entre 5,2 chevaux à i ooo tours par minute et i5o chevaux à 3^5 tours par minute, à la fréquence de 5o périodes, ont donné pour f des valeurs comprises entre 0,933 et 1,21.
- L’auteur recommande de prendre pour/"la valeur 0,9, et pour iec non pas la valeur idéale, déterminée seulement par les lectures au wattmètre, mais la -valeur réelle du courant de court-circuit.
- driques, on peut diminuer la longueur du bobinage de différentes façons, en excluant soit les. parties extrêmes soit les parties médianes de la bobine. Les schémas de la figure 1, où m correspond à la longueur initiale de la bobine et n à la longueur de la partie exclue, représentent les différents cas auxquels se rapportent les courbes de la figure 2.
- Fig. 2.
- Les ordonnées de ces courbes sont les différentes valeurs que prend en fonction du raccourcissement
- le rapport — entre la réactance, de dispersion à
- Xg
- bobine raccourcie et la réactance de dispersion initiale.
- On a comme équation des courbes : .
- M. K.
- La dispersion dans les transformateurs à bobines réglables. — F. Niethammer et E. Siegel. — Elektrotechnik und Maschinenbau 21 mai,
- 1911.
- On fait de plus en plus usage, particulièrement dans les locomotives monophasées, de transformateurs réglables. Afin de diminuer leur dispersion, on doit procéder à un raccourcissement de l’enroule-, .ment secondaire.
- V 1 S M
- A JB CD
- rjff.
- Quand le transformateur est à bobines cylin-
- Courbe I : Courbe II : Courbe III : Courbe ABCD
- - = i5 (-Y+ 1;
- xg \m)
- — = 6,4 (— ) -f- 1 ;
- x„ \m/
- ''B
- X
- Xg
- X
- xe
- 5-5 U + '!
- 2,5
- + ’•
- Dans le cas des bobines en galettes, le mode d’élimination des spires se fait comme l’indique lafigure 3. A B 1 c t>
- Fig. 3.
- On obtient des courbes identiques, au facteur numérique près, aux courbes précédentes.
- Si le transformateur est à plusieurs noyaux, il faut prendre la précaution de retirer de tous les noyaux le même nombre de spires.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- rrr*,r-. •
- T. XV (2* Série):— H®37.
- Les essais antérieurs étaient effectués avec les deux bobinages montés sur le même noyau, et l’élimination des spires se faisait en même temps sur tous les noyaux. Les auteurs ont entrepris de mettre sur chaque noyau des bobinages des deux genres; ils divisaient, en vue de l’élimination, le secondaire en quatre parties (fig. 4).
- xi
- Fig-. 4-
- Le tableau suivant donne les valeurs des réactances,
- l 7
- OC
- du rapport — et de la tension de dispersion.
- Xy
- observée est représentée sur la figure 5 par la courbe en trait plein, le pointillé joignant les points obtenus par le calcul. Th. S.
- Etude de la marche à vide des alternateurs triphasés à collecteur. — R. Rüdenberg. —
- Elektrotechnische Zeitschrift, 18 mai 1911.
- M. Rüdenberg a exposé dans un article antérieur le fonctionnement des alternateurs triphasés auto-excitateurs à collecteur (*). Il aborde aujourd’hui l’étude de la théorie de la marche à vide de ces alternateurs. Après avoir établi les équations fondamentales de cette théorie, en tenant compte de la saturation du fer, il en indique la solution dans l’hypothèse de tensions et de courants sinusoïdaux.
- L’intensité du courant d’excitation n’est nullement influencée par la dispersion de l’alternateur; les valeurs respectives des fréquences individuelles des courants alternatifs dans le stator et dans le rotor ne au I.
- DETAILS 1>E LA CHARGE RÉACTANCE ’ EN OHMS X a tr TENSION DE DISPERSION A PLEINE CHARGE EN % DE LA TENSION AUX tSORNES
- Quatre bohiries chargées [a, b, c, d) Xg — 0,128 1 1,8
- Trois » » (a, b, c) x — 1 ,o3 8 ,o5 i4,5
- Deux » » [b, d) i,56 I 2 j2 22,3
- » » [a, b) 4,80 ,37,5 68,5
- Une seule bobine (e) 6,37 49,8 .91
- Absence de charge (marche à vide).. .r0 = 80, a
- On a pu, durant les expériences sur les transfor-
- â 0 ti r* 76 tg Ï0 22 i*
- Distance.
- Fig. 5.
- mateurs à galettes, suivre la variation de la réactance en fonction de la distance des galettes. La variation
- subissent que faiblement l’influence de cette même dispersion.
- Ces grandeurs peuvent d’ailleurs.être représentées en fonction de la grandeur du rapport de transformation du transformateur auxiliaire et du décalage de celui-ci par une série de cercles;
- La dispersion limite- la valeur de la fréquence maxima qu’il est possible d'atteindre.
- Enfin. l'auteur examina quelques cas particuliers et établit entre autres^ les conditions du fonctionnement de l’alternateur triphasé- à collecteur en alternateur complètement synchrone et en génératrice à courant continu. C. M.
- (* ) Elektrotechnische Zeitschrift, i3 et 20 avril 1911 et Lumière Electrique, 27 mai 1911.
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- 16 Septembre 1944. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 34T
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- La Banque pour Entreprises Electriques à Zurich proposera à ses actionnaires, convoqués pour le 23 septembre, la distribution d’un dividende de 10 % sur un capital de 60 millions : dividende égal à celui de l’exercice précédent, malgré l’augmentation du capital de 40 à 6o millions. Les bénéfices de la Banque lui proviennent de ses actions et parts de nombreuses entreprises d’électricité (exploitation et construction); de ses avances en compte courant aux sociétés qu’elle patronne; de ses participations syndicales, la moindre partie de ses placements; enfin des valeurs diverses de son portefeuille et de ses disponibilités en banque qui, pour leur part, ont rapporté en intérêts 338 3a8 fr. 90. L’ensemble de cet actif est porté au bilan pour la.somme de 181 763 117 fr. 85, et le compte d’avoir du chapitre profits et pertes accuse, comme revenus de l’exercice, 8994 479 fr. 5j, soit en pour cent un revenu brut moyen de 6,07 si on le rapporte à la valeur d’inventaire et de 8,81, si on le rapporte à la valeur du capital; enfin tant actions qu’oblîgations se chiffrent par 102 logooofrancs. Intérêts et frais généraux déduits, il reste un bénéfice net de 6 481 220 francs qui serait réparti de la ma-
- nière suivante :
- Aux actions : 10 %........... 6 000 000
- Au conseil et à la direction. . 292 joi 5o
- Report à nouveau............. 189 118 60
- Si, poussant plus loin l’analyse que le bilan permet de faire, nous établissons le revenu brut de chaque partie de l’actif de la Banque, en prenant toujours pour base l'estimation de l’inventaire, nous voyons que les placements en titres ou en avances en compte courant ont rapporté 8664 020 francs, ou 7,70 %, les valeurs diverses (obligations 3 1/2 ou 4 %), 143925 francs ou 6,9 % et enfin l’avoir en banque 338 328 francs ou 1,9 % . Le détail des placements et des participations syndicales qui fait l’objet d’un rapport spécial, est très intéressant à consulter pour connaître, on ne peut dire des préférences de la Banque, tout au moins des affaires qu’elle estime susceptibles d’un revenu intéressant et d’une plus-value probable : il y a des valeurs belges, des valeurs
- allemandes, espagnoles, italiennes et françaises celles-ci sont en minorité et représentées seulement par 4 000 actions de la Société Centrale pour l’Industrie électrique et 3 060 actions de la Compagnie Centrale d’Énergie Electrique. En capital, ces 7 060 actions représentent 3 53o 000 francs sur un actif total1 de 86 713 187 francs, ce qui équivaut à un peu plus de 4 % de ce total. La Banque possède en outre quelques obligations dé la Compagnie Centrale d’Énergie Électrique. Mais ni l’une ni l’autre de ces affaires ne-profite des avances en compte courant.
- D’une façon générale, et il faut le remarquer-ici parce que le rapport y fait allusion, la Banque ne s’intéresse qu’à des sociétés s’occupant d’exploitation. Quant aux entreprises de construction, voici ce que le Conseil en pense ; « Elles sont natu— « Tellement appelées, en toute première ligne, àbéné-« ficier des avantages à attendre de la généralisation-« de l’emploi de l’énergie électrique pour les besoins « industriels et ceux delà traction. Malgré ces pers-« pectives favorables, nous n’avons pas cru devoir a augmenter notre avoir en actions d’entreprises de-« construction— à part une seule exception motivée cc par des raisons spéciales —, l’expérience nous « ayant enseigné que les dividendes réalisés sur ces-« titres pouvaient trop fortement être influencés parce la marche générale des affaires. » Ceci se passe de-commentaires, mais justifie bien la défaveur quipèse-sur les titres des Entreprises.de construction. Les deux seules maisons de ce genre, représentées dans l’actif de la Banque pour Entreprises, sont la société Brown, Boveri et Cle à Baden et la société Felten et Guilleaume Carlswerk à Mulheim. Or, Brown Boveri ont abaissé leur dividende de 11 % à 8 % , puis à 7 % et Felten et Guilleaume l’ont réduit à 4 % • C’est le cas-de signaler les difficultés qu’ont toujours rencontrées les tentatives de syndicat des constructeurs électriciens : trop de concurrence a engendré l’avilissement des prix de vente et conduit les importantes entreprises de construction dans une impasse dont elles ne pourront sortir que par un relèvement destarifs. On avait peut-être escompté pour cela la hausse du cuivre qui est favorable à la hausse des prix, mais, plus nous allons, plus nous constatons
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- 348
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2® Série), —i- N® 37.
- que tous les pronostics à cet égard étaient entièrement erronés.
- Par contre,la participation de la Banque à de nombreuses sociétés d’exploitation se justifie par la situation prospère de ces affaires : pour la plupart elles débutent péniblement, mais dès qu’elles ont atteint un certain chiffre de recettes, elles progressent chaque année très régulièrement. Ainsi la Banque a participé à la réorganisation de la Société Anonyme d’Electricité W. Lahmeyer et Cie ; elle a échangé quatre actions Lahmeyer de i ooo marks contre trois de ses actions de i ooo marks aussi. De tèllè sorte, qu’à l’heure actuelle, elle possède la piresque totalité des actions Lahmeyer et G1*; il y a là plus qu’une participation : c’est une association dont la Banque espère les meilleurs résultats sous l’aspect d’une extension d’affaires. Les 21 700000 marks d’actions figurant au bilan ont été inscrits à 60 % de leur valeur nominale, bien que les titres soient cotés en bourse avec 20 % de prime.
- La conclusion de cet examen est la remarque faite bien souvent en France : aucune banque d’affaires ne se charge chez nous de donner autant d’encouragements à l’industrie électrique. Nos banques d’émission se bornent à certains patronages auprès du public ; quelques banques de province détiennent en portefeuille, au milieu de tant d’autres titres, quelques actions de l’une ou l’autre des Sociétés locales ou régionales d’exploitation deTénergie électrique. Mais nous ne connaissons pas, en dehors de certaines tentatives avortées, l’organisme qui consacre uniquement ses . capitaux à ce genre d’industrie. Les entreprises de construction se sont alors résolues à suppléer à ce défaut d’intervention des financiers : la lourde charge qu’elles ont de la sorte assumée pèse sur leurs affaires en général comme pour justifier la réflexion du conseil de la banque citée plus haiit. Mais le temps leur vient en aide et leur montre l’augmentation régulière dés recettes et la presque fixité des dépenses.
- L’installation des tramways électriques départementaux se multiplie dans notre pays. De grandes’ •entreprises sont en cours d’exécution dans la Haute-Vienne, dans l’Aube, dans l’Yonne. Les résultats des ' Tramways de l’Indre présentent donc,à l’égard dès concéssions précédentes, Un grand intérêt. La longueur des lignes exploitées est de 181 kilomètres, vdont 155 dans l’Indre "et »5 dans le Cher. Les
- recettes se sont élevées à 566 211 fr. 75, en augmentation de 22 047 fr- 78 sur 19095 les dépenses à 536 886 fr. 5i, en diminution de 882 fr.12 sur 1909. Celles-ci comprennent toutes les charges de l’exploitation, y compris la part des recettes qui reviennent aux deux départements, mais ne comprennent pas les retraites du personnel. Le coefficient d’exploitation qui ressort de ces chiffres est bien entendu fort élevé, 94,8, mais la _recette kilométrique atteint déjà un chiffre intéressant. Le sèul fait de couvrir ses frais d’exploitation est à l’honneur de la Compagnie qui a cette supériorité sur nombre de départements, entrepreneurs de chemins de fer à voie étroite, qui coûtent largement à leur budget On s’étonne même de voir répéter de pareils errements et des Conseils généraux peu avertis * perpétuer impitoyablement une exploitation déficitaire par lè prolongement de leurs anciennes entreprises, sous le simple prétexte qu’il faut achever les projets en cours.
- Les Tramways de l’Indre ont été construits avec une participation des départements : ceux-ci versent annuellement à la Compagnie kune annuité de 85 5n francs; mais ceux-ci ont une part sur les recettes qui est susceptible d’augmenter assez vite. Le solde créditeur de[i9io,53 181 francs,a été affecté pour 25 ooo francs à une réserve spéciale et pour le surplus au report à nouveau.
- Les recettes brutes totales de la Société d’Électri-cité de Hambourg se sont élevées à 10 154747 marks contre 9290399 marks en 1909. Après déduction des charges et affectation aux amortissements d’une somme de 2 45i ooo marks, il reste un bénéfice net de2 579472marks,supérieur déplus de ioo'ooo marks à celui de l’exercice précédent. Le dividende reste fixé à 8 % , mais la part de la ville passe de
- 390 475 marks à 44o 24o. '
- 1 î j > ,
- La Société de Montage et d’installations1 Electriques primitivement Bureau technique de l'Electricité, vient de porter son capital de 15p ooo francs à 35o ooo francs par la création de 2 oop actions nouvelles de 100 francs chacune. 25o actions entièr rement libérées et 2 095 parts bénéficiaires, sans valeur nominale, ont été attribuées aux apporteurs.
- D. F.
- ; >
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- 16 Septembre 1911. LA LUMIERE ELECTRIQUE 349
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- ” Charente. — Le coNseil municipal de Brigueil vient d’émettre un vœu en faveur de l’établissement d’un tramway qui relierait cette commune à Saint-Junien et à Saint-Christophe.
- Dordogne. — Parmi les crédits votés par le conseil général, en sa dernière session, figure une somme de i4 107 5oo francs, affectée à la construction du troisième réseau de tramway. , .
- Jura. — Une subvention de iooooo francs a été votée par le conseil municipal de Saint-Claude pour l'établissement d’un tramway électrique de Saint-Claude à Lajoux et à Virypar les Bouchoux.
- Loir-et-Cher. — Le préfet a approuvé les plans relatifs à l’établissement des tramways de Contres à Selles, de Moutils à Contres et de Blois à Gléry.
- Loiret. — Le conseil municipal de Lorris a approuvé le projet de construction d’un tramway de Lorris à Nogent-sur-Vernisson. La part de la commune est de 36 000 francs.
- Rhône. — Le conseil municipal de Trêves a approuvé le projet des deux lignes de tramways : Givors à Rive-
- de-Gier et Givors à Condrieu.
- 1 .
- Russie. — La municipalité d’Ekaterinbourg a l’intention d’installer une ligne de tramways et l’éclairage électrique dans la ville.
- ÉCLAIRAGE
- Finistère. — Le conseil municipal de Quimperlé a approuvé une délibération prise par la commission administrative de l’hospice qui décide de traiter de gré à gré pour l'installation de l’électricité au lieu de procéder à une adjudication.
- Gard. — Le conseil municipal de Beaucaire a décidé d’accorder la concession d’électricité à la Compagnie du gaz de la ville.
- Loire. — Le conseil municipal de Montbrison vient d’approuver le cahier des charges de la concession d’énergie électrique demandée par la Compagnie d’éclairage au gaz de la ville de Montbrison.
- Marne. — Le conseil municipal de Isles-sur-Suippe a ouvert une enquête sur le projet de distribution d’énergie électrique à établir dans plusieurs communes par la Compagnie générale de la Champagne.
- Une autre enquête est également ouverte en ce qui
- concerne l’établissement du réseau primaire à établir 1 sur le territoire de la commune par la société précitée.
- Les mêmes enquêtes ont été effectuées dans les com-1 munes de Cormicy, Bourgogne, Bétheny, Nogent-l’Abesse, Pomacle, Lavannes, Courcy et Berru, qui sont i comprises dans le réseau de distribution de la Compagnie générale électrique de la grande Champagne.
- La municipalité de Reims vient d’approuver le rapport de M. Houlon, tendant à substituer l’éclairage électrique à l’éclairage au gaz à l’usine des eaux.
- Nord. — L’Energie électrique duNord de la France déjà concessionnaire de l’éclairage public de la commune de Linselles, a sollicité de la municipalité l’autorisation d’établir, pour une période de quarante ans, sur le territoire de Linselles, les canalisations pour le transport de la force électrique. Après avoir examiné le cahier des charges, le conseil a émis un vœu favorable à cette demande, mais en retour il a sollicité de la Société l’extension du réseau d’éclairage et l’établissement à ses frais des canalisations sur toute l’étendue du nouveau secteur.
- Savoie. — La municipalité de la Roche et la Société du Bôhre Se sont mises d’accord pour l’installation de l’éclairage électrique dans la commune.
- Seine. — Le conseil municipal du Bourget a émis un vote favorable de principe concernant l’installation de l’électricité dans la commune par M. Bellard.
- Tarn. — La municipalité de Cognac a accepté en principe les propositions qui lui ont été faites par la Société Pyrénéenne d’Energie Electrique concernant l’installation de l’électricité dans la commune.
- Vendée. — M. Charlet, ingénieur à Paris, a demandé la concession, pour une durée de quarante années, de la distribution de l’énergie électrique pour tous usages sur le territoire de a8 communes de l’arrondissement de Fontenay-le-Comte. Neuf communes sur treize, que compte ce canton, bénéficieraient de cette énergie électrique, Fontenay, L’Orbrie, Charzais et Saint-Médard en seraient privés.
- Dans chacune des 28 communes en question, une commission de 5 ' membres va être appelée à se prononcer sur la suite à donner à cette pétition.
- TÉLÉPHONIE
- Marne. — Le Conseil général a approuvé la construction du circuit téléphonique Bar-le-Duc-Reims, dont le coût sera de 68 5oo francs.
- Oise. — L’assemblée départementale a volé unè1
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- somme globale de 8a 555 francs pour la construction des •circuits téléphoniques Pontoisé-Beauvais, Magny-Cler-mont, Guiscard-Hain, Crépy-en-Valois-Paris, B'eauvais-Méry et Compiègne-Orrouy-Crépy.
- Algérie. — La Chambre de commerce de Mostaganem «st autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 6 5oo francs en vue de l’établis--sement d’un circuit téléphonique Aïn-Tédéles-Bosquet.
- La Chambre de commerce . d’Oran est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme •de ioi 5oo francs en vue de l’établissement des circuits téléphoniques Mascara-Frenda, Aïn-Témouchent-Guiard-Beni-Saf, Saïda-Franchelti-Charrier, Saïda-Aïn-El-Had-jar, Saïda-Nazareg, Rio-Salado-Turgot.
- La Chambre de commerce d’Alger est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de no 5oo francs en vue de l’établissement des circuits téléphoniques Alger-Sétif et Blida-Afïreville.
- Là Chambre de commerce d’Alger est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme totale de 66 ia5 francs, en vue de l’établissement de circuits téléphoniques Alger-Birtouta direct, Alger-Birtouta-Boufarik, Alger-Saoula-Douéra, Boufarik-Béni-Mered-Blida, Maison-Carrée-Rouïba, Maison-Carrée-Arba, Arba-Sidi-Moussa, Rovigo-Bouïnan, AfFreville-Du-perré, Ménerville-Souk-El-Haad et l’installation d’une cabine téléphonique publique au poste électro-sémapho-•rique de la Bouzaréa.
- DIVERS
- Décret du 13 août 1911 sur les installations minières (Suite et fin) (»).
- TITRE XII
- Emploi de l’électricité dans les travaux souterrains.
- Art. iq5. — Les installations électriques souterraines doivent satisfaire aux prescriptions prévues par les articles 24 à 39 pour les installations électriques du jour.
- Elles sont en outre soumises aux dispositions énoncées dans les articles ci-après.
- section 1
- Dispositions générales.
- Art. 196. — Dans tout circuit électrique, le courant doit pouvoir être coupé sur tous les conducteurs à chaque récepteur, transformateur, convertisseur,, ainsi qu’aux principales dérivations d’éclairage.
- Les appareils d’inlerruplion seront aisément reconnaissables et disposés de manière à être facilement acces-s -sibles. (*)
- (*) Lumière Electrique, 2 et 9 septembre iqn, p 285 -et 318.
- Art. 197. — La centrale électrique ou la sous-station origine du courant descendant au fond sera mise en communication soit téléphoniquement, soit par tout autre moyen équivalent, avec les recettes des étages où existent des installations électriques.
- Art. 198. — Dans tous les locaux où se trouvent des installations: électriques de deuxième catégorie, on disposera en des endroits facilement accessibles des crochets isolants, des pinces isolantes ou tout autre matériel approprié pour porter secours à .des personnes victimes d’un accident dû à l’électricité. »•
- section 11
- Des canalisations établies à demeure.
- Art. 199. — L’emploi des conduoteurs nus est interdit dans les travaux souterrains, sauf pour la prise de courant en cûs de traction électrique, pour l’allumage des coups de mines et pour les signaux.
- L’emploi de conducteurs isolés sans armure n’est autorisé que pour les distributions de première catégorie. Dans les puits et dans les galeries inclinées à plus de 45 degrés, les conducteurs isolés sans armure doivent être placés sur isolateurs ou sous tubes^ métalliques étanches, isolés intérieurement.
- Pour les lignes de deuxième catégorie, il ne peut être fait usage que de câbles armés des meilleurs modèles connus, comportant une chemise de plomb sans soudure et une armure métallique.
- Art. 200. —Les conducteurs nus et les conducteurs isolés sans armure ne peuvent être supportés directement par des crampons métalliques.
- Dans les galeries boisées, les conducteurs doivent être supportés par des isolateurs essayés avec succès sous une tension triple de la tension en service ou être placés dans des tuyaux métalliques étanches isolés intérieurement.
- Les mesures nécessaires doivent être prises pour que les conducteurs ne risquent pas de créer des contacts dangereux.
- Art. 201. —Les cibles armés doivent être fixés de manière à ne pouvoir se rompre sous leur propre poids.
- Des crochets de suspension ou de guidage sont disposés en nombre suffisant pour éviter tout flottement dangereux.
- Dans les puits ou galeries humides, et dans les puits ou galeries de retour d’air, l’armure des câbles armés doit être protégée par un revêtement qui résiste efficacement aux actions de l’humidité.
- SECTION III
- Canalisations non établies à demeure.
- Art. 202. — Il est interdit d’utiliser, pour des installations de la seconde catégorie, des canalisations non établies à demeure, sauf pour le service des puits et descenderies en fonçage.
- Art. 2o3. — Les canalisations de première catégorie non établies à demeure doivent pouvoir supporter entre
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- les conducteurs et la terre une tension double de la tension normale de service.
- Art. ao4. — Au point de jonction avec le réseau des conducteurs non établis à demeure, il doit être établi une boîte de raccordement avec interrupteur.
- Le diamètre des tambours qui servent à l’enroulement des conducteurs doit être suffisant pour que, par la répétition des enroulements ou des déroulements, les iso lants et l’enveloppe des conducteurs ne soient pas endommagés.
- SECTION IV
- Salles de machines, sous-stations et postes de transformation.
- Art. ao5. — Les générateurs et récepteurs établis à demeure, leurs appareils de démarrage ainsi que les transformateurs doivent être cuirassés ou être installés dans des chambres non boisées et ne contenant pas de matières combustibles.
- Des sacs ou seaux remplis de sable doivent être tenus en réserve dans les salles de machines et sous-stations di-vèrses pour permettre l’extinction des incendies.
- Art. 206. — Dans les locaux où le sol et les parois sont très conducteurs, soit par construction, soit par suite des dépôts salins ou d’humidité, on ne doit jamais établir, à portée de’la main, des conducteurs. ou appareils placés à-découvert.
- Les locaux non gardés doivent être fermés à clé. Des écriteaux très apparents sont apposés partout où il- est nécessaire pour prévenir les ouvriers de l’interdiction et du danger d’y pénétrer.
- Art. 207. — Il est interdit d’employer, autrement qu’à demeure, des moteurs de la deuxième catégorie, sauf pour le service des puits et descenderies en fonçage.
- SECTION V
- Tableaux de distribution.
- Art. 208. — Les tableaux de distribution placés au fond doivent être construits en matériaux incombustibles pouvant résister à l’influence do l’humidité. Ils sont protégés efficacement contre la chute des gouttes d’eau.
- Art. 209. — Pour les distributions de deuxième catégorie, et pour les distributions de première catégorie dans les parties très humides, tous les éléments conducteurs doivent être isolés de la paroi du tableau par des isolateurs.
- SECTION vi
- Traction par l’électricité.
- Art. 210. — Il est interdit d’employer pour la traction des courants de deuxième catégorie, à moins d’une autorisation spéciale du service local.
- Art. 211. — Dans les galeries où il est fait usage de la traction par l’électricité, le courant doit être coupé pendant la circulation à pied du personnel et pendant les travaux d’entretien, à moins qüe les conducteurs de prise du courant ne soient placés à 2 m. 20 au moins de hauteur au-dessus du rail ou qu’ils ne soient protégés, exception faite des croisements ou bifurcations spéciale-
- ment désignés sur place au personnel d’une manière très apparente. *
- L’interruption du courant n’est pas obligatoire lorsque la circulation à pied a lieu par un passage matériellement séparé des conducteurs aériens.
- section VII Tir électrique.
- Art. 212. — Les courants de deuxième catégorie ne peuvent être utilisés pour le tir des coups de mines.
- Art. 2i3. — Si le courant nécessaire au tir est emprunté au réseau général, des précautions seront prises pour que les fils d’allumage ne puissent être intempestivement mis en contact avec les canalisations du réseau.
- Le circuit d’allümage doit comporter une prise de courant et un interrupteur coupant tous les fils de dérivation et maintenant automatiquement la coupure sauf au moment du tir.
- La prise de courant et l’interrupteur sont placés dans une boîte dont le boutefeu ou l’ouvrier préposé au tir auront seuls la clé.
- Les fils, d’allumage ne doivent être reliés à cette boite qu’au moment du tir et en être détachés aussitôt après.
- Art. 214. — S’il est fait usage d’exploseurs portatifs, l’organe de manœuvre doit être à la disposition exclusive du surveillant ou de l’ouvrier préposé au tirage qui ne le mettra en place qu’au moment d’allumer les coups.
- Art. 2i5. —Il est interdit, dans l’intérieur d’un circuit, d’allumage, d’employer la terre comme partie du circuit.
- section viii
- Dispositions spéciales aux mines à grisou.
- Art. 216. — L’emploi de l’électricité est interdildans les mines sujettes à des dégagements instantanés de grisou, sauf pour les lampes électriques portatives et le tirage des coups de mines.
- Dans les autres mines à grisou, il ne peut être fait d’installations électriques que dans la colonne des puits d’entrée d’air, aux recettes d’accrochage de ces puits, et dans les galeries qui reçoivent de l’air venant directement du puits et n’ayant circulé dans aucun chantier en couche, ainsi que dans le voisinage de ces recettes ou galeries.
- Des câbles armés peuvent, avec l’autorisation du service local, être placés dans les retours d’air des mines faiblement grisouteuses.
- Art. 217. — Dans les mines à grisou, il ne peut être fait usage que d’exploseurs d’un type agréé par le ministre des Travaux publics.
- Les exploseurs doivent être solidement construits et constamment entretenus en bon état.
- Art. 218. — Par exception aux dispositions de l’article 217, il peut être fait usage de signaux électriques ou de téléphone, sous les conditions suivantes dans toutes les parties de mines à grisou, où l’examen de l’atmosphère, fait au moins une fois par jour; n’in-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ?. XV (2e Série)? —Ïï* 37^
- diqüe pas une teneur en grisou de plus de 4 millièmes :
- i° Les conducteurs à demeure doivent être placés soùs câbles armés ; les câbles souples doivent être protégés par des tresses métalliques ;
- 2° Les câbles sont posés le plus près possible du sol des galeries et à l’abri de toute cause de rupture;
- 3° Les prises de courant sont protégées par une coiicbè d’huile de 5 centimètres au moins ;
- 4° Les appareils pouvant donner lieu à une produc lion d’étincelles sont enfermés dans des boîtes pouvant résister à une explosion intérieure de grisou; ces boîtes doivent être construites et entretenues de telle manière que l’inflammation ne puisse se communiquer au dehors.
- L’emploi des signaux doit être immédiatement suspendu si le grisou apparaît en quantité supérieure à 0,76 % aux abords de l'installation ou en un point quelconque du circuit d’aérage entre l’installation et le puits d’entrée d’air.
- ' '..... SECTION IX
- Isolement, mesures, vérifications et visites.
- Art. 219. — Les installations doivent être maintenues en bon état d’isolement.
- Les isolements par rapport à la terre sont vérifiés au moins tous les trois mois pour les distributions établies à demeure et une fois par mois au moins par les parties non installées à demeure. Les isolements entre conducteurs de polarité ou de phases différentes sont vérifiés au moins tous les six mois. Les résultats de ces vérifications sont consignés sur un registre qui est constamment tenu à la disposition du service des mines.
- Les défauts d’isolement doivent être recherchés et réparés aussitôt qu’ils ont été décelés.
- Art. 220. — Les canalisations non établies à demeure et les moteurs amovibles doivent être visités au moins une fois par semaine.
- TITRE XV
- Dispositions diverses.
- Art. 23o. — Les dérogations aux prescriptions du présent règlement, qui sont expressément prévues comme pouvant être données par le service local, sont accordées sur la demande de l’exploitant par le préfet ou par l’ingénieur en chef des mines délégué par le préfet à cet effet.
- Indépendamment des dérogations ainsi prévues, le préfet peut, sur l'avis des ingénieurs dès mines, accorder toutes autres dérogations aux dispositions du présent règlement; mais les décisions accordant ces dérogations ne sont exécutoires qu’après approbation du ministre des Travaux publics, sur avis du conseil général des mines.
- Si les demandes visent des installations établies antérieurement au présent décret, ces installations peuvent être maintenues provisoirement sans modifications, jusqu’à ce qu’il ait été définitivement statué sur les dérogations.
- • Art. 231. — Le présent règlement ne fait pas’ obstacle-aux mesures qui peuvent être ordonnées soit parle préfet en application de l’article 5o de la loi du 21 avril. 1810, modifié par la loi du 27 juillet 1880 et par la loi du 23 juillet 1907, soit, en cas de danger imminent, par les ingénieurs des mines en application du décret du 3 janvier i8i3, le tout sauf recours des intéressés au ministre des Travaux publics.
- Art. 232. — Le présent règlement ne sera exécutoire que six mois après sa publication; jusqu’à cette date continueront à être appliquées les dispositions antérieurement en vigueur.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Compagnie des Lampes à filament métallique. — Capital :
- 1 800 000 francs. — Siège social ; 4> rue Auber, Paris.
- Société L. Hergot et Cu [appareils d’éclairage et de chauffage). — Capital 100 000 francs. — Siège social 3i, rue des Tournelles, Paris.
- Société Electrique des ilôts de la Seine. Quartier Wagram. — Durée : 3o ans. — Capital : 600 000 francs. — Siège social ; 3i, rue de Maubeuge, Paris. .
- ADJUDICATIONS r
- FRANCE
- Les chemins de fer de l’Etat, à Paris, se proposent de procéder à l’acquisition du matériel électrique et mécanique ^nécessaire à l’extension de l’usine électrique des Moulineaux.
- S’adresser, pour tous renseignements, sur cette commande, au service électrique, 43, rue de Rome, à Paris.
- Les constructeurs français qui désireraient prendre-part à cette fourniture devront adresser leurs propositions avant le 4 novembre 1911, à M. Maison, chef du service du matériel et de la traction, 44j rue de Rome, à Paris (8°).
- Le 4 octobre, à la mairie de Lyon, concours pour l'installation d’ascenseurs monte-charges électriques dans-les bâtiments de l’ancien archevêché. Caut. : 5oo.
- Le pli contenant les pièces devra être adressé par lu poste, sous pli recommandé, pour parvenir au plus tard, le 4 octobre, à 5 heures du soir. Renseignements à. l’Oflice du Travail, 3g, cours Moand.
- BELGIQUE
- Le 27 septembre, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, fournitures ci-après nécessaires du ior octobre 1911 au 3o septembre 1912 ; i° connexions électriques pour rails; — 20 fils de bronze pour lignes de trolley et d’archet. Soumissions recommandées le 26 septembre.
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- rrsnte-troUlème année.
- SAMEDI 23 SEPTEMBRE 1911. Tome XV (2« série). - N* 38. ’
- La
- Lumière Électrique
- P'r écédemment
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
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- m VISA
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- JSOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 353. — E. Daumois et M. Leblanc fils. L’arc au mercure à lumière blanche, p. 355. — J. Rezeljian. Courants secondaires produits par les bobines extérieures d’un alternateur, p. 357,
- Extraits des publications périodiques. —Etude, construction et essais de machines. La commutation dans les commutatriees, S. Hallo, p. 364. — Arcs et lampes électriques. Influence de diverses conditions physiques sur le rayonnement ultraviolet des lampes à vapeur de mercure en quartz, V. Henri, p. 366. — Applications mécaniques. Riveuse à commande électrique, p. 366. — Régulateur électromagnétique de niveau d’eau pour chaudières à vapeur,p. 367. — Télégraphie et Téléphonie. Sur un nouveau problème mixte de l'équation des télégraphistes, G Webster, p. 367. — Télégraphie et téléphonie sans fil. Déterminations des coordonnées géographiques aux colonies en employant la télégraphie sans lil. Essai de la méthode entre Paris et Bruxelles, M. Bourgeois, p. 368. — Divers Sur la constitution électrique du soleil, Birkeland, p. 368. — Variétés Les compteurs à paiement préalable, p. 36g. — Brevets, 370. — Chronique industrielle et financière. ;Votes industrielles, La conservation des poteaux. Développement et état actuel de l’imprégnation au sublimé, F. Moll, p. 376. — Etudes économiques, p. 38o. — Renseignements commerciaux, p. 38a. — Adjudications, p. 383.
- ÉDITORIAL
- C’est en quelque sorte un complément à l’étude tout récemment parue, ici même, de M. J. Escard, sur l’amélioration de la lumière émise par les tubes à mercure, que publient aujourd’hui MM. E. Darmois et Maurice Leblanc fils.
- L'arc au mercure à lumière blanche est, depuis bientôt dix ans, l’idéal poursuivi et souvent assez imparfaitement réalisé par les techniciens de l’éclairage électrique.
- En effet, la couleur de l’arc au mercure, très chargée en radiations vertes et violettes, exige un correctif : le problème consiste à ajouter, à ce champ de radiations à courtes longueurs d’onde, un autre champ à grandes
- longueurs d’onde : en un mot, à superposer un spectre rouge au spectre jaune, vert, bleu, violet que donne exclusivement la lampe à mercure.
- MM. E. Darmois et M. Leblanc fils fout la critique de deux procédés d’amélioration dont l’un surtout s’est répandu industriellement : ils exposent que, d’une part, si l’on emprunte le spectre rouge auxiliaire.à une incandescence électrique ordinaire, on diminue le rendement lumineux ; d’autre part, que l’emploi de tubes à amalgame 11’est pas sorti des laboratoires. Au contraire, l’emploi d’écrans fluorescents leur parait une solution très satisfaisante du problème.
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- 354 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Celui-ci se pose, en effet, ici, dans des conditions très favorables. Un écran fluorescent peut être considéré comme un transformateur de lumière : excité avec des radiations données, il en émet d’aulres qui sont décalées par rapport aux premières vers le rouge du spectre.
- Il ne restait plus, dès lors, qu’à obtenir une substance fluorescente stable : c’est à quoi M. Cooper Hewitt a réussi.
- Sur une question ti’ès analogue, on trouvera plus loin le résumé d’une communication de M. V. Henri. Cet auteur s’est surtout préoccupé de l’influence exercée sur le rayonnement ultra-violet des lampes à vapeur de mercure en quartz par les conditions de refroidissement qu’on leur impose : l’expérience lui a montré qu’à une température élevée correspond un rayonnement ulti’a-violet intense.
- D’autre part, le même auteur a fait des constatations très rassurantes sur la durée de vie de ces lampes, pourvu qu’elles aient des électrodes bien étanches.
- M. Rezelman a établi expérimentalement, dans ses études précédentes, l’existence de courants secondaires produits par les bobines extérieures d’un alternateur.
- Le nouvel article qui paraît aujourd’hui est consacré à l’étude de ces courants; d’auteur a employé, dans ces expériences, sa méthode générale de couplage des phases.
- M. S. Hallo a fait ressortir, dans une étude récente, la façon particulière dont se pose le problème de la commutation dans les com-mutatrices : les forces magnétomotrices dues respectivement au courant continu et au courant alternatif se détruisent en grande partie.
- • .-,'4
- T. XV (2* Séria).—N* 38.
- Il en résulte que, d’une part, l’emploi sur ces machines d’artifices de commutation, et notamment des pôles auxiliaires, ne donne pas de résultats satisfaisants, tandis que, d’autre part, une commutatrice, sans aucun artifice de ce genre, a une commutation bien meilleure qu’une machine ordinaire dans les mêmes conditions.
- Une riveuse électrique d’un type intéressant et un régulateur électromagnétique de niveau d'eau pour chaudières constituent deux applications mécaniques récentes de Félectricité, que nous signalons ensuite.
- M. Bourgeois vient de communiquer, à l’Académie des sciences, les résultats, pleinement satisfaisants, des essais exécutés entre Paris et Bruxelles, en vue de la détermination des coordonnées géographiques par la. télégraphie sans fil.
- On sait que ces nouvelles méthodes vont être employées en grand, à l’aide de notre réseau colonial de télégraphie sans fil, qui se constitue actuellement.
