La Lumière électrique
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d‘Electricité
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- LA
- LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- JOURNAL UNIVERSEL D’ELECTRICITE
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- Revue Scientifique Illustrée
- Publiée sous la Direction scientifique de M. Th. DU MONCEL
- APPLICATIONS DE L ELECTRICITE
- LUMIERE ÉLECTRIQUE -- TELEGRAPHIE ET TELEPHONIE
- SCIENCE ÉLECTRIQUE, ETC..
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- TOME SEPTIEME
- PARIS
- AUX BUREAUX DU JOURNAL
- Si, — Rue Viviennc, — 5i
- 1882
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 51, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL ADMINISTRATEUR-GfeRANT : A. GLÉNARD 7^5T=
- 4« ANNÉE (TbME VII) SAMEDI Ier JUILLET 1882 1,026
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- SOMMAIRE
- Des effets électro-statiques produits sur les lignes sous-marines; Th. du Moncel. — L’histoire des machines magnéto et dynamo-électriques; Aug. Guerout. — Application de la lumière électrique aux constructions sous-marines; C.-C. Soulages. — Les dynamomètres : Dynamomètre d’inertie de M. W. Froude; Gustave Richard. — Sur le transport de la force motrice à grande distance ; Jules Sarcia. — Faits divers.
- DES EFFETS ÉLECTRO-STATIQUES
- PRODUITS SUR LES LIGNES SOUS-MARINES
- L’une des parties de l’Exposition du Palais de Cristal qui a le plus attiré l’attention était celle qui se rapportait à la télégraphie sous-marine. Nul pays ne pouvait, du reste, fournir sous ce rapport une plus brillante Exposition que l’Angleterre, r>v‘ jL_. _ c’est en définitive là que se sont faites le» grandes et nombreuses expériences qui non-seulement ont fixé les bases de cette science nouvelle, mais encore ont créé la vaste industrie des câbles sous-marins dont les Anglais ont pris sans conteste le monopole. On y trouvait, en effet, tous les échantillons de câbles successivement construits par les divers constructeurs anglais ainsi que tous les appareils qui s’y rapportent de près et de loin, et de plus, on avait installé des dispositifs d’expériences qui permettaient de constater de visu les effets physiques produits sur les lignes sous-marines, d’étudier avec amplification microscopique les détériorations produites sur les câbles par certains insectes perforants, et de voir même ces animaux dans de grandes proportions.
- La télégraphie sous-marine ne date, à proprement parler, que de l’année i85i, époque de l’immersion du premier câble sous-marin entre Douvres et Calais; cependant elle avait été conçue longtemps avant, car dès 1840, Wheatstone avait, non-seulement présenté devant la commission de la Chambre des communes chargée des chemins de
- fer, un projet ayant pour but de relier télégraphiquement Douvres et Calais par un câble sous-marin, mais il avait encore indiqué tous les moyens d’exécution qui devaient être mis en œuvre pour réaliser ce projet et même la manière de construire le câble. Son système, sauf l’emploi de la gutta-percha dont les propriétés isolantes n’étaient pas alors connues, était même très analogue à ceux que l’on a suivis depuis. Ayant, dans un .article publié dans le numéro du ior décembre 187g de ce journal, fait l’historique de ces sortes de conducteurs télégraphiques, nous n’avons pas à y revenir en ce moment; cependant nous croyons important pour l’étude que nous voulons faire des effets produits au sein des câbles sous-marins, de rappeler les expériences, faites en 1854 par Wheatstone et Faraday, qui ont été le point de départ de la télégraphie sous-marine.
- Les difficultés de transmission électrique contre lesquelles on a eu à lutter, dès l’origine des premiers ’âbles sous-marins, avaient dû faire étudier plus Cv mplètement qu’on ne l’avait fait jusque-là les ef ts de charge et d’induction des conducteurs tra, ~'és par des courants électriques, et aussitôt qu’on put avoir à expérimenter une assez grande ^longueur de ces câbles, Wheatstone et Faraday entreprirent chacun de leur côté des expériences qui jetèrent un jour nouveau sur ce genre de transmission, et qui montrèrent d’abord qu’en raison des réactions extérieures échangées entre l’électricité circulant dans le fil intérieur des câbles et les conducteurs enveloppant leur gaine isolante, non-seulement les transmissions électriques se trouvent retardées, mais qu’il se produit à la suite de chacune des transmissions , des courants de décharge qui troublent souvent tous les signaux envoyés. Faraday expliqua cet effet en montrant qu’un câble sous-marin immergé constitue un véritable condensateur cylindrique dans lequel l’une des armatures, représentée par le conducteur du câble, réagissant par influence sur l’armature extérieure ou l’eau de mer enveloppant le câble, devait provoquer un effet de condensation capable d’accumuler sur les deux faces de l’enveloppe isolante
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- des charges électriques intenses qui devaient donner lieu, par suite de la communication du conducteur du câble avec la terre à l’un des bouts de la ligne, à une décharge secondaire. Or, comme dans des actions de ce genre l’effet extérieur devait se manifester au fur et mesure de la propagation du fluide dans le fil, le courant transmis ne pouvait avoir toute sa puissance qu’après l’accomplissement complet de cette action extérieure ; de là le retard signalé dans les transmissions. On donna alors le nom d''induction électrostatique à cette réaction qui fut ensuite étudiée par les savants à divers points de vue et qui conduisit à une nouvelle théorie de l’influence électrique qu’on regarda dès lors comme n’étant qu’un cas particulier de la propagation des courants dans, un circuit soumis à des dérivations et auquel on pouvait appliquer les lois d’Ohm.
- Parmi les remarques importantes que fit Faraday dans ses expériences, il en est une sur laquelle nous devons nous étendre ici, car elle a été le point de départ d’une foule de recherches qui ont été faites dans la télégraphie sous-marine, et elle a pu être mise au jour d’une manière très intéressante dans les expériences de Yarley. Ce sont ces expériences un peu réduites, il est vrai, qui ont pu être répétées devant le public pendant l’Exposition du Palais de Cristal.
- Les câbles sûr lesquels expérimenta Faraday étaient des fils souterrains qui réunissaient à cette époque Londres et Manchester. Le circuit résultant de leur réunion pouvait représenter une longueur de 5oo lieues, et comme à Londres ce circuit revient plusieurs fois sur lui-même, il pouvait être observé, par un même expérimentateur, en différents points de sa longueur, au moyen de galvanomètres placés aux points de retour, lesquels pouvaient être plus ou moins éloignés. On expérimenta le plus souvent sur des longueurs de i33 à 25o lieues. Trois galvanomètres installés en trois points également espacés du câble coxistitué par les trois bouts formant une longueur totale de 25o lieues, montrèrent les effets suivants : Le premier bout a placé à la première extrémité étant mis en communication avec la pile, dévia immédiatement, le sécond b placé au milieu du fil, dévia à son tour mais après un temps sensible, et le troisième galvanomètres c placé à la seconde extrémité, ne dévia qu’après un temps plus long encore. Avec le circuit entier de 5oo lieues, il s’écoulait deux secondes avant que le courant atteignît le troisième galvanomètre. De plus si, lorsque les trois aiguilles galvanométriques étaient déviées, on interrompait le contact avec la pile en a, l’aiguille du premier galvanomètre revenait subitement à zéro; l’aiguille du second galvanomètre ne revenait à zéro que plus tard, et l’aiguille du galvanomètre c plus tard encore. Un courant venait donc de la seconde extrémité du circuit, alors qu’il
- n’y avait plus de courant à sa première extrémité. Ce n’est pas tout, en touchant rapidement le fil du galvanomètre a avec le pôle de la pile, on pouvait le faire dévier et le voir revenir à zéro avant que le courant eût atteint le galvanomètre b. Celui-ci avait même le temps de dévier et de revenir à sa position d’équilibre avant que le courant fût arrivé en c. Une onde électrique avait donc été ainsi lancée dans le circuit, elle l’avait parcouru de proche en proche dans toute sa longueur, et elle s’était rendue elle-même sensible à des intervalles de temps successifs sur différents points du circuit. Il était toujours possible, en réglant convenablement les contacts établ^ avec la pile, d’obtenir deux ondes simultanées se suivant l’une l’autre de telle manière, qu’au moment où l’aiguille c était affectée par la première onde, l’aiguille a où l’aiguille b fût déviée par la seconde.
- Si après avoir établi et rompu le contact du galvanomètre a avec la pile, on établissait la communication du galvanomètre avec la terre, on voyait apparaître de nouveaux phénomènes. Une portion de l’électricité entrée dans le fil revenait sur ses pas et repassait à travers le galvanomètre a faisant dévier son aiguille en sens contraire; de sorte que les courants circulaient aux deux, extrémités du fil dans des directions différentes, alors même que la source électrique avait cèssé d’alimenter le fil. Si le galvanomètre a était mis très rapidement en contact avec la pile d’abord, puis subitement avec la terre, on voyait un courant entrer d’abord dans le fil et en sortir tout à coup par la même voie sans que presque rien eût apparu en b et en c.
- Avec un circuit de même longueur suspendu en l’air et expérimenté de la même manière, on ne're-trouvait aucun de ces effets ou du moins ils étaient à peine sensibles.
- Dans les conditions où avait expérimenté Faraday, l’une des armatures du condensateur constitué par le câble présentait une surface de 83oo pieds carrés et l’autre armature une surface de 33ooo.
- Les expériences qui suivirent celles dont nous venons de parler montrèrent bientôt que les ondes électriques reconnues par Faraday pouvaient se succéder les unes à la suite des autres en étant alternativement positives et négatives, si, à chaque fermeture de courant succédant à un contact à la terre, on mettait le fil en contact avec un pôle différent de la pile. Dans ces conditions, les courants de charge déterminés par ces contacts se superposant aux courants de retour résultant de la mise de la ligne à la terre, fournissent un maximum d’intensité électrique en deçà de celui qui avait été déterminé par le flux électrique qui l’avait précédé, et ces maxima ou ondes se trouvent être constituées par des flux électriques alternativement contraires, qui se succèdent comme les vagues de la mer. On a pu compter jusqu’à sept ondes successives sur le
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- câble transatlantique, et M. Varley, au moyen d’un dispositif ingénieux, a pu les mèttre en évidence de la manière la plus remarquable (‘). ‘
- Afin de pouvoir étudier d’une manière facile les transmissions électriques sur les câbles sous-marins,
- M. Varley a commencé par construire un câble sous-marin artificiel disposé de manière à reproduire tous les effets produits dans les câbles sous-marins immergés, et comme à l’époque où il combina ce dispositif (1866) il s’agissait de l’établissement
- Angleterre. . . —
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- Gibraltar . . .
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- FIG. I
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- FIC. 4
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- Angleterre
- Gibraltar.
- Malte.. .
- Suez. . .
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- Bombay.
- Calcutta.
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- Australie.
- FIG. 6
- FIC. 7 FIG. S
- Angleterre,
- Gibraltar.
- Malte.|. .
- Suez. . .
- Aden. . .
- Bombay.
- Calcutta.
- Rangoon.
- Singapore
- Java. . .
- Australie.
- 1IG. 9
- de la longue ligne sous-marine qui unit maintenant l’Angleterre à l’Australie, il le construisit de manière à représenter cette ligne avec les onze stations
- suivantes : Angleterre, Gibraltar, Malte, Suez, Aden, Bombay, Calcutta, Rangoon, Singapoore. Java, Australie.
- (>) Aujourd’hui, la question de la télégraphie sous-marine est si bien étudiée qu’on est parvenu à prévoir et même à
- calculer le nombre de ces vagues pour un câble donné, en partant d’une simple expérience pendulaire.
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- La résistance de ce câble artificiel était représentée par onze bobines de résistance disposées les uns à la suite des autres et présentant chacune une résistance à peu près équivalente aux distances respectives séparant ces diverses stations. Les effets électro-statiques étaient fournis par des condensateurs mis en contact avec le circuit au point de jonction de ces différentes bobines et ayant chacun une surface en rapport avec la longueur du tronçon de la ligné auquel ils correspondaient. Il est vrai qu’avec cette disposition, l’induction ne s’effectuait que d’une manière saccadée, ce qui est loin d’avoir lieu dans la réalité; mais comme l’épaisseur de la couche isolante des condensateurs est beaucoup plus mince que l’enveloppe isolante des câbles, la différence d’action se trouvait ainsi plus que compensée. Aujourd’hui-ces effets auraient pu être beaucoup plus exactement représentés, car on connaît la capacité électro-statique des câbles de différents échantillons pour une longueur donnée, mais à l’époque où M. Varley construisit son premier câble artificiel, on n’en était pas encore là et on se contentait d’approximations.
- Pour étudier les effets produits dans ce câble, M. Yarley, comme Faraday, introduisait sur les fils de jonction des appareils de résistance des galvanomètres à miroir de Thomson, d’une égale sensibilité et en nombre égal à celui des condensateurs, et ces galvanomètres étaient disposés de'façon à fournir sur un même écran des images lumineuses qui devaient être placées ainsi qu’on le voit figure i sur une même ligne verticale lorsque les appareils étaient inactifs. Afin de prévenir les effets de trépidation qui se produisent toujours dans un appartement et qui auraient pu apporter certaines perturbations dans les indications galvanométriques,
- On place aux deux extrémités du circuit deux appareils à pendules synchroniques disposés comme on le voit flg. io, et qui prennent leur contact avec la terre et avec deux batteries égales E, E' par les pointes de contact i et 2, 3 et 4,
- fig. 10
- entre lesquelles oscillent les pendules a et b. Deux des pôles opposés des batteries E, E' sont réunis aux pointes 3 et 4, et les autres communiquent à la terre. Enfin un galvanomètre g est interposé sur le fil de jonction qui réunit les pointes 1 et 2 et les met en rapport avec la terre.
- Supposons maintenant que la vitesse des pendules a et b
- les miroirs des appareils Thomson étaient placés dans des tubes remplis d’eau pure et ils avaient de cette manière leurs oscillations anormales à peu près amorties.
- L'appareil étant ainsi disposé, et après avoir mis l’une des extrémités du câble artificiel en communication avec une pile et l’autre avec la terre, M. Yarley a pu observer les effets suivants :
- Quand les galvanomètres n’étaient pas introduits dans le circuit, les déviations galvanométriques s’effectuaient à peu près simultanément aux deux extrémités opposées du circuit et disparaissaient de même; mais il était loin d’en être ainsi quand les condensateurs étaient reliés à la ligne.
- Au moment de l’émission du courant faite au bout anglais, l’image lumineuse correspondant à la station de Gibraltar (premier galvanomètre) se déplaça presqu’instantanément, et quand elle fut projetée à environ six pieds à droite de la ligne verticale neutre, Malte commença à dévier comme on le voit figure 2. Plus tard, la charge continuant à passer à travers le câble, elle diminua de tension à Gibraltar, et l’image correspondante à cette station se rapprocha de la ligne verticale neutre, alors que celles des autres stations s’en éloignaient de plus en plus, comme l’indiquent les figures 3, 4 et 5. Quand l’image du dernier galvanomètre commença à se mouvoir, toutes ces images réunies entre elles par une courbe, dessinaient une vague parfaitement déterminée dont la courbure était d’autant moins accentuée que le courant était fermé plus longtemps. Cette dépréssion s’effectuait dans les deux sens, c’est-à-dire du côté de la courbure la plus accentuée, en l’applatissant, et du côté de la déflexion en la relevant.
- Le figure 4 montre approximativement l’appa-
- soit réglée de manière à donner à l’aiguille du galvanomètre son maximum de déviation, et que le nombre des oscillations accomplies par minute par ces pendules soit v, Diminuons ensuite graduellement cette vitesse jusqu’à ce que l’aiguille du galvanomètre étant impressionnée par une vague de nom contraire à celle qui avait agi d’abord sur elle, la déviation s’effectue dans un sens contraire à celui qu’elle avait primitivement, et soit v' le nombre d’oscillations correspondant au maximum de cette nouvelle déviation. Quand l’aiguille sera de nouveau déviée en sens contraire et aura atteint son maximüm primitif, le nombre n des vagues dans le câble, pour une vitesse v, sera donné par la formule :
- v
- n —-------
- v — v
- et le temps l que mettra une vague pour atteindre le bout le plus éloigné du câble sera
- I =-------—.... minutes.
- v — v
- Au lieu d’observer les deux déviations maxirna de chaque côté, on peut seulement observer la vitesse au moment où l’aiguille fait son retour alternatif vers la ligne du zéro. >
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- rence des projections lumineuses après une durée de contact de quatorze secondes entre le câble et la batterie. La figure 5 représente ces mêmes projections après une durée de contact d’une minute, alors que le courant était à son maximum au bout australien.
- Quand le courant eut atteint à peu près son maximum d’intensité au bout australien, le bout anglais fut mis en contact avec le sol et la communication avec la batterie coupée ; aussitôt l’image de la station de Gibraltar passa à gauche de la ligne neutre, sous l’influence d’un fort courant de retour comme on le voit figure 6, et elle fut projetée presque aussi loin que dans le premier cas ; celles de Malte, de Suez, d’Aden suivirent à une petite distance, et celle de Bombay vint se placer sur la ligne neutre comme on le voit figure 8, montrant par là que la décharge s’effectuant sur chaque moitié du câble dans deux sens différents, cette station se trouvait mise la première à l’état neutre. Dès lors la courbe réunissant les différentes images commença à devenir régulière et à former une courbe en S bien caractérisée dont les inflexions se réduisirent de plus en plus à mesure que la décharge devenait plus complète et qui finirent par se confondre, au bout de plusieurs minutes, avec la ligne neutre. La figure 6 indique la position des images une seconde après que le bout anglais avait été réuni à la terre; la figure 7 les montre après une période de contact à la terre plus longue, et la figure 8 après un laps de temps équivalent à une minute.
- Quand les émissions de courant se succédèrent à des intervalles de cinq secondes, et par renversements successifs, il se produisit des vagues parfaitement distinctes et de signes contraires, et ces vagues étaient indiquées par les images lumineuses projetées qui constituaient une courbe lumineuse zigzaguée présentant des renflements à gauche et à droite de la ligne neutre, comme on le voit figure 9. Ces vagues étaient ainsi caractérisées jusqu’à Aden, mais au delà de cette station, elles devenaient confuses, et la courbe montrait la présence d’un courant résultant de la combinaison de ces vagues successives.
- Les résistances du câble artificiel dont nous venons de décrire les effets étaient constituées pat-onze bobines de fil fin en argent allemand fournissant en somme une résistance d’environ 3 400 kilomètres de fil de cuivre de 3mm de diamètre (les unités électriques n’étaient pas à cette époque déterminées), et les condensateurs présentaient ensemble une surface totale de 40000 pieds carrés.
- Le câble artificiel de M. Varley a pu lui permettre de juger immédiatement de l’efficacité plus ou moins grande des divers systèmes proposés jusque-là pour conjurer les effets si nuisibles de la condensation électro-statique sur les câbles sous-
- marins, systèmes qui seront poür nous plus tard l’objet d’un article spécial.
- Pour aujourd’hui nous nous en tenons à ce premier aperçu, remettant au prochain article l’étude des autres effets produits au sein des câbles sous-marins.
- (A suivre.) Th. du Moncel.
- L’HISTOIRE DES MACHINES
- MAGNÉTO ET DYNAMO-ÉLECTRIQUES
- Les journaux scientifiques ont à plusieurs reprises, dans ces derniers temps, soulevé des questions de priorité relatives aux machines magnéto et dynamo-électriques, et les indications fournies ont permis d’élucider certains points de l’histoire de ces appareils aujourd’hui si importants.
- Une semblable recherche des droits de chacun n’est pas inutile à l’heure actuelle ou les inventions se multiplient de tous côtés avec tant de rapidité. Aussi nous a-t-il semblé intéressant de réunir ici les documents mis au jour soit par les journaux, soit par la présence à l’Exposition d’E-lectricité de certains appareils, et de les compléter par les renseignements que nous avons pu réunir nous-même, de façon à constituer une histoire rapide du développement des machines magnéto et dynamo-électriques.
- Dans cette étude, nous considérerons ces machines dès leur origine, mais nous nous arrêterons aux premières machines à anneau, à partir desquelles on sort de la partie historique de la question pour entrer dans le domaine de la pratique actuelle.
- Pour prendre les machines d’induction à leur origine même, il faut remonter jusqu’aux expériences fondamentales de Faraday (*), expériences exécutées avec des appareils que l’on a pu voir au Palais de l’Industrie.
- Après avoir constaté l’induction produite dans une hélice par une autre hélice parcourue par un courant, Faraday avait étudié les courants induits résultant de l’aimantation ou de la désaimantation du fer. Le premier appareil à l’aide duquel il mit ces courants en évidence mérite de fixer l’attention.
- Sur un anneau en fer doux (fig. 1) de 2 cent, environ d’épaisseur sur i5 cent, de diamètre, il enroula en A trois couches de fil de cuivre isolé, susceptibles d’être réunies en tension ou en quantité ou de fonctionner isolément. En B il enroula également du fil en moindre quantité, en laissant
- (') Pliilosophiçal Transactions, 1832, p. 12S (Mémoire lu le 24 novembre i83i).
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- entre les deux enroulements, aux deux extrémités d’un même diamètre, à peu près un centimètre de fer nu. En reliant le fil B à un galvanomètre et un des solénoïdes de A à une pile, il constata au galvanomètre la production du courant au moment de l’établissement et de la rupture du circuit. Le même résultat fut obtenu d’une façon plus nette en scindant le fil de A en deux hélices dont une était reliée à la pile et l’autre au galvanomètre. Enfin en réunissant en tension les trois spirales de A et les reliant à la pile, puis terminant les fils de B par des charbons de bois, comme le montre la fig. i, il obtint la première étincelle d’induction et constata que cette étincelle sé produisait toujours au me-
- FIG. T
- ment de l’établissement du courant et rarement à la rupture.
- Parmi ses autres dispositifs, il faut citer encore celui dans lequel un fil enroulé sur un cylindre de fer doux devenait le siège d’un courant lorsqu’on appliquait ce cylindre sur les pôles d’un aimant en fer à cheval ou qu’on l’en arrachait. Faraday fait à ce propos dans une note la remarque suivante : « Un barreau de fer doux formant l’armature d’un aimant en fer à cheval et portant en son milieu une bobine de fil fournit, lorsqu’on l’applique sur l’aimant, le moyen de produire un courant électrique court mais notable. » Le dispositif représenté dans la fig. 2 et qui faisait partie de la collection des appareils de Faraday est la réalisation pratique de cette idée émise par l’illustre savant dés le début de ses recherches et on peut l’envisager comme le germe des appareils du genre dit coup de poing, dont on a construit depuis un grand nombre de modèles différents.
- Les expériences de Faraday étaient à peine connues que l’on chercha de différents côtés à appliquer ses résultats à la production pratique du courant électrique.
- La première indication d’une machine construite dans ce but se trouve dans une lettre adressée à Faraday, le 26 juillet 1832; elle était signée seulement des initiales P. M. et contenait, la description d’une machine magnéto-électrique ayant servi à son au-
- FIG. 2
- teur à décomposer l’eau. Cette lettre fut envoyée au Philosophical Magazine et y fut publiée dans le numéro du 2 août i832. L’appareil consistait en un disque de bois percé de six fentes équidistantes dans lesquelles étaient incrustés 6 aimants en fer à cheval. Ces aimants placés perpendiculairement au plan du disque avaient leurs pôles en saillie d’un côté, et la ligne des pôles de chacun d’eux se trouvait suivant un rayon du disque. En outre, les pôles de deux aimants consécutifs étaient, relativement à leur polarités, disposés en sens inverse l’un de l’autre. Le disque pouvait tourner dans un plan vertical, devant 6 armatures fixes en fer doux
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- entourées de fil isolé. Le fil sur ces armatures était enroulé alternativement dans un sens et dans l’autre, de sorte, qu’on obtenait, au même instant, des courants de même sens dans toutes les armatures.
- Il est certes intéressant de voir employé à une date aussi peu avancée, un mode d’enroulement des induits que l’on retrouve dans presque toutes les machines ' alternatives actuelles, mais l’auteur anonyme de l’appareil ne jugea pas à propos de le produire en public, et la première machine électro-magnétique que l’on vit fonctionner publiquement fut celle d’Hippolyte Pixii, qui fut présentée à l’Académie des sciences de Paris, par Hachette,
- FIG. 3
- le 3 septembre i832, et fonctionna la même année au cours d’Ampère. Elle se composait, comme on sait, d’un aimant en fer à cheval tournant devant les pôles d’un électro-aimant de même forme et donnait des courants alternatifs. Elle est d’ailleurs trop connue pour qu’il soit utile d’en reproduire ici le dessin.
- La plus àncienne machine après celle de Pixii est celle que Ritchie présenta à la Société Royale de Londres, le 20 mars i833. Nous reproduisons dans la fig. 3, le croquis que l’auteur en donne dans son mémoire. Dans cet appareil, quatre bobines, rr, sont montées sur des noyaux de fer que supporte un bâti tournant a,b,c,d. Les noyaux viennent se présenter successivement devant les pôles d’un aimant M'. Les fils destinés à recueillir le courant partent des godets de mercure m m' reliés à des plaques annulaires gh et ef sur lesquelles viennent frotter les extrémités des fils des bobines. Dans son mémoire, M. Ritchie dit que sa machine all-
- ait été terminée en partie 9 mois avant qu’il ’ lie lui fût possible de l’achever complètement .et’cl’éri publier la description ; il semble vouloir ‘établit ainsi qu’elle est antérieure à celle de Pixii, mais c’est là une priorité plus que douteuse.
- Peu après la mise au jour de cette machine, en juin i833, fut exposée au Meeting de la British Association à Cambridge, la machine de Saxton, dont nous donnons dans la fig. 4 le dessin original. Comme on le voit, cette machine comporte un aimant en fer à cheval fb e, devant les extrémités duquel tournent quatre bobines induites ; les deux fils extrêmes aboutissent, l’un à une petite roue E; l’autre à une pointe F, tournant chacune dans un godet de mercure.
- La machine Saxton resta exposée depuis le
- FIG. 4.
- mois d’août i833 à la Gallery of praclical Science dans Adélaïde Street, à Londres; et à Getteépoque Faraday, Daniell et Wheatstone y firent à plusieurs reprises allusion dans leur mémoires. Saxton ne la décrivit cependant qu’en i836, dans le numéro de novembre du Philosophical Magazine, quand ce même journal eut publié dans son numéro d’octobre i836, une lettre signée Edward Clarke, magne-ticien. Dans cette lettre, Clarke décrivait une machine magnéto-électrique fruit, 'disait-il, d’un travail long et coûteux. Saxton envoya aussitôt au Philosophical Magazine une description de sa machine, qui était en même temps une revendication de ses droits. Il y traitait Clarke de contrefacteur, non point parce qy’il avait construit l’instrument, ce qu’il reconnaissait à chacun le droit . de faire, mais parce qu’il l’avait donné comme son invention et avait omis toute mention du nom du véritable inventeur.
- La machine de Clarke est bien connue, on sait
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- qu’elle différait de celle de Saxton par la position de l’aimant relativement aux bobines et que celles-ci étaient seulement au nombre de deux. L’interrupteur était aussi construit autrement que celui de Saxton.
- Ici se place une machine curieuse imaginée par Pohl; nous en trouvons la description dans les Annales de Poggendorff, année i835, volume 34, pages i85 et 5oo. Ce sont deux électro-aimants en fer à cheval placés vis-à-vis l’un de l’autre, dans la même position que l’aimant et l’électro de la machine de Pixii. Ils sont fixes tous les deux, mais l’électro supérieur entouré d’un fil gros et court, reçoit un courant d’une pile dont un commutateur
- à bascule, mû par une poulie et une excentrique, change sans cesse le sens ; il en résulte dans le fil plus fin de l’électro inférieur des courants alternatifs. Ces derniers sont redressés par un second commutateur semblable au premier et mû par les mêmes organes. Cette machine, évidemment inspirée par les précédentes et surtout par celle de Pixii, se rapproche cependant plutôt comme principe de la bobine d’induction, et nous ne pensons pas qu’on puisse la considérer comme présentant pour la première fois l’emploi d’électro-aimants comme inducteurs.
- La machine de Pixii donnait des courants alternatifs et ne comprenait qu’ûn interrupteur destiné à produire l’étincelle (J) ; il en était de même de celles
- (P On lui adapta cependant bientôt un commutateur oscillant du genre dit bascule d’Ampère et mû parle mouvement môme de la machine.
- de Saxton et de Clarke et l’on ne trouve dans les mémoires originaux aucune description du commutateur qui y a été adapté depuis. Nous trouvons ce commutateur mentionné pour la première fois, en relation avec les machines magnéto-électriques, dans un mémoire de Dove publié en 1842. Dans ce mémoire, l’auteur décrit certaines additions faites par lui à une machine de Saxton en vue d’expériences spéciales; parmi ces additions se trouve le commutateur représenté par la figure 5 et que l’on comprendra à la seule inspection de la figure.
- Nous ne nous arrêterons pas sur différentes autres formes de machines magnéto-électriques telles que celles de Page, de Wheatstone, d’Ettingshau-sen; celles de Stohrer sont plus intéressantes parce
- FIG. 6
- qu’il fut le premier en 1843 (') à construire des machines renfermant plus de quatre bobines induites.
- Sa machine simple était un perfectionnement de la machine Saxton dont elle avait gardé l’aspect. Sa machine composée (fig. 6) présentait six bobines tournant devant trois aimants verticaux formant l'hexagone. Elle était munie, comme la première d’ailleurs, d’un commutateur à excentriques bien compris.
- On sait que les machines à un grand nombre de bobines furent développées ensuite par les travaux de Nollet en 184g et la construction de la machine de Shephard (i856) modifiée par Van Malderen et connue sous le nom de machine de l’Alliance. Cette machine et les machines analogues construites en Angleterre par Holmes démontrèrent la possibilité
- 0) Annales de Poggendorff, volume 61 (rfi.^.)
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- de produire à l’aide d’un travail mécanique un courant électrique utilisable pour les applications industrielles et l’éclairage électrique en particulier; elles furent en outre le point de départ des machines alternatives actuelles, sur lesquelles nous n’avons pas l’ititention de nous étendre ici.
- Mais le progrès le plus important fait dans les machines magnéto-électriques fut peut-être la substitution aux bobines induites ordinaires de la bobine longue, bien connue sous le nom d’armature Siemens à fer en double T. Cette bobine placée dans une sorte de tunnel d’aimants formant deux pôles longitudinaux, constitua une machine des plus pratiques (fig. 7) qui trouva de suite un grand nombre d’ap-
- plications. L’armature Siemens *a en outre surtout de l’intérêt en ce qu’elle devint un des organes essentiels des machines subséquentes qui ont présenté comme progrès principaux, d’abord l’emploi d’électro-aimants comme inducteurs, puis l’excitation de ces électros par le courant même de la machine et l’utilisation pour l’amorçage des machines du magnétisme naturel (rémanent) des pièces de fer qui les composent, et il est intéressant de chercher les origines de ces différents perfectionnements.
- L’emploi comme inducteurs d’électro-aimants excités par une machine magnéto-électrique paraît avoir été indiqué pour la première fois par Sins-
- FIG. 7
- teden dans un mémoire publié en i85i dans les Annales de Poggendorff, t. 84, p. 181, Ce mémoire est consacré à la description d’une machine genre Clarke à un seul aimant et quatre bobines, dans lequel l’auteur étudie la position des bobines pour laquelle se produit le maximum de courant, et indique l’emploi d’épanouissements polaires pour prolonger le séjour des bobines devant les pôles.
- Après avoir décrit l’effet produit sur un électroaimant par le courant de cette machine, Sinsteden dit (p. 186) :
- « Je ne puis me dispenser de faire remarquer que l’aimant permanent de mon appareil, d’une force portante constante de 200 livres, produit un courant d’induction qui, agissant sur un électroaimant, lui communique une force portante de plus du double de celle-ci. Ce fait est déjà remarquable en lui-même, mais il semble aussi fournir
- un moyen, en partant d'un seul aimant permanent, d’augmenter d’une façon monstrueuse les courants magnéto-électriques. Que l’on fasse en effet tourner devant les pôles de cet électro-aimant, excité par la machine magnéto-électrique, quatre bobines induites dont: les noyaux et les spirales soient proportionnés à sa force portante de 5oo livres, on obtiendra, à l’aide de ces quatre bobines, un courant dont l’intensité sera, selon toute probabilité, au moins double de celle du premier courant, et on pourra par suite, à l’aide de ce courant, dégager dans le voltamètre 6 pieds cubes de gaz à la minute, et communiquer à un électro-aimant de grosseur convenable une force portanté de 1 000 livres. Rien n’empêche de faire tourner devant ce second électro-aimant quatre bobines d’induction appropriées, dont le courant excitera un troisième électroaimant, puis de placer devant celui-ci de nouvelles
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- bobines d’induction, et de procéder ainsi tant qu’on sera encore maître de la masse et du poids. De cette façon, on obtiendrait très promptement des courants d’induction qui laisseraient bien loin derrière eux les gigantesques appareils hydro-électriques de Childern et Hare. Leur production ne coûterait rien que la force nécessaire pour mettre en mouvement les bobines tournantes, et comme les électro-aimants ne changent pas de pôle et qu’ils restent au contraire aimantés d’une façon constante, la force coercitive du fer et la réaction du fer sur la spirale ou de la spirale sur le fer ne causeraient aucune perturbation.
- Ces courants magnéto-électriques, ainsi portés aune intensité énorme, devraient être employés pour les moteurs au lieu des coûteux courants hy-dro - électriques, sur lesquels ils auraient l’avantage important de ne nécessiter aucune dépense courante par suite de l’emploi du zinc et des acides. »
- L’idée émise par Sinsteden semble cependant avoir passé inaperçue et n’avoir attiré l’attention que quand elle fut présentée de nouveau par Wilde en 1864 (son brevet est du 3i mai de cette année) sous forme de la machine, représentée dans la fig. 8, et dans laquelle une petite machine Siemens, placée au-dessus des inducteurs, excite ces derniers.
- Pour ce qui concerne l’excitation des inducteurs par le courant même de la machine, la première indication que nous en connaissions se trouve dans un brevet pris en 1854 par Soren Hjorth, physicien danois, dont les moteurs électro-magnétiques avaient vivement attiré l’attention à l’Exposition de Londres en i85i, et lui avaient valu une grande médaille.
- Dans un premier brevet daté du 14 octobre 1854,
- nu 2 198 (*), et relatif à une machine du genre de celles de l’Alliance, Hjorth dit :
- « Le trait principal de cette machine consiste dans l’application d’un, deux' ou plusieurs aimants permanents de fer fondu et de la forme indiquée (sur la figure annexée , au brevet), en connexion avec autant ou plus d’électro aimants, de la forme indiquée dans le dessin, de telle manière que lés courants induits dans les bobines des armatures
- tournantes soient amenés à passer autour des électro-aimants ; conséquemment, plus les élec-tro aimants sont excités de ladite manière, plus les armatures seront excitées et plus il y aura par suite d’électricité in duite dans leurs bobines respectives; et tandis qu’une force mutuelle et accélératrice est ainsi produite entre les électro-aimants et les armatures, un courant additionnel ou secondaire est en même temps induit dans les fils des électro-aimants par le mouvement des armatures , ledit courant étant dans la même direction que le courant primaire après son passage dans le commutateur. » L’année suivante, le même inventeur breveta, à la date du 11 avril i855 et sous le numéro 806, une machine semblable, au sujet de laquelle il s’exprime ainsi dans son brevet :
- « Différents essais ont été faits pour produire l’électricité au moyen d’armatures amenées successivement dans le champ d’action d’aimants permanents. Mon invention actuelle consiste en certaines dispositions perfectionnées pour produire l’électricité en grande quantité et avec une grande intensité par ces moyens. Dans ce but une série d’armatures placées sur une roue tournant à une faible vitesse-sont amenées successivement entre
- FIG. 8
- (') Voir l’Engineering du 25 novembre 1881.
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- les pôles d’aimants permanents et les pôles d’une série d’électro-aimants entourés de spirales ou bobines de fil de cuivre, à l’intérieur de cylindres
- ayssi entourés de fils...... L’action de l’appareil
- est la suivante :
- « Les aimants permanents agissant sur les armatures qui passent successivement entre les pôles, induisent un courant dans les bobines des armatures; ce courant après avoir été ramené à une même direction par les commutateurs, passe autour des électro-aimants, les charge et agit sur les armatures : par cette action mutuelle entre les électroaimants et les armatures, on obtient une force accélératrice qui a pour résultat de produire l'électricité en quantité et en intensité plus grandes qu'on ne l'a encore fait jusqu'à présent par aucun moyen semblable. »
- La machine de Hjorth était donc bien à surexcitation par le courant lui-même, mais le premier départ, pour lequel on se sert aujourd’hui du magnétisme rémanent du fer des électros,était dû aux aimants permanents entrant dans sa construction.
- Perdue dans un pays un peu en dehors du mouvement scientifique, la machine de Hjorth, de même que l’idée émise par Sinsteden, passa inaperçue et le principe n’en fut réellement appliqué que lorsqu’il eut été de nouveau découvert en 1866.
- Trois inventeurs se sont disputé à cette époque l’honneur d’avoir mis en avant le principe de la surexcitation, ce sontM. S. A. Yarley, le Dr Wer-ner Siemens et Sir Charles Wheatstone.
- Si l’on s’en rapporte aux documents réellement officiels, les seuls qui puissent véritablement faire foi, le premier en date est sans contredit M. S. A. Varley.
- Dans sa spécification provisoire du 24 décembre 1866, spécification déposée en commun avec son père Cornélius Varley, il décrit un appareil composé d’électro-aimants en fer à cheval, entre les branches desquels tourneraient des électro-aimants
- dont le fil serait-mis en rapport avec celui des premiers électros par l’intermédiaire d’un commutateur. Les électro-aimants fixeâ étant enfer doux, les inventeurs disent qu’on devra préalablement faire circuler dans leur fil un courant électrique initial, de façon à développer dans le fer doux une légère aimantation qui produira le premier courant nécessaire à la mise en train de la machine.
- Entre Sir Charles Wheatstone et le Dr Werner Siemens la priorité appartient à ce dernier. A la Société Royale de Londres, M. William Siemens décrivit la machine de son frère le jour même où S. Ch. Wheatstone lut la description de la sienne, dans la séance du 14 février 1867. Mais les Proce-
- dings (*) de la Société indiquent bien que le mémoire de M. W. Siemens avait été déposé le 4 février, tandis que celui de Sir Ch. Wheatstone ne le fut que le jour même de la lecture, le 14. En outre, le Dr Werner Siemens avait lui - même décrit sa machine dans un mémoire lu devant l’Académie de Berlin le 17 janvier 1867. On a voulu invoquer en faveur de Wheatstone la facture de ses appareils délivrée par le constructeur M. Stroh le 12 septembre 1866, mais c’est là un document qui nous semble insuffisant pour l’établissement d’une priorité.
- Il résulte aussi d’une correspondance publiée dans l’Engineering (n08 du 26 octobre au 21 décembre 1877) que M. Werner Siemens fit ses premières expériences en décembre 1866 avant que M. Varley ne déposât son Caveat et en rendit témoins plusieurs savants officiels. Mais nous considérons ce document, que 11’appuie aucune publication de l’époque, comme ne faisant pas plus autorité que le précédent. Il nous paraît plus logique de s’en rapporter uniquement, pour les priorités, aux dates des pièces publiées, auxquelles on- peut se référer encore aujourd’hui.
- (i) Proceedings of the Royal Society. Vol, i5. 1866-67.
- FIG- 9
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- Les machines de Varlevne sont pas entrées dans la pratique; celles de Siemens et de Wheatstone sont seules devenues l’objet d’applications ; les modèles originaux en sont représentés pour la machine Wheatstone dans la fig. g, et pour la machine Siemens dans la fig. io. On voit qu’elles se composent toutes deux d’une armature Siemens tournant entre les pôles d’un électro-aimant plat, et rappellent la machine de Wilde, moins son excitatrice.
- L’invention de ces appareils fut bientôt suivie de celle d’une machine qui, à l’Exposition de 1867, a vivement attiré l’attention, celle de William Ladd, dont la description fut adressée à la Société Royale de Londres le 14 mars 1867 (*). Dans son Mémoire, M. Ladd dit qu’ayant reçu en 1864 une machine de Wilde, il cherchait à la perfectionner. « Il me
- FIG. 10
- fut alors suggéré par mon assistant (a), ajoute-t-il, que si l’armature avait deux fils au lieu d’unrle courant de l’un étant envoyé dans le fil des aimants inducteurs, leur pouvoir serait augmenté, et on pourrait recueillir dans l’autre fil un courant considérable utilisable pour le travail extérieur; ou bien on pourrait avoir deux armatures, l’une pour exalter la puissance des aimants, l’autre produisant le courant utile pour les mines ou autres applications. Le manque de temps m’empêcha, jusqu’à ces derniers jours, de réaliser cette idée; mais depuis la lecture des intéressants mémoires de C.-W. Siemens et du professeur Wheatstone, je l’ai mise en pratique de la manière suivante. » M. Ladd décrit alors la machine à deux armatures mises en mouvement par la même transmission, tournant' entre les pôles extrêmes de deux électro-aimants plats et servant, l’une à exciter ces derniers, l’autre à produire le courant utile. La machine de Ladd est représentée dans la fig. 12. La construction de cet
- (i) Proceedings, vol. 1 5, p. 404.
- (s) L’assistant de M. Ladd était alors M. Tisley.
- appareil a été depuis modifiée de diverses façons. C’est ainsi que RuhmkorfF avait remplacé les deux bobines par une seule, divisée en deux bobines partielles placées à angle droit vis-à-vis l’une de l’autre (fig. 11); le courant engendré par la plus petite servait à exciter les inducteurs, tandis que l’autre fournissait le courant extérieur. M. Gaiffe fit aussi des machines analogues avec une seule bobine, mais en employant les deux fils indiqués tout d’abord par M. Tisley.
- Dans leurs Mémoires, Varley, Siemens et Wheatstone indiquent la nécessité de produire d’abord dans le fer des électro-aimants une légère aimanta-
- tion au moyen d’une source auxiliaire. Parmi eux, Siemens seul indique que l’opération ayant été faite une fois, il n’est pas nécessaire, quand on remet la machine en marche, de la répéter de nouveau, les noyaux ayant conservé assez de magnétisme. Aucun d’eux cependant ne semble avoir vu que, soit par suite du travail de l’atelier, soit pour toute autre cause, le fer des électros est toujours assez aimanté pour que la machine puisse s’amorcer sans action extérieure.
- Ce fait a été mis en pratique pour la première fois par Ladd, et il l’indique notamment dans son brevet du 2 mai 1867, quand il dit que la première bobine Siemens étant mise en mouvement, le magnétisme naturel de son fourreau en fer doux donne naissance à un courant électrique. Le mot de magnétisme naturel nous paraît indiquer bien clairement la faible aimantation qui existe toujours dans le fer,et nous ne pensons pas qu’ on doive,comme cela a été fait, rapporter son observation première
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- à Wilde (') ou à Lohtin (*), parce que ces inventeurs prononcent pour la première fois les mots de rcsidual magnetism ou de rémanence.
- Après l’excitation des inducteurs par le courant lui-même, le progrès le plus important qui ait été réalisé a été la construction des machines à anneau, qui sont aujourd’hui la base des applications industrielles de l’électricité. On- a voulu l’été dernier rapporter leur origine à un appareil ancien exposé dans la section hollandaise et construit en '1842 par Elias. C’était là une erreur.
- L’appareil d’Elias a été construit comme moteur et non comme machine dynamo-électrique. Il se compose (fig. i3) de deux anneaux concentriques en fer doux, l’un fixe, l’autre mobile.
- L’anneau extérieur fixe, supporté par les colonnes C et C', présente six épanouissements, tels que AA',, le divisant en six parties égales; entre ces épanouissements est enroulé du fil de cuivre isolé et l’enroulement est tel qu’un Courant entrant suivant le fil g par une extrémité du diamètre horizontal se divise entre les deux moitiés de l’anneau etvient sortir à l’autre extrémité du même diamètre par le fil g'. En outre, grâce à des inversions dans le sens des hélices, les pôles A A', etc., se trouvent alternativement Nord et Sud.
- L’anneau mobile intérieur est construit de la même manière. Les six pôles qu’il présente sont toujours alternativement Nord et Sud et le courant entre suivant les extrémités d’un diamètre par les fils ff qui aboutissent d’autre part au commutateur c. Ce dernier est composé de six lames de cuivre équidistantes; trois d’entre elles, situées à 1200 les unes des autres, communiquent avec le fil /; les trois autres sont en relation avec le fil f.
- Pour faire marcher le moteur, 011 peut atteler une pile spéciale sur l’anneau extérieur, relier à la pile principale les deux bornes B B' d’où le cou-
- (>) Brevet de sa machine alternative. — Addition du 29 juin 1867.
- (2) Brevet de 1869.
- rant arrive au commutateur par- les ressorts R R', ou bien on peut ne se servir que d’une seule pile et relier par exemple B à g-', en amenant les fils de pile en B' et g. Dans l’un et l’autre cas, les pôles alternativement Nord et Sud de l’anneau extérieur restent invariables. Les pôles de l’anneau mobile changent au contraire 'de sens à chaque sixième de tour, et le commutateur est combiné de façon qu’un quelconque des pôles de l’anneau mobile soit tou-* jours repoussé par un des pôles fixes entre lesquels il se trouve, et attiré par l’autre. Dans la position de la figure par exemple, si A est Nord, a' est Sud et se trouve attiré par A, tandis qu’il est repoussé par le pôle sud qui se trouve à l’extrémité de la colonne C. Quand a' arrive en face de
- A le changement de signe a lieu sur tous les pôles mobiles; a,' devient Nord et se trouve alors repoussé par A et attiré par A'. Le même effet se produit pour tous les pôles mobiles et tous concourent à produire une rotation continue.
- Il faut remarquer, en outre, que les solénoïdes qui produisent l’aimantation des différents pôles dans les deux anneaux, sont très rapprochés les uns des autres et qu’il s’exerce entre les solénoïdes fixes et les solénoïdes mobiles des attractions et des répulsions qui concourent à produire .la rotation du moteur.
- On voit que cet appareil n’a été construit que dans le but de faire un moteur électrique, il est réversible, il est vrai, et pourrait devenir une machine dynamo-électrique, mais ce fait a échappé à M. Elias. En le considérant d’ailleurs comme machine, on n’y trouverait pas, malgré sa forme annulaire, les dispositions qui caractérisent les machines actuelles à anneau.
- Il n’en est pas de même de la machine de Paci-notti dont la construction remonte à 1861 et dont la première description a été publiée en 1864 dans Il Nuovo Cimento.
- Pacinotti décrit ainsi son appareil (fig. 14). :
- « J’ai pris un anneau de fer tourné, pourvu de 16 dents égales; cet anneau est soutenu par 4 bras ou rais en laiton B B qui le relient à l’axe de la machine.
- fig. iï
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- Entre les dents, de petits prismes triangulaires en bois forment des creux dans lesquels s’enroule un fil de cuivre recouvert de soie. Cette disposition a pour but d’obtenir entre les dents de fer de la roue un isolement parfait des hélices ou bobines électro-dynamiques ainsi formées. Dans toutes ces bobines le fil est enroulé dans le. même sens et chacune d’elles est formée de g spires. Deux bobines consécutives sont séparées l’une de l’autre par une dent de fer de la roue et par le petit prisme triangulaire en bois. En quittant une bobine pour construire la suivante, j’arrête le bout du fil de cuivre en le fixant au morceau de bois qui sépare les deux bobines.
- « Sur l’axe qui porte la roue ainsi construite, j’ai groupé tous les fils dont un bout forme la fin d’une bobine et l’autre le commencement de la bobine suivante, en les faisant passer par des trous pratiquées à cet effêt dans un manchon ou collier en bois centré sur le même axe, et de là en les attachant au c ommutateur monté également sur l’axe.
- « Ce commutateur consiste en une rondelle ou petit cylindre en bois, ayant aux bords de sa circonférence deux rangées de mortaises dans lesquelles sont encastrés 16 morceaux de laiton, 8 dans les mortaises supérieures, 8 dans les inférieures, le premiers alternant avec les seconds, tous concentriques au cylindre de bois sur lequel ils font légèrement saillie et dont l’épaisseur sépare une rangée de l’autre.
- « Chacun de ces morceaux de laiton est soudé aux deux bouts de fil qui correspondent à deux bobines consécutives, de sorte que toutes les bobines communiquent entre elles, chacune d’elles étant reliée à la suivante par un conducteur dont fait partie un des morceaux de laiton du commutateur. Si donc on met en communication avec les pôles d’une pile deux de ces morceaux de laiton au moyen de deux galets métalliques G, le courant
- en se partageant parcourra l’hélice sur l’un et sur l’autre côté des points d’où partent les bouts de fils rattachés aux morceaux du laiton qui communiquent avec les galets, et les pôles magnétiques paraîtront dans le fer du cercle sur le diamètre perpendiculaire à AA'. Sur ces pôles agissent les pôles d’un électro-aimant fixe qui déterminent la rotation de l’électro-aimant transversal autour de son axe, attendu que dans l’électro-aimant transversal, quand il est en mouvement, les pôles se reproduisent toujours dans les positions fixes qui correspondent aux communications avec la pile. »
- Il est impossible de décrire plus nettement les dispositions essentielles de la machine à anneau actuelle envisagée comme moteur. Le collecteur même que certaines personnes refusaient à Pacinotti est parfaitement décrit sous le nom de commutateur et sa disposition en incrustations alternées peut même, dans certains cas, être supérieure à l’arrangement actuel. Le détail de la figure i5 que nous avons établi d’après la machine exposée au Palais de l’Industrie, montre d’ailleurs qu’il ne peut rester aucun doute à cet égard.
- Mais Pacinotti n’a pas seulement considéré son appareil comme un moteur, il a compris qu’il constituait aussi une source d’électricité : « Il me semble, dit-il, que ce qui peut augmenter la valeur de ce modèle, c’est la facilité qu’il offre de pouvoir transformer cette machine électro-magnétique en magnéto-électrique à courant continu. Si au lieu de l’électro-aimant, il y avait un aimant permanent et que l’on fît tourner l’électro-aimant transversal, on aurait en fait une machine magnéto-électrique qui donnerait un courant induit continu toujours dirigé dans le même sens. »
- Pacinotti donne alors de son appareil la théorie même qu’en donnent aujourd’hui tous les traités de physique et il ajoute : « Pour faire développer
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- un courant induit par la machine ainsi construite, j’ai approché de la roue magnétique les pôles opposés dé deux aimants permanents, ou j’ai magnétisé à l’aide d’un courant l’électro-aimant fixe qui s’y trouvait et j’ai fait tourner sur son axe l’électro-aimant transversal. Tant dans le premier que dans le second cas, j’ai obtenu un courant induit tou-iours dirigé dans le même sens. »
- Pacinotti est donc bien l’inventeur de la machine à anneau, mais il ne faudrait pas, comme on l’a fait, le considérer comme ayant appliqué le prin-
- cipe de la surexcitation, parcê que son appareil contient deux électros et que, quand il fonctionnait comme moteur, ces électros étaient dans le même circuit que l’anneau.
- Comme on vient de le voir, quand il employait son appareil comme machine, il excitait les électros par une source spéciale ou les remplaçait par des aimants permanents. Il dit même, à la suite du passage que nous venons de citer : « On comprend facilement que cette seconde méthode n’est pas pratique, mais qu’il est facile de mettre un aimant
- FIG. 14
- permanent à la place de l’aimant temporaire ; la machine électro-magnétique qui en résultera aura alors l’avantage de donner des courants induits additionnés et tous dirigés dans le même sens, sans nécessiter l’emploi d’organes mécaniques qui les séparent des courants opposés ou qui les fassent concourir tous ensemble. »
- Le principe de la surexcitation a donc échappé à Pacinotti, mais on voit que, si l’on admet 1861 comme date de la construction de sa machine, il peut être considéré comme ayant le premier employé comme inducteurs les électro-aimants excités par une source extérieure. Si l’on ne s’en rapporte qu’à la date de la publication de son mémoire (juin 1864), il n’est sur ce point que de très peu postérieur à Wilde.
- Son mémoire se termine par une remarque intéressante qui semble être la première indication de la réversibilité des moteurs électriques : « Ce modèle, dit-il, montre de plus comment la machine électro-magnétique est réciproque de la machine magnéto-électrique, puisque, dans.la première, le courant électrique qui y a été introduit par les rhéophores, en circulant dans les bobines, permet d’obtenir le mouvement de la roue et son travail mécanique, tandis que, dans la seconde, on emploie un travail mécanique pour faire tourner la roue et obtenir par l'effet de l’aimant permanent, un courant qui circule dans des bobines pour se transporter aux rhéophprfes et de là être amené dans le corps sur lequel ib doit agir. »
- Comme on le sait, la machine de Pacinotti resta
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- Oubliée dans le cabinet de physique de l1 Université de Pise, et le 3 mars 1866 M. Worms de Romilly prit un brevet pour une machine à anneau ; mais cette machine différait de celle du savant italien en ce sens que l’hélice induite, au lieu d’être enroulée dans un même sens, fournissait des sections distinctes, communiquant en tension les unes avec les autres et enroulées dans des sens différents sur chaque moitié de l’anneau, afin que les actions des deux pôles de l’inducteur pussent conspirer dans un même sens. Cette machine n’a d’ailleurs jamais fonctionné pratiquement et la machine à anneau n’a commencé à entrer dans la pratique que quand Gramme, en 1871, découvrit sa machine qui reproduisait absolument les dispositions principales de celle de Pacinotti. Plus heureux que le physicien
- FIG. 15
- italien, M. Gramme eut le bonheur de trouver des capitaux et de voir, .grâce à ce concours puissant, sa machine devenir le point de départ des progrès, actuels, mais c’est à Pacinotti que revient l’honneur d’avoir le premier trouvé le principe si fécond de l’anneau et du collecteur.
- , Aug. Guerout.
- APPLICATION
- DE
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- . AUX CONSTRUCTIONS SOUS-MARINES
- Nous avons eu déjà, b;en souvent l’occasion de signaler les services rendus par l’éclairage électrique dans les travaux de construction, toutes les . fois qu’il était nécëssairê d’achever rapidement dés édifices et par conséquent de travailler la nuit. A
- Paris surtout, les entrepreneurs ont souvent recours aux procédés nouveaux et tout le monde sel rappelle les chantiers du Crédit Lyonnais, de l’E-den-Théâtre et dernièrement encore dés magasins du Printemps.
- Mais ces applications de la lumière électrique aux travaux de nuit n’étaient qu’une extension toute naturelle et on devait prévoir que Tare vol-, taïque et l’incandescence seraient utilisés pour mener à bonne fin les opérations bien autrement compliquées des bâtisses entreprises sous l’eau,
- Comme on le sait, le foyer électrique produit de la lumière sans rien emprunter au milieu dans lequel il se trouve, il persiste dans le vide ou dans un gaz neutre quelconque, il est donc facile de combiner des lampes qui peuvent , être portées dans les profondeurs des fleuves ou , de la mer pour servir à des explorations et pour éclairer des ouvriers.
- Le dessin ci-contre montre avec une grande exactitude l’ensemble des opérations qui ont lieu pour édifier, à quelques mètres au-dessous du niveau de la mer, la base d’un phare, d’une tour à signaux ou de quelque construction sous-marine. Après avoir déterminé, au moyen d’explorations préalables, le lieu où; les fondations doivent être jetées, on amène en cef endroit des chalands sur lesquels sont chargés lés matériaux^ un steamer apporte le personnel et fournira la force motrice nécessaire pour faire tourner les machines électriques devant produire la lumière ;|il est bien enféndu que tous les ouvriers qui vont travailler sous'l’eau' sont munis de scaphandres afin de pouvoir rester immergés aussi longtemps que cela est nécessaire; des téléphones servent aux communicatiojnscomme cela a été indiqué dans le dernier numék) de La Lumière Électrique. Ainsi disposés èt|à la condition que la mer soit assez calme, les travaux peuvent marcher d’une façon très régulière, et les basés de la construction qu’il s’agit d’élever peuvent être l aussi solidement établies que si l’on travaillait sur terre.
- Ces nouveaux procédés ont permis dé renoncer, dans certains '.cas,' à l’ancien système dé' caissôû avec remplissage de béton, lès fondations-' ainsi établies n’étant pas toujours capables de résister aux coups de mer à cause de leur adhérence imparfaite avec les fonds de rochers. Gettë opinion a été du reste parfaitement confirmée il y a quelques années à Làvezzr dans.la Méditerranée. Au milieu du détroit dé Bonifacio se trouve un écueil très dangereux constitué par1 un rocher que la mer couvre seulement dé quelques mètres; ' c’est sur cè rocher que vint se; briser en i855 la frégate Sémiramis qui apportait des troupes en Crimée. Après 'cette- terrible catastrophe on prit des mesurés pour signaler ce point aux1 navigateurs et une' im: rnense bouée fut ancrée au-dessus du rocher fatal;
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- CONSTRUCTION SOUS -MARINE
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- des tempêtes la détruisirent à plusieurs reprises, et vers 1869, une tour en maçonnerie vint la remplacer, mais la base de cette tour avait été établie au moyen d’un caisson, et en 1875 une nouvelle tempête furieuse ne lalaissapas debout; ce n’est qu’en 1877 que fut terminée la tour à signaux actuelle de Lavezzi solidement reliée, cette fois, à la masse des rochers au moyen de fortes barres de fer qui ont été scellées à de très grandes profondeurs.
- Suivant le genre de travaux à effectuer sous l’eau, on peut employer les foyers multiples, chaque ouvrier portant sa lumière, et alors les lampes à incandescence, dont plusieurs modèles figuraient à l’Exposition de Paris, devraient être Choisies, ou bien un éclairage unique et assez puissant pour comprendre dàns son rayonnement l’ensemble du chantier sous-marin ; dans ce dernier cas,l4appareil combiné par M. Bazin nous paraît devoir donner les résultats les plus satisfaisants; c’est ce système, du reste, qui est représenté en perspective dans notre dessin.
- La combinaison de M. Bazin comprend une lumière électrique qui n’est autre que le régulateur Duboscq, et un appareil d’observation; elle a été mise en usage, la première fois, .vers la fin de l’année 1864, pour examiner les débris du steamer confédéré YÂlabctma, coulé sur nos côtes en vue de Cherbourg. L*e foyer lumineux est contenu dans un épais cylindre qui a plus d’un mètre de diamètre, et porte en dessous un énorme plateau de verre. La portion inférieure du cylindre est remplie avec une solution d’alun destinée à contrebalancer la pression de l’eau de mer qui croît très rapidement à mesure que l’appareil s’enfonce. Dans la partie supérieure su trouve une puissante lampe électrique dont les rayons lumineux passent à travers l’eau alunée et le . plateau de verre pour aller éclairer, en dessous, un espace circulaire qui a plus de trente mètres de diamètre.
- La seconde partie de la combinaison Bazin est une grande caisse cylindrique en métal, haute de trois mètres environ et munie d’ouvertures en œil-de-bœuf par lesquelles un observateur péut surveiller les ouvriers et donner même des ordres, à cause de l’excellente conductibilité de l’eau pour le son, ou au moyen de téléphones, si la distance était trop grande. Mais cet appareil encombrant ètd’un maniement assez compliqué n’a jamais donné de résultats bien pratiques, et son usage a été à peu près abandonné depuis les recherches infructueuses tentées, il y a un certain nombre d’années, dans la baie de Vigo, pour retrouver les fameux galions.
- Les perfectionnements apportés aux appareils de scaphandres, permettent aujourd’hui de faire facilement la surveillance sans avoir recours à cette disposition..
- C. C. Soulages.
- LES DYNAMOMÈTRES
- Voir le numéro du 17 juin.
- DYNAMOMÈTRE D’iNERTIE DE M. W. FROUDE (*). ’
- Les figures 1,2 et 3 représentent le dynamomètre de M. W. Froude, qui fonctionne actuellement à l’exposition d’électricité de Cristal Palace.
- Cet appareil se compose d’une sorte de turbine
- FIG. I FIG. 2 ’
- en fonte, indiquée par les doubles hachures de la figure 2, munie de deux canaux circulaires, en bronze A, et tournant dans une enveloppe en fonte H, dont les deux fonds sont pourvus chacun d’un canal
- en bronze F, identique à ceux de la turbine. Dans chacun des canaux du disque mobile et de l’enveloppe, se trouvent fixées 14 lames représentées en C (fig. 1). La figure 4, qui représente le développe-
- FIG. 4
- ment d’une coupe de l’appareil suivant le cylindre pointillé de la figure 1, indique comment les lames de l’enveloppe se présentent à celles delà turbine. La turbine est calée sur l’arbre dont on veut
- (9 « On a new dynamometer for raeasuring the power.de-livered to the screws of large ships, » by W. Froude F. R. S-(Institution of Mechanical Eugineers Proceedings, septembre 1877; et Engineering, 17 mars 1882.)
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- mesurer le travail; l’enveloppe, à laquelle est attaché le levier du frein, est portée par les secteurs antifriction G K et maintenue par les rouleaux L; le frottement de ce système est négligeable.
- Tout l’appareil est rempli d’eau sans cesse renouvelée pour éviter réchauffement. Lorsqu’on fait tourner la turbine, l’eau, projetée par ses aubes sur celles de l’enveloppe, tend à l’entraîner avec une puissance mesurée par le poids qu’il faut placer à l'extrémité du levier.
- Le principe sur lequel repose le dynamomètre de M. Froude est, on le voit, tout différent de celui des freins à frottement : la résistance de ce dynamomètre provient, en effet, de la réaction des filets liquides projetés de la turbine sur son enveloppe; de plus, elle augmente très rapidement avec la vitesse. de rotation, ce qui permet de déterminer, à l’aide de petits appareils, des travaux très puissants.
- Dès que la turbine est mise en mouvement, l’eau de chacune de ses cellules est projetée, par la force centrifuge, vers la circonférence de la turbine, contre l’eau des cellules de l’enveloppe qui vient prendre sa place, et il s’établit ainsi des courants continus, de la turbine vers l’enveloppe et de l’enveloppe vers la turbine.
- Ces courants, bien que dus, à l’origine, à la force centrifuge seule, possèdent, une fois engendrés, une puissance d’accélération propre, indépendante
- (*) On peut considérer, afin d’obtenir une expression approximative des forces mises en jeu dans ce dynamomètre, le rayon de la turbine comme infini, et remplacer le mouvement de rotation des cellules par une translation.
- La figure 5 représente une coupe des tubes imaginaires composant les tourbillons par un plan perpendiculaire au plan de rotation de la turbine et parallèle au mouvement de translation défini plus haut. A B est l’intersection de ce plan et du plan diamétral qui sépare les cellules de l’enveloppe de celles de la turbine; c’est à travers ce plan de transfé-rence qu’a lieu le passage de l’eau des tubes imaginaires de
- fic. 5
- la turbine à ceux de son enveloppe; ces tubes sont figurés en opposition.
- Soient :
- v0 la vitesse de l’eau dans les tubes fixes de l’enveloppe, v la vitesse de la turbine,
- vt la vitesse réelle de l’eau dans les tubes de la turbine.
- de la force centrifuge, et due. au mouvement antagoniste des deux séries de diaphragmes de la turbine et de l’enveloppe. Pour une vitesse donnée de la turbine, cette force accélératrice, que M. Froude appelle potentielle, augmente la vitesse des courants, jusqu’à ce que l’intensité de leur frottement dans les cellules ait atteint celle de la force accélératrice ; comme ce frottement est, ainsi que la force accélératrice, proportionnel au carré de la vitesse de la turbine, il en résulte que la vitesse des courants est proportionnelle à celle de la turbine (*).
- Afin de mieux comprendre comment les courants, une fois engendrés dans l’eau de la turbine et de l’enveloppe, y développent une puissance d’entraînement considérable, assimilons le volume d’eau qui remplit un compartiment complet, formé de deux cellules en regard, à un disque tournant dans son plan, entre les quatre diaphragmes qui définissent sa direction, et considérons chacun de ces disques comme subdivisé en un nombre infini de tubes circulaires limitant chacun un courant animé d’une vitesse particulière ; l’ensemble de ces courants infinitésimaux constitue une sorte de tourbillon (vortex).
- Chaque tourbillon tendra, en vertu de sa force centrifuge ou gyroscopique, à repousser ses limites formées par les parois des cellules fixe et mobile en regard, avec une force dont la compo-
- En traversant AB, vt devient égal à v0; mais on peut donner (en modelant convenablement les bords des diaphragmes) une forme telle aux embouchures des tubes que ce changement s’opère insensiblement, les premiers éléments de ces tubes ayant la direction de v,.
- Le phénomène qui se passe dans un des tubes de l’enveloppe — et se reproduit ensuite en sens inverse dans la turbine — est à peu près celui-ci.
- FIG. h
- L’eau entre dans le tube de l’enveloppe par un orifice rétréci aq (fig. 6), avec la vitesse tq ; et cette vitesse prend graduellement la valeur Vo, qu’elle possède, en sens contraire de vt, fi sa sortie en n, vers le tube de la turbine actuellement en opposition.
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- santé parallèle au plan de rotation de la turbine tend à arrêter son mouvement et à entraîner l’enveloppe. On se rendra compte de cette action en remarquant, qu’en vertu de l’incompressibilité de l’eau, le courant élémentaire qui sort de la cellule d’une turbine, pour pénétrer dans celle de l’enveloppe, est animé, par rapport au plan de rotation
- de la turbine, d’une vitesse égale et de sens contraire à celle du courant correspondant qui passe de la cellule de l’enveloppe à la turbine.
- Il y a donc, au passage de chaque cellule, changement du sens de la quantité de mouvement de son disque tourbillon par rapport au plan de rotation de la turbine ; l’intensité de la réaction qui en résulte
- Les pressions en m et en n étant égales à la pression atmosphérique, on demande.
- i° Quelle est la grandeur de la force de déplacement ou de réaction que ce courant exerce sur le tube ?
- Cette foce est donnée immédiatement par l’expression
- W
- J (v, “ vo)
- W étant le poids d’eau qui traverse le tube par seconde.
- fig 7
- La-projection <p de cette force sur le plan AB, est, en appelant (fig. 7)
- puisque les pressions sont les mêmes en pi et en «. Remplaçant Pj par sa valeur
- il vient
- ou enfin,
- P,=ÿXWv..
- w
- F = Tgv* (l’2 + 2 Vo vsin a°'’
- puisque v42 = v0® + v2 -f- 2 v0 v sin cto-
- Mais la charge F se répète deux fois dans chaque circuit complet; une fois en passant de la turbine il l’enveloppe et vice-versa; la valeur complète delà force potentielle F' est donc, pour un circuit coiîïplet,
- W
- F'=2F=:-— (v* -f 2 V Vo Sin Oto);
- * Vo
- son travail, par unité de temps, est T W
- p, = F' vo = — (v2 + 2 v vo sin «0);
- on a donc, identiquement,
- T T
- F' = ? ;
- Si on suppose pour l’eau un coefficient de frottement fluide de la forme
- /v2,
- Vo
- Vi
- | les angles de avec une normale it ce plan,
- donnée par l’expression :
- W
- puisque
- ç = -g- (v, sin oq + Vo sin aB) W
- = — (>' + 2 Vo sin. no), iq sin cq — v + v-. sin ao,
- et que v0 est de signe contraire à v,.
- Le travail Tç> absorbé pour cette résistance est, par seconde,
- T W
- icp = çXv = — (v2 + 2 Vo v sin a0)
- 2° Quelle est la force intérieure ou potentielle (et tendant il vaincre le frottement du liquide) dueau changementv — v° de la vitesse de l’eau dans le tube ?
- Si on appelle, fig. 6 :
- ï0j la section du tube à sa partie large, en n ou n' ;
- Po, la pression en ce point ; P, celle due il la vitesse v, : an a, pour la valeur F de cette force, l’expression
- F = Potf0 = P, v^) ^0’
- ou aura, quand le travail du frottement sera devenu égal à celui du potentiel F', l’égalité
- /v„2 = F' = ^(v2+vvoX/«ao),
- d’où i
- Vo = \/(Sf + sin‘2 “ *,w a“’
- A étant le poids du m3 d’eau, de sorte que W = A v0 c70 = A v, a,.
- On voit que, pour un tube donné, v
- — = constante
- Vo
- De là, il suit que, si les tubes étaient réels, on pourrait définir les vitesses des courants dans chacun d’eux, aux diverses distances du centre des tourbillons.
- En effet, si on appelle :
- k le périmètre constant de chaque tube, r sa distance au centre du tourbillon,
- sa longueur sera
- / — 2 n r.
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- sur l’enveloppe est proportionnelle au produit de la masse d’eau actionnée par seconde par la variation de sa vitesse dans le plan de rotation de la turbine, c’est-à-dire, par le double de sa vitesse angulaire. Comme la masse actionnée par seconde est proportionnelle à la vitesse des tourbillons, qui dépend elle-même de celle de la turbine, il en résulte quë l’entraînement exercé par les tourbillons sur l’enveloppe est proportionnelle au carré de la vitesse de la turbine.
- Cet élément, de réaction, le changement de sens de la quantité de mouvement relative des tourbillons, continuerait à agir, après un arrêt brusque de la turbine, jusqu’à l’épuisement des mouvements tourbillonnaires par le.frottement; mais il entre en jeu un autre élément de réaction, qui n’agit que pendant la marche de la turbine, et qui provient de ce que les courants élémentaires qui constituent les tourbillons sont incessamment cisaillés par le passage des diaphragmes de la turbine devant ceux de l’enveloppe.
- Ce passage n’altère pas la vitesse effective des courants ainsi déplacés, qui doivent, à cause de l’incompressibilité de l’eau, conserver une vitesse d’écoulement constante dans toute l’étendue de leurs tubes fictifs; mais les molécules de chacun d’eux subissent, à leûrs passages au plan de cisaillement, des changements de vitesse successifs dans un sens, puis dans l’autre; ainsi, quand elles passent de l’enveloppe -à la turbine, ces molécules
- et l’on aura
- /vo2 =/' k 2 r v03,
- f étant le coefficient de frottement par unité de surface, à la vitesse de i mètre par seconde, d’où l’expression
- v . / (if it k g r . „ \
- = V (- "A ao • + <*°) - «» «°»
- d’après laquelle la vitesse dans chaque tube serait une fonction inverse de sa distance r au centre du tourbillon.
- Introduisant ces valeurs de — dans l’équation v0
- W
- <P= —(v + 2v, sin ao),
- on pourrait obtenir une équation différentielle du moment de <p en fonction de v, intégrable par le calcul ou graphiquement; mais, dans la réalité, la loi du frottement des courants les uns sur les autres est tellement troublée par leur mélange aux remous qu’il paraît impossible d’arriver à une solution complète du problème. En fait, l’introduction de tubes réels augmenterait beaucoup trop les frottements, et, comme les bords du tourbillon frottent à la fois sur les diaphragmes et les parois des cellules, tandis que ses courants intérieurs ne frottent qu’entre eux et sur les diaphragmes, il est probable, qu’en somme, ces tourbillons se comportent comme des tourbillons libres, dans lesquels la vitesse des molécules est en raison inverse de leur distancé au centre (Voir Rankine « Applied mechanics », page 576).
- (*) Voici une image par laquelle on peut se fendre compte
- prennent la vitesse de rotation de la turbine, en réagissant sur les diaphragmes proportionnellement à l’impulsion qu’elles en reçoivent, et vice versa.
- Cette seconde réaction est aussi proportionnelle au carré de la vitesse de la turbine, puisque l’impulsion dont elle provient est égale au produit de la masse d’eau actionnée par seconde par sa vitesse, qui est celle de la turbine, et que cette masse est elle-même, comme la vitesse des tourbillons, proportionnelle à la vitesse de la turbine.
- L’enveloppe du dynamomètre de M. Froude subit donc, du mouvement de sa turbine, deux réactions : l’une, provenant de la rotation propre et accélérée des disques tourbillons en lesquels on peut supposer à chaque instant divisée l’eau qui circule dans ses cellules,* n’est limitée que par l’accroissement du frottement des tourbillons avec leur vitesse (*) ; l’autre provient du choc des aubes de la turbine sur les disques tourbillons inclinés sur leur trajectoire. Chacune de ces réactions étant proportionnelle au carré de la vitesse de rotation de la turbine, il en est de même de la réaction totale, ou de l’entraînement exercé sur le levier dynamométrique.
- Comme le travail absorbé par la turbine est proportionnel à sa vitesse de rotation et à l’intensité de ses réactions, il résulte, de ce qui précède, que la puissance du dynamomètre est proportionnelle au cube de sa vitesse de rotation.
- Le dynamomètre représenté par les figures 1 à 4,
- de l’action de la force accélératrice intérieure des tourbillons dans le dynamomètre de M. Froude.
- Imaginons un tube recourbé comme l’indique la figure 8. recevant en a un courant de vitesse v et animé, à l’encontre de ce courant, d’un vitesse v'; l’eau en sortira en b avec une vitesse absolue v + 2v'. Si on répète l’opération sur le cou-
- fig. 8
- rant sortant de b au moyen d’un deuxième tube recourbé, il sortira de ce deuxième tube avec unevitesse v -f- 4v',et ainsi de suite à l’infini, en supposant que l’eau s’écoule sans frottement.
- Le mouvement des cellules de la turbine du dynamomètre de Froude, à l’encontre des cellules fixes de l’enveloppe,peut être assimilé à celui des tubes recourbés de la figure 8; de là une accélération de ces courants, et par suite une réaction dans le sens opposé à v', limitée par le frottement seul du liquide sur les parois des cellules. L’expérience a confirmé ces vues, en démontrant que la puissance de l’appareil augmente avec le poli des surfaces.
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- dont la turbine n’a que om,6o de diamètre, a donné, aux essais de Sydenham, les résultats suivants :
- Vitesse du dynamomètre Puissance absorbée
- en tours par minute. en chevaux.
- 100
- 200
- 3oo
- 20
- 160
- 540
- Ces résultats confirment la loi de l’accroissement de la puissance du dynamomètre proportionnellement aux cubes des vitesses; ils montrent aussi combien le dynamomètre de M. Froude est un appareil puissant sous un faible volume.
- La loi du cube des vitesses, jointe à ce fait, qu’à vitesses égales, l’énergie des dynamomètres semblables augmente proportionnellement aux cinquièmes puissances des diamètres (*), permet de déterminer, en partant d’un type connu, .les dimensions et les vitesses de ces appareils : .c’est ainsi qu’un dynamomètre de im,5o de diamètre, disposé comme celui des figures 1 à 3 suffirait pour une machine de 2000 chevaux, en faisant go tours par minute.
- On peut, en outre, faire varier la puissance du dynamomètre, dans des limites très étendues, en oblitérant plus ou moins les cellules au moyen des plaques E E (fig. 1), manœuvrées par les vis D, et qu’on glisse, de chaque côté, entre les joues de la turbine et celles de l’enveloppe.
- L’appareil de M. Froude justifie donc pleinement les affirmations de son célèbre inventeur; il est remarquable par sa grande puissance sous un faible volume, sa stabilité, l’amplitude et la facilité de son réglage, et par l’absence de tout danger d’échauffement : les mérites de ce dynamomètre,
- P) Les puissances P et P' de dynamomètres de' Froude semblables sont, à vitesses de rotations égales, proportionnelles aux cinquièmes puissances de leurs diamètres d et d',
- on a en effet, en appelant r et r' les réactions des appareils sur leurs enveloppes,
- P r d .
- P'
- or r et r' sont proportionnelles aux carrés des vitesses angulaires moyennes v et v' des turbines et aux surfaces d’action a et a' des diaphragmes
- r __ v2 a __ rf2 a
- ri~v'*a' d'ia'’
- mais on a évidemment
- £ _ d2 a' d'2’
- d’où
- r __
- r' a'4’
- enfin,
- P
- P' — d'G
- encore peu connu chez nous, me justifieront, je l’espère, d’avoir insisté longuement sur sa théorie.
- (A suivre.) Gustave Richard.
- SUR LE TRANSPORT
- DE
- LA FORCE MOTRICE
- A GRANDE DISTANCE
- En signalant dans son dernier numéro la conférence de M. Marcel Deprez, La Lumière Electrique a indiqué une expérience sur laquelle nous croyons utile de donner quelques détails.
- L’expérience du transport à grande distance a été obtenue au moyen de deux machines Gramme type d’atelier. Elles avaient été transformées en machines de grande tension. Leur nouvelle résistance intérieure était de 465 ohms.
- Le conducteur interpolaire constitué par du fil de maillechort avait une longueur effective de 4 kilomètres environ et représentait une résistance de de 5oo ohms. Il aurait donc pu être remplacé par 5o kilomètres de fil télégraphique ordinaire.
- Enfin, détail intéressant, le courant, sur une longueur de plus de 3o mètres, arrivait à la machine réceptrice par 2 fils de cuivre de de millimètre de diamètre. Comme cette machine réceptrice développait un travail de 40 kilogrammètres par seconde, on voit que 1/2 cheval passait à travers deux fils d’une très grande finesse.
- Les deux machines génératrice et réceptrice étant identiques, le rendement a été calculé en prenant le rapport des vitesses de ces deux machines.
- La machine génératrice tournait 1
- à une vitesse de......... i53o tours à la minute.
- La machine réceptrice tournait à une vitesse de......... . 1110 — —
- Le rapport de ces deux vitesses était de 0,72.
- Le rendement était donc de 72 °/0.
- Il convient de remarquer que ce rendement nous donne le rapport -g des forces électro-motrices inverse et directe. C’est donc un rendement électrique, et il ne tient pas compte en particulier du frottement des arbres dans leurs paliers et de celui des balais sur les collecteurs.
- L’abaissement du rendement provenant de ces deux dernières causes est faible et devient négligeable pour de grandes machines.
- D’autre part, le rapport des deux vitesses ^ ne serait rigoureusement égal au rapport des forces électro-motrices g- que dans des machines idéales
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- qui auraient un nombre infiniment grand de sections sur les anneaux.
- Dans les machines ordinaires, ces sections ont une épaisseur appréciable, et le courant particulier développé dans chacune d’elles est fermé sur lui-même, quand cette section passe au contact des balais.
- Il en résulte un extra-courant, lorsque ces balais sont dépassés, extra-courant qui diminue la valeur de C.
- Il est vrai que e est affecté à peu près de la même façon, moins que Z cependant, puisque la vitesse de la machine réceptrice est plus faible que celle de la machine génératrice.
- Dès considérations précédentes, il faut conclure que le rendement n’est pas rigoureusement donné par le rapport des vitesses des deux machines, mais que le nombre ainsi obtenu se rapproche beaucoup de ce rendement.
- Avant de terminer, nous extrayons du registre d’expériences de M. Marcel Deprez quelques résultats obtenus .avec les deux machines, qui ont fonctionné au Conservatoire des Arts et Métiers. Notre but est de montrer que lorsque l’effort statique sur la machine réceptrice et la résistance interpolaire restent constants, on augmente le rendement en faisant augmenter la vitesse de la machine génératrice.
- Dans l’expérience que nous allons citer, le frein Carpentier placé sur la machine réceptrice était chargé à 2 kilos et la résistance interpolaire était de 540 Ohms (5q kilomètres de fil télégraphique ordinaire.)
- La moyenne des vitesses de la machine génératrice prise sur 10 mesures pendant une période de 2 heures a été de 1737 tours à la minute.
- La moyenne des vitesses de la machine réceptrice dans les mêmes conditions a été de 1 400 tours.
- Le rapport de ces deux vitesses était de = 0,80.
- Le rendement était donc de 80 0/°, si on ne tient pas compte des réserves que nous avons faites au commencement de cet article.
- Le travail absolu rendu était de 47 kilogrammè-tres.
- Dans ces expériences il n’y avait pas d’étincelles aux balais et on n’a pas constaté d’autres phénomènes que ceux qui se produisent dans les machines à tensions ordinaires.
- On voit donc que la pratique a donné complètement raison aux idées théoriques de M. Marcel Deprez sur le transport de l’énergie à grande distance.
- Jules Sarcia.
- FAITS DIVERS
- Pendant un violent orage qui a éclaté sur Strasbourg mardi dernier à une heure et demie de l’après-midi, la foudre est tombée sur divers édifices. A la cathédrale, elle a frappé le paratonnerre qui surmonte la maisonnette des gardiens de la plate-forme de la cathédrale, et une partie du fluide a passé dans le fil téléphonique qui relie cette maisonnette à la mairie. Au moment où la foudre est tombée, le commandant des pompiers se trouvait au poste établi à la mairie et s’apprêtait à correspondre avec les gardiens de la cathédrale lorsqu’une énorme flamme s’est produite dans le para-foudre et a complètement noirci le verre qui le recouvre. Le fluide électrique, après avoir pénétré jusque dans la loge du portier, où le parafoudre a dégagé une grande gerbe d’étincelles, s’est ensuite écoulé dans le sol par un fil spécial. Aucune commotion n’a été ressentie par les assistants; mais lorsqu’on a voulu faire usage du téléphone, celui-ci n’a plus fonctionné, et les essais de correspondance avec les gardiens de la plate-forme de la cathédrale n’ont produit qu’un crépitement; les deux récepteurs étaient hors de service.
- Pendant l’Exposition de Munich, la maison Schuckert de Nuremberg doit installer, sur le toit du Palais de Cristal, une lampe à réflecteur de 1 000 becs carcels, destinée à éclairer les tours appelées Frauenthürme, de sorte qu’elles seront visibles de loin aussi bien la nuit que le jour.
- M. Schuckert doit aussi éclairer, avec un foyer de 400 becs, la salle du théâtre provisoire. Il joindra également la lampe de locomotive pour le train d’essai, et exposera un chariot d’éclairage portant une sorte de phare et tout le matériel nécessaire à la production de la lumière. Cet appareil est destiné soit à des manœuvres militaires, soit à l’éclairage des travaux de construction.
- On se propose, d’autre part, d’utiliser pour la transmission électrique de la force la puissance hydraulique de l’Hir-schau, située à S kilomètres de l’Exposition. Les machines électriques mises en mouvement par la force ainsi transportée serviront à l’éclairage des jardins et du Kœnigsplatz, éclai rage qui nécessitera 11 lampes de 100 becs.
- UElectrician de Londres dit qu’il est question de construire prochainement un chemin de fer électrique dans les jardins du Palais de Cristal de Sydenham.
- Le syndicat qui s’est formé à Berlin sous la direction de la National Bank pour les installations d’éclairage avec la lampe électrique Edison, vient de s’adresser à la municipalité de Berlin pour en obtenir l’autorisation d’élever une première station centrale d’où la force électrique pourra être conduite à différents endroits pour l’alimentation de lampes et l’actionnement de petites machines.
- L’installation se bornerait d’abord à 1200 lampes à incandescence de la force de 16 bougies normales chacune.
- La Compagnie de la Südbahn vient d’obtenir la concession définitive pour la construction du chemin de fer électrique projeté aux environs de Vienne (Autriche) dans la vallée de la Brühl et dont nous avons déjà parlé. Ce chemin de fer électrique, dont la longueur dépassera deux kilomètres s’étendra des bains sulfureux de Mœdling à l’hôtel des Deux Corbeaux. - —
- A Saint-Louis, dans l’Etat de Missouri, va être construit un chemin de fer électrique. Il aura une longueur d’un mille et sera posé sur un terrain connu sous le nom « d’Agricul-tural field. » Ce railway électrique sera construit par M. Heis-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 1er, électricien de Saint-Louis, sur le principe d’un modèle exposé en 1878 à l’Exposition de Saint-Louis;
- Éclairage éleotrique
- Le Conseil municipal de Paris vient, sur le rapport de M. Guichard, d’autoriser l’éclairage du parc Monceau par douze foyers Jablochkoff. Cette belle promenade restera ouverte jusqu’à deux heures du matin. '
- A Dijon, dans le département de la Côte-d’Or, une Société est en voie de formation pour introduire dans cette ville l’éclairage électrique. C’est l’usine de la Compagnie Edison à Ivry-sur-Seine qui serait chargée de fournir tout le matériel. Il est question de faire des expériences dans quelques jours et alors on constituera définitivement la Société dijonnaise d’exploitation de lumières électriques.
- A Bordeaux, à l’occasion de l’exposition philomathique, les allées d’Orléans sont éclairées avec la lumière électrique. Trente foyers Siemens équivalant chacun à quarante-cinq becs Carcel ont été installés sur cette promenade. On y place en outre dix-huit foyers, système Gramme. Le théâtre ainsi que l’annexe de l’Exposition d’électricité sont éclairés par des lampes à incandescence Edison. Des lampes à incandescence pour l’annexe et l’aquarium ont été fournies par M. de Changy. M. Law, propriétaire de l’hôtel de Nantes, a établi de son côté deux foyers, système Jablochkoff.
- De cette façon toute la partie de l’Exposition qui se trouve sur les allées d’Orléans sera éclairée à la lumière électrique chaque soir. Pour ce qui est de l’Exposition d’électricité elle-même, elle promet d’attirer à Bordeaux une grande affluence de curieux. Tous les systèmes employés actuellement seront représentés : éclairage, câbles, fils de toute sorte. Les principales maisons y prennent part.
- A Munich, six différentes sortes d’éclairage électrique vont être essayées dans les rues et places afin d’établir une comparaison avec l’éclairage au gaz. La Briennerstrasse, si riche en constructions monumentales, sera éclairée avec des lampes électriques d’environ mille bougies chacune. Les rues Arcis, Karl et Sophie recevront des lampes à incandescence de 12 à 16 bougies.
- C’est dans la rue Arcis que l’on placera des lampes Edison. Dans la rue Karl se trouveront des lampes Swan de 12 bougies de force, et dans la rue Sophie, des lampes à incandescence d’autres systèmes.
- Au Palais de Cristal de Munich, la salle du restaurant, le jardin, la bibliothèque et la salle de lecture seront éclairés pendant l’exposition d’électricité avec des lampes Edison.
- ' En Belgique, la Société de Couillet près de Charleroi est occupée à installer l’éclairage électrique dans ses établissements métallurgiques. La première partie de cet éclairage nouveau comprend les laminoirs de Couillet et leurs dépendances où se trouvent montés six foyers électriques du système Brush, ayant chacun une intensité de deux mille candies et pouvant brûler sans interruption pendant seize heures. La machine dynamo-électrique est mise en mouvement, à neuf cents tours par minute, au moyen d’une machine qui était jusqu’à présent inactive pendant la nuit et qui en tout cas ne consomme que la vapeur produite par la chaleur perdue des fours à puddler et à griller. La dépense de force est donc nulle.
- L’éclairage des laminoirs de Couillet est des plus brillants. Il remplace celui de cent cinquante becs de gaz et répond comme stabilité et intensité à toutes les exigences.
- Le Namouna, le plus grand et le plus beau des yachts à vapeur de plaisance de l’Amérique, construit tout exprès pour M. J. Gordon Bennett, directeur du New- York Herald, vient d’être pourvu de lampes électriques Edison B d’une force de huit candies. Ces lampes sont au nombre de -cent vingt. La machine dynamo est actionnée par un moteur spécial qui reçoit la vapeur des chaudières. Les lampes sont disposées dans les cabines, les salons et la chambre des machines. Ce magnifique vapeur est attendu prochainement au Havre.
- Le Ghoorka, vapeur qui vient d’être construit pour le compte de la British India Steam Navigation Company, et qui est destiné au service de l’Inde, a été muni d’appareils d’éclairage électrique. Ce navire a fait le mois dernier un voyage d’excursion aux Orcades. A Scapa, les feux électriques ont produit une singulière impression sur les insulaires, qui n’avaient pas encore vu une pareille illumination et auxquels on a permis de visiter le bâtiment ainsi éclairé.
- Un grand vapeur à aubes, le Brittany, lancé la semaine dernière dans la Clyde pour le compte des chemins de fer London, Brighton and South Coast et de l’Ouest de France, va être pourvu de lampes électriques.
- Des essais d’éclairage de tunnels à l’aide de la lumière électrique viennent d’avoir lieu sur la ligne du chemin de fer Saverne-Rieding, en Alsace-Lorraine. Des appareils électriques adaptés aux locomotives ont servi à éclairer la voie.
- A Brün, capitale de la Moravie, le Conseil communal vient de décider que le nouveau théâtre de la ville qui doit être inauguré au mois d’octobre en remplacement de l’ancien détruit il y a quelques mois par un incendie, sera éclairé par l’électricité. j
- Télégraphie.
- Le Mexique est maintenant mis en communication télégraphique avec les autres républiques dû continent américain. Les vapeurs International et Wood ont réussi à poser le câble sous-marin entre Matamoros et Galveston et toute la ligne télégraphique terrestre qui traverse l’Isthme de Te-huantepec est achevée. Le vapeur anglais Silvertown a tendu le câble au large des côtes américaines jusqu’au £>ort de Salina Cruz. 1
- La Western Union Telegraph Company se dispose à employer aux États-Unis le système automatique Wheatstone dont on se sert en Europe sur une si grande échelle.
- Un Congrès de délégués de plusieurs colonies de l’Inde Occidentale vient de se réunir à la Barbade. Il a été proposé un plan qui rendrait plus faciles les communications télégraphiques entre les Antilles et la Grande-Bretagne.
- AVIS
- Par décision du Conseil d’administration? le service des échanges du journal La Lumière Électrique est supprimé à partir du ior juillet.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 29800
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité .
- 5i, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- 4® ANNÉE (TOME VII)' SAMEDI 8 JUILLET 1882 N® 27
- SOMMAIRE
- Des effets électro-statiques produits sur les lignes sous-marines- (2® article) ; Th. du Moncel. — Les dynamomètres (Suite) : Dynamomètres de transmissipn; Gustave Richard. Exposition Internationale d’Electricité : Le transport électrique de la force ; Aug. Guerout. — Photomètre à sélénium de MM. Siemens et Halske ; E. Boistel. — L’électro-manie en Angleterre ; Frank Geraldy. — Les sciences physiques en biologie : L’électricité (7e article) ; Dr A. D’Arsonval. — Revue des travaux récents en électricité : Application de la lumière électrique à la photographie. — De l’influence de l’électrode positive de la pile sur son travail chimique par M. D. Tommasi. — Réponse de M. Berthelot. — Correspondance : Lettres de M. A. Partz et J. G. Lorrain. — Faits divers.
- DES EFFETS ÉLECTRO-STATIQUES
- PRODUITS SUR LES LIGNES SOUS-MARINES
- 2g article* ( Voir le numéro du juillet 1882.)
- Nous avons vu dans le précédent article que de la circulation d’un courant à travers un câble sous-marin’immergé résultait un effet d’induction électro-statique qui déterminait une charge électrique condensée des deux côtés de l’enveloppe isolante et susceptible de fournir une décharge quand le Rl du câble se trouvait mis à-la terre par l’un de ses bouts. Nous avons de plus dit que cette action, analogue à celle produite dans un condensateur, avait été reconnue, à la suite des nombreuses expériences faites sur les câbles sous-marins, comme n’étant qu’un cas particulier de la propagation de courants s’écoulant par dérivation à travers le diélectrique, c’est-à-dire à travers l’enveloppe isolante du câble. Toutefois, le phénomène est plus compliqué, et l’expérience a démontré que quand un câble sous marin est mis en communication avec une batterie voltaïque, il se produit plusieurs effets successifs facilement observables au galvanomètre ; car en maintenant la communication du câble à la terre, la déviation galvanomé-trique tombe d’abord très rapidement, ensuite graduellement pendant quelque temps. Plus le câble
- est court et plus son isolation es't grande, moins sont marquées les différences des déviations gal-vanométriques que l’on observe après quelques minutes de contact (*).
- La première déviation est due à trois causes : i° à la charge électro-statique entre les surfaces conductrices extérieures et intérieures ; 2° à une dérivation par l’enveloppe isolante ; 3° à'une action physique désignée en Angleterre sous le nom d'Electrification et qui n’est autre qu’une sorte d’absorption. La première de ces actions se produit rapidement et dépend de la capacité électrostatique du diélectrique, la seconde1 est constante et reste permanente, la troisième diminue dans un rapport rapide ou même cesse entièrement.
- Si on désigne par a le courant permanent dû à la conduction, par b celui qui résulte de l’électrification ou de l’absorption, le courant définitif observé au bout du temps t sera: a-\-b, et si après un temps T, quand b est devenu assez petit pour être négligé, on retire la batterie du circuit et on met le câble à la terre, la charge inductrice passera à travers le câble avec une force décroissante, et la courbe représentant le courant aux intervalles de temps t, t', t" après que le câble aura été ainsi mis en rapport avec la terre, correspondra à celle représentant le même courant aux intervalles t, t' t" après l’application du câble à là batterie mais dans un sens inverse. Il en résulte qu’on pourra déduire la valeur des courants entrant dans un câble après un temps t' de communication avec la batterie, en ajoutant une valeur constante e au courant traversant le câble, à un intervalle de temps semblable t' après que la communication de celui-ci avec la terre aura eu lieu. Le courant au premier contact avec la batterie sera donc représenté par a 4~ c. Or les expériences faites sur ces sortes de courants avec les précautions convenables montrent :
- i° Que le rapport entre les déviations galvano-métriques, pour des durées égales de contact-, est
- (*) Voir nps articles de La Lumière Electrique des icr et iS décembre 1879 et du Ier janvier 1880.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- indépendant de la longueur des câbles, et ne varie qu'avec la résistance spécifique du diélectrique;
- 2° Que ce rapport est *également indépendant de la force électro-motrice du courant inducteur tant que la pile reste constante pendant l'observation.
- La promptitude d’action de l’induction électrostatique varie, à ce qu’il paraît, suivant la température, mais cette variation est très capricieuse suivant la nature du diélectrique; car alors qu’elle paraît nulle avec le caoutchouc, elle varie dans de grandes proportions pour la gutta-percha, comme on peut le voir par les expériences suivantes faites sur un échantillon du câble transatlantique français après i minute, io minutes et une heure d’électrisation aux températures de o°, 120, et 240 centigrades.
- Température. o° C. Résistance après 1 minute, 100
- — 10 minutes 191
- — 1 heure, 289
- Température. 12° — Résistance après 1 minute, 100
- — 10 minutes i36
- — 1 heure, 167
- Température. 240 — Résistance après 1 minute, 100
- — 10 minutes 128
- — 1 heure, i38
- Puisque dans l’action d’induction électro-statique l’enveloppe isolante d’un câble joue le rôle de conducteur de courant, il était nécessaire de pouvoir en apprécier la résistance suivant sa longueur, son épaisseur et sa capacité électro-statique qui dans ce cas joue le rôle de conductibilité. M. Wer-ner Siemens paraît être le premier qui se soit occupé de la question à ce point de vue, et la formule qu’il avait donnée dès i85g est la même que celles qui ont été depuis calculées par Sir W. Thomson, Gaugain et plusieurs autres. Comme elle est la base de tous les calculs de la télégraphie sous-marine et que son origine n’est pas donnée généralement d’une manière très intelligible pour les personnes qui ne sont pas familiarisées avec l’analyse, nous allons en donner une démonstration plus élémentaire.
- On comprendra d’abord facilement que l’enveloppe isolante d’un câble constituant entre les deux armatures une sorte de gaîne cylindrique qui conduit le courant dans le sens de son épaisseur, la section de ce conducteur annulaire est représentée d’un côté par la surface interne de l’enveloppe ou la surface du fil métallique, et d’un autre côté par l’enveloppe extérieure de la gaîne, et comme les surfaces cylindriques de même base sont proportionnelles aux longueurs des cylindres, on arrive à conclure que les sections du diélectrique sont proportionnelles aux longueurs des câbles.
- Ceci étant posé, concevons un cylindre métallique A (de rayon OA) enveloppé d’un anneau cylindrique AB dont la substance ne conduise que médiocrement, et imaginons que cet anneau soit lui-même renfermé dans un troisième cylindre B
- (de rayon O B) qui possède, comme le cylindre A, une conductibilité très grande.
- Si l’on met ce cylindre intérieur A en communication avec une source constante d’électricité, et si l’on fait en même temps communiquer le cylindre B avec la terre, il est clair que l’électricité se propagera du cylindre intérieur au cylindre extérieur suivant AB dans la direction des rayons. Comme nous supposons que la conductibilité du cylindre intérieur est de beaucoup supérieure à celle de l’anneau moyen, nous pouvons admettre que la tension est partout la même, dans toute l’étendue du cylindre A, bien que ce cylindre ne communique avec la source constante d’électricité que par l’une de ses bases. Par la même raison, la tension peut être considérée comme nulle dans toute l’étendue du cylindre B.
- Si nous supposons que les trois cylindres soient coupés par une série de plans équidistants perpen-
- FIG. II
- diculaires à l’axe, il est clair que les disques «provenant de cette division transmettront dans le même temps des quantités égales d’électricité, du moins si l’on en excepte les disques placés dans le voisinage des bases. Par conséquent, lorsque la longueur des cylindres est très grande par rapport à leur diamètre, de telle sorte qu’on puisse considérer comme négligeables les perturbations qui se produisent dans le voisinage des bases, la résistance totale de l’anneau cylindrique est égale à la fraction ~ de la résistance de l’un des disques qui
- le forment, si le nombre des disques est m ; en d’autres termes, la résistance de l’anneau cylindrique est en raison inverse de sa longueur.
- Maintenant, considérons l’espace annülaire compris entre les deux cercles très voisins qui ont pour rayons AC et AD, la résistance de cet espace sera proportionnelle à la différence CD dés rayons et inversement proportionnelle au développement de la circonférence AC, puisque l’électricité se pro-,page exclusivement dans la direction des rayons.
- Si donc, nous désignons par x le rayon AC, auquel cas CD pourra être considéré comme une différence infiniment petite dx ou la différentielle de x, et si nous représentons par l la longueur de l’anneau cylindrique, par X la conductibilité spécifique de la substance qui le forme, par a un coeffi-
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- dent constant, dépendant de l’unité adoptée, la résistance de l’anneau, entre les cercles dont les rayons sont AC et AD, aura pour expression:
- adx
- 2 ic l Xx
- Mais si nous appelons p la résistance de l’anneau comprise entre les cercles dont les rayons sont OA et x, la différentielle de cette résistance sera la résistance de l’anneau compris entre les cercles dont les rayons sont x et x + dx. Nous aurons donc.
- ' a dx
- ^ 2lt Vk x
- Mais ^ représente la différentielle de log x, et
- si nous passons de cette différentielle à sa fonction, on pourra poser:
- 211 /X
- log x -f- const.
- * La constante est, bien entendu, inconnue et devra être déterminée convenablement pour se rapporter aux éléments de calcul qu’on a à sa disposition, c’est-à-dire au diamètre du câble et à celui de son fil conducteur.
- Pour cela, on supposera x — OA ou, si l’on veut, x — r, c’est-à-dire le demi diamètre du fil conducteur. Dans ce cas, la résistance p est évidemment nulle et l’on peut poser :
- 2ir IX
- log x -f- const. = o
- d’où
- a
- const. ------rr- log r
- 2ir IX
- Dès lors la valeur de p devient ;
- CI Cl
- p = ^—k log * — -—rr log r-r 21C <X 0 21t /X D
- ou
- ou
- p = dîxIog(?)
- Si donc on fait p ^ AB ce qui suppose le rayon x égal à celui du câble entier muni de sa couverture isolante, lequel rayon nous appelerons R, on aura en définitive :
- et , R
- p ~ 2iï7x‘ og T ou en faisant a== 1
- 1 , R
- P — 27CIX' l0g r
- Cette formule dans son application en Angleterre a la forme suivante :
- (1) R =
- , Di . „ log D — log d
- r-log 7 3n4-megohms’ou R=r —sn—
- équations dans lesquelles R représente p des calculs précédents, D = 2 R et d = 2 r. La seule quantité r qui devrait représenter X figure au numérateur de la formule au lieu de faire partie du dénominateur, parce que dans la formule que nous avons discutée X était considéré comme représentant la conductibilité spécifique de l’isolant, tandis que dans la nouvelle formule la quantité r qui remplace cette quantité représente sa résistance spécifique, c’est-à-dire la résistance de l’unité de volume de la matière isolante laquelle, par conséquent, doit figurer d’une manière inverse dans la formule.
- Cette formule est particulièrement intéressante, car elle permet d’en déduire la valeur de la charge électro-statique d’un câble ou, si l’on veut, ce que les Anglais ont appelé sa capacité électro-statique, quand elle est produite sous l’influence de l’unité de force électro-motrice. En effet, cette charge étant en raison inverse de la résistance, il suffira de renverser la formule précédente pour en obtenir l’expression qui est, en l’appelant F :
- /2> F = —É- 27C microfarads.
- l0g7
- et ici f, au lieu de représenter comme |X la conductibilité spécifique de l’isolant, exprime sa capacité spécifique, c’est-à-dire la capacité électro-statique du volume de la matière isolante représentant l’unité. Ce volume est le cub-knot dont nous donnerons à l’instant l’explication.
- Nous allons indiquer de suite les formules à l’aide desquelles les quantités r et / peuvent être mesurées, mais nous devons faire remarquer, dès maintenant, qu’on peut déduire des deux formules qui précèdent ce principe important : que le produit de le résistance R (en megohms) par la capacité électrostatique F (en microfarads) de tout isolant, est une valeur constante, indépendante des dimensions et de la forme du câble et variable seulement suivant la nature de l'isolant. En multipliant, en effet, l’une par l’autre les deux équations précédentes, on a RF = rf.
- La résistance r spécifique d’un câble dont la résistance R par knot (*) est donnée en megohms se déduit de la formule (1) qui donne :
- R. nzl ,
- r= togD'-toP"‘ megohm8
- Mais comme dans cette équation les logarithmes D et d sont des logarithmes Népériens, et qu’il est nécessaire pour que les quantités qui figurent dans la formule soient exprimées en fonction d’un même système d’unités, que ces logarithmes puissent être considérés comme des logarithmes déci-
- (i) Le knot est le nœud marin ou le mille nautique des Anglais 5 il représente i855 mètres;
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- maux (dont la base est une puissance de io), on devra pour conserver à l’expression sa véritable valeur, affaiblir son numérateur dans le même rapport qu’on aura affaibli son dénominateur, par suite de ce changement d’interprétation des valeurs logarithmiques. Or, les logarithmes Népériens étant plus forts que les logarithmes vulgaires ou décimaux dans le rapport de i à 0,4343, on devra multiplier ce numérateur par 0,4343 (‘). Dans ces conditions, la formule précédente devient pour une longueur / égale à un knot.
- /o\ —.__p 2 X 3,I4l6 X 0,4343 — p__2,728___
- ' ' logD —logd log D—log d’
- et cette formule étant renversée et F substitué à R, on obtient la valeur de la capacité spécifique d’un câble dont la capacité électro-statique est F, par knot.
- Elle est :
- (4) f=P- =0,3666 F.log|.
- D’après les électriciens anglais, la résistance spécifique et la capacité spécifique de l’enveloppe isolante des câbles doivent toujours être rapportées à celles du cub-knot de l’isolateur à 75° Fahr. ou 23° centig. et doivent être calculées d’après celles que cet isolateur fournit sous forme de câble. Suivant M. Latimer Clark, elles peuvent être considérées matériellement comme la résistance et la capacité électrostatique d'une bande de la matière isolante étudiée, dont l'épaisseur (dans la direction du courant) est la même que la largeur et dont la longueur dans l'autre sens est un knot. Par le fait le cub-knot est un solide ayant un knot en longueur, largeur et épaisseur, mais comme par rapport à la conduction électrique, la résistance qu’il présente est inversement proportionnelle à sa section / X l ou /* et proportionnelle à sa longueur /, cette résistance peut être exprimée par ou j. Or si, comme cela doit être
- pour les conducteurs cylindriques, on considère la longueur d’un câble comme l’une des deux dimensions de la section de son isolateur, on pourra ramener la résistance spécifique de celui-ci à celle du cub-knot lui-même, car dans ces conditions ces deux résistances sont absolument les mêmes, quelle que soit l’épaisseur de l’enveloppe isolante du câble. En effet si on désigne par e cette épaisseur, l’expression i devient -L qui est une valeur constante pour une même longueur l. Ce système de type de comparaison, tout en présentant le grand avantage de fournir, suivant la nature de l’isolateur,
- (<) Le coefficent o 4343 représente précisément la quantité a qui figure à notre première formule, laquelle désigne le coefficient constant dépendant de l’unité adoptée.
- un coefficient applicable à toutes les épaisseurs de câbles de même nature, évite en même'tëmps dans les formules un certain nombre de constantes numériques, et permet d’obtenir des valeurs relatives convenables en megohms et en microfarads en partant du knot qui est accepté aujourd’hui comme unité de longueur dans la construction des câbles.
- La résistance du cub-knot peut être estimée moyennement pour la gutta-percha à 2100 megohms à la température de 75° Farh. ou à 23°,8 C. et pour le caoutchouc à la même température à 40960 megohms. La capacité électro-statique dans les mêmes conditions de température est 0,0687 microfarads pour la gutta-percha, et 0,0548 pour le caoutchouc. Inutile de dire que les valeurs fournies par les formules (3) et (4) expriment la résistance et la capacité spécifique du cub-knot lui-même en fonction du knot de câble (»).
- La capacité électro-statique d’une enveloppe cylindrique isolante de longueur k knots peut encore être estimée en fonction de la capacité d’une plaque isolante de même nature et d’une dimension donnée, soit par exemple en fonction d’une plaque k d’un pied carré de surface et d’un mil d’épaisseur (un millième de pouce). Cette capacité a alors pour expression
- (5) F = 1,384k,-------, ^ ... microfarads.
- log D — log d
- et la constante, 1,384 représente le coefficient 2,728 de la formule précédente multipliée pair le rapport de la résistance du cub-knot et de la plaque prise pour terme de comparaison, lequel rapport est
- C) Il est facile de voir pourquoi les formules (3) et (4) peuvent fournir les valeurs numériques de la résistance et de la capacité spécifiques des enveloppes isolantes en fonction du cub-knot. En effet, pour ne parler d’abord que de la résistance spécifique r, on peut déduire des considérations qui précèdent que cette valeur étant pour une bande de matière isolante de longueur / et d’une épaisseur e égale à sa largeur représentée par elle doit avoir l’unité pour expression quand cette bande représente le cub-knot, et alors que l=i : on peut donc poser ra— 1 ; mais comme la résistance d’un knot de câble a elle-même pour valeur en supposant r = 1 :
- Ces deux équations, divisées l’une par l’autre pour obtenir le rapport entre la résistance du cub-knot et celle du knot de câble, conduisent à la relation :
- rc_________2it_ ^ 2it
- R log D — log d ’ aou r° —K- log D — log d’
- qui donne la valeur de la résistance du cub-knot en fonction de celle du knot de câble.
- En faisant le même raisonnement pour la valeur de la capacité spécifique, on arriverait à la même conclusion.
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- 12X1000: 6^7 ou La capacité électro-statique
- de la plaque a elle-même pour valeur :
- (6) k = F. -°^ ^ — ou A: =0,7225 F. log 2.microfarads,
- 1,004 <t
- et dans cette formule F représente la capacité électrô-statique d’un knot de câble. On a par conséquent pour représenter la capacité électrostatique K d’une plaque dont la surface est q pieds carrés et dont l’épaisseur est m mils :
- K = A-i.... microfarads m
- k étant la capacité d’une plaque de la même matière d’une surface d’un pied et d’un mil d’épaisseur.
- Voici du reste d’après M. Latimer Clark les valeurs approximatives des capacités électro-statiques des différents isolateurs en fonction de cette mesure :
- Microfarads Rapports eu égard
- Air . . . 0,0323 à l’air 1,00
- Résine . . . 0,0572 1,77
- Poix . . . o,o58i 1,80
- Cire d'abeilles . . . 0,0601 1.86
- Verre . . . 0,0614 1,90
- Soufre . . . 0,0623 1,93
- Ecaille . . ., . . . o,o63o 1.95
- Caoutchouc . . . 0,0904 2,80
- Caoutchouc d’Hooper . . . 0,1073 3,10
- Gutta-percha. . . . 0,i357 4,20
- Mica . ; . . . 0,1620 5,00
- La capacité électro-statique de la gutta-percha par knot de câble est représentée moyennement en partant de la formule (4) dans laquelle f=0,0687 microfarads, par l’expression :
- 0.1877
- log D — log d
- . microfarads.
- et celle du caoutchouc par :
- 0,1485
- log D — log d
- microfarads.
- ce qui donne pour rapport approximatif de ces deux capacités celui de 120 à 100.
- D’un autre côté les résistances de ces deux isolateurs par knot en partant de la formule (3) dans laquelle 2100 megohms pour la gutta et 40950 megohms pour le caoutchouc, sont :
- i° Pour la gutta-percha de la meilleure qualité à 75° Fahr.
- 769 (log D — log d)... megohms
- 2° Pour le caoutchouc de Hooper à la même température
- 15400 (log D — log d)... megohms
- La résistance des substances isolaiites diminue du reste, comme on l’a vu plus haut, avec l’accrois-
- sement de la température et augmente avec la pression. Les formules qui expriment ces résistances ainsi modifiées sont pour la gutta-percha :
- i° Par rapport à la pression :
- R (1 + 0,00023/),
- R représentant la résistance du câble à la pression atmosphérique, p la pression en livres anglaises par pouce carré;
- 20 Par rapport à la température :
- log R = log r — t log. 0,9399 et log r = log R +t log. 0,9399.
- R représentant la résistance à la température la plus élevée, r celle qui correspond à la température la plus basse, et t la différence des températures en degrés Fahr.
- Pour qu’on puisse se faire une idée des variations de résistance de ces sortes de corps isolants, il nous suffira de dire que la résistance du câble du golfe Persique construit par M. Hooper étant représentée par 100 à o° centigrades, est devenue 23,i8 à i2°; 5,5i à 240 ; enfin 1,43 à 38°. Il est vrai que pour le câble de Ceylan ces résistances ont diminué moins rapidement, car étant 100 à o°, elles sont devenues 52,90 à 120; 24,50 à 240 et enfin 10, 60 à 38°. Avec la gutta-percha ces variations sont encore plus prononcées. Ainsi à o° cent, la résistance étant représentée par 23,622, elle ne l’est plus que par 4,685 à 120, par 1,000 à 240 et par 0,223 à 38°.
- Dans un prochain article nous étudierons le s lois qui ont été déduites des formules précédentes et celles relatives aux pertes de charge dans les câbles.
- (A suivre.) Th. du Moncel.
- LES DYNAMOMÈTRES
- Voir les numéros des 17 juin et ior juillet.
- DYNANOMÈTRES DE TRANSMISSION
- DYNAMOMÈTRES A COURROIES.
- Le principe des dynamomètres à courroies consiste à remplacer la transmission dont on veut déterminer le travail par une transmission temporaire, dont la courroie est disposée de manière que l’on puisse enregistrer, pendant toute la . durée de l’essai, les variations de la différence des tensions de ses brins et sa vitesse à chaque instant. On possède ainsi les éléments du travail transmis à la courroie du dynamomètre; pour en déduire le travail utile transmis par cette courroie à la machine qu’elle
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- conduit, il faut en déduire les travaux absorbés par la résistance propre du dynamomètre, les flexions, les glissements et les allongements de la courroie.
- On peut déterminer, avec une approximation
- DYNAMOMÈTRE DE FROUDE.
- suffisante pour la pratique, le travail absorbé par les résistances du dynamomètre, en le tarant à vide, c’est-à-dire, en lui faisant actionner une poulie folle (ou mieux, une poulie de résistance connue, analogue à celle de la machine essayée) à la vitesse normale de la transmission : les autres résistances nuisibles à la précision de l’appareil sont pratiquement indéterminées, mais on peut les réduire à peu de chose, en employant une courroie de bon cuir, peu élastique et peu tendue, et en lui faisant embrasser, sur les poulies du dynamomètre, un arc suffisamment étendu pour annuler presque ses glissements.
- DYNAMOMÈTRE DE FROUDE {fig. I et 2).
- Dans le dynamomètre de Froude, l’un des plus anciens et des mieux étudiés, la courroie passe de
- FIG. 2. — DYNAMOMÈTRE DE FROUDE.
- la poulie motrice A (fig. i) à la poulie conduite B, par l’intermédiaire de deux galets-guides C, Déportés par un balancier E', à bras égaux et mobile
- autour de l’axe F. On dispose, en outre, entre le balancier et la poulie conduite, un troisième galet-, guide, G ou H, suivant que la poulie conduite se présente comme en B, ou qu’elle se trouve, soit à un niveau plus élevé, soit d’un diamètre plus de trois fois plus grand que celui de A; ce galet a pour objet de rendre parallèles entre eux tous les brins de la courrroie situés entre G et le dynamomètre.
- Il résulte de cette disposition que, l’appareil une fois en marche, et en supposant ses frottements négligeables, l’axe de la poulie D sera soumis à un
- Echelle Vô
- FIG. 3. — DYNAMOMÈTRE DE PARSONS.
- effort égal à la somme des tensions des deux brins qui l’enlacent, ou au double de la tension du brin mené, et que l’axe du galet C supportera de même un effort égal au double de la tension du brin moteur : le ressort dynamométrique I aura donc à supporter un effort égal au double de la différence de tension des brins de la courroie soumise à l’expérience.
- Le style s relié au balancier E par une corde J (fig. 2) se déplace le long d’une génératrice du cylindre K (fig. 1), animé, par un double jeu d’engrenage et de vis sans fin R, d.’un mouvement de rotation proportionnel à celui de la poulie motrice; il trace une courbe des efforts, dont la surface est proportionnelle au travail effectué par la courroie, et dont' le contour indique toutes les variations de ce
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- travail. Rien ne serait d’ailleurs plus facile que d’ajouter, à cet appareil, un totalisateur à plateau qui indiquerait, à chaque instant, le travail effectué depuis le commencement de l’essai et son intensité actuelle en chevaux.
- Comme détails de construction, on peut citer : les rouleaux antifriction N, sur lesquels reposent les axes des galets D et C; la forme en Z du balancier E destinée à compenser, parla flexion de ses bras, le déplacement des axes des galets en porte à faux et à les maintenir parallèles à l’axe F; le cylindre à huile, dans lequel glisse le piston de la tige du ressort, les deux bouts de ce cylindre rempli d’huile communiquent au moyen d’un robinet qui permet de graduer la résistance opposée aux vibrations du ressort, sans nuire à la précision de ses indications générales.
- On gradue l’appareil en remplaçant la courroie
- J oL.
- FIG. 4. — DYNAMOMÈTRE De TATHAM.
- d’essai par la courroie indiquée ou pointillée, fixée en o au châssis du dynamomètre, et chargée, en p, de poids connus, dont on note l’effet sur le style indicateur.
- DYNAMOMÈTRE FUNICULAIRE DE PARSONS {fig.3) (’).
- Le principe de cet appareil, remarquable par son extrême simplicité, est le même que celui de Froude. La poulie motrice est en A, la poulie conduite en C. L’appareil étant mis en marche, on fait varier le poids Q de manière à maintenir autant que possible au même niveau les axes des poulies suspendues D et B : il existe alors constamment,
- entre les tensions T, et T2 des brins o et o’ la relation
- t -t -P~Q T* T>— 2
- DYNAMOMÈTRE DE TATHAM (').
- Ce dynamomètre est également fondé sur le même principe que celui de Froude; M. Tatham a donné à son invention les deux formes représentées par les fig. 4 et 5.
- Dans la première variété, le balancier de l’appareil de Froude est remplacé par deux demi-cercles
- FIG. 5. — DYNAMOMÈTRE DE TATHAM.
- B, B' susceptibles d’osciller autour de l’arête des couteaux C C', et reliés par les mailles à couteaux DD'. La poulie motrice est en A, les brins de sa courroie, a et a', passent, au droit des arêtes des couteaux C, C', sur les galets-guides, E E', etde là, par F et F', sur la poulie conduite; il en résulte, que les brins a a' n’exercent aucun effort de pivotement sur les bâtis B et B', dont l’ensemble n’est sollicité à osciller que par la différence des tensions des brins b et b’, de sorte que l’influence des frottements de l’appareil est presque annulée.
- Le second dispositif imaginé par M. Tatham a
- (*) Institution of Mechanical Engineers Proceedings; Avril 187g. Mémoire de M. Hopkinson : « On Electric Lighting » page 263.
- (i) « Journal of lhe Franklin Institutc » novembre 1881 et « the Engineer » 10 mars 1882;
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- pour objet de parer, dans une certaine mesure, aux perturbations dues à l’usure des axes des galets, dont l’effet est d’écarter leurs points de tangence du droit des arêtes de C et C'. On arrive à ce résultat en faisant passer, par l’arête du couteau C, non pas les brins mêmes a, a' mais leurs directions (fig. 5), la poulie motrice est en A, la poulie conduite enM,et le levier B, dont le bras CH est égal au diamètre effectif des galets E E', se trouve sollicité, en H, par la différence des tensions des brins b et b'.
- Dans ce type de dynamomètre, les variations de l’épaisseur des courroies, dont les plans moyens, des brins a, a' doivent passer par l’axe C, n’ont pas d’influence appréciable surl’exacti-tudè des résultats.
- DYNAMOMÈTRE DE FARCOT (fig. 6.)
- Le dynamomètre de M. Farcot, dont on saisira facilement le principe d’après le diagramme de la figure 6, présente beaucoup d’analogie avec la deuxième disposition du dynamomètre de Tatham. La courroie passe, de la poulie motrice . E à la poulie conduite d, parl’inter-médiaire des galets b et c, dont les axes sont fixés au milieu de balanciers mobiles autour des points e et f. — Il résulte, de cette disposition, que la différence des tensions des brins moteurs et menés se trouve donnée — en supposant que l’on puisse négliger l’obliquité des courroies — par la différence des poids P -1-p—p', nécessaires pour maintenir horizontaux les leviers b et c; p et p' étant les poids, — pratiquement égaux, — qu’il faut ajouter pour donner
- l’adhérence nécessaire. L’installation du dynamomètre est complétée par l’addition d’un compteur de tours, non indiqué sur la figure, et d’un frein à ressort p" hg, destiné à vérifier les résultats des expériences.
- On voit que, dans le dynamomètre de Farcot, les résistances propres de l’appareil interviennent d’une
- façon notable; chaque dynamomètre doit donc être taré avec soin aux différentes vitesses de son fonctionnement. Je n’insisterai pas plus longuement sur cet intéressant appareil, dont M. Guerout a donné, dans le numéro du 14 septembre 1881 de ce-journal, une description détaillée : je ne saurais mieux faire que de prier le lecteur de vouloir bien s’y reporter.
- FIG. 6. — DYNAMOMÈTRE DE FARCOT.
- DYNAMOMETRE DE
- HEFNER ALTENECK
- Le dynamomètre à courroies de M. Hefner Alteneck est fondé sur un principe différent; il mesure directement, non pas la différence des tensions des brins, mais celle de leurs rigidités ; on en comprendra facilement le principe en suivant la description d’une variété de cet appareil, construite par M. Briggs (*).
- Dans cet appareil (fig. 7), la poulie motrice A commande la poulie conduite B par l’intermédiaire de deux poulies auxiliaires C et D, dont la courroie est tendue parles galets g, maintenus à un écartement invariable dans un cadre mobile autour du point o ; toute cette partie mobile est équilibrée par
- C1) Journal of the Franklin Institute, juillet 1880.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- un poids p, dont la tige est reliée au piston du
- FIG 7. — DYNAMOMÈTRE de hefner alneneck, briggs,
- cylindre à huile c, destiné à amortir les vibrations du système.
- L’appareil étant au repos, le système mobile est en équilibre sous l’influence de son contrepoids p et des tensions égales de la courroie dynamométrique : dès la mise en mouvement, cet équilibre est rompu par la différence Tt — T2 des tensions des
- FIG. 8. — DYNAMOMÈTRE D’ELIHU THOMSON.
- brins moteur et conduit, et la position où il faut placer le poids p', pour ramener l’indicateur i, fait connaître, d’après la graduation de l’appareil, la valeur de Tt — T2 (*).
- La description qui précède suffît pour faire com-I prendre à l’examen seul des figures 8 et 9 le fonc-
- Toulic conduite.
- FIG. 9. — DYNAMOMÈTRE DE HEFNER'ALTENECK, HOPKINSON.
- tionnement de l'installation adoptée par M. J. Hop-
- kinson dans ses essais de machines dynamo-élec-
- et qu’il faut équilibrer au moyen du poids p', est donnée par l’équation
- \ /---- J “ »a 'J'.' 1 U V-VjUlllUl Gj
- symétrique par rapport au plan des axes des poulies C et D; la réaction w, exercée par une différence de tension Tt— T2,
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- triques (') et de la modification de l’appareil Hefner Alteneck, proposée par M. Elihu Thomson (*).
- Je terminerai ces descriptions des principaux
- FIG. 10
- de cette disposition est représenté surlafig. io; les fig. 11 et 12 donnent une élévation et un plan de l’appareil. La courroie dont on veut étudier le travail passe sur la poulie dynamométrique 7, guidée par les galets 1, 2, 3, 4, 5, 6, dont les axes, fixés au cadre du dynamomètre, sont disposées de manière à maintenir constants lès angles a. Le poids du bras
- FIG. 12
- dynamomètres à courroies en rappelant aux lecteurs de ce journal (La Lumière Electrique, 3 septembre 1881) la disposition simplifiée et portative
- §
- Echelle —
- 10
- sous laquelle M. Hefner Alteneck avait présenté son dynamomètre àl’Expositiond’Électricité : le principe
- a étant l’angle indiqué sur la figure 7.
- On dispose ordinairement l’appareil de manière que l’on
- j T ___rr
- ait sin a. — - et par conséquent w — ——ï.
- P) Institution of Mechanical Engineers. Proc. Avril 187g « On electric lighling » by. Dr J. Hopkinson.
- Dans cet appareil, si l’on désigne par Rj, R2, r les rayons des poulies motrices, conduites, et des galets du dynamomètre, par Ci, e2, id, les longueurs indiquées sur la fig. 9, par TJ, T2, les tensions des brins moteurs et menés, et par w le poids équilibrant la différence Tj —T2, on a approximativement.
- »' = (T! — T2) (sin a, + sin a3) et
- . R -{- v — sin rtJ — -d d /R, +r-d\t
- cl 2C-, K cl )
- R + r — o*l n r/ -, — 1 d_ d , ( Ra + r — d\2
- ~2C2 1 { ct J'
- ls) Journal of the Franklin Institute, février 1881, et Lumière Electrique du 12 mars 1881.
- mobile r et de la poulie 7 est équilibré par le contrepoids p, et les vibrations du ressort g sont amorties par le cylindre L. Au repos, l’index du ressort g étant au zéro, le repert m du poids p doit se trouver en face de son trait. — Ce dynamomètre peut mesurer jusqu’à un travail de 10 chevaux, avec une vitesse des courroies d’environ 8 mètres par seconde; c’est un des instruments les plus pratiques.
- (A suivre.) Gustave Richard.
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- LE TRANSPORT ÉLECTRIQUE
- DE LA FORCE
- Le transport électrique de la force à distance, comprend deux cas, que l’on peut envisager comme distincts : le transport à grande distance et le transport à distance modérée.
- Le transport à grande distance exige, comme l’a montré M. Marcel Deprez, l’emploi de machines à fil fin, et peut être, par leur intermédiaire, effectué dans de bonnes conditions de rendement. Mais ces machines à fil fin n’existaient pas encore à l’époque de l’Exposition d’Electricité ; aussi aucun exemple de transmission de la force à grande distance n’a-t-il figuré au Palais de l’Industrie. Seul le transport à faible distance, efFectué à l’aide des machines de la construction courante, était représenté par de nombreux exemples, et toutes ces applications avaient bien leur importance ; si, en effet, le transport à grande distance était le point difficile du
- Avec les proportions indiquées sur la figure, on a, en employant les mêmes notations que précédemment, sin a=o5 et w — T, — To.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- problème, et si sa solution doit permettre l’utilisation dans un rayon étendu des puissantes forces hydrauliques naturelles, le transport électrique de la force à faible distance est susceptible, par une foule d’applicatiqns variées, de rendre de grands services dans la pratique journalière de l’industrie.
- Prenons, par exemple, le cas qui s’est présenté à la Belle-jardinière. Il y avait intérêt à transmettre à l’un des étages supérieurs du bâtiment, pour actionner un atelier de machines à coudre, la force d’un moteur situé dans le sous-sol. Avec des courroies, une pareille transmission eût été impossible, ou tout au moins difficile ; il eût fallu percer des planchers, établir des poulies de renvoi, faire, en un mot, toute une installation coûteuse. Avec le transport électrique, il a suffi de la pose de deux conducteurs et de la mise en place de deux machines pour réaliser un progrès si important, comme on sait, au point de vue de. la santé des ouvrières.
- De même pour le percement des galeries de mines. Pour mettre en mouvement les forets destinés à percer les trous de mine, il faut introduire dans les galeries un moteur alimenté soit par l’air comprimé, soit par de l’eau, et l’on est obligé, ou bien d’avoir dans la galerie un réservoir à air comprimé, ou bien d’amener l’eau par des tuyaux flexibles. Ces appareils sont encombrants. Avec le transport électrique, on peut utiliser un moteur quelconque placé à la surface du sol, et la flexibilité des conducteurs électriques permet de promener sur un grand espace de galeries les machines réceptrices de petite dimension qui actionnent les forets.
- Un autre cas qui peut se présenter fréquemment est celui où une usine est située dans le voisinage d’un cours d’eau, mais n’en est pas assez rapprochée pour que la force des appareils hydrauliques puisse être transmise aux ateliers au moyen de courroies. Il y a alors tout avantage à établir près des appareils hydrauliques une ou plusieurs machines génératrices pour transmettre la force aux machines outils. On subit, il est vrai, une perte de force, mais cette perte ne dépasse pas 5o o/o et l’on a encore l’avantage d’avoir pu utiliser une force précédemment perdue.
- Le transport électrique de la force sera encore utile dans un établissement possédant de puissantes machines à vapeur lorsqu’il s’agira d’employer une partie de leur force dans un atelier situé à quelque distance des bâtiments principaux. L’emploi de courroies étant impossible, la transmission électrique permettra d’utiliser la force existante et supprimera la nécessité d’établir un nouveau centre de force.
- Ces différentes applications étaient représentées au Palais de l’Industrie. La dernière de celles que
- nous venons de citer est la seule sur laquelle nous nous proposions d’appeler plus particulièrement l’attention. L’installation la plus complète qui en ait été faite était celle de MM. Heilmann, Ducom-mun et Steinlen de Mulhouse. Leur exposition se divisait en deux parties bien distinctes que représentent les deux gravures ci-jointes. La première située dans la galerie des machines, comprenait un puissant moteur à vapeur et une série de machines Gramme type d’atelier fonctionnant comme génératrices.
- Les machines génératrices disposées sur deux rangs étaient reliées au moteur à vapeur par l’intermédiaire de courroies et de poulies de renvoi de façon qu’on pût faire fonctionner les unes ou les autres à volonté.
- La seconde partie formait tout un atelier de machines outils mû par deux machines Gramme type A.
- Les fils partant des génératrices arrivaient à ces deux machines et leur transmettaient une force de trois chevaux. C’est à l’aide de cette force qu’étaient mises en mouvement une dizaine de machines outils tels que, tours, raboteuses, machines à percer et à fraiser, meules à affûter, etc.
- Une partie du courant produit à la station génératrice était d’autre part utilisée pour l’éclairage de l’atelier. Cet éclairage comprenait d’abord des lampes Werdermann-Reynier à globe inférieur et à charbon tombant de haut en bas.
- Ces lampes servaient à éclairer l’ensemble de l’atelier, mais en outre on leur avait ajouté des lampes Edison munies de leurs réflecteurs en porcelaine; celles-ci étaient placées au-dessus de chacune des machines et pouvaient ainsi éclairer les points pour lesquels le travail nécessitait une plus vive lumière.
- Il faut remarquer que dans la pratique, l’emploi de l’électricité comme source de lumière eji même temps que comme force motrice' n’exigera pas le plus souvent un surcroît de dépense de force. Il arrive fréquemment, en effet, dans les ateliers, que pendant la nuit, on arrête le travail d’une partie des outils pour n’en conserver en activité qu’un nombre limité. La force qui se trouve ainsi disponible trouve alors son emploi pour l’éclairage. C’est ce que fait, par exemple, M. William Siemens dans ses expériences concernant l’action de la lumière électrique sur les végétaux. La force motrice qui lui sert la nuit à alimenter les foyers électriques est employée pendant le jour à mettre en mouvement des pompes d’arrosage et quelques outils de ferme, et se trouve ainsi constamment utilisée.
- Une installation analogue à celle de MM. Dû-commun avait été établie par la maison Siemens. Nous aurons par la suite occasion d’en donner la description.
- Aug. Guerout.
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- EXPOSITION DE MM. DUCOMMUN AVEC SES MACHINES MISES EN MOUVEMENT PAR I.'ÉEECTRICITK.
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- MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES ACTIONNANT LES MACHINES MOTRICES DE L’EXPOSITION DE MM. DUCOMMUN
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- PHOTOMÈTRE A SÉLÉNIUM
- DE MM. SIEMENS ET IIALSKE
- Les instruments de mesure ont toujours joué un grand rôle en électricité. Les rapides progrès de cette science toute nouvelle, en amenant chaque jour la découverte de phénomènes ou de conséquences jusqu’alors inaperçus, ont en effet nécessité de tout temps des moyens de mesure mieux appropriés à la n,ature et à la grandeur des effets observés. Aussi ces instruments n’étaient-ils ni les moins nombreux, ni les moins intéressants parmi
- les appareils si variés qui figuraient à l’Exposition Internationale d’Electricité. Merveilles d’invention et, pour la plupart, chefs-d'œuvre de délicatesse de construction, ils avaient à ce seul' titre leur place marquée dans cette grande manifestation scientifique et industrielle ; mais ils empruntaient un caractère de haute importance à cette nécessité de contrôle incessant des résultats obtenus confirmant l’un par l’autre les grandes lois qui régissent dans toute leur étendue les phénomènes électriques.
- Leur importance n’a jamais échappé à la rédaction de ce journal qui, à l’étude théorique et pratique des grandes lignes, a toujours uni l’analyse des détails et la descrition des appareils, en
- FIG. 1
- quelque sorte secondaires qui complètent son œuvre éminemment instructive.
- C’est, selon nous, rendre hommage à ses efforts que de lui apporter, chacun dans la mesure de ses moyens, le modeste contingent de ses notes ou de ses études.
- Dans ces conditions, nous ne croyons pas déparer le titre de ce recueil en parlant aujourd’hui du Photomètre à sélénium, imaginé et exposé par la maison Siemens et Halske de Berlin, non sans renvoyer nos lecteurs à ün précédent article de notre collaborateur Frank Geraldy sur « l’Etalon lumineux » (‘).
- Cet appareil, mentionné seulement pour mémoire dans les notes de M. J. Raynaud, annexées à sa traduction du Traité expérimental d’Electricité et
- (>) Voir La Lumière Electrique, 4e année, tome vi, n° 12, du 25 mars 1882, page 280.
- de Magnétisme de Gordon, est fondé sur la variation de résistance électrique du sélénium sous l’action de la lumière.
- Parmi les propriétés électriques fort remarqyables mais encore mal définies du sélénium, il en est une connue de tout le monde, c’est la diminution de sa résistance sous l’influence de la lumière. Soumis aux différentes radiations spéciales, le sélénium ne paraît pas influencé par les rayons calorifiques, tandis que le maximum d’effet produit sur sa résistance paraît correspondre au maximum de lumière (entre le jaune et le vert). Il résulterait de là que la comparaison entre les intensités de deux sources lumineuses quelconques, basée sur les variations de résistance de ce corps, ne peut être exacte qu’entre lumières de même couleur. C’est sous cette réserve expressément formulée que les inventeurs du photomètre à sélénium ont cherché à utiliser, dans la mesure du possible, cette eu.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- rieuse propriété dans l’ingénieux appareil dont nous donnons ici la description et le mode d’emploi.
- DESCRIPTION
- L’instrument se compose essentiellement de deux parties distinctes : un galvanomètre et le photomètre proprement dit.
- Galvanomètre. — Le galvanomètre est un galvanomètre portatif de Thomson, G (fig. 1), à bobine unique dans l’axe de laquelle s’introduit à frottement doux un tube de cuivre (fig. 2) renfermant le miroir. Ce miroir (fig. 3) de forme concave,
- fit.. 2
- la déviation est un peu grande, il faut placer ce prisme un peu plus bas que le miroir, et donner à la face réfléchissante une inclinaison convenable, afin que la lumière réfléchie d’abord à la partie supérieure du prisme, tombe ensuite sur le miroir et passe au retour un peu au-dessus du prisme réflecteur.
- Photomètre. — Le photomètre proprement dit (fig. 4) se compose du tube à sélénium et d’une règle divisée le long de laquelle peut se mouvoir la source lumineuse prise pour terme de comparaison.
- Le tube à sélénium est un tube de cuivre AB de omo3 de diamètre et de omi5 de long environ, noirci à l’intérieur et monté perpendiculairement à un support mobile autour de son axe vertical. Ce support se termine à sa partie inférieure par une embase circulaire, munie de trois branches hori-
- très léger, et muni des petits aimants qui le caractérisent, est suspendu dans le tube, par le haut et par le bas, au moyen de fils très courts: une petite glace, a (fig. 2) ferme le tube en avant du miroir, et une vis disposée à la partie postérieure du tube permet d’arrêter à volonté le mouvement du miroir pour le transport et de lui laisser sa liberté d’oscillation; ses oscillations sont d’ailleurs amorties et font de l’instrument un galvanomètre apériodique. Un aimant N (fig. 1) permet d’écarter l’influence du magnétisme terrestre et de faire varier la sensibilité de l’appareil.
- Ce galvanomètre est monté sur la même tablette qu’une lampe à pétrole L, protégée par une lanterne en tôle. Une ouverture ménagée dans la face
- fio. 3
- antérieure de la lanterne reçoit, en avant d’un réticule vertical, une lentille qui rassemble en un faisceau lumineux les rayons émis par la lampe. La lampe et le galvanomètre sont disposés sur la tablette à angle droit l’un par rapport à l’autre. Un prisme à réflexion totale P est adapté au galvanomètre et supporté par une monture qui lui permet de prendre, relativement à ce dernier, telle position convenable. Le faisceau lumineux émis par la lampe est reçu sur le prisme et renvoyé par lui sur le miroir qui le réfléchit à son tour sur une échelle divisée E, indépendante du galvanomètre et qu’on peut éloigner ou rapprocher à volonté pour obtenir de la netteté dans les images.
- Pour que le prisme à réflexion totale n’intercepte pas le rayon réfléchi par le miroir lorsque
- FIG. 4
- zontales à pointes calantes qui servent de pied à l’appareil ; de ces trois pointes, une, I, est à vis et permet de régler la position du système.
- Sur l’embase circulaire du support sont disposées deux bornes horizontales, D, E, isolées du reste de l’appareil et en relation seulement avec une douille métallique circulaire au milieu de laquelle tourne le support. Dans la hauteur de celui-ci est fixée une petite plaque d’ébonite F entourée d’une ceinture métallique à laquelle .sont fixés deux ressorts de contact qui assurent la communication électrique avec la douille et les bornes inférieures dans toutes les positions du support.
- Le tube de cuivre A B, ouvert aux deux bouts, peut recevoir à l’une de ses extrémités A une monture métallique à diaphragme circulaire, et à l’autre extrémité B, soit une monture à écran portant un réticule en croix, soit la boîte à sélénium représentée en O au bas de la figure. Cette boîte à sélénium est en corne et entre à frottement doux dans l’ouverture B du cylindre. Elle porte à l’inté-
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-
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- ao
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- rieur la plaque de sélénium préparé, maintenue à l’abri de la lumière par une petite valve qu’un bouton visible en P permet d’ouvrir ou de fermer à volonté sur l’appareil monté. Elle est, en outre, munie de deux petites bornes H reliées à la plaque de sélénium et isolées du reste du système ; deux fils isolés, G, contournés en hélice, mettent ces bornes H en contact avec les deux ressorts et les bornes inférieures, dans toutes les positions du tube AB que l’on fait mouvoir par le bouton supérieur C.
- Il résulte de cette description qu’un courant de pile, arrivant par l’une des bornes D ou E, arrivera par l’un des ressorts de contact, l’un des fils G et
- position telle que le foyer étalon soit dans le prolongement de son axe.
- MODE D’EMPLOI
- Installation du galvanomètre. — On dispose l’échelle en dehors de l’action directe de la lampe et de telle façon que son milieu tombe à peu près dans la direction et à la hauteur de l’axe du galva-
- Echelle-
- ________________________________________________________7<[iroir
- 's^r-isme,
- OchcIU,
- Réticulé
- Galvanomètre
- FIG. G
- nomètre, à une distance de om.5o au moins de ce dernier (Fig. 5).
- On introduit dans la bobine du galvanomètre le tube de cuivre qui renferme le miroir à aimants et on l’ajusté de telle sorte que les fils de suspension, du miroir qui lui servent d’axe d’oscillation soient à peu près verticaux.
- On fait coïncider le plan de la flamme aplatie de la lampe à pétrole avec celui passant par le réticule et le centre de la lentille (Fig. 5). Pour y arriver, on commence par enlever le prisme annexé au galvanomètre de manière à ce que le rayon lumineux de la lampe tombe librement sur une
- Stna'ee hunx3ic\use; à. mesurer
- FIG. 5
- l’une des bornes H à la plaque de sélénium, pour redescendre par le chemin correspondant à l’autre borne E ou D, en suivant, d’ailleurs, tous les mouvements du tube AB.
- Sur l’une des branches horizontales du trépied est fixée une règle également horizontale L, d’un mètre de long, dont le zéro est dans le plan vertical passaùt par la plaque de sélénium. Le long de cette règle divisée peut se mouvoir un curseur M portant le flambeau qui reçoit la lumière étalon. Cette lumière est maintenue à la hauteur fixe de l’axe du tube AB ; son axe est dans le plan vertical passant parle point où se fait la lecture, ce qui permet d’en mesurer exactement la distance à la plaque de sélénium.
- On peut d’ailleurs, au moyen de la vis que l’on aperçoit près de I dans le pied de l’appareil, limiter à volonté la course du tube AB dans le plan horizontal et l’amener sans tâtonnement dans une
- Foyer types
- Tubes a* Sélénium/
- FIG. 7
- feuille de papier blanc placée à une distance de i à 3 mètres et que, par un déplacement convenable de la lentille, on obtienne une image du fil. On fait glisser la lampe jusqu’à ce que l’image du fil ne présente plus de bords chromatiques.
- On remet ensuite le prisme en place, et on le tourne jusqu’à ce que le rayon réfléchi tombe sur le miroir à aimants, ce dont on s’assure en regardant directement le miroir. On suit alors la marche
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 4i
- du rayon réfléchi par le miroir au moyen d’une feuille de papier sur laquelle on laisse tomber le rayon, et on fixe le prisme dans une position telle que la lumière réfléchie par lui tombe au milieu du miroir et que le rayon renvoyé par celui-ci, repasse directement au-dessus du prisme (Fig. 6).
- En tournant la vis V qu’on aperçoit sur la tablette du galvanomètre (Fig. 1), on amène alors le rayon à la hauteur de l'échelle, et, en faisant varier la position de l’aimant directeur qui surmonte le galvanomètre, on le fait arriver sur telle division de l’échelle que l’on veut. Finalement, on fait glisser la lentille jusqu’à ce que l’image du fil réfléchi sur l’échelle soit bien nette, et l’on tourne le tube de cuivre renfermant le miroir jusqu’à ce que l’image se meuve horizontalement sur l’échelle.
- En élevânt ou abaissant l’aimant directeur, on augmente ou on diminue à volonté la sensibilité du
- FIG. 8
- galvanomètre qui s’établit d’ailleurs dans n’importe quel plan.
- Dans la lanterne, on peut à l’objectif dans lequel est tendu le fil en substituer un autre faisant diaphragme dans lequel est ménagée une fente verticale.
- Emploi du photomètre. — On installe le photomètre à sélénium de telle sorte que le tube mobile, quand il est perpendiculaire à la règle, soit dirigé vers la source lumineuèe dont on veut mesurer l’intensité (fig. 7). Pour y arriver, on enlève l’obturateur de corne qui contient la plaque de sélénium et on le remplace par la douille à fond transparent avec réticule en croix, la face antérieure du tube étant d’ailleurs fermée par le diaphragme à trou central. On tourne alors le photomètre dans la direction de la source lumineuse jusqu’à ce que l’image du trou se projette au milieu de la croix. Puis on enlève les deux douilles précédentes et l’on remplace celle d’arrière B par l’obturateur à sélénium.
- Ces dispositions prises, on réunit en un même circuit le galvanomètre, la plaque de sélénium, et une pile de 12 ou 24 éléments que l’on remplit
- d’eau acidulée, mais qu’on ne met en activité qu’au moment de son emploi (fig. 8).
- Dès que le circuit est fermé, on observe une déviation du galvanomètre, dont le pinceau lumineux sort souvent de l’échelle; en tournant l’aimant directeur, on ramène l’image réfléchie dans les limites de l’échelle.
- Sous l’action de la lumière, la résistance du sélénium diminue, et par suite la déviation du galvanomètre produite par le courant augmente.
- La plaque de sélénium est exposée à la lumière par la portion non fermée du tube tournée vers la source lumineuse à mesurer, et par l’ouverture de la petite valve de la boîte à sélénium ajustée à l’autre extrémité du tube.
- On prend note de la déviation du miroir correspondante à la résistance du sélénium influencé par la lumière, puis, en faisant faire au tube à sélénium un quart exact de tour réglé par la vis I (fig. 4), on le dirige vers le foyer pris pour terme de comparaison, et l’on fait glisser le curseur M le long de la règle divisée jusqu’à ce qu’pn obtienne sur l’échelle la même déviation du pinceau lumineux que précédemment. En dirigeant successivement le sélénium de l’une vers l’autre des sources lumineuses, observant les déviations correspondantes et faisant varier la distance du foyer-étalon le long de la règle, on finit par trouver celle de ces distances pour laquelle les deux sources lumineuses ont la même action sur le sélénium. Ces variations de résistance sont d’ailleurs très rapides.
- La distance de la plaque de sélénium à la source que l’on veut mesurer étant connue, et les intensités lumineuses étant en raison inverse des carrés des distances, une simple lecture sur la règle divisée permet d’en déduire immédiatement le pouvoir éclairant relatif du foyer étudié.
- Mais, ainsi que nous l’avons dit, au début de cet article, le photomètre à sélénium n’est rigoureusement exact que dans la comparaison de lumières de même couleur.
- E. Boistel.
- ’ L’ÉLEGTRO-MANIE
- EN ANGLETERRE
- Les mouvements d’opinion dans les grandes masses d’hommes se produisent généralement par courants tranquilles et avec lenteur; toutefois à certains moments, sous l’influence de certains concours de circonstances, l’opinion éprouve des secousses soudaines, une folie générale se répand dans un peuple, une mode devient une fureur, jusqu’au jour ou le feu s’éteint aussi vite qu’il s’était allumé, laissant des ruines après lui.
- Les peuples réputés sages ne sont pas exempts
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- de ces crises ; l’Angleterre a eu vers 1845 la Railway-manie qui a dévoré des fortunes innombrables ; voici qu’aujourd’hui les symptômes d’une maladie toute semblable se montrent dans le même pays. Cette fois il s’agit de l’électricité.
- Il n’y a pour s’en rendre compte qu’à jeter un coup d’œil sur une page d’annonces d’un journal anglais. Prenez le Times par exemple. Voici d’abord la « Compagnie anglo-indienne de lumière et de force électrique » capital 6 25o 000 fr., actions 125 fr. Brevets Lontin Weston, Rapieff, Maxim; sans compter un accumulateur futur : réunion d’inventions qui ne sont, il est vrai, ni bien nouvelles, ni bien remarquables, mais dont l’ensemble fait de l’effet. Tout cela sera exploité dans les Indes depuis Calcutta jusqu’à Bombay et de Bengalow à Pesha-wur ; il n’est pas question du pays des Zoulous. Après vient la Société continentale de force et de lumière électrique ; celle-ci n’a qu’un brevet, mais quel brevet ! C’est le système Gülcher : lui seul et c’est assez. Capital 10 000 000, action 125 fr. ; tout cela pour exploiter sur le continent cette petite lampe qui fut si modeste à l’exposition, et qui ne valait pas plus d’intérêt ; bon appareil, de construction simple, mais fonctionnant en dérivation c’est-à-dire exigeant de très gros conducteurs et ne pouvant supporter les longues distances ; invention de second ordre, estimable, qui doit s’étonner d’être ainsi amenée au premier plan et de voir ses mérites s’étaler dans 3oo lignes de journal.
- Encore ces deux compagnies offrent-elles au public quelque chose, si peu que ce soit ; mais voici mieux : « La Compagnie auto-productrice (self generating) de force et de lumière électrique» a pour spécialité de produire l’électricité sans machines ; chacun a son producteur spécial ; quel est ce générateur, c’est là le point délicat. Le secrétaire de la Compagnie annonce qu’on obtient le résultat « par une méthode de construction et de chargement des batteries productrices d’électricité d’un prix peu élevé et capable de durer assez longtemps pour faire entrer cette méthode dans la région des opérations pratiques » (Electrician, 17 juin). Voilà : et si vous n’êtes pas satisfait, c’est que vous êtes un indiscret. Capital 7 5oo 000 fr., actions 25 fr. « Prenez rien du tout, disait quelqu’un, annoncez-le bien et vous en vendrez considérablement ». Il me semble que c’est à peu près le genre d’affaires de la Compagnie auto-productrice.
- Dans les coins du journal, la Compagnie Faure annonce qu’elle est prête à entreprendre toutes sortes de choses, éclairages publics et privés, véhicules et machines. « Le public est garanti contre le volet la contrefaçon », belle affirmation et bien à sa place. La lampe étalon Fyfe-Main, espèce de régulateur Lontin, fait son petit bruit, « la Compagnie va être incessamment formée et pourra satisfaire aux nombreuses demandes qui lui
- sont adressés ». Notez que cela est peut-être vrai; numerus stultorum est infinitus, disions-nous à l’école.
- Mais aussi quels conseils d’administration! Ce ne sont pas des conseils, ce sont des écrins, des constellations de noms brillants, de titres à effet. Exemple :
- Compagnie anglo-indienne :
- Le très honorable comte de la Warr, président;
- L’amiral Edward Augustus Inglefield C. B., D. C. L., F. R. S.;
- Le général Michael Kennedy R. E., K. C. S. I.;
- Etc., etc.
- Société continentale :
- Le major-général Bâtes;
- Le commissaire-général Downes G. B.;
- Le général Keppel Garnier R.N.;
- Le très honorable lord Headley J. P.;
- Le colonel Halkett;
- Etc., etc.
- Société auto-productrice :
- Le vice-amiral R. Ashmore Powell C. B.;
- L’honorable A. Jocelyn J.P.;
- Etc., etc.
- Je suis très convaincu de l’habileté des amiraux dans la conduite des escadres, de l’expérience des généraux dans la direction des armées, j’admets volontiers que les très honorables lords sont égat lement bons à quelque chose, mais en quoi ces mérites variés sont utiles pour l’administration d’une Société électrique, c’est ce qu’on ne saisit pas. Ce qu’on voit trop bien, au contraire, ce sont les prospectus dignes de Barnum que ces messieurs contresignent de leurs noms, et les affirmations hardies qu’ils couvrent de leur honorabilité. « La lampe Gülcher, dit l’annonce, donne une lumière blanche, brillante, fixe, économique : sécurité parfaite, aucune perte de force. »
- « La lampe Simons, dit l’autre annonce, fournit une lumière douce, intense, fixe, économique ; sécurité parfaite, aucune perte de force. »
- La Société Edison affirme qu’elle a seule le droit de fabriquer des lampes à incandescence consistant en un filament de charbon dans le vide; et cela après le procès qu’elle a perdu en Amérique sur cette question et en présence des innombrables lampes que tout le monde fabrique par ce procédé : l’aplomb est une belle qualité.
- La palme du genre revient à la lampe électrique duplex dont le prospectus est un chef-d’œuvre. Les lampes à arc voltaïque, y est-il dit, ne peuvent être placées en nombre sur un seul circuit; (ce qui n’est pas vrai), les lampes à incandescence ne peuvent supporter un courant de haute tension et
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- doivent être placées près de la source (ce qui est absolument faux). Mais la lampe duplex écarte ces deux inconvénients parce que « en conséquence de sa disposition spéciale, la tension du courant est utilisée par le moyen de conducteurs métalliques, après avoir été séparée du courant de quantité avant son passage à travers le charbon. » Il faut avoir une fière confiance dans la bêtise humaine pour imprimer de semblables énormités.
- Naturellement toutes ces compagnies qui aspirent à fouiller dans les mêmes poches ne se voient pas mutuellement avec plaisir. Il y a eu des discussions violentes ; on s’est dit beaucoup d’injures et pas mal de vérités ; on a généralement fini par s’entendre, tout le monde craignant la lumière qui jaillit de la discussion: par exemple, le journal The Electrician insère, aujourd’hui, une lettre où M. Philippart retire toutes les accusations qu’il avait pu lancer contre l’honneur de M. Volckmar et le reconnaît pour un parfait gentleman. M. Volckmar doit être bien content, il est flatteur d’avoir un certificat d’honorabilité de la main de M. Philippart qui s’y connaît.
- Tout cela finira mal, et promptement. Le malheur est que cette électro-manie n’est pas une mode en l’air ; elle a un point de départ très sérieux ; il a été fait, il se fera d’excellentes affaires en électricité ; elle est destinée à donner très prochainement toute une industrie nouvelle, et des plus fécondes; il en naîtra de grandes fortunes, cela n’est pas douteux, mais ce n’est pourtant pas une raison pour se précipiter comme un poisson vorace sur le premier appât venu, parce qu’on y a mis le mot « électrique » sans vouloir regarder l’hameçon dont la pointe est si mai dissimulée. Il est clair qu’après l’écroulement prochain des édifices en carton doré qu’on élève en ce moment, les gens atteints, qui seront nombreux, rendront responsable de leur perte, non leur propre sottise, comme ils le devraient, mais bien l’électricité elle-même: c’est elle qui les aura trompés, la confiance se retirera et on en aura pour des années avant de pouvoir trouver les ressources nécessaires pour les affaires réellement bonnes et solides ; résultat extrêmement fâcheux qu’un peu de bon sens et de sang-froid ferait éviter.
- Tous les gens raisonnables voient bien le danger, les journaux anglais l’ont signalé, mais que faire contre un entraînement de ce genre? S’il s’agissait réellement d’affaires, si les personnes qui prennent les actions de ces Sociétés singulières avaient l’intention de les conserver et d’attendre les bénéfices, on pourrait discuter et leur montrer par où leur spéculation est mauvaise, mais c’est là le moindre de leurs soucis ; il s’agit de profiter de la mode pour acheter un titre que l’on sait fort bien sans valeur, et le revendre le plus tôt possible, avec bénéfice à un autre qui espère pouvoir en
- faire autant; tant pis pour celui entre les mains duquel se trouve le titre quand vient la débâcle.
- Ce n’est pas là un marché d’affaires, c’est un jeu, le jeu des petits papiers électriques ; que peut-on dire pour arrêter des gens qui veulent jouer, rien n’y fait.
- Nous devons mettre la science et les affaires sérieuses qu’elle reconnaît tout à fait en dehors de ce mouvement malsain; si parmi les entreprises électriques lancées au milieu de ce tourbillon il y en a de bonnes, comme cela doit être, elles survivront et donneront à ceux qui auront eu le bon sens de les choisir et de s’y tenir les avantages qu’ils auront mérités. Quant à ceux qui se feront prendre au jeu où ils pensaient prendre les autres, au jour prochain du Krach qui les attend, nous n’aurons pas à les plaindre, ils auront fait presque autant de mal aux autres qu’à eux-mêmes.
- Frank Geraldy.
- LES SCIENCES PHYSIQUES
- EN BIOLOGIE
- L’ÉLECTRICITÉ
- 70 article. {Voir les noa du 25 février, des 8 et 29 avril, 6 mai, et des 3 et 10 juin.)
- Tout être vivant, quelque compliqué qu’il soit, est composé de cellules qui fonctionnent synergiquement tout en conservant leur autonomie. En un mot tout animal est réductible à la cellule; par conséquent, avant d’étudier un être dans son ensemble et dans ses fonctions supérieures, il est nécessaire de connaître parfaitement les propriétés des éléments anatomiques qui servent à le construire.
- Cette étude constitue le domaine de la physiologie générale, ou physiologie des éléments anatomiques, dont la création est un des plus beaux titres de gloire de Claude Bernard.
- Les manifestations vitales de la cellule nécessitent pour se produire le concours de conditions intrinsèques qui sont résumées par ce mot : organisation; et de conditions extrinsèques que doit réaliser le milieu où la cellule est appelée à vivre.
- La vie est donc un conflit entre deux facteurs, l’un extérieur : le milieu, l’autre interne : l'organisation.
- Il serait illusoire de chercher à fixer leur importance relative, puisque chacun séparément serait réduit à l’impuissance.
- Que dire après cela de la théorie vitaliste qui ne voit dans les phénomènes vitaux qu’un principe intérieur, gêné plutôt qu’aidé par les forces naturelles ?
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- Quelles sont donc ces conditions extrinsèques nécessaires à la vie. élémentaire, et qui sont sensiblement identiques pour toute la série des êtres ? Où se trouvent-elles réalisées ? Quelles variations peuvent-elles subir sans entraîner la mort. C’est ce que je vais examiner en quelques lignes.
- Et d’abord ces conditions doivent être réalisées au contact même de la cellule.
- Si cette cellule est unique et libre, comme chez les êtres mono-cellulaires, c’est le milieu extérieur qui doit présenter directement les conditions vitales.
- Si l’être résulte de l’agglomération d’un grand nombre de cellules’, comme les êtres supérieurs, la cellule n’entre plus directement en contact avec le milieu extérieur. Les particules vivantes sont isolées dans ce cas du milieu cosmique, et n’entrent en relations avec lui que par un intermédiaire, le milieu intérieur, le sang.
- Chez les êtres supérieurs tous les éléments anatomiques vivent non dans l’air, comme on le croit, mais bien dans le sang. « Il est donc bien vrai de dire que l’animal aérien ne vit pas, en réalité, dans l’air atmosphérique, le poisson dans les eaux, le ver terricole dans le sable. L’atmosphère, les eaux, la terre, sont une seconde enveloppe autour du substratum de la vie, protégé déjà par le liquide sanguin qui circule partout et forme une première enceinte autour de toutes les particules vivantes. Ce n’est donc pas directement que les conditions extérieures influencent ces êtres compliqués, comme elles influencent les êtres bruts ou les êtres vivants plus simples. Il y a pour eux un introducteur forcé qui interpose son ministère entre l’agent physique et l’élément, anatomique des tissus. Aussi est-ce dans le milieu intérieur que résident les conditions physiques de la vie. — Cl. Bernard. »
- Chez les êtres qui n’ont pas de milieu intérieur, la vie est absolument dépendante du milieu cosmique qui peut en suspendre complètement les manifestations {vie latente).
- Un second groupe est formé par les êtres qui ont un milieu intérieur.
- Ce milieu intérieur peut être encore fortement influencé par le milieu extérieur {vie oscillante).
- Enfin si ce milieu intérieur est muni d’organes compensateurs qui lui conservent une composition constante malgré les vicissitudes du milieu cosmique, l’être paraît libre, nous avons la vie constante.
- Quel que soit le degré de complication vitale, les conditions extrinsèques doivent toujours se trouver réalisées au contact même de la cellule.
- Ces conditions sont très délicates et doivent présenter dans leurs détails des nuances infinies, à tel point que pour les connaître absolument, il faudrait faire une monographie de chaque cellule.
- Heureusement pour le physiologiste, les conditions extrinsèques essentielles, au lieu d’être infini-
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- ment variées, se réduisent à cinq seulement pour l'ensemble des êtres vivants. . ,
- L’unité de la vie se trouve donc affirmée par ce fait capital de l’unité de ses conditions physiques qui sont :
- i° L’humidité,
- 2° L’air,
- 3° La chaleur, .
- 4° La constitution chimique du milieu ou réserves.
- 5° L'Électricité.
- Toute cellule, quelle que soit sa provenance, exige pour vivre la réunion des cinq conditions énoncées ci-dessus.
- Mais il y a plus : l’eau, l’air, la température et la constitution chimique et l’état électrique du milieu doivent se trouver dans des proportions sensiblement constantes non-seulement pour une même cellule, mais aussi, fait bien étonnant, pour une cellule quelconque.
- i° l’humidité.
- La présence de l’eau est peut-être la plus importante des conditions physiques de la vie. Toutes les cellules vivent dans l’eau. Cette atmosphère humide est absolument indispensable à leur fonctionnement.
- En se plaçant à un point de vue général on peut dire que le règne organique tout entier est composé uniquement d’êtres aquatiques. Les uns,j à l’état d’organismes rudimentaires, composés de quelques cellules seulement, ou même monocellulaires, vivent dans les eaux douces ou dans les eaux de la mer; les autres, composés d’un grand nombre de cellules, vivent dans le sang, ou plus exactement dans la lymphe.
- L’eau joue un rôle multiple. D’abord elle fait partie intégrante de la matière vivante, c’est ce que l’on pourrait appeler l’eau de constitution des éléments anatomiques. A ce titre, elle est une des conditions intrinsèques de la vie.
- En second lieu, elle joue le rôle de milieu. Elle est un dissolvant servant de véhicule à nombre de substances ; de plus, elle permet certaines réactions chimiques, on peut même dire toutes les réactions chimiques de l’organisme.
- Enfin, en favorisant les phénomènes d’osmose et de dialyse, elle permet certains phénomènes qui aident à comprendre le mécanisme physique de la digestion, de la secrétion, de l’excrétion, etc...
- La vitalité est influencée à un degré extrême par les variations de la quantité d’eau que contient le milieu.
- Chez les êtres inférieurs, la vitalité va pour ainsi dire en décroissant à mesure que l’on diminue la quantité d’eau du milieu. Les manifestations vitales s’arrêtent complètement lorsque la dessiccation est
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- complète. C’est ce que nous avons vu précédem- I ment pour les graines, les ferments figurés et les infusoires, en un mot chez tous les êtres qui peuvent passer à l’état de vie latente.
- La dessiccation est certainement le meilleurmoyen connu pour empêcher toute altération de la manière organique.
- Elle est préférable au vide, à la chaleur, au froid ou aux antiseptiques les plus puissants.
- C’est là un fait vulgaire qui est mis souvent à profit dans les pays chauds pour conserver indéfiniment les substances organiques les plus altérables : la viande par exemple, que l’on dessèche en l’exposant au soleil après l’avoir découpée en minces tranches.
- On en forme ainsi une poudre inaltérable appelée tasajo et dont les trappeurs et les indiens du continent américain mettent à profit les propriétés nutritives.
- Le biscuit de mer, les farines de légumineuse, les fruits secs, l’albumine et la gélatine solidifiées sont dans le même cas.
- (A suivre.) Dr A. d’Arsonval.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Application fde la lumière électrique à la photographie.
- Depuis trois ans, on a essayé avec succès d’appliquer la lumière électrique à la photographie, ce qui a permis de se passer du soleil et même du jour, et d’obtenir, la nuit, avec un éclairage uniforme et de même valeur, des reproductions photographiques.
- Parmi ceux qui se sont occupés de cette application, nous devons citer en première ligne M. Dujardin, l’inventeur bien connu d’un procédé excellent d’hélio-gravure qui porte son nom. M. Dujardin est d’ailleurs aussi bon électricien que photographe distingué. Fils de M. le Dr Dujardin, de Lille, l’ùn des premiers qui se sont occupés de télégraphie en France, il a été élevé pour ainsi dire dans la science électrique et avait contracté une telle habileté de main que, lors des essais du télégraphe imprimeur de son père, aucun employé de l’administration ne pouvait lutter avec lui pour la promptitude et la netteté de la manipulation. On comprend d’après cela que, placée entre ses mains, l’application de la lumière électrique à la photographie devait fournir des résultats importants. C’est, en effet, ce qui a eu lieu, et aujourd’hui cette application est devenue tellement courante chez lui, que l’on n’emploie plus la lumière du jour pour
- tous les travaux qu’on y exécute tant en photographie qu’en hélio-gravure.
- Pour obtenir de bons résultats photographiques avec la lumière électrique, il faut que le champ éclairé soit large et très uniformément éclairé. Il n’est pas nécessaire que la lumière produite soit fixe pendant longtemps, puisqu’elle doit être éteinte à des intervalles assez rapprochés, souvent toutes les six ou sept minutes, mais il faut que pendant ce temps on ait une belle nappe lùmineusé, éclairant une surface de plusieurs mètres carrés et là plus brillante possible. M. Dujardin y est parvenu en employant deux régulateurs à mouvements progressifs continus intercalés dans le même circuit, en actionnant ces lampes avec le courant résultant de deux machines Siemens (du moyen modèle) réunies en tension, et en leur donnant une vitesse de rotation de 85o tours par minute. Avec dés charbons de 14 millimètres de diamètre disposés de manière que le charbon supérieur positif présente son cratère sous un angle de 45°, ce qui ne nécessite pour cela que la pose du charbon inférieur un peu en avant de l’axe de l’autre charbon, on a pu obtenir sans autre réflecteur que le cratère une projection de lumière équivalente à celle qu’aurait fournie un pâle soleil. La valeur de cette illumination a été estimée par M. Dujardin à 1800 becs carcel, soit 900 becs par lampe.
- Les lampes employées par M. Dujardin sont des régulateurs Serrin dont on a enlevé le mécanisme d’arrêt électro-magnétique de défilement.. L’allumage se fait bien, comme dans ces lampes, électro-magnétiquement, mais une fois déclanché, le mécanisme d’horlogerie fait avancer les charbons d’une manière continue, qui a été calculée d’après leur durée de combustion et qui empêche toutes les petites irrégularités qui existent toujours dans les lampes électriques quelque bonnes qu’elles puissent être. Dans ces conditions, la flamme de l’arc enveloppe le charbon supérieur d’une manière parfaitement régulière et prend une forme en tulipe qui est celle qui convient le mieux pour un éclairage parfaitement régulier. Avec les lampes ordinaires, cette flamme est vacillante et irrégulière. M. Dujardin prétend aussi que l’adaptation des deux lampes dans le même circuit contribue aussi à cette régularité, en faisant effectuer des compensations par leur réaction réciproque.
- Il a reconnu d’ailleurs que la résistance de l’arc est beaucoup plus grande qu’on ne le croit ordinairement à cause de la force électro-motrice de polarisation qui se développe sur les charbons, ainsi que l’a démontré M. Èdlund et que l’a reconnu tout dernièrement M. Jamin. C’est pourquoi il place ses deux machines dynamo-électriques en tension dans le même circüit, et il a constaté que de cette manière leur action était en même temps plus régulière. Il a, par exemple, été
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- obligé d’augmenter d’un tiers environ leur vitesse normale de rotation qu’il a portée à 85o tours au lieu de 65o qu’on leur donne ordinairement. C’est le modèle horizontal de Siemens que M. Dujardin a adopté de préférence, et ces machines sont alimentées par une machine à vapeur de g chevaux de force.
- Quant à l’installation des appareils de lumière, elle est des plus simples. Au fond d’un long corridor fermé peint en couleur foncée, se trouve adaptée une surface réfléchissante sur laquelle sont appliquées les gravures,r photographies ou dessins que l’on veut reproduire, et en face de cette surface, à environ deux mètres, sont installés, sur les côtés du corridor, les deux lampes qui sont enveloppées du côté opposé à l’écran d’une sorte de paravent circulaire peint en blanc. Ce paravent sert à la fois à voiler les points lumineux du côté des appareils photographiques et à en renvoyer la lumière sur l’écran en la diffusant. Derrière les lampes et au milieu du corridor, est installée la grande chambre noirç et ses accessoires pour les reproductions photographiques.
- En outre de cette installation, il en existe une autre spécialement affectée à l’hélio-gravure et qui est actionnée par une machine magnéto-électrique de l’Alliance. Ce n’est pas par préférence que M. Dujardin emploie cette machine, mais uniquement parce que c’était elle qui lui avait servi dans ses premiers essais, et qu’il l’avait en sa possession.
- En définitive, M. Dujardin est très satisfait de son installation et en obtient des résultats si pratiques qu’il a abandonné, comme nous l’avons déjà dit, la lumière du jour.
- De l’influence de l’électrode positive de la pile sur son travail chimique, par M. D. Tommasi. — Réponse de M. Berthelot.
- Dans une note présentée à l’Académie le 5 juin dernier, M. D. Tommasi expose plusieurs anomalies qui se sont présentées dans ses recherches sur l’électrolyse :
- * Dans mes recherches sur l’électrolyse, dit-il, j’ai constaté ce fait singuler que la force électromotrice (*) d’un même couple variait suivant que son électrode positive était en platine ou en charbon. Tel couple, par exemple, qui était incapable de produire l’électrolyse de l’eau ou d’une dissolution saline, bien que les calories dégagées par le couple fussent supérieures aux calories absorbées par la décomposition de l’électrolyse* si son électrode positive était en platine, devenait apte à produire cette décomposition si son électrode positive était en charbon. Ce fait ayant une grande impor-
- (') J’emploie l’expression force électromotrice comme étant synonyme de travail chimique.
- tance au point de vue de la relation que je cherche à établir entre les calories dégagées par la pile et les calories absorbées par la décomposition de l’électrolyte, j’ai voulu examiner ce fait avec quelques détails et voici ce que j’ai observé.
- « Un couple magnésium-platine et acide sulfurique étendu devrait, selon les données thermiques, décomposer l’eau ; en effet, le nombre de calories dégagées par l’action du magnésium sur l’acide sulfurique (112) dilué est supérieur au nombre de calories de décomposition de H* O (69). Cependant la décomposition n’a pas lieu. Il en est de même si l’on substitue au platine de la pile le cuivre ou l’argent ; mais si l’on emploie dans cet élément, comme électrode positive, un cylindre de graphite ou de charbon de cornue, l’électrolyse de l’eau a lieu.
- « D’après M. Berthelot (*), deux couples zinc-platine et acide-sulfurique étendu ne décomposeraient pas une solution de sulfate de potassium. Or, en employant deux couples zinc-charbon et acide sulfurique étendu, j’ai pu èlectrolyser une solution saturée de sulfate de potassium avec dégagement de gaz très fort aux deux-électrodes de platine et transport de l’acide à l’électrode positive, et de la base à l’électrode négative, et cela au bout de quelques minutes et à la température ordinaire. Il faut, d’après M. Berthelot, au moins 103e"1 pour èlectrolyser une solution de sulfate de potassium, tandis que j’obtiens cette même décomposition avec 76e111 et moins encore; car elle se produit avec deux couples zinc-charbon 'et acide chlorhydrique étendu, soit avec 69e111,8 (calories dégagées par l’action d’une molécule de zinc amalgamé surl’acide chlorhydrique étendu). Un seul couple zinc-charbon et acide sulfurique dilué décompose le sulfate de potassium si l’électrode du voltamètre est en cuivre, mais ne le décompose pas si cette électrode est en argent. »
- « J’ai soumis divers sels à l’électrolyse. Les conditions dans lesquelles j’ai opéré sont les suivantes.
- « Les solutions salines contenaient un excès de sel. Les fils de platine du voltamètre avaient omm,4 de diamètre et plongeaient dans le liquide sur une longueur de om,3 à om,4. Les charbons que j’ai employés étaient des mines de graphite de Sibérie ou des charbons de cornue préalablement chauffés au rouge et refroidis dans un flacon bouché contenant de l’air, de l’azote ou mieux encore de l’acide carbonique. Pour obtenir de bons résultats, il faut que le charbon ou le graphite reste au moins six heures au contact de l’acide carbonique. La présence de ce gaz dans les pores du charbon n’a d’autre but que de retarder la polarisation, de rendre, par suite, les effets plus intenses et de leur donner une plus longue durée. »
- 0) Comptes-rendus du 7 novembre 1881.
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- M. Tommasi donne ensuite dans un long tableau les résultats de ses expériences, dans lesquelles il a employé deux couples zinc-charbon et acide sulfurique étendu 77oal,4.
- Ces deux couples ont pu opérer l’électrolyse d'une série de sels dont la décomposition eût dû, d’après les idées admises, exiger un nombre de calories supérieur à 77,4.
- Pour rendre compte de ces contradictions apparentes, M. Berthelot a lu à l’Académie la note suivante.
- « Un couple zinc-charbon ne peut pas être regardé comme équivalent à un couple zinc-platine, dans le calcul des quantités de chaleur développées par les réactions qui donnent naissance au courant voltaïque. En effet, la chaleur dégagée par l’attaque du zinc et de l’acide n’est pas la seule avec le charbon : le charbon exerce, dans ces conditions, des réactions propres et compliquées. Il absorbe l’hydrogène, l’oxygène, et il intervient tant par le carbone pur que par les matières étrangères mélangées à sa masse, C’est ce que montrent les recherches de M. Edm. Becquerel (Ann. de Chimie et de Physique, 3e série, t. XLVIII, p. 256) sur la force électromotrice de tels couples.
- « J’ajouterai que les valeurs thermiques qui expriment les réactions électrolytiques ne sont établies que pour des liqueurs diluées; les effets dus à la séparation d’une trace d’acide et de base, dans les solutions salines saturées, ne pouvant être calculés rigoureusement, à cause des changements de concentration et des réactions secondaires. Les principes du calcul sont les mêmes, mais les données manquent. »
- CORRESPONDANCE
- Paris, le 26 juin 1882.
- Monsieur le Directeur,
- Je trouve dans votre numéro du 24 juin la description d’un accouplement pour fils électriques qui m’engage à vous signaler une forme de borne employée par moi depuis une douzaine d’années. Ce modèle était adapté à ma pile à l’Exposition d’Électricité. Il se compose simplement d’une borne ordinaire à laquelle on a donné horizontalement un large trait de scie rejoignant le trou, disposition qui revient en somme à celle que vous avez publiée.
- Veuillez agréer, etc.
- A. Partz.
- Londres, le 26 juin 1882. Monsieur le Directeur,
- Dans votre dernier numéro, vous dites qu’une partie de la nef du Palais de Cristal était éclairée par les lumières J. G. Lorrain, Ces lampes sont celles de M. Anatole Gérard de Paris ; c’est par une erreur du catalogue que mon nom figure à la place de celui de MM. Gélard et C° qui exploitent ces
- appareils en Grande-Bretagne et dont je suis l’ingénieur-conseil. Il n’est que juste pour M. Gérard et ses associés que cette erreur soit relevée.
- Veuillez agréer, etc.
- J. G. Lorrain.
- FAITS DIVERS
- On projette à Philadelphie la construction d’un chemin de fer électrique à voie étroite dans le Fairmount Park, la grande promenade de la ville où s’est tenue l’Exposition universelle du Centenaire.
- Éclairage électrique
- La Compagnie de la Lumière Edison se prépare à faire à Paris des installations de lampes de son système. Jusqu’ici elle ne s’était occupée que des installations qui lui avaient été demandées dans différentes villes d’Europe entre autres à Amsterdam, à Anvers, à Bruxelles, à Berlin, à Francfort, à Sarreguemines, à Brun en Moravie, à Steyria, à Vienne, à Milan et à Bologne. Dans la première de ces villes, on établit en ce moment une station centrale destinée à desservir 2 000 lampes distribuées sur différents points de la ville. A Anvers, une raffinerie et une sucrerie sont éclairées par 200 lampes de ce système. A Bruxelles, le musée du Nord est également éclairé de cette manière, et on est en train d’installer dans cette ville une station centrale. A Francfort, il existe deux établissements qui possèdent chacun 60 lampes. A Sarreguemines, 400 lampes sont en fonction. A Brûn, le nouveau théâtre va être éclairé par 900 lampes, et d’autres demandes viennent d’être adressées à la Compagnie. A Steyria, près de Linz, on vient d’organiser une installation de 60 lampes, et à Vienne, il existe trois installations de la même importance. Enfin à Milan, on vient d’organiser deux installations du même genre et une autre à Bologne, pour l’éclairage d’un grand moulin.
- En dehors de ces installations des lampes Edison, il en est quelques-unes qui ont été faites par d’autres Compagnies qui se sont entendues directement avec l’inventeur. De ce nombre est celle de Gillamont dont nous avons parlé dans notre numéro du 24 juin. Nous consacrerons du reste prochainement un article à l’établissement de construction des appareils de M. Edison, situé à Ivry, près Paris, et qui est aujourd’hui en pleine activité sous la direction de M. Batche-lor, le collaborateur de M. Edison, qui, avec M. Otto A. Moses, a organisé l’année dernière son exposition au palais de l’Industrie.
- • La Société des ingénieurs des télégraphes et des électriciens de Londres vient de nommer un comité pour faire un rapport sur les dangers d’incendie que peut présenter l’emploi de la lumière électrique.
- A Londres, les quais Victoria et le pont de Waterloo sur la Tamise continuent à être éclairés par l’électricité, système Jablochkoff. Il y a quarante lampes sur les quais et dix sur le pont de Waterloo. L’éclairage a lieu au prix de un penny et demi par lampe par heure pour une période de trois années, à dater du ior juin de l’année dernière.
- La « Vestry » de Camberwell, à Londres, vient d’inviter les Compagnies électriques à faire des offres pour éclairer une partie de cette paroisse par l’électricité à titre d’essai.
- Les directeurs du Palais de Cristal de Sydenham viennent de décider que l’on continuerait l’éclairage par l’électricité
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- de la terrasse du Palais pendant tout l’été. On se servira du système électrique André,' qui sera également appliqué à la voie du nouveau chemin de fer électrique des jardins du Palais de Cristal. '
- «
- La « Vestry » de Kensington à Londres vient de nommer un sous-comité pour étudier la question de l’introduction de la lumière électrique dans cette paroisse.
- . ~ . -|
- Une partie du Canal de Surrey, qui traverse le district sud-est de Londres jusqu’aux docks, va être éclairée parl’é-lectricité.' On vient; de poser .des foyers électriques le .long dfunepartie.de cè.canal qui sera probablement éclairé ainsi dans: toute: sa longueur.
- A South Kensington, la Société Royale d’horticulture de Londres a donné mardi dernier sa fête annuelle dans les jardins du musée. Les: allées ont été éclairées avec des lampes Siemens . et la grande serre avec des lampes de la Compagnie électrique Gülcher, tandis que la Compagnie Brush éclairait les pelouses.
- A Glasgow, la Poste aux Lettres va être éclairée par l’électricité dans toute son étendue, l’installation devant être faite par MM. Crompton et Ce.
- Le journal lë Western Mail, de Cardiff, a ses bureaux éclairés avec des lampes à incandescence Maxim. Ces lampes et les machines dynamo ont été installées par l’Electric Light and Power Generator Company.
- A Portsmouth, vont avoir lieu des essais d’éclairage électrique dans les principales rues de la ville.
- Un Comité spécial, àitV Electrician de Londres, composé de M. le capitaine Eardley Wilmot, de M. J. Farguharson, de l’Amirauté; du capitaine Gordon du Vernon; de M. Owen et de M. Newman, ingénieur en chef des chantiers, dirige en ce moment à Portsmouth une sérieuse enquête relativement aux mérites des divers systèmes d’éclairage électrique pour les bâtiments de guerre. Cette enquête est limitée à l’emploi des lampes à incandescence.
- La Swan Electric Light Company, de Newcastle-on-Tyne, s’est chargée de poser des lampes Swan à Blagdon Hall, château de Sir M. W. Ridley, membre "du parlement britannique. Bladgon Hall est situé près de Newcastle.
- A Worcester (Angleterre), le City Sheriff ayant offert de mettre à la disposition du comité de l’Exposition régionale pour l’éclairage électrique Une puissance 'dé machines suffisante sans autres frais qüè Ceux du mécanicien, dès arrangements ont été pris avec la Compagnie Hammond pour fournir la lumière Brush; pendant quatre mois à un prix ne dépassant pas deux cents livres sterling.
- Télégraphie
- La commission du budget s’est réunie dernièrement pour entendre la lecture du rapport de M. Baïhaut sur le budget des postes et télégraphes.
- Ce rapport donne d’intéressants détails sur les progrès réalisés de 1877, année immédiatement antérieure à la réforme télégraphique et postale* jusqu’à aujourd’hui.
- En 1877, le nombre des bureaux de poste était de 4,222; il est fixé, pour i883, à 6,565.
- En 1877, le nombre des bureaux télégraphiques était de 4,56i, il est fixé, pour i883, à 6,448.
- Le réseau .télégraphique, qui était de 57,090 kilomètres en 1877, sera de 87,020 kilomètres en i883.
- De 1877 à i883, la circulation a augmenté, pour la poste, de 64 1/2 0/0, et, pour les télégraphes, de i57 1/2 0/0. Les dépenses n’ont augmenté durant cet intervalle que de 36 0/0. ,
- On construit actuellement un réseau télégraphique souterrain, dont nous'avons parlé à plusieurs reprises, et qui coûtera en tout 53 millions. 28 millions ont déjà été votés par les Chambres! En outre, au budget de i883, la commission a accordé 7 millions 1/2 au lieu de 10 millions que demandait le ministre.
- i,i3i kilomètres de ce réseau souterrain sont déjà en exploitation; 2,190 kilomètres sont actuellement en construc tion.
- En Australie, dans la colonie de la Nouvelle-Galles du Sud, le réseau télégraphique continue à s’étendre. C’est le 26 janvier i858, dit un rapport officiel de cette colonie anglaise, que la première ligne télégraphique a été inaugurée dans la Nouvelle-Galles du Sud. Pendant la période décennale de 1871 à 1880, le développement des lignes peut être indiqué par les chiffres suivants' : 1871, 5,579 milles de fils; 1880, i3,i88 milles; 1871, 89 stations télégraphiques; 1880, 289; 1871, 218,53o messages; 1880, 1,319,537. La:Nouvelle-Galles du Sud a une longueur de fils télégraphiqùes 'béait* coup plus grande que dans aucune autre des colonies^ australiennes. Actuellement on y trouve i3,688 milles de fils de télégraphe et 328 stations. Pour un shilling, une dépêche de dix mots peut être envoyée à une station quelconque de la colonie, et pour deux shillings à n’importe quel point du continent australien. Une ligne de 1,800 milles de longueur, allant de Port Adélaïde à Port Darwin, et se rattachant au câble sous-marin, relie l’Australie à tous les pays du globe.
- Téléphonie.
- En Ecosse, les établissements de réseaux téléphoniques continuent à s’accroître. Après Glasgow et Edimbourg,, cfest Dundee, le grand port du Tay, célèbre pour ses armements pour la pêche de la baleine et de la morue, qui semble pousser le plus loin son développement téléphonique. La National Téléphoné Company s’occupe maintenant de relier à Dundee les villages de Broughty Ferry et de West Ferry. Forfar, ville située à 24 kilomètres de Dundee, a été également mise en communication téléphonique avec Dundee, et va l’être avec Kirriemuir et Brechin. Un bureau téléphonique existe et fonctionne régulièrement depuis plusieurs mois à Aberdeen, la principale ville du nord de l’Ecosse.
- Depuis quatre mois, le Sénat espagnol était en possession d’un projet de loi sur l’établissement dé réseaux téléphoniques en Espagne. Il vient de donner son approbation à ce projet, qui doit maintenant être examiné par le' Congrès. Entre autres dispositions, on remarque celle qui décide que la concession des réseaux de'téléphone devra avoir lieu à la suite de-concours et non d’enchères publiques. L’Etat se réserve la haute inspection sur toutes les lignes téléphoniques.
- La Téléphoné Company of Ireland s’est constituée et a ôbtenu une licence de la United Téléphoné Company pour l’usage de ses téléphones et appareils en Irlande (à l’exclusion de la province d’Ulster). .
- •Le Gérant : A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P. Mbuillot, i3, quai Voltaire. — 30024
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- La Lumière Electrique
- Journal universel J Electricité
- 51, rue Vivienne, Paris <
- Directeur. Scientifique : M. Th. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- 4« ANNÉE (TOME VII) SAMEDI 15 JUILLET 1882 N® 28
- SOMMAIRE
- Des effets électrostatiques produits dans les lignes sous-marines (3° article) ; Th. du Moncel. — Sur un marteau-pilon électrique; Marcel Deprez. — Les nouvelles machines de M. de Méritens; Aug. Guerout. — Exposition Internationale d’Electricitè : Empire de Russie; C.-C. Soulages. — Galerie des machines : Installations Gravier, Krusz et Grether; O. Kern. — La télégraphie, ses progrès récents manifestés à l’Exposition Internationale d’Electricitè (8° article) : Les lignes sous-marines; E. de T. — Les sciences physiques en biologie; l’électricité (8e article); Dr A. d’Ar-sonval.— Revue des travaux récents en électricité : Sur le courant de réaction de l’arc électrique, par MM. Jamin et G. Manœuvrier. — Chronographe électrique de M. J. Harvard Biles. — L’éclairage électrique des trains de chemins de fer. — Pile à faible résistance intérieure, de M. F. Hig-gins. — Correspondance : Lettres de MM. Dunand et Des Portes. — Faits divers.
- DES EFFETS ÉLECTRO-STATIQUES
- PRODUITS SUR LES LIGNES SOUS-MARINES
- 3e article. ( Voir les numéros des icr et 7 juillet 1882.)
- Les formules que nous avons posées dans notre dernier article permettent de déduire quelques lois très importantes dans la pratique de la télégraphie sous-marine. En effet, si • on admet que l’enveloppe isolante d’un câble constitue une dérivation dont la résistance est représentée par la formule (1), on arrive, d’après les lois de Ohm, à conclure que l’intensité du courant passant à travers cette enveloppe isolante sera représentée par la force,électro-motrice zzE de la pile, divisée par cette résistance, et en conséquence on pourra poser :
- D ' D'
- r'l°g ~d‘ r'l°Z-¥’
- formule de laquelle on peut déduire les lois suivantes :
- i° Si la substance recouvrant deux câbles de longueur différente est la même et si les câbles ont un même diamètre, l’intensité du courant devient
- proportionnelle à leur longueur, pour un même nombre d’éléments de pile, et proportionnelle à ce nombre d’éléments pour une même longueur de câble;
- 20 Si les quantités n, l, r restent les mêmes et que D et d varient seuls, cette intensité est en raison inverse des. logarithmes Népériens des rapports des deux diamètres de l’enveloppe isolante.
- Si on considère maintenant que dans un circuit bien isolé la durée de la période variable de la propagation électrique est indépendante de la tension de la source, proportionnelle au carré de la longueur du circuit et au coefficient de charge, inversement proportionnelle à l’aire de sa section ou au carré du diamètre d du conducteur métallique, on arrive, en supposant la résistance spécifique r de l’isolant constante, à la proportion :
- D ‘ D'
- dnogj d'nog-jr
- qui permet de calculer les temps de charge des câbles sous-marins dans les différents cas qui peuvent se présenter, ayant comme donnée une première expérience faite sur une longueur et un échantillon donnés de câble. Elle permet d’ailleurs de retrouver les lois simples qui gouvernent ces temps de charge, quand on fait successivement D D'
- l — l', d — d', — lois qui se trouvent expri-
- mées par les rapports suivants ;
- t : V : : d'* : d2 t : t' : : : /'*
- La première proportion qui peut donner la valeur du terme t' toutes les autres quantités étant connues, fournit pour expression de cette valeur t' pour deux longueurs différentes d’un même çâbl_e :
- et si ces longueurs sont les mêmes, mais que les
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- câbles diffèrent dans leurs autres dimensions, cette expression devient :.
- (7)
- , D' d'Hog-jr
- dHogj
- Dans la pratique, la valeur de t servant de point de départ a pour expression :
- (8)
- d21og J"
- t = c—-------... mots par minute.
- dans laquelle c est une constante empirique. Lorsque la résistance r du fil de cuivre (par
- knot) est —Jf-1 et que la capacité électro-statique f
- 0,13769
- d’un câble de gutta-percha (par knot) est “*r’Ia
- valeur de t se simplifie et devient :
- 4. 8136i o, 18769 ï i5 270
- k — j- •p—c~7JW’
- expression dans laquelle les quantités r, f, l2 étant déduites de l’expérience dans des conditions données, peuvent conduire à_la détermination des autres valeurs.
- En effet, si on part des expériences faites sur le câble transatlantique de i865 dans lesquelles on a trouvé / = 1896 knots, r = 4,oi ohms (une fois le câble immergé)/-= o,3535 microfarads, et la vitesse maxima de transmission 25 mots par minute, on obtient pour valeur rfP, le nombre 5210000, et notre dernière équation devient :
- 15270
- 2 c 5210000’
- d’où c —
- 5210000 X 25 15270
- = 853o
- La valeur de c étant connue, on obtient pour l’expression S du rendement télégraphique par minute pour tout le câble :
- S=853o X
- 15270
- mots par minute.
- et alors la quantité S correspond au terme t' des équations précédentes.
- Si on exprime par la lettre R la résistance totale du fil de cuivre sans spécification de la quantité r, et si F représente la totalité de la capacité électrostatique, on a r l — R ohms et f l— F microfarads, et comme de ces deux équations l’on tire R F = rfP, on a en définitive :
- 1 Sooooooo
- Vitesse= —g-p— ...mots par minute.
- On devra observer toutefois que la constante i3o millions ainsi déduite des expériences faites sur le câble transatlantique est un peu faible pour les nouveaux câbles, car calculée d’après la formule précédente, la vitesse de transmission sur le
- câble des Indes anglaises ne devrait être que de 12 mots par minute, et l’expérience a démontré qu’elle était par le fait de i5 mots. Pour mettre la formule précédente en rapport avec les nouvelles expériences, il faut donc supposer à la constante une valeur de 160 millions, et dès lors elle peut être appliquée à tous les câbles, quelle que soit la nature de leur enveloppe isolante.
- Les Anglais ont tellement pratiqué les formules qui se rapportent aux câbles sous-marins qu’ils ont pu poser des formules donnant la valeur du travail produit suivant les différents appareils employés. Ainsi, ils ont reconnu que la vitesse du travail à travers un câble isolé avec de la gutta-percha a pour expression :
- i° Avec le galvanomètre à miroir _de Thomson;
- . d2(logD— logd) . . .
- 853o — -p-— ... mots par minute.
- 20 Avec le télégraphe Morse ;
- , d- (log D —- ïog'd) .
- 518 ——p--------2—-... mots par minute.
- I étant la longueur en knots, D le diamètre de l’enveloppe de gutta-percha en mils (millièmes de pouce) et d celui du fil de cuivre également en mils.
- Cette vitesse de transmission avec le caoutchouc de Hooper a pour valeur :
- i° Avec le galvanomètre à miroir de Thomson:
- ». d2 (log D — log d) .
- 11557 —*---p--------••• mots par minute.
- 2° Avec l’appareil de Morse : d2 (log D — log d)
- 700--------p--------... mots par minute,
- M. Latimer Clark, dans son formulaire électrique, donne les tableaux des vitesses de transmission sur des câbles de différentes longueurs (depuis 1 000 jusqu’à 2 5oo knots), de différents diamètres d’enveloppe isolante (depuis 235 mils jusqu’à 470), de différentes grosseurs de fil de cuivre (depuis 84 mils jusqu’à 168), enfin de différentes épaisseurs d’enveloppe isolante depuis 2,799 jusqu’à 3,04.
- Ces vitesses de transmission se rapportent au galvanomètre à miroir et ont été calculées d’après les expériences faites sur le câble transatlantique de 1866. Il donne également le tableau de cette vitesse de transmission sur les principaux câbles immergés jusqu’ici.
- Les lois des réactions électro-statiques échangées à travers l’enveloppe isolante d’un câble sont bien précisées par les formules précédentes, mais 011 peut s’en faire une idée plus nette en partant d’une loi plus ancienne posée par M. Wheatstone et tirée de ses expériences ; toutefois elle ne peut être
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- considérée que comme empirique et elle a été énoncée de la manière suivante.
- « La grandeur de la décharge à travers l’enveloppe isolante d’un câble pour des fils de diamètres différents et recouverts d’enveloppes formées de la même matière mais ayant des épaisseurs différentes, est sensiblement proportionnelle à la racine carrée du demi diamètre du fil et en raison inverse de la racine carrée de l’épaisseur de l’enveloppe isolante. »
- Il résulte de cette loi qu’on a plutôt avantage à augmenter le diamètre du conducteur que l’épaisseur de cette enveloppe. Toutefois cette augmentation a une limite, et cette limite peut être calculée en comparant les accroissements que prennent la charge statique C et l’intensité I du courant transmis quand on augmente le diamètre d du fil conducteur sans changer le diamètre D de l’enveloppe isolante.
- En nous rappelant que la charge électro-statique ou la capacité électro-statique d’un câble immergé est en raison inverse des logarithmes Népériens du rapport des deux diamètres de l’enveloppe isolante, on arrive à l’équation :
- C =, D ou c = log D — log d
- logT ,
- et comme l’intensité du courant est proportionnelle à d2, on pourra poser
- =^------------= da (log D — log d)
- log D — log d
- Or sera le plus grand possible, ou si l’on veut C aura sa valeur moindre par rapport à I quand ^-sera égal à 1,64872. En effet, la dérivée de l’expression d2 (log D — log d) étant 2 d (log D — log d) — d, cette dérivée égalée à zéro donne
- a(logD— logd)= 1,ou log jj = i,
- d’où
- et ici e représente la base du système des logarithmes Népériens qui est 2,71828. Or, la racine carrée de ce nombre est 1,64872.
- Mais ces dimensions relatives de D et de d, qui pour un câble dont le conducteur aurait 3 millimètres de diamètre, supposeraient une épaisseur d’enveloppe isolante de imm,o7, ne sont pas évidemment pratiques, car avec une enveloppe aussi mince un câble serait bien vite détérioré. Suivant M. Preece, la meilleure valeur pratique qui peut être donnée au
- rapportserait c’est-à-dire 3,16. En général,
- ce rapport varie entre 2,97 et 3,40.
- Pertes de charge dans les tables. — Quand un un câble immergé est chargé par un contact suffisant de son conducteur avec une pile et qu’il est ensuite isolé de la pile et abandonné à lui même, sa charge diminue successivement de tension en s’écoulant par l’enveloppe isolante, et finit au bout d’un certain temps par devenir insensible. Or, l’expérience démontre que le temps nécessaire pour que cette charge descende à une tension donnée ne varie pas avec le degré de sa tension, mais suit une marche beaucoup plus rapide. Ainsi, s’il s’échappe 7 % de la charge primitive à une température de 75° Fahr. pendant 1a. première minute (et avec la gutta-percha c’est à peu près la perte ordinaire), il s’échappera encore 7 % de la quantité rémanente pendant la seconde minute, et ainsi de suite. Il en résulte que les charges décroissent avec le temps en progression géométrique, et si on représente par q la raison dé cette progression, c’est-à-dire la quantité par laquelle il faut diviser la charge primitive C pour la réduire successivement de 7 % aux intervalles de temps de une minute, deux minutes, trois minutes, ...f minutes, ces charges résiduelles c, c1, c", et auront pour expression
- _ç. ,_£_C. „_ç _c
- c—q’ c — q q*’ c ~ qs "• ct — qt
- équations desquelles on tire C c
- $t = — ou log^-=logg-. t
- ce qui montre déjà que les pertes déchargé représentées par les logarithmes du rapport de la charge primitive avec les charges résiduelles, sont proportionnelles aux temps. D’après cette loi il devient facile de calculer le temps T que doit mettre une charge C à tomber à une tension donnée p, connaissant le temps t nécessaire pour la réduire à une tension mesurée c. Cette loi, en effet, se traduit par la proportion suivante :
- d’où
- log C — log p : log C — log c : : T : t
- T =
- log C — \ogp log C — log c
- X t
- et si on donne au rapport-^-la valeur-^ qui correspond à une charge tombant d’une tension donnée à demi tension, ce qui se pratique généralement dans les recherches sur les câbles, l’expression précédente devient
- (9)
- o,3oio3
- c"
- log —
- X t ou T =
- o,3oio3 t
- 2,000 — log (100— ii)
- n désignant le taux pour cent de la perte dans l’im tervalle de temps t. Comme l’électrification se
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- continue pendant le temps que le câble reste isolé, t doit être choisi le plus court possible.
- Si l’on considère maintenant que la perte de charge d’un câble est d’autant moins grande que le temps t est plus court et que la résistance R de l’enveloppe isolante est plus grande, on comprendra aisément qu’en rendant cette perte exprimée par (log C — loge), fonction de la capacité électrostatique dont elle dépend et de certaines constantes en rapport avec les unités de mesure employées, on pourra déterminer par son intermédiaire les valeurs de R et de F. En effet, puisque log C — log c est inversement proportionnel à R et proportionnel à t, on peut poser :
- log C - log c = ^ d’où R =
- ou si l’on considère les charges C et c par rapport à la capacité électro-statique F qui les relie aux unités électriques :
- (l0) R = Ffïôg'c — log c)
- Mais comme les logarithmes C et c représentent des logarithmes naturels ou Népériens, il faudra, par la raison que nous avons donnée dans notre précédent article, multiplier le numérateur de cette expression par 0,4343 pour faire de ces logarithmes des logarithmes décimaux, et il faudra de plus multiplier par 6o, si, comme cela a lieu généralement, le temps t est exprimé en minutes, afin de le rapporter à l’unité de temps (la seconde) adoptée dans le système coordonné des mesures électriques. Conséquemment l’équation précédente devra être mise sous la forme
- (h)
- R =
- 0,4.343 X 60 X t 26,06 t
- F (logC — log c) — F (logC —log c)'" meg°hms-
- de laquelle on tire
- , , ' 26,06 t .
- W F = R (logC-loge)- microfarads.
- On peut déduire , déjà des expressions qui précèdent une conséquence importante, c’est que la perte de charge sur les câbles sous-marins est indépendante des dimensions et de la forme des câbles. Conséquemment, elle ne peut varier qu’avec la nature propre de l’isolant.
- D’un autre côté, on reconnaît également que le temps nécessaire pour que la charge C tombe de C en c est proportionnelle :
- i° A la résistance spécifique du câble (celle qui correspond à son état électrique et à sa température à ce moment-là).
- 20 A la capacité spécifique du diélectrique;
- 3° Au logarithme du rapport des deux charges.
- On peut démontrer ces lois par les calculs suivants :
- On a vu dans notre second article p. 27 que
- RF — rf. Or si dans cette équation on remplace R par la valeur que lui donne la formule (u), il vient :
- rf= i
- 26,061
- .. c
- rf log-
- log C — logc’doù* 26,06
- Or les quantités r,f, qui figurent au numérateur de cette formule représentent la résistance spécifique du câble et la capacité spécifique de l’isolant.
- Dans la pratique, le temps que met une charge à tomber de moitié est un moyen très commode pour comparer l’isolement d’un câble à différentes périodes de temps. Par le fait, avec des câbles extrêmement longs, c’est le seul moyen auquel on peut se fier.
- Voici maintenant un autre principe qui a aussi ses applications :
- Quand deux condensateurs ou câbles sont réunis et que l’un est chargé par l’autre, la tension t qui en résulte a pour valeur, en représentant par C la capacité du condensateur chargé, T sa tension, c la capacité de l’autre condensateur :
- i = Txé
- et la capacité électro-statique c est représentée par T — t
- t
- -, c
- Dans ce cas, en effet, Injonction des deux câbles a pour résultat de diviser entre eux leur charge proportionnellement à leur capacité respective, afin de fournir une même tension sur toute leur surface. Or si C est la capacité de celui des câbles servant d’unité de comparaison, lequel sera chargé à la tension T, si c représente la capacité de l’autre câble et t la tension résultant de leur réunion, on aura :
- l .* T : : C : c -}- C,
- proportion de laquelle on peut déduire les valeurs de c et de t, lesquelles sont précisément celles que nous avons données plus haut.
- La perte de charge varie naturellement suivant la température de l’isolant, puisque la résistance varie elle-même dans un rapport considérable. Ainsi
- à o° centigrade, le rapport — étant représenté, après une minute d’isolation d’un câble de gutta-percha, par 1,02g et la perte par 2,8 %, ce rapport devient à 240 centigrades i,5x5 etla perte 34,0 %, et à 32° centigi’ades, cés chiffres sont l'eprésentés par 2,871 et 65,i.
- La perte de chargé avec le temps s’effectue pour la gutta-percha dans un rapport assez rapide. Ainsi sur le câble transatlantique français, cette perte constatée à une température uniforme de n°,7 centigrades, s’est trouvée atteindre en une heure le quart de la valeur de la charge primitive.
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- Outre les pertes de charge qui se produisent par le fait même de la conductibilité des enveloppes isolantes des câbles, il en est d’autres qui tiennent à des défauts de construction ou à des fissures dans là matière et dont l’intervention peut être des plus funestes, car le plus souvent elles s’aggravent avec le temps et mettent bientôt les câbles hors de service. On comprend d’après cela combien il est important, avant d’immerger un câble, de bien constater son état d’isolement, et si un défaut se produit de pouvoir apprécier en quel point il se trouve placé, afin qu’on puisse y remédier. Bien des études ont été faites à cet égard, mais comme elles sont par trop techniques, nous les passerons sous silence renvoyant le lecteur que cette question intéresse au formulaire électrique de MM. Latimer Clark et Sabine, et à notre Exposé des applications de l’électricité, tomes I et II.
- Th. du Moncel.
- SUR UN
- MARTEAU-PILON ÉLECTRIQUE
- Dans la conférence que j’ai faite le 15 juin dernier dans le grand amphithéâtre du Conservatoire des Arts-et-Métiers, sur l’application de l’électricité à la production, au transport et à la division du travail, j’ai fait fonctionner pour la première fois un marteau-pilon électrique dont je vais donner la description. Il a pour organe fondamental un solénoïde sectionné que j’ai appliqué également à un moteur électrique, présenté par moi en juillet 1880 à la Société de physique.
- Supposons que l’on place les unes sur les autres cent bobines plates de un centimètre d’épaisseur de manière à constituer un solénoïde unique de un mètre de hauteur, et que les fils d’entrée et de sortie de chacune d’elles soient reliés aux fils des bobines voisines exactement de la même manière qu’ils le sont dans les sections consécutives d’un anneau de machine dynamo-électrique. Complétons enfin la ressemblance en faisant aboutir chaque jonction du fil d’une des bobines au fil de sa voisine à une lame métallique incrustée dans une règle isolante contenant autant de lames qu’il y a de bobines plus une. Sur cette espèce de collecteur, qui peut être rectiligne ou enroulé sur un cylindre, faisons promener deux balais fixés à une pièce isolante que l’on fait mouvoir avec la main; si nous plaçons les deux balais à une distance telle que le nombre des lames du collecteur, comprises entre eux, soit par exemple égal à xo et que nous leur imprimions, ensuite, après les avoir rendus solidaires, un déplacement quelconque, le courant entrant par l’un de ces balais et sortant par l’autre
- traversera toujours 10 bobines. Tout se passera donc comme si, au lieu de faire mouvoir les balais, nous faisions mouvoir le solénoïde constitué par la réunion de 10 bobines.
- Cela posé, les balais étant dans une position quelconque, lançons un courant dans l’appareil et plaçons y un cylindre de fer doux. En vertu d’une expérience bien connue, ce cylindre restera
- MARTEAU-PILON ÉLECTiUfcJl'E
- suspendu dans l’intérieur du solénoïde constitué par les 10 bobines et son centre de figure se placera à une distance d’autant plus grande de celui du solénoïde que le courant sera moins intense. Il tomberait même complètement si le courant n’avait une intensité supérieure à une valeur minima qui dépend de beaucoup d’éléments dont nous n’avons pas à nous occuper maintenant. Nous supposerons le courant assez intense pour que la distance des deux centres de figure soit de beaucoup inférieure
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- à celle qui amènerait la chute du cylindre. Quand cette condition est remplie, on constate que, le cylindre de fer étant en équilibre, si l’on vient à l’en écarter, il faut lui appliquer un effort croissant avec l’écart, exactement comme s’il était suspendu à un ressort. Il résulte de ce fait que si l’on déplace les balais d’une quantité égale à l’épaisseur d’une lame du collecteur, le solénoïde actif subissant le même déplacement, son centre de figure s’éloignera de celui du cylindre de fer, et l’attraction exercée sur ce dernier augmentera. Elle ne pourra revenir à sa valeur primitive et l’équilibre ne pourra être rétabli que si le cylindre éprouve un déplacement identique à celui du solénoïde. Or, comme ce dernier dépend du mouvement imprimé à l’ensemble des balais, on voit que, en définitive, le cylindre reproduira fidèlement le mouvement imprimé aux balais par la main de l’opérateur.
- Cet appareil constitue donc un véritable servomoteur électrique, dans lequel le courant n’est jamais ni interrompu ni modifié en grandeur ou en direction, non plus d’ailleurs que l’aimantation développée dans le cylindre de fer doux.
- Tout se passe comme si le cylindre de fer était suspendu dans un solénoïde de io centimètres de longueur, que l’on ferait monter ou descendre, avec cette différence que le poids du cylindre n’exerce aucune action sur la main de l’opérateur.
- Ces explications comprises, il me reste peu de choses à dire pour faire comprendre complètement le jeu du marteau.
- Les sections élémentaires constituant le cylindre électrique AB du marteau sont au nombre de 80, formant une longueur totale de i mètre. Leurs fils d’entrée et de sortie aboutissent à un collecteur de forme circulaire que l’on voit en FG. Les balais sont remplacés par deux lames CE, CD, fixées à la double manivelle HCI mobile autour du centre fixe C; elles peuvent faire entre elles un angle quelconque de façon que l’on puisse donner par tâtonnement au solénoïde actif la longueur la plus convenable. Quand cet angle a été déterminé, on rend invariable, au moyen d’une vis de pression, l’angle ECD, et l’on manœuvre l’appareil en imprimant à la double manivelle HCI un mouvement circulaire alternatif.
- Le cylindre en fer pèse 23 kilogrammes, mais lorsque le courant a une intensité de 43 ampères et qu’il traverse i5 sections, l’effort développé peut atteindre 70 kilogrammes, c’est-à-dire trois fois le poids du marteau. Aussi, ce dernier obéit-il avec une docilité absolue aux mouvements de la main de l’opérateur, ainsi qu’ont pu le constater les personnes qui assistaient à la conférence.
- J’ajouterai incidemment que ce marteau-pilon était placé en dérivation sur un circuit qui servait à alimenter également trois machines Hefner-Alte-neck (modèle Siemens Dr.) et une machine Gramme
- (modèle Breguet P. L.). Chacune de ces machines faisait i5oo tours par minute, et développait 25 ki-logrammètres par seconde, mesurés au moyen d’un frein Carpentier.
- Tous ces appareils fonctionnaient avec une indépendance absolue, et avaient pour génératrice la machine à double excitation qui figurait à l’Exposition d’Electricité.
- Dans une expérience faite postérieurement, j’ai réussi à faire développer à chacune des quatre machines 5o kilogrammètres par seconde, quel que fût le nombre de celles qui étaient en marche, et j’ai pu ajouter encore en dérivation le marteau-pilon sans affecter notablement la marche des réceptrices.
- Il résulte de là que, avec mon système de machine à double excitation, j’avais pu faire marcher facilement avec une indépendance absolue six machines donnant chacune -j de cheval. Le rendement économique -g dépassait d’ailleurs un peu o,5o.
- Marcel Deprez.
- LES
- NOUVELLES MACHINES
- DE M. DE MÉRITENS
- Depuis une dizaine d’années qu’elles sont entrées dans la pratique, les machines à anneau ont été l’objet d’une série de perfectionnements successifs
- FIG. I
- et l’état de développement auquel elles sont arrivées aujourd’hui permet d’affirmer que le problème de la transformation du travail mécanique en courant électrique est aujourd’hui résolu dans une très grande mesure.
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- Ce premier point, fort important, une fois atteint, les machines dynamo-électriques présentent encore un défaut assez grand : leur prix un peu trop élevé pour les applications industrielles.
- La cause en est en partie à ce que dans le prix des machines, le consommateur paye encore souvent les droits de brevets, en partie à ce que dans l’origine' de la construction on s’est peu occupé du bon marché. Le pli une fois pris, les. catalogues une fois établis, on est resté à peu près dans le statu quo. Mais aujourd’hui que les brevets des principales machines à anneau sont bien près de tomber dans le domaine public, et que; d’ailleürs l’examen attentif de la machine de Paci-notti a montré la nullité de quelques-uns d’entre eux, la préoccupation des constructeurs doit être d’établir leurs appareils au prix le plus modéré possible, afin d’en généraliser l’emploi:
- Plusieurs constructeurs sont déjà entrés dans cette voie : parmi eux nous citerons au -jourd’hui plus particulièrement M. de Méritens qui a tourné tous ses efforts dans ce sens vers la machine de Pa-cinotti.
- Nôtre collaborateur Frank Geraldy a déjà décrit dans le numéro du 28 décembre 1881, la forme industrielle qu’il a donnée à la machine italienne tout en conservant le mode de construction de son anneau.
- Depuis cette époque, M. de Méritens a d’abord cherché à rendre possible dans les cours publics, l’emploi de son premier type qu’il désigne par la lettre C.
- Pour cela, il a ajouté à ce modèle un système d’engrenages servantà le faire fonctionner à la main. La figure 2 représente la machine munie de cet appareil : une grande roue dentée pourvue de deux
- manivelles permet à quatre hommes de mettre la machine en mouvement à une vitesse convenable. Si, dans les conditions normales, le travail que peut produire un homme n’est que de 6 kilogram-mètres par seconde,, il peut dans un effort de quelques instants arriver à ün chiffre bien plus élevé. C’est pourquoi les quatre hommes agissant sur les deux manivelles peuvent pendant quelques
- minutes produire un travail suffisant pour entretenir sur la machine un régulateur électrique de cent becs carcels. On ne peut, on le voit, maintenir la lumière que pendant un temps très court, mais ce temps est bien suffisant pour une expérience de démonstration. Les professeurs, à l’intention desquels l’appareil a été construit, apprécieront certainement un dispositif leur donnant la possibilité de faire fonctionner devant leurs élèves les principales lampes électriques, sans qu’il soit besoin d’installer une force motrice ou de monter 5o éléments de pile.
- Sans rien changer à la construction de la' machine primitive, M. de Méritens a ensuite créé un second type désigné par la lettre I. Ilne diffère de l’appareil original que parce qu’il est plus allongé et aussi de plus grandes dimensions. Ce type tourne normalement à 2800 ' tours et peut alimenter en tension deux foyers de 60 becs carcels. (V.'fig. 3.)
- La forme cylindrique donnée aux électro-aimants indicateurs compliquait un peu la construction de la machine'. M. de Méritens a pensé que l’on pouvait simplifier cette construction en se servant d’inducteurs plats de manière à donner à la machine la forme d’un prisme droit à base rhombe. Les épanouissements polaires se logeant naturellement dans deux des angles de l’espace où se trouve la
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- bobine, il n’y a pas ainsi de perte de place bien sensible. Cette idée a donné naissance à deux types de machines qui sont' représentés dans les figures i et 4.
- La première de ces machines est désignée par la lettre J. C’est une machine de dimension relativement petite, destinée à alimenter un foyer de 180 becs carcels. Elle tourne, comme le type I, à 2800 tours et absorbe deux chevaux §.
- La seconde machine, ou type H, peut alimenter un foyer de 65o becs carcels avec une dépense de force de 4 chevaux, en tournant à une vitesse normale de 1600 tours par minute. Une semblable machine se prêtera à l’alimentation des grands
- foyers comme ceux employés pour les phares.
- La même machine peut alimenter 25 lampes à incandescence Swan de deux ampères; sa force électromotrice est de 80 volts.
- Pour ce qui est du poids, il est, dans ces machines, aussi réduit que possible. Le premier type C a été quelque peu allégé, et, dans sa construction actuelle, pèse seulement 3o kilog. Le type H, qui est le plus puissant, a un poids de 224 kilog., et le modèle I pèse seulement 47 kilog. Ce sont, on le voit, des poids très modérés relativement à la puissance des machines.
- Suivant la méthode indiquée par M. Marcel Deprez, M. de Meritens a étudié ces différentes machines
- FIG. 3
- en faisant varier progressivement les résistances
- 14 i RÉSISTANCE INTENSITÉ ampères. FORCE électro-motrice en volts. RÉSISTANCE en ohms.
- 10 69 9.66 8 97 8.28 7 59 6.90 6.55 5 86 5.35 5. » 55.o5 65.11 65.66 65.41 64.44 62.58 63.21 60. » 57.88 57. » 3.40 4.08 4.66 5.24 5.83 6.41 6.99 7-58 8.16 8 74 4-5o 4-I4 3.96 3.70 3.45 3.17 3 11 3.io 2.80 53.95 52.04 52.07 5o.o8 48 40 47 26 48.17 49.82 46 62 9 33 9 91 10.49 11.08 11.66 12.25 12 83 13.41 13 99
- extérieures. Le tableau ci-dessus donne les résultats qu’il a obtenus pour le type C, dont l’induc-
- teur et l’induit ont chacun pour résistance i01>m 33.
- INTENSITÉ ampères. FORCE en volts. RÉSISTANCE en ohms. INTENSITÉ ampères. 2|g RESISTANCE ohms.
- 1.20 1.41 1.73 2.12 3. » 4. . 5.66 7.35 9.54 i3.19 15.93 17.72 19.18 21.50 23 87 3o.3o 35.72 43.98 48.51 5i .80 5o. 19 i5.i6 14. • 12.83 11.66 10.49 9.33 8.16 7- » 5.83 4 66 3.49 15.72 20.29 22.50 26.38 27.69 29.23 3i.8o 35.10 37.51 5i.45 57.85 62.90 63.23 66.48 65 35 64.89 65.83 67.74 67.14 69.46 2.91 2.33 2.04 1.75 I.S9 1.45 1 3o 1.16 1.02 0.58
- Il faut remarquer que les résistances indiquées dans ce tableau sont les résistances extérieures, et
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- que pour avoir la résistance totale il faut leur ajouter la résistance de la machine égale à 2°"ms 66.
- Le second tableau donne les résultats d’expériences analogues faites avec la machine H dont la résistance est 0,76.
- En dressant, à l’aide des chiffres contenus dans ces tableaux, les caractéristiques de ces machines, on arrive à des courbes indiquant de bonnes conditions de construction.
- Ajoutons que dans les types I et H, la forme prismatique présente de grandes facilités de construction. La carcasse de la machine peut en effet être fondue tout entière en deux parties; l’enroule-
- ment du fil se fait très aisément sur chacune d’elles et il suffit ensuite de les rapprocher pour constituer le bâti de l’appareil, dans lequel il n’y a plus qu’à adapter l’anneau induit.
- Avant de terminer cet article, nous indiquerons encore un perfectionnement apporté par M. de Méritens, non plus dans les machines dynamo-électriques, mais dans les charbons à lumière.
- Pour les foyers puissants, comme les lampes de phares, on emploie, surtout dans les phares de grande dimension qui existent en Angleterre, des charbons de très fort diamètre. Or il est très difficile de se procurer ces gros charbons très homo-
- FIG. 4.
- gènes et d’autre part il arrive la plupart du temps que leur cuisson ne se fait pas également. Les parties extérieures se trouvent naturellement plus cuites et plus desséchées que les régions centrales. Ces deux circonstances nuisent à la combustion régulière des charbons et s’opposent par conséquent à la fixité de la lumière. Pour remédiér à cet inconvénient, M. de Méritens a imaginé de remplacer les gros charbons par un faisceau de petites tiges de même substance ayant chacune un diamètre de 3 à 4 millimètres. Ces tiges sont liées ensemble par quelques attaches de fil de cuivre et on proportionne leur nombre à la grosseur du faisceau à obtenir. Chacune d’elles est recouverte de cuivre et il en est de même du faisceau.
- De cette manière les tiges tiennent bien ensemble et forment un tout qui peut être considéré comme bien homogène, en raison de la très faible épais-
- seur des couches de cuivre déposées par la pile.
- Ces charbons composés donnent une lumière très régulière et l’on observe même qu’en dehors de la régularité, la lumière obtenue est plus intense qu’avec les tiges d’une seule pièce.
- On comprend d’ailleurs qu’il en soit ainsi, puisque toutes les parties du faisceau étant à un égal degré de cuisson, il ne se produit plus'dans les parties centrales d’actions perturbatrices.
- Des faisceaux de ce genre, de quatre centimètres de diamètre, ont été essayés dans les grands appa reils de l’administration des phares anglais et ont donné des résultats en tous points satisfaisants, de sorte que les faisceaux vont dès à présent rempla-cer les anciens charbons.
- Aug. Guerout.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- EMPIRE DE RUSSIE
- A l’extrémité de la grande nef du Palais de l’Industrie et dans l’angle formé par la façade des Champs-Elysées et celle qui est tournée du côté de la place de la Concorde, se trouvait l’installation des principaux appareils électriques envoyés par l’empire de Russie.
- Le grand dessin ci-contre représente une vue perspective de cette section intéressante à plus d’un titre ; on voit d’abord, sur le premier plan à gauche,
- une combinaison proposée par M. Tvéritinow, lieutenant à l’école des torpilles de Cronstàdt, pour la réunion dès machines dynamo-électriques avec leur moteur, au moyen d’un arbre flexible, évitant l’em-, ploi d’un bâti commun aux deux machines. Un grand appareil de guerre exposé par le ministèrê de la marine russe et composé de deux machines dynamo-électriques de Siemens, mues par un moteur rotatoire de Graaf et Schneider. Cette machine est analogue 'à la double machine Siemens, mue par un moteur Bro-therhood que représente la fig. i. Les aimants inducteurs des deux machines dynamo-électriques reposant sur des barres de laiton augmentent le rendement en empêchant le contact immédiat avec le métal du socle; M. Tvéritinow a inventé aussi un
- FIG I. — MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES DE SIEMENS ACTIONNÉES PAR UN MOTEUR ROTATOIRE.
- commutateur permettant d’accumuler les pouvoirs de deux machines qui, dans ce cas, produisent, paraît-il, une lumière équivalant à 14000 bougies.'Le ministère de la marine russe avait encore exposé des lanternes, des fanaux et des appareils très ingénieux pour chaloupes de guerre.
- Le département des télégraphes de Saint-Pétersbourg avait envoyé de nombreux spécimens de câbles, fils et autres accessoires, ainsi que des modèles variés de paratonnerres pour la télégraphie ; nous nous contenterons de rappeler les noms des principaux inventeurs de ces appareils et les dates de leur invention : KirkofF modifié par Tiedeman en 1871; Tiedeman, 1872; Deréviankine, paratonnerre avec signal audiphone rétablissant par lni-même le fonctionnement de la la ligne télégraphique interrompu par la foudre; Palwow, en 1874; nouvel appareil de Tiedeman à vis, à pointes et fils
- d’argent proposé en 1875; dit même inventeur, un paratonnerre pour les poteaux à câbles, avec un étui en caoutchouc destiné au point de jonction des lignes souterraines et aériennes ; le système électromagnétique du baron de Guervart; ceux des mécaniciens Nyberg et Zwirgsdé; enfin des commutateurs et des isolateurs de toute sorte, puis lés modèles des nombreux accessoires employés dans l’installation des lignes télégraphiques, des câbles souterrains insérés dans des tubes de verre exécutés d’après le projet de M. Jacobi (de l’Académie Impériale des Sciences) et ayant servi à la ligne du télégraphe électro-magnétique qui faisait communiquer le Palais d’Hiver de l’empereur avec l’État-Major; un morceau de tube-chaînette servant au passage des câbles dans les parties mobiles des ponts de la Néwa; une belle photographie de fils conducteurs recouverts de glace et prise au mois
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- FIG. 2. — EXPOSITION D F L EMPIRE DE RUSSIE.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- de février 1868, entre Saint-Pétersbourg et Moscou.
- Dans la télégraphie proprement dite et les signaux, nous avons à citer le manipulateur Deré-viankine ; différentes pièces de l’appareil Hugues, telles que chariot et levier adaptés à la transmission automatique des signaux et le régulateur Kraiewsky qui est actuellement employé dans toute l’Europe.
- Le telekal de .Jacobi, transmetteur téléphonique de télégrammes, télégraphe phonétique portatif militaire; le phonophore de Vreden, nouveau microphone d’une construction spéciale constituent des appareils assez curieux.
- Pour l’éclairage par l’électricité, la section russe possédait quatorze lampes à arcs voltaïques de Gravier : notre dessin représente quelques-unes de ces lampes; des appareils de Dobrochotow-Maï-kow et deux bougies électriques en forme de spirale de Tichomirow.
- Les collections bibliographiques d’ouvrages concernant la science et l’industrie électriques, ainsi que la série rétrospective d’appareils se rapportant aux études primitives et aux applications les plus anciennes de l’électricité formaient un ensemble excessivement intéressant à étudier.
- A ce point de vue historique, les pièces les plus intéressantes étaient certainement les anciens appareils télégraphiques du professeur Jacobi et surtout ceux du baron Schilling. On sait en effet que ce physicien fut le premier à construire, à peu près à la même époque que Gauss et Weber, un télégraphe fondé sur la déviation de l’aiguille aimantée. C’est ce télégraphe qui, importé en Angleterre par Fothergill Cooke fut le point de départ des appareils imaginés par Wheatstone, appareils que l’on peut considérer comme ayant réellement été la base de la télégraphie pratique.
- C. C. Soulages.
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ ,
- GALERIE DES MACHINES
- INSTALLATION GRAVIER, KRUSZ ET GRETHER
- Le dessin ci-contre représente surtout la partie de la galerie des machines où se trouvaient les appareils générateurs destinés à alimenter les circuits dé la prétendue distribution de M. Gravier; un spécimen des lampes du même inventeur est aussi figuré au fond à gauche ; ces lampes à arcs voltaïques et à déclanchement électro-magnétique différentiel étaient placées dans diverses parties de l’Exposition ; il y en avait quatorze.
- Les appareils destinés à la distribution Gravier
- I comprenaient six machines dynamo-électriques de quatre chevaux chacune, à frotteurs graphités et paliers sans graisseur; des galvanomètres; deux distributeurs à commutateurs doubles pour trente-cinq directions chacun ; un transformateur de courant à commutation électro-magnétique, appareil qpi a pour but de transformer un courant donné en courant de tension, continu ou alternatif ; deux niveleurs, appareils à résistances variables à la main pour fixer la quantité de courant qui doit traverser un récepteur donné pour les diverses applications du courant électrique; enfin un mémoire imprimé contenait la description du matériel de production, des procédés de distribution à employer dans une ville, des moyens de régularisation des courants suivant les circonstances et des appareils employés dans ce but.
- La batterie des machines de Gramme que l’on voit à gauche du dessin, formait l’organe générateur du système de M. Gravier. Nous avons déjà eu plusieurs fois l’occasion de parler de ce procédé qui ne constitue pas par lui-même un système proprement dit, mais qui est simplement une application des principes généraux de l’électricité. M. Gravier, voulant opérer une répartition du courant, s’est efforcé de réduire au* minimum la résistance intérieure des machines génératrices. Pour cela, il forme un circuit séparé contenant les inducteurs et il prend une machine distincte qui leur fournit l’excitation, après quoi il réunit en quantité les anneaux induits de ces machines. Comme on le voit, il opère à basse tension, aussi est-il nécessairement obligé de faire usage de conducteurs gros et nombreux, afin de transporter la grande quantité d’électricité qu’il est forcé de mettre en jeu pour réaliser un certain travail; au reste, cette nécessité est une conséquence du principe de la basse résistance qui est le fondement de ce procédé : il exclut donc les grandes distances auxT quelles il est inapplicable à cause des prix que coûteraient alors les conducteurs. M. Gravier avait à l’Exposition cinq machines génératrices et une excitatrice; ces générateurs alimentaient dé six à dix circuits placés en dérivation portant des lampes et des machines motrices : dans ces "proportions restreintes, ce procédé atteint le but avec une approximation suffisante.
- Il faut signaler dans cette installation la lampe Gravier, qui fonctionne sous l’influence d’un électro-aimant à action différentielle. (Voir La Lumière Electrique, numéro du i5 septembre 1880.) Cette lampe, que l’on remarquait principalement à cause de la forme spéciale de son petit globe ovoïde, a toujours fonctionné très régulièrement aussi bien à l’installation de la galerie des machines que dans le compartiment réservé à l’Empire de Russie.,
- O. Kern.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- LA TÉLÉGRAPHIE
- SES PROGRÈS RÉCENTS MANIFESTÉS A L'EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- Huitième article (Voir les «os des i3, 20 et 27 mai et des 3, 10, 17 et 24 juin 1882.)
- [c] Lignes sous-marines.
- Le réseau des télégraphes sous-marins du monde se développe de plus en plus, suivant en cela la progression constante des besoins de communication lointaine dûs aux convenances commerciales, politiques et militaires.
- Pour ne citer, parmi les grandes lignes posées dans ces dernières années, que les plus importantes, deux nouvelles communications ont été installées entre l’Europe et l’Amérique, l’une entre Brest et le cap Code avec atterrissement à l'île St-Pierre (1879), l’autre entre Valentia (Angleterre) et Terre-Neuve (1880). A la suite des événements du Transvaal, l’Angleterre a été reliée à la colonie du Cap par un câble se détachant à Aden de la grande ligne des Indes et aboutissant à Port-N'atal après avoir touché à Zanzibar, à Mozambique et à la baie Delagoa. A l’heure où nous écrivons ces lignes, la partie de l’Amérique méridionale située au sud de l’Equateur est dépourvue de tout moyen de communication télégraphique avec, le reste de l’univers par suite de l’interruption du câble de Pernambuco aux îles du Cap-Vert. Cet inconvénient ne sera bientôt plus à redouter; avant quelques semaines, un câble de 1,600 milles marins de longueur reliera le Pérou au réseau mexicain. En ce qui concerne particulièrement la France, nous citerons le câble immergé, en 1878, entre la baie d’Antibes et St-Florent (Corse), les câbles de Marseille à Alger de 1879 et 1880, et,sur.la côte septentrionale de l’Afrique, le câble militaire de Bizerte à la Càlle ; on annonce qu’un second câble sera prochainement posé entre Bizerte et Bône.
- J En égard à la multiplicité des travaux à exécuter, l’industrie des câbles sous-marins né pouvait péricliter, et, en effet, si telle société d’exploitation a éprouvé des échecs, imputables, d’ailleurs, à des fautes financières, en revanche il est saris exemple que les compagnies de construction ne se soient pas enrichies, et certaines d’entre elles ont atteint un haut degré de prospérité.
- L’industrie anglaise,'entre les mains de laquelle -laifabrication des câbles sous-marins se trouve encore presque monopolisée, était représentée à l'Exposition de 1881 par plusieurs Compagnies.
- 'Le*trophée de la maison Siemens, terminé à sa "partie supérieure par une bouée marine, attirait particulièrement l’attention des visiteurs, mais, à y regarder de près, les divers exposants s’étaient
- bornés à exhiber des spécimens de leurs modèles de câbles les plus intéressants. On admirait particulièrement les câbles transatlantiques de MM. Siemens, et le magnifique panneau de l’India Rubber Gutta Percha and Telegraph Works Company.
- • La Submarine Telegraph Company avait exposé une collection des plus précieuses, consistant en câbles relevés après une immersion prolongée; plusieurs de ces débris présentent, au point de vue de l’histoire de la télégraphie sous-marine, un intérêt de premier ordre et ont excité une vive curiosité.
- Cette part d’éloges faite aux exposants, disons que nous avons regretté de ne pas voir>(figurer à l’Exposition les engins employés pour la fabrication des câbles. Dans le vaste espace où se trouvaient réparties les machines pour la production de la lumière électrique, on eût certainement trouvé place pour urie machine à couvrir de gutta-percha et une machine à armer le câble. Cette exhibition aurait intéressé au plus haut degré le publiait même beaucoup d’hommes de science qui ont; Rarement occasion de se rendre compte de la natüre de cet outillage spécial. Les procédés de fabrication que pendant longtemps chaque maison s’efforçait de tenir secrets sont aujourd’hui bien connus de tous les hommes de métier; tienne justifie donc l’abstention des Compagnies, si ce n’est le développement inattendu et presque inespéré de l’Exposition, et nous sommes en droit d’espérçr qu’elles saisiront la prochaine occasion d’initier je public à leurs intéressants travaux.. . ^
- Dans les premiers câble§;‘dë la Submarine Tph Ô’, le conducteur sè composait d’un seul fil de cuivre; on emploie aujourd’hui exclusivement des cordelettes formées, en général, de sept brins, dont six sont enroulés autour du septième; si, par suite d’efforts mécaniques exagérés pendant la fabrication, un des brins vient à se briser, il n’y a pas a craindre que la communication soit interrompue qu la résistance, électüque sensiblement augmeritéç,lf
- Ce toron métallique est destiné, comme on,sait, à être recouvért d’une couche de-matière isolante; or il pourrait arriver que de l’air restât logé au fond des rainurés héliçoïdales, ce' qui. serait un, grave inconvénient. Supposons; en effet, le câble immergé par une profondeur de 4,000 mètres, ce qui n’est pas rare; la matière isolante a alors à supporter une pression de 400 atmosphères environ, et, si elle contient des bulles d’air, il y a de fortes probabilités pour que le diélectrique éclate, laissant le conducteur en communication avec l’eau de la mer. Pour éviter cét {inconvénient, on a imaginé d’enduire le brin central d’une composition adhérant facilement autlcuivre, comme le Çhatterton-compound; sous la pression des brins périphériques, cette matière remplit les interstices et chasse l’air.
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- La gutta-percha est la matière presque exclusivement employée comme diélectrique pour les câbles sous-marins, ou, pour mieux dire, la gutta-percha forme la base des mélanges auxquels l’industrie a recours, par raison d’économie.
- Le Congrès s’est Occupé de la rareté toujours croissante de cette précieuse substance et des moyens d’y remédier. En attendant le résultat des mesures que conseillera la Commission spéciale qui aura à étudier cette grave question, il faut reconnaître que l’industrie sait tirer un merveilleux parti des faibles quantités de bonnes guttas qui sont à sa disposition. En mélangeant entre elles les diverses qualités et même en introduisant dans les mélanges des substances étrangères, les spécialistes sont arrivés à obtenir des matières d’un pouvoir isolant supérieur à celui de la gutta pure ; les craintes qui se sont manifestées au début relativement à la durée de ces guttas falsifiées paraissent exagérées, et les mélanges, d’ailleurs inévitables, ne sont pratiqués par les maisons sérieuses qu’après des études présentant des garanties de nature à faire tomber bien des préjugés. Quoi qu’il en soit, la gutta-percha, sôit pure, soit employée comme base essentielle d’un mélange, reste la matière isolante préférée de beaucoup.
- La faveur dont le caoutchouc était l’objet il y a quelques années a singulièrement diminué. Tout d’abord, le revêtement du conducteur présente des difficultés sérieuses; la matière ne peut être appliquée à l’état pâteux; il faut l’enrouler autour du fil sous forme de rubans qu’on recouvre de bandes dont les bords peuvent se souder, lorsqu’il sont fraîchement coupés.
- Un câble en caoutchouc présente, après sa fabrication, des conditions électriques préférables à celles d’un câble en gutta-percha; sa résistance d’isolement est supérieure, et sa capacité électo-statique est moindre; cette dernière circonstance est d’un grand intérêt, car elle permet d’augmenter la vitesse de transmission. Toutefois des inconvénients ne tardent pas à se faire sentir; en effet, au contact de l’âme en cuivre, le diélectrique ne tarde pas à se ramollir et à se transformer en une substance semi-liquide, en même temps que l’isolement décroît et peut devenir nul.
- Bien des modifications ont été expérimentées pour remédier à cet effet ; on a essayé d’étamer le conducteur, d’employer des couches de caoutchouc alternativement naturel ou vulcanisé, ou encore mélangé à certains oxydes ou sulfures ; il a été également construit des câbles isolés avec une couche de gutta-percha et une couche de caoutchouc. Les résultats de ces essais ont été souvent contradictoires, et on en est revenu aux câbles en gutta-percha ; on pourrait même citer tel câble en caoutchouc qui, après de nombreuses réparations effectuées avec du câble en gutta, est arrivé à ne
- conserver le diélectrique primitif que sur la moitié de sa longueur, tout au plus. Bref, le caoutchouc n’est plus employé que dans des cas exceptionnels, par exemple pour les câbles de torpilles destinés à conduire des courants à haute tension, ou bien pour les câbles télégraphiques devant être immergés dans les régions tropicales et exposés, par suite, à subir, avant la pose, une élévation de température considérable ; dans ce dernier cas, en effet, la gutta peut venir à se ramollir et le conducteur à se décentrer. Citons ce fait curieux qu’un des derniers câbles atlantiques a dû être isolé au moyen de caoutchouc sur la partie immergée dans les eaux américaines, faute par les entrepreneurs de souscrire aux exigences de la Compagnie qui a fait breveter à son profit l’emploi des fils couverts de gutta-percha pour les Etats-Unis. Disons encore qu’il a été construit des câbles sous-marins isolés au moyen d’un mélange breveté par M. Henley sous le nom de caoutchouc ozokêrité; on ne peut encore se prononcer sur la valeur de ce nouveau diélectrique.
- On sait que la gutta-percha transportée en Europe sous forme de pains de i à 2 kilogrammes est d’abord réduite en petits fragments par une machine spéciale et que ces fragments, ramollis à l’eau tiède, subissent une série de lavages et de purifications qui se termine par un filtrage à travers plusieurs toiles métalliques extrêmement fines sous l’action d’une puissante presse hydraulique, La matière est ensuite soumise à une mastication prolongée dans des cylindres en fonte chauffés à la vapeur et où l’air peut être admis en proportions variables. Sa couleur, d’abord jaune clair, se fonce de plus en plus par suite d’une oxydation progrès-, sive; c’est d’après l’observation de cette nuance que les ouvriers règlent l’admission de l’air.
- L’application de la gutta-percha sur le conducteur s’opère au moyen de filières d’un diamètre supérieur à celui du conducteur. Le toron de cuivre traverse un vase rempli de la matière à l’état presque liquide, et la quantité dont il s’en imprègne est précisément déterminée par le diamètre de la filière. On conçoit sans peine quelles difficultés il faut vaincre pour obtenir un centrage parfait; afin d’atténuer les imperfections provenant de ce chef, au lieu d’appliquer le diélectrique en une seule fois, on pose successivement trois couches, et, pour assurer leur adhérence mutuelle, on interpose une couche extrêmement mince de Chatterton-compound; une quatrième couche de cette composition est posée sur le conducteur même, afin de lier le diélectrique au cuivre.
- Le Chatterton-compound est un mélange de gutta-percha, de résine et de goudron. Or _on; aurait observé qu’à la longue le goudron se sépare et pénètre dans les deux couches de gutta adjacentes, laissant simplement la matière résineuse.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Quoi qu’il en soit, un progrès intéressant a été réalisé récemment par la construction de filières permettant de revêtir le conducteur de son enveloppe diélectrique par une seule opération. Ce perfectionnement a reçu la consécration du Post-Office anglais qui, dans ses dernières commandes de câbles souterrains, a admis que la matière isolante ne formerait qu’une seule couche. Ce progrès commence à s’implanter aussi dans la télégraphie sous-marine, car dans certains câbles des plus récents, le nombre des couches a déjà été réduit à deux.
- Dans un autre ordre d’idées, l’attention a été attirée sur l’influence qu’exerce la durée de la mastication sur les propriétés du diélectrique. Lorsque la matière n’a pas été malaxée trop longtemps, elle prend en traversant la filière une sorte de fibrosité longitudinale qui accroît sa force de résistance pour une traction parallèle à l’axe. Dans les câbles sous-marins, où les efforts mécaniques s’exercent sur l’armature, il n’y a pas lieu de rechercher cette qualité, il y a, au contraire, avantage à prolonger l’élaboration de la matière; il est établi que, dans ces conditions, on diminue sensiblement la capacité inductive et, par suite, on augmente la vitesse de transmission dont le câble sera susceptible. La gaine isolante du conducteur doit présenter une teinte jaune marron; si la teinte est trop foncée, l’oxydation de la matière a été exagérée.
- {A suivre.) E. de T.
- LES SCIENCES PHYSIQUES
- EN BIOLOGIE
- L’ÉLECTRICITÉ
- 8° article. (Voir les n°s du 25 février, des 8 et 29 avril, 6 mai, des 3 et lu juin et du 8 juillet.)
- LES CONDITIONS PHYSIQUES DE LA VIE
- i° L'humidité (Suite.)
- L'ètre inférieur se trouve enchaîné aux variations hygrométriques du milieu cosmique puisqu’il ne possède en lui aucun mécanisme compensateur qui puisse régler ces variations autour de lui. Aussi le trouvons-nous engourdi ou en vie latente par les temps secs, et au contraire plein d’activité si le temps devient pluvieux ou humide. s L’être supérieur devient inaccessible à ces variations, même lorsqu’elles oscillent dans des limites assez étendues, grâce à des mécanismes vitaux qui lui sont particuliers, qui peuvent varier d’un animal à l’autre, mais qui tendent tous au même but
- malgré leur diversité : conserver à l’hydratation du milieu intérieur une constance relative.
- Chez les animaux supérieurs la déperdition d’eau se fait par la sueur, l’urine, les sécrétions, la respiration, la perspiration cutanée, etc. Les gains se font par l’alimentation, quelquefois par absorption cutanée directe. C’est le système nerveux qui règle automatiquement les gains en produisant la sensation de la soif toutes les fois que les pertes d’eau deviennent trop considérables. L’ingestion du liquide est réglée, mais comme ce mécanisme pourrait ne pas suffire, le système nerveux règle encore la quantité d’eau qui doit exister dans le sang ; et, si l’ingestion du liquide, sous l’influence de la soif, a dépassé la mesure voulue, le sang se débarrasse du surplus par l’excrétion urinaire ou la sueur. Partout et pour tout nous voyons ainsi intervenir le système nerveux comme un régulateur automatique d’une sensibilité et d’une précision merveilleuses.
- Les variations d’hydratation du milieu intérieur, compatibles avec la vie, oscillent dans des limites assez rapprochées.
- Un physiologiste, Chossat, ayant placé des grenouilles sous une cloche de verre contenant une substance desséchante, le chlorure de calcium, reconnut que l’animal mourait avec des convulsions tétaniques lorsqu’il avait perdu 35 pour 100 de son poids.
- Claude Bernard m’a fait faire plusieurs fois l’expérience inverse; nous injections chez un chien en digestion une grande quantité d’eau à 37° par les veines. L’animal était pris, après quelques minutes comme la grenouille, mais pour une raison inverse, de convulsions tétaniques. En dosant alors la quantité d’eau contenue dans le sang je n’ai jamais trouve plus de go pour 100 du poids du sang.
- Il aurait été impossible de dépasser cette dose même pendant quelques secondes sans amener un arrêt complet de la respiration.
- Les quantités d’eau que l’on peut injecter de la sorte, en procédant lentement, dépassent tout ce qu’on peut imaginer. L’animal peut être traversé sans accident par une quantité de liquide représentant plusieurs fois son poids, surtout si on l’additionne de certains sels : le nitrate de soude ou le chlorure de sodium par exemple.
- Malgré cette véritable inondation, la composition du sang reste constante, l’activité de la secrétion urinaire se réglant sur l’absorption grâce au système nerveux.
- C’est là d’ailleurs un fait qui n’est pas particulier à l’eau, il est commun à tous les corps qui peuvent être dissous dans l’eau, même les poisons les plus violents : le curare et la strychnine par exemple. On sait que le curare ou poison des flèches n’occasionne pas d’accidents lorsqu’il ingéré dans l’es-
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- tomac. Les Indiens l’emploient même comme stomachique. On croyait que ses propriétés toxiques étaient détruites par le suc gastrique et les ferments intestinaux. Claude Bernard, par des expériences très ingénieuses, a montré qu’il n’en n’était rien. Paur qu’un poison devienne mortel, il suffit qu’il existe à une certaine dose dans le sang, dose variable d’ailleurs avec l’espèce de poison. Or, si le curare, qui est un poison violent lorsqu’on l’introduit directement dans le sang par injection ou par piqûre, paraît cesser d’être toxique lorsqu’on l’ingère, son innocuité ne tient pas à ce qu’il est détruit, mais bien à ce fait que l’absorption par l’estomac est beaucoup plus lente que l’élimination par l’urine ; de sorte que le poison ne peut jamais s’accumuler dans le sang à dose mortelle. L’animal peut être ainsi traversé dans toutes ses parties par des quantités de poison ioo fois suffisantes pour le tuer sans être le moins du monde affecté ! C’est que le même mécanisme compensateur, la secrétion urinaire, qui intervenait pour l’eau, intervient également pour le poison. Voici comment Bernard l’a démontré : D’abord le poison s’élimine par Turine. En effet, si l’on prend l’urine du chien en expérience, on peut empoisonner d’autres animaux en la leur injectant dans le sang. On peut même empoisonner l’animal en lui injectant sa propre urine qui n’est pas toxique tant qu’elle reste dans la vessie, ce réservoir étant imperméable et n’absorbant rien de ce que l’on y met. On pourrait objecter que l’empoisonnement est fortement aidé par la présence de l’urine : pour y répondre Bernard empêche la secrétion urinaire en liant les artères rénales sur l’animal qui a du curare dans l’estomac. L’absorption du poison continue à se faire par l’estomac, il s’accumule dans le sang sans pouvoir en sortir. Quand la dose est suffisante, on voit éclater tout à coup les symptômes caractéristiques de l’empoisonnement curarique. On les fait disparaître instantanément en décomprimant les artères du rein qui reprenant aussitôt ses fonctions élimine le poison. On peut reproduire le même phénomène autant de fois qu’on le désire sans entraîner la mort de l’animal qui revient à l’état normal aussitôt qu’on permet à la circulation du rein de se rétablir en desserrant la ligature.
- Ce que Cl. Bernard avait fait pour le curare, je l’ai fait pour beaucoup d’autres poisons : sels métalliques, alcaloïdes, etc.
- Pour réussir, il fallait simplement ralentir l’absorption du poison, de façon à ce que son élimination par les secrétions devînt prédominante; empêcher en un mot l’accumulation dans le sang. Avec certains poisons, l’absorption est tellement rapide que l’action est foudroyante: la strychnine est dans ce cas. J’ai eu recours alors à l’artifice suivant : le noir animal du charbon d’os était reconnu pour absorber certains sels en dissolution dans l’eau.
- Des expériences multipliées-me montrèrent que ce corps précieux absorbe tous les poisons de sorte que si l’on injecte préalablement dans l’estomac d’un chien, par exemple, une bouillie de noir animal, on peut lui faire avaler impunément les poisons les plus violents. Ils sont saisis au passage et retenus par le noir animal, on a alors uii chien qu’il devient impossible d’empoisonner par l’estomac. J’en avais conclu que le noir animal pouvait devenir un contrepoison universel. Quelques chimistes l’avaient proposé antérieurement comme contrepoison des sels métalliques qu’il absorbe (cuivre, mercure, etc.). D’autres expériences qu’il serait trop long d’exposer me montrèrent que, contrairement à ce que l’on disait, la fixation de ces poisons par le noir animal n’était pas absolue, mais que dans les intestins elle n’était que temporaire.
- En un mot, le noir animal cède peu à peu les corps qu’il absorbe aux liquides intestinaux, il en ralentit simplement Vabsorption. J’ai mis ce fait en évidence en faisant une expérience calquée sur celle de Bernard rapportée ci-dessus.
- Elle en diffère simplement par le procédé opératoire qui consiste à remplacer la ligature de l’artère par une simple compression à travers la paroi abdominale, ce qui n’entraîne chez l’animal aucune mutilation.
- Le noir.animal, grâce à cette propriété, est un corps précieux pour la thérapeutique, car il permet de maintenir un malade sous l’influence d’un médicament actif, à petite dose, et cela sans danger. J’ai insisté ailleurs sur les avantages de ce procédé thérapeutique. J’ai tenu à rapporter cette expérience de Bernard qui m’a inspiré la mienne, pour montrer comment il est possible d’étudier la machine animée et, combien de ressources peut offrir, à l’art de guérir, la connaissance des mécanismes vitaux.
- L’étude physique des êtres vivants n’est pas comme quelques-uns le croient un simple objet de curiosité. La physique biologique'doit nous rendre maîtres plus tard de la matière vivante comme la physique pure le fait chaque jour en ce qui concerne la matière inanimée.
- (A suivre.) DrA. d’Arsonval
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur le courant de réaction de l’arc électrique ; par MM. Jamin et G. Maneuvrier.
- M. Jamin nous a rendu témoin d’expériences très intéressantes qui montrent que quand le courant d’une machine à courants alternatifs traverse
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- un milieu aériforme par l’intermédiaire d’électrodes de masse et de surfaces très inégales, l’un des courants cède la prépondérance à l’autre, et il se produit un courant différentiel qui est très énergique et qui agit comme un courant circulant dans une même direction; cet effet ne semble pas provenir de la même cause que celui que l’on constate avec la bobine de Ruhmkorff; il paraît avoir pour cause la dissymétrie des électrodes, et sa grandeur est en rapport avec la nature de l’électrode la plus large; on obtient le maximum avec le mercure et le cuivre et le minimum avec le fer. Le courant différentiel va d’ailleurs toujours de l’électrode la plus large à l’électrode la plus petite. Les effets électrolytiques produits par ce courant sont très énergiques, mais il faut, dans tous les cas, que l’arc soit formé entre les deux électrodes. Nous ne pouvons du reste mieux faire que de reproduire la note qui a été présentée à l’Académie. — Th. du M.
- de courants inverses donnés par la machine cessent donc d’être égaux ; celui qui est dirigé du gros charbon vers le petit, de la partie la moins chaude à celle qui l’est davantage, l’emporte sur le système de direction contraire : il en résulte un courant différentiel qui est accusé par la boussole et qui est d’autant plus intense que la différence de grosseur des deux charbons est plus accentuée ; il atteint son maximum entre une grande masse de charbon de cornue qui s’échauffe peu et un crayon terminé en pointe fine qui atteint la température la plus élevée. Le même phénomène se réalise, et dans le même sens, quand on produit un arc entre une masse d’un métal quelconque et une pointe de charbon. Comme il est difficile de maintenir la constance de l’arc, l’intensité du courant différentiel est assez variable ; les résultats suivants ne doivent être considérés que comme une première approximation.
- « Les deux courants de sens alternativement contraires que donne la machine auto-excitatrice de Gramme sont absolument égaux ; par conséquent, ils ne décomposent pas l’eau, et une boussole de tagentes intercalée dans le circuit n’éprouve aucune déviation, puisque les effets contraires qui se succèdent à dés intervalles très rapprochés se détruisent.
- « Cette destruction des effets se maintient quand on met dans le circuit un ou plusieurs brûleurs, pourvu que les deux charbons soient égaux, identiquement disposés et qu’ils s’échauffent également, « Si l’on introduit 8 ou io éléments de Bunsen
- dans le circuit total, ils donnent à la boussole,
- quand la machine est au repos, une déviation B,
- et, si elle fonctionne, une déviation B ' absolument
- égale à S. Ô'
- Première expérience.. .... 32 33
- Deuxième expérience. .... 38 38,45
- Troisième expérience. .... 33 34,10
- « Cette égalité prouve que la résistance des fils de la machine pour un courant venu d’une source extérieure ne change pas si cette machine est en repos ou en mouvement ; elle prouve, en outre, que les deux effets de la machine et de la pile se superposent et sont indépendants (*).
- « Supprimons maintenant la pile, mais allumons dans le circuit un brûleur formé de deux charbons inégaux, l’un gros (om,oo4), l’autre plus mince (om,oo2) ; cette dissymétrie suffit pour déterminer une déviation permanente de la boussole, comme si l’on avait intercalé une pile. Les deux systèmes
- (*) Cette remarque de MM. Jamin et Manœuvrier est particulièrement intéressante lorsqu’on se rappelle les discussions qui ont eu lieu, il y a quelques temps, à, propos de la prétendue variation de résistance des machines en marche. — Rédaction.
- Plomb. Fer. Charbon. Cuivre. Mercure.
- 29® 3o° 3i® 6o° 70®
- « En général, le courant différentiel est faible ou nul quand l’arc est peu étendu, il augmente avec la distance des électrodes. Pour le zinc, il est d’abord aussi intense qu’avec le cuivre, mais il baisse tout à coup, probablement à cause de l’oxyde dont le métal ne tarde pas à se couvrir.
- « Cette déviation dépend de deux choses : i° de la force électromotrice moyenne du courant différentiel ; 20 de la résistance introduite dans le coûtant par l’arc formé. On peut aisément comparer dans les divers cas cette force et cette résistance de la manière suivante :
- « On introduit dans le circuit total une pile de n couples, de force électromotrice nA. Suivant qu’elle agit dans le sens du courant différentiel ou dans le sens contraire, on a
- Quand x est plus grand que 11A, les deux déviations ont le même signe et l’on trouve
- i Jt + fiA
- i' x — » A’
- x = n A
- k + 1 k — 1 ’
- si, au contraire, x est plus petit que nA, les deux déviations sont de signe contraire :
- i _____
- x + nA n A — x’
- x=n A
- k — k +
- 1
- 1'
- « Je me servais d’éléments Bunsen neufs et bien amalgamés ; l’expérience, peu susceptible de grande précision, à cause des variations de l’arc, a donné les valeurs suivantes de la force électromotrice x du courant différentiel évalué en éléments Bunsen :
- Plomb. Fer. Charbon. Cuivre. Zinc i. Zinc 2. Mercure. 2,5 3,2 5,0 5o,6 66,2 5,7 *o3,7
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- Les trois premières substances sont à peu près égales, les trois dernières sont très actives. Le cuivre équivaut à 5o bunsens, le zinc à 66 au commencement de l’action et se réduit à 5. Quant au mercure, il offre une valeur bien constante et énorme ; le courant différentiel a une force électromotrice moyenne équivalente à io3,7 bunsens. Les mêmes déterminations conduisent à une appréciation de la résistance introduite. On a, en effet,
- R est en raison inverse de i — i'.
- « Or la résistance totale R se composait : i°de celle des fils de la machine ; 20 de celle de la pile ; 3° de celle de l’arc électrique. Cette dernière seule est variable et augmente ou diminue la valeur R : elle sera donc d’autant plus grande que i — i' sera plus petit. Voici les valeurs calculées de i — i' :
- Charbon. 'Fer. Plomb. Cuivre. Mercure. Zinc I. Zinc 2.
- 0,406 0,307 0,283 1,41 0,89 1,02 0,56
- c II résulterait de ces nombres que le charbon, le fer et le plomb offriraient la plus grande résistance, le cuivre et le mercure ayant la plus faible.
- « On ne peut expliquer le courant différentiel que de deux manières, ou par une différence dans la résistance, ou bien par une inégalité dans les réactions inverses de l’arc dans l’un ou dans l’autre sens.
- * Pour savoir si la résistance de l’arc change avec le sens, j’ai fait passer un courant continu, d’abord du charbon au mercure, ensuite du mercure au charbon. Une boussole placée en dérivation mesurait l’intensité, dans les deux cas. Je n’ai pu mesurer aucune différence appréciable. Mais ces expériences ont présenté une particularité remarquable : quand le courant passait du mercure au charbon, l’arc avait une couleur verte très prononcée et la volatilisation du métal se faisait avec vivacité; dahs le cas contraire, Tare était rougeâtre et il y avait une moins abondante production de vapeurs. Cela rend évidente la dissymétrie qui existe dans les deux cas. Or, quand on dirige à travers ce brûleur les courants alternatifs de la machine Gramme, l’arc est vert, ce qui prouve qu’il y a prédominance du courant qui va du mercure au charbon sur le courant qui va dans le sens opposé ; et, puisqu’il n’y a pas de différence dans la résistance de l’arc, c’est dans une propriété particulière des courants alternatifs qu’il faut chercher la raison du courant différentiel.
- « Chacun des deux systèmes de courants emmagasine, au moment où il commence, une certaine somme d’énergie qui devient libre quand il cesse et se traduit par un courant contraire, ou, comme le
- dit Edlund, par une forcé électromotrice inverse. Ainsi un premier courant -=*, tout d’abord très' faible, s’accroît peu à peu, et, lorsqu’il cesse, donne naissance à une réaction inverse *s-, qui s’ajoute au courant <- que la machine développe au même moment. Si donc un des systèmes de courant-^ offre une réaction plus faible que le système contraire <r-, il sera moins affaibli et plus renforcé, et il déterminera le sens du courant différentiel.
- « Quelle que soit l’explication de ces faits, il est clair qu’une fois produit par un arc au mercure, le courant différentiel change entièrement le jeu de la machine, que l’un des systèmes de courants est sinon éteint, du moins considérablement affaibli, et que l’autre système est constitué par des courants successifs d’une intensité et d’une durée plus grandes. Aussi tout arc électrique introduit en sus offre le même aspect que celui des piles, c’est-à-dire un éclat et une chaleur plus grands au pôle positif avec transport de matière vers le pôle négatif. La machine, qui, précédemment, était incapable de décompser, l’eau, devient capable de le faire comme une pile dont la force électromotrice serait égale à ioo couples de Bunsen : elle peut, comme les piles, déterminer toutes les actions chimiques que l’on voudra, aimanter le fer doux, réduire les métaux, transporter la force, remplacer en un mot une machine à courants continus dans ses applications.
- « Il y a deux types de machines magnéto-électriques : les unes, qui dérivent du système Gramme, peuvent-donner directement des courants de sens constant; les autres, comme celle de Nollet ou de Méritens, ne peuvent engendrer que des courants alternatifs ; elles ne sont applicables que dans la production de la lumière ; on a vainement essayé de les employer aux travaux chimiques, en redressant les courants par un commutateur. On voit que ce commutateur pourrait être remplacé automatiquement par un ou plusieurs arcs formés entre un bain de mercure et une pointe de charbon (*). Il reste à savoir quelles seraient les conditions économiques de cette transformation. »
- Chronographe électrique de M. J. Harvard Biles pour mesurer la vitesse des navires (1 2).
- L’appareil de M. Biles se compose (Voirlafig.) d’un cylindre A, animé, par un mécanisme d’horlogerie, d’un mouvement de rotation uniforme, et de quatre plumes, C, D, E, F, qui se déplacent le long
- (1) Ces expériences ont été faites au laboratoire^ de la Sorbonne, avec l’aide de mon collaborateur et élève M. G. Maneuvrier.
- (2) D’après le mémoire de M. J. H. Biles « On progressive trials » lu le 3i mars 1882 à l’Institution of Naval Archi-tects.
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- du cylindre quand on interrompt le courant de leurs électro-aimants. Une bande de papier se déroule continuellement du cylindre B sur A.
- Le style C, dont le courant est interrompu par les battements d’une horloge, trace sur le papier de A la ligne du temps ; le style E, actionné électriquement par le balancier de la pompe à air, marque les tours de la machine à vapeur ; les courants des styles E et D sont manipulés par deux observateurs placés, l’un vers l’avant et l’autre près de l’arrière du navire.
- Pour mesurer la vitesse du navire, à un moment quelconque de sa course, chacun des observateurs D et E, pourvu d’une alidade perpendicu-
- laire à l’axe dii navire, interrompt le courant du style qu’il manipule, au moment précis où il voit passer, dans son plan de visée, un morceau de bois lancé à la mer à l’avant du navire. L’intervalle entre les crochets tracés sur A par D et E indique le temps que la longueur du navire comprise entre les deux observateurs a mis à passer vis-à-vis du bloc de bois, sensiblement immobile.
- Le pendule G trace la courbe du roulis du navire.
- L’expérience a démontré que cette méthode d’observation donne, en temps ordinaire et pourvu que l’on prenne soin de la corriger du coefficient d’erreur personnelle, des résultats comparables,
- CHRONOGRAPHE ÉLECTRIQUE DE M. HARVARD IULES
- comme'exactitude, à ceux que l’on obtient avec les lochs les plus perfectionnés.
- L’éclairage électrique des trains de chemin de fer.
- Nous avons déjà donné quelques détails sur le Pulmann Limited Express, dont l’éclairage est depuis un certain temps effectué au moyen de l’électricité.
- Nous empruntons aujourd’hui à la Revue des chemins de fer (numéro de mars) la description détaillée de la partie électrique de ce train, qui se compose, comme on sait, de quatre voitures Pullmann et peut recevoir ii3 voyageurs :
- « Le compartiment de bagages de tête contient deux batteries de 32 accumulateurs Faure. Chacune
- de ces batteries peut être mise en communication avec deux câbles s’étendant d’un bout à l’autre du train, et sur lesquels les lampes Edison sont montées en dérivation. Ces deux groupes d’accumulateurs sont enfermés dans des armoires de im8o de longueur, 60 centimètres de largeur et im4o de hauteur, et l’ensemble pèse environ 600 kilogrammes.
- « Ordinairement, une seule des batteries suffit pour maintenir en incandescence les 25 lampes du train; mais, au bout d’un certain temps de marche, l’une des batteries devenant insuffisante, on y adjoint quelques éléments de la seconde qui sert également de batterie de réserve.
- « Ces batteries sont chargées à la gare de « Victoria » avant le départ du train. L’électricité est produite au moyen de deux machines Gramme, actionnées par une machine à gaz de la force d’environ 6 chevaux vapeur.
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- « Le chargement des batteries dure à peu près dix heures: quand il est terminé, la machine charge d’autres accumulateurs, placés dans la salle même de la machine,, et qui doivent servir le soir à éclairer, au moyen de lampes Maxim, l’un des quais de la gare' de « Victoria. » Cet éclairage est assez faible.
- « Dans le train, et pendant le jour, les lampes sont allumées au moment du passage des tunnels ; la nuit, les lampes restent constamment allumées. Pendant le trajet du soir, de Brighton à Londres, la lumière reste constante et n’est pas fatigante.
- « Les lampes Edison sont fixées au plafond au moyen des anciens supports de lampes à huile, et sont munies des abat-jour qui servaient à ces mêmes lampes. On fait en ce moment un essai qui aurait pour but de supprimer ces abat-jour et de les remplacer par des globes en verre bleu pâle, afin de mieux distribuer la lumière. Ce système a pour résultat d’éclairer un peu plus le plafond, mais il présente l’inconvénient de donner moins de lumière aux voyageurs assis; on peut cependant encore lire sans fatigue, même au milieu de l’espace compris entre deux lampes.
- « L’ingénieur qui s’occupe de cet éclairage pour la Compagnie Force et Lumière pense que les batteries peuvent maintenir les lampes en incandescence pendant cinq heures environ. C’est, paraît-il, le minimum auquel on peut arriver avec les appareils, tels qu’ils sont installés.
- « Dans ce cas particulier, la solution du problème de l’éclairage électrique est relativement facile.
- « En effet, les voitures sont accouplées pour un temps considérable, et ne doivent, pour ainsi dire, jamais être désunies; aussi, les câbles sont-ils continus d’un bout à l’autre du train, sans accouplements entre les véhicules; mais il en serait tout autrement si ces voitures devaient être séparées fréquemment. La nécessité de garder le train pendant dix heures près de la machine électrique qui charge les accumulateurs est encore une cause d’ennuis très considérables.
- « Pour remédier à ce dernier inconvénient, on monte à Brighton, à titre d’essai, une machine Siemens dans un compartiment d’une voiture à bagages. Cette machine sera mue directement par une des roues du véhicule.
- « Pour cela, l’arbre de la machine est en deux parties reliées par un joint universel. A l’extrémité de l’arbre se trouve une poulie dont le diamètre est calculé de manière à avoir une vitesse de 1000 tours à la minute, pour une vitesse du train de 32 kilomètres (20 milles) à l’heure.
- « Entre cette poulie et la roue du véhicule, se trouve un galet muni d’une rondelle en caoutchouc. L’extrémité de l’arbre porte un petit coussinet d’une seule pièce, pris dans une glissière montée sur le
- longeron. A sa partie supérieure se trouve un re&-sort qui peut être bandé au moyen d’un boulon, fixé lui-même dans un étrier attaché par sa partie inférieure à la bride du ressort de suspension. De cette manière, la distance entre l’arbre de la machine électrique et l’essieu du wagon est invariable, quelles que soient les oscillations imprimées au véhicule pendant la marche. Un petit commutateur qui, jusqu’à présent, est manœuvré à la main, permet de changer le sens du courant, en même temps que celui de la marche du train. Dans ces conditions, le courant de la machine Siemens passera constamment dans les accumulateurs et dans les lampes. Quand la vitesse du train sera suffisamment amoindrie pour que le courant produit par la machine Siemens soit plus faible que celui des accumulateurs, un commutateur automatique interrompra la communication entre la machine et les accumulateurs, et ceux-ci seuls alimenteront les lampes.
- « Cet appareil devait être mis à l’essai sur un train local de Brigton avant d’être mis en service dans l’express. La Compagnie du London Brighton and South-Coast Railway paraît d’ailleurs disposée à étendre ce système d’éclairage.
- « En résumé, ce train, sur lequel se trouvent réunis tous les derniers perfectionnements apportés dans la construction du matériel des chemins de fer, présente un spécimen de luxe et de confortable permettant les longs voyages sans fatigue. Néanmoins, l’installation de l’éclairage électrique, telle qu’elle y est faite, ne paraît pas encore applicable à la plus grande partie des réseaux français, où la composition des trains est constamment modifiée. »
- Le même journal donne également dans son dernier numéro des résultats d’essais d’éclairage électrique des trains exécutés en Allemagne :
- « Dans des essais récemment exécutés à Francfort sur l’éclairage des trains au moyen de l’électricité, la machine dynamo-électrique de six chevaux, placée dans un fourgon à bagages et actionnée par l’un des essieux, était entourée de 24 accumulateurs Faure ; les lampes étaient à incandescence, du système Swan.
- « Voici les conclusions que le journal du Verein déduit de ces expériences :
- « i° Dans l’état actuel de la science, il est impossible d’éclairer un train au moyen d’accumulateurs Faure seuls ; l’emploi d’une machine dynamo-électrique est indispensable.
- « Le moyen le plus simple et le plus économique d’actionner cette machine est de la commander par l’essieu du véhicule : on peut utiliser la marche du train pour accumuler, pendant le jour, dans les accumulateurs, l’électricité qu’ils dépenseront pendant la nuit. S’il est possible de saturer d’électricité les accumulateurs pendant le jour, ils peuvent être mis
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- en dépôt dans les gares et remplacés par des accumulateurs déchargés.
- « Il ne paraît pas avantageux de placer, comme on l’a fait dans les expériences de Francfort, la machine dynamo-électrique dans le fourgon à bagages, parce qu’elle y exige la présence trop coûteuse d’un agent pour la surveiller; il vaudrait sans doute mieux la fixer à l’arrière de la locomotive ou du tender, et la commander, par l’essieu d’arrière de la machine ou du tender, avec une courroie; la machine dynamo-électrique serait ainsi facilement desservie par le mécanicien ou le chauffeur, qui ont les connaissances mécaniques nécessaires.
- « 2° Il est nécessaire de placer des accumulateurs Faure dans toutes les voitures du train, pour que l’éclairage puisse s’y maintenir pendant une heure ou deux en cas de rupture d’attelage ou de séparation du train; on peut y arriver, car il suffit de ioà 12 accumulateurs Faure complètement chargés pour alimenter six lampes dans ces conditions. En ce qui concerne le prix de revient de l’éclairage électrique, voici les renseignements fournis :
- « Une machine dynamo-électrique du système Mohring, suffisante pour l’éclairage des plus longs trains, coûte environ 2 125 fr. ; un accumulateur Faure, s’il est économiquement construit, revient à 25 fr., et il en faut deux par lampe, soit 10 à 12 par voiture ; une lampe Swan ne coûte que 1 fr. 25 à 2 fr. 5o. »
- A ces détails donnés par la Revue des chemins de fer, ajoutons que de nouvelles expériences d’éclairage des wagons, analogues à celles que nous avons déjà décrites, viennent d’avoir lieu sur la ligne du chemin de fer de l’Est. Elles ont eu lieu le vendredi iôjuin sur le train express, n° 34, qui arrive à Bar-le-Duc à 4 h. 53 du soir.
- 8 wagons étaient éclairés par 33 lampes à incandescence système Maxim, alimentées par une machine Gramme, type A renforcé et par des accumulateurs. L’allumage des lampes a eu lieu au moment où le train s’engageait sous le tunnel de Sorcy et elles ont fonctionné également au retour sur Paris de ce même train. Le résultat a été très satisfaisant.
- Pile à faible résistance intérieure de M. F. Higgins.
- Cette pile appartient à la classe de celles où la dissolution active passe d’un élément à l’autre par l’action de la gravité et maintient le courant aussi longtemps que l’écoulement se prolonge.
- La figure ci-jointe représente un élément de cette pile; il est formé de deux plaques de charbon plongées dans une solution presque épuisée de piles au bichromate (au fond du vase — de omi8 de haut et de omi5 de diamètre — se trouvent
- du mercure' et des débris de zinc amalgamé) et d’une, tige de cuivre et recouverte de gutta-percha, à l’exception de la partie qui plonge dans le mercure. On utilise ainsi le zinc et le mercure et les dissolutions presque réduites des piles au bichromate.
- La force électromotrice d’un de ces éléments est de 2 volts environ et sa résistance intérieure varie de 0,108 à 0,170 ohms. Avec une batterie
- de trois éléments, on peut faire rougir un fil de platine de i3 m/m de long, de 3 m/m de diamètre et présentant, à froid, une résistance de 0,42 ohm. La dépense d’entretien s’élève—en sifpposant qu’il faille employer une dissolution de bichromate tout exprès — à o fr. 20 par élément et par jour, avec un courant continu, et une résistance de i,5 ohm par élément.
- Le maniement de ces piles très économiques est des plus simples ; la constance de leur courant est remarquable (*).
- CORRESPONDANCE
- Paris, le 25 juin 1882. ,
- Monsieur le Directeur,
- Je lis dans La Lumière Electrique d’hier un article sur Vinductophone de M. Villoughby Smith.
- J’ai construit il y a trois mois un appareil analogue qui transmet nettement la parole.
- Il se compose de deux disques de carton, sur chacun desquels est collé un fil de cuivre fin isolé, enroulé en spirale. L’un des disques, A, est fixé à une plaque de bois munie d’une embouchure ; l’autre, B, est séparé du premier par un anneau de bois d’un millimètre environ d’épaisseur. En faisant passer dans le fil du disque A un courant interrompu,
- (!) Journal of the Society of telegraph. Engineers, 1882, vol. XI, n° 42, p. 160.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- et en faisant communiquer les extrémités du fil du disque B avec les bornes d'un téléphone, on entend dans le téléphone des sons intenses.
- En laissant le courant établi dans le fil du disque A, et en
- B A
- parlant dans l'embouchure qui le recouvre, on fait parler le téléphone,, sinon fortement, du moins très distinctement. Voilà le résultat d'expériences que j'ai faites avec mon ami et collaborateur M. Chevrant. On peut éloigner le disque A du disque B de 5 centimètres au moins, sans que la parole cesse d'êtr^ entendue dans le téléphone.
- Agréez, etc.
- A. Dunand.
- Lorient, le 16 juin 1882.
- Monsieur le directeur,
- J'ai l’honneur de vous adresser la description d'un commutateur pour postes téléphoniques que j'ai installé, et dont je me sers depuis plusieurs mois.
- Il se compose d'une .planchette en bois de 11 centimètres
- O* O
- or a
- o Ressort .0 Contact infr
- m Contact supT
- sur i5 centimètres, destinée à être fixée sur une cloison verticale, et qui porte, à son centre, un bouton d’appel A à deux contacts. Le contact supérieur communique avec les téléphones t et la sonnerie S ; le contact inférieur, avec un des pôles de la pile P, et le ressort avec la ligne L. Deux crochets métalliques rapprochés a a sont intercalés dans le circuit de la sonnerie de manière que si un téléphone est suspendu, au moyen d’un anneau métallique, sur ces crochets, le circuit de
- la sonnerie est fermé, tandis qué aussitôt que le téléphone est retiré, le circuit de la sonnerie est ouvert et les téléphones sont prêts à rècevoir.
- Les crochets de suspension et les anneaux des téléphones doivent être construits de telle manière que les contacts soient bien assurés.
- Pour communiquer avec le poste voisin, il suffit donc de presser sur le bouton pour appeler et; dès qu’on a répondu, prendre les téléphones à la main. On est dès lors en mesure de correspondre, car la personne qui aura été appelée aura également décroché les téléphones. Aussitôt la conversation terminée, les téléphones qui sont remis sur les crochets ferment, dans chaque poste, le circuit de la sonnerie.
- Cet appareil est simple et facile à construire, il fonctionne très bien et n'est pas susceptible de se déranger. Les quatre commutateurs qui sont ici en service depuis plusieurs mois' ont toujours très bien fonctionné, et cependant les crochets et les anneaux de suspension sont cylindriques et en cuivre ordinaire.
- Veuillez agréer, etc.
- * Des Portes,
- Capitaine de frégate.
- FAITS DIVERS
- Nous avons le regret d’apprendre la mort de M. Antoine Bréguet, l’un des directeurs de la Revue Scientifique, qui avait eu la direction des installations électriques à la récente Exposition d'Électricité.
- A l'Académie des sciences, la commission du prix Volta (prix de la valeur de 5o 000 francs), frappée des progrès qui s'accomplissent chaque jour dans le domaine de l'électricité a demandé au ministre de l'Instruction * publique d'ouvrir de nouveau ce concours.
- Adoptant les vues de la commission et de l'Académie, le ministre a obtenu du Président de la République que le concours Volta fût ouvert de nouveau pendant cinq années. Il sera clos le 3i juillet 1887.
- Une grande blanchisserie de Berlin va faire construire un chemin de fer électrique aux environs de cette capitale pour le transport du linge blanchi dans les champs. On se servira de machines dynamo-électriques Siemens. En une demi-heure, on calcule qu'un seul individu pourra faire en remplissant de linge séché trois wagons un travail qui demande actuellement dans cette blanchisserie dix heures.
- Éclairage électrique
- Le dimanche 9 juillet dernier, le square des Batiguolles a été, à l'occasion d'une fête de bienfaisance, brillamment éclairé par l'électricité. Dix foyers Jablochkoff, répartis en deux circuits, étaient alimentés par‘une machine de Méri-tens, type des phares, placée dans les ateliers de ce constructeur, rue Boursault. La longueur du circuit était de 2 000 mètres, et la machine ne tournait qu'à demi vitesse.
- La lampe-soleil a été essayée dernièrement dans les caves de la Bourse de Londres devant un certain nombre d'invités.
- A l'occasion de la grande Exposition de la Société de Bath et de l'Ouest de l’Angleterre, tenue à Cardiff, les bureaux du journal Western Mail de Cardiff ont été illuminés avec neuf lampes électriques à arc. Deux de ces lampes
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- étaient placées sur un mât élevé au faîte de l'édifice, et pouvaient être aperçues facilement des villes voisines de Pe-narth et de LIandaff.
- La Provincial Electric Light and Power Company a passé un contrat pour l’éclairage avec des lampes à arc Brush de l’Exposition scientifique, artistique et domestique qui vient de s’ouvrir à Bedford.
- La lumière électrique et l’aérostation paraissent devoir décidément jouer un rôle important pour la conduite de la guerre, dans l’armée allemande.
- L’escadre cuirassée allemande, sous les ordres du contre-. amiral Wickede, est chargée, dans ce but, d’expériences, qui ont lieu sur le vœu formellement exprimé par le chef du grand état-major, M. de Moltke; à bord des cuirassés se trouvent des officiers d’état-major désignés par le maréchal, et qui doivent rendre compte de ce qu’ils auront vu. Le chef du grand état-major veut qu’on examine si la lumière électrique projetée d’un ballon captif pourrait servir à reconnaître, la nuit, les positions d’une armée ennemie ou ses mouvements, en vue de se poster le plus favorablement possible pour le début de la bataille; à cet effet, un ballon captif a été adapté au vaisseau-amiral, et, tout en manœuvrant de nuit depuis la baie de Neustadt jusqu’à l’extrémité de la côte mecklembourgeoise, l’escadre essaiera dans quelles conditions la lumière, électrique projetée du ballon peut rendre les résultats qu’on en attend.
- On a fait cet essai sur mer, tout simplement pour éviter les importuns.
- La maison de santé du docteur Levinstein à Berlin est depuis quelques jours éclairée avec des lampes électriques à incandescence. C’est le premier essai de ce genre qui ait lieu dans un hôpital. Cet éclairage fonctionne dans la grande salle à manger, la salle de musique et de billard, la chapelle, les salons, la buanderie, la cuisine et dans plusieurs pièces.
- La Direction générale des chemins de fer d’Alsace-Lor-’raine poursuit les essais d’application de la lumière électrique dans les différentes branches de son service. Mardi, n train spécial qui emmenait plusieurs membres de la Direction générale a quitté la gare de Strasbourg, à huit heures et demie du soir pour faire, sur la ligne de Wissembourg de nouveaux essais d’éclairage de la voie, au moyen d’une machine électro-dynamique installée au-dessous de la chaudière. Le train est revenu vers onze heures à Strasbourg.
- A Ersteîn (Alsace), l’établissement Hartmann, Reichard et Cc, fait depuis une huitaine de jours des essais d’éclairage à la lumière électrique. Ces essais ont pour but d’obtenir une lumière permettant aux ouvriers de nuancer les couleurs.
- A Morges, dans le canton de Vaud, l’exposition horticole est éclairée par l’électricité.
- A Cronstadt ont eu lieu dernièrement des expériences comparatives d’éclairage électrique d’un des phares de la Néva. On a essayé les différentes lampes électriques dont il est fait usage actuellement. La préférence a ôté donnée à la lampe Brush.
- La direction générale des chemins de fer du grand-duché de Bade a le projet d’introduire l’éclairage électrique à la gare principale de Carlsruhe. C’est la maison Siemens de Berlin qui se charge de l’installation.
- Ellebogen, ville forte des Etats autrichiens (Bohême), située sur l’Eger, va être entièrement éclairée par l’électricité dans ses rues et places.
- On écrit de Niagara Falls que la Compagnie d’éclairage électrique vient de recommencer l’éclairage électrique des chutes du Niagara, interrompu pendant quelque temps. On fait usage d’une machine Brush d’une puissance supérieure à celle qui avait servi il y a plusieurs mois et produisant de nouveaux effets de lumière. La cataracte dite chute américaine est brillamment illuminée en entier. On a aussi placé d’autres appareils sur la rive canadienne à Table Rock et devant Pros£ ect House.
- La ville de Liège, en Belgique, vient de s’entendre avec M. Jaspar pour l’éclairage à l’électricité du parc d’Avroy, aux abords de la Trink-Hall. Un phare immense projettera au loin ses rayons. L’électricité sera produite par unê machine à eau. Plus tard, un second phare sera établi au-delà des étangs. M. Jaspar compte généraliser ce système d’éclairage. Il va établir dans ses usines de la rue Jônfosse une machine à vapeur de cent chevaux avec un sémaphqre d’où surgiraient des fils qui mettraient la lumière électrique à la disposition du public abonné.
- A Rio de Janeiro, capitale du Brésil, la gare de Dom Pedro II est maintenant éclairée avec des lampes Edison ; on se sert d’une machine Gramme.
- Téléphonie.
- A Madrid, une ligne téléphonique vient d’être posée entre le palais du Congrès (Chambre des députés) et celui du Sénat. Le fil est souterrain. On se sert du micro-téléphone Ader et de trois éléments de pile Leclanché.
- Au Mexique, la compagnie téléphonique de Mexico vient de faire un essai de communication par téléphone entre la capitale et la ville de Queretaro. La distance est de 75 kilomètres. Les conversations ont pu être échangées d’une manière très distincte. La même compagnie va établir une ligne téléphonique entre la Vera-Cruz et Mexico. La distance est de trois cent soixante douze kilomètres.
- Nous avons annoncé dans un de nos derniers numéros qu’à Port-Louis, capitale de l’ile Maurice (Océan Indien) l’Indian Electric Compauy avait offert d’éclairer cette ville à la lumière électrique et cela, au même prix que la Compagnie du gaz. Un autre projet est à l’étude pour l’établissement de communications téléphoniques à Port-Louis. Les principaux édifices du gouvernement, l’hôtel de ville, les stations de pompiers, la citadelle seraient reliés par le téléphone.
- La Téléphoné Company of Brazil établie à Rio-de-Janeiro, rue da Quitanda, n° 8g, vient de réduire le prix de ses abonnements pour scs lignes commerciales ainsi que pour celles dites de résidence. Cette compagnie va s’occuper de l’installation de réseaux téléphoniques à Bahia, la plus importante ville du Brésil après Rio-de-Janciro, au port de Santos et dans d’autres villes du Brésil.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 30184
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 51, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL
- Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- 4* ANNÉE (TOME VII) SAMEDI 22 JUILLET 1882 N° 29
- SOMMAIRE
- Conductibilité électrique des minéraux; Th. du Moncel. — —- Sur un moyen d’augmenter la sensibilité des galvanomètres à réflexion; Marcel Deprez. — Les dynamomètres (suite); Gustave Richard. — Exposition Internationale d’Electricité : Les galvanomètres de la maison Siemens ; Aug. Guerout. — Exposition Internationale d’Electricité : Galerie des machines; C.-C. Soulages. — Exposition Internationale d’Electricité : Pavillon Siemens frères; O. Kern. — Sur la graduation des galvanomètres : Ignace Canes-trelli. — La télégraphie, ses progrès récents manifestés à l’Exposition Internationale d’Élcctricité (90 article) : Lignes sous-marines; E. de T. —Revue des travaux récents en électricité : A propos de l’histoire du téléphone. — Sur un compteur chronographe pour la lumière électrique. — Méthode pour la détermination de l’ohm, par M. Joubert. — Faits divers.
- CONDUCTIBILITÉ ÉLECTRIQUE
- DES minéraux
- Nous avons déjà consacré dans ce journal (') quelques articles à la conductibilité des corps médiocrement conducteurs, et nous sommes entré dans des détails assez circonstanciés sur la résistance que présentent les corps ligneux, dans notre numéro du 9 juillet 1881 ; nous croyons devoir compléter cette étude en étudiant aujourd’hui ce qui se rapporte à la conductibilité des minéraux.
- Les minéraux, comme on a déjà pu le voir par nos articles des i5 novembre et icr décembre 1880, sont les corps médiocrement conducteurs qui fournissent les effets lescplus curieux et les plus importants, tant au point de vue de la conductibilité qu’à celui des phénomènes secondaires résultant du courant qui les traverse. Plusieurs de ces effets interviennent même d’une manière tellement énergique, qu’ils troublent toutes les mesures que l’on tenterait de prendre. Le plus important est la
- (*) Voir tome I, p. C> 1 -81 -133-152; tome II, p. 449-469; tome IV, p. 33. Voir aussi mes Recherches sur la conductibilité électrique des corps médiocrement conducteurs, dans les Annales de physique et de chimie de l’année 1876.
- polarisation persistante qu’acquièrent les lames métalliques servant à leur transmettre le courant.
- Dans les électrolytes liquides, quand les électrodes ont été retirées et bien essuyées, elles conservent peu de polarisation; mais avec les minéraux, il n’en est pas de même, les lames ayant servi d’électrodes restent pour ainsi dire indéfiniment polarisées. On peut les manier, les essuyer, les superposer, sans détruire leur propriété de fournir des courants secondaires, et il n’y a qu’en les mouillant ou en les chauffant à la lampe à alcool qu’on les ramène à l’état normal. On peut comprendre , d’après cela, combien il est difficile d’éliminer cette influence dans les recherches que l’on peut faire sur la conductibilité des minéraux dont quelques-uns, particuliérement certains silex, développent ces effets dans de notables proportions.
- Les minéraux peuvent être rangés, par rapport à leur pouvoir conducteur, en cinq catégories : i° les minéraux poreux; 20 les minéraux constitués par des pierres dures non hydratées; 3° les minerais constitués par des pierres dures hydratées; 40 les minerais métalliques purs; 5° les minerais métalliques alliés à des substances minérales non métallifères. Toutefois, au point de vue où nous avons envisagé la question, 011 peut les répartir en trois catégories seulement, qui comprennent : la première, les minéraux poreux et les pierres tendres ; la seconde, les pierres dures ; la troisième, les minerais métalliques.
- rro catégorie. — La conductibilité des minéraux de la première catégorie, parihi lesquels nous rangeons les pierres calcaires, les grès, les schistes, en un mot toutes les pierres communes employées pour la maçonnerie, est purement électrolytique et en rapport ^vec la quantité plus ou moins grande d’humidité qu’elles ont absorbée; elle varie, par conséquent, avec l’humidité de l’air, et, comme ces sortes de pierres ne contiennent pas de l’eau à l’état d’hydrate, dans leur composition chimique, leur pouvoir conducteur est bien vite épuisé, et les courants électriques qui les traversent s’affai-
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- blissent promptement et dans une grande proportion. On pourra s’en faire une idée par l’expérience suivante, faite avec un prisme en pierre de Caen de io centimètres de longueur sur 2 centimètres de largeur et x centimètre d’épaisseur, qui, ayant donné au début une déviation de 67 degrés, n’en a plus fourni qu’une de 3o degrés au bout de dix minutes de fermeture du circuit. Resté ouvert pendant dix autres'minutes, ce courant n’a pas repris sa force, et la première déviation alors obtenue a été de 3o degrés, puis, au bout de dix minutes, elle est tombée à 22 degrés. Un repos d’une demi-heure a permis, il est vi'ai, à cette déviation de remonter à 40 degrés, et à 44 au bout d’une heure; mais une fermeture du circuit de trois heures l’a réduite à 16 degrés, et dix heui'es de repos sans toucher aux électrodes n’pnt pu la ramener plus loin que 5o degrés. Dans ces conditions, il a suffi d’une fermeture du courant de dix minutes pour la faire tomber à 18 degrés. Mais, aussitôt que les électrodes ont été enlevées, essuyées et replacées en sens inverse, on a obtenu immédiatement une déviation de 85 degrés, qui ne s’est abaissée qu’à 77 degrés au bout de dix minutes, en donnant lieu à un courant de polarisation seulement de 12 degi'és.