- Les compteurs à paiement préalable présentent, selon M. Gruber, l’avantage de pousser les petits clients des secteurs à la consommation, ou du moins de ne pas décourager d’avance le développement des petites installations par la crainte du minimum de consommation, cauchemar de beaucoup de petits abonnés.
- Nous reproduisons, très largement, dans nos Notes industrielles, une étude très documentée de M. F. Moll, sur le procédé d'imprégnation des poteaux au sublimé, son développement historique et son état actuel.
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- 2f Septembre 1911.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
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- L’ARC AU MERCURE A LUMIÈRE BLANCHE
- Depuis l’apparition de l’arc au mercure (janvier 1902), un grand nombre de procédés ont été proposés pour l’amélioration de la lumière émise par les tubes Cooper Hewitt. Dans un extrait de son livre paru récemment ici même ('), M. J. Escard les a cités tous; iious renvoyons le lecteur à son article pour de plus amples détails. Ces procédés reposent sur trois principes différents :
- i° Combinaison de l’incandescence électrique et du rayonnement de la vapeur de mercure;
- 2° Substitution d’amalgame au mercure ou addition de gaz dans le tube à décharge;
- 3° Emploi d’écrans fluorescents.
- Des appareils basés sur le premier principe fonctionnent actuellement; leur rendement est inférieur à celui du tube Cooper Hewitt; les lampes à amalgames, intéressantes pour les recherches de laboratoire, ne sont pas entrées dans la pratique industrielle. Nous allons montrer au contraire que le problème a été complètement résolu par l’emploi d’écrans fluorescents.
- La lumière émise par la vapeur de mercure incandescente se compose d’un petit nombre de radiations visibles : une raie jaune de longueur d’onde 0,578 une raie verte X = o,546 [>., une raie indigo X = o,436|j, une raie violette X = o,4o4 |a et d’un certain nombre de raies ultra-violettes dont une seule, de longueur d’onde o,366 [/, traverse le verre des tubes Cooper Hewitt. Il est nécessaire de juxtaposer à ce spectre une certaine quantité de rayons rouges, de manière à reproduire à peu près par le mélange, la lumière blanche.
- S’il n’y avait rien à espérer d’un réflecteur simplement coloré en rouge, ou d’un écran
- (') Lumière Electrique, 26 août 1911.
- rouge, parce que ceux-ci ne font que trier les radiations rouges dans la lumière complexe qu’ils reçoivent, en revanche les phénomènes de fluorescence offraient une solution du problème.
- Certaines substances ont la faculté d’absorber la lumière d’une certaine longueur d’onde (rayons excitateurs) et, après l’avoii4 transformée en lumière d’une autre couleur, d’émettre cette lumière dans toutes les directions (rayons excités). D’une façon générale, les rayons excités possèdent des longueurs d’onde plus grandes que celles des rayons excitateurs. Les rayons excitateurs varient avec la nature de la substance fluorescente, mais d’une manière générale, la fluorescence est surtout produite par les radiations très ré-frangibles,bleues, violettes et ultra-violettes. Le spectre de la vapeur de mercure étant très riche en rayons de courte longueur d’onde, devait fournir des rayons excitateurs en grande quantité.
- La fluorescence est toujours accompagnée d’une absorption ; il ne peut en effet apparaître d’énergie (dans le cas présent, celle des rayons excités) qu’aux dépens d’une autre énergie qui disparaîtra en même temps (celle des rayons excitateurs) : cette transformation ne s’accomplissant pas avec un rendement égal à l’unité, l’énergie totale renvoyée est inférieure à l’énergie totale reçue. Cependant, dans le cas du mercure, il était permis d’espérer une utilisation suffisante des rayons ultra-violets, que leur trop courte longueur d’onde rend invisibles à l’œil; cette utilisation aurait ainsi compensé en partie la perte de lumière par absorption. La transformation de la lumière des tubes Çoo-per Hewitt se serait ainsi effectuée sans dimi-nuer l’intensité totale de leur spectre visible.
- Les rayons excités dépendent également
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- LA LUMIÈRE' ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série); -- N»38.'
- de la substance fluorescente employée : une solution de sulfate de quinine par exemple émettra des rayons bleus, tandis qu’une solution de fluorescéine émettra des rayons d’un vert éclatant.
- Les premiers essais dans cette voie furent faits par M. de Recklinghausen dans le laboratoire de M. Cooper-Hewitt : ils consistèrent à entourer les tubes Cooper Hewitt de voiles de gaze teiqts à la rhodamine. La transformation était àssez bonne, mais la quantité de lumière absorbée trop considérable et le rendement était mauvais ; d’ailleurs les phénomènes de fluorescence se manifestent en général assez mal par transparence. La fluorescence est un phénomène qui se produit au voisinage de la surface des corps; cela vient de ce que, les premières couches absorbant les rayons excitateurs, il n’en parvient plus aux couches plus profondes. D’autre part, la plupart des substances fluorescentes ont des bandes d’absorption très marquées, de sorte qu’en agissant par transparence, on risque de supprimer dans le spectre complet que l’on veut obtenir, des radiations aussi indispensables que celles que l’on s’efforce d’y introduire. Mieux vaut placer derrière le tube un réflecteur; en faisant varier les dimensions et la forme de ce réflecteur, on peut faire varier le rapport des quantités de lumière qui arrivent à l’œil directement du tube, ou après réflexion, de manière à recevoir, autant que possible, l’impression de la lumière blanche.
- La substance fluorescente employée à la suite de ces recherches est toujours une rhodamine. Les rhodamines sont des matières colorantes artificiëlles de la classe des phta-léines ; la rhodamine est la phtaléine du méta-amidophénol. La solution dans l’eau ou l’alcool est rose, et possède à la lumière du jour une magnifique fluorescence orangée, beaucoup plus belle encore en solution acétique.
- Si on projette sur la solution un spectre continu, on voit que la rhodamine absorbe le jaune et le vert, dans le spectre visible, elle laisse passer le rouge et le bleu (d’où
- sa couleur rosé par transmission) ; l’absorption recommence dans le violet et dans l’ultra-violet. La fluorescence répond entièrement à l’absorption ; la lumière émise par fluorescence est rouge dans tout le spectre, aussi bien pour l’ultra-violet que pour le spectre visible ; c’est un cas analogue à celui du platino-cyanure de baryum, où la lumière émise est toujours verte. On voit, dès lors, ce qui va se passer si la lumière reçue par le réflecteur est celle du mercure. La bande d’absorption de la rhodamine a son milieu situé vers o,555 [a (vert); la raie jaune 0,578 jj, et la raie verte o,546 1* du mercure sont absorbées et la lumière émise est rouge; la raie bleue o,436 n’excite pour ainsi dire aucune fluorescence; la lumière renvoyée a presque exactement la même couleur; elle est seulement un peu plus mauve. La raie violette 0,404 [/. émet déjà une fluorescence rouge. Les raies ultra-violettes (o,366; o,3i3; 0,204) excitent une superbe fluorescence rouge; la première o,366 est la séule qui soit émise par les tubes Cooper Hewitt, le verre absorbant toutes les autres. On voit que la rhodamine répond pleinement au but à atteindre : elle transforme en rouge une partie des radiations jaune et verte, les plus intenses; elle utilise même les radiations ultra-violettes.
- Malheureusement la rhodamine, de même que la fluorescéine et l’éosine auxquelles elle ressemble chimiquement, est très peu stable à la lumière ; un écran simplement' teint à la rhodamine passe après 24 heures d’exposition à la lumière du mercure. Il était essentiel d’incorporer la rhodamine à un corps qui la rendit plus stable. Il fallait que ce corps fut en même temps transparent pour permettre à la lumière d’agir complètement sur la rhodamine. Après un grand nombre d’essais, on put y réussir. Une solution colorée est étendue sur un écran de papier; la manipulation est complexe, mais on obtient ainsi des écrans de papier teints à la rhodamine, et qui servent de réflecteurs pour les tubes Cooper Hewitt.
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- 23 Septembre 1911
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 357
- La lumière renvoyée par l’ensemble, réflecteur et tube, au lieu de la couleur désagréable du tube seul, possède une belle teinte blanche (même légèrement rose) ; la couleur du visage en particulier est normale. On peut constater qu'il n’y a aucun changement dans la teinte de pièces d’étoffe exposées à la lumière du jour, puis à cette lumière complexe, tandis qu’on remarque de profonds changements avec les autres sources
- de lumière industrielles, avec les lampes à filament métallique, par exemple.
- La découverte de M. Gooper Hewitt possède donc à la fois un grand intérêt technique, (c’est la première application vraiment pratique de la fluorescence), et un grand intérêt pratique : celui de permettre la généralisation de l’éclairage par lampes à vapeur de mercure.
- E. Darmois et M. Leblanc fils.
- COURANTS SECONDAIRES PRODUITS PAR LES BORINES EXTÉRIEURES
- D’UN ALTERNATEUR
- Dans une précédente étude (l), nous avons déjà signalé que les bobines extérieures d’un alternateur produisent par induction mutuelle des courants dans toutcircuitfermé
- ritf. i.— Bobinage par pôle, 4 pôles.
- placé sous leur influence, dès que le flux embrassé est variable.
- Il résulte de là figure i, que l’enroulement monophasé bobiné par pôle n’induit aucune force électromotrice dans le cercle, le flux embrassé étant nul; au contraire l’enroulement bobiné par pôles conséquents y produira une force électromotrice correspondant au
- (i) La Lumière Electrique du i5 avril 1911.
- Les notations employées dans l’article actuel ont même ' signification que dans les précédents.
- flux émis par la partie lsa des bobines extérieures (fig. 2).
- Des expériences ont été faites sur le stator
- Fig. 2. — Bobinage pal1 pôles conséquents, 4 pôles.
- d’un turbo alternateur de 7 000 KVAà4 pôles — 5o périodes — 1 5oo tours — 6600 volts entre phases, sans rotor, ni plateaux de protection.
- Dimensions (en millimètres) :
- <I>i = x i5o t = 900
- l — 1 280 — 80 X7.0 h = 1 l6r‘
- 1,2 rainures (20 >< 70) ouvert lK — 5o,3
- S„ = 3 p = 2 q — 6, Q— 18.
- Le stator est bobiné par pôles conséquents, c’est-à-dire qu’il y a deux bobines pàT* phase pour les 4 pôles, les raccordements de six
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 358
- T. XV (2* Série). — N« 38.
- encoches formant une bobine; seulement, comme la carcasse de cet alternateur est en deptx pièces, les bobines extérieures ont dû être disposées dissymétriquement et en trois plans pour pouvoir terminer complète-
- dente (‘), cette disposition donne une induction mutuelle négligeable entre les bobines extérieures des phases I et III (fig. 4) (')i mais importante entre celles des phases I —11 et II— III (fig. 5)(').
- 3, — Bobinage par pôles conséquents spécial en 3 phases.
- ment le bobinage de chaque moitié avant assemblage (fig. 3).
- Les raccordements des phases I et III sont placés comme d'habitude dans le cas d’un bobinage par pôles conséquents, tandis que ceux de la troisième phase (II), au lieu de couvrir le joint, sont inclinés en sens opposé.
- Gomme on l’a vu dans une étude précé-
- De chaque côté du stator ont été placés deux cercles en bronze, renforçant les tiges, qui servent à consolider les bobines extérieures; ces cercles sont complètement isolés des tiges et traverses et sciés en un
- (') Cette figure se rapporte à l’alteruateur de 4 ooo K VA avec 5 rainures par pôle et phase décrit dans La Lumière Electrique, n° 4, de 1910.
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- 23 Septembre 1911. LA LUMIÈRE ELECTRIQUE 389
- point pour ouvrir le circuit (fig. 6) (*). Dimensions des cercles (en millimètres) :
- $ moyen, extérieur = i 66o d’où = 5 200
- <!> moyen intérieur = 1 3^0, » tu.<!>,- = 4 3oo
- Section = 10 X 70 — 700 U* — i(io
- et
- l’és.int, = o,ooi33 Q,
- ce qui correspond à une résistivité du bronze de o,a"i5.
- De même Y impédance du cercle extérieur
- l'’ig. ij. — Phases I et III en série.
- La résistance ohmique a été mesurée avec du courant continu; on trouve :
- rés.ext. = 0,0016 Q
- (2) Cette figure se rapporte à un lurbo-alternateur à deux pôles avec carcasse en une pièce. '
- a élé mesurée en courant alternatif'à in périodes (Tableau I).
- La réactance du cercle peut être déterminée approximativement d’après la formule : _....
- Iî‘) . C. H"
- . ls . 0,46. ( lo
- à/,
- U.S-
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- 360
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ’
- T. XV. (2*
- où l8 — longueur du demi-cercle ; donc :
- 12,5 . 5o. i2 / 5ao\
- ,rs = ——. 260 .o,/|6 loe* —— 1=0,00114Q.
- io8 \ 16 /
- courant alternatif de 5o périodes aura donc la valeur :
- \/o,oo2382 — 0,0011/|2 =tî 0,00208 Q
- Pig*. 5. — Phases II et III en série.
- Tableau 1
- CERCLE EXTÉRIEUR COURANT INDUIT DANS
- .V — IMPÉDANCE le cercle la phase II
- tension courant intérieur en court-circuit en cou» l-cireuil
- 2,38 1 000 0,00238 ouvert ouvert
- 2,36 )) 0,00236 235 »
- 2,34 » 0,00234 226 5, «5
- 2,36 » 0,00236 ouvert 5,5-3
- 0,00208
- c’est-à-dire ----r-5-* = i,3o X la résistance
- 0,0010
- ohmique mesurée en courant continu.
- Remarquons que les cojirants secondaires induits dans le cercle intérieur et la phase II de l’enroulement du stator, n’exercent qu’une faible réaction sur le flux primaire du cercle extérieur.
- Bobines extérieures delà phase II du milieu:
- Isa — I 600mm, Usa = 5lOmm
- Isc = 840 » U5<? — 675 »
- h — 2 44o » - *
- La résistance ohmique effective pour le
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- 23Septembra 1911.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- «.r--
- 361
- Les phases I et III sont constituées chacune par une bobine longue et une courte, tout en conservant la longueur moyenne l, — 2 44o millimètres.
- lèles aüx bobines extérieures sur une longueur laa = i 6oomillimètres; ils constituent donc avec celles-ci des transformateurs statiques sans fer à forte dispersion (fig. a).
- Fig. 6. — Turbo-alternateul' ù 2 pôles avec cercles en bronze retenant les bobines extérieures.
- Les cercles de renfort en bronze sontparal-Tàbleau II
- COURANT (l) TENSION
- p j extérieur intérieur extérieure intérieure
- HH 98 IOO O O 0,54 o,4o5
- O CO » » O 174 » O
- rt M » » 19° 146 O 0
- eu » » 21 I O 0 »
- HH HH 97 » O O 0,445 0,345
- 0) » » O i5o » 0
- et » )> 166 xa5 0 0
- eu y) )) 172 O 0 »
- HH HH 98 » O O 0,57 0,4 2
- « » )) 0 180 » 0
- CO et eu » » » )) 207 220 i55 0 . 0 0 0 »
- Les mesures ont été faites à 5o périodes, et comme d’habitude en monophasé par phase et deux phases en série, puis en triphasé.
- 1) En monophasé par phase (Tableau II).
- Remarquons que le rapport de la tension et du courant induit dans le cercle extérieur (cercle intérieur ouvert) est dans les trois cas environ o,ooa55 Ü, donc peu différent de l’impédance o,oo238 ü mesurée directement sur le cercle.
- La mise en court-circuit des cercles a unê influence négligeable sur la réactance des enroulements, qui est pour chaque phase ± 0,97 Q. (*)
- (*) Les mesures ont été faites d’un côté seulement ; la mise en court-circuit des cercles de l’autre côté du stator est sans influence sur les lectures.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Stoïij^P;^
- (
- Le calcul donne : X* sas a (fig, 7) et
- ^g= G, Q= 18 —
- d'où ;
- Dans ce but noüs regardons les cercles en bronze comme constitués de 6x3*=^ i8spires au lieu de 1 (flg. 8); la circonférence cOm* binée est ' '
- #sn + #ik = 0,158 + 0,535 = 0,693 Ü ;
- Fig. 5*
- il reste donc pour :
- Xst = 0,97 — 0,693 = 0,277 £2.
- et
- usa2 = 720““, lsea = 1 600
- Canetti
- an
- 6 naît ta
- Fig. 8.
- Il2 = 2 60On”n.
- Nous avons vu que la réactance simple :
- Pour les bobines extérieures :
- X.,rt = 0,46 . 6 ^log 4* = i ,88 4* 2,76 A
- ^ = 0,46 • & ^log + A ^ — 1,54 4- 2,76 . A, donc 1
- xsa + #sc = 0,000 675 . 160 (1,88 4- 2,76 . A) 4-0,000676.84 (i,54 4" a>7® .A) = 0,29 4-0,457. A. D'après l'essai :
- .*•*« 4“ æsc *= o,«77 £2, d’où A £= — o,«3, donc négligeable.
- Pour la détermination de la force électromotrice induite par les bobines extérieures dans les cercles, nous procéderons d’après la méthode employée précédemment pour la détermination de l’induction mutuelle entre lès bobines extérieures de phases différentes (*).
- (') La Lumière Electrique du 2 et 9 juillet 1910.
- xsa — 0,000 675.160.0,46.6. log
- 244
- 5ï
- La réactance combinée sera de la même manière :
- ^iaa = 4.o,ooo675.160.0,46.6.log
- 260
- 1*
- = o,665 £2.
- Sans induction mutuelle cette dernière serait : 2. 0,202 = 0,4.04 Q; il y a donc une
- 0,665 „ ' |
- augmentation m =** 1,65. ;
- La phase II seule étant alimentée par too ampères, la force électromotrice corres* pondante à la réactance æm sera : !
- 100.0,202 = 20,2 volts;
- nous en concluons que la force électromo-i trice induite par induction mutuelle dans l’enroulement auxiliaire d’un cercle sera :
- o,65 2°-2- = 6,55 volts 2
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-
- 38 Sif»|embl| lM4> T R LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE ..... 363
- et par conséquent dans le cercle d’une spire :
- 6,55
- sa o,365 volts.
- , i8
- On mesure o,445 volts extérieurement et 0,345 1 » intérieurement.
- La valeur calculée est donc une moyenne. Le fait que la tension, ainsi que le courant, induit dans le cercle extérieur est plus élevé que. dans l'intérieur, indique que le flux 'F*, est repoussé vers l’extérieur (fig. 8),
- 2) En monophasé, deux phases en série -(Tableau III),
- on trouve
- ho — 8,2,
- d’où
- X„n + Æsk =*: 0,3 16 + 1,2$ = l ,6o6 £2.
- Les essais des phases I et III en série donnent une réactance de 2, a Ü;il reste donc pour
- xs$ — 2,20 — 1,606 = o,5g4 O,
- Nous avons trouvé par phase x„ — 0,28 Q
- Tableau III,
- P J COtlRAR'r TENSION
- extérieur intérieur extérieure intérieure
- Phases I-ïï 244 IOO O 0 i,oi 0,75
- et H—III en » » O 327 » 0
- » » 346 270 O 0
- Série » )) 3^5 0 O ' >>
- Phases l-III 220 IOO O 0 O *0
- » )) O 0 O 0
- en série » )) O 0 O 0
- » » O ô O 0
- En observant la figure 5, on voit que dans le cas des phases II — III les bobines l,a de chaque phase sont parcourues parle courant dans le même sens, de manière à ce que les effets des flux sur les cercles s’ajoutent, contrairement à ce que se passe avec les phases I — III en série (fig. 4) où les actions s’annulent,
- Il en résulte que les courants induits dans les cercles par deux phases en série, sont égaux à la ''somme (ou à la différence) des courants induits par chaque phase individuellement.
- Les mesures ont donné les résultats qué renferme le tableau IV.
- Nous avons calculé plus haut :
- ht = »!
- Q 3= 18 et q 12,
- il y a donc, comme d’habitude, pour ces phases une faible induction mutuelle
- Pour les phases I — II et II — III en série, on trouve 2,44 Q, d’où
- xss = 2,44 — 1,606 = o,834 Q
- Tableau IV.
- II + tu 1 + II AÜ List) DE
- i5o -- 180 = 33o 166 -- 207 = 873 î25-- 155 — 280 172 -- 220 = 392 174 -- 15o ~ 824 190 -- 166 == 356 146 -- 12.5 5Ü 27I 211 -- 172 = 383 327 346 27O 375
- pour
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- 364
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. xy (3* Série).
- De la même manière :
- Tableau IV [suite).
- I — II AU LIEU DE OBSERVATION
- 174 — 180 = — 6 0 L’échelle de l’am-
- tgo — 207 — — 17 O 1 pèremètre s'est
- 146 — i55— — 9 O . 1 trouvée trop grande
- 21 l 220 ~ 9 O , pour ces valeurs.
- et
- Il nous reste encore les essuis en triphasé (Tableau V).
- série avec ceux induits en triphasé, on voit que les derniers sont environ les 9/10 des premiers, alors que pour un système symétrique (équilibré) ils ne devraient être que les deux tiers.
- La dissymétrie provient de l’induction mutuelle entre les phases I — II et II — III, qui n’existe pas pour ï — III.
- Le courant dans le cercle extérieur, correspondant à la pleine charge de l’alternateur, s’élèverait jusqu’à ± 2000 ampères et même au double dans le cas d’un cercle en cuivre rouge à résistivité normale, c’est-à-dire 1/10 de celle du bronze employé, ce .qui réduirait en effet l’impédance de moitié.
- Tableau V
- Pi mi Pll-IH P. Pu Pu, Jl J11 Jm COURANT TENSION
- ëxt. int. ext. int.
- J97 203 116 I I 2 107 100 89 96,5 O O 0,94 0,68
- » » » B )) y> . » » O 295 » O
- >) )) » » •» y> » » 3i5 25o O 0
- )> )) » » » y> » » 345 0 O »
- En comparant les courants induits dans les 1 J. Rezelman,
- cercles en monophasé sur phases I — II en I Ingénieur, Chef de services aux A. C. F. c.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- La commutation dans les commutatrices. — S.Hallo. — Elektrotechnische Zeitschrift,Si août 1910.
- L’auteur expose en détail, en appliquant la méthode d’Arnold, la théorie de la commutation dans les commutatrices.
- Les forces électromotrices induites dans la section mise en court-circuit sont au nombre de deux, l’une e,. due à la self-induction, l’autre e,t due à la rotation des conducteurs de la section dans le champ transversal produit par le courant total de l’induit.
- 11 s’agit de compenser ces deux forces électromotrices par une troisième force électromotrice e0, faisant équilibre à la somme des deux premières, c’est-à-dire telle que l’on ait à chaque instant r
- e0— e,. -f-eq
- «
- Dans une machine dépourvue d’artifices de commutation, e0 représente la force électromotrice induite à vide dans la section en court-circuit par un champ d’inductionB0. Or,dans une commutatrice sans artifices de commutation, la durée du court-circuit est en général très faible par rapport à la période du courant alternatif ; on peut donc considérer que le courant alternatif conserve une valeur constante pen-
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- 2SSeptembre 1911. LA LUMIERE ÉLECTRIQUE 368
- dant toute la durée du court-circuit, de sorte que la différence entre les valeurs de l’intensité au début et à la fin de la commutation est égale à »/a, représentant l’intensité du courant continu dans l’un des circuits de l’induit. Sous le rapport de la self-induction, la commutation d’une commutatrice ne diffère donc en rien de celle d’une dynamo ordinaire à courant continu. La force électromotrice de self-induction er se calcule de la même manière. Mais il en est tout autrement pour à eq. En effet, le champ résultant de l’induit provient de la différence entre les forces magnétomotrices dues respectivement au courant continu et au courant alternatif; or les courbes de ces deux forces màgnétomôtrices présentent des formes différentes. La répartition de la force magné-tomotrice due au courant continu le long du pas
- Fig. i. — Répartition des forces mugnétomolrices.
- polaire est en effet triangulaire, ainsi que le représente la figure i (courbe D). Quant à la courbe de la force magnétomotrice due au courant alternatif, sa formé varie avec la position relative des différentes phases par rapport aux pôles ; la courbe A est celle de la force magnétomotrice au moment où le courant est maximum, les courbes B et G sont celles de cette même force magnétomotrice, respectivement 1/24 et 1/1 2 de période après l’instant où le courant est maximum ; toutes ces courbes sont relatives à une commutatrice triphasée. Il s’ensuit que la force magnéto-ihotrice résultante varie avec le temps et que sa valeur moyenne entre les pôles est, pour la courbe A de 19 % , pour la courbe B de 16 % , et pour la courbe G de 6,7 % de la force magnétomotrice du courant continu. Dans une commutatrice à quatre phases, la valeur de la force magnétomotrice moyenne dans la zone de commutation varie entre — 3 % et -)- 27 % de celle de la force magnétomotrice du courant continu. Pour les commutatrices à six et à
- douze phases, ces rapports varient respectivement entre 9 et ai % et entre 15 et 18 % .
- L’auteur propose d’admettre pour les calculs que la valeur moyenne du rapport précédent est de i5 % .
- Il s’ensuit que la commutation est sensiblement meilleure sur les commutatrices que sur les géné-ratrices ordinaires à courant continu, si l’on ne considère que le cas de machines non munies d’artifices de commutation; en effet, comme nous venons de le voir, les forces magnétomotrices, dues respectivement au courant continu et au courant alternatif, se détruisent en grande partie. L’auteur examine ensuite le cas de machines pourvues d’artifices de commutation et démontre que l’emploi de ceux-ci sur les commutatrices n’est pas recommandable. En effet, par suite de la faible valeur de la force magnétomotrice résultante, il ne peut être question d’avoir recours aux enroulements compensateurs, dont le prix de revient est toujours relativement élevé.
- Nous envisagerons notamment l’artifice qui consiste à employer des pôles auxiliaires de commutation. Ces pôles se calculent de la même maniéré que pour les machines ordinaires à courant continu ; mais, toujours par suite de la compensation partielle des deux forces magnétomotrices, le nombre d’ampères-tours à placer sur les pôles auxiliaires ne doit représenter qu’une partie des ampère-tours induits dus au courant continu. En admettant comme plus haut que la force électromotrice résultante représente en moyenne i5 % de la force électromotrice due au courant continu et qu’un nombre égal d’ampères-tours soit nécessaire pour l’excitation dq pôle auxiliaire, le nombre total d’ampères-tours à placer sur celui-ci représente donc 3o % du nombre des ampères-tours induits dus-au courant continu. Mais, ainsi qu’on l’a vu plus haut, le rapport entre la force électromotrice résultante et la force électromotrice due au courant continu varie en réalité de 9 à 21 % (dansle cas d’une commutatrice hexaphasée). Le rapport entre les ampères-tours placés sur le pôle auxiliaire et les ampères-tours induits dus au courant continu devrait donc, dans ce dernier cas, varier entre i5 -f- 9 = 24 % et i5 -f- 21 = 36 .
- Si l’on a pris la valeur moyenne de 3o % , il en résulte un écart variable avec le temps et qui atteint 20 % en plus ou en moins de la valeur théoriquement nécessaire. Il s’ensuit que l’emploi des pôles auxiliaires sur les commutatrices ne donne pas dès résultats satisfaisants, ce qui crée une grande difficulté pour la construction des commutatrices dont la vitesse
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- 386
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV-(2*84H«), W N* 3|.
- angulaire, 4 fféquenoe et la tension de régime sont relativement élevées. Enfin l’auteur démontre, d’autre part, que les convertisseurs en cascade, qui comportent toujours douze phases, possèdent une com-* mutation encore meilleure que les commutatrices, lorsqu’il n’est pas fait usage de pôles auxiliaires) par contre, l’emploi de ces derniers est encore moins recommandable sur les convertisseurs en cascade que sur les commutatrices, à cause des à-coups de charge.
- M. K.
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES
- * —•
- Influence de diverses conditions physiques sur le rayonnement ultraviolet des lampes à vapeur 4e mercure en quartz, ^ v, çtewri,
- Comptes Rendus, i4 août ign.
- Il est important de connaître comment varie le rayonnement ultraviolet lorsque, par des conditions, de refroidissement différentes, on fait varier le régime électrique de la lampe.
- A cet effet, l’auteur a appliqué la méthode au citrate d'argent à une lampe Cooper Hewltt dont le tube avait 6 centimètres de long, et qu’il a fait 'brûler dans des conditions variées.
- Il a trouvé ainsi que le rayonnement ultraviolet de la lampe est d’autant plus intense que la température du tube lumineux est plus élevée. En particulier, si l’on refroidit le tube avec de l’eau, le rayonnement ultraviolet est 14 fois plus faible que dans le cas où la lampe brûle à l’air libre en consommant le même nombre de watts.
- Le rendement en ultraviolet d'une lampe semble dépendre, non pas du nombre de watts consommés, mais de la ohute de potentiel dans le tube lumineux : en effet, en déduisant, dans l’exemple observé, les 11 volts, qui correspondent environ aux chutes de potentiel de l’anode et de la cathode, il reste pour la lampe brûlant dans l'air, 69 volts, et, pour la lampe refroidie avec l’eau, i5 volts pour une lar* geur du tube lumineux de fi centimètres.
- *
- * ¥
- Une deuxième question importante au point de Vite pratique est la durée et la constance des lampes,
- Bordier, Cpurmonf et Nogier trouvent que les
- lampes en quart# s’affaiblissent beaucoup au point de vue du rendement en rayons ultraviolets. Buisson et Fabry, par contre, trouvent qu’une lampe, après 600 heures, possède un rayonnement. ultraviolet presque aussi intense qu’une autre lampe neuve,, L’auteur a cherché à trancher le débat en com* parant entre elles des lampes de différents modèles i Rerceus, Westinghouse Cooper Hewitt, ancien et nouveau modèle, les unes neuves, les autres ayant plus de trois ans de service,
- Il a reconnu que :
- jv Le régime électrique de ces différentes lampes n’est pas le môme* il y a des variations qui dépens dent probablement du degré de vide ou de diffé» renees légères dans les dimensions de ces lampes \ a0 Le rayonnement ultraviolet de ces lampes dé»
- terminé aussi bien par le citrate que par l’action sur “le coli, varie peu d'une lampe à l’aptre.
- Par conséquent si même au bout d’un certain temps on trouve qu’une lampe baisse au point de vue lumineux et ultraviolet, cet affaiblissement ne se produit, pour des lampes bien purgées de gaz et à électrodes bien étanches, qu’après une durée de seiv vice très grande. Pour les expériences de photochimie et d’application des rayons ultraviolets, les lampes à vapeur de mercure en quartz constituent donc une source de rayons très constante et dont le rayonnement est défini, lorsqu’on connaît (e voltage, l’ampérage et la longueur du tube.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Riveuse à commande électrique. — Elektro. technisehe Zeitschrift, j8 mai ign.
- Cette riveuse électrique présente, cette partir cuiarité que le rivetage s’opère à l’aidç d’un marteau fixé à l’une des extrémités d’un levier à deux bras, dont l’autre extrémité est attachée à un écrou mobile le long de l’arbre d’un moteur vertical à enroulement CQtnpQund (f>g, 0- Le prolongement de l’arbre du moteur est ffleté pour recevoir l’écrpu. Un interrupteur automatique coupe le épurant lorsque le rivetage est terminé, Cet interrupteur est commandé par la pièce cqui vient heurter, par suite du mouvement de bascule du moteur, l’extrémité de la vis b que i’on éloigne plus pu moins selon l’épaisseur du rivet, L’écrou revient automatiquement à sa position dp repos, Cette riveuse convient pour des
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- ^«•Pte^ï)r« |9H?r LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE ----,ifl7
- rivets d'une épaisseur de id à afi millimètres! sa
- . n
- Fig. 1. m Riyeusq électrique,
- consommation d’énergie est d’envirpn i cheval sous 220 volts.
- G. M.
- Régulateur électromagnétique de niveau d’eau pour chaudières à vapeur. EUktrotech-nisahp Ze\tsohri(t, 8 juin *9U.
- tamment parcouru par un courant continu. Ce relais attire son armature, laquelle ferme le circuit de deux éleetro§,dont l’un ouvre la soupape d’entrée d’eau de la ehaudière et l’autre met en action la pompe d'alL mentation.
- La figure i représente une coupe de laVchaudière et de la bobine du relais; on voit sur cette figure la disposition dn flotteur et de sa tige munie à sa partie supérieure dn noyau mobile E,. La position de nette figure correspond à peu près au niveau le plus bas de l’eau dans la chaudière.
- La ligure % montre le schéma des connexions de l’ensemble du dispositif ; l’électro H commande le mouvement de la soupape d’entrée d’eau de la chaim dière, et l’électro U„ la pompe d’alimentation de celle-ci. Les deux lampes de contrôle servent ^ pré» venir Je chauffeur du fonctionnement de l’appareil.
- Fig. a. '— Schéma du montage.
- Voici le principe d’un nouveau régulateur électromagnétique de niveau d'eau de construction allemande : un flotteur supporte une tige en métal non magnétique munie près de son extrémité d’une pièce
- Fig. i. Coiqjo.
- en fer; lorsque le niveau baisse, cette pièce de fer vient fermer le circuit magnétique d’un relais cons?
- Lorsque le niveau de l’eau dah§ la chaudière U atteint une hauteur déterminée, la pièce E, soulevée par le flotteur^ ne ferme plus Je circuit magnétique du fêlais; ce dernier abandonne son armature A qui est rappelée par un ressort, les deux contacts sont interrompus, les électros H et Hp cessent leur action sur la soupape et sur la pompe, et l'aHmePtatipn s’arrête. La consommation dii relai§ est de 2p à 25 watts ; les deux électros consomment respective* ment 53 et 37 watts.
- G. M,
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Sur un nouveau problème mixte de l’êquai tion des télégraphistes, — G. Webster, ^ Comptes Rendus de l‘Aç(tdén\ie des Sciences, 28 août' igu.
- En appliquant une méthode de Riemann aux équations générales, de la propagation dans upe lis gne munie d’un appareil terminal, l’auteur montre comment on peut arriver à UPC solution par des quadratures successives,
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- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Déterminations des coordonnées géographiques aux colonies en employant la télégraphie sans ill. Essai de la méthode entre Paris èt Bruxelles. — M. Bourgeois. — Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, 28 août 1911.
- L’emploi de la télégraphie sans fil pour la détermination des différences de longitudes est d’une importance capitale pour la géographie coloniale. Son utilisation permet en effet d’obtenir, avec une précision beaucoup plus grande que par le transport du temps ou l’observation de phénomènes astronomiques, les positions des points fondamentaux dans les régions, très vastes encore, où n’existe pas de réseau télégraphique aérien.
- Si l’on dispose d’un poste d’émission de signaux de télégraphie sans fil, on pourra déterminer soit les différences de longitude de stations astronomiques, A, B, C,... par rapport à ce poste s’il y existe également une station astronomique, soit simultanément les différences de longitude entre les diverses stations A, B, C,... où l’on recevra les signaux émis par le poste d’émission et où l’on déterminera l’heure locale.
- Un réseau de points fondamentaux distants l’un de l’autre d’une cinquantaine de kilomètres, dont les coordonnées sont déterminées avec une erreur probable d’un dixième de seconde de temps en longitude et d’une seconde d'arc de latitude environ, et qui sont ensuite reliés par des levées rapides appuyées sur des triangulations graphiques ou des cheminements aussi étendus en largeur que possible, permettra l’établissement rapide d’une carte provisoire à l’échelle du i/5oo 000, dont l’ossature et les distances seront exactes, l’hydrographie convenablement placée et l’orographie esquissée dans ses grandes lignes.
- Cette méthode a été employée récemment par les officiers géodésiens coloniaux ayant fait un stage soit au Service géographique de l’Armée, soit à l’Observatoire du Bureau des Longitudes de Mont-souris, chargés de missions géographiques en Afrique Occidentale ou au Congo. Mais ils n’avaient pu jusqu’ici se servir de la télégraphie sans fil pour la détermination des longitudes ; cette dernière coordonnée n’est encore déterminée dans leurs travaux que par le transport du temps ou l’observation des occultations, procédés beaucoup moins précis.
- Le service géographique a entrepris depuis quelques mois, avec le concours du service militaire de
- la télégraphie sans fil, dés études en vue de là détermination rapide des coordonnées géographiques aux colonies par la méthode exposée ci-dessus, et il vient d’être récemment appelé, sur le désir de S. M. le roi des Belges, à faire dans les conditions coloniales, et avec le matériel spécial destiné à ces opérations, une détermination de latitude et de différence de longitudes par télégraphie sans fil, entre le palais de Laeken et Paris, de façon à mettre en évidence la simplicité et la rapidité des opérations ainsi que la précision dont elles sont susceptibles.
- Ces opérations ont eu lieu du au 28 mai. Leurs résultats ont été très satisfaisants.
- DIVERS
- Sur la constitution électrique du soleil. — Birkeland. — Comptes rendus de l’Académie des Sciençes, 4 septembre 1911.
- En s'appuyant sur quelques nouvelles découvertes expérimentales, l’auteur a, dans une note précédente, émis l’idée que les taches solaires sont dues à des décharges disruptives sur le soleil. On pourrait les considérer comme des décharges partant de la surface de la photosphère seulement, mais l’auteur a préféré l’hypothèse que ces décharges sont des arcs électriques perçant la photosphère et ayant leurs pôles positifs sur un noyau.à l’intérieur. Cette théorie donne immédiatement une explication naturelle du mouvement des taches sous les différentes latitudes.
- Or, on sait que la surface du soleil est granulée il s’y trouve des filaments très lumineux et des pores peu lumineux. On n’a pas encore pu, il est vrai, dégager le spectre de ces pores, mais il existe quand même des raisons de croire que les pores ont une certaine connexion avec les taches du soleil.
- S’il en est ainsi, il n’y aura plus qu’un pas à faire pour être amené à supposer que ces pores sont, eux aussi, des arcs électriques et que les filaments lumineux en sont peut-être les pôles négatifs.
- La photosphère constitue alors pour ainsi dire une mer d’arcs électriques et l’on peut croire que la chaleur dégagée par ces arcs peut rendre compte de toute la chaleur et de toute la lumière qui émanent du soleil. Le manteau photosphérique gazeux servira dans ce cas à maintenir la température du soleil à peu près constante pendant la période undé-cennale de l’activité électrique solaire.