- Avec certaines pierres à repasser, un peu calcaires, comme la pierre à repasser d’Amérique, on observe des effets encore plus marqués, car on arrive, avec une humidité de la pierre peu intense, à empêcher complètement le courant de passer après un certain temps de fermeture du circuit, et, pour qu’il puisse manifester sa présence, on est obligé de déplacer et d’essuyer les électrodes. J’ai pu arriver à éteindre et à ranimer ainsi le courant à travers cette pierre à neuf reprises différentes.
- Ces résultats montrent que les effets de polarisation produits aux électrodes agissent puissamment dans la réduction de l’intensité du courant qui traverse ces sortes de pierres.
- La conductibilité des minéraux poreux se comporte du reste comme celle des bois mous, et la chaleur, en desséchant ces corps, leur enlève en peu d’instants leur pouvoir conducteur. De plus, comme l’humidité de l’air les pénètre facilement, ils subissent les effets des variations hygrométriques atmosphériques plus promptement que les pierres dures. On peut en juger par les chiffx-es suivants obtenus avec le prisme en pierre calcaire de Caen exposé à l’air :
- () 11. :i h. s h. () h.
- Temps, matin. midi. soir. soir. soir. Min.
- Le îôsept. 1874, serein.. 90° 86» 10° Il® 58® 69“
- Le 17 — Couvert. 90 55 22 21 35 52
- Le 18 — - 90 58 34 45 66 75
- Des différentes pierres appartenant à la catégorie dont nous parlons en ce moment, les schistes durs,
- surtout ceux que l’on emploie comme pierres à repasser, sont les moins conducteurs. En en faisant un hygromètre, on n’a obtenu que les déviations suivantes:
- y 11. 3 h. 6 h. I) h.
- Temps, matin. Midi. soir. soir. soir. Min.
- Le 21 sept. 1874,couvert. 37° 7° i°,5 i°,5 40 90
- Le 22 — serein.. 19 9 o 1 2 5
- Les ardoises ordinaires sont plus hygrométriques.
- Les pierres factices, les ciments et les poteries se rapportent, comme conductibilité, aux pierres dont nous venons de parler; il en est peu, si elles ne sont pas vernies ou vitrifiées par la cuisson, qui soient isolantes, et, en général, elles le sont d’autant plus qu’elles ont été plus cuites ; ainsi les tuiles seront moins conductrices que les briques, parce que, étant moins épaisses, la chaleur les a mieux pénétrées. Voici, du reste, quelques chiffres qui pourront donner une idée de la conductibilité relative de quelques échantillons de ces différentes sortes de pierres. Ces échantillons avaient été préalablement passés à l’étuve, puis, mis à la cave pendant deux jours; et, au sortir de l’étuve, ils ne fournissaient aucune dérivation.
- Pierre de Caen.......................... 90°
- Ciment de Portland.......................... 90
- Tuile d’Argences............................ 74
- Ardoise d’Angers......................... . 55
- Ciment anglais............................. 44
- Porcelaine dégourdie........................ 28
- Granité..................................... 17
- Grès rouge de May........................... 14
- Carreau de Maubeuge......................... 12
- Schiste de pierre à repasser................. 8
- Porcelaine assez cuite. . . ................. 7
- Porcelaine très cuite................... 1,5
- Il est rare qu’on l'etrouve avec ces sortes de minéraux les mêmes déviations quand on renverse le sens.du courant, même quand on attend que les courants de polarisation se soient évanouis. Ces derniers courants ne sont pas généralement très intenses et ne dépassent guère 12 degrés pour une électrisation de dix minutes.
- Deuxième catégorie. Les minéraux représentés par les pierres dures non cristallisées peuvent être plus ou moins conducteurs, suivant leur état poi’eux et surtout suivant qu’ils sont plus ou moins hydratés. Généralement les pierres siliceuses qui ont pour origine les eaux de Geyser et qui renferment une certaine quantité d’eau dans leur composition chimique, sont plus ou moins conductrices, tandis que les pierres dures carbonatées, telles que la malachite et l'azurite, sont plus ou moins isolantes. Les minéraux d’origine volcanique, quand ils ne sont pas mouillés, tels que le porphyre, le granité, sont également très peu con-
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- ducteurs. Cependant un séjour prolongé dans une cave humide donne toujours à tous ces corps une certaine conductibilité. Voici, du reste, quelques chiffres qui peuvent donner une idée de ces conductibilités. Ils résultent d’expériences faites le même jour, par un temps d’été, et après uii séjour de plusieurs mois, dans une armoire sèche, des minéraux essayés.
- Un certain nombre de minéraux, qui ne figurent pas dans le tableau précédent, parce qu’ils n’avaient fourni aucune déviation au moment où ces expériences ont été faites, ont révélé leur pouvoir conducteur après trente heures de séjour dans une
- cave humide, et ont fourni les déviations suivantes :
- Jaspe vert foncé. .
- Granité...........
- Jaspe brun........
- Schiste dur.......
- Agate jaune . . . . Porphyre..........
- Courant renversé
- Au 5 ht tom au 5m 10m
- débul. apres. îi près. début. après. apres.
- 0 0 0 0 0 0 o 0
- (55-3o) 21 19 (5 T-29) lB,5 16
- (35-25) l8 i5,5 (25-i3) 10 9
- (19-13) 12 i3 (22-13) II ,2 11.5
- (i5-io) 9 9 (10- 0) *7 *7
- (10- H) 8 H (14-10) I I M
- (10- li) 6,5 6,5 (11- 8) 6,5 6,5
- La malachite, l’agate noire (baignée) et un cer-
- Courant principal Courant de polarisation Courant principal renversé Courant de polarisation
- Minéraux essayés (l). —^
- au début. 10 minutes après. au début. Durée. au débul. lo minutes après. au début. Durée.
- 1. Silex d’Hérouville avec dé- 0 0 0 0 0 0 u
- rivation de 40 ohms (90-70) 7 5 (90-88) 33m (85-66) 73 (90-87) 5h
- 2. Silicatedenickel (garniérite) T'T’ Ô Cl (90-48)
- avec dériv. de 40 ohms... (41-33) 32 (90-55) 3o .26 »
- 3. 'Silicate de cuivre ou de chry-
- socolle avec d. de 640 ohms (89-63) 76 (90-80 i» » » (32-i 3) »
- 4. Silex jaune jaspé, sansdériv. (00-81) 06 (56-24) 1 om (90-74) 7B 4>n
- 5. Quartz résinite, id. . (60-40) 46 (16-14) 5 (64-60) 39 (12- 9) 5
- 6. Agate calcédoine, id. (43-27) 40 0 0 (42-16) 29 O 0
- 7. Agate sardoine, id. (47-30 33 0 O (.->--3r) 27 O 0
- 8. Agate striée, id. (23-19) 17 0 0 (25-20) ]3 0 0
- 9. Silex de pierre à fusil, id. (31-20) 1.3 0 0 (29-18) 12 0 0
- 10. Onyx rouge de Chine, id. (26-17) i3 ü 0 (26-17) j 3 U 0
- ri. Serpentine, id. (25-16) 10 0 0 (20-14) 11 0 , 0
- 12. Lapis-lazuli, id. (29-13) 11 0 0 (21-11) 10 0 0
- i3. Marbre vert, id. (58-36) 3o (4-0) 4S (58-35) 21 0
- 14. Porphyre vert, id. (10- 6) 4 0 0 ))
- (1) Nous avons donné, dans notre article du l5 novembre 1880, p. 449, la composition chimique du silex d’Hérouville. Celle de la gnrniérxte est : silice, 38 ; peroxyde de fer, 7 ; protoxyde de nickel, 18 ; magnésie, i5 ; eau, 22. Celle déjà chrysocallc est : silice, 3q, 18 ; oxyde de cuivre, q.5,31 ; eau, 20,81. Celle de la serpentine est : silice, 43,5 1 ; magnésie, 43,78 ; eau, 1 2,7 1. Celle de la plupart des agates, silex, onyx, quartz, est : silicium, 46,67 ; oxygène, 53,33, plus certains oxydes métalliques et quelquefois une certaine quantité d'eau comme dans le quartz resinite et l'opale. Knfin le lapis-la^uli, qui est loin d’ètre homogène, se compose de silice, d’alumine, de soude avec de petites quantités de soufre et autres substances.
- tain jaspe n’avaient pas encore pris, après cette épreuve, de conductibilité; mais, après un séjour plus long, ils ont fini par fournir de légères déviations.
- Les feldspath, la labradorite et l’ortliose verte ou pierre des amazones, qui sont des silicates anhydres, représentent les minéraux les moins conducteurs.
- Comme on le voit par les tableaux qui précèdent, ce sont les silicates hydratés qui sont de beaucoup les plus conducteurs puisqu'ils ont nécessité une dérivation galvanométrique de 40 ohms pour les deux premiers minéraux du premier tableau, et une dérivation de 640 ohms pour la troisième pierre. En comparant les chiffres des déviations fournies par Ces pierres avec les deux sens du courant, on voit que les inversions de celui-ci ont eu pour effet de diminuer, surtout au com-
- mencement, leur intensité, qui s’est augmentée ensuite dans une proportion d’autant plus grande que 1ers effets de polarisation ont été moins complètement annulés. C’est ce qui est arrivé, par exemple, pour la > garniérite, dont le premier courant de polarisation, n’étant pas encore complètement annulé au bout d’une demi-heure, a permis au courant inverse qui l’a suivi, après cette période de temps, de passer de 22 à 26 degrés en dix minutes. Le silex d’Hérouville, dont le courant de polarisation avait été au commencement moins persistant, a fourni un moins grand écart entre ces accroissements. Ces faits sont, du reste, conformes à la théorie que nous en avons donnée dans, nos ar-ticles sur ce sujet du i5 novembre et du icr décembre i'83o.
- Les tableaux précédents montrent encore que, conformément à ce que nous avons dit, les varia-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- tions que subit l’intensité du courant à travers les pierres dures sont très différentes suivant leur nature. Pour un certain nombre, cette intensité va en augmentant avec la durée de la fermeture du circuit, tandis que, pour d’autres, elle va en diminuant ; quelquefois même, comme cela a lieu avec le quartz résinite et l’agate sardoine, elle va en augmentant pour un certain sens du courant, et va en diminuant pour l’autre sens. Enfin il est de ces pierres pour lesquelles l’affaiblissement du courant, après s’ôtre effectué pendant un certain temps, se trouve suivi d’un renforcement ou d’un état de stagnation plus ou moins complet. Dans les tableaux qui précédent, on ne peut suivre ces différentes phases de l’intensité du courant, parce que les observations ont été arrêtées trop tôt ; mais on pourra s’en faire une idée par le tableau suivant, qui résulte d’expériences faites pendant une heure pour chaque pierre.
- Au 5 min. 10 min. I heure
- début après. après. apres.
- Agate sardoine . (3! !n-26») 2UÜ 21°,5 33»
- — avec courant renversé. (6o°-36°) 3i 26 26
- — striée (20°-l6°) ni .3»,5 14
- - avec courant renversé. (2TU-I7°) 1.3 1 2 11
- Onyx rouge de Chine (21°-i5°) i.3v 1 2°,5 1 2°,5
- — avec courant renverse. (20"-i5°) 12 H»,5 11
- Serpentine verte (iq“-i3°) io° ,5 ÎO lu
- — avec courant renversé. (i!i°-i3°) - 11»,s I I 11
- Silex de pierre a fusil (22°-l5°) M 14 16
- Ces pierres n’ont donné lieu à • aucun courant de polarisation appréciable, même après une heure de fermeture de circuit, et pour le silex de pierre à fusil, l’expérience a été poussée jusqu’à treize heures ; cependant l’agate sardoine, après une fermeture de courant réitérée de une heure et demie, a fini par révéler un courant de polarisation de io degrés qui a duré huit minutes. L’agate calcédoine, qui ne fournissait aucun courant de polarisation au bout de dix minutes, en déterminait un de 12 degrés, après une fermeture du circuit d’une demi-heure; il est vrai que, dans ce dernier cas, l’intensité du courant polarisatéur se trouvait alors plus que doublée, car elle avait passé de 18 degrés à 49 degrés. Avec l’agate sardoine, cette intensité avait passé de 26 "degrés à 3q degrés. On voit par là que, conformément à ce que j’avais déjà dit à ce sujet, les pierres qui, au bout d’un temps plus ou moins long, finissent par déterminer un accroissement d’intensité du courant, fùt-cc meme pour un seul sens de ce courant, peuvent engendrer des efi'ets de polarisation, alors que celles qui entraînent un affaiblissement du courant ou un état de stagnation persistant n’en déterminent aucun. Nous en avons expliqué les raisons.
- {A suivre.) T11. du Moncejl,.
- SUR UN MOYEN
- D'AUGMENTER LA SENSIBILITÉ
- DES.
- GALVANOMÈTRES A RÉFLEXION
- MM. Ayrton et Perry ont décrit dans ce journal (*) un dispositif très ingénieux permettant d’amplifier autant qu’on le veut les déviations angulaires du rayon lumineux dans les instruments à réflexion, tels que galvanomètres, électromètres et magnétomètres à miroir.
- Leur solution me paraît présenter les inconvénients suivants :
- i° La perte de lumière est d’autant plus grande que l’amplification angulaire est plus considérable;
- 20 Les surfaces des deux miroirs doivent être travaillées avec une extrême perfection, car si elles
- présentaient des irrégularités, il en résulterait des déviations anormales agissant sur le rayon lumineux à chacune de ses réflexions successives, ce qui détruirait complètement la proportionnalité entre les déviations du dernier rayon qui va frapper l’écran et celles du miroir mobile.
- Pour que l’on puisse juger de la perte de lumière résultant des réflexions successives, j’ai dressé le tableau suivant, dans lequel la première colonne représente le numéro d’ordre des rayons lumineux successifs, le rayon incident étant désigné par l’indice zéro, puis par l’indice 1 après-sa première réflexion sur le miroir fixe, etc...
- La seconde colonne donne la valeur de l’amplification du mouvement angulaire du rayon qui va frapper l’écran, l’angle décrit par le miroir mobile étant représenté par 1.
- Enfin, la troisième colonne donne l’intensité du rayon après la dernière réflexion, en supposant que les miroirs soient en verre argenté, et que le rapport des intensités d’un rayon lumineux, après et avant la réflexion, ait pour valeur 0.9, nombre exceptionnellement favorable.
- (9 Voir La Lumière Electrique, n» du 5 octobre 1881.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- Les rayons dont l’indice est pair sont ceux qui marchent du miroir fixe au miroir mobile, ils ne jouent aucun rôle dans l’amplification obtenue, mais leur intensité lumineuse est afi'ectée néanmoins du coefficient 0,90.
- L’amplification des appareils ordinaires est égale à 2 puisque la vitesse angulaire du rayon réfléchi est double de celle du rayon incident-.
- Donc, si ,1’on veut décupler la sensibilité des appareils ordinaires, il faut que l’amplification angulaire soit égale à 20. En consultant le tableau, on voit que l’intensité lumineuse du rayon projeté sur l’écran n’est plus que o,i35, celle de la source étant 1.
- Or, on sait que l’éclat de la tache lumineuse dans les appareils ordinaires est déjà à peine suf-
- NUMÉROS D’ORDRE des rayons. AMPLIFICATION angulaire. INTENSITÉ finale du rayon.
- 0 (incident) 0 I
- I 2 O.9OO
- 2 >* 0 8io
- 3 4 0.729
- 4 0 656
- 5 (> o.Soo
- 6 » o.53i
- 7 11 0.473
- {*> » 0.430
- 9 IO 0.387
- 10 » o.3.|9
- 1 r 12 0.314
- 12 » 0.282
- j3 1-1 0.254
- 14 » 0.229
- i5 l6 0 206
- l6 » o.i85
- 17 i!i 0.167
- i« )) 0. i5o
- 19 20 0 135
- fisant, que serait-ce si l’intensité de la lumière était réduite aux ~ de ce qu’elle est actuellement ?
- Ce sont probablement les inconvéniens qui viennent d’être exposés qui ont empêché l’ingénieuse combinaison de MM. Ayrton et Perry de se répandre, car je ne connais pas d’instrument auquel elle soit appliquée.
- Je vais décrire maintenant le dispositif que j’ai imaginé pour arriver au même but et qui est représenté dans la figure ci-contre.
- Le miroir plan du galvanomètre étant situé en A reçoit un rayon lumineux GA qui se réfléchit suivant AC en faisant avec la normale Al au miroir un angle IAC = IAG et vient se réfléchir une seconde fois en C sur un miroir cylindrique convexe CG dont le centre de courbure est en B pour aller ensuite frapper en E la règle divisée sur laquelle se font les lectures. Désignons par a l’angle d’incidence GAI, par Lia distance AG du miroir plan A à la surface GC du miroir cylindrique et par r le
- rayon de la courbure BCx de ce dernier et cherchons. à évaluer l’angle ECH du rayon CE avec le rayon incident GA.
- Le rayon CE luisant avec la normale BCD un angle égal à DCA on a successivement
- mais
- d’où
- lit MT -= EGA - TT CA =± EGA — CAG EGA — 2DCA = 2 (CBG + CAG) 1ÏCIT = 2 CBG -f- CAG
- mais dans le triangle CBA les angles CBG et CAG sont entre eux comme les côtés opposés, donc
- CBG _ CA CAB ~ CB
- ou en remarquant que CA diffère extrêmement peu de GA ou L et que
- il vient et enfin
- CAB rrr 2 IAG —- 2 y
- CBG J X 2 «
- ECU
- , 2 L / 2 IA
- = 2 a + X 2 ct= [r + — J X 2 a
- Or, la déviation du rayon réfléchi dans les appareils ordinaires étant ép:ale à 2 a, on voit que la dis-, position que je viens de décrire amplifie l’indication des appareils ' actuels dans le rapport de
- (/ +V")‘i r-
- Si, par exemple, on prenait L"—' im etr = om,i les déviations angulaires seraient amplifiées 21 fois avec une perte de lumière insignifiante.
- Voici maintenant un autre procédé purement mécanique, mais qui. est d’une application moins générale. Supposons qu’on veuille mesurer les angles décrits par un mobile quelconque pouvant tourner autour d’un axe horizontal. Fixons invariablement à ce mobile un petit .niveau à bulle d’air dont le rayon de courbure soit R; si le mobile tourne autour de son axe d’un angle a, il en résultera, en vertu des propriétés bien connues du niveau à bulle d’air, que le chemin parcouru par la bulle aura pour valeur Ra. Les lectures se font donc comme elles se feraient, si le mobile était muni d’une aiguille de longueur égale à R.
- On jugera de la précision que ce procédé permet d’atteindre en considérant que les niveaux employés dans les opérations geodesiques ont souventun rayon de courbure atteignant 100 mètres.
- Ce moyen rendrait, je crois, de grands services pour mesurer de très faibles variations de température au moyen de thermomètres métalliques, fl suffirait pour cela d’attacher la chape" du niveau à deux fils verticaux très rapproches constitués par des métaux de dilatibilité inégale.
- Marcel Deprez.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- LES DYNAMOMÈTRES
- Voir les nos des 17 juin, 1er et 8 juillet.
- DYNAMOMÈTRES DE'TRANSMISSION
- Les dynamomètres de transmission décrits dans les articles qui vont suivre, peuvent se diviser en deux classes, suivant qu’ils sont séparés ou mon-
- B A
- ENSEMBLE DU DYNAMOMETRE
- DYNAMOMÈTRES SÉPARÉS
- DYNAMOMÈTRE DE LA ROYAL AGRICULTURAL SOCIETY {Fig. 1 à 6.)
- Dans cet appareil, la poulie motrice A (fig. 1 et 2) mise en mouvement par une courroie ou par le croisillon E, conduit la poulie folle B, reliée à la machine dont on veut évaluer le travail, par des ressorts G et H, disposés de façon que le dé-
- FIG. 4. — PLAN
- tés directement sur l’arbre ou la poulie dont on veut mesurer le travail ; ces derniers sont temporaires ou permanents, c’est-à-dire, disposés de manière à enregistrer le travail d’un outil ou d’un mécanisme «.pendant un temps aussi long qu’on le veut, sans gêner en rien son fonctionnement ni la marche de l’atelier: l’emploi de ce dernier genre d’appareils ne s’est pas encore répandu, ils se-
- FIO, 3 A 7. — DÉTAILS DE L’APPAREIL ENREGISTREUR FIG. 3. — VUE PAU BOUT
- raient des plus utiles pour les petites industries alimentées par un moteur central.
- A un point de vue plus général, ces appareils peuvent se classer en deux genres, suivant que l’effet de la puissance qu’ils transmettent et mesurent est communiqué à l’organe dynamométrique, — le plus souvent un ressort, — directement, ou par des mécanismes intermédiaires, dont la résistance ne peut être négligée. Les dynamomètres du premier genre, parmi lesquels on peut citer ceux de Taurines, de Hirn et de Morin, ont une supériorité de principe incontestable.
- placement angulaire de A par rapport à B soit proportionnel à la puissance transmise par B. Les ressorts H et G sont courbés en sens contraire, de manière à annuler les effets de la force centrifuge sur leurs lames.
- L’appareil enregistreur (fig. 3 à 6) se compose : d’un cylindre R sur lequel se trace la courbe des efforts, d’un totaliseur à plateau s, et d’un compteur T ; tous ces organes sont commandés par le pi-
- FIG. 5 ET 6. — DÉTAIL DU MOUVEMENT DU CHARIOT O
- gnon V mu par l’arbre D (fig. 2). Le crayon du cylindre R et le galet P du totaliseur sont fixés au chariot O, conduit par la tige N qui traverse librement l’axe de l’arbre CD et vient buter, par L, (lig. 5 et 6) sur des hélices K, solidaires du moyeu de la poulie B; il en résulte que les déplacements du crayon le long du cylindre, et du galet, suivant les rayons du plateau, sont proportionnels à ceux de la poulie B sur son arbre, ou aux variations de la force transmise : le compteur Q, commandé par le galet P, indique le travail transmis (1).
- C) Voir dans le n° du 27 mai 1882, p. 488, de La Lumière
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- DYNAMOMÈTRE DE MÉGY (‘) \fig- f\
- La poulie motrice A conduit la poulie dynamo-métrique C par les ressorts E, fixés au manchon F calé, comme A, sur l’arbre B : les déplacements^ de la poulie C sur B se transmettent, à l’aiguille indicatrice des efforts c et à la roulette Q du totaliseur, par le levier L, relié au manchon H fileté sur G; le manchon, entraîné par la poulie C, se déplace, sur G, de longueurs proportionnelles à la flexion des ressorts E. Il est facile de suivre
- la transmission du mouvement de rotation de l’arbre B au plateau R du totaliseur, par le train YXTS, et celle du totaliseur au compteur b, par z a. Le mécanisme de cet appareil est remarquable par l’ingénieux assemblage, à la fois condensé et très accessible, de ses diverses parties.
- DYNAMOMÈTRE DE M. J. MORIN (‘) \fig. <9]
- L’appareil de M. Morin se distingue par une grande simplicité; la poulie motrice D, munie d’un
- FIG. 7
- plateau E, entraîne la poulie conduite B par un galet G fixé au plateau, le bras b' relié à la poulie B et la courroie d’acier c; cette courroie comprime les ressorts à boudins F, guidés par des tiges solidaires du plateau E, d’une quantité proportionnelle à l’effort moteur. La palette p actionne une crémaillère radiale entraînée par le plateau, et dont le mouvement se transmet, par un pignon également entraînée par ce plateau, à une deuxième crémaillère cylindrique mobile dans l’axe de l’arbre A. Le mouvement de cette crémaillère se trans-
- Electrique, la description du système imaginé par M. Marcel Deprez, pour annuler les glissements de la roulette des totaliseurs.
- (i) Lumière Électrique> 21 septembre 1881.
- met soit à un simple indicateur, soit au crayon d’un enregistreur du travail I, soit à la roulette d’un totaliseur. Les frottements qui interviennent dans l’appareil de M. Morin sont négligeables,*car l’effort moteur est transmis presque directement de la poulie motrice aux ressorts.
- DYNAMOMÈTRE DE BOURRY. (a)
- La poulie motrice A commande B par les leviers coudés e e', mobiles autour des axes o et o', et
- (!) Lumière Électrique du i5 août 187g. Il ne faut pas confondre ce dynamomètre avec l’appareil bien connu du général Morin.
- (È) Iran du 16 juin 1882;
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- articulés, en a, aux bielles b du plateau P. Ce plateau, libre de glisser sur l’arbre de B, comprime les ressorts R d’autant plus que l'effort
- Fie. 8. — DYNAMOMÈTRE DE M. J. MORIN.
- transmis est plus grand; il entraîne dans ses glissements, le plateau t du totaliseur t', la crémaillère du cadran dynamométrique d et le style s, qui trace
- FIG. 9. — DYNAMOMÈTRE DE UOURRY
- la courbe des efforts; il peut, en même temps, agir, par le renvoi f g, sur la distribution du moteur, et régler sa marche.
- DYNAMOMÈTRE DE DARWIN (3)
- Dans cet appareil les ressorts sont remplacés par l’action d’un poids W, articulé au parallélogramme BGOO', dont O et O' sont les points fixes; la pou-
- dynamomètre de darwin
- lie motrice N commande R par une chaîne passant de M sur la poulie K, dont l’arbre L, entraîné par N, porte une deuxième poulie J, reliée, par une chaîne articulée qui traverse l’arbre S, à l’extrémité A du levier BG. Si l’on a BG — GA = GO l’effort p, exercé en A, est donné par la formule.
- p — W Iga.
- Comme les déplacements du point F, qui commande le totaliseur C, à roulette I et à plateau D,
- Fin. II. — DYNAMOMÈTRE DE BROWN
- sont aussi proportionnels à tga, il en résulte que le nombre de tours de la roulette I, indiqué par un compteur, est proportionnel au travail transmis .à la poulie R.
- DYNAMOMÈTRES A ENGRENAGES Le principe de ces dynamomètres est facile à (*)
- (*) Spott diclionary, Supplément, page 5i3.
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- saisir par la description de celui de Brown ('); dans cet appareil, l’efiFort se transmet, de la poulie motrice lA la poulie commandée B, de même diamètre, par lesjpignons égaux C et E, reliées, au moyen’„d’une roue intermédiaire D, suspendue au fléau de balance fF. Il est évident que la roue D exerce, sur ce fléau, une pression égale (en négli-
- FIG. 12. — DYNAMOMÈTRE DE RÀFFÀRD
- géant les frottements ou la résistance propre de l’appareil) au double de l’effort moteur mesuré à la circonférence du cercle primitif de la roue C, et il est facile de graduer F de manière à lire immédiatement la grandeur de l’effort moteur correspondant à l’importance et à la position du poids qu’il faut y placer pour le maintenir horizontal. Le cylindre à huile représenté à droite de la figure sert à amor tir les vibrations du fléau. (*)
- DYNAMOMÈTRE A ENGRENAGES DE RAFFARD (')
- On peut considérer cet appareil comme une combinaison des principes des dynamomètres de Brown et de Tatham (2). La roue motrice A conduit la poulie à denture intérieure C, reliée à la machine par .un croisillon c ou par une courroie, au moyen d’un pignon intermédiaire D, de diamètre égal au rayon de C; l’arbre de D est relié au fléau h par un balancier B/, mobile autour d’un axe b, dans le prolongement de celui de C, et, par conséquent, tangent à là circonférence primitive de D. Il résulte de cette disposition que, comme dans le dynamomètre de Tatham, les réactions des roues A et D n’exercent aucun effort de pivotement sur le balancier B ; il n’est sollicité à osciller que par la réac-
- FIG. l3. — DYNAMOMÈTRE ALLEMAND
- tion de D sur C, dont le frottement est assez faible pour que l’on puisse considérer l’effort exercé au point f comme peu différent de l’effort transmis à la circonférence primitive de C.
- DYNAMOMÈTRE ALLEMAND (a) [flg. l3]
- Dans le dynamomètre, la roue à denture intérieure D transmet la puissance motrice de O à l’arbre de E, par l’intermédiaire des pignons égaux K, dont le croisillon commande le manchon de la poulie L, reliée au ressort dynamométrique par une courroie Z. Cet appareil, très compacte, a le défaut de présenter des frottements, du des résistances propres, importants et variables.
- (A suivre.) Gustave Richard.
- f1) Bulletin des Arls et Métiers, 1882, page 110.
- (2) N° du 8 juillet, p. 3i.
- (3) Cité par Appleton comme employé en Allemagne, sans nom d’inventeur. — Cyclopœdia, p. 537,
- (*) Applelon’s Cyclopœdia, page 536.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- LES GALVANOMÈTRES
- DE LA MAISON SIEMENS
- Le petit pavillon que la maison Siemens avait fait construire dans l’Exposition de l’Empire d’Allemagne renfermait un grand nombre d’appareils
- de'mesure fort intéressants. Parmi ces appareils, le galvanomètre universel et le photomètre à sélénium ont été décrits récemment. (Voir les nos du 24 décembre 1881 et du 8 juillet 1882); les dispositifs .pour la mesure des résistances seront l’objet d’articles ultérieurs; dans le présent article nous nous occuperons seulement de quelques types de galvanomètres.
- Deux de ces types ont déjà été décrits il y a un certain temps dans le journal (Voir les nos du iüt août et du ior octobre 1880). Nous les rappellerons cependant, pour ceux de nos lecteurs qui ne possèdent pas les années précédentes de La Lumière Electrique.
- Le premier de ces appareils est un électro-dynamomètre que MM. Siemens.ont combiné dans des conditions de construction permettant de s’en servir pour les mesures courantes de la technique électrique. Un appareil de ce genre n’offre pas certainement toute la commodité de maniement que présentent les galvanomètres à indications rapides de M. Marcel Deprez, mais il est applicable et utile dans bien des cas.
- Dans cet électro-dynamomètre (fig. 1) les deux
- bobines sont faites avec du fil de 3 à 4 millimètres de diamètre; la bobine intérieure, composée d’un certain nombre de spires, est fixe ; la bobine extérieure qui ne forme qu’un seul tour est mobile. Deux godets à mercure creusés dans le bâti en bois de l’appareil servent à faire entrer le courant dans le circuit mobile.
- Ce dernier est suspendu par un crin, et un ressort spiral en platine tend à le ramener à sa position de zéro indiquée par un index sur un disque gradué horizontal. Quand le courant traverse les deux circuits de l’appareil, le circuit mobile est dévié. On le ramène au zéro, en agissant sur la spirale à l’aide d’un bouton supérieur et l’angle de torsion, mesuré
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- par une aiguille qui se meut sur le cercle gradué, donne la mesure de l’intensité, puisque les torsions sont proportionnelles au carré des intensités.
- Une table dressée une fois pour toutes permet toujours d’ailleurs d’avoir la valeur en ampères correspondant à chaque déviation.
- Un des avantages de ce dynamomètre consiste en ce que l’action du magnétisme terrestre sur- une seule spire est négligeable et que par suite l’appareil .n’a pas besoin d’être orienté.
- Ce dispositif est applicable à la mesure des intensités. Pour la mesure des forces électromotrices, MM. Siemens ont adopté le galvanomètre de la
- fig. 2. Il se compose d’un aimant en forme de cloche, suspendu entre deux bobines verticales enroulées de fil fin. Un index marque la position du zéro de cet aimant et lorsqu’il est dévié par le passage du courant, on le ramène au zéro, comme dans le cas précédent, en agissant sur un ressort en spirale auquel il est lié. Les torsions sont mesurées sur un disque en verre gradué qui forme le dessus de la cage de l’appareil et une table indique la correspondance entre les degrés de la graduation et les forces électromotrices.
- A l’état normal, l’appareil peut mesurer des différences de potentiel comprises entre de volt et
- io volts ; mais en enlevant une cheville qui se trouve entre les deux bornes, on shunte le galvanomètre et on peut alors mesurer des forces électromotrices variant de 0,1 à ioo volts.
- On peut faire à ce galvanomètre un reproche,
- FIG. 4
- O.
- FIG. 5
- c’est qu’il a besoin d’être manipulé avec beaucoup de soin et que si le fil de suspension de l’aimant vient à se casser, il est très difficile de le remplacer.
- La figure 3 représente un galvanomètre apériodique de construction très simple. Il est à deux bobines dont la figure montre bien la séparation extérieure. Au centre de l’espace compris entre ces deux bobines se trouve une sphère de cuivre dans laquelle se meut un aimant en forme de cloche, comme le montre la fig. 4.
- La tige de cet aimant porte un petit miroir qui vient sortir au-dessus des bobines et se meut dans une cage vitrée. Il permet de lire les déviations soit au moyen d’une échelle de réflexion, soit au moyen d’une lunette. Grâce à l'amortisseur en cuivre rouge, ce galvanomètre est à mouvement apériodique et n’exige pas l’addition d’un aimant directeur. Il est destiné à être employé spéciâlëment dans les cours.
- Le dernier appareil que nous voulions signaler est une forme spéciale du galvanomètre Thomson
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- représentée par la fig. 6. Ce galvanomètre. est à quatre bobines dont le fil est complètement renfermé dans une enveloppe. Le système aimanté est un système astatique composé de deux aimants en cloche suspendus à un fil assez long et oscillant dans des enveloppes de cuivre. Le miroir est porté par la tige qui relie les deux aimants et fixé sur la partie de cette tige qui se trouve entre les deux bobines; on évite ainsi l’influence des trépidations sur le miroir. La suspension des aimants se tourne à volonté dans tous les sens et tout le système
- magnétique peut être immobilisé quand l’appareil ne sert pas.
- Le socle du galvanomètre, formé par une plaque d’ébonite, est parfaitement isolant et une petite bobine mobile permet d’annuler la différence d’ac tion qui existe souvent entre les deux paires de bobines.
- Mais ce que présente de plus particulier ce dispositif est l’arrangement de l’aimant directeur. Cet aimant est formé de deux aimants droits en forme de losange placés au-dessous du socle. Ils sont superposés l’un à l’autre et peuvent tourner en s’écartant l’un de l’autre autour de leur centre de figure qui coïncide avec l’axe de l’appareil. Une vis latérale agissant sur un système de roues den-
- tées commande leurs mouvements. Lorsqu’ils sont superposés de manière que leurs pôles de même nom coïncident, leur force directrice est maximum; elle devient de plus en plus faible à mesure qu’on les écarte l’un de l’autre. La disposition des rouages permet aussi, lorsque cela est nécessaire, de faire mouvoir les deux aimants en même temps en leur conservant leurs positions relatives. C’est là une disposition très ingénieuse, que M. Pollard avait d’ailleurs employée de son côté, mais d’une façon plus simple, c’est-à-dire sans l’emploi de rouages et en réglant à la main la position des aimants.
- L’aimant en cloche employé dans ces trois derniers galvanomètres est une forme adoptée spécialement par MM. Siemens. La fig. 5 qui le représente en coupe et en projection verticale montre qu’il a simplement la forme d’un dé dans lequel on aurait pratiqué une fente longitudinale, et les pôles sont constitués par les deux moitiés de dé ainsi formées.!
- Aug. Guerout.
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- GALERIE DES MACHINES
- La partie de la galerie des machines que représente le dessin ci-contre, donne une vue perspective des moteurs qui mettaient en mouvement les machines électriques exposées par la maison Latimer Clarck Muirhead and C° de Londres. Dans la section du Royaume-Unide Grande-Bretagne et Irlande; cette importante maison tenait certainement une des premières places en raison de la grande quantité d’appareils de tous genres qu’elle avait envoyés au Palais de l’Industrie.
- Nous rappellerons d’abord la machine électromagnétique du docteur Hopkinson à courants continus et celle à courants alternatifs qui ont été décrites dans La Lumière Electrique, numéro du 8 octobre 1881. On se souvient que cette machine qui se rapproche des appareils Wilde, Siemens, Y. Hefner Alteneck, Lontin, est caractérisée par un certain nombre d’électro-aimants inducteurs et de bobines induites avec ou sans fer ; elle était disposée, à l’Exposition, pour donner des courants continus et alimentait les lampes de M. Andrews dont un spécimen est représenté dans la partie centrale de notre dessin. Une machine dynamoélectrique de Andrews figurait aussi dans la section anglaise; cet appareil paraissait se rapprocher des machines Siemens.
- Dans les applications de l’électricité à la télégraphie et aux signaux, l’exposition Latimer Clark
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- EXPOSITION DE MM. LATI MER, CLARK, MUIRHEAD ET Cie
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- Muirhead. and C° contenait des appareils pour les chemins de fer, des Morse, des systèmes duplex de Muirhead et Winter, un quadruplex et divers instruments pour la télégraphie sous-marine; enfin, pour la téléphonie, les mesures électriques, l’indication du grisou par le système Liveing, il y avait une foule d’appareils et accessoires qui se faisaient remarquer par l’ingéniosité de la fabrication ; citons aussi la grue électrique du docteur Hopkinson.
- Le second dessin donne une vue perspective de
- l'installation de M. Bréguet dans la grande nef du Palais de l’Industrie ; le nom de ce constructeur est bien connu depuis longtemps dans tous les pays, car il a été l’un des premiers à fabriquer les instruments de précision pour les applications diverses de l'électricité. Les nombreux instruments exposés par M. Bréguet se rapportent à presque toutes les branches de la science nouvelle, et ceux que l’on distingue à droite, au premier plan, sur notre dessin, sont les appareils de M. Planté, construits par
- EXPOSITIONS DE LA MAISON BREGUET ET DE M. PLANTÉ
- cette maison jusqu’en .1873, la spécialité de la maison Bréguet était la construction des télégraphes et des appareils de précision, et ce n’est que depuis l’extension donnée à la fabrication des machines Gramme que l’on semble être entré dans la voie de la grande industrie.
- Tous les appareils exposés par M. Bréguet sont bien connus et depuis longtemps en usage dans les laboratoires, les usines, les administrations télégraphiques et téléphoniques, les services de la guerre, etc.; mais ces appareils ont toujours été décrits dans ce journal dès leur apparition, et nous ne recommencerons pas une nomenclature sans intérêt et qu’il est du reste facile de retrouver
- dans le catalogue officiel de l’Expositian d’électricité.
- C.-C. Soulages.
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- PAVILLON SIEMENS FRÈRES
- DE PARIS
- Le pavillon-atelier de MM. Siemens, de Paris, - que représente le dessin ci-contre avait été construit, comme celui de MM. Ducommun, pour mon-
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- EXPOSITION CAL VANO PLASTIQUE DE LA MAISON SIEMENS
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- trer la possibilité de transmettre électriquement à distance la force motrice à un atelier, et l’on y voyait plusieurs machines mises ainsi en mouvement, entre autres un appareil à élévation d’eau. Il renfermait en outre surtout les appareils destinés aux opérations galvaiioplastiques ; on y voyait l’installation complète avec les machines dynamo-chimiques, la première sur la gauche de notre vue perspective, construite avec des lames de cuivre, la seconde, vers le milieu, à aimants permanents et servant d’excitatrice, puis à droite les bains gal-vanoplastiques.
- On sait du reste que ce petit pavillon ne renfermait qu’une minime partie de l’Exposition de MM. Siemens qui avaient dans la galerie des machines des appareils dynamo-électriques pouvant alimenter un ou plusieurs foyers lumineux, et donnant, suivant leur construction, des courants continus ou des courants alternatifs. Trois machines dynamo-électriques alimentaient respectivement : un lustre de 6 foyers, 16 lampes différentielles, 2 lampes pendulums. Il y avait aussi des machines actionnant une pompe Greindl et un ascenseur électrique que les visiteurs de l’Exposition n’ont guère pu voir fonctionner, car il n’a été terminé que peu de temps avant la fermeture de Palais de l’Industrie.
- Le modèle de chemin de fer aérien pour le transport des dépêches a beaucoup moins excité la curiosité du public que le tramway électrique, faisant le service entre le Palais et la place de la Concorde. Cette ligne avait été établie dans des conditions, peu pratiques. L’autorisation d’établir des rails aériens supportés par des colonnes ayant été accordée trop tard à MM. Siemens, un peu avant l’ouverture de l’Exposition, on dut placer ces rails sur le sol, mais sans relief, pouvant gêner la circulation des autres voitures; aussi fut-il impossible de les employer comme conducteurs de retour parce qu’ils se recouvraient d’une couche isolante de boue, on avait donc établi deux conducteurs aériens et deux contacts mobiles qui glissaient sur ces .derniers.
- Presque tous les visiteurs ont voulu essayer ce mode de locomotion installé pour la première fois à Paris et parcourir dans le car électrique la courte distance qui séparait la place de la Concorde de la porte d’entrée de l’Exposition; ce tramway aurait pu marcher à la vitesse de 70 kilomètres à l’heure, mais il n’a fonctionné qu’à une moyenne de 17. l’espace se trouvant beaucoup trop restreint et les accidents étant à craindre dans un endroit si fréquenté; tous les détails sur l’installation et la marche du tramway électrique de l’Exposition ont du reste été publiés par La Lumière Electrique dans le numéro du 4 février 1882.
- O. Kiïrn.
- SUR LA GRADUATION
- DES GALVANOMÈTRES"1
- Ayant eu l’occasion de graduer plusieurs boussoles à l’Institut des sciences physiques de l’Université royale de Rome, j’ai obtenu dans cette opération certains résultats, qui me semblent d’un intérêt général, et dignes par conséquent d’être publiés.
- Les voici brièvement exposés.
- a) Boussole de Wiedemann. — Cetté boussole a déjà été décrite et giaduée par M. le professeur Blaserna (2). J’ai employé la méthode indiquée et décrite par lui, laquelle consiste à faire passer un courant constant à travers les deux spirales de la boussole, d’abord par différence, en réglant les spirales de manière à ce que. leur action soit égale à zéro; ensuite par somme, et enfin par une d’elles, et en même temps par une troisième spirale détachée, de résistance égale à celle qui avait été exclue du circuit.
- Pour assurer la précision de cette opération, j’ai eu recours aux précautions suivantes :
- J’ai fait usage d’un courant très constant. Devant l’affaiblir pour pouvoir déterminer la spirale de résistance, je lui ai appliqué une dérivation, mais de manière à avoir le maximum de la déviation sur l’échelle.
- J’ai examiné l’influence que pouvait exercer, dans, cette déviation, un phénomène de réfraction proj duit par le petit disque'de verre,-placé devant le miroir d’acier, et dont les deux faces n’étaient pas parfaitement planes et parallèles.
- J’ai réglé l’appareil de telle sorte que les déviations à droite et à gauche de l’échelle fussent, autant que possible, égales; je l’ai gradué à droite aussi bien qu’à gauche, et j’ai pris la moyenne des déviations correspondantes.
- Les changements de température faisaient varier la résistance des deux spirales, aux diverses heures du jour : égales d’abord, elles ne l’étaient plus ensuite, quand la température avait subi une variation sensible. Comme il s’agissait de mesures de. précision, on ne pouvait pas négliger les différences produites dans des spirales de fil long et fin. Il a donc fallu en tenir compte.
- D’autre côté, les spirales qui agissent sur le miroir d’acier étant réglées de manière à ne produire aucun effet par différence, après un certain temps elles exerçaient parfois une action très sensible : il
- P) Note présentée à l’Académie des Lincci, dans la séance du 18 juin 1882.
- (2) Blaserna, Sullo svibeppo e la durata dalla corrente d’in-duclione e delle cslracorrenïi (Giornale di scienta naturali ed economiche. — Vol. VI, 1870, Palcrmo.)
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- fallait donc veiller continuellement à les changer de place pour en obtenir une action égale à zéro.
- J’ai fait trois séries d’observations, en plaçant les spirales à la distance de o,3 et 6 centimètres du miroir. .Chaque série comprend quarante à soixante observations, et chacune de celles-ci est la moyenne de beaucoup d’autres. J’ai tracé trois courbes très régulières, et j’en ai déduit les valeurs définitives de la graduation, à l’aide de la méthode de M. le professeur Blaserna.
- En confrontant mes résultats avec ceux qui ont été obtenus, il y a douze ans, pour la même boussole par M. le professeur Blaserna, on y observe quelque différence. En effet, j’ai trouvé que le principe des tangentes est sensiblement exact quand la distance des spirales est égale à zéro; tandis que dans ces mêmes conditions, il y a douze ans, la divergence de ce principe en était notable; et, au contraire, à la distance de trois centimètres, elle ne s’écartait pas d’une manière sensible. Aux autres distances, il se rencontre des divergences fort marquées et bien supérieures aux erreurs d’observation. Il en faut conclure, comme M. le professeur Blaserna l’a fait pour le galvanomètre à aiguilles astatiques, que, même pour la boussole de Wiede-mann, on ne peut pas se contenter d’une graduation faite une seule fois. Chaque fois que la boussole reçoit des courants très énergiques, et en particulier quand elle est placée sous l’action de courants intenses et de courte durée, comme le sont les courants induits, il en résulte probablement une nouvelle répartition du magnétisme dans le miroir d’acier, laquelle rend nécessaire une nouvelle graduation de l’instrument.
- b) Autre méthode de graduation. — A l’Institut de physique, on emploie aussi une autre méthode de graduation, dont j’ai voulu examiner l’exactitude et les résultats. On prend deux grands éléments bismuth et cuivre, égaux autant que possible, et dont les soudures sont maintenues à la température de la glace fondante et de la vapeur d’eau bouillante. tOn dispose un commutateur de manière à faire passer par le galvanomètre soit le courant du premier couple, soit celui du second, et enfin tous les deux réunis. Si la résistance interne des couples et celle des fils courts et gros qui transmettent le courant au commutateur, peut être négligée en comparaison de celle des fils conducteurs et de celle du galvanomètre lui-même, l’intensité du courant produit par les deux couples réunis est égale à la somme des intensités de chaque couple.
- Cette méthode a le grand avantage de pouvoir s’appliquer à des galvanomètres de formes les plus diverses. Il va sans dire que les courants thermo-électriques ne doivent pas changer d’intensité, au moins pendant un certain temps, ce qui n’a lieu qu’as-
- sez longtemps après que la pile a commencé à fonctionner. Pour vérifier la précision de cette méthode, je m'en suis servi pour graduer de nouveau la boussole de Wiedemann, à la distance zéro des spirales.
- Ces mesures m’ont donné des valeurs à peu près identiques aux précédentes. Cette seconde méthode conduit donc à de bons résultats, d’autant, plus que les petites divergences dont je viens de parler pourraient probablement s’éliminer en introduisant dans le circuit des résistances relativement grandis.
- c) Boussole de G au gain. — J’ai gradué la grande boussole de Gaugain, construite parlluhm-lcorff, en la comparant avec celle de Wiedemann intercalée par dérivation dans le circuit ; et je l’ai graduée deux fois : d’abord pour les petites déviations (jusqu’à 8“), en faisant usage de la lunette et de l’échelle comme dans la boussole de Wiede-mann; ensuite pour les grandes déviations (jusqu’à 5o°), en lisant directement les angles sur le cercle gradué de l’instrument.
- Les spirales de la boussole de Wiedemann, dans les deux cas, étaient à la distance zéro, à laquelle j’avais constaté l’exactitude du principe des tangentes.
- Ce travail devant être accompli avec toute précision, m’a obligé à prendre les précautions suivantes :
- J’ai disposé les boussoles et leurs lunettes de manière à pouvoir les observer presque simultanément. Les échelles étaient identiques et placées à la même distance des miroirs des deux instruments, et ainsi j’ai pu y lire avec le même degré de précision. J’avais eu soin de régler la boussole de Gaugain de manière à y produire des déviations égales, autant que possible, à droite et à gauche, afin de la mettre aussi sous ce rapport dans les mêmes conditions que celle de Wiedeniann.
- J’ai tenu compte des déplacements de l’aiguille occasionnés dans l’intervalle par les variations du magnétisme terrestre : je les ai lues sur l’échelle de la boussole Gaugain, même pour les grandes déviations’; je les ai réduites en degrés, et j’en ai fait les corrections. J’ai fait la graduation à droite et à gauche de l’échelle, et pris la moyenne des résultats. J’ai eu soin d’arrêter rapidement les oscillations des aiguilles; les deux instruments et leurs fils conducteurs avaient été préalablement disposés de manière à ne pouvoir exercer aucune influence perturbatrice sur les boussoles. Le courant était très constant. J’ai fait une courbe de correction à cause des déplacements produits dans les déviations par suite d’un phénomène de réfraction du petit disque de verre placé devant le miroir, dans la boussole de Gaugain, et dont les faces n’étaient pas parfaitement planes et parallèles. Cette correc-
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- tion était nécessaire, parce que les déplacements variables dans les déviations différentes se trouvaient renversés et inégaux dans les mêmes déviations à droite et à gauche de l’échelle, et, par conséquent, la moyenne une fois prise, ils ne se compensaient pas. Pour les petites aussi bien que pour les grandes déviations, j’ai gradué successivement deux fois l’instrument, et j’ai pris pour résultat final la moyenne des deux séries successives identiques autant que possible, et cela parce que, du commencement à la fin de la graduation, quelles que soient l’exactitude et la diligence de l’opérateur, les conditions de' l’expérience varient sensiblement. En effet, les résultats des deux séries successives, en général, offrent des divergences qui se succèdent avec une certaine régularité, parce qu’elles proviennent peut-être des variations de conductibilité dans les fils, particulièrement dans ceux qui servent à la dérivation, variations produites par les changements de température aux diverses heures du jour.
- De ces nombreuses mesures, il résulte que dans la boussole de Gaugain l’intensité peut s’exprimer par l’équation suivante :
- I = a tg 9 + h tg» 9
- dans laquelle I est l’intensité, cp l’angle de déviation; a et h sont des constantes déterminées sur la base des valeurs fournies par l’expérience. Dans cette équation, le terme h tg“ cp a une valeur appréciable. En conclusion, dans la boussole de Gaugain, quand on mesure avec exactitude, le principe des tangentes n’est pas suffisamment observé, et, en d'autres termes, dans la série qui exprime en général la dépendance que l’intensité a de la déviation, le premier terme représente le principe des tangentes, le second est égal à zéro, par , suite du calcul de Bravais, mais le troisième terme a encore une valeur sensible qui ne doit pas être négligée.
- Ignace Canestrelli.
- LA TÉLÉGRAPHIE
- SES PROGRÈS RÉCENTS MANIFESTÉS A L’EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- Neuvième article (Voir les «os des i3, 20 et 27 mui, des 3, 10, 17 et 24 juin et du i5 juillet 1882.)
- [c] Lignes sous-marines.
- Peut-on enduire de goudron les guipages qui enveloppent le diélectrique, ou faut-il rejeter absolument cette substance et s’en tenir à l’emploi du jute simplement tanné? La question a été longuement controversée; en ce qui concerne l’action chimique du goudron sur la gutta-percha, il semble
- prudent de ne faire usage que de celui qui provient de la distillation des bois d’essence résineuse (goudron de Stockholm) ; mais, au point de vue électrique, il paraît démontré que le goudron, quel qu’il soit, peut, en s’insinuant dans les interstices du diélectrique, masquer au moment des essais des défauts qui se manifesteront après un lavage prolongé dans l’eau de la mer.
- L’armature est formée de fils jointifs de fer ou d’acier de première qualité, galvanisés avec le plus grand soin. Pour retarder l’attaque chimique du métal et même son usure mécanique, on complète le câble en le recouvrant de confiture. Une première couche, appliquée à froid, consiste en un mélange de composition variable dont les diverses variétés sont brevetées, et souvent tenues secrètes. C’est, en général, du goudron de Norwège mélangé à une huile fluide. Par-dessus se trouvent deux bandes de fils de chanvre enroulées en sens inverse et imprégnées à chaud d’une composition à base d’asphalte ou de bitume et contenant des matières siliceuses. Pour les câbles d’atterrissement, une seconde armature est souvent superposée à la première; dans ce cas, les fils ne sont pas toujours jointifs, mais alors chacun d’eux est préalablement enveloppé de fils de chanvre; le tout est enduit de confiture, de façon que le câble présente encore dans son ensemble une section circulaire.
- On sait que, dans les premiers essais de télégraphie sous-marine, on employait simplement un fil de cuivre recouvert de gutta-percha et dépourvu d’armature. Pendant l’immersion, des poids étaient attachés de distance en distance et entraînaient le conducteur au fond de la mer. M. Bourdin propose de revenir au système des câbles légers, et supprime même les poids comme susceptibles de provoquer la rupture du conducteur en le soumettant à une tension. Tous les visiteurs de l’Exposition ont remarqué son petit navire télégraphique évoluant sur un bassin de quelques mètres carrés. Le câble enroulé sur des bobines au lieu de se dévider sous l’action de son propre poids, serait projeté à la mer avec une vitesse notablement supérieure à celle du bâtiment, de manière à garnir complètement le fond et à 11’avoir nulle part de tension. Suivant M. Bourdin, le câble, une fois parvenu au fond, se trouverait, au moins à une distance suffisante des côtes, à l’abri de toute cause de destruction. Cette théorie a des partisans et des adversaires; mais, quelque intéressante que soit l’expérience, nous craignons que l’inventeur n’ait quelque peine à trouver des financiers assez hardis pour la tenter.
- La pose des câbles s’effectue aujourd’hui, dans la plupart des cas, avec une précision presque mathématique; dans cette partie des opérations, il n’a guère été introduit non plus d’innovations, mais les gens du .métier ont acquis une expérience qui
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- est le secret de leur succès. Tout le monde se souvient du Great-Eastern, ce colossal bâtiment qui servit à la pose des premiers câbles atlantiques ; le Great-Eastefn a cessé d’être un bâtiment télégraphique,, et n’est plus employé que pour le transport des marchandises. On a renoncé, en effet, à embarquer les longs câbles sur un bâtiment unique, et on préfère les poser par sections, quitte à abandonner le bout du câble après y avoir attaché une bouée, pour revenir embarquer la section suivante. C’est ainsi qu’on a opéré pour la pose du câble transatlantique français de 1879, qui fut effectuée par le Faraday, dont une réduction était exposée au pied du trophée de la maison Siemens, de Londres. Ce navire, construit spécialement pour la télégraphie sous-marine, est à double hélice; grâce à cette disposition, l’arrière est complètement dégagé et les opérations de pose en sont singulièrement facilitées.
- Les bouées employées dans les opérations de pose et de réparation ont été bien perfectionnées dans ces dernières années, et, avec les derniers spécimens, toutes les opérations s’accomplissent sans qu’aucun accident soit à redouter. Il eût été désirable que MM. Siemens, de Londres, exposassent un de ces curieux engins, au lieu d’exposer, comme ils l’avaient fait, une bouée pure et simple n’ayant aucun rapport avec la télégraphie sous-marine.
- On a renoncé, dans la pose des câbles d’atterrissement, à l’ancienne méthode qui consistait à embarquer le câble sur des barques et à le dérouler jusqu’à terre; les fausses manoeuvres et les accidents se produisaient fréquemment, pendant cette dangereuse opération. Aujourd’hui, le bâtiment s’approche de terre aussi près que le permet le fond, et jette l’ancre, l’arrière tourné vers le rivage. Un filin solide est élongé par la poulie d’arrière jusqu’au point d’atterrissement où il passe sur deux poulies de renvoi, pour revenir au navire par la poulie d’avant, et s’enrouler sur un tambour manœuvré par la machine.
- L’extrémité du câble d’atterrissement est attachée au filin et entraînée par lui; mais, pour empêcher qu’il ne tombe au fond, on y fixe de distance en distance des flotteurs en tissu caoutchouté gonflés à l’instant même ; lorsque le bout du câble est parvenu à terre, un système d’attache fort simple permet d’en dégager successivement les diverses parties qui tombent au fond une à une; en un tour de robinet, les outres sont dégonflées; une barque les ramène à bord où un faible espace suffit pour les emmagasiner.
- En ce qui concerne la pose des câbles en mer profonde,mous n’avons rien de nouveau à signaler; depuis cinq ou six années, les améliorations ont porté sur de simples points de détail qui ont bien leur importance, mais ne sauraient trouver place
- ici. Une innovation, qui peut être utile pour les travaux de réparation, a été introduite dans les grappins destinés à remonter le câble à la surlace de l’eau. Si le câble n’a pas de mou, et qu’on cherche à le repêcher par de grandes profondeurs, il formera en se soulevant deux chaînettes dont la tension croîtra rapidement; il arrivera alors que le câble ou le filin du grappin se rompront. Il a été imaginé un grappin qui, après avoir saisi le câble, le coupe, abandonne l’un des bouts, saisit l’autre et le remonte à la surface ; il est inutile d’insister sur l’avantage que présente cette manœuvre.
- Au point de vue de la sécurité dcs*navires télégraphiques et des signaux réglementaires qu’ils doivent porter, il règne encore des incertitudes qui pourraient causer de graves accidents et qu’il importerait de faire cesser au plus tôt. Espérons qu’une convention maritime soigneusement étudiée interviendra bientôt et permettra à ces bâtiments d’effecluer, à l’abri de toute chance de collision, les opérations qui les empêchent de gouverner.
- Enfin, dans un autre ordre d’idées, il se présente des questions également intéressantes et qui paraissent appelées à recevoir bientôt une solution depuis longtemps désirée; nous voulons parler de la' protection des câbles immergés. D’après les justes réclamations des Compagnies, il importerait que des règlements internationaux fixassent le droit du premier occupant dans les parages dont la possession est disputée par les pêcheurs et les Compagnies de câbles; le tracé du câble une fois déterminé et son lit délimité, la Compagnie intéressée deviendrait, après indemnité payée à qui de droit, "en quelque sorte propriétaire du fond, et aurait à son tour le droit de se faire indemniser par ceux qui la troubleraient dans ses possessions. Nous n’entrerons pas dans le détail des diverses questions qui se rattachent à cette ordre d’idées, mais tout le monde sera unanime à reconnaître la nécessité d’une prompte solution, en songeant au préjudice énorme qui résulte, tant pour les Compagnies que pour les intérêts de l’humanité, en général, de chaque jour et de chaque heure d’interruption dans les communications sous-marines.
- {A suivre.) E. de T.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- A propos de l’histoire du téléphone.
- S’il faut en croire M. S. Thompson, nous 11e serions pas en France au courant de tous les travaux de Reiss sur la téléphonie, et suivant lui, le modeste instituteur allemand aurait pu transmettre
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- électriquement la parole dès l’année i863. Voici en effet ce que nous lisons dans le Télégraphie journal-du icr juillet 1882.
- « Dans la première communication de M. Reiss ù la Société de physique de Francfort lors de sa séance de décembre 1861, et quoique son transmetteur fut plus grossier dans sa forme que les deux autres appareils qu’il construisit plus tard et que l’on a désignés sous le nom de transmetteurs de Reiss, il put néanmoins reproduire quelques sons articulés, car voici ce qu’il dit à ce sujet : « Il ne m’a pas été jusqu’ici possible de reproduire « les sons de la parole humaine assez distinctc-« ment pour qu’on pût la comprendre, cependant « les consonnes pouvaient s’entendre quelque peu, « mais la reproduction des voyelles n’était pas « aussi satisfaisante. » Il en explique ensuite la raison en se basant sur ce que les sons reproduits sont, dans tous les téléphones, toujours plus faibles que les sons primitifs. Ce qu’il avance prouve donc que, dès le commencement de ses recherches, M. lleiss, non seulement avait l’intention de faire reproduire la parole par son appareil, mais qu’il avait assez bien réussi pour annoncer le fait, et ce genre de transmission de sons était complètement indépendant des sons musicaux. Ce n’était donc pas parce qu’011 avait cru distinguer quelques mots d'un chant, ou, comme l’a dit un ingénieur éminent, parce que quelques mots articulés se trouvaient mêlés accidentellement aux sons musicaux quand 011 chantait, que M. Reiss avait pensé à la reproduction de la parole par les moyens électriques.
- « Je passe maintenant, continue M. S. Thompson, au transmetteur ayant la forme de celui décrit dans un rapport fait en i863 par Légat et publié dans le journal autrichien de l’Association téléphonique allemande. Légat dit « qu’en ne lisant ou en ne pro-« nonçant qu’un seul mot, il devenait perceptible. » Kiihn qui, dans l’Encyclopédie universelle de Kartsten publiée en 1866, donne les figures des deux dernières formes du téléphone de lleiss, dit que le transmetteur de forme carrée ne reproduisait pas bien la parole, mais donnait seulement un son indistinct. Il ne pariait sans doute pas assez haut. Pislco, en i865, décrit de son côté cette même forme de transmetteur dans son livre sur les appareils acoustiques modernes, et à la page q5, il parle du téléphone de Reiss comme destiné à reproduire la parole, mais il ajoute que quand il fit scs premières expériences, Reiss ne put obtenir que le rhytmc des sons chantes ou parlés devant son transmetteur, et que l’appareil quoique étant regardé comme un téléphone, n’était qu’un télégraphe phonique. Dans les pages suivantes, il donne cependant les résultats d’expériences plus récentes qui ont montré que tous les mouvements de l’air dans l’embouchure de l’appareil pouvaient affecter la membrane vibrante, et que celle ci pou-
- vait vibrer à l’unisson de tous les sons quelle que fût leur nature, de même que la membrane tympanique de l’oreille. Reiss avait soutenu les mêmes idées et fut conduit à la construction de son téléphone par scs études sur l’action de l’oreille.
- « Nous trouvons ensuite plus loin dans le même livre de Pinko (p. 241) une copie du prospectus publié en août i863 par Reiss, pour accompagner l’envoi de ses téléphones et qui était communiqué par le constructeur Albert, de Francfort. Reiss dit dans ce document : « U résulte de mes expériences « qu’en outre de la voix humaine, les sons prove-« nant de bons tuyaux d’orgue, de diapasons, et « même les sons du piano peuvent être également « bien reproduits. » Dans ce prospectus on trouve également l’explication du jeu du signal d’appel fixé sur l’un des côtés du transmetteur et qui était mis en action par un transmetteur adapté à l’appareil de la station de réception.
- « D’après les instructions données dans ce prospectus, un seul coup indiquait le chant, deux coups la parole. D’après de pareilles assertions imprimées dans son prospectus, peut-on douter que Reiss n’ait pas eu l’intention de transmettre la parole? Dans le Polytechniches journal de Dingler, de i863, page 29, on trouve la phrase suivante :
- « Des mélodies pouvaient être reproduites avec « une exactitude étonnante, tandis que de simples « mots lus ou parlés étaientmoins distinctement en-« tendus, et cependant les modulations particulières « de la voix en parlant, appelant, interrogeant 041 « exprimant la surprise et le commandement étaient « parfaitement marquées. » Toutes ces citations, sans avoir à invoquer les témoignages des contemporains de Reiss et les expériences de Yeates, en i865, sont tout à fait convaincantes pour montrer cc que le transmetteur de Reiss peut accomplir. »
- M. S. Thompson, après une attaque dirigée contre nous pour avoir dit que le téléphone /de Reiss n’était qu’un téléphone musical, parle d’un autre système téléphonique installé par M. Clémens à Francfort en i863, et qui aurait également reproduit la parole. Cet appareil est resté tellement inaperçu que c’est pour la première fois qu’on en a parlé dans les journaux.
- On peut remarquer que dans tout ce qui précède, il n’est nullement question de récepteurs téléphoniques, et il serait curieux de savoir si les résul tats que l’on nous dit avoir été obtenus par M. Reiss, ont été fournis par le récepteur primitif que tout le monde connaît, ou par un récepteur électro-magnétique à armature que M. Dolbear prétend avoir été aussi combiné par lui. Nous avons peine à comprendre, en effet, qu’un récepteur constitué par une aiguille de fer entourée d'une hélice et montée sur une caisse sonore simplement posée sur une table, puisse reproduire la parole avec un transmetteur à contacts métalliques. Ccr-
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- tainement avec des récepteurs téléphoniques délicats, que l’on peut placer contre l’oreille, il pourra bien en être ainsi; mais foire parler haut une simple aiguille de fer magnétisée, actionnée par des courants dont les variations d’intensité sous l’influence des vibrations vocales sont effectuées dans un champ aussi restreint que l’est celui dans lequel peut agir un transmetteur à contacts métalliques, cela nous paraît difficile à admettre pour ne pas dire impossible, et c’est pourquoi nous avons toujours regardé le téléphone de Reiss comme un appareil simplement destiné à reproduire à distance des mélodies musicales avec courants complètement interrompus. Il nous a d’ailleurs toujours été présenté de cette manière, dans toutes les descriptions qui nous sont parvenues, et il nous semble que si la transmission de la parole eût été réellement obtenue à cette époque, les trompettes de la renommée qui ont si fort retenti en 1876, quand la découverte de Bell nous a été annoncée, nous eussent prévenus, dès 1861, d’un résultat si extraordinaire et si important.
- Il est probable qu’en ceci comme dans la plupart des grandes ' découvertes modernes, le premier inventeur n’avait obtenu que des résultats insignifiants, et que ce sont ceux qui sont venus après lui qui, ayant perfectionné les procédés et ayant produit des effets plus décisifs, ont attiré l’attention publique, malgré l’incrédulité qui a accompagné l’annonce de cette découverte, et ont pu être considérés comme les inventeurs réels. Néanmoins il est impossible de ne pas considérer le téléphone de Reiss comme le point de départ de tous les autres, et c’est ce que M. Th. du Monccl a toujours dit.
- Sur un compteur chronographe pour la lumière électrique.
- Dans un système de distribution électrique dans lequel l’intensité est automatiquement maintenue constante dans tous les circuits des abonnés, l’estimation de la dépense de chaque circuit revient à l’estimation du temps pendant lequel chaque circuit fonctionne, puisque, tant qu’il fonctionne, il consomme toujours la même quantité d’électricité. Le compteur cTélectricité peut donc être dans ce cas remplacé par un compteur de temps. C’est là une idée qui a déjà été émise à diverses reprises, et MM. Hours-Humbert et de Brandon de Liman ont combiné pour la mettre en pratique l’appareil suivant qui constitue le compteur destiné à un même abonné utilisant plusieurs circuits égaux; supposons par exemple 21 circuits comprenant chacun une lampe du même système :
- L’organe principal du compteur est un cylindre C qui peut être considéré comme formé par la juxtaposition de 20 roues; la première de ces roues
- porte à sa circonférence une dent, la seconde deux, la troisième trois..., la vingtième vingt. En face de l’une ou l’autre de ces roues peut venir se placer la grande roue denLée A qui engrène toujours sur le cylindre cannelé dit cylindre de transmission et par son intermédiaire fait avancer les aiguilles indicatrices. Le cylindre G mû par un rouage
- jlJecanismc de# aiguilles
- commutateur
- ----Cylindre, de-h ansmission
- Ressort de rappel
- Cylindre multiplicateur
- Mouvement dliorlop/cric- action-uzni le-cylindres C ,
- d'horlogerie fait un tour en 6 minutes. A chaque tour il ïcra donc avancer l’aiguille d’une quantité plus ou moins grande suivant le disque en regard duquel sera la roue A.
- D’autre part sur la paroi du compteur sont disposées 20 clefs correspondant chacune à une lampe ; pour allumer une lampe, il faut tourner une de ces clefs, mais en même temps on agit sur une roue B qui avance d’une dent chaque fois qu’on tourne une clef. Chaque fois que B tourne d’une dent elle agit sur une poulie portant une chaîne attachée d’autre part à la roue A. Il en résulte que
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- cette dernière avance d’un disque sur le cylindre C.
- On voit donc que si on tourne une clef, la roue A sera sur le premier disque et pour un tour de C tournera d’une dent ; si on tourne deux clefs, A sera sur le deuxième disque et avancera de 2 dents par chaque tour de C; en un mot A avancera pour chaque tour de C, ou pour chaque période de 6 minutes, d’autant de dents qu’on aura tourné de clefs.
- Pendant chaque période de six minutes, l’aiguille indicatrice avancera par suite sur son cadran d’autant de divisions qu’il y aura de circuits utilisés; elle marquera donc le temps total de fonctionnement des appareils.
- Il va sans dire que si on éteint une ou plusieurs lampes la roue B se meut en sens inverse de son premier mouvement et la roue A rétrograde sur le cylindre d’autant de disques qu’on a tourné de clefs pour produire l’extinction. Les indications de l’aiguille, qui suit tous les mouvements de la roue A, sont donc toujours proportionnelles à la quantité d’électricité dépensée.
- Devant la roue B est un disque dit disque de sûreté; il a pour but de soustraire la roue B à l’action simultanée de plusieurs clefs. On y a ménagé une échancrure juste suffisante pour permettre le mouvement d’une clef. Au moyen du levier du disque, on amène cette échancrure en face de la dent correspondant à la clef que l’on veut tourner. Cette disposition empêche toute fraude.
- Ajoutons que les clefs pourraient être placées à distance de l’appareil en divers endroits et agir sur lui par l’intermédiaire d’organes électro-magnétiques.
- Méthode pour la détermination de l’ohm, par M. J. Joubert (*).
- « Qu’on suppose, d’une part, un circuit traversé par un courant, dont l’intensité est mesurée en valeur absolue par une boussole des tangentes ; d’autre part, un fil non fermé sur lui-même, soumis à l’induction et présentant à scs extrémités une force électromotrice variable suivant un sinus du temps,
- * • 1 c — k sm 2 7; -j;,
- et dans des conditions telles que la constante A puisse être calculée facilement (inducteur terrestre de Weber, inducteur sinusoïdal de Weber et Kohl-rausch, etc.) ; enfin, un électromètre à quadrants, dans lequel l’aiguille est reliée d’une manière permanente avec une des paires de quadrants (2).
- « On met alternativement en communication avec
- (g Note présentée à l’Académie des Sciences dans la séance du 5 juin 1882.
- (2) Comptes rendus, séance du 19 janvier 1881.
- les électrodes de l’électromètre : i° deux points A et B, pris sur le premier circuit et séparés par la résistance à mesurer; 20 les deux extrémités du fil induit. La déviation observée est proportionnelle au carré de la différence de potentiel des deux points A et B dans le premier cas, et au carré de la force électromotricc moyenne (moyenne des carrés de la force électromotrice) dans le second. Si, pour simplifier ,1e raisonnement, ou suppose que les déviations observées soient identiques, on aura avec le courant, en appelant E la différence de potentiel entre les deux points A et B, I l’intensité du courant, G la constante de la boussole, a la déviation de l’aiguille, H la composante horizontale du magnétisme terrestre, et, en désignant par k une constante dépendant de l’électromètrè,
- \/d = ÆE — /GR = /.' tang a. R ;
- avec l’inducteur terrestre, en appelant S la surface comprise par les spires et T la durée de la révolution du cadre
- avec l’inducteur sinusoïdal, en représentant par G! la constante de la bobine, et par Mie moment magnétique de l’aimant tournant
- \Jd — k Gi M.
- La résistance R sera donnée, avec la première dist position, par l’équation
- r, _ SG .
- T tang a’
- avec la seconde, par l’équation R _ «t/S gg, m
- T tang a H
- Dans le premier cas, on a seulement à o bserver T et a, et à calculer les deux constantes S et G; dans le second, il faut déterminer en outre le rapport
- jj par la méthode de Gauss. Il est facile de se placer dans des conditions où ces mesures et ces calculs puissent se faire avec une grande exactitude.
- « La rapidité avec laquelle peuvent se succéder les comparaisons des deux forces électro-motrices permet de ne pas se préoccuper des variations de H; le circuit induit restant constamment ouvert, il n’y a pas à se préoccuper non plus des effets de self-induction ; enfin, la force électromotrice du circuit induit intervenant seule, on n’a pas à compter avec la résistance de ce circuit, et par suite, sous Ce rapport du moins, avec la longueur et le diamètre du fil. »
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- FAITS DIVERS
- M. le Ministre* des Postes et des Télégraphes fait construire en ce moment au Bois de Boulogne un laboratoire électrique. Cet emplacement en dehors de Paris a été choisi afin de mettre le laboratoire à l’abri des tremblements du sol causés dans la capitale par le passage des voitures. Le nouvel établissement scientifique sera prochainement ouvert au public.
- Une embarcation à moteur électrique vient d’être construite à Cronstadt pour S. A. I. le grand-duc Ccsarévitch par Patelier des torpilles. Cette embarcation, qui vient d’arriver à Peterhof, peut être facilement mise en mouvement et dirigée par une seule personne.
- Les journaux anglais viennent encore de signaler un cas d’éclair (en boule survenu à la suite d’un coup de foudre. « Dans une paroisse rurale d’Angleterre Boo personnes assistaient le 25 juin dernier à l’office divin. Au moment où le prêtre anglican donnait sa bénédiction, un violent coup de foudre éclata, et une boule de feu parfaitement aperçue par tous les assistants traversa l’église de part en part. En proie à une panique trop facile à comprendre les assistants se sauvèrent tumultueusement, mais heureusement il ne se produisit aucune espèce d’accident. »
- Un chemin de fer électrique a été établi à l’Exposition de Moscou. Ce chemin de fer est ouvert an public, le prix du parcours étant fixé à vingt kopeks.
- Un nouveau chemin de fer électrique, va être construit en Allemagne entre Francfort sur le Mcin et la ville d’Offen-bacli, située à vingt minutes de la station de Mainkur. La distance entre ces deux villes n’est que de quelques kilomètres.
- Éclairage électrique
- Un certain nombre d’éclairages électriques ont été installés la semaine dernière à l’occasion de la fête du 14 juillet.
- Parmi les principales installations, nous citerons d’abord celles de l’Hôtel-de-Villc. Pour la fête d’inauguration du i3, la Société Lyonnaise de construction mécanique et de lumière électrique avait éclairé la salle Saint-Jean avec 12 foyers Brush de 75 earccls. Le plafond de la salle du banquet et le salon de l’orchestre étaient également éclairés, le premier avec 8, le second avec 2 foyers Brush. Ces 22 foyers étaient produits par deux machines, l’une de 16 foyers, l’autre de 6, actionnées par un moteur de 20 chevaux.
- Le lendemain, lTIôtel-de-Ville était éclairé par 9 foyers du même système, de 75.carcels chacun, et deux gros foyers de i5oo carcels chacun, le tout alimenté par une machine de 20 chevaux.
- Les lampes Brush ont servi également à l’éclairage du jardin des Tuileries : 38 foyers de 75 carcels chacun étaient répartis dans le jardin. Ils étaient tous alimentés par une seule machine électrique que mettait en mouvement une machine à vapeur de 35 chevaux.
- A l’Arc de Triomphe, c’est à la Lampe-Soleil que l’on avait eu recours. La façade du côté des Champs-Elysées était éclairée les i3, 14 et i5 par six lampes de 5oo carcels, disposées en 2 circuits et placées en deux centres d’action à l’extrémité de chacune des contre-allées de l’avenue des Champs-Elysées. O11 voit que la lumière était projetée de loin sur l’Arc et la disposition était telle que les spectateurs ue pouvaient voir les points lumineux. Malgré la distance de 80 mètres qui séparait les foyers de l’Arc de Triomphe,
- celui-ci était bien en lumière e*t vu des Champs-ÉIysées se détachait vivement sur le fond obscur du ciel.
- La Société de la Lampe-Soleil avait également organisé , l’éclairage d’un bal public à l’avenue d’Italie, devant la chapelle Bréa.'4 foyers de 120 carcels constituaient cet éclairage. Enfin, le 14 et le i5, six foyers de 120 carcels ont éclairé la façade des ateliers et bureaux de la Lampe-Soleil au 42 de l’avenue Wagram
- L’éclairage électrique du dôme des Invalides avait été installé par M. de Méritons à l’aide de 20 foyers Jablochkoff. Sur ces vingt foyers, 16 étaient répartis autour de la coupole et 4 avaient été placés dans le haut, immédiatement au-dessus. La machine électrique, système de Méritons, qui alimentait ces foyers était placée dans la cour des Invalides. Une machine du même système installée dans l’impasse Froissard et actionnée par la machine à vapeur d’une scierie de marbre alimentait 6 foyers Jablochkoff et éclairait le bal delà rue Turenüe, à la hauteur du n° io3.
- Les machines de Méritons étaient encore employées pour fournir le courant au phare de l’Administration des phares, au Trocadéro, — à deux foyers de bougies installés à Clichy, boulevard National, devant la distillerie de M. Bardon, et enfin à deux foyers placés devant les ateliers de M. de Mé-ritens, 44, rue Boursault.
- On nous signale encore deux éclairages électriques faits en province à l’occasion de la fête avec le système Brush. Au Havre, le jardin de l’Hôtel de Ville était éclairé par 16 foyers de 75 carcels; à Hyères, 16 foyers semblables éclairaient le boulevard de la Gare. Dans les deux cas on se servait d’un moteur à vapeur de i5 chevaux.
- On vient d’installer aux concerts Besselièvrc aux Champs-Elysées un éclairage électrique d’un très bon effet et qui ne présente pas ces changements de couleur qui ont été si désespérants avec les bougies Jablochkoff. Cet éclairage se .compose de 16 lampes à point lumineux fixe d’un système combiné par M. Mondos. Il paraît que dans ces lampes le réglage de la lumière est obtenu par la seule combinaison de deux leviers; il n’y a par conséquent ni rouages, ni ressorts, et suivant l’inventeur chacune d’elles n’exigerait que les trois quarts d’un cheval vapeur pour fournir une lumière d’une intensité de /|0 becs carcel. Son fonctionnement est automatique et pare elle-même à toutes les chances d’extinction ; de sorte que plusieurs lampes étant placées sur le même circuit, si l’une d’elles vient à manquer celle-là seule s’éteindra sans que les autres soient affectées. Nous avons étudié à deux reprises ces lampes pendant toute la durée des concerts, et nous avons reconnu qu’elles présentaient une fixité satisfaisante. Nous aurons occasion d’en donner plus tard la description.
- A Nice, il est de nouveau question d’installer sur la scène et dans la salle du théâtre des appareils de lumière électrique et de supprimer complètement l’éclairage au gaz.
- La Société botanique royale d’Angleterre a tenu la semaine dernière à Rcgent’s Park, sa fête annuelle à laquelle assistait la duchesse de Teck. L’illumination des jardins de la Société à Regent’s Park a eu lieu avec des lampes Wes-ton, Maxim et Giïicher, fournies par la Electric Eight and Power generator Company et par la Giilchcr Electric Light and Power Company.
- La Bourse de Manchester est maintenant éclairée par la British Electric Light Company.
- Le grand hall central a reçu neuf foyers à arc d’uncquiis-sa'nce de six mille candies, et les corridors et bureaux sont éclairés par deux cent dix lampes à incandescence, alimentées par une machine Gramme et un moteur d’une puissance de 25 chevaux. Les salles à manger et restaurants ont été éclairés avec des lampes à incandescence Swan des ma-
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- chines à courant alternatif étant employées en même temps qu’un moteur à gaz Crossley de 12 chevaux.
- A Ring’s Lynn, port du comté de Norfolk, un éclairage électrique vient d’être installé par la British Electric Light Company avec la machine Gramme et 62 lampes à incandescence. Une lampe à arc Brockie, de la force de 6000 candies, a été aussi suspendue sur la place du marché.
- A bord de Y Al mirante Brown, cuirassé' de la République argentine, ont lieu en ce moment, dans la rade de Buenos-Ayres, des expériences de lumière électrique avec divers appareils perfectionnés, envoyés d’Europe.
- La « Normandy » grand vapeur à aubes construit dans les chantiers John Elder à Glasgow pour le compte de la Compagnie du chemin de fer London, Brighton and south Coast et de la Compagnie du chemin de fer de l’Ouest de la France vient d’c'.re pourvu d’appareils, pour l’éclairage électrique.
- A Sydney, capitale delà Nouvelle-Galles du Sud, l’éclairage au gaz est déjà remplacé en différents endroits par la lumière électrique. La South Australian Electric Company vient à son tour d’importer dans cette ville les machines et appareils nécessaires pour l'installation de foyers électriques.
- On annonce la fondation à Londres de l’Anglo-Spanish Brush Electric Light and Power Company, destinée à exploiter les brevets Brush et Lane Fox en Espagne et aux colonies de Cuba, Porto-Rico, des Philippines.
- L’Elcetric Lighting Supply and Fittîng Company vient de se former à Londres pour l’exploitation des brevets de M. Killingwortli Iledges.
- La United Kingdom Economie Electric Light and Power Company vient d’être enregistrée à Londres.
- L’Edison’s Indinn and colonial Electric Company se propose d’exploiter les brevets Edison dans l’Inde, à Ccylan, en Australie et dans l’Afrique du Sud.
- A Buenos-Ayres, la municipalité vient de régler définitivement la question de l’éclairage électrique dont on s’occupait dans cette ville depuis plusieurs mois. Un contrat a été passé à cet effet avec une Compagnie électrique. On commencera par l’éclairage des rues qui entourent la place Victoria. Parmi ces rues, celles de la Recouquista et de Mayo seront dotées les premières de ce perfectionnement.
- Une nouvelle Compagnie électrique vient de se fonder à Londres. C’est l’Anglo-Austrian Brush Electrical Company. Elle a pour objet d’exploiter les brevets de M. Brush et de M. Lanc-Fox en Autriche et en Hongrie.
- La Jablochkoff Electric Light and Power Company s’est constituée à Londres pour exploiter la lumière Jablochkoff et l’appareil Gafehouse.
- Télégraphie et Téléphonie
- Une ligne télégraphique souterraine va être posée par les soins du Post Office entre Glasgow et Springburn (Ecosse).
- Une ligne télégraphique souterraine va être posée entre Tours et Ruffec. Cette ligne souterraine longera la route nationale n° 10 sur la totalité de son parcours dans le département de la Vienne.
- Le transport de l’État, la Charente vient de poser le câble sous-marin qui relie Bône à Bizerte.
- Depuis plus de vingt ans le gouvernement espagnol demande aux différentes Compagnies de chemins de fer d’Espagne une place pour poser des fils télégraphiques destinés au service du public. Le ministre actuel des travaux publics d’Espagne vient de prendre le parti d’établir dans toutes les stations de chemins de fer des appareils télégraphiques avec des employés pour la transmission des dépêches particulières.
- Une correspondance directe entre Constantinople et Ropie par l’appareil Hughes a été établie dernièrement aVec plein succès. L’administration des Télégraphes italiens, d’accord avec celle de France, a cru utile devant ce résultat de poser un nouveau fil spécial et direct entre Rome et Paris, à côté du fil spécial anciennement existant. Ce second fil fonctionne déjà depuis quelques jours et permet la transmissjpn immédiate à Paris des télégrammes expédiés de Constantinople à Rome. La direction des télégraphes ottomans vient de saisir les administrations de Rome et de Paris du projet d’établir, s’il est possible, par le nouveau fil des communications entre Constantinople et Paris directement pour |es télégrammes à destination de la France et de l’Angleterre et vicc-versâ. L'adoption de ce projet promet de grands avantages pour ce qui est de la „célérité requise avant tout dans la correspondance télégraphique.
- Un crédit extraordinaire de deux cent cinquante mille francs, demandé par le ministre des Postes et des Télégraphes, en vue d’expériences d’exploitation de réseaux téléphoniques dans certaines villes de province vient d’être accordé par la commission du budget. Cette commission a été d’avis de limiter l’essai aux villes de Nice et de Reims. Il a été entendu que ni le ministre, ni la commission ne veulent, par ce vote, préjuger la question de savoir si les téléphones seront exploités définitivement par le gouvernement ou laissés à l’industrie privée. Il a été décidé en même temps qu’en attendant le résultat de l’épreuve, les Compagnies fonctionnant déjà seront autorisées à desservir les banlieues çles villes dans les mêmes conditions que le service du ministère des Postes et des Télégraphes.
- Entre Rambouillet et les bureaux municipaux de Roquefort et de Saint-Arnould, tout le service se fait depuis quelque temps par téléphone.
- Le réseau téléphonique du Havre a pris en quelques mois une assez rapide extension.
- Lg. Journal du Havre annonce qu’il vient de relier les bureaux de sa rédaction et de son administration au réseau téléphonique havrais.
- Le gouvernement belge vient d’accorder une concession pour l’exploitation de la téléphonie à grande distance au moyen de câbles souterrains.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 30184
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- La
- Lumière Électrique
- Journal universel dlElectricité
- 51, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL Administrateur-Gerant : A. GLÉNARD - p - W-* # A
- 4® ANNÉE (TOME VII) SAMEDI 29 JUILLET 1882 N® 3Ô
- SOMMAIRE
- Conductibilité électrique des minéraux (2e article); Th. du Moncel. — Les dynamomètres (fin); Gustave Richard. — La télégraphie, ses progrès récents manifestés à l’Exposition Internationale d’Electricité (io° article) : Appareil Wheatstone; E. de .T.— ExpositionInternationale d’Élec-tricité : Exposition du ministère de la marine; O. Kern. — Exposition Internationale d’Électricité Galerie des machines : Signal Office des Etats-Unis d’Amérique; C.-C. Soulages. — Recherches expérimentales sur les machines dynamo-électriques ; Marcel Deprez. •—Bibliographie : Détermination des éléments de construction des électro-aimants, par M. Th. du Moncel. —L’éclairage électrique et ses applications pratiques, par A. von Urbanitzky. — Manuel d’électromètrie industrielle, par R.-V. Picou. — Guide des épreuves électriques à faire sur les câbles télégraphiques, par Valdemar Hoskiaer; Aug. Guerout. — Revue des .travaux récents en'électricité : Sur les apparences de l’arc électrique dans la vapeur du sulfure de carbone, par MM. Jamin et Manœuvrier. — Sur un chercheur sous-marin. — Correspondance : Lettres de MM. Jacobi et J. W. Giltay. — Faits divers.
- CONDUCTIBILITÉ ÉLECTRIQUE
- DES MINÉRAUX
- 2e article. ( Voir le numéro du il juillet 1882.)
- Troisième catégorie. — Les minerais métalliques peuvent se répartir, au point de vue de leur pouvoir conducteur, en trois groupes très-distincts qui ont des caractères essentiellement différents : i° les minerais qui n’ont qu’une conductibilité métallique très .prononcée ; 20 les minerais qui, ne possédant que cette sorte de conductibilité, sont néanmoins excessivement résistants ; 3° les minerais qui, en outre de leur conductibilité métallique, alors assez médiocre, possèdent une conductibilité électrolytique plus ou moins développée.
- Les types principaux des minerais appartenant: au premier groupe sont les pyrites de fer (sulfures de fer), la galène (sulfure de plomb), la plombagine (carbure de fer et de silice), les sulfures de nickel, de cobalt, de bismuth, d’argent, de cuivre, la phil-lipsite (sulfure de cuivre et de fer ), fillménite (fer titané), le mispickel (fer sulfo-arséniuré), l’arsenic
- natif, la pyrolusite (peroxyde de manganèse). Leur conductibilité est si grande que, pour obtenir sur mon galvanomètre des déviations appréciables, il a fallu employer la dérivation sans résistance de mon appareil rhéostatique ; de sorte que cette dérivation ne se trouvait alors constituée que par les fils de jonction de cet appareil avec le galvanomètre, lesquels constituaient environ uîie résistance de 3 mètres de fil télégraphique. Or les déviations que j’ai obtenues dans ces conditions variaient de 74 a 88 degrés, et les. résistances correspondantes étaient comprises entre i5o et 3oo mètres de fil télégraphique, soit i,5 à 3 ohms.
- Avec ces’ sortes de pierres, le courant transmis varie peu en intensité et ne fournit jamais de courant de polarisation, quelle que soit la durée de sa fermeture, ce qui est une preuve de la conductibilité purement métallique de ces corps. Néanmoins le courant n’y acquiert pas aussi vite que dans les métaux son maximum d’intensité. Quand la pile est constante, on remarque, en effet, après une fermeture du circuit de cinq minutes, un léger accroissement d’intensité. Si la pile n’est pas constante, cette intensité, au contraire, s’abaisse, mais par suite de la polarisation du générateur électrique.
- En raison de cette conductibilité métallique, les effets propres aux corps métalliques doivent se montrer plus ou moins dans les pierres dont nous parlons. Aussi voyons-hous la chaleur diminuer légèrement leur conductibilité, comme elle le fait pour les métaux, et les courants thermo-électriques qui résultent de réchauffement des électrodes ne suffisent pas pour changer les conditions de transmission qui ont été faites au courant voltaïque. Il est vrai que la partie du courant qui passe par le galvanomètre est alors si faible, à cause de la petite résistance de la dérivation galvanométrique, qu’il faudrait une tension électrique bien supérieure à celle de ces courants thermo-électriques pour pouvoir impressionner un courant voltaïque aussi puissant que le courant employé. Quoi qu’il en soit, voici les résultats que j’ai obtenus avec des échantillons de galène, de pyrite jaune de fer et de pyrolusite, que j’ai étudiés à ce point de vue.
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- Apres ApreB
- échauf- échauf-
- 5 mi- fement fement
- Intensité nu- au au
- Minerais électrique tes pôle pôle
- semi-conducteurs. au début. après. positif. négatif*
- Galène (sulfure de plomb). (8o®-56) 59° 56° 540
- Pyrite (sulfure de fer). . . Pyrolusite (peroxyde de (76°-56) 58 55 ' 54
- manganèse.) (65»-46) 45 46 45
- Dans les trois cas, aucun courant de polarisation n’a été déterminé par le passage du courant voltaïque; mais, quand on chauffait les pierres à l’une ou l’autre des électrodes, on obtenait d’énergiques courants thermo-électriques de sens inverse qui indiquaient une intensité de go degrés au bout de quelques secondes et qui étaient toujours dirigés de la partie chauffée à la partie froide. Ces courants, quoique n’impressionnant pas le courant voltaïque, se- retrouvaient aussitôt que ce dernier était interrompu et que la dérivation galvanomé-trique était enlevée, et ils variaient naturellement de sens suivant le bout de la pierre chauffée en dernier lieu. En chauffant la pierre entre les deux électrodes, on obtenait d’abord des courants instables qui variaient de sens plus ou moins fréquemment ; mais ces courants finissaient' par prendre une direction fixe et augmentaient d’intensité tant qu’on continuait à chauffer la pierre. Quand on cessait, le courant s’affaiblissait naturellement, mais il persistait jusqu’au complet refroidissement de la pierre.
- Les types les plus remarquables appartenant au second groupe des minerais métalliques, c’est-à-dire aux minerais qui ont une conductibilité infiniment petite, sont le cinabre (sulfure de mercure), la stibine (sulfure d’antimoine), la berthiérite (sulfure d’antimoine et de fer. 3 Sb2 Su3 -j-4 Fe Su), Y hématite rouge et brune (oxyde de fer), 1 ç, fer oligiste écailleux. A en juger par leur aspect métallique et leur poids, relativement considérable, on croirait qu’ils devraient être admirablement conducteurs, et ils le sont moins que les agates et la plupart des pierres considérées comme très peu conductrices. Voici, en effet, les déviations que j’ai pu constater avec de forts échantillons de ces différentes pierres et en retirant du galvanomètre toute dérivation.
- Au 5 minutes
- début. après.
- Cinabre • • (2°) .2°
- Stibine. . . , .. . . (10-8) 8
- Berthiérite .... (10-6) 6
- Hématite brune . . . . (6-5) 4
- Hématite rouge . . . . (3o-i8) 10
- Fer oligiste écailleux . . . . (18-11) 10
- Avec ces sortes de minerais on ne peut obtenir ni courants de polarisation, ni courants thermoélectriques; mais la chaleur augmente leur pouvoir conducteur. Ainsi les échantillons de cinabre et de stibine, après avoir été chauffés pendant dix minutes, ont eu leur conductibilité portée de 2 degrés à
- 10 degrés, et de 8 degrés à 21 degrés, puis elle a diminué avec le refroidissement, mais très lentement pour la cinabre. Il est à remarquer, du reste, qu’avec cette dernière substance les mouvements électriques sont d’une lenteur extrême; avant d’arriver à cette déviation de 2 degrés, il a fallu plus d’une minute. L’humidité de l’air ne paraît pas impressionner ce minerai, pas plus, d’ailleurs, que la stibine quand elle est pure; mais quand ce dernier minerai est allié à quelques parties quartzeuses, on retrouve alors les traces des effets hygrométriques.
- Les minerais qui, en outre de leur conductibilité métallique, possèdent une conductibilité électrolytique marquée, sont ceux qui produisent les effets les plus curieux et les plus variés. Les types les plus remarquables sont : le fer oligiste {spéculaire ou terreux) (oxyde de fer Fe2 O3), le fer magnétique (oxyde de fer Fe O -|- Fe2 O3), la blende de zinc (sulfure de zinc), la francklinite (ferrate de zinc Fe2 O3 Zn O), le wolfram (tungstate de fer) et l’hématite terreuse (rouge); mais les minerais métalliques qui ont beaucoup de gangues et qui sont pauvres en métal et peu homogènes se trouvent plus ou moins dans ces conditions, et cela se comprend facilement, puisqu’ils participent alors des pierres quartzeuses et des pierres métalliques.
- Généralement les minerais qui appartiennent à ce groupe ont une médiocre conductibilité pour des minerais métallifères, mais qui est considérable par rapport à celle des pierres ordinaires. L’échantillon de fer oligiste que j’ai le plus expérimenté avait une résistance de 20.480 ohms à une température de 20 degrés; l’échantillon de wolfram, à la même température, représentait 1.034.660 ohms, et l’échantillon de fer magnétique 2.56o ohms.
- A l’état normal, ces minéraux présentent, sous l’influence du courant qui les traverse, les effets électrolytiques et électrostatiques dont j’ai parlé avec détails pour lès pierres dures d’origine siliceuse, et èn particulier pour le silex d’Hérouville; ainsi, le fer oligiste ayant donné au début, avec la dérivation galvanométrique de 40 ohms, une déviation de (go°-8o°), a fourni au bout de cinq minutes une déviation de 81 degrés, qui s’est maintenue après dix minutes, et j’ai pu obtenir un courant de polarisation qui, étant au début de (go°-82°), était encore de 40 degrés au bout de vingt minutes. En chauffant cette pierre soit à une électrode, soit à l’autre, on crée des courants thermo-électriques relativement énergiques, mais dont les effets sont dissimulés par l’augmentation de conductibilité qu’acquiert la pierre sous l’influence de l’élévation de la température. Cet accroissement de conductibilité est, en effet, très considérable, et on peut le mesurer assez facilement, car, en chauffant alternativement les deux extrémités de la pierre et en variant les temps d’échauffement, on peut faire passer celle-ci de la température ambiante à une tempéra-
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- ture donnée sans qu’il y ait production de courants thermo-électriques ou locaux, et dès lors on peut voir dans quelle proportion a augmenté la conductibilité en passant d’une température à l’autre. Or, ayant trouvé à la température normale et avec la dérivation galvanométrique de i ohm une intensité représentée par (i3°-n°), cette intensité est devenue (35°-27°) quand sa température, en devenant uniforme, a atteint environ iio degrés. Dans ces conditions, quand je chauffais la pierre à l’électrode positive, la déviation était portée en quelques secondes de 27 degrés à 34 degrés, et, quand j’éloignais la lampe, elle revenait à 27 degrés en peu d’instants. En chauffant ensuite l’autre électrode, l’augmentation d’intensité s’est effectuée de la même manière, mais beaucoup plus vite, sans doute, parce qu’alors le courant thermo-électrique développé se trouvait marcher dans le même sens que le courant voltaïque; mais la déviation revenait à son point de départ plus lentement. Après l’interruption du courant voltaïque, le courant thermo-électrique rémanent était encore de 19 degrés et dans le sens que devait lui donner le dernier échauffement. Enfin, quand la pierre'a été complètement refroidie, le passage du courant voltaïque a déterminé de nouveau la déviation de (i3°-n°) primitivement trouvée qui a atteint 12 degrés au bout de dix minutes, et le courant résultant de la pierre qui n’était plus, cette fois, thermo-électrique, a fourni une déviation de (go°-550), laquelle était encore de 120 au bout d’une demi-heure.
- Avec le fer oligiste terreux, qui a une résistance plus considérable que le fer oligiste spéculaire, les courants thermo-électriques se développent beaucoup moins énergiquement, et, comme la chaleur augmente dans de grandes proportions sa conductibilité, il arrive que réchauffement produit à l’une ou à l’autre des électrodes ne renverse pas immédiatement le sens du courant thermo - électrique préalablement développé. Tout au contraire, il augmente considérablement la déviation déjà produite, et ce n’est qu’au bout de quelques instants que l’inversion se produit. Cet effet se comprend d’ailleurs facilement si l’on réfléchit que, l’élévation de la température au bout le plus froid augmentant la conductibilité générale de la masse pierreuse, le courant primitivement développé passe alors plus facilement, et ce n’est que quand le bout ainsi chauffé a acquis une assez grande quantité de chaleur pour empêcher la production du courant primitivement déterminé que la déviation diminue, pour passer ensuite du côté opposé, quand l’excédent de chaleur a changé lui-même de côté. Voici, en effet, les résultats que j’ai obtenus avec un échantillon de fer oligiste terreux de Dielette (Manche).
- Ayant obtenu avec cet échantillon non échauffé une déviation de (7o0-48°) au début, et de 5o degrés au bout de dix minutes, avec un courant de polari-
- sation de (9o°-5o°), que’ j’ai laissé disparaître, j’ai chauffé la pierre à l’une des électrodes, et, après un temps assez long (trois ou quatre minutes), j’ai fini par obtenir un courant thermo-électrique de — 6 degrés, qui a atteint — 10 degrés après que la lampe a été retirée. Or ce courant a fourni une déviation de — 3o° en peu d’instants, après que j’ai eu chauffé la seconde électrode, et ce n’est qu’après avoir atteint un maximum de — 36° que cette déviation a commencé à diminuer, pour passer ensuite rapidement du côté opposé et atteindre -}- n°, puis i5° quand la lampe a été éloignée; après quoi elle a diminué, et en chauffant du côté opposé on n’a pu la ramener qu’à 4- 4°-
- La pierre étant encore très chaude, on a fait de nouveau passer le.courant de la pile qui a fourni au début une déviation de (go°-630), laquelle est tombée, à la suite du refroidissement, à 5g degrés au bout de cinq minutes et à 55 degrés au bout de dix minutes, avec un courant de polarisation de (77°-42°), qui s’est réduit à 22 degrés au bout de cinq minutes. On alors fermé de nouveau le courant, qui n’a plus fourni qu’une déviation de (75°-5o°), laquelle est devenue 62 degrés après un échauffement successif aux deux électrodes; mais l’effet était naturellement plus caractérisé et plus prompt quand c’était le pôle positif qui était chauffé.
- Des effets analogues se sont produits avec la blende de zinc, le fer magnétique, la franklinite, le wolfram et l’hématite rouge terreuse, mais c’était avec le fer magnétique et la franklinite qu’ils étaient le plus caractérisés ; j’ai obtenu, en effet, les chiffres suivants :
- Au début. 10 Courant minutes de
- Fer magnétique avec dériva- 0 0 après. 0 polarisation. 0 0
- tion de iohm (Qo-74) 74 (—5o-38)
- Franklinite avec dérivation de 40 ohms (90-65) 69 (-68-36)
- Franklinite avec courant ren-versé (85-6g) 72 puis -f* 20 fixe. (—90*50)
- Fer oligiste terreux avec dérivation de 160 ohms (70-48) 5o puis — 20 fixe. (—90-50)
- Blende de zinc avec dériva-tion de 640 ohms (47-38) 33 puis — 35 au bout de 10“ de repos. (—27-20)
- Wolfram avec dérivation de 1280 ohms (90-67) 66 (-10- 8)
- Hématite rouge terreuse sans dérivation * • • (75-5o) 45 au bout de ihiom d'électrisation. (- 6- 4)
- au boutde ihiom d’électrisation.
- Le wolframj l’une des moins conductrices de toutes ces pierres, ayant été chauffé à 1 électrode positive, l’intensité du courant s est elevee a 79
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- grés en quelques secondes et à 90 degrés en chauffant l’autre électrode. Les courants thermo-électriques développés par cette pierre étaient, du reste, à peu près aussi énergiques que ceux développés avec les autres pierres et disparaissaient également avec le refroidissement sans laisser de traces. L’hématite rouge terreuse a fourni les mêmes effets sous le rapport de l’accroissement de conductibilité avec réchauffement, mais les courants thermoélectriques produits étaient très peu intenses, de 5 à 6 degrés seulement.
- Ce qui distingue essentiellement ce groupe de minerais des pierres dures hydratées qui, sous beaucoup de rapports, ont une grande analogie avec eux, c’est, indépendamment de leur aspect métallique, la nature des effets de polarisation qui, comme on l’a vu, sont beaucoup plus énergiques sur la pierre que sur les électrodes, et surtout la différence des effets de la chaleur qui augmentent la conductibilité de ces minerais, alors qu’ils la diminuent chez les pierres dures hydratées. Cette circonstance du phénomène pourrait faire croire que ce n’est pas aux matières quartzeuses qui existent dans ces sortes de minerais que sont dus exclusivement les effets de polarisation qu’ils produisent. Ce qui est certain, c’est que dans les échantillons de mispickel et de sulfure de cobalt et de nickel que j’ai essayés, des parties quartzeuses plus volumineuses les traversaient dans beaucoup d’endroits, et jamais je n’ai pu obtenir de courants de polarisation.
- Quand les minerais bons conducteurs sont alliés à des pierres plus ou moins siliceuses et ne s’y trouvent qu’en petite quantité, il arrive, le plus souvent qu’ils présentent les effets de polarisation dont il a été question précédemment, et cela se comprend du reste aisément; mais en raison du mince volume qu’occupent les parties métalliques de la pierre, on trouve souvent quand ces parties sont facilement décomposables ou oxydables par la chaleur, des effets thermo-électriques différents de ceux qui devraient être produits. Ainsi, avec un échantillon de mispickel peu homogène et peu riche en métal, j’ai obtenu des courants thermoélectriques dirigés de la partie froide à la partie chaude. •
- Comme on le voit, la conductibilité électrique des minerais métalliques présente des caractères très différents de ceux des autres minéraux, et la conductibilité électrolytique joue un rôle beaucoup moins important. Les effets de la chaleur sont plus complexes en raison des actions thermo-électriques, et les effets de polarisation sont peu développés. Ce sont, du reste, des corps très curieux à étudier à ce point de vue, mais je doute qu’on puisse donner des valeurs exactes de leur résistance.
- Th. du Moncel.
- LES DYNAMOMÈTRES
- Voir les numéros des 17 juin, icr, 8 et 22 juillet.
- DYNAMOMÈTRES A ENGRENAGES
- (Suite)
- DYNAMOMÈTRE DE BOURDON (l) [fig. 3 et 4]
- On peut diminuer beaucoup le frottement des dynamomètres à engrenages, en employant, comme agents de transmission de la poulie A à la poulie A' (fig. 3 et 4), des engrenages héliçoïdaux B et B' (5). Si l’on appelle i l’inclinaison des dents de B et B' sur la direction des axes de leurs roues, et P l’effort tangentiel à leurs circonférences primitives la composante de cet effort, suivant l’axe de B',
- FIG. I ET 2. — DYNAMOMÈTRE DE KING
- égale à P cot. i, agit directement sur le ressort de butée C et sur son aiguille DE.
- DYNAMOMÈTRE DE KING (3) [fig. I et 2]
- Le dynamomètre de King n’est qu’une variété du dynamomètre américain de Whyte, trop connu pour qu’il soit nécessaire de le décrire (4). Dans le dynamomètre de King, les poulies motrices et conduites, A et B, follessur leurs axes, s’actionnent par un jeu de pignons a d b : les réactions de a et de b sur d, sensiblement égales chacune à l’effort moteur rapporté au cercle primitif des pignons, sont équilibrées par le poids p, de sorte que le travail t, d’un tour de la poulie A, est donné approximati- (*)
- (*) Résal Mécanique générale, volume 3, page 376.
- (2) Au sujet de ces engrenages hélicoïdaux, voir W. C. Unwin : « Eléments de construction de machines », traduction, par M. J. A. Bocquet, p. 246. Gauthier-Villars, 1882.
- (3) Engineering, 19 février 1869.
- ('0 Dictionnaire des arts et manufactures de Laboulayc.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- vement, c’est-à-dire en négligeant les frottements de l’appareil, par l’expression
- t— 'ni p
- DYNAMOMÈTRE DE SMITII (’) [fig. 5]
- Dans cet appareil, fondé sur le même principe que le précédent, la rôtie d’angle intermédiaire, qui relie celles des poulies P et P', a son axe fixé à un secteur M, tiré par la courroie R d’un ressort A. Les déformations de ce ressort se transmettent, par le secteur E et les cordes O O'
- N N', à la tige H, dont le crayon T trace la courbe des efforts sur le cylindre C, commandé par la transmission B.
- DYNAMOMETRES
- DIRECTS
- PANDYNAMOMÈ-TRE DE TORSION DE G. A. IIIRN (2)
- (Fig. 6)
- Cet appareil permet de mesu-rer le travail transmis par un arbre au moyen de sa torsion.
- L’arbre A, dont on veut mesurer le travail, porte deux roues dentées égales r0rit engrenant, l’une directement par />„, l’autre par un intermédiaire i, avec les arbres b0 bl d’un train différentiel aaald0di, dont la tige tx commande la rou-
- (') Lumière Électrique du 17 septembre 1881.
- (2) « Les pandynamomçtres », par G. A. Hirn; une brochure. Gauthier-Villars, 1876. Voir aussi dans La Lumière Electrique, n° du i5 mars 1880, l’article de M. Carlo Resio, inti-
- j. FIG. 3 ET 4. — DYNAMOMÈTRE DE BOURDON
- lette Rt d’un totaliseur à plateau D. Cette roulette, guidée par la longue règle S0, mobile autour de S„ s’éloigne du centre du plateau d’une longueur proportionnelle à la torsion de l’arbre A, ou à la force qu’il transmet, et le plateau tourne avec une vitesse proportionnelle à celle de ce même arbre; il en résulte que le nombre de tours du compteur actionné parla roulette est proportionnel au' travail transmis par l’arbre A (').
- Les coussinets J0 J, des- arbres b0 b, sont placés sur des leviers EoE,, dont les extrémités reposent sur des roulettes pouvant marcher sur un plan horizontal; il en résulte que les ballottements transmis aux roues r0 r, par les jeux de l’arbre A dans ses coussinets se communiquent exactement aux roues papi, et ne faussent pas les indications de la roulette.
- Cet instrument, ingénieux et fort simple, a toujours donné des résultats très précis,depuis sa première application en 1867. Il présente, entre au- très, l’avantage de pouvoir s’installer sans modifier les transmissions.
- M. Hirn décrit, dans la brochure précédemment citée, un pandynamomètre de flexion destiné à mesurer le travail transmis par les balanciers dés ma-
- tulé : Applications, du téléphone à la mesure de la torsion de l’arbre moteur des machines en mouvement.
- (!) On ne peut déterminer que par l’expérience le rapport exact du déplacement de la roulette Ri à la grandeur du
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- chines à vapeur ! cet instrument est, comme celui que je viens de décrire, très simple et des plus ingénieux. Le petit livre de M. Hirn renferme, en outre, des considérations générales fort intéressantes; je ne saurais assez recommander la lecture de cet ouvrage, trop peu connu des ingénieurs.
- DYNAMOMÈTRE DE TAURINES, (fig. 7, 8 et ç)
- Ce dynamomètre, adopté par la marine française, est remarquable par le mode d’action original et ingénieux de ses ressorts.
- L’arbre moteur A commande l’arbre conduit A* 1 * * par la double manivelle B, calée sur A, le croisillon intermédiaire C' (fig. 7) fou sur A' et les ressorts dynamométriques D, reliant C' à la double manivelle B', calée sur A'.
- B conduit C' par b b, les bielles C, et les boutons c, dans lesquels sont encastrés les ressorts D ; ces ressorts entraînent les boutons b', libres dans les trous b" du croisillon, et sans jeu dans B'. Les déformations des ressorts D sont agrandies par les ressorts amplificateurs F et les ressorts indicateurs H, reliés à la tige h de l’appareil enregistreur.
- FIG. 5. — DYNAMOMÈTRE DE SMITH
- Le coussinet c' sert à isoler le dynamomètre (fig. 7), en serrant les boutons b' dans les trous b" de
- C', de manière à commander directement B' par C'. On voit que, dans le dynamomètre de Taurines,
- couple de torsion qui agit sur l’arbre A, mais les formules suivantes en donnent une valeur approchée.
- Soient :
- m le moment de torsion,
- l la longueur de l’arbre, entre les deux roues raru d son diamètre;
- e son coefficient d’élasticité de torsion,
- 0 l’angle de torsion exprimé en arcs, on a
- n
- •ni n e d1* e di
- T~32~r=0’°9B~r
- Appelons :
- le rapport des vitesses angulaires égales et contraires des pignons a0at à celle de l’arbre A,
- Po Pi’
- l' la longueur du levier porte-roufette tt ; le déplacement angulaire a du levier V sera donné par la formule
- m6
- et le déplacement r' de la roulette, par l’expression , m 0 /' r ~~ 2 ’
- d’où les formules
- m 2 m tc e d4
- F n /' 0 16 m / V
- On a, d’autre part, en désignant par N' et N le nombre de tours exécutes par la roulette de rayon R4 et par le disque D, la relation
- N'
- )J = r-¥’
- , ed4
- :0,196ni /'
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- K ÇIG. 6. — PANDYNAMOMÈTRE DE TORSION, DE M. G. A. HIRN)
- les ressorts sont &Vés(*);ils travaillent dans le sens longitudinal, et leurs déformations sont des flexions
- FIG. 7- — DÉTAIL DU CROISILLON INTERMÉDIAIRE
- angulaires, ou des variations de l’angle formé par les tangentes menées à leurs extrémités. Les défor-
- d’où, pour la valeur moyenne de m, correspondant à un enregistrement de N' tours au compteur, pendant que le plateau D en fait N, l’expression
- ,e#R!N'
- m=°A^inTN-
- Si l’arbre est creux, et de diamètre intérieur d', il faut remplacer d4 par d'1 — d’1'.
- Pour le fer e (en kilog par m/m carré) varie de 6000 à 7 000, pour l’acier de 7 000 à 8 400, pour la fonte sa valeur est d’environ 2000.
- (‘) Pour plus de détails, voir Ledieu. Appareils à vapeur de la navigation, volume 3, page 2Û9.
- mations des ressorts soumis à ce mode de travail sont rigoureusement proportionnelles aux efforts
- A i|> i
- FIG. 8 ET 9. — PLAN ET ÉLÉVATION
- qu’ils transmettent; ils peuvent, tout en conservant indéfiniment leur élasticité, transmettre des efforts considérables.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- FIG IO ET II. — DYNAMOMÈTRE DE BOURY.
- On n’avait jamais songé, avant M. Taurines, à ce mode de travail des ressorts et à la méthode d’amplification qui caractérisent ses appareils, trop
- o
- FIG. 12. — DYNAMOMÈTRE DE NEER
- peu connus, bien qu’ils fassent le plus grand honneur à la mécanique française.
- DYNAMOMÈTRE DE BOURY (Fig. 10 et II).
- Dans cet appareil, l’arbre A conduit l’arbre B par l’action du croisillon H et des bielles] ou me-
- nottes b sur les leviers coudés l V, pivotes autour des axes o et o', et articulés en a a' aux bielles
- n
- FIG. l3. — DYNAMOMÈTRE i>e perrv et ayrton
- b b' du plateau P : ce plateau, libre de glisser sur B, est relié, par les ressorts R, au manchon m, calé
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- sur B et porteur des axes o o'. Plus la résistance est grande, plus ces ressorts se compriment, en entraînant le plateau P et son attirail d’enregistreurs, composé d’un totaliseur à plateau t et à ca-
- l*IG. I4. — DYNAMOMÈTRE LATCHINOFF
- dran f, d’un compteur c, d’un cadran dynamométrique d, et d’un style s, enregistreur de la courbe des efforts,
- DYNAMOMÈTRE DE NEER {fig. 72)
- Ce dynamomètre se pose sur l’arbre dont on veut évaluer le travail, comme celui de Taurines, à
- la place d’un manchon d’accouplement; la puissance motrice se transmet du disque A au disque B, par les galets D, dont les chaînes réagissent sur les ressorts à boudins du croisillon C, qu’elles ramènent d’autant plus que l’effort est plus grand; les déformations de ces ressorts sont reportées
- FIG. 15. — DYNAMOMÈTRE DE VALET. — ELEVATION
- sur le cadran indicateur des efforts E. Les cadrans E et F, montés sur un manchon fou sur l’arbre et maintenus par la' tige c, ne tournent pas ; la vis sans fin v fait marcher l’aiguille du compteur de tours F.
- DYNAMOMÈTRE DE PERRY ET AYRTON (’) [fig. /J]
- Dans cet appareil, la poulie B, dont on veut
- Fig. 16. — Côté du totaliseur.
- FIG. 13 A LQ. — DYNAMOMÈTRE VALET Fig. 17* — Coupe 5, 6. Fig. 18. — Coupe i, 2.
- Fig. 19. — Vue du côté de la poulie.
- mesurer le travail, est conduite par la traction des quatre ressorts à boudins d’un croisillon F, calé sur l’arbre moteur A ; la déformation des ressorts fait pivoter, parL' L, autour du point C de la poulie B, le levier CH, dont la pointe brillante H se
- rapproche d’autant plus de A que l’effort est plus grand, et peut ainsi indiquer, à chaque instant, le travail transmis.
- C) Lumière Électrique du il juin 1881.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- DYNAMOMÈTRE OPTIQUE DE M. LATCHINOFF (’) [fig. 25]
- La poulie motrice A conduit, comme dans le dynamomètre de Perry et Ayrton, la poulie B par la tension des ressorts C, et l’effort transmis est mesuré par la quantité dont le trait n, marqué sur la poulie B, s’écarte du zéro de la graduation tracée sur la poulie A : cet écart peut s’observer, grâce au phénomène de la persistance des impres-
- FIG. 20 ET 21. — DYNAMOMÈTRE DE HAMILTON RUDDICK
- sions sur la rétine, en regardant le trait n à travers la fente h, pourvu que les poulies soient animées d’une vitesse suffisante.
- DYNAMOMÈTRE DE VALET (2) [fig. l5 à Jç]
- Dans cet appareil, le plateau D, calé sür l’arbre E, entraîne, par les ressorts F et les boutons a, la Npoulie A, dont on veut mesurer le travail. La flexion des ressorts F se transmet, par I » J K, à la roulette L d’un .totaliseur dont le plateau N,
- appuyé sur la roulette par f, engrène avec la roue d, dont le manchon m, fou sur l’arbre E, est maintenu immobile par le support G. La roulette l commande l’arbre du compteur S. L’ensemble des mécanismes se trouve enfermé, à l’abri de la poussière, dans une boîte P ; l’axe I peut se déplacer au moyen d’une vis de réglage, plus il est éloigné du centre, plus il amplifie, sur la roulette l, les flexions des ressorts.
- DYNAMOMÈTRE DE HAMILTON RUDDICK (‘ )[ftg. 20 61 21 j
- Ce dynamomètre se place directement sur l’arbre, à la place de la poulie dont on veut mesurer le travail : il se compose d’une poulie C, d’un disque H pouvant tourner autour de son moyeu et de deux bras A et B fixés, l’un à la poulie dyriamomé-trique et l’autre sur l’arbre; ces deux bras sont reliés par des ressorts D, qui se déforment proportionnellement à la force transmise. L’extrémité
- — DYNAMOMETRE DE KING
- du bras B, calé sur l’arbre, est reliée, en G, à une aiguille F articulée par une menotte à la poulie dynamométrique; le crayon de cette aiguille se rapproche d’autant plus du centre du disque H que la force transmise est plus considérable. Le disque H reçoit son mouvement de rotation propre par le mécanisme à cliquet J, dont le butoir L fait avancer d’une dent à chaque tour de la poulie ; les circonférences tracées sur le disque portent chacune deux chiffres indiquant là force transmise et la puissance en chevaux correspondante.
- DYNAMOMÈTRE A RESSORT DE KING [flg. 2l\
- Je terminerai la description des dynamomètres de transmission par celle du petit appareil très curieux mais peu précis de King. Cet appareil se fixe sur les deux bouts c et d de la courroie dont*1 on veut étudier le travail. Les écartements des bras du ressort s, en forme de fer à cheval, se transmettent, ‘à chaque changement de sens du mouvement du brin cd, au cliquet d’une roue graduée, qui peut ainsi indiquer grossièrement le travail de la courroie.
- Gustave Richard.
- (l) Lumière Électrique du 25 juin 1881.
- (s) Armengaud. Publication industrielle, 1878, page 46.
- I}) American Machinist du 5 novembre 1881. Brevet anglais, n°455i, 19 octobre 1881.
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- LA TÉLÉGRAPHIE
- ses'PROGRÈS RÉCENTS MANIFESTÉS A L’EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- Dixième article (Voir les numéros des i3, 20 et 27 mai, des 3, 10, iy, 24 juin et des i5 et 22 juillet 1882.)
- III
- LES APPAREILS
- [a] Appareils, rapides à composition préalable.
- APPAREIL WHEATSTONE
- Obtenir le maximum de travail sur un fil en un temps donné, tel est l’un des problèmes que l’on s’est toujours posé en Télégraphie. Une des solutions les plus remarquables de ce problème est sans contredit celle qu’a donnée sir Charles Wheatstone par son- appareil à composition préalable, qui n’a jamais été décrit dans ce journal.
- FIG. I
- L’appareil Wheatstone appelé aussi le Jacquard électrique présente en effet les plus grandes analogies avec le métier Jacquard. Le principe du métier Jacquard est le suivant : une bande continue de cartes perforées préalablement passe sur le registre du métier. Les trous qui ont été faits sur les cartes servent à contrôler l’élévation d’un ou de plusieurs fils dans la chaîne. Des aiguilles abaissées aux passages des trous distribuent les fils par groupes dans l’ordre voulu par le dessin ; la navette passe au-dessous, et la carte suivant le registre reproduit automatiquement le modèle préparé.
- Le Jacquard électrique procède d’une façon tout à fait semblable. La dépêche à transmettre est d’abord poinçonnée en points et traits de l’alphabet Morse au moyen d’un instrument appelé perforateur sur un ruban de papier continu ; on règle ainsi préalablement la succession et la série des courants électriques à émettre.
- Le transmetteur dans lequel on introduit la dépêche préparée est en quelque sorte le métier. Deux petites aiguilles en traversant les trous perforés dans la bande produisent l’émission sur la ligne des courants tels qu’ils doivent être groupés.
- Enfin la navette est ici remplacée par le mécanisme du récepteur qui enregistre les courants émis sur la ligne.
- Le métiêr Jacquard tisse rapidement, parce que le travail mécanique occasionné par la préparation du modèle s’effectue avant qu’on ne le place sur le métier. De même la composition préalable donne à l’appareil automatique Wheatstone une rapidité de transmission considérable en même temps qu’une régularité irréprochable.
- Tel est le principe de cet appareil dont nous nous proposons maintenant de donner la description :
- Il se compose, ainsi que nous l’avons dit dç trois parties essentielles destinées à préparer, à transmettre et à recevoir les dépêches. Ce sont : le perforateur, le transmetteur et le récepteur. On peut y joindre un manipulateur à courants inversés qui permet de substituer, au besoin, la
- FIG. 2
- transmission manipulée à la transmission automa tique.
- I. — Perforateur.
- Le perforateur que nous . représentons (fig. 1 ) agit sur une bande de papier qui, a subi une préparation spéciale à l’huile de lin et présente une apparence parcheminée. On a, grâce à cetté préparation une perforation beaucoup plus nette.
- Il se compose de trois touches sur lesquelles on frappe avec de petits marteaux en caoutchouc. Elles agissent à l’aide de trois talons auxquels elles sont reliées par des leviers sur cinq poinçons disposés dans l’ordre suivant :
- 3 5
- Les trous percés par les poinçons 2 et 4 sont plus étroits que les autres.
- La touche de gauche agit sur les poinçons 1, 2, 3 et donne sur la bande de papier la combinaison qui doit donner un point à la réception. La touche
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- de droite agit sur les poinçons i, 2, 4, 5 et donne la combinaison qui doit donner un trait. Quant à la touche du milieu, elle agit seulement sur le poinçon 2 et donne un petit trou qui sert à l’espacement des signaux La bande perforée présente alors l’aspect indiqué par la figure 2.
- Nous allons expliquer le fonctionnement.
- Tout le mécanisme se trouve établi sur une platine en cuivre terminée en avant par une autre petite platine qui se redresse verticalement.
- Les poinçons se trouvent en regard de trois talons Tj}T2 T3 qui sont mus au moyen des
- FIG. 3
- de gauche Tt, ce talon presse la goupille (Ven-traîne la plaque B avec le poinçon 2, tandis que les autres poinçons sont arrêtés à la rencontre du papier. Le poinçon 2 perce donc seul un petit trou.
- Si l’on appuie sur la touche de gauche, le talon T2 presse sur les poinçons 1, 2, 4 qui perforent la bande, tandis que les autres poinçons sont arrêtés à sa rencontre. On obtient ainsi la combinaison du o
- point £.
- Si l’on appuie sur la touche de droite, le talon T3 presse sur la goupille a et sur les poinçons 3 et 5. Le poinçon 1 est entraîné par la goupille a. Le poinçon 2 suit le mouvement de la plaque. Le perforateur de la bande donne donc la combinaison o
- du trait 00. o
- La bande de papier passe entre deux plaques de perforation qui sont placées en avant de la platine A à laquelle elles sont fixées, et qui portent cinq trous placés exactement en face des cinq poin-
- touches par l’intermédiaire des leviers. Ils ont pour support commun une pièce ovale B que quatre d’entre eux traversent à frottement doux et à laquelle le poinçon 2 est seul invariablement fixé. Cette pièce est également traversée à frottement doux par deux guides horizontales p et q qui sont encastrées dlune part dans la platine antérieure A, de l’autre dans une plaque verticale c et
- t, t2 t3
- n
- FIG. 4
- qui sont entourées de ressorts à boudin. L’effet de ces ressorts est de presser la plaque mobile d'ans la direction de la plaque c et d’appuyer les poinçons sur les talons.
- Les poinçons 3, 4 et 5 sont munis entre les plaques B et C de collets à base carré contre lesquels la plaque B est pressée par le ressort à boudin. Le poinçon 2 qui est solidaire de cette plaque porte un collet rectangulaire muni à gauche d’une goupille (3 se terminant en regard du talon T,. Le ^poinçon 1 porte également un collet rectangulaire muni d’une goupille a qui se termine en face du talon T3.
- Si l’on appuie sur la touche du milieu qui, par suite de la disposition des leviers agit sur le talon
- çons et ayant absolument le même diamètre afin que la perforation soit très nette. Les deux plaques sont séparées par deux feuilles métalliques en haut et en bas, de façon à ne laisser au milieu que l’es-, pace nécessaire pour le passage du papier.
- A mesure que l’employé perfore les différents trous dont l’ensemble doit former la dépêche, le papier doit avancer automatiquement. Le mécanisme qui permet la progression du papier (fig. 5) est commandé par un levier hh, qui passe dans les entailles ménagées aux talons et qui est mobile-autour de la borne h. Au point h' de celui-ci pivote un levier coudé a sur lequel est articulé un cliquet E de forme particulière qui fait tourner une roue r dont les dents s’engagent dans les trous du milieu de la bande perforée. Ce cliquet est guidé dans ses mouvements par un galet g porté par un ressort plat vertical.
- Lorsqu’un talon presse sur le levier hh, le levier a est écarté à gauche entraînant avec lui le cliquet E. La roue r qui se trouve engagée dans un trou du papier ne le suit pas dans ce mouvement. Mais quand le cliquet, le talon reprenant sa position
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- normale, revient à droite, il entraîne la roue et fait avancer la bande de papier vers la gauche.
- La longueur de bande perforée comprise entre le corçimencement d’un trait et le commencement du signal est double de celle qui sépare le point du signal suivant. Il faut donc qu’après la perforation d’un trait la bande avance deux fois plus qu’après la perforation d’un point. On obtient ainsi qu’il Éuit ce résultat :
- B est un levier recourbé articulé à droite à une pièce qui traverse la platine et est fixée par un ressort plat et une goupille au levier du trait. Quand on fait un point ou un blanc, le cliquet a une course limitée par le bec b de ce levier. Si l’on abaisse la touche du trait, le bec b est par là même soulevé et la course du cliquet n’est plus limitée que par la
- borne F. La course est double que précédemment et en reprenant sa position initiale, le cliquet fait tourner la roue de deux dents.
- On a cherché à rendre plus facile la manœuvre du perforateur, en substituant l’action de l’air comprimé à celle des petits marteaux avec lesquels on frappe sur les touches. L’employé n’a plus alors qu’à manœuvrer trois touches d’un petit clavier, ce qu’il fait sans fatigue aucune.
- L’appareil employé est représenté (fig. 6). Il comprend deux chambres séparées par une cloison horizontale. Trois pistons ont leurs tiges T adaptées aux touches du clavier que manœuvre l’opérateur. Les chambres dans lesquelles se meuvent ces pistons communiquent par trois orifices avec la chambre supérieure et par de plus petits orifices respectivement avec chacun des trois compartiments en lesquels est divisée la chambre inférieure.
- Lorsque les pistons se trouvent à la limite supérieure de leur course, l’air comprimé qui arrive par l’orifice O reste dans • la chambre supérieure et tend à maintenir les pistons dans cette position. Si l’on appuie sur une touche du clavier, le piston entraîné dégage le petit orifice. L’air comprimé prend le chemin qui lui est ouvert et vient dans la' chambre inférieure presser sur l’un des pistons T'. C’est ce piston dont la tige Tr, appuyant sur la touche du perforateur, produit le même effet que le petit marteau en caoutchouc. Lorsque la touche
- est abandonnée à elle-même, les différentes pièces reprennent leur position primitive et l’air comprimé qui peut être resté dans la chambre inférieure s’échappe par le petit orifice correspondant.
- {A suivre.) " E. de T.
- EXPOSITION INTERNATIONALE D ’ ÉLE CT RI CITÉ
- EXPOSITION
- DU MINISTERE DE LA MARINE
- L’Exposition du ministère de la marine, dont nous avons déjà parlé l’année dernière, était particulièrement intéressante, non seulement au point de vue de l’importance des objets exposés, mais encore comme disposition. Nous représentons ci-contre, dans la figure de page qui accompagne cet article, l’aspect de l’une des deux travées des bas côtés du Palais de l’Industrie qui la renfermaient.
- Les appareils exposés pouvaient se répartir en trois catégories : ceux appartenant à l’Etat, ceux envoyés par des officiers ou employés dépendant du ministère, et ceux exposés par les fournisseurs du département de la marine.
- Dans la première catégorie, on remarquait d’abord un grand tableau que l’on voit au fond de notre dessin, qui représentait le champ de tir de la poudrerie de Sevran-Livry, et où l’on voit un modèle de canon de 24 centimètres, muni d’appareils de balistique divers, et monté sur afïftt d’expériences pour l’étude des lois du recul dans des conditions variables; en second lieu, un grand chronographe à diapason et à enregistreurs électro-magnétiques, pour expériences de balistique, combiné par MM. Marcel Deprez et Sebert, et construit par M. Dumoulin Froment.
- Les dispositifs complémentaires de cet appareil étaient : i° une table de manipulation spéciale, avec appareil de disjonction simultanée, manette de mise à feu et pendule interrupteur disposé pour les effets chronographiques; 20 une batterie de piles De-laurier se chargeant et se déchargeant mécaniquement au moyen de l’air comprimé, pour mettre en jeu les différents organes du grand chronographe ; 3° des enregistreurs électriques'de divers modèles employés conjointement avec le chronographe ou avec les autres appareils de balistique exposés ; 40 un pendule électrique avec cadran horaire pour le tarage des diapasons du chronographe ; 5° des câbles isolés à dix conducteurs, pour les communications du chronographe avec les appareils d’expérimentation.
- On trouvait ensuite des balances manométriques à pression d’air antagoniste, de différents modèles,
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- 1ÎO
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- pour la mesure des pressions développées par le gaz delà poudre. Elles étaient généralement actionnées par dix pistons, et pouvaient fournir leurs indications soit par enregistrement électrique, soit par des index déclancheurs, soit par enregistration mécanique. Dans d’autres modèles, ces balances étaient disposées avec des ressorts antagonistes. Elles ont toutes été combinées par MM. Marcel Deprez et Sebert, et étaient accompagnées d’un appareil de tarage, d’une pompe de compression de M. Bianchi, et d’un manomètre à piston différentiel de Galy-Cazalat, pour la production des pressions d’air antagonistes et pour leur mesure.
- Les accélérographes et les accéléromètres que l’on distingue en avant de notre, dessin et qui font connaître les pressions développées par les gaz de la poudre, présentaient à l’Exposition des dispositions assez variées. On y trouvait des accéîéro-graphes à chariot (système de M. Deprez) avec des microscopes à double vis micrométrique, des accélérographes à diapason électrique ou avec enregistreur commandé par un diapason électrique de MM. Deprez et Sebert, des accélérographes à diapason vibrant automatiquement et à mise de feu électrique, enfin des accéléromètres à ressort.
- Les vélocimètres destinés à enregistrer la loi du recul des bouches à feu étaient' aussi variés dans leur disposition. On y trouvait le vélocimètre chronographe à diapason électrique (système Sebert et Léta'rd), le vélocimètre simple à diapason électrique pour la mesure de la loi du recul d’un canon de fusil et le vélocimètre à diapason mécanique pour fusil, tous combinés par MM. Sebert et Létard.
- On remarquait encore une série de projectiles enregistreurs dont un de 24 cent, avait des organes électriques et un autre du même calibre était à double curseur et à diapason. Ces appareils ont été combinés par M. Sebert, pour l’étude de la loi du mouvement dans l’âme d’une bouche à feu. Il y en avait aussi des modèles d’un calibre de 10 centimètres pour l’étude de la résistance à la pénétration.
- Les autres appareils du'ministère étaient : i° un chronographe de chute à enregistreurs électriques ; 20 un appareil pour la mesure des retards d’inflammation des étoupilles électriques; 3° des interrupteurs fonctionnant par inertie pour l’étude des mouvements des projectiles des bouches à feu, pour signaler le passage d’un projectile dans l’âme d’une bouche à feu et pour signaler le passage d’un projectile à la tranche de la bouche, etc. ; 40 un vérificateur de chute pour le réglage des chrono-graphes et le tarage des diapasons électriques ; 5° des cibles disjonctrices pour la mesure de la vitesse des projectiles et des cibles magnéto-électriques pour vélocimètre à fusil; 6° un chronographe du système Boulangé modifié par Bréger;
- 7° des conjoncteurs automatiques électriques ; 8° une grande pile d’inflammation Leclanché-Ruhm-korff pour le service des canons à bord des bâtiments, et une petite pile du même genre pour le service des canons à terre ; 90 enfin des câ:bles à doubles conducteurs pour l’emploi des étoupilles électriques.
- Les appareils appartenant à la seconde catégorie ont été exposés par MM. Trêve, Fleuriais, de la Bedollière, Jacquemier, Le Goarant de Tromelin, Garnier.
- Ceux de M. Trêve étaient: i° un modèle de signal horaire électrique; 20 un modèle de la première torpille électrique employée à l’expédition de Chine; 3° un modèle de chapelet de bombes électriques ayant servi à la défense extérieure de Paris ; 4° des appareils pour l’étude des effets du magnétisme sur les gaz raréfiés dans les tubes à étranglement capillaire et sur l’étincelle d’induction traversant différents gaz à des pressions variées ; 5° un modèle d’embrayeur électrique appliqué à bord du Desaix, en vue d’en manœuvrer la machine à grande distance; 6° un appareil transformant le son en lumière; 70 un générateur électrique excité parle magnétisme terrestre; 8° un appareil magnéto-électrique fonctionnant de la même manière; 90 quelques appareils pour démontrer la préexistence des courants d’Ampère dans les métaux magnétiques.
- L’Exposition de M. Fleuriais se bornait à un loch électrique à. moulinet et à téléphone. Celle de de M. de la Bédollière comprenait un avertisseur électro-automatique d’incendie, des conjoncteurs à fusion avant et après fonctionnement des disjoncteurs à fusion, une table d’amalgames et d’alliages fusibles entre 53° et 102°, un tableau des températures de fusion de 146 alliages et de 29 amalgames. A l’Exposition de' M. Jacquemier, on remarquait un cinémomètre enregistreur à transmission électrique, un dispositif pour l’emploi du. cinémomètre sur la machine Gramme; un cinémomètre disposé pour machine dynamo-électrique, un indicateur d’intensité et un intégromètre. A l’Exposition de M. Le Goarant de Tromèlin figuraient le télémètre électrique que nous avons déjà décrit dans ce journal et un loch électrique dont il a été question dans le même recueil. Enfin, M. Garnier, ingénieur de la marine, avait exposé: i° un indicateur du mouvement d’un arbre de machine; 20 un rhéostat à cylindres combinateurs et un commutateur pour piles.
- La troisième catégorie d’objets exposés par le ministère de la marine, c’est-à-dire par les fournisseurs de ce département, ne comprenait guère que des boussoles à aimants circulaires de M: Du chemin de différents modèles avec plusieurs spécimens d’aimants circulaires destinés à la correction des déviations sur les navires et à d’autres expériences;
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- des modèles variés de piles Leclanché; quelques uns des appareils dont il a été déjà question au sujet de l’Exposition du ministère et exposés, en particulier, par MM. Bianchi, Dumoulin-Froment, Carpentier et Gaiffe.
- Comme on le voit cette Exposition était variée et intéressante, et nous regrettons que notre dessin n’ait pu en représenter qu’une petite partie. Néanmoins, ceux qui l’auront étudiée pourront reconnaître sur ce dessin quelques-uns des appareils principaux. Au fond on voit la coupe d’un canon de marine avec sa charge et son projectile, à gauche se trouvent les piles et le chronographe de M. Deprez, en avant les accélérographes, etc., etc. Nous renvoyons du reste ceux que cette question peut intéresser à la publication du ministère de la marine sur cette Exposition et aux mémoires de M. Sébert sur les appareils se rapportant à la balistique.
- De Magneville.
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- GALERIE DES MACHINES
- 'SIGNAL OFFICE DES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE
- La vue perspective ci-contre représente le Signal Office des Etats-Unis d’Amérique; on sait que les services pour la télégraphie de campagne et les observations météorologiques sont organisés d’une façon merveilleuse dans toute' l’Amérique du nord. L’ensemble du matériel employé a été simplifié autant que possible tout en conservant la solidité nécessaire pour le transport et les installations rapides de la télégraphie de campagne; trois modèles de voitures qui figuraient à l’Exposition et qui ont été décrits en détail dans le numéro du 2g avril 1882 sont employés par le Signal Service; Ces voitures servent à transporter les appareils et accessoires en même temps que les opérateurs, et les premières servent de poste télégraphique lorsque les lignes sont placées. Dans ces modèles il y a une voiture portant les piles, une seconde les fils enroulés sur dix bobines chacune contenant un mille, et une troisième qui est une simple charette découverte contient c5o lances destinées à supporter les fils à mesure que la ligne est placée. Un train complet se compose d’une voiture à piles, de quatre à fils et de quatre chariots à lances; nous renvoyons le lecteur à l’article de M. Guerout pour le fonctionnement et la description de tous les accessoires employés par le Signal Service.
- Dans la petite installation faite par le gouverne-
- ment des Etats-Unis on pouvait voir les., divers appareils électriques actuellement en usage dans l’armée, en même temps que les instruments servant aux observations météorologiques, un anémomètre et une girouette avec double enregistreur automatique de Gibbons, et.un dispositif de contacts’extérieurs et intérieurs du système Eccard, dü même inventeur, un baromètre enregistrant automatiquement à distance, un anémoscope, un anémomètre enregistreur; puis un baromètre enregistreur de Gibbons et plusieurs autres appareils se rapportant à la science météorologique dont le développement a pris, depuis quelques années, un si grand développement dans lemouveau monde.
- Le médaillon du regretté président Garfield qui figure au milieu de notre dessin fut placé* on s’en souvient, peu après l’assassinat qui produisit l’année dernière une si vive émotion dans tout le monde civilisé ; ce médaillon avait été obtenu par les procédés du . photo-reliévo dont nous avons parlé dans le numéro du i5 avril dernier.
- Sur la table qui se trouve à gauche du dessin on voit une série de seize magnifiques volumes ; ces volumes qui forment une collection assez rare, car il n’en a été tiré qu’une vingtaine d’exemplaires, contiennent les spécifications avec dessins dés brevets relatifs à l’électricité et accordés aux Etats-Unis avant le ior juillet 1881. Cet ouvrage édité avec le plus grand soin dans l’imprimerie du gouvernement à Washington et sous la direction du Commissioner of Patents, renferme l’histoire complète de l’électricité aux Etats-Unis pour la période qui commence pour ainsi dire avec les premières applications de ,1a science nouvelle. Il est excessivement intéressant de parcourir l’innombrable série de tous les brevets électriques demandés et accordés depuis l’année i858, et de voir combien d’appareils européens ont été réinventés ou bien légèrement modifiés pour obtenir le brevet américain, comme aussi nous àvons pu constater quelquefois que des nouveautés françaises se trouvaient identiquement décrites dans la précieuse publication dont le journal La Lumière Electrique a pu se rendre acquéreur à la fin de l’Exposition Internationale d’ElectriCité.
- Même publié à un petit nombre d’exemplaires, un ouvrage de ce genre rend d’incontestables services aux électriciens, et il serait à désirer que l’exemple des Etats-Unis fût suivi par les autres pays. En Angleterre, la tâche serait facile. Il n’y aurait qu’à réunir, sous forme de volumes, tous les Blue books concernant l’électricité. En France, il y aurait plus à faire, mais la difficulté même que présenterait le travail, montre combien il serait utile en présence de la marche incessante des découvertes électriques.
- C. C. Soulages.
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- E X*P 0 S I TI O N d’uJ[S IG N AL OFFICE
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- RECHERCHES EXPÉRIMENTALES
- SUR LES MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES (Voir le numéro du 22 avril 1882.)
- Dans le numéro du 22 avril 1882 de La Lumière Electrique, j’ai donné quelques-unes des caractéristiques que j’ai relevées sur les machines Gramme. Je publie aujourd’hui la suite de ce travail en donnant les caractéristiques :
- i° De la machine Gramme à galvanoplastie (aussi employée pour exciter les machines à cou-
- rant alternatif) aux vitesses de 1 425 tours et de 2,420 tours par minute.
- 20 Des machines Hefner-Alteneck Siemens types-D,, D2 et D„.
- Je montrerai prochainement le parti que l’on peut tirer de ces courbes pour résoudre les questions de distribution d’électricité. Je passerai en-* suite à l’étude des caractéristiques des machines à! haute tension que j’ai réalisées le premier en modifiant, conformément à des calculs déjà exposés, le diamètre des fils enroulés sur les inducteurs et les anneaux des machines usuelles et qui m’ont permis de transporter le travail à grande distance.
- Je ferai connaître ensuite les recherches que j’ai
- TABLEAUX ET COURBES CORRESPONDANTES
- Courbe n° 6. novembre 1881.
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE GRAMME A GALVANOPLASTIE
- A LA VITESSE DE I,425 TOURS
- Intensités en «. ampères* Forcés éleetromo-trices en volts. Intensités II ! e? ampères. 1 Forces électromotrices en volts. OBSERVATIONS.
- 5 2,6 5o 15,2 Poids de la machine, iookil.
- 10 5 55 i5,7
- i5 7 ' 60 i6 Résistance induit 0,040
- 20 8,8 65 16,2 — inducteur. 0,057 % «...
- 25 10,6 70 16,2 — totale 0,097
- 3o 12,0 75 i6,2
- 35 l3 8o i6
- 40 14 85 i5,8
- 45 14,6
- DIAGRAMME DE LA COURBE N° 5
- Courbe no 6. 18 novembre 1881.
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE GRAMME A GALVANOPLASTIE
- A LA VITESSE DE 2,420 TOURS
- Intensités en ampères. Forces électromotrices en volts. Intensités 1 e? u amperes. Il Forces électromo-* trices en volts. OBSERVATIONS.
- 5 5 45 25,6 Poids de la machine, 100 kil.
- 10 9 5o 26
- i5 12,6 55 26,4 Résistance induit 0,040
- 20 ?6 ÔO 26,4 — inducteur. 0,057
- 25 18,8 65 ' 26,3 — totale.... 1,097
- 3o 21,4 70 26,2
- 35 23,4 75 25,9
- 40 24,8 80 23,6
- DIAGRAMME DK LA COURBE N° 6
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ELECTRICITE
- ii5
- Courbe n° 12. g décembre 1881.
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE SIEMENS, type Dt A la Vitesse de 775 tours
- Intensités en ampères. Forces, électromotrices en volts. Intensités en ampères. Forces électromotrices en volts. observations.
- 5 34 40 123 Poids de la machine, 55o kîl.
- 10 59 45 123,5
- i5 79 5o 123 Résistance induit 0,160
- 20 96 55 122 — inducteur. o,3io
- 25 109 60 120 — totale 0,470
- 3o 117 65 Il8
- 35 121
- Courbe n° 13, i3 décembre 1881.
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE SIEMENS D2
- A LA VITESSE DE 1,225 TOURS
- Intensités en ampères. Forces électromotrices . en volts. Intensités en ampères. Forces électromotrices en volis. observations.
- 5 t . . 46,20 40 112,20 Poids de la machine, 245 kil.
- IO 77,88 45 108,24
- r5 97,68 5o 104.28 Résistance induit..... 0,270
- 20 108,24 55 100,32 — inducteur. 0,294
- 25. U 3,52 60 95,04 — totale 0,564
- 3o 116,16 65 88,44
- 35 114,04 70 83,16
- DIAGRAMME DE IA COURUE N° 1.3
- Courbe 7. i5 novembre i88x.
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE SIEMENS, type Dg
- A LA VITESSE DE 770 TOURS
- Intensités en ampères. Forces électromotrices en volts. Intensités en ampères. Forces, électromotrices en volts. observations.
- 2 i5 18 43 Poids de la machine, kil.
- 4 25,5 20 43,5
- 6 32,5 22 44 Résistance induit..... 0,444
- 8 37,5 24 44,75 <— inducteurs. 0,845
- 10 40 26 45,5 — totale..... 1,289
- 12 41 28 46
- 14 41,5 3o 46,75
- 16 42,5 32 47,75
- DIAGRAMME DE LA COURBE N° 7
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-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 116
- Courbe n" 8. . 16 novembre 188i.
- «
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE SIEMENS, type D#
- A LA VITESSE DE 1,120 TOURS
- V y} — U /I . U u e <<d <u 4» Ou c B •-i a Forces électromotrices en volts. Intensité en ampères. Forces électromo- trices en volts. OBSERVATIONS,
- 2 22 18 61,5 Poids de la machine, kil.
- 4 ' s? 20 63
- 6 48 22 63,5 Résistance induit..... 0,444
- 8 53 24 64,25 inducteurs. 0.845
- 10 55 26 64,50 — totale 1,289
- 12 57 28 64,50
- 14 58,5 3o 64
- 16 6o,5
- DIAGRAMME DE LA COURBE N® 8
- faites pour vérifier certaines formules d’électro-dyuamique d’un usage constant dans les questions relatives au transport du travail.
- Marcel Deprez.
- BIBLIOGRAPHIE
- Détermination des éléments de construction des éi.ec-tro-aimants, par M. Tii. du Moncel. — (Librairie Gau-thier-Villars, quai des Augustius, n° 55.)
- M. Th. du Moncel, comme nos lecteurs le savent, s’est occupé à différentes époques, depuis plus de trente ans, dès questions relatives au magnétisme et aux électro-aimants. En i858, il a publié un volume sur cette double question qui était intitulé : Etude du magnétisme et de VElectro-magnétisme au point de vue de la construction des électro-aimants. Cet ouvrage est depuis longtemps épuisé, mais il a été résumé succinctement dans les différentes éditions de Y Exposé des applications de l'Electricité du même auteur. En 1870, à la suite de nombreux travaux sur ces questions présentés à l’Académie des sciences, M. du Moncel publia une brochure de i3e pages intitulée Recherches sur les meilleures conditions de construction des électro-aimants, ouvrage suivi en 1874 d'un autre travail du même genre, plus spécialement applicable dans la pratique, qui eut pour titre celui que nous annonçons aujourd’hui, et dont l’édition ne tarda pas à être épuisée. Enfin, en 1877, il publia une nouvelle brochure intitulée Recherches expérimentales sur les maxinta éléctro-magné-tiques, dans laquelle il démontrait expérimentalement l’exactitude de toutes les formules qu’il avait données dans son dernier ouvrage sur cette ma-
- tière. Toutes ces brochures étant épuisées, il pensa à publier une nouvelle édition de sa brochure sur la Détermination des éléments de construction des électro-aimants, en y adjoignant un résumé de tous ses autres travaux qui s’y rapportaient, et c’est cet ouvrage que nous annonçons aujourd’hui. Il vient d’être édité par M. Gauthier-Villars et fait partie de la collection d’ouvrages scientifiques que cet éditeur publie depuis longtemps sous le nom d'Actualités scientifiques.
- Cette nouvelle édition comprend 100 pages in-12 et se trouve divisée en dix chapitres dont les titres peuvent, par eux seuls, donner une idée exacte de l’ouvrage. Nous les reproduisons ci-dessous.
- I. Formules des électro-aimants.
- II. Conditions de maximum des électro-aimants sur un
- circuit simple :
- i° Conditions de maximum par rapport à la résistance de l’hélice;
- 2° Conditions de maximum relatives au rapport qu doit exister entre l’épaisseur de l’hélice magnétisante et le diamètre des noyaux de fer.
- Conséquences des lois précédentes :
- 3° Conditions de maximum par rapport à la longueur des noyaux de fer.
- III. Conditions de maximum sur les circuits dérivés:'
- IV. Applications des lois des maxirna à la construction
- des électro-aimants.
- V. Exemples numériques de l’application des formules
- précédentes.
- VI. Tableaux des différentes valeurs dont on a à faire
- usage dans les calculs relatifs aux électro-aimants.
- VII. Vérification expérimentale des lois des électro-aimants.
- VIII. Effets d’une saturation magnétique plus ou moins
- complète sur les électro-aimants.
- IX. Conditions de bonne construction des électro-aimants : i° Par rapport aux réactions extérieures qui peuvent
- les stimuler;
- 2° Par rapport à la forme et à la disposition de leur armature ;
- 3° Par rapport à leur masse magnétique.
- X. Conditions du bon groupement des éléments de la
- pile.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- ii 7
- Comme on le voit, toutes les questions se rattachant aux électro-aimants se trouvent traitées amplement dans le nouvel ouvrage de M. du Moncel, et nous espérons que le succès qui a accueilli sa première édition le suivra dans la seconde.
- L’éclairage électrique et ses applications pratiques (Die elektrisçhe Beleuchtung und ihre Anwendung in der Praxis), par Alfred von Urbanitzky (‘).
- M. Von Urbanitzky, qui avait été délégué par son gouvernement à l’Exposition Internationale d’Electricité, a réuni dqns son livre la plupart des appareils d?éclairage qu’il a été à; même d’étudier durant ses visites au Palais de l’Industrie. Après quelques considérations générales sur l’historique des machines, et l’étude des systèmes que l’on doit employer, dans les différents cas, l’auteur décrit les principales machines et les principales lampes ; puis il passe en revue les particularités d’installation que présente chaque système, indique un certain nombre d’éclairages qui ont été établis pratiquement et termine par quelques renseignements sur le prix de l’éclairage électrique.
- L’ouvrage forme, en somme, un bon compendium des questions relatives à l’éclairage électrique et il pourra être fort utile pour les lecteurs allemands; pour nous, cependant, il n’ajoute rien aux traités que nous possédons déjà sur cette matière.
- Manuel d’électrométrie industrielle par R. V. Picou, ingénieur des Arts et Manufactures (2).
- Après avoir exposé les lois fondamentales de l’électrodynamique, l’auteur de cet ouvrage étudie successivement dans sa première partie les différentes méthodes existant pour la mesure des résistances, des forces électromotrices, des intensités, de la quantité et de l’énergie électrique. Ces différentes questions sont traitées simplement et à un point de vue très pratique. Nous ferons seulement à l’auteur ce léger reproche d’avoir passé sous silence les appareils à indications rapides de M. Deprez qui sont d’un emploi si commode dans les ateliers, en raison de ce que l’aimant puissant qui produit la force directrice les soustrait à l’action du magnétisme terrestre et à celle des masses de fer environnantes.
- Dans la seconde partie de son ouvrage, M. Picou considère les différents cas dans lesquels on peut avoir à appliquer les méthodes qu’il vient de décrire et il étudie successivement le cas des piles, des machines, des bains électrolytiques et des différentes lampes électriques. Dans cette partie il a
- (') A. Ilartleben Ed. — Vienne, Pesth, Leipzig.
- (2) Paris 1882. Chez G. Masson et aux bureaux du Génie Civil.
- introduit un certain nombre de notions toutes modernes qui n’avaient encore été publiées dans aucun traité. Nous pouvons ne pas être d’accord avec lui sur certains points, par exemple lorsqu’il considère, contrairement aux résultats obtenus par M. Lossier, que, dans un bain électrolytique sans, polarisation, le transport de métal se fait sans dépense d’énergie autre que celle due à la résistance, propre du liquide; mais nous nous faisons un: plaisir de reconnaître que son manuel est un ouvrage écrit méthodiquement et que les intéressés consulteront avec fruit. ,
- Guide des épreuves électriques a faire sur les cables. ! télégraphiques, par Valdemar IIoskiaer, colonel du corps du génie danois. Traduit sur la seconde édition anglaise, par M. A. L. Ternant (l).
- Engagé pendant longtemps dans la vérification des câbles télégraphiques, M. le colonel Hoskiaer a eu l’occasion d?employer et de vérifier un grand nombre de méthodes d’essai. Il a pensé être utile aux praticiens en publiant celles de ces méthodes qui lui ont paru dignes de confiance. Le succès a pleinement démontré l’utilité du petit ouvrage qui, publié pour la première fois en 1873, a eu depuis à Londres une seconde édition. C’est sur cette dernière qu’a été faite la traduction de M. Ternant et on ne peut que le féliciter d’avoir mis à la portée des lecteurs français ce petit livre. qni, pour être sans prétention, n’en sera pas moins apprécié des praticiens.
- Aug. Guerout.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur les apparences de l’arc électrique dans la vapeur du sulfure de carbone ; par MM. Jamin et G. Maneuvrier (2).
- « J’ai fait connaître à l’Académie, dans la séance du 19 juin, les modifications que l’arc électrique éprouve dans le vide des machines pneumatiques, quand il est produit par une machine Gramme à courants alternatifs de grande tension. Je n’ai pas tardé à reconnaître que les apparences se modifient si l’on introduit des gaz ou des vapeurs dans le vase de verre où se fait l’expérience. Elles sont très remarquables dans la vapeur du sulfure de carbone.
- « Le brîileur est formé, par deux charbons verti-
- (') Paris, G. Masson et E. Plon, 1882.
- (2) Note présentée à l’Académie des sciences dans la
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- n8
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- eaux parallèles fixés à leur base ; les extrémités supérieures qui se regardent peuvent être réunies ou séparées par un mécanisme simple. L’appareil est placé sous une grande cloche de machine pneumatique où l’on fait un vide aussi complet que possible : on sait qu’alors l’arc ne se forme pas ; il est remplacé par les lueurs des tubes de Geissler; mais, quand on introduit quelques gouttes de sulfure de carbone de manière à obtenir un accroissement de om,o5 à om,o6 de pression, on voit l’arc s’allumer entre les pointes quand elles se touchent et persister quand on les sépare.
- « A ce moment il y a comme une explosion de lumière, si vive qu’on ne peut la supporter, incomparablement supérieure à l’éclat habituel de l’arc ; en la regardant avec des verres foncés, on voit un arc éclatant, de om,o5 à om,o6 de hauteur, qui ressemble à un fer à cheval ou à un oméga majuscule. Les deux extrémités sont aux deux pointes du charbon ; on voit en outre une longue flamme., pareille à celle d’un foyer, qui surplombe l’arc, s’en échappe et monte verticalement.
- « Les pointes des deux charbons paraissent rouges et très brillantes ; mais l’arc est vert pâle, et, comme sa lumière domine celle des charbons, toute la salle est illuminée de cette teinte, comme elle le serait par une flamme de Bengale au cuivre. L’éclat augmente jusqu’à devenir intolérable quand la tension de la vapeur augmente; mais, comme la résistance du milieu augmente en même temps, l’arc s’éteint souvent et il faut à chaque instant le rallumer en faisant joindre les deux charbons.
- « Etudiée au spectroscope, cette lumière offre toutes les raies des gaz carbonés en combustion, mais plus complètes et plus nettes. Ce sont celles que M. Thollon a décrites dans la séance du icr août 1881. Le spectre est très discontinu. A son extrémité rouge on voit une plage cannelée : d’abord une ligne très vive suivie de plusieurs autres serrées et plus minces, puis une ligne plus large qui répète la première et qui est également suivie de raies fines; ces apparences se répètent en marchant vers l’orangé, mais en s’affaiblissant jusqu’à disparaître. Après un intervalle obscur, on retrouve les mêmes apparences dans le jaune et dans le commencement du vert ; puis un intervalle obscur, puis la répétition des mêmes effets dans le vert, et dans le violet.
- « En résumé, le spectre se compose de quatre parties cannelées dans le rouge, le jaune, le vert et le violet, tellement identiques qu’on les prendrait, à la coloration près, pour un même dessin qui se serait transporté du rouge au violet. Il est bien probable qu’elles obéissent à une même loi harmonique qui reste à trouver.
- « De ces quatre plages, c’est la verte qui est de beaucoup la plus lumineuse, c’est elle qui donne la teinte spéciale que prend l’arc et qui colore tous les objets en vert.
- « Pendant que ces apparences se manifestent, une action chimique se produit : s’il est resté de l’air dans la cloche et si l’appareil n’est pas bien clos, le sulfure de carbone brûle incomplètement; un nuage de soufre remplit l’espace et se dépose sur les parois ; le charbon brûle seul. Si l’air a été bien purgé, ces nuages ne se forment point; un dépôt brun se fixe sur les parois, devient noir, se colle au verre et le ternit. Ce dépôt est volatil; son odeur rappelle celle du sulfure.
- « C’est évidemment un composé de soufre et de charbon, peut-être un prôtosulfure correspondant à l’oxyde de carbone, peut-être une modification isomérique du sulfure ordinaire. On ne voit, en effet, aucun dépôt de soufre ni de charbon, et les crayons du brûleur n’ont rien perdu ni gagné. Il est probable que le sulfure de carbone est dissocié, le soufre volatilisé, le charbon en vapeur disséminé dans l’arc, et que ce charbon et ce soufre se recombinent dans la flamme pour reconstituer une combinaison dans des conditions différentes; mais ce n’est là qu’une conjecture, aucune analyse n’ayant encore été faite.
- « En résumé, cette expérience est remarquable par la quantité extraordinaire de lumière produite, par la grandeur de l’arc, par sa couleur, par la composition de son spectre et par les actions chimiques qui prennent naissance. Il n’est pas probable qu’on en puisse jamais tirer parti pour l’éclairage, à cause de sa couleur, à moins que ce ne soit pour des phares ou des signaux envoyés au loin. »
- Sur un chercheur sous-marin.
- Le principe de la balance d’induction a été appliqué, dit Y Engineering, par le capitaine Mac Evoy à la recherche sous mer des torpilles, ancres, chaînes et autres objets submergés. L’appareil consiste en une petite boîte d’acajou, contenant une paire de bobines et un interrupteur vibrant, qui ouvre et ferme le circuit de l’une de ces bobines, la bobine primaire. Un téléphone est relié à la seconde, ou bobine secondaire. Cet appareil constitue la moitié de la balance d’induction, l’autre moitié est contenue dans une boîte imperméable lestée et que l’on plonge au fond de la mer. Cette boîte contient aussi deux bobines. L’une (primaire) est dans le même circuit que la bobine primaire de l’autre boîte. L’autre (secondaire) est reliée à la secondaire de l’autre boîte. Le circuit des bobines secondaires comprenant un téléphone, avant d’immerger la boîte étanche, on règle la position des bobines de manière à n’entendre aucun bruit dans le téléphone.
- Si on immerge alors la boîte étanche et qu’elle s’approche d’un objet métallique submergé, l’équilibre sera rompu, et l’on entendra dans le téléphone
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- le bruit de l’interrupteur. On se rappelle que le professeur Graham Bell a appliqué la balance d’induction d’une manière analogue pour découvrir les projectiles dans le corps humain. Ce que l’on sait rpoins c’est que les dispositions de M. Bell et du capitaine Mac Evoy ont été décrites au commencement de 1880 par M. J. Munro comme moyens de découvrir des masses métalliques.
- CORRESPONDANCE
- Russie, Saint-Pétersbourg, le 17/29 juin 1882.
- Monsieur le Directeur,
- Ayant reçu le numéro 19 de votre estimable journal dans lequel est inséré un extrait de l’article que je vous avais envoyé avec prière de l’insérer, j’ai remarqué qu’il s’était glissé une erreur que je voudrais voir rectifiée, une erreur qui pour le lecteur ferait croire à un mode de suspension qui ne pourrait pas donner de résultats tant soit peu satisfaisants et que je n’ai pas employé.
- Il est dit : « Le pavillon du téléphoné est muni d’une rainure qui sert de point de suspension à une petite « plaque E portant à son extrémité un poids insignifiant. » Dans l’article que je vous avais envoyé je dis :
- « Sur le centre du diaphragme, est adapté un cône muni d’une petite rainure qui sert de point de suspension à une petite plaque munie d’un poids insignifiant.
- « La rainure pratiquée dans le milieu du pavillon sert seulement pour donner la possibilité de pouvoir relever la plaque afin de la placer sur la rainure du cône. »
- Ce qui concerne la fin de l’article est un ajouté qui, dans l’article que je vous avais envoyé, ne figurait pas. Le signal de M. Ader est fort ingénieux par lui-même et se fondant sur lè principe de vibration, représente un appareil tout à fait distinct du mien, car il peut transmettre seulement des signaux optiques et non avec sonnerie. Mon invention est basée sur l’utilisation du téléphone lui-même comme appareil téléphonique à signal de sonnerie. Je me permets d’ajouter que le principe de vibration de la plaque téléphonique est un principe qui trouvera encore beaucoup d’applications.
- Veuillez agréer, etc.
- W. Jacobi.
- Delft, 10 juillet 1882.
- Monsieur le Directeur,
- Connaissant l’intérêt que vous portez à toutes les expériences téléphoniques, j’espère que vous me pardonnerez la liberté que je prends de m’adresser à vous.
- J’avais lu dans l’Engineering (January, 14, 1881) les expériences de M. Dunand sur le condensateur parlant. Au mois de septembre, je voulais répéter ces expériences qui me paraissaient fort intéressantes avec un microphone Hopkins et une pile de 10 éléments de Bunsen dans le circuit secondaire. Je n’ai point eu de difficultés à voir confirmés tous les faits annoncés par M. Dunand.
- Comme pourtant mon microphone était un mauvais tran s-metteuret que je n’en avais pas d’autres à ce moment-là à ma disposition, j’imaginai de remplacer le microphone, la bobine d’induction et la pile primaire par un téléphone Bell, ce qui simplifiait beaucoup l’expérience. Je n’avais alors qu’un téléphone, une pile de 10 Bunsen et un condensateur, le tout dans un même circuit. En mettant le condensateur à l’oreille, je pouvais entendre tout ce qui se disait dans le téléphone, les sons étaient très articulés, mais très faibles.
- Alors l’idée me vint de parler.au condensateur et d’écouter au téléphone, supposant que les vibrations du condensateur donneraient des courants, qui actionneraient le téléphone. Je réussis parfaitement : on entendait dans le téléphone tout ce que j’avais dit au condensateur. Les sons pourtant n’étaient que très faibles. En plaçant une petite boite de musique sur le condensateur, on entendait parfaitement toutes les mélodies dans le téléphone.
- Je conclus de ces expériences que deux condensateurs et une forte pile suffiraient pour parler d’une station à une autre. Ce n’est pourtant que deux ou trois mois après, que je pus réussir dans cette expérience.
- Mes condensateurs sont formés de 40 feuilles d’étain de 6X12 centimètres, séparées par des feuilles de papier paraffiné de 9 X i3 centimètres.
- J’ai eu l’honneur de montrer mon expérience du condensateur-transmetteur à plusieurs personnes, entre autres, à M. le professeur Boscha, directeur de notre école polytechnique dans le mois de décembre.
- L’expérience suivante montre qu’avec mes condensateurs, c’est la variation de capacité qui est la cause des sons, et non une action microphonique.
- Mon condensateur opposait au passage du courant une résistance de 1 2S0 000 ohms.
- En employant comme pile 21 très petits éléments Faure, et en plaçant une boite à musique sur le condensateur, les mélodies s’entendaient parfaitement dans un téléphone de
- 240 ohms. En ajoutant dans le circuit un élément de sélénium de 26 000 ohms, les sons dans le téléphone devenaient si faibles qu’on n’entendait presque rien.
- Or, si le condensateur agissait comme microphone, la résistance totale du circuit aurait été de 1 25o 240 ohms, donc l’addition des 26 000 ohms n’aurait pu affaiblir les sons d’une quantité appréciable.
- En supposant, au contraire, que le condensateur agisse par variation de capacité, les courants déterminés par les vibrations du condensateur ne passent pas à travers ce condensateur; la résistance du circuit dans ce cas n’est donc que de 240 ohms (la résistance de la ligne d’une chambre à une autre n’est rien). L’addition dans ce cas-ci des 26 000 ohms de l’élément du sélénium diminuera donc bien l’intensité des courants, qui ne seront que 7^5 environ de leur valeur primitive. Comme ce dernier résultat se trouve vérifié par l’expérience, je crois en pouvoir conclure que l’action du transmetteur est le résultat des variations de capacité.
- Avec 36 petits éléments Faure j’ai pu parler d’un condensateur à,un autre. En ajoutant les deux condensateurs et cette pile dans un même circuit, je pus entendre dans le second condensateur tout ce qui se disait dans le premier; les sons étaient très faibles, ce qui tenait à ce que chaque condensateur n’était charge qu’au demi-potentiel de la pile dont la charge se divisait entre les deux condensateurs. On parlait donc à un condensateur faiblement chargé, c’est-à-dire à un faible transmetteur, dont les courants agissaient sur un condensateur n’ayant aussi qu’une faible charge, et qui par conséquent n’était qu’un récepteur peu sensible.
- Les sons étaient plus forts en ajoutant les condensateurs parallèlement, comme a et t dans la figure ci-dessus. Pour empêcher que l’électricité mise en mouvement par la vibration de a ne passât pour la plus grande partie à travers la pile, j’ajoutais en Se l’élément de sélénium de 26 000 ohms.
- J. W. Giltay.
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- FAITS DIVERS
- Fendant,l’exposition d’électricité de Munich, M. Marcel Deprez doit répéter ses remarquables expériences de transmission de force, à de grandes distances. La gazette d’Augs-bourg (Allgemeine Zeitung) dit à ce propos :
- L’ingénieur français Marcel Deprez, bien connu par ses recherches et ses calculs sur la distribution de l’électricité et le transport électrique de la force, s’est déclaré prêt à transmettre la force au moyen d’un simple fil télégraphique depuis^ la ville d’Augsbourg jusqu’à Munich. La distance entre ces deux points est de soixante-quatre kilomètres. Une machine agricole placée dans le Palais de l’Exposition sera mise en mouvement par un moteur qui se trouvera à Augsbourg.
- Cette expérience exécutée pour la première fois d’une façon pratique doit exciter au plus haut haut degré l’intérêt général.
- Éclairage électrique
- Aux installations d’éclairage électrique improvisées pour le 14 juillet, et que nous avons signalées dans notre dernier numéro, nous devons ajouter les suivantes, faites par la maison Siemens :
- i° Au coin de la rue Oberkampf et de l’avenue Parmentier, quatre lampes différentielles ont éclairé pendant trois jours un bal en plein air; une cinquième à réflecteur éclairait une statue de la République;
- 20 Avenue Daumesnil, près de la rue Traversière, quatre lampes, dont deux à réflecteur, ont contribué pendant deux jours à la décoration générale;
- 3° Place du Marché, au Point-du-Jour, quatre lampes du même système ont éclairé un bal public de 9 h. du soir à 7 h. du matin trois jours consécutifs.
- A Dunkerque, quatorze lampes Siemens éclairaient la place Jean-Bart. A Sens, huit lampes semblables éclairaient un bal sous un marché couvert qu’on inaugurait.
- La lumière électrique vient d’être employée à Niort à l’occasion de l’Exposition régionale. Le jardin et la porte de cette exposition ont été éclairés avec des bougies Jabloch-koff.
- A Bagnères-de-Bigorre, ville thermale du département des Hautes-Pyrénées, la salle de spectacle du Casino qui vient d’être inaugurée offre aux spectateurs entre autres attraits un éclairage par l’électricité. Cet éclairage se fait à l’aide de cent vingt lampes Maxim, du modèle de celles employées au Grand-Opéra de Paris.
- Les bons résultats qu’ont donnés les expériences avec les lampes à incandescence dans la grande salle des appareils au bureau central des Télégraphes à Berlin, ont décidé l’administration des Postes et des Télégraphes de l’empire à adopter définitivement l’éclairage électrique pour cette salle où la maison Siemens et Halske a fait les installations électriques nécessaires.
- Des essais d’éclairage électrique d’une durée d’un mois vont être entrepris sur une vaste échelle à Buenos-Ayres aux frais de la Compagnie Brush. Les rues Alsina, Peru, Florida, Victoria Rivadavia seront éclairées à la fois et par l’intermédiaire de réflecteurs placés sur les balcons et les azoteas. De son côté la Compagnie Jablochkoff, a soumis à la municipalité de Buenos-Ayres tout un plan d’éclairage complet de la ville par le système Jablochkoff.
- Téléphonie.
- • A la Chambre des Députés, il a été question du téléphone dans la séance du 12 juillet. L’ordre du jour ayant appelé la discussion d’un projet de loi portant ouverture d’un crédit supplémentaire de 25o,ooo francs pour l’établissement de lignes téléphoniques, M. Reymond a demandé quelques renseignements sur le caractère et l’importance de l’expérience que le gouvernement va faire dans plusieurs villes qui demandent à être dotées d’un service téléphonique.- Le service téléphonique sera-t-il libre ou sera-t-il un service d’État ? la Compagnie est disposée à accepter la combinaison qui prévaudra. Le Ministre des postes et télégraphes a répondu qu’il ferait les expériences au mieux des intérêts des villes et de l’Etat, et que ces expériences se feraient très rapidement. L’expérience du téléphone, a dit le duc de la Roche-foucauld-Bisaccia, est faite. Il fonctionne à Paris, mais le prix de l’abonnement est trop élevé. Il serait à désirer qu’il fût mis à la portée de tout le monde. Le ministre a répondu au duc de la Rochefoucauld que l’établissement des téléphones était une question de crédit, mais qu’avant de demander un crédit, il fallait faire l’expérience de l’exploitation. Si le téléphone est très cher, c’est qu’il appartient à une Compagnie particulière. On a vu les diminutions successives que l’Etat a apportées aux taxes télégraphiques ; le jour où il aura l’exploitation du téléphone, les taxes seront à meilleur marché. A la majorité de 459 voix contre 2 sur 461 votants, le projet de loi portant ouverture d’un crédit supplémentaire de 250,000 francs pour l’établissement de lignes téléphoniques a été adopté.
- Il existe à Paris plusieurs immeubles sur lesquels on lit à tous les étages : « Eau, gaz, téléphone.
- Cette innovation, due à l’initiative de la Société générale des Téléphones, commence à s’étendre à la province, dans les villes où la Société possède un réseau téléphonique. Ainsi à Nantes un propriétaire peut aujourd’hui relier sa maison au bureau central de l’agence moyennant les conditions suivantes : premier poste d’abonnement, 400 francs par an ; chaque poste suivant dans le même immeuble 180 francs l’an. Un appareil spécial, installé à chaque étage, permet à chacun des locataires de communiquer, par un seul et même fil, avec tous les abonnés du réseau et réciproquement.
- Des expériences téléphoniques viennent d’être faites, sous le contrôle de l’État et de la Compagnie de l’Ouest, entre Paris et Rouen, Rouen et le Havre. t ....
- Les appareils essayés entre ces villes ont donné de bons résultats. La voix arrivait clairement malgré les courants d’induction. On s’est seryi pour ces expériences des microphones du système Baillêhache.
- A Greenock, près de Glasgow en Ecosse, la National Téléphoné Company a établi un bureau téléphonique, qui compte actuellement plus de soixante-dix abonnés. Les stations de police, d’incendie, la Compagnie du gaz sont aussi reliées par le téléphone. Le bureau téléphonique de Greenock est rattaché à celui dé Glasgow par une ligne d’embranchement qui est louée au Post Office; la distance entre les deux bureaux est d’environ vingt-trois milles.
- ERRATUM
- Dans le numéro 27 du 8 juillet dernier, page 38, 2e col., 12° ligne avant la fin, lire : radiations spectrales, au lieu de radiations spéciales.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Taris. — Impr-’iver'e P. Mouillot, 13, quai Voltaire. — 3oq5ü
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 51, rue Vîvîenne, Paris
- *
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL
- ADMINISTRATEUR-GfeRANT ! A. GLÉNARD
- 4« ANNÉE (TOME VII) SAMEDI 5 AOUT 1883
- N» 31
- SOMMAIRE
- Les cyclones en Amérique; Th. du Moncel. — L’cclairage électrique au théâtre; Aug. Guerout. — La télégraphie, ses progrès récents manifestés à l’Exposition Internationale d’Electricité (nc article) : Appareil de Wheatstone : Transmetteur; E. de T.— Exposition Internationale d’Electricité : Exposition du ministère des postes et télégraphes; de Ma-gneville. —Exposition Internationale d’Electricité : Eclairage électrique par réflexion, système Partz; C.-C. Soulages. — Sur le rendement des lampes à incandescence; Frank Geraldy. — Revue des travaux récents en électricité : A propos de l’invention du relais. — Chronologie des découvertes téléphoniques. —- Sur les paratonnerres, par M. Melsens. — Faits divers.
- LES CYCLONES EN AMÉRIQUE
- Les orages les plus violents que nous voyons en Europe ne peuvent que rarement se comparer à ces tourbillons épouvantables que l’on rencontre souvent en Amérique et qui ravagent des contrées entières. Cette année surtout, ces terribles météores ont sévi avec une rage toute particulière et se sont tellement multipliés que tous les journaux améri-ains du mois de juin en sont remplis. Serait-ce le contre-coup de ces tourmentes qui amènent chez nous ces affreux temps què nous avons depuis plus d’un mois?... Comme ces météores se rattachent un peu, ainsi que les trombes, à l’électricité atmosphérique, nous croyons devoir rapporter ici le tableau que nous en fait notre collaborateur M. C. C. Haskins dans plusieurs lettres qu’il a nous a écrites aux dates des 20, 25, 27 juin et icr juillet. Peut-être M. Faye qui s’est occupé beaucoup de ces phénomènes et qui en a donné une théorie, trouvera-t-il dans ces descriptions de nouveaux faits à ajouter à ceux qu’il a déjà recueillis.
- « Vous vous souvenez, dit M. Haskins, du terrible incendie qui a produit de si grands ravages à Chicago dans le mois d’août 1871. Cet incendie était principalement dû à un tornados dirigé vers
- le nord et qui a brûlé presqu’en totalité les villes bâties sur la rive ouest du lac Michigan. Oconto qui était bâtie toute en bois, fut détruite si rapidement que ses habitants durent pour se sauver sauter dans la rivière, et Pechtigo, autre ville du centre, n’eut pas un meilleur sort. Ce qui est curieux à constater, c’est que, entre ces deux villes, il s’en est trouvé d’autres et même en assez grand nombre qui ne furent nullement atteintes par le météore.
- « Il s’est déchaîné beaucoup de ces cyclones dans les Etats de Iowa depuis plusieurs années, et les désastres, tant en morts d’hommes qu’en destructions de propriétés, ont été nombreux. En 1860, un de ces orages a parcouru la moitié de l’Etat vers le centre, répandant la ruine et la mort sur son passage. Sa direction était celle du sud-est, et il éclata entre trois heures et quatre heures à la suite d’une semaine de pluies alternées de temps clairs et après des chaleurs accablantes. J’ai eu occasion de m’entretenir ces jours derniers avec une personne qui se trouvait au milieu de cet orage et qui m’a assuré avoir constaté une odeur sulfureuse et la présence d’une forte proportion d’ozone dans l’air.
- « Le 22 mai 1873 un orage de la même nature a encore passé au centre de ces Etats de Iowa en présentant les mêmes caractères, mais il ne fut pas aussi formidable dans ses effets. En juillet 1876, un nuage creva brusquement au dessus de Rock-dale près de Dubuque dans l’Iowa, et fit disparaître presque’tout un village en noyant un grand nombre de personnes. Le g juin 1881, une sorte de trombe ayant à peu près un demi mille de largeur passa à travers le pays de Poltawaltamee, et deux jours après, un météore semblable amena la ruine sur un parcours de plusieurs milles de longueur et d’à peu près cinq milles de largeur.
- « Il arrive fréquemment que ces orages sont suivis ou immédiatement précédés, dans les contrées voisines, d’autres orages ayant des caractères assez semblables. Le dernier orage de cette nature et peut-être le plus frappant par ses effets, s’est manifesté dans la soirée de samedi dernier. J’ai sous les yeux plusieurs lettres indiquant le
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- chemin suivi par le cyclone, et je vais en extraire quelques traits saillants afin d’en faire ressortir le côté électrique.
- « D’après l’ensemble des descriptions données par les témoius oculaires, il paraît évident que le cyclone se constitua au centre de plusieurs nuages qui s’approchaient graduellement les uns des autres, comme s’ils s’attiraient mutuellement, et cela sur une étendue de plusieurs milles. Trois des pays placés sur le chemin de ce cyclone entre le 94“° et le 95™° degré de longitude ouest de Greenwich, ont été mentionnés comme ayant dû être les points où l’orage a pris naissance. Cinq cyclones furent aperçus en même temps, d’après un des correspondants, dans le pays de Webster avant la grande réunion des nuages. Presque tout un pays fut épargné, bien que l’orage, haut dans les airs, eût passé au-dessus. Le tourbillon affecta partout la forme d’un entonnoir et bondissait à différentes reprises par dessus de grands espaces.
- « L’orage dans son entier mesurait environ 200 milles, et cet espace de pays fut parcouru de 7 heures 3o du matin à n heures avec une vitesse d’à peu près 55 milles à l’heure, et cependant le vent soufflait avec une vitesse plus considérable qui a été estimée de 75 à 80 milles à l’heure sur différents points.
- * Le bruit produit à l’approche de l’orage était assez semblable à celui que fait un train de chemin de fer passant à travers un tunnel ou un pont couvert, ou bien encore aux roulements prolongés d’un tonnerre très éloigné, et il s’entendait à a5 ou 3o milles. Sur un point, l’orage sauta par dessus une contrée et se dissipa. Voici la description qu’en donne un témoin oculaire : « Une masse de nuages « denses ayant un mouvement rapide et portant à k leur extrémité ouest une traînée nettement arrêtée « qui avait la forme d’un cône renversé d’où s’échap-« pait une colonne noire tombant à terre, se divisa « en donnant naissance à de petits nuages qui « s’évanouirent successivement. Ceci dura environ « pendant vingt minutes, après quoi le nuage en-« tier se dispersa ; une demi heure après un coup « de tonnerre formidable éclata, et les éclairs qui « l'accompagnaient étaient extrêmement brillants « et développés. » L’orage n’atteignit pas notre correspondant, et là où il se trouvait il y avait peu de vent, mais voici ce que dit un autre témoin : « Quand je remarquai les premiers effets du mé-« téore, on voyait dans le ciel une bande de nua-« ges de couleur de neige blanche, d’où pendait « une longue colonne blanche qui atteignait la « terre. Celle-ci devint de plus en plus petite jus-« qu’à ce qu’elle eut disparu complètement; mais « à une certaine distance du côté de l’ouest, il se « forma alors un nouveau centre de nuages qui « donna naissance à un nouvel entonnoir, et celui-« ci ainsi que le nuage était alors de couleur foncée
- « et presque noir. Les nuages étaient lourds et « animés de mouvements violents. L’orage passa « sans frapper l’endroit où nous nous trouvions,
- « et l’aspect en était grandiose. Bientôt après, avec « des changements et des saùtes de vent, survint « la pluie des orages ordinaires. »
- « Dans le pays de Greene (un des pays de l’ouest qui furent les premiers connus), l’orage fut accompagné vers six heures par une tempête de grêle qui dura près de quinze minutes et qui projeta des grêlons de plus de 2 pouces de diamètre et pesant quatre onces. Une pluie torrentielle tombait avec la grêle. A Des Moines, pays au sud du chemin suivi par l’orage, et à 11 milles de là, l’atmosphère devint, vers 6 heures 3o minutes du soir et après une grande chaleur tout le jour, très épaisse et peu respirable. Le ciel se couvrit instantanément de nuages de toutes couleurs parmi lesquels on en distinguait de vert foncé et de jaunes. Le vent devint soudainement impétueux et le ciel presque noir. Une demi heure après, les nuages se divisèrent, passèrent du nord-est au sud-est, et pendant près d’une heure et demie de grandes bandes de nuages coururent dans le ciel dans cette direction, présentant des couleurs variées qui teintaient le paysage de nuances surnaturelles et de lumières fulgurantes extraordinaires.
- « D’après certains témoins, les nuages avaient une couleur de métal fondu, leur forme en entonnoir était parfaitement caractérisée et des roulements sonores étaient faciles à distinguer. Il paraîtrait aussi que pendant l’orage beaucoup de res-1 sorts de montre se seraient cassés.
- « Un correspondant de Grinnel où l’orage éclatait dans toute sa furie s’exprime en ces termes :
- « Il entra dans le pays avec un mouvement gyra-« toire et forma un grand tourbillon en arc de « cercle autour duquel il semblait tourner tous « les trois milles. Ce tourbillon ou vortex de « 3oo ou 400 pieds de diamètre, tua trente per-« sonnes, enleva des douzaines de maiëons, et les « ruines montrèrent qu’au milieu des grands mou-« vements gyratoires s’én trouvaient de plus petits « qui étaient tout à fait particuliers à ce genre de « phénomènes. Uu roulement sourd et grave du « tonnerre se fit entendre quelques minutes avant « l’action destructive du cyclone, et ceux qui étaient « les plus familiarisés avec ces bruits se sauvèrent « pour se réfugier dans leurs habitations. Des « boules de feu furent aperçues dans le ciel, et de « formidables éclairs accompagnaient le tonnerre;
- « l’orage plana ainsi pendant trois minutes; après,
- « survint un abat d’eau accompagné de grêle qui « inonda la ville, et au bout de vingt minutes l’eau « avait atteint un niveau assez élevé pour atteindre « les points les plus hauts de la ville. »
- « Les effets physiques de ces cyclones sont si étonnants qu’on a de la peine à y ajouter foi, et
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- j’aurais hésité à les mentionner, s’ils n’avaient été confirmés par un grand nombre de correspondants. Quelquefois le météore enveloppait entièrement une maison et n’en laissait pas même un vestige ; d’autrefois la moitié de la façade ou un des côtés de la maison était enlevé, et le reste se balançait dans les.airs. Des poutres énormes étaient en quelques instant soulevées comme des fétus de paille et lancées au loin en'passant à travers d’autres bâtiments. Dans une ferme qui avait échappé au fléau destructeur, tous les animaux étaient tués, peut-être par la peur. Une maison, celle de M. C. F. Carver, fut complètement renversée. Des arbres qui étaient dans la cour et qui avaient plus d’un pied de diamètre furent arrachés et renversés, tandis qu’une rose (King George) placée au milieu de ces ruines fut épargnée ; on la recueillit comme un souvenir après l’orage, et elle était dans tout son épanouissement, sans qu’une seule des pétales fut enlevée. Une autre maison frappée contenait un nécessaire de toilette qui fut projeté en dehors de la maison et entièrement brisé, sauf le miroir qui fut lancé dans la boue sans avarie. Une maison et une ferme appartenant au professeur Chamberlain de Iowa Collège, furent complètement démolies, et un phaéton qui se trouvait dans la ferme fut projeté à 3oo pieds plus loin dans un arbre à 3o pieds de terre. Plus de cent personnes y perdirent la vie, et beaucoup d’autres furent blessées. Il y eut de singuliers effets de personnes transportées dans l’air sur un long parcours, et déposées tranquillement à terre sans aucun mal. M. Pierce, commissionnaire, fut ainsi lancé à travers deux rues et deux squares et par dessus quatre maisons en ruines, venant s’échouer, sans trop de mal, sur un lit de repos au fond d’une chambre dans laquelle il avait pénétré par la fenêtre.
- « L’orage forma trois cyclones dans la ville, détruisant tout sur son passage. Surprise par un de ces cyclones, une pesante locomotive du poids de 40 tonnes fut enlevée de la voie, traînant à sa suite quelques wagons qui y étaient accrochés et qui se balançaient en avant et en arrière pour venir tomber finalement par terre sous les efforts de l’ouragan.
- « Je vous envoie tout ceci, continue M. Haskins, comme une relation des effets produits par les cyclones ; et bien qu’ils puissent paraître un peu du domaine des songes arabes, je puis vous assurer qu’ils sont authentiques et appuyés sur de nombreux témoignages. Iowa est un Etat qui borde celui de l’Illinois, et quoique la plupart de ses villes ne puissent être trouvées sur les dernières cartes géographiques, les contrées ravagées sont faciles à reconnaître, en suivant la direction de l’ouragan qui allait vers l’est et le sud-est.
- « Des phénomènes semblables accompagnèrent l’incendie de Chicago en 1871. Une glacière fut circonscrite entièrement par le météore et très peu
- des morceaux de glace qu’elle contenait furent brisés, aucune fleur ne fut détériorée alors que tout ce qui était autour avait été complètement démoli. Ailleurs, des bâtiments en pierre furent percés par les flammes comme par le jet d’un chalumeau, et cela presque en moins de temps que je 11e l’écris.
- « D’autres forts ouragans se manifestèrent encore, non seulement dans l’Iowa, mais encore dans le Kansas, le Minnesota et le Michigan, dans les vingt-quatre heures qui suivirent le premier orage.
- « Agréez, etc.
- « C. C. Haskins. »
- Quelques jours après cette lettre M. Haskins nous envoyait la suivante, datée du 25 juin :
- « Depuis ma dernière lettre de nouveaux cyclones ont encore bouleversé le pays de l’Iowa, laissant quelques traces sur les pays voisins.
- « Le second cyclone celui de jeudi dernier frappa YIndépendance Buchanan Company qui est placée à l’est-nord-est de la. première contrée atteinte et, par conséquent, à l’ouest de [Dubuque, à peu près à 5o milles.
- « Le troisième cyclone se montra dans le nord-ouest et frappa le second tiers du pays dans la direction du nord, vers l’Etat de Pale Alto qui a le plus souffert. L’orage traversa ensuite le Mine-sota produisant des effets à peu près semblables à ceux du Yisconsin et de l’Illinois.
- « Le 23, l’orage électrique se changea en cyclone à Cleveland (Ohio) et sur le lac Erié. Tous les points signalés de son passage sont situés vers la 40° et 45e parallèle de latitude nord. Dans ces derniers jours, ce sont les orages accompagnés de tonnerre et de grêle qui ont été prédominants ; ils ont été généraux et se sont produits à la suite de chaleurs suffoquantes. Nous avons eu tous les jours plus ou moins de la pluie, et quand celle-ci cessait, le ciel était couvert de ’ nuages noirs effrayants sillonnés d’éclairs bruyants et accompagnés de beaucoup de vent.
- « Hier, en regardant attentivement le ciel, je vis trois couches de nuages très distinctes qui semblaient animées de vitesses différentes et qui se mouvaient dans des directions également différentes. »
- Dans une nouvelle lettre du 27 juin, M. Haskins continue ses observations météorologiques.
- « Le cyclone qui a frappé Cleveland s’est aussi manifesté de l’autre côté du lac, dans le Canada, le vendredi, à peu près à la même heure. De forts coups de tonnerre avaient précédé son apparition, et immédiatement après, apparut un nuage épais semblable à ceux des orages à tonnerre dont la partie inférieure pendait au-dessus des eaux comme un lourd rideau. Ce nuage avait
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- une course rapide, et à 6 h. 20', il atteignit le rivage. Quand on l’aperçut pour la première fois, il se trouvait à peu près à un quart de mille de distance et formait une masse verdâtre de io pieds de hauteur environ ; en ce moment les eaux du lac étaient calmes, mais à mesure qu’il s’avançait, elles se mirent à monter et se soulevèrent jusqu’à une hauteur d’environ 40 pieds du côté où le rivage est en plan incliné.
- « Un autre orage fut encore signalé à peu près dans le même temps, à Atchison dans le Kansas. C’était dans l’après-midi du 26 juin. Il venait du nord-ouest et se dirigeait vers l’est en se divisant en deux ; l’une des parties passa. au-dessus de la ville de White Cloud (Kansas). Le 25, un ouragan tomba sur Grand-Island (Nebraska) Kerwin (Kansas), Maryville (Kansas) et Talrnage (Kansas). A Léonora, il s’en forma un autre, de grêle, ainsi qu’à Saint-Joseph dans le Missouri; celui-ci qui venait de l’est, brisa tout en général; il manifesta sa présence à Omaha Neb et dans ses environs, dans le pays de Saunder et de Butler et celui de Polk et Sarpy qui furent plus ou moins éprouvés. Sa largeur était à peu près de 6 milles et sa longueur de 70 milles. Il y eut encore de forts orages à Quincy (Illinois) à Détroit, Mich, Milwankee et Wisconsin. Ils étaient accompagnés de pluie et de vent. La direction et la position géographique de ces orages est importante à considérer, si on veut saisir leur rapport avec les cyclones qui les ont plus ou moins accompagnés.
- « C. C. Haskins. »
- Voici maintenant quelques remarques émanées d’un homme de science, le professeur Macomber, qui a accompagné ses descriptions des figures que nous reproduisons ci-contre.
- « D’après les relations qui ont été données du terrible cyclone qui a ravagé le pays d’Iowa, on peut déduire que la route parcourue par lui était d’environ 160 milles de longueur et que sa vitesse était de 45 milles par heure. Quant à la vitesse du vent dans son mouvement gyratoire, elle était assez difficile à. mesurer. Cependant, on peut s’en faire une idée d’après les effets que j’ai observés. Ainsi une des pierres du soubassement de la maison de M. Wyckham au sud de Ames, qui avait un volume de i5 pouces carrés, fut projetée à 200 pieds sans toucher terre; elle était presque cubique, et sa surface exposée au vent était de i,56 pied. D’après son poids spécifique, elle devait peser 3i2 livres. En admettant que le vent ait agi sur elle normalement à sa surface, il faudrait une pression de 200 livres par pied carré de surface plane pour la soulever, et d’après les formules ordinaires employées pour mesurer la vitesse du vent, on trouve qu’il
- aurait fallu une vitesse d’au moins 210 milles à l’heure pour mettre cette pierre en mouvement.
- « En prenant pour base des calculs l’un des wagons renversés sur le chemin de fer de Northwestern qui pesait 63400 livres et présentait au vent une surface ds 262 pieds carrés, on trouve, en admettant que la pression ait agi à 5 pieds de terre, qu’il faudrait une pression de 29365 livres pour le renverser, et cette pression de 112 livres par pied carré correspond à un minimum de vitesse de 149 milles par heure. Dans ces calculs, j’admets toujours que le vent agit normalement à la surface, ce qui évidemment se présente rarement, et ce qui montre que la vitesse réelle devait être supérieure à celle indiquée précédemment.
- « La direction générale de ces orages est en général de l’ouest à l’est, et jamais à ma connaissance ils n’ont suivi une direction opposée. D’un autre côté, le mouvement de rotation s’effectue d’une manière inverse à celui des aiguilles d’une montre, et tous les centres de ces mouvements circulaires sont occupés par une atmosphère à basse pression qui détermine vers eux une affluence des couches d’air voisines. Mais comme en raison du mouvement de rotation de la terre tous les points rapprochés de l’équateur sont animés d’une plus grande vitesse que vers le nord, il en résulte que les masses d’air se mouvant vers le nord sont rejetées à l’est de ce centre et que celles qui se dirigent vers le sud sont repoussées en arrière. Or ces deux effets conspirent pour déterminer un 'mouvement de rotation vers la gauche, et le mouvement de l’axe dans les tourbillons qui naissent d’un cyclone ou d’une dépression barométrique sont dans la même direction.
- « En somme on peut résumer de la manière suivante les caractères des derniers cyclones.
- « i° La direction de l’orage qui les produisait était du nord-ouest au sud-est.
- « 20 Les nuages avaient une vitesse de translation de 45 milles à l’heure.
- « 3° L’orage avait commencé au nord-ouest de Boone, peut-être dans les comtés de Greene ou de Webster.
- « 40 Les tourbillons se formaient et disparaissaient continuellement,et quelquefois on envoyait plusieurs.
- « 5° Ces tourbillons étaient sans cesse entretenus par l’immense nuage orageux placé au-dessus d’eux et qui était en mouvement tout entier.
- « 6° La vitesse du vent dépassait, dans certains moments, 200 milles par heure.
- « 70 Un ouragan de vent précédait ou suivait chaque tourbillon sur une étendue quelquefois de plusieurs milles.
- « 8° L’orage était accompagné dans beaucoup d’endroits par de la grêle et une forte pluie.
- « 90 Le vent était assez fort pour causer toutes
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- les ruines constatées, et il n’est pas besoin d’admettre l’intervention d’effets électriques pour les expliquer.
- « io° On a pu constater que l’on pouvait sauver sa vie en se réfugiant dans les caves ou celliers, en se plaçant du côté sud, si la maison était en bois, et du côté nord, si elle était en briques. »
- Les dessins publiés par M. Macomber montrent les différentes formes affectées par les tourbillons
- FIG. I. — GRAND CYCLONE AVANT QU’iL NE FRAPPE LE SOL
- pendant ces fameux orages. La figure i montre d’abord l’aspect du nuage orageux qui les a engendrés et un cyclone en voie de formation; la figure 2 montre le cyclone formé et atteignant lâ terre; la figure 3 montre l’effet produit sur terre, et la figure 4 le représente avec sa colonne brisée angulairement.
- D’après plusieurs récits de ces désastres, faita par les journaux du pays, il paraîtrait que l’éléva-
- FIG. 3. — GRAND CYCLONE APRÈS AVOIR FRAPPÉ LE SOL
- tion des eaux du lac dont nous avons parlé, était en rapport avec la pression barométrique et qu’elle avait atteint son maximum au moment où cette pression était la plus basse; elle était environ d’un pied, et même plus, par pouce de dépression barométrique. Parmi les faits particuliers signalés par ces journaux, nous citerons comme exemples un toit qui ayant été enlevé s’abattit à une certaine distance et aurait écrasé, sans doute, un certain nombre de personnes qui se trouvaient là, s’il
- n’avait été arrêté momentanément dans sa chute par des fils téléphoniques. A Cedars rapids, des arbres furent tordus, des monuments endommagés, et il y eut 20 maisons de démolies. Un asile de fous bâti dans les environs de cette ville, à 2 milles, eut ses toits enlevés, au nombre de 10, ainsi que la partie centrale de l'établissement. La tour renfermant la cloche fut tordue, enlevée et démolie. Toute une usine fut enlevée avec ses machines à
- FIG. 2. — CYCLONE DU COMTÉ DE STORY. — NUAGE ORAGEUX.
- ASPECT USUEL
- vapeur et tout son matériel. Un jeune homme appelé Albert Ripke fut écrasé par une maison qui se retourna sur lui, tandis que son père et sa mère furent enlevés et jetés au loin. Un autre jeune homme qui allait appeler sa mère pour la mettre en lieu de sûreté, fut enseveli par la maison qui se souleva au-dessus de ses fondations.
- Tous ces effets peuvent paraître invraisembla-
- FIG. 4. -* ASPECT DU CYCLONE AVANT SON EXPLOSION, A L’ANGLE AU SUD D*AMES
- blés, cependant sans aller en Amérique, nous avons eu, en France, des exemples de cyclones aussi dévastateurs. On doit se rappeler, en effet, qu’il y a quelque trente-cinq ans, une trombe effroyable ravagea la vallée de Malaunay et de Monville, près Rouen, enlevant des usines et produisant des effets tout aussi extraordinaires que ceux que nous_ annonçons aujourd’hui. Tout dernièrement encore les journaux nous faisaient le récit d’une trombe qui s’est abattue sur Nevers le i5 juillet et qui a enlevé des toitures, arraché des arbres et vomi
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- des grêlons d’un poids assez considérable pour percer des couvertures et briser un nombre incalculable de vitres. M. Faye qui s’est occupé spécialement de ces phénomènes, pourrait, nous en sommes certain, rapporter un grand nombre d’exemples de ce genre.
- Tu. du Moncel.
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- AU THÉÂTRE
- L’attention du public a été attirée depuis quelque temps par des expériences d’éclairage électrique faites par la Société Force et Lumière, au théâtre des Variétés.
- Une première expérience a porté d’abord seulement sur l’éclairage de la scène. 83 accumulateurs du type de 60 kilogr. fournissaient le courant à autant de lampes établies sur la scène et réparties ainsi : 40 sur la rampe, 40 sur les deux herses allumées et 3 sur un portant.
- Le décor était très vivement éclairé sans qu’il y eût aucune ombre portée et les nombreux assistants ont pu constater par les manœuvres faites sur leur demande que les lampes à incandescence se prêtent aussi bien que le gaz à tous les effets de scène.
- Dans une seconde séance, le mardi 25 juillet, une véritable représentation a été organisée avec le gracieux concours de Mmo Judic et à l’éclairage électrique de la scène on a ajouté celui du lustre de la salle et celui du vestibule d’entrée et du foyer (*). Cette fois encore les qualités delalumière des lampes à incandescence ont pu être appréciées du public et pendant que l’artiste était en scène on a pu constater que l’éclat de la lumière n’incommode en rien les acteurs. Le succès a donc été complet.
- Mais l’intérêt de ces essais d’éclairage n’est pas dans leur succès même, il réside surtout en ce qu’ils ne seraient que des ballons d’essai préparant l’exécution de projèts de bien plus haute importance. Les expériences des Variétés auraient été faites en effet pour montrer aux directeurs de théâtre la possibilité d’éclairer leurs salles de cette façon et la Société Force et Lumière viserait, dit-on, plus spécialement l’Opéra et l’Eden-Théâtre, se proposant, au besoin, d’éclairer ces deux théâtres à l’aide d’une seule et même installation centrale.
- (1) A cette seconde séance, l’éclairage comprenait 191 lampes Swan ainsi réparties : rampe, 24; herse du iur plan, 10; herse du 20 plan, 10; herse, du 3e plan, i3; herse du 4° plan, i3; herse du 5° plan, i3; lustre de la salle, 36; lustre du foyer, 48; entrée du foyer, 2. 181 accumulateurs de 60 kil. et ii3 de 40 kil. alimentent ces lampes.
- Des projets de cette nature soulèvent quelques questions que nous nous proposons d’examiner.
- Comment d’abord s’y prendra-t-on pour la charge des accumulateurs? Il est certain qu’il est absolument impossible, surtout pour une grande installation, d’apporter chaque jour de l’usine (les appareils tout chargés en remportant ceux de la veille. On en arrive donc forcément à les établir à poste fixe et à les charger à l’aide de machines placées soit dans l’édifice même que l’on veut éclairer, soit dans un local voisin. On se demande alors pourquoi on n’alimenterait pas directement les lampes par les machines dynamo-électriques et quel est l’avantage que présente dans ce cas l’emploi des accumulateurs.
- D’après la Compagnie Force et Lumière, les accumulateurs parent, et cela est vrai d’ailleurs, à tout danger d’extinction résultant d’un accident quelconque arrivé aux machines. En outre, ils permettent de faire usage d’une force motrice moins considérable. Si, par exemple, il faut pour un éclairage donné une force de 100 chevaux pendant cinq heures et que le local ne se prête pas à l’installation d’un moteur de cette force, on pourra installer un moteur de 25 chevaux et faire travailler pendant vingt heures les machines pour charger des accumulateurs, qui débiteront ensuite pendant le temps où l’on a besoin de l’éclairage l’électricité emmagasinée pendant un temps bien plus long. On compensera ainsi, par la durée du travail, l’insuffisance de force du moteur. Ce moyen entraînera, il est vrai, une perte assez notable, mais il permettra des installations d’éclairage dans des cas où elles ne seraient pas possibles directement.
- Il est donc très intéressant de se rendre compte des détails d’une installation d’éclairage établie d’après ces principes et de voir d’abord si en prenant, comme on l’a fait aux Variétés, un accumulateur par lampe, on arrive à suffire à l’éclairage pendant le temps nécessaire.
- Dans la majorité des théâtres, le spectacle dure depuis 7 heures et demie ou 8 heures jusqu’à minuit, mais la plus grande partie des appareils d’éclairage sont allumés pour la préparation de la scène, la toilette des acteurs, et la réception du public environ une heure avant le lever du rideau, c’est-à-dire au moins de 7 heures à minuit. On a donc chaque soir 5 heures d’éclairage. A cela, il faut ajouter différents éclairages de jour, comme ceux des répétitions, qui se font avec un nombre restreint de foyers, mais durent plusieurs heures. A l’Opéra-Comique, par exemple, les répétitions ont lieu tous les jours de midi à quatre heures. Pour tenir compte de ces surcroîts d’allumage, nous admettrons par jour 5 heures et demie d’éclairage, ce qui fera pour l’année de 365 jours 2007 ou, en chiffres ronds, 2 000 heures d’éclairage.
- Il reste à voir si un accumulateur est capable de
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- fournir l’énergie nécessaire à une lampe pendant 5 ! heures et demie.
- Le document le plus officiel qui existe sur la capacité d’emmagasinement des accumulateurs Faure est le rapport ' de M. Tresca sur les expériences faites par une commission composée de MM. Allard, Le Blanc, Joubert, Potier et Tresca (’).
- Ces expériences avaient porté sur 35 éléments pesant chacun 43 kil. 700, liquide compris, soit un poids total de 1 53o kil., et on avait trouvé que le travail extérieur fourni par cette pile s’élevait en tout à 3 809 000 kilogrammêtres, ce qui fait par kilog. 2483 kilogrammètres; on en déduirait pour un accumulateur de 60 kilog., comme ceux dont on s’est servi aux Variétés, un travail extérieur total de 148 980 kilogrammètres.
- Mais ce résultat n’a pas complètement satisfait M. Faure. Dans une lettre adressée à M. E. Hospitalier et publiée dans le journal L'Électricité (numéro du 8 avril 1882), il a fait observer que le rapport estimait à un chiffre trop élevé, le poids des éléments employés. Chacun d’eux, contenait, disait-il, en plomb et minium, un poids de 21 kil., 20, et 4 litres d’eau étant suffisants, le poids total, vase compris, devait être porté seulement à 3o kil. Nous ne voulons pas discuter cette manière de voir qui ne nous semblerait pas acceptable s’il s’agissait de déterminer la capacité d’emmagasinement d’un poids donné d’accumulateurs tels qu’ils sont livrés au commerce, mais nous en tirerons ce fait que les 35 éléments contenaient en tout 740 kil. de plomb et minium et que ce poids total de matières actives a donné un travail extérieur de 3 809000 kilogrammètres, soit 5 147 kilogrammètres par kil. de plomb et minium.
- Or, nous savons d’autre part, par des renseignements publiés dans VElectrician (2), que les accu-mulateurs-du type de 60 kil. contiennent 81 livres anglaises de plomb et minium, soit 36 kil., 740. Un accumulateur de ce type fournira donc un travail extérieur de 36,740 -f- 5147—r 189 100 kilogrammètres.
- D’un autre côté, M. Ayrton (3) a étudié ce même type d’accumulateur et il a trouvé qu’il fournit un travail extérieur de 1 440 000 foot-pounds. Le foot-pound étant égal à o kilogrammètre, i382, ce chiffre correspond à 198000 kilogrammètres.
- Il s’accorde très suffisamment avec le précédent et comme il est le plus favorable à l’accumulateur, c’est lui que nous admettrons. Si l’éclairage doit durer 5 heures et demie, comme nous l’avons établi, on aura par heure 36 000 kilogrammètres, soit 10 kilogrammètres par seconde pendant 5 heures et demie.
- (>) Lumière Électrique, numéro du 11 mars 1882. (*) Numéro du 10 décembre 1881, p. 54.
- 0 Electrician, numéro du 11 mars 1882.
- En se reportant à l’article de notre collaborateur Geraldy inséré dans ce même numéro, on voit que pour les lampes Swan à une intensité de 32 candies, le travail dépensé dans chaque lampe est de 9 kilogrammètres, 67. Chaque accumulateur, donnant 10 kilogrammètres par seconde pendant 5 heures et demie, correspondrait donc théoriquement à une lampe de 3e candies pendant ce temps.
- Mais il faut tenir compte du travail perdu dans les fils conducteurs. On ne doit pas oublier non plus que toute l’électricité disponible des accumulateurs ne sera pas récupérée dans la décharge continue d’une soirée ; enfin, il faut admettre que, ne serait-ce que par mesure de précaution, les accumulateurs devront être susceptibles de fournir un peu plus qu’il n’est nécessaire.
- Pour toutes ces raisons, il nous paraît prudent de compter, non point sur des lampes de 3 carcels mais seulement sur des lampes de 2 carcels et nous admettrons en fin de compte qu’en se servant d’autant d’accumulateurs que de lampes, la pile pourra suffire à l’éclairage pendant 5 heures et demie, à raison de 2 carcels par lampe.
- Appliquons maintenant ces données à un grand théâtre pour l’éclairage duquel il faudrait 2 000 lampes Swan et par suite 2 000 accumulateurs et voyons d’abord quelle force motrice serait nécessaire pour produire la charge de ces derniers. D’après le rapport de M. Tresca, le travail extérieur récupéré dans la décharge de la pile Faure correspond aux 40 centièmes du travail mécanique initial. Mais pour ce résultat encore, nousnoustrou-vons en présence d’une protestation de M. Faure. Suivant lui, une résistance introduite dans le circuit de charge pour régler l’intensité du courant a affaibli le rendement et il n’a pas été tenu compte de cet affaiblissement. Il conclut de là que le
- travail extérieur représente au moins les ^ du travail mécanique initial; c’est encore ce nombre favorable que nous adopterons. >
- Les 2 000 accumulateurs fournissant pendant 5 heures et demie un travail extérieur de 10 X 2 000 kilogrammètres par seconde, exigeront donc pour leur charge un travail double, soit en chevaux-
- tn V o non ’v' o
- vapeur -----^------- = 53o chevaux-vapeur.
- Au lieu de faire agir cette force motrice seulement pendant les 5 heures et demie d’allumage, on pourra la réduire dans une certaine proportion et la faire agir pendant un temps plus long sur les accumulateurs; mais il ne nous semble pas pratique de la réduire trop. Si, par exemple, on la réduisait au quart, à 140 chevaux, il faudrait faire travailler la machine à vapeur pendant 22 heures consécutives, ce qui serait une mauvaise condition de marche et ne serait pas d’ailleurs avantageux, à cause du salaire plus élevé des ouvriers pendant la nuit. Il
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- nous parait préférable, dans un cas semblable, de réduire seulement la force motrice à 2S0 chevaux, représentée par deux machines de 125 chevaux et delà faire travailler seulement pendant 12 heures.
- Pour absorber ces 25o chevaux, il faudra 2S machines dynamo-électriques, de grand type, prenant chacune 10 chevaux, et qui comptées à 9 000 francs chaque feront un total de 225 000 francs.
- Les accumulateurs sont portés sur les prix courants de détail de la Société à a5o francs l’un, mais nous estimons qu’ils peuvent revenir, en tenant compte du prix des brevets, à 125 francs l’un, et c’est à ce prix que nous les compterons.
- Les lampes Swan sont vendues actuellement à certaines administrations publiques au prix de 16 francs l’une, mais il est clair qu’elles peuvent être établies à meilleur compte et nous les porterons seulement à. 10 francs avec leur monture à ressort.
- Pour les fils, nous compterons comme si les câbles étaient remplacés par des faisceaux du fil plus fin qui va jusqu’aux lampes et nous prendrons un prix moyen de 4 francs par kilog., soit 3o francs par mille mètres. En comptant 3oo mètres en moyenne par lampe, on arrive à 600000 mètres coûtant ensemble 18 000 francs.
- En partant de ces données, les frais d’installation pour un éclairage de 2000 lampes peuvent être établis ainsi qu’il suit :
- INSTALLATION.
- Force motrice, 25o chevaux, en 2 machines de
- 125, à 5oo fr. par cheval................. 12.5 000
- 25 dynamos à 9 000........................... 225 000
- Transmission et courroies.................... 10000
- Fils et câbles. ............................... iü 000
- Pose. .......................................... 5 000
- Commutateurs, galvanomètres, rhéostats.......... 2 000
- Imprévu......................................... 5 000
- -390 000
- 2 000 lampes à 10 fr................. 20 oco
- 2 000 accumulateurs à 125 fr......... 25o 000
- 270 000 270 000 Total..........660 000
- Pour établir ensuite la dépense annuelle, nous porterons à 20 0/0 le taux de l’amortissement sur les Sço qoo francs, mais nous ferons un compte à part pour les lampes et les accumulateurs.
- Les accumulateurs, en effet, s'altèrent assez vite, la corrosion du feutre et les détachements de l’oxyde de plomb les mettent assez vite hors de service, et ce n’est pas compter trop peu, croyons-nous, que de les considérer comme des appareils ayant une durée d’environ deux ans et de prendre 5o 0/0 pour taux de l’amortissement.
- Pour les lampes, la durée moyenne d’une lampe étant de 600 heures, il-faut compter les remplacer quatre fois par an et, en comptant 5 francs pour prix de remplacement du' globe, nous arriverons à 20 fr. par an pour chaque lampe. Ge chiffre peut
- paraître un peu élevé, et on peut dire qu’un globe pourra être remplacé à moins de 5 francs. Mais il faut se rappeler qu’en estimant la vie d’une lampe à 600 heures on ne tient pas compte de la casse qui n’est cependant pas à négliger; c’est fpour la prévoir jusqu’à un certain point que nous maintenons le chiffre de 5 fr.
- Ceci dit, les dépenses seraient les suivantes :
- 20 0/0 sur 390 000 fr............................78 000
- So 0/0 sur les accumulateurs................... 125 000
- Intérêt......................................... 25 000
- Remplacement des lampes à 20 fr. par lampe. . . 40 000
- Charbon (1 k. 5 par heure et par cheval, à 3o fr.
- la tonne).................................... 5o 000
- 2 chauffeurs et 2 mécaniciens................... 12 000
- Surveillance des dynamos (4 hommes)............. 10 000
- Surveillance des lampes et accumulateurs......... 5 oc»
- Surveillant général.............................. 4 000
- Entretien des accumulateurs..................... 12 000
- Huile à 10 fr. par jour....................... 3 600
- Eau.............................................. 3 000
- Courses, divers, imprévus........................ 1 000
- Total pour 2 000 heures d’éclairage de 2 000 lampes 368 600
- Soit par heure et par lampe.................0,0921
- Par bec carcel.............................. 0.0460
- Nous ferons remarquer à propos de ce prix, tout d’abord, que nous avons été aussi modéré que possible dans toutes nos estimations, et qu’il est plus que probable que pratiquement ce prix devrait être sensiblement augmenté; en second lieu, qu’il représente un prix de revient brut et que nous n’y avons fait entrer aucuns frais généraux. Pour une installation faite par un grand établissement d’entreprises électriques, les frais généraux de cet établissement devraient certainement entrer en ligne de compte et ce serait une nouvelle augmentation du prix de l’éclairage.
- On voit par là qu’en fournissant l’éclairage à om,o4 par bec carcel, la Société des accumulateurs donne la lumière à peine au prix coûtant, et qu’à ce prix les installations ne peuvent présenter directement des bénéfices réels.
- Mais ce résultat montre, ce qui est intéressant, que l’éclairage par incandescence revient à un prix moins élevé qu’on ne se le figure généralement.
- Si cependant on compare cet éclairage avec le gaz, on trouve à ce dernier, au point de vue de l’application aux théâtres, une certaine supériorité d’économie sur l’éclairage électrique. Au théâtre, en effet, la quantité de lumière nécessaire est très variable, suivant ce que l’on joue. Certaines pièces où une partie de l’action se passe la nuit, exigent moitié moins de lumière que d’autres dans lesquelles la scène est constamment éclairée en plein. Avec le gaz, la dépense suit ces mêmes variations. Une fois l’installation faite, on n’a plus à compter que l’intérêt du capital engagé, capital toujours peu élevé, le prix du gaz brûlé* l’entretien et le
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- service. Avec le système d’éclairage que nous venons d’examiner, les frais d’installation engagent un capital considérable dont l’amortissement et l’intérêt interviennent pour une proportion très notable dans lès dépenses annuelles ; le personnel reste en outre toujours le même et il en résulte que les prix de l’éclairage ne suivent plus, comme avec legaz, les variations de la quantité de lumière requise.
- L’éclairage électrique a cependant des qualités précieuses pour le théâtre. Lorsque l’installation est faite convenablement, il ne présente aucun danger d’incendie et il permet d’éviter les explosions. Son adoption présentera donc des avantages, mais il ne faut pas être exclusif et ne vouloir employer qu’un seul système.
- Le seul moyen pratique d’employer la lumière électrique au théâtre sera, selon nous, de se servir de régulateurs pour l’éclairage des grands espaces, comme la salle, le foyer, etc., et de réserver les lampes à incandescence pour la scène, les couloirs, les loges d’artistes, etc. L’objection que l’on fait à l’emploi pour les théâtres de lampes électriques alimentées directement par les machines est le danger d’extinction par suite de l’arrêt de ces dernières. On se mettra à l'abri de ces accidents en établissant plusieurs canalisations électriques, de la même façon qu’on établit aujourd’hui plusieurs canalisations de gaz, et en employant un nombre modéré d’accumulateurs pour servir de volant électrique, et assurer pendant un certain temps la continuation de l’éclairage au cas d’arrêt d’une machine.
- Aug. Guerout.
- LA TÉLÉGRAPHIE
- SES PROGRÈS RÉCENTS MANIFESTÉS A L’EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- Onzième article (Voir les numéros des i3, 20 et 27 mai, des 3, 10, 17, 24 juin et des i5, 22 et 29 juillet 1882.)
- Appareil Wiieatstone.
- II. — Transmetteur.
- Avant d’expliquer le mécanisme du transmetteur, examinons quel genre de courant nous devons employer.
- L’électro-aimant du récepteur a une armature polarisée telle qu’après l’émission d’un courant elle reste dans la position que lui a fait prendre ce courant jusqu’à l’émission d’un courant inverse. Ceci posé, on peut se demander si l’on doit employer comme courants alternés des courants permanents ou des courants intermittents.
- Analysons la question et examinons les résultats dus à l’emploi de ces deux sortes de courants.
- Courants permanents. *— Je suppose que Ion
- [00 oq
- • — • o 0 o o r Le courant positif qui produit le premier point se trouve compris entre deux courants négatifs dont l’un, celui du grand intervalle qui précède la lettre aura acquis une grande intensité. Ce point sera donc réduit. Le courant positif qui produit le trait aura-le temps d’atteindre une grande intensité et le courant négatif qui produit le petit intervalle compris entre le trait et le second point sera presque annihilé. Au lieu d’avoir une lettre régulièrement transmise nous obtiendrons un résultat du genre de celui-ci :. —
- Courants intermittents. — On peut songer alors
- FIG. 7
- à interrompre le courant sitôt après son émission. Mais on obtient alors le résultat absolument contraire. Lorsqu’on transmet un trait ou un intervalle long, la ligne se décharge beaucoup plus que si l’on transmet un point ou un intervalle court. Il en résulte que, dans la transmission de la lettre r par exemple, le courant positif qui produit le premier point a beaucoup plus d’intensité que le courant négatif auquel il se substitue, et l’intervalle court qui suit se trouve étranglé entre les deux signaux produits par des courants positifs. De même le courant négatif qui doit produire l’intervalle court à la suite du trait a beaucoup plus d’intensité que le courant positif qui a produit le trait, et le point suivant se trouvera diminué par l’influence des deux courants négatifs entre lesquels il se- produit. On obtiendra donc un résultat du genre de celui-ci : —.
- Courants compensés. — Le mieux est donc de
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- se servir de courants compensés pour atténuer ce que l’un ou l’autre système peut avoir de vicieux.
- Avec l’emploi des courants permanents, qui sont en usage dans le système actuel, la solution consiste à faire traverser aux courants qui produisent les longues émissions des résistances convenablement choisies de façon que leur intensité à la fin de l’émission ne soit pas supérieure à celle des courants qui produisent les petites émissions. Ainsi, si l’on veut transmettre un trait par exemple, le premier tiers du temps est consacré à l’émission directe destinée à décharger la ligne et à commencer le signal. Pendant les deux autres tiers sont transmis des courants de compensation qui ont pour but de conserver la charge de la ligne jusqu’à l’arrivée de l’émission inverse suivante. Ce sont des courants positifs comme le premier, mais que l’on affaiblit en leur faisant traverser un rhéostat réglé de manière que l’intensité du courant qui agit sur le récepteur soit toujours la même.
- Avant de commencer à transmettre, il faut tou-
- . umaumQ<m}
- rtc,. 8
- jours régler les résistances de compensation. Pour cela la règle est la [suivante : Le signal, point ou intervalle court qui suit un courant compënsé est trop court quand le compensateur est trop faible et trop long quand la compensation est trop forte. Quand la compensation est trop forte on diminue la résistance. Quand elle est trop faible, on l’augmente.
- Description du transmetteur. — Un balancier K en ébonite muni de deux goupilles a et b est animé d’un mouvement alternatif de va et vient par un mouvement d’horlogerie. Deux leviers A et B sont pressés contre les goupilles a et b par des ressorts à boudin horizontaux H et H'. Ils portent deux aiguilles V et V' qui occasionnent la naissance des courants en pénétrant dans les trous de la bande perforée. Ces leviers sont terminés par des branches horizontales D et E destinées à communiquer le mouvement de va et vient du balancier à un levier inverseur N dont nous allons parler. Il se compose d’un disque en ébonite, recouvert à droite et à gauche de deux plaques de cuivre et il est terminé par deux tiges qui s’engagent dans les
- manchons S et S' des branches D et E et qui sont guidés par un galet g. Les plaques de cuivre qui recouvrent le disque d’ébonite portent deux petites goupilles c et d et deux bornes a et p qui communiquent l’une avec la ligne, l’autre avec la terre. Les deux goupilles se trouvent entre deux leviers C et Z qui communiquent l’un avec le pôle cuivre, l’autre avec le pôle zinc d’une pile.
- Qu^nd le levier inverseur N est dans sa position normale, les goupilles ne touchent pas à ces leviers et il n’y a pas d’émission de courant. Quand le levier oscille à droite, d touche le levier Z, c touche le levier C.
- Le pôle cuivre de la pile est mis en communication avec la ligne, le pôle zinc avec la terre et un courant positif est émis. Si le levier oscille à gauche le contraire a lieu et l’on émet un courant inverse du précédent.
- Etudions ce qui se passe pour la transmission d’un point et pour celle d’un trait. Le fonctionnement sera évidemment le même pour la transmis-
- FIG. Q
- sion des intervalles courts et longs. Le sens du courant sera seul changé.
- Supposons que l’on transmette un point. Le balancier oscillant de droite à gauche, l’aiguille V pénétrera dans un trou de la rangée supérieure de la bande et le levier B pourra suivre le mouvement ascensionnel de la gôupille b. La goupille a pressera d’autre part le levier A et restera en contact avec lui. Le levier inverseur se trouve par là même incliné à droite et un courant positif est émis sur la ligne. Ce courant a deux chemins à suivre, le premier par la caisse de résistance et la ligne, le •second par la goupille b, le levier B, les ressorts à boudin, le levier A, la goupille a et la ligne. Ce second chemin offrant moins de résistance que le premier sera suivi par le courant.
- A l’oscillation suivante du balancier de gauche à droite, c’est l’aiguille V' qui entre dans un trou de la rangée inférieure de la bande pour terminer l’émission du point. Un courant négatif est alors envoyé sur la ligne par suite de la nouvelle position du levier inverseur et il suit le même chemin que le courant positif précédent.
- Supposons que l’on transmette un trait. Le trait
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- a une longueur triple du point. Le courant positif doit donc parcourir la ligne pendant un temps trois fois plus long à la première oscillation de droite à gauche du balancier; le phénomène sera absolument le même que pour le point, il y aura émission d’iin courant positif qui suivra le même chemin. Dans l’oscillation suivante de gauche à droite, l’aiguille V' ne trouvant pas de trou pour s’engager est arrêtée par la bande de papier (fig. 9). Le levier A ne peut suivre la goupille a dans son mouvement ascensionnel. La goupille b au contraire fait descendre le levier B. Mais celui-ci en faisant par ce mouvement rétrograder le manchon S, ne déplace pas le levier inverseur. Le courant positif continuera donc de circuler sur la ligne. Mais le premier chemin lui est fermé par suite de la discontinuité entre A et a et il est forcé de tra-
- FIG. 10
- verser la caisse de résistance. Dans l’oscillation qui suivra, la solution dé continuité se fera entre B et b, l’aiguille V étant arrêtée à son tour par la bande de papier. Le levier inverseur ne sera encore pas déplacé et le courant positif continuera à circuler sur la ligne à travers la caisse de résistance. Ainsi est réalisée la solution de ce problème qui consiste à intercaler une résistance au passage du courant pendant les deux derniers tiers du temps de l’émission du trait.
- Marche des courants. — Le bâti du transmetteur porte neuf bornes extérieures qui communiquent :
- i° C au pôle cuivre de la pile;
- 2° Z au pôle zinc ;
- 3° LM à la ligne à travers le manipulateur;
- 40 L à la ligne directement ;
- 5° T à la terre ;
- 6° R à la caisse de résistance;
- 7° R' id.
- 8° CM au pôle cuivre à travers le manipulateur ;
- 9° ZM au pôle zinc à travers le manipulateur.
- Quatre petites bornes C, Z, T, K communiquent d’autre part : C et Z, avec les leviers C et Z que nous avons représentés figure 8, K et T, avec les petites bornes du levier inverseur.
- Une manette permet de déplacer longitudinalement une règle en ébonite XX' qui fait pivoter trois leviers A, B, D autour de trois vis qui communiquent avec les bornes C, Z, L. Les extrémités libres de ces leviers peuvent rencontrer deux systèmes différents de contacts a, c, c ou b, d, f. Considérons la position représentée par la figure 10 qui est la position de transmission.
- Si l’on émet un courant positif il va de la borne C au levier A, au contact a à la borne c. C’est de cette borne qu’il va au levier C représenté figure 8, à la goupille et arrive à la borne K (fig. 10). De la borne K il va à la plaque P et c’est alors que s’offrent à lui les deux chemins dont nous avons parlé précédemment.
- Premier chemin : P communique avec la goupille b du balancier. De cette goupille le courant
- FIG. ( (
- passe à la seconde a, ainsi • que nous l’avons vu (fig. 8). De cette goupille a, il revient à la plaque Q (fig. xo), puis au contact c, au levier B, à Ja borne L, à la ligne.
- Deuxième chemin. — Il va à la borne R, traverse la caisse de résistance, soft en R', puis va retrouver le premier chemin en Q.
- Nous avons vu dans quel cas le courant suivait le premier chemin, dans quel cas il suivait le second.
- Le courant négatif de Z va du levier D à la plaque c, à la borne 2. Alors il va à la goupille d du levier inverseur (fig. 8) revient à la borne T (fig. 10), de là à la terre.
- Si l’on ferme le commutateur en déplaçant la règle XX' de gauche à droite, les leviers A, B, D communiquent avec les plaques b, d, f et alors les deux pôles et la ligne sont conduits par l’intermédiaire des bornes CM, ZM, LM au manipulateur dont nous parlerons tout à l’heure.
- Moteur. — Le moteur est un mouvement d’horlogerie dont nous ne voulons pas décrire les détails.
- Nous parlerons seulement du régulateur de vitesse.
- L’un des axes du mouvement d’horlogerie porte
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- un disque d’acier poli D, qui transmet un mouvement au disque D3 fixé parallèlement à D, sur Taxe du volant par l’intermédiaire d’un disque plus petit D2 placé perpendiculairement aux deux premiers et frottant contre les deux.
- L’axe du disque D2 est porté à l’extrémité d’un levier qu’on peut faire mouvoir à l’aide d’une manette, rapprochant ce disque du centre de l’un ou de l’autre des disques D, et D,. On peut par là faire varier la vitesse dans des proportions consi-, dérables.
- En effet, la force qui est communiquée au disque Di rencontre pour entraîner le disque D2 une certaine résistance dont le point d’application est au contact des disques D, et D2. Le bras de levier de cette résistance est la distance du centre du disque D, au point de contact.
- Mais cette résistance agit aussi comme puissance pour entraîner le disque D3 et le volant et son point d’application est alors le point de contact des disques D2 et D3, et le bras de levier est la distance du centre du disque Da au point de contact.
- On voit facilement par là que pour augmenter la vitesse il faut déplacer le disque D2 vers la gauche, car on diminue le bras de levier de la résistance et on augmente celui de la puissance.
- (A suivre.) E. de T.
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- EXPOSITION
- DU
- MINISTERE DES POSTES ET DES TÉLÉGRAPHES
- Le Ministère des postes et télégraphes ayant pris l’initiative de l’entreprise de l’Exposition internationale d’électricité, devait avoir une Exposition particulière extrêmement soignée. C’est, en effet, ce qui a eu lieu, comme on peut le voir par le dessin que i^ou^n donnons ci-contre. Ce dessin la représente, vue aes marches du grand escalier qui avait été construit au fond dé là nef du Palais de l’Industrie du côté de l’ouest. Elle formait un vaste pavillon soutenu par des colonnes reliées entre elles par de belles draperies cramoisies à franges d’or du. plus bel effet. L’intérieur était en partie constitué avec les tables et ornements qui avaient servi à l’Exposition universelle de 1878, et leur agencement avait été admirablement combiné par M. - Glérac qui avait été chargé de cette organisation.
- Au milieu du pavillon s’élevait une colonne surmontée d’un petit modèle de télégraphe aérien de Chappe et qui était formée elle-même de modèles
- de câbles sôus-marins de différents genres construits en France par M. Ménier. Cette colonne’ sortant d’un pouf où s’asseyaient les visiteurs, et autour sé développaient quatre tables circulaires qui formaient les encoignures de quatre' grands compartiments où se trouvaient les expositions les plus importantes. Des tables remplies d’instruments longeaient les quatre faces du pavillon, et un couloir qui les séparait de celles des compartiments* permettait de circuler tout autour de l’édifice, en même témps que deux grands passages 'coupant à angle droit les compartiments du centre, ouvraient sur quatre points des accessions au public.
- Le compartiment que l’on voit à gauche du dessin, était occupé par les appareils Baudot dont nous avons longuement parlé dans ce journal, et par les plans en relief de nos réseaux télégraphiques ; celui de droite par les appareils Meyer et les télégraphes autographiques. Les deux autres du côté opposé avaient été consacrés, l’un à l’exposition de l’Ecole supérieure des télégraphes dont la chambre noire pour les expériences se distingue au fond de notre dessin, l’autre à la télégraphie sous-marine et aux appareils de mesure et de précision employés par l’administration.
- Tous ces compartiments étaient toujours entourés de curieux avides de s’instruire. C’était dans le compartiment réservé à l’Exposition de l’Ecole supérieure de télégraphie que se trouvaient les appareils de M. Mercadier pour la radiophonie que l’on expérimentait tous les jours, à la grande satisfaction des passants. On y trouvait aussi l’appareil de MM. Humblot et Terrai pour la démonstration matérielle des systèmes télégraphiques disposés en duplex, et celui de M. Bontemps pour la démonstration des effets produits dans ies tubes pneumatiques. Dans le compartiment de droite on voyait fonctionner les appareils autographiques de MM. Meyer, d’Arlincourt, Lenoir, Caselli, qüi ont pu reproduire télégraphiquement devant le public / des images photographiques d’après le procédé de M. Lenoir.
- Sur les tables longitudinales, on voyait à droite tous les télégraphes historiques, depuis celui de Wheatstone jusqu’aux plus perfectionnés ; on y(i voyait les télégraphes électriques à signaux Chappe employés dans l’origine de la télégraphie en France, les télégraphes à cadran, les télégraphes écrivants de MM. Dujardin et Froment, les télégraphes Morse à pointe sèche et à signaux encrés des systèmes Cacheleux, Thomas John, Digney, etc., tous les relais possibles pour transmissions en duplex et en quadruplex, les télégrâphes imprimeurs de MM. Hughes, Dujardin, Olsen, Bouvier, Terrai et Man-droux, etc., les télégraphes éiectro-chimiques de MM. Bain, Chauvasseigne et Lambrigot, les télégraphes à transmissions automatiques des divers systèmes, un dispositif de système de télégraphe
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- EXPOSITION DU MINISTÈRE DES POSTES ET TÉLÉGRAPHES,
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- sous-marin à rrçiroir, des télégraphes à transmissions multiples du système Meyer perfectionnés par M. Villiot, des translateurs de différents modèles, entre autres un de M. d’Arlincourt et un autre de M. de Coincy dans lequel on retrouve le principe sur lequel a été fondé plus tard le télégraphe harmonique de Gray. Tous ces appareils ainsi réunis pouvaient bien donner une idée de l’histoire de la télégraphie. Déplus, toutes les cartes de nos réseaux télégraphiques étaient exhibées en différents points du pavillon.
- A l’extérieur de l’Exposition du ministère des postes et des télégraphes, on trouvait les différents modèles d’isolateurs de câbles et de poteaux télégraphiques usités en France, les outils et le matériel employés pour leur pose, les piles et les ihgrédiens nécessités pour leur fonctionnement, les modèles de l’installation électrique des postes, les parafoudres et différents accessoires dans les détails desquels nous ne pouvons entrer ici. Ce pavillon était éclairé le soir par cinq lampes du système Berjot alimentées par une machine de Méri-tens. Toute cette Exposition était vraiment intéressante et aurait pu à elle seule attirer l’attention publique. C’était du reste le musée de l’administration centrale des télégraphes qui en avait fait presque tous les frais.
- DE MaGNEVILLE.
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- PAR RÉFLEXION
- SYSTÈME PARTZ
- M. Partz avait exposé l’année dernière, au Palais de l’Industrie, dans la section américaine, le plan d’un nouveau mode d’éclairage des rues et des places publiques ; ce plan avait attiré l’attention de nombreux visiteurs, par l’originalité de la combinaison qu’il représentait; mais le projet de l’inventeur *ne constitue pas, à proprement parler, un système nouveau : il' serait seulement une application des puissants foyers lumineux que l’électricité peut produire aujourd’hui, faite dans des conditions toutes particulières et devant donner, d’après nous, des résultats très discutables. Comme ce projet n’a jamais été soumis à une expérience quelconque, nous ne pouvons parler de ses avantages ou de ses inconvénients que d’une façon tout à fait théorique.
- Il nous a paru pourtant intéressant d’indiquer au lecteur les dispositions imaginées par M. Partz et de montrer une vue perspective d’un quartier
- de ville éclairé par de grands foyers électriques placés au-dessous du niveau du sol et dont la lumière est largement diffusée par des réflecteurs très élevés.
- Comme on le voit dans le dessin ci-contre, qui représente, à sa partie inférieure, une coupe de la chaussée d’une large avenue, on place au dessous du sol, dans une construction disposée à cet effet, un régulateur électrique dont les rayons, lancés par un projecteur, traversent un cylindre creux émaillé à l’intérieur et d’une hauteur de 3 mètres environ ; le faisceau lumineux qui émerge de ce cylindre, ainsi que le montre notre dessin, s’élève .en formant un cône renversé très allongé et vient frapper la surface d’un réflecteur placé à une hauteur de quarante à cinquante mètres d’où les rayons sont diffusés sur la surface qu’il s’agit d’éclairer. Suivant l’étendue et la disposition des lieux, les courbes du réflecteur seront plus ou moins prononcées et tracées selon les lois déterminées par les théorie^ de l’optique en tenant compte, bien entendu, des modifications que l’expérience pourrait indiquer.
- La charpente en fer destinée à supporter le réflecteur à son sommet devra être aussi peu massive que possible, pour être élégante et ne pas encombrer la voie publique, mais pourtant capable de résister aux coups de vent qui'auraient une, prise sérieuse sur un appareil placé à une aussi grande hauteur.
- Nous laissons à l’inventeur la responsabilité des appréciations suivantes sur cette nouvelle; manière d’éclairer les villes : j
- D’après M. Partz, on peut employer, avec sa combinaison, de très grands foyers électriques en évitant ainsi la perte inévitable qui résulte de la division plus ou moins multipliée du courant ;
- La lumière est également diffusée, et malgré la puissance énorme du foyer initial, l’çjeil ne risque pas d’être atteint par son éclat ébloiïissant, puisque l’appareil producteur est complètement caché;
- La perte de lumière par réflexion est moindre que celle qui résulte de l’emploi des globes translucides ; .
- L’appareil électrique est toujours accessible et sa manœuvre, son réglage et sa surveillance deviennent d’une extrême facilité;
- Les épais brouillards si difficilement pénétrés par les lampes électriques suspendues à des hauteurs plus ou moins considérables seront naturellement illuminés dans les parties inférieures par l’énorme faisceau lumineux jaillissant du sol.
- Nous aurions de nombreuses réserves à faire au sujet de ces affirmations d’inventeur, et M. Partz en comprendra lui-même toute l’importance lorsque son système, purement théorique jusqù’ici, aura été mis en expérience ; nous attendons donc ce moment pour discuter plus sérieusement ce projet qui ne manque pas d’une certaine originalité
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- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE PAR RÉFLEXION. — SVSTEME PARTZ.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- et dont la réalisation pourrait produire, dans une ville élégante comme Paris, les plus brillants effets de pittoresque.
- C. C. Soulages.
- SUR LE RENDEMENT
- DES
- LAMPES A INCANDESCENCE
- Les renseignements sur le rendement des lampes à incandescence commencent à devenir assez abondants sans qu’on puisse cependant affirmer que la clarté soit encore faite sur cette question.
- Nous possédons actuellement le rapport sur les lampes à incandescence présentées à l’Exposition Internationale d’Électricité à Paris, 1881. »
- Comité expérimental : MM. G. F. Barker, W. Crookes, A. Kundt, E. Hagenbach, E. Mascart.
- Ce rapport, ce qui est assez étrange, nous parvient par les feuilles anglaises, il n’a pas encore été publié en France quoiqu’il soit adressé à M. H. Tresca, président de la commission d’expériences du jury.
- Les expériences ont porté sur quatre lampes différentes : A, une lampe Edison du type de . 16 bougies ; B, une lampe Swan; C, une lampe Maxim ; D, une lampe Lane-Fox.
- Les membres de la commission se sont proposé, disent-ils, de déterminer simplement le rendement de ces lampes. La chose n’est malheureusement pas si simple, comme on verra. La définition donnée par la commission est d'ailleurs claire et exacte : « Le rendement est le rapport de l’énergie produite à l’énergie consommée, c’est-à-dire la quantité de lumière fournie par la lampe par chaque cheval-vapeur d’énergie électrique qu’elle absorbe.
- La commission pour obtenir ce rendement a mesuré directement trois quantités : i° ce qu’elle nomme la force électro-motrice et qui, serait plus justement nommé la différence de potentiel aux bornes de la lampe. On a fait usage pour cela de la méthode connue du condensateur. Un même condensateur est chargé d’abord avec un appareil de force électro-motrice fixée, soit un élément î)aniell étalon, puis déchargé dans un galvanomètre de Thomson dont on note la déviation ; on met ensuite ce condensateur en communication avec les bornes d’une lampe en incandescence; il prend alors une charge correspondante à la différence de potentiel entre ces bornes, on le décharge dans le galvanomètre et on compare la déviation nouvelle à la première.
- Il semble que cette méthode, très précise par elle-même, n’a pas dû être appliquée sans quelque difficulté dans ce cas ; on verra plus loin que les
- différences de potentiel nécessaires aux différentes lampes vont de 60 à go volts environ. Le Daniell étalon vaut environ i volt; le galvanomètre de Thomson ne permet pas de mesurer des nombres aussi différents sans faire usage d’un shuntage de forte proportion, cè que l’on voit du reste dans les tableaux d’expérience donnés au rapport, et, dans ce cas, la méthode perd de sa précision. J’estime qu’un instrument moins sensible, mais aussi moins délicat eût peut-être donné des résultats encore plus exacts. Toutefois ceux de la commission sont évidemment de la plus grande valeur.
- Les résistances des lampes froides et chaudes sont mesurées au pont de Wheatstone ; l’intensité électrique s’obtient en divisant les différences de potentiel par les résistances, les intensités lumineuses sont prises au photomètre de Bunsen, en employant comme étalon la bougie.
- — Pour chacun des types de lampes on a opéré sur dix spécimens, et deux intensités différentes, 16 bougies et 32 bougies. (Il est bien entendu qu’on s’est rapproché autant qu’on l’a pu de ces intensités sans prétendre les atteindre exactement).
- La commission a résumé les résultats moyens dans le tableau suivant.
- EDISON SWAN LANE-FOX MAXIM
- 4» Bougies A 16 boi i5,38 igles 16,61 16,36 15,96
- Ohms 137,4 32,78 27,40 41,11
- Volts 89,11 47,3o 43,63 56,49
- Ampères o,65i i,47i 69,24 1,593 l,38o 78,o5
- Volt. Ampères.... 57,98 69,53
- Kilogrammètres . . . 5,911 7,059 7,089 7,939
- Lampes par cheval vapeur 12,7.3 10,71 10,61 9,48
- Bougies par cheval vapeur 196,4 177,92 173,58 i5i,27
- Lampes de 16 bougies par chev. vap. 12,28 iï , 12 io,85 9,45
- Bougies A 32 boi 3i ,Jj jgiea 33,21 32,71 3i,g3
- Ohms i3q,©3 3i,75 26,59 39,60
- Volts 93,39 34,21 48,22 62,27
- Ampères 0,7585 1,758 1,8i5 87,65 _i 578
- Volt. Ampères.... 74,62 94,88 98,41
- Kilogrammètres . . . 7,604 9 67 8,936 10, o3
- Lampes par cheval vapeur 9,88 7,90 0,47 7.5o
- Bougies par cheval vapeur 307.25 262,49 276,89* 239,41
- Lampes de 32 bougies par chev. vap. 9,60 8,20 8,65 7.48
- De ces expériences, la commission a tiré un certain nombre de conclusions qu’elle énonce de la façon suivante :
- « i° On ne peut affirmer dans l’état actuel du I sujet, et dans les limites de la recherche expéri-
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- mentale, que le rendement maximum des lampes à incandescence puisse dépasser 3oo bougies par cheval vapeur de courant.
- « 2° L’économie de toutes les lampes de ce genre est plus grande à une vive incandescence qu’à une incandescence peu élevée.
- « 3° L’économie dans la production lumineuse est plus grande dans les lampes de grande résistance que dans celles de faible résistance, coïncidant ainsi avec l’économie dans la distribution.
- « 4° Le rendement comparé des quatre lampes examinées, exprimé en becs Carcel de 74 bougies chacun, produit par un cheval vapeur de courant, est le suivant : A. à 16 bougies : Edison, 26,5 ; Swan, 24; Lane-Fox, 23,5; et Maxim, 20,4; B. à 32 bougies : Edison, 41,5; Lane-Fox, 37,4; Swan, 35.5; et Maxim, 32,4. Pour doubler la lumière donnée par ces lampes, l’énergie du courant a été accrue pour les lampes Maxim et Lane-Fox de 26 pour cent; pour la lampe Edison, 28 pour cent, et pour la lampe Swan, 37 pour cent. »
- De ces conclusions, la seconde et la troisième sont très intéressantes; elles confirment et établissent deux faits que la théorie rendait probables, à savoir qu’il y a intérêt à rechercher la grande résistance et la haute incandescence. Cela indique dans quel sens on doit se diriger, seulement cela montre en même temps la difficulté. Comment s’obtiendra la grande résistance? il y aurait lieu ici de se demander si la nature des charbons employés dans les divers systèmes a une influence réelle ; il faudrait pour le savoir que la commission et les autres expérimentateurs dont je parlerai plus loin, nous eussent donné, avec la résistance de la lampe, la longueur et la section du charbon; nous n’avons pas ces renseignements et ne savons pas si les résistances spécifiques des divers charbons à incandescence sont très différentes; d’après mes renseignements personnels, il en est effectivement ainsi. D’autre part, la résistance peut être obtenue par la finesse et la longueur du charbon, mais la longueur, en s’accroissant, augmente proportionnellement la tendance au refroidissement; la finesse de son côté, mène avec elle la fragilité extrême, et à certain point, elle conduirait à des charbons qui, non seulement ne supporteraient pas le maniement, mais même seraient détruits par le courant et ne pourraient recevoir la quantité d’énergie nécessaire à la production de la lumière, surtout si on cherche à pousser loin l’incandescence comme il faut le faire.
- Il y a donc des limites qu’on dépasserait difficilement. Pour la résistance, nous n’avons aucune notion sur ce point; les lampes Edison, qui sont le plus résistantes, ont été reconnues par la commission les plus avantageuses. Est-il possible d’aller plus loin dans cette voie? l’expérience future nous l’apprendrai Pour l’intensité* la commission
- dit que le rendement ne'lui a pas paru pouvoir dépasser 3oo bougies par cheval, mais on doit faire des réserves sur cette conclusion. Elle la tire en effet d’observations faites sur deux intensités seulement, 16 et 32 bougies; pour permettre une affirmation, il aurait fallu demander plus aux appareils afin de savoir, au moins approximativement, jusqu’où chacun d’eux pouvait aller et dans quelles conditions il devait être placé. De ce côté, les expériences sont certainement insuffisantes et demandent un complément.
- Nous trouvons ce complément, au moins en partie, dans la très remarquable étude que M. Andrew Jamieson a communiquée à la Société des ingénieurs ' télégraphistes et électriciens. (Journal of the Society of telegraph engineers and of élec-tricians, n° 42,1882.) La note de M. Jamieson commence ainsi : « Les expériences suivantes sur les lampes à incandescence ont été entreprises par l’auteur (purement dans un intérêt scientifique) pour déterminer, d’abord, la chute de la résistance sous l’action d’une force électro-motrice graduellement croissante, ensuite le rapport de la puissance lumineuse à la quantité de travail dépensée dans la lampe. »
- Les buts si clairement indiqués par M. Jamieson ont été poursuivis par lui avec beaucoup de soin et d’habileté. II a fait deux séries d’expériences. Dans la première il a fait usage de deux galvanomètres de Thomson; l’un est un galvanomètre proprement dit, j’entends un mesureur de force électro-motrice (cela devrait s’appeler un potentio-mè-tre, mais le nom a été donné à autre chose; la langue électrique est à refaire), l’autre un ampèremètre (celui-ci est clair au moins). Il mesurait alors sur une lampe en action l’intensité du courant I et la différence de potentiel aux bornes E, la résis-
- •p
- tance s'obtenait en prenant le quotient j; l'intensité lumineuse était relevée au photomètre de Rum-ford. Voulant compléter ces expériences et les pousser plus loin, M. Jamieson adopta un autre dispositif dans lequel il a mesuré directement la différence de potentiel et la résistance. La méthode est assez analogue à celle de la commission ; seulement, pour les forces électro-motrices, il ne fait pas usage du condensateur; elles sont obtenues en com-, parant les déviations d’un galvanomètre sous l’influence du courant à mesurer et d’une pile connue. Ce procédé a sur celui de la commission, l’avantage que les quantités à comparer sont plus semblables en grandeur, il a le désavantage que les lectures galvanométriques demandent beaucoup plus de temps, puisqu’on doit attendre que la déviation soit déterminée, ce qui est assez long, tandis que le condensateur donne la mesure par une seule impulsion. Les résistances étaient mesurées au pont de Wheatstone; pour résistances fixes*
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- M. Jamieson fait usage de gros fils de fer disposés en spirales libres de façon à se refroidir facilement. C’est un point sur lequel la commission d’expériences n’a pas donné de détails et qui a cependant son importance. M. Ayrton a présenté à ce sujet des observations fort judicieuses, il a fait remarquer qu’il était extrêmement difficile de s’assurer que la résistance des bobines auxiliaires restait constante sous l’influence d’un fort courant, quelles que fussent les précautions prises ; cela est vrai surtout si l’expérience a quelque durée, ce qui est inévitable avec l’emploi du pont de Wheatstone et du galvanomètre. Il est d’avis que la méthode consistant à mesurer directement la différence de potentiel et l’intensité du courant est plus sûre, malgré la petite incertitude que présente toujours cette dernière évaluation. Cette opinion me semble justifiée de tous points, la méthode est beaucoup plus simple et surtout beaucoup plus rapide, ce qui est d’une grande importance dans les expérien-
- ces de ce genre où les variations sont très fréquentes. Quoi qu’il en soit, les expériences de M. Jamieson, faites avec beaucoup de soin, méritent toute confiance. Les essais ont porté sur cinq genres de lampes; Edison (type de 8 bougies), British Electric Light, Swan (ancien modèle), Lane-Fox, Maxim. En ce qui concerne la résistance, l’expérimentateur a suivi très exactement la décroissance à mesure que le courant augmente et en a fixé la marche d’une façon très exacte; il a représenté cette marche par des courbes qui ont leur intérêt; je reproduis dans le tableau suivant les chiffres principaux obtenus dans ces mesures.
- Il résulte de l’examen de ces chiffres que la lampe, de quelque type qu’elle soit, commence à donner de la lumière lorsque sa résistance est réduite environ à la moitié de sa valeur, et que à partir de ce moment la résistance varie très lentement. Le fait était déjà admis comme vrai; M. Ayrton a fait connaître des expériences où une lampe
- PUISSANCE LUMINEUSE. FROID. ROUGE clair» 1 BOUGIE 10 BOUGIES (environ) 20 BOUGIES 30 BOUGIES 40 BOUGIES 50 BOUGIES
- Edison 4> , 1 ( n5 73 68 6l 59 58 s7
- B. E. L g 1 \ l38 84 79 75 73 72 (?) >»
- Swan •55Æ { 65,5 39 38 33 32 3i SI 3o,9
- Lane-Fox / 188 121 IIO 97 » 9 5 » »
- Maxim « v { 7i 1 45 42 39 38 37,5 37,4
- Maxim avait donné 170 bougies avec une résistance de z3 ohms, et était tombée seulement à 21 ohms pendant qu’on élevait la lumière à 418 bougies; une autre donnait 435 bougies à 23 ohms, et a pu fournir 1 000 bougies en descendant seulement à 22,5 ohms. Il est maintenant acquis qu’en pratique on peut considérer la résistance de la lampe en lumière comme étant invariable et égale à la moitié de la résistance prise à froid.
- La seconde partie des expériences a encore plus d’intérêt, les résultats se résument dans les courbes que nous reproduisons ici. Elles sont construites en portant en abscisses le produit El mesurant l’énergie dépensée dans la lampe et en ordonnées l’intensité lumineuse; elles donnent donc la loi du rendement de la lampe, ce qu’on pourrait nommer la caractéristique de l’appareil.
- L’examen de ces courbes confirme les deux conclusions principales énoncées par la commission d’expériences que j’ai citées plus haut. On voit en effet les lampes se diviser nettement en deux groupes. Les lampes de basse résistance Swan et Maxim, les lampes de haute résistance Edison, British Electric Light et Lane Fox; les courbes de ces trois dernières sont beaucoup plus avantageuses que les autres et la différence est nettement visible. On doit cependant remarquer que les trois
- courbes ne sont point rangées par ordre de résistance, la lampe Edison garde la tête bien que moins résistante que les deux autres; cela peut tenir à diverses conditions difficiles à déterminer, entre autres à la moindre longueur du charbon, il n’en reste pas moins certain que la haute résistance est une condition très avantageuse pour le rendement.
- Il est encore plus clair que le rendement augmente à mesure qu’on accroît la production lumineuse; toutes les courbes vont se redressant vers la verticale, de façon à montrer que l’unité lumineuse coûte de moins en moins cher à mesure qu’on s’avance.
- Il serait utile pour le contrôle de rapprocher les observations de Jamieson de celles de la commission. Par malheur cette comparaison ne peut être faite que sur peu de points. La commission a étudié la lampe Edison, type de 16 bougies, Jamieson a pris celle de 8 bougies; pour la lampe Lane-Fox, celle de la commission offre une résistance à chaud de 27,40 ohms, celle de Jamieson ne descend pas au-dessous de g5, c’est évidemment une autre type, il ne reste que les lampes Swan et Maxim, qui sont assez analogues sans être tout à fait semblables. En comparant le petit nombre de résultats qui peuvent être mis en parallèle et qu’on pourra relever sur les courbes, on voit que ceux
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- de Jamieson sont plus avantageux; il paraît avoir obtenu les mêmes effets lumineux avec une dépense d’énergie électrique inférieure d’environ 1/8 en moyenne. On ne peut dire à priori d’où vient cette différence. Elle peut résulter tout simplement du mode d’évaluation des intensités lumineuses, tant ces mesures Sont incertaines.
- Voilà'un ensemble de résultats certainement très précieux; cependant ils ne sont pas encore complets. Après la communication de M. Jamieson, M. Gordon a fait remarquer que dans son travail il n’y avait aucune donnée sur la durée, sur ce qu’il
- nomme élégamment la vitalité de la lampe. C’est là, dit-il, un point important; il ne suffit pas, en effet, de connaître la lumière qu’une lampe peut donner dans des conditions déterminées, il faut encore savoir pendant combien de temps elle peut la donner; et M. Ayrton, appuyant l’observation, a rappelé" qu’il avait pu pousser une lampe Maxim jusqu’à i ooobougies: dans ce cas, elle est presque au point de rupture, mais son efficacité est alors plus de la moitié de celle d’une lampe à arc. M. Jamieson lui-même a poussé une lampe Maxim -à 6ôo bougies. Il serait très important de connaître
- Chovaux vapeur! 0,01 o}0Z
- cette vitalité des lampes; nous voyons en effet, que la lampe Edison est incontestablement, d’après toutes les expériences, la plus avantageuse; sa courbe se lève plus rapidement que toutes les autres, mais où s’arrête-t-elle, C’est ce qu’il faut savoir ; il se pourrait, par exemple, que la courbe de la lampe Maxim, qui est moins bonne, pût se continuer plus loin et fournir des résultats économiques auxquels l’autre lampe ne pourrait atteindre. Il est vrai qu’on en arriverait à reformer des foyers à grosse intensité ce qui n’est pas le but des lampes à incandescence.
- Nous avons très peu de renseignements sur la vitalité des lampes; les fabricants en fournissent, mais il est bien clair qu’on ne peut s’y fier, leur intérêt les trompe certainement. D’ailleurs ils paraissent pour la plupart avoir assez médiocrement étudié leurs lampes, au moins si l’on en juge par
- l’inégalité de la production. M. Jamieson se plaint vivement de la difficulté qu’on rencontre à trouver des lampes marchant uniformément dans un même circuit; rien, dit-il, n’est plus agaçant que d’avoir une lampe rouge sombre pendant que l’autre est bien lumineuse, ou .une autre sur le point de se briser, à côté d’une autre en fonctionnement tranquille; j’ajouterai que rien n’est plus fréquent dans les installations.
- Sir W. Thomson avait fait quelques expériences poussées un peu plus loin que celles de M. Jamieson; on les trouve dans Y Electrician. Il ne dit pas sur quel type de lampes il a opéré; elles paraissent par leurs résistances se rapprocher du type Swa-n : il a poussé jusqu’à la rupture qui s’est produite assez régulièrement lorsque la lampe donnait un rendement de 38o bougies par cheval-vapeur. La limite assignée par la Commission est ainsi dépas-
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- sée; du reste, elle l’est également dans les expériences de M. Jamieson, car il a obtenu pour les Edison 468, BEL 33i, Swan 45o, Lane Fox 334, Maxim 3n bougies par cheval-vapeur. Les expériences de Sir W. Thomson sont malheureusement trop peu nombreuses, d’ailleurs elles ne fournissent que des limites.
- De tous ces do cuments une première conclusion peut être formulée, qui est la suivante : pour une production lumineuse égale, les lampes de grande résistance dépensent moins de travail que les lampes à basse résistance. Ce principe paraît avoir été d’abord bien compris; s’il m’en souvient bien les lampes de Swan, à l’Exposition, marchaient avec des machines Brush, à haute tension; actuellement on semble se diriger dans le sens contraire ; les nouvelles lampes sont à basse résistance ; la cause de ce mouvement est dans le peu de tension des machines génératrices actuelles ; presque tous les fabricants ont des types dont ils ne veulent pas sortir et, ne pouvant utiliser les lampes résistantes, faute de tension, ils ont entraîné dans leur sens les inventeurs de lampes à incandescence. Que ces derniers cèdent à une nécessité commerciale, soit, mais qu’ils sachent bien qu’en le faisant ils tournent le dos à la vérité ; ils doivent réagir et entraîner au contraire les fabricants de machines vers les hautes tensions, sans quoi c’est eux qui en souffriront, leurs lampes devenant de moins en moins économiques ; d’autant que, comme le fait fort bien remarquer la commission, l’emploi des tensions élevées ajoute à l’économie dans la lampe une économie importante dans les conducteurs de distribution; les intensités électriques à transporter devenant moins grandes, les sections peuvent être réduites et la dépense diminuée.
- Une autre conséquence se dégage : c’est qu’il y a intérêt à demander aux lampes la plus grande intensité possible ; mais où faut-il s’arrêter ? c’est ce qui n’est pas déterminé, attendu qu’il faudrait pour répondre, connaître la vitalité de la lampe.
- Comme l’a fort bien dit S. W. Thomson dans l’étude que j’ai citée « la vitalité d’une lampe pour chaque puissance lumineuse devra être étudiée par des essais de longue durée avant que l’intensité économique puisse être déterminée » ; ce point économique dépend en effet de quatre éléments, l’intensité, le travail absorbé, la durée de la lampe, et son prix ; l’intensité et la durée sont d’ailleurs fonctions du travail ; actuellement nous connaissons assez bien la relation de l’intensité avec le travail, nous ne savons presque rien de celle qui lie le travail ou l’intensité avec la durée. Cette question reste à étudier, tant qu’elle ne le sera pas, on saura seulement dans quel sens il faut marcher, sans pouvoir dire jusqu’où il faut aller.
- Quoi qu’il en soit les renseignements acquis sont déjà très utiles, ils permettent de se rendre un
- compte assez complet d’une installation de lampes à incandescence, comme on pourra le voir dans l’étude de notre collaborateur Guerout insérée dans ce même numéro ; avec les renseignements vagues et contradictoires que nous possédions avant les études de la commission et de M. Jamieson, un pareil travail eut été à peu près impossible.
- Ce sont des documents excellents et qui seront très appréciés dans la science et dans l’industrie.
- Frank Geraldy.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- A propos de l’invention du relais.
- Nous recevons de M. C. C. Haskins quelques explications relativement à un passage de notre article sur le relais deM. C. H. Haskins, son frère, (voir le numéro du 10 juin) dans lequel nous exprimions notre étonnement sur la validité des brevets concernant le relais Page. Comme cette question présente de l’intérêt, nous croyons devoir la discuter ici. Voici d’abord ce que nous écrit M. Haskins.
- « La patente Page fut accordée, comme un témoignage de reconnaissance, aux héritiers de ce physicien sur une revendication de leurs droits faite à la suite de la mort de leur parent. Page étant un employé du gouvernement ne pouvait pas prendre une patente pour une invention, et comme il n’avait pas reçu de récompense pécuniaire pour cette grande invention, on dut demander au Congrès un décret spécial pour la faire délivrer à la famille après sa mort. Cette patente en conséquence fut accordée, et elle se rapportait aux trois dispositifs suivants : i° lavis d’ajustement pour l’écart de l’armature; 20 les secondes pointes de contact pour les communications locales, et 3° le ressort antagoniste pour le réglage du jeu de l’appareil. [C’est pour n’avoir à employer aucune de ces trois dispositions que M. C. H. Haskins a combiné l’appareil décrit tome VI, p. 54g et qui fit tort à ceux qui achetèrent les droits des héritiers de Page, lesquels avaient ainsi espéré monopoliser la télégraphie pendant une nouvelle période de quatorze années. »
- Il est évident que cette patente ne pouvait se rapporter qu’à des dispositifs de détails, car voici la lettre écrite par Page le 26 mars 1860.
- « De grandes félicitations doivent être adressées au professeur Morse pour la part qui lui revient réellement dans l’invention du télégraphe écrivant ; mais il n’en est pas moins vrai que sans l’appoint fourni à cette découverte par d’autres inventeurs
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- le. télégraphe Morse serait resté sans doute jusqu’à ce jour une invention d’une valeur inférieure, et vraisemblablement même il n’aurait pas été du tout employé.
- « La. vie, l’âme du télégraphe électrique est ce merveilleux petit instrument appelé électro-aimant récepteur imaginé par le professeur Wheatstône d’Angleterre. Le professeur Morse se servait bien aussi, il est vrai, d’un électro-aimant récepteur, anais d’une construction telle qu’il était inapplicable sur un long parcours. L’électro-aimant qu’il employa sur la première ligne télégraphique essayée aux frais du gouvernement entre Washington et Baltimore, était formé d’une très forte barre de fer recourbée (crowbar) dont les bobines magnétisantes étaient faites avec du fort fil de cuivre n° 16 ou 17 (*), recouvert sans soin de coton commun. Cet électro-aimant et ses bobines étaient renfermés dans une énorme boîte qui pour être soulevée exigeait la force de deux hommes. Le fil des bobines était du reste de même grosseur que celui du circuit de ligne, et en raison de cette circonstance aussi bien que par l’effet du magnétisme rémanent résultant de la grande dimension et de la longueur de l’électro-aimant, aucun courant n’aurait été capable de fournir des résultats satisfaisants avec le télégraphe Morse. Les premiers essais d’un fil de plus petit diamètre que le fil de ligne pour l’enroulement des électro-aimants du télégraphe Morse, furent faits par moi pendant que le professeur Morse était en Europe. J’avais en effet substitué à l’électro-aimant encombrant de l’appareil un petit électro-aimant récepteur qui occupait à pèu près la moitié d’un pied cube comme espace. Je n’avais pas eu connaissance alors des essais entrepris par le professeur Wheatstône en Europe. C’est seulement à son retour en Amérique que le professeur Morse ayant introduit dans son appareil un petit électro-aimant de Wheatstône qu’il avait apporté avec lui, obtint des résultats véritablement avantageux de son système télégraphique, et c’est seulement de cette époque que date son succès.
- Mais, je le répète, non-seulement le’principe de l’électro-aimant Wheatstône lui était inconnu avant son voyage en Europe, mais encore il ne mit à profit les travaux de Wheatstône que parce qu’ils pouvaient lui donner le moyen de produire des effets magnétiques à grande distance, ce qui ne l’a pas empêché de publier, avec une outrecuidance qui ne s’est jamais vue, dans l’ouvrage de M. Vaïl, sur le télégraphe américain (p. 53) (2), et en s’ap-puyant_soi-disant sur un livre du professeur Da-niell, intitulé : Introduction à l'étude de la philo-
- (*) Ces numéros correspondaient à des fils de i,65 ou 1,47 millimètres de diamètre.
- (,2) Voir la page 60 de l’édition française.
- sophie chimique, que Wheatstône n'avait jamais pu produire des effets électriques à grande distance. Or, dans la partie concluante de ce livre, on trouve non-seulement les moyens employés par Wheatstône pour atteindre ce but, mais encore un dessin de grandeur naturelle de l’instrument dont il s’était servi pour ses expériences et d’après lequel il fut construit. Ainsi, l’électro-aimant receveur de Wheatstône n’est, en définitive, que le fac-similé .de celui que le professeur Morse rapporta d’Europe, et il explique parfaitement la théorie de celui-ci et son mode d’action.
- « La cause principale de cette triste sortie contre le travail du professeur Wheatstône est le résultat du peu d’intelligence dont le professeur Morse a fait preuve dans l’interprétation du livre de Daniell auquel il fait allusion, et que Daniell lui-même explique de la manière la plus claire dans la page suivante de son livre. Voici ce passage :
- « Les aimants électriques du plus grand pouvoir, « même lorsqu’on emploie des batteries les plus « énergiques, cessent d’agir lorsqu’ils sont unis à « la batterie par des conducteurs d’une longueur « considérable (4). » Il semblerait que MM. Morse et Vaïl auraient fermé le livre après cette déduction et que, mettant dans leur poche l’électro-ai-mant de Wheatstône, ils n’eussent plus eu à se préoccuper que de l’action exercée sur des barreaux magnétiques par les électro-aimants qu’ils avaient décrits.
- « La remarque de Daniell citée précédemment étant ainsi isolée dans la contestation et prise dans son sens littéral, était réellement par trop absurde pour être employée par le professeur Morse, dans sa réclamation contre le professeur Wheatstône, car cette assertion était en contradiction flagrante avec les découvertes du professeur Henry faites bien des années avant le télégraphe Morse, et qui démontraient qu’un électro-aimant de grande force réuni à la batterie par une grande longueur de fil, peut parfaitement réagir dès lors qu’on emploie des moyens semblables à ceux mis à contribution par le professeur Morse dans son télégraphe. »
- Dans un passage annoté dans cette lettre, il est dit que la première combinaison d’un électro-aimant récepteur sur un circuit de ligne avec un électro-aimant et un circuit local 'pour produire des effets magnétiques appréciables à distance, fut employée et brevetée parM. Davy, en Europe, en i838.
- (>) Ce passage est précédé de ces quelques lignes : > quelque ingénieuses que soient les inventions du professeur Wheatstône, elles n’auraient pu servir en rien aubut télégraphique sans les recherches qu’il fut le premier à faire sur les lois des aimants électriques, lorsqu’ils agissent sur de grandes étendues de conducteurs. » Or le passage cité précédemment explique précisément pourquoi les inventions de Wheatstône auraient été stériles sans son électro-aimant receveur.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Ce document a été communiqué à M. Th. du Mon-cel, par M. Wheatstone lors d’une visite qu’il lui fit en 1867 au moment de l’Exposition. M. Wheatstone semblait y attacher une grande importance et désirait qu’il fût publié dans la troisième édition de Y Exposé des applications de l'électricité qui devait être réimprimé ultérieurement. Il doit sans doute être encore en la possession de M. Sabine, gendre du célèbre savant anglais.
- Chronologie des découvertes téléphoniques.
- La partialité avec laquelle on fait l’histoire de la téléphonie dans les différents pays nous force d’en faire ici un résumé chronologique rapide.
- 1854. — Première idée de la transmission électrique de la parole avec description complète des . moyens à employer, émise par M. Bourseul.
- 1856. — Découverte par M. Th. du Moncel de la variation de l’intensité des courants sur des interrupteurs à contacts métalliques légers et bien décapés, avec la pression exercée sur eux. •— Expériences prouvant la vérité de ce principe avec les corps médiocrement conducteurs. 1864, 1872, 1874, 1875, etc.
- 1857. — Représentation des vibrations déterminées par la voix au moyen d’une membrane tendue devant laquelle on parle, par M. Léon Scott.
- 1860. — Application du système de M. Scott à la transmission électrique des sons, par M. Reiss. i865. — Application du principe des variations de l’intensité des courants avec la pression, à la confection de tubes à résistance variable par MM. Clérac et Elsasser.
- i865. — Découverte par M. Wright de la reproduction des sons par un condensateur.
- 1875. — Application à la transmission électrique des sons des courants ondulatoires par M. Bell. 1876 (14 février). — Découverte par M. Bell du téléphone magnéto-électrique,
- 1876 (10 avril). — Application au transmetteur de Reiss ou au transmetteur à liquide de M. Bell d’un contact à action permanente pour la transmission électrique des sons, par M. Donough.
- 1877 (3o juillet). — Application de contacts à charbon mou au transmetteur de Reiss pour fournir des courants ondulatoires plus développés dans les transmissions téléphoniques, par M. Edison.
- 1877 (16 octobre). — Application des charbons durs à 1 et 2 contacts au même transmetteur pour le même objet, et en même temps pour former un récepteur capable de répéter la parole par M. Berliner.
- 1878 (janvier). — Découverte par M. Hughes d’un transmetteur téléphonique à Charbon dont la disposition permettait de grossir les sons, appa-
- reil auquel fut donné pour cette raison le nom de microphone.
- 1878. — Découverte par le même savant de la transmission des sons par l’action exercée par la voix sur des fragments de charbon concassés ou poussières conductrices appliquées sur deux électrodes métalliques mises en rapport avec une pile et un circuit téléphonique.
- 1878. — Première application du microphone à l’audition à distance des sermons et de l’office divin, par M. Crossley.
- 1878. — Première application du même instrument à l’audition d’un opéra, par M. Patochi.
- 187g. — Reproduction de la parole par un fil de fer employé comme récepteur par M. Ader.
- 187g. — Construction du motophone de M. Edison.
- 1880. — Reproduction de la parole par le condensateur à feuilles de papier, par M. Herz.
- 1880. — Développement de ce genre de reproduction de la parole, par M. Dunand.
- 1880. — Découverte par MM. Bell et Sumner-Tainter du radiophone.
- 1880. — Transmission de la parole sans pile par l’effet de percussions exercées entre des fragments de fils de fer, par M. Ader.
- 1881. — Condensateur parlant à lame d’air de M. Dolbear.
- 1882. — Transmission simultanée à longue dis-
- tance de la parole et d’une dépêche télégraphique, par M. Van Rysselberghe. Même problème résolu d’une autre manière et dans des expériences de cabinet, par M. Maiche en 1880. I
- Sur les paratonnerres, par M. Melsens.
- On sait que M. Melsens est l’auteur d’un système de paratonnerres formant autour des édifices une sorte de cage hérissée de pointes. A propos de quelques objections faites à ce système, le savant belge a présenté à l’Académie des sciences, dans la séance du 11 juillet dernier, la note suivante :
- « Je me propose de répondre plus tard, d’une manière complète, aux diverses objections,qui ont pu être faites à mon système de paratonnerre. Je discuterai, en particulier, l’opinion qui consiste à voir un danger dans l’emploi d’une sorte de cage, formée par des conducteurs multiples, entre lesquels on a paru redouter la production d’étincelles, par induction électrostatique.
- « Je me contenterai, pour aujourd’hui, de rappeler une expérience qui me semble capitale et qui a été jugée telle par beaucoup de physiciens. Cette expérience vient à l’appui de celles de Faraday, qui prouvent qu’aucune manifestation électrique n’est possible dans une cage, à parois métalliques continues ou à mailles métalliques, mise en communication parfaite avec le réservoir commun;
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- « Un animal quelconque, lapin, cobaye, oiseau, poisson, grenouille, etc., est placé dans une sphère creuse, à mailles métalliques plus ou moins serrées, mise sur l’armature d’une forte batterie de Leyde ou suspendue au-dessus des armatures. On essaye de foudroyer l’animal par la décharge de la puissante batterie dont je fais usage. L’animal, loin d’être foudroyé, ne paraît éprouver aucune action d’une étincelle, qui lui donnerait une commotion dangereuse ou même mortelle, s’il n’était pas protégé par la cage métallique.
- « La cage métallique représente mon paratonnerre; l’animal qui y est enfermé représente l’édifice avec ses habitants et les matières inflammables qu’il peut contenir. Je. ferai remarquer, d’ailleurs, que mon paratonnerre est armé de pointes nombreuses, qui n’ont certainement pas la propriété de provoquer des manifestations électriques dans Y intérieur d’une cage métallique, surtout si elle est en communication parfaite avec le réservoir commun, comme je l’exige toujours, par un ou plusieurs contacts à la terre humide ou puits, avec larges surfaces métalliques, ou, dans une ville, par les canalisations d’eau et de gaz. »
- FAITS DIVERS
- Nous avons publié dans les numéros du 22 avril dernier et du 6 mai, les règlements imposés par la Boston manufacturer'’s mutual fire Insurance Company et la New-York Board of Fire Underwriters pour l’emploi de la lumière électrique dans les immeubles assurés par ces Compagnies ; nous complétons aujourd’hui ces renseignements par la traduction complète des recommandations et règlements édictés par le conseil de la Society of Telegraph Engineers and of Electricians de Londres dans le but de parer aux dangers d’incendie par l’emploi de l’éclairage électrique.
- I» MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES
- 1. Les machines dynamo doivent être établies dans des en-
- droits secs.
- 2. ' Elles doivent être à l’abri des poussières et des corps
- légers.
- 3. Elles doivent être parfaitement propres et leurs coussi-
- nets bien graissés.
- 4. Les conducteurs et les fils des machines doivent être
- parfaitement isolés.
- 5. Tous les conducteurs dans la chambre des machines doi-
- vent être fortement supportés, bien isolés, convenablement disposés pour l’inspection, marqués ou numérotés.
- 2° EILS
- 6. Les appareils de dérivation et les commutateurs em-
- ployés pour dériver ou fermer le courant devront être construits de manière à ne pas permettre, lorsqu’ils sont déplacés et abandonnés à eux-mêmes, la production d’un arc permanent ou d’un chauffage, leurs supports seront en ardoise ou en poterie ou en quel-qu’autre substance incombustible.
- 3. On devra relier au circuit principal un conducteur de
- sûreté formé d’un métal fusible (safety fuses) capable de fondre dès que le courant atteint une certaine intensité, de manière à rompre ainsi le circuit.
- 9. Toutes les parties du circuit devront être déterminées
- de façon que le diamètre des fils soit constamment proportionné à l’importance des courants qu’ils transmettent; les points du circuit où l’on passe d’un fil |à un autre plus faible devront être suffisamment protégés par des conducteurs de sûreté de façon que les fils n’atteignent jamais une température supérieure à 65°.
- N. B. — Ces conducteurs fusibles (safety fuses) sont l’essence même de la sécurité; ils devraient toujours être enfermés dans des cases incombustibles. Lorsque les fils s’échauffent par le passage du courant ordinaire, d’une façon simplement perceptible, c’est la preuve qu’ils sont trop petits pour le travail qu’ils doivent accomplir et qu’il faut les remplacer par des fils d’un plus gros diamètre.
- 10. Dans les circonstances ordinaires, il ne faut employer
- que des circuits métalliques complets : il ne faut, en aucun cas, permettre l’emploi de tuyaux de gaz ou d’eau comme conducteurs dans le but de compléter . le circuit.
- 11. Lorsqu’un fil nu, placé à l’extérieur, repose sur des
- supports isolants, il faut l’envelopper d’une matière isolante, telle que du caoutchouc enroulé ou en tube, sur une longueur de om6o au moins de chaque côté du support.
- 12. Les fils nus qui passent au-dessus des maisons ne de-
- vraient jamais se trouver à moins de 2™ 10 de toute partie du toit; lorsque ces fils croisent des carrefours, ils devraient toujours ‘être assez élevés pour laisser passer librement sous eux les échelles d’incen-dic (fire escapes).
- 13. Il est très essentiel que les joints soient électriquement
- et mécaniquement parfaits : un des meilleurs joints consiste à entourer les deux extrémités des conducteurs d’un fil et à unifier l’ensemble par une soudure ainsi que l’indique la figure.
- 14. La position des conducteurs souterrains devra être effi-
- cacement indiquée : ils devront être posés de manière à pouvoir être facilement inspectés et réparés.
- 15. Tous les câbles employés à l’intérieur des édifices de-
- vront être parfaitement isolés.’
- 16. Aux points où ils traversent les planches, les toitures,
- les murailles ou les cloisons, et quand ils croisent ou sont susceptibles de toucher des masses métalliques, telles "que des poutres ou des tuyaux en fer, ces fils devront être complètement protégés contre l’abrosion, par frottement entre eux ou sur les masses métalliques, au moyen d’une enveloppe additionnelle convenable : s’ils sont exposés à l’abrosion par d’autres causes, ou à des déprédations par les rats et les souris, ils devront être efficacement encaissés dans une matière dure.
- 17. Lorsqu’ils sont placés hors de vue, comme sous un plan-
- cher, les fils doivent être complètement protégés contre
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- les actions mécaniques (mcchanical injury) et leur position doit être indiquée.
- N. B. — On ne saurait trop recommander d’essayer fréquemment les fils : c’est une opération dont on acquiert facilement l’habitude et la pratique. Les fuites d’électricité qui ne peuvent se découvrir par l’odorat comme celles du gaz, sont indiquées par des appareils bien plus sûrs et plus délicats. Ces fuites sont non-seulement une perte, mais aussi, en présence de l’humidité, une cause de destruction du conducteur et son isolant par une action électrique.
- 3° LAMPES
- 18. Les lampes à arc devraient toujours être protégées par
- des lanternes convenables, de manière à éviter tout danger par la chute de morceaux de charbon incandescents ou par des étincelles projetées. Leurs globes devraient être protégés par un treillage en fils de fer.
- 19. Les lanternes et toutes les parties susceptibles d’être
- manipulées devront être isolées du circuit.
- 4» DANGERS POUR LE PUBLIC
- 20. Afin d’éviter tout danger aux personnes à l’intérieur des
- édifices, il est essentiel de disposer les conducteurs et leurs annexes de manière que personne ne puisse être exposé aux chocs de courants alternatifs dépassant 6 volts et qu’il n’y ait jamais, entre deux points quelconques d’une même salle une différence de potentiel de plus de 200 volts.
- 21. Si à l’intérieur d’un édifice la différence de potentiel dé-
- passe 200 volts, que la source d’électricité soit intérieure ou extérieure, l’édifice devra être muni, à l’extérieur, d’un commutateur permettant de supprimer immédiatement le courant.
- Éclairage électrique
- A la Havane, le café d’El Louvre est actuellement éclairé avec des lampes Edison.
- A Anvers, quarante-cinq lampes Edison A de 16 bougies et 40 lampes Edison B de huit bougies ont été installées dans la grande raffinerie Gits, Segers et O.
- On annonce la constitution d’une Compagnie électrique, appelée Electric Sun Lamp and Power Company et destinée à exploiter les brevets de la Lampe-Soleil. Son siège est à Londres, n° 6, Old Jewry.
- A Munich, tous les locaux de la grande brasserie Sedlnayr vont être éclairés au moyen de la lumière électrique.
- L’Assemblée générale des meuniers allemands, qui est réunie en ce moment à Stettin, a fait éclairer le lieu de ses séances avec des lampes électriques. Six lampes différentielles Siemens sont disposées à l’entrée de l’édifice et des allées principales du jardin, tandis qu’à l’intérieur se trouvent trente lampes à incandescence Siemens.
- A Greiz, dans la principauté de Reuss, la grande fabrique de tissage de Reinhold et Reissmanu vient d’adopter pour son éclairage les nouvelles lampes à incandescence dites allemandes (Armin Tenner, Berlin). Jusqu’à ce jour il avait fallu un bec de gaz pour chaque métier de cette fabrique; actuellement une seule des nouvelles lampes électriques allemandes suffit pour deux métiers.
- A l’occasion de concerts nocturnes organisés à Madrid
- dans le parterre du parc de Madrid par la Société protectrice des animaux et des plantes, ces jardins sont éclairés avec seize foyers Brush, actionnés par une machine à vapeur de la force de dix chevaux.
- Le cercle de Berlin connu sous le nom de « Ressource de 1794 *> situé dans la Schadowstrasse et qui sert de lieu de réunion aux personnes de la finance et des affaires a été éclairé pour la première fois la semaine dernière à l’aide de lampes électriques.
- Des lampes Edison, au nombre de plus de cent avaient été placées dans le grand salon des fêtes, contre les murs, dans les salles de jeu, de conversation et autres.
- A Nuremberg, la grande Exposition de l’industrie et des arts de la Bavière est éclairée dans plusieurs de ses sections et dans le parc qui entoure les bâtiments à l’aide de foyers électriques.
- A Madrid, ont eu lieu ces jours derniers les premiers essais d’éclairage du ministère de la guerre avec des lampes électriques. Comme nous l’avons annoncé dans un de nos derniers numéros, c’est la Société espagnole d’électricité qui s’est chargée de l’installation des appareils au palais de Buenavista. Les expériences ont commencé dans les bureaux du sous-secrétaire du ministère. On s’est servi avec plein succès de lampes Gramme et de lampes Swan et Maxim. Du balcon du ministère,on a ensuite projeté des feux électriques qui ont éclairé la promenade du Prado, les jardins du Re-tiro et la rue d’Alcala.
- La Compagnie du Baltimore and Ohio railroad va poser deüx câbles, sous-marins, l’un des États-Unis en Angleterre, l’autre des États-Unis au Portugal par les Açores.
- Le 4 juillet à l'occasion de l’anniversaire de la naissance du sultan, les minarets et les édifices publics de Constantinople ont été brillamment illuminés. Au Palais d’Yldiz-ICiosk1 avaient été installés des appareils pour l’illumination électrique.
- A San Francisco, le Palace Hôtel, le plus grand hôtel qui existe en aucun pays, vient d’installer dans son immense enceinte divers appareils d’éclairage électrique.
- Les grands magasins d’approvisionnement Bowron situés dans Edgware-road, W. à Londres, vont être éclairés avec des lampes Swan.
- A New-York, douze lampes électriques viennent d’être essayées plusieurs nuits de suite pour l’éclairage du parc de City Hall.
- Ces essais ayant été trouvés satisfaisants, ce mode d’éclairage a été définitivement adopté pour l’illumination du parc toutes les nuits.
- A Buda-Pesth (Hongrie), la poste aux lettres est maintenant éclairée avec des lampes électriques Edison.
- Une Compagnie vient de se fonder à Chicago sous la raison sociale de Western Edison Light Company. Elle possède les brevets Edison pour les États de l’Illinois, de Wisconsin et de l’Iowa. Son siège est à Chicago.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, 13, quai Voltaire. — J0S24
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- La Lumière
- Journal universel
- Electrique
- d’Électricité
- 51, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD À f£'
- 4» ANNÉE (TOME VII) SAMEDI 12 AOUT 1882 y N» 32
- SOMMAIRE
- Le Magnétisme condensé; Th. du Moneel. — Téléphone magnétique à pôles concentriques; Dr A. d’Arsonval. — La Télégraphie, ses progrès manifestés à l’Exposition Internationale d’Electricité article). — Appareil
- Wheatstone : manipulateur et récepteur; E. deT. — Exposition Internationale d’Electricité : Vitrine de M. Carpentier; C.-C. Soulages. — Exposition Internationale d’Electricité : Câbles électriques, système Berthoiid, Bo-rel et Cc; '0. Kern. — Note sur la détermination analytique des meilleurs éléments de construction des transmetteurs à charbon; Gaston Belle. — Recherches expérimentales sur les machines dynamo-électriques; Marcel De-prez. — Revue des travaux récents en électricité : L’établissement électrique d’Ivry. — Sur la force électromotrice d’un couple zinc-charbon; par M. Berthelot. — Sur la variation du frottement produite par la polarisation voltaïque; par M. Krouchkoll.—• Correspondance : Lettre de M. Cabanellas. — Faits divers.
- LE
- MAGNÉTISME CONDENSÉ
- En i856, lors des expériences que je dus entreprendre pour reconnaître les meilleures conditions de construction des électro-aimants, et qui amenèrent la publication démon volume sur Y Etude du magnétisme, j’avais remarqué que certains effets que l’on attribuait au magnétisme rémanent ne pouvaient pas être rapportés à cette cause, car üs se produisaient avec les fers les plus doux, et pouvaient disparaître instantanément, alors que ceux résultant du magnétisme rémanent étaient persistants. Ainsi, j’avais remarqué qu’un électro-aimant en fer bien doux ayant les pôles bien dressés et étant muni d’une armature de fer doux en contact immédiat avec ses pôles, pouvait maintenir cette armature fortement collée sur ces pôles après la cessation du courant qui l’avait animé, et que cette action pouvait persister indéfiniment. D’un autre côté, j’avais constaté que, si après avoir enlevé de force cette armature ainsi collée, on venait à la rapprocher de nouveau des pôles de l’électro aimant, elle n’y restait adhérente que quand le fer de celui-ci n’était pas suffisamment doux. Dans tous les cas,
- cette nouvelle adhérence n’était jamais très considérable, et elle était en rapport avec le degré de pureté du fer. Pour moi ce dernier effet était celui qu’on devait désigner sous le nom de magnétisme rémanent, et le premier m’avait paru être le résultat d’une action analogue à celle qui se passe dans un condensateur électrique; de là le nom de condensation magnétique que je donnai au phénomène qui le déterminait. Cette désignation m’avait été aussi suggérée à la suite de certaines expériences que j’avais faites dès l’année i852, qui semblaientin-diquer que les aimants pouvaient exercer des effets statiques et dynamiques. Je fus attaqué dans quelques journaux pour ces désignations, et, je dois en convenir, elles n’étaient guère appropriées, car, comme on me le faisait observer, le magnétisme, d’après les hypothèses reçues, ne pouvait pas' être regardé comme susceptible de se déplacer à la manière du fluide électrique et par conséquent de se condenser, mais je n’avais vu dans les désignations que j’avais données, que des mots propres à fixer les idées sur des' analogies d’effets existant entre l’électricité et le magnétisme. Ma pensée était que, par suite des réactions échangées entre l’électro-aimant et son armature, l’équilibre magnétique des molécules magnétisées ne pouvait se maintenir, qu’elles prenaient toutes une orientation différente de celle qu’elles auraient eue sans la réaction réciproque des deux pièces magnétiques, et que cette orientation, déterminée d’après les lois des attractions magnétiques, créait un nouvel état d’équilibre qui pouvait se maintenir après que la cause aimantante n’existait plus, par suite de la réaction réciproque des polarités ainsi mises en présence, et je croyais que ce nouvel état d’équilibre pouvait contrebalancer dans une certaine mesure la tendance de ces polarités à reprendre leur équilibre normal. Comme cette action était la conséquence d’effets attractifs équilibrés, j’avais désigné les effets provoqués par elle sous le nom d'effets- statiques des aimants, conservant le nom d'effets dynamiques aux réactions échangées entre les courants et les aimants, aux réactions d’induction, etc. Mais, comme je le disais, ces désignations sont mauvaises, ce
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- qui n’a pas empêché plusieurs savants, entre autres MM. Jamin et Lallemand, de s’en servir longtemps après moi.
- Ce qui m’a paru le plus curieux et ce qui montre jusqu’à quel point on lit peu les travaux scientifiques qui n’émanent pas de certains auteurs réputés classiques, c’est que les physiciens qui parlent aujourd’hui de ces réactions, attribuent les effets auxquels elles donnent lieu et que j’ai le premier signalés, à ceux qui s’en sont occupés plus de vingt ans après moi, et qui les ont moins complètement étudiés. C’est pour cette raison qu’il m’a paru opportun de rappeler mes travaux sur cette question, ainsi que ceux des savants qui s'en sont occupés depuis.
- Mes travaux sur le magnétisme condensé ont été publiés à différentes époques et dans différents recueils : dans les Comptes rendus de l'Académie des Sciences (*), dans les Mondes, dans mon Etude sur le magnétisme, volume publié en i858 (p. 56 à 64) dans mon Mémoire sur les courants induits, inséré dans ma Notice sur la bobine de Ruhmkorff (4e édition, p. 374) ; dans mes Recherches sur les meilleures conditions de construction des électroaimants (p. 117), dans mon Exposé des applications de l'électricité et dans mon Traité de télégraphe électrique p. 148 et 161.
- En résumé je disais, dans toutes ces publications, qu’un aimant agissant sur une armature de fer doux provoque par suite de son contact avec celle-ci une action électro-statique tout à fait analogue à celle qui se produit dans ün condensateur électrique ; que cette action a pour effet de dissimuler, en grande partie, les polarités magnétiques opposées l’une à l’autre et de les maintenir indéfiniment développées au point de contact des deux pièces magnétiques, quand bien même la cause aimantante n’existe plus. J’ajoutais que dans ces conditions la force coercitive tient lieu de l’isolateur dans les condensateurs électriques (voir le journal YInstitut du i5 juillet 1857, p. 229).
- L’une des expériences lés plus convaincantes que j’ai montrées pour la démonstration de' cet effet est la différence d’intensité des courants induits, résultant d’un système d’électro-aimant fermé (muni de son armature) au moment de la première aimantation et des aimantations subséquentes. Si on prend, comme dans la figure ci-contre, un électro-aimant à longues branches sur chacune dèsquelles on place à la suite l’une de l’autre deux bobines A, B, C, D, l’une A, C enroulée de gros fil et destinée à son aimantation, l’autre B, D enroulée de fil fin et destinée à produire des courants induits sous l’influence de cette aimantation et
- (*) Voir les Comptes rendus des 12 avril et 12 juillet, i.3 septembre, 28 février i853, 3 avril 18S4, 3 février 1873, 14 juillet 1873, 4 janvier 187S, ict mars 187S.
- d’une désaimantation subséquente, on observe que quand l’électro-aimant est muni de son armature E F, les courants induits résultant de la première aimantation sont beaucoup plus énergiques que ceux qui résultent des aimantations subséquentes, et qu’il suffit de détacher l’armature puis de la replacer, pour retrouver les premiers effets, qui naturellement se trouvent de nouveau amoindris aux secondes aimantations.
- Voici ce que je disais à ce sujet, dans mon mémoire sur les courants induits, publié en i85g, (voir Notice sur la machine de Ruhmkorff, 40 édition, p. 374.)
- « Une remarque très curieuse que nous devons encore faire, et qui montre bien la vérité de notre théorie sur la condensation magnétique par l’effet du contact des arma-
- X.
- tures de fer avec les aimants, c’est que le courant induit produit par la fermeture du courant voltaïque, le système électro-magnétique étant fermé par l’abaissement de l’armature et de la culasse, est infiniment plus énergique après cet abaissement qu’une fois la première réaction effectuée. Ainsi, au moment de cette première réaction, l’aiguille du galvanomètre pourra accomplir sept révolutions autour du cadran, tandis que les réactions suivantes, si on ne touche pas aux deux pièces magnétiques (armature et culasse), ne seront plus représentées que par trois révolutions environ de cette aiguille. Si on enlève simultanément ces deux pièces après l’interruption du courant voltaïque, oh obtiendra un courant induit de désaimantation trèrfénergique qui pourra faire parcourir à l’aiguille du galvanomètre plus d’un tour de cadran à lui seul; et si après cette opération on abaisse de nouveau les deux pièces magnétiques (armature et culasse), on retrouvera encore un courant induit capable de. fournir une déviation représentée par sept tours du cadran. Il est évident que cette différence dans l’action inductive ne peut être attribuée au magnétisme rémanent, car en écartant seulement l’armature et en maintenant la culasse en contact avec les noyaux magnétiques, le courant induit, au lieu de diminuer après une première réaction, tend au contraire à augmenter. Ainsi, dans ce cas, le courant induit représenté au moment de la première réaction par un tour et demi de l’aiguille du galvanomètre, peut atteindre jusqu’à deux tours à la deuxième ou troisième réaction. D’ailleurs les courants induits résultant du magnétisme rémanent après que les armatures avaient été une première fois décollées affectaient à peine le galvanomètre.
- « Avec ma théorie, ces effets s’expliquent de la manière la plus simple. En effet, au moment où l’armature et la eu-
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- lasse viennent d'être abaissées sur les noyaux magnétiques, les fluides magnétiques sont libres dans les électro-aimants, et peuvent par conséquent être excités par le courant voltaïque aimantant dans leur totalité. Mais une fois que la première réaction s’est opérée, une partie de ces fluides se trouve condensée, (à la manière des fluides électriques dans une bouteille de Leyde) à la surface de contact des armatures avec les pôles de l’électro-aimant, elle y est immobilisée et ne peut plus servir, lors d’une deuxième excitation magnétique, à la réaction d’induction. Il doit donc y avoir affaiblissement du courant induit produit dans ce dernier cas. Aussitôt qu’on détache les deux armatures, les fluides condensés entre celles-ci et les électro-aimants, et maintenus développés les uns par les autres, comme dans tous les condensateurs, se trouvent rendus à la liberté ou plutôt à la neutralité et fournissent un courant de désaimantation. Dès lors, le système électro-magnétique peut, au moment d’une nouvelle réaction, reproduire les effets primitifs.
- « Quand l’ùrie des armatures est éloignée et que le système ne constitue plus un électro-aimant fermé, les effets de la condensation n’ont plus lieu, parce que l’électro-aimant à deux branches, constitué par le système des noyaux magnétiques et l’autre armature (la culasse), n’a pas ses pôles libres en prise avec une armature. La condensation produite par la culasse n’agit alors que pour le renforcement de ces pôles libres, et comme ceux-ci se désaimantent librement, leur désaimantation suffît pour entraîner celle des pôles en contact avec la culasse. Les fluides condensés sont donc alors en très petite quantité, et leur influence est d’autant moins appréciable qu’ils réagissent alors sur des pôles qui n’ont pas d’action directe sur les hélices induites; bien plus même, ils contribuent à détruire l’effet du magnétisme rémanent dans les parties de l’électro-aimant enveloppées par les hélices induites en tendant à créer dans ces parties un équilibre magnétique différent de celui qu’elles avaient au moment de la réaction magnétique. •
- L’explication que je donnais de ces effets en 1859 est exactement la même que celle que j’en donne encore, seulement, au mot fluide que j’avais employé pour matérialiser ma pensée, je substituerai celui de polarité. Les idées que j’avais à cette époque sur ces mouvements magnétiques, étaient d’ailleurs les mêmes que celles que j’ai encore aujourd’hui, c’est-à-diire que je les attribuais à des changements dans l’orientation des polarités atomiques des molécules magnétiques, théorie que j’avais développée dans mon Etude du magnétisme, publiée en i858 (V. p. 56-64).
- Comme conséquences des expériences précédentes, je dois mentionner encore certains effets que j’ai également rapportés dans le mémoire cité précédemment, et qui s’expliquent facilement par les considérations théoriques que nous venons d’exposer.
- Si dans le dispositif dont il a été question précédemment on substitue au galvanomètre le corps humain, et qu’on tienne dans les mains deux cylindres de cuivre en rapport avec le circuit induit, on ressent de fortes commotions au moment des désaimantations du système, si celui-ci n’est pas fermé, c’est-à-dire n’est pas en contact avec son armature. Au contraire quand ce système est fermé, on n’en ressent aucune, bien que les courants induits alors produits soient plus intenses au galva-
- nomètre. Cela se comprend aisément, si l’on réfléchit que la tension des courants induits étant d’autant plus grande que les alternatives d’aimantation et de désaimantation sont plus promptes, on doit avoir des courants d’une plus grande tension avec le système électro-magnétique ouvert qu’avec.le système électro-magnétique fermé, puisque dans ce dernier cas le retour des polarités atomiques moléculaires à leur état d’équilibre normal se trouvait embarrassé par les réactions secondaires dues aux effets de la condensation magnétique. (‘)
- Ces expériences sont, ce me semble, bien concluantes en faveur de la théorie que j’avais mise en avant dès l’année i856; mais elles ne sont pas les seules, et voici ce que je disais dans un mémoire présenté à l’Académie des Sciences, le 14 juillet 1873.
- Après avoir rapporté les expériences que j’ai citées précédemment, je dis :
- « D’un autre côté, quand on présente, à distance, à l’un des pôles d’un aimant le bout d’une armature de fer doux, on reconnaît que la partie de cette armature occupée par le magnétisme attiré diminue successivement d’étendue, eu égard à ses réactions extérieures, à mesure que cette distance elle-même s’amoindrit, et ce magnétisme attiré se dissimule complètement quand les deux pièces arrivent au contact, auquel cas l’armature se trouve uniformément polarisée et ne semble plus former qu’un épanouissement du pôle avec lequel elle est en contact. Il est facile de comprendre que ces effets ne peuvent être expliqués que par une action condensante qui, après une première surexcitation donnée à l’aimant, immobilise une partie des polarités développées au point de contact des deux pièces magnétiques, ou suivant la section correspondante à l’aimantation directe du noyau par les spires extrêmes de l’hélice, laquelle immobilisation est suffisante pour dissimuler complètement à l’extérieur la polarité contraire excitée dans l’armature. Ce qui montre encore l’analogie de ces effets avec ceux qui sont développés dans un condensateur électrique, c’est qu’ils dépendent beaucoup de l’étendue des surfaces magnétiques ayant action l’une sur l’autre.
- « Tous ces effets sont d’ailleurs analogues à ceux que l’on remarque dans les transmissions électriques à travers les câbles sous-marins. Dans ces transmissions, en effet, il existe une action dynamique qui est en rapport avec le courant transmis et une action statique qui est représentée par la condensation produite à travers l’enveloppe isolante du câble. Or ces deux actions, tout en existant simultanément, donnent lieu à des effets tout à fait différents qui, en s’en-tre-influençant réciproquement, entraînent comme précédemment un ralentissement dans la rapidité du développement électrique qui les a engendrés. »
- Dans mon mémoire présenté à l’Académie le 3 février 1873, je donnais encore comme preuves de l’existence de la condensation magnétique î i° qu’un cylindre de fer doux qui, comme on le sait, est attiré à l’intérieur d’une hélice galvanique quand (*)
- (*) Toutes ces expériences ont été décrites dans un mémoire présenté à l’Académie des Sciences, dans sa séance du 17 octobre i8Sq, mais qui n’a pas été imprimé aux Comptes rendus. On en trouve un extrait dans le journal l'Institut du 19 octobre 1859, p. 336.
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- le fil de cette hélice est en cuivre, ne l’est plus du tout quand ce fil est en fer, et qu’il en est de même si le canon métallique sur lequel l’hélice est enroulée est construit avec ce dernier métal; 20 qu’un barreau d’acier trempé qu’on aimante en le munissant d’armatures est beaucoup plus énergique que quand il en est dépourvu, précisément parce que le magnétisme, dans le premier cas, est maintenu développé pendant les alternatives des frictions.
- « Je donnais, disais-je dans ce mémoire, comme conséquences de cette action de condensation, d’abord l’uniformité de polarité extérieure qu’acquiert une armature soumise à l’action d’un seul pôle magnétique et l’affaiblissement considérable de l’énergie attractive magnétique du système, du côté de l’armature, et le renforcement de cette énergie du côté opposé; en second lieu, l’attraction qui se produit entre deux pôles magnétiques de même nom quand*, étant à une très petite distance l’un de l’autre, l’un d’eux est d’une puissance plus grande que l’autre; en troisième lieu, le mouvement et la position en croix que prend une armature de fer doux quand elle est un peu bombée au milieu et qu’on la place sur le pôle prolongé d’un aimant droit, parallèlement à son axe; en quatrième lieu, la projection assez énergique d’un bouchon de fer fermant librement l’extrémité polaire d’un aimant tubulaire quand on vient à aimanter celui-ci; en cinquième lieu, l’accroissement énorme de l’énergie d’un aimant droit à l’un de ses pôles quand on munit son autre pôle d’une masse de fer. *
- T’ajoutais à ce mémoire ce qui suit :
- « Dans les différents mémoires que j’ai publiés sur cette question, je n’explique pas ces effets de condensation par une accumulation des fluides magnétiques ni par leur déplacement d’une molécule à l’autre, comme on me l’a fait dire, mais simplement par un changement d’orientation dans l’axe des polarités atomiques des molécules magnétiques, hypothèse qui ne change rien à la théorie d’Ampère dans sa liaison avec les effets dynamiques des aimants. »
- J’ai longuement développé cette théorie en i858 dans mon Etude du magnétisme, et je l'ai analysée dans un article publié dans ce journal le i5 décembre 187g (V. p. 228). Je ne crois pas, en conséquence, utile d’y revenir ici, et je terminerai cet article en résumant les expériences de MM. Jamin, Lallemand, lord Elphinstone et Vincent, qui se rapportent à cette question. Voici d’abord ce que dit M. Jamin dans son mémoire communique à l’Académie le i3 janvier 1873 :
- « On apprend dans tous les cours de physique que, placé vis-à-vis d'un aimant, un morceau do fer en subit l’influence, que ses extrémités prennent sur toutes leurs faces des pôles contraires à ceux qu’ils regardent, c’est-à-dire une aimantation inverse.
- « D’un autre côté, M. du Moncel a démontré par des expériences irrécusables et faciles que si la tige de fer adhère à l’aimant, elle possède à ses deux bouts la même aimantation que les pôles qu’elle touche, une aimantation directe, et qu’elle, sert, pour ainsi dire, à l’épanouissement de ces pôles.
- « Si ces deux faits sont exacts, et ils le sont, il faut de toute nécessité que l’aimantation change de signe et soit nulle pour une position donnée. Cela est vrai, en effet, et voici ce qu’on observe.
- « Chaque pôle attire un magnétisme contraire sur l’extrémité du contact la plus voisine. Cet effet augmente avec le
- rapprochement, et comme il est plus énergique sur la face interne, celle qui regarde l’aimant, celle-ci prend bientôt tout le magnétisme contraire, et il ne reste aucune trace de polarité sur les faces supérieure, inférieure et externe du contact qui sont à l’état naturel; la surface interne elle-même paraît neutre, bien que très chargée, car toute pointe de fer que l’on y place éprouve en sens contraire l’influence et l’attraction des magnétismes opposés de l’aimant et de cette surface.
- « Le contact de fer placé en un endroit déterminé est donc neutre, ce qui n’empêche point qu’il soit vivement attiré par l’effet des aimantations contraires qui se regardent sur les faces opposées de l’acier et du fer doux. Mais l’effet de ces aimantations sur un point extérieur est nul. Dans mes expériences, la distance des appareils au moment de la neutralité était de i5 millimètres environ. Voici les nombres obtenus :
- •
- DISTANCE DU CONTACT
- ioomm — (3o — 5o — 40 — 3o — 20 •— i5 — 10 — 8 — 6 — 4 — 2 — I — o
- FORCE D’ARRACHEMENT
- 6gr. — 9 — 11 — 12 — 10 — 4 — 04- 5 10 -t- 17 -p 3o
- -f* 15 •+* 60 -{• 97
- « Si le rapprochement continue, l’action de l’aimant augmente, une plus grande somme de magnétisme s’accumule à la partie interne, et l’on voit apparaître sur les faces horizontales et externes du contact une aimantation du même nom que celle du pôle ou directe. Elle croît jusqu’au moment où les deux appareils se touchent. Alors le fer à cheval est fermé par le contact. C’est un anneau métallique continu offrant deux lignes moyennes, au milieu du contact et au talon de la lame, et deux pôles conséquents vers les deux lignes de jonction. Des deux côtés de ces lignes, l’intensité magnétique est la même sur le fer et l’acier, pourvu toutefois que leurs surfaces adhèrent exactement.
- « Pendant que l’aimant attire et accumule une aimantation contraire à la sienne sur la face interne du contact, celui-ci réagit sur l’aimant et attire le magnétisme primitivement, disséminé sur la surface entière de la lame; aussi le voit-on croître d’abord à l’extrémité, maïs bientôt il diminue et semble à peu près disparaître parce qu’il s’accumule à la face interne; au moment de l’adhérence, il n’en reste presque plus......................................................
- « Ce procédé simple et remarquable, en ramenant et en accumulant à l’extrémité la presque totalité du magnétisme éloigné, a pour effet nécessaire d’augmenter de près d’un tiers la force portante d’un aimant, mais ce n’est pas un effet permanent; aussitôt que le contact est arraché, la force portante revient à sa valeur première. Cet effet d’ailleurs se produit tout seul avec le temps par la seule influence du contact, et à mesure qu’il se produit, on peut ajouter des poids à ce contact sans l’arracher; mais une fois que la rupture a eu lieu, il faut recommencer. Telle est l’explication simple d’un fait connu de tout le monde et jusqu’à présent incompréhensible.
- « Cette étude révèle une incontestable analogie entre l’influence exercée par un aimant sur le fer, et celle d’un corps électrisé sur un plateau collecteur. L’attraction d’un magnétisme contraire, la répulsion d’une aimantation de même nom sur le contact, la réaction de ce contact sur l’aimant, l’accumulation sur les deux faces internes de magnétismes opposés qni détruisent mutuellement leurs effets, tout en entraînant les deux appareils par leurs attractions, sont des faits communs aux deux ordres de phénomènes. Nous pouvons dire que ces deux magnétismes se dissimulent et que l’aimant et son contact constituent un véritable condensateur magnétique au même titre qu’une lame électrisée et un plateau collecteur forment un condensateur électrique. *
- M. Jamin cite ensuite une série d’expériences re-
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- présentées par des courbes qui montrent de la manière la plus complète l’analogie des deux phénomènes (Voir les Comptes rendus, tome 76, p. 69).
- On remarquera que quoique arrivant aux mêmes conclusions, la théorie de la condensation magnétique donnée par M. Jamin diffère de la mienne en ce sens, qu’il admet un déplacement du fluide magnétique analogue à celui du fluide électrique, tandis que je n’admets qu’un simple déplacement dans l’orientation des polarités moléculaires, déplacement qui entraîne extérieurement les effets' magnétiques que nous avons signalés. J’avais cherché à concilier mes observations avec la théorie d’Am-père et les théories généralement admises, mais M. Jamin a été plus hardi, et sa théorie a provoqué quelque temps après une note de M. Gaugain à laquelle. M. Jamin me pria de répondre, puisque j’étais dans les mêmes idées que lui relativement à la condensation magnétique. C’est cette réponse qui a été le sujet de ma note du 14 juillet 1873 à l’Académie des Sciences et qui commence de cette manière :
- Dans son dernier travail sur le magnétisme, inséré aux comptes rendus du 3o juin 1873, M. Gaugain s’exprime ainsi :
- « Lorsqu’on applique une armature de fer doux contre les « faces polaires d’un aimant en fer à cheval, l’aimantation « accusée par les courants d’induction se trouve augmentée .. dans toute l’étendue du fer à cheval et même au talon « (culasse); il n’y a de diminution nulle part. Je crois devoir « insister sur ce résultat, parce qu’il me paraît difficile à « concilier avec l’idée généralement admise d’une conden-« sation magnétique qui s’opérerait dans le voisinage de la « surface de contact. »
- « Cette expérience n’est pas nouvelle : je l’ai longuement développée ainsi que beaucoup d’autres du même genre dans mon mémoire sur les courants induits magnéto-électriques publié en 18S9, et elle est résumée avec détails dans mon Exposé des applications de l'électricité, tome II (3e édition), p. 145. Mais elle peut, ce me semble, être interprétée d’une autre manière que l’a fait M. Gaugain, car je m’en suis servi pour arriver à une déduction précisément contraire à celle qu’il a émise. Je-pense que ce désaccord tient à ce que ce savant confond deux actions magnétiques complètement différentes et qu’il se sert pour apprécier l’une des effets produits par l’autre.
- « J’ai en effet démontré par des expériences nombreuses et variées que les aimants ont deux genres d’action : une action dynamique s’exerçant à la manière des solénoïdes d’Ampère dont le centre correspond au milieu du noyau magnétisé, en fournissant une résultante parallèle aux spires de l’hélice magnétique, et à cette action doivent être rapportés les effets d’induction produits par les aimants, ainsi que les forces directrices échangées entre eux et les courants; en second lieu, une action statique qui constitue la force attractive proprement dite et les polarités magnétiques, polarités qui varient suivant les rapports de position et de grandeur de l’aimant avec les corps magnétiques qui en reçoivent l’influence.
- « Ces deux actions, quoique ayant une certaine liaison entre elles, peuvent cependant se produire indépendamment l’une de l’autre dans des conditions opposées. Ainsi la partie d’un aimant où les courants d’induction ont le plus d’énergie est celle qui correspond à la région neutre, c’est-à-dire celle qui n’a aucune polarité. Ce fait que cite lui-même M. Gaugain avait été avancé, il y a longtemps, par MM. Muller
- et Poggendorff, et je l’ai démontré moi-même de deux manières.
- « D’un autre côté un faisceau de fils de fer qui fournit les courants induits les plus énergiques détermine les forces attractives les plus faibles, et un noyau magnétique ne présentant sur toute sa périphérie qu’une même polarité n’en agit pas moins comme un aimant régulièrement constitué.
- " On voit donc que les courants induits déterminés par un aimant sont complètement indépendants des polarités qui y sont développées et à plus forte raison que leur énergie ne peut mesurer la force attractive qui en est la conséquence. C’est pour cette raison que M. Poggendorff dans ses recherches sur la force attractive des électro-aimants, n’avait pu concilier les lois de Jacobi avec celles qui résultaient de la mesure de la force par l’intensité des courants induits produits.
- « Les effets de condensation magnétique que j’ai le premier constatés et dont M. Gaugain conteste l’origine sont le résultat de l’action polaire et sont par conséquent étrangers à l’action dynamique. C’est une sorte d’action reflexe échangée entre l’armature et le pôle ayant action sur elle et qui a pour effet, non pas de déplacer le magnétisme d’un bout à l’autre de l’aimant comme le ferait supposer l’interprétation qu’en donne M. Gaugain, mais de provoquer moléculaire-ment une plus grande quantité de magnétisme, tout en amenant un changement d’orientation dans l’axe des polarités atomiques des molécules magnétiques qui constituent les chaînes de courants de l’hélice magnétique. Or il résulte de cet effet deux conséquences : i° les polarités atomiques étant surexcitées, les courants moléculaires se trouvent avoir plus d’énergie, et le solénoïde magnétique agit dynamiquement avec une plus grande intensité ; de là le renforcement des courants induits qui résultent de l’action d’une armature sur un aimant; 2° les polarités déterminant l’attraction se trouvant déplacées ou dissimulées plus ou moins par l’action reflexe de l’armature, toutes les polarités atomiques, dans les différentes parties .de l’aimant, sont obligées de se déplacer de la même manière pour conserver leur équilibre entre elles. Or il peut en résulter soit un affaiblissement général dans les polarités extérieures de l’aimant, quand celui-ci est en contact par ses deux pôles avec l’armature, soit un affaiblissements, un pôle et un renforcement à l’autre quand le contact avec l’armature ne se fait qu’à un pôle seulement, ce que l’expérience démontre. »
- Après ces différents travaux, M. Lallemand envoya, le 19 octobre 1874, une note à l’Académie sur la condensation magnétique dans laquelle passant sous silence tous mes travaux sur cette question, il indique quelques expériences que j’avais faites quinze ans avant lui, et desquelles il déduit que la force due au magnétisme condensé est trente-trois fois plus forte que celle qui appartient au magnétisme rémanent. « Mais ce qui mérite surtout, dit-il, d’être signalé, c’est la persistance de cette condensation magnétique/ Après avoir déterminé l’adhérence du contact avec les pôles de l’é-lectro-aimant, j’ai abandonné celui-ci pendant vingt jours et au bout de ce temps le contact soutenait encore le même poids que primitivement sans se détacher; son arrachement a donné au galvanomètre un courant d’induction qui avait la même valeur, 182, comme au début de l’expérience. Il est probable que cet état magnétique du fer doux peut durer bien plus longtemps sans affaiblissement appréciable, et l’expérience que je poursuis donnera des conclusions à cet égard ». Il cite ensuite une série
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- d’expériences indiquant que la présence du contact a pour résultat de tripler la valeur des courants induits résultant de l’aimantation, mais que quand ce contact n’agit qu’à distance, la condensation magnétique continue pendant le temps qu’on met à passer du courant inverse au courant direct. Il a d’ailleurs reconnu comme moi que quand on mesure le courant l’inverse au début avant que la condensation magnétique se soit opérée, sa valeur est bien supérieure à celle du courant direct qui le suit « parce qu’il est développé, dit-il, sous l’influence de tout le magnétisme libre et condensé. «Voici les chiffres de ces expériences :
- Courant inverse au début avant toute condensa-
- sationmagnétique. . . ...................... 187 233
- Courant direct................................ 60 72
- Courant inverse après la condensation........... 60 73
- Courant direct par rupture de contact. _....... 143 263
- Courant direct dû au magnétisme rémanent. ... 9 10
- « Ces quelques nombres, dit M. Lallemand, suffisent pour manifester plus nettement le phénomène de la condensation magnétique, et prouvent que cette condensation dépend de l’intensité du magnétisme développé dans le fer doux. En enroulant les bobines dans le même sens, de manière que les extrémités de l’électro-aimant inducteur soient deux pôles de même nom, des essais semblables aux précédents montrent que la condensation est presque nulle bien que le magnétisme engendré soit considérable. »
- Toutes ces expériences ne sont, comme on le voit, que la reproduction des miennes, et j’ai dû, en conséquence, envoyer à l’Académie une réclamation de priorité qui a été insérée en tête des Comptes rendus du 4 janvier 1875, ce qui n’a pas empêché qu’on ait encore donné cette année même le travail de M. Lallemand comme un travail original. Voici comment je débute dans cette réclamation de priorité :
- « La note présentée par M. Lallemand le 19 octobre dernier, m’a prouvé que malgré le volume que j’ai publié en
- 1858 sur le magnétisme, malgré de nombreux (némoires insé-
- rés dans divers recueils en 1859 sur le même sujet et les deux notes récemment imprimées aux Comptes rendus, en février et en juillet 1873, mes travaux sur les effets de la condensation magnétique n’étaient pas encore bien connus. Je crois en conséquence devoir de nouveau insister sur les expériences que j’ai faites à cet égard.................
- « Je ne reviendrai pas sur la théorie que j’ai donnée de ces effets, je dirai seulement que les courants induits résultant de la condensation magnétique, courants que M. Lallemand dit avoir obtenus sans changement au bout de vingt jours, peuvent se produire au bout d’un temps infiniment plus long. Je les ai retrouvés non-seulement au bout de plusieurs mois, mais même d’une année entière, ainsi que je l’ai publié en
- 1859 dans mon mémoire sur les courants induits et la notice que j’ai distribuée aux membres de la Société Philomathique, cette même année, pour répondre à. diverses objections qui
- m’avaient été faites à cet égard. Comme M. Lallemand,
- je démontrais en i858 que les effets de la condensation magnétique devaient se distinguer de ceux dus à l’aimantation rémanente du fer, etc. etc. »
- Je rappelle ensuite mes expériences sur la supériorité des courants induits dus à la première aimantation.
- J’en arrive maintenant aux expériences de Lprd Elphinstone et Vincent qui n’ont pas plus que les autres mentionné mes travaux sur ce sujet. Leur travail a été présenté à la Société royale de Londres en décembre 187g. Leur conclusion était que le fer une fois aimanté ne perd pas son magnétisme quand il est appliqué sur les pôles d’un électroaimant ayant subi une aimantation momentanée. Ainsi un petit électro-aimant après l’interruption du courant qui l’animait pouvait rester suspendu, même avec une augmentation de poids de 8 livres. Un autre aimant du poids de 58 livres pouvait être soulevé par son armature dans les mêmes conditions, et des étincelles pouvaient être excitées aux deux bouts du fil de l’électro-aimant quand ' on venait à retirer l’armature; cet effet pouvait se manifester une semaine après l’aimantation primitive.
- La seule chose nouvelle dans ces expériences est la constatation d’une augmentation de l’attraction magnétique avec la prolongation du contact de l’armature avec l’électro-aimant. Cet accroissement existe avec les aimants persistants en acier trempé, mais je ne l’avais pas constaté après un an d’adhérence dans les expériences que j’ai citées.
- Tous les faits que je viens de rappeler prouvent qu’on s’est en général peu occupé des réactions magnétiques, et qu’on reste toujours avec les données inexactes que l’on trouve dans les livres de physique. Il serait pourtant urgent de les rectifier à une époque où l’électro-magnétisme joue un si grand rôle.
- Th. du Moncel.
- TÉLÉPHONE MAGNÉTIQUE
- A PÔLES CONCENTRIQUES
- L’expérience a montré que le principe du téléphone Bell devait être conservé.
- On peut néanmoins apporter à cet admirable instrument certaines modifications pouvant en augmenter les effets et en faciliter la construction. L’appareil que je vais décrire n’à pas d’autre prétention.
- Voici d’abord l’exposé des expériences bien simples qui m’ont conduit à adopter la forme annulaire pour le champ magnétique de l’instrument.
- Aussitôt après l’importation du téléphone, en 1877, j’avais constaté, comme M. du Moncel a bien voulu le rappeler, qu’on augmentait considérablement les effets en faisant réagir les deux pôles sur la plaque vibrante. Le téléphone Gower ayant paru dans l’intervalle' de mes essais, je ne leur donnai pas suite et je jugeai inutile de les publier. T’avais remarqué également qu’on obtient
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- les meilleurs effets lorsqu’on donne aux pôles une forme aplatie et qu’on les sépare par un intervalle minimum. La pratique paraît avoir justifié mon observation. Cet effet n’est pas dû à l’augmentation de force attractive que développe dans l’aimant le voisinage des deux pôles.
- En effet, tout en conservant à l’aimant la même force portante, j’ai obtenu des effets bien moins puissants avec les pôles cylindriques qu’avec les pôles aplatis, la quantité de fil enroulée autour de chacun d’eux restant la même. Donc la force portante de l’aimant n’entre pour rien dans l’effet produit ; ce qui paraît avoir de l’influence, c’est la longueur de fil comprise entre les deux pôles, c’est-à-dire le fil qui se trouve noyé dans le champ magnétique où les lignes de force ont leur maximum de densité.
- Une expérience très simple confirme cette manière de voir.
- Les deux pôles d’un aimant, distants seulement de quelques millimètres, sont placés sous une plaque vibrante en fer doux, normalement à la surface et très près, comme dans un téléphone. Sous la même plaque, du côté de l’aimant, je tends un fil métallique traversé par un courant interrompu. Ce fil est mobile, et, je peux le placer à volonté, soit entre les pôles de l’aimant, soit en dehors de chacun d’eux. J’ai observé que ce courant interrompu fait vibrer avec force le diaphragme lorsque le fil est tendu entre les deux pôles, tandis que, le fil étant placé en dehors d’eux, ce même diaphragme rend un son à peine perceptible pour le même courant.
- Donc, pour obtenir le maximum d’effet, il faut noyer complètement le fil dans le champ magnétique, en rapprochant les pôles le plus possible pour augmenter la densité de ce champ.
- Dans les téléphones à deux pôles et à deux bobines (systèmes Gower, Siemens, Ader, etc..,), il n’y a de vraiment utile que le fil placé entre les deux pôles ; la partie qui se trouve en dehors d’eux se trouve presque complètement perdue pour l’induction, et crée simplement une résistance inutile, toutes les lignes de force de l’aimant se trouvant concentrées dans l’espace interpolaire.
- Pour soumettre tout le fil à l’induction, -j’ai pensé à faire un champ magnétique annulaire, comme dans les électro-aimants Niklès, en prenant pour centre un des pôles de l’aimant, tandis que l’autre pôle vient l’envelopper circulairement. La bobine d’induction étant fixée au pôle central, toutes les parties du fil se trouvent perpendiculaires à la direction des lignes de force et soumises par conséquent à l’induction maxima.
- Pour que les lignes de force fussent concentrées aux pôles, j’ai adopté pour l’aimant la forme circulaire préconisée par Ladd il y a 20 ans, et utilisée par M. Niaudet pour les machines Gramme
- à aimant, ainsi que par M. Ader dans soii téléphone.
- Pour que le pôle extérieur puisse envelopper sans le toucher le pôle central, j’ai donné à l’aimant la forme spiroïdale et non la forme cylindrique.
- L’aimant se compose donc d’un élément de spire A dont une extrémité porte le pôle central n sur lequel se place la bobine B, l’autre extrémité porte un cylindre de fer T, enveloppant de toute part cette bobine qui se trouve ainsi noyée dans un champ magnétique circulaire très condensé.
- Enfin, avec cette disposition, la boîte D qui porte le diaphragme en fer se fixe de la façon la plus
- simple et la plus solide sans nécessiter aucune vis. La boîte est simplement pincée entre l’aimant et son noyau représenté à part en N.
- Les bornes ont également été supprimées par un système très simple d’attache, du double câble conducteur, imaginé par mon habile constructeur M. Leczensky, bien connu dans le monde de la téléphonie.
- Sous cette forme, que la figure ci-jointe rend suffisamment claire, l’instrument complet ne pèse que 35o grammes, et donne des effets vraiment surprenants, eu égard à son faible poids.
- La parole est réproduite sans altération du timbre. Comme force, il peut rivaliser avec les meilleurs Gower; muni d’un pavillon, on l’entend dans toute une salle.
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- J’ajoute enfin que, grâce à la simplicité du montage et à la réduction considérable de la main-d’œuvre, cet appareil peut être livré à l’industrie à un prix inférieur à celui du téléphone Bell.
- Je ferai connaître dans un prochain article la disposition du microphone qui lui donne le maximum de puissance et qui constitue une simple modification de l’appareil que M. Paul Bert et moi avons fait connaître en 1879.
- Dr A. d’Arsonval
- LA TÉLÉGRAPHIE
- ses progrès récents manifestés a l’exposition
- INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- Douzième article (Voir les numéros des i3, 20 et 27 mui, des3,10, 77, 24 juin et des i5, 22. 29 juillet et du 5 août 1882.) ______ '
- APPAREILS WHEATSTONE
- III. — Manipulateurs.
- On peut avoir, dans certains cas, besoin de substituer la transmission manipulée à la transmission automatique. Aussi joint-on toujours au transmetteur un manipulateur à courants inversés. La figure 12 montre le dessous de cet appareil.
- Deux plaques métalliques sont mises en relation par les bornes c et z, l’une avec lé pôle positif, l’autre avec le pôle négatif d’une pile.
- La première plaque porte deux petites bornes a et b, la deuxième une Seule d.
- Une plaque en ébonite A porte deux blocs de cuivre K et K' auxquels sont fixés par des vis les ressorts lames l et /' qui peuvent s’appuyer par leurs extrémités libres, soit sur les bornes a et d, soit sur les bornes d et b. Un galet g peut être mu d’avant en arrière par le bras vertical du levier du manipulateur et c’est lui qui fait osciller toute la plaque d’ébonite, grâce à la flexibilité du ressort r et fait par suite passer les deux ressorts lames de la position ad à la position db.
- Une manette M sert de commutateur et permet de transmettre, de recevoir ou de mettre le courant à la terre, suivant que son extrémité libre s’appuie sur l’une des plaques E, F ou G. Elle pivote autour d’une vis qui est en communication avec la ligne.
- Supposons la manette en communication avec la plaque E (position de transmission).
- Le courant positif par la borne c, la borne a, le ressort l, le bloc K et un ressort à boudin va à la terre. — Le courant négatif par la borne z, la borne d, le ressort T, le bloc K', le ressort r et la plaque E et la manette va sur la ligne.
- Si l’on abaisse le levier du manipulateur, c’est le courant négatif qui va à la terre, le'positif à la ligne
- et cela parles mêmes chemins que précédemment.
- Si l’on met l’extrémité libre de la manette sur la plaque G, on ne peut transmettre un courant venant de la pile locale, car il y a interruption du circuit à la plaque E. — Mais un courant arrivant de la ligne actionnera le récepteur en passant par cette plaque G et par la borne R qui communique avec elle.
- Si l’extrémité libre de la manette se trouve sur la plaque F qui communique avec la terre, aucun courant ne peut être ni reçu ni transmis,
- IV. — Récepteur (fig. i3)
- L’organe magnétique du récepteur est un électro-aimant à armature polarisée (fig. 14). E est un aimant dont des pôles portent des évidements circulaires au milieu desquels passe un axe vertical H.
- A et B sont les deux bobines d’un électro-aimant terminées en haut et en bas par des plaques polaires P1? P2, P3, P4. — Entre ces plaques pivotent deux palettes de fer doux F et G dont les pôles s’orientent comme ceux de l’aimant.
- Ceci posé, supposons que l’extrémité f de la palette F soit un pôle austral et supposons que le courant circulant dans l’électro-aimant développe un pôle austral à l’extrémité de la plaque polaire Plt un pôle boréal à l’extrémité delà plaque polaire P2. La palette f sera attirée par la plaque polaire P2. De même g sera attiré par la plaque polaire P4 et l’axe H dont ces palettes sont solidaires subira une rotation dans le sens delà flèche. Les palettes resteront dans cette position jusqu’à l’émission d’un courant de sens inverse, car il n’y a pas de ressort antagoniste pour les ramener dans leur position première. A l’émission d’nn courant de sens inverse, les pôles de l’électro-aimant changent de. nom, les palettes /et g sont attirées contre les plaques polaires P4 et P3 et l’axe H tourne en sens contraire. — C’est la rotation de cet axe H qui détermine l’impression des signaux.
- La molette d’impression 111 est en effet supportée par un axe a qui lui transmet le mouvement qu’imprime à l’appareil un mouvement d’horlogerie. Cet axe s’engage dans l’évidement circulaire d’un bras j solidaire de l’axe H et y est maintenu par un ressort recourbé r. — La molette tout en conservant un mouvement de rotation propre sera donc portée à droite ou à gauche d’après le déplacement de cet axe H (fig. i5).
- Un autre axe du mouvement d’horlogerie situé un peu au-dessous et à droite de celui de la molette fait tourner en sens contraire un disque D, appelé disque encreur, qui plonge dans un bassin K plein d’encre oléïque (fig. 16). C’est ce disque qui imprègne la molette de la quantité d’encre nécessaire pour l’impression. Le disque encreur et la molette sont protégés par un tablier métallique contre la poussière et les chocs extérieurs. Sur la gauche une pe-
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- tite fenêtre métallique est ménagée et c’est là que la molette dans les mouvements que lui communiqe l’électro-aimant peut faire son impression sur la bande de papier qui est guidée par la règle S, les deux disques Q et Q, et qui est pressée contre la fenêtre par le petit disque p.
- Il peut se produire sur les lignes télégraphiques
- des phénomènes secondaires, tels que dérivations, courants naturels, etc., qui produisent des variations dans l’intensité des deux courants et peuvent favoriser l’un au détriment de l’autre. De là, la né-
- FIG. l3
- cessité d’un ressort de sensibilité qui combatte cet effet nuisible.
- L’appareil se compose d’un disque A terminé en arrière par un tambour échancré’(fig. 17 et 18). De chaque côté de l’échancrure se trouvent deux vis vl et v% qui retiennent les extrémités d’une chaînette c, appelée chaînette de réglage. La chaînette part de la vis de gauche du tambour, s’engage à droite sous la gorge d’une poulie P,, puis sous celle d’une
- autre poulie P située à gauche, remonte sous le tambour et vient s’attacher à la vis de droite.
- Si le disque tourne, la chaînette se déplace à gauche ou à droite, suivant le sens de la rotation. En se déplaçant elle entraîne la partie inférieure d’un ressort à boudin qui agit sur un doigt d solidaire de l’axe H et communique par suite ce mou-
- FIG. I4
- vement et à l’axe H et aux palettes polarisées. On peut donc de cette manière régler convenablement la distance de ces palettes aux bobines. On agit sur le disque au moyen d’une vis sans fin V qui engrène avec lui.
- Commutateur. — Marche des courants (fig. 19).
- Un levier pivote autour d’une vis Y qui est en
- communication avec la ligne. 11 peut mettre la ligne en communication avec le récepteur ou avec la sonnerie suivant qu’il s’appuie sur la borne de gauche ou sur lajborne de droite.
- Outre ces bornes, le bâti de l’appareil en porte quatre autres.
- i° L qui communique avec la ligne, c’est-à-dire avec la borne R du manipulateur;
- 2“ SJt qui communique avec le fil d’entrée de la sonnerie ; - ---
- 3° S2 qui communique avec le fil de sortie de la sonnerie;
- 4° T qui communique avec la terre.
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- Si la manette est sur la borne p, le courant arrivant par la borne L traverse l’électro-aimant pour se rendre à la terre. Si la manette est sur la borne />,, il traverse la sonnerie ainsi que le montre la fig. 19.
- Y. — Installation en Duplex {fig. 20.)
- L’appareil Wheatstone se prête parfaitement à
- FIG. l6
- la transmission double. .Le système qu’on lui applique est le système différentiel. Les courants envoyés par un poste traversent son propre récepteur
- FIG. 17
- en parcourant en sens inverse les deux circuits qui constituent l’électro-aimant différentiel et dont l’un communique avec la ligne et le poste correspon-
- FXG. iS
- dant, l’autre avec une ligne artificielle locale de résistance égale à celle de la ligne et muni de condensateurs disposés de façon à reproduire sur la ligne artificielle les mêmes phénomènes de charge et de décharge que sur la ligne réelle.
- Le récepteur porte, en plus des bornes dont nous avons parlé, deux bornes L, et L*. Le courant qui sort du transmetteur est envoyé par une disposition d’un commutateur général dans la borne L., du récepteur. Il s’y bifurque : une moitié entre dans l’é -
- lectro-aimant, le traverse et se rend, par la borne T, dans la ligne artificielle. L’autre moitié traverse l’électro-aimant en sens inverse, sort par la borne Lt et se rend sur la ligne. Le courant envoyé par la station correspondante suit le chemin inverse de cette seconde moitié, entre par Lt, traverse l'élec-
- Sonnerie
- fig. 19
- tro-aimant, se rend à L3, de là à la borne L du transmetteur et gagne la terre en traversant la pile de celui-ci.
- Si Ton veut obtenir un fonctionnement régulier, il est nécessaire que l’action résultante exercée sur le récepteur par les courants émis et reçus soit in-
- variable danà'Uoutes les positions que peut occuper le transmettent. On ne doit donc pas faire usage de courants de compensation, ce qui revient à supprimer la caisse de résistance.
- Ce dispositif de duplex fonctionne très bien et donne avec ce système d’appareils les mêmes résultats qu’avec les autres. Toutes les pièces des apparèils étant d’ailleurs, ainsi qu’on Ta vu, combinées de manière à permettre un jeu très rapide il en résulte un rendement considérable, qu’on a pu récemment augmenter encore par l’emploi de relais convenables, ainsi qu’011 le verra plus loin.
- {A suivre.) E. de T.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- VITRINES DE M. J. CARPENTIER
- Dans le numéro de La Lumière Electrique du 3i août 1881 nous avons décrit le nouvel atelier
- installé par M. J. Carpentier, rue Delambre pour la construction des instruments de précision. Les spécimens de presque tous les appareils exécutés dans ces ateliers figuraient l’année dernière au Palais de l’Industrie, et ont été remarqués à cause du fini de leur travail.
- Le dessin que nous publions ci-contre représente une vue perspective de l’installation Carpentier
- VITRINES DE M . J. CARPENTIER
- à l’Exposition d’électricité de Paris. Dans la vitrine centrale et sur le comptoir qui terminait des trois côtés le petit pavillon, on pouvait voir les divers instruments construits par ce constructeur et qui sont si appréciés dans le monde savant à cause du soin qui est apporté dans leur confection et des résultats si remarquablement exacts qu’ils donnent d’ordinaire, en raison même de cette construction si précise.
- Malgré la transformation complète qui a été opé-
- rée par M. Carpentier, malgré l’emploi de la force motrice et des machines-outils qui tendent heureusement à se généraliser dans toutes les maisons de constructions mécaniques, pour livrer des instruments de précision à peu prés irréprochables, il faudra toujours pour les produire un temps déterminé que les inventeurs ou les industriels pressés d’employer leurs appareils trouvent souvent exagéré. On ne peut cependant nier les immenses pro-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- grès accomplis depuis, un certain nombre d’années, lorsqu’on se rappelle les faibles ressources d’exécution que possédaient les constructeurs dans lés ateliers primitifs des Bréguet, des Duboscq, des Froment et surtout de RüHmkorfF, le. prédécesseur du constructeur dont nous nous occupons aujourd’hui.
- Sur la droite de notre dessin, dans la grande cage vitrée, figure un grand modèle de la machine de Holtz; dans la vitrine du milieu on aperçoit des machines électriques avec leurs accessoires, ainsi que des instruments de cours. C’est surtout parmi les appareils servant aux mesures électriques que l’Exposition de M. Carpentier se faisait remarquer: il y avait des électromètres, des galvanomètres, des boussoles, des électro-dynamomètres, des électromètres Mascart. Le galvanomètre et mesureur d’énergie de M. M. Deprez, l’indicateur de vitesse, les chronographes et enregistreurs, les moteurs et machines magnéto-électriques du même inventeur ont particulièrement provoqué l’admiration des savants du monde entier. Les appareils télégraphiques imprimeurs simples et multiples du système Baudot ont été considérablement modifiés dans les ateliers Carpentier; ils sont plus simples aujourd’hui, donnent de meilleurs résultats, et quoiqu’ils soient construits avec une élégance et un fini bien supérieurs aux premiers modèles, ils sont maintenant obtenus à des prix de revient très inférieurs.
- Rappelons encore le mélographe répétiteur, ce piano électrique qui perce lui-même les cartons destinés à reproduite un morceau de musique et qui a fonctionné à l’exposition des Champs-Elysées dans la salle i3. Le mécanisme de cet appareil est vraiment merveilleux, il a été décrit par l’inventeur lui-même dans le numéro du g novembre 1881, et voici les résultats auxquels M. J. Carpentier à pu parvenir:
- Si un compositeur se met au piano et joue quelques improvisations, l’instrument peut répéter automatiquement le morceau, et il reproduit aussi la manière de chaque artiste au point de vue de l’exécution, et cet instrument merveilleux peut même reproduire un concerto qui vient d’être exécuté par plusieurs personnes. Ce concerto parfaitement réduit conserve toutes ses parties; on pourra même, paraît-il, arriver à se servir du mélographe comme presse musicale. Nous renvoyons du reste le lecteur à l’article plein d’humour de M. J. Carpentier pour tous les détails de construction de l’appareil.
- Citons enfin la reproduction en couleur d’une aquarelle par la photographie. Le procédé imaginé par M. Cros, perfectionné ensuite par lui de concert avec M. Carpentier, a trouvé un puissant auxiliaire dans la lumière électrique, et c’est grâce à elle qu’on a pu voir, dans la vitrine dont nous parlons, une photographie colorée qui ne différait du modèle que par un ton général légèrement jaunâtre.
- C C. Soulages.
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECT RI CI TÉ
- CABLES ÉLECTRIQUES
- SYSTEME BERTHOUD,BOREL ET C«
- Tout au fond de la galerie des machines sur le côté gauche du grand escalier qui conduisait de la grande nef aux salles du premier étage, se trouvait-l’installation de la Société anonyme des câbles électriques. La fabrique des câbles pour les communications électriques est devenue une des branches les plus considérables de l’industrie moderne, et chaque jour amène des progrès nouveaux.
- Jusqu’à ces derniers temps, pour construire un câble on enveloppait d’abord le fil primitif et sa tunique de coton dans une gaine de plomb, puis on le faisait passer à la filière ainsi recouvert de façon à étirer le cordon jusqu’à un diamètre déterminé ; de cette manière on obtenait une couche de plomb assez adhérente, mais souvent d’épaisseur inégale; Aussi M. Berthoud et Borel ont-ils proposé un procédé différent qui consiste à recouvrir lé câble de son enveloppe de plomb au moyen d’une presse hydraulique. La presse de la Société anonyme des câbles électriques se distingue sur la vue perspective que nous publions ci-contrë avec ses chaudières et sa pompe de compression; l’enveloppe de plomb est obtenue élémentairement de la façon suivante : dans le cylindre de la presse hydraulique et au-dessous de la course du piston, sé trouve un réservoir contenant une certaine quantité de plomb maintenu à une température convenable ; le câble à recouvrir est introduit latéralement et à frottement dur au niveau de la masse du plomb et va ressortir par une ouverture pratiquée de l’autre côté du cylindre et dont le diamètre est calculé pour ne laisser passer qu’une couche de plomb déterminée ; le câble saisi à l’extérieur est tiré horizontalement pendant que le piston de la presse hydraulique exerçant une pression sur la surface du métal en fusion, l’oblige à jaillir parla seconde ouverture à travers laquelle passe le câble et forme à ce dernier une gaîne qui se solidifie en sortant, par suite de la différence de température.
- Pour avoir une isolation plus complète MM. Berthoud et Borel entourent leurs câbles d’une double enveloppe de plomb et ces deux enveloppes sont séparées l’une de l’autre par une légère couche de résine; ces inventeurs produisent d’après ces principes des conducteurs qui pourront donner les meilleurs résultats pour les communications souterraines destinées à la télégraphie, à la téléphonie, à la distribution de la lumière et de la force motrice, ainsi que pour la construction des câbles sous-marins.
- O. Kern.
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- SOCIÉTÉ ANONYME DES CABLES ÉLECTRIQUES
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- 153
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- NOTE SUR LA DÉTERMINATION ANALYTIQUE
- DES MEILLEURS ÉLÉMENTS DE
- CONSTRUCTION DES TRANSMETTEURS
- ‘•A CHARBON (*)
- Les inventeurs qui ont construit jusqu’à ce jour des appareils téléphoniques ont procédé en général par tâtonnements à la détermination des principaux éléments de leurs appareils, et c’est à cette incertitude qu’il faut attribuer l’insuffisance des résultats obtenus, l’effet produit étant en général bien inférieur au rendements qu’on pourrait attendre des forces mises en jeu.' -cr t idt.
- Un système de transmission téléphonique se compose en effet d’un assez grand nombre d’organes complexes doub les proportions relatives sont soumises à certaines règles. On trouve à chaque station : i° un© pile qui peut varier en force éléctromotrice et en résistance ; a? un Contact microphonique qui peut: ..varier en résistance et en sensibilité ; 3° une bobine d’induction qui peut varier dans la résistance et dans la longueur de ses circuits inducteur et induit; 40 un ou deux récepteurs téléphoniques qui peuvent varier eux-mêmes sous une infinité de rapports, mais dont l’élément principal, au point de vue qui nous occupe, est encore la résistance ; 5° la ligne dont la résistance est proportionnelle à la distance des stations à desservir et doit être prise en considération dans la détermination des appareils.
- Quelque compliqué que soit tout cet ensemble, il n’est cependant pas impossible de demander à la théorie d’indiquer les proportions de chacune de ses parties de manière que leurs actions réciproques soient en complète harmonie et qu’aucune force n’étant perdue dans le jeu des différents organes, le rendement général soit aussi élevé que possible.
- Cherchons d’abord l’expression de la résistance d’un microphone et de sa sensibilité : — Un micro-, phone peut toujours être considéré comme composé d’un certain nombre de contacts ou éléments microphoniques associés en tension ou en quantité et agissant synchroniquement; ces contacts, sous l’influence des vibrations de l’air, deviennent plus forts ou plus légers et varient par suite en résistance.
- Soit r la résistance d’un de ces éléments à l’instant où le contact est le plus complet, a l’augmentation de la résistance au moment où le contact est le plus faible; la résistance à cet instant sera r-{-a. — Supposons maintenant que le microphone soit composé de n contacts (en quantité),
- (') Communiquée par l’auteur.
- sa résitançe Rm dans ses deux positions sera respectivement :
- Si nous plaçons en tension N de ces rangées de contacts, nous arrivons aux expressions :
- R,
- Nr
- „, N (r + a)
- lv m =-----------
- D’autre part, la sensibilité du microphone est évidemment le rapport de sa variation de résistance à sa résistance totale ; si on appelle 8 ce coefficient de sensibilité, on a pour un seul élément microphpnique S = qr. J'"'1
- En substituant ,1a valeur de a — 8 r dans la formule générale, il vient :
- d’où
- .Ne
- Rm = -—— R';
- R/m — Rm =
- N r(i + 3)
- N r 3 11
- La sensibilité du microphone ainsi sera :
- R/m — Rm N r 3
- R m II R ni
- constituée
- C’est-à-dire que la sensibilité d'un microphone composé de plusieurs contacts identiques associés en tension ou en quantité reste toujours égale à celle d'un des contacts primitifs pris isolément et que par conséquent on pourra toujours en groupant convenablement les contacts faire varier la résistance d’un microphone sans altérer sa sensibilité.
- On voit de suite dans quélle erreur sont tombés les constructeurs qui ont cherché à améliorer les transmetteurs à charbon en établissant des séries de contacts en tension ; on augmente ainsi la résistance de l’appareil sans augmenter sa sensibilité. On a au contraire tout avantage à placer des séries de contacts en quantité puisque sans perdre de sensibilité on augmente l’intensité du courant qui traverse l’appareil par suite de sa diminution de résistance. ><•
- Les considérations qui suivent vont nous montrer ce résultat avec plus de netteté encore.
- II
- *J
- C’est sous l’influence des ondulations produites dans un courant par les changements de résistance d’un microphone que parle un téléphone récepteur. Plus ces ondulations auront d’amplitude, plus le téléphone parlera avec force.
- Cherchons donc l’expression de cette amplitude. Soit Rm la résistance du microphone, 8 son côef-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- i5g
- ficient de sensibilité, R* la résistance du circuit inducteur de la bobine, Rp la résistâce de la pile, e sa force électromotrice.
- Soit i l’intensité du courant pendant la période de moindre résistance des contacts et i' la même intensité à l’instant de la plus grande résistance : i — i' représentera évidemment l’amplitude de l’ondulation. — Or, on a :
- d’où
- Rb*-|“ Rp -f Hm
- Rp -f- Rb -f- Rm ( I -}- ô) e Rm 8
- (Rb -f- Rp -|- Rm) [Rb -f- Rp -f- Rm (i -f* 8)]
- Dans le second terme du dénominateur, on peut remarquer que, 8 étant toujours très petit, Rm diffère très peu de Rm (i +8), et, en substituant ces valeurs l’une à l’autre, on changera très peu la va-
- 0 1 2 3 4 5 6 7 6 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
- RÉSISTANCE DU MICROPHONE EN OHMS
- leur de i—i'. On aura alors très approximativement :
- . c 8
- ‘ ~ = amplitude =
- Il y a lieu d’observer d’abord, pour discuter cette formule, que la bobine d’induction étant destinée à agir sous l’influence d’une pile donnée, son circuit primaire devrait, suivant un principe bien connu, pour produire ses effets maximum, avoir précisément une résistance égale à celle de la partie du circuit qui lui est extérieure et qui est composée du microphone et de la pile.
- On aurait alors :
- Rb== Rp + Rm
- Si nous donnons mainenant à S, à e, à R* et à Rp des valeurs arbitraires, nous pourrons facilement appliquer à notre formule le mode d’analyse très simple qui consiste à construire par points la courbe des valeurs de la fonction i — i' d’après les variations de Rm. Le diagramme ci-dessus qui contient ces courbes pour différentes valeurs de R/, et de Rp permet de constater que l’amplitude
- maximum a toujours lien lorsque Rm = Rp + R*.
- Si au contraire nous construisons la courbe en prenant Rp comme variation, le maximum se présente pour la valeur de Rp = Rm -(- R/;, comme le montre le diagramme ci-dessous.
- Chacune de ces trois quantités tend donc à être égale à la somme des deux autres pour que l’amplitude i — i' soit maximum ; mais comme l’étude des courbes montre que les valeurs de i — i' varient très peu lorsque chacune de ces quantités prise séparément diminue jusqu’à n’être plus égale qu’à la demi somme des deux autres, le maximum de i — i1 pour la moindre pile employée aura lieu en définitive pour la moyenne des conditions’ de maximum que nous venons de déterminer, c’est-à-dire pour des valeurs égales de Rm R^. et R*.
- 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18
- ÉLÉMENTS LECLANCHÉ :
- v5 ; p —
- Substituons maintenant 2 Rm à R^-j-R/, dans la formule et nous aurons :
- amplitude = —J— , ou bien : ampl. =
- r 9 R m 7 r 9 R P
- C’est-à-dire que toutes choses étant d'ailleurs dans les conditions les plus favorables, l'amplitude des ondulations produites dans un courant par un microphone est en raison inverse de la résistance du microphone, de la résistance de la pile et proportionnelle à la force électromotrice.
- D’un autre côté, pour un microphone donné, cette résistance de la pile est déterminée, comme nous venons de le voir. Pour avoir son maximum d’effet utile, elle doit rester égale à Rm et ne doit en aucun cas dépasser 2 Rm, valeur au delà de laquelle l’amplitude de l’ondulation commence à diminuer. Il ne faut donc augmenter la puissance du microphone qu’en augmentant e tout en maintenant Rjp constant..
- On y arrive facilement en groupant un certain
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- i6o
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- nombre d’éléments d’une manière convenable ; seulement on constate alors que e et par suite la puissance du microphone n'augmentent que proportionnellement à la racine carrée du nombre des éléments employés. Un microphone qui fonctionnerait avec trois éléments par exemple ne ferait que doubler son effet en en employant douze.
- supposer de prime abord et il est nécessaire de les diminuer, du moins pour les instruments usuels et de lui donner des proportions acceptables dans la pratique. Ainsi, par exemple, pour une pile de 4 éléments de Leclanché à agglomérés disposés en deux séries, on a : 11^ = 2 ohms, e=3 volts et si Rm= 2 ohms, les dimensions de la bobine devraient être :
- III
- On peut déduire .de ce qui précède les règles pratiques suivantes :
- Un microphone doit avoir une résistance aussi petite que possible ; la résistance des contacts, celle du circuit primaire de la bobine et celle de la pile doivent être égales; — la force électromotrice doit être aussi grande que possible.
- IV
- Les considérations que nous venons de développer montrent clairement les conditions auxquelles il faut satisfaire pour donner la valeur-maxima à l’amplitude des ondulations du courant ; elles nous permettent en même temps de donner à cette amplitude une grandeur aussi considérable qu’on le veut, puisqu’il suffit pour cela, comme nous l’avons vu, d’augmenter la force électromotrice de la pile tout en maintenant sa résistance constante.
- Il nous reste maintenant à parler de la bobine d’induction. Nous connaissons déjà la résistance de son fil primairé ; quant à son fil induit, d’après le principe général qui commande d’égaler les électro-moteurs aux circuits , sur lesquels ils agissent, sa résistance doit être égale à celle de la ligne augmentée de celle du ou des téléphones récepteurs. Or on peut construire, une infinité de bobines répondant à ces conditions de résistance et qui varieront entre elles par leurs dimensions, c’est-à-dire par la longueur et le diamètre de leurs fils. Quelle sera la grandeur de bobine la plus cqn venable pour être accouplée à un microphone donné, — actionné par une pile de résistance convenable et de force électromotrice donnée ?
- Les, formules données parM. le comte du Moncel pour calculer les proportions d’une hélice magnétisante de pouvoir maxima en fonction de la force électromotrice de la pile et de la résistance du circuit extérieur nous indiqueront les dimensions du noyau, de. fer doux et de l’hélice primaire.
- Quant à l’hélice induite, elle devra, pour obéir aux mèmès principes, être de même épaisseur que l’inductrice ; et comme sa résistance est connue, il sera dès lors facile de déterminer les éléments de son fil. ,
- Les dimensions de la bobine ainsi calculées sont beaucoup plus considérables qu’on ne pourrait le
- Diamètre du noyau........
- Longueur — .......
- Diam. du fil inducteur (nu).
- — — (couvert).
- Longueur id..............
- Nombre de tours..........
- Diamètre du fil induit (nu). .
- — — (couvert). .
- Longueur id..............
- °m0çQ Poids = o kil. 65o o 157 i
- o ooi3 o ooi 5 2O0 i 355 o ooo S
- o 0007 ( Poids = 4 kil. 3oo 2 920 )
- Poids = 2 kil. 5oo
- Il est évident que ces proportions ne sauraient être admises dans les appareils usuels, mais il y a tout intérêt à s’en rapprocher au lieu des petites bobines qu’on emploie ordinairement et dont le fil induit qui ne pèse que quelques grammes est vraiment un électromoteur bien faible pour réper: cuter ses vibrations électriques sur un fil de ligne qui peut peser plusieurs tonnes. Il y a là une indication dont il y aurait surtout lieu de tenir compte, croyons-nous, dans les transmissions téléphoniques à grande distance.
- Berne, le 1or juillet 1882
- Gaston. Belle.
- RECHERCHES EXPÉRIMENTALES
- SUR les machines dynamo-électriques (Voir le numéro du 22 avril 1882.)
- Je donne ici la suite de mes expériences sur les machines dynamo-électriques.
- La machine Gramme type A (courbe n° 2 du 3 février 1882) est une machine type d’atelier ordinaire dont j’ai fait enlever les fils pour les remplacer par d’autres de diamètre beaucoup plus petit. La longueur du fil enroulé sur l’anneau devenant alors beaucoup plus grande, la force électrormo-trice, à vitesse égale, et à champ magnétique égal est accrue dans le même rapport. — D’autre part, le nombre de tours du fil qui entoure les inducteurs devenant beaucoup plus grand, le courant nécessaire pour produire le champ magnétique devient beaucoup plus petit. Les résultats de cette transformation ont été donnés d’ailleurs dans le travail que j’ai déjà publié dans ce recueil (année 1881 n° 71, p. B27 et 328) et je n’y reviendrai pas.
- La machine Gramme A ainsi modifiée a développé à la vitesse de 600 tours par minute une force électro-motrice de g3o volts, la résistance to-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ 161
- . TABLEAUX ET COURBES CORRESPONDANTES
- Courbe n« 3. 3 février 1882.
- CARACTÉRISTIQUE D'UNE MACHINE GRAMME, type A k fil fin
- . A LA VITESSE DE 6OO TOURS
- Intensité en ampères. Forces électromotrices en volts. Intensité en ampères. Forces électromo-;trices en volts. OBSERVATIONS.
- 0,1 i3o CQ O 730 Poids de la machine, 2 lo kil.
- 0,2 230 0,9 .780 ohms
- 0,3 33o 1,00 83o Résistance induit . 164
- 0,4 430 1,10 870 — inducteurs.. . 254
- o,5 520 * 1,20 900 —- totale . 418
- 0,6 590 1,3o 930
- o,7 660 *
- Courbe n° 1. _Vo janvier 1882.
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE GRAMME, type B
- A LA VITESSE DE 94O TOURS
- u « t-> «n • — <u 22 _ u C C<u O « CL, s 1 si • gg.S-g <u </l Ut c d'« <u <u Cl s 1 H O u O 0 Ü*C > OBSERVATIONS.
- H 6 ü* u *-> £3 ^ JJ 0 g | b <J w c s
- »<U
- - Poids de la machine, I 000 kil.
- I KjO 7 720 ohms
- 2 310 8 760 Résistance induit.... 4, 790
- 3 800 — inducteurs 1 5, 3 10
- 43o
- 9 — totale .... 20, 100
- 4 53o IO‘ 825 Un inducteur est partagé en
- 5 610 670 11 845 12 sections. Sur chaque inducteur on laisse inactives les six
- 6 12 860 sections de fils qui sont voisines des bâtis-culasses.
- Courbe n° 4. 26 janvier 1882.
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE GRAMME, TYPE D
- A LA VITESSE DE 070 TOURS
- 'Si .'Z CJ I/i g i “SJ w <u '/) U s i «JS
- G C'W <u 0 CL, y O u 0 ^ O «-« Li C C'i» o o CL, 8 2.ü g OBSERVATIONS.
- J2 p ^ ^ - g ^ 8 ~ g
- *«u
- 2 5oo I 2 1270 Poids de la maehine, 1000 kil.
- 4 900 14 1275 ohms
- 6 10S0 l6 1275 Résistance induit 4,89 — inducteurs. 28,80
- 8 1170 l8 1270
- — totale 33,69
- 10 1230
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- IÔ2
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Courbe n° 11. 28 Janvier 1882.
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE GRAMME, TYPE D
- A LA VITESSE DE g5o TOURS
- v> . *<u in w o> g 0 O. S i si g 2.§ g i/> . 'Si S g <u û. * k « « S Sü y O u 0 O w u OBSERVATIONS.
- ♦2 E •<u c S [V, U rj '<U
- 1 2C;0 8 1220 Poids de la machine, 1 000 kil.
- 2 575 9 1250 ohms Résistance induit 5
- 3 795 10 1265 — inducteur. 35
- 4 950 11 1268 — totale 40
- 5 io55 12 1280 Un inducteur est partagé en
- 6 n3o i3 1278 12 sections. Sur chaque inducteur on laisse
- bf i 1180 14 127.5 inactives les 6 sections voisines des bâtis-culasses.
- Courbe n° 14 3 décembre 1881.
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE BRUSH
- A LA VITESSE DE I 15o TOURS
- I F. t F OBSERVATIONS. *
- 0 32,67 18 60,75 ohm ,Résistance intérieure. 1,025
- 4 45 20 58,5o
- 6 52,2 5 22 55,75
- 0 U 58,5o 24 52,5o
- 10 62,25 26 48,25
- 12 63,5o 28 43,75 -
- 14 63,5o 3o 39
- l6 62,5o 32 34
- DIAGRAMME DE LA COURBE N° 14
- V- . •'
- Courbe n° 15. g décembre i88j.
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE SIEMENS Dt
- A LA VITESSE DE 545 TOURS
- OBSERVATIONS.
- Poids de la machine, 55o lcil.
- Fil de l’induit......4in/in
- Fil des inducteurs.. 6*n/»n5
- Résistance induit
- inducteurs. 0,3 10
- totale
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ : i63
- taie étant de 715 ohms; si elle avait tourné à r 5oo tours, elle aurait donné 2 33o volts, le circui tayant "1785'ohms. C’est en effet ce que j’ai obtenu.
- ' Quant à la machine D, les différences que l’on remarque dans la résistance des indicateurs dans différentes expériences tiennent au groupement du fil des inducteurs sectionnés.
- Marcel Deprez.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Établissement électrique d’Ivry
- Le plus bel établissement électrique qüi existe actuellement en France, tant au point de vue de la grandeur du bâtiment qu’à celui de la perfection de l’outillage, est celui que vient d’installer à Ivry, près Paris, la Compagnie de la lumière Edison. C’est du reste l’ancien établissement de construction des orgues et pianos de M. Alexandre, bâti dans une partie de l’ancien parc d’Ivry. En outre de la façade principale de cet établissement, qui forme une grande cour d’honneur bâtie de tous les côtés, il existe un grand nombre de corps de bâtiments à '4 étages placés parallèlement et perpendiculairement tout autour et qui donnent à l’ensemble l’aspect d’une véritable cité ouvrière admirablement installée.
- C’est dans les diverses parties de ces bâtiments que sont établies les différentes machines destinées à la fabrication économique des divers engins qui entrent dans le système d’éclairage électrique de M. Edison.
- Dans l’un de ces bâtiments se trouvent les tours et outils d’ajustage nécessaires pour la construction des machines dynamo-électriques du système Edison que nous avons décrites dans les numéros du icr et i5 octobre et du 9 novembre 1881 du journal La Lumière Électrique. On en construit de plusieurs modèles qui peuvent fournir individuellement l’écairage de 17, 60, 100, 125, i5o, 25o, 5oo et 1200 lampes. Chaque partie de ces machines se fabrique dans un atelier spécial, et l’enroulement des fils qui a nécessité des dispositifs spéciaux s’effectue dans des pièces à part.
- Dans plusieurs autres bâtiments se trouvent les ateliers affectés à la fabrication des lampes. Dans l’un, on voit les petites lamelles de bambous qui arrivent du Japon par bottes, passer par diverses mains pour se trouver réduites successivement à l’épaisseur voulue, qui est celle d’une feuille de papier, et être en fin de compte découpées de manière à présenter la grosseur d’un filament délié, parfaitement calibré et terminé à ses deux bouts par une sorte d’évasement au moyen duquel on le fixe aux
- fils du circuit. Ces diverses opérations nécessitent plusieurs ouvriers, qui se passent successivement les brins de bambou à mesure qu’ils se façonnent, et s’effectuent avec des machines admirablement combinées et d’une manipulation commode.
- Dans une autre partie dè l’établissement on procède à la carbonisation des filaments. On commence par les mettre dans de petits moules plats et hermétiquement fermés en les recourbant en fer à cheval, et ces moules sont disposés de manière que, pendant la carbonisation qui réduit forcément la longueur et la grosseur du filament, la forme de fer à cheval se trouve régulièrement maintenue. On place ensuite tous ce moules dans des caisses en graphite hermétiquement closes, et ces caisses; à leur tour, sont placées dans des fours chauffés à une haute température. Tout un bâtiment est consacré à cette opération, et on. y a installé des fours d’un excellent modèle qui simplifient beaucoup le travail.
- Les ampoules de verre de ces sortes de lampes sont fabriquées dans une autre partie de l’établissement, et leur fabrication s’effectue dans deux ateliers différents. Dans l’un, on construit les tubes de verre à travers lesquels sont soudés les fils de platine auxquels doivent être attachées les extrémités des filaments de charbon; dans l’autre on fabrique les ampoules au sein desquelles les tubes précédents doivent être introduits avec leur charbon, et qui doivent être soumises à l’action du vide. C’est une chose curieusë de voir la promptitude avec laquelle ces diverses opérations sont effectuées; et nous comprenons maintenant facilement qu’on puisse fabriquer 5oo de ces lampes par jour. Mais ce qui a excité surtout notre curiosité, c’est la manière dont le vide est fait dans ces lampes : c’est toute une installation de cabinet de physique. Qu’on imagine, dans une vaste salle, une sorte d’enceinte allongée, fermée par 3 cloisons de 2 mètres environ de hauteur et sur les parois desquelles sont installés extérieurement par séries, 5oo tubes barométriques à mercure d’une construction un peu analogue à celle employée par M. Sprengel; qu’on imagine adaptée à chacun de ces tubes une lampe avec son ampoule non encore fermée, et au milieu de hespace confiné par les cloisons, deux grands tubes de fonte d’environ 20 centimètres de diamètre communiquant avec les 5oo tubes et mis en rapport avec une énorme machine à vide de Sprengel, et on pourra se faire une idée de l’importance qui a été donnée à cette fabrication.
- L’opération du vide dans ces lampes est, comme nous l’avons dit plusieurs fois, extrêmement importante et très délicate, car non seulement le vide doit empêcher la combustion du filament de charbon, mais il doit encore augmenter la ténacité du filament lui-même. C’est pourquoi on doit procéder à
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- plusieurs opérations successives effectuées après des intervalles de temps plus ou moins longs pendant lesquels on rend le filament incandescent sous l’influence d’un courant plus ou mois énergique. De cette manière les gaz renfermés dans les pores du charbon se dégagent, la densité de celui-ci augmente, et la ténacité devient assez grande pour être comparable à celle d’un fil métallique.
- Dans ces conditions, des filaments dé charbon gros comme un cheveu peuvent résister à de fortes secousses communiquées à la lampe et ne se trouvent plus altérés d’une manière sensible par l’incandescence, et c’est grâce à ce moyen que les lampes actuelles du système Edison sont garanties par la Compagnie pour une durée de 800 heures. Il en est du reste beaucoup qui ont-fourni une durée presque double et on prétend même que la moyenne est de 1200 heures.
- L’une des conditions les plus importantes du système Edison est l’uniformité complète de la résistance des filaments carbonés de ces lampes ; aussi a-t-on disposé toute une installation pour la mesure de cette résistance qui s’effectue par la méthode du pont de Wheatstone avec l’emploi du galvanomètre à miroir de Thomson. Une chambre noire a été disposée à cet effet, et à mesure que les filamems sont fabriqués, ils sont remis à l’essayeur qui les classe par numéros de résistance. Les charbons pour lampes entières ont, comme nous l’avons dit dans notre article du icr octobre 1881, une résistance de 140 ohms environ, et ceux des demi-lampes une résistance de 70, les premières donnant une lumière de 16 candies, les secondes, une lumière de 8 candies; cependant on en construit actuellement qui ont une résistance de 280 ohms et qui ne donnent qu’une lumière de 10 candies. Ces charbons ont l'avantage de permettre une division plus grande de la lumière pour une même machine dynamo-électrique, et cela se comprend aisément, si l’on réfléchit que la résistance totale du circuit extérieur devant être à peu près égale à celle de la machine, elle pourrait devenir notablement inférieure à cette dernière, si le nombre des dérivations devenait trop considérable, et pour obtenir alors l’égalité des deux résistances, il faut augmenter celle de chaque dérivation. Du reste, la mesure de la résistance des charbons n’est pas la seule que l’on effectue dans la salle dont nous parlons en ce moment, on mesure également l’intensité lumineuse produite par chaque lampe sous l’influence d’une source électrique donnée et constante. On emploie pour cela le photomètre à tache de Bunsen et pour étalon de lumière une lampe carcel disposée sur une bascule qui permet de mesurer la quantité d’huile consumée par heure. Toutes ces mesures sont inscrites et les lampes réparties dans des casiers différents suivant leur résistance et leur intensité lumineuse.
- D’autres ateliers sont encore installés pour le soudage des filaments de charbon aux fils de platine et pour le montage des lampes sur leur support. On sait que les fils de platine se terminent du côté du charbon par deux petites lames disposées comme les mâchoires d’un étau, et que c’est entre ces lames que sont introduits les appendices qui terminent le filament. Pour en assurer le contact, on les trempe dans un bain galvanoplastique de sulfate de cuivre qui, par le dépôt de cuivre qu’il détermine, soude le tout ensemble d’une manière indissoluble. A cet effet, des cuves nombreuses sont installées séparément dans une salle, et chaque cuve permet de cuivrer simultanément un grand nombre de ces attaches. Le montage en plâtre des ampoules sur leur support se fait également d’une manière courante et très simplement, de sorte que tous les éléments qui entrent dans la construction des lampes Edison sont fabriqués dans l’établissement. Il n’y a que les appliques, suspensions, bras et candélabres en bronze qui sont confiés à l’industrie parisienne, mais ils sont construits d’après les modèles venus d’Amérique et que nous avons représentés dans notre article du iBr octobre 1881.
- En outre des ateliers dont nous venons de parler, il en est d’autres qui sont consacrés à la fabrication des conducteurs de différents diamètres qui doivent fournir, à travers les rues et les maisons, l’électricité aux lampes. Cette fabrication ne fait que commencer à être installée et n’a pas encore l’importance qu'elle aura par la suite, mais elle a exigé dévastés emplacements, et plusieurs bâtiments adjacents à l’établissement seront affectés à ce travail. Nous avons encore à citer parmi les nombreuses pièces qui sont occupées par cette industrie, des salles pour les dessins des machines et des installations à exécuter, des magasins de toutes sortes, des salles pour les emballages, des scieries, des forges, des salles d’essai où sont installées des machines à vapeur de grande puissance.
- Toute cette installation a été effectuée en six mois sous l’habile direction de M. Batchelor, le collaborateur de M. Edison, qui est l’ingénieur électricien de la Compagnie. Elle ne sera toutefois complète que vers la fin de l’année. On voit que, contrairement à ce qu’ont fait beaucoup de Compagnies d’éclairage électrique, celle dont nous parlons s’est plus préoccupée du côté pratique de l’affaire que du côté financier, ce qui est un sûr garant de la solidité de l’entreprise. Du reste, on a vu que déjà plusieurs installations ont été exécutées dans différentes villes d’Europe, et nous savons que la Compagnie reçoit tous les jours des demandes pour la France. Comme aujourd’hui on est en mesure de les satisfaire, il est probable que d’ici à peu de temps, nous pourrons juger par nous-mêmes des avantages pratiques de ce système d’éclairage.
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- Sur la force électromotrice d’un couple zinc-charbon; par M. Berthelot (>).
- « J’ai mesuré, à l’aide de l’électromètre Mas-cart (s), la force électromotrice d’un couple zinc-charbon (3), immergé dans l’acide sulfurique étendu.
- « Cette force varie très rapidement, en raison de la polarisation, et les effets chimiques qu’elle est susceptible de provoquer varient exactement suivant la même proportion.
- * Lorsque la pile vient d’être fermée, la force électromotrice d’un couple zinc-charbon surpasse de beaucoup celle d’un zinc platine : le rapport a été trouvé égal à 1,76. Elle surpasse également celle d’un couple Daniell, dans le rapport de x : 1,29; c’est-à-dire qu’elle est sensiblement égale à la somme des forces d’un couple Daniell ou d’un couple zinc-cadmium réunis. Au moment où l’on réunit les deux pôles du couple zinc-charbon, sa force électromotrice surpasse même cette somme, et le rapport de ladite force à celle d’un couple Daniell peut atteindre 1,89; mais la force baisse aussitôt, jusque vers i,3o à 1,29. Elle est alors presque double de la force d'un couple zinc-platine; c’est-à-dire que deux couples zinc-charbon l’empoi--tent sur 3 couples zinc-platine, plongés pareillement dans l’acide sulfurique étendu.
- « Mais cette force ne dure guère avec sa grandeur initiale ; il suffit de maintenir le circuit fermé pendant quelques minutes, par un fil de cuivre d’un diamètre voisin de 3/4 de millimètre et d’une longueur de om,20, pour voir la force électromo-tricc d’un zinc-charbon devenir égale à celle d’un Daniell (0,995 : 1); à ce moment, 2 zinc-charbon sont surpassés par 3 zinc-platine. Après quelques heures de fermeture du circuit, un zinc-charbon tombe au-dessous de 1 Daniell, le l'apport étant exprimé par o,83 : la force électromoti'ice devient ainsi voisine de celle d’un zinc-platine. Enfin, au bout de trente-six heures de circuit fermé, 1 Daniell peur même surpasser 2 zinc-charbon, au moins dans les premiers moments qui suivent l’ouverture du circuit et la mise en rapport des deux pôles avec l’électromètre.
- « Si je fais cette réserve, c’est parce que la force électromotrice, tombée au plus bas pendant que le circuit est fermé, tend à augmenter peu à peu dès qu’on le rouvre : l’électromètre traduit très nettement ces variations. Ainsi, après quelques minutes de fermeture du circuit, la force électromotrice d’un couple zinc-charbon, comparée api'ès l’ouverture à celle d’un Daniell dans l’électromètre, a été
- 0) Note présentée à l'Académie des sciences, dans la séance du 3 juillet 1882.
- (9 Électromètre Thomson modifié.
- (3) Zinc amalgamé.
- trouvée égale à 0,67; en peu d’instants, elle est montée à 0,74; puis à o,83; enfin à 0,98, valeur à peu près stationnaire. De même, après plusieurs heures de fermeture du circuit, j’ai trouvé : 0,52; puis o,63 ; puis 0,76, valeur à peu près stationnaire et qui répond à celle d’un zinc-platine.
- « Il suffit de démonter la pile, d’en faire macérer le charbon et les vases poreux dans l’eau pure, renouvelée à plusieurs reprises pendant quelques heures, pour qu’elle reprenne sa force électromotrice initiale : cela quatre et cinq fois de suite, et, sans doute, indéfiniment..
- * Il résulte de là qu’il s’agit des effets de polarisation, bien connus de tous les physiciens. Ces effets sont attribuables, comme on sait, aux composés plus ou moins complexes qui se forment sur les électrodes, et dont la présence donne lieu à des forces électromotrices de signe contraire à celle qui résulte de l’action principale. Ces composés sont d’ailleurs de deux ordres : les uns stables et susceptibles d’être écartés par les lavages, lesquels restituent à la pile toute sa force électromotrice initiale; les autres peu stables, dissociables (gaz condensés sous forme de combinaisons analogues aux hydrures de platine que j’ai décrits récemment), susceptibles d’être détruits par la diffusion jointe à l’action oxydante de l’air, comme le montre la variation de la force électromotrice sitôt après l’ouverture du circuit.
- « Quoi qu’il en soit, les faits que je viens de préciser prouvent que la pile zinc-charbon est impropre à toute opération qui exige une force électromotrice constante.
- « Montrons maintenant la variation corrélative des effets chimiques.
- « Au début, la théorie indique que la force électromotrice du couple zinc-charbon, telle qu’elle a été mesurée en fait, doit être susceptible de produire toute réaction électrolytique qui consomme une énergie inféi'ieure à 54,5X i,3=32Cal environ, par équivalent du corps décomposé. Or j’ai vérifié qu’un couple zinc-charbon ne décompose pas l’eau acidulée (34Cal,5); mais qu’il suffit d’y ajouter un couple zinc-cadmium (8Cal; ce qui fait 4oCal) pour pour produire la décomposition.
- « Deux couples zinc-charbon équivalent au début à Ô4Cal ; ils doivent donc décomposer alors, et ils décomposent en effet, le sulfate de potasse, composé donc l’électi'olyse absorbe environ 5iCal,5 d’après mes observations.
- « On voit par là l’erreur commise par M. Tom-masi, lorsqu’il croit avoir produit cette décomposition par la seule force résultant de la formation du sulfate de zinc, au moyen du zinc et de l’acide sulfurique étendu, dans deux couples consécutifs. Eh réalité, une telle force est incapable de produire aucune décomposition électrolytique qui consomme plus de i9X2=38Cal par équivalent [c’est-à-dire le
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- double, ou 7ôCal (*), si l’on préfère tout rapporter au poids atomique du sulfate de potasse]. Si donc 2 couples zinc-charbon .décomposent le sulfate de potasse, tandis que 2 couples zinc-platine en sont incapables, c’est que les réactions chimiques qui développent les forces électromotrices ne sont pas les mêmes dans le premier système que dans le second.
- « Poursuivons cette démonstration.
- « A mesure que la force électromotrice du couple zinc-charbon baisse, sa puissance chimique diminue. Après quelques heures, lorsque les mesures montrent que la forcé des 2 couples zinc-charbon est tombée au-dessous de celle de. 2 Daniells (4g), ils ont cessé de décomposer le sulfate de potasse (5i,5). Quand elle est réduite à celle de 2 zinc-platine (36 à 38), ils décomposent encore l’eau acidulée (34,5); mais il faut y joindre 2 zinc-cadmium (38-|-i6=54) pour décomposer le sulfate de potasse, l’addition d’un seul zinc-cadmium étant insuffisante.
- « Si j’ai cru devoir insister sur ces faits, sur ces mesures directes des forces électromotrices et sur leur corrélation continue avec l’énergie mise en jeu dans les réactions chimiques, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la pile, c’est afin de ne laisser planer aucun doute ni subsister aucune confusion sur les loi fondamentales de l’électrochimie. »
- Sur la variation du frottement produite par la polarisation voltaïque par M. Krouchkoll (2)-
- « L’électromotographe de M. Edison a attiré l’attention des physiciens sur un fait nouveau : celui de la variation que subit le frottement d’une surface métallique contre un électrolyte lorsque, entre les deux corps frottants, on fait passer un courant. M. Koch a publié, en 187g, un travail (3) où il montre que la polarisation par l’oxygène altère la surface frottante de platine ou de palladium, de manière à augmenter le frottement. La polarisation par l’hydrogène ne produirait, d’après cet auteur, aucun effet.
- « J’ai repris ces expériences en me plaçant dans des conditions différentes, et. je suis parvenu à faire' voir que la polarisation par l’oxygène augmente le frottement, tandis que la polarisation par l’hydrogène le diminue.
- (!) Comptes rendus, t. XCIV, p. 1522.
- « Il faut, d’après M. Berthelot, au moins io3Cal pour élec-trolyser une solution de sulfate de potasse, tandis que j’obtiens cette décomposition avec 76°“' et moins encore. »
- 76 et io3 sont rapportés ici au poids atomique du sulfate de potasse, ce qui double les chiffres 38 et 5r,5 donnés pour les équivalents, mais sans en changer les rapports.
- (2) Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 24 juillet 1882.
- (3) Annales de Wiedemann, nu 9, p. .92 ; 1879.
- « L’appareil dont je me sers se compose d’un cristallisoir au fond duquel est fixée une glace polie. Il est placé sur un plateau horizontal, tournant autour de son axe vertical sous l’action d’une petite machine Gramme, animée par deux bunsens. Un frotteur, formé d’une série de petits balais de platine, fixés dans de l’ébonite, frotte contre la glace pendant la rotation du plateau, et tend à entraîner l’aiguille d’une balance sensible à laquelle il est attaché. Le cristallisoir contient une certaine quantité d’eau acidulée au cinquième (par l’acide sulfurique) ,’qui mouille les balais ; ceux-ci sont mis en communication avec le pôle d’un élément de pile. Afin de faire porter toute la polarisation sur les balais du frotteur, je prends comme autre électrode une tige de cuivre plongeant dans du sulfate dé cuivre : une telle électrode, d’après les expériences de M. Lippmann, est impolarisable. (Le sulfate de cuivre est mis dans un vase poreux, contenu lui-même dans un second vase poreux renfermant de l’eau et baignant dans le liquide du cristallisoir.) On met en marche l’appareil et l’on équilibre la balance. Il est alors facile de constater par l’inclinaison de celle-ci que la polarisation par l’oxygène augmente le frottement et que la polarisation par l’hydrogène le fait diminuer.
- « Il suffit d’une force électromotrice d’un demi-daniell pour mettre le phénomène en évidence. La diminution du frottement par la polarisation négative et son augmentation par la polarisation positive croissent avec la force électromotrice qui sert à cette polarisation. »
- CORRESPONDANCE
- Paris, le 23 juillet 1882.
- Monsieur le Directeur,
- Je lis dans votre numéro 29, 22 juillet 1882, à la page g3 :
- « Sur un compteur chronographe pour la lumière électrique.
- « Dans un système de distribution électrique dans lequel « l’intensité est automatiquement maintenue constante dans « tous les circuits des abonnés, l’estimation de la dépense « de chaque circuit revient à l’estimation du temps pendant < lequel chaque circuit fonctionne, puisque, tant qu’il fonc-« tionne il consomme toujours la même quantité d’électricité. « Le compteur d’électricité peut donc être dans ce cas rem-« placé par un compteur de temps..... »
- Or, le système de production et de distribution de l’énergie qui porte mon nom consistant en partie, et dans un certain nombre de cas, à rendre automatiquement constantes les intensités desservies localement, il est naturel que mes réflexions aient porté sur les moyens de chiffrer, pour tout temps donné, la quantité d’énergie que chaque consommateur a employée et dont il est par conséquent redevable.
- A ce titre, il m’appartient donc doublement de faire bien comprendre, à tous vos lecteurs, que l’affirmation que je viens de citer ne peut pas être admise, pas plus que les conclusions qui en sont tirées.
- | Car, la connaissance de l’intensité qui a ôté employée pen-
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- dant un temps donné, ne permet pas de chiffrer le travail qui a été ainsi consommé ; il faut encore savoir sous quelle différence de potentiel cette intensité a été consommée. Absolument comme il est insuffisant de connaître le débit hydraulique qui traverse une usine, il faut en outre connaître la chute verticale du bief d’amont à celui d*aval, ou, polir un moteur hydraulique quelconque, la perte de charge de l’entrée à la sortie de ce récepteur.
- Dans la circulation liquide ou électrique, le travail consommé est toujours le produit du débit par la perte de charge. Avec les termes et les unités électriques usuels, le travail consommé est ic joulads par seconde.
- Il en résulte que l’appareil simple et ingénieux de MM. Hours-Humbert et de Brandon de Liman, dont votre journal donne la description, ne pourrait être utilisable qu’à la condition que le consommateur fût toujours de bonne foi, ce qui serait un idéal, ou que le consommateur fût soumis, en tout temps, à l’inspection de la totalité de ses locaux et de ses dispositifs récepteurs, ce qui serait peut-être inefficace et certainement vexatoire.
- Il suffirait en effet, à un consommateur de mauvaise foi, de doubler ou tripler en tension, les récepteurs, sur chaque intensité par lui exploitée, pour ne payer que la moitié ou le tiers de l’énergie consommée et due.
- En résumé, je pense qu’il est possible de varier beaucoup les appareils de contrôle enregistreur, mais qu’il y a lieu de conserver l’opinion que tout compteur d'énergie doit cependant être toujours un appareil qui, pour un temps quelconque, somme -le produit ie. «
- Il est bien entendu d’ailleurs que des simplifications de construction sont réalisables si l’un des deux facteurs est seul variable, à la volonté du consommateur, l’autre facteur étant maintenu automatiquement constant par le système de fabrication et de distribution de l’énergie.
- Veuillez agréer, etc.
- Gustave Cabanellas,
- A ces réflexions fort justes de notre correspondant, nous ajouterons que c’est par erreur que dans la description du compteur en question il n’a pas été tenu compte de la différence de potentiel sous laquelle sé produit le courant. L’ap-pareil de MM. Humbert et de Bracion de Liman suppose une différence de potentiel constante déterminant un courant électrique dans des circuits de résistance sensiblement constante. Il mesure donc pour chaque circuit l’énergie dépensée. Quant à la bonne foi du consommateur, il nous semble qu’on peut toujours l’admettre à priori, comme on le fait pour les compteurs à gaz, avec lesquels il serait toujours possible au consommateur de brancher un tuyau sur la conduite avant son entrée dans le compteur. (Rédaction.)
- FAITS DIVERS
- Un triste accident dû aux conducteurs électriques qui desservent les lampes Brush, employées pour l’éclairage du jardin des Tuileries, a eu lieu dimanche soir à 10 heures, pendant la kermesse.
- Deux jeunes gens, dont l’un infirmier à la 23e section militaire du Val-de-Grâce et l’autre resté inconnu, en essayant de franchir un mur donnant sur le quai, se prirent dans un fil électrique établi pour éclairer la fête et disparurent dans le fossé.
- Un garde de Paris, qui avait été témoin du fait, ne les voyant plus reparaître, se rendit aussitôt vers l’endroit où ils étaient tombés et les vit étendus dans le fossé, ne donnant plus signe de vie.
- Ces malheureux avaient ôté foudroyés par le courant électrique.
- Ce fait et quelques autres analogues que nous avons déjà
- signalés, montrent la nécessité qu’il y a à placer les conduc teurs électriques absolument hors de portée.
- Cette précaution est surtout indispensable àvec le système Brush qui a occasionné déjà de nombreux accidents.
- Une nouvelle exposition du gaz et de l'électricité s’ouvrira au mois d’octobre prochain au Palais de Cristal de Sydenham, près de Londres, et durera jusqu’à la fin de la semaine de Pâques, i883.
- Les principaux objets qui seront admis à cette exposition sont compris dans la répartition suivante : (a) appareils employés pour la production et la transmission de l’électricité; (à) aimants naturels et artificiels, boussoles de marins; (c) applications de l’électricité : au télégraphe et à la transmission du son; à la production de la chaleur; à l’éclairage et à la production de la lumière; au service des phares et des signaux; aux appareils avertisseurs; aux mines, railways, et à la navigation; à l’art militaire; aux beaux-arts; à l’électrochimie ; aux arts galvano-plastiques et chimiques ; à la production et à la transmission de la force motrice; aux arts mécaniques et à l’horlogerie ; à la médecine et à la chirurgie ; à l’astronomie, à la météorologie, à la géodésie; à l’agriculture dans son application aux industries; aux appareils enregistreurs; aux usages domestiques, aux paratonnerres; (d) appareils se rattachant à la fabrication du gaz, et aussi modèles; {e} appareils à gaz de toute sorte, et aussi modèles; (f) machines à gaz, et aussi modèles; (g) cuisine au gaz; (h) chauffage par le gaz; (i) chandeliers, brûleurs, lampes à gaz particulières et publiques.
- Un Time Bail a été inauguré le i5 juin dernier à Rio-Ja-neiro. L’appareil est placé sur la maison de MM. F. Rodde et O, commissionnaires en appareils électriques. Cinq minutes avant midi une forte sonnerie placée à la porte de la maison avise le public de l’approche-de midi et à midi précis, sur un signal électrique émanant de l’Observatoire impérial, le globe placé sur la façade de la maison s’abaisse en même temps qu’éclate un coup de canon.
- Éclairage électrique
- L'éclairage électrique vient d’être adopté par les Commis-sioners of Sewers, réunis à Guildhall, pour de nouvelles rues de Londres. C’est ainsi que Cannon-Street Walbrook, Saint-Swithin’s lane, Bishopsgate vont être éclairés par l’électricité. Une proposition tendant à introduire l’éclairage électrique dans d’autres quartiers çie la métropole a été adoptée.
- A Londres, la lumière électrique doit être introduite prochainement dans les maisons situées aux alentours de l’A-delphi. MM. Coutts et Ce, la Société des Arts et d’autres occupants de ces maisons sont déjà entrés en négociation avec l’Electric Light and Power generator Company pour l’éclairage de leurs locaux au moyen de lampes à incandes cence Maxim. Les rues et passages souterrains existant actuellement dans l’Adelphi offrent de grandes facilités pour la pose des câbles et fils destinés à l’éclairage électrique sans qu’il en résulte de sérieuses dépenses.
- A Saint-Sébastien, à Irun, à Bilbao dans le nord de l’Espagne ont été installés par les soins de MM. Hammond et Ce de Londres, des appareils d'éclairage électrique du système Brush. D’autres installations semblables sont projetées pour l’éclairage des mines dans la Péninsule.
- O11 vietit de recevoir à Berlin les machines américaines
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- destinées à l’éclairage par Pélèctricité; de.ia rue de Wilhelm qui s’étend de la promenade 'd’Ûhtèr;'deh' Lindén jusqu’à la rue de Leipzig.
- UHôlel des Alpes situé à Montreux, aux bords du lac Léman, va être complètement éclairé à l’aide de.lampes Swan.
- MM. B. lloy et O, de Vevey, qui installent', cet éclairage, utiliseront une chute dfeau voisine;de:l’hôtel pour la production de la force qui actionnera les machines dynamoélectriques. i
- À Lisbonne, le groupe des théâtres des Recreios, est éclairé à la lumière électrique, système Brüsh.
- i . .........
- A Bruxelles, dans le passage Saint-Hubert, le journal la Chronique vient d’ouvrir une vaste salle, de dépêches qui est exclusivement éclairée par les globes d’un grand lustre électrique; !.. • /
- A Bucharest, à l’occasion du mariage de MUo Cretzoulesco, fille du ministre de Roumanie à Saint-Pétersbourg, la cour de l’église Cretzoulesco a été magnifiquement illuminée par des foyers électriques.
- A Baltimore dans le Maryland, la Compagnie Brush a maintenant en fonctionnent quatre vingt seize lampes électriques sur les deux cent vingt cinq lampes installées dans cette ville, et qui sont fixées au sommet dé mâts, hauts de dix-huit pieds.
- Télégraphie
- Dans son dernier meeting tenu au Canon Street Hôtel, à Londres sous la présidence de M. John Pendër, membre du Parlement, la Compagnie de l’Eastern Telegraph a présenté son rapport semestriel. Des résolutions ont été prises pour sanctionner l’acquisition faite par la Compagnie du câble et de la concession du télégraphe de Trieste à Corfou et la pose d’un câble sous-marin entre Tripoli et Malte.
- Uu nouveau câble transatlantique, va être immergé entre l’Angleterre et les États-Unis. C’est une Société fondée à Londres, « The European, American, Canadian and Asiatic cable. Company, limited », qui doit entreprendre la posé. Deux câbles complets d’une longueur de 6 120 milles seront confectionnés ' par. l’usine Henley, qui eu garantit la durée pour une période de vingt ans. La « European, American, Canadian and Asiatic Cable Company » sera en mesure d’offrir un tarif télégraphique plus bas que celui des .autres Compagnies de câbles sous-marins. La taxe des dépêches envoyées1 d’Angleterre à New-York et au Canada oriental ne dépassera point la somme de neuf pence par mot. La taxe des Compa'gniés' unies ' est actuellement de deux shillings par mot.' '
- En Angleterre, le service des télégraphes militaires a fait de grands préparatifs pour la campagne d’Égypte. On a déjà embarqué sur les transports de guerre environ dix mille poteaux télégraphiques; ces poteaux sont très solidement construits, mais de petit diamètre. Ils sont terminés par des pointes en fer pour les enfoncer dans le sol. L’expédition emporte en; Égypte deux cent cinquante rouleaux de fil métallique d’une longueur d’un mille chacun.
- L’Eastern Telegraph Company vient enfin d’obtenir l’autorisation définitive qu’elle sollicitait depuis quatre ans de la Sublime Porte. Un firman impérial lui a concédé tous les droits et pleins pouvoirs pour la pose d’un câble sous-ma-
- rin de1 Tripoli de Barbarie à Malte, avec prolongement jusqu’à Tunis; à i’ouest, et Benghazé à l’est.
- Le gduÿerriement iottoman vient d’arrêter un nouveau tarif télégraphique. D’après un iradé impérial, rendu sùr la proposition'de la1 direction générale des Postes et des Télégraphes et l’avis conforme du conseil d’État, confirmé par le Conseil dés ministres, le service télégraphique intérieur sera dorénavant régi d’après les dispositions du traité télégraphique de-Saint-Pétersbourg et du règlement y annexe révisé à Londres. Une des principales dispositions de ce règlement' est 'la taxation par mot avec un appoint de cinq mots, qui constitue la taxe proprement dite du télégramme. La taxe par mot est fixée pour toute la Turquie à 20 paras pour les télégrammes échangés entre stations télégraphiques comprises dans une même province, et à 40 paras pour les télégrammes expédiés d’une province à une autre, proche ou éloignée. Ce nouveau tarif réalise une condition exceptionnellement favorable au développement du service télégraphique en Turquie.
- Téléphonie.
- Des ascensions aérostatiques ont été exécutées aux frais de la ville de Paris,'le 14 juillet, à'l’occasion de la fête nationale. Six ballons se sont enlevés simultanément de l’Esplanade des Invalides, de la barrière d’Italie, de la place des Nations. *
- Ceux qui sont partis de la place d’Italie, au nombre de deux, ont servi à des expériences de téléphonie aérostatique. Ils étaient reliés par un fil téléphonique d’une longueur de cinq cents mètres, renfermé dans un câble d’une solidité suffisante pour résister à tout effort de traction ne dépassant pas ceux que les ballons peuvent supporter sans danger. Le téléphone employé entre les deux aérostats de la place d’Italie leur a permis de manœuvrer de conserve et de se maintenir soit au même niveau, soit à des niveaux distincts dont a pu évaluer la différence. En procédant ainsi par comparaison, on s’est rendu compte des différences de direction et de vitesse des courants aériens ainsi que de celles de température et de tensions électriques. Les téléphones étaient simplement magnétiques afin de supprimer la nécessité d’emporter des piles. Les deux fils de cuivre nécessaires à la communication téléphonique étaient roulés en spirale de manière à ce que tout l’effort de traction portât sur le fil conjonctif.
- Depuis quelque temps déjà il existe à. Munich une. ligne téléphonique qui relie le bâtiment central des Postes et cçlui des Télégraphes sur la place de la gare.
- Les appareils sont confiés aux soins d’un employé et le public est libre de-s’en servir. C’est jùsqü’à ce jour la seule station de téléphone que possède la'capitale'de la Bavière. Afin de répandre le nouveau mode de communication, la direction générale des établissements postaux de Bavière vient de faire afficher à Munich un nouvel avis relatif à l’installation du réseau téléphonique projeté dans cette ville. Le bureau central de ce réseau serait rattaché au bureau principal des Postes.
- Les travaux ne seront commencés que lorsqu’on aura atteint le chiffre de cent abonnés, s’engageant pour cinq ans. Les droits annuels à payer sont fixés, pour l’installation d’un téléphone à une distance de deux kilomètres, à 1S0 marcs, pour chaque kilomètre en plus à So marcs, pour toute autre installation dans le même circuit à 75 marcs, pour une installation dans la même maison à 10 marcs.
- Le Gérant ; A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, 13, quai Voltaire. — 30712
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- La Lumière Électrique
- Journal universel dyÉlectricité
- 51, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL Administrateur-Gerant : A. GLÉNARD
- 4e ANNÉE (TOME VII) SAMEDI 19 AOUT 1882 N® 33
- SOMMAIRE
- La question des téléphones en Amérique et en Angleterre ; Th. du Moncel. — Exposition Internationale d’Electricité : Le télémètre de M. Siemens ; Aug. Guerout. — Les dynamomètres : Le dynagraphe de M. Dudley; Gustave Richard. — Exposition Internationale d’Electricité : Compagnie générale belge de lumière électrique ; C.-C. Soulages. — La lampe Robert Mondos; A. II. Noaillon. — La télégraphie : Ses progrès rôceuts manifestés à' l’Exposition Internationale d’Electricité ^i3e article) : Appareil-Wheat-stone : Relais rapides de M. Preece; E. de T. — Revue des travaux récents en électricité : Nouvelle disposition des Jack-Knives pour les relais téléphoniques des bureaux centraux. — Quelques réflexions au sujet de l’emploi des accumulateurs pour la lumière électrique. — Sur l’électro-lyse de l’eau oxygénée par M. Berthelot. — Études sur la radiophonie par le professeur Tyndall. — Correspondance : Réclamation de la Société Edison. — Lettre de M. Faure et réponse de M. Aug. Guerout. — Faits divers.
- LA QUESTION DES TÉLÉPHONES
- EN AMÉRIQUE ET EN ANGLETERRE
- Le développement immense qu’a pris la téléphonie dans ces derniers temps a éveillé de tous côtés les convoitises, et les procès se succèdent en Amérique, comme en Angleterre, avec un acharnement dont on peut mesurer l’énergie à la longueur des pages qui leur sont consacrées dans les journaux scientifiques. L’histoire de cette découverte est sans cesse mise sur le tapis et controversée, chaque partie l’interprétant suivant les besoins de la cause. Pour nous, spectateur désintéressé dans cette lutte d’intérêts, nous avons peine à comprendre que les déductions fournies par le simple bon sens ne triomphent pas de certaines allégations qui ne prouvent pas grand’chosë et qui ne sont que des arguties d’avocat dont il est facile de deviner le but et le sens, et quoique nous voulions rester neutre dans tous ces débats, nous croyons utile de faire un résumé de ces luttes, qui probablement ne se termineront pas de sitôt.
- Quoi qu’en disent certains savants, il est bien certain qu’avant la découverte de Bell, personne n’admettait qu’on pût transmettre électriquement
- la parole, et même à l’époque où la nouvelle en fut annoncée en Europe, elle n’a rencontré que de l’incrédulité de la part des hommes de science; mais quand on put se convaincre de sa réalité, l’enthousiasme succéda à l’incrédulité, et en peu de jours le téléphone fut regardé comme l’une des plus grandes inventions du siècle. Pourquoi n’en aurait-il pas été de même en 1861, si le problème avait été réellement résolu par M. Reiss, comme on veut aujourd’hui le prétendre? Pour montrer jusqu’à quel point on croyait le problème insoluble, il suffira de citer le passage suivant d’une lettre de M. Watson, l’un des jurés de l’Exposition de Philadelphie, dans laquelle on voit que M. Elisha Gray, électricien très érudit de Chicago, celui-là même qui avait présenté un caveat pour le téléphone le même jour que M. Bell, doutait de la possibilité de réaliser pratiquement le problème.
- « La nouvelle du succès des expériences que nous avions faites, sir William Thomson et moi avec les appareils de Bell en présence de S. M. l’Empereur du Brésil, dit M. Watson. fut bientôt annoncée partout, et le jour suivant, ou peut-être deux jours après, M. Gray vint me voir et me demander si ce qu’on disait de mes expériences avec le télé phone Bell était vrai. Sur ma réponse affirmative, il me dit que c'était impossible, que nous avions été trompés d’une façon ou d’une autre, que la transmission se faisait seulement au moyen de contacts métalliques par les fils, et enfin, pour me servir dé ses propres paroles : « que c'était tout « bonnement le vieux téléphone à ficelle que nous « avions ressuscité. » Je lui dis que nous avions pris toutes les précautions possibles contre une erreur, que nous étions tous les deux convaincus de la réalité de l’invention de Bell, et que sir William Thomson publierait bientôt son rapport à ce sujet. M. Gray persista dans son dire qu’on nous avait trompés d’une manière ou d’une autre. Après la connaissance directe que j’ai eue des vues de M. Gray à cette époque, je dois confesser que ie suis étonné au plus haut point de voir qu’il prétende aujourd’hui avoir découvert le téléphone avant M. Bell. »
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- Comme' on le voit, M. Gray, qui connaissait pourtant le téléphone de Reiss à cette époque, ne pouvait admettre qu’il ait pu reproduire la parole, et c’est sans doute pour cela que ceux qui, comme MM. Van der Weyde, Cecil et Léonard Wray, avaient tenté de perfectionner le téléphone de Reiss, n’avaient cherché qu’à reproduire des mélodies musicales et des airs chantés.
- Toutefois, quand les résultats produits par les appareils de Bell furent authentiquement reconnus et que M. Bell les eût rendus portatifs et tout à fait pratiques, on vit de suite en Amérique tout le parti qu’on pourrait en tirer, et il se forma bientôt une compagnie pour exploiter cette découverte, non seulement pour la construction des instruments, mais encore pour les communications téléphoniques privées, et ses premiers efforts furent couronnés d’un tel succès que tous les chercheurs se mirent en campagne pour perfectionner cette invention; c’est alors que MM. Donough, Ber-liner, Edison, Phelps combinèrent leurs systèmes, et que la Western Union Telegraph Company, en possession de la plupart des nouveaux brevets, chercha à établir l’exploitation, en grand de ce nouveau système de communication télégraphique; mais la Compagnie qui avait acheté primitivement les brevets Bell ne pouvait consentir à cette violation de ses droits, et c’est alors que commencèrent les deux procès dont nous avons souvent parlé dans ce journal, et dans lesquels on fit intervenir le caveat de M. Gray et les brevets de MM. Edison et Dolbear. On sait que le premier procès se termina par un arrangement amiable entre les parties. intéressées ; mais comme ce jugement ne résolvait pas la question de priorité, et d’invention, il dut y avoir un second procès qui se termina au mois de juin 1881, parla mise de M. Bell en possession de tous les droits d’invention. Nous allons à l’instant rappeler une partie des conclusions de ce procès pour montrer ce qu’on pensait alors des prétentions qu’on a élevées dernièrement à l’endroit du téléphone de Reiss, mais nous croyons utile, pour terminer avec les revendications faites à l’occasion de la découverte de Bell, de rapporter ce qui s’est passé dans les autres pays.
- Naturellement la Compagnie du téléphone Bell prit des brevets dans tous les pays du monde civilisé, mais comme les lois des brevets dans les différents pays ne sont pas les mêmes, 011 ne prit pas à cette époque toutes les précautions convenables pour les garantir, et en France les brevets de Bell n’eurent aucune valeur parce que la publication des appareils Bell avait été faite avant la prise du brevet français. En Allemagne où il existe une commission d’examen pour la validité des brevets, on n’accorda aucun brevet sous prétexte que l’invention 11’était qu’une modification de celle de Reiss, et dans les autres pays, particulièrement en An-
- gleterre, l’invention fut regardée comme suffîsam ment protégée par le brevet. Mais à mesure que l’importance de la découverte s’accentuait davantage par l’établissement des bureaux téléphoniques, et en raison des prix extravagants que la Compagnie Bell, en Angleterre, faisait payer dans l’origine pour l’achat de ses appareils, on rechercha si réellement le monopole de la Compagnie était bien établi, et on se reporta aux appareils primitifs ; puis sur certains faits qu’on exhuma d’outretombe, quelques constructeurs se mirent à construire des téléphones en Ecosse et en Angleterre.
- En Ecosse on avait même essayé d’établir des bureaux téléphoniques. Il en est résulté naturellement des procès qui ont été jugés, l’un à Edimbourg, l’autre à Londres, d’une manière diamétralement opposée. Lors du dernier procès, celui de Londres, il y avait tant d’intérêts en jeu que ceux du constructeur attaqué se sont trouvés soutenus par des personnages importants et de nombreux savants qui ont accompagné leurs témoignages d’expériences publiques fort intéressantes, et il en est résulté la suppression, du moins dans ses parties principales, des privilèges donnés à MM. Bell et Edison alors réunis en communauté d’intérêts..
- Pendant ces nouveaux procès, il s’en instruisait un autre en Amérique entre la Compagnie Bell et M. Dolbear qui voulait introduire l’usage dans ce pays de son téléphone condensateur. Les pièces de ce procès nous arrivent en ce moment, et nous en extrairons ce qui a rapport à la critique récemment dirigée contre nous par M. H. C. Buck dans le Télégraphie Journal du i5 juillet.
- Le court historique que nous venons de faire des revendications produites en Angleterre et en Amérique, peut expliquer pourquoi on a attaché tant d’importance au téléphone de Reiss, et pourquoi nous avons été attaqué par M. S. Thomson et M. H. C. Buck qui semblent nous accuser d’injustice et de partialité, et cependant étant complètement désintéressé dans la question, nous n’avons agi que d’après notre conscience et dans le seul but de rendre à César ce qui appartenait à César. Mais voici quelques documents qui semblent nous donner raison.
- Le premier est l'Opinion of the court of ihe United States (district of Massachusetts), dans le second procès de Bell jugé le 27 juin 1881.
- « Un appareil combiné par Reiss en Allemagne en 1860 et décrit dans plusieurs publications avant 1876, a été invoqué récemment pour limiter l’étendue de l’invention de Bell. Reiss paraît avoir été un homme instruit et ingénieux. Il employait une membrane et des électrodes pour transmettre les sons, et son appareil était bien connu de tous les chercheurs. Le regret éprouvé par tous ses admirateurs était que la parole articulée ne pût être transmise. et reçue par son appareil. Le dé-
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- faut était inhérent au principe même de la machine, il pouvait bien, il est vrai, transmettre des ondes électriques à travers un fil dans certaines circonstances favorables, non avec le moyen combiné par l’inventeur, mais par un autre découlant de la découverte de Bell, mais il ne pouvait pas alors transmettre à l’autre extrémité du fil des sons articulés, parce que cet appareil est construit d’après une théorie fausse, et la délicatesse de son jeu, qui est réclamée pour son fonctionnement pendant une partie de l’opération, est fatale pour accomplir l’autre partie.
- « Pour pouvoir appliquer un semblable appareil d’une manière pratique, il aurait fallu employer avec lui un récepteur Bell. Il était en un mot dans le cas des sourds et muets élèves du professeur Bell, auxquels on pouvait apprendre à parler et non à entendre. Ceci était tout, mais il y en avait assez, et en cent ans l’appareil Reiss n’aurait jamais produit un téléphone parlant par de simples perfectionnements apportés à sa construction. »
- Cette opinion est évidemment exagérée, car avec un bon transmetteur microphonique et un récepteur à fil de fer entouré d’une simple hélice magnétisante comme le récepteur Reiss, on peut transmettre la parole, mais pour l’entendre à une distance un peu grande il faut que l’appareil soit appliqué contre l’oreille, et celui de Reiss n’était pas lait pour cela. Cependant la table parlante de M. Ader, dont nous avons parlé dans notre ouvrage sur le Téléphone (p. 38o, de la 40 édition, et p. 317 de la 3e édition), montre que même avec cette disposition de récepteur la parole pourrait être entendue haut quand le transmetteur est convenable et la pile énergique, et quand l’aiguille est fixée à deux masses métalliques par ses extrémités. D’un autre côté, avec un récepteur Bell bien conditionné, on peut entendre la parole transmise par un transmetteur de Reiss à contacts métalliques, appuyés d’une manière continue l’un sur l’autre. Ces transmissions ne sont peut-être pas parfaites, mais elles le sont assez pour que, si l’une ou l’autre des deux conditions précédentes eût été remplie, on eût pu dire que le problème avait été résolu pour la première fois par M. Reiss. Les effets incomplets et capricieux rapportés par M. S. Thomson ne peuvent en bonne conscience établir des droits d’invention. Mais ils sont néanmoins curieux et ont été le point de départ d’une discussion que j’ai soutenue avec ce savant dans le Télégraphie Journal et qui a son intérêt.
- Il semble résulter de cette discussion que des mots articulés ont été reproduits par l’appareil de Reiss, et que celui-ci s’est préoccupé, à la suite de ces résultats, du problème de la reproduction électrique de la parole sans y parvenir d’une manière régulière. Pour M. Thomson, cette reproduction aurait été la conséquence d’études suivies et faites
- dans cet ordre d’idées, mais pour plusieurs savants, et pour moi en particulier, elle aurait été la conséquence d’elfets accidentels survenus daiis la transmission de mélodies musicales chantées, et le principe sur lequel elle repose aurait été ignoré de l’auteur. Pour obtenir des sons élevés de la part de son récepteur, M. Reiss avait dû bien certainement employer un transmetteur disposé de manière à fournir des courants interrompus, et quand le réglage de ce transmetteur se'sera trouvé tel que les deux lames métalliques de l’interrupteur aient pu rester en contact continu pour certaines vibrations, il aura pu transmettre des courants ondulatoires et par conséquent la parole. Toutefois, comme avec des diaphragmes aussi élastiques que des membranes de parchemin, les vibrations vocales pouvaient déterminer des mouvements très accentués de la membrane, ce contact continu des lames de l’interrupteur devait être d’autant plus facilement rompu que le réglage de l’appareil, fait en vue de la reproduction de sons élevés, devait s’y prêter, et c’est pour cela que certains sons articulés se produisaient, alors que d’autres n’étaient pas entendus. En conséquence, le grand principe des courants ondulatoires résultant d’un courant constamment fermé et variable dans son intensité proportionnellement aux vibrations de la voix, ne peut être retrouvé dans les expériences de Reiss.
- Le second document dont nous avons parlé est un passage du témoignage écrit (affidavit) du professeur Arthur W. Wright, savant distingué des Etats-Unis,-qui figure au dossier du procès actuel entre la Compagnie Bell et M. Dolbear.
- « Les informations et les extraits donnés dans les paragraphes précédents, dit M. Wright, montrent clairement que la production des sons par la charge et décharge d’un condensateur ou en renversant brusquement la charge, était connue de tout le monde bien longtemps avant la date du brevet de M. Dolbear, que le condensateur avait été employé pour la reproduction des sons musicaux par M. Yarley et le Dr Wright en 1870 et même avant cette date; qu’en 1880 on savait, par les nombreuses publications répandues dans le monde entier, que le condensateur pouvait être employé comme récepteur téléphonique pour la reproduction de la parole; que -cette même année un système téléphonique complet, celui du Dr Herz, dans lequel le condensateur parlant était la partie essentielle, avait été l’objet d’un brevet pris en France et en Angleterre, et que par des expériences couronnées de succès, ce système avait été regardé comme pratique. Nous ajouterons que, plus loin encore, en 1878, on trouve qu’Edison avait proposé et décrit un récepteur basé sur la même action électrique et ayant en principe exactement la même disposition mécanique que celui de M. Dolbear.
- « Il a été dit par M. Dolbear, dans son affidavit,
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- que le rôle de l’électricité dans son récepteur était de déterminer une attraction électro-statique, tandis que dans les condensateurs parlants employés par d’autres expérimentateurs le son était produit par des décharges disruptives à travers la matière isolante du condensateur, et la même assertion se trouve dans l’affidavit de M. Pope. Que cette attraction soit la conséquence de la charge sur les plaques des récepteurs, cela est incontestablement vrai, et il est encore vrai que si ces attractions se produisent dans de bonnes conditions, elles peuvent faire vibrer les plaques de manière à leur faire reproduire la parole; mais cette attraction doit toujours se produire quelle que soit la forme du condensateur, qu’il soit composé de feuilles métalliques ou de plaques séparées par une couche d’air ou une matière solide, telle que du papier imprégné de gomme laque, de paraffine, ou de substances analogues qui permettent de produire des différences de charge électrique, et si les attractions des feuilles métalliques s’effectuent brusquement, non seulement ces' feuilles peuvent vibrer, mais encore la matière isolante qui les sépare ainsi que toute la masse du condensateur. Or, pour peu que les effets soient intenses, il peut se produire des sons perceptibles. Mais il existe une autre action directe de l’électricité sur la matière isolante elle-même des condensateurs, qui peut la mettre en vibration, que cette matière soit ou solide ou gazeuse. La remarque faite par sir W. Thomson se rapporte à des sons produits par la couche d’air interposée entre les lames du condensateur, car il dit : « Il est parfaitement prouvé qu’une couche « d’air émet des sons quand elle est soumise à « l’action d’une force électrique ou en faisant pas-« ser au travers d’elle une forte charge électrique. « Ceci semble être un résultat tout naturel quand on « considère la question au point de vue de la nou-« velle théorie que donne Faraday, sur le rôle que « joue l’air ou tout autre corps diélectrique dans « les manifestations de l’énergie électrique. » Cette conclusion ne peut être interprétée comme se rapportant à une décharge disruptive, car il dit expressément que rien de semblable ne se produisait.
- « La production d’un son par la charge et la décharge d’une batterie de Leyde avait été d’abord observée par Knoclienhauer en ,i853 (voir Annales de Poggendorff, tome 90, p. 189) et fut expliquée par M. De la Rive (Archives des Sciences physiques, tome 25, p. 64 (année 1854) comme étant la conséquence de la polarisation électrique du verre, ce qui s’accorde avec la théorie de Faraday. Il a été aussi démontré depuis plus de cent ans par l’abbé Fontana que le volume du verre dans une bouteille de Leyde subit des modifications sous l’influence des charges et décharges électriques. Cette observation est rappelée par M. Righi dans un mémoire dont on parlera plus
- loin et avait été mentionnée dans une lettre de Volta,. datée du 27 janvier 1776. En 1878, M. Du-ter dans ses recherches sur les changements de volume qui se produisent dans la lame isolante d’un condensateur, les attribua à l’action spécifique de l’électricité et non à un accroissement de température (Comptes rendus de P Académie des Sciences, tome 87, p. 828, 960, io36 (année 1878). M. Righi a confirmé cette théorie dans un Mémoire inséré dans les Comptes rendus (tome 88, p. 1262 (1879), et il va même plus loin en disant que le phénomène est produit par deux actions : l’une qui se manifeste et disparaît instantanément avec la charge et la décharge, l’autre qui persiste pendant quelque temps. Il attribue les effets produits dans le condensateur de Varley aux changements instantanés de volume résultant des variations brusques de la charge électrique sur la matière isolante. Dans un Mémoire étendu publié en 1880, dans les Annales de Wiedemann, Quincke a montré qu’outre le verre, le mica, le quartz, le caoutchouc, le sulfure de carbone, l’eau, l’alcool et un grand nombre d’autres substances produisent les mêmes effets quand ils sont soumis à une polarisation diélectrique. Enfin Lippmann, dans une discussion sur certaines expériences faites par Boltzmann en 1875, établit ce fait que l’air et d’autres gaz semblables subissent un changement de volume quand ils sont soumis à une polarisation diélectrique, le changement qui se produit dans ce cas étant un mouvement de contraction (Journal de Physique, t. 10 (1881), p. 384, 389).
- « Les effets mécaniques produits par suite de ces changements de volume dans la matière isolante d’un condensateur doivent nécessairement produire des vibrations en rapport avec l’intensité et la rapidité des changements qui se produisent, et quand ceux-ci sont rhytmés et conformes aux courants ondulatoires déterminés par la parole, ils doivent, pour une intensité suffisante, reproduire d’une manière intelligible la parole ou des sons musicaux.
- « Avec toutes les formes de condensateurs les deux causes de mouvement analysées précédemment doivent se produire, et la prépondérance de l’une ou de l’autre dépendra de la forme particulière du récepteur, mais il est évident qu’il n’y a pas de décharge disruptive en jeu dans tous ces effets, car d’après les observations de sir W. Thomson et Coulon, elles altéreraient le condensateur et le rendraient incapable de reproduire des sons.
- « Si l’espace qui se trouve entre les deux plaques de l’appareil Dolbear était rempli de papier isolant ou de toute autre matière électrique, il sc produirait encore des sons et même la parole, mais avec moins de force, parce qu’étant embaras-sées dans leurs mouvements, les couches d’air seraient dans des conditions moins favorables aux vi-
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- bradons énergiques, mais en définitive cet appareil n’est qu’un condensateur à air dont la propriété de reproduire la parole a pour cause les mêmes effets physiques que dans les autres condensateurs parlants.
- « Que M. Dolbear ait été le premier à appliquer la disposition qu’il a donnée à son appareil reproducteur de la parole dans sa spécification, cela n'a rien à faire avec la question de savoir si la cinquième clause de la patente Bell 174, q65, a été transgressée par M. Dolbear. La forme exacte du récepteur de M. Dolbear ne se rencontre pas dans les publications que j’ai citées, mais son système ne constitue qu’une variété dans les perfectionnements d’un appareil connu. »
- Comme on le voit, ce témoignage est exactement d’accord avec tout ce que j’ai dit sur le système Dolbear, et je n’ai rien exagéré. D’autres témoignages émanés de MM. Cross, d’Infreville, concluent dans le même sens. Je ferai seulement observer que la théorie du condensateur parlant que donne M. Wright et qu’il attribue à IVL Righi a été émise par moi dès l’année 1878, dans le journal Y Electricité du 5 décembre, et peu de jours après que M. Duter avait présenté à l’Académie les expériences auxquelles M. Wright fait allusion. Cette théorie a été rapportée dans l'es deux dernières éditions de mon ouvrage sur le téléphone, et je 11e comprends pas pourquoi M. Buck la mêle avec la théorie des vibrations moléculaires qui n’est dans ce cas nullement en cause. Cette théorie des vibrations moléculaires, dans le sens exact que je lui ai donné, est d’ailleurs admise par JVL Dolbear, l’ami de M. Buck, puisqu’il explique ainsi les sons produits dans le fil de fer du récepteur Reiss.
- Th. du Moncel.
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- LE TÉLÉMÈTRE DE M. SIEMENS
- Le télémètre de M. de Tromelin a été décrit, avec les perfectionnements que son auteur y a apportés, dans les numéros du ior janvier 1880 et du 29 octobre 1881.
- Nous décrirons aujourd’hui le télémètre de M. Siemens, que l’on a pu voir à l’Exposition et qui est particulièrement intéressant en ce sens qu’il est le premier appareil de ce genre.
- O11 se rappelle que les télémètres ont pour but de faire connaître à un moment quelconque l’éloignement d’un objet mobile et cela par lecture directe et sans aucun calcul. Dans l’appareil de M. Siemens le problème est résolu de la manière
- suivante : L’objet mobile, le plus souvent un vaisseau, est visé de deux stations différentes, deux points de la côte par exemple, par deux observateurs. La visée se fait au moyen de deux lunettes A1? A2 que les observateurs font tourner chacune auteur d’un axe vertical à l’aide de deux manivelles K, et K2 commandant deux rouages d’horlogerie. On a ainsi constamment un grand triangle ayant pour sommets le point mobile visé et les axes verticaux A, A2 des deux lunettes. D’autre part, en un point situé entre les deux lunettes est une table TT portant deux alidades al vt et a2 v.2 mobiles autour de leurs axes verticaux a( a2. La ligne ai a., qui joint ces axes est parallèle à celle qui joint les axes des deux lunettes et d’un autre côté les alidades sont reliées électriquement aux lunettes par un système tel que chaque alidade se meut toujours parallèlement à la lunette qui lui correspond ; il suit delà que le petit triangle ayant pour sommets alf a.2 et le point de croisement des deux alidades sera toujours semblable au grand triangle formé par la ligne qui joint les lunettes et les deux rayons de visée. Si donc on connaît le rapport de at a2 à Ai Ao, il suffira de mesurer sur une des alidades la distance de son axe au point de croisement pour connaître la distance de l’objet mobile à l’axe de la lunette correspondante. Si même la table TT est recouverte d’une carte des parages dans lesquels se meut le navire, de telle façon que a, et a.2 coïncide, sur la carte avec les points qui représentent A, et A2, le croisement des fils des alidades permettra de suivre sur cette carte tous les mouvements du navire. On aura ainsi un puissant auxiliaire pour la défense des côtes, car l’on peut marquer sur la carte tous les points où ont été immergées des torpilles et dès que l’opérateur en observation devant la table sera averti par le mouvement des alidades sur la carte qu’un navire observé se trouve au-dessus d’une de ces torpilles, il pourra aussitôt y mettre le feu et faire sauter à coup sûr le vaisseau ennemi ; pendant ce temps les deux observateurs en At et A2 n’ont qu’à maintenir leurs lunettes constamment braquées sur le point du-vaisseau qu’on est convenu de viser.
- Pour obtenir le parallélisme entre le mouvement des alidades et celui des lunettes correspondantes, la manivelle de chaque lunette, en même temps qu’elle la fait mouvoir, met en mouvement une machine électro-magnétique de Siemens à armature en double T. L’un des fils de cette armature, relié au bâti, est toujours én communication avec le sol eu E, (si l’on considère par exemple la lunette de gauche) ; l’autre fil aboutit à un ressort qui vient toucher alternativement deux contacts. L’un de ces contacts communique avec le fil L,, l’autre avec le fil L3, de sorte que, quand la machine tourne, les courants sont envoyés alternativement dans L, et L,. Ces deux derniers fils aboutissent à un système
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- d’électroaimants M, muni d’une armature polarisée. Les mouvements de celle-ci agissent par un échappement à ancre sur un système de roues analogues à celui qui est décrit dans La Lumière Electrique, (numéro du 29 octobre 1881, p. i5o, fig. 1).
- Un axe, mis en mouvement par ces roues, tourne d’un côté ou de l’autre, suivant le sens du mouvement de la lunette. Cet axe est muni d’une vis sans fin qui engrène avec un secteur denté et celui-ci commande l’axe de rotation de l’alidade. Les éléments, des roues dentées et le nombre de tours de l’armature pour un déplacement donné de la lunette étant convenablement calculés, on voit que l’alidade pourra suivre tous les mouvements de celle-ci.
- Lorsque l’on veut replacer une des lunettes dans une position donnée, sa position de zéro par
- exemple, sans agir sur l’alidade, on peut le faire en agissant directement sur elle sans l’intermédiaire de la manivelle. Pour cela il faut interrompre la communication avec le mécanisme, et cela se fait en appuyant sur le bouton q.
- Si l’on fait tourner la lunette d’un côté ou de l’autre de sa position normale, en lui faisant faire un angle de 90°, elle vient bûter contre des arrêts, et ces deux positions permettent de déterminer la direction de la base.
- Les alidades sont elles-mêmes munies d’un bouton de débrayage qui dégage le secteur denté de la vis sans fin, et permet de les amener sur une marque faite à la table. Une vis de réglage permet en outre de faire cette opération très. exactement.
- Dans ce qui précède nous avons supposé le cas
- où le point mobile est visé par deux observateurs et où la table TT se trouve en un endroit éloigné des deux premiers. Dans certains cas on ne se sert que de deux postes. Une des lunettes est alors placée au-dessus de son alidade et se meut avôc elle, l’appareil ne comprend alors qu’un système de: mouvements synchrones.
- C’est cette disposition qui a été adoptée, par exemple, dans le télémètre de M. Le Goarant de Tromelin auquel nous faisions allusion au commencement de cet article.
- Le télémètre de M. Siemens a été l’un des premiers essayés dans nos ports militaires et il y avait donné des résultats satisfaisants. La manœuvre de la manivelle exige cependant un certain effort et pour que l’envoi des courants soit régulier, il faut que l’opérateur la tourne bien uniformément.
- Il y a là une petite difficulté qui a conduit, poulies appareils employés en France, à se servir de piles, au lieu de la machine magnéto-électrique. On n’a plus alors besoin que d’un contact mobile,
- qui n’exige aucun effort et peut être conduit par lunette elle-même.
- Aug. Gueuout.
- LES DYNAMOMÈTRES
- Voir les numéros des 17 juin, ior,
- 8, 22 et 29 juillet.
- APPAREIL DE M. DUDLEY
- AUTO-ENREGISTREUR DES PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES DYNAMIQUES D’UN TRAIN EN MARCHE
- L’appareil de M. Dudley, auquel son inventeur a donné le nom de Dynagraphe, a pour but d’enregistrer automatiquement l’effort de traction développé par la locomotive sur l’attelage du fourgon qui le
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- renferme, la vitesse du train, et les circonstances principales de l’essai, à l’importante exception, toutefois, de l’action de la vapeur dans les cylindres de la locomotive.
- L’enregistrement à distance de l’action de la vapeur dans des cylindres d’une locomotive est le problème de dynamométrie de beaucoup le plus difficile;' on sait au prix de quelles complications on est parvenu à le résoudre dans l’appareil de M. Marcel Deprez, présenté par la Compagnie du chemin de fer de l’Est à l’Exposition d’électricité, malgré le génie, le talent et l’argent dépensés sans réserves à cette grande œuvre (*). Il est fâcheux que M. Dudley n’ait pas abordé ce problème essentiel; la description de son appareil, des plus ingénieux d’ailleurs, intéressera néanmoins les lecteurs de ce journal, à cause de l’emploi que M. Dudley n’a pas
- hésité à faire de l’électricité, dont se méfient encore la plupart des ingénieurs.
- Voici la description de l’appareil de M. de Dudley, telle qu’elle a été donnée dans la Revue générale des chemins de fer d’octobre 1879.
- « Appareil enregistreur de l'effort de traction.— L’effort, traction ou poussée, exercé sur l’attelage du fourgon dynauométrique, est transmis aux pistons AA' (fig. 1 et 2) d’un cylindre B, rempli d’huile, et de io3uu“de diamètre. Dans le cas d’une poussée sur la barre d’attelage D, c’est la traverse F de son cadre E qui pousse sur le piston CA; dans le cas d’une traction, c’est la traverse G qui agit sur le piston C' A'. L’effort exercé sur l’huile, dans le cylindre A, se transmet, par le tuyau f, au petit piston d’un cylindre a, de nmm de diamètre
- FIG. 3 ET 4
- (fig. 5) ramené par les ressorts 8, et dont la tige fait mouvoir un crayon j qui trace, sur le papier continu A, la. courbe ordinaire, g, des efforts. Le crayon j reçoit son mouvement, de la tige du piston a, par l’intermédiaire du parallélogramme amplificateur b c de.
- « Le mouvement du papier A, proportionnel à la vitesse du train, lui est transmis par un essieu libre F/ du fourgon (fig. 3 et 4), l’arbre articulé E (fig. 5) et l’embrayage à renversement NFF, qui permet de faire tourner les rouleaux enrouleur et dévideur, B et C, toujours dans le même sens, quel que soit le sens de la marche du fourgon. Les roues P et O commandent ces rouleaux par les dis-
- (9 Voir la Revue générale des chemins de fer, nos de novembre et de juillet 1881.
- Ce journal a publié, sur les applications de l’électricité aux chemins de fer, et notamment aux signaux, de nombreuses études de grande valeur et de la plus haute impartialité; nous saisissons avec plaisir cette occasion de les indiquer à nos lecteurs.
- ques de friction ii, fixés sur les axes des rouleaux, et appuyés sur les roues par des ressorts h, réglés de façon à ne pas déchirer le papier, tout en le maintenant suffisamment tendu.
- « Les vis K etj, l’une à droite, l’autre à gauche, calées sur des manchons fous sur leur axe et menés par l’embrayage M, commandent alternativement l’une ou l’autre des paires de rouleaux de conduite D ou D', suivant que l’on fait dérouler le papier de B vers C ou de C vers B; ces rouleaux sont en acier; ils ont 63mm de diamètre aux extrémités et 64mm au milieu : ce renflement est nécessaire pour ne pas tendre inégalement la bande de papier A, dont la largeur est de om,7Ô.
- « Lorsqu’on est au repos, le crayon y doit tracer la même droite que le crayon fixe qui trace la ligne des efforts nuis. _. . .
- « Vitesse du train. — La vitesse du train est enregistrée .par trois des crayons k, mis en mouvement par des courants électriques interrompus par
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- le mécanisme d’horlogerie Q; ces crayons marquent un trait de imm 1/2 de hauteur sur le papier A, toutes les secondes, toutes les 10 secondes, et toutes les minutes.
- « Circonstances diverses de l'essai. — Les fils R commandent, en outre, d’autres crayons qui marquent séparément, sur le papier A :
- i° L’eau prise au tender : l’interrupteur électri-
- que qui conduit le crayon étant mis en rapport avec un compteur d’eau branché sur la conduite d’alimentation ;
- 20 Les pelletées de charbon chargées au foyer;
- 3° Le temps pendant lequel la cheminée fume;
- 4” Les tours d’un anémomètre placé sur le fourgon ;
- 5° Les tours des roues motrices;
- 6° Les poteaux kilométriques : un aide frappant un interrupteur à chaque poteau ;
- Surface du rail et joints déprimés
- Rai! Sud
- urfacedu rail et joints déprimés
- Rail Nord
- Largeur de la voi
- ent des joints rail Nord
- Longueurs parcourues
- Poteaux kilométriques
- AhoTnement de la voie
- Longueurs parcourues en 10 secondes Distances parcourues par secondes
- courbes ~;
- FIG. t> A l8. — RELEVÉ D’uNE VOIEjAU MOYEN DU DYNAGRAPHE DE DUDLEY
- 7° L’alignement de la voie, droite ou courbe ;
- 8° Les distances parcourues par le fourgon.
- « Le crayon z enregistre les dénivellations de la voie ou, plus exactement, les déplacements des ressorts de la machine : pour cela, un des balanciers de la locomotive porte, à l’aplomb d’une boîte n à graisse, un piston qui se meut dans un cylindre à huile vertical de 76“’“ de diamètre, fixé au longeron, et qui transmet ses déplacements à la membrane d’un manomètre m reliée au crayon z.
- K Enfin, l’un des crayons k, mis en rapport avec la roulette n du totalisateur à plateau S, enre-
- gistre le travail total développé sur les attelages du fourgon. »
- La Railroad Gazette a publié depuis, dans son n° du 20 mars 1881, quelques diagrammes descriptifs de l’état de la voie, tracés par l’appareil de M. Dudley ; ils sont reproduits par les fig. 6 à 18.
- Les figures 6 et 7 représentent l’état de la surface des rails : sur la fig. 6, les dépressions du rail sont comptées au-dessous de la ligne zéro du niveau normal; sur la fig. 7, elles sont comptées en sens contraire, ou au-dessus. Ces lignes sont tracées par des styles attachés aux boites à graisse
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- de l’essieu milieu d’un des bogris à six roues de la voiture dynamométrique. Les inégalités du rail sont indiquées en vraie grandeur et les longueurs à l’échelle de Les joints sont marqués par les
- lettres J ; dans certains cas, les joints se sont trouvés à 25mm environ au-dessous de la partie la plus élevée du rail.
- Sur les meilleures voies décrites au moyen de
- l’appareil de M. Dudley, la dépression des rails aux joints varie de 3 à 6mm; elle varié de 25 à 40mm sur les voies les plus mauvaises. Les inégalités indiquées sur la flg. 6 par les lettres aaa caractérisent une forme de dépression que prennent souvent les rails en acier sur les voies à lourd trafic et mal entretenues; en cértains de ces points, les joints sont déprimés de i3mm environ au-dessous du niveau du rail, dont la surface se trouve,
- FIG. 5. — DYNAGRAPHE DE DUDLEY. — ENSEMBLE DE L’APPAREIL
- au cinquième environ de sa longueur à partir des joints, surélevée de iomm au-dessus de ce même niveau. La fig. 18, dans laquelle les hauteurs sont en demie grandeur et les longueurs à l’échelle de d-,
- — représente la forme du rail caractérisée par les inégalités a.
- Les fig. 8 et 9 représentent les variations de la largeur de la voie et la quantité dont les aiguilles et les pointes de croisement s’écartent de l’alignement normal, oo.
- Sur les fig. io et 11 se trouvent tracées, au moyen d’un appareil totaliseur, les sommes des inégalités verticales, ou des dénivellations des rails, indiquées en détail par les fig. 6 et 7. On a marqué, sur les figures 10 et 11, un gradin m, toutes les fois que la somme des dénivellations qui le précèdent atteint un pied (om,3o5), de sorte que l’écartement de ces gradins caractérise, en bloc, l’état plus ou moins accidenté de la voie.
- La fig. 12 représente les distances parcourues: les intervalles entre deux marques nn correspon-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- dant à L de mille (133 mètres), la fig. i3 donne le
- kilométrage — ou plus exactement le milléage — de la voie ; la fig. 14 représente l’alignement de la voie; les fig. i5 et 16 indiquent les distances parcourues, toutes les 10 secondes et toutes les secondes. »
- Enfin, la fig. 17 représente la surélévation des rails en courbes ; pour obtenir ce tracé, on a réuni, par un tube fixé au châssis des bogris, deux vases cylindriques remplis d’eau et munis de flotteurs ; des styles attachés à ce flotteur indiquent, comme sur la fig. 17, les dénivellations de ce niveau.
- Le dynagmphe a été construit aux frais de M. Dudley, qui le loue aux Compagnies de chemins de fer; c’est ainsi que les directeurs du New-York Central ont chargé M. Dudley de relever l’état de la voie sur tout leur réseau ; cela paraît tout naturel aux Etats-Unis.
- Gustave Richard.
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ COMPAGNIE GÉNÉRALE BELGE
- DE
- LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- La vue perspective ci-contre représente une partie des appareils exposés par la Compagnie générale belge de lumière électrique; cette installation se trouvait sous la galerie sud et vers l’extrémité ouest du Palais de l’Industrie. Les deux machines dynamo-électriques que l’on voit sur le premier plan à gauche ont été combinées et construites par M. Lachaussée, de Liège ; elles étaient destinées à alimenter les lampes-soleil placées dans diverses parties de la section belge et dans la galerie de tableaux située au premier étage et dont nous avons publié une vue d’ensemble.
- On se souvient de l’excellent éclairage fourni par les lampes-soleil pendant toute la durée de l’Exposition et nous n’en parlons aujourd’hui qu’à propos des machines Lachaussée qui leur fournissaient le courant, la description complète de ces foyers ayant été donnée dans le numéro de La Lumière Electrique du 11 mars 1882.
- La machine Lachaussée ne présente pas en somme une bien grande originalité et se rapproche de l’alternative de Siemens dont on se rappelle les principaux éléments. Dans cette dernière les électro-aimants tournants sont formés par des bobines sans fer de manière à obtenir l’induction sur le fil lui-même, en évitant diverses réactions dues au
- noyau de fer; M. Lachaussée a rendu les bobines induites fixes et les inducteurs mobiles, et c’est cette modification de la machine alternative V. Hef-ner-Alteneck, dite machine Siemens, qui constitue principalement la part d’invention du constructeur belge.
- Un autre inventeur, M. Kremeneski, avait aussi un modèle de machine dynamo-électrique exposé par la Compagnie générale belge de lumière électrique, ce modèle était basé sur le principe de là machine alternative à électro-aimants inducteurs de Lontin dans laquelle les électro-aimants inducteurs, placés radialement sur la circonférence d’un disque central, tournent à l’intérieur d’un grand anneau qui supporte les électro-aimants induits fixes. M. Kremeneski y a apporté une modification en supprimant les noyaux de fer des bobines induites de l’appareil de Lontin, et a obtenu ainsi la machine qui était placée dans la grande nef près de l’entrée.
- La Compagnie générale belge avait aussi le système Lucas, des appareils divers servant à l’éclairage électrique ou à la transmission de l’électricité, des lanternes destinées à étouffer le bruit des foyers, des avertisseurs d’intensité, des avertisseurs d’extinction, des commutateurs automatiques à distance, un galvanomètre à sonnerie, un régulateur d’intensité et un four électrique.
- Mais c’est surtout la lumière fournie par les divers modèles de la lampe-soleil dans la salle des tableaux et'dans plusieurs parties du Palais de l’Industrie, qui a- contribué au succès de l’Exposition de cette Compagnie belge.
- On sait du reste que la Belgique a puissamment contribué à l’éclairage du Palais de l’Industrie pendant notre dernière Exposition d’électricité, en fournissant une grande partie de la force motrice nécessaire pour mettre en mouvement les machines électriques qui alimentaient les foyers de toute sorte représentant presque tous les systèmes inventés jusqu’à l’année dernière; aussi le syndicat qui s’était chargé de la difficile entreprise de fournir la force initiale à tous les exposants, doit-il une reconnaissance réelle aux grands constructeurs belges qui sont venus faciliter sa tâche dans une si grande proportion. Pour ne citer qu’un exemple, nous rappellerons, dans le groupe de mécanique générale, le nom de M. de Naeyer et C° de Willebraeck (Anvers) qui avait dans sa seule exposition, cinq chaudières multilobulaires inexplosibles, d’une surface de chauffe totale de 760 mètres carrés.
- Ces beaux générateurs de grande puissance et d’un fonctionnement très régulier sont venus fournir au Palais de l’Industrie un notable appoint de force et ont permis la mise en mouvement d’un plus grand nombre de machines et d’appareils d’éclairage.
- C. C. Soulages.
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- EXPOSITION DE LA-SOCIÉTÉ BELGE DE LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- [LA LAMPE ROBERT MONDOS
- De même qu’autrefois un rhétoricien se croyait obligé de produire sa tragédie ou son vaudeville, de même aujourd’hui tout électricien qui se respecte doit avoir sa lampe et souvent sa machine ou son petit accumulateur, de sorte que nous sommes inondés d’appareils qui, en général, ne brillent pas par l’originalité.
- Nous devons cependant nous féliciter de cette' fécondité; car, d’abord, c’est une preuve de la vitalité de la science électrique et, en second lieu, tout progrès réalisé, si pètit soit-il, hâte l’avancement pratique de l’éclairage électrique. À plus forte
- raison devons-nous accueillir avec plaisir les appareils qui possèdent des qualités sérieuses, surtout quand ils cherchent à conquérir leur place sans avoir recours au déploiement de réclames et de bruit mis à la mode par certaines personnalités.
- Parmi les brûleurs qui, selon nous, méritent de fixer l’attention des gens pratiques, nous n’hésitons pas à classer la nouvelle lampe de M. Robert Mondos qui éclaire en ce moment le concert des Champs-Elysées.
- Dans cette lampe, le charbon inférieur est fixe, tandis que le charbon supérieur porté par une tige mobile tend continuellement à descendre : et tous les organes ont pour but de régulariser cette chute suivant l’usure et de produire l’allumage. Ces deux fonctions sont remplies par deux organes distincts, mais dont cependant les actions sont liées d’une façon ingénieuse.
- La figure i est un dessin schématique de la lampe qui est représentée en perspective dans la figure 2.
- Le charbon supérieur est fixé par une pince sur
- une tige t passant sans frottement dans un tube T1 qui lui-même traverse.librement une pièce fixe, R et la base A de la lampe qui lui servent de guide et ne lui permettent qu’un mouvement vertical. .
- Sur ce tube est fixée horizontalement une barre
- FIG. 2
- F qui, d’un côté, est articulée en o" sur un levier L muni d’un poids M, et de l’autre côté porte un cylindre de fer P pouvant plonger à l’intérieur d’un électro-aimant E. C’est cet ensemble qui constitue l’organe d’allumage.
- Le régulateur de descente du charbon est formé par le levier L?1 porté en o' par un pivot fixé sur
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- ÉCLAIRAGE DU CONCERT DES CHAMPS-ELYSEES PAR LA LAMPE MONDOS
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- une pièce coudée attachée au tube T. Ce levier qui porte un contrepoids M' embrasse librement le tube T par une partie annulaire et se termine de l’autre côté par une armature en fer I située au-dèssus et à une petite distance de la pièce P. be plus dans sa partie annulaire le levier L' porte un sabot ml a mobile autour d’un axe et disposé de telle façon que si le levier U s’abaisse du côté droit, il s’appuie sur la tige t à travers une fenêtre ménagée en cet endroit sur le tube T, tandis que si la branche de droite se relève, il laisse descendre librement la tige t. C’est donc ce sabot qui lie la tige t' portant le charbon au reste de l’appareil.
- Ces deux organes d’allumage et de réglage sont tous les deux commandés par un même électro-ai-mant E dont le noyau coupé environ à mi-hauteur est continué par le cylindre mobile P. Cet électro-aimant à fil très fin est placé en dérivation entre les deux bornes delà lampe; nous retrouvons donc là la disposition due à M. Lontin, permettant de mettre facilement plusieurs lampes sur le même circuit.
- Il nous est maintenant facile de comprendre la marche de l’appareil. Supposons d’abord les charbons écartés l’un de l’autre; le courant arrivant par les bornes ce' qui sont en communication avec les deux charbons ne peut passer que par la dérivation * de l’électro-aimant. La pièce P est donc fortement attirée et la barre F descendant parallèlement à elle-même entraîne le tube T en relevant le poids M.
- D’un autre côté, la pièce P devient un véritable ' noyau d’électro-aimant et attire à son tour l’armature I et le levier M' L' oscillant autour de o, le sabot ml a, lâche la tige t' qui descend jusqu’à ce que les charbons soient arrivés au contact.
- A ce moment, le courant, pouvant passer directement par les deux charbons, la puissance de l’é-lectro-aimant E diminue, et le poids M fait remonter le tube T qui entraîne la tige puisque dans le même temps l’action sur l’armature I étant moins forte, le poids M' a appliqué le sabot sur là tige. Ce mouvement de recul a déterminé un petit écart entre les charbons et l’arc jaillit.
- Lorsque par suite de l’usure des charbons la longueur de l’arc augmente, le courant dérivé par l’électro-aimant va en croissant, et le tube T, descendant de nouveau, produit un premier rapprochement des charbons, puis, à son tour, le sabot lâche la tige t, et les charbons se rapprochent encore ; mais si par suite de ce second mouvement l’écart était un peu faible, le tube T se relèverait aussitôt et viendrait ramener l’écart à sa grandeur normale.
- Nous avons supposé qu’au moment de l’allumage les charbons étaient à l’écart; c’est en effet la position normale pour cette lampe. Mais si pour une cause quelconque les charbons étaient
- primitivement au contact, l’écart ne pourrait se faire, et l’allumage ne pourrait avoir lieu que lorsque l’incandescence aurait déterminé une petite usure des charbons. C’est certainement là un défaut, peu grave il est vrai, puisqu’il ne peut guère se manifester qu’à la suite d’une extinction accidentelle produite par la diminution lente du courant, mais qu’il y aurait cependant intérêt à faire disparaître, car, ainsi que nous en avons été témoin, il peut retarder de quelques minutes l’allu-- mage général.
- L’installation faite pour l’éclairage du Concert des Champs-Elysées comprend seize lampes mises par groupes en tension sur quatre circuits alimentés par une machine alternative Siemens.
- D’après l’inventeur, le pouvoir éclairant de chaque lampe est de 40 becs carcels, et la force dépensée par les deux machines excitatrice et alternative serait de 12 chevaux vapeur, c’est-à-dire trois quarts de cheval par foyer; ces évaluations ne nous paraissent pas exagérées.
- L’ensemble de l’éclairage est très satisfaisant ; la lumière électrique éclaire brillamment les pelouses et massifs tandis que le kiosque où sont les musiciens, est pourvu d’un grand nombre de becs de gaz qui font l’effet d’une illumination par des verres de couleur. Notre figure donne une idée de l’effet produit.
- En résumé, sans jeter à M. Mondos le pavé de l’ours en lui disant que sa lampe est celle de l’avenir, nous croyons sincèrement que son brûleur peut •rendre des services, et que malgré sa simplicité et sa rusticité qui en rendent le maniement facile à tout le monde, il peut sans désavantage lutter avec tous les systèmes actuellement connus.
- A.-H. Noaillon.
- LA TÉLÉGRAPHIE
- SES PROGRÈS RÉCENTS MANIFESTÉS A L’EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- Treizième article (Voir les numéros des i3, 20 et 27 mai, des 3, io, 17, 24 juin et des i5, 22, 29 juillet, des 5' et 12 août 1882.)
- APPAREIL WHEATSTONE
- VI. — Relais rapides de M. Preece.
- Si l’on veut se servir de l’appareil Wheatstone à des distances un peu considérables, il est nécessaire, pour pouvoir lui conserver sa vitesse mi-nima, de faire usage de relais. On se sert à cet effet d’un système de relais imaginé par M. Preece.
- La disposition employée au poste qui doit ré-
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- péter automatiquement les signaux reçus d’une station pour les transmettre à une autre, est représentée par la figure 26.
- R3 et R4 sont des relais polarisés ordinaires.
- R, et.R2 diffèrent des précédents par quelques additions (fig, 22 et 23). L’armature a peut osciller entre deux vis boutons ri et r2. Elle est reliée
- FIG. 22
- à deux ressorts à boudin vl et v2 que l’on peut régler à l’aide de deux vis v3, v,f de manière que l’armature ne touche aucune des vis et v2 lors-qu’aucun courant ne traverse les électro - aimants.
- A, et A2 sont des commutateurs automatiques composés de deux électro-aimants en regard de
- FIG. 23
- chaque extrémité desquels se trouve une armature. Tout le temps qu’un courant traverse les électroaimants, quel que soit le sens de ce courant, les palettes restent attirées. On prolonge quelques instants l’attraction de ces palettes par l’artifice suivant : Une dérivation de résistance égale à celle des bobines est intercalée entre l’entrée et la sortie de ces bobines (fig. 24 et 25). De cette façon, lorsqu’on envoie une succession rapide de courants de sens
- contraire, le petit intervalle de temps qui s’écoule entre l’émission d’un courant positif et celle d’un courant négatif est rempli par un courant induit qui maintient la palette attirée. Celle-ci restera donc dans cette position d’attraction pendant tout le temps que les courants positifs et négatifs se succéderont dans les bobines du commutateur automatique.
- Ceci posé, examinons le fonctionnement de ce système. Supposons un courant arrivant de la ligne n° 1.
- FIG. 24
- La ligne aboutit à la palette du commutateur automatique À2 et comme aucun courant ne traverse les bobines, cette palette sera appliquée contre son butoir extérieur qui communique avec le fil d’entrée des bobines du relais R3. Le courant de la ligne traverse donc le relais R3 puis le relais Rj et se rend à la terre.
- Quels rôles jouent ces deux relais? Les deux vis butoirs du relais R3 communiquent l’une avec le le pôle positif d’une pile P4, l’autre avec le pôle
- négatif d’une pile Q,. Cesdeuxpiles sont identiques et elles ont, la première son pôle négatif, la seconde son pôle positif à la terre. La palette du relais qui communique avec les butoirs intérieurs du commutateur automatique A[ se trouve ainsi en relation, soit avec un pôle négatif, soit avec un pôle positif, suivant que le courant qui arrive de la ligne est lui-même négatif ou positif.
- Le relais Rj, chaque fois qu’il est traversé par un
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- courant d’un sens quelconque, ferme le circuit d’une pile locale p dont l’un des pôles communique avec la palette du relais R, et dont l’autre communique avec les deux boutons du même relais en traversant les bobines du commutateur automatique. Le circuit local étant fermé, les palettes c, et c2 sont attirées. Nous avons vu par quel artifice elles étaient maintenues en cette position pendant tout le temps de la transmission.
- Les courants positifs et négatifs émis automatiquement par le relais R3 passent alors à travers la palette c, et se rendent sur la ligne n° 2.
- Une disposition complémentaire permet de contrôler au poste de translation les signaux qui arri-
- vent de la ligne. Pour cela, les palettes ca et b3 sont en communication avec les bobines de l’élec-tro aimant d’un récepteur Wheatstone ordinaire. Le courant se bifurque donc au point a et tandis qu’une partie se rend à la ligne par le chemin que nous avons indiqué, l'autre se rend à la terre en traversant la palette c2, le récepteur, la palette b2, le butoir extérieur de cette palette et la résistance R" égale à la résistance de la ligne n° 2.
- Si un courant arrive de la ligne n° 2, il se rendra dans la ligne n° 1 en suivant un chemin absolument analogue que l’on peut suivre sur la figure, la déposition étant tout à fait symétrique.
- Pour terminer la description complète du poste
- L.çnc R°2
- Jdi k-r
- Récepteur —1
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- de translation, ajoutons que deux manipulateurs permettent à ce posto de correspondre au besoin avec l’un des deux postes qu’il sert à mettre en relation. Pour cela les deux contacts d’avant et d’arrière du premier manipulateur communiquent l’un avec le pôle négatif de la pile P, l’autre avec le pôle positif de la pile Qj. De même les contacts du second communiquent l’un avec le pôle négatif de la pile P2, l’autre avec le pôle positif de la pile Q3.
- .. VII. — Relais rapides employés pour la transmission duplex (Fig, 27).
- Soient au poste de translation deux relais A et B destinés, A à reproduire les signaux de la ligne n° 1,
- B les signaux de la ligne n° 2. Il faut, pour que la transmission ait lieu en duplex, que les signaux émis par une station de la ligne n° 1 soient répétés convenablement par la palette du relais A, tandis que tous les signaux répétés par le relais B doivent être reçus par cette même station de la ligne n° 1, et cela sans aucune confusion. Il faut de même que les signaux émis par une station de la ligne n° 2 soient répétés convenablement par B, tandis que cette même station doit recevoir les signaux auxquels le relais A donne naissance.
- Le poste de translation se compose essentiellement de trois relais A, B, C, dont les électro-aimants portent des doubles bobines. Les deux premiers servent à répéter les signaux provenant des lignes 1 et 2; le troisième ferme un circuit local.
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- Examinons le fonctionnement de ce système. Un courant arrivant de la ligne n° i, traverse les premières bobines de l’électro-aimant A. Arrivé au point Bj, un double chemin s’offre à lui. Par le premier chemin, il se rend à la barre inférieure b,t d’un commutateur E, formé de quatre barres que l’on peut, à volonté appliquer contre un butoir supérieur. Nous supposons cette barre b,t appliquée contre son butoir supérieur. De là le courant traverse les bobines intérieures de F électro-aimant c, puis les bobines extérieures de cet électro-aimant en sens inverse des précédentes. De là il se rend à la barre b2 du commutateur E que nous supposons
- appliquée contre son butoir supérieur. Puis il traverse la caisse de résistance K, arrive à un commutateur à cheville D2 et de là se rend à la terre, si ce commutateur est muni de sa cheville.
- Par le deuxième chemin qui lui est offert, le courant va de (3, en oq, traverse les bobines intérieures de l’électro-aimant A dans le même sens que les premières et de là se rend à la terre à travers la résistance Xr
- On voit ainsi que les courants émis par la ligne n° i ont pour effet d’actionner le relais A qui répète ainsi les signaux émis par le poste transmetteur de cette ligne.
- Ligne” N" 2
- —-O-A
- oo~-
- FIG, 27
- Examinons la marche des courants émis par le relais B. Les deux butoirs de ce relais sont en communication l’un avec le pôle positif d’une pile P,, l’autre avec le pôle négatif d’une pile Q15 ces deux piles étant identiques et leurs autres pôles étant à la terre. Des courants positifs ou négatifs sont ainsi émis dans la palette du relais B, suivant sa position. Au point e, ces courants se bifurquent. La première partie traverse la barre b,t, les bobines intérieures de l’électro-aimant c, puis les bobines extérieures dans le même sens que les premières; cet électro-aimant se trouve ainsi influencé.’ De là elle se rend à la terre à travers la barre b2, la caisse de résistance K, et le commutateur D2.
- L’autre partie se bifurque en B,, et tandis qu’une partie se rend sur la ligne n° 1 en traversant les
- bobines extérieures de l’électro-aimant A, l’autre traverse les bobines intérieures de cet électro-aimant en sens inverse et se rend à la terre en traversant la résistance X,, égale à la résistance de la ligne, et le commutateur D,. On' ajoute un condensateur Fj comme dans toutes les dispositions de transmissions duplex, pour éviter les phénomènes dus au courant de retour.
- . On voit que, par cette disposition, le relais A reçoit tous les signaux émis par une station de la ligne n° 1, tandis que tous les signaux émis par le relais B sont reçus par cette station, sans que le relais A en soit aucunement influencé, ce qui résout le problème.
- Une disposition analogue .permet aux signaux de la ligne n° 2 d’être reçus par le relais B, et aux
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- signaux produits par le relais A d’être émis sur cette ligne sahs influencer le relais B.
- Une disposition spéciale permet de contrôler au poste de translation les signaux répétés par les deux relais. Nous avons vu, en effet, que le relais C était actionné par les courants émis par le relais B, sur la ligne n° i, sans l’être par les courants venant de cette ligne. Il ferme, lorsque la palette se trouve appliquée contre un de ses butoirs, le circuit d’une pile locale pv. Dans ce circuit est inter-. calé un parleur vt qui contrôle ainsi tous les signaux émis sur la ligne n° i.
- Par une disposition semblable, les courants émis par le relais A, sur la ligne n° 2, actionnent, au moyen d’une dérivation, un récepteur ordinaire Wheatstone R, dont l’armature, par ses oscillations, ouvre et ferme le circuit d’une pile locale p2, dans lequel est intercallé un second parleur v2.
- Si les barres bif b2, b2, b,t du commutateur E se trouvaient appliquées contre leurs butoirs inférieurs, ce seraient les signaux émis par le relais B, sur la ligne n° 1, qui seraient enregistrés par le récepteur R, et les signaux émis par le relais A, sur la ligne n° 2, qui seraient enregistrés par le parleur vr
- {A suivre.) E. de T.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Nouvelle disposition des jack-knives pour les relais téléphoniques des bureaux centraux.
- Le relais et le commutateur correspondant (jack-lcnife) combiné par M. Ader pour le bureau central du réseau téléphonique de Paris a été décrit par M. Th. du Moncel dans son ouvrage sur le téléphone (40 édition, p. 337), mais la partie de ce système qui se rapporte au jack-knife a été modifiée dans son application définitive par M. Brown, et nous représentons dans la figure ci-contre la nouvelle disposition dont M. Brown vient de nous donner connaissance.
- Au lieu d’employer le commutateur à trois plaques de M. Ader, on a conservé la disposition qui avait été employée pour les liaisons, sans relais, avec l’annonciateur, mais on a dû supprimer les vis qui, dans cette disposition, correspondaient aux contacts isolés, et le contact fixe contre lequel s’appuyaient les ressorts du jack-knife, Ces contacts sont complètement isolés et mis en rapport avec le relais, comme on le voit sur la figure. Dans cette figure, les deux plaques superposées et isolées du commutateur sont représentées l’une au-dessous de l’autre en P et P' ; les parties noires représentent la matière isolante et les hachures croisées, les par-
- ties métalliques du bouchon ou fiche qu’on introduit dans les trous K et J du jack-knife. Les lignes pointillées représentent les fils de jonction des jack-lmives, et les vis enlevées sont celles que l’on voit au-dessous du contact A' et du trou K, dans la partie correspondante à la plaque inférieure. Au moment où un abonné appelle, les deux ressorts R, R' de son jack-knife sont en contact avec les deux butoirs A, A', et le courant envoyé par lui, après être arrivé au relais E par le fil L, la plaque inférieure P du jack-knife, le ressort R et le contact A, en ressort par le contact A' et le ressort R' de la plaque supérieure du jack-knife, pour regagner en T la terre ou le second fil de l’abonné. Le relais est donc mis en action, et la plaque de l’annonciateur S
- tombe en mettant en mouvement la sonnerie d’appel et en découvrant le numéro de l’abonné appelant. Quand les deux correspondants sont joints par l’introduction du bouchon ou fiche dans le trou K, le courant de l’abonné de gauche pénètre dans la plaque P, traverse le relais comme précédemment, mais ne pouvant passer par A' R' puisque le ressort R' est repoussé, regagne la partie pleine C du bouchon par le tube cylindrique isolé O, pour suivre l’un des fils de jonction qui unissent alors les jack-knives des deux correspondants, et revenir par le second fil à la partie tubulaire du bouchon alors en contact avec la plaque supérieure P'. A partir de Là, il suit le même chemin que dans le premier cas par le fil de terre T ou le second fil. Le relais restant dans le circuit, l’abonné peut prévenir quand sa correspondance est terminée, et ce n’est pas la résistance très minime de ce relais qui peut nuire à la correspondance téléphoniques.
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- Quelques réflexions au sujet de l’emploi des accumulateurs pour la lumière électrique.
- On fait en ce moment grand bruit des expériences faites aux Variétés avec les accumulateurs et les lampes à- incandescence. Les résultats ont été, en effet, satisfaisants, et prouvent que le problème de l’éclairage électrique peut être résolu, aujourd’hui, pratiquement pour les théâtres, comme pour l’éclairage public et privé, mais il ne faudrait pas croire que ces résultats soient inhérents à l’emploi des accumulateurs. Ceux-ci ne sont entrés dans les expériences dont nous parlons que pour une partie, c’est-à-dire comme organes producteurs du courant électrique, et il s’agit de savoir si ce moyen de génération de l’électricité est plus avantageux que celui basé sur l’emploi direct des machines dynamo-électriques. Pour le public peu au courant des questions électriques, auquel on fait voir un bel éclairage en y attachant le nom d’une invention que l’on veut préconiser, la réussite de l’expérience semble devoir être attribuée à l’invention elle-même, e.t ne sachant pas les frais qu’elle peut entraîner comparativement à d’autres moyens, il croit naïvement que là est la solution du problème. Ce sont les réflexions que nous avons entendu exprimer à l’occasion des expériences en question, qui nous engagent à exposer ici en quelques mots le véritable état de la question, ne serait-ce que pour préserver le public contre un entraînement irréfléchi.
- Ce que l’on perd souvent de vue quand on considère les éclairages produits par les accumulateurs, c’est que ceux-ci ne font que restituer, avec une certaine perte, la force électro-motrice qu’on leur a donnée en y appliquant le courant fourni par une machine dynamo-électrique, et comme une transformation de force 11e peut s’effectuer sans perte, cet intermédiaire, au point de vue du rendement, est plutôt nuisible qu’utile ; c’est, pour nous servir du langage vulgaire, prendre un cric pour déboucher une bouteille, ou si l’on veut, une cinquième roue à xm char. Mais nous allons voir que la dépense se trouve augmentée dans de grandes proportions, et je prendrai comme exemple certaines expériences faites récemment en Angleterre au grand hôtel de Charing Cross, à Londres.
- D’après ces expériences on a dû, pour obtenir un éclairage produit par 80 lampes à incandescence de Swan pendant six heures, charger 80 accumulateurs Faure pendant 14 heures, avec deux machines Edison du type Z. Or chacune de ces machines en agissant directement sur des lampes Edison peut en alimenter 60 du type A fournissant une lumière de 16 bougies. En admettant que la lumière fournie par les lampes Swan fût aussi de 16 bougies, il s’ensuivrait donc que sans l’emploi des accumulateurs, et en appliquant simplement les machines aux lampes, on aurait pu, pour un
- même travail mécanique, alimenter 120 lampes pendant 14 heures au lieu de 80 pendant 6 heures, et on aurait eu en conséquence avec l’emploi direct des machines, un éclairage d’une intensité une fois et demi plus grande et d’une durée supérieure de deux fois un tiers. Ces chiffres sont plus éloquents que tout ce qu’on pourrait dire.
- Toutefois nous ne voudrions pas prétendre pour cela que les accumulateurs ne peuvent avoir d’importantes applications, on pourrait s’en servir avec avantage comme appareils de précaution en cas d’extinctions partielles ou de dérangements, ou comme un appoint à un service déjà établi, mais nous ne croyons pas ce système susceptible de pouvoir constituer à lui seul une installation, puisqu’il faut le charger et que cette charge, quelles que soient les conditions dans lesquelles elle peut être faite, ne peut pas fournir un travail égal à celui qui l’a provoquée. Il y a forcément une perte, et cette perte peut être plus ou moins grande suivant les conditions d’installation des accumulateurs et leur mode de groupement eu égard au générateur électrique qui en opère la charge. Ils constituent d’ailleurs une dépense de matériel considérable, exigent un très grand emplacement et finissent par se détériorer assez promptement.
- Généralement ceux qui ne font que considérer les effets produits sont frappés des résultats fournis par un engin qui n’exige en apparence ni force motrice, ni mécaniciens, ni chauffeurs, qui fait sortir L'électricité d'une boîte comme l’ont dit d’une manière pittoresque certaines personnes; mais pour emmagasiner cette charge électrique, il faut charger les appareils, et pour cela il faut, ou avoir dans un local adjacent des machines dynamo-électriques ou des piles puissantes, ou transporter cet énorme matériel à une usine où on les chargerait, comme on le fait pour le gaz portatif. Or pour peu qu’on y réfléchisse, on arrive à- conclure que par le premier moyen on ne fait qu’ajouter un système coûteux à un système déjà compliqué avec une déperdition plus ou moins considérable résultant d’une double transformation, et que par le second on ajoute à la puissance motrice exigée pour la charge, celle nécessaire au transport, laquelle, avec les accumulateurs que nous connaissons, serait peut-être encore plus considérable que la première. Nous ne voyons donc pas de raison pour qu’on puisse remplacer les machines dynamo-électriques par des accumulateurs, du moins tant que ceux-ci resteront dans leurs conditions actuelles.
- Sur l’électrolyse de l’eau oxygénée; par M. Berthelot. (*)
- « L’électrolyse de l’eau oxygénée a toujours
- (!) Note présentée à l’Académie des sciences, dans la séance du 3 juillet 1882.
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- attiré, ajuste titre, l’attention des physiciens (’), à cause du double caractère de l’oxygène engagé dans cette combinaison. J’ai cherché quelle était la force électromotrice minima nécessaire pour produire l’électrolyse de l’eau oxygénée, en présence de l’acide sulfurique dilué (23 gr. par litre). J’ai opéré avec de l’eau oxygénée très étendue (3 gr. par litre), afin de prévenir autant que possible l’absorption de l’hydrogène.
- « L’électrolyse a lieu de deux manières différentes : tantôt, il y a production des gaz normaux, oxygène et hydrogène, aux deux pôles ; tantôt au contraire, il se produit uniquement de l’oxygène, l’hydrogène pouvant être regardé comme absorbé au pôle négatif. Ce dernier phénomène a lieu même avec des forces électromotrices très petites, telles que celle d’un seul couple zinc-cadmium et au-dessous. A la limite, il se confond avec la décomposition lente que l’eau oxygénée éprouve spontanément, le courant électrique ayant alors pour seul effet apparent d’activer cette décomposition, au contact de l’électrode qui se trouve au pôle positif. Elle devient plus vive encore avec 2 couples zinc-cadmium.
- Ainsi lfe courant électrique accélère la décomposition de l’eau oxygénée, effet que l’on eût attribué autrefois à la prétendue force catalytique : je donnerai tout à l’heure l’explication de cette remarquable accélération.
- « J’ai observé que c’est seulement sous l’influence d’un daniell que l’hydrogène commence à se dégager, en même temps que l’oxygène, et ces dégagements simultanés s’accroissent à mesure que l’on augmente la force électromotrice.
- V Comparons maintenant les forces électromotrices, les réactions électrolytiques correspondantes, et les quantités de chaleur que ces dernières consomment.
- « i° La décomposition de l’eau oxygénée dans ses éléments, oxygène et hydrogène,
- HO2 == Il + II2, absorbe........— 23oal,7
- Or la force électromotrice d’un daniell résulte d’une réaction qui développe-j-24 cal, 5, une quantité à peine supérieure à la chaleur absorbée par la décomposition d’un équivalent d’eau oxygénée en ses éléments.
- « Il y a donc accord exact entre la force électromotrice minima nécessaire pour produire l’hydrogène et la quantité de chaleur indispensable pour mettre en liberté les éléments de l’eau oxygénée.
- « Je ne discuterai pas si cette mise en liberté des éléments se fait en deux temps, c’est-à-dire si l’eau oxygénée se résout d’abord en oxygène et eau, la-
- (*) Voir, entre autres, les travaux développés deM. Edmond Becquerel (Annales de Chimie et de Physique, 3e série, t. XI, p. 17g) et, en dernier lieu, ceux de M. Schœne (Annalen der Chimie, Band 197, p. 137).
- quelle s’électrolyserait ensuite : je ferai seulement observer que l’énergie mise en jeu répond néces sairement à la somme algébrique des deux effets; car la force électrômotrice (34,5) indispensable pour décomposer l’eau, envisagée isolément, n’est pas présente. Ici, comme dans les phénomènes électrolytiques en général, l’état initial et l’état final entrent seuls dans le calcul de la force électromotrice indispensable.
- « La même observation s’applique au rôle joué, dans le compte des énergies, par l’acide sulfurique qui rend la liqueur conductrice. Quelle que soit la raison théorique de cette conductibilité, elle est étrangère au calcul thermique, attendu que l’acide sulfurique se retrouve à la fin de l’expérience, sans autre changement que la séparation de la trace d’eau ou d’eau oxygénée électrolysée ; or, cette séparation n’absorbe qu’une quantité de chaleur très petite et même non mesurable. Dès lors, la somme des énergies nécessaires pour décomposer un équivalent d’eau acidulée est la même que celle qui serait nécessaire pour décomposer l’eau pure, c’est-à-dire à 34^1,5. De même, la somme des énergies nécessaires pour décomposer un équivalent d’eau oxygénée acidulée est la mômq pour un équivalent d’eau oxygénée dissoute dans l’eau pure, soit 23^1,7. Telle est donc la seule quantité qui intervienne dans le calcul théorique de la force électromotrice.
- « 20 Soit encore l’électrolyse de l’eau oxygénée, sans dégagement d’hydrogène. Ici, on peut admettre, soit que l’eau oxygénée se décompose en eau et oxygène ; soit, et plutôt, qu’il se développe une réaction secondaire, en vertu de laquelle l’hydrogène électrolytique est absorbé par l’eau oxygénée, le tout formant 2ea d’eau ordinaire. Calculons la chaleur dégagée par cette réaction :
- HO2 4- H = 2 HO, dégage................... + 4S°al,3
- Cette réaction dégage -j- 45Cal,3, quantité qui surpasse les —23Cal,7 absorbées dans la décomposition en éléments. La réaction électrolytique totale devient ainsi
- 1 ho2 = H + O2.......................... — 23e*1,7
- 1 H-f HO2 = 2 HO....................... 4-450*1,3
- c’est-à-dire en tout
- 2 HO2 = 2IIO + O2...................... + 2iea*,6
- Cette réaction totale dégageant de la chaleur, elle peut s’accomplir sous l’influence d’une force électromotrice aussi minime que l’on voudra; c’est-à-dire que l’action secondaire s’ajoute à l’action fondamentale, d’après la loi que j’ai établie il y a quelques temps (Comptes rendus, t. XCIII, p. 661, 666, 757, 760). , .
- « On s’explique ainsi les deux modes distincts de décomposition électrolytique de l’eau oxygénée et leur corrélation avec les forces électromotrices
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- qui déterminent chacun d'eux. Ajoutons d’ailleurs que deux modes d’électrolyse distincts peuvent coexister, comme je l’ai montré par l’étude de l’électrolyse du sulfate de fer et du sulfate de manganèse (Comptes rendus, t. XCIII, 760). La coexistence se traduit ici par la variation des rapports de volume entre l’hydrogène et l’oxygène dégagés. Ces volumes ne sauraient malheureusement être comparés avec ceux qui se dégageraient dans un voltamètre à eau acidulée, placé dans le même circuit, parce qu’une portion de l’eau oxygénée se décompose indépendamment du courant.
- « 3° Si l’on emploie une force électromotriçc plus grande encore et capable de décomposer l’eau acidulée (ce qui exige 34Cal,5), le rapport de l’hydrogène à l’oxygène tend à s’accroître en vertu de cette troisième réaction, dont les effets s’ajoutent avec ceux des deux autres (’) ; mais une partie demeure toujours absorbée par l’eau oxygénée (2). Ces phénomènes de réactions superposées et simul-tanées, se développant chacune pour son compte, et sans annuler les précédentes, dès que la force électromotrice correspondante est présente, sont conformes, je le répète, à ceux que j’ai observés dans l’électrolyse des sels alcalins et métalliques. »
- Études sur la radiophonie, par le prof. Tyndall
- M le professeur Tyndall vient de publier sous le titre « Action des molécules libres sur la chaleur rayonnante et sa conversion en sons » (3) un mémoire des plus importants; nous en résumons la partie qui se rapporte le plus spécialement à la Radiophonie proprement dite, afin de compléter les études que nous avons publiées sur cette question (4).
- L’appareil auquel M. Tyndall s’est arrêté pour l’étude de 1’ « absorption rhythmique de la chaleur rayonnante par les gaz et les vapeurs » (5),
- (*) Au contraire, la production de l’acide persulfurique, en quantité faible d’ailleurs, à cause de la dilution de la liqueur, tend à abaisser la dose de l’oxygène (Annales de Chimie et de Physique, 5° série, t. XIV, p. 357, et t. XXI, p. 181).
- (2) Les effets développés par de telles forces électromo-trices, très supérieures à celles qui sont indispensables pour commencer le phénomène, sont complexes, puisqu’ils répondent à la résultante de trois réactions. On en trouvera une étude fort soignée dans le mémoire de M. Schcene (p. 148), qui a employé de 2 à 10 couples Bunsen,.mais sans avoir eu la pensée de rechercher la limite des forces électromotrices qui .commencent la réaction.
- (:i) < Philosophical Magazine «juin 1882.
- (l)Notammentles « études sur la radiophonie » de MM. Mer-cadicr (année 1881, vol. 1, 2 et 3), W. Preece (1881, iur vol. p. 297) et G. Bell (1881, vol. 1. p. 353, 36g.)
- (“1 C’est le titre-même de la huitième partie du mémoire de M. Tyndall « Rhythmic absorption of Radiant Ileat by Gases and Vapours. »
- ! est représenté par la figure 1 ; il se compose d’un miroir R, concentrant, sur, la bulle de verre B, les rayons d’une lumière Drummond L, interrompus par les 29 dents de la roue en carton I), de om6o de diamètre, mise en mouvement par W. La bulle B, qui renferme le gaz ou la vapeur à étudier, est mise en communication avec l’oreille par un tube en caoutchouc ; lorsque le gaz est plus léger que l’air, il faut renverser la bulle.
- M. Tyndall a étudié, au moyen de cet appareil, 10 gaz et environ 18 vapeurs : les principales observations sont les suivantes :
- Le chlorure de méthyle possède une puissance sonorifique énorme; viennent ensuite, — et à peu
- .0 0 O
- de distance, — l’aldélyde, le gaz oléfiant et l’éther sulfurique.
- La volatilité des liquides placés dans la fiole B influe beaucoup sur le phénomène, mais cette influence peut être masquée par celle de l’action propre, — spécifie — des molécules du corps volatilisé; c’est ainsi que le chloroforme, qui bout à 6i°, est moins énergique que l’éther valérianique, qui ne bout qu’à 1440.
- La puissance d’absorption de la chaleur par les vapeurs correspond à leur puissance sonorifique,
- Les chlorures ont, en général, une faible puissance : ils sont très diathermanes, — le sel marin en est un exemple — : même quand ils sont très volatils, comme la chlorure de silicium, ils ne produisent que des sons très faibles.
- Il faut avoir soin, dans les expériences avec les chlorures, d’éliminer leurs fumées, qui sont, parfois,— comme celles du chlorure d’étain, — très sonores.
- La vapeur d’eau est très sonore, même à de basses températeures (io°) ; il'suffit d’une trace d’air humide pourrendre la fiole sonore.
- Les fioles ne doivent pas avoir plus de 6 centi-
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- mètres cubes de capacité, 011 peut même les réduire à 60 millim. cubes, sans rendre les sons insensibles; le verre doit être très mince.
- L’absorption qui produit les pulsations sonores est directe et immédiate ; c’est l’action des molécules gazeuses ; ces pulsations 11e sont pas dues à réchauffement de l’enveloppe de verre et à la communication de sa chaleur aux corps qu’elle renferme car, s’il en était ainsi, l’air serait aussi sonore que le gaz oléfiant; elles ne sont pas dues non plus à la vaporisation subite d’une couche liquide répandue sur les parois intérieures de la fiole, car la vapeur sèche produit un son bien plus intense que la liole pleine de buée.
- Lorsque les molécules d’un liquide sont mises en liberté par sa vaporisation, elles, conservent leur puissance absorbante caractéristique : les liquides et leurs vapeurs se laissant, en effet, traverser ou non par la même quantité de chaleur — il s’en suit que le passage d’un faisceau calorifique à travers une masse liquide suffisamment épaisse le rend incapable d’agir sur la vapeur de ce liquide : une tranche de liquide de 3 millim. suffît avec les vapeurs les plus sonores-
- Les rayons lumineux traversent les liquides transparents; il en résulte que la destruction de la puissance sonorifique de leurs vapeurs, par ces liquides, doit provenir de l’absorption des rayons calorifiques invisibles, et inversement, comme dans le cas d’une dissolution d’iode absolument opaque à la lumière et parfaitement transparente aux rayons calorifiques.
- Les sons peuvent être également produits par l’absorption des rayons lumineux ; tel est, le cas des vapeurs de brome et d’iode.
- Le son est le plus instense quand la vitesse de rotation du disque est telle que les pulsations se succèdent en périodes évoquant la résonance de la fiole.
- CORRESPONDANCE
- On appelle notre attention sur le passage suivant d’un article de notre collaborateur, M. Geraldy inséré dans notre numéro du 8 juillet, page 42.
- « La Société Edison affirme qu’elle a seule le droit de fabriquer des lampes à incandescence consistant en un filament de charbon dans le vide, et cela après le procès qu’elle a perdu en Amérique sur cette question et en présence des innombrables lampes que tout le monde fabrique par ce procédé : l’aplomb est une belle qualité. »
- On nous fait remarquer que cet extrait n’est que la repro--duction d’un article publié au moment de l’ouverture de l’Exposition d’électricité de 1881 et. qui ne reposait sur aucun fondement, attendu que le procès en question n’avait aucun rapport avec les lampes à incandescence à fil de charbon; il ne concernait qu’un régulateur automatique de courant que M. Edison avait adapté à ses lampes à fil.de platine, et dont la disposition était à peu près semblable à celle d’un appa-
- reil du même genre que M. Maxim avait fait breveter longtemps auparavant. Au moment où ce procès fut jugé, M. Edison avait abandonné ses lampes à fil de platine et par suite le régulateur en litige, et il n’a jamais employé ce dernier dispositif dans ses lampes à'fil de charbon connues sous le nom de lampes Edison.
- Monsieur le Directeur,
- Dans votre numéro du 5 courant, et dans un article intitulé « L’éclairage électrique au théâtre », M. Aug. Gue-rout entre dans des détails très intéressants sur le coût de la lumière à incandescence; je remarque que le raisonnement et la méthode suivie sont très justes, et comme la nouveauté de ce travail doit nécessairement attirer l’attention générale, je vous demanderai la permission de vous faire parvenir quelques observations sur les chiffres posés dans cet article.
- Mes observations et mes chiffres, comme vous le verrez, conduisent à des conclusions assez différentes de celles de l’article en question.
- Je ne doute pas néanmoins que vous voudrez bien les accueillir et leur donner place dans votre journal.
- Je supposerai, comme l’auteur de l’article, que l’installation en vue sera d’une importance de 2 000 lampes de 2 becs carcels chacune marchant pendant 2 000 heures par an, soit environ 5 1/2 heures par jour.
- Et voici comment j’établis mes calculs.
- L’éclairage de la soirée, en becs carcels heure sera :
- 2 000 X 2 X 5 1/2 = 22 000.
- Un cheval vapeur produit au moins i5 becs carcels en tenant compte d’une perte même de 2S % pour l’usage des accumulateurs, donc il faudra dépenser une énergie de
- 22 OOO
- —— = 1470 chevaux : disons en chiffre rond 1 £00 chevaux
- heure. Un quart de cette force, soit 375 chevaux, sera fourni directement par la machine durant l’éclairage, et les trois autres quarts, ou 1 125 chevaux, devront être emmagasinés pendant 16 1/2 heures du restant de la journée; contrairement à l’opinion de l’auteur de l’article, je n’hésiterai pas à faire marcher mes machines 22 heures par jour, leur laissant deux heures de repos seulement pour l’entretien et le graissage.
- Une machine à vapeur de 75 chevaux, travaillant seulement 20 heures par jour, sera donc suffisante pour ce travail; elle coûtera, tout installée, 37 5oo francs.
- Quant aux machines dynamo, j’emploierai, .si vous le voulez, trois machines D° de Siemens, d’une puissance effective chacune d’au moins 25 chevaux.
- Ces machines coûtent actjfejl.ement 6000 francs. J’en ajouterai même une quatrième pour réserve, avec les transmissions : mettons 25 000 francs.
- En ce qui concerne les accumulateurs, nous avons établi qu’ils doivent emmagasiner 1 125 chevaux heure : dirons 1 200. /
- Les dernières expériences faites par Sir William Thomson, et le professeur Ayrton ont établi qu’une tonne de plomb et de litliarge peut emmagasiner et rendre au moins une force de 20 chevaux; il faudra donc 60 tonnes d’accumulateurs pour emmagasiner les 1 200 chevaux dont nous avons besoin.
- D’apres mes données actuelles, une tonne d’accumulateurs (matière active plomb et litliarge) coûte 600 francs, main d’oeuvre comprise, auxquels il faut ajouter pour droits de brevets et frais généraux : 400 francs, soit en tout 1000 fr. pour le prix d’une tonne ; les soixante tonnes coûteraient donc 60000 fr.
- Comme la matière des accumulateurs ne disparaît pas,' et qu’elle pcût être facilement régénérée et remise à son état primitif par les hommes de service, il n’y a pas lieu de compter de ce chef un amortissement plus élevé que pour les autres machines..
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- Je n’emploie plus de feutre dans les accumulateurs et la seule dépeuse de régénération n’est qu’une question de main d’œuvre et de formation, dont la valeur totale ne dépasse pas 200 fr. par tonne.
- J’arrive maintenant à la conclusion :
- Prix d’installation complète :
- Machines à vapeur.......................... 37 5oo fr.
- Machines dynamo et transmissions........... a5 000
- Fils, câbles............................... 3o 000
- 2000 lampes à 5 fr......................... 10 000
- 60000 kilog. accumulateurs................. 60 000
- Imprévu...........* . . . ........... 12 5oo
- Total............. 175 000 fr.
- Les dépenses seront :
- Intérêt 6 0/0 sur 175 000 fr............. 10 5oo fr.
- Entretien et amortissement, 20 0/0 sur
- 175 000 fr............................. '35 000
- Frais de lampe. — 4 par an, à 5 fr. chacune....................................... 40 000
- Charbon. — 1 1/2 kil. par heure et par force
- de cheval. ............................. 25 000
- Main-d’œuvre et salaire.................... 25 000
- Huile et divers............................ i5 000
- Total par an........... i5o 5oo fr.
- Prix du bec .carcel heure :
- i5° 5oo _______
- 2 000 X 2 000 X 2 °>0I9
- disons o fr. 02 c. par heure et par bec carcel; soit 5o o/b de moins que le prix de vente actuel du gaz à Paris.
- Dans le calcul ci-dessus, je me suis basé sur là pratique possible actuelle, laissant à l’avenir un vaste champ d’améliorations, telles par exemple que l’installation des stations centrales, et surtout la production de la force motrice à la houillère et l’utilisation des forces naturelles.
- Agréez, Monsieur, etc.
- C.-A. Faure.
- Paris, 10 août 1882.
- A cette lettre de M. Faure, nous répondrons à notre tour par quelques observations.
- En premier lieu, M. Faure aborde la question d’une manière qui ne résout pas le problème tel que nous nous l’étions posé et tel qu’il se le pose lui-même après nous. Il établit qu’avec 2 000 lampes de 2 carcels pendant 5 heures et demie l’éclairage est représenté par 22 000 becs carcels-heure, ce qui est très exact,*, mais il cesse d’être dans le vrai quand, pour calculer la force motric|M^^fcaire, il cherche combien de becs carcel seront produH^K* cheval. Ce qu’il faut chercher, c’est combien un chefHput alimenter de lampes de 2 carcels et non pas ce <K!1iS ^fournir de carcels. Ce n’est pas Vfetôut la même ch'Ose^p£; eh poussant un nombre restreint de lampes à trois carc^t^et même plus, on peut obtenir avec un-cheval une plus grande intensité lumineuse que si l’on employait la même force àyec un nombre plus grand de lampes dé deux carcels.
- D’après le chiffre admis par ^1, Faure lui-*Jfnç, avec un cheval vapeur employé à la charge d’un accumÎHateur,*on recueille un travail extérieur de 5o %, soit 37,5 kilograife-mètres. ' V 'S * ’ * • ,
- Les rcchei*clWs-aè M. # Crqçikes montrent d’autre part qu’une lampe&tf ^carcels tonsbmme un peu plus de 7 kilo-grammètresf .
- C’est dgjâc "5 .iiKhpés' seulement (soit 10 carcels) que l’on
- = 2 200 chevaux-heure. Mais ce chiffre ne tient compte d’aucune perte par réchauffement des fils, et il suppose que l’on
- pourra ajfaenter pajr cheval de.travail initiai et comme on a n o$oLampes-heure, il faudrait une force motrice de -* ?°0
- puisse dans la soirée récupérer pratiquement toute l’énergie disponible, ce qui n’a pas lieu en raison des charges résiduelles.
- Le nombre que nous venons de trouver devra donc être encore notablement augmenté et une machine de 75 chevaux travaillant même 22 heures par jour, sera bien loin d’étre suffisante.
- Faire travailler une machine 22 heures par jour est d’ailleurs un procédé que l’on est habitué à considérer en mécanique comme tout à fait contraire aux lois d’une économie bien entendue.
- Pour ce qui concerne les machines dynamo-électriques, nous ne pouvons admettre qu’en travail courant un dynamo Siemens Do puisse absorber 25 chevaux. M. Marcel Deprez, dans un de ses essais, a bien obtenu ce résultat, mais pendant quelques instants seulement et il eût été dangereux pour la machine de prolonger l’expérience. Il résulte au contraire de ses recherches qu’en marche normale la machine en question absorbe dix chevaux comme nous l’avions admis. Quinze serait un maximum exceptionnel.
- Quant aux lampes, si M. Faure les compte pour le remplacement à 5 fr. chacune, il ne peut les compter à ce même prix pour premier achat, puisqu’alors elles comprennent en plus leur monture.
- Reste la question du prix de revient des piles : 1 tonne d’accumulateurs (plomb et minium) revient, dit M. Faure, à 600 francs, main-d’œuvre comprise ; en y ajoutant 400 francs de frais généraux et droits des brevets, on arrive à 1 000 francs la tonne d’accumulateurs. Ce prix nous semble bien faible, il ne tient du reste aucun compte des boîtes dans lesquelles il faut bien renfermer le plomb et le minium. D’ailleurs, s’il est exact, les accumulateurs de 60 kîlog., qui contiennent 36 kil., 740 de plomb et minium ne coûteraient (boîtes exclues) que 36 francs 74; nous ne nous expliquons pas alors comment ce type d’accumulateurs était coté 25o francs sur le prospectus que l’on distribuait lors des premières expériences des Variétés.
- Nous ne nous arrêterons pas à la régénération des matières de la pile, régénération dont l’économie est très discutable et nous nous contenterons des observations qu’on vient de lire.
- En raison de ces observations et des considérations dont nous avons fait suivre l’établissement de notre prix de revient, nous persistons à considérer ce dernier comme représentant à très peu de chose près la vérité et nous maintenons les conclusions de notre article.
- Aug. Guerout.
- - FAITS DIVERS
- Le Scientific American continue à employer à notre égard les même§ procédés de bonne confraternité que nous avons déjà signalés. Un de ses derniers numéros contient la reproduction de plusieurs de nos articles et bon nombre de nos gravures, et en aucun cas nous ne sommes cités. A l’un des art^les seulement la signature de l’auteur a été conservée, comme si l’article avait été fait par lui pour le journal américain. Nous saisissons cette nouvelle occasion pour remercier encore notre aimable confrère de ses charmants procédés.
- Un commencement d’incendie s’est déclaré, il y a quelques jours, à l’Opéra, par suite de Réchauffement des fila qui alimentent les lampes Swan de la rampe.
- Un semblable accident ne peut provenir que d’un défaut d’installation et l’on ne saurait trop insister sur la nécessité d’isolcr complètement les fils.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- L’union bavaroise de l’industrie et des arts doit prendre part à l’Exposition d’ÉIectricité qui va s’ouvrir au palais de Cristal de Munich. Cette association s’est engagée à décorer artistiquement les salons, étalages, salles de lecture, de travail, l’école de dessin, le buffet et d’autres parties de l’exposition, d’une manière qui corresponde aussi bien que possible à la couleur et à la force des lumières exposées. Elle a fait procéder à des essais pour vérifier quels sont les étoffes et les objets d’ornementation qui conviennent le mieux aux différents systèmes d’éclairage et elle a organisé un concours pour lustres, chandeliers, flambeaux, candélabres.
- Éclairage électrique
- Dans notre numéro du 12 août, en rendant compte de l'accident arrivé à la kermesse des Tuileries, nous avons par erreur attribué cet accident aux machines Brush. On nous fait remarquer que l’installation n’était pas faite avec ce système. Les foyers qui éclairaient le jardin étaient des lampes différentielles Siemens, alimentées par des alternatives Siemens.
- La Société Lyonnaise (système Brush) nous fait observer en outre que dans toutes ses installations elle prend toutes les précautions d’isolement nécessaires pour éviter tout danger. Depuis que la Société Lyonnaise exploite les procédés Brush en France, elle a fait de nombreuses installations, et n’a eu à déplorer aucun accident.
- La lumière électrique, qui a rendu de grands services • pendant les opérations d’attaque des cuirassés anglais contre les forts d’Alexandrie d’Egypte a aussi été employée par les troupes de débarquement le long du Canal Mahmou-dieh ou canal d’eau douce, où une digue a été élevée par Arabi, ainsi que sur tous les points où les Arabes font des travaux de défense.
- Une nouvelle Compagnie électrique la West Middlesex Electric Lighting Company vient de se fonder à Londres.
- La corporation de Leeds (Angleterre) vient de décider d’éclairer la bibliothèque publique avec des lampes à incandescence.
- Un grand vapeur en acier, le Lonsdale lancé ces jours-ci à Greenock près de Glasgow a été pourvu de lampes à incandescence Swan.
- A Reading (Angleterre) la lumière électrique a été utilisée à l’occasion d’une Exposition agricole. On s’est servi de lampes Wéston et Maxim.
- A Cleethorpes, comté de Lincoln, Angleterre, la municipalité a passé un contrat de trois ans avec la Brush Midland Electric Light and Power Company pour l’éclairage des rues de la ville à l’aide de lampes Brush et Lane-Fox.
- A Santiago, capitale du Chili vient de se constituer une Compagnie électrique en vue d’exploiter le système d’éclairage Edison. La nouvelle Compagnie installe une station avec six machines dynamo-électriques pouvant alimenter chacune 25o lampes (de 16 candies) et trois machines de 60 lampes chacune, c’est-à-dire assez pour fournir le courant à un total d’environ 1 680 lampes. La force sera produite par trois moteurs à vapeur. De la station rayonneront 2 5oo pieds de tuyaux conducteurs qui porteront le courant aux deux galeries, à plusieurs magasins, au grand foyer de l’Opéra ainsi qu’à la rue où est située la station.
- Les bains de mer de Cantabrico, dails les provinces basques espagnoles, viennent de recevoir des installations électriques. A l’occasion du séjour du roi, de la reine, des infants et des infantes d’Espagne, la Compagnie généiale d’électricité de Madrid a fait, disposer des lampes pour éclairer par l’électricité une partie de la plage de Cantabrico.
- Télégraphie et Téléphonie
- On pose en ce moment dans la traversée de Crusa (Ardèche) les conduites destinées à recevoir dans quelques mois le câble électrique qui doit mettre Paris en communication directe avec Marseille par la voie souterraine.
- Une équipe de i5o ouvriers terrassiers et poseurs est employée à ce travail considérable qui vient d’être achevé dans la traversée de Baix et au-delà, et se poursuit par les deux extrémités sur toute la rive droite du Rhône en suivant les routes nationales.
- Dimanche, à la séance de tir de l’armée territoriale au Grand-Camp, près de Lyon, on autilisé pour la première fois le téléphone, afin de parler avec les marqueurs placés dans une tranchée, près des cibles, et d’éviter ainsi toute contestation dans le cçncours de tir. La ligne téléphonique, essentiellement volante est constituée'par un conducteur double, isolé, recouvert d’un ruban de caoutchouc enroulé sur une bobine portée par un liavre-sac spécial ; chaque bobine contient sept cents mètres de fil que le soldat porteur du havre-sac déroule en marchant. Aux deux extrémités de la ligne se placent deux téléphones magnétiques Gower pourvus d’appel avec deux téléphones Bell comme récepteurs. Ce système de contrôle abrège beaucoup le temps employé jusqu’à ce jour pour vérifier les coups douteux.
- Le gouvernement italien s’occupe en ce moment de la question de l’établissement des réseaux téléphoniques dans les villes d’Italie. Un projet de loi a été présenté à ce sujet à la Chambre des Députés et M. Parenzo a été nommé rapporteur. On voudrait fixer l’action de l’État dans l’emploi des téléphones, sans entraver pour l’instant l’initiative privée.
- Aux manœuvres et exercices de tir qui viennent d’avoir lieu au camp de Wimbledon, près de Londres, la téléphonie militaire a été l’objet d’un grand nombre d’expériences, et on l’a employée à un service d’une remarquable activité. C’est ainsi que les télégraphistes du 240 régiment de volontaires du Middlesex n’ont pas téléphoné moins de 210 800 mots pendant les cinq jours qu’ont duré les manœuvres.
- A Londres, la Chambre des Communes au palais de Westminster doit être mise prochainement en communication téléphonique avec le bureau central des téléphones. Un appareil de téléphone sera installé à la Chambre des Communes pour l’usage particulier des membres de cette Assemblée.
- A Ahlen, en Westphalie, la Société minière Goerne et C° vient de faire établir par la maison Arnim Teller de Berlin une communication téléphonique entre ses bureaux et les deux puits qu’elle exploite. La longueur des fils est de soixante kilomètres. Prochainement les fils seront prolongés jusqu’à Hamm où se trouve depuis quelque temps déjà le bureau central de la Société.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, 13, quai Voltaire. — 3o834
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- La Lumière Électrique
- Journal universel cl Électricité '
- 5i, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Administrateur-Gérant : Th. DU MONCEL A. GLÉNARD
- 4° ANNÉE (TOME VII) SAMEDI 26 AOUT 1882 N» 34
- SOMMAIRE
- Les courants ondulatoires; Th. du Moncel. — A propos des cyclones d’Amérique; H. Faye. — L’éclairage du Comptoir d’Escompte; A. H. Noaillon. — La télégraphie : ses progrès récents manifestés à l’Exposition Internationale d’Electricité (140 article) : Appareils multiples reposant sur ia division du temps; E. de T. — Exposition Internationale d’Electricité : Quelques appareils de la section allemande; Nelius. — Revue des travaux récents en électricité : Eclairs diffus à la surface du sol..— Photomètre à dispersion simplifié de MM. Perry et Ayrton. — Expériences sur l’accumulateur Faure, par MM. Ayrton et Perry. — Sur un nouvel emploi de l’électrolyse dans la teinture et dans l’impression, par M. Goppelsrœder.— Sur le travail chimique produit parla pile, parM.D.Tom-masi, — Lampe de M. Radiwanowsld. — Application de l’électricité à la mesure de la perception lumineuse, par M. Aug. Charpentier. — Sur l’amplitude des vibrations téléphoniques, par M. G. Salet. — Correspondance : Lettres de MM. Odilon Mailloux, J. W. Giltay et James Bo-nabeau. — Faits divers.
- LES COURANTS ONDULATOIRES
- Depuis la découverte du téléphone de Bell, les courants ondulatoires jouent un grand rôle, et on s'imagine que leurs propriétés ne sont connues que depuis peu de temps; cependant on a cherché à les appliquer à différentes époques pour obtenir des effets assez variés et principalement pour affaiblir dans une grande proportion les effets d’induction résultant de fermetures et d’interruptions brusques d’un courant à travers un circuit renfermant des électro-aimants. On sait que, dans ces conditions, il se produit à l’interrupteur une forte étincelle à laquelle on donne le nom cl 'étincelle d'ex-lra courant qui, dans les électro-moteurs, détériore promptement les interrupteurs, et cette étincelle est d’autant plus énergique que le courant est interrompu plus brusquement, car la tension des courants induits est en rapport avec la promptitude de la variation de la cause induisante. D’un autre côté, en dehors de cet effet qui se produit au moment des interruptions du courant, il s’en détermine un autre non moins fatal au développement de la force électromagnétique, qui réagit aux moment des fermetures du courant principal et qui affaiblit ce courant en ten-
- dant à créer à travers le circuit un courant en sens inverse; or cette action est d’autant moins préjudiciable que la variation de l’action induisante, c’est-à-dire la fermeture du courant principal, s'effectue plus lentement. Dans un article que nous avons publié dans le n° du 4 juin 1881 (p. 397) de ce journal, nous avons indiqué quelques-uns des moyens employés pour conjurer les effets nuisibles de ces extra-courants, mais dès l’année i856, on avait combiné un dispositif assez simple pour résoudre ce problème, qui était fondé sur les courants ondulatoires, et c’est à lui que je faisais allusion dans la note présentée par moi à l’Académie des sciences dans sa séance du 22 juillet 1878, quand je dis :
- « A l’époque de mes premières expériences sur les contacts imparfaits, j’avais essayé comme interrupteurs différents corps conducteurs autres que les métaux, des charbons mêmes, et j’avais cru remarquer que les différences d’intensité de mon courant étaient d’autant plus grandes que les corps en contact étaient plus résistants. Ce fait me fut démontré plus tard quand je constatai les variations de résistance que pouvaient produire les poussières de charbon de bois et de charbon de cornue suivant leur degré de tassement; toutefois, ne prévoyant pas alors d’application à cette propriété, je ne m’en préoccupai pas davantage, et je ne pensai à utiliser les interrupteurs à charbon que pour obtenir des courants ondulatoires capables de réduire les effets des extra-courants. »
- Le moyen en question était donc d’employer des interrupteurs à charbon disposés de manière que les fermetures et les interruptions du courant ne se fissent que successivement, et jamais complètement. Les effets produits par cette disposition furent bien en effet tels qu’ils avaient été prévus, mais en raison de la prolongation des effets magnétiques qui s’ajoutaient au magnétisme rémanent, et en raison de la résistance relativement grande de l’interrupteur, ils ne présentèrent pas des avantages assez grands pour qu’on pût songer à les employer pratiquement. Néanmoins comme ce système pouvait être appliqué avantageusement dans d’autres circo nstances, je publiai dans le tome I
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- de la 2e édition de mon Exposé des explications de VElectricité édité en i856 (p. 203 et 264)» la description des deux dispositifs qui avaient été construits, et dont l’un avait été combiné par M. Pulvermacher.
- Dans le système le plus simple, que nous représentons fig. 1 ci - contre, l’interrupteur était constitué par une couronne circulaire de graphite incrustée sur une planche de bois, et sur .laquelle roulaient deux galets métalliques C, D adaptés aux extrémités d’un arbre CD pivotant en A sur sa partie médiane. En quatre points C, D,E, F de cette couronne de graphite situés aux extrémités de deux diamètres perpendiculaires, étaient adaptées des presses métalliques auxquelles aboutissaient les fils de deux circuits R, S correspondant aux deux électro-aimants du moteur, et la fermeture de ces circuits était effectuée par l’arbre portant les galets. Quand cet arbre correspondait aux diamètres suivant lesquels étaient appliqués les points d’attache des circuits, la fermeture du courant était effectuée directement et pour ainsi dire sans résistance, et le courant était à son maximum; quand au contraire cet arbre se trouvait dans des positions intermédiaires entre ces diamètres, en GH par exemple, le courant était obligé de traverser une longueur de graphite d’une résistance égale au huitième de la circonférence de la couronne, et il était à son minimum ; mais dans les intervalles compris entre ces positions, il passait par des intensités successivement croissantes et décroissantes et était ondulatoire ; par conséquent, les extra-courants étaient réduits à leur minimum d’intensité. On pouvait faire varier les effets de ces courants ondulatoires en employant, au lieu de graphite, un mélange de houille et de plombagine agglomérées avec de la poix et dans des proportions convenables pour la conductibilité que l’on voulait obtenir. Dans la disposition combinée par M. Pulvermacher et que nous représentons fig. 2, on était parvenu non-seulement à réaliser l’effet précédent, mais encore à faire profiter tour à tour l’un des circuits de l’affaiblissement de l’autre. On trouvera la description de ce système dans le tome I de la 20 édition de l'Exposé, page 26.3.
- D’après les expériences faites avant i856, il était donc démontré qu’on pouvait atténuer les courants d’induction en faisant en sorte que les courants inducteurs qui les provoquaient fussent ondulatoires ; mais ces effets des courants ondulatoires ne furent pas les seuls qui furent constatés vers cette époque. M. Yarley, lors de la pose du câble transatlantique de 1866, les avait employés pour démontrer que les courants qui résultent d’un affaiblissement ou d’un renforcement produit dans la tension d’une charge électrique préexistante sur un condensateur, dépendent, quant à leur intensité, non seulement de la différence de potentiel produite, mais surtout du temps em-
- ployé pour produire cette différence, et que plus ce temps est court plus l’intensité est considérable. Voici comment il avait combiné ses expériences.
- Il prenait un baquet AD (fig. 3) isolé rempli d’eau légèrement salée avec du sulfate de zinc. Deux électrodes en z'inc amalgamé Z et C portées par une traverse plongeaient dans ce baquet et étaient mises en mouvement de rotation par un mécanisme d’horlogerie qui leur faisait accomplir une demi révolution en 40 secondes. Enfin le liquide aux deux points opposés A et D d’un même diamètre du baquet, était en contact avec les deux bouts disjoints d’un circuit fermé très résistant R' dans lequel était intercalé un galvanomètre G', et les électrodes de zinc amalgamé, communiquaient aux deux pôles d’une pile assez puissante P.
- Les appareils étant ainsi disposés, on observait que quand la traverse portant les électrodes de zinc était placée transversalement par rapport à la ligne diamétrale réunissant les deux points opposés A et D, aucun courant ne traversait le galvanomètre G' tandis que dans la position contraire, c’est-à-dire dans la position AD, un courant assez énergique sillonnait le circuit R' dans un sens qui variait à chaque demi révolution de la traverse. Entre ces deux positions rectangulaires, le courant passait donc par des phases de décroissances et de renforcements successifs, mais d’une manière fort lente puisque chaque demi révolution exigeait 40 secondes pour s’accomplir.
- Imaginons maintenant que la plaque A ait été mise en rapport avec un second circuit très résistant R communiquant à l’une des armatures d’un grand condensateur L dont l’autre armature correspondait à la terre, et qu’un galvanomètre G ait été interposé dans ce nouveau circuit. On comprendra facilement qu’aussitôt que l’appareil était mis en action, le courant devait se faire sentir sur les deux galvanomètres, l’un sous l’influence de la décharge directe à travers le circuit R', l’autre sous l’influence de la charge du condensateur, et l’expérience a montré que les déviations fournies pouvaient être à peu près les mêmes au premier moment; mais quelques instants après, les effets devenaient différents, car aussitôt que le condensateur était chargé à la tension du flux électrique dans le circuit R, un effet statique succédait à l’effet dynamique, et le galvanomètre G revenait à zéro alors que le galvanomètre G' conservait sa déviation. Or en examinant l’amplitude des déviations de ces galvanomètres pendant la rotation de l’appareil commutateur, on a pu s’assurer que la déviation du galvanomètre G était indépendante de l'intensité du courant passant à travers le circuit R, mais dépendait seulement de la rapidité des variations'desa tension, variations qui étaient en rapport avec l’accroissement ou l’affaiblissement de charge du condensateur. En effet à mesure que le courant aug-
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- mentait d’intensité par suite du rapprochement successif des lames Z, C des points A, D, la déviation du galvanomètre G' augmentait dans une proportion considérable alors que celle du galvanomètre G restait toujours à peu près nulle, et cela parce que la tension augmentant lentement, les effets statiques succédaient presque immédiatement aux effets dynamiques, et il ne pouvait en résulter qu’une série de courants différentiels peu appréciables. Dans ces conditions, les déviations galva-nométriques ne pouvaient donc pas être en rapport avec l’intensité du courant mais seulement avec les accroissements successifs de sa tension; mais en augmentant la vitesse de rotation de l’appareil, les déviations du galvanomètre G s’accentuaient, et quand on opérait directement la charge du condensateur par le contact subit des électrodes Z, C avec les plaques A, D, la déviation devenait la même sur les deux galvanomètres.
- Il est probable que c’est par suite d’une action
- du même genre que les effets d’induction déterminés par des courants ondulatoires de variation peu rapide sont très réduits, et c’est sans doute pour cela que M.' Van Rysselberghe a évité les effets d’induction sur les lignes téléphoniques, en disposant les transmetteurs télégraphiques travaillant sur les lignes voisines, de manière à ne fournir que des courants ondulatoires. Sans doute les courants ondulatoires déterminés par les téléphones parlants peuvent provoquer, par induction, la reproduction des sons sur des circuits voisins dans lesquels sont intercalés des téléphones, et les inductophones de MM. Willoughby-Smilh et Dunand le démontrent surabondamment; mais ces courants ondulatoires résultent de variations excessivement rapides dans l’intensité des actions qui les déterminent, puisqu’ils résultent de vibrations sonores, et ils se trouvent exercer, par cela même, un effet inducteur presqu’aussi énergique que s’ils étaient interrompus. Dans les transmissions télégraphiques, au contraire, les fermetures et interruptions du courant sont relativement lentes, et: en
- les effectuant par des renforcements et des affaiblissements électriques successifs, les courants ondula-latoires qui en résultent, peuvent ne pas réagir par induction sur les lignes voisines. Or, c’est précisément le problème qu’on avait cherché à résoudre. Il doit, toutefois, y avoir certains dispositifs combinés pour assurer cette action, mais M. Van-Rysselberghe n’a pas encore jugé à propos de les faire connaître. Nous ne parlons tien entendu ici de cette invention que pour montrer le rôle important que peuvent jouer dans les applications électriques, en dehors même de la reproduction des sons articulés qu’ils ont seuls permis d’effectuer, les courants ondulatoires.
- Dans les transmissions télégraphiques, à travers de longues lignes, les courants interrompus deviennent relativement ondulatoires, par suite de la période variable de la propagation électrique. En effet, au momet d’une fermeture de courant l’intensité électrique, en un point donné du circuit, va en
- FIG. 3
- croissant, jusqu’au moment de l’établissement de la période permanente, et si après une première fermeture, d’une durée suffisante, on vient à produire successivement un certain nombre de fermetures et d’oùvertures du courant, la courbe des intensités après s’être élevée jusqu’à son maximum, se continue par une série de vagues ou ondulations plus ou moins prononcées qui ne sont jamais assez caractérisées pour atteindre la ligne d’intensité nulle, et qui suffisent pour les transmissions télégraphiques; mais ces courbes, dans la partie correspondante à la variabilité de l’intensité, électrique, ne se rapportent qu’à des durées très courtes, et par conséquent, sont dans des conditions suffisantes pour déterminer les effets d’induction que l’on constate sur les , lignes télégraphiques; or, pour atténuer suffisamment ces effets, il faut que ces durées soient prolongées par des renforcements ou des affaiblissements successifs des courants transmis, comme nous l’avons dit plus haut. Nous aurons, du reste, occasion, dans un article spécial, de parler des différentes conditions des courants ondulatoires résultant de la propagation électrique
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- elle-même, dans sa période variable, mais nous devions indiquer, dès maintenant, la différence qui doit être établie entre ces courants ondulatoires qu’on retrouve d’une manière si caractérisée sur les lignes sous-marines, ainsi qu’on l’a vu dans notre article du iGr juillet, et les courants ondula-latoires qui font l’objet de cet article.
- Nous ajouterons encore que c’est parce que l’intensité et là tension des courants ondulatoires dépendent de la durée des vagues ou ondulations qui les composent, que les machines dynamo ou magnéto-électriques donnent des intensités et des forces électro-motrices, croissant avec leur vitesse de rotation. Dans ces machines, les courants produits résultant des rapprochements et des éloignements successifs d’hélices induites ou d’aimantations et de désaimantations successives, sont naturellement ondulatoires, et leur tension ou leur force électro-motrice dépend par conséquent, d’après ce que l’on a vu plus haut, de la promptitude des passages des organes mobiles devant les organes fixes ou de la vitesse de rotation de la machine. D’un autre côté, comme à mesure que cette vitesse augmente,, le nombre d’émissions de courants dans un temps donné augmente également, l’intensité de ces courants s’accroît en même temps que la force électro-motrice, et c’est pourquoi l’accélération de vitesse est un moyen parfaitement efficace d’accroître le rendement de ces sortes de générateurs électriques. Cependant, il est une limite qui, pour certaines machines fondées sur les variations des effets magnétiques, est assez rapprochée en raison du temps nécessité pour la saturation magnétique du fer, et après laquelle les courants induits deviennent moins intenses. Cette particularité me remet en mémoire certaine discussion que j’ai soutenue en 1857, avec M. Ryke et que je vais rappeler ici pour qu’on soit bien fixé sur ces sortes d’effets.
- Il s’agissait de la machine de Ruhmkorff dont on faisait grand bruit alors, et qu’on cherchait à per-, fecdonner au point de vue de la longueur et de la grosseur des étincelles.
- De nombreuses expériences faites par M. Grove et par moi, avaient démontré, dès l’origine de ces machines, qu’on pouvait augmenter la longueur des étincelles ou, ce qui revient au même, la tension du courant induit, en rendant très lent le mouvement de l’interrupteur ; c’était même avec une seule interruption du courant faite brusquement qu’on obtenait leur maximum de longueur. Je publiai ces résultats dans la première édition de ma Notice sur l'appareil de Ruhmkorff, et bientôt je reçus de M. Ryke une lettre dans laquelle il me parlait d’un appareil d’induction qu’il venait de faire construire et dans lequel il avait cherché, au contraire, à multiplier les interruptions du courant inducteur pour allonger les étincelles du courant induit. Je lui ré-
- pondis en lui envoyant les résultats de mes expériences, et je reçus bientôt de lui la lettre suivante :
- « Toutes les expériences rapportées dans la note que je vous ai envoyée, ont été faites avec un petit, appareil sans condensateur. Depuis, j’ai répété ces expériences avec un appareil grand modèle qu’un de mes amis a eu la bonté de me prêter ; j’ai obtenu avec cet appareil, en employant un courant inducteur produit par deux éléments Daniell, les résultats suivants :
- « i° Sans condensateur, avec le rhéotome de Ruhmkorff, les étincelles avaient une longueur de
- 6mm,og.
- « 2° Sans condensateur, avec mon rhéotome vibrant à grande vitesse, ces étincelles avaient iomm,og,
- « En employant un condensateur, toute différence entre le mode d’agir des deux rhéotomes disparaissait, chaque interrupteur donnait des étincelles longues de i2mm,oS.
- « J’ai essayé ensuite, afin de lever les doutes que vous avez exprimés, si mon rhéotome offrait encore les mêmes avantages lorsque le courant était produit par un élément de Bunsen. J’ai obtenu :
- « i° Avec le petit appareil sans condensateur, en me servant du rhéotome de Ruhmkorff, des étincelles de 4mm,3i de longueur.
- « 20 Avec le même appareil, en me servant de mon rhéotome, des étincelles de 5mm,82.
- « Vous voyez, monsieur, que vous m’avez fait découvrir, ce dont je vous suis très reconnaissant, une différence spécifique entre la façon d'agir de deux courants. Je tâcherai plus tard d’en découvrir la cause.
- « Dans toutes mes expériences, les appareils étaient disposés de façon que la force électro-magnétique, soit du noyau de fer de la bobine, soit du petit électro-aimant de mon interrupteur, fût à peine suffisante pour faire fonctionner les leviers des rhéotomes.
- « Quant à la question théoriqueje vous avouerai, monsieur, que mes convictions ne sont pas encore ébranlées. Si la force électro-motrice ou la tension
- électrique n’est pas proportionnelle à , il en résulterait, non seulement que tous les travaux analytiques des géomètres allemands reposaient sur une erreur, mais on aurait encore bien de la peine à expliquer les expériences de Weber et de tant d’autres. Par exemple, lorsqu’on fait réagir un courant sur l’aiguille aimantée d’un multiplicateur, on obtient toujours la même déviation, de quelque façon que la rupture du courant inducteur ait lieu, soit qu’elle se fasse lentement ou rapidement (toujours entre certaines limites, cela s’entend). Or l’action exercée sur l’aiguille est représentée par
- p aedt
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- a étant une constante dépendant du nombre de spires et de leur position;
- R la résistance du circuit que le courant induit parcourt;
- t le temps employé par le courant inducteur pour passer de I à o. e la force électro-motrice.
- « On comprend que cette intégrale puisse être constante, lorsque e est proportionnel à yy, mais
- j’avoue ne pas voir comment les choses pourraient avoir lieu, si c’était en raison inverse de la même quantité. »
- Il est certain que si le temps nécessité par l’aimantation du fer n’était pas considérable relativement à la durée des courants induits, les choses devraient se passer comme M. Ryke l’indique ; mais l’expérience a toujours démontré chez nous que les interruptions lentes-étaient préférables au point de vue de la longueur des étincelles, et, bien que M. Foucault, en i858, ait donné suite aux idées de M. Ryke en combinant un interrupteur à mercure, à double effet, qui doublait le nombre des fermetures et interruptions du courant inducteur produites par son interrupteur simple, on a reconnu que ce système était désavantageux au point de vue de la longueur des étincelles, le seul objectif que l’on avait alors en vue. En revanche, ces étincelles étaient plus intenses sous le rapport de la quantité d’électricité mise en circulation. Aussi en est-on resté aux interrupteurs simples.
- Ces effets montrent que quelque exactes que puissent être les lois des effets électriques ou magnétiques, elles peuvent se trouver en défaut, lorsqu’une cause secondaire dont on n’a pas tenu compte intervient; mais il ne faut pas en conclure pour cela, comme certaines personnes le font, qu’elles ne sont pas exactes. Les lois des courants électriques et des électro-aimants sont dans le même cas.
- Tn. du Moncel.
- A PROPOS
- DES
- CYCLONES D’AMÉRIQUE
- Nous recevons de M. Faye la communication suivante qui se rapporte à notre article sur les cyclones, inséré dans le numéro du 5 août de La Lumière électrique, et qui peut éclairer considérablement cette question si intéressante.
- « Mon cher confrère,
- « Dans votre intéressant article sur les épouvantables tourbillons qui viennent de ravager certaines
- parties des Etats-Unis, vous avez bien voulu faire allusion à mes travaux sur ce sujet et dire que la science de l’électricité y est intéressée. En effet, les. électriciens ne sauraient être indifférents à ces phénomènes des trombes, tornados, cyclones, car c’est là l’atelier où s’élaborent les plus grandes, les plus redoutables manifestations électriques de la nature. On n’a réellement compris les phénomènes des orages qu’à la lumière de cette théorie des mouvements gyratoives. Pour la grêle, par exemple, on en était resté à l’explication de Volta qui l’avait assimilée à la danse des pantins électriques. Et ces boules de feu dont vous signalez l’apparition, à plusieurs reprises, dans les dernières tourmentes des Etats-Unis, ne sont autre chose que des espèces d’accumulateurs d’électicité statique et explosive, fabriqués par les trombes qui les laissent tomber sur le sol, lorsque leur pointe reste en l’air, comme cela est arrivé mainte fois dans les phénomènes que vous avez décrits.
- « Permettez-moi, si vous m’accordez un instant la parole pour rappeler sommairement cette théorie à vos lecteurs, de reproduire ici quelques passages qu’un savant italien a placés en tête d’un volume où il a exposé les lois des tempêtes d’après mes idées (*).
- « La théorie des tempêtes est basée sur cette idée que des gyrations régulières et persistantes peuvent se produire sous toutes les dimensions. Les vastes cyclones qui recouvrent des contrées entières et les trombes qui ravagent une bande de terrain de quelques mètres de largeur, sont un seul et même phénomène, de même que, dans les eaux, l’immense tourbillon du Maëlstrom et les petits tourbillons de quelques centimètres de nos ruisseaux ; de même que sur le soleil, les pores noirs qui sont de simples trombes étroites et à peine visibles, et les taches qui sont des cyclones dans lesquels la Terre tout entière pourrait se trouver à l’aise; c’est, dis-je, partout le.même phénomène auquel j’applique la définition suivante :
- « Spires circulaires descendantes, à axe vertical, à diamètre progressivement rétréci à mesure qu'elles descendent ; se propageant indéfiniment de haut en bas dans l'atmosphère jusqu'à ce qu'elles rencontrent l'obstacle du sol, terre ou mer; dépensant alors sur cet obstacle toute la force vive recueillie en haut dans un va'ste entonnoir et concentrée en bas sur un espace beaucoup moindre.
- « L’origine de ces gyrations, petites ou grandes, se trouve en haut dans les courants supérieurs de l’atmosphère. Ils y naissent, comme les tourbillons de même forme dans nos rivières, de la simple différence des vitesses de filets contigus qui constituent le courant. Il n’est pas besoin pour les pro-
- (') Le Leggi delle Tempeste(secondo la Teoria di Faye) per DiamiUa Muller, 1881, Paravia e O, Torino-Roma.
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- duire, du conflit de deux courants opposés comme l’action des doigts qui fait tourner un toton. Considérez en effet un fleuve (fig. i) dans lequel la vitesse du courant varie d’un bord à l’autre. Si vous appliquez à chaque molécule d’eau une vitesse égale et contraire à la vitesse moyenne M, vous annulez la translation générale, mais il restera une tendance gyratoire des mieux caractérisées comme dans la fig. 2.
- « Si cette gyration parvient à s’établir, elle s’ac-
- FIG. I
- célérera forcément vers le centre et formera un tourbillon conique descendant (fig.'3) dont la pointe sera en bas. Restituez alors à chaque molécule d’eau la vitesse moyenne que vous avez détruite tout à l’heure, et vous verrez le tourbillon suivre le courant avec cette vitesse moyenne M. Son effet mécanique, comme l’a si bien dit Venturi, célèbre hydraulicien, consiste à absorber toutes les inégalités de vitesse d’un courant, à les faire converger en bas, sur le lit du fleuve pour l’affouiller, et à régulariser son cours tout en réduisant sa* vitesse.
- FIG. 2
- « Les météorologistes n’ont pas connaissance de ces choses qui sont bien familières aux bateliers, aux nageurs et surtout aux ingénieurs qui s’occupent du régime variable des eaux courantes ; aussi n’ont-ils pas su interpréter les phénomènes analogues, je dirai presque identiques, qui se produisent dans les grands fleuves de l’atmosphère.
- Aucune autre théorie ne pourrait rendre compte, en effet, du double phénomène que les trombes, tornados ou cyclones présentent invariablement, à savoir une gyration violente avec une translation rapide dans le sens du courant d’air supérieur. Ils ont cru longtemps, beaucoup croient encore," que les trombes sont ascendantes et pompent l’eau de
- la mer ! Avec cette idée préconçue tout devient inexplicable, impossible.
- Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’après avoir comparé cette théorie à tous les phénomènes dont j’ai reçu la description (*), je n’ai rien eu à changer à l’idée mère que je viens de rapporter. Une seule chose pourtant me ferait désirer d’y revenir ; il s’agit du rôle des mouvements gyratoires dans les orages. J’ai pensé que l’électricité des orages provient en - totalité des régions supérieures où la tension négative va toujours croissant à mesure qu’on s’élève, là où débouche l’orifice supérieur des mouvements tournants. Cet air, entraîné en bas avec les cirrhus glacés dont il est chargé, amène son électricité avec lui. Mais là pourrait bien n’être pas tout l’approvisionnement des énormes quantités de fluide qui sont en jeu dans le phénomène. M.. Fizeau a fait remarquer que certaines machines électriques du genre Holtz développent des quantités indéfinies d’électricité, au moyen d’une première charge très faible, par l’influence d’une rotation rapide. Il
- Lit du fleuve
- fig. 3
- pourrait bien en être ainsi dans les orages, car on y trouve constamment ces deux facteurs : une première charge venue d’en haut et un mouvement de gyration énergique. Cette idée me semble confirmée par les boules de feu qui s’échappent parfois de l’extrémité des trombes, quand celles-ci se promènent sans toucher terre, lors même que leur pointe reste cachée dans les nuages bas.
- « Maintenant, mon cher confrère, comparez ma coupe théorique d’un tourbillon avec les figures des trombes que vous avez données dans le dernier numéro de La Lumière Electrique, d’après votre correspondant des Etats-Unis, et prononcez. L’entonnoir supérieur, caché par les nuages, est encore bien plus vaste dans la réalité. Imaginez que la force vive des courants supérieurs s’engouffre dans cet entonnoir et vienne se concentrer à la pointe sur une surface relativement très petite, et vous comprendrez les effets prodigieux qu’on vous a rapportés. L’air animé d’une prodi-
- (1) Et en particulier à tous les tornados des Etats-Unis, jusqu’en ces dernières années.
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- gieuse vitesse de gyration viendra frapper le sol peu obliquement, à la manière d’une faux gigantesque, démolira des maisons, brisera les arbres, lancera des poutres dans tous les sens, soulèvera des locomotives, pratiquera en quelques minutes une- longue allée de 2. ou 3oo mètres de large au milieu d’une épaisse forêt, etc. Si la force de gyration vient à faiblir en haut, le tourbillon cessera d’appuyer sur le sol; son extrémité paraîtra se soulever et voyager dans l’air à une certaine hauteur; mais si cette force augmente, il redescendra et recommencera ses ravages. Ce qu’il y a de plus frappant, c’est que cet outil gigantesque dont le manche et le moteur sont en haut, marche à grande vitesse. S’agit-il d’une maison, il la renverse ou lui enlève son toit en moins de temps qu’il n’en faudrait pour aller d’un bout à l’autre. La vitesse que vous avez donnée, 45 milles à l’heure, ou 72 kilomètres, est celle d’un train express.
- « Quant à la direction de ce mouvement 'de translation, de l’ouest à l’est à peu près, c’est aussi celle des cyclones qui nous viennent d’Amérique. Vous savez qu’ils ne suivent jamais d’autre route et que jamais tempête venant d’Europe n’a été frapper les Etats-Unis. Vous avez donc bien raison de considérer nos bourrasques de ce triste été comme le contre coup de celles qui viennent de sévir si cruellement aux Etats-Unis ; seulement il leur a fallu traverser l’Atlantique pour venir à nous. Rien de plus étonnant dans la nature que de voir ces grandioses phénomènes voyager ainsi, presque sans se déformer, par dessus les continents et les mers, d’après des lois aussi sûres et aussi constantes que celles qui régissent les mouvements des astres.
- « Agréez, mort cher confrère, l’assurance de mes sentiments les plus dévoués.
- « H. Faye. »
- L’ÉCLAIRAGE
- DU
- COMPTOIR D’ESCOMPTE
- Depuis l’invention do Yolta jusqu’à ces dix dernières années la pile fut considérée comme la source d’électricité par excellence et tous les efforts des inventeurs furent employés à chercher une pile économique et constante. Il en est résulté un nombre considérable de modèles, presque tous semblables comme principe, ne différant guère que par la forme ou le choix de la substance dépolari -.ante et dont bien peu ont réalisé les espérances de leurs inventeurs.
- Parmi les plus intéressants de ces appareils,
- sont les piles à bichromate de potasse qui sont restées d’un usage courant et dont nous voyons les différentes formes journellement réinventées par des chercheurs peu au courant des antériorités.
- C’est Poggendorffqui le premier, en 1842, substitua à l’acide nitrique de la pile Bunsen une solution de bichromate de potasse additionnée d’acide sulfurique, et qui, ensuite, supprimant le vase poreux, en fit une pile à un seul liquide. Dans son mémoire, Poggendorff reconnaît les défauts de sa pile et indique même les moyens de les corriger ; mais soit par manque de confiance, soit pour d’autres raisons il n’essaya pas de les réaliser.
- En i856, M. Grenet reprit la pile à bichromate et lui donna la forme encore en usage et connue sous le nom de pile bouteille. Cette pile présente une faible résistance intérieure et une force électro-motrice supérieure au Bunsen ; malheureusement son énergie décroît très rapidement et on ne peut guère 1’employer que pour des effets de peu de durée. Ainsi que l’avait dit Poggendorff, l’affaiblissement du courant provient non pas d’un effet de polarisation proprement dit, mais d’abord d’une altération rapide du liquide et surtout d’un dépôt d’oxyde de chrome qui se forme sur l’électrode positive.
- M. Grenet fit disparaître ces deux défauts, en renouvelant le liquide d’une façon lente, mais continue, et en faisant arriver au fond de la pile, un courant d’air qui par l’agitation produite détachait l’oxyde de chrome.
- La pile ainsi modifiée fut employée en i858, par le docteur Broca pour des opérations chirurgicales et, en 18.69, M* Grenet expérimentait aux Tuileries une pile montée sur un chariot et destinée à l’éclairage dans les opérations militaires.
- C’est cette même pile modifiée dans ses détails et construite d’une façon industrielle par MM. Grenet et Jarriant que nous retrouvons aujourd’hui installée au Comptoir d’Escompte, pour l’éclairage de ce vaste établissement.
- Il paraîtra, sans doute, étrange qu’à notre époque où les machines électriques sont si nombreuses et si perfectionnées on ait. cru devoir revenir à la pile pour une application si importante; mais les conditions imposées compliquaient beaucoup le problème et 11e permettaient qu’un petit nombre de solutions.
- En effet, un éclairage par les machines aurait exigé un moteur d’une centaine de chevaux, environ, et comme la disposition des bâtiments peut exiger à toute heure de la journée l’allumage d’un nombre plus ou moins grand de foyers, suivant la pureté du ciel, il eût fallu que le moteur fût toujours en marche, et le plus souvent inutilement. - C’était déjà là un inconvénient grave, mais que l’on aurait peut-être pu tourner si la machine à vapeur n’avait pas été proscrite comme dangereuse;
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- Il ne restait donc comme solution possible, à défaut de distribution électrique, que l’emploi des accumulateurs ou des piles.
- Les accumulateurs n’ayant probablement pas inspiré une confiance suffisante, peut-être à cause même des trop nombreuses merveilles qu’on leur fait promettre, c’est à l’emploi de la pile que l’on s’est arrêté.
- Dans ces conditions spéciales, la pile Grenet nous semble mériter le choix qui en a été fait, car c’est, à notre avis, la pile la plus industrielle qué nous connaissions.
- L’élément de pile de MM. Jarriant et Grenet se compose d’un vase V en ébonite de forme rectangulaire portant soudé à son fond un tube D (fig. i) qui s’élève jusqu’à deux centimètres du bord supériéur' du vase et qui sert de trop-plein. Sur les quatre faces de ce vase sont placées quatre lames de charbon C formant l’électrode positive ët qui sont encastrées par leurs extrémités supérieures dans une armature de plomb R s’appuyant sur les bords du vase; c’est donc cette armature qui constitue le pôle positif. L’électrode négative est formée par de petits cylindres de zinc reposant par leur partie inférieure dans une petite capsule K contenant du mercure et maintenus à l’extrémité supérieure par un caoutchouc autour d’une tige métallique t qui porte la capsule et qui est le pôle négatif de la pile. Le renouvellement du liquide se fait par un tube s, et l’air destiné à produire l’agitation arrive par deux autres tubes m et n qui plongent jusqu’au fond du vase.
- Dans cette pile, le zinc étant attaqué même quand le circuit est ouvert, il est important de pouvoir le séparer du liquide lorsque la pile ne fonctionne pas ; il suffit alors de soulever la tige t:
- Dàns l’installation du Comptoir d’Escompte, les éléments sont groupés par batteries de 48 en tension.
- Pour cela les éléments sont placés sur deux rangs et toutes les tiges t, portant les zincs, sont fixées à une traverse horizontale qui permet de les enlever ou descendre tous à la fois dans le liquide excitateur. De plus, pour maintenir permanente la liaison des éléments entre eux, à l’extrémité de de chaque tige t est fixée une autre tige t' qui vient plonger dans un tube r fixé à l’armature de plomb de l’élément voisin, et comme ce tube est rempli de mercure, la liaison subsiste que les zincs soient élevés ou abaissés. La manœuvre se fait à l’aide d’un système d’engrenages et de contrepoids qui rendent l’opération facile.
- L’air comprimé fourni par un petit moteur à gaz arrive par un tube N qui est en communication avec les tubes m et n de chaque élément. Enfin le-liquide excitateur partant d’un réservoir supérieur coule d’abord dans une auge à compartiments A,
- mobile autour d’un axe et qui lorsqu’elle a reçu une certaine quantité de liquide bascule et se vide dans une série d’entonnoirs B auxquels aboutissent les tubes S. Le liquide qui.a déjà servi s’écoule par le trop plein D dans une cuve inférieure E d’où il est refoulé par une pompe, dans le réservoir supérieur.
- Le point capital pour le bon fonctionnement de cette pile, c’est de bien réaliser certaines relations qui doivent exister entre le renouvèllement du liquide, l’insufflation d’air et le travail à produire.
- Lorsque ces conditions sont bien remplies, chaque batterie a une force électro-motrice de 82 volts et l’intensité du courant sur court circuit est de 24 ampères.
- Au Comptoir d’Escompte, MM. Jarriant et Grenet ont substitué au bichromate de potasse, le bichromate de soude qui peut s’obtenir à meilleur marché, et ils emploient une solution formée de x partie de bichromate, 3 parties d’acide sulfurique et 10 parties d’eau.
- Lorsque ce liquide est neuf, le renouvellement se fait à raison de 20 litres à l’heuré; au second passage dans les éléments, xTest porté à’3o litres, puis à 40 litres pour le troisième et enfin à 60 ou 80 litres pour le quatrième passage, après lequel il est hors d’usage.
- L’installation du Comptoir d’Escompte, lorsqu’elle sera complète, comprendra 60 batteries de quarante huit éléments qui alimenteront chacune un foyer à arc ou un groupe de 8 à 10 lampes Swan. Toutes ces batteries sont placées dans lès combles de l’édifice, et la figure 3 montre une des deux salles de cette véritable usine électrique.
- Pour la distribution des courants, toutes les bat-ries ont un fil commun qui .circule dans toutes les parties à éclairer, et le second pôle; de chaque bat-rie vient aboutir à un commutateur suisse d’où partent les fils qui complètent le circuit de chaque brûleur ou groupe de brûleurs. Cette disposition permet donc d’alimenter chacun des circuits avec une quelconque des batteries, et rend toutes les combinaisons possibles.
- Il suffit pour allumer un foyer de descendre les zincs d’une batterie, d’ouvrir les robinets de liquide et d’air et enfin de placer la fiche convenable sur le commutateur ; pour l’extinction on fait les opérations inverses. Et comme au-dessus du commutateur se trouve un tableau indicateur à l’aide duquel chaque bureau peut demander l’allumage ou l’extinction de son foyer; toutes les manœuvres se font en temps voulu, sans confusion et sans dépense inutile.
- L’ensemble de l’éclairage sera fait par 5o régulateurs Siemens et Gravier et par 100 lampes Swan, distribués dans les différentes parties de l’édifice. Dans les bureaux, les lampes à arc sont cachées aux employés et l’éclairage se fait par ré-
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- GRANDE SALLE DU COMPTOIR D’ESCOMPTE ÉCLAIRÉE PAR L*É LECTRIC 1TÉ
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- flexion sur le plafond, dans les meilleures conditions de régularité et de douceur.
- Dans le Hall qui est la partie capitale de l’œuvre de M. Corroyer, l’architecte du monument, l’éclairage est particulièrement réussi. Pendant le|jour, la lumière arrive dans cette belle salle pai un immense plafond formé par des vitraux en’’glace
- FIG. I
- coulée, et on a eu l’heureuse idée de produire le même effet pendant la nuit. Pour cela au-dessus du plafond vitré on a disposé 16 régulateurs Siemens dont la lumière rabattue par de vastes abat-jour et tamisée par le vitrage, produit l’effet du plein jour dans la salle. Cet effet est d’ailleurs complété par 4 pendulums Siemens placés dans des œils-de-bœuf aux angles de la salle et par les lampes des bureaux adjacents dont la lumière arrive par les grandes baies qui ouvrent dans le Hall.
- Si l’on considère cette installation au point de vue du résultat obtenu et en tenant compte des conditions imposées, on trouve qu’elle est bien étudiée et laisse peu de chose à désirer.
- Mais si l’on cherche un résultat économique, nous ne croyons pas que l’on puisse le trouver dans l’emploi d’une pile, qui consomme du zinc et du bichromate, substances d’un prix relativement élevé.
- MM. Jarriant et Grenet pensent à la vérité pouvoir régénérer tous les produits épuisés de la pile,
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- salle des piles au comptoir d’escompte
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- de sorte que, suivant eux, la seule dépense réelle serait le charbon employé pour cette régénération.
- Voici, d’après ces messieurs auxquels nous en laissons toute ht responsabilité, le procédé simple et économique de revivification qu’ils emploient.
- Les liquides provenant des piles contiennent du sulfate de sesquioxyde de chrome, du sulfate de zinc et du sulfate de potasse ou de soude suivant que l’on a employé comme liquide excitateur une dissolution de l’une ou de l’autre de ces bases.
- La régénération s’obtient de la manière suivante :
- i° Saturation de l’excès d’acide sulfurique par le carbonate de chaux, cette opération donne pour résultat, un précipité de sulfate de chaux, d’oxyde de chrom.e et de carbonate de zinc (trois substances complètement insolubles). La liqueur qui surnage contient le sulfate alcalin.
- 2° Décantation du sulfate alcalin, concentration et cristallisation dudit sel.
- 3° Séparation du carbonate de zinc de l’oxide de chrome et du sulfate de chaux par une certaine quantité d’acide sulfuri'que étendu, exactement calculé pour transformer le carbonate de zinc en sulfate de zinc. La liqueur qui surnage contient alors le sulfate de zinc que l’on concentre après décantation pour le faire enfin cristalliser.
- 4° Dessiccation, pulvérisation et mélange du sulfate de chaux et oxyde de chrome avec de la chaux vive et du carbonate alcalin.
- 5° Calcination du mélange ci-dessus, sur la sole d’un four à réverbère et extraction du chromate neutre par les procédés connus.
- Nous avouons que nous ne croyons pas ces opérations aussi simples que le pensent MM. Jar-riant et Grenet. Nous sommes au contraire persuadé, qu’en outre d’une consommation de charbon bien supérieure à celle qui eût été nécessaire pour actionner des machines électriques, le prix de revient sera notablement augmenté par la main-d’œuvre et le transport des produits.
- A.-H. Noaillon.
- LA TÉLÉGRAPHIE
- SES PROGRÈS RÉCENTS MANIFESTÉS A L’EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- Quatorzième article (Voir les numéros des i3, 20 et 27 mai, des 3, 10, 17, 24 juin et des i5, 22, 29 juillet, des 5, 12 et ig août 1882.)
- [h] Appareils multiples reposant sur la division du temps.
- C’est en janvier 1860, dans les Annales télégraphiques, que le principe de ce genre de transmission fut posé pour la première fois par M. Rou-vier. Ce principe est le suivant :
- La durée nécessaire à la manipulation des signaux est de beaucoup supérieure à celle qui est indispensable à leur reproduction par le passage des courants, il faut.donc utiliser dans une certaine mesure les intervalles pendant lesquels la ligne reste inoccupée dans une transmission, en la faisant servir à d’autres transmissions. M. Rouvier ne se contentait pas d’exposer ce principe, il donnait un appareil théorique.
- Le premier appareil pratique fut réalisé par M. Meyer, de l’administration des télégraphes de France. M. Meyer intercale les lettres d’autres transmissions entre les lettres de la transmission primitive. On réserve à la transmission de chaque lettre pour chaque appareil un temps correspondant à la lettre la plus longue de l’alphabet Morse, et entre deux lettres consécutives d’un même transmetteur il y a ainsi un intervalle égal (n—1) fois le précédent, s’il y a n transmetteur^; 'ce temps qui n’est pas employé à la transmission sert alors à l’agent qui transmet à préparer les signaux.
- L’appareil Meyer est connu partout, et il est inutile de le décrire.
- On sait que le manipulateur est un clavier composé de 8 touches. Les courants émis sont récoltés au départ, puis recueillis et triés à l’arrivée au moyen de 2 distributeurs dont les frotteurs tournent synchroniquement dans les deux postes. Le mécanisme imprimeur repose sur le même principe que l’appareil autographique Meyer. Pour un quadruple, par exemple, c’est un cylindre d’une longueur de 20 centimètres environ sur la surface du-, quel est taillée en saillie une hélice d’un pas égal à la longueur du cylindre. On a divisé le cylindre en de petits cylindres portant chacun 1/4 d’hélice. Puis ces 4 parties ont été transportées parallèlement à elles-mêmes le long d’un axe commun, de façon qu’elles conservent leur position relative, c’est-à-dire que chaque quart d’hélice se .projette successivement suivant un quart de cercle, projection de l’hélice entière sur un plan perpendiculaire à l’axe. Si alors on fait tourner l’axe, si l’hélice est imprégnée d’encre et que 4 bandes de papier se déroulant très lentement soient appuyées contre les 4 petits cylindres, dans une révolution de l’axe, tous les points des 4 quarts d’hélice viendront successivement en contact avec une des bandes de papier, et y traceront un trait prolongé ; qu’on suppose alors les bandes de papier approchées ou éloignées suivant la cadence des signaux Morse, et l’on comprend que ces signaux se reproduiront sur les bandes, par lignes horizontales.
- Cet appareil, sous la forme quadruple ou sextuple, était, en 1878, employé sur plusieurs lignes tant en France qu’à l’étranger pour la correspondance entre deux villes. Depuis cette époque, il a été utilisé pour la correspondance entre plusieurs villes par le même fil. Depuis le i5 avril 1880,
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- 3 appareils Meyer disposés à cet effet par M. Vil-lot, du bureau central de Paris, desservent dans les meilleures conditions la ligne Paris-Caen-Cherbourg par un seul fil.
- Un certain' nombre de modifications ont dû être apportés à l’appareil intermédiaire de Caen pour arriver à ce résultat : les 4 secteurs du distributeur ont été séparés. A chaque clavier on a ajouté un commutateur bavarois à 2 directions, l’une allant au récepteur de Caen, l’autre permettant, par l’intermédiaire d’un relais, de faire passer les courants sur la ligne de Cherbourg; un simple changement . de fiches permet ainsi de permuter les claviers desservant telle ou telle de ces villes.
- Le système correcteur n’existe que dans les 2 postes extrêmes; à chaque tour, le poste intermédiaire envoie simultanément aux 2 postes ex-
- HUGHES PERFECTER AVEC DISTRIBUTEUR RELEVÉ
- trêmes une émission de courants pris dans les 2 piles qui desservent respectivement ces 2 postes; cette double émission simultanée corrige et maintient le synchronisme entre les 3 appareils.
- Grâce à ces ingénieuses modifications et à ces additions peu importantes, l’appareil Meyer est appelé à rendre de nouveaux et précieux services.
- Cette nouvelle manière d’utiliser la transmission multiple n’a pas dû être étrangère à la production de 2 appareils qui ont fait leur apparition à l’Exposition internationale d’électricité. M. Meyer a donné une forme nouvelle à son appareil : il l’appelle Système à récepteurs indépendants et uniformes, et M. Villot exposait de son côté le modèle non encore complètement terminé d’un multiple à récepteurs indépendants, donnant des signaux Morse dans le sens de la bande.
- — Le premier pas dans cette nouvelle voie avait été fait avant 1878 par M. Granfeld, commissaire à l’administration des lignes télégraphiques de
- l’empire d’Autriche; mais son appareil n’avait pas été exposé en 1878 et il paraissait cette année pour la première fois dans une exposition : M. Granfeld nomme son appareil un Hughes perfecter que nous représentons fig, 1 et 2 ci-dessous.
- Un distributeur envoie les courants reçus, successivement dans 4 récepteurs mécaniquement indépendants, et dans lesquels l’impression se fait au moyen d’une hélice système Meyer.
- L’appareil de distribution est un appareil Hughes. Sur l’axe de la roue des types, on place une aiguille à 4 frotteurs qui parcourent les 4 couronnes concentriques d’un distributeur, système Meyer; la iro et la 20 couronne servent aux signaux de correspondance et à la correction ; 3 lamelles sont réservées à cet usage. La correction se fait au moyen d’un courant envoyé à chaque tour dans les bobines de l’électro-aimant de l’appareil; la cause de correction a ainsi à chaque tour son action sur la roue correctrice et maintient le synchronisme.
- HUGHES PERFECTER AVEC DISTRIBUTEUR EN PLACE
- Les couronnes 3 et 4 servent à fermer en temps opportun un circuit qui permet successivement aux 4 récepteurs de fonctionner.
- Cette modification à l’appareil Hughes est introduite ou enlevée avec la plus grande facilité.
- Le nouvel appareil de M. Meyer n’est plus cet ensemble de 4 récepteurs, par exemple, rattachés tous à un moteur commun par l’intermédiaire d’un grand axe tournant synchroniquement avec celui de la station correspondante. L’appareil était encombrant, donnait lieu à des difficultés de fonctionnement et enfin devenait très dispendieux quand on l’utilisait pour desservir plusieurs villes par un même fil.
- Dans sa forme nouvelle, l’appareil multiple de M. Meyer présente un groupe de plusieurs petits récepteurs séparés les uns des autres et reliés électriquement à un moteur central indépendant.
- Nous donnerons, dans le prochain article, la description de ce moteur et des autres organes qui complètent le système.
- {A suivre.) E. de T.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ QUELQUES APPAREILS
- [DE LA SECTION ALLEMANDE
- Les appareils dont nous allons parler faisaient partie de l’exposition de MM.
- Siemens.
- Le premier (fig. i) est la machine magnéto-électrique d’un des indicateurs de niveaux d’eau de MM. Siemens.
- Le principe de cet appareil a déjà été décrit dans le n° du 29 octobre 1881 et le principe de sa construction a été représenté dans la figure 1 de ce n°. La présente figure en montre les détails. On voit à gauche la roue à fortes dents sur laquelle s’enroule la chaîne du flotteur et qui, par l’intermédiaire d’un engrenage, tend le ressort d’un barillet, en faisant tourner suivant le sens de sa rotation, soit la boîte du barillet, soit son axe. La gravure indique également la bobine en fer à double T dont le fil est relié par un de ses bouts au sol, et la piècemobile qui, au moment où le relâchement du barillet fait tourner l’armature, vient toucher un contact inférieur ou supérieur, selon le sens du mouvement et envoie ainsi le courant dans l’un ou l’autre des fils de ligne.
- L’appareil que représente la fig. 2 est une disposition assez ramassée contenant en même temps un transmetteur et un récepteur télégraphiques. Ce
- système est destiné à être employé surtout comme télégraphe de Bourse pour l’envoi des cours. Le tout est renfermé dans une boîte à porte vitrée occupant un espace restreint. Dans la partie inférieure de la boîte se trouve un transmetteur électro-magnétique, dit transmetteur automatique, et la partie supérieure est occupée par un récepteur imprimeur du système Siemens.
- L’appareil n’ayant pour l’application à laquelle il est destiné, qu’à transmettre des chiffres a pu être bien simplifié et c’est ce qui a permis de îe réduire à des dimensions relativement petites.
- Le télégraphe que représente la fig. 3 a été également déjà signalé dans le journal, dans le n° du 24 décembre 1881, p. 416. C’est un instrument pouvant servir à la fois de contrôleur de rondes et d’avertisseur d’incendies.
- L’appareil récepteur est une sorte de télégraphe Morse dans lequel une pointe perce des trous dans la bande qui se déroule sans cesse sous l’iii-fluence d’un ni ouvement d’horlogerie. Ces trous correspondent en nombre au numéro d’ordre du poste où est placé un transmetteur automatique, et si le veilleur parcourt une série de postes dans l’ordre croissant de leurs numéros, l’aiguille percera pour chaque poste un trou de plus, de sorte que l’inspection seule de la bande permettra de constater la régularité des rondes.
- Dans le cas d’appel d’incendie, appel qui se fait
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- en agissant sur le transmetteur d’une façon spéciale, les mêmes effets se produisent, mais en outre une sonnerie est mise en activité.
- On comprend toute l’importance qu’il y a à réunir un avertisseur d’incendie à un appareil qui fonc-
- FIG. 3-
- tionne tous les jours, car on évite ainsi que les pièces ne s’encrassent et ne soient plus en état de fonctionner au moment voulu.
- Nelius.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Eclairs diffus à la surface du sol.
- Dans le numéro du 2.3 avril 1881 de La Lumière Electrique, nous avons rapporté quelques, observations de M. Trécul, sur certaines lueurs qu’il avait remarquées à travers des rues au milieu de certains orages, et qui selon lui devaient constituer un nouveau genre d’éclairs, jusque là passé inaperçu. Plusieurs physiciens ayant prétendu quç ces éclairs étaient le résultat d’une illusion, M. Trécul ne s’en occupa plus depuis lors, et voilà que nous trouvons dans le numéro du 3i juillet des
- Comptes rendus, une observation de M. J. Rousseau qui constate un effet du même genre!... Voici, en effet, ce que nous y lisons p. 262 :
- « Dans la nuit du 20 au 21 juillet, entre 2 h. et 2 h. 3o du matin, j’étais à observer avec une lunette de 75 et un grossissement de 60 fois, quand il me sembla que par instants ma vision manquait de netteté. Surpris du fait, je me mis à regarder l’aspect du ciel ; il était totalement pur, sans un seul nuage. Bientôt je remarquai que des nappes lumineuses, semblables à des éclairs diffus remplissaient, par instant, la surface du ciel. Tandis que je contemplais ce spectacle, je vis avec étonnement que des éclairs diffus de même nature se produisaient à une faible distance du sol, au-dessous de moi, à 6 mètres ou 7 mètres de terre.
- « Pendant un quart d’heure j’ai observé ce phénomène qui n’a cessé de paraître très souvent pendant ce laps de temps. »
- Dans un de nos articles sur la foudre, publié dans le numéro du 25 mars 1882, p. 266, nous avions rapporté ce genre de phénomène à l’interposition dans l’air de conducteurs secondaires aériformes qui, se trouvant alors assez continus, pouvaient écouler silencieusement une forte charge électrique, mais qui, en raison de leur insuffisance de conductibilité, pouvaient se trouver illuminés en la conduisant comme dans l’oeuf électrique. Il est vrai que dans le cas actuel, le ciel était serein, mais il pouvait exister alors dans l’atmosphère une forte tension électrique qui, en • fournissant une décharge à la terre, à travers ce conducteur aériforme, aurait pu déterminer une lueur. D’après les observations de M. Mascart, la tension de l’électricité atmosphérique est beaucoup plus considérable qu’on ne le croit ordinairement, surtout dans certaines conditions de conformation du sol. Ceci est, bien entendu, une simple hypothèse, mais l’analogie des lueurs observées par MM. Trécul et Rousseau pourrait lui donner quelque créance.
- Photomètre à dispersion simplifié, de MM. Perry et Ayrton (').
- Cet appareil est fondé sur le principe de Rum-ford, d’après lequel les intensités de deux lumières sont en raison inverse des distances auxquelles il faut les placer d’un objet opaque, pour que les deux ombres de cet objet soient égales.
- Dans l’appareil de MM. Ayrton et Perry, le corps opaque est une lige placée en A, vis-à-vis d’un papier blanc B, la lumière type, le candie, est en D, mobile sur la règle graduée J; la lumière électrique est réfléchie par le miroir H, sur la lentille concave C, qui la disperse, ou l’étend, de manière à réduire son intensité dans une proportion connue, suffi-
- (’) Philosophical Magazine, juillet 1882.
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- santé pour pouvoir la comparer au candie, sans être obligé de la transporter à une grande distance (').
- Le miroir H fait un angle de 45° avec son axe de rotation, perpendiculaire au disque G, et avec l’axe de la lentille c; il en résulte que tous les rayons réfléchis par le miroir, et passant par le centre de la lentille, ont le même angle d’incidence, 45°, et subissent la même absorption, quelle que soit la position de la lumière par rapport au miroir : de plus, la valeur spéciale de cet angle, 45°, fait que l’angle dont il faut tourner le disque gradué G, pour réfléchir en C un faisceau de lumière d’abord horizontal puis incliné, donne immédiatement cette inclinaison.
- L’ensemble de l’appareil peut tourner autour de l’axe F, de manière à amener facilement le faisceau,
- réfléchi par le miroir et réfracté par la lentille, à se projeter sur le milieu du papier.
- L’expérience a démontré qu’il y a de 3o à 3q % de la lumière incidente à 45° 7/ absorbée, suivant qu’elle est rouge ou verte (’2) de sorte qu’il suffit,
- (’) Si on appelle
- f la distance focale de la lentille C,
- s la distance (horizontale) de la lumière électrique au miroir H,
- .s-' la distance du miroir H à l’écran,
- 0 l’angle d’élévation de la lumière électrique, ou l’inclinaison de son faisceau vers le miroir,
- D la quantité D = 0' -f- 3 sec 0,
- L l’inteusité de la lumière électrique en candies,
- .i la distance de la lentille il l’écran c, ( quand les ombres
- c la distance du candie D à l’écran c, 1 sont égales
- on n :
- (-) On est obligé de donner ainsi, aux lumières du candie, et de la lampe électrique la même couleur.
- Consulter, pour la discussion de ce point, dans les numéros des 12'et 16 novembre 1881 de La Lumière Électrique, les « Études photométriques » de M. Cornu.
- en pratique, de majorer de 5o % l’intensité me surée de la lumière réfléchie.
- On peut, avec une lumière électrique modérément stable, faire dix obseravtions en deux minutes en plaçant la lampe .dans dix positions déterminées, dans des angles variant de 6o° au dessus à 6o° au-dessous de l’horizon : on peut ainsi prendre 100 observations en une demi-heure.
- Un des principaux résultats constatés avec cet appareil est l’absorption considérable des rayons des fortes lumières électriques, principalement des rayons verts, même en temps clair.
- Expériences sur l’accumulateur Faure, par MH. Ayrton et Perry (’)
- Si l’on désigne par A l’intensité, ou le débit d’électricité, d’un courant en ampères, et par Via différence de potentiels en volts, aux extrémités du circuit, le travail ou l’énergie du courant sera proportionnel au produit AV : elle sera donnée, en pieds livres par minute par l’expression 44,25 AV, et en kilogrammètres par l’expression 6,15 AV.
- Une partie de l’énergie totale AV, employée pour charger un accumulateur est perdue à l’échauffer, parce que la charge se fait trop vite ; pour la mesurer, on évaluait successivement, au moyen de voltmètres du système Perry et Ayrton placés en dérivation, les valeurs V et Y' des différences de potentiel aux bornes de l’accumulateur pendant sa charge par une machine dynamo-électrique, puis aussitôt après avoir séparé cette machine du circuit.
- En répétant ces observations à des intervalles suffisamment rapprochés, on a pu tracer des courbes AV, AV' [fig. 1) dont les ordonnées représentent les énergies totale et utile du système, aux temps figurés par les abcisses. La différence des aires de ces courbes, ou la surface qu’elles comprennent, représente l’énergie dépensée en échauffement de l’accumulateur.
- De même, lors delà décharge de la pile, une partie de l’énergie totale emmagasinée est dissipée en échauffement de l’accumulateur : il faut seulement remarquer qu’en décharge V' est > V, tandis que l’inverse a lieu pendant la période de charge.
- Les intensités des courants, A, ont. été mesurées au moyen des mesureurs d’intensité de MM. Perry et Ayrton.
- Les moyennes de 35 courbes ont conduit aux résultats généraux suivants.
- Pendant la charge, la courbe AV monte à l’origine plus vite que la courbe AV', ce qui indique un accroissement de la résistance de l’accumulateur ; puis les.deux courbes se rapprochent, ce qui indi-
- f1) Philosophical Magazine juillet 1882 et Physical Society 2.5 février 1882.
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- que une diminution de cette résistance : à la fin d’une longue décharge AV s’abaisse plus vite que AV', ce qui indique un accroissement de la résistance.
- La force électromotrice reste assez constante, excepté à la fin d’une longue décharge ou quand la décharge est très rapide; elle s’abaisse alors parce que la résistance de l’accumulateur augmente : dans tous les cas, l’accumulateur possède une puissance de régénération (resuscitating power) très remar-
- FIG. I
- quable, et plus sensible dans les décharges rapides. — Ainsi, à la suite d’une décharge très brusque un accumulateur, en apparence presque épuisé, a pu, aprèsquel’on eutséparéquelquetempssespôles, fournir, à la 20 décharge, trois, fois plus d’énergie électrique qu’à la première. — MM. Ayrton etPerry considèrent cette propriété comme très-précieuse pour l’application des piles Faure aux tramways, car
- c’est aux démarrages qu’il faut développer le travail le plus énergique.
- Rendement. — Pour des accumulations d’énergie allant jusqu’à un million de pieds livres (138 000 kilogrammètres) par élément, déchargées avec un courant de 17 ampères d’intensité moyenne, la perte totale d’énergie, dans la charge et la décharge, peut ne pas dépasser 17 % : avec de très lentes décharges, cette perte ne dépasse parfois pas 10 %•
- Puissance d'accumulation. — Sa limite pratique est très difficile à évaluer : voici un exemple :
- Un accumulateur contenant 81 livres (36 kil. 7) de plomb et de minium, déchargé en dix-huit heures, — six heures parjours consécutifs, — dégagea une quantité d’énergie électrique équivalente à 1 440 000 pieds'livres, ou au travail d’un cheval-vapeur pendant trois quarts d’heure; c’est une puissance de 3 200 kilogrammètres environ par kilogramme de plomb et d’oxyde. La courbe de la figure 2 représente les variations du débit de l’énergie pendant chacune des décharges : on voit que ce débit s’est beaucoup augmenté dans la seconde décharge et surtout dans la troisième, par la diminution de la résistance totale du circuit : pendant la dernière décharge, l’intensité du circuit fut, en moyenne, de 25 ampères. Il fout ajouter que cet accummulateur, comme beaucoup d’autres, montra qu’il renfermait encore après un épuisement apparent, une charge résiduelle considérable.
- Usure. — Après deux mois de charges et de décharges constantes, les deux accumulateurs essayés n’ont donné aucun signe de détérioration.
- Sur un nouvel emploi de l’électrolyse dans la teinture et dans l’impression, par M. Fr. Gop-pelsrœder (').
- « Depuis mes communications antérieures sur la formation des matières colorantes à l’aide de l’élec-trolyse, j’ai obtenu de nouveaux résultats (2).
- « I. Pour produire, par exemple, le noir d’aniline sur des tissus ou sur du papier, je les imprègne de la solution aqueuse d’un sel d’aniline : jusqu’à présent, j’ai donné la préférence au chlorhydrate. Je les place sur une plaque métallique non attaquable, qui est en contact avec l’un des pôles de la batterie galvanique ou d’une petite machine dynamo-électrique. Je place, sur le tissu ou sur le papier, une seconde planche métallique, qui porte en relief le dessin ou l’écriture,à reproduire et qui est en, contact avec l’autre pôle. En donnant la pression nécessaire et en faisant passer le courant, on obtient la copie du dessin en noir. J’ai également reproduit des médailles et des monnaies. De plus, on peut facilement écrire avec un crayon en métal non attaquable ou un charbon conducteur, formant l’un des pôles, sur le tissu ou le papier imprégné de la solution du • sel d’aniline et placé sur une plaque métallique qui forme l’autre pôle. Partout où le crayon, sous une légère pression, touche le tissu ou le papier, le courant passe : il y a développement de noir qui se fixe sur la fibre,
- (*) Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 3i juillet 1882.
- (2) J’ai adressé divers échantillons dans deux plis cachetés déposés à la Société industrielle de Mulhouse, le 29 mars et le 21 avril 1882.
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- avec la meme solidité que le noir développé par les méthodes ordinaires.
- « Cette méthode pourra être employée, dans les fabriques, pour marquer les pièces d’une couleur solide, noire ou autre, et résistant aux opérations du blanchiment, de la teinture et de l’impression. On pourrait aussi en tirer parti dans le commerce et dans les douanes, pour timbrer sans couleur, à l’aide du courant et du sel d’aniline (*).
- « Je me suis borné à citer la formation et la fixation simultanées du noir d’aniline; je pourrais tout aussi bien parler de tout autre colorant capable de se former aussi facilement que le noir d’aniline par déshydrogénation ou oxydation, et de se fixer sur les fibres.
- « II. Le même mode opératoire peut servir pour le rongeage des couleurs fixées sur tissu, par exemple, du rouge turc ou du bleu d’indigo. On ‘imprègne le tissu coloré d’une solution de nitrates, comme, le salpêtre, ou de chlorures, tels que le chlorure de sodium ou d’aluminium. Au pôle positif, il se produit de l’acide nitrique ou du chlore, qui attaquent la couleur en la changeant en produits d’oxydation incolores, en sorte que les points du tissu qui sont en contact avec le relief de la seconde plaque sont décolorés. On obtient un en-levage blanc sur fond uni.
- « En choisissant des sels dont les bases peuvent jouer le rôle de mordants, on pourra ensuite, par un bain de teinture, produire de nouvelles couleurs aux endroits rongés. Il est possible aussi que certains oxydes rendus libres par l’action du courant, des oxydes supérieurs et colorés formés par l’action du courant, se fixent sur le tissu en lui communiquant leur couleur. J’espère pouvoir faire bientôt connaître les réactions des différents sels en présence des fibres, sous l’action du courant, et des couleurs et mordants auxquels elles peuvent donner lieu.
- « Mais il y a encore une autre manière de ronger, de former et de. fixer des couleurs simultanément. Si l’on a imprégné le tissu (rouge turc ou bleu d'indigo) avec du chlorhydrate d’aniline, il y aura, au moment du passage du courant, non seulement enlevage de la couleur, mais en même temps formation de noir.
- « III. J’ arrive maintenant à l’indication de quelques cas où l’électrode négative joue le rôle principal.
- (i) J’ai étudié l’épaississant qu’il faut ajouter à la solution qui doit engendrer la couleur pour que le dessin ou l’écriture soient de la plus grande netteté et sans le moindre coulage. Jusqu’à présent la gomme adragante, la colle de poisson, la gélatine et l’empois d’amidon m’ont donné les meilleurs résultats. J’étudie de même l’influence de la température, de la concentration et de la réaction du liquide électrolyte, de la pression et de la force du courant, ainsi que d’autres points dont je ne puis encore donner le détail.
- « On peut empêcher l’oxydation des couleurs pendant leur impression, en plongeant, par exemple, dans la bassine du rouleau qui contient la couleur à imprimer, l’électrode négative d’une pile ou d’une petite machine dynamo-électrique, et en mettant en communication le contenu de ce bassin principal avec un second bassin secondaire et très petit, qui contient la même couleur ou bien un liquide conducteur quelconque, et dans lequel plonge l’électrode positive. La communication peut se faire, soit par une paroi en papier parchemin, soit par une paroi en argile poreuse ou par un simple tuyau. C’est l’hydrogène dégagé au pôle négatif, au ^ein de la couleur à imprimer, qui empêche l’oxydation.
- « Il y a possibilité de précipiter sur les fibres des métaux lourds et nobles, dont plusieurs ont depuis longtemps trouvé leur emploi comme couleurs dans l’impression. On n’a qu’à imprégner le tissu de la solution suffisamment épaissie d’un sel de l’un de ces métaux, et à faire agir l’électrode négative, pour précipiter le métal sur ht fibre.
- « IV. Enfin on peut employer le courant pour la préparation des .cuves d’indigo, de noir d’aniline, etc., en profitant de l’hydrogène qui naît au pôle négatif. On arrive ainsi à la réduction du colorant, tout aussi bien que par l’action des moyens réducteurs usuels. Lorsque les cuves sont préparées, on empêchera le mieux leur oxydation en faisant agir sur elles l’électrode négative d’un faible courant continu. Seulement, il faut une. séparation aussi parfaite que possible des deux électrodes, ce qui ne comporte d’ailleurs aucune difficulté.
- « J’ai l’honneur d’adresser à l’Académie quelques échantillons obtenus par les procédés indiqués. »
- Sur le travail chimique produit par la pile, par M. D. Tommasi:
- D’après Favre, le couple à acide chromique et à acide sulfurique mélangés dégagerait 117 cal. 3, mais 62 cal. 5 seulement seraient transmissibles au circuit. Dans une note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 24 juillet 1882, M. D. Tommasi étudie le nombre des calories disponibles dans cette pile, suivant que l’électrode positive est en platine, en charbon ou en mousse de platine. En opérant par une méthode de tâtonnements basée sur l’électrolyse, il trouve qu’avec l’électrode en platine on obtient une quantité de chaleur disponible égale à 65 calories, et qu’en substituant au platine, dans ce même couple, le charbon ou la mousse de platine ôn peut rendre transmissibles au circuit 85 cal. environ. Les forces électromotrices des couples à acide chromique sont respectivement avec l’électrode en charbon 1,574 et avec l’électrode en platine 0,977.
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- Lampe de M. Radiwanowski.
- Il y a quelque temps, à St-Pétersbourg, on a fait des expériences avec une nouvelle lampe électrique à incandescence, inventée par le capitaine du génie russe N. Radivanowski.
- Cette lampe est composée d’un simple petit tube de cfiaux ou de magnésie, renfermant une certaine quantité de charbon, ou bien d’un très mince fil de charbon couvert d’une couche de chaux ou de magnésie.
- Le courant électrique, passant à travers ce tube ou charbon, rougit d’abord le charbon et ensuite le tube de magnésie, qui donne, au dire de l’auteur, une belle lumière semblable à la lumière de Drum-mond, mais plus intense. La quantité d’électricité qui alimente cette nouvelle bougie électrique à incandescence est moindre que celle qu’exigent les lampes d’Edison et de Maxim. Cette lampe est, en outre, plus simple que toutes les autres et n’a pas besoin de fonctionner dans le vide.
- Application de l’électricité à la mesure de la
- perception lumineuse dans la vision, parM. Aug.
- Charpentier (').
- L’auteur a cherché, après différents expérimentateurs à déterminer le temps qui s’écoule entre l’apparition d’une lumière devant l’œil et la production d’un signal fait par le sujet dès qu’il a perçu cette lumière. Il y avait intérêt à rechercher si la durée de la perception était différente pour le centre et pour les parties excentriques de la rétine, si l’exercice pouvait modifier cette durée, et si cette modification se limiterait ou non à la partie exercée.
- Pour ces expériences, l’œil, placé au centre d’un périmètre de Landolt, regardait le fond d’une grande boîte tapissée de noir. Dans ce fond était pratiqué, vis-à-vis de l’œil et au-devant d’une fenêtre bien éclairée, un trou de iotl environ, fermé habituellement par une plaque tapissée de noir; cette plaque, lourde et métallique, était retenue dans sa position par l’attraction d’un électro-aimant, mais sans arriver au contact immédiat de ce dernier, de telle sorte que dès qu’une personne placée derrière la boîte interrompait le courant qui animait l’électro-aimant, la plaque obturatrice tombait immédiatement et découvrait la fenêtre placée devant l’œil en expérience. Un courant fourni par une machine Gramme de laboratoire, après avoir parcouru l’électro-aimant, actionnait un petit signal Deprez dont la plume laissait sa trace sur un cylindre enregistreur à régulateur Foucault. Ce signal accusait immédiatement l’interruption du courant et, par suite, le moment précis de l’apparition de
- la lumière. C’est alors que le-sujet en expérience, aussitôt après, avoir perçu la lumière, rétablissait le courant dans le signal par une voie dérivée, en pressant sur un ressort à l’aide de l’index de la main droite ; à ce moment précis, nouveau signe tracé sur le cylindre enregistreur.
- L’intervalle écoulé entre l’interruption et le rétablissement du courant, et mesuré par comparaison avec les vibrations d’un chronographe électrique de Marey, indiquait directement le temps qu’il avait fallu au sujet pour percevoir et signaler la lumière. M. Charpentier appelle simplement ce temps, pour abréger, durée de la perception lumineuse.
- A l’aide de cette méthode, l’auteur a pu étudier les différentes circonstances qui ^influent sur la durée de la perception lumineuse. lia reconnu, entre autres résultats, qu’elle varie pour une même personne du simple au double et suivant les individus de g à i5 centièmes de seconde.
- Sur l’amplitude des vibrations téléphoniques par M. G. Salet (*).
- « Tout le monde sait qu’on peut entendre, à travers une porte de sapin de peu d’épaisseur, les paroles prononcées dans une pièce d’ailleurs parfaitement close. Dans ce cas, les vibrations sonores transmises par l’air ébranlent synchroniquement la paroi de bois, et celle-ci transmet à son tour son mouvement à l’air extérieur comme pourrait le faire un piston mobile.
- « Cette expérience familière aurait dû, semble-t-il, frapper les physiciens, car elle donne une preuve de l’exquise sensibilité de l’oreille. Les vibrations de la paroi sont en effet fort petites, à peine plus grandes que celles de la membrane d’un téléphone récepteur en action ; or ces dernières sont si faibles qu’on a quelquefois révoqué en doute leur existence. Elles existent cependant, et je vais donner une idée de leur amplitude.
- « J’ai fixé sur le diaphragme de fer d’un téléphone à main du système Bell un petit .disque de verre pesant o gr. 4.S ; en face de celui-ci j’en ai disposé un second fournissant avec le premier les anneaux de Newton. L’appareil, comme on le voit, ressemble à celui que M. Fizeau a imaginé pour étudier les dilatations. Lorsqu’on parle à 5 ou 6 mètres du téléphone, ou lorsqu’on y lance un courant téléphonique produit à l’aide d’un bon transmetteur (celui de Bœttcher, par exemple, qui ne nécessite l’emploi d’aucune pile), on voit les anneaux perdre de leur netteté et disparaître si l’on force un peu la voix. Ils vibrent en effet eux-mêmes, synchroniquement avec le diaphragme de
- (<) Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 24 juillet 1882.
- f1) Extrait des comptes rendus de l’Académie des sciences, du 10 juillet 1882.
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- fer, et rien n’est plus simple, d’après l’amplitude de leurs oscillations, que de calculer celle des vibrations de la membrane.
- « Il est certain cependant que la surcharge de o gr. 5 imposée à celle-ci doit en rendre les mouvements un peu moins étendus : les résultats obtenus par la méthode actuelle pêchent donc vraisemblablement par défaut plutôt que par excès.
- « Pour évaluer le déplacement des anneaux, on dispose, devant le .téléphone récepteur auquel on fait émettre un son continu, un disque tournant percé de fentes, comme celui du phénakisticope. On constate que, pour une certaine vitesse de rotation, les anneaux reparaissent avec netteté. Si l’on souffle alors au travers du disque, de façon à le faire agir comme une sirène, on vérifie que le son produit est à l’unisson avec celui transmis par le téléphone. Baisse-t-il ou monte-t-il légèrement, aussitôt les anneaux oscillent, d’abord lentement, puis avec une telle rapidité qu’ils redeviennent invisibles. Pendant qu’ils oscillent, on peut évaluer facilement leur déplacement : dans une expérience faite en émettant dans le transmetteur le la du diapason sur la voyelle, ou, avec une intensité modérée, ce déplacement a été à peu près égal à la distance de deux anneaux consécutifs. L’amplitude des vibrations de la plaque réceptrice était donc de 2*à:3 dix millièmes de millimètre.
- « Si on lance dans le téléphone des courants d’intensités diverses, mais fort petites, et dont aucun, par exemple, ne produise le déplacement des anneaux au delà de la moitié de la distance qui les sépare, on pourra, en considérant un point de la lame de verre, conclure de son éclat à l’intensité du courant. Ce singulier procédé galvanomé-trique pourra sans doute être utilisé dans un récepteur télectroscopique. »
- CORRESPONDANCE
- Monsieur le Directeur,
- Les derniers journaux scientifiques reçus d'Angleterre font mention d’une découverte intéressante faite par M. Wil-loughby Smith, déjà connu par ses recherches sur les propriétés électriques du sélénium. Cet expérimentateur rapporte qu'il a réussi à percevoir l’induction produite dans des champs de force magnétique variant ou changeant avec rapidité, au moyen d’un appareil auquel il donne le nom dHnductophone. Le résumé de ses recherches, dont les détails doivent vous être aussi parvenus, et même avant leur arrivée en Amérique, me ramène à l'esprit des expériences que je fis moi-même en juillet et août de l'année dernière, et dans le cours desquelles j'eus occasion d’observer les mêmes phénomènes dont M. Smith fait mention. J'étais alors engagé à l'étude de la balance d'induction de M. Hughes et de diverses de ses modifications, dans le but d'arriver à un moyen de localiser, avec précision, des balles métalliques enfouies dans des morceaux de viande, comme M. Bell et nombre d'autres cherchaient aussi à le faire, afin de faciliter
- l'extraction de là balle qui avait frappé le président des Etats-Unis. Sans m'arrêter à raconter ici cette longue série d'expériences et les théories que je poursuivais, je ne me permettrai d'occuper vos colonnes que,pour détailler l’expérience particulière qui m'a fourni l'occasion d'étudier les phénomènes remarqués par M. Smith.
- Mon appareil était fort simple. Autour d'un solénoïde de fil de cuivre très fin, je fis enrouler ensemble quatre longueurs égales du même fil; j’obtenais ainsi une bobine d’induction où, en joignant ces sections de différentes manières, le rapport entre la résistance du circuit primaire et celle du circuit secondaire, aussi bien que le nombre de tours de fil soumis à l'effet inductif, pouvaient être variésà volonté, circonstance qui réglait donc l'intensité de l’induction. Deux autres bobines simples et d’enroulage égal (du même fil fin) de forme plate, étaient le complément de mon appareil. Ces dernières étaient montées sur un axe en bois, et l'une d’elles était mobile, pouvant être rapprochée ou éloignée de l'autre au moyen d’une vis micrométrique qui la faisait glisser sur l’axe commun aux deux, et mesurait en même temps la distance qui les séparait. L'une de ces bobines, ainsi que la partie primaire delà bobine d'induction, était intercalée dans le circuit d'une machine magnéto-électrique à courants alternatifs, de petit modèle, tel que celui employé pour les sonneries ou les avertisseurs des systèmes téléphoniques. Ce circuit était donc le circuit inducteur. L'autre bobine plate, et la seconde partie (circuit secondaire) de la bobine d’induction, étaient reliées au circuit d’un téléphone Bell; cette bobine était cependant intercalée de façon que son induction fût contraire en direction à celle produite dans la bobine composée, et, en conséquence, on pouvait, en manœuvrant la vis micrométrique, neutraliser ou équilibrer l'induction dans ce circuit dit d’induction. La machine était actionnée dans un autre appartement, afin que le bruit de son mouvement n'empêchât pas l’observation des sons produits dans le téléphone. Ces sons, assez bien connus des électriciens, avaient le caractère d'un craquement plus ou moins aigu, suivant les circonstances.
- Pendant que le circuit d'induction était ainsi équilibré, et qu'en conséquence aucun son ne s'échappait du téléphone,) il m'arriva, une fois par hasard, de rapprocher le téléphone des bobines plates; soudainement le craquement se lit entendre, ce qui me porta avec étonnement à examiner les circuits, de crainte qu'un contact, accidentel ne se fût établi eutre eux; mais tout était en bon ordre. Alors, surpris de cette action étrange du téléphone, je fus naturellement curieux d’en savoir la raison. Après avoir répété l'expérience plusieurs fois, je présumai que ce phénomène s'expliquait par l'hypothèse d'un effet inductif produit par l'une ou l'autre des bobines sur le téléphone directement, et je m'apprêtai de suite à en étudier le principe. Ayant ôté le téléphone du circuit, je fermai sa bobine en court circuit en joignant ses extrémités; en ne l'approchant maintenant d'aucune des bobines, je pouvais entendre les sons aussi parfaitement que lorsque ce téléphone faisait partie du circuit d'induction.
- En approchant une bobine, les sons augmentaient, en intensité; en l’éloignant, les sons diminuaient, résultat que j'acceptai comme une conséquence légitime de la loi des effets inverses au carré de la distance. Les sons étaient cependant perceptibles encore à une distance d'un mètre. Il me semblait évident que ce phénomène nouveau était le résultat d’une induction dans la bobine du téléphone; néanmoins, une question se présenta à mon esprit : n’était-il pas possible que la réaction du champ de force agît directement sur l'aimant du téléphone? J'avais lieu de le croire. Je répétai donc l'expérience avec le circuit du téléphone ouvert, et je constatai que c'était le cas; les sons se produisaient encore, mais ils n’étaient pas aussi prononcés.
- Je m'expliquai ces .phénomènes par l'hypothèse d'un mouvement latéral, de genre oscillatoire ou vibratoire, des courbes magnétiques dans les champs de force des hélices tra-
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- versées par des courants non continus; je supposais que l'effet de ce mouvement des. lignes de force ôtait de leur faire couper les conducteurs (bobines) favorablement placés clans ces champs, et que les résultats (c'est-à-dire l'induction) étaient analogues à ceux que l'on obtiendrait par un mouvement .de va-et-vient de ces conducteurs dans un champ stable, comme par exemple l'oscillation d'une bobine sur un de ses diamètres, près d'un aimant permanent.
- Pour établir cette hypothèse, il fallait que mes expériences révélassent l'existence de deux conditions : ï° l'effet devait être nul lorsquè le plan d'une bobine placée dans un tel champ de force était parallèle au cours moyen des lignes de force magnétique traversant ce point; 2° l'effet devait être maximum lorsque le plan de celle bobine formait un angle droit avec le cours des lignes; 3° l'effet devait être le meme ou du moins ne changer que très peu, que le courant fut continu, interrompu, continu-ondulatoire ou alternatif.
- Je dégageai la bobine mobile, et je la plaçai dans le même circuit que lé téléphone, au moyen de conducteurs flexibles; je pouvais donc d'une main tenir le téléphone constamment appliqué à mon oreille et, de l'autre, me servir de cette « bobine exploratrice » pour expérimenter autour d'une bobine inductrice quelconque. Je disposai ma bobine avec son plan parallèle à la direction supposée des lignes de force du champ inducteur et je la rapprochai ainsi de la bobine d'induction, sans qu'aucun son se manifestât au téléphone. Le premier cas était ainsi vérifie. En tournant maintenant cette bobine de manière à lui faire faire un angle avec cette direction présumée des lignes de force, le son reparut et augmenta en intensité jusqu'à, ce que la bobine eût dépassé 90° où le maximum était obtenu. Le second cas se trouvait ainsi vérifié, et la chose ne fut guère plus difficile pour le troisième. L'induction avait lieu avec chacun des courants indiqués ci-dessus, et, avec un nombre de pulsations égal, les sons avaient le même caractère pour tous, celui qui provenait du courant interrompu étant cependant plus accentué que les autres.
- Quelques jours plus tard, je me servis de la bobine exploratrice pour déterminer expérimentalement le champ de force d'une bobine beaucoup plus puissante que celles dont j'avais fait usage jusqu'alors. Cette bobine faisait partie d'un appareil médical portatif de gros calibre, et était actionnée pour cet essai par trois éléments Bunsen. L'effet magnétique de cette bobine était augmenté par un faisceau de fils de fer doux placé à son intérieur, ce qui est d'usage dans ces appareils. Le téléphone était tenu, cette fois, par un observateur placé à une distance suffisante (comme par exemple l'appartement voisin) pour que le bruit du rhéotome ou trembleur, qui produisait les interruptions du courant, 11e fit aucun tort à l'audition des sous. Les conducteurs flexibles qui reliaient le téléphone à la bobine exploratrice étaient assez longs pour permettre à celle-ci d'être manocuvrée en tous sens et à toutes distances autour de la bobine d’induction qui était placée au centre de l'appartement, sur le plancher, ou quelquefois sur un tabouret. Or, je pouvais vérifier le cours-du champ de force de cette bobine par deux déterminations : celle du son minimum et celle du son maximum; dans le premier cas, c'était le plan de la bobine exploratrice qui était parallèle aux lignes de force; dans le second, l'axe. La première est cependant beaucoup plus pratique, puisque l'absence totale d'un son est plus facile à constater que la différence d'intensité entre deux sons presqu'egaux.