- Les rayons cathodiques qui émanent de tous ces pôles négatifs de décharge autour des grandes tachés
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- et autour des pores quittent en partie le soleil et-se mettent à parcourir l’espace cosmique en donnant probablement lieu à desphénomènes remarquables sur tous les corps de notre système solaire.
- Ge seraient ces faisceaux de rayons cathodiques, se manifestant intermédiairement à des intervalles indéterminés, qui donneraient naissance au magnétisme solaire en créant des courants à peu près cons-
- tants par induction dans l’intérieur conducteur du soleil.
- L’auteur estime qu’il est dès lors possible de reconstruire la célèbre théorie de Laplace (sur-la nébuleuse primitive) d’une manière qui l'affranchisse des objections très graves qui lui ont été faites récemment par plusieurs savants, tels que Chamberlin et MouUon. A, S.
- VARIÉTÉS
- Les compteurs, à paiement préalable.
- Parmi les nombreux appareils dénaturé à répandre l’emploi de l’électricité jusque dans les habitations à bon marché, il convient d’accorder, ainsi que le signale M. Gruber ('), une place importante aux compteurs à paiement préalable.
- On sait que ces compteurs sont munis d’un interrupteur, qui ne se ferme que lorsqu’on a introduit dans l’appareil une ou plusieurs pièces de monnaie, et qui s’ouvre automatiquement lorsque la quantité d’énergie électrique correspondant à la somme introduite a été consommée. Des compteurs à gaz basés sur le même principe ont d’ailleurs été construits antérieurement.
- C’est surtout chez les petits consommateurs que l’emploi de tels appareils est avantageux, à la fois pour la compagnie de distribution d’énergie électrique et pour les abonnés eux-mêmes. En effet, d’une part le personnel chargé de relever les indications des compteurs et, d’autre part, les opérations de comptabilité et d’encaissement représentent généralement des frais généraux hors de proportion avec la somme encaissée chez les petits consommateurs, laquelle est souvent très minime. La proportion de ces frais est particulièrement élevée pour les centrales intercommunales, dont les abonnés sont en général disséminés dans une région assez étendue. Enfin, l’abonné lui-même trouve parfois les frais de location du compteur très onéreux, lorsque ceux-ci représentent une somme égale, voire même supérieure pendant les mois d’été, au prix de la quantité d’énergie qu’il a consommée.
- (') Elektrotechnische Zeitschrift, 7 septembre 1911.
- L’emploi d’un tarif à forfait permet, il est vrai, de remédier à ces divers inconvénients; mais il est parfois assez difficile de déterminer exactement la consommation moyenne sur laquelle doit être basée ce tarif. En outre, il est très désagréable pour l’abonné de ne pouvoir dépasser momentanément, s’il le désire, la consommation prévue sur sa police.
- Le compteur à paiement préalable au contraire serait sans doute favorablement accueilli par les petits consommateurs. Ceux-ci préfèrent, en effet, n’avoir à effectuer que des versements échelonnés et peu élevés, au lieu de payer tous les mois le montant total de la somme réclamée par le secteur. L’abonné règle ainsi plus aisément sa consommation, et se trouve par suite moins enclin à la réduire exagérément, ainsi que le font actuellement beaucoup de consommateurs, dans la crainte où ils sont de se voir présenter à la fin du mois une facture trop élevée, et dont il leur est pratiquement impossible de prévoir le montant. 11 y a donc là encore un avantage qui peut être assez sensible pour les compagnies de distribution desservant un grand nombre de petits consommateurs.
- Une autre question, intimement liée à la précédente, est celle-ci : par qui doivent être supportés les frais des installations effectuées chez les petits consommateurs ?
- Il est bien évident qu’un très petit nombre de ceux-ci consentiraient à prendre directement ces frais à leur charge. Si l’on veut donc répandre l’emploi de l’électricité dans les habitations à bon marché, il est indispensable de procéder différemment.
- La méthode qui consisterait à établir-d’installation aux frais du secteur et à la faire amortir ensuite par l’abonné semble au premier abord séduisante; mais
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- M. Gruber estime que eette méthode se heurte à des difficultés pratiques, et qu’il est préférable de faire supporter les fraie de l'installation par le propriétaire de l'imrneuhle. Qe dernier demande ensuite à sas locataires peur l’amortissement de l’installation une légère redevance que M, Gruber estime pouvoir être fixée entre 3 fr, 75 et h. francs par an et par pièce installée.
- De nombreux compteurs à paiement préalable ont été installés dans la petite ville de Ludenscheid (Allemagne), dans les conditions suivantes : le prix du kilowatt-heure avait été fixé à o fr. 5o et il n’était perçu aucune somme pour la location de l’appareil. Les résultats obtenus ont donné pleine satisfaction aussi bien aux abonnés qu’à la compagnie de distribution, puisque le nombre de compteurs à paiement
- préalable est passé de a.Qoà 70a en deux ans et qu’il ne cesse actuellement de s’accroître; la méfiance, que l’on avait constatée au début chez leg consommateurs à l’encontre de ces appareils, a complètement disparu et fait place à une grande faveur, caractérisée par ce fait que les avantages de ses compteurs ont décidé de nombreux habitants qui s’éclairaient préa*
- lablement au gas à. adopter l’éclairage électrique. L'emploi des compteurs à paiement préalable est à l’heure actuelle obligatoire pour tous les eonsara* mateurs dqnt l’installation comprend de deux à dix lampes. Qhez les abonnés dont l'installation comporte un plus grand nombre de lampes, on place un compteur à double tarif, le tarif maximum étant éga» lement de 0 fr, îjq par kilowattheure et le tarif mis nimum de o fr. a5 par kilowatt-heure.
- Quelques compteurs de ce type ont déjà été installés en France, mais en trop petit nombre pour permettre d’en faire connaître les avantages.
- Il serait à désirer qu’un essai analogue à celui de Lüdenscheid fût fait, car il ne semble pas douteux qu’il contribuerait pour une très large part à répandre l’emploi de l’énergie électrique dans les classes moyennes et même dans les classes ouvrières des grandes villes; or, le système actuel ne peut atteindre ce but, puisque, pour les raisons que nous avons exposées au début de cet article, son application aux petits consommateurs n'est avantageuse ni pour ees derniers, ni pour les cpmpagniqs de distribution.
- J.-L. M.
- BREVETS
- Le réglage de la vitesse des machines électriques; quelques solutions nouvelles.
- MOTEURS A COURAIT CONTINU
- Le réglage de la vitesse des moteurs à courant continu s’impose dans un grand nombre d’applications spéciales, par exemplo’dans les machines d’extraction, la commande dos laminoirs, des. machines à papier, ou encore dans la commande dgs appareils dg pointage de l'artillerie, et il est clair que suivant la nature de ces applications, le constructeur doit §e montrer plus ou moins exigeant,
- Suivant le cas, on consentira à une plug ou moins grande complication dans les dispositifs, de réglage poyr réaliser une plus ou moins grande précision dans l’effet obtenu,
- G’est ainsi que les différents brevets que nous ré-'symons ei*dessQus et qui ont été pris par de grandes maisons dp constructions françaises ou étrangères à des dates récentes, ont été conçus chacun plus spé-ciylement en vue d’une application déterminée,
- Un brevet de la Société Siemens - Sehuchort (') a pour but de résoudre un problème qui se pose d’une manière spéciale dans les dispositifs do commande d’appareils de pointage. |1 est désirable qu’à chaque position du dispositif de réglage corresponde uni* quement un nombre bien déterminé de tours du mo= tour, indépendamment de la charge actuelle, de la direction du courant, et do l’excitation initiale de la dynamo de réglage.
- Cette eoneordanee entre la position du levier de réglage et le nombre de tours du moteur est troublée, dans les installations normales, par la chute de tension.ohmlque, la réaction de l’induit, la chute du nombre de tours, et le magnétisme rémanent de la dynamo do réglage.
- De même, dans les installations où des rnoteyrs à courant Gontinu doivent, quelle que soit la charge, tourner à un nombre de tours déterminé, U se prQs
- pj Demandé le 26 mars 1916, n° 4l4 >65,
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- 21 Septembre 1914, ' LA LUMIERE
- 4uil une vcrlàtion intempestive du nombre de tours par les oscillations de le tension d« réseau, la chute de tension dans les barres collectrices et dans l’induit du moteur, la, résistance variable aux balais, les variations de champ en raison de la réaction de l'induit et les courants de court-circuit, etc,
- . Le principe do dispositif Siemens'-Schuckert constate à placer sur les inducteurs de la machine principale 4 une excitation shunts alimentée par le pourant d’une excitatrice auxiliaire A (fig. j).
- Celle-ci est couplée bomopolairement avec d.
- Quand l'excitatrice auxiliaire h est excitée, il passa dans l’enroulement auxiliaire w uu courant qui monte jusqu’à ee que le» tonsions des deux ma? chines 4 et h soient, à peu prés égales, U s’ensuit
- r
- que la tension aux bornes de la machino principale est exclusivement dépendante de l’excitation ph de la machine auxiliaire. Tant que les tensions des deux machines ne sont pas égales, il passe dans l'enroule* ment auxiliairo un courant compensateur; oeluLci, pour une trop basso tension ou un trop grand nom* bre de tours de la machine à régler, renforce le champ de cette dernière, et l’affaiblit au contraire dans les oas contraires.
- L’autre enroulement d’excitation de la machine principale d n’est pas indispensable, mais il permet de donnor à l’excitatrice auxiliaire des dimensions plqs petites.
- Rien n’empêche non plus de monter les champs ea et etl en série, en sorte que les courants d’excitation varient proportionnellement. Si alors lès ma? chines ont les mêmes caractéristiques de marche à vide, il ne passe d’abord pas de courant par l’enroulement auxiliaire <r; la compensation n’entro enjeu que quand le régime de la machine principale est troublé par une chute de tension, ou par le magnétisme rémanent, etc.
- Enfin, on peut sc prémunir contre les à-coups de tension du réseau d’alimentation ini-mêine, et les empêcher d’influencer la vitesse de la machine pt’jn-
- ÉLEGTRIQUE _ - 871
- ci pale en apportant une modification simple au montage précédent,
- Il suffit d’employer une machino auxiliaire h de faible saturation et de relier l'enroulement d'excitation <?/, aux bornes du moteur 4% en parallèle avec l'enroulement w et avec l’induit de A. Dans ces eon» ditions, si la tension du réseau tombe, l’excitation de la machine auxiliaire s’affaiblit également : il se produit un courant compensateur à travers l’enrpule-ment w, qui règle le champ do la machine 4 à la nouvelle tension, en maintenant le nombre de tours prescrit.
- Dans les installations avec couplage Léonard, il est naturellement indifférent que l’enroulement auxiliaire soit relié au moteur oq à la génératrice, U suffit d’pbservcr que le courant compensateur doit, dans les deux cas, exercer sur le champ un effet opposé.
- Dans un moteur réversible, il faut naturellement que l’enroulement auxiliaire placé sur ce moteur soit inversé avec le sens de la rotation,
- .Le système que nous allons décrire maintenant se rapporte également au cas du système Léonard, c’est-à-dire qu’il s’agit de machines d’extracfipn de mines ou de laminoirs réversibles. On sait qu’on peut diminuer les à-coups qui se produisent pendant la marche en compoundant les moteurs et en dé-compoundant les génératrices.
- Soit A (fig. a), le moteur de travail alimenté par la génératrice de démarrage B à laquelle la puissance est fournie par un moteur quelconque non représenté. Une source quelconque de courant continu G fournit le courant nécessaire aux divers circuits d'excitation.
- Le problème consiste à assurer le décompoundage de B et le compound.age de A.
- A cet effet, la Société Alsacienne de Constrvolions Mécaniques (*) emploie un petit convertisseur E D, dont le moteur E, à excitation sensiblement constante, est en série avec l’enroulement anticom-pound N de la génératrice B. La génératrice P dp convertisseur est excitée au contraire spus la différence entre les tensions aux bornes de la. génératrice B et du moteur A, et son induit déhitc directement sur l’enroulement çompound H du moteur, ou bien est mis en survplteur par rapport à la source de courant continu G.
- Le moteur E démarre donc en môme temps que Je moteur du laminoir et comme lui inverse sa marche d’après la polarité de la génératrice B.
- (!) Urevol demandé le >4 Plid S(po> 11° 4t!> °0?t
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série). —^N*38.
- On voit que, lorsque le moteur A travaille, la polarité de l’inducteur G change avec le changement de sens du courant principal du laminoir ; mais en même temps, le moteur E change de sens de rotation, de sorte que la force électromotrice fournie par D reste de même sens que pour les deux sens de
- marche du moteur principal A. Cette force électromotrice survolte ici l’enroulement d’excitation H de A et produit le compoundage.
- D pourrait d’ailleurs, comme nous l’avons dit, être simplement générateur et débiter sur un enroulement d’excitation spécial de A, au lieu d’être mis en survolteur par rapport à la source C.
- Lorsque l’on freine électriquement le moteur de travail A, on voit que, au contraire, quel que soit le sens de rotation de A, D devient dévolteur et décom-pounde; ceci correspond bien d’ailleurs à la condition de diminuer toujours les à-coups, puisque A devient générateur.
- L’emploi de la machine D permet, en outre, d’employer facilement le réglage dans le champ du moteur A comme réglage de vitesse ; il suffit de munir D d’ un second enroulement d’excitation I le faisant fonctionner en dévolteur, le courant dans I étant réglé par un rhéostat en série J.
- L'enroulement d’excitation I est branché après l’inverseur K du sens de marche de A, de manière que cet enroulement soit toujours dévolteur, malgré l'inversion du sens de marche de E. L’emploi de
- l’enroulement I pour l’affaiblissement du champ du moteur A présente l’avantage de ne nécessiter qu’un rhéostat J de faible importance au lieu du gros rhéostat qui serait nécessaire si on l’intercalait directement en série avec H.
- Il est à remarquer que dans l’excitation H du moteur A, l’action de compoundage par rapport à l’excitation totale est d’autant plus efficace que le champ du moteur est plus affaibli par la manœuvre de j, c’est-à-dire que là vitesse de A est plus grande. C’est encore là un effet avantageux, A faible vitesse, comme H est à pleine excitation et peu sensible au compoundage, l’amortissement des à-coups est surtout assuré par l’anticompoundage de la génératrice B.
- On voit que la génératrice B est munie d’un enroulement d’excitation principal L avec rhéostat de réglage M et inverseur K. Son décompoundage est obtenu par un enroulement N parcouru par le courant qui alimente le moteur E; cet enroulement agit donc en fonction de la charge de E, c’est-à-dire, en fonction de celle du survolteur (ou générateur) D et par conséquent du courant principal de A. Au freinage, au contraire, E devient générateur, car D est moteur, et N compounde la génératrice B qui travaille en moteur.
- En général, les trois appareils J, K, M sont mus par un même levier de manœuvre qui met en place l’inverseur K, puis règle M pour les faibles vitesses de A et enfin J, une fois que toute la résistance de M a été mise hors circuit.
- Enfin, dans un brevet (') qui concerne plus particulièrement le réglage des machines destinées à la fabrication du papier, la Société Siemens Schuckert s’est attachée surtout à vaincre l’inertie des organes de régulation, inertie dont le rôle nuisible mérite d’être examiné de près.
- Dans ces machines, il importe beaucoup que le nombre de tours du moteur d’actionnement ne varie pas, car, pour un afflux constant de la masse de papier, la solidité du produit ou son poids, sont, par unité de surface, inversement proportionnels à la vitesse de la machine.
- Or, une consistance ou résistance uniforme du papier est la condition première exigée dans le commerce (2).
- La réduction des inerties de réglagè est un problème très intéressant, parce que très général, et
- (*) Demandé le i3 juin 1910, 11» 417096.
- (2) Voir l’ouvrage de M. Puce't : Le Papier) Baillière et fils, éditeurs.
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- 23Sdptembfe 1911. LA LUMIEHE ELECTRIQUE
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- qu’on retrouve dans toutes les questions de réglage, qu’il s’agisse de vitesse ou de tension, et d’appareils électriques ou purement mécaniques.
- Voici donc comment la Société Sicmens-Schuckert justifie les dispositions indiquées dans son brevet.
- Les causes de fluctuation dans le nombre de tours sont multiples : augmentation de la charge de la machine, dès variations de la tension du réseau, etc. Si le moteur n’est pas relié au réseau directement, mais par l’intermédiaire d’un transformateur de tension, souvent construit en vue d’un champ de régulation étendu, les sources d’erreur peuvent s’additionner et même se multiplier les unes par les autres.
- Le plus généralement l’on exige, outre une constance aussi exacte que possible du nombre de tours, un réglage possible de ce nombre de tours dans des limités déterminées. Sous ce rapport on peut distinguer deux cas :
- i° Le champ de régulation est relativement restreint, par exemple, entre les rapports de un à un jusqu’à un à quatre;
- 2° Les limites de régulation sont très étendues et varient, par exemple, entre un à dix et un à vingt.
- Dans le premier cas, si on se trouve en présence d|un réseau à courant continu, on s’en tire le plus souvent au moyen de moteurs à courant continu dont le nombre de tours est réglable par une variation de l’intensité du champ.
- Dans le second cas, on emploie d’habitude un transformateur et on modifie la tension de la génératrice de courant continu, suivant l’étendue de régulation prescrite. Le moteur de commande sera dans ce cas exécuté sous la forme de moteur à courant continu avec excitation constante.
- Mais outre ces cau&es de perturbation déjà envisagées dans les dispositifs précédents, en voici d’autres, qui tiennent à l’inertie ; ce sont celles que le système actuel veut spécialement combattre.
- i° Inertie électrique.
- Tout d’abord, la self-induction des enroulements excitateurs de la machine influencée par les régulateurs joue un rôle important. Quand une variation de la charge ou de la tension du réseau, ou toute autre variation analogue, exige une modification de eette excitation, le nouvel état ne se produit pas instantanément, en raison de la self-induction.
- 2° Inertie mécanique.
- Un second obstacle pour une bonne régulation
- est dû à l’inertie des masses tournantes de la machine de commande et de la machine de travail accouplée à cette dernière.
- Quand, en effet, il s’est produit une légère fluctuation du nombre de tours, il faut, pour rétablir la vitesse normale, que le moteur de commandé reçoive plus de courant et cela pendant un temps déterminé.
- Si l’on voulait réduire ce temps à une valeur très petite, il faudrait que le moteur reçut un courant démesurément intense. Pour compenser une semblable perturbation, il faut donc toujours un certain temps. Dans l’intervalle, le courant, dans l’enroulement d’excitation par la modification duquel la perturbation doit être compensée, s’élève au-dessus de la valeur désirée, et il se produit par là une exagération de la vitesse, suivie de nombreuses fluctuations de part et d’autre de la valeur moyenne.
- Ainsi, le réglage de la vitesse offre des difficultés sensiblement plus grandes que celui de la tension d’une génératrice. - Quand, dans une génératrice, après une perturbation, le courant excitateur voulu est rétabli, on retrouve aussi, en même temps, la tension correspondante. Il ne se produit pas de chute subséquente de la tension; l’accélération des masses n’entre pas enjeu.
- Dès lors, comment agissent les dispositifs que l’on peut adopter pour maintenir constant le nombre de tours ?
- i° Régulateur à force centrifuge.
- Un régulateur à force centrifuge agit sur la manette d’un rhéostat d’excitation. Si le nombre de tours s’élève, le manchon du régulateur centrifuge monte, et met en court-circuit une partie du rhéostat, renforçant ainsi le courant dans l’enroulement d’excitation. Afin d’éviter lés oscillations du régulateur, on fait usage d’un frein à huile.
- Si l’on admet que le régulateur centrifuge est sensiblement astatique, et que le frein à huile est réglé pour n’intervenir que très faiblement, il suffit de la plus légère modification du nombre de tours pour que le rhéostat de champ soit tout entier mis en court-circuit ou tout entier intercalé. A l’instant où le nombre de tours voulu est de nouveau atteint, le courant reçu par l’induit du moteur n’a pas encore la valeur normale qui correspond à l’état permanent ultérieur; il est d’une intensité sensiblement plus élevée ou plus réduite, puisqu’il a fallu rjetarder ou accélérer les masses.
- D’autre part, comment aurait-on pu régler le cou-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2‘SôMé).--N*S8£
- rant excitateur instantanément, à la valeur exacte, en dépit de la self-induction de l’enroulement du champ et du freinage du régulateur à force centri-fuge qui ne peut pas descendre au-dessous d’une certaine force ?
- On n’obtiendrait donc ainsi qu'un résultat très imparfait. Enfin, il est clair qu’un régulateur à force centrifuge, en raison de sa masse considérable, est pat lui-même déjà peu approprié à servir comme instrument de mesure des vitesses.
- a° Dynatno'tachythètrê,
- C'est déjà un indicateur dé vitesse infiniment plus sensible. Cette dynamô-tachymètre t, couplée au moteur principal rH reçoit une excitation aussi constante que possible, par exemple au moyen d’aimants permanents ou d’élèctrô-aimànts alimentés par une pilé.
- On peut d’abord songer (ce n’est pas le cas représenté par la figure 3) à envoyer le courant de t dans un relais & à tension déterminée,qui lui-même déterminerait, en actionnant des contacts appropriés, la rotation dans un sens ou dans l’autre d’un moteur de commande du rhéostat d’excitation de m.
- Cette disposition ne donnera pas davantage d’une façon satisfaisante le résultat cherché. On y emploie, il est vrai, un indicateur de vitesse sensible (la dyna-tno-tachymètre t, et la bobine de relais «), mais le régulateur à inertie qui constitue en somme les moteurs de commande du rhéostat, a une action nuisible comparable à celle du frein à huile du cas précédent, Pour éviter les oscillations, ce moteur, tout comme le régulateur à force centrifuge précédent, neNioit pas opérer une régulation trop rapide. Mais, d’un autre côté,il serait désirable qu’une fois le nombre de tours correct rétabli, l’excitation correspondante de la dynamo de mise en marche se trouve,
- elle aussi, instantanément rétablie, Les conditions sônt ici tout à fait analogues à celles de la régulation de la tension d’une génératrice où la vitesse de ré« gulation ne doit pas non plus dépasser une certaine mesure (*).
- Or, il est simple d’cmployêr, au lieu d’un régulateur à inertie,un régulateur de vitesse, aveebobine-trembleur et Ses accessoires, On sait que le régulateur de vitesse, dans la régulation de la tension, est toujours disposé de manière qu’il agisse sur l’excita-tion d’une excitatrice séparée,
- Le principal avantage que fournissent les régulateurs de vitesse ou régulateurs rapides est, cotnme on sait, que la résistance qu’ils influencent est, lors de la moindre perturbation de l’équilibre, mise en permanence en court-circuit oü interrompue ôn permanence, jusqu’à ce que le nouvel état soit atteint et que le relais-trembleur du régulateur reprenne ses fluctuations périodiques. On pouvait dono attendre d'un tel dispositif un effet meilleur que celui deB dispositifs précédemment décrits. Mais des essais ont établi que ce dispositif ne fournit pas davantage le résultat voulu. Il est vrai que le régulateur rapide compense l’effet nuisible de la self-induction des enroulements excitateurs, mais en partie seulement, et il reste l’inertie des masses du [moteur principal et de la machine qu’il commande.
- Le régulateur de vitesse pourrait agir mieux et plus énergiquement comme régulateur de tension, si l’excitatrice séparée n’étâit pas nécessaire, c’èst-à-dire si, par le contact trembleur, l’enroulement excitateur de la génératrice était directement influencé, Des essais ont montré que cette disposition n’était pas utilisable, pour la raison qu’un courant puisa» tôire avait pour conséquence une tension pulsatôire dans l’enroulement excitateur, tension complètement inutilisable, si l’on emprunte au réseau non seulement du courant de force, mais encore du courant d’éclairage.
- On peut bien supprimer l’excitatrice séparée influencée par le régulateur rapide usi l’on alimente par du courant pulsatôire l’enroulement excitateur à influencer par le régulateur, mais cela à pour conséquence que la machine en question reçoit aussi une contre-tension pulsatôire et reçoit ou fournit du courant pulsatôire.
- Cependant, par suite de la résistance ohmique de
- (') Voir : Electrotechiiie (La régulation automatique des génératrices électriques), par F. Natalis, Brunswick, 1908.
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- l’induit, ces pulsations du courant peuvent ne pas prendre une valeur excessive j une semblable disposition n’exerce pas encore d'influence nuisible sur le réseau et sur les autres points de consommation. C’est sur cette remarque qu’est basé le brevet Sie-mens-Schuckert(') : l’inertie mécanique des masses à accélérer ou à retarder est compensée par l’emploi du régulateur rapide, tandis que l’effet nuisible de la self-induction de la machine à influencer par la régulation se fait à peine sentir dans son effet nuisible, grâce au court-circuitage périodique énergique de la résistance influencée par le régulateur rapide.
- La figure 3 représente la régulation d’un moteur à courant continu m directement'relié à un réseau de courant continu P N. La bobine-tremblcur Z est montée en série sur le réseau avec la résistance rt et la bobine d’excitation mn du moteur.
- Par le court-circuitage périodique des contacts kl du régulateur rapide, le courant est périodiquement renforcé et affaibli dans la bobine-trembleur z, en sorte que les oscillations sont maintenues, tout comme si l'on employait une machine excitatrice séparée, ainsi que cela se pratique pour la régulation de la tension.
- La bobine de tension s est reliée à l’induit de la dynamo-tachymètre t dont l’enroulement excitateur est alimenté par le réseau de courant continu P N, avec intercalation de résistances en fer w.
- Grâce à la présence de la grande résistance r3, la constante de temps de la bobine excitatrice mn est abaissée, au point que l’influence nuisible de la self-induction disparaît. On peut obtenir un nouvel abaissement de la constante de temps, en prévoyant la bobine excitatrice mn pour une tension moindre et en intercalant dans ie circuit une nouvelle résistance /% non inductive. M. G.
- Démarrage des moteurs d’induction.
- M. P. Dassenoy a proposé, pour permettre d’effectuer un démarrage progressif des moteurs d’induction sans consommation inutile d’énergie dans le circuit primaire, d’accoler au rotor du moteur une armature en métal magnétique sans bobinage, l’ensemble formé par cet armature et le rotor pouvant glisser le long de l’arbre moteur.
- Ce dispositif a pour but de permettre de régler le courant de démarrage sans emploi de résistances, bobines de self, etc.
- Soient (fig. i et a), i le stator d’un moteur à champ tournant et 3 le rotor en cage d’écureil ou en court-circuit. Ce rotor 3 est solidaire d’une armature 2 en tôle feuilletée qui ne porte pas de bobinage. L’ensemble 2, 3 est réuni à l’arbre moteur par un carré ou dispositif analogue, de façon à être solidaire de cet
- Fig. i. — Position ati repos.
- arbre en rotation, mais à pouvoir glisser longitudinalement sur lui. Ce déplacement se produit par exemple sous l’action d’une fourche en prise avec une gorge ménagée sur le rotor. Le tout est mis en jeu à la main, ou automatiquement.
- Le fonctionnement est le suivant :
- . Fig. a, —• Position de marche.
- Si, le moteur étant au repos et l’armature placée en face de l’inducteur i, comme l’indique la figure i, on ferme le circuit primaire, l’ensemble de l’armature et de l’inducteur se comporte comme une bobine de self : le courant absorbé est très faible. Si l’on déplace alors l’ensemble 2,3 dans la direction de la flèche, l’armature 2 sort peu à peu du champ inducteur, à mesure que le rotor 3 y pénètre. La valeur du courant absorbé par le stator s’accroît alors progressivement, ainsi que le couple moteur et le moteur démarre de lui-même. Une fois la période de démarrage terminée, l’induit est en face de l’inducteur et l’armature est complètement en dehors du cBamp magnétique, comme le montre la figure 2.
- (•) Brevet demandé le 25 juin 1910, n° 417 52g.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- La conservation des poteaux. Développement et état actuel de l’imprégnation au sublimé. — F.” Moll. — Hélios, 3 septembre 1911/
- L’imprégnation au sublimé ou cyanisation est un des procédés les plus importants d’imprégnation des poteaux télégraphiques, bois de construction, etc., tant à cause de son ancienneté qu’à cause de son développement. En Allemagne et en Autriche, où l’imprégnation est basée sur des études systématiques complètes ad point de vue scientifique, le nombre des poteaux cyanisés pour l’Administration des Télégraphes est d’environ 200000 par an. On peut même dire que, de tous les procédés d’imprégnation par des sels métalliques, la cÿanisation est actuellement le seul qui ait encore de l’importance à côté de la protection par la créosote. Les procédés qui emploient la créosote ont fait l’objet récemment d’articles très complets (*). M. F. Moll décrit, comme suite en quelque sorte à ces articles, le développement de la cyanisation-
- Cette question a pris ces derniérs temps une importance particulière à la suite de la construction en Autriche de plusieurs usines spéciales et de l’adoption des mâts cyanisés par l’Administration Impériale et Royale des Télégraphes.
- HISTORIQUE
- La première notice précise sur l’emploi du bichlo-rure de mercure pour la protection du bois a été publiée en i^o5, c’est-à-dire il y a plus de 200 ans. Le médecin français Homberg, qui employait depuis longtemps avec succès ce sel pour la conservation de ses préparations anatomiques,[conseilla à un ébéniste qui lui avait demandé conseil d’employer également le sublimé. Il résulte des rapports du chef de construction des vaisseaux de la Marine française du Hamel de Monceau (i^5o) que ce procédé eut depuis une vogue toujours croissante dans la petite industrie.
- En 1730, Basten eut l’idée de mélanger au sublimé
- (') Asphalt-il. Teerindustriezeitung, 1907, ü° 16-18, —Zeitschrift f. Post u. Télégraphié 1909, n° 15-18.
- des sels arsenicaux. Cependant, ce n’est que 100 ans plus tard qu’eut lieu le pas décisif, lorsque le 3i mars 1832, le chimiste Kyan prit un brevet (N° 46 43») pour la conservation des bois de toutes sortes par le sublimé corrosif. Cette découverte eut lieu à l’époquë où les sciencès naturelles commençaient à prendre lèur essor extraordinaire* et il est très intéressant de trouver comme parrains de cette nouvelle découverte des hommes dont les noms sont connus dans l’histoire de la botanique ét de la chimie.
- En i8i3, Berzéliüs avait découvert l’albumine dans les végétaux.' D’après les anciens principes chimiques, plus fin corps était un composé complexe, plus il devait être facile de le décomposer en ses éléments. Or, l’albumine devait être, d’après les idées en cours à cette époque, un corps beaucoup plus complexe que le bois. Elle devait donc être aussi un corps particulièrement facile à décomposer en ses éléments. On admettait à cette époque que la production des champignons n’était'qu’un phénomène accessoire de la pourriture. Par conséquent, s’il avait été possible de séparer l’albumine du bois ou de la rendre insoluble, il semblait qu’on serait arrivé à arrêter la pourriture du bois. Cette manière de voir était confirmée par l’observation faite par sir Humphrey Davis que le sublimé arrêtait la décomposition des débris animaux. En effet, comme il était certain dans ce cas que c’était l’albumine qui causait la décomposition rapide, on était amené à conclure que, puisque les plantes contenaient aussi de l’albumine, c’est elle également qui en causait la pourriture et que là aussi le sublimé pourrait arrêter la décomposition.
- Partant de ce raisonnement, Kyan commença en 1812 ses recherches systématiques sur la. protection du bois. Il trouva tout d’abord que l’albumine était précipitée de ses solutions par le sublimé et que ce sel se réduisait en chlorure de mercure en mettant en liberté une partie de chlore. L’adjonction, de sublimé à des solutions sucrées ou acides protégeait ces dernières pendant trois ans contre toute modification. î
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- Comme les essais avec du bois avaient donné également de bons résultats, le sublimé fut proposé en i8ai à l’Amirauté par Lukis et M. Knowles pour la conservation du bois des navires. Mais l’Amirauté attendit' encore 12 ans pour adopter ce procédé après un contrôle minutieux de sa valeur. Après que, en 1832, Kyan se fut assuré les droits de l'invention par un brevet, 011 effectua, de i832 à i836, à l’arsenal de Woolwich, sous la direction du célèbre physicien Faraday et du capitaine Alderson, des essais de grande étendue qui donnèrent satisfaction. Des bois, des voiles, dés câbles préparés par Kyan furent jetés avec des bois non préparés dans la célèbre cave aux . champignons de l’arsenal, sorte dé grande fosse aux résidus et, tandis que toutes les pièces brutes étaient pourries complètement au bout de peu de temps, les matériaux préparés par Kyan ne présentaient pas trace d’attaque, même après cinq années d’immersion.
- Ensuite, Kyan entreprit l’assainissement de maisons attaquées par la pourriture, qui confirmèrent également la valeur de son invention et enfin il construisit les premiers bassins pour l’imprégnation en grand. Les bassins, de 7 à 20 mètres de longueur, furent tous d’abord construits entièrement en bois. Il y en avait trois à Londres, au Pimlico, au Kanal-doch (pour les bois de construction de bateaux) et au centre de la ville à City Road.
- Il est intéressant pour les pays continentaux, de voir que, dans lès premières publications sur cette invention, c’est toujours son importance au point de vue de la flotte, orgueil de l’Angleterre, qui est citée en première ligne. Il semble qu’à côté de cette utilisation, toutes les autres doivent céder le pas. Pour répondre aux objections qui étaient soulevées à ce moment déjà à cause des propriétés toxiques du sublimé, et surtout pour détruire la légende du dégagement de gaz délétères, on construisit à Cowes, en 1837, le bateau Samuel-Enderby de 420 tonneaux, tout entier en bois cyanisé et équipé de voilés, cordages, etc., traités également par ce procédé. Malgré un été exceptionnellement chaud, la santé des ouvriers employés à sa construction a été excellente et on n’a observé aucun inconvénient à bord pendant toute la durée d’un long voyage dans les mers du Sud. Le professeur Faraday dit, avec raison semble-t-il, que la suppression de la pourriture du bois doit certainement purifier l’air et qu’on devrait s’attendre par suite à ce que les conditions hygiéniques soient améliorées dans des locaux construits en bois injectés.
- La durée de l’imprégnation et la concentration de la liqueur varièrent beaucoup au début. Kyan prit tout d’abord une solution d’une partie de sublimé pour 40 parties d’eau dans laquelle il laissait le bois pendant huit jours. Plus tard (1842) il descendit à une solution de 1 : 90 et même 1 : i5o. C’est cette dernière teneur qui est maintenant généralement adoptée. La consommation de sel est alors de o,55 kilogramme par mètre cube de bois.
- Pour augmenter la profondeur de pénétration et par suite l’effet utile, Kyan comprimait déjà la liqueur sous une pression de 100 livres par pouce carré, soit environ 7 atmosphères, dans des récipients fermés. Mais les récipients qu’il employait paraissent n’avoir pas duré longtemps. La teneur de la liqueur était de 1 : i5o et la consommation était en moyenne de 80 litres par mètre cube de bois, soit un demi-kilogramme de sublimé. Les prix indiqués pour des traverses de chemin de fer sont, par mètre cube, de 22 couronnes pour le bois et 9 couronnes pour l’imprégnation. lie prix du -sublimé est indiqué à 470 couronnes les 100 kilogrammes. Les indications de prix provenant de cettè époque oscillent entre 9 et 17 couronnes par mètre cube pour l’imprégnation. (La couronne vaut à peu près un franc).
- En gros, ces prix ne sont pas notablement différents de ceux que l’on paye actuellement, de même que le sublimé est resté dans ces 80 dernières années entre 5oo et 700 couronnes par 100 kilogrammes sauf pendant la guerre 1870-71.
- De 1840 à 1846, un grand nombre de Compagnies de chemins de fer anglaises et américaines posèrent des quantités de traverses cyanisées et les rapports relatifs à leur durée sont très favorables, sauf une seule exception (Philadelphia-Reading-Bahn N. A.-, Great Western Railway, Angleterre).
- Après la mort de Kyan, c’est Bethell qui reprit les établissements. Il venait justement de prendre son brevet sur l'emploi de la créosote et de lancer son procédé en grand dans la pratique. Il était donc naturel qu’il dût préférer son propre brevet et que la cyanisation dût perdre beaucoup de son importance sous sa direction On rencontre en effet bientôt des notices disant que M. Bethell livre des traverses imprégnées de créosote, et aussi sur demande spéciale d’après le procédé Kyan. La dernière annonce de cette nature date de 1873. A partir de cette date la cyanisation semble être complètement tombée dans l’oubli en Angleterre. Ainsi ce procédé qui était apparu sous d’aussi heureux auspices subit une
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- fin prématurée dans le pays qui l’avait vu naître, non pas à cause de résultats défavorables ni d’espéranceS trompées, mais par suite d’une combinaison d’affaires spéciale. «
- Une autre chose peut également avoir précipité ce phénomène, c’est l’opposition faite à ce procédé par le célèbre ingénieur StepheUson qui se trouvait alors à l’apogée de sa gloire.
- En Allemagne, au contraire, ort s’est intéressé à cette nouvelle invention dès la publication du brevet, et c’est ici que celle-ci a été perfectionnée jusqu’à son état actuel. (Il convient de remarquer que dans les documents provenant des années i85o à 1860, le mot «cyanisation» est employé pour tous les procédés d’imprégnation, que ce soit au sublimé, à la créosote ou au chlorure de zinc.)
- C’est la direction des Chemins de fer badois qui fit la première depuis i838 des essais en grand. Ces essais ont donné de bons résultats (pendant une durée de 20 ans il n’y a pas eu une seule traverse à changer par. suite de pourriture) entre Mannheim et Heidelberg et, après un arrêt de quelques années, le procédé fut adopté d’une façon complète en i858. En 1870, les chemins de fer de la Hesse supérieure l’adoptèrent, en 1868, les chemins de fer de l’Etat bavarois, puis le Ludwigsbahn hessois et toute une série de petites compagnies. Les publications faites par ces compagnies indiquent pour les traverses cyanisée une durée de 16,8 à 18,4 années. Les demandes toujours croissantes ont amené un certain nombre d’usines à créer des ateliers de cyanisation, à Fribourg (1873), à Ummendorf et à Eichels-dorf en Hesse ; à Gaulsheim près de Bingen ; à Als-feld, en Hesse; à Gernsbach et Ahlen (Bade), ainsi que l’Administration bavaroise à Kirchsen, enfin comme usine la plus récente, celle installée à Küs-trio a. W. en 1908. En Autriche, une usine a été installée en 1910 à Pilsen et une autre cette année à Kârnten. D’autres sont encore en construction ou en projet.
- Les premières installations sont encore relativement petites et construites tout entières en bois, elles se rapprochent beaucoup de la construction primitive de Kyan.
- C’est ainsi que les lignes badoises avaient une installation avec quatre bassins en bois de chacun
- 7 mètres de longueur 1,35 mètre de profondeur et à,55 mètres de largeur, qui pouvaient livrer par an
- 8 000 traverses. Les parois des bassins étaient constituées par des poutres de pin de i5 à 16 centimètres, assemblées et rendues étanches par un mastic
- composé d’une partie d’huile de lin, d’une partie de cire et deux parties de résine, En outre, tous les mètres, de forts boulons en fer de 20 millimètres servaient à renforcer l’ensemble. Avant cela, on employait simplement , des cuves en bois, mais celles-ci étaient difficiles à conserver étanches, elles étaient chères et rendaient le travail pénible.
- L’installation comportait encore une pompe en bois, un tonneau de dissolution en chêne et une caisse de construction spéciale étanche à là poüs-' .sière pour conserver le sel. Les frais d’installation, non compris les bâtiments ni le terrain sont indiqués comme s’étant élevés à 6 000 francs environ.
- Dans, une installation plus récente, en bois, le fond a été renforcé avec du ciment. Par côntre, les nouvelles installations de quelque importance sont construites entièrement en ciment. C’est ainsi que l’un des établissements les plus récents, qui sera d’ailleurs décrit dans la suite, comporte quatre bassins de chacun 25 mètres de long, 4 mètres de large et 1,60 mètre de profondeur. Entre les deux rangées de bassins, se trouve pratiqué dans le sol un tunnel. Après usage, la solution s’écoule des bassins dans ce tunnel par des soupapes en terre glaise et elle reste dans ce tunnel jusqu'à la prochaine opération. Le tunnel se termine par un puisard. Pour un nouvel emploi la solution est reprise dans ce puisard par une pompe insensible aux’acides et amenée aux bassins.
- Ces pompes sont des pompes centrifuges en argile cuite.
- PElIl'ECTIONNEMENTS ACTUELS
- Himmelsbach a cherché à lever la difficulté provenant du fait que la solution de sublimé attaque toutes les pompes métalliques en fermant le tunnel d’une façon étanche et en élevant la solution au moyen d’air comprimé. Mais cette disposition nécessite une construction très solide du tunnel. Les parois des bassins présentent, tous les 2 mètres environ, des piliers dans lesquels sont encastrées de fortes boucles en fer dans lesquelles on pose, en service, de lourdes poutres en bois pour empêcher que les bois à traiter qui sont dans le bassin ne viennent nager à la surface quand on pompe de la solution dans le bassin.
- Sur les petits côtés de l’un des bâtiments se trouvent, à un bout le bureau avec le laboratoire, à l’autre bout la salle des machines. Cette dernière comprend essentiellement la machine à vapeur, les
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- pompes à eau, à solution et à air. La pompe à air sert à brasser de temps en temps la solution dans les bassins, grâce à une tuyauterie spéciale, allant à chaque bassin. Dans un local fermé se trouve un tonneau transportable dans lequel s’effectue la solution du sublimé dans l’eau, en le chauffant au moyen d’un réchauffeur à vapeur; puis cette solution est versée dans les bassins suivant les besoins.
- Des cabinets d’aisances et un lavabo avec bain d’eau chaude pour les ouvriers complètent l’installation.
- Une voie de chemin de fer à voie étroite passe dans les halles, entre les bassins et relie ceux-ci aux magasins, aux dépôts et aux quais d’embarquement.
- Les opérations pour l'imprégnation sont les suivantes : les bois sont auparavant convenablement séchés et complètement séparés, les poteaux pour la téléphonie et la télégraphie sont débarrassés de l’écorce et du liber, et soigneusement pelés. Ensuite ces bois sont placés par. couches successives dans les bassins, les poutres de fixation sont placées dans leurs crochets et le bassin est alors rempli de solution jusqu’à ce que tous les bois soient bien recouverts. Suivant la nature des bois ou la demande, les bois restent de 5 à 14 jours dans les bassins.
- On peut admettre que le bois de pin bien sec absorbe en huit jours une quantité de liquide égale à environ io % de son volume.
- Il se produit à ce propos un phénomène spécial, c’est que la quantité de sublimé absorbé par le bois est supérieure à celle qui correspondrait à la quantité de solution absorbée. La consommation en sublimé est de environ i kilogramme par mètre cube de bois. Gomme par suite de ce phénomène la concentration de la solution dans les bassins diminue constamment, il faut de temps en temps rajouter du sel. Le contrôle de la solution se fait toujours par l’iodure de potassium. Lorsque la durée prescrite d’immersion est écoulée, la solution est évacuée dans le tunnel par les soupapes du fond des bassins et les bois sont transportés, pour sécher dans les dépôts.
- Quand on examine une coupe longitudinale dans du bois de pin, avec un grossissement de aoo, on voit que les différentes cellules du bois sont en communication les unes avec les autres par de petits orifices microscopiques situés dans leurs parois. C’est par là que la solution pénètre dans le bois. La plus grande partie est absorbée peu à peu par les parois elles-mêmes et par suite le sel se trouveen liaison absolument intime avec les tissus
- du bois. A cela s’ajouté encore le fait que, pendant le séchage, sous l’influence de la lumière, le sublimé se réduit dans les couches supérieures et se transforme en chlorure de mercure (calomel) beaucoup plus difficilement soluble que le sublimé, et qui ne lui est pas beaucoup inférieur en ce qui concerne les propriétés antiseptiques. La profondeur jusqu’à làquelle la solution pénètre dans le bois dépend beaucoup des propriétés particulière's du bois. Un bois résineux à grain serré, oppose en général beaucoup plus de résistance au passage de la solution qu’un bois léger, poussé en terrain marécageux. Le noyau est considéré comme pratiquement impossible à imprégner. Pourtant il s’imprègne encore en moyenne deux ou trois anneaux.
- Il est très important de n’imprégner que du bois parfaitement sec. Les fissures sont partout bordées de parties protégées parla solution. Dans le procédé Boucherie, dans lequel on imprègne du bois vert, les fissures présentent toujours des parties dénudées et non protégées.
- Gomme le sel est absorbé d’une façon particulièrement ferme par les fibres, il est aussi très difficile de l’en retirer. Le bateau cité plus haut : Samuel-Enderby, a donné de ce fait une preuve aussi nette que possible. Après son voyage de trois mois, l’eau qui s’était rassemblée au fond de la coque fut analysée chimiquement et, à l'étonnement général, elle fut trouvée absolument pure de tout sublimé. L’évaporation du sel dont parlent souvent dans leurs réelamesdes marchands de produits secrets destinés à l’empêcher, est un non-sens au point de vue chimique. Il est vrai que le sublimé, à l’état très divisé, est réduit, comme il a été dit plus haut. Mais la quantité de chlore qui est dégagée alors est si minime que personne n’a jamais pu rien en remarquer. C’est seulement la coloration blanchâtre qui se produit sur le bois, au séchage, après plusieurs semaines qui montre cette transformation.
- Il y a quelques années, on a publié dans la presse technique des rapports sur des empoisonnements qui auraient été causés par l’imprégnation au sublimé. Il s’agissait e.n réalité d’un produit nommé mycothanaton. Ainsi que l’a montré l’analyse, ce corps ne contient, par litre, que 14 grammes de sublimé, mais par contre 5oo gramfnes d’acide chlorhydrique concentré. Un examen attentif des brûlures produites aurait certainement montré qu’elles étaient causées par l’acide. Pour protégerabsolu-ment la peau, dans le cas de travail dans une solution de sublimé à i % , il est certainement bien suffi-
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- sant d’employer une légère couche de vaseline. Pouf se protéger contre les empoisonnements qui, après tout, ne sont pas absolument hors du domaine des choses possibles, il serait bon de faire en sorte que l’on puisse toujours se procurer facilement du lait frais ou des œufs. L’homme qui effectue la dissolution du sel, boit après son travail de l’eau sucrée pour combattre l’impression de brûlure qu'il resseût souvent dans fa gorge. Avant tout, il faut que tous les individus qui ont affaire au bois imprégné tant que celui-ci n’est pas complètement sec, se lavent avec le plus grand soin. Si les ouvriers sont quelque peu propres, il doit être impossible qu’il leur survienne une tare professionnelle.
- .lusqu’à ces dernières années, on n’était pas très bien fixé sur les raisons de la grande influence du sublimé. Kyan le premier essaya d’en donner une explication scientifique. A notre point de vue actuel, nous sommes obligés de dire : malheureusement. En effet, précisément l’hypothèse qu’il avait admise, et soutenue avec une certaine habileté, de la coagulation de l’albumine, s’est montrée plus tard l’un des pires obstacles à de nouveaux progrès.
- Il ne s’agit pas de coaguler de l’albumine, mais, à proprement parler, d’empoisonner tous les organismes qui détruisent le bois. Des sels inoffensifs auraient suffi pour obtenir le premier résultat, on aurait pu même se contenter de chauffer le bois.
- L’action énergique du sublimé provient au contraire de ce que c’est un poison violent pour les plantes. Dans son action, l’électrochimie joue un grand rôle.
- Si l’on excepte les sels d’argent, le sublimé est le poison le plus violent pour les végétaux. Ce n’est que pour une dissolution de plus de i : 100000 qu’on observe l’action inverse, celle qui se produit par exemple avec le sulfate de cuivre au i : 4 ooo, c’est-à-dire que pour des teneurs comprises entre i : ioo ooo et i : i ooo ooo le sublimé active la croissance des végétaux. Au-dessous de cette teneur il n’a plus aucune espèce d’action. Cela explique l’observation citée souvent dans les journaux spéciaux, que les plantes ont une croissance exceptionnellement rapide dans des caisses cyanisées. Par suite de l’humidité, des traces de sublimé sont libérées et absorbées par les plantes.
- Les chemins de fer de l’Etal badois qui emploient ce procédé depuis i838 n’ont pas eu une seule traverse pourrie à remplacer de 1846 à 1866, si bien qu’en 1858 ils n’employaient encore que des traverses injectées. Ils ne changèrent leur procédé que
- lorsque l’Administration put employer avec succès des traverses en fer (i88o).Les frais d’imprégnation étaient par mètre cube d’environ ii fr. a5 de monnaie actuelle.
- On voit dans le rapport des chemins de fer de la Hesse supérieure de l’année 1884 que depuis la fondation (1870) il avait fallu changer environ 68 % des traverses en chêne brut contre i'3 % des traverses injectées. Dans le rapport de 189a, ces chemins de fer estiment à 18,4 ans la durée de ces traverses.
- La direction générale des chemins de fer royaux de l’Etat de Bavière donne à la même époque comme durée des traverses injectées 16,8 années. Dans les dix premières années, 1868 à 1898, il n’y avait eu aucune traverse pourrie à changer.
- En se basant sur ces observations et sur quelques autres, on a pu, dans la grande statistique de ipofi. fixer à 17 ans la durée moyenne des poteaux cya-nisés. Cette valeur concorde avec celles citées plus haut et peut être considérée actuellement ‘comme la plus exacte.
- Comme les rapports indiquent pour les poteaux en pin brut une durée moyenne de six à huit ans, on voit que l’imprégnation en sublimé permet de doubler et même de tripler leur durée. Les frais par mètre cube de bois et par an sont d’environ 6 fr. 20 pour les poteaux bruts, tandis que, pour les poteaux imprégnés, ils sont de 3 fr. 80. Par contre, des bois imprégnés d’après le procédé Hasselmann durèrent moins longtemps que des poteaux en bois brut.
- Les considérations précédentes montrent nettement l’importance de la cyanisation.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Dans un article sur la situation de l’industrie électrotechnique, en Allemagne, l Elehtrotechnische Zef&vc/i/v/î! fait ressortirquelques chiffres statistiques qui donnent à penser que la marche des affaires, dans cette industrie, y a été plus active dans le premier trimestre dei9ii que dans le second. Cette appréciation est basée, notamment, sur la variation de l’offre et de la demande sur le marché du travail. Pour 100 places offertes, il y avait en moyenne, en janvier : 281 demandes, en février 337, mais en mars 199; tandis qu’en avril, mai et juin, les chiffres correspondants sont, 243, 299 et 234. L’écart, entre les demandes de janvier et celles de juin est de 27; mais il était allé jusqu’à 82 entre janvier et
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- mars. Dans la première moitié de 1910, les demandes qui s’élevaient en janvier à 379 pour 100 places, passaient en février et mai par deux maxirna, ce dernier très élevé à 523 pour retomber en juin à 283. L’année 1910 marquait donc une grande irrégularité dans le marché du travail, et il est bien exact de dire que le premier trimestre de 1911, voir même le premier semestre, a donné lieu à une reprise des affaires. L’importance de l’exploitation pour les mêmes périodes, corrobore ces chiffres. Dans la première moitié de 1911, elles sont supérieures de 9,5 % à celle de la période correspondante de 1910. On constate depuis 1907 une augmentation progressive de ce chiffre qui passe de -3oi 54o à 457 5i8. La concurrence étrangère sur le marché intérieur est insignifiante, par rapport à ce chiffre.
- Le revenu des différentes sociétés qui rendent compte de leur bilan dans le premier semestre de i9ii,.pour l’année écoulée, n’est point aussi favo' rable que celui des années précédentes. Trente-deux sociétés ayant un capital de 236 790 mille marks, ont publié leurs rapports. En moyenne, le dividende distribué est de 9 % contre 10,3 % pour l’année précédente. Malgré cela, les actions des plus importantes entreprises ont été plutôt favorisées en Bourse. Le tableau ci-dessous nous donne, pour 1910 et 1911 le mouvement des cours moyens de ces valeurs au dernier jour du mois :
- 1910 1911
- en mille mark en mille mark
- Janvier............... 196 890 ao5 56o
- Février............... 196 33o 208 020
- Mars.................. 199 g3o 209 000
- Avril,................ 2o3 370 209 5oo
- Mai................... 20G 45° 209 180
- Juin,................. 199 56o 209 o5o
- Juillet............... 199 810 208 090
- Le niveau des cours était donc de 4,14 % plus élevé fin juillet 1911 que fin‘juillet 1910 et, en six mois de 1911, ils avaient progressé de 1,26 %. •Enfin, dans les premiers six mois de l’année en cours, 32 54o mille marks ont été investis dans l’industrie électrique au lieu de 16 690 mille marks en 1910. Sur cette somme, 18 25o mille marks ont été souscrits pour des augmentations de capital et la différence, soit 14290 mille marks consacrés à la fondation de nouvelles sociétés.
- Cet aperçu de l’état de l’industrie électrotechni-
- nique allemande nous a paru intéressant à relever au moment où ses diplomates et commerçants disputent si àprement pour la recherche de débouchés commerciaux. La France est malheureusement tributaire, des constructeurs allemands, elle se laisse même pénétrer par leurs capitaux qui contribuent à la constitution de sociétés d’exploitation et garantissent, par leur prépondérance, la commande du matériel électrique à leurs détenteurs. Les causes de cette situation sont multiples : on peut citer, en premier lieu, la crainte de l’impôt sur les revenus qui fait fuir l’argent de France et se réfugier dans les banques allemandes ; en second lieu, le désintéressement du public français et des banques françaises pour les entreprises moyennes qui ne procurent de revenus aux uns qu’à longue échéance et de commissions aux autres qu’en trop faible proportion. Le fisc retrouve un peu sa part par l'incidence des droits de douane, mais il perd bien davantage par l’absence de circulation de multiples capitaux^ par la réduction des échanges commerciaux indigènes. Quant au public et aux banques, ils laissent passer des occasions de remplois de leurs disponibilités que l’avenir justifiera comme très intéressants.
- Les capitaux allemands et suisses se sont unis sous le couvert de la Société des Forces motrices du Haut-Rhin, pour établir à Kembs, sur le Rhin, une station hydroélectrique de 45 000 chevaux. La Société en est encore aux études préliminaires, mais elle se propose de créer un réseau de distribution d’énergie sur les deux rives du Rhin, en Haute-Alsace et dans le duché de Bade où, dès maintenant, la station centrale de Mulhouse et l’usine de Rheinfelden alimentent quelques centres.
- Les Tramways électriques Lille-Roubaix-Tourcoing sont entrés, en 1910, dans la période d’exploitation. Toutes les lignes concédées ne sont point encore en exploitation : l’exercice écoulé se présente cependant avec un solde de bénéfice net de 5o8 155 francs. Les recettes d’exploitation se sont élevées à 1 375 164 francs contre 402 496 francs en 1909, et les bénéfices d’exploitation à 545 980 francs contre 90 461. Après déduction des charges et frais généraux divers, le bénéfice net s’établit à 5o8 5i6fr. Un dividende de 4 % , ou 10 francs, sera réparti aux actions absorbant 480 000 francs ; la réserve légale recevra 25 407 francs et 2 748 francs seront reportés à nouveau.
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- LA
- LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2* $teie)vS
- Hrdil
- Les deux bilans résumés de 1909 et 1910 se pré* sentent comme ci-dessous :
- 1910
- 12 294 3o8
- i63 713 477 433 a46 653
- 13 182 107
- 12 000 000
- 673 952 5o8 i55
- 13 182 107
- D’un exercice à l’autre, les créditeurs ont diminué de 5o %, le matériel, en magasin, a augmenté de 77 % et les disponibilités ont peu varié. Si l’on tient compte delà différence de 149 212 francs au compte des débiteurs, on constate une grande amélioration dans la situation de trésorerie de la Société. «
- Le rapport de la Banque pour entreprises électrique de Zurich, que nous analysions dans le dernier numéro se plaignait du grand retard apporté par les autorités suisses dans l’étude des chemins de fer électriques. Aux Etats-Unis, des premiers à se lancer dans l’étude et la réalisation de ce nouveau mode de traction, ils persistent à conserver leur
- actif >909
- Immobilisé.............. 12 075 777
- Réalisable: actionnaires. 541 3i2
- — magasins.... 92 432
- —- débiteurs... 3a8 221
- Disponible.............. a5g 711
- i3 297 453
- PASSIF
- Envers la Société : Ca-
- pital................... 12 000 000
- Envers les tiers : Créditeurs..................... 1 297 453
- Bénéfices ................
- 1.3 297 453
- avance. La Southern-Pacific-Electric-Railway vient de se créer au capital de 5oo millions de francs, en vue de fusionner diverses sociétés de tramways électriques interurbains du côté du Pacifique et de créer des extensions dont la dépense est évaluée à i5o millions de dollars.
- La Société de Constructions Electriques, à Nancy, annonce pour 1910-1911 un dividende de 5 % par aetion comme pour l’exercice précédent. L’assemblée, convoquée à titre extraordinaire, sera, en outre, appelée à statuer sur l’augmentation du capital qui serait porté de 1 à 2 millions.
- De leur côté, les actionnaires des Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de- l’Est ratifient, à titre provisoire, faute de quorum, l’augmentation de capital proposée par le Conseil. Ils se sont réunis le i5 courant, la Société Parisienne pour l’Industrie des Chemins de fer et Tramways électriques et la Compagnie Générale de Railways et d’Electricité, remplissant les fonctions de scrutateurs : le capital social est désormais .fixé à a5 millions divisé en 100000 actions de a5o francs chacune. Le premier quart des nouvelles actions et la prime de i5o francs ont été reconnus régulièrement versés, et M. P. Chautàrd, ancien député, a été nommé membre du Conseil. Les nouveaux capitaux doivent servir, comme on le sait, à une augmentation des ateliers qui sont actuellement dans l’impossibilité de satisfaire aux demandes de la clientèle.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Meurthe-et-Moselle. — La Circulaire Renauld annonce que le service des ponts et chaussées de Meurthe-et-Moselle demande à l’administration de décider l'installation, au tunnel de Poug et sur 5 kilomètres aux abords, du procédé de halage électrique expérimenté à l’écluse de Jarville par la Compagnie Générale Electrique. Le courant serait fourni par la Compagnie Lorraine d’électricité.
- Cet intéressant essai qui pourrait fonctionner dès 1912 permettrait de mettre au point le nouveau procédé et conduirait, on l’espère, à son adoption définitive sur
- tous les biefs du canal arrivés à leur maximum de capacité, notamment pour la branche Demange-Dombasle.
- Belgique. — La Compagnie des Tramways Bruxellois projette l’établissement dé deux nouvelles lignes de tramways : i° de la gare du Luxembourg la place Dailly, 2» de la rue de la Loi à Woluwe-Saint-Lamberl.
- ÉCLAIRAGE
- Meurthe-et-Moselle. — La Compagnie Générale d’Electricité,d’après la Circulaire Renauld, est entrain d’installer à la station de Nancy, la nouvelle turbo-dynamo
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- 23 Septembre 1911.
- de 7 5oo kilowatts livrée par la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques. L’usine disposera ainsi d'une puissance de 20 000 kilowatts, et sera arrivée â la limite de sa capacité.
- Les deux postes transformateurs de Lunéville et Cho-loy sont en construction et la ligne primaire dans ces deux directions est en montage.
- "Haute-Marne. — La So.ciété de Meuse et Marne a déterminé l’emplacement de son usine à Saint-Dizier ; elle a commandé son matériel qui sera monté pendant l’hiver. L’emplacement de la sous-station de raccordement avec le réseau de la Compagnie Lorraine a été également lixé à proximité de Ligny-en-Barrois. De sôrte que la Société sera en mesure de livrer le courant dans les premiers mois de içjia, aux trois départements : la Meuse, la Marne et la Haute-Marne.
- DIVERS
- Arrêté du 1er septembre 1911 concernant les frais de contrôle des distributions d’énergie électrique.
- Les frais de contrôle dus à l’Etat par les entrepreneurs de distribution d’énergie électrique, établies en vertu de permissions ou de concessions, sont fixés, pour l’année 1911, à 10 francs par kilomètre de ligne pour les distributions soumises au contrôle exclusif de l’Etat et à 5 francs par kilomètre de ligne pour les distributions soumises au contrôle des municipalités sous l’autorité du ministre des Travaux publics, des Postes et Télégraphes.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Compagnie Supra Electrique. — Durée : 99 ans. — Capital : 1.200 000 francs. — Siège social : 31, rue Daru, Paris.
- . Société Internationale de la lampe électrique 0. R. — Durée : 99 ans. — Capital : 4000000 francs. — Siège social : 75, boulevard Haussmann, Paris,
- CONVOCATIONS
- Compagnie pour la fabrication des compteurs et matériel d'usines à gaz. — Le 29 septembre, 27, rue Claude-Vellefaux, à Paris.
- L'Electricité Moderne. — Le 3> septembre, 6, rue de Castellane, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- I
- Prochainement aux chemins de fer de l’Etat, 4a, rue , de Châteaudun, Paris, conpours pour l’exécution des 1
- travaux de construction du bâtiment d’une sous-station de traction, d’éclairage et de transport de force, à la gare de l’avenue du Bois-de-Boulogne.
- Les concurrents qui désirent prendre part à ce concours doivent en adresser dès â présent la demande par lettre recommandée, au chef du service de la voie et des bâtiments, rue de Londres, 49> à Paris.
- Les chemins de fer de l’Etat à Paris se proposent de faire l’acquisition du matériel électrique et mécanique destiné à l’usine de Bezons. •
- S’adresser, pour tous renseignements sur cette com-. mande, au service électrique, 43, rue de Rome, à Paris.
- Les constructeurs français qui désireraient prendre part à cette fourniture devront adresser leurs propositions, avant le i5 novembre 1911, à M. Maison, chef du ; service du matériel et de la traction, 44, rue de Rome, à Paris (8e).
- Le i«r octobre, à la mairie de Bordeaux, création d’une usine de secours à l’établissement du service des eaux. Concours pour la fourniture et l'installation de deux pompes électriques.
- Ij.es constructeurs qui voudront prendre part au concours devront déposer, avant le ier octobre prochain, à la mairie de Bordeaux (division des travaux publics, ire section), leur demande d’admissibilité accompagnée de pièces justillcatives et certificats constatant qu’ils sont en mesure d'exécuter les travaux conformément aux règles de l'art.
- Les concurrents admis recevront le programme-cahier des charges du concours.
- Le 14 octobre, à la préfecture de Dijon (Côte-d’Or), construction de la ligne de tramways de Saint-Seine-l’Abbaye à Àignay-le-Duc, entre Saint-Seine-l’Abbaye et la gare de Lamargelle. Mont. 5i 667 61. A val. 6 332 39. Toi. 58 000. Caul. 1 900.
- Les soumissions devront parvenir sous pli recommandé le jeudi 12 octobre, 4 heures du soir.
- Visa, dix jours avant l’adjudication, par M. Galliot, ingénieur en chef, 38, rue du Château, Dijon.
- Rens. dans les bureaux de la préfecture et de M. Moreau, ingénieur, 38, rue du Château, à Dijon.
- PAYS-BAS
- Le 16 octobre 1911, à l’hôtel de ville de Leenwarden, adjudication de la fourniture et de la pose du matériel pour distribution électrique, dans ladite ville.
- On peut se procurer les cahiers des charges et dessins, relatifs à cette adjudication, auprès de M. J.-C. Bellaar Spruyt, à Maastricht, moyennant versement d’une somme de a florins.
- BELGIQUE
- Le 5 octobre, à 11 heures, à l’hôtel communal, à
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- LÀ LUMIÈRE ÉLECTRIQUÎÉp* T. XV (2‘ Sérle)."^- M*88>
- Ixelles-lez-Bruxelles, raccordement d’une batterie d’accumulateurs électriques à la sous-station de Ten-Bosch, caut. : 5oo francs ; cahier des charges et plans : a francs. Soumissions recommandées le 2 octobre.
- Le 11 octobre, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, construction des voies des lignes électriques de Malines, 34 040 fr. 5o; caut. : 3 000 francs. Soumissions recommandées le 10 octobre.
- - \ ESPAGNE
- Le 29 septembre, à n heures, à la municipalité de Grazalema, adjudication de l’éclairage électrique pour vingt années, sur la base d’une redevance annuelle de 3 000 pesetas.
- ! ITALIE
- Le 3 octobre, aux chemins de fer de l’Etat italien, à Rome, fourniture de grues électriques fixes pour le port de Livourne (adjudication internationale).
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS ;
- FRANCE
- 29 septembre. —Au sous-secrétariat des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de fil de cuivre recouvert de caoutchouc et de coton ignifugé (6 lots).
- i-er à 5* lot. — 100 kilogrammes de fil de cuivre recouvert de caoutchouc et de coton ignifugé à 2 conducteurs.
- 6e lot. — 70 kilogrammes de fil de cuivre recouvert de caoutchouc et de coton ignifugé à 3 conducteurs.
- Société industrielle des téléphones, Ier lot, 139; 2e, i34 ; 3®, 129; 4», 124; 5e, 119; 6®, 191. — La Canali-
- r-. . .
- sation Electrique,^ ®r et 2e, g5 ; 3e g5 ; 4® et 5°, 9$,' 6e, i35.— Grathroont, 3®, 142; 4e» i33; 5®, ia5. — Alliot et Roll, 4e) i4o> 6®, 2io, — Jarriant jeune, 4° et 5®, i35.
- Geoffroy et Delore, à Clichy, adj. du i«r lot à 92, 2®, 92 ; 3e et 4®, 90; 5®, 88 et 6® à i35 (au sort).1
- 4 septembre. — A la mairie de Bordeaux, fourniture de câbles électriques à la Poudrerie nationale de Saint-, Médard.
- i“r lot. — 800 mètres câbles en cuivré nu, de haute conductibilité en fils étamés.
- Ateliers de constructions électriques du Nord et de l’Est, 2,20. — La Canalisation Electrique, 1,94. — Houry et Filleul-Brohy, 2,i5. — Grammont, 2i5.'“- I
- Société industrielle des téléphones, à Paris, udj. à 1,93 le kilogramme.
- 2® lot. — 740 mètres câbles à isolement fort.
- Non adjugé, les prix offerts étant supérieurs au maximum.
- BELGIQUE
- 14 septembre.— A la maison communale, à Ixelles-lez-Bruxelles, installation des pompes d’alimentation pour les chaudières à vapeur, d’un compresseur d’air, d’un ventilateur centrifuge et d’un groupe transformateur rotatif.pour la nouvelle centrale électrique à édifier chaussée de Boondael;
- Lot. A : Lembrée et Bertrand, à Wegnez-Ensival, 20 3oo francs ; G. Bia, à Bruxelles, 3i 38o; Wauquie'r et Ci0, à Lille, 35 822 ;
- Lot B : A.-E.-G. Union Electrique, à Bruxelles, 22 o34 francs; Société Anonyme Westinghouse, à Paris, 26 665 ; Ateliers de constructions électriques de Char-leroi, 34 oo5 ; Lemoine frères, à Dison. prix partiels.
- Pour éviter tout retard dans ia rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute aut^e communication, s’adresser aux bureaux de la Lumière Electrique.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B . Nouet.
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- SAMEDI 30 SEPTEMBRE 1911.
- Trente-troisième année.
- Lumière
- Tome XV (28 série). — N* 39.
- La
- Électrique
- P<r écédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ELECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 385. — J. Simey. Chronique de la traction électrique : Electrifications récentes p. 387.
- Extraits des publications périodiques. — Etude, construction et essais de machines. Rhéostat de démarrage pour l’essai de moteurs à courant continu de puissances différentes, H. Kôxig, p. 3g6. — La loi du phénomène de « couronne » et la rigidité diélectrique de l’air, W. Peeck, p. 398. — Correspondance, p. 4o3. — Variétés. Quelques nouveaux enseignements de l’inondation de 1910, p. 4o3. — Télégraphie sans fil et météorologie, p. 407. — L’Exposition d’Electricité de Boston (28 septembre-26 octobre 1912). p. 407. — Chronique industrielle et financière. Noies industrielles. Généralités sur la commande électrique des appareils de levage, p. 408. — Etudes économiques, p. 4*4- — Renseignements commerciaux, p. 4!6.
- ÉDITORIAL
- Après avoir, dans sa dernière Chronique de la traction électrique, exposé les avantages généraux de ce mode de traction par rapport à la traction à vapeur, M. J. Simey s’étend aujourd’hui avec quelques détails sur la description technique de quelques électrifications récentes.
- On sait que nous sommes, en France, à la veille de réalisations fort importantes dans le domaine de la traction électrique ; le moment est donc particulièrement propice d’examiner ce qui vient d’être fait à l’étranger.
- De grands efforts ont été faits en Allemagne, en Suisse.
- Sur la ligne Dessau-Bitterfeld, comme sur celle des Alpes Bernoises, qui relie Berne au Simplon par le célèbre tunnel du Lotschberg,
- c’est le courant monophasé qui a été adopté.
- On sait combien la lutte est vive actuellement entre les partisans des divers systèmes.
- Dans sa huitième session, .tenue en juillet 1910, le Congrès international des chemins de fer avait failli se prononcer formellement en faveur du courant monophasé à 4o/3 à 5o/3 périodes sous 10000 à i5ooo volts. Mais, finalement, après discussion, la balance a été tenue égale entre les divers systèmes par cette conclusion prudente qui fut seule adoptée :
- « Divers systèmes sont en présence et leur application respective est une question d’espèce. »
- Tandis que les discussions des techniciens trouvent un écho, par la presse quotidienne,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- jusque auprès du grand public, il nous paraît que le rôle d’une revue technique est de rassembler le plus possible de documents sur ce délicat problème et de les présenter avec une impartiale simplicité.
- Les essais de plate-forme exécutés sur des moteurs de puissances très diverses immobilisent souvent dans les ateliers de construction tout un jeu de rhéostats de puissances également variées. Il en résulte un certain encombrement que permet d’éviter le rhéostat de démarrage décrit par M. II. Kônig.
- Cet appareil est conçu de manière à fonctionner pour des puissances de i à 16 chevaux; il suffit alors d’en posséder par exemple trois types, adoptés aux tensions de i io, 220, 44o volts pour permettre une gamme d’essais très suffisante.
- L’étude du phénomène de couronne intéresse au plus haut point la technique des transmissions d’énergie.
- On sait qu’on appelle « couronne » cette lueur qui se manifeste autour des conducteurs à très haute tension. Quelles sont les lois de la production de cette lueur ?
- M. Peek cherche à les établir en synthétisant les résultats des essais effectués en |
- T. XV (2* Série). — N» 39.
- Amérique, depuis plusieurs années, par un comité compétent. Le mémoire de M. Peek est très développé, et notre analyse, bien que relativement longue, a dû se borner à en retracer les principaux traits.
- Le premier caractère de ces résultats d’expériences est la complexité : suivant le diamètre du câble, l’état de sa surface, le nombre des conducteurs qu’il contient, les conditions atmosphériques, etc..., il y a lieu d’apporter des corrections très délicates aux formules approximatives admises.
- Dans nos Variétés, nous avons cherché à rassembler, en faisant appel à des travaux de M. Guéry et de M. Lenain, les enseignements qu’il est aujourd’hui possible de tirer, au point de vue électi'otechnique, des ravages causés par Y inondation de 1910.
- Toutes les conséquences de ce désastre ont eu le temps de se développer, et les conclusions qu’on peut tirer à l’heure actuelle en sont d’autant mieux établies. Elles confirment entièrement celles que nous laissions entrevoir au lendemain même de l’inondation : c’est dire qu’elles sont bien faites pour augmenter notre confiance dans la bonne résistance du matériel électrique en général.
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- 30 Septembre 1911.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- CHRONIQUE DE LA TRACTION ÉLECTRIQUE
- ÉLECTRIFICATIONS RÉCENTES.
- Nous avons longuement exposé dans notre dernière chronique (*) les avantages que présente la traction électrique par rapport à la traction à vapeur. Il nous a paru intéressant de donner aujourd’hui quelques indications sommaires sur l’état de la traction électrique en Europe.
- C’est actuellement en Suisse et dans l’Italie du Nord que ce mode de traction semble avoir pris la plus grande extension. Ce fait s’explique par l’abondance des chutes d’eau disponibles dans ces régions.
- M. de Coppet, consul de France à Bâle, a publié d’intéressants rapports sur les usines hydrauliques (2) et les chemins de fer électriques, en Suisse.
- D’autre part, le rapport de l’administration des chemins de fer de l’État italien, pour l’année 1909-19io, contient d'intéressants renseignements sur l’extension et sur les améliorations qui ont été apportées par elle à l’emploi de la traction et de l’éclairage électriques sur les chemins de fer de l’Etat italien au cours des années 1909 et 1910 (3).
- Mais les autres nations, et en particulier la France et l’Allemagne, semblent à l’heure actuelle chercher à regagner le retard^ qu’elles avaient à ce point de vue. Nous avons déjà eu l’occasion de signaler les projets d’électrification de la banlieue Ouest, ainsi que les expériences actuellement en cours sur le Midi et sur le P.-L.-M., expériences sur lesquelles nous reviendrons d’ailleurs plus longuement.
- (') Lumière Electrique, 26 août 1911, p. 227.
- (2) Voir Lumière Electrique, t. X (2e série), p. 244.
- (3) Voir à ce propos L'emploi de l’électricité sur les chemins de fer italiens (Elektrotechnische Zeitschrift, 4 mai 1911, p. 448. Zeitung der Deutsclier Eisenbahn-Verwaltungen, 1911, p. 254).
- En Allemagne, d’autre part, un grand mouvement s’est dessiné, au cours de ces dernières années, en faveur de la traction électrique. Nous allons indiquer rapidement quelles ont été les principales manifestations de ce mouvement.
- Tout d’abord, il est de nouveau question d’électrifier la «Stadtbahn » etla« Ringbahn » de Berlin qui constituent une partie importante du réseau métropolitain,et sur lesquelles la traction à vapeur est encore employée. Cette transformation permettrait d’améliorer les conditions d’exploitation et réduirait en outre sensiblement les trépidations nuisibles aux œuvres exposées dans les musées situés à proximité de ces lignes.
- Il est également question d’électrifier, en Autriche, le métropolitain de Vienne (’).
- On songe, d’autre part, à appliquer la traction électrique sur plusieurs lignes internationales actuellement en projet, et, en particulier, sur les lignes de relation directe entre le Tyrol et la Bavière, qui étaient en projet depuis plusieurs années (2).
- Deux de ces lignes sont en construction : la première relie Innsbriick à Munich par Scharnitz et Mittenwald; la deuxième part de Griessen’et se dirige vers Ehrwald, Ler-moos et Reutte avec embranchement sur Kempten. Ces deux lignes seront exploitées électriquement à la fois sur les sections autrichiennes et sur les sections bavaroises.
- Enfin l’administration des chemins de fer de l’Etat prussien a nettement montré au cours de ces dernières années l’intérêt qu’elle attache à l’emploi de la traction électrique,
- (') Elektrotechnische Zeitschrift, 20 avril 1911. (-) Elektrotechnische Zeitschrift, 18 mai 1911.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2* Série). — N» 38.
- ainsi qu’il ressort d’un article publié par YElektrotechnisclie Zeitschrift (*).
- Après avoir rappelé les avantages de la traction électrique, avantages qui ont été longuement exposés dans notre dernière chronique, l’auteur de cet article examine l’état, de la traction électrique sur les chemins de fer prussiens et les projets qui sont actuellement à l’étude pour en étendre l’application.
- Des essais furent d’abord entrepris sur la ligne de banlieue de Berlin à Gross-Lichter-
- desservi depuis le ier avril par des locomotives électriques, dont il nous a semblé in-téressantde donner une description détaillée, ainsi d’ailleurs que de plusieurs autres locomotives monophasées de grande puissance (*).
- Locomotive A. E. G. de la. ligne Dessau-Bitterfeld
- (Trains de voyageurs.)
- La locomotive de trains de voyageurs, construite par l’Allgemeine Electricitats Ge-
- Fig. i. — Locomotive A. E. G. pour trains de voyageurs (ligne Dessau-Bitterfeld.)
- felde, ainsi que sur la ligne Niederschône-weide-Johannistal-Spindlersfeld, puis, sur une plus grande échelle, sur la ligne Blanke-nese-Ohlsdorf (2), qui fut équipée pour la traction monophasée. A la suite 3e ces essais, la direction des chemins de fer de l’Etat prussien décida d’appliquer ce dernier mode de traction sur la ligne Magdebourg-Bitter-feld-Leipzig-Halle-, les frais relatifs à l’équipement électrique de cette ligne ont été évalués à 3s>, 5oo ooo francs en chiffres ronds, y compris le prix de revient des locomotives. Le tronçon Dessau-Bitterfeld de cette ligne est d’ailleurs déjà équipé électriquement et
- (*) Elektrotechnisclie Zeitschrift, n mai 1911.