- Comme je l'attendais, cet appareil rendait l'induction sensible à une distance beaucoup plus grande. Au moyen de ma bobine exploratrice,* un système de signaux étant convenu avec mon assistant en charge du téléphone, je pus suivre, et tracer sur le plancher ou sur les murs, le cours des cour-lies magnétiques de ce champ de force, le tracé ayant précisément le caractère du « spectre » d'un aimant droit, Ici qu'on l'obtient avec la limaüc de fer, seulement il était de proportions plus vastes, ses limites étant celles de l'appartement même,, qui empêchait de les tracer plus
- loin. Je jugeai inutile de tenter des expériences à distance plus longue, car il nie semblait évident que théoriquement les limites devaient être infiniment loin, et que pratiquement ce n'était qu'une question d'augmentation de l'enroulage sur la bobine exploratrice, et de la délicatesse du récepteur et de l'ouïe de l’Observateur.
- Le téléphone lui-même pouvait être employé au lieu de bobine exploratrice, et les résultats étaient les mêmes; mais je continuai mes recherches avec la bobine exploratrice qui est beaucoup plus commode à manœuvrer, méthode qui, du reste, n'avait pas l’inconvénient de la distraction produite par le trembleur. J’étais bien persuadé, d'ailleurs, que la cause était la même pour les deux cas, la différence s'expliquant assez facilement en peu de mots ; tandis qu'avec la bobine exploratrice, les variations magnétiques ne réagissent sur l'aimant du téléphone que par l'intermédiaire d’une transformation en courants qui vont circuler dans la bobine qui l'entoure, lorsqu'on explore avec le téléphone seul, la réaction agit directement sur les lignes de force de son aimant. Avec le téléphone employé seul, on ne peut pas régler l'effet, mais avec le système des bobines, le calibre de celles-ci détermine l'intensité. On se rappelle que dans ma première expérience, où le téléphone était en court circuit, les deux méthodes étaient en effet combinées et que naturellement l'effet était intensifié.
- Voilà, en résumé, le résultat de mes observations. On voit que j'arrivais à toutes les conclusions touchées par M. Smith, et que j'allais même plus loin, puisque cet observateur ne fait aucune mention de l’usage des bobines, dont les avantages ne peuvent pas être ignorés, puisqu’elles rendent possibles plusieurs adaptations auxquelles on ne saurait arriver avec le téléphone seul.
- Je fis ces expériences en partie dans ma propre demeure, et en partie au laboratoire mis à ma disposition par la courtoisie de M. J. B. Currier, électricien de Lowell, Massachusetts, où je séjournais alors. J’étudiai ces phénomènes avec un vif intérêt, mais, cependant, je ne jugeai pas à propos d’en publier aucune note parce que je considérais que je n'avais fait, après tout, que réaliser expérimentalement ce que j'aurais pu déduire des faits connus et des principes établis. Maxwell dans son ouvrage, parle de telles méthodes de déterminer le cours des champs de force, pour les aimants et les courants continus. Il n'est rien dit, il est vrai, des courants alternatifs ou induits, mais le rapprochement est si facile, qu'on eût presque pu l’assumer de droit, il est probable- que si M. Maxwell eût écrit dans ces temps où l’inductipn occupelaplaced’honneurpourson utilité dans l’industrie, rl aurait élargi la portée de la définition des principes qu'il a d’ailleurs assez parfaitement éclaircis. D’autre part, je.ne vois pas la nécessité de désigner par le nom spécial d’inductophone un appareil qui ne diffère, ni en principe, ni par le fonctionnement du téléphone Bell, auquel ce titre pourrait être décerné avec plus de propriété. Il me semble que s’il était besoin d’un nom nouveau, pour ce qui n'est guère nouveau, on pourrait se servir du mot« inductodos-cope », avec plus de justesse, car l’appareil en question, ou plutôt le procédé de M. Smith, et le mien, ont pour objectif réel, de voir et de suivre le parcotirs ou la direction de l'action inductive, l'audition des sons n’étfint qu'un moyen secondaire à ce but.
- Parmi les modifications de mes expériences, je puis en citer une qui est assez curieuse. C’est, en effet, l'audition de la voix avec un téléphone récepteur non relié à un circuit. Ce résultat me parut possible des que j’eus compris la cause des phénomènes rapportés ci-dessus. Je liai la bobine exploratrice à un transmetteur ou microphone du type Hughes construit à la hâte, et qui était contrôlé par mon assistant, d'un point éloigné. Me plaçant cette bobiné sur une oreille, j’appliquai le téléphone sur l’autre et par l'induction propagée à travers ma tête pour arriver au téléphone, je pouvais entendre des sons musicaux. Je n'avais pas lieu de douter que même la parole articulée pourrait ainsi être trans-
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- mise avec des appareils plus parfaits, mais je n’ai pas eu occasion de poursuivre mes expériences dans cette direction depuis.
- Lorsque je remplaçais le microphone par la machine magnéto-électrique, les effets étaient plus marqués et je pouvais éloigner la bobine de près d'un mètre avant que le son cessât. Je pouvais aussi obtenir des résultats, lorsque je tenais la bobine en ligne du pôle ultérieur de l’aimant du téléphone, à une distance assez sensible même. Naturellement lorsque cette bobine était disposée près du pôle actif de l’aimant, l'effet était beaucoup plus manifeste.
- En conclusion, permettez-moi de signaler un usage pratique auquel la bobine exploratrice pourrait peut-être servir. Il est notoire que durant la marche des machines dynamoélectriques de tous types et de tous modèles, une quantité de chaleur plus ou moins grande, suivant les circonstances, se dégage de ces machines, non-seulement de la bobine ou armature, mais des électro-aimants, particulièrement des parties avoisinant le champ de force de la machine. Or, nous sommes tous d'accord pour attribuer ces échauffements à une variarion plus ou moins constante et marquée de l’aimantation moléculaire de la masse de fer dont ces aimants sont formés, variation qui résulte principalement du changement constant de polarité du noyau de fer de l’armature même, et de la réaction de celle-ci sur le champ de force, suivant la loi de Lenz. Il y a donc un mouvement d’oscillation ou de vibration des lignes de force magnétiques, de même que dans le champ d’une bobine d’induction, comme je l’ai rapporté plus haut.
- Donc, nous devrions être capables d’étudier ces phénomènes avec le même appareil.
- Avec le téléphone seul, un tel examen est impossible, vu le bruit de la machine. Mais, avec la bobine exploratrice, on peut prendre connaissance de ces effets, et dans certains cas, mes tentatives ont eu un succès encourageant. Tout récemment, j’ai eu occasion de constater par cette méthode, avec M. A. S. Keith, électricien de cette ville, les variations produites même dans les conducteurs des machines dynamoélectriques, L’arc voltaïque nous semble aussi être un sujet de grand intérêt sous ce rapport. Peut-être qu’à une occasion future, je serai en état de vous communiquer des notes plus explicites sur ces dernières applications. Je tenais cependant à en faire mention, afin que d’autres pussent les étudier en même temps que nous, car il me semble qu’on ne peut manquer de recueillir des faits intéressants en suivant cette voie.
- Veuillez agréer, etc.
- C. Odilon Mailloux.
- New-York, E. U. A., le 17 juin 1882.
- Dcljt, 27 juillet 1882.
- Monsieur le Directeur,
- Comme les expériences que je vous ai envoyées vous intéressent, je puis encore y ajouter l’expérience suivante :
- A et B sont des téléphones de 240011ms de résistance;
- C est le condensateur indiqué dans ma première lettre;
- D est une petite pile de 36 petits éléments Faure.
- i° On parle dans A, on écoute en B et en C à la fois, en plaçant C à une oreille et B à l’autre.
- Les sons écoutés en C et en B ne diffèrent guère d’intensité.
- 2° On parle en B et on écoute en A.
- 3° On parle en C et on écoute en A.
- Dans l’expérience 2 les sons en A sont plus forts que dans l’expérience 3.
- Donc, mon conducteur chargé de 36 éléments Faure est un récepteur aussi sensible qu’un bon téléphone, mais il est un
- peu moins sensible qu’un téléphone en l’employant comme transmetteur.
- Pour montrer l’expérience du condensateur-transmetteur, on n'a pas du reste besoin de construire un condensateur
- spécial : en plaçant une boîte à musique sur le pied de bois d’une bobine d’induction d’environ 40 centimètres de longueur, et en joignant le condensateur qui se trouve dans ce pied de bois aune batterie de 36 éléments Faure et à un téléphone, on entend dans ce dernier très bien les mélodies.
- Agréez, etc.
- J. W. Giltay.
- Shanghaï, Chine9 le 16 juin 1882.
- Monsieur le Directeur,
- Dans le n° 6 du samedi 11 février de cette année de « La Lumière Électrique », je lis à la page 139 un article sur un Indicateur électrique de route inventé par M. J. M. A. Mac Donald.
- Je prends la liberté de vous envoyer sous ce pli un journal « La Science pour tous », du 27 mai 1876, qui contient la description d’un appareil imaginé par moi, il y a bien une dizaine d’années, mais que mon peu de relations avec le monde des constructeurs de navires ou des publicistes scientifiques ne m’a pas permis de faire connaître.
- Cet appareil, dont tout le mérite est d’utiliser la reverbération de la lumière par la vapeur d’eau en condensation, est automatique et de la construction la plus simple, surtout aujourd’hui que tant de navires sont pourvus de machines électriques.
- Je vous serai fort reconnaissant si vous pouvez faire connaître mon appareil.
- Inutile d’ajouter que je n’ai jamais eu l’intention de faire breveter mon appareil, pensant, comme M. Mac Donald, que tout ce qui peut contribuer à la conservation de la vie humaine doit rester à la disposition de tous. „
- Veuillez agréer, etc.
- James Bonabeau,
- Secrétaire du Conseil d'Administration municipale de la concession française à Shanghaï, Chine.
- Nous reproduisons ci-dessous l’article de La Science pointons, que nous adresse M. Bonabeau :
- APUAUEIL POUR ÉVITER LES RENCONTRES EN MER.
- « Parmi toutes les inventions nouvelles destinées à rendre moins fréquentes les rencontres en mer, nous avons à signaler le nouvel appareil de M. James Bonabeau.
- « Cet appareil de signaux de nuit n’exige qu’une installation assez simple et peu coûteuse de tuyautage. Il a sur
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- tous ceux qui ont été proposés deux avantages, le premier d’indiquer au loin la position de la barre, par conséquent la route du navire; le second d’être visible de tous les points de l’horizon. Avec cet appareil, l’abordage de la Louisiane avec la Gironde n’eût pas été possible, car la Loîtisiane eût vu la position du gouvernail de la Gironde.
- « Sur tous les navires à vapeur, l’emploi de cet appareil est facile, la lumière électrique étant produite par un électro-aimant mis en activité par une connexion du petit cheval.
- « Voici du reste l’explication de la ligure : La coupe A est celle d’une boîte circulaire en cuivre.
- « La moitié supérieure de sa circonférence est parcourue par un tube T muni à sa partie inférieure d’une lentille L.
- « Par V V la vapeur est lancée dans le tube, l’eau de condensation vient s’écouler par des petites ouvertures en Z.
- « Au centre de la boîte se trouve le foyer électrique E dont la lumière se colore en traversant le verre P pour illuminer la vapeur dans le tube T après avoir parallélisé ses rayons dans la lentille composée L.
- « Un miroir convexe M M concentre la lumière du foyer E sur la lentille L et suit en glissant dans une rainure tous les mouvements du tube T auquel il tient par une pièce rigide.
- « La coupe B est une vue de face. Y, Z sont des vues indiquant les positions du tube T à 45° par tribord ou bâbord. L’instrument est placé sous vergue au mât de misaine, un peu au-dessus de la hauteur du feu blanc de position.
- « De A en C, la paroi est en verre et d’une couleur verte. De C en D, elle est blanche, et de D en B, rouge.
- « Le tube T suit tous les mouvements de la barre automatiquement et indique toujours le même degré d’inclinaison qu’elle.
- « Pour mettre en œuvre cet instrument, l’officier de quart n’a qu’à prévenir le mécanicien, qui du même coup de clef
- Coupe B
- met en mouvement l’électro-aimant qui produit la lumière en E et lance la vapeur par V V.
- « Il se produit de suite une gerbe de vapeur d’une grande intensité lumineuse. Cette gerbe s’incline en indiquant tous les mouvements de la barre. Par son changement de couleur, elle annonce si celle-ci est droite, et indique de combien de degrés elle est à bâbord ou à tribord.
- « Ces signaux sont visibles à une distance de douze milles par un temps clair et de tous les points de l’horizon. Le panache lumineux de vapeur résiste bien à une forte brise. Quoique abattu par la violence du vent, il forme par les temps les plus durs un champignon llamboyant visible à une grande distance. »
- FAITS DIVERS
- Une exposition électrique aura lieu cet hiver à l’aquarium royal de Westminster, elle est destinée à montrer le développement des diverses applications de l’électricité dans les services publics et particuliers, avec tous les moyens auxiliaires.
- L’administration de la Société de l’aquarium royal a décidé de consacrer la somme de i ooo livres sterling aux prix que décernera un jury nommé par les Sociétés scientifiques.
- Les locaux, si bien situés dans l’important centre industriel de Westminster, occupent une superficie de plus d’un hectare et demi, dont la presque totalité peut être utilisée.
- L’exposition sera ouverte au public le icr novembre 1882 pour finir le iep mars i883; toutes les demandes de renseignements doivent être adressées à M. le capitaine Hobson, administrateur à l’aquarium royal, Westminster, Londres, S. W. ou à M. W. D. Glooch, ingénieur de l’exposition, 17, Royal Exchange, Londres E. C. Les exposants anglais doivent faire parvenir leurs demandes avant le 21 août, les étrangers ont jusqu’au icr septembre 1882.
- A la date du icï juïlleti882, il s’est formé à Lausanne, sous le nom de Société Suisse d*Électricité, une Société anonyme ayant pour but de distribuer à domicile la force motrice, la chaleur et la lumière.
- La Société a déjà installé ses appareils dans différents magasins et dans un café de la ville de Lausanne; en outre, dans sa séance du 6 juillet, le Conseil d’État a ratifié une convention lui accordant l’éclairage du nouvel hôpital cantonal pour une période de dix ans.
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- Le catalogue de l’Exposition de Munich contiendra un certain nombre de pages d’annonces. Le comité nous fait savoir que le soin d’organiser cette partie du catalogue a été confié à la maison Rudolf Mosse de Berlin, et que c’est à elle qu’on devra s’adresser pour les insertions de texte ou de figures.
- Le comité de l’Exposition de Munich nous fait savoir également que, d’après décision royale, pendant toute la durée de l’Exposition, c’est-à-dire du iS septembre au 17 octobre, les billets de retour pour Munich seront valables pour 8 jours sans compter les dimanches et jours fériés.
- Les ouvriers des établissements qui prendront part à l’Exposition pourront en outre voyager à demi-place, pourvu qu’ils aient soin de se faire délivrer par le comité une carte de légitimation.
- Ces facilités s’appliquent seulement aux chemins de fer de Bavière.
- Mais, pour les colis, toutes les principales lignes du réseau allemand ont consenti à transporter gratuitement tous les objets qui auront figuré à l’Exposition de Munich.
- Une Société pour les applications de l’électricité (Sociétà per le applicazioni dell’ elettricità système Edison), s’est fondée récemment à Milan.
- Éclairage électrique
- Les essais de lumière électrique entrepris à Marseille par la Société du gaz se poursuivent sur la Cannebière et la rue Noailles.
- Depuis le 8 août une nouvelle machine électrique Brush d’une puissance de 40 foyers a été mise en marche et alimente les 22 foyers de la Cannebière. L’adminisration municipale s’est réservé une période de trois mois pour voir si, pendant ce laps de temps, le fonctionnement des lampes actuelles est assez régulier pour permettre leur adoption définitive.
- Sur la place du Grand-Théâtre, à Marseille, doivent avoir lieu prochainement des essais d’éclairage électrique.
- AMaubourguet,dans le département des Hautes-Pyrénées, ont eu lieu, à l’occasion de la fête patronale et des grandes foires annuelles, des illuminations à la lumière électrique qui ont duré plusieurs jours.
- Dans une des dernières séances de la Chambre des Communes, en Angleterie, on a discuté les amendements présentés au sujet de la loi sur l’éclairage électrique.
- L’un de ces amendements proposait d’étendre de i5 à 21 ans, la période du rachat facultatif, et M. Chamberlain a dit à ce sujet que, pendant les deux mois qui ont été employés à la discussion de cette question, de très grands progrès avaient été réalisés dans l’éclairage électrique et qu’il semblait probable maintenant que de larges installations allaient être faites, installations nécessitant la dépense de plusieurs millions.
- Une période de 14 ou i5 ans ne serait pas suffisante pour couvrir une dépense aussi considérable.
- Aussi a-t-on proposé une durée maximum de 26 ans, laissant, dans chaque cas, à l’autorité locale le soin de prendre des arrangements avec la Compagnie qui aurait obtenu la permission de faire les expériences.
- Dans la même séance, Sir J. Lubbock demande une rectification au sujet de la Compagnie Edison que l’on prétendait être<la seule ayant demandé la période de 21 ans ; il paraît, au contraire, que toutes les autres grandes Compagnies étaient du même avis.
- La lumière électrique est encore dans la période expérimentale, mais elle doit être perfectionnée et le sera certainement ; quoi qu’il en soit les expériences à Holborn-viaduct ont été un grand succès.
- Après ces observations, l’amendement a été adopté à l’unanimité.
- Télégraphia et Téléphonie
- En Tunisie, il est question d’établir prochainement un câble sous-marin pour relier l’ile de Djerba à Gabès.
- L’usage du téléphone se répand chaque jour davantage. A Paris, le nombre des bureaux deviendra bientôt insuffisant. C’est ainsi qu’au 3i juillet 1881 le nombre des abonnés inscrits à Paris à la Société générale des téléphones était de 1602; au 3ojuin 1882, ce chiffre était porté à 2266. Il est depuis le 3i juillet dernier de 236i. C’est une augmentation pour Paris de 7S6 abonnés en un an ; en province, l’augmentation est de 63o depuis l’année dernière, ce qui porte à 1145 le nombre des abonnés actuels.
- A Saint-Étienne, l’administration des Postes et des télégraphes vient de soumettre au conseil municipal un projet d’après lequel elle établirait un service téléphonique, lorsqu’elle aurait réuni deux cents abonnés, s’engageant à verser un prix d’abonnement fixé à deux cent cinquante francs par an.
- A Strasbourg se poursuivent les travaux pour l’installation du service téléphonique. Un certain nombre d’abonnés sont reliés par des fils télégraphiques avec le bureau central du quai de Paris. Depuis plusieurs jours, des ouvriers établissent le long de la rive droite de l’Ill, depuis le pont Saint-Guillaume jusqu’au pont Saint-Nicolas, les poteaux destinés à recevoir les isolateurs. Ces poteaux ne sont pas en bois, mais consistent en trois tuyaux de fonte de différentes grosseurs, s’emboîtant l’un dans l’autre; ils sont surmontés d’un bouton analogue à celui qui orne les hampes de certains drapeaux.
- Une nouvelle application du téléphone est signalée par les journaux de Birmingham. Une communication téléphonique a été établie entre les bureaux du département de la Santé et l’hôpital de Birmingham. La distance est de trois milles. Cette communication permet de diminuer les risques d’infection qui peuvent résulter de la visite d’amis ou de parents auprès des malades. Les visiteurs parlent par le téléphone et il n'y a plus à craindre la propagation des maladies. Cette méthode, déjà usitée d’ailleurs dans d’autres hôpitaux, est suivie chaque jour avec avantage.
- ERRATUM
- Dans le premier article du dernier numéro du journal, le correcteur de l’imprimerie a changé indûment le nom de M. S. Thompson en celui de M. S. Thomson, ce qui pourrait faire croire qu’il s’agit du célèbre professeur de Glasgow, au lieu qu’il n’est question que du professeur S. Thomson de Bristol.
- Le Gérant : A. Glênard.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 3oç)iS
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- La Lumière Électrique
- ' Journal universel d!Électricité
- 51, rue Yivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- 4® ANNÉE (TOME VII) SAMEDI 2 SEPTEMBRE 1882 N® 35
- SOMMAIRE
- Nature des corp9 médiocrement conducteurs
- Mouillées P’ avec
- A sec de l'eau pure
- Conductibilité des corps très divisés; Th. du Moncel. — Recherches expérimentales sur les machines dynamo-électriques (suite); Marcel Deprez. — Les sciences physiques en biologie (8° article); Dr A. D’Arsonval. — Expériences de M. Spottiswoode sur la décharge d’une bobine d’induction actionnée par des courants alternatifs; Aug. Guerout. — Exposition Internationale d’Electricité : Les appareils de MM. Sautter, Lemonnier et C°; C.-C. Soulages.-- La lumière électrique appliquée aux explorations sous-marines; O. Kern. —-La télégraphie : Ses progrès récents manifestés à l’Exposition Internationale d’Electri-cité (i5e article) : Appareils multiples reposant sur la-division du temps ; E. de T. — Revue des travaux récents en électricité : Du travail moyen des divers systèmes télégraphiques. — Description de la machine dynamo à vapeur d’Edison. — Sur la résistance électrique du verre aux basses températures, par M. G. Foussereau. — Correspondance : Lettre de M. Delaroa et réponse de M. Guerout. Lettres de MM. G. Cabanellas, Maurice Simon et A. Gravier. — Faits divers.
- CONDUCTIBILITÉ
- DES
- CORPS TRÈS DIVISÉS
- Les corps les plus conducteurs, quand ils sont réduits à un grand état de division et que leur adhérence moléculaire se trouve de cette manière plus ou moins complètement détruite, acquièrent une résistance énorme qui les range naturellement dans la série des corps médiocrement conducteurs.
- Dans un Mémoire présenté à l’Académie le 2 décembre 1872, j’avais déjà commencé à étudier cette question, et j’avais tâché de déterminer directement, à l’aide du galvanomètre différentiel et du pont de Wheatstone, la résistance de quelques limailles métalliques et de poussières charbonées. J’avais trouvé les chiffres suivants, pour une masse de matière équivalente à 5 centimètres cubes et avec des électrodes de 2 centimètres carrés de surface, éloignées l’une de l’autre de 2 centimètres :
- Limaille de cuivre. . ...... ia,670hm“ io,ooohms
- Limaille de zinc................. 14,48 7,07
- Poussier de charbon de cornue. 21,92 17,1s
- Poussier de charbon de bois. . 22000,00 1480,00
- J’avais d’ailleurs démontré que ces résistances sont très variables et dépendent bien plutôt de l’é • vtat plus ou moins décapé de la surface des grains conducteurs et de leur degré de tassement, que de la distance respective des électrodes et de leur masse métallique. Ces expériences n’avaient, du reste, été faites qu’à l’air libre, dans de petits récipients en porcelaine, et en ne soumettant ces poussières à aucune pression déterminée. Dans les nouvelles expériences que j’ai entreprises en 1875, j’ai expérimenté dans des conditions bien meilleures. J’introduisais mes limailles ou poussières entre deux lames de mica, et j’en faisais en quelque sorte des espèces de prismes minces et allongés de 7 centimètres de longueur sur 2°,5 de largeur et 2 millimètres d’épaisseur, qui étaient comprimées a l’aide de petites presses dont le serrage pouvait être mesuré, et qui laissaient dépasser à leurs extrémités les bouts des deux électrodes de platine destinées à leur transmettre l’électrisation. Celles-ci étaient repliées en dehors, au-dessous d’une des lames de mica, de manière que les deux presses terminales, munies de boutons d’attache, pussent mettre facilement le circuit en rapport avec elles. Dans ces conditions, je pouvais soutenir le système, au moyen d’un support isolant, adapté à la presse du milieu, et le chauffer' facilement aux différents points de sa longueur, afin d’étudier les effets de la chaleur sur sa conductibilité et y développer les effets thermo-électriques dontceslimailles ou poussières pouvaient être susceptibles. Or voici les conclusions auxquelles je suis arrivé.
- Les limailles métalliques aussi bien que les jpous-sières des minerais métalliques très-conducteurs et celles du graphite et du charbon de cornue sont susceptibles de conduire les courants, mais sans déterminer d’effets de polarisation. Quand on les
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- chauffe, leur conductibilité semble au premier moment diminuer plus ou moins, mais elle augmente ensuite rapidement dans de grandes proportions. Quand on vient à cesser réchauffement, elle diminue successivement, et, chose assez curieuse, l’intensité du courant devient, au bout d’un certain temps, de beaucoup inférieure à ce qu’elle était au début. Le repos rétablit un peu cette faculté conductrice, mais il est rare qu’elle revienne au degré qu’elle avait au moment des premières expériences. Il est probable que cet affaiblissement tient d’une part à l’oxydation des grains de limaille, qui rend moins bons leurs contacts métalliques, et d’autre part au dessèchement de l’humidité dont elles sont presque toujours imprégnées. Quant aux deux effets inverses qui résultent de l’action delà chaleur, il est plus difficile de s’en rendre compté. L’amoindrissement de conductibilité que l’on constate en premier lieu proviendrait-il d’une augmentation réelle de résistance que ces corps auraient acquise sous l’influence de la chaleur, à l’instar des corps métalliques massifs? et l'augmentation de conductibilité que l’on constate après et qui est infiniment plus développée proviendrait-elle de la dilatation des particules de la limaille, dilatation qui fournirait dès lors entre elles un contact mieux assuré et analogue à celui qui résulterait d’une augmentation de pression exercée sur la limaille ?... Il est bien diffi.-cile de se prononcer à cet égard : toujours est-il que la meilleure conductibilité qu’acquiert l’air interposé entre les grains de limaille et qui enveloppe les lames de mica, ne paraît pas jouer un grand rôle, pas plus que la conductibilité des lames de mica elles-mêmes ; car, avec les poussières non conductrices, la chaleur, voire la flamme elle-même ne provoque aucune déviation sur le galvanomètre.
- L’action de la chaleur sur les limailles métalliques ou sur les poussières minérales conductrices quand on chauffe, sans la présence d’un courant, l’une ou l’autre des deux électrodes, est manifeste; mais les effets produits sont assez complexes, en raison de l’oxydation et des décompositions chimiques qui s’effectuent sur les particules conductrices sous l’influence d’une chaleur un peu intense. On obtient alors des courants thermo-électriques et des courants thermo-chimiques, qui sont quelquefois en antagonisme, et qui produisent des effets variables et contradictoires. Généralement les courants thermo-électriques sont dirigés de la partie chaude à la partie froide ; mais ceux qui résultent de l’oxydation doivent être dirigés en sens inverse, car les parcelles métalliques qui touchent les électrodes et qui sont les moins oxydées se trouvent céder aux particules oxydées leur électricité positive qui est absorbée par l’oxygène ; elles se trouvent donc constituées négativement, ainsi que la lame de platine qui les touche, et les parties oxydées, prenant la
- polarité positive, la transmettent à l’électrode la plus éloignée du point chauffé. Il arrive donc qu’avec les métaux très oxydables à la chaleur, comme le cuivre, ce sont ces derniers courants qui l’emportent sur les courants thermo-électriques, et les déviations galva'nomètriques indiquent un courant allant presque toujours de la partie froide à la partie chaude. Si réchauffement a duré longtemps à l’une des électrodes, on peut constater souvent que réchauffement de l’autre électrode non-seulement ne provoque pas de courant inverse, mais ne fait qu’augmenter l’énergie du courant primitivement déterminé ou n’en provoque pas du tout. Il arrive même quelquefois que le courant se trouve alors soumis à des inversions successives. Ces effets viennent sans doute de ce que, l’oxydation s’étant trans mise jusque sur les particules de l’électrode non chauffée, la force électromotrice créée au moment de réchauffement n’est pas assez puissante pour développer un contre-courant. On comprend en effet, que, si cette force est égale à celle qui reste développée à la suite du premier échauffement, il ne doit se produire aucune déviation ; si elle est plus faible, la chaleur, en augmentant la conductibilité de la niasse conductrice, développe le courant primitivement déterminé; enfin, si les effets thermoélectriques deviennent, dans ces conditions, prépondérants, ils se substituent aux courants thermo-chimiques et fournissent leur inversion. Les limailles métalliques sont toutes sujettes à ces sortes de réactions, surtout quand elles ont été déjà expérimentées. Quand elles sont fraîches, on retrouve le plus souvent les effets thermo-électriques seuls et nettement accusés, sauf pourtant avec la limaille de cuivre rouge, qui donne toujours des effets contraires. La poussière de charbon de cornue elle-même, quoique donnant le plus souvent des effets thermo-électriques nettement caractérisés, fournit quelquefois des courants de sens anormal. Les poussières des minerais métalliques très-conducteurs, telles que celles que l’on obtient en broyant de la pyrite de fer, de la galène, de la pyrolusite, de la mine de plomb, fournissent toutes des courants thermo-électriques nettement définis, surtout quand elles sont peu grillées, et ces courants sont très énergiques.
- Quant aux poussières provenant de minerais médiocrement conducteurs, tels que le fer magnétique, le minium, le fer oligiste, etc., et aux poussiè res produites par les pierres dures et tendres, regardées comme très conductrices à l’état aggloméré, leur conductibilité est complètement nulle, du moins quand elles sont bien sèches, ce qui n’arrive jamais du moment où elles ont été exposées à l’air pendant quelque temps. Le silex d’Hérouville lui-même est dans ce cas.
- Une particularité assez intéressante que je dois signaler, c’est qu’en plaçant une lame de cuivre
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- JOURNAL UNIVERSEL ZEÉLECTRICITÉ
- dans les conditions des expériences précédentes, le chauffage des électrodes ne détermine sur le galvanomètre employé aucune déviation; pourtant les bouts chauffés s’oxydent autant, si ce n’est plus, que ceux du prisme de limaille. Il est vrai que celui-ci présentait une résistance de 5o ohms environ, tandis que la lame n’avait aucune résistance sensible, et naturellement mon galvanomètre était trop résistant pour accuser des courants thermoélectriques dans ce dernier cas.
- J’indique dans le tableau qui suit les intensités du courant de ma pile traversant différentes li-
- mailles métalliques et des poussières de différente nature. Plusieurs séries d’expériences pour une même limaille ou poussière y sont rapportées, et si les chiffres qui représentent leur conductibilité sont un peu différents, c’est qile, ayant fait ces expériences avec des lames de mica de différentes grandeurs, les électrodes se trouvaient éloignées de 3 centimètres et demi dans les dernières expériences, alors qu’elles ne l’étaient que de i centi mètre à peine dans les premières; de là la nécessité de changer la résistance de la dérivation gal-vanométrique. Les intensités ont été prises à trois
- Courants de pile. Courants thermo-électriques. Courant de la pile Courant de la pile après refroidùse- ment.
- Début. 5 min. après. 10 min. après. Electrode — chauffée. Electrode -f-chauffée. pendant réchauffe- ment. tance.
- 0 0 0 0 0 0 0 oh ms
- Limaille de cuivre avec dérivation sans résistance (20-18) (54-43) 4L 5 41 —24 -20 +24 0 — 5 +43 - 2 +4.3 18 puis 0 37 33
- Limaille de zinc avec dérivation sans résistance (40-37) ( -49) (45-37) 45 35 45 34 +26 (+20+32—0) O (+10+45) —22 +4.3 0 5o
- Limaille de fer avec dérivation sans résistance (40-30) » » +38 —38 —22 +41 >* ,5 160
- Limaille de fer avec dérivation de 1 ohm (90-81) 81 8o,5 — 18 + 11 -25 +85 - »
- Poussière de charbon avec dérivation de 1 ohm.. (90-67) 67 67 (—i5+2) (+10—15) —20 +76 » 55 20480
- Poussière de mine de plomb avec dérivation sans résistance. (52-40) 40 40 —35 +40 —10 +45 ' 40 40
- Poussière de pyrolusite avec la résistance de 1 ohm (i8-i5) i5,5 16 +5o -55 » +17 » » ! 14000
- Poussière de pyrolusite avec dérivation de 640 ohms (90-77) 78 78 +65 -65 » +»9 »
- Poussière de pyrite avec dérivation de 1 ohm (74-55) 53 52 +6o —65 — 3 +70 » • ;
- Poussière de pyrite avec dérivation de 640 ohms 1 (70-54) 54 55 -f-i5 — 2 5 —20 +80 5o K)
- Poussière de galène avec dérivation de 1 ohm : . . . (40-34) . 33 3t 0 —40 — 4 +45 20 » 1 ( 4500
- Poussière de galène avec dérivation de 640 ohms 1 (40-33) 33 33 +12 —12 — 3 +90 2(> 12
- époques différentes, au début, après cinq minutes et après dix minutes. L’intensité des courants thermo-électriques est indiquée avec le sens de la déviation, en observant une minute après le commencement de l’expérience. Le signe — représente les déviations à gauche du galvanomètre, le signe -J- les déviations à droite. Quand l’électrode chauffée donnait un courant avec le Signe —, le courant était dirigé de la partie froide à la partie chaude. Les chiffres qui remplissent les sixième et septième colonnes représentent, les premiers l’étendue de la déviation rétrograde, les autres la déviation déterminée au bout d’une minute par réchauffement des limailles sous l’influence du courant les traversant. Les huitième et neuvième colonnes indiquent les déviations moyennes et extrêmes déterminées par
- le courant après , le refroidissement des limailles. Enfin la dixième colonne représente les résistances des limailles ou poussières au moment des premières expériences; elles ne sont que très approximatives.
- Tii. du Moncel.
- RECHERCHES EXPÉRIMENTALES
- SUR LES MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES (Voir le numéro du 11 avril 1882.)
- La série de courbes et tableaux que je publie aujourd’hui donne les résultats de mes expériences
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- 220
- LA LUMIÈRÈ ÉLECTRIQUE
- sur les machines suivantes : La machine Gramme type a à fil fin tournant aux deux vitesses de i 750 et de 2 55o tours, avec cette différence toutefois que dans la deuxième expérience, faite à la vitesse de 2 55o tours, huit des galettes qui constituent les inducteurs ont été éliminées du circuit et la résistance réduite par conséquent.
- La machine Siemens du type D6 aux trois vitesses de 1 390,1 190 et 1 170 tours : les expériences aux deux premières vitesses ont été faites avec une même machine; celles à 1 170 tours avec une seconde machine de même type. Il faut remarquer relativement à ce type, que la proportionnalité de
- la force électro-motrice avec la vitesse se vérifie non-seulement jusqu’au point de saturation des inducteurs, mais encore au delà de ce point.
- La machine Gramme A, type renforcé à la vitesse de 1024 tours.
- La machine Gramme A à fil fin à la vitesse de 640 tours.
- Enfin une machine dynamo-électrique que j’ai construite spécialement avec des inducteurs renforcés en fer doux et des armatures de fonte. Comme on peut le constater par l’examen de la courbe, le renforcement du fer doux des inducteurs entraîne ce résultat que la caractéristique ne
- TABLEAUX ET COURBES CORRESPONDANTES
- Courbe n« 16. 7 février 18 82.
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE GRAMME, TrrE a a fil fin
- A LA VITESSE DE I 750 TOURS
- I E ,1 E OBSERVATIONS.
- 0,1 87,5 0,9 507,5 Poids de la machine, 210 kil.
- 0,2 *57,5 1,0 538,75
- o,3 220 I > I 565 Résistance induit 6g
- 0,4 276 4,2 586 — inducteurs 210
- 0,5 33o i,3 597,5 — totale.... 279
- o,6 382,5 1,4 607,5
- o,7 427,5 1,5 6i3,75
- o,8 470 1,6 618
- Courbe il» 17. 7 février 1882.
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE GRAMME, type a a fil fin
- A LA VITESSE DE 2 .‘>5o TOURS
- 1 E I E observations.
- 0,1 95 1,6 855 Nous laissons en dehors les
- 0,2 175 1,7 8u0 8 galettes du coin.
- 0,3 250 1,8 893
- 0 4 325 i,9 915
- 0,5 390 2,0 9.33 Résistance induit 69
- 0,6 45o 2,1 945 — inducteurs. i65
- 0,7 5io 2,2 955
- 0,8 56o 2,3 965
- 0,9 610 2,4 973 — totale 234
- 1,0 655 2,5 080
- 1,1 700 2.6 985
- 1,2 738 2,7 990
- 1,3 770 2,8 99s
- 1,4 800 2,9 995
- 1,5 83o
- DIAGRAMME DE LA COURBE N° I?
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ELECTRICITE
- 221
- Courbe no 18. 24 janvier 1882.
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE SIEMENS Dû
- A LA VITESSE DE I 3QO TOURS
- T I? I E OBSERVATIONS.
- 5 18 5o 60,75 Poids de la machine, 65 kii.
- IO 32,25 55 61,38
- i5 43 60 61,88 Résistance induit 0,273
- 20 48,25 65 62 — inducteurs. 0,359
- 25 53 ' 70 62 — totale 0,632
- 3o 55,5 75 61,88
- 35 57,25 80 61,63
- 40 58,63 85 61
- 45 59,88 90 6o, 25
- IJ. — A LA VITESSE DE I IÇO TOURS (MACHINE D#)
- 5 14,25 *35 40,75 Poids de la machine, 65 kil.
- 10 26 . 40 5i ,25
- i5 36 45 52,38 Résistance induit 0,273
- 20 41,75 5o 53,5o —» inducteurs. o,339
- 25 45 55 54,38 — totale 0,^32
- 3o 47.5 60 55
- Courbe n° 22. - -* 77 novembre 1881JJB
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE SIEMENS Ds
- A LA VITESSE DE l 170 TOURS
- I E I. E OBSERVATIONS.
- 5 . 13,75 35 46 Poids de la machine, 7oJkil.
- 10 25 47,63
- 40 Résistance induit 0,284
- i5 32,5 45 49 — inducteurs. o,3ô5
- 20 37,75 . 5o 5o
- 25 41 55 5o,5 — X totale 0,649
- 3o 43,75 60 5o,5
- Courbe n« 21 24 novembre 188 r,
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE GRAMME
- (r.Yl»E A. RENFORCÉ) A LA VITESSE DE l 024 TOURS
- I F, [ E OBSERVATIONS.
- 0 7.5 11 38,25 Poids de la maehine, 280 kil.
- 4 13,40 16 41,75 ohm
- 6 19,5o 18 44,5o Résistance totale 0,324
- 8 25 20 . 46,40
- 10 29.5 22 47,25
- 12 33,75
- DIAGRAMME DE LA COURBE N° l8
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Courbe n» 23. 21 décembre 18 81.
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE GRAMME, type A A fil fin
- A LA VITESSE DE Ô40 TOURS
- » I E 1 E OBSERVATIONS.
- 0,1 239 1,2 1393 Poids de la machine, kil.
- 0,2 466 1,3 1413 ohm>
- 0,3 665 i,4 1413 Résistance induit 220
- 0,4 812 i,5 1413 — inducteurs... 410
- 0,5 931 1,6 1413 — totale 63o
- o,6 io38 1-7 1413
- o,7 I I 17 1,8 1406
- 0,8 1180 1,9 i386
- o,9 1257 2,0 1373
- 1,0 i33o 2,1 1346
- 1,1 1343
- DIAGRAMME DE LA COURBE N° 23
- Courbe n° 24. 7 janvier 1882.
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE MARCEL"DEPREZ
- A inducteurs renforcés (Armatures en fonte)
- A LA VITESSE DE I 237 TOURS
- 1 E I E OBSERVATIONS.
- 2 3,4 22 CA CO Poids de la machine, kil.
- 4 6,2 24 16
- 6 8,6 26 16,2 Résistance induit 0,040
- — inducteurs. 0,175
- 8 10,7 28 16,4
- 10 - 12,5 3o 16,6 — totale 0,2i5
- 12 i3,6 32 16,6
- 14 14,2 34 16,6
- l6 H,7 36 16,6
- 18 i5,1 36 16,6
- 20 iS,5 40 16,6
- DIAGRAMME DE LA COURBE N° 24
- s’abaisse plus au delà du point de saturation des inducteurs, mais reste parallèle à l’axe des abscisses.
- Ce résultat est très important et démontre la possibilité de modifier les machines dynamo-élec-triqués, de manière à supprimer le défaut qui existe dans la plupart des types ordinaires et qui se traduit par l’abaissement de la courbe.
- Dans un prochain article, je continuerai à donner la série des résultats que j’ai obtenus, tant avec les types courants de machines qu’avec les appareils modifiés par moi.
- {A suivre.)
- LES SCIENCES PHYSIQUES
- EN BIOLOGIE
- L’ÉLECTRICITÉ
- 8n article. (Voir les «os du 25 février, des 8 et 29 avril, 6 mai, des 3 et 10 juin et des 8 et 15 juillet.)
- 2° L'air. — L’air, ou plutôt sa partie active l’oxygène, est indispensable à la vie. C’est là un axiome vulgaire dont l’exactitude est incontestée pour les animaux supérieurs. La privation absolue d’oxygène amène l’état de vie latente chez les or-
- Marcel Deprez.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 22.3
- ganismes inférieurs susceptibles de tomber en indifférence chimique. Quand aux êtres à vie oscillante et à vie constante, la suppression absolue d’oxygène les tue sans rémission.
- Pourtant, d’après certaines expériences de M. Pasteur, il y aurait des êtres inférieurs qui pourraient vivre à l’abri de l’air; bien plus, ce gaz devient pour eux un poison violent : tels sont par exemple les vibrions qui fournissent la fermentation putride. Ces êtres meurent aussitôt qu’on les expose à l’air. M. Pasteur a donné le nom caractéristique d'anaérobies aux Organismes microscopiques qui jouissent de cette propriété. Dé ces faits, très exacts d’ailleurs, on avait conclu que la présence de l’air n’était pas une condition générale de la vie. Cette conclusion est fausse, et loin d’infirmer la généralité de la loi précédente elle ne fait au contraire que la généraliser. En voici la raison : de même que l’eau, l’oxygène en excès ou en défaut arrête tous les phénomènes vitaux.
- Dans de remarquables expériences, M. Pairl Bert, a montré que l’oxygène sous pression devient un poison comparable à la strychnine. Si l’on renferme un animal supérieur dans un cylindre ou l’on peut comprimer de l’air ou de l’oxygène pur, l’animal est pris de convulsions et meurt dans la rigidité du tétanos aussitôt que la pression de l’oxygène atteint environ 5 atmosphères ou même beaucoup moins, suivantl’espèce d’animaux. L’oxygène comprimé agit de la même manière sur les organismes inférieurs et ce gaz arrête complètement tous les phénomènes de décomposition des matières organiques; à tel point que de la viande ou des liquides organiques se putréfiant facilement restent complètement inaltérés dans l’oxygène comprimé. Toutes les fermentations qui ont pour cause des ferments figurés s’arrêtent dans l’oxygène comprimé.
- En partant de ces faits qui montrent que la dose toxique d’oxygène varie avec l’espèce d’individus que l’on considère, on peut dire que les être anaérobies de M. Pasteur sont de tous les plus sensibles à l’action de ce gaz. Mais il ne s’ensuit pas, comme on le croyait d’abord, que ces êtres peuvent vivre sans oxygène. Loin de là, M. Pasteur lui-même a démontré que les anaérobies s’emparent de l’oxygène combiné ; c’est même là, d’après M. Pasteur, la cause de la putréfaction et de la fermentation alcoolique.
- De ces expériences, en apparence contradictoires de prime abord, il ressort donc clairement que l’oxygène est absolument indispensable à l’entretien de la vie chez tous les êtres vivants ; il ne présentent entre eux aucune différence de sensibilité à l’action de ce gaz, l’oxygène libre jouant par rapport aux anaérobies le rôle de l’oxygène comprimé par rapport aux êtres aérobies.
- La diminution de l’oxygène dans le milieu ou vit
- l’animal amène également des'accidents mortels, c’est le fait bien connu de l’asphyxie qui arrive aussi bien par insuffisance d’air que par manque absolu. 11 faut pour que la vie suive son cours régulier que le milieu extérieur ou intérieur, qfle le milieu qui est en un mot en contact direct de la cellule, contienne de l’oxygène ayant une densité constante. Cette conclusion ressort également des expériences de M. Bert.
- Ce physiologiste a montré en effet que les animaux supérieurs, l’homme, par exemple, vivent parfaitement dans un milieu raréfié, à la condition de changer la composition centésimale de l’atmosphère en même temps que sa pression. Nous vivons dans l’air sous une pression moyenne de 75 centimètres de mercure. L’oxygène entrant seulement pour un 5° en volume dans le mélange, sa pression dans l’air que nous respirons ne dépasse guère i5 centimètres de mercure.
- Si cette densité du gaz vital par excellence vient à diminuer, on voit se produire tous les phénomènes qui caractérisent l’insuffisance respiratoire ou anoxémie, c’est ce que l’on observe dans les cas suivants : i° en respirant dans un milieu confiné ou chargé d’acide carbonique; 20 en gravissant des montagnes élevées (mal des montagnes) ; 3° en s’élevant rapidement en ballon. La cause de ces accidents étant connue, il était facile d’y remédier. Pour faire disparaître tous ces phénomènes morbides qui accompagnent la raréfaction de l’air ou plus exactement de l’oxygène, il suffit d’augmenter la proportion de ce gaz dans le mélange à mesure qu’on diminue la pression, de façon à ce que la densité de l’oxygène reste constante. L’expérience a confirmé d’une manière éclatante les prévision de la théorie. Dans ses belles recherches sur la pression barométrique, M. Bert a montré en effet qu’on n’était nullement incommodé en respirant dans une atmosphère qui n’avait plus qu’une pression de i5 centimètres et même 10 centimètres de mercure, à la condition de respirer de l’oxygène pur. Si, au contraire, on s’enferme dans une cloche où on augmente la pression, il faut diminuer dans le même rapport la quantité d’oxygène du mélange de façon à ce que sa pression propre reste toujours égale à i5 centimètres de mercure.
- L'oxygène doit donc avoir une densité constante dans le milieu qui entoure directement la cellule. C’est là une proposition générale très importante qui résulte des travaux de M. Bert et qui a donné lieu déjà à d’importantes applications sur le détail desquelles je ne peux m’étendre ici.
- La composition centésimale de l’atmosphère variant dans des proportions inverses de sa pression l’animal, enfin de compte, se trouve toujours dans les mêmes conditions, et les mécanismes respiratoires n’étant pas troublés, la vie suit son cours régulier.
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- 224
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Il faut également ici, comme en toutes choses, faire la part de l’entraînement et de l’habitude qui permettent à l’être vivant d’écarter beaucoup les limites entre lesquelles peuvent osciller ces variations*
- Mais il y a plus, l’animal peut porter en lui-même les mécanismes compensateurs, qui assurent la pénétration dans son milieu intérieur d’une quantité constante d'oxygène, quelles que soient les variations de composition gazeuses du milieu extérieur.
- Les êtres sans milieu intérieur subissent, sans pouvoir s’y soustraire, les variations de la pression barométrique. Chez les animaux supérieurs, l’oxygène est porté à chaque cellule par un intermédiaire, Yhémoglobine ou matière rouge du sang qui va puiser ce gaz à l’extérieur dans le poumon.
- Lés animaux (lamas) et les hommes qui vivent sur les hauts plateaux des Andes ne paraissent pas souffrir de la diminution énorme de pression que subit l’atmosphère dans ces régions élevées.
- Nous en avons aujourd’hui l’explication, depuis quelques semaines seulement, il est vrai. M. Bert, poursuivant ses recherches, vient, en effet, d’annoncer à l’Académie des sciences que le sang de ces animaux contient une quantité d’hémoglobine bien supérieure à celle que l’on trouve dans le sang des mêmes animaux vivant dans les plaines. On sait, de plus, que sur ces hautes régions le cœur bat plus vite, la circulation est plus active. On comprend facilement alors que le sang circulant plus vite, et ayant une plus grande capacité respiratoire, puisse dans le même temps, se charger d’une quantité d’oxygène, suffisante pour conserver au milieu intérieur toujours la même composition, malgré la raréfaction de l’atmosphère.
- On avait observé un fait analogue chez les animaux qui peuvent plonger* longtemps (canards). Ces êtres contiennent proportionnellement une plus grande quantité de sang. Il en est de même chez les animaux nouveau-nés, qui peuvent résister plus longtemps à l’asphyxie qu’à l’état adulte, uniquement parce qu’ils ont dans leur sang une plus grande provision d’oxygène.
- M. Campana a fait connaître un autre mécanisme compensateur, il est relatif aux oiseaux de haut vol, tels que les condors, qui s’élèvent à des hauteurs dépassant 8 ooo mètres. Ces animaux présentent, en effet, sous les ailes, d’énormes sacs pneumatiques; les sacs jouent le rôle de véritables pompes mises en mouvement par l’aile. Le travail de l’aile de l’oiseau augmentant en même temps que la raréfaction de l’air, le poids d’oxygène qui traverse le poumon reste constant, malgré sa raréfaction.
- — On peut voir par là que tous les appareils, quelque compliqués qu’ils paraissent, n’existent pas pour eux-mêmes, mais qu’ils concourent tous
- au même but : maintenir au milieu intérieur une composition constante.
- Ces exemples, qu’il me serait bien facile de multiplier, montrent que l’étude des mécanismes vitaux peut être tout ausài intéressante que celle des mécanismes purement physiques, et que la physique biologique est bien une science autonome. <
- {A suivre.) Dr A. d’Arsonval
- EXPÉRIENCES DE M. SPOTTISWOODE
- SUR LA DÉCHARGE
- D’UNE BOBINE D’INDUCTION
- ACTIONNÉE PAR DES COURANTS ALTERNATIFS
- A une des dernières réunions de la Société royale de Londres, M. Spottiswoode a lu un intéressant mémoire sur l’influence d’un champ magnétique, sur la décharge électrique.
- Nous nous proposons de résumer ici les points principaux de ce travail que nous trouvons reproduit in extenso dans The Engineer.
- La communication de M. Spottiswoode comprend deux parties bien distinctes dont la première a trait à la méthode spéciale qu’il emploie pour produire les décharges étudiées dans ses recherches. On sait que, depuis un certain temps déjà, M. Spottiswoode emploie pour exciter les grandes bobines qu’il a fait construire, le courant des machines alternatives. Ce mode d’excitation a déjà été indiqué à différentes reprises; mais le mémoire dont nous parlons donne sur ce sujet des détails plus complets que ceux publiés jusqu’à présent.
- La machine alternative dont se sert M. Spottiswoode est une machine de Méritens mue par un moteur à gaz Otto et tournant à environ i ioo tours par minute.
- Lorsque l’on excite une bobine par des courants égaux et alternativement de sens contraire, la production du courant induit se fait dans des conditions spéciales, et l’effet n’est pas le même que lorsqu’on se sert du courant continu d’une pile et d’un interrupteur. Les variations du courant inducteur s’effectuent en effet de deux façons différentes dans les deux cas.
- Dans le cas où on emploie la pile, le courant, au moment de la rupture, tombe subitement de son maximum à zéro, puis revient avec une égale soudaineté à son maximum (fig. i courbe supérieure).
- Avec la machine alternative au contraire il passe graduellement quoique très rapidement, en passant par zéro, d’un maximum à un autre maximum de signe contraire (fig. i, courbe infé-
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- rieure). Il résulte de là que la machine produisant elle-même les variations du courant primaire, il n’y a plus besoin d’interrupteur et que, comme il n’y a pas de rupture soudaine du courant, l’étincelle d’extra-courant et autres effets nuisibles se trouvent supprimés et il n’y a plus besoin de condensateur. En outre, les variations du courant primaire étant très régulières, l’intensité et la durée des courants secondaires le sont également; enfin l’intensité des courants secondaires est très grande. Avec une bobine de Apps de 65 centimètres d’étincelle, M. Spottiswoode a obtenu une étincelle d’environ 17,5 centimètres et de la grosseur d’un crayon ordinaire, mais une bobine ordinaire de 10 centimètres d’étincelle suffit pour donner une décharge de la même grosseur et de 5 centimètres de longueur. Comme les deux courants induits sont égaux, chaque pointe de l’excitateur présente un point brillant d’où part une sorte de flamme jaunâtre. Ce torrent de flamme, par suite de la rapide
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- t. FIG. I
- succession des décharges, semble continu et peut être maintenu pendant un temps indéfini. Il ressemble jusqu’à un certain point à la décharge que donne la bobine lorsqu’elle est excitée par une pile et un interrupteur à mercure et que les tiges de l’excitateur sont peu éloignées.
- L’excitation de la bobine par le courant alternatif ne se prête pas à l’obtention de longues étincelles peu nourries, comme celles que donne l’excitation avec la pile et le trembleur. On peut cependant les obtenir en interrompant les courants de la machine et en ne laissant passer que des courants isolés à des intervalles relativement éloignés.
- Quand on laisse la machine marcher normalement, le nombre de courants produits par minute n’est pas de moins de 35 200, soit 17600 dans chaque sens.
- L’emploi du courant alternatif comme courant primaire est aussi très avantageux pour la décharge dans les tubes Geissler. Il lui donne cette fixité qu’on ne pouvait obtenir jusqu’ici qu’au moyen des trembleurs spéciaux comme celui de M. Marcel Deprez. Comme en outre il donne lieu à des courants induits de grande intensité, la décharge dans les tubes est très brillante et comparable à celles que donnent les piles de M. Warren de la Rue.
- L’égalité des courants inverses permet d’ailleurs d’en faire le triage avec les appareils qui ont été décrits dans La Lumière Electrique, numéro du 17 juin 1882.
- Pour en revenir à la décharge dans l’air, quand les tiges de l’excitateur sont placées horizontalement, la décharge présente la forme d’un V renversé. Il semblerait qu’elle soit tenue par les deux bouts et ait la liberté de s’étendre surtout dans sa partie centrale. Ce phénomène est dû à réchauffement de l’air produit par le passage même du courant. II faut remarquer en outre qu’au bout de quelque temps, on peut, en écartant les tiges, obtenir une décharge de longueur plus grande que la distance franchie primitivement par l’étincelle. Cet effet est dû à ce que les décharges successives échauffent de plus en plus l’air qu’elles traversent et le rendent de plus en plus conducteur. On peut s’en rendre compte en approchant une flamme de gaz entre deux tiges d’excitateurs trop écartées pour laisser passer la décharge. Celle-ci jaillit alors, la flamme agissant comme un conducteur interposé.
- La décharge donnée par la bobine excitée par le courant alternatif n’est pas complètement homogène. La partie centrale présente le trait bleu de l’étincelle, puis autour la teinte rose caractéristique de l’air traversé par la décharge; enfin autour de celle-ci une zone qui forme la flamme et qui consiste principalement en particules solides échauffées et détachées des électrodes. Cette particularité permet de modifier la couleur de cette couche en déposant diverses substances sur les tiges de l’excitateur, et c’est ainsi qu’à l’aide du borax on peut donner à la décharge assez d’éclat pour pouvoir la projeter.
- Les expériences de M. Spottiswoode sur la bobine excitée comme nous venons de le dire, l’ont conduit, en enroulant avec du fil fin une machine de Méritens, à construire une machine magnétique pouvant donner des courants alternatifs de haute tension et susceptibles d’ailleurs d’être séparés par les procédés indiqués.
- Dans un prochain article, nous résumerons les résultats obtenus par M. Spottiswoode en soumettant à l’action d’un puissant champ magnétique la décharge que nous venons de décrire.
- {A suivre.) Aug. Guerout.
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ LES APPAREILS
- DE
- MM. L. SAUTTER, LEMONNIER et Ce
- Les grandes usines destinées à la fabrication des appareils électriques deviennent chaque jour plus nombreuses non seulement à Paris, mais dans presque tous les grands centres du monde civilisé et
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- les applications si multipliées de la science nouvelle ont amené de tous côtés, depuis notre récente Exposition internationale, une énorme activité dans les ateliers spéciaux ; les nombreux systèmes d’éclairage ont surtout préoccupé les industriels depuis un an, et quoique le dernier mot soit bien loin d’être dit à ce sujet, on sait la quantité de Sociétés qui ont été formées pour exploiter des procédés plus ou moins pratiques et fabriquer les appareils en grand. Au milieu de cette fièvre électrique la maison de MM. Sautter Lemonnier et Ci0 a su conserver la réputation qu’elle avait si justement acquise et elle a montré l’année dernière au Palais de l’Industrie, que dans ses ateliers on avait suivi pas à pas tous les progrès pour livrer les appareils lès plus divers avec les derniers perfectionnements.
- La vue perspective ci-contre représente la partie de la grande nef où se trouvaient réunis la plupart des appareils exposés par la grande maison française dont nous nous occupons aujourd’hui spécialement et que nous avons eu déjà l’occasion de citer dans nos colonnes. On se rappelle ces belles machines destinées aux applications de la marine et de la guerre, qui sont adoptées depuis longtemps par le gouvernement français et que nous avons décrites en détail dans de précédents articles ; sur la gauche du dessin, un peu vers le fond, se distingue la machine Gramme locomobile à lumière dont nous parlions dans le numéro du 17 juin dernier à propos d’une reconnaissance militaire ; du même côté en avant figure une machine Gramme I). : il y avait aussi dans l’Exposition de MM. Sautter et Lemonnier des machines électriques de Gramme à courants continus pour le télégraphe optique, cette nouvelle application de l’électricité qui a été si souvent employée pendant l’expédition de Tunisie ; on pouvait voir aussi le type à courants continus de l’auto-excitatrice donnant 10 foyers, celui à courants alternatifs pour alimenter les bougies du système Jablochkoff, enfin les modèles construits pour l’éclairage par foyers puissants, moyens ou petits.
- La question des phares électriques a été particulièrement étudiée par MM. Sautter et Lemonnier qui avaient l’année dernière au Palais de l’Industrie des systèmes à feu fixe avec faisceau lumineux vertical et un phare tournant, dans l’Exposition du ministère des travaux publics. Les constructeurs dont nous rappelons les constants efforts ont réalisé d’importants progrès dans l’éclairage des côtes par l’emploi d’appareils optiques de construction spéciale. Dans toutes les nouvelles installations on s’était en effet surtout efforcé d’augmenter la portée lumineuse des phares pour donner de l’unité à l’ensemble du système en se préoccupant assez peu de la portée géographique, et cependant au moment des forts brouillards où la portée lumineuse est considérablement diminuée, cette diminution pour-
- rait être sensiblement atténuée par une augmentation de la portée géographique. Les appareils Optiques spéciaux dont nous parlions et qui sont destinés à compenser la perte de la portée lumineuse sont munis à leur partie supérieure d’une série d’anneaux lenticulaires dont l’effet est de produire au-dessus du phare un faisceau de rayons verticaux s’élevant à une grande hauteur au-dessus de l'appareil. Ce faisceau vient éclairer soit les nuages,,soit la vapeur qui remplit l’atmosphère, et il est même visible par un temps clair, parce que l’air contient alors assez de particules solides et de vapeur d’eau vésiculaire pour que le phénomène de la diffusion se produise. Les rayons lumineux ainsi projetés au-dessus du phare sont visibles à une grande distance, même par des nuits brumeuses, et la portée géographique se trouve par suite notablement augmentée.
- Ce système a déjà été essayé dans la mer d’Azof, parce que les navires qui la traversaient dans la direction de Berdiansk se trouvaient guidés par un phare qui ne pouvait pas être aperçu d’as-sez loin, tandis qu’ils trouvent aisément leur route lorsque fonctionne l’appareil dont nous venons de parler ; cet appareil construit depuis l’année dernière par MM. Sautter et Lemonnier doit être installé dans les phares français de la Hève, de Gris-Nez, de Planier et de Palmyre, en attendant que les quarante-deux phares électriques dont l’instillation sur nos côtes est projetée depuis quelques mois, soient dotés de ce perfectionnement. Du reste nous renvoyons le lecteur qui désirerait avoir de plus amples renseignements sur l’éclairage électrique des côtes de France aux deux articles Si complets publiés par notre collaborateur A. Guérout dans les numéros du 5 octobre et du 3i décembre 1881.
- Les applications de l’électricité à la marine militaire et marchande, à l’armée de terre et à l’éclairage, en général étaient représentées d’une façon remarquable dans l’exposition de MM. Sautter et , Lemonnier: pour la marine, on pouvait voir un ensemble d’appareils photo-électriques destinés aux canots à vapeur, des défenses sous-marines, des lampes spéciales, des appareils de signaux pour télégraphie optique, les .projecteurs du colonel Mangin; pour l’armée de terre, des appareils photoélectriques mobiles, des types de forts d’arrêt, la locomobile portant un puissant foyer électrique avec projecteur Mangin dont on peut voir divers modèles sur le dessin ci-conitre; enfin, pour l’éclairage en général, de nombreux appareils destinés aux ports, chantiers, ateliers de tissage, filatures, teintureries, etc., etc. Les lampes Gramme qui ont montré parfois dès défaillances au Palais de l’Industrie pour des causes tout à fait indépendantes du système, fonctionnent maintenant d’une façon très régulière dans l’usine de l’avenue de
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- S.uffren où elles ont été mises en expérience suivie d|ins les conditions convenables pour assurer leur bonne marche.
- Sur la droite de notre dessin, on voit encore, au premier plan, une série de crayons nus et cuivrés; citons aussi les moteurs électriques, les machines dynamo-électriques pour la galvanoplastie, les divers modèles de Gramme commandées directement par des moteurs Brotherood, le moteur hydraulique Mégy à grande vitesse disposé pour commander une machine électrique, le dynamomètre Mégy enregistrant d’une manière continue lé travail trasmis, un photomètre ; enfin, pour terminer la description succincte de cette Exposition si intéressante à tous les points de vue, citons dans la classe comprenant les collections bibliographiques, des notes importantes sur les emplois de la lumière électrique à l’éclairage industriel et aux usages militaires, un album de photographies et un ouvrage estimé de M. L. Sautter sur les phares lenticulaires.
- C. C. Soulages.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- APPLIQUÉE AUX EXPLORATIONS SOUS-MARINES
- Le nombre des sinistres maritimes, si considérable tous les ans, —le Bureau Veritas en relève plus de trois mille, — amenait jusqu’ici des pertes immenses dans la fortune publique ; il était bien rare, en effet, qu’avant le perfectionnement des procédés électriques, on pût aller explorer les vaisseaux enfouis dans les bas-fonds des côtes pour en retirer la cargaison souvent précieuse ou tout au moins les objets de valeur appartenant aux passagers. Aujour-jourd’hui ces explorations sous-marines sont devenues assez faciles grâce à deux inventions tout à fait contemporaines, la lumière électrique et les scaphandres.
- Quand un navire vient à sombrer sur les côtes ou au niveau de récifs connus, on signale d’ordi-dinaire l’endroit approximatif où la catastrophe s’est produite, et il est alors possible d’amener, sur un autre navire, à ce même endroit, les appareils nécessaires pour une exploration sous-marine et les ouvriers qui, revêtus de scaphandres, iront examiner les débris du bâtiment naufragé. Le dessin ci-contre représente la scène qui se passe sur le pont du navire au fond de l’eau : une échelle de corde convenablement Jestée est d’abord immergée pour permettre aux\ouvriers de descendre plus facilement dans les profondeurs aquatiques, puis l’appareil électrique est descendu et un ouvrier, qui peut alors reconnaître la position exacte de la coque à explorer, signale au moyen d’un téléphone construit pour s’adapter
- au scaphandre, le niveau auquel on doit arrêter ;la descente du foyer électrique.
- A partir de ce moment, on envoie le nombre d’hommes nécessaire et les travaux de déblaiement peuvent être poussés avec activité. L’appareil électrique qui donne les meilleurs résultats pour ce genre d’exploration a été combiné par M. Bazin; il se compose élémentairement d’un puissant régulateur contenu dans un cylindre fermé en dessous par un plateau de verre et portant à la partie supérieure un réflecteur qui diffuse la lumière et la répand dans un espace circulaire d’au moins 3o mètres de diamètre; du reste, la combinaison de M. Bazin a été décrite par notre collaborateur C. C. Soulages, dans le numéro du ier juillet 1882, au sujet de l’application de la lumière électrique aux constructions sous-marines, nous renvoyons le lecteur à cet article.
- La surface complètement éclairée par l’appareil Bazin, comprend un cercle d’environ 3o mètres de diamètre, mais la lumière électrique étend son rayonnement dans un espace beaucoup plus considérable, et le spectacle que l’on peut avoir dans ces circonstances dépasse toutes les conceptions; on ne saurait décrire ces effets de la lumière à travers les masses transparentes et la douceur des dégradations successives dans les couches inférieures et supérieures de l’immensité liquide. On connaît la diaphanéité de la mer, sa limpidité l’emporte sur celle de l’eau de roche et les substances minérales et organiques accroissent même sa transparence; il paraît que dans certaines parties de l’Océan,-aux Antilles, iq5 mètres d’eau laissent apercevoir le lit de sable du fond avec une surprenante netteté. Il n’y a donc aucune difficulté à se servir de la lumière électrique pour effectuer l’éclairage du fond de l’océan et s’y livrer à des recherches.
- Notre dessin représente la scène d’exploration d’un navire qui a coulé à pic après avoir été désemparé par la tempête; les haubans sont coupés, la coque est encore en bon état, car le naufrage èst tout récent, les tronçons de mâts rasés un peu au-déssus du pont indiquent que la mâture a dû être sacrifiée au beau milieu de la tourmente. Lç navire est couché sur le flanc et le spectacle de cette car- _ casse perdue sous les flots est d’une effroyable tristesse, tristesse qui devient bien plus poignante lorsque, l’exploration se faisant quelques heures après l’engloutissement du navire, on trouve, sur le pont et dans l’intérieur, les cadavres de matelots ou de passagers dans une attitude effrayante, tordus dans des mouvements convulsifs et morts en faisant un dernier effort pour s’arracher aux entraves qui les ont retenus au moment du naufrage.
- O. Kern.
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- LA TÉLÉGRAPHIE
- SES PROGRÈS RÉCENTS MANIFESTÉS A L’EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- Quinzième article (Voir les numéros des i3, 20 et 27 mai, des 3, 10, IJ, 24 juin et des i5, 22, 29 juillet, des 5, 12, ig et 26 août 1882.)
- [b] Appareils multiples reposant sur la division du temps.
- Le moteur de l’appareil Meyer auquel on a donné le nom de chronomètre, marche constamment, règle le synchronisme, et opère la mise en mouvement des récepteurs, chacun à leur tour. Un poste réduit à sa plus simple expression se composera alors d’un chronomètre et d’un récepteur avec transmetteur. L’importance du poste augmentant, il n’y a qu’à augmenter le nombre des récepteurs.
- Chronomètre transmetteur, et récepteur, communications, telle est la division adoptée dans l’étude de cet appareil.
- Chronomètre. — Un mouvement d’horlogerie régularisé par un pendule conique fait tourner, synchroniquement avec celui du poste correspondant, un frotteur électrique sur un cercle en métal. Ce cercle, appelé diviseur, est placé sur un disque en
- ébonite. Les M de la circonférence du diviseur sont i5
- divisées en 4, 5, 6,8 parties égales, l’autre U étant réservé à la correction. En face des points de division, sur le disque d’ébonite, sont placées des lamelles métalliques, d’où partent des fils se dirigeant vers les récepteurs. Pour un appareil sextuple par exemple, les 6 fils de la division en 6 sont rattachés aux 6 récepteurs ; lorsque le frotteur passe sur une lamelle, les organes du récepteur correspondant sont mis en mouvement ; c’est à cela seulement que se borne le rôle du diviseur, les courants de transmission ne passent pas sur le diviseur, qui n’a qu’un point d’attache avec la ligne : la lamelle affectée à la correction.
- Le système de correction est celui qui est adopté dans le premier appareil Meyer.
- Transmetteurs et récepteurs. — Le clavier n’a subi aucun changement. Chaque récepteur porte son distributeur dont les éléments sont les mêmes que dans l’ancien modèle, il se compose de 4 groupes de 3 lamelles dont la 3° est en relation avec le sol, et d’une lamelle arrêt isolée, suivie d’ùne 2e lamelle qui est à la terre. Le récepteur lui-même se compose essentiellement d’un mouvement d’horlogerie avec régulateur à force centrifuge formé d’une spirale en acier avec 2 bras à articulation, munis de petites masses. Une clef permet par l’intermédiaire d’une roue dentée et
- d’une vis sans fin d’allonger ou de raccourcir la spirale du ressort, et de faire par suite varier la vitesse de déroulement dans le rapport de 1 à 6. L’impresSion se fait au moyen d’une hélice à spire complète, enroulée sur un cylindre de 3o m/m de longueur à peu près. Au-dessous de l’hélice un châssis oscillant entre 2 vis ; ce châssis porte un petit électro-aimant qui se trouve en face les pôles d’un aimant fixe. .Quand aucun courant n’est envoyé sur la ligne un courant passe à travers ce petit électro-aimant, y développe des pôles de nom contraire à l’aimant, il y a répulsion. Le courant de ligne ouvre le circuit local, l’électro-aimant est attiré par l’aimant et le châssis presse contre l’hélice une feuille de papier.
- Les récepteurs sont reliés au chronomètre de la manière suivante. Chaque récepteur renferme un électro-aimant placé dans un circuit local qui se trouve fermé lorsque l’aiguille du diviseur passe sur la lamelle correspondante. A ce moment un déclanchement se produit, opérant par un cliquet et une roue à rochet un embrayage. L’hélice et le frotteur du distributeur sont entraînés, et après une révolution, le débrayage a lieu et le frotteur du distributeur reste sur la lamelle isolée, pendant que les 3 autres récepteurs fonctionnent successivement. Comme dans le premier appareil Meyer ce ne sont pas les courants de ligne qui arrivent dans les récepteurs, mais bien ceux envoyés par 2 relais, un relais de réception et un relais de transmission.
- Communications. — Le croquis ci-contre montre les dispositions de l’appareil. Les électro-aimants déclancheurs agissent tour à tour, le circuit de chacun étant successivement fermé par le frotteur. La ligne à son arrivée se divise entre les distributeurs et la lamelle de correction, le courant se trouve donc successivement fermé par chacune de ces cinq branches ; les 4 autres restant ouvertes. Les autres communications sont les mêmes que dans l’appareil primitif.
- APPAREIL DE M. VILLOT
- Cet appareil n’était pas encore complètement ter^ miné ; il ne fonctionnait à l’exposition qu’en local, et de manière à en montrer seulement le principe. Faute de temps, il n’a pu être muni de son appareil correcteur de synchronisme, qui était inutile dans les conditions où on le fait marcher.
- Un distributeur reçoit et trie les courants envoyés et met en marche les récepteurs en temps opportun. Les signaux dans cet appareil étant produits dans le sens de la bande, le papier ne doit pas être entraîné à chaque lettre d’une longueur constante, mais bien proportionnellement à la longueur de cette lettre. En France, M. Ailhaud avait déjà résolu la. question dans, son appareil Morse à
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- clavier, qui était exposé au pavillon du ministère. Un électro-aimant attire un levier pendant toute la durée des émissions nécessaires à produire la lettre et pendant ce temps seul; ce levier commande un cliquet qui alors ne s’oppose plus à la rotation d’une roue à rochet dont dépend le mouvement de rouleaux entraîneurs de papier.
- C’est ce genre de solution qu’a adopté M. Vil-lot.
- Voici d’ailleurs sommairement la description de cet appareil.
- Le manipulateur est un clavier à io touches* 5 noires et 5 blanches, donnant les signaux Morse; il est à courants inversés et compensés.
- Le distributeur analogue à celui du premier appareil Meyer possède une série de secteurs, composés chacun de i5 lamelles.
- Un peu avant qqe le frotteur arrive sur la première lamelle |de chaque secteur, un second frotteur porté sur la même aiguille rencontre une partie métallique ; cette disposition a pour but comme nous le verrons plus tard, de mettre le papier en
- Pile locale
- Grande Pile
- Kc/ats de trime ni issimi.
- Pile locale
- Terre
- Pile locale
- FIG. 3.
- marche avant que les signaux n’arrivent et de séparer ainsi les diverses lettres.
- Le récepteur contient un mouvement d’horlogerie.
- Un premier barillet fait tourner constamment une molette qui baigne dans un bassin d’encre; un second barillet solidaire du premier vient y ajouter son action pour faire marcher les cylindres entraîneurs de papier, quand un électro-aimant actionné par une pile locale lui permet de dérouler. Un régulateur à force centrifuge permet de régler cette vitessè. La molette est reliée par l’intermédiaire d’un levier à une armature polarisée qui oscille
- entre les plaques polaires de deux électro-aimants droits. A la partie inférieure de ces électro-aimants est une armature de fer doux qui est attirée quel que soit le sens du courant qui les traverse. Si une série de courants positifs ou négatifs se succède rapidement, la molette appuie ou non contre la bande de papier suivant le sens du courant, mais la palette inférieure est constamment attirée.
- L’avancement du papier se fait de la manière suivante : ----
- Au moment où l’aiguille du distributeur va arriver sur le secteur correspondant à un appareil, le second frotteur ferme le circuit de l’électro-
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- aimant déclancheur. Le papier se met en mouvement. Dès que le premier frotteur est arrivé sur le secteur, le contact établi par le second frotteur cesse, mais alors l’armature inférieure de l’électro A, attirée par les courants de ligne qui traversent les bobines, maintient fermé par son contact avec une vis butoir, un second circuit dans lequel se trouve l’électro-aimant déclancheur, pendant le temps seulement où des signaux sont envoyés dans l’appareil.
- M. Villot pense pouvoir fonctionner facilement, en duplex, en montant en bobines différentielles l’électro-aimant A, et obtenir ainsi un rendement supérieur à ceux des autres appareils multiples. ,
- Il nous resterait à décrire une autre classe d’appareils multiples fondés sur la division du temps ; ce sont les multiples imprimeurs.
- L’appareil remarquable de M. Baudot a déjà été
- E lectro-aimant déclancheur
- Pile locale -^7
- Pile de l igné
- FIG 4
- décrit en détail dans ce journal; quant à l’appareil Schaefler on peut en donner une idée en quelques lignes.
- Celui qui se trouvait à l’exposition était un quadruplex.
- Le manipulateur est un clavier comme celui de l’appareil Hughes ; les touches produisent automatiquement sur 5 leviers des combinaisons analogues à celles que font les employés sur les 5 touches du manipulateur Baudot.
- Le distributeur est du genre de celui de Baudot.
- Le combinateur est moitié mécanique, moitié électrique et présente par conséquent les inconvénients des combinateurs électriques : grande complication dans les communications; moindre sûreté de fonctionnement, etc.
- Le récepteur est un appareil Hughes, sans poids, ni tige vibrante. Un axe dont les mouvements sont identiques à ceux de l’aiguille du distributeur fait tourner le combinateur, et commande la rotation de la roue des types: suivant la combinaison produite, le combinateur laisse passer dans les bobines de l’électro-aimant Hughes un courant à
- un moment différent de la révolution de la roue des types, et par suite une lettre différente se trouve imprimée.
- Le synchronisme est donné par un pendule conique commandant les 4 récepteurs. Le système de correction employé est le système Meyer.
- Pendant l’Exposition, M. Baudot a pu desservir par un même fil les trois villes, Paris, Lyon, Marseille, et les transmissions n’ont rien laissé à désirer. L’appareil intermédiaire à Lyon conservait les transmissions qui lui étaient adressées, et faisait en même temps translation entre Paris et Marseille.
- Ce mode d’exploitation est ainsi applicable aux deux systèmes multiples actuellement en service en France.
- Il est très apprécié et est introduit sur plusieurs lignes. Il permet, tout en n’employant que le même nombre de fils, de donner à l’expédition des dépêches une plus grande rapidité, en supprimant les retards occasionnés par le transit.
- C’est là un des grands avantages de ce genre d’appareils, et qu’il est seul à posséder.
- (A suivre.) ' E. de T.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Du travail moyen des divers systèmes télégraphiques.
- M. Paul Bayol a publié, il y a peu de temps, dans le Portefeuille économique des machines, fondé par M. Oppermann, une revue intéressante des appareils télégraphiques en usagejusqu’à l’année 1882, revue qu’il termine en donnant le tableau comparatif du rendement des divers systèmes expérimentés sur une même ligne de 600 à 700 kilomètres et en se basant sur des dépêches de 20 mots en moyenne. Voici ces rendements :
- Nombre de dépêches à l’heure
- Morse simple.................................. 2S
- — en duplex............................... 45
- Hughes simple................................. 60
- — en duplex............................. no
- Meyer, pour chaque clavier.................... 25
- — pour quatre claviers.................. 100
- Baudot, pour chaque clavier................. 40
- — pour quatre claviers................. 160
- Wheatstone simple.............................. go
- — en duplex. ........................... 160
- Foote simple, 1000 mots par minute entre
- Boston et New-York (460 kil)...........
- Miroir simple................................. 3o
- — en duplex.................................. 5o
- Gray par poste (lecture au son)........... 35
- Recorder simple........................... ‘35
- — en duplex........................... 55
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- Description de la' machine dynamo à vapeur d’Edison f1).
- La station centrale de l’éclairage Edison, dans le premier district de New-York, sera alimentée par ia machines dynamo, chacune d’une puissance nominale de i 200 lampes de 16 candies, à incandescence , mais capables d’alimenter continuellement, avéc économie et sans échauffement des armatures des commutateurs ou des balais, 1 400 lampes : ces résultats sont dus à des perfectionnements des lampes. Six de ces machines sont presque prêtes à marcher; les six autres seront montées pour l’hiver.
- L’armature de chacune des machines dynamo est actionnée par une machine à vapeur du système Porter-Allen de 4o6m/m de course et de 285m/m
- de diamètre, faisant 35o tours par minute, ce qui correspond à une vitesse de piston de 4“73 par seconde.
- La vapeur est fournie par huit chaudières tubu-lées de Babcock-Wilcox, dont la puissance totale est évaluée à 2 000 chevaux, et timbrées à 8kqo.
- Les machines à vapeûr sont reliées à l’arbre de leur dynamo par un joint de Oldham (fig. 2, 3 et 4), muni de coins de serrage à vis. La figure 5 représente les disques-manivelles équilibrés de ces machines ; le bouton de manivelle est fixé dans les disques par des plateaux à quatre vis. Les bielles sont en acier, avec coussinets garnis de métal Bab-bitt et munis de coins de serrage à la petite tête.
- Le poids des pièces animées de mouvements
- Y5Çf7
- alternatifs est de 106 kilogrammes, dont 3y kil. pour le piston, 20 kil. pour son croisillon, et 49 kil. pour la bielle. La longueur de la bielle, de im22o, est égale à six fois celle de la manivelle. Le contrepoids pèse 61 kil. ; il suffit pour assurer la stabilité de la machine sans troubler son équilibre vertical. '
- Le poids total de la machine à vapeur est de 2 920 kil. Le bâti de l’ensemble a 4m27 de long sur 2mÔ7 de large ; il pèse 2 790 kilogrammes. La machine dynamo en pèse 20 3oo, de sorte que le poids total de l’appareiî est de 26 000 kil.
- L’armature de la machine dynamo est du type Siemens, considérablement modifiée dans ses détails; l’âme de l’armature est formée de disques en
- (') D’après le mémoire de MM. Edison et Porter . « Description of the Edison Steam-Dynamo » lu au meeting de Philadelphie de 1’ « American Society of mechanical Engi-neers » en avril 1882.
- tôle de fer, séparés par des feuilles de papier toilé et serrés par des boulons ; elle est entourée par un cylindre de barres de cuivre trapézoïdales isolées : les barres de cuivre opposées sont réunies deux à deux, au moyen de disques de cuivre de même diamètre que l’âme, isolés, et boulonnés, de manière à ne former, avec l’âme, qu’une seule masse : chacun des disques en tôle porte, aux extrémités d’un même diamètre, deux taquets, auxquels sont attachées deux barres de cuivre. Les disques de cuivre ont l’avantage de réduire, par leur grande section, la résistance que présentent, au passage du courant, les liaisons des barres entre elles aux extrémités de l’armature : l’âme, formée de disques de fer isolés, engendre un champ magnétique aussi intense qu’une âme en fer d’une seule pièce, mais sans extra-courants. Cette disposition présente, en outre, des avantages au point de vue de la facilité de construction. L’air peut librement circuler entre les barres de cuivre et l’âme de l’armature, de manière à éviter
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- tout échauffement ; les commutateurs et les balais peuvent s’entretenir et se remplacer très facilement (1).
- L’armature a im55 de long et om7o de diamètre; le commutateur a 460“/“ sur 33om/m de diamètre; l’arbre en acier de l’armature a 196m/“ de diamètre et 3mi3delong; les coussinets, à métal Babbitt, ont 38om/m de long sur i65m/m de diamètre; on a dis-
- FIG. 2
- 4.445 k. pour l’armature de son arbre.. . . 608 pour les bâtis des coussinets. . . .
- 14,970 pour l’électro-aimant................
- 307 pour les appuis en zinc..............
- Le cuivre est réparti comme il suit :
- Dans les barres de l’armature.........267 k. 1
- disques.................... 612 > i.55q k.
- — fils des bobines..................680 )
- posé, sous les coussinets, une circulation d’eau ; le graissage est continu.
- Les pôles de l’électro-aimant sont formés de quatre immenses blocs de fonte, réunis à l’arrière par quatre plaques de fer doux, et entre eux par 12 bobines, huit aux pôles supérieurs et quatre aux pôles inférieurs; ces pôles ont i“6o de haut sur im24 de large; les bobines ont im4.5 de long; le
- diamètre des bobines inférieures est de 2.3om/m, celui des autres est de 200“/“. L’électro-aimant est isolé par des appuis en zinc coulé, de 70“/“ d’épaisseur.
- Le poids total de la machine dynamo est de 20 33o kil. il se compe de
- (’) Cette machine ne diffère que par ses dimensions et quelques détails accessoires de celle qui a été décrite dans notre n° du i5 octobre 1881.
- FIG. 4
- Les essais récemment exécutés avec ces machines ont fourni les résultats illustrés par les diagrammes (fig. 6 à 10) à l’échelle verticale de 2*25 par centimètre ; les lampes étaient du type ancien, de 8 \
- FIG. 5
- à 16 candies par cheval-vapeur d’énergie électrique. Depuis leurs nouveaux perfectionnements, un cheval-vapeur suffît pour alimenter 10 lampes.
- Le diagramme n° 6 montre que la puissance absorbée par la machine à vapeur et la dynamo sans courant, tournant à 35o tours par minute est de............................... 13 ch. 63
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- Le diagramme n° 7 indique pour la résistance du système avec le circuit magnétique fermé........................... 19 ch.17
- Résistance du circuit R, 5.78 ohms.
- Force électromotrice du courant E, io3 vols.
- L’accroissement T de résistance, dû aux aimants, était donc de................ 5 ch.54
- FIG. 6. — A VIDE : 35o TOURS, l3 CHEVAUX (53.
- D’où, pour l’énergie ou le. travail Tt, développé dans ces aimants, l’expression
- T = E2 _ ÎÔ32 _
- 1 g. R X 75 981 X 5.78 X 75 2 C"‘ 4t>’
- et pour l’énergie T2, absorbée par le développe-
- FIG. 7. — CIRCUIT MAGNÉTIQUE FERMÉ, 19 CHEVAUX 17.
- ment des courants particuliers, dans le fer de l’armature et des bobines, la valeur
- T2 = T — Tt = 3 c)i. o3
- Le diagramme n° 8 indique le travail absorbé avec un circuit de 3oo lampes.
- Ces lampes équivalaient, comme résistance, à
- FIG. 8. — 300 LAMPES, 60 CHEVAUX 6.
- 353 lampes de construction nouvelle. La force électromotrice E fut maintenue, dans le circuit, à 102 volts, correspondant à 25 candies par lampe, au lieu de 98 volts correspondant à 16 candies; les 3oo lampes équivalaient donc à
- La force électromotrice dans l’armature était de 104 volts; c’est une perte de 2 volts dans le conducteur, qui porte l’équivalence du circuit de 3oo lampes à
- 38a X == 389 lampes.
- La puissance indiquée par la machine était de 60 ch. 6, ce qui donne un rendement de 6 lampes 42 par cheval indiqué.
- La résistance du circuit de l’électro-aimant, égale
- FIG. 9. — 700 LAMPES, Il5 CHEVAUY 83.
- à 5.28 ohms, absorbe, avec une force électromotrice de 104 vols, une énergie de
- - -?ch 75
- 5.28 X g. X 75 7’
- au lieu des 2 ch. 46 du premier essai, ce qui donne : Pour l’énergie absorbée par les aimants 19 ch. 46 Pour le travail net du circuit extérieur,
- 60.6— 19.46=........................, 41 ch. 14
- Et pour son rendement, 9 lampes 45 par cheval.
- FIG. IO. — I 050 LAMPES, 168 CHEVAUX 4.
- Le diagramme n° 9 indique le travail développé avec 700 lampes, une force électromotrice de 102 volts dans le circuit, et de io5 volts dans l’armature ; les 700 lampes équivalaient à
- 700 x
- 10
- O
- X = 919 lampes perfectionnées.
- Le travail indiqué était de n5 chevaux 83, correspondant à 7 lampes ç3 par cheval indiqué.
- La résistance des aimants, qui était de 4.78 ohms absorbait une énergie de
- 353 X -=r = 382 lampes nouvelles à 16 candies. 98s
- _____io5a
- 4^78 Xug. X 75
- = 3i chevaux
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ce qui donne un travail net de 96 chevaux dans le circuit extérieur, et un rendement de 9 lampes 57 par cheval.
- Le diagramme n° 10 indique le travail développé avec 1 o5o lampes, une force électromotrice de 99 volts seulement dans les lampes, et de 108 dans l'armature, de sorte que les 1 o5o lampes équivalaient à
- io5o X = 1 3?5 lampes perfectionnées,
- ce qui donne une efficacité de 8.16 lampes par cheval indiqué.
- La résistance des aimants — 3.28 ohms — absorbait
- 1082
- 3.28 X g. X 75
- = 4.77 chevaux,
- il restait donc, pour le travail net du circuit, 147 chevaux, correspondant à un rendement de 9.36 lampes par cheval.
- Les pertes dues aux résistances parasites se sont donc élevées successivement à 5.5 %, 4-3%, 6.4%, en moyenne à 5.4 %.
- Sur la résistance électrique du verre aux basses températures, par M. G. Foussereau (').
- « La méthode employée consiste à faire passer à travers un tube à réaction, fermé par un bout, d’un diamètre de om,oi à om,02 et d’épaisseur bien régulière, l’électricité fournie par une pile de 1 à iotf-'1 Volta. On recueille cette électricité dans un condensateur de capacité connue, dont les deux armatures sont reliées aux deux mercures d’un électromètre Lippmann, de capacité également mesurée. On observe le temps nécessaire pour communiquer à la colonne mercurielle de l’électro-mètre un déplacement correspondant à une différence de potentiel déterminée.
- « Le tube à réaction plonge dans une éprouvette plus large ; les deux faces de ce tube sont baignées, jusqu’à une hauteur connue, par deux masses conductrices d’acide sulfurique concentré, dans lesquelles pénètrent des fils de platine soigneusement isolés des parois au-dessus du niveau liquide. Cet appareil est entouré d’un manchon de verre, dont on laisse l’air se déssécher sous l’influence de l’acide sulfurique avant de commencer les expériences.
- « Pour obtenir une température uniforme et lentement variable, on installe la base de l’appareil juàqu’à un niveau notablement supérieur à celui de l’acide dans un bain d'huile, entouré lui-même d’un bain de sable qu’on peut échauffer progressive-
- ment. On peut substituer au bain de sable un mélange réfrigérant. Les observations ont pu être poussées jusqu’à— 170.
- « Si nous désignons par :
- E la force électromotrice de la pile ;
- p, et pa les rayons intérieur et extérieur du tube ;
- h la hauteur du liquide ;
- r la résistance spécifique du verre par centimètre cube ;
- C la somme des capacités du condensateur et de l’électromètre ;
- e la .différence de potentiel communiquée àl’élec-tromètre, qui est toujours très petite par rapport à E,
- on a, en exprimant que la quantité d’électricité transmise par le verre dans le temps 0 a servi à charger le condensateur,
- r
- 2tc/«E
- Ce log nép,
- r
- pl
- x 0.
- « Plusieurs expériences, faites avec des hauteurs différentes d’acide sulfurique, permettent d’éliminer l’influence du fond du tube, qui n’a pas la même épaisseur que les parois latérales.
- « Au moment où l’on établit le circuit, le tube de verre se charge d’abord comme un condensateur. Ses couches intérieures absorbent ensuite peu à peu une certaine charge électrique, nécessaire pour les amener à l’état définitif qui correspond à la chute de potentiel établie entre les faces. Pendant cet état variable, plus ou moins prolongé suivant la nature du verre, les effets de la charge du verre se superposent à ceux de la conductibilité. On commence les observations quand le temps de charge de l’électromètre a pris une valeur constante.
- « J’ai observé aussi qu’un échauffement rapide détermine un accroissement apparent de conductibilité plus grand que l’accroissement normal ; de même un abaissement de température rapide donne naissance à une résistance exagérée ; mais ces phénomènes disparaissent rapidement, pour faire place à la résistance normale, et ils ne se produisent plus quand les variations de température sont lentes (‘).
- « Mes observations ont porté jusqu’ici sur trois espèces de verre; le verre ordinaire à base de soude et de chaux, le verre de Bohème et le cristal.
- « Dans les trois cas, l’élévation de température produit un accroissement rapide de conductibilité. La jrésistance peut s’exprimer par des fonctions exponentielles de la forme
- log x = ci — bt + c/2.
- (<) Note présentée à l’Académie des sciences dans la séauce du 3i juillet 1882.
- (9 Ces phénomènes paraissent dus aux variations que subit le pouvoir diélectrique du verre sous l’influence de la température.
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- i3y
- « i° Pour le verre ordinaire, de densité 2,539, en exprimant les résistances par centimètre cube en millions de mégohms, on obtient les résultats suivants :
- Températures Résistances
- o
- + 61,2............................ 0,705
- 20 '........................... 91,0
- “ 17 ............................. 7970,0
- « Pour se faire une idée de la grandeur de cette dernière résistance, on peut remarquer qu’elle représente à peu près deux fois la résistance d’un fil de cuivre de immq de section, allant de la Terre à Sirius. L’ensemble des résultats obtenus sur le verre ordinaire s’exprime par la formule
- log x = 3,oo5o7 — 0,052664 X t +0,00000373 X /2
- « Le terme du second degré étant très petit, les valeurs de log# sont représentées par une ligne peu différente d’une droite. La résistance varie à peu près de { de sa valeur par degré de température.
- « 20 Le verre dur de Bohême, de densité 2,481, sur lequel j’ai opéré, est de 10 à i5 fois plus conducteur que le verre ordinaire aux mêmes températures. Sa résistance est donnée par la formule
- log x = 1,73300 — 0,049530 x t +0,0000711 x /2.
- « 3° Le cristal essayé a pour densité 2,933. Il est, au contraire, de 1000 à i5oo fois plus isolant que le verre ordinaire aux mêmes températures. Sa conductibilité ne commence à se manifester qu’au-dessus de 40°.
- A 46°,2 sa résistance est égale à............6182
- A io5° — .......... ii,6
- « Les résultats sont représentés par la formule suivante :
- log A* — 7,22370— 0,038014 X / + 0,00028072 X t2 0). »
- CORRESPONDANCE
- THE FAURE ELECTRIC ACCUMULATOR PaTÎS, ÎC 22 ClOÛlt l882.
- COMPANY.
- Monsieur le Directeur,
- Dans votre numéro du 19 de ce mois, en réponse û un article de M. Guerout sur le prix coûtant de la lumière électrique au moyen des accumulateurs et des lampes à incandescence, M. Camille Faure a établi que votre collaborateur s’est trompé de plus des 2/3 tant pour le prix de premier établissement que pour la dépense annuelle. Néanmoins, M. Guerout persiste dans ses affirmations précédentes; et comme il les appuie de nouveau sur des données et des chiffres inexacts, nous nous croyons obligés d’intervenir dans la discussion pour les discuter.
- M. Guerout prétend, en se basant sur des expériences
- (0 Ce travail a élô fait dans le laboratoire de recherches de M. Jamin, à la Sorbonne.
- publiées par le docteur Crookcs, qu’on ne peut obtenir que
- 10 becs carcels de la force initiale d’un cheval-vapeur. Nous le prions de vouloir bien se reporter au numéro de votre journal où a paru son premier article. Ce numéro contient le rapport de la commission de l’Exposition Internationale d’Électricité chargée de faire les expériences par les diverses lampes à incandescence, et d’après lequel un cheval-vapeur produit 22 ù 25 lampes carcels, lorsque l’intensité du courant est ménagée de manière à assurer aux lampes leur plus longue durée. M. Faure, en comptant seulement i5 carcels, a tenu assurément compte de la perte des accumulateurs et de Réchauffement des fils. Du reste, même en acceptant le chiffre de 2200 chevaux-heures comme la force motrice nécessaire, ce chiffre augmenterait de fr. 60 000 le prix d’établissement, et de fr. 3o,ooo la dépense annuelle, lesquels resteraient encore à plus de 5o 0/0 au-dessous du chiffre avancé par M. Guerout.
- Votre collaborateur ne s’explique pas qu’on puisse faire marcher des machines 22 heures par jour. Cependant, veut-
- 11 me permettre de lui faire remarquer que les hauts-fourneaux, les pompes d’épuisement, les laminoirs, les minoteries, les établissements, de filature de coton et de laine, etc., marchent jour et nuit ? Deux heures par jour suffiront pour le bon entretien et le nettoyage.
- Quant au rendement des machines Siemens D0, nous ne savons comme M. Marcel Deprez a procédé pour l’établir. Nous nous bornons à constater que MM. Siemens frères vendent leurs machines en garantissant un rendement de 120 ampères par 180 volts, lequel représente bien effectivement 2 175 kilogrammètres, soit 29 chevaux effectifs.
- Enfin, M. Guerout ne croit pas devoir admettre que nos accumulateurs ne coûtent que fr. 1 000 la tonne, parce que nous les vendons fr. 4 000 et même davantage. Cela prouverait tout au plus que nous voulons beaucoup gagner. Mais comme dans ce même tarif, notre Société s’engage à fournir la lumière au-dessous du prix du gaz, 11e faudrait-il pas en conclure que nous voulons rester entrepreneurs d’c-ciairage et de force motrice et que, par conséquent, nous ne tenons pas à vendre des accumulateurs isolément ?
- Je vous serai particulièrement obligé de vouloir bien insérer ces observations dans le prochain numéro de votre Revue.
- Agréez, etc.
- Le directeur du personnel, Delaroa.
- Nous ne voudrions pas éterniser cette discussion, nous croyons cependant devoir dire encore quelques mots.
- En premier lieu, le rapport dont parle M. Delaroa dit bien qu’on obtient 22 à 25 carcels par chevûl-vapeur, mais par cheval-vapeur de courant, ce qui n’est pas la même chose que le cheval-vapeur de travail initial dont il était question.
- Ensuite l’affirmation de MM. Siemens veut dire simplement
- 18ü
- que lorsqu’on ferme la machine sur une résistance de —
- = i,5 ohm, on obtient une intensité de 12c ampères et une force électro-motrice de 180 volts, mais cela ne préjuge rien de la marche courante de la machine.
- En outre, nous n’avons pas voulu dire qu’il fût impossible de faire marcher une machine 22 heures; mais que la plus grande usure qui en résulte et l'augmentation des salaires pour le travail de nuit rendent ces conditions de marche défavorables.
- Enfin, puisque M. Delaroa a jugé nécessaire défaire intervenir son autorité de chef du personnel pour affirmer que M. Faure a établi une forte erreur de notre part, nous lui ferons observer que M. Faure n’a établi cette erreur que. pour ceux qui voudront bien admettre ses données. Quand même, en admettant quelques-uns des points de départ de M. Faure, on arriverait au prix de 3 centimes par carcel etpar heure, cela laisserait encore subsister nos conclusions, puisque ce prix de revient brut ne tiendrait compte ni des frais
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- généraux d’une grande Société d’entrepreneurs d’éclairage et de force motrice, ni du bénéfice auquel doit honnêtement prétendre toute entreprise commerciale.
- Ceci dit, il nous paraît complètement inutile de prolonger plus longtemps le débat. Il a été donné de part et d’autre assez de chiffres pour que les lecteurs du journal puissent se faire une opinion.
- Aug. Guerout.
- Paris, le i3 août 1882.
- Monsieur le Directeur,
- Vous avez publié dans votre numéro 32, du i3 août 1882, une lettre de moi à propos d’un compteur dont la description avait paru dans le journal. Je faisais ressortir l’insuffisance inévitable de tous les compteurs d’énergie, distribuée par voie électrique, qui ne permettraient pas de sommer, aux prises de distribution, les produits te des débits par les pertes de charge. La rédaction du journal a bien voulu faire suivre l’insertion de ma lettre d’une appréciation approbative, puis elle ébauche une comparaison intéressante dans une proposition ainsi conçue :
- « Quant à la bonne foi du consommateur, il nous semble « qu’on peut toujours l’admettre à priori, comme on le fait « pour les compteurs à gaz, avec lesquels il serait toujours « possible au consommateur de brancher un tuyau sur la .. conduite avant son entrée dans le compteur. (Rédac-« tion). »
- L’énoncé de cette opinion me prouve que je dois, non sans utilité, ajouter quelques mots qui me permettront d’élucider définitivement cette question, pour vos lecteurs.
- Les compagnies de distribution d’énergie par le gaz n’admettent nullement à priori la bonne foi du consommateur, au contraire, elles prennent sagement leurs précautions comme si le consommateur devait être de mauvaise foi. Certaines de ces Compagnies vont même jusqu’à se prémunir contre le cas éventuel où les consommateurs deviendraient insolvables dans l’intervalle de deux échéances mensuelles consécutives de payement. C’est en raison de ce surcroît de défiance que ces Compagnies font déposer dans leurs caisses par les consommateurs une somme d’argent, fonction du nombre et de la nature des becs, foyers, etc., en un mot de la totalité des récepteurs d’énergie, ce qui revient à faire payer toujours d’avance la consommation de chaque mois, puisque les dépôts en question sont calculés d’après la consommation d’énergie de chacun des récepteurs déclarés fonctionnant pendant un mois. Remarquons en passant que l’énergie d’un combustible étant proportionnelle à sa masse, il en résulte que la dépense d’énergie desservie par combustion de gaz est proportionnelle au débit, à l’intensité pendant que le débit est constant ; c’est pour cela qu’un compteur de débit est un compteur rationnel de l’énergie desservie par le gaz combustible.
- Supposons maintenant que l’un des consommateurs de gaz soit de mauvaise foi, la seule façon pour lui d’essayer de faire tort à la Compagnie consisterait, comme le suggère la note de la rédaction, à établir une prise de gaz avant le compteur, car s’il se bornait à modifier le nombre ou la nature de ses récepteurs, après le compteur, il n’en payerait pas moins sa dépense totale d’énergie, à l’échéance suivante; il aurait réussi seulement à se donner la satisfaction et l’avantage de n’avoir immobilisé, dans les caisses de la Compagnie, qu’une provision pécuniaire inférieure à celle que les règlements imposent à sa consommation. Mais, la seule solution efficace possible consistant à établir un branchement frauduleux, situé avant le compteur, n’est pas réalisable pratiquement, puisque les agents de la Compagnie constateraient cette fraude,au plus tard, un mois après qu’elle aurait été commise, car, de l’avis des plus habiles artistes en travaux de tuyautage, il n’est pas possible d’établir et de
- supprimer à volonté un branchement, sur une longueur intacte de tuyau en charge, sans laisser une trace révélatrice de ce travail. On sait en outre que les compteurs eux-mêmes sont scellés et dûment cachetés aux raccords ; les Compagnies de gaz sont donc pratiquement à l’abri de la mauvaise foi des consommateurs, mauvaise foi qu’elles supposeraient possible à priori. Au contraire avec l’énergie desservie sous forme électrique et le compteur dont il a été question, il n’y aurait aucune difficulté, pour tout consommateur de mauvaise foi, à faire, après le compteur, toutes les manipulations frauduleuses qu’il voudrait, en doublant, triplant etc., le nombre de ses récepteurs sur chaque intensité à lui desservie. On aurait la faculté d’organiser cette fraude en service continu, puisqu’il serait toujours facile de supprimer, sans laisser de traces, les récepteurs frauduleux au moment des inspections prévues. La seule défense, fort insuffisante d’ailleurs, de la Compagnie de distribution d’énergie, ne pourrait donc alors consister, comme je le disais, que dans l’exécution vexatoire de visites domiciliaires à des moments quelconques.
- En résumé, si les compteurs d’énergie distribuée par fluide, pondérable ou non, sous pression (liquide, fluide, électricité) ont avec la catégorie des compteurs à gaz, par exemple (énergie desservie par distribution de combustible), cette différence essentielle qu’il est nécessaire que ces compteurs enregistrent non seulement les débits, mais les pertes de charge qui ont commandé ces débits, il ne faut cependant pas perdre de vue, que, quels que puissent être les modes quelconques sous lesquels l’énergie est distribuée, tous les compteurs, sans exception, ceux électriques ou à gaz par exemple, ne peuvent qu’être placés dans les deux conditions générales communes suivantes :
- x° Les compteurs d'électricité, comme les compteurs à gaz, les compteurs quelconques, sont irresponsables des fraudes qui seraient situées avant ces compteurs. Nous avons vu que pratiquement les consommateurs de gaz ne peuvent commettre, sans qu’on le sache, ce détournement d’énergie sur la partie de la conduite à laquelle ils ont accès jusqu’à leur compteur, et il est certain qu’avec l’électricité, ce même résultat sera atteint sans difficulté.
- 2° Les compteurs d’électricité, comme les compteurs à gaz, les compteurs quelconques, doivent posséder la faculté, en principe nécessaire et suffisante, d'enregistrer toutes les consommations faites après eux, quelles que puissent être les modifications introduites par les consommateurs dans le nombre ou le régime de leurs récepteurs. Or, le compteur d’électricité, qui a donné lieu à cette petite étude, présentant le défaut d’être incapable d’enregistrer ce qui se passe après lui, ce qui sort de lui, en énergie, une telle.catégorie de compteurs est bien, comme je l’avais dit, impropre, en principe comme en fait, à mesurer, dans une exploitation publique, les consommations d’énergie, variables à volonté, desservies localement.
- Ainsi, comme je viens de le montrer, la comparaison avec les compteurs à gaz, loin d’infirmer ma' conclusion, a eu pour effet naturel de rendre cette affirmation plus incontestable.
- Veuillez agréer, etc.
- Gustave Cabanellas.
- Paris, le 23 août 1882.
- Monsieur le Directeur,
- Je lis dans votre dernier numéro :
- « Un commencement d’incendie s’est déclaré à l'Opéra, " par suite de réchauffement des fils qui alimentent les lam-« pes Swan de la rampei
- « Un sembable accident ne peut provenir que d’un défaut « d’installation, et l’on ne saurait trop insister sur la néces-« sité d’isoler complètement les fils. »
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- Permettez-moi de vous demander une petite rectification à ce sujet; les lampes Swan, n’ayant pas l’honneur d’éclairer la rampe, sont absolument innocentes de l’accidant que vous signalez.
- Je vous serai fort obligé d’adresser votre juste observation au confrère chargé de cet éclairage, et de vouloir bien prendre note que jusqu’ici du moins, nous avons été assez heureux pour ne pas avoir éprouvé le moindre accident dans les diverses installations qui nous ont été confiées.
- Vous remerciant à l’avance, je vous prie d’agréer, etc.
- Maurice Simon.
- Varsovie, le 16 août 1882, rue Leszno, n° 25.
- Monsieur le Directeur,
- Les accidents qui se succèdent, et qui ont lieu par l’emploi des courants foudroyants des machines électriques m’engagent, après la nouvelle que vous donnez de deux cas récents qui ont eu lieu dans le jardin des Tuileries, à vous dire qu’il existe un moyen permettant l’emploi de ces courants sans danger.
- On transforme ces courants de valeur E/ sur un ou plusieurs points en courants de valeur el, en utilisant non pas des appareils mécaniques comme ceux qui ont été proposés, mais en utilisant une propriété de Vélectricité qtie je mets à contribution avec mon fil de retour pour atteindre ce but.
- A partir du récipient transformateur, les courants n’ont que la tension strictement nécessaire pour l’emploi, c’est-à-dire des tensions correspondantes de 1 à 100 volts.
- Aujourd’hui que l’emploi de l’électricité se généralise, il ne devrait être permis à personne d’employer des courants sans faire usage d’un régulateur d’émission qui permette de faire des consommations variées sous une pression constante. Lors du commencement d’incendie survenu dernièrement à l’Opéra et dont parlent les journaux, le fil a dû rougir de la façon suivante : établi pour un débit donné, sous une pression donnée, il a dû, à un certain moment, subir une pression plus considérable, par suite d’extinction sur d’autres points, et débiter une quantité d’électricité suffisante pour l’échauffer au point de déterminer un commencement d’incendie,
- J’ai passé parla, moi aussi, et je sais combien est imprudent celui qui emploie une machine sans régulateur de pression.
- Veuillez agréer, etc.
- A. Gravier.
- FAITS DIVERS
- Un curieux phénomène de développement d’électricité par friction a été observé dans une brasserie de Berlin et a causé une vraie panique parmi les ouvriers. L’établissement est construit avec de la pierre et du fer, le sol est recouvert d’asphalte. Dans le magasin supérieur de la portion du bâtiment où se trouve le malt (Malthouse), il y avait une machine à clarifier le malt, celui-ci était ensuite versé à travers un conduit en fer dans des wagons placés au-dessous pour être distribué dans les divers services. On s’aperçut que si cette machine continuait à fonctionner pendant un certain temps, il se développait de l’électricité par la friction du malt sur les parois du conduit et dans ses parties les plus isolées la tension électrique était assez forte pour produire une série continue d’étincelles. Le malt lui-même crépitait, tandis que les étincelles fuyaient de sa masse aux mains des personnes qui se tenaient auprès et qui considéraient ce phénomène comme une manifestation diabolique* Un expert fut appelé pour examiner le phénomène et
- la question fut portée devant l’Electrical Technical Union. Le Dr Werner Siemens démontra comment, sous l’influence du plancher asphalté, la chambre au malt se trouvait assez bien isolée des autres parties de la construction, pour devenir une grande bouteille de Leyde.
- Le chemin de fer électrique de Chârlottenburg au Span-dauer Berg, près de Berlin, continue à marcher avec régularité et sans accident. Il a été seulement décidé que la circulation électrique serait suspendue le dimanche et les jours de fête, et remplacée ces jours-là par la traction par chevaux, les deux wagons électriques ne pouvant suffire aux exigences du trafic, et un système de circulation mixte n’étant pas admissible pour des raisons techniques faciles à comprendre.
- L’Institution électrique de Londres connue sous le nom de School of Submarine and military TeIegraphy,Telephony Electric Light and technical Institution Company, établie 12, Prince’s Street, Hanover Square, prend désormais la dénomination de School of Telegraphy and Electrical Engineering.
- Éclairage électrique
- Une pétition, qui réclame une révolution complète dans le système d’éclairage des grands magasins et dépôts de Londres, vient d’être adressée aux City Commissioners of Sewers (commissaires des égouts), à Guildhall. Cette pétition est signée par des personnes qui comptent au nombre des plus forts contribuables de la cité. Les signataires ayant donné leur approbation aux essais d’éclairage électrique dans les rues de Londres, déclarent qu’ils sont actuellement en très grande partie sous la puissance des Compagnies d’éclairage au gaz, et qu’ils trouveraient profit à avoir le choix d’employer soit le gaz, soit la lumière électrique. Plusieurs d’entre eux seraient disposés à conclure avec des Compagnies électriques qui leur fourniraient la lumière à l’aide de câbles posés dans les rues; mais ils trouvent que des machines électriques installées dans leurs propres locaux sont l’unique moyen leur permettant d’obtenir la lumière électrique. Ils prient donc la Cour, siégeant à Guild-liali, d’accorder aux Compagnies d’éclairage électrique qu’elle désignera le droit d’éclairer des maisons particulières, des magasins, des boutiques, les contrats passés dans ce but ne devant pas être faits pour une période de moins de trois ans. La voie permanente ou les conduits seraient posés par les Commissioners of Sewers, et toutes facilités seraient laissées aux pétitionnaires et autres de s’approvisionner de lumière électrique sur les conduits principaux.
- Le nouveau grand paquebot anglais VInvicta, destiné à faire, entre Calais et Douvres, le troisième service à heure fixe qui correspondra avec le train rapide partant de Paris à 9 h. 35 du matin, vient d’être éclairé à l’aide de l’électricité, dans ses vastes salons et dans quinze cabines.
- A bord de 17Orienty qui vient de quitter la Tamise emportant des troupes en Egypte, on a introduit l’éclairage électrique. Dans les deux cabines de S. A. R. le duc de Cou-naught, major général, ont été placées des lampes élec* triques.
- Au concerts-promenade du théâtre de Covent Garden, à Londres, qui viennent d’être repris pour la saison d’été, plusieurs parties de la salle sont illuminées avec des lampes Brush, au nombre de trente-deux. Le grand lustre de la salle des concerts est éclairé à l’aide d’une combinaison de lumière électrique et de gaz. Le courant est fourni par deux
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- machines dynamo Brush, actionnées par line machine com-pound Fowler, de 20 chevaux de force. Les installations ont été faites par la Metropolitan Brush Company.
- L’entrée de l’Arundel Hôtel, dans Norfolk Street, Strand, à Londres, est maintenant éclairée avec une lampe Brush.
- A Londres,.les grands magasins d’approvisionnement et dépôts Bouron dans Edgvvare Road, 279, sont éclairés avec 5o lampes à incandescence Swan.
- A Londres, la fabrique de biscuits Peek-Freen continue à être éclairée à l’aide de lampes Brush. Les propriétaires de cette fabrique trouvent qu’ils ont réalisé sur l’éclairage au gaz employé auparavant, une notable économie.
- Le lieutenant colonel Festing vient de rédiger un rapport dans lequel on lit que la substitution de l’éclairage électrique au gaz au musée de South-Kensington, à Londres, a eu pour conséquence une économie dans les dépenses d’environ 75o livres sterling par an, ou de plus de 23 livres sterling palan pour chaque lampe, l’éclairage électrique ayant eu lieu avec l’aide de deux machines actionnées par un moteur.
- A Gainsborough, ville du comté de Lincoln (Angleterre), la Brush Midland Electric Light Company, à la requête d’un certain nombre des notables de l’endroit qui s’étaient engagés à payer tous les frais, vient d’éclairer pendant quinze jours, à titre d’essai, la place du Marché avec des lampes Brush. Elle avait en même temps installé dans un des principaux magasins de Gainsborough des lampes à incandescence Lane Fox.
- A Liverpool, les grands magasins W. Lea, connus sous le nom de Liver et situés dans Church Street viennent d’être éclairés à titre d’essai avec des lampes à arc Pilsen.
- Télégraphie et Téléphonie
- D’après le compte rendu annuel du Post-Office de Londres, il a été expédié dans le Royaume-Uni pendant le dernier exercice un total de 3i 345 861 télégrammes, c’est-à-dire 1 933879 de plus que l’année dernière. Il faut déduire de ce chiffre six millions de dépêches pour le compte du gouvernement et delà presse. On trouve que le nombre moyen des télégrammes privés est d’environ trois pour quatre individus dans le royaume.
- L’India Rubber Gutta Percha and Telegraph Works Company a reçu un télégramme annonçant que le vapeur Silver-town avait terminé le 10 août le pose de la section San Juan del Sur Pedro Gonzales des câbles sous-marins de la Com-ganie du Télégraphe central et sud-américain. Cette section était la dernière à poser et les lignes de la Compagnie sur la côte ouest de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud depuis Chorillos (Pérou) jusqu’à Salina Cruz Tehuante-pec (Mexique) se trouvent aujourd’hui complétées. Du côté de l’Atlantique la section Goatzacoalcos Yera Cruz relie les lignes de la Compagnie aux câbles de la Compagnie du télégraphe mexicain de la Vcra Cruz à Galveston et une excellente communication électrique est maintenant établie entre les républiques du Chili, du Pérou, de l’Equateur, des États de Colombie, du Nicaragua, de San-Salvador, du Mexique et des États-Unis d’Amérique.
- Les journaux mexicains confirment la nouvelle déjà annoncée par télégramme de l’achcvement de la ligne télégra-
- phique allant de la Vera-Oruz à Salina Cruz en traversant l’isthme de Tehuantepec. Le golfe du Mexique et l’océan Pacifique sont ainsi mis en communication télégraphique directe.
- Nous avons annoncé dernièrement qu’un crédit spécial de 25oooo francs avait été voté par les deux Chambres pour la création de réseaux téléphoniques de l’Etat. Les premiers essais d’établissement de ces réseaux par l’Etat doivent être faits à Reims et à Nice. Le ministre des postes et des télégraphes vient d’écrire au docteur Doyen, maire de Reims, que les modifications suivantes ont été apportées aux condi-tiôns communiquées précédemment.
- i° L’abonnement annuel, qui était fixé à 25o francs pour les villes qui compteraient moins de 3oo abonnés et à 200 francs pour celles qui auraient plus de 3oo abonnés est abaissé à acofr. pour les premières et à 170 pour les secondes. — 20 Une réduction sur les prix ainzi modifiés sera accordée aux abonnés qui auront plusieurs points reliés au réseau téléphonique. Le premier poste donnera lieu à l’abonnement ordinaire de 200 francs ou de 170 francs, mais une réduction de 20 francs sera accordée pour le 2e qui ne donnera lieu, par suite, qu’à un abonnement de 180 ou de i5o francs; un troisième poste sera taxé comme le premier, un quatrième comme le 2° et ainsi de suite, par séries de deux ; la premier poste de chaque série donnant lieu à l’abonnement complet et le 2e à l’abonnement réduit. Les avantages de la création d’un réseau téléphonique à Reims seront augmentés par la faculté donnée aux concessionnaires des lignes d’intérêt privé actuellement en service dans cette ville ou dans les environs de faire incorporer ces lignes au réseau téléphonique; ces concessionnaires, tout en conservant leurs fils pour les usages auxquels ils les emploient actuellement, auront, par suite, la facilité de communiquer avec tous les abonnés du réseau; chacun d’eux pourra jouir de cet avantage en demandant l’établissement d’un fil reliant au bureau central des téléphones l’un des établissements mis en communication parla ligne privée. Les droits d’usage et les frais d’entretien actuellement perçus pour cette ligne seront remplacés par un abonnement multiple au réseau téléphonique, conformément aux conditions indiquées ci-dessus.
- Lé téléphone qui fonctionne à Nantes sur une assez grande échelle va être installé à la préfecture de cette ville, comme il l’est déjà à la mairie.
- A Buenos-Ayres, la Société Gower-Bell poursuit l’installation de ses lignes téléphoniques. Cependant la municipalité lui a suscité plusieurs obstacles. C’est ainsi qu’on lui a interdit formellement de faire traverser par ses fils la place Victoria, en déclarant que les fils Gower-Bell étaient de nature à nuire à l’éclat des fêtes périodiques qui ont lieu sur cette place.
- La compagnie téléphonique de Mexico a fait le mois dernier des essais de téléphone entre la Vera Cruz et Mexico. La distance est de 423 kilomètres. Le succès ayant été complet, la Compagnie poursuit ses installations. A Mexico même on a déià nlacé les appareils et fils dans les différents quartiers.
- Au cratère du Vésuve, les touristes peuvent monter maintenant à l’aide d’un chemin de fer funiculaire, qui est relié à Naples par un bureau télégraphique. On se propose d’établir également sur le volcan un téléphone à l’usage des ascensionnistes.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P.. Mouillot, i3, quai Voltaire, — 31070
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité 51, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- 4» ANNÉE (TOME VII) SAMEDI 9 SEPTEMBRE 1882 N® 36
- SOMMAIRE
- Études sur le magnétisme; Th. du Moncel. — Une^ Exposition d’Électricité à Munich; Cornélius Herz. — Éclairage électrique de Chesterfleld ; C.-C. Soulages. —La Télégraphie; ses progrès récents manifestés à l’Exposition Internationale d’Électricité (16e article); appareils de télégraphie sous-marine; E. de T. —Essai du télégraphe harmonique de E. Gray entre Paris et Bruxelles; Frank Geraldy. — Bibliographie : Traité pratique d’électricité comprenant les applications aux sciences et à l’industrie, et notamment à la physiologie, à la médecine, à l’éclairage électrique, à la galvanoplastie, à la météorologie, par M. C.-L. Gariel; E. Mercadier. — Revue des travaux récents en électricité : Éxpériences hydrodynamiques, imitation par les courants liquides ou gazeux des fantômes magnétiques obtenus avec les courants électriques ou les aimants, par M. Decharme.— Flèches et portées des fils télégraphiques à différentes températures. — Application de l’électricité au lançage des navires, par M. Salvatore Orlando. — Faits divers.
- ÉTUDES SUR LE MAGNÉTISME
- Nous avons consacré dans les numéros des i5 septembre, ior octobre, icr et i5 novembre, iot et i5 déc. 1880 de La Lumière Electrique, une série d’articles sur les derniers travaux de M. Gaugain, qui se rapportaient au magnétisme. Dans ces articles il est souvent question des expériences que M. Jamin poursuivait sur le même sujet, à peu près à la même époque, et comme toutes ces études ont éclairci beaucoup de points obscurs de cette partie de la science, nous croyons devoir faire pour les travaux de M. Jamin ce que nous avons fait pour ceux de M. Gaugain, et cela nous paraît d’autant plus nécessaire que beaucoup d’électriciens ont tellement négligé ce côté de la science électrique, qu’ils semblent tout étonnés quand on leur parle de certains phénomènes et effets magnétiques connus pourtant depuis longtemps. Cette lacune dans l’éducation électrique vient sans doute de ce que la théorie du magnétique est encore si obscure et si peu précise que tous les effets qui ont été signalés n’ont pu être coordonnés d’une manière simple et ont paru
- échapper à des lois générales qui auraient pu les confiner dans un champ restreint. Il en est résulté qu’étant considérés comme des cas particuliers, sans liaison entre eux, on n’a pu en conserver un souvenir assez vivace pour les invoquer à l’occasion et fournir des renseignements utiles dans les recherches que l’on fait tous les jours, et encore moins pour savoir à qui revient la priorité de telle ou telle découverte. Le travail que nous avons déjà entrepris et que nous continuons actuellement pourra donc fournir des jalons à ceux qui voudront sérieusement s’en occuper et leur évitera bien des recherches fatigantes.
- Distribution du magnétisme sur les aimants. — La série des dernières recherches de M. Jamin, sur le magnétisme, débute par une note insérée aux Comptes rendus du g décembre 1872 (p. 1572) qui se rapporte à la distribution magnétique et dans laquelle, après avoir critiqué une déduction de M. Trêve, il montre que ce qu’il faut déterminer dans un aimant avant de s’occuper de la position des pôles dans telles ou telles conditions, c’est la distribution de son magnétisme dans ces diverses conditions, et pour cela il emploie deux procédés qui se corroborent l’un l’autre. Le premier consiste à placer sur un point de Faimant un petit électro-aimant de fer doux enveloppé d’un fil de cuivre qui communique avec un galvanomètre, et l’arracher tout à coup, ce qui fournit un courant d’induction dont on peut calculer l’intensité, pour une graduation convenable du galvanomètre, d’après les déviations d’impulsion fournies par celui-ci. L’autre procédé consiste à placer sur le point que l’on veut étudier une petite sphère de fer doux soutenue par un ressort que l’on tend progressivement jusqu’à l’arrachement. Sa tension, à ce moment, est proportionnelle au carré du magnétisme en chaque point de contact.
- Or, en expérimentant de cette manière aux différents points d’un barreau aimanté ayant ses extrémités libres, on reconnaît que le magnétisme libre croît progressivement depuis la ligne neutre jusqu’aux extrémités. Quand on y applique une arma-
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- ture ou contact, tout change : deux pôles se montrent aux deux extrémités de ce contact, le magnétisme libre disparaît en partie, il augmente en s’éloignant des deux extrémités jusqu’à un maximum pour décroître ensuite vers Sa ligne moyenne. « Les conditions de ces modifications, dit M. Jamin, sont très compliquées et méritent une étude très suivie. Elles contribuent à produire les changements de direction de l’aiguille examinés par M. Trêve, mais ces changements ne peuvent en aucun cas révéler la distribution magnétique du barreàu, et il n’est pas possible de les résumer en disant que la position des pôles de l’aimant a changé. »
- Dans sa seconde note insérée aux Comptes rendus du 16 décembre 1872 (p. 1672), M. Jamin étudie la manière dont se fait la distribution magnétique dans un barreau d’acier en fer à cheval que l’on soumet à une aimantation par friction. Il montre que pour un nombre donné de frictions, la quantité de magnétisme développé est toujours la même, mais que sa distribution et les points de son intensité maximum varient suivant l’étendue de la friction, et que le maximum correspond toujours au point extrême de la course de l’électro-aimant aimantant quand on part du milieu du barreau pour se diriger vers ses extrémités. Quand la friction s’éteqd jusqu’aux extrémités, les maxima correspondent à ces extrémités, et c’est le cas des aimants que .l’on étudie généralement, mais si la friction s’arrête r mi-chemin, le maximum répond à ce point d’arrêt, et il y a décroissance de l’intensité magnétique au-delà.
- En construisant la courbe représentant les forces magnétiques aux divers points du barreau, M. Jamin montre que cette courbe se déplace comme une onde de la mer, d’abord régulièrement, puis en augmentant successivement d’amplitude, pour fournir aux extrémités de l’aimant des ordonnées doubles de ce qu’elles auraient été si les branches de l’aimant avaient été prolongées.
- M. Jamin fait de plus remarquer que ces courbes sont beaucoup plus accentuées quand les extrémités polaires de l’aimant ont été munies d’une armature de fer doux.
- A la fin de sa note, M. Jamin s’occupe des effets produits par la superposition de plusieurs lames aimantées et des effets résultant de leur réaimantation dans des sens différents, effets qui l’ont conduit plus tard à ses recherches sur la pénétration magnétique. Il montre d’abord que par suite de leur superposition elles perdent beaucoup de leur magnétisme, mais qu’on peut le leur restituer complètement par des réaimantations dans le même sens et en grand nombre. On sait que c’est à cause de cet affaiblissement du magnétisme des lames juxtaposées que MM. Siemens ont construit leurs faisceaux aimantés avec des lames séparées. On avait à cette époque expliqué cet effet en disant que
- par suite de. leurs réactions statiques les unes sur les autres, c’est-à-dire à la manière d’armatures, les lames d’un faisceau tendent à développer sur les surfaces en regard qui ont alors un magnétisme de même nom, des polarités contraires qui naturellement affaiblissent celles déjà développées. Toutefois M. Jamin n’expliquait pas alors l’effet de cette manière, car voici ce qu’il dit :
- « Ceci me paraît démontrer que l’aimantation se développe d’abord superficiellement, mais qu’elle - pénètre à l’intérieur des lames quand on les superpose, par suite de la répulsion que le magnétisme de chacune exerce sur celui des voisines. Une fois que cette pénétration s’est produite, elle persiste; elle ajoute ses effets à une aimantation ultérieure de même sens, et elle est contraire à toute nouvelle aimantation de sens opposé; d’où il suit qu’en répétant un grand nombre de fois les aimantations et les superpositions des lames dans le même sens, on finit par obtenir un faisceau plus puissant, ce qui a lieu en effet. »
- Il revient toutefois à d’autres idées dans la suite de ses recherches.
- Dans un troisième mémoire (Comptes rendus du 3o décembre 1872, page 1796), M. Jamin étudie l’aimantation produite par des hélices magnétisantes enveloppant les branches de l’aimant ; il constate, ce que l’on savait du reste depuis longtemps, qu’il se développe alors un pôle nord et un pôle sud aux points de ces branches correspondant aux deux extrémités de chaque hélice, et que l’énergie magnétique est beaucoup plus grande sous l’influence du courant que celle que conserve l’aimant et qui doit correspondre à son point dé saturation. Dans ses expériences, cette aimantation résiduelle maxima correspondait au courant d’une pile de ro éléments Bunsen et ne paraissait pas augmenter en poussant l’intensité électrique jusqu’à 5o éléments.
- M. Jamin appelle direct le sens de cette aimantation primitive, et inverse celui de l’aimantation produite par un second courant transmis à travers les hélices, en sens inverse. M. Wiedemann ayant déjà remarqué qu’on pouvait détruire le magnétisme direct par un courant inverse de moindre intensité que le courant primitif, M. Jamin a voulu examiner la puissance du courant inverse qui pouvait, dans les expériences précédentes, annuler l’aimantation directe, et il a reconnu que le courant d’une pile de 7 éléments suffisait pour cela, soit 3 de moins qu’il n’avait fallu pour développer le maximum magnétique; mais il a pu en même temps s’assurer que l’aimant n’était pas pour cela ramené à son état naturel, et que le premier magnétisme développé n’était que simplement dissimulé par le magnétisme^ inverse qui lui était superposé.
- E11 effet, en faisant passer à travers les hélices des courants inverses de 1, 2, 3..... 7 éléments, il
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- ne changeait rien à l’état de la lame, mais en substituant à ces courants inverses des courants directs croissant successivement dans le sens de la première aimantation, il réaimantait la lame quelque faibles qu’ils pussent être, et avec une intensité augmentant depuis 1 jusqu’à 7 éléments. Cette dissymétrie se maintenait avec des courants plus intenses; avec 8 ou 10 éléments, l’aimantation inverse devenait pénible, mais faible, tandis que l’aimantation directe au contraire devenait très considérable. En même temps la loi de la distribution et la forme des courbes qui la représente sont entièrement dissemblables.
- « Ces faits me paraissent conformes, dit M. Jamin, à l’explication que j’ai produite dernièrement devant l’Académie et qui peut se résumer ainsi : l’aimantation ne se limite pas à la superficie de l’acier, elle pénètre à l’intérieur jusqu’à des profondeurs inconnues, probablement variables avec ce que l’on nomme la force coercitive et qui atteignent leur limite quand on atteint la saturation. Tout courant ultérieur inverse moindre que celui qui permet d’atteindre la saturation, développe une aimantation contraire qui s’arrête à une moindre profondeur et laisse subsister les couches intérieures du magnétisme primitif. Pour un certain nombre d’éléments qui est égal à 7 dans mes expériences, les deux couches contraires se neutralisent, et l’acier paraît revenu à l’état naturel, mais elles ne font que se dissimuler mutuellement. Qu’on vienne à produire un courant avec un nombre d’éléments déterminé moindre que 7, on ne détruit pas le magnétisme extérieur et rien n’est changé, mais qu’on fasse passer le courant direct, on détruit la couche superficielle qui était inverse, et l’effet du magnétisme central reparaît.
- « On arrive à produire la même dissimulation du magnétisme par d’autres procédés, notamment par la superposition des lames en un faisceau. On sait qu’en les séparant au bout de quelque temps, elles ont perdu quelquefois entièrement et toujours partiellement, leur magnétisme antérieur. Il arrive même qu’elles prennent en certains cas une réaction inverse. En les étudiant comme je l’ai fait précédemment, on trouve la dissymétrie que j’ai signalée.
- « La conséquence la plus singulière de ces phénomènes nouveaux est qu’il n’existe aucun moyen de ramener à l’état neutre une lame d’acier qui a été une fois aimantée, puisque toute aimantation contraire, ou bien dissimule la première en se plaçant au-dessus d’elle, ou bien la remplace complètement en la détruisant. »
- Les effets précédents ne sont pas propres au magnétisme, je les ai retrouvés dans les effets de polarisation déterminés au sein des conducteurs secondaires, et surtout de certains silex. Dans un article que j’ai publié'dans ce journal (n° du ier décembre 1880, p.471), j’ai montré qu’un silex électrisé dans un certain sens pendant quelque temps, puis électrisé en sens contraire pendant un temps beaucoup moindre, fournissait un courant de polarisation, qui, au début, correspondait au dernier courant transmis et qui se renversait au bout de quelques instants pour correspondre aux effets de polarisation déterminés en premier lieu. *
- Après les notes dont je viens de parler, M. Jamin a publié sa note sur la condensation magnétique que j’ai analysée dans mon article sur le magnétisme condensé (n° du 12 août 1882) et sur la-
- quelle il nous paraît inutile de revenir; puis il a commencé sa longue suite de recherches sur les conditions de force des aimants, les moyens de l’augmenter, et la théorie des phénomènes magnétiques qu’il a successivement communiquées à l’Académie dans ses séances des 3i mars, 12 mai, 14 juillet, 4 août, i5 et 22 décembre 1873; 5 et 12 janvier, 2 février, 4, 11 et 18 mai, 1 juin 1874; 25 janvier, 8 et i5 février, 5 avril, 28 juin, 5 et 26 juillet, 2 août, 6, i3 et 20 décembre 1875; 3 janvier,
- 10 avril 1876; 2 juin 1879; le tout formant 3i notes et mémoires que nous allons maintenant analyser.
- Théorie de Faimant normal et moyen d'augmenter la force des aimants. — Dans le premier de ces mémoires, M. Jamin donne la théorie de l’aimant normal et les moyens d’augmenter indéfiniment la force des aimants. Il commence d’abord par montrer que les courbes qui représentent la distribution magnétique dans un aimant droit et qui montent rapidement à peu de distance des extrémités du barreau, s’élèvent quand on superpose plusieurs barreaux, tout en se rapprochant l’une de l’autre et du milieu de l’aimant, et quand le nombre de ces barreaux est assez grand pour que les courbes se joignent au milieu de l’aimant, le faisceau a atteint sa valeur maxima. Si on vient alors à démonter le faisceau, on reconnaît que chaque lame a perdu une partie d’autant plus grande de son aimantation première qu’on.en a superposé un plus grand nombre. Quand le .faisceau a atteint cette aimantation maxima, il constitue ce que M. Jamin appelle Y aimant normal, et M. Jamin a reconuu qu’avec un pareil aimant la courbe qui représente la force est une parabole qui peut être représentée par l’équation F—Kx-dans laquelle x est la distance au centre de la lame et A un coefficient qui varie avec la longueur.
- 11 a reconnu d’un autre côté : i° que le nombre de lames nécessaire pour faire arriver un faisceau à son maximum de force est d’autant plus grand que la longueur du faisceau est plus considérable ; 20 que la force d’arrachement à l’extrémité du faisceau normal augmente avec la longueur 2 l et peut être représentée, par conséquent, par l’équation F l=¥l, laquelle combinée avec la précédente donne pour valeur de F
- k étant un coefficient qui dépend uniquement de l’épaisseur de la lame élémentaire et de l’acier employé, et k2 étant en moyenne égal à 0,240.
- En établissant que la force F est proportionnelle au carré de l’intensité magnétique I, ainsi, que Coulomb l’a admis, on arrive à une équation qui montre que dans le cas d’un faisceau normal, la I courbe des intensités magnétiques se réduit à une
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- droite, d'où il résulte que le pôle est au tiers de la demi-longueur du barreau. On peut dès lors calculer la totalité M du magnétisme du faisceau au moyen de la formule
- 3
- M = 2 (a + ne) kP
- dans laquelle a représente la largeur des lames, e leur épaisseur et n le nombre des lames.
- M. Jamin prétend que sous l’influence d’un contact de grandeur suffisante pour que tout le magnétisme libre disparaisse, le magnétisme M se concentre sur la surface d’adhérence S et que
- M5*
- la force portative a alors pour expression -g- ce qui
- montre qu’elle est en raison inverse de la surface de contact. De là vient qu’on fait les contacts de manière à présenter à l’aimant une surface légèrement cylindrique. Lors de mes propres expériences sur les électro-aimants j’avais en effet remarqué que, au contactées armatures placées sur champ étaient attirées avec plus de force que placées à plat, mais que l’inverse avait lieu pour l’attraction à distance.
- Enfin M. Jamin donne comme formule représentant le rapport de la force portative P à celle du poids tt de l’aimant, l’équation suivante :
- P _ 2 (a + «e)2 /s21 k S maed
- qui montre que ce rapport est proportionnel à la longueur, à la largeur de la lame et en raison inverse de la surface de contact.
- Quant à l’influence de l’épaisseur des lames sur leur force portative, M. Jamin a reconnu qu’elle était manifeste et que la force augmentait avec cette épaisseur, mais moins rapidement, de sorte qu’il existe une limite après laquelle elle demeure stationnaire. .Toutefois, il a trouvé qu’une lame d’épaisseur i est moins forte que deux autres d’épaisseur beaucoup moins puissantes que trois lames, qui en seraient le tiers, et qu’en général la différence augmente avec le nombre des assises dont on compose un faisceau d’épaisseur donnée. C’est ce qui l’a engagé à employer pour ses faisceaux aimantés des rubans d’acier que le commerce produit avec abondance et qui lui ont permis d’obtenir des aimants normaux d’un poids très réduit.
- Force portative des aimants. — Dans sa note du 12 mai 1873, M. Jamin étudie les conditions que doit remplir un faisceau aimanté pour avoir la plus grande force possible. Il montre que cette force dépend de beaucoup de circonstances, et en premier lieu, de la masse du contact ou armature ainsi que de la bonne adhérence de celui-ci avec les extrémités polaires de l’aimant. Pour qu’il soit dans les meilleures conditions, il faut que la masse de ce contact soit assez grande pour que les polarités qui s’y développent se trouvent complètement dissimu-
- lées à l'extérieur, et que la surface d’adhérence ne soit ni trop grande ni trop petite. « Il y a là un maximum à chercher », ditM. Jamin, mais il n’indique pas les conditions de ce maximum.
- Avant d’exposer les autres conditions qu’un faisceau aimanté doit remplir pour produire ses effets maxima, il revient sur les effets résultant de la superposition de plusieurs lames. Suivant lui il se produit entre les lames qui se trouvent successivement réunies deux actions contraires, l’une qui a .pour effet de provoquer une condensation magnétique à la surface de jonction en développant une aimantation contraire, l’autre qui a pour résultat de répousser à l’intérieur des lames le magnétisme de même nom, et c’est la différence de ces deux actions qui représente les gains que les lames successivement ajoutées apportent au faisceau. Ce gain d’abord considérable, diminue à mesure que le nombre des lames augmente, et il arrive un instant où il devient nul ; c’est alors que l’aimant atteint ses conditions de maximum. Dans ces conditions, si M représente le magnétisme total, chacune des lames conserve une quantité de magnétisme e représentée par — qui décroît proportionnellement au nombre n des lames, et qui est toujours inférieure à la quantité E qu’elles avaient reçue par l’aimantation.
- Si on représente par f la force portante du faisceau dans les conditions dont il vient d’être question, on peut reconnaître qge cette force n’est qu’une limite inférieure de la force portante, car en armant les lames de contacts de fer, on peut reculer considérablement la limite de l’aimantation maxima.
- « Supposons, dit M. Jamin, que le contact de l’aimant ayant été fixé dans un support convenable, on place successivement contre lui les lames d’acier qui doivent constituer l’aimant, après les avoir aimantées séparément à saturation. Le magnétisme 15 de chacune d’elles disparaîtra en provoquant dans ce contact un aimant égal et contraire qui le neutralisera; mais ce magnétisme ne sera que dissimulé et non détruit, et le nombre des lames étant n, la totalité ne se limitera plus, elle sera «E; la force portative aura augmenté proportionnellement au nombre des lames et sera F, toujours plus grande que /, et la différeuce F — f croîtra avec n.
- « Je viens de dire que la totalité du magnétisme de chaque lame est dissimulée par le contact. Cela a lieu pour les premières lames, mais leur nombre augmentant, le contact finit par être insuffisant; une certaine quantité de magnétisme ne se dissimule plus et demeure libre; elle augmente progressivement; les lames réagissent l’une sur l’autre, perdent de leur polarité et arrivent à un nouvel état limite. Pendant ce temps F a crû lentement, puis demeure constant.
- « F est une limite supérieure de la force portative : on la mesurera par le premier arrachement du contact. Une fois ce contact arraché, les lames récupèrent le magnétisme qu’il avait dissimulé ; elles se retrouvent livrées à leur influence mutuelle, comme dans le cas où on les superpose saus ce contact; alors elles se désaimantent, reprennent chacune la
- charge c= — le faisceau garde la quantité M de magnétisme 11
- et la force portative est redevenue /.
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- « Quand par un premier arrachement, la force portative a été réduite de F à /, elle ne varie plus ou elle varie très peu parles arrachements ultérieurs ; il est possible cependant de la reporter de nouveau à sa valeur maximum F; il suffit d’entourer chaque branche de l’aimant d’une hélice magnétisante, d’adapter le contact sur les surfaces polaires et de réaimanter le faisceau ; on peut alors, dans certaines circonstances, doubler sa force.
- « Comme F est une force transitoire sans utilité puisqu’elle disparaît après le premier arrachement et que / est permanent, il faut chercher à augmenter cette dernière, et on le peut au moyen d’armatures placées d’une certaine manière.
- « En effet employons au lieu d’un contact deux armatures placées près l’une de l’autre de manière à constituer deux appendices polaires terminant les aimants; puis plaçons contre elles une à une les lames d’acier séparément aimantées, comme nous l’avons fait précédemment avec le contact unique. Si ces armatures se touchaient, elles agiraient comme ce dernier contact, c’est-à-dire qu’elles dissimuleraient tout le magnétisme E de chaque lame. En les séparant peu à peu et de plus en plus, elles agissent encore de la même manière, mais avec une intensité décroissante. Elles dissimulent non pas la totalité, mais une partie du magnétisme. Le reste se porte aux surfaces extérieures. Les lames partiellement déchargées réagissent, il est vrai, l’une sur l’autre et perdent de leur magnétisme primitif, mais moins que si les armatures n’existaient pas, et d’autant moins que celles-ci seront plus étendues. Si ensuite on vient à leur appliquer un contact, on a une force portative Fj moindre que F mais plus grande que /.
- « Pour justifier ces idées, j’ai monté un aimant de 45 lames d’acier repliées en ressort que j’ajustai l’une après l’autre dans deux sabots de fer fixés l’un à côté de l’autre avec des brides de cuivre. Elles furent ensuite enveloppées de deux hélices magnétisant*. Au-dessous des sabots dont la masse était négligeable, il y avait deux armatures en fer pesant 4 kilog. chacune ; elles pouvaient être placées ou enlevées, et en outre rapprochées ou éloignées dans une coulisse où on les faisait glisser. Après l’aimantation faite avec ces armatures et le contact, on trouva F = 38okilog. Le contact ayant été arraché puis remis, la force devint F, qu’on trouva égale à 260 kilog. Ensuite on enleva les armatures, ce qui réduisit l’aimantation à son minimum; on les replaça sans aimantation nouvelle, et l’on ne trouva pas la force première 260 kilog. mais seulement 170 kilog. En réaimantant avec les armatures replacées mais sans contact, on reproduisit 260 kilog. L’effet des armatures a donc été de porter de 170 à 260 la force vraie et permanente. »
- M.Jamin a déduit de ces différentes expériences et des considérations qui en ont été la conséquence, les conclusions suivantes :
- i° Pour placer un aimant dans ses meilleures conditions de force, il faut d’abord que son contact soit de masse suffisante pour dissimuler totalement le magnétisme répandu sur la surface extérieure de Taimant.
- 20 Cette masse étant donnée, il faudra 'réduire la surface d’adhérence jusqu’au moment où l’on verra augmenter le peu de magnétisme libre que l’application du contact laisse sur l’aimant.
- 3° Quand la longueur et la largeur des lames sont déterminées, il faut que leur nombre soit suffisant pour faire apparaître un peu de magnétisme libre sur l’aimant, lorsque le contact est placé. Si ce nombre est moindre, la limite de force perma-
- nente n’est point atteinte; si on le dépasse, on ne gagne plus rien.
- 40 Les armatures doivent être fortes, bien appliquées, très rapprochées : toutefois il ne faut pas exagérer leurs poids.
- M.Jamin termine sa note par la description d’un grand aimant présentant un développement extérieur de lames de 1 m. 20, et renfermant 55 lames, munies de deux armatures pesantchacune 16 kilog. Avec un contact cubique de i3 kilog. cet aimant a pu porter un poids de 495 kilog. Il a pu porter avec 45 lames 16 fois son poids, mais avec 55, cette proportion a été moins forte, et la quantité dont s’augmentait sa puissance attractive était moindre que l’accroissement de son poids. (Voir Comptes rendus tome 76 p. ii53).
- Rôle des armatures appliquées sur les faisceaux magnétiques. — Le rôle des armatures appliquées aux faisceaux magnétiques dans les conditions dont il a été question précédemment a été l’objet d’une note spéciale de M. Jamin communiquée à l’Académie dans sa séance du 4 août 1873 ; il y démontre par de nombreuses expériences que les armatures de fer placées au-dessus des surfaces polaires des barreaux provoquant plus facilement leur action magnétique que les barreaux voisins, détournent les réactions réciproques que ceux-ci pourraient exercer entre eux, et qu’alors les effets nuisibles dus à ces réactions se trouvent amoindris d’autant plus que l’action des armutures est plus grande et par suite que leur masse est plus considérable. D’un autre côté, il montre que la présence de ces armatures pendant l’opération de la superposition des barreaux, a pour effet de conserver à chaque barreau le magnétisme qu’il avait reçu avant la superposition; de sorte que pour obtenir les meilleurs effets de ces armatures, il faut que la juxtaposition des lames ne se fasse que sous l’influence des armatures, et à la suite de glissements successifs opérés sur leur surface de contact. Si on effectuait l’aimantation avant cette superposition, les lames commenceraient à réagir les unes sur les autres et par s’affaiblir sans que les armatures puissent après coup reproduire le magnétisme perdu ; loin de là, elles ne feraient que l’affaiblir. « Ces armatures, du reste, dit M. Jamin, n’ont jamais pour effet d’augmenter l’intensité magnétique telle que la mesure le contact d’épreuve, au contraire elles tendent à l’affaiblir; leur rôle est d’offrir un espace où s’accumule et se garde le magnétisme qui serait détruit si elles n’existaient pas, par suite des réactions qu’exercent entre eux les éléments du faisceau. »
- (A suivre) Th. du Moncel.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- UNE
- EXPOSITION D’ELECTRICITE
- A
- MUNICH
- Ceux qui, pendant ces trente dernières années, ont suivi les grandes Expositions universelles ont pu voir les applications de l’électricité, à peine représentées d’abord dans ces Expositions, s’y faire peu à peu une place de plus en plus importante. En i85i et i855, la télégraphie était à peu près seule avec quelques moteurs et machines dynamoélectriques à représenter l’électricité pratique.
- En 1862, cette branche, englobée dans la classe des instruments de précision, ne comprenait encore que les appareils de télégraphie électrique et leurs accessoires, des horloges et chronographes électriques, quelques machines magnéto-électriques et quelques régulateurs de lumière. La galvanoplastie n’était guère représentée qu’accessoirement dans la classe des bronzes d’art ou dans celle des appli-tions à l’imprimerie.
- A l’Exposition de 1867, le matériel et les procédés de la télégraphie formaient déjà une classe spéciale; la galvanoplastie constituait une section dans la classe des arts usuels, les phares électriques trouvaient leur place dans celle des travaux maritimes et les autres appareils étaient réunis aux instruments de physique générale. Ils ne comprenaient encore, il est vrai, comme machine dynamo-électrique, que celle de Ladd; le développement commençait cependant. Il se prononça encore à Vienne en 1873 où parut pour ’la première fois la machine Gramme et où fut réalisée la première expérience de transport électrique de la force à petite distance.
- Enfin il s’accentua définitivement à l’Exposition de 1878 ; l’électricité y était, en effet, largement représentée dans toutes ses applications, le téléphone y faisait une apparition retentissautc, et c’est' pendant cette même année que fut faite à l’avenue de l’Opéra, la première application de la lumière électrique à l’éclairage des voies publiques.
- A partir de cette époque, les progrès se multiplièrent de jour en jour, et il suffit de feuilleter les deux premières années du journal La Lumière Electrique pour se rendre compte du nombre et de l’importance des inventions faites pendant cette période. On pouvait donc, en 1880, considérer les applications de l’électricité comme ayant conquis leur place parmi les industries modernes et le moment était venu où l’on pouvait songer à les réunir en une exposition spéciale.
- Cette idée fut émise par nous au commencement de 1880, et notre journal La Lumière Électrique a largement contribué à la réalisation du grand projet.
- Nous avions provoqué la formation d’un comité d’initiative qui a élaboré le plan d’ensemble de l’Ex-postion.
- Ce Comité d’initiative comprenait notamment M. Adrien Hébrard, sénateur et directeur du Temps, M. Jules Bapst, directeur des Débats, M. le baron Jacques de Reinach, M. Georges Berger et le D* Cornélius Herz.
- Le projet très chaudement accueilli, dès le principe, par M. Varroy, alors ministre des travaux publics, et son successeur, M. Sadi-Carnot, fut agréé par le conseil des ministres, qui chargea M. Cochery d’en diriger l’exécution. On sait quelle a été l’importance de l’Exposition de 1881. Le congrès des électriciens réuni à cette occasion présentait aussi un intérêt de premier ordre. Nous avons suivi pas à pas dans ce journal toutes les phases de la grande manifestation scientifique, et, à l’heure actuelle, nous lui consacrons encore une série d’études rétrospectives destinées non seulement à faire connaître, par des descriptions et des figures nombreuses, les appareils et systèmes exposés, mais encore à conserver par des gravures pittoresques un souvenir de l’aspect du Palais dans tous ses détails. Ces études, terminées prochainement, constitueront un vaste ensemble qui donnera une juste idée de la première des Expositions électriques et en laisseront un souvenir durable.
- A peine le Palais de l’Industrie avait-il fermé ses portes qu’une seconde Imposition d’électricité fut installée à Londres au palais de Cristal de Sydenham.
- Cette dernière, instituée sous la direction des propriétaires du Palais de Cristal eut par cela même jusqu’à un certain point ün côté mercantile qui diminuait son importance (*); elle suivait d’ailleurs de trop près son aînée pour pouvoir espérer l’approcher. Le seul point intéressant qu’elle ait présenté est la disposition spéciale des différents foyers électriques qui, affectés à l’éclairage de parties bien distinctes, ont pu être appréciés chacun pour leurs mérites propres. Sans passer sous silence cette seconde, mais trop hâtive manifestation des progrès de l’électricité, nous lui avons donné ..peu de place dans nos colonnes ; tout ce que nous aurions pu dire n’eût guère été en effet que la répétition atténuée de ce que nous avions dit l’année dernière. Nous n’agirons pas de même pour la nouvelle Exposition d’électricité qui va s’ouvrir à Munich le. 16 septembre prochain.
- L’Exposition de Munich, elle, a un caractère spécial. Bien que faisant appel aux électriciens de tous les pays, elle a été conçue en partie dans un but local. Frappés des importants résultats obte-
- f1) Nous craignons qu’il n’en soit malheureusement de même pour l’Exposition qui va prochainement s’ouvrir à l’Aquarium Westminster, Londres.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ELECTRICITE
- 4 7
- nus dans ces dernières années à l’aide du courant électrique, les organisateurs allemands ont songé à en faire profiter Munich avec d’autant plus de raison que. cette ville se trouve à portée de grandes chutes, d’eau, d’une force d’environ 7.000 chevaux, susceptibles d’être utilisées pour la production du courant. Habitant une ville où les applications de l’électricité sont encore très rares, ils ont voulu se rendre compte par eux-mêmes de ce que peut faire ce merveilleux agent ; mais ils ont
- voulu aussi que les expériences faites pussent profiter à tout le monde.
- C’est dans ce but qu’ils ont créé une sorte de concours international, auquel ils n’ont pas donné le titre d’Exposition bien qu’il en soit une en réalité. Ils l’ont appelé : Essais électro-techniques au Palais de Cristal dé Munich, et cette dénomination a été choisie pour bien mettre en relief le caractère pratique et expérimental de l’organisation projetée.
- PALAIS DE L’EXPOSITION
- Ce que l’on a voulu en eftet, c’est voir les appareils à l’oeuvre, dans celles des applications électriques qui sont aujourd’hui le plus à l’ordre du jour. Transmission de la force à grande distance, téléphonie sur de longues lignes, applications de la lumière • électrique à l’éclairage des rues, des théâtres, des habitations, tels seront les point principaux sur lesquels porteront les essais, et l’on voit qu’il y a matière à bien des installations intéressantes.
- Un autre trait tout particulier et bien caractéristique de l’Exposition de Munich, c’est qu’il ne sera pas décerné de médailles, et nous applaudissons d’autant plus vivement à cette mesure que nous
- ÉLECTRIQUE DE MUNICH
- nous sommes nous-mêmes élevé contre la distribution des médailles au comité d’organisation de l'Exposition internationale d’électricité.
- En revanche, tout exposant aura droit à un rapport sur les expériences faites avec ses appareils, et ce rapport émanant d’un comité composé d’hommes éminents et autorisés, vaudra bien, dans le cas où il aura été favorable, toutes les médailles et tous les diplômes possibles.
- Le local choisi pour l’Exposition est la magnifique et spacieuse serre du Jardin botanique de Munich, mais les essais ne seront pas limités à cet espace ; différents endroits de la ville et même des environs leur seront également affectés. G’est ainsi
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- que des essais d’éclairage auront lieu dans Brien-ner Strasse avec des lampes Brush et Schuckert, et dans Arcis Strasse avec des lampes Edison, que deux lignes télégraphiques de 100 et 335 kilomètres seront réservées aux essais de transmission téléphonique à grande distance, notamment aux belles expériences de M. Van Rysselberghe, permettant la transmission simultanée par un seul fil de dépêches télégraphiques et de communications téléphoniques, et qu’une ligne de 60 kilomètres servira à notre ami Marcel Deprez à transmettre, par un simple fil, la force à cette distance, et à faire mouvoir à Munich une machine agricole à l’aide d’un moteur placé à Miesbach.
- La force motrice pour l'éclairage et pour le fonctionnement de différentes machines sera en outre fournie en partie par la machine à vapeur du
- Polytechnicum, en partie par les chutes de l’Hir-schau distantes de 5 kil du Palais de Cristal.
- A l’intérieur du Palais, éclairé par les foyers électriques les plus variés, le fonctionnement des divers appareils, les auditions téléphoniques, les essais d’éclairage électrique des théâtres exécutés sur une scène construite spécialement pour la circonstance, l’essai des machines, la distribution d’électricité de M. Marcel Deprez, affirmeront les merveilleux progrès accomplis par la science nouvelle.
- Ainsi organisées, les expériences électro-techniques promettent d’offrir le plus haut intérêt, elles ont d’ailleurs été préparées avec le plus grand soin.
- Le comité a fait appel à tous les hommes capables d’apporter à l’Exposition des éléments utiles, et son activité n’a pas cessé de se manifester depuis le commencement de l’année. Il a en outre obtenu
- Échelle
- Restaurant
- Moteurs à vapeur
- Station centrale * des
- téléphones
- Electro-
- -chimie
- Machines éteçtHquçs ,
- lAccumu-
- l-lateurs
- Accessoires]
- Machines « et lampes, non en action'
- Transport de la f orce
- Applications
- agricoles
- ^losch.defer^ fallait militaire! peinture
- Théâtre
- théâtre
- ^Appareil? |Electro-^
- ^cientifiques^hérapiej
- } Sonneries ' Appels
- Objets de vente
- TsçitïTerdes
- électriques historique
- PLAN DU PALAIS DE L'EXPOSITION ÉLECTRIQUE DE MUNICH *
- la haute approbation et le patronage effectif du roi de Bavière. Tout fait donc prévoir que les essais électro-techniques auront une réelle importance et qu’ils mettront au jour un certain nombre de ces données numériques, si difficiles à obtenir exactes, et dont la dernière Exposition, malgré les commissions créées, n’a fourni réellement qu’un nombre beaucoup trop restreint. Ayant pour but de réaliser précisément ce qui manquait à l’Exposition Internationale de Paris, ils n’en seront pas la répétition, mais au contraire l’utile complément.
- Le comité a bien voulu mettre à notre disposition les documents qui nous permettent de donner aujourd’hui une vue pittoresque du palais de l’Exposition, un plan de ce palais avec l’indication des çspaces réservés aux différents objets et appareils et enfin un plan de Munich sur lequel on trouvera marquées les artères principales dans lesquelles auront lieu les essais d’éclairage électrique.
- Ces deux plans pourront servir de guide à ceux 'qui voudront visiter l’Exposition de Munich, mais ils suffisent dès maintenant pour donner une idée
- de l’importance de cette nouvelle manifestation scientifique. Comme l’année dernière, au Palais de l’Industrie, les moteurs à vapeur ont été tous disposés d’un même côté et les machines électriques qu’ils doivent actionner sont placées dans la galerie qui se trouve immédiatement en avant; le théâtre occupe l’une des ailes du Palais ; de l’autre côté nous voyons l’indication d’un salon de peinture et de l’Exposition de la célèbre école de dessin de Munich. Le côté où se trouve le théâtre semble du reste destiné à recevoir toutes les machines ou appareils qui auront un fonctionnement actif pendant la durée de l’Exposition, tandis que la portion qui présente, comme pavillon central, le salon de peinture, contiendrait en majeure partie des appareils immobiles. Les installations téléphoniques disposées au rez-de-chaussée communiquent avec les galeries du premier étage où le public pourra parvenir au moyen des escaliers indiqués sur le plan, il y aura ainsi une distance convenable entre les postes correspondants. Le grand parallélogramme du centre est réservé au côté décoratif,
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLÈCTRICITÈ
- des parterres de verdure et de fleurs seront disposés devant le grand restaurant installé dans le fond.
- Les dispositions sont prises pour démontrer que les applications scientifiques sont compatibles avec toutes les élégances de la vie moderne et que la science nouvelle est même destinée à accomplir une vraie révolution dans l’industrie aussi bien que dans les installations artistiques.
- L’activité déployée par les organisateurs de Munich nous fait espérer qu’au moment de l’ouverture fixée au 16 septembre prochain, les exposants auront terminé leurs montages et que tous les ap-reils seront mis en mouvement au jour indiqué, résultat qui n’a, croyons-nous, jamais été, constaté dans les solennités de ce genre.
- Pour le moment, convaincu que cette Exposition
- üraçtfpur E.jïloi’ie.tL-, U.0-/: Vaoiv- J'ariS-
- PLAN DE LA VILLE DE MUNICH
- aura une portée scientifique et industrielle et sera fertile en enseignements, nous en suivrons toutes les phases et nous tiendrons nos lecteurs au courant des résultats obtenus et des faits mis en évidence.
- On annonce encore pour les années prochaines des Expositions d’électricité à Milan, à Vienne. Il est naturellement impossible de dire aujourd’hui ce qu’elles seront, et si, s’éloignant des exhibitions, on cherchera, comme on a fait pour Munich, à leur donner
- une direction définie et un but spécial. Quoi qu’il arrive d’ailleurs et quelque forme qu’elles doivent recevoir, elles ne seront jamais complètement stériles; ne dussent-elles servir qu’à faire connaître plus loin la science électrique, à populariser les applications de cette force nouvellement acquise à l’industrie, nous ne pourrions que les- voir-avec intérêt et leur ouvrir, lorsque le moment sera venu, les colonnes de notre journal.
- Cornélius Herz.
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- LA’ LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DE CHESTERFIELD
- Nos voisins d’Outre-Manche ne se bornent pas à organiser d’innombrables Sociétés pour l’exploitation des procédés électriques les plus divers, mais ils s’occupent activement des expériences pratiques destinées à démontrer tous les avantages du nouvel éclairage. Depuis plus d’un an, plusieurs rues de Londres ont été simultanément éclairées par des systèmes différents, et on a pu ainsi se rendre compte de la valeur relative de chacun d’eux; les stations, les ponts, les quais sont en partie dotés d’appareils électriques, et beaucoup d’établissements ont une installation particulière ou sont alimentés par les usines créées, en divers points de Londres, pour servir aux essais de l’éclairage public.
- Mais ce n’est pas seulement dans la capitale que le progrès s’affirme tous les jours, et nous avons eu souvent l’occasion de rendre compte des tentatives faites dans plusieurs autres villes du Royaume-Uni; parmi ces tentatives, il en est une des plus intéressantes qui a été accomplie dans ces derniers temps, et dont le succès est absolument complet, nous voulons parler de l’éclairage de la ville entière de Chesterfield. Chesterfield est une petite cité peu
- industrieuse dans le comté de Derby; elle se trouve à 32 kilomètres nord de Derby ville et renferme environ 12,000 habitants. C’est la première fois, en Europe que la lumière électrique a été appliquée exclusivement à tout autre moyen pour l’éclairage des rues; dans ce petit centre, le gaz est désormais relégué au rang des systèmes industriels qui
- ont fait leur temps; nous ne connaissons jusqu’ici qu’une autre ville au monde où les procédés électriques ont définitivement remplacé les vieux appareils, c’est San José, ancien hameau mexicain dans l’Etat de Californie, qui est aujourd’hui en train de prendre une certaine importance dans le Far-West américain. Nous publierons prochainement, du reste, une description des tours électriques qui viennent d’être établies, et dont le bon fonctionnement nous est garanti par un témoin arrivé récemment des côtes du Pacifique.
- A Chesterfield, on emploie, pour l’éclairage de la ville, vingt-deux régulateurs Brush et cent lampes à incandescence du système Lane-Fox; l’ensemble des rues forme une longueur de quatorze ou quinze kilomètres, et le nombre de foyers que nous venons d’indiquer est suffisant pour répandre partout la lumière nécessaire. La petite vue perspective ci-dessus représente un bout de rue de la vieille cité anglaise avec le poteau soutenant un foyer électrique ; ces poteaux ont des hauteurs va-
- UNE RUE DE CHESTERFIELD
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- riables, suivant la configuration des lieux; leur longueur varie entre quatre et huit mètres, dans les endroits où les maisons sont un peu élevées, ce qui est rare à Chesterfield, le régulateur est placé tout en haut; on lui a donné la même position lorsqu’il s’agit d’éclairer un carrefour; des globes légèrement dépolis, comme ceux qui avaient été essayés sur la place de l’Opéra à Paris, empêchent les rayons lumineux de frapper trop violemment les yeux des passants; un large réflecteur, placé au-dessus , arrête toute la lumière qui rayonnerait vers le haut, et la projette sur le sol et contre les façades des constructions latérales.
- La seconde vue perspective donne surtout une idée du charmant résultat obtenu par le nouvel éclairage dans la rue principale, où l’on retrouve encore quelques coins pittoresques attestant l’antiquité de la petite cité anglaise. Les lampes à incandescence et les régulateurs ont été habilement distribués, d e façon à ménager les effets, et le succès est complet, quoique l'installation ait été faite à un point de vue très économique. Les câbles destinés à alimenter les divers foyers sont tous aériens et attachés de distance en distance à des poteaux en bois dans le genre de ceux qui supportent les fils télégraphiques le long des routes ou des voies ferrées; tandis que les régulateurs sont disposés, comme nous l’avons dit, à des hauteurs variables, les
- lampes Lane-Fox sont toutes uniformément placées à un peu moins de quatre mètres. Les régulateurs Brush sont espacés sur toute la surface occupée par la ville, de telle sorte que l’on puisse éteindre les lampes à incandescence à minuit, tout en conservant une clarté suffisante pour éviter les accidents et les dangers dont les passants
- attardés pourraient être menacés dans l’obscurité.
- La jolie église du xiii0 siècle, dont l’original clocher se profile sur notre dessin vers le fond de la rue, produit surtout des effets merveilleux depuis qu’il est possible d’en admirer l’architecture sous le rayonnement de la lumière électrique.
- Le courant nécessaire à l’alimentation de tous les foyers lumineux de Chesterfield est produit, dans une usine centrale, par deux machines dynamo-électriques, qui pourraient au besoin entretenir quarante régulateurs ou 3ao lampes à incandescence. La Compagnie anglaise qui a installé le nouvel éclairage a pris ainsi ses mesures pour pouvoir faire profiter les industriels et les commerçants de l’heureuse transformation opérée dans l’éclairage public; comme nous venons de l’indiquer, elle peut disposer, dès à présent, de 22 régulateurs ou de 220 foyers à incandescence, quantité de lumière suffisante pour satisfaire à tous les besoins.
- C.-C. Soulages.
- ÉGLISE DU XIIIO SIÈCLE A CHESTERFIELD
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- LA TÉLÉGRAPHIE
- . SES PROGRÈS RÉCENTS MANIFESTÉS A L’EXPOSITION INTERNATIONALE d’ÉLECTRICITÉ
- Seizième article (Voir les numéros des i3, 20 et 27 mai, des 3, 10, 17, 24 juin et des i5, 22, 29 juillet, des 5, 12, ig, 26 août et 2 sept. 1882.)
- [c] Appareils de télégraphie sous-marine.
- Les phénomènes de charge et de condensation qui compliquent à un si haut, degré le passage des courants électriques à travers les câbles sous-marins nécessitent des appareils de transmission et de réception absolument spéciaux : on ne peut envoyer à la ligne que des courants d’une très faible intensité, et lorsque ces courants arrivent à l’extrémité du câble ils sont incapables d’actionner des électro-aimants ordinaires et ne peuvent être reçus que par des appareils d’une excessive sensibilité. Longtemps on a dû se contenter de recevoir les dépêches sous-mari'nes dans un électromètre à miroir ; la réception étant lente, les employés se fatiguaient à suivre sur l’écran les oscillations du rayon lumineux et, très grave inconvénient, la dépêche reçue ne laissait aucune trace de son passage. Heureusement de grands progrès ont été récemment réalisés dans cette branche si importante de l’art télégraphique ; on a inventé des récepteurs écrivants, et l’Exposition nous a montré les plus récents et les plus perfectionnés de ces appareils.
- Les appareils .pour câbles exposés au Palais de l’Industrie peuvent se diviser en deux catégories bien distinctes : dans la première nous placerons les simples galvanomètres enregistreurs; ils reçoivent les émissions positives et négatives et se bornent à les inscrire. Au fond leur principe est ie même, le mode d’enregistrement seul varie. La seconde, au contraire, comprend des appareils courants de télégraphie aérienne appliqués à des lignes sous-marines. Ce sont des transformations d’appareils connus qui, par l’emploi de courants compensateurs, par l’adjonction de relais assez sensibles, permettent d’actionner ces appareils au moyen des faibles courants transmis par le câble.
- Nous, allons passer successivement en revue ces deux séries d’appareils.'
- I
- La première comprend trois types principaux : le siphon recorder de William Thomson, le récepteur de Siemens, le récepteur électro-photographique de Chameroy (1). L’étude des manipulateurs offre peu d’intérêt, un même appareil donnant
- (') En 1873, M. Tli. du Moncel avait combiné un récepteur de ce genre (voir VExposé des applications de l’électricité, tome III, p. 392). (Note de la rédaction.)
- des émissions positives et négatives peut servir aux trois différents récepteurs. Nous ne décrirons donc que les récepteurs.
- [a] Siphon Recorder de William Thomson.
- C’est le plus ancien des galvanomètres enregistreurs. Quoiqu’il soit bien connu, nous en donnerons une description sommaire, ce qui n’avait pas encore été fait dans ce journal. Le courant de ligne traverse un très petit cadre formé d’un fil très fin et légèrement suspendu au milieu du champ magnétique d’un très fort électro-aimant. Suivant que l’émission est positive ou négative, le cadre oscille d’un côté ou de l’autre et, grâce à la puissance du champ magnétique, revient immédiatement à sa position d’équilibre. Ses oscillations sont transmises
- par l’intermédiaire d’un fil de cocon à un petit siphon capillaire plongeant dans une encre très fluide fortement électrisée. Devant la pointe du petit siphon se déroule rapidement une bande de papier en communication avec la terre : l’encre est donc attirée malgré la capillarité et trace, sans qu’il y ait frottement, un trait continu sur le papier. Suivant que le petit cadre se déplace à droite ou à gauche le siphon obéit à son mouvement et le tracé forme une pointe à droite ou à gauche de la ligne médiane. On représente ainsi les traits et les points de l’alphabet Morse.
- L’électrisation continuelle de l’encre et le mouvement des divers mobiles sont obtenus au moyen d’un organe spécial, formé de la combinaison d’un moteur magnéto-électrique avec un rechargeur Thomson, organe connu sous le nom de moulin électrique (rnouse mill).
- Voici maintenant les détails de l’appareil :
- Bobine réceptrice. — Le courant est reçu dans
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- un cadre rectangulaire très léger, formé d’un fil extrêmement fin enroulé un grand nombre de fois. Ce cadre est suspendu verticalement par un fil fin de soie attaché au milieu de son petit côté supérieur. Deux poids suspendus par des fils au second petit côté du cadre assurent sa stabilité.
- Le cadre est placé très près des pôles de deux fortes bobines opposées et le champ magnétique de ces bobines est encore renforcé par la présence d’une masse rectangulaire de fèr doux occupant tout l’espace compris à l’intérieur du cadre.
- L’action des courants fait osciller la petite bobine autour de son axe de symétrie vertical, sans qu’elle puisse toucher, ni les noyaux de l’é-lectro - aimant, ni la masse de fer doüx centrale.
- Transmission du mouvement. — (Voir la fig. i.) Un fil de cocon CG attaché à l’un des coins supérieurs du cadre, est fixé à un petit levier en bois très léger EF mobile autour d’un fil de soie horizontal XY. Ce fil XY est soutenu par les deux bras d’un étrier placé un peu en avant du cadre. Le levier EF’ agit par l’intermédiaire du fil de cocon FL sur un autre levier très petit L attaché à la branche horizontale du siphon S S'.
- Impression. — Le siphon est un tube de verre aussi capillaire que possible, deux fois courbé à angle droit et attaché au fil de cocon X'Y'. La
- petite branche plonge dans une auge pleine d’encre, la grande branche se termine tout près de la bande de papier.
- Le papier se déroule constamment devant cette pointe. Il est entraîné par la rotation de galets et prend sa communication avec la terre en passant entre deux pièces métalliques qui le serrent.
- Moulin électrique. — Cet organe placé à la partie supérieure de l’appareil sert de moteur pour toutes les pièces de l’instrument, et entretient en même temps la charge électrique du réservoir à encre.
- Considéré comme moteur, le moulin électrique est une simple machine de Froment d’une seule bobine : dix armatures en fer doux, mobiles autour d’un axe horizontal, sont successivement attirées par un électro - aimant actif ou inactif suivant que la rotation des armatures établit ou supprime certains contacts. En tant que machine électrique, c’est un rechargeur (replenisher) de Thomson. Les dix armatures de fer sont implantées dans un disque d’ébonite parallèlement aux génératrices d’un cylindre. Elles constituent les induits d’un rechargeur et tournent à l’intérieur de deux demi-cylindres métalliques formant les inducteurs. Tous les autres détails de l’appareil sont ceux du rechargeur ordinaire et le fonctionnement est le même : une différence de potentiel très considérable est constamment maintenue entre les deux inducteurs.
- SIPHON-RECORDER DE M. THOMSON
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- L’un d’eux communique directement avec la terre, l’autre entretient la charge de l’encre. Mais cette dernière communication n’est pas directe et s’effectue par influence. Une pointe en communication avec l’inducteur vient s’arrêter à une certaine distance d’une pièce métallique en connexion avec l’encre. Il en résulte une charge plus régulière et plus constante.
- Shunts. — Le Recorder porte trois shunts : le premier, placé au dessous du moulin, sur la face antérieure de l’appareil, permet de faire varier le courant local qui met le moulin en rotation, les deux autres sont sur une face latérale, ils graduent, l’un le courant de réception, l’autre le courant d’émission.
- La figure 2 donne une vue perspective du siphon Recorder. A la partie supérieure; en M se trouve le moulin électrique ou Mouse Mill (cage à souris); EE sont les deux bobines de l’électro-ai-mant placées dans une gouttière en fer G qui leur sert de culasse. C’est entre ces deux bobines qu’est suspendu verticalement le cadre galvanométrique; t est la tige électrisée agissant par influence sur la pièce p et c, la cuve d’encre dans laquelle plonge l’une des branches du siphon.
- (A suivre.) E. de T.
- ESSAI
- DU
- TÉLÉGRAPHE HARMONIQUE
- DE E. GRAY
- ENTRE PARIS ET BRUXELLES
- Le lecteur se souvient certainement du télégraphe harmonique de Elisha Gray. Il fut fort admiré à l'Exposition universelle de 1878, où cependant il n’avait pas encore pris sa forme définitive, et à l’exposition d’électricité de 1881, il fut l’objet de récompenses très méritées. Je renvoie à la description très complète qui en a été donnée par notre collaborateur Guerout dans le n° du 7 janvier 1882 de notre journal.
- Je dois même inviter le lecteur, s’il veut s’intéresser au récit des essais qui ont été faits avec ce système, à ne pas négliger de jeter un coup d’œil sur cette étude, afin d’avoir présentes à l’esprit les dispositions assez complexes du système ; il servait bien difficile d’en donner une description résumée, qui fût claire et exacte.
- Un point frappe immédiatement lorsqu’on considère ce système; c’est qu’il repose sur un principe nouveau et particulièrement fécond.
- Les télégraphes multiples en usage jusqu’ici sont
- surtout fondés sur deux principes, celui du duplex, qui est assez général, et celui de la répartition du temps (systèmes Meyer, Baudot), qui est au contraire essentiellement télégraphique, et s’applique à la multiplication d’un système donné de signaux ; en dehors de ceux-là, on peut citer le quadruplex Edison où l’on utilise d’une part les changements d’intensité, de l’autre les changements de sens du courant, ce qui rentre encore dans la télégraphie pure et même dans des systèmes déterminés : la multiplication ne peut d’ailleurs dépasser la limite atteinte.
- Dans le système de E. Gray, il en est autrement. Vous interposez au départ sur le courant des vibrateurs de tonalités distinctes, à l’arrivée autant de vibrateurs à l’unisson ; l’expérience montre que chacun des vibrateurs ne répond qu’à celui qui a le même nombre d’oscillations que lui. Dès lors, votre ligne est pour ainsi dire subdivisée en lignes distinctes et indépendantes. Vous pourriez théoriquement faire sur un des vibrateurs des signaux Morse, sur un autre de la télégraphie chimique, et employer le troisième à faire tourner un petit moteur. D’ailleurs, la multiplication n’est pas théoriquement limitée à trois ou quatre transmissions, puisque le nombre des sons distincts est beaucoup plus grand. Le principe est donc par lui-même d’une très grande fécondité et d’une curieuse .souplesse.
- Jusqu’à quel point ces facultés sont applicables dans la pratique, c’est ce qu’il fallait savoir et ce que des essais pouvaient seuls montrer.
- Je fus chargé par M. le Dr Herz, de suivre et diriger ces expériences, et, bien qu’elles ne soient pas terminées, je pense qu’il sera intéressant d’en donner dès à présent les premiers résultats.
- Avant tout, il fallait vérifier la valeur télégraphique du système.
- II n’y avait eu qu’un essai sérieux en ligne. Il avait été fait entre New-York et Boston, distance 3eo kilomètres. On résolut de se placer dans des conditions analogues, et on choisit la ligne de Paris à Bruxelles. Plusieurs considérations faciles à supposer, déterminèrent ce choix. D’abord la distance, 33o kilomètres, était à peu près la même que celle des premières expériences; ensuite on avait aux extrémités deux postes centraux, deux* grandes villes présentant toutes les ressources nécessaires; enfin on avait l’avantage de pouvoir soumettre en même temps les expériences à deux administrations qui pouvaient s’y intéresser.
- Les deux ministères de France et de Belgique mirent beaucoup de bonne grâce à accorder la disposition d’un fil. Entendez bien, lorsque je dis beaucoup de bonne grâce, cela ne signifie pas beaucoup de promptitude. Chacun le sait, avec nos règles de service, lorsque tout le monde se dépêche, l’affaire est encore fort longue ; chacun donne
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- son avis sans retard et fournit immédiatement son 1 apport, mais il y a tant d’avis et tant de rapports que le temps employé est nonobstant considérable.
- Conformémént à la proposition de M. Vinchent, directeur général des postes et télégraphes de Belgique, le fil choisi fut le numéro 5 bis et une chambre fut assignée aux expériences dans le poste central; nous trouvâmes beaucoup de bienveillance chez M. Bergon, administrateur général, et chez M. Caël, directeur ingénieur à Paris, ainsique chezM. Delarge, directeur'général des télégraphes à Bruxelles. Les expériences furent faites par M. Cushing, qui avait été chargé de l’installation du système E. Gray à l’Exposition, et par M. Rudd qui avait déjà conduit les essais en Amérique. Je suis heureux de pouvoir rendre justice à l’activité et à l’intelligente habileté de ces deux messieurs.
- On commença par un système dans un seul sens, c’est-à-dire qu’il y eut un poste transmetteur et un poste récepteur. La transmission fut installée à Paris et la réception à Bruxelles. On fut déterminé dans ce choix par la considération de la batterie à constituer. Il faut le dire immédiatement, le système Gray exige des piles considérables. Il peut, en effet, être considéré comme la superposition de plusieurs télégraphes Morse opérant sur des lignes distinctes, et ayant chacun sa batterie ; encore cela ne serait pas exact, car l’action des vibrateurs réduit les courants dans une proportion importante, environ 6o c/o (voir l’article précité) ; il faut donc augmenter les batteries dans la même proportion ; ajoutez les piles locales destinées à entretenir les mouvements des vibrateurs, à actionner les relais transmetteurs, etc., dont chacune est peu considérable (de 3 à io éléments), mais dont le nombre est assez élevé, on voit que le' total pour le service d’une ligne comme celle de Paris à Bruxelles devient important. Le total des éléments en service à Paris était de 5oo environ.
- L’importance de cette batterie a entraîné quelque retard au commencement des expériences. Il était assez incommode de distraire des piles en service au poste central une batterie de pareille grandeur; néanmoins et grâce à la complaisance de MM. Hecquet et Carême à Paris et de MM. Leduc et Lamotte à Bruxelles, on y serait arrivé, mais il y avait un autre obstacle. Dans l’intérieur de Paris, les lignes télégraphiques sont, comme on sait, constituées par des conducteurs souterrains, installés dans les'égouts; ces conducteurs sont groupés en câbles contenant chacun, je crois, sept lignes distinctes; il paraît qu’il y a danger à faire naître entre ces lignes des différences de potentiel trop grandes, les isolants qui les séparent pourraient être détériorés, par suite des fuites et des intercommunications très graves pourraient être créées. On ne veut pas mettre sur ces lignes plus de ioo à 120 volts ; le système Gray, malgré la réduction entraî-
- née par la présence des vibrateurs, dépasse cette limite. Il fallait donc éviter de passer par le câble. Il n’existe malheureusement aucun fil aérien permettant de relier le poste central aux lignes extérieures, c’est même, ce me semble, une lacune. Il ne restait qu’un moyen, quitter le poste central pour se rapprocher du point où les lignes aériennes entrent dans Paris.
- C’est ce qui fut fait. Les directeurs du service télégraphique au chemin de fer du Nord, MM. Tesse et Sartiaux, nous donnèrent très gracieusement asile dans leur salle des études télégraphiques ; le dernier n’a cessé de nous prêter un concours dont nous ne saurions trop le remercier. L’administration des télégraphes, de son côté, disposa un fil de jonction permettant de relier la gare du Nord à la guérite où les câbles souterrains se joignent aux lignes aériennes. Chaque soir la ligne était consacrée aux expériences. Il ne restait qu’à trouver la batterie ; le service central ne pouvait se démunir de ses éléments de pile ; il fallut donc se les procurer directement. Cela demanda un peu de temps. Le croirait-on? on ne peut facilement trouver cinq cents éléments de pile Callaud tout prêts dans Paris, au moins dans les conditions de prix courant ; il faut les faire monter et les attendre quelques jours. Cela étonnait beaucoup les télégraphistes américains habitués à trouver en magasin des approvisionnements autrement considérables, et pour ma part cela m’humiliait un peu pour notre situation électrique : il y aurait bien à faire de ce côté.
- Au reste la difficulté était double, car si on trouvait un peu péniblement des piles quelconques à Paris, en revanche on n’y trouvait pas du tout le modèle de piles dont on s’était servi en Amérique pour les expériences, et que ces messieurs Rudd et, Cushing auraient désiré employer. On avait fait usage entre New-York et Boston,de piles Callaud, mais avec des vases de grand diamètre, des métaux disposés en forme de plaque et de pattes d’oie, permettant un grand rapprochement entre les électrodes de façon à obtenir des éléments de basse résistance. Ce type est, paraît-il, d’un usage courant en Amérique; on ne s’en sert pas dans notre pays, il aurait fallu le commander spécialement; c’était une grosse perte de temps, on y renonça. Ce ne fut pas sans quelque inquiétude de la part de ces messieurs, la résistance de la pile jouant un rôle important dans le système. C’est un point sur lequel il convient d’insister un peu.
- On sait qu’une installation du multiple Gray comprend non seulement l’ensemble des vibrateurs, mais encore un télégraphe Morse monté en duplex, qui fonctionne indépendamment des vibrateurs à la manière ordinaire et avec une pile spéciale. Comme on le conçoit, pour que ce duplex puisse agir, il faut que le courant employé par les vibrateurs soit
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- sensiblement constant. On y arrive par un artifice ingénieux. (Voir l’article précité.) Le vibrateur quand il agit, diminue l’intensité de 60 o/o; lors qu’on le met hors circuit, on élimine en même temps 60 o/o des éléments de la pile. Dans cette opération on réduit bien la force électro-motrice de la quantité nécessaire, mais on supprime en même temps la résistance des éléments correspondants, en sorte que la résistance totale du circuit et par suite l’intensité est altérée. Cette variation est faible et sans action si la résistance de la pile est petite relativement à celle de la ligne; elle devient incommode si ces deux résistances sont comparables. Les éléments américains avaient une résistance de i ohm environ chacun, leur résistance totale était donc de 5oo ohms dont les 6/10 ou 3oo. ohms, est un nombre faible relativement à 3ooo ohms, résistance approximative de la ligne. Les éléments français avaient une résistance de 5 ohms au moins chacun, soit 25oo ohms, pour la pile entière, dont les 6/10, soit i5ooohms, se rapproché trop de 3ooo, résistance de la ligne; l’intensité du courant cesse d’être suffisamment constante et il devient délicat d’arriver au fonctionnement et surtout au balancement du télégraphe Morse en duplex.
- . La difficulté que je viens de signaler ne fut pas la seule à vaincre. Il paraîtrait que les lignes américaines sont mieqx isolées que les nôtres. Il y a quelque raison de penser qu’il en doit être ainsi, les systèmes télégraphiques américains fonctionnent à courant fermé, en sorte que la perte serait considérable si l’on n’était soigneusement isolé. Nos systèmes fonctionnent à courant ouvert, l’isolement n’a donc pas la même importance et peut être moins soigné. Quoi qu’il en soit, la ligne 5'bis d’abord essayée donna des pertes notables ; ajoutez à ces pertes celles qui résultèrent des très mauvais temps qu’on eut à subir, pendant le singulier été que nous traversons, on comprendra qu’il devint difficile de fonctionner sérieusement. On obtint une autre ligne, qui se montra meilleure.
- On passa par quelques tâtonnements, les condi- . tions n’étant plus tout à fait les mêmes qu’en Amérique. Il y en eut particulièrement pour le relais duplex qui est un des organes du Morse. Il faut que cette pièce présente un certain équilibre de résistance avec l’ensemble du système et par conséquent elle dépend de la pile que l’on met en service. On dut remplacer celui qui avait servi par un autre.
- En raison de ces divers obstacles, on fut amené finalement à réduire un peu le système. Dans son développement complet, il comprend quatre transmissions dans un sens par les vibrateurs, deux, l’une dans un sens, l’autre dans l’autre, par le Morse, cela donne donc en tout six transmissions, cinq dans un sens une dans l’autre. On reconnut
- qu’ainsi appliqué le système ne donnait pas une suffisante sécurité; il fonctionnait bien à certains jours, moins bien à d’autres. On dut abandonner l’un des vibrateurs et se réduire à cinq transmissions. Dans ces conditions, le système fonctionna régulièrement. Il avait été monté d’abord en employant pour récepteurs des appareils parleurs suivant la coutume, américaine ; pour le présenter aux ingénieurs français et belges, on remplaça ceux-ci par des récepteurs Morse ordinaires; la substitution s’opère sans aucune difficulté et le système ainsi monté fonctionna très régulièrement ; MM. les ingénieurs du service français et du service belge (M. Caël à Paris, M. Banneux, ingénieur en chef à Bruxelles) échangèrent des dépêches que l’on contrôla ensuite; l’on continua d’ailleurs pendant de nombreuses soirées à employer l’appareil, ainsi que je vais le dire, et il fournit toujours une marche très satisfaisante.
- L’expérience faite en Amérique était donc répétée en France; et il reste démontré qu’en effet le multiple harmonique E. Gray s’applique bien à des distances de 3oo kilomètres. Il n’est pas douteux qu’en faisant usage de piles à basse résistance, les six transmissions eussent fonctionné sans difficulté.
- Ce point reconnu, il fallait pousser plus loin. On pensa d’abord à étendre la distance en essayant le fonctionnement entre Paris et Amsterdam, mais réflexion faite je m’arrêtai à un autre genre d’études.
- Le télégraphe Morse est en. France celui que l’administration aime le moins; c’est le plus simple sans doute, mais c’est aussi le moins rapide; et puis il paraît que le public a une préférence marquée pour les appareils imprimants : l’administration fait donc effort pour substituer l’appareil Hughes à l’appareil Morse partout où elle le peut. Il n’y a donc pas très grand intérêt pour elle à avoir un système multipliant le Morse, tandis qu’il y en aurait un majeur dans un multiple du Hughes. Or, pourquoi le système Gray ne ferait-il pas fonctionner le Hughes? De quoi s’agit-il, après tout? de transmettre des contacts avec précision; c’est la fonction du Gray. Il est vrai que les contacts sont très courts; ils durent environ i/2Se de seconde. On pouvait se demander si dans une durée aussi faible les vibrations pourraient prendre l’unisson et faire le triage, en sorte que un seul vibrateur répondît à l’appel du transmetteur. L’expérience pouvait seule éclairer ce point.
- On essaya d’abord un transmetteur. Il ne fut pas très facile de s’en procurer; l’administration en est assez pauvre ; nous avons dû ceux qui nous ont servi à la complaisance de MM. Postel-Vinay et Dumoulin-Froment qui ont bien voulu nous en prêter pendant quelques jours.
- Pour introduire le transmetteur Hughes dans le système, on le mit simplement à la place de la clef de manipulation. Il faut ici rappeler succinctement
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- comment la transmission se fait. L’opérateur agit sur une clef Morse qui par un courant local ouvre ou ferme une clef spéciale qui est proprement le transmetteur, ce qui constitue un premier relais. Ce transmetteur agit sur le vibrateur de départ, ce qui forme une sorte de second relais. Le vibrateur agit sur son unisson à l’arrivée et celui-ci forme avec son cavalier un relais agissant sur le parleur, c’estle troisième relais. En employant le Hughes on ajoutait encore un relais qui était constitué par le parleur ou par un appareil analogue dont les fermetures faisaient déclancher le Hughes récepteur. Comme on le voit, la transmission est compliquée. Après quelques tâtonnements elle réussit cependant, et on pût correspondre avec, un appareil Hughes d’abord fonctionnant seul, puis fonctionnant avec les vibra-teurs mis en action mais ne travaillant pas, enfin fonctionnant avec les vibrateurs travaillant. On réalisait ainsi la combinaison d’une transmission Hughes, et trois transmissions Morse dans le même sens, une transmission Morse en sens contraire.
- Il fallait aller plus loin, c’est-à-dire faire travailler ensemble plusieurs Hughes et c’est ici que les difficultés commencèrent. On s’aperçut d’abord que le choix des vibrateurs n’est pas indifférent. Ils se distinguent, comme on sait, par leurs tonalités différentes ; la transmission Hughes placée sur le vibrateur le plus haut est très solide, elle ne se laisse influencer ni par le Morse ni par d’autres transmissions Hughes. Si l’on met un deuxième Hughes sur le vibrateur voisin, celui-ci fonctionne médiocrement ; il fonctionne bien au contraire si on le met sur le vibrateur le pluslointain, laissant ainsi un degré entre les deux ; mais il faut que ce degré soit inoccupé, ou du moins que le vibrateur qui l’occupe soit simplement en vibration sans recevoir de signaux. On obtient alors un multipl.e comprenant deux Hughes et un Morse dans un seul sens, un Morse dans l’autre. Si l’on essaie de faire parler en Morse le vibrateur placé entre les deux Hughes, la transmission Morse passe, mais le Hughes de la tonalité la plus basse est troublé. Si l’on essaie d’insérer un troisième Hughes, les deux Hughes les plus bas se troublent l’un l’autre.
- De ces expériences, il résulte premièrement que le système Gray peut fonctionner avec le télégraphe Hughes puisqu’on a pu maintenir une transmission Hughes, avec toutes les autres combinaisons ; deuxièmement qu’il n’accepte la coexistence de plusieurs Hughes qu’à certaines conditions. Les expériences donnent le moyen de déterminer ces conditions; nous voyons, en effet, que la transmission placée sur le vibrateur de la plus haute tonalité est de beaucoup la plus solide ; à mesure que la tonalité s’abaisse, on perd de la sécurité. Les vibrateurs dont on fait usage dans le système tel qu’il est constitué, ceux que nous employons donnaient des nombres de vibrations d’environ 200,
- 240 et 3oo ; la durée du contact Hughes étant de Lde seconde, elle comprend 8 vibrations pour le
- premier vibrateur, 9,6 pour le second et 12 pour le troisième. Il est clair que si le vibrateur n’est pas pris au même point de sa phase, c’est-à-dire si l’un des vibrateurs est saisi au moment où il s’éloigne, tandis que l’autre l’est au moment où il s’approche, le contact du vibrateur le plus bas peut monter à 9 vibrations, tandis que l’autre descendra à ce même nombre, il y a alors toute chance pour que les vibrateurs interfèrent ; le danger naturellement est beaucoup moindre pour celui qui a le nombre de vibrations le plus grand, et il sera d’autant moins à craindre que le nombre sera plus élevé. En y réfléchissant, on est même étonné que nous ayons pu obtenir un résultat avec des nombres de vibrations aussi faibles. La solution consiste évidemment à employer des vibrateurs de tonalités plus élevées. Or, ceci n’est pas une difficulté sérieuse, des transmissions de ce genre ont été réalisées dans d’autres études avec des diapasons allant jusqu’à 7 et 800 vibrations et au delà ; il ne sera pas nécessaire d’aller si haut et en se plaçant entre 3 et 5oo vibrations, le succès doit être assuré.
- Ajoutons qu’on peut simplifier beaucoup la transmission. Le Hughes, au départ, peut être disposé de façon à remplacer le transmetteur, ce qui évitera un relais. Pour cela, il faudrait modifier la lèvre du chariot tournant; au lieu d’un contact simple, on installerait sur cette lèvre le contact double du transmetteur E. Gray ; il n’y a pas là de difficulté mécanique, et on voit comment la difficulté pourrait se faire. D’un autre côté, le vibrateur d’arrivée peut agir directement sur le Hughe récepteur; on sait, en effet, que ce relais consiste en deux pièces, dont le contact est mauvais pendant que les vibrateurs agissent, tandis qu’il devient bon quand ils s’arrêtent : il y là une émission de, courant qui, avec un peu de soin dans le réglage, peut très bien déclancher l’aimant de l’appareil récepteur. Par ces procédés, on évitera deux relais dans la transmission. On aurait pu, à la rigueur, effectuer ce dernier perfectionnement, mais il fallait avant tout se procurer des vibrateurs de tonalités plus hautes. Il ne s’en trouve pas dans les appareils construits ; on a déterminé les types convenables pour la transmission Morse et on s’est tenu à ceux-là. Il est nécessaire d’en établir de nouveaux.
- Nous avons dû suspendre les expériences jusqu’au jour où ces organes seront exécutés et convenablement adaptés à leur service. Les expériences actuelles, quelles qu’incomplètes qu’elles soient, m’ont paru cependant propres à intéresser; elles ne fournissent pas la mesure de la portée du système, mais elles peuvent au moins en donner quelque idée.
- Frank Geraldy.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Traité pratique d’Électricité, comprenant les applications aux sciences et à l’industrie, et notamment à la physiologie, à la médecine, à la télégraphie, à l’éclairage électrique, à la galvanoplastie, à la météorologie, etc., etc., par M. C.-M. Gariel. (Chez Octave Doin, 8, place de POdéon.)
- Ce titre est un peu long, mais il a l’avantage d’indiquer nettement ce dont il s’agit.
- L’auteur, M. Gariel, professeur agrégé de physique à la Faculté de médecine de Paris, professeur de physique et chimie à l’Ecole des ponts et chaussées, a voulu faire un traité pratique d’électricité : et voici d’après les termes mêmes de sa préface ce qu’il entend par là :
- « .... En présence des résultats acquis {il s'agit
- « des applications de l'électricité), de ceux qui sont « en voie de réalisation et de ceux qu’il est permis « d’entrevoir comme prochains, beaucoup se sont « trouvés déroutés. Les données classiques qui fîgu-« raient seules encore sur les programmes officiels « de l’enseignement des dernières années sont insuf-« fisantes, nous ne dirons pas pour permettre une « étude complète des applications nouvelles de « l’électricité, mais même pour saisir les principes « sur lesquels elles reposent. Certes, des publica-« tions spéciales ont été créées, dont la plupart « ont une valeur réelle; nous ne croyons cepen-« dant pas qu’elles répondent à tous les besoins. « Les unes s’adressent à un public restreint, aux « savants, aux ingénieurs, aux industriels qui sont « déjà au courant de toutes ces questions soit d’une « manière générale, soit sur une partie restreinte « de l’électricité; les autres sont des ouvrages de « vulgarisation d’une lecture facile, cherchant plu-« tôt à intéresser qu’à instruire, et qui, si elles « s’adressent à un nombre plus considérable de « lecteurs ne font pas connaître, ne peuvent pas « faire connaître les données plus techniques des « problèmes qui se sont posés, de ceux qui se po-« sent journellement. Nousavons pensé qu’il y avait « place pour un traité spécial entre ces deux genres « d’ouvrages : nous avons cru qu’il y a un public « intelligent, avide de s’instruire, possédant des « connaissances générales qu’il est susceptible « d’appliquer, désireux de se rendre compte de ce « que l’on peut obtenir, de ce que l’on peut es-« pérer du nouvel agent ; pour ce public composé « d’ingénieurs attachés aux industries ou aux ser-« vices les plus variés, d’architectes, de médecins,
- « de physiologistes, d’industriels.....»
- C’est pour ce public que ce livre a été fait. Effectivement il est possible qu’il y ait un public de ce genre, et que l’auteur ne se fasse pas illusion : mais un livre à son usage est bien difficile à faire : car avant d’exposer les applications d’une science
- il est indispensable (quoi qu’en puissent penser certains auteurs anglais, par exemple), d’exposer la science elle-même, ce qu’on appelle la théorie; mais comme on s’adresse à des personnes ne possédant que des connaissances générales, il ne faut pas dépasser une certaine limite, et là est la grosse difficulté : il s’agit de s’arrêter à temps, d’éliminer tout ce qui n’est pas strictement indispensable, de ne donner ni trop ni trop peu.
- - L’auteur a essayé de résoudre ce problème : il n’a laissé dans son ouvrage qu’un minimum de calculs nécessaires : il a marché droit au but autant qu’il l’a pu, et pourtant il a dû consacrer à l’Exposé théorique de l’électricité 200 pages compactes remplies de faits. 200 pages ! c’est beaucoup : et pourtant quand on parcourt ce livre avec attention et quand on songe à toutes les applications diverses dont l’exposé est annoncé par le titre, il est impossible de ne pas reconnaître que ce n’est pas trop. Nous pensons même que ce n’est pas assez, mais il est probable que l’auteur complétera au fur et à mesure les notions théoriques développées dans le premier fascicule de son ouvrage, le seul qui ait paru actuellement.
- Si on fait la table des matières qui n’existe pas malheureusement dans ce fascicule, on voit bien qu’il n’y a rien d’inutile à connaître. La première section de l’ouvrage comprend le Magnétisme. L’auteur a débuté par là ne voulant pas séparer Y Electricité statique de ce qu’on nomme Electricité dynamique : dans un ouvrage en somme, élémentaire, il a raison : s’il s’agissait d’un livre purement théorique, ce serait autre chose.
- Cette section renferme en 40 pages ce qu’il est indispensable de connaître sur les aimants, leurs pôles, les lois de leurs actions réciproques, les champs magnétiques, l’action de la terre détaillée avec soin, la distribution sur les aimants ordinaires, le diamagnétisme.
- Dans la deuxième section consacrée à Y Electricité, l’auteur conserve la division ordinaire en deux chapitres consacrés l’un à YElectricité statique, l’autre à YElectricité dynamique, mais il fait bien remarquer que cette division, d’ailleurs sans inconvénient, est purement artificielle.
- Dans cette section l’auteur a introduit décidément une nouveauté (dans les ouvrages élémentaires) : il a rejeté entièrement cette fameuse théorie des deux fluides àlaquelle personne ne croit plus depuis de longues années, mais qui est conservée pieusement dans tous les programmes d’enseignement sans exception. Il s’est servi de l’hypothèse d’un seul fluide de Franklin et il a montré que cette hypothèse légèrement modifiée suffisait pour exposer clairement et brièvement (je ne dis pas expliquer) les phénomènes électriques.
- Nous pensons que M. Gariel a bien fait de prendre résolument ce.parti : au point de vue pédago-
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- gique, l’hypothèse de Franklin est plus simple que celle de Symmer, et il n’est pas douteux qu’elle ne se rapproche beaucoup plus de la réalité que nous ignorons encore. Mais il est bien entendu qu’elle ne peut servir qu’à exprimer des faits et non à les expliquer, et l’auteur.l’indique clairement en disant :
- « Nous admettons en outre que cet agent, ce fluide
- est susceptible d’agir à distance par répulsion sur « lui-même : et cette dernière considération montre « que l’hypothèse que nous développons ne peut « être considérée que comme transitoire et ne peut « représenter l’intimité même des phénomènes, car « on ne peut admettre comme cause première un « agent manifestant son action à distance. »
- Ici nous nous permettrons une légère critique : pour les personnes qui sont au courant des théories de la mécanique générale et électrique, la dernière phrase de la citation précédente est parfaitement claire ; elles savent les raisons qui peuvent conduire à ne pas admettre comme cause première un agent manifestant son action à distance : mais il n’en est très probablement pas de même du public auquel ce livre s’adresse : peut être aurait-il fallu développer cette idée dans une note un peu détaillée en dehors du texte proprement dit de l’ouvrage.
- Nous allons même plus loin et nous pensons qu’il eût été bon d’indiquer dans cette note l’inanité de cette hypothèse de deux et même d’un seul fluide au point de vue du fond des choses : — que si une hypothèse parvient à rendre compte des phénomènes pour l'expression abréviative desquels elle a été précisément imaginée, c’est bien le moins qu’elle puisse faire : qu’enfin pour qu’une hypothèse soit acceptable et sérieuse, il faut que son développement logique conduise à découvrir, à prévoir à l’avance des phénomènes nouveaux ; or c’est ce que les hypothèses électriques ordinaires n’ont jamais encore permis dè faire une seule fois.
- Quoi qu’il en soit, en se servant du langage auquel conduit l’hypothèse d’un seul fluide, M. Gariel explique avec une netteté et une précision rares dans des ouvrages de ce genre quelques-unes des parties les plus délicates de l’électrostatique, notamment les attractions et répulsions mutuelles des " corps légers électrisés en tenant compte des effets d’influence, et la condensation électrique.
- Enfin dans ce chapitre consacré à l’électrostatique l’auteur a introduit la notion indispensable aujourd’hui du potentiel, notion délicate et difficile à préciser avec clarté d’une manière élémentaire. Il y a plusieurs manières de l’introduire dans l’étude des phénomènes électriques : M. Gariel a choisi celle qui consiste à la considérer comme une conséquence de la distribution qui se produit sur des corps conducteurs éloignés réunis par un fil fin : dans ces conditions, on dit que deux corps sont au même potentiel lorsque leur état électrique ne subit aucune modification par suite de cette liaison. Pour
- préciser, ou plutôt pour matérialiser en quelque sorte un peu plus cette notion capitale, elle est, immédiatement après cette définition, comparée à la hauteur de niveau d’un liquide, et à la température d’un corps, ainsi qu’on le fait ordinairement. Puis on décrit et on explique sommairement l’électromètre de W. Thomson considéré comme instrument de mesure des différences de potentiel.
- Suit l’indication des propriétés générales du potentiel ; mais la notion de capacité électrique, qui aurait pu être indiquée immédiatement après, est rejetée après l’étude des phénomènes d’influence dans le cas des corps électrisés, des instruments et machines électriques et de la condensation. Ce mode d’exposition est parfaitement admissible, et la condensation peut être expliquée sans se servir de la notion préalable de capacité ; nous pensons néanmoins qu’il serait préférable de faire autrement pour la simplicité et la clarté de l’exposition.
- Le chapitre relatif à l'Electricité dynamique est le plus long: il comprend à lui seul la moitié de l’ouvrage, ce qui s’explique fort bien. Il débute par la considération d’un élément de pile construit empiriquement comme dit l’auteur : c’est-à-dire qu’on considère à priori un assemblage formé d’un vase contenant de l’eau acidulée, d’une lame de zinc et une autre de cuivre ou de platine. A l’aide de l’électromètre de Thomson on peut constater les propriétés capitales de cet assemblage au point de vue électrique savoir: la différence de potentiel aux deux pôles en circuit ouvert ; le maintien de cette différence en circuit fermé ; le courant qui se produit alors, son analogie avec un courant liquide dans un tuyau dont les deux extrémités sont à deux niveaux différents, et sa caractérisation, si l’on peut ainsi dire, comme un transmetteur d'énergie.
- Ce point de départ pour l’électricité dynamique nous paraît excellent (x), car tout le reste s’en déduit aisément. Mais il y manque peut-être quelque chose, une note expliquant le mot énergie et l’expression de transmetteur d'énergie. Il est vrai qu’une note de ce genre est bien difficile à faire brièvement et qu’on serait conduit ainsi à rédiger un chapitre de mécanique : mais nous croyons qu’un tel chapitre est indispensable dans un tel livre, dût-on le mettre en appendice. Peut-être l’auteur y a-t-il songé et le réserve-t-ij pour les parties de son ouvrage relatives aux applications mécaniques de l’électricité : dans tous les cas nous croyons devoir lui soumettre cette idée ; l’expérience que nous en avons faite dans l’enseignement élémentaire de l’électricité nous autorise à penser qu’elle est bonne.
- (l) Qu’il nous soit permis de rappeler que c’est la marche que nous avons toujours suivie dans l’enseignement de l’Electricité en Télégraphie, et exposée dans notre Traité élémentaire de Télégraphie électrique (G. Masson éditeur) dont il a été rendu compte dans ce journaL
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- Après avoir exposé le principe et la construction du galvanomètre ordinaire, et du galvanomètre différentiel comme instrument de mesure, les lois de Ohm, la mesure des forces électromotrices, la mesure des résistances par le pont de Wheatstone, l’auteur continue par une série de chapitres en quelque sorte parallèles ou réciproques deux à deux.
- Le premier est relatif aux actions chimiques produites par les courants, il contient l’électrolyse et ses lois. Le second, réciproque du premier, se rapporte aux courants produits par les actions chimiques ; il comprend les piles à deux liquides, la pile à gaz et les batteries secondaires.
- Le troisième comprend les effets calorifiques produits par les courants, avec la loi de Joule : dans le quatrième, inverse du précédent, on étudie les courants produits par des actions calorifiques, c’est-à-dire la thermo-électricité.
- Enfin l’ouvrage se termine par deux autres chapitres également réciproques : l’un réservé aux effets mécaniques des courants relatifs aux phénomènes dits électro-dynamiques et régis par les belles lois d’Ampère ; l’autre consacré aux courants produits par des actions mécaniques, ou autrement dit à Yinduction. La description des machines magnéto et dynamo-électriques les plus simples y est renfermée.
- Ce parallélisme dans l’exposition, sur lequel l’auteur insiste, nous semble indispensable : il ajoute beaucoup à la clarté, et il a l’avantage de mettre pleinement en évidence cette réciprocité constante qui se présente entre les causes productrices d’électricité et les effets produits par l’électricité, ramenant ainsi ces causes et ces effets à n’être que des manifestations de la grande loi naturelle qu’on peut appeler ainsi : la loi de la transformation et de la conservation des diverses formes de l'énergie.
- E. Mercadier.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Expériences hydrodynamiques (*) : imitation, par les courants liquides ou gazeux, des fantômes magnétiques obtenus avec les courants électriques ou les aimants; par M. C. Decharme (-).
- « i° Pour imiter, par voie hydrodynamique, les lignes de force d'un courant électrique, dans un plan perpendiculaire à sa direction, il suffit de souffler doucement, par un tube de verre effilé, un
- (*) Comptes rendus, séances des i3 et 20 février, 6 et i3 mars, i3 avril 1882; t. XCIV, p. 440, 527, 634, 722 et 1067.
- (2) Note présentée fi l’Académie des sciences, dans la séance du 14 août 1882,
- courant d’eau continu, perpendiculairement à une plaque couverte d’une mince couche de miniupi délayé dans l’eau, la pointe du tube étant fixée à quelques millimètres de cette plaque. On obtient, autour du point de chute, un assez grand nombre de cercles concentriques, formés de parcelles juxtaposées, à la façon de la limaille de fer sous l’influence d’un courant électrique assez fort.
- , « 20 Pour obtenir les lignes de force, imitant celles d'un courant électrique, dans un plan parallèle à sa direction, il faut employer, non un courant d’eau, mais un courant d’air. On souffle sur le dépôt de minium, par iip tube effilé tenu verticalement ; pendant ce temps, on transporte rapidement le tube parallèlement à la plaque; on étale, pour ainsi dire, le courant horizontalement. On obtient des droites très courtes, très serrées, perpendiculaires à la direction du courant, et pareilles à celles que donne un courant électrique couché sur une feuille de papier blanc saupoudrée de limaille de fer.
- « 3° Pour imiter les lignes de force de deux courants de même sens, dans un plan perpendiculaire à leur direction, on emploie deux tubes effilés, contenant de l’eau, et dans lesquels on souffle simultanément; on les ferme bientôt, en même temps, avant l’épuisement du liquide contenu dans chacun d’eux. On obtient ainsi deux systèmes de courbes, qui se redressent à leur rencontre et se repoussent, comme cela se produit avec la limaille sous l’action de courants électriques.
- « 40 L’imitation des_ lignes de force de deux courants de sens contraires, dans un plan perpendiculaire à leur direction, présentait des difficultés réelles. Il fallait trouver un moyen pratique de produire des effets de polarité. Parmi ceux que j’ai imaginés, et qui sont relatés dans mon Mémoire, je citerai le suivant : je me sers de deux tubes de verre, l’un effilé, pour lancer le liquide par la compression d’une poire en caoutchouc, à laquelle il est adapté; l’autre, moins étroite (une pipette droite), servant à aspirer le liquide et le minium entraînés. Par le jeu simultané des deux tubes, convenablement placés, l’un à quelque millimètres de la plaque, l’autre au contact du dépôt pulvérulent, on produit une figure qui accuse les deux effets de polarités contraires.
- « Quant à l’imitation des larges fantômes magnétiques produits parles aimants isolés ou combinés, on emploie des moyens peu différents des précédents et des tubes non effilés. Mon Mémoire contient les détails relatifs à chacun des cas particuliers qui correspondent à ceux des courants dont il vient d’être question.
- « On peut ainsi produire,; par voie hydrodynamique, des effets variés, qui sont autant d’imitations des nombreuses sortes de fantômes magnétiques connus ou susceptibles d’être réalisés, a
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- Flèches et portées des fils télégraphiques à différentes températures.
- Les éléments du tableau ci-jomtîcmt été calculés au moyen des formules suivantes, fondées sur ce
- qu’un fil métallique librem&nt suspendu prend la forme d’une chaînette.
- Appelant :
- l La distance entre les points de suspension, ou la portée du fil.
- 38 > 4
- = 6 06.
- Pobtée
- VL
- = 518
- = 396
- = 365
- = 335
- ~ 18 2
- 36 38 40
- L La longueur réelle du fil entre ces points'de suspension.
- / Sa flèche.
- P Le poids de l’unité de longueur du fil. t La tension du fil au point le plus bas de la courbe.
- On a, entre ces quantités, les relations
- '=££ ^-'+¥v
- Quand la température augmente de ô°, L de. vient
- L = / (1 -f- a 0) = l (1 + o,ooooi23'0)
- L’exemple suivant fera comprendre l’usage du tableau graphique.
- Soit un fil de 800 pieds (243m832) de portée,-]- 10 et — 5°, les températures extrêmes auxquelles on
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- compte qu’il sera soumis l’été et l’hiver: on trouve, en remontant la ligne de i5° degrés centigrades jusqu’au point où elle rencontre la ligne de 800 pieds ou de 243m832 de portée, puis en projetant horizontalement ce point jusqu’à l’une des graduations en mètres et en pieds, que la flèche correspondant à une tension t, ne dépassant-pas, à la température minima de — 5°, 2k8o par m/m2, est de 16 pieds 5 ou de 5mo3.
- La longueur réelle du câble est, avec cette tension, très peu différente de la portée; jusqu’à 600 mètres, L — / ne dépasse pas o,oo3 l.
- Application de l’électricité au lançage des navires, par M. Salvatore Orlando.
- L’appareil que nous allons décrire a été appliqué par M. Salvatore Orlando à l’étude du mouvement d’un navire sur ses plans ou cales de lançage, lors de la mise en mer du Birmania.
- Le traîneau de lançage portait des blocs qui venaient successivement fermer, en a. b. c..., (fig. 1 et 2) des contacts reliant, par ar. bv... ho. Im... le fil d’aller, s. a. b. c... h. L, au fil de retour, m. n. o. p... r. s., d’une batterie de dix Bunsen. Dans
- le circuit, près de la pile, se trouvait interposée une bobine de Rumkorf, marquant, à chaque pas-
- ! Circuit s.nv.q.p o.rv.Tfi'
- Jonction, o.h* *
- ---------- Caoutchouc,
- fCfrc*ut,ab.c<L.h.i.l . \CaoiUc/ioiu>
- Fig.2 Section X.Y.
- sage des contacts, une piqûre d’étincelle sur le papier d’un chronographe.
- Le tambour à papier du chronographe B est
- très léger (fig. 3), il est isolé de son axe moteur L par un godet à mercure G, qui reçoit, en D, l’un des pôles du circuit; l’autre est en E. Quand un contact se forme, une étincelle jaillit en C, et mar-
- que un point sur le noir ae fumée du papier. Le
- Fig.'t Coupe AB.
- Fig.5 Plan
- Sloo attacha/ à, la, gazic/ie.
- dustraincausfaisant 1&
- mouvement d’horlogerie moteur est en A; les vis H et L servent à régler sa transmission.
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- Les contacts étaient de deux espèces, suivant qu’ils correspondaient à la partie du plan du lan -çage à l’air libre ou à celle qui se trouvait dans l’eau; les premiers contacts étaient formés sim-
- plement (fig. 4 et 5) de deux lames de cuivre c' c', reliées aux pôles du circuit, et appuyées l’une sur l’autre au passage d’un bloc de bois b', attaché au traîneau; ce bloc était recouvert de
- cuivre, de manière à prolonger un peu le contact. Les contacts, correspondant à la partie du plan de lançage plongée dans l’eau, se manœuvraient par l’action d’un bloc N (Fig. 6) sur des leviers L. M, reliés, par des cordes Q, avec caoutchoucs
- FIG. S
- Mètres par seconde*
- amortisseurs du choc V (Fig. 7 et 2) à l’une des lames de cuivre faisant ressort et contact et qui se trouvait hors de l’eau.
- Les données obtenues au moyen de cet appareil ont permis de tracer la courbe des vitesses repré-
- sentée par la fig. 8. La vitesse maxima — de 4mo6, par seconde — fut atteinte 20 secondes environ après le départ, et au bout d’un parcours de 60 mètres, ou gm45 environ avant que la quille du navire ne commençât à être soulevée par l’eau. En ce moment, la pression sur les plans devint énorme (elle atteignit jusqu’à 83 kil. par centimètre carré), en augmentant considérablement le coefficient de frottement, ainsi qu’on le voit par l’allure de la courbe des vitesses ; cet accroissement du frottement agit bien plus que la résistance de l’eau pour ralentir la marche du navire.
- L’inclinaison des plans était de ils étaient enduits d’un mélange d’huile et de savon. Le coefficient de frottement moyen a été de 0,0509 (').
- FAITS DIVERS
- La Jablochkoff Electric Light and Power Company construit à Londres pour ses machines et appareils un nouveau bâtiment à la place de celui qui existe actuellement sur le quai Victoria.
- Éclairage électrique
- Un premier essai d’éclairage électrique a eu lieu dimanche au pavillon d’Arcachon, près de Bordeaux. La lumière était fournie par douze petites lampes Swan.
- A Bordeaux, l’exposition d’électricité est éclairée depuis plusieurs soirs avec des lampes Edison.
- Le conseil municipal d’Hastings vient d’accepter l’offre de l’Hastings and St-Leonard’s Electric Light Company defour-nir35 lampes Brush pour un an, au prix de 7S0 livres sterling. Cette somme comprend les poteaux, lampes, fils, le service et l’allumage pendant 3 600 heures par an, pourvu que la moitié des lampes soient éteintes à onze heures. Le conseil municipal a aussi donné à la Compagnie pleins pouvoirs pour poser des fils destinés à des éclairages privés, outre les lampes publiques.
- A Paisley, la grande ville manufacturière du comté de Renfrewen Écosse, M. Coats, de Woodside, vient d’introduire dans ses maisons et dépendances l’éclairage électrique. C’est l’Edison Electric Light Company qui s’est chargée de l’installation. On compte environ deux cents lampes à incandescence, réparties dans les habitations et bâtiments contigus.
- A Edimbourg, la lumière électrique qui est depuis plusieurs mois en usage dans la partie principale de la gare Waverley a donné de si bons résultats qu’on l’introduit maintenant sur la plateforme extérieure destinée au trafic local. A l’extrémité est de la gare brûlent neuf lampes électriques. L’une de ces lampes est fixée sur le mur EstjJu.
- (!) Iiivisla maritima, avril 1882. Mémoire de M. S. Orlando, « Studia sul varo del Pirofasco Birmania » et Engineering du 28 juillet 1882.
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- North Bridge et illumine tout le perron. D’autres lampes vont être installées sur les plateformes du côté ouest.
- L’hôtel Adelphi, à Liverpool, est éclairé avec des lampes électriques Pilsen dans le hall et la grande salle de bal.
- La Brush Midland Electric Light Company vient de se charger d’éclairer par l’électricité la filature et fabrique de dentelles Birkin frères, à Nottingham. Les lampes employées seront des systèmes Brush et Lane Fox.
- A Belfast (Irlande), les grands constructeurs de navires Harland et Wolff, viennent de commander une installation d’éclairage électrique Crompton, consistant en machines dynamo et en lampes à arc.
- A Cork, en Irlande, les usines Furlong et fils et Mill Hall et Ce se servent depuis le mois de janvier de cette année de ïampes électriques Swan.
- Les grands moulins à farine A.-R. Walker, de Newry (Irlande), vont être éclairés par l’électricité. Les lampes adoptées sont du système Swan et les machines des Bürgin Crompton.
- L’éclairage électrique du nouveau théâtre de Brünn, capitale de la Moravie, que nous avons annoncé récemment, se continue avec des lampes Edison. Les différentes parties de ce théâtre sont éclairées : à l’intérieur, avec 85o lampes Edison de iS bougies chacune et, à l’extérieur, avec 5 régulateurs Gramme de mille bougies.
- A Vienne (Autriche), toute une suite de magasins situés dans le Neubau (propriété de l’Union-Baugesellschaft), près du nouveau Rathhaus, va être éclairée avec 35o lampes Edison de 8 bougies et 7 régulateurs Gramme de 1 000 bougies.
- Depuis quelques jours fonctionne à Berlin une des nouvelles installations d’éclairage électrique placées, à titre d’essai, à l’entrée de maisons particulières. La première de ces installations,' que le public peut voir en ce moment, est celle de la Danhofsplatz. A partir du icr septembre, douze installations d’éclairage électrique semblables seront en activité à Berlin.
- A Udine, en Vénétie, ville d’environ vingt-cinq mille habitants, a eu lieu le 6 août un essai d’éclairage électrique public avec des lampes Edison. Cet éclairage comprenait la place du Municipe et le grand café d’Udine.
- Outre ces installations d’éclairage électrique faites à Milan et à Udine, la Compagnie Edison va éclairer par l’électricité les villes d’Italie suivantes : Mortara, Pistoja, Faenza, Fano, Arezzo, Schio.
- Dans la ville d’Amsterdam, le grand café Krasnapolsky est actuellement illuminé à l’aide de soixante lampes A du système Edison.
- V
- ‘ A Bombay, le Prince’s Dock est maintenant éclairé, à titre d’essai, avec des lampes Brush, au nombre de seize, installées par les soins de l’Eastern Electric Light and Power Company.
- Télégraphie et Téléphonie
- Le ministre des postes et des télégraphes vient de faire dresser les tableaux comparatifs du résultat de l’exploitation en 1877 et en 1881. L’augmentation du service télégraphique depuis l’année 1876 a été considérable. Elle est de i38 0/0. Le télégraphe a expédié 8 174000 télégrammes en 1877 (7 180 000 intérieurs et 994 000 internationaux; contre 19446000 en 1881 (17514000 télégrammes intérieurs et 1 952 000 internationaux).
- Les Anglais construiseut le long du canal de Suez des postes fortifiés, qui vont être reliés entre eux par un fil télégraphique spécial. _____________
- A Dieppe, à Bagnères-de-Luchon, à Aix-les-Bains ont été établies par les soins de la Société générale des téléphones dans les casinos de ces villes d’eaux des salles d’auditions téléphoniques. On y entend les concerts du jour et du soir ainsi que les représentations théâtrales. Ces innovations sont très goûtées des baigneurs.
- A Biarritz, dans les Basses-Pyrénées, il est question d’établir un réseau téléphonique. On relierait également par téléphone, Biarritz, Saint-Jean-de-Luz, Anglet et Bayonne.
- Une nouvelle compagnie électrique, la London and Globe Téléphoné and Maintenance Company vient de se fonder à Londres. Elle a pour objet d’acquérir certains droits de brevet dans diverses contrées de l’Europe, notamment ceux' de Dolbear, et différentes inventions destinées à améliorer les communications téléphoniques. La Compagnie introduira un système de service de jour et de nuit constant à l’aide duquel les abonnés pourront être mis en communication avec les postes à incendie, les hôpitaux, etc. Elle sera également en mesure d’accorder des concessions à d’autres Compagnies. __________
- Des expériences de différents systèmes de téléphone ont réussi, comme il a été déjà annoncé, entre Vienne et Munich, sur une distance de 284 kilomètres; entre Berlin et Hambourg (288 kilomètres); entre Paris et Dijon (341 kilomètres); entre Paris et Bruxelles (344 kilomètres); entre Paris et Nancy (353 kilomètres). Les différents systèmes employés dans ces expériences vont être soumis dans quelques semaines à une épreuve définitive. On prend des dispositions à l’Exposition d’électricité de Munich pour faire des essais sur la ligne de Munich à Dresde dont la longueur est de 555 kilomètres.
- A Madrid, la banque d’Espagne, le Mont de Piété, l’usine à gaz et d’autres établissements possèdent des installations téléphoniques. Les directeurs des journaux madrilènes se sont réunis il y a quelque temps, à l’effet de prendre les mesures nécessaires pour établir des téléphones entre leurs rédactions, le Sénat, le Congrès et le domicile de chaque directeur ou propriétaire.
- A Brighton, l’United Téléphoné Company installe un bureau téléphonique. Cette Compagnie prend en même temps des arrangements pobr relier par téléphone Londres et Brighton, en vertu des droits qui lui ont été concédés par le Post Office.
- La distance entre ces deux villes est de soixante quinze kilomètres.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris. — Imm'imerie P. Moulllot, i3, quai Voltaire. — 3i2i6
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- La Lumière Electrique
- ' Journal universel d’Électricité
- 51, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- *• ANNÉE (TOME VII) SAMEDI 18 SEPTEMBRE 1882 N» 37
- SOMMAIRE
- Études sur le magnétisme (2« article); Th. du Moncel. — Expériences de M. Spottiswoode sur la décharge d’une bobine d’induction actionnée par des courants alternatifs (2e article); Aug. Guerout. — Exposition Internationale d’Électricité : Les lampes Siemens; O. Kern. — Éclairage éleétrique de San José ; C.-C. Soulages. — La Télégraphie : ses progrès récents manifestés à i’Exposition Internationale d’Electricité (17e article); appareils de télégraphie sous-marine; E. de T. — Revue des travaux récents en électricité : Considérations sur la théorie du microphone. — Chronologie téléphonique. — La chimie des accumulateurs. — Rapport de M. W. Haywood sur l’éclairage électrique de la cité de Londres. — Sur un nouveau procédé d’isolement des fils électriques, par M. H. Geoffroy. —- Correspondance : Lettre de M. E. Martin. — Faits divers.
- ÉTUDES SUR LE MAGNÉTISME
- 2« article, (Voir le n° du g septembre 1882.)
- Modifications du pouvoir magnétique de V acier par la trempe ou le recuit. — Dans sa note du 14 juillet 1873, M. Jamin s’occupe des modifications que subit un aimant par la trempe ou le recuit. Il chauffe les barreaux au rouge dans un mouffle au milieu d’un fourneau à gaz du système Perrot, il les trempe à l’eau et les fait revenir sur plusieurs chalumeaux à gaz alignés, après quoi il les aimante dans une hélice magnétisante constituée par un fil de cuivre de 2 millimètres de section, de 376 mètres de longueur, qu’il fait traverser par le courant d’une pile de Bunsen de 12 éléments. Les barreaux sur lesquels il opérait avaient 3o centimètres et étaient assez larges et assez épais pour que, étant aimantés à saturation, ils pussent constituer des aimants normaux dans lesquels la force d’arrachement à l’extrémité, est proportionnelle à la longueur. De cette manière, le quotient de cette force par cette longueur est pour chaque acier une constante qui mesure sa qualité.
- M. Jamin mesure la force d’arrachement de deux manières, d’abord sous l’influence du courant, et il appelle alors H le quotient dont il vient d’être question, en second lieu après l’interruption du courant, et alors il obtient une valeur k qui représente encore le même quotient mais dans les conditions de l'aimantation permanente. Suivant lui, le dernier quotient est invariable pour un même acier, et il le nomme coefficient de polarité. Il mesure la faculté non de prendre mais de garder le magnétisme, et il ne varie pas dans les mêmes conditions que H pour les différents corps magnétiques. Pour le fer doux, H est très grand et k est nul, tandis que pour les aciers trempés H est moindre et k prend des valeurs d’autant plus grandes que l’aimant est meilleur. Ces effets étaient du reste bien connus, mais M. Jamin tenait à les bien préciser avant d’exposer les résultats de ses expériences.
- Or, voici ces résultats.
- Quant aux aciers trempés, M. Jamin établit qu’ils prennent d’autant plus de dureté qu’ils sont plus riches en carbone et plus fortement trempés, et que la quantité de magnétisme qu’ils prennent est d’autant plus grande qu’ils sont moins durs. C’est donc dans le fer doux que le magnétisme se développe le plus facilement, le plus complètement, et dans les aciers riches, très durs, trempé's vigoureusement, que la magnétisation est le plus difficilement communiquée. L’on peut déjà en conclure que ce sont les aciers pauvres en carbone dans lesquels H a une valeur très grande et k une valeur suffisante, qui constituent les meilleurs aimants après une trempe vive et sans recuit.
- Pour donner aux aciers le degré voulu de dureté, on les fait ordinairement revenir après les avoir trempés au rouge, en les réchauffant successivement; et pour apprécier les températures de ce revenu, on examine la coloration que prend le dépôt d’oxyde qui se forme à leur surface et qui est différente suivant cette température. Or, voici ce que M. Jamin a reconnu.
- Pour tous les aciers, qu’ils soient pauvres, moyens ou rebelles, H varie de la même manière : il augmente à mesure que la température du revenu
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- s’élève, et par conséquent le pouvoir magnétique augmente depuis la trempe roide, où il est minimum, jusqu’au recuit fait à la température rouge où il atteint sa plus grande valeur possible, et les variations sont d’autant plus grandes que l’effet de la trempe avait été plus accentué. Quant au coefficient de polarité k, il suit des lois plus complexes. Pour les aciers pauvres ou moyens, il est maximum après la trempe roide et il s’affaiblit d’une manière continue parle revenu jusqu’à devenir nul ou très faible pour un recuit au rouge. Les aciers de Niederbronn et ceux désignés dans le commerce sous le nom de têtes de bœuf, de trois doubles marteaux sont dans ce cas.
- Pour les aciers rebelles qui ne prennent après la trempe qu’une aimantation temporaire insignifiante et ne gardent presque rien après le . passage du courant, les coefficients k d’abord très petits croissent jusqu’à un certain degré de revenu, atteignent un maximum et diminuent quand ce revenu est dépassé jusqu’au recuit complet, mais ils ne deviennent pas nuis et restent quelquefois assez considérables.
- .« Si l’on veut avec un acier donné faire les meilleurs aimants possibles, ditM. Jamin, il faut atteindre ce maximum, et pour cela il faut traiter différemment les divers aciers : il faut tremper sans les recuire les aciers moyens, il faut recuire les aciers riches et rebelles après les avoir trempés et les recuire en proportion de leur trempe, les uns au jaune, les autres au bleu, quelquefois très au delà. Il n’y a pas de règle fixe; chaque matière exige un traitement particulier, mais il sera facile de découvrir ce traitement après une étude préalable faite sur un échantillon. »
- Lois de l'aimantation de l'acier par les courants. — L’objet de la note de M. Jamin communiquée à l’Académie, le i5 décembre 1873, concerne les lois de l’aimantation de l’acier par les courants. Il rappelle d’abord que, d’après ses idées, la quantité magnétique à l’extrémité d’un barreau est représentée par la racine carrée de la force d’arrachement f; c’est ce que l’on nomme ordinairement le moment magnétique. Or il s’agit de savoir comment varie cette quantité de magnétisme Y~f quand on aimante les barreaux avec des courants d’intensité croissante. '
- Cette fois les expériences ont porté sur des barres provenant des forges d’Allevard, ayant 3oo millimètres de longueur, 12 d’épaisseur et 3o de largeur qu’il aimante au moyen d’hélices magnétisantes de la même longueur qu’elles, de manière à en faire des aimants normaux.
- Si x représente l’aimantation permanente, y la différence entre les deux aimantations, totale et permanente, pour un barreau vierge de toute aimantation, x -y représentera l’aimantation totale et exprimera la racine carrée de la force d’arrachement; or si la lame est soumise à l’action d’un courant d’intensité croissante, cette aimantation totale
- augmentera avec i jusqu’à une limite Y F qui correspondra à» = 00 et peut être représentée par :
- i/F m i
- x+y — areTang- •
- a étant une constante que l’expérience détermine; mais dans ce cas, elle peut être transformée en :
- 90
- i = a Taug y/p (x + y)
- et ces deux formules peuvent être adaptées au cas 'de l’aimantation permanente en supprimant le terme y et en admettant une constante a, différente de a, et une valeur ]Af, plus petite que J^F. Or, M. Jamin montre dans son mémoire que ces formules ont été vérifiées par l’expérience.
- Quand le barreau a Subi préventivement une aimantation, les effets sont un peu différents et varient suivant que la dernière aimantation est dans le même sens ou en sens contraire de la première. Dans le premier cas, le magnétisme transitoire y est indépendant de l’état permanent; il n’est fonction que de i et s’ajoute au magnétisme quel qu’il soit que la barre conserve après que le courant a cessé. Dans le second cas, si A représente, l’aimantation primitive résiduelle, cette aimantation diminue d’abord, puis change de signe ; l’aimantation permanente devient alors (A — ax), et l’aimantation totale (A — 2X — y).
- M. jamin explique ces différents effets en admettant que, dans un barreau, le magnétisme n’est pas seulement répandu à la surface extérieure, mais que chaque point intérieur, jusqu’à une profondeur limite, est un pôle et possède une quantité de magnétisme libre proportionnelle à l’ordonnée de la courbe qui y correspond, de façon que la force d’arrachement sera proportionnelle à l’aire de la courbe ainsi complétée. Or ces différents points ne seront atteints que successivement par le courant magnétisant et à mesure que ceux qui sont le plus directement exposés à son action seront saturés.
- Une conséquence de cette hypothèse, c’est qu’une lame qui serait devenue neutre sous l’influence de deux magnétismes égaux et contraires, étant de nouveau soumise à l’action d’un courant inverse à celui ayant provoqué la dernière aimantation, ne pourrait prendre un nouveau magnétisme contraire que temporairement, tandis que, étant soumise à l’action d’un courant de même sens, elle pourrait prendre une nouvelle aimantation persistante dans le sens de la première aimantation, par suite de la destruction d’une portion du magnétisme inverse; il y aura donc 3 couches magnétiques superposées et une réaction dans le sens positif ou direct. Toutefois, M. Jamin est obligé d’admettre une restriction, car il dit : « Je ne présente ces hypothèses et ces lois expérimentales que comme un premier degré d’approximation. Il est
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- aisé de voir, en effet, que ces valeurs de x et de y déduites de mes expériences ne sont pas rigoureusement égales entre elles ; d’autre part, mon hypothèse admet que la couche magnétique a dans toute sa profondeur la même intensité en chaque point, ce qui est tout à fait invraisemblable. On n’a donc ici que des résultats moyens, suffisants comme exactitude dans les cas que j’ai étudiés, mais il ne faudrait pas pousser les conséquences jusqu’à 3 ou 4 couches magnétiques inverses superposées ; on rencontrerait alors des perturbations sensibles qu’une théorie mathématique peut seule expliquer. » (Voir Comptes rendus, t. 77, p. i38g.
- Déperdition du magnétisme. — Coulomb avait démontré qu’un aimant chauffé successivement à des températures croissantes ne garde après son refroidissement qu’une portion de moins en moins grande de son aimantation première. M. Jâmin dans son mémoire du 22 décembre 1873, prétend que les choses se passent d’une manière beaucoup moins simple, et il montre, conformément du reste au dire de MM. Wiedemann et Gaugain, que non seulement l’acier s’aimante à chaud quand il est à l’intérieur d’une hélice magnétisante, mais encore que son aimantation rémanente est beaucoup plus considérable que celle qu’il serait capable de garder quand il est refroidi. Toutefois, on reconnaît que la force, attractive décroît bientôt, d’abord très rapidement, ensuite moins vite, et qu’au bout d’un quart d’heure tout a disparu. Cela se voit non seulement quand l’aimant est maintenu à sa température première, mais quand on le laisse refroidir naturellement. « Il n’y a donc pas, dit M. Jamin, pour chaque température, un état magnétique déterminé décroissant quand réchauffement augmente. On passe presque continûment de l’aimantation totale à l’aimantation rémanente qui s’abaisse jusqu’à zéro avec le temps. C’est une véritable déperdition magnétique qui est lente et qui ressemble à la perte de chaleur par le refroidissement. J>
- En réchauffant la lame à une température moindre et en la réaimantant, on reconnaît que pendant le passage du courant le magnétisme a augmenté, mais son intensité tombe brusquement et considérablement après la cessation du courant pour diminuer ensuite plus lentement que dans le premier cas et ne pas disparaître entièrement. Il en reste même une quantité d’autant plus grande que le réchauffement a été moins élevé.
- Une nouvelle aimantation, sans chauffer la lame, entraîne un accroissement considérable du magnétisme total et un magnétisme persistant très petit qui 11e varie pas sensiblement avec le temps.
- Conductibilité des tensions magnétiques. — M. Jamin dans son mémoire présenté à l’Académie,
- dans sa séance du 5 janviey 1874, s’occupe de la conductibilité des tensions magnétiques. Il appelle ainsi la propriété que possède le fer doux de se mettre en équilibre de tension avec un aimant qu’il touche, et de propager cette tension à travers sa substance jusqu’à de grandes distances. Suivant lui la distribution de ces tensions est variable avec la forme et l’étendue des barres ; elle suit une loi très simple quand elles sont infinies en longueur et qu’on les enfonce par un bout dans une hélice magnétisante, et elle peut être exprimée parla relation
- I = a représentant un rapport qui est indépendant
- de la section, et M étant une quantité de magnétisme proportionnelle à un côté b de la barre.
- Si on approche d’un électro-aimant des barreaux d’acier pauvre non trempés et trempés au rouge sans être devenu dur et des barreaux d’acier fondu très riche martelés et réaimantés de nouveau, on reconnaît qu’ils présentent les mêmes effets que le fer, mais que leur tension magnétique est plus faible que celle du noyau, ce qui n’a pas lieu avec le fer, et que la différence est d’autant plus grande que l’acier est plus riche et plus dur. Ces barreaux satisfont à la formule précédente, mais M est d’autant moindre et a d’autant plus grand que l’acier est plus riche et mieux trempé.
- « Ce sont, dit M. Jamin, ces propriétés que le mot force coercitive esc censé expliquer, mais il me semble qu’on peut les résumer d’une manière plus simple et plus claire en disant que le fer doux est bon conducteur des tensions magnétiques et que l’acier l’est d’autant moins qu’il.est plus dur. Je propose donc de renoncer au mot force coercitive et de le remplacer par une idée de conductibilité qui, grande ou faible, constitue la propriété essentielle du fer et de l’acier et explique tous les effets. C’est parce qu’il est conducteur que le fer prend et perd le magnétisme aussitôt qu’une cause extérieure intervient ou cesse; c’est pour la même raison qu’il transporte à travers un contact les tensions opposées des deux pôles et qu’il ramène l’aimant à la neutralité; c’est encore pour cela qu’il sert, au moyen d’armatures soigneusement appliquées, à réunir et à transporter sur des masses polaires voisines, le magnétisme épars sur les surfaces des aimants naturels. C’est au contraire à cause de son peu de conductibilité que l’acier retient séparées les tensions contraires aux extrémités d’un barreau, lesquelles sont d’autant plus puissantes qu’il est plus long. On explique de même la nécessité des frictions dans l’aimantation afin d’agir sur chaque point et de suppléer à la conductibilité qui manque, l’impossibilité de faire des contacts avec l’acier, et enfin la différence de tension qui se maintient entre ce métal et un aimant qu’il touche. »
- Pour nous qui n’admettons pas le déplacement du magnétisme d’un bout à l’autre d’un barreau, nous regardons la propriété que M. Jamin désigne sous le nom de conductibilité magnétique la mobilité plus ou moins grande avec laquelle peuvent se déplacer les axes des polarités magnétiques moléculaires pour satisfaire aux conditions d’équilibre statique résultant de leurs réactions réciproques et de celles des corps magnétiques voisins. Si cette mobilité est très grande comme dans le fer,
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- LA LÜM1ÈRË ÉLECTRIQUE
- l’orientation de toutes les polarités en présence se fait facilement et complètement; si elle est très faible comme dans l’acier aimanté fortement trempé, cette orientation ne peut changer que très faiblement et sous l’influence d'actions magnétiques supérieures, mais en définitive les effets sont toujours les mêmes; car, que l’action attractive déterminée à l’extrémité d’une barre magnétique soumise à un aimant, soit la conséquence d’un magnétisme transporté plus ou moins facilement et par suite èn plus ou moins grande quantité à cette extrémité, ou d’un mouvement d’orientation plus ou moins facile, plus ou moins complet des polarités magnétiques, l’effet produit doit être en rapport avec le développement de l’action physique déterminée, et il est plus grand avec le fer qu’avec l’acier.
- M. Jamin montre qu’il résulte de la mauvaise conductibilité de certains aciers qu’on peut faire naître sur une lame deux polarités opposées sur les deux tranches, et avoir une ligne neutre parallèle à la longueur de la lame sur le milieu de sa face large. A ce sujet, il fait remarquer que, bien que le magnétisme développé dans de pareilles conditions soit localement très faible, puisqu’il ne peut guère supporter avec des lames de 3o centimètres de longueur que des poids de 6 grammes, il occupe une si grande surface qu’en le concentrant au moyen d’armatures de fer appliquées sur les tranches de la lame et qui lui permettent de se transporter facilement, on peut obtenir des attractions de 20 kil. Dans ce cas la quantité tient lieu de tension.
- C’est pour cette raison que les moteurs électromagnétiques du genre de celui de M. M. Deprez dont les armatures sont placées longitudinalement le long des branches de l’aimant fixe et dans l’intervalle qui les sépare, sont beaucoup plus énergiques que les autres.
- Distribution du magnétisme dans le fer doux. — Dans son Mémoire du 12 janvier 1874, M. Jamin revient sur la distribution du magnétisme dans le fer doux, et ses expériences ont porté sur une barre carrée de 2 mètres de longueur et 20 mill. de côté, aimantée au moyen de deux hélices E,F, enveloppant les extrémités et traversées par le courant d’une pile de 20 éléments de Bunsen. Voici les résultats qu’il annonce :
- i° Si la barre est aimantée par une seule des bobines, elle prend d’un côté un magnétisme nord, et d’un autre côté une aimantation australe qui s’étend tout le long de la barre. L’intensité magnétique I représentée par F est alors exprimée par ~ ou dans le cas expérimenté,
- ce qui veut dire que l’intensité magnétique de chaque tranche est à celle de la tranche précédente dans un rapport constant. Ici la barre est supposée infinie.
- 20 Si la barre n’est pas assez longue pour être supposée infinie, les choses se passent comme si l’aimantation se réfléchissait à l’extrémité de la barre et la formule précédente devient :
- 3° Si la barre est aimantée avec les deux bobines à la fois en faisant passer les courants dans un sens opposé, l’on obtient :
- 40 Si la barre aimantée par les deux bobines est soumise à l’action d’un courant passant dans le même sens, cette intensité devient :
- T A A
- l =----—----
- m x a
- équation qui représente celle donnée par M. Biot pour les aimants d’acier. « Or, dit M. Jamin, il résulte de ces formules les conséquences suivantes :
- « i° Quand les deux courants sont parallèles, les intensités produites par chacun d’eux se retranchent; quand ils sont opposés, elles s’ajoutent;
- « 20 Dans le premier cas, la somme d’aimantation développée est diminuée, dans le second elle est augmentée ;
- « 3° Si l’on admet la théorie des solénoïdes, l’action des courants parallèles devrait s’ajouter et la somme des intensités être augmentée, et c’est l’inverse qui a lieu.
- « 40 Quand les courants sont de sens opposé, ils devraient agir inversement sur les courants particulaires du fer, et les effets devraient se retrancher ; ils s’ajoutent au contraire.
- « 5° L’action des bobines devrait être nulle au milieu du barreau ; elle ne l’est pas. On ne peut dire qu’il y ait en ce milieu un pôle conséquent, car il se manifesterait par un point de rebroussement, et il n’y en a pas. »
- M. Jamin en conclut que ces phénomènes lui paraissent devoir conduire à des modifications dans la théorie des solénoïdes. Mais nous croyons que les anomalies qu’il signale viennent de ce qu’il confond les effets statiques et les effets dynamiques, effets essentiellement différents, comme je l’avais indiqué dès l’année i852 et qui sont souvent contradictoires, quand on emploie pour mesurer les uns des effets produits par les autres. Examinons en effet ce qui se passe dans les différents cas étudiés précédemment.
- Quand les deux bobines agissent avec des courants parrallèles, il se détermine aux deux extrémités de la barre, deux pôles Sud et Nord comme dans les électro-aimants ordinaires, et aux extrémités des deux bobines vers le centre de la barre, deux pôles de noms contraires qui déterminent en ces
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 2tg
- points deux effets de condensation, et par suite, deux polarités opposées qui tendent toutes deux à couvrir la partie de la barre comprise entre les deux bobines et qui par conséquent doivent tendre à s’annuler, comme cela a lieu dans la culasse des électro aimants. Il est certain que si l’on apprécie la force magnétique par la force attractive de la partie découverte, il devra'y avoir diminution, parce que la plus grande partie du magnétisme est immobilisée par la condensation. A notre point de vue, cela tient à l’orientation des polarités atomiques et non aux courants-particulaires qui se trouvent au contraire renforcés dans ce cas, comme l’indiquent ies courants induits qui pourraient naître de la superposition d’une hélice sur la partie de la barre intermédiaire entre les bobines magnétisantes.
- Dans le cas contraire, l’effet statique est augmenté, puisque le magnétisme libre qui échappe à la double condensation est de même nom ; mais les courants particulaires se trouvent amoindris en raison de leur sens different, ce que ne peut constater la méthode d’expérimentation de M. Jamin.
- Il n’y a donc rien à modifier à la théorie d’Ampère, mais il faut seulement distinguer les effets statiques des aimants de leurs effets dynamiques, ce que je prêche depuis près de 3o ans.
- La communication précédente de M. Jamin devait être-évidemment attaquée, et elle l’a effectivement été par M. Gaugain qui, en partant d’une méthode d’expérimentation fondée sur les actions dynamiques, s’est trouvé également conduit à de fausses interprétations, parce que cette méthode ne pouvait indiquer que des effets dynamiques et non des effets statiques.
- A cette critique M. Jamin a répondu par une nouvelle note communiquée à l’Académie le 2 février 1874, dans laquelle, perdant de vue les effets statiques et dynamiques, il veut rechercher quelle direction prennent les courants particulaires du Lr doux sous l’influence de bobines courtes enveloppant une longue barre, d’abord isolément, puis simultamément, et il se trouve conduit à des déductions très compliquées qui pourraient, ce me semble, être très simplifiées en disant que sous l’in-flence de la bobine, les courants particulaires se trouvent redressés et combinés de manière à former un solénoïde magnétique. Ce solénoïde, par ses polarités développées du côté de la partie non enveloppée, déterminerait la formation d’un autre solénoïde qui serait la continuation du premier avec une distribution des polarités magnétiques conforme à celle que j’ai indiquée dans mon article sur le magnétisme condensé; et il aurait pu ajouter, que ce solénoïde pourrait agir dynamiquement à son maximum vers sa partie moyenne, parce que, à ce point, correspondrait la résultante de toutes les actions des spires de l’hélice magnétique et qu’en faisant réagir deux hélices magnétisantes au lieu d’une, on renforce-
- rait ou on diminuerait l’action du solénoïde magnétique, suivant que les courants magnétisants circuleraient dans le même sens ou en sens contraire, tout en déterminant dans l’intervalle des bobines des effets statiques diamétralement opposés.
- Toutes les discussions qui ont eu lieu sur ces questions tiennent toujours à ce que les physiciens de profession ne veulent pas distinguer les effets statiques et dynamiques des aimants, bien que, sans s’en douter, ils les professent en parlant de la théorie de Coulomb et de celle d’Ampère. C’est grâce à ce parti pris de leur part, qu’on a émis tant d’hypothèses fausses sur l’origine des courants induits dans les nouvelles machines.
- Ces considérations nous dispensent d’analyser la note de M. Jamin que l’on trouvera dans les Cdm-ptes rendus de 1874, tome 78, p. 3o5.
- Distribution intérieure du magnétisme dans un faisceau de plusieurs lames. — Le mémoire de M. Jamin communiqué à l’Académie le n mai 1874 est consacré à l’étude, au point de vue mathématique, de la distribution du magnétisme dans un faisceau aimanté de plusieurs lames.
- « J’ai fait voir, ditM. Jamin, que le magnétisme d'une lame simple peut se décomposer en filets élémentaires serrés contre sa surface. Leur nombre, c’est-à-dire le magnétisme total est exclusivement déterminé par l’étendue de la section moyenne à travers laquelle ils passent tous. Les pôles de ces filets ‘affleurent aux surfaces libres de la lame à droite et à gauche de la ligne moyenne; leur distribution est' réglée par la forme et l’étendue de ces surfaces; les intensités magnétiques sur chaque élément sont proportionnelles au nombre des pôles qui y aboutissent, et la somme des intensités sur toute la surface mesure la somme des pôles ou la totalité du magnétisme. Que deviennent ces filets et ces pôles quand on superpose en faisceaux un nombre quelconque de lames ?
- « Pour résoudre cette question, il faut d’abord savoir évaluer tout le magnétisme répandu sur un aimant, non seulement sur le plat, mais encore sur la tranche longitudinale et sur la face extrême. Pour le plat, ou mesure l’intensité moyenne à des distances déterminées de l’extrémité, et on en construit la courbe. L’aire decette courbe, qui représente la somme du magnétisme, s’obtient en la divisant en trapèzes de 5o millimètres de hauteur dont on prend l’ordonnée moyenne y. Alors £0y est la surface de chacun d’eux,
- o £ y est l’aire totale, et le produit de cette quantité pâteux fois la largeur A, mesure sur les deux plats la totalité
- u magnétisme 100 A 2 y.
- « On mesure ensuite l’intensité yt sur toute la longueur le chacune des deux tranches, comme on l’a fait sur le plat,
- V
- t l’épaisseur étant E, on trouvera de même 100 E *miyt. E11-n la face extrême a une tension moyenne y2, une surface .E et contient AE_r2. La somme totale d’une lame ou d’un jisceau sera donc en négligeant le facteur constant 100 A
- ,r+ ^ [ ^ri +} 2
- formule qui peut se réduire en
- m =lay + p .
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les expériences faites par M. Jamin pour vérifier cette formule l’ont conduit aux conclusions suivantes :
- i° A mesure que le nombre des lames augmente, les intensités croissent en chaque point. Un faisceau possède donc en quantité et en tension plus de magnétisme que chacun de ses éléments ;
- 20 Les courbes magnétiques, d’abord conformes à la loi de Biot et très convexes par rapport à l’axe des longueurs, se redressent progressivement et s’étalent peu à peu vers la ligne moyenne. Elles tendent vers une droite passant par le milieu et atteignent, à la limite, Vaimant normal dont il a été déjà question ;
- 3° La totalité m du magnétisme du faisceau ayant été calculée par l’avant-dernière formule, on voit
- ffl
- que — est constant, c’est-à-dire que le magnétisme
- total est égal à la somme des magnétismes de chaque élément;
- 40 Le faisceau est aimanté dans toutes ses parties, aussi bien au centre que sur le contour de la section moyenne, et c’est pour cela qu’il est plus énergique qu’un barreau unique qui aurait la même épaisseur, lequel n’a qu'une aimantation superficielle;
- 5° Il faut admettre que les filets élémentaires gardant leur place dans la section moyenne de chaque lame, se prolongent en développant des phénomènes d’influence jusqu’aux surfaces extérieures, et les pôles de chaque lame, abandonnant les parties en contact, viennent tous s’épanouir à l’extérieur sur les seules surfaces restées libres.
- D’après les formules posées précédemment, on peut déduire que le magnétisme contenu séparément dans n lames est
- iiTày{\ +
- et quand elles sont réunies, elles forment un faisceau dont l’épaisseur est n E, dont les intensités moyennes sont Y et qui renferme une somme de magnétisme égale à la précédente, ce qui donne approximativement
- * X » bmà Y
- d’où l’on déduit que —• décroît en proportion arithmétique quand le nombre des lames augmente d’une unité, ce que l’expérience vérifie.
- - Pour trouver la cause et la loi de la perte du magnétisme que subit chaque lame d’un faisceau aimanté à saturation après qu’il a été démonté, M. Jamin a fait une série d’expériences en les réunissant successivement par groupes de 1, 2, 3... 8 éléments et en cherchant pour chacun d’eux : i° le magnétisme total m, 20 celui de chaque lame
- séparée m', et il trouve comme précédemment que le magnétisme m' est le même pour tous les éléments d’un même faisceau, qu’il est égal à la «iim0 partie du magnétisme total, et reste sensiblement constant tant que le nombre n des éléments ne dépasse pas 4 ou 5, mais qu’il diminue ensuite rapidement à mesure que n' augmente.
- » La raison de ces effets, dit M. Jamin, est facile à trouver : quand ôn superpose un petit nombre de lames, les magnétismes s’ajoutent, les pôles se transportent sur les surfaces libres, les courbes de distribution des deux aimantations inverses s’élèvent, mais sans atteindre la ligne moyenne et sans se rencontrer. A la sixième lame, elles se rejoignent au milieu, les aimantations contraires se superposent et se détruisent en partie; l’aimant normal est constitué. Un plus grand nombre de lames n’ajoute plus rien à
- Y ; il n’y a plus de place suffisante pour laisser s’épanouir les filets magnétiques qu’on ajoute, et la quantité finale du magnétisme atteint une limite quand les surfaces sont saturées.
- Les formules précédentes expliquent tous ces phénomènes : tant qu’il n’y a pas de perte par recomposition, elles montrent que le magnétisme total est égal à n fois celui qu’a reçu de chaque lame, mais lorsque la limite est atteinte, Y est devenu constant, et à partir de là la formule permet de calculer la somme de magnétisme
- 2y(. + ,|)
- restée sur chaque lame. Cette somme est
- et l’on voit qu’elle est égale à une quantité constante aug-
- 2y
- mentée d’un terme-----qui est en raison inverse du nombre
- n des lames. Si n est très grand, ce terme est négligeable
- E yi
- et chaque lame conserve, à sa limite, une quantité u. -ÿ~ ZjVqni
- est d’autant plus petite que l’épaisseur E est moindre.
- « En résumé : i° toutes les lames ont le même magnétisme; 2° le magnétisme M du faisceau est égal à la somme de ceux des m lames, c’est-à-dire que M = mn; 3» si n est petit, chaque lame garde le magnétisme qu’elle avait; 40 si n dépasse un certain nombre, les surfaces sont saturées, M atteint une limite constante et m décroît; 5° la limite de M ne dépend que de l’étendue des surfaces de l’aimant. «
- (A suivre.) Th. du Moncel.
- EXPÉRIENCES DE M. SPOTTISWOODE
- SUR LA DÉCHARGE
- D’UNE BOBINE D’INDUCTION
- ACTIONNÉE PAR DES COURANTS ALTERNATIFS
- Suite. (Voir le numéro du 2 septembre 1882.)
- Les expériences qu’a entreprises M. Spottis-woode sur la décharge d’une bobine excitée par des courants alternatifs consistent à placer les élec-
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- trodes de la bobine entre les pôles d’un puissant électro-aimant de manière à étudier l’influence exercée par le champ magnétique sur la décharge.
- Il n’est pas inutile de rappeler ici que l’action des aimants sur la décharge électrique a déjà été l’objet de plusieurs recherches. Davy, Grove et Quet avaient fait agir un champ magnétique sur l’arc voltaïque. En i85q, M. du Moncel avait fait sur l’étincelle de la bobine d’induction - des expé-
- FIG 2
- riences du "même genre dont les résultats ont été résumés dans la Lumière Électrique, n° du i5 janvier 1879. Enfin il y a quelque temps, M. Pil-leux a expérimenté dans des conditions analogues avec l’étincelle d’une machine alternative de Méritens. Ses essais ont été relatés dans le n° du 6 mai 1882.
- Dans ses expériences, M. Spottiswoode a d’abord placé les électrodes de la bobine verticalement entre les pôles d’un puissant électro-aimant, comme le représente la fig. 2. Dans ces conditions la décharge s’étend en deux disques presque demi-circulaires, dus l’un à la décharge dans un sens, l’autre à la décharge dans l’autre sens. A mesure que l’on augmente l’intensité du champ magnétique,
- FIG. 3
- la flamme se retire vers le bord des disques et finit par disparaître. Le disque n’est plus guère alors composé que de la décharge rose, mais quand l’intensité du magnétisme augmente encore, il est traversé de temps en temps par des étincelles brillantes semi-circulaires qui passent à différentes distances du centre. Dans tous les cas, des étincelles brillantes passent entre les pointes des électrodes.
- Pour étudier de plus près le phénomène et isoler pour ainsi dire les décharges élémentaires, M. Spo-tiswoode a eu recours à un miroir tournant, et les figures ci-jointes représentent les aspects obser-
- vés dans le miroir dans différentes circonstances.
- La fig. 3 montre l’aspect des deux décharges quand les électrodes font un angle droit avec la position indiquée dans la fig. 2. La fig. 4 montre l’apparence de trois décharges successives, dans la même direction, avec un champ magnétique faible et un miroir tournant lentement. La fig. 5 présente l’aspect des trois mêmes décharges pour une vitesse un peu plus grande du miroir. La fig. 6 se rapporte à une seule décharge avec un champ magnétique plus puissant et une- vitesse de miroir plus grande ; la fig. 7, a trait à la même décharge quand on augmente encore la vitesse du miroir.
- Toutes ces figures se rapportent à la décharge de gauche de la fig. 3. Si on observe la décharge de droite avec le miroir, tournant dans le même sens que précédemment, la courbe observée est en sens inverse et si le miroir ne tourne pas trop vite la décharge représentée par la fig. 7 prendra l’aspect de la fig. 8. Quand on augmente la vitesse du miroir, la convexité diminue, elle arrive même à être remplacée par une concavité, mais jamais aussi prononcée que pour les décharges de gauche.
- --NbsjiriPJUl
- FIG. 5
- FIG. 4
- Ces diagrammes montrent que chaque décharge de la bobine commence par une étincelle brillante allant d’une électrode à l’autre; elle est suivie par la lumière rose qui passe tout près de la première étincelle et s’étend graduellement comme un anneau élastique en bandes semi-circulaires ; la flamme proprement dite est un phénonème qui accompagne la fin de la décharge. M. Spottiswoode ajoute que des observations faites avec un miroir tournant autour d’un axe horizontal et avec une fente horizontale devant la décharge montrent que le disque n’est pas éclairé simultanément dans toute son étendue ; mais qu’il s’y produit une décharge curviligne qui s’éloigne du centre en s’agrandissant.
- Le mécanisme, de la décharge serait donc le suivant : d’abord dès que la tension est suffisante, l’électricité jaillit d’une électrode à l’autre à travers l’air, avec une rapidité telle que la rupture de la couche gazeuse est analogue à celle du verre ou d’une substance solide. Cette première étincelle ouvre un passage au travers duquel, si la tension est encore suffisante, la décharge continue à s’écouler. Pendant cet écoulement, l’air s’échauffe et se
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- comporte comme un conducteur métallique. C’est alors sur ce conducteur qu’agit le champ magnétique. Tant que l’électricité continue à passer, la chaleur produite détermine à chaque instant la route la plus facile, sinon la plus directe pour son passage subséquent. De cette façon, le gaz qui sert de conducteur à la décharge est porté de plus en plus loin jusqu’à ce que la décharge soit complète et cesse. On est amené ainsi à cette conclusion que ce n’est pas le courant, mais le conducteur gazeux sur lequel agissent les pôles de l’aimant. Cette déduction avait été également émise par M. du Moncel en i85g.
- Cette manière de comprendre le déplacement magnétique d’une décharge est confirmée par les phénomènes que représentent les figures 6, 7 et 8. Les lignes successives montrent les abaissements et reprises successives de la tension, pendant la durée d’une décharge élémentaire de la bobine.
- L’existence de ces alternatives dans les décharges
- des bobines de quantité est d’ailleurs connue. Quand la température s’abaisse assez pour que la conductibilité du gaz ne puisse plus maintenir l’arc, la décharge ne peut se frayer un chemin dans l’air que de la même façon qu’au commencement, mais on se demande comment concilier cela avec le fait que la tension ne peut jamais atteindre sa valeur première, et doit s’abaisser graduellement et qu'en outre les routes de l’étincelle sont de plus en plus grandes. La réponse à cette question se trouve écrite dans les phénomènes observés. Toute irrégularité dans l’une des lignes brillantes se retrouve dans toutes les décharges successives de la même série. On peut à peine concevoir qu’à des instants successifs et dans différentes portions de l’espace, les irrégularités dans la décharge elle-même et dans la distribution du gaz soient si exactement semblables et se reproduisent avec une telle constance. Il faut donc admettre que c’est la même portion de gaz qui occupait d’abord le centre du champ et qui se déplace sous l’influence des pôles de l’aimant. S’il en est ainsi, la répétition des menus détails des lignes brillantes n’est pas autre chose que ce qui résulterait de réouvertures successives des parties résistantes du même conducteur gazeux.
- Ces vues sont confirmées par ce fait qu’un courant d’air de force croissante produit des phéno-
- mènes analogues à ceux que détermine un champ 'magnétique d’intensité croissante.
- Elles sont confirmées également par ce qui a lieu lorsqu’on décharge la bobine avec un condensateur en dérivation. Dans ce cas, chaque décharge élémentaire, au lieu de se faire progressivement, se fait en plusieurs étincelles instantanées successives, il n’y a plus alors formation, par échauffement, d’un conducteur gazeux et l’aimant 'n’a plus aucune action sur ce genre de décharge.
- Avec la décharge sans condensateur, quand les électrodes sont éloignées à la limite, elle peut être éteinte, soit par l’action magnétique soit par une insufflation d’air.
- En opéran t avec des tubes de Geissler plus ou moins raréfiés, M. Spottiswoode a constaté une action analogue du champ magnétique, non seulement sur la décharge dans son ensemble, mais encore sur les différentes stries qui la composent.
- Il ramène tous ces phénomènes à ce principe
- FIG. 8
- FIG. 7
- posé par Clerk MaxAVell, que dans l’action d’un champ magnétique sur un conducteur parcouru par un courant, l’aimant agit, non pas sur le courant, mais sur le conducteur.
- De ce que le déplacement magnétique de la décharge est un déplacement de matière lumineuse, et de ce que l’accumulation de cette matière accroît son intensité lumineuse, M. Spottiswoode conclut en outre que les stries brillantes des tubes doivent être des agrégations de matière, tandis que les espaces sombres sont comparativement plus raréfiés. Cela impliquerait que l’électricité passe d’autant plus facilement que le vide est plus parfait et semble à première vue en désaccord avec ce fait que la résistance des tubes décroît d’abord à mesure qu’on les raréfie, puis augmente à partir d’un minimum, mais on peut admettre, comme l’a proposé M. Edlund, que la résistance des tubes se compose de deux parties, la résistance propre du gaz qui diminuerait à mesure que le vide serait plus parfait, et la résistance au passage des électrodes dans le gaz qui augmenterait au contraire avec la raréfaction. M. Spottiswoode ajoute qu’on pourrait même aller plus loin et supposer une résistance de la seconde espèce entre des couches de différentes densités, et considérer les stries comme dues aux variations de la tension et par suite de la résistance dans les différentes parties du tube.
- Aug. Guerout.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÈLECI'RICITÈ
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- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- LES LAMPES SIEMENS
- Parmi les appareils d’éclairage exposés au Palais de l’industrie par la maison Siemens, les
- FIG. I
- principaux étaient le régulateur Siemens, la lampe différentielle et la lampe pendulum.
- La lampe différentielle a déjà été décrite dans le journal (n° du ior mars 1880), nous n’y reviendrons pas et nous parlerons seulement du régulateur et de la lampe pendulum.
- Le régulateur Siemens est' représenté dans la
- figure 1. Il repose sur le* même principe général que le régulateur de Serrin. C’est, comme dans ce dernier, le poids du porte-charbon supérieur qui tend à le faire descendre en entraînant un rouage d’horlogerie et, par l’intermédiaire de ce dernier, à faire remonter le charbon inférieur.
- Le courant entrant par la borne X traverse l’électro-aimant E, puis se perd dans le bâti de l’appareil ; par là il arrive au porte-charbon supérieur, revient au charbon inférieur dont la tige est isolée et arrive à la borne A. Quand les deux charbons se touchent, l’armature N est attirée, elle agit sur le
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- levier BK, et le cliquet qui termine celui-ci fait avancer d’une dent la roue D; mais alors un contact, qui se produit en C, exclut un moment l’élec-tro du circuit, l’armature est relâchée, puis attirée de nouveau, et ces vibrations, agissant sur la roue D en sens inverse du poids des crémaillères, finissent par produire un écart suffisant des charbons. Quand ensuite le courant s’affaiblit, le levier s’écarte et permet le défilement des rouages, puis les vibrations se reproduisent au bout de quelque temps et ramènent l’écart normal.
- • Dans la lampe pendulum le rapprochement des
- FIG. 3
- charbons est réglé d’une façon particulière. La figure 2 représente cette lampe avec les charbons placés au-dessous du mécanisme. Le charbon inférieur est fixe, le charbon supérieur seul descend, sa tige S est liée d’une façon spéciale à une pièce AA que peut relever d’une petite quantité le noyau E d’un solénoïde R. La tige S forme une crémaillère engrenant sur un pignon fixé à la pièce A; elle tend donc à descendre en faisant tourner le pignon, mais un pendule p (fig. 3) agissant sur une roue dentée r rend cette descente très lente. La descente de S peut se continuer tant que la pièce A repose sur un butoir inférieur. Mais quand cette pièce AA, est relevée par l’action du noyau E sur le levier g, l’extrémité m du pendule vient s’engager dans un cran du levier Z et la descente de S est arrêtée.
- Voyons maintenant ce qui se passe quand les
- deux charbons étant en contact on fait passer le courant : E (fig. 2), se trouvant attiré par le solénoïde,
- FIG. 4
- lapièce A guidée parles 2 leviers g- et g1, serelève parallèlement à elle-même; le pendule se trouvant à ce moment arrêté, l’écart des charbons se produit et l’arc jaillit. L’arc augmentant, à mesure que
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- le courant s’affaiblit A s’abaisse peu à peu et rétablit ainsi l’équilibre, mais les charbons s’usent, et il arrive un moment où A s’abaissant toujours, le levier Z est relevé par un butoir v. Le pendule est alors libre, S peut descendre un peu, mais alors l’intens'ité_ augmente, AA se relève, et le pendule se trouve embrayé de nouveau. De cette façon l’élévation de A a eu pour but de saisir S un peu plus bas que précédemment, et le même jeu que précédemment recommence.
- Si les charbons venaient par accident à se toucher, l’opération de l’allumage se reproduirait.
- K (fig. 3) est un piston amortisseur du mouvement de A. Enfin, sur l’axe de la roue r est une roue à rochet qui permet, pour la remise des char-
- FIG. 5
- bons, de relever la tige S, en faisant tourner r en sens inverse de son mouvement naturel.
- Les fig. 4 et 5 représentent une autre disposition du même principe. On voit en R (fig. 4) le solénoïde et le noyau tendant à relever le guide AA parallèlement à lui-même, sous l’action du courant; le mode de liaison entre AA et S diffère cependant un peu du précédent.
- L’extrémité inférieure de S (fig. 4) porte une chaîne qui passe sur une poulie à dents r fixée sur A et est tendue de l’autre côté par un poids. La descente de S tend donc à faire tourner r de gauche à droite. Quand A est relevé, une pièce Z, munie d’une came, arrête une roue dentée fixée sur le même axe que r, et celle-ci ne peut donc plus tourner.
- Quand A s’abaisse, le levier Z bute contre un butoir v et dégage la roue dentée. En même temps un bras y, fixé au support, fait entrer une came
- entre deux dents inférieurës, de sorte que quand A se relève ensuite, la came de Z se met forcément dans la dent qui suit celle qu’elle vient de quitter.
- Il est facile de voir que le jeu de cette lampe sera analogue à celui de la précédente et qu’au fur et à mesure que les charbons s’useront, ils seront rapprochés par le relâchement de E; de temps en temps seulement le mécanisme que nous venons de décrire interviendra pour laisser descendre un peu la tige S relativement à AA.
- Le même principe peut être appliqué à une
- FIG. t>
- lampe dont les deux charbons sont mobiles et la fig. 6 présente un arrangement de ce genre, dans lequel à mesure que la tige >S descend d’une certaine quantité, le second-porte charbon s’élève d’autant.
- Dans ce cas la chaîne dont nous venons de parler passe sous le charbon inférieur et tend à le relever en faisant tourner la poulie a chaque fois que r est admis à tourner. La liaison entre S et A a lieu alors de la même manière que précédemment.
- O. Kern.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DE SAN JOSE
- Pendant que l’application de la lumière électrique à l’éclairage de la voirie et des édifices publics dans les villes suit une marche si lente dans toute la France et semble même être abandonnée de parti pris dans Paris, tous les pays civilisés s’empressent d’essayer sur la voie publique les systèmes qui présentent le plus d’avantages et font des installations qui doivent être définitives. La grande question de l’éclairage électrique est plus difficile à résoudre chez nous à cause des importants monopoles concédés un peu partout aux compagnies de'gaz et l’on a vu dans les comptes-rendus des délibérations du conseil municipal de notre Capitale comment la lutte au sujet du progrès menaçait de s’éterniser.
- Dans un des récents numéros de la Lumière Electrique nous rendions compte d’une importante décision votée par la législature anglaise qui a adopté un maximum de 26 ans pour les concessions à accorder aux grandes compagnies exploitant les nouveaux procédés d’éclairage, en raison des grands perfectionnements qui ont été réalisés dans ces derniers temps et des sommes énormes nécessaires pour faire des installations vraiment pratiques ; on sait du reste que de nombreux foyers électriques fonctionnent depuis plusieurs mois dans les rues de la cité à Londres, dans les stations du Metropolitan Railway et dans une foule d’établissements publics ; en Allemagne la lumière électrique est aussi installée dans un grand nombre de villes et dans'la plupart des gares, mais c’est surtout aux Etats-Unis d’Amérique que les tentatives les plus hardies et les plus multipliées sont exploitées avec succès.
- La vue perspective ci-contre représente une nouvelle disposition établie dans San José, ville de l’État de Californie qui a pris une assez grande extension dans ces dernières années. Cette ville était jusqu’ici éclairé au gaz, mais comme les monopoles n’ont pas au Nouveau Monde la funeste puissance qu’ils possèdent malheureusement chez nous, le projet de MM. J. J. Owen, éditeur et propriétaire du journal Mercury, pour doter la ville de San José d’un bel éclairage électrique, a pu être mis à exécution et fonctionne aujourd’hui à la satisfaction générale.
- La première tour électrique qui a été élevée est une pyramide quadrangulaire dont notre dessin ^onne une idée très exacte ; cette charpente toute en fer n’est peut-être pas de la dernière élégance, mais les Américains se préoccupent assez peu de l’art décoratif et cherchent avant tout des solutions pratiques. Il s’agissait à San José de construire sans trop de frais un échafaudage assez élevé
- pour supporter de grands foyers électriques éclairant par lèur rayonnement une surface aussi large que possible; on y est parvenu en employant des tubes en fer destinés aux conduites de gaz. L’en-, droit choisi pour l’expérience primitive était un. vaste carrefour au niveau de l’intersection de deux rues importantes Santa Clara et Market Street.
- Le quadrilatère ;de la base a 25 mètres environ de côté tandis que la pyramide n’a plus à son sommet tronqué que im,25; les quatre montants qui prennent pied aux angles des rues sont formés par des tubes qui ont dix centimètres de diamètre jusqu’à la hauteur de 3o mètres, tandis que les i5 mètres suivants n’ont que sept centimètres et la dernière portion cinq seulement, la hauteur totale est de 60 mètres et toutes les branches obliques et circulaires se trouvent formées de tubes plus minces. Au sommet, les foyers lumineux sont surmontés d’un grand plateau circulaire qui protège les lampes et remplit en même temps l’office de réflecteur pour diffuser la lumière.
- Les foyers fournis par la California Electric Light Company ont un pouvoir éclairant de 400 candies chacun, il y en a six au sommet de la tour, ils sont alimentés par une machine dynamo-électrique de Brush nécessitant une force motrice initiale de neuf chevaux vapeur. L’effet obtenu ressemble à la clarté produite par le plus brillant clair de lune; dans cette disposition, la lumière a une si grande hauteur, que les rayons directs ne peuvent jamais causer une impression pénible sur les yeux des spectateurs.
- La clarté ainsi répandue dans toutes les directions à partir du pied de la tour est plus intense jusqu’à 800 mètres que celle qui serait produite par des becs de gaz ordinaires placés chaque 25 mètres, et tout le long des deux rues à l’intersection desquelles se trouvent les lumières électriques, on peut voir suffisamment jusqu’à une distance de trois kilomètres, ce qui a dépassé toutes les espérances de l’auteur du projet.
- Au début des expériences, les administrateurs de la ville ont fait éteindre, un soir, tous les becs de gaz pour se rendre exactement compte de la portée du nouvel éclairage; il a été constaté par cet essai que l’on pouvait supprimer un bon tiers des appareils à gaz pour laisser à la place la tour électrique. Nous apprenons par un voyageur qui arrive en ligne directe de la Californie que l’administration et les habitants de San José ont été si satisfaits desrésul- ’ tats obtenus par la première tour électrique, qu’ils en ont fait construire cinq nouvelles qui éclairent maintenant la ville d’une façon merveilleuse et envoient même leur rayonnement lumineux dans toutes les régions suburbaines qui jusqu’à présent n’avaient même pas un seul bec de gaz.
- C. C. Soulages.
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- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE DE SAN JOSÉ (CALIFORNIE)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- LA TÉLÉGRAPHIE
- SES PROGRÈS RÉCENTS MANIFESTÉS A L’EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- Dix-septième article (Voir les numéros des i3, 20 et 27 mai, des 3, 10, 17, 24 juin et des i5, 22, 29 juillet, des 5, 12, iç, 26 août, des 2 et g sept. 1882.)
- [c] Appareils de télégraphie sous-marine.
- [b] Récepteur Siemens.
- Ce récepteur est, comme le précédent, un galvanomètre enregistreur. Le courant est encore reçu dans une petite bobine suspendue dans un champ magnétique. Les oscillations de la bobine communiquées à une pointe traçante sont enregistrées sur une bande de papier enfumé.
- Aimant. — Le champ magnétique est obtenu au moyen d’une couronne de barres aimantées placées verticalement. Un tube central en fer est soumis aux actions de tous ces aimants et présente à chacune de ses extrémités un pôle magnétique très énergique.
- Bobine. — La bobine, en très petit fil, est cylindrique. Elle est suspendue verticalement à l’entrée du tube de fer qui circonscrit le champ magnétique (1). Quatre petits fils métalliques tendus horizontalement à angle droit la soutiennent et assurent sa communication avec la ligne. Lorsqu’elle est traversée par un courant, la bobine, suivant le sens du courant, sort du tube de fer ou pénètre à l’intérieur. Il en résulte un mouvement oscillatoire vertical.
- Appareil enregistreur. — (Voir la figure 3). — Ce mouvement oscillatoire est transmis à la pointe LL par les divers intermédiaires suivants : une tige verticale AB solidaire de la bobine, un levier horizontal BC mobile autour de l’axe xy, un leviey vertical DE mobile autour du même axe, un fil FE.
- Le papier L se déroule constamment. En quittant le rouet, il est d’abord enfumé par son passage autour d’un rouleau sous lequel brûle une flamme fuligineuse. Il passe ensuite sous la pointe traçante. Immédiatement après avoir reçu l’impression, il traverse une dissolution alcoolique d’un vernis fixateur, puis s’enroule autour d’un second tambour chauffé par une petite lampe. L’alcool du fixatif est vaporisé et la fixation du noir de fumée achevée.
- La manette qui déclanche l’appareil d’horlogerie (*)
- (*) Un cylindre de fer fixe, indépendant de la bobine, occupe l’espace qu’elle circonscrit et concentre le champ dans le voisinage des spires.
- chargé de faire dérouler le papier, approche en même temps la lampe fuligineuse. Il en résulte que le noir de fumée ne se dépose sur la bande qu’à l’instant même où c’est nécessaire.
- En principe, l’appareil est très analogue au Recorder Thomson. En pratique, il lui est bien inférieur : le mode d’impression est moins bon puisque la pointe frotte constamment sur le papier et nécessite une certaine force pour déplacer le noir de fumée. La transmission du mouvement de la bobine au levier n’est pas aussi délicate, enfin l’enregistrement, quoique lisible au moment de la réception, doit être moins durable que celui donné par le siphon. Il est peu probable que ce procédé de
- FIG. 3
- fixation- permette de garder intacte pendant un certain temps la minute de la dépêche.
- [c] Récepteur électrodynamique double, ou relais sous-marin de Siemens.
- Le courant du câble est reçu dans deux petites bobines identiques à celles de l’appareil précédent et suspendues de même à l’intérieur de deux tubes en fer aimantés chacun par une couronne d’aimants. Seulement ces bobines sont enroulées en sens inverse, de telle sorte qu’un courant d?un certain sens tend à soulever l’une d’elles et à abaisser l’autre.
- Chacune des deux bobines est arrêtée dans sa course ascendante par un buttoir, elle ne peut donc que s’abaisser dans le tube. Il en résulte qu’une des bobines est sensible au courant positif et l’autre au courant négatif.
- Le mouvement de bascule de chaque bobine se transmet par un levier métallique à une petite molette. Ces deux petites molettes, parallèles, sont au repos élevées au-dessus du papier. Un courant positif abaisse l’une, un courant négatif abaisse
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- l’autre, et des traits sont marqués à droite et à gauche de la ligne médiane.
- Cet appareil était présenté à l’Exposition comme appareil de câbles sous-marins : il est certainement approprié au genre de signaux employés sur les câbles, mais on peut être certain, à première vue, qu’il ne peut rendre aucun service à l’exploitation d’une ligne sous-marine. II est tout au plus bon pour de courtes lignes souterraines.
- La sensibilité est en effet considérablement di.
- FIG. 4. — COUPE
- minuée non seulement par l’embrochage de deux bobines sur la ligne, mais surtout par l’obstacle qui s’oppose constamment au libre mouvement de l’une de ces bobines, par la complication et le poids des organes que ces bobines doivent entraîner.
- Il est cependant intéressant de noter la disposition des deux bobines sensibles aux deux sens du courant. M. Siemens a exposé cette disposition à part sous la dénomination de relais sous-marin, et certainement ce relais doit présenter une certaine sensibilité et de réels avantages.
- [d] Récepteur électro-photographique de Chameroy.
- Les oscillations du galvanomètre sont enregistrées photographiquement.
- Un petit aimant E (fig. 4 et 5) est suspendu à l’intérieur d’une grande bobine horizontale de galvanomètre, devant le noyau d’un électro-aimant vertical B. Le courant de ligne traverse simultanément le galvanomètre et l’électro-aimant. L’aimant éprouve de petites oscillations autour de son axe horizontal de suspension. Ces oscillations, transmises par une tige d’aluminium à un petit obturateur en fer H, découvrent le côté droit ou le côté gauche d’une ouverture Gpercéedans un écran. Au
- L’
- i
- L
- ÊL
- FIG. 5 . — ÉLÉVATION
- moment où le courant cesse d’agir, un petit aimant directeur I dont l’action peut être réglée, ramène l’obturateur devant l’ouverture.
- Des rayons lumineux sont concentrés sur cette ouverture par une lentille. Chaque fois que l’obturateur se déplace, ils viennent frapper une bande de papier sensibilisée qui se déroule continuellement derrière l’écran. La bande impressionnée descend dans un bain révélateur et l’épreuve peut être fixée comme en photographie.
- M. Chameroy propose, pour sensibiliser la bande, l’emploi, soit de nitrate d’argent donnant une impression durable, soit de bisulfure de calcium donnant des traces phosphorescentes qui peuvent être lues dans l’obscurité pendant plusieurs heures.
- II
- La seconde catégorie d’appareils destinés aux lignes sous-marines comprend les appareils ordi-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- naires des lignes terrestres modifiés de manière à pouvoir s’appliquer aux câbles.
- Deux systèmes de ce genre figuraient à l’Exposition : un appareil de M. Baudot, et l’appareil Hughes modifié par MM. Ailhaud et Mandroux.
- L’appareil de M. Baudot destiné aux lignes sous-marines n’est pas encore terminé : son distributeur seul a été exposé dans le pavillon des Télégraphes français, il est d’une très grande dimension, et, grâce à ses nombreuses divisions, permettra d’essayer sur les lignes toutes les combinaisons possibles de courants compensateurs. Nous attendrons, pour décrire cet appareil, qu’il soit achevé de construire et qu’il ait pris sa forme définitive.
- L’appareil Ailhaud et Mandroux, au contraire, a déjà fonctionné régulièrement sur la ligne de Marseille à Alger et nous allons le décrire en détail.
- APPLICATION DE L’APPAREIL HUGHES A LA TÉLÉGRAPHIE
- SOUS-MARINE (SYSTÈME AILHAUD ET MANDROUX.)
- Le problème à résoudre pour adapter les appareils Hughes aux communications sous-marines est de produire une compensation exacte des courants envoyés à la ligne; il faut qu'après chaque émission de courant, le câble se trouve rigoureusement ramené à l’état neutre avant que l’émission suivante soit produite. Les émissions arriveront alors régulièrement à l’extrémité, aucun résidu de charge ne pourra les retarder ou les avancer, et l’appareil récepteur reproduira, sans dérailler, les signaux de l’appareil ‘transmetteur.
- Pour obtenir ce résultat, MM. Ailhaud et Mandroux ont ajouté à l’appareil Hughes ordinaire un système de distributeurs permettant, au moyen d’émissions exactement calculées, d’obtenir la compensation rigoureuse. Un galvanomètre à miroir de Thomson extrêmement sensible, est mis en communication avec le câble par ce même distributeur et sert de contrôleur. Il se trouve à la ligne au moment précis où, la compensation achevée, le câble doit se trouver à l’état neutre et si cet état n’est pas atteint, le galvanomètre accuse le défaut et un réglage convenable permet de le corriger.
- Il ne suffisait pas d’obtenir et de contrôler la parfaite compensation des courants, il fallait aussi utiliser les émissions reçues. Ces émissions d’une très faible intensité, n’auraient pu déclancher l’armature du Hughes. Aussi M.Mandroux a-t-il complété son installation par l’emploi d’un relais polarisé de son invention. Ce relais, d’une grande sensibilité, reçoit les courants et actionne l’appareil ^récepteur.
- En somme, l’installation complète se compose des appareils suivants : Un appareil transmetteur, une batterie de condensateurs, un galvanomètre à miroir, un relais polarisé, un appareil Hughes récepteur, deux caisses de résistance. L’appareil
- transmetteur, l’appareil récepteur et le relais vont être successivement décrits. On s’occupera ensuite du montage de la ligne et du fonctionnement simultané de ces divers appareils.
- Appareil Htighes transmetteur. — MM. Ailhaud et Mandroux ont simplement apporté les modifications suivantes à l’appareil ordinaire: l’arbre des cames a été allongé en saillie d’environ deux centimètres. En avant de la quatrième came on a ajouté une cinquième came dont la forme est analogue à celle de la came d’avancement et dont le but est de soulever, à certains instants, un levier dont il sera parlé plus loin. L’extrémité de l’arbre pénètre à travers un disque, le distributeur, et se termine par une sorte d’aiguille, ou plutôt un ressort frottant, qui se déplace sur ce distributeur. (Voir fig. 5.)
- Le distributeur est un disque formé de quatre secteurs métalliques inégaux isolés les uns des autres. L’un de ces secteurs, complètement isolé,
- occupe les -5 du disque. Les trois autres sont égaux
- et occupent chacun un douzième.
- Un ievier mobile, isolé du massif par une plaquette d’ivoire, appuie constamment sa branche de droite contre la cinquième came. La branche de gauche porte une languette de platine qui se meut entre deux buttoirs.
- Appareil récepteur. — L’axe d’impression ne porte que les quatre cames réglementaires ; on lui a simplement ajouté une aiguille qui se déplace sur un distributeur. (Voir fig. 5.) Ce distributeur est divisé en six secteurs, le premier, en ébonite, d’un douzième de circonférence, le suivant métallique, de 3/i2, les autres, également métalliques de 2/12.
- Relais. — Le relais se compose de deux électroaimants verticaux opposés par leurs pôles. Mais les culasses de ces électro-aimants sont séparées des noyaux de telle sorte que chaque bobine forme un véritable aimant séparé. Entre les quatre pôles se meut une armature en T, mobile autour de deux pivots très fins, et sollicitée à droite et à gauche par deux petits ressorts à boudin. Un fort aimant placé en arrière de l’armature, très près de son pivot, la polarise.
- Le courant de ligne traverse successivement les quatre bobines de manière à déterminer deux pôles de même nom de chaque côté de l’armature. Au repos, la pile locale est fermée en court circuit par la languette du relais. Elle est mise au récepteur quand cette languette quitte le butoir de repos. On évite ainsi les étincelles.
- Galvanomètre. —C’est un galvanomètre à miroir de Thomson aussi sensible que possible. Le même appareil peut servir pour le récepteur et
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- I
- pour le transmetteur; il suffit à cet effet d’entourer la bobine de deux fils enroulés en sens contraire.
- Communications et disposition de la ligne. — Poste transmetteur. (Voir la fig. 6.) — Le câble communique à l’aiguille A du distributeur D et à l’armature intérieure d’un condensateur. Les divers secteurs du distributeur sont reliés : le premier au galvanomètre, premier circuit ; le second est isolé, le troisième est à la terre àt ravers une forte résistance R, le quatrième à la terre à travers une résistance R' beaucoup plus faible.
- Le levier est relié à l’armature extérieure du condensateur, ses deux butoirs communiquent, l’un (b) avec la terre, l’autre (c) avec la pile.
- Poste récepteur. — Le câble communique d’une part, au massif de l’appareil, de l’autre au relais. L’aiguille A' communique avec le massif. Le premier secteur, en ébonite, est isolé, le deuxième est à la terre, le troisième au pôle négatif d’une petite pile, le quatrième à la terre, le cinquième au galvanomètre (second circuit), le sixième à la terre.