- (2) Lumière Electrique, t. XIT (a® série), p. 5o.
- sellschaft pour la section Dessau-Bitterfeld de la ligne Magdebourg-Léipzig-Halle, section qui est à l’heure actuelle desservie électriquement, ainsi que nous l’avons déjà dit plus haut, a commencé ses essais au mois de mars 1911 ; depuis le mois d’avril, elle assure le service régulier des trains omnibus. Elle peut d’ailleurs assurer également celui des trains express, puisqu’elle est susceptible d’atteindre une vitesse de 110 kilomètres à l’heure.
- (*) Les lecteurs de cette revue ont déjà pu lire la description dés locomotives construites par la Société Siemens-Schuckert pour la ligne du Wiesentlial (Grand-Duché de Bade). Voir Lumière Electrique, tome XII (2e série), p. 276.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 30 Septembre 1911.
- 38»
- La figure i représente la vue extérieure de cette locomotive. Les figures 2 et 3 montrent la même locomotive attelée à un train de voyageurs. On voit que la disposition adoptée pour les essieux rappelle celle
- Fig. 2. — Locomotive monophasée A. E. G. attelée à un train de voyageurs.
- des locomotives à vapeur du type dit « Atlantic » (bogie à l’avant, deux essieux moteurs, et un essieu porteur à l’arrière).
- Le moteur est fixé directement au châssis et au-dessus de celui-ci; il transmet son mouvement, par l’intermédiaire de bielles verticales, à un faux essieu placé entre les deux essieux moteurs. Ce faux essieu transmet lui-même le mouvement aux essieux
- une autre conduite relie d’autre part le palier à un sifflet d’alarme placé près du mécanicien; si le palier chauffe, le bouchon fusible fond et laisse ainsi communiquer le réservoir principal avec le sifflet d’alarme; celui-ci retentit et le mécanicien est ainsi averti que le palier chauffe.
- Le moteur, représenté par la figure 4, est un moteur monophasé à collecteur d’une puissance horaire de 1 000 chevaux environ; il est complètement ouvert, ce qui facilite la visite des balais et du collecteur ; les figures 5 et 6 montrent les détails de construction de ce moteur, dont la figure 7 représente les caractéristiques.
- La commande de ce moteur se fait au moyen de contacteürs, représentés sur la figure 8; la figure 9 montre le schéma d’ensemble des connexions de la locomotive.
- Le courant à 10000 volts et i5 périodes est capté par deux pantographes Str. Il traverse ensuite une bobine de self D qui sert d’appareil de protection contre les surtensions et l'interrupteur à huile principal HS; cet interrupteur est muni de 2 séries de contacts; la première série de contacts ferme un circuit comprenant des résistances qui diminuent l’intensité au moment de la fermeture; les contacts de la deuxième série ferment direc-tementl’enroulement primaire d u transforma-
- Fig. 3.— Vue d’ensemble d’un train de voyageurs
- moteurs à l’aide de deux bielles d’accouplement. Etant donné que les paliers du faux essieu sont d’un accès difficile, on a dû prévoir un dispositif spécial pour en prévenir réchauffement; dans ce but, on a adapté à chaque palier un bouchon fusible en métal Wood qui communique avec le réservoir principal d’air comprimé de la locomotive;
- remorqué par la locomotive monophasée A. E. G.
- teur Tr; le courant à haute tension se rend ensuite aux rails en traversant le transformateur d’intensité St/'W ; l’enroulement secondaire du transformateur principal est divisé en plusieurs sections, reliées rêspectivement aux divers contacteürs 1 à 8 (fig. 9),- de manière à permettre de faire varier la tension aux bornes du moteur selon la vitesse et l’effort
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- T. XV (2* Série). — N° 39
- de traction. En outre, les 4 contacteurs ,v2 et di (1%, montés deux à deux en parallèle, servent à couper le courant.
- L’inverseur F permet de changer le sens du courant dans l’inducteur E du moteur et par suite le sens de marche de la locomotive. Le courant traverse ensuite l'induit M, puis l’enroulement compensateur K pour
- Fig. 4. — Moteur de la locomotive monophasée A, E. G.
- retourner à l’autre extrémité du transformateur principal en traversant les deux relais s montés en parallèle. Un autre enroulement, divisé également en plusieurs sections, permet de faire varier la tension aux bornes de l’induit, de manière à régler le rapport entre les tensions respectives aux bornes de l’induit ét de l’enroulemeiit compensateur selon la vitesse. On obtient ainsi une commutation satisfaisante, quelle que soit la vitesse, ainsi que le montre la figure io qui représente les
- variations de la tension d’étincelles en fonction de la vitesse.
- Le réglage de la vitesse et de l’effort de traction s’opère à l’aide du contrôleur K/ dont les deux cylindres peuvent être manœu-vrés séparément à l’aide de deux volants superposés, visibles sur la figure 11, qui représente la disposition intérieure de l’un .des postes de commande; le cylindre supérieur sert au réglage de l’effort de traction et le cylindre inférieur au réglage de la commutation; une échelle graduée placée au-dessous du volant inférieur indique les positions que doit occuper ce volant à chaque vitesse, de sorte que le mécanicien peut régler la commutation suivant les indications du tachy-mètre qu’il a sous les yeux.
- Au moment du démarrage, l’induit du moteur est mis en coui't-circuil au moyen du commutateur U manœuvré par le robinet à air comprimé DH adapté au contrôleur. Le moteur fonctionne donc en moteur à répulsion.
- Un déclancheur AS,, actionné par le frein à air comprimé, rend la fermeture de l’interrupteur à huile impossible, tant que le frein est serré, ce qui évite toute fausse manœuvre; enfin un bouton Dit, placé auprès du mécanicien, permet à celui-ci de faire déclancher l’interrupteur à huile sans quitter son poste. Le courant d’alimentation des relais est fourni par un enroulement auxiliaire du transformateur principal T/-.
- Ce transformateur est placé dans le voisinage immédiat de l’un des postes de commande, à l’intérieur d’une cheminée munie de dispositifs de ventilation à chacune de ses extrémités. L’interrupteur principal à huile se trouve au-dessus du transformateur. Entre le moteur et le transformateur se trouve l’espace réservé aux contacteurs; ceux-ci, au nombre de douze, ainsi que nous l’avons vu précédemment, sont répartis par groupes de six, de chaque côté de la locomotive ; des portes à deux battants en permettent une visite facile. Le contrôleur est placé dans l’espace libre entre les deux groupes de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- relais; sous ceux-ci se trouvent l’inverseur et le commutateur de démarrage U.
- Sur la figure 8 on voit les six relais disposés de ce côté de la locomotive, avec les contacts principaux en avant;les câbles,visibles à droite, descendent le long de la paro arrière de la cheminée du transformateur
- i'
- ,----U- -
- TTTjnr
- Fig. 5.
- Détails de constructù
- térieurede l’un des postes de commande; au milieu se trouvent les deux volants de commande du contrôleur; à droite, sous le volant inférieur, on voit la manette de commande de l’inverseur; au-dessus du volant supérieur se trouvent les appareils de mesure, tachy-mètre, voltmètre et ampèremètre. A droite
- Fig. 6.
- du moteur précédent.
- Au-dessous des relais on voit l’inverseur de sens demai’che. Enfin le compresseur, visible sur la figure 4> est placé à côté du moteur.
- Les pantographes sont munis de paliers à billes, de manière à pouvoir suivre facilement les déplacements de la ligne de contact.
- La figure 11 représente la disposition in-
- des volants de commande du contrôleur, se trouve le robinet de manœuvre du frein à air comprimé et, à gauche, celui de la sablière également à air comprimé, ainsi que l’inter-rupteur du compresseur; enfin, au-dessus de ces derniers appareils, on distingue la poignée de commande du sifflet et les deux mano-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV(2* Série). — N? 39.
- mètres du frein à air comprimé. Une porte, placée au milieu de la cabine, permet de passer au besoin sur une autre voiture.
- Cette locomotive a fourni aux essais un effort de traction maximum de 9 5oo kilogrammes. Avec un train de 280 tonnes, l’accélération a atteint 19 centimètres par seconde par seconde, c’est-à-dire qu’elle a été supérieure au minimum imposé, lequel était de i5 centimètres par seconde par sé-conde.
- Afin de déterminer la surélévation de tem-
- w 90
- 80
- 3 200
- <3 1 Coo
- 1 000 2 000 3 000
- Ampires.
- Fig-, 7. — Caractéristiques du moteur de la locomotive monophasée A. E. G. — n, tours par minute ; vj, rendement.
- (
- pérature du moteur, on a fait effectuer à la locomotive 7 voyages aller et retour consécutifs de Dessau à Bitterfeld, avec un train de ?.5o tonnes, dont le poids fut même porté à 35o tonnes dans l’un des parcours.
- A la fin des 7 voyages on constata que la température du moteur était de 70°, la température extérieure étant de 20°.
- Les essais ayant été satisfaisants, cette machine est appliquée, ainsi que nous l’avons dit, depuis le mois d’avril au service des trains de voyageurs, qu’elle assure régulièrement.
- sL’Allgemeine Elektricitats Gesellschaft a également construit pour la même ligne une locomotive pour trains de marchandises dont nous parlerons ultérieurement.
- Locomotives et automotrices du chemin de feu des Alpes Bernoises
- D’intéressants essais de traction monophasée ont également été effectués récemment sur la ligne des Alpes Bernoises qui doit relier Berne au Simplon à travers le Lôtschberg.
- La compagnie exploitante adopta la traction électrique, la plus avantageuse, étant données les conditions d’exploitation de la ligne. Des études, approfondies, faites par M. L. Thormann, amenèrent celle-ci à adopter
- Fig. 8. — Groupe de contacteurs.
- le courant monophasé à la tension de i5 000 volts et à la fréquence de i5 périodes. Deux locomotives d’essai furent par suite commandées l’une à la Société Oerlikon, l’autre à l’Allgemeine Elektricitats Gesellschaft de Berlin ;trois automotrices furent également commandées à la Société Siemens-Schuckert. Ces machines, mises récemment en service sur le tronçon Spiez-Frutigen, d’une longueur de 13,5 kilomètres, ont fait l’objet de deux intéressantes études de MM. Zindel et Dantin (') dont nous nous pro-
- (') Voir Le Génie Civil, 18 et février 1911.
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- 30 Septembre 1914. LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- posons de mettre en lumière les traits essentiels.
- I. — Automotrices Siemens-Schuckert.
- Ces automotrices sont montées sur deux bogies, dont l’un est moteur et le second porteur. Le premier de ces bogies comporte deux moteurs d’une puissance horaire de
- fortes rampes ne dépassant pas i5 millimètres par mètre, deux moteurs suffisent.
- Les compartiments à voyageurs de chaque automotrice sont au nombre de deux, tous deux de troisième classe, mais réservés, l’un aux fumeurs, l’autre aux non-fumeurs; ces deux compartiments sont identiques et comportent chacun 32 places, ainsi que le montre
- Fig. 9« — Schéma des connexions de la locomotive À. E. G.
- Stv, pantographes; D, bobine de self; V, voltmètre; A, ampèremètre ; Dw, bouton de manœuvre ; Wt\ l)W, résistances; ASj, déclencheur actionné par le frein; ÀS2, bobine de déclanchement de l'interrupteur à huile; HS, interrupteur à haute tension dans l’huile ; i à 8, Sj, d j, rf2» contacteurs ; K/, contrôleur ; Dv’j, Dr3, bobines de self; Sf?'W, transformateur d’intensité ; M, induit du moteur K, enroulement compensateur ; SpT, enroulement auxiliaire du transformateur ; F, inverseur de marche ; U, commutateur de démarrage ; IV, transformateur principal ; E, inducteur du moteur ; S/, volants
- de commande du contrôleur; DH, robinet à trois voies.
- 23o chevaux, ce qui donne pour la puissance totale de l’automotrice 4d° chevaux. Lorsque la totalité de la ligne sera ouverte à l’exploitation, il sera facile de rendre moteur le second bogie, ce qui a d’ailleurs été prévu et permettrait une puissance totale de 920 chevaux et un effort de traction d’environ 5 000 kilogrammes, à la vitesse de 45 kilomètres à l’heure. Actuellement, les plus
- la figure 12. On y accède par les plateformes qui les séparent des loges réservées au mécanicien. Chacune de ces loges renferme un contrôleur /'pour la manœuvre des moteurs, un interrupteur de sûreté b, constitué parle robinet de commande des cylindres à air comprimé et permettant de lever ou_ d’abaisser les appareils de prise de courant, le robinet e du frein Westinghouse, le volant i du frein à
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2e Série). — N°39.
- main, et enfin les appareils accessoires tels que voltmètre, ampèremètre, indicateur de vitesse, intei’rupteurs d’éclairage, de chauffage, du compresseur, etc.
- Le frein à air est du type automatique et modérable en usage sur les chemins de fer suisses; le frein à main n’agit que sur les essieux du bogie le plus voisin.
- Les moteurs sont du type série; ils transmettent leur mouvement aux essieux par l’intermédiaire d’un train d’engrenages à simple réduction dans le rapport de i à 3,45. Un ventilateur, placé auprès de chaque bogie moteur, assure le refroidissement des deux moteurs de celui-ci. Les caisses des voitures
- ‘ Kilomètres à l'heure.
- Fig. io. — Courbe de la tension d’étincelles aux balais du moteur de la locomotive A. E. G.
- sont revêtues de panneaux métalliques, le bois ayant été proscrit autant que possible de leur construction, ainsi que cela semble d’ailleurs, à l'heure actuelle, d’un usage courant pour les automotrices électriques.
- La tension de la ligne, i5ooo volts, est abaissée au moyen de transformateurs logés sous les voitures, dans des caisses étanches complètement remplies d’huile, en/«(fig. 12). Chaque transformateur est prévu pour une puissance horaire de 65o kilovolts-ampères. Les parafoudres et appareils de protection se trouvent sur le toit de l’automotrice.
- Le compresseur d’air est commandé par un
- moteur spécial de 8 chevaux avec régulateur de démarrage et d’arrêt automatique pour maintenir la pression du réservoir principal entre certaines limtes.
- Fig. 11. — Vuede l’un des postes de commande de la locomotive A. E. G.
- Des radiateurs, branchés sur un*circuit spécial à 3oo volts, assurent le chauffage de Tintérieur des voitures, ainsi que l’assèchement du sable dans les sablières.
- Enfin, l’éclairage est assuré par un groupe de transformation spécial d (fig. 12), d’une puissance de 1,2 kilowatt, comprenant un moteur d’induction avec enroulement auxiliaire de démarrage sur le stator et une génératrice à courant continu, et par une batterie d’accumulateurs analogue à celles qui sont installées sur la plupart des voitures des chemins de fer suisses.
- Les résultats des essais effectués avec ces automotrices ont été satisfaisants, ainsi qu’il
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- 30 Septembre 1911. , LA* LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- [g. ia. — Automotrice Siemens-Schuckert du chemin de fer des Alpes Bernoises. —a, frein à air; 6, interrupteur de sûreté ; c, réservoir d’air du frein; cl, transformateur d’éclairage ; e, robinet du frein; f, contrôleur ; ventilateur; h, coffre des appareils à haute tension; i, frein à main ; j, coffre des contactons ; k, batterie d’éclairage; l, moteur;
- 7n, transformateur.
- i s 3 ^ *16000 600 15000 V400< ROO "•f 300 W M 1 200 ^ 20 4b 100 30 10 20 10 ! r~
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- Fig. i3. — Courbe de démarrage de l'automotrice Siemens-Schuckert (train de 70 tonnes ;rampe de i5,5 %>o)-— A,intensité; B, vitesse; Ç, kilowatts absorbés par les moteurs; D, kilowatts primaires ; E, tension primaire.
- M. L. Thormann, ingénieur-conseil de la compagnie (*).
- l’intensité et de la puissance absorbées par les moteurs au démarrage, ainsique celles de la puissance et de la tension primaires. Ges courbes montrent que le démarrage de l’automotrice s’effectue très normalement. La puissance apparente absorbée représente 5o % de la puissance normale.
- M. Thormann estime, d’après les résultats obtenus au cours de ces essais, que les automotrices sont capables d’assurer normalement un service de trains légers sur l’ensemble de la ligne.
- (.4 suivre.)
- J. SlMEY.
- () Voir J. Boukdel, Génie Civil, 2 septembre 1911.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2* Série). — N° C9.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Rhéostat de démarrage pour l'essai de moteurs à courant continu de puissances différentes. — H. Konig. — Helios, 9 juillet 1911.
- Il est commode, sur les plates-formes d’essai des ateliers de construction, de disposer de rhéostats permettant d’essayer des moteurs de puissances très diverses, afin de ne pas être encombré d’une quantité de rhéostats convenant chacun pour unepuissance déterminée.
- Le rhéostat, que représente schématiquement la figure 1 et qui est depuis quelque temps en service dans une usine de construction d’appareils centrifuges, permet d’essayer des moteurs d’une puissance de 1 à 16 chevaux. La plate-forme de cette usine comprend trois appareils de ce type, prévus pour des tensions respectives de 110,‘220 et 44o volts, de manière à permettre d’essayer les moteurs construits pour ces diverses tensions.
- l'ig. 1.
- La figure 1 montre le schéma de montage du rhéostat pour l’essai d’un moteur de 2 chevaux.
- On voit que le rhéostat est divisé en huit sections comprenant chacune six plots. Toutes les résistances sont montées en série et leur valeur est telle que le moteur reçoit, lorsque le commutateur du rhéostat est sur le premier plot, un courant égal à 2,5 fois le courant normal, de manière à produire un couple suffisant pour le démarrage d’un appareil centrifuge. Les résistances peuvent rester en circuit pendant trois minutes, c’est-à-dire pendant le temps normalement nécessaire pour le démarrage d’un tel appareil. En numérotant de 1 à 10, à partir de la droite, les bornes de la plaque de connexion h, l’un des fils de la ligne doit être relié à la borne 2; le circuit d’excitation du moteur doit être relié d’une part à la ligne, d’autre part à la borne 1 de la plaque. Enfin, la borne libre de l’induit doit être reliée, selon la puissance du moteur à essayer, à l’une des bornes 3 à i o de la plaque, selon les indications que nous reproduisons plus loin (voir le tableau I). Les balais qui glissent sur les plots sont fixés à une traverse b, dont l’axe a est supporté, d’une part, grâce au coussinet en bronze c, par le socle en ardoise d de l’appareil, d’autre part, par le support à trois bras c (fig. 2). La traverse b est isolée de l’arbre a au moyen d’amiante, mais un goujon assure la liaison rigide de ces deux pièces. Un balai spécial g en charbon joue le rôle de pare-étincelles. Le support e porte en son milieu une cuvette, munie en i d’une ouverture dont nous verrons plus loin le rôle. Une couronne dentée h est d’autre part clavelée sur l’axe a. Enfin le volant de manœuvre l tourne fou sur a, mais à l’extrémité de l’un de ses bras se trouve un petit axe qui supporte un cliquet m, lequel peut venir, lorsqu’il se trouve en face de l’ouverture i, engrener avec la roue dentée k.
- La roue dentée k est munie, d’une part, d’un taquet d’entraînement o, dont nous expliquerons plus loin le rôle, d’autre part, de 8 trous, dans l’un desquels doit toujours être fixée une tige de butée p selon les indications du tableau I.
- Dans ces conditions, si l’on veut, par exemple, mettre en marche un moteur de 2 chevaux (cas qui correspond au schéma de la figure 1), on voit, sur le tableau I, qu’il faut, d’une part, relier la borne, libre du moteur à la borne 4 de la plaque de con-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- nexion, etd'autrepart,placer la tige p dans le troua. Tableau I
- Puissance du moteur à essayer en chevaux 1 2 4 6 8 10 r3 l6
- N° du trou dans lequel doit être placée la tige p 1 2 8 4 5 6 7 8
- N° de la borne de la plaque de connexion à laquelle doit être reliée la borne libre du moteur. 8 4 5 6 7 8 9 ÏO
- La traverse b est représentée sur la figure a dans sa position de repos, c'est-à-dire celle où le moteur ne reçoit aucun courant. Si on manœuvre alors le
- Le curseur se déplace alors sur les six premiers plots correspondant à la première section du rhéostat; étant donné que les résistances de cette section ne doivent intervenir que pour l'essai d’un moteur de i cheval, il n’y a aucun inconvénient à ce que le déplacement du curseur sur cette partie du rhéostat soit très rapide ; mais, lorsque le volant et, par suite,‘le curseur ont parcouru 1/9 de tour, il n’en est plus de même; le curseur se trouve, en effet, à ce moment, sur le premier plot de la deuxième section, qui est ici la section active, et il importe que le mouvement soit ralenti. C’est ce que permet de réaliser le cliquet m qui se trouve, en ce moment, en face de l’ouverture i et engrène, par suite, avec la roue dentée k qu’il entraîne. Mais les dimensions de l’ouverture i sont telles que, lorsque le curseur a avancé d’un plot, le cliquet m et, par suite, le vo-
- F\g. 2.
- volant l dans le sens des aiguilles d’une montre, celui-ci tourne d’abord fou sur l’axe a sans entraîner là traverse b ; le circuit reste donc d’abord ouvert, jusqu’à ce que le bras du volant l qui supporte le cliquet m ait rencontré la tige p ; à partir de ce moment la couronne k et, par suite, l’arbre aet la traverse b sont entraînés par le volant l pendant 1/9 de tour environ dans le cas considéré (tige p placée dans le trou n° 2) ; la tige p étant placée dans un autre trou, cette partie de la course varie entre o ftrou 1) et 7/9 de tour (trou 8).
- lant l se trouvent arrêtés; il faut donc ramener ceux-ci en arrière, jusqu’à ce que le cliquet m engrène avec la dent précédente. On peut alors reprendre le mouvement en avant et faire passer le curseur sur le plot suivant; ce mouvement de va-et-vient se reproduit six fois, c'est-à-dire jusqu'à ce que le curseur ait atteint le dernier plot de la section considérée, plot qui correspond, d’après le schéma de la figure 1, à la mise en court-circuit du rhéostat. Afin que l’on ne puisse alors continuer-à tourner le volant /, la partie postérieure de la tige p ren-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV(2e Série). —N» 39. '
- contre à ce moment une butée q qui arrête la marche de l’ensemble du système ; cet arrêt se-produit naturellement à la fin de l’une ou de l’autre des 8 sections du rhéostat, selon le numéro du trou dans lequel a été placée préalablement la tige p.
- Pour arrêter le moteur, on tourne le volant l en sens inverse jusqu’à ce que le bras qui porte le cliquet rencontre le taquet o; grâce à celui-ci, la roue dentée k et, par suite, la traverse b sont entraînées par le volant, jusqu’à ce que la course de la traverse soit arrêtée par la butée fixe i\ c’est-à-dire jusqu’à ce que le curseur soit parvenu à sa position de repos (courant coupé).
- Une autre butée fixe n limite la course de la traverse b dans le sens opposé.
- Lès essais effectués avec ces rhéostats ont donné toute satisfaction.
- J.-L. M.
- 1 La loi du phénomène de « couronne » et la rigidité diélectrique de l’air. — W. Peek. — Proceedings of the American Institute of Electrical En-ginecrs, juillet 1911.
- On sait que le phénomène de couronne consiste en l’apparition d’une luminosité environnant les fils de distribution électrique à très haute tension, luminosité due à l’énergie qui émane du conducteur dans l’air ambiant.
- Les lignes qui suivent résument lès résultats de multiples expériences entreprises depuis quelques années, en Amérique, par un comité d’ingénieurs de la General Electric Company placé sous la présidence de M. Steinmetz.
- Grâce à ces essais, le phénomène de la couronne se présente actuellement comme parfaitement défini dans ses grandes lignes.
- On peut dire que la perte d’énergie, dont l’effet lumineux n’est qu’une révélation à nos sens, est en général directement proportionnelle à la fréquence f du courant alternatif qui traverse le conducteur, au carré de l’excès de la tension du courant sur la tension disruptive e0 et à la racine carrée du rayon r des conducteurs; elle est inversement proportionnelle à la racine carrée de leur écartement .s\
- S'i l’on désigne la perte par p, on peut écrire en conséquence ;
- p — a.f.(e — <?0)2
- avec
- où e est la tension de la ligne mesurée entre l’un des conducteurs,et le fil neutre, S la densité de l’air mesurée en prenant pour unité la même densité à à la température de 25° G et à la pression de 760 millimètres et K une constante.
- Bien entendu, dans une ligne monophasée, . le voltage entre les deux conducteurs est le double de e; dans un réseau triphasé il est égal à e y 3.
- Les multiples courbes qui ont pu être construites accusent au-dessous d’un certain point une divergence très nette entre l’évolution du phénomène et la loi parabolique citée.
- Remarquons à ce sujet qu’il faut distinguer le voltage critique disruptif du voltage critique apparent ou visuel ea. Le premier qui, théoriquement, aurait suffi à vaincre la rigidité diélectrique de l’air, est nécessairement inférieur au voltage apparent. Ce n’est en réalité qu’à partir du moment où ce dernier est atteint qu’apparaît la couronne et c’est dans son voisinage que se trouve, dans le diagramme, le point de bifurcation des deux courbes. L’expérience montre que, pour de gros câbles, la perte réelle est supérieure à la perte prévue, le contraire ayant lieu dans le cas de câbles minces. L’intensité du champ électrique étant plus grande à la surface d’un conducteur de faible diamètre, la production de la couronne nécessite donc un excès de voltage plus marqué que dans le cas de gros câbles.
- Une autre raison de la divergence entre la loi et l’observation à bas voltages semble être l’existence d’irrégularités et d’impuretés sur la surface du fil conducteur. A l’encontre de ce qui avait lieu ci-dessus,
- entre lignes entre ligne et neutre
- Fig’. 1. — Perle par effet de couronne au voisinuge du point critique. — M, perte mesurée ; Q, loi parabolique : p ‘ 0,0115 (e — e0)2 ; E, excès de la perte ; p - - çe—«u—c o)’-. — Gable à 7 torons ; dinin. : i, 18 cm., écartement : 3io cm.; longueur : i 095 mètres.
- ce sont les gros conducteurs qui sont, celle fois-ci, les plus atteints, par suite de la plus grande diffé-
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- 30 Septembre 49il. . LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE / ___ 399
- rence qui existe entre la courbure de leur surface et celle de la surface des poussières.
- Le maximum de l’écart entre la perte théorique et la perte réelle est atteint au moment où le voltage prend sa valeur critique egi comme on peut le voir sur la figure 1.
- L’expression
- p = g.e-He»—’e)*, (2)
- où q èt h sont des coefficients qui dépendent respectivement du nombre et de la grosseur des poussières et impuretés, régit la variation de cet écart. .
- Le facteur af de l’équation (i) est constant pour une ligne et une fréquence données. En le représentant par cly on l’évalue en même temps que la constante eg 'de la façon suivante :
- Mise sous la forme
- \Jp = c[e—e 0) (3)
- la variation des pertes est représentée par la droite de la ligure 2. La partie supérieure de cette droite
- \Ip
- 90
- 45
- 110
- 55
- v»~
- 4
- t
- t
- 7
- V-
- 100 210
- entre lignes
- 105 entre ligne et neutre
- 130 *150 170 05 75 85
- kiiovoits
- Fig. a. — Courbe représentative de l'équation 3 et du tableau I.— A, loi parabolique; B, courbe expérimentale ; V, voltage visuel critique.
- est conforme aux résultats d’expérience, puis la loi théorique se sépare de la courbe expérimentale, figurée en pointillé, aux bas voltages. Enprolongeant la droite, il est facile de calculer graphiquement e0 et c qui représentent respectivement son abscisse à l’origine et son coefficient angulaire.
- En prolongeant ainsi la droite de la figure 2, représentative des chiffres du tableau I, à partir du point e = 91,6, on trouve :
- c = 0,107, e0 = 72,1.
- Tableau I *
- KILOVOLTS ENTRE CONDUCTEURS e' AMPÉRAGE DE LA LIGNE KILOVOLTS ENTRE LE CONDUCTEUR ET LE FIL NEUTRE 6 PERTES DE LA ! LIGNE EN KILOWATTS p KILOVOLTS AMPÈRES FACTEUR DE PUISSANCE
- 00 O ^ 1 0,072 40,2 5,8o
- 9°,5 0,081 45,2 — 7,33 —
- ioi ,6 0,094 5o,8 — 9, 55 —
- 111,1 0,104 55,5 — 11, 55 —
- 120,4 0,111 60,2 o,n i3, 40 0,008
- i3o,2 0,126 65,i 0, i5 16, 40 0,009
- i3g,a 0,135 69,6 O, 22 18, 80 0,012
- 15o ,0 0,147 75,0 0,40 22, IO 0,18
- i5g,o 0,157 79>5 °j 79 25,00 O, o32
- i65 ,8 0,166 82,9 1,42 27,60 0, o5i
- 169,0 0,168 84,5 2,04 28,40 0,072
- 176,6 0,177 88,3 3, 21 3i, 20 0, io3
- i83,2 0,185 91 >6 4,28 33,90 0,126
- 187,0 0,193 93,5 5,55 36, 10 0, i54
- 200,0 0,212 IOO ,0 8,78 42, 40 O, 207
- 209,0 O, 22*2 104,5 12, 02 47, 5o 0,253
- 214,2 0,237 107,1 ï3,99 5o, 70 0,276
- 220,2 O, 25o I IO , I i6,94 55,10 0,307
- Afin de rendre tangible la différence entre les voltages e0 et ev on peut les mettre sous Une forme algébrique en y introduisant la chute de tension dans le sens radial.
- Lorsque le rapport de l’écartement s au rayon/’ du conducteur a une grande valeur, le gradient de potentiel disruptif au voisinage* du conducteur est exprimé par
- __ de eg
- go ~dx~ ~ V
- /' loge -
- où dx est l’épaisseur d’une couche élémentaire de l’enveloppe d’air entourant le conducteur, et dans laquelle se produisent les fuîtes d’énergie.\
- Pour appliquer la formule d’une façon précise aii cas d’un câble, on prendra, au lieu du rayon extérieur r, la moyenne entre ce rayon et le rayon du cercle de contact des conducteurs faisant partie de la couche extérieure. Plus les conducteurs seront nombreux, plus la moyenne sera voisine de r.
- Le rapport g-0 est constant pour tout diamètre des câbles ou conducteurs simples et pour tout écartement. Toutefois, sa valeur maximum diffère selon qu’il s’agit de câblés ou de fils simples. Pour les câbles, le maximum est de 20,6 kiiovoits maxima par centimètre; il atteint 29 kiiovoits maxima dans les conducteurs simples. r
- Dans les deux cas, ce facteur varie suivant l’état
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XV (2* Série). — N° 39..
- de l’air ambiant et sert, par conséquent, toutes choses égales d’ailleurs, à caractériser cet état.
- Si l’on veut s’en tenir à un seul des deux g0, on est forcé d’introduire le rapport
- ___ go câble
- "* 0 - ~ ---------------->
- go conducteur simple
- D’après M. Ryan, la valeur de g-pouvant donner naissance à la couronne devrait être constante et égale à :
- ev
- * = --------------s‘
- (/• -J- x) logc -
- qui. se rapproche évidemment d’autant plus de l’unilé que le nombre des conducteurs contenus dans le'câble est plus élevé et que la surface de ce dernier est plus régulière et plus propre.
- On voit sur la figure 3 le diagramme de la varia-de
- lion de g =r —j— en fonction de la distance au conducteur de la couche d’air environnante.
- Distance au conducteur
- Fig. 3. — Gradient de potentiel G dans l’air environnant l’un de deux conducteurs parallèles. — G, conducteur; E, espace d’air énergisé.
- Le coefficient gv de la chute de tension visuelle peut s’exprimer par
- g- =
- de
- dr
- Or, on peut dire que
- et il vient :
- g —
- ev
- [/• + <p (/•)] iogc -
- Les expériences ayant permis de constater que gv croissait linéairement en fonction de ~^=, on peut
- Vr
- écrire :
- et un calcul graphique simple permet de déterminer g = 29,8 kilovolts maxima par centimètre, h — o,3oi ; d’où on peut conclure :
- cp (/) = o,3oi y//-.
- Celte valeur de gest sensiblement la même que celle de g0. donnée ci-dessus.
- Connaissant la valeur de g0, on tire de l’équation (4) :
- où ev est le voltage maximum entre le conducteur et le fil neutre, /• le rayon du conducteur et s l’écartement des conducteurs mesuré d’axe en axe, en centimètres.
- g
- Si le rapport - a une petite valeur, on a :
- * +
- gv
- S
- 2
- r loge
- eQ = S./H0g«-/’.loge -,
- (5)
- § étant un facteur de correction égal à
- 3,92 h
- —^—, tenant
- compte des variations de densité de l’air; (h est la pression barométrique en centimètres et T la température absolue).
- Quant au voltage visuel de disruption e,., les expériences permirent de lui attribuer la valeur
- « / . . o 3oi\ s
- e„ = m0g0.0. ^ 1 + ~^=~J lo& J.’
- (6)
- gVNest constant pour un conducteur donné, indépendamment de l’écartement. D’autre part, ce facteur augmente en raison inverse du diamètre et ne dépend guère de la nature du conducteur.
- exprimée dans les mêmes unités que pour le cas précédent.
- L’expression finale de la perte due au phénomène de couronne est, à la parenthèse près, identique
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- 401
- dans les deux cas, qu’il s’agisse d’un excès sur le voltage critique ou sur le voltage visuel de disruption. La perte en kilowatts par kilomètre de conducteur simple est d’après (i) et (5) :
- e~£’°',v'aiog<' j ,o~5-
- On a ainsi obtenu pour a la valeur approximative finale :
- - X
- s
- par centimètre de conducteur, à la température de 25° C et à la pression de 760 millimètres.
- La figure 4 montre la relation qui existe entre la perte en kilowatts et la fréquence pour quatre voltages différents.
- Fréquence
- Fig. 4. — Pertes en fonction de la fréquence, pour différents voltages.
- Le fait que toutes les droites passent par l’origine des coordonnées n’indique point qu’à fréquence nulle, c’est-à-dire à tension continue, les pertes soient nulles également. Il peut évidemment se faire que, par un temps très calme, l’air, dont la résistance diélectrique a été vaincue par les premières fuites, ne se renouvelle pas aux environs du conducteur, et, dans ce cas, une tension continue ne donnerait guère de couronne. Cependant, lorsque l’air environnant peut être renouvelé, on voit le phénomène lumineux se poursuivre et il est probable que, si l’on pouvait faire des expériences à de très basses fréquences, les pertes au voisinage du zéro seraient manifestes sur le diagramme.
- Le facteur a qui entre dans l’équation fondamentale a été trouvé variable en fonction du rayon r et de l’écartement s. La courbe de la variation de a en
- fonction de - rappelle l’hyperbole et, d’autre part, la courbe qui exprime les variations de log a en fonction de log - est une droite. D’où la loi :
- a —j — \v
- (6)
- Les constantes K et d peuvent être évaluées graphiquement à l’aide de la droite.
- Le degré d’humidité de l’air n’a pas d’influence sur le voltage critique et sur les pertes. Aux fréquences usuelles, un vent violent laisse les pertes et le voltage critique indifférents mais, par contre, le brouillard, le grésil, les averses, la neige ainsi que la fumée ont pour effet d’abaisser le voltage critique et d’augmenter les pertes.
- Les expériences dont les conclusions viennent d’être rapidement passées en revue ont nécessité un outillage tout spécial. Elles ont été exécutées sur deux lignes parallèles A et B constituées chacune de deux sections d'environ i5o mètres de longueur. Les conducteurs étaient suspendus à des portiques métalliques et maintenus autant que possible dans un plan horizontal. A chaque point de suspension, sept disques isolants servaient d’intermédiaires Nord
- C
- C 1
- 0
- 1
- T —^ ?
- Sud
- ^ "7 ‘
- m
- w
- Ligne B
- Ligne A
- Fig. 5. —Disposition primitive de lu ligne d’essais. —
- G, conducteurs ; G, fils de terre; ï, isolateurs de suspension.
- entre le pylône et le fil. Au début, chaque ligne comprenait quatre câbles de 1,18 centimètre de diamètre composés de sept conducteurs en cuivre, un autre câble de sept conducteurs d’acier servant de fil terre (fig. 5). Après un certain nombre d’essais on retira le dernier câble et on disposa les autres ainsi que l’indique la figure 6, l’une des sections de la ligne B recevant des conducteurs de différentes longueurs et d’espacement variablc;-la deuxième section de cette ligne était complètement dégarnie.
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- L’écartement entre les fils de la ligne A restait égal à 3,i mètres.
- Le vaste champ sur lequel se dressaient les poteaux était exposé surtout au vent d’Ouest qui chassait les fumées provenant des usines de Chicago.
- Un train de trois voitures formait le laboratoire ambulant et courait sur la voie ferrée longeant la ligne d’expérience. Dans la première voiture, il y avait un alternateur monophasé Thomson-Houston,
- I Nord n ...
- t VARIABLE
- p—L-—Hi
- c F
- «
- ir^. j Sud L .
- Ligne B
- Fig. 6. — Disposition finale de la ligne d’essais. C, conducteurs ; t, isolateurs de suspension.
- entraîné par un moteur à courant continu; on devait donc transformer le courant d’alimentation qui était alternatif à 55o volts et 4<J périodes. La presque totalité des autres appareils était logée dans la deuxième voiture. En plus des wattmètres, ampèremètres, voltmètres1, etc., il y avait un transformateur de iookilowatts à 200 000 volts et60 périodes, dont les bornes pouvaient être reliées à la ligne expérimentée. La jonction se faisait par tout temps, grâce à un vélum en grosse toile qui jouait pendant les intempéries le rôle de toiture amovible.
- La basse tension du transformateur se composait de quatre enroulements à 5oo volts qui, par leur mise en série ou en parallèle, permettaient de faire varier le rapport de transformation.
- En ce qui concerne l’exécution même des expériences, il est à remarquer que les mesures de puissance comportaient de très grosses difficultés car le phénomène étudié présentait lui-même l’incommodité de joindre un haut voltage à un faible facteur de puissance. Les mesures ne pouvaient se faire aux bornes « basse tension » du transformateur, la séparation des pertes dans le fer et des pertes de charge étant très malaisée. Les pertes de chargé avaient parfois, à elles seules, l’importance des1 pertes qui faisaient l’objet des expériences.
- Pour toutes ces raisons, on a dû procéder en joignant le circuit « ampères » du wattmètre et
- l’ampèremètre au point neutre du bobinage haute tension du'transformateur et en mettant celui-ci à la terre; le conducteur de tension du wattmètre
- Fig. 7. —Schéma des connexions. — R, commututrice alimentant un moteur à courant continu, accouplé lui-môme à un alternateur ; rliéotats d’excitation : A, de l'alternateur ; M, du moteur ; E, fréquencemètre ; L, L, lignes ; G, terre.
- était connecté à quelques spires de distance du point neutre (fig. 7).
- On procédait de la même façon pour les mesures de voltage qui pouvaient être contrôlées en considérant les spires ci-dessus comme un enroulement séparé. Pour régler la tension, on se servait d’un potentiomètre et des rhéostats de champ de l’alternateur.
- Le facteur de puissance de ce dernier a pu être presque toujours maintenu égal à l’unité. Lorsque le courant de la ligne était trop décalé, une bobine de self shuntait la génératrice.
- Pour des séries d’essais à fréquence déterminée le rapport de transformation était également maintenu constant. Même lorsque le changement de ce rapport s’imposait, on tâchait de faire en sorte que ce fût le flux de la génératrice qui restât invariable.
- Les wattmètres, au nombre de quatre, appartenaient au type dynamométrique.
- Pour les essais visuels, on utilisait deux conducteurs parallèles passant sur des poulies en bois faisant partie d’un châssis : on évitait ainsi toute concentration de flux aux extrémités. Il va sans dire que ces expériences se faisaient dans une chambre obscure qui occupait d’ailleurs toute la troisième voiture. On notait le voltage d’apparition de la couronne (voltage visuel) pour des dimensions de conducteurs et des écartements differents.
- C’est dans la même chambre qu’avaient lieu les études photographiques. Les deux conducteurs étaient alors fixés avec un • écartement de 122 centimètres et l’objectif de l’appareil braqué sur l’un des deux fils. Pour chaque type de conducteur, on faisait varier le voltage en conservant la même plaque et en maintenant constante la durée de l’exposition.
- • ; Th. S. . .
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- 30 Septembre 1911. LA LUMIÈRE
- CORRESPONDANCE
- L'amortissement des lignes téléphoniques.
- J’ai récemment lu l’article de M. Devaux-Char-bonnel dans votre numéro du i3 mai 1911, et les valeurs employées sont bien justes, mais je trouve une petite erreur dans le tableau I. Le dernier chiffre pour le Câble « Manche 1910 » doit être 13,74 au lieu de 15,74 et naturellement les chiffres correspondants du Tableau II devraient être 73,5 et 0,46 respectivement.
- En même temps, le tableau II laisse subsisterune certaine incertitude,parce qu’on ne communique pas directement aux extrémités d’un câble sous-marin : il y aura toujours une ligne terrestre à chaque bout.
- Si efil = 34, alors $1 = 3,5 et ceci est la limite pour la téléphonie commerciale.
- Si nous prenons ]3/ — 1,0 correspondant pour le Câble « Manche 1897 w presque à la longueur actuelle de 37,7 kilomètres, alors pour la même longueur de Câble « Manche 1910 » les valeurs du tableau II seront pour e$h
- ÉLECTRIQUE
- 0) — » : 3 OOO 5 OOO 7 OOO
- Câble Manche 1897.. a,44 a,7a 3,96
- Câble Manche 1910.. 1,39 1,5a i ,68
- et pour la déformation DÉFORMATION l EN KM.
- a) = 3 000 5 000 7 000
- Câble Manche 1897.. 1,1a 1,00 0,9a 37>7 37>7
- Câble Manche 1910.. 1,09 1,00 0,91
- Ces derniers chiffres montrent la déformation qui existe réellement.
- Cette variation de(i est naturellement le résultat de la variation, avec les fréquences, de la résistance des bobines et de la « perte ».
- Les derniers câbles fabriqués par la maison Siemens Brothers donnent des déformations beaucoup plus petites et, pour un câble pareil au câble « Manche », elles seront 1,01, 1,00 et 0,96 pour les fréquences indiquées.
- 14 septembre 1910.
- Jacob.
- VARIÉTÉS
- Quelquesnouveaux enseignements de l’inondation de 1910.
- Voici bientôt deux ans qu’une crue sans précédent de la Seine est venue, en inondant le matériel électrique de la capitale, poser brusquement aux électriciens des problèmes inattendus et d’autant plus intéressants. Nous avons, au lendemain du désastre, donné ici même de rapides indications sur les remèdes improvisés et sur l’efficacité qu’ils semblaient avoir. Aujourd’hui, l’inondation de janvier 1910 n’est déjà plus qu’un souvenir lointain. C’est dire que ses dernières conséquences ont eu tout le temps de se développer. A nous autres électriciens, quels enseignements nouveaux la période qui vient de s’écouler apporte-t-elle ?
- D’abord, elle nous en apporte, c’est certain ; on le verra en lisant ci-dessous la substance d’une note de M. Lenain ; en outre, elle nous a donné la précieuse confirmation des espérances optimistes que nos premiers renseignements nous permirent d’esquisser
- au moment même de l’inondation (l), mais qui n’étaient alors que des espérances et qui sont promptement devenues des réalités : c’est ce qu’a fort bien établi M. Guéry dans un excellent travail que nous analysons aussi.
- ♦ *
- Dans un rapport présenté à l'a Société Internalio-nalè des Electriciens (2),M. Guéry adonné, en effet, un aperçu général surlalutte entreprise.
- Une impression s’en dégage tout d’abord : les appareils électriques ont souffert beaucoup moins qu’on n’aurait pu le penser ; ceux même parmi les appareils importants que l’on avait considérés comme perdus ont été, à de rares exceptions près, remis à neuf dans un temps relativement court.
- (<) L’inondation de janvier-février 1910 et les installations électriques parisiennes. Lumière Electrique, n°s 6, 7 et 13 de 1910.
- (â) Bulletin de la Société Internationale des Electriciens, décembre 1910.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XV (2# Série). — N# 39
- On sait que la centrale la plus éprouvée fut celle du Secteur de la Rive Gauche, un grand nombre de génératrices et de transformateurs y fut atteint, sans parler des appareils secondaires. Parmi les compagnies de chemins de fer, ce furent l’Orléans et l’Etat qui furent le plus à plaindre. L’auteur du rapport cite au même titre les ravages causés à l’imprimerie Paul Dupont.
- Au point de vue des procédés employés pour la remise en état du matériel, on relève dans ce rapport les détails suivants.
- Les opérations entreprises ont consisté généralement en un lavage laborieux suivi d’un séchage aussi complet que possible. La nécessité du lavage n’a jamais été contestée; celui-ci est effectué généralement à l’eau; à l’essenee pour dégraisser; parfois même à l’acide sulfurique (3a°) pour les appareils sulfatés par l’acide des batteries d’accumulateurs.
- Autant les procédés de lavage se ressemblaient, autant étaient différents les procédés de séchage; ceux-ci peuvent cependant être divisés en deux grandes catégories suivant qu’il s’agit: i°d’appareils ne pouvant être déplacés ou : a0 d’appareils mobiles.
- i° L’essorage suivi de chauffage a été largement employé pour les alternateurs du Secteur de la Rive Gauche. L’essorage des inducteurs était obtenu en faisant tourner ceux-ci à leur vitesse normale.
- Le chauffage se faisait de la façon suivante. Pour chaque machine une étuve était réalisée ; on utilisait, pour les tuyaux de calorifère, le sous-sol de la machine, le foyer étant installé sous la voûte donnant accès entre ce sous-sol et la galerie longitudinale disposée parallèlement à la ligne des cinq machines. Chaque fosse formait ainsi une chambre close, dont la partie supérieure, comprenant l’ensemble des bobines avariées, avait été cloisonnée avec des planches. Le chauffage était fait avec du coke sans aucun contact des gaz de la combustion avec les parties à sécher, ces gaz étant évacués dans la salle des machines par des cheminées verticales. La température moyenne était, dans les étuves ainsi constituées, de 70° à 8o°.
- Les résultats obtenus pour les divers alternateurs n’ont pas toujours été les mêmes ; le séchage de l’induit a généralement été parfait, mais il n’en fut pas toujours ainsi du séchage des inducteurs.
- Le séchage par courant électrique demande, d’après les expériences de la Compagnie d’Orléans, un temps beaucoup plus long que l’étuvage. De plus,
- cette méthode est limitée par l’impossibilité d’avoir toujours à sa disposition du courant à une tension appropriée et sous une forme convenable (').
- 20 En ce qui concerne les appareils déplaçables, deux principaux moyens se sont trouvés en présence : l’étuvage simple, dont grand emploi a été fait par le Service électrique des Chemins de fer d’Orléans, et l’étuvage dans le vide, qui fut adopté par les chemins de fer de l’Etat.
- M. Parodi, ingénieur à la Compagnie d’Orléans, a indiqué les grandes lignes de l’étuvage simple. Pour les induits et inducteurs de moteurs de traction on disposait de cinq étuves dont trois chauffées au gaz et deux par la vapeur à 8 kilogrammes environ ; dans l’une de celles-ci le tirage se faisait par aspirateur, dans l’autre, par l’intermédiaire d’une cheminée d’usine; la température était maintenue entre no” et ia50-,et n’a jamais dépassé i3o°. Pour les équipements d’éclairage électrique des voitures : une seule grande étuve où la température ne dépassait pas 65’’ à 70°; durée : une centaine d’heures pour les induits, i5o heures pour les inducteurs.
- De son côté, M. Mazen rapporte que l’étuvage dans le vide a donné des résultats remarquables de rapidité dans les chantiers des chemins de fer de l’Etat. La température de l’étuve était toujours supérieure à 7a0 et le vide poussé aussi loin que possible.
- Somme toute, le séchage a réussi dans la grande majorité des cas; les résultats négatifs ont été enregistrés surtout dans le cas des transformateurs. L’étuvage apparaît comme la forme la plus pratique du séchage.
- Chacun des deux systèmes a, comme on le voit, ses partisans, mais M. Guéry atténue la divergence d’opinions en tirant les conclusions suivantes :
- « Quel que soit le procédé employé, la température est toujours telle que la tension de vapeur produite dépasse notablement la pression ambiante. Dans ces conditions, la vitesse d’évaporation ne doit dépendre, à peu de chose près, que de l’écart entre ces deux pressions.
- « La tension de la vapeur d’eau à 65° est de 187 millimètres ; à 90° elle, est de 5a5 millimètres,- ce qui explique le peu d’efficacité relative du séchage dans le vide au-dessous de 65°.
- « Si le raisonnement ci-dessus est exact, le séchage
- (') On recommande, pour éviter l'électrolyse, de lancer de préférence dans les enroulements un courant alternatif de faible tension.
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- dans l’air à 115° environ donnerait le même résultat que le séchage dans le vide à 90°. Le séchage dans l’air à 1060 ne serait pas plus efficace que le séchage dans le vide à 65°. »
- Le service des égouts de la ville de Paris est d’avis qu’il est utile de faire passer dans les fils après l’étuvage un courant de faible intensité au moyen d’une source indépendante pour assurer une siccité plus complète.
- Pour les conducteurs nus, posés sur supports en porcelaine ou en verre,un simple nettoyage a été généralement suffisant ; les supports en bois paraffiné du troisième rail de la ligne des Invalides à Versailles ont été nettoyés et grattés pour être débarrassés du limon. Il n’y en a eu que 5 % de mis au rebut.
- Il a été prouvé que les conducteurs isolés sous caoutchouc ont bien résisté à l’action des eaux quand ils n’étaient pas trop anciens, mais surtout lorsque la tension à laquelle ils travaillaient n’était que peu élevée.
- Pour les conducteurs sous tubes métalliques isolés intérieurement, l’immersion a été désastreuse. Ce n’est plus le cas pour les câbles sous papier imprégné, sous plomb et armés qui ont, en général, très bien supporté l’épreuve.
- Il a été remarqué cependant qu’il est de la plus haute importance d’avoir les boîtes de jonction en bon état; elles doivent être de construction spéciale avec chemise de plomb complètement étanche lorsque les câbles sont exposés à être noyés sous plusieurs mètres d’eau.
- Dans les Annales des Postes, Télégraphes et Téléphones (‘), l’excellent périodique que nous avons présenté, au début de l’année, à nos lecteurs, M. Le-nain donne les détails suivants sur la remise en état de câbles sous papier que l’inondation avait mis hors de service.
- Après les inondations de janvier 1910, un câble à 21 paires, sous papier reliant le poste central des télégraphes de Paris à la guérite de raccordement avec les fils aériens de Maisons-Alfort, située à 12 kilomètres, devint défectueux, et, successivement, 10 conducteurs furent signalés mauvais par suite de mélanges ou de pertes à la terre.
- Les tentatives faites par le service pour le réparer demeuraient infructueuses et comme cè câble est seul pour acheminer, vers le poste central, des communications internationales très importantes (*)
- avec l’Italie, la situation devenait critique; aussi était-il nécessaire de tenter une réparation du câble sans compromettre le service des autres conducteurs.
- On employa la méthode de la boucle pour déceler le défaut; elle donna de bons résultats ; mais sur un des fils, les difficultés commencèrent lorsqu’il s’agit d’effectuer la coupure en ligne, au point indiqué par la mesure, à cause du mélange des fils, tous plus ou atteints.
- Le montage adopté fut le suivant : le chef chargé d’ouvrir le manchon en ligne reconnut, par le procédé ordinaire, un fil disponible choisi comme auxiliaire et dont l’isolement médiocre permettait, cependant, de recevoir un courant permanent envoyé par le poste central ; puis l’un des fils d'un circuit contenant une pile et un milliampèremètre fut connecté au répartiteur en R avec l’auxiliaire R A, l'autre extrémité du même circuit fut raccordée en R2 à l’un des fils défectueux M2, par exemple
- (%• O-
- Le chef d’équipe recevait ensuite l’ordre de mettre l’auxiliaire RA en dérivation successivement avec des conducteurs M1} 1VL, M.,... du câble.
- MiPiajnpérgriiéfrei
- Appareil
- R A
- 1 R,
- T ,1,. R, M.//' À L
- •—i|ii-Kle R, * M»/ l
- -B—
- Jlfipartiterar du bureau
- Manchon.
- Fig. 1. — Schéma des connexions.
- Dès que le fil R A était connecté avec M2, le milliampèremètre indiquait, par sa déviation, l’intensité du courant dansjla boucle. La résistance était d’ailleurs facile à calculer à l’aide de la distance connue du bureau au manchon,
- Ce moyen pratique et très rapide de comparer la résistance des divers circuits constitués successivement en connectant RA avec M,, M2, M3... est d’une précision satisfaisante, car il a permis d’éviter qu’aucune gêne ne fût apportée à l’exploitation des autres conducteurs en service, par suite d’erreurs dans les coupures.
- Le fil auxiliaire était-il relié à un autre conducteur que Mj ? Il ne pouvait alors être raccordé qu’à un fil en service momentanément au repos (les courants de travail se reconnaissaient aussitôt) ou à un conducteur en dérangement. Mais l’intensité de courant n’était égale à la valeur calculée qu’avec la-boucle du fil Mi. Elle était supérieure ou inférieure à cette
- (*) Mars 1911.
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- valeur pour tous les autres circuits, sauf le cas rare d’un mélange parfait entre deux fils.
- Il était possible, dès lors, de choisir à volonté le conducteur en dérangement pour le couper et effectuer une mesure de distance.
- Les résultats obtenus par le montage que M. Le-nain a indiqué sont très satisfaisants.
- Ils ont permis de reconnaître dans quel état se trouvait le câble avant les essais (fig. a).
- La mélange le plus important était voisin de la guérite de Maisons-Alfort. Il était du à un manchon -de soudure piqué et immergé par intermittences à la suite de pluies abondantes.
- FjI 7 e
- 31
- 38
- 39
- 40
- 9
- 10
- 15
- ~7T
- 7T
- T
- 7T
- 7T
- Tt
- ~7~
- ~/7~
- TT
- n
- 7T
- -----------------7---------------t---------
- ---------------------------7---------------
- Fig. 2. :— Schéma montrant l’état du cûble avant sa réparation.
- ^ Terre
- . Terres /] fwc * mélange
- Quand le câble fut ouvert, on constata que le papier était légèrement. humide ; en outre, il était carbonisé et troué.
- Il semble, d’après l’examen du défaut, que l’humidité qui avait pénétré en très petite quantité dans le manchon avait eu pour effet de provoquer, de fil à fil, des étincelles dues aux voltages élevés des communications exploitées à l’appareil Baudot. En un mot, les courants de travail qui utilisent parfois le voltage-f- i3o et le courant de repos — i3o avaient aggravé le défaut initial.
- Ce procédé de coupures a donné les meilleurs résultats :
- 25 conducteurs ont pu être ainsi rendus au service en un temps très court, avec une dépense de câble de quelques mètres seulement.
- Tous ces essais ont été effectués sur des câbles qui n’avaient pas été libérés, au préalable, de leurs communications en service sur les autres conducteurs en bon état et sans aucune préoccupation des positions relatives, dans le câble, des fils en service et des fils servant à la mesure. Il en résulte, et c’est là une constatation intéressante, que l’induc-
- tion mutuelle, provenant des fils qui travaillent, n’apporte qu’une perturbation très minime dans les résultats obtenus par la méthode de la boucle, qu’elle est pratiquement négligeable.
- L’appareillage s’est bien comporté, sauf dans des cas très spéciaux. Les accumulateurs ont été remarquables de résistance : ils ont pu reprendre leur service sans variation dans la capacité et çelà après nettoyage sans démontage, remplacement de l’électrolyte et charge à fond.
- Un des points les plus intéressants à noter a été incontestablement la défense opposée par les usines à l’invasion des flots. On constate que le voisinage indispensable du fleuve peut ne pas être désastreux lorsque des mesures préventives sont prises.
- L’usine des Moulineaux a été construite de manière à pouvoir résister à l’inondation èt, si elle a subi un arrêt de quelques heures, cela'tient à une cause accidentelle.
- La salle des machines y est établie sur un radier en béton armé qui, s’il est complètement étanche, doit protéger le sous-sol contre une crue pouvant atteindre la cote 3a,6o environ (celle de janvier 1910 n’est montée qu’à 3a,o5), mais le sol de la chaufferie est seulement à la cote 3i,a3.
- Or, le ag au matin, jour du maximum de la crue, une ancienne ouverture pratiquée dans le radier pour laisser passer des câbles et insuffisamment bouchée, donna soudain accès à un afflux d’eau considérable. En hâte, les bobines inférieures des alternateurs furent démontées et transportées en lieu sûr. A sept heures du matin, il fallut arrêter la machine en service, dont le volant baignait dans l’eau. La journée se passa à aveugler la voie d’eau, à épuiser le fond du radier et à remettre en marche une machine. Les enroulements avaient été entièrement épargnés ; seules les boîtes de connexion avaient été noyées. A 9 h. 3o du soir,en pleine crue, le service avait repris.
- Ainsi : efficacité des mesures préventives, succès des remèdes appliqués aux appareils que ces mesures n’ont pu mettre à l'abri, tel est le double résultat qui ressort des éludes les plus sérieuses. Si l’on considère la simplicité des moyens employés, on tire la conclusion qui s’impose en disant que le matériel électrique n’a relativement pas grand’chose à craindre des inondations.
- Th. S.
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- Télégraphie sans fil et Météorologie.
- Dans sa dernière Chronique de Télégraphie sans fil, le capitaine Brenot donnait des précisions sur les services que la T. S. F. est appelée à rendre à l’information météorologique. En voici une nouvelle application dans cet ordre d’idées : un poste de T. S. F. va être installé à Reims pour recevoir des radiotélégrammes météorologiques destinés à renseigner les aviateurs qui prendront part au concours d’appareils militaires qui s’ouvre actuellement dans cette ville.
- L’Exposition d’électricité de Boston (88 sep-tembre-86 octobre 1918),
- Nous avons dernièrement parlé de cette exposition (*) organisée par l’Edison Illuminating Company et donné à son sujet quelques renseignements de nature à intéresser les exposants. Nous avions écrit par erreur que cette exposition s’ouvrait le 28 septembre prochain ; c’est le 28 septembre de l’année prochaine qu’il faut lire. Cette rectification pourrait paraître à juste titre un peu tardive, si nous n’avions déjà donné la date exacte dans un entrefilet antérieur de nos Renseignements Commerciaux (2).
- BREVETS
- Réglage de la vitesse des machines polyphasées a collecteur (3).
- Les procédés connus actuellement utilisent, pour ce réglage, soit un transformateur à nombre de spires variable, soit un autotransformateur, un survolteur à induction, une bobine de self-induction variable, etc., qui permettent de régler la tension injectée dans les circuits induits de la machine à collecteur.
- Mais ces divers appareils présentent souvent de sérieux inconvénients : les transformateurs à nombre de spires variable exigent des appareils à touches devant fonctionner sous fort courant ; les survolteurs à induction ne permettent pas, en raison de leur inertie, un réglage assez rapide.
- La Société Alsacienne de Constructions Mécaniques de Belfort a cherché à s’affranchir de ces
- (’) Lumière Electrique, 26 août ign, p. 25o.
- f2) Lumière Electrique, 18 mars 1911, p. 351.
- f3) N° 4J7 697, demandé le ior juillet 1910.
- difficultés en employant,pour le réglage de la tension injectée dans les circuits induits de la machine à régler, un groupe convertisseur composé de deux machines synchrones à excitation réglable, dont l’une est reliée au réseau et l’autre au collecteur de la machine à régler.
- Soit (fig. 1), à régler la vitesse d’un moteur triphasé à collecteur A dont le stator est relié au réseau B. Le collecteur C de ce moteur A est relié à l’une des machines D du groupe convertisseur dont l’autre machine E est reliée au réseau. L’excitation des machines synchrones D et E est fournie par une source quelconque de courant continu F et les excitations des deux machines peuvent être séparément réglées par les rhéostats G et H.
- Fig. 1.
- On voit immédiatement quel est le fonctionnement du dispositif. Pour les vitesses de A, inférieures à la vitesse normale d’un moteur asynchrone ordinaire pour le couple résistant donné, le groupe D-E doit rendre au réseau l’énergie inutilisée par A. La proportion de cettç énergie, c’est-à-dire la vitesse de A est déterminée par le réglage par G de la force contre-électromotrice de D. Pour les vitesses supérieures, au contraire, E doit fonctionner en moteur et D doit fournir à A le complément d’énergie qui lui est nécessaire.
- M. G.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Généralités sur la commande électrique des appareils de levage.
- A. — Moteurs a courant continu [suite) (f). Dispositifs spèciaux de fixage et de construction.
- Il est parfois commode de fixer les moteurs des appareils de levage aux bâtis de ces appareils, non à l’aide de pattes, mais à l’aide de brides latérales.
- La figure i représente un moteur A. E. G. à courant continu disposé pour ce mode de fixai ion.
- Fig. i, — Moteur A. E. G. à courant continu avec bride de fixation.
- Toutefois la fixation par bride ne peut être appliquée à des moteurs d’une puissance supérieure à 15 ou 20 chevaux environ.
- Pour les puissances plus élevées, la fixation par bride ne convient plus; car, étant donné le poids
- Fig. 2.—'Moteur A. E. G. à courant continu avec pattes de fixation.
- et les dimensions des moteurs, elle donnerait lieu à un porte-à-faux exagéré. Il faut alors recourir à la fixation ordinaire par pattes. Les coussinets, en
- (') Voir Lumière Electrique, 3 juin et 29 juillet 1911.
- bronze phosphoreux d’une seule pièce, reposent dans des boîtes à huile d’une seule pièce également et indépendantes de la carcasse; d’autre part, celle-ci est divisée en deux parties, et les pattes de fixation sont venues de fonte avec l’une de ces parties, ainsi que le montre la figure 2, qui représente un moteur A. E. G. à courant continu avec pattes de fixation. Cette disposition permet d’abord de visiter et de
- la partie supérieure de la carcasse étant enlevée.
- réparer très facilement l’induit, comme on peut le voir sur la figure 3, et même au besoin de le remplacer instantanément en cas d’avarie grave par un induit de rechange monté sur son arbre, celui-ci étant pourvu au préalable d’un engrenage ou d’un accouplement selon le cas, ainsi que d’un coussinet intermédiaire avec sa boîte à huile. En outre, les boîtes à huile peuvent être décalées de 90° ou de 1800 par rapport à la carcasse, ce qui permet de fixer le moteur latéralement ou par sa partie supérieure. L’ensemble de ces dispositions permet donc de fixer le moteur de la manière qui s’adapte le mieux à la nature de la construction de l'appareil auquel il est destiné, et en outre de le remettre immédiatement en service en cas d’avarie de l’induit. .
- Les trappes de visite du collecteur ainsi que la boîte de connexions, divisée en deux parties comme la carcasse, sont représentées ouvertes sur la figure 4.
- La division de la carcasse en deux parties facilite également le remplacement des bobines inductrices.
- En ce qui concerne la construction des induits,
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- ceux-ci ne présentent aucun caractère spécial à ce genre de moteurs; le frettage doit toutefois être bien étudié et exécuté avec le plus grand soin, étant données les vitesses angulaires élevées auxquelles doivent tourner parfois les moteurs des appareils de levage.
- Fig. 4. — Vue du collecteur.
- Les collecteurs et les balais doivent également être étudiés de manière à éviter la production d’étincelles, étant donné surtout que la nécessité d’inverser commodément le sens de rotation et les variations inces-
- Fig. 5. — Moteur A. E. G. avec engrenages réducteurs.
- santés de la charge rendent impossible le décalage des balais par rapport à la ligne neutre. Signalons à ce propos qu’à l’heure actuelle les balais métalliques sont complètement abandonnés et ont cédé la place aux balais en charbon.
- Fig. C. — Vue du moteur de la figure 5, partiellement démonté.
- Enfin les moteurs sont parfois munis d’une paire d’engrenages de réduction de vitesse enfermés dans un carter spécial, mais fixé à la carcasse du moteur.
- Les figures 5 et 6 représentent un moteur à courant continu A. E. G. avec engrenages réducteurs. On voit sur la figure 6 que non seulement la carcasse du moteur, mais encore le carter des engrenages sont divisés en deux parties facilement séparables l’une de l’autrfe; le grand pignon est également divisé en deux parties, de sorte que le remplacement d’un induit avarié par un induit du même type, pourvu d’un arbre et d’un petit pignon, peut se faire instantanément.
- B. — Moteurs triphasés.
- Lorsque l’on n’a à sa disposition, pour la commande d’un ou de plusieurs appareils de levage, que des courants triphasés, il devient nécessaire d’avoir recours à l’emploi de moteurs asynchrones. Pour les faibles puissances, inférieures à 8 chevaux, on peut faire usage de moteurs à induit en court-circuit, qui présentent l’avantage d’une grande simplicité par suite de l’absence de bagues, de balais et de connexions extérieures du rotor ; mais, d’autre part, ces moteurs présentent un grave inconvénient en ce sens que l’on ne peut agir ni sur leur vitesse, ni sur leur couple ; il s’ensuit qu’au démarrage ils fonctionnent avec un couple très faible et avec une absorption relativement considérable de courant déwatté qui diminue sensiblement le cos cp du réseau, dès que ces moteurs atteignent une certaine puissance. Lorsqu’on peut les faire démarrer toujours à vide, la limite de la puissance pour laquelle on peut les utiliser est un peu plus élevée ; mais pour la commande des appareils de levage, où le démarrage s’effectue toujours sous une certaine charge et doit pouvoir s’effectuer à pleine charge, cette limite doit être fixée pratiquement à 8 chevaux environ. Pour les puissances supérieures, il .est nécessaire d’avoir recours aux moteurs à bagues, munis d’un rhéostat qui améliore leur cos <p au démarrage et leur permet
- Fig. 7. — Moteur triphasé A. E. G. à bride avec induit en court-circuit.
- de développer un couple suffisant, quel quejsoit le glissement, c’est-à-dire la vitesse à laquelle ils tournent.
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- Construction des moteurs de levage triphasés.
- La construction des moteurs de levage triphasés nè diffère pas sensiblement de celle des moteurs triphasés ordinaires. La fixation à l’appareil de levage
- Fig. 8. — Moteur triphasé A. E. G. à bagues avec bride de fixation.
- se fait, soit au moyen de brides (fig. 7 et 8), soit au moyen de pattes (fig. 9).
- La disposition de la carcasse constituée par des tôles feuilletées sans pôles saillants et le chevau-
- Fig. y. — Moteur triphasé A. E. G. avec pattes de fixation, type ouvert.
- chement des bobines des différentes phases ne permettent naturellement pas de diviser celle-ci en deux parties, comme dans les moteurs à courant continu ; la visite et les réparations de l’induit exigent donc le démontage de l’une des flasques latérales qui supportent chacune l’un des paliers.
- Fig. 10. — Moteur triphasé A. E. G. avec pattes de fixation, type blindé (les trappes servent à visiter les bagues et les balais). -
- Le blindage complet (fig. 10) ou le blindage à ventilation partielle (fig. n) peuvent être appliqués aux moteurs triphasés comme aux moteurs à courant continu, et leur emploi se recommande également pour assurer une bonne protection du moteur.
- Lorsque l’on emploie des moteurs blindés, il y a lieu, naturellement, de ne leur demander qu’une puissance inférieure à celle qu’ils pourraient fournir s’ils étaient à ventilation complète.
- En ce qui concerne les rotors, ils sont du type normal, soit en court-circuit pour les faibles puissances, soit à bagues pour les puissances supérieures ; dans ce dernier cas toutefois, certains constructeurs, afin de simplifier la construction des appareils de démarrage (rhéostats et contrôleurs),
- Fig. 11. — Moteur triphasé A. E. G. avec pattes de fixation, type blindé ventilé.
- bobinent le rotor non en triphasé, mais en diphasé ; trois bagues suffisent néanmoins pour les connexions ; on sait, en effet, que deux des quatre conducteurs théoriquement nécessaires pour la transmission des courants diphasés peuvent être réunis en un seul.
- Les balais sont par fois en fine toile métallique pour les faibles puissances, inférieures à 8 chevaux ; ce type de balais présente, en effet, l’avantage d’offrir une moins grande résistance de contact au passage du courant induit que les balais en charbon ; mais les balais métalliques s’usent plus rapidement et usent plus rapidement les bagues que ceux-ci; c’est pourquoi, pour les puissances supérieures à 8 chevaux environ, les constructeurs ont, en général, fait choix de balais.en charbon.
- Le rhéostat de démarrage tourne parfois avec l’induit, ce qui permet de supprimer les bagues et les balais et, par suite, d’améliorer le rendement du moteur ; les lecteurs de cette revue ont pu voir à ce propos deux solutions ingénieuses dues à M. Fischer? Hinnen, et s’appliquant, la première aux moteurs à
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- bagues, la seconde aux moteurs à induit en court-circuit ('). Nous les rappelons plus loin.
- Choix des moteurs triphasés pour les différents services.
- La puissance normale en service intermittent des moteurs triphasés se définit comme celle des moteurs à courant continu à l’aide d’un essai d’une durée d’une heure.
- a) Couple de démarrage.
- Mais le facteur le plus important dans le choix d’un moteur triphasé, est la valeur du couple au démarrage qu’il doit pouvoir développer. Celui-ci doit, en effet, être non seulement supérieur au couple résistant, correspondant à la charge maxima y compris les frottements, mais encore suffisant pour vaincre les résistances d’inertie dues au démarrage et à l’accélération des différentes masses à mettre en mouvement; or, ce couple n’est pas le même pour toutes les positions de l’induit par rapport à l’inducteur. Il faut donc choisir le moteur de telle sorte qu’il puisse fournir le couple maximum nécessaire au démarrage pour la position de l’induit la plus défavorable; d’ailleurs, dans un bon moteur, ce couple est encore 2 à 3 fois supérieur au couple normal correspondant à la puissance que le moteur peut fournir sans surélévation de température exagérée pendant une heure. Un moteur blindé peut fournir le même couple de démarrage qu’un moteur ouvert, muni du même bobinage, mais il ne peut supporter, dans les mêmes conditions de service, que 40 à 80 % de la puissance de celui-ci, s’il est complètement blindé, et 70 à 80 % s’il est pourvu d’une ventilation partielle.
- b) Puissance.
- En ce qui concerne la puissance que l’on peut demander à un moteur triphasé, selon la nature du service qu’il a à fournir, nous donnons, à titre d'exemples, les règles généralement adoptées, à cet égard, en Allemagne.
- Lorsque les charges à lever sont variables, et en général inférieures à la charge maxima, ce qui est le cas, par exemple, des appareils de levage d’atelier ou de montage, le moteur travaille la plupart du du temps à une charge inférieure à la charge maxima.
- On peut alors faire choix d’un moteur susceptible de fournir la puissance correspondant à la charge
- maxima pendant cinquante minutes seulement.
- Lorsque les périodes de repos sont longues par rapport aux périodes de travail, ce qui donne au moteur le temps de se refroidir complètement (ceci s’applique par exemple aux ponts tournants, ponts-levis, treuils d’écluse, plaques tournantes, cabestans, etc., ainsi qu’aux moteurs de translation de grues portiques se déplaçant rarement, et aux moteurs de translation des chariots de ponts roulants à voie étroite), on peut, sans inconvénient, choisir un moteur tel que la puissance correspondant à la charge maxima soit de 10 % supérieure à la puissance définie par l’essai de 5o minutes, à condition toutefois que ce moteur possède un couple de démarrage suffisant.
- Par contre, lorque le service est plus chargé (cas des grues à pince pour service de ports, machines de chargement, etc.), l’essai définissant la puissance doit être porté à une heure.
- Enfin, lorsque le service est extrêmement chargé (appareils de levage pour aciéries, ponts de chargement munis d’un seul moteur pour la translation du chariot et le levage, etc.), le moteur doit pouvoir fournir la puissance correspondant à la charge maxima pendant 80 minutes.
- c) Fréquence.
- Les fréquences les plus employées dans la pratique sont de 5o et de 42 périodes par seconde ; on rencontre aussi quelquefois la fréquence de Go et enfin, surtout dans les réseaux de transmission d’énergie destinés principalement à l’alimentation de commu-tatrices, la fréquence de 25 périodes par seconde.
- Si l’on considère par exemple un moteur triphasé de faible puissance, bobiné normalement pour la fréquence 5o, et que l’on branche celui-ci sur un réseau de fréquence 60, sa puissance augmentera d’environ 10 % ; cette puissance diminuera d’environ 20 % â la fréquence 42 ; enfin, par contre, on pourra encore employer ce moteur à la fréquence 25, en le munissant d’un bobinage spécial, à la condition de ne lui demander que 40 % de sa puissance normale à 5o périodes.
- Un moteur plus puissant se comportera d’une façon différente ; sa puissance n’augmentera pas pour une fréquence supérieure à 5o périodes, s’il a été bobiné normalement pour cette fréquence ; si la fréquence diminue jusqu’à 42 périodes, la puissance du moteur diminuera proportionnellement à la fréquence; à 25 périodes ce moteur sera inutilisable, car, la force électromotrice de self-induction du
- C) Voir Lumière Electrique, tome XII,. ae série, n° 48.
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- stator ayant sensiblement diminué, le courant dans celui-ci atteindrait une valeur dangereuse ; il faudra donc dans ce cas faire choix d’un moteur bobiné spécialement pour la fréquence 20.
- d) Vitesse.
- La vitesse angulaire varie proportionnellement à la fréquence ; la différence en valeur absolue entre la vitesse à vide et la vitesse en charge est approximativement la même pour toutes les fréquences.
- e) Tensions.
- Les tensions les plus fréquemment employées avec les courants triphasés sont les suivantes: n5, 190, 215 et 5oo volts. Le couple au démarrage varie proportionnellement au carré de la tension ; cette remarque a son importance dans le cas où le moteur est branché sur un réseau dont la tension subit de fortes oscillations.
- Un exemple numérique fera d’ailleurs mieux comprendre cette importance.
- Exemple numérique.
- Supposons qu’il s’agisse de brancher sur un réseau, dont la tension oscille de 170 à 210 volts, un moteur qui devra fournir à pleine charge un couple de démarrage de 180 kilogrammètres. Ce couple devra être fourni par le moteur même dans le cas le plus défavorable, c’est-à-dire lorsque la tension à ses bornes ne sera que de 170 volts; à la tension moyenne de 190 volts, le couple sera de:
- 1702 0
- Il conviendra donc de choisir un moteur bobiné pour la tension moyenne de 190 volts, mais capable sous cette tension d’un couple de démarrage de 225 kilogrammètres.
- Réglage de la vitesse des moteurs triphasés.
- i° Moteurs à bagues. — Dans le cas d’un moteur à bagues, la vitesse de celui-ci se règle généralement par l’insertion de résistances dans le circuit de l’induit ; l’insertion de ces résistances permet en effet d’obtenir un couple satisfaisant, tout en faisant varier le glissement dans d’assex larges limites.
- Mais ce procédé a l’inconvénient d’être fort peu économique, à cause de-la quantité assez grande d’énergie perdue par effet Joule dans le rhéostat. En outre, le rhéostat est généralement divisé en trois parties correspondant chacune à l’une des phases du rotor ; chacune de ces parties doit natu-
- rellement comporter autant de plots sur le commutateur ou de contacts dans le contrôleur qu’il y a de positions de la manette, ce qui complique considérablement la construction de ces appareils. Plusieurs solutions ont été proposées pour obvier, dans une certaine mesure, à ce dernier inconvénient.
- C’est ainsi que certains constructeurs bobinent le rotor en diphasé, ainsi que nous l’avons d’ailleurs signalé précédemment, ce qui permet de diviser le rhéostat en deux parties seulement et par suite de réduire d’un tiers le nombre des contacts. Dans le même ordre d’idées M. Fischer-Hinnen a proposé il y a quelques années de conserver le bobinage triphasé du rotor, mais de monter le rhéostat non plus en étoile, mais en triangle, ce qui permet également de réduire d'un tiers le nombre des contacts.