- Enfin, une résistance R" est placée en dérivation du circuit de la petite pile.
- Cable
- TRANSMETTEUR
- |FIG. 6
- RECEPTEUR
- Fonctionnement de l'appareil. — Transmission. — Au repos l’aiguille A est sur le secteur i, le galvanomètre est dans le circuit du câble, il doit être au zéro. La languette du levier touche le butoir b et est à la terre.
- Au moment où un goujon est soulevé, l’axe d’impression se trouve entraîné, l’aiguille passe sur le second secteur et isole le câble. En même tems, la came soulève le levier, et, pendant les 5/i2 d’une révolution le met en contact avec le butoir c. L’armature extérieure du condensateur se trouve chargée positivement et un courant positif est envoyé à la ligne. Pendant les 4/12 de révolution qui suivent (parcours du secteur n° 2), le levier revient au butoir b, et met le condensateur à la
- terre. L’aiguille étant isolée, un courant négatif traverse la ligne et la décharge partiellement. L’aiguille passant enfin sur les secteurs 3 et 4 met le câble à la terre à travers deux résistances successives, et, au moment où elle s’arrête sur le secteur de repos, la ligne doit se trouver déchargée, ce que constate le galvanomètre.
- Réception. —Le premier courant émis, ayant trouvé la ligne à l’état neutre, a perdu de son intensité en la chargeant, mais comme il arrive-dans un relais très sensible, il l’actionne et la pile locale déclanche l’arbre imprimeur de l’appareil récepteur.
- L’aiguille A', qui était au repos sur le petit secteur d’ébonite (E), passe sur le secteur 2', met la
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- ligne à la terre et l’y maintient pendant 3/12 de révolution. En passant sur le troisième secteur, elle met à la ligne le pôle négatif d’une très petite pile. C’est précisément l’instant où, à l’autre extrémité du câble, la mise à la terre du condensateur vient décharger la ligne. Les deux actions sont concourantes, la compensation est faite par les deux bouts et s’achève plus rapidement. En outre, la mise à la ligne de cette petite pile assure le retour de l’armature du relais à son buttoir de repos.
- Passant sur le secteur 4', l’aiguille met la ligne à la terre pour enlever l’excès de charge que la petite pile aurait pu produire. Le secteur 5' donne le contrôle du galvanomètre, le secteur 6' donne encore la terre et l’aiguille revient en i' au repos.
- A ce moment, une impression a eu lieu, et la ligne, au lieu de se trouver chargée et d’opposer un obstacle aux émissions suivantes, a été ramenée à l’état neutre primitif. Elle est libre, et chaque émission successive se trouvera dans les conditions exactes d’une émission initiale. Il n’y aura ni retard, ni avance pour l’arrivée des divers courants, l’appareil récepteur fonctionnera sans dérailler.
- L’appareil Ailhaud et Mandroux a été expérimenté entre Marseille et Alger, d’abord en 1872 par M. Ailhaud. Enfin, pendant l’hiver de 1880-1881, M. Mandroux lui-même a repris les expériences et est arrivé à faire fonctionner son appareil dans les conditions normales d’une bonne exploitation. Les roues des types des Hughes ont tourné couramment avec une vitesse de ii5 tours par minute. La longueur du câble était de 916 kilomètres.
- Les nombres que nous avons donnés pour les dimensions des secteurs de distribution ont été déterminés par la pratique. Ils sont satisfaisants pour le câble de Marseille à Alger, mais ils varieraient probablement si les essais avaient lieu sur d’autres lignes.
- Voici quelques nombres complémentaires, déterminés aussi par l’expérience et achevant de caractériser l’installation pour la ligne de Marseille à Alger.
- La pile d’émission était de i5 éléments Callaud. Le courant à l’arrivée avait une intensité à peu près égale à la moitié de son intensité au départ.
- La petite pile de décharge était de deux éléments.
- Capacité du condensateur : 40 microfarads.
- Résistance du relais : 1 800 à 2 000 ohms (le tiers de la résistance du câble.)
- La description de ce système termine la série de nos études sur les appareils de télégraphie de l’Exposition d’Electricité. Nous aurons sans doute occasion de les compléter par la suite, au fur et à mesure que de nouveaux progrès se produiront.
- E. de T.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Considérations sur la théorie du microphone.
- M. Preece vient de lire à l’Association britannique pour l’avancement des sciences un intéressant mémoire sur les récents progrès accomplis dans la téléphonie. Nous croyons devoir en extraire le passage suivant, relatif à la théorie du microphone. On y verra que, contrairement aux assertions de M. Sylvanus Thompson, les contacts médiocrement conducteurs réalisent d’autres effets que les contacts métalliques.
- « La véritable action du microphone ou transmetteur à charbon est généralement peu comprise ; l’effet produit est le résultat de ce que ce système de conjoncteur introduit dans le circuit une résistance qui varie exactement avec l’amplitude des vibrations sonores qui l’actionne, et qui rend le courant ondulatoire, c’est-à-dire dans les mômes conditions que les vagues du son. La cause de cet effet est généralement attribuée à une plus ou moins parfaite intimité du contact, entre les deux surfaces semi-conductrices appuyées l’une contre l’autre, mais il est probable que cette cause doit être principalement rapportée aux effets calorifiques provoqués par le passage du courant entre des points imparfaits de contact dont la distance relative est variable suivant le degré de pression exercé sur eux. Le charbon est la meilleure matière à employer pour cela : i° parce qu’il est inoxydable et infusible; 20 parce qu'il est un médiocre conducteur; 3° parce qu’il a la propriété remarquable de voir sa résistance diminuer à mesure qu’il s’échauffe, ce qui est l’inverse de ce qui se passe dans les métaux. Cette observation est due à M. Shelford Bidwell.
- « La résistance des microphones est très variable. Chez quelques-uns, elle n’est que de 10 ohms, tandis que chez d’autres elle peut atteindre 25 ohms et même 125 ohms. Les meilleurs transmetteurs que j’ai expérimentés (ceux de Moseley) n’avaient moyennement que 20 ohms.
- « On a essayé d’appliquer l’analyse mathématique à la détermination de la meilleure forme et du meilleur arrangement à donner aux contacts du microphone, mais jusqu’à présent le microphone défie les mathématiciens. La théorie conduit à donner aux transmetteurs à charbon la moindre résistance possible, mais la pratique ne confirme pas cette conclusion. Il en est de meme pour la résistance à donner à l’hélice secondaire de la bobine d’induction qui doit être égale à celle de la ligne de travail, tandis que la pratique prouve l’inverse. Sur une ligne de 1800 ohms de résistance, les meilleurs
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- effets étaient produits avec un fil secondaire n’ayant que 3o ohms de résistance. Le fait est que les conditions des effets dus à la chaleur dans les microphones et à l’induction dans les bobines sont très compliquéese, t ne sont pas encore assez bien étudiées pour pouvoir être, dès maintenant, soumises à l’analyse mathématique. »
- Chronologie téléphonique.
- Nous avons déjà donné dans notre numéro du 5 août, p. 142, une chronologie abrégée de différentes découvertes téléphoniques. Plusieurs articles que nous lisons dans certains journaux, et certaines demandes qui nous sont adressées nous ayant montré que la question des antériorités est encore loin d’être établie d’une manière générale, nous croyons devoir compléter notre premier article par l’addition de quelques nouvelles dates.
- Dans les ouvrages de M. Th. du Moncel sur le téléphone et le microphone, il est dit que le cavéat du brevet de M. Berliner remonte au 4 juin 1877, et par conséquent, d’après cette date, ce serait lui, M. Berliner, qui aurait imaginé le premier les transmetteurs à charbon. D’après un article de M. E. D. Lockwood publié dans YOperator du ior novembre 1880, il paraîtrait même que cette invention remonterait au 14 avril 1877, et voici les conclusions de cet article :
- « 14 avril 1877. — M. Berliner envoie à l’office des patentes de Washington un cavéat décrivant le transmetteur téléphonique à contacts ou microphone.
- « 27 avril 1^77. — M. Edison remplit, à l’office des patentes, son brevet sur une application de son transmetteur à batterie.
- « 4 juin 1877• —- M. Berliner remplit, à l’office de patentes, une application de son invention décrite dans son cavéat du 14 avril 1877.
- « En décembre 1877 M. Hughes commence ses expériences sur le microphone, en montre les résultats à quelques personnes en janvier 1878, et présente au public son invention perfectionnée en mai 1878.
- « Aucun commentaire ne semble nécessaire sur ces dates ; elles parlent hautement d’elles-mêmes, et elles sont parfaitement authentiques. »
- Nous ferons toutefois observer que les appareils de M. Berliner* que M. Th. du Moncel a reproduits dans son ouvrage sur Le microphone, le ra-diophone et le phonographe, p. 21, ne sont que des transmetteurs téléphoniques, et non des microphones, puisqu’ils ne sont pas disposés pour l'amplification des vibrations. Ce qui constitue la nouveauté de l’appareil de Hughes, c’est la dispo-
- sition des contacts qui permet de les rendre aussi sensibles que l’on veut par une position plus ou moins voisine de celle de l’équilibre instable. Donc, pour nous, M. Hughes reste bien l’inventeur du microphone, mais M. Berliner pourrait peut-être avoir la priorité pour les transmetteurs téléphoniques à charbon, si l’on en juge par les dates des cavéats.
- D’un autre côté nous voyons dans certains journaux qu’on veut attribuer au colonel Navez l’application des bobines d’induction aux transmetteurs microphoniques. Il suffit de se reporter aux brevets de MM. Gray et Berliner pour s’assurer qu’il n’en est pas ainsi.
- Les bobines d’induction ont été employées par M. Gray, dès l’année 1874, dans son téléphone musical, pour transmettre d’une manière plus nette et plus accentuée les effets électriques transmis par ses vibrateurs. D’un autre côté on trouve dans la spécification du brevet de M. Berliner, portant la date du 16 octobre 1877, mais déposée le 4 juin 1877, non seulement l’indication de l’emploi des bobines d’induction pour la transmission des sons articulés, mais encore le dessin de ces bobines et leur mode d’ajustement dans le circuit. La reproduction du dessin de ce brevet se trouve dans l’ouvrage de M. du Moncel sur le microphone, p. 21. On voit même qu’il employait ces bobines pour la reproduction des sons dans son récepteur qu’il avait réduit à un simple transmetteur microphonique à double contact de charbon. D’un autre côté, M. Edison a également spécifié l’emploi des bobines d’induction dans ses brevets. Or la première mention de l’emploi de la bobine d’induction pour les transmissions téléphoniques faite par le colonel Navez, remonte au 2 février 1878, et figure dans une note insérée au Bulletin de l’Académie royale des sciences de Belgique (numéro de février). A cette époque, les travaux américains étaient peu connus en Europe, et c’est à l’occasion d’une note de MM. Pollar-d et Garnier, présentée à l’Académie des Sciences, le 25 février 1878, que M. Navez envoya sa réclamation de priorité, à laquelle M. Th. du Moncel dut répondre en faisant connaître les travaux de MM. Gray et Edison sur cette question. Cette réclamation et cette réponse figurent aux Comptes rendus de l’année 1878, t. 86, p .705. Nous avons donc lieu de nous étonner que le Journal télégraphique de ’ Berne, du 25 août, ait pu insérer dans ses colonnes cette réclamation tardive.
- Enfin, comme document important à enregistrer encore dans cet article chronologique, nous devons dire que le premier emploi des dérivations pour amplifier l’étendue de la variation dans les transmetteurs téléphoniques a été fait par M. Herz, au commencement de l’année 1880, et a été expliqué mathématiquement pour la première fois par M. Th. du Moncel, dans son article sur les
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- avantages de l'emploi des fils de dérivation (shunt) dans les applications électriques, inséré dans le numéro du i5 janvier 1881, de La Lumière Electrique.
- La chimie des accumulateurs.
- MM. Gladstone etTribe continuent, dans Nature, la publication de leurs intéressantes recherches sur les accumulateurs dont ils étudient maintenant la décharge.
- Les deux lames d’une pile Planté ou Faure consistent essentiellement en peroxyde de plomb comme élément négatif, et en plomb métallique spongieux comme élément positif. Ces deux substances sont en communication l’une avec l’autre par les lames de plomb qui les supportent et le circuit qui joint ces dernières.
- Le peroxyde de plomb réagit à la fois sur la lame de plomb qui le porte et sur le plomb spongieux de la lame opposée. A première vue, on pourrait penser que la réaction entre le peroxyde et la lame qui le porte serait la plus importante à cause du contact.
- Il est probable qu’elle l’est en effet au premier moment; mais le sulfate de plomb qui se forme s’oppose à une action locale ultérieure, et il en résulte que le plomb de la plaque opposée entre franchement en jeu.
- La réaction probable entre le plomb et son peroxyde séparés par de l’eau serait
- Pi Os + 2 hs o + Pt = Pi O + lis o 4- Pi> 112 02
- L’expérience prouve qu’il en est ainsi ; on voit se former de l’oxyde jaune sur la lame négative et de l’hydrate blanc sur la positive.
- Mais avec l’eau acidulée par l’acide sulfurique, les deux oxydes doivent se transformer en sulfates, et il semblerait qu’il dût en résulter peu à peu un équilibre électrique parfait. Cela a lieu en effet dans certaines circonstances, mais non dans toutes. D’a- près les analyses des auteurs, la transformation en sulfate a toujours lieu sur la lame négative. Ils ont toujours trouvé le dépôt composé de sulfate et de peroxyde inaltéré.
- Quand on décharge rapidement la pile, le plomb de la lame positive est converti non pas entièrement en sulfate, mais aussi partiellement en peroxyde, provenant sans doute de l’oxydation du sulfate déjà formé, par l’oxygène qui se dégage rapidement.
- " Une fois ce peroxyde formé sur la plaque positive, l’élément approche de son état d’équilibre électrique avant que le peroxyde de l’autre lame ne soit épuisé, mais les deux lames sont loin d’être dans les mêmes conditions en ce qui concerne l’action locale. Sur la plaque négative, le peroxyde
- étant mélangé avec beaucoup (de sulfate de plomb, ne se décomposera que lentement sous l’influence du plomb de la plaque qui le porte, mais le peroxyde de la plaque positive étant mélangé non seulement de sulfate, mais encore de plomb métallique spongieux, se transformera bien plus rapidement en sulfate. Une fois donc le circuit ouvert, le peroxyde de la lame positive se détruisant, on retrouvera au bout d’un certain temps un différence de potentiel entre les deux lames.
- Pour contrôler cette manière de voir, les auteurs ont étudié d’abord la force électro-motrice d’un élément nouvellement préparé. Cette force électromotrice est d’abord de 2 volts 25 en moyenne, mais si on ferme le circuit quelques minutes ou qu’on abandonne la pile à circuit ouvert, elle s’abaisse à 2 volts. MM. Gladstone et Tribe considèrent c.e chiffre comme la valeur normale de. la force électromotrice et pensent que le chiffre plus élevé obtenu d’abord est dû à de l’oxygène et de l’hydrogène occlus dans les électrodes.
- Avec une résistance extérieure de 1 ohm et une résistance intérieure de o,58, la force électro-motrice s’abaissa en 45 minutes de 2,25 à 1,92. Après une ouverture du circuit de 35 minutes, elle s’éleva à 1,96, puis, après 18 heures de repos, à 1,98.
- Avec une résistance extérieure 20 fois plus grande, l'abaissement de la force électro-motrice était plus lent, mais au bout de 3 jours de décharge, la chute ! était plus prononcée et la régénération par le repos très apparente.
- Avec 100 ohms de résistance extérieure, la force électro-motrice a très peu varié pendant trois jours.
- Au point de vue chimique, les analyses ont démontré la présence du peroxyde de plomb sur la lame positive et sa diminution sur cette lame après régénération.
- Les auteurs concluent donc que c’est à cette formation de peroxyde qu’il faut attribuer les charges résiduelles non encore expliquées.
- En analysant le dépôt de la lame négative, ils trouvent qu’il y reste toujours une forte proportion de peroxyde de plomb. Ainsi, après une., décharge de 5 jours presque complète, ils n’ont trouvé dans le dépôt que. 68 0/0 de sulfate de plomb.
- Pour eux, l'action de la décharge est la suivante :
- Pi O2 + 2 ll2 SO* + Pi = Pi o + il2 o + H* SCP + Pi SCP,
- Il se forme ensuite :
- 2 Pi SCP 4- 2 H2 O.
- Une remarque intéressante de MM. Gladstone et Tribe est que si l’on décharge rapidement la pile, la formation du peroxyde sur la lame positive a
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- lieu plus facilement, mais la régénération automatique permet de recueillir en somme toute l’énergie disponible". Quand la décharge est lente, au contraire, le peroxyde se forme moins facilement, mais la perte par action locale sur la plaque négative doit être plus grande.
- Dans leur dernier mémoire, les auteurs avaient conclu, au point de vue de la charge, que le minium à réduire devait être en quantité moindre que le minium à oxyder. Leurs recherches sur la décharge les conduisent à recommander de mettre autant de minium sur les deux lames.
- Ils terminent, en indiquant que l’élément secondaire doit toujours contenir un certain excès d’acide sulfurique. Si tout l’acide était combiné avec le plomb et qu'il ne restât plus que de l’eau, il pourrait se former des oxydes ou hydrates qui interfé-
- reraient sans doute avec le fonctionnement de la pile.
- Rapport de M. W. Haywood sur l'éclairage électrique de la Cité de Londres.
- En mars 1880, la « commission des rues » (Streets Committee) prit d’accord avec celle des ponts (Bridge House Estate Committee) l’initiative de faire, dans les principales rues de la cité de Londres et sur quelques ponts, notamment ceux de Londres, de Soutwark et de Blackfriars, un essai prolongé de l’éclairage électrique par les sytèmes de Brush, de Siemens et de Weston-Lontin. La concession delà cité fut divisée entre ces trois compagnies, en octobre 1880, aux conditions du tableau ci-dessous :
- LONGUEJR TRIS SOUMISSIONNÉS
- de SUPERFICIE. »'
- rues à éclairer. travaux. éclairage. total.
- District n° 1. Brush i5iom 33ooo“2 i8,75of i6,5oof 35,25of
- — 2. Weston-Lontin p). . . . i56o 22900 36,75o 36,5oo 73,25o
- — 3. Siemens 1390 26000 36,25o 36,75o 93,000
- 4460 81900 91,750 109,750 201,500
- L’éclairage devait fonctionner pendant un an sans interruption, de manière à remplacer réellement le gaz.
- La Compagnie qui a l’entreprise du système Weston-Lontin, 1’ « Electric Light and Power Company » mit tant de longueurs à l’installation de l’éclairage que l’essai d’un an ne pourra être terminé avant le mois d’avril i883, de sorte que le
- rapport de M. Haywood ne s’occupe que de l'éclairage du ier et du 3° district de la Cité, par les systèmes de Brush et de Siemens.
- Le tableau ci-contre fait voir que les prix de soumission ne sont pas proportionnels à la quantité de lumière électrique garantie par les différents systèmes.
- NOMBRE PUISSANCE EN CANDEES (l) PRIX DE SOUMISSION
- des de chaque lampe travaux et lumière lumière seule
- lampes. totale. , total. par candie et par an. total. par candie et par an.
- 33 32 6 grandes 28 petites. IOOO IOOO 5000 3oo 33ooo 32000 3oooo 8400 35,25of 73,25o 93,000 if07 2 3o 2 40 i6,5oof •36,5oo 56,75o or5o 1 i5 1 45
- 99 • 103400 201,5oo 1 95 109,750 1 07
- 1e1' district Brush.....
- 2e — Weston-Lontin
- 3° — Siemens ....
- Les lampes remplaçaient, dans chacun des districts, i56, 157 et 189 becs de gaz de 14 candies
- chacun, ou 6,828 candies de gaz : la puissance de
- (') L’ > Electric andmagnetic Company » Jablochkoff, concessionnaire de l’éclairage de ce district, ne put satisfaire à
- ses engagements. La commission fut alors donnée à 1’ « E-lectric Light and Power C° » Weston-Lontin.
- (') Le candie vaut environ o,io5 carcels.
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- l’éclairage électrique était donc i6,3 fois plus considérable que celle du gaz, et ne coûtait guère que deux fois plus au total, ou huit fois moins par unité de lumière.
- Les prix imposés pour l’éclairage seul, par les trois Compagnies, sont donnés au tableau ci-dessous, en comparaison avec ceux du gaz.
- Les lampes Brush donnaient, en moyenne, i5 fois plus de lumière que les becs de gaz, celles de Wes-ton 14,5 fois plus, et celles de Siemens 20 fois chaque lampe éclairait, en moyenne, 820
- Dans les districts n° 1 et 3, Brush et Siemens,
- PRIX PRIX DE LA LUMIÈRE électrique
- du gaz. absolu. par rapport au gaz.
- District n° t. "Rrnsli i7,2So 17,500 i5,3oo i6,5oof 36,5oo 36,750 0,95 2,09 3,70
- — 2. Weston-Lontin, — 3. Siemens.'. . . .
- qui ont seuls été éclairés électriquement toute l’année, les dérangements se sont répartis comme il suit :
- BRUSH. SIEMENS.
- 33 34
- q3ooh 43ooh
- ldi.QOO 146 200
- 660 320
- 3142U 8371*
- 2,21 % 0,57 %
- 209''3om l 128h 1
- 23 0 0 1
- 6.10 J 214 I
- 112.7 1 144 f
- 26.i3 > 5i2 0.0 > 492
- io3 1 0.0 |
- 18.48 1 5 \
- 0.0 / 7.29 J
- 189* 126*
- 24 Ï24
- 62 36
- Nombre des lampes..................................................
- — d’heures de service de chaque lampe...........................
- —1' — total. . . ................................
- — total des dérangements......................................
- Heures d’extinction causées ( Total
- portées^à vme^euf^îampe.' 1 En t-int pour'cent des heures de service! ! ! . !
- I Machines motrices........................
- Mauvaises intentions (malice)............
- Charbons défectueux .....................
- Lampes malpropres........................
- Négligence du personnel..................
- Candélabres brisés.......................
- Charbons consumés........................
- Dérivation du circuit sur lui-même (Short Cir-cuitin g).................................
- "wyaffl&ss f «ssær ................................................
- suivants, non compris les ) tw™.8................................
- accidents aux conducteurs.! LMVertl..... .......................
- Il ne faudrait pas juger de la valeur pratique de chacun de ces systèmes par le relevé seul des accidents, dont un grand nombre sont dus, à des causes étrangères aux appareils. C’est ainsi, qu’au 2 mai 1881, on constata què le conducteur principal des lampes Brush, mises en marche le 29 avril, était insuffisamment isolé; il fallut le remplacer, ce qui occasionna une perte de 2,63o lampes-heures (17 jours). Cinq jours après leur mise en service, les fils des appareils Siemens furent endommagés par des bateliers sous London-Bridge ; on perdit ainsi 340 heures.
- On voit, d’après le tableau précédent, que les lampes Siemens ont perdu, par le fait de dérangements aux charbons, 3o fois plus d’heures que les lampes Brush, qui, en revanche, ont perdu plus de deux fois plus d’heures que les Siemens par le fait d’arrêts de la machinerie motrice, que l’on pourrait éviter en la disposant en double.
- Ces essais, très étendus, semblent avoir démontré que la plupart des dérangements qui peuvent survenir avec l’éclairage électrique Brush ou Siemens, proviennent de causes faciles à éviter, à l’exception toutefois des accidents aux mécanismes des lampes, chaque jour simplifiés : les délais de ce
- fait sont à peu près égaux dans les deux systèmes, mais presque tous ceux de Siemens sont attribués au manque d’entretien des lampes, tandis que ceux de Brush le sont à des défauts de leur mécanisme.
- Sur les 3,225 becs qui éclairent la cité de Londres, on a relevé, en 1881, 2,509 éclairages défectueux : c’est une proportion très considérable, mais moins fâcheuse qu’elle ne le serait avec des lampes électriques, dont la portée lumineuse est plus considérable.
- Le « Street Committee » a décidé, à la suite.de ces résultats, que la Compagnie Brush continuerait à éclairer le ior district de la Cité, mais au prix de 20,000 francs — il a refusé l’offre de M. Siemens, de continuer l’éclairage du 3° district pour la somme proposée de 75,000 francs par an, considérée comme trop élevée.
- Dans son rapport, M. Haywood parle très favorablement de l’éclairage du viaduc de Holborn, au moyen des lampes à incandescence d’Edison. Cet éclairage ainsi que celui du 20 district, feront l’objet d’un prochain mémoire de M. Haywood (*).
- (') « Engineering ", 14 juillet 1882,
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- Sur un nouveau procédé d'isolement des fils électriques, par M. H. Geoffroy (*).
- « L’attention publique ayant été vivement surexcitée par plusieurs accidents provenant de l’imparfait isolement des fils électriques, je prends la liberté de soumettre à l’Académie un procédé nouveau qui me paraît de nature à supprimer radicalement toutes les chances d’incendie, môme lorsque les fils se trouvent en contact avec des matières combustibles.
- « Ce procédé consiste à recouvrir les fils conducteurs d’un enroulement de fibres d’amiante et à les placer ensuite dans un tube en plomb, comme on le fait ordinairement.
- D’expériences exécutées à Paris par M. Henri Lieppemann, ingénieur de The Faure electric accu-mulator Company, et que je suis en mesure de répéter, il résulte qu’un fil, conforme à l’échantillon que j’ai l’honneur de joindre à mon mémoire, peut être entièrement volatilisé sans que l’étincelle se communique au dehors. Quoique l’expérience ait été exécutée avec un courant puissant, sur une courte longueur où toute la chaleur se trouvait, pour ainsi dire, condensée, le plomb n’a manifesté aucun commencement de fusion. La volatilisation, qu’il serait très intéressant de répéter dans les cours, est l’affaire d’un dixième de seconde. Le plomb ne peut pas fondre, parce que, le cuivre étant brûlé, le courant se trouve interrompu.
- « Une autre expérience, facile à faire, prouve que l’isolement électrique est très satisfaisant et qu’aucune portion du courant ne se dérive par l'intermédiaire de l’amiante. »
- CORRESPONDANCE
- Paris, le 2'septembre 1882.
- Monsieur le Directeur,
- Le fait divers qui a fait le tour de la presse quotidienne et qui attribue à Réchauffement des fils conducteurs des lampes Swan de la rampe un commencement d’incendie, à l’Opéra, est une erreur d’information très regrettable pour nous. Nous sommes surpris de le voir reproduit, tel quel, dans votre n° du 19 août, et ne croyons pas devoir, de là, le laisser se propager.
- Il n’y a pas de lampes Swan à l’Opéra. Nous éclairons la rampe avec des lampes Maxim qui, entre parenthèses, fonctionnent depuis le mois d’octobre 1881. Nos fils sont disposés de manière à écarter tout danger d’incendie, et Réchauffement qui a eu lieu a été produit par les conducteurs des piles servant à l’éclairage de la scène. Ce fait ne concerne donc pas notre installation ; il n’a eu du reste aucune gravité.
- Agréez, etc.
- Le Directeur,
- E. Martin.
- (L) Note présentée à l’Académie dans la séance du i.| août 1882.
- FAITS DIVERS
- L’Association française pour l’avancement des sciences établie sur le modèle de R Association britannique, vient de tenir sa ii« session à La Rochelle sous la présidence de M. Janssen, membre de l’Académie des Sciences. Parmi les mémoires se rapportant à l’électricité qui ont été communiqués à cette session, nous citerons un travail deM. Debrun sur une nouvelle balance électro-dynamique; une étude sur la comparaison photométrique des sources lumineuses diversement colorées par MM. Macé de Lepinay et N. Nicati; une note de M. Tissandier sur une batterie à bichromate de potasse disposée pour la lumière électrique; un travail de M. M. Brillouin sur la manière de comparer les coefficients d’induction, les causes d’erreurs qui peuvent se produire et les moyens de les prévenir; une communication de M. De-brun sur un électromôtre enregistreur capillaire; un mémoire de M. M. Deprez sur la détermination électro-magnétique de l’équivalent magnétique delà chaleur; un travail de M. E. Reynier sur des lampes à incandescence brûlant à l’air libre.
- L’association britannique a également tenu sa session de i882àSouthampton. Parmi les mémoires se rapportant àl’élec-tricité qui ont été lus, nous citerons un travail de M. Spraguc sur la distribution de l’électricité d’après le système d’Edison, travail qui a donné lieu aune critique par M. S. Thompson qui, décidément, se pose en contradicteur des électriciens; une note de M. H. S. Hele Shaw sur un nouveau système de contact électrique; une communication intéressante de M. Preece sur les récents progrès de téléphonie; un mémoire de M. Spraguc intitulé « les demandes d’un système de distribution électrique. »
- Éclairage électrique
- A la Rochelle, pendant la session de l’association française pour l’avancement des sciences, on a fait des essais publics d’éclairage électrique de divers systèmes.
- Une fête de nuit a été donnée au Mail; mais une partie seulement des foyers électriques a pu être mise en activité par la machine motrice qui avait une force insuffisante.
- Après plus d’une année d’essai du système Brush, la Compagnie du North British Railvvay vient de décider une importante extension de cet éclairage à Édimbourg.
- Les accès de la gare Waverley et toutes les plateformes de cette gare seront désormais éclairés avec des lampes Brush. D’après le nouveau contrat passé avec la Scottish Brush Electric Light and Power Company, leur nombre a été porté à trente deux. La force motrice est fournie par une des machines semi-portatives Fowler de la force de 20 chevaux.
- Pentonville-road à Londres doit être éclairée ces jours-ci par l’électricité.
- La « Vestry » de Clerkenwcll à Londres vient d’émettre un avis favorable à l’introduction de l’éclairage électrique dans ce quartier par les soins de la Metropolitan Brush Electric Light, and Power Company. Cette Compagnie se propose, à la demande d’un certain nombre de contribuables du district de Clerkenwcll, d’établir une station électrique centrale destinée à fournir l’éclairage aux habitations, magasins et édifices publics, de la même manière que leur est fourni le gaz actuellement.
- A l’occasion de la réunion à Southampton de la British
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- la lumière électrique
- Association ou Association britannique pour l’avancement des sciences, l’IIartley Institution a été éclairée avec des lampes Edison.
- La West Middlesex Electric Lighting Company vient de traiter avec le bureau des travaux du district de Fulham à Londres pour entreprendre la pose de fils métalliques renfermés dans des tuyaux sous les trottoirs dans toute l’étendue des paroisses de Fulham et d’Hammersmith, la distance en routes dans le district étant de trente-sept milles et le nombre des maisons de vingt-neuf mille. On propose d’élever à des endroits convenables des stations centrales sur une grande échelle dans l’enceinte de ces deux paroisses en vue de la production de l’électricité. On se servira pour cela de machines Gramme. Pour l’éclairage des rues on va fixer des lampes à arc Brockie et pour les boutiques et maisons particulières des lampes à incandescence British perfectionnées.
- A Leeds, où, comme nous l’avons déjà annoncé, la bibliothèque publique va être éclairée par l’électricité, on vient d’illuminer plusieurs salles et le porche du Philoso-phical Hall avec des lampes Brush. L’Industrial Muséum a été également pourvu de dix-huit lampes à incandescence Lane-Fox de vingt candies chacune. Le courant est fourni par une machine dynamo Brush, mue par un moteur Marshall de huit chevaux avec machines Compound.
- Pour certains jeux qui ont lieu le soir sur des promenades ou dans des champs la lumière électrique a déjà été employée en Angleterre avec avantage. La semaine dernière, à Coventry (comté de Warwick) en présence de près de deux mille spectateurs le « cricket ground » de la ville a été brillamment illuminé par l’électricité pour un match de football.
- A Colchester, ville d’environ trente mille habitants dans le comté d’Essex, la South Eastern Brush Electiic Light Company va établir une station centrale d’éclairage, dans Culver Street.
- Elle a déjà installé dans la même ville des lumières électriques pour l’établissement Sanders et fils.
- A Swansea, port du pays de Galles, les autorités du port viennent de conclure un contrat pour éclairer l’entrée des docks de Swansea avec des foyers à arc du système Brush.
- L’ambassadeur de Chine à Berlin vient de charger M. Ernest Kuhlo, mécanicien et opticien à Stettin, d’établir l’éclairage électrique dans la frégate cuirassée Ting-Yuen, actuellement en construction pour le compte du gouvernement chinois. Ce navire doit partir pour la Chine à la fin d’octobre. On emploiera à bord du Ting-Yuen, 240 lampes Edison et des machines dynamo-électriques provenant de la fabrique Schuckert de Nuremberg.
- Des établissements industriels de la ville de Biella, en Italie, sont depuis quelques jours éclairés par l’électricité. On se sert des systèmes Swan et Maxim. Quatre lampes Maxim éclairent une galerie de tissus de fil et de laine. Quatre autres lampes sont placées dans la galerie des machines. La lumière électrique permet de reconnaître, mieux que celle du gaz, les nuances des couleurs. Des lampes électriques servent aussi à l’éclairage de la fabrique de savons fins du Cantono.
- I.a Scottish Brush Electric Light and Power Company se dispose à éclairer par l’électricité la gare de Porto-Bello et
- les bâtiments de dépôt des marchandises de ce port situé à trois kilomètres d’Edimbourg, sur la côte sud du golfe du Forth. Porto-Bello est une des gares les plus actives du North British Railway. La même Compagnie électrique a passé des contrats pour l’éclairage d’un certain nombre de gares de chemins de fer, entre autres de Dundee, d’Ar-broath, d’Inverness.
- Au Mexique, la ville de Monterey, capitale de l’Etat de Nouveau-Leon, sur la rive gauche du Tigre, vient de recevoir des installations pour l’éclairage électrique dans des rues et sur la place principale de l’endroit.
- La Brush Electric Light Company vient de passer un contrat pour cinq années, ayant pour but l’éclairage par l’électricité des villes de Rock Island (Illinois) et de Fond du Lac (Wisconsin). Cette Compagnie va élever dans ces deux localités des tours électriques de son système, qui seront prêtes dans trois mois.
- Soixante lampes électriques sont maintenant en usage à Springfield, ville du Massachusetts, importante par ses fabriques d’armes à feu et d’armes blanches.
- Le Record de Philadelphie est maintenant éclairé dans sos bureaux et ateliers avec des lampes Edison.
- Télégraphie et Téléphonie
- La Chambre de commerce du Cap vient de voter à l’unanimité une résolution en faveur de l’établissement d’une ligne occidentale de câble électrique sous-marin entre la colonie du cap de Bonne-Espérance et l’Angleterre. Ce câble aboutirait à Saint-Vincent.
- A la Havane, la Compagnie des téléphones de Cuba, fondée récemment, compte maintenant quatre cent soixante abonnés, et cent dix appareils.
- Le réseau téléphonique de la Compagnie s’étend déjà à quatre vingt-dix neuf milles. Il y a trente groupes d’opérateurs et quatre inspecteurs.
- Aux Etats-Unis, une ligne téléphonique vient d’être établie entre Clinton, Etat d'Iowa, et Davenport. Cette ligne relie entre eux les bureaux téléphoniques de Clinton, Lyons, Camanche, De Witt, Davenport, Muscatine, Iowa et Albany, Fulton, Morrison, Sterling, Rock-Island, Molines, Genesee, et d’autres localités de l’Illinois. La plus longue distance entre deux bureaux est celle qui s’étend de Sterling à Muscatine et qui est de cent cinq milles.
- MM. John Davis viennent de poser une ligne de téléphone entre les fabriques de MM. Peters et Ce à Derby et à Borrowash.
- La distance entre ces deux points est de cinq milles.
- On se sert des téléphones Gower-Bell.
- A la Barbade, île des Antilles anglaises, un réseau téléphonique a été établi dernièrement à Bridgetown, chef-lieu de la Barbade et du gouvernement des Iles sous le Vent. D’après une correspondance, la plupart des administrations et maisons d’affaires de Bridgetown sont maintenant reliées par le téléphone.
- Le Gérant : A. Glênard.
- PariB. — Imprimerie P. Mouillot, 13, quai Voltaire. — 31420
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Electricité 51, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- 4® ANNÉE (TOME VII) SAMEDI 23 SEPTEMBRE 1882 N® 38
- SOMMAIRE
- Études sur le magnétisme (3° article); Th. du Moncel. — L’éclairage électrique des côtes d’Angleterre et d’Australie; Gustave Richard. — Une chasse à la lumière électrique; C.-C. Soulages. — Les sciences physiques en Biologie : L’Electricité (io° article); Dr A. d’Arsonval. — Exposition Internationale d’Electricité : Appareils Sabine; O. Kern.— Eclairage électrique du Théâtre des Variétés; effets produits; prix de revient; Frank Geraldy. — Revue des travaux récents en Electricité: A propos des courants d’interversions polaires. — Transmissions télégraphiques sans fils conducteurs. — Nouvel interrupteur à mercure dé M. H.-S Helc-Shaw. — Du rôle du fer dans les armatures des machines dynamo-électriques.. — Correspondance : Lettre de M. Bandsept. — Faits divers.
- ÉTUDES SUR LE MAGNÉTISME
- 3e article. (Voir les nos des 9 et 16 septembre 1882.)
- Faisceaux magnétiques formés par des lames écartées. — Dans son mémoire communiqué à l’Académie le 18 mai 1874, M. Jamin examine les cou-ditions des faisceaux magnétiques constitués par des lames écartées les unes des autres comme dans les aimants Siemens. Il débute ainsi :
- « Dans l’étude qu’il fit des faisceaux aimantés, Coulomb se contenta de mesurer leur moment magnétique. Il trouva que ce moment augmente moins vite que le nombre des lames. Le problème était mal posé, car c’était mesurer la force d’un faisceau par le produit de deux facteurs, la totalité du magnétisme et la distance du pôle au centre. Or ces deux facteurs varient à la fois et en sens opposé. Il était bien plus simple de chercher la loi qui règle un seul de ces facteurs : C’est ce qui m’a conduit à évaluer le magnétisme total et à trouver que, dans un faisceau, il est rigoureusement égal à la somme du magnétisme des éléments : m etc... Il est bien évident dès lors que si l’on désigne par R, r, r', r"... les distances des pôles au centre, on ne peut avoir :
- MR = mr -J- m'r' -f- m"r".
- Dans certains cas, le premier membre sera plus grand que le second, dans d’autres il sera plus petit. »
- M. Jamin montre ensuite comment les lois des faisceaux se modifient sans cesser d’être simples, quand les lames au lieu d’être rigoureusement appliquées et serrées rune contre l’autre sont séparées à dessein par des intervalles réguliers. Il avait opéré sur 22 lames obtenues au laminoir d’un seul y jet; elles étaient bien identiques, avaient un mètre A de longueur, 5o millimètres de largeur et un milli-jjS mètre d’épaisseur, et il était arrivé aux résultats sui-Vij vants : \
- i° Avec un écartement nul et un faisceau peu nombreux de lames, chaque lame possédait une masse magnétique y. égale en moyenne à 8,7; le pôle était près de l’extrémité (à 3o millimètres) et il contenait à son extérieur une totalité magnétique m égal à y. 11. En le défaisant, on retrouvait sur chaque lame le magnétisme y. qu’elle avait à l’origine, mais si le nombre des lames dépassait ce qu’il en fallait pour constituer l’aimant normal et alors que les surfaces extérieures avaient atteint leur saturation, à chaque addition de lames, une partie des aimantations contraires se recomposait pour reproduire l’état naturel, la totalité magnétique n’augmentait plus sur les plats, et chaque lame ne gardait qu’une quantité de magnétisme très inférieure à celle qu’elle avait apportée dans le faisceau, et qui était d’autant moindre que n était plus grand. Avec les 22 lames superposées, si l’intensité magnétique avait gagné dans le rapport de 6, 7 à i5, on avait beaucoup perdu en quantité dans le rapport de 197 à 91 ou de 2 à 1.
- 20 En écartant les 22 lames de six dixièmes de millimètre, soit un peu plus d’un demi-millimètre, après les avoir réaimantées à saturation, l’aimant normal s’est trouvé encore constitué, l’intensité extrême a également augmenté, mais dans un rapport moins rapide que précédemment qui était de i3 à 14 au lieu de i5 à 16, ét la somme du magnétisme extérieur sur les plats et sur la tranche avait également diminué, 85,7 au ILu de 97,1.
- <• Il ne faut pas cependant croire, ditM. Jamin, que le magnétisme soit réduit à 85,7 pour le faisceau et à 3,9 pour chaque élément; car à cause de l’écartement des lames, une certaine somme d’aimantation doit être restée entre elles.
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- Ce qui a été mesuré est ce qui a été porté sur l’extérieur ; nous ne voyons pas ce qui reste en dedans. Pour savoir s’il en est réellement ainsi, démontons le paquet et examinons en particulier 3 lames sans les réaimanter et sans intermédiaire; elles reconstituent en effet un groupe plus fort qu’a-près être extraites du premier faisceau (je 22 lames. »
- On trouvait en effet que dans ce dernier cas (avec les lames en contact) la perte était d’environ 66 pour 100, alors qu’elle n’était que de 5o pour 100 dans le cas des lames séparées, et que s’il y avait 97,1 de magnétisme conservé à l’extérieur dans le premier cas, alors qu’il n’y en avait que 85,7 dans le second, il y en avait dans ce dernier cas 65,6 de conservé à l’intérieur.
- D’après cette théorie on comprend aisément qu’en augmentant successivement l’intervalle entre les lames, on diminue la portion du magnétisme extérieur en même temps qu’on augmente celle qui est à l’intérieur, de sorte que peu à peu les lames agissent comme si elles étaient indépendantes. Alors chacune garde son magnétisme et sa tension première.
- Rôle que jouent dans un aimant la section moyenne, les surfaces polaires et les armatures. — Le mémoire communiqué à l’Académie le i01' juin 1874 par M. Jamin commence ainsi :
- « J’ai récemment énoncé les trois propositions suivantes :
- « i° Le nombre des filets magnétiques élémentaires et par conséquent la quantité de magnétisme que peut contenir un aimant ne dépendent que de sa section moyenne;
- « 2° L’épanouissement des pôles de ces filets ou la distribution des intensités est réglée par la forme et l’étendue des surfaces extérieures de l’aimant;
- « 3° Si les surfaces diminuent, la tension augmente jusqu’au moment où elles deviennent insuffisantes pour que les pôles élémentaires puissent s’y épanouir, et une portion des deux magnétismes contraires disparaît pour reproduire l’état naturel. »
- La note en question relate un certain nombre d’expériences entreprises pour confirmer ces propositions.
- Pour la vérification de la première loi, M. Jamin découpe en losange une lame d’acier aimantée et mesure la quantité de magnétisme aux différents points de sa surface, et il reconnaît que si les surfaces changent et que les sections moyennes demeurent les mêmes, la quantité de magnétisme reste constante; mais alors la distribution des intensités sur les deux lames est très différente. Dans les deux cas les valeurs de y croissent du milieu à l’extrémité, lentement depuis zéro jusqu’à 5 pour le rectangle, plus rapidement de zéro à 9,5 pour le losange. Le produit Ay c’est-à-dire la totalité du magnétisme dans chaque tranche croît continue-fnent de zéro à 27,5 pour le rectangle, tandis que, pour le losange, il croît d’abord pour diminuer ensuite. La tension augmente, mais la quantité passe par un maximum pour diminuer jusqu’à la pointe. « Tout cela prouve, dit M. Jamin, que la
- distribution du magnétisme est réglée par la surface, et que celle-ci diminuant, la tension augmente. »
- J’avais établi ce principe d’après d’autres considérations dès l’année i856.
- Si on découpe une lame d’acier de manière à 'former un double éventail dont les parties anguleuses correspondent au milieu de la lame, on reconnaît que les tensions sont très affaiblies par suite de la diminution de la ligne moyenne, et que la totalité du magnétisme est réduite dans le rapport de 52 à 210 et 201 qui avaient été trouvés pour 'le rectangle et le losange. Or, si on prend le rapport de ces quantités d’une part, et celui des sections moyennes de l’autre, 011 les trouve égaux, le premier à 0,26 o,e5, le second à 0,24. « Donc il faut conclure, dit M. Jamin, que si les surfaces étant quelconques on fait varier les sections moyennes, les quantités de magnétisme sont proportionnelles à ces sections. »
- M. Jamin démontre encore cette proposition en amincissant à la lime une lame aimantée à saturation dans sa partie moyenne; il se produit alors dans les parties évidées des polarités contraires à celles des extrémités correspondantes du barreau, mais ces dernières ne sont nullement affaiblies; seulement, le magnétisme total doit se trouver alors affaibli d’une quantité en rapport avec la réduction de la surface de la section moyenne évi-dée, et la différence constatée entre le magnétisme des bouts de la lame, et celui de la partie du milieu peut être considérée comme représentant le nombre des filets qui n’ont pas été coupés et qui continuent à passer par la ligne moyenne réduite. C’est en effet ce que l’expérience a démontré.
- « Bien que d’après les expériences précédentes, dit M. Ja-min, le magnétisme dépende essentiellement de la section moyenne et ne varie pas avec la surface, si cependant celle-ci diminue indéfiniment., la tension ne croît pas jusqu’à l’infini, elle s’arrête à une limite figurée, à partir de la ligne moyenne, par les ordonnées d’une droite. Alors l’aimant est normal, sa surface est saturée, et quand on diminue encore de plus en plus la lame, à partir de cette limite, il y a une perte de magnétisme de plus en plus grande. Ainsi, quand la surface est insuffisante, le magnétisme total fourni par la section moyenne ne peut plus s'épanouir et se réduit. Mais si, dans ce cas on ajoute à la surface insuffisante une étendue convenable de fer, alors on fournira aux pôles l’espace qui leur manquait d’abord, et l’on devra pouvoir dévclopper.par l’aimantation sur la plaque trop petite ainsi additionnée, la même somme de magnétisme que sur une autre lame de même section moyenne, mais plus longue. Cette conclusion a été vérifiée par l’expérience, et on peut donc établir d’une manière générale que le magnétisme total fourni par la section moyenne peut être développé et conservé sur une lame dont les surfaces sont insuffisantes, à la condition de suppléer à l'insuffisance de la surface par des armatures de fer assez grandes. »
- Effet produit par l'application des armatures à des aimants tout formés. — M. Jamin revient encore, dans son mémoire présenté à l’Académie le 25 janvier 1875, sur les e.ffets produits par les ar-
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- matures sur les aimants. Il prétend que si l’on munit d’une armature l’extrémité boréale d’un aimant, elle ne modifie en rien l’état magnétique de la portion centrale restée nue, ce qui, au premier abord, paraît être en désaccord avec les expériences faites depuis longtemps par Descartes, Nicklès, moi et beaucoup d’autres; mais' laissons M. Jamin continuer ses déductions.
- « Si maintenant, dit-il, on considère l’effet que produit sur le côté austral une armature que l’on y applique, on reconnaît, comme il était facile de le prévoir, qu’elle prend du magnétisme, que l’acier en perd, mais que cette nouvelle distribution n’est en rien modifiée si l’on met une armature ou qu’on l’enlève du côté opposé, de façon qu’il y a une indépendance absolue, eu égard à ces armatures, entre les deux moitiés de l’aimant. Cette indép endance des deux extrémités prouve ce fait capital qui sera la base de tout ce qui va suivre : que l’application d’une armature à l’un des bouts d’un aimant y provoque une nouvelle distribution, mais ne diminue ni n’augmente la somme du magnétisme qui s’y trouvait d’abord. »
- M. Jamin cherche ensuite à montrer par certains chiffres de quelques expériences comment se fait cette nouvelle distribution dans chaque section de l’acier perpendiculaire à son axe, à des distances de la ligne moyenne et à des distances croissant de centimètre en centimètre; il conclut ainsi :
- « Ceci montre que l’acier a perdu et l’armature gagné, et puisque la somme a dû rester constante, il faut que la perte soit égale au gain. Or, les expériences prouvent qu’il n’en est point ainsi : la perte totale est égale à 27,1, le gain à 60,1. Celle-là est beaucoup plus faible que celui-ci ; leur rapport est 0,44g. C’est un l'ait général qui se retrouve avec tous les aciers et avec toutes les armatures.
- « Il aurait pu être prévu. En effet, le contact d’épreuve placé sur un fer doux aimanté attire à lui non seulement le magnétisme de la portion qu’il couvre, mais aussi celui des parties voisines, dans un rayon assez grand, à cause de la conductibilité du fer. La même chose a lieu quand il s’agit de l’acier; mais dans ce cas, la conductibilité étant moindre, l’étendue de l’élément influencé est plus petite. Les deux mesures ne sont donc pas comparables. Pour qu’elles le deviennent, il faut les ramener à des éléments égaux, c’est-à-dire multiplier celles du fer par un rapport plus petit que l’unité qui, dans les expériences précédentes, devra être re-
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- présenté par soit 0,45. Inversement, si l’on multiplie
- Par toutes les intensités observées sur l’acier, on les
- ramène au cas où elles mesureraient le magnétisme sur l’étendue d’un élément égal à celui du fer. Elles se trouveraient alors multipliées par 2,2. On voit par là que l’acier a en réalité très peu perdu et l’armature très peu gagné.
- « Si ces idées sont exactes, il faut que le coefficient a, représenté dans les expériences précédentes par 0,4s, soit invariable pour un même acier, et c’est en effet ce que l’expérience démontre.
- “ D’un autre côté, puisque la différence entre le gain du fer et la perte de l’acier provient de la différence de conductibilité des deux métaux, le coefficient a dépendra de la nature de l’acier et de son degré de trempe. Il se rapprochera de l’unité pour les aciers peu riches et bien recuits; il deviendra de plus en plus petit à mesure que l’acier sera plus dur et mieux trempé, et c’est ce que j’ai vérifié. Mais comme le coefficient a dépend de la conductibilité de l’acier, il peut servir à l’exprimer. Ainsi, elle sera représentée par 0,17 pour le dernier des aciers dont il a été question précé-
- demment, et 0,80 pour le premier! Par contre — sera une
- a
- mesure de la force coercitive égale à 5,9 pour l’acier le plus dur et i,2S pour l'acier le plus doux, celle du fer étant prise pour unité.
- « Les valeurs de a étant déterminées pour chaque acier,
- il faudra multiplier les mesures prises sur cet acier par ~
- pour les rendre comparables à celles qu’on a obtenues sur l’armature. On obtient ainsi les intensités réelles mesurées sur des éléments superficiels égaux, et on trouve ainsi que les armatures ne prennent en réalité que peu de magnétisme, aux aimants lors mêmes qu’elles seraient très étendues. »
- M. Jamin explique par ces considérations, pourquoi certains aciers durs qui semblent ne pas s’aimanter, à en juger par les effets produits sur le contact d’épreuve, prennent cependant un magnétisme notable. Suivant lui, tout contact enlève aux deux branches de l’aimant avec lequel il appuie une partie de ..leur magnétisme, beaucoup si cet aimant est bon conducteur; très peu, s’il est dur. Par suite, ce ne sont pas les aimants les plus chargés qui portent le mieux, ce sont ceux qui ont la meilleure conductibilité. Toutefois, M. Jamin fait une restriction pour l’action à distance; suivant lui, la conductibilité n’y est pour rien, c’est la charge vraie qui produit l’effet. « Un fer doux et un acier très dur, dit-il, qui indiqueraient le même magnétisme au contact d’épreuve, seraient très inégaux à distance; l’acier l’emporterait, et si à distance un acier est équivalent à un fer doux aimanté, il se montrera beaucoup plus faible en force portative et en intensité au contact, ou par son effet sur la limaille. »
- Ce mémoire comme on le voit, rejette bien loin les premières idées de M. Jamin sur l’action des aimants par rapport aux armatures. Il n’est plus question de condensation, mais d’une transmission par conductibilité du magnétisme à l’aimant, et tous les échanges qu’il signale sont tellement complexes que l’on perd de vue les effets simples. Pour nous, qui ne voyons dans tous les effets du magnétisme que des modifications dans l’orientation des polarités moléculaires, nous avons de la peine à suivre M. Jamin dans cette nouvelle théorie ; ce que nous savons, c’est que l’addition d’une armature à l’un des pôles d’un aimant détermine un effet de condensation à la surface de jonction des deux pièces magnétiques, qu’il en résulte un changement d’orientation dans l’axe des polarités atomiques de toutes les molécules magnétiques, qui accroît considérablement la force attractive du pôle dépourvu d’armature, alors que celle du pôle en contact avec l’armature est notablement amoindrie, et que la ligne neutre se trouve un peu déplacée vers le pôle muni de l’armature.
- Aimantation des aciers garnis d'armatures. — Cette note, présentée à l’Académie, le 8 février 1875, est en quelque sorte la suite de la précé-
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- dente, car il part des déductions qu’il y a formulées pour examiner ce qui a lieu, quand on aimante les lames sous l’influence d’armatures de fer.
- « J’ai admis, dit-il, dans de précédentes communications qu’un aimant peut toujours être décomposé en filets élémentaires couchés les uns à côté des autres, et dont les extrémités affluent aux surfaces polaires des deux côtés de la ligne moyenne. Après une aimantation déterminée, ces filets ont pénétré à une certaine profondeur. Leur nombre est proportionnel à cette profondeur et au périmètre de la section moyenne de l’aimant. Si le périmètre augmente ou diminue, ce nombre croît ou décroît proportionnellement, par conséquent la quantité de magnétisme de l’aimant est exclusivement réglée par la section moyenne et ne dépend aucunement de la forme et de l’étendue en longueur des aciers, du moins tant que ces filets trouvent vers les extrémités ,des surfaces polaires suffisantes pour s’y épanouir.
- « Si l’acier est très long, les pôles élémentaires sont confinés aux extrémités, et les deux courbes d’intensité magnétique sont très éloignées l’une de l’autre; si la longueur décroît, ces courbes se rapprochent sans s’altérer, et sans que la quantité de magnétisme change. L’acier diminuant toujours, elles finissent par se rencontrer. A partir de ce moment, elles se pénètrent, se transforment en deux droites opposées, et leur aire qui exprime la quantité de magnétisme diminue. J’explique ces faits en disant que dans le premier cas, les filets magnétiques ont plus de place qu’il ne leur en faut pour s’épanouir. Quand les courbes se touchent, ils ont justement la place qui leur est nécessaire, et réciproquement le nombre des pôles élémentaires des filets que peuvent recevoir les surfaces polaires est justement égal à celui qui peut être contenu dans la ceinture moyenne. Dans ce cas, l’aimant est parfait, il est plein; dans le cas précédent, la surface était imparfaitement remplie. Vient-on maintenant à diminuer encore la longueur, les filets, les plus courts disparaissent, parce que leurs pôles se réunissent, et la quantité de magnétisme décroît par insuffisance de place pour la distribution des pôles élémentaires. Dans le premier cas, il y avait trop de surface, dans le dernier trop peu. Dans le premier, la ceinture moyenne était trop petite, dans le dernier, elle est trop grande, et le cas intermédiaire offre précisément la surface polaire qui convient à la section moyenne et la section moyenne qui convient à la surface d’épanouissement.
- « Généralement le noyau n’est aimanté que superficiellement; s’il était aimanté également dans toute sa masse jusqu’à l’axe, le nombre des filets magnétiques serait proportionnel à la surface de la section moyenne. On s’en rapproche en divisant l’acier en lames minces qu’on aimante séparément et qu’on superpose; le nombre de filets augmente alors proportionnellement au nombre des lames, et comme les surfaces ne changent que par l’augmentation d’épaisseur elles se trouvent bientôt remplies de magnétisme ; les courbes d’intensité se rejoignent au milieu, et l’aimant est plein dans toutes ses dimensions, puisque d’une part, la section moyenne est aimantée à cœur et que de l’autre, les courbes d’intensité remplissent les surfaces extérieures. On voit ainsi pourquoi les faisceaux magnétiques sont supérieurs aux aimants formés avec une seule pièce qui aurait une épaisseur égale à la somme des épaisseurs des lames.
- « Ces idées conduisent simplement à la théorie des armatures. Quand un aimant est tout fait et qu’on met à la suite un morceau de fer, un certain nombre de filets magnétiques se prolongent à travers sa masse, et au lieu de finir à la Surface de l’acier, viennent se distribuer sur celle du fer. Il est clair que la perte de l’acier doit être égale au gain du fer, et qu’il n’y a eu qu’un simple déplacement.
- « Réaimantons maintenant l’appareil en le passant dans une bobine traversée par un courant, nous produisons alors une distribution nouvelle. En général, la ligne moyenne ne sera plus au milieu de l’acier, mais plus rapprochée du fer;
- l’armature aura enlevé plus de magnétisme et l’acier qu’elle touche en aura perdu davantage...Pour savoir si le ma-
- gnétisme total a augmenté ou non, il faut distinguer deux cas. Considérons d’abord un aimant dont les surfaces polaires sont suffisantes pour l’épanouissement des pôles élémentaires ou plus que suffisantes, c’est-à-dire un aimant plein ou incomplètement rempli : il est évident que l’aimantation de l’acier seul lui avait’donné tout le magnétisme qu’il pouvait recevoir dans sa section moyenne, que ce magnétisme était distribué tout entier sur les faces polaires, et qu’une réaimantation avec les armatures placées, ne peut rien changer à ces conditions. Tout se bornera à un changement de distribution, et la somme magnétique restera constante, c’est ce que l’expérience montre. Mais si l’aimant étudié était plus court, si les surfaces polaires étaient insuffisantes pour recevoir tout le magnétisme qui peut traverser la ceinture moyenne, dans ce cas, l’addition des armatures de fer ajoutera ce qui manquait de surface à l’acier. Le magnétisme sera donc augmenté, et si ces armatures sont suffisantes, l’ensemble prendra la même somme de magnétisme qu’un aimant d’acier simple qui aurait une longueur suffisante. On peut donc en aimantant l’acier armé quand il est court, lui communiquer une plus grande somme de magnétisme, que s’il n’est pas armé. »
- M. Jamin part de ces considérations pour rétracter une partie de ce qu’il avait avancé relativement à la condensation magnétique. Pour lui, maintenant, la condensation magnétique est une question de rapport de surfaces entre l’armature et l’aimant. Si l’aimant a des surfaces insuffisantes, l’armature les augmente et maintient la somme du magnétisme que ces lames pouvaient prendre individuellement. Après un premier arrachement, elles ne contiennent plus que le magnétisme qu’elles sont capables de garder et le second arrachement se trouve très affaibli, mais si l’on répète l’expérience avec un moins grand nombre de lames, assez petit pour que l’aimant total soit imparfaitement rempli, il n’y a plus de différence entre le premier arrachement et les suivants. « La différence que l'on trouve entre le premier et le second arrachement, dit M. Jamin est même un signe auquel on reconnaîtra si l’aimant que l’on construit est dépassé ou non. Tant qu’elle n’existera pas ou qu’elle, sera très faible, on pourra ajouter de nouvelles lames et gagner de la puissance; aussitôt qu’elle se montrera avec intensité, on* aura atteint et dépassé l’aimant plein. Toute addition nouvelle se fera en pure perte. »
- Ces résultats ne semblent pas du reste, altérer en rien les conclusions que j’ai posées relativement à la condensation magnétique. Pour moi, je n’avais jamais admis qu’il y avait augmentation de l’intensité magnétique par suite de cet effet, niais je démontrais que par l’immobilisation d’une partie des actions magnétiques par suite de l’adhérence de l’armature avec les pôles de l’aimant, les effets magnétiques étaient très amoindris aux secondes aimantations, et comme les conditions de surfaces magnétiques restaient les mêmes puisque les armatures n’étaient pas séparées des aimants, il fallait bien qu’il y eût une certaine partie de magnétisme dissimulé ou condensé à la surface de jonction des
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- deux pièces, et on le retrouvait aussitôt qu’on avait détruit la condensation. Quoi ' qu’il en soit, voici les conclusions auxquelles s’est trouvé conduit M, Jamin à la suite de ses nouvelles recherches.
- « On est' conduit par là, dit-il, à une importante modification dans la construction des aimants. Je suppose qu’on ait un grand nombre de lames, et qu’après les avoir aimantées séparément à saturation, on les superpose, on verra accroître le magnétisme du faisceau jusqu’à une limite qui ne pourra être dépassée, et qui sera atteinte quand les surfaces polaires seront remplies. Supposons qu’il faille dix James. Recommençons la même expérience en appliquant les mêmes lames contre deux armatures en fer de grande surface, les intensités croîtront beaucoup plus lentement parce que la somme des magnétismes se répandra sur des étendues plus considérables, et la limite ne sera obtenue que lorsque ces étendues seront pleines. Il faudra pour cela superposer vingt, trente, quarante lames, et, en général, un nombre d’autant plus élevé que les armatures seront plus grandes. La force totale de l’aimant s’augmentera donc avec ses armatures. »
- Profondeur et superposition des couches aimantées dans l'acier. — Le mémoire relatif à la profondeur et à la superposition des couches aimantées dans l’acier, qui a été présenté à l’Académie le i5 février 1875, est un des plus intéressants que M. Jamin ait publiés sur le magnétisme. Il y démontre, par des expériences nettes et précises, que le magnétisme ne pénètre que très peu profondément dans l’acier, même quand il est bien aimanté, et que cette profondeur est en rapport avec l’intensité de l’action aimantante.
- Il prend d’abord un canon de fusil chassepot fermé par deux boutons à vis du même métal, il y introduit un cylindre d’acier et aimante le tout dans une bobine magnétisante avec un courant dont il augmente successivement l’intensité. Tant que le courant est faible, il n’agit que sur le tube, laissant la tige d’acier à l’état naturel. A partir d’une force déterminée, il donne à la tige une aimantation qui croit avec la force électrique et qui finit par être égale à celle qu’on obtiendrait si le tube n’existait pas.
- On confirme cette expérience en introduisant la tige d’acier ainsi aimantée dans le tube de fer et en soumettant le tout dans la bobine à l’action d’un courant inverse à celui qui avait produit l’aimantation et dont on augmente successivement l’intensité. Tant qu’il est faible, la tige garde son aimantation, et la perd progressivement pour en reprendre ensuite une autre en sens inverse.
- « Il y a toujours un moment, dit M. Jamin, où l’ensemble du tube et du cylindre intérieur ne possède aucun magnétisme apparent et ne peut être aimanté par un courant inverse, tandis qu’il l’est énergiquement par le courant de sens direct qui a produit l’aimantation de la tige; mais si l’ensemble est neutre, il n’est pas à l’état naturel, car, en séparant les deux parties du système, on leur trouve des aimantations différentes, l’une directe sur la tige, l’autre inverse sur le tube; elles se neutralisaient par leur superposition.
- C’est l’image de ce qui se fait dans un seul morceau d’acier quand il a subi deux aimantations contraires qui se superposent et se neutralisent sans pour cela se détruire, et je l’ai démontré en dissolvant suffisamment la surface d’une lame aimantée dans ces conditions. »
- L’expérience est assez délicate en raison du défaut d’homogénéité des aciers; cependant M. du Goryon a pu en fabriquer dans des conditions assez parfaites pour que l’expérience fût indiscutable. Mais voici comment ont été effectuées les expériences de M. Jamin.
- Il aimantait à saturation une lame et après l’avoir •plongée dans de l’acide sulfurique dilué il la retirait toutes les demi heures pour mesurer son épaisseur et la quantité de magnétisme qu’elle gardait : il a trouvé que celle-ci diminuait à mesure que la lame s’usait. Si l’aimantation était uniformément répandue dans toute la masse, le rapport de la quantité du magnétisme à l’épaisseur aurait dû être constant. Or, il ne l’était pas, et l’on a trouvé qu’il diminuait jusqu’à zéro. Ayant ainsi usé de chaque côté environ quatre dixièmes de millimètres, il resta un noyau sans aimantation, et on reconnut que cette profondeur était indépendante de l’épaisseur primitive de la lame. Le noyau ayant été à son tour réaimanté a repris exactement la même somme de magnétisme que la lame primitive, et on a pu le faire disparaître par le même moyen. En renouvelant ces opérations jusqu’à ce que la lame eût été réduitè à une épaisseur de 4 dixièmes de millimètre, on a retrouvé les mêmes effets. Quand le noyau ainsi réduit s’est trouvé réaimanté puis de nouveau dissous, ou a trouvé que le magnétisme avait alors pénétré toute la masse et qu’il gardait cette fois une somme d’aimantation toujours proportionnelle à son épaisseur. .
- Pour montrer que l’épaisseur des couches aimantées croît avec l’intensité du courant, M. Jamin a aminci à l’avance mais inégalement une série de lames, et les ayant rangées par ordre, il les a aimantées toutes par des courants d’intensité croissante. Tant qu’ils étaient faibles ils donnaient à toutes les lames le même magnétisme, parce que les couches aimantées pénétraient dans chacune d’elles à une profondeur moindre que son épaisseur totale, mais à un moment donné la plus mince des lames se trouva pénétrée dans sa totalité par l’aimantation, son épaisseur était alors égale la profondeur des couches. Pour un courant plus fort, on vit la deuxième lame se saturer à son tour et ainsi des autres successivement. Toutefois, M. Jamin a reconnu que quand l’épaisseur des lames dépasse une certaine limite 7. toutesdevien-nent identiques et prennent une somme de magnétisme égale, ce qui prouve que les couches magnétisme elles-mêmes se limitent à cette épaisseur u. qu’elles ne peuvent dépasser.
- Il paraît que cette limite est très variable pour
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- les divers aciers; elle est très grande pour ceux qui sont mous et recuits et diminue quand leur richesse en carbone augmente et que la trempe est plus forte. M. Jamin en a trouvé qui variaient depuis 4 dixièmes à i dixième de millimètre. Mais si la profondeur de l’aimantation diminue, quand le conductibilité magnétique décroît, l’intensité magnétique va en augmentant. Il en résulte que la quantité d’aimantation est soumise à deux causes de variations inverses, la profondeur qui augmente, l’intensité qui décroît quand le conductibilité croît, et on comprend, par conséquent, que pour chaque acier le maximum dépend de la trempe aussi bien que de l’épaisseur du barreau.
- Pour montrer la superposition de deux couches d’aimantations contraires dans un même barreau, M. Jamin aimante une lame à saturation complète jusqu’à ce que la couche ait atteint l’épaisseur p. dont il a été parlé plus haut, puis il la réaimante en sens contraire avec un courant plus faible, il se produit alors superficiellement un magnétisme contraire au primitif qui occupe une couche p.' qui peut être dissoute par les moyens indiqués plus haut, et alors on retrouve au-dessous la couche occupée par le magnétisme primitif. En n’effectuant la dissolution que sur une des moitiés du barreau, on se trouve avoir sur la même lame les deux couches magnétiques qui donnent alors aux deux extrémités du barreau des pôles de même nom.
- Cette superposition de magnétismes contraires a permis à M. Jamin de reproduire les effets bizarres d’attraction signalés par Galilée en 1607 dans une pierre d’aimant qui avait la propriété d’attirer de loin et de repousser de près le même pôle d’un barreau aimanté. Sa note sur ces effets a été insérée aux Comptes rendus du 5 avril 1875.
- (M suivre.) Th. du Moncel.
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DES CÔTES D’ANGLETERRE ET D’aUSTRAI.IE (')
- Malgré son incomparable intensité, qui semblait en indiquer tout naturellement l’application aux phares, la lumière électrique n’est encore installée, dans le monde entier, que sur 10 phares seu-
- (* *) Mémoires à consulter.
- J. n. Douglass, « The Electric Light, applied to Light-hàuse Illumination ». (Institution of Civil Engineers. London, 25 mars 1879).
- J. t. Chance « Dioptrie Apparat us in Lighthouses for the Electric Light ». (Institution of Civil Engineers, London, 22 avril 1879).
- (La plupart des figures de cette notice ont été empruntées à ces mémoires).
- J. Tyndall et J. n. Douglass. « Electric illumination... » (Rapport à l’administration des phares sur les essais du
- lement, dont 4 en France, 5 en Angleterre, un à Port-Saïd, un à Odessa, un à Berdiansk, dans la mer d’Azoff, un en Australie, à Sydney : il n’existe pas de phare électrique aux Etats-Unis (').
- Toute invention nouvelle rencontre presque toujours deux l’obstacles, l’esprit de routine ou, ce qui, lui est parfois plus funeste, l’enthousiasme exagéré, badaud tout simplement, ou assaisonné de spéculations plus malicieuses qu’intelligentes. L’application de l’électricité à l’éclairage des phares à évité ces deux écueils : celui de la routine, parce que sa cause a été, dès l’origine, défendue par des savants de la plus haute autorité, et l’autre, parce qu’elle ne se prêtait guère à l’agiotage, par sa nature même, et par l’honorabilité des administrations qui ont présidé à son développement; elle s’est donc développée, un peu lentement mais dans des conditions de compétence et d’honnêteté malheureusement très rares.
- Les principales objections opposées à l’application de l’électricité à l’éclairage des phares peuvent se ramener aux suivantes :
- i° Complication, et surtout instabilité des appareils. Cette objection est aujourd’hui complètement réfutée par l’expérience : les feux électriques des phares décrits dans cette notice n’ont presque jamais manqué, malgré la complication relative de leurs installations; il en sera, à fortiori, de même des applications futures, plus simples, et qui mettront à profit l’expérience acquise dans le prodigieux développement de l’industrie électrique.
- 20 L’élévation des dépenses d’établissement et
- South Foroland. Engineering, 19-26 octobre et 2 novembre 1877).
- R. Wigham « Gas comparai with Electric Light for Light house. » (British Association; section G. Meeting de York, octobre 1881). — dito... » The Advantages of Ex-Focal Light ,in First Order Dioptrie Lighthouses ».
- G. Elliot (Mayor). Report of a Tour of Inspection of Eu-ropean Lighthouses made in 1873. Londres. Spon.
- J. J. Sloanc « On proposed Inprovements in Dioptrie Len-ses for Gas Lighthouses. » (Institution of Civil Engineers in Ireland, 3 décembre 1877).
- Alan Brebner « Dioptrie Apparatusin Lighthouses ». Proc. Inst, of Civil Engineers. London 1882, vol. IV. •
- (*) Voici quelques dates. Essais de Blackwall, par Faraday. (1357). Phares de South-Foreland (i858 et 1861). Port-Saïd (i858). Dungeness (1862). La lleve (i(S63 et i865). Odessa (1866). Grisnez. Lizard (1878). Planier (1881). Dans son « Mémoire sur les phares électriques » (Imprimerie nationale, 1880) dont les conclusions ont été adoptées par la commission des phares en 1880, et par le conseil général des ponts et chaussées en 1881, M. Allard a proposé l’application de l’éclairage électrique à 42 phares de France. (Voir dans La Lumière Électrique du 5 octobre 1881 l’article de M. Guerout sur l’éclairage électrique des côtes en France). La maison Sautter et Lemonnier termine, en ce moment, la construction de l’appareil optique de 1 mètre de diamètre destiné au phare électrique de l’ilç de Razza (baie de Rio-de-Janeiro). Cet appareil, des plus remarquables, sera décrit en détail, dans un de nos prochains numéros.
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- d’entretien. Cette objection, tirée de considérations d’économie secondaires dès qu’il s’agit de sécurité, sera discutée mieux à sa place à la suite des descriptions des phares qui font l’objet principal de cette notice :
- 3° L’inaptitude de la lumière électrique à percer les brumes et les brouillards (*)
- Cette objection touche à une question de physique des plus intéressantes; je demanderai au lecteur la permission de l’exposer avec quelques détails.
- On dit, en technologie des phares, que le temps est brumeux, quand une lumière d’intensité égale à l’unité française — (celle du bec Carcel à mèche de 20mm, brûlant 42 grammes de colza épuré à l’heure, avec un hauteur de flamme de 40m/m) cesse d’être visible, pour les personnes douées d’une vue moyenne, à une distance de 5 kilomètres. Quand la portée de l’unité de lumière est inférieure à 5 kilomètres, il y a brouillard ; en temps clair, l’unité de lumière est visible jusqu’à 8 kilomètres et demi environ. La puissance d’absorption de certains brouillards est énorme ; ils rendent souvent l’unité de lumière invisible à 25 mèt.
- De plus, l'opacité des brouillards augmente extrêmement avec la distance ; c’est ainsi qu’il faudrait 1,600 carcels pour percer à 1,000 mètres un brouillard qui laisserait voir l’unité de lumière à
- p) Si on désigne par
- L l’intensité lumineuse du phare, ou le nombre de carcels envoyés, sur l’unité de surface, à l’unité de distance ;
- l la sensibilité visuelle ou la plus petite quantité de lumière, à l’unité de distance, que puisse percevoir l’observateur, dans une atmosphère dont la transparence serait complète ;
- a la fraction de lumière reçue que laisse passer une couche d’atmosphère d’une épaisseur égale à l’unité de distance, pour un temps moyen, et en prenant pour unité de distance le kilomètre a = o,qo3.
- .v la portée optique du phare;
- on a, entre ces données, la relation L ax
- x*
- d’où log. = x (— log. a) + log. /.
- Cette relation montre avec quelle rapidité les portées lu-
- 5oo mètres, et un million de carcels pour la percer à 2 kilomètres: dans de pareilles circonstances, l’intensité des lumières électriques, si brillantes qu’elles soient, reste impuissante.
- Si l’on ajoute que cette portée de 2 kilomètres, si faible, est à peu près la limite au-delà de laquelle cesse de s’entendre, dans des temps de forts brouillards, le son des sirènes les plus puissantes, on voit tout l’intérêt qu’il y aurait à pouvoir disposer, coûte que coûte, de feux pouvant couvrir la mer presque sûrement à 3 ou 4 kilomètres du phare.
- Ce n’est pas une question d’intensité seulement, mais aussi de nature ou de composition de la lumière. Les brumes et les brouillards absorbent, en effet, de préférence, les rayons les plus réfrangi-bles du spectre — violet indigo bleu — et laissent passer beaucoup plus facilement le jaune et le rouge ; t’est à ce phénomène que nous devons les tons chauds du couchant et les colorations rosées de l’aurore, parce que les rayons presquehorizon-taux du soleil ont alors à traverser, sur une grande épaisseur , les couches inférieures de l'atmosphère. (4)
- La lumière électrique est, comme celle du soleil, beaucoup plus riche en rayons très réfran-gibles et facilement absorbables que les lumières de l’huile et du gaz, dans lesquelles les rayons rouges et jaunes ont la prépondérance : il en résulte, qu’à intensité égale, la lumière électrique perce les brouillards moins loin que les autres.
- On peut se rendre compte de ce fait par l’examen des spectres représentés par la fig. 1 (2), dans laquelle les abscisses, portées sur AB et CD, représentent les quantités des différentes couleurs du spectre présentes dans les lumières de l’électricité, de l’huile ou du gaz, les ordonnées leur intensité lumineuse, et les surfaces couvertes de hachures
- mineuses diminuent, quand l’opacité de l’atmosphère-^ augmente même très peu. (Voir Reynaud, mémoire, etc., pages i3 et 17).
- (9 Voir Tyndall. (Traduction de M. l’abbé Moigno, Gau-thier-Villars). La Chaleur, chap. XV, et La Lumière, pages 164 et 18S.
- (2) D’après M. Vernon-Harcourt. (Mémoire de Douglas, page 73).
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- les puissances lumineuses absorbées par un même brouillard. La visibilité des deux lumières étant alors représentée par les aires AGB et CHD, on voit très bien comment, avec une intensité totale moins considérable (CFD < AEB) la lumière de l’huile reste, en temps de brouillard, plus visible que l’arc électrique.
- M. W. Siemens a, en outre, fait observer, mais sans éclaircir nettement sa pensée que l’intensité même de la lumière électrique aiderait à la rapidité de son absorption, car la lumière étant un mouvement vibratoire à travers le milieu qui la transmet, tout milieu, brouillard ou fumée, qui s’oppose à cette transmission, doit agir proportionnellement aux carrés des intensités lumineuses.
- La lumière électrique pécherait donc, à la fois, par sa composition et par son intensité même, et l’on n’aurait pas à s’étonner de cette affirmation de Faraday, qu’un feu de lampe à huile de 722 candies (‘) ou de 80 carcels, suffit à percer un brouillard à 2 milles (3 200 mètresj, tandis que les 16.200 candies des phares électriques du cap Lizard sont à peine visibles, dans les mêmes conditions, à une distance de 4 milles.
- En tenant compte de ce que l’intensité de la lumière diminue proportionnellement aux carrés des distances, on trouve qu’il suffirait d’une lampe à huile de 3,000 candies (33o carcels environ) pour arriver, en temps de brouillard, au même résultat que les feux électriques du cap Lizard. Une pareille intensité est pratiquement irréalisable avec les lam-
- (') Le candie est l’unité lumineuse anglaise; c’est la lumière donnée par une bougie de spermaceti brûlant 120 grains ou 7 grammes 80 par heure : l’unité lumineuse française est la lumière donnée par une lampe carcel à mèche de 20mm et brûlant 40 grammes de colza à l’heure. Ces unités sont très vagues, suivant les auteurs, un carcel vaut 7,4 ou g,5 candies; la valeur 9,5, adoptée dernièrement'par MM. Sugg, Kirtmann et Leblanc, paraît la plus probable. J’ai néanmoins pris pour équivalant du carcel, 9 candies, parce que c’est la valeur la plus souvent admise en France pour l’établissement des phares.
- Il faut remarquer, de plus, que l’intensité de la lumière d’une flamme n’est pas la môme en tous ses points. Pour une flamme de lampe, l’intensité est maxima dans le plan horizontal passant par son foyer dans des plans inclinés de i° au-dessus et au-dessous de l’horizon, cette intensité est réduite respectivement aux 0,75 et aux 0,20 de sa valeur maxima. Avec une machine dynamo à courants alternatifs, le maximum d’intensité se trouve encore dans le plan focal, mais il n’en est plus de même avec les machines à courants continus, dont le charbon positif se taille en table ou en une facette inclinée, d’où émane presque toute la lumière; l’intensité dépend alors de l’angle sous lequel on regarde cette face, dont le centre doit coïncider avec le foyer de l’appareil optique. — Une lumière électrique à courant continu d’intensité 100 dans le plan focal équivaut, à peu près, à une lumière de même grandeur et d’intensité uniforme égale à 177; l’intensité moyenne d’une lumière de lampe à huile est égale au contraire aux 0,76 de l’intensité dans le plan focal. (Voir Reynaud, Mémoire sur l’éclairage, pages 65 et 71. Sauter. Notice sur les phares, pages 46, met 116, et Allard, Mémoire sur les phares, pages 9 à 17):
- pes à l’huile, mais on peut atteindre, avec les feux de gaz, une intensité de 5,000 candies (55o carcels) équivalente, en temps de brouillard, d’après M. Vernon Harcourt, à 28,5oo candies (3,200 carcels), de lumière électrique, et près de six fois moins cher (4).
- ' Le gaz semble donc se présenter, à certains points de vue, comme un rival redoutable de l’électricité: j’examinerai bientôt cette question, plus en détail, à propos des remarquables travaux de M. Wigham.
- Si l’on ajoute, aux observations précédentes, ce fait que la lumière électrique augmente, à cause de sa grande intensité, les phénomènes (2) d'irradiation on aura énoncé, je crois, à peu près toutes les objections de principe que l’on puisse élever contre l’application de l’électricité à l’éclairage des phares.
- On peut répondre, à l’objection tirée de l’effet des brouillards, qu’elle n’a de valeur que pour les temps exceptionnels; c’est ainsi que l’expérience a démontré, qu’au cap Lizard, le feu électrique de i6.5oo candies (1 83o carcels), reste parfaitement visible aux limites de la portée géographique du phare, 17 milles, ou 27 kilomètres, tandis que l’éclairage à l’huile ne porte qu’à 8 milles et demi (3); le feu électrique gagne et très rapidement, d’autant plus que l’atmosphère est plus claire. L’expérience, corroborée par des témoignages d’une irrécusable autorité (’’) a, de plus, démontré que, dans l’immense majorité des cas de brouillards et de brume, la
- (*) Mémoire de Douglas, page 74.
- (2) L’amplitude de l’irradiation est mesurée par la valeur de l’angle que doivent faire, en projection horizontale, deux points lumineux, pour ne pas paraître placés sur une même verticale : elle augmente avec la myopie, les brouillards, l’intensité lnmineuse de l’objet, et l’obscurité du fond sur lequel il se détache.
- Le service des phares français a fixé il i5' le minimum de l’angle que doivent faire les leux des phares des trois premiers ordres. (L. Reynaud, Mémoire sur l’éclairage, etc., page 33. Voir aussi Comptes rendus de. l’Académie des Sciences des 27 novembre 1880 et et 7 juillet 1882, les communications de M. A. Charpentier Sur la visibilité des points lumineux).
- (a) La portée géographique d’un phare est la longueur.de la tangente menée, à la surface de la mer, du sommet du phare, et prolongée jusqu’à l’œil de l’observateur ; elle est donnée, pour une valeur moyenne de la réfraction atmosphérique, par la formule
- P = 1.55 j/ R (H + h)
- R étant le rayon de la terre; II et h les hauteurs du phare et de l’observateur au-dessus de la mer (voir Reynaud, Mémoire sur l’Eclairage, etc., p. 29).
- ('*) Il me suffira de citer les deux suivants : Lettre de M. Delbeke, capitaine du steamer la Flandre. « Daus la « nuit du 27 février 1865, je doublais le cap d’Antifer, à une » heure du matin, à 3 milles de distance... le temps était
- très brumeux au-dessus de la tour, mais quelqu’un de » pratique en voyait assez clairement le pied pour détermi-« ner la position; j’étais donc à 11 milles et demi du phare de Fécamp, dont la brume interceptait la vue, et à 12 mil-
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- lumière électrique reste, malgré son absorption considérable, beaucoup plus distincte que les autres feux. Son intensité, à laquelle on n’a pas encore asssigné de limite pratique, triomphe de tous les obstacles, car l’introduction des rayons très réfrangibles et très absorbables, auxquels la lumière électrique doit sa blancheur et son éclat, est toujours accompagnée d’une intensification correspondante des rayons rouges, moins réfrangibles, et qui percent mieux le brouillard (').
- Il faut, en outre, remarquer que les lois de l’absorption des rayons lumineux par l’atmosphère qu’ils traversent suffisent pour rendre compte du peu de portée que l’on gagne avec une augmentation considérable de l’intensité des feux dès que le brouillard se lève. C’est ainsi que d’après les formules, admises pour le calcul des portées optiques des phares, on trouve qu’il n’y a pas, « dès que la « brume empêche d’apercevoir une lampe carcel à
- - les et demi des phares- (électriques) de la Hève, sur les->• quels je pouvais me diriger, puisque je voyais, non pas les « feux, mais la réverbération de l’un d’eux. En approchant « pour faire la passe N.-O. pour entrer dans la petite rade « du Havre (il était alors 3 heures du matin), j’ai parfaite-« ment distingué le feu électrique et n’ai pu distinguer le
- - feu ordinaire (Quinette de Rochemont. Notice sur les « phares électriques de la Hève, p. 27, Dunod, 1870). »
- Lettre de M. Petit, chef du service hydrographique d’Anvers : « Pendant l’année 1872, j’ai fait une étude spéciale des « nouveaux feux électriques du South-Foreland, et j’ai com-« paré leur portée à celle des feux à l’huile visibles entre « Ostende et Douvres. •
- « Pendant 100 nuits consécutives de temps quelconque, le South-Foreland fut visible :
- « 75 fois à plus de 20 milles avec une portée moyenne de 25 mètres 07.
- « 8 fois entre 20 et i5 milles avec une portée moyenne de 17 mètres 07.
- « 17 fois à moins de i5 milles avec une portée moyenne de 8 mètres o3.
- Les feux à l’huile du South-Foreland, de Calais, de Dunkerque et d’Ostende furent en vue, pendant ces mêmes nuits :
- « 29 fois à plus de 20 milles avec une portée moyenne de 21 mètres 07.
- « 43 fois entre 20 et i5 milles avec une portée moyenne de 17 mètres 07.
- « 28 fois à moins de i5 milles avec une portée moyenne de 9 mètres.
- « En un mot, l’immense supériorité de la lumière élec-« trique sur les feux à l’huile est démontrée par ce fait que « la première atteint sa portée géographique 75 fois sur 100,
- * tandis que les autres ne l’atteignent que 29 fois sur 100. » (Douglas, Mémoire, etc., p. 37, cité par Tyndall). Voir aussi : Mémoire sur les phares à lumière électrique, par M. L. Petit, Brux_elles, 1880.
- (* *) Le docteur Draper a démontré que si on fait rougir un fil de platine au moyen d’un courant électrique, les rayons les moins réfrangibles — rouge, orangé, vert —• apparaissent d’abord, puis s’ajoutent les rayons les plus réfrangibles, à mesure que le fil devient incandescent (Tyndall, La Lumière, p. 145. Voir aussi La Lumière Electrique du 2.3 avril 1881, p. 302, le compte rendu des travaux de M. Violle « Sur l’intensité de la lumière fournie par le platine incandescent à différents degrés de température, » et le numéro du 28 décembre 1881, le résumé des recherches de MM. Crova et La-garde « Sur le pouvoir éclairant des radiations simples. »
- « plus de 1 000 mètres, de différence entre la por-« tée d’une lumière équivalente à 4000 becs et « celle d’une lumière cinq fois plus intense ('). »
- Il résulte aussi, de ces lois, que la différence de composition des lumières des lampes et l’arc électrique ne saurait avoir, sur leurs portées en temps brouillards, une influence aussi considérable que celle que leur attribuent si volontiers les adversaires de l’éclairage électrique.
- Voici comment s’exprime à ce sujel, M. Allard, dans la note qu’il vient de publier dans le n° du B mars 1882 des « Annales des ponts et chaussées ».
- « Sur l'emploi de la lumière électrique dans les phares. »
- « Supposons un phare de premier ordre, à l’huile minérale,donnant, comme le phare de Dunkerque, un éclat de 6 25o carcels, et considérons, en même temps, une intensité vingt fois plus forte, c’est-à-dire de 125 000 carcels, comme le sera celle des phares électriques projetés sur les côtes de France. Dans l’état de transparence moyenne de l’atmosphère, qui, pour la Manche, est représenté par le coefficient a — 0,903 (2) les portées correspondantes à ces deux intensités lemineuses sont 53km,o et 75km,4 ; car on a bien, comme il est facile de le vérifier:
- 6250.0,903 l25oco.o,qo3
- 532 ~ 75,72 " — °’01-
- « Ainsi, on a gagné 22 kilomètres sur la portée, ou 42 p. 100 ; en d’autres termes, cette portée a été augmentée dans le rapport de 1 à 1,42, lorsque l’intensité l’avait été dans le rapport de 1 à 20. Considérons maintenant un état de l’atmosphère moins transparent, et prenons a = 0,747, ce qui représente une transparence au-dessous de laquelle l'air se maintient pendant — du temps dans la Manche. Les portées sont alors 24km,o et 32kœ,2 ; on ne gagne plus que 8 kilomètres environ, soit 3q p. 100. Enfin dans un temps dé brouillard ordinaire, représenté, par exemple, par a —o,o55, qui règne pendant une durée totale équivalente à dix nuits environ par an, les portées sont 3km,7 et4km,6; on gagne moins de 1 kilomètre, à peine 24 p. 100. Certains brouillards très épais, qui se présentent très rarement et qui sont définis par cette circonstance qu’une carcel devient invisible au delà de 25 mètres, ne laisseraient apercevoir les deux lumières considérées qu’à 182 et 211 mètres. C’est là véritablement un brouillard à peu près impénétrable, et on voit qu’en vingtuplant la lumière du phare, on n’augmente que d’une quantité insignifiante, 29 mètres, sur 182 mètres, ou de 16 p. 100, la distance de pénétration................................ .........
- (') Reynaud. « Mémoire sur l’éclairage, etc. » p. 20. (2) Voir la note 1, page 295.
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- « La courbe des intensités lumineuses du spectre solaire, quoiqu’elle ne soit pas connue avec précision, permet de reconnaître que les deux couleurs centrales, le jaune et le vert, représentent à peu près les trois quarts de l’intensité lumineuse totale, que les rayons, plus réfrangibles, du bleu au violet, en font les 14 centièmes, et que les deux couleurs les moins réfrangibles, le rouge et l’orangé, en forment à peu près les 11 centièmes, dont 2 seulement pour le rouge.
- « Au lieu de nous borner à la couleur rouge, considérons l’ensemble des deux couleurs les moins réfrangibles, qui peuvent, l’une et l’autre, contribuer à la production du phénomène dont nous nons occupons. Supposons que ces deux couleurs entrent
- pour i3 centièmes dans l’intensité totale de la lumière à l’huile ou au gaz, et pour 9 centièmes seulement dans l’intensité de la lumière à arc voltaïque, ce qui revient à dire que la lumière à l’huile en contient environ un cinquième de plus que la lumière solaire, et la lumière voltaïque un cinquième de moins, ou que la lumière à l’huile en contient moitié plus que la lumière électrique. Cette proportion doit évidemment dépasser de beaucoup la réalité.
- «' Admettons en outre que, par un temps légèrement brumeux, les lumières à l’huile ou au gaz paraissent un peu rougeâtres à une distance de i kilomètre, et que cette coloration doive être attribuée à ce que la proportion du rouge et de l’orangé,
- FIG. 2. — MACHINE MAGNÉTO-ÉLECTRIQUE DE HOLMES. TYPE DE IS58. — ESSAIS DE BLACKWALL.
- par suite du passage à travers ce kilomètre d’air, est devenue égale à 18 centièmes au lieu de i3. Si on appelle a' le coefficient moyen de transparence de l’air pour les rayons du rouge et de l’orangé et a" la moyenne des coefficients relatifs aux autres rayons, on devra avoir
- „ 0,18
- °,i3 a = a"> ou a ~ l>4fà a",
- et si 011 fait
- il vient
- a" =0,0;
- a' = 0,081.
- \
- « Calculons, avec ces données hypothétiques, les portées des deux lumières que nous avons déjà considérées, l’une à l’huile, de 6 25o carcels, l’autre à arc voltaïque, de 125 coo carcels.
- « Pour la lumière à huile l’équation est :
- 62So [o,i3 (0,081)* + 0,87 (o,o55)*] — o,ot a2; elle donne
- at = 3km,8o5.
- Pour la lumière électrique, en lui supposant d’abord la même composition qu’à la lumière à' l’huile, c’est-à-dire i3 pour 100 de rayons rouges et orangés, l’équation est :
- 125000 [o,i3 (0,081)* + 0,87 (o,o55)*] = o,oi a*,
- et on trouve
- .y = 4km,7-10.
- « Enfin, pour la lumière électrique, en lui supposant 9 pour 100 de rouge et d’orangé au lieu de i3 pour 100, on a l’équation :
- d’où
- 125 000 [0,09(0,081)* -f 0,91 (o,o55)* | =0,01 a2, a- = «1,699.
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- « Ainsi, lorsque l’état de l’atmosphère est tel qu’une lumière à l’huile de 6 25o carcels n’est visible que jusqu’à 3km,8o5, une lumière électrique de 125 000 carcels sera vue jusqu’à 4^,740, si on lui suppose, la même composition qu’à la lumière à l’huile, et jusqu’à 4km,Ô99, si on admet que la proportion de rouge ou d’orangé qu’elle contient n’est
- que de 9 pour 100 au lieu de i3 pour 100. La perte de portée de la lumière électrique résultant des hypothèses que nous avons faites n’est donc que de 41 mètres, ou de moins de 1 pour 100, et la perte réelle doit être plus petite encore, car ces hypothèses ont évidemment exagéré les différences que peuvent présenter soit les transparences de
- FIG. 3. — MACHINE MAGNETO-ELECTRIQUE DE HOLMES, TVPE DE l858, ADOPTÉ POUR LE PHARE DE DUNGENESS.
- l’atmosphère, soit les proportions de rayons rouges et orangés des deux lumières. »
- On peut donc affirmer qu’il n’existe plus, contre l’application de l’électricité à l’éclairage des phares que des objections d’ordre secondaire, incapables d’en ralentir encore le développement.
- Les concurrents de l’électricité, pour l’éclairage des phares ont été, en Angleterre, outre les lampes à huile, le gaz et la. lumière Drummond.
- Le gaz a pour principal promoteur (*) M. R. J. Wigham, de Dublin; son emploi fut proposé pour la première fois par Aldini, en 1823. Le gaz est appliqué actuellement à l’éclairage de sept phares sur les côtes d’Irlande; il est à l’essai depuis 1872 au phare de Haisbro, sur la côte de Norfolk. —
- (*) Voir « On Lighthouse Illumination » by R.-J. Wigham (British association, section G, Dublin Meeting, 1878).
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- UNE CHASSE \
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- LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 4
- Je reviendrai sur cette: importante question à la fin de cette: notice. > ÿ;; ' 1
- En 1837, M. G. Gurney proposa l’emploi d’une lumière: produite par une injection d’oxygène au centre, d’une flamme d’huile; dans un essai au phare d’Orford, en 1839, l’intensité de cette flamme se montra 2 fois et demie plus considérable que celle d’une flamme d’huile de même dimension; on ne put l’adopter à cause de son prix excessif.
- La lumière Drummond fut essayée sans succès, en 1862, au South-Foreland.
- C’est en 1857 que l’administration des phares d’Angleterre fit exécuter, à Blackwall, sous la direction de Faraday, l’essai d’une machine de Holmes, destinée à l’éclairage électrique des phares. Cette machine est représentée par la fig. 2; elle avait environ im5o de côté, im3o de haut, et pesait 2 tonnes; elle portait 36 aimants de 22 kilogrammes, montés sur six roues de six aimants chacune ; les bobines, au nombre de 120, étaient disposées par groupes de 24 sur cinq cercles fixes; les roues des aimants tournaient à 600 tours par minute. Les courants étaient redressés par un commutateur; la machine exigeait une force de 2 chevaux et demi.
- Le succès de ces expériences et les encouragements de Faraday décidèrent l’administration des phares à commander, pour être essayées aux phares du South-Foreland, deux machines du type représenté par la fig. 3; les principales dimensions de ces machines, qui nous paraissent colossales si on les compare aux appareils modernes de même puissance, étaient les suivantes : longueur 2m8o, largeur im70, hauteur 2m9o; elles pesaient 5 tonnes et quart et portaient 60 aimants de 22 kilogrammes, disposés sur trois cercles, et 160 bobines sur deux deux roues. Les grandes dimensions de cet appareil provenaient de ce que sa vitesse ne devait pas dépasser 90 tours par minute ; dans cette machine, à l’inverse de la précédente, les aimants perma-nants ne tournaient pas : les courants étaient redressés par un commutateur; chaque machine absorbait environ 2 chevaux trois quarts.
- La lumière électrique se montra, pour la première fois, en mer, au South-Foreland, le 8 décembre i858, avec ces machines de Holmes et une lampe de Dubosq. L’appareil optique employé était un grand appareil de Fresnel, à feu fixe, construit pour une flamme de lampe de ioom/m de diamètre, de sorte que les essais ne furent pas aussi satisfaisants qu’avec un appareil spécial à l’électricité ; leur succès fut néanmoins assez brillant pour exciter l’enthousiasms de Faraday, et décider l’amirauté à adopter définitivement les appareils que je viens de décrire, pour le phare de Dungeness, où ils fonctionnèrent pendant i3 ans.
- (A suivre.) Gustave Richard.
- Un grand propriétaire du Lancashire, plus excentrique encore que la plupart des Anglais restés, célèbres par leurs extravagances, avait souvent en-téndu raconter, par des voyageurs du nouveau monde, les prouesses des trappeurs de l’Amérique du Nord, chassant d’une façon curieuse les gros animaux dans les régions si arides que l’on rencontre en s’avançant vers le pôle. Les fauves sont communs dans ces contrées désolées, et leur fourrure est très estimée, aussi les chasseurs s’aventurent-ils à les poursuivre en employant pour les atteindre un procédé dont l’étrangeté tourmentait depuis longtemps notre insulaire du Lancashire.
- C’est le Fire hunting, système bien connu depuis des temps immémoriaux, et qui est d’une simplicité presque sauvage. Les accessoires se composent d’une espèce de récipient métallique en forme de poêle ou de large casserole, que l’on emmanche sur une longue perche à laquelle est fixée une planchette; cet appareil est tenu sur l’épaule, tandis qu’un mélange de résine et de pommes de pin, allumé sur le récipient produit une vive lumière dans la nuit, choisie aussi sombre que possible. Le nord du Canada, où se pratique surtout ce genre de chasse, est couvert de neige la plus grande partie de l’année, aussi se figure t-on l’effet éblouissant que produit ce fanal, dont les lueurs fantastiques se projettent au loin; les animaux que. l’on rencontre, cerfs, rennes et même les carnassiers, sont terrifiés et n’osent plus faire un pas; les chasseurs expérimentés les ont bientôt aperçus et savent juger de la distance à laquelle ils se trouvent; c’est alors qu’en posant leur carabine sur la planchette dont nous avons parlé, ils peuvent viser l’animal qui présente, comme points de mire, les yeux que ’ l’on voit briller à la clarté du fanal. Si l’espace entre les deux points brillants des yeux est assez; écarté, c’est que l’animal est rapproché, et il est bientôt abattu à coup sûr.
- Le Fire hunting, dont nous venons de donner une idée, se pratique non seulement en Amérique,, mais aussi dans l’Afrique du Sud et même dans les Indes anglaises, et le gentleman du Lancashire, enthousiasmé par les récits de ces hécatombes de gros gibiers et de bêtes féroces, ne rêvait plus qu’à renouveler en Europe un massacre qui devait avoir pour victimes non plus des fauves, mais d’innocents volatiles.
- Seulement, le système des trappeurs étant trouvé trop primitif par notre insulaire, il se dit que dans un pays civilisé il fallait avoir recours aux derniers-perfectionnements pour le Fire hunting qu’il se-
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- UNE CHASSE A LA LUMIERE ELECTRIQUE
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- proposait d’organiser dans ses belles propriétés si abondamment pourvues de gibier.
- A cet effet, une locomobile avec machine Gramme fût amenée au milieu d’une immense lande entourée de taillis, et une charpente composée de quatre poteaux réunis à leur partie supérieure fut établie dans un endroit bien découvert; on suspendit à cette charpente un puissant foyer électrique. Le dessin ci-contre représente le moment de l’horrible massacre ; une nuit bien sombre avait été choisie ; de nombreux rabatteurs avaient été envoyés dans toutes les directions pour éveiller le gibier et le pousser vers la lumière ; les chasseurs invités à la tuerie s’étaient bien mis à portée en ayant sur eux une ample provision de cartouches. Les oiseaux, réveillés en pleine nuit par les rabatteurs, se lançaient au hasard, et dès qu’ils apercevaient la grande lueur du foyer électrique, ils se précipitaient de ce côté et venaient tournoyer autour de la charpente qui avait été recouverte d’une sorte de cage grillagée; toutes ces bêtes, fatiguées, surprises, affolées surtout par le feu roulant des tireurs, se précipitaient sur la cage; et la plus grande quantité succombait ainsi.
- Quand cette honteuse distraction eut pris fin, et que les victimes furent comptées, on trouva 464 grouses, 11 bécassines, 143 perdrix, 5 éperviers, 2 hiboux, et une masse énorme d’oiseaux de toute espèce, gisant sur le sol ensanglanté et témoignant de la barbarie des hommes qui, sous prétexte d’excentricité, avaient commis une pareille action.
- Du reste, il y a deux ans environ, lorsque eut lieu en Angleterre cette chasse à la lumière électrique, la réprobation fut générale, et si nous publions aujourd’hui le récit de ce méfait électro-cynégétique, ce n’est, certes pas pour en encourager le renouvellement, mais seulement pour rappeler, en historien fidèle, une des plus étranges applications de la lumière électrique, et nous associer à l’indignation de tous les disciples civilisés de Saint-Hubert.
- C.-C. Soulages.
- LES SCIENCES PHYSIQUES
- EN BIOLOGIE
- L’ÉLECTRICITÉ
- io° article. (Voir les n»s du 25 février, des 8 et 29 avril,
- 6 mai, des 3 et iu juin, des 8 et i5 juillet, et du 2 septembre.)
- ' LES CONDITIONS PHYSIQUES DE LA VIE (SUlte)
- 4° L'Electricité
- Pour fonctionner normalement, la cellule doit posséder un certain état électrique qui est tout
- aussi indispensable pour elle que les autres condi-dions physiques ci-dessus énumérées.
- Je suis arrivé à cette conclusion par différentes considérations et diverses expériences que je rapporterai en détail lorsque je parlerai de la production d’électricité chez les êtres vivants. Je me bornerai pour le moment à rapporter les faits les plus saillants.
- L’électricité, en dehors de l’être vivant, doit jouer dans la nature un rôle de synthèse des plus importants.
- Depuis longtemps les chimistes savaient que les décharges électriques puissantes, comme la foudre ou l’étincelle des fortes machines, jouissent de là propriété de faire combiner entre eux les éléments de l’air, oxygène et azote.
- Pour s’effectuer, cette combinaison nécessite l’intervention d’une énergie étrangère, -car l’acide hypoazotique AZO4 qui en résulte se forme en absorbant 24,3 calories par équivalent. C’est un corps endothermique ou explosif comme presque tous les composés . organiques. La décharge obscure, plus connue sous le nom d'effluve, depuis les travaux de M. du Moncel, réalise encore plus facilement les synthèses de ce genre, ainsi que l’ont montré les remarquables expériences de MM. Thé nard, Berthelot, Andrews, de Babo, etc.
- Dans toutes ces expériences, on fait usage de tensions électriques élevées qui ne trouvent leur analogue dans la nature qu’au moment des orages. Indépendamment de ces tensions élevées, l’état électrique de l’atmosphère subit constamment des variations beaucoup plus légères.
- M. Berthelot a cherché si, dans des conditions comparables aux conditions atmosphériques habituelles, il peut y avoir fixation de l’azote de l’air sur des composés organiques ternaires comme l’amidon ou la cellulose. L’électricité atmosphérique, par ses légères variations de tension qui se manifestent très près du sol, pourrait faire pénétrer l’azote dans des principes végétaux hydrocarbo-,nés, et donner ainsi naissance aux substances azotées.
- L’expérience a vérifié cette hypothèse de la manière la plus nette.
- L’appareil employé par M. Berthelot se compose de 2 cloches en verre mince que l’on superpose, de manière à laisser entre elles un intervalle où l’on place les substances que l’on veut soumettre à l’action de l’électricité. Les faces des cloches, en dehors de la chambre, sont tapissées chacune par une feuille d’étain et reliées aux 2 pôles d’une pile Leclanché de 5 éléments.
- La différence de potentiel établie entre les deux faces de cette espèce de condensateur était donc d’environ 7volt95 seulement.
- Dans l’espace annulaire, M. Berthelot avait mis de l’azote, du papier, et une solution titrée de dextrine.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 3o3
- Avant l’expérience, l’azote a été dosé dans les
- 2 substances. On a trouvé
- Papier................................ o 10
- Dextrine.............................. o 17
- Après sept mois d’expérience, le dosage donne :
- Papier................................ o *)5
- Dextrine.............................. 1 92
- En triplant l’intervalle des 2 cylindres après sept mois, toutes choses égales d’ailleurs, on n’a plus trouvé comme quantité d’azote fixée que les nombres suivants :
- Papier............................... o 3o
- Dextrine............................... 1 14
- La fixation de l’azote sur les principes immédiats, cellulose, amidon, par de faibles tensions électriques, est ainsi mise hors de doute.
- La lumière n’est pour rien dans le phénomène ; les choses se passent de même dans l’obscurité absolue.
- M. Berthelot n’a pas réussi, avec la même tension électrique, à provoquer de réactions chimiques différentes de celle-là.
- Cette remarquable expérience prouve que l’électricité doit jouer un grand rôle dans les synthèses qu’effectue la cellule vivante au sein de l’organisme.
- Les expériences de M. Grandeau montrent encore mieux cette nécessité d’une certaine tension électrique au voisinage de l’être vivant.
- Dans une série de recherches sur le tabac, le maïs géant et le blé Chiddam, M. Grandeau a constaté l’influence de l’état électrique de l’atmosphère sur l’assimilation.
- Les plantes étaient soustraites à l’influence de l’électricité atmosphérique en les enfermant dans une espèce de cage métallique, analogue à la chambre de Faraday, et qui pouvait néanmoins laisser passer l’air et la lumière.
- Dans ces conditions les plantes soumises à l’expérience ont élaboré de 5o à 60 pour 100 en moins de matières vivantes que celles qui croissaient dans les conditions ordinaires.
- Mais, la cellule vivante est sensible à des variations électriques bien inférieures à celles qui ont lieu au sein de l’atmosphère.
- Dans certaines maladies, telles que l’hystérie et l’hystéro-épilepsie, le système nerveux acquiert une sensibilité prodigieuse à l’électricité.
- Les faits de métallothérapie, observés d’abord par Burcq, et confirmés récemment par plusieurs physiologistes, montrent que les plus faibles tensions électriques peuvent amener des changements profonds dans l’état du système nerveux. Je n’en citerai qu’un seul exemple dont j’ai été témoin bien des fois, c’est celui du transfert de la sensibilité sous une influence électrique ou magnétique.
- Une hystérique est hémianesthésique, c'est-à-dire insensible de toute une moitié du corps, l’autre moitié conservant au contraire une sensibilité parfaite, souvent même exagérée.
- Le bras, par exemple, du côté insensible peut être traversé impunément par une grosse aiguille sans amener chez la malade la moindre manifestation douloureuse. La moindre piqûre au contraire sur l’autre provoque des cris de douleur. Approchez un aimant ou appliquez im courant extrêmement faible, tel que celui résultant du contact d’une pièce de cuivre sur une pièce d’argent, vous assistez alors à un spectacle surprenant. Au bout de quelques minutes, le transfert de la sensibilité d’un côté à l’autre du corps est opéré. Le côté sensible est devenu insensible, et inversement; le côté insensible a repris sa sensibilité.
- On peut produire ce phénomène curieux par d’autres agents que l’électricité ou le magnétisme, mais il n’en est pas moins vrai que l’une ou l’autre peuvent agir isolément, et montrer ainsi quel dégré inoui de sensibilité peut atteindre l’organisme sous certaines influences.
- Cette sensibilité à l’excitant électrique peut être provoquée artificiellement par certaines lésions du système nerveux.
- C’est ainsi qu’il nous a été possible de constater, M. Brown-Séquard et moi, qu’il est possible de rendre un nerf 20 et 3o fois plus sensible à l’électricité qu’il ne l’est à l’état normal avant la lésion.
- Enfin, j’ai pu constater, ces temps derniers, d’une façon plus directe, l’action du magnétisme et de l’électricité sur les actions chimiques qui se passent dans l’organisme.
- J’ai montré qu’on pouvait suspendre complètement, ou tout au moins retarder considérable-' ment, les phénomènes de fermentation en plaçant les substances en expérience dans un champ ma gnétique très puissant; la digestion rentre dans ce cas.
- Je compte soumettre un animal entier à cette influence pour pouvoir analyser complètement ces phénomènes si curieux.
- Les grands solénoïdes et les courants puissants que M. Marcel Deprez veut bien mettre à ma disposition me permettront d’exécuter facilement cette analyse.
- Je montrerai dans le courant de cette étude que tout fonctionnement de la cellule s’accompagne d’un dégagement d’électricité par un mécanisme dont j’ai prouvé l’existence et dont je montrerai la généralité.
- (A suivre.) Dr A. d’Arsonyal. _
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- EXPOSITION INTERNATIONALE D'ÉLECTRICITÉ
- APPAREILS DE M. SABINE
- Nous avons déjà écrit dans le n°du io juin 1882 la table d’essais de M.
- Sabine; nous signalerons encore aujourd’hui deux appareils exposés par lui. '
- Le premier (fig. 1) est un galvanomètre assez simple destiné à faciliter la lecture dans les mesures électriques. Ce galvanomètre, qui est asiatique, est, dans sa disposition générale, de construction ordinaire, mais la bobine est comprise entre deux écrans verticaux dont l’un porte une échelle graduée, tandis que l’autre est percé d’une ouverture portant une loupe.
- L’aiguille supérieure porte un long index dont la pointe relevée verticalement se meut devant les divisions de l’échelle et si on la regarde au travers de la lentille, on peut lire très nettement les-dévia* tions. Celles-ci se trouvent ainsi amplifiées par un moyen très simple et sans exiger l’emploi d’une lampe et d’un système à réflexion.
- Le second appareil est destiné à la décharge de condensateurs ou instruments analogues dans le cas où l’on veut obtenir pour l’étude une durée de décharge plus ou moins longue. La pièce principale est un disque D qui tend à tourner avec une certaine vitesse sous l’influence d’un ressort placé intérieurement. Ce disque commence sa course au moment où l’on appuie sur une manette M, et à ce moment il éta-
- blit le contact de la pile de charge. Cette charge ne dure qu’un instant et l’appareil en expérience se trouve ensuite isolé. Puis la déchage se produit pendant un temps que l’on peut faire varier au moyen de l’appareil.
- Pouf cela, on règle la position de l’alidade C sur la disque D, de manière qu’elle fasse avec le zéro de là graduation du disque un angle représentant le nombre des secondes pendant lequel doit s’effectuer la décharge.
- Le condensateur se trouve alors en contact métallique avec le disque pendant un temps d’autant plus grand que l’arc séparant l’alidade du zéro est plus grand et la durée de la décharge est proportionnelle à la longueur de l’arc. Une fois ce dernier parcouru, le condensateur se trouve automatiquement isolé de nouveau. De cette façon, la décharge a duré exactement le temps qu’on lui avait assigné à l'avance au moment du réglage de l’appareil.
- Il est facile de voir toute la commodité que présente une sem-blable disposition pour l’étude de la décharge des condensateurs, lorsqu’on veut étudier l’influence du temps sur cette décharge, après une charge ne durant qu’un instant.
- On comprend aussi facilement qu’en modifiant les communications* de l’appareil on peut le faire servir à d’autres recherches que celles que nous venons d’indiquer, et qu’il est susceptible de rendre des services assez étendus.
- O. Kern.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DU THEATRE DES VARIETES
- EFFET PRODUIT. — PRIX DE REVIENT
- L’éclairage électrique du théâtre des Variétés a subi quelques modifications; il restera probablement tel qu’il est tout le temps de sa durée et le moment paraît venu de le décrire.
- Sur la scène, la principale difficulté a porté sur la rampe. Elle était d’abord faite avec des lampes de 2 carcels 1/2 semblables à celles qui fonctionnent dans le reste du théâtre; il y en avait, je crois, trente. Cette disposition avait deux inconvénients : le premier c’est que les lampes, un peu hautes, dépassaient le garde vue placé derrière elles et pouvaient être aperçues de la salle, ce qui doit être évité; le second et le plus grave, c’est qu’elle incommodait les artistes; ils trouvaient que cette lumière vive concentrée en un nombre relativement petit de foyers mettait devant eux des points éclatants qui attiraient les yeux et les blessaient. On a remplacé cette première disposition par une rampe portant 60 lampes de la valeur de 1 bec carcel. Cela forme une ligne lumineuse plus continue : il faut espérer qu’ainsi modifiée elle cessera de gêner les acteurs en scène. Je 11e puis dire si elle a plu définitivement; le jour où l’obligeance aimable de M. E. Bertrand, directeur des Variétés, m’a permis de voir fonctionner le système, cette rampe nouvelle venait d’être installée; il faut laisser le temps à l’opinion de se former. D’ailleurs, il faut tenir compte aussi de ce fait que toute chose nouvelle a chance de déplaire, parce qu’elle est nouvelle et qu’elle peut déranger des habitudes. Pour ma part, il m’a semblé que, sous cette forme, la rampe électrique ressemblait extrêmement à la rampe à gaz et que les habitudes des artistes devaient être dérangées aussi peu que possible sinon point du tout.
- L’effet sur la scène est très satisfaisant. Les lampes y sont réparties de la façon suivante :
- 4 herses de i3 lampes 1 — de 8 —
- 4 portants de 4 —
- Rampe de 60 —
- Il faut remarquer que les portants ne fonctionnent que dans certains cas. Ils ne sont pas employés dans la pièce actuelle. La lumière est très suffisante, d’une bonne teinte et bien répartie. Il est vrai qu’il n’y a pas grandes combinaisons lumineuses dans les décors de Lili; mais on ne voit aucun obstacle à ce qu’on en puisse faire; la scène porte des prises de courant munies de câbles sou-
- ples bien combinés, permettant d’amener les foyers partout où cela serait utile. Les effets de demi-jour et de nuit se font très bien. On sait du reste avec quelle facilité toutes ces manœuvres s’opèrent avec l’électricité; un tour de commutateur et c’est tout : on était arrivé dans les installations de gaz à simplifier extrêmement et à rendre très réguliers tous ces jeux de lumières au moyen d’un organe central où se trouvent réunis tous les robinets des diverses conduites, organe qu’on nomme le jeu d’orgue; mais dans l’installation électrique, le jeu d’orgue est encore bien plus simple à cause de la souplesse des fils et de la facilité qu’on a d’amener rapidement, à quelque moment qu’on le veuille, un circuit donné en un point désigné. La disposition actuellement installée ne comprend que trois commutateurs à touches correspondant avec des résistances formées de gros fils de maillechort enroulés sur des tiges de bois, et deux commutateurs d’extinction, cela suffit à tous les cas. Il n’y a du reste que trois circuits principaux, pour la salle, la rampe et les herses.
- On a placé des lampes à incandescence dans deux loges d’artistes ; il y en a quatre dans celle de MmoJudic et deux dans celle de M. Dupuis. Il paraît qu’il y a eu passablement d'hésitation sur ce point, on a essayé des lampes à abat-jour, des lampes dépolies, je ne sais trop quoi encore. Cela se conçoit du reste; pour un acteur, la façon dont il s’habille et surtout dont, en termes du “métier, il fait sa tête est une part importante du rôle; un changement de lumière peut le troubler beaucoup dans ces opérations délicates. Quels qu’aient été les tâtonnements, il m’a semblé que le résultat était bon et que Mmo Judic par exemple avait usé de la lumière nouvelle fort à l’avantage de sa personne. Ce qui est certain, c’est que sur la scène, les toilettes sont bien en valeur, les points brillants, les diamants en particulier prennent,un éclat spécial, ce que les dames verront avec plaisir.
- En somme pour la scène il me semble qu’on peut être satisfait. Pour la salle, je dois faire quelques réserves. Les lumières ne sont plus distribuées comme autrefois, il n’y a plus de lustre, c'est-à-dire qu’il n’est pas allumé ou plutôt qu’il est allumé par précaution nécessaire, mais abaissé au bleu ; l’éclairage est fait par vingt appliques à trois foyers placées contre les portants des diverses galeries. Ce mode d’éclairage n’est guère applicable avec le gaz, parce que les becs placés immédiatement sous le visage des spectateurs de la galerie supérieure donnent une chaleur insupportable. Il a des avantages spéciaux, dont le principal est de supprimer le lustre qui est fort gênant pour les places supérieures. Quant à l’effet produit, il est certainement lumineux, les figures sont bien éclairées, et pourtant il ne me plaît pas. Serait-ce, comme je le disais plus haut, par simple routine et
- | de 2 becs carcels 1/2 de 1 bec carcel.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- branché sur les accumulateurs. On évite ainsi les renversements qui se produisent quelquefois lorsque la machine, directement placée sur les accumulateurs, vient à se ralentir. De plus sur chacun de ces circuits excitateurs est placée une boîte d§ résistance avec commutateur à touches permettant de régler le champ magnétique. C’est là un arrangement utile qui sera bon à reproduire dans les installations de ce genre.
- Les conducteurs sont de deux types : les circuits généraux' sont des câbles à 40 brins de fil de cuivre, les circuits dérivés et circuits de lampes sont en fil de omooi5; enfin pour amener les lampes sur la scène il y a des câbles souples d’un système spécial formés de cuivre tressé bien entouré de bandes de caoutchouc et d’une spirale protectrice de fil de cuivre. Ces conducteurs sont isolés à l’amiante suivant le système de M. Geoffroy dont nous avons reproduit la note dans le numéro du 16 septembre ; ce mode d’isolement présente, paraît-il, des garanties contre l’incendie.
- Les lampes, sont, bien entendu, du système Swan; j’ai dit qu’il y en avait du type de deux becs.carcels et demi et d’autres du type de un bec carcel. Les ingénieurs chargés de l’installation se plaignent de l’inégalité de résistance des lampes qui sont fournies et j’ai pu constater en effet que quelques-unes sont encore près du rouge lorsque d’autres ont atteint le blanc ; cela doit entraîner beaucoup de casse.
- Reste un point à examiner, c’est le prix de revient de la lumière. Nous avons déjà, on le sait, étudié cette question, mais forcément avec des bases un peu hypothétiques, puisqu’il n’y avait pas encore de grand éclairage en marche ; voici une installation qui nous fournit des données précises, elle permet de contrôler nos calculs précédents et d’atteindre une certitude plus grande.
- D’abord quelques observations sur des points contestés dans les évaluations de notre collaborateur Guerout (n° du 5 août), évaluations qui n’ont pas, on le pense bien, été établies sans études sérieuses et sur lesquelles nous sommes complètement d’accord.
- Nous avions fixé la valeur d’un accumulateur de 60 kilos à ia5 fr. ; réflexion faite il nous est impossible de ne pas considérer ce prix comme très près de la vérité, Guerout en a donné les raisons dans le numéro du 19 août : cependant, tenant à faire toutes les concessions possibles, je les porterai si l’on veut à 100 fr.; si l’on compte raisonnablement les matières, la main-d’œuvre, le prix des boîtes, la peinture, les détails de fabrication, 011
- parce que mes habitudes sont choquées; peut-être, je crois cependant avoir de bonnes raisons. Avec le lustre la salle était comme baignée dans une atmosphère lumineuse sans éclat, elle était éclairée sans attirer l’œil qui se portait naturellement vers la scène ; sans pousser les choses à l’excès comme Wagner qui veut une salle tout à fait sombre, on doit admettre que le point attractif d’un théâtre ne doit pas être du côté du public. Avec l’éclairage actuel des Variétés, les figures des spectateurs éclairées un peu crûment, deviennent trop distinctes; au lieu d’un public, c’est une collection d’individus. Au reste, c’est peut-être chercher beaucoup le petit détail, c’est assez, après tout, que l’éclairage soit suffisant et bien réparti ; il n’est pas douteux que ces conditions soient remplies aux Variétés.
- Les corridors et les escaliers sont convenablement éclairés par six lampes à chaque étage. Le vestibule renferme 20 lampes à incandescence mélangées avec des becs de gaz; l’effet est bon. Le foyer n’est pas suffisamment éclairé par 18 lampes;
- 11 faudrait augmenter sensiblement ce nombre. On pourrait, ce me semble, envoyer par là pendant les entr’actes le courant qui anime les herses de la scène, puisque celles-ci sont éteintes à ce moment; les lampes à incandescence ayant la faculté heureuse de s’allumer et de s’éteindre instantanément à distance, pourquoi n’en pas user?
- L’électricité nécessaire à cet ensemble de foyers est fournie par 270 accumulateurs système Faure, de 60 kilos chacun, qui sont disposés derrière le théâtre, dansla petite cour d’entrée, dans la chambre de la machine et à côté, enfin un peu où on a pu les placer; l’espace était restreint. Comme on le sait, M. Faure a supprimé le feutre dans ses accumulateurs, il est remplacé, je crois, par du papier d’amiante ; il faudra voir à l’épreuve ce nouveau cloisonnant avant de savoir si la durée des appareils sera prolongée par son introduction. Ils sont déchargés par séries de 3o en tension accouplées par quatre en quantité. Il y donc en tout neuf séries; huit suffisent à l’éclairage de la soirée, la dernière forme réserve.
- La machine motrice est une machine à gaz de douze chevaux. Elle travaille pendant 22 heures par jour, pour charger les accumulateurs.
- Lorsque je l’ai vue elle ne faisait pas tout à fait sa force ; d’après les renseignements au lieu de
- 12 mètres cubes de gaz qui formeraient sa consommation si elle donnait son plein, elle n’en dé-pènse qu’à peu près 10 mètres cubes et demi par heure ; le chiffre paraît admissible.
- Il y a quatre machines électriques Siemens du type D2 ; trois seulement sont en marche ensemble, la quatrième forme réserve. Par une disposition ingénieuse l’excitation des inducteurs de ces machines est obtenue à l’aide d’un circuit spécial
- sera bien obligé d’avouer que ce prix n’est pas loin du prix de revient, tout bénéfice exclus; s’il en était autrement, je demanderai comme Guerout par quelle plaisanterie ces appareils étaient cotés 25o fr. : c’était dit-on pour nè pas en vendre ; qui forçait à
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- en vendre? il n’y avait qu’à ne pas les mettre en. vente ; du moment qu’on les offre au public nous sommes bien forcés d’admettre que le prix qu’on leur assigne a quelque rapport vraisemblable avec leur valeur réelle.
- Pour l’amortissement de ces appareils nous persistons à supposer qu’ils seront remplacés dans un délai de deux années ; toutes les expériences faites et les renseignements les plus récents confirment ce résultat. Quant à la réfection postérieure d’un accumulateur hors d’usage, cela n’est pas sérieux ; quand ils cessent d’être bons, c’est que les lames de plomb sont désorganisées et il n’y a qu’à les mettre au rebut ; c’est fout au plus si la boîte pourra servir.
- On a discuté le prix d’achat des lampes ; nous les avions comptées à io fr., c’est le prix où on les propose dans le commerce et la maison Swan refuse d'en livrer à un prix inférieur même par centaines. Même il y a quelque temps, cette maison, comme d’autres du reste, remplaçait les lampes usées au prix de cinq francs, elle refuse actuellement de le faire. Néanmoins les ingénieurs de la Faure Electric Light Company affirment absolument que les lampes leur sont livrées au prix de 5 fr. ; nous n’en devons pas douter et nous les compterons à ce prix.
- On a assez généralement admis le chiffre que nous avons donné, à savoir que les lampes devaient être remplacées quatre fois par an. Des renseignements nouveaux, et principalement le fonctionnement de l’éclairage du Grand Café, nous donnent à penser que cela est très inférieur à la vérité ; nous continuerons cependant à accepter provisoirement ce chiffre.
- Calculons maintenant.
- La durée de l'éclairage étant, ainsi qu'il a été établi, d’environ 2000 heures par an. Chaque lampe à 2 becs carcels 1/2 fournira par an 5 000 carcels-heures; il y a igo lampes de ce type, elles donneront donc ensemble g5o 000 carcels-heures ; les 60 lampes de 1 bec en donneront 120000, soit en tout.................. 1 070 000 carcels-heures.
- Les dépenses d’installation peuvent être évaluées comme il suit, au plus bas.
- Une machine à gaz de 12 chevaux avec son socle. 10.6S0 Installation de ladite, transmission des machines
- électriques, ensemble............................. 2.000
- Tuyautage pour gaz et eau.............. 5oo
- 'transport et installation des accumulateurs. '. . . 5no
- Quatre machines Siemens, type D- à 2 Soo chaque. 10.000 Quatre boîtes de résistance avec commutateurs, à
- 5o francs l’une..................................... 200
- 3 boîtes de résistance pour la sccne, à tlo francs
- l’une............................................... 240
- 400 mètres câble â 40 fils à 2 fr. 5o le mètre. ... 1.000
- 1 200 mètres fil de o,ooi5 à 0,20 cent, le mètre.. . 240
- 100 mètres câble souple à 5 francs le mètre. . . . 5oo
- A reparler.
- Report............ 25.83o
- 190 lampes à 3 becs 1/2 à 5 francs............. 9S0
- Go — à 1 bec â 5 francs........................ 3oo
- 10 commutateurs de circuits à 10 francs.............. 100
- 20 supports à 3 branches à 5o francs......... 1.000
- 28.180
- Imprévu. .... 820
- 29 000
- 270 accumulateurs à 100 fr. l’un............... 27 000
- Total........... 56 ooo
- D’un autre côté les dépenses journalières doivent être évaluées comme suit, d’après les renseignements fournis.
- Gaz pour la machine, 10,5 mètres cubes par heure pendant 22 heures, soit 2.3i mètres cubes à
- o,3o.............................................. 69,30
- Eau pour la machine à raison de 40 litres par heure et par cheval, soit en tout io,nc,56 à
- o fr. 20........................................... 3,11
- Graissage, environ.............................. 3,00
- 2 hommes à 0,70 c. par heure, pour 10 heures.. 14
- 1 homme à 0,80 c. — — 8
- 1 homme, service des accumulateurs des lampes
- à 0,70 c........................................ 7
- t surveillant général.............................. i5
- par jour................................. 118,41
- pour 365 jours................................ . 43,219,65
- en nombre rond. .... 43,000
- Nous arrivons donc aux dépenses annuelles suivantes :
- Amortissement des frais d’installation à 200/0. . 5,800
- Remplacement des accumulateurs à 5o 0/0. . . . i3,5oo
- Remplacement de 25o lampes à 20 francs chaque 5,000 Dépenses du service journalier................. 43,000
- Total pour 1 070000 carcels-heures. 67,300 soit par carcel-heure. o fr. 0629.
- Le prix du carcel-heure, avec le gaz, étant de o,o3, nous atteignons une dépense à peu près double.
- Encore faut-il tenir grand compte de deux circonstances. i° Nous n’avons compté ni frais généraux, ni bénéfice pour la Société électrique. 20 L’éclairage ainsi installé, ne supprime pas complètement le gaz. Ce dernier reste encore dans les vestibules, derrière la scène, dans les couloirs et les loges d’artistes, dans les dessous, dans les couloirs d’accès, etc.
- On peut estimer que l’on dépense encore environ 100 mètres cubes de gaz.
- Nous avons ainsi les éléments nécessaires pour calculer ce que coûterait l’éclairage ainsi installé pris au point de vue d’une affaire définitive et durable.
- Les 100 mètres cubes de gaz encore brûlés coûtent 33 francs. La lumière électrique coûte, d’après les calculs précédents, prix de revient par soirée 184,46. Pour que la Compagnie électrique
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- pût considérer l’affaire comme rémunératrice, elle devrait faire un bénéfice d’au moins 40 francs par jour, en ajoutant ces trois nombres, on reconnaît que la dépense journalière du théâtre s’élèverait à 258 fr.
- Les prix auxquels conduit cette expérience sont donc sensiblement plus élevés que ceux qu’avait indiqués Guerout ; cela tient d’abord à ce que dans une estimation hypothétique faite avec conscience, on est presque toujours plutôt au-dessous de l'a vérité ; ensuite à ce que les calculs avaient été faits sur une installation supposée plus étendue et par conséquent plus économique; enfin surtout à ce que aux Variétés, au lieu d’une machine à vapeur on fait usage d’une machine à gaz; mais il faut remarquer que c’est précisément le cas le plus probable, là où l’on pourra faire usage d’une machine à vapeur, l’utilité des accumulateurs devient secondaire; ils ne sont nécessaires que pour réaliser des installations dans des endroits où l’on ne peut employer de puissant moteur à vapeur; les conditions où nous nous trouvons seront donc les plus fréquentes.
- • Je n’entends pas dire que dans tous les cas il ne puisse être fait usage des accumulateurs, pour apporter dans une distribution directement faite par la machine de la régularité et de la sécurité ; mais j’ajouterai en même temps que, à eux seuls, ils ne possèdent pas ces qualités d’une manière absolue ; l’expérience actuelle est là pour le démontrer : dans une des dernières soirées, la machine ayant grippé (ce qui prouve que nous avions bien raison de ne vouloir la faire travailler trop longtemps), l’éclairage a été alimenté seulement par les accumulateurs, les lampes ont complètement baissé, on a dû avoir recours au gaz pendant environ une heure et demie; on arrivera sans doute à éviter des accidents de ce genre, mais ils suffisent à prouver qu’on ne doit pas toujours compter sur les accumulateurs.
- Je tiens, avant de terminer, à donner une explication au lecteur : l’insistance que nous mettons ’à rechercher et à établir la vérité sur les points d’industrie électrique a contrarié sans doute quelques personnes qui ont dit que nous étions les ennemis de la lumière par incandescence.
- Nos lecteurs savent bien que nous ne sommes les ennemis de rien; nous avons un seul désir et un seul intérêt qui sont de voir l’électricité se développer et grandir sous toutes ses formes. La prospérité du journal est liée à celle de la science même, et tout pas en avant est un progrès personnel pour nous, mais c’est là une raison de plus pour se garder des illusions qui sont éminemment dangereuses. Nous savons quelle difficulté on rencontre à ramener le public une fois éloigné par des déceptions, notre devoir est de les empêcher. D’ailleurs, la vérité est toujours connue des intéressés indi-
- rects; M. le directeur des Variétés, par exemple, sait bien ce qu’il fait; s’il juge bon de courir le risque d’un éclairage nouveau, c’est qu’il y trouve des avantages, probablement sans augmenter ses charges ; les places d’en haut délivrées du lustre sont plus recherchées, la salle moins chaude donne plus de recettes, il profite de l’intérêt qu’excite une lumière inconue; la Compaguie électrique de son côté a intérêt à faire un grand essai et une belle démonstration, elle fait un sacrifice pour arriver à ce résultat ; il n’y a rien là que de fort naturel et intelligent des deux parts. Nos études n’empêcheront donc pas de se faire les affaires raisonnables; et puis, nous qui sommes le public, nous sommes intéressés aussi, il faut que cette expérience nous profite, c’est notre droit, et nous y faisons nos efforts.
- D’ailleurs, chercher à se tromper sur la valeur de la lumière électrique est le fait de personnes qui n’ont pas vraiment confiance dans sa valeur; à quoi bon prendre les petits chemins? le grand est meilleur; si la lumière est un peu chère, il faut le savoir pour chercher et trouver le moyen de la rendre meilleur marché; ces moyens existent, nous en sommes sûrs; il serait enfantin de fermer les yeux devant les progrès à faire; il serait nuisible de s’endormir sur des illusions.
- Frank Geraldy.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- A propos des courants d’interversions polaires.
- Plusieurs personnes nous ayant soumis des projets de machines fondées sur les courants d'interversions polaires, nous croyons utile de faire remarquer que ces courants sont une des trois manifestations produites dans les machines Gramme et par conséquent qu’il est bien préférable de les employer concurremment, comme cela a lieu dans la disposition ordinaire, que de n’en appliquer qu’une seule en compliquant la machine; en conséquence, les rubans de fer passant à travers des bobines placées devant les extrémités polaires des inducteurs doivent être abandonnés aussi bien que toutes les dispositions qui consisteraient à faire tourner un anneau de fer à l’intérieur des bobines induites sans les faire participer au mouvement général.
- Le rôle de l’armature de fer dans les machines du genre Gramme ayant été encore tout dernièrement mal interprété, nous croyons devoir rappeler que ce rôle est non seulement de renforcer le champ magnétique à travers lequel passent les bobines induites, mais encore de créer dans ces bobines des courants résultant : i° des modifications de polarité du noyau de fer en passant devant les
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- pôles inducteurs; 2° du mouvement des bobines abandonnant des positions correspondantes aux lignes neutres de l’anneau pour en prendre d’autres correspondantes aux pôles magnétiques du même anneau. Comme les lois qui président à ces deux réactions sont peu étudiées au point de vue mathématique, il est imprudent de déduire des théories d’après les. formules connues des courants induits appliquées aux nouvelles machines, et nous croyons qu’à ce point de vue tout est à refaire. Nous renvoyons du reste le lecteur aux articles publiés sur ce sujet dans les numéros des 11 et 2S mars et du 8 avril 1882 du journal La Lumière Électrique.
- Transmissions télégraphiques sans fils conducteurs.
- Dans sa communication sur les récents progrès de la téléphonie,
- M. Preece a rapporté d’intéressantes expériences qu’il venait de faire sur des transmissions télégraphiques sans hls conducteurs échangées entre Portsmouth etRyde dans l’île de Wight, à travers un bras de mer ayant 6 milles de largeur.
- Nous avons dans un article inséré dans le numéro du i5 août 1879 de La Lumière électrique, fait l’historique des différentes recherches faites sur cette question depuis 1844, époque à laquelle MM. Morse, Gai, Vaïl et Rogers firent des expériences sur la rivière Sus-quehanna au Hâvre-de-Grâce près Baltimore, jusqu’en 1871, époque à laquelle M. Bourbouze essaya d’établir, entre Paris bloqué et la province, une communication télégraphique par la Seine. Nous avons en même temps cité les expériences de MM.Van-Riees, Gintl, Bouchotte et Lindsay, faites dans le même ordre d’idées. Enfin nous . avons donné l’explication des effets produits dans ces circonstances, et nous avons montré que ces sortes de communications télégraphiques ne pouvaient être effectuées sur un circuit d’une certaine longueur, à moins d’écarter considérablement de la pile les plaques de communication destinées à transmettre le courant au liquide.
- M. Preece dans ses dernières expériences a
- obtenu des résultats plus importants en plaçant ses plaques de communication à Portsmouth et à Ryde dans l’île de Wight, ayant ses postes transmetteur et récepteur à Southampton et à Newport. Il a même pu établir sur l’une des branches de son circuit métallique, celle de Ryde, une seconde interruption à Sconce point à travers la passe, ouest de l’île de Wight. Nous donnons ci-dessous la carte- de la baie de Southampton avec le dispositif des expériences. Il y avait, comme on le voit, quatre plaques immergées, les unes en A et en B, les autres en C et en D ; de sorte que le courant envoyé de Sou-thampton, pour être complété entre les plaques A et C terminant le circuit purement métallique, avait deux routes à suivre, l’une par le bras de mer séparant l’Angleterre de l’île de Wight, l’autre par le fil de l’île de Wight de B en D et les deux largeurs d’eau comprises entre A et B, C et D. Dans le premier
- cas la résistance opposée au courant pouvait être représentée par celle de la terre, 40 ou 5o ohms environ, tandis que dans le second, il y avàit en outre de cette résistance celle de la ligne traversant l’île de Wight, plus celle de l’appareil récepteur. Il ne pouvait donc pas passer par ce dernier chemin une grande quantité d’électricité; cependant en raison de la position du point d’application des dérivations qui correspondait environ au milieu du circuit, la quantité d’électricité passant par la terre devait être inférieure à ce qu’elle aurait été si les piles pussent été placées près des plaques A et C, et c’est pour cela que la portion de circuit entre les plaques B et D a pu conduire assez de courant pour permettre l’échange de correspondances entre Southampton et l’île de Wight avec des appareils Morse, malgré la largeur du bras de mer qui était d’environ six milles entre A et B et de un mille entre C et D. Toutefois M. Preece annonce que dans, ces conditions, il n’a pu transmettre pratiquement la parole.
- Nouvel interrupteur à mercure de M. H. S. Hele-Shaw.
- - La communication faite par M. Hele-Shaw à la
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- dernière réunion de l’Association britannique se rapporte à un interrupteur à mercure qu’il croit nouveau, mais.quia été déjà employé sous plusieurs formes différentes dans diverses applications, notamment pour l’horlogerie électrique, par MM. Liais, Leclanché et Napoli. (Voir YExposé des application de l'électricité de M. Th. du Moncel, tome IV, pages g, ii, 120.)
- Dans la disposition de M. Hele-Shaw, l’un des pôles de la pile communique métalliquement avec un petit récipient rempli de mercure dans lequel plonge un petit tube, contenant également du mercure mais dont la colonne métallique se trouve interrompue par un petit espace rempli d’hydrogène. Le tube est assez étroit pour que la force élastique de ce gaz maintienne la solution de continuité de la colonne, et un fil de platine traversant le mercure du tube vient présenter son extrémité dans l’espace occupé par l’hydrogène. Si la colonne de mercure est reliée métalliquement au second pôle de la pile par l’intermédiaire du circuit et des appareils qui s’y trouvent interposés, on comprend que tout mouvement imprimé au fil de platine du tube pourra lui faire rencontrer le mercure du récipient et déterminer une fermeture du circuit qui n’aura pas d’influence fâcheuse, car l’hydrogène réduirait promptement l’oxydation qui pourrait résulter de l’étincelle de rupture. Il suffit donc de relier ce fil de 'platine à l’appareil qui doit fournir les interruptions, soit horloge, soit chronographe, etc. pour obtenir des contacts assurés.
- Dans le système de M. Liais, c’est également un fil de platine se mouvant sous une cloche remplie d’hydrogène et rencontrant une surface de mercure, qui fournit les contacts, et dans le système de M. Leclanché c’est la rencontre de deux masses de mercure séparées par une cloison présentant à un moment donné une petite fenêtre, qui produit les contacts, et comme les récipients où se trouvent ces deux masses mercurielles sont remplis d’hydrogène, l’oxydation ne peut s’effectuer. On voit que c’est en principe le même dispositif que celui dont nous parlons en ce moment, mais la combinaison de M. Hele-Shaw paraît plus simple et moins coûteuse, et d’après l’énumération des expériences qui ont été faites avec ce système, il paraîtrait qu’il serait très satisfaisant.
- Du rôle du fer dans les armatures des machines dynamo-électriques.
- Nous trouvons dans certaines publications des hypothèses si particulières sur le rôle du fer dans les armatures des machines dynamo-électriques que nous croyons devoir faire quelques réflexions à cet égard.
- Dans les unes, on suppose que le rôle du fer, dans l’anneau Gramme par exemple, est de servir
- d’écran pour empêcher l’action de l’inducteur sur la partie des spires des hélices induites placée du côté du centre de l’anneau, action qui donnant lieu à un courant inverse de celui produit dans la partie directement opposée à l’inducteur, serait une cause d’affaiblissement du courant induit utilisable.
- Dans les autres, on admet que le rôle du fer est tout simplement d’augmenter l’intensité magnétique du champ sans participer à la production du courant induit définitif.
- Ces deux hypothèses sont complètement erronées. L’expérience de M. Ader au moyen de laquelle il montre que la force attractive d’un aimant peut être surexcitée par la présence d’une masse de fer placée derrière une lame magnétique qu’il attire, prouve que la matière magnétique n’est pas un plus grand obstacle à l’induction que toute autre matière métallique, et par conséquent, l’anneau de fer ne peut servir d’écran, pas plus qu’un anneau de cuivre. .
- En second lieu, si l’armature de fer ne jouait que le simple rôle de renforceur du champ magnétique, il devrait s’ensuivre qu’un anneau plein de fer devrait développer des courants induits plus énergiques qu’un anneau de fils de fer, car l’action d’une masse de fer comme organe surexcitateur du magnétisme, est plus grande que celle d’un faisceau de fils de fer. Or, c’est le contraire qui a lieu... D’un autre côté, comme l’action reflexe échangée entre une armature en mouvement et un pôle magnétique fixe est beaucoup moins considérable qu’avec une armature fixe, l’anneau de Gramme serait dans de très mauvaises conditions pour surexciter l’énergie du champ magnétique à travers lequel il se meut, et c’est pourquoi M. Siemens, dans l’origine, avait placé ses armatures renforçantes d’une manière fixe à l’intérieur de ses bobines induites. C’est donc parce que l’anneau de fer de l’armature de Gramme a des polarités différentes aux différents points de sa périphérie et surtout parce que ces polarités sont perpétuellement modifiées dans leur nature et leur intensité, qu’il renforce les actions déjà développées au sein des fils des hélices. Ces actions peuvent d’ailleurs être isolées et étudiées séparément, et il est surprenant qu’on aille invoquer des calculs mathématiques pour faire valoir des hypothèses dont on peut démontrer l’inanité par de simples expériences très faciles à faire. Ce qui serait intéressant à étudier, ce serait de déterminer la part plus ou moins grande de ces différentes actions dans l’effet général produit. Comme elles s’effectuent au préjudice les unes des autres puisque l’action inductive se divise en se portant sur le fil et sur le fer, il s’agit de voir si on a avantage à développer l’induction sur le fil en supprimant l’induction sur- le fer, ne réservant celui-ci que comme organe surexcitant, comme dans
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- le système Siemens, ou à développer l’action sur le fer en le composant de fils pouvant se magnétiser et se démagnétiser promptement, comme on l’a fait dans les machines Gramme.
- Quand on connaîtra la part afférente à ces différentes inductions ainsi que les constantes et les formules qu’on peut leur appliquer, on pourra alors faire une théorie mathématique des machines d’induction. Jusque-là, on raisonne dans le vide, et il n’y a d’exactes jusqu’ici que les déductions qui, partant des courants induits fournis sans se préoccuper de leur origine, peuvent conduire à de simples indications de rendement.
- CORRESPONDANCE
- Bruxelles, le 8 septembre 1882.
- Monsieur le Directeur,
- Dans un article récent (Electricien du i5 août) ayant pour titre : «< Actions chimiques dans les accumulateurs de Planté et de Faure », M. A. Niâudet appelle l’attention de ses lecteurs sur ce fait' que, lorsqu’une pile à électrodes de plomb est déchargé en grande partie, puis laissée au repos pendant un certain temps, elle acquiert plus de force et donne une déviation galvanométrique plus grande que la déviation observée lors de la première période de'décharge.
- M. Niaudet ajoute que l’explication de ce phénomène singulier n’a pas encore été donnée par les physiciens anglais dont il analyse les travaux.
- Je crois qu’on peut se rendre compte, d’une manière très simple, du fait précité, en examinant dans quelles conditions se produit le transport des gaz, particulièrement celui de l’oxygène.
- D’abord, il faut admettre qu’il ne peut y avoir augmentation de la quantité d’électricité, par la simple interruption du courant; il n’y a que perte de temps, d’une part, et temps gagné pour le mouvement de l’autre.
- Lors de la décharge, l’oxygène, en se portant de l’une des électrodes vers l’autre, doit parcourir une certaine distance, pour pouvoir se recombiner avec le métal réduit. Le retour est déterminé par la pression électrique accumulée, et une partie de cette pression est employée à diviser la molécule composée et à mettre le gaz en mouvement.
- Pendant le passage de l’élément, par la voie conductrice du liquide acidulé, il y a dilatation de la colonne d’oxygène, s’écoulant de la première lame, et condensation progressive sur la lame en recomposition.
- Ces deux effets s’ajoutent et déterminent l’affaiblissement pendant la décharge; tous deux tendent à retarder le mouvement de transport.
- Lorsqu’ènsuite on interrompt le circuit, l’action électrique sensibte cesse, mais l’oxygène en mouvement continue, pendant quelque temps encore son déplacement et s’accumule dans la partie voisine du métal réduit, prêt à se recombiner avec celui-ci, dès que l’on rétablit la continuité du circuit.
- L’ouverture du circuit ne détermine pas l’interruption immédiate de la circulation électrique et la cessation du mouvement des gaz ; il y a donc excès de pression dans la conduite (si je puis m’exprimer ainsi) et accélération de l’ccou-lement, dès que le circuit se trouve refermé.
- Cette accélération du mouvement électrique, par suite de la pression supplémenta.'re accumulée, ne se manifeste qu’au début de la nouvelle décharge; puisqu’au bout d’un certain laps de temps, il se produit une nouvelle dilatation de la
- masse gazeuse, et que tout se passe alors comme pendant la première période de l’action secondaire.
- Telles sont les causes probables de l’affaiblissement du courant pendant la décharge, et de l’effet contraire pendant le repos; mais la période d’interruption ne doit pas être trop longue, si le phénomène doit se manifester dans toute son intensité. Passé un certain temps, il y a réaction et dissipation de l’accumulation secondaire.
- Agréez, etc.
- 'A. Bandsept.
- FAITS DIVERS
- Exposition de Bordeaux. — Malgré l’appel empressé qu’a fait la Société philomathique de Bordeaux et celui que nous avons fait nous-tnême, peu d’électriciens se sont décidés à envoyer leurs produits à l’Exposition de Bordeaux. Il est vrai que cette ville, comme la plupart des villes de province, est très routinière et n’estime guère que ce qui se rapporte à son commerce de vins. En définitive, il y a très peu d’exposants et très peu d’appareils nouveaux, et voici, d’après une brochure que vient de publier M. Bonel sur la partie électrique de cette Exposition, ce qu’on y remarque.
- i» En fait de télégraphie, des télégraphes Morse et à cadran , construits et exposés par la maison Bréguet et M. Petit, le télégraphe imprimeur de M. d’Arlincourt, exposé dans la section des chemins de fer.
- 20 La téléphonie est plus amplement représentée. On y trouve les différents téléphones mis en usage par la Compagnie générale des téléphones, tels que ceux de Bell, de Gower, de Gower-Bell, d’Ader, de Blake, d’Edison, de Crossley, un modèle de bureau téléphonique perfectionné et une organisation de cinq postes téléphoniques établis en cinq points de l’Exposition et reliés à un' poste central placé au centre. La Société a de plus exposé tous les accessoires téléphoniques que l’on avait déjà vus à l’Exposition de Paris. Il avait été question d’établir des auditions théâtrales téléphoniques comme à Paris, mais le ministère des postes et des télégraphes s’est opposé à ce que la Société fit elle-même cette installation, et le prix qu’il demandait pour l’exécuter étant trop élevé pour pouvoir être accepté par les organisateurs de l’Exposition, ce projet a dû être abandonné.
- En dehors de la Société des téléphones, on trouve à l’exposition de Bordeaux, un certain nombre d’appareils téléphoniques exposés par MM. Journaux, de Baillehache, d’Ar-gy, de Locht-Labye, Lenczewski, Gaboriaud.
- 3° Comme machines électriques, on trouve à l’Exposition de Bordeaux plusieurs machines Gramme, Siemens, Edison, Bréguet, et deux ou trois petits moteurs électriques |expo-sés plutôt comme objets de curiosité que dans un but pratique.
- En fait de transport de force par l’électricité, on ne rencontre que deux machines Siemens exposées par un industriel et employées dans un pavillon situé dans le parc pour actionner une scie à rubans qui découpe le bois. C’est, en définitive, la maison Siemens qui a la plus belle exhibition, car on y trouve des modèles de ses différents types de machines, tant pour la lumière électrique que pour la galvanoplastie, et un modèle du chemin de fer électrique établi à Paris.
- 4° En fait de lumière électrique, ou rencontre un certain nombre de spécimens de lampes à incandescence de MM. Edison et Swan, avec leurs accessoires, des compteurs pour mesurer l’électricité dépensée dans des lampes Edison ; des lampes à arc de MM. Siemens, Solignac. Bréguet; des bougies électriques analogues à celles de Wilde, exposées par MM. Law et Loiseau. Les lampes Edison éclairent une partie du pavillon d’électricité et celles de Swan doivent éclairer raquarium et une autre section de l’Exposition électri-
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- que. Les lampes différentielles de Siemens au nombre de 20, éclairent une partie de l’Exposition, et celles de la maison Breguet qui font là leur première apparition, éclairent une partie du pavillon et du parc.
- 5° Quelques échantillons de câbles électriques exposés par la Société générale des Téléphones, l’India Rubber and Telc-graph Works, MM. Berthoud Borel et O; des objets gahw noplastisés, exposés par là maison Christofie et le Dr Oré; des avertisseurs électro-automatiques d’incendie de M. Mildéllis; des machines à coudre mues par l’électricité, exposées par M. Journaux; des modèles de paratonnerres construits par MM. Mors et Mildé; un vérificateur des paratonnerres combiné par M. Schultz; des sonnettes et appareils électro-médicaux de MM. Contant, Buchin, Lescale-Male-part, Brichaut; une horloge électrique de M. Nègre; des allu-moirs électriques de M. Léon Neveur; des avertisseurs d’inondation de M. Chapuis; des remises à l’heure électriques de M. Henri Lepaute; un contrôleur des rondes, de M. Dusseau; des bijoux électriques de M. Lebrun, des appareils télégraphiques construits par MM. Petit, Estève, l’école libre de Tivoli; un polygraphe exposé par la Société de médecine et de pharmacie; divers appareils électriques entr’autres un régulateur électro-automatique combiné par le médecin-major Figuier, complètent la partie de l’Exposition réservée aux expositions particulières.
- 6° Les compagnies de chemins de fer ont fait aussi acte de présence en exposant, l’une, celle du Midi, un système de liaison électrique des wagons pour avertir le chef du train, en cas d’accident; une autre, celle d’Orléans, des spécimens de cloches dites allemandes, appliquées sur son réseau, et un modèle du block-system, de MM. Lartigue, Tesse et Prud’homme, qui est auprès du pavillon des chemins de fer.
- Comme on le voit, cette Exposition n’est qu’un bien petit diminutif de l’Exposition de Paris, mais elle montre toujours la tendance qu’ont aujourd’hui les esprits à so porter vers ce genre d’application de la science, tendance qui portera promptement ses fruits.
- Nous apprenons d’un autre côté qu’une Exposition du même genre aura lieu l’année prochaine à Caen, à l’occasion du concours régional, et nous savons qu’on s’en occupe dès maintenant. Nous espérons que les électriciens se mettront cette fois sérieusement en campagne et qu’ils seront plus nombreux qu’à Bordeaux. Caen est comme on le sait Y Athènes normande, et bien que sa population ne soit pas très progressiste, les nombreux savants de sa Faculté des Sciences ainsi que les nombreuses sociétés savantes qui y ont etc créées donneront à cette Exposition une importance particulière.
- Association britannique pour Vavancement des sciences. — Nous avons, dans notre dernier numéro, donné l’indication des premières lectures faites à cette session. Nous trouvons dans les journaux anglais l’indication d’autres communications. Ce sont : i° un travail de M. Ayrton sur les instruments mesureurs employés pour la lumière électrique et les transmissions de la force ; 20 un travail de M. C. W. Siemens sur un système pratique d’unités clectro-magnétiques; 3° un mémoire de Gladstone sur les batteries secondaires eu égard à leur action locale; un mémoire de M. Sabine sur quelques appareils à employer pour la mesure de la lumière électrique ; 5° une lecture de M. Preece sur une nouvelle lampe à arc voltaïque de M. Abdank; 6° un rapport de lord Rayleigh au nom de la commission des étalons électriques.
- Association française pour Vavanc&nient des sciences. — vVoici la suite des communications faites à la réunion de La Rochelle relativement à l’électricité : iü une note sur la distribution de l’électricité par M. Debrun; 20 un mémoire sur un nouveau système de générateur électrique pur M. le Dr Bréard de La Rochelle; 3° un travail de M. Guebhard sur le moyen de déterminer par les effets électro-chimiques la po-
- sition des lignes équipotentielles sur des surfaces planes; 4° un travail sur l’application de l’électricité pour transporter l’eau à La Rochelle.
- Nous avons le regret d’apprendre la mort de M. Lc-clanché, ingénieur civil, bien connu par l’excellente pile qui porte son nom. M. Lcclanché avait fait, en outre, un certain nombre de travaux relatifs aux applications de l’électricité et notamment concernant les piles. Il avait été attaché au chemin de fer de l’Est et chargé, des essais chimiques
- Éclairage électrique
- Au British Muséum de Londres, la grande salle de lecture est éclairée chaque soir depuis le ier septembre avec quatre nouvelles lampes à arc Siemens, qui sont disposées de manière à donner une lumière égale dans toute la salle. Cet éclairage doit être continué jusqu’au ior avril i883. La salle de lecture du British Muséum reste ainsi ouverte au public jusqu’à huit heures du soir. A l’extérieur du British Muséum se trouvent deux nouvelles lampes Swan; d’autres sont réparties dans diverses salles.
- A Southampton, on vient de faire l’essai pour l’éclairage des docks de la lampe à arc Fyfe-Main.
- Pendant un concours musical qui a eu lieu à Birmingham, l’hôtel de ville a été brillamment illuminé avec des lampes à incandescence Swan, au nombre de cinq cents environ. Le courant était fourni par une machine dynamo Bürgin.
- A Londres, les grands magasins Shoolbred et C°, Totten-ham-court-road, W. ont maintenant un éclairage électrique. On emploie quarante lampes, alimentées par deux machines Gramme qui sont actionnées par deux machines à vapeur de huit chevaux chacune et fournissent vingt foyers.
- A Beccles, ville du comté de Suffolk, la Provincial Brush Electric Light Company vient de passer un contrat pour éclairer quelques-unes des principales rues avec des lampes à arc Brush.
- Télégraphie et Téléphonie
- L’établissement de la ligne souterraine construite entre Paris et Nancy est aujourd’hui terminé. Grâce à cet important travail, les communications télégraphiques avec la capitale se trouvent assurées d’une manière permanente et régulière. Le câble souterrain entre Paris et Marseille est aussi très avancé et sera bientôt essayé.
- Bes expériences de téléphonie en mer ont été faites au Havre, il y a quelque temps. Un des postes était situé" au Cercle Marie-Christine, l’autre sur une plate mouillée à en viron 1 5oo mètres du Cercle. Un câble reliait la plate au rivage et de là un fil souple allait jusqu’au Cercle.
- Un téléphone Ader et un Crossley étaient installés sur la plate.
- On a pu communiquer très distinctement tant avec les personnes placées au Cercle qu’avec le bureau central des téléphones et plusieurs abonnés.
- Le temps était peu favorable, mais le vent assez fort qui s’est élevé n’a pas empêché la netteté des communications.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 3i6io
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- La Lumière Électrique
- . Journal universel d*Électricité
- 5i, rue Vivienne, Paris
- - Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- 4® ANNÉE (TOME VII) SAMEDI 30 SEPTEMBRE 1882 N® 3$
- SOMMAIRE
- Études sur le magnétisme (4e article); Th. du Moncel. — Étude sur les transmetteurs téléphoniques à pile; A. De-jongh. — Exposition Internationale d’EIectricité : La machine unipolaire de M. Siemens; Aug. Guerout. — La lumière électrique au château de Windsor; C-C. Soulages.
- — Méthodes d’excitation et de contrôle automatique des machines dynamo-électriques; Paget Higgs. — L’éclairage électrique des côtes d’Angleterre et d’Australie (2® article); Gustave Richard. — Bibliographie : L’électricité et ses applications, par H. de Parville; Frank Geraldy. — Traité d’électricité, par Gustave Wiedemann; Aug. Guerout.— Revue des travaux récents en électricité : Des bruits produits par l’étincelle d’induction. — Sur la formation des couples secondaires à lames de plomb, par M. G. Planté.
- — Expériences hydrodynamiques : Imitation par les courants liquides ou gazeux des stratifications de la lumière électrique dans les gaz raréfiés, et de diverses formes de l’étincelle électrique, par M. Decharme. — Un orchestre électrique. — Correspondance : Lettre de M. Galoubitzky.
- — Faits divers.
- ÉTUDES SUR LE MAGNÉTISME
- 4° article. (Voir les nos des 9, 16 et 23 septembre 1882.)
- Distribution du magnétisme dans une lame mince de grande longueur. —- Dans un mémoire communiqué à l’Académie, le 28 juin 1875, M. Jamin revient encore sur la distribution du magnétisme, mais cette fois, c’est sur des lames minces.d’une assez grande longueur pour pouvoir être considérée comme infinie. Il a opéré sur de longs [rubans d’acier très homogènes trempés au rouge puis recuits, et il a trouvé que l’intensité moyenne yt dans chaque section transversale avait pour expression yi=Al k~x , x représentant les diverses distances du contact d’épreuve à l’extrémité de la lame, A4 représentant l’ordonnée maxima à cette extrémité, et k le rapport des intensités en deux sections distantes de 1 centimètre. L’expérience a montré d’ailleurs que k était constant dans chaque cas pour une même lame, mais que sa valeur diminuait d’une manière continue à mesure que la lame avait été recuite à une température plus élevée, d’où il résulte que le conductibilité magnétique augmente
- avec le recuit et que ~ peut être pris comme mesure de cette conductibilité. D’un autre côté, l’expérience a également démontré que la constante At augmente avec la température du recuit depuis la valeur 4,10 qui répond à l’acier trempé, jusqu’à 7,40 quand il a été recuit au rouge, par conséquent les courbes des intensités s’élèvent en même temps qu’elle s’allongent.
- En observant ces courbes, on reconnaît immédiatement que, prolongées au delà de la lame pour des abscisses négatives, elles se rencontrent toutes en un même point qui correspond à # = — 2 pour lequel la valeur de yi est At k2, et le calcul montre, en effet, que le produit Ai k2 est le même pour toutes les lames. Si on pose A, Æ2 = A toutes.les courbes d’intensité sont représentées par la relation
- dans laquelle A représente la puissance magnétique de l’acier. Ce coefficient change avec la composition chimique de l’acier, mais non avec l’état physique, c’est-à-dire avec la trempe et le recuit,
- tandis que -L augmente toujours avec la tempéra-
- /v
- ture du recuit; c’est le coefficient-de la conductibilité ; A et k sont donc deux constantes indépendantes, l’une caractérise la substance même, l’autre son état physique.
- L’intensité mesurée yl étant égale, ainsi que M. Jamin l’a indiqué dans un de ses précédents mémoires, à l’intensité y qu’on trouverait pour une conductibilité égale à l’unité multipliée par une fonction de k, on arrive à avoir y, =//' (k), formule dans laquelle f(k) représente le rapport de A, à A. M. Jamin entre ensuite dans des calculs mathématiques qu’il serait trop long de reproduire ici et termine sa note de la manière suivante :
- « Pour classer les aciers au point de vue magnétique, il faudra donc les réduire en lames longues dont l’épaisse-ur sera égale à 1 millimètre. On mesurera At et k, A4 A* sera l’ordonnée vraie A à l’origine; elle représentera la puissance magnétique de l’acier et ne dépendra que de la composition chimique ; on ne pourra la faire changer, ni par le recuit ni par la trempe. La deuxième constante k est à la disposition
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- du constructeur, elle augmente par la trempe et diminue par le recuit.
- « La force attractive exercée à l’extrémité de la lame sur
- / A y
- un contact de fer est proportionnelle à yp ou à I J ; elle
- augmente pour un même acier quand on le recuit, elle diminue quand on le trempe.
- « La hauteur de la courbe magnétique vraie à l’extrémité du barreau, est invariable et égale à A, mais la hauteur
- mesurée par le contact d’épreuve estet elle augmente avec le recuit.
- <- A mesure que k diminue par le recuit, la courbe magnétique s’allonge; l’acier qu’on emploie devra donc être d’autant plus long qu’il sera plus recuit; autrement il ne pourrait pas contenir la totalité du magnétisme dont il est capable.
- A
- « La quantité de magnétisme totale est j-p elle augmente avec le recuit; la quantité mesurée par le contact d’épreuve augmente plus rapidement encore, elle estyyyp
- « Si l’on veut faire des aimants exerçant de grandes actions au contact, il faut prendre des aciers recuits, mais il les faut très longs. Si l’on a besoin d’exercer des actions à distance, on peut employer des aciers courts et fortement trempés. »
- Distribution du magnétisme dans les faisceaux de longueur infinie composés de lames très minces. — Ce mémoire présenté à l’Académie le 5 juillet 1875 est la suite du précédent. Après avoir rappelé l’équation donnant la valeur de yi et les conclusions déjà , formulées par lui relativement au nombre des faisceaux de filets magnétiques élémentaires constituant un aimant saturé, lequel nombre ne dépend que de la section moyenne pourvu que les surfaces polaires suffisent à leur épanouissement, il conclut que si l’épaisseur d’une lame est très petite, égale au plus à 1 millimètre, on peut la considérer comme uniformément aimantée dans sa masse entière, et la totalité du magnétisme M qu’elle contient est égale au produit de la section be par un facteur constant m, d’où il suit que M doit être : i° indépendant de la longueur, une fois qu’elle dépasse une limite donnée ; 20 proportionnel à l’épaisseur c; 3° proportionnel à la-largeur b, et c’est en effet ce que l’expérience lui a démontré.
- Si l’on superpose plusieurs lames identiques, leurs magnétismes, d’après le principe précédent, , doivent s’ajouter et doivent fonctionner comme une lame unique dont l’épaisseur serait égale à la somme des épaisseurs élémentaires. C’est encore ce que l’expérience a démontré à M. Jamin, et cette loi est vraie, que les lames soient composées d’acier différent ou quelles soient superposées '-dans un sens quelconque.
- Quant au magnétisme total, M. Jamin a reconnu d’abord que les intensités étaient toujours représentées par la formule yn = A„ k~fi, que pour chaque faisceau kn était constant, que l’ordonnée A„, à l’extémité du faisceau, croît avec n, et que la
- courbe des intensités s’élève tout en s’allongeant de plus en plus. Avec ces données il a pu donner comme expression de la .valeur du magnétisme total M
- 2 A t (b + e)
- quantité qui étant égale d’autre part à la somme des des filets magnétiques renfermés dans la section moyenne bc, permet d’établir pour une épaisseur c égale à l’unité, la relation :
- An c + b_____A_
- log k c + bc ~ log h
- qui se vérifie par l’expérience.
- M. Jamin termine son mémoire par d’autres calculs qui montrent que quand on a déterminé les constantes Aj k, comme il l’a indiqué dans sa précédente note, on peut déterminer toutes les conditions d’un faisceau de lames minces du môme acier quand il est assez long pour être considéré comme infini; il fait de plus remarquer que pour étudier sans erreur un faisceau composé d’un grand nombre de lames, il faut qu’elles soient polies, bien flexibles et très fortement pressées les unes contre les autres. Quand cette condition n’est pas remplie, une partie du magnétisme total, au lieu de se porter à l’extérieur reste entre les lames, et cette partie augmente avec l’espace qui sépare les couches. En interposant des cartons, il ne reste plus rien des lois précédentes, mais en resserrant le faisceau davantage on s’en rapproche de plus en plus, et comme le contact absolu des lames dans toutes leurs parties est impossible, il existe entre la théorie et l’expérience des divergences qui augmentent avec le nombre des couches.
- Distribution du magnétisme dans les faisceaux composés de lames très minces et de longueur finie. — Dans ce nouveau mémoire, présenté à l’Académie, le 26 juillet 1875, M. Jamin applique aux faisceaux magnétiques de longueur finie les calculs qu’il avait posés pour les faisceaux de longueur infinie en les modifiant d’après ces nouvelles données. Dans les conditions actuelles, la formule exprimant la valeur des intensités y sera, au lieu de
- y---An b}i ,
- r=A
- qui peut être transformée d’une manière plus commode pour la vérification expérimentale en remplaçant les valeurs de An et de kn par leurs expressions
- ,_____
- A g=A\/î3-..f,M, et k,i=t( u + bu
- “ V c + b ’
- que M. Jamin avait déduites dans son précédent mémoire.
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- « La formule que je viens de donner, dit M. Jamin, résume toutes les propriétés des faisceaux magnétiques composés de lames très minces; elle permet de construire à coup sûr des aimants contenant une quantité de magnétisme donnée ou offrant à leur extrémité une intensité donnée; elle permet de calculer la position des pôles et le moment magnétique; elle conduit à l’aimant limite que j’ai autrefois étudié ; elle donne en un mot le moyen de traiter, par le calcul, toutes les questions qui exigent l’emploi des aimants. »
- Aimants formés par des poudres comprimées. — Ce sujet, déjà traité par M. de Haldat en i836, a été l’objet de la note communiquée par M. Jamin à l’Académie le 2 août 1875, dans laquelle il montre que quand on tasse fortement de la limaille de fer dans un tube de laiton au moyen d’une petite presse hydraulique et qu’on l’aimante, elle acquiert une polarité persistante qui augmente d’énergie avec la pression, et qui se retrouve même avec les limailles provenant du fer le plus doux et le plus pur. « Voilà donc, dit M. Jamin, un métal qui n’a pas de force coercitive quand il est continu et qui en acquiert une aussi considérable que celle de l’acier quand on le réduit en petits fragments discontinus et qu’on les rapproche par la pression. N’est-ce point à cette discontinuité qu’il faut attribuer la polarité observée, et n’cst-cc pas aussi cette même cause qui explique la force coercitive de l’acier ?
- « On ne peut expliquer la distribution dans un aimant sans le considérer comme composé de files d’éléments magnétiques très petits à pôles opposés réagissant entre eux à distance, et l’on prouve que les quantités de magnétisme séparé dans chacun d’eux croissent par cette réaction, depuis l’extrémité jusqu’à la ligne moyenne. Jusqu’à présent on semblait admettre que ces éléments sont les molécules elles-mêmes; l’expérience précédente semble montrer qu’ils sont formés, soit par des fragments de fer rapprochés, soit par de petits cristaux agglomérés comme dans l’acier.
- « Quand on intercale dans la limaille, avant de la presser, des matières qui rendent la masse plus homogène, on ne peut plus lui donner la môme polarité que si elle est sans mélange. Par exemple en faisant une pâte avec du chlorure de fer et de la limaille et la.pressant, on obtient au bout de quelques jours un sous-chlorure de fer, d’apparence continue, qui peut se limer et se polir comme le fer pur, mais qui s’aimante à peine.
- « Le fer réduit par l’hydrogène et l’oxyde des batitures se comporte comme la limaille de fer, mais des substances magnétiques ou diamagnétiques mêlées à la limaille changent notablement la faculté qu’elle a de s’aimanter. L’étude de toutes ces circonstances promet des recherches intéressantes. Jusqu’à présent, je n’ai eu à ma disposition que des appareils insuffisants et une petite presse de laboratoire. Il est probable qu’en exagérant le tassement des poudres, on verra croître la force coercitive jusqu’à un maximum et qu’elle diminuera ensuite, quand le rapprochement des fragments aura rendu à la masse une suffisante continuité. »
- »
- Lois de Vinfluence magnétique. — Tel est le litre de la note de M. Jamin présentée à l’Académie le t3 décembre 1875.
- « Quand 011 approche une armature d’un pôle A, dit M. Jamin, elle subit une décomposition par influence. Si elle est très loin, une polarité contraire b est attirée, une égale quantité de magnétisme de même nom a est repoussée, cl il
- y a une ligne moyenne vers le milieu. Quand la distance diminue, le magnétisme attiré b se concentre à l’extrémité, la ligne neutre se rapproche, et la polarité repoussée s’étale sur un long espace. Pour une distance déterminée, !a ligne neutre est à l’extrémité b, on ne voit plus de magnétisme boréal, il est entièrement dissimulé par le pôle A, et enfin si le rapprochement continue, l’armature bien qu’elle ne touche pas encore l’aimant, est déjà tout entière chargée de magnétisme austral. Dans l’espace qui sépare l’acier du fer, il y a deux magnétismes opposés qui n’apparaissent point, comme il y en a entre deux branches contiguës d’un mèmè aimant. O11 peut donc dire que l’aimant se prolonge entre l’acier et le 1er, bien qu’ils soient séparés, comme il se prolonge dans sa masse même entre deux couches de molécules qui se touchent. «
- M. Jamin étudie alors les courbes d’intensité sur le fer et sur l’acier, comme il l’avait fait dans ses précédentes communications, et trouve que la totalité du magnétisme répandu sur le fer a pour expression :
- et que la quantité de magnétisme enlevée à l’aimant est représentée par ;
- M = o» (A~‘°
- p et p' désignant les périmètres de l’annature et de l’aimant, et a l’ordonnée à l’origine.
- En égalant ces deux équations on peut déterminer la valeur de a par une formule qui étant discutée montre que quand l~ o, a est égal à A- ou, ce qui revient au même, qu’avec une armature nulle l’acier conserve à son extrémité son magnétisme initial et ne perd rien ; mais à mesure que l grandit a diminue, et il en résulte qu’à mesure que l’armature croit, elle réduit de plus en plus l’intensité au pôle et par suite sur tout l’aimant. D’un autre côté 011 peut déduire aussi que la quantité de magnétisme transportée de l’aimant sur l’armature grandit quand a diminue, c’est-à-dire qu’elle augmente avec le périmètre de l’armature et avec sa longueur, et sa valeur maximum est moindre que la totalité du magnétisme que contient l’aimant.
- « Une masse de fer si longue et si épaisse qu’elle soit, dit M. Jamin, ne peut donc pas dépouiller un aimant de la totalité de son magnétisme. Ce qui reste est distribué très simplement, car on a en général,
- y — (y — rô — a a fl “ — (A — a) *•'"* *
- et pour le cas d’une armature do section infinie, auquel cas a — o :
- ri=a (*r
- ce qui représente une ordonnée nulle à l’extrémité, pour x = o, croissant jusqu’à un maximum et décroissant ensuite jusqu’à zéro pour .v = co. L’expérience confirme ce résultat
- « Le maximum a lieu pour la valeur de .v donnée par la relation suivante :
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- Constitution intérieure des aimants. — Ce mémoire, présenté à l’Académie le 3 janvier 1876, indique les calculs qui peuvent être appliqués à la constitution intérieure des aimants. M. Jamin commence par montrer que si on compare entre eux les divers aciers trempés, on reconnaît que leur conductibilité minima est d’autant moindre que le degré d’aciération est plus élevé. Pour vérifier ce fait, il a fait préparer par M. Dalifol des aciers soumis à des cémentations répétées, puis fondus et car-burés à un assez haut degré pour ne pouvoir plus supporter la forge. Dans ces conditions et trempés au rouge blanc, ils sont extrêmement durs, deviennent inataquables aux acides, excepté à l’eau régale, et sont très peu conducteurs du magnétisme; ils sont si peu susceptibles d’être aimantés qu’ils sont à peine attirésparunélectro-aimant.M. Jamin explique ces effets en disant que les aciers qui conduisent mal le magnétisme dans le sens de leur longueur, le conduisent également mal dans dans le sens de leur profondeur, que leur aimantation considérable à la surface externe décroît de cette surface au centre, et que pour les plus cémentés, la couche magnétisée ne dépasse pas l’épaisseur d’un vernis. En répétant de nouveau ses expériences, M. Jamin a reconnu les faits suivants: i° les valeurs de M satisfont sensiblement à l’équation M = Ae -|- Be3 ; 20 les pertes de magnétisme pour des décroissances successives d’épaisseur de un dixième de millimètre diminuent régulièrement depuis 2,10 jusqu’à 0,20, ce qui montre que la densité de la couche magnétique décroît de la surface au centre ; 3° les fractions de magnétisme disparu sont plus grandes que les fractions d’épaisseur enlevées; 40 quand l’épaisseur décroît de ^, le magnétisme diminue de et
- si on enlève le sixième de l’épaisseur, on enlève la moitié de l’aimantation; 5° en usant de chaque
- côté ~ de millimètre, on prend le quart du magnétisme total, et pour un millimètre, près des deux tiers. On peut donc en conclure que les deux tiers, du magnétisme étaient confinés dans une couche de imm,i d’épaisseyr enveloppant un noyau de 8mm,4 qui conserve environ le tiers seulement de l’aimantation totale. Or, si l’on vient à réaimanter ce noyau, on lui rend un magnétisme total égal à celui qu’avait la lame primitive avant son usure, et l’on voit que, par cette réaimentation, une nouvelle couche magnétique s’est refaite à sa surface en remplaçant celle qui avait été enlevée, et elle peut être à son tour enlevée pour être remplacée encore xdans les épaisseurs sous jacentes.
- Pour des aciers encore plus cémentés, l’aimantation se cantonne dans une épaisseur encore plus petite, mais dans les aciers du commerce qui sont beaucoup plus conducteurs, il arrive souvent que l’aimantation pénètre toute la masse.
- M. Jamin déclare toutefois qu’en raison d’une foule de causes perturbatrices, la dissolution d’un aimant ne peut indiquer d’une manière exacte l’épaisseur de la couche magnétisée, et pour arriver à des mesures plus précises il emploie une autre méthode. Il aimante la lame après avoir appliqué à ses deux extrémités, sur les deux faces, deux armatures de fer doux serrées par des vis de pression. Dans ces conditions, elle recevrait, d’aprèsM. Jamin, comme si elle était infinie, toute la quantité de magnétisme’que peut contenir sa ceinture moyenne ; il mesure ce magnétisme, puis ayant réduit la lame dains l’eau régale, repoli sa surface à la meule et remis les armatures, il recommence l’aimantation et sa mesure. A chaque opération ainsi faite, il dédétermine donc la somme de magnétisme M que prend à saturation un même acier de longueur finie et d’épaisseur décroissante E. Cette quantité est exprimée par la formule :
- qui, pour e E, donne la relation :
- M
- 2 A 'Tk'~
- : const.
- dans laquelle la constante k peut être déterminée en prenant sur la courbe deux valeurs M et M, correspondantes à deux épaisseurs 2E et E. En posant k~B — z, /c~8E =z- on a
- M 1 — z2 M7 1 — Z
- de laquelle 011 tire, en prenant le millimètre pour unité d’épaisseur, la valeur moyenne de k qui s’est trouvée égale à i,o853. Le quotient de M. par 1 — k~3B est une quantité constante, comme le démontre l’expérience, et par conséquent la loi du décroissement à l’intérieur de la lame est représentée par
- Or, en discutant cette formule, on voit que si E augmente, /e~8E diminue et M augmente. Ainsi le, magnétisme croit avec l’épaisseur du barreau. Mais à partir d’une épaisseur suffisante, d’autant plus petite que k est plus grand, l’aimantation n’augmente plus avec E et prend une valeur limite qui est d’autant plus petite que k est plus grand ou l’acier moins conducteur, d’où il suit que les aciers très cémentés et trempés doivent s’aimanter très peu et également sous toute épaisseur. C’est ainsi qu’on explique ces singuliers aciers qui ne sont plus magnétiques.
- En poussant plus loin les calculs, M. Jamin montre qu’un faisceau de n lames sera toujours plus fort qu’un barreau unique qui aurait les mêmes dimensions, et le-rapport croîtra indéfiniment avec
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- le nombre des lames, ce qui justifie l’emploi des lames minces dans la construction des aimants.
- Les objections faites par certains physiciens à l’impénétrabilité magnétique des corps magnétiques admise par lui, ont engagé M. Jamin, quelques années plus tard, à reprendre ses études sur cette question, et dans un mémoire présenté à l’Académie, le 2 juin 1879, il indique des expériences qui semblent ne devoir laisser aucun doute.
- Il place verticalement l’une sur l’autre deux bobines égales formées par de gros fils de cuivre, et il les sépare par une troisième bobine de fil fin mis en relation avec un galvanomètre à réflexion. Quand on introduit le courant dans les deux premières, on détermine une induction dans la troisième ; on mesure l’arc d’impulsion qui est très petit, et si l’on rompt le circuit inducteur, il y a une impulsion égale et contraire. C’est un dispositif analogue à celui d’une des balances d’induction de M. Hughes.
- Si, maintenant, on introduit dans le système des trois bobines un tube de fer de 3 millimètres d’épaisseur, l’induction est beaucoup plus forte et la différence des deux inductions mesure l’aimantation du tube de fer. On remplace ensuite ce tube par un cylindre de fer de même hauteur, puis on introduit à la fois le tube et le cylindre à côté l’un de l’autre, et on reconnaît que les actions sur le tube et le cylindre ne se superposent pas, et qu’il y a à peine plus d’aimantation si l’on place les deux objets dans la bobine que si l’on ôte l’un pour ne laisser que l’autre.
- En mettant le cylindre à l’intérieur du tube, on a trouvé qu’il y a moins de magnétisme que dans le premier cas, ce qui montre que l’effet sur le cylindre a diminué ; mais comme l’effet produit sur le tube aurait pu augmenter, M. Jamin a remplacé la bobine intermédiaire qui mesurait l’induction, par une petite bobine qu’on peut observer seule et qui est placée autour du cylindre dans sa partie médiane. Placée seule dans les bobines inductrices, elle donne, au moment des. fermetures et des ruptures du courant, un arc d’impulsion très petit qui 11e varie pas sensiblement quand on met à côté le tube seul ou le tube et le cylindre ; il est insensible si l’on introduit la petite bobine à l’intérieur du tube, mais quand on la met autour du cylindre, l’effet devient considérable et peut mesurer l’aimantation de celui-ci. Or, l’expérience montre que le même courant communique au cylindre une aimantation beaucoup plus faible quand elle est à l’intérieur, et qu’en même temps le tube prend une aimantation plus grande dans le premier cas et plus faible dans le second.
- En recuisant le tube au rouge, M. Jamin a pu reconnaître qu’il laisse passer plus de magnétisme qu’à froid, et que cette quantité est plus considérable encore après que ce tube a été aimanté une première fois; mais il a reconnu qu’il suffisait d’une
- épaisseur de 6 millimètres au tube de fer pour arrêter à peu près complètement l’effet magnétique d’une spirale extérieure.
- M. Jamin a rendu plus simple cette démonstration en montrant qu’une tige d’acier trempé sans magnétisme, étant introduite dans un éloctro-aimant tubulaire de moindre longueur qu’elle, ne s’aimantait pas sous l’influence de l’aimantation de l’électro aimant, mais qu’il n’en était plus de même quand la tige dépassait le tube de l’électro, parce qu’elle s’aimantait alors par influence.
- Dans mes recherches sur les électro-aimants tubulaires faites en 1862 (voir les Comptes-rendus du 16 juin 1862, p. i23i), je montrais que la partie centrale des noyaux magnétiques ne contribuait en rien à leur aimantation et qu’il suffisait de les terminer par des bouchons minces de fer pour qu’ils eussent la même puissance attractive que des électroaimants massifs.
- Solution analytique du problème de la distribution dans un aimant. — Dans cette note communiquée à l’Académie, le 10 avril 1876, M. Jamin cherche à justifier ses formules par une théorie, et nous lui laissons, en conséquence, la parole :
- « Je fei ai remarquer d’abord, dit-il, que pour établir les lois de la conductibilité calorifique, Fourrier u’eut besoin de faire aucune hypothèse sur la nature de la chaleur ; il se contenta d’admettre que la quantité de chaleur qui traverse une tranche extra moléculaire est proportionnelle à la différence de température des molécules que cette tranche sépare. Plus tard, Ohm ne fit que reproduire la même idée pour découvrir les célèbres lois qui portent son nom. Il admit que la quantité d’électricité qui passe à travers une section d’un conducteur est proportionnelle à cette section et à la différence de tension. On va voir que ce même principe transporté au magnétisme conduira avec autant de sûreté aux lois de la distribution dans un barreau.
- « C’est un fait connu que le magnétisme libre, celui que nous mesurons par les attractions qu’il exerce, se transmet de tranche en tranche. Ainsi, quand on place une armature de fer à l’extrémité d’un barreau de même section, une portion de ce magnétisme quitte le barreau.pour se transporter sur le fer. (') Un état d’équilibre s’établit, et entre l’acier et le fer, il n’y a qu’une différence de tension infiniment petite dy.
- « Si donc on considère une section d’un barreau à une distance x de son extrémité, on peut admettre qu’une certaine quantité de magnétisme a été transmise par conductibilité de la distance x à la distance x -j- dx, en prenant des intensités correspondantes y et y + dy. J’admettrai, comme l’ont fait Fourrier et Ohm dans un autre ordre d’idées, que la quantité de magnétisme M ainsi 'transmise est proportionnelle à la section s, à la différence des tensions — dy et à
- I s
- un coefficient spécial de conductibilité -pz, d’ou M = — p dy.
- (*) M. Jamin peut dire qu’il admet cet effet, mais en général on né l’admet pas, et on dit simplement que c’est le magnétisme repoussé de l’armature qui couvre sa surface extérieure, puisqu’on n’admet pas que le fluide magnétique se déplace autrement que moléculaircment. Pour nous, ce magnétisme libre représente la somme des effets produits par les polarités moléculaires dont l’orientation s’est trouvée déterminée par les attractions produites à la surface de jonction des deux pièces magnétiques.
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- « On peut dire pour justifier cette hypothèse, que, si une nouvelle quantité de magnétisme M, s’ajoutant à la première, traversait'la tranche considérée, elle déterminerait une nouvelle différence d’intensité dy égale à la première et qui s’ajouterait à elle, de sorte qu’il doit y avoir proportionnalité entre le magnétisme transmis et la différence de tension qui s’établit. On peut dire aussi, d’une manière plus générale, que M est une fonction de dy, qui s’annule en môme temps que dy, qu’oii peut développer en fonction des puissances croissantes de dy, et qu’on peut ne conserver que le premier terme de ce développement. On peut dire enfin que les analystes et les physiciens, ayant admis une hypothèse semblable pour l’électricité et la chaleur, ont les mêmes raisons de la considérer comme fondée quand elle se transporte au magnétisme.
- « Cela étant, reproduisons le raisonnement qu’a fait Fourrier pour les barres conductrices.
- « Prenons deux hanches infiniment voisines placées à des distances de l’extrémité égales à x et à x + dx : l’intensité magnétique avant et après la première, sera y et y-\-dy; avant et après la seconde, elle sera y + dy et y + i dy
- -r^^dx: la différence des intensités pour les points qui
- séparent la première section sera — dy; elle sera
- pour la seconde; enfin les quantités de magnétisme transmises sont :
- leur différence est
- proportionnel à la section moyenne s; elle peut se représenter par As. On a donc la relation de condition
- As = p f ydx-~-J o «
- d’où
- et l’équation de la distribution devient la suivante qui est identique à la formule que j’ai déjà donnée
- « Supposons maintenant que la barre d’abord infinie soit coupée à une longueur 2 l, tout le magnétisme qui était contenu dans la barre primitive, depuis 2 l jusqu’à l’infini, ne pouvant plus se loger, se transmettra en sens inverse vers l’origine, et s’y transmettra suivant la même loi ; ce sera comme s’il se réfléchissait sur lui-même : c’est ce que l’expérience a démontré. Par conséquent la courbe du magnétisme austral sera
- » 1 t /s I —ax 1 —a ('Il — ®)~1
- y = +C 'J
- « Mais d’autre part, la courbe de magnétisme contraire partant de l’extrémité x~i l, sera, au signe près, égale-à la précédente, et son équation se trouvera en remplaçant x par 21 — x,
- y^Aks/l +
- s d*y Wdxî
- dx.
- « Or cette différence exprime la quantité de magnétisme libre restée entre les deux sections considérées; celle-ci aune intensité moyenne y; elle est répartie sur une surface pdx, elle est égale àpydx, et il faut qu’on ait
- s d 2y
- py,
- d-y dx3
- A
- P
- —y = a2y sJ j
- « La différence y—7, représentera l’état magnétique de la lame; elle est égale en remplaçant a par sa valeur et en réduisant à l’expression
- et en intégrant
- ., ax , —ax
- 7 = Me -f-Ne
- « C’est l’équation de Fourrier; elle doit représenter à la fois la température dans une barre chauffée et l’intensité . magnétique dans un barreau.
- » Pour déterminer les constantes M et N, on commencera par se rappeler que l’intensité magnétique est nécessairement nulle au milieu du barreau à une distance l
- o = Mc‘l-}-Ne-aC, M = —Ne-3“* et en remplaçant dans l’intégrale générale,
- ..T T — aæ —ulil — x)1
- 7 = NI e — e
- ce qui est la forme de fonction établie pour la première fois parBiot. La constante N va se trouver par d’autres considérations. Etudions d’abord le cas d’un aimant de longueur infinie et uniformément aimanté dans sa masse entière, ce qui est le cas de nos faisceaux de lames, alors la dernière formule se réduit à son premier terme. La totalité du magnétisme se trouvera en prenant l’intégrale de ydx depuis zéro jusqu’à l’infini et en la multipliant par le périmètre p. D’un autre côté, cette totalité sera proportionnelle au nombre de filets magnétiques que renferme le barreau qui est
- qui est identique à celle déjà calculée dans un de mes précédents mémoires et qui a été établie par l’expérience.
- « Supposons que la barre soit un cylindre de rayon r
- devient égal à sjj. - Posons/; \/2=Bet nous aurons
- 7 —i — e'/r ) V r —e V 1 “'J
- « Nous avons supposé que la quantité de magnétisme qui passe de a; à x-\-dx est proportionnelle à la différence de tension dy. On pourrait admettre qu’elle est proportionnelle à la fois àdy et au périmètre de la barre; elle serait alors
- au lieu d&j^dy égale àj^pdy, ce qui reviendrait à dire que
- le coefficient A2 n’est point constant, mais qu’il est en raison inverse de p.
- TC B2
- « Prenons /c2 = —^—, et la valeur de y, en supposant la barre cylindrique, devient :
- . _ Il , B B
- )le ~e J
- <1 Or M. Biot en s’appuyant sur des considérations tout autres et s’aidant des expériences de Coulomb, a établi autrefois cette formule qui ne diffère pas sensiblement de la
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 3k;
- précédente et que Green a retrouvée par une analyse plus
- générale. Cette formule diffère delà mienne en ce que B \J r est remplacé par B. Il est certain qu’elle 11e représente pas les intensités telles qu’on les mesure avec le contact d’épreuve, car si l’on suppose l'a barre infinie, clic donne à l’extrémité AB
- x — o une intensité — qui est constante et indépendante du
- rayon, ce qui est contraire à toutes les expériences. La
- . . ' . AB /—
- mienne donne au contraire y= — \r qui croit avec r
- comme l’expérience le prouve.
- « Cependant M. Biot a établi sa formule d’après les expériences de Coulomb, mais en déterminant les coefficients par la mesure des moments magnétiques, et M. Bouty a faitsur ce sujetun très grand nombrede vérifications; d’où il faut conclure que l’avant dernière formule que nous venons de donner exprime les racines carrées des forces d’arrachement et [que la dernière formule conduit au calcul exact des moments mesurés à distance, comme l’a fait Coulomb. M. Bouty croit avoir trouvé les raisons de cette différence en développant les idées que j’ai précisément émises sur la conductibilité magnétique. »
- Ici se terminent les travaux de M. Jamin sur le magnétisme ; ils sont, comme on a pu le voir, très intéressants et savamment étudiés, seulement il part d’une hypothèse qui n’est pas généralement admise et qui serait difficile à concilier avec la théorie du diamagnétisme et celle d’Ampère. Ce qu’il y aurait d’intéressant maintenant à élucider, ce serait de reconnaître si véritablement le magnétisme peut se déplacer, à la manière de la chaleur et de l’électricité, à travers la masse des corps magnétiques. Car avec des effets de déplacement des axes magnétiques des molécules magnétiques, on peut aussi expliquer la plupart des phénomènes observés. Ce qui est certain, c’est que la théorie philosophique du magnétisme est encore bien nuageuse,
- Th. du Moncel.
- ETUDE
- SUR LES TRANSMETTEURS
- TÉLÉPHONIQUES A PILE
- Sous le titre de « Note sur la détermination analytique des meilleurs éléments de construction des transmetteurs à charbon », M. Gaston Belle a publié dans le n° 3e du 12 août de ce journal, une étude dans laquelle, après avoir constaté que les appareils téléphoniqifes donneraient souvent un rendement plus fort que celui qu’on obtient aujourd’hui, si l’on déterminait plus rationnellement leurs principaux éléments, il cherche les meilleures valeurs à donner à ces éléments.
- J’ai traité cette même question, en ce qui concerne la pile, dans le n° 36 du 3 août 1881.
- Comme la conclusion obtenue par M. Gaston Belle est différente de celle que j’ai donnée, je crois
- qu’il est utile de chercher où'cst la vraie solution.
- La conclusion de M. Belle est celle-ci : « La résistance des contacts, celle du circuit primaire de la bobine et celle delà bobine doivent être égales. »
- Voyons d’abord la pile.
- Dans le n° 36 du 3 août 1881, j’ai prouvé que la pile doit être disposée de telle façon que sa résistance- soit à peu près égale au tiers du restant du circuit. J’y ai donné, à côté de la formule exacte, la formule approximative suivante :
- »=v/i-*-v/¥
- dans laquelle a désigne le nombre d’éléments à réunir en tension en b séries parallèles, n le nombre total des éléments employés, r la résistance d’un élément, R la résistance du circuit extérieur à la pile.
- La conclusion de M. Belle est que la résistance de la pile doit être égale à la moitié de celles réu-nies'du microphone et de la bobine.
- Il s’appuie sur ce que, en prenant la pile comme variation, le maximum se présenterait pour une résistance de la pile égale à la résistance du restant du circuit. Or ce point de départ est inexact.
- En me servant du diagramme (üg. 1) et des données de M. Belle, je puis le prouver graphiquement. La courbe 1 est celle qu’il a donnée (n° 3e du 12 août); la ligne 2 celle qu’on obtiendrait en disposant la pile comme il l’indique, et la courbe 3 celle que donnerait une résistance de la pile calculée d’après ma formule.
- Je vais prouver maintenant au moyen de la formule et des données de M. Belle que sa conclusion, en ce qui concerne la pile, est également inexacte.
- La formule de M. Belle est :
- i — /'
- amplitude =
- c. R m. 8
- (hb + R/> + R/;zp
- Rû représente la résistance de la bobine, R/> celle de la pile, Rm, celle du microphone.
- Prenons, par exemple, pourle nouveau diagramme (fig. 2) Rm = Rb — 2.
- La ligne 1 est celle qu’on obtiendrait en admettant la conclusion deM. Belle; la ligne 2 celle qu’on obtient en disposant des éléments de la pile comme l’indique la formule que j’ai donnée, c’est-à-dire en donnant à la pile le tiers de la résistance du microphone et-de la bobine réunis.
- De ce diagramme il résulte clairement que la conclusion de M. Belle « qu’on obtient le meilleur résultat quand on dispose de la pile de manière à égaler sa résistance à la moitié de la résistance qui lui est extérieure », est inexacte, la formule quej’ài posée donnant, avec les mêmes éléments, une variation plus grande dans l’intensité du courant.
- Arrivons à la bobine.
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- 320
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- M. G. Belle dit que « la bobine d’induction étant destinée à agir sous l’influence d’une pile donnée, son circuit primaire devrait, suivant un principe bien connu, pour produire ses effets maximum, avoir précisément une résistance égale à celle de la partie qui lui est extérieure et qui est composée du microphone et de la pile. »
- Or ce principe de l’égalité de résistance entre les deux parties du circuit n’est pas applicable aux courants ondulatoires.
- En effet, ce principe découle de cet autre de Joule disant que le travail d’un courant d’intensité
- I agissant au moyen d’une résistance travaillante r est représenté par la formule W = I! r.
- E
- Dans les cas ordinaires I = -, E étant la
- force électro-motrice, et R la résistance non travaillante du circuit, alors
- W=
- E1 r (R + r)*
- et le maximum de cette expression a lieu pour R = r.
- Mais dans les courants ondulatoires, le courant qui agit n’est pas représenté par R r mais par
- ----E,— a étant l’augmentation de résis-
- R + r R-)-r+«
- tance provoquée par la voix dans le parleur.
- idjb-R+f+5est 4 peu près égaI
- Le travail de ce courant est donc approximativement suivant la loi de Joule W = ;5'v-4-
- (lv J | T) *
- Si donc cette loi est applicable à la détermination des courants induits, il faudra chercher le maximum de cette expression par rapport à r, ce qui donne en égalant sa dérivée par rapport à r à zéro :
- 3 r4 8 R r3. + 6 R2 —R* = o.
- La résolution de cette équation donne pour r une valeur r=
- t >
- —A- /
- /
- / / i
- / / y
- 2 7 / /—
- / /
- (
- / **
- / /
- t / > f
- /
- / / 1
- / / /
- —À / ? A
- / C- , /
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- '—i
- / -A / /
- t /
- » i / (
- V
- // I'
- r
- V b 6 7 6 9 10 11 12 13 IV 15 16 17 18 19 20 21 22
- ÉLÉMENTS LECLANCHÉ 1 e = I,5 J p = 2 OHMS
- Donc la résistance de la bobine devrait être égale au tiers des résistances réunies de la pile et du parleur.
- D’un autre côté, la, résistance de la pile doit être égale au tiers de la résistance du parleur et de la bobine; donc les résistances de la pile et du fil primaire de la bobine devraient être égales entre elles, et égales chacune à la moitié de la résistance du parleur.
- M. Belle avait conclu à une égalité entre les trois résistances de la pile, du parleur et de la bobine.
- A. Dejongii.
- Bruxelles, le 8 septembre 1882.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 321
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- LA MACHINE UNIPOLAIRE
- DE M. SIEMENS
- Dans un article publié dans le numéro du 14 mai 1881, nous avions signalé une machine dite unipolaire imaginée par M. Siemens. Cette machine était fondée sur l’induction produite dans un cylindre de cuivre tournant autour d’un pôle d’aimant. Elle était formée essentiellement d’un grand
- électro-aimant vertical à deux branches dont les noyaux dépassaient les bobines de deux fois la longueur de celles-ci. Deux cylindres de cuivre creux enveloppaient les deux noyaux et tournaient autour d’eux. La partie inférieure de chacun des cylindres était reliée par un frotteur à l’un des bouts du fil des électros. Deux autres frotteurs isolés communiquaient avec les parties supérieures du cylindre et servaient de prises de courant. La force électromotrice de cet appareil était d’environ un volt et, sa résistance étant d’ailleurs très faible, il permettait d’obtenir une intensité assez notable. Le rendement n’était cependant pas en rapport avec les grandes dimensions de la machine.
- MACHINE UNIPOLAIRE DE AI. SIEMENS
- M. Kirchoff avait suggéré à M. Siemens l’idée d’accroître la force électro-motrice en coupant les cylindres en un certain nombre de bandes longitudinales supportées par une matière isolante et disposant les frotteurs de manière à additionner les forces électro-motrices. Pour cela chaque bande eût été en communication par chacune de ses extrémités avec une virole isolée et, au moyen de frotteurs disposés circulairement, on eût pu recueillir le courant en additionnant les forces électro-motrices concordantes.
- A l’époque où M. Siemens fit connaître cette idée de M. Kirchoff, des difficultés de construction l’avaient empêché de la réaliser ; mais ces difficultés provenaient de ce qu’on pensait toujours à faire tourner les bandes de cuivre autour du pôle d’aimant et qu’alors il était très difficile de disposer convenablement les viroles et les collecteurs. Mais
- le problème a pu être résolu assez facilement en renversant la construction première de la machine et constituant des pôles creux dans l’intérieur desquels tournent les cylindres fendus.
- Une machine exécutée d’après ce principe figu-gurait à l’Exposition Internationale d’Electricité. Elle est représentée par la figure ci-jointe.
- Un électro-aimant long et disposé horizontalement E a pour noyau une série de lames de fer, dépassant de chaque côté de la bobine, qui, considérées deux à deux, représentent un 8 et dont l’ensemble forme des deux côtés de la bobine deux cylindres creux L L, L'U. Chacun de ces cylindres creux constitue un des pôles de l’électro-ai-mant. A son intérieur sont placées sur un axe 4 lames de cuivre nn dont chacune communique à ses extrémités avec deux viroles a et b isolées d’ailleurs des autres bandes. On a ainsi pour cha-
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- que pôle 8 viroles et 16 pour la machine entière.
- Au-dessus de ces viroles, sont disposés des arcs métalliques fixes, dans lesquels des lames collectives cc, dd sont encastrées de distance en distance de manière à embrasser environ un quart de la circonférence de chaque virole. Ces collecteurs peuvent être accouplés de manière à réunir les lames mobiles soit en tension, soit en quantité, et deux roues R R' mues par une même corde communiquent aux deux cylindres formés par les lames de cuivre, un mouvement dans le même sens. Les axes en fer de ces cylindres agissent comme tendeurs des lignes de force.
- Nous n’avons pas le chiffre exact de la force électro-motrice obtenue avec cette machine, mais il est évident qu’avec cette disposition la force électro-motrice est sensiblement augmentée.
- Aug. Guerout.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- AU CHATEAU DE WINDSOR
- Au moment du mariage du prince Léopold d’Angleterre, duc d’Albany, dernier fils de la reine Victoria, avec la princesse de Waldeck-Pyrmont, sœur de la reine de Hollande, dans l’antique château de Windsor, une animation extraordinaire régna pendant quelque jours dans la petite ville située sur la rive droite de la Tamise à environ 3o kilomètres de Londres.
- Le soir de la grande cérémonie, la lumière électrique projetait ses brillants éclats sur l’architecture grandiose du château et sur les sites pittoresques qui l’entourent; la vue perspective ci-contre donne une idée de l’effet merveilleux que l’on pouvait contempler des bords de la Tamise. Aucun endroit ne pouvait du reste mieux se prêter à une application pittoresque de lafimiière électrique, que cette région avec son célèbre château royal. Le nom de Windsor est dérivé, dit-on, du mot Saxon Windles- ' afra qui signifie méandre du fleuve, et l’histoire du château remonte au temps de Guillaume le Conquérant qui. acheta le terrain à l’abbaye de Westminster et y fit élever une forteresse. Henri Ier la fit reconstruire, mais c’est à Edouard III, né à Windsor, que le château doit la plus grande partie des constructions que l’on voit aujourd’hui. Edouard IV fit bâtir la chapelle de Saint-George ; le mausolée date du règne de Henri VII; la ferrasse septentrionale est du temps d’Elisabeth. En 1823 Georges IV fit réparer le palais par l’architecte Jeffrey Wyatt et changea la distribution des salles gothiques peu appropriées aux goûts et aux habitudes modernes.
- Le château couvre, avec ses dépendances, une
- superficie d’environ i3 hectares, il est bâti sur une colline dominant la vallée de la Tamise ; ses terrasses, ses murailles, ses innombrables tourelles et clochetons et surtout sa grande tour offrent un aspect très imposant ; cet ensemble gigantesque produisait, sous les rayons de la lumière électrique, le plus grand effet que puisse rêver l’imagination.
- La masse des constructions forme deux qua-drangles de forme irrégulière, l’inférieur ou Lower-Ward est le plus vaste; il est flanqué par les 'tours de Winchester, de la Garde-Robe, de Salis-bury, de la Jarretière et de Jules-César ou tour du Beffroi; le second quadranglc ou Upper-Ward occupe l’extrémité orientale de la colline, les. tours qui le flanquent sont celles d’Edouard III de Lan-castre, d’York, de Victoria, de Clarence, de Chester, du prince de Galles, de Brunswick, de Cornouaille et de Georges IV. La surface de ce quadrangle, qui était le mieux éclairé, forme un grand parallélogramme, dominé au sud par la tour ronde et au sud-ouest par la tour du roi Jean, au pied de laquelle se trouve une statue en bronze de Charles IL Les constructions qui s’élèvent au sud, sont distribuées en appartements pour les hôtes de la reine ; les corps de bâtiments de l’est sont habités par la famille royale; ceux qui sont situés au nord renferment les salles de réception et les galeries de tableaux où figurent les œuvres d’art les plus précieuses de Van Dyck. Entre les deux cours, sur un monticule artificiel, se dresse le donjon ou Midle-Ward, tour elleptique immense au sommet de laquelle ôn parvient par un escalier de 220 marches; la vue peut s’étendre de là sur 12 comtés à la roiide et l’on parvient à distinguer le dôme de Saint-Paul, la cathédrale de Londres. Le puissant foyer électrique qui avait été installé sur la plate-forme du donjon était aperçu dans le pays à des distances énormes et tous les habitants n’oublieront jamais l’impression produite par ce soleil artificiel.
- A l’intérieur des cours comprises dans les deux quadrangles, on avait disposé une série de régulateurs dont la clarté s’apercevait par transparence, de l’extérieur, à travers les fenêtres du Palais, en même temps que la grande silhouette de l’édifice entier se profilait dans l’espace qui semblait embrasé immédiatement au-dessus de l’endroit occupé par les cours des quadrangles; sur notre dessin pittoresque on peut voir l’indication de ces fantastiques effets.
- Dans la cour intérieure de Windsor qui recevait les reflets du grand éclairage électrique, les hôtes du Palais ont pu admirer aussi la chapelle de Saint-George, ce merveilleux monument édifié par Edouard IV en 1474 et qui est considéré comme le plus bel édifice gothique de la vieille Angleterre.
- C. C. Soulages.
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE AU CHATEAU DE WINDSOR
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- MÉTHODES D’EXCITATION ET DE CONTROLE
- AUTOMATIQUE
- DES
- MACHINES DYNAMO - ÉLECTRIQUES
- La méthode d’excitation, pour les électro-aimants des machines dynamo-électriques, ordinairement adoptée est celle que l’on doit, suivant toute apparence, à Hjorth. Elle est trop connue pour nécessiter une description et on lui donne genérale-
- F'g-
- finmnr
- ment le nom de surexcitation (mutual accumulation). Ce principe s’applique du reste à toutes les méthodes dans lesquelles les électro-aimants sont excités par l’armature de la même machine. Il est rèprésenté diagrammatiquement dans la figure 1 et peut être considéré pour la suite de cette étude, comme la méthode ordinaire ; les électro-aimants M sont dans le même circuit que l’armature A. LL représentent les bornes de la machine.
- Il y a une méthode plus ancienne pour l’excitation des aimants des machines, qui est due à Sins-teden (Pogg. Ann. i85i, vol. 84, p. 186), elle consiste à produire entièrement, par une machine auxiliaire, le courant qui circule dans les bobines de l’aimant ; c’est ce qui est représenté dans la figure 2, mais la machine manque dans le dessin. Cette machine est aujourd’hui fréquemment employée en même temps que quelques systèmes appelés régulateurs, le réglage étant opéré dans le
- circuit principal ou dans l’armature par des variations de force du courant excitateur provenant de la machine auxiliaire. Un pareil système de réglage nécessite l’emploi d’un régulateur dans le circuit principal pour introduire des résistances dans le circuit de la machine auxiliaire, ou les supprimer; il exige aussi une seconde machine et constitue un arrangement coûteux et gênant, qui risque de de-
- venir une source d’erreur ou d’insuccès par suite de la complication de l’appareil.
- Tout récemment, M. Marcel Deprez a fait connaître une combinaison de ces deux méthodes dans un système remarquable par sa simplicité, la clarté de la solution et ses nombreuses applications. M. Deprez a non seulement démontré que la théorie de sa combinaison est applicable en pratique, mais il en a fait voir de nombreuses et importantes applications.
- Ce système consiste (fig. 3) à enrouler côte à côte, sur les inducteurs de l’électro-aimant, deux fils d’égal diamètre; l’un des circuits est traversé par le courant d’une machine auxiliaire, l’autre par le courant que produit l’armature de la machine elle-même dans son mouvement de rotation. Le premier circuit est employé à maintenir un c champ initial »,le second développe de la façon ordinaire toute la puissance des inducteurs. Pour que la force électro-motrice reste constante, il suffit de parvenir à une certaine vitesse ; pour maintenir l’intensiité du courant, les inducteurs sont disposés dans un circuit dérivé du çircuit principal et la même vitesse donne le résultat désiré ; cependant dans chaque cas, la résistance du circuit extérieur peut-être variée.
- Ainsi sans aucun appareil auxiliaire, à part pour-
- ra
- Fig. b
- TîTT)
- L
- tant une machine excitatrice, en outre de la machine dynamo ordinaire, le système de M. Deprez présente un mode parfait de régulation qui, par la simple manœuvre d’un commutateur, peut maintenir constantes, soit la force électro motrice, soit l’intensité du courant, quelle que soit la variation qui se produise dans la résistance du circuit intérieur.
- En décembre 1881, ce système a été complètement décrit dans les colonnes de La Lumière Electrique; au mois de mars de la même année, j’avais déposé au bureau des brevets (Patent office) des États-Unis une demande pour un brevet, qui a été accordé en juin, pour une disposition des induc-cateurs d’une machine dynamo permettant d’obtenir les mêmes résultats qu’avec une seule machine sans aucune excitation auxiliaire. Il est à peine nécessaire d’ajouter que mes expériences avaient été faites longtemps avant.
- Avant d’arriver à décrire ce système, je voudrais faire observer que Wheatstone, dans un mémoire antérieur (1867) avait mis en évidence les avantages considérables du montage des inducteurs en dériva-
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- 325
- tion, genre de disposition qui a été reconnu seulement dans ces derniers temps. M. Edison, sans cette manière d’arranger ses machines, serait probablement encore dans la même position pour l’excitation d’une machine à faible résistance, que la plupart des constructeurs de machines à galvanoplastie qui n’ont pas encore adopté ce genre de montage. C’est en effet la seule manière efficace de monter ces machines, elle est représentée dans la figure 4. Au point de vue historique, on peut voir que les gros inducteurs employés maintenant dans les machines les mieux construites ne sont évidemment qu’une imitation exagérée des formes de machines dessinées et construites par Wheats-tone et je suis à même d’affirmer que, pour lui,
- cette construction n’était pas une affaire de hasard. Vraiment, une foule d’anciennes machines, témoignages des conceptions les plus ingénieuses, sont maintenant présentées comme inventions modernes. Nous devons même rapporter rapporter à cette catégorie, l’idée du champ initial, si nous acceptons la description de la machine de Hjorth (1854). Le résumé des brevets par le colonel Bolton dit : « Les armatures de la bobine tournent entre les pôles d’aimants permanents en fonte, et entre ceux d’électro-aimants fixes », le principe de l’accumulation mutuelle est alors expliqué ; puis la spécification ajoute : « Les aimants permanents doivent être enroulés comme les électro-aimants, ce qui servira aussi à les rendre plus permanents. » Nous trou-
- FIG. 6
- vons là tous les éléments du champ initial, quoique la description ne soit pas suffisamment pratique. Dans la spécification d’un brevet que j’avais présenté au Patent office des États-Unis en mars 1880, mais que j’ai ensuite retiré, j’avais songé à obtenir un champ initial en introduisant, parmi les autres inducteurs d’une machine, des électro-aimants ayant des portions de leurs noyaux en acier, mais les grandes dimensions requises pour assurer des résultats pratiques et l’infériorité de l’acier que l’on pouvait se procurer en Amérique, pour cet usage, firent bientôt abandonner cette .idée pour reprendre celle qui avait été précédemment expérimentée et qui consistait en un système combiné d’électro-aimants inducteurs.
- J’ai arrangé cette combinaison de la façon suivante :
- On choisit de préférence une machine dynamo
- portant plusieurs électro-aimants pour, former chacun des pôles magnétiques des inducteurs. (Ou si c’est une machine dans laquelle il y a plus d’une paire de pôles, la distribution se fera entre les diverses séries d’aimants comme cela est facile à imaginer).
- Quelques-uns de ces électro-aimants sont compris dans une dérivation entre 'les pôles de l’armature de la machine dynamo et les autres sont disposés dans le circuit principal. La proportion de la distribution variera suivant le but et suivant la force électro-motrice de la machine.
- La fig. 5 est un diagramme de la machine ainsi disposée; la fig. 6 montre une machine Bürgin ainsi arrangée.
- En acceptant la démonstration donnée par M. Marcel Deprez (La Lumière Electrique, t. VI, p. 3og) comme s’appliquant à ce cas, bien que, par
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- suite de l’introduction d’une autre variable, l’intégration puisse seulement être faite par fraction, nous voyons que nous avons un champ initial formé par les aimants du circuit dérivé, et il est facile de trouver la vitesse pour laquelle la différence de potentiel dans le circuit principal, doit rester constante malgré les variations de résistance. Mais la variation de la vitesse nécessaire pour établir cette condition fera varier le champ initial et par suite modifiera très considérablement la solution analytique du problème. Cependant, dans la pratique, un système de poulies coniques offre une solution simple et facile à la question de la détermination de la vitesse. En se rapportant au diagramme employé par M. Marcel Deprez et en se souvenant que, dans ce cas, diminution de vitesse signifie décroissance dans la quantité du courant qui produit le champ initial, aussi bien que dans le potentiel ou l’ordonnée correspondant à cette quantité de courant, on comprend facilement qu’il faut avoir quelques autres séries de détermination de la force électro-motrice correspondant aux diverses intensités de courants et c’est là la seule difficulté pratique que doit surmonter d’abord le constructeur de la machine pour trouver la vitesse convenable.
- Si les inducteurs sont disposés de façon à comprendre dans un circuit tous ceux qui correspondent au pôle nord de la machine, et dans un autre circuit tout ceux qui donnent la polarité sud, un curieux état de choses se présente.
- Nous savons que si l’on excite seulement un pôle des inducteurs d’une machine dynamo, on n’a pratiquement aucun courant et que si l’on excite les pôles inégalement on n’obtient pas toute la force du courant que l'on aurait par une excitation égale des deux pôles; il est facile d’en voir la raison. Supposons maintenant que nous arrangeons notre système dérivé d’inducteurs pour avoir un certain champ magnétique produit par une certaine quantité de courant et un certain nombre de tours de fil dans les inducteurs, si le champ magnétique , correspondant à l’autre pôle et à l’autre circuit n’est pas maintenu, ou à peu près, à la même intensité, le courant fourni par la machine aura pratiquement disparu. C’est-à-dire que l’on peut construire, sur ce principe, une machine qui donnera un courant seulement lorsque le circuit extérieur se trouvera dans une condition normale ; il est inutile d’insister sur les énormes avantages que l’on peut retirer, dans certaines circonstances, de cette possibilité sans le secours d’aucune espèce d’auxi-vliaire.
- En outre des avantages soit pour les lampes, soit pour les machines motrices actionnées par une machine qui est disposée suivant les principes combinés de la dérivation et du circuit primaire inducteur, chaque lampe ou moteur est absolument in-
- I dépendant de son voisin quelconque dans le même système de circuit, de telle sorte que l’on peut éteindre l’une ou arrêter l’autre, allumer et mettre en marche sans influence sur les autres. Il y a encore un autre bénéfice. Quiconque a manipulé les grandes machines dynamo montées d’après les plans ordinaires, doit avoir éprouvé une anxiété continue lorsqu’elles étaient mues par une machine ayant très peu de surplus de force, au sujet de ce .qui pourrait arriver si les circuits étaient brusquement et complètement coupés. Un très sérieux accident m’est arrivé dans ces conditions, il a eu pour résultat la destruction presque complète de la machine motrice, car le régulateur quoiqu’un peu supérieur aux calculs ne pouvait pas suivre la foudroyante rapidité du courant électrique. Dans le cas du système combiné, la charge n’est jamais complètement supprimée et le moteur légèrement amorti subit un arrêt, comme cela est nécessaire. La même cause de danger se présente avec le simple système de dérivation employé seul, lorsque le circuit extérieur est mis en court circuit, ou lorsqu’une lampe ne va plus, parce qu’a-lors tout le courant s’écoule comme s’il provenait des électro-aimants et la machine cesse de fonctionner.
- Une méthode pour la distribution de l’énergie électrique a été récemment brevetée par le professeur John Perry. Elle consiste à combiner, avec la machine dynamo, une ou plusieurs machines magnéto-électriques ou d’autres sources pouvant produire dans un circuit une force électro-motrice constante et indépendante de toutes les autres forces électro-motrices qui se trouvent dans le circuit. Lorsque les fils principaux sont disposés en dérivation sur une dynamo-ordinaire, on introduit, dans le circuit principal, une machine magnéto-électrique ou une batterie produisant une force électro-motrice constante égale à celle qui doit exister entre l’auxiliaire et les fils d’aller et de retour du circuit principal. La vitesse de la machine dynamo doit être telle que la force électro-motrice produite soit proportionnelle au courant qui circule dans ses inducteurs, ou, en d’autres termes, que le champ dans lequel se meut l’armature, soit proportionnel au courant aimantant. Lorsqu’on emploie une dynamo montée en dérivation, le professeur Perry aime mieux placer la machine magnéto dans une partie du circuit complètement en dehors de la machine, c’est-à-dire dans le circuit principal, de telle sorte que le courant passant à travers est celui qui va au câble d’alimentation.
- Ces arrangements conviennent lorsque les lampes sont disposées en dérivation ; quand les lampes sont en série, on emploie une machine dynamo en dérivation et une machine magnéto-électrique, Si on appelle M la partie dérivée de la dynamo, et A le circuit de l’armature, les deux extrémités de
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- O 27
- A et de M sont semblables et peuvent être appelées les bornes de la machine. Si ces bornes sont réunies aux deux extrémités d’un circuit contenant une série de lampes et que l’on y introduise une machine .magnéto-électrique du côté A ou du côté M, ou bien si l’on a une machine magnéto en A et une autre enM, on peut imprimer à la machine une vitesse capable de lui faire produire un courant constant d’électricité à travers le circuit extérieur, quelques variations que la résistance puisse présenter.
- Le courant constant est celui que la ou les machines- magnéto produiraient dans un circuit dont la résistance totale est égale à la résistance de A.
- Il y a ainsi trois méthodes de réglage absolu qui s’offrent aux électriciens, celle de M. Marcel Deprez et celle du professeur Perry, chacune nécessitant une machine auxiliaire ou quelque chose d’équivalent, puis celle que je viens d’expliquer moi-même ici, et qui demande seulement une machine pour obtenir pratiquement le même résultat.
- En rappelant ces inventions, je mets formellement de côté tout désir de réclamer une priorité même si elle m’est due ; car je suis persuadé que le procédé qui est le plus pratique procurera aujourd’hui la meilleure des récompenses à ses inventeurs, d’ailleurs chacun de ceux qui ont été décrits possède ses avantages.
- Dans une publication ultérieure je me réserve de faire une étude plus approfondie de cette question.
- Paget Higgs.
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DES CÔTES D’ANGLETERRE ET D’AUSTRALIE
- 2° article. ( Voir le numéro du 23 septembre 1882.)
- DUNGENESS
- La lumière électrique essayée au phare de Dun-geness pour la première fois le ior février 1862, puis abandonnée pendant quatre mois à cause de l’inexpérience du personnel, y fut installée définitivement, et mise en service, à partir du 6 juin 1862 : le feu du phare est fixe et blanc.
- L’avancement continuel de la pointe de Dunge-ness sur la mer ayant déjà reculé le phare à 400 mètres du rivage, l’amirauté a résolu de placer, à l’extrémité actuelle de la pointe, un feu flottant à lumière électrique avec sirène de Daboll. Les appareils électriques que nous venons de décrire
- sont remplacés par des feux'à l’huile depuis 1876.
- L’appareil d’éclairage électrique se composait, fig. 5 et 6, de deux lampes, superposées au-dessus de l’ancien appareil à huile disponible en cas d’accident, munies chacune d’une lanterne dioptrique (*) du sixième ordre (2), de 3oom/m de diamètre, construite spécialement par MM. Chance frères, de Birmingham; les lampes étaient doublées d’appareils de rechange prêts à fonctionner par un simple contact.
- Les lampes, du système Holmes, ne différaient
- (*) Les appareils dioptriques sont ceux qui groupent la lumière en faisceaux de rayons parallèles au moyen de la réfraction : telles sont les lentilles à échelons de Fresnel.Les appareils qui agissent par réflexion, comme les réflecteurs paraboliques, sont appelés catoptriques ; ils présentent, sur les premiers, les inconvénients d’absorber plus de lumière, de donner trop de divergence aux rayons réfléchis, et des éclats moins intenses, et de se prêter difficilement à une distribution uniforme de la lumière sur tout ou une partie de l’horizon.
- On appelle catadioptriques les appareils qui agissent sur la
- FIG. 4
- lumière à la fois par réfraction et par réflexion totale : tel est le cas du prisme ou anneau de Fresnel, représenté par la fig. 4 qui parallélise en H les rayons émis du foyer/; s’il tourne autour de /G, cet anneau distribue la lumière sur l’horizon et constitue un élément de feu fixe; s’il tourne autour de fi, il groupe les rayons en faisceaux, comme les lentilles des phares à éclipses. On se sert des appareils catadioptriques dès que l’angle du rayon /A avec l’horizontale // atteint 400 environ.
- Pour la théorie de ces appareils, voir dans l’ouvrage de M. Reynaud, p. 383-424, le Mémoire de M. Allard sur le Calcul des éléments des appareils lenticulaires, et, dans l’ouvrage de M. Allard : Mémoire sur les phares électriques ; la Noie sur le calcul des appareils optiques pour la lumière électrique, p. Si-65.
- (2) On distingue en France, au point de vue de l’intensité lumineuse, sept ordres de phares caractérisés, avec les lampes à huile, par la distance focale de l’appareil lenticulaire; les trois premiers, ou grands ordres, ont des distances focales de om97, om7o et om5o; celles des quatre derniers, ou petits ordres, sont de om375, om25o, omi85 et omi5o.
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- de .celles de Serrin et Dubosq que par la substitution de poulies et de cordes aux pignons et aux crémaillières du mécanisme de réglage. Les charbons avaient6m/ra de côté ; le charbon supérieur avait 3o5 m/m de long et l’autre i5o m/m : l’intensité moyenne de la lumière, au foyer de l’appareil, était de 670 candies (75 car-cels) environ;
- l’intensité moyenne du faisceau lumineux émis par la lanterne était, dans le plan le mieux éclairé, de ig 000 candies, ou plus de 1 2 fois 1/2 plus grande que celle de l’ancien appa-, reil catoptrique.1
- Les machines à vapeur et magnéto électriques se trouvaient logées dans le bas du phare et les chaudières dans un hangar an -nexé : il fallut ajouter, pour le service de la lumière électrique, au personnel composé primitivement d’un chef et d’un assistant, un mécanicien et deux aides, un pour les machines et l’autre pour les lampes.
- Les prix d’achat et d’établissement des machines et appareils électriques s’élevèrent environ à 46 65o fr. pour les bâtiments et les lanternes, et à 119 000 fr. pour les lampes et les machines, soit à i65 6o5 fr.
- Fin. 5 ET 6. — APPAREIL OPTIQUE DU PHARE DE DUNGENESS
- pour l’ensemble. La dépense mçyenne annuelle peut se décomposer comme il suit, pendant les i3
- années de service des lampes électriques à Dungeness:
- Salaires et allocations, 10 260 francs ;
- Combustibles, charbons des lampes et approvisionnements, no7ofr. ;
- Transports et divers, ï 060 fr. ;
- Réparations et renouvellement des bâtiments, appareils et machines, 7 335 fr., Soit un total de 29 725 fr.
- Il faut ajouter, à ces dépenses, l’intérêt à 3,5 0/0 du prix d’établissement (125 000 fr. ) et des dépenses additionnelles ( i65 65o fr.) qui s’élève à 10 i75fr., ce qui porte la dépense annuelle totale à 39900 fr., au lieu des i3 400 f. auxquels elle s’élevait avec l’ancien éclairage à l’huile. La dépense par heure (à 4 412 heures de lumière .par année moyenne) s’élevait donc à 2 fr. 90 pour l’éclairage à l’huile et à 8 fr. 70, ou à trois fois plus environ, pour l’éclairage électrique ; mais, si l’on remarque
- que l’intensité de la lumière des 18 lampes Argand de l’ancien appareil n’était que de 25o candies environ, tandis que celle de l’appareil électrique
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- était de 670 candies, on voit que le prix du candie par heure s’élevait, avec l’éclairage à l’huile, à 1 cent. 16, et, pour la lumière électrique, à 1 cent. 3o (o fr. 12 par carcel) où à 1,12 fois plus seulement que pour l’huile.
- Les résultats obtenus à Dungeness, avec ces premiers appareils, ne furent pas encouragents; les machines électriques et les lampes firent souvent défaut : cet insuccès fit que l’administration anglaise des phares (Trinity House) ne prit aucune mesure pour le développement des phares électriques jusqu’à vers la fin de 1866. A cette époque, frappée du succès des machines de la Compagnie de l’Alliance aux phares de la Hève, les ingénieurs anglais se décidèrent à poursuivre leurs essais; ils commandèrent, à M. Holmes, les machines magnéto-électriques qui furent exposées à Paris, en 1867, et qui étaient destinées au phare de Souter-Point.
- L’appareil optique auquel ces machines ont fourni l’électricité, pendant l’Exposition de 1867, était installé dans le parc du Champ de Mars, sur un phare de 36 mètres de hauteur. La lanterne de cet appareil avait 3 mètres de diamètres. L’appareil optique, étudié spécialement par M. M. Chance pour l’emploi de l’électricité, était un appareil dioptrique à feu fixe, de 5oo m/m de distance focale au plan central, dimension suffisante pour l’empêcher d’être détérioré, comme l’appareil trop petit de Dungeness, par la projection des particules incandescentes de charbon.
- Nous n’avons pas jugé utile de donner le dessin de ce phare, il se rapproche d’ailleurs, pour la disposition générale, de ceux dont les croquis sont insérés dans cet article.
- (.A suivre.) Gustave Richard.
- BIBLIOGRAPHIE
- L’Électricité et ses applications, par II. de Parville.
- (G. Masson, éditeur.)
- Voici l’un des premiers livres issus de l’Exposition électrique de 1881 et ce sera sans doute l’un de ceux qui seront bientôt dans beaucoup de mains. Son auteur s’est servi pour le faire des articles si remarqués qu’il avait rédigés au jour le jour pendant l’exposition, mais il ne s’est pas contenté de les réunir et de les juxtaposer, il leur a fait subir un travail de remaniement et y a joint toute une partie nouvelle formant un exposé théorique. Le livre a conservé les qualités des articles; l’exposition y est particulièrement claire et animée; l’ensemble est très vivant et offre à la lecture un agrément particulier. On y sent une main habituée à
- mettre en relief dans un sujet le point principal, tout en laissant dans une convenable lumière les côtés accessoires; ce qui est la condition nécessaire, mais aussi la grande difficulté d’une description propre à être bien comprise en même temps qu’agréable et facile à lire.
- Est-ce à dire que ce volume soit sans défaut; non sans doute, rien n’est parfait; il me semble en particulier que M. de Parville n’a pas été sans rencontrer un écueil au reste à peu près complètement inévitable en pareil cas. Au point où en est la connaissance générale de la science électrique, lorsqu’on entreprend de parler de ces matières, il est absolument nécessaire de savoir à qui l’on s’adresse, il faut résolument limiter son public et disposer l’ouvrage suivant les connaissances qu’on lui suppose.
- On conçoit très bien, en effet, que ceux qui n’ont aucune notion électrique veulent des descriptions faites pat grandes lignes, des résultats matériels, peu de théorie, et encore exposée à l’aide de comparaisons et de procédés concrets. Ceux qui savent la science veulent tout autre chose, des détails précis, des chiffres contrôlés, et l’explication exacte des modes de fonctionnement. On peut bien supposer un troisième public, celui auquel s’adresse le livre de M. Gariel, dont il a été rendu compte dernièrement, un public d’ingénieurs, d’architectes, de gens ayant les premières notions de la science et demandant à les compléter; ce public est peu nombreux, je pense, et demande encore un mode d’exposition spécial. Dans le fait, il n’est pas possible de satisfaire tout le monde; il faut de toute nécessité choisir. Je crains que M. de Parville n’ait pas pris un parti assez franc. Le livre commence par un exposé théorique destiné au grand public, notions simples appuyées d’exemples faciles, images sensibles des phénomènes; on y pourrait bien trouver certaine théorie de rotations électriques moléculaires hasardée ; on y pourrait aussi relever quelques erreurs. Par exemple, l’auteur dit, p. 137 : « Quand on introduit un barreau de fer dans un électro-aimant creux, le barreau est attiré à l’intérieur ou repoussé, selon que le courant qui passe dans les fils circule dans un sens ou dans l’autre. » Cela est faux, le fer est attiré quel que soit le sens du courant. Il y a quelques autres taches de ce genre, mais en somme l’ensemble est clair.
- Dès le deuxième chapitre la méthode change, l’algèbre laisse voir un peu sa figure rébarbative; elle agrandit peu à peu son empire et dans certains chapitres, celui du rendement des machines, par exemple, elle règne en maîtresse. Je ne critique nullement en eux mêmes les calculs algébriques donnés dans le livre; ils sont simples et justes, on y retrouve la plupart des formules nouvellement établies; on peut même regretter qu’en les
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- citant M. de Parville n’en ait pas souvent nommé les auteurs. Cela en valait la peine : tant qu’une formule n’est pas tellement classique qu’elle appartienne à tous, elle est à son inventeur qui a droit à l’honneur de l’avoir le premier mise au jour (*).
- Je le répète, je trouve ces calculs fort bons en eux-mêmes, je crains seulement que les lecteurs assez peu avancés pour lire avec profit les premiers chapitres, ne soient absolument hors d’état de comprendre ceux-ci; comme réciproquement, j’estime que ceux qui seront en état de suivre avec intérêt ces calculs trouveront les premiers chapitres un peu naïfs. En somme, on ne sait trop à qui ce livre s’adresse. Au premier abord cela ne semble pas un bien gros défaut, et après tout ce qui abonde ne vicie pas; mais voici la conséquence : un livre n’est pas illimité, et l’on regrette souvent les pages employées à dire des choses peu nécessaires : on ne les a plus pour les matières utiles.
- C’est peut-être pour une raison de ce genre que le livre de M. de Parville est incomplet. En réalité il devrait s’appeler : « Notions sur l’électricité et quelques-unes de ses applications. » Il en manque beaucoup en effet; il n’y a rien sur les télégraphes; rien sur la galvanoplastie; rien sur les applications aux chemins de fer, signaux et freins; l’auteur connaît bien ces lacunes, à la fin du livre il les signale et les regrette; nous les regrettons avec lui, et peut-être qu’un parti pris plus franc au point . de vue théorique eût permis sinon de les éviter au moins de les amoindrir.
- C’est peut-être à ce même point de départ qu’il faut attribuer un léger manque d’unité qu’on ne peut éviter d’apercevoir dans le livre. La première partie est traitée avec gravité et dans une forme presque didactique, la seconde est d’une allure sensiblement plus légère; s’il n’y avait là qu’une dissonance extérieure cela serait de peu d’importance, mais il s’ensuit qu’on est un peu dérouté dans la valeur qu’on doit attribuer aux apprécia- tions et aux jugements formulés dans l’ouvage. Ainsi, dans les chapitres relatifs au rendement des moteurs électriques, au transport de la force, chapitres dont la physionomie est toute scientifique, l’auteur établit avec grand soin les antériorités et fait la part des inventeurs avec une rigueur d’appréciation qui pourrait prêter à quelques observations dont ce n’est pas ici la place. Au contraire, dans certains chapitres de la fin, nous retrouvons de véritables articles de journal où l’auteur semble Vêtre plus préoccupé de l’éclat de l’exposition que
- (i) Par exemple la formule de comparaison entre les machines dynamo-électriques et les piles (p. i3o et suivantes) a été donnée par M. Marcel Dcprcz dans La Lumière Electrique, 18 mars 1882; on en pourrait citer d’autres
- de Injustice distributive. Cela est par exemple assez frappant dans le chapitre des lampes à incandescence. Edison le. remplit presque entier; il a tout inventé, tout réalisé, il n’y a que lui, quel homme ! quel génie !! Certes, je reconnais la grande valeur des travaux d’Edison, mais il y aurait bien à en rabattre sur ces appréciations si l’on voulait établir sérieusement l’historique de cette invention. Cette façon de présenter les choses est permise dans un .article de journal fait au jour le jour, sous une impression immédiate; en le transportant dans le livre, l’auteur aurait sans doute dû le revoir de sang-froid et modérer un peu ce qu’il y avait d’excessif dans un enthousiasme d’ailleurs justifié jusqu’à un certain point; il le devait d’autant plus que c’est ainsi qu’il a procédé dans d’autres cas et que cette différence dans les formes pourrait tromper le lecteur.
- Les cinq derniers chapitres du livre sont très remplis et très intéressants; iis sont consacrés à diverses applications de l’électricité dont la plus importante est la téléphonie. L’auteur y montre pleinement ces qualités de clarté vive, d’exactitude et d’agrément dans la description qui donnent à cet ouvrage un caractère particulier. Le livre se termine par quelques considérations rapides sur les expositions futures, considérations justes et intéressantes. L’auteur estime que dans l’avenir on verra moins d’Expositions universelles, et plus d’expositions spéciales, comme l’exposition d’électricité. les premières étant par la force des choses réduites à n’être que de grandes exhibitions, tandis que les deuxièmes sont en même temps que des spectacles intéressants, des écoles toujours fructueuses.
- M. de Parville est dans le vrai; et son livre est une preuve que les expositions spéciales laissent après elle des œuvres très intéressantes. Il sera beaucoup lu et ce sera justice.
- Frank Geraldy.
- Die Leiire von der Eeektricitæt (Traité ci’Electricité), par Gustave Wiediùuann. — nraimschweig. — Friedrich Vic-weg und Sohn. — 1882.
- Tous les électriciens connaissent l’ouvrage dont M. G. Wiedemann a publié deux éditions, l’une en 1861, l’autre en 1874, sous le titre de Die Lehrc vom Galvanismus und Elektromagnetisimis (L’Etude du Galvanisme et de l'Electro-magnétis-me), le Traité d’électricité dont il nous donne maintenant le premier volume peut être considéré comme la troisième édition de cet ouvrage.
- Dans cette édition, le savant professeur de Leipzig a complètement refondu son premier livre. Il a fait disparaître la vieille distinction entre l’électricité statique et l’électricité dynamique et s’est appliqué surtout à donner de l’unité à son ouvrage;
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- Après un court historique dû à la plume du professeur Hanlcel, M. Wiedemann expose les premiers phénomènes électriques. Sans rien préjuger tout d’abord de la nature de l’électricité, il établit a distinction entre les deux états électriques, étudie les différents modes de charge et décrit quelques appareils d’expérience, tels que les électro-scopes et la machine électrique. Il montre ensuite comment la réunion par un fil conducteur de deux corps électrisés différemment donne lieu au courant électrique, et, de cette façon, dès les premières pages de son livre, il introduit la notion du courant et indique les principaux effets, ce qui le conduit à décrire sommairement le galvanomètre.
- Il peut alors aborder franchement l’étude de l’électrostatique, décrire les expériences de Coulomb, étudier les lois des attractions et répulsions électriques, celles de la loi distributive de l’électricité sur la surface des corps, l’action des pointes et des flammes et s’étendre longuement sur les ap -pareils de condensation et la mesure des capacités électrostatiques. Un chapitre très complet sur les électromètres et en particulier sur les appareils de Sir William Thomson termine cette première partie.
- La seconde division du volume est consacrée à l’étude de la production de l’électricité dans le contact des corps hétérogènes. Les cas du contact entre corps solides, entre solides et liquides, entre deux liquides, entre liquides et métaux chargés de gaz sont successivement examinés et conduisent aux lois fondamentales de la production du courant galvanique.
- Dans la troisième partie, qui est la dernière du premier volume, l’auteur aborde l’étude même du courant et de la façon dont il se coiuporte vis-à-vis des corps conducteurs. Les lois de Ohm et celles des courants dérivés en forment le premier chapitre. Le second traite d’une manière très étendue de la détermination des résistances, le troisième de celle des forces électro-motrices, et le livre se clôt par un chapitre consacré à la description des principaux types d’éléments de pile.
- Dans tout cet ouvrage, et en particulier dans les chapitres 2 et 3 de la troisième partie, on est frappé du soin qu’a pris l’auteur de résumer toutes les recherches de quelque valeur faites sur les sujets dont il traite. Tous les mémoires originaux ont été compulsés par lui, il en indique les sources afin que le lecteur puisse au besoin s’y reporter, et il donne tous les résultats numériques. A ce point de vue, le traité de M. Wiedemann présente donc, à côté d’un ouvrage didactique bien coordonné, un vaste compendium de faits et de chiffres dans lequel chaque chapitre constitue une histoire exacte et complète de la question traitée. Il sera précieux comme source générale de renseignements, mais utile surtout pour tous Ceux qui, en
- commençant des recherches sur un sujet donné, veulent éviter de se lancer sur une route déjà frayée. Aug. Guerout.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Des bruits produits par l’étincelle d’induction.
- On a donné plusieurs explications des bruits produits par l’étincelle électrique, mais elles ne satisfont pas à tous les effets que l’on constate, et cette étude peut être encore aujourd’hui considérée comme incomplète. Mais pour pouvoir se faire une idée nette des causes qui sont enjeu, il faut que les circonstances du phénomène soient bien précisées et nous allons rapporter ici quelques expériences que M. Th. du Moncel a publiées en 1860, dans sa brochure intitulée : Recherches sur la non homogénéité de l'étincelle d'induction et qui ne sont pas suffisamment connues.
- « Si on prend, dit-il, un tube recourbé en U d’environ un centimètre de diamètre et qu’on fasse éclater l’étincelle de la bobine Ruhmkorff dans la partie recourbée du tube au moyen de deux fils de platine soudés dans le verre en deux points opposés de la courbure, on reconnaîtra qu’il se produit un bruit très intense quand les deux bouts du tube seront ouverts ; mais si on bouche hermétiquement ces deux bouts, le bruit des décharges cesse complètement, bien que celles-ci ne paraissent en rien modifiées quant à leurs caractères physiques. Or, si on fait cette expérience dans un ballon d’une assez grande capacité muni d’une large ouverture, le bruit de la décharge s’entend distinctement quoique cette ouverture soit hermétiquement fermée.
- « Si on bouche légèrement l’un des bouts du tube en U, dont il vient d’être question, avec le doigt, l’autre bout étant fermé à demeure, on perçoit parfaitement la sensation d’une sortie et d’une rentrée d’air, et alors le bruit au lieu de venir de l’étincelle semble être produit au bout du tube. Enfin quand on approche les bouts du tube de la surface d’un liquide de manière à ce qu’ils affleurent cette surface, on voit ce liquide violemment agité et projeté très haut à l’intérieur du tube. En même temps les parois de celui-ci se couvrent d’un dépôt humide venant de la vaporisation du liquide sous l’influence des vides successifs qui ont été opérés. »
- M. du Moncel conclut ce ces expériences que le bruit de l’étincelle doit provenir des mouvements de l’air, déterminés soit par la dilatation et la rétraction des couches d’air avoisinant la décharge et qui produisent, comme on l’avait du reste dit depuis longtemps, un effet analogue à celui de la ren;-
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- trée d’air dans une bouteille que l’on débouche, soit par les effets mécaniques propres de la décharge. Cependant l’annulation du son dans Je cas du tube hermétiquement fermé par ses deux bouts complique un peu la question, et voici ce qu’il dit à ce sujet: « Pourquoi quand le tube est fermé, l’air qui a été refoulé au moment de chaque décharge et qui semble être à une pression supérieure à celle de l’air extérieur, ne produit-il pas par la rentrée dans le milieu dilaté, le même effet que l’air extérieur ? il est probable que c’est à la force d’inertie qu’il faut attribuer cet effet, car les molécules gazeuses qui ont été repoussées ne pouvant être animées dans le même instant de deux mouvements différents, l’un de sortie l’autre de rentrée, ne reviennent pas assez vite sur leurs pas pour combler spontanément le vide qui s’est fait, et par conséquent pour produire du bruit. S’il n’existe pas dans le voisinage de ces molécules gazeuses d’autres molécules inertes qui peuvent fournir ce mouvement de rentrée, comme cela arrive quand le tube est bouché, aucun bruit ne se fait entendre, mais si, au contraire, c;s molécules inertes existent, leur irruption soudaine au sein du milieu dilaté peut s’effectuer immédiatement après la décharge et provoquer un bruit, et c’est ce qui arrive quand l’étincelle éclate dans un ballon d’une certaine capacité.
- « On peut du reste se rendre compte des actions mécaniques provoquées parles décharges, soit au moyen du thermomètre de Kinnersley, soit en faisant passer celles-ci à travers la flamme d’une bougie. Si le courant est un peu 'énergique on voit le liquide du thermomètre s’élever spontanément au-dessus de sa ligne de niveau au moment de la production de la décharge. De même sous l’influence de cette décharge on voit la flamme de la bougie se projeter à gauche et à droite de la solution de continuité sous la forme de deux dards lumineux qui se manifestent perpendiculairement à la ligne de décharge. Mais la plus intéressante manière de démontrer cet effet, c’est de prendre un tube de’ calibre presque capillaire terminé par une boule dans laquelle sont soudés deux fils de platine et de plonger ce tube dans un liquide coloré. Au moment où l’étincelle se produit on voit immédiatement l’air dilaté sortir du tube sous forme de bulles plus ou moins nombreuses, et aussitôt que la décharge cesse, le liquide coloré monte dans le tube et remplit une partie de la boule. Si on fait de nouveau passer la décharge, ce liquide est chassé et la boule se vide jusqu’à ce qu’elle se remplisse de nouveau après une nouvelle interruption de la décharge. »
- A l’époque où M. Th. du Moncel avait fait ces expériences, il ne s’occupait pas d’accoustique, mais il est probable qu’aujourd’hui ces effets pourraient être plus facilement expliqués^
- Sur la formation des couples secondaires à lames de plomb. Note de M. G. Planté.
- « L’opération que j’ai désignée sous le nom de formation des couples secondaires consiste, ainsi que je l’ai indiqué, il y a plusieurs années (*), dans une préparation électrochimique préalable de ces couples, ayant pour objet d’oxyder profondément l’une des électrodes, et de réduire l’autre à un état .de division métallique qui permet aux actions chimiques de s’exercer plus complètement pendant la charge et la décharge, et d’accumuler, par suite, une plus grande quantité du travail chimique d’un courant primaire.
- « J’ai cherché, depuis lors, à perfectionner cette opération. En étudiant les actions chimiques qui se produisent dans,ces couples, j’ai observé d’abord la transformation d’une partie du peroxyde de plomb en sulfate du même métal, sous l’action de l’eau acidulée par l’acide sulfurique qui baigne les couples (2), résultat qui a été confirmé récemment par MM. Gladstone et Tribe, dans un intéressant travail sur ce sujet. J’ai tâché d’augmenter la capacité d’accumulation, en produisant un dépôt galvanique préalable de plomb sur les électrodes (3), de manière à faire pénétrer ensuite plus profondément l’action oxydante du courant primaire, en raison de la porosité exceptionnelle des dépôts electrochi-miques. J’ai essayé, à cet effet, les combinaisons les plus variées, et la plupart des composés du plomb solubles et insolubles, sans obtenir des dépôts d’une cohérence ou d’une adhérence suffisante, et dont le contact électrique avec les électrodes put rester indéfiniment assuré. Je suis arrivé finalement à cette conclusion, que le système préférable était de chercher à transformer le métal même des électrodes, dans presque toute son épaisseur, en peroxyde de plomb galvanique, d’une part, en plomb réduit, d’autre part : je suis parvenu à ce résultat par une série de changements de sens du courant primaire, avec des intervalles de repos entre ces changements (*).
- « Pour donner une idée des effets qu’on obtient par cette méthode, j’ajouterai qu’avec un couple secondaire déjà partiellement formé, et dont le plomb pesait i kil. 5oo, le courant de décharge, qui fournissait d’abord un dépôt de cuivre de 7 gr. environ dans un voltamètre, a donné, après un nouveau changement de sens, un dépôt de 11 gr., puis, après un intervalle de repos et un autre changement de sens, un dépôt de 18 gr., soit 12 gr. par kilogramme de plomb du couple secondaire, ce qui correspond à plus de 36 000 coulombs.
- « Ce n’est pas là, du reste, la limite qu’on peut
- (*) Comptes rendus, t. LXXIV, p. 592; 1872. (-) Les Mondes, t. XXVII, p. 425 à 477; 1872. if) Les Mondes (Ibid.).
- (4) Recherches sur Vileclricilè, G 53 et suiv,
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- atteindre, car un nouveau changement de sens déterminerait un nouvel accroissement de la quantité de travail chimique accumulé, et ainsi de suite. Il n’y a d’autre limite que l’épaisseur même des lames de plomb. En admettant qu’on ne cherche à transformer que la moitié de l’épaisseur du métal, pour conserver l’autre moitié comme corps de chaque électrode, et même que le peroxyde ne soit réduit, lors de la décharge, qu’à l’état de protoxyde, on pourrait .espérer obtenir, à l’aide de cette méthode, un courant de décharge suffisant pour déposer, par kilogramme de plomb du couple secondaire, environ 40 gr. de cuivre, ce qui représenterait une quantité assez considérable d’électricité.
- « Ce système de changements de sens alternés n’a pas seulement pour effet d’augmenter successivement la couche de peroxyde de plomb formée aux dépens du métal de l’une des électrodes, mais aussi de transformer, à une profondeur correspondante, l’autre électrode en plomb galvaniquement réduit, afin que, lors de la décharge, tandis que l’hydrogène, provenant de la décomposition de l’eau à l’intérieur du couple, réduit le peroxyde de plomb formé par le courant primaire, l’oxygène puisse oxyder, en même temps, une quantité de plomb équivalente.
- « O11 s’explique aussi l’efffcacité des intervalles de repos entre chaque changement de. sens, en considérant qu’au bout d’un certain temps les lames de plomb ainsi modifiées sont devenues moins bonnes conductrices à leur surface. Il en résulte que, lorsqu’on les soumet de nouveau à l’action, du courant primaire, ce courant suit naturellement, pour traverser le liquide, la voie la moins résistante; il ne débouche point directement par la surface oxydée, mais par la surface métallique sous-jacente jusqu’à laquelle le liquide pénètre d’ailleurs. Il oxyde donc ainsi, par le fait même de son passage, une nouvelle couche du métal, puis il suroxyde aussi, de proche en proche, la surface extérieure déjà oxydée, ou effectue le travail inverse de réduction, si le sens du courant a été changé.
- « C’est ainsi que s’opère cette sorte de cémentation galvanique, à la suite de laquelle les deux lames de plomb sont profondément modifiées dans leur structure; car rune se trouve alors partiellement formée de peroxyde de plomb cristallin et brillant, l’autre de plomb réduit avec une apparence également cristalline. Lorsqu’un couple secondaire est dans ces conditions, il conserve assez bien sa charge pour donner encore, après quatre mois, des effets lumineux ou calorifiques.
- « Cette méthode exige sans doute un temps assez long, surtout dans le commencement. Pour faciliter l’attaque du plomb par l’action électrochimique du courant primaire, j’ai reconnu qu’en élevant la température du liquide baignant les couples
- secondaires, soit à l’avance,' soit pendant l’action du courant, on accélérait leur formation. Mais cet emploi de la chaleur présentant quelques difficultés dans la pratique, j’ai eu recours, en dernier lieu, à un autre procédé qui m’a donné des résultats très satisfaisants.
- « Ce procédé consiste à soumettre simplement les couples secondaires à une sorte de décapage profond par l’acide azotique étendu de moitié son volume d’eau, en les laissant immergés dans ce liquide pendant vingt-quatre à quarante-huit heures. Les couples sont ensuite vidés, lavés très complètement, remplis d’eau acidulée au dixième par l’acide sulfurique, et soumis à l’action du courant primaire. Par cette immersion dans l’acide nitrique étendu, une portion du plomb se dissout sans doute, mais l’épaisseur des lames n’en est pas notablement diminuée, et, par suite de la porosité métallique, l’action chimique ne se borne pas seulement à la surface des lames de plomb; elle s’exerce aussi à l’intérieur, crée de nouveaux intervalles moléculaires et facilite, en conséquence, la pénétration ultérieure de l’action électrolytique du courant primaire.
- « Les couples secondaires ainsi traités peuvent fournir, en huit jours, après trois ou quatre changements de sens du courant primaire, des décharges de longue durée, alors que, sans l’action préalable de l’acide nitrique, ils ne pourraient donner qu’après plusieurs mois les mêmes résultats. Ce procédé permettra donc d’abréger notablement la formation des couples secondaires, et contribuera à en faciliter les applications. »
- Expériences hydrodynamiques : imitation, par les courants liquides ou gazeux, des stratifications de la lumière électrique dans les gaz raréfiés, et de diverses formes de l’étincelle électrique, par M. C. Decharme P).
- Pour imiter, par voie hydrodynamique, les stratifications de la lumière électrique dans les gaz raréfiés, j’emploie un procédé analogue à celui qui m’a servi à imiter le fantôme magnétique d’un courant électrique dans un plan parallèle à sa direction : c’est-à-dire qu’au-dessus de la plaque recouverte d’une couche de minium, on transporte horizontalement, et avec vitesse, un tube plus ou moins large, pendant que l’eau s’en écoule ou qu’on la souffle; le courant se trouve ainsi projeté, étalé en ligne droite ou courbe sur le dépôt pulvérulent. Les traces qu’il y produit sont souvent conservées avec leurs formes délicates. Pour certains effets, on substitue avec avantage un courant d’air au un courant d’eau. En faisant varier les conditions
- fl) Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 1 août 1882.
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- expérimentales, on trouve, parmi les dessins obte-nus, des formes analogues à celles des stratifications de la lumière électrique dans les gaz raréfiés à divers degrés. *
- Quant aux effets nombreux que produisent les deux modes d’expérimentation, je me contenterai de signaler les principaux résultats relatifs aux imitations hydrodynamiques ; on y reconnaîtra facilement leurs correspondants parmi les effets électriques.
- Les strates sont d’autant plus apparentes que la couche pulvérulente est plus mince; cependant à un certain degré de ténuité, les effets disparaissent. Les strates sont d’autant plus nombreuses et serrées que le sillon produit est plus étroit, ou, ce qui revient au même, que le tube employé est d’un diamètre plus petit. Elles sont ordinairement en arcs de cercle déliés ou en zones assez larges, quelquefois en forme de Y, comme celles que M. Warren de la Rue a montrées dans ses belles recherches sur la décharge électrique (*). On en trouve très fréquemment en gouttelettes séparées, analogues aux strates globulaires que donne la décharge électrique à travers un tube renfermant de l’acide carbonique à la pression de omm,5 (Warren de la Rue, loc. cit.)
- Les cercles multiples et relativement très larges qui entourent l’origine de projection de nos figures ne sont pas sans analogie avec les formes auréo-laires ou plutôt globulaires qu’affecte la lumière électrique au pôle positif; tandis qu’au pôle négatif on voit une simple et courte aigrette. De môme, à l’autre extrémité du sillon pulvérulent, se trouve aussi une espèce d’aigrette en forme de flamme.
- Nos imitations hydrodynamiques des stratifications de la lumière électrique montrent tous les degrés du phénomène : depuis le courant uni, sans strates, jusqu’au courant à gouttes visiblement séparées, en passant par toutes les formes intermédiaires.
- Mon Mémoire comprend, en outre, l’imitation, par voie hydrodynamique, des différentes formes ' de l’étincelle électrique (ramifiée, sinueuse, en étoile, en chapelet,...), des figures de Lichtenberg, ainsi que des effets de projection d’un fil métallique volatilisé par la décharge électrique.
- tfn orchestre électrique.
- A quoi n’essaiera-t-on pas d’appliquer l’électricité! Nous étions conviés il y a quelques jours au ^cirque des Champs-Elysées à l’auditiond’un orchestre électrique. Des mélomanes excentriques, les frères Bozza, ont eu l’idée de suspendre tout autour du cirque des instruments de toute sorte et
- '*) Annales de Chimie el de Physique, décembre îliffi.
- de les faire manœuvrer du centre de la piste au moyen de l’électricité.
- Les instruments choisis sont naturellement des tambours, tam-tams, sonneries multiples, cahiers chantants, fanfares genre Ader, etc., tous appareils en un mot, dont la mise en marche par l’électricité est connue depuis longtemps ou facile à imaginer. Nos mélomanes jouent un morceau d’orchestre sur quatre immenses trompettes disposées au milieu du cirque, et de temps en temps l’un d’eux manœuvre une sorte de manipulateur électrique placé sur une table à portée de sa main. Il fait intervenir ainsi dans le morceau, tantôt un coup de tam-tam ou de grosse caisse, tantôt un roulement de tambour, un jeu de cloches, ou un chant d’oiseau. Parfois môme il fait partir quelques pétards ou enflamme en guise d’apothéose un feu de Bengale.
- Toute cette installation, faite avec le concours de M. Chardin, exige évidemment un nombre considérable de fils conducteurs, et si le problème en lui-même n’était pas difficile à résoudre, il a dû demander beaucoup de soins et d’attention. Nous craignons cependant que l’effet produit ne réponde pas à la peine prise. Le public ne préférera-t-il pas les excentricités musicales ordinaires des clowns à toute cette complication électrique, à laquelle il ne comprendra d’ailleurs pas grand chose ?
- CORRESPONDANCE
- Paris, le 7 auül 1882.
- Monsieur le Directeur,
- Je viens de faire une invention, insignifisantc en elle-même, mais pouvant rendre des services, si vous vouliez bien publier la présente communication dans votre estimable journal.
- Voici ce dont il s’agit : La Société générale des téléphones publie dans son prospectus les lignes suivantes : « En temps ordinaire, c'est-à-dire pendant tout le temps où Von ne communique pas, les téléphones récepteurs sont suspendus à leurs crochets respectifs. L’omission de cette précaution a pour conséquences : i° d’empêcher de recevoir les appels du bureau central; 2° d’empêcher de faire soi-même efficacement des appels; 3° si celle situation se prolongeait, de détériorer la pile et de la rendre impropre aux"communications ultérieures. »
- J’ai appris que les abonnés de la Société oublient assez souvent d’accrocher le téléphone au levier du commutateur et que de là résultent les inconvénients susmentionnés. Il n’est donc pas étonnant que parmi le grand nombre des brevets, il en existe un qui a pour objet de disposer les bobines et les sonneries de façon à ce que ces dernières restent toujours dans le circuit, c’est-à-dire même dans le cas où l’abonné aurait oublié d’accrocher le téléphone.
- Cependant, l’abonné aussi bien que l’entrepreneur a un moyen bien simple pour remédier à cet inconvénient. L’abonné n’a qu’à tourner plusieurs fois le cordon du téléphone autour du levier du commutateur et il obtiendra ainsi, par le simple poids du téléphone, le même effet que s’il était accroché.
- Le poids du téléphone exercera indirectement, c’csl-à-
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- dire par l’intermédiaire de la corde, son action sur le levier et le fera baisser pendant tout le temps que le téléphone ne sera pas tenu dans la main. Il est évident que le constructeur, de sa part, peut fixer solidement le cordon au levier automatique pour remédier aux inconvénients qui résultent de la distraction de l’abonné.
- Veuillez agréer, etc.
- P. Galoubitzky.
- FAITS DIVERS
- Exposition de Niort.— A l’occasion de l’Exposition régionale de Niort, la municipalité de cette ville, satisfaisant à un désidératum public, s’est cmpresce d’organiser une Exposition électrique particulière à laquelle furent conviés les électriciens de la région et même les électriciens des autres pays. Malheureusement peu de ces derniers ont répondu h l’appel et en dehors de MM.Mildé et Trouvé, nous n’aurons à mentionner dans cette Exposition que les Compagnies qui avaient été chargées par la municipalité de l’éclairage électrique de l’Exposition, et l’administration télégraphique du département des Deux-Sëvres qui s’est chargée, d’effectuer une organisation téléphonique théâtrale analogue à celles qui sont devenues la grande attraction de toutes les Expositions actuelles. En revanche, on a pu remarquer, par les expositions intéressantes des électriciens de Niort et de la région, que ce pays est ami du progrès et bien au courant des découvertes nouvelles en matière d’électricité. Il est vrai que la ville de Niort possède deux hommes de mérite, passionnés pour l’électricité, MM. Chabirand et Main qui ont donne l’élan, et ont contribué beaucoup au succès de cette Exposition. Pendant sa durée, on a publié à Niort un journal intitulé Journal de VExposition qui a permis, grâce à de bons articles de science vulgarisée, de mettre le public au courant de ce qu’il voyait.
- La lumière électrique était fournie par la Compagnie générale d’électricité et a éclairé pendant toute la durée de l’Exposition, c’est-à-dire pendant deux mois,les jardins de l’Exposition au moyeu de 20 foyers Jublochkoff. Grâce à l’habile direction deM. Chabirand qui faisait tous les soirs une courte conférence au moment deFalIumage des lampes, le public a été très satisfait. lien est résulté que beaucoup de personnes se sont enthousiasmées pour l’éclairage électrique, et quand on leur a parlé de l’éclairage électrique par les lampes à incandescence, beaucoup ont pensé qu’ils pourraient s’éclairer dans de bonnes conditions en utilisant plusieurs des chutes d’eau que présentent la Sèvre et ses affluents dans les differentes parties du pays.
- Des correspondances téléphoniques installées par M, Chabirand ont été établies à l’intérieur de l’Exposition avec une distance de 3oo mètres entre les postes, et ont occupé beaucoup les visiteurs qui entendaient parfaitement, surtout les jeunes filles. Les récepteurs téléphoniques étaient ceux de M. Trouvé, et les transmetteurs microphoniques avaient été construits à Niort. Celui de M. Main dans lequel il 11’exis-tait qu’une simple boîte ouverte sans diaphragme, donnait les meilleurs résultats.
- II y avait, en outre, une salle d’audition téléphonique reliée au théâtre par deux fils télégraphiques posés par les soins de l’administration ; sur chaque fil étaient intercalés 10 téléphones en série, et ceux-ci étaient mis en action par deux microphones placés sur le théâtre et-alimentés chacun par une pile de trois grands cléments au sulfate de cuivre. Pendant toute la duree de l’Exposition, les curieux faisaient queue comme à Paris, à la porte de la salle d’audition les soirs où il y avait théâtre. « Chose singulière, écrit M. Chabirand c’étaient principalement les sourds, ou plutôt les personnes douées de mauvaises oreilles qui venaient assiéger la salle
- des téléphones avec le plus d’obstination. Il paraît qu’elles pouvaient entendre plus distinctement au téléphone ce qu’elles n’entendaient pas à quelques mètres de distance par l’intermédiaire de l’air. Une ingénieuse disposition imaginée par M. Main m’en a fourni des preuves saisissantes à diverses reprises. L’exhibition du téléphone à l’Exposition de Niort, a eu des conséquences; une correspondance vient d’ètre établie pour les voitures de place; cinq centres sont commandés et en voie de construction. Un grand industriel de Fontenay-le-Comte a voulu établir dans son usine tout un système de communication qui en relie les différentes parties à sou cabinet et à sa maison, et chaque contre-maître correspondra avec tous les ateliers qui sont sous sa dépendance. »
- Parmi les objets exposés par les électriciens de ce pays, on a remarqué un petit moteur basé sur des idées nouvelles et combiné par M. Bouchet; divers appareils imaginés par MM. Boudeau, Comte, Laurent, Bouché, mais ce sont surtout les combinaisons téléphoniques de M. Main qui ont été les plus appréciées, et elles lui ont valu un diplôme d’honneur. Le jury a prétendu que scs appareils permettaient de correspondre à 25o kilomètres.
- Association britannique pour V avancement des sciences. Les dernières communications faites à l’Association britannique pour l’avancement des sciences pendant la dernière session sont : i° une note sur une nouvelle forme de lampe à arc par M. G. Forbes ; 20 une communication de M. Preece sur une nouvelle machine dynamo-électrique à main; 3° un mémoire de M. Vcrnon Boys sur les mesures électriques; 40 un mémoire de M. G. Forbes sur la grosseur que doit avoir un fil pour transmettre différents courants électriques sans échauffement ; 5° un mémoire de Sir W. Thomson sur une nouvelle forme de galvanomètre pour la mesure des courants et de leur potentiel en unités absolues; 6° une discussion sur le mémoire deM. Gladstone relatif aux batteries secondaires; 70 une discussion sur le mémoire du D.r Siemens relatif à un système, pratique d’unités électriques.
- Éclairage électrique
- La gare Saint-Lazare du chemin de fer de l’Ouest à Paris est depuis peu de jours éclairée, dans quelques-unes de ses parties, avec des lampes Edison. Ces lampes sont placées dans la rotonde de Saint-Germain, les bureaux et les quais de la grande vitesse du côté de la rue d’Amsterdam. Les machines dynamo actionnées par une locomobile, se trou* vent sous un hangar dans la rue de Rome.
- On s’occupe au ministère des travaux publics de l’application de la loi du 3 avril 1882 sur l’éclairage à la lumière électrique des côtes de France. Cette loi a autorisé l’installation de la lumière électrique dans quarante-deux phares de nos côtes, moyennant une dépense évaluée à huit millions. Cette operation doit être complétée dans une période de huit à dix ans. L’administration a adressé immédiatement les projets relatifs aux quatre phares du ÿford et du Pas-de-Calais, par lesquels* la transformation doit commencer. Les Chambres ont mis à la disposition du ministre des travaux publics un premier crédit décent cinquante mille francs pour exécuter les travaux préparatoires. Cette année et dès le début de l’année i883, les quatre phares en question pourront être éclairés à la lumière électrique. Le ministre va demander,en outre, sept cent mille francs pour continuer la transformation dans le courant de l’année prochaine.
- Le grand paqucbotPavwwû, de la Compagnie Cunard, est maintenant éclairé par l’électricité. On sc sert de lampes Swan. Chaque chambre de ce magnifique vapeur dont les
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- dimensions atteignent presque celles du Servia, un des plus grands transatlantiques anglais, est éclairée à l’aide d’une lampe Swan. On en compte quarante-cinq. Chacune d’elles peut être allumée ou éteinte à la volonté des passagers.
- AAAAAAAAAyWW
- A l’Holborn Viaduct, à Londres, l’Edison Company fait des préparatifs pour installer une autre machine dynamo et un moteur à vapeur de plus grande force que les machines actuellement en usage en cet endroit, machines qui ont une puissance de mille chevaux.
- De grands travaux, rétablissement de viaducs, l’ouverture de tranchées viennent d’être exécutés la nuit sur la ligne du chemin de fer de Taff Vale dans le pays de Galles. On s’est servi de lampes Maxim et Weston.
- Une nouvelle Compagnie électrique, la Staffordshire Electric Lighting Company vient de se constituer à Birmingham.
- L’Oriental Téléphoné Company vient de conclure des arrangements pour la formation d’une Compagnie locale à Bombay qui prend le nom de Bombay Téléphoné Company et qui embrasse la Présidence de Bombay, y compris le Scindy et Hyderabad (Deccan).
- Depuis deux semaines, la petite ville de Sudbury sur la Stour dans le comté de Suffolk, est éclairée sur la place du marché et dans les rues avoisinantes avec des lumières Brush, installées par les soins de la Provincial Brush Electric Light Company.
- Télégraphie
- D’importants travaux sont en ce moment en cours d’exécution, plage du marché Saint-Honoré à Paris, pour l’établissement de l’un des grands postes de sapeurs-pompiers destinés à recevoir des pompeâ à vapeur pour incendies.
- Au moyen d’un système de fils électriques très ingénieusement combiné, le poste du marché Saint-Honorc sera relié non seulement avec le poste central de la préfecture de police, mais aussi avec les postes secondaires, ainsi qu’avec les principaux monuments, tels que la préfecture de la Seine, le Louvre, le Grand Opéra, les ministères, etc.
- Les systèmes de signaux d’incendie prennent du reste tous les jours une extension plus rapide. Le Pond Indica-tor vient d’être appliqué dans six grandes villes des Étaté-Unis et doit l’être prochainement dans plusieurs autres.
- Les résultats de l’exploitation des postes et des télégraphes de France pour l’année i83i ont été publiés dernièrement au point de vue du nombre des correspondances et des télégrammes mis en circulation : voici la statistique de l’outillage actuel de ce département pout; les télégraphes. Le nombre des bureaux télégraphiques s’élève actuellement à 5q8i et sera porté d’ici à i883 à 6681. La longueur totale du réseau qui était de 57090 kilomètres en 1877, s’élevait en 1881 à 73944, et sera portée à la fin de cette année à 87020 kilomètres. Les fils de ce réseau représentaient en 1881 une longueur de 211873 kilomètres, cette longueur atteindra en i883, 263000 kilomètres. Quant au réseau souterrain que l’on construit en ce moment, il comprend déjà 1 i3e kilomètres entièrement construits. En outre 2 190 kilomètres sont en construction et seront achevés d’ici à la fin de l’année. Ces 3325 kilomètres souterrains ont coûté 28 millions. En i883, on compte établir 1335 kilomètres nouveaux. Le réseau sou-
- terrain total est évalué à 7296 kilomètres et coûtera en to talité 5i millions.
- On travaille en ce moment à Rouen à la pose de la ligne télégraphique souterraine du Havre à Paris. Ce travail se fait très activement, il n’a fallu que quelques mois pour poser les conduites dans leurs tranchées creusées à im65 de profondeur, de Mantes à Bernay, de Darnétal à Rouen. La ligne traverse le département de la Seine-Inférieure en diagonale.
- En Afrique on va s’occuper de la pose d’un câble sous-marin de Dakar (Sénégal) à Saint-Vincent.
- Téléphonie.
- Pendant le mois d’août dernier, la Société générale des Téléphones, dont le siège est à Paris, rue Caumartin, a inscrit trente-trois nouveaux abonnés à Paris et trente-quatre dans les départements. Le nombre des nouveaux reliés a été de soixante-quatre, dont trente-neuf à Paris. La capitale compte actuellement deux mille trois cent quatre-vingt quatorze abonnés et les départements mille cent soixante-dix-neuf, soit en tout trois mille cinq cent soixante-treize, contre deux mille deux cent trente-un à la même époque de l’année dernière. La moyenne des communications hebdomadaires est de cent quarante-sept mille cinq cent quatre-vingt contre cinquante-cinq mille deux cent cinquante-huit l’année dernière.
- À Saint-Etienne, dans le département de la Loire, le préfet vient de recevoir du ministre des postes et des télégraphes de nouvelles formules d’abonnements aux réseaux téléphoniques de l’Etat. Le ministre désire connaître dans un bref délai combien d’adhésions ont été recueillies à Saint-Etienne et si l’on peut compter cette ville dans les cinq premières où sera installé un réseau téléphonique, avec le crédit spécial voté par les Chambres.
- A Bradford, la grande ville industrielle du comté d’York, on peut entendre chaque dimanche le service religieux célébré dans une des chapelles de la ville voisine d’Halifax, qui est reliée par le téléphone au bureau central téléphonique de Bradford.
- D’intéressantes expériences de téléphone viennent d’être faites en Allemagne. On a mis en communication les bureaux centraux de Cologne et d’Elberfeld. La distance est d’environ soixante kilomètres. On s’est servi pour ces expériences du câble télégraphique souterrain qui relie ces deux villes et d’appareils fournis par la maison Siemens et Halske. Les paroles ont été transmises, dit la Gazette de Cologne, avec une grande netteté.
- A Rangoon, chef-lieu de la Présidente'de la Birmanie britannique a été inauguré en grande cérémonie par le commissaire en chef de la Birmanie britannique, ,un bureau de téléphone établi dans cette ville indo-chinoise par l’Oriental Téléphoné Company.
- La Mexican Téléphoné Company a établi son bureau central à Mexico, rue San-Andrès. Dans la salle d’opération 011 compte actuellement treize sections. Au 1er juillet, le nombre des abonnés de la Compagnie â Mexico s’élevait à trois cents.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire, — 31822
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 5i, rue Vivienne, Paris
- % Directeur Scientifique ; M. Th. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- 4' ANNÉE (TOME VII) SAMEDI 7 OCTOBRE 1882 N» 40
- SOMMAIRE
- Exposition Internationale de Munich : Transport de la force par une ligne télégraphique de 60 kilomètres de longueur, entre Miesbach et Munich ; Th. du Moncel. — Exposition Internationale d’Électricité : La machine Weston à galvanoplastie; Aug. Guerout. — L’éclairage électrique des côtes d’Angleterre et d’Australie (3° article); Gustave Richard. — Étude des différentes phases de la bougie Jablochkoff; C. Street. — La lumière électrique sur les vaisseaux cuirassés; C.-C. Soulages. — Étude sur les régulateurs à tiges vibrantes ; Pierre Picard. — Les sciences physiques en biologie : l’électricité (n° article); Dr A. d’Arsonval. — Revue des travaux récents en électricité : Chandelier électrique automatique, de M. Gadot. — Une exposition électrique à Penzance. — Correspondance : L’inauguration de la statue d’Antoine-César Becquerel. — L’Exposition de Munich : Lettres de MM. P. Clémenceau et B. Abdank Abakanowicz. — Lettre de M. Jarriant. — Faits divers.
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ DE MUNICH
- TRANSPORT DE LA FORCE
- I'AR UNE LIGNE TÉLÉGRAPHIQUE 1)E 60 1ÜLÜM. DE LONGUEUR ENTRE
- MUNICH ET MIESBACH
- Dans un article intéressant du Dr Cornélius Herz que nous avons publié dans notre n°du gseptembre, nous avons pu voir que l’Exposition électrique de Munich s’annonçait sous des auspices très heureux et dans des conditions d’installation très intéressantes. Aujourd’hui cette Exposition vient d’ouvrir, et quoique les renseignements qui nous parviennent soient encore bien incomplets, nous pouvons donner une idée des curiosités qui ont le plus attiré l’attention publique et notamment des résultats merveilleux obtenus par M. Marcel Deprez sur le transport de la force à grande distance.
- Comme on l’a vu dans le premier article que nous avons consacré à cette Exposition, le comité
- d’organisation, comprenant la difficulté de répartir équitablement les récompenses sans s’exposer à froisser les susceptibilités de beaucoup d’intéressés, et ayant pu constater l’injustice avec laquelle certains organes de la presse parisienne ont attaqué les décisions du jury de notre Exposition de 1881, ont décidé de ne distribuer aucunes récompenses, mais de donner en échange des certificats d’expériences dont les chiffres, exactement établis, pouvaient mieux indiquer la valeur des inventions que toutes les médailles possibles. En conséquence, elle a dû, dès le moment de l’ouverture de l’Exposition, nommer un jury ou commission d’expériences qui sera appelé à expérimenter devant les exposants eux-mêmes leurs différents appareils. Ce jury va commencer ses opérations, et d’après la manière dont se trouvent répartis les membres qui le- composent, on peut juger de l’ensemble des principaux produits exposés.
- Les différentes sections auxquelles sont attachés les membres du jury sont au nombre de 12, et les produits qui s’y rapportent ont été classés dans l’ordre suivant.
- i° Les machines électriques, les accumulateurs et les câbles;
- 20 Les appareils historiques et instruments scientifiques d’enseignement;
- 3° Les moteurs (avec mesure de leur travail);
- 40 Les mesures photométriques ;
- 5° Les,appareils télégraphiques;
- 6° Les appareils téléphoniques ;
- 70 Les avertisseurs d’incendie, les appareils de contrôle, les sonneries, les horloges électriques;
- 8° Les machines et appareils servant aux signaux soit pour les chemins de fer, soit pour les applications militaires;
- 9° Les piles, la métallurgie et l’électro-chimie;
- iou L’électrothérapie;
- iiu Les appréciations artistiques de la lumière électrique, etc. ;
- i2° Les applications agricoles de l’électricité.
- La classification du catalogue est un peu différente et comporte quinze classes au lieu de douze,
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- mais elle s’en rapproche beaucoup, et n’est guère éloignée de celle qui avait été adoptée pour notre Exposition (’).
- Il paraît que le rôle du jury, dont nous venons de parler, ne se bornera pas à l’expérimentation des appareils exposés; comme il est composé de savants distingués, il aura encore pour tâche d’étudier les phénomènes électriques déjà connus ou récemment découverts, de formuler ieurs lois, de comparer les effets obtenus, de rechercher les meilleurs engins aptes à faire entrer l’électricité dans le domaine de la pratique journalière, d’utiliser et de vulgariser les forces que la nature met entre nos mains, en un mot de tirer parti, pour l’industrie, des nombreuses applications de l’électricité, soit comme source de lumière ou comme force motrice.
- Parmi les installations électriques importantes déjà effectuées, nous citerons : des appareils Brush actionnés par un moteur hydraulique placé à 5 kilomètres de Munich ; un éclairage de la rue d’Arcis par des lampes Edison, dont la machine génératrice est installée à l’Ecole polytechnique ; des organisations téléphoniques plus ou moins importantes dont une correspondant à un poste appelé Oberainmergau, éloigné de ioo kilomètres de Munich, permettra d’entendre des chants tyroliens ; un système de projection de lumière électrique provenant d’un foyer de dix mille candies qui, placé au sommet du palais, peut éclairer les clochers des églises de Munich. Nous avons du reste indiqué dans le plan de l’Exposition qui accompagnait l’article du Dr Herz, la distribution des différentes classes de produits ; quelques modifications y ont été, il est vrai, apportées au dernier moment, mais la disposition générale a été conservée. Parmi ces modifications nous signalerons. celles qui se rapportent aux appareils militaires, lesquels occupent actuellement la place des machines et lampes non en action, et sont remplacés à la place qu’ils occupaient par une chapelle éclairée par des lampes à incandescence ; l’électrothérapie occupe maintenant l’emplacement de l’électro-chimie, et l’espace que cette application occupait ainsi que celui réservé aux appareils scientifiques, est réservé à l’Exposition de la Compagnie d’Edison.
- Comme à l’Exposition de Paris, on voit à celle de Munich une serre dont l’éclairage est soustrait à la lumière diurne et dans laquelle on expérimentera l’influence de l’électricité sur la végétation, puis (*)
- (*) Voici cette classification : i° Appareils historiques et appareils de démonstration; a0 télégraphes et signaux; 3° téléphones; appareils électro-médicaux; 5° batteries et accumulateurs; 6° électro-chimie; 70 machines magnéto et dynamo-électrique; tl° lumière électrique; q° moteurs; io1' appareils divers; u» conducteurs; 12° bibliographie; 13° chronomètre; 1 |°partie décorative; i5°applications agricoles.
- une salle de peinture décorée par M. Gedon et où l’on essayera un système d’éclairage nouveau pratiqué dans la toiture; enfin une école de dessin dont les travaux pourront être facilement continués le soir en toute saison. Il paraît qu’il y aura aussi une galerie dans laquelle travailleront des ouvriers de divers métiers et où seront installés des tours, machines-outils, machines à coudre, le tout mu par l’électricité.
- Mais la great attraction de l’Exposition actuelle est l’expérience du transport de la force réalisée par M. Marcel Deprez qui, au moyen de deux machines Gramme du type A modifiées d’après son système et d’après les calculs exposés dans La Lumière Electrique du 3 décembre 1881, est parvenu à transporter dans le Palais de l’Exposition une force de 1/2 cheval (!), depuis Miesbach jusqu’à Munich, sur une distance de 60 kilom. et à travers un simple fil télégraphique ordinaire de 4 millimètres de diamètre supporté pârdes poteaux en bois et sans qu’aucun soin spécial ait été pris pour son isolement!! Par un excès de précaution que tout le monde comprendra, en considérant la hardiesse de cette expérience réalisée dans des conditions de distance qui ne permettent aucune comparaison avec ce qui a été fait jusqu’ici, on a cru devoir renoncer à employer la terre comme fil de retour, et il en est résulté, par conséquent, que la distance réellement franchie est de 120 kilomètres.
- La machine génératrice faisait 2000 tours par minute et la réceptrice 1200 tours. Il s’en suit que le rendement économique, c’est-à-dire le rapport du travail reçu à Munich au travail dépensé à Miesbach, est de 0,60, chiffre à peine atteint dans les conditions les plus favorables par les partisans du transport électrique de la force à petite distance avec d’excellents conducteurs.
- Ajoutons qu’en introduisant en outre dans le circuit une résistance de 80 ou 100 kilomètres de fil télégraphique, la machine a fonctionné aussi bien que précédemment.
- Cette expérience mémorable est une réponse victorieuse à toutes les arguties des contradicteurs de M. M. Deprez, et justifie pleinement la vérité de la loi qu’il énonçait en ces terméâ âbrégés : « Le rendement est indépendant de la distance. »
- Nous ne saurions quitter ce 0ijet, sur lequel nous reviendrons d’ailleurs, sansjjéndre hommage à l’empressement et à la coimt4p5|e qu’a montrés dans cette circonstance l’éminent directeur de l’Expositionde Munich, M, le D1'Von Beetz, qui était du reste l’un des présidents du jury de notre Exposition de 1881. Une grande partie du succès éclatant remporté par M. Deprez est certainement
- Le travail utile de 1/2 cheval a été mesuré au lrein. C’est donc un nombre à l’abri de toute contestation. Il a d’ailleurs fréquemment atteint 40 kilogrannnètres par seconde.
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- due à l’activité déployée par les agents de M. le Dr Von Beetz dans la pose du second fil jugé nécessaire pour le retour du courant. On pourra se faire une idée de la rapidité extraordinaire déployée dans cette opération, quand nous dirons que le fil, qui a 60 kilomètres, a été posé en moins de six jours après la demande qui en avait été faite par le représentant de M. Deprez ! ! Il est probable que dans d’autres pays ce délai n’aurait pas même suffi pour transmettre la demande au ministre compétent.
- L’expérience a été faite le mardi 16 septembre.
- Je crois encore utile, de faire ressortir ici une circonstance de l’expérience qui est capitale à mes yeux. Dans des expériences de laboratoire, M. Marcel Deprez avait bien obtenu une transmission de force sur une aussi grande résistance de circuit et même sur de plus grandes encore, mais on pouvait craindre qu’avec l’isolement imparfait cî’une ligne télégraphique, et la grande tension des courants induits déterminés par une machine (Gramme-Deprez) tournant à une vitesse de 2 000 tours par minute, de grandes pertes de courant ne se produisissent dans le trajet et fussent suffisantes pour enlever une grande partie du pouvoir moteur. Les résultats qui viennent d’être obtenus peuvent donc fixer définitivement les idées à cet égard, et démontrent qu’aujourd’hui, la distribution de la force peut être effectuée à toute distance dans des conditions tout à fait pratiques, et sans nécessiter de dispositions particulières de conducteurs. Pour ceux qui connaissent les transmissions électriques sur les lignes télégraphiques, ce résultat est évidemment d’une très grande importance. Nous y reviendrons, du reste, dans un prochain article.
- Th. du Moncel.
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- LA MACHINE WESTON
- 4 GALVANOPLASTIE •ASV#-. -----*
- M. Westori ; est l’auteur de deux machines dy-namo-électriques.qu'e l’on a pu voir cet été au Palais de l’IndustrieyL’une, destinée à l’éclairage, a été décrite dans notre numéro du 7 septembre 1881; l’autre, employée spécialement pour la galvanoplastie, n’a pas été décrite dans nos colonnes, car la description donnée d’apfès VIron, dans le n°-du icr novembre 1879.1 s’applique à un type de machine à lumière. Nous ajouterons même que nous' n’avons trouvé rien de précis sur cette machine dans aucun des ouvrages d*électricité appliquée que nous
- avons entre les mains et que les détails qui suivent ont été puisés dans le brevet de M. Weston.
- La machine à lumière est d’ailleurs du genre de la machine Siemens, tandis que la machine à galvanoplastie est une sorte d’alternative Lontin à petit nombre d’électros et dans laquelle les courants seraient redressés par un commutateur.
- Cette machine est représentée en perspective dans la fig. 1 et en coupe transversale dans la fig. 2. Au cylindre de fer A, qui forme l’enveloppe extérieure de la machine, sont fixés 6 électros inducteurs allongés B, B... à pôles alternes. D’autre part, sur l’axe de l’appareil, qui coïncide avec celui du cylindre A, sont disposés 6 autres électros de même forme qui constituent les induits. Quand l’axe tourne, les courants développés à un moment donné dans deux induits voisins sont de sens con-
- n„ 1
- traire. Un prolongement de l’axe porte un commutateur à 6 lames. Trois de ces lames à 120° communiquent ensemble et il en est de 'même des trois autres. Les six électros-induits forment trois paires distinctes, composées chacune de deux bobines voisines. Les deux bobines d’une même paire sont reliées en tension, de façon que leurs courants s’ajoutent; chaque paire a donc deux fils libres de signes contraires, qui sont reliés chacun à un des groupes de lames du commutateur. Avec cet arrangement, les deux frotteurs recueillent desjjcou-rants redressés.
- Ces frotteurs I, I (fig. 1), composés de lames de cuivre superposées, sont portés par des tiges fixées elles-mêmes dans des supports C au moyen de vis.
- Les deux bases du cylindre sont fermées par des plaques convexes qui servent de supports-à l’axe. La plaque antérieure G, qui porte les balais, est fixée par des vis passant à travers des fentes, de sorte qu’elle conserve une certaine mobilité permettant de changer le calage des balais. La Ion-
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- LA LÜM1ÈRË ËLÊCTRIQUË
- 340
- gueur des fentes est cependant limitée, afin que l’on ne puisse changer assez le calage des collecteurs pour intervertir le sens du courant.
- Les inducteurs, en 2 séries parallèles de 3, sont alimentés en tension, et comme la machine est destinée spécialement à être employée pour la galvanoplastie, il pourrait arriver, au moment où on la met en marche, qu’une force contr’électromotrice provenant des bains d’électrolyse, vienne donner aux inducteurs une aimantation contraire à celle qu’ils doivent avoir.
- Pour permettre d’éviter cet accident, l’appa-
- FIG. 2
- reil est muni d’une disposition spéciale. Les fils partant des collecteurs passent derrière la plaque G, traversent le socle de la machine et viennent s’attacher au-dessous de ce socle aux deux bornes qui servent de prises de courant. De ces bornes partent des fils I et J (lîg. 3), dont l’un va à un ressort B (fig. 1), l’autre à un plateau C, pouvant être mis en mouvement par une courroie auxiliaire.
- En avant du plateau est un bout d’axe isolé, mais sur lequel des ressorts appliquent naturellement deux petits blocs métalliques que l’on voit figurés, l’un au-dessus, l’autre au-dessous de cet axe. A l’état de repos, cette pièce antérieure se trouve donc en contact avec le plateau C et le dispositif BC forme un court circuit sur les bornes de la machine. Au moment où on la . met en marche, toute force |
- électromotrice venant du circuit extérieur n’a aucune action sur la machine et dès que l’armature, et par conséquent le plateau C, ont atteint une certaine vitesse, la force centrifuge écarte les deux blocs et rompt ainsi le court circuit BC. Le courant ne passe plus alors que dans le circuit extérieur et dans un shunt p de résistance assez élevée.
- Ce dernier a pour but d’offrir un passage au courant quand on ouvre le circuit extérieur ou quand sa résistance augmente notablement au moment ou
- FIG. 3
- on enlève du bain un nombre de pièces plus ou moins grand. \ \
- La machine Weston a été cmpljOyee’én Angleterre dans un certain nombre d’usines;!eiectro-métallur-giques, où elle a donné, paraît-il, de bons résultats.
- On tend cependant aujourd’hui à la remplacer par des machines à courant continu, reposant sur le principe de l’anneau Paeinotti, car, quelque parfait que soit le commutateur d’une machine à courants redressés, une machine à courant continu lui est toujours préférable pour la galvanoplastie.
- Aug. Guerout.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 341
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DES CÔTES D’ANGLETERRE ET D’AUSTRALIE 3° article. (Voir les numéros des 23 et 3o septembre 1882.)
- SOUTER-POINT
- Le phare de Souter-Point est situé à mi-chemin entre les embouchures de la Tyne et de la Wear, l’éclairage électrique y fut mis en service le 12 janvier 1871. Le phare a i6m75 de haut, il est surmonté d’une lanterne de 3m65 de diamètre ; le plan
- focal de l’appareil optique est Ù45m7o au-dessus des hautes mers moyennes.
- Les deux machines de Holmes (flg. 7) qui alimentent le phare, sont à courants alternatifs et sans commutateurs; elles font 400 tours par minute et produisent chacune, avec une dépense de 3 chevaux 2, une lumière de 1 5eo candies environ ; leurs dimensions principales sont les suivantes : longueur im83, largeur im3o, hauteur im7o ; elles pèsent 3 tonnes. Chaque machine porte 41 aimants de 20 kil., disposés en sept groupes équidistants, et 96 bobines groupées sur six roues de 16 bobines chacune. On dut bientôt remplacer par des courroies les engrenages à friction qui faisaient mouvoir ces machines.
- FIG. 7. — MACHINES MAGNÉTO-ÉLECTRIQUES DE HOLMES AU PHARE DE SOUTER-POINT
- elles sont actionnées chacune par une machine à vapeur à chaudière indépendante, de sorte que toute leur installation est en double.
- Les câbles qui vont des machines aux lampes ont 53 mètpes. de long : depuis chaque machine jusqu’à un qon^mjjtateur fixé au mur, le câble est formé de deux fils'de cuivre de 6mm de diamètre; du commutateur à la lampe, courent trois câbles isolés, formés, l’un de 19 fils de cuivre de i,65mm (n° 18. B. W. G) et les deux autres de 7 fils de 2,1 im“ (n° 14. B. W. G) (‘).
- Lorsqu’on n’emploie qu’une machine, il suffit du gros câble, aboutissant au charbon supérieur, et de l’un des petits aboutissant à l’électro-aimant
- H Yqir LJ {.MV\i£rç Kleetriquç. 4 U 7 juin j83?, page 5r3.
- et au charbon inférieur de la lampe ; quand on em' ploie les deux machines, ce qui n’a lieu qu’en temps de brouillard, de pluie ou de neige, le courant de la seconde machine arrive au charbon inférieur directement, sans passer par l’électro-aimant de la lampe : on évite ainsi l’obligation de régler de nouveau la lampe.
- Le phare est muni d’une lampe à huile, pour parer au cas de non fonctionnement des lampes électriques, mais, depuis 1871, il ne s’est produit que deux arrêts de quelques minutes, dus, le premier à une négligence du personnel, et le second à une interruption du courant par des poussières de charbon accumulées sur les rails de la lampe.
- L’appareil optique (fïg. 8 et 9) est octogonal et disposé de manière à donner, toutes les demi minutes, qn éçlat de cincj secondes, La lampe est placé au
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 3.p
- centre d’un feu fixe de un mètre de diamètre, couvrant i8oü d’horizon ; le réfracteur est formé d’une bande médiane et de 12 zones symétriques, dont l’ensemble sous - tend un angle au centre de 66°42', il est surmonté de 10 zones catadiop-triques sous-tendant, au foyer, un angle vertical de 43°20, les huit zones inférieures couvrent un angle de 35° 14'.
- Cet appareil réfracte 92 0/0 de la lumière totale émise par la lampe.
- En ce qui concerne la divergence des rayons dans un plan vertical, l’appareil comprend deux cs-pèces d ’ éléments distincts: la bande médiane et les six premières z o -nés donnent, aux rayons, une divergence d e i° au-dessus de l’horizon et de trois degrés au-dessous, sans compter celle qui provient de l’étendue de l’arc électrique;
- 1 a divergence des six autres zones, et celle des zones ca-tadioptriques, dépendent de l’angle sous-tendu , à chacune d’elles, par l’arc électrique. Il faut ajouter, aux 3° de divergence sous l’horizon, ou vers la mer, la moitié de la divergence de la lampe, ; pour un
- FIE. 8. — PHARE DE SOUTER-POTNT
- arc électrique de 9mm de haut, la divergence totale, vers la mer, est de 3° 3o' ; elle suffit, avec la hauteur de 46 mètres où se trouve la lampe, pour couvrir la mer à 700 mètres du phare.
- La divergence de i° au-dessus de l’horizon suffit largement pour compenser tout déplacement ex-focal de l’arc lumineux dans un plan vertical.
- La lanterne tournante, de im4o de diamètre, est formée de huit pan-neauxverticaux divisés chacun en trois parties de 7 lentilles : la dispersion de chacune de ces lentilles est de 70 8' en azimut, et les axes des faisceaux qui en émergent sont perpendiculaires à leurs faces intérieures, de sorte que chaque panneau paraît illuminé tout d’un coup, quand un observateur passe dans son angle de divergence horizontale. Avec l’arc électrique primitif, dontle diamètre ne sous-tendait qu’un angle de 22', la divergence totale des panneaux s’élevait à 70 3o et donnait une durée de cinq secondes à chaque éclat, mais on a, depuis, porté le diamètre des charbons à gmm pour une machine
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- magnéto-électtique à i2mm pour les deux (').
- Les lentilles sont calculées de manière à répartir la lumière uniformément dans toute l’étendue de l’angle de divergence horizontale (7°3û'). Si l’on fait exception d’un espace très limité, de chaque côté de cet angle, où la répartition de la lumière est troublée par la divergence due au diamètre de l’arc voltaïque, l’éclat ne présente aucune scintillation, comme dans le cas où la source lumineuse est constituée par la grosse flamme d’une lampe, il reste
- fixe, sans vascillcr, pendant presque toute sa durée ; cette fixité de l’éclat, qui lui donne une précision absolue, ne peut s’obtenir, avec les lampes, qu’aux dépens de sa vivacité ; c’est un avantage caractéristique et précieux des phares électriques (-).
- L’arc obscur de la lanterne, a été utilisé de la façon la plus heureuse par M. Douglas, pour la production d’un second feu, placé à6m6o au-dessous du feu principal, et destiné à couvrir un passage dangereux de la baie de Sunderland, à six milles
- FIG. 9. — PHARE Y)E SOUTER-POINT 1 COUPE DE r/APPAREIL OPTIQUE PAR LE PLAN FOCAL
- environ du 'phare : l’appareil consiste en un segment de lentille holophote de i5omm de distance focale, placé à l’arrière de la lampe, et condensant les
- 54,6 0/0 de là lumière d’arrière sur un système de deux groupes de prismes catadioptriques à angle droit ; les prismes du groupe inférieur sont légére-
- (*) Le foyer lumineux des phares n’étant pas un point mathématique, il en résulte que les rayons qui sortent des lentilles ne sont pas exactement parallèles, mais affectes, dans le plan horizontal ou dans le plan vertical, d'une déviation ou divergence qui dépend du volume de la flamme et de la distance focale de l’appareil. Cette divergence, qui a l’inconvénient de diminuer l’intensité du faisceau lumineux en l’étendant, a l’avantage de rendre le phare visible dans son
- voisinage comme à l’horizon, et d’augmenter la durée des éclats. Voir Sautter, Notice sur les phares, p. 44 et 46.
- (s) M. Thomas Stephenson est l’inventeur du système de feux à éclats représenté par les lig. 10 et 11 et dans lesquels les obscurités sont produites par des prismes verticaux tournant autour d’une lanterne fixe : la lumière qui tombe sur ces prismes est uniformément diffusée, dans les secteurs éclairés, par l’appareil fixe, au lieu d’être réfléchie en faisceaux pa-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ment courbés, de façon à distribuer la lumière sur un horizon de 3i° ; leur nappe lumineuse couvre la mer, sur cet horizon, depuis une distance de un demi mille jusqu’à huit milles du phare.
- Le diamètre du cercle de roulement de la lanterne mobile a été rendu, par M. Douglas, égal au dia-
- FIG. IO. — RÉFRACTEUR SIMPLE DE THOMAS STEPHENSON ÉLÉVATION
- mètre même de la lanterne, de manière à obtenir un mouvement plus doux et plus précis, et à permettre de pénétrer dans l’appareil sans avoir besoin de l’arrêter ; cette disposition a été adoptée depuis, par l’administration des phares d’Angleterre, pour tous les feux tournants à éclat.
- L’appareil optique de Souter Point, construit par
- FIG. II. — RÉFRACTEUR SIMPLE DE THOMAS STEPHENSON COUPE PAR UN PLAN FOCAL •
- MM. Chance Brothers and C°, est cité, par M. Douglas, comme un modèle.
- rallèles : l’intensité lumineuse augmente ainsi proportionnellement à la durée des obscurités. Ce système fonctionne depuis le 2 juillet 1878 aux Hébrides.
- Le système à réfracteurs différentiels ABA (fig. 12 et i3) est un perfectionnement du précédent; il permet d’obtenir des éclats très variés au moyen d’un seul appareil tournant tout d’une pièce (Douglas, Mémoire, etc. p. 42.)
- , M, Stepliensou popsidère pes çletix systèmes pomme très
- Le phare de Souter Point était, en outre, muni d’une trompette à air comprimé de Holmes, qu’on a dû remplacer par une sirène plus puissante, éga-
- FIF. 12. — RÉFRACTEUR DIFFERENTIEL DE THOMAS STEPHENSON, ÉLÉVATION
- lement à air comprimé, et mise en action par une machine de 20 chevaux; cette machine pourrait
- .G FIl3. RÉFRACTEUR DIFFERENTIEL DE THOMAS STEPHENSON COUPE PAR UN PLAN DIAMÉTRAL . .
- produire au foyer de la lanterne, une lumière de 25,000 candies ou 2,800 carcels.
- propres à la lumière "électrique, dont la netteté des éclats est due plutôt au parallélisme plus exact des rayons réfractés qu’à l’intensité de l’arc. Cette netteté est des plus importantes pour l’interprétation des signaux de Thomson, dont le principe consiste à caractériser chaque phare par un nombre périodique d’éclats.
- La lumière électrique présente cet avantage que l’on peut diminuer, dans une très grande mesure, la durée des éçlir;
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- Le personnel se compose d’un mécanicien et de quatre assistants; il doit toujours y avoir un assistant aux machines et un assistant près de la lampe : la salle des machines peut communiquer, par un tuyau acoustique, avec la lanterne et les chambres des assistants.
- Les .dépenses d’établissement ont été les suivantes :
- Terrains, bâtiments et lanternes........... 257 5oo fr.
- Machines magnéto-électriques et appareil diop-trique...................................... 17S 000
- Total, non compris la sirène.........432 5oo fr.
- Intérêts..................................... 17 Soo
- Total général.......................q5o 000 fr.
- Les dépenses annuelles du service peuvent se décomposer comme il suit :
- Salaires..................................... 9 940 fr.
- Combustible, huile, approvisionnements. ... 9 q3o
- Transports et divers. ....................... 5io
- Réparations et entretien du phare et des appareils......................................•. 10 870
- Total.......................... 3o 75o fr.
- Ajoutant, à ces3o,75o francs, l’intérêt à 3 1/2 0/0 des 432,5oo fr., montant des frais d’établissement du phare proprement dit, il vient, pour la dépense annuelle totale du phare électrique, la somme de 3o,75o -}-.i5,i3o fr., ou de 45,880 fr. Le prix de la lumière est ainsi d’environ 1 franc par heure, pour une année de 4,412 heures : l’intensité de cette lumière varie de 3,040 candies pendant 720 heures, à i,52o,candles pendant 3,692 heures, ce qui donne une moyenne de 1,768 Candies : le prix de revient de la candie par heure s’élève donc, pour le phare de Souter-Point, ào fr. oo5 environ, ou à o fr. 045 par carcel; c’est une économie de 57 0/0 environ sur le prix de l’éclairage à Dungeness.
- (A suivre.) Gustave Richard.
- ÉTUDE DES DIFFÉRENTES PHASES
- DE
- LA BOUGIE JABLOCHKOFF
- /;
- r« ctt.Kom
- Les bougiM'Jablochkoff étant par nécessité alimentées par un courant alternatif, il était intéressant d’étudier les différentes phases de la bougie pendant sa marche.
- Les expériences ont été faites avec une machine Jablochkoff à 8 pôles.
- ses — et par conséquent varier leurs caractères — sans que sa portée cesse d’être supérieure à celle des feux à huile à éclats moins nombreux (voir Allard, Mémoire sur les pliâtes électriques, Imprimerie Nationale, 1880, p. 18, et L. Sautter, Notice sur les phares, Chaix, 1880, pp. 26 et 169).
- La vitesse de la machine était de 720 tours par minute.
- Dans ces conditions le courant passait environ 5 760 fois par minute d’un maximum positif ou négatif à zéro.
- On pourrait conclure à priori que les bougies alimentées par cette machine s’éteignaient et se rallumaient 5 760 fois par minute.
- Pour prouver ce fait expérimentalement, j’ai cherché à obtenir une image de la bougie dans ses différentes phases. A cet effet, un papier sensible analogue à celui employé pour les épreuves photographiques a été fixé sur l’axe de la machine électrique. L’une des bougies alimentées par cette même machine avait son image projetée sur le pa-
- . Axedelarnacnin^
- pier sensible et cela de façon que les 2 pointes des charbons se présentaient sur l’horizontale passant par Taxe de rotation de la machine.
- Lepapier sensibleétant fixé sur l’axe delà machine électrique, tournait avec lui etle-même point du papier venait se présenter devant l’image de la bougie au même moment de la phase. En d’autres termes, l’image de la bougie se projetait sur le papier aux moments zéro et aux moments maximum passant par tous les intermédiaires, et cela toujours au même point pour un’ moment de la phase quelle que soit la durée de la pose;
- Il résulte de ce procédé d’expérimentation que le papier sensible était attaqué lorsque l’arc existait et ne l’était pas lorsque l’arc cessait.
- On obtenait ainsi une série de traits noirs et blancs reliés entre eux par des dégradés représentant les variations d’intensité entre lè moment maximum et le moment zéro de la phase,.
- Deux séries d’expériences ont été faites. Dans la première, l’image de la bougie se projetait entière. Ori peut voir que dans ce cas l’image des charbons incandescents donne deux lignes noires continues,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- et ent're ces deux lignes on suit les phases de production de l’arc (fig. i).
- Dans la seconde série d’expériences un écran
- FIG. 2
- masquait les deux charbons et ne laissait passer que l’image de l’arc seul.
- Les phases de production de l’arc se détachent alors d’une manière tout à fait nette (fig. 2).
- FIG. 3
- On peut reconnaître aussi expérimentalement ce fait prévu à priori que la bougie Jablochkoff, comme toutes les lampes actionnées par le courant alternatif, passe par une série d’extinctions et d’allumages successifs.
- L’inspection des diagrammes permet de voir lés changements de sens du courant (fig. 1), la trace laissée par le charbon positif étant plus foncée que celle laissée par le négatif.
- D’autre part, la période de non activité de Tare parait être environ moitié de la période active, soit un tiers de la phase totale.
- Pendant toute cette période de non activité, il n’y a aucune production de courant dans la machine. puisqu’il y a solution de continuité dâns le
- circuit. .............................
- . Le courant cesse donc de se produire à cause de l’extinction du brûleur bien avant qu’il n’atteigne la valeur zéro.
- Cette série d’expériences répétée sur d’autres brûleurs à courants alternatifs permettrait de. déterminer approximativement la période de durée .deTare dans ces systèmes.
- C. Street.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- SUR LES AÙUSSEAUX CUIRASSÉS
- On se rappelle que pendant l’expédition de Tunisie, l’amiral Garnault a fait plusieurs fois employer les appareils électriques placés sur les navires de son escadre pour opérer des débarquements et observer les mouvements de Tejnnemi, notamment devant Sfax, Gabès, Monastir et Sousse. Tout récemment, la flotte anglaise a utilisé ces nouveaux moyens d’observation, devant Alexandrie, pour se rendre compte des travaux de défense élevés pendant la nuit par l’armée d’Arabi. Mais cette fois encore il'n’a pas été possible d’apprécier pratiquement les services que peut rendre l’éclairage électrique pour la protection des cuirassés contre les bateaux torpilleurs.
- La vue perspective ci-contre représente, au premier plan, un vaisseau de guerre avec ses feux électriques en pleine activité, c’est le Thunderer, de la marine anglaise; l’un de ses foyers est muni d’un puissant réflecteur et le faisceau lumineux qui peut être promené dans un champ à^p^ras'te, sert à scruter l’horizon à grande distanc||||:endant que le second foyer fixe placé à l’avant dü'mvire éclaire un certain rayon tout autour de lui.
- La plupart des grands cuirassés français ont maintenant deux projecteurs installés l’un à bâbord, l’autre à tribord, aux extrémités de la passerelle du commandant ou un peu au-dessus; la même disposition existe dans les marines militaires de l’Angleterre, de l’Autriche, du Danemark, de l’Italie. On a fait des expériences nombreuses pour déterminer la portée et l’efficacité de ces nouveaux moyens de protection, surtout dans le golfe Jouan, à Tou-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE SUR
- LES VAISSEAUX
- CUIRASSES
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Ion et à Cherbourg pour la France, à Chatam pour l’Angleterre, à Pola pour l’Autriche et à Cronstadt pour la Russie. Ces diverses expériences ont montré qu’avec un faisceau'puissant et concentré, des personnes placéés près du projecteur pouvaient distinguer, avec une lorgnette, des bâtiments blancs placés à sept kilomètres de distance. Dans les mêmes conditions, on peut éclairer un fort ou un cuirassé placé à trois kilomètres en y jetant un faisceau lumineux de 3oo mètres de largeur, ce qui permet de-viser assez sûrement les embrasures; on peut aussi rendre visibles, à la même distance de trois kilomètres, les bouées rouges qui signalent une passe.
- C’est pendant la guerre turco-russe que les nouveaux appareils ont fait leurs preuves, et c’est grâce à eux que les ports d’Odessa, Sébastopol, Orcha-kow ont été préservés de toute surprise de l’ennemi. Le port d’Odessa, notamment, pourvu d’un projecteur Mangin desservi par une machine Gramme, pouvait apercevoir, }a nuit, à quatre ou cinq kilomètres, les gros navires qui se présentaient pour l’attaque; les embarcations basses, peintes en couleur foncée, ne devenaient visibles qu’à deux kilomètres environ, ce qui était encore très suffisant.
- L’emploi des grands foyers électriques dans la tactique navale est beaucoup trop récent pour qu’on puisse savoir complètement aujourd’hui tous les services qu’on en retirera; il y a pourtant déjà un certain nombre de faits acquis par l’expérience : on sait, par exemple, que lorsque l’éloignement n’est pas trop considérable, la plus sûre manière d’apercevoir une embarcation suspecte n’est pas de l’éclairer directement, il vaut mieux commencer par lancer le faisceau lumineux un peu au-dessus, parce que les matières solides en suspension dans l’atmosphère réfléchissent les rayons lumineux sur le bateau que l’on redoute et le rendent visible.
- Les foyers électriques installés à bord des navires de guerre constituent donc aujourd’hui un des éléments importants de protection contre les, attaques des bateaux torpilleurs. Les cuirassés ont plusieurs méthodes de protection plus ou moins efficaces; ces méthodes sont au nombre de cinq principales :
- i° Un système de filets suspendus verticalement tout autour du vaisseau à une distance de quatre ou cinq mètres ;
- 20 Un réseau de fils métalliques ou de chaînes fixé par des étais sur les flancs du navire et pouvant être élevé au-dessus de l’eau, si cela est nécessaire ;
- 3“ Des canots de garde ou un cordon d’embarcations;
- 4° Une série de bateaux de garde reliés entre eux à une certaine distance l’un de l’autre et éloignés de' soixante ou quatre-vingts mètres du cuirassé ;
- 5° Enfin dès foyers électriques et des canons particuliers pouvant pivoter et tirer à angle très aigu pour perforer les parois des bateaux torpilleurs.
- Comme on peut, s’en convaincre, tous ces moyens de protection contre les bateaux torpilleurs qui font le plus souvent leurs attaques la nuit, doivent surtout leur efficacité à la présence des puissants foyers électriques, et ces foyers doivent pouvoir éclairer également tout l’entourage du cuirassé, car il est de règle que l’attaque des bateaux torpilleurs soit dirigée en même temps sur chaque flanc ainsi qu’à l’avant et à l’arrière du vaisseau à faire sauter, et cela sans la moindre hésitation, chaque torpilleur se précipitant sans dévier sur le point qui lui est assigné.
- Il paraît que les nombreux insuccès des Russes dans leurs manoeuvres avec des torpilles pendant la guerre de 1877, doivent surtout être attribués à l’absence de tout système combiné à l’avance, et parce que les torpilleurs se livraient à l’attaque aussitôt qu’ils se supposaient découverts.
- On s’occupe beaucoup aujourd’hui de l’étude de bateaux sous-marins qui iraient porter des torpilles sous la coque des cuirassés et défieraient ainsi tous les moyens de protection 'que nous venons d’énumérer. Un appareil de ce genre a été construit pendant la guerre de la Sécession en Amérique; il portait un équipage de neuf hommes et* était mis en mouvement au moyen d’une hélice manœuvrée par huit d’entre eux; il avait une provision d’air suffisante pour rester immergé deux ou trois heures ; son attaque contre le vaisseau de guerre le Housalonie réussit pleinement, mais il fut détruit lui-même par l’explosion de la torpille.
- En France, on a eu un bateau sous-marin appelé le Plongeur à l’Exposition de Paris de 1867; en Autriche et en Russie, on essaie depuis quelque” temps des appareils de ce genre, mais on ne connaît pas bien encore les résultats fournis par les diverses expériences qui ont été tentées.
- Ainsi donc, jusqu’au jour de l’application effective des nouveaux progrès, lés bateaux de garde, les canons spéciaux du genre Hotchkiss ou autres, et surtout les foyers électriques, constitueront les principaux moyens de défense des .vaisseaux cuirassés contre le terrible engin qui reMies bateaux torpilleurs si redoutables. qèbr
- C.-C. Soulages.
- ÉTUDE SUR LES RÉGULATEURS
- A TIGES VIBRANTES
- De toutes les parties qui composent l’appareil Hughes, le régulateur est l’organe le plus important, le plus délicat, mais en même temps le plus
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- $49
- imparfait, quoique supérieur à tous les autres systèmes.
- M. Hughes lui-même, en sait quelque chose; son appareil était déjà entièrement constitué qu’il lui manquait encore un système destiné à maintenir l’isochronisme pendant le travail.
- Cette question qui a été si longue à résoudre, quoique très simple en apparence (les vibrations coniques d’une tige étant isochrones), se trouve très fâcheusement compliquée par l’emploi indispensable du frein commandé par le régulateur lui-même.
- L’étude raisonnée de cette partie si précieuse des appareils à synchronisme m’a conduit à un perfectionnement tellement simple que je n’oserais vraiment pas le faire connaître s’il n’était un desideratum qui se fait sentir depuis l'invention de cet appareil.
- Beaucoup de théoriciens ignorent, mais tous les mécaniciens'savent combien il est’difficile de bien régler un frein ordinaire.
- Le frein ordinaire nécessité en effet deux réglages :
- i° La distance du frotteur au cylindre de frottement d’où dépend l’amplitude des vibrations ;
- 2° La pression, sur l’excentrique en ivoire, du ressort qui porte le frotteur.
- Le premier réglage est insignifiant, puisque l’amplitude des vibrations indique toujours et sûrement, si ce réglage est bon ou mauvais.
- Le second réglage est plus difficile, la pratique seule apprend à régler la pression de ce ressort.
- L’amplitude des vibrations peut être normale, mais la pression du ressort sur l’excentrique laissant un peu à désirer, l’isochronisme est rompu pendant le travail.
- De plus, un défaut de ce réglage ne se voit pas comme dans le premier cas; il faut absolument enlever le frein pour le vérifier.
- Le premier réglage peut se faire par tout employé qui connaît seulement la forme du frein. Le deuxième réglage ne peut se faire que par le mécanicien.
- On verra plus loin comment je suis arrivé à supprimer complètement ce deuxième réglage.
- Je vais rappeler ici certaines lois :
- i° Les vibrations coniques d’une tige sont isochrones et indépendantes de leur amplitude;
- 2° L’amplitude dépend elle-même de la force qui est appliquée à la tige pour la faire vibrer ;
- 3° Pour des tiges différentes, les durées des vibrations sont directement proportionnelles.aux carrés des longueurs des tiges ;
- 4° Elles sont directement proportionnelles aux racines carrées des masses ajoutées aux extrémités libres des tigeS;
- 5° Enfin, elles sont inversement proportionnelles aux épaisseurs des tiges.
- Je me permettrai ici de changer, non le sens, mais l'énoncé seulemeut de cette cinquième loi et je dirai :
- Les durées des vibrations sont inversement proportionnelles aux coefficients de rigidité des tiges.
- J’ai besoin de faire cette substitution parce que je prouverai plus loin qu'une même tige qui conserve la même longueur, le même poids, la même épaisseur, etc., peut donner des nombres de vibrations bien différents quand, par un moyen que j’indiquerai aussi, on fait varier seulement sa rigidité.
- Il est inutile que je définisse d’une façon très précise ce que j’appelle le coefficient de rigidité, puisque j’ai substitué cette expression à celle de « épaisseur de la tige » ; c’est la résistance qu’une tige oppose à la flexion.
- Il résulte de ces lois, que les variations d’amplitude sont sans effet sur l’isochronisme aux conditions suivantes :
- i° Que la longueur et l’épaisseur de la tige restent invariables ;
- 2° Que le poids additionnel de l’extrémité librele soit aussi;
- 3° Enfin, que le coefficient de rigidité de la tige soit constant.
- L’une quelconque de ces conditions n’étant pas rigoureusement remplie, l’isochronisme est rompu.
- Or, pendant la marche de l'appareil, la longueur et l’épaisseur de la tige, ainsi que son poids additionnel sont invariables tant qu’on ne touche pas au curseur.
- Le coefficient de rigidité de la tige paraît, à première vue, encore plus invariable, et cependant c’est à la variation de ce coefficient que l’appareil doit ses variations de vitesse.
- En effet, la tige vibrante n’est pas complètement libre, elle fait mouvoir, par son écart, le ressort du frotteur du frein; c’est la résistance de ce ressort qui vient s'ajouter à la rigidité dè la tige vibrante.
- S’il était pratiquement possible de conserver la simple pression due à l’élasticité de ce ressort, l’emploi du frein ne serait pas un inconvénient. Mais lorsque le frotteur commence à agir, la résistance ’de son ressort est considérablement augmentée.
- C’est ainsi que la rigidité de, la tige vibrante est artificiellement et inégalement augmentée par un effort extérieur.
- On peut donc dire :
- Avec un frein, le coefficient de rigidité de la tige vibrante varie directement comme l’amplitude des vibrations, mais dans un rapport très variable.
- C’est l’augmentation artificielle de la rigidité-de la tige vibrante qui explique maintenant pourquoi un appareil muni d'un frein va plus vite qu’un appareil sans frein.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Ce fait qui ressemble assez à un paradoxe est bien prouvé par l’expérience et démontré par la théorie ci-dessus.
- Le frein étant un mal nécessaire, il faut autant que possible chercher à l’améliorer. Le seul perfectionnement qu’on puisse lui apporter, quelle que soit d’ailleurs sa forme, c’est, à mon avis, de réduire au minimum la différence des résistances opposées par le resort du frotteur quand l’amplitude des vibrations passe du maximum au minimum et vice versa.
- Dans les freins ordinaires, ce n’est que par un réglage toujours difficile qu’on parvient à donner approximativement, au ressort du frotteur, la pression qui lui convient sur l’excentrique.
- Pour réaliser le perfectionnement dont je parle, j’ai tout simplement transformé le frein ordinaire en
- frein automatique, c’est-à-dire possédant lui-même la force qu’il demandait à la tige vibrante pour agir.
- L’effet perturbateur du frein ordinaire est considérablement réduit dans mon nouveau frein automatique, et ce dernier a, sur le premier, le précieux avantage d’être sans réglage.
- Afin d’utiliser tout le matériel existant déjà, j’ai dû naturellement chercher une transformation facile au lieu de créer un type nouveau (Je me propose néanmoins de le faire plus tard en complétant cette première étude).
- Dans ce but, j’emploie toutes les pièces du frein ordinaire, mais j’en renverse littéralement toutes les fonctions.
- La fig. i représente un frein ordinaire et la fig. 2 un frein automatique.
- i° Il s’agit de déplacer l’excentrique en ivoire par rapport à la petite tige de l’œilleton : pour la simplicité, je déplace la petite tige elle-même en la soudant dans un nouveau trou que je pratique à la distance angulaire d’environ 70° de l’ancien, l’œilleton est en
- A (fig. 2). L’ancienne position de cette tigé est représentée en lignes pointillées, l’œilleton est en
- B.
- Mais la précision n’étant pas nécessaire, j’ai obtenu d’aussi bons résultats en courbant simplement à sa base la tige de l’œilleton, dans le sens voulu, d’une quantité qui peut varier beaucoup s ans inconvénient. La fig. 2 indique aussi cette opération en lignes pointillées, l’œilleton est en C.
- 20 On redresse au marteau le support en cuivre S du frotteur.
- 3° On prend un fragment de fil de fer non recuit, moins fort que celui généralement employé pour cet usage : celui des tiges de curseurs me donne de bons résultats.
- On fait une hélice.à 3 spires R' formant ressort,
- comme dans l’ancien système, mais tournée en sens inverse.
- Ce ressort est soudé à son support en cuivre S' par une de ses extrémités. A son extrémité libre, légèrement courbée vers le centre, est soudé le frotteur : cette courbure est nécessaire pour rendre le frotteur parallèle à la surface du cylindre de frottement. (Le ressort que j’emploie étant de plus petit diamètre, il faut resserrer un peu au marteau les trous dans lesquels était soudé l’ancien.)
- 40 Enfin, le frotteur entier ainsi transformé est remis en place, et son ressort passe maintenant au-dessous de l’excentrique et non plus au-dessus.
- Un frein de ce système, ai-jé dit, est sans réglage : il suffit que le ressort S' presse contre l’excentrique dans toutes les positions de ce dernier, mais cette pression n’exige aucune précision.
- On voit, comme je le disais tout à l’heure, que les rôles de toutes les pièces sont bien renversés et pour rendre plus apparentes toutes ces inversions, je les énumère parallèlement ci-après :
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- FONCTIONNEMENT DU FREIN AUTOMATIQUE.
- Le frein automatique étant en place et l’appareil au repos, le frotteur est tenu à l’écart du cylindre de frottement.
- Lorsque l’appareil se met en marche, et au fur et à mesure que l’écart de la tige vibrante augmente, l’excentrique s’éloigne aussi du ressort du frotteur mais sans l’abandonner, parce que ce ressort, en vertu de son élasticité, suit l’excentrique dans son mouvement, jusqu’à ce que le frotteur touche au- cylindre de frottement. A partir de ce moment, le frotteur agit par son propre ressort. Il absorbe ainsi, en frottement, la force disponible qui imprimerait à la tige vibrante un écart anormal.
- Si la force disponible augmente, la tige vibrante en s’écartant graduellement absorbe elle-même de plus en plus de cette force disponible, tout en laissant l’action du frein augmenter aussi, jusqu’à ce que l’excentrique en ivoire abandonne complètement le ressort du frotteur.
- A ce moment, le frein rend tout ce qu’il peut donner, et si la force disponible continue à augmenter, la tige vibrante qui est complètement libre vient en aide à l’impuissance du ressort du frein, en absorbant, par un écart plus grand, le surcroît de force disponible qui, dans l’ancien système, était absorbé par une augmentation de vitesse.
- On voit maintenant comment mon frein automatique rend à la tige vibrante une grande partie de ses propriétés si précieuses dont elle était privée par le frein ordinaire.
- Je ne veux pas dire par là que l’isochronisme soit parfait avec le nouveau frein; il est seulement beaucoup moins imparfait.
- Dans le frein ordinaire, la pression du ressort du frotteur sur l’excentrique augmente considérablement quand la tige vibrante passe de sa position de repos à son plus grand écart; donc le coefficient de rigidité de la tige et, par suite, la vitesse de l’appareil augmentent proportionnellement.
- Dans mon frein automatique, au contraire, cette pression a pour minimum zéro, rarement atteint, (un coup de pied sur la pédale quand le poids est entièrement remonté peut l’amener à cette limite) et pour maximum la force élastique du ressort du frotteur.
- Or, en donnant à ce ressort un force suffisante, mais rien de plus,les différences de pressions qu’il exerce sur l’excentrique, dans ses positions extrêmes, sont réduites à leur minimum.
- Conséquemment, le coefficient de rigidité de la tige vibrante étant beaucoup moins variable dans ce dernier cas que dans le premier, voilà pourquoi le frein automatique est préférable au frein ordinaire.
- J’ai déjà dit que le frein ordinaire augmente arti-
- ficiellement la rigidité de la tige vibrante et que le frein automatique la diminue. La conséquence toute naturelle de ce fait, c’est l’impossibilité d’obtenir avec le frein automatique une vitesse aussi grande qu’avec le frein ordinaire, sans modifier le régulateur.
- On pourrait alors diminuer un peu la masse de la sphère-curseur, dans le cas où l’on tiendrait à obtenir de très grandes vitesses. Le synchronisme étant beaucoup plus stable avec le frein automatique, le travail à grande vitesse serait beaucoup plus régulier qu’avec le frein ordinaire.
- On arriverait au même résultat en faisant des tiges plus épaisses, ou bien encore des tiges de même épaisseur avec i ou 2 spires de moins.
- L’expérience m’a appris que la position du curseur ordinaire qui donne i33 tours de chariot dans une minute avec le frein ordinaire, ne donne plus que 120 tours avec le frein automatique.
- C’est à cette vitesse, tout à fait normale d’ailleurs, de 120 tours à la minute que se fait très régulièrement le service de Grenoble-Lyon (essai autorisé par M. l’Inspecteur Ingénieur de l’Isère) avec 5 rondelles seulement au poids moteur au lieu de 6.
- On a même pu marcher avec 4 rondelles ; on recevait très bien, mais en transmettant, il fallait éviter les combinaisons de plus de 3 lettres dans le même tour de chariot.
- On a pu passer successivement de 4 à 5 à 6 à 2 et à 8 rondelles sans interrompre le travail et sans déraillement, soit en transmettant, soit en recevant.Je doute fort qu’avec un frein ordinaire, si bien réglé qu'il soit, on puisse faire réussir cette expérience.
- Je n’ai pas essayé plus haut, mais le chiffre de 8 rondelles pourrait être bien dépassé, car l’amplitude des vibrations 11e paraissait pas augmentée.
- Mon système est donc avantageux sous tous les rapports :
- L’administration y trouvera d’abord une économie, les freins de rechange devenant inutiles. En second lieu, les cas de dérangements étant moins nombreux, le rendement de l’appareil sera par ce fait augmenté.
- Le mécanicien se verra, avec plaisir dispensé d’un réglage toujours douteux.
- Enfin, l’employé n’aura plus ' que 5o kilogr. à remonter, au lieu de 60 dans la plupart des cas, et 60 au lieu de 70 dans quelques autres.
- Il est aussi à remarquer que la diminution du poids moteur entraîne une plus longue durée des pignons.
- Pierre Picard.
- jV. 73. — Pour qu’011 puisse se faire une idée nette de cette disposition, il faut qu’on se reporte à la description du télégraphe Hughes. (Voir VExposé des applications de Vâ-lectricitè, de M. du Moncel, tome III, p. 265.)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- LES SCIENCES PHYSIQUES
- EN BIOLOGIE
- L’ÉLECTRICITÉ
- n" article. (Voir les nos du 25 février, des 8 et 29 âvril, 6 mai, des 3 et iu juin, des 8 et i5 juillet, et des 2 et 23 septembre.)
- LES CONDITIONS PHYSIQUES DE LA VIE (suite)
- 5° Les réserves alimentaires.
- La dernière des Conditions physiques de la vie dont il me reste à parler maintenant est peut être la plus indispensable et la plus générale. Son importance n’avait pas été soupçonnée par les physiologistes jusqu’aux mémorables travaux de Claude Bernard sur la nutrition; je veux parler des réserves nutritives. Quand on considère un animal quelconque, on est frappé de ce fait que, malgré la variété du régime ou de la nourriture, la composition de l’individu reste constante, non seulement pour des êtres de la , même espèce mais même pour l’individu considéré en particulier. C’est ce fait reconnu de tout temps que les médecins ont désigné successivement sous les noms de tempérament, idiosyncrasie, etc'.; sans d’ailleurs en rechercher la cause physique.
- Tous les êtres vivants puisent dans l’alimentation les matériaux de leur milieu intérieur ; comme leur nourriture ne peut-être toujours identique, il faut bien qu’ils possèdent en eux-mêmes des mécanismes capables d’extraire de ces aliments variés 1 des substances de composition fixe. Il faut également d’autres mécanismes réglant la proportion de ces mêmes matériaux qui doivent pénétrer dans le sang.
- Claude Bernard, par des expériences aussi nombreuses qu’irréfutables; a montré que contrairement à toutes les doctrines chimiques professées avant lui la nutrition n’est jamais directe, qu’au contraire elle est toujours indirecte et se fait par des réserves.
- En un mot, selon l’axiome du célèbre physiologiste : O11 ne vit pas de ses aliments actuels, mais de ceux que Von a mangés antérieurement, modifiés et en quelque sorte créés par l’assimilation.
- Il en est de même de toutes les réactions chimiques qui se passent dans l’organisme. Jamais ces réactions (combustions, hydratations, dédoublements) ne se font directement comme dans le laboratoire du chimiste; toutes se font, comme je l’ai déjà dit, par un mécanisme spécial aux êtres vivants : les fermentations.
- Je ne puis développer ici les preuves surabondantes du fait que j’avance; je me contenterai, à
- propos de la nutrition, de citer en quelques lignes la plus belle découverte de Claude Bernard, celle de la glycogénie animale.
- En 1843, les chimistes les plus éminents, MM. Dumas, Boussingault, Payen refusaient aux animaux le pouvoir de fabriquer des principes immédiats tels que corps gras, sucres ou albuminoïdes. Les animaux ne faisaient qu’emprunter ces substances aux végétaux qui étaient seuls capables, d’après ces savants, d’en opérer la synthèse sous l’influence de la radiation solaire. M. Dumas écrivait :
- « Les animaux, quels qu’ils soient, ne font ni graisse, ni aucune matière organique alimentaire ; ils empruntent tous leurs aliments, qu’ils soient sucrés, amylacés, gras ou azotés, au règne végétal. »
- On savait par les recherches de Tiedemann et Gmelin, de Leuret et Lassaigne que le sucre est un produit normal de la digestion des matières amylacées.
- Ce fait fut expliqué plus tard par la découverte dans la salive d’un ferment spécial : la diastase animale, qui a la propriété de transformer l’amidon en glycose.
- Donc rien d’étonnant à ce que l’on trouvât du sucre chez l’animal, et la théorie précédente n’en était nullement modifiée puisque en fin de compte ce sucre venait de l’extérieur.
- En 1843, Claude Bernard montra que le sang . contient toujours du sucre. On lui objecta que ce sucre provenait delà digestion, et que de l’estomac il avait passé dans le sang.
- Claude Bernard nourrit alors un chien exclusivement avec de la viande cuite bouillie ne contenant aucune trace de sucre. Il ne fut pas médiocrement étonné de rencontrer chez cet animal du sucre en abondance dans le sang, mais il ne put en déceler aucune trace dans l'intestin. Cette expérience répétée de toutes les manières, même sur des animaux soumis à l'inanition, donna toujours le même résultat à tous les expérimentateurs.
- Donc il était démontré : 10 Qu'un animal peut fabriquer du sucre alors qu'on le nourrit exclusivement avec des substances qui n'en contiennent pas, contrairement à la théorie de M. Dumas.
- Mais Cl. Bernard alla plus loiii; il résolut de rechercher le sucre dans les diverses parties du système sanguin.
- Au sortir de l’intestin, dans le sang de la veine porte, c’est-à-dire avant que le sang eût traversé le foie, il ne trouvait jamais trace de sucre. Au contraire, le sang qui avait traversé le foie était chargé de sucre. Cette expérience célèbre donna toujours les mêmes résultats.
- Donc il était démontré : 20 Que le sucre se forme dans le foie.
- ’ Commetitet par quel mécanisme? Les chimistes
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- donnèrent alors libre carrière à leur imagination.
- Ce sucre provenait de la fibrine (Lehmann) ou d’une substance albuminoïde du sang (Frerichs) ou des matières grasses d’après Schmidt; hypothèses très rationnelles au point de vue chimique, mais qu’aucune expérience directe ne venait confirmer. '
- Claude Bernard, qui n’était pas chimiste, résolut ce nouveau problème par sa mémorable expérience du foie lavé. Ayant extrait le foie d’un animal il fit passer au travers de ses vaisseaux un courant d’eau destiné à enlever tout le sucre.
- En recommançantle lavage quelques heures après l’eau sortit chargée de sucre. Cette expérience put être répétée plusieurs fois sur le même organe avec un égal succès.
- Donc, le sang n’était pour lien dans la formation de ce sucre, et ainsi tombaient toutes les hypothèses des chimistes.
- Enfin, dans le courant de 18.57, Claude Bernard réussit à extraire du foie cette substance qui se transformait- en sucre. Il lui donna le nom de matière glycogène pour ne rien préjuger sur sa nature, suivant sa prudence habituelle.
- Pelouze et Berthelot reconnurent que cette substance était tout à fait analogue à l’amidon végétal ’ et l’appelèrent amidon animal.
- Cette substance existe dans le foie de tous les animaux à l’état physiologique et non en quantité minime, car il est fréquent d’en retirer plus de deux cents grammes du foie d’un chien de moyenne taille.
- . Il était donc démontré par ces remarquables expériences qui ont illustré à jamais le nom de leur auteur :
- i° Que le sucre de glycose existe normalement dans le sang;
- 2° Que la présence de ce sucre est indépendante de l’alimentation animale ou végétale ;•
- 3° Que les animaux ont la faculté comme les végétaux de créer de toutes pièces des substances immédiates.
- Les différents épisodes de cette découverte avaient rendu,Claude Bernard extrêmement sceptique à l’égard des hypothèses que pouvaient faire les chimistes pour expliquer les réactions qui se passent dans l’organisme.
- Lorsque en présence d’un fait nouveau nous hasardions une théorie chimique pour l’expliquer, le maître nous répondait avec son fin sourire : Le sucre rend sceptique ; et cette innocente raillerie n’épargnait même pas son collègue et ami M. Berthelot, qui assistait souvent à nos entretiens.
- ... Dr A. d’Arsonvai,
- *v Vv-
- REVUE DES 'TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Chandelier électrique automatique à déclanchement et à extincteur, pour bougies Jablochkoff, système Paul Gadot,
- Nous donnons aujourd’hui le dessin et l’explication d’un chandelier électrique pour bougies Jablochkoff, qui a pour but de résoudre le problème si difficile et cherché depuis si longtemps de la commutation automatique, c’est-à-dire du passage automatique du courant électrique de la bougie qui est usée, à une bougie nouvelle.
- Ce chandelier est dû à M. Paul Gadot. dont on connaît depuis longtemps le chandelier à dérivation; nous avons déjà parlé en son temps de ce dernier appareil.
- On a construit plusieurs centaines de ces chan-
- deliers à dérivation, qui ont fonctionné dans une vingtaine d’installations, et notamment au Salon de 187g où il y en avait près de trois cents, et où le changement de bougies, qui avec le système ordinaire aurait exigé plus de 10 hommes pendant un quart d’heure chaque fois, se faisait sans aucun dérangement de l’installation mécanique même, par un seul homme en deux ou trois minutes, et avec la plus grande facilité.
- Ce premier chandelier, excellent pour les éclairages de 4 heures environ, présente quelques légers inconvénients pour ceux de durée supérieure, et c’est pour y parer que M. Paul Gadot a créé le nouveau chandelier que nous donnons ici et qui convient à n’importe quelle durée d’éclairage.
- Ce chandelier représenté dans les figures 1, 2 et 3, sc compose d’un chandelier qrdinairc pour bou?
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- gies Jablochkoff, auquel on ajoute les organes suivants :
- i° Un ressort à dilatation D attaché à chaque pince fixe ; ce ressort est composé de deux métaux inégalement dilatables, acier et cuivre par exemple.
- 2° D’un appareil de contact C à ressorts, en communication avec la pince intérieure suivante.
- 3° D’un appareil fixe dit « extincteur » E, placé
- FIG. 3
- ici au centre du chandelier, et en communication avec la borne B, laquelle est en communication avec toutes les pinces extérieures.
- Le fonctionnement très simple a lieu ainsi qu’il suit :
- Le ressort D préalablement enclanché comme dans la figure i à droite, maintient, avec son extré-
- mité garnie d’un petit isolant, la pièce C hors de contact avec la pince intérieure p', et lorsque la bougie est sur le point de finir, la chaleur de l’arc voltaïque fait ouvrir ce ressort par dilatation; en se dilatant il cesse de maintenir la pièce C qui sollicitée par ses ressorts r r, vient fortement appuyer contre la pince intérieure p' (fig. i à gauche) mettant ainsi la pince intérieure suivante et par conséquent la bougie suivante sur le courant électrique ; il peut alors se produire deux cas :
- Ou bien la bougie suivante et son amorce présentent une résistance inférieure à la bougie en fonction y compris celle de son arc voltaïque, alors elle s’allume, la bougie en fonction s’éteint, et le but proposé est atteint ; c’est le cas qui se présente le plus fréquemment, car l’amorce en bon état présente généralement une très petite résistance ;
- Ou bien la bougie suivante, et son amorce, qui peut être mal faite ou ébranlée ou cassée dans les diverses manipulations, présentent une résistance supérieure à la bougie qui brûle et à son arc voltaïque, et celle-ci reste alors en fonction ; mais le ressort D continue à se dilater et va toucher bientôt l’extincteur E, met ainsi la première pince intérieure en communication avec la borne B et ferme ainsi le courant sur lui-même, ce qui produit l’extinction de la bougie en fonction, qui, éteinte, présente alors une résistance énorme ou pour mieux dire invincible au courant, et cesse en même temps de chauffer le ressort à dilatation D, qui abandonne l’extincteur E; il ne reste donc plus de chemin possible pour le courant que la bougie suivante qui est alors bien forcée de s’allumer. Tout ceci se passe tout à fait instantanément.
- On voit donc qu’il y a deux opérations bien distinctes : i° le déclanchement d’un contact par le fait d’un ressort qui se dilate, contact qui met une nouvelle bougie sur le courant; 2° extinction de la bougie qui est finie, si elle continue à brûler après la première opération, et allumage forcé de la suivante.
- L’invention de M. Paul Gadot peut donner lieu à plusieurs dispositions, par exemple on peut mettre le contact mobile de côté, avec son ou ses ressorts, etc., mais celle que nous représentons nous paraît très heureuse.
- Ce chandelier fonctionne parfaitement, et peut procurer ainsi des économies très sensibles aux personnes qui se servent de l’éclairage électrique par les bougies Jablochkoff, par la certitude de les brûler jusqu’au dernier centimètre, et aussi par la suppression du changement à la main, qu’il finit faire toutes les heures et demie, ou toutes les deux heures environ, d’une manière incertaine du reste, ce qui est coûteux et soumis à toutes les chances d’accidents provenant de négligences, d’erreurs, etc.
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- Une exposition électrique à Penzance. I
- S'il faut blâmer le mouvement financier malsain qu’on a provoqué chez les Anglais autour des inventions électriques, il faut louer l'initiative bien entendue qu'ils montrent souvent dans l'étude de la science, La petite ville de Penzance située dans la Cornçmaille, vient d'organiser une exposition industrielle et scientifique dans laquelle l’électricité joue un rôle important ; des moteurs électriques y sont exposés conduisant des scies, des machines à coudre et des lampes ; un éclairage étendu est obtenu à l’aide de foyers à arc et de lampes à incandescence de divers systèmes ; en somme une exposition très réduite sans doute, mais d'allure sérieuse et donnant aux habitants de ce coin reculé de l’Angleterre un exemple en action des deux plus grandes applications actuelles de l’électricité.
- CORRESPONDANCE
- Châtillon-sur-Loing (Loiret), 25 septembre 1882.
- Antoine-César Becquerel.
- Nous avons assisté hier, sur la place de Châtillon-sur-Loing, à l'inauguration de la statue élevée à la mémoire d’Antoine-César Becquerel par sa ville natale. En présence d'une foule nombreuse. M. le Ministre des postes et télégraphes avait tenu à présider la cérémonie et à ouvrir la séance.
- « Messieurs, a-t-il dit, je ne viens pas faire un discours et vous retracer la brillante carrière d'Antoine-César Becquerel. Cette mission est à bon droit réservée aux savants éminents qui ont bien voulu prendre part à cette cérémonie. »
- M. le Ministre fait cependant un discours, quoi qu'il en dise; il retrace la carrière militaire d'Antoine-César Becquerel, puis passe à ses travaux scientifiques. Il s'étend à ce sujet sur l'Exposition de 1881, pendant laquelle on a pu juger des progrès de l'électricité, cette « force incomparable » qui « donne la lumière, sert à la transmission de la force, aide la galvanoplastie, la chirurgie. « Mais il lui faut revenir à Becquerel : « Il n'a pas, dit-il, publié moins de cinq cent vingt-neuf ouvrages ou mémoires. Son œuvre, comme le disait un homme d'esprit, dépasse l'œuvre du plus fécond de nos romanciers. »
- Nous permettra-t-on de faire remarquer que si l'œuvre de Becquerel est immense, elle n'a rien de commun avec celle d'un romancier, et n'a pas à lui être comparée.
- Après M. le Ministre, M. Daubrée, directeur de l'École des Mines, est venu ensuite lire le discours que M. Dumas devait prononcer au nom de l'Académie des Sciences, si une circonstance imprévue ne l’eût empêché de venir. L'illustre secrétaire perpétuel y développe cette idée que le pays doit honorer les inventeurs et aussi les savants qui, comme Becquerel, ont contribué par leurs travaux à faire jaillir la lumière sur les mystères les plus cachés de la nature.
- Après lui, M. Fremy, au nom du Muséum d'histoire naturelle, a parlé dans des termes émus et patriotiques des hauts faits militaires et des travaux scientifiques, tous deux si glorieux, de Becquerel; il a terminé par ces mots qui font allusion à la dynastie scientifique dont Becquerel a été le chef : ft Honneur à Antoine-César Becquerel premier ! v
- Notre collaborateur E. Mercadier, directeur de l’École
- polytechnique, a pris ensuite hi parole au nom de cette École. Son discours donne une idée fort exacte de la carrière de Becquerel aussi bien comme soldat que comme savant. Le voici in extenso :
- Messieurs,
- L’homme dont nous inaugurons aujourd'hui la statue fut un glorieux élève de l'École polytechnique, et cette école qu'il aimait, où son fils fut admis et qui compte aujourd'hui son petit-fils au nombre de ses répétiteurs, devait tenir à lui rendre un hommage public.
- Quand Becquerel y entra, il y avait à peine dix ans que la Convention l'avait fondée, dans des circonstances terribles, pour faire des ingénieurs civils ou militaires, et, s'il était possible, des savants.
- Becquerel réalisa l’idéal de la fondation : il fut à la fois, ingénieur militaire et savant : ou plutôt il fut l'un après l'autre, car il fit de sa vie deux parts fort inégales.
- Rappelons d'abord la seconde. Elle commença lorsqu'il avait 27 ans. Il la consacra tout entière à la science. Pendant plus de 60 ans, il travailla sans cesse, et jusqu'aux derniers jours de sa longue vie, à l'âge le plus avancé, il travaillait encore avec l'ardeur de la jeunesse, avec un respect consciencieux de la vérité, une énergie, une perspicacité que l'âge n'avait pas altérés.
- Dans le cours de cette longue carrière scientifique, il effectua les travaux les plus variés, qui, tous, présentent le même caractère et les mêmes qualités dominantes : l'ingéniosité, la patience tenace, l'originalité, la conception rapide et nette des expériences à faire pour venir about d’une recherche, l’habileté intellectuelle et manuelle pour les exécuter.
- Son premier travail, qui date de 1819, offre déjà ce caractère : il est relatif à la minéralagie et à la géologie. Il découvrit à Auteuil de la chaux phosphatée et du sulfure de zinc, et étudia plusieurs formes nouvelles de chaux carbo-natée trouvées dans la Nièvre.
- Mais il abandonna immédiatement cette voie pour se livrer à l'étude de l'électriciié et du magnétisme. La grande découverte d'Œrstedi en 1820 détermina chez lui sans doute, comme chez d'autres, Delarive, par exemple, cette direction à ses travaux. Quoi qu'il en soit, il n'abandonna plus ce genre de recherches, et en consigna les résultats dans de nombreux mémoires insérés dans les Annales de physique et de chimie, dans les Recueils de VAcadémie des Scienoes, dans les ouvrages didactiques qu'il publia successivement : un Traité d'électricité et de magnétisme en 1834, un Traité de physique dans ses rapports avec la chimie (1844), un Traité de magnétisme (1845), des Éléments de physique terrestre et de météorologie (1847), et plusieurs autres.
- Ses premiers travaux d'électricité furent relatifs à l'étude des sources d'électricité statique. Il fit voir que par le clivage d'un cristal, les deux lames séparées sont chargées d'électricité contraire. Reprenant des expériences incomplètes de Libes et de Haüy, il montra que le développement d'électricité par la pression des corps les uns contre les autres est un fait général. Il étudia dans divers mémoires le développement d'électricité par le contact des solides, des liquides, des gaz, et fit notamment une étude approfondie des effets du frottement sur les métaux. Se servant habilement du galvanomètre, et évitant les effets thermo-électriques, il put faire une classification des métaux d'après la facilité plus ou moins grande qu’ils ont de prendre l’électricité positive ou négative par le frottement.
- Ces phénomènes se rattachent intimement aux actions thermo-électriques. Dès 1823, Becquerel avait étudié, à la suite de Seebeck, qui les avait découverts, les effets électriques produits par la chaleur sur les métaux. Il montra la production d'électricité, en chauffant deux portions dissymétriques d’un circuit métallique homogène. Revenant sur ce sujet en i83o, il classa les principaux métaux dans un ordre déterminé relativement à la thermo-électricité. Au même
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ordre d’idées se rattache son étude sur la pyro-électricité de la tourmaline, et l’invention du thermomètre électrique, a l’aide duquel on peut déterminer à distance la température des parties intérieures des animaux et des végétaux, sans produire de lésions appréciables, la température des points élevés de l’atmosphère ou des points situés au-dessous du sol à des profondeurs variables.
- D’autre part, Becquerel prit une part active aux discussions qui s’élevèrent de 1820 à i83o, entre les électriciens, sur la question de savoir si l’origine de l’électricité de la pile était le#contact, comme le disait Yolta, ou l’action chimique des liquides sur les métaux. Dans une série de mémoires publiés à diverses reprises en 1823, 1824, 1827, 1849. Becquerel fit tous ses efforts, comme Delarive, son émule, pour soutenir la théorie chimique. Il montra par des expériences répétées qu’il y avait de l’électricité développée dans toutes les actions chimiques, et en particulier dans l’action des acides sur les métaux : il énonça le premier cette loi générale que, lorsqu’un corps se combine avec un autre, celui qui se comporte comme acide rend libre de l’électricité positive, et celui qui agit comme base de l’électricité négative. A l’aide de l’électroscope de Bohnemberger perfectionné, il montra que les piles produisaient des effets de tension analogues à ceux de l’électricité statique ; que les décompositions chimiques produisaient des effets inverses de ceux qui se produisent dans les combinaisons, et trouva en un mot, le premier, les lois générales du développement de l’électricité dans les actions chimiques.
- Enfin, en 1829, Becquerel rendant compte de la diminution graduelle d’intensité dans les piles à un seul liquide, construisit le premier des piles à courant constant, d’après le principe, universellement adopté depuis, de deux liquides tels que l’eau acidulée et le sulfate de cuivre, séparés par une cloison poreuse : dans le premier, plonge un métal attaquable comme le zinc, et dans l’autre un autre métal comme le- cuivre, sur lequel se dépose le cuivre provenant de la réduction du sulfate par l’hydrogène.’Sept ans plus tard, Daniell ne fit que reproduire les couples de Becquerel en améliorant seulement leur forme, et l’on dit depuis : la piîe Daniell/.... C’est vraiment le cas de rappeler ici le mot du poète: Sic vos non vobis /.... Mais qu’importe? Becquerel avait incontestablement découvert le principe et l’avait réalisé le premier : cela suffit à sa gloire.
- Quelques années avant, en 1825, Becquerel avait cherché à déterminer là conductibilité relative des métaux- pour l’électricité. Les courants constants n’ayant pas encore été trouvés, la question présentait une grande difficulté, car il fallait se préserver des variations d’intensité des piles dans le cours des expériences. A cet effet, il imagina un instrument nouveau, et une méthode d’observation nouvelle. Il eut l’idée d’enrouler sur le même cadre d’un galvanomètre, deux fils identiques isolés l’un de l’autre, et de comparer deux courants électriques en les faisant passer en sens inverse dans chacun des deux fils : des courants égaux devaient évidemment ramener l’aiguille du galvanomètre au zéro de’la graduation. Il créait ainsi le galvanomètre différentiel, dont l’usage s’est tant étendu depuis, et la méthode d'observation qu’on peut appeler différentielle, méthode remarquable sans cesse employée depuis, qui, par sa rapidité d’exécution, mettait à l’abri des variations d’intensité des piles, et donnait une grande sécurité pour les résultats. C’est à l’aide de cet instrument et de cette méthode qu’il put donner un tableau des conductibilités relatives des métaux, et qu’il démontra le premier que, dans un circuit fermé parcouru par un courant, l’intensité du courant est la même dans tous les points du circuit, et que - le pouvoir conducteur d’un fil métallique est proportionnel à sa section et en raison inverse de sa longueur.
- Nous ne pouvons qu’indiquer ici les principaux travaux de Becquerel; mais on ne saurait passer sous silence sa balance électro-magnétique, avec laquelle on détermine l’in-tepsité d’un courant eu le faisant passer à travers des hé»
- lices, à l’intérieur desquelles se meut un aimant suspendu par un fil de soie au plateau d’une balance. C’était un essai très ingénieux d’évaluer des effets électriques en les transformant en un effet mécanique directement mesurable à l’aide de poids.
- Coulomb avait ouvert cette voie pour l’électrostatique : Becquerel l’ouvrait pour l’électro-dynamique; aujourd’hui qu’il est sans cesse question de mesures électriques évaluées en unités mécaniques ou absolues, il ne faudrait pas oublier les tentatives des précurseurs.
- C’est encore Becquerel qui a réuni, sous le nom d'électrochimie, ainsi que l’a justement rappelé M. Fizeau dans le discours prononcé sur la. tombe de son collègue, un ensemble de phénomènes nouveaux très variés et touchant à la fois à la physique, à la chimie, à la géologie : « Qui n’a pas « admiré, disait M. Fizeau, ces expériences élégantes, faites « avec de petits éléments de piles à actions lentes et con-« s tantes, par lesquelles les diverses substances sont dé-« composées, combinées, transportées, prennent diverses « formes de cristaux, semblables à ceux de la nature, ou « donnent lieu à des colorations brillantes utilisées dans « l’industrie? » Becquerel chercha à aller plus loin dans cette voie, et il essaya d’appliquer ces procédés au traitement en grand des minerais d’argent, de cuivre, de plomb, etc... Et actuellement, à l’heure qu’il est, ces procédés vont devenir industriels.
- Élu membre de l’Académie des Sciences en 1829, en remplacement de Lefèvre Géneau, honoré en 1837 de la médaille de Copley, décernée par la Société Royale de Londres, Becquerel fut nommé en i838 professeur de physique au Muséum d’histoire naturelle; il y fonda un enseignement nouveau dans lequel il développa, pendant près de quarante années, des applications variées de la physique à l’histoire naturelle des animaux, des végétaux et des minéraux. C’est là qu’il a travaillé, c’est là qu’il faisait, dans les dernières années de sa vie, ses belles recherches .sur les phénomènes électro-capillaires qui touchent à la mécanique moléculaire, et où il mettait en évidence les actions de forces infiniment petites : c’est là qu’il est mort, à 90 ans, laissant dans la science un nom honoré, et dans sa famille une tradition scientifique dignement continuée.
- Telle fut, Messieurs, la seconde partie de cette vie si pleine. Mais quels qu’en soient les mérites et l’éclat, gardons-nous bien d’oublier la première.
- Le maître éminent qui a conçu et exécuté cette belle statue ne l’a pas oubliée, et parmi les accessoires qui rappellent aux yeux de tous les titres de Becquerel à la reconnaissance publique, il a placé un gabion. Le sculpteur a tenu à rappeler qu’avant d’être un savant, Becquerel fut un soldat !.
- En 1806, à dix-huit ans, il entrait à l’Ecole polytechnique. Il en sortait en 1808 dans le génie militaire, au moment où Napoléon, qui appelait l’École sa poule aux œufs dJor, commençait, semblable à l’homme de la* fable, à la saigner aux quatre veines, et en dispersait les poussins sur tous les champs de bataille de l’Europe, depuis l’Autriche jusqu’au Portugal.
- Il ne resta qu’une année à l’École d’application. On avait trop besoin d’officiers du génie; il partit pour l’Espagne en cette qualité. Là, pendant quatre ans, il assista à tous les épisodes de cette lutte sanglante. Sous les ordres du général Rogniat, il prit part en particulier aux sièges de Tortose, de Tarragone et de Valence, et au siège de Sagonte il monta le prem/er à l’assaut.
- Revenu en France en 1812, il fut nommé, en i8i3, inspecteur des études à l’École polytechnique ; mais il n’y resta qu’une année. L’Empire s’affaissait : le pays était envahi au Sud et à l’Est : l’homme dont l’ambition démesurée avait causé ce désastre défendait bien le territoire avec une poignée d’hommes, en déployant toutes les ressources de son génie; mais c’était la fin! Becquerel fit énergiquement son devoir dans petto.héroïque épopée de 1814! Cçnn'me ses
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- élèves de l’École, il prit part à la défense de Paris. En vain! La terrible partie était trop inégale : Becquerel fut parmi les vaincus, mais du moins, suivant une tradition nationale, il contribua glorieusement à sauver l’honneur!
- A la chute de l’Empire, il était chef de bataillon ef décoré de la Légion d’honneur. Il avait vingt-sept ans; une brillante carrière était ouverte devant lui; il y renonça volontairement pour se vouer aux études scientifiques.
- Le pays n’y perdit rien, et lui en doit, au contraire, une double reconnaissance.
- Quant à l’Ecole que j’ai l’honneur de représenter ici, où l’on enseigne par la parole, et surtout par l’exemple, que la première vertu d’un citoyen est le patriotisme, j’apporte en son nom à Becquerel un double hommage. Le premier, au savant dont les découvertes, devenues classiques, honorent le pays; le second, au vaillant soldat qui, aux heures sombres de l’invasion, défendit énergiquement et sans défaillance le sol sacré de la patrie.
- Les allocutions de M. Barrai, au nom de la Société nationale d’agriculture, et de M. l’Adjoint au maire de Châtillon au nom de la municipalité de la ville, ont terminé la série des hommages dignement rendus à la mémoire d’Antoine-César Becquerel.
- II manquait cependant quelque chose à ces hommages. On avait parlé du soldat et du savant, on avait à peine parlé de l’homme; n’aurait-on pas dû considérer Becquerel à ce point de vue? n’aurait-il pas fallu rappeler les grands côtés de son caractère et dire, par exemple, comment, lorsqu’il se présenta pour la première fois à l’Académie, Becquerel ne considérait sa candidature que comme une prise de date et cédait d’avance le fauteuil à Savart, parce que ce dernier avait besoin, pour sortir de la misère, du faible revenu qu’assure le titre d’académicien. Il y eût eu bien des traits de ce genre à citer, et l’on eût pu appuyer un peu plus sur la vivacité aimable de son esprit et cette affabilité de caractère qui faisaient que le soldat devenu savant était resté un vrai gentilhomme de la vieille roche.
- Henri Sauoni.
- Exposition de Munich.
- Munich, 28 septembre 1882.
- En entrant pour la première fois à l’Exposition d’ÉIectri-cité que la ville de Munich vient d’ouvrir dans son palais de Cristal, la première impression qu’on éprouve n’est pas absolument favorable, surtout pour les visiteurs qui ont vu celle du Palais de l’Industrie. En apercevant, autour de soi, toutes ces petites stalles, meublées avec un luxe qui n’est pas sans un certain goût, en voyant tous ces objets plus ou moins habilement travaillés et rangés avec élégance, on se demande, et cela surtout en plein jour, quelle place dans cette exhibition va être consacrée à l’électricité. D’un pas rapide à droite et à gauche, on parcourt le palais, et le désappointement est complet quand, revenu à son point de départ, on s’est assuré qu’on a d’un coup-d’œil embrassé toute l’Exposition. II semble, et cette impression est générale, que ce n’est qu’une Exposition minuscule à laquelle on a été convié. On a tout vu, on croit n’avoir rien vu. C’est alors qu’il faut revenir sur ses pas et examiner d’une façon lente et méthodique ce qui, tout d’abord, vous a paru insignifiant, relativement au nombre des appareils exposés; c’est alors qu’il faut envisager les groupes, les classes des machines, examiner de près les détails qui vous avaient échappé, pour comprendre que votre première impression est fausse et qu’il y a là, même après l’Exposition de Paris, une intéressante étude à faire.
- L’aile gauche du Palais est presqu’exclusivement occupée par les machines dynamo-électriques, parmi lesquelles nous retrouvons tous les types importants, actionnés par des lo-
- comobiles pour le service des innombrables lampes et des machines réceptrices à mettre en mouvement.
- L’aile droite est au contraire consacrée aux installations téléphoniques qui sont en très grand nombre, à la galvanoplastie, aux instruments médicaux et aux appareils télégraphiques de tout genre employés sur les voies ferrées. Parmi ces dernières, l’exposition de la Compagnie du Nord est particulièrement remarquée et elle a reproduit, d’ailleurs, ce qu’elle avait envoyé l’année dernière au Palais de l’Industrie. Quelques appareils d’électricité statique, ingénieusement construits, sont mêlés à cet ensemble et enfin les appareils d’éclairage, répandus dans tout le palais, illuminent avec leur multitude de lampes, soit à arc, soit à incandescence, l’Exposition tout entière. Edison s’est dans ce genre surpassé parle groupement élégant de ses lampes. Ses lustres, qu’on retrouve au buffet, et dans les petites stalles meublées du centre du Palais de Cristal, sont du plus satisfaisant effet. Il a installé pour cet éclaüage plusieurs grandes machines ayant chacune six inducteurs verticaux. Il éclaire également une des rues de la ville, mais ce dernier éclairage est de peu d’effet. Les lampes Siemens, qui éclairent les jets d’eau et les feuillages, ajoutent à l’aspect féerique que présente le soir l’Exposition, tandis que dans les régions plus élevées du palais brillent les lampes à arc Siemens, Brush, Schuc-kert, etc., présentant toujours les variations d’intensité ordinaires.
- Une machine Édison est encore destinée à mettre en mouvement une turbine à beurre; mais cette machine, de petite dimension, est un peu faible pour actionner cet appareil, à la distance peu considérable de 11 mètres.
- Des essais ont été faits hier devant la Commission pour l’éclairage de la scène du petit théâtre du palais; Edison avait installé ses lampes dans la salle, sous forme de longues lignes garnies de prismes longeant les murs, et les avait habilement disposées pour l’éclairage de l’orchestre, ainsi que d’une partie de la scène. L’effet obtenu eût été des plus satisfaisants, si l’on n’avait eu l’idée de se servir en même temps de lampes à arc dissimulées dans les- décors. Les deux lumières ne s’accordèrent pas, et comme les essais précédents sur le même sujet, l’expérience d’hier ne fut pas suffisamment concluante.
- Quand la Commission, que présidaient MM. le Dr VonBeetz et Haenle, sortit du théâtre, une expérience plus importante l’attendait à la porte même. Il s’agissait de la transmission de force à grandes distances, avec les machines de M. Marcel Deprez. La machine motrice était située à Miesbacli, distant de 60 kilomètres environ, et deux fils télégraphiques reliaient les deux machines, celle de Miesbach et celle de Munich.
- L’essai qui allait avoir lieu, rencontrait partout l’incrédulité parmi les membres de la Commission; à côté même de l’installation française. M. Schuckert, de Nuremberg, faisait avec ses machines une transmission de force insignifiante à 5 kilomètres; et le résultat obtenu par lui, venait encore augmenter le doute de chacun sur l’essai qu’on allait faire.
- Aussi fut-ce un véritable triomphe pour M. Jules Sarcia, qui avait organisé l’expérience, quand, une fois le circuit fermé, on put constater, au frein de la machine une force disponible de 38 kilogramètrès. La machine motrice n’absorbait d'ailleurs qu’une force d’un cheval vapeur à peine, et faisait 2 200 tours à la minute; on releva la vitesse de rotation de l’appareil récepteur, on trouva 1 5oo tours : c’était le succès, on avait un rendement de 67 0/0. Ce résultat, est des plus remarquables, il suffit à lui seul pour offrir un intérêt énorme à l’Exposition de Munich; Paris, l’année dernière, ne présentant rien de semblable à ses visiteurs. Les membres du comité affirmaient qu’aucun résultat aussi important n’avait été obtenu en électricité depuis l’invention du téléphone, et l’un d’eux déclara que certainement il y avait là un progrès destiné à révolutionner le monde. Cette expérience est, en effet, appelée à un retentissement énorme, relativement aux applications que l’on doit en tirer. Les Al-
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- lemands sont tiers de s’être les premiers prcté9 à des essais d’une semblable importance, et d’autant que le gouvernement français, qui a laissé échapper cet honneur, a envoyé deux ingénieurs pour suivre de près les expériences.
- Paul Clemenceau.
- Munich, le 3o septembre 1882.
- L’Exposition d’électricité de l’année dernière, à Paris, a été tellement importante et s’est étendue à un tel ensemble d’objets, que l’on ne pouvait guère s’attendre à retrouver ;V Munich autre chose que ce qui était au Palais de l’Industrie. Ce sont les mêmes appareils, les mêmes systèmes, les mêmes exposants, avec cette différence que les exposants allemands sont en majorité. L’exposition de Munich aura cependant eu l’honneur de voir résoudre pour la première fois le problème capital du transport électrique de la force à grande distance, dans les expériences mémorables de M. Marcel Deprez.
- L’exposition de Munich se présente très avantageusement sous le rapport de l’arrangement artistique. Elle est réunie avec l’exposition des arts décoratifs, ce qui concourt beaucoup à lui communiquer ce cachet artistique qui, d’ailleurs, distingue toute la capitale bavaroise.
- Mais, une fois les accessoires décoratifs laissés de côté, si nous nous tournons vers les appareils électriques, nous n’y trouvons guère, à de rares exceptions près, de choses vraiment remarquables. D’ailleurs, ceci n’est pas un côté faible d’une exposition qui a pour but spécial les mesures techniques concernant les machines dynamo-électriques, l’éclairage, la distribution de la force, etc. Les comités travaillent incessamment sur ce sujet, et il ne peut y avoir de doute que les travaux exécutés par les premiers techniciens allemands vont poser sur ce point des bases solides et écarteront les exagérations que font naître dans les esprits les prospectus industriels.
- Les mesures sont exécutées d’une manière parfaitement suivie et d’après le plan tracé à l’avance par M. le professeur Kittler; ce programme a été transmis aux membres du comité sous la forme d’une brochure litographiée, avec de nombreuses gravures dans le texte. Tous les appareils ont été vérifiés et étalonnés soigneusement avant les expériences à côté de beaucoup d’autres.
- Parmi les machines dynamo-électriques, nous n’avons trouvé rien de nouveau; c’est à peine s’y on y aperçoit quelques petites modifications dans l’exécution mécanique. Brush expose sa machine à seize foyers, qui dessert plusieurs lampes dispersées dans l’exposition; Edison a installé des séries d’énormes générateurs qui alimentent de nombreuses lampes à incandescence; Siemens a quelques machines à courants directs et à courants alternatifs. Mais au point de vue du nombre des objets exposés, Schuckert de Nuremberg tient la première place. Nous trouvons aussi quelques machines du système Fein qui présentent cet intérêt qu’elles n’avaient pas figuré à Paris. Le Dr Edelmann expose de petits machines à pôles simples, et à électro-aimants enroulés inégalement, c’est-à-dire avec plus de spires dans le voisinage des pôles que vers la ligne neutre.
- Mais la section de l’Exposition de beaucoup la plus importante et la plus intéressante, est celle réservée à la transmission de la force à grande distance. Ici, Schuckert a arrangé également beaucoup d’installations. Quelques-unes des lampes de la nef du milieu, plusieurs appareils agricoles et autres, marchent à l’aide du courant envoyé d’une distance de cinq kilomètres.
- Dans les machines employées, qui sont des machines Gramme ordinaires, le réglage du rapport des tours n’est pas exécuté automatiquement, mais à l’aide des résistances en maillechort. Le fonctionnement est, par suite, assez irrégulier et médiocre.
- Mais il est indiscutable que l’expérience la plus importante, la plus intéressante et la plus surprenante est celle de M. Marcel Deprez, réalisant le transport électrique de la force à 60 kilomètres environ. Cette expérience a vraiment quelque chose d’imposant, et tout habitués que nous sommes aux surprises de l’électricité, celle-ci nous a vraiment émus. La théorie de la transmission de l’énergie posée par Marcel Deprez est si simple, si claire, et tellement en accord avec les notions élémentaires de l’électricité, que l’on n’y pouvait pas faire d’objection. Mais la théorie a souvent à compter avec la pratique, qui ne réalise pas toujours les conceptions audacieuses, et l’on ne peut refuser l’audace aux idées de M. Deprez.
- Le problème que M. Deprez s’est proposé de résoudre se présente ainsi : La machine qui envoie le courant est à Miesbaçh (à près de 60 kilomètres de l’Exposition). Sa résistance interne est de 470 ohms. La force motrice lui est fournie par une machine à gaz. Le nombre de tours est de 2200. Deux fils télégraphiques, en tout 100 kilom. de longueur (gSo ohms de résistance, 4,5““* de diamètre), mettent cette machine en communication avec une autre identique, qui est placée dans l’Exposition et qui sert de récepteur. Les communications avec Miesbaçh se font par un fil télégraphique. Par un hasard heureux, je suis arrivé au moment de la première expérience de la transmission de la force. Sur l’axe de la réceptrice était installé le frein Carpentier. Le nombre de tours était de 1 5oo par minute, et le travail exécuté de 38 kilogrammètres. Si nous prenons en considération ce fait que les deux machines sont identiques, et si nous négligeons leurs insignifiantes résistances passives et les pertes dans la ligne, nous déterminerons le rendement d’après le nombre relatif de tours. Il est de plus de 60 %.
- Je cite ces mesures telles que je les ai vu exécuter. D’autres détails nous seront fournis par le comité qui fait actuellement ses essais.
- Il faut ajouter que les fils servant à la transmission de la force sont placés sur les mêmes poteaux que plusieurs autres fils télégraphiques et qu’aucun inconvénient n’est résulté de cette disposition.
- Cette expérience est certainement la plus admirable que j’aie jamais vue, et il n’y a pas besoin d’avoir l’imagination bien vive pour concevoir toutes les applications dès aujourd’hui réalisables, qui en vont être la conséquence.
- A côté de la machine réceptrice fonctionne le marteau-pilon électrique de M. Marcel Deprez, que l’on a vu au Conservatoire des Arts-et-Métiers. M. Uppenborn fournit gracieusement la force motrice pour cet appareil.
- Pour l’éclairage électrique, la première place est tenue par les lampes de Krizik, qui éclairent la partie centrale de la nef principale, une rue et le théâtre.
- Parmi les autres lampes, nous remarquons celles de Brush, de Crompton, de Siemens, un nouveau modèle de la lampe Schmidt, etc.
- L’incandescence est largement représentée. Il y a une multitude de lampes Swan et Edison dans toutes les parties du palais. On en voit aussi de moins connues, telles que les lampes de Siemens et de Miller, qui diffèrent peu des précédentes. Je n’ai remarqué qu’une chose intéressante dans cette section, c’est une lampe à incandescence d’un Italien, M. Cruto. Au lieu du filament de charbon fabriqué avec du bambou, du papier ou autres matières, il se sert d’un tube très mince de charbon chimiquement pur, enroulé en spirale. La construction de celte lampe se fait de la manière suivante : Un fil de platine enroulé en spirale est placé dans un carbure d’hydrogène gazeux et on fait passer ensuite à travers le fil un courant électrique qui le chauffe presque au rouge blanc. La dissociation du carbure a lieu et le charbon pur se dépose sur le fil chauffé. J’ai vu plusieurs spécimens du charbon ainsi déposé sur la porcelaine et sur les autres objets et il avait la couleur et l’éclat métallique. Le charbon ainsi préparé est relativement très résistant et élastique.
- Ainsi, lorsqu’il s’est déposé sur le fil de platine une couche
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- suffisamment épaisse de charbon, on fait passer un courant encore plus intense, et le platine volatilisé disparaît complètement de l’intérieur du charbon. Ensuite, l’opération de mettre les charbons dans le vide est exécutée d’une manière nouvelle. Le tube ‘de charbon est très homogène et son aspect est comme s’il avait été fait en acier. Je ne puis communiquer rien de certain sur le résultat des essais. Je dirai, par parenthèse, que M. Cruto a trouvé sa lampe en cherchant à faire les... diamants!
- A l’exposition des appareils télégraphiques, des signaux des chemins de fer, des piles, — nous ne trouvons pas beaucoup de choses nouvelles. Ce sont là, en plus grande partie les objets bien connus déjà, ou nouveaux, mais alors bien compliqués et superflus en pratique. Le chemin de fer du Nord a envoyé toute une série des différents appareils électriques du service de chemin de fer. Cette jolie installation a été faite par M. Sartiaux.
- La téléphonie n’est représentée que très médiocrement, A dire vrai, nous n’avons trouvé pas un seul nouvel appareil, et pas un seul bon des vieux systèmes. La communication avec Oberaamergau, avec l’Opéra, les concerts — a été peu satisfaisante.
- Nous ne voyons presque pas d’accumulateurs. Nous y avons trouvé seulement les apppareils classiques de M. Gaston Planté et ceux de M. Schultze, de Strasbourg. Voici quelques détails sur ces derniers appareils. Les plaques en plomb qui portent des rainures le long de leur surface sont recouvertes de*soufre; sous l’influence de la chaleur, une formation de sulfure de plomb a lieu. Plusieurs plaques disposées parallèlement sont plongées dans un récipient en bois recouvert de plomb et rempli d’acide sulfurique dilué. Chaque élément pèse B kilog. environ. D’après les communications de l’inventeur, chaque élément reçoit une charge de 40 000 kg.m. ; pour sa formation il faut l’exposer à l’action d’un courant de 4 ampères pendant quarante heures. La résistance de l’élément chargé est de o,oo5 ohms, non chargé de o,oi5. La différence de potentiel est de 2.1 volts. Le défaut principal de ces appareils est qu’ils sentent très mauvais.
- Tous les jours ont lieu les expériences sur l’éclairage électrique appliqué au théâtre. On. a arrangé dans ce but un salon spécial dans le bâtiment même de l’Exposition. 6 lampes de Krizik éclairent l’amphithéâtre d’en haut. Tout autour de la salle sont rangées en couronne les lampes Edison. Sur la scène, l’incandescence est réunie avec l’arc voltaïque. Le mariage de deux systèmes n’est pas heureux. On essaie les effets variés de lumière blanche et colorée. Il siège actuellement une commission de directeurs des théâtres d’Allemagne qui étudient sur place la question.
- La tâche capitale de l’Exposition, nous l’avons dit, est d’obtenir des mesures techniques, et bien que l’Exposition, ne nous offre pas beaucoup de choses nouvelles, — ces mesures, abordées par des spécialistes et exécutées consciencieusement, — vont apporter sans aucun doute beaucoup de renseignements précieux pour l’industrie électrique.
- B. Abdank-Abàkanowicz.
- Paris, le 27 septembre 1882.
- Monsieur le Directeur,
- J’ai lu avec étonnement dans votre journal, n° du 16 courant, un extrait des comptes rendus qui attribue à M. Geoffroy le procédé nouveau d’isolcr les fils conducteurs électriques avec de l’amiante.
- Ce procédé est ma propriété en vertu d’un brevet du 7 novembre 1881, et M. Geoffroy ne peut l’ignorer, puisque au mois d’août dernier il m’a fait des offres sur lesquelles nous n’avons pu nous entendre.
- Désirant réserver mes droits, je vous prie de bien vouloir insérer ma, lettre dans un de vos prochains numéros.
- Veuillez agréer, etc.
- Jakriant Jeune.
- FAITS DIVERS
- L’article que nous publions aujourd’hui sur la machine Weston clôt la série de nos études rétrospectives sur l’Exposition Internationale d’Électricité de 1881,
- Notre prochain numéro sera consacré uniquement au souvenir de cette Exposition et contiendra un aperçu final sur les résultats de cette grande manifestation et l’ensemble des travaux du congrès des électriciens.
- Nous apprenons que M. le ministre des postes et télégraphes a délégué à Munich, M. Eschbæcher, chef de bureau du service central, avec mission spéciale d’assister aux expériences de M. Marcel Deprez sur le transport de la force à grande distance. On annonce, en outre, l’envoi prochain à Munich d’une commission officielle déléguée dans le même but.
- Un chemin de fer électrique va être construit à Saint-Julien de Carouge, sous-préfecture du département de la Haute-Savoie. Ce chemin de fer dont l’établissement est entrepris par M. Théodore Turretini et un syndicat anglais, sera poussé jusqu’à Genève. La distance entre Saint-Julien de Carouge et Genève est de huit kilomètres
- L’Anglo Austrian Brush Electrical Company installe en ce moment à Vienne (Autriche) des usines destinées à la fabrication sur une grande échelle de machines et de lampes Brush ainsi que de lampes à incandescence et d’autres appareils se rattachant au système Lane Fox. La force hydraulique du Danube doit être utilisée pour la production de l’électricité et le chargement d’accumulateurs.
- Éclairage électrique
- A Belfort, les manœuvres et exercices militaires qui ont lieu dans la place et aux environs sont éclairés chaque soir à l’aide de foyers électriques.
- Un projet d’éclairage par l’électricité de la ville de Rouen en utilisant comme force motrice la Seine en amont du port à Pont-de-1’Arche, est étudié par un ingénieur rouennais. De Pont-de-1’Arche, le courant électrique serait amené à Rouen et pourrait également éclairer Elbeuf. Gn installerait autour de la flèche de la cathédrale, dont la hauteur atteint i5c mètres, de puissants foyers, combinés avec des réflecteurs, convenablement inclinés dans toutes les directions, et l’on aurait ainsi un éclairage analogue à celui qui a été établi dans plusieurs villes des Etats-Unis au moyen de hautes tours en fer supportant des lampes électriques.
- La Metropolitan Brush Electric Light and Power Company de Londres vient de demander à la « Vestry » de Saint-Luke son consentement pour obtenir du Board of Trade une licence, conformément à l’Ëlectric Lighting act, en vue de fournir à cette paroisse l’électricité nécessaire à l’éclairage.
- Le Conseil municipal de Portsmouth vient d’accepter l’offre de l’Edison Electric Light Company d’éclairer__un quartier de la ville pendant six mois au même prix que le gaz.
- A Eastbourne, établissement de bains de mer du comté de Sussex, la municipalité a passé récemment un contrat
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- pour réclairagc des principales places et rues par l’électri- ! cité. Toute la promenade et les remblais qui s’étendent le long de la mer sont déjà brillamment illuminés chaque soir.
- Soixante lampes à incandescence ont servi à l’illumination de l’hôtel de ville de Plymouth pendant l’Exposition d’horticulture organisée dans cette ville. L’installation de cet éclairage avait été faite par l’Edison Electric Liglit Company.
- De grandes manoeuvres de nuit ont eu lieu ces jours der-, niers en Allemagne. Les travaux de pontonniers ont été effectués à l’aide de la lumière électrique. A Schœncberg, un viaduc de chemin de fer d’une longueur de cent vingt mètres a été j.eté en une nuit, l’éclairage ayant consisté en quatre lampes électriques entourées de globes de diverses couleurs.
- On vient d’achever à Berlin les travaux d’installation pour l’éclairage électrique de la place de Potsdam et de la rue de Leipzig jusqu’à la rue» Frédéric. Du hangar des machines partent six câbles qui longent la rue Guillaume jusqu’à celle de Leipzig. Trois câbles vont jusqu’à la rue Frédéric et trois jusqu’à la place de Potsdam. Dans la traversée des rues ils sont posés dans des tuyaux en fer et le long des rues ils sont recouverts de tuiles. Leur longueur totale est de trois kilomètres. L’éclairage électrique de la place de Potsdam a eu lieu avec dix grandes lampes Siemens, disposées dans la périphérie de la place; 25 lampes sont réservées à l’éclairage de la moitié ouest de la rue de Leipzig. Les machines électriques sont actionnées par des moteurs à gaz. Le temps d’éclairage fixé pour ces essais est de la tombée de la nuit à minuit.
- Un accident qui rappelle celui qui a eu lieu récemment dans le jardin des Tuileries à Paris, vient d’arriver à Trieste sur la place de l’Exposition. Une tempête ayant endommagé un pavillon en fer de l’Exposition austro-hongroise, on se mit immédiatement à le réparer pendant la nuit, à l’aide d’un éclairage électrique. L’appareil d’éclairage avait été installé par le représentant de la maison de Pesth Ganz et O, M. l’ingénieur de Ilaider, qui était venu lui-même dans ce but à Trieste; cependant la partie du circuit qui servait à l’éclairage du pavillon en fer n’avait été posée que provisoirement et consistait en fils polis. Le 14 septembre dans la soirée alors que l’appareil était déjà en fonctionnement et que le courant électrique passait par le circuit, il sc trouva qu’il y avait encore quelque chose à mettre en ordre du côté des fils ; M. de Ilaider voulut s’occuper lui-même de ce soin. IF 11e prit point pour cela les précautions nécessaires et saisit en même temps les deux fils, de telle soVte que le courant électrique lui traversa le corps et le foudroya. __________
- Les premiers essais d’éclairage public par la lumière électrique à incandescence Edison, ont enfin etc faits à New-York au moyen d’un poste spécial rayonnant sur un périmètre de neuf cents mètres.
- Une nouvelle institution électrique, l’IIammond Company Electrical Engineering College, vient d’étre inaugurée à Londres, 2, Red Lion Square. Ce collège compte, pour sa première année, vingt-cinq élèves.
- À Boston l’hôtel Vendôme est actuellement éclairé avec soixante lampes Edison de seize candies.
- Au cap de Bonne-Espérance, le nouveau palais du Parlement, dans la ville du Cap, a été éclairé publiquement par
- ! l’élcctricité pour la première fois le 10 mai dernier. Quarante-quatre lampes Edison avaient été placées le long* des murs de la salle de l’Assemblée. Il y avait trente-quatre lampes dans la salle même et dix dans la galerie réservée au public. Les essais de cet éclairage continuent. Ils ont été sollicités par le gouvernement colonial. La machine employée est d’une puissance de 10 chevaux; elle actionne une machine dynamo Edison A, pouvant alimenter soixante lampes de seize candies.
- Téléphonie.
- O11 vient de faire une très intéressante expérience de téléphonie sous-marinc entre Bruxelles et Douvres. Une conversation a été échangée dans des conditions très satisfaisantes, à travers les soixante milles de câbles et les deux cents milles de fil.
- M. Van Rysselberg, l'éminent physicien belge, a très heureusement triomphé-de la difficulté, au moyen de son appareil spécial. L’expérience a eu lieu avec le concours de M. Bordeaux, ingénieur de la « Submarine telegraph company », stationnant à Douvres; M. Banncux, ingénieur belge stationnant à Ostcnde, et un troisième opérateur, placé à Bruxelles.
- La plupart des journaux ont annoncé qu’un service téléphonique a été établi entre l’Elysée et Mont-sous-Vaudrey ; nous sommes en mesure d’affirmer que cette nouvelle est inexacte.
- A Buenos-Ayres, la Société du Pantéléphone de Locht vient de passer un contrat avec la Société Bell perfectionnée et leur fusion définitive est un fait accompli. MM. Fels et Jones, représentants des deux Compagnies, se sont embarqués pour Boston, afin d’y ratifier les clauses du contrat et à leur retour, ils feront des offres à la Compagnie Gower-Bell, dans le même but. Si cette seconde opération réussit, il n’y aura plus qu’une seule Compagnie téléphonique à Buenos-Ayres.
- Le téléphone a fait de rapides progrès à Mexico. La capitale du Mexique est actuellement sillonnée de fils téléphoniques qui se croisent en tous sens. La Vera Cruz n’a pas tardé à suivre l’exemple et une compagnie de téléphone s’y est fondée par les soins de MM. Ortiz et C*. Sous peu une ligne spéciale réunira la Vera Cruz et Mexico. La distance entre ces deux villes est de trois ceut soixante-douze kilomètres. Diverses villes de l'intérieur du Mexique, ne voulant pas rester en arrière ont également adopté cette amélioration. Dans l’Etat dejalisco, une compagnie téléphonique, récemment organisée a commence ses travaux; à Ma-zatlau, on compte déjà uue centaine d’abonnés; à Aguasca-licntcs, les divers bureaux administratifs sont mis en communication par le téléphone.
- Le réseau téléphonique de Berlin comprenait le mois dernier une longueur de fils de 2 332 kilomètres. Le nombre des supports en fer était de 2450.
- Les frères Laniprecht qui ont fondé une Société pour l’introduction de leurs téléphones en Italie, viennent de demander au ministère des travaux publics la concession d’uné ligne télégraphique de Milan à Rome, afin d’expérimenter l’appareil à grande distance.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire, — 319S6
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- Lumière
- Journal universel
- Electrique
- d’Electricité
- 51, rue Vivienne, Paris
- :) Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. GLENARD
- 4* ANNÉE (tOME VII) SAMEDI 14 OCTOBRE 1882 N» 41
- SOUVENIRS
- DE
- L’EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- DE PARIS 1881
- ET DU
- CONGRÈS INTERNATIONAL DES ÉLECTRICIENS
- y,f y; -- - - -
- Nous terminons, avec le présent numéro, la série des études que nous avions entreprises sur l’Exposition Internationale d’Electricité, dont le succès a été si considérable et les conséquences si fécondes pour le progrès de la science nouvelle.
- Les lecteurs de La Lumière Electrique savent
- que la première idée d’une exposition spéciale réunissant à Paris l’ensemble des applications électriques a été émise dans nos colonnes dès le commencement de 1880, époque à laquelle un comité d’initiative, composé ainsi qu’il suit,- fut réuni pour élaborer le plan de cette entreprise.
- COMITÉ D’INITIATIVE MM. MM.
- Adrien Hebrard, directeur du Temps. Jules Bapst,' directeur des Débats.
- Le baron Jacques de Reinacii. Georges Berger.
- Le docteur Cornélius Herz.
- Secrétaire général : M. le comte d’Héliand.
- Le projet présenté au Gouvernement fut si bien accueilli par M. Varroy, alors ministre des travaux publics, et ensuite par son successeur, M. Sadi Carnot, que le conseil des ministres désira donner à cette manifestation internationale de la science toutes les facilités d’une organisation officielle, et le ministre des postes et des télégraphes fut naturellement chargé d’en diriger l’exécution.
- La presse scientifique du monde entier et la plupart des journaux politiques ont consacré de nombreux articles à la description des merveilles étalées au Palais de l’Industrie, et l’on a pu se con-
- vaincre que La Lumière Électrique avait tenu â honneur de publier comme articles scientifiques et comme dessins et vues pittoresques tous les documents intéressants sur cette première Exposition Internationale d’Électricité de 1881, qui laissera un souvenir mémorable dans les annales de la science moderne.
- Pour résumer cette série d’études, nous donnons aujourd’hui, à côté de nombreux dessins, la liste du comité d’organisation, une étude d’ensemble sur les résultats de l’Exposition, la liste des membres du Congrès et un l’ésumé de scs travaux.
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- *' A L A I S DF. I.’EXPOSITION DONT LE TOIT CEN TU A L A ETE S TJ P P O S É ENLEVE
- VUE ID E A I. E DE NUIT D TI
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- VUE DE LA FAÇADE PRINCIPALE DU PALAIS DE L INDUSTRIE
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- COMMISSION D’ORGANISATION<’>
- PRESIDENT
- M. Ad. COCHERY, Ministre des Postes et des Télégraphes.
- VICE-PRÉSIDENTS
- MM. le Vice-Amiral POTHUAU, Sénateur;
- TEISSERENC DE BORT, Sénateur;
- BRISSON, Vice-Président de la Chambre des Députés;
- Le comte Ferdinand DE LESSEPS, membre de l’Institut.
- SECRÉTAIRE
- M. Georges COCHERY, directeur du cabinet et du service central au Ministère des Postes
- et des Télégraphes.
- MM.
- Le comte HORACE DE CHOISEUL, député, sous-secrétaire d’Etat au ministère des affaires étrangères.
- WILSON, député, sous-secrétaire d’État au ministère des finances.
- TURQUET, député, sous-secrétaire d’État au ministère de l’instruction publique et de beaux-arts.
- VULPIAN, membre de l’Institut.
- RAYNAL, député, sous-secrétaire d’État au ministère des travaux publics.
- CARNOT père, sénateur.
- CUVINOT, sénateur, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- DUPUY DE LOME, sénateur, membre de l’Institut, inspecteur général du génie maritime en retraite.
- RÉBRARD, sénateur.
- PARENT (N.-E.), sénateur.
- ROBIN (Ch.), sénateur, membre de l’Institut, professeur à la Faculté de médecine.
- MM.
- GAVARRET, vice-président de l’Académie de médecine.
- Paul BERT, député.
- CROZET-FOURNEYRON, député.
- DEVELLE (Eure), député.
- Émile de GIRARDIN, député.
- HÉRAULT (Alfred), député.
- MESTRE AU (Frédéric), député.
- NAQUET, député.
- Antonin PROUST, député.
- REYMOND (Francisque), député.
- ROUVIER (Maurice), député.
- Edmond BECQUEREL, membre de l’Institut, président de l’Académie des Sciences.
- BERTHELOT, membre de l’Institut.
- BRÉGUET (Louis), membre de l'Institut et du Bureau des longitudes.
- CORNU, membre de l’Institut.
- DAUBRÉE, membre de l’Institut, inspecteur général des Mines, directeur de l’École nationale des Mines..
- (i) Cette Commission est en môme temps Commission consultative.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- MM.
- J.-B. DUMAS, de l’Académie française, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences.
- FAYE, membre de l’Institut, inspecteur général de l’Université, président du Bureau des longitudes.
- Charles GARNIER, membre de l’Institut.
- HERVÉ-MANGON, membre de l’Institut, directeur du Conservatoire national des Arts-et-Mé-tiers.
- JAMIN, membre de l’Institut.
- LALANNE, membre de l’Institut, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur de l’Ecole nationale des ponts et chaussées.
- Le comte Th. du MONCEL, membre de l’Institut.
- Le contre-amiral MOUCHEZ, membre de l’Institut, directeur de l’Observatoire de Paris.
- WURTZ, membre de l’Institut.
- E. ABOUT, publiciste, directeyr du journal le XIXe Siècle.
- ALLARD, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur général du service central des phares.
- ALPHAND, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur des travaux de la Ville de Paris.
- J. BAPST, directeur du Journal des Débats.
- BARON (H.), inspecteur général des postes et des télégraphes.
- J.-A. BARRAL, secrétaire perpétuel de la Société nationale d’agriculture.
- BERGON (Louis), administrateur du service technique au ministère des postes et des télégraphes.
- BLAVIER, directeur-ingénieur des postes et télégraphes, directeur de l’Ecole supérieure de télégraphie.
- BÔUILHET, vice-président de la Société de l’U-
- ' nion centrale des beaux-arts appliqués à l’industrie.
- CERNESSON, président du Conseil municipal de Paris.
- Xavier CHARMES, chef de la division du secrétariat au ministère de l’Instruction publique et des beaux-arts.
- DELAITRE, directeur de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest.
- DEMACHY, régent de la Banque de France.
- DENION-DU-PIN, administrateur des Messageries nationales.
- DIETZ-MONIN, membre de la Chambre de commerce de Paris.
- DUMONT, directeur de l’enseignement supérieur au ministère de l’instruction publique et des beaux-arts.
- MM.
- FOUCHER DE CAREIL, sénateur.
- DURRIEU, président de la Société générale de Crédit industriel et commercial.
- Le général GALLIMARD, commandant l’École polytechnique.
- GENDARME DE BÉVOTTE, inspecteur général dés ponts et chaussées, président de section au Conseil d’État.
- GRAEFF, inspecteur général des ponts et chaussées, vice-président du Conseil général des ponts et chaussées.
- GUICHARD (Jules), administrateur de la Compagnie universelle du Canal de Suez.
- Le docteur Cornélius HERZ, électricien.
- HUYOT, ingénieur au corps des Mines, directeur des Chemins de fer du Midi.
- JACQMIN, directeur de la Compagnie des Chemins de fer de l’Est.
- JOURDE, publiciste, directeur du journal le Siècle.
- LESGUILLER, directeur des Chemins de fer de l’Etat.
- MANTION, ingénieur en chef des ponts et chaussées, ingénieur en chef des travaux et de la surveillance du chemin de fer du Nord.
- MASCART (E.), professeur au Collège de France, directeur du Bureau central météorologique, président de la Société française de physique.
- MÉNIER (Henri), manufacturier.
- NOBLEMAIRE (G.), ingénieur des Mines, directeur de l’exploitation des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
- Le général baron de SAINT-CYR NUGUES, commandant le département de Seine-et-Oise et la place de Versailles, inspecteur général de la télégraphie militaire, président de la commission de télégraphie militaire.
- Le colonel PERRIER, membre de l’Institut.
- Le général PITT1É, chef delà maison militaire du Président de la République, secrétaire général de la Présidence.
- PLANTÉ (Gaston), électricien.
- J. de REINACH, banquier.
- Le baron Alphonse de ROTHSCHILD, régent de la Banque de France.
- Le baron Gustave de ROTHSCHILD.
- DE SOURDEVAL, président de la Société générale d’électricité.
- SÉVÈNE, ingénieur en chef des ponts et chaussées, directeur de la Compagnie des chemins de fer d’Orléans.
- TISSANDIER, publiciste.
- VAUCORBEIL, directeur de l’Académie nationale de musique.
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- GRAND ESCALIER DU PALAIS DE LEXP09ITI0N ÉCLAIRE PAR LES LAMPES EDISON ET KRIZICK
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- Ce ne fut pas sans quelque appréhension que les amis de la science électrique virent entreprendre l’exposition de 1881. C’était une entreprise justifiée, nécessaire même, mais aussi c’était une entreprise quelque peu hasardeuse. Pour l’honneur de l’électricité, pour son avenir, si l’on comm en-çait il fallait réussir. Pour cela bien des choses devaient être réunies; beaucoup de hardiesse, d’habileté, d’énergie de la part des organisateurs, cela nous y comptions bien; mais en même temps il fallait le concours d’un nombre considérable de bonnes volontés, diplomatiques, internationales, administratives, industrielles, financières, et ceci était beaucoup moins sûr.
- Enfin, s’il faut le dire, quelques électriciens, même en supposant toutes ces choses acquises, doutaient encore un peu du succès; ils se demandaient si l’électricité, jeune encore, suffirait à remplir sérieusement le vaste palais dont on lui ouvrait les portes : si l’on veut se rappeler l’immensité du monument ou se la remettre sous les yeux en jetant un coup d’œil sur les figures jointes, on conviendra que cette modeste hésitation avait sa raison d’être. Sans doute on connaissait les applications de l’électricité, on les savait nombreuses et variées, mais seraient-elles assez nombreuses pour occuper utilement l’espace, et surtout assez intéressantes pour que le public, indispensable au succès, pût être attiré ; il était permis de conserver quelques doutes.
- Il n’y en eut plus lorsque l’exposition eut pris sa forme et fut définitivement ouverte; parmi l’admiration universelle, les électriciens furent sans doute les plus charmés de l’éclatant succès de leur science, mais quelques-uns ne furent peut-être pas les moins surpris. Le rôle un peu effacé que l’électricité avait joué à l’Exposition universelle de 1878 ne faisait pas trop espérer en effet un si brillant résultat. Dès l’abord, les gens les plus familiers avec la science furent frappés de la variété des applications et des formes sous lesquelles ces applications étaient réalisées : cette souplesse féconde de l’agent électrique prenait à l’exposition un relief très frappant. Il est tout à fait différent de connaître les appareils scientifiquement, d’après une description et une gravure; d’en avoir même présents à l’esprit le nombre et la diversité, ou bien, au contraire, de les voir tous réellement réunis, en action, se multipliant parleur voisinage, s’expliquant l’un l’autre et se mettant en valeur par leurs similitudes comme par leurs oppositions.
- Cette Exposition était en effet bien mieux qu’un
- spectacle brillant, elle était le champ d’instruction» le plus complet, l’enseignement le plus clair qu’on pût imaginer; et cela non seulement pour les-hommes spéciaux, mais aussi, surtout peut-être, pour les personnes étrangères à la science. Depuis cette grande exhibition, le nom, la forme, l’utilité des principaux appareils électriques sont connus de tous ; on ne saurait passer dans une rue un téléphone à la main sans entendre à côté de soi» nommer l’appareil ; sans doute celui qui le reconnaît ainsi n’en sait pas la construction, n’en connaît pas la théorie (qui la sait d’ailleurs?) mais il en connaît l’existence et les effets, il Ta entendu à' l’expôsition, n’est-ce pas quelque chose? Il a vu tourner une machine et sait comment se fait l’électricité, il a l’idée d’un foyer électrique; il n’était pas allé à l’exposition celui qui a demandé des bougies Jablochkoff pour les lanternes de sa voiture. Tous les passants ont vu rouler le tramway et ont déjà l’idée du transport de la force par l’électricité. Tous ceux qui sont entrés là, et ils se comptent par centaines de mille, ont emporté une notion sur l’électricité, petite ou grande, claire ou obscure, mais en tous cas nouvelle, et d’ailleurs acquise avec plaisir. C’est là le résultat le' plus immédiat de l’exposition et non le moindre.
- Pour les gens de science, l’enseignement à retirer de l’Exposition était certain et attendu; ils comptaient faire là ample moisson de connaissances nouvelles et importantes, mais on peut dire que la récolte a été plus grande encore qu’on ne pensait à bien des points de vue. Le côté historique d’abord; on a trouvé là réunis les dispositifs d’expérience qui avaient fourni les données fondamentales de la science; les formes premières de nombreux appareils entrés après dans ^a pratique sous des figures différentes : des machines peu ou point connues se sont révélées comme ayant réalisé, bien avant l’heure de la faveur publique, des idées devenues célèbres plus tard; on a senti, touché du doigt, cette vérité si profonde qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil et que toute invention procède d’inventions précédentes. En suivant ainsi la filiation des idées, on est arrivé à mettre mieux chaque chose à sa place; à concevoir une admiration plus haute pour les hommes vraiment illustres qui ont de temps en temps apporté ces vues de génie qui renouvellent la science, tout en conservant une estime respectueuse pour les travailleurs de second ordre qui après eux ont tiré les conséquences et construit les appareils.
- A côté de cette étude quasi philosophique, l’Ex-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- 'position apportait un grand champ de comparaison. Il est bien vrai qu’il y a eu peu d’expériences 'faites : de ce côté l’exhibition n’a pas donné tout ce qu’on en pouvait attendre; bien des motifs ont amené cette absence de contrôle rigoureux; quelques-uns bons, quelques-uns moins bons, sinon mauvais, ,ce n’est pas ici le lieu de discuter cette question complexe, non plus que la distribution des médailles sur la répartition desquelles il y aurait diverses choses à dire; quoi qu’il en soit, en l’absence même de comparaisons méthodiques qui ont été rares, la simple juxtaposition d’appareils destinés aux mêmes fonctions amenait entre eux une sorte de concours et conduisait à une conclusion au moins approximative; on admirait dans certains cas la variété ingénieuse des solutions apportées à un même problème : c’est par exemple ce qui avait lieu pour les signaux de chemins de fer, et tout en l’admirant on ne pouvait s’empêcher d’admettre que telle solution était la meilleure; tout au contraire, on s’étonnait de voir combien les appareils prétendus différents d’une certaine classe étaient en réalité peu distincts ; c’est ce qui arrivait pour les machines génératrices d’électricité, et l’on désignait tout naturellement les deux ou trois types d’où tous les autres étaient issus par une filiation plus ou moins légitime.
- En dehors de ces conclusions comparatives, certaines conclusions générales se sont dégagées d’une façon absolue. Chacun est sorti emportant la conviction que l’éclairage électrique, tant discuté jusque-là, était complètement pratique, et cela non seulement par l’arc voltaïque, mais encore par l’incandescence, non seulement par un système mais par vingt systèmes. Je n’entends pas dire qu’il fùt'économiqùe, c’est une autre question; mais on doit se souvenir qu’il y a deux ans, 011 ne semblait pas croire que ce mode d’éclairage pût seulement fonctionner d’une façon régulière et assurée : il est vrai qu’il faut un petit effort pour se remettre dans cet état d’esprit, tant les choses ont changé, grâce à l’Exposition.
- C’est elle aussi qui a fait pénétrer dans les esprits cette vérité évidente que nos machines électriques actuelles sont infiniment trop 'petites et qu’il en faut établir de beaucoup plus grandes; il suffisait pour être convaincu de contempler un instant la galerie des machines et les formidables batteries de générateurs avec leurs fleuves de courroies toujours courantes, chacun s’écriait : « Quelle effrayante complication, quel soin il a fallu pour faire marcher ensemble (assez mal d’ailleurs) tant de machines ; voilà évidemment comment il ne faut pas faire. » C’est un mode de démonstration connu, la démonstration par l’absurde; quoique détourné, il n’en est pas moins convaincant.
- Cet ensemble formidable de machines eut au moins l’avantage de montrer quelle extension avait
- prise l’industrie électrique. L’Exposition dans son ensemble en était déjà un frappant témoignage, mais le fait était plus curieux dans cette branche spéciale. On doit se souvenir en effet que les premières machines pratiques furent inventées vers 1870, encore n’étaient-elles qu’à l’état d’embryon ; environ dix ans après, l’Exposition nous montrait un nombre considérable de types et une fabrication très étendue et très florissante; preuve nouvelle du besoin si vivement ressenti dans le public de bons générateurs électriques. De ce côté, l’Exposition a posé la question plutôt qu’elle ne l’a résolue.
- Enfin l’Exposition montra combien l’on était allé plus loin qu’on ne le pensait dans une voie nouvelle ouvrant à l’électricité une carrière sans bornes, celle du transport et de la distribution de la force. On pensait généralement que de ce côté on en était à des essais plus ou moins informes et timides. On était resté sous l’impression des premières tentatives assez limitées, bien récentes, il est vrai, puisqu’elles datent de 1879 : on se trouva avec un joyeux étonnement en présence de tout un ensemble d’appareils spéciaux, des transports de force importante fonctionnèrent;-des lois précises furent données, renversant des barrières qu’un tâtonnement timide croyait infranchissables; enfin, résultat plus frappant, un premier exemple sérieux et complet de distribution de l’électricité à des appareils divers et indépendants fonctionnait sous les yeux du public surpris, et sous le contrôle des gens. de science pendant toute la durée de l’Exposition. Notre dessinateur a rappelé par un dessin pittoresque le développement qu’on peut espérer de cette découverte, et pour en mieux faire valoir l’importance, il a opposé à ces heureux effets de l’électricité soumise à la direction de l’homme l’aspect des désastres terribles causés par la foudre.
- . L’Exposition n’eût-elle donné que ce résultat, il devrait lui être compté comme un mérite suffisant ; d’autres expositions vont venir,' et viennent déjà, telles que celle qui commence actuellement à Munich, où les conséquences seront tirées, les comparaisons. rigoureusement établies, les résultats expérimentalement déduits; elles laisseront peut-être à la science quelques nombres plus précis, mais on ne doit pas oublier qu’elles sont la suite de l’Exposition de Paris; les problèmes qu’elles résoudront ont été posés dans celle-ci, les chiffres qu’on y déterminera auront été rendus nécessaires par la précédente; l’Exposition de Paris, quelles que soient les suivantes, aura été la première exposition d’électricité, pour longtemps la plus brillante; chacun lui souhaite une nombreuse lignée d’expositions, s’il se peut plus riches et -plus-fructueuses encore qu’elle-même. Mais personne n’oubliera celle qui marqua l’origine de ce brillant mouvement scientifique.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- CONGRÈS INTERNATIONAL DES ÉLECTRICIENS
- MEMBRES DU CONGRÈS
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- Allemagne (Empire d’).
- S. A. l’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire. de l’Empire d’Allemagne à Paris.
- MM. le Dr Brix, ingénieur des Télégraphes, à Berlin.
- le Dr du Bois Reymond, professeur, conseiller intime, à Berlin.
- le Dr Clausius, conseiller intime, à Bonn.
- Elsasser, conseiller supérieur du département des postes germaniques, commissaire de l’Empire d’Allemagne k l’Exposition Internationale d’Electricité, à Berlin.
- Forster, professeur, directeur de l’Observatoire de Berlin.
- de Gentzicow, attaché militaire à l’ambassade d’Allemagne, à Paris.
- le Dr Helmholtz, professeur, conseiller intime du Gouvernement, à Berlin.
- le Dr Hittorf, professeur, à Munster.
- le Dr Kirciihoff, professeur, conseiller intime, à Berlin.
- le Dr Siemens (Werner), conseiller intime du gouvernement, à Berlin.
- le Dr Voller, directeur de l’Institut de physique, à Hambourg.
- le Dr G. Wiedemann, professeur, conseiller aulique, k Leipzig.
- le Dr de Zech,‘ professeur, à Stuttgart.
- de Ziemssen, professeur, membre du Conseil supérieur de médecine, à Munich.
- Argentine (Confédération).
- MM. l’Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de la Confédération Argentine à Paris.
- le colonel Mansilla (Lucio-Victorio), agent militaire de la République eu Europe.
- Autriche (Empire d').
- S. E. l’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire d'Autriche-Hongrie à Paris.
- MM. le Dr Macit, professeur à l’Université de Prague, membre de l’Académie des sciences de Vienne.
- le Dr Hermann Militzer, conseiller de section au ministère Impérial et Royal du commerce, membre correspondant de l’Académie des sciences de Vienne.
- Belgique (Royaume de).
- MM. l’Envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire de Belgique k Paris.
- Banneux (J.), ingénieur en chef des Télégraphes de \ l’État, membre de la commission belge, à Bruxelles.
- Barlet (A.), ingénieur en chef, chef du service de l’éclairage et du chauffage aux chemins de fer de l’État, à Bruxelles.
- Bastincs (A.), docteur en médecine, membre de la Commission belge, à Bruxelles.
- Bède (E.), ingénieur, membre delà Commission belge, à Bruxelles.
- MM. Belpaire (A.), administrateur des chemins de fer de l’État, à Bruxelles.
- Berge (H.), membre de la Chambre des représentants, professeur de chimie à l’Université libre de Bruxelles, à Bruxelles..
- Delarge (F.), ingénieur en chef, directeur des Télégraphes de l’Etat, à Bruxelles.
- Flamache (A;), ingénieur à l’Administration des chemins de l’État, professeur de construction de chemins de fer, à l’Ecole du génie civil, à Gand.
- Fourcault (F.), administrateur de la Compagnie des bronzes, membre de la Commission belge, à Bruxelles.
- Gérard (E.), sous-ingénieur des Télégraphes de l’État secrétaire du commissariat de Belgique, à Bruxelles.
- Gilbert (P), professeur ù. l’Université de Louvain, à Louvain.
- Mllc Gloesener (A.), à Liège.
- MM. Gody (L.), capitaine d’artillerie, professeur de physique et de chimie à l’École de guerre, à Bruxelles.
- Gramme (Z.), à Paris.
- Jaspar (J.), constructeur, membre de la commission belge, à Liège.
- Jouret (Th.), professeur de chimie appliquée à l’École militaire, à Bruxelles.
- Le Boulengé (P.), lieutenant-colonel de l’état-major de l’artillerie, membre de la Commission belge, à Liège.
- Malevé (Ch.), capitaine en premier du génie, commandant de la- Compagnie des télégraphistes de campagne, membre de la Commission belge, à Bruxelles.
- Maus (IL), membre de l’Académie royale des sciences, directeur général de l’Administration des ponts [et chaussées et des mines, à Bruxelles.
- Montefiore-Levi (G.), ingénieur civil, vice-président de la Commission belge, à Bruxelles.
- Montigny (C.), membre de l’Académie royale des sciences, à Bruxelles.
- ' Neujean (A.), ingénieur chimiste, à Liège.
- Pérard (L.), professeur à l’Université de Liège, k Liège.
- Rau (Ed.), ingénieur civil, membre de la Commission, belge, à Bruxelles.
- Rommelaere (L.), chimiste, membre de la Commission belge, à Bruxelles.
- Rousseau (C.), professeur k l’Université libre de Bruxelles et à l’École militaire, à Bruxelles.
- Somzée (L.), ingénieur honoraire des Mines, vice-pré sideut de la Commission belge, k Bruxelles.
- Valérius (II.), professeur à l’Université de Gand, k Gand.
- Van den Kerciiove (P.), sénateur, président de la Commission belge de l’Exposition Internationale d’Élcctricité, à Gand.
- Van Rysselbergiie (F.), météorologiste à l’Observatoire royal de Bruxelles, membre de la Commission belge, à Bruxelles.
- Witmeur (II.), ingénieur de l’Administration des ponts et chaussées et des mines, k Bruxelles.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- Brésil (Empire du).
- MM. l’Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire du Brésil, à Paris.
- Jamin, membre de l’Institut, à Paris.
- Colombie (États-Unis de la).
- MM. l’Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire des États-Unis de la Colombie à Paris.
- TrIana (José), naturaliste, consul général de Colombie à Paris.
- Gosta-Rica (République de).
- MM. Peralta (Manuel de), envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de la republique de Costa-Rica, à Paris.
- de Linares (Augusto-Gonzalès).
- Somzée (Léon).
- Danemark (Royaume de).
- MM. l’Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire du Danemark à Paris.
- le capitaine Johnke, sous-chef au corps des mines maritimes.
- Lorentzen (V.), ingénieur des Télégraphes de l’État, à Copenhague.
- le capitaine Lund, sous-chef au Corps des mines maritimes.
- Espagne (Royaume d’).
- S. E. l’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire d’Espagne à Paris.
- MM. Arantave (Enrique), inspecteur général des Télégraphes, à l’ile de Cuba. .
- Bofill (Pedro), employé des Télégraphes.
- Camerma y Batalla (Andres), inspecteur des ingénieurs de la marine.
- Cortazar (Daniel de), ingénieur des Mines.
- Gil y Maestre (Amalio), ingénieur des Mines.
- Morer (José), ingénieur-directeur du canal de Isabelle II, à Madrid.
- Orduna y Munoz (Carlos), directeur de première classe des Télégraphes, commissaire d’Espagne à l’exposition d’électricité.
- Pedroso (Carlos), licencié à la Faculté des sciences.
- Ferez de la Sala (Pedro), ingénieur-professeur à l’École des ponts et chaussées.
- Roïg y Torres, à Barcelone.
- Simarro (Luis), docteur en médecine.
- Togores y Fabregas (Joaquin), inspecteur de première classe des ingénieurs de la marine.
- États-Unis de l’Amérique du Nord,
- MM. l’Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire des États Unis de l’Amérique du Nord à Paris.
- Barrer (G.-F.), M.D, M.N.A.S, professeur de physique à l’Université de Pensylvanie.
- TIeap (D.-P.), capitaine du corps du génie.
- Herz (Dr Cornélius), ingénieur-électricien.
- Mac Lean (T.-C.), lieutenant de la marine des États-Unis.
- Rowland (Ilenry-A.), Ph. D, M.N.A.S, professeur de physique à l’Université de Johns Hopkins, à Baltimore.
- États-Unis du Mexique.
- MM. l’Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire du Mexique à Paris.
- Cardenas (Alberto).
- Covarrubias (Francisco-Diaz), ingénieur-géographe.
- États-Unis de Venezuela.
- M. l’Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de Venezuela à Paris.
- M. Borges (Gerardo-M.), directeur général des Télégraphes de Venezuela.
- France.
- MM. le Ministre des postes et des télégraphes.
- le Ministre de l’instruction publique et des beaux-arts.
- le Ministre des travaux publiés.
- le Ministre de la guerre.
- le Ministre de la marine et des colonies.
- le Ministre de l’agriculture et du commerce.
- Bertiielot, sénateur, membre de l’Institut.
- le général Frébault, sénateur.
- Wurtz, sénateur, membre de l’Institut, président de l’Académie des sciences.
- Bert (Paul), député, professeur à la Faculté des sciences de Paris.
- Hervé-Mangon, député, membre de l’Institùt.
- Lesguiller, député, directeur des Chemins de fer de l’État.
- Becquerel (Ed.), membre de l’Institut.
- Breguet (L.), membre de l’Institut, membre du Bureau des longitudes.
- Cornu, membre de l’Institut, professeur à l’Ecole polytechnique.
- Daubrée, membre de l’Institut, inspecteur général des Mines, directeur de l’Ecole nationale des mines.
- Desains, membre de l’Institut.
- Dumas (J.-B.), de l’Académie française, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences.
- Fizeau, membre de l’Institut.
- Jamin, membre de l’Institut.
- Lalanne, membre de l’Institut, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur de l’Ecole nationale des ponts et chaussées.
- Marey, membre de l’Institut, professeur au Collège de France.
- le comte du Moncel, membre de l’Institut.
- le lieutenant-colonel Perrier, membre de l’Institut.
- Abria, doyen de la faculté des sciences de Bordeaux.
- Allard, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur du service central des phares.
- Baron, directeur au Ministère des postes et des télégraphes.
- Bergon, directeur au Ministère des postes et des télégraphes.
- Bertin-Mourot, sous-directeur de l’École normale supérieure.
- Blavier, directeur-ingénieur des Télégraphes, directeur de l’École supérieure de télégraphie.
- Boussac, inspecteur en chef du contrôle au Ministère des postes et des télégraphes.
- Bouty, professeur au lycée Saint-Louis.
- Bressonet, général de division, président du Comité des fortifications.
- Gollignon, ingénieur en chef des ponts et chaussées, inspecteur de l’Ecole nationale des ponts et chaussées.
- Crova, professeur de physique la Faculté des sciences de Montpellier.
- Deprez (Marcel), électricien.
- Durand-Claye (Léon), ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Fontaine, ingénieur, président de la chambre syndicale des électriciens.
- Garbe, chargé du cours de physique générale et de météorologie à l’École préparatoire à l’enseignement supérieur des sciences, à Alger.
- Guillebot de Nerville, inspecteur général des mines.
- Jablociikoff, ingénieur-électricien.
- Jacqmin, directeur de la compagnie des chemins de fer de l’Est.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- MM. Joubert, secrétaire général de la Société française de physique.
- Jourdan, commandant du génie.
- Jousselin, inspecteur principal de l’exploitation des chemins de 1er de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
- Lartigue, directeur de la Société générale des téléphones.
- Leclère, capitaine d’artillerie.
- Le Roux, professeur de physique à.l’Ecole supérieure de pharmacie.
- Lévy (Maurice), ingénieur en chef des ponts et chaussées, professeur suppléant au Collège de France.
- Lippmann, maître de -conférences à la Faculté des sciences de Paris.
- Mangin, colonel du génie.
- Mascart, professeur au Collège de France, directeur du Bureau central météorologique.
- Mathias, ingénieur en chef de l’exploitation du chemin de fer du Nord.
- Mathieu, capitaine de vaisseau.
- Mercadier, ingénieur des télégraphes, inspecteur des études de l’École supérieure de télégraphie.
- Mouton, maître de conférences à la Faculté des sciences de Paris.
- Neyreneuf, maître de conférences à la Faculté des sciences de Caen.
- Penel, commandant d’état-major, rapporteur de la commission de télégraphie militaire.
- Planté (Gaston), électricien.
- Potier, professeur à l’Ecole des mines et. à l’École polytechnique.
- Raynaud, ingénieur des télégraphes.
- Reboul, doyen de la Faculté des sciences de Marseille.
- Régnault, inspecteur principal honoraire du mouvement à la compagnie des chemins de fer de l’Ouest.
- Richard, directeur-ingénieur des télégraphes.
- le général baron de Saint-Cyr-Nugues, président delà Commission de télégraphie militaire.
- Sebert, lieutenant-colonel d’artillerie de marine.
- Sévène, ingénieur en chef des ponts et chaussées, directeur de la Compagnie des chemins de fer. d’Orléans.
- Terquem, professeur à la Faculté des sciences de Lille.
- Violle, professeur à la Faculté des sciences de Lyon.
- Wolf, astronome titulaire de l’Observatoire de Paris.
- Grande-Bretagne et d’Irlande (Royaume-Uni de).
- S. E. l’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Grande-Bretagne et d’Irlande, à Paris.
- MM. Abel, C.B, F.R.S, professeur de chimie, Royal arsenal, Woolwich.
- le professeur Adams (W.-Grylls), F.R.S, à Londres.
- le lieutenant Anstrutiier (R.-W.), R.E.
- le professeur Ayrton (W.-E.), F.R.S, B.S.
- le professeur BARi<ETT(W.-F.),RoyalCollegcofscience, à Dublin.
- Sir Charles Brigiit, commissaire à l’Exposition internationale d’électricité.
- MM. Ciirystal. F.R .S, professeurà l’Université d’Edimbourg.
- Clark (Latimer), M. Inst. C.E, à Londres.
- Clifton (R.-B.), F.R.S, professeur à l’Université d’Ox-ford.
- Earl of Crawford and Balcarkhs, F.R.S, commissaire général à l’Exposition internationale d’électricité.
- MM. Crookes (W), F.R.S, à Londres.
- le Dr de la Ruf. (Warren), D.C.L, Ph. D, F.R.S, correspondant de l’Institut (Académie des sciences), à Londres.
- le professeur Dewar (J.), Royal Institution, à Londres.
- MM. Everett (J.-D.), professeur, F.R.S, à Belfast (Irlande).
- le professeur Fitzgerald (G.), Trinity College, à Dublin.
- Foster (G. Carey), F.R.S, professeur, Üniversity College, à Londres.
- le Dr Gladstone (J.-IL), F.R.S, à Londres.
- Gordon (J.-E.-K.).
- Graves (E.) ingénieur en chef à l’administration des télégraphes, à Londres.
- le D» Hopkinson (John), F.R.S, à Londres.
- le professeur Hughes, D.E, F.R.S, commissaire à l’Exposition internationale d’électricité.
- le professeur Jenkin (Fleeming), F.R.S, professeur à l’Université d’Édiinbourg.
- Moulton (J.-F.), F.R.S, a Londres.
- Preece (W.-II.), F.R.S, électricien en chef de l’Administration des télégraphes, à Londres.
- Lord Rayleigh, F.R.S, professeur de physique à l’Université de Cambridge.
- MM. le Dr Siemens (C.-W.),D.C.L, L.L.D, F.R.S, à Londres.
- Smitii, F.R.S, professeur à l’Université d’Oxford.
- Smith (Willoughby), à Londres.
- Spagnoletti (C.-Ë.), à Londres.
- Spottiswoode (W.), président de la Société royale, D.C.L, L.L.D, à Londres.
- Stroh (A.).
- le professeur Tait (P.-G.), à Édimbourg.
- Sir William Thomson, F.R.S, L.L.D, professeur à l’Université de Glasgow.
- MM. le professeur Tyndall (J.), F.R.S, D.C.L, L.L.D, Royal Institution, à Londres.
- Varley (Cromwell), F.R.S, à Londres.
- Waluer (C.-V.), F.R.S, à Londres.
- le lieutenant-colonel Webber (C.), R.E, commissaire à l’Exposition internationale d’électricité.
- Grèce (Royaume de).
- MM. l’Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de Grèce à Paris.
- Argyropoulo (Timoléon), professeur de physique à l'École militaire d’Athènes.
- Protopappadaky.
- Guatemala (République du).
- M. Crisanto-Mf.dina, ministre de la République du Guatemala à Paris.
- Hongrie (Royaume de).»
- M. le baron Eovos (Lorand), professeur de physique à l’U-niveriité de Budapest et membre de l’Académie hongroise des sciences.
- Italie (Royaume d’).
- S. E. l’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire d’Italie à Paris.
- MM. Ferraris (Galileo), professeur de physique industrielle au Musée royal industriel de Turin, délégué du musée industriel de Turin.
- Govi (Gilbert), professeur de physique à l’Université de Naples, délégué du Gouvernement italien, commissaire général d’Italie à l’Exposition d’électricité.
- Piccoli (Valentin), ingénieur.
- Rossetti (François), professeur de physique à l’Université de Padoue, délégué du ministère de l’iuslruction publique.
- Japon (Empire du).
- MM. l’Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire du Japon à Paris.
- Becquerel (Henri), ingénieur des ponts et chaussées répétiteur à l’École polytechnique.
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- Luxembourg (Grand-duché de).
- MM. le Chargé d’affaires du Luxembourg à Paris.
- Willière, ingénieur, directeur des chemins de fer du Prince-Henri, à Luxembourg.
- Nicaragua (République de).
- MM. l’Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire du Nicaragua à Paris.
- Petitdidier (Arthur), consul général du Nicaragua à Paris.
- Norvège (Royaume de).
- MM. l’Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de Suède et Norvège à Paris.
- Brocii (O.-J.), ancien ministre, professeur à l’Université de Christiania.
- Bugge (J.-U.-F.), inspecteur des télégraphes de Norvège.
- Koren (B.-J.-R.), capitaine de la marine royale de Norvège, chef du service des torpilles.
- Pays-Bas (Royaume des)
- MM. l’Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire des Pays-Bas à Paris.
- le Dr Bosscha (Johannes), directeur de l’École polytechnique, à Delft.
- Collette (J.-M.), inspecteur, chef du service technique des télégraphes des Pays-Bas.
- Van Kerkwijk (J.-J.), membre des États généraux, à La Haye.
- Portugal (Royaume de)
- MM. l’Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire du Portugal à Paris.
- d’Andrade Corvo, ministre d’Etat honoraire, pair du royaume de Portugal.
- le conseiller De Barros (Guillermino-Augusto), directeur général des postes, télégraphes et phares du royaume de Portugal.
- le Dr dos Santos Viegas (Antonio), professeur à l’Université de Coïmbre.
- Russie (Empire de)
- S. E. l’Ambassadeur extraordinaire et ministre plénipotentiaire de Russie à Paris.
- MM. Avenarius, conseiller d’État, professeur à l’Université impériale de Kieff.
- Borgmann, professeur de physique, délégué de la Société de physique de Russie.
- Dechevow (Michel), conseiller d’État, chimiste et ingénieur des mines, délégué par l’Expédition pour la fabrication des papiers de l’État, à Saint-Pétersbourg.
- Egoroff (Nicolas), professeur de physique à l’Université impériale de Varsovie.
- Latciiinoff (Dmitry), professeur de physique, délégué de la Société impériale polytechnique, commissaire à l’Exposition internationale d’électricité.
- Lenz, conseiller d’État actuel, professeur à l’Institut technologique, à Saint-Pétersbourg.
- Lermontow (Vladimir), délégué par la Société de physique de Russie.
- Liiuiatcheff, vice-amiral, attaché naval auprès de l’ambassade de Russie en France.
- Oksciiewsky (Thomas), ingénieur technologue de ir“ classe, délégué par l’Expédition pour la fabrication des papiers de l’État, à Saint-Pétersbourg.
- Radiwanowsi«, capitaine du génie.
- ' Routkowski (Mietchislas de), ingénieur délégué pay le ministère impérial des voies de communication.
- Slouginoff, professeur de physique.
- MM. Stoletow (Alexandre), professeur de physique à l’Université impériale de Moscou, délégué de la Société impériale des Amis des sciences naturelles et du Musée polytechnique de Moscou, conseiller d’État actuel.
- Tciiikoleff (Vladimir), directeur de l’éclairage électrique au département de l’artillerie, h Saint-Pétersbourg.
- Waliserg, général-major du génie.
- Salvador (République de).
- MM. le Ministre plénipotentiaire de Salvador à Paris.
- Tresca (Gustave), conservateur adjoint des collections du Conservatoire des arts et métiers, attaché à la Commission internationale du système métrique.
- Suède (Royaume de).
- MM. l’Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de Suède et Norvège à Paris.
- Dahlander (G.-B.), professeur de physique à l’École polytechnique supérieure, à Stockholm.
- Nordlander (D.), directeur général des télégraphes.
- Nystrom (C.-A.), chef du bureau technique de l’aminis-tration des télégraphes de Suède, commissaire à l’Exposition internationale d’électricité.
- Tiialèn (T.-R.), professeur de physique à l’Université d’Upsala.
- Suisse (Confédération).
- MM. l’Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de la Confédération suisse à Paris.
- le professeur IIagenbach, à Bâle.
- Roïiien (Timothée), adjoint à la Direction des télégraphes, à Berne.
- le professeur Wartmann, à Genève.
- Weber (F.), professeur à l’École polytechnique de Zurich.
- CHANCELLERIE.
- MM. le Dp d’Arsonval, préparateur au Collège de France.
- Cabanellas, ancien lieutenant de vaisseau.
- Cantagrel, ingénieur.
- Delahaye, ingénieur.
- Gariel, ingénieur des ponts et chaussées, agrégé de physique à la Faculté de médecine.
- Geraldy (Frank), ingénieur.
- Hospitalier, ingénieur des arts et manufactures.
- Napoli, ingénieur à la Compagnie des chemins de fer de l’Est.
- Niaudet, ingénieur.
- Pellat, professeur au lycée Louis-le-Grand.
- Sartiaux (E.), ingénieur à la Compagnie des chemins de fer du Nord.
- Teisserenc de Bort (Léon), chef du service de météorologie générale au Bureau central météorologique.
- SECRÉTARIAT. '
- MM. Seligmann-Lui, ingénieur des télégraphes. Cailiio, élève-ingénieur des télégraphes.. Consigny, élève-ingénieur des télégraphes Durègne, élève-ingénieur des télégraphes.
- Gidel, élève-ingénieur des télégraphes. Guerville, élève-ingénieur des télégraphes. Massin, élève-ingénieur des télégraphes. de Nerville, élève-ingénieur des télégraphes. Scideffer, élève-ingénieur des télégraphes. Thomas, élève-ingénieur des télégraphes. de la Touanne, élève-ingénieur des télégraphes.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- CONGRÈS INTERNATIONAL DES ÉLECTRICIENS
- Ouvert le i5 septembre 1881, le Congrès International des Électriciens a été l’un des traits les plus caractéristiques de l’Exposition. Afin de pouvoir étudier toutes les questions qui leur étaient proposées, les membres du Congrès s’étaient répartis en trois sections consacrées: la première aux unités électriques, la deuxième à la télégraphie internationale, la troisième aux applications diverses de l’électricité. Les travaux des sections communiqués et discutés dans les séances plénières n’ont pas rempli moins de sept de ces réunions ; mais nous ne voulons pas ici, nous attacher à rendre compte des différentes séances et à reproduire la physionomie spéciale de chacune d’elles, il nous suffira, pour donner une idée générale du Congrès et faire ressortir son importance, de passer en revue les diverses questions qui ont occupé l’attention de ses membres.
- Une question surtout a dominé les travaux du Congrès, c’est celle des unités électriques. Jusqu’en 1881, chaque pays avait ses unités propres. En Allemagne, les trois principales unités électriques étaient le weber, le daniell et l’unité Siemens ; en Angleterre, où l’Association britannique avait établi un système coordonné et rationnel d’unités, on avait le weber (un autre weber que celui des Allemands), le volt et l’ohm; en France, les uns avaient adopté les unités anglaises, les autres conservaient encore d’anciennes unités fort variables et peu définies, telles que le mètre de fil télégraphique ou de fil de cuivre de imm pour la résistance, le daniell, le bunsen ou la pile à cadmium pour la force électromotrice, les centimètres cubes de gaz dégagé dans un voltamètre ou les degrés d’une boussole donnée pour l’intensité. Il a appartenu au Congrès de 1881 de provoquer l’étude internationale de cette question et de faire adopter d’une manière générale un système d’unités ayant pour bases le centimètre, le gramme et la seconde. Ce système fut défini ainsi qu’il suit par le Congrès :
- i0 On adoptera pour les mesures électriques les unités fondamentales : centimètre, masse du gramme, seconde (C. G. S.);
- 2° Les unités pratiques l’ohm et le volt conserveront leurs définitions actuelles : io° pour l’ohm et io8 pour le volt;.
- 3° L’unité de résistance (ohm) sera représentée par une colonne de mercure d’un millimètre carré de section à la température de o° centigrade;
- 4° Une Commission internationale sera chargée de déterminer, par de nouvelles expériences, pour la pratique, la longueur de'la colonne de mercure d’un millimètre carré de section à la température de o° centigrade qui représentera la valeur de l’ohm ;
- 5° On appelle ampère le courant produit par un volt dans un ohm;
- 6“ On appelle coulomb la quantité d’électricité définie par la condition qu’un ampère donne un coulomb par seconde;
- 7° Ôn appelle farad la capacité définie par la condition qu’un coulomb dans un farad donne un volt.
- Il est possible, comme on l’a fait remarquer, que ces unités doivent, par la suite, subir quelques modifications, mais elles n’en constituent pas moins la base d’un système international, et la création d’une Commission internationale des unités, par la généralité même de son action, ôte tout inconvénient aux modifications qui pourraient dans la suite être reconnues nécessaires.
- Une autre question intéressante, au point de vue purement scientifique, est l’étude des variations et perturbations du magnétisme terrestre ; liées inti-mément aux aurores boréales et aux courants terrestres, ces perturbations ont été jusqu’à présent difficiles à étudier non seulement en elles mêmes, mais encore dans leurs rapports avec ces deux autres phénomènes. Le Congrès a, sur ce point, posé les bases d’un système universel d’observations, sous le patronage d’un Comité international, et avec le concours des administrations télégraphiques.
- Une étude qui exigerait aussi des observations nombreuses exécutées dans tous les pays est celle de l’électricité atmosphérique, et de l’efficacité des paratonnerres. Malgré des observations intéressantes, on a dû reconnaître qu’on ne pouvait formuler sur ces points de conclusions nettes et leur étude a été remise aux mains d’une Commission internationale.
- Dans le même ordre d’idées, les progrès accomplis dans ces dernières années ont fait naître une question toute nouvelle aujourd’hui. Un grand nombre d’habitations servent maintenant de support aux fils destinés aux communications téléphoniques et il y a lieu de se demander si ces fils sont pour les édifices une protection ou un danger. La discussion n’a pu éclaircir complètement ce point. Si, d’après quelques membres, la statistique montre que les maisons portant des fils ne sont pas plus souvent que les autres frappées par la foudre, on a cité, d’autre part, quelques cas de foudroiement dans lesquels les fils semblent avoir joué un rôle funeste. Aussi le Congrès, tout en pensant qu’on ne doit pas considérer les fils téléphoniques et télégraphiques placés sur les édifices comme présentant un danger sérieux, a-t-il renvoyé l’examen de ce point au Comité des paratonnerres.
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- Cet examen du danger ou de l’innocuité des fils électriques amène tout naturellement les questions qui concernent l’établissement des lignes. Cette étude a provoqué de la part du Congrès deux vœux importants. Le premier se rapporte aux lignes qui appartiennent à la fois à plusieurs territoires ; il a pour objet l’établissement d’une entente entre les divers pays, à l’effet d’instituer des expériences périodiques de mesure sur les fils internationaux. Le second a été émis dans le.but de faire disparaître la confusion résultant de l’emploi dans les divers pays de jauges différentes pour les fils métalliques. Il a été énoncé ainsi : Dans les marchés et les publications on ne désignera désormais les fils que par leur diamètre exprimé en millimètres, à l’exclusion de toute autre indication de jauge. La même règle sera appliquée aux diélectriques.
- Un autre vœu non moins important a été émis relativement à la propriété des lignes sous-marines. Le Congrès a exprimé le désir que les gouvernements des différents pays s’occupent de régler les questions de droit international et de droit privé que soulèvent la propriété et l’usage de ces lignes.
- Les méthodes employées pour mesurer l’intensité de la lumière électrique ont fourni également au Congrès le .sujet d’une longue discussion. La difficulté de comparer la lumière blanche des foyers électriques avec la lumière jaune du bec carcel ou de la bougie a été tout d’abord facilement admise; mais les nouveaux étalons mis en avant n’ont pak semblé présenter encore des garanties suffisantes; le congrès s’est trouvé amené à reconnaître que l’on doit encore recommander provisoirement l’emploi de la lampe carcel et de la bougie, mais il a émis le vœu qu’une commission internationale soit chargée de déterminer l’étalon définitif de lumière et d’indiquer les dispositions à observer dans les expériences de comparaison.
- La Commission des méthodes photométriques fut chargée aussi d’étudier la question suivante : Déterminer les moyens pratiques les plus exacts d’évaluer la force transmise par une courroie à une machine magnéto ou dynamo-électrique.
- Une des plus importantes questions d’électricité appliquée qui aient occupé le Congrès est celle de la distribution de l’électricité et du transport électrique de la force à distance. Cette grande question est trop connue de nos lecteurs pour que nous nous y attardions, nous croyons cependant devoir rappeler les doutes émis au sujet de cette assertion que le rendement dans le transport de la force par l’électricité est indépendant de la distance. Toute la discussion qui s’est produite à ce sujet n’a été qu’une querelle de mots ; le principe ci-dessus énoncé ne voulait pas dire en effet, comme on a persisté à le comprendre, que si l’on éloigne les deux machines, génératrice et réceptrice, sans autre changement que l’allongement du fil intermédiaire,
- la force transmise reste la même ; il signifiait au contraire que si l’on augmente la distance entre une machine génératrice et une machine réceptrice d’un type donné, on peut en modifiant leurs enrou lements leur conserver le rendement et la force totale qu’elles donnaient précédemment. Une récente expérience vient d’ailleurs de confirmer ce principe en réalisant le transport, d’une distance d’environ 60 kilomètres, et avec un rendement supérieur à 600/0, d’une force de 1/2 cheval.
- Dans un autre ordre d’idées, le Congrès a consacré un certain temps aux applications de l’électricité à la médecine. Il s’agissait de définir d’une façon scientifique les courants dont on fait usage dans les opérations médicales et d’en rattacher la mesure aux unités électriques. Sur cette question le Congrès n’a pu guère que poser des bases provisoires et donner aux médecins et aux physiologistes un certain nombre de conseils pratiques. Il n’en a pas moins jeté un jour utile sur une branche de science appliquée jusqu’alors confuse.
- Nous citerons enfin la proposition faite au nom de l’Observatoire royal de Bruxelles, d’établir un système de télémétéorographie internationale qui remplacerait avec avantage les télégrammes de service actuellement en usage. L’utilité d’une pareille organisation a été facilement reconnue, mais on a pensé que l’on devait, avant toute application, en renvoyer l’examen à un comité international.
- Un certain nombre de questions, on le voit, avaient été renvoyées à des commissions internationales. Il restait pour clore les travaux du Congrès à condenser autant que possible les questions soumises à ces commissions. Après mûr examen le nombre des commissions a été réduit à trois et les questions à examiner réparties ainsi qu’il suit :
- Première Commission. — Déterminer par de nouvelles expériences, pour la pratique, la longueur de la colonne de mercure de 1 millimètre carré de sectipn qui à la tempéra ture de o° centigrade, représentera la valeur de l'ohm.
- Deuxième Commission. — a. Préciser les méthodes d’ob-servatiôn pour l’électricité atmosphérique, afin d’en généraliser l’étude à la surface du globe.
- b. Réunir les éléments statistiques relatifs à l’efficacité des paratonnerres des divers systèmes et à l’action préservatrice ou nuisible des réseaux télégraphiques et téléphoniques.
- c. Organiser l’étude systématique des courants terrestres sur les lignes télégraphiques, ou, du moins, des observations de ces courants aux jours termes spécifiés par la Commission polaire internationale à l’époque de ses expéditions (le 1e1' et le iS de chaque mois).
- d. Étudier; les meilleures conditions d’établissement d’un réseau lêlêmétéorograpliique international permettant aux différentes stations de communiquer entre elles sans cesse, pour obtenir ainsi d’une manière continue l’état météorologique du plus grand nombre possible de points utiles.--
- Troisième Commission. — Déterminer un étalon définitif de lumière et les dispositions à observer dans l’exécution des expériences de comparaison.
- C’est au gouvernement français que revenait le
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- soin.de provoquer la réunion de ces-Commissions; il n’a pas manqué dé s’en acquitter. La Chambre avant de se séparer a voté les fonds nécessaires
- aux dépenses prévues pour cçtte,réunion étalés conférences internationales vont s’ouvrir le 16 ocr tobre deux iours après le moment ou ; paraîtront
- LE PHARE ÉLECTRIQl
- ces lignes et, à.quelques jours près, à un an de distance de la clôture du Congrès. :
- Il est permis de penser que pendant cette année écoulée les membres des Commissions auront mûri dans leur esprit les questions qui leur sont soumises et que, le progrès général aidant, les confé-
- E DEL* EXPOSITION
- rences qui vont s’ouvrir continueront dignement l’œuvre commencée en 1881 ..
- Le Comité de Rédaction.
- . Le Gérant : A. :Glénard.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, 13, quai Voltaire. — 32146
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- La Lumière
- Journal universel
- Electrique
- d’Electricité
- 5i, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique M. Th. DU MONCE Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- IL
- 4» ANNÉE (TOME Vil)
- SAMEDI 21 OCTOBRE 1882
- N» 42
- SOMMAIRE
- Des transmissions télégraphiques sans fils conducteurs; Th. du Moncel. — Les aurores polaires. ; A. Angot (icr article). — Exposition Internationale d’Électricité de Munich. Les méthodes de mesures du comité d’expériences; professeur Erasmus Kittler, M. Schrôter, Dr Ernst Voit et Dr Krüss. L’Exposition Internationale d’Électricité de Munich; A. Guerout. — Revue des travaux récents en électricité; le magnéto-parleur de M. Weissenbruch. — La force coércitive de l’acier rendue permanente par la compression, par M. L. Clemandot. — Faits divers.
- DES
- TRANSMISSIONS TÉLÉGRAPHIQUES
- SANS FILS CONDUCTEURS
- Les dernières expériences de M. Preece sur les transmissions télégraphiques sans fils conducteurs, expériences que nous avons rapportées dans notre numéro du 23 septembre, ont donné occasion à plusieurs journaux anglais, notamment à YElec-Irician, de rappeler certaines expériences antérieures, notamment celles de M. Lindsay que j’ai rapportées dans mon Exposé des applications de Vélectricité et dans plusieurs articles insérés dans ce journal, notamment dans le numéro du i5 août 187g. Bien que ces expériences aient été publiées en 1869, elles sont néanmoins postérieures à celles de MM. Morse, Gai, Vaïl et Rogers faites en 1844 sur larivière Susquehana, au Hâvre-de-Grâce, près Baltimore, sur une longueur de 1 609 mètres, puis à celles de M. Yan Reese, faites en 1854 entre Portsmouth et Gospord, enfin à celles de MM. Gintl et Bouchotte, faites en Allemagne et en France, en i856 et i858. Ce qui a été publié en France sur les expériences de M. Lindsay étant très abrégé, nous croyons devoir reproduire le compte rendu d’une note lue par M. Lindsay à la réunion de l’Association britannique pour l’avancement des sciences, tenue à Aberdeen en septembre
- 1859, compte rendu qui a été publié dans le Dundee Advertiser de cette époque.
- « Il a été fait récemment par M. Lindsay, dit le Dundee Advertiser, des expériences nouvelles pour transmettre des messages sans fils conducteurs à travers la Tay, large de trois quarts de mille environ, là où elles furent faites. Son procédé consistait à immerger deux plaques métalliques sur l’une des rives de la rivière en les réunissant par un fil dans lequel était intercalé une sorte de galvanomètre; et à disposer sur l’autre rive et presqu’en face d’elles deux autres plaques également réunies par un fil dans lequel étaient interposés un interrupteur de courant et une pile. L’expérience lui avait montré qu’il n’y avait, il est vrai, qu’une très petite quantité du courant fourni par la pile qui passait d’une rive à l’autre, mais qu’on pouvait l’augmenter de quatre manières différentes : i° en rendant la pile plus puissante ; 20 en accroissant la surface des plaques immergées ; 3° en rendant plus sensible l’appareil galvanométrique récepteur; 40 en augmentant la distance latérale des plaques de chaque rive. Dans le cas où l’on peut facilement augmenter cette distance, il conseille d’employer ce moyen de préférence aux autres, parce que la pile n’a pas besoin alors d’être très énergique. S’il ne s’agit que de télégraphier entre l’Angleterre et l’Irlande ou avec la France, on peut facilement employer ce système, car on peut éloigner latéralement autant qu’on le veut les deux plaques sur chacun des deux rivages; mais pour une correspondance avec l’Amérique, cette distance latérale ne pouvant jamais être assez considérable, puisque toute la longueur de l’Angleterre ne pourrait correspondre à la distance séparant l’Amérique de l’Europe, le problème serait difficile à résoudre car dans la plupart des expériences de M. Lindsay la distance latérale des plaques était double de celle de la traversée d’une rive à l’autre. Cependant dans les nouvelles expériences faites sur la Tay, cette distance latérale était la plus petite; elle n’était guère que d’un demi mille, tandis que la largeur de la rivière était de 3/4 de mille.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- « Les quatre conditions de renforcement précédemment énoncées par M. Lindsay sont, suivant lui, tellement combinées entre elles que si l’un des éléments qui s’y rapportent était doublé, la quantité d’électricité traversant le circuit liquide serait doublée, et que si tous les éléments étaient également doublés, cette quantité serait huit fois plus considérable.
- « Dans les expériences faites sur la Tay, la batterie employée présentait 4 pieds carrés de zinc, et les plaques immergées fournissaient une surface de go pieds carrés. Le poids de l’hélice du galvanomètre récepteur était d’environ 6 livres, et la distance des plaques était, comme on l’a vu, moindre que leur distance transversale. Si cette distance latérale eût été d’un mille, ainsi que celle de la largeur de la rivière, il est plus que probable que les signaux envoyés eussent été également reçus. Or, si cette loi de l’égalité de la distance latérale à la distance transversale est vraie, on pourrait établir le tableau suivant :
- toujours eu le mérite de montrer ce que l’on pou vait obtenir dans les conditions où il a opéré. Nous croyons toutefois utile de faire remarquer que la phrase qui termine l’article de YElectrician est inexacte, car la première idée des communications télégraphiques sans fils conducteurs n’appartient pas àM. Lindsay, comme le démontre le passage suivant de l’ouvage de M. Vaïl sur le Télégraphe électro-magnétique américain publié en 1847 (p. 66 de l’édition française).
- « Manière de traverser les larg.es rivières ou d'autres masses d’eau sans le secours de conducteurs.
- « L’extrait suivant est tiré d’une lettre adressée par le professeur Morse au Ministre des finances et présentée par ce dernier à la Chambre des représentants, le 23 décembre 1844.
- « Dans l’automne de 1842, à la requête de l’Institut américain, j’entrepris de donner au peuple de New-York une démonstration pratique de mon
- Zinc de la pile. Plaques immergées. Bobine réceptrice. Distance de la traversée.
- pieds carrés pieds carrés livres mille
- 4 90 6 I
- 8 180 12 8
- l6 36o 24 64
- 32 720 48 S12
- 64 1440 96 4096
- 128 2880 192 32768
- « Si on suppose les distances latérales moitié seulement des transversales, ces dernières pourraient atteindre 16 000 milles, et, pour une distance latérale réduite au quart, on arriverait à 80 000 milles, et par conséquent à une distance plus grande que la largeur de l’Atlantique.
- « D’autres études étaient cependant nécessaires pour déterminer la loi. Depuis ses dernières expériences, M. Lindsay avait augmenté la sensibilité de sa bobine et il avait pensé qu’elle avait la force de correspondre à une distance de 2 milles ; d’après, ses calculs, il pensa qu’avec une batterie de i3o pieds carrés, avec des plaques immergées de 3 000 pieds carrés et une bobine de 200 livres, il pourrait arriver à traverser l’Atlantique en ne donnant aux plaques immergées qu’un écartement ne dépassant pas la longueur du territoire anglais. »
- Ce qu’on vient de lire prouve que M. Lindsay ne s’était pas rendu un compte très exact des lois qui président à la transmission électrique à travers les milieux indéfinis, bien qu’à l’époque de ses recherches, les travaux de MM. Kirschoffet Smaasen eussent été déjà publiés, mais ses expériences ont
- télégraphe, en unissant l’île du Gouverneur à Castle Garden, lieux séparés d’un kilomètre 1/2; en conséquence, je plaçai dans l’eau mes conducteurs convenablement isolés. J’avais à peine reçu trois lettres, lors que mes opérations furent accidentellement interrompues par un vaisseau qui, avec son ancre, avait enlevé et coupé un de mes conducteurs. Après quelques instants de dépit, j’imaginai immédiatement un plan qui devait faire éviter de semblables accidents à l’avenir, et qui consistait à arranger un fil le long du fleuve de manière à rendre l’eau elle-même conductrice de l’électricité. Toutefois l’expérience fut différée jusqu'à mon arrivé à Washington, et le 16 décembre 1842, je fis à travers lecanal une épreuve qui fut couronnée duplus entier succès. Dès lors le fait était clair, l’électricité pouvait traverser l’eau sans autre conducteur que l’eau elle-même (*), mais ce ne fut que pendant le dernier automne que j’eus le loisir de faire une série d’expériences pour m’assurer des lois du passage du fleuve. La figure ci-dessus expliquera mon expérience.
- (4) Aklini, vers 1800 fit une expérience d’électricité ou l’eau était une portion du conducteur.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITE
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- « A, B, C, D sont les rives du fleuve; N, P les batteries; E l’aimant électrique; W, W les conducteurs le long des rives, conducteurs unis aux plaques de cuivre /, g, h, i placées dans l’eau. Quand cet arrangement est fait, l’électricité engendrée par la batterie passe par le pôle P, la plaque h, la
- rivière, la plaque i, l’aimant E» la plaques f, la rivière, la plaque g et le pôle négatif N. Des numéros indiquent la distance le long des rives mesurée par la distance à travers la rivière.
- « La distance entre les deux rives du canal est de 33 mètres environ.
- lo 2» NUMEROS DES 30 EXPÉRIENCES 40 50 6»
- Nombre d’éléments de la batterie Longueur des fils W, W Degré de déviation du galvanomètre . . . Dimensions des plaques de cuivre, g, h, i. 14 400 3c et 24 2m,74 stiro,75° ï4 400 10 2 et 4 2 0,40e sur o,33c 14 400 1 et 1 i«>,82 s»pi»>5o 7 400 24 et i3 im,5oswo,756 7 3oo 29 et 21 im,So suro^S0 7 3oo 21 -J- et i5 im,5os*n'u,7br
- Le tableau ci-dessus indique les résultats obteniis dans l’expérience du 24 août :
- « Ce qui prouve que l’électricité traverse l’eau et en quantité proportionnelle à la dimension des plaques placées dans l'eau. Le résultat est aussi modifié par la distance respective des plaques de
- la même rive. Après avoir démontré le fait général, je voulais découvrir à quelle distance je devais placer mes plaques de cuivre pour obtenir les résultats les plus décisifs. Mais n’en ayant pas moi-même le loisir, je priai mon ami le professeur Gale de faire l’expérience pour moi.
- AU PROFESSEUR MORSE, SUPERINTENDANT DES TÉLÉGRAPHES.
- Distance d’une rive à l’autre. Distance le # long du rivage. ire Epreuve. 20 Epreuve. 3e Epreuve. 1 40 Epreuve. 5° Epreuve. 6e Epreuve.
- iro Ëxpériei ice. — Surface d’une des plaqu es de cuivre. 56 pouces carrés. — Batterie, 6 è Umenls de il/on 'e de la plus
- petite dimension.
- (Dans toutes ces expériences, / et g sont stationnaires.)
- I I 22° 23° 23° 22° 22° 22°
- I 2 3i . 32 3i4- 3i 3i 3i
- 1 3 36 36 35 £ 35 35 35
- 1 4 36 (presque) 36 (presque) 34 J 34 34 34
- 2° Expérience. — Plaques, 28 pouces carrés. — Conducteurs comme ci-dessus.
- 1 I 18° 170 17° 170 170 17°
- I 2 27 26 27 i 27 4 27 ï 27
- I 3 3i 3i 3i 3i 3-1 3i
- I 4 3i 3i 3i 3i 3i (presque) 3i
- 3° Expérience. — Plaques, 14 pouces carrés. — Conducteurs comme le n° 1.
- I l 8» 8*4 8° j 8° 8» 8°
- I 2 19-t 191 19* 19 i9. 10,
- I 3 23* 23 i 231 23-^ 20 ?» 23 .r
- I 4 24 i 24 î 24J 23-4 23 i 23J
- 4° Expérience. —- Plaques, 7 pouces carrés. — Conducteurs comme le n° 1.
- I I 5° 5o 5“ 5» • 3° 3°
- I 2 15 14 s 14 ï5 15 12
- I 3 17J 18 17J I?2 18 17
- I 4 18 i8 17 g I? i 17* 17
- Voici sa lettre et les résultats qu’il obtint :
- « New-York, S novembre 1844.
- « Mon cher ami. Je vous adresse ci-inclus une copie d’une série de résultats obtenus avec plaques de différentes grandeurs servant de conduc-
- teurs pour traverser les rivières. Les batteries avaient six éléments de la plus petite dimension et étaient remplies d’un seul liquide. J’ai fait une foule d’autres expériences; pour vous en parler, j attendais le moment où j’aurais atte int plus d’uniformité et d’exactitude. En examinant- Je tableau ci-des-
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- sus, vous verrez que la distance le long des rives pourrait être trois fois plus grande que la distance d’une rive à l’autre traversée par le courant; du moins, quatre fois la distance ne donne aucune augmentation de pouvoir. J’ai l’intention de profiter d’occasions plus favorables pour recommencer toutes ces expériences; je vous en communiquerai les résultats.
- « L.-D. Gale. »
- a La distance d’une rive à l’autre était de 3o pouces, la profondeur d’eau 12 pouces. Dans la quatrième expérience, la liqueur de la batterie était extrêmement faible et presque épuisée vers la dernière épreuve.
- * Quant au résultat de ces expériences, il semblerait qu’il y a des cas dans lesquels les arrangements que j’ai faits pour que l’électricité passât l’eau, peuvent être utiles; quoique l’expérience seule puisse déterminer si de hauts poteaux dressés sur le bord des rivières et sur lesquels passeraient les fils, seraient d’une application facile. Les expériences ci-dessus n’ont été faites que sur une petite échelle ; le principe cependant, a été prouvé, et d’une manière irréfragable. Il a du reste été mis en pratique avec un plein succès par les habiles personnes qui m’ont assisté, MM. Vaïl et Rogers sur la rivière Susquehana, à Havre de Grâce; la distance d’une rive à l’autre était d’environ 1 kilomètre 609 mètres. »
- Voici maintenant les expériences faites en i358 par M. Bouchotte, telles qu’elles ont été présentées par l’auteur à l’Académie des Sciences dans sa séance du icr mai 1876.
- .« Sur la rive gauche du Rupt-de-Mad, petite rivière de notre département de la Moselle, dit M. Bouchotte, un lil aérieji de 3oo mètres de longueur fut mis en communication avec le sol par ses deux extrémités. Il était traversé par le courant de deux éléments Bunsen, pourvus- d’un commutateur; un seul élément aurait suffi.
- « Sur la rive droite, un autre fil de même Ion-' gueur plongeait en terre par ses bouts ; un galvanomètre était placé dans ce circuit. Ces quatre points de contact avec le sol représentaient les sommets d’un rectangle de 3oo mètres de base sur environ 80 mètres de hauteur. Dès que le circuit de la pile était fermé, l’aiguille du galvanomètre était projetée avec force contre l’un de scs arrêts. Le sens de la déviation de l’aiguille aimantée dépendait de l’orientation du commutateur intervenant dans l’autre circuit.
- « Cette expérience peut être répétée avec succès sous des formes bien diverses, à ces conditions toutefois : c’est que, premièrement, la résistance de la partie du circuit voltaïque confiée au sol reste de grandeur comparable aux autres résistances du système, et qu’en second lieu les électrodes appar-
- tenant au courant de dérivation soient inégalement influencées par celles qui interviennent dans le courant principal. »
- Ces expériences étaient placées, du reste, à peu près dans les mêmes conditions que celles de M. Gintl, communiquées à l’assemblée des naturalistes allemands dans sa session de septembre i856. Voici ce qu’on lit au sujet de ce travail de M. Gintl dans le journal l'Institut du 14 janvier 1857, tome XXV, page i3.
- « Si les pôles d’uiie pile sont mis en communication chacun avec une plaque qui pénètre dans le sol, et si à une certaine distance on dispose deux plaques semblables pénétrant comme les deux premières dans le sol, à une certaine profondeur, mais reliées seulement par un galvanomètre, on peut constater le fait suivant : au moment où l’on ferme le circuit entre les plaques en rapport avec la pile, un courant se manifeste dans les plaques reliées par le galvanomètre. C’est une sorte d’influence qui semble s’exercer très loin. Comme conséquence du fait, M. Gintl pense qu’il sera possible, dans certains cas, de transmettre des signaux électriques, sans fils conducteurs, à la condition d’employer des batteries d’une très grande force. »
- Enfin, pour compléter notre nomenclature des travaux faits sur les transmissions télégraphiques sans fils conducteurs, nous rapporterons une note de M. Bourbouze envoyée sou-s pli cacheté à l’Académie des Sciences, le 28 novembre 1870 et publiée le 27 mars 1876. Cette note avait fait un certain bruit à cette époque, parce qu’elle relatait des expériences entreprises en vue d’établir entre Paris assiégé par les armées prussiennes et la province des correspondances télégraphiques. A cette époque, on ne connaissait guère les travaux antérieurs entrepris sur cette question, et M. Bourbouze en eut tout l’honneur; malheureusement ses essais, pas plus que ceux de ses devanciers, n’eurent de résultats pratiques, et d’ailleurs la conclusion de la paix qui eut lieu au moment même où l’on commençait à faire sérieusement les expériences de son système, rendirent ses travaux d’un moindre intérêt. Néanmoins, M. Bourbouze les: continua et chercha même à établir par des moyens du même genre une correspondance entre Paris et Versailles. J’avais demandé à M. Bourbouze quelques détails sur ces nouvelles expériences, mais il n’a pas jugé à propos de me les envoyer, ce qui fait que je n’aurai à rapporter ici que sa première note, que je ne commenterai pas, l’ayant déjà fait dans mon article du i5 août 1879, dans deux communications à l’Académie des Sciences présentées le 8 mai et 12 juin 1876, et dans ma brochure sur le rôle de la terre dans les transmissions télégraphiques.
- « Lorsqu’on met, dit-il, les deux extrémités d’un fil d’un galvanomètre sensible en contact, l’un avec le tuyau qui amène le gaz dans les laboratoires,-
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- l'autre avec les conduites d’eau, on constate aisément l’existence de courants énergiques dans le circuit ainsi formé (*).
- « On arrive à des résultats analogues en mettant l’une des extrémités du fil en communication avec un cours d’eau, l’autre avec un morceau de métal enfoncé en terre, ou bien encore, l’une avec un puits et l’autre avec la terre.
- . « Si l’on introduit un nouvel électro-moteur dans le système, si, par exemple, on met en terre l’un des pôles d’une pile et que l’on fasse communiquer l’autre pôle avec un cours d’eau, l’aiguille du galvanomètre indique par un changement de direction l’influence de la nouvelle source d’électricité. Pour rendre cette modification très évidente, il est indispensable de compenser l’action tellurique primitive. On y parvient très facilement de la manière suivante :
- « On prend un galvanomètre sensible dans lequel on introduit le courant tellurique passant par le lieu d’observation, et on lance dans le même fil le courant d’un petit élément à sulfate de cuivre. Ce dernier, dirigé en sens inverse du courant tellurique, permettra de ramener l’aiguille au zéro. A cet effet on introduit sur le trajet du courant de la pile un compensateur, qui consiste en un tube en U contenant une dissolution de sulfate de cuivre très étendue, et dans chacune des branches de ce tube on plonge deux tiges de platine que l’on peut faire monter ou descendre à volonté à l’aide d’une crémaillère, de manière à régler la longueur des parties immergées. Une fois l’aiguille ramenée au zéro, il est facile de reconnaître que l’introduction d’une nouvelle source électro-motrice dans le système tellurique est accusée sans difficulté.
- « Au début des expériences entreprises pour établir la réalité des effets que je viens de décrire, le galvanomètre et son compensateur étaient installés au pont d’Austerlitz. L’un des fils était à terre, l’autre communiquait avec un système de plaques de cuivre plongeant dans la Seine. Une pile à sulfate de cuivre de 600 éléments était placée au pont Napoléon, l’un des pôles étant relié à la terre, l’autre à la Seine (2). Toutes les fois qu’on fermait le courant, l’aiguille primitivement ramenée au zéro, était déviée de 25 à 3o degrés, et le sens de la déviation dépendait de celui du courant de la pile. Nous avons obtenu les mêmes résultats du pont Saint-Michel à Saint- Denis.
- « On peut communiquer aussi en se servant des conduites d’eau et de gaz qui sillonnent le sol au lieu des grands cours d’eau et de la terre. On règle
- (') J’avais étudié ces courants dès l’année 1861 (Voir les Comptes rendus de l’Académie des siences des 27 mai, 3 et 10 juin et 22 juillet 1861.) — Tu. du M.
- (2) La distance entre ces deux ponts est d’environ 2 kilomètres 1/2.
- alors le galvanomètre comme nous l’avons dit ci-dessus en parlant des cours d’eau.
- « Dans les expériences que je fais actuellement entre l’école de pharmacie et mon domicile, pour montier la facilité avec laquelle les courants peuvent se transmettre sans fils, jè me sers d’une pile de 40 éléments montés à l’école de pharmacie. L’intensité est telle que l’on constate une déviation de 5o° des deux côtés de la position d’équilibre de l’aiguille du galvanomètre.
- « D’autre part, en plongeant une lame de cuivre dans un puits et en reliant avec la terre le fil conducteur fixé à cette lame de manière à former un cir-..cuit, j’obtiens un courant si intense qu’il m’est possible, dans ces conditions, de décomposer l’eau, de charger des piles secondaires,. et d’animer un petit électro-aimant dont l’action est assez forte pour déterminer et entretenir les oscillations d’un fléau.
- « Pour démontrer que le courant marche de l’eau à la terre, on peut faire usage d’un galvanomètre dont on est obligé de diminuer la sensibilité : on peut aussi constater que le dépôt métallique se fait sur l’électrode reliée avec la terre et que l’intensité augmente avec les surfaces immergées.
- « Il serait donc intéressant, au point de vue pratique, de rechercher si pour de plus grandes surfaces, cette augmentation d’intensité n’atteindrait pas une limite, ou si l’on ne pourrait pas, au contraire, accroître l’énergie de ces courants de manière à en tirer parti pour l’industrie, notamment pour la galvanoplastie. Je puis dire que les courants ainsi recueillis me servent journellement pour le réglage des instruments qui n’exigent pas une source d’électricité aussi puissante que les piles ordinaires.
- « En résumé, l’ensemble de ces expériences démontre que l’on peut communiquer télégraphiquement, sans fils, à des distances jflus ou moins considérables. On peut substituer les courants telluriques à ceux des piles généralement employées, pourvu que l’on fasse varier les surfaces immergées. Enfin ces courants peuvent décomposer ies dissolutions des sels métalliques. »
- On remarquera que dans ce travail de M. Bour-bouze il est fait mention de deux questions distinctes, l’une qui se rapporte à la conduction du cou -rant, l’autre à l’action de courants recueillis par le contact des électrodes du circuit avec la terre et une nappe liquide terrestre. Relativement à la première question M. Bourbouze semble croire que la nappe liquide représente l’une des branches d'un circuit simple dont la terre constitue l’autre "branche, tandis qu’à nos yeux le courant passant par la nappe liquide n’est qu’un simple courant dérivé émané d’un courant principal, se propageant à travers toute la masse du sol. Quant à la seconde
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- question, nous croyons que les courants produits sont le résultat d’un couple voltaïque constitué par le contact des plaques de communication avec le sol, alors que M. Bourbouze' semble croire qu’il a une toute autre origine. Pour discuter sérieusement cette-question, il faudrait connaître exactement la nature des eaux mouillant la lame de cuivre, celle des terrains humides enveloppant l’électrode enterrée et dont l’auteur ne précise pas la nature. Les effets de ce genre sont si compliqués que j’ai vu non seulement des courants telluriques varier d’intensité aux différentes heures du jour, mais changer capricieusement de direction sans qu’on pût en saisir la cause qui devait évidemment se rapporter à des variations dans les contacts et à des effets chimiques accidentels produits sur les lames. Nous n’avons pas du reste à nous occuper de cette discussion, puisque nous ne faisons.ici que l’historique des travaux faits sur les transmissions sans fils conducteurs.
- Il paraît que des expériences'ont été faites aussi sur la Tamise vers i852, car il en est parlé dans un livre publié à Londres à cette époque sous le titre : Electricity and the electric telegrapli, par M. George Wilson E. R. S. E. Dans ’ces expériences, on avait appliqué les principes donnés par M. Morse, car d’après le livre en question la résistance offerte au passage du courant à travers l’eau, entre les deux rives du fleuve, était moindre que celle existant entre les plaques d’une môme rive. Ce passage du livre de M. Wilson est rappelé dans le Télégraphie Journal du 3o septembre. Mais, comme on a pu le voir, c’est un document beaucoup moins ancien que ceux que nous avons cités précédemment.
- Tii. du Moncel.
- LES AURORES POLAIRES
- I. — HISTORIQUE.
- Les aurores polaires, que l’on désigne plus généralement sous les noms d’aurores boréales ou australes, suivant l’hémisphère où on les observe, constituent le plus beau, mais en même temps le plus mystérieux de tous les phénomènes optiques que nous offre la nature. Tandis que par leurs apparitions imprévues, par leurs mouvements rapides, par leurs formes variées à l’infini, les aurores ont de tout temps attiré vivement l’attention de la foule, leur nature problématique et les relations qui semblent les rattacher au magnétisme terrestre et même à des phénomènes cosmiques comme les taches du soleil, en font un sujet des plus intéres-* sants pour les études dc.s météorologistes et des physiciens.
- Nous essayerons, dans ce qui suit, d’exposer l’état actuel de nos connaissances sur cette question en prenant surtout pour guides, en plus des mémoires originaux que nous indiquerons à mesure, les trois ouvrages que l’on peut considérer comme fondamentaux dans ce genre d’études. Ce sont :
- T Le Traité physique et historique de l'aurore boréale, publié en 1733, par de Mairan, dans les mémoires de l’Académie des sciences;
- 20 Le volume intitulé Aurores boréales, dans la collection des voyages de la commission scientifique du Nord, sur la corvette la Recherche; ce volume contient toutes les observations d’aurores boréales effectuées à Bossekop, en Laponie, pendant l’hiver i838-i83q, par Bravais, Lottin, Lil-liehook et Siljestrœm, avec de magnifiques planches dont nous reproduirons la plupart;
- 3° Enfin un ouvrage (das Polarlicht) publié l’an dernier par M. Hermann Fritz, de Zurich, et qui est le traité le plus complet qui ait paru jusqu’à ce jour sur cette matière.
- L’aurore boréale semble avoir été parfaitement ‘ connue des Grecs et des Romains, bien que ce soit un phénomène assez rare dans des régions aussi méridionales que les rives de la Mediterranée. Aristote, dans sa Météorologie, compare très justement les aurores polaires observées en Grèce à une flamme mêlée de fumée, à la lumière d’une lampe qui s’éteint, ou à l’embrasement d’une campagne dont on brûle le chaume. C’est, en effet, sous cette forme peu distincte que se manifeste généralement ce phénomène dans les contrées méridionales.
- Cicéron et Pline n’ajoutent pas grand’chose aux descriptions d’Aristote. Sénèque, au contraire, dans ses Questions naturelles, donne quelques détails nouveaux d’une grande exactitude, et qui montrent que les anciens observaient fréquemment beaucoup mieux qu’on ne le fera quelques siècles plus tard. En parlant des différentes sortes de feux célestes, Sénèque décrit en effet les apparences suivantes qui se rapportent manifestement à l’aurore boréale : « Tantôt, au centre d’une couronne « lumineuse, le feu du ciel fait défaut, ce qui des-« sine comme l’entrée circulaire d’une caverne; tan-« tôt c’est comme une immense tonne remplie de « feu qui brûle sur place, ou bien «e promène de « côté et d’autre; tantôt c’est comme si le ciel,
- « s’entr’ouvrant, vomissait des flammes qui sem-« blaient auparavant cachées dans ses profondeurs.
- « Ces feux présentent les couleurs les plus variées :
- « les uns sont d’un rouge très vif, les autres res-« semblent à une flamme légère près de s’éteindre ;
- « les uns sont blancs, les autres scintillent; d’au-« très enfin sont d’un jaune bien uniforme et « n’émettent pas de rayons... C’est à eux que l’on « peut attribuer cette apparence de ciel embrasé
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- « que rapportent souvent les historiens. Tantôt ces « feux sont assez élevés pour luire entre les étoi-« les; tantôt ils sont si bas qu’on les prendrait « pour le reflet d’un incendie lointain. Sous Ti-« bère ii se produisit un phénomène semblable qui
- * dura la plus grande partie de la nuit : cela res-« semblait tellement à la lueur d’un grand incendie « mêlé de fumée, que les cohortes coururent au se-« cours d’Ostie, croyant que c’était cette ville qui « brûlait. » Cette dernière méprise dont parle Sénèque était chose si naturelle qu’elle se reproduisit dans les mêmes circonstances en 1709, à Copenhague, où plusieurs corps de garde sortirent, prirent les armes et battirent le tambour.
- Grégoire de Tours décrit de même d’une manière très exacte une aurore boréale plus complète que les précédentes, et qui fut observée en 585; le principal intérêt qu’offre pour nous ce récit, est qu’on y voit signalée pour la première fois une apparence sur laquelle nous aurons à revenir, la couronne. « Pendant deux nuits de suite, dit-il,
- « nous vîmes des signes dans le ciel, c’est-à-dire « des rayons de lumière qui s’élevaient du côté de
- * l’Aquilon, ainsi qu’il arrive souvent. Une grande « clarté s’empara d’une partie du ciel et semblait
- « le parcourir.... Il y avait au milieu du ciel un
- « nuage fort lumineux auquel tous les rayons al-« laient se réunir. C’était comme une tente dont « les bandes, beaucoup plus larges vers le pied,
- « montaient en se rétrécissant jusqu’au sommet où « elles se terminaient en une espèce de capuchon. »
- Quelques siècles après, l’astrologie avait si bien fait qu’au lieu de regarder simplement les aurores boréales comme des manifestations optiques curieuses et de les observer naïvement, mais exactement, on en était venu à y voir : « Des lances, des « épées sanglantes, des têtes tranchées, hideuses « par les barbes horribles et les chevelures dont « elles étaient hérissées. » On y cherchait l’annonce des plus grands malheurs, et les historiens racontent qu’à leur vue des hommes tombaient en syncope, d’autres devenaient fous.
- Ces terreurs superstitieuses durèrent jusqu’au dix-septième siècle. On trouve en effet dans la soixante-dix-huitième lettre de.La Motte Le Vayer, intitulée De la crédulité, les paroles suivantes : « Je pren-« drai le second exemple (de crédulité) de ce qu’a « écrit Bapt. Le Grain, que j’estime beaucoup d’ail-« leurs, dans sa décade de Louis le Juste. Il dit au « sixième livre qu’il observa dans Paris l’an iôi5, « sur les huit heures au soir du 26 octobre, des « Hommes de feu au Ciel, qui combattaient avec « des lances, et qui, par ce spectacle effrayant, pro-« nostiquaient la fureur des guerres qui suivirent. « Cependant j’étais aussi bien que lui dans la même « ville, et je proteste, pour avoir contemplé assi-« duement jusque sur les onze heures de nuit le * phénomène dont il s’agit, que je ne vis rien de
- « tel qu’il le rapporte, mais seulement une impres-« sion céleste assez ordinaire en forme de pavil-« Ions, qui paraissaient et s’enflammaient de fois à « autres selon qu’il arrive souvent à de tels mé-« téores. Infinies personnes, qui sont vivantes,
- « peuvent témoigner de ce que je dis. »
- C’est vers cette époque, avec les observations de Gassendi, puis plus tard avec celles de Cassini, de Rœmer, etc., que les aurores boréales cessèrent d’être considérées dans notre pays, au moins parmi les classes instruites, comme des phénomènes surnaturels, présageant les plus terribles calamités. Il ne serait pourtant pas bien sûr que, dans certaines campagnes, on ne songeât même encore aujourd’hui à leur attribuer quelque origine ou quelque signification surnaturelle, si leur apparition venait par hasard à coïncider avec de grands événements ou de cruelles catastrophes, comme les aurores boréales qui furent si remarquables en France pendant les nuits du 24 et du 25 octobre 1870.
- Dans les pays du Nord, les Norvégiens et les anciens Normands croyaient voir dans l’aurore boréale : « les Walkyries traversant les airs sur leurs « sombres coursiers. » Cette croyance, rapportée entre autres par Tacite, se retrouve dans plusieurs passages de l’Edda. Mais, comme ce phénomène était très fréquent dans le Nord, on se familiarisa vite avec lui, et on cessa bientôt d’y voir rien de terrible. Dans le Miroir du Roi, qui fut composé dans les dernières années du douzième siècle par quelque Normand de la partie la plus septentrionale de la Norvège, on trouve une description parfaitement exacte du phénomène, avec des hypothèses curieuses sur son origine. L’auteur se demande, comme on l’a fait souvent par la suite, si l’aurore boréale ne serait pas simplement un effet de réflexion de la lumière solaire; il pense aussi qu’elle pourrait bien être produite par la glace, qui rayonnerait ainsi pendant la nuit la lumière qu’elle aurait absorbée pendant le jour.
- Ajoutons, pour, terminer ce rapide historique, que c’est Gassendi qui, eh 1621, désigna le premier ce phénomène sous le nom d'aurore boréale que nous avons conservé. Au dix-septième et môme au dix-huitième siècle, comme on ne co'nnaissait pas encore d’observations d’aurores dans l’hémisphère sud, on appelait aurores boréales celles qui apparaissaient dans la partie septentrionale du ciel, et aurores australes celles qui se montraient dans la partie méridionale, mais toujours pour un observateur placé dans l’hémisphère nord.
- Bien que des aurores polaires aient été observées au Chili dès 1640, les premières observations bien certaines faites dans l’hémisphère sud et annoncées en Europe, furent celles d’Antonio de Ulloa. Pendant le voyage où il doubla le cap Horn en 1745, il eut plusieurs fois l’occasion d’observer des aurores polaires, .et il annonça qu’elles ’ de-
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- vaient être aussi fréquentes dans l'hémisphère sud que dans le nôtre. Depuis cette époque, le nom d'aurores australes désigne exclusivement les aurores qui apparaissent autour du pôle sud, dans l’hémisphère austral. Les aurores boréales et australes sont comprises sous le terme générique d’aurores polaires.
- II. — FORMES DES AURORES POLAIRES.
- Les aurores polaires offrent les apparences les plus variées et les plus complexes, comme on le verra par les nombreuses gravures qui accompagnent ces articles, ; et qui reproduisent, le plus fidèlement: qu’if a été possible, les dessins originaux effectués devant le phénomène lui-même par les meilleurs observateurs. Du reste, les sources auxquelles ces dessins sont puisés seront toujours indiquées, ce qui permettra de se reporter aisément aux descriptions originales.
- On peut diviser les aurores polaires en deux grandes classes; celles qui sont sensiblement immobiles, ou tout au moins dont les différentes parties conservent pendant quelque temps leur position et leur intensité relative, et celles qui présentent, au contraire, des variations rapides dans leur forme ou dans leur intensité. Dans la première classe, nous distinguerons trois formes principales :
- i° Lueurs faibles, sans forme bien définie.
- 20 Lueurs plus marquées, assemblées en taches ou groupes qui offrent le plus souvent l’apparence de nuages.
- 3° Arcs bien limités, formés d’une masse lumineuse homogène, et qui s’appuient des deux côtés sur l’horizon.
- Dans la deuxième classe, celle des aurores en mouvement, nous distinguerons de même les formes suivantes :
- 40 Arcs non homogènes, dardant des rayons d’une.manière intermittenie.
- 5° Rayons qui semblent converger vers un point bien déterminé du ciel, et qui forment quelquefois tout autour de ce point une sorte de couronne.
- 6° Bandes non homogènes, composées de rayons serrés les uns contre les autres.
- 1 Très souvent ces bandes paraissent repliées sur elles-mêmes, et elles forment alors les plus belles de toutes les aurores boréales, les aurores en draperie.
- Du reste, ces différentes formes, que nous séparons pour rendre la description plus facile, peuvent se trouver réunies dans la même aurore, comme nous en verrons des exemples.
- i° Lueurs faibles sans forme bien définie.
- 11 n’y a pas beaucoup à dire sur ces lueurs faibles et mal définies qui constituent le premier type des aurores polaires. Ces lueurs peuvent quelque-
- fois occuper tout le ciel; dans certains cas, leur éclat surpasse à peiné celui de la voie lactée; elles forment alors sur le ciel comme un tapis laiteux. D’autres fois; elles illuminent faiblement l’horizon, et il est probable que, sous cette forme, on manque fréquemment de les noter, soit qu’elles soient masquées par une lumière plus forte comme celle de la lune, soit qu’on les prenne pour les derniers reflets du crépuscule ou pour la première apparition de l’aurore. Parfois encore leur lumière plus vive imite à l’horizon • un foyer d’incendie, et leur réverbération peut éclairer le bord des nuages sombres interposés entre elles et l’observateur. Enfin, quoique rarement, le foyer de ces lueurs peut ne pas être à i’horizon, mais à une certaine hauteur qui n’est jamais, du reste, bien considérable.
- C’est peut-être à ce genre d’aurores polaires qu’il conviendrait de rattacher cette sorte de phosphorescence qui, par certaines nuits, illumine toute l’atmosphère. Telle est la lueur qui fut observée à Gœttingue pendant les nuit du i3 et du 14 novembre 1866, où, sans aucune cause apparente, le ciel resta constamment aussi lumineux qu’il l’est d’ordinaire dans les plus courtes nuits de l’été.
- 20 Lueurs en forme de nuages. Bandes et plaques aurorales.
- La catégorie des aurores polaires en forme de taches, de fumées, ou de nuées lumineuses est celle à laquelle appartiennent la plupart clés aurores que nous avons l’occasion d’observer en France. Ce sont des lueurs vagues, à contours peu nets, et d’une couleur qui est généralement un blanc jaunâtre ou verdâtre, plus rarement un beau rose. Elles affectent, par exemple, la forme de panaches de fumée (fig. 1), niais plus souvent encore celle de véritables nuages, surtout de ces nuages légers, d’une grande blancheur, qui rappellent par leur forme des plumes ou des touffes de coton cardé, qui s’allongent quelquefois en longues traînées parallèles, et que l’on connaît en météorologie sous les noms de cirrus et de cirro-stratus.
- Cette forme de l’aurore boréale se rencontre fréquemment seule, ou bien elle marque le commencement et la fin d’aurores plus complexes.
- La ressemblance entre certaines de ces aurores et les nuages dont nous venons de parler peut être telle qu’il devient parfois presque impossible de distinguer si l’on a réellement devant les yeux des lueurs polaires, ou simplement de vrais nuages illuminés par quelque lumière réfléchie. Nous citerons textuellement, par exemple, les notes suivantes prises par Bravais à Bossekop, le ior octobre i838, au milieu de l’observation d’une aurore boréale :
- « 11 heures, 47 minutes : au N.-N.-O., lueur « jaunâtre en arc surbaissé. Est-ce un cirro-stratus
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- FIG. I. — AURORE BOREALE OBSERVEE EN FÉVRIER 1874 PAR L EXPEDITION DU TEGETTHOF (PAYER ET WEVPRECHT)
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- « ou. un arc ? — 11 heures, 57 minutes : l’arc « surbaissé aperçu à 11 heures 47 illimités, est « décidément un cirro-stratus. — Minuit i5 minu-« tes : le cirro-stratus du N.-N.-O. simule encore « un arc d’aurore. — 1 heure 45 minutes : on dis-« tingue bien sa forme; les séries de cirrus qui le « composent sont bien parallèles et ont une direc-« tion de convergence qui rappelle celle des rayons « de l’aurore. — 2 heures o minute : le grand cir-« ro-status en passant du N.-O. au S.-O., a en-« voyé vers le zénith bon nombre de cirrus épars ; « cjux-ci semblent alors (si je puis bien distinguer
- « ces cirrus légers d'avec les plaques de l'aurore) « obéir à la force qui dirige les rayons de l’au-« rore, »
- La coexistence de ces plaques aurorales ou bandes aurorales avec les cirrus a, du reste, été fréquemment observée. On sait que les cirrus sont constitués exclusivement par de petites aiguilles de glace qui, en réfractant la lumière du soleil ou de la lune, produisent les apparences connues sous le nom de halos, de parhélies, etc. Or, le 2 novembre i838, un des compagnons de Bravais, Lil-liehœk, observa autour de la lune, pendant une
- FIG. 2. — AURORE BOREALE DES J-4 MARS 1879 A MINUIT. — VOYAGE DE LA VEGA
- aurore boréale, le grand halo circulaire de 46° de diamètre. ® Il y a, ajoute-t-il, une relation intime « entre la lumière du halo et celle de l’aurore, car « là où un rayon coupe le halo, celui-ci est plus « large, et sa lumière paraît plus condensée. » Nous verrons plus tard l’importance que peuvent avoir des observations de ce genre pour la théorie des aurores polaires.
- s II serait facile de multiplier des citations analogues et de montrer que, non seulement il est possible de confondre l’aurore avec les cirrus, mais que les deux phénomènes sont fréquemment mélangés. A 1’ép.oque du crépuscule du matin, on a vu des bandes nuageuses se substituer aux bandes aurorales. D’autres fois, les nuages arqués existent
- sur le ciel avant la tombée de la nuit, et c’est l’au rore au contraire qui paraît venir les remplacer. Les deux phénomènes peuvent exister ensemble ou paraître se succéder; dans ce dernier- cas, les bandes aurorales peuvent n’être que masquées par la lumière du jour et rester alliées aux bandes nuageuses.
- Les plaques et bandes aurorales présentent souvent des variations curieuses qui ont reçu de Bravais le nom de plaques palpitantes ou de lueurs palpitantes. Nous empruntons par exemple les détails suivants à l’observation de Bravais du 22 octobre i838 : « Ce sont des plaques colorées en « jaunâtre faible et dans le centre desquelles s’in-« jecte de temps à- autre une lueur intense plus
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- « vive et qui ne dure qu’un instant. Ces plaques « semblent soumises à des expansions et contrac-« tions alternatives, que l’on peut comparer au « mouvement natatoire des méduses dans la mer. « Ce qu’il y a de singulier, c’ést que les diverses « plaques de lueurs qui occupent les divers lieux « du ciel éprouvent toutes à la fois ou du moins « presque toutes à la fois ce même mouvement al-« ternatif. A la dilatation s’adjoint en même temps « un accroissement d’intensité de la lueur de la « plaque aurorale. Indépendamment de ce mouve-« ment alternatif, les plaques éprouvent un change-
- nt ment de forme et d’intensité beaucoup plus lent, « et qui ne paraît pas soumis à une période régu-« lière. Ce mouvement péristaltique se compose « ordinairement de deux ou trois battements assez « vifs d’une demi-seconde au plus de durée ; après « quoi, temps d’arrêt de quelques secondes et les « battements reprennent. Certaines plaques gagnent « au moins deux fois en étendue géométrique et « en éclat, relativement à leur état contracté. »
- Les causes auxquelles est dû cet état de palpitation des lueurs peuvent persister pendant plusieurs jours de suite. Au lieu de voir toutes les plaques
- FIG. 3. — AURORE BORÉALE DU 20 MARS 1879, A 9I13om5. — VOYAGE DE LA VÉGA
- aurorales obéir à la fois aux mêmes alternatives, •ces plaques peuvent former deux séries, dont l’une obéit aux mouvements de palpitation, tandis que l’autre leur reste complètement étrangère. Les plaques de ces deux séries sont souvent, du reste, tellement semblables et tellement mêlées entre elles pour l’œil de l’observateur que, pendant la période de repos, on ne peut les distinguer les unes des autres ; peut-être cependant appartiennent-elles à deux plans différents. Quelquefois enfin la phase •obscure va jusqu’à l’extinction totale, et comme en reparaissant les plaques ne conservent pas toujours leur position primitive, on dirait des bouffées de vapeur s’échappant du tuyau « d’une locomotive vue à distance. »
- On doit peut-être rattacher au deuxième type de l’aurore boréale, que nous venons d’étudier, un curieux phénomène signalé par M. Hildebrand Hilde-brandsson, directeur de l’observatoire d’Upsal (l). Le 25 juillet 1877, au sud du lac Wetter, deux observateurs remarquèrent, à moins de 2 mètres au-dessus de la surface d’un lac intérieur, une masse lumineuse flottante de couleur rouge, transparente et nettement limitée. Les contours ondulaient et la masse se projetait d’une manière indiscutable sur l’autre rive du lac, boisée et éloignée de 706 mètres. La longueur de cette masse lumineuse pou-
- f1) Zeitschrift der œsterreichischen Gesellschaft für Météorologie, 1878, p. 12.4.
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- vait être de 200 mètres. On revit plus tard trois fois encore un phénomène analogue, qui chaque fois dura environ deux secondes. M. Hildebrand-sson considère ce phénomène comme une transition entre l’aurore polaire et la décharge électrique orageuse.
- Des masses lumineuses qui ne sont peut-être aussi qu’une manifestation de l’aurore boréale ont été plusieurs fois observées près de la surface de la terre. Nous citerons par exemple le cas suivant dont l’observation est rapportée en ces termes par Ara go (* *) : « Le major Sabine et le capitaine J. « Ross revenaient, en automne, de leur première « expédition arctique ; ils étaient encore dans les « mers du Groenland pendant une des nuits si « sombres de ces régions, quand ils furent appelés « sur le pont par l’officier de quart, qui' venait « d’apercevoir quelque chose de très étrange. « C’était, en avant du navire et précisément dans « la direction qu’il suivait, une lumière stationnaire « sur la mer et s’élevant à une grande hauteur,
- « pendant que partout ailleurs le ciel et l’horizon '« paraissaient noirs comme de la poix. Il n’y avait « dans ces parages aucun danger connu ; la route « ne fut donc pas changée. Lorsque le navire pénétra « dans la région lumineuse, tout l’équipage était « silencieux, attentif, en proie à une vive préoccu-« pation. Aussitôt on aperçut aisément les parties « les plus élevées des mâts et des voiles et tous « les cordages. Le météore pouvait avoir une éten-« due de 400 mètres. Lorsque la partie antérieure « du navire en sortit, elle se trouva subitement « dans l’obscurité; aucun affaiblissement graduel « ne se fit remarquer. On s’était déjà fort éloigné « de la région lumineuse, qu’elle se voyait encore « à l’arrière du navire. »
- 3° Arcs homogènes.
- Dans certaines régions, et probablement aussi à certaines époques, l’aurore polaire se manifeste simplement comme un arc circulaire très régulier, à bords bien tranchés, et uniformément lumineux dans toutes ses parties, de manière à présenter une texture bien homogène. C’est sous cette forme que se sont présentées le plus souvent les aurores boréales en 1878-1879 au professeur Nordenskiœld, pendant le célèbre hivernage de la Véga, sur la côte septentrionale de la Sibérie, presque à l’entrée du détroit de Behring (2). Dans cette station, la hauteur maximum de l’arc dans le ciel n’a que par exception dépassé 3o°, de sorte qu’une faible partie seulement de l’arc était visible (fig. 2) et que
- (i) Arago. Œuvres complètes, tome IV, p. 146.
- (*) Les figures 2 et 3, ainsi qu’un certain nombre d’autres qui seront données ultérieurement, ont été gravées d’après les croquis du capitaine Palander et du lieutenant Nord-qvist, de la Véga, croquis reproduits dans le travail que M. Nordenskiœld vient de publier sur les aurores boréales
- son centre restait bien au-dessous de l’horizon. Ces arcs ont offert le plus souvent une constance extraordinaire, et conservaient parfois une situation invariable pendant des heures entières et même pendant plusieurs jours. Ils sont orientés d’ordinaire de manière que leur sommet se trouve à peu près dans le méridien magnétique, c’est-à-dire dans la direction indiquée par les aiguilles de boussoles. Nous reviendrons, du reste, avec détails sur cette coïncidence.
- On rencontre souvent des arcs qui, au lieu de se présenter sous une forme circulaire, sont nettement elliptiques (voir dans un article suivant la figure 16), quelquefois les deux courbes qui limitent l’axe ne sont pas partout à égale distance; ce sont par exemple des ellipses dont les axes verticaux sont inégaux (voir figure 17) ce qui produit alors un arc de largeur variable.
- Parfois, au lieu d’un seul arc circulaire, on en observe deux qui sont parfaitement concentriques (fig. 3) ; ils peuvent même exister au nombre de trois ou de quatre (voir figures 7 et 8). Un cas plus extraordinaire et beaucoup plus rare est celui où l’aurore se présente sous forme de deux arcs excentriques, à tel point même qu’ils se coupent ou même ne se touchent que par un de leurs pieds (figures 10, 11, 12, i3 et 14). Mais dans ce cas,, l’aurore ne possède plus la même fixité relative; ces formes anormales ne durent que peu de temps et constituent le passage vers les aurores franchement variables qui composent notre seconde classe.
- (A suivre.) Alfred Angot.
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ DE MUNICH-
- LES
- MÉTHODES DE MESURES
- DU COMITÉ D’EXPÉRIENCES
- Le comité d’expériences de l’Exposition de Munich s’est divisé, comme nous l’avons dit, en douze sections, et pour chacune d’elles un plan d’expé-rences a été préparé à l’avance avec le plus grand soin. Trois de ces plans d’expériences, relatifs à l’étude électrique des machines, à leur essai dyna-mométriqu’e et à l’étude photométrique des lampes,
- observées pendant son voyage (Om norrskenen under Vegas œfvervintring vid Berings sund, 1878-18’jg, af A. E. Nordenskiœld). Nous tenons à remercier ici même M. Nordenskiœld de,l’obligeance avec laquelle il a bien voulu nous communiquer son mémoire.
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- sont particulièrement intéressants. M. le professeur Kittler, auteur de celui qui se rapporte à l’étude des machines dynamo-électriques, a bien voulu nous les communiquer, et c’esü à son extrême obligeance que nous devons de pouvoir les reproduire ci-dessous in extenso.
- (Rédaction.)
- PLAN DE TRAVAIL
- POUR LES MESURES ÉLECTRO-TECHNIQUES DE LA PREMIÈRE SECTION DU COMITÉ D’EXPÉRIENCES (')
- INTRODUCTION)
- Le travail transmis à une machine électrique par un moteur (machine à vapeur, moteur à gaz, etc.), se convertit en partie en travail électrique, en partie en travail perdu, par suite des frottements et des courants développés dans le fer de la machine.
- Le travail absorbé par la machine peut être mesuré directement au moyen d’un dynamomètre de transmission (voir 20 partie). D’autre part, le travail électrique peut être déduit, soit de la force électro-motrice et de l’intensité du courant produit dans le circuit de la machine électrique, soit de l’intensité et de la résistance du circuit, soit enfin de la force électro-motrice et de la résistance.
- Soient :
- I l’intensité en ampères
- Ela force électro-mo- / trice totale en volts. \
- R larèsistance totale du / circuit en ohms. . . \ 10
- ères (10 1 cm2 g sec. ')'
- 10 cmi g‘ sec
- .-)•
- le travail produit par seconde par la machine électrique ou l'effet"électrique total T est alors en mesure absolue :
- „ 7tt- 2 —S *
- T = 10 IE cm g sec.,
- Si l’on prend comme unité le. kilogrammètre paï-seconde, on a alors :
- soit en chevaux-vapeur :
- I E____UE
- 9,81.75 73b
- . RI2 * * . E2
- Ch' ~ 736 - Ch’ ~ R. 736 '
- Une partie du travail T est absorbée par réchauffement des fils de la machine; le reste peut être utilisé dans le circuit extérieur comme travail utile (travail électrique extérieur pour l’éclairage, transport de la force, etc.).
- Soient I l’intensité dans le circuit extérieur ; e, la différence de potentiel aux bornes de la machine ; le travail utile a pour expression :
- / = io‘. I. e. cm. g. sec."
- , 1 e l
- l 57 ...ch. ?36
- Le rapport^,est ce qu’on nomme le rendement
- FIG. I
- électrique. En appelant A le travail transmis par seconde à la machine électrique par le moteur, le
- rapportest le rendement delà machine électrique par rapport à ^installation totale. •
- Ce rapport ^ est la valeur la plus importante pour la pratique.
- Dans l’étude des machines électriques, on a donc à évaluer au moins deux des quantités suivantes .: intensité, différence de potentiel et résistance.
- T' = ~^(»t-kg.stc.)
- (’) Les lettres des figures contenues dans cette première
- partie ont les significations suivantes :
- W.G Galvanomètre de Wiedeman.
- T G ou S. T. G. Galvanomètre de torsion de Siemens.
- S. D. Electro-dynamomètre-de Siemens.
- D G Galvanomètre de Deprez.
- B Batterie.
- V Voltamètre.
- B G Galvanomètre de Von Beetz,
- B B Pont de Von Beetz.
- Détermination des intensités'. — Pour la détermination des intensités, on peut se servir des instruments suivants :
- i° Un galvanomètre à miroir de Wiedemann;
- 20 Un galvanomètre de Deprez ;
- 3° Plusieurs dynamomètres de Siemens.
- L’opération fondamentale consiste dans l’étalonnage du galvanomètre à miroir de Wiedemann. Dans- ce but, un courant mesuré voltamétrique-ment est partagé entre un fil de cuivre de 6mm de diamètre (dont on peut employer la totalité, la
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- Sgô
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- moitié, ou les deux moitiés réunies en quantité) et une seconde branche comprenant le galvanomètre de Wiedemann et un rhéostat à chevilles. Les fils sont soudés aux points de bifurcation. Le rhéostat permet de faire varier la sensibilité du galvanomètre, de sorte que ce dernier peut être employé aussi bien pour le courant destiné à alimenter une lampe à incandescence que pour les courants intenses des machines dynamo-électriques. La disposition de l’expérience est représentée dans la fig. i.
- Une fois qu’on a déterminé la déviation du galvanomètre à miroir qui correspond à Yunité de
- FIG. 2
- courant, on étalonne les autres appareils destinés à la mesure de l’intensité en les intercalant avec le galvanomètre dans le circuit d’une pile constante, ainsi que le représente la fig. 2.
- La mesure des différences de potentiel se fait à l’aide d’un galvanomètre de torsion de Siemens, que l’on peut étalonner simplement de la manière suivante :
- Dans le circuit d’une pile constante on intercale un voltamètre ou un galvanomètre à miroir, déjà étalonné pour les intensités, et une résistance d’exactement 1 unité Siemens en gros fil de cuivre x(fig. 1 et 2).
- On relie ensuite les extrémités du fil de cuivre avec le galvanomètre de torsion, en introduisant dans le circuit dérivé ainsi formé une résistance vis-à-vis de laquelle l’unité Siemens soit négligeable.
- La valeur lue sur le galvanomètre à torsion
- donne alors la mesure de la différence de potentiel qui existe aux extrémités de l’unité Siemens.
- Le, multiplicateur du galvanomètre de torsion a une résistance d’environ 100 unités Siemens. Il contient en outre environ 900 unités Siemens que l’on peut introduire dans le circuit en enlevant une cheville. D’autre part, on a à sa disposition des résistances étalonnées jusqu’à 100000 unités Siemens.
- On a installé aussi un électromètre à quadrants qui peut être employé pour l’étalonnage du galvanomètre de torsion.
- Un commutateur principal permet d’établir rapidement les communications des instruments et appareils accessoires,,_
- Mesure des résistances. — Les résistances des
- FIG. 3
- machines électriques sont déterminées au moyen d’un pont de Siemens et d’un galvanomètre à miroir.
- Un galvanomètre de Beetz, (à aimant en cloche) sert avec un pont de Beetz à la détermination des résistances employées à la place des lampes pour constituer le circuit extérieur des machines (Rhéos tat pour courants intenses).
- Appareils accessoires. — Ces appareils sont :
- i° Un comtnutateur général;
- 20 Deux câbles de chacun i5o mètres de longueur, destinés à amener le courant des machines au commutateur général;
- 3° Deux fils de cuivre de chacun i5o mètres de long et 7mm de diamètre, pour permettre de mesurer en n’importe quel point la différence de poten tiel d’une machine. (Pour des courants très forts, ces deux fils peuvent être réunis en quantité avec les deux câbles).
- 40 Un rhéostat pour courants intenses, compre nant :
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- ioo unités Siemens (10 X io) en fil de fer de 3 millimètres.
- 20 unités Siemens (S, 5, 5, 2, 2, 1) en fil de fer de 4 1/2 millimètres.
- 2 unités Siemens (1—o,S—0,2—0,2—0,1) en fortes torsades de fil de cuivre
- A. — Mesures relatives aux machines.
- I. — MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES DANS LESQUELLES LES INDUCTEURS SONT DANS LE CIRCUIT GÉNÉRAL.
- t . Détermination de la résistance des machines
- FIG. 4
- 5° Une résistance allant jusqu'à i5o unités Siemens én ûl de fer destinée à la dérivation du courant.
- 6° Une clef principale.
- FIG. 6
- à froid. — On ss sert du pont de Siemens avec un galvanomètre à miroir. On détermine :
- a la résistance de l’armature R,. b la résistance des inducteurs R,.
- Fia. 7
- FIG. 5
- 7° Divers rhéostats, commutateurs, clefs, etc.
- 8° Une installation téléphonique mettant en relation les laboratoires d’expériences du Comité avec la galerie des machines.
- c la résistance totale de la machine R.
- La fig. 4 donne, pour ces mesures, la position des manettes du commutateur général.
- N. B — Les résistances des câbles et autres conducteurs allant au pont sont déterminées une fois pour toutes.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 2. Détermination du travail utile de la machine avec des lampes dans le circuit.
- Au moyen de l’électro-dynamomètre de Siemens on mesure à la vitesse normale de l’armature, l’intensité du circuit fourni par les. exposants et la différence de potentiel aux bornes de la machine. (La'fig. 5 donné la disposition de l’expérience et la fig. 6 l’arrangement, pour cet essai, du commu-, tateur général). On enlève ensuite les lampes du circuit et on les remplace, à l’aide du rhéostat pour courants intenses, par une résistance p telle qu’à la vitesse normale on ait la même intensité que précédemment. (Diagramme théorique fig. 7, arrangement du commutateur général fig. 8).
- On a ainsi :
- 3. La détermination du travail de la machine
- FIG. 8
- avec un fil comme résistance extérieure. — L’intensité I se mesure soit avec l’électro-dynamomètre de Siemens, soit au moyen du galvanomètre de Deprez ou du galvanomètre à miroir pour courants intenses.
- Les câbles qui se rendent au commutateur général peuvent, au moyen de 2 chevilles, être reliés au galvanomètre à torsion. On obtient ainsi la différence de potentiel aux bornes correspondantes du commutateur général. Si l’on appelle p la résistance du rhéostat, p' la résistance des autres fils, K celle des deux câbles, on a
- e'=I(p + P')
- xLa tension aux bornes de la machine est
- e = I (p + p' +. K) = I r
- on a également
- e = I.K + e' , .
- et le travail utile a pour expression
- Si l’on veut mesurer la différence de potentiel en d’autres points du circuit, par exemple aux extrémités du fil des inducteurs ou de l’armature, on se sert des deux gros fils de cuivre de 7 millimètres qui relient le commutateur général à l’endroit où se trouve la machine.
- Une fois qu’on a déterminé le travail utile t à la vitesse normale, on répète les essais en faisant varier cette vitesse, ainsi que la résistance extérieure.
- En même temps que les mesures électriques se fait la mesure du travail A transmis par seconde à là machine par le moteur.
- FIG. Q
- 4. Détermination de la résistance de la machine à chaud.
- Même arrangement qu’en 1.
- , 5. Détermination de la résistance introduite p. Se fait au moyen du pont de Beetz et de son galva-nomètré, fig. 9.
- 11. — MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES DANS LESQUELLES I.ES INDUCTEURS SONT .MONTÉS EN DÉRIVATION.
- 1. Mesure des résistances de la machine. — On détermine :
- a la résistance de l’armature R,. b la résistance des inducteurs R2.
- 2. Pendant que les lampes sont dans le circuit,-on détermine la différence de potentiel (e) aux bornes de la machine à la vitesse normale.
- 3. On supprime les lampes du circuit et on les
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- remplace par un fil de résistance r, telle qu’à la vitesse normale on ait aux bornes la même différence de potentiel e que précédemment (disposition figure 10).
- FIG, 10
- L’intensité i dans le circuit extérieur est alors
- . (* N
- minée directement; elle a d’ailleurs pour expression :
- FIG. 12
- et l’intensité totale est :
- FIG.JlI
- I — î -f- I2
- FIG l3
- III. — MACHINES A COURANTS ALTERNATIFS.
- On emploie l’électro-dynamomètre de Siemens. Le travail utile est :
- et le travail utile
- t=-~ ...ch. r. 736
- L’intensité I2 dans les inducteurs peut être déter-
- Pr ’ 736
- ...ch.
- Ensemble des mesures faites sur les machines : 1. Travail transmis A.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 3. Travail électrique total T.
- 3. Rapport
- 4. Travail utile (travail électrique extérieur) t.
- 5. Rapport^.
- 6. Rapport^.
- 7. Vitesse des armatures correspondant aux valeurs ci-dessus.,
- 8. Résistance des machines à froid et à chaud, g. Échauffement.
- FIG. 14
- B. — Essai des lampes à arc.
- 1. Détermination d’après l’intensité et la différence de potentiel aux bornes du travail électrique total absorbé par toutes les lampes comprises dans le circuit. Mesure simultanée du travail transmis par seconde à la machine par le moteur. (Voir A-2.)
- 2. Détermination du travail électrique absorbé par une quelconque des lampes, placée dans la chambre du photomètre , tandis que les autres (ft-i) restent en marche dans le palais de l’Exposition ou sont remplacées par une résistance équivalante.
- a. — Toutes les lampes sont montées en tension.
- Si l’on appelle :
- I l’intensité dans le circuit extérieur (vl — v2) la différence de potentiel aux bornes de la lampe,
- Le travail électrique absorbé est
- La fig. 11 donne le diagramme théorique de la disposition de l’expérience pour le cas où les (n-1) lampes sont remplacées par une résistance. La fig. 12 montre, pour cet essai, les communications du commutateur général.
- b. — Les lampes sont montées en dérivation (fig. i3j.
- FIG. l5
- i intensité dans le circuit de la lampe en expérience.
- (v, — v2) différence de potentiel à ses bornes.
- I (1>! — I>2) 736
- ch.
- Ensembles des mesures.
- 1. Travail électrique absorbé par toutes les lampes.
- 2. Travail nécessaire fourni par le moteur.
- 3. Travail électrique absorbé par une lampe.
- 4. Intensité de la lampe en bougies normales.
- 5. Nombre de bougies par cheval.
- C. — Essai des lampes à incandescence,
- 1. Mesure de la résistance de la lampe à froid.
- 2. Détermination, d’après l’intensité et la difté-
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- rence de potentiel, du travail électrique absorbé par une lampe mesurée au photomètre, pendant que les autres restent dans le circuit.
- 3. Mesure du travail électrique quand (n-i) lampes sont remplacées par une résistance.
- 4. Données calorifiques.
- Le schéma de l’essai est représenté fig. 14, et l’arrangement du commutateur général fig. i5.
- Prof. Erasmus Kittler.
- MÉTHODES DE MESURES
- DU TRAVAIL DE LA TROISIEME SECTION DU COMITÉ
- d’expériences
- Pour la mesure du travail transmis à une machine dynamo-électrique par un moteur, on ne peut
- FIG. 16
- employer que des dynamomètres de transmission donnant à chaque instant, pendant la marche de la machine, le travail en chevaux. Ces dynamomètres peuvent être automatiques et munis d’un appareil enregistreur, ou bien exiger de temps en temps une lecture sur une échelle graduée.
- Ce dernier cas est celui du dynamomètre d’Hef-ner Alteneck dont le principe est représenté schématiquement dans la fig. 16.
- Le brin moteur et le brin mû de la courroie passent dans un système de galets tel qu’au repos le tout forme une figure symétrique à l’axe longitudinal du dynamomètre. Pendant la marche, dès qu’un des brins se trouve plus fortement tendu que l’autre, le galet central qui est mobile se trouve déplacé latéralement, et la force nécessaire pour le ramener à sa position primitive est proportionnelle à la différence de tension des brins et par suite à l’effort transmis.
- Si l’on observe en même temps le second des deux facteurs dont le travail est le produit, c’est-à-dire la vitesse, on peut à chaque instant calculer
- le travail en chevaux. Dans les petits modèles de ce dynamomètre, dont on so sert, l’échelle du res» sort spiral servant à ramener le galet au zéro est graduée de telle sorte qu’un millimètre correspond à une différence de 3 kilog. dans la tension des brins.
- Le dynamomètre de Keek (brevet de Schuckert) (fig. 17) repose sur le principe des poulies dynamo-métriques. Sur un axe court, sont placées une poulie fixe et une poulie folle; la première est menée par le moteur et elle entraîne avec elle la poulie folle reliée à la machine dynamo-électrique, dès qu’un ressort en spirale fixé d’une part à l’axe, d’autre part à la poulie folle, a acquis une tension
- FIG. 17
- égale à la résistance opposée par la machine électrique. La tension du ressort est employée à faire mouvoir un crayon qui inscrit l’effort tangentiel sur un cylindre tournant recouvert de papier. En multipliant cet effort par la vitesse qu’indique un compteur de tours, on a le travail en kilogram-mètres par seconde.
- Le troisième dynamomètre, celui de Rieter, à Winterthur (fig. 18) appartient à la classe des dynamomètres à roues dentées. La roue médiane, portée sur un levier, s’abaisse sous l’influence de la pression des dents des deux autres. La force d’abaissement est équilibrée par un ressort fixé à l’extrémité du levier, et on la mesure par l’allonge-
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- ment de ce ressort. Cette force (ou l’effort tangen-tiel correspondant) est inscrite continuellement par un appareil enregistreur, et le diagramme obtenu donne une notion exacte du travail transmis; un compteur de tours fixé à l’appareil donne les indications de vitesse necessaires pour le calcul.
- M. Scjirôter,
- PLAN DE TRAVAIL
- POL'R LES MESURES PIIOTOMETRIQUES DE LA QUATRIÈME SECTION DU COMITÉ D’EXPÉRIENCES
- I. — Description de l'appareil.
- Dans le plan de la chambre des mesures photo-métriques que représente la fig. 19, AB et' BC
- FIC. l8
- sont deux régies pliotométriques de 6 et 12 mètres de longueur. La disposition des foyers lumineux est la suivante : I. Bougie normale; H. Bec de gaz à un trou.de imm d'ouverture avec flamme de hauteur constante; III. Bec à gaz d’Argand (modèle n° 2 du professeur Rudorff); IV. Lampe à incandescence; V. Bec intensif de Siemens d’une intensité de 180 bougies, et VI. Lampe à arc.
- G,, G, et G., sont des compteurs pour les becs de gaz; devant eux est un régulateur principal R, a et b sont deux photomètres de Bunsen mobiles sur les règles. j
- II. — Méthode d'observation. 1
- Les observateurs sont au nombre de 5 (B,, B,, IV, Bp B,). '
- x Lorsque les exposants ou leurs représentants ont reconnu que leurs lampes électriques fonctionnent normalement, on fait un essai provisoire sur la constance de leur éclat lumineux. Les observateurs B, et B, comparent à l’aide de 4 observations, chacun, les intensités lumineuses pour les positions : III et IV, ou V' et VI. Puis B., et B,( font la com-
- paraison pour les mêmes sources. Au bout de quelque temps, on répète les observations. B^ observe le régulateur R et vérifie ainsi la constance de la pression du gaz.
- ' a. — Lampes à incandescence.
- L’unité de lumière, est la bougie normale anglaise de spermaceti (I) d’une hauteur de flamme 'de 45 millimètres.
- Avant et après chaque série d’expériences, on compare au moyen du photomètre a, placé sur la règle AB, cette bougie normale avec le bec de gaz à un trou (II) alimenté par un compteur d’une bougie (G;,). Pendant l’expérience, environ 2 minutes, on contrôle la constance de l’intensité du bec de gaz, au moyen d’un régulateur d’Elster R.
- Pendant les observations isolées, on renm’uce ensuite la bougie par le bec de gaz.
- FIG. 19 ET
- On compare le bec à un trou (II) avec le bec à gaz d’Argand (III) alimenté par un compteur de 16 bougies (G,).
- Aprè; avoir enlevé le bec (II), on compare le bec d’Argand (III) avec les lampes à incandescence (IV). Les lampes du type Edison ont le plan de leur charbon perpendiculaire à la règle photométrique.
- Les sources II, III et IV brûlent pendant toute la durée de l’observation, et quand elles ne servent pas, on les cache par des écrans complètement opaques.
- Suivant le mode d’expérience adopté, les observateurs B, et Ba font sur les sources II et III, chacun 4 observations. B3 et B,( font de même avec IV et III. Les observateurs se remplacent ensuite de sorte que B, et B2 comparent IV et III, et B3 et B,,, III et II, en faisant toujours 4 observations chacun. BG note, avant et après chaque série d’observations, l’état du régulateur de pression d’Elster et celui des 3 compteurs, ainsi que la durée de la série d’observations.
- Outre cette détermination de l’intensité des lam-. pes, on détermine encore la proportion de lumière
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- émise, quand on tourne la lampe autour d’un arc vertical (à o°,45° et 90° relativement à sa position première. B4 et B2 font cette détermination aux angles o°, 4.5° et 90°, et B3 et Bt la répètent dans l’ordre inverse à 90°, 45° et o°. Bü fait les contrôles comme ci-dessus.
- b. — Lampes à arc.
- La marche des opérations jusqu’à la comparaison du bec d’Argand est la même qu’en a.
- On compare ensuite le bec d’Argand (III) avec le bec intensif Siemens (V) alimenté par un compteur de 3o becs, puis on compare le bec Siemens (Y) avec la lampe à arc se trouvant sur la même horizontale, au moyen du photomètre b placé sur la règle BC. Dans ce cas encore les foyers brûlent tout le temps des observations et sont recouverts d’écrans tant qu’ils ne servent pas.
- Les observateurs Bt et B2 comparent les sources II et III puis III et Y, toujours par 4 observations, puis Bs et B, comparent V et VI, ce dernier foyer d’abord à nu,.puis avec le globe.
- Les observateurs se remplacent ensuite de sorte que Bj et B2 comparent VI et V, le premier foyer à nu et avec le globe, puis Ba et B.t opèrent sur Y et III et ensuite sur III et II.
- B3 fait les contrôles comme ci-dessus.
- Outre ces déterminations de l’intensité des lampes à arc, dans la direction horizontale, on détermine aussi la proportion de lumière émise aux angles o°,3o° et6o° à partir de l’horizontale, aussi bien que dans les directions spéciales indiquées par les fabricants.
- On se sert pour cela d’un miroir S (iîg. 20) fixé à l’extrémité de. la règle BC et auquel on peut faire faire un angle donné autour d’un axe horizontal. La lampe à arc VI est amenée à différentes hauteurs bien déterminées, de sorte que les rayons émis b suivant les angles indiqués plus haut, viennent après réflexion tomber sur le photomètre.
- Le coefficient de réflexion du miroir est déter-. miné par un essai préalable.
- La détermination de l’intensité par unité de surface des différentes sources a été laissée de côté à cause du temps considérable qu’elle exige et de son peu d’importance pratique; on én tiendra compte cependant une fois les travaux principaux terminés.
- La communication qui précède peut satisfaire au desideratum exprimé maintes fois par plusieurs de nos abonnés, qui désiraient savoir comment on doit s’y prendre poûlr déterminer le rendement des machines à lumière et la valeur des lumières produites ou de la force développée.
- Dr Ernst Voit et. D1' Krüss.
- L’EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- DE MUNICH
- Munich, le 16 octobre 1OO2.
- L’Exposition de Munich a fermé hier ses portes après avoir duré tout juste un mois. Moins grande et moins étendue que l’Exposition de 1881, elle a réuni néanmoins un ensemble intéressant d’objets exposés, et présenté, grâce à une décoration très artistique et à l’arrangement ingénieux des lampes, un aspect des plus agréables à l’œil; mais elle s’est surtout distinguée par deux faits d’une grande importance : les expériences de M. Marcel Deprez sur le transport électrique à grande distance et les mesures effectuées par le comité d’expériences.
- Les lois établies par M. Marcel Deprez relativement au transport électrique de la force sont connues des lecteurs de La Lumière Electrique. La possibilité de rendre, par une simple modification des machines génératrice et réceptrice, la force transmise et le rendement indép'endants de la distance, avait été démontrée par lui au moyen de considérations théoriques très simples et coiîfiôîiée également par des expériences de laboratoire. La sanction d’un essai accompli dans les conditions ordinaires de la pratique manquait seule à la-démonstration. L’Exposition de Munich a fourni à M. Marcel Deprez la possibilité de. compléter la preuve expérimentale; l’appui bienveillant dit co-, mité et de son président, M. le professeur Von Beetz, l’activité et le zèle déployés par l’inspecteur des lignes télégraphiques, M. Behringer, lui ont permis de réaliser le transport de la force de Mies-bach à Munich à l'aide de deux fils télégraphiques ordinaires en fer ayant chacun une longueur exacte de 57 kilomètres.
- ; A Miesbach, la force était obligeamment fournie ; par M* Fort, .directeur des mines de houille, et la ' génératrice était installée,, pour cette raison, à côté : de la chambre des machines de la mine.
- Les deux fils de communication portés par les poteaux qui longent la ligne du chemin de fer n’avaient été l’objet d’aucun isolement spécial.
- A Munich, la réceptrice, placée dans la grande nef du palais, transmettait le mouvement à une pompe centrifuge, et celle-ci élevait de l’eau à près de trois mètres de hauteur, et la faisait retomber en cascade entre des rochers artificiels. On éprouvait une curieuse impression en pensant que cette pompe était mise en mouvement par une force venant de près de 60 kilomètres, et cette impression était telle que plusieurs des personnes présentes au moment où la machine a marché à Munich pour la première fois, ont tenu à faire le voyage de Miesbach, à suivre les fils en chemin de fer pendant un. trajet de deux heures, et à .voir tourner la généra-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- trice pour se convaincre de la réalité de l’expérience.
- La vitesse des deux machines i ooo et i 200 tours a déjà été donné ici, le rendement déduit de la première expérience du rapport de ces deux vitesses était de 68 0/0. Depuis ce premier essai, les machines ont fonctionné tous les jours jusqu’au moment où elles ont été remises aux mains du comité pour effectuer ses mesures.
- Elles ont fonctionné même par des temps de pluie, et l’on a pu se convaincre que, même dans ce cas défavorable, les pertes par la ligne étaient insignifiantes.
- Nous ne connaissons pas encore les résultats de toutes les mesures du comité, mais nous pouvons dire dès à présent que dans une de leurs expériences où la génératrice ne tournait pas à sa vitesse normale de 2 000 tours, mais seulement à x 600 tours, les membres du comité ont trouvé un rendement de plus de 5o 0/0, ce qui confirme celui indiqué déjà pour la vitesse normale.
- Il n’y a donc plus de doute que l’expérience de Munich a prouvé- décidément la possibilité du transport de la force à grande distance et qu’elle marquera une date dans l’histoire des applications de l’électricité. Quant à ceux qui objectent à ce mode de transport de la force, le danger présenté par les grandes tensions, on peut leur répondre en leur citant l’exemple des machines à vapeur, qu’elles aussi présentent des dangers lorsqu’on les manie inhabilement, et pourtant on les emploie partout et tous les jours.
- A côte de l’expérience de M. Marcel Deprez, il faut citer la tentative honorable de M. Schuckert, qui transmet la force à 5 kilomètres. Une de ses machines actionnée par les chutes de l’Hirschau fait mouvoir dans le Palais une seconde machine, et celle-ci fait tourner à vide deux appareils agricoles.
- Les fils de communication sont des. fils de cuivre de 4 millimètres de diamètre. Chacun d’eux équivaut donc à 700 mètres de fil télégraphique.
- Les mesures du comité commencées dès l’ouverture de l’Exposition se sont poursuivies chaque jour avec une grande activité, et les commisssion doivent encore y consacrer quelque temps. Les plans d’expériences insérés dans ce numéro donneront une idée du genre d’essais exécutés par la Commission. Ils donnent la certitude que les résultats publiés prochainement, fourniront un grand nombre de chiffres attendus depuis longtemps pâlies praticiens;
- ' Mais ce dont l’exposé des méthode adoptées ne peut en aucune façon donner une idée, c’est la magnifique installation des locaux affectés aux expériences. Les appareils de mesure électrique sont disposés dans deux salles spacieuses. Chacun d’eux est placé sur unç colonne de pierre traver-
- sant le plancher et reposant sur de solides fondations, et le long des murs de grands commutateurs ingénieusement combinés servent à relier de diverses façons les fils allant aux galvanomètres, rhéostats, etc., avec ceux qui viennent des machines ou lampes en expériences. Dans des essais comme ceux auxquels se livre le comité, il était utile d’avoir un rhéostat dans lequel on pût faire passer impunément des courants intenses.
- M. le professeur Beetz a combiné à cet effet un rhéostat dont les fils supportés par de petits poteaux télégraphiqes occupent une partie des combles de l’exposition. Nous donnerons une idée de cet appareil en disant que nous avons pu nous promener entre ses fils. Les salles d’essai sont complétées par une chambre noire très bien disposée pour les essais photométriques, et l’on peut dire que jamais on n’avait fait une installation aussi bien comprise et aussi magnifiquement établie.
- Nous ne voulons pas aujourd’hui nous étendre sur les autres points intéressants que présente l’Exposition de Munich, ils ont été pour la plupart indiqués dans des articles précédents et dans les correspondances de MM. Clémenceau et Ab-dank Abakanowicz. Nous en ferons d’ailleurs le sujet d’une série d’articles dans lesquels nous les étudierons en détail. Pour aujourd’hui nous nous contenterons, de signaler les deux points capitaux de l’Exposition : le fait accompli du transport de la force à grande distance dans l’expérience de M. Marcel Deprez et les mesures du Comité si importantes par les résultats qu’elles nous promettent.
- Aug. Guerout.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Le magnéto-parleur de M. Weissenbruoh.
- Nous recevons de M. Weissenbruch la description d’un appareil auquel il donne le nom de magnéto-parleur et qui a pour but d’appliquer le téléphone à la télégraphie militaire en l’employant pour transmettre non plus la parole, mais des bruits susceptibles de former une sorte d’alphabet Morse.
- M; le colonel Jacobi avait déjà combiné une disposition reposant sur ce principe et dans laquelle un téléphone recevait les signaux envoyés par un transmetteur magnétique appelé télekal. Malheureusement dans sa descripfion insérée dans notre numéro du 3o juillet 1881, M. le colonel Jacobi n’a pas donné les détails de son appareil.
- Dans celui de M. Weissenbruch, très simple et beaucoup plus léger que le précédent, le transmet-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ 4oS
- teur est une sorte de téléphone Gower suspendu au cou de l’opérateur par les fils conducteurs eux-mêmes et tombant devant lui à peu près à la hauteur de la ceinture. La plaque de ce téléphone est bombée à peu près comme l’étaient celles des cricris et on peut à l’aide d’un manipulateur analogue à celui de Morse l’abaisser ou lui laisser reprendre sa position première. Un téléphone ordinaire sert de récepteur et lorsque la plaque s’abaisse ou se relève ce téléphone produit deux sons qu’il est facile de distinguer et à l’aide desquels on peut aisément constituer un alphabet phonétique.
- Dans la pratique on n’emploie qu’un fil de ligne et l’on prend pour, terre la poignée d’un sabre enfoncé dans un sol humide. L’opérateur manipule de la main droite et de la gauche applique à son oreille un téléphone témoin dans lequel il entend les mêmes signaux que son correspondant et peut par suite vérifier l’exactitude de la transmission.
- La force coercitive de l’acier, rendue permanente
- par la compression, par M. L. Clémandot (•).
- « En mars dernier, j’ai eu l’honneur de communiquer à l’Académie une note dans laquelle j’exposais les propriétés acquises par l’acier soumis à une forte pression et refroidi sous cette pression. J’ai dit que, entre autres propriétés acquises, ayant une complète similitude avec celles que donne la trempe par les bains, se trouvait la force coercitive,. cette propriété que peut posséder l’acier de devenir aimant, c’est-à-dire d’acquérir le magnétisme et de le conserver.
- « J’ai poursuivi mes essais et j’ai pu constater des résultats nouveaux et intéressants, que je m’empresse de communiquer à l’Académie.
- « La trempe ordinaire consiste, on le sait, à chauffer l’acier au rouge-cerise, à le refroidir brusquement en le trempant dans un bain, eau, huile ou tout autre liquide : le métal est durci, trempé, il a acquis la force coercitive. Mais qu’arrive-t-il si l’on réchauffe de nouveau cet acier, si on le recuit? On dit que le métal se détrempe; sa force coercitive disparaît ; il n’est plus aimantescible. Que se passera-t-il au contraire pour un acier trempé par compression, c’est-à-dire refroidi sous pression, après le refroidisssement brusque obtenu en partie par la compression? La propriété coercitive aura été maintenue, malgré le réchauffage, le for-geage même de cet acier. Autrement dit, au lieu d’être éphémère, instable, comme l’est la propriété coercitive due à la trempe obtenue par les bains, celle qui est imprimée à l’acier par sa compression
- (‘) Note présentée à l’Académie des sciences, dans la séance du a octobre 1882.
- sera permanente, indélébile’, quelles que soient les opérations successives auxquelles il sera soumis. C’est, pour moi, à l’homogénéité plus absolue que donnent la compression et le refroidissement sous pression qu’il faut attribuer ce résultat.
- « Il y a là, je crois, un fait intéressant au point de vue scientifique et aussi aü point de vue métallurgique. J’appuie maintenant sur des faits l’exposé que je viens de présenter.
- « J’ai pris une et plusieurs lames d’un faisceau de machine magnéto-électrique; je les ai brisées; je les ai forgées, pour en faire un paquet que j’ai soudé à la forge pour en former un barreau ; j’ai comprimé ce barreau, j’ai reconstitué mes lames, je les ai réaimantées, et, comme celles que j’avais détruites pour leur faire subir l’opération que je viens de décrire, j’ai retrouvé la même force d’aimantation, ii? mesurés au galvanomètre. J’ai fait la même opération sur un grand nombre de téléphones : non seulement la force magnétique s’est conservée, mais encore elle s’est accrue par les diverses transformations et opérations que j’ai fait subir à l’acier.
- « Dans ces conditions, la compression et le refroidissement sous pression viennent doqc constituer un nouveau mode de traitement métallurgique. J’ajouterai que le métal ainsi traité présente dans la pratique de grands avantages : tandis que l’acier trempé par les bains est durci, intravaillable et souvent déformé, l’acier soumis à la compression et retravaillé ensuite est doux; il peut se limer,-se percer, etc., ce qui est un avantage inappréciable pour les constructeurs d’appareils à aimants, machines magnéto-électriques, téléphones, etc., qui perdent"souvent un temps précieux en travaillant sur des aimants "qui se brisent au dernier moment. »
- FAITS DIVERS
- Un bateau mû par l’électricité, et qui a reçu le noril d’Electticity, a remonté ces jours-ci la Tamise avec quatre passagers. Parti du quai des usines de l’Elcctrical Power Storage Company à Milhvall, il a marché avec une vitesse d’environ huit nœuds à l'heure* jusqu’au Pont de Londres* contre vent et marée ; puis il est retourné à Millwall. L’jEïec-tricitÿ qui mesure vingt-six pieds de long, portait quarante six accumulateurs Sellon et Wolckmar et deux machines dynamo Siemens D3.
- La force électro-motrice totale des accumulateurs était de 96 volts et pendant tout le trajet, le courant à travers chn1 que machine a été maintenu à vingt-quatre ampères;
- Pendant un concours agricole qui vient d’avoir Heu ;î Lundenburg, en Allemagne, ont eu lieu d’intéressants essais de l’emploi de l’électricité à la place de la vapeur pour le battage du blé.
- MM. Piette et Krizik ont éclairé par l’électricité, le 11 septembre, l’emplacement réservé aux machines de labour
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- 4oô la lumière électrique
- et ont utilisé en même temps le courant électrique pour mettre en mouvement une grande machine à battage ordinaire. Le cylindre de cette machine à battre le blé atteignait une vitesse de quatorze cents tours à la minute.
- Éclairage électrique
- La Société industrielle qui exploite les brevets belges de la Lampe-Soleil a fait à Anvers une installation qui présente un intérêt tout particulier en ce qu'elle constitue, à notre connaissance, la première distribution de lumière électrique allant d'une même source chez différents consommateurs. Près de la station, une locomobile de io chevaux active une machine Gramme à courants alternatifs, type II, à excitation séparée; de cette machine partent deux circuits, qui desservent chacun 6 lampes, dont une est placée dans la salle d'attente de iro classe, 6 dans un café voisin, 4 dans un autre café et une dans la salle de la machine. Cet éclairage fonctionne depuis 6 semaines avec, une telle perfection, que la Société a déjà recueilli dans les environs des demandes pour 60 lampes.
- La Société va établir, pour. satisfaire à ces demandes, une usine centrale qui sera une des premières usines à lumière du continent. De telles usines seront nécessairement de proportions restreintes aussi longtemps que les Compagnies électriques n'auront pas des autorisations suffisantes pour établir leurs réseaux. Ici encore, de même que pour les téléphones, les obstacles administratifs seront les seuls bien sérieux qui puissent retarder le développement d’un grand progrès.
- 11 (Journal VIngénieur Conseil.)
- Des améliorations vont être apportées dans le système actuel d'éclairage de la Bibliothèque nationale à l'occasion des travaux d'agrandissement qui doivent y être exécutés du côté de la rue Vivienne.
- On va mettre à l'étude un projet d'éclairage à la lumière électrique, perfectionnement qui permettrait aux habitués de la Bibliothèque nationale d'employer utilement leurs soirées d'hiver. La mise à exécution de ce projet ne porterait, d’abord à titre d’essai que sur une ou deux salles réservées, à cet effet, dans le nouveau corps 'de bâtiment que l'on doit construire en bordure sur la rue Vivienne, et faisant retour sur la rue Colbert.
- La Compagnie des chemins de fer de l'Est a chargé un de ses ingénieurs de dresser un devis pour l'établissement de l'éclairage électrique de la gare de Nancy. Ce ne sera pas seulement la halle centrale destinée aux bagages et le quai des voyageurs, qui devront être éclairés par l'électricité; la gare des marchandises avec ses voies nombreuses, recevra aussi le nouveau mode d'éclairage. Les manœuvres des wagons sur les voies, très rapprochées en cet endroit, en seront facilitées d'autant.
- Au phare de la Garoupe, en Provence, on va installer une puissante machine à vapeur destinée à produire une grande force magnéto-électrique. Le maire d'Antibes a donné l’autorisation nécessaire pour l'utilisation des eaux pluviales des divers bâtiments communaux qui entourent le phare, afin d'alimenter la machine à vapeur et d'obtenir ainsi l'éclairage par l'électricité.
- \J Albatros, beau steamer en fer qui vient d'être lancé à Wilmington (Etats-Unis) pour le service de la United States Fish Commission va être pourvu d'appareils d'éclairage électrique. Ce bâtiment est destiné à des observations et à des pêches dans l'Océan pour le compte de la Commission des pêcheries. On capturera le poisson la nuit à l'aide de lampes électriques. La pêche à la surface de l'eau se fera
- avec des lampes Brush et dans les profondeurs de la mer avec des lampes Edison. L'équipage de VAlbatros comprend soixante-cinq hommes.
- La Maxim Weston Company a fait élever à Liverpool, dans Peter's Lane, une grande station, d'où elle éclaire actuellement les théâtres du Prince de Galles et de la Cour, ainsi que les magasins Hyams dans Lime Street. Les machines dynamo placées dans cette station peuvent fournir le courant à des lampes d'une intensité totale de 5oo,ooo candies. Une autre station se construit par les soins de la même compagnie dans London road. Elle est destinée à "envoyer le courant nécessaire aux lampes électriques du théâtre Alexandra.. ________________
- La Société générale d'électricité de Barcelone vient de faire, pendant le séjour du roi d’Espagne à Comillas, diverses expériences d'éclairage électrique avec des appareils à arc età incandescence. Cette Société annonce qu'elle a demandé à éclairer au moyen de douze cents foyers à incandescence l'Opéra ou théâtre royal de Madrid, au prix actuellement payé à la Compagnie du gaz.
- Le Gay's Hospital à Londres a reçu des installations d’éclairage électrique. Le 2 ‘octobre, les escaliers, salles de récéption, cours et corridors ont été éclairés avec quatorze lampes différentielles Siemens et le musée anatomique avec soixante et onze lampes Swan.
- Téléphonie.
- La Gazette officielle de Madrid publie le règlement relatif à l'exécution du décret royal du 16 août dernier, décret qui .autorise le Ministre de l'Intérieur à concéder l'établissement et l’exploitation de réseaux téléphoniques en Espagne.
- Ce règlement comprend vingt-quatre articles. On y lit, entre autres dispositions, les suivantes :
- Chaque réseau téléphonique aura une station centrale, à partir de laquelle aucune ligne ne se prolongera à plus de dix kilomètres, mais on pourra relier à cette station toutes les localités qui se trouveront dans ce rayon, de manière à constituer ainsi un seul groupe. Pour un abonnement simple par circuit et par an, le prix est fixé à mille francs; pour un abonnement double pour un même individu ou une raison sociale à neuf cents francs, et pour un abonnement multiple souscrit en conditions égales, à huit cents francs. Les prix maximum pour les dépêches téléphoniques seront : pour chaque dépêche n'excédant pas vingt mots, cinquante centimes, pour chaque mot en plus, cinq centimes, pour chaque copie supplémentaire de dépêche multiple, vingt-cinq centimes. ________
- Les conditions relatives à l'établissement d'un réseau téléphonique à Nice viennent d'être modifiées. Elles sontin-diquées dans un règlement dont les dispositions générales sont les suivantes : Prix de l'abonnement pour un an, 200 fr. pour six mois, i5o fr.; dépenses de premier établissement à la charge des abonnés; appareils, 35o fr.; fil (prix moyen pour l'intérieur de la ville), 400 fr. Lorsque le domicile de l'abonné est situé en dehors de la ville, les prix ci-dessus sont augmentés suivant la distance et par kilomètre en plus à partir du périmètre de l'octroi de : Abonnement, 25 fr.. fil spécial, 25o fr.; fil posé sur ligne déjà faite, 125 fr.
- On compte actuellement aux États-Unis de soixante à soixante dix mille abonnés au téléphone. Dans la V/ille de New-York seule le chiffre des abonnés est de 2,873.
- Le Gérant ; A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, 13, quai Voltaire, — 32422
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- La Lumière Électrique
- Journal universel cïElectricité
- 4« ANNÉE (TOME VII)
- 5i, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Tu. DU MONGEL
- Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- SAMEDI 28 OCTOBRE 1882
- N® 43
- SOMMAIRE
- Des différences physiques existant entre les courants induits directs et les courants induits inverses ; Th. du Monccl.
- — L’éclairage électrique des côtes d’Angleterre et d’Australie (4e article); Gustave Richard, — Les aurores polaires (2e article); Alfred Àngot. — Les sciences physiques en biologie : L’électricité (12e article); Dr A. d’Arsonval.
- — La lampe.et la machine Jurgensen ; Aug. Guerout. — Exposition Internationale d’Electricité de Munich : A propos de l’expérience du transport de la force; Frank Ge-raldy. — Revue des travaux récents en électricité : Historique des moteurs électriques. — A propos des courants ondulatoires. — Correspondance : Exposition Internationale d’Electricité de Munich : La clôture de l’Exposition, lettre de M. O. Kern. — Faits divers.
- DES DIFFÉRENCES PHYSIQUES
- EXISTANT. ENTRE
- LES COURANTS INDUITS DIRECTS
- ET
- LES COURANTS INDUITS INVERSES
- Ou sait que les courants induits directs ont plus de tension que les courants induits inverses, et cela tient surtout, quand ces courants proviennent de réactions magnéto-électriques, à ce que l'aimantation des inducteurs s’effectue plus lentement que leur désaimantation. Avec les machines d’induction du genre de celles de Ruhmkorff, la différence est si grande qu’il n’y a que les courants directs qui traversent une solution de continuité pratiquée dans le circuit. Mais d’autres différences existent encore, et bien que j’en aie déjà parlé dans un article publié dans ce journal, le icr octobre 1880 (page 395), je crois intéressant de rapporter les expériences que j’ai faites à ce sujet en 1869 et qui ont été publiées dans ma brochure sur la Non-ho-mogénéité de Vétincelle d'induction, page 3o. Je crois- d’autant plus utile de les rapporter, que beaucoup d’expériences que j’ai faites alors semblent être ignorées de plusieurs physiciens qui s’oc-
- cupent actuellement de la bobine de Ruhmkorff, entre autres de M. Spottiswoode, qui vient de publier une étude sur l’action des aimants sur l’étincelle d’induction, étude que j’avais suivie dans des conditions plus variées, dès l’année 1869, comme on peut le voir dans la brochure dont nous venons de parler et la 40 édition de ma notice sur l’appareil de Ruhmkorff.
- Dans ce travail que nous avons analysé dans les numéros des 9 et 16 septembre 1882 de La Lumière Électrique, M. Spottiswoode signale, sous le nom de flamme et de lueur rouge ce que j’avais appelé dans l’origine, en i855,l’atmosphère lumineuse de l’étincelle d’induction, et ce qu’on a appelé depuis Xauréole, et j’avais démontré, dès i855, que cette auréole n’était qu’une sorte de matelas d’air, une gaine gazeuse enveloppant l’étincelle et devenue lumineuse parce qu’elle servait de conducteur imparfait à une grande partie de la décharge qui s’écoulait ainsi sans déflagration, à la manière d’un courant électrique, à travers un fil de platine d’une insuffisante conductibilité. J’avais démontré encore que l’on pouvait séparer par l’insufflation ou l’action d’un aimant, l’auréole et le trait de feu de la décharge statique, que l’auréole était constituée par un flux électrique .de quantité ayant tous les caractères des courants voltaïques, c’est-à-dire pouvant produire les effets calorifiques, électro-magnétiques, électro-chimiques, alors que le trait de feu de la décharge était constitué par un flux d’électricité de haute tension produisant les effets mécaniques et physiologiques des décharges statiques. Enfin j’avais indiqué que c’était le flux de tension qui ouvrait la voie à l’autre flux en échauffant la couche d’air à travers laquelle il se propageait, en déterminant mécaniquement la raréfaction du milieu, gazeux qu’il traversait, et en entraînant avec lui des parcelles conductrices arrachées aux rhéophores servant d’excitateurs de l’étincelle. M. Lissajous, au moyen d’un miroir tournant, a mis ce fait hors de doute, et dans plusieurs mémoires présentés par moi à différentes époques, depuis i855 jusqu’en 1869, j’ai indiqué les causes qui intervenaient dans la production de
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- l’auréole, sa forme, ses caractères, la manière dont elle était affectée par les actions extérieures, enfin une foule de phénomènes que j’ai réunis en une brochure de 115 pages publiée en 1860 et intitulée Recherches sur la non-homogénéité de l'étindelle d'induction. J’ai résumé tout ce travail dans m'on article du i5 juin 187g de La Lumière Électrique. Ceci dit en passant, j’en arrive aux expériences qui font l’objet de cet article, et je rapporte textuellement ce que j’en disais dans la brochure précédente, page 29.
- « D’après les différentes expériences qui précèdent, on peut conclure : i° que c’est à la dilatation de l'air dans l'intervalle traversé par l'étincelle et à l'introduction dans cet air de certains corps doués d'une conductibilité secondaire, tels que la vapeur d'eau, les poussières métalliques ou carbonnées, en un mot à la bonne conductibilité
- D(o }
- du milieu interposé à travers la décharge qu’il faut rapporter en grande partie la formation et surtout le développement de l’atmosphère lumineuse de l’étincelle d’induction; 20 que plus cette conductibilité du milieu interposé dans la décharge est considérable, plus les traits de feu de la décharge directe tendent à se confondre avec Vatmosphère qui les entoure.
- « Il résulte de là que si on fait varier les conditions de conductibilité du milieu traversé par l’étincelle ou la puissance des agents physiques destinés à produire cette conductibilité, on doit faire prédominer l’un ou l’autre des deux flux de l’étincelle d’induction.
- « Par conséquent, si l’on diminue ou si l’on augmente convenablement l’intensité du courant induit, Si l’on allonge ou si on raccourcit suffisamment l’étincelle, on devra finir par faire disparaître l’un ou l’autre des deux flux qui la composent. C’est, en effet, ce que l’expérience démontre ; mais pour que le flux qui reste seul conserve alors ses caractères, il faut que l’intensité électrique ne soit pas
- trop grande. Voici du reste une expérience qui, en démontrant péremptoirement cette conclusion, met au jour de nouveaux faits du plus grand intérêt.
- « Je mets à contribution pour cette expérience deux machines de Ruhmkorff; l’une B (fig. ci-contre), est employée comme générateur du courant induit, l’autre A, comme bobine de résistance dans de bonnes conditions d’isolement. Je joins les extrémités du fil fin de cette dernière à celles du fil fin de la première bobine, ce qui me donne un circuit métallique continu de grande résistance, et j’établis, à partir des pôles de l’appareil générateur un circuit dérivé dans lequel se trouvent successivement interposés un excitateur à vis micro -métrique G pour mesurer la longueur de l’étincelle et un microscope à excitateur C. J’ai indiqué par deux circuits dérivés cette double disposition, mais il doit être entendu que l’une succède à l’autre sur une même' dérivation, ou si l’on veut, qu’il n’y a d’actif dans une même expérience, qu’un seul des deux appareils interposés sur ces deux circuits dérivés. Enfin un galvanomètre peu sensible se trouve interposé tour à tour en F et en E dans le circuit métallique et le circuit dérivé, pour qu’on puisse apprécier les variations d’intensité et de sens du courant qui peuvent avoir lieu dans ces circuits.
- « Avec cette disposition, le courant induit sc trouve divisé entre le circuit métallique complété par la machine A, et l’une ou l’autre des dérivations correspondant aux instruments C et G. Il se trouve, par conséquent* affaibli et ne peut produire l’effet calorifique et répulsif nécessaire pour rendre l’air interposé dans la solution de continuité suffisamment conducteur. Toute l’électricité qui a le moins de tension et qui dans un circuit simple passe à travers la gaine lumineuse que nous connaissons, traverse le circuit métallique qui lui oppose une moindre résistance, et il en résulte que l’étincelle qui apparaît dans le microscope ou sur l’excitateur micrométrique est dépouillée d’atmosphère lumineuse. Mais sitôt qu’on interrompt le circuit métallique continu au moyen de l’interrupteur D, cette atmosphère apparaît immédiatement. Ces alternatives d’apparition et de disparition de cette atmosphère sont très curieuses à suivre dans le microscope.
- « Maintenant, si après avoir rétabli la continuité du circuit métallique résistant, on interpose au milieu de la décharge provoquée sur l’excitateur micrométrique (laquelle est dépouillée d’atmosphère) la flamme d’une bougie, comme on le voit sur la figure, l’air étant devenu conducteur dans le voisinage de l’étincelle, une grande partie de l’électricité qui passait à travers le circuit métallique continu se dérive à travers la nouvelle voie qui lui est ouverte, et reconstitue autour de l’étincelle l’atmo^
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- sphère qui lui manquait et qui, par parenthèse, est alors d’une couleur blanc bleuâtre par suite de son passage à travers le gaz enflammé.
- « Les indications fournies par le galvanomètre dans cette expérience vont nous révéler, ainsi que nous l’avons dit, d’autres phénomènes d’un genre tout particulier.
- « On sait que des deux courants induits produits par la machine de Ruhmkorff, le courant direct ou le courant d’ouverture est le seul qui puisse traverser une solution de continuité et produire étincelle. C’est ce qui fait que l’on considère ces courants comme ayant une direction constante, et comme issus d’un générateur ayant deux pôles parfaitement caractérisés. Que devient le courant inverse?... C’est une question qui n’a pas encore été parfaitement étudiée, mais il est probable que ne pouvant pas se développer dans le circuit extérieur, ce courant donne lieu à l’intérieur de la bobine induite à une décharge en retour qui ne peut d’ailleurs être nuisible, puisque cette décharge en retour se trouve être alors dans le même sens que le courant direct qui lui succède. Quoi qu’il en soit, le courant inverse manifeste fort bien sa présence dès lors que le circuit induit est dans les conditions de conductibilité convenables, et c’est ce qui motive certains effets électro-chimiques que M. Grove a étudiés et qui paraissent être des anomalies. On peut s’en convaincre d’ailleurs en interposant un galvanomètre dans un circuit métallique fermé traversé par ces courants. Aucune déviation ne se fait remarquer sur cet instrument après que l’appareil d’induction est mis en train, et tout le temps qu’il marche régulièrement, et cela parce que les courants directs et inverses, qui sont égaux en quantité, se succédant à des intervalles très rapprochés, l’eftct produit par l’un est détruit par l’autre. Ainsi, bien que ne manifestant pas sa présence dans les circuits discontinus, le courant inverse n’est pas, pour cela, détruit, et pour le faire apparaître, il suffit, en lui donnant une issue qu’il puisse franchir, de séparer de lui le courant direct. C’est ce à quoi l’on parvient en employant la disposition de l’expérience précédente. Alors, on reconnaît que le courant qui manifeste extérieurement sa présence ou plutôt sa prépondérance dans le circuit métallique, est le courant inverse, tandis que celui qui se manifeste dans le circuit dérivé est le courant direct, et cette manifestation est d'autant plus marquée dans les deux circuits que la solution de continuité du circuit dérivé est moins résistante.
- « On comprend facilement ces effets si l’on examine que le courant induit produit par la première machine B tend à se diviser entre deux circuits; mais comme il se compose de deux courants ayant une tension bien différente dont l’un (l’inverse) ne peut franchir une solution de continuité, celui-ci reste complètement confiné dans le circuit métal-
- lique, et c’est seulement le courant direct qui se répartit entre les deux circuits d’une manière en rapport avec les caractères propres des deux flux qui le composent. Celui de ces flux qui joue le rôle de courant de haute tension pouvant franchir facilement une solution de continuité, suit le circuit dérivé dans lequel est interposé l'excitateur, tandis que l’autre flux, représentant le courant de quantité,passe de préférence, ainsique le courant inverse, à travers le circuit métallique. Il en résulte que l’étincelle produite à l’excitateur est dépouillée d’atmosphère, ainsi que nous l’avons déjà dit, et comme le flux de quantité est celui des deux flux du courant direct qui réagit le plus énergiquement sur le galvanomètre, son intervention dans le circuit métallique doit masquer nécessairement l’action du courant inverse. Alors les déviations du galvanomètre interposé dans ce circuit métallique ne représentent plus qu’un courant différentiel qui pourrait être nul si le flux de quantité du courant direct ne passait pas du tout à travers la solution de continuité du circuit dérivé. Mais un pareil résultat étant impossible à obtenir, il y a toujours une déviation galvanométrique qui accuse la prépondérance du courant inverse dans le circuit métallique et qui est d’autant plus grande que la déviation du flux de quantité par la solution de continuité du circuit dérivé peut s’effectuer plus facilement, car alors le courant inverse se trouve mieux démasqué. Ainsi, dans les expériences que j’ai faites, quand cette solution de continuité était d’environ 3/4 de millimètre, la déviation du galvanomètre interposé dans le circuit métallique était de 8 degrés, et cette déviation représentait par conséquent l’excès d’intensité du courant inverse sur la partie du courant direct traversant le circuit métallique. Dans ces conditions, l’intensité du courant direct traversant le circuit dérivé était représentée par la même déviation (8°). Quand la solution de continuité n’était que de 1/4 de millimètre, l’intensité du courant inverse dans le circuit métallique était de 20°, et l’intensité du courant direct dans le second circuit était de 35°.
- « O11 comprend facilement d’après le raisonnement précédent que si, par un moyen quelconque, on facilite encore la conductibilité du milieu interposé dans la solution de continuité du circuit dérivé, on devra faire prédominer davantage le courant inverse dans le circuit métallique et le courant direct dans le circuit dérivé, et cette augmentation de prépondérance devra être relativement d’autant plus forte que la solution de continuité du circuit dérivé aura été, dans l’origine, plus résistante. C’est en effet ce que l’expérience démontre. Ainsi, en chauffant l’étincelle produite sur l’excitateur micrométrique, soit avec la flamme d’une bougie, soit avec une lampe à alcool, les déviations du .galvanomètre que nous avons citées précédemment, sont portées dans un cas de 8° à 25° pour le courant
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- inverse, et de B" à 35° pour le courant direct; dans l’autre cas, de 20° à 25° pour le courant inverse et de 35° à 40° pour le courant direct. Du reste, un résultat analogue pourrait être obtenu en substituant dans l’expérience précédente le vide à l’action calorifique.
- « Un fait qui démontre la vérité de la théorie que nous venons d’exposer, c’est que si dans les expériences qui précèdent on pratique une très petite solution de continuité sur le circuit métallique résistant, on voit L’étincelle qui se produit au premier moment dans cette solution de continuité, disparaître aussitôt que l’on échauffe l’étincelle de l’excitateur, pour réapparaître de nouveau dès qu’on cesse réchauffement. Or nous avons vu que c’est précisément au moment de réchauffement, par conséquent au moment où le courant direct est au minimum dans le circuit métallique, que les déviations du galvanomètre interposé dans ce circuit sont les plus considérables; il faut donc que ces déviations se rapportent à un courant autre que le courant direct, et ce qui le prouve c'est qu'aussitôt que Von a pratiqué la solution de continuité dont nous avons parlé précédemment,tes déviations du galvanomètre changent de côté. Du reste, le sens des déviations du galvanomètre, qui est différent pour chacun des deux circuits, ne peut laisser aucun doute dans l’esprit sur ce genre de phénomène.
- « La différence d’intensité des deux courants dans leur circuit respectif peut indiquer la différence de conductibilité (pour les courants directs) d’une solution de continuité et d’un circuit métallique aussi résistant que celui de la bobine à fil fin de l’appareil de Ruhmkbrff. En effet, quand le circuit métallique est seul parcouru par le courant induit, les déviations sont à peu près nulles; elles seraient môme plutôt du côté du coûtant direct en raison de sa plus grande tension; par conséquent, le courant direct est à peu près égal sous le rapport des réactions galvanométriques, au courant inverse. Quand, au contraire, le courant induit se divise, entre les deux circuits, les déviations produites par le courant direct dans le circuit métallique sont réduites à peu près à zéro, si la flamme d’une bougie est interposée dans le circuit dérivé. On peut s’en convaincre en faisant dans le circuit métallique la petite solution de continuité dont nous avons parlé précédemment, et en l’établissant de manière à obtenir seulement une trace d’étincelle. Dans ce cas le courant inverse est arrêté et l’action produite n’est due qu’au courant direct dérivé par ce circuit. Or cette action est représentée par zéro. On peut donc en conclure que le courant inverse, au point de vue des déviations exercées sur le galvanomètre, n’est nullement masqué par le courant direct quand l’étincelle de l’excitateur micrométrique est chauffée. Par conséquent la déviation galyano-métrique de 25° qui indique l’intensité de ce cou-
- rant inverse représente donc également l’intensité du courant direct qui traverserait le même circuit métallique. Mais puisque l’intensité de ce dernier courant dans le circuit dérivé est représentée par 35° dans un cas, 40° dans l’autre, il faut donc que la résistance d’une solution de continuité pour l’électricité de tension soit moindre qu’une grande résistance métallique. Du reste voici une expérience qui démontre parfaitement cette conclusion.
- Si on fait passer successivement à travers le fil fin de l’appareil de Ruhmkorff la décharge de la machine électrique à plateau de verre ordinaire, puis celle du courant d’une deuxième machine d’induction, on reconnaît que, dans le premier cas, c’est tout au plus si l’étincelle électrique peut manifester sa présence, tandis que dans le second le courant est à peine affaibli. Pourtant l’étincelle de la machine électrique sans l’intermédiaire du circuit s’échange de beaucoup plus loin que celle de l’appareil de Ruhmkorff. »
- C’est au sujet de cette différence de conductibilité des circuits pour l’électricité de haute tension, que j’ai fait allusion aux expériences précédentes dans mon article publié le i°*' octobre 1880, en réponse aux déductions de M. Preece sur la forme à donner aux conducteurs des paratonnerres.
- Tu. du Mongel.
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DES CÔTES D’ANGLETERRE ET D’AUSTRALIE
- -1e article. {Voir les numéros des 23 et 3o septembre, et du 7 octobre i832.)
- South-Forcland. — Les deux phares du South-Foreland comptent parmi les plus importants de l’Angleterre; ils gardent le passage des bancs de Goodwin défendus, depuis i63q, par des tours qui n’ont été remplacées qu’en 1843 par les phares actuels. Le plan focal du haut phare est à n3 mètres au-dessus des hautes marées, celui du petit phare est à 89 mètres.
- En 1869, Holmes proposa d’éclairer ces phares au moyen d’une machine dynamo-électrique à surexcitation, mais, malgré la puissance remarquable de cette machine, l’administration des phares 11c voulut pas l’adopter, par crainte des chauffages ; cette machine, représentée par les figures 14 et i5, se composait essentiellement d’un bâti porteur de 10 électro-aimants fixes, disposés en couronne autour d’une roue dont les raies étaient formés par 20 bobines et qui tournait avec une vitesse de 800 tours. Le poids de cette machine était de 5oo kilogrammes environ, et ses dimensions principales de : longueur im.3o, largeur om.8o, hau-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- t'eur 1 mètre; l’intensité de sa lumière était de 2,800 candies. (310 carcels.)
- On adopta, pour l’éclairage électrique du South-
- Foreland quatre machines de Holmes semblables a celles du Souter-Point, décrites dans le précédent article, actionnées par deux machines de 10 che-
- ÉLÉVATtON
- — MACHINE DYNAMO-ÉLECTRIQUE DK HOLMES
- vaux. Les conducteurs sont établis comme ceux de Souter-Point; le bâtiment des machines est presque à'mi-chemin entre les deux phares, la longueur du câble du haut phare est de 210 mètres, celle du câble du petit phare est de 180 mètres.
- L’appareil optique du haut phare (fig. 16, 17 et 18)
- est du troisième ordre, fixe et à feu blanc ; les prismes réfracteurs impriment aux rayons des divergences verticales différentes, graduées de manière à étendre leur nappe lumineuse de plus en plus loin sur la mer à partir des deux zones attenantes à la bande médiane, dont la divergence est de 5°.24', et dont les rayons couvrent la mer à uocm du phare.
- Kl U. I». — PHARE DU SOUTH-FORELAND. — COUPE DU ' TAMBOUR CENTRAL
- La lumière d’arrière, — celle qui se perdrait dans l’angle de 184° indiqué sur la figure 17 — est utilisée pour l’illumination de l’horizon à éclairer, en la réfractant — à l’exception de celle qui se dissipe dans
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- PLAN l)E L APPAREIL DE SOUTII-KORELAND
- le petit angle nécessaire pour accéder à la lampe — sur deux jeux de cinq prismes, au moyen de deux
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- demi-lentilles holophotes. La distance focale des demi-lentilles est de i87™m.5, les prismes ont 533mm de haut : les trois prismes intermédiaires sont catadiopriques et du type ordinaire de Fresnel;
- le premier prisme est un réfracteur et le dernier présente une section trapézoïdale, adoptée par M. Stevenson, et qui lui permet de réfléchir la lumière sous un angle plus grand que go°. Ces jeux
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- FIG. 18. —• HAUT PHARE DE SOUTII-FO RELA ND
- de prismes réfléchissent et réfractent la lumière d’arrière sur la moitié de l’horizon éclairé : les angles d’émergence de chacun de ces prismes sont indépendants les uns des autres et calculés de manière à donner, au faisceau lumineux, une intensité
- uniforme, malgré l’inégalité de leurs éclairements. Cet appareil auxiliaire est de MM. Stephenson et Swan.
- L’appareil optique du petit phare est disposé (%. 16) comme celui du grand; on a seulement
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- Tableau A donnant le prix, les dimensions, le poids, le nombre de chevaux dépensés, et la lumière produite par les ma* chines magnéto-électriques et dynamo-électriques essayées au South-Foreland, en 1876-77.
- v> • •0 -O W H LUMIÈRE PRODUITE LUMIÈRE PRODUITE . par cheval W t—
- DÉSIGNATION DES MACHINES. TRIX. Longueur, j ^ û 3 V bo u a vJ ' c Hauteur. . POIDS. NOMBRE de chevaux absor 55 m S ei < eu (A Ë 0 O H en ca « B *x 0 S idles. c c U >> 0 s en ca C9 a *p S 2 Moyenne. 1 « en ca « S X « s adles. ô a a 0 O 2 eu ca « B X C3 1—( reels. 4> G G 0 O S DIMENSION des charbons. ORDRE DE MERT
- Holmes magnéto- fl'. m m m kilos millim.
- électrique. . . . i375o 1.472 1.340 1.573 3547 3.2 400 1 523 1.523 I69 169 476 476 53 53 çX 9 6
- Alliance d°. . . . i235o 1.340 1.372 1.523 l85i 3.6 400 i.ç53 1.953 217 217 543 543 60 60 9X 9 5
- Gramme dynamo-
- électrique (n° 1) 8000 O.786 0; 786 1.244 1268 5.3 420 6.663 4.016 740 446 I 257 758 140 84 Ï2XI2 4
- Gramme d° (n° 2) 8000 O.786 O.786 1 244 1268 S 74 420 6.663 4.016 740 .446 1.2.57 758 140 84 I2XI2 4
- Siemens d°(gran- 0 354 I.646
- de) Siemens d° (pe- 6725 1.142 0 735 592 9.8 480 14.818 8.932 992 I 5l2 911 168 XOI '7Xi7 3
- tite, n° 58). . . . 2500 0.670 0 735 0.253 174 -3.5 85o 5.539 3.339 6i5 371 ï.582 954 176 106 12X 6 2
- Siemens d° (pe-
- tite, n° 68). . . . Deux Holmes magnéto - électri- 25oo 0.670 0.735 0.253 174 . 3.3 85o 6.864 4.i38 762 460 2.080 1.254 23l 139 12X12 1
- ques. 27750 3.047 1.340 1.573 52i3 6.5 - 400 2 811 2.811 312 3l2 432 432 48 48 I2XI2 »
- Deux Gramme dy- 1.573 0.786 1.266
- namo Deux Siemens d° 16000 1.244 2591 ïo.5 420 11.396 6.869 763 i.o85 654 121 73 17X17 »
- (petites,nos58et
- h 5ooo I 340 0.735 0.253 381 6.6 85o 14 134 8.520 1.570 947 2.141 I .291 238 143 17X17 »
- Tableau B. — Prix, dimensions et poids des différents types de machines dynamo-électriques Gramme, construites par la maison Sautter et Lemonnier, et disposées pour phares; nombre de chevaux vapeur employés et lumière produite.
- TYPE. PRIX. niMP.NRïnNR POIDS. Chevaux vapeur néces- saires, TOURS par minute. LUMIÈRE DIAMÈTRE des charbons.
- Lon- gueur. Largeur. Hauteur en ca totale. ndles par cheval vapeur. en Ce totale. reels parcheval vapeur.
- fr. ni m m kilogr. millimètres.
- A 2000 O.698 0.399 0.577 i85 2.5 900 6.3oo 2.4OO 700 .267 * i3 rond.
- Deux machines
- accouplées . 4000 O.99O O.493 0.399 339 5.0 QOO 14.OOO 2.800 1.555 311 ï8 »
- C 6060 0.735 0.544 O.647 389
- H j 5.0 700 iS.ooo 3.om t . 666 333 i5 »
- | Accouplées en
- 0 tension . . • ♦ •* •• -• *•
- Accouplées en 1 8.0 I .200 25.000 3.125 2-777 347 18 »
- quantité. . . * • - •• ••
- D 9000 0.052 0.800 o.05o 998 1
- j 8.0 3oo 25.000 3.125 2.777 3-17 18 »
- Accouplées en 1
- tension . . . • . . • . • • • .. \
- Accouplées en | i3.o 5oo 45.000 3.460 5.ooo i °2 384 ) ronds ( et cuivrés
- quantité. . . " | 20 • )
- divisé la bande médiane en quatre zones dont la divergence sous Phorizon atteint ‘17° 23 de manière à couvrir la mer à 3oom du phare.
- Les principales caractéristiques de l’éclairage des phares du South Foreland sont les suivantes :
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pour l’ensemble des deux phares. — Intensité de la lumière ..nue : :
- Minima, pendant 3692 heures, 3040 candies.
- Maxima — 720 — 6080 —
- Moyenne pour l’année de 4412 heures, 3536 candies.
- Intensité maxima du faisceau :
- Pour le haut phare, 152,000 candies.
- Dans le plan le plus éclairé : ;
- Pour le petit phare; i3i,ooo candies. ,. j
- Dépens? Par candie, Pntcnrccl
- — heure. heure.
- Avec l’ancienne lampe à huile et
- même appareil optique i°,4 100 12e,6
- Avec l’électricité '. o°,4 36 3e,6
- L’éclairage électrique de ces phares a fonctionné sans accident depuis son inauguration, au icr ian-vier 1872.
- PIIAUES DU LIZARD
- L’installation de l’éclairage électrique aux deux phares du cap Lizard fut inaugurée le 29 mars 1878.
- À la suite de nombreux essais comparatifs, exécutés sous la direction du professeur Tyndall et dont les résultats sont, résumés dans le tableau À, l’administration des phares adopta, pour l’éclairage du cap Lizard, les machines dynamoélectrique de Siemens à bobines longitudinales (').
- P) Il est juste de faire remarquer que la machine Gramme des essais anglais était d’un type déjà ancien et construite par un constructeur inexpérimenté. Des essais exécutés par M. Sautter avec les machines Gramme modernes et bien construites, ont donné, en moyenne, les résultats résumés dans le tableau B, et qui diffèrent notablement de ceux des expériences anglaises.
- Les expériences exécutées au dépôt des phares français, soiis la direction de M. Allard, avec des machines Gramme, sans prendre de précautions exceptionnelles, ont donné les résultats moins brillants/consignés dans le tableau ci-des-sous :
- ^Travail Intensité lumineuse 1
- Numéros. Nombre de tours par absorbé par la machine moyenne e n carcels.i
- minute. en
- chevaux. totale. parcheval \
- I 5So ' 11.48 IÜIO 08
- Machines
- Gramme. 2 600 5.45 49.3 90.5
- i 3 680 4.20 3-13 81.4
- Les machines Gramme donnent, pour la même force, 40 à 45 °/o plus de lumière que celle de l’Alliance. D’après M. Allard, le type n° 2 est le meilleur pour les phares.
- Dans des essais exécutés, en juin et octobre 1880, une machine de Méritens de 7 chevaux 5o montant à 790 tours, a donné, en moyenne, 84.8 carcels par cheval, valeur peu différente du rendement moyen des machines Gramme. M. Allard préfère les machines de Méritens comme ne pré-
- Ces machines, au nombre de six, font 85o tours par minute, et peuvent produire chacune, au foyer de la lanterne, une lumière de 3 620 candies; elles sont actionnées par trois machines à air chaud de Brown de 10 chevaux. .,
- (A suivre.) Gustave Richard. ,
- LES AURORES POLAIRES
- 2" article. ( Voir le n° du 21 octobre. 1882.)
- II. — FORMES DES AURORES POLAIRES (Suite.)
- Nous avons décrit précédemment les formes relativement simples des aurores polaires';:ce sont d’ordinaire en même temslcs plus stables, et elles conservent leur apparence générale pendant un certain temps, depuis plusieurs minutes jusqu’à des heures, des nuits entières et peut-être même des périodes plus longues encore. Nous passerons maintenant aux aurores de là deuxième classe, celles-qui, éminemment variables dans leurs contours comme dans leur éclat, ont parfois des mouvements si rapides que l’œil a peine à les suivre. Quelquefois ces formes variables accompagnent les formes fixes; plus souvent on les observe seules; en tous cas, ce sont les plus nombreuses et celles qui donnent lieu aux apparences les. plus remarquables.
- Sauf indication contraire, nous emprunterons la plupart des détails qui suivent au mémoire de Bravais. Les formes variables de l’aurore se sont montrées, en effet, particulièrement fréquentes à Bos sekop, pendant le séjour de la commission française, et c’est certainement dans le volume que cette commission a consacré aux aurores boréales que l’on trouve les descriptions les plus nombreuses et les plus étendues des phénomènes de cet ordre.
- 40 Arcs à rayons.
- Les arcs à rayons du type 4 peuvent dériver par degrés insensibles des arcs à structure homogène du type 3, décrits précédemment'. Au -lieu d’être formés d’une lueur fixe et uniforme, ils paraissent
- sentant « aucune trace d’échauffement » et plus aptes, parce que leurs courants sont alternatifs, à être utilisées dans les phares (Allard, Mémoire sur les phares électriques, p. 15, 44 et 81). Les machines à courant continu présentent, d’autre part, l’avantage que presque toute leur lumière émane d’un point fixe, le centre de la facette du charbon positif, qui doit se trouver au foyer principal des lentilles, tandis qu’avec les machines à courants discontinus ou alternatifs, la lumière est formée de deux points lumineux séparés par un arc obscur. Si ou place le centre obscur au foyer principal, on envoie à l’horizon le minimum de lumière, et si l’on y place une des pointes des charbons, on envoie au ciel, ou sur la mer, la lumière de l’autre point.
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- FIG. 4V — APPARENCES SUCCESSIVES DE L'AURORE A BOSSEKOP, LE 12 ‘JANVIER l839 IA 5h3om DU soir; 2 A 6^ 15“ $ 3 A 6h3om; 4 A Om ; 5 a 7> 20“
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- composés d’un grand nombre de fibres ou de rayons, dirigés perpendiculairement au sens de la longueur de l’arc. Le plus souvent, ces sortes de fibres ne sont que des portions plus lumineuses qui se détachent non sur le fond obscur du ciel, mais sur un arc nébuleux plus pâle. Si au contraire les rayons de l’aurore se projettent sur un fond très sombre, et s’ils sont plus larges que les espaces noirs qui les séparent, ceux-ci prennent à leur tour l’apparence de rayons et forment ce que l’on a souvent observé sous le nom de rayons obscurs ou de stries noires; ces stries noires n’ont donc pas d’existence réelle et ne sont autre chose que le fond obscur du ciel vu entre deux rayons très rapprochés.
- Les fibres transversales qui composent l’arc paraissent à peu près parallèles les unes aux autres, quand elles ont une petite longueur. Mais si elles sont suffisamment développées, on reconnaît que, loin d’être parallèles, elles semblent en réalité converger toutes vers un point bien déterminé du ciel ; ce point est d’ordinaire très voisin du zénith magnétique, c’est-à-dire du point où la direction de l’aiguille de la boussole d’inclinaison rencontre la voûte céleste. Il nous suffira, pour l’instant, d’indiquer cette coïncidence, sur laquelle nous aurons à revenir quand nous parlerons des relations de l’aurore boréale avec le magnétisme terrestre.
- Les fibres transversales des arcs radiés sont le plus souvent coupées assez nettement à leur extrémité inférieure, suivant une courbe plus ou moins régulière qui limite bien l’atc. L’extrémité supérieure, au contraire, est fréquemment moins nette ; quelquefois même l’arc va en s’estompant par le haut et semble se fondre peu à peu dans le ciel
- (%• 4-) . .
- Les arcs radiés ont une courbure moins régulière que les arcs nébuleux à pâte homogène ; leur bord inférieur offre souvent des sinuosités, des crénelu-res que ne présentent pas ces derniers ; cependant la courbure moyenne semble bien la même des deux parts. Du reste la couleur est aussi la même, blanc-jaunâtre et très rarement rouge carminé ou violacé.
- Ces arcs varient en général d’une manière incessante, comme on le voit par la figure 4, qui représente cinq apparences successives de l’aurore observée à Bossekop (Laponie) par Lottin, le 12 janvier ï83g. Les arcs radiés se transforment en arcs homogènes et inversement, semblent fondre par une extrémité ou même disparaissent totalement, pour reparaître ensuite. En même temps ils se déplacent : par exemple ils se transportent parallèlement à eux-mêmes du sud au nord ou du nord au sud ; quelquefois encore, la hauteur de l’arc restant constante, ses pieds se déplacent en sens inverse l’un de l’autre, comme si l’arc entier tournait autour de la verticale, soit de l’est à l’ouest, soit de
- l’ouest à l’est. La rapidité de ces mouvements est très variable : à Bossekop on a vu fréquemment des arcs s’élever de 5° par minute; un arc même s’est une fois déplacé à raison de 170 par minute. On conçoit que ces mouvements gênent singulièrement les observations et rendent parfois bien difficiles des mesures exactes sur la forme et la hauteur des arcs.
- Les arcs radiés multiples ne sont pas rares, au moins dans certaines contrées. Pendant les 201 jours que passa la commission française à Bossekop, et sur lesquels on observa des aurores pendant i5i jours, on aperçut une fois jusqu’à neuf arcs différents qui brillaient au même moment sur le ciel ; deux fois on vit de même sept arcs, deux fois encore six arcs; une fois seulement cinq et trois fois quatre; quant aux arcs triples ou doubles, ils furent extrêmement fréquents.
- Certains rayons prennent parfois un très grand développement, qui se manifeste alors par la partie supérieure, bien qu’une fois par exception la commission française ait observé à Bossekop des rayons partant du bord inférieur de l’arc et se dirigeant vers l’horizon. Cette forme d’arc avec de grands rayons qui s’élèvent très haut, est la plus complète et la plus belle que présente d’ordinaire l’aurore boréale dans notre pays. Nous en donnons un exemple dans la figure 5, qui représente une aurore boréale observée en 1781 près d’Évreux, d’après une des gravures du Traité de l'aurore boréale, publié en 1733 par de Mairan. Les deux aurores qui furent observées coup sur coup à Paris dans les nuits du 24 et du 25 octobre 1870 affectèrent très sensiblement la même forme.
- Parmi les divers mouvements que présentent les arcs radiés, il convient de mentionner spécialement une apparence de mouvement ondulatoire extrêmement «remarquable : l’arc semble se transporter dans le sens de sa longueur avec une grande vitesse angulaire, qui peut s’élever jusqu’à 40° par seconde. Bravais qui a fréquemment observé ce phénomène l’explique comme l’avait déjà proposé de Mairan, non par un transport réel de l’arc, mais par un éclairement successif de ses différentes parties restées immobiles. Un rayon devient tout à coup très brillant pendant un instant très court, puis reprend ensuite son éclat primitif assez faible ; un moment après, c’est le rayon voisin qui acquiert son maximum de clarté, et ainsi de suite. Il est clair que, si l’illumination successive des différents rayons se propage avec une grande vitesse, l’œil ne reconnaîtra plus si l’arc se déplace réellement dans son entier, ou si c’est seulement une sorte d’onde ou de vague lumineuse qui court d’un bout à l’autre de l’arc. A Bossekop, le mouvement de l’ouest à l’est s’est montré deux fois plus fréquent que le mouvement inverse; certaines aurores enfin peuvent offrir alternativement les deux mouvements.
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- Une apparence qui accompagne un grand nombre d’aurores boréales, mais surtout celles du type que nous étudions-en ce moment, est le segment obscur, sorte d’arceau ou de segment de teinte plus sombre que le reste du ciel, et qui occupe l’horizon jusqu’à une dizaine de degrés de hauteur; c’est ce segment obscur que les Grecs et les Latins comparaient à l’entrée d’une caverne, à un gouffre d’où sortent les feux du ciel.
- Quand l’arc lumineux apparaît, son bord inférieur limite précisément le segment obscur et semble s’appuyer sur lui ; ce dernier, du reste, n’est pas formé par des nuages ou d’épaisses vapeurs, car il laisse fréquemment passer la lumière des étoiles.
- La nature de ce phénomène est difficile à préciser : les membres de la commission scientifique française eurent fréquemment, à Bossekop, l’occasion d’observer le segment obscur, soit accompagné d’une aurore boréale, soit même seul. D’autre part, il n’est pas rare d’observer des aurores polaires qui n’aient pas été précédées du segment obscur; il y a donc une certaine indépendance entre les deux phénomènes. En se fondant surtout sur l’absence totale du segment obscur pendant une période riche en aurores boréales, mais où la sérénité du ciel fut particulièrement remarquable, et aussi sur la situation ordinaire du segment obscur du côté de l’Océan Glacial, Bravais ne croit pas que l’on doive chercher l’origine de ce phénomène ailleurs que dans la vapeur brumeuse qui charge d’ordinaire l’horizon du côté de l’Océan Arctique.
- Pour terminer ce qui a rapport à la description physique des aurores en forme d’arc, notons que, dans les cas les plus fréquents, le sommet de l’arc est à peu près dans le méridien magnétique, c’est-à-dire dans la direction que prend une aiguille aimantée portée sur un pivot qui lui permet de se mouvoir -librement dans un plan horizontal. On peut constater des exceptions à cette loi dans une aurore en particulier, comme, par exemple, l’arc observé à Bossekop dans la nuit du 16 janvier i83g, et dont le sommet était à 8o° du méridien; mais, en moyenne, la loi se vérifie avec une exactitude très remarquable, surtout pour les aurores qui ne s’élèvent pas à plus de 70° au-dessus de l’horizon. C’est ainsi qu’à Bossekop 102 aurores de cette catégorie ont donné pour leur sommet une position moyenne qui ne diffère que de 6° à 70 du méridien magnétique. Nous aurons à revenir plus tard sur cette coïncidence.
- 5° Rayons auroraux. — Couronnes polaires.
- Les rayons que nous venons de voir précédemment associés à certaines aurores en forme d’arc, existent fréquemment seuls, et ils constituent une classe très importante d’aurores boréales. Ce sont des colonnes lumineuses beaucoup plus longues
- que larges, et dont la direction passe en général non loin du zénith magnétique. Les rayons qui se trouvent exactement au Nord ou au Sud paraissent donc verticaux, tandis que les autres sont plus ou moins inclinés sur l’horizon. Cette loi dans la direction des rayons n’offre pas du reste un caractère de rigueur absolue, car Bravais a fréquemment observé des rayons qui se coupaient, et qui semblaient passer les uns sur les autres.
- Les dimensions des rayons sont très variables : quelques-uns n’occupent sur le ciel qu’une longueur de 20 ou 3°, tandis que d’autres dépassent la moitié de la voûte céleste. De même ils varient en largeur depuis une petite fraction de degré jusqu’à 20 ou 3°, mais jamais beaucoup plus.
- Les rayons sont d’ordinaire nettement terminés sur les bords latéraux, ce qui, avec les mouvements dont nous parlerons plus loin, permet de les distinguer des plaques ou bandes aurorales appartenant aux aurores du deuxième type. Leur éclat est plus vif que celui des arcs proprement dits, et peut devenir suffisant pour donner naissance à des reflets sur l’eau ou la neige. Enfin ils sont généralement plus lumineux et mieux limités vers le pied qu’à la partie supérieure, et, comme les arcs, ils se laissent fréquemment traverser par la lumière des étoiles.
- Quelquefois ces rayons, nombreux et très voisins, se coordonnent et donnent naissance à un fragment d’arc radié, et même à un arc complet; d’autres fois, ils forment comme uu paquet fibreux que l’on peut comparer à des cirrus ou à des brins d’amiante (fig. 12).
- Ce qui caractérise surtout les rayons auroraux, c’est leur très grande variabilité. Ils présentent deux sortes de mouvements : le mouvement latéral, qui les déplace parallèlement à eux-mêmes, de droite à gauche ou de gauche à droite, et le mouvement longitudinal, qui s’effectue -vers le zénith ou l’horizon. Ces deux mouvements peuvent être extrêmement rapides : ainsi, Bravais a observé à Bossekop, le 11 octobre i838, un rayon qui, en 27 secondes, avait parcouru un espace angulaire de 90% soit la moitié du ciel.
- Le mouvement longitudinal ou vibratile offre quelques particularités curieuses. Tantôt le rayon, restant à peu près à la même place, s’allonge rapidement vers le zénith, ou plus souvent vers l’horizon; on dit alors qu’il dard'e. Tantôt le rayon, sans changer notablement de longueur, s’abaisse et remonte alternativement ; pn dit alors qu’il joue ou qu’il danse. C’est cette apparence de l’aurore, assez commune dans certains pays, qui est désigné par les auteurs du xvi° siècle sous le nom de chèvres bondissantes (capræ saltantes), de feux volants, et que l’on connaît encore au Canada sous le nom de marionnettes, et dans les îles Shetland sous celui de joyeux danseurs (tnerry dancers).
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- FIG. 5. — AURORE BORÉALE DE BREUILPONT. PRÈS ÉVREUX, DU 20 SEPTEMBRE 1731
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- — AURORE BORÉALE OBSERVÉE A BOSSEKOP, LE IÇ JANVIER 1839, A 9h27m DU S0IR> DANS L’EST
- FIO. 6.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Nous avons dit plus haut que la direction des rayons passe d’ordinaire par le zénith magnétique du lieu : lorsque les rayons se massent dans toutes les directions autour de ce point, il en résulte l’apparence assez grossière d’une gloire ou d’une couronne munie de ses rayons; de là le nom de couronne boréale sous lequel on désigne ce phénomène (voir üg. 22). Le centre de la couronne est lumineux, si tous les rayons se prolongent effectivement jusqu’au zénith magnétique; il reste obscur, au contraire, si les rayons s’arrêtent à une petite distance. Quelquefois les rayons ne se montrent que d’un côté seulement du zénith magnétique : la couronne est alors incomplète; elle ne se ferme pas sur elle-même, et se transforme en guirlande. Quand, au contraire, la couronne est formée de rayons très longs qui descendent presque jusqu’à l’horizon, on a l’apparence que les auteurs anciens désignaient sous le nom de tente, de pavillon, de coupole, etc. Quelquefois enfin les rayons de la couronne descendent soit vers le Nord, soit vers le Sud, soit des deux côtés à la fois, et forment alors tout autour de l’horizon une immense ceinture lumineuse.
- A de certains moments, les rayons qui composent la couronne entrent en mouvements rapides, prennent un vif éclat et, au lieu de la teinte blanc-jaunâtre habituelle, se colorent en rouge et en vert. La couronne offre alors une des plus magnifiques apparences que puisse montrer une aurore boréale. En général, lorsqu’une de ces brillantes couronnes vient à se former, toutes les autres lueurs de l’aurore répandues au même moment sur le ciel pâ-lissentj pour reparaître quand la couronne a disparu.
- Bien que rare dans les basses latitudes, la couronne peut être observée par exception assez loin des régions polaires. On en connaît plusieurs exemples en. France : une couronne bien nette se montra à Paris pendant la nuit du 25-26 octobre 1870 ; une autre couronne extrêmement développée et qui couvrit la plus grande partie du ciel, fut observée par de Mairan le 19 octobre 1726, et est figurée dans son Traité de VAurore boréale. Enfin nous donnerons dans des articles suivants le dessin (fîg. 22) d’une aurore australe, observée à la latitude de 38° S., à Melbourne (Australie), et dans laquelle une couronne est nettement visible.
- 6° Aurores en draperies.
- Nous avons dit plus haut que les rayons de l’aurore, quand ils deviennent nombreux et se rapprochent beaucoup les uns des autres, peuvent donner naissance, soit à des arcs radiés, soit à des couronnes ou guirlandes. Lorsque le phénomène est encore plus développé et la forme moins régulière, on arrive aux formes les plus singulières et les plus remarquables, celles qui constituent la
- plus belle de toutes les manifestations de l’aurore boréale. Tous les rayons se groupent en une bande qui prend l’apparence d’une draperie ondulante, et rappelle les plis d’un drapeau agité par le vent. La figure 6 représente une forme relativement simple de ces draperies, dont on trouvera par la suite dés"’exemples plus remarquables encore dans les figures 23 à 29.
- Certaines parties, plus vives que le reste, paraissent en relief tandis que d’autres, moins éclairées, semblent passer en arrière ou former le creux des plis. Dans le plus grand nombre des cas, comme on n’a aucun moyen de déterminer exactement la forme de l’aurore ni la distance de ses différentes parties à l’observateur, il est bien difficile de juger si ce n’est pas là une pure illusion d’optique, due aux différences d’intensité des rayons ; mais pour certaines apparences, telles que celle delà figure 29, il paraît presque impossible de ne pas voir dans l’aurore plusieurs nappes de lumière bien distinctes, qui s’enveloppent les unes les autres.