- M. lvahlenberg conserve le montage du rhéostat en étoile, mais il met en court-circuit les résistances des trois phases, non plus simultanément, mais successivement, en reliant le point neutre 1 aux points 2, 3, 4, 5, 6 et 7 dans l’ordre (fig. 12).
- Enfin, plusieurs constructeurs ont envisagé la possibilité de faire tourner le rhéostat avec l’induit, ce qui a l’avantage de supprimer les bagues et les balais avec leurs résistances de contact et par suite d’améliorer le rendement du moteur. Celte solution est préférable à celle qui consiste à conserver les bagues et les balais pour le démarrage et à mettre à la fin de celui-ci l’induit directement en court-circuit soit à l’aide d’un boulon ou d’un levier manœuvré à la main, soit automatiquement à l’aide d’un régulateur à force centrifuge, les balais étant alors relevés ; ce dernier procédé présente l’inconvénient de compliquer considérablement le moteur ; quant à la mise en court-circuit direct de l’induit et au relevage des balais à la main, ce dispositif rend la manœuvre de démarrage trop compliquée et serait pratiquement inapplicable aux appareils de levage. C’est pourquoi il est préférable de faire tourner le rhéostat R lui-même avec l'induit; l’une des plus ingénieuses solutions dans cet ordre d’idées est celle que M. Fischer-
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- Hinnen a appliquée tout récemment aux moteurs de la Société Oerlikon (*).
- On se rappelle que, dans ce dispositif, la mise en court-circuit graduelle du rhéostat R a lieu par la pénétration successive des tiges K, de longueurs diverses, dans le manchon M, qu’on fait à volonté coulisser parallèlement à l’arbre à l’aide du volant de commande H (fig. i3).
- Le couplage des enroulements .du stator, d’abord en étoile, puis en triangle, diminue le courant absorbé au démarrage, mais n’exerce aucune action sur la vitesse du moteur.
- ou : ê
- i
- Le glissement du premier moteur est donc de 5o % environ, ce qui correspond à peu près à la moitié de sa vitesse normale. Le couplage en cascade permet donc d’obtenir une vitesse inférieure de 5o % à la vitesse normale sans l’emploi d’aucun rhéostat, le rotor du deuxième moteur étant alors en court-circuit; pour obtenir les vitesses inférieures,
- Enfin signalons, dans le cas où l’on fait usage de deux moteurs pour la commande du même mouvement, le couplage « en cascade » qui consiste à brancher le stator de l’un des moteurs non sur le réseau, mais sur le rotor du premier; dans ces conditions le second moteur reçoit un courant de pulsation g*a), ü) étant la pulsation du réseau et g le glissement du premier moteur ; on peut écrire que la vitesse des deux induits, accouplés rigidement entre eux, est la même.
- La vitesse du premier induit est, en supposant pour simplifier les moteurs bipolaires, égale à (i—g’)w; celle du second est approximativement, étant donné que son glissement est très faible, go>; d’où :
- (> — =
- il faut intercaler un rhéostat dans le circuit de ce deuxième rotor. Le couplage en cascade permet donc pour les vitesses ^ 5o de la vitesse normale une marche plus économique que la simple méthode rhéostatique ; on peut le rapprocher à cet égard du couplage série-parallèle des moteurs à courant continu.
- a0 Moteurs à induit en court-circuit. — La vitesse des moteurs dont l’induit est fermé directement en court-circuit sur lui-même n’est en général susceptible d’aucun réglage.
- L’insertion de résistances dans le circuit du stator ou l’emploi de la méthode étoile-triangle déjà signalée réduisent le courant absorbé au démarrage et améliorent un peu le cos <p du moteur à ce moment, mais ne peuvent servir pour le réglage de la
- (f) Voir Lumière Electrique, loc, cit.
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- vitesse. Ces moteurs doivent être proscrits, même dans les limites de puissance où leur emploi est possible, lorsque la charge doit être enlevée sans à-coup et déposée exactement en un point déterminé. Nous rappellerons pour mémoire l’ingénieux dispositif.de M, Boucherot, consistant à diviser le stator en deux parties perpendiculairement à l’arbre du moteur et à décaler au démarrage l’une de ces parties d’un pas polaire par rapporta l’autre, puis à la replacer ensuite dans sa position normale; il se produit ainsi au début, dans les conducteurs du rotor, deux courants de sens contraire se fermant par une bague à grande résistance entourant le rotor en son milieu; lorsque les pôles de même nom se trouvent de nouveau côte à côte, il ne cir-
- 3° Moteurs triphasés à collecteur. —> On voit d’après ce qui précède que les moteurs triphasés à induit en court-circuit et même les moteurs à bagues présentent de nombreux inconvénients au poiftt de vue du réglage de la vitesse, ce réglage n’étant possible dans les premiers qu’à l’aide de dispositifs spéciaux, et dans les seconds qu’à l’aide de rhéostats de démarrage qui absorbent en pure perte par effet Joule une quantité importante d’énergie.
- Or, une nouvelle catégorie de moteurs triphasés vient de faire son apparition; ce sont les moteurs à collecteurs qui possèdent la propriété de permettre de recueillir à leurs balais un courant de même fréquence que le courant du réseau qui alimente le stator; on peut donc, au lieu d’envoyer ce courant dans
- E
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- Fig’. 14. — Dispositif de démarrage Fischer-Hinnen (moteurs à induit.à court-circuit).
- cule plus dans chaque conducteur du rotor qu’un seul courant qui se ferme par les couronnes extérieures à résistance négligeable comme dans un moteur asynchrone ordinaire.
- Le prix de revient de ce dispositif est assez élevé, et sa complication n’en permet guère l’application pratique aux moteurs des appareils de levage.
- Le dispositif que M. Fischer-Hinnen a étudié pour les moteurs de la Société Œrlikon est un peu plus simple ('). Il consiste à faire coulisser les conducteurs G de l’induit à l'intérieur de tubes A en métal ou en alliage plus résistant; ce mouvement des conducteurs G est commandé par la couronne E qui peut coulisser le long de l’arbre grâce à un dispositif de commande par fourche et par vis tangente; la résistance offerte au courant de court-circuit diminue naturellement à mesure que les conducteurs G pénètrent plus avant dans les tubes A (fig. 14).
- Le fonctionnement de ce moteur serait, d’après les constructeurs, comparable à celui d’un moteur à bagues muni d’un rhéostat de démarrage.
- (1 )Go dispositif a été décrit dans la Lumière Electrique du 26 novembre 1910 (tome XII, n° 48).
- des résistances, où il ne produit que de la chaleur inutile, le renvoyer au réseau après avoir modifié naturellement sa tension au moyen d’un transformateur convenable, ce qui permet de récupérer presque totalement l’énergie électrique engendrée par le rotor, et améliore par suite sensiblement le rendement du moteur. Le réglage de la vitesse s’opère par la variation du nombre des spires actives du transformateur. Ge moteur n’est pas encore entré complètement dans le domaine de la pratique industrielle, mais il ne semble pas douteux que, lorsqu’il sera parfaitement au point, il fera faire un grand pas à la question de la commande des appareils de levage parcourants triphasés.
- (A suivre). J. L.-M.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- 11 vient de paraître, sur les gisements de cuivre du Lac Supérieur, un document statistique qui émane d un expert du gouvernement des Etats-Unis et qui pourrait, de ce fait, avoir une influence sur les méthodes d’exploitation des propriétaires de ces gise-
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- raents ou sur leur politique financière et commerciale. D’après M. Finlay, c’est le nom de cet expert, les mines de cuivre du Michigan ne comporteraient pas les réserves de minerai qu’on se plaît à leur supposer : il s’ensuit que la limite de leur exploitabilité serait plus rapidement atteinte qu’on ne le pense. Le district du Lac Supérieur produit, en moyenne, io ooo tonnes de cuivre par mois, soit lao ooo tonnes par an : il commence à présenter quelques signes de déclin, et ce déclin, d’après M. Finlay, s’accentuera. Déjà, les mines de Michigan exploitent à grande profondeur, et il arrive ce qui se passe toujours en pareil cas, qu’il s’agisse d’amas ou de filons : la teneur en profondeur diminue. Pour que le rendement de la mine ne subisse pas de réduction, ' on force l’abatage du minerai et on précipite le moment où les gisements seront épuisés. En même temps, le prix de revient augmente et l’écart avec le prix de vente actuel ne laisse que peu de marge pour le bénéfice. ’
- Les groupes de mines du Lac Supérieur ont donc cherché à fusionner avec d’autres mines dont l’exploitation ait plus d’avenir. Le groupe de la Calumet and Hecla, qui comprend la Calumet et les mines qu’elle se propose d’absorber, posséderait, d’après M. Finlay, pour 48 55o ooo dollars de cuivre exploitable. L’évaluation des ingénieurs de la Calumet and Hecla est, au contraire, de 60 834 ooo dollars : soit une différence entre les deux estimations de n 284 ooo dollars ou 62 millions de francs.
- Ceci n’est point négligeable. M. Finlay estime que le minerai en vue à Calumet and Hecla peut être évalué à 27 millions de tonnes, d’une teneur moyenne de 26 livres'par tonne,. L’évaluation des auteurs du projet de consolidation de la Calumet and Hecla est, au contraire, de 3o millions ÿe tonnes dans le filon Conglomérat et de 46 millions de tonnes dans le filon Osceola qui serait à reprendre, sans compter 3o millions de tonnes de sables agglomérés. Ces sables, d’après M. Finlay, auraient une valeur de 4 5oo ooo dollars au cours du cuivre de 14 cents par livre, tandis que les ingénieurs de la Calumet ne leur attribuent qu’une valeur de 4 121 ooo dollars. D’autres mines, qui feraient partie du projet de consolidation : Kind, Philip, Tamarack, Gratiot, Centennial, Victoria, Mass, Michigan, M. Finlay les estime sans valeur. Ces mines ne sont pas actuellement rémunératrices, mais elles pourraient le devenir si les cours du métal augmentaient. Voilà une éventualité qu’il 11e faut guère envisager pour le moment.
- La situation politique mondiale* ne favorise pas les affaires; les spéculateurs qui ont pour mission d’animer le marché font preuve de la plus grande prudence ; les consommateurs ne couvrent que leurs besoins immédiats. Les producteurs ont fait quelques concessions qui n’ont attiré que fort peu les acheteurs. Pour août, l’association des producteurs américains donnait comme chiffre de production ; 56 024 tonnes ; comme chiffre de livraisons : 57 t)43 tonnes et comme diminution des stocks pour août 1 919 tonnes. Mais la première quinzaine de septembre s’est montrée beaucoup moins favorable. Les arrivages d’Amérique, d’Espagne, de Portugal, du Chili, d’Australie se sont élevés à 18 531 tonnes et la livraison à 17278 tonnes: l’augmentation des stocks depuis le 3i août est donc pour l’Europe de 1 263 tonnes. La circulaire Merton donne pour la France et l’Angleterre le chiffre de 68 177 tonnes d’approvisionnements au i5 septembre. Les cours du Standard comme de l’affiné sont en baisse, l’électrolytique se tenant à £ 57,10. A noter que l’Allemagne, en raison de la situation politique, avait suspendu ses ordres aux Etats-Unis.
- En regard de la situation des principales mines de cuivre des Etats-Unis, on se plaît à signaler que le syndicat russe du Mied dont nous avons parlé autrefois, syndicat qui groupe les gros producteurs de cuivre en Russie représentant une puissance de production de 20 ooo tonnes par an, vient de classer les différents produits, afin de permettre aux consommateurs d’acheter à n’importe quel moment l’espèce de produit qu’ils désirent. Si ce syndicat ne peut encore contrôler le marché intérieur parce que les non syndiqués s’y opposent, il n’en résulte pas moins que ses efforts persistants, pour enlever du marché russe les importateurs étrangers, ne sont pas sans succès et aboutiront dans un avenir peu éloigné. La Russie deviendra même exportatrice de cuivre le jour où son outillage et sa main-d’œuvre la mettront à même de lutter, comme qualité des produits finis, avec l’Amérique.
- Le Japon, de son côté, continue à tenir une place importante parmi les producteurs et les exportateurs de cuivre du monde. En 1907, il occupait le troisième rang, avec l\i 723 tonnes. En 1909, il produisait 43 i55 tonnes. 48 mines produisent par an plus de 60 tonnes de cuivre : les quatre principales par ordre d’importance étant celles de Kosaka, Ashio, Besrhi et Hitachi. Le minerai le plus abondant est un minerai sulfureux contenant de la baryte, du_ zinc,_ de la galène et accessoirement des pyrites et chalcopy-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- àT.
- XV (2* Série)."
- H* 39.
- rites : on y'trouve parfois l’or èt l’argent. 3g mines du Japon exploitent ce minerai, surtout celles de Kosaka et de Kano. La valeur du cuivre exporté dépasse deux millions de livres sterling, soit % du montant total des exportations japonaises. C’est principalement sur l’Angleterre, les Etats-Unis et la Chine que sont dirigées les expéditions ; le mon-
- tant de ce qui est introduit en Chine à l’heure présente diminue rapidement en raison de la diminution des besoins de cette contrée. Mais c’est un marché qui reprendra de son importance sous peu avèc la mise en valeur des gisements de toute espèce qui s’y rencontrent. ,
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- ÉCLAIRAGE
- Aube. — Le conseil municipal de Romilly-sur-Seine a renvoyé à la commission d’études les deux demandes de concession d’établissement de l’énergie électrique, présentées par MM. Giroset Loucheur et par M. Miranda.
- Charente-Inférieure. — La Chambre de commerce de La Rochelle va mettre à l’étude le projet d’éclairage électrique de l’Hôtel de la Bourse.
- Corse. — Le maire de Corle a conclu avec M. Abel, ingénieur, à Marseille, un contrat pour l’installation d’une usine électrique à Restonica.
- Finistère. — Le conseil municipal de Quimper a nommé une commission à l’effet d’étudier les propositions qui lui sont faites pour l’éclairage électrique de la ville.
- Ile-et-Vilaine. — La Société de montages et installations électriques a obtenu la concession de l’éclairage électrique de Dol.
- Marne. — Les communes de Cernay-les-Reims, Doustrein et Beine vont être éclairées prochainement â l’électricité par la Compagnie générale électrique de la Champagne.
- Nord. — La demande de concession de distribution d’énergie électrique de Launay, formulée par l’Energie Electrique du Nord de la France, a été prise en considération par la municipalité.
- La municipalité de Lille a prévu une dépense de 58 5oo francs pour l’installation de l’électricité au nouveau théâtre.
- Oise. — Une Société est en formation à Creil dans le but de distribuer la force motrice et d’assurer l’éclairage électrique aux villes de Beauvais, Clermont, Compiègne et Senlis.
- D’autre part, une enquête est ouverte au sujet de la demande de MM. Drin et Ferré, relative à la concession de distribution d’énergie électrique dans la région comprise entre Creil, Clermont, Beauvais et Méru.
- Pyrénées-Orientales. — La Compagnie des chemins de fer du Midi étudie un projet d’éclairage électrique, par l’usine de la Cassagne, de 27 communes des cantons d’Olelte, Mont-Louis et Saillagouse.
- Rhône. — Le conseil municipal d’Amberieu-en-Buget a émis un vœu en faveur de l’établissement d’une usine hydro-électrique à Priay.
- Seine-et-Marne. — La municipalité de Moissy-Gra-mayel a accordé la concession de l’éclairage électrique de la commune à la Compagnie du Gaz et de l’Electricité de Melun.
- SOCIÉTÉS
- Energie Electrique du Centre. — Les recettes de cette Société ont été de 229 814 francs, en juin 1911, contre 190 317 francs, en juin 1910. L’exercice 1910-ign présente une augmentation de 38 % par rapport à l’exercice précédent (2 791 600 francs contre 2 oa3 3oo francs).
- Compagnie Electrique de la Loire. — Les recettes de la Compagnie Electrique de la Loire ont été, jiour le mois de juin, respectivement de 220 891 francs en 1911 et de ig3 816 francs en 1910. Depuis le Ier janvier 1911, elles ont atteint 1 372 400 francs, en augmentation de 20 % environ sur la période correspondante de 1910.
- Société Roubaisienned’Eclairage par le Gaz et l'Electricité. — Los recettes totales pour le premier semestre 1911 ont été 1 327 627 francs. Pour le premier semestre 1910, elles avaient été de 1 i5g 555 francs. Les recettes d’électricité, considérées seules, ont progressé de 43 % pendant ces six premiers mois. Elles ont passé de i34 367 francs \ à 221 582 francs.
- PARIS. — .IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B . Nouet.
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- La Lumière Electrique
- TABLE DES MATIÈRES
- TOME XV (2U Série)
- 3e Trimestre 1911
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- TABLE METHODIQUE DES MATIÈRES
- APPLICATIONS
- APPAREILS UE LEVAGE
- Généralités sur la commande électrique des appareils de levage (Suite)..............120, 408
- Voir tome XIV, p. 283.
- Vitesses des moteurs. Comparaison des divers types usités........................... 120
- A. —; Moteurs à courant continu : moteur série
- et moteur shunt; construction; choix; réglage de vitesse des moteurs de levage à courant continu.................................... 121
- Dispositifs spéciaux de fixage et de construction ................................. 408
- B. — Moteurs triphasés : construction; choix;
- réglage de la vitesse (moteurs à bagues, à induit en court-circuit et à collecteur)...... 4°9
- (A suivre.)
- Docks de charbon de Duluth (Minnesota.) —
- Electrical World, 6 avril 1911................ 112
- Appareils dé levage qui les desservent.
- QUESTIONS DIVERSES
- Le halage électrique sur les canaux.... 219
- Expériences de la Compagnie Générale Electrique de Nancy; câbles sans lin longeant la berge. Description et coût d’une installation.
- MECANIQUES
- Ventilateurs à courants triphasés à vitesse \ variable. — Elektrotechnische Zeitschrift, i'r juin
- 1911. — Glückauf, tome XLVI, p. 917........ 282
- Destinés aux mines. Spécification.
- Riveuse a commande électrique. — Eleklro-technische Zeitschrift, 18 mai 1911,....... 366
- I Régulateur électromagnétique de niveau 1 d’eau pour chaudières à vapeur. — Elektrotech-^ nische Zeitschrift, 8 juin 1911............. 367
- Avertisseurs électriques d’incendie.... 124
- Appareils Richard. Thermomètres avertisseurs et avertisseurs d’incendie proprement dits.
- L’électricité dans les bureaux. — Helios,
- 25 juin et 2 juillet 1911.................. ii5
- | Machines à dicter, copier, plier les lettres ; à
- imprimer les adresses ; à fermer, ouvrir, affranchir les enveloppes. Transport du courrier et des paquets. Machines destinées à compter et mettre en rouleaux les pièces de monnaie ; à additionner; à classer.
- Allumage et extinction automatiques d’un réseau triphasé d’éclairage public. —H. Bois-! sard.
- Voir Transmission et Distiuiiution.
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité juridique de l’industrie électrique (Manuel pratique de législation, règlementation et jurisprudence en matièi'e de production et disti'ibution d’énergie électrique), par P. Istel et B. Lemonon, — 1 volume in-8° raisin de 415 pages. — Marchal et Godde, éditeurs, Pains. — Prix : broché, 8 fr. ; relié, 10 francs. 23
- Cours de mathématiques générales, par H. Bouasse. — 1 volume in-8° raisin de 646 pages, avec 323 figures. — Ch. Delagrave, éditeur, Paris. — Prix : broché, 20 francs....................... 24
- Magnetismo e elettricita, par F. Grassi. — 1 volume in-16 carré de 878 pages et 3g8 figures. — Ulrico Hoepli, éditeur, Milan. — Prix : cartonné, 7 fr. 5o.................................... a5
- Lignes électriques souterraines (Etude, pose, essais et recherches de défauts), par P. Girardet et W. Dubi. — 1 volume in-8° raisin de 208 pages, avec 48 figures. J. Rey, éditeur, Grenoble. — Prix : broché, 5 fr................ 25
- Manuale dell’ ingegnere elettricista, par Attilio Marro. — 1 volume in-16 de 862 pages; avec
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- a
- a 5 4 ligures. — Uliuco Hoei-li. éditeur, Milan. — Prix: cartonné, 8 fr. 5o............................ 55
- Agenda de l’Eleetro (1911). — i volume in-ifi de 876 pages, avec ligures. — Electro, éditeur, Bruxelles. — Prix : cartonné, 3 fr. 5o........ 55
- Manuel de l’ingénieur (Nouvelle édition française du manuel de la Société Hutte)
- traduit par L.-M. Desmarest. — a volumes in-iade j dooetçjoo pages,avec de nombreuses figures. — Cn.Béranger, éditeur, Paris. — Prix : cartonnés, 3o liâmes................................. 90
- L’électriftçation des grandes lignes de chemins de fep, par J. Signorel. — 1 volume iu-8° carré de a3a pages. — Bergeu.Levrault, éditeur, Paris. — Prix : broché, 5 francs................... 118
- Traité théorique et pratique des machines dÿnamo-électriques (courant continu), par Syl-vanus Thompson. — 4e édition française traduite sur la 9e édition anglaise, par E. Boistel.— 1 volume in-S° jésus de 1 o56 pages, avec 60a figures. —. Ch. .Béranger, éditeur, Paris. — Prix : cartonné, 35 francs.................................... 1 :>4
- Les. lampes électriques, par H. Péeheux. —
- 1 volume iu-8° carré de 180 pages, avec 38 figures. —
- Gauthier-Villars et Masson, éditeurs, Paris. — Prix : broché, a fr. 5o....................... i55
- Les transmissions électriques d’énergie en Italie (Voyage d’études 8-29 mai 1910). — Rapport rédigé par M. Ourson. — 1 volume in-8° de 254 pages, avec 27 figures, 19 planches et 1 carte, publié par. la Ville de Paris...................... a5i
- XVIe Congrès international de tramways et de chemins de fer d’intérêt local (Bruxelles). Comptes rendus détaillés et réponses aux questionnaires.— 2 volumes in-4°de668 et 716 pages avec figures. — Edité par l'Union Internationale de tramways et de chemins de fer d’intérêt local, Bruxelles.................................... 279
- L’échauffement et la -ventilation des machines électriques de grande puissance, par C. Caminati. — Brochure in-8° carré de 4° pages avec 2 figures. — En vente aux bureaux de la Lumière Electrique. — Prix broché : 2 fr. 5o... 280
- La Mutualité et les retraites ouvrières et paysannes, par G. Lucas. — 1 vol. in-8° raisin de 120 pages. —, Société nu Recueil Sirey, éditeur, Pa-
- ris.......................................... 3i 3
- Liste de volumes reçus (Supplément)............ 329
- DIVERS
- ENSEIGNEMENT TECHNIQUE
- Chronique de renseignement technique. — A. Reisset.........................io3, 1G9, . 19a
- J. —Le développement et le but des écoles supérieures d’linstrUetion générale et technique en Allemagne.......................... 108
- D’après un discours de IL Meyer (Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieure, 8 juillet
- xjn)-
- II. — La crise de l’enseignement technique
- en Angleterre........................... . 169
- Compte rendu du Congrès des Ingénieurs Civils anglais (Engineering, 3ojuin et 7 juillet 1911).
- III. — Opinions américaines............. 195
- Travaux de la Conférence de la Société de Perfectionnement de l’Education Technique (Electri-cal World, 8 juillet 19,11).
- CONGRÈS., EXPOSITIONS
- »
- Le Congrès international des applications électriques de Turin...................... 2.1
- Liste des thèmes des rapports officiels ; noms des rapporteurs. Communications originales.
- Les Congrès de Turin......................... 89
- V° Congrès international d’aéronautique.
- L’exposition d’électricité de Boston ^o, 407
- 28 septembre1',.r, octobre 1912.
- Ç.Oli RESPO.N DANCE
- F. Punga......... .............. 2i2
- Jacob.. ....................... 4o3
- DÉVELOPPEMENT DE l’ÉEECTHICITÉ
- Les applications domestiques de Tèlectri-cité........................................... 2-13
- L’éclairage et la cuisine. Prix de revient. Comparaisons basées sur les prix die l’énergie électrique et du gaz eu Allemagne et à Paris.
- Les documents allemands sont extraits d’un rapport de G. Dettmar (Elektrotechniselle Zeitschrift, agjuin., 6, i3, 20 et 27 juillet 1911).
- La tarification de l’énergie électrique, ai6
- Résumé de nombreux travaux sur la question: en particulier, de H. Arno (Lumière Electrique,
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- — 3
- t, XÏI, XIII et XIV) • H. Passavant (id., t. XIV); K, GajCzak (Êlektrotechnische Zeitschrift, 18 mai igt<); Mont (id., 1 g janvier et u mai 1911), etc
- La lûttê du gaz et dê Vélectricité en Allemagne. .................................... 218
- Revue rapide d'articles publiés par X Kleklro-technische Zeitschrift [en particulier 20 avril 1911) prenant parti pour ou contre l’électricité. Statistiques de G. Dettmar (18 mai 1911); de F. Ross (27 avril 1911 et Lumière Electrique, t. XIY). Evolution dès prescriptions administratives, influence de l’association des ingénieurs électriciens allemands, de lia (tire à développer là consommation dé l’énergie électrique! (H. Pëkls, i'X juillet 1911), etc.
- industrie ent cïénérAl
- L’électricité en Italie„ — J, Reyva!.. 178, 197
- Exposé historique du développement des applications de l’électricité en Italie. (Rapport de M. Ourson au sujet d’un voyage d’études, organisé par la Commission de la Houille Blanche de la Ville de Paris, en 1910).
- Le service d’étude des gi’andes forces hydrauliques. — R. de la Brosse. — La Houille
- Blanche, mars 1911........................... 88
- Installations des Alpes Françaises (lin 1910).
- Le développement industriel de là l'ègion naniàîsé. — É\ Godard. —- bulletin de ta Société des Ingénieurs civits, mai 1911................ SS
- Statistique des usines électriques en Au-triehe. — Elehtrotechnik und Mascliincnbau, 28 juillet 1911...................................... 211
- Le nombre des nouvelles usines a passé par un minimum et croit actuellement.
- QUESTIONS DIVERSES
- é
- Les Prix de l’Académie des Sciences.. 2:78
- Prix Gaston Planté, Hébert, Perrin.
- Création d'un Musée technique à Vienne 279 Musée technique des Industries, Arts et Métiers.
- Hommage a la mémoire de J. Jùubert. Vj Souscription destinée â fonder une bourse d’études Joubert.
- Effets curieux de la foudre.................. 277
- Légats causés sur dès sapins dans la forêt de Ko .stock (Ëlektrotechnischë Zeitschrift, 6 avril 1911) et dans le massif de l’Arlberg (Ëlcklrotoch-nik und Maschinenbau, 20 août 1911).
- Sur la constitution électrique du soleil. — Birkeland. — Comptes Rendus, 4 septembre 1911. 368
- Quelques nouveaux enseignements de l’inondation de 1910................................. 4o3 &
- Façon dont se sont comportés les machines, les câbles, l’appareillage (d’après un rapport de M. Guéry, Bulletin de la Société Internationale des Électriciens, décembre 1910), et les câbles télégraphiques souâ papier (d’après M. i.ifNAfN, Annales des Postes, Télégraphes et téléphonés, mars 1911).
- CGncïtfsiô'US optimistes.
- Listes de brevets français (Supplémentj,
- 20, io3, i3a, ii>9, 36o
- Listes de brevets belges (Supplément), i5<j,
- TB, 3'6o
- Liste de volumes reçus.
- Voir ÈrBLioGUArnïii.
- ÉCLAIRAGE
- LAMPES A VAPEUR DE AIEItCUKE
- Procédés permettant dé mùdifîërla coloration habituelle des lampes à vapeur de mercure. — J. Escard...................... 236
- Avantages et inconvénients de la coloratiou habituelle des lampes au mercure. Moyens de l’atténuer : emploi d’écrans fluorescents ; combinaison, avec l’incandescence électrique (lampe Hop-felt;, Hahriet Bastian); emploi d’électrodes de charbon; d’amalgames au lieu de mercure (cadmium, zinc et sodium, etc.); addition de gaz à radiations rouges (azote, néon),
- ÉLECTRIQUE
- L’arc au mercure à lumière blanche. — E. Darmois et M. Leblanc Blé.-................. 355
- ijHsctïssiôTi rapide de l’étude' précédente : les écrans fluorescents (transformateurs de l-mnière) résolvent le problème (rhodamiue à laquelle 011 incorpore une substance qui la rende stable).
- Voir aussi Rayons ultraviolets, ci-dessous, j PltOTOMÉTRlE
- Sur la dépense d’énergie nécessaire potir pvoduii'e l’unité d’intensité iuminëuse. —
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- H. Buisson et Ch. Fabry. — Comptes Rendus,
- 24 juillet 1911............................. iy5
- « Equivalent mécanique » tic la lumière.
- La photomêtrie des sources lumineuses rectilignes. — J. Pôle. — Elektrotechnische Zeitschrift,
- 4 mai 1911.................. ............... 2o5
- Nécessaire d’employer une nouvelle définition du flux lumineux.
- Sur la perception des lumières brèves à la limite de leur portée. — A. Blondel et J. Rey.—
- Comptes Rendus, 3 juillet 1911................ 84
- Une loi indique le rapport dans lequel il faut augmenter l’intensité d’une lumière d’abord fixe pour avoir en lumière brève la même portée.
- * «AYONS ULTRAVIOLETS
- Recherches sur les rayons ultraviolets. —
- Comptes Rendus, 10 avril, 29 mai, 6 et ig juin
- ’Tgn........................................ 5i
- Travaux de A. Tian ;J. Courmont et Ch .Nogier; H. Bierry, V. Henri et A. Ranc; M. Landau.
- Sur le rayonnement des lampes à vapeur de piercure. — Ch. Fabry et H. Buisson. —
- Comptes Rendus, 10 juillet 1911............. 107
- Rendement en ultraviolet de différentes lampes.
- Sur les variations de transpai'encé du quartz pour la lumière ultraviolette et sur la
- dissociation de la matièi'e. — G. Le Bon. — Comptes Rendus, 3 juillet 1911........... 108
- L’opacité augmente avec l’âge des lampes.
- Etude du rayonnement ultraviolet des lampes à vapeur de mercui'e, en quartz. — V.
- Heni-i. — Co-npies Rendus, 24 juillet 1911..» 176
- Emploi du citrate d’argent.
- Influence de diverses conditions physiques sur le rayonnement ultraviolet des lampes à vapeur de mercure en quartz. — V. Henri. —
- Comptes Rendus, 14 août 1911............. 36G
- Influence du refroidissement: méthode au citrate. Influençe du temps : contradictions entre les travaux précédents. Etude critique de différentes lampes : ce sont des sources constantes pour un régime défini.
- QUESTIONS DIVERSES
- Eclairage à incandescence réalisant une économie très notable sur les lampes à filament de charbon. — Dussaud. — Comptes Rendus,
- 26 juin 1911............................. 5o
- Avec 20 watts, mêmes résultats qu’avec les lampes en carbone dépensant 400 watts et, pour projections, qu'avec un arc de 4000 watts.
- Petits transformateurs pour lampes à incandescence. — J. Niethammer. — Elektrotechnik und Masc/iinenbau, 3o avril 1911............... 5a
- Logés dans le culot de la lampe à bas voltage. Données de fonctionnement et données économiques (tableaux).
- Rayons cathodiques produits à l’intérieur des lampes à incandescence.
- Voir Théories et Généralités.
- Sur la loi de Stokes et sur une relation générale entre l’absorption et la phosphorescence. — L. Brüninghaus. — Comptes Rendus, G juin 1911..................................... 51
- Allumage et extinction automatiques d’un réseau triphasé d’éclairage public. — H. Poissard.
- Voir Transmission et Distribution.
- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Les fours électriques............ 94
- Tableaux de répartition des différents systèmes .
- Nouveau parafoudre èlectrolytique.
- Voir Transmission et Distribution.
- ÉLÉMENTS PRIMAIRES ET ACCUMULATEURS
- Sur un effet électrique du déplacement relatif d’un métal et d’un électrolyte au contact. — J. Pionchon.
- Voir Théories et Généralités.
- Groupe auxiliaire dans les installations d’éclairage et traction avec batteries d’accumulateurs.— L. Jacobitti.
- Voir Usines génératrices.
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- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- Durée des autorisations de voirie. — P. Bou-
- gault.—La Houille Blanche, avril 1911..... n3
- La limitation (durée) est illégale.
- Frais de contrôle des distributions d’énergie électrique..........................3o, 383
- Organisation de ce contrôle en France. (Rapport de la commission du budget.).... . 3o
- Arrêté du ior septembre 1911 concernant les irais de contrôle des distributions d’énergie électrique .............................. 383
- Décret du 13 août 1911 sur les installations minières..........................285, 318, 35o
- Articles do ce décret concernant les installations électriques.
- MACHINES
- Les progi'ès réalisés dans la construction des dynamos. — L’Electrotechnische Industrie de Slikkerveer (Hollande). — L. Berger...................................... 3a3
- Description, données de construction et de fonctionnement des machines exposées par cette maison à l’Exposition de Bruxelles (1910).
- Alternateur de 626 kilowatts, 220 volts, iiü tours, 5o périodes et son excitatrice (110 volts). Turbo-alternateur de 625 kilowatts, 220 volts, 3 000 tours, 5o périodes. Moteurs asynchrones de 220 chevaux, 2 000 volts, 1 5oo tours, 5o périodes; de G5 chevaux, 220 volts, 3 000 tours, 5o périodes; do 11 chevaux, 220 volts, 2o5 tours, 5o périodes. Dynamo de 35o kilowatts, 470 volts, ai5 tours. Groupe électrogène léger. Gommutatrieo en cascade Arnold de 3oo kilowatts, j5o tours : stator triphasé, 6 200 volts, 5o périodes ; tension continue, (îSo-ySo volts.
- ALTERNATEURS
- Réactance synchrone et marche en paral-
- lèle des alternateurs polyphasés. — J. Rezel-
- ......................................... 67
- Le moment d’inertie critique dépend de la réactance. Valeurs à lui donner dans le cas d’alternateurs à pôles pleins, à pôles saillants. Etude de la marche en parallèle à vide et en charge (inductive et non inductive). Influence de la saturation.
- Recherches sur le moment de giration des alternateurs ti'iphasés. — F. Punga. — Elektro-
- technische Zeitschrift, 20 avril 1911...... ... 273
- Critique de la formule de Rosenberg.
- Courants secondaires produits par les bobines extéi'ieures d’un alternateur. — J. Re-
- zelman........................................ 357
- Ces courants ont été déjà signalés par l’auteur (t. XIV, p. 4a)- Etude de ces courants : en monophasé par phase.deux phases en série et en triphasé.
- ; La détermination du décalage entre la ten-' sion aux bornes et la force électromotrice in-I duite dans un générateur synchrone.—J. Liska
- j et O. Szilas. — Elektrolechnik und Maschinenbau,
- 16 avril 1911............................... iG
- On met les équipages d’un électrodynamomèlre sous l’influence des tensions aux bornes : 1) du générateur ; 2) d’une dynamo auxiliaire accouplée rigidement avec lui; — et ceci à vide et en charge. On fait la différence des deux lectures.
- Etude de la marche à vide des alternateurs triphasés à collecteur. — R. Rudenberg. —
- Eleklrotechnische Zeitschrift, 18 mai 1911.... 346
- Continuation d’une élude sur le fonctionnement de ces alternateurs (voir Lumière Electrique, t. XIV).
- A propos des courts-circuits d’alternateurs.
- — Boucherot. — Bulletin de la Société Internationale
- des Electriciens, juin 1911................... 83
- Par suite de l’étouffement du flux, il se produit dans l’inducteur une surintensité continue qui provoque dans l’induit des courants plus ou moins intenses, suivant l’amortissement.
- A propos des courts-circuits d’alternateurs. — F. Punga.........,....<.............. 212
- Observations relatives à l’article précédent.
- CONVERTISSEURS ROTATIFS
- L’emploi des pôles additionnels dans les convertisseurs rotatifs. — R. Pohl. —- Elektro-
- technische Zeitschrift, 24 août 1911.......... 3IO
- Dans îles convertisseurs rotatifs à un seul induit, ces pôles créent un champ supplémentaire produisant une force électromotrice qui s’ajoute ou se retranche avec la force électromotrice due aux pôles principaux; ils permettent donc de faire varier le rapport de transformation.
- Applications aux convertisseurs de courant
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- c> —
- continu on courant continu, compensatrices, sur-volleurs, comniutafrices.
- Commutatrices...........................26, 56
- Diverses solulions employées pour transformer le courant alternatif en courant continu. Etude des commutatripss : démarrage, synchronisation, réglage de la tension, (Dispositifs des Ateliers de (.Constructions Electriques du ÇVord et île l’Est.)
- La commutation dans les commutatrices. —
- S. Hallo. — Elcktmtechnischc Zeitschrift. 3i août
- if)11........................................ ™4
- Application de la méthode d’Arnold. La commutation est meilleure que sur les machines ordinaires, on l'absence d’artifices de commutation, et même ceux-ci ne sont pas recommandables.
- MACHINES ELECTROSTATIQUES
- Sur une grande machine électrostatique.
- — P. Villârd et H. Abraham. — Comptes Pendus
- 26 juin 1911. ............................... 5o
- Spécification. Voltage maximum: >20 ooo volts.
- MOTEURS A COURANT ALTERNATIF
- Le réglage du nombre de tours dans les installations triphasées; applications aux mines et aux usines. H. von Sâàf. — Conférence faite le 2§ janvier jgii devant l’Association Eleclrotech-njque de Vienne; reproduite par Vt'ilehlrotec/inih und
- Mas chinent au, 4 el 18 juin 1911......... ... 48
- Couplage en cascade : procédés Krarner, Scherbius.
- Moteurs à collecteur ', systèmes Déri^ Thail-mayer.
- Formule simple pour le calcul de la capacité de surcharge des moteurs asynchrones.
- — E. Auerbach. --* EleMrotechnischc Zeitschrift, 37
- juillet 1911................................. 344
- Modification d’une formule de Thomalen, permettant de calculer cette cajjacité en fonction du courant à vide, du courant de pleine charge prédéterminé et du courant de court-circuit.
- Etude expérimentale du couple d’hystérésis. — H. Zipp.— Elehtrolechnische Zeitschrift, 6
- juillet 1911.. ............................ 342
- Il existe un couple d’hystérésis dans les moteurs asynchrones, même au synchronisme. Influence du glissement.