- Toutes ces aurores en forme de draperies, d’éventails, d’arcs ondulés, sont en général beaucoup plus nettes sur leur bord inférieur, tandis que la clarté du bord supérieur diminue peu à peu et se fond insensiblement dans le ciel. Elles sont souvent en outre accompagnées des plus belles couleurs. A la partie inférieure, près du bord le plus net, les rayons présentent une teinte rose carminée, tirant parfois un peu sur le violet. La couleur passe ensuite au blanc jaunâtre, qui occupe généralement la plus grande partie de l’aurore, mais quelquefois, au contraire, disparaît presque entièrement. En haut enfin, là où la lueur va en s’affaiblissant, apparaît une nuance verte, quelquefois bleuâtre. Si l’on ajoute à ces couleurs l’effet du mouvement ondulatoire incessant qui agite les différentes parties de l’aurore, on arrivera à se former une idée de la splendeur que peut acquérir ce phénomène
- Quelquefois, au lieu de ressembler à une large draperie agitée par le vent, l’aurore offre plutôt la forme d’un long ruban plusieurs fois replié, du bord duquel s’élanceraient des rayons ; cette forme rare a< été observée et dessinée par Whymper dans l’Alaska (voir figure 27).
- Enfin, une dernière modification et des plus curieuses est celle où la draperie semble se terminer par un ruban beaucoup plus mince, nébuleux et affectant des formes bizarres, parmi lesquelles celle en crochet (figure 28) s’est assez souvent présentée à Bossekop aux observateurs de la commission française.
- Nous avons cherché, dans ce qui précède, à donner une description suffisamment complète de toutes les formes que peuvent présenter les aurores polaires. Nous essayerons dans les articles suivants
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- de pousser plus loin l’étude de la nature même de ces aurores, et de montrer les relations qui existent entre elles et d’autres phénomènes physiques et météorologiques. Nous résumerons enfin les différentes .théories que l’on a successivement proposées pour expliquer toutes ces relations, théories qui sont sans doute encore bien incomplètes, mais auxquelles chaque progrès réalisé dans les sciences physiques vient apporter de nouveaux éléments.
- (/I suivre.) Alfred Angot.
- LES SCIENCES PHYSIQUES
- EN BIOLOGIE
- L’ÉLECTRICITÉ
- 12° article. (Voir les noa du 25 février, des 8 et 29 avril, 6 mai, des 3 et 10 juin, des 8 et i5 juillet, et des 2 et 23 septembre.)
- LES CONDITIONS PHYSIQUES DE LA VIE (suite)
- On a vu dans l’article précédent comment Cl. Bernard a démontré que les animaux fabriquaient des réserves de matière amylacée en formant la matière glycogène, corps toujours identique à lui-même, au moyen des aliments les plus variés. Cette fonction glycogénique est absolument générale. Elle n’appartient pas en propre aux animaux supérieurs, tous les êtres vivants la possèdent, quelle que soit leur taille et l’échelon qu’ils occupent dans la série des êtres vivants. C’est une fonction cellulaire qui appartient aussi bien à l’infusoire monoccllulaire qu’à l’homme. Claude Bernard a lui-même démontré cette généralité par des expériences que je ne puis rapporter ici, mais qui ne laissent aucun doute. Cette fonction est commune à tous les êtres vivants, aussi bien aux végétaux qu’aux animaux. — Toutes les autres matières organiques, graisse ou substances azotées, sont dans le même cas que le sucre.
- Les réserves sont préparées au moyen des aliments et ce sont elles qui à chaque instant sont dépensées en proportions variables.
- Les manifestations vitales détruisent des provisions qui viennent bien sans doute du dehors en dernière analyse, mais qui ont été préalablement élaborées au sein de l’organisme. Détruits d’abord par la digestion, reconstitués ensuite par le travail cellulaire sous formes de réserves, les aliments ne sont donc pas détruits directement. Ce sont ces réserves, toujours identiques pour un même animal, qui versées dans le sang assurent la fixité de sa constitution physico-chimique.
- Si les mécanismes qui président à la nutrition sont troublés, si l’animal est mis dans l’impossibi-
- lité de préparer ces réserves, il marche vers une mort certaine.
- La vie ne cesse pourtant pas alors tout d’un coup, elle persiste tant que l’animal a encore à dépenser des réserves accumulées antérieurement. Mais rien ne lui servirait alors dé manger, ces réserves ne pouvant se faire, l’animal ne peut brûler directement les matériaux qu’il ingère, il ne se nourrira pas, il n’assimilera pas, un pareil état aboutit à l’impossibilité vitale, à la dissolution de l’organisme.
- C’est ce qui arrive dans les maladies fébriles. L’être vivant use sans refaire. Cet état est rapidement mortel s’il se maintient jusqu’à l’entier épuisement des réserves accumulées par la nutrition antérieure.
- L’expérience confirme de point en point ces déductions pour la réserve nutritive la plus facile à constater, je veux dire la matière glycogène. Chez tous les animaux que Yon tue on trouve plus ou moins de matière glycogène dans le foie; il en est de même chez l’homme auquel un accident enlève brusquement la vie en pleine santé. (Suicide, mort violente, rupture d’anévrisme.)
- Jamais chez les animaux et chez l’homme qui se sont éteints dans la consomption fébrile le foie ne contient trace de matière glycogène.—Nous voyons la même chose pour les plantes plongées dans l’eau pure; elles continuent à vivre ou même se développent (jacinthes) tant que leurs réserves (amidon) ne sont pas épuisées; aussitôt après elles meurent.
- La présence de ces réserves est tellement importante que les animaux ressuscitants ou hibernants dont j’ai parlé dans des articles précédents ne peuvent revenir à la vie qu’à la condition dé ne pas avoir épuisé leurs réserves.
- Je l’ai constaté pour les anguillules du blé niellé. Elles ressuscitent indéfiniment dans une eau contenant des matières nutritives qu’elles s’assimilent durant le réveil. Si au contraire on les fait ressusciter dans l’eau distillée, elles reviennent à la vie seulement un certain nombre de fois, d’autant moindre qu’on les laisse vivre chaque fois plus longtemps, c’est-à-dire suivant qu’on leur donne plus ou moins de temps pour épuiser leurs réserves.
- Même pour les gaz tels que l’oxygène il se fait des réserves. Je l’ai montré dans mes recherches de calorimétrie animale. Il n’y a aucun rapport fixe entre la quantité de chaleur produite et la quantité d’oxygène absorbé par l’animal durant le même temps, ainsi que le voudrait la théorie de la combustion directe.
- Cela prouve qu’on ne peut nullement savoir , ce qui se passe dans un animal en analysant simplement ce qu’il absorbe et ce qu’il rejette au dehors. C’est dans l’organisme, et dans l'organisme
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- vivant seul, qu’on peut saisir les mécanismes si compliqués qui régissent les phénomènes vitaux.
- Si ces considérations montrent que la vivisection est une nécessité cruelle de la science physiologique, elles prouvent également que la pratique n’en doit pas être laissée au premier venu.
- On ne devrait aborder l’étude des êtres vivants qu’une fois armé de connaissances physico-chimiques solides.
- Les mécanismes vitaux, quelque compliqués qu’ils-soient, ne sont au fond que des phénomènes physico-chimiques d’une délicatesse infinie, il est vrai. Toutes les ressources que les sciences exactes mettent en nos mains ne sont pas de trop au chercheur qui veut aborder avec fruit un sujet d’étude aussi hérissé de difficultés de toute nature.
- Conclusion. — J’ai terminé l’étude des conditions physiques générales de la vie. J’ai passé en revue avec Claude Bernard les trois formes générales sous lesquelles la vie se montre a nous : Vie latente, vie oscillante, vie constante.
- Dans aucune de ces trois formes l’être vivant ne contient en lui-même' un principe intérieur vital qui puisse agir indépendamment des forces physico-chimiques extérieures.
- Dans la vie latente l’être est esclave du milieu extérieur au point que toute manifestation vitale peut être arrêtée.
- Dans la vie oscillante l’être vivant est un peu plus indépendant du milieu dans lequel il vit, parce qu’il possède déjà en lui-même des mécanismes compensateurs.
- Enfin, dans la vie constante, l’être vivant paraît tout à fait libre. Chez lui, les manifestations vitales sem blent spontanées. Il paraît s’affranchir des conditions physico-chimiques extérieures qu’il peut braver impunément, comme s’il portait en lui-même un principe intérieur d’action, soustrait aux influences cosmiques.
- Cette liberté, comme tant d’autres, n’est qu’une illusion.
- Chez l’être supérieur les relations entre l’organisme et le milieu extérieur se montrent, au contraire, dans la plénitude de leur étendue.
- Chaque fois que le milieu extérieur change, un mécanisme compensateur réagit, comme nous l’avons vu, sous l’influence du système nerveux pour conserver au milieu intérieur ses mêmes conditions physico-chimiques. Que si l’on met le système nerveux dans l’impossibilité d’opérer la compensation l’organisme se détraque; on le rétablit, au contraire, dans son intégrité en remplissant, en l’absence du système nerveux, la condition physique exigée (respiration artificielle par exemple dans l’empoisonnement par le curare).
- Il est donc impossible d’admettre chez les êtres vivants, quelle que soit leur complication, l’existence d’un principal vital libre, luttant contre les forces
- physico-chimiques, et arrivant à triompher de leurs lois.
- C’est le contraire qui est vrai. Ainsi meurt le vitalisme avec toutes les doctrines qui n’ont pas pour base la seule chose qui ne trompe jamais: l’expérience.
- (A suivre) Dr A. d’Arsonval.
- LA LAMPE ET LA MACHINE
- JURGENSEN
- On se rappelle la machine de M. Jurgensen qui était exposée, il y a un an, au Palais de l’Industrie, et que nous avons décrite dans le numéro du 4 janvier 1882.
- Pour avoir un système spécial d’éclairage, M. Jurgensen a ajouté à sa machine une lampe que nous trouvons décrite dans le Télégraphie Journal.
- Dans cette lampe, les mouvements des deux charbons sont solidaires l’un de l’autre et sont réglés par l’action différentielle de deux solénoïdes, tendant, l’un à écarter, l’autre à rapprocher les charbons. L’appareil est représenté en élévation dans la fig. 1 et le diagramme de la fig. 2 permet de comprendre le principe de son fonctionnement.
- Les deux porte-charbon sont disposés, comme dans la lampe Serrin, au-dessus de la boîte contenant les organes régulateurs et leurs tiges se prolongent à l’intérieur de cette boîte. Sur deux colonnes m 11, appartenant au bâti, est fixée une traverse e qui sert de support à un axe x, soutenu de la même façon de l’autre côté de la lampe. Sur cet axe sont fixées deux roues H et h dont les mouvements sont solidaires de ceux des porte-charbon. C’est-à-dire que si ces roues tournent en sens inverse des aiguilles d’une montre, le porte-charbon supérieur K s’élèvera, et l’inférieur IC s’abaissera; il y aura donc écart. Si les roues tournent au contraire dans le sens des aiguilles d’une montre, il y aura rapprochement des charbons et en raison des diamètres donnés autf deux roues, les quantités dont avanceront les deux charbons seront proportionnelles à leurs usures respectives. En un mot, le point lumineux sera fixe.
- Les deux solénoïdes régulateurs sont placés en S' et en S et dans leur intérieur plongent des noyaux de fer doux qui terminent les port.e-char-bon. Outre ces solénoïdes, la lampe comporte un petit dispositif spécial représenté en détail au milieu de la fig. 2 et destiné à permettre rallumage quand les charbons ne sont pas en contact. Ce dispositif se comprend à l’inspection seule du croquis et il suffit d’ailleurs de suivre la fig. 2 pour voir comment fonctionne la lampe :
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ELECTRICITE
- Si l’on suppose les charbons écartés, le courant entrant dans la lampe par la borne P-f- et arrivant à la pièce R ne pourra animer l’électro-aimant m ; l’armature a de ce dernier restera donc relevée et le coûrant passant par la pièce R, la vis b, l’armature a et la pièce V, traversera le solénoïde S et reviendra à la borne P —. Le solénoïde S agissant sur le fer doux du porte-charbon K l'abaissera et, K' s’élevant en même temps, le contact des char-
- bons se produira. A ce moment le courant passera en partie par l’électro-aimant m, l’armature de ce dernier sera attirée et le contact en b rompu, de sorte que le courant ne pourra plus passer de R en S', mais sa route principale sera de P -f- à P — au travers de ni, des deux charbons et du solénoïde S. Ce dernier agira alors, déterminera l’écart et produira l’arc.
- Une fois l’arc établi et tant qu’il se maintient, la lampe peut être considérée comme une lampe différentielle. Sur la partie supérieure du solénoïde S est, en effet, branché un autre solénoïde de grande résistance s. L’ensemble des deux, quand le contact b est rompu forme un solénoïde de
- grande résistance, placé en dérivation sur les deux bornes de la lampe. On conçoit, dès lors, comment se fait le réglage. Quand l’arc devient trop résistant, il passe plus de courant en Ss, K s’abaisse et les charbons se rapprochent. Si le cas contraire arrivait, l’action de S'deviendrait prépondérante et un écart aurait lieu.
- Afin que l’on puisse régler la sensibilité de la lampe, elle est munie d’un barillet / (fig. 3) contenant un ressort et agissant par l’intermédiaire d’un pignon d sur l’axe x. En tendant plus ou moins ce ressort, on modifie la tendance à se rapprocher qu’ont naturellement les charbons, en vertu du
- poids du porte-charbon supérieur et l’on règle la sensibilité de l’appareil. Ce ressort joue le même rôle que le poids réglable du régulateur Jaspar
- FIG. 3
- avec lequel la lampe Jurgensen a d’ailleurs une grande analogie.
- L’article où nous avons puisé ces détails contient un rapport de MM. Ayrton et Perry, dans le-
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- quel nous trouvons quelques données sur l’énergie dépensée dans la lampe et sur son pouvoir éclairant mesuré d’une part au travers d’un verre rouge, de l’autre au travers d’un verre vert, afin d’avoir les intensités des rayons rouges et verts.
- Le courant étant de i6,5 à 17,9 ampères et la différence de potentiel entre les bornes de la lampe de 44,3 volts à 48,6 volts, le travail dépensé dans . l’arc a été de 79 à 86,7 kilogrammètres.
- En descendant à une intensité de 14 à 14,7 ampères, qui est en général suffisante pour la lampe, la différence de potentiel aux bornes de celles-ci a été 41 volts à 42 volts, 5 et le travail dépensé dans l’atcde 60,6 à 61,44 kilogrammètres.
- Quant à l’intensité lumineuse, elle a été mesurée sous différents angles avec des intensités variables, il est donc difficile de tirer des chiffres donnés pour les deux couleurs de rayons l’intensité moyenne pratique de la lampe. D’après un autre
- 1 I 11 m — IV
- Nombre de tours par minute 7-14 790 848 900 .
- Résistance du circuit extérieur eu ohms .... 3,6 3,9 6,2 8,7
- Intensité en ampères . . 23,8 22.4 17,5 14,3
- Différence de potentiel aux bornes de la machine en volts O ,0,0 88,2 109,8 I 24
- Force électro-motrice de la machine en volts . . 111,6 15o 160 l65
- Travail fourni par le moteur à la machine en chevaux 5,3 4.9 4. s 4,i
- Rendement absolu, ou rapport du travail fourni au travail recueilli dans tout le circuit . . o,85 0,93 0,84 0,77
- Rendement utile, ou rapport du travail fourni au travail recueilli dans le circuit extérieur. . . o,,|.| 0,54 0,58 o,58
- passage de l’article, cette intensité serait d’environ 200 carcels, ce qui donnerait par carcel une dépense de 0,4 kilogrammètres environ.
- Le même rapport de MM. Ayrton et Perry contient aussi sur la machine de Jurgensen des données numériques qu’il est intéressant de rapporter.
- Dans un de leurs essais, la machine tournant à 620 tours par minute, on a pris successivement comme circuit extérieur les résistances suivantes : 4 ohms,5; 3 ohms,3; 2 ohms,i; 1 ohm,2; 1 ohm,2; les forces électro-motrices ont été respectivement 106 volts, io5 volts, 102 volts, 107 volts et io3 volts, Vest-à-dire que la force électro-motrice s’est montrée sensiblement constante. Le courant s’était élevé de 12 à 26 ampères; le champ magnétique était donc déjà saturé à 12 ampères et l’on reconnaît là l’avantage de puissants électro-aimants à gros fils.
- Une autre série d’essais ^ permis de déterminer le rendement de la machine. Le tableau ci-contre résume ces expériences. '
- Il est fâcheux que l’on n’ait pas indiqué si, pour ces expériences, on avait le rapport le plus favorable entre la résistance extérieure et la résistance intérieure qui n’est pas donnée, et que l’on n’ait pas dit non plus si les vitesses auxquelles les essais ont été faits sont des vitesses d’expériences ou des vitesses auxquelles peut tourner normalement la machine Jurgensen.
- Le prix de cette machine est, paraît-il, fort peu élevé, à Copenhague du moins, et elle a déjà été installée conjointement avec la lampe décrite plus haut dans certains endroits, mais principalement en Suède.
- Aug. Guerout.
- EXPOSITION INTERNATION ACE D’ÉLECTRICITÉ DE MUNICH
- A PROPOS DE L’EXPÉRIENCE
- D U
- TRANSPORT DE LA FORCE
- Cette remarquable expérience dont nous avons déjà entretenu le lecteur motive quelques remarques. Je voudrais aujourd’hui présenter quelques considérations sur deux points intéressants.
- Le premier est relatif à l’emploi des fils télégraphiques au point de vue de l’isolement.
- On avait eu beaucoup de craintes à ce sujet; on entend parler fréquemment en effet des communications télégraphiques interrompues par suite de pertes sur la ligne, il semblait au premier abord qu’un obstacle qui suffisait à arrêter des appareils exigeant aussi peu de-courant que les télégraphes, devait à fortiori avoir une influence désastreuse lorsqu’il s’agirait de faire marcher des appareils réclamant une grande quantité d’énergie.
- L’expérience a prononcé victorieusement sur ce point.
- Mais en y réfléchissant, on peut s’apercevoir qu’en effet les craintes n’avaient pas tant de raison d’être. Il est bien vrai que les télégraphes font usage de petites intensités, mais aussi ils les utilisent très complètement; en général, on tend à mesurer la pile assez exactement, en sorte qu’une perte peut faire descendre le courant au-dessous de la limite nécessaire, sans pour cela que le défaut ait une très grande importance.
- Quant à la quantité d’énergie transmise, ce qui effraye surtout, c’est la haute tension; on est porté à penser qu’un défaut sensible aux basses tensions ira s’exagérant énormément avec les tensions éle-| vécs ; cela n’est pas exact.
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- S’il s’agit d’une ligne où il n’existe qu’une seule force électro-motrice, la simple application des lois d’Ohm montre que l’influence de la tension est nulle. Considérez en effet une perte comme une dérivation, ainsi qu’on fait dans les études télégraphiques, la proportion de courant qui s’échappe par cette dérivation ne dépend que des résistances de la perte et des portions du circuit, elle est indépendante de la tension initiale quelle qu’elle soit. Si vous perdez io o/o de votre intensité, vous les perdrez toujours.
- Quand il y a sur le circuit plusieurs forces électro-motrices, comme cela a lieu dans le cas du transport de la force, l’évaluation de la perte est plus compliquée, mais l’influence de la tension reste toujours peu saillante. Ce qui fait illusion, c’est qu’on met en comparaison la tension employée avec la résistance seule de la ligne, cela conduirait à d’énormes intensités; on oublie de compter les résistances des machines à haute tension, qui sont très considérables, et dont l’influence est telle que les intensités circulant sont en définitive très petites; or, c’est la grande intensité qui pourrait être à craindre ; il pourrait arriver que le contact où se produit la perte, venant à recevoir trop de courant, fût échauffé, agrandi et rendu plus nuisible; c’est ce qui se présente dans les faisceaux de câbles télégraphiques lorsqu’on les charge trop ; les cloisons isolantes où un léger défaut existe peuvent être fondues en ce point et la perte devient sérieuse : le cas n’est pas le même pour les transmissions de force où le principe est précisément d’employer des courants de faible intensité. Dans l’expérience de Munich, le courant était d’environ 0,4 ampère : dans de pareilles conditions, les fuites, s’il y en avait, ne pouvaient s’exagérer. Au reste, je le répète, l’expérience a prononcé; une étude préalable, faite avec une tension de ioo volts, avait indiqué une perte d’environ 2 0/0 ; elle s’est maintenue constamment aux environs de cette valeur, même pendant les temps de pluie, et n’a exercé aucune influence sensible. Ce point était précisément celui en vue duquel l’expérience avait surtout été faite, et on l’a vu avec beaucoup de satisfaction ainsi fixé de la façon la plus rassurante.
- En outre de cette considération, je voudrais appeler l’attention sur un point déjà bien souvent exposé, mais où il se produit encore continuellement des confusions : il s’agit des termes employés pour désigner et comparer les diverses quantités de travail développées dans les transports de ce genre.
- Il est nécessaire de définir encore une fois ces termes, puisqu’il s’élève des discussions reposant uniquement sur des erreurs de mots.
- Lorsqu’une source électrique travaille avec une force électro-motrice E en fournissant un courant
- d’intensité I, elle produit une quantité d’énergie mesurée par E I ; c’est le travail total.
- Si l’on mesure la différence de potentiel aux bornes de la machine, elle ne sera pas égale à E à cause de la résistance intérieure du générateur; elle aura une valeur plus petite E';'la quantité E'I mesure le travail produit sur le circuit extérieur à la machine ; c’est le travail disponible.
- Si l’on prend une portion de ce circuit que l’on emploie au travail spécial que l’on veut obtenir, e étant la différence des potentiels aux extrémités de cette portion de circuit, e I sera le travail qu’on peut y recueillir; c’est le travail utile.
- Dans les transports de force, e représente la force contre électro-motrice de la machine réceptrice.
- Enfin le rapport entre le travail utile et le travail total, rapport représenté par la formule ^ est le rendement.
- Ces deux dernières quantités sont tout à fait différentes, l’une est une valeur concrète, l’autre est un rapport, et cependant on les confond souvent.
- Il est établi par la théorie que le travail utile a un maximum, il se produit lorsque le rendement est de 5o °/0, mais justement parce que c’est le maximum du travail, ce n’est pas celui du rendement; ce dernier peut prendre théoriquement toutes les valeurs entre o et 1 : il n’y a donc absolument rien d’étonnant à ce qu’il ait atteint des valeurs supérieures à 5o % dans l’expérience de Munich, comme cela avait du reste eu lieu déjà dans d’autres expériences de ce genre. Cela prouve seulement que le travail utile n’était pas maximum; on aurait pu demander plus de travail à la machine si on eût voulu l’essayer, on l’eût obtenu en abaissant le rendement. C’est une considération simple qu’il importe d’avoir présente à la mémoire.
- Nous n’avons pas encore le chiffre exact du rendement : il a varié d’ailleurs parce que les appareils ont été conduits à des vitesses différentes, on a d’abord fait tourner la machine génératrice à 2 000 tours environ, plus tard on adopté la vitesse de 1 600 tours; avec cette deuxième allure on obtenait le niême travail utile, mais naturellement avec un rendement moins brillant. Nous savons cependant de façon certaine que dans ces diverses circonstances, ce rendement évalué soit par les vitesses, soit par les mesures directes des forces électro-motrices et des intensités, a toujours été supérieur à 5o % ; on voit qu’il n’y a là aucune difficulté et lorsque la valeur officielle nous sera connue, il faut espérer qu’il n’y aura plus de discussion et de confusion sur ce point.. Nous y reviendrons plus tard, en étudiant les circonstances saillantes de l’expérience.
- Frank Geraldy.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS en électricité
- Hfstorique des moteurs électriques.
- Il paraît, d’après un article publié dans YElec-trician du 9 septembre, que le document le plus ancien, concernant les moteurs électro magnétiques est une lecture faite en 1882 par le Dr Schuslhess, devant la Société philosophique de Zurich, dans laquelle il dit qu’une force comme celle que l’on obtient en fermant le courant et en le rétablissant ensuite, pourrait être appliquée avec avantage en mécanique. Cette idée fit son chemin, et, en i833, il exposa une machine qui fonctionnait de cette manière. Toutefois, en novembre i832, l’abbé Salvator dal Nègro, professeur de philosophie naturelle à l’Université de.Padoue, publia un mémoire dans lequel il exposait les moyens que l’on pouvait employer pour appliquer l’électro-magnétisme au mouvement des machines. Mais c’est, en définitive, M. Jacobi, alors à Kœnisberg, qui, dans un mémoire lu devant l’Académie des sciences de Paris, en décembre 1834, posa nettement la question et la discuta le premier scientifiquement.
- A cette époque,T834, l’Académie des sciences ne publiait pas les comptes rendus de ses séances, car ce n’est qu’en i835, sur la proposition de M. Arago, que fut fondée la belle publication qui sous le titre de Comptes rendus des séances de VAcadémie des sciences, est aujourd’hui si appréciée et si répandue dans le monde entier ; mais il existait un journal fondé par M. Arnoult, sous le titre de Y Institut, qui en tenait lieu, et le résumé du mémoire de M. Jacobi s’y trouve publié dans le n° 82, (du 3 décembre 1834); or comme ce document est. peu connu, nous croyons devoir en extraire ce qui a rapport aux espérances, on pourrait même dire aux illusions, que l’auteur fondait sur ce genre de moteurs. Nous ne parlerons pas de l’appareil lui-, même qui a été décrit dans tous les ouvrages d’applications électriques, ni de ses fameuses expériences sur la Neva, qui sont encore plus connues, mais par la partie théorique que nous reproduisons, on verra que la question était plus mûrie à cette époque que ne le feraient supposer les appareils construits de 1834 à 1860. Quoiqu’il en soit, voici les conclusions de M. Jacobi:
- « i° Le mécanisme de ce moteur est très simple, comparé à celui des machines à vapeur; il n’y a ici ni cylindre, ni piston, ni soupape, etc., dont la construction puisse exiger une grande exactitude et causer de grands frais, et partant point de ces frottements qui consument en pure perte plus de la moitié du travail total; ici il n’y a presque d’autre travail stérile que le frottement des axes dans les crapaudines. De plus, cette machine donne im-
- médiatement un mouvement circulaire continu, qu’on pourra changer en d’autres mouvements avec beaucoup plus de facilité qu’on 11e peut le faire quand le mouvement primitif est un mouvement rectiligne de va-et-vient. Ici, encore, point de péril d’explosion.
- « 20 Tous les moteurs employés jusqu’ici au mouvement des machines sont irrévocablement soumis à cette loi, savoir que leur puissance est directement proportionnelle à l’effet économique ou aux frais que coûte leur production. Ici, l’intensité de la force magnétique peut être augmentée de trois manières : par l’agrandissement de l’appareil voltaïque ; par l’augmentation des fils métalliques dont on entoure les barres, enfin en augmentant les dimensions de ces barres, principalement leur épaisseur. L’agrandissement de l’appareil voltaïque a des limites au-delà desquelles l’effet magnétique n’augmente qu’insensiblement. L’augmentation du fil métallique a aussi des limites, mais beaucoup moins resserrées. Enfin, quant à l’action que l’on gagne en agrandissant les dimensions du fer soumis au pouvoir magnétisant du courant électrique, il n’y a pas de limites connues. Ainsi, le nouveau moteur sort de la catégorie des forces motrices employées jusqu’ici, par la non-proportionalité des frais et de l’effet.
- « Si l’on pouvait douter encore que même son minimum de frais d’entretien ne répondît pas tout à fait au principe d’économie qui forme toujours le nerf d’un établissement mécanique ou industriel quelconque, ces doutes seront levés dès qu’on réfléchira que le magnétisme est une force et que l’excitation électro-magnétique s’opère instantanément.
- « En effet, quand on forme le circuit voltaïque, le fil, et par suite la barre qu’il entoure, acquièrent la force possible dans un instant sensiblement indivisible. Si quelques expériences semblent être en contradiction avec cette instantanéité, cela tient à quelque vice d’expérimentation, soit qu’un peu d’oxyde attaché au fil ait retardé le contact métallique, soit par quelque autre accident étranger au phénomène lui-même.
- « De même, si deux éléments magnétiques se meuvent l’un vers l’autre, leur action réciproque est toujours une fonction de leur distance, de sorte
- que leur action totale peut être exprimée f M ds.
- *Jo
- Dans cette formule intégrale, le temps ou la vitesse n’entrent pas plus que dans les formules de l’attraction universelle, elle n’est affectée en aucune manière par la vitesse avec laquelle les deux éléments magnétiques se meuvent l’un vers l’autre. Donc oh
- peut gagner le travail f Mds, dans un temps J°
- quelconque, sans changer rien à la nature des indi-
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- vidus en action, et sans augmenter la source de la force. Cela posé, et le changement des pôles se faisant instantanément, on dispose d’une force tout
- à fait' analogue à la gravité, et l’expression (
- J O
- peut être comparée au nombre g connu.
- « Le mouvement du système sera donc un mouvement accéléré et ne pourra devenir uniforme à moins qu’il n’entre quelque force ou quelque résistance, qui soit fonction du temps ou de la vitesse. Il en est de ce mouvement comme de celui d’un, corps tombant d’une grande hauteur, qui ne devient uniforme que par la résistance de l’air. Mais on conçoit qu’un tel élément se trouvant entièrement en dehors de la force, peut être réduit autant qu’on le voudra.
- « Remarquons qu’il n’en est pas de meme des autres moteurs. En effet, si l’on établit une intégrale de même forme f P d s, pour le travail
- qu'on en peut tirer, on suppose facilement que le point de la machine où la force P est appliquée n’a d’autre mouvement que celui qui lui est imprimé par la force motrice, laquelle, à proprement parler,, n’est pas une force, mais, comme la force musculaire, l’eau, le vent et la . vapeur, un système de points matériels animés par des forces. Dès que le point d’application prend un mouvement propre, il
- faut que sa vitesse entre dans la formule ( P ds,
- J p
- et s’y combine avec le temps qui doit s’écouler pour produire l’intensité qu’exige la conservation de cette nouvelle vitesse. Dé là résulte souvent un phénomène très compliqué, comme, par exemple, dans les machines à vapeur locomotives.
- « Pour établir une'différence précise entre les moteurs ordinaires et le nouvel agent'magnétique, on peut dire qu’avec celui-ci le. mouvement accéléré devient .uniforme, non par l’augmentation de la résistance, mais parce que l’action de la force sur le point d’application s’affaiblit, tandis qu’avec les autres, si le mouvement peut devenir uniforme, c’est par suite d’une cause étrangère tout à fait indépendante du principe de la force. La force magnétique peut donc être comparée à la gravité en supposant que l’on ait à sa disposition une hauteur infinie; clic agit dans toutes les directions sans trouver d’obstacles fixes, tandis que la gravité en trouve dans la surface de la terre.
- « Enfin pour énoncer en peu de mots l’impor-tauce technique de ce nouvel agent, on peut dire : Dans la machine électrique, la vitesse ne coûte pas d'argent. »
- A propos des courants ondulatoires.
- Si les courants ondulatoires ne sont pas du goût de certains écrivains scientifiques qui, ne jetant
- qu’un coup d’œil superficiel sur les travaux qu’ils analysent, font dire aux auteurs le contraire de ce qu’ils avancent, nous pouvons nous étonner de la naïveté de ces écrivains qui, ne se faisant pas une idée nette de ce dont ils parlent, croient que les courants ondulatoires sont .du fait seul d’interrupteurs en charbon et non d’interrupteurs métalliques; ce qui les amène à conclure que, puisque ces derniers peuvent reproduire la parole, il n’y a plus de courants ondulatoires, et par conséquent, que toutes les idées qu’on se faisait sur le mode d’action des microphones sont autant de sornettes. Nous n’aurions pas relevé ces erreurs, si on n’y avait attaché le nom d’un savant respecté et érudit, M. Preece, qui n’a jamais soutenu une pareille thèse, pas plus que M. Sylvanus Thompson dont on semblé s’être fait le champion. Ces savants, comme tous les physiciens quels qu’ils soient, savent parfaitement, et ils ont dit en toute occasion, que les sons articulés ne peuvent être transmis électriquement, qu’à la condition que le courant soit toujours fermé et que son intensité varie proportionnellement aux vibrations sonores déterminées par la voix. Or un courant continu, qui présente des alternatives de renforcements et d’affaiblissements est bien un courant ondulatoire, c’est-à-dire un courant dont l’intensité ondule comme les ondes provoquées sur l’eau par une pierre qu’on y jette; c’est à cause de cette ressemblance que M. Bell a donné aux courants transmis dans le téléphone, le nom de courants ondulatoires.
- Or, M. Th.' du Moncel a démontré, en i856, que de pareils courants pouvaient être obtenus, soit avec des interrupteurs métalliques, soit avec des interrupteurs constitués par des corps médiocrement conducteurs. Si l’écrivain auquel nous foisons allusion avait médité sur la discussion qui s’est élevée entre M. Sylvanus Thompson et M. Th. du Moncel, il aurait reconnu que tout le différend consistait en ceci : que M. du Moncel pense que les courants ondulatoires résultant des interrupteurs métalliques ne sont pas suffisants pour établir une transmission régulière de la parole dans des récepteurs à fil de fer destinés à parler haut, parce que la grandeur des variations de l’intensité du courant provoquées par les ondes sonores de la voix, est, d’après ses expériences, beaucoup moindre avec les interrupteurs métalliques qu’avec les interrupteurs à charbon, ou, en d’autres termes, que les courants ondulatoires sont beaucoup moins accentués dans un cas que dans l’autre.
- Quant à la question de savoir si des courants complètement interrompus peuvent reproduire la parole, il n’est pas un électricien qui puisse l’admettre ; mais ce que tout le monde sait, c’est que ces courants interrompus agissent beaucoup plus énergiquement et déterminent, de la part des téléphones, des sons élevés qui s’entendent à distance
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- et dans toute une grande salle. On peut s’assurer des deux modes d’action en faisant fonctionner le condensateur chantant de MM. Pollard et Garnier; quand le transmetteur est réglé de manière à reproduire la parole, c’est-à-dire avec un contact continu des lames de l’interrupteur, aucun son ne se fait entendre, du moins, si on n’use pas des moyens employés par MM. *Dunand„Herz ou Dol-bear, mais si on le règle de manière que le courant soit interrompu, l’appareil reproduit les sons musicaux, sans toutefois répéter la parole.
- M. Sylvanus Thompson prétend, au contraire, que les interrupteurs métalliques sont tout aussi efficaces que les autres, au point de vue des courants ondulatoires déterminés, et qu’on ne doit préférer les interrupteurs à charbon que parce qu’ils ne s’oxydent pas par suite du passage de la décharge.
- Nous allons indiquer à l’instant les raisons qui lont que M. Th. du Moncel ne peut accepter l’opinion de M. S. Thompson, mais nous devons dire dès maintenant que M. Preece n’intervient dans la question que pour indiquer l’intervention d’une nouvelle cause dans la création des courants ondulatoires déterminés dans le microphone. Loin de nier les courants ondulatoires, il les admet, comme on a pu le voir dans l’extrait que nous avons fait de sa communication dans notre n° du 16 septembre, page 282, mais il croit que c’est à l’action calorifique déterminée par le courant au point de contact des deux pièces de l’interrupteur, qu’il faut surtout attribuer l’effet, tandis que jusque là on admettait qu’il fallait le rapporter aux différences de pression, à l’intimité plus ou moins grande du contact, ou aux variations de l’étendue de la section du conducteur au point de contact, par suite d’une déformation des surfaces adhérentes. Contrairement à l’opinion de M. Thompson, il admet que le charbon est préférable pour ce genre d’interrupteurs, parce qu’il est médiocrement conducteur.
- M. Th. du Moncel admet parfaitement tout ce que dit M. Preece, mais il croit que toutes les ac- ' tions que nous venons d’énumérer sont en jeu simultanément, à un plus ou moins haut degré, et que la prédominance de l’une ou de l’autre dépend de la nature du microphone.
- Dans les microphones à charbons mous, comme ceux d’Edison, ce sont évidemment les variations de pression, le contact plus ou moins intime et les variations de section qui dominent ; dans les microphones à charbons durs, il est probable que c’est ,1a cause indiquée par M. Preece qui est prépondérante. Quoi qu’il en soit et quelque importance que l’on donne à la cause enjeu, les effets produits sont toujours les mêmes.
- Quant' à la supériorité des interrupteurs constitués par des corps médiocrement conducteurs, que M. Th. du Moncel rapporte à la plus grande
- amplitude des variations d’intensité de courant qu’ils déterminent, il l’explique de la manière suivante : « i° Si on part de la théorie de M. Preece, on peut dire que les points de contact du microphone s’échauffant d’autant plus facilement que leur résistance est plus grande, la variation d’intensité du courant doit être plus grande avec les conducteurs médiocres qu’avec les conducteurs métalliques puisqu’ils sont plus résistants, et de plus, comme, avec ces conducteurs médiocres les variations de la résistance sous l’influence de la chaleur sont beaucoup plus grandes qu’avec les métaux, les ondes du courant ondulatoire qu’ils déterminent doivent être plus accentuées, et cela d’autant plus que la variation s’effectue d’une manière plus favorable, puisque l’effet produit par les ondes sonores est d’augmenter la conductibilité des points de contact au lieu de la diminuer comme avec les métaux ; 20 si on part de l’hypothèse de l’accroissement de conductibilité par l’effet du rapprochement des molécules conductrices ou par accroissement de la section, on pourra raisonner de la même manière, car le tassement des .molécules s’effectuera plus facilement avec des corps médiocrement durs qu’avec des corps durs, et, d’ailleurs, il existe toujours dans les premiers des poussières semi-conductrices qui facilitent beaucoup l’action, ainsi que l’ont montré les expériences de M. Hughes, de M. Bourseul et de beaucoup d’autres. » Quant à l’action d’oxydabilité des contacts avec les interrupteurs métalliques invoquée par M. S. Thompson, elle ne devrait pas être mise en avant, car d’après les expériences de M. du Moncel etde M. Hughes, les variations d’intensité du courant avec des conducteurs oxydés sont beaucoup plus grandes qu’avec des conducteurs décapés ; d’ailleurs les meilleurs microphones de M. Herz sont ceux qu’il a faits avec de médiocres conducteurs composés de limailles métalliques agglomérées. Or ces limailles étaient tout aussi susceptibles d’oxydation que les conducteurs métalliques. Il est donc parfaitement démontré que les arguments de M. S. Thompson ne peuvent être considérés que comme des arguments in extremis, et nous renverrons le lecteur comme conclusion à l’article de M. Th. du Moncel inséré dans notre numéro du 19 août 1882.
- CORRESPONDANCE
- L'Exposition Internationale d’Électricité de Munich.
- Munich, le 17 octobre 1882.
- Nous 11e voulons pas quitter Munich sans consacrer quelques lignes aux cérémonies auxquelles a donné lieu la clôture de l’Exposition.
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- J O URNA L UNI VE RS EL D'ÊLE C TRI CI TÉ
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- Le dimanche soir d’abord, à 10 h. 1/2, une réunion solennelle a eu lieu dans le théâtre du Palais de Cristal, sous la présidence du ministre des cultes, M. Von Lutz. De nombreuses autorités entouraient M. le ministre et les membres du comité..
- Après une ouverture d’orchestre et un chœur, M. le président Von Beetz prit la parole. Il rappela d’abord les titres électriques de la ville de Munich où l’on a vu naître le premier télégraphe galvanique, le premier télégraphe imprimeur et la première horloge électro-magnétique, où l’on a employé pour la première fois les poteaux télégraphiques et le retour par le sol, et dans laquelle enfin la première lampe alimentée par une machine dynamo-électrique a servi à éclairer la construction du pont de Braunau. Il fit remarquer que rçialgré le peu de temps écoulé depuis les dernières manifestations du même genre, l’Exposition de Munich avait parfaitement sa raison d’être, parce qu’elle avait été organisée à un point de vue spécial. Le point essentiel de l’entreprise consistait dans les essais électro-techniques exécutés sur les divers appareils ; l’Exposition était destinée à fournir les fonds nécessaires à ces expériences. M. le président remercia ensuite les membres des commissions du zèle avec lequel ils avaient exécuté et exécutaient encore les essais, il adressa également des remerciements à tous ceux qui avaient prêté leur appui au comité, et il termina en priant M. le ministre de vouloir bien prononcer la clôture de l’Exposition. Dans une courte réponse, ce dernier remercia au nom du gouvernement bavarois, tous ceux qui avaient contribué au succès de l’Exposition, et il annonça que Sa Majesté le roi de Bavière, comme preuve de sa satisfaction, accordait à M. le président Von Beetz la croix de commandeur de l’ordie de mérite de Saint-Michel, et à MM. le vice-président Von Miller et le chevalier Schmæ-del la médaille de Ludwig pour les sciences et les arts. Il prononça ensuite la clôture de l’Exposition, et M. le président Von Beetz ayant provoqué un triple vivat en l’honneur du Roi, l’assemblée se sépara au son de l’hymne national de Bavière.
- Le lendemain soir, une fête d’un genre tout différent réunissait plusieurs centaines', de personnes à la brasserie Kindl.
- La fête était donnée parla municipalité de Munich aux membres du Comité, aux exposants et à tous ceux qui avaient pris part à l’Exposition. On était loin de la froide solennité de nos banquets officiels et un aimable sans-gêne empreint de la plus franche cordialité régnait dans cette immense salle de brasserie, autour de ces tables où l’on ne cessait de vider des litres de bière en^ mangeant les mets froids les plus variés. Les ministres étaient venus sans le moindre apparat s’asseoir au milieu des exposants à côté du bourgmestre, des autorités de la ville, et des membres du Comité auprès desquels les collaborateurs de La Lumière Electrique présents au nombre de douze, avaient trouvé le plus sympathique accueil. Pendant toute la soirée, les allocutions se succédèrent. M. le bourgmestre von Ehrard, M. le président von Beetz, le Dp Windenmaÿer; MM. Gerdeis-sen, von Pfeufer, Sartiaux, Crailsheim, von Schmaedei prirent tour à tour la parole et l’on vit même M. Schuckert diriger un chœur dans lequel étaient chantées les différentes curiosités de l’Exposition : les télégraphes, les téléphones, les accumulateurs, les expériences de M. Marcel Dcprez, les éclairages de Schuckcrt, etc. Dans une sorte de monôme, comme celui des élèves de l’Ecole polytechnique, toute l’assemblée défila, cliopc en main, devant le président et ce fut seulement à une heure fort avancée de la nuit que l’on se sépara en emportant un aussi bon souvenir de la cordialité de cette fête que de l’Exposition de Munich.
- O. Kuun.
- FAITS DIVERS
- Statistique des chemins- de fer et tramways électriques :
- Nous extrayons les renseignements suivants de l’Enginccr, du 29 septembre dernier.
- La longueur totale des chemins de fer et tramways électriques concédés ou en cours de construction est de 160 kilomètres environ.
- Les lignes actuellement en exploitation, sont :
- En Allemagne, celles de Lichterfclde (9 kil. 3oo) et de Spandauer Bock à Charlottenburg, près de Berlin.
- En Irlande, celle du Port Rush à Bush Mills; 18 kilomètres.
- En Hollande, la ligne de Zandvoort à Kostverloren, 2 kil.‘10.
- Les principales ligues concédées ou en construction sont :
- En Autriche, la ligne de Mœdiing, près de Vienne, 2 kil. 5, construite par la Sudbahu.
- En Allemagne, celle de Wiesbadcn à Nuremberg, 2 kilomètres, et celle des mines royales de Saxe à 2 Zankcrode.
- En Angleterre, à Londres, la ligne de Charing-Cross à Waterloo. Station en passant sous la Tamise, 1 kil. 2 et, dans le sud du pays de Galles, une ligne de 60 kilomètres, alimentée par des chutes d’eau.
- En Italie, on est sur le point d’en établir à Turin et à Milan.
- Aux Etats-Unis, la Compagnie Edison va exploiter par l’électricité une des principales lignes de l’Etat de New-York sur une longueur de 80 kilomètres. M. Husler cons truit, à Saint-Louis, une ligne électrique de 1 kil. 700.
- Une nouvelle Compagnie, la South Staffordshire Electric Lighting Company, vient de se constituer en vue de fournir l’électricitc pour l’éclairage, le chauffage, la force motrice, et aussi les communications télégraphiques, téléphoniques et autres.
- A Mexico, on vient de recevoir des horloges électriques, achetées par l’ayuntamiento de cette capitale, et destinées a-u service des édifices et places publics.
- Éclairage électrique
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- Nous avons déjà signalé plusieurs installations de' lumière électrique faites par la maison Gaillet et Huet de Lille. A ces installations, il faut ajouter les suivantes :
- A Saint-Paui-lez-Dunkerque, éclairage de la fête au moyen de 17 lampes différentielles Siemens, dont 4 puissantes à réflecteurs.
- A l’établissement départemental des eaux de Saint-Amand (Nord), éclairage d’une fête de nuit par 5 différentielles Siemens.
- A la distillerie de l’Hérault, à Agdc., éclairage par 4 différentielles Siemens.
- A la filature de MM. Allart Rousseau et O, de Roubaix, éclairage par 16 lampes Siemens.
- A la filature de M. A. Lefèvre, à Seclin (Nord), installation de 9 lampes Siemens et 25 lampes Swan.
- A la sucrerie de MM. Dersu et O, Epcnaucourt (Somme), éclairage de 5 lampes Siemens et 3o lampes Swan.
- A la raffinerie de MM. Crepin, à Querricu (Somme), éclairage par un pendulum Siemens.
- Disons encore que MM. Gaillet et Iluct ont ajouté à l’éclairage de leur propre usine 6 puissantes différentielles et une alternative W3, et qu’ils vont éclairer prochainement le palais Rameau, à Lille, et les travaux de reconstruction de l’usine Saint-André, appartenant à la maison Kuhlmann.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- En Egypte, la maison anglaise Allen Akicrson et C°, qui, il y a deux mois, avait installé des appareils d'éclairage électrique â Ramleh, près d'Alexandrie, vient de recevoir l’ordre de poser un nouvel appareil électrique aux forts du Mex. La machine dont on se sert est une machine Gramme de la force de 5,000 candies. La lampe Serrin, qui appartient à la machine, se trouvant au Caire, une lanterne a dû être construite à Alexandrie. Elle projette une lumière très claire à une distance de plus de trois milles de Ramleh. On construit pour le fort de Mex une autre lampe qui enverra ses feux à une distance d'au moins six milles. L'éclairage se fait par des machines portatives provenant de la manufacture Ruston, Proctor et O, ingénieurs du Sheaf Iron Works à Lincoln.
- Dans le courant de l'hiver, tous les théâtres impériaux de Saint-Pétersbourg, le théâtre Marie (opéra italien), le grand théâtre (opéra et ballet russes), le théâtre Michel (comédie française et allemande), le théâtre Alexandre (drames russes et allemands), seront éclairés à la lumière électrique. Le directeur de ces théâtres a signé un contrat avec une Compagnie américaine d'éclairage électrique.
- A l'Exposition de. Tynemouth (comté de Durham), outre les lampes Brush qui éclairent les rués conduisant de la gare à l'aquarium où se tient l'exposition, ainsi que certaines parties de l'édifice, la Compagnie Swan expose des lampes â incandescence de son système ; la Compagnie Maxim et Weston figure avec quatre-vingt-dix lampes Maxim dans le hall et l'annexe, et dix lampes à arc Weston dans le Ska-ting-Rink. La Pilsen, Joël and general Electric Liglit Company expose dix lampes à semi-incandescence Joël, cinquante lampes à incandescence Gatehouse, et.six lampes à arc Pilsen.
- A Madrid, la fabrique de farine Lovenzale est actuellement éclairée avec quatorze lampes à incandescence installées par la Sociedad Espanola de Electricidad.
- On vient d'inaugurer dans le district de Clerkenwell, tà Londres, l’éclairage électrique. Les membres de la « Vcs-try » de Clerkenwell se sont réunis vendredi dernier à Pcu-tonville-llill pour assister au premier essai. Il y avait quatre-vingt-deux lampes â incandescence, installées par la Maxim-We.ston Electric Lighting Company. Le contrat pour cet éclairage est passe pour une période d’un an, et l’on utilise les réverbères ordinaires des rues.
- A Shaugliaï, des installations d'éclairage électrique ont été faites par le Shangaï Electric Company dans la concession européenne..de celte ville. Les Chinois éprouvent, parait-il, une grande admiration pour le nouveau mode d'éclairage. - __________
- Les jardins du palais Khédivial de Gezireh au Caire ont été brillamment illuminés le mois dernier avec des lampes du système Brush, â l'occasion d'une fête de nuit donnée par le Khédive en l’honneur de sir Garnet Wolscley et du duc de Connaught,
- A Dantzig, on vient de recevoir dans les chantiers de ce port deux machines dynamo-électriques et deux ceuls lampes Edison, destinées à un essai d'éclairage des ateliers, des bureaux et d'une partie des chantiers.
- A Londres, le prolongement du chemin de fer métropolitain qui va d'Aldgate â la Tour est maintenant éclairé sur
- une assez grande étendue du tunnel â l'aide de deux cents lampes Swan. ^
- Téléphonie.
- Nous apprenons que les intéressantes expériences de téléphone sur le câble télégraphique entre Cologne et Elber-feld, dont nous parlions dans notre numéro du lundi 28 août, ont été faites sur l'initiative et par la maison Felten et Guilleaume de Mülheim-sur-Rhin.
- Jusqu'ici, il n’a pas etc possible d’employer des câbles télégraphiques souterrains pour transmissions téléphoniques â cause des effets d’induction qui rendirent toute entente impossible.
- Des nombreuses propositions qui ont été faites pour lever cet inconvénient, la plupart n'ont atteint le but proposé que partiellement, d'autres sont restées complètement sans résultat. MM. Felten et Guilleaume, s'occupant vivement de la solution de te problème, si important pour la téléphonie, eurent, d'après des raisonnements théoriques, l'idée d'aplanir les difficultés résultant de l'induction par une disposition particulière des conducteurs d'un câble; à l'effet de faire l’épreuve pratique de leurs conclusions, ils s’adressèrent à l’administration impériale des Postes, demandant de pouvoir se servir pour des essais du câble souterrain reliant les bureaux de Cologne et d'Elberfeld, et ayant une longueur d'environ 52 kilomètres. L'administration impériale des postes a répondu à cette demande avec un gracieux empressement et les expériences qui furent faites ensuite, ont démontré d'une manière concluante l'exactitude de l’idée conçue par MM. Felteu et Guilleaume. La grande susceptibilité des téléphones a en pour suite, jusqu'ici, ce grand inconvénient que non-seulement les transmissions téléphoniques sur un conducteur étaient rendues très difficiles lorsqu'un autre conducteur du même câble était simultanément em ployé au service téléphonique, mais aussi que l’on pouvait souvent entendre et même comprendre parfaitement le discours transmis par un autre conducteur. Les expériences faites avec la nouvelle disposition des conducteurs, imaginée par MM. Felten et Guilleaume, ont eu pour résultat la suppression complète des influences de l'induction. On a pu sans difficulté parler par un conducteur, alors que le fil voisin était en service pour une autre conversation téléphonique ou meme pour la télégraphie. Ces expériences prouvent évidemment qu'un câble télégraphique souterrain sc prête parfaitement à la téléphonie moyennant une disposition donnée des conducteurs, et cette nouvelle acquisition aura pour suite qu'on réunira par des lignes téléphoniques même des villes à de plus grandes distances. Disons encore en passant que la construction des téléphones n'entre guère en considération dans ce qui précède; le fait est que les téléphones employés simultanément avec les microphones donnent de très-bons résultats par ce moyen de communication.
- Dans des travaux qui ont lieu en Angleterre, au fond du lit de la rivière Wear, on se sert journellement du téléphone comme moyen de communication entre les ouvriers qui travaillent dans les cloches à plongeur et ceux qui manieut les grues et les pompes à air. A terre sur le rivage on entend tout ce qui se passe clans les cloches â plongeur, chaque coup de marteau, de même que chaque parole prononcée, sans qu'il soit nécessaire de parler dans le téléphone.
- A Nantes, l'administration municipale va faire installer des téléphones chez les capitaines et les commandants des sapeurs-pompiers: en même temps des avertisseurs seront placés dans chacun des édifices municipaux.
- Le Gérant : A. Glénaru.
- Paris. —• Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 32062
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 5i, rue Vivienne, Paris
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- • Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD /É'L. 1/ f%L;- f
- 4« ANNÉE (TOME VII) SAMEDI 4 NOVEMBRE 1882 “ N» 44
- SOMMAIRE
- Conductibilité électrique des tissus; Th. du Moncel. — Les aurores polaires (3° article) ; Alfred Angot. — La lampe-soleil et ses derniers perfectionnements; C.-C. Soulages.
- — Le régulateur Abdank Abakanowicz; Aug. Guerout. -Nouvelles expressions du travail et du rendement économique des moteurs électriques; Marcel Deprez.—Exposition Internationale d’Electricité de Munich : A propos de l’expérience du transport de la force (2»article); Frank Geraldy.
- — Des méthodes employées jusqu’à cejourpourla détermination de l’ohm; G. Wiedemann. — Revue des travaux récents en électricité: La machine Ferranti.—Les briquettes-piles de M. Brard. — Les régulateurs à tige vibrante. — L’accumulateur de MM. Tamine et Arnould. —Correspondance : Lettres de M. Maquaire et de M. Geoffroy. — Faits divers.
- CONDUCTIBILITÉ ÉLECTRIQUE
- DES TISSUS
- Les tissus formés de matières textiles, étant tous plus ou moins hygrométriques, doivent fournir des effets de conductibilité très variables, non-seulement suivant le degré de l’humidité de l’air, mais encore aux différentes heures du jour auxquelles on les expérimente et suivant la température ambiante. C’est pourquoi les expériences que l’on peut faire à cet égard exigent avant tout, pour pouvoir être comparées les unes aux autres, la présence d’un hygromètre et d’un thermomètre. Comme des corps de la nature des tissus ne présentent aucune rigidité, j’ai dû faire mes expériences en interposant l’échantillon d’étoffe que je voulais essayer entre deux de mes électrodes de platine; de sorte que la résistance de ces échantillons était représentée simplement par leur épaisseur. Mes recherches se sont surtout concentrées sur les soieries, les laines, les toiles et les cotonnades.
- Les soies et les laines m’ont donné des résultats auxquels j’étais loin de m’attendre, car dans presque toutes mes expériences, faites à un degré d’humidité relativement faible (36 degrés de l’hy-
- gromètre à cheveu), les étoffes de laine ont montré moins de conductibilité que les étoffes de soie. Parmi celles-ci, les soies noires m’ont donné des déviations galvanométriques tellement considérables,qu’on aurait pu croire à une erreur d’expérimentation, si je n’avais pas essayé un^grand nombre d'échantillons. Ainsi plusieurs d’entre eux m’ont donné des déviations de 40 degrés, alors que les soies de couleur laissaient le galvanomètre presque insensible. Celles de ces soies noires qui m’ont fourni les moindres déviations, et qui étaient d’un prix élevé (de 16 à 20 francs le mètre), en donnaient encore de 3 à 4 degrés.
- Conformément à la méthode que j’avais suivie dans mes différentes recherches, j’ai desséché ces différentes étoffes soit en les repassant entre deux feuilles de papier buvard avec un fer chaud, soit en les exposant à l’étuve, et je suis toujours arrivé à détruire immédiatement, par ce moyen, leur pouvoir conducteur; mais il suffisait d’un séjour d’un quart d’iieure dans une cave un peu humide pour le leur faire reprendre, et, au bout de 6 heures de ce séjour, la soie qui avait donnée 40 degrés de déviation en fournissait une de 81 degrés, et celle qui avait marqué 17 degrés en indiquait 66. Les soies de couleur étaient loin de se comporter de la même manière après cette humidification, et les déviations qu’elles provoquaient variaient au plus de i5 à 20 degrés. Les laines subissaient l’action de l’humidité à peu près dans les mêmes proportions que ces dernières.
- Il résulte donc de ces expériences que les étoffes de soie réputées isolantes sont.loin de l’être et que, par un temps relativement sec, les étoffes de laine sont plus généralement isolantes que les étoffes de soie, du moins pour les courants voltaïques. La couleur ne semble pas, en effet, avoir sur les laines une action bien marquée. Maintenant pourquoi les soies noires se comportent-elles d’une manière si différente des soies de couleur?... C’est ce que j’ai cherché à éclaircir, en prenant des renseignements sur les apprêts des soies, auprès d’un des plus habiles teinturiers de Lyon. D’après ce qui m’a été répondu, il paraîtrait que la plupart des soies
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- noires sont chargées, c’est-à-dire imprégnées de certaines matières qui se combinent à la soie sans en changer l’aspect, et qui peuvent en augmenter le poids dans une proportion énorme, qui pourrait atteindre jusqu’à 3oo pour 100 du poids de la soie. Toutefois, dans les conditions ordinaires d’une bonne fabrication, cette augmentation ne varie que de 10 à 60 pour 100. Quand cette charge n’est pas exagérée, elle peut donner certaines propriétés utiles à la soie, et elle permet de vendre les tissus à meilleur marché ; mais elle devient nuisible quand elle dépasse la limite précédente. Elle se fait d’ailleurs sur la demande des fabricants et dans les proportions qu’ils indiquent. Ordinairement cette charge s’obtient par des passages successifs de la fibre soyeuse dans des bains de sels de fer et de tannin, et ces deux produits forment, avec la soie, une sorte de combinaison chimique, dans laquelle on peut admettre que la substance étrangère est un tannate deffer plus ou moins pur. Or, cette circonstance explique facilement les énormes déviations dont j’ai parlé, car les liquides sont, comme on le sait, d’autant plus conducteurs qu’ils contiennent en dissolution plus de matières salines.
- Il arrive donc que la légère couche humide qui se trouve absorbée par la soie, venant à s’imprégner de ces matières ou, ce qui revient au même, ces matières se trouvant imprégnées d’humidité par suite des propriétés hygrométriques qu’elles peuvent posséder déjà, l’étoffe se trouve pénétrée par une couche conductrice, dont le galvanomètre peut révéler le degré de conductibilité et, par suite, la richesse en matières salines. Avec les soies de couleur on ne pratique pas la charge à un degré très élevé, parce qu’on ne connaît pas de procédés convenables pour y parvenir, et c’est pourquoi les déviations qu’elles fournissent sur le galvanomètre sont généralement nulles par un temps relativement sec. Toutefois, pour les soies de couleur un peu foncée, on peut arriver à y fixer une certaine quantité de tannin; mais la surcharge ne peut alors atteindre à plus de 10 pour 100 du poids de la soie cuite. En présence de ces résultats, je me suis demandé si l’emploi de ma méthode d’expérimentation ne pourrait pas être utile pour contrôler a priori l’importance de la surcharge, du moins pour les soies noires. Dans ce cas, il faudrait établir les relations qui peuvent exister entre ces surcharges et les déviations galvanométriques, et s’assurer même s’il n’existe pas dans ces effets de conductibilité d’autres causes que la surcharge. Dans tous les cas, il faudrait, pour avoir des résultats compa râbles, s’arranger de manière à opérer dans un milieu maintenu à un degré d’humidité constant et à une même température.
- Les toiles sont les tissus qui absorbent le plus facilement l’humidité de l’air et qui donnent les plus fortes déviations. Plus la toile est grosse,
- plus la conductibilité augmente, ce que l’on comprend facilement, puisque les fils ont alors une plus grande section et que la matière est moins divisée. En expérimentant ces tissus dans les mêmes conditions que les soies dont j’ai parlé précédemment, j’ai constaté que de la grosse toile écrue donnait des déviations de 67 degrés, que la toile de moyenne grosseur également écrue accusait 5g degrés et que la toile très fine ne donnait que 3i degrés. Exposées à l’action'de la chaleur, ces toiles ont perdu complètement leurs propriétés conductrices, mais au bout de six heures de séjour dans une cave, les déviations sont devenues tellement considérables qu’il a fallu' munir le galvanomètre de la dérivation de 1 ohm pour obtenir des déviations appréciables.
- Les cotonnades sont également très conductrices, mais à un degré moindre cependant, et l’on y remarque, comme pour les toiles, que la conductibilité est d’autant plus grande que le tissu est plus gros. Ainsi le madapolam a donné une déviation de 3e degrés, alors que le jaconas en donnait une de i3 degrés.
- Les indications galvanométriques sont si précises pour ces différentes espèces de tissus, qu’il devient possible, par l’emploi de cet instrument, de distinguer les étoffes de laine ou de soie dans lesquelles il entre du coton ou du fil. Ainsi l’orléans commun, qui est laine et coton, donnait une déviation de 7 degrés, alors que la laine seule donne zéro, et le jaconas de môme grosseur i3 degrés. Il en a été de même de la brocatelle composée de soie et de coton.
- M. Palmieri, du reste depuis longtemps, avait employé dans un but analogue l’électromètre, et il en a fait même un instrument pratique pour constater les fraudes dans les huiles.
- Tissus organisés. — La constitution du corps humain n’est, à proprement parler, qu’une réunion de tissus de différente nature, et il devait, à ce point de vue, montrer les mêmes effets que les tissus humides dont nous venons de parler; cependant il a présenté quelques particularités sur lesquelles je dois un peu insister, car elles pourront donner quelques renseignements à ceux qui appliquent l’électricité comme agent thérapeutique.
- Comme les tissus du corps humain sont composés de parties de nature très différente, inégalement humectées, inégalement chauffées et servant d’enveloppes à beaucoup de liquides et de gaz soumis à des réactions chimiques, ils devaient développer une foule de courants locaux dirigés dans divers sens et ne manifestant souvent leur présence sur le galvanomètre que par suite d’un excès de tension des uns sur les autres : ce ne sont donc que des courants différentiels. Généralement, ces courants sont dirigés de l’extérieur du
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- corps à l’intérieur; mais ils se produisent également entre deux parties différentes de l’extérieur du corps, par exemple d’une main à l’autre, et ils sont généralement dirigés de la main gauche à la main droite à travers le galvanomètre. Dans ce cas, il semble probable que ces courants sont dus au contact de la peau avec les lames de platine, comme ceux qui se développent au contact de ces lames avec un corps humide quelconque, et, quand la peau est sèche, il est rare qu’ils se manifestent. Je n’entrerai pas, du reste, en ce moment dans d’autres détails sur ces effets très complexes, qui n’ont qu’un rapport très indirect avec la question que je traite en ce moment; je voulais seulement montrer que, dans les expériences de conductibilité dont je vais parler, ces courants locaux peuvent jouer un certain rôle.
- Voulant expérimenter dans les conditions où je m’étais placé dans mes autres recherches, j’ai employé des électrodes de platine, que j’ai liées assez fortement sur la partie interne dés deux poignets du patient ou plutôt de la patiente. Ces électrodes avaient 4f centimètres de longueur sur 3 centimètres de largeur, et, pour m’assurer si ma pile ne développerait pas une quantité de chaleur suffisante pour altérer la peau, j’ai cherché à déterminer l’élévation de température que ferait subir à un thermomètre le passage du courant de ma pile, traversant une résistance moindre que celle du corps humain. J’enveloppai, en conséquence, la boule d’un thermomètre sensible dans l’une des électrodes (l’électrode négative) qui reliaient au circuit un morceau de peau humectée avec une solution de potasse, et, après avoir interposé entre les deux bouts du fil de mon galvanomètre la dérivation de 1 ohm, je fis passer mon courant pendant dix minutes. Or, pendant ce temps, le thermomètre s’était élevé à peine de ~ de degré. D’un autre côté, bien que l’intensité du courant marquât 87 degrés, l’action chimique déterminée sous l’électrode négative n’avait donné lieu qu’à une petite teinte d’un jaune brunâtre à peine visible, et rien ne se montrait à l’électrode positive. Je pensai que, dans ces conditions, je pouvais appliquer sans crainte mes électrodes, et je fermai mon courant à travers les bras du patient. Ce courant, avec la dérivation de 1 ohm, ne m’a donné qu’une déviation de 38 degrés, qui s’est produite lentement. La peau du patient était alors un peu moite, et bien que la pile fût faible, ainsi qu’on a pu le voir par les expériences précédentes, il ressentit, dès les premiers moments, une sensation de petite piqûre, qui se changea bientôt en une impression de brûlure très supportable d’ailleurs. Pendant l’action du courant, le sang s’était porté aux électrodes, et l’intensité électrique a passé successivement et régulièrement de 38 à 48 degrés en cinq minutes, et de 48 à 49 degrés pendant les cinq
- minutes suivantes. Après avoir interrompu le courant, et avoir réuni les-deux électrodes au-galvanomètre, j’ai obtenu un courant de polarisation formidable, qui, ayant atteint (9o0-go°) au début, a passé par les phases suivantes, en observant toutes les cinq minutes : (9o°-9o0), 87°, 84°, 78°, 740, 710, (7i°-66°), (7i°-66°), (63u-62°), (590-57°), 58°, 57°, 56°, 55, 56°, 55°, 54°, 53°. L’expérience avait duré une heure et demie. J’ai alors renversé le sens des communications avec les électrodes, et j’ai fait de nouveau passer le courant pendant dix secondes; j’ai obtenu, comme dans mes autres expériences, un courant de polarisation de sens inverse au premier, qui s’est inversé pour laisser reparaître le premier courant; après quoi j’ai retiré les électrodes, et j’ai constaté aux parties des poignets où mes élee-trodes étaient appliquées la formation d’escarres très prononcées, qui ressemblaient à des brûlures produites par un acide ou un caustique. Ces escarres, au nombre de trois au pôle négatif, étaient assez larges et surtout profondes. Au pôle positif, elles étaient très petites et au nombre de trente-deux. Dans les deux premiers jours après l’expérience, aucune inflammation n’est survenue, et l’on pouvait croire que ces escarres se réduiraient à de simples écorchures; mais, le troisième jour, l’inflammation est survenue autour des escarres négatives, et il a fallu avoir recours à des cataplasmes de fécule qu’on a dû entretenir pendant un mois. Au bout de ce temps, les croûtes n’étaient pas encore tombées. Les ' escarres positives n’ont déterminé aucune inflammation et se sont guéries sans y rien faire ; mais, au bout d’un mois, elles dessinaient encore une sorte de tatouage rouge très caractérisé.
- Comment un courant dont l’intensité ne dépassait pas celle de 6 petits éléments Daniell a-t-il pu produire un effet aussi énergique? C’est ce qui nous reste à expliquer ; ce qui est certain, c’est que l’action calorifique n’y est entrée pour rien. Il es't probable que c’est à l”action chimique qu’il faut rapporter cet effet; les alcalis du corps étant précipités à l’électrode négative pouvaient alors agir à la manière d’un caustique, et l’embarras apporté à la circulation du sang par les ligatures pouvait rendre d’ailleurs la mortification de la peau plus facile ou déterminer une coagulation partielle du sang sous les électrodes. Cet effet est, du reste, aujourd’hui connu des physiologistes, et je crois qu’ils l’expliquent ainsi (*). Je dois toutefois signaler une circonstance de l’expérience qui peut
- (9 Une circonstance assez intéressante de cette expérience est que l’inflammation qui a suivi ces escarres a été accompagnée d’une éruption de petites pustules blanches qui se sont succédées pendant plus d’un mois, et qui n’avaient pas le caractère des boutons ordiuaircs. Elles ont acquis à la lin un assez gros volume et sont devenues de véritables clous.
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- avoir quelque intérêt : c’est que quatre minutes après l’interruption du courant, et alors que j’étudiais le courant de polarisation, le patient a éprouvé à l’index de la main négative une vive douleur accompagnée d’un sentiment de chaleur, douleur qui s’est traduite par des oscillations considérables de l’aiguille du galvanomètre. Ces oscillations, dont l’amplitude atteignait 84 degrés à gauche et 40 degrés à droite, ont troublé'pendant quelques minutes la marche décroissante du courant de polarisation. J’ajouterai que, malgré le peu de tension du courant, son interruption provoquait une commotion qui allait jusqu’au .coude et qui était d’autant plus t forte que le courant avait été fermé plus longtemps.
- D’après les chiffres des déviations fournies dans les expériences précédentes, on peut conclure que, dans de bonnes conditions de contact des électrodes, la résistance du corps humain entre les deux poignets varie de 3 5oo à 2 200 ohms. Quand la peau est sèche et au commencement de l’expérience, elle peut dépasser quelquefois 20 000 ohms.
- Th. du Moncel.
- LES AURORES POLAIRES
- 3e article. ( Voir le n° des 21 et 28 octobre 1882.)
- III. “ CARACTÈRES PHYSIQUES DES AURORES POLAIRES
- ia Lumière des aurores polaires.
- Nous avons déjà, dans la description des formes diverses qu’affectent les aurores polaires, indiqué les différentes couleurs qu’elles présentent. Celle qui domine de beaucoup est le blanc plus ou moins jaunâtre, et c’est même la seule couleur que possèdent le plus grand nombre d’aurores, surtout celles de nos trois premiers types, qui sont caractérisées par un éclat à peu près uniforme et des mouvements relativement lents.
- Plus la clarté de l’aurore est faible, plus la teinte blanc-jaunâtre devient laiteuse, ce qui est du reste le propre de toute lumière faible; plus la clarté de l’aurore est vive, au contraire, plus le ton jaune est net.
- La couleur qui se présente le plus souvent après le blanc-jaunâtre est le rouge carminé; quelques aurores à contours plus ou moins nets sont entièrement de cette teinte, qui se rencontre, de plus, assez fréquemment dans les rayons isolés.
- Les aurores les plus riches en couleur sont, comme nous l’avons indiqué, celles où dominent
- les rayons à mouvements rapides, comme les arcs radiés, les guirlandes, les couronnes et les draperies. Dans ce cas, le centre de l’aurore reste généralement d’une belle teinte jaune brillante, tandis que les deux extrémités deviennent l’une rouge, l’autre verte. Le rouge semble presque toujours se porter vers le bas, et aussi de préférence du côté vers lequel se meut le rayon, et le vert reste en arrière, qu’il s’agisse d’un mouvement dans le sens même de la longueur des rayons (mouvement vi-bratile), ou d’un déplacement latéral (mouvement ondulatoire). Si le rayon darde ou s’allonge vers le bas, l’extrémité inférieure est donc fortement colorée en rouge, tandis que le sommet est vert, et cela pour deux raisons, puisque tel doit être l’ordre naturel des couleurs à la fois d’après leur position dans le rayon, et d’après le sens du mouvement. Au contraire, il n’y a plus de coloration marquée si le rayon s’allonge vers le haut, puisque d’une part le rouge doit se porter dans le sens du mouvement, c’est-à-dire en haut, et que d’autre part le haut du rayon tend naturellement à prendre la couleur verte ; il y a donc là deux actions contraires qui s’annulent. Les observations de Wey-; precht à la Terre François-Joseph ont confirmé entièrement les résultats précédents obtenus par la commission française à Bossekop, et l’on ne peut citer qu’un très petit nombre de cas qui aient fourni une distribution inverse des couleurs.
- Les deux teintes rouge et verte ont des intensités qui se correspondent : plus le rouge est brillant, plus le vert l’est aussi de son côté. Le rouge est, du reste, la plus éclatante des deux teintes ; c’est aussi celle qui s’évanouit la dernière quand la brume vient peu à peu cacher l’aurore, ce qui pourrait tenir, du reste, indépendamment de l’intensité relative des deux teintes, à ce que les rayons rouges sont ceux qui traversent le plus facilement les brouillards. Dans les aurores très vives, la teinte jaune intermédiaire peut disparaître presque entièrement, et il ne reste plus que le vert et le rouge. Cela se présente fréquemment dans les couronnes, dont le centre est alors coloré en vert, tandis que toute la périphérie est rouge.
- Nous avons dit plus haut que l’ôn observe assez fréquemment des rayons isolés entièrement rouges ; il est au contraire extrêmement rare de voir des rayons qui ne possèdent uniquement que la couleur verte. Le fait ne s’est présenté qu’une seule fois à la commission française, pendant toute la durée de son séjour à Bossekop ; le 2 janvier 1839, à 8 heures 54 minutes du soir, on observa en effet un arc composé exclusivement de rayons verts.
- D’après quelques observateurs, il semblerait que la couleur verte de l’aurore pourrait, dans certains cas, être remplacée par une teinte franchement
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- bleue et même violette ; mais cette dernière couleur est extrêmement rare.
- La vivacité des teintes de l’aurore paraît être en relation avec l’état de l’atmosphère. Dans les hautes latitudes, en particulier, les observations de sir John Franklin, de Mac-Clintock, de Weyprecht,etc., ont montré que la coloration de l’aurore est faible quand le ciel est très pur; elle augmente, au contraire, quand l’atmosphère devient brumeuse et que sa transparence diminue.
- Quant à l’intensité de la lumière émise par les aurores polaires, elle est d’ordinaire très faible,
- même dans les aurores les plus brillantes. A la lueur d’une très belle couronne boréale, Bravais eut beaucoup de peine à lire quelques mots d’un caractère connu en imprimerie sous le nom de petit texte; la même lecture est aisée, au contraire, à la lumière de la pleine lune, dont la dimension apparente est cependant beaucoup plus petite que celle de l’aurore. La plupart des personnes qui ont observé les aurores dans les régions polaires, Parry, Bravais, Kane, Hayes, Weyprecht, Nordenskiœld, s’accordent pour dire que l’éclairement total produit par l’aurore ést généralement inférieur à celui
- AUROREmpRÉALE DU 3 MARS 187g, A 9 HEURES SOIR. — VOYAGE DE i< LA VÉGA
- de la pleine lune, et dépasse même rarement celui de la lune à son premier quartier. A égalité de surface, l’aurore est donc beaucoup moins lumineuse que la lune.
- Une preuve indirecte de ce fait se retrouve, du reste, quand on examine la liste de fréquence des aurores : cette fréquence diminue toujours à l’époque de la pleine lune, ce qui montre que la lumière de la pleine lune noie complètement un grand nombre d’aurores et empêche de les distinguer. Cet effet de l’âge de la lune sur la fréquence apparente des aurores boréales avait déjà été indiqué par de Mairan, qui trouvait en moyenne trois fois plus d’aurores visibles au moment de la nouvelle lune, depuis le commencement du dernier quartier jus-
- qu’à la fin du premier, qu’autour de la pleine lune, depuis le commencement du second quartier jusqu’à la fin du troisième.
- On cite cependant, mais d’une manière exceptionnelle, des aurores assez intenses pour paraître encore très brillantes, malgré la présence de la pleine lune ; telle est l’aurore qui fut observée dans toute l’Europe centrale, le 4 février 1872. Quant aux aurores qui auraient été vues même en plein jour, on trouve le fait énoncé une fois ou deux, mais sans détails, et il est probable qu’il y a eu quelque confusion entre l’aurore et certains nuages qui peuvent lui ressembler beaucoup, comme nous l’avons dit dans notre premier article.
- Une autre preuve du peu d’intensité des aurores
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- polaires est la facilité avec laquelle même les plus brillantes laissent passer la lumière des étoiles sans l’affaiblir notablement. Lorsque l’aurore est diffuse et laiteuse, on voit nettement à travers toutes ses parties les étoiles de quatrième et même de cinquième grandeur; toutefois, la scintillation de ces étoiles est moins grande que sur un ciel pur; mais on sait d’autre part que la scintillation diminue également par un ciel légèrement brumeux. Les observations d’Argelander ont montré du reste que le passage de la lumière des étoiles à travers l’aurore n’altère pas leur position apparente.
- Quoi qu’il en soit de cette intensité, M. Nordens-kiœld estime que l’arc nébuleux immobile, qui était la forme presque constante de l’aurore pendant l’hivernage de la Véga, pourrait être photographié en quinze minutes. Les plaques extraordinairement sensibles que l’on sait préparer aujourd’hui avec lé gélatino-bromure d’argent, permettraient probablement de réduire cette durée à une ou deux minutes ; on peut donc espérer que, dans un avenir prochain, on aura enfin des photographies de ce phénomène, ce qui permettra d’en étudier la forme et d’en mesurer toutes les dimensions d’une manière
- FIG. 8. — AURORE BORÉALE DU 3 MARS 1S79, A 9 HEURES 3o SOIR. — VOYAGE DE « LA VÉGA
- beaucoup plus précise que l’on n’a pu faire iusqu’à ce jour.
- La nature même de la lumière émise par les aurores polaires et son origine peuvent être déterminées par deux procédés. Le premier consiste à rechercher si la lumière de l’aurore présente ou non des traces de polarisation. On sait que la polarisation est une propriété qu’acquièrent les rayons lumineux, soit par la réflexion, soit par la réfraction, et en vertu de laquelle ils deviennent incapables, par exemple,de traverser un prisme de spath d’Islande taillé et orienté d’une manière convenable, ou de se réfléchir sur un miroir de verre incliné de 33° 3o' sur les rayons. En étudiant une lumière quelconque au moyen des appareils connus en
- optique sous le nom d’analyseurs, de polariscopes ou de pola'rimètres, on reconnaît donc sans peine si cette lumière est de la lumière naturelle, émanant directement d’un corps lumineux par lui-même, ou si, au contraire, elle n’arrive à l’œil qu’après avoir subi une ou plusieurs réflexions ou réfractions.
- Dès 1817, dans les îles Shetland et en Ecosse, Biot étudia au polarimètre la lumière des aurores boréales, et ne put y découvrir la moindre apparence de polarisation. Ce résultat a été confirmé depuis par un grand nombre d’observateurs, Mac-quorn Rankine, Nordenskiœld, etc. D’autre part, Arago, puis Baudrimont, crurent reconnaître de très faibles traces de polarisation, mais cela ne
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- saurait infirmer les résultats précédents, car il suffit d’un nuage qui réfléchisse la lumière de l’aurore pour faire apparaître immédiatement dans cette lumière réfléchie les traces de polarisation notées par Arago. L’absence de polarisation, constatée plusieurs fois d’une manière certaine, suffit pour montrer sans doute possible que la lueur des aurores polaires ne provient pas, comme les halos ou les périhélies, d’un phénomène de réflexion ou de réfraction, mais que l’aurore est lumineuse par elle-même.
- Cette notion importante est confirmée et com-
- plétée par une analyse d’un autre genre, l’étude spectroscopique.
- Lorsque de la lumière émanée d’un corps solide ou liquide incandescent est concentrée sur un écran, après avoir traversé une fente à bords parallèles, une lentille et un prisme, ce qui constitue un spec-troscope, on obtient sur l’écran un spectre lumineux continu, dans lequel la lumière passe successivement par les sept couleurs bien connues, depuis le rouge, l’orangé et le jaune, jusqu’au violet. Si, au contraire, la source lumineuse est à l’état gazeux, le spectre, loin d’être continu, est
- LIG. 9. —- AURORK 'BORÉALE DU 3 MARS 1S79, A </ HEURES 5o SQlR- — VOYAGE DE « LA VÉGA »
- formé d’un certain nombre de raies brillantes, séparées les unes des autres par des intervalles noirs. Le nombre, la position et l’éclat de ces raies brillantes dépendent de la nature chimique du corps gazeux incandescent, ce qui permet le plus souvent de reconnaître, par la seule inspection d’un spectre, quels sont l’état physique et la nature chimique du corps qui émet la lumière étudiée.
- Le spectre de l’aurore boréale, étudié pour la première fois par Angstrœm, en 1867, est essentiellement un spectre de raies : la lumière de l’aurore provient donc d’une source lumineuse à l’état gazeux, et non de particules solides ou liquides incandescentes, Les travaux les plus importants
- publiés sur cette question (*) sont surtout ceux d’Angstrœm, de Struve, de Winlock, de Zœllner, deVogel, de Rand Capron, etc. Nous les résumerons brièvement.
- Observé avec un spectroscope de petites dimensions, le spectre de l’aurore se réduit à peu près à une ligne unique jaune-vert, dans la partie la plus brillante du spectre. Si, au contraire, comme l’a fait M. Vogel, on observe avec un grand équatorial et un spectroscope très-dispersif, on trouve que la lumière de l’aurore se décompose- en sept lignes ou bandes lumineuses, dont les longueurs
- (!) Voir, pour plus de détails, Journal de Physiqtte I, 1872, p. 363; III, 1874, p. 210; IV, 1875, p. 371.
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- d’onde exprimées en millionièmes de millimètre, sont :
- 63o ligne rouge très brillante.!
- 557 ligne jaune-vert, la plus brillante de toutes.
- 539 ligne verte faible.
- 523 ligne verte assez belle.
- 5ig ligne vert-bleu brillante.
- 5oo- ligne bleue très brillante.
- 466 position moyenne d’une bande violette assez large, un peu moins lumineuse en son milieu qu’aux deux bords.
- La première ligne, celle qui est rouge, ne se montre pas dans toutes les parties de l’aurore ; par contre, la deuxième ligne (557) s’affaiblit un peu, et la bande extrême (466) devient à peu près invisible dans les parties de l’aurore qui donnent au spectroscope la ligne rouge.
- On a beaucoup discuté sur les coïncidences qui peuvent exister entre ces raies et celles de spectres connus, par exemple, le spectre des décharges électriques dans les gaz raréfiés. Angstrœm incline à considérer le spectre de l’aurore comme formé de deux parties tout-à-fait indépendantes l’une de
- FIG.IO. — AURORE BORÉAI.F. DU 3 MARS 187Ç). A II HEURES 12 SOIR. — VOYAGE DE « LA VÉGA i>
- l’autre. D’une part, la ligne jaune-vert (557), caractéristique de l’aurore, formerait à elle seule un des deux spectres ; elle serait due probablement à des phénomènes de phosphorescence ou de fluorescence. Quant à l’ensemble des autres raies, qui constitueraient le second spectre, différents physiciens ont montré, malgré des assertions contraires, qu’elles présentent de grandes analogies avec les raies du spectre de l’étincelle électrique dans certains tubes de Geissler; elles proviendraient donc du passage de décharges électriques dans l’air. Ces résultats auront pour nous une grande importance quand nous en arriverons à discuter les différentes théories que l’on a successivement proposées de l’aurore polaire.
- 2° Bruit de l'aurore.
- Un autre phénomène physique curieux, mais qui est encore bien discuté et peu certain est le bruit qui, d’après certains observateurs, accompagnerait les lueurs aurorales.
- C’est une croyance répandue dans quelques pays, par exemple dans les Orcades, dans le Fin-mark, et chez les Indiens qui habitent dans le nord de la Baie d’Hudson, que l’aurore boréale est accompagnée d’un bruit particulier, sorte de frémissement, ou de craquement analogue à celui qui se fait entendre quand on froisse une étoffe de soie. Les Lapons, qui croient aussi à l’existence de ce bruit, le comparent à celui qui se produit dans les
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- articulations des jambes des rennes pendant leur marche. Un grand nombre d’observateurs, dignes •de confiance, affirment avoir entendu ce bruit de la manière la plus nette pendant des aurores boréales très intenses ; d’autres, au contraire, n’ont jamais rien remarqué qui leur semblât pouvoir être raisonnablement attribué à l’aurore.
- Les membres de la commission française qui séjourna à Bossekop, et aux travaux desquels nous avons déjà tant emprunté, ne pouvaient manquer de se préoccuper de cette question. Une fois par exemple, à la date du 10 janvier 1839, pendant une
- magnifique aurore boréale, Bravais écrit les remarques suivantes : « J’ai écouté avec soin pour es-« sayer de discerner quelques bruits; les circons-« tances étaient favorables, l’air et la mer calmes : « cependant je n’ai entendu qu’un petit sifflement « continu extrêment faible, provenant je ne sais « d’où, mais sans doute indépendant de l’aurore « boréale, puisqu’il a conservé la même intensité, « même après que le phénomène a cessé. » Une autre fois, à la date du 3x octobre i838, le bruit paraît plus net, car Lottin note ce qui suit : « Un « instant j’ai, par un mouvement spontané, enlevé
- FIG. II. — AURORE BORÉALE BU 3 MARS 1S7Ç), A II HEURES AO S^IR. — VOYAGE DE « LA VÉGA >1
- « ma casquette pour mieux écouter, m’imaginant « que les rayons qui dardaient sur nos têtes fai-« saient entendre une sorte de pétillement; peut-« être ce bruit était-il dû à la marche éloignée de « quelque personne ou même de quelque animal « sur la neige durcie. M. Siljestrœm, loin de moi, « près de sa demeure, a éprouvé exactement vers « la même heure une illusion semblable. » Enfin, M. Thomas, ingénieur des mines à Kaafiord, près •de Bossekop, et qui a fait, simultanément avec la commission française, des observations très complètes des aurores, note àia date du 22 mars 1840 : •« Un bruit ressemblant au froissement de la paille « fut distinctement entendu, et parut coïncider '« avec le dardement des rayons auroraux. Ce
- « bruit fut entendu seulement lorsque les rayons « étaient proches du zénith. »
- Malgré tout cela, les membres de la commission française se prononcent plutôt contre l’existence du bruit de l’aurore. « Quoique je n’ose, dit Bravais, « contester la validité de tous les témoignages qui « le mentionnent, on peut cependant conclure que
- « ce bruit se fait entendre très rarement. D’ail-
- « leurs, pendant ces observations, l’oreille peut « être trompée par plusieurs causes d’erreur, con-« tre lesquelles on ne saurait trop être en gardé; « tels sont le sifflement du vent, le tourbillonne-« ment de la neige, le murmure lointain de la mer, « le craquement de la neige qui se congèle après « un commencement de fusion, etc. j> Un des çom-
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- pagnons de Bravais, Siljestrœm, conclu!; en des ternies à peu près identiques.
- Il est certain que les causes de méprise sont extrêmement nombreuses, et que l’on peut être tenté d’attribuer à l’aurore mille bruits qui n’ont probablement aucun rapport avec elle, parmi lesquels il faut citer en première ligne, dans les régions polaires, les craquements incessants que font entendre les champs de glaces et le bruissement qui accompagne toujours la formation de petites aiguilles de glace dans les nuits très claires et très froides. Mais d’autre part, il semble bien difficile de révoquer en doute non seulement l’opinion généralement répandue chez presque tous les habitants des régions arctiques, mais surtout un grand nombre d’attestations provenant des observateurs les plus expérimentés.
- Il y a plus et il paraîtrait que, dans certains cas, le bruit de l’aurore ait été perçu à des latitudes beaucoup plus basses. Sans remonter jusqu’à Messier, qui prétendit avoir entendu ce bruit à Paris même, en 1762, on peut signaler l’astronome Bror-sen et aussi Hansteen, comme s’étant déclarés convaincus de la réalité du bruit de l’aurore. Le gardien du phare de Sumburgh Head, dans les Shetland, discernait si bien le bruit des aurores un peu intenses, qu’une fois, dans une pièce dont tous les volets étaient fermés, il devina à ce bruit même l’existence d’une aurore. Il faut encore ajouter à ces observations celle de l’aéronaute Rollier qui, le 24 novembre 1870, ayant quitté, en ballon, Paris assiégé, alla tomber en Norvège ; il entendit un bruit persistant pendant tout le temps qu’il se trouva dans un certain nuage, qui émettait une odeur forte et irritait les bronches comme l’ozone; or on venait précisément d’observer à cette époque une très belle aurore boréale.
- Au milieu de toutes ces affirmations contracdic-toires, il convient d’être très réservé ; mais il paraît bien difficile de ne pas considérer au moins comme possible la production, pendant certaines aurores, d’un bruit analogue au froissement des étoffes de soie, ou à celui qui accompagne la production des aigrettes dans les décharges électriques. C’est, en tous cas, une question qui reste encore ouverte.
- 3° Odeur de Vaurore.
- La croyance dans le bruit de l’aurore repose peut-être, chez certaines personnes, moins suides faits positifs que • sur l’analogie qui existe entre l’aurore et les décharges obscures de l’élec-fricité. C’est peut-être plus encore le cas pour l’odeur qu’on a cru parfois sentir pendant que des aurores brillaient. Bergmann comparait cette odeur à celle du soufre, Trevelyan à celle de l’électricité; enfin, pendant l’aurore du 5 avril 1870, Sonrel à Paris et Redenbacher en Bavière ont cru percevoir
- une odeur piquante toute particulière. Mais on doit émettre beaucoup plus de réserves encore sur ces observations que sur celles du bruit de l’aurore. Ces observations d’odeur ont été faites, en effet, dans des villes et dans le centre de l’Europe, c’est-à-dire très loin de la région même où était le siège du phénomène. Il convient, de plus, de remarquer que jusqu’à ce jour aucun voyageur dans les régions polaires, même dans celles où, comme nous le verrons bientôt, l’aurore peut être très^ près du sol, n’a jamais signalé la moindre odeur, lors des observations d’aurores, boréales.
- {A suivre.) Alfred Angot.
- LA LAMPE-SOLEIL
- ET SES DERNIERS PERFECTIONNEMENTS
- La lampe-soleil, dont on a pu remarquer les qualités de fixité à l’Exposition, a été décrite ici même ; -nous n’avons donc besoin que de revenir très brièvement sur le principe de ce système.
- Deux charbons A et B (fig. 1) glissent dans deux guides de pierre et viennent buter sur deux granits D et E. L’arc électrique jaillit à la partie infé-
- rieure des charbons A et B en passant par deux orifices et en léchant le marbre M qu’il porte au blanc.
- L’allumage de la lampe se faisait jusqu’à présent par une mèche R passant dans la rainure du marbre et sur laquelle les charbons A et B venaient reposer. Le courant en passant par cette mèche, faite de coton imprégné de poudre de coke, liée avec du goudron, la portait à l’incandescence. La mèche brûlait et l’arc jaillissait entre les charbons.
- Cette manière de procéder avait un inconvénient lorsque la lampe venait à s’éteindre par un arrêt de la machine motrice. Il fallait, pour continuer l’éclairage, ou allumer une lampe de secours, ou remettre une mèche dans la lampe qui venait de brûler.
- Le nouveau perfectionnement réalisé par la Compagnie de la Lampe-Soleil consiste en un réalj lumeur automatique.
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- Le principe de ce réallumeur est le suivant : Un petit charbon c est groupé en dérivation avec l’un des charbons B de la lampe figure 2. Le charbon c placé horizontalement passe sous le charbon B et
- FIG. 2
- vient toucher le charbon À. A ce moment le circuit est fermé et si le charbon c vient à s’écarter du charbon Af l’arc jaillit entre c et A. Si l’on tire le charbon c de 2 à 3 centimètres en arrière du char-
- bon B, l’arc qui jaillissait primitivement de A à c jaillira de A à B, puisque B et c sont en dérivation. A partir de ce moment, la lampe-soleil fonctionne normalement. Pour arriver à ce que le charbon c
- FIG. 5 ET S
- passe sous le charbon B et vienne rencontrer le charbon A, les deux charbons A et B n’ont pas la même forme de section.
- Le charbon A, par exemple, a une section rectangulaire fig. 3.
- L’usure de ce charbon présente l’aspect représenté fig. 4.
- Le charbon B a la section indiquée fig. 5.
- Grâce à cette forme particulière de la section, l’usure du charbon B présente la forme représentée fig. 6.
- Le charbon laissant continuellement un évidement à sa partie inférieure, le petit charbon c pourra toujours y passer librement, et la fonction du réallumage se fera à n’importe quel moment de l’éclairage.
- La forme des deux charbons A et B peut être quelconque. Il faut seulement que le charbon A
- I te
- FIG. 7
- soit massif dans la partie médiane et que le char, bon B soit évidé dans cette même partie.
- Le mouvement du petit charbon c peut s’effectuer à la main ou automatiquement.
- L’allumage automatique se produit à l’aide d’un solénoïde D mis en tension ou en dérivation sur le circuit d’éclairage, et d’un système de leviers E et F (fig. 7). Le contrepoids G a pour objet d’équilibrer le fer doux H actionné par le solénoïde. Ce contrepoids permet de régler le système de façon que le travail nécessaire au mouvement soit minimum. Lorsque le courant n’est pas envoyé dans les lampes, le contrepoids fait monter le fer doux H et amène le petit charbon c en contact avec le charbon A. Dans cet état, si l’on envoie le courant, le circuit étant fermé par le contact de c avec A, le fer doux H est attiré dans le solénoïde D jusqu’à ce qu’il ait pris une position médiane
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- dans ce même solénoïde. Par ce fait, le petit charbon c est retiré en arrière du charbon B, et se trouve ainsi hors de l’atteinte de l’arc. La lampe fonctionne alors normalement.
- Lorsque le courant cesse, le contrepoids G se met en mouvement et ramène le charbon c en contact avec le charbon A. La lampe est de nouveau prête pour le réallumage.
- Les charbons A et B sont guidés, en dehors du bloc constituant la lampe-soleil, par deux glissières I et K. Le courant est amené aux glissières directement et de là se rend aux charbons, soit au moyen d’un barillet L, soit au moyen d’un curseur de contact M.
- Sur le barillet L, destiné à produire l’ascension des charbons pour le cas où la lampe doit éclairer par en haut, se trouve fixée une bande mince de cuivre rouge attachée par son autre extrémité au
- curseur de contact. La bande de cuivre s’enroule sur le tambour du barillet au fur et à mesure de l’usure du charbon Dans le cas du curseur M, le contact fixé aü charbon descend par son simple: poids au fur et à mesure de l’usure du charbon, tout en étant toujours en contact avec la glissière par un petit ressort.
- De l’une ou l’autre façon, le courant arrive en permanence aux deux charbons A et B pendant toute la durée de la marche de l’éclairage.
- Le butage du charbon c contre le charbon A empêche le levier E d’aller à fond de course. Lorsque, pour une raison quelconque, le charbon c ne vient pas toucher le charbon A, ou lorsque la-lampe a été enlevée de son support, le levier E va-à fond de course sous l’action du contrepoids G. Dans cette position, il établit le contact en O sur une résistance équivalente à la lampe. Le circuit-
- est établi de façon que, lorsque le courant passe par la résistance, il ne peut plus passer par le solénoïde; il en résulte que les autres lampes du circuit s’allument et ne sont pas influencées par le non-fonctionnement de la lampe qui a été remplacée par une résistance équivalente.
- Entre les bornes P et Q et en tension sur le circuit se trouve un métal fusible qui est volatilisé lorsque le courant atteint une intensité dangereuse pour la machine ou pour les lampes.
- La figure 8 représente une autre disposition de réallumage applicable aux lampes dans lesquelles l’arc jaillit entre deux très gros charbons horizontaux. Dans ce cas, l’un de ces charbons B est percé d’un trou suivant son axe, et c’est dans cet orifice que s’engage la petite tige de réallumage. Les mouvements sont produits par un solénoïde horizontal D dont le jeu est analogue à celui de l’appareil précédent, et se comprend d’ailleurs à la seule inspection de la figure.
- Les dispositifs de réallumage que nous venons de décrire sont dus à MM. Street et Maquaire, in-
- génieurs de la Compagnie de la Lampe-Soleil. Ajoutons que nous avons vu ces appareils fonctionner de la façon la plus satisfaisante.
- C.-C. Soulages.
- LE RÉGULATEUR
- ABDANK ABAKANOWICZ
- On a déjà essayé à plusieurs reprises de construire des lampes électriques dans lesquelles l’appareil régulateur était placé en dehors de la lampe à une certaine distance.
- En janvier 1876, M. Girouard présenta à l’Académie des sciences une lampe composée de deux appareils distincts. Dans ce système le courant principal traversait en même temps la lampe et un électro-aimant séparé faisant fonction de relais. Suivant que la longueur de l’arc augmentait ou diminuait un levier commandé par l’armature de cet
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- électro touchait l’un ou l’autre de deux butoirs placés au-dessus et au-dessous de lui. Le contact ainsi produit, fermant un circuit local, mettait en mouvement les rouages de la lampe pour opérer soit le rapprochement, soit l’écart des charbons, suivant le cas.
- En 1881, M. Solignac avait installé au Palais de
- 1ÏÜ. I
- l’Industrie une lampe (‘) dans laquelle le défilement des rouages d’horlogerie ordinaires était arrêté par un électro commandé par un appareil extérieur à la lampe. Cet appareil était formé par un simple solénoïde, ayant pour noyau un tube de fer doux très léger et parcouru directement par le courant principal. Tant que le courant avait son intensité normale, le noyau du solénoïde, se trou-
- (1) Voir la Lumière Electrique, numéro du 5 novembre 1881, p. 19c.
- vant soulevé, fermait un contact et maintenait un circuit dérivé contenant l’électro-aimant de la lampe. Dès que l’arc augmentait, le courant s’af-
- T]c 1
- faiblissait, le noyau, en retombant, ouvrait le'con-tact et l’électro ne se trouvant plus aimanté laissait défiler le rouage jusqu’à ce que l’arc ait repris sa
- FIG. 4.
- longueur normale. Dans le cas où plusieurs lampes devaient fonctionner sur le même circuit, le solénoïde était enroulé en deux portions dont l’une en dérivation sur l’arc, ce qui permettait de placer jusqu’à 8 lampes sur un même circuit.
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- Le but de ces dispositifs était d’enlever de la lampe les parties qui exigent une grande sensibilité et de la rendre ainsi plus robuste en elle-même. Ils permettaient en même temps de rendre très sensibles les appareils de réglage et de les maintenir toujours à portée de la main pour les vérifications.
- Dans le même ordre d'idées M. Gérard, M. de
- Mersanne et M. Reynier avaient imaginé des appareils destinés à protéger les organes de la lampe en mettant celle-ci en dehors du circuit en cas de rupture de l’arc. Nous rappellerons seulement le veilleur automatique de M. Gérard qui est le plus simple. Il se composait (fig. i) d’un électro-aimant à fil fin d’une résistance supérieure à celle de la lampe et placé en dérivation sur celle-ci. L’armature de cet électro portait un crochet qui à l’état de
- repos supportait un pont métallique placé au-dessus de deux godets de mercure." Dès qu’une interruption se produisait dans la lampe, le courant passait dans l’électro, l’armature était attirée, le pont mis en liberté tombait dans les godets de mercure et mettait ainsi la lampe en court circuit. Une fois l’accident réparé, on remettait le veilleur dans sa position primitive à l’aide de deux tiges verticales munies de boutons.
- Si nous avons rappelé ces divers dispositifs c’est qu’on les retrouve en principe, mais avec d’ingénieux perfectionnements, dans le régulateur de M. B. Abdank Abakanowicz, que M. Preece a présenté à la dernière réunion de la British Asso-ciation.
- La lampe proprement dite est représentée dans la fig. 2. Le poids d’une crémaillère C, qui porte le charbon positif et une bobine A, dite bobine d’allumage, fait mouvoir un mécanisme d’horlogerie renfermé dans la boîte H.
- Le dernier mobile J (fig. 4) de ce mécanisme est arrêté par un frein B qu’un ressort L appuie contre lui.
- Le frein B est fixé à l’une des extrémités d’un levier B A dont l’autre extrémité porte une armature en fer doux F. Quand un courant traverse l’électro E, cette armature est attirée, sans pouvoir adhérer à l’électro à cause de la vis Y qui limite sa course, et le mobile J se trouve dégagé du frein. Les courants qui passent dans l’électro E sont envoyés par le régulateur que nous décrirons plus loin. Ces courants peuvent se reproduire à des intervalles plus ou moins rapprochés, suivant le besoin, mais ils ne durent jamais qu’une fraction de seconde, de sorte qu’à chaque mouvement de l’armature la roue J ne peut tourner que d’une quantité relativement très minime. A chacun de ses mouvements les charbons ne s’approchent que de à ^ de millimètre. Il en résulte que le réglage de la lampe est presque continu, le levier A B se meut presque sans interruption et il 11e se produit aucune fluctuation de lumière par suite de rapprochements trop prononcés.
- La bobine de réallumage que porte à son extrémité la crémaillère a pour but de produire l’écart des charbons. En même temps elle sert d’appareil de sûreté et évite les extinctions de la lampe en cas de rupture des charbons. Cette bobine MM (fig. 3) est en réalité un électro-aimant à noyau tubulaire K, dans l’intérieur duquel glisse librement la tige porte-charbon T. Les charbons étant au contact, le courant arrive par la crémaillère, traverse l’électro, se rend par un conducteur S à la pince qui tient le charbon supérieur et arrive par là au charbon inférieur. Mais dès que le courant est ainsi établi, l’armature AB de l’électro est attirée. Or cette armature a une disposition particulière : elle est complètement libre, percée d’un trou par
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- lequel passe librement la tige T, arrêtée d’un côté par un butoir t et renforcée par un épanouissement en B. Il résulte de cet accroissement de masse en B et de ce que l’armature en ce point est plus rapprochée. de félectro, que le côté B est attiré tout d’abord. L’armature s’élève donc obliquement et coinçant la tige T relève le charbon supérieur. L’écart est dès lors produit.
- Dans le cas de rupture d’yn charbon, le courant est interrompu et l’armature AB est relâchée aussi-
- FIG. 6
- tôt parce que le butoir t la tient à distance du pôle. La tige T peut alors glisser librement, le contact des charbons se produit et l’allumage se fait de nouveau comme précédemment.
- L’appareil régulateur est représenté en perspective dans la fig. 5 et schématiquement dans la fig. 6. L’inspection de cette dernière figure montre nettement la marche du courant pour la position figurée de la manette D. Le courant entre en B, traverse le solénoïde à gros fil S, arrive en B', passe par l’arc et revient à la machine par A', D, C et A. Sur ce circuit principal est placé en dérivation un solénoïde à fil fin S' relié directement au circuit en P et communiquant d’autre , par travée la
- borne A' par un fil peu résistant A' N, le levier T. et la vis de contact H. L’ensemble des deux solé-noïdes S et S' forme un système semblable à celui des lampes différentielles et comprend à son intérieur un noyau de fer doux formé d’un tube très léger. Quand l’arc s’allonge et que la résistance augmente, une plus grande quantité de courant passe en S', le noyau s’élève et venant à soulever le levier T, il substitue au shunt A'NT un circuit qui comprend l’électro M du frein. L’armature de cet électro se trouvant attirée, le frein est lâché un instant, les rouages peuvent défiler et les charbons se rapprochent d’une très petite quantité.
- Le noyau de fer étant en même temps retombé, le contact T H se rétablit et le même jeu recommence autant de fois qu’il est nécessaire pour ramener l’arc à sa longueur normale. Ce mode de réglage est très délicat et l’appareil fonctionne
- presque continuellement; en outre, point très important, il ne se produit pas d’étincelle en H parce que le courant n’est jamais complètement rompu.
- Quand on veut enlever la lampe du circuit, on porte la manette de D en E ; le courant traverse alors seulement le solénoïde S et la résistance R égale à celle de la lampe.
- L’appareil comprend, en outre, un cul-off, ou coupeur de courant destiné à mettre la lampe hors du circuit en cas d’accident.
- Ce cut-off consiste en un solénoïde de fil fin, à grand nombre de tours V, placé en dérivation sur les bornes A' et B. Ce solénoïde attire son noyau, précédemment soulevé par un ressort antagoniste U, et fait ainsi plonger un pont métallique dans les deux godets à mercure G et K ; le courant peut alors passer de A en K, traverser un gros fil enroulé en une seule couche à l’intérieur de V et retourner à la borne B à travers la résistance R. Le rôle du gros fil de V est de maintenir le pont abaissé tant que l’arc reste interrompu. Dès que le contact des charbons est rétabli par le réallu-
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- meur, l’intensité du courant diminue dans le gros fil en V, le ressort U relève le pont, et le courant reprend sa marche première à travers la lampe.
- Dans la figure 5, les bornes AB, A'B' sont celles du circuit principal, R et R' sont les extrémités de la résistance et K correspond au point J de lafig.6.
- La fig. 7 montre l’arrangement des lampes en série.
- La lampe de M. Abdank Abakanowicz fonctionne, paraît-il, très bien et, d’après M. Preece, sa régularité et sa fixité ne laissent rien à désirer.
- Aug. Guerout.
- NOUVELLES EXPRESSIONS
- DU TRAVAIL ET DU RENDEMENT ÉCONOMIQUE
- DES MOTEURS ÉLECTRIQUES
- Les formules qui font connaître lé travail absolu et le rendement d’un moteur électrique en fonction de l’intensité du courant qui le traverse et de la force électro-motrice inverse qu’il développe, ont l’inconvénient de ne pas mettre en relief d’une manière suffisamment explicite le rôle des différents éléments qui influent sur la marche du moteur. Elles contiennent, en outre, des symboles (force électro-motrice, intensité d’un courant, résistance) dont la signification exacte est encore obscure pour beaucoup de personnes plus versées dans l’étude de la mécanique que dans celle de l’électricité. Il en résulte qu’elles ne sont acceptées qu’avec une certaine défiance par un public spécial qui aurait cependant le plus grand intérêt à les comprendre en raison de l’importance, chaque jour croissante, que prend 'le transport du travail par l’électricité.
- Ces considérations m’ont amené à chercher s’il était possible d’éliminer des formules relatives aux moteurs électriques les quantités électriques qui y figurent habituellement et de les remplacer par des expresions purement mécaniques. J’y suis arrivé' en me servant d’un élément nouveau que j’ai introduit, il y a environ deux ans, dans l’étude des moteurs électriques et auquel j’ai donné le nom de Prix de l'effort statique.
- Je vais expliquer l’origine et la signification de ce terme.
- Lorsqu’on lance un courant dans un moteur électrique (*), les pièces fixes (inducteurs) et les pièces mobiles (anneau) deviennent le siège d’actions réciproques qui, par suite de la disposition de l’appareil, se réduisent à un couple qu’on peut mesurer en attachant un poids convenable à un frein dynà-
- C1) Dans tout ce qui va suivre, je suppose qu’il s’agit d’un moteur électrique parfait, appartenant à la famille des moteurs dont le professeur Pacinotti a créé le premier type.
- mométrique agissant sur l’anneau. Ce couple varie avec l’intensité du courant, mais l’expérience apprend qu’il est constant, lorsque le courant est lui-même constant, quelle que soit la vitesse angulaire de l’anneau. Je définis ce couple par le poids qu’il faut appliquer à l’extfémité d’un bras de levier égal à o m. i5g (correspondant à une circonférence de un mètre de développement) pour l’équilibrer.
- Si l’on maintient l’anneau à l’état de repos, en lui appliquant un couple égal et contraire à celui que développe le courant, le travail utile est nul et cependant il y a dépense d’énergie, sous forme de chaleur produite parle passage du courant.
- Ce fait constitue une différence essentielle entre le moteur électrique et les moteurs à vapeur dans lesquels le simple développement d’une pression non accompagné de mouvement du piston n’exige qu’une dépense d’énergie insignifiante et sans rapport défini avec l’intensité de cette pression.
- Dans le moteur électrique, au contraire, j’ai démontré qu’il fallait, pour créer un couple d’intensité donnée, dépenser une certaine quantité d’énergie qui se traduit sous forme de chaleur et qui, exprimée en kilogrammètres par seconde, est complètement indépendante de l’état de repos ou de mouvement de l’anneau, ainsi que du diamètre du fil enroulé sur les inducteurs et sur l’anneau et par suite de sa résistance, pourvu que la forme extérieure et le poids de ce fil (abstraction faite de la substance isolante qui le recouvre) restent invariables. Elle a d’ailleurs pour expression en kilogrammètres par seconde ~ , r étant la résistance du
- moteur exprimée en ohms, I l’intensité du courant exprimée en ampères et g l’accélération due à la pesanteur.
- La quantité d’énergie développée dans la totalité du circuit est égale à RI% R désignant la résistance totale du circuit comprenant la machine génératrice, la machine réceptrice et le fil extérieur.
- Mais, sous les conditions exposées plus haut, lorsque le couple développé par le passage du courant a une valeur déterminée, la quantité d’é-
- nergie — engendrée par seconde sous formé de
- chaleur par ce même courant est parfaitement déterminée, le diamètre du fil enroulé sur les inducteurs
- et sur l’anneau étant quelconque. On a donc--2
- = <p (F), F étant (en kilogrammes) l’effort qu’il faut appliquer à l’extrémité du bras de levier de omi5g pour équilibrer le couple produit par le courant. Cette fonction <p (F) varie avec les dispositions et la grandeur absolue des moteurs, elle ne peut être généralement déterminée que par l’expérience, mais (je le répète parce que ce fait a une grande importance), une fois déterminée pour un type donné de moteur, elle est indépendante du diamètre des fils
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- que l’on peut enrouler sur ce moteur pourvu que la forme et le poids de ces fils restent invariables.
- De l’expression — = *p (F), on tiret —-, ce qui donne pour la quantité de chaleur^- développée dans la totalité du circuit(F).
- Si, à cette quantité de chaleur on ajoute le travail développé dans l’unité de temps par le moteur récepteur on obtiendra l’énergie totale développée par seconde dans l’ensemble du circuit, c’est-à-dire le travail dépensé par la machine génératrice ou par la source d’électricité.
- Cela posé, désignons par Ft et F les couples développés respectivement dans la machine génératrice et dans la machine réceptrice par le passage du courant et par Y, et Y les vitesses angulaires de ces machines; le travail absorbé par la génératrice dans l’unité de temps sera égal à Ft V1 tandis que l’énergie développée dans l’ensemble du circuit sera égale ^ © (F) -|- FV. Nous aurons donc l’équation
- (0 F, Vj — FV îp (F)
- V
- Le travail mécanique récupéré étant égal à FV, le rendement économique K a pour expression
- de l’équation (i) on tire F, Y, — FV = -ç,(F).
- i° V, la vitesse de la réceptrice. Le rendement tend vers l’unité lorsque V augmente indéfiniment.
- 2° jp Le rapport de la résistance totale du circuit
- à la résistance de la réceptrice. La valeur de ce rapport est toujours supérieure à 2, si les deux machines sont identiques.
- 3° c’est-à-dire le quotient du travail calorifique développé dans la réceptrice par le couple mécanique résultant du passage du courant. C’est à ce quotient que j’ai donné le nom de prix de l'effort statique. Ce quotient a une très grande importance, car le rendement économique à vitesse
- égale est d’autant plus voisin de l’unité que est plus rapproché de zéro. Or, tandis que l’on peut donner à V etydes valeurs arbitraires indépendantes de la forme et de l’arrangement du moteur, la valeur de x-j— est au contraire absolument indépendante du diamètre des fils enroulés sur les inducteurs et sur l’induit.
- Mais elle varie avec les dimensions relatives des inducteurs et de l’anneau et avec le mode d’enroulement des fils, en un mot avec l’arrangement des masses de fer et de cuivre qui constituent le moteur. Etant donné un poids déterminé de matière (cuivre et fer). il existe donc un mode d’arrangement pour lequel est un maximum (la valeur de F étant donnée). L’expérience seule permet de trouver approximativement quel doit être cet arrangement.
- Cette égalité signifie que : si l’on donne le couple développé par la réceptrice (en langage pratique la charge du frein), la différence des travaux développés par seconde par la génératrice et par la réceptrice (c’est-à-dire le travail perdu) est constante, pourvu que le rapport de la résistance totale du circuit à la résistance de la réceptrice reste constant. (‘) On voit que ce travail perdu ne dépend pas des valeurs absolues de R et de r, mais seulement de leur rapport, il en de même du rendement économique K; c’est là un résultat très important et qui est pour la première fois mis sous une forme aussi explicite. Quand au rendement économique on voit qu’il ne dépend que de trois quantités qui sont :
- (*) Si les deux machines étaient identiques on aurait F!
- R <p (F)
- = F et par suite V, — Y = — p d’où l’on conclut que dans ce cas la différence des vitesses des machines est constante quand la charge du frein et le rapport^ restent invariables.
- Si l’on réunissait n moteurs identiques agissant sur le même arbre et traversés par le même courant le couple deviendrait n F et la dépense d’énergie nécessaire pour produire ce couple ” 1 V-, le
- quotient de——par n b ,-c est-a-dtre2-^, aurait donc la même valeur pour cette collection de moteurs et pour un moteur unique. Si au contraire on prend un moteur unique géométriquement semblable à l’un de ces moteurs, pesant n fois autant que lui et par conséquent plus grand dans le rapport de v » à l'imite, le quotient décroîtrait dans un rapport plus grand que celui des dimensions homologues, ainsi que je l’ai démontré il y a quelque temps.
- Un moteur unique est donc supérieur à un ensemble de moteurs semblables pesant collectivement autant que lui.
- Marcel Deprez.
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- 44^ LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- EXPOSITION INTERNATIONALE D'ÉLECTRICITÉ DE MUNICH
- A PROPOS DE L’EXPÉRIENCE
- D U
- TRANSPORT DE LA FORCE
- (2e article, voir le numéro du 28 octobre)
- Je pensais ne revenir sur ce sujet que pour apporter des chiffres précis et entrer dans l’étude scientifique; je crois devoir cependant présenter une considération qui a son importance, et surtout qui doit être exposée sans retard.
- Nous voyons en effet apparaître déjà quelques symptômes d’une évolution des esprits qui se produit presque toujours lorsqu’une découverte prend corps et arrive à la réalisation. Presque inévitablement le public, une fois bien au courant des principes et des dispositions mécaniques nouvelles, s’aperçoit que les résultats qui l’ont étonné sont obtenus par des moyens dont la clarté le frappe; il admire d’abord, puis peu à peu s’habitue; au bout de quelques jours, il trouve la chose toute simple, et après un certain temps, chacun dit naïvement :
- « Cette affaire, ah! oui, c’est très bien, mais tout le monde connaissait cela d’avance, il n’y avait qu’à essayer. »
- Il est indispensable de fixer les faits, aujourd’hui qu’ils sont encore présents à tous les yeux. Il n’est pas contestable que jusqu’à l’année 1880-81 la question du transport de la force n’avait été attaquée que d’une façon empirique : les lois qui régissent le phénomène étaient aperçues, mais restaient enveloppées d’obscurité; on n’avait surtout aucune règle précise en ce qui concerne le rendement. On connaissait bien le fait du travail maximum lié au rendement de 5o 0/0, en dehors de ce point on n’avait rien de certain; on voyait également la nécessité d’employer des tensions électriques plus élevées que celles en usage, afin de pouvoir augmenter la portée sans exagérer les dimensions du conducteur; mais on ne savait pas quelle était la relation à établir entre les tensions et les résistances pour obtenir un résultat demandé; de plus, on ne savait pas comment 'produire à coup sûr une tension déterminée avec une machine donnée ; cela tenait à ce que, dans les machines, un point restait inconnu et n’est même pas encore éclairci : c’est à savoir la loi qui lie la puissance du champ magnétique à l’énergie électrique dépensée pour le produire.
- C’est pendant les années 1880 et 1881 que des travaux théoriques furent tentés sur cette question. Je rappellerai particulièrement que le 15 mars 1880, M. Marcel Deprez présenta à ce sujet une note à l’Académie des sciences. Cette date est importante,
- parce que, dans cette note, il énonçait cette proposition tant discutée que « dans le transport électrique de l’énergie, le rendement est indépendant de la distance. » Ce théorème démontrait d’une façon nouvelle l’expression d’ailleurs antérieurement connue du rendement et en tirait des conséquences jusque-là inaperçues : il formait le point de départ d’une théorie d’ensemble. Au mois d’août 1881, M. Marcel Deprez donna, dans La Lumière Electrique, l’application numérique de ses idées et fournit la solution du problème consistant à obtenir d’une machine donnée une force électro-motrice déterminée à l’avance, solution où il avait trouvé le moyen de se passer des principes incertains tout en restant dans la rigueur mathématique. Enfin, au congrès international, dans la séance du icr octobre 1881, M. Deprez exposa une théorie d’ensemble où il relia le transport de l’énergie mécanique à la question générale du transport de l’énergie sous forme quelconque par l’électricité, et où reprenant ses exemples numériques il les fit ressortir comme cas particuliers d’un système complet. Cette théorie fut reproduite dans La Lumière Electrique à la date du 2 décembre 1881.
- Tous ceux qui ont assisté aux séances des diverses réunions qui s’occupèrent d’électricité au temps de l’Exposition se souviennent des contradictions passionnées qui s’élevèrent autour des affirmations ainsi produites; en somme la grande majorité resta incrédule, les uns parce que les démonstrations, si claires pourtant, choquaient chez eux des convictions depuis longtemps assises, les autres parce que, tout en reconnaissant la valeur théorique des idées, il leur semblait que leur application pratique était impossible.
- Aujourd’hui, cette application est faite; essayée dans le laboratoire, elle se produit successivement au grand jour; on avait d’abord étudié les transformations de machines, puis réalisé le transport sur des résistances fictives. On vient de réaliser à Munich le transport effectif sur la ligne télégraphique ; les questions relatives à la distance et à l’isolement sont donc expérimentalement vidées; le transport des grosses forces dans les mêmes .conditions est une simple question de grands appareils, ils sont construits et on va les Voir en expérience. Il importe même beaucoup de remarquer ceci : si les expériences avec les gros appareils sont faites plus tard, c’est qu’il a fallu constituer des types nouveaux, les types existants, par exemple le type Gramme, ne se sont pas montrés propres à supporter le grandissement nécessaire pour obtenir des machines puissantes. Ils ont dû être complètement transformés, non seulement comme arrangement mécanique, mais aussi comme disposition électrique; l’avenir est à d’autres modèles.
- La question paraît bien avancée à beaucoup d’égards, les contradictions qui subsistent encore
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- vont sans doute s’éteindre peu à peu; l’on aperçoit le moment que j’ai signalé où tout le monde trouvera tout naturel ce résultat qu’on refusait de croire possible; il y a moins d’un an.
- Il a paru bon de rappeler aujourd’hui brièvement l’historique de la question et de prendre acte des faits avant que le souvenir puisse s’en elfacer.
- Frank Geraldy.
- DES MÉTHODES EMPLOYEES JUSQU’A CE JOUR
- POUR LA
- DÉTERMINATION DE L’OHM"
- Le Congrès des Electriciens, tenu à Paris pendant l’automne de 1881, a adopté comme unités fondamentales, les unités électro-magnétiques des constantes du courant galvanique exprimées dans le système centimètre-gramme-seconde ; il a émis le vœu qu’une commission internationale particulière fût d’abord chargée d’établir l’ohm comme unité de résistance. Une autre délibération sur ce sujet devant avoir lieu prochainement, il est utile d’exposer encore une fois les méthodes employées pour cette détermination et leurs sources d’erreur au point de vue expérimental. Leur théorie mathématique est suffisamment établie.
- Je voudrais aussi provoquer par ce travail une discussion plus approfondie de la voie à suivre dans les nouvelles déterminations.
- Cette discussion doit être d’autant plus approfondie et rigoureuse, que, les unités une fois fixées, il est impossible de les changer immédiatement par suite de nouvelles recherches.
- On sait que W. Weber, à qui nous devons les faits fondamentaux sur ce sujet, a indiqué quatre méthodes pour établir un conducteur de résistance déterminée exprimée en unités électro-magnétiques.
- I. — Un fil enroulé sur une bobine, et dont les dimensions sont connues, tourne d’un certain angle autour d’un axe vertical ou incliné d’un autre angle relativement à la direction du magnétisme terrestre ; l’intensité du courant induit dans la bobine est mesurée dans un galvanomètre dont les dimensions sont également connues. Toutes choses égales d’ailleurs, cette intensité est inversement proportionnelle à la résistance du conducteur.
- II. — Au lieu de mesurer les dimensions du galvanomètre par la première méthode, on mesure dans un multiplicateur l’effet de l’unité de courant sur l’aiguille aimantée en observant l’amortissement de ces oscillations lorsque le multiplicateur est fermé.
- III. —On fait osciller une aiguille aimantée dans un multiplicateur de dimensions connues dont le circuit est fermé et on détermine l’alfaiblissement de ses oscillations.
- IY. — On imprime un mouvement de rotation uniforme à une bobine autour de son diamètre horizontal ou vertical et on détermine le déplacement d’une aiguille aimantée suspendue à son centre sous l’action des courants d’induction développés dans la spirale par le magnétisme terrestre.
- Dans l’emploi de ces méthodes, chaque mesure entraîne nécessaireiiient une erreur ; la méthode qui paraît la plus sûre est donc celle qui nécessite la mesure du plus petit nombre de constantes et dans laquèlle cette mesure peut se faire avec une certitude complète. A ce point de vue, les méthodes III et IY semblent présenter des avantages particuliers.
- Nous nous occuperons d’abord de la quatrième méthode, pour étudier une série de sources d’erreur qu’elle présente, et qui se retrouvent aussi en partie dans les autres méthodes ; elle a été employée notamment par la commission nommée en i863 par l’Association Britannique pour la détermination de l’ohm. Un fil enroulé en spirale tourne autour d’un axe vertical, il s’y développe des courants d'induction dont l’intensité, dans l’unité de temps, est directement proportionnelle à la composante horizontale du magnétisme terrestre et à la variation de la projection du plan des spires sur le plan vertical perpendiculaire à cette composante, mais inversement proportionnelle à la résistance de la spirale.
- Mais les spires parcourues par les courants d’induction agissent les unes sur les autres, et il s’y produit des extra-courants d’induction dont la force électro-motrice est, pendant l’unité de temps, proportionnelle à la variation de l’intensité du cçurant induit directement. La marche de l’induction dans la spirale est donc retardée. Tous les courants induits qui s’y développent contribuent à la déviation de l’aiguille.
- Les expériences nécessaires pour déterminer la résistance absolue de la spirale sont les suivantes :
- i° Mesurer la surface recouverte par les spires (l’induction étant, toutes choses égales d’ailleurs, proportionnelle à cette surface) et déterminer sa forme dont dépendent les extra-courants qui s’y développent et le moment de rotation exercé sur l’aiguille aimantée placée au centre des spires.
- Ces déterminations présentent des difficultés toutes particulières.
- Si on prend pour la spirale un gros fil, son diamètre, y compris l’épaisseur de la couche isolante, doit être une partie aliquote de la largeur intérieure exactement mesurée du cadre sur lequel il
- (9 Communiqué par l’auteur.
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- doit être enroulé ; de plus les couches successives du fil pénètrent plus ou moins l’une dans l’autre et se déplacent latéralement. En même temps, comme l’a montré W. Siemens, le fil s’allonge lorsqu’on l’enroule et cela d’autant plus que son diamètre est plus faible (*), cet allongement peut atteindre 6 o/o. En outre, l’enveloppe isolante se comprime. La gutta-percha dure ou une substance analogue présentent moins cet inconvénient que la soie ou la laine. Plus le fil est mince, plus on est exposé à-voir les spires se pénétrer, le fil s’allonger pendant l’enroulement, la couche isolante se comprimer, et cette couche prend une- importance relative d’autant plus grande que le diamètre du fil est plus petit. Il n’est donc pas permis de calculer la surface recouverte par les spires en mesurant seulement la longueur du fil avant de l’enrouler ou après l’avoir déroulé, et la circonférence de la bobine.
- Il en résulte qu’il était inutile, comme le fait remarquer avec justesse W. Siemens, de mesurer exactement la longueur d’un fil de i,imm de diamètre à 0,1mm près, comme on l’a fait dans les anciennes expériences de l’Association Britannique.
- Le diamètre intérieur des spires, ou le diamètre de la bobine sur laquelle elles s’enroulent, n’est pas difficile à trouver suivant différentes directions, soit avec un cathétomètre, soit aussi en mesurant sa circonférence à l’aide d’une bande d’acier non extensible maintenue à une température constante; mais la mesure du diamètre ou de la circonférence extérieure est beaucoup plus difficile par suite de l’inégalité de l’enveloppe du fil et de la surface. Si l’erreur sur le diamètre moyen ne s’élevait qu’à o,5mm, ce qui, d’après ce que nous avons dit, n’est pas exagéré, la bobine de la commission de l’Association Britannique ayant 3i4mm de diamètre, l’erreur dans la mesure de la surface recouverte par les spires pourrait monter à ^ = o,32 °/0. Pour diminuer le plus possible cette erreur, on doit, comme Indiquent W. Weber (*) et lord Rayleigh (* 2), donner le plus grand diamètre possible aux spires en tenant compte toutefois des bonnes conditions de la rotation.
- On doit soumettre le fil à une tension aussi uniforme que possible pendant son enroulement et côntrôler le diamètre extérieur de chaque couche de spires.
- Une cause d’erreur beaucoup plus considérable est l’incertitude régnant sur la position réciproque des spires, position dont dépend l’intensité de l’extra-courant développé dans la spirale par la rotation. Comme les spires s’induisent d’autant plus
- (') Poggendorffs Annalen, 1866. Vol. 127, p. 327.
- (2) Beriehte der Kœniglich Sæchsischen Gesellschuft der
- Wissenschaften, 1880, p. 77.
- (3) Proceedings of the Royal Society, 1881, V. 32, p. 122.
- qu’elles sont plus rapprochées, une petite erreur dans la mesure de leur position exerce une grande influence.
- Une autre cause d’inexactitude est introduite par le mode de suspension de l’aimant; en effet, pour laisser passer le fil qui le soutient, la spirale se compose de deux parties parallèles placées l’une à côté de l’autre, et dont le parallélisme et la distance doivent être mesurés très exactement. Une expérience de la commission de l’Association Britannique montre la grande influence des extra-courants sur les résultats dans cette expérience, la position d’induction maxima de la spirale a subi par suite de ces courants un déplacement d’environ 20% et la correction correspondante s’élevait à peu près à 8 %•
- Si l’on veut déterminer le coefficient de self-induction du fil, en plaçant la bobine avec une autre de coefficient connu dans le pont de Wheats-tone ('), plusieurs sources d’erreur que l’on doit discuter séparément viennent s’ajouter à celles du premier appareil, la certitude des résultats peut être gravement compromise.
- La difficulté de déterminer exactement la self-induction est le point le plus délicat de la méthode en question.
- 20 On doit observer avec une grande exactitude la température des spires, puisque la conductibilité du fil diminue de o,3, °/0 environ pour une élévation de température de i°. On peut négliger la variation de longueur du fil, et par suite celle de la surface qu’il détermine, puisque cette variation ne s’élève qu]à , 00V0UG.
- 3“ Il faut chercher en outre, s’il ne se développe pas dans les supports de l’appareil, lorsqu’ils sont en métal, des courants d’induction secondaires sous l’action des courants de la bobine, car de tels courants agissent sur l’aiguille aimantée (2) On peut s’en assurer en interposant des isolateurs dans ces supports.
- Lord Rayleigh et Schuster ont trouvé dans des expériences de cette nature que cette influence n’était pas considérable dans les déterminations de l’Association Britannique (3), l’erreur ne s’élevait qu’à environ 0,16 %• Toutefois, il est préférable de construire les supports avec une matière mauvaise conductrice.
- 40 II n’y a aucune difficulté particulière à véri. fier la symétrie des spires par rapport à l’axe de rotation ; pour cela on vise à l’aide d’une lunette des points correspondants du cadre situés des deux côtés de l’axe, dans des positions différentes
- (!) Cf. Maxwell, Treatise, vol. 2, p. 357. Brillouin, Comptes rendus, vol. 95, p. 1010, 1881. Beiblatter, vol. 6, p. 3g.
- (2) F. Kohlrausch in Poggendorffs Annalen, 1874. Ergan-zungsband, vol. 6, p. 9.
- (8) Lord Rayleigh et Schuster, Loc. cit., p. 114.
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- des spires faisant entre elles un angle de i8o°.
- 5° Il n’est encore point difficile de déterminer, d’après les méthodes optiques connues, si l’axe de rotation est vertical et s’il conserve cette position. Les écartsvpeuvent avoir une influence considérable. Si l’angle d’inclinaison est f = 7o°, un écart de l’axe de 0,2° vers le Nord où le Sud ferait varier la force inductrice de la terre dans le rapport cos 70° : cos (7o°-j-o,2°) c’est-à-dire que la variation n’atteindrait pas moins de 1 %.
- Cette inclinaison correspond dans la bobine de l’Association Britannique à un déplacement des extrémités de l’axe de o,5ram. Une détermination exacte est donc indispensable. — De faibles écarts de l’axe vers l’Est et l’Ouest n’ont qu’une faible influence.
- 6° Il n’y a pas de difficulté particulière à compter d’après les méthodes connues le nombre de tours de la spirale dans l’unité de temps, il y en a peu à maintenir une vitesse de rotation constante par des moyens mécaniques (*).
- 70 Le centrage de l’aimant dans la spirale se fait aisément; un très faible écart n’a pas d’influence sensible.
- 8° On trouve le moment de l’aimant par des expériences d’oscillations, après avoir déterminé son moment d’inertie et la composante horizontale du magnétisme terrestre, ou encore par des expériences de déviation.
- Si on prend un aimant de très faible moment, po.ur rendre insensible son action inductrice sur la spirale en mouvement, ces méthodes donnent lieu à plusieurs causes d’erreur, soit à cause de l’influence de la résistance de l’air dans les expériences d’oscillations, soit à cause de la faible distance à laquelle on est obligé de placer cet aimant de l’aimant dévié dans les expériences de déviation.
- Si le moment de l’aimant est très petit, il 11’a que peu d’influence sur les résultats, il en est de même de la distribution de son magnétisme qui est très difficile à déterminer. Si la distance des pôles de l’aimant au centre situé dans le plan moyen des spires est plus petit que le i/6° de lèur rayon, et si la distance des pôles à ce plan ne dépasse pas les 0,84 de la longueur de l’aimant, la force exercée sur celui-ci par un courant passant dans la spirale est constante, toutes choses égales d’ailleurs, à o,ooo5 près jusqu’à une déviation de 56°.
- 90 On peut installer à la manière ordinaire la lunette (nécessaire pour lire la position de l’aimant) et l’échelle et suivre la méthode habituelle pour la correction des lectures; chacune des parties de l’échelle doit être comparée avec une règle étalon. Il y a une certaine difficulté à mesurer
- (*) Voir la disposition ingénieuse employée à cet effet par lord Rayleigh, Loc. cit.
- exactement la distance de l’échelle au centre. de rotation de l’aimant et au miroir.
- io° On peut comparer la force de torsion du fil supportant l’aimant à la force dirigeant celui-ci en faisant tourner d’un certain angle le fil suspendu à un cercle de torsion et en observant le déplacement de l’aimant. Lorsqu’on emploie de faibles aimants, cette force peut prendre une importance très considérable; les variations inévitables qu’elle éprouve par suite du changement d’état hygrométrique de l’air exercent une grande influence.
- 11° Il faut encore chercher l’action exercée sur l’aiguille par les courants d’air et les trépidations de l’appareil pendant la rotation ; pour cela on fait tourner la spirale sans que le circuit soit fermé.
- Ces dernières sources d’erreur se sont manifestées d’une manière notable dans les premières expériences de la commission de l’Association Britannique, car on n’avait pas encore tenu compte, en partant du problème à résoudre, de toutes les conditions particulières se présentant dans ces mesures, comme cela doit avoir lieu dans une détermination définitive de l’ohm.
- Déjà F. Kohlrausch a fait remarquer avec raison, dans une discussion de ces expériences, que l’aimant, sphère de 8mm de diamètre (afin de diminuer le plus possible sa réaction inductrice sur la spirale), ne possédait, malgré sa grande masse, qu’un moment égal à celui d’une aiguille aimantée extrêmement fine pesant 0,025 g. Cette sphère était attachée par un fil de 0,25 m. de longueur à un miroir de 3omm de diamètre, lequel était pendu à un fil de cocon simple, de 2m. de longueur.
- Il en résulte que les courants d’air agissant sur les surfaces relativement grandes du miroir et de l’aimant prenaient une trop grande importance; ces courants étaient produits par la bobine qui n’avait que o,3iom. de diamètre et qui se mouvait dans le voisinage immédiat de la sphère et du miroir. La torsion variable du fil réagissant contre la force directrice de l’aimant troublait aussi les résultats.
- En outre, les trépidations de l’appareil produites par la rotation, pouvaient se transmettre à l’enveloppe entourant le miroir et placée directement sur son support, et y mettre en rotation l’air et le miroir.
- Ces influences peuvent avoir été la cause que les déplacements de l’aiguille produits par la rotation de la spirale dans l’un ou l’autre sens présentent des différences s’élevant jusqu’à 8,5 %•
- Si dans différentes séries d’observations, les résultats moyens ne présentaient entre eux qu’une différence de 2,3 %, cela ne peut pas être considéré comme une preuve pour leur plus grande exactitude, mais seulement comme une preuve que l'appareil fonctionnait toujours presque de la meme manière.
- L’élimination ultérieure des sources d’erreur (par
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- exemple par un calcul plus exact de la self-induction, comme on en voit un essai dans le mémoire de lord Rayleigh et Schuster), ne peut nullement soustraire les résultats à l’influence des sources d’erreur qui se manifestent par les écarts cités plus haut. En outre, on ne devrait jamais corriger arbitrairement des observations de ce genre sur la simple probabilité, sans posséder des données numériques parfaitement déterminées. On perd ainsi toute base expérimentale solide.
- D’après cela, il paraît indiqué que l’on ne doit point se servir des résultats de ces expériences pour en déduire directement la valeur que l’on doit attribuer définitivement à l’ohm, mais qu'il faut plutôt considérer ces expériences comme des essais préparatoires ayant une grande valeur et attirant notre attention sur les précautions que nous devons observer.
- Les difficultés citées au n° i° subsistaient encore dans les nouvelles expériences faites par lord Rayleigh et Schuster (loc. cit.) avec l’appareil de l’Association Britannique modifié sur quelques points; mais l’aimant avait été changé, on avait fixé quatre aiguilles aimantées de o,5 cm. de longueur aux arêtes horizontales parallèles d’un cube en liège. Le miroir était fixé directement sur le cube. Mais ici encore la force directrice de l’aimant est petite, par rapport à l’influence des courants d’air qui est considérable par suite de la grande surface et du faible moment d’inertie.
- En outre l’enveloppe qui protège le système suspendu est fixée au tube de verre entourant le fil de cocon; tout de même, il est difficile d’atteindre par cette disposition une stabilité parfaite, comme le montrent les ébranlements du miroir pour des rotations rapides.
- Ces expériences aussi vous paraissent plutôt indiquer la voie à suivre pour les mesures ultérieures définitives, et à ce point de vue elles ont été parfaitement con- duites. C’est pour cela aussi que les rapports plus exacts sur les moyens de rendre l’axe vertical, etc., n’ont pas encore été donnés.
- Lord Rayleigh appuie aussi, comme on l’a déjà vu, sur l’utilité d’une spirale d’un plus grand diamètre dans les expériences définitives, et il demande si on ne devrait pas la disposer de la même manière que dans la boussole d’Helmhôltz-Gau-gain, cette disposition rendant la force directrice du courant sur l’aiguille indépendante d’une petite excentricité et d’une petite dérivation de celle-ci.
- Dans les expériences définitives, soit d’après cette méthode, soit d’après une autre, il est nécessaire de donner des renseignements les plus complets possibles sur chaque particularité de l’installation et de l’usage de l’appareil.
- Les expériences définitives ne doivent pas être faites seulement avec un appareil installé cl réglé une fois pour toutes, car les erreurs provenant de
- son installation se reproduisent dans chaque détermination effectuée avec lui. L'appareil doit au contraire être modifié le plus souvent possible sous tous les rapports. Ce n’est qu’en procédant ainsi que l’on obtient des résultats indépendants les uns des autres et que l’on peut contrôler.
- (A suivre) G. Wiedemann.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- La machine Ferranti.
- Les journaux anglais ont beaucoup parlé dans ces derniers temps d’une machine dynamo-électrique imaginée par M. Ferranti et à l’invention de laquelle sir William Thomson ne serait pas étranger. Le Times en particulier a publié une lettre de M. F. Pertwee, dans laquelle il donne au sujet de la machine Ferranti une série de chiffres curieux.
- D’après lui, avec la plus grande machine Brush capable d’alimenter 160 lampes de 20 candies, l’alimentation de 49 600 lampes exigerait une dépense de 5 575 000 francs ; avec la plus grande machine Siemens pouvant alimenter 200 lampes de 20 candies, l’alimentation de 5o 000 lampes coûterait 1 875 000 francs ; avec la plus grande machine Edison destinée à faire marcher 1 200 lampes de 20 candies, il faudrait pour alimenter 49 200 lampes une dépense de 2 460 000 francs ; enfin avec la plus grande machine Ferranti construite pour 25 000 lampes de 20 candies, l’alimentation de 5o 000 lampes coûterait seulement 625 000 francs.
- Suivant ses renseignements particuliers la machine Brush pourrait alimenter 4 lampes, la machine Siemens (type de Savoy Theater) 8 lampes, la machine Edison d’Holborn, 8 lampes, et la machine Ferranti 11 lampes par cheval.
- D’après ces indications la machine Ferranti aurait sur les autres une grande supériorité, mais nous avons à peine besoin de faire remarquer combien peu M. Pertwee est autorisé à comparer de cette façon une machine construite pour l’éclairage par| incandescence avec des machines destinées à alimenter des lampes à arc.
- D’autre part on garde un silence discret sur la construction même de la machine, mais quelle que soit sa construction, on ne peut admettre qu’elle puisse alimenter 11 lampes de 20 candies par cheval absorbé par la machine. C’est à peine si un cheval représente le travail absorbé électriquement par les onze lampes. Il y a donc dans les détails donnés sur la machine Ferranti une exagération évidente et l’on doit pour s’en
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- faire une idée attendre qu’elle ait fait ses preuves en public et soit sortie du mystère dans lequel elle est actuellement plongée.
- Les briquettes-piles de M. Brard
- On se rappelle qu’il y a quelques années, M. Ja-blochkoff avait imaginé une pile composée d’un morceau de charbon brûlant dans un bain d'azotate de potasse. M. Brard, de la Rochelle, vient de construire sur le même principe une pile , assez ingénieuse, en ce sens qu’il a donné à ses éléments la forme de briquettes.
- Chacune de ces briquettes est longue de i5 centimètres sur 35mm de largeur et 25mm d’épaisseur. Elle est formée de 100 grammes de poussière de houille agglomérée à l’aide de brai. La pâte est fortement comprimée dans un moule auLour d’un noyau de fils de cuivre. Sur une de ses faces, la briquette porte des espèces de cuvettes tapissées d'amiante et dans lesquelles on a coulé un mélange très chaud de cendres et de nitrate de potasse en y insérant comme prise de courant des fils de cuivre.
- En réunissant les fils du nitrate à ceux du charbon et plaçant la briquette dans un foyer ardent, on obtient un courant continu qui persiste pendant toute la durée de la combustion, c’est-à-dire pendant une heure £ environ.
- Les régulateurs à tige vibrante
- Dans le numéro du 7 octobre dernier nous avons donné une étude de M. Pierre Picard sur les régulateurs à tige vibrante. Par suite d’une omission, la comparaison entre les deux systèmes de freins considérés n’a pas été placée, comme elle eût dû l’être, après la dernière ligne de la page 35o. Voici parallèlement les différences qui existent entre le frein ordinaire et le frein automatique ;
- FREIN ORDINAIRE
- Le ressort du frotteur passe sur l'excentrique.
- Par son élasticité, il tend à éloigner le frotteur du cylindre de frottement.
- Par sa pression sur l'excentrique, il augmente la rigidité de la tige vibrante.
- La tige vibrante, en s'écartant, fait agir le frotteur.
- FREIN AUTOMATIQUE
- Le ressort du frotteur passe sous l'excentrique.
- Par son élasticité, il tend à rapprocher le frotteur du cylindre de frottement.
- Par sa pression sur l'excentrique, il diminue la rigidité de la tige vibrante.
- La tige vibrante, en s’écartant, laisse agir le frotteur.
- L’accumulateur de MM. Tamine et Arnould
- Les journaux belges font mention d’un nouvel accumulateur combiné par MM. Tamine et Arnould.
- « Dans ce système, dit YIndustric Belge, les électrodes sont formées de fils métalliques enroulés.
- «
- en spirale; de cette façon on réalise la plus grande surface pour le moindre poids. Le bain est composé de sulfate de cuivre qui est un excellent dépolarisant.
- « Les inventeurs ont essayé toutes les matières organiques possibles : feutre,, flanelle, parchemin, etc., pour séparer les électrodes et ils sont arrivés à l’entière conviction qu’aucune d’elles ne peut résister six mois, soit à l’action du courant électrique, soit à celle de l’acide. MM. Tamine et Arnould remplacent ces matières par des disques en terre poreuse excessivement minces. »
- CORRESPONDANCE
- Paris, le 11 octobre 1882.
- Monsieur le Directeur,
- Votre dernier numéro contient un article sur un nouveau modèle de chandelier à bougies électriques en dérivation, du système imaginé par M. P. Gadot.
- Afin d'éviter de brûler les pinces du chandelier, la fonction du changement automatique des bougies en temps utile est accomplie, dans le système décrit, par un petit organe appelé dilatateur et qui est formé d'une lame de cuivre et d'une lame d'acier soudées ensemble.
- Or, ce petit organe, base du nouveau chandelier, organe attribué à M. P. Gadot, a été imaginé et appliqué par nous en 1880 pour commander la fonction du commutateur automatique appliqué aux bougies Jablochkoff. Nous avons même à cette époque réalisé expérimentalement le changement des bougies sur un chandelier à bougies en dérivation, mais sans en tenter-l'application dans les éclairages qui restaient -ainsi toujours soumis aux mêmes incertitudes de durée de marche.
- Nous prenons la liberté de vous demander si vous voudriez bien insérer cette petite rectification de fait, qui n'a d'importance qu'au point de vue de la part légitime qui revient à chacun des nombreux chercheurs qui explorent le champ des applications de l'électricité.
- Veuillez agréer, etc.
- Maquaire.
- Paris, le 14 octobre 1882.
- Monsieur le Directeur,
- Votre honorable journal public dans le numéro du 7 octobre, une lettre de M. Jarriant jeune, au sujet d'un extrait des comptes rendus concernant l'isolement û l'amiante. II vous appartient, Monsieur, de connaître exactement l'état de la question.
- Deux ou trois jours après la présentation de ma note à l'Académie des Sciences, j’eus connaissance de l'existence du brevet de M. Jarriant annulant celui que je venais de prendre pour le même objet. En toute bonne foi, je fis à M. Jarriant des offres tendant à une exploitation commune.
- Sur ces entrefaites, je constatai l'existence du brevet Jules Erckmann, n° 66094 du 3 février i865 ayant pour objet l'emploi de l'amiante pour couverture des fils télégraphiques en citant ce minéral comme isolant et incombustible. Je constatai aussi l'existence du brevet anglais, n° 362 du 9 fé-yrier i865, pris par le même inventeur et l'intermédiaire de M. Marshall pour le même objet. Ces deux brevets constituant, de l'avis des hommes compétents, une antériorité évidente, je fus obligé d’en donner connaissance à M. Jarriant et dè mettre lin à mes offres, l'emploi de l'amiante comme isolant se trouvant tombé dans le domaine public.
- Veuillez agréer, etc.
- IIenui Geoffroy.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- FAITS DIVERS
- Éclairage électrique
- Les expériences d’éclairage électrique par la Lampe-Soleil, qui avaient lieu précédemment le mardi et le jeudi, de huit à dix heures, auront lieu désormais tous les jours, de cinq à six heures du soir, au siège du Syndicat, 42, avenue de Wagram.
- On vient de recevoir à Marseille, au bureau central des télégraphes, des siphons-recorders de sir William Thomson. Ces appareils, applicables aux câbles sous-marins, permettront d’effectuer les communications télégraphiques entre la France et l’Algérie dans des conditions excellentes de célérité. Un avantage appréciable des nouveaux appareils sera aussi de rendre moins fréquentes les erreurs de lecture que le système à miroir, actuellement employé, produisait trop souvent. __________
- On va expérimenter à la Joliette, à Marseille, devant une commission nommée à cet effet, des appareils d’éclairage électrique pour recherches sous-marines, analogues à ceux qui ont été décrits dans le journal.
- La Compagnie du gaz d’Amsterdam vient d’installer dans Ses bâtiments, à titre d’essai, 48 lampes à incandescence Maxim, 20 dans les bureaux de l’administration, 9 dans la chambre du directeur, 8 dans le bureau de l’ingénieur, 3 dans la salle des machines, 4 dans le hangar de nettoyage, 4 dans le bureau du service de nuit. On se sert d’un moteur à gaz de la force de 25 chevaux. Pour obvier aux oscillations dans l’intensité, qui étaient produites par la marche de la machine, on a interposé entre la machine et les lampes 36 accumulateurs Planté, à l’aide desquels on a la facilité de mettre le moteur au repos à neuf heures du soir, et d’alimenter les quatre lampes destinées au service de nuit avec l’électricitc accumulée.
- Les principales fabriques et usines de la ville de Gand vont être éclairées par l’électricité. Les grandes fabriques Desmet et Dhanis ont déjà un éclairage de soixante lampes électriques, et on en installe dans la filature de la Lys, où sont employés plusieurs milliers d’ouvriers.
- Les vapeurs Tarawcra et Wailhora, que l’on construit en ce moment en Angleterre pour l’Union Steamship Company de la Nouvelle-Zélande, vont être pourvus chacun de i5o lampes Edison de 16 candies. Ces lampes seront alimentées par une machine dynamo Edison, actionnée directement par un moteur Brotherwood à trois cylindres.
- A Bath (Angleterre), la partie nouvellement construite des magasins Evans et Owen, vient d’être pourvue de lampes à arc Gülcher. _________
- Les rues de Preston, ville importante du comté de Lan-castre, ont été brillamment illuminées pendant plusieurs soirs à l’occasion de la visite du Duc de Cambridge, avec des lampes à arc Brush. _______________
- Le grand paquebot Caroline qui fait le service entre Baltimore et Norfolk, aux États-Unis, va être éclairé avec des lampes Edison, dans ses salons, cabines et salée des machines. ___________
- La Levett Muller Electric Light Company de New-York
- vient d’exposer un nouveau système d’éclairage électrique, inventé par M. Hans J. Müller de Philadelphie.
- A Brentwood, dans le comté d’Essex, les inspecteurs de l’éclairage sollicitent des soumissions pour l’éclairage de leur district par l’électricité.
- La gare de Zurich et ses abords doivent être éclairés prochainement à la Jumière électrique.
- Télégraphie et Téléphonie
- Le gouvernement français vient de passer un contrat avec l’India Rubber Gutta Percha and Telegraph Works Company de Londres pour la pose d’un câble entre Sousse, Sfax, Djerba et Gabès sur les côtes de Tunisie. C’est le vapeur Y International qui servira aux travaux de l’entreprise.
- Un contrat vient d’être passé entre le gouvernement portugais et M. Braan nour la pose d’un câble sous-marin entre Lisbonne et les États-Unis, en touchant aux Açores.
- Une ligne télégraphique vient d’être établie entre Bankok, capitale du royaume de Siam, et Moulmein, ville de l’Indo-Chine, chef-lieu de la province de Tenasserim. Cette ligne passe par Tavoy, capitale de la province de ce nom, en traversant les collines qui séparent ces deux dernières villes.
- En Égypte, l’Eastern Telegraph Line fait établir une ligne télégraphique, le long du canal de Suez, entre Port-Saïd et Kantara.
- Une nouvelle ligne télégraphique se pose en ce moment au Canada, le long du chemin de fer en construction, le Ca-nadian Pacific. Cette ligne télégraphique est achevée jusqu’à une distance de trois cent cinquante milles de Winnipeg.
- La Compagnie télégraphique a posé un câble sous-marin de Fort-Hamilton (Long Island) à Staten Island, et de Sta-ten Island à New-Jersey. Ce point est particulièrement difficile, parce que beaucoup de navires y viennent mouiller. On a suivi un tracé assez détourné, comme étant moins exposé au danger. Le câble a d’ailleurs été fait très lourd et très solide. Le conducteur est composé de sept fils de cuivre étamé et l’armature de gros fil de fer n° 14 (jauge Birmingham). L’ensemble a 2 J pouces (om) de diamètre. La pose de ce câble, qui a exigé des soins particuliers, a très bien réussi. La même Compagnie se propose, dit-on, d’entreprendre prochainement la pose d’un câble d’Amérique en Europe;;
- Le ministère des postes et télégraphes vient d’annoncer à l’administration municipale de Roubaix son intention de créer dans cette ville un service téléphonique. Un réseau téléphonique avec bureau central sera construit par l’Etat dans l’agglomération de Roubaix-Tourcoing, peut-être avec correspondance à Lille.
- Depuis quelques jours, le service téléphonique définitivement organisé pour les particuliers par la Direction des postes et télégraphes fonctionne à Strasbourg dans les maisons.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 32770
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Electricité 5i, rue Yivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Tii. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- 4® ANNÉE (TOME VII) SAMEDI II NOVEMBRE 1882 N® 45
- SOMMAIRE
- La grande machine de M. Gordon; Th. du Moncel. — Les moteurs électriques à inducteurs sans fer ; Aug. Guerout. — L’éclairage électrique des côtes d’Angleterre et d’Australie (5° article) ; Gustave Richard. — Les aurores polaires (40 article) ; Alfred Angot. — Postes micro-téléphoniques de MM. d’Arsonval et Paul Bert ; Dr A. d’Arson-val. — Des méthodes employées jusqu’à ce jour pour la détermination de l’ohm (20 article); G. Wicdcmann. — Les conférences internationales des électriciens; C.-C. Soulages. — Notice sur les fils des alliages métalliques, dits bronze phosphoreux ’et bronze siliceux; Dr E. Van der Ven. — Correspondance : Lettre de M. Marcel De-prez. — Faits divers.
- LA GRANDE MACHINE
- DE M. GORDON
- Jusqu’à présent, les machines dynamo-électriques employées pour l’éclairage ont été de dimensions relativement restreintes; seule, celle de M. Edison, susceptible d’alimenter 1 200 lampes à incandescence, avait atteint des proportions un peu grandes. Il faut croire que si les constructeurs se bornent encore à faire de petites machines, cela tient à des considérations particulières d’intérêt et de commerce, car il est bien évident que l’avenir est aux grandes machines. M. Marcel Deprez a montré le grand avantage qu’elles présentent au point de vue du rendement; il est facile de voir combien elles sont également avantageuses, industriellement et mécaniquement parlant, pour l’installation de grands centres de production du courant. C’est avec la conviction de cette supériorité des grandes machines que M. J. E. Gprdon a entrepris la construction de la machine qu’il a fait fonctionner le 25 octobre dernier à Greenwich, aux Télé-graph Construction and Maintenance Works, et qui est certainement la plus grande existant aujourd’hui.
- Cette machine, dont la fig. 5 permettra de se faire une idée, est une alternative à, excitatrice séparée, rappelant comme principe celles de Siemens, AVilde, Lachaussée, etc. Les inducteurs sont mobiles et les bobines induites fixes. Deux machines Burgin sont employées comme excitatrices, et le moteur agit directement sur l’axe sans l’emploi d’aucune transmission.
- Le poids total de la machine est d’environ 18 tonnes; celui de l’armature mobile est de 7 tonnes; l’espace occupé par la base de la machine est de 4moô sur 2mi3, et le diamètre de l’armature est de 2'"67; elle est susceptible d’alimenter 5 000 lampes à incandescence.
- Le but que s’est proposé M. Gordon étant de / construire une machine de grande puissance plutôt/'; que d’inventer une nouvelle machine, nous n’avonsU pas grand’chose de nouveau à dire en ce qui con- y cerne le principe de son fonctionnement. Elle pré- v sente cependant à ce point de vue un détail intéressant. Dans un précédent appareil, construit par M. Gordon, il y avait un nombre de bobines induites égal à celui des inducteurs. Il observa alors qu’il se produisait entre les bobines voisines une induction nuisible. Cet effet pouvait être constaté de la manière suivante : si l’on alimentait un certain nombre de lampes à l’aide 'du courant d’une des bobines induites, et que l’on fermât le circuit de la bobine voisine, on voyait baisser de 20 ou 3o % l’intensité des lampes dans le premier circuit. Cet effet était dû à ce que les pôles de deux inducteurs voisins étant de signe contraire, deux bobines induites voisines étaient parcourues en même temps par des courants de signe contraire qui, par induction, réagissaient l’un sur l’autre. Dans la présente machiné, M. Gordon a paré à cet inconvénient en réduisant de moitié le nombre des électros inducteurs, de sorte qu’il n’y en ait plus qu’un pour deux bobines induites.
- Avec cette nouvelle disposition, au moment où les inducteurs exercent leur action maximum sur les bobines i, 3, 5..., les bobines alternes 2, 4, 6.... sont sensiblement au repos; il y a alors entre les bobines actives 1, 3, 5.,.. une distance assez grande
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- pour que les actions qu’elles exercent les unes sur les autres soient considérablement diminuées ; quant aux bobines inactives, elles sont bien influencées de chaque côté par une des bobines actives ; mais, dans ce cas, les actions sont de signe contraire et se détruisent.
- Les bobines induites sont disposées en deux
- anneaux de chaque côté de l’armature, elles sont au nombre de 64 sur chaque anneau, soit en tout 128. Elles sont oblongues, ainsi que le montre la figure 1, et ont un noyau N en forme de Y. Une sorte de tige de boulon formant le prolongement
- FIG. 2 FIG. 3
- de ce noyau est fixée par un écrou à l’anneau de fer qui sert de support aux bobines, et pour éviter toute induction nuisible, celles-ci sont séparées de ltanneau par d’épais blocs de bois qui constituent une de leurs joues. L’autre joue est formée par une plaque de maillechort rivée sur un épaulement du noyau. Cette plaque est percée d’un grand nombre de fentes pour obvier aux courants induits dans le métal même. Comme la machine n’est pas
- destinée à produire une différence de potentiel très élevée, on pouvait penser à enrouler les bobines avec de gros rubans de cuivre,‘mais M. Gordon a reconnu par expérience que lorsqu’on emploie un ruban de grande section, il se produit dans son intérieur des courants de Foucault qui diminuent le rendement de la machine. M. Gordon rend compte de ces courants par les fig. 2 et 3. La figure 2 représente les grandeurs et directions des forces électro-motrices développées dans un ruban de cuivre passant perpendiculairement au plan du papier, entre deux pôles d’aimant. La fig. 3 montre
- FIG. 4
- les courants circulaires auxquels donnent lieu ces forces. C’est pour éviter ces phénomènes qu’il s'est servi de fils de cuivre de 4 millimètres j réunis en quantité.
- L’armature mobile est composée de deux disques A (fig. 4) et de deux cônes B fixés par leur base à ces disques et par leur sommet à l’axe de la machine. Les disques et les cônes sont construits en forte tôle ; les segments qui les composent sont rivetés ensemble, comme dans les chaudières à vapeur. Les disques sont écartés l’un de l’autre au centre par une cale D, à la circonférence par un anneau de fer. La base des cônes est moins large que les disques de manière à laisser un espace annulaire pour les inducteurs ; entre les cônes et les
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- disques se trouvent de forts épaulements fixés à l’axe et d’un diamètre un peu moindre que celui de la plaque D.
- Dans la. partie annulaire entourant la base des cônes sont implantés les noyaux des électro-aimants inducteurs au nombre de 3a. Chacun de ces
- inducteurs est formé d’un noyau qui dépasse également de chaque côté des deux disques A. Sur chacune des projections est placée une bobine en laiton, et les bobines sont maintenues en place par les pièces polaires.
- L’axe de la machine est supporté par des cous-
- Flü. 5
- sinets en bronze phosphoreux. En outre, la base de l’appareil porte une large ouverture qui permet à une partie de la machine de s’enfoncer dans une excavation creusée dans le sol. Cette disposition a pour but d’abaisser le centre de gravité et de donner plus de stabilité à la machine.
- Les anneaux de fer qui portent les induits sont construits en trois segments dont un plus petit
- que les autres. Cet arrangement permet, en cas d’accident, de réparer un quelconque des inducteurs qui se trouverait endommagé. Il suffit en effet pour cela d’enlever le petit segment et de faire tourner l’armature jusqu’à ce que l’électro en question se trouve en vue. On peut alors facilement l’enlever et le réparer.
- Les bobines induites peuvent être accouplées de
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- toutes les façons possibles, suivant le nombre de lampes Swan à desservir. (Ces dernières ont à chaud une résistance de 3e ohms; elles exigent un courant de 1 ampère, 4 et par suite une force électro-motrice de 45 volts.) Avec 1 3oo lampes les bobines sont groupées par 4 en tension et 02 en quantité. La vitesse de la machine est alors 140 tours par minute, ce qui donne aux noyaux des inducteurs une vitesse linéaire de i8m,3o par seconde.
- Le courant qu’on lance dans les inducteurs est alors de 19 ampères et la force électro-motrice
- obtenue est de 88 volts. Le courant dans les fils de l’armature est de 27,5 ampères.
- Pour alimenter 5 000 lampes, les 128 bobines seraient toutes reliées en quantité, la vitesse de la machine serait élevée à 180 tours, un Courant de 40 à 5o ampères serait lancé dans les inducteurs et on placerait en quantité des lampes exigeant 1 ampère et 60 volts. On aurait alors un courant de 40 ampères dans le fil de l’armature, et la force électro-motrice serait réduite à 60 volts.
- Les excitatrices qui fournissent le courant aux inducteurs sont alimentées par un moteur à vapeur
- Fin. 6
- spécial, et c’est en agissant sur les deux moteurs que l’on règle le courant. Dans une chambre voisine de la machine (fïg. 6), sont placés des appareils indiquant la vitesse de la grande machine, l'intensité du courant excitateur, la pression de la vapeur, etc. En outre, deux lampes appartenant chacune à un des deux. circuits de la machine, indiquent au photomètre les variations d’intensité du courant. Dans la même pièce passent les tuyaux de vapeur des deux moteurs, et un homme peut, à l’aide de robinets, faire varier les vitesses en même temps qu’il observe les instruments indicateurs.
- D’après YElectrician, auquel nous empruntons une grande partie des détails contenus dans cet article, 94 0/0 du travail absorbé par la machine et
- les excitatrices se retrouveraient dans les lampes. Ce résultat est trop satisfaisant pour que nous l’acceptions sans réserve.
- Dans l’expérience de Greenwich, la machine a fait fonctionner 1 3oo lampes de 20 candies dans les conditions indiquées plus haut. Ces lampes étaient réparties dans l’usine sur une surface d’environ i3 acres anglais et constituaient une véritable distribution d’éclairage.
- On ne saurait trop féliciter M. Gordon qui, comme MM. Warren de.la Rue et Spottiswoode, consacre sa fortune à l’avancement de la science, d’avoir entrepris la construction d’une aussi puissante machine et montré ainsi la voie à la pratique.
- Tu. du Moncel.
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- LES
- MOTEURS ÉLECTRIQUES
- A INDUCTEURS SANS FER
- Il est aujourd’hui démontré que les meilleurs moteurs électriques sont les machines reposant sur le principe de l’anneau de Pacinotti. Dans ces. appareils en effet l’attraction du champ magnétique sur l’armature mobile s’exerce d’une manière continue et sans changements de polarité susceptibles de donner lieu à des effets retardateurs par suite de l’inertie magnétique des noyaux de fer. En raison cependant du prix élevé des machines à anneau on a encore intérêt à se servir, pour les très petites forces, de moteurs à inversion de sens du courant. On s’appuie dans la construction de ces moteurs sur ce principe, indiqué pour la première fois en 1878 par M. Marcel Deprez, que les noyaux de fer des parties mobiles doivent être aussi réduits que possible afin de supprimer dans une grande mesure les effets nuisibles dus à la lenteur d’aimantation et de désaimantation du fer, et, dans la plupart des moteurs actuels, on emploie comme armature mobile la bobine Siemens en fer à double T indiquée par M. Deprez comme réalisant très bien les conditions qui précèdent.
- Avec ce système, on diminue dans une grande mesure les effets dus à l'inertie magnétique du fer, mais on ne les élimine pas complètement et l’idée d’arriver à supprimer entièrement ces actions nuisibles a donné lieu à une série d’appareils reposant tous sur le même principe et que le moteur récemment construit par M. P. Jabloclikoff nous fournit l’occasion de passer en revue.
- Pour éviter le magnétisme rémanent, M. Dering avait, il y a déjà une trentaine d’années, imaginé un appareil dit moteur galvanométrique. Il consistait en un certain nombre de cadres galvanométriques dont tous les barreaux aimantés réagissaient sur un même axe, les inversions de courant se faisaient, à chaque demi tour des barreaux, dans le fil des cadres inducteurs et le moteur ne comprenait aucune pièce de fer doux susceptible d’intervenir par son magnétisme rémanent.
- En 1879, M. Marcel Deprez construisit, dans le même but, une machine dont on se fera une idée en supposant un de ses moteurs dans lequel l’aimant permanent serait remplacé par un cadre galvanométrique plat rectangulaire et construit de manière à épouser autant que possible la courbure de la bobine. Les changements de sens de courant avaient lieu dans le cadre galvanométrique et, les pôles de la bobine restant toujours de même nom, il n’y avait plus d’actions contraires dues au magnétisme rémanent. Cet appareil, que nous avons vu fonctionner, don-
- nait des résultats assez mauvais pour que M. Deprez n’ait pas jugé utile d’en publier la description.
- En 1881, M. Bürgin avait exposé au Palais de l’industrie un moteur dit moteur sphérique basé sur la même idée. Cet appareil (fig. 1) a déjà été décrit dans notre numéro du 19 octobre 1881 ; nous le rappellerons en quelques mots. Il consiste en une carcasse sphérique surlaquellesontenroulés'horizon-talementdes fils de cuivre F F. A l’intérieur de cette sphère creuse peut se mouvoir autour d’un axe A un électro-aimant sphérique ayant pour noyau la masse de fer N. Les lames de ressort L L' frottent sur les parties pleines du commutateur de manière à envoyer dans le fil f un courant toujours de même
- FKL I
- sens, mais les lames l1' par lesquelles le courant arrive dans le fil F sont sur la partie médiane refendue du commutateur, de telle sorte qu’à chaque demi révolution le courant change de sens dans le fil F.
- Le mouvement est ainsi produit par l’action de l’électro N sur le fil F de la même manière que dans les autres moteurs, mais l’inversion du courant se produit dans une partie qui ne contient pas de fer et les effets dus à l’inertie magnétique de ce métal se trouvent supprimés comme dans les appareils précédents.
- Tout récemment enfin, M. Jabloclikoff a combiné un nouveau moteur qu’il désigne sous le nom d'Ecliptique. La partie mobile est formée par une bobine plate b (fig. 2) placée obliquement sur l’axe de rotation. Cette bobine est en fer et l’ensemble forme ainsi un court électro-aimant. La partie fixe est une bobine plus grande B à cadre de cuivre, disposée obliquement à l’axe comme la première, mais dans le sens opposé. L’arrangement du commutateur est tel que le courant par-
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- court la bobine mobile toujours dans le même sens et que les changements de sens, à chaque demi-révolution, ont lieu seulement dans le solé-noïde fixe. Les actions qui s’exercent entre ce dernier et l’armature produisent la rotation de celle-ci.
- On voit que si le moteur de M. Jablochkoff diffère de ceux que nous venons de citer par la disposition toute spéciale et originale de ses bobines, il utilise également l’idée de produire les changements de sens du courant dans une partie ne contenant pas de fer.
- Tous ces appareils suppriment donc les inconvénients résultant de l’inertie magnétique de ce métal, mais ce n’est pas une raison pour qu’il y ait là un progrès sur les systèmes à noyaux de fer de
- FIG. 2
- petites dimensions. Si l’action fâcheuse du fer en effet est supprimée, il reste encore celle des extracourants produits par l’influence des spires du fil les unes sur les autres, et ces extra-courants produisent inévitablement un effet contraire notable. En outre, si le fer n’est plus là pour intervenir comme cause perturbatrice, d’autre part il ne prête plus au solénoïde son action renforçante et, si l’on gagne d’un côté, on perd évidemment de l’autre.
- Il est facile d’ailleurs de s’en rendre compte en envisageant la question à un autre point de vue. On jpeut, comme l’a montré M. Marcel Deprez, apprécier la bonté des différents moteurs électri-vques d’après la dépense d’énergie que coûte avec chacun d’eux un certain effort pris pour terme de comparaison. Or, dans les recherches qu’il a faites au sujet de la vérification expérimentale de son théorème des similitudes, M. Deprez a reconnu que, dans un moteur sans fer, un effort donné coûte cinq fois plus que lorsque l’appareil est muni
- d’àmes en fer. Il a reconnu également que dans le cas où, une des deux parties possède un noyau de fer, un effort donné coûte encore beaucoup plus qu’il ne coûterait si les deux parties de l’appareil étaient pourvues de leurs noyaux.
- On peut donc dire a priori que les appareils dont nous venons de parler sont loin d’être dans des conditions de rendement aussi bonnes que les petits moteurs actuels à bobines Siemens, même quand, dans ces derniers, le champ magnétique, au lieu d’être un aimant permanent comme dans le moteur de M. Marcel Deprez, est constitué par un électro-aimant et coûte, par suite, une certaine dépense d’énergie.
- Il va sans dire que tous les appareils décrits plus haut sont réversibles et peuvent être envisagés non seulement comme moteurs, mais encore comme machines dynamo-électriques, mais ils ne présentent évidemment pas plus d’avantages à ce point de vue, et, somme toute, il faut surtout les considérer, non pas comme des appareils pratiques, mais comme des dispositifs intéressants, utilisant d’une façon ingénieuse les actions électrodynamiques.»
- Aug. Guerout.
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DES CÔTES D’ANGLETERRE ET D’AUSTRALIE
- 5° article. (Voir les numéros des 23 et 3o septembre, et des 7 et 28 octobre 1882.)
- phares du lizard (Suite)
- En temps ordinaire, il suffit de deux dynamo, une pour chaque phare, et d’un seul moteur ; la seconde machine Brown, toujours tenue prête à marcher, ne fonctionne qu’en temps de brouillard, de pluie ou de neige ; chaque phare reçoit alors le courant de deux dynamos produisant, au foyer de chaque lampe, une lumière de 8 a5o candies. La troisième machine Brown et les deux autres dynamo, ne servent qu’en cas d’accident; les phares sont munis d’une sirène très puissante, actionnée par un des moteurs Brown.
- La machine à air chaud de Brown (*) est représentée par les figures 19 et 20. Dans cette machine,
- (!) D’après M. Sautter, la consommation de cette machine serait de 1 k. (Notice sur les phares, etc., p. 48) et la température élevée de l’air dans le cylindre travailleur, 5oo° environ, en rendrait le graissage très difficile. Ces machines ont été, depuis, modifiées, par MM. Brown-Hôlmes et Buckett, de manière à atténuer cet inconvénient; les nouvelles machines sont à deux cylindres, leur marche est plus régulière. La mise en marche de ces machines s’opère en leur faisant faire plusieurs tours au volant, puis en les laissant tourner à vide, jusqu’à ce que la pression ait atteint 1 1c. 5o environ.
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- \Tremic-
- FIG. 19 ET 20. — MACHINE A AIR CHAUD DE BROWN, EMPLOYEE AUX PHARES DU L1ZARD
- l’air aspiré par la pompe de compression p est refoulé, par le conduit t, autour du foyer du réchauf-feur R ; il pénètre en partie, dans ce foyer chargé de
- coke ou d’anthracite, à travers lès trous des portes c et d, à une pression de 1 kil. 8 par centimètre carré. L’air chaud se rend ensuite au cylindre mo-
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- LA. LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- leur par le tuyau a, et s'cn échappe par e; la course I du volant. La vitesse normale de cette machine descendante du piston c se fait par l’entraînement | est de 60 tours par minute: la consommation
- O?; "'//'///y. f/ ;
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- FIG. 21. - APPAREIL OPTIQUE DES PHARES DU Ï-IZARD
- moyenne est de i kil. 40 de coke par cheval effee- I La longueur des câbles est, pour chacun des tif et par heure. j .phares, de 90 mètres environ ; ils sont formés de
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- 19 fils de cuivre de imm 65, (n° 16 B. W. G.) recouverts de feutre, de caoutchouc, puis d’une double épaisseur de coton saturé de caoutchouc: le diamètre du câble est de 1 imm.
- Les lampes, au nombre de six, deux pour chaque phare et deux de réserve, sont du système
- Siemens; leurs dispositions sont les mêmes qu’au phare du South F'oreland (*).
- Le personnel se compose, comme au South Forçland, d’un mécanicien et de six assistants.
- La dépense additionnelle des installations électriques s’est élevée :
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- FIG. 22 ET 23. — APPAREIL OPTIQUE DE5 PHARES DU LIZARD. — DÉTAIL DES LENTILLES
- Pour les bâtiments et les lanternes à....... iqo.qoo fr
- Pour les machines dynamo et les appareils dioptriques à............................. iSt.Soo
- Total
- 328.400
- La dépense annuelle peut se décomposer comme il suit :
- Salaires et allocations.....................
- Combustible, graissage et approvisionnements.. . .'....................._.........
- Transports et divers..............‘.........
- Réparations et renouvellements..............
- Total...............
- i3.ogo fr. 11.875
- 1.125 — 12.325
- 38._|i5
- C) Les interruptions qui se sont produites au Lizard ont été occasionnées principalement par l’échauffement des fils
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- REPENSES ET INTENSITES LUMINEUSES DES PHARES ÉLECTRIQUES DE Dl'NGENESS, DE SOUTER-POINT, DU SOUTH-FORELAND ET DU LIZARD
- Si l’on ajoute, à ces dépenses, l’intérêt à 3 1/2 % du prix d’établissement des phares proprement dits — 264 000 francs -r- et des appareils électriques — 328400 francs — on trouve, pour les dépenses annuelles totales, la somme de 56 000 francs : l’éclairage à l’huile revenait à 25 400 francs.
- L’intensité moyenne des feux à huile était de 528 candies, celle des foyers électriques varie entre un maximum de 16 5oo candies pendant 720 heures et un minimum de 7 240 candies pendant 3692 heures, correspondant à une moyenne de 8 751 candies pour l’année de 4412 heures. Au plan le plus éclairé, l’intensité maxima des feux électriques est, pour chaque phare, de 33oooo candies, ou 211 1/2 fois plus puissante que celle des appareils à huile.
- On voit, en partant de ces données, que la dépense s’élève, par candle-heure, à o fr. ooi5 pour les phares électriques et à o fr. 010 pour les phares à l’huile ; le rapport des dépenses est de 0,14.
- Au point de vue de la dépense par candle-heure, les appareils de Dungeness, de Souter-Point, de South-Foreland et du Lizard peuvent se ranger comme l’indique le tableau ci-dessus.
- On voit, d’après ce tableau, que l’on consomme, au cap Lizard, .20 fois moins de coke par unité de lumière qu’à Dungeness.
- L’appareil optique des phares du Lizard (fig. 21, 22 et 23) étudié par le Dr Hopkinson, est construit sur le type de celui du grand phare de South-Foreland, mais, au lieu de réduire les dimensions des demi-lentilles d’arrière, 011 les a rendues mobiles autour xde leurs axes, de la quantité nécessaire pour le service de la-lampe; cette disposition a permis de concentrer dans le faisceau les 76.6 0/0 de la lumière totale émise par la lampe, tandis que les
- et l’usure des commutateurs. (Douglas, discussion du mé -moire, pages 87 et 77).
- appareils du grand et du petit phare de South-Foreland n’en utilisent que 71 et 67 %•
- (Â suivre.) Gustave' Richard.
- LES AURORES POLAIRES
- 4e article. (Voir le n° des 21 et 28 octobre, et 4 11 ov. 1882.)
- IV. EXTENSION, POSITION ET FRÉQUENCE DES AURORES POLAIRES.
- i° Extension des aurores polaires.
- L’extension des aurores polaires est extrêmement variable : les unes semblent être des phénomènes purement locaux, qui ne sont aperçus que dans un faible rayon ; les autres, au contraire, peuvent être vues simultanément d’une immense étendue de pays.
- Les aurores locales semblent plutôt fréquentes dans les latitudes élevées, et nous possédons à cet égard quelques renseignements précieux, quoique malheureusement trop rares encore. Dans l’hiver de 1872-1873, en effet, il s’est trouvé que trois expéditions différentes ont séjourné simultanément dans les régions polaires, et en des points relativement peu éloignés les uns des autres. Une expédition suédoise, avec Palander et Wijkander, hivernait alors au nord du Spitzberg, à la baie Mossel ; en même temps l’expédition polaire austro-hongroise du Tegetthof, avec Payer et Weyprecht, était enfermée dans les glaces à moins de mille kilomètres dans l’est de la baie Mossel ; enfin Tobiesen observait dans l’ile de la Croix, dans la Nouvelle Zemble, à 25o kilomètres environ au sud du Tegetthof. Or, sur 100 jours où l’on observa des aurores boréales au Spitzberg, il y en eut, il est vrai, 83 où des aurores furent aperçues aussi du Tegetthof, mais la
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- FIG. 12. — AURORE BOREALE OBSERVÉE AU COL DU CABRE (ALPES FRANÇAISES), LES 2§-29 AOUT l85(), VERS 1 HEURE DU MATIN
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- comparaison des heures d’apparition aux deux stations montre qu’il n’y avait d’ordinaire aucune concordance, et que très fréquemment on ne voyait rien du Tegetthof au moment où l’aurore était observée au Spitzberg, ou inversement, bien que les circonstances atmosphériques fussent favorables. Tobie-sen, qui était beaucoup plus près encore du Tegetthof, observa 35 aurores à des jours où Weyprecht en vit également ; mais il nota d’autre part trois aurores qui restèrent complètement invisibles à l’expédition austro-hongroise.
- De même XAlert et la Discovery, les deux navires de l’expédition anglaise au pôle Nord dirigée par le capitaine Nares, hivernèrent en 1875-1876 dans le détroit de Smith, à moins de cent kilomètres de distance l’un de l’autre, et ils ne constatèrent que sept fois seulement une coïncidence dans leurs observations d’aurores boréales.
- Nous citerons plus tard, en discutant les observations sur la hauteur des aurores, d’autres exemples d’aurores qui ont eu incontestablement un caractère tout local.
- A côté de ces faits on peut citer au contraire, surtout dans) les latitudes moyennes, des aurores qui furent visibles simultanément sur une étendue immense. Dans la nuit du 28 au 29 août 1859, par exemple, une même aurore boréale (fig. 12) fut /aperçue à la fois dans toute l’Europe, dans tout l’Ouest de l’Afrique, l’Atlantique, Cuba et l’Amérique du Nord; la limite de visibilité était marquée au sud par une ligne partant de la Californie, un peu plus bas que Sacramento, passant au sud de la Jamaïque, et aboutissant sur la côte de Guinée àSaint-Georges-del-Mina.
- Quatre jours plus tard, dans la nuit du icr au 2 septembre 1869, une autre aurore fut aperçue dans toute l’Amérique du Nord, depuis la Guadeloupe, la Jamaïque et Cuba jusqu’aux iles Sandwich. A l’heure où cette aurore se produisit il faisait grand jour en Europe, ce qui empêcha de l’observer; mais elle y manifesta cependant sa présence d’une manière très nette par des perturbations magnétiques’ et des troubles considérables dans les lignes télégraphiques (voir chapitre VI).
- Ce qu’il y a de plus remarquable peut-être dans ces aurores très étendues, c’est que souvent elles ne sont pas isolées, mais se produisent simultanément dans les deux hémisphères. Pendant les deux grandes aurores boréales de i85q citées plus haut, des aurores australes très remarquables furent en effet observées en Australie. (fig. 22) et à Santiago du Chili. Il en fut encore de même pour la grande aurore du 4 février 1872 (fig. 20). A cette date une aurore boréale fut observée dans la zone immense que limitent au nord une ligne menée de lénisseisk en Sibérie jusqu’à la baie du Polaris, à l’extrême nord du Groenland, et au sud une autre ligne passant par Bombay, Syène (haute-Egypte) et la Flo-
- ride ('). Cette zone comprenait ainsi une grande partie de l’Asie, toute l’Europe, et le nord de l’Afrique et de l’Atlantique. Juste à la même heure on observait d’autre part une aurore australe dans une grande partie de l’hémisphère sud, notamment en Australie, à l’ile Maurice, à la Réunion, et à Natal. Les régions de visibilité des deux aurores n’étaient ainsi séparées que par une zone comprenant une vingtaine de degrés de latitude, de part et d’autre de l’Equateur.
- Si l’on pense que la présence du soleil au-dessus de l’horizon empêche à un moment donné de distinguer l’aurore dans la moitié de la surface du globe et si l’on remarque que dans les cas cités plus haut, l’aurore a été observée précisément dans toute la région des latitudes moyennes où il faisait nuit au moment de son apparition, on ne trouvera rien d’ex-? cessif à admettre qu’à certains moments les lueurs de la double aurore polaire puissent envelopper entièrement notre globe, à l’exception d’une ceinture équatoriale d’une quarantaine de degrés de largeur.
- (A suivre.) Alfred Angot.
- POSTES MICRO-TÉLÉPHONIQUES
- DE MM. d’aRSONVAL ET PAUL BERT
- Ces postes, comme tous les appareils de ce genre se composent de 2 parties bien distinctes : i° un appareil récepteur; 20 un appareil transmetteur.
- i° Récepteur. — Le récepteur est un téléphone magnétique d’une construction spéciale que j’ai fait connaître dans un article précédent(2). Comme je l’ai dit, cet appareil qui pèse seulement 35o grammes, donne d’excellents résultats, tout en conservant à la voix transmise son timbre naturel. Quelque impartialité que l’on cherche à mettre à juger ses propres œuvres, on est toujours heureux de voir ses conclusions confirmées par d’autres expérimentateurs. C’est pourquoi je me permets de citer ici l’appréciation que M. Preece, entre autres, a donnée au Congrès de Southampton au sujet du récepteur en question.
- « D’Arsonval a, de son côté, perfectionné le ré-« cepteur Bell. Il a placé la bobine dans un puis-« sant champ magnétique de forme annulaire, de « façon à concentrer sur elle les lignes de force.
- « La bobine induite est noyée entièrement dans « le champ magnétique. Ses effets sont considérait blement augmentés. L’augmentation de l’ampleur
- (>) Consulter pour cette aurore Zeitschrift der œsterrei-chischen Geselischaft fur Météorologie VII 1872.
- (2) Voir La Lumière Electrique du 12 août 1882.
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- « de la voix ne s’accompagne nullement de la perte « d’articulation, comme cela a lieu d’ordinaire ; la « parole est reproduite sans aucun changement du « timbre. »
- Le jugement d’un homme aussi compétent que M. Preece dans la question me dispense d’insister davantage. J’ajouterai pourtant un détail intéressant donné par le savant Anglais dans sa communication orale. M. Preece, en essayant mon instrument, a remarqué qu’il était le seul transmettant avec une parfaite netteté les consonnances si variées du the anglais.
- 20 Transmetteur. — Le transmetteur se compose d’un microphone Hughes à 4 crayons qui se distingue de l’instrument original du savant américain, simplement par les 2 points suivants :
- i° Le mode de réglage des contacts;
- 2e Le mode de suspension destiné à étouffer les bruits étrangers à la voix.
- Comme on peut le voir dans la figure ci-jointe, le microphone se compose de 4 baguettes de charbon à lumière, disposées parallèlement sur une planchette verticale en bois mince.
- Ces charbons sont groupés 2 en quantité et 2 en tension, disposition que M. Maiehe paraît avoir été le premier à breveter en France.
- Pour éviter les crachements inhérents à la disposition Hughes, j’ai recours au réglage magnétique que M. Paul Bert et moi avons fait connaître en 1879. Cette disposition se prête parfaitement et très simplement à cette sorte de réglage. Pour cela chaque crayon de charbon porte, en son milieu une mince feuille de fer-blanc roulée autour de lui. Derrière les 4 crayons se trouve un petit aimant A en fer à cheval figuré en pointillé, et qu’on peut approcher plus ou moins des charbons à l’aide d’une simple vis.
- Ce moyen de régler la pression des charbons donne des résultats plus parfaits encore que la pesanteur. Il présente sur cette dernière le double avantage de permettre au microphone de fonctionner dans toutes les positions et de recevoir, avec les mêmes charbons, une sensibilité variant avec les usages auxquels on destine définitivement l’instrument. Dans la pratique on a dû rejeter l’emploi de toute espèce de ressorts pour opérer ce contact, et cela se comprend. Les ressorts, en effet, ne peuvent transmettre la pression que par un intermédiaire rigide amenant inévitablement soit des glissements soit des vibrations propres, qui déterminent fatalement des bruits étrangers.
- La pesanteur et Y attraction magnétique qui agissent à distance, suppriment par cela même cet inconvénient.
- Dans mes nombreux essais j’ai remarqué de plus qu’une des conditions nécessaires à une bonne transmission consiste à faire porter par la plan-
- afin d’éviter les mouvements de latéralité, et à pro duire seulement 'des changements de pression.
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- Mode de suspension. — Dans les cas ordinaires le réglage magnétique suffit à lui seul. Mais lorsque l’instrument doit être dans une usine ou tout autre endroit où il se produit des trépidations, j’ai eu recours à un système très simple de suspensions qui m’a donné des résultats parfaits.
- La planchette microphonique est collée sur une petite boite portant l’aimant directeur et dont la paroi opposée au microphone est tapissée d’un morceau de flanelle qui forme étouffoir.
- Nous avons remarqué incidemment que la présence de ce morceau d’étoffe améliore considérablement la voix.
- La boîte microphonique est simplement suspendue à la planchette murale au moyen de deux bandes d’étoffe élastique fortement tendues.
- Ce mode de suspension malgré sa grande simplicité est tellement parfait qu’on peut impunément enfoncer des clous à grands coups de marteau dans le mur portant l’appareil sans que l’audition se trouve gênée le moins du monde.
- Enfin une boîte faisant suite à la planchette murale porte un récepteur unique muni de deux cordons acoustiques qui viennent s’adapter à deux crochets latéraux dont un, celui de droite, sert de commutateur automatique. Cette même boîte renferme également la bobine d’induction employée pour les transmissions téléphoniques d’abord par M. Elisha Gray, puis par M. Berliner en juin 1877, ^t dont M. Edison enfin a plus tard généralisé l’emploi.
- Au lieu d’employer un seul récepteur muni du double tube acoustique on peut en employer deux qui sont alors rendus mobiles. Cette disposition augmente sans avantages bien marqués le prix et la résistance de l’appareil.
- J’ai combiné également une autre forme de transmetteur pour les postes qui doivent être très portatifs.
- Le microphone est alors tenu à la main qui forme suspension. Il se compose essentiellement d’un aimant à deux pôles courbé en cercle. Les quatre charbons munis de leur cylindre de fer blanc sont tenus en regard des pôles, par une plaque vibrante en bois de 6 centimètres de dia-' mètre. L’appareil a alors l’aspect extérieur d’un téléphone et pèse moins de 3oo grammes.
- Ce petit modèle (fig. 3) complété par un récepteur et une boîte .contenant le commutateur auto -matique, la bobine d’induction' et au besoin la sonnerie d’appel, est très léger. Il donne d’aussi bons résultats que le grand modèle comme netteté de transmission et fonctionne dans toutes les positions.
- De plus comme le microphone est mobile grâce à son cordon d’attache on peut le poser sur un petit pied, ce qui permet de le déplacer très commodément sur un bureau sans entraîner en même temps les nombreux conducteurs dont est muni un poste téléphonique : fils de sonnerie, de ligne, de terre, pile sonnerie, pile téléphone, etc.
- Ces appareils ont été longuement étudiés dans leurs plus petits détails par mes constructeurs MM. Paul de Branville et Ladislas Lenczewski. L’expérience m’a montré depuis longtemps qu’une bonne idée ne suffit pas pour réaliser un bon appareil et que le rôle du constructeur est loin d’être aussi effacé que paraissent le croire certaines personnes qui n’ont jamais eu à lutter contre les nombreuses difficultés que soulève la pratique.
- Un troisième modèle est représenté dans la figure 2. La suspension est faite par deux res-
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- sorts à boudin fortement tendus logés dans les colonnes de l'appareil qui peut se poser sur une table.
- Le cadre soutenant le microphone est mobile autour de. deux tourillons portés par le milieu des ressorts de suspension, de façon à recevoir toutes les,inclinaisons possibles.
- Les récepteurs sont mobiles et s’accrochent à deux fourchettes dont l’une forme commutateur automatique.
- On comprend facilement, étant donné le principe
- FIC. 3
- de réglage par attraction magnétique qui permet aux appareils de fonctionner dans toutes les positions, que la disposition du microphone est variable suivant sa destination ou la place qu’on peut lui donner. Je ferai connaître prochainement deux nouvelles dispositions : une pour bureau central, l’autre pour audition théâtrale, qui, essayées actuellement au ministère des postes et télégraphes, don nèrit d’excellents résultats.
- Dr A. d’Arsonval
- DES MÉTHODES EMPLOYÉES JUSQU’A CE JOUR
- POUR LA
- DÉTERMINATION DE L’OHM(,)
- 2° article. (Voir le n° du 4 novembre 1882.)
- Les sources d’erreur qui sont très difficiles à éliminer dans l’application de la méthode IY, notamment celles qui proviennent des extra-courants, ont conduit M. Weber (3) lui-même à reprendre avec F. Zœllner, qui mourut sur ces entrefaites, la première méthode qu’il avait déjà employée en 1846 dans des expériences préalables, mais en y apportant de grands perfectionnements. L’appareil se composait de deux spirales égales, pesant environ 207 kilogrammes, enroulées avec le plus grand soin, et, .comme le montre la mesure des différents diamètres, avec une grande régularité sur des bobines en bois d’acajou, les spirales étaient formées d’un fil de cuivre de 3 i/3 mm. d’épaisseur, recouvert de coton, sa résistance était environ 5 ohms ; l’une, le multiplicateur, placée dans le plan magnétique est-ouest, entourait un barreau aimanté cylindrique de 100 millimètres de longueur et 10 millimètres d’épaisseur. Le diamètre des spirales (,d. intérieur, 960 millimètres; D, extérieur, 1040) est assez grand pour que l’on puisse sans erreur notable considérer les forces agissant sur lé barreau aimanté comme concentrées en son milieu. L’autre spirale reliée à la première par des fils conducteurs, forme l’inducteur; on peut la faire tourner de 1800 autour d’un diamètre vertical en partant de la position est-ouest dans les deux sens. Sa rotation a lieu subitement à des époques telles que les courants d’induction qui s’y développent et qui sont conduits par le multiplicateur ^mènent les déviations de l’aiguille à être constantes, d’après les méthodes de multiplication et de répulsion.
- On a remarqué, en faisant ces expériences, qu’il n’était pas pratique de faire tourner la bobine inductrice au moyen d’un mouvement d’horlogerie, on a alors employé la force humaine. Le temps nécessaire pour la rotation, environ 2 secondes, ne doit être qu’une faible fraction de la durée des oscillations de l’aimant suspendu dans les multiplicateurs.
- Dans ce but, leur durée était augmentée (jusqu’à 3o secondes), en plaçant le barreau aimanté dans une nacelle, portant un tube de laiton de 272 millimètres de longueur, horizontal et perpendieu-
- C) Communiqué par l’auteur.
- (2) W. Weber et P. Zœllner, loc. cit.
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- Jaire au barreau et portant à ses extrémités des miroirs plans.
- Devant les deux miroirs se trouvaient des lunettes avec des échelles parallèles entre elles, distantes d’environ 4 mètres.
- Au moyen de cette double lecture, la mesure de la distance des échelles aux miroirs, qui est assez difficile, est remplacée par la mesure plus facile de la distance des échelles et de celle des miroirs.
- On discutera sans difficulté de combien les moments de la rotation de la bobine inductrice peuvent différer de ceux qui sont supposés dans les calculs, et quelle influence ces écarts peuvent avoir sur les résultats (*). En tous cas, cette influence n’est pas considérable, d’après les expériences récentes, car les résultats obtenus à différentes époques en employant un aimant de 100 millimètres de longueur, coïncident à 0,06 0/0 près, environ, et ceux obtenus avec un aimant de 200 millimètres de longueur ne s’écartent pas beaucoup de la moyenne des résultats' précédents. Cela montre aussi que l’appareil n’avait pas sensiblement varié dans l’intervalle. L’inducteur doit être assez éloigné du multiplicateur pour que ses courants n’agissent point directement sur l’aiguille de ce dernier.
- Deux points essentiels de cette méthode sont : la self-induction de l’inducteur et son influence; l’intensité du magnétisme terrestre disparaît des résultats, si elle est la même aux points où se trouvent l’inducteur et le multiplicateur. Dans les habitations ordinaires, on ne peut pas toujours . admettre qu’il en soit ainsi à cause des pièces de fer contenus dans la maçonnerie, mais cette supposition est exacte pour des emplacements disposés pour les expériences. Du reste, on peut aisément contrôler s’il en est ainsi par des expériences d’oscillations d’une aiguille aimantée ou déterminer le rapport des forces magnétiques aux deux lieux.
- Il est vrai qu’en opposition avec ces avantages, une double erreur est introduite par la mesure des* dimensions des deux bobines. (Cependant dans les expériences de l’Association Britannique, citées plus haut, la bobine en mouveflient se composait aussi de deux-moitiés séparées.) Mais cet inconvénient peut n’ètre que très faible en comparaison de l’erreur commise en déterminant le potentiel de la bobine sur elle-même, dans la méthode IV, citée d’abord. Les grandes dimensions des bobines diminuent encore plus cet inconvénient. Aussi 011 peut échanger le multiplicateur et l’inducteur entre eux.
- v En même temps la stabilité de l’appareil, la suppression des perturbations provenant des trépida-
- (q Cf. Chwolson. Bulletin de Saint-Pétersbourg-. Vol. 11, page 48.3 Beiblætter. Vol. 5, page 4S0. Dorn. Ann. de Wiedemann, 1882.
- tions et des courants d’air, etc., sont bien plus faciles à atteindre que dans la rotation rapide de la bobine dans la méthode IV.
- Les communications faites jusqu’à ce jour sur les expériences faites avec cet appareil ne sont que provisoires; c’est pourquoi on n’a encore donné aucun détail sur les particularités de l’ajustage (pour lequel d’ailleurs les noms de W. Weber et du constructeur qui a exécuté l’appareil, Repsold, sont une grande garantie), sur les moyens de rendre l’axe vertical, de placer la bobine dans le plan magnétique est-ouest et sur la disposition grâce à laquelle l’inducteur décrit exactement 180° dans sa rotation. On n’a aussi mesuré que provisoirement le périmètre de la bobine d’acajou sur laquelle sont enroulées les spires, ainsi que le périmètre extérieur de ces dernières, au moyen de bandes de papier, comparées ensuite avec des mètres en bois. On emploiera des procédés de mesure plus exacts dans les expériences définitives.
- Un autre avantage de cet appareil, qui mérite d’être signalé, consiste en ce que l’on peut dérouler et enrouler de nouveau les fils sur les bobines sans grande difficulté, et que par suite on peut faire des expériences répétées, indépendantes les unes des autres.
- Cette méthode se recommande donc tout particulièrement pour les déterminations définitives.
- En suivant la seconde méthode de W. Weber, on évite la recherche des dimensions du multiplicateur, en observant l’amortissement des oscillations de l’aiguille lorsque le circuit est ouvert, puis fermé. Avec cette donnée, et après avoir déteri; miné la déviation de l’aiguille lorsque l’inducteur tourne, on peut calculer la résistance du cercle en mesures électro-magnétiques. Dans ce but, le multiplicateur doit être voisin de l’aiguille, afin que l’amortissement soit suffisamment grand. En dehors des dimensions de l’inducteur, on doit encore déterminer la durée des oscillations et le moment d’inertie de l’aiguille, ainsi que l’intensité de la composante horizontale du magnétisme terrestre. F. Kohlrausch [toc.- cit.) a discuté avec soin les sources d’erreur de cette méthode, mais il n’a peut-être pas attribué assez d’importance à l’erreur commise dans la mesure des dimensions de l’inducteur. (Comparez aussi la méthode suivante.) Si l’on dispose de ressources convenables et d’un local approprié pour déterminer exactement l’intensité de la composante horizontale du magnétisme terrestre (*), cette méthode peut très bien prendre place, au point de vue expérimental, à côté de la première méthode de W. Weber.
- Dans la troisième méthode de W. Weber, très simple en apparence, 011 n’observe, pour détermi-
- (') Cf. notamment les nouvelles méthodes de F. Kohlrausch. Gotturger Naçhrichten, 4 mars 1882.
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- lier la résistance absolue d’un multiplicateur, que l'affaiblissement des oscillations d’une aiguille aimantée qu’il renferme, le circuit étant fermé puis ouvert.
- On doit calculer la force électro-motrice induite dans le multiplicateur par les oscillations de l’aiguille et la réaction exercée par cette force sur l’aiguille, réaction qui est directement proportionnelle à cette force électro-motrice et inversement proportionnelle à la résistance du multiplicateur et que l’on veut mesurer; mais pour faire ce calcul, il faut en général connaître les dimensions du multiplicateur, la position relative de l’aiguille par rapport à lui, et la distribution du magnétisme dans cette dernière.
- Il est difficile de faire très exactement les deux premières déterminations, car on ne peut donner de grandes dimensions à la spirale afin d’avoir un amortissement suffisant; la dernière mesure ne peut se faire que d’une manière inexacte en observant les courants induits dans une petite bobine que l’on éloigne de différents points de l’aimant ou par des expériences multipliées de déviation et d’oscillation, en plaçant une aiguille aimantée suspendue devant différents points de l’aimant et à différentes distances. On doit aussi constater de quelle manière l’affaiblissement des oscillations dépend de l’angle de déviation de l’aiguille.
- Cette méthode a été appliquée par Fr. Weber, à Zurich, de la manière suivante (') : Un aimant de 8omm de longueur, 20, i™™ de largeur et 20, iIum de hauteur suspendu à un fil de coton oscille entre deux spirales ayant le môme axe, placées dans la direction magnétique est-ouest; ces spirales sont enroulées très régulièrement; leur rayon intérieur 144,43™“, leur rayon extérieur est 184,46™“, et leur largeur 5i,64mm.
- La distance moyenne des spirales était, ou bien très petite, ou' celle de leurs plans médians atteignait 164,4mm, valeur très sensiblement égale au rayon moyen de leurs spires. Dans ce dernier cas, la distance des pôles de l’aimant 11’a pas d’influence notable, mais il n’en est pas de même dans le premier cas, où il ne faut pas non plus négliger la distribution des moments dans l’aimant. On a toujours à tenir compte, comme dans la quatrième méthode de W. Weber, que nous avons étudiée d’abord, de différences de mesures inévitables, par suite de la compression et de l’irrégularité des spires, et qui prennent d’autant plus d’importance que les dimensions des spirales sont relativement peu considérables. Cependant, dans la comparaison de la résistance d’un étalon de Siemens avec la résistance des spirales, faite à l’aide du pont de Wheatstone
- (') Fr. Weber, Elektromagnctisclic und Caloriractrischc Messungcn. Zürchcr et Fijrrçr, Zurich, 1878. — Beibkitter, vol. 2, p. .149.
- dans les deux cas précédents, et après avoir enroulé de nouveau les spires, les résistances de l’étalon exprimées en mesures absolues n’ont varié dans les trois séries d’expériences que de 0,9532 ohms à 0,9670; 0,9528 à 0,9555; 0,9527 à o,g55i, par conséquent au plus de environ o,5 °/0. La moyenne est 0,95451.
- Dans de nouvelles expériences, Fr. Weber, suivant une autre méthode, plaçait les spirales dont nous venons de parler à une distance déterminée l’une de l’autre ; il réunissait l’une, la spirale inductrice, avec un élément de Daniell très constant et un anneau simple de 168,7'nm de rayon ; l’autre, la spirale induite, avec un multiplicateur formé d’une spirale composée de deux moitiés égales, de même axe, placées tout près à côté l’une de l’autre ; son rayon intérieur était 154,2mm, son rayon extérieur 172,2mm; entre ces deux moitiés était supendu Un aimant de 40““ de longueur, muni d’un miroir. Entre les spirales se trouvait l’anneau simple du cercle inducteur. La déviation de l’aiguille, quand un courant constant parcourt le cercle inducteur, mesure l’intensité J du courant, intensité qu’il fallait déterminer en mesures absolues, connaissant les dimensions de l’anneau; la déviation, lorsqu’on ouvrait le cercle inducteur après avoir intercalé l’anneau, donnait l’intensité i du courant d’induction. Comme on peut, connaissant les dimensions des spirales, calculer en mesures absolues la force électro-motrice induite e==JP, dans laquelle P est le potentiel des spirales l’une sur l’autre (en prenant la constante d’induction égale à l’unité), les valeurs i et e permettent de trouver la résistance
- du cercle induit r— 7.
- Il est donc nécessaire pour ces déterminations : de mesurer les dimensions : i° de l’anneau, 2° de la spirale inductrice, 3° de la spirale induite, 40 du multiplicateur, 5° la distance réciproque de chacune des spires de la spirale inductrice et induite, 6° de déterminer la position des pôles de l’aimant. A cela viennent encore se joindre les manipulations nécessaires dans les autres méthodes, le centrage de l’aiguille et l’installation des spires du multiplicateur et de l’anneau qu’elles comprennent.
- Comme les intensités des courants primaires et induits sont mesurées par la déviation du même aimant, la composante horizontale du magnétisme terrestre disparaît du calcul. — Dans cette méthode il y a beaucoup plus de sources d’erreur à considérer qu'è dans les précédentes, ce qui nuit beaucoup à l’exactitude. Néanmoins Fr. Weber trouve en déterminant la résistance du circuit induit d’après cette méthode et en la comparant avec celle de l’étalon de Siemens dont il se sert, que cette dernière est encore en moyenne 0,9554 (0,9089 à 0,9516)' les mesures étant prises à deux distances différentes dç la spirale inductrice et
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- induite et avec deux intensités du courant inducteur (4). Cette même méthode a été aussi utilisée par Rowland (2), mais il se sert d’une boussole des tangentes pour déterminer l’intensité du courant inducteur, et d’un galvanomètre particulier pour celle du. courant induit, ce qui nécessite la connaissance des intensités des composantes horizontales aux lieux où sont installés les deux appareils.
- Ses trois spirales d’induction avaient environ 27,4““ de diamètre et étaient enroulées sur des bobines portant des rebords en laiton. Ces spirales pouvaient être placées avec les bobines l’une au-dessus de l’autre, deux à deux, de différentes manières, de telle sorte que l’une servant d’induc -teur et étant parcourue par un courant constant qui pouvait être interrompu, pouvait être à quatre distances moyennes différentes de l’autre spirale (6,5 à u,47mm).
- On adopta pour les bobines un til de cuivre très fin recouvert d’une enveloppe protectrice en fil, de sorte que les sources d’erreur citées précédemment et qui proviennent de la compressibilité de l’enveloppe isolante, de la pénétration des spires, de l’allongement du fil pouvaient prendre une grande importance. Par suite du peu d’espace existant entre les spirales d’induction, une erreur commise dans la mesure de leur distance exerce une grande influence, d’autant plus que d’après ce que nous avons dit on ne peut contrôler exactement la position de chacune des spires. On a mesuré la
- distance des bobines en différents points à D’après ces observations, M. Rowland donne leur distance moyenne à ^555,u“’- et leur rayon moyen à
- —près. Cependant, cette approximation n’offre pas, eu égard aux sources d’erreur précédentes, une garantie suffisante pour l’exactitude réelle des résultats.
- Comme la longueur de l’aiguille de la boussole • des tangentes (2,7 cent.) n’était environ que ^ du
- diamètre de sa bobine (5o cent.), on peut négliger l’écart avec la loi des tangentes. Il y a au contraire une grande source d’erreur dans ce fait que l’aiguille oscille sur une pointe. Rowland allègue
- (!) Pour mesurer la résistance absolue d’un fil de platine, Fr. Weber se sert aussi de son échauffement sous l’action d’un courant dont on mesure l’intensité en unités absolues à l’aide d’une boussole des tangentes de dimensions connues, le fil étant disposé en zigzag dans un calorimètre. Mais la difficulté des mesures calorimétriques permet difficilement de placer cette méthode à côté des méthodes plus directes. Fr. Weber trouve cependant par comparaison avec son étalon que la résistance de ce dernier est aussi d’après cette méthode 0,9560, par conséquent la différence avec les précédentes déterminations n’est que 0,1 0/0.
- 0 Rowland. Sillim. J. 1878 (3), p. 326 et q3o.
- que l’aimant qui était muni d’une aiguille se mouvant sur un cercle de 20 cent, de diamètre, se plaçait toujours exactement à 1 ou 2 minutes près (1 minute correspond seulement à o,o3mra sur le cercle).
- Comme cette assertion est complètement en désaccord avec les expériences faites jusqu’à'ce jour, il eût été absolument nécessaire d’indiquer comment on avait obtenu cette grande mobilité.
- Dans le galvanomètre les aiguilles avaient i,25 cent, de longueur, les spirales un diamètre intérieur de 3 cent., et un diamètre extérieur de 5,6 cent. ; leurs surfaces intérieures étaient à une distance de 0,935565 cent, (cette distance est donc
- donnée à ,755^55) du centre de rotation de l’aiguille. On peut mettre en doute qu’ici la loi des tangentes subsiste encore réellement.
- Comme les intensités du courant inducteur et du courant induit sont mesurées en deux endroits différents, Rowland introduit encore une nouvelle complication en déterminant le rapport des composantes horizontales du magnétisme terrestre aux lieux où se trouvent la boussole des tangentes et le galvanomètre de la manière suivante : Il entoure ce dernier d’un tour de fil plus grand, où il fait passer le même courant que dans la boussole des tangentes et il compare les déviations des aiguilles. Le rayon de ce tour de fil qui est environ
- 4 cent, est donné avec une exactitude de —-
- L’auteur lui-même ne pourra guère admettre que les valeurs des différentes dimensions calculées avec tant de décimales offrent le même degré de certitude; cependant on devrait toujours recommander de se rendre bien compte jusqu’où s’étend l’observation proprement dite, puisque la valeur moyenne ne peut jamais dépasser en exactitude les limites de la possibilité réelle d’observation, autrement on pourrait obtenir par des mesures répétées, n’importe quelle approximation avec la règle la plus grossière.
- En outre, comme les sources d’erreur citées précédemment peuvent causer des écarts considérables, la certitude du résultat final n’est pas garantie par une telle exactitude ne se rapportant qu’à un seul point des expériences.
- A cause du trop grand nombre de déterminations nécessitées par cette méthode, je la considère comme moins propre pour l’établissement d’un corps de résistance déterminée que la quatrième et la première méthode de W. Weber, et dans celles-ci je donne encore la préférence à la dernière.
- (A suivre) G. Wiedemann.
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- 47.3
- LES CONFÉRENCES INTERNATIONALES
- DES
- ÉLECTRICIENS
- Nous annoncions, dans notre numéro du 14 octobre dernier, la réunion des conférences internationales des électriciens qui sont le corollaire du congrès de 1881 ; nous avons en même temps donné la liste des questions qui devaient occuper chacune des trois commissions réunies.
- Après les formalités et discours d’usage, chacune des commissions a examiné les différents points soumis à son étude, et s’est occupée de l’examen des quelques expériences déjà faites. Les discussions ont été terminées le 26 octobre et les vœux suivants ont été formulés :
- I. — UNITÉS ÉLECTRIQUES PROPREMENT DITES.
- Première résolution
- La conférence considère que les déterminations faites jusqu’à présent n’offrent pas encore le degré de concordance qui serait nécessaire pour fixer la valeur numérique de l’ohm en colonne mercurielle. Elle estime donc qu’il y a lieu de poursuivre les recherches.
- Sans pouvoir émettre un avis motivé sur les différentes méthodes qui n’ont pas encore reçu la consécration de l’expérience, elle considère les suivantes comme particulièrement propres à donner des résultats très exacts :
- i» Induction d’un courant sur un circuit fermé (méthode de M. Kirchoff);
- 2“ Induction par la terre (méthode dè Wilhelm Weber);
- 3° Amortissement des aimants mobiles (méthode de Wilhelm Weber);
- 4° Appareils de l’Association britannique;
- 5° Méthode de M. Lorenz.
- D’autre part, il est à désirer qu’on détermine de nouveau la quantité de chaleur dégagée par un courant d’intensité connue; cette expérience ayant pour but soit de contrôler la valeur de l’ohm, soit de fixer plus exactement l’équivalent mécanique de. la chaleur.
- Deuxième résolution
- La conférence exprime le vœu que le gouvernement français prenne les mesures nécessaires pour qu’un même étalon ou plusieurs étalons de résistance soient mis à la disposition des savants qui s’occupent de recherches absolues, afin de rendre les_comparaisons plus faciles.
- Troisième résolution
- La conférence est d’avis qu’au moment où les résultats des diverses recherches présenteront une concordance permettant de répondre de l’approximation d’un millième, il conviendra de s’arrêter à cette approximation pour fixer la valeur de l’étalon pratique de résistance.
- Quatrième résolution
- La conférence émet le vœu que le gouvernement français veuille bien transmettre aux gouvernements représentés à la conférence un vœu tendant à ce que chacun d’eux, en considération de l’importance d’une solution pratique et de son
- urgence, prenne les mesures nécessaires pour favoriser les recherches de ses nationaux relatives à la détermination des unités électriques.
- II. — COURANTS ÉLECTRIQUES ET PARATONNERRES
- Première résolution
- La conférence émet le vœu que les gouvernements qui s’y trouvent représentés encouragent les observations régulières et continues de l’électricité atmosphérique.
- Deuxième résolution
- La conférence émet le vœu que l’étude des orages soit étendue à tous les pays.
- Troisième résolution
- La conférence émet le vœu que certaines lignes, même de petites longueurs, indépendantes du réseau télégraphique général, dans chaque pays, soient consacrées d’une manière exclusive à l’étude des courants terrestres.
- En outre, la conférence émet le vœu que les grandes lignes, particulièrement les lignes souterraines, soient utilisées, le plus fréquemment possible, pour des recherches de même nature, ces lignes étant dirigées de préférence du sud au nord et de l’est à l’ouest, et l’observation ayant lieu le même jour, par exemple le dimanche, dans les différents pays.
- Pour l’année courante en particulier, la conférence recommande que des observations régulières soient faites aux jours termes déterminés pour les expéditions polaires internationales, c’est-à-dire le Ier et le i5 de chaque mois.
- Quatrième résolution
- Le moment ne paraît pas venu de donner suite au projet d’établissement d’un réseau télémétéorographique. Mais, en attendant, la conférence se déclare extrêmement favorable à toutes les mesures qui pourront faciliter le développement des dépêches météorologiques et améliorer le service de prévision du temps.
- Cinquième résolution
- La conférence émet le vœu que les paratonnerres soient soumis à une vérification périodique.
- Sixième résolution
- La conférence, pour préciser les règles relatives à la statistique des coups de foudre, adopte deux questionnaires qui seront transmis aux gouvernements :
- i® Coups de foudre en dehors des lignes télégraphiques;
- 2® Coups de foudre sur les lignes télégraphiques ou dans les habitations reliées aux fils.
- III. — FIXATION d’un ÉTALON DE LUMIÈRE.
- La conférence, reconnaissant que les recherches faites jusqu’à présent dopnent lieu d’espérer que la lumière émise par le platine fondant pourra conduire à un étalon absolu, émet le vœu que ces expériences soient poursuivies.
- Comme étalon secondaire usuel, la conférence recommande l’emploi de la lampe Carcel, système de vérification du gaz dû à MM. Dumas et Régnault. Les bougies peuvent servir également si l’on prend assez de soin pour assurer l’identité de composition, de forme, de construction et de consommation.
- Pour les expériences de précision et pour certaines applications, telles que les phares, la comparaison des lumières doit être faite par une analyse des différents éléments qui les constituent.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- La conférence réitère la décision du congrès de 1881, en vertu de laquelle toute détermination d’un foyer électrique et, en général, de tout foyer qui rayonne différemment dans les différentes directions, doit comprendre comme élément essentiel la formule de ce foyer, c’est-à-dire la relation qui existe entre l’intensité lumineuse et la direction des rayons.
- Le résultat des conférences ne se traduit guère, on le voit, que par des projets de travail; on s’attendait à un peu plus. Il faut reconnaître cependant-que les commissions ont fait leur plan et délimité la voie dans laquelle doivent s'engager les expériences, ce qui est déjà un point important. Aussi faut-il espérer que, lors de leur prochaine réunion, le premier lundi d’octobre i883, elles apporteront des résultats précis et des faits, et pourront aborder réellement leurs travaux.
- C.-C. Soulages.
- NOTICE
- SUR LES
- FILS DES ALLIAGES MÉTALLIQUES
- DITS BRONZE PHOSPHOREUX ET BRONZE SILICEUX
- Dans ces derniers temps, on a introduit dans le commerce, sous les noms de bronze phosphoreux et bronze siliceux, deux alliages métalliques, dont les fils fourniraient aux liaisons téléphoniques des conducteurs d’un grand pouvoir, et dont à la fois l'élasticité et la ténacité seraient assez considérables pour joindre, avec une sécurité suffisante, à une grande portée, une flèche qui ne dépasse pas les limites usuelles. Lès lignes suivantes contiennent les résultats d’un examen que j’ai eu l’occasion d’instituer sur des échantillons de ces fils avec le but de m’éclairer sur les propriétés physiques sus nommées. Selon une analyse, que M. E. Van Eyndhoven a bien voulu faire, ces échantillons contenaient, celui du bronze phosphoreux : cuivre, g5,5 o/o; phosphore, 2,6 0/0, puis de petites quantités d’étain, de manganèse et d’acide silicique; celui du bronze siliceux : bronze, 92,2 0/0; silicium, 0,91 0/0, puis de petites quantités d’étain, de manganèse et d’antimoine.
- L’examen du poids spécifique s’est fait par la méthode du flacon, celui de l’élasticité et de la ténacité par la méthode de Wertheim, celui du pouvoir conducteur au moyen du galvanomètre universel, selon la méthode de Wheatstone.
- J’ai trouvé successivement :
- BRONZE PHOSPHOREUX
- Section, o,8m1112.
- Poids spécifique, 8,956 rfc 0,028.
- Lpnguçur d’un kilogramme de fil, i39">6 + 0,4.
- Coefficient d’élasticité, 9 969 + 'i0°
- Ténacité, 72,5 kilogr. par mMl2.
- Pourvoir conducteur, 3o % de celui du cuivre.
- BRONZE SILICEUX
- Section, o,8i75mi112.
- Poids spécifique, 8,783 + 0,027.
- Longueur d’un kilogramme du fil, i39m2 + 0,5.
- Coefficient d’élasticité, 9 295 + 93.
- Ténacité, 52,5 kilogr. par mm2.
- Pouvoir conducteur, 70 % de celui du cuivre.
- La connaissance du poids par lequel un fil, tiré dans le sens de son axe, est rompu, peut nous servir de base au calcul de la résistance relative, c’est-à-dire de la résistance qu’il oppose au moment qui tend à le rompre dans un sens perpendiculaire à son axe.
- Cette résistance est exprimée par la formule
- dans laquelle P' est le poids qui fait rompre un fil de forme cylindrique d’une section de imm2, 2r le diamètre du fil examiné. Donc, si P est le poids qui fait rompre un fil dont la section est Trr2,nous avons
- et en substituant cette valeur dans celle de R
- R = P-. 4
- D’où il suit que, pour le bronze phosphoreux, (P = 58; r — o,5o5), nous avons
- R = ".33
- kil.
- millim.’
- et pour le bronze siliceux (P = 42.9; r = o.5i)
- ,, c f kil.
- R = 5.46 -Tjp----
- millim.
- pour la limite du moment, qui, dans le point d’appui d’un fil horizontalement étendu et encastré à l’une de ses extrémités, s’oppose à la rupture ; un moment, qui a son origine dans la tension des couches du fil courbé, supérieures à la courbe dite neutre.
- Pour comparer, à un point de vue industriel, les qualités des deux bronzes à celles des fils ordinairement en usage pour les réseaux téléphoniques, nous nous servirons, comme terme de comparaison, du fil d’acier de la maison Felten et Guil-leaume, de 2mmde diamètre, d'une ténacité de q5 kilogrammes par millim2, et dont l’unité de longueur a un poids de 25 grammes.
- De
- jl suit qu’avec la flèche conventionnelle de 0.7“™ et
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ 47g
- une tension de kil., on a avec une sécurité quadruple aux températures moyennes
- d'où
- __1- X 0.025
- 8x^x3.1416
- 4
- l — i3o™
- pour la distance des points de suspension.
- Mais il suit aussi de cette formule qu’à des portées différentes (/) correspondent une flèche et une sécurité égales si
- P et s étant les ténacités par millim3 et les poids spécifiques des fils.
- Donc, comme pour le fil d’acier P = 95, s =7.8, nous avons pour le bronze phosphoreux
- (P = 58 X —t, = 72.5 ; s = 8.956)
- O-.o
- v
- „ „ 72.5 X 7.8 .
- i3o- = io6m
- y5 X 8.956
- et pour le bronze siliceux
- 1.0
- (P = 42.9 X -rr—X « = 8-783)
- F=i3ü2
- 0.8175’ 52.5 X 7-8 95X8.783
- =91
- Cette portée relativement courte, qui, en général, élève considérablement les frais d’installation et d’entretien, est moins coûteuse dans les villes, où les toits des bâtiments offrent des points de suspension peu distants aux fils téléphoniques qui y passent. Il va même sans dire que dans ces cas les fils de bronze sont préférables aux fils d’acier, dont la résistance exige une section beaucoup plus forte; du moins, tant que des réseaux de lignes droites, suspendus dans l’air, ne paraîtront pas trop déparer une grande ville.
- Plus haut, nous avons trouvé que le pouvoir conducteur du bronze phosphoreux est 17 fois celui du bronze siliceux, 40 fois celui du mercure; et selon les recherches de Ed. Becquerel, le pouvoir conducteur du mercure est 1.9 0/0 de celui du cuivre, tandis que, selon Matthiessen, il varie entre 1.75 0/0 et 2.1 0/0. D’où il suit, en prenant le chiffre le moins élevé, que le pouvoir conducteur du bronze phosphoreux est environ 00 p. 0/0, celui du bronze siliceux environ 70 p. 0/0 de celui du cuivre.
- Donc, comme le pouvoir conducteur des fils d’acier est égal à 10.5 0/0 de celui du cuivre, des fils de bronze, dont les diamètres sont respective-
- ment i.t8 et o.77mm, opposent au courant une résistance égale à celle du fil d’acier de 2mm de diamètre.
- D* E. Van Der Ven.
- Ilaarlem, 16 octobre 1882.
- CORRESPONDANCE
- Monsieur le Directeur,
- L’article deM. Frank Geraldy à propos de l’expérience sur le transport de la force contient une phrase qui peut être (et qui sera certainement et à dessein) mal interprétée. Cette phrase, la voici : « Nous n’avons pas encore le chiffre « exact du rendement : il a varié d’ailleurs parce que les « appareils ont été conduits à des vitesses différentes... etc »
- S’il s’agit ici du rendement mesuré électriquement, M. Franck Geraldy sait mieux que personne que le rendement économique d’un récepteur électrique peut varier depuis zéro jusqu’à une valeur voisine de l’unitc suivant la charge du frein appliqué à ce récepteur, tandis que le travail absolu recueilli commence par être nul quand la charge du frein réduit le moteur au repos, passe ensuite par un maximum au fur et à mesure que l’on desserre le frein, pour redevenir nul quand le frein est complètement desserré. Il sait également que lorsque les deux machines génératrice et réceptrice sont identiques et que la ligne est bien isolée, le rendement économique (abstraction faite bien entendu des frottements des axes, des balais, de la résistance de l’air et des trépidations des deux machines) a pour mesure le rapport des vitesses des deux machines.
- Ces théorèmes fondamentaux ont été maintes fois démontrés et cités dans ce journal et ils sontvrais aussi bien lorsque les deux machines sont au contact que lorsqu’elles sont séparées par une ligne télégraphique de 60 kilomètres. Dans ces deux cas extrêmes on ne peut pas assigner au rendement une valeur déterminée, attendu qu’il ne dépend que de la charge du frein de la réceptrice et du rapport des vitesses des deux machines.
- C’est cette vérité fondamentale que j’ai exprimée brièvement en disant : < Le rendement est indépendant de la distance. »
- Le rendement ne pouvait donc, dans l’expérience faite entre Miesbach et Munich, avoir de valeur absolument déterminée que lorsque la charge du frein de la réceptrice et la vitesse de la génératrice étaient elles-mêmes déterminées. Or dans les expériences faites soit par moi-même, soit par la Commission, la charge du frein appliquée tangentiel-lement à une circonférence de i mètre de développement a été presque constamment de ik -J; mais la vitesse de la génératrice a varié depuis i 600 tours jusqu’à 2 coo tours par minute et celle de la réceptrice depuis 75o jusqu’à 1 35o et même 1 5oo. Le rendement était dans le premier cas inférieur à 5o 0/0 et dans le second supérieur à 60 0/0. M. Geraldy ne peut donc pas espérer avoir le chiffre du rendement puisque ledit rendement a varié au gré de l’expérimentateur.
- Si par le mot rendement, M. Geraldy a voulu désigner le rapport entre le travail de la réceptrice mesuré au frein et le travail de la génératrice mesuré au dynamomètre en déduisant toutes les pertes de travail dues aux frottements, aux trépidations et même aux très faibles dérivations du courant le long de la ligue, la question change et le rapport des vitesses ne suffit plus. Car les pertes de toute nature ducs aux frottements et trépidations dépendent de la construction plus ou moins parfaite des machines. Elles affectent d’ailleurs l’expression du rendement de la même manière, que les machines soient au contact ou à une distance
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- quelconque. Quant à la fraction du courant perdue le long de la ligne, elle a été mesurée sur ma demande, avant que je me décidasse à tenter cette difficile expérience, par un des membres de la commission électro-technique : M. le professeur Kittler. L'intensité du courant étant représentée par i à Micsbach était encore supérieure à 0,98 à Munich.
- Je reviendrai, tout à l'heure sur les phases diverses traversées par cette expérience dont le succès parut si remarquable aux membres du comité électro-technique composé de professeurs appartenant à toutes les universités d'Allemagne, qu'ils adressèrent à l'Académie des Sciences de Paris un télégramme de félicitations ainsi conçu.
- Munich, 2 octobre, 11 h. 40 m.
- « Nous sommes heureux de vous annoncer que l'expérience de M. Marcel Deprez ayant pour but de transporter une force par fil télégraphique ordinaire, entre Miesbach et Munich (distance, 57 kilomètres), a pleinement réussi.
- « Le Comité pour les essais électro-techniques :
- « Le secrétaire, « Le premier président.
- V. Miller. « Dr Y. Beetz.
- Je ne puis m’empêcher de faire remarquer que cette expérience qui restera célèbre dans l'histoire du transport de la force aurait pu être faite depuis longtemps en France sans certaines circonstances que je serai peut-être amené à faire connaître.
- La nouvelle de ce succès provoqua chez les uns l'incrédulité et chez les autres le dépit.
- Les discussions naïves qui eurent lieu vers la fin de l'Exposition de 1881, dans lesquelles s'étalaient la présomption et le parti pris de gens qui ne connaissaient même pas les lois fondamentales de l’électricité, sont certainement encore présentes à la mémoire de plusieurs des lecteurs de ce journal. Avec de tels adversaires, toute démonstration mathématique, quelque claire, quelque rigoureuse qu’elle fût, était condamnée d'avance.
- Nous ne croirons, disaient-ils, qu'à l'expérience, et nous savons qu’elle est impossible.
- Cette expérience a été faite et dans des conditions telle-1 ment défavorables que, pour ceux qui ont pu en suivre les phases, elle constitue une démonstration complète et sans appel de la vérité des principes sur lesquels je m’appuyais. Mais elle a eu également un autre résultat, c'est de montrer une fois de plus qu’il est plus facile de vaincre la nature que de réduire au silence l'envie qu'excite toujours le succès.
- Il est à la fois instructif et divertissant de passer rapidement en revue les agissements de mes détracteurs avant et après l'expérience de Munich.
- Il y avait parmi eux des « ingénieurs électriciens » et des praticiens auxquels on pourrait, il me semble, donner le nom d’électriciers. Les premiers, dans un style d'oracle, déclaraient fausses mes formules et leurs conséquences; les seconds, qui n'avaient jamais fait de transport de force à travers une résistance atteignant 10 ohms, et avec un rendement de 3a 0/0 (*), déclaraient que leurs expériences (faites d'ailleurs sans discernement) ne permettaient pas d'espérer que l’on pût aller au-delà. Tous se réunissaient pour me prédire à Munich un insuccès éclatant qu'ils appelaient de tous leurs vœux. Lorsque le télégramme adressé à l'Académie des Sciences vint mettre leurs espérances à néant, ils furent un instant déconcertés, mais ils reprirent courage en constatant que le télégramme était muet sur la valeur absolue du travail reçu à Munich et sur le rendement économique (la commission électro-technique n'ayant procédé aux expériences de mesure que vers la fin de l'Exposition). Ils se hâtèrent donc de dire : l'un, que la machine réceptrice avait
- (*) Il est bon de noter que dans cette expérience la vitesse de la réceptrice atteignait 2 200 tours.
- tourné à blanc sans produire d'autre travail que celui strictement nécessaire pour vaincre les résistances passives; un autre, que le rendement économique étant selon moi égal au rapport des vitesses, il devait toujours être égal à 1000/0 (sic) [Je ne discute pas, je cite]; un troisième, que lorsqu'on transporte du travail à l'aide de deux machines identiques dont les champs magnétiques sont différents, le rendement n'est pas exprimé par le rapport des vitesses, proposition aussi évidente que facétieuse, et que l'on pourrait abréger en disant : Les formules qui s'appliquent spécialement au cas des machines identiques doivent être modifiées lorsque ces machines sont différentes. J'allais oublier d'en mentionner un qui a eu l'idée ingénieuse de passer mon nom sous silence et d'attribuer le succès de l'expérience de Munich à M. Gramme 0.
- Il ne peut entrer dans mes intentions d'entreprendre la réfutation de toutes ces pauvretés; mais il y a trois points principaux sur lesquels j'ai le devoir d'éclairer aussi complètement que possible ceux qui s'intéressent sans parti pris à cette belle question du transport du travail à grande distance. Ces points sont :
- i° La valeur du travail absolu transmis à Munich et mesuré au frein ;
- 20 Le rendement économique industriel (qu’il ne faut pas confondre avec le rendement électrique qui a pour valeur le rapport dès vitesseé), c'est-à-dire le rapport du travail absorbé à Miesbach par la machine génératrice (et mesuré au dynamomètre) aii travail absorbé à Munich et mesuré au frein;
- 3° La perte de courant par les poteaux et l’influence du temps sur cette perte.
- En ce qui concerne la première question, la réponse a déjà été faite. La première expérience faite au GÎaspalast par M. Sarcia le 26 septembre lui a permis de constater ait frein un travail utile de 38 kilogrammètres par seconde, la vitesse de la réceptrice étant de i5oo tours par minute et celle de la génératrice située à Miesbach, de 2200 tours. Le
- rendement électrique était donc de 1 5oo = 0,68. Mais il va
- 2 200
- sans dire que le rendement industriel c'est-à-dire, le rapport du travail utile (mesuré au frein à Munich) au travail dépensé (mesuré au dynamomètre à Miesbach) était inférieur à ce nombre, de même que dans une machine à vapeur le travail mesuré au frein est toujours inférieur au travail indiqué sur les pistons. Il y a là une analogie complète avec ce qui se passerait dans une transmission de force avec l'air comprimé, suivant que l'on prendrait pour mesure du rendement le rapport des travaux indiqués sur les pistons des machines réceptrice et génératrice ou, au contraire, le rapport du travail utile de la réceptrice mesuré au frein au travail utile de la génératrice mesuré au dynamomètre. Lorsque j'ai adressé à l'Académie des sciences la note que l’on a pu lire dans La Lumière Électrique, la Commission électro-technique n'avait encore fait aucune détermination et, n'ayant pas de dynamomètre à ma disposition, je n'ai pu donner que le rendement électrique, mesuré par le rapport des vitesses; je me suis expliqué d'ailleurs assez clairement à ce sujet pour qu'aucune ambiguité ne fût possible. Les machines que j'avais appropriées au transport de la force à grande distance au mois de janvier de cette année avaient par malheur plusieurs défauts de construction assez graves. Les anneaux étaient excentrés de plusieurs millimètres et lorsque, la réceptrice tournait seulement à la vitesse de 800 tours, elle imprimait au bâti en charpente qui la supportait ainsi qu'à tout le plancher environnant dans un rayon de plusieurs mètres des mouvements vibratoires d'une intensité extraordinaire et qui absorbaient certainement une forte portion du travail utile qu’elle pouvait développer. En outre, avant
- (l) Je démontrerai bientôt que l’expérience eût donné des résultats meilleurs si j’avais pu me servir de machines à enroulement Hefner-Al-teneck.
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- JOURNAL UNIVERSEL D''ÉLECTRICITÉ
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- l’ouverture de l’Exposition, on commit l’imprudence de faire tourner la génératrice à une vitesse dépassant 2 700 tours, les liens destinés à protéger les fils de l’anneau contre l’action de la force centrifuge se relâchèrent et, après quelques jours de marche à la vitesse de 2 000 tours, se rompirent.
- Il en résulta la rupture de plusieurs des fils de l’anneau et cet accident nous imposa un chomâge forcé de plusieurs jours. La réparation faite tant bien que mal, nous dûmes, par prudence, ne plus faire marcher la génératrice qu’à la vitesse de 1 600 tours, ce qui eut naturellement pour conséquence de diminuer et le travail transmis ets le rendement économique.
- A partir de ce moment, tout marcha bien jusqu’au jour où commencèrent les expériences de la commission. Des communications anormales ayant été par mégarde établies et rompues plusieurs fois entre la ligne de Miesbach et des appareils situés dans l’intérieur du palais, ces alternatives de fermeture et de rupture déterminèrent dans les machines des extra-courants d’une très grande intensité qui endommagèrent fortement l’isolation de l’anneau. Malgré cela, on put marcher, dans de médiocres conditions, il est vrai, pendant un temps suffisant pour que la commission ait pu prendre des mesures suffisamment exactes, la génératrice faisant 1 600 tours et la réceptrice 750. Le travail utile n’était donc que de 20 kilogrammètres à peine par seconde, et l’on nous télégraphia que le travail mesuré à Miesbach avec le dynamomètre Hefner-Alteneck différait très peu d’un cheval. Le rendement industriel était donc de 25 0/0 environ. On voulut alors augmenter le travail absolu de la réceptrice, et sans toucher à la charge du frein on poussa la vitesse de la génératrice à 2 000 tours par minute; la vitesse de la réceptrice augmenta naturellement, et le tachymètre indiquait 1 200 tours par minute (ce qui correspondait à un travail utile de 3o kilogrammètres par seconde) lorsqu’un des balais, mat serré,, se détacha tout à coup et tomba. Cette dernière rupture brusque du courant effectuée alors que la force clectro-motrice de la génératrice dépassait 2 000 volts, acheva de ruiner l’isolation des anneaux, et à partir de ce moment la réceptrice ne put même plus tourner à vide. Le courant lancé dans la ligne prit un caractère vibratoire qui eut pour conséquence de faire naître dans tous les fils télégraphiques voisins de puissants courants d’induction qui firent vibrer à l’unisson tous les relais du poste central de l’administration des télégraphes. La transmission des dépêches devint impossible, et nous dûmes cesser les expériences. La ligne télégraphique, visitée avec le plus grand soin, fut trouvée en parfait état d’isolation, tandis que les machines furent trouvées littéralement criblées de communications de certaines des sections de l’anneau entre elles; ce fait expliquait suffisamment le caractère vibratoire du courant pour qu’il ne fût pas nécessaire d’en chercher la cause ailleurs.
- Il résulte des nombres qui ni*ont été communiqués verbalement par les membres de. la commission que le rendement électrique mesuré aurait varié depuis 5o jusqu’au-delà de 60 0/0, tandis que le rendement industriel a oscillé de 25 0/0 dans la première expérience (génératrice tournant à 1 600 tours) à plus de 35 0/0 dans la seconde expérience (génératrice tournant à 2000 tours).
- On voit qu’il était sensiblement égal à la moitié du rendement électrique. J’allais oublier de dire que le rendement électrique était mesuré en prenant directement la force électro-motrice des machines et l’intensité du courant à Miesbach et à Munich et que sa valeur s’est trouvée sensiblement d’accord avec celle qui était tirée du rapport des vitesses. Ce fait prouve que la perte de la ligne était négligeable.
- Quant à l’influence du temps, j’en donnerai une mesure eu disant qu’il pleuvait presque sans interruption depuis douze jours, lorsque M. Sarcia fit sa première expérience.
- J’ajouterai que la résistance d$ chaque machine était de 475 ohms et celle.de la ligne de 950 ohms; total 1 900 ohms. |
- Avec cette énorme résistance, le rendement industriel constaté a dépassé 3c 0/0. •
- Le journal 1 ’Electrician du i5 juin 1881 nous fait connaître la plus grande résistance à travers laquelle M. Fontaine fût parvenu à transmettre le travail avant cette époque,
- 2
- (page 219, dernière ligne)’; elle s’élève à 12 ohms savoir :
- génératrice, 2,63; réceptrice, i,i3; ligne, 8,44. La génératrice plus puissante que la réceptrice (ce qui était une condition favorable), tournait à 2 i5o tours, la réceptrice tournant à 2 200 tours; le rendement industriel était de 3ï 0/0, chiffre presque identique à celui que j’ai obtenu à travers une ligne plus de 112 fois aussi résistante.
- Je le demande au lecteur de bonne foi, est-il possible de donner une preuve expérimentale plus victorieuse de la vérité des principes que je soutiens depuis plus de deux ans ?
- Je termine ici cette lettre, qui est longue malgré tous les efforts que j’ai faits pour l’abréger, mais je vous devais, à vous, monsieur le directeur, qui m’avez toujours appuyé de votre autorité et de vos encouragements, je devais aux lecteurs de ce recueil, je me devais à moi-même de faire connaître, aussi exactement que possible, toutes les circonstances de cette expérience que n’aurait osé tenter aucun de ceux qui s’efforcent de la contester aujourd’hui et qui, demain, la déclareront banale.
- Marcel Deprez.
- FAITS DIVERS
- Dans la séance du 3o octobre dernier, M. Tresca a présenté à l'Académie des Sciences les résultats des expériences faites à l’Exposition d’électricité sur les machines a courant continu, et les diverses lampes que l’on emploie avec ces machines, par une commission composée de MM. Allard, Joubert, Le Blanc, Potier et Tresca.
- Les résultats de ces expériences conduisent tout d’abord à cette conclusion que dans presque toutes les machines le travail moteur total se trouve très bien représenté par le travail électrique correspondant. Le tableau des chiffres trouvés est en outre des plus instructifs. Nous publierons ce document in extenso dans notre prochain numéro.
- Éclairage électrique
- Aux Royal Albert Docks, à Londres, MM. Siemens installent quatre stations d’éclairage électrique.
- A Kingston-upon-Hull dans le comté d’York? l’IIôtel-de-Ville vient d’être éclairé avec six lampes à arc Siemens ,et cent lampes Swan.
- A Swansea (pays de Galles) les Docks de l’Est sont maintenant éclairés avec des lampes Brusli. Le courant est fourni par une machine dynamo Brusli, placée à une distance d’environ 38o mètres des lampes; les fils sont posés sous le sol.
- MM. Verity et fils viennent d’installer dans leur établissement d’appareils à gaz et à l’électricité de King Street, Co-, vent Garden, W. C. à Londres, tout un système d’éclairage électrique. Soixante lampes Edison y servent régulièrement à éclairer les locaux.
- A l’occasion d’une « conversazione » au London Hospital, Whitechapel, une partie de l’édifice a été éclairée avec qua-
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- rante lampes à incandescence du professeur Crookes, d’une puissance de vingt-cinq candies chacune, le courant étant fourni par une machine dynamo Gülcher.
- La British Electric Light Company, de Heddon Street, Regent Street, Londres, vient de recevoir de l’Amirauté une commande pour livrer à l’usage des vaisseaux de guerre les appareils de lumière suivants : huit grandes machines Gramme d’une puissance de quarante mille candies, huit projecteurs, huit lampes portatives, semblables à celles dont on s’est servi pendant la campagne d’Egypte.
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- La lampe à incandescence Jamieson qu’exploite l’Albion Electric Light Company est actuellement employée dans les usines de la Tyne Electro-Plating Company.
- La lampe à arc Varley vient d’ètre adoptée, annonce VElectrician de Londres, pour éclairer un espace en face du Ship Hôtel à South End.
- La petite ville de Cambuslang, en Ecosse, va être éclairée par l’électricité.
- La corporation de la ville de Worcester, en Angleterre, vient de décider qu’elle se chargerait de la production de l'électricité nécessaire à l’éclairage de la ville.
- A bord du cuirassé anglais la Dévastation, viennent d’avoir lieu des expériences en vue de vérifier quels effets seraient produits sur les lampes à incandescence par la décharge des gros canons du vaisseau. Dans ce but, vingt-deux lampes, les unes allumées, les autres non allumées, et consistant en lampes Swan, Edison et Maxim, avaient été placées à l’intérieur et autour des tourelles de la Dévastation; quatre des lampes Swan se trouvaient disposées au-dessus des culasses des canons. A la troisième décharge, une lampe Swan, dont un côté avait été brisé accidentellement, a été complètement fracassée, tandis qu’à la cinquième décharge les ressorts auxquels était suspendue une seconde lampe Swan, ont été endommagés, et le globe intérieur est tombé sur le globe extérieur et a éteint la lampe. Ces deux lampes étaient fixées à l’extérieur de la tourelle. Les autres lampes ont résisté aux secousses des canons.
- A Grimsby, pendant des fêtes données dans le parc Win-tringham, on s’est servi pour les illuminations de lampes Brush fournies par la Midland Brush Electric Lighting Company.
- La Maxim Weston Electric Company éclaire maintenant les théâtres de la Cour et Alexandra, à Liverpool.
- Au Mason College, à Birmingham, ont eu lieu des essais d’éclairage électrique avec des lampes Swan.
- A Manchester, l’établissement de M. W. Richardson, ingénieur, vient d’être éclairé avec des lampes électriques, inventées par M. Charles Lever, de Bowdon.
- Une installation permanente de lampes à incandescence vient d’être faite dans l’usine de Bowyer et Priestley, Buckden près d’Huntingdon (Angleterre). Les courants sont engendrés par une machine Siemens à courant continu, [ca-
- pable de maintenir en fonctionnement soixante lampes à incandescence.
- Le petit bourg de Verzuolo dans la province de Coni (Italie septentrionale) est depuis quelques jours éclairée à titre d’essai à la lumière électrique.
- A Saint-Pétersbourg, le grand-maître de la police vient d’autoriser les travaux pour l’éclairage de la perspective Newsky, entre le pont Anitchkow et la grande Morskaïa.
- L’Exposition austro-hongroise qui vient de s’ouvrir à Trieste est en partie éclairée à la lumière électrique.
- Le Times de New-York a installé dans ses salles de rédaction vingt-cinq lampes électriques Edison et vingt-cinq dans les dépendances.
- Télégraphie et Téléphonie
- En [Chine des communications télégraphiques vont être établies entre Tientsin et Chefoo.
- On vient de procéder à Metz à l’installation d’un téléphone mettant le poste des sapeurs-pompiers, place d’Ar-mes, en communication avec le guetteur de la tour de la Mutte.
- En Suisse, le téléphone vient d’être installé entre les vil- • les de Zurich et de Winterthour, séparées par une distance de dix-neuf kilomètres. Il doit l’être prochainement entre la capitale et les principales localités des bords du lac.
- Un bureau téléphonique va être ouvert à Plymouth, par la United Téléphoné Company.
- A Moscou, a lieu en ce moment l’installation d’un réseau téléphonique.
- Les bureaux téléphoniques établis au Caire et à Alexandrie par l’Oriental Téléphoné Company et qui avaient été fermés pendant la guerre viennent de rouvrir.
- Les commissaires de la rivière Wear (comté de Durham) viennent d'autoriser la Northern District Téléphoné Company à étendre son système de communications téléphoniques aux Docks.
- A Evansville (Indiana), la Téléphoné Exchange Company exploite actuellement quatre cent milles de lignes téléphoniques sans isolateurs d’aucune espèce, les fils étant simplement attachés aux poteaux.
- ERRATUM
- Dans le dernier numéro, dans l’article intitulé : Nouvelles expressions du travail et dit rendement économique des moteurs électriques, à la ligne 27 de la dernière colonne, page 447, il faut lire : « minimum » au lieu de : « maximum ».
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — J2S78
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 51, rue Vivienne, Paris
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- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEI* /' •
- Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
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- 4« ANNÉE (TOME VII)
- SAMEDI 18 NOVEMBRE 1882
- .,c
- N* 46
- SOMMAIRE
- La distribution électrique de l’heure ; Th. du Moncel.— L’éclairage électrique des côtes d’Angleterre et d’Australie (6° article) ; Gustave Richard. Résultats des expériences faites à l’Exposition d’Electricité sur les machines et les régulateurs à courant continu, par MM. Allard, Joubert, Le Blanc, Potier et H. Tresca. — Les aurores polaires (5e article); Alfred Angot. — Des méthodes employées jusqu’à ce jour pour la détermination de l’ohm (suite et fin); G. Wiedemann. — Les sciences physiques en biologie : L’électricité (i3°article); Dr A. d’Arsouval. — Bibliographie : Manuel de télégraphie pratique de R.-S. Culiey.
- — Electric illumination, par J. Dredge ; Frank Geraldy. — Revue des travaux récents en électricité : A propos des bobines d’induction employées dans les transmissions téléphoniques. — Arrêt électrique pour machines à vapeur, système Tate.— Dynamomètre de rotation de M. Emerson.
- — Faits divers.
- LA DISTRIBUTION ÉLECTRIQUE
- DE L’HEURE
- . Nous avons consacré de nombreux articles au système d’unification de l’heure adopté pour la ville de Paris, et on a pu voir l’année dernière à l’Exposition d’électricité., un spécimen des dispositifs employés qui figurait au pavillon de la ville de Paris. Pendant toute la durée de l’Exposition, les appareils ont parfaitement fonctionné ; toutefois certains dérangements inhérents aux conducteurs télégraphiques pouvaient faire craindre quelques altérations dans la marche des horloges soumises au réglage de l’horloge régulatrice de l’Observatoire, et effectivement le rapport de M. Mouchez en constate quelques-unes, mais elles n’étaient que très peu importantes, et il y a lieu de croire qu’à mesure que le service s’organisera et se complétera, les causes des dérangements s’écarteront déplus en plus. Quoiqu’il en soit, voici ce que dit le rapport du directeur de l’Observatoire à cet égard : .
- « Bien que l’organisation générale de la distribution de l’heure dans Paris fût complète au ior janvier 1881, l’un des circuits des centres ho-
- raires se développant à l’est de la capitale n’a pu être mis en service que le 8 mars ; encore a-t-il dû fonctionner pendant plusieurs mois avec une solution de continuité fermée par la terre. Le fonctionnement des horloges de ce circuit établi dans de bonnes conditions a été satisfaisant, et nous n’avons à noter que trois dérangements dont deux résultaient de la rupture du circuit par les travaux exécutés en égout et dont le troisième avait pour cause, dans le commutateur général, un défaut de construction qui a été immédiatement réparé.
- « Le circuit ouest, dont l’isolement commence à s’améliorer sensiblement, a eu à subir également deux dégradations graves, qui ont entraîné des dérangements locaux rapidement réparés; mais bien que cette année les pertes se traduisent sur la boussole de contrôle par des dérivations atteignant io° et même 20°, le service horaire 11’en a pas été troublé, au moins à notre connaissance, et le centre horaire installé sur ce circuit à la fenêtre du pavillon de la Ville de Paris à l’Exposition d’électricité a conservé une bonne marche et a pu conduire d’une manière satisfaisante les horloges d’un réseau local.
- « Quoi qu’il en soit, nous étudierons cette année l’adjonction aux centres horaires de signaux de contrôle accusant à chaque heure l’exactitude de leurs indications. Cette amélioration est vivement réclamée par les horlogers de Paris.
- « Nous avons le regret de constater de fréquents dérangements consistant presque uniformément en un retard de 2 secondes, au centre horaire placé à la porte de l’Observatoire. Nous ne pouvons les attribuer qu’à une insuffisance de stabilité du cabinet de cette horloge soumise aux trépidations résultant des manœuvres de la lourde grille d’entrée.
- « La marche de l’horloge directrice de Ber-thoud laisse également beaucoup à désirer, et les variations qu’elle subit, lors des changements brusques de température, paraissent montrer dans la compensation des défauts qui motiveraient sùn remplacement. Cette question sera étudiée cette année, quand on aura terminé la construction des
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- salles souterraines à température invariable que l’on construit dans le fossé sud de l’Observatoire. Nous y installerons non seulement les pendules et les chronomètres de l'Observatoire, mais aussi la pendule directrice du service de l’heure de la ville de Paris. Elles s’y trouveront dans de meilleures conditions que dans le local où on a été obligé de les placer provisoirement l’année dernière. »
- Le rapport de M. Mouchez parle aussi de l’envoi de l’heure aux ports et, à notre grand étonnement, il constate dans notre pays une indifférence qui étonnera sans doute les autres nations, car depuis longtemps elles font usage des time-Balls qui rendent tous les jours les plus grands services. La nation française a en vérité un caractère inexplicable. On invente, on innove avec la plus grande facilité; on obtient souvent de très beaux résultats, et au lieu de donner suite à ces inventions, au lieu de les mûrir et de les placer dans les conditions pratiques d’une bonne application, on les abandonne pour laisser aux autres pays la gloire de les utiliser. Puis, quand elles ont fait leurs preuves, nous venons triomphalement les reprendre, nous mettant ainsi à la remorque des autres qui, souvent, n’ont apporté à l’idée-mère que bien peu de changements. C’est ce qui est arrivé pour l’éclairage au gaz et pour l’éclairage électrique. Nous avons été les premiers, en 1878, à montrer des rues et des places entières éclairées par l’électricité, problème qu’on croyait alors irréalisable, et aujourd’hui nous n’avons plus à Paris une seule rue éclairée à l’électricité, alors que dans beaucoup de pays des quartiers de ville entiers sont en possession de ce genre d’éclairage; ferons-nous, chez nous, pour l’éclairage électrique ce que nous avons fait pour le gaz? on pourrait le croire quand on voit ce qui se passe pour la transmission de l’heure dans les ports....
- Comment allier cette tendance avec le mot progrès que nous avons constamment à la bouche?
- Quoi qu’il en soit, voici ce que dit M. Mouchez à l’occasion de l’envoi de l’heure aux ports :
- « Le réglage électrique des pendules d’observations continue à fonctionner d’une manière satisfaisante; ce réglage a été commandé pendant les premiers mois de l’année par la pendule de M. Fé-non, installée dans la salle du premier étage de la tour de l’Est. Au mois de juillet 1881, M. Deschiens a fait une réinstallation complète du système des communications; après quoi la pendule des caves, nettoyée en 1880, a repris son rôle d’horloge conductrice.
- * L’envoi télégraphique de l’heure à Rouen inauguré le 3i octobre 1880, a continué régulièrement chaque dimanche à g heures du matin.
- « Depuis le 18 décembre 1881, les mêmes signaux sont envoyés au Havre.
- Tusqu’ici, malgré nos offres réitérées, ce sont
- les deux seules villes de France qui nous aient demandé l’envoi de l’heure. Il est vraiment regrettable que l’utilité d’avoir, dans toute la France, l’heure exacte du méridien de Paris ne soit pas mieux appréciée. »
- D’après ce double rapport de M. Mouchez, nous voyons avec regret que les réseaux secondaires qui devaient rayonner autour de chacun des centres horaires pour remettre à l’heure les principales horloges municipales du voisinage, sont encore loin d’être établis. Plusieurs systèmes de remise à l’heure électriques avaient pourtant été proposés et fonctionnaient relativement bien. Il paraît qu’on a rencontré d’assez grandes difficultés dans le jeu des contacts électriques destinés à être mis en action par les horloges des centres horaires; toutefois le problème ne présente pas, ce nous semble, des difficultés si grandes, et nous ne pouvons croire qu’on renonce à ces réseaux qui certainement seraient les plus utiles de tous.
- , Th. du Moncfl.
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DES CÔTES D’ANGLETERRE ET D’AUSTRALIE
- 6° article. (Voir les numéros des 23 et 3o septembre, des 7 et 28 octobre et du 11 novembre 1882.)
- PHARE DE MACQUARIE
- La célèbre maison Chance Brothers de Birmingham vient d’établir il y a quelques mois, à Macqua-rie, Port-Jackson, dans la baie de Sydney, pour signaler la pointe de South Head, l’appareil optique représenté par la figure 24.
- Cet appareil, spécialement étudié pour l’emploi de la lumière électrique, a om920 de rayon au plan focal, il est formé de 16 panneaux portant, chacun, 11 prismes à la partie supérieure et 18 prismes à la partie inférieure. Ces panneaux servent, à la fois, à concentrer et à diverger la lumière et à produire un éclat de huit secondes toutes les minutes, sans appareil intermédiaire.
- La hauteur de l’appareil optique est de 2m7o, l’intensité de la lumière au foyer est de 12,000 candies (i,33o carcels). Le phare n’éclaire qu’une moitié de l’horizon, sur lequel les rayons de l’arc obscur sont concentrés au moyen d’un miroir diop-trique. La cage en bronze de l’appareil est disposée de manière à masquer très peu de lumière.
- Les lampes sont du type Serrin modifié; la lampe de service peut être remplacée, en trois ou quatre secondes, par une lampe de réserve; les charbons ont 25m/m de diamètre.
- L’électricité est- fournie par deux machines ma-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- gnéto - électriques de Meritens à courants alternatifs ; ces machines pèsent chacune 2,5oo kil., fournissent un courant de r 10 ampères,et absorbent un travail de 7 chevaux environ; elles sont mues par deux machines à gaz Otto et Lan-gen, du type Cros-seyet de huit chevaux.
- On peut, en cas d’accident, remplacer en 1 o secondes, ainsi que l’a constaté M.
- Douglas, la. lumière électrique par un feu au gaz ; cette rapidité de changement est plus que suffisante, si on se rappelle que l’intervalle des éclats est d’une minute.
- Tout l’appareil repose sur un socle cylindrique, qui permet de pénétrer dans la lanterne sans gêner sa rotation.
- Afin de permettre au gardien de maintenir facilement l’arc électrique au foyer de l’appareil, o n a fixé, au châssis du miroir dioptrique, deux prismes courbés de manière à former sur le plancher , deux images très nettes des pointes des charbons de la lampe; il suffit au gardien de déplacer la lampe jusqu’à ce
- qu’il soit arrivé à faire coïncider ces images deux repères tracés sur le plancher; il peut
- me. 24. — APPAnmi. OPTIQUE DU phare de macquauie
- avec
- faire
- cette manœuvre très simple et très précisé sans être obligé de fixer l’arc électrique, dont la vue est toujours pénible.
- Avant de comparer la lumière électrique aux autres feux employés pour les phares, au point de vue de l’économie, je dirai quelques mots des appareils à gaz de M. Wi-gham.
- Dans ces appareils, le gaz brûle sous des cheminées en mica, en jets indépendants, dont le nombre peut varier de 28 à 148.
- Chaqu e jet brûle, par heure, 60 à 65 litres de gaz ; le diamètre de la flamme du bec à 28jets est de 108 m/m, celui du bec de 148 jets est de 32 centimètres.
- On faitvarier l’intensité du feu en diminuant ou en augmentant le nombre des jets et, par conséquent, les dimensions de la flamme.
- L’intensité spécifique de la flamme du gaz est, en moyenne, un peu plus de la moitié de celle d’un bec à huile de quatre mèches ; « la quan-« tité de lumière « envoyée à l’ho-« rizon est donc « moindre, mais la durée des éclats et la diver-« gence verticale sont beaucoup augmentées à
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- cause de la grandeur de la flamme. Cette der-« nière circonstance fait que les phares éclairés au gaz « donnent plus de lumière dans le voisinage de la « tour que les phares éclairés à l’huile et peuvent, « à de courtes distances, rester visibles, par des « temps de brouillards qui éteignent ces der-« niers. » (*)
- M. Wigham a développé récemment son système, par la juxtaposition de deux ou trois ou quatre de, ses grands brûleurs, dans l’axe d’un appareil dioptrique ; u n de ces appareils quadr iformes, ou à quatre étages de becs, a été installé, en janvier 1878, au phare de Galley-Head, près de Kursale; l’intensité lumineuse est de 125o candies avec un seul brûleur, et de 5 000 candies environ avec les quatre.
- Les graphiques, figures 25 à 27, font ressortir les intensités focales compara^ tives de feux à l’huile, au gaz et à l’électricité. On voit que, pour une intensité ma-xima donnée, égale à celle de la flamme d’une lampe à huile de six mèches, ou à 722 candies, cette flamme présente, en comparaison du gaz Wigham, une concentration au foyer plus avantageuse dans le rapport
- (l) Sautter « Notice sur les phares, etc. », page 48.
- ( ) Une des conséquences de l'extrême condensation des lumières électriques est de pouvoir obtenir, avec de petits appareils optiques, des faisceaux très puissants, et d’en régler facilement la divergence, sans avoir recours à des profils spéciaux, grâce à la petitesse des dimensions et à la fixité de la lumière au foyer. Les appareils des phares de la Hève ont seulement om,3o de diamètre, ceux du phare de Planier en ont om6o, afin de protéger les lentilles contre l’échauffement et les projections des charbons. En Angleterre, on paraît,
- de 100 à 49.3; l’intensité focale (focussing com-paetness) de la lumière électrique est, au contraire, environ 600 fois plus puissante que celle des lampes à huile (2). Le tableau C (p. 488) fait connaître, d’après M. Douglas, les principaux éléments du prix de l’unité de lumière, pour des phares anglais à un seul feu, à l’huile, au pétrole, au gaz Wigham et à l’électricité.
- D’après ce tableau, l’avantage sous le rapport
- de l’économie, appartient à l’huile minérale tant que l’intensité maxima ne dépasse pas 722 candies, ou la puissance d’une lampe à six mèches; entre 722 et 5000 candies (80 et 56o câr-cels) intensité maxima probable des appareils à gaz, le gaz peut encore lutter avec l’électricité, parce qu’il faut, pour la lumière électrique, un personnel plus nombreux; mais, dès que l’intensité nécessaire atteint celles des phares simples ou combinés du Lizard (8 à 16000 candies), le prix de l’unité de lumière électrique s’abaisse aux 0.6 et aux o.3 du prix de celle du gaz et de l’huile minérale, et cette économie ne fait que s’accentuer avec l’intensité des feux électriques, à laquelle la pratique n’a pas
- au contraire, disposé à revenir, pour la lumière électrique, aux appareils de 1 mètre à im,40 de diamètre, plus coûteux, mais qui auraient l’avantage de faciliter le service des gardiens. Si on remarque que, toutes choses égales, les faisceaux lumineux sont d’autant plus divergents et d’autant moins intenses que l’appareil optique est plus petit, on voit que, même au point de vue purement théorique, on aurait tout intérêt à rendre aussi grand que possible le diamètre des appareils optiques ; mais il faut se rappeler, qu’en temps brumeux, on a tout avantage à concentrer la lumière sur la
- . GAZ
- SYSTEME WIGHAM.
- HUILÇ
- ELECTRICITE
- l------J UyiluUlj M»MU yüUllllüBBi UUMUMm UUUUIISUiniUUUUU 1 Liau-d, Z Lizard
- slnaen, système, AT^ystèmc/ 28 Jets ^8 Jets 68 Jets 88 Jets 108 Jets 825oCandies. 16500Cand.
- deFrcsncL de1Hn£tyhouse> 1*30 Cttndlcs 832 Candies 1255 Candies 2^08 Candies 2323 Candies 800Cartels. I8300xrccls 269 Candies 222 Candies 5o Cxrccls 3o Cartels l'*0 Carccls 270 Cdrcels 325Carcels
- $9 Cartels
- PRIX
- ^ ^ mèches
- N^syateme d
- GAZ
- ; Bec équivalant
- Haisbro
- Ws/w
- «0 »>• <6 ‘O ^ CO *,
- S O* CS cT es' c,'
- FIG. 25, 26 El 27,
- INTENSITÉ DES FEUX AU GAZ, A L'HUILE ET A L’ÉLECTRICITÉ.
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- Tableau G donnant le coût cpmparatlf d’un feu simple (station de Terre) et l'intensité de la lumière produite au foyer de l'appareil optique, par l'huile de colza, l'huile minérale, le gaz de houille et l'électricité.
- (sans signal sirène a brouillard)
- Premier établissement.
- Terrain, bâtiments et lanterne.
- Machines......................
- Appareil dioptrique ..........
- Personnel....................
- Exploitation annuelle.
- Gages et allocations..........
- Houille, coke,, charbons, huile
- et approvisionnement.......
- Transports et imprévu.........
- Réparations et renouvellements Intérêt du coût d’établissement à 3 1/2 pour cent.............
- Intensité de la lumière au foyer de Vappareil optique.
- Heures.
- Minima pour 3o5 nuits. (3692) Maxima — 60 — ( 720)
- Moyenne — 3i5 — (4412)
- Lumière totale par année, eu candies.....................
- Lumière totale par année, en carcels ....................
- Coût de la lumière par heure (année de 4412 heures) . . . .
- Coût de la lumière par candlc-heure........._.............
- Coût de la lumière par carcel-heure ......................
- Comparaison.................
- HUILE DE COLZA.
- Ancien système Frcsnel.
- fr.
- i37,5oo
- 4,000
- 42,5co
- 184,000
- Nouveau
- système
- de
- l’amirauté.
- fr.
- 137.500 5,000
- 42.500
- i85,ooo
- HUILE
- minérale.
- Système
- de
- l'amirauté.
- fr.
- 137.500 5,ooo
- 42.500
- 185.000
- GAZ (SYSTÈME WIGHAM)
- Intensité d’une lampe a huile de 6 mcches.
- fr.
- 167,500
- 16.500
- 42.500
- 226,500
- Intensité
- de
- Haisbro.
- fr.
- 168.750
- 24.750 42,500
- 236,ooo
- Intensité
- de
- Galley Head
- fr.
- 170,000
- 32.500
- 62.500
- 265,000
- 2 hommes. 2 hommes. 2 hommes. 3 hommes. 3 hommes. 3 hommes. 5 hommes. 5 hommes.
- fr . c. fr . e. fr . e. fr . c. fr . c. fr c. fr C. fr c.
- 3,890 95 3,890 95 3,890 95 5,975 » 5,975 * 5,975 - 9,936 45 9,936 45
- 3,241 55 5,265 3o 2,7 54 65 1,2 14 55 3,527 25 5,600 » 8,2 76 o5 9,207 5o
- 250 » 2 5o » 250 » 3i2 5o 312 5o 375 » 5 00 » 500 »
- 3,922 5o 3,962 5o 3.-962 5o 4,872 5o 5,221 5o 6,3 5o » 7,562 5o 9,225 -
- 6,440 » 6,4 75 •.. 6,475 » 7,927 5o 8,260 » 9,2 75 . » ]1,812 5o i3,43 I 25
- 17.745 . 19.843 75 17,333 10 20,302 o5 23,296 » 27,5 75 » 38,087 5o 42,3co 20
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- U U « U w U « 0 U 0 • U U « U 03 CJ U C a U
- 269 3o 342 38 342 38 342 38 832 92 1253 i3q 3020 402 825o 917
- 269 3o 722 80 722 80 722 80 2923 32.3 5012 557 8250 QI7 i65oo 1933
- 269 3o 404 45 404 45 404 45 1173 i3o 1866 207 4375 486 9596 I0Ô6
- ÉLECTRICITÉ.
- Intensité
- d’un
- Lizard.
- fr.
- 237,5oo
- 57.500
- 42.500
- 337,5oo
- Intensité
- de
- deux Lizard.
- fr.
- 2^5,000
- 96,250
- 42,500
- 383,750
- 1,186,828 i3i,870
- 1,782,504 198,056
- 1,782,504
- 198,056
- 1,782 504 198,056
- 5,176,304 575,149
- 8,234,716
- 914.968
- I9,3o5,oio 2,145,004
- 42,339,000
- 4,704,333
- fr. 35,65 fr. 40,05 fr. 35,28 fr. 41,13 fr. 47i43 fr. 56,25 fr. 77.40 fr. 97,20 '
- 0,014 0,010 0,009 0,010 0,004 o,oo3 0,0019 0,0009
- . o,i3 0, 10 o,o8£ 0, 10 0,04 o,o3 0,0178 0,008
- 100 CO ^r !>• 65,0 76,2 3o, 1 22,4 i3 3 6.3
- encore assigné de limite (l). Les phares du Lizard sont actuellement ceux qui ont fourni la lumière au meilleur marché, 79 fr. par carcel et par an au lieu de 97 fr. aux phares de la Hève, et il n’est pas dou-
- zone de mer qui s’étend depuis l’horizon jusqu’à deux kilomètres environ du phare; un appareil ordinaire de 1 mètre de diamètre suffît pour donner au faisceau la divergence satisfaisant à cette condition, et il paraît peu utile de chercher à la diminuer. On peut d’ailleurs, à l’aide de prismes cata dioptriques, faire plonger une partie des rayons sur la
- teuxque cette dépense n’aille en s’abaissant encore.
- On voit que, même au point de vue secondaire de l’économie, la lumière électrique remporte encore hautement la victoire.
- mer, en soulevant un peu la lampe au-dessus du foyer de l’appareil.
- (4) On a remplacé, dans presque tous les phares de France, les becs à huile de colza par des becs à huile minérale, ayant une mèche concentrique de plus, sans augmenter la dépense.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Dans son mémoire sur les phares électriques, M. Allard estime à 12S000 francs la dépense mi-nima nécessaire pour transformer en phare électrique un phare à l’huile du premier ordre et,—en tenant compte de 1 750000 fr. d'imprévus — à 7 millions environ, la somme nécessaire pour éclairer par l’électricité 42 des principaux phares de France : ce serait une faible dépense pour une pareille augmentation' de la sécurité de nos côtes.
- Gustave Richard.
- RÉSULTATS DES EXPÉRIENCES FAITES
- A L EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ SUR LES
- MACHINES ET LES RÉGULATEURS
- A COURANT CONTINU
- PAR MM. ALLARD, JOUBERT, F. LE BLANC, POTIER ET II. TRESCA
- « Le tableau qui résume les principaux résultats de ces expériences est seulement accompagné, dans cette note, d’un petit nombre d’observations.
- « Ce que nous appellerons cheval électrique et, en particulier, cheval d'arc, représente un travail électrique de 75lts“ par seconde, généralement calculé d’après les intensités, les résistances et les forces électromotrices.
- « Nous avons désigné par rendement mécanique total le rapport entre le travail électrique total et le travail moteur effectif, déduction faite de celui qui est employé pour la transmission mécanique ; par rendement mécanique des arcs, le rapport entre le travail réellement mesuré dans les arcs et ce même travail moteur efFectif. Enfin, nous avons réservé le titre de rendement électrique des arcs à la comparaison que nous avons faite, pour toutes les expériences, entre le travail électrique des arcs et le travail électrique total.
- . « Quant aux évaluations relatives à la production lumineuse, correspondant à la dépense d’un cheval mécanique, d’un cheval électrique total, ou d’un cheval électrique dépensé dans les arcs, il doit être bien entendu que nous ne faisons finalement entrer dans le calcul que l’intensité photométrique désignée sous la dénomination de moyenne sphérique ; c’est, en effet, la seule qui représente le phénomène lumineux dans son ensemble, et qui, à ce titre, puisse être comparée d’une manière rationnelle aux divers éléments qui produisent cette intensité. Il convient, toutefois, de faire remarquer que, en prenant pour base de leurs évaluations les besoins de l’éclairage public, les constructeurs ont été tout naturellement conduits à des estimations beaucoup plus grandes de la puissance de leurs appareils.
- « L’ordre dans lequel nous examinerons les différents résultats n’est pas arbitraire; nous avons
- pris pour base le nombre de foyers alimentés et il en est résulté, tout naturellement, que les machines à grandes résistances et à faible intensité de cou rant sont celles qui viendront en dernier lieu. Pour celles-là, les résistances supplémentaires que les appareils d’observation nous imposaient de placer dans le courant ont été sans aucune influence appréciable ; il n’en est pas de même pour les machines à grandes intensités et à faibles résistances, comme les types de Gramme, de Jurgensen et de Siemens. Nous accompagnerons chacun des tableaux calculés de quelques observations.
- « I. Machine Gramme et lampe de phare réglée à la main. — Les diagrammes fournis par l’indicateur étant très inégaux, nous avons, à diverses reprises, laissé fonctionner le crayon traceur pendant une minute entière et les traits successifs, au lieu de se superposer, ont chaque fois compris, dans le cours de cette minute, certaines aires au moins triples les unes des autres.
- « La lampe employée par M. Lemonnier se réglait à la main, et un agent habitué à ce service veillait constamment au rapprochement ou à l’éloignement des charbons de manière à produire, autant que possible, une lumière uniforme. C’est à cette manœuvre délicate, mais toujours employée dans les applications militaires, pour la projection des lumières de grande intensité, que nous attribuons l’irrégularité du travail dépensé.
- « Pour les observations photométriques, il a été nécessaire de placer la lampe hors de la chambre noire, disposée pour les comparaisons et qui était de longueur insuffisante : il aurait fallu que cette longueur fût portée à 5om au lieu de 25“ ; mais on s’est mis complètement à l’abri de cette difficulté en opérant, en dehors de la chambre, à nuit close, et avant l’allumage des lampes disséminées dans le palais de l’Exposition.
- « Dans les deux premiers essais, les observations ont été faites dans la direction horizontale et à 5o° et 6o° au-dessus et au-dessous, et c’est ainsi qu’on a pu déterminer l’intensité moyenne.
- « II. Machine Jurgensen, alimentant un régulateur Serrin. — M. le professeur Jurgensen, de Copenhague, avait envoyé à l’Exposition une machine pour laquelle il a tenu à associer à son nom celui de M. le professeur Lorenz, et qui était munie d’un double électro-aimant, l’un à l’extérieur et l’autre à l’intérieur delà bobine; plusieurs de nos collègues du jury nous avaient exprimé le désir que cette machine pût être soumise à des expériences variées, dirigées de manière à faire ressortir le mérite de ce double effet.
- « En ce qui concerne la machine complète, on a dû employer son courant à faire fonctionner une lampe Serrin pour phare. Notre photomètre n’ayant à ce moment qu’une portée de 25“, il fallait
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- TABLEAU DES EXPÉRIENCES SUR LES MACHINES ET LES LAMPES A COURANT CONTINU.
- indications. FORMULES, I. GRAMME, I lampe.
- Observations mécaniques. Vitesse de la machine génératriee . . T. parmin. T chevaux 4;5 i6,i3
- 'Observations électriques. Résistance de la machine, en ohms. . Résistance de' circuit sans les lampes. Péaistance totale. R ohms 0,33 0,10 0,43
- Intensité du courant en ampères . . . Chute de potentiel à la lampe en volts I ampères E volts I0q,2 53,0
- Calculs électriques. Travail du circuit total RU 6,97 7,87
- Travail rïhine. lampe 7-g E1
- Travail ries lampes * 75g‘ l chevaux 7,3? 14,34 102
- Travail électrique total T'
- Force électro-motrice moyenne.... 11E +;ri
- Observations photométriques. Diamètre des charbons mill. 20
- Intensité lumineuse horizontale .... — maximum . . . . . carcels ni. 952 i960
- — moyenne sphérique Intensité totale, moyenne sphérique . t L=nl 966 966
- Rendements.
- Rendement mécanique total T' 0,92
- — — des arcs.... T t T 0,43
- — électrique des arcs .... t T' 0,53
- Carcels par cheval mécanique. . . • . L T 60,0
- — — électrique L 65.i
- T'
- — — d’arc L 128.8
- — par ampère t l 8,85
- I
- II. JURGEN- SEN. I lampe. ni. >IAXIM, 1 lampe. IV. SIEMENS, 1 lampe. v. SIEMENS, 2 lampes. VI. BURGIN, 3 lampes. VII, GRAMME, 3 lampes.
- 800 1017 73“ i33o i535 i6q5
- 21,68 4,07 4,44 0,31- 5,32 3.11
- 0,45 0,70 • 0,66 1,68 2,80 0,52
- 0,82 0,25 0.12 o,i3 1,20 1,25
- 1,2? 0,95 0.78 1,81 4,3o i,77
- 90 33 35 26,2 i3,5 !9,o
- 58 53 53 44,5 4i 53
- 13,99 1.41 I.29 1,69 2,00 0,87
- 7,09 2,37 2,52 i,5g 1 ,027 1,369
- 6,9“ 2,31 2,52 3,18 3,oS 4,n
- 20,96 3 72 3.81 4,8" 5,o?> 4,98
- ÏT2 84 80 i36 203 193
- 23 12 18 U i3 14
- 6o- 246 210 142 5o 100
- » 465 8o5 537 22“ 35"
- 688 23q 3o6 20S 82 167
- 688 239 3o6 410 246 5oi
- o,97 O.qi 0.86 0,92 0,95 0,62
- •0.32 o,S: 0,5" 0,60 0,58 o,5i
- CO O 0,62 0,66 o,65 0,61 o,83
- 3i,7 58 " 68,9 77U 46,2 61,8
- 3.2,8 64,2 8o,3 84,2 48,4 100.4
- 93,7 io3,5 121,4 129,3 79,9 ,-121,6
- 7,64 7U4 8,74 7,82 -J f-P 8,79
- VIII. GRAMME, 5 lampes. IX, SIEMENS, 5 lampes. X. WESTON, 10 lampes XI. BRUSH, 16 lampes . XII. BRUSH. 40 lampes XIII. BRUSH, 38 lampes
- 1496 826 1003 7"0 700 705
- 8,00 5, o5 i3,0i 13,39 29,96 33,35
- 4,57 7,o5 1,88 10,55 22,38 22,38
- 0,62 4,5o i,5o 2,56 2,60 7,90
- n,55 3,38 i3,ii 24.98 30,28
- i5”5 10,00 2.3 10 9,5 9,5
- 49,8 47,4 32 44,3 44,3 44,3
- ' i,65 1,57 2,43 >,79 3,0; 3,72
- 1,04 0,64 1,00 0,60 0,57 3 0,5:3
- 5,20 6,85 3,20 4-77 . 10,00 s 12,43 9,60 11.39 21,88 24,90 20,79 24,51
- 328 000 398 840 2009 1971
- 12 10 9 et 10 11 11 II
- 112 6- 92 07 63 63
- 184 l~2 154 76 "8 73
- 102 k-, 85 38 39 3q
- 5io 260 85o 608 i56o 1482
- 0,86 o,94 0,95 o,85 0,83 0,73
- 6,65 0,63 o,77 0,72 0,73 0,62
- 0,76 0,67 0,80 0,84 0,87 o,85
- 63,8 Si, 5 65,3 45,4 02, I 44,4
- 74-5 54,6 68.4 53.4 62,6 6o.5
- 98,1 8i,3 85,o 63,3 71,7 7L4
- 6,67 5.20 3,70 3.8o 4,11 401
- O
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- t"
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- pour rendre la puissance lumineuse mesurable, introduire dans le circuit une résistance presque double de celle de la machine dynamo-électrique elle-même, ce qui a nécessairement amoindri, dans une grande proportion, le résultat photomètrique obtenu.,
- « III. Machine Maxim, alimentant une lampe Maxim. — La plus grande partie de l’expérience a été faite avec interposition dans le circuit d’une résistance de o°hm,25o, qui a affecté la valeur du rendement dans une proportion notable.
- '« Au point de vue photométrique, la lampe Maxim a été l’une de celles pour, lesquelles les déterminations ont été les plus nombreuses, puisque l’intensité a été mesurée dans la direction horizontale, puis à 45° au-dessus et au-dessous de l’horizon, puis encore à 6o°.
- « IV. Machine Siemens, alimentant un foyer Siemens. — La machine D. 8, 25o, qui a été employée dans cette expérience, est caractérisée par l’emploi, pour la bobine, d’un fil de 25o centièmes de millimètres de diamètre. Ce mode de notation en centièmes de millimètre s’applique, d’ailleurs, à toutes les autres machines des mêmes constructeurs. Le fil des électro-aimants avait pour diamètre 5mm,5.
- « Le travail, comme, dans toutes les autres expériences faites sur les machines Siemens, a été mesuré au moyen du dynamomètre Hefner Alte-neck, en prenant pour diamètre réel celui de la poulie, om,2o, augmenté de l’épaisseur de la courroie, soit om,2o5.
- « V. Machine Siemens, alimentant deux foyers Siemens. — La machine D. 7, 200, qui a servi à l’alimentation de deux foyers Siemens, était construite avec du fil de 2mm de diamètre pour la bobine et du fil de 3mm,5 pour les électro-aimants.
- « Le travail mécanique a été mesuré directement par le dynamomètre.
- « VI. Machine Biirgin, alimentant trois lampes Crompton. — Les déterminations relatives à ces appareils ont dû être faites sur l’installation même de M. Crompton, dont la machine à vapeur, munie d’un très grand volant, pouvait directement fournir, au moyen d’une seule transmission par courroie, la vitesse convenable sur l’arbre de la machine dynamo-électrique. Les observations lumineuses ont été assez nombreuses et assez variées pour pouvoir effectuer le calcul complet de l’intensité moyenne sphérique.
- « VII. Machine Gramme, alimentant trois lampes Gramme. — La machine Gramme autoexcitatrice pour trois lumières a été essayée, sous la direction même de M. Gramme, dans les conditions pour lesquelles elle avait été construite, et
- nous n’avons à signaler à son égard aucune particularité, si ce n’est en ce qui concerne les trois lampes, dans lesquelles les charbons, tous deux de i4mm de diamètre, avaient été choisis, l’un, à la partie supérieure, dans la fabrication Siemens; l’autre, à la partie inférieure, dans la fabrication Sautter et Lemonnier.
- « Le rendement est si inférieur à celui des autres machines, qu’on ne pouvait attribuer cette circonstance qu’à un vice de construction exceptionnel dans la machine à lumière, permettant une dérivation qui n’a pas été constatée. Nous avons dû, pour en avoir l’explication, nous adresser à M. Gramme, qui nous a fait connaître que, au retour de la machine à l’atelier, on y a trouvé un contact qui fermait une partie du courant sur les électro-aimants.
- « Cependant l’expérience reste encore complète, en ce qui concerne les données électriques, qui figureront utilement dans notre tableau général.
- « VIII. Machine Gramme, alimentant cinq lampes. — Les cinq lampes ont été actionnées par une machine Gramme de la construction de MM. Sautter et Lemonnier F. n° 2003. Le charbon supérieur de la lampe était, comme dans l’expérience précédente, de la fabrication Siemens.
- « L’expérience n’a présenté aucune circonstance qui doive être spécialement mentionnée, si ce n’est en ce qui concerne les déterminations photométriques, faites dans la direction horizontale et, au-dessus et au-dessous de l’horizon, sous les inclinaisons de 45° et de 6o°.
- « IX. Machine Siemens, alimentant cinq lampes Siemens. — La machine du type Siemens D. 8 comportait des fils de imm,2 seulement de diamètre pour la bobine et 2mm,5 de diamètre pour les électro-aimants. Le travail mécanique a été mesuré directement; les données électriques .résultent d’une expérience prolongée ; quatre des lampes ont été employées simultanément aux mesures photométriques, même dans le cas où ces lampes ont été inclinées à 3o° sur la verticale.
- « X. Machines Wcston, alimentant dix lampes Weston. — Cette expérience s’est fait remarquer, entre toutes, par son extrême régularité dans toutes les observations.
- « Les mesures électriques ont été aussi complètes que possible ; il en a été de même pour les déterminations photométriques suivant l’horizontale, ainsi qu’à 45° et 6o° dans les deux sens.
- « XI. Machine Brush, alimentant seize lampes Brush. — Les expériences sur les lampes Brush ont pu être entreprises avant toute autre, grâce à l’obligeance de M. Stewart et à la parfaite installation qui leur avait été faite à l’Exposition.
- « Toutes les machines à lumière, placées sur un
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- même rang et portées sur des plates-formes mobiles, étaient commandées par un arbre parallèle, actionné lui-même, dans ses diverses parties, par six machines à vapeur, demi-fixes, système Robey, d’un . excellent fonctionnement. La grande longueur des courroies permettait d’éviter les tensions trop grandes, et la mobilité des plates-formes, facilement obtenue à l’aide de longues vis horizontales de réglage, permettait d’ailleurs de modérer ces tensions avec une grande précision.
- « Le même moteur Robey, commandant trois machines dynamo-électriques, n° 7, n° 7 A et n° 3, fournit la lumière à seize lampes à arc voltaïque, système Brush, en même temps qu’à quatre-vingt-une et à quinze lampes à incandescence, système Lane Fox, et il n’était pas facile d’isoler les unes des autres les machines génératrices.
- » Aussi dûmes-nous nous contenter de procéder par différences successives, en déterminant chaque fois, au moyen de nombreux diagrammes, le travail développé sur les deux faces du piston.
- « En ne-nous occupant ici que de la machine dynamo-électrique n° 7, produisant l’éclairage de seize lampes à arc voltaïque, nous trouvons que le travail dépensé par cette seule machine s’élève à i3,388 chevaux. C’est ce chiffre que nous avons définitivement adopté, tout en reconnaissant qu’il n’a pas été déterminé avec la même rigueur que pour les autres expériences, dans lesquelles on a toujours isolé chaque machine génératrice.
- « XII. Machine Brush alimentant quarante foyers Brush dans l'intérieur du Palais de l'Exposition. — Cette expérience, commencée le i3 octobre, s’est trouvée insuffisante au point de vue photométrique, et a été reprise le 16 novembre dans le but de compléter les premières indications.
- « L’une des lampes ayant été chaque fois placée dans la chambre photométrique, on a pu déterminer la résistance de la machine et du circuit, ainsi que toutes les données électriques relatives à l’expérience même.
- « Quant aux mesures photométriques, elles ont été très complètes, le 16 novembre, dans la direction horizontale, ainsi qu’à 3o°, 45° et 6o° au-dessus de l’horizon. La lampe Brush étant peu connue en France, il était nécessaire de calculer l’intensité moyenne sphérique avec tous les éléments qui y pouvaient concourir.
- « XIII. Machine Brush à quarante lumières, employée à l'éclairage de l'escalier de l'Opéra. — Une première tentative avait eu lieu le 14 octobre; mais, les signaux n’ayant pas suffisamment correspondu d’une station à l’autre, elle s’est bornée à une' détermination du travail moteur, confirmée plus tard par de nouveaux diagrammes le 20 octobre.
- « A cette dernière date, trente-sept foyers étaient allumés dans l’escalier de l’Opéra et un trente-huitième, à l’Exposition, dans notre chambre photométrique, le circuit total ayant une longueur de 7 kilomètres.
- « Les résultats qui précèdent seront rapprochés, dans une prochaine communication, de ceux qui ont été obtenus dans les autres systèmes d’éclairage électrique; nous nous bornerons seulement à faire remarquer, dès à présent, que, dans presque toutes les expériences, le travail moteur total se trouve très bien représenté par le travail électrique correspondant. »
- LES AURORES POLAIRES
- 5o article. (Voir le «° des 21 et 28 octobre, des 4 et 11 novembre 1882.)
- IV. EXTENSION, POSITION ET FREQUENCE DES AURORES POLAIRES.
- 2° A Ititude de l'aurore polaire.
- Des essais pour mesurer la hauteur au-dessus de la terre des phénomènes lumineux qui constituent les aurores polaires, ont été tentés depuis bien longtemps. Les premiers remontent en effet à 1726 et sont dus à Mairan. Avant lui, on croyait que les aurores boréales avaient leur siège tout près du sol; cette opinion reposait, non sur des données précises, mais uniquement sur la rapidité des mouvements des aurores, rapidité qui paraissait inconciliable avec un grand éloignement.
- Le procédé employé par Mairan pour déterminer l’altitude des aurores a été employé depuis, sauf des modifications de détail, par tous les autres observateurs. Il consiste à mesurer au même moment, de deux stations suffisamment éloignées, la hauteur angulaire d’un point donné de l’aurore au-dessus de l’horizon. Un calcul simple donne immédiatement l’altitude absolue de l’aurore, connaissant sa hauteur apparente aux deux stations et la distance de celles-ci.
- Ce procédé, très simple en théorie, rencontre dans la pratique de grosses difficultés : tout d’abord il est indispensable que les observateurs visent exactement le même point de l’aurore, condition qui est déjà difficile à remplir pour des observateurs distants de plusieurs kilomètres ; il faut de plus, à cause des mouvements fréquemment rapides de l’aurore, qu’il y ait simultanéité absolue entre les deux observations; enfin le défaut fréquent de netteté des lueurs amorales ajoute encore aux causes de l’incertitude que nous venons d’énumérer. Pour toutes ces raisons, on ne devra pas attribuer aux nombres 'que nous rapportons plus loin une exactitude plus
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- grande qu’il ne convient, et il sera prudent de se souvenir que tous ces nombres comportent des erreurs qui s’élèvent peut-être jusqu’au quart de leur valeur totale.
- Les premières mesures effectuées par Mairan le conduisirent à des résultats en contradition complète avec les opinions alors répandues. Tandis qu’on se figurait que les aurores boréales se produisaient dans des couches de l’atmosphère très voisines du sol, Mairan trouva toujours des hauteurs très grandes : 266 lieues pour l’aurore du 19 octobre 1726, 25o lieues pour celle du 8 octobre 1731, 160 lieues pour une sorte de chevron coloré qui fut observé pendant l’aurore du i5 février 1780, etc. Mairan conclut ainsi de la totalité des observations qu’il a examinées que les aurarss aperçues de son temps en France étaient situées à des altitudes comprises entre 100 et 3oo lieues.