- • TRANSFORMATEURS
- x La rèaetance de dispersion des transformateurs statiques avec enroulements concentriques.— J. Rezelman...............:........... 291
- Vérification expérimentale des formules usuelles (mesures en monophasé par phase, deux phases en série et en triphasé),
- I. Bpbine de réactance sans fer. —- II, Magnétisation. — fjl, En eourLcirçnit, l’enroulement primaire étant : a) à haute tension, à l’extérieur; h) k basse tension, h l'intérieur. —Corrections à apporter aux formules et aux idées reçues sur la distribution des flux.
- La dispersion dans les transformateurs a bobines réglables. — F. Niethammer et E. Siegel. — Elektrolechniit und Maschinenlmu, 21 mai
- 1 9T I. ................................... 3.(4
- Utilisés en traction monophasée. ,
- Rapport de la réactance de dispersion des bobines raccourcies à la réactance initiale, en fpnçr tion du raccourcissement.
- Sur la marche à vide d’un transformateur
- triphasé asymétrique.— W. Genkin........... 35
- Les axes des noyaux étant dans le même plan, il y a déséquilibrage du circuit d’alimentation qui se manifeste par une modification dans les lectures aux wattmètres, suivant le montage. Analyse du phénomène. Essais.
- Petits transformateurs pour lampes à incandescence. -- J. Niethammer.
- Voir Eclairage électrique.
- QUESTIONS piVERSES
- Sur une propriété générale des anneaux à
- collecteur. — E. Guillaume................. J9
- Etude mathématique.
- La force électromotrice due à la rotation de l’induit dans son propre champ est égale à la valeur moyenne de la force électromotrice due à l’induction mutuelle des spires court-circuilécs sur les autres spires de l’induit.
- phéostat de démarrage pour l’essai de moteurs à çourast continu de puissances différentes- — U. Konig- THUos, 8 jnillej 1911.. . 3g6
- Pour moteurs de 1 à 16 chevaux,
- L’èchauffement et la ventilation des machines électriques de grande puissance- —
- G. Gaminati................................ >4;
- Calcul de la quantité d’air minimum nécessaire à la ventilation. Exemple numérique (turbo-al-ternateur de 10 000 kilowatts).
- Les èchauffements de machines, .......... 60
- Liquide lubréfiant, le Glacial.
- Les machines électriques et l’inondation de 1910.
- Voir Divers.
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- BREVETS
- Gompoundage de machines dynamo-éiectri-ques à courant continu. — Société Alsacienne de Constructions Mécaniques. — N° 426 4g5, demandé le 4 mai 1910...................... 187
- Procédé pour produire rapidement des variations de flux dans les machines dynamoélectriques à courant continu. — Société Alsacienne de Constructions Mécaniques. —
- N° 4®o 926, demandé le 7 décembre 1909... 380
- Dispositif pour la régulation de la tension et du nombre de tours des machines à courant continu. — Société Siemens-Schuckert, — Nu
- 414 i65, demandé le 26 mars 1910......... 370
- Système de connexions pour moteurs à courant continu à vitesse variable. — Société Alsacienne de Constructions Mécaniques. — ïsr° 4x6 007, demandé le 14 mai 1910.......... 371
- Dispositif pour la régulation du nombre de tours des moteurs a courant continu, au
- moyen de régulateurs de vitesse. — Société Siemens-Schuckert. — Au 417096*, demandé le i3 juin 1910................................. 37a
- Machine panchrone à bagues avec machine auxiliaire à collecteur. — Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est.—
- N° 417 190, demandé le a3 août 1909. , .. a5i
- Moteur à répulsion marchant en génératrice. — Société Brown Boveri. — Nn 42,1 6i3. demandé le 19 octobre 1910.............. 281
- Dispositif de démarrage des moteurs d’induction. — P. Dassenoy. — N° 417 629, demandé le a.5 juin 1910............................. 3^5
- Moteur polyphasé à collecteur, avec balais fixes ou mobiles montés en série. — AlJge-meine Elektricitats Gesellschâft. — N° 425173, demandé le 24 janvier 1911............. .. . . 3x4
- Procédé de réglage de la vitesse des machines polyphasées à collecteur.— Société Alsacienne de Constructions Mécaniques. — N” 417 697, demandé le xor juillet xgio............... 407
- MESURES
- Sur un êlectromètre enregistreur à filament de carbone. — P. Villard. — Comptes Rendus,
- 3i juillet 1911............................. 3°8
- Destiné aux expériences sur l’électricité atmosphérique. L’aiguille est un filament de carbone de lampe à incandescence.
- Données électriques; enregistrement; sensibilité.
- Mesure du décalage entre la tension aux bornes et la force èlectromotrice d’un génè-rateur synchrone. — J. Liskaet O. Sziias.
- Voir Machines.
- Appareil de localisation des défauts des
- câbles...................................... 91
- Basé sur la méthode de la perte de tension. Description. Conduite d’une mesure (Diény et Lucas).
- COMPTEURS
- Etude expérimentale d’un compteur à courant alternatif'. —W. Genkin et A. Schillès. 7 Par un choix judicieux de la puissance de l’aimant, on peut toujours ramener entre des limites déterminées les erreurs causées par des variations de voltage, d’intensité ou de facteur de puissance, dans une distribution d’énergie donnée.
- Notes sur les compteurs. — B. Morgan. —
- Electrical World, 6 avril 1911................ 106
- Influence du mode de fixation sur 1 exactitude de leurs indications.
- Influence des pertes dues aux compteurs sur le rendement économique des petits réseaux.
- — Elektrolechnische Zeitschrift, 6 avril 1911. •»o5
- Considérable. Ce qu’il faudrait faire.
- Les compteurs à paiement préalable. —
- Gruber. —- Elektrotechnisçhe Zeitschrift, 7 septembre 1911............................................. 36q
- Leur raison d’être; faveur qu’ils rencontrent en Allemagne.
- MESURES DE PUISSANCE
- Corrections des lectures au wattmètre dans le cas de courants a haute fréquence. —
- E. Behne. — Elektrotechnik und Masçhinenbau, 26 mars 1911..................................... 208
- Introduire, pour les diminuer, un condensateur dans le circuit du système mobile.
- Indicateur de puissance pour circuits à haute tension. — J. Ryan. — Proceedings of the American Institute of electrical Engineers, avril
- 1911........................................... 85
- Un faisceau de rayons cathodiques est. soumis à
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- 8
- deux déplacements rectangulaires, normaux à son trajet, l’un proportionnel à l'intensité, l’autre à la tension. Le diagramme inscrit représente l’énergie dépensée par période.
- MESU1IES MAGNÉTIQUES
- Sur la mesure des champs magnétiques en valeur absolue. — P. Sève. — Comptes Rendus,
- 29 mai 1911.................................. i5
- Précision du millième (i5 000 gauss).
- Les essais magnétiques des tôles de fer. — J. Epstein. — Elektrotechnische Zeitschrift, 6 et i3 avril 1911.. ....................... ..... 248
- Modifications à l’appareil de l’auteur, pour la mesure de l’induction et des pertes.
- Etude expérimentale du couple d’hystérésis. — H. Zipp.
- Voir Machines.
- MESURES DIVERSES
- Compteur d’énergie pour machines à vapeur à piston à charge variable. — C. Bé-
- niot. ...................................... 302
- Description d’un compteur intégrateur de l’énergie produite. Théorie de l’appareil et des erreurs auxquelles il peut donner lieu. Essais.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Enregistrement de la parole à distance. —
- — H. Iiioret, F. Ducretet et E. Roger. — Comptes
- Rendus, 29 mai 1911............................. 88
- Poste téléphonique haut parleur et phonographe.
- Appareil de réception téléphonique de signaux sous-mai'ins. — J. Gardner. — Comptes
- Rendus, 26 juin 1911...................... 112
- Microphone en résonance avec la cloche sous-marine.
- Sur un moyen de supprimei' les troubles causés aux lignes télégraphiques par les lignes d’énergie. — Girousse. — Comptes Rendus,
- 10 juillet 1911........................... n3
- Système Voisenat modifié.
- Régulation automatique dans les systèmes
- télégraphiques Hughes-duplex. — R. Me-rino................................... 153
- Nouvelle station de mesures électriques au Poste central des Télégraphes de Paris.
- — E. Montoriol. — Annales des Postes, Télégraphes
- et Téléphones, juin 1911.................... 276
- Description du combinateur Charles, pour la mesure rapide des défauts.
- Sur un nouveau problème mixte de l’équation des télégraphistes. — G. Webster. —
- Comptes Rendus, 28 août 1911............... 867
- L’amortissement des lignes téléphoniques.
- — Jacob................................... 403
- Observations relatives à un article de M. De-vaux-Charbonnel [Lumière Electrique, t. XIV) .
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Sur le rôle d’une self-induction et d’une capacité à la base d’une antenne. — A.
- Guyau....................................... 1 >
- Point de vue mathématique. Cas particuliers d’une self seule et d’une capacité seule. Vérifications expérimentales.
- Chronique de télégraphie et téléphonie
- sans fil. — P. Brenot..................i63, 23g
- j. — A propos d’un jugement récent.... 163
- Procès intenté par la Compagnie Marconi contre The British Piadio Telegraph and Téléphoné Company Limited. Conclusions di» juge Parker. Commentant ce jugement, l’auteur fait l’histoire des principales découvertes de la T. S. P.
- II. — La station radiotélêgraphique de la
- Tour Eiffel.............................. 289
- Création du Poste de T. S. F. de la Tour Eiffel. Ses modifications successives. Description de lu nouvelle station souterraine du Champ-de-Mars.
- Les services assurés par lè poste de la Tour : envoi de l’heure; détermination des longitudes ; télégrammes météorologiques.
- Détermination des coordonnées géographiques aux colonies en employant la télégraphie sans fil. Essai de la méthode entre Paris et Bruxelles. — M. Bourgeois. — Comptes Rendus, 28 août 1911........................ 368
- Télégraphie sans fil et météorologie.... 407
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- — 9 —
- La télégraphie sans ill en aéroplane... 184
- Expériences du capitaine Brenot et du lieutenant Ménard.
- La télégraphie sans fil aux Colonies... 278
- Création d’un comité technique.
- L’orientation des naviresparla télégraphie sans fil. — Jilektvotechnische Xbit&chrift, 18 mai
- 1911.............................................. 313
- Proposition de phares hertziens.
- THÉORIES ET
- Analyse des courbes périodiques du courant alternatif par le procédé de M. A.
- Schleiermacher. — J. Audouin............... la.
- Les procédés graphiques et les procédés arithmétiques : avantages et inconvénients.
- Méthode arithmétique : principe. Remarques de M. Schleiermacher; exemple numérique. Simplifications proposées par l’auteur, portant sur le nombre et la position des ordonnées à considérer. Application au même exemple.
- Nouvelle méthode d’analyse harmonique par la sommation algébrique d’ordonnées déterminées. — Silvanus-P. Thompson. — Comptes
- Rendus, 10 juillet 1911.................... io5
- Les coefficients de chaque terme de la série de Fourier s’obtiennentdireclement, indépendamment des coefficients des harmoniques d’ordre inférieur.
- DKCIIAI'.C.K
- Recherches expérimentales sur les étincelles de décharge. — Comptes Rendus, 10 avril, 29
- mai et 19 juin 1911........................ i5
- Travaux de A. Hr.MSAi.Ean, A. L fauté, C. Cau-
- DRELIER.
- Sur une grande machine électrostatique.
- — P. Villarâ et H. Abraham.
- Voir Machines.
- La loi du phénomène de couronne et la rigidité diélectrique de l’air. — W. Feek.
- Voir Transmission et Distribution.
- IONS ET ÉLECTRONS
- Sur la masse des ions gazeux. — w. Duane.
- — Comptes Rendus, 3i juillet 1911........ 278
- La chaleur dégagée pendant l’absorption d’électrons par différents métaux. — Philoso-
- GÉNÉR ALITÉS
- phical Magazine, avril 1911 et Revue générale des
- Sciences, i5 août 1911................... 272
- Rayons cathodiques produits à l’intérieur des lampes à incandescence. — L. Houllevigue.
- — Comptes Rendus, 26 juin 1911.......... 175
- MATÉRIAUX ÉLECTROTECHNIQUES
- Les essais magnétiques des tôles de fer. — J. Epstein.
- Voir Mesures.
- Le phénomène de Hall et l’effet thermoma-gnètique transversal dans le graphite. — E. van Aubel. — Comptes Rendus, 3i juillet 1911. 27,3
- Sur les coefficients d’aimantation de l’or. — H. Hanriot et F. Raoult. — Comptes Rendus, 17 juillet 1911........... ............................. 175
- Sur un effet électrique du déplacement relatif d’un métal et d’un électrolyte au contact.
- — J/'Pionchon.— Comptes Rendus, 3 juillet 1911. 106
- La force éiectromolrice varie.
- THEORIES DIVERSES
- A propos des courts-circuits d’alternateurs.
- — Boucherot.
- Voir Machines.
- Sur une propriété générale des anneaux à collecteur. — E. Guillaume.
- Voir Machines.
- Sur l’inductance et la chute de tension des lignes aériennes pour courants triphasés. — G. Markovitch.
- Voir Transmission et Distribution.
- Sur le rôle d’une self-induction et d'une capacité à la base d’une antenne. — A. Guyau. Voir Télégraphie et Téléphonie sans fil.
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- IO
- TRACTION
- Chronique de la traction électrique (à suivre). — J„ Simey................................227, 887
- I. — L’électrification des chemins de
- fer............:.............................. 227
- La traction électrique et la traction à vapeur. Choix des différents systèmes de traction électrique : poids, prix des locomotives; dépenses d’exploitation avec les différents systèmes électriques. Ces données sont extraites d’une conférence de M. de Vaibrecze (Bulletin de la Société d ‘En cour âge ment pour l’Industrie nationale, mars et mai 1911); d’un article de M. Ci. Westinghouse [Engineering, 12 août 1910); etc.
- II. — Electrifications récentes............ 387
- v Projets d’électrification dans différents pays d’Europe, en particulier en Allemagne.
- Nouvelles installations : locomotive monophasée A. E. G. de la ligne Dessau-Bitterfeld (trains de voyageurs) ; automotrices Siemens-Schuckerl (d’après deux études de Ch. Dantin et J. Bour-djsi., Génie Çivil, 25 février et 2 septembre 1911) de la ligne Spiez-Frutigen,
- L’électrification des chemins de fer. — S. Murray. —Proceedings of the American Institute of Electrical Engineers, avril 1911........... i5i
- Considérations résultant de l’expérience acquise par l’auteur au cours de l’électrification du New-Haven Road (480 kil., monophasé, j 1 000 volts, 2.5 périodes). Comparaisons entre les locomotives Û vapeur el électriques.
- Les tramways électriques à 1 200 volts continus en Italie. — T. Jervis. — Atti délia Associazione elettrotecnica italiana, mai 1911. ... 87
- Equipements è deux moteurs à 600 volts, en série.
- Omnibus à prise de courant. — A.Mossay.— Bulletin de VAssociation des Ingénieurs électriciens sortis de l’Institut électrotechnique Montefiore, tome X,
- 3° série.....................................178, 209
- Considérations générales : omnibus automobiles et omnibus à prise de courant. Conditions dans lesquelles chacun de ces systèmes est économique................................ 178
- Description de différents systèmes Schie»
- mann, Filovia. ............................. 182
- Systèmes Mercédès-Stoll, Koehler-Lloyd,
- Schoemaker................................ 209
- Conclusions : rôles respectifs de l’omnibus et du tramway électriques...................... 210
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- APPAREILS DF. PROTECTION DES LIGNES
- La protection des lignes par le système Qi-raud. — G. Gutton. — Bulletin de la Société industrielle de l'Est, juin 1911................. 108
- Mise en court-circuit des lignes, après rupture. Comparaison avec différents systèmes.
- Transports de force considérés au point de
- vue de leur exploitation. — G. Wood. — Proceedings ofthe American Institute of Electrical Engineers, avril 19II......................... 109
- Précautions prises en Amérique pour assurer la régularité dans le service.
- Continuité du service dans les transports de force. — T. Grawford. —Proceedings of the American Institute of Electrical Engineers, avril 1911. 17Û
- Etude analogue à la précédente.
- Dispositif deprotection des isolateurs contre les effets destructifs de la foûdi’e et des arcs.—T. Nicholson.—Proceedings of the American Institute of Electrical Engineers, mars’ 1910. 2.44
- Anneaux de garde reliés respectivement au conducteur et au sol. La décharge passe pardessus l’isolateur. Discussion sur l’efficacité de la protection. Essais sur un réseau américain.
- Quelques essais récents sur les interrupteurs dans l’huile. — B. Merriam. — Proceedings of the American Institute of Electrical Engineers, juillet 1911................................... 246
- Courts-circuits réalisés dans des conditions de fonctionnement normales. Façon dont se comportent les alternateurs, les réactances et les
- coupe-circuits.
- Console de coupure de réseau. —M. Mahaut.
- — Bulletin Technologique des Arts et Métiers, mai
- T911 • • • ..................................... • 177
- Dispositifs de construction.
- Résistances ohmiques pour para foudre s. — G. Gola. — Atti delVAssociazione elettroteenica italiana, mai 1911.................................. 87
- Rondelles résistantes, comprimées par des ressorts.
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- I
- CALCUL l)KS LIGNES
- Sur ÿinductance et la chute de tension des lignes aériennes pour courants triphasés. — G. Markovitçh ............................. i36
- Calculs graphiques de ces éléments dans les cas où la ligne triphasée est : i ) équilatérale; 2) asymétrique(les trois conducteurs dans le même pian); dans les cas : 3) de deux lignes triphasées équilatérales parallèles; 4) d’une ligne de traction. Conclusion.
- La loi du phénomène de couronne et la rigidité diélectrique de l’air. — W. Feek. — Pro-ceedingsof the American Tn.8i.itu.tc nf Electric.al Engi-
- neor*, juillet 1911........................ 3g8
- Voltage critique disruptifet visuel. Expression de la perte. Evaluation expérimentale des constantes qui y entrent. Formules qui en résultent. Essais effectués.
- CONSTRUCTION DES LIGNES
- Canalisations souterraines et aériennes en
- Amérique................................... 5,06
- Canalisations souterraines (caniveaux en béton) et aériennes, à Saint-Louis (Electrical World, 19 mai 1910).
- Dispositifs de construction de pylônes flexibles, et exemple de cafeii! rapide de tels supports (Wilkinson, Electrisai World, 19 mai 1910).
- La conservation des poteaux. Développement et état actuel de 1 ’imprégnation au sublimé. — F. Moll. —' Ilelios, 3 septembre 1911. 376
- Historique. Perfectionnements actuels (procédés employés pour effectuer l’imprégnation). Rôle du sublimé, Frais. Avantages.
- QUESTIONS DIVERSES
- Nouveau redresseur pour faibles puissances.
- — JS. FftlkçnthaL — Elektrotechtiische Zeitschrift,
- 17 août 1911,.,,.,,.............'......273
- Rappelle le principe des redresseurs à relais. Rendement de 65 à 85 % ,
- Allumage et extinction automatiques d’un
- réseau triphasé d’éclairage public. — Bois-sard, — la Houille Blanche, juin 1911.... 5i
- Trois groupes de lampes sont, branchés chacun entre une phase et le fil neutre. Horloge à contacts et contacteurs automatiques.
- Appareil de localisation des défauts des câbles.
- Voir Mesures.
- Indicateur de puissance pour cirouits à haute tension.—J. Ryan.
- Voir Mesures.
- L’inondation de 1910 : lignes et appareillage.
- Voir Divers,
- RÉSEAUX
- Les réseaux électriques en France (suite). —
- A. Solier.....................................119, i5r>
- Etude économique de différents réseaux. (Voir
- aussi t. XIV, p. 344-)
- Société Roubaisienne d’Eleclricité.... 119
- Compagnie Electrique du Nord.......... i56
- (A suivre).
- Frais de contrôle des distributions d’énergie électrique.
- Voir Législation et Contentieux.
- BREVETS
- Nouveau parafoudre électrolytique.— Compagnie Française Thomson Houston. —N° 412 270. demandé le 3 février 1910............... 314
- USINES GÉNÉRATRICES
- Chronique des usines centrales. — J. Rey val...................................7»> 99. »'*•
- I. — La régulation des groupes électrogènes....................................... • •
- Etude,d’après une conférence, de M. Barrillion, des régulateurs de vitesse directs et indirects (servo-moteurs) ; des régulateurs de tension dont l’action s'exerce sur la vitesse du groupe (système Hergott) ou sur l’excitation (systèmes Thury, Brown-Boveri).
- II. — Les centrales de secours; le moteur Diesel - ,.............................99, i3i
- Comparaison détaillée, d’après M. du Bousquet (Bulletin de la Société des Ingénieurs Civils, avril 1911), entre le moteur Diesel et la machine à vapeur (poids, prix). Progrès réalisés par l’emploi des huiles lourdes. Frais d’exploitation comparés
- (vapeur et Diesel)....................... 99
- Données analogues empruntées à L. Howard. (Electrician, 3o juin 1911) : consommations, frais divers (vapeur, gaz et Diesel)........... i3t
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-
- Expériences sur les moteurs à injection de liquides volatils faites par M. Schreber (Revue générale des Sciences, 3o mai 1911), d’après le principe de Banki(injection d’eau pendant la compression d’un mélange tonnant)...................... i32
- III. — Le facteur de charge et la tarification................................................... i33
- Idées de M. G. Sartori sur le facteur de
- charge.......................................... i33
- M. Norberg-Schui.z a montré (Elektrotechnische
- Zeitschrift, a3 et 3o mars et 8 juin 1911), à l’aide
- de considérations théoriques et de données d’expériences, l’avantage d’une diminution de tarifs et l’existence d'un tarif optimum (exemples pris en
- Norvège)...................................... 133
- Groupe auxiliaire dans les installations d’éclairage et traction avec batterie d’accumulateurs.— L. Jacobitti.— T.'FAettricista, 15 octobre 19x0............................................ 17
- Une machine axixiliaire, en série avec la batlc-rie et la dynamo principale, accouplée mécaniquement avec celle-ci, permet de réaliser un réglage automatique de la tension sans agir sur les éléments de réduction de la batterie et sans sacrifier le rendement.
- Développement des stations centrales modernes. — P. Steinmetz. —Proceedings ofthe American ïnstitute of Electrical Engineers, juillet
- 1911....................................... 248
- Problème de leur mise en parallèle. Rôle des réactances.
- Compteur d’énergie pour machines à piston, — G. Béniot.
- Voir Mesures.
- USINE HYDRAULIQUE
- Installation hydro-électrique de Blue Earth,
- de la » Consumer’s Power Company ». —
- Electrical World, 13 avril 1911............. 183
- Travaux hydrauliques; station centrale; ligne.
- UTILISATION DES COMBUSTIBLES
- Notes sur la combustion du charbon. — C. Kershaw. — Electrical World, 6 avril 1911.. m Relatives à la meilleure utilisation du combustible dans les chaufferies.
- Le chauffage au pétrole des chaudières. — M. Negru. — Bulletin de l’Association des Ingénieurs électriciens sortis de l'Institut Electrotechnique Monte-
- fiore, t. XI (3a série), n° 2............... 274
- Description des expériences effectuées.à la station centrale de Westport (E.-U.) : un chauffage mixte (pétrole et charbon) a permis de doubler la production de vapeur des chaudières pendant quelques heures.
- Chauffage par les vapeurs d’échappement d’une importante station centrale. — E. Dar-
- row. — Electrical World, 6 avril 1911....... 110
- Malgré la suppression de la condensation, on réalise des bénéfices.
- TURBO-MACIIINES
- Essais de consommation effectués sur un turbo-alteimateur de 2500 chevaux destiné à la station centrale d’Erfurt. — Elektrotechni -sclie Zeitschrift, 20 avril 1911............ 3ifi
- Turbines hydrauliques de grande puis-
- sance. — Elektrotechnische Zeitschrift, 20 avril 1911............................................. 3iG
- Les machines frigorifiques à vapeur d’eau et leurs applications à la marine. — S. F. 235 Modifications numériques à un article antérieur de M. Maurice Leblanc (Lumière Electrique, t. XIV).
- RENSEIGNEMENTS ÉCONOMIQUES ET COMMERCIAUX
- Etudes économiques : 27, 60, 92, 126, i58, 188, 222, 253, 282, 3i6, 347, 38o, 4x4
- Renseignements commerciaux : 29, 62, 94, 127, iSq, 189, 223,254. 284, 3x8, 349. 282., 416
- Nouvelles Sociétés : 31, 64,95, 127, 160, 190, 256
- 319, 352, 383
- Adjudications: 3i, 64, 95, 127, 160, 191, 224
- 256, 287, 320, 352, 383
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- TABLE DES AUTEURS
- A
- Abraham (H.). — Voir Vu,lard (P.).
- Aurel (E. van). — Le phénomène de Hall et l’efîet ihermomagnétique transversal
- dans le graphite................. a73
- Audouin (J.-F.). — Analyse des courbes périodiques du courant alternatif par le procédé de M. A. Sclileiermacher. . . /|2
- Aueuiïach (E.). —Formule simple pour le calcul de la capacité de surcharge des moteurs asynchrones...................Vtli
- B
- Barbillion. — Voir Reyval (Régulation des
- groupes électrogènes)................78
- Behne (E.). — Corrections des lectures au wattmètre dans le cas de courants à
- haute fréquence.....................ao3
- Bkniot (C.). — Compteur d’énergie pour machines à piston à charge variable. . 3oa
- Berger (L.). — Les progrès réalisés dans la construction des dynamos : L’ « Elec-trotechnische Industrie » de Slikker-
- veer (Hollande). . 3a3
- Bierf.y (H.), Henri (V.) et Ranc: (A.). — Recherches sur les rayons ultraviolets. 5i
- Birkeland. — Sur la constitution électrique
- du soleil. .............................308
- Blondel (A.) et Rey (J.). — Sur la perception des lumières brèves à la limite de leur
- portée..............................84
- Boissard. —- Allumage et extinction automati-
- ques d’un réseau triphasé d’éclairage
- public................................... 5i
- Bottcher (A.). — Voir Beniot (C.). . . . 3oa
- Boucherot. — A propos des courts-circuits
- d’alternateurs.............................83
- Bougault (P.). — Durée des autorisations de
- voirie....................................ii3
- Bouudel (J.). — Voir Simey (Electrifications
- récentes) ...............................3y-2
- Bourgeois (M.). — Déterminations des coordonnées géographiques aux colonies en employant la télégraphie sans fil.
- Essai de la méthode entre Paris et
- Bruxelles..............................368
- Bousquet (du). — Voir Reyval (Les centrales
- de secours; le moteur Diesel). . . 99
- Brenot (P.). — Chronique de télégraphie et
- téléphonie sans fil...........i63, 259
- I. — A propos d’un jugement récent i63
- II. —- La station radiotélégraphi-
- que de la Tour Eiffel...............a59
- Brosse (R. de la).---Le service d’étude des
- grandes forces hydrauliques. ... 8S Bruninghaus (L.). — Sur la loi de Stokes et sur une relation générale entre l’absorption et la phosphorescence. . . 01
- Buisson (H.). — Voir Fabry (Ch.).
- Buisson (II.) et Fabry (Ch.). — Sur la dépense d’énergie nécessaire pour produire l’unité d’intensité lumineuse. . 176
- G
- Caminati (C.). — L’échauffement et la venti-
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-
- G
- lation des machines électriques de
- grande puissance.......................147
- Gaudrelier (G.). — Recherches sur l'étincelle...........................................i5
- CüOKli (L.). - Voir JllCHARDSON (W.).
- Courmont (J.) et Nogier (Ch.). —• Recherches
- sur les rayons ultraviolets............ >i
- Grawford (T.). — Continuité du service dans
- les transports de force.............176
- D
- Dantin. — Voir Simey (Electrifications ré-
- centes). ......... 39a
- Darmois (E,) et Leblanc fils (M.). — L’arc au
- ' mercure à lumière blanche.355
- Darrow (E.). — Ghaulfage par les vapeurs
- d’échappement d’une importante station centrale...........................no
- Dassenoy (P.). — Démarrage -des moteurs
- d’,induction...........................37a
- Dettmar (G.);. — Les applications domestiques de l’électricité.................ai 3
- * La lutte du gaz, et de l’électricité en
- Allemagne. ...........................ai,3
- Duane (W.). — Sur la masse des ions gazeux....................'..............7 3
- Ducretet (E). —- Voir Liorkt (IL).
- Dussaud. — Eclairage à incandescence réalisant une économie très notable sur les lampes àfilament de charbon. . . . 5o
- E
- ËrsTEtN (J.). — Les essais magnétiques des
- tôles de ter..................... . •>.,43
- Bscahd (J.). — Procédés permettant de modifier la coloration habituelle des lampes à vapmw de mercure. ..... a36
- F
- Fabry (Gh.). — Voir Buisson (H.).
- Fabry (Gh.) et Buisson (H.). — Sur le rayonnement des lampes à vapeur de mercure................................ . ^ . . 107
- Falkenthal (IL). — Nouveaux redresseurs
- pour faibles puissances. ... . . y.73
- Gajczak (lv.). — La tarification de l’énergie
- électrique............................v.16
- Gardner (J.). — Appareil de réception téléphonique de signaux sous-marins. . na OenIciN (W.). — Sur la marche à vide d’un
- transformateur triphasé asymétrique. 33 Genkin (W.) et Schillès (A.). —Etude expérimentale d’un compteur à courant alternatif. .................................... n
- J
- Girousse. — Sur un moyen de supprimer les troubles causés aux lignes télégraphi-
- ques par les lignes d'énergie. . ; . il3
- Godard (F.). —- Le développement industriel
- de la région nantaise...................55
- Gola (G.). — Résistances ohmiques pour pa-
- rafoudres...............................87
- Grurer. .— Les compteurs à paiement préalable ......................................... 36g
- Guéhy. — L’inondation de 1910 et le matériel
- électrique........................... 4o3
- Guillaume (Ë.j. — Sur une propriété générale
- dés anneaux à collecteur...............3g
- Gutton (G.). —La protection des ligues par
- le système Giraud.....................108
- Guyau (Â.). — Sur le rôle d’une self-induction et d’une capacité à la hase d’une antenne.......................................... i3
- H
- Hai.lo (S.). — La commutation dd&s les eom-
- rnutatriees...........................>64
- Hanriot (H.)1 et RAoult (F.). —- Sur les coefficients d’aimantation de l’or. . . . 170
- Hemsalegh (A.). — Recherches sur rétineelte, un
- Henri (V.). — Etude dw rayonnement ultraviolet! des lampes à vapeur de mercure,
- en quartz................ . . . . 176
- Inil'üenee d e diverses eohdhkm» physiques sur le rayonnement ultraviolet des lampes k Vapeur de mercure en
- quartz................... 366
- Voir Bierhy (H.)
- IlouLi.EviGUE (L.). — Rayons cathodiques produits à l’intérieur des lampes à incandescence. . . . . . . . . 173
- Howard (L.). — Voir Reyvau (Les centrales
- de secours ; le moteur Diesel). . . . i3i
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-
- J
- Jacob. — L’amortissement des câbles téléphoniques ........................./|0 3
- Jacobitti (L.). — Groupe auxiliaire dans les installations d’éclairage et traction avec batterie d’accumulateurs. . 17
- Jëhvis (T.). — Les tramways électriques à
- 1 200 volts continus en Italie. ... 87
- K
- Kershaw (G.). — Notes sur la combustion du
- charbon. , .....................u 1
- Konig (II.). — Rhéostat de démarrage pour l’essai de moteurs à courant continu de puissances différentes.............3q<3
- L
- Landau (M.). — Recherches sur les rayons ul-
- traviolets ........................"> 1
- LÉautk (À.). —•• Recherches sur le potentiel
- disruptil.......................... G>
- Leblanc (M.). — Voir S. F.
- Leblanc fils (M.). — Voir Darmois (E).
- Le Bon (G.). — Sur les variations de transparence du quartz pour la lumière ultraviolette et sur la dissociation de la
- matière................................108
- Lenain. — L’inondation de lyio et les câbles
- télégraphiques sous papier.............V>5
- Lioret (H.), Ducretet (F.) et Rogeii (E.j. — Enregistrement de la parole à distance...........................................88
- Liska (J.) et Sellas. (O.). — La déteinninalion du décalage entre la tension aux bornes et la force électromotrice induite dans un générateur synchrone........................t-6
- M
- Mahaut. — Console de coupure de réseau. . 177
- Markovitch (G.).— Sur l’inductance et la chute de tension des lignes aériennes pour courants triphasés.............................186
- Merino (R.). —Régulation automatique dans les systèmes télégraphiques Hugües-
- duplex...............................i53
- Merriam (B.). — Quelques essais récents sur les interrupteurs dans l’huile. . . .
- Meyer (D.). — Voir Reisset (Le développement et le but des écoles supérieures d’instruction générale et technique en
- Allemagne).............................108
- Mohl. — La tariücation de l’énergie électrique ..........................................-217
- Moll (F.), — La conservation des poteaux. Développement et état actuel de l’imprégnation au sublimé..........................876
- Montoriol (E.). — Nouvelle station de mesures électriques au Poste central des
- Télégraphes de Paris...................276
- Morgan (B.). — Notes sur les compteurs. . 106
- Mossay (A.). — Omnibus à prise de courant.................................. 178, 209
- Murray (S.). — L’électrification des chemins
- de fer............................... i5i
- N
- Nb«ru (M.).— Le chauffage au pétrole des
- chaudières...........................274
- Nicholson (T.). — Dispositif de protection contre les effets destructifs ch; la foudre et des arcs.........................244
- Niethammer (J.). — Petits transformateurs
- pour lampes à incandescence. ... 82
- Niethammer (F.) et Siegel (ë.). — La dispersion dans les transformateurs à bobines réglables........................... . 848
- Nogier (Gli.). —Voir Courmomt (J..). Norrerg-Schulz. — Voir B.EYYAL (Le facteur
- de charge et la tarification). . . . l83
- O
- Ourson. Voir Retval (L’électricité en Italie).................................... 178, 197
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- Peek (W.). — La loi du phénomène de cou-
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- ronne et la rigidité diélectrique de
- l’air................................... 398
- Perls (II.). — Voir : La lutte du gaz et de l’é-
- . lectricité............................a 18
- Pionchon (J.). — Sur un effet électrique du déplacement relatif d’un métal et d’un
- électrolyte au contact................106
- Pohl (R.). — L’emploi des pôles additionnels
- dans les convertisseurs rotatifs. . . 310
- Pôle (J.). — La photornétrie des sources lumineuses rectilignes. . . . . . . ao5
- Punga (F.). —A propos des courts-circuits
- d’alternateurs........................212
- Recherches sur le moment de giration des alternateurs triphasés. . . 273
- Ranc(A.). — Voir Bierky (H.).
- Raoult (F.). — Voir Hanriot (H.).
- Reisset (A.).— Chronique de l’enseignement
- technique................io3, 169, iq5
- I. — Le développement et le but des « écoles supérieures d’instruction générale et technique en Allemagne. . . io3
- IL — La crise de l’enseignement
- technique en Angleterre.............169
- III. — Opinions américaines. . . 190
- Rey (J.). — Voir Blondel (A.).
- Reyval (J.). — Chronique des usines centrales ............................. 78, 99, i3i
- I. — La régulation des groupes électrogènes ................' . . . . 78
- II. —Les centrales de secours; le
- moteur Diesel..................99, i3i
- III. — Le facteur de charge et la
- tarification............................i33
- L’électricité en Italie. ... ij'5, 197
- Rezelman (J.). — Réactance synchrone et marche en parallèle des alternateurs
- polyphasés...............................67
- La réactance de dispersion des transformateurs statiques avec enroulements concentriques.....................291
- Courants secondaires produits par les bobines extérieures d’un alternateur................................... 3&7
- Richardson (W.) et Cooke (L.). —La chaleur x dégagée pendant l’absorption ’d’élec-
- trons par différents métaux. . . . 272
- Roger(E.). — Voir Lioret (II.).
- Rudenberg (R.). — Etude de la marche à vide des alternateurs triphasés à collecteur....................................3/,6
- Ryan (J.). — Indicateur de puissance pour
- circuits à haute tension................ 85
- S
- Sa A r (IL von). — Le réglage du nombre de tours dans les installations triphasées; applications aux mines et aux usines. /,8 S. F. —Les machines frigorifiques h vapeur
- d’eau et leurs applications à la marine. 235 Saiitori (G.). •— Voir Reyval (Le facteur de
- charge et la tarification).............i33
- Schillès (A.). — Voir Genkin (W.).
- Schreber (K.). — Voir Reyval (Les centrales
- de secours)............................i3a
- Sève (P.). — Sur la mesure des champs magnétiques en valeur absolue. ... i5 Siegel (E.). — Voir Niethammer (F.).
- Simey (.1.). — Chronique de la traction électrique.................................... 227, 387
- I. — L’électrification des chemins
- de fer..................................227
- II. — Electrifications récentes.
- (A suivre). . .......................387
- Solier (A.). — Les réseaux électriques en
- France.........................119, 15f>
- Steinmetz(P.). —Développement desstations
- centrales modernes. ....................248
- Szilas (O.). — Voir Liska (J.;.
- T
- Thompson (S.-P.). — Nouvelle méthode d’analyse harmonique par la sommation algébrique d’ordonnées déterminées . io5 Tian (A.). — Recherches sur les rayons ultraviolets..................................... . 5i
- V
- Valbreuze (R. de). —1 Voir Simey (L’électrification des chemins de fer). • « . 2 227
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- *7
- Yillaud (P.) — Sur un électromètre enregistreur à filament do carbone. . . .
- Villaui) (P.) et Abhaham (II.). — Sur une
- grande machine électrostatique. . . 5o
- W
- Webstek (G.). — Sur un nouveau problème mixte de l’équation des télégraphistes,
- Westinuhousk (G ). — Voir Simby (L’éleclri-
- lication des chemins de fci^. . . . ‘t'i-'j
- Wilkinson. — Pylônes lloxibles.............'^07
- Woon (C.). —Transports de force considérés
- au point de vue de leur exploitation. . 109
- Z
- ZiiM’llI.)-— litude expérimentale du couple
- d’hystérésis.......................'Pi»
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