- Pour déterminer avec exactitude la hauteur des aurores boréales dans le nord de la Norvège, Bravais et Lottin instituèrent des observations simultanées sur les aurores à Bossekop et à Jupvig, point situé aune distance de 16 kilomètres de Bossekop. Malgré toutes les difficultés qu’ils rencontrèrent dans ces observations, ils conclurent de l’ensemble de leurs mesures que la hauteur moyenne des arcs de l’aurore boréale à Bossekop est de 100 à i5o kilomètres au-dessus de la terre, nombre encore très grand, bien qu’inferieur à celui de Mairan.
- Les observations de Bravais lui ont permis, du reste, de calculer les hauteurs des aurores par un procédé tout différent du premier et qui n’exige pas deux observateurs, mais qui repose sur une hypothèse peut-être peu exacte. Si l’on admet que les bandes aurorales qui passent par le zénith sont parallèles à la surface du sol, il devient possible en effet, de déduire la hauteur de ces bandes des mesures de leur largeur apparente à leur sommet et à leur pied. Bravais a employé cette méthode comme vérification de la première ; les résultats se sont trouvés d’accord avec ceux que nous avons indiqués plus haut ; aussi Bravais croit-il pouvoir admettre définitivement que « la hauteur des arcs de l’aurore « boréale est habituellement compiise entre 100 et « 200 kilomètres au-dessus de la terre. »
- Des observations plus récentes en Europe ont conduit à des résultats analogues. Ainsi, de la discussion de toutes les observations recueillies sur la grande aurore du 25 octobre 1870, Flœgel (') déduit les conclusions suivantes : l’altitude de la base des rayons est très variable, elle est comprise en moyenne entre i5o et 25o kilomètres, mais ses limites extrêmes atteignent peut-être 100 et 3oo kilomètres. Quant aux sommets des rayons, ils s’élè
- (>) Zeitschrift der œsterreichischen Gcsellschaft fur Mcteo-, rologie. Bd. VI. 1871.
- vent très fréquemmeut à plus de 5oo kilomètres ; il est même probable qu’ils dépassent souvent 750 kilomètres ; mais ils ne paraissent jamais atteindre 1,5oo kilomètres.
- A côté de ces observations qui assignent aux aurores boréales une altitude énorme, il est facile d’en citer un grand nombre qui conduisent à des résultats diamétralement opposés.
- . Farquharson, après avoir organisé des observations correspondantes en divers points de l’Ecosse, trouve que les aurores y illuminent fréquemment la face inférieure des nuages ; en particulier, les observations simultanées faites le 20 décembre 1829 à Alford et à Tyllynessle assignent à l’aurore une altitude de 1 220 mètres seulement.
- De ses observations aux Shetland et auxFéroë, Trevelyan croit pouvoir conclure que l’aurore boréale descend souvent à moins de i5 mètres au-dessus de la surface de la mer.
- Parry et deux de ses compagnons ont observé à Port Bowen, le 27 janvier 1825, un rayon d’aurore boréale qui se projetait entre leur navire et le rivage, éloigné de 2 745 mètres et élevé de 214 mètres. De même Ross et Sherer mentionnent plusieurs fois des rayons auroraux interposés entre leurs deux navires, ou entre les navires et des montagnes de glace. Enfin sir John Franklin affirme à son tour avoir vu des aurores boréales éclairer la face inférieure des nuages.
- Des apparences analogues se sont présentées à la commission française en Laponie. Pendant l’aurore du 20 septembre i838, Bravais écrit ce qui suit : « Un très grand rayon au S. O : c’est évi-« demment sous ie.s nuages... Evidemment ces « nuages sont colorés par en-dessous ; les lueurs « sont sous les nuages ; on voit ceux-ci derrière. » Plus tard, le 3i octobre, Lottin croit observer un rayon de l’aurore entre lui et les montagnes. Malgré ses propres affirmations reproduites plus haut, Bravais croit pourtant, dans la discussion générale des observations, pouvoir expliquer uniquemen t ces apparences par des illusions d’optique. Il attribue notamment le prolongement apparent des rayons au-devant d’une montagne à la réflexion de la lumière sur la neige à facettes qui recouvrait la montagne. En résumé, il rejette l’hypothèse de la proximité de l’aurore.
- Depuis cette1 époque, les observateurs les plus familiarisés avec ce genre de phénomènes ont recueilli un grand nombre d’observations qui ne permettent plus de douter de la réalité de ce fait, malgré l’opinion de Bravais.
- M. S. Lenistrœni (*), pendant l’expédition suédoise au Spitzberg de 1868, vit à plusieurs reprises des lueurs aurorales se projeter entre lui et des
- (’) Zeitschrift der œsterreichischen Gesellschaft für Météorologie. Bd. VI, 1871.
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- montagnes situées à petite distance ; ces lueurs, étudiées au spectroscope, montraient du reste la raie jaune-vert, caractéristique de l’aurore boréale.
- Lors d’un voyage dans le nord de la Finlande pendant l’hiver 1871-1872, M. Lemstrœm (*) eut encore l’occasion d’observer fréquemment des rayons amoraux au-dessous des nuages, ou à une hauteur moindre que le sommet des montagnes. Une fois même il se serait trouvé au milieu d’une manifestation aurorale.
- M. H. Hildebrandsson (*) cite de son côté des aurores qui se sont produites en Suède soit dans
- la région des nuages, soit même au-dessous des nuages.
- Enfin, la deuxième livraison du Bulletin de la Commission polaire internationale (1882) contient, page 64, le résumé de quelques résultats très intéressants obtenus à Ivigtut (Groenland), par un ingénieur, M. S. Fritz. Des mesures prises en deux stations différentes lui ont montré que, le i5 mars 1872, l’aurore était à 210 mètres au-dessus de la mer, et à 55o mètres de distance de l’observateur; le 26 février de la même année, l’aurore se produisit même seulement à 55 mètres de hauteur
- FIG. I*. — AURORE BORÉALE DU 4 M ARS 187Ç) J 0«H. AO M. DU MATIN. — VOYAJ-E DE « LA VÉGA »
- et à une distance de iio mètres. Ces aurores appartiennent du reste, non au type des arcs à structure hdmogène (3° type), mais à notre cinquième type (rayons) ; de plus, leurs mouvements paraissent dépendre tout à fait de la forme du terrain : sur la côte du Groenland elles viennent d’ordinaire du détroit de Davis et s’engagent dans les fiords ou les dépressions de terrain, qu’elles remontent. Aussi éprouve-t-on souvent, paraît-il, dans le fond des fiords l’impression que l’on est
- 0) Zeitschrift der œsterreichischen Gesellschaft fur. Météorologie. Bd. VII, 1872.
- (2) Zeitschrift der œsterreichischen Gesellschaft fûr. Me teorologie. Bd. XI, 1876.
- extrêmement voisin de l’aurore. Enfin les mouvements de ces aurores semblent arrêtés quand des coups de vent violents soufflent en sens contraire.
- Nous rapprocherons de ces aurores situées très près du sol les phénomènes que nous avons décrits antérieurement au chapitre II (aurores du deuxième type).
- De tout ce qui précède, on est en droit de conclure que l’altitude des aurores polaires varie entre de très grandes limites et qu’il est certainement possible d’observer des manifestations amorales très près du sol. Mais il semble qu’il y ait lieu de faire à cet égard quelques distinctions. Dans les latitudes moyennes, dans notre pays, par exemple, les aurores sont toujours très élevées; elles parais-
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- sent s’abaisser, au contraire, à mesure qu’on se rapproche des régions polaires. Ce. n’est pas à dire que, même dans ces régions, on ne puisse voir encore des aurores très élevées, comme l’ont montré les observations de Bossekop ; mais même les hauteurs calculées par Bravais sont inférieures à celles qui ont été déterminées soit en France par Mairan, soit de nos jours pour les aurores de l’Europe centrale.
- Quant aux manifestations aurorales qui, dans les latitudes élevées, s’abaissent iusque dans les couches les plus basses de l’atmosphère, il faudrait
- très probablement les distinguer des aurores éler vées ; ce ne sont que des phénomènes locaux, dont l’origine peut être toute différente de celle des grandes aurores. Nous reviendrons sur ce point à propos de la théorie de ces phénomènes.
- 3° Fréquence des aurores polaires.
- Nous ne nous occuperons dans ce qui suit que .de la fréquence absolue des aurores, c’est-à-dire du nombre total d’aurores observées dans un pays déterminé pendant un long intervalle de temps, un siècle ou deux, par exemple. Quant aux variations
- FIG. 14. — AURORE BORÉALE DU 4 MARS 1S7Q ; I H. DU MATIN. — VOYAGE DE « LA VEGA #
- plus ou moins régulières que peut éprouver cette fréquence en un même pays, elles feront l’objet d’un chapitre spécial (chapitre VIII) consacré à la périodicité des aurores.
- La fréquence de l’aurore se déduit de l’étude des Catalogues d’aurores polaires, contenant la liste de toutes les aurores observées de nos jours, ou, pour les périodes plus anciennes, de celles dont on ^retrouve la trace dans les historiens. Le premier de ces catalogues remonte à Mairan, qui l’a publié dans son Traité de l’aurore boréale. Le plus récent et le plus complet est celui de M. H. Fritz (');
- (') Verzeichniss beobachteter Polarlichter, zusammengss-tellt, von II. Fritz. Wien 1873.
- aussi est-ce à cet auteur que nous emprunterons les résultats suivants.
- La fréquence relative des aurores pendant la période qui s’étend de 1700 à 1872 est représentée par les lignes tracées en traits pleins sur la carte de l’hémisphère nord (fig. 16). La ligne marquée 1, par exemple, passe par la pointe orientale de l’Espagne, par le centre de la France, Vienne, etc., tandis que la ligne marquée 100, et qui correspond à une fréquence cent fois plus grande, passe au nord des îles Britanniques par les Shetland, puis traverse la Scandinavie, la partie méridionale de la Nouvelle-Zemble, etc., On voit ainsi sur cette carte que, pour une aurore boréale aperçue au centre de la France, on en voit en moyenne pendant la même
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- période dix à Copenhague et à Saint-Pétersbourg, 3o dans le nord de l’Irlande et à Christiania, ioo aux îles Shetland, et ainsi de suite.
- Les courbes d’égale fréquence de l’aurore boréale ne sont pas du tout centrées sur le pôle nord; ce sont grossièrement des ovales dont le centre serait par 80“ de latitude nord et 83° de longitude ouest de Paris, c’est-à-dire tout près et un peu à l’est de la baie de Lady Franklin, au nord de la mer de Baffin.
- Ce qu’il y a de très remarquable à constater, c’est que la fréquence des aurores ne va pas en aug-
- mentant sans cesse à mesure qu’on se rapproche du centre de ces courbes. En dedans de la courbe marquée ioo en est une autre, d’un trait beaucoup plus fort sur la carte, et qui passe par le cap Nord de la Norvège, le haut de la Nouvelle-Zemble, le cap Nord-Est de la Sibérie (cap Cheliouskine), puis après être restée au nord du détroit de Behring, entre dans le continent américain un peu à l’ouest de la pointe Barrow, traverse la baie d’Hudson et se ferme sur elle-même en laissant au nord et enfermés dans sa concavité le Groenland et l’Islande. Cette courbe passe par tous les points pour les-
- FIG. l5. —i AURORE BORÉALE DU 5 MARS 1879; I H. 2Ô M. DU MATIN. — VOYAGE DE (l LA VÉGA il
- quels la fréquence de l’aurore est la plus grande ; quand on s’éloigne de cette courbe, en dedans comme en dehors, les aurores deviennent de plus en plus rares. Toutes les régions dans lesquelles hivernent le plus souvent les expéditions pour la découverte du pôle, l’ile Melville, la mer de Baffin, le détroit de Smith, etc., sont .en dedans de cette courbe et à une grande distance. Tous les voyageurs s’accordent à dire en effet que, dans ces régions, les aurores boréales sont extrêmement rares.
- 4° Direction dans laquelle on voit les aurores boréales.
- Nous avons déjà indiqué brièvement, en décri-
- vant les formes principales des aurores, que le sommet des aurores en arc ou le centre des couronnes est généralement voisin du méridien magnétique ; c’est du reste une question quç nous avons réservée, et sur laquelle nous reviendrons en traitant des relations qui existent entre les auro.res polaires et le magnétisme terrestre. Un autre point est de savoir dans quelle portion du ciel, dans la moitié nord ou dans la moitié sud, se montrent d’ordinaire les manifestations amorales.
- En France c’est presque toujours dans la moitié septentrionale du ciel que l’on voit les aurores boréales. bien que quelques unes dépassent parfois le zénith et se montrent du côté sud. Mais à mesure que l’on avance vers le nord, la proportion des au-
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- rores méridionales va en augmentant rapidement, et l’on arrive à l’égalité sur tous les points d’une ligne sensiblement parallèle à celle du maximum de fréquence, et située à l’intérieur de celle-ci. Sur cette ligne, qui, est tracée en pointillés sur la carte et marquée ligne de direction neutre, on aperçoit en moyenne autant d’aurores boréales d’un côté que de l’autre du zénith. Pour les pays qui sont à l’intérieur de cette ligne, notamment le Groenland et le Spitzberg, les aurores se montrent en très grande majorité du côté sud. Il semblerait donc que la position moyenne des aurores boréales dans l’espace soit précisément au zénith des points placés sur cette ligne de direction neutre.
- Nous rapprocherons de ces conclusions celles auxquelles est parvenu de son côté M. Nordenskiœld dans son travail déjà cité sur les aurores observées abord de la Véga.
- Après avoir comparé les aurores qui se sont montrées à lui à celles des autres régions circumpolaires.
- •M. Nordenskiœld croit pouvoir expliquer les principales , apparences en admettant que l’arc ordinaire qui a caractérisé surtout les aurores boréales pendant l’hivernage de la Véga, n’est autre qu’un anneau lumineux circulaire qui entourerait la terre. Cet anneau aurait pour centre un point situé à environ ia5 kilomètres au-dessous de la surface de la terre, sur le rayon mené vers le point qui a pour latitude 8o° nord et pour longitude 83° ouest de Paris. L’anneau aurait son plan perpendiculaire au rayon terrestre qui passe par son centre, et serait décrit dans ce plan avec un rayon de 2,000 kilomètres quant à la hauteur de l’anneau au-dessus des points de la terre qui. l’ont directement au zénith, elle serait de 200 kilomètres. Dans le même plan se trouverait encore. un deuxième anneau lumineux de rayon plus grand. Ces conclusions rendent assez bien compte de certaines apparences de l’aurore mais exigent encore de nouvelles vérifications.
- Indépendamment de la situation générale des au-
- rores dans l’espace, il semble que certaines formes d’aurores se produisent de préférence en des pays déterminés ; il y aurait donc lieu d’étudier spécialement les lois de la distribution géographique des diverses formes d’aurores, et il est probable que cette étude conduirait à d’importants résultats pour la théorie de ces phénomènes. Jusqu’à ce jour on n’a encore que peu de données à cet égard.
- Dans le nord du détroit de Behring, à l’endroit où hiverna la Véga, les aurores se présentaient constamment sous forme d’un arc à peu près homogène, tandis que les formes radiées étaient extrêmement rares; une seule fois on aperçut l’aurore
- en draperies. Cette prédominance des aurores du troisième type est-elle un fait géographique ou dépend-elle seulement des caractères particuliers de l’hiver 1878-1879? C’est une question qui ne pourra être résolue tant que l’on n’aura pas recueilli des observations à' une autre époque dans la même ré-gipn. Mais on paraît un peu plus avancé en ce qui concerne les aurores en draperies. Sauf de très rares exceptions, notamment une aurore en draperies, observée à Paris le 15-16. avril 1869 (fig. 23), cette forme d’aurore n’a guère été aperçue jusqu’à ce jour que dans des pays voisins de mers qui, en hiver, restent ouvertes et libres de glaces. Les pays où l’on a surtout signalé les aurores en draperies sont en effet le nord de la Norvège, la Nouvelle-Zemble, la terre François-Joseph, le Spitzberg, la côte orientale du Groenland et Terre-Neuve, qui sont tous dans les conditions que nous venons d’indiquer.
- Les influences topographiques jouent donc certainement un rôle dans la production de cette espèce d’aurores polaires.
- (A suivre). Alfred Angot.
- FIG. 16. — CARTE DE LA FREQUENCE DES AURORES BORÉALES.
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- DES MÉTHODES EMPLOYÉES JUSQU’A CE JOUR
- POUR LA
- DÉTERMINATION DE L’OHM1''
- 3° article. (Voir les des 4 et 11 novembre 1882.)
- Après avoir établi de l’une ou l’autre manière un conducteur A de résistance absolue connue, on doit comparer à celle-ci à la résistance B d’une colonne de mercure absolument pur de dimensions connues, .afin de calculer la longueur d’une colonne de ce métal de imm de section correspondant à 1 ohm.
- Dans la méthode I de W. Weber on pouvait introduire directement la colonne de mercure B entre l’inducteur et le multiplicateur et calculer la résistance de B d’après la diminution de l’intensité dans les expériences. Autrement on peut comparer les résistances A et B à l’aide du galvanomètre différentiel ou plus commodément à l’aide du pont de Wheastone, en utilisant la méthode si parfaite employée par W. Siemens pour établir des copies de son unité de mercure. Comme on connaît déjà la colonne de mercure correspondant à l’ohm très approximativement, on prend d’avance la résistance de B le plus possible égale à celle de A.
- On doit avant tout, après avoir calibré le fil qui sert aux,mesures, réaliser des contacts les plus sûrs possible à l’aide d’étriers en cuivre et fraîchement amalgamés et .de godets remplis de mercure pur; on a précédemment déterminé la résistance de ces derniers en en plaçant plusieurs dans le circuit au lieu d’un seul. On doit aussi arriver à maintenir les températures constantes, comme cela a déjà eu lieu dans l’établissement des copies par Siemens. Il se présente ici une difficulté provenant de ce qu’il se produit dans le conducteur A des courants d’induction par suite de l’ouverture et de la fermeture du courant traversant la combinaison de fils. On doit donc, ou se servir d’un courant constant de si faible intensité que les échauffe-ments soient insensibles, ou d’après F. Kohl-rausch (•*) qui a effectué les calculs correspondants, se servir d’un appareil d'induction envoyant dans le conducteur des courants dont le sens varie alternativement.
- Une source d’erreur particulière provient des points où arrive le courant dans la colonne de mercure qui est renfermée dans un tube de verre exactement calibré et nettoyé avec soin. Les extrémités du tube sont fixées dans des vases de verre relativement très larges. Ce qu’il y a de mieux à faire pour remplir l’appareil de mercure, est de verser
- du mercure dans l’un des vases, d’incliner l’appareil du côté de ce vase, puis après avoir fermé les orifices, avoir fait à plusieurs reprises un vide le plus parfait possible, et avoir chauffé doucement le tube, de laisser rentrer de l’air pur ayant passé sur de l’acide phosphorique anhydre et de la ouate, et après un dernier vide, d’introduire le mercure en plaçant le tube horizontal.
- Si on plonge les électrodes dans les vases à mercure et si on fait passer le courant, il faut joindre à la résistance du mercure du tube celle du mercure des vases jusqu’à l’extrémité des électrodes. On peut calculer cette résistance, en supposant les vases infiniment grands. Il serait peut-être utile de la déterminer aussi directement, en compensant la résistance d’un tube rempli de mercure, et portant deux vases conducteurs, par une résistance presque égale à l’aide du pont de Wheatstone, puis après avoir coupé le tube en un ou plusieurs points, et intercalé d’autres vases à mercure de forme convenable, on déterminerait de nouveau la résistance. O11 pourrait aussi placer entre ces mêmes vases deux tubes de longueur [un et 11, et de même 'section, comparer leurs résistances et en déduire celle des premiers.
- Pour éviter cette comparaison particulière de la résistance de la spirale déterminée en mesures absolues avec une colonne de mercure, Carey Foster (*) a effectué et Lippmann (2) a proposé presque en même temps une détermination réalisant cette condition, en employant la quatrième méthode de W. Weber utilisée par l’Association Britannique, et en prenant pour base la méthode de compensation de Poggendorff pour la recherche de la force électro-motrice, sans que l’on ait pour cela à trouver au préalable la résistance de la bobine qui tourne.
- On intercale dans le circuit d’une pile constante, par exemple d’une pile thermo - électrique, une boussole des tangentes et le conducteur R que l’on expérimente.
- Les extrémités de ce conducteur sont réunies à un circuit, dans lequel se trouvent intercalés un galvanomètre sensible et la bobine tournant autour d’un axe. vertical, au moyen d’un commutateur qui tourne avec elle, pendant une phase déterminée de son mouvement. La vitesse de rotation est réglée ou si la bobine tourne uniformément, la résistance est changée de telle façon dans la branche du conducteur renfermant la pile constante, que le galvanomètre s’arrête au zéro. Alors au moment de l’intercalation de la bobine, la force électro-motrice E induite en elle, est égale à la différence de potentiel
- (9 Carey Foster. Electrician 1881. Vol, 7, p. 266. — Bei-blàtter. Vol. 6, p. i33.
- (2) Lippmann. Comptes rendus, 1881. Vol. 93, p. 718. — Beiblatter. Vol. 6, p. j3.
- 0 Poggendorffs Annalen, 1871. Vol. 142, p. 418.
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- produite aux extrémités du conducteur R par la pile thermo-électrique Si l’intensité dans ce dernier et dans le circuit de la pile thermo-électrique et de la boussole des tagentes est J, on a E=JR. On doit calculer le facteur de réduction de la boussole des tangentes d’après ses dimensions et d’après la composante horizontale du magnétisme terrestre au lieu où elle se trouve; on doit calculer aussi de la même manière la force électro-motrice induite pendant la rotation de l’inducteur. Le plus souvent on peut admettre, comme dans la première méthode de W. Weber, que la composante horizontale du magnétisme terrestre est la même aux deux points ; elle disparaît alors dans le calcul.
- On doit donc faire dans cette méthode les mêmes déterminations que dans la quatrième méthode de W. Weber. L’incertitude des contacts dans le commutateur est sans influence, puisqu’il ne circule pas de courant dans le circuit de l’inducteur lorsque le galvanomètre s’arrête au zéro. Si on place le commutateur de telle façon qu’il établisse la communication avec la bobine au moment où l’induction y est maxima, moment pendant lequel celle-ci varie le moins, on exclut le plus possible l’influence de la self-induction de la bobine. Il est pourtant nécessaire de veiller à ce qu’il ne se produise point de phénomènes thermo-électriques par suite de réchauffement du commutateur; il y a aussi de la difficulté à trouver exactement la phase pendant laquelle il ferme le circuit.
- Une dernière méthode qui paraît offrir de très grands avantages a été proposée par M. Lorenz, déjà en 1873. On introduit dans le circuit d’une piie constante une boussole des tangentes, la résistance R qu’on veut déterminer en unités absolues, et une hélice. Dans le centre de l’hélice,.tourne autour d’un axe, commandant aussi celui de l’hélice, un disque en métal, dont l’axe et le bord sont réunis par des ressorts aux deux bouts de la résistance R. En réglant la direction et la vitesse de rotation du disque, on peut obtenir que la force électro-motrice développée par sa rotation soit égale et contraire à la différence de potentiels aux deux bouts de R, de manière qu’un galvanomètre introduit dans le circuit du disque ne montre plus de déviation. Il n’y a pas de difficulté, en connaissant les dimensions de l’hélice et du disque et sa vitesse, à- calculer la force électro-motrice induite et aussi la différence de potentiel aux deux bouts de R en unités absolues. Puisqu’on connaît l’intensité du courant qui passe par R, sa résistance est déterminée.
- Puisque en général la force électro-motrice dans le disque est assez petite, il faut ou lui donner une très grande vitesse ou former l’hélice de beaucoup de tours, autrement sa résistance R ne peut être choisie que très petite. En outre, on doit avoir soin qu’aux points de contact du disque avec les res-
- sorts, il ne se produise pas des forces électro-motrices thermo-électriqnes.
- Les résultats obtenus jusqu’à présent par les diverses méthodes, diffèrent encore passablement les uns des autres, bien que les expériences aient été faites avec un grand soin, mais cependant pas encore avec les ressources parfaites que nécessite une détermination définitive de l’ohm. Ainsi la résistance d’une colonne de mercure de imm2 de section et de im de longueur à o° est d’après les premières déterminations de la commission de l’Association Britannique o,g83o, d’après F. Kohl-rausch 0,9717 et corrigée d’après une nouvelle détermination de l’axe de l’inducteur 0,9441, d’après Fr. Weber o,955o, d’après Lord Rayleigh et
- Mrs. Sidgwick 0,9413 ohm (Io9^r.)-
- L’ohm établi d’ab.ord par l’Association Britannique est d'après F. Kohlrausch 1,0196, d’après Rowland 0,9910, d’après Lord Rayleigh et Schuster 0,9893 de l’ohm exact (io9^T)-
- D’après cela, il est démontré que l’on ne doit pas se borner, pour la détermination définitive de l’ohm, aux expériences qui n’ont été faites que d’après une seule méthode et en un seul lieu. Comme je l’ai déjà dit plus haut, les résultats de chaque méthode ne présentent une garantie contre les sources d’erreur constantes, que s’ils proviennent de séries d’expériences complètement indépendantes les unes des autres et faites avec des appareils dont on a changé les dispositions. Comme déjà, en différents endroits, les expériences ont été commencées avec des appareils excellents et en suivant des voies différentes, nous avons le grand avantage que dans peu de temps nous pourrons comparer les résultats qu’il auront fournis et arriver ainsi à un résultat final présentant la plus grande certitude possible.
- Dans des déterminations aussi importantes et servant aux mesures pendant de longues années, comme celles des unités électriques, un retard de quelques mois n’a pas d’importance en comparaison de la certitude du résultat auquel elles doivent conduire. L'introduction d'un ohm résultant de séries d'observations isolées et la diffusion de ses copies, pour les besoins de la pratique, seraient donc prématurées et inadmissibles.
- La commission chargée de fixer lès unités électriques n’a pas encore terminé la tâche qu’elle s’imposerait, une fois l’ohm établi. On a besoin d’établir encore au moins une des deux autres unités, par exemple le volt. Comme il est cependant impossible d’exécuter ce dernier sous une forme que l’on puisse toujours reproduire, on sera toujours dans la nécessité de comparer d’abord les forces électro-motrices avec celles d’un élériient constant,
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- dont la force électro-motrice est connue en volts. On se trouve ainsi dans le même cas que si l’on voulait mesurer une longueur en mètres, et on devait se servir d’une règle graduée en pouces dont le rapport au mètre fût connu. On doit donc étudier d’une manière plus approfondie les forces électromotrices des piles à employer comme mesures intermédiaires, et l’influence qu’exercent sur elles les conditions extérieures. Il est démontré que la pile de Latimer Clark reprend aisément la même force électro-motrice; cependant elle n’est à utiliser que pour les mesures électrostatiques, puisqu’elle se polarise par des courants un peu forts ; quant à la pile de Daniell et aux autres piles, les observations fuites jusqu’alors ne me paraissent pas encore complètement terminées.
- Pour mesurer l’intensité en mesures absolues, on doit aussi suivre des voies indirectes analogues; on doit, par exemple, déterminer le facteur de réduction de la boussole des tangentes employée. Les recherches récentes sur l’équivalent électro-chimique de l’argent par F. Kohlrausch et Mascart, bien que présentant, il est vrai, quelques divergences, ont beaucoup facilité le problème.
- Un vaste champ est donc ouvert aux recherches exactes, qui ont comme précédents une série d’investigations préalables pleines de valeur. Mais tous ces travaux ne peuvent fournir un résultat définitif répondant au but que l’on se propose, que s’ils sont faits en suivant un plan commun et bien organisé, avec les ressources les plus perfectionnées.
- G. WlEDEMANN.
- LES SCIENCES PHYSIQUES
- EN BIOLOGIE
- L’ÉLECTRICITÉ
- i3° article. {Voir les nos du 25 février, des 8 et 29 avril, 6 mai, des 3 et w juin, des 8 et i5 juillet, des 2 et 23 septembre et des 7 et 28 octobre.)
- Tous les êtres de la nature peuvent être divisés en deux grands empires : l’un qui comprend les êtres vivants, l’autre les corps bruts.
- La division a été poussée plus loin, et on a voulu subdiviser le règne des êtres vivants en deux règnes distincts, et même opposés : les végétaux d’un côté,‘les animaux d’un autre.
- La division en trois règnes: minéral, végétal, animal, consacrée par Linné, loin de constituer un progrès, est un pas en arrière.
- Elle a, en effet, répandu cette erreur que le règne végétal et le règne animal étaient en opposi-
- tion ; le premier étant exclusivement un appareil de synthèse, le second constituant au contraire un appareil d’analyse.
- La classification Linnéentie a consacré cette hérésie physiologique : la dualité vitale. A l’en croire, la vie ne serait pas une ; un végétal ne vivrait pas comme un animal ; les lois de la vie seraient doubles; il y aurait une vie animale et une Vie végétale.
- Rien n’est plus faux, comme nous allons le voir, qiie cette théorie dualiste de la vie. L’unité vitale existe dans les deux règnes et les végétaux n’ont pas une manière de vivre autre que les animaux. C’est encore Claude Bernard qui a apporté les preuves décisives de cette unité vitale et qui a fondé en même temps la Physiologie générale qui englobe, comme son nom l’indique, la physiologie animale et la physiologie végétale.
- Et d’abord on peut établir une division telle des phénomènes de la vie qu’elle puisse embrasser à la fois les deux règnes vivants.
- Si nous considérons en effet un être vivant quelconque, animal ou végétal, nous voyons que son existence présente deux faces bien caractéristiques.
- Pendant qu’il est vivant, il reste à peu près identique à lui-même, et pourtant à chaque instant il détruit ses propres tissus par la respiration qui est l’équivalent d’une combustion, comme nous le savons depuis les immortels travaux de Lavoisier.
- Tout phénomène fonctionnel de l'organisme est un phénomène d’usure, de destruction vitale.
- Ainsi les organes se détruisent, se désorganisent à chaque moment par leur jeu même. Ces phénomènes de destruction sont tellement éclatants que pour tout le monde ils constituent la vie. Quand on voit une glande sécréter, un muscle se contracter, quand la volonté et la pensée s’exercent, nous disons que la glande, le muscle, le cerveau manifestent des phénomènes vitaux.
- Et pourtant c’est alors que ces organes sont en train de mourir, de se détruire, de dépenser la force qu’ils ont accumulée.
- C’est ce que Bernard a exprimé sous une ferme paradoxale, lorsqu’il a écrit : La vie, c'est la mort.
- En effet les phénomènes que nous appelons vitaux résultent de la destruction des organes, de la dépense des réserves; ce sont donc bien des phénomènes de mort.
- Puisque l’être vivant se détruit à chaque instant par la combustion respiratoire inséparable du fonctionnement, et que néanmoins il reste semblable à lui-même, conservant sensiblement le même poids et le même aspect extérieur, il faut bien qu’un phénomène de création organique, inverse du précédent, vienne compenser à chaque instant cette destruction organique, cette mort en un mot, qui résulte de la vie même.
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- C’est en effet ce qui a lieu chez tous les êtres vivants sans exception.
- Mais ce phénomène de création, de synthèse organique, ce phénomène vital par excellence, loin'de se manifester à nous bruyamment, comme le phénomène de destruction, s’opère au contraire dans le silence absolu, il ne nous est révélé par aucune manifestation extérieure.
- Nous ne sommes pas frappés par les phéno.-mènes de la vie.
- La synthèse organique et organisatrice, la synthèse vitale par excellence, rassemble sans bruit les matériaux qui seront détruits par les phénomènes de fonctionnement ou de destruction.
- Il nous est impossible de voir les phénomènes de synthèse organique qui se passent dans l’intimité des tissus sans armer notre œil d’un puissant microscope. Alors en examinant de près la cellule, nous pouvons assister en partie aux différentes phases de ce travail silencieux.
- C’est ainsi- que l’embryogéniste peut suivre le développement de l’œuf.
- C’est en considérant cette seconde phase des phénomènes vitaux, que Cl. Bernard a pu écrire : La vie, c'est la création, phrase qui a donné lieu à une méprise bien amusante de la part de quelques cléricaux peu clairvoyants.
- Car, comme le disait l’illustre physiologiste, si, au point de vue de la matière inorganique, on admet avec.raison l’indestructibilité de la force et de la matière, au point de vue de Y organisme il n’en est pas de même. Chez un être vivant, tout se crée au point de vue morphologique, tout s’organise et tout se détruit.
- Dans l’œuf, origine et fin de tout être vivant, les muscles, les os, les nerfs se créent successivement; ils se combinent, se mettent à des places déterminées à l’avance pour constituer des organes qui sont bien réellement créés au triple point de vue de leur structure, de leur forme et de leurs propriétés.
- Nous avons vu, en parlant des réserves que l’être adulte n’utilise pas, même pour entretenir ses tis sus, les tissus analogues que lui fournit l’alimentation. Ainsi, l’homme qui engraisse en mangeant de la graisse de mouton ou de bœuf n’emmagasine pas dans ses tissus de la graisse de bœuf ou de mouton, mais bien de la graisse d’homme. Il semblerait pourtant qu’il y eût économie pour la nature à se servir d’un produit tout fait qu’elle n’aurait qu’à mettre en place. C’était là l’opinion régnante avant les travaux de Cl. Bernard ; opinion qui se traduisait par l’adage vulgaire que « La graisse fait la graisse, la chair fait la chair. »
- Payen, Boussingault, Dumas, etc., à propos de l’engraissement des animaux de boucherie, soutenaient que les corps gras qu’ils emmagasinent exis-
- taient tout formés dans l’herbe leur servant d’aliments. Boussingault faisait remarquer que pour produire 67 kilogrammes de beurre, une vache mange une quantité de foin qui renferme 69 kilogrammes, et probablement 76 de corps gras.
- Liebig, de son côté, écrivait : « Ni l’herbe, ni les racines mangées par les vaches ne renferment de beurre ; le fourrage donné aux bestiaux ne renferme pas de graisse de bœuf; les épluchures de pommes de terre, dont on nourrit les porcs, et les graines mangées par la volaille de nos basses-cours, ne renferment pas de graisse de porc ou de chapon. »
- Ces arguments de sens commun, quoique valables, ne pouvaient entraîner la conviction; il fallait l’expérience suivante, due à Claude Bernard, et que son auteur rapporte ainsi: «Je commençais par inanitier un chien de manière à faire disparaître toute surcharge graisseuse et à réduire la quantité de matière adipeuse au strict minimum. Je nourrissais alors l’animal abondamment en mêlant à son régime une graisse chimiquement reconnaissable que M. Berthelot préparait. C’était une graisse chlorée, dans laquelle il y avait substitution partielle du chlore à l’hydrogène. Lorsqu’après quelque temps de ce régime je sacrifiais l’animal, je recueillais le tissu adipeux, M. Berthelot n’y a point retrouvé, par l’analyse, la substance grasse chlorée avec laquelle l’animal avait été nourri. Il n’y a donc point simple mise en place de l’aliment gras, et l’animal iie s’engraisse point directement par l’alimentation. Il fabrique lui-même sa matière grasse. Quant à celle qu’on lui fournit, il commence par la détruire ; il la digère, l’émulsionne et la dédouble par saponification. Qu’il utilise les éléments de ce dédoublement aussi bien et peut-être mieux que d’autres pour en former la graisse nouvelle, cela est possible, mais nullement démontré. *
- Claude Bernard a donc démontré que les animaux peuvent faire la synthèse des corps, de même qu’il avait prouvé, comme nous l’avons vu, que ces mêmes animaux pouvaient fabriquer du sucre. Enfin, dans des expériences inédites que j’ai été chargé de faire, le même savant a prouvé que les animaux étaient capables d’opérer toutes les synthèses; j’y reviendrai sans tarder.
- Ainsi, pour en revenir à mon point de départ, il est démontré que dans tout être vivant il y a nécessairement deux ordres de phénomènes :
- i° Les phénomènes de création vitale ou de synthèse organisatrice ;
- 20 Les phénomènes de mort, de destruction organique ou de fonctionnement.
- Chez certains êtres inférieurs, ces deux phénomènes sont séparés; chez les êtres supérieurs, ils sont simultanés et s’excitent l’un l’autre : la destruction étant .le prélude de la création et vice versa. A certaines époques de la vie, et dans certaines
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- circonstances, ces deux phénomènes sont séparés même chez les êtres supérieurs.
- Ainsi, dans la fièvre ou dans l’inanition, l’être vivant use mais ne répare pas. Au début de l’incubation de l’œuf des oiseaux, au contraire, il y a prédominance des phénomènes de synthèse.
- Mais à quels signes reconnaître lequel de ces deux phénomènes est prédominant, et comment en mesurer la valeur? C’est ce que j’ai réussi à faire au moyen de ma méthode de calorimétrie animale. Les synthèses organiques s’accompagnent d’une absorption de chaleur; les phénomènes de destruction, au contraire, dégagent toujours du calorique.
- J’ai montré ainsi, par une expérience directe, que pendant les six à sept premiers jours de l’incubation, l’œuf de l’oiseau absorbe une quantité énorme de chaleur; c’est le moment en effet où la synthèse créatrice est à son maximum d’énergie.
- J’ai montré également par la même méthode que les animaux-adultes font à chaque instant des synthèses.
- La calorimétrie nous explique pourquoi les phénomènes de synthèse s’opèrent silencieusement; c’est parce qu’ils correspondent à une absorption d'énergie, à l’élévation d’un poids.
- Les phénomènes de destruction, au contraire, se font bruyamment, parce qu’ils correspondent à la dépense de cette énergie, à la chute du poids Un muscle, une glande, un nerf qui fonctionnent nn sont autre chose qu’un corps explosif qui détonne. Ces organes, en un mot, sont simplement des accumulateurs d’énergie pendant cet état que nous appelons faussement le repos, et qui correspond à la nutrition ; ils deviennent lors du fonctionne-iûent, des transformateurs d’énergie. C’est pourquoi tout être vivant, quelque, compliqué qu’il nous paraisse, n’est au fond qu’un appareil de physique, dont nous ne connaissons pas le mécanisme, par la raison que nous ne l’avons pas construit d’abord, et que, secondement, nous sommes loin de connaître toutes les formes que peut revêtir l’énergie. Mais ce que nous pouvons affirmer, et ce que l’expérience confirme, c’est que cet être est, comme tous les appareils et machines de notre invention, incapable aussi bien de créer que de détruire soit la force, soit la matière. Il ne peut faire et ne fait qu’une chose : transformer.
- Que les moyens de transformation employés par l’organisme n’aient rien de commun avec ceux qu’utilisent le physicien et le chimiste, cela est certain dans la grande majorité des cas.
- C’est pour cela que si la physiologie ne doit être au fond qu’un chapitre de la physique générale, elle ne doit pas néanmoins être identifiée avec la physique des corps bruts. C’est là un écueil qu’aucune règle ne saurait enseigner à éviter. On
- naît physicien ou physiologiste, ou ne le devient pas.
- Comme conclusion de cet article, je dirai donc : Tout être vivant, végétal ou animal, est à la fois un appareil de synthèse organique et un appareil d'analyse organique.
- (A suivre.) Dr A. d’Arsonval.
- BIBLIOGRAPHIE
- Manuel de Télégraphie pratique, de R. S. Culley, traduit par MM. Henri Berger et. Paul Bardonnaut. (Gauthier-Villars.)
- « En offrant au public une traduction de l’excellent Manuel de Télégraphie pratique, deM. R. S. Culley, nous pensons faire une œuvre utile au public et spécialement aux personnes qui s’occupent de télégraphie. »
- Ainsi commence la préface que les traducteurs ont placée en tête de leur œuvre, et il est certain qu’ils ne se sont pas trompés. Il existe d’assez nombreux traités de télégraphie, dont chacun a son mérite, et surtout dont chacun s’adresse à un certain public spécial. Iis ont été faits pour des circonstances, ce sont tantôt des résumés de cours, tantôt des vade-mecum destinés à mettre au courant et à aider dans leur travail des agents, à leur début; d’autre part ce sont des études s’élevant dans la région théorique, propres à servir à ceux qui cherchent le perfectionnement et marchent en avant vers le progrès. L’ouvrage de M. Culley se tient dans une région moyenne habilement choisie et limitée, il fait usage de l’algèbre, mais sans entrer dans le calcul intégral, il fournit des données techniques et des résultats d’expériences, mais sans tomber sur l’écueil des tableaux de nombres et des nomenclatures fastidieuses. Comme on doit bien le penser, justement à cause de cette modération on ne trouve pas tout dans ce volume; d’ailleurs comment mettre tout ce qu’il y a à dire sur la télégraphie dans un seul volume ? il y en aurait un à faire sur chacune de ses parties ; les Ccâbles sous-marins par exemple, avec l’étude de leur construction, de leur isolement, de leur mode de fonctionnement, des appareils spéciaux qu’ils exigent, donneraient à eux seuls la matière d’un gros ouvrage : non, il n’y a pas tout dans l’ouvrage de M. Culley, mais il y a de tout et de chaque chose assez : on trouve sur chaque point une étude très suffisamment théorique, et cependant renfermant des détails pratiques précis, clairs, et d’une application immédiate; je citerai par exemple les pré-i ceptes relatifs au maniement de chacun des appa-I refis, aux moyens de les régler, de trouver et de | corriger les défauts.
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- Si je puis faire une réserve au sujet de cet excellent ouvrage, ce sera pour regretter qu’on ne l’ait pas fait meilleur encore, et ceci s’adresse aux traducteurs; il me semble que pour le but qu’ils voulaient atteindre ils ont agi avec trop de modestie en se tenant rigoureusement près de l’auteur anglais ; je sais bien que non contents de traduire ils ont complété en beaucoup de points, par exemple en ce qui concerne les appareils Meyer, Baudot, etc.; ces appareils n’étaient pas décrits dans l’ouvrage ou l’étaient brièvement, parce qu’ils ne sont pas en usage en Angleterre; tenant à offrir aux Français un ouvrage qui leur fût utile, MM. Berger et Bardonnaut ont ajouté ces études. Il me semble qu’ils auraient pu également développer ou peut-être modifier d’assez nombreuses parties de l’ouvrage qui sont restées ainsi un peu trop faites au point de vue anglais; par exemple, l’auteur donne assez peu de détails sur la pile Callaud; c’est la plus employée en France et il eût pu être utile d’y insister davantage et ainsi de beaucoup d’autres points ; je comprends très bien quel sentiment de respect pour le texte a guidé en cela MM. Berger et Bardonnaut; ils eussent été conduits, au lieu d’une traduction, à faire une refonte de l’ouvrage ; mais puisqu’on reconnaissait nécessaire de le compléter, pourquoi ne pas aller jusqu’à le rafraîchir et l’adapter aux besoins du public nouveau auquel on voulait le présenter. Ce ne sont certes pas les connaissances techniques qui manquaient à MM. Berger et Bardonnauc, et ma réserve revient a ceci, c’est que je regrette qu’ils nous aient donné une traduction au lieu d’un traité nouveau, d’après Culley s’ils le désiraient, mais aussi d’après eux-mêmes.
- Dans les limites où ils se sont renfermés l’ouvrage n’en reste pas moins un des meilleurs que chacun puisse consulter ; je dis tout le monde, les gens spéciaux cela va de soi, mais aussi les autres, car ce livre se lit sans aucune fatigue, il est très intéressant, ce qui n’est pas un mince mérite dans un traité de ce genre.
- Electric Illumination de J. Dredge (Offices of Engineering).
- Voici un ouvrage tout différent du précédent ; autant M. Culley et ses traducteurs se sont préoccupés de former un corps et de constituer un ensemble, en écartant tout ce qui pouvait excéder le cadre et entraîner hors des limites qu’ils s’étaient assignées, autant les auteurs de l’ouvrage anglais « Electric Illumination » semblent s’être occupés de donner tous les renseignements en rapport avec leur sujet, sans rien négliger, mais en cherchant médiocrement à les classer et à en faire sortir une conclusion. En échange, ils nous donnent ces renseignements avec un luxe d’impression et de
- gravures très frappant; on est heureux de voir la science électrique si bien parée; aucun livre d’illustration de luxe n’est plus soigné, plus beau que ce livre fait pour les spécialistes.
- Le livre commence par une partie théorique qui, bien qu’assez brève, est intéressante ; on pourrait discuter la façon d’exposer la théorie de la machine de Gramme ainsi que la petite étude comparative entre celle-ci et la machine de Siemens, mais elles sont certainement données avec beaucoup de soin et accompagnées de figures très belles et très claires. L’énumération des machines, chacune accompagnée de sa représentation très soignée forme un magnifique ensemble; à chercher le tout petit détail on pourrait signaler quelques machines peu connues qui manquent à la collection, par exemple une machine alternative à courant redressé de Weston, elle n’en reste pas moins le document le plus complet que je connaisse sur ce point. L’étude des conducteurs est au contraire sommaire et peu complète, celle des charbons électriques et de leur fabrication quoique plus étendue n’est pas tout à fait l’abri du même reproche ; l’histoire des lampes à incandescence est en revanche bien suivie et instructive, accompagnée de dessins très complets. Le livre se termine par un résumé des brevets pris en Angleterre sur l’éclairage électrique, résumé très utile à consulter.
- M. Dredge, et ses collaborateurs, MM. C. Cooke, F. O’Reilly, S. P. Thomson et H. Vivarez annoncent un deuxième volume où seront décrites les applications de la lumière électrique aux grands espaces, gares, trains de chemins de fer, etc. Nous ne saurions trop remercier ces messieurs de la belle série d’ouvrages qu’ils nous promettent;, tout en étant très utiles par leur contenu, ils seront par leur forme l’ornement de nos bibliothèques.
- Frank Geraldy.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- A propos des bobines d'induction employées dans les transmissions téléphoniques
- Ce n’est pas sans étonnement que nous lisons dans le Journal télégraphique de Berne du 25 octobre une lettre du colonel Navez dans laquelle il maintient, malgré les observations que nous avons faites dans notre numéro du 16 septembre, qu’il est l’inventeur des bobines d’induction employées dans les transmissions téléphoniques.
- «Je ne dispose pas, dit-il, du texte des brevets de M. Berliner, mais si je me réfère aux publications de M. du Moncel, je crois que l’inventeur
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- américairl avait eu surtout en vue de polariser des charbons en contact pour augmenter les effets du courant ondulatoire, disposition analogue à celle que réalisa feu Glœsener lorsqu’il introduisit si heureusement les armatures aimantées dans la télégraphie. Ni M. Gray, ni M. Berliner n’ont fait usage de la combinaison téléphonique généralement adoptée aujourd’hui et qui consiste en un microphone transmetteur compris dans un court circuit avec la pile et le fil inducteur de la bobine, le fil induit étant en communication avec la ligne pour faire
- parler un téléphone Bell récepteur. »
- Nous ne pouvons croire que M. Navez se soit bien rendu compte de ce qui a été publié sur les
- FIG, I
- inventions de MM. Gray et Berliner. Dans l’ouvrage de M. du Moncel sur le téléphone, non seulement il a été dit, dès sa première édition (p. 22), que le fil primaire de la bobine d’induction de M. Gray était dans le circuit court du transmetteur et le récepteur dans le circuit de ligne correspondant au fil secondaire, mais le tracé des deux circuits est figuré en pointillé sur le dessin qui accompagne cette description (‘) et que nous reproduisons ci-dessus (fig. 1). Pour le brevet Berliner, la méprise est palpable, car sur tous les dessins que ce dernier a envoyés et qui ont été publiés (*)
- (*) Voici la description donnée par M. Th. du Moncel dans la première édition de son ouvrage : « La mise en actioa de ces interrupteurs pourra d’ailleurs être effectuée an moyen du courant primaire de la bobine d'induction qui circulera à travers l’un ou l’autre des électro-aimants de ces interrùpteurs sous l'influence de l’une ou l’autre des touches d’un clavier commutateur, et les courants secondaires qui naîtront dans la bobine sous l'influence de ces courants primaires interrompus, pourront transmettre des vibrations correspondantes à distance sur un récepteur. »
- dans un grand nombre de journaux scientifiques, dessins dont la fig. 2 est une reproduction exacte, le circuit du transmetteur avec sa bobine et le circuit du récepteur, également avec sa bobine, y sont nettement figurés, le premier à gauche en T, le second à droite en R, sans qu il puisse y avoir aucune confusion. Donc, non seulement M. Berliner avait cherché, au moyen d’une bobine d’induction, la polarisation des charbons pour son récepteur qui était alors un microphone récepteur, mais il avait employé à l’autre extrémité de la ligne un moyen semblable, c’est-à-dire la bobine d’induction pour recevoir l’action du transmetteur en court
- circuit, et c’étaient les fils secondaires des deux bobines qui étaient réunis par l’intermédiaire de la ligne. Il avait du reste employé comme récepteur d’autres systèmes téléphoniques que le microphone.
- Ainsi, M. Gray en 1874, M. Berliner en avril 1877 avaient employé la bobine d’induction dans les conditions indiquées par M. Navez, et celui-ci n’est venu qu’en février 1878.
- Les essais de M. Edison, en Europe, étaient postérieurs à ses brevets et à ses expériences en Amérique, et si, dans le commencement, ses ingénieurs, en Europe, n’employaient pas de bobine d'induction, c’est qu’ils comptaient pouvoir s’en passer. Mais ceci ne prouve rien en faveur des prétentions de M. Navez. Voici, du reste, ce que nous trouvons dans le brevet anglais d’Edison du 3o juillet 1877, et dans son brevet américain, déposé le i3 décembre 1877 (N° 2o3,oi3).
- « 3° Je réclame dans le téléphone parlant la
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- combinaison avec le diaphragme et le rhéostat à résistance variable (*) d’un circuit local et d’une bobine d’induction;
- « 4° Je réclame dans le téléphone parlant l’emploi d’une bobine d'induction, d’un rhéostat à résistance variable et d’une pile en circuit local, et d’un circuit principal passant à travers une seconde bobine d’induction et aussi à travers la pile. »
- Dans un autre brevet, déposé le 7 mars 1878 (N° 2o3,oio), M. Edison revient encore sur l’emploi de la bobine d’induction de la manière suivante :
- « 20 Je réclame en combinaison avec un appareil téléphonique et le circuit primaire d’une bobine d’induction, l’emploi du bouton de noir de fumée préparé suivant mes indications et placé dans le circuit primaire. »
- Comme on le voit, rien n’est plus clair que la priorité des trois inventeurs dont nous avons parlé, et tout ce qui a été dit dans notre revue du 16 septembre est parfaitement exact.
- d’admission de vapeur et qui se> trouve, lorsque l’on veut fermer cette valve, brusquement poussé de bas en haut par de la vapeur admise au cylindre C\
- Cette vapeur est admise par l’ouverture du robinet R, déterminée par la chute de la barre E (fig. 1 et 2).
- En temps ordinaire, cette barre se trouve enclan-chée, comme l’indique la figure 2, par le levier C D ; dès que l’on fait passer un courant dans
- FIG. 2
- Arrêt électrique pour machines à vapeur, système Ta te.
- Cet appareil consiste en un cylindre vertical C (fig. 1), dans lequel peut se mouvoir un piston,
- FIG. I
- dont la tige commande, par une crémaillère c1, et une transmission dentée, la tige T de la valve
- (*) A l’époque du premier brevet de M. Edison, le contact à résistance variable, qui a depuis été constitué avec du charbon, était produit par une pièce métallique arquée se
- l’électro-aimant M, l’armature A est attirée, lâche C, et laisse tomber E qui ferme l’admission de vapeur.
- Pour remettre la machine en marche, il suffit de relever la barre E à sa position normale et de manœuvrer la valve d’admission au moyen du volant (').
- Dynamomètre de rotation de M. Emerson (2).
- Cet appareil très simple se monte sur l’extrémité de l’arbre dont on veut évaluer le travail en serrant ce bout d’arbre dans le manchon à vis u qui peut s’adapter à des diamètres variant de 20 à 40™™. La poulie motrice de l’arbre, déclavetée et rendue folle pour l’essai, est reliée au plateau du dynamomètre par des leviers o, mobiles autour d’axes A et articulés, en o1, aux leviers coudés i i’, dont les tiges t actionnent, comme un manchon de régulateur, un collier relié par c, à la romaine N, indicatrice des efforts de torsion.
- balançant en travers des fils d’une bobine de résistance dont le fil était dénudé en cet endroit comme dans les systèmes imaginés depuis par M. Ader, ou comme dans le rhéostat de M. Hospitalier. Cette pièce arquée était fixée au diaphragme du transmetteur, et suivant l’amplitude, des vibrations, le contact s’effectuait en un point de la bobine plus ou moins éloigné, et introduisait ainsi une résistance plus ou moins grande dans le circuit primaire de la bobine. C’est cet appareil que M. Edison désigne sous le nom de Rhéostat i résistance variable, qui faisait ainsi partie de l’appareil transmetteur.
- (*) Electrical Rewietv du 21 octobre 1882.
- (2) D’après le « Journal of Franklin Institute » de septembre 1882.
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- L’engrenage à vis, sans fin, enregistre le nombre de tours.
- Le contre-poids g permet de faire varier la
- puissance de l’appareil; le cylindre à air-X amortit-les trépidations de l’aiguille N, et la pointe p, fixé? en terre, maintient tout l’appareil vertical.
- FAITS DIVERS
- Une chaire d’électro-technie vient d’être fondée à la haute école technique de Darmstadt par le gouvenement grand-ducal. Le titulaire de cette chaire est le Dr Kittler qui a pris une part importante dans les installations et expériences faites au Palais de Cristal de Munich.
- Le village de Fricdrichsliagen, près de Kopenick, où des milliers de Berlinois ont leur résidence d’été, va posséder un
- chemin de fer électrique. Il reliera la gare actuelle à la partie de la localité qui est située sur le lac Muggel.
- Éclairage électrique
- Les fonderies, laminoirs et salles de tréfilerie des usines de M. Lazare Weiller à Angoulême, viennent d’être pourvus d’une installation complète d’éclairage électrique.
- Les salles principales sont éclairées au moyen de 5 lampes Gramme et la salle des machines, les bureaux, le laboratoire avec des lampes Swan, le tout actionné par deux machines Gramme.
- A la gare de l’Est, a lieu une expérience d’éclairage électrique faite par la Société Lyonnaise des eaux et de l’éclairage entre cette gare et celle de la Villette. La ligne traverse des tunnels et des tranchées sur ce parcours. On a disposé quinze grandes lampes à arc du système Brush, dix dans la gare de Paris, trois dans la section des marchandises, et deux dans la cour de la gare.
- La lampe employée est du double type avec charbons de onze millimètres de diamètre. La longueur du circuit extérieur est de 5 700 mètres, la résistance du circuit étant de i5 ohms.
- A Londres, le restaurant Holborn va être entièrement éclairé à l’aide d’un millier de lampes Edison de 8 et de 16 candies. Les installations seront faites par l’Edison Electric Light Company. .
- A Londres, les magasins de MM. Laing White et What-ten, dans Holborn sont maintenant éclairés chaque soir avec des lampes Swan.
- La plate-forme Windsor de la gare de Waterloo Bridge, à Londres, va être éclairée avec des lampes Edison. On emploiera environ 3oo lampes B, le courant étant fourni par une machine dynamo Edison L, mue par un moteur Arming-ton et Sims.
- Le grand transport de la marine britannique Y Himalaya, va être entièrement éclairé au moyen de l’électricité. On se servira de lampes Swan et de machines Siemens.
- L’Electrical Power and Storage Company vient de pourvoir ses locaux au n° 4 de Great Winchester Street bül-dings, old Broadstreet E. C. de lampes à incandescence. La force est obtenue à l’aide d’un moteur à gaz Otto d’une puissance d’un cheval ; ce moteur actionne une machine dynamo Siemens.
- Le courant charge un accumulateur Sellon-Vo lckmar de 25 éléments.
- Au château d’IIatfield, résidence du marquis de Salis-bury dans le comté d’Hertford ont eu lieu ces jours derniers de grandes fêtes. Pendant un bal auquel assistaient environ mille personnes, les salons et les jardins ont été éclairés avec quatre cents lampes électriques Swan et Ja-blochkoff.
- Le conseil municipal de la ville de Troy, grand centre manufacturier de l’Etat de New-York vient de voter une proposition d’autorisation d’introduction de la lumière élec trique pour l’éclairage des rues.
- A Colchcster, dans le comté d’Essex, la South Eastern Brush Electric Ligh and Power Company négocie pour l’é-
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- clairage d’une partie de la ville. On se servira d’accumulateurs Brush, et on emploiera un nouveau type de lampe à incandescence avec la lampe à arc Brush.
- Le Conseil municipal de Stockport, dans le comté de Chester, vient de décider de s’adresser au Parlement afin d’obtenir l’autorisation provisoire nécessaire pour des installations d’éclairage électrique à Stockport.
- A Glasgow, les directeurs de la poste aux lettres ont résolu d’adopter l’éclairage électrique dans toutes les salles et les bureaux de la Poste. On se servira de lampes à arc Crompton et de 200 lampes à incandescence Swan, alimentées par une machine Crompton-Bürgin.
- A Poole (comté de Dorset), l’Exposition annuelle des arts et des sciences a été éclairée chaque soir avec des lampes Pilsen. Le courant était engendré par une machine Schuc-kert.
- Les municipalités des grandes villes d’Angleterre ont tenu ces jours derniers une conférence afin de s’entendre sur les moyens d’obtenir un changement à la législation nouvelle sur l’emploi de la lumière électrique. Presque toutes sont poursuivies par un grand nombre de pétitionnaires qui proposent d’établir à leur frais des réseaux de transmission de force et d’éclairage électrique.
- Désireuses de s’assurer le privilège de l’exploitation, la majeure partie sont décidées à repousser les propositions de tous les pétitionnaires. Mais la loi votée l’année ne leur accorde point cette faculté à moins de procéder elles-mêmes à une exploitation immédiate, ce qu’elles ne sont que médiocrement soucieuses de faire.
- Aux environs de Ware, dans le comté d’Herford, le salon d’un château a été éclairé à l’aide de lampes Swan, le courant étant fourni par une batterie de seize piles Bunsen.
- A Belfast (Irlande), la « fancy fair » a été la semaine dernière illuminée avec des lampes Pilsen.
- A Dundee (Ecosse), une partie des teintureries Campbell est éclairée à l’aide d’une combinaison de lampes à arc et à incandescence.
- L’installation a été faite par la Northern Electric Light Power and Appliance Company.
- Aux West Marshes, Middlesborough, la Yorkshire Brush Electric Light and Power Company vient d’ouvrir une station centrale d’éclairage.
- A Manchester, au dernier meeting du conseil de la ville, il a été décidé qu’une demande serait adressée au Board of Trade pour un ordre provisoire donnant pleins pouvoirs à la corporation de fournir l’électricité nécessaire à l’éclairage à toute Compagnie ou personne qui le désirera.
- Le Comité du gaz du Conseil de la ville de Birmingham vient de rédiger un rapport détaillé sur les avantages relatifs du gaz et de l’électricité. Après un examen complet de la question, le comité est arrivé à la conclusion que l’essai d’une production de l’électricité d’un centre commun s’il est tenté à Birmingham, doit avoir lieu dans les circonstances ] les plus favorables et que toutes les facilités devront être j accordées pour cet essai autant qu’il sera conciliable avec la
- commodité et la sécurité publique. Le système d’éclairage électrique, s’il réussit, aurait une immense importance pour les manufactures de Birmingham et du district. Le comité demande au conseil de la ville d’être autorisé à entrer en négociations avec les compagnies d’éclairage électrique.
- A Gand (Belgique) la Compagnie du gaz a fait disposer dans ses bureaux plusieurs lampes à incandescence No-thomb.
- A l’occasion des fêtes pour l’inauguration d’une statue élevée à la mémoire du bénédictin Guido, l’inventeur des notes musicales, la petite ville d’Arezzo, en Toscane, a été brillamment illuminée par l’électricité pendant plusieurs soirées.
- A Hambourg, viennent d’avoir lieu des essais d’éclairage électrique dans le Rathhaus. Le nouveau système d’éclairage a été installé dans la salle des séances de Hambourg, et devant la chancellerie du Sénat.
- A Buenos-Ayres, l’inspecteur de l’éclairage public, qui avait été chargé par la municipalité de rédiger un rapport sur les essais de lumière électrique qui ont eu lieu sur divers points de cette ville, a donné un avis favorable au système employé, celui de Brush.
- Un phare électrique va être construit dans la baie de New-York. Conformément à la recommandation 'du comité d’experts chargé de choisir le site de la tour à éclairage électrique, on va élever à Hell Gâte dans la rade de New-York, une tour à laquelle le congrès a affecté vingt mille dollars. La construction de cet édifice va commencer sans retard, sur Hallett’s Point.
- Il aura 25o pieds de haut et sera surmonté d’un appareil donnant une lumière éleétrique de vingt mille bougies.
- Télégraphie et Téléphonie
- Le câble sous-marin entre Malte et Tripoli ayant été posé, le directeur général a ordonné de hâter la construction des lignes télégraphiques dans cette province. Le matériel nécessaire a été expédié pour prolonger ces lignes à travers le Vilayet jusqu’à la frontière du grand désert africain.
- Une nouvelle Compagnie électrique, la Commercial Tele- ; gram Company, vient de se fonder pour établimdes lignes télégraphiques de New-York à différentes villes-®; l’Etat de New-York ainsi que dans d’autres Etats.
- Les lignes télégraphiques de la Western Union ont été reliées il y a quelques semaines par le téléphone de Boston (Massachussetts) à Chihuahua au Mexique ; la distance est de 3,o37 milles. Une expérience encore plus extraordinaire a été la mise en communication téléphonique de San Francisco par la voie de New-York avec Tor Bay (Nouvelle-Ecosse). La distance est de 4,125 milles, dont environ 600 par câble sous-marin.
- On annonce la fondation à New-York de la Mexican Northern Telegraph and Téléphoné Company. Ses lignes iront de New-York à travers l’Etat de New-Jersey, à la ville de Laredo et à d’autres villes du Mexique.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P. Mouiilot, i3, quai Voltaire. — 33ooî
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Electricité
- 5i, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL Administrateur-Garant : A. GI.ÉNARD /-‘«TV “ (SSI ...ç&ip J ;V''’ Von
- 4« ANNÉE (TOME'VIII SAMEDI 2S NOVEMBRE 1882 N» 47
- SOMMAIRE
- Nouveaux appareils téléphoniques; Th. du Moncel.' — Description du phare électrique de l’île de Razza; — Gustave Richard. — Résultats des expériences faites à l’Exposition d’Electricité sur les machines et les régulateurs à courants alternatifs, par MM. Allard, Joubert, F. Le Blanc, Potier et H. Tresca. — Les aurores polaires (6° article) ; Alfred Angot. — Note sur la construction dés transmetteurs à charbon (süite) ; Gaston Belle. — Les sciences physiques en biologie : L’électricité (14° article) ; Dr A. d’Arsonval. — Revue des travaux récents en électricité: Sur la transmission et l’enregistrement automatique des dépêches de télégraphie optique, par M. Martin de Brettes. — Horloges électriques de M. Spellier. — Méthode thermoscopique pour la détermination de l’ohm, par M. G. Lippmann. — Faits divers.
- NOUVEAUX
- APPAREILS TÉLÉPHONIQUES
- Tous les jours nous voyons éclore de nouveaux modèles de téléphones et leurs auteurs les regardent naturellement comme supérieurs à ceux de leurs devanciers. Il est tellement difficile d’apprécier les effets téléphoniques que les comparaisons que l’on peut faire sont toujours incertaines, et d’ailleurs il ^j|git de bien s’entendre sur ce qui constitue cette supériorité. Les uns la voient dans la plus grande intensité des sons reproduits, les autres dans leur netteté plus parfaite, les autres dans .leur timbre plus oumoins naturel, les autres dans la commodité de leur disposition et leur prix moins élevé.
- Généralement, quand tous ces appareils sont bien réglés, ils ne présentent pas de différences aussi grandes qu’on pourrait le croire, et je crois que leur principale perfection réside souvent dans la bonté de leur exécution. Quoi qu’il en soit, il est intéressant de suivre les raisonnements plus ou moins spécieux qui dictent ces perfectionnements, et c’est toujours avec plaisir que nous décrivons les appareils fondés sur une idée nouvelle.
- Téléphone de M. (luloubilzky. — Parmi les appareils de ce genre dont le iournal La Lumière
- Electrique n’a pas encore parlé, nous citerons celui de M. Goloubitsky qui, admirablement construit par M. Lenczewsky, a fourni des résultats importants.
- Partant de ce fait que plusieurs téléphones placés à la station de réception peuvent reproduire simultanément la parole, sans ou’ily ait perte sensible de son dans chacun d’eux. M. Goloubitzky s’est demandé si, en condensant en un seul tous ces téléphones ainsi séparés, on n’aurait pas un appareil produisant des sons plus énergiques. Dans cet ordre d’idées, il pensa que plusieurs aimants réagissant à la fois sur le môme‘diaphragme pourraient résoudre le problème; mais il fallait pour cela que les vibrations provoquées par eux fussent concordantes et ne pussent donner lieu à des interférences d’ondes sonores. Il croyait d’ailleurs que les actions individuelles de ces différents aimants, s’exerçant à l’unisson sur une même membrane, devaient s’entr’aider pour fortifier la vibration, et cela dans une proportion d’autant plus grande que cette vibration pouvait s’effectuer sur une plus large surface et sur un corps déjà mis en mouvement par des actions voisines. On doit se rappeler que si dans un mécanisme d’horlogerie l’isochronisme de son mouvement est réglé par Lune des branches d’un diapason, et qu’une cause extérieure même puissante intervienne pour détruire cet isochronisme, il suffira de la vibration de l’autre branche qui est libre pour le maintenir quand même. Le synchronisme des télégraphes autographiques de M. d’Ar-lincourt, qui est si parfait, est fondé sur ce principe. Donc en admettant que la résistance du diaphragme, dans quelques-unes de ses parties, fût susceptible de contrarier l’amplitude de la vibration déterminée par l’un des aimants, un second, un troisième ou un quatrième aimant vibrant de la même manière devait tendre à rétablir et à amplifier la vibration normale, et cette action devait être d’autant plus efficace qu’elle se manifestait sur un corps déjà-iuis en mouvement.
- Comme la présence de plusieurs aimants devant un diaphragme devait écarter leur action polaire du centre et que pour obtenir le maximum d’effet
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- il fallait les faire réagir par leurs deux pôles à la fois, M. Goloubitzky s’est demandé quelle était la position de ces aimants autour du point central du diaphgrame qui était la plus favorable au développement de sa vibration, et il s’est trouvé conduit à étudier la manière dont vibre un diaphragme téléphonique sous l’influence des ondes sonores résultant de sons articulés. Il est certain que pour être dans les meilleures conditions, il devait placer se3 pôles magnétiques suivant les lignes du dia-' phragme correspondant aux ventres de la vibration, points sur lesquels les actions électro-magnétiques pouvaient être excitées le plus efficacement, puisqu’ils répondaient aux parties susceptibles d’être mises en mouvement sous l’influence de la propre vibration de la plaque.
- Les expériences de M. Goloubitzky ont été faites d’abord avec la boîte d’un grand téléphone Gower, qui avait environ 17 centimètres de diamètre et au fond dé laquelle était tendue une double membrane de parchemin. En émettant par le tube acoustique une onde sonore, la première membrane se trouvait mise en vibration, et celle-ci transmettait son mouvement à la seconde par l’intermédiaire de la couche d’air séparant les deux membranes. Or, quand on plaçait sur cette seconde membrane de la poudre de lycdpode il devenait possible d’obtenir à sa surface les positions des ventres et des nœuds des vibrations de la membrane correspondant à un son donné. Toutefois ces expériences étaient assez délicates.
- En prononçant dans le tube acoustique les différentes lettres de l’alphabet, M. Goloubitzky a pu obtenir une série de figures que nous allous décrire, mais que pour bien faire apprécier il a rapportées à un diamètre de la membrane divisé en 17 parties égales correspondant chacune à 1 centimètre.
- a Pour la lettre e, dit-il, le centre de la membrane constitue un nœud de vibration où le mouvement est par conséquent nul, et autour de ce centre s’étend une région circulaire large de 2 divisions et demi ou de deux centimètres et demi qui se trouve circonscrite par un espace annulaire large de 2 à 3 divisions correspondant à un nouveau nœud, lequel se trouve entouré lui-même par une nouvelle zône de vibration s’étendant jusqu’aux bords de la membrane sur une largeur de 2 à 3 divisions. Il résulte de ces chiffres qu’au delà de deux centimètres et demi du centre de la membrane, c’est-à-dire à peu près dans sa région médiane, se trouve un espace annulaire à peu près inerte, mais qui n’est cependant pas homogène dans toutes ses parties, car le lycopode y forme des amoncellements circulaires et elliptiques assez compliqués qui annoncent des points de vibration minima disposés dans un ordre sans doute défini, mais que ie n’ai pas eu le loisir d’étudier, au point de vue scicntilique, à dé-
- faut d’épreuves photographiques. J’ai pu toutefois conclure de ces expériences, sans doute assez incomplètes, qu’une plaque circulaire vibrante possède à son centre un nœud de vibration, et que la région la plus voisine de ce centre, où les vibrations se manifestent par conséquent le plus facilement, se trouve à environ deux centimètres et demi.
- « Pour la lettre e, les amoncellements du lycopode, dans l’espace correspondant au nœud annulaire, formaient deux grandes ellipses dans un sens et deux petits cercles dans le sens perpendiculaire. Le cercle central était accompagné d’une dizaine de petits amoncellements circulaires rangés symétriquement autour de lui. Pour la lettre o, la figure était à peu près la même que pour la lettre e, du moins quant à la partie centrale, mais le nœud annulaire présentait des parties ellipsoïdales plus étendues et les petites parties circulaires disparaissaient quand le son était fort; de sorte que l’anneau représentait alors, assez bien, la lettre O imprimée.
- « La figure correspondant au son ou montrait autour de la tache centrale une série de petites taches circulaires comme pour le son e, mais elles étaient disposées par groupes de 5 aux deux extrémités d’un même diamètre, n’étant qu’au nombre de deux, de chaque côté, suivant le diamètre perpendiculaire. Le son de la lettre i donnait lieu à beaucoup de petites taches circulaires dans la partie centrale, lesquelles étaient entourées d’une partie compacte autour de laquelle s’apercevaient encore de toutes petites taches circulaires. Pour le mot allons, là vibration était très faible et n’avait que 2 centimètres de largeur au centre de la plaque. Elle était à peine visible sur la circonférence. Pour le mot attendez, la figure se rapprochait de celle de la lettre a. J’ai du reste remarqué plus d’une fois que, pour les sons élevés, les petites taches circulaires s’allongent et s’aplatissent, ce qui marque que les nœuds augmentent de dimension, tandis qu’au contraire pour les sons bas, elles deviennent plus bombées, tout en ayant leurs diamètres réduits. La difficulté de reproduire toutes ces figures sans l’aide de la photographie m’a empêché de continuer cette étude, mais mes expériences avaient suffi pour me fixer sur ce que je voulais savoir relativement à la meilleure disposition à donner aux organes téléphoniques, et me convaincre que la partie inerte du centre d’un diaphragme téléphonique peut atteindre quelquefois plus d’un centimètre de diamètre, tandis que la partie où les vibrations se propagent se trouvent dans la partie médiane de la plaque à un tiers environ de son diamètre; or, ceci me montrait que je pouvais avec avantage éloigner mes bobines du centre du diaphragme. »
- D’après les considérations précédentes, M. Go -loubitzky a disposé devant scs diaphragmes télé-
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- phoniques, et suivant la région annulaire correspondant aux ventres de leur vibration les pôles de plusieurs aimants en fer à cheval croisés les uns sur les autres, et qu’il a d’ailleurs disposés entre eux de différentes, manières; tantôt il en employait quatre dont les pôles se trouvaient rangés autour du centre du diaphragme suivant les côtés d’un carré, tantôt il n’en employait que deux croisés à angle droit, comme celui que nous représentons dans la figure ci-contre, et alors les pôles formaient les 4 angles d’un carré parfait; c’était la disposition la plus économique, et c’est elle qui semble avoir été adoptée de préférence. La disposition respective des pôles les uns à l’égard des autres a été aussi un objet d’études de la part de Goloubitzky; celle dans laquelle un pôle sud se trouve entre deux pôles nord et un pôle nord entre deux pôles sud, lui a paru donner les meilleurs résultats, mais pour la réaliser il fallait que les aimants fussent aimantés avant d’être montés, et l’on ne pouvait jamais les caler aussi exactement par rapport au diaphragme qu’en les aimantant une fois ajustés. Dans ces dernières conditions de construction, la disposition dans laquelle deux pôles nord et deux pôles sud se trouvaient placés l’un à côté de l’autre présentait quelques avantages, car. elle permettait une aimantation plus facile, puisqu’il suffisait alors de les appuyer deux par deux sur chacun des pôles de l’électro-aimant aimantant, et de les y maintenir environ cinq minutes; on n’avait rien à démonter ni à rajuster, et le réglage du diaphragme s’effectuait d’ailleurs facilement, car en le séparant de la boîte cylindrique du téléphone par une petite bague de cuivre.placée sur les bords, on pouvait, par un serrage plus ou moins grand du couvercle portant l’embouchure téléphonique, donner assez de raide au diaphragme pour l’éloigner convenablement des 4 pôles magnétiques. On en était prévenu par le son creux que l’on entendait en frappant quelques coups sur le diaphragme à travers le trou de l’embouchure. Les bobines dés électro-aimants étaient reliées d’abord de manière à correspondre aux deux pôles différents d’un même aimant, et les deux paires de bobines étaient ensuite réunies de manière que le courant passât de l’une dans l’autre en tension.
- M. Goloubitzky assure avoir fait quelques expériences pour s’assurer de la puissance de son appareil, laquelle, selon lui, serait supérieure à celle des meilleurs téléphones jusqu’ici connus dans la proportion de 120 à 40. Nous lui laissons la responsabilité de cette assertion, nous contentant de rapporter la manière dont il a fait ses expériences comparatives.
- Il employait comme transmetteur, un microphone à pupitre du système-Gower Bell sur la plaque duquel il appliquait un lil métallique fixé à la partie
- supérieure d’un métronome ; Te circuit de ce transmetteur aboutissait à un commutateur qui pouvait mettre le microphone successivement en rapport avec plusieurs téléphones de différents genres munis de cornets acoustiques, puis il éloignait successivement l’oreille de ces cornets jusqu’à ce que les sons du métronome reproduits par ces différents téléphones, ne fussent plus perceptibles. Or en faisant l’expérience, il a trouvé que pour les uns il fallait éloigner l’oreille de 20 centimètres,
- pour d’autres de 40, et enfin pour le sien de 120. N’ayant pas vérifié cette assertion je n’en dirai pas davantage sur cette expérience que tout le monde du reste pourra répéter.
- Comme on le voit, l’appareil de M. Goloubitzky est fondé sur le raisonnement, et, à ce titre surtout, il méritait que nous nous y arrêtions un peu. Nous pourrons du reste dans quelque temps faire nous-même des essais qui pourront fixer nos idées sur sa valeur pratique, en attendant nous le signalons comme digne d’intérêt.
- (A suivre.) Tu. du Moncel.
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- LA LUMIÈRË ÉLECTRIQUE
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- DESCRIPTION
- D U
- PHARE ÉLECTRIQUE
- DR L’iRE DE RAZZA
- L’appareil du phare de l’île de Razza (baie de Rio-Janeiro) qui vient d’ètre construit par la maison Sautter et Lemonnier, est remarquable par ses dimensions exceptionnelles — il mesure im, 40 de diamètre au plan focal — et par les dispositions ingénieuses et nouvelles de son mécanisme.
- Je dois à l’obligeance de M. G. Sautter les des-
- sins et les renseignements nécessaires pour la description de ce magnifique appareil; c’est avec plaisir que je lui renouvelle ici mes remerciements, et que je lui présente, en même temps, ceux des lecteurs de notre journal; je le fais d’autant plus volontiers qu’il est malheureusement très rare de rencontrer, chez les industriels de notre pays, cette libéralité intelligente et courtoise qui permet, aux journaux techniques d’Angleterre, d’offrir à leurs lecteurs, sur toutes les branches de l’industrie, des renseignements actuels et sérieux, absolument introuvables chez nous.
- L’appareil électrique de Razza remplacera un ancien appareil catoptrique; le phare est construit sur
- un rocher de 70 mètres de haut; le beffroi' du phare a lui-même (fig. 1) 26 mètres de haut, de sorte que le plan focal de l’appareil optique attéin-dra une hauteur totale de 96 mètres au-dessus du niveau moyen de l’Océan.
- Le plan d’ensemble de la salle des machines est représenté par les figures 2 et 3.
- L’électricité est fournie par deux machines Gramme du type CT (à courants continus) pouvant alimenter une lumière de 2 000 carcels environ, à une vitesse de 700 tours par minute, et avec une dépense de 6 chevaux par machine. Une seule de ces machines suffit pour l’éclairage .normal du phare, l’autre sert de réserve : l’installation est d’ailleurs toute en double, afin de parer aux accidents.
- Les machines Gramme sont actionnées par deux moteurs à vapeur, demi fixes, compound, construites par la maison Chaligny: ce type de machines est très simple, économique et fort régulier, condi ;
- tion essentielle pour une installation électrique.
- Le manque d’eau douce naturelle, et l’impossibilité de monter à 70 mètres l’eau de mer pour la distiller, ont conduit MM. Sautter et Lemonnier à l’emploi d’un condenseur à air, également construit par la maison Chaligny, et formé, essentiellement, d’un faisceau de tubes traversés par la vapeur d’échappement des machines et ventilés par un puissant appareil. Chacune des machines demi-fixes est de la force de 10 chevaux.
- L’ensemble de la lanterne qui renferme l’appareil optique est représenté par la figure 4; on y a tracé en pointillés l’espace occupé par l’appareil optique.
- L’ensemble et les principaux détails de l’appareil optique sont représentés par les figures 5, 6 et 7.
- La lanterne a 3 m. 5o de diamètre, les montants qui la consolident (lîg. 1) sont verticaux au haut et
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- au bas de l’appareil et croisés au milieu, dans la partie correspondant au tambour ; on évite ainsi l’emploi de montants héliçoïdaux et de glaces bom-
- bées, difficiles à remplacer. L’appareil optique est disposé de manière que l’on puisse exécuter, sans y pénétrer, toutes les manœuvres nécessaires
- (L'eau.
- &OÛ- -
- Jlescrvoir cUctui-
- 2-J
- AJMMÉSc QQVÀTJeR.
- FIG. 2 KT 3. — ÉLÉVATION ET PLAN DE LA SALLE DES MACHINES
- pour assurer la continuité et la précision de l'éclairage.
- La rotation de l’appareil est commandée par le pignon p de l’arbre a, en prise avec un engrenage
- fixe à denture intérieure; pour arrêter la rotation, il suffit de dégager, en manœuvrant la manette A, le pignon p de cet engrenage.
- Les boutons G servent à centrer l’appareil, par
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- les vis calantes de son plateau. L’échange des lampes, en cas d’accident, se fait par le volant B, qui actionne,^ au moyen des pignons p' p", l’engrenage intérieur c', fixé au plateau des lampes; ce plateau amène, en pivotant autour de son axe d, la lampe nouvelle à la place de la lampe dérangée.
- Pour parer à tout accident, une lampe à huile, toujours prête à fonctionner, est installée sur une table T, figure 6, qui peut, en pivotant autour de son axe, amener les rails qui portent la lampe à huile dans le prolongement de ceux des lampes électriques, ce qui permet de les remplacer en quelques minutes.
- La mise de la lampe au foyer est des plus ingénieuses : on place la lampe, d’abord dans le plan focal, au moyen du mécanisme Yl, qui soulève ou abaisse le plateau P, puis au foyer même, en faisant tourner l’arbre B' ; cet arbre commande, par engrenage et vis sans fin, le tube du plateau P, sur lequel est calé un excentrique E qui déplace horizontalement le chariot de la lampe.
- On reconnaît que 1 arc électrique est au foyer, quand scs images, réfractées par les prismes à 90° m et n (fig. p)’
- coïncident avec les traits de repère tracés sur deux plaques d’ivoire fixées au socle, près des manettes de mise au point V et B'.
- Lamiseau point s’opère donc, de l’extérieur de l'appareil,'avec la plus grande simplicité, une précision extrême, et sans avoir à fixer l’éblouissante lumière.
- Les traits pointillés de la figure 5 indiquent la substitution d’une lampe à huile à l’une des lampes électriques.
- Les lampes électriques, au nombre de trois, dont deux de rechange, sont du type Gramme renversé de manière à obtenir un point lumineux fixe. Je n’ai pas à décrire ici le mécanisme de ces lampes, qui ont été l’objet d’une notice détaillée dans La Lumière Electrique du 21 mai 1881. Dans le type adopté pour le phare de Razza, et dont la figure 8 représente un shema, c’est le charbon supérieur qui reste fixe. On reconnaît, sur cette figure, le dernier mobile du rouage moteur R, et son déclanchement s, manœuvré par l’aimant en dérivation o. Ce mouvement n’est déclanché que quandla lampe est amenée au foyer. Le courant arrive à la lampe par les rails qui la supportent, et ne la traverse que quand le tampon
- FIG. 4. — ENSEMBLE'DK LA LANTERNE
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- élastique B" (fig. 5 et 8), est venu, en montant ] sur le plateau P, fermer le circuit par les charbons [
- et d’un éclat rouge, se succédant à i5 secondes d’intervalle. A cet effet, le tambour central est di-
- qu’il rapproche, en repoussant le levier moufflé B'". L’apparence du feu est de deux éclats blancs,
- FIG. 6. — COUPE PAR LE PLAN FOCAL
- FUÎ. 7. _ COUPE PAR LES GALETS DE ROULEMENT
- I visé en 24 panneaux' annulaires, la coupole et la I partie inférieure en 8 panneaux seulement.
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- cr co
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- Les éclats blancs sont produits par 16 des panneaux du tambour, les éclats rouges par les
- PliuL^ focaZ* de. L'opùiruc,-____
- FIG. 8. — COUPE SHÉMATIQUE de la lampe
- autres, ainsi que par ceux de la coupole et du as de l’appareil.
- Cette disposition a pour objet d’assurer, aux éclats rouges, la même intensité qu’aux éclats blancs, bien que les verres rouges réduisent de 7 environ l’intensité des rayons lumineux qui les traversent.
- Le grand diamètre de l’appareil optique, joint à la faible dimension de l’arc électrique, présente l’inconvénient de donner, aux rayons qui en émergent, une très faible divergence, et de réduire par conséquent beaucoup la durée des éclats; pour y remédier, on a placé, en avant de chacune des lentilles du tambour, une lentille cylindrique à faible courbure qui imprime aux rayons une divergence horizontale de 3°, 45'. Ces lentilles sont rouges pour les éclats rouges et blanches pour les éclats blancs.
- La coupole et la partie inférieure de l’appareil optique sont enveloppées entièrement de glaces rouges.
- Les lentilles cylindriques du tambour et les glaces rouges sont montées sur charnières, pour en faciliter le nettoyage.
- Les éléments de l’appareil optique sont calculés pour envoyer à l’horizon tous les rayons, à l’exception seulement de ceux qui émergent des éléments inférieurs des tambours, et qui sont infléchis sur la mer par les lentilles l' (fig. 5), afin d’éclairer le voisinage du phare.
- L’appareil fait un tour en six minutes.
- Gustave Richard.
- RÉSULTATS UES EXPÉRIENCES FAITES
- A L EXPOSITION D’ÉLFXTRICItÉ SUR LES
- MACHINES ET LES RÉGULATEURS
- A COURANTS ALTERNATIFS
- PAR MM. ALLARl), JOUBERT, F. LE BLANC, POTIER ET II. TRESCA
- « Les expériences ont porté seulement sur trois systèmes d’éclairage, dans lesquels on employait, avec des arcs voltaïques, des machines à courants alternatifs.
- « Dans deux de ces expériences, on s’est servi de la machine magnéto-électrique de M. Méritens, avec une lampe de phare ou avec cinq foyers Bcr-jot; dans la troisième, d’une machine dynamo électrique Siemens et d’une machine excitatrice distincte, avec douze lampes Siemens.
- « Pour l’interprétation des données de ces expériences, on a appliqué aux courants alternatifs les mêmes méthodes de calcul que pour les courants continus. La concordance entre les deux séries de rendements est tout à fait probante au point de vue de l’identité des résultats; cette identité justifie pleinement l’exactitude de la méthode.
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- TABLEAU DES EXPÉRIENCES SUR LES MACHINES ET RÉGULATEURS A COURANTS ALTERNATIFS
- INDICATIONS.
- Observations mécaniques.
- Vitesse de l'excitatrice..........................
- Vitesse de la machine à lumière...................
- Travail dépensé par l'excitatrice en chevaux . Travail dépensé par la machine à lumière. . .
- Travail moteur total. ............................
- Travail à circuit ouvert..........................
- Observations électriques.
- Résistance de l'excitatrice et de l’inducteur . . . , Résistance d’un disque ou d’un segment de la machine à lumière.................................... . .
- Résistance du- premier circuit......................
- Résistance totale du segment de machine et du circuit . . .......................................
- Résistance des autres circuits .................
- Intensité du courant inducteur..................
- Intensité du courant induit du premier-circuit. . Intensité du courant induit des autres circuits.
- Chute de potentiel dans l’arc...................
- Travail de l'arc du premier circuit en chevaux . Travail de l’arc de chacun des autres circuits .
- Calculs électriques.
- Travail de l’excitatrice...............
- Travail du premier circuit.............
- Travail des autres circuits............
- Travail électrique total..............
- Observations photométriques.
- Diamètre des charbons..........
- Intensité horizontale..........
- Intensité moyenne sphérique . . Intensité sphérique totale. . . .
- Rendements. Rendement mécanique total. . . Rendement mécanique des arcs. Rendement électrique des arcs . Carcels par cheval mécanique .
- — par cheval électrique . .
- — par cheval d’arc. . .
- = par ampère..........
- FORMULES. XIV. Méritons. 1 lampe Scrrin des phares. XV. Méritons. 5 . lampes Hèrjot. XVI. Siemens. 12 lampes en 3 circuits.
- Tours par minute O 0 1230
- » 870 874 620
- » 0 0 2,60
- » 11.70 12 28 *3,79
- T chev. 11.70 12,28 l6,3c)
- » >1 4,55 »
- r ohms )> » 3,25
- » o,o36 0,18 . 4,00 0,62
- » » o,4*
- R » o.5q 4,6'2
- R' » 0,72 8,00 16,00
- i amp. 0 0
- T » 32,6 12,8
- V » 35-8 12,8
- .. • 36 55,2 3.77
- U » i,56
- Si G7i 3,77
- ri2 -=><r . ’ <** 0 0 1, i*3
- RI2 7.5 R'î'2 » o,85 1 ,o3
- 75.? » 1,25 L79
- t » 8,40 11,31
- T' chev. io,5o l5,2Ô
- millim. 23 20 . 10
- Garcels 1034 i3o et 171 44
- l q3i 117 et i5q 39
- L ç)3i 733 468
- T' T - o,85 0,93
- t T » 0,68 0,69
- t T' » ô,8o 0 74
- L T 79.6 59,7 33,3
- L T' » 69,9 33,3
- L / y CO i>< CO 4L4
- / I ** 3,5q 3,66
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- D] 2
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- « XIY. Machine Mcritens alimentant une lampe Serrin, pour phare. — Cette expérience n’est complète qu’au point de vue de la mesure du travail dépensé et des résultats photométriques. La machine était montée d’une façon particulière : quatre groupes de quatre bobines accouplées en tension étaient réunis en quantité sur chacun des disques et se trouvaient ensuite associés sur le circuit unique de la lampe; par suite de ce mode de groupement, la résistance de la machine était extrêmement faible, ool,m, o36. Aucune discussion des conditions électriques n’a pu être tentée sur l’expérience ainsi faite.
- « Le travail mécanique dépensé par la machine et par la transmission a été mesuré à l’aide d’excel-
- lents diagrammes; l’intensité photométrique a été observée dans la direction horizontale seulement, et, conformément aux résultats des diverses séries d’expériences faites antérieurement sur les régulateurs de même système, alimentés par les machines de la Compagnie de l’Alliance, on a dû réduire le chiffre obtenu par le coefficient 0,9, pour en déduire l’intensité moyenne sphérique.
- « XV. Machine Méritais alimentant cinq foyers Berjot. — La même machine, montée sur cinq circuits différents (quatre groupes de quatre bobines en tension, réunis en quantité sur chacun d'eux) a été employée à faire fonctionner isolément cinq foyers Berjot, dont un dans la chambre
- COMPARAISON DES RENDEMENTS MOYENS DES MACHINES A COURANT CONTINU
- SUIVANT L’INTENSITÉ DES FOYERS LUMINEUX.
- INDICATIONS.
- Rendement mécanique total. . .
- — — des ares.
- — électrique des arcs.
- Carcels par cheval mécanique. .
- — — électrique . .
- — — d’arc.......
- — par ampère..........
- RENDEMENT MOYEN
- FORMULES. i lamp . 2 à 5 lampes. 10 à 40 lampes. général.
- T' T 0,89 o,86 0,04 0,87
- t T o,47 o,5o 0,71 0 59
- t T' o,53 0,70 0,84 0,69
- L T 55 6C> 5o 54
- L T' 61 t - 59 63
- L l 113 102 71 93
- 1 1 8. 1 6,6 3,8 6,0
- d’expérience; la première détermination photométrique a été obtenue en présence d’une résistance supplémentaire, introduite dans le courant de cette lampe, les quatre autres restant complètement libres; puis, par une observation spéciale, on a déterminé l’intensité photométrique à laquelle la lumière s’est élevée après la suppression de cette résistance.
- « Le travail mécanique étant resté le même dans les deux circonstances, on a dû le considérer comme correspondant à la production de quatre lumières de la plus grande intensité et d’une lumière de l’intensité moindre. Quant aux données électriques, elles sont toutes relatives aux observations faites avec la résistance supplémentaire.
- « XVI. Machine Siemens, alimentant douze foyers Siemens. — Cette expérience est une de celles qui présentent le plus d’incertitudes, par suite
- d’un fonctionnement dont la régularité laissait beaucoup à désirer.
- « La machine à lumière était du type W.2 avec électro-aimants garnis de fil de 3mm,5 et bobine garnie de fil de 2mm,5 seulement.
- « La machine excitatrice, distincte, qui actionnait la précédente était du type D.6; fil de même diamètre aux électro-aimants, et de 2mui seulement à la bobine.
- « Le travail moteur a été mesuré directement pour chaque machine au moyen d’un dynamomètre V. Hefner-Alteneck, interposé sur le cours de la courroie; deux observateurs devaient ainsi être préposés, en même temps, pour régler le jeu de ces instruments.
- « L’une des courroies fonctionnait mal et elle est même tombée à diverses reprises.
- « La machine alimentait trois circuits, chargés de quatre lampes chacun, et les observations pho-
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- tométriques ont porté sur le groupe des lumières d’un de ces circuits; les quatre lampes étaient allumées ensemble devant le photomètre.
- < Après une assez longue période d’observations, on s’est décidé à ralentir un peu les vitesses des machines; le résultat photométrique a été plus favorable,' et il nous a semblé que ces chiffres, meilleurs, étaient ceux qu’il convenait de mettre plus spécialement en regard des déterminations électriques et photométriques.
- « En ce qui concerne plus particulièrement l’emploi des- courants alternatifs, nous n’avons en résumé que trois expériences distinctes, très peu comparables entre elles, et dont l’une n’est même caractérisée par aucune donnée électrique.
- « Pour les deux autres, les rendements sont presque identiques, bien que les intensités photo-tométriques par cheval soient elles-mêmes très differentes; mais cette différence s’explique en ce que la lumière est répartie respectivement dans les foyers d’intensités très different es.
- « On remarque encore que le nombre des cartels par cheval mécanique va toujours en diminuant à mesure que l’intensité des foyers diminue.
- « En ce qui concerne les deux séries d’expériences faites sur les différents systèmes de régulateurs, nous ne saurions apporter trop d’insistance à faire remarquer qu’il ne s’agit pas ici d’établir la supériorité de tel ou tel système ; une pareille comparaison ne pourrait résulter que d’un très grand nombre de déterminations, assez variées à l’égard de chacun de ces systèmes, pour établir avec certitude les conditions qui produisent le maximum d’effet. Ici nous avons accepté les conditions qui nous étaient offertes par chaque installation, et nous ne pouvons avoir d’autre but que celui de faire connaître, d’une manière un peu moins incertaine que par le passé, les données habituelles de la pratique.
- « Les colonnes relatives aux divers rendements présentent surtout, à ce point de vue, un sérieux intérêt.
- « On remarque à première vue que le rendement mécanique total a une valeur extrêmement élevée, ce qui indique que les courants développés sont très bien recueillis dans toutes les machines actuelles, les petites pertes de travail ainsi constatées s’expliquant d’elles-mêmes comme résultat des résistances mécaniques passives des différents modes d’installations.
- « Il est donc hors de doute que le travail réellement transmis à la bobine est pratiquement représenté en totalité par le travail disponible des courants électriques eux-mêmes, sauf ce qui incomberait aux actions des armatures de fer des machines.
- « Quant à ce travail, il est également représenté d’une manière intégrale par le travail des arcs et
- par celui des résistances; le premier seul est utilisé dans l’arc voltaïque sous forme de chaleur et de lumière; l’autre est toujours perdu en chaleur disséminée dans les différentes parties de la canalisation.
- « Le travail des arcs paraît un peu plus favorable par rapport au travail mécanique total pour les machines à grandes résistances, destinées le plus ordinairement à desservir un grand nombre de foyers, et c’est pour celles-là surtout que le travail électrique est le mieux utilisé; le rendement électrique des arcs peut ainsi varier du simple au double, et même au-delà.
- « Le nombre de carcels produit par chaque cheval électrique dépensé dans les arcs diminue d’une façon régulière à mesure que les foyers deviennent d’une moindre intensité lumineuse.
- « Quant au rendement mécanique total, il ne dépend absolument que de certaines conditions locales, et il ne saurait en aucune façon caractériser chacune des différentes formes d’utilisation.
- « Le tableau ci-dessus pourra être, sons ces différents rapports, consulté avec intérêt. »
- LES AURORES POLAIRES
- 6® article. {Voir le 11° des 21 et 28 octobre, des 4, u cl 18 novembre 1U82.)
- V. — RELATIONS UES AURORES POLAIRES AVEC LES PHÉNOMÈNES MÉTÉOROLOGIQUES.
- On a cherché depuis longtemps si quelque lien n’existait pas entre les aurores polaires et les variations des divers éléments météorologiques, hauteur du baromètre, température, pluie, vents, etc.; mais on n’est guère arrivé jusqu’à ce jour qu’à des résultats négatifs ou contradictoires. Tandis qu’on trouvait, par exemple, que, dans le Labrador, les aurores colorées présageaient le beau temps, à côté, dans le Groenland, elles semblaient annoncer le vend du sud et les tempêtes. Aussi la plupart des auteurs n’admettent aujourd’hui aucune relation entre le temps et les aurores polaires.
- Toutefois, cette indépendance est peut-être plus apparente que réelle, et elle nous semble tenir surtout à ce que la question a été mal prise jusqu’ici. Tant qu’on s’est borné en météorologie à l’étude des phénomènes locaux, on arrivait de même aux conséquences les plus opposées en apparence : dans tel pays, les vents du sud faisaient baisser le baromètre; dans tel autre, bien que voisin du premier, c’étaient, au contraire, les vents du nord ou de l’ouest, etc. Pour tirer quelque chose de ces faits I qui paraissaient contradictoires, il fallut en arriver
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- à considérer non plus seulement ce qui se passe en tel ou tel point, mais, au contraire, les caractères simultanés des divers éléments météorologiques et leur répartition sur une grande surface de pays. On ne commença guère, par exemple, à voir clair dans les relations qui unissent les mouvements du baromètre et la direction du vent que lorsqu’on eut sous les yeux des cartes qui donnaient pour le même instant la distribution de la pression et des directions du vent sur une région d’une certainé étendue.
- S’il existe une relation entre les apparitions de
- l’aurore boréale et quelque phénomène météorologique, on n’arrivera bien probablement à la découvrir que par un moyen analogue, en étudiant, au moment où les aurores se produisent, la distribution générale des pressions, des températures, de l’humidité ou du vent sur une portion notable de l’hémisphère nord.
- La seule tentative qui, jusqu'à ce jour, semble avoir été faite dans ce sens, est celle de M. A. Fors-man (') qui est arrivé à la conclusion suivante :
- Les variations du baromètre sont généralement opposées dans les deux parties de l’Europe qui
- FIG. 17. — AURORE BORÉALE DU 21 MARS 1S7Ç); I H. 45 M. DU MATIN. — VOYAGE DE « LA VÉGA »
- sont séparées par une ligne menée du nord de l’Ecosse à la mer Noire ; or, pendant les aurores boréales, le baromètre monte ou bien il y a déjà un maximum de pression dans la partie nord-est, située en dessus de cette ligne de séparation; le baromètre baisse, au contraire, ou bien il existe déjà un minimum de pression dans la région sud-ouest.
- Ces résultats demandent encore à être confirmés et étendus par des études ultérieures; mais ils montrent en tous cas la direction dans laquelle doivent être poussées ces études. II nous semble aussi qu’il faudrait distinguer soigneusement entre les
- grandes aurores, qui siègent très haut dans l’atmos phère et' font sentir au loin leurs effets, et les au rores purement locales, ou qui ne sont vues que d’une petite région. C’est probablement en s’attachant exclusivement à ces dernières que l’on pourra démêler s’il existe des relations entre les aurores et quelque élément météorologique.
- Le seul phénomène météorologique dont la relation avec les aurores polaires soit nette et indiscutable, c’est les nuages. Nous avons déjà signalé (chapitre II, aurores du 2° type) la grande ressemblance qui existe entre certaines formes de l’aurore et les nuages que l’on connaît sous le nom de cirrus ou de cirro-stratus, ressemblance telle qu’il est souvent difficile de juger si l’on a réelle-
- (') Relations de l’aurore boréale, etc... Nova acta reg. Soc. scient. Upsal. VIII 1873.
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- ment devant les yeux de véritables lueurs aurorales ou des nuages éclairés par quelque lumière réfléchie. Nous rappelons également l’existence simultanée des aurores boréales et de halos produits par la réfraction de la lumière de la lune à travers les aiguilles de glace qui constituent les cirrus.
- Quelquefois ces nuages s’allongent en longues bandes parallèles qui, par un effet de perspective, semblent converger vers deux points diamétralement opposés du ciel. Ces bandes de cirrus ou plutôt de cirro-stratus s’alignent de préférence suivant deux directions déterminées. Tantôt elles sont
- sensiblement parallèles à l’aiguille de déclinaison, c’est-à-dire orientées à peu près du Nord au Sud; elles constituent alors les bandes polaires. Tantôt, au contraire, elles ont une direction perpendiculaire à la précédente. Dans le premier cas, elles sont orientées comme les rayons isolés de l’aurore, dans le second, elles rappellent la forme et la disposition des arcs.
- A Bossekop, la commission française eut surtout l’occasion d’observer les cirro-stratus alignés de la même façon que les arcs auroraux, c’est-à-dire perpendiculairement au méridien magnétique. L’o-
- FIG. 18. — AURORE BOREALE DU 21 MARS 187Ç); 3 H. DU MATIN. — VOYAGE DE « LA VÉGA »
- rientation moyenne de ces bandes nuageuses, déduite d’environ quatre-vingts observations distinctes, était de E. 28° N à O. 28° S., tandis que l’orientation moyenne des arcs d’aurore courait de E210 N à O 2i° S. La différence ne s’élève donc qu’à 7°, ce qui est peu de chose si l’on songe surtout aux difficultés de pareilles mesures et aux irrégularités qu’il n’est pas extraordinaire de rencontrer dans des phénomènes de cet ordre. Il est donc permis, comme le fait remarquer Bravais, de penser que la cause inconnue, dont l’orientation de ces bandes nuageuses est le résultat, est aussi la même qui dirige les arcs de l’aurore boréale.
- Non seulement ces bandes nuageuses ont une grande analogie de forme et de position avec cer-
- taines aurores polaires, mais, comme nous l’avons déjà indiqué, il semble y avoir dans certains cas la plus étroite connexion entre les deux phénomènes. Tantôt, quand l’aurore polaire disparaît le matin devant la clarté du jour, on la trouve remplacée dans le ciel par des bandes de cirro-stratus ; plus souvent encore ce sont ces nuages qui se montrent d’abord dans la journée, et la nuit suivante on aperçoit les rayons de l’aurore. Weber et M. H. Fritz ont constaté ainsi que toutes les fois qu’ils observaient les bandes polaires pendant le jour, il y avait la nuit suivante quelque manifestation auro-rale.
- Depuis Frobesius, qui indiquait déjà certaines de ces relations en 1789, un grand nombre d’observa-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- teurs, Richardson, sir John Franklin, Wrangel, Winnecke, Hildebrandsson, etc., ont cité de nombreux et curieux exemples de cette analogie des deux phénomènes, analogie si complète que Winnecke n’hésitait pas à considérer les cirro-stratus comme les véhicules mêmes des lueurs aurorales.
- Dans ses observations prolongées sur les aurores boréales, Weyprecht est arrivé à des conclusions identiques. D’après lui les phénomènes lumineux de l’aurore sont tels que la lumière semble' liée intimement à des particules matérielles. En effet, partout où plusieurs rayons se croisent, l’intensité de la lumière augmente ; il en est de même là où une bande aurorale semble faire un pli ; de plus, on dirait que le vent agit sur l’aurore, qui paraît comme déchirée après les tempêtes. Enfin la présence des nuages semble favoriser le développement des aurores boréales.
- [A suivre). ' Alfred Anc.ot.
- NOTE SUR LA CONSTRUCTION
- DES
- TRANSMETTEURS A CHARBON
- Suite (Voir le numéro du 12 août)
- Nous avons précédemment exposé les conditions théoriques auxquelles doivent satisfaire les transmetteurs à charbon; il nous reste aujourd’hui à examiner comment nous pourrons faire entrer ces principes dans le domaine de la pratique et construire des appareils dont les divers éléments convenablement proportionnés concourent à produire les effets que nous aurons en vue.
- On peut, en effet, se proposer divers buts en cherchant à développer la puissance des transmetteurs:
- i° Augmenter la force et la netteté des sons produits dans les téléphones sur une ligne de longueur relativement restreinte comme celles où ils sont d’ailleurs le plus généralement employés.
- 20 Accroître la portée de l’appareil, c’est-à-dire la distance à laquelle la transmission de la parole peut avoir lieu.
- 3° Actionner à la fois et par un seul circuit un grand nombre de téléphones récepteurs.
- 40 Faire ce quej’appelle de la téléphonie à grande puissance, c’est-à-dire reproduire la parole avec une sonorité telle qu’elle soit entendue dans toute une salle.
- Nous examinerons successivement ces trois points.
- I
- Le premier organe dont nous devons nous occuper, c’est le contact microphonique type que nous
- grouperons à notre guise ; c’est de lui que dépendra pour tout l’appareil le coefficient de sensibilité S de notre formule fqndamentale. Ce coefficient est toujours très élevé lorsque les contacts sont légers et délicats ; mais, pour éviter les ruptures de courant et les crachements qui s’ensuivent, il est alors nécessaire de les accompagner d’accessoires qui en rendraient la juxtaposition difficile (transmetteur de Blake). Au contraire dans les transmetteurs où le contact est lourd (transmetteurs de Crossley, Ader) il n’y a jamais de crachements et la modulation de la parole est très bonne, mais 8 est très petit et par suite le rendement de l’appareil est mauvais, l’amplitude des ondulations produites dans le courant étant trop restreinte. C’est donc entre ces deux extrêmes qu’il faut chercher, et la première idée qui se présente à l’esprit est d’employer le crayon primitif de Hughes pour lequel on peut faire varier dans les plus grandes limites le coefficient de sensibilité en changeant l’inclinaison de la planchette sur laquelle il est fixé ; mais ses contacts sont trop mobiles et sont sujets, d’un jour à l’autre, à des variations qui rendent le jeu de l’instrument incertain.
- La disposition qui semble préférable est celle qui consite à suspendre le crayon de charbon par sa partie inférieure et à le faire buter, un peu au-dessous de son milieu, sur un autre charbon.
- Une légère inclinaison (5 à 10 degrés) du crayon suffît à assurer l’adhérence du contact et l’inertie delà partie inférieure lui donne une sorte de moelleux qui est particulièrement favorable à la reproduction des sons articulés.
- L’appareil dans son ensemble se compose d’une plaque rectangulaire en bois dur ou en tôle, épaisse de 7 à 8 millimètres, et percée d’une ouverture elliptique dont le grand axe horizontal a 10 centimètres et le petit axe 7 centimètres.
- Sur cette ouverture est placé un diaphragme de liège maintenu par une large bague en bois qui en laisse la plus grande partie à découvert.
- Sur sa face postérieure, ce diaphragme porte un crayon collecteur placé horizontalement et dont la surface de contact est légèrement usée à la lime en forme de biseau. Les crayons mobiles sont formés de baguettes de charbons à lumière qua-drangulaires, de 4 millimètres de côté et 7 centimètres de longueur; ils sont percés à leur extrémité supérieure et enfilés, les uns à côté des autres, au nombre de cinq sur un fil de cuivre nickelé. On prend soin d’ailleurs de déposer galvaniquement du nickel sur la partie supérieure du crayon et sur le trou qui lui sert de pivot. Oh évite ainsi que le contact de suspension donne lieu à des effets microphoniques nuisibles, et on obtient de plus une diminution de résistance qui n’est pas négligeable. L’inclinaison des baguettes une fois convenablement établie, toute espèce de réglage ultérieur de-
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- vient inutile et les effets de l’appareil restent re- | niarquablement constants.
- L’ensemble que nous venons de décrire est enfermé dans une boîte plate en bois qui peut contenir en-outre la bobine d’induction; la face postérieure de cette enveloppe qui doit s’appuyer sur le mur auquel l’instrument est suspendu est garnie d’une épaisseur de feutre destinée à amortir les vibrations transmises mécaniquement. Les communications à l’intérieur de k boîte sont laites au
- moyen de fils modérément tendus, entourés de coton et soutenus par des étouffoirs en feutre ; il faut surtout éviter d’y employer des fils roulés en boudins qui entrent en vibration sous la plus faible influence et donnent alors à la voix une sonorité, métallique désagréable. La figure ci-jointe fait aisément comprendre ces combinaisons très simples, et qui, à définit d’autre mérite, auraient celui d’un prix de revient extrêmement réduit.
- Quant à l’ensemble de la station téléphonique, voici la disposition qui semble la plus pratique : sous un petit pupitre fixé à la muraille se trouvent la bobine d’induction,’lejcommutateur automatique
- I qui établit les communications nécessaires et la sonnerie; au-dessus le bouton d’appel à trois contacts et le transmetteur. De chaque côté, sur deux fourches dont une commande le commutateur automatique, reposent deux téléphones Bell du plus simple modèle. Il y a grand avantage, on le sait, à avoir un récepteur pour chaque oreille, mais il est tout à fait superflu, avec le transmetteur que nous venons de décrire, d’employer les instruments plus ou moins perfectionnés qu’on a préconisés dans ces derniers temps.
- La résistance d’un contact microphonique établi comme nous venons de l’indiquer est d’environ iS ohms. Les cinq contacts réunis en quantité auront donc une résistance de 5 ohms.
- La résistance de la pile devant être égale, nous la composerons de deux éléments Leclanché à une plaque agglomérée disposée en tension ou bien de quatre éléments Leclanché .nouveau modèle. On aurait dans le premier cas pour constantes de la pile : Rp — 50hm% e ----- 2vn!ts,5 et dans le second : R/> = 5nl,ms, e = 5'r,lt '. •
- On emploiera d’ailleurs pour parler, la totalité de la pile qui sert aux appels, et c’est là une simplification qui a son importance.
- La bobine d’induction doit également, comme nous l’avons vu, avoir un circuit inducteur d’une résistance de 5ohm% et on ne saurait pour ainsi dire lui donner de trop grandes dimensions. Nous la composerons de 84 mètres de lîl de omm,7 pour son circuit primaire; nous donnerons à soii fil secondaire une résistance équivalente à celle de la ligne soit ioonhins, et il sera formé de 600 mètres de fil de omm,35. La bobine aura ainsi un diamètre total de 6 centimètres, et une longueur de 12 centimètres avec un poids d’environ 900 grammes.
- On pourra, d’un autre côté, donner à chaque téléphone une. résistance de 5onhms, et on les placera en tension l’un sur l’autre et sur la bobine.
- II
- Étudions maintenant le fonctionnement de l’appareil que nous venons de décrire.
- Les trois résistances fondamentales Rm Rp et Rb étant égales à 5“hms, e égal à 5volts et 0 pouvant être évalué à environ 0,06, l’intensité du courant permanent est de oiU"l’;'re,333 et la formule arnpl.
- — nous donne pour valeur de l’amplitude de
- l’ondulation dans le circuit primaire o''l"’I>ir0,oo66.
- La bobine d’induction joue le rôle de modificateur du courant, mais les principes généraux de la transformation de l’énergie 11e nous permettent pas un instant de supposer qu’elle produise dans son circuit secondaire des courants d’une intensité supérieure aux variations de celui qu’elle reçoit dans le primaire ; ces courants seraient tout au plus
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- égaux en admettant que la bobine soit un transformateur parfait, et comme ils se développent dans un électro-moteur ayant pour résistance ioo°hms, ils dériveraient alors d’une force électro-motrice de ovolt ,66. L’intensité dans le circuit total composé des circuits secondaires des deux bobines, des quatre téléphones et de la ligne serait donc de 0!»mp(!re)00I32 (pQur une ondulation moyenne).
- D’autre part, la voix humaine est formée de sons d’une hauteur très' différente, mais qui ont presque-toujours des harmoniques très élevées, et si certains sons graves comme l’d, Yà, ne comportent qu’un assez petit nombre de vibrations par seconde, certaines consonnes, au contraire, l’s, le 2 par exemple en produisent un grand nombre. Il n’y a donc rien d’exagéré à évaluer, en moyenne à 1 000 vibrations par seconde la hauteur des sons articulés.
- Chacune de ces ondes donne lieu à l’émission par le transmetteur d’un courant de oarai’tre,00182 suivi d’un courant égal de sens contraire. Chacun
- de ces courants d’une durée de de seconde, correspond donc à une quantité d’électricité de
- 0coulornbj000 qOO 66.
- Il est facile dès lors de comprendre pourquoi les transmissions téléphoniques sont si difficiles par les conducteurs qui offrent la plus petite capacité électro-statique, car une quantité d’électricité aussi minime ne suffit à charger, par exemple à la tension initiale de oTOll,66 que 3 milles de câble sous-marin (d’une capacité de o,33 microfarad par mille.)
- Au delà de cette longueur, le câble se charge incomplètement à chaque ondulation et si la parole, quoique affaiblie, peut être perçue beaucoup plus loin, c’est grâce à l’exquise sensibilité du téléphone. Sur les lignes aériennes, dont la capacité est incomparablement moindre, la longueur de fil qui peut se charger à chaque ondulation est beaucoup plus grande, mais à partir d’une certaine distance il y a là une cause d’affaiblissement des sons qui contribue, avec d’autres d’ailleurs, à rendre les transmissions impossibles.
- Nous pouvons, il est vrai, remédier en partie à cet inconvénient, puisque nous sommes maîtres d’augmenter à notre guise l’intensité correspondant à chaque ondulation et par suite la quantité d’électricité projetée sur la ligne. Mais il ne faut pas perdre de vue que cette augmentation d’intensité dérive d’une augmentation de la force électro-motrice de la pile à laquelle doit correspondre une augmentation dans les dimensions de la bobine d’induction.
- C'est là un point d'une importance capitale. Nous avons, en effet, supposé jusqu’ici que les bobines étaient des transformateurs parfaits, ce qui est loin d’être exact; elles ne se rapprochent de
- cette perfection que si leurs proportions ne s’éloignent pas trop de celles indiquées par la théorie. Avec celles qui sont employées ordinairement on constate qu’on arrive très vite à fin maximum de rendement de sorte que c’est en pure perte qu’on donnerait à la pile un accroissement trop considérable. Les appareils destinés à fonctionner à des distances un peu grandes et qui, par conséquent, seront actionnés par des piles puissantes, devront donc, par une corrélation indispensable, être munis de bobines très pesantes et dans lesquelles les réactions d’induction s’effectuent sur des masses de métal suffisantes.
- III
- Il peut se présenter un cas dont les considérations que nous avons exposées vont nous donner encore la solution simple et rationnelle : c’est celui où l’on veut utiliser le développement de la puissance du transmetteur pour actionner un grand nombre de téléphones récepteurs par un fil unique.
- Supposons, par exemple, que ces téléphones soient au nombre de ioo et que chacun ait une résistance de ioo ohms. Nous les diviserons en dix séries de 10 en tension, de sorte que leur résistance générale sera encore de ioo ohms. Si la ligne a, de son côté, une longueur de io kilomètres, soit ioo ohms environ, nous devrons donner au circuit secondaire de la bobine d’induction une résistance de 200 ohms.
- D'autre part, nous emploierons une pile de g8 éléments disposés en 14 séries de 7 éléments, ce qui donnera Rp == 1 ohm, e = 10 volts, 5. Son courant traversera un microphone à 25 contacts dont la résistance sera également de 1 ohm et le circuit primaire de la bobine qui aura aussi 1 ohm de résistance.
- La formule arnpl. = donne 70 milliampères
- pour valeur de l’amplitude de l’ondulation moyenne et on peut dès lors calculer que chaque série de 10 téléphones recevra à chaque ondulation un courant de o ampère 00175, ce qui est suffisant et bien au delà pour les faire parler normalement. La bobine d’induction devra d’ailleurs avoir des dimensions extrêmement grandes.
- On restera bien au-dessous de ce qu’indique la théorie en lui donnant un poids de i5 à 20 kilogrammes (‘).
- ' Berne, le i5 octobre 1882.
- Gaston Belle.
- C) Le lecteur que cette question intéressera pourra trouver dans notre numéro du 3o septembre un article de M. Dejongh, dans lequel le premier travail de M. Belle est commenté et discuté.
- *1
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- LES SCIENCES PHYSIQUES
- EN BIOLOGIE
- L’ÉLECTRICITÉ
- 14° article. (Voir les «°s du 25 février, des 8 et 29 avril, 6 mai, des 3 et lu juin, des 8 et i5 juillet, des 2 et 2 3 septembre, des y et 28 octobre et du 1 fl novembre.)
- Comment se fait-il donc que des hommes éminents aient pu soutenir la théorie de la dualité vitale ? Pour eux il y aurait une première catégorie d’êtres exclusivement chargés des synthèses : les végétaux ; tandis qu’une seconde catégorie : les animaux seraient exclusivement chargés de la combustion ou analyse organique.
- « Le végétal serait produit par l’élévadon d’un poids; l’animal par la chute de ce poids », pour employer la, formule concise de M. Tyndall.
- Cette idée d'opposition entre les deux règnes qui a existé plus ou moins de tout temps résulte seulement de l’apparence des choses. La distinction des animaux et des végétaux est toute superficielle, elle est à la surface mais non au fond des choses.
- Les attributs essentiels de la vie : Destruction et création organiques, analyse et synthèse sont identiques dans les deux règnes et s’appliquent à l’universalité des êtres vivants. Mais avant de montrer le point d’où découle l’erreur de la doctrine dualiste, il ne sera pas inutile d’exposer en quelques mots les faits sur lesquels repose cette théorie.
- La théorie du dualisme vital est toute chimique. Elle a puisé ses premiers et ses plus forts arguments dont les rapports qu’affectent avec l’atmosphère les animaux et les végétaux.
- Ces rapports ont été mis en évidence par la célèbre expérience de Priestley sur l’antagonisme de la respiration des animaux et des plantes.
- Le célèbre chimiste introduit une souris sous une cloche dans l’air conliné, elle ne tarde pas à y périr.
- L’air qu’elle a respiré est vicié et tue rapidement tout autre animal qui le respire.
- Si au contraire on dispose dans ce même air vicié une plante, cette plante non seulement ne périt pas, mais elle purifie l’air de telle sorte qu’un animal peut y vivre de nouveau.
- Le végétal vit donc là ou meurt l’animal, l’un défaisant ce que l’autre a fait.
- Les animaux absorbent de l’oxygène et rendent de l’acide carbonique, les végétaux font l’inverse sous Vinfluence des rayons solaires d’après Ingen-housz, Sénebier, Th. de Saussure, etc...
- L’opposition entre la respiration des animaux
- et des plantes a donné lieu à une généralisation grandiose de la part de MM. Dumas et Boussin-gault, qui dans leur belle théorie de la circulation matérielle dans les deux règnes ont résumé la théorie dualiste dans cette saisissante formule :
- UN VÉGÉTAL
- Produit des matières sucrées, grasses, albuminoïdes.
- Réduit avec dégagement d’O :
- CO2
- HO
- AdHO.
- Absorbe de la chaleur.
- Est immobile.
- UN ANIMAL
- Consomme des matières sucrées, grasses et albuminoïdes.
- Produit avec absorption d’O :
- CO2
- IIO
- AîIHO.
- Dégage de la chaleur.
- Se meut.
- Voilà la théorie de la dualité vitale au point de vue chimique. Les physiciens de leur côté lui ont donné une forme mécanique.
- Il se produit dans ranimai une combustion continuelle; l’animal est donc une source de chaleur et de force mécanique. Puis on assimile le corps des animaux à une machine à vapeur qui même serait assez parfaite, puisque son rendement est d’environi-.
- D
- Donc en considérant les deux règnes non pas en eux-mêmes et au point de vue de leur fonctionnement, mais au point de vue des services qu'ils se rendent, comme le feraient de simples partisans des causes finales, les physiciens ont pu dire que l’animal était un consommateur vivant aux dépens d'un réservoir de force : le végétal.
- Ce végétal crée des forces de tension en absorbant les radiations solaires. L’animal, au contraire, transforme ces forces de tension en forces vives. Mais pour que cette transformation soit possible il doit encore exister, d’après Hermann, des forces de dégagement. La théorie mécanique de la dualité vitale admet donc :
- i° Des forces de tension emmagasinées par les végétaux;
- 20 Des, forces vives et des forces de dégagement résidant dans les animaux.
- Au fond les deux théories (chimique et mécanique) sont les mêmes. La théorie chimique envisage la cause (combustion), la théorie physique l’effet résultant (chaleur, travail mécanique).
- L’une et l'autre sSnt/humes au point de vue physiologique, bien qu’elles paraissent évidentes au point de vue de l'équilibre cosmique.
- Une seule objection renverse de fond en comble la théorie dualistique. Cette théorie suppose en effet une nutrition directe que la physiologie contredit absolument comme nous l’avons vu. La nutrition 11’est jamais directe.
- Les aliments commencent d’abord par être détruits, en .tant que substance chimique, par la di.-
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- gestion; puis ils sont élaborés de nouveau sous forme de réserves qui constituent une véritable synthèse.
- Nous avons vu par les expériences de Cl. Bernard'que, contrairement à la théorie dualiste, l’animal peut faire de la graisse, de l’amidon, du sucre, etc. Loin de toujours dégager de la chaleur, l’animal peut, au contraire, parfois en absorber, comme nous l’a appris la calorimétrie (œuf en incubation). La calorimétrie nous a montré également qu’il y avait sur l’animal adulte à la fois des synthèses et des combustions dont elle nous a donné les valeurs réciproques.
- L’expérience a montré en effet, grâce à la calorimétrie, que la combustion respiratoire, pas plus que la nutrition, n’était directe, comme le prétend la théorie dualiste. On ne peut donc connaître la quantité de chaleur produite dans l’organisme en connaissant simplement l’oxygène absorbé et l’acide carbonique émis dans le même temps. La calorimétrie directe montre d’une .façon indiscutable la fausseté de-cette méthode, fausseté soupçonnée et signalée par Victor Régnault et Reiset. Suivant le mot si spirituel et si vrai de Miilder : Vouloir déduire les phénomènes qui se passent dans l’organisme de l’analyse chimique des matériaux qui le traversent, ce serait prétendre connaître ce qui se passe dans une maison en analysant les aliments qui entrent par la porte et la fumée qui sort par la cheminée.
- Donc, l’expérience le montre, l’animal ne diffère en rien du végétal. Comme ce dernier, il est capable d’opérer des synthèses, d’absorber de la cha-eur, etc.
- L’animal, comme le végétal, forme de toutes pièces les matériaux de ses tissus, et ne se contente pas de mettre simplement en place ceux que lui fournit le végétal.
- La théorie dualiste est donc fausse au point dé vue physiologique; il n’y a pas d’êtres vivants affectés exclusivement à la synthèse; d’autres, -au contraire, uniquement à Y analyse.
- Quelle différence existe-t-il donc entre les animaux et les végétaux?
- Les partisans de la théorie de la dualité vitale ont été obligés de reconnaître qu’animaux et végétaux étaient aussi bien les uns que les autres le siège de créations et de destructions, d’analyses et de synthèses organiques.
- Dès lors tombait toute différence entre les deux règnes. Mais les partisans de cette théorie, par un dernier effort, soutiennent aujourd’hui que cette différence entre les animaux et les végétaux ne réside plus que dans la forme de l'énergie qui provoque les phénomènes physico-chimiques dont ils sont le support.
- Là est, en effet, le point de départ de toute l’erreur de la doctrine dualiste, en même temps que
- l’origine des raisons spécieuses qu’ont pu faire valoir ses partisans.
- Les animaux comme les végétaux sont donc capables d’opérer des synthèses, c’est-à-dire d’accumuler des forces vives ; le fait n’est plus contesté par personne depuis les expériences de Claude Bernard. Il n’y aurait, dit-on, qu’une différence : c’est que les végétaux utilisent les radiations solaires pour opérer ces synthèses, tandis que les animaux utilisent la chaleur provenant des combustions dont ils sont le siège. Voilà à quoi se réduit aujourd’hui la différence entre les êtres vivants d’après les auteurs eux-mêmes de la théorie de la dualité de la vie.
- L’erreur de cette théorie vient tout entière de ce que ses partisans confondent le végétal avec la chlorophylle.
- Il est évident que la matière verte appelée chlorophylle se trouve surtout chez les végétaux, mais ce caractère n’est pas suffisant pour servir à distinguer les animaux des végétaux. D’-abord tous les végétaux n’ont pas de chlorophylle, témoin la vaste classe des champignons; secondement il existe des animaux pourvus de chlorophylle, tels sont le Stentor polymorphies, VEuglena viri-dis, etc.... Enfin un végétal qui pousse dans l’obscurité n’est pas pourvu de chlorophylle et il n’en est pas moins pour cela un végétal.
- Pour rester dans les faits on devrait donc dire simplement qu’il existe des êtres contenant de la chlorophylle qui leur donne le pouvoir d’utiliser la force vive émanée du soleil : ce serait le règne des êtres à chlorophylle; un second règne comprendrait les êtres qui n’en contiennent pas. Ces êtres tirent leur force d’une manière indirecte du soleil, c’est-à-dire qu’ils utilisent des combinaisons qui ont été formées sous l’influence de sa radiation.
- Ce système, qui serait rationnel, aurait néanmoins l’inconvénient de donner à penser que les phénomènes de la vie se. passent différemment dans ces deux règnes, tandis qu’il n’en est rien.
- Il vaut beaucoup mieux, comme l’a fait Claude Bernard, distinguer une. fonction chlorophyllienne, qui tient ou non à la présence dans le protoplasma de cette matière verte appelée chlorophylle. C’est exactement comme l’hématose chez les animaux supérieurs. Cette fonction est due chez eux à la présence dans leur sang d’une matière particulière : l’hémoglobine, qui a la propriété particulière de fixer de l’oxygène et de rendre de l’acide carbonique. C’est la matière rouge du sang. La chlorophylle ou matière verte jouit de propriétés inverses; elle absorbe de l’acide carbonique et rend de l’oxygène sous l’influence des rayons solaires.
- Lorsque un végétal ne contient pas de chlorophylle, ou plutôt lorsqu’on met la chlorophylle dans l’impossibilité d’agir, le végétal se comporte
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- exactement comme l’animal pour toutes les réactions auxquelles on peut le soumettre.
- Et d’abord on sait depuis longtemps que l’antagonisme respiratoire entre les animaux et les végétaux n’existe plus dans l’obscurité. A l’ombre, un végétal loin d’exhaler de l’oxygène en décomposant l’acide carbonique, se comporte exactement comme un animal; il absorbe de l’oxygène et exhale de .l’acide carbonique. Respiration végétale et respiration animale sont donc identiques dans l’obscurité. A l’abri de la lumière, végétal et animal sont deux appareils de combustion. Mais poursuivons plus loin ce parallèle entre les végétaux et les animaux et nous verrons que la ressemblance va jusqu’à l’identité.
- Ainsi que nous l’avons vu, végétaux et animaux sont le siège de deux ordres de phénomènes :
- i° Phénomènes de destruction ou de fonctionnement ;
- 2° Phénomènes de création ou de synthèse vitale.
- Commençons par les premiers. Les phénomènes de destruction sont identiques chez les végétaux et chez les animaux.
- Tous les phénomènes de destruction qui ont lieu chez les êtres vivants s'opèrent sous l'influence de ferments amorphes sécrétés par la cellule vivante.
- Prenons la digestion. Les aliments se classent ainsi :
- i° Aliments azotés;
- 2° Aliments amylacés ;
- 3° Aliments sucrés;
- 4° Aliments gras;
- 5° Aliments minéraux.
- Un aliment est toute substance qui disparaît dans le sang; pour cela les substances albuminoïdes (azotées) amylacées, grasses et sucrées doivent subir des transformations.
- Les substances azotées sont 'transformées en Peptones, c’est-à-dire albumine incoagulable par la chaleur et dyalisable par l’intermédiaire d’un ferment soluble, la Pepsine, que l’on isole et avec laquelle on opère des digestions artificielles.
- L’amidon, pour être digéré, doit être transformé en glycose, cette transformation se fait sous l’influence de la salive et du suc intestinal qui renferment un ferment soluble : la Diaslase.
- Les aliments gras doivent être émulsionnés et dédoublés en acides gras et glycérine.
- C’est un ferment soluble qui se charge de ce soin : la Pancréatine, ainsi que l’a démontré Bernard.
- Le sucre doit être à l’état de glycose pour disparaître dans le sang. Le sucre de canne ou saccharose n’est pas un aliment, il faut qu’il se dédouble en deux glycoses pour cela, c’est-à-dire qu’il s’intervertisse. Quel est l’agent de cet interversion ?
- un ferment : le ferment inversif qui se trouve dans le liquide intestinal.
- Voilà donc tous les phénomènes de la digestion qui ne peuvent s’accomplir que grâce à des ferments solubles qu’on peut isoler et faire agir en dehors de l’organisme comme des réactifs chimiques.
- Mais au lieu de considérer la destruction des éléments organiques venus du dehors, considérons la destruction de l’organisme lui-même lors de son fonctionnement.
- Comment la matière glycogène se transforme-t-elle en sucre dans le foie chez l’être vivant? Sous l’influence d’un ferment soluble : le ferment hcpa-thique, tout à fait analogue à la diastase salivaire que Bernard a pu isoler et qu’on peut doser facilement par un procédé très simple que j’ai fait connaître.
- Comment se détruit le muscle lorsqu’il fonctionne? Egalement sous l’influence d’un ferment amorphe, le ferment lactique que j’ai réussi à isoler.
- Mais les cellules elles-mêmes, comment se détruisent-elles? Toujours sous l’influence de ferments solubles analogues aux ferments de la digestion.
- Voici comment je l’ai prouvé !
- En saignant abondamment et à plusieurs reprises un animal, j’ai constaté en reprenant de son sang que ce liquide n’a plus du tout l’aspect du sang ordinaire. Il ne se coagule pas, il reste liquide et donne à peine quelques grumeaux. Ce fait avait été vu par Magendie déjà. Mais à quoi tient cela? Par une analyse successive j’ai constaté que ce sang ne contient plus ni albumine ni fibrine ordinaire, il est chargé de Peptones, c’est-à-dire de matières azotés semblables à celles qui proviennent de la digestion de la viande.
- Mais il y a plus, ce sang est chargé de ferments digestifs. Il contient de la Diastase, de la Pepsine, de la Pancréatine, du ferment inversif, etc., en quantités considérables, contrairement à ce qui a lieu à l’état ordinaire où l’on ne peut constater la présence d’aucun ferment. D’où viennent ces ferments? De l’appareil digestif sans doute? Non, car dans une autre expérience où je rends cette absorption impossible, le sang renferme des ferments en aussi grande quantité.
- Donc ces ferments ont été sécrétés par les cellules elles-mêmes sous l’influence de l’hémorrhagie.
- J’ai exagéré par cette perte de sang la production des ferments par les cellules de l’organisme, voilà tout. Ainsi par cette expérience il est démontré que chaque cellule, même chez un animal supérieur, peut sécréter les ferments nécessaires à la destruction de sa propre substance; puisque ces ferments sont susceptibles de détruire les matières
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- amylacées, sucrées, grasses et azotées en lesquelles se résume toute substance vivante, quelque compliquée qu’en soit la structure.
- (A suivre) Dr A. d’Arsonval.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur la transmission et l’enregistrement automatique des dépêches de télégraphie optique, par
- M. Martin de Brettes (<).
- « Dans une des dernières séances de l’Académie, M. Faye a présenté un Mémoire de M. Bridet, relatif à l’importance de l’établissement des communications optiques entre les îles Maurice et de la Réunion. M. Bridet annonce qu’il a résolu la question de l’expédition automatique des dépêches au moyen d’un petit appareil automoteur de son invention, dont il donne la description.
- « Sans vouloir diminuer en rien le mérite de l’idée et de l’invention dont il est question, je prendrai la liberté de faire remarquer à l’Académie que j’ai émis l’idée d’établir la télégraphie optique au moyen d’un alphabet Morse et décrit un moyen de transmettre automatiquement les dépêches optiques, il y a plus de trente ans, dans un ouvrage publié en i85i, sous le titre : Des artifices éclairants à la guerre et de la lumière électrique.
- Voici ce qu’on y lit :
- « Si l’on voulait obtenir des feux momentanés, « rien ne serait plus simple. Il suffirait d’inter-« rompre et de fermer le circuit alternativement; « et, comme on est maître de fixer la durée des « interruptions du courant, on pourrait, au moyen « d’une combinaison du nombre et de la durée des « feux, établir une série de signaux utiles pour une « correspondance télégraphique.... Celui qui les « recevra notera la durée des feux successifs, celle « de leurs interruptions, et n’aura ensuite qu’à tra-« duire la dépêche d’après la clef conventionnelle « adoptée.
- « ...Il (l’appareil de transmission automatique)
- « consisterait en une roue en cuivre pouvant tour-« ner sur son axe ; sur sa circonférence on enrou-« lerait une bande de papier, qui présenterait, dans « le sens de la longueur une série de rectangles « découpés. Ces rectangles auraient des longueurs « proportionnelles aux durées des feux successifs, « et les intervalles seraient en rapport avec les in-« terruptions de lumière. Une des extrémités du
- (’) Note présentée à l’Académie des sciences, dans la séance du 17 octobre 1R82.
- « circuit électrique s’appuierait sur la roue en cui-« vre, et l’autre sur le papier, de manière à pou-« voir venir toucher le cuivre suivant la longueur
- « des rectangles découpés..... Si l’on donne à la
- « roue un mouvement de rotation uniforme, les « lumières successives et leurs interruptions au-« ront des durées respectivement proportionnelles « aux longueurs des rectangles et de leurs interet valles. »
- « La bande de papier, au lieu d’avoir une longueur limitée à celle de la circonférence de la roue en cuivre ou à celle des spires qu’on pourrait déterminer sur sa partie cylindrique, pourrait avoir une longueur quelconque, si on la faisait passer entre la roue et l’extrémité du conducteur avec une vitesse uniforme, au moyen d’un laminoir comme dans le télégraphe Morse.
- « Les éclairs et les éclipses sont employés simultanément, avec cet appareil de transmission, pour la composition des dépêches. Si l’on se bornait à les composer avec des éclipses, il suffirait de découper avec l’emporte-pièce des rectangles égaux dans le papier et espacés en raison des durées composant les lettres. Le percement du papier se ferait alors très rapidement.
- « M. Bridet se propose aussi d’enregistrer automatiquement les dépêches optiques au moyen de la photographie, en recevant les impressions lumineuses sur une bande de papier préparée au gélatinobromure d’argent, qui se déroulerait uniformément en passant au foyer de la lunette réceptrice.
- « Je ne sais à quelle époque remonte cette idée de M. Bridet, mais il y a longtemps que je l’ai eue quand elle était une utopie, avant que les perfectionnements des appareils projecteurs du colonel Mangin et la sensibilité actuelle des papiers photographiques eussent permis de la réaliser. Je nie bornerai seulement à dire que j’ai développé l’idée de la photographie des dépêches optiques, et ses avantages à M. le capitaine d’artillerie Leclère, membre de la commission de la télégraphie optique, longtemps avant son départ pour la Tunisie, où il est depuis quinze mois.
- « Je terminerai en disant que, dans une séance de l’Académie, il y a six mois environ, j’ai fait part àM. le comte du Moncel de l’idée dont je m’occupais alors, d’enregistrer des dépêches optiques, non plus seulement par la photographie des éclairs, mais en toutes lettres avec les caractères en usage dans l'imprimerie. »
- « Des occupations diverses m’ont fait abandon ner temporairement ce problème; mais j’espère avoir l’honneur d’en apporter prochainement à l’Académie la solution, qui est basée sur les merveilleuses propriétés électriques du sélénium. »
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- Horloges électriques de M. Spellier.
- Nous avons déjà signalé une première disposition des horloges électriques de M. Spellier, dans le numéro du 19 février 1881, p. 15g, et nous croyons devoir compléter cette note en résumant, d’après le « Journal ofthe Franklin Institule » du mois
- FIG. ], — PENDULE INTERRUPTEUR : VUE DE FACE .
- d’août dernier la description intéressante qu’il donne des derniers perfectionnements apportés à ces horloges.
- Dans ses nouveaux arrangements, M. Spellier a perfectionné principalement l’échappement et le pendule interrupteur de l’horloge.
- Echappement, — L’échappement de M. Spellier,
- déjà décrit et discuté dans ce journal ('), se •compose (fig. 3 et 4) d’une roue crénelée en fer B, 'd’une roue d’éçhappement A, calée sur le môme axe, de deux électro-aimants C C, et d’un levier D, mobile autour de d', chargé d’un poids F et muni d’un galet E. Quand le courant ne passe pas, le levier occupe la position indiquée par la
- TENDULE INTERRUPTEUR : VUE DE COTÉ
- fig. 3; quand le courant traverse les électros, les saillies de la roue armature B sont attirées par les
- () Voir année 1880, page 3g8, et 1881, page iSg. Consulter aussi les documents suivants publiés par La Lumière Électrique sur les horloges mues par l’électricité : Description des compteurs Mildé, année 1881, page 284 (ior volume), des horloges Bizot, année 1881 (3° volume), page 386, Napoli id. page 3S7. Thomas, 1880, page 397, des inlcrrup-I leurs Madclaine, année 1880, page 3i2, 1881, page 190, tor
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- pôles G, jusqu’à occuper la position indiquée fig. 4, en remontant le galet E au sommet d’une, dent de l’échappement ; lorsque l’on interrompt le-courant, le galet E repousse sa dent vers la droite et ramène l’appareil dans la position de la fig. 3. Cette disposition supprime presque totalement les chocs des échappements électriques ordinaires, et il est impossible que l’échappement avance de plus d’un cran à chaque interruption de courant.
- FIG. 3 ET 4. — ÉCHAPPEMENT
- Interrupteur de l'horloge électrique principale ou motrice {fig. 3 et 4). — La tige N du pendule principal porte un pendule auxiliaire u, à poids variable X, pivotant, autour de u', entre deux vis Y et V' ; la vis V' est isolée, l’autre est reliée à l’un des fils s' du circuit; le second fil s, est relié au pendule u par T pi ; les deux fils aboutissent, par les ressorts de suspension S, S' et la pièce d’ébonite e,
- PLAN DU CIRCUIT
- aux lames R, IV et aux bornes z, z'. Quand le pendule N est dans la position indiquée par la lig. 1, et appuie sur V, le courant passe dans les aimants G des échappements (lig. 3 et 4), ainsi que l’indique la fig. 5 ; dès que le pendule penche à gauche, le courant est interrompu par la chute de
- volume. Fenon et Garnier, année 1881 (icr volume), page 287. Réglages des horloges. Ulbricht, année 1880, page 422 et 447. Remises à l’heure. Fenon et Garnier, année 1880, page 262. Unification de l’heure à Paris, années 1879, P«g'e 3<) ; 1880, pages 39, 221, 27a; 1881 (20 volume), page 90; dans les villes. Années 1880, pages 121, 141, 161, 208, 3i5; systèmes Trescaet Rédier, année 1880, page 498; Questions générales, années 1880, page 468 ; 1881 (20 volume), page 337 (3° volume), page 78.
- u sur v'. Cet interrupteur, extrêmement sensible, agit, sans choc — car on peut limiter à presque rien la distance entre les pointes V et V' — sûrement — car on peut, en modifiant le poids X, assurer au contact toute la pression désirable, et sans gêner le mouvement du pendule N. D’autre part, la puissance du rappel de l’échappement est indépendante de la force des.électro-aimants, elle provient en effet de l’impulsion invariable d’un levier L, (fig. 1 et 2) que le levier I soulève, toujours à la même hauteur, à chaque montée du galet d’échappement E, et laisse ensuite tomber sur le pendule N, doucement, en suivant, à chaque interruption de courant, la descente de ce même galet sur sa dent.
- Interrupteur des horloges motrices ordinaires. — Lorsqu’on veut interrompre les courants des échappements par une horloge ordinaire, M. Spel-lier propose de fixer, sur l’axe de la roue d’échappement de cette horloge, un disque B, représenté à gauche de la fig. r-, garni de clous de platine, et d’un second disque de platine C ; les pôles du circuit aboutissent, par des ressorts platinés b et b' aux clous et à la roue C, de sorte que le courant se trouve interrompu à chaque passage d’un clou : on peut régler la durée du courant en faisant pénétrer plus ou moins b' entre les clous : cet interrupteur marche sans choc et très sûrement, lé'" frottement des balais b et b' enlève toute poussière.
- Dans les horloges construites par M. Spellier, le courant est interrompu toutes les quatre secondes, et si la durée du courant est de deux secondes, l’aiguille des secondes marche comme celle d’une horloge à pendule battant à deux secondes. Les roues d’échappement sont en caoutchouc durci, très léger ; la marche de ces horloges est silencieuse.
- Le « Committee of science and arts » de l’institut de Franklin a proposé de décerner, aux horloges de M. Spellier, la médaille d’or de Elliot Cresson.
- Méthode thermoscopîque pour la détermination de l’ohm, par M. G. Lippmann (q.
- « On se rappelle que M. Joule (2) a employé une méthode calorimétrique pour la détermination de l’ohm. La méthode que nous allons décrire ne diffère de celle de cet éminent physicien qu’en ce qu’elle n’exige pas que l’on mesure des quantités de chaleur, ni que l’on connaisse l’équivalent mécanique de la chaleur E. Ce dernier point n’est pas sans intérêt ; car, dans la méthode, calorimétrique de M. Joule, l’approximation finale est limitée par l’incertitude qui existe actuellement sur la valeur
- (J) Note présentée à l’Académie des Sciences dans la séance du 9 octobre 1882.
- (3) Reports of lhe Committee, etc., p. 17S-190; Londres,
- lt»73.
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- exacte du nombre E, c’est-à-dire que l’erreur possible est voisine de
- « Le fil dont on veut connaître la résistance électrique r est placé au milieu d’un vase disposé comme un calorimètre au milieu d’une enceinte à température constante. On fait passer dans ce fil un courant électrique dont on mesure l’intensité i. On attend que, grâce à la chaleur dégagée par le courant, le vase ait atteint une température stationnaire ; on constate à loisir qu’il en est ainsi, en se servant d’un thermomètre, ou plutôt d’un ther-moscope sensible, plongé dans le vase. Cela fait, on interrompt le courant ; puis on met en mouvement un moteur qui produit un frottement au sein du vase qui contient déjà le fil métallique. La chaleur dégagée par le frottement se substitue à celle qui était tout à l’heure dégagée par le courant électrique. On fait -en sorte que la température stationnaire'reprenne la même valeur; que précédemment. On a dès lors ri2=T, T étant le travail dépensé : d’où la valeur de r. Il est à peine nécessaire d’ajouter que l’appareil à frottement doit se trouver établi à poste fixe dans le vase qui le contient, lors môme qu’il ne fonctionne pas encore, et qu’il doit être muni d’un des dispositifs connus, qui permettent de mesurer T ; il est plus commode aussi, dans la pratiqua, de commencer par l’expérience de frottement, et de régler ensuite l’intensité i de manière à retrouver la même température stationnaire. Enfin il pourra être avantageux, pour les appareils de grande capacité, de remplacer l’observation de la température stationnaire par celle de la vitesse d’échauffement.
- « Sous la forme que M. Joule avait été conduit à lui donner en 1867, la méthode calorimétrique du physicien anglais repose également sur la mesure de i et sur la mesure d’un travail mécanique, à savoir du travail que l’on produit lors de la détermination de E ; et, de plus, elle implique deux mesures calorimétriques, destinées à s’éliminer mutuellement du résultat final : à savoir, la mesure calorimétrique qui accompagne la détermination de E et celle qui accompagne le passage du courant , électrique ; ces déterminations intermédiaires apportent leurs causes d’erreur et leurs corrections, dues aux imperfections des calorimètres qui servent à les faire. Nous nous en dispensons, en ayant soin de dépenser le travail T et l’énergie électrique ri2 dans un même vase caloriscopique. La quantité de chaleur dégagée dans ce vase devient inutile à.connaître, comme l’est le poids de la tare dans une double pesée ; et l’avantage obtenu paraît analogue à celui qu’il y aurait à remplacer deux pesées simples successives, faites avec des balances différentes et des poids différents, par une double pesée de Borda. »
- FAITS DIVERS
- Le comité central de l’Exposition Internationale d’Electri-cité clc Vienne, qui doit avoir lieu en i883, vient d’adresser des invitations aux exposants pour l’envoi des objets qui doivent ligurer à cette exposition. Le ministre du commerce d’Autriche-Hongrie a mis à la disposition du comité, pour l’Exposition Internationale d’Electricité, la Rotonde ainsi que les annexes de l’Exposition Universelle de 1873. Les objets admis sont répartis en quinze classes. L’Exposition Internationale cFElcctricité de Vienne durera du îc août au 3i octobre i883.
- Éclairage électrique
- A Bordeaux, à l’occasion de la récente visite du ministre du commerce, l’IIOtel-dc-Ville a etc illuminé avec vingt-cinq lampes Siemens.
- À Troyes, les ateliers Jacolliot viennent d’étre éclairés à la lumière électrique.
- A llam, dans le département de la Somme, la fabrique de sucre de M. Bernot et les jardins de son habitation sont depuis quelque temps éclairés à la lumière électrique.
- A l’occasion des grandes fêtes annuelles, organisées à Londres le 9 novembre pour l’installation du nouveau Lord-Maire de la métropole Guildhall, le vieil hôtel de la cité a été brillamment illuminé par l’électricité.
- A Bristol, la Great Western Electric Light and Power Company vient d’installer quatre foyers à arc Brush dans les magasins Jones et C° Wine-Street. Chacun . de ces foyers donne une lumière d’une puissance de trois mille candies. Dans la même ville, une lampe ù arc est disposée à l’extérieur de la grande cordonnerie du XIXe siècle, et dans le nouveau magasin Budgett, dans Bridewell Street» on voit des lampes à incandescence Lane Fox.
- A Ilarrowgatc, dans le comté d’York (Angleterre), localité assez fréquentée à cause de ses bains d’eaux sulfureuses minérales, les conseillers municipaux viennent de décider qu’une licence serait obtenue pour fournir l’électricité necessaire à l’éclairage public.
- . A Ilanley, dans le comté de Stafford, le conseil de la ville examine plusieurs notifications qui lui ont été adressées par des Compagnies d’éclairage électrique.
- A Walsall (comté de Stafford), les autorités étudient en ce moment la question de l’éclairage des rues et des places de l’endroit pour l’électricité. * *
- La grande poste aux lettres de Glasgow, en Ecosse, va être éclairée au moyen de l’électricité dans toutes ses parties.
- A Dundee (Ecosse), la Brush Electric Light and Power Company vient de passer un contrat avec les commissaire de la police de cette ville pour éclairer à l’aide de l’clectri cité Commercial Street.
- La célèbre cathédrale de Cantorbcry, dans le comté de Kcut, va être éclairée, à titre d’essai, à la lumière électrique.
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- Cet éclairage aura lieu dans le chœur. Les installations sont faites pour une durée de trois mois par la South Eastern Brush Electric Liglit Company.
- Bans la ville d’Aberdeen, en Ecosse, l'Aberdeen Market Company a illuminé à la lumière électrique ses magasins Duncan dans Union Street. Le public a été invité à content' plcr une grande exhibition de poissons, volailles et divers comestibles étalés sous des lampes électriques.
- A Beggendorf, près de Ratisbonne, en Bavière, Je quai du Danube, la station des charbons de Bohème sont depuis quelques jours éclairés avec des lampes Schuckert.
- Le grand paquebot à vapeur transatlantique espagnol CrisLobal Coton, du port de Barcelone, est maintenant éclairé à l'aide de huit foyers à arc voltaïque.
- A Shang-Haï, à l’une des embouchures du fleuve Bleu, leslnstallations d'éclairage électrique dont nous avons déjà parlé, et qui ont été faites par la Shang-Haï Electric Company ont reçu une nouvelle extension. Le bas quai des marchands est éclairé par l'électricité, de manière à permettre le chargement et le déchargement des navires à toute heure de la nuit. Des lampes électriques servent dans le même port à l'éclairage du grand hôtel Astor et on en a placé dans divers bâtiments et habitations.
- A Saint-Pétersbourg, les travaux d'installation de l'éclairage électrique de la perspective Newsky sont poussés activement. On pose le câble électrique sur toute la longueur du tronçon de la perspective qui sera éclairé à l'électricité. Le nombre des foyers sera de trente, à des distances de cent vingt à cent cinquante pas les uns des autres, de sorte que chaque foyer remplacera quatre becs de gaz. Les foyers seront placés assez haut, sur d'élégants candélabres en fonte. Presque tous ces candélabres sont déjà en place. Le câble souterrain est posé à 35 centimètres de profondeur et longe les trottoirs.
- Une grande exhibition de lumière électrique a lieu en ce moment à la foire des New England manufacturer et de la Mechanics Institute qui se tient à Boston (Amérique). Presque toute l'illumination de l'édifice est fournie par trois Compagnies d'éclairage électrique qui exposent. La Compagnie Edison a environ 870 lampes à incandescence, la plupart de 16 candies, quelques-unes de 32 candies. La New England Weston Company a environ 100 lampes à arc de 2,000 candies et environ i5o lampes à incandescence Maxim de 24 candies. L'American Electric Company de New Brittain (Connecticut) a 55 lampes à arc Thomson-Houston, de 2,000 candies.
- A Pittsbourg, en Pensylvanie, le théâtre de l'Opéra vient d'être éclairé par l'électricité.
- A Melbourne (Australie), l’Australian Electric Light Company installe un éclairage électrique, système Brush, sur l’Eastern Market.
- Le paquebot à vapeur Piigrint, de la Fall River Line, va être pourvu de 770 lampes Edison.
- La New-York Herald emploie depuis quelque temps dans ses bureaux et ateliers, la lumière électrique Edison.
- A Toronto (Canada) se font des préparatifs pour l'installation de foyers électriques destinés à l’éclairage des bâtiments de l'Exposition.
- A Melbourne (Australie), la gare de chemin de fer doit être éclairée au moyen de l'électricité par les soins de l'Australasian Electric Light Power and Storage Company. Cette Compagnie a reçu également des ordres pour l’éclairage de la capitale de l'Australie occidentale; elle vient d’expédier de Londres des machines dynamo à Melbourne , à Sydney et dans la Nouvelle-Zélande.
- Télégraphie et Téléphonie
- Les lignes du télégraphe algérien sont poussées jusqu'en plein Sahara. Ou les pose en ce moment au delà de La-ghouat, à travers le pays rocheux coupé par de profonds ravins qui se trouve au sud de nos possessions algériennes, entre Laghouat et Ouargia, et qui est connu sous le nom de Confédération du Mzab. La nouvelle communication télégraphique achevée de Laghouat à Ghardaïa, ville principale du Mzab, et qui compte environ 20,000 habitants, doit aller jusqu'à Ouargia. Les travaux viennent d’être inspectés par le général de la Tour-d’Auvergne, commandant la subdivision de Médéa, qui s'est rendu au Mzab avec une colonne de 12 à i,5oo hommes. Cette ligne télégraphique de Laghouat à Ouargia avait été votée il y a deux ans par la commission supérieure des communications transsahariennes.
- Dans sa dernière réunion, le Conseil d'administration de la Compagnie du Canal de Suez a approuvé l'accord intervenu entre la Compagnie du Canal de Suez et l'Eastcrn Tc-legrali Company pour l'installation d'un fil télégraphique reliant le câble des Indes au câble de la Méditerranée, de telle sorte qu’il y ait communication directe télégraphique entre l'Europe et les ports d’Orient. Le gouvernement égyptien a approuvé cet accord.
- L'Eastern Telegrah Company vient de terminer la pose d'un câble sous-marin confectionné pour le gouvernement italien par la Telegrah Construction and Maintenance Company. Ce câble relie entre elles les deux plus grandes îles de l'archipel des Lipari, dans la mer Tyrrhénienne, à 45 kilomètres do la côte nord de la Sicile.
- On écrit de Toronto (Canada) que la Compagnie télégraphique Northwestern sc propose d'immerger, un câble électrique dans le lac supérieur pour mettre en communication Fort William, Manitoba, avec Ontario.
- En Russie, la ligne télégraphique de Perovsk à Kazalinsk (Turkcstan) vient d'être achevée, et un bureau télégraphique a été ouvert pour la correspondance particulière à Kazalinsk.
- Dans l'intérieur de la province de Tripoli vont être ouvertes deux stations téléphoniques. L'établissement des autres lignes dans le même vilayet est activement poussé vers la frontière de Fezzau.
- Le Gérant : A. Glènard.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — HjüSo
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- Lu mière
- Journal universel
- Electrique
- cï Électricité
- *• ANNÉE (TOME VII)
- 51, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONGEL Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- SAMEDI 2 DÉCEMBRE 1882
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- N» 48
- SOMMAIRE
- Nouveaux appareils téléphoniques(2° article); Th. du Mon-cel. — Résultat des expériences faites sur les bougies électriques à l’Exposition d’Electricité, par MM. Allard, Joubert, F. Le Blanc, Potier et H. Tresca. — Eclairage électrique au bureau télégraphique et à la station de Bruxelles (Nord): rapport de M. Dumont; Frauk Geraldy. Les aurores polaires (70 article); Alfred Angot. — La navigation électrique; Aug. Guerout. —Télégraphe multiple; abbé Laborde. — Les sciences physiques eu biologie : L’électricité(i5° article); Dr A. d’Arsonval. — Sur les moteurs électriques; Marcel Deprez. — Revue des travaux récents en électricité : Sur l’élccfrisation de l’arc, par M. Mascart. — Recherches sur l’clectricité des flammes, par MM. Julien Elster et Geitel. — Creuset électrique du Dr C.-W. Siemens. — Faits divers.
- NOUVEAUX
- APPAREILS TÉLÉPHONIQUES
- 2e article (Voir le n° du 25 novembre 1882).
- Téléphone de M. Kotyra. —Dès l’origine, M. G. Bell avait constaté que les téléphones dans lesquels l’aimant agissait sur le diaphragme vibrant par ses deux pôles à la fois donnaient des sons beaucoup plus intenses, et le modèle dit modèle carré avait toujours été considéré comme le superlatif du genre. Seulement, comme ces appareils n’étaient pas portatifs et qu’ils étaient beaucoup plus chers que. les autres, ils se sont moins répandus que les petits modèles ordinaires à aimant droit. Cependant MM. Phelps, Gray, Siemens, Gower, Ader, cherchèrent à rendre portatifs les téléphones à aimants en fer à cheval et créèrent les modèles que nous connaissons et qui ont donné de bons résultats. Toutefois, la fabrication, des aimants en fer à cheval étant forcément dispendieuse et leur ajustement difficile, en raison de la déformation de ces pièces à la trempe, leur prix resta toujours relativement élevé, et il était à désirer qu’on pût trouver un moyen de rendre la construction de ces systèmes téléphoniques assez sim
- pie pour qu’on pût les livrer au prix des téléphones à aimants droits. C’est ce problème qu’a réalisé, dans de très bonnes conditions, M. Kotyra.
- Dans ce système, l’aimant en fer à cheval est constitué par une réunion de petites lames minces d’acier trempé, de différentes longueurs, découpées sur une même barre et réunies de manière à constituer un électro-aimant en fer à cheval. Cette fabrication était facile, car en admettant que deux de ces lames plus longues que les autres et superposées en faisceau, comme on le voit en AA, figure i ci-dessous, fussent considérées comme représentant la culasse de l’électro-aimant, il suffisait pour en former les branches et les extrémités polaires, de superposer aux deux extrémités, d’abord une petite lame d’acier ou de fer très courte sur laquelle on adaptait une autre lame d’acier N, S un peu moins longue que la moitié de celles de la culasse. Aux extrémités de celles-ci et placés à quelques millimètres l’un de l’autre, étaient rivés les deux noyaux de fer formant l’épanouissement des pôles de l’aimant, et deux bobines B, B' placées sur ces noyaux, complétaient le système électro-magnétique dans lequel aucune pièce n’avait besoin d’être forgée, et qui étant aimanté lame par lame, poûvait fournir une aimantation plus énergique et plus durable que les systèmes avec aimant massif d’un seul morceau. Le reste du système pouvait être d’ailleurs construit comme dans le système Bell ordinaire et avoir toutes les formes extérieures possibles.
- M. Kotyra a aussi simplifié le mode de montage des postes en renfermant dans la boîte même du transmetteur téléphonique, le commutateur destiné à mettre la ligne en rapport avec la sonnerie d’appel ou le téléphone.
- Ce système téléphonique peut naturellement fonctionner avec ou sans pile, mais jusqu’ici M. Kotyra a préféré prendre pour transmetteur un téléphone de son système auquel il donne des dimensions plus grandes et qu’il dispose de-manière à se présenter à la voix sous un certain angle, comme dans les transmetteurs à pupitre qui sont aujourd’hui les plus répandus. L’appareil se présente alors comme on le voit figure 2, et les récep-
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- teurs téléphoniques sont pendus à des crochets sortant de la boîte circulaire du téléphone transmetteur et agissant sur le commutateur d’une manière analogue aux autres systèmes. Les manches circulaires que l’on aperçoit à la partie postérieure des téléphones sont en bois et n’ont rien de commun avec les manches des téléphones Ader qui sont constitués par les aimants eux-mêmes de l’appareil.
- Les téléphones de M. Kotyra ont été essayés avec succès sur la ligne du Nord. On a pu correspondre de Paris à Oeil, et il paraît que le petit modèle peut être appliqué sur des lignes de six kilomètres. L’auteur en a, du reste, modifié un peu la disposition pour les construire dans de très petites dimensions sans leur rien faire perdre de leur force. D’un autre côté, il en a construit un modèle plus puissant pouvant impressionner les deux oreilles à la fois. Nous reviendrons sur ces perlée-
- FIG. I
- tionilements'quand les droits de l’inventeur seront entièrement sauvegardés.
- Parleur microphonique de M. D'Argy. •— Ce transmetteur est fondé sur le même principe que celui de M. Bourseul dont il n’est, du reste, qu’un perfectionnement.
- L’appareil Bourseul consiste, comme on le sait, dans deux planchettes de bois montées parallèlement l’une devant l’autre sur deux dés en caoutchouc, et qui sont réunies par deux petits cylindres de charbon enveloppés par un tube de caoutchouc.
- Au point de contact des deux charbons se trouve introduite une certaine quantité de poudre de coke ou de poussière médiocrement conductrice qui se trouve maintenue en place par le tube de caoutchouc, et celui-ci a en même temps pour fonction de serrer l’une contre l’autre les deux extrémités des charbons.
- M. D’Argy a modifié cet appareil de la manière suivante : les deux cylindres de charbon avec la poudre de charbon qui se trouve interposée entre eux et l’enveloppe de caoutchouc, forment un même cylindre d’un diamètre de i centimètre environ, qui n’est fixé au diaphragme vibrant que par une seule de ses extrémités, et ce diaphragme est constitué par une mince planchette de sapin formant le couvercle d’une sorte de boîte plate à fond développé qui est suspendue verticalement par deux petites lanières en cuir. Cette boîte n’appuie d’ailleurs contre le mur que par l’intermédiaire de 4 petits morceaux de drap épais collés aux 4 coins de la boîte. L’extrémité du cylindre de charbon affleure extérieurement la surface de la planchette de sapin, et le tout est verni et fixé de manière à éviter toute espèce de réglage. (
- M. D’Argy n’emploie aucune bobine d’induction
- FIG. 2
- et, s’il faut l’en croire, il obtient une reproduction très nette de la parole, sans aucun crachement, sous l’influence d’un seul petit élément Leclanché, et en n’employant comme récepteurs que des téléphones communs à i5 francs la paire. « A 6 mètres dit-il, l’air d’une petite boîte à musique se perçoit sans perte .d’une seule note. » Mais il n’indique pas à quelle distance on peut transmettre avec ces sortes d’appareils.
- Systèmes téléphoniques de M. Boué-Montagnac. — M. Boué-Montagnac s’occupe depuis 4 ans à perfectionner le téléphone, et il a entrepris de nombreuses expériences qui l’ont conduit à poser pour la téléphonie des principes nouveaux sur lesquels il a ^ondé plusieurs systèmes d’appareils.
- D’abord*, pour les transmetteursmicrophoniques, il a reconnu que loin de devoir être impressionnés à un même degré, comme on l’admet généralement, les contacts semi-conducteurs des transmetteurs à charbons multiples doivent être susceptibles d’être
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- impressionnés à un degré différent. En conséquence,- il les constitué avec des baguettes de charbon d’un diamètre progressivement décroissant, prétendant que, par cette disposition, si l’impression sonore n’est pas assez puissante pour influencer les plus grosses, elle le sera toujours assez pour.agir sur les plus petites. D’un autre côté pour obtenir une obéissance plus grande de ces organes et augmenter en même temps leur sensibilité et leur sûreté, il les dispose de manière à n’ètre mobiles que d’un seul côté ; de sorte que l’une de leurs extrémités est soutenue par le cadre de l’appareil, et c’est par l’autre extrémité seulement qu’ils sont mis en rapport, par une barre de graphite sur laquelle ils appuient tous, avec la membrane vibrante qui est constituée par une lame de liège.
- Les points d’appui fixes des barrettes sur le cadre sont constitués par de petits dés de graphite isolés les uns des autres et communiquant chacun séparément avec une pile spéciale. La traverse de graphite du haut, fixée à la membrane vibrante, est d’ailleurs soutenue du côté opposé à la membrane par un ressort très faible, qui lui amène le courant et qui forme lui-mème contact microphonique par suite de la pression plus ou moins grande que produisent entre ce ressort et la traverse, les vibrations de la planchette. Le tout est maintenu dans une position inclinée, comme dans les systèmes Ader, Gower-Bell, etc.
- Il paraît que les essais comparatifs faits par M. Boué-Montagnac ont montré la grande supériorité de ce système, comme sensibilité.
- Le récepteur téléphonique de M. Boué-Montagnac est un peu plus compliqué, car il le dispose : i° de manière à faire agir plusieurs courants induits sur une seule membrane; 20 de. manière à substituer aux aimants des électro-aimants dont il peut, de cette manière, régler la force; 3° de manière à faire de sa plaque vibrante un condensateur à lame d’air, qu’il met en rapport avec le courant induit.
- Pour réaliser çette disposition, il emploie deux diaphragmes métalliques fixés l’un au-dessus de l’autre, et séparés par une feuille de papier, et il les maintient au moyen de lanières en caoutchouc. Ces diaphragmes, dont l’un est en fer, l’autre en zinc, sont mis en rapport avec le circuit de ligne avant sa jonction avec les bobines électro-magnétiques. L’appareil, au lieu d’être circulaire est oblong, pour permettre de loger dans la boite, au-dessous des diaphragmes, un électro-aimant à trois pôles, recouvert de deux hélices superposées. L’une de ces hélices reçoit le courant djpne pile locale pour aimanter d’une manière continue l’électro-aimant, l’autre est reliée à la ligne et par elle à la lame' zinc du condensateur, constitué par les deux diaphragmes. Dans ces conditions, il paraîtrait, d’après l’auteur, que non-seulement on enten-
- drait beaucoup mieux qu’avec les téléphones ordinaires, mais que l’adjonction du condensateur au système électro-magnétique renforcerait les sons dans une grande proportion.
- « Avec un fil de trois kilomètres de longueur, du n° 44 (24000 ohms de résistance environ), dit-il, le courant de mon transmetteur, allant directement aux bobines du récepteur sans jonction avec les plaques du condensateur, me fait à peine entendre la parole, tandis que quand la liaison est effectuée, je l’entends parfaitement bien. Avec un fil du n° 16, de 265 mètres de longueur, j’entends aussi bien la parole, que les bobines soient reliées ou non aux plaques du condensateur, ce qui me fait croire que, pour les grandes distances, l’adjonction du condensateur peut être très avantageuse pour la reproduction de la parole. »
- Il est à regretter que des expériences sur des lignes téléphoniques n’aient pas encore été faites pour constater d’une manière certaine les avantages de ce système.
- Il est, du reste, une foule de résultats téléphoniques qu’on découvre tous les jours et qui, étant bien compris, pourraient donner lieu à quelques progrès dans la science téléphonique. Ainsi, M. Chabirand nous écrit que l’on pourrait employer avec avantage, comme organes microphoniques, les’ grandes glaces d’appartement. Il suffirait d'installer sous la boiserie du çadre et sur le bord de la glace, de petits contacts de charbon pour résoudre le problème. Dans ces conditions, on pourrait entendre tout ce qui serait dit dans un salon ou une chambre, et on pourrait rendre l’appartement plus discret, en adaptant sur le trajet des fils un interrupteur du circuit qui empêcherait toute correspondance quand la cheville de l’interrupteur serait retirée. Il est certain qu’on ne peut prévoir jusqu’où ira la possibilité de la transmission' téléphonique des sons, et de plus en plus on arrive à se demander comment un système télégraphique si simple n’a pas été découvert plus tôt, puisque tant d’éléments simples concourent à le produire.
- Th. du Moncel.
- (') M. Chabirand nous fait aussi remarquer dans sa lettre, que nous avons commis une erreur dans la description que nous avons donnée dans notre numéro du 3o septembre, p. 335, du système téléphonique de M. Main : ;; Dans le résumé publié dans La Lumière Électrique, dit-il, vous considérez à tort les transmetteurs téléphoniques comme étant des boîtes ouvertes. Ils sont, au contraire, renfermés dans des caisses verticales fermées de peu de profondeur, dont la planche intérieure forme le diaphragme vibrant, et qui peu-vent servir de dispositif de poste téléphonique, car elles portent les crochets des téléphones récepteurs et la sonnerie d’appel avec son interrupteur. En mettant à l’oreille un des téléphones pendant qu’on presse le bouton de la sonnerie, on peut entendre' la sonnerie de l’autre porte et s’assurer ainsi que la correspondance peut être établie. »
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- ,53o
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- RÉSULTATS DES EXPÉRIENCES FAITES Th ' • •
- SUR
- LES BOUGIES ÉLECTRIQUES
- i
- , A L EXPOSITION D ELECTRICITE
- ; PAR MM. ALLARD, JOUBERT, K. LE BLANC, POTIER ET II. TRESCA
- , « Depuis les premiers essais de M. Jablochkoff, on a désigné sous le nom de bougies les appareils d’éclairage électrique dont les charbons restent constamment placés à la même distance l’un de l’autre, et qui, pour que ce résultat puisse être réalisé, se consument d’une manière, identique, sous l’influence d’un courant alternatif.
- : '« Les bougies Jablochkoff sont, comme on le sait, formées de deux charbons maintenus parallèr lement, et à une petite distance l’un de l’autre, par une sorte de cloison en plâtre qui se détruit au fur ét à mesure de l’usé même de ces charbons. t<: « Les bougies Debrun peuvent aussi brûler dans une situation verticale inverse, et les bougies Ja-min se consument toujours par leur extrémité inférieure, ce qui donne à l’intensité de leurs feux une plus grande efficacité, sous le rapport de l’intensité de l’éclairage, au-dessous de l’appareil disséminé.
- « XVII. Machine Debrun, alimentant sept bougies Debrun. — La machine de M. Debrun n’est autre que celle de Gramme, telle qu’elle est construite pour alimenter huit bougies Jablochkoff, mais avec excitatrice montée sur le même arbre; fil fin de imm,4. Elle était disposée pour alimenter deux courants, dont l’un fonctionnait seul dans l’expérience; c’était là évidemment une cause d’infériorité dont il ne nous a pas été possible de tenir compte, mais qui est d’ailleurs tout entière du fait de M. Debrun. Elle explique l’impossibilité dans laquelle nous nous sommes trolivés d’indiquer un rendement mécanique, même approximatif.
- « Les expériences ont été faites sur sept bougies entretenues par la même machine ; le fonctionnement n’a pas été très régulier, et c’est à cette circonstance qu’il faut attribuer l’absence de quelques-unes des données fondamentales, au point de vue 'électrique. La force électro-motrice a varié dans •une très grande proportion, de 40 à 60 volts, et les calculs auraient dû être faits avec un potentiel Mioÿen qui laisse certainement à désirer sous le .rapport de l’exactitude. Plusieurs déterminations photométriques ont été obtenues sur la lampe retournée, c’est à-dire avec charbons brûlant par leur extrémité inférieure ; elles n’ont indiqué qu’une intensité horizontale de 23,g carcels, avec réduction aux trois quarts de sa valeur primitive.
- « Machine Gramme, alimentant vingt bougies Jablochkoff. — La machine Gramme employée dans cette expérience était construite pour courants alternatifs et divisée en quatre circuits, sur chacun desquels on a pl^cé cinq bougies Jablochkoff.
- « Le travail moteur qu’elle a dépensé a été mesuré à deux reprises avec des résultats absolument identiques; on a quelquefois superposé vingt tracés à l’indicateur sans y pouvoir distinguer le moindre dédoublement des traits du crayon.
- « Les mesures du travail ont été très variées.
- Machine complète, alimentant vingt bougies.
- Travail total dépensé en chevaux............ 16,22
- Transmission seule. ........•............... 2,33
- Travail moteur effectif pour vingt bougies .... 12,89
- Travail moteur effectif pour seize bougies. 1.3,69
- — 2,33—.................................... ii,36
- Machine fonctionnant à circuit ouvert....... 1,711
- Machine à lumière, à circuit ouvert, et machine
- excitatrice, à circuit fermé, déduction faite du
- travail de la transmission................... 3,o0
- Travail dépensé par la machine excitatrice seule. 1,2!!
- « On doit faire remarquer que, dans les circonstances principales, le travail moteur a varié proportionnellement au nombre des bougies, dont l’intensité individuelle était en même temps restée la même.
- « Les déterminations photométriques, très nombreuses et très concordantes, ont. été faites sur les bougies vues de face et de champ, ainsi qu’à 45° au-dessus et au-dessous de l’horizon.
- « Une expérience tentée en intercalant une résistance dans le circuit de l’excitatrice n’a pas fourni de résultats qui permettent de la calculer.
- « XIX. Machine Méritons alimentant vingt-cinq bougies Jablochkoff. — La machine Méri-tens, avec ses cinq disques dont les seize bobines étaient montées isolément en tension, a été employée dans cette expérience à faire fonctionner respectivement, sur chacun de ses cinq circuits, cinq bougies Jablochkoff.
- « Le 8 novembre, l’intensité photométrique a été déterminée sur une bougie seulement vue de face, horizontalement, puis à 45° et 6o° au-dessus et au-dessous de l’horizon.
- « Le 19 novembre, les mesures ont été prises sur un groupe de cinq bougies dans les mêmes conditions, mais seulement dans la direction horizontale.
- « Les observations électriques ont présenté une grande régularité et tous les nombres ont été exclusivement calculés avec les éléments recueillis simultanément le 19 novembre.
- « XX. Machine. J amin alimentant trente-deux, quarante-huit et soixante bougies J amin. — La machine dont se servait M. Jamin à l’Exposition
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- JOURNAL ' UNI VERSEL IEÉLEC TRI CITÉ
- 531
- TABLEAU DES EXPERIENCES SUR LES BOUGIES ÉLECTRIQUES.
- INDICATIONS
- O b ser rations mèca n iq ues.
- Vitesse de la machine à lumière ......
- Travail moteur total.......................
- Travail à circuit ouvert...................
- Observations électriques.
- Résistance de l’excitatrice et de l’inducteui
- Résistance du premier circuit............
- Résistance des autres circuits...........
- Intensité du courant inducteur...........
- Intensité du courant produisant la lumière Différence de potentiel à la lampe ....
- Calculs électriques.
- Travail de l’excitatrice en kilogrammetrea. Travail du premier circuit................
- Travail des autres circuits................
- Travail de l’arc (observé) en kilogrammètres
- Travail de l’arc (calculé).................
- Travail de l’arc (.moyenne)........... . . .
- Travail des arcs, en chevaux...............
- Travail électrique, total..................
- Observations photométriques.
- Intensité lumineuse, horizontale de face. Intensité lumineuse, moyenne sphérique. Intensité totale, moyenne sphérique . . .
- Rendements.
- Rendement mécanique total. . . Rendement mécanique des arcs. Rendement électrique des arcs . Carcels par cheval mécanique. . Carcels par cheval électrique . . Carcels par cheval d’arc.......
- FORMULES
- Tours par minute
- T chev.
- r ohms R R'. i amp. I
- E volts
- ris
- RI 3 g
- R'[2
- El
- na
- 75
- Carcels par ampère
- Carcels
- l
- L — ni
- II
- T
- X
- T
- T'
- JL
- T
- JL
- T'
- _L
- /
- I
- XVII.
- Debrun.
- 7 bougies.
- 22,37
- i3,83
- o
- 10,0
- 5o
- »
- 65,o
- 6,07
- 37,6
- -7 ? 4 192
- <Vtl
- »
- i3,9
- »
- 31,6 2,74
- XVlll.
- JabfochkofT avec machine Gramme. 20 bougies.
- 1206 12,89 I ,78
- o.3i
- 4,U 11.2
- 53,3 7,5 43 '
- 90
- 27,54
- 64,26 32,5 32,9. 32,7 8,72 11,15
- 20,2
- 40.1
- o, 68
- 36.2
- 46.3 2,69
- •XIX.
- Jablochkoff
- avec
- • machine Méritons. 25 bougies.
- 86l
- 6,95 6, o5
- »
- 3.90
- 14.90 »
- 8,5
- 28,74
- 114,22
- 32.4 36 4
- 34.4 n.47 i3.o
- 32,5
- 2.3,7
- 592
- 0,76 0,67 0,87 3|.8 45,6 5i .6 2,79
- 32 boggies.
- 2155 26,00 1,83
- o,5o 12 "
- 34,5
- 25
- 6,1
- 82
- 48,2
- i3o,q 47,0 47,9 47,5 20,27 2.3 09
- 22,0
- l6,0
- 512
- 0,8q 0,78 0,88 *9,7 22,2 25,3 2,6g
- XX.
- Jamin.
- 48 bougies.
- 2300
- 26, i3 •i,83
- o,5o
- 12,7
- 34.5
- 25
- 5,1
- 69
- 82
- 33.7 91,5
- 35.7 35,9
- 35.8 22,91 25,01
- 20,9
- *7,4
- 8.35
- 0,96
- o,88
- 0,92
- 32,0
- 33.4
- 36.4
- 3,41
- 60 bougies,
- 2149 23,00 1,83
- o,5o
- 12,7
- 34,5
- 25
- 3,5
- 74
- 32
- 1.5,9
- 43,i
- 25.3
- 26.4 25,8 20,64 21,85
- 12,9
- 9,4
- 564
- o,o5
- 0,89
- o,91
- 2.|,5
- 25,8
- 27,3
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- est une modification du type Gramme, avec autoexcitatrice, dans laquelle il a employé des fils plus fins; il l’a en outre dégagée de manière à en assurer plus efficacement le refroidissement, au moyen d’un moulinet à ailettes, et il l’a fait marcher avec une vitesse notablement plus grande.
- « Quant aux appareils d’éclairage, ils se distinguent surtout par la présence du cadre qui sert de conducteur, et qui exerce une grande influence sur le rallumage.
- « Les bougies sur lesquelles nous avons opéré étaient celles qui étaient disposées en cordon horizontal au-dessus de l’installation de M. Méritens, et qui correspondaient à quatre circuits distincts, dans l’un desquels seulement une résistance avait été introduite pour arriver à la détermination des données électriques.
- « Un premier essai, en date du 22 octobre, était entaché d’incertitudes résultant de glissements de courroies, et il nous a paru plus convenable de ne nous occuper ici que des essais du e5, qui forment ensemble une série très concordante, dans laquelle on a pu faire varier le nombre des lampes, en deçà et au-delà de celui qui paraît correspondre au maximum d’effet utile ; c’est à ce même nombre de lampes qu’a correspondu également la plus grande fixité dans toutes les observations.
- « L’expérience sur trente-deux lampes a été répétée une seconde fois pour que les éléments de comparaison fussent établis avec une entière sécurité, et c’est la moyenne des deux séries concordantes qui a été seule inscrite au tableau.
- « Toutes les observations électriques ont été faites à des intervalles très rapprochés et présentent ainsi un grand caractère d’exactitude. Les observations photométriques, effectuées sur une lampe seulement, n’ont eu lieu que dans la direction horizontale.
- « La comparaison entre les résultats des trois séries de déterminations fait ressortir nettement l’influence du circuit extérieur.
- Avant d’être résolu, par les lampes à incandescence, pour des intensités lumineuses beaucoup plus petites, le problème de la division des foyers électriques avait déjà reçu une très heureuse consécration par l’emploi des bougies Jablochkoft et de celles qui ont pris depuis lors une certaine place dans la pratique.
- « Il est vraiment curieux de constater que les différents systèmes produisent, dès aujourd’hui, des résultats économiques presque identiques, tant sous le rapport du nombre des carcels fournis par cheval mécanique ou électrique que sous le rapport du rendement électrique des arcs.
- « Dans ses meilleures conditions, la bougie de M. Jamin donne une somme de lumière beaucoup plus grande, sans que pour cela la dépense s’écarte de la proportionnalité commune, si ce 11’est dans
- le cas de 48 bougies, qui est de beaucoup le plus favorable. Cela tient évidemment, pour une grande part, à ce que la machine génératrice est menée à une plus grand vitesse et dépense par conséquent, un plus grand travail.
- « L’allumage automatique de ces bougies constitue, pour ce système d’éclairage, le progrès le plus notable. »
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- AU BUREAU TÉLÉGRAPHIQUE ET A LA STATION DE BRUXELLES (NORD)
- RAPPORT DE M. J. DÜMONT
- L’éclairage du bureau télégraphique placé à la station nord de Bruxelles est actuellement opéré à l’aide de l’électricité, et M. J. Dumont, ingénieur à l’administration des télégraphes, a publié, il y a quelque temps, sur cette installation un rapport renfermant des données techniques intéressantes.
- L’éclairage est fait à l’aide de régulateurs du système Jaspar, installés suivant un procédé familier à ce constructeur, de façon à diriger leur lumière vers le plafond pour obtenir une lumière diffusée et douce. Les visiteurs de l’exposition se souviennent qu’une salle du premier étage avait été éclairée par M. Jaspar au moyen de cette disposition ; l’effet produit était très bon et fut fort remarqué.
- Au bureau de Bruxelles, on a placé trois régulateurs Jaspar; on sait que ces appareils sont holo-photes, c'est-à-dire ne permettent point de division du courant et veulent chacun une machine génératrice. Aussi a-t-on mis en jeu trois machines du type Gramme mues par un moteur à gaz.
- On avait d’abord cherché à disposer les régulateurs de façon que la lumière se projetât d’elle-même sur le plafond. A cet effet, on avait mis le charbon positif en bas, on sait qu’il est le plus lumineux ; mais avec cet arrangement les régulateurs fonctionnèrent moins bien, et on se décida à remettre le charbon positif en haut, sauf à munir les appareils de réflecteurs convenables. Une grande salle a deux régulateurs, une autre plus petite est éclairée par le troisième. Il restait à pourvoir une petite pièce annexe où se fait le classement des dépêches. Par un procédé déjà, mis en usage par M. Jaspar, on a emprunté une partie de la lumière à la dernière lampe. Les salles en question présentaient en plan la disposition représentée fig. 1. La lampe électrique numérotée 1 et placée dans la petite salle à été munie d’un système de lentilles, la disposition d’ensemble est indiquée fig. 2. Comme on le voit, le foyer porte un réflecteur horizontal
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- circulaire et un réflecteur conique nickelé à l'intérieur, lequel a pour double emploi d’éviter aux spectateurs la vue directe du foyer et d’en renvoyer les rayons vers lè plafond. Les lentilles sont installées sur le pied de l’appareil à l’aide de supports mobiles permettant de leur donner la direction' nécessaire pour renvoyer leur faisceau lumineux au point où il doit être utilisé. Le plan montre que deux faisceaux étaient destinés à la petite salle du classement, l’un était réfléchi par un miroir en D, et .envoyé sur un store blanc B, l’autre allait directement en C.
- Outre cette description de la disposition générale, le'rapport de M. Dumont fournit quelques chiffres : On a reconnu par des mesures directes que chacune des machines génératrices absorbait moyennement un travail de i chevaux vapeur et demi.
- On a mesuré la résistance du circuit et celle
- des organes de la lampe et des charbons à froid.
- On a également mesuré les différences de potentiel aux bornes de la machine et à celles de la lampe.
- Ces mesures ont donné les chiffres suivants en moyenne :
- Résistance de la machine
- 0,89 ohms
- Résistance des (ils conducteurs
- (),,:|!î ohms
- Résistance du solénoïdc de la lampe
- 0,086 ohms
- Résistance Différence de potentiel
- des charbons ensemble a la machine
- 0,327 ohms 57 volts
- Différence de potentiel à la lampe
- TA VOltS
- De ces données, le rapport déduit quelques conclusions à l’aide d’un calcul lequel des erreurs se sont glissées, et qui a été l’objet d’une rectification. Il y a là un certain défaut de clarté. En reprenant les calculs, on arrive aux résultats suivants :
- Travail
- absorbé par la machinc
- 2,5 chevaux vapeur
- Travail
- développé dans la lampe
- i ,095 chcv. vap., soit 40,8 %
- Travail
- développé dans tout le circuit
- 1,241 chev. vap., soit 49,64 %
- Travail
- développé dans l'arc
- 0,958 chev. vap., soit 38,32 %
- On doit remarquer que la résistance de la machine a été mesurée à froid; pendant le fonctionnement, elle devait être sensiblement plus élevée, en raison de l’accroissement de la température ; ces nombres ne sont donc qu’approximatifs.
- Il faut en dire autant des mesures lumineuses. On sait d’abord combien ces mesures sont par elles-mêmes et dans tous les cas hasardeuses, en
- E1G. 2
- raison de l’incertitude des étalons et des différences de couleur; dans le cas actuel, on a pris seulement la mesure dans le plan passant par l’arc perpendiculairement à la ligne de charbons. On sait que ce n’est pas. l’intensité maximum, celle-ci est fournie par un rayon qui fait avec ce plan un certain angle.
- Le rapport admet que l’intensité moyenne est double de celle qui a été mesurée dans le plan indiqué; c’est une approximation un peu vague, cela dépend beaucoup de la longueur de l’arc et de son mode de fonctionnement ; on eût peut-être pu multiplier un peu les mesures. Du reste, comme ou le verra, il y a bien d’autres causes d’erreur. Quoi qu’il en soit, le rapport admet que les régulateurs donnent en moyenne une lumière de i 670 bougies.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pour Jeù dépenses,, les données sont naturellement plus précises; la comparaison avec le gaz èst: intérêssâ'nté ’il en ressort* que l’éclairagè ancien, opéré à l’aide de 70 becs de gaz, coûtait, tout compris,'amortissement et frais journaliers, 1 fri 86 parhèiire, tandis que l’éciaira'ge nouveau parl’électri-çité, revient, à 3 fr: 82; par heure. Seulement, la comparaison de ces prix doit être mise en regard die lar comparaison des éclairages qui sont très inégaux, l’éclairage électrique étant beaucoup plus intense. ' :
- Le rapport de M. Dumont fait, cette comparai-
- I ;
- FIG. 3
- son simplement en additionnant la somme de lumière produite par le gaz et celle que donnent les régulateurs d’après la mesure ci-dessus : or, il y a là bien des éléments négligés; les becs de gaz n’é-taiértt pas au niveau où sont actuellement les régulateurs; d’autre part, ceux-ci n’envoient pas leur lumière directement, elle est réfléchie, puis diffusée, ce qui doit modifier très considérablement le résultat; je ne cite donc pas le chiffre donné par le rapport, quoique je sois très porté à penser avec lui qu’én somme, , à lumière • égale, l’éclairage électrique est plutôt inférieur comme prix.
- En tous cas, ce qui est certain, c’est que l'élec-
- tricité a- permis de faire ce qui ne pouvait'être fait' autrement; l’éclairage de ces salles était- insuffisant, et en même temps la chaleur était5 insupportablè ;' on a augmenté la lumière et abaissé'la température ; avec le gaz, ce résultat était impossible.- - !
- Le succès de cet éclairage a du reste conduit à l’étendre; on a installé'trois régulateurs sur la place des Nations, devant la gare du Nord, où se trouve! le bureau télégraphique. Ces régulateurs sorit; placés sur des poteaux à bascule analogues à ceux que M. Jaspar avait disposés dans son’exposition à Paris en 1881 (fig. 3). • : •> - --'
- Les deux parties de la perche sont équilibrées de façon que la manœuvre demande aussi peu de-force que possible; la lampe est portée'par'un petit axe de façon ùv se maintenir- verticale pendant-le mouvement.. Ces trois régulateurs remplacent 20 réverbères ordinaires à gaz et 2 becs Sugg. Le résultat est reconnu comme très bon; le! prix pour-lè!gàz était de 1.02 par heure; pour l’électricité, il est de 2,55. La comparaison au point de vue de l’intensité n’a pas été faite.
- Frank Geraldy.
- LES AURORES POLAIRES
- 7e article. (Voir le n° des 21 c/ 28 octobre, des'4,
- 11 18 et 2$ novembre 1882.)
- VI. — RELATION DES AURORES POLAIRES AVEC L’É-
- LECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE ET LES COURANTS
- TERRESTRES.
- D’après le plus grandi nombre des observateurs, les aurores- polaires n’auraient aucune relation avec l’électricité atmosphérique.. Ainsi en. mettant un électroscope très sensible en communication, avec une tige métallique, pointue, haute de.'35m et dressée verticalement, Pàrry n’obtint jamais, de mouvements des feuilles d’or pendant les aurores boréales. A la Havane, pendant lesgrandès aurores du 26 août et du i01' septembre 1859, Poey obtint un: résultat négatif tout semblable. M. S.Lemstrœm croit que l’on arriverait à de meilleurs résultats en disposant verticalement sur le ' sommet d’une montagne une tige' conductrice munie dé pôintes et ' rattachée à distance à un galvanomètre par un long fil de cuivre isolé. Quoi qu’il en soit, 011 11’a jamais obtenu ijusqu-’à ce jour de fait positif certain, dans quelque circonstance que ,l’observation ait été répétée, soit dans les régions polaires, soit sous les latitudes, moyenaes.
- Il peut arriver, cependant que certaines manifestations électriques se produisent en même temps que l’aurore polaire. C’est 'ainsi que Brewster observa une fois des feux Saint-Elme sur le clocher
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- FIG. 19, — AURORE BOREALE DU 21 MARS 1879; 2 H. l5 M. DU MATIN. — VOYAGE DE « LA VÉGA
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- 536
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- d'une église pendant une aurore boréalei De même M. H. Hildebràndsson rapporte que le roi Oscar II de Suède, dans sa jeunesse, naviguant dans les latitudes élevées des mers arctiques, observa une fois les feux Saint-Elme pendant une grande aurore boréale et sans qu’il y eût du reste la'moindre apparence d’orage. Enfin les navires « Webfort » et « Southern Cross », doublant le cap Horn, le icr septembre i85ç>, aperçurent l’aurore australe dont nous avons déjà signalé plusieurs fois l’extension extraordinaire et la coïncidence avec une aurore boréale ; pendant ce temps régnait une violente tem-
- pête, et des boules de feu se montraient aux extrémités des vergues et des mâts du navire. Mais ces observations sont trop peu nombreuses encore .) pour qu’on soit autorisé à y voir autre chose qu’une coïncidence toute fortuite.
- Peut-être y aurait-il lieu là encore à distinguer entre les grandes aurores polaires et les aurores locales et celles-ci plus particulièrement auraient-elles une relation avec l’électricité atmosphérique. Mais, jusqu’à ce jour on n’a encore pu mettre en évidence aucune relation de cette sorte.
- Il en est tout autrement si, au lieu de considérer 4:
- FIG. 20. — AURORE BORÉAl.E OBSERVEE A PARIS, tl.E 4 FÉVRIER 1872
- l’électricité atmosphérique, nous prenons les courants terrestres, c’est-à-dire ceux qui se manifestent spontanément dans un long fil métallique isolé, communiquant par ses deux extrémités'avec le sol. Les lignes télégraphiques réalisent précisément de pareils conducteurs et, grâce à la longueur et à la multiplicité de ces lignes qui courent maintenant dans toutes les directions, on est à même de recueillir les renseignements les plus étendus sur ce genre de'phénomènes.
- Ces courants spontanés qui parcourent parfois les fils télégraphiques sont généralement assez intenses pour mettre les sonneries électriques en mouvement, et pour s’opposer d’une manière absolue à l’expédition des dépêches ; ils peuvent même
- donner naissance à des étincelles et à des décharges capables de mettre les appareils hors d’usage, et même d’occasionner des accidents de personnes. Souvent ces courants spontanés se produisent quand un violent orage passe dans la région que parcourent les fils télégraphiques ; ils n’ont alors aucune relation avec les aurores polaires ; mais il en est tout autrement des courants terrestres proprement dits qui se manifestent en l’absence de tout orage, et se distinguent du reste des premiers, comme nous le verrons plus loin, par des caractères bien tranchés.
- C’est Matteuci qui paraît avoir observé pour la première fois la coïncidence d’une aurore polaire avec des perturbations dans les lignes télégraphi-
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- ques, lors de l’aurore boréale du 17 octobre 1848.
- Des: observations très intéressantes ont été faites en France sur des courants analogues par MM. Ber-gon et Blavier le 2 septembre 185g, lors delà grande aurore qui fut aperçue sur tout le continent américain, dans la nuit du i1'1' au 2 septembre (voir chapitre IV) et que la clarté du jour empêcha probablement seule alors de distinguer en Europe. Nous empruntons à la note publiée sur ce sujet par M. Blavier (‘) les détails suivants :
- « Dans toutes les stations télégraphiques françaises
- le service a été troublé pendant toute la journée du 2 septembre, mais surtout à deux reprises différentes, de 4 heures et demie à 9 heures du matin et de midi à 3 heures du soir. Ces deux périodes ont été les mêmes pour tous les postes, et les plus grandes perturbations ont eu lieu partout exactement à la même heure, à 7 heures du matin et à 2 heures du soir. Le phénomène consistait en un courant produisant l’attraction continue des armatures des électro-aimants ; un galvanomètre introduit dans le circuit montrait que le courant changeait de sens
- FIG. 21. — AURORE BORÉALE OBSERVÉE A PARIS, LE 3 OCTOBRE ISS2
- à intervalles de temps variables, et d’au moins deux minutes. Vers 7 heures du matin et 2 heures du soir, ces courants avaient une telle intensité, qu’ils donnaient, quand on isolait le fil et qu’on lui présentait un corps conducteur, de vives étincelles analogues à celles qu’on obtient avec la bobine de Ruhmkorff. Les courants se sont produits dans toutes les directions; ils paraissent toutefois avoir été plus intenses sur les fils allant du nord au sud. Les fils les plus longs ont toujours éprouvé les plus grandes perturbations. »
- (*) Annuaire de la Société Météorologique de France, VIT, 18S9.
- Il n’est pas possible de confondre les perturbations de cette nature avec celles qui sont dues à l’influence des orages. En effet quand un nuage électrisé s’approche d’une' ligne télégraphique, le fil s’électrise par influence dans un certain sens, et l’électrisation change de signe quand le nuage s’éloigne ; il en résulte un mouvement électrique à l’extrémité du fil, et par suite un courant. Si une décharge subite a lieu, le fil revient instantanément à l’état neutre et on observe dans les stations un courant instantané qui traverse les appareils. Si un des bouts de la ligne est isolé, les phénomènes restent les mêmes à l’autre extrémité, et les courants sont même plus intenses, puisque le fil ne peut
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- plus se charger eu se décharger que d'un côté.
- Il n’en est plus de même pour les courants terrestres proprement dits, qui accompagnent les aurores polaires ; ces courants cessent immédiatement dès qu’on isole le fil par un bout ; ils ne se manifestent que dans les lignes simples, qui ont le retour par la terre. Ce n’est donc pas une électrisation par influence qui se produit dans le fil, mais un véritable courant ayant besoin de la terre pour compléter le circuit. Ce courant peut donc se produire dans les câbles souterrains et sous-marins aussi bien que dans les lignes aériennes, ce que l’expérience a parfaitement vérifié.
- Il serait facile de citer un grand nombre d’aurores polaires qui ont été accompagnées de ces perturbations dans les lignes télégraphiques. Pour ne pas allonger inutilement, nous nous bornerons aux détails suivants :
- La double aurore boréale et australe des 1-2 septembre 1859 (fig. 22) a été accompagnée de courants dans les lignes télégraphiques non seulement en France, comme nous venons de le voir, mais encore dans un grand, nombre de pays des deux hémisphères. Ces courants ont été observés en effet en Suisse, en Allemagne, dans les îles Britanniques, dans l’Amérique du Nord et enfin dans toute l’Australie..
- Parmi les plus remarquables de ces aurores est celle du 5 février 1872 (fig. 20), que nous avons déjà signalée à cause de son extension extraordinaire : elle a été en vue en effet dans tout l’ouest de l’Asie depuis l’Inde, le nord de l’Afrique, l’Europe entière et l’Atlantique jusqu’à la Floride et au Groenland ; en même temps une aurore australe était observée dans l’hémisphère sud (voir chapitre IV). Les perturbations dans les lignes télégraphiques n’ont pas eu une moindre extension; elles ont été observées avec beaucoup de soin dans une grande partie de l’Europe. A Paris, les perturbations ont commencé sur les lignes dirigées vers l’est, celles de l’Allemagne et de l’Autriche, puis celles de Suisse. En Allemagne, toutes les lignes furent affectées, et les communications furent longtemps impossibles sur la ligne de Cologne, Ostende, Londres ; en général, les perturbations furent les plus fortes dans ce pays sur les lignes dirigées vers l’est-sud-est. On observa de même ces courants terrestres dans toute l’Italie et la Turquie sur la longue ligne Valona-Constantinople. En même temps les lignes sous-marines furent affectées de manière à empêcher toute transmission. Ces perturbations se montrèrent sur le câble Lisbonne-Gi-braîtar, sur celui de la Méditerranée, sur la ligne Suez-Aden dans toute la longueur de la mer Rouge, sur le câble qui réunit Atlen et Bombay à travers la iner des Indes, et enfin sur le câble transatlantique de Brest à Duxbury.
- Ces exemples suffisent pour montrer l’étroite
- relation qui existe entre les aurores polaires et lés courants terrestres. Toutefois, comme nous le verrons dans le chapitre suivant, il n’est pas admissible que ce soient les aurores polaires elles-mêmes qui soient capables de produire les courants terrestres.
- On pourrait, au contraire, attribuer la production de quelques aurores polaires à l’écoulement d’électricité qui se manifeste par les courants terrestres, de sorte que les aurores polaires seraient plutôt un effet qu’une cause.
- L’étude des courants terrestres confirme jusqu’à un certain point la conclusion à laquelle nous sommes arrivés relativement à l’indépendance des aurores et de l’électricité atmosphérique. En effet nous savons certainement que les grandes aurores sont liées aux courants terrestres, et d’autre part il ne semble pas que ceux-ci aient aucune relation avec l’électricité atmosphérique. Cette relation n'a jamais été signalée, et on a même des observations précises qui la contredisent. Ainsi, pendant toute une période de troubles magnétiques qui fut observée à Paris du i3 au 20 avril 1882 et qui se termina le 20 par de très grandes perturbations, on observa des courants terrestres très intenses en Angleterre, en France, en Autriche et probablement encore dans beaucoup d’autres pays. Or, pendant toute cette période, l’enregistreur d’électricité atmosphérique n’a indiqué à Paris, d’après M. Mascart (*), aucune perturbation qui puisse être rapportée au phénomène magnétique. Les courants terrestres, et les aurores polaires qui les accompagnent presque constamment, peuvent donc se produire en dehors de toute variation dans l’état électrique des couches de l’atmosphère voisines du sol.
- (A suivre.) Alfred Angot.
- LA
- NAVIGATION ÉLECTRIQUE
- Les expériences faites, il y a peu de temps, sur la Tamise, ont remis sur le tapis la question de la navigation électrique, question bien ancienne déjà,’ puisque c’est à i833 que remontent les premiers essais sur ce sujet.
- Ces essais furent faits à Saint-Pétersbourg par le professeur Jacobi. Il fit manœuvrer pendant plusieurs heures, sur la Né va, une barquè^ munie de roues à aubes. Le moteur employé est représenté dans la figure 1. Il se composait de deux rangées circulaires d’électro-aimants en fer à cheval, por-
- (9 Comptes rendus de l’Académie des Sciences,' 1882, t. XCIV p. 1173.
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- tées par deux supports verticaux. Entre ces deux rangées,pouvait se mouvoir, autour d’un axe horizontal, une sorte d’étoile à six branchés portant six paires d’électro-aimants droits. L’axe portait un commutateur formé de quatre roues qui réglait le sens des courants dans l’appareil, de manière que lorsque les barreaux droits se trouvaient entre deux pôles consécutifs d’électro-aimants en fer à cheval, ils fussent toujours attirés par l’un et repoussés par l’autre, le changement de sens ayant lieu au moment où les pôles mobiles se trouvaient en face des pôles fixes.
- Le courant utilisé pour mettre en mouvement ce moteur avait d’abord été produit par 320 couples Daniell à acide sulfurique et sulfate de cuivre, dont les lames de zinc et de cuivre avaient chacune 225 centimètres carrés de surface. La vitesse at-
- FIG. I
- teinte fut de 2 3oo mètres par heure. L’année suivante cette, pile fut remplacée par 128 éléments Grove de même surface. L’embarcation avait une longueur de'8m4o, une largeur de 2m25, omgo de tirant d’eau, et contenait une douzaine de personnes. On marchait à une vitesse de 4 170 mètres par heure.
- Cette expérience, pour laquelle l’empereur Nicolas avait fourni 60 000 fr., excita à l’époque une grande curiosité. Mais la quantité considérable de vapeurs rutilantes qui se dégageaient de la pile obligea l’inventeur à cesser ses essais.
- Une seconde expérience analogue fut faite en 1866 sur le lac du Chalet, au bois de Boulogne, par M. de Mollins, avec un bateau en fer à fond plat, contenait douze personnes. Il se servait d’un moteur, du genre de ceux de Froment, actionnant deux roues à aubes au moyen d’une chaîne Vau-canson et alimenté par 20 éléments Bunsen. !
- Cette expérience, sur laquelle il n’a subsisté que fort peu de détails, fut interrompue par la mort de l’inventeur, et l’on n’entendit plus parler d’essais
- de ce genre que quand M. "Trouvé fit marcher sur la Seine, l’année dernière, son embarcation électrique.
- On a pu voir pendant toute la durée de l’Exposition d’Electricité cette barque évoluer dans le petit bassin qui entourait le pied du phare. Un double moteur Trouvé, fixé à la partie supérieure du gouvernail, mettait en mouvement, par l’intermédiaire d’une chaîne sans fin, une hélice placée dans le gouvernail lui-même. Le courant était fourni par deux piles à bichromate à treuil pouvant être employées soit ensemble, soit isolément, et du poids total de 24 kilog. L’embarcation avait 5m5o de long sur im20 de large; elle pesait 88 kilog., et portait trois personnes.
- Dans les différentes expériences faites depuis le mois de mai 1881, ce petit bateau a remonté le
- courant avec une vitesse de im5c par seconde, soit 5 400 mètres par heure. Sa vitesse, en suivant le fil de l’eau, était de 2m5o par seconde, soit 9 000 mètres par heure. .
- Le moteur employé avait cet avantage qu’il est très compact et fournit une force notable sous un poids et un volume relativement faibles. C’est pourquoi on avait pu placer tout l’appareil moteur sur le gouvernail ; cette particularité donnait au bateau la facilité de tourner sur lui-même, et c’est ce qui lui a permis d’évoluer si facilement dans le petit bassin de l’Exposition.
- L’expérience fut faite également sur le lac du bois de Boulogne avec une pile de douze éléments Bunsen plats, modèle Ruhmkorff; la vitesse atteinte fut d’abord i5o mètres en 48 secondes, soit 11 25o mètres par heure ; puis, au bout de 3 heures, elle tomba à i5o mètres en 55 secondes (9 818 mètres par heure); enfin, au bout de 5 heures, elle était encore de i5o mètres en 65 secondes, soit 8 307 mètres par heure.
- Nous nous contenterons d’indiquer quelques es-
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- sais analogues tentés un peu plus tard dans la même année par M. Cloris Baudet pour arriver à la dernière expérience faite le 28 septembre dernier sur la Tamise par les ingénieurs de YElec-trical Power Storage Company, en présence du professeur Silvanus Thompson.
- Le canot électrique, qui avait reçu le nom d'E-lectricity, était une petite embarcation toute en fer. Il avait 7“,62 de long, sur im,52 de large, avec un tirant d’eau de om,52 à l’avant, et de om,?5 à l’arrière. Il était donc presque aussi grand que le bateau de Jacobi.
- L’appareil moteur était composé de deux machines Siemens M, M' (fig. 2) du type Da placées sous la cabine, c’est-à-dire dans la partie centrale du bâtiment un peu vers l’arrière. Les courroies des deux machines agissaient sur une même poulie de renvoi P, qui elle-même mettait en mouvement une autre poulie R placée sur l’axe de l’hélice. Cette dernière était construite pour faire 35o tours par minute, les machines Siemens en faisant 950.
- Le courant était fourni aux moteurs Siemens par q5 accumulateurs Sellon-Volkmar A A de 40 lames. La base de chacun de ces accumulateurs est un carré de om,25 de côté, ils sont hauts de om,2o et pèsent chacun 18 kil., 144. Leur poids total était donc de 816 kil., 5oo. Mais il eût pu être plus considérable, car les espaces réservés aux accumulateurs sous les sièges, dans la cabine et le long des bordages permettent d’en loger 54 (980 kil.).
- La force électro-motrice totale des 45 piles secondaires était de 96 volts et elles étaient capables de fournir d’une manière continue pendant 9 heures un courant de plus de trente ampères, ce qui permet facilement d’obtenir un travail de 4 chevaux, pendant 6 heures.
- L’appareil était complété par un commutateur permettant de faire varier le nombre des accumulateurs. En outre une disposition mécanique donnait la facilité d’exclure l’un ou l’autre des moteurs. Enfin ils étaient disposés de manière que l’on put renverser le sens de leur rotation. Pour cela, chacun d’eux portait deux paires de balais ; chaque paire était calée pour un des sens de rotation, et à l’aide d’un simple levier, on faisait appuyer sur le collecteur la paire de balais donnant le sens de rotation que l’on désirait avoir. On avait de cette manière toute facilité d’arrêter rapidement le bateau et de le faire aller en arrière. La personne qui était placée dans la cabine pour manoeuvrer les commutateurs menait aussi le gouvernail. Quant au sifflet du bâteau à vapeur, il était remplacé par une forte sonnerie alimentée également par les accumulateurs.
- L'Electricity pouvait contenir 12 personnes, mais dans les expériences faites sur la Tamise, entre London Bridge et Milwall, quatre seulement y ont pris place. La vitesse moyenne à laquelle on a
- marché était de 9 milles à l’heure (14484 mètres); contre le courant, elle était de 8milles(i2 874 met.).
- Le progrès est, on' le voit, bien marqué et si cette vitesse est encore loin de celle qu’atteignent les navires à vapeur, elle montre bien la possibilité d’employer l’électricité comme force motrice pour les embarcations de petite taille. Mais est-ce à dire pour cela que la navigation électrique puisse recevoir dès maintenant des applications pratiques, nous ne le croyons pas.
- Si l’on avait de bons accumulateurs, d’une capacité supérieure à celle des accumulateurs actuels, et surtout d’une durée beaucoup plus grande, il y aurait peut-être là matière à une application intéressante pour la navigation fluviale. On pourrait établir le long d’un fleuve des machines hydrauliques utilisant la force du courant de ce fleuve pour mettre en jeu des machines dynamoélectriques et charger les accumulateurs d’un certain nombre de bateaux électriques. Ces derniers viendraient tour à tour recevoir leur charge sans même qu’il y ait besoin de débarquer les accumulateurs. Ils pourraieut être chargés pendant la nuit de manière à fournir tout le travail de leur journée et, l’on pourrait ainsi établir des services de petits bateaux passagers pour lesquels on n’aurait à dépenser, outre l’entretien, que l’intérêt et l’amortissement du capital engagé.
- Mais l’état actuel de la question des accumulateurs ne permet pas de considérer comme pratique, dès maintenant, aucune application de ce genre. Les accumulateurs de tous les systèmes sont encore beaucoup plus lourds qu’il ne le faudrait, relativement à la charge emmagasinée. En outre, et c’est là le pis, ils se détruisent très vite. Les accumulàteurs Faure des Variétés, par exemple, ont été mis en service au commencement de septembre; au commencement de novembre, c’est-à-dire deux mois après, nous les avons vu enlever, complètement hors d’usage. Les accumulateurs. Sellon-Volkmar ont, paraîtdl, une plus longue durée, mais nous ne pensons pas qu’elle soit encore suffisante pour les rendre réellement pratiques. A l’heure qu’il est, il y a même lieu de se demander s’il n’y aurait pas avantage à revenir aux piles ordinaires à grand débit avec moteurs à grande résistance.
- La navigation électrique reste donc pour le moment à l’état d’expérience intéressante et curieuse. C’est une récréation que pourront se donner les amateurs de canotage, surtout s’ils se bornent à opérer sur une yole de petites dimensions, comme celle de M. Trouvé; mais au point de vue de la pratique réelle, tout en reconnaissant le progrès accompli, on est forcé d’admettre que la navigation électrique doit attendre son heure, jusqu’au moment où l’on aura résolu la question des accumulateurs.
- Aug. Guerout.
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- TÉLÉGRAPHE MULTIPLE
- On attache beaucoup.d’importance aux télégraphes multiples, qui permettront de transmettre plusieurs dépêches à la fois par un même conducteur, et peut-être de supprimer des fils dont le nombre commence à devenir encombrant sur certaines lignes.
- Je ne ferai pas la description d’un télégraphe complet et prêt à fonctionner ; mais j’exposerai un principe qui permettra de transmettre huit, dix, et peut-être douze dépêches à la fois par un seul et même fil. Ce nouveau mode de transmission n’exigerait pas un nouvel apprentissage, et chaque opérateur se servirait de l’appareil ordinaire de Morse.
- Pour comprendre facilement les explications que je vais donner, on n’a qu’à tracer au crayon sur un carton une circonférence de 2S centimètres de diamètre ; marquer sur cette circonférence neuf points à l’encre, bien également espacés, et les numéroter comme les heures d’un montre, de gauche à droite. On couvrira ce carton d’une plaque de verre, sur laquelle on tracera une circonférence égale à la première, et l’on marquera sur son contour huit points rouges également espacés.
- On retournera cette plaque, et sur le verso on numérotera les points rouges dans le même sens que les points noirs.
- Maintenant, si l’on met le premier point rouge sur le premier point noir, on verra de suite que tous les autres points rouges sont de plus en plus éloignés des points noirs, il en sera de même encore, en tournant un peu la plaque, et mettant le second point rouge en contact avec le second point noir, et ainsi pour tous les autres à mesure que l’on tournera la plaque ; et pour dire une chose que l’on a déjà comprise, mais qui est essentielle ici : jamais deux points rouges ne pourront à la fois se trouver en contact avec deux points noirs.
- Lorsque la plaque aura fait un tour complet, tous les points rouges, chacun à son tour et isolément, auront été huit fois en contact avec les points noirs.
- Ce que j’ai à dire maintenant se trouvera expliqué d’avance. Les points noirs seront remplacés par de petites lames métalliques posées à plat dans le sens des rayons, et isolées les unes des autres. Le verre sera remplacé par un disque de métal, soutenu par un axe vertical, et sous le contour de ce disque, à la place des points rouges, seront fixés huit petits balais frotteurs, qui glisseront sur les lames conductrices, comme les points rouges passaient sur les points noirs.
- On peut mettre le disque en relation avec l’un des pôles d’une pile, et l’autre pôle avec une
- borne, sur laquelle on abaissera un levier transmetteur. Ce levier sera uni par un fil métallique à la première lame conductrice ; les mêmes dispositions seront appliquées aux lames suivantes : chacune d’elles sera munie de son levier transmetteur, excepté la neuvième dont j'indiquerai plus loin la destination.
- En abaissant le premier levier, et en faisant tourner le disque une fois sur lui-même, on obtiendra huit émissions de courant sur la première lame et le premier frotteur. Les mêmes effets se produiront sur la deuxième lame et le deuxième frotteur, lorsqu’on abaissera le deuxième levier; et ainsi pour tous les autres. En abaissant tous les leviers à la fois, on aurait pour un seul tour du disque, 64 émissions successives, car, d’après la position relative des frotteurs sur les lames, deux émissions simultanées sont impossibles. Cette impossibilité assure à chaque levier transmetteur une indépendance complète ; et c’est dans cette indépendance des émissions successives que réside toute la valeur du principe.
- Ceci étant bien compris, on placera à une distance quelconque un second appareil en tout semblable à celui que je viens de décrire, et l’on unira les deux disques par un fil conducteur et une pile. Les lames seront unies par la terre lorsque leurs leviers transmetteurs seront abaissés. On connaît maintenant les moyens qu’il faut employer pour donner à deux disques tournants un mouvement synchronique. Ces moyens devront être appliqués ici rigoureusement.
- Admettant que les disques fassent l’un et l’autre un tour par seconde, on aura dans le même temps huit émissions de courant à sa disposition pour chaque lame et son frotteur. Si à la première station, on abaisse le levier de la première lame, ces huit courants arriveront à la première lame du second appareil, traverseront le levier correspondant abaissé sur sa borne, puis un appareil Morse convenablement placé dans le circuit, puis retour-• neront par la terre à la première station. L’appareil Morse recevant ces huit émissions dans une seconde, fera, dans le même temps, huit marques sur son ruban. Ces marques sont, comme on le sait, de petites tangentes que la roue encrée dépose sur le papier. On pourrait en augmenter la longueur en augmentant le diamètre de la roue. Ces petites longueurs placées à la suite les unes des autres, pendant un temps aussi court, se superposeront en partie, et formeront une ligne continue : c'est dans cette ligne que Vopérateur taillera ses lettres. Un second opérateur en fera tout autant avec le second levier et un second Morse communiquant à la seconde lame de l’autre station ; ils travailleront ensemble avec une entière indépendance; il en sera de même pour le troisième, le quatrième, etc. ; les uns pourront opérer
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- plus vite, les autres plus lentement, chacun à son aise et selon ses aptitudes particulières. Dans ce travail commun, on doit reconnaître qu’en réalité, ils transmettent les uns après les autres ; mais comme le tour de chacun d’eux revient huit fois dans une seconde, s’ils transmettent les uns après les autres, ils travaillent tous à la fois ; sans confusion possible, puisque le courant est uniquement consacré à celui qui transmet, et supprimé pour tous les autres.
- La première station étant munie de Morses, comme la seconde, on pourra entremêler par un seul fil les transmissions, et les réceptions, en assignant à celui qui transmet, et à celui qui reçoit les mêmes numéros sur chaque disque.
- , Si l’on pouvait donner un mouvement synchronique à quatre disques, on desservirait sans difficulté quatre stations différentes par un seul filet c’est, ainsi que l’on pourrait supprimer bien des fils devenus inutiles.
- Pour assurer le synchronisme des disques, MM. Meyer et Baudot ont imaginé un mécanisme correcteur qui réussit parfaitement. C’est à ce mécanisme que sera consacrée dans chaque appareil la neuvième lame ; elle sera placée en dehors de la circonférence, et le premier disque muni d’un appendice fera passer sur elle un frotteur particulier, qui, à chaque tour, enverra un courant dans la neuvième lame du second disque placée également en dehors de la circonférence, et mise en relation avec le correcteur.
- En mettant onze lames sur de plus grands disques, et réservant toujours une lame pour le correcteur, dix opérateurs se trouveraient dans les conditions exposées plus haut, et transmettraient à la fois, par un seul fil, avec la même indépendance.
- Avec treize lames, douze opérateurs pourraient-ils transmettre douze dépêches à la fois par un seul fil ? Peut-être.
- J’ai dit « peut-être », car, si les frotteurs en passant trop rapidement sur les lames, ne donnaient pas au courant le temps de terminer sa période variable, il n’atteindrait pas son maximum de force, et il serait peut-être impuissant à faire mouvoir convenablement les armatures.
- Mais l’on a des instruments beaucoup plus sensibles que les armatures et si, comme en Amérique, on recevait à l’oreille le signalement de chaque lettre, on pourrait, avec des courants beaucoup plus faibles, transmettre ou recevoir douze dépêches à la fois par un seul fil : il suffirait pour cela de mettre à la disposition de chaque employé un levier transmetteur et un téléphone ; ce serait beaucoup plus simple et moins coûteux que les appareils-Morse.
- Cependant une autre difficulté se présente ici.
- Pourrait-on assurer un synchronisme presque
- absolu à deux disques faisant un tour par seconde, entraînant chacun huit frotteurs, et recevant dans le même temps 96 émissions de courant? tout s’embrouillerait si le second disque était en retard
- ou en avance de 4 de tour.
- Il n’y a que ces dernières raisons qui puissent s’opposer à ce qu’on élève encore le nombre des dépêches transmises à la fois par un seul fil, et si 128 émissions lancées par 16 lames d’un premier appareil, dans l’intervalle d’une seconde, pouvaient régulièrement se répartir entre 16 lames correspondantes d’un second appareil, il serait possible de transmettre 16 dépêches à la fois par un seul fil.
- J’ai remarqué depuis longtemps qu’un contact frottant ne livrait pas au courant un passage régulier ; le simple contact est plus efficace. On peut s’en assurer par l’expérience suivante : on dispose tout ce qu’il faut pour faire passér un courant dans le fil inducteur d’une petite machine d’induction; et après avoir pris dans les mains les deux bouts du fil induit, on établit la communication par un. ressort que l’on met en contact avec un cylindre, on éprouve une secousse, et tout se borne là, malgré le passage du courant ; mais si l’on fait tourner le cylindre, on ressent des secousses presque , continuelles, parfois aussi fortes que la première, ce qui prouve l’irrégularité du courant. On pourrait remplacer le balai frotteur par deux petites roues métalliques fixées chacune à l’extrémité d’un ressort : elles tourneraient au lieu de frotter, et le mouvement des disques deviendrait beaucoup plus facile.
- Si le correcteur de MM. Meyer et Baudot ne pouvait pas s’adapter aux appareils que j’ai décrits, voici celui que je proposerais :
- La neuvième lame et son frotteur seront encore destinés à envoyer un courant dans le second appareil.
- Un électro-aimant à noyau plat recevra ce courant, et remplacera la neuvième lame du second appareil.
- Une lame de fer doux, fixée de champ sur le bord du disque, et faisant suite au rayon, passera au-dessus de l’électro-aimant à l’instant même où le courant lui sera envoyé; mais elle n’en éprouvera aucun effet, car une tige verticale, fixée au disque, soulèvera pendant ce même temps un contact mobile, et interrompra le circuit. Les choses se passeront ainsi lorsqu’il y aura parfaite concordance entre les disques ; mais si le second est un peu en retard, le contact mobile non soulevé laissera passer le courant, et pendant un instant très court la lame de fer doux sera attirée en avant. Si au contraire le disque a de l’avance, le contact retombé sur sa borne aura complété le circuit, et la lame de fer doux sera momentanément attirée et retenue en arrière. Il n’y a là aucun mécanisme
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- susceptible de se déranger; et cette double action s’exerçant en temps opportuns suffira, je crois, pour maintenir le synchronisme des disques.
- Abbé Laborde.
- LES SCIENCES PHYSIQUES
- EN BIOLOGIE
- L’ÉLECTRICITÉ
- i5° article. (Voir les n°a du 25 février, des 8 et 29 avril, 6 mai, des 3 et 10 juin, des 8 et i5 juillet, des 2 et 23 septembre, des 7 et 28' octobre, des 18 et 25 novembre.)
- Nous avons vu que tous les phénomènes de destruction se font chéz les animaux par l’intermédiaire dé ferments spéciaux qui sont solubles et amorphes. En- est-il de même chez les végétaux? L’expérience répond par l’affirmative.
- Et d’abord les végétaux, comme le foie, font des réserves amylacées ou sucrées. Nous avons vu que lé sucre de canne et l’amidon ne peuvent pas être assimilés directement par les cellules. Pour être propres à la nutrition ils doivent être transformés en glycose. Il en est de même chez les végétaux. Prenons pour exemple la pomme de terre et la betterave. Ces deux plantes forment des réserves la première année de leur existence, ces réserves elles les consomment la seconde année pour la fructification. La; première année la betterave accumule du sucre dans sa racine. Ce sucre elle ne peut le manger, car étant de la saccharose il n’est pas un aliment. De meme pour la pomme de terre, cette plante accumule dans sa racine une substance qui n’est pas un aliment : la fécule, analogue comme nous l’avons vu à la matière glycogène.
- Toutes les graines sont dans le même cas, elles forment des réserves alimentaires qui serviront à l’alimentation ultérieure de l’embryon.
- Mais comment va faire la plante pour utiliser ces réserves pour les dépenser, pour fonctionner en un mot? Elle va s’y prendre exactement comme l’animal, elle va sécréter des ferments digestifs.
- La pomme de terre va sécréter un ferment diastasique qui transformera comme la salive son amidon en sucre. Ce ferment on peut l’isoler lorsque la plante le sécrète lors de sa fructification. La betterave va faire de même, elle sécrète un ferment inversif qui transforme le sucre de canne en gly-cose. Voilà donc déjà que les plantes sécrètent deux des ferments digestifs trouvés chez les animaux : la diastase et le ferment inversif. Cette diastase se retrouve chez toutes les graines qui germent. L’industrie de la bière est basée sur la pro-' duction de ce ferment. Quand au ferment inversif,1
- il est bien d’autres végétaux qui le sécrètent. Prenons la levure de bière et mettons-la dans de l’eau sucrée par du sucre de canne. Nous savons que ce sucre n’est pas un aliment pour l’animal, il faut qu’il soit'transformé en glycose par le ferment inversif. Il en est de même chez le végétal. La levure de bière ne peut pas plus se nourrir de sucre de canne qu’un animal, bien qu’elle n’ait pas d’intestin; il faut qu’elle le digère de la même façon, et l’expérience confirme d’une façon éclatante cette déduction de la physiologie générale. En effet, la levure de bière secrète un ferment soluble : le ferment inversif qui a été isolé par M. Berthelot, qui est tout à fait semblable au ferment intestinal et qui a la propriété de transformer le sucre de canne en sucre de raisin ou glycose.
- Les végétaux sécrètent-ils des ferments capables de digérer les corps gras? Exactement comme les animaux. Les noix, les olives et autres fruits semblables, au moment de la germination, contiennent un ferment saponifiant tout à fait analogue à la pancréatine, comme je m’en suis assuré, et qui a la propriété d’émulsionner et de saponifier les corps gras. • ;
- Ce ferment se trouve également dans les amandes douces sous le nom d'èmulsine, et c’est grâce à lui que les pharmaciens peuvent préparer leur loch d’amandes douces.
- L’èmulsine peut être isolée très facilement ainsi que Robiquet l’a fait en i833.
- Dans les amandes amères la glycose est remplacée par l’amygdaline. L'èmulsine- exerce sur î’amygdaline une action remarquable signalée par Liebig. Elle la'transforme en glycose,-essence d’amandes amères et acide prussique suivant la formule
- C''uH2iAs02 = 2C12H12012 + Cu Hfl O2 + C2 AsH
- Essence Acide
- Amygdaline. Glycose. d'amandes DrUssiaUc
- amères. F • 4 •
- La salicine, principe amer que l’on trouve dans les écorces de peuplier et de saule, subit des transformations analogues sous l’influence de l’émul-sine.
- Les végétaux peuvent donc secréter comme les animaux les ferments suivants : diastase, ferment inversif, ferment émulsif. Ce n’est pas tout ; les végétaux secrétent également le ferment albumino-sique ou pepsine. Toutes les plantes carnivores, les Drosera, par exemple, sont dans ce cas. Darwin a fait de curieuses observations sur la digestion de la viande et de l’albumine que peuvent opérer ces plantes. Quant à l’activité de ce ferment albumino-sique végétal, il me suffira, pour en. donner une idée, de citer le suc du Carica Papaïa, qui renferme la papaïne, ferment encore plus actif que la. pepsine, et qui est utilisé aujourd’hui à sa place par . les médecins. .
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- Donc, pour les phénomènes de destruction, il n’y a aucune différence à établir entre les végétaux et les animaux.
- Chaque fois qu’un végétal et un animal fonctionnent, ils détruisent l’un comme l’autre leur propre substance; et cette destruction se fait dans les deux cas par un procédé analogue : la fermenta-, tion, et par des agents identiques, les ferments solubles : pepsine, diastase, émulsine, pancréatine, ferment inversif, etc. Ces ferments sont tellement analogues que l’on peut remplacer le ferment animal par le ferment végétal, et vice versa. Kœlliker et Müller ont montré depuis longtemps que le suc pancréatique est capable de provoquer la fermentation de l’amygdaline.
- Nous venons de voir que tous les phénomènes de destruction, c’est-à-dire de fonctionnement, qui se passent chez les êtres vivants, animaux ou végétaux, peuvent être ramenés à une cause unique : les fermentations. Là ne se bornent pas les analogies. J’ai dit précédemment que ces phénomènes, .considérés chez les animaux, avaient reçu à tort le nom de phénomènes vitaux, de manifestations de la vie. Tous les phénomènes de fonctionnement sont des phénomènes de mort.
- La même observation s’applique aux végétaux. Chaque fois qu’un ferment entre en action, c’est pour provoquer une décomposition, jamais une synthèse. Le ferment fait toujours passer un système vivant quelconque d’un certain potentiel à un potentiel moindre. Le ferment tait passer l’énergie potentielle à l’état d’énergie actuelle. L’action du ferment rapproche toujours la matière vivante de la matière brute. Le ferment, en un mot, est un agent d'analyse, de destruction, et cela dans les deux règnes.
- Son action n’a rien de vital.
- Lés réactions chimiques que déterminent les ferments peuvent être obtenues par des moyens purement chimiques; par exemple, en employant la potasse, les acides, la vapeur d’eau surchauffée, etc., on produit les mêmes actions que les ferments diastasique, émulsif, inversif, etc.
- Une autre remarque capitale, est la suivante : c’est que les ferments peuvent continuer leur action après la mort et même en dehors de l’organisme, in vitro; c’est ainsi qu’on opère dans les laboratoires de physiologie les digestions artificielles avec les différents ferments que l’on recueille sur les êtres vivants.
- Concluons donc en disant que :
- i° Les phénomènes de mort ou de destruction organique sont communs aux animaux et aux végétaux ;
- 2° Chez les uns et chez les autres, ils s’opèrent par les mêmes procédés et par les mêmes agents : les ferments ;
- 3° Que ces phénomènes ne sont pas des phéno-
- mènes vitaux proprement dits, mais bien des phénomènes chimiques d’un ordre spécial, car on peut les produire non seulement en dehors de l’organisme vivant, mais aussi par l’intermédiaire de réactifs purement chimiques.
- Je vais maintenant montrer qu’il en est tout autrement pour les phénomènes vitaux par excellence, pour les phénomènes de synthèse.
- (A suivre.) Dr A. d’Arsonval.
- sur LES
- MOTEURS ÉLECTRIQUES
- Dans une précédente communication j’ai montré le parti que l’on pouvait tirer dans la théorie des moteurs électriques d’un élément nouveau auquel j’ai donné le nom de prix de l'effort statique et qui est indépendant de la résistance des fils enroulés sur le moteur (pourvu que leur forme extérieure et leur volume restent invariables) ainsi que de l’état de repos ou de mouvement de ce moteur. Ce dernier pointa été contesté. Je crois donc utile de faire connaître l’expérience fondamentale qui permet de constater que lorsqu’un courant traverse un moteur électrique ayant pour organe prinbipal l’anneau sectionné de Pacinotti, l’effort tangentiel exercé sur l’anneau par les inducteurs est indépendant de l’état de repos ou de mouvement de cet anneau et qu’il reste invariable, quelle que soit la vitesse, lorsqu’on maintient le courant constant. Réciproquement si le couple résistant appliqué à l’anneau est maintenu constant, le courant sera par cela même maintenu constant, quels que soient les moyens employés pour le faire varier. Voici comment on dispose l’expérience : On monte sur l’axe d’une machine dynamo-électrique un frein dynamométrique se réglant automatiquement, c’est-à-dire capable de maintenir invariable l’effort tangentiel appliqué à la poulie du frein quelles que puissent être les variations du frottement. Puis on lance dans cette machine un courant emprunté à une source quelconque d’électricité après avoir eu soin d’intercaler dans le circuit un galvanomètre d’intensité ou ampèremètre. Un second galvanomètre à fil très résistant est placé en dérivation sur les bornes de la pile ou de la machine qui joue le rôle de source d’électricité pour mesurer la 'différence de potentiel qui existe entre les bornes de cette machine. Ces dispositions prises, on fait croître graduellement la force électromotrice de la source (en augmentant sa vitesse si c’est une machine dynamo-électrique) et l’on constate que tant que le moteur électrique n’est pas entré en mouvement, les deux galvanomètres indiquent que l’inten-
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- sité du courant s'accroît en môme temps que la force électromotricc de la source. Mais à partir du moment où le moteur entre en mouvement, l’aiguille du galvanomètre d’intensité reste invariablement fixée sur la même division, tandis que la force électromotrice de la source et la vitesse du moteur électrique croissent de plus en plus.
- Dans une expérience faite récemment, la source d’électricité était une machine Gramme, et le récepteur une machine Hefner-Alteneck dont le frein était chargé d’un poids de 2 kil., 5 appliqué à l’extrémité d’un bras de levier de o’u, 16. Lorsque ce récepteur commença à tourner, le galvanomètre d’intensité marquait 26 divisions; je fis alors augmenter la vitesse de la machine génératrice et enlever des résistances additionnelles placées dans le circuit ; la vitesse du récepteur s'éleva alors à 3a tours par seconde ce qui correspondait à un travail de So'^’01 par seconde, et cependant l’aiguille du galvanomètre d’intensité marquait 27 divisions au lieu de 26.
- Les conclusions cte cette expérience s’imposent d’elles-mênies,elle ne pourrait s’expliquer en effet que de deux façons : soit par un accroissement de résistance de l’anneau de la machine réceptrice, soit par un accroissement de sa force électromotrice inverse à celle de la source. La première hypothèse n’est plus admise par personne. C’est donc nécessairement grâce à l’accroissement de la force électromotrice inverse développée par la réceptrice que cette constance du courant peut avoir lieu. En d’autres termes, si l’on désigne par E et e les forces électromotricea de la source et de la réceptrice, par R résistance totale du circuit et par I l’intensité du courant, on a :
- —. I = constante,
- R étant invariable il faut nécessairement que E — e le soit aussi.
- Or, je le démontrerai bientôt, l’expérience que je viens de décrire esL une conséquence d’une autre loi relative aux machines d’induction : celle de la proportionnalité de forces électro-motrices aux vitesses lorsque .le champ magnétique reste constant (et c’est ici le cas puisque 1 est constant).
- Il résulte de l’invariabilité de R et de [ que le • produit RP, c’est-à-dire le nombre de calories consommées dans l’unité de temps dans le circuit, est constant lorsque l’effort statisque est lai-môme constant quelle que soit la vitesse de l’anneau.
- Les deux lois que je viens d’énoncer : celle do l’indépendance de l’action mécanique du courant par rapport à l’état de repos ou de mouvement de l’anneau et celle de la proportionnalité des forces électro-motrices aux vitesses (lorsque bien entendu l’intensité du courant est constante) sont-elles rigoureusement ,exactes ?
- L’expérience que je viens de décrire prouve en tout cas qu’elles sont vraies dans des limites pratiques très larges. Celui qui les déclarerait fausses' sous le prétexte qu’elles ne sont pas rigoureusement vérifiées tomberait dans la même erreur que celui qui ne voudrait admettre ni la loi de Ma-riotte, ni les lois de Kepler, ni la sphéricité des planètes, sous le prétexte qu’elles ne sont pas rigoureusement exactes. J’ajouterai en terminant que la proportionnalité des vitesses aux forces électro-motrices a servi de point de départ à toutes .les recherches de M. Frœlich sur les machines dynamo-électriques et qu’il a été amené à déclarer que cette loi était applicable à tous les types de machines pratiquement parlant, bien entendu.
- Marcel Deprez.
- La note qu’on vient de lire a été présentée de la manière suivante à l’Académie des Sciences, par M. Bertrand.
- « Voici, a-t-il dit, une note de M. Marcel Deprez qui, je crois, a une grande importance. Il ne s’agit pas d’une question nouvelle, il s’agit, au contraire, de tirer au clair une question qui a été posée devant l’Académie, il y a plusieurs semaines, et d’établir une vérité qui a été contestée énergiquement par des savants très distingués. M. Deprez a annoncé dans une communication récente deux lois physiques dont il a, je crois, la démonstration, et qu’il déduit de l’expérience.
- <t La première de ces lois, sur laquelle il a basé une formule pour mesurer l’effet utile des machines dynamo-électriques, consiste en ce que pendant le mouvement, quelque rapide qu’il soit, l’effort statique exercé sur l’armature, est le même qu’à l’état de repos, bien entendu, à égale intensité du courant. C’est l’intensité du courant seule qui règle l’effort statique, c’est-à-dire le nombre de kilogrammes représentant l’effort que le courant exerce sur la machine pour la faire tourner. L’effort statique, bien entendu, ne doit pas être confondu avec le travail ; quand la machine ne tourne pas, l’effort est le même, mais le travail est nul; quand la machine tourne, le travail est proportionnel à sa vitesse. Il est très facile de mesurer l’effort statique à l’état de repos ; quand on le connaît, on le fait ensuite entrer dans 4a formule. Lors même que la machine fonctionne et quelle qu’en soit la vitesse, on a constaté la possibilité d’agir ainsi ; et des expériences auxquelles j’ai assisté tout récemment avec M. du Mancel, faites dans des limites assez écartées, ne laissent aucun doute à cet égard. Le théorème est vrai comme un théorème de ce genre doit être vrai, c’est-à-dire que l’effort qu’on dit constant n’a varié que de 1 à 2 centièmes en plus ou en moins, dans la durée d’une expérience dans laquelle on a même poussé très loin les différences de vitesse.
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- « Le second théorème de M. Deprez, qui a une grande importance aussi et qui a été contesté également, consiste en ce que, quand on a mis une machine en mouvement à l’aide d’un courant, si l’on augmente la force électromptrice que . la machine génératrice produit,'de manière à doubler,-tripler, quadrupler même le travail, l’intensité du courant 11e change .pas. On produit le courant et il commence par grandir jusqu’au moment où, comme dit M. Deprez, il fait démarrer la machine. O11 peut retarder ce moment en calant la machine, en y mettant des poids et le courant grandit jusqu’au moment où il est assez fort pour la faire partir. Arrivé à ce point, .011 peut alors décupler le travail de la génératrice, décupler la force électromotrice que cette machine produit entre les deux pôles; le courant n’augmente pas dede sa valeur et, du reste,
- la raison en est toute simple : c’est qu’à mesure que la machine réceptrice travaille, elle produit une force élëctromotrice inversé.
- , « Nous avons constaté ces faits en présence de M. du Moncel et de plusieurs ingénieurs que M. Deprez avait convoqués; la vitesse de la réceptrice a été augmentée non seulement dans le rapport de 1 à 10, mais même dans le rapport de 1 à 40, et le courant qui, au galvanomètre, était d’abord mesuré par 26°. 1/2, était représenté à cette ; vitesse 40 fois plus grande par 270. La variation était donc insignifiante et je crois que la démonstration expérimentale peut être! considérée comme complète. C’est un théorème dont la preuve acquiert d’autant plus de valeur, qu’on l’avait contesté d’une manière formelle en lui opposant des démonstrations mathématiques.
- Je ne suis pas .fâché de dire à cette occasion, -que cela ne prouve pas le manque de savoir ni la profondeur de la science du contradicteur ; il dit :
- « le théorème n’est pas vrai ; la force produite par le courant est représentée par une série ; vous ne prenez que le premier terme ». C’est vrai, mais le second est très petit, il est tellement petit qu’on peut dans les applications industrielles le considérer comme nul. Je crois que cela résulte d’une manière certaine des expériences faites par M. Marcel Deprez. »
- M. du Moncel a fait alors remarquer à M. Bertrand qu’il n’avait pas parlé des variations de résistance.
- « C’est, a-t-il dit, un point très important. Dans l’expérience dont nous avons été témoin, on a fait varier la résistance du circuit dans une très grande proportion, et l’intensité est toujours restée voisine de 26 1/2.
- «Maintenant on a fait varier, d’un autre.côté, la vitesse de la machine génératrice dans des proportions excessivement graudes, et, également, l’intensité est toujours resté à 26 1/2. Par conséquent,
- le principe s’applique aussi bien pour les variations de la résistance du circuit que pour celles de la vitesse de la machine génératrice. ; 1
- « Ce point avait été mis en doute par plusieurs personnes, mais la démonstration expérimentale donnée par M. Deprez est tellement palpable, tellement simple, qu’il est impossible dé songer à la réfuter, quand 011 a vu l’expérience. » '
- (Rédaction.) ‘J
- REVUE DES TRAVAUX
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- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur l’électrisation de l’air, par M. Mascart (*). >
- « Dans une des séances dé la Commission internationale des unités électriques, réunie dernièrement à Paris, sir W. Thomson a signalé l’intérêt qu’il y aurait pour la Science à observer d’une manière continue l’électrisation propre des couches inférieures de l’atmosphère, en déterminant le potentiel dans un volume limité de-gaz emprunté à l’air ambiant et soustrait à l’action des niasses électriques étrangères. •
- « J’ai ëssayé de voir, ’ par expérience, comment une masse d’air ainsi isolée conserve son électrisation, afin de définir fies conditions dans lesquelles il conviendrait de se placer pour une observation continue.- - >
- « L’air de l’amphithéâtre du Collège de France, qui représente en gros un cube de gm à iom de côte, était électrisé en y déchargeant une bouteille de Leyde pendant dix secondes par une flamme conductrice. Un électromètre, situé dans la salle, était en communication avec une flamme réceptrice placée à 8m environ du point où avait lieu la décharge et à im,5o du sol. Aussitôt la décharge commencée, l’électromètre est affecté; la déviation éprouve d’abord une série d’oscillations dé grande amplitude, puis elle augmente d’une manière plus régulière, atteint un maximum au bout de dix à quinze minutes et diminue ensuite très lentement.
- ' « Les grandes oscillations du début ont paru
- tenir à une action directe des couches d’air électrisées sur les fils conducteurs de l’électromètre qui en étaient trop rapprochés. Pour éliminer cette cause d’erreur, l’électromètre a été placé dans une salie voisine, la communication avec la flamme réceptrice étant établie par un fil qui traversait la cloison. Dans ce cas, les effets son! plus réguliers; la déviation maximum a été atteinte encore
- C) Note présentée à l’Académie des sciences, dans la séance du i3 novembre ilüîe.
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- eiij un: quart d’heure environ, puis elle.a diminué lentement suivant une loi que la forme de la courbe .indique.•nette’ment'être une exponentielle, comme pour le rayonnement calorifique. Au bout de deux heures, le potentiel était encore le 1/20° de sa valeur maximum. Toutefois, il se manifeste encore, surtout’dans les premières minutes, une série d’oscillations de faible amplitude, et ces oscillations s’exagèrent dès que l’on ouvre une porte, même pendant un temps très court, ou qu’un observateur traverse la salle à plusieurs mètres de la flamme réceptrice.
- « Ces phénomènes s’expliquent naturellement, si l’on admet que l’électrisation reste adhérente aux couches d’air qui ont été directement en contact avec la.flamme pendant la décharge. Les gaz électrisés montent en vertu de leur température élevée, puis se meuvent et se disséminent à la manière des fumées, jusqu’à ce qu’ils soient distribués uniformément dans l’atmosphère de la salle ; la déviation de l’élèctromètre est .alors voisine de son maximum. Quant à la disparition de l’élèctricité, elle a lieu soit par les échanges avec l’air extérieur, soit par la flamme réceptrice elle-même, qui neutralise d’une manière continue l’électricité ambiante, soit par le contact de l’air avec les parois de la salle.
- « La déperdition doit être diminuée quand on supprime les mouvements de gaz dus à la présence des flammes; c’est ce que montre l’expérience lorsque la décharge de la bouteille a lieu par une pointe aiguë et que la flamme réceptrice est remplacée par un écoulement d’eau. L’aiguille de l’électromètre est encore déviée aussitôt après le commencement de la décharge; mais elle reste ensuite quelque temps stationnaire, atteint la déviation maximum un peu plus tard, et le retour au zéro se fait plus lentement. Au bout d’une’heure, la perte n’était encore que des deux tiers; elle serait sans doute beaucoup plus lente dans un air absolument calme. On en a d’ailleurs une preuve indirecte par l’étude de Pair enfermé dans une salle n’ayant de communication avec l’extérieur que par les fuites habituelles • des portes et des fenêtres; on y trouve presque toujours de l’électricité de même signe que celle de l’air extérieur, car il suffit d’ouvrir une fenêtre pour exagérer beaucoup les indications de l’instrument.
- « L’électrisation produite par une bouteille de Leyde est toujours assez faible, mais il est facile d’obtenir des effets beaucoup plus énergiques. En déchargeant par une flamme l’électricité fournie par une machine de Holtz pendant une minute, l’air était tellement électrisé que le potentiel vers le milieu de la salle au moment du maximum dépassait 2 000 volts ; on peut en déduire la densité moyenne de l’électricité dans l’air, en supposant la distribution homogène.
- « Il résulte de ces expériences que, pour étudier
- les couches inférieures de l’atmosphère, il suffit de déterminer le potentiel dans une salle de quelques mètres dont les parois seraient formées par un grillage métallique à larges mailles, en communication avec le sol, afin d’éliminer l’action des masses électriques extérieures; les échanges de gaz avec l’atmosphère, quelque faible que soit le vent, suffiront pour compenser la perte produite par les parois et par l’appareil collecteur (flamme ou écoulement d’eau), et pour donner à l’électro-mètre un potentiel constamment proportionnel à l’électrisation propre de l’air ambiant.
- « Ce potentiel sera tout différent (le plus souvent de signe contraire) de celui qu’on obtient par les méthodes habituelles. Si l’électricité joue un rôle important dans les phénomènes naturels, il est à présumer que l’électrisation propre de l’air est particulièrement efficace ; la suggestion de sir W. Thomson mérite donc toute l’attention des observateurs. »
- Recherches sur l’électricité des flammes, par MM. Julien Eister et Geitel.
- Pouillet (') et Hankel (2) ont attribué l’électrisation apparente des flammes au phénomène même de la combustion.
- D’après Matteucci (:l), cette électrisation proviendrait de ce que la flamme se Comporte comme un-électrolyte vis-à-vis des métaux qu’elle enveloppe, les différentes couches de la flamme excitant différemment par leur contact les fils plongés dans la flamme.
- Buff (') attribue ce phénomène à une action thermo-électrique.
- Les expériences de MM. Eister et Geitel ont eu pour objet de décider entre ces théories; elles ont été exécutées au moyen d’un électromètre de Thomson, dont une paire de cadrans communiquait avec la terre et l’autre avec un commutateur qui permettait de la relier avec l’une où l’autre des électrodes placées dans la flamme ou avec la terre : on employa successivement les flammes d’une lampe à alcool et d’un brûleur de Bunsen.
- Les résultats obtenus sont les suivants :
- i° La polarisation longitudinale des flammes n’est qu’apparente et provient de l’immersion inégale des fils employés comme électrodes dans les flammes.
- 2“ La flamme parait fortement polarisée transversalement, et l’électrode située dans la couche d’air qui enveloppe immédiatement la flamme, est
- (>) Annales de physique et de chimie, 1827, vol. 35 p. -|0|.
- (‘-) Annales de Poggendorf, i85o, vol. 41, p. 212.
- . (:<) Philosophical Magazine, 1854, vol. 8, p. 309.
- (l) Licb., Ann., l85t et i85q.
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- toujours positive par rapport à l’électrode plongée dans la flamme.
- 3° La force électro-motrice est, conformément à ce qui précède, indépendante de la grandeur de la flamme.
- 40 On peut, ce qui s’explique par les résultats i° et 20, changer la polarité de la flamme en déplaçant convenablement les électrodes.
- 5° La force électro-motrice des flammes dépend de la nature des métaux employés comme électrodes et de celle des gaz brûlés ; elle est très considérable avec des électrodes de platine et de magnésium, très faible quand l’électrode exposée à l’air est recouverte d’un sel et spécialement de chlorure de potassium.
- 6° On obtient des résultats semblables en opérant avec des électrodes liquides.
- 70 On peut associer des flammes entre elles comme les éléments d’une pile et constituer ainsi des piles de flammes.
- 8° Deux électrodes métalliques séparées par une couche d’air chaud et portées à des degrés différents d’incandescence sont à des potentiels différents.
- Il résulte de ces expériences qu’il n’y a pas production d’électricité libre dans la flamme par le procédé même de la combustion : que les gaz de la flamme, et la couche d’air qui l’enveloppe immédiatement, ont la propriété, lorsqu’ils viennent au contact de métaux ou de liquides, de l’exciter comme un électrolyte. Il faut ajouter à cette excitation électrolytique une excitation thermo-électrique produite par l’état d’incandescence des électrodes : la quantité et la nature de l’excitation électrique sont alors indépendantes de la grandeur de la flamme et fonctions de la nature et de l’état des surfaces des électrodes, de la nature des gaz de la combustion, de l’état d’incandescence des électrodes.
- La théorie de Hankel n’est donc pas d’accord avec ces expériences et l’on doit considérer les deux espèces d’excitations admises par Buff et Matteucci comme contribuant simultanément à l’électricité apparente des flammes.
- Annales de Wiedemann 1882, nu 6, p. iy3, 222.
- Creuset électrique du D1' C. W. Siemens (p.
- Le docteur C.-W. Siemens et M. Huntington ont récemment fait connaître, au meeting de l’Association britannique à Southampton, quelques résultats^ intéressants obtenus au moyens du creuset (*)
- (*) « On the Electric F limace », by C. W. Siemens and A.-K. Huntington professor of Melallurgy lving’s College, Londres. Voir aussi la brochure de AI. Siemens « Le gaz et l’électricité comme agents de chauffage ». 1 vol. Actualités scientifiques,' üauthier-Villars, 1881.
- électrique, que nous avons décrit dans notre numéro clu i5 juillet 1880.
- Les creusets en terre réfractaire ne résistent pas à la chaleur développée par un arc très intense comme celui des expériences de M. Siemens, dans lesquelles le courant était fourni par deux machines Siemens du type D2 (1), dont l’une excitatrice, mise en mouvement par une locomobile de 12 chevaux, — l’intensité du courant variait de 25o à 3oo ampères. Les creusets en plombagine tiennent très bien : on peut aussi employer une sole de sable, de chaux ou de poussier de charbon de cornues, qui laisse l’arc, une fois produit, se maintenir jusqu’au métal qui le surmonte.
- Fer forgé. — Six livres de fer forgé (2k7o) soumis àl’action de l’arc pendant 20 minutes, puis coulées dans un moule, ont donné une masse cristalline non forgeable. On a toujours obtenu ce résultat, sans pouvoir l’expliquer, dans la fusion du fer du nickel et du cobalt. O11 évite la cristallisation du fer en lui ajoutant, avant la coulée, un peu de manganèse.
- Acier. — On a pu fondre, en une seule charge, jusqu’à g kil. d’acier de limes en une heure environ, le creuset étant chaud au commencement de l’opération : en de telles masses le métal s’est toujours montré plein de soufflures.
- Fonte blanche (Whitc Iron). — Se fond sans changement de nature dans un creuset d’argile, devient un peu grise quand on y ajoute du coke, et donne, au bout d’un quart d’heure, une excellente fonte grise, dans un creuset de charbon primitivement porté au rouge ; ce phénomène ne se produit pas, même au bout d’une demi-heure, avec un creuset froid à l’origine, probablement parce que la température n’y devient jamais aussi élevée. —Avec du poussier de charbon mélangé à la fonte blanche on obtient une fonte très noire et cristalline ; en faisant refondre cette fonte avec du poussier de char-bôn on obtient un métal très.noir laissant se séparer, par un refroidissement lent, une grande quantité de graphite.
- Fonte. — La fonte grise ne se modifie que très , peu par la fusion au creuset électrique, en présence de poussier de charbon, ou sous une couche de chaux ; il se dégage, dans ce cas, une forte odeur d’hydrogène phosphoré.
- Spiegelcisen. — Le refroidissement du métal fondu dans un creuset de plombagine ou d’argile est accompagné d’une séparation de graphite.
- (') Les principales caractéristiques de la machine dynamoélectrique 1)-’ de Siemens sont les suivantes : Dimensions : um7ô X ou|7i X om2i ; poids : 190 kilog. ; nombre de tours par minute: 65o; force absorbée : 3 ch. 1/2.
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- Fonte siliceuse (io o/o de silice). — Ne change pas de nature quand on la fond seule ou en présence du poussier de charbon; dans ce cas, le refroidissement est accompagné d’un dégagement de graphite.
- En dosant convenablement des mélanges de fontes grises, de fontes siliceuses — tô o/o de silice — et de poussier de charbon, on put obtenir des fontes dont la teneur en silice variait de ~ à g o/o.
- En agissant sur des fontes sulfureuses, il ne se dégage aucune odeur d’acide sulfureux.
- Nickel. — On employa, pour électrode psoitive au fond du creuset, un lingot de nickel de 3mm de diamètre, et pour électrode négative, un charbon qui se couvrit très vite de nickel volatilisé. Ce dépôt sur le pôle négatif fut observé avec quelques autres métaux, notamment le tungstène. Le nickel ainsi fondu est difficilement malléable.
- Cuivre.-— Une grande partie sc volatilise; sur 3oo grammes de cuivre fondus en une demi heure avec du poussier de charbon, il s’en est volatilisé 20 grammes.
- Platine. — Fondu 3k6oo de platine en un quart d’heure.
- Tungstène. —'Dans un creuset d’argile, une demie livre (ok25) de tungstène en poudre resta presque infusible. Le métal attaque le creuset. La surface du culot non fondue était recouverte de cristaux prismatiques formés par la précipitation lente des vapeurs de tungstène sorties à travers la croûte. On ne peut fondre le tungstène qu’en très petites quantités. Le tungstène qui a déjà été fondu se fond mieux et sans dégager de fumées. Le tungstène fondu au creuset électrique présente un aspect blanc brillant, cassant, et à grain très serré. Son point de fusion s’abaisse en présence du charbon en poudre. On a pu avec i ooo grains de tungstène en poudre mélangé de poussier de charbon, obtenir un lingot de 4So grains renfermant 1.8 o/o de carbone : le tungstène carburé est également blanc, serré et cassant.
- Conclusions. — Il résulte, de ces expériences, que la quantité d’un métal donné qu’on peut fondre avec succès dans un creuset électrique et le temps nécessaire pour opérer cette fusion dépendent :
- i° Du rapport entre les températures de volatilisation et de fusion du métal ;
- 2° De la conductibilité du métal pour la chaleur.
- C’est ainsi que, pour une dépense donnée d’énergie, on fond le platine en plus grand quantité et plus vite que l’acier.
- D’après M. Huntington, le dépôt observé sur
- l’électrode négative, dans la fusion du nickel, tiendrait à ce que ce métal est beaucoup plus volatil que le carbone. D’après M. Siemens ce phénomène tient à ce que le pôle négatif est beaucoup plus froid que le pôle positif.
- FAITS DIVERS
- M. le ministre de l’instruction publique a adressé à M. le président de l’Académie des sciences, la note suivante :
- iS novembre 1882.
- Monsieur le Président,
- J’ai' l’honneur de vous adresser ampliation de l’arrété ministériel réglant les conditions du prochain concours pour l’obtention du prix Volta, en 1887 :
- Vu le decret du 11 juin 1882;
- Le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts,
- Considérant qu’au commencement du siècle la pile de Volta a été jugée le plus admirable des instruments scientifiques;
- Qu’à son aide, ou avec le secours des nouvelles sources découvertes plus tard, l’électricité a donné :
- Aux applications de la chaleur, les températures les plus élevées ;
- A celles de la lumjèrc, des foyers d’une intensité qui dépasse celle de toutes les lumières artificielles;
- Aux arts chimiques, une force mise à profit par la galvanoplastie et le travail des métaux;
- A la physiologie et à la médecine pratique, des moyens d’une efficacité constatée;
- Qu’elle a créé la télégraphie électrique et la téléphonie;
- Qu’elle est enfin l’agent mécanique le plus délicat et, sous certains rapports, le plus énergique;
- Qu’elle est ainsi devenue ou tend à devenir le plus puissant des agents industriels;
- Considérant, dès lors, qu’il est d’un haut intérêt d’appeler les savants de toutes les nations à concourir au développement des applications les plus utiles de l’électricité,
- Arrête :
- Article premier. — Le prix de cinquante mille francs institué par décret du 11 juin 1882, en faveur de la découverte qui rendra l’électricité propre à intervenir avec économie dans l’une des applications suivantes : comme source de chaleur, de lumière, d’action chimique, de puissance mécanique, de moyen de transmission pour les dépêches ou de traitement pour les malades, sera décerné en décembre 1887
- Art. 2. — Les savants de toutes les nations sont admis à concourir.
- Art. 3. — Le concours demeure ouvert jusqu’au 3o juin 1887.
- Art. 4. — Une commission nommée par le ministre de l’instruction publique sera chargée d’examiner la découverte spécifiée par chacun des concurrents, et de reconnaître si elle remplit les conditions exigées.
- Art. 5. — Le rapport de cette Commission sera publié dans le Journal officiel.
- Fait à Paris, le 10 novembre 1882.
- Signé : J. Duvaux.
- Éclairage électrique
- Deux cuirassés de premier rang, 1 ’Ucéan et le Redoutable, faisant partie de l’escadre d’évolution, vont recevoir pro-
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- .MO
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- chainement chacun 200 lampes à incandescence Swan et Edison alimentées par des machines Gramme à courant continu.
- Le paquebot La Normandie, actuellement en construction pour la Compagnie générale transatlantique et destiné à faire le service entre le Havre et New-York, sera entièrement éclairé à l’électricité. Les cabines, salons,, escaliers, etc., seront éclairés par plus de 400 lampes Swan. La machine, les cales et le pont dans, le voisinage des panneaux de chargement seront éclairés par i3 foyers à arc du système Siemens. Les machines seront également des machines Siemens et elles seront en double pour parer à tout accident,
- A Londres., un meeting spécial de la Vestry de Newiug-ton vient de décider qu’une demande d’autorisation serait adressée au Board of Trade, conformément à l’Electric Lighting Act de 1882, en vue' de fournir l’électricité pour l’éclairage public et privé dans toute l’étendue de la paroisse de Newington. ___ __
- A Brighton, les usines et bâtiments Magnus Volk sont éclairés avec, des lampes à incandescence Edison et Swan de 8 et de 16 candies. La machine employée est une machine Siemens D5, actionnée par un moteur à gaz Otto d’une force nominale de 2 chevaux. M.'Volk a installé également dans les dépôts et magasins Wallis el Hacks, vingt lampes Swan de 20 candies et dix de 10 candies. A Brighton aussi l’appartement dit du Roi dans le palais du Pavillon est éclairé avec vingt-cinq lampes Edison de 8 candies, dix lampes Swan de 20 et huit de 10 candies. .
- A Brixton, dit VÈleclrician de Londres, la Compagnie qui possède la lampe Fyfe Main vient d’acquérir environ un acre de terrain en vue d’y établir une station d’éclairage électrique. Les grands magasins du « Bon Marché » de Brixton vont être éclairés pendant une année avec 24 lampes Fyfe Main d’une puissance de ^000 candies chacune. Des lampes du môme système vont être utilisées pour l’éclairage <ies magasins de draperie Philipps.
- A Dundee (Ecosse), les chantiers de construction de navires Pearce frères sont depuis quelques semaines éclairés avec dix lampes à arc.
- A Dublin, la manufacture dé laines Guinness et C° est actuellement éclairée avec des lampes à incandescence Swan. Le courant est fourni par une machine Crompton Burgin.
- A Belfast, en Irlande, la brasserie Greenhill a reçu une installation d’éclairage • électrique à l’aide de lampes Swan.
- A Berlin, l’intendance générale des théâtres royaux projette d’introduire la lumière électrique dans les théâtres.
- Il manque cependant aux théâtres royaux de Berlin l’espace nécessaire pour l’installation des machines â vapeur. Des pourparlers ont déjà eu lieu â ce propos avec le maréchal de la cour et l’on espère obtenir prochainement la place qu’exigent ces machines. O11 a déjà entretenu également les autorités municipales de la question de la pose des conduites dans les rues de la capitale.
- A Cleveland, ville de l’Ohio, sur le lac Erié, l’Ohio Electric Light and Power Company, qui emploie la lampe Sherman, se propose d’éclairer certaines rues de cette .ville en posant des conduites le long des bordures des trottoirs.
- Télégraphie et Téléphonie
- Des manœuvres de télégraphie militaire, qui ont duré trois semaines, viennent d’avoir lieu aux' environs de Marseille, qui avait été désigné comme centre pour les opérations de ce genre que les i5ü et 190 sections télégraphiques ont à effectuer à des époques déterminées par le ministre de la guerre. En peu d’heures, une ligne volante a été posée au cours de ces manœuvres entre Menpenti et Saint-Marcel. La distance était de six kilomètres: vers huit heures du matin, deux ateliers, soit deux groupes de dix hommes chacun de la iç)° section ont commencé la pose des fils; en tête des travailleurs marchait un bureau ambulant, renfermé dans une voiture spéciale, dans laquelle se trouvaient, outre les piles, des appareils Morse, permettant de .pourvoir'à quatre communications différentes. Derrière ;ce 'fpürgop, ;conduit par des soldats du 20e escadron du train des équipages, venait un chariot également mené par quatre chevaux et ‘deux cavaliers du même corps, sur lequel étaient .rangées avec ordre plusieurs bobines pourvues, chacune de mille mètres de fil. Tout le long clc la route'des ouvriers munis de perches plaçaient le fil des bobines, ;fîl .recouvert de gutta et de goudron, sur les branches des arbres ou, :â défaut d’arbres, sur les enseignes des magasins, les.aspérités des maisons. Lorsqu’il se présentait des bifurcations de chemins, des entrées de villas ou des passages réservés aux voitures, au lieu d’employer les moyens indiqués plus haut, on fixait en terre des perches en fer plus ou moins .élevées, nanties au sommet d’isolateurs destinés ' à soutenir le fil. Une fois chaque bobine épuisée, 011 s’arrêtait et une dépêche était adressée au posté fixe de Menpenti pour s’assurer que tout fonctionnait â souhait. La pose de cette-ligue a été rapidement effectuée, car â onze heures et demie, hommes et fourgons entraient â Saint-Marcel point terminus de la ligne volante.
- La ville de Boulognc-s.uiMVIer va être dotée de services téléphoniques. Depuis quelque temps déjà, la chambre de commerce et le conseil municipal de Boulogne s’occupaient de la question. Dans une de ses dernières. séances, la chambre de commerce a admis en principe une dépense de 4,000 fr. pour relier téléphoniquement le bureau des officiers du port et la halle au poisson avec le cap d’Alpreck et la pointe du Gris-Nez. De son côté, le conseil municipal a renvoyé à une commission le projet de mise en communication des divers établissements municipaux par une installation du même genre. . > ; -
- On sait que l’on doit établir à Saint-Etienne un réseau téléphonique. Il est question d’étendre ce réseau à toute la région industrielle dont Saint-Etienne est le centre. L’Etat consentirait à établir des bureaux centraux auxiliaires à Rive-de-Gier, Saint-Chamond et Chambon-Fougerolles, sous la réserve que chacune de ces villes fournirait un minimum de 5o souscripteurs.
- Les premiers essais de correspondance téléphonique entre Saint-Pétersbourg et le palais impérial de Gatchina .ont eu lieu il y a quelques jours. On a procédé à ces essais au moyen des fils télégraphiques ordinaires.
- A Sunderland (comté de Durham), la Northern District Téléphoné Company a donné ces jours derniers dans le Victoria Hall un grand concert que ses abonnés ont écouté de chez eux.
- Cinquante-trois abonnés ont été reliés à la fois au transmetteur disposé dans le Hall.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris.— Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 3353S
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- Lumière
- Journal universel
- Electrique
- d’Electricité
- 4e ANNÉE (TOME VII)
- 51, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONGEL
- Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- SAMEDI 9 DÉCEMBRE 1882
- SOMMAIRE
- Le rendement électrique; Th. du Moncel. — Résultat des expériences faites à l’Exposition d’Electricité sur les lampes à incandescence, par MM. Allard, Joubert, F. Le Blanc, Potier et H. Tresca. — Les aurores polaires (8e article); Alfred Angot. — Les sciences physiques en biologie : L’électricité (i6« article); Dr A. d’Arsonval. — Revue des travaux récents en électricité : Intercommunication électrique dans les trains en marche, système W.-H. Lloyd. — Influence de la température sur l’aimantation. — Règles pour l’établissement des paratonnerres. — Correspondance : Lettre de M. Dubois. = Faits divers.
- LE
- RENDEMENT ÉLECTRIQUE
- La manière inexacte dont on a en générai rendu compte de ma communication à l’Académie relativement aux expériences faites par M. Marcel Deprez entre Miesbach et Munich me force de m’expliquer plus catégoriquement que je ne l’ai fait sur ce qu’on appelle le rendement électrique. Car c’est faute d’avoir compris ce terme que beaucoup de personnes ont cru qu’il y avait une contradiction fâcheuse entre le chiffre du rendement électrique tel qu’il avait été donné d’abord par M. Deprez et le chiffre du rendement mécanique obtenu plus tard par la Commission électro-technique.
- Le rendement d’une machine électro-motrice par rapport à une autre qui la met en mouvement est exprimé par le rapport du travail mécanique utile que développe la seconde au travail absorbé par la première. Mais on peut estimer ce travail de deux manières différentes : soit par un procédé mécanique en appliquant un dynamomètre de transmission sur la machine génératrice et un frein de Prony ou tout autre appareil similaire sur la seconde ; soit par1 des procédés électriques en mesurant l’intensité du courant qui traverse les deux machines ainsi que les forces électro-motrices, l’une
- directe, l’autre inverse, développées par ces machines. Dans ce dernier cas on peut conclure le travail mécanique absorbé par la première et celui qui est restitué par la seconde, des mesures électriques prises sur chacune d’elles en appliquant certains théorèmes fondamentaux d'électro dynamique que nous allons rappeler brièvement. Mais avant d’aller plus loin il est nécessaire de faire remarquer que le rendement calculé d’après cette seconde méthode est nécessairement plus élevé que celui que l’on obtient par la mesure mécanique directe, car il n’est autre chose que l’expression de ce que serait le rendement mécanique si les machines étaient parfaites, c’est-à-dire exemptes de frottements, de trépidations, et même de certaines imperfections de nature électrique qui ne pourraient être éliminées complètement que si l’anneau était composé d’un nombre infini de sections infiniment petites. Ces dernières causes de perte sont d’ailleurs très petites et ne dépassent pas 3 à 4 0/0.
- La loi de Joule nous- permet de calculer facilement le travail mécanique développé sous forme de chaleur dans un circuit inerte, c’est-à-dire dans lequel il n’y a ni actions mécaniques ni actions chimiques. Cette quantité de travail a pour expression l’une de ces trois formes '
- RI3, ^ ou El K
- La première forme convient au cas où l’on connaît la résistance R du circuit et l’intensité I du courant, la seconde lorsqu’on donne la force électro-motrice E de la source et la résistance R et enfin la dernière lorsqu’on ne connaît que la force électro-motrice E et 1 intensité I. Les deux dernières expressions se déduisent immédiatement de la première (qui a été obtenue expérimentalement par Joule) en la combinant avec la loi d’Ohm.
- Il est essentiel de remarquer que les nombres fournis par ces expressions représentent des kilo-grammètres par seconde, à la condition que E, I et R soient respectivement exprimés en volts, en ampères et en ohms, et que chacune d’elleâ soitdi-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- visée parle nombre g- = 9m,8i, qui représente l’accélération due à la pesanteur. L’introduction de ce coefficient tient à la nature même des unités électriques (volt, ampère, ohm) préconisées par l’Association britannique et adoptées par le Congrès des électriciens en 1881. Si l’on voulait connaître le nombre de calories développées pendant une seconde par le passage du courant dans le circuit, il faudrait diviser le nombre de kilogrammètres trouvé par l’équivalent mécanique de la chaleur; c’est-à-dire par 425. Ainsi, la quantité de travail mécanique (exprimé en kilogrammètres par seconde) qui est mise en liberté dans un circuit inerte, sous forme de chaleur, par le passage d’un courant électrique, est représentée indifféremment par l’une des trois expressions.
- RP E2 El
- g ’ g-R’ g
- Considérons maintenant le cas où le circuit, au lieu d’être inerte, comme nous l’avons supposé, contient un moteur électrique parfait (c’est-à-dire basé sur le principe qui a été pour la première fois appliqué par le professeur Pacinotti), exempt de frottements et de trépidations, et dont l’axe soit chargé d’un frein permettant de mesurer la totalité du travail développé quand le moteur tourne. La quantité d’énergie totale développée par la source d’électricité apparaît alors dans l’ensemble du circuit sous deux formes différentes : de la chaleur et du travail. Or, l’intensité du courant étant la même en tous les points du circuit, quelle que soit la nature des phénomènes qui s’y accomplissent (loi de Ohm vérifiée par Faraday), et la résistance d’un circuit métallique étant, quand les appareils sont convenablement établis, indépendante de son état de repos ou de mouvement, ainsi que des forces électro-motrices dont il pourrait être le siège (*); la quantité de chaleur développée dans
- tout le circuit est toujours exprimée par —.
- D’autre part, la quantité totale de travail ou d’énergie engendrée par la source et dépensée dans l’ensemble du circuit, soit sous forme de chaleur, soit sous forme de travail, est, dans tous les cas, représentée en kilogrammètres par seconde par El
- —. De nombreuses démonstrations ont été données
- de ce théorème fondamental, et nous ne croyons pas nécessaire de. les répéter ici, mais nous allons faire voir comment on peut le déduire immédiatement du principe de la conservation d'énergie et
- (>) Quelques personnes ont cru que certains effets observés dans les pièces mobiles des machines eu mouvement avaient pour cause un accroissement réel de la résistance de la machine; mais une étude plus approfondie a montré que cette cause résidait dans des effets secondaires, n’ayant aucun rapport avec la résistance du circuit.
- de la loi de Faraday. Considérons une pile de 11 éléments ayant chacun une force électro-motrice prise pour unité et produisant un courant d’intensité I. D’après la loi de Faraday, la quantité de zinc dissoute dans chaque élément pendant l’unité de temps, est proportionnelle à I, et la quantité totale de zinc dissoute dans les n éléments sera par conséquent proportionnelle à ni, c’est-à-dire à EL Or, à cette quantité de zinc dissoute correspond un nombre de calories, c’est-à-dire une quantité d’énergie parfaitement déterminée. On a donc le droit de dire que la quantité totale d’énergie produite par une source d’électricité pendant l’unité de temps est proportionnelle au produit El, et elle est en El
- réalité mesurée par — , comme nous l’avons dit plus haut, lorsqu’on adopte les unités de l’Association britannique.
- Désignons maintenant par T le travail mécanique produit par le moteur, exprimé en kilogrammètres par seconde : l’énergie totale développée par la source étant égale à la somme des énergies partielles (quelles que soient leurs formes) développées dans tout le circuit, nous aurons l’équation
- El = RP T
- g g
- d’où nous tirons
- T =1 (E ~ R1
- g
- Pour interpréter le second membre de cette égalité, cherchons à ramener le terme E — RI à une forme plus simple, et pour cela remarquons que dans l’équation fondamentale qui représente la loi
- d’Ohm I = il est expressément entendu que E représente la somme algébrique des forces électromotrices positives et des forces électro-motrices négatives (s’il y en a) qui se trouvent dans le circuit, de sorte que si nous représentons les premières par E et les secondes par e, l’équation devient
- I—E ~ C d’où e = E —RI
- D’après cela l’expression E — RI représente toujours une force électromotrice négative et 011 peut en conclure que lorsqu’un moteur électrique produit du travail, il engendre nécessairement une force électro-motrice de sens contraire à celle de la source ; c’est en effet ce que l’expérience confirme complètement.
- En écrivant sous cette forme le terme E — RI, l’équation du travail devient
- T = —, ou en rappelant que I == —
- e(E-e) g-R
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- JDe même, la quantité totale d’énergie développée par la source deviendra
- ' EI_E(E-<*)
- 1 g ~ «-R ’
- et le travail perdu sous forme de chaleur ou
- |(^e)2c’est"à'dire
- (E-e)»
- gR
- Nous résumerons ces résultats en écrivant
- ( EI__E(E — e)
- * g ~ S"R
- ( el__e (E — e)
- 1 Tf~ Z R f RI3_(E — e) 2
- * g ~ érR
- Ces expressions constituent ce qu’on pourrait appeler les équations fondamentales de la théorie du transport de la force.
- Elles ne sont d’ailleurs applicables, en toute rigueur, qu’à des moteurs électriques parfaits, c’est-à-dire à ceux dont la force électro-motrice n’éprouve aucune variation pendant la durée d’un tour.
- Cet idéal est réalisé parles appareils qui servent à démontrer la rotation d’un circuit mobile par un aimant servant d’axe à ce circuit. Les moteurs fondés sur le principe de Pacinotti s’en rapprochent d’autant plus que le nombre des sections de l’anneau est plus grand ; mais ainsi que nous le disions plus haut, ils peuvent être considérés comme étant, dès à présent, si voisins de la perfection absolue, qu’il n’y a guère d’espoir de les améliorer à ce point de vue. Les expériences dynamométriques dont ces appareils ont été l’objet dans ces dernières années ont prouvé en effet que l’expression — représente, environ les o,g5 du travail mécanique
- appliqué à la poulie, déduction faite du travail employé à vaincre les frottements; c’est-à-dire que si le travail total appliqué à la poulie est représenté par ioo, et que le travail absorbé par les frottements puisse être représenté par îo, le produit —peut
- atteindre les ^ du travail restant (ioo —io) ab-
- sorbé par des actions purement électriques, soit 85,5. La différence 90—85.5 représente donc les pertes dues aux imperfections de nature électrique qui existeraient même dans un moteur exempt de tout frottement, et qui atteignent, comme nous le disions au commencement de cet article, 4 à 5 0/0.
- Les équations fondamentales nous permettent de calculer immédiatement la valeur du rendement économique, c’est-à-dire la valeur du rapport du travail mécanique restitué par le moteur au travail absorbé
- Dépensée par la source.
- Récupérée sous forme de travail utilisable par le moteur, . . . Perdue dans tout le circuit sous forme de chaleur....................
- par la machine génératrice. Il suffit pour cela de diviser la première expression par la seconde. Nous avons donc en désignant par k ce rendement économique
- ; ci . Ei___i g ‘ g ~E
- Or cette expression est indépendante de la résistance, et on peut en conclure que le rendement économique ne dépend que du rapport de la force électro-motrice inverse du moteur à la force électro-motrice du générateur. C’est ce que M. Marcel Deprez a exprimé en termes abrégés en disant : Le rendement est indépendant de la distance. Mais si le rendement économique est indépendant de la résistance, il n’en est pas de même du travail absolu (*) auquel plusieurs personnes mêlées aux polémiques soulevées dernièrement par les expériences de M. Deprez ont affecté de donner le nom de rendement, ignorant sans doute que ce terme a toujours eu en mécanique une signification parfaitement définie longtemps avant qu’il fût question de moteurs électriques.
- Afin de pouvoir étudier facilement l’influence de la résistance du circuit sur le travail absolu, nous allons introduire dans les équations ci-dessus la valeur du rendement économique k que l’on veut obtenir.
- De l’équation
- on tire
- e = AE,
- et en remplaçant e par cette valeur dans les équations précédentes, elles deviennent
- E2 (1 —A')
- Travail absorbé par la machine génératrice. \
- — rendu par la machine réceptrice. . . j
- — perdu sous forme de chaleur. .
- g-R
- ( E3/„(!-/,•)
- • g R f E3 (1 — kf
- * érR
- Mais, sous cette forme, les équations se prêtent facilement à la discussion. La seconde montre immédiatement que lorsqu’on suppose donnée la force électro-motrice E de la machine génératrice, le travail rendu par la réceptrice peut être obtenu en assignant au rendement économique deux valeurs différentes complémentaires l’une de l’autre, telles
- que — et — ou — et — ou — et — . m 10 10 10 10 10 10
- Ainsi le travail absolu de la réceptrice peut être le même dans deux expériences différentes, tandis
- (9 Pour maintenir constant le travail transporté, quelle que soit la résistance, il faut, comme l’a énoncé le premier M. Marcel Deprez, faire croître la force électro-motrice de la source proportionnellement à la racine carrée de la résistance.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- que le rendement économique a des valeurs extrêmement dissemblables.
- Nous verrons que ces différences tiennent à la charge du frein appliqué sur la machine. Suivant que la charge du frein est faible ou forte, la vitesse du récepteur est grande ou petite, mais le travail par seconde, c’est-à-dire le produit de l’effort résistant du frein par la vitesse du point d’application de cet effort, peut rester le même. Ce travail est d’ailleurs nul dans deux cas : lorsque k — o et lorsque k—i.
- La première de ces valeurs correspond au cas où le frein est suffisamment chargé pour empêcher complètement le récepteur de tourner, et la seconde au cas où il est au contraire complètement déchargé. Il y a donc une valeur du rendement économique pour laquelle le travail utile du récepteur est le plus grand possible. La somme des deux facteurs k et i —- k étant constante, ce maximum est atteint lorsque ces facteurs sont égaux, c’est-à-dire lorsque
- k — -. C’est ce qu’indique, du reste, la dérivée — 2 k) du second membre de la seconde équation
- Le travail utile rendu devient alors égal à E3
- 4 g R
- tandis que le travail dépensé par la machine génératrice est égal à
- E2
- 2 g-il
- Si l’on empêchait complètement le récepteur de tourner, on aurait k — o, et le travail dépensé par la source deviendrait le plus grand possible et E2
- égal à valeur identique à celle que donnerait
- l’application de la loi de Joule à un circuit inerte. On voit que le travail mécanique maximum développé par le récepteur, correspond au rendement
- économique égal à ^ et que lorsqu’on fait varier le rendement économique depuis i jusqu’à zéro, le travail dépensé par le générateur va constammeiit
- en croissant depuis zéro jusqu’à quoique la force électro-motrice reste constante.
- Ces considérations, quoique fort simples, ne laissent pas que de paraître un peu délicates et complexes au premier abord, et c’est faute de les bien connaître que nombre de personnes ont écrit, dans ces derniers temps, une foule de choses inexactes sur le transport de la force. Pour n’en citer qu’un exemple, une des erreurs les plus répandues consiste dans cette croyance que le rendement économique ne peut jamais dépasser 5o°/o, parce qu’il atteint cette valeur lorsque le travail développé par le récepteur est le plus grand possible en valeur absolue.
- Toutes les circonstances du fonctionnement du générateur et du récepteur deviennent d’une clarté saisissante lorsqu’on prend pour point de départ la charge du frein du récepteur, ainsi que l’a fait M. Marcel Deprez dans ses dernières études théoriques sur le transport de la force. Il a démontré, en effet, que ce seul élément suffît pour déterminer complètement la vitesse et par suite le travail absolu du récepteur, sa force électro-motrice inverse, le rendement économique .et l’intensité du courant, pourvu que l’on connaisse certains éléments intimement liés à la construction des machines et la résistance de la ligne.
- Il est ainsi arrivé à établir des formules remarquables par leur simplicité et par le petit nombre d’éléments variables .qu’elles contiennent, et dans lesquelles ne figurent plus les symboles électriques, qui sont remplacés par un élément nouveau, auquel M. Deprez a donné le nom de Prix de l'effort statique. Celui-ci ne dépend absolument que du mode de construction de la machine et nullement de sa résistance intérieure. Nous renverrons les lecteurs qui désireraient connaître ce travail au numéro du 4 novembre de La Lumière Electrique, mais nous croyons utile de décrire l’expérience fondamentale sur laquelle est basée cette nouvelle théorie, expérience que M. Deprez a répétée devant nous, il y a quelques jours (’).
- On monte sur l’axe d’un récepteur électrique quelconque, Gramme ou Hefner-Alteneck, un frein dynamométrique à réglage automatique, c’est-à-dire maintenant rigoureusement constant l’effort tangentiel appliqué à la poulie du frein, quelles que puissent être les variations du frottement. Puis on lance dans ce récepteur un courant emprunté à une machine génératrice, après avoir eu soin d’intercaler dans le circuit un galvanomètre d’intensité ou ampèremètre. Un autre galvanomètre (qui doit être très résistant) est placé en dérivation sur les bornes de la machine génératrice pour faire connaître la différence de potentiel qui existe entre les bornes de cette machine. Ces dispositions étant prises, on fait tourner la machine génératrice à une vitesse graduellement croissante, et l’on constate que tant que la machine réceptrice n’est pas entrée en mouvement, les deux galvanomètres suivent une marche parallèle indiquant que la force électromotrice du générateur et l’intensité du courant engendré croissent proportionnellement. Mais à partir du moment où le récepteur commence à tourner, l’aiguille du galvanomètre d’intensité reste fixée invariablement sur la même division, quelle que soit la vitesse de la génératrice, tandis que (*)
- (*) M. Deprez a d’ailleurs fait connaître cette expérience il y a près de deux ans, en la donnant comme une loi à l’abri de toute contestation. (Voirie numéro du loaoût 1881 de La Lumière Électrique.)
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- l’aiguille du galvanomètre placé en dérivation sur les bornes de la génératrice, indique que la force électro-motrice augmente de plus en plus avec la vitesse dé la génératrice. Il en est de même de la vitesse de la réceptrice qui, dans l’expérience dont nous avons été témoin, a varié depuis zéro jusqu’à 32 tours par seconde sans que l’intensité du courant ait varié de plus de ^ de sa propre valeur.
- On peut faire l’expérience d’une autre façon en ajoutant ou en retranchant des résistances auxiliaires placées dans le circuit et le résultat obtenu est le même : l’intensité du courant est constante. Ainsi, quoi qu’on fasse, dès que la machine réceptrice est en mouvement, il est impossible de faire varier l’intensité du courant tant qu’on ne change pas la charge du frein. Un accroissement quelconque de la force électro-motrice du générateur ou, ce qui revient au même, une diminution quelconque dans la résistance du circuit a pour unique effet d’augmenter la vitesse du récepteur. Mais au contraire, si l’on change la charge du frein, l’intensité du courant nécessaire pour maintenir la réceptrice en mouvement sous cette charge change aussi, tout en restant indépendante de la vitesse de la réceptrice. La conclusion nécessaire de cette importante expérience, c’est que, comme le dit M. De-prez : « L'intensité de l'effort développé entre les pièces fixes et les pièces mobiles d'une machine dynamo-électrique, lorsqu'elle est traversée par un courant, est indépendante de la grandeur et de la direction de la vitesse de Vanneau et ne dépend que de l'intensité du courant. »
- M. Marcel Deprez a pu, en s’appuyant sur cette seule loi, reconstruire entièrement la théorie du transport de la force et la rendre d’une simplicité telle que nous ne croyons pas superflu de donner ici l’exemple de son application à un cas particulier, quoiqu’elle ait été publiée déjà dans ce recueil.
- Plaçons deux machines dynamo-électriques identiques, l’une génératrice, l’autre réceptrice, aux extrémités d’un circuit de résistance quelconque ; adaptons à la réceptrice un frein dynamométrique chargé d’un poids déterminé et imprimons à la génératrice une vitesse graduellement croissante. En vertu de la loi précitée, l’intensité du courant deviendra constante dès que la réceptrice sera entrée en mouvement, et l’effort tangentiel développé sur l’anneau de la génératrice sera égal à celui qui est appliqué à l’anneau de la réceptrice en vertu de l’indépendance de l’action mécanique du courant (qui est le même dans tous les points du circuit), par rapport à la grandeur ou à la direction de la vitesse de l’anneau. Or les deux anneaux ayant des dimensions identiques et étant soumis à des efforts tangentiels identiques, le rendement a pour expression le rapport de leurs vitesses respectives. Mais il a été établi d'une manière irréfutable depuis long-
- temps que dans une machine magnéto-électrique la force électro-motrice est proportionnelle à la vitesse tangentielle de l’anneau et à l’intensité du champ magnétique; or, les deux machines étant identiques et traversées par le même courant, leurs champs magnétiques sont égaux, donc les forces électro-motrices développées respectivement par la réceptrice et par la génératrice sont entre elles comme les vitesses des anneaux de ces machines. Nous aurons par conséquent, en désignant les forces électro-motrices et les vitesses correspondantes de la réceptrice et de la génératrice par e, E, v, V et par k le rendement
- Nous retombons ainsi sur la valeur A que nous
- avions déjà trouvée pour le rendement économique par une méthode toute différente.
- La loi de la proporionnalité entre les vitesses et les forces électro-motrices a été, il est vrai, contestée dans ces derniers temps par quelques personnes qui avaient prétendu également que la résistance de l’anneau d’une machine dépend de sa vitesse. Mais il ne faut pas attacher d’importance à ces tentatives de réforme des lois les mieux établies. Elles se produisent périodiquement même dans les sciences où l’expérience n’a rien à voir, telles que les mathématiques et à fortiori dans les sciences expérimentales. Il faut reconnaître d’ailleurs que les réformateurs en question professent pour l’expérience un dédain qui pourrait s’expliquer par la persistance avec lequel l’expérience contredit leurs conceptions théoriques.
- Revenons maintenant à l’expérience de M. Marcel Deprez.
- Si l’on réfléchit qu’avant l’expérience de Munich les expériences de transport de force les plus hardies avaient été faites avec un circuit composé d’un fil de cuivre ayant un diamètre de 4 millimètres, une longueur de 6 400 mètres, une résistance de 8 ohms A et soigneusement recouvert d’une épaisse couche isolante sur toute sa longueur, tandis que M. Marcel Deprez a accepté de se servir d’un fil télégraphique en fer exposé à la pluie, ayant une longueur de 114 000 mètres et une résistante de 950 ohms, et que malgré ces énormes différences dans les conditions des deux expériences le rendement industriel a été le même (3o 0/0), on reconnaîtra facilement que l’expérience de Miesbach à Munich constitue un fait capital dans l’histoire du transport de la force. Nous n’en voulons pas d’autres preuves que l’acharnement avec lequel les adversaires de M. Deprez ne pouvant plus élever de doutes sur la réalité de l’expérience dont ils se moquaient avant comme d’une tentative qui couvrirait son auteur de ridicule, s’efforcent mainte-
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- nant de la rapetisser, d’en atténuer les conséquences, en discutant le chiffre du rendement mécanique. Entraînés par leur esprit de critique, ils vont même jusqu’à échafauder de toutes pièces des théories nouvelles du transport de la force destinées à battre en brèche les principes si simples que nous venons de rappeler brièvement; ils réforment les lois les mieux établies de l’électricité, et enfin introduisant dans leurs calculs des nombres complètement dépourvus d’authenticité, ils arrivent, triomphants, à trouver pour le rendement théorique un chiffre inférieur à celui qui a été réellement constaté à l’aide du frein et du dynamomètre ! ! !
- Lorsque M. Marcel Deprez dans sa communication à l’Académie a donné pour la valeur du rendement le chiffre de 60 o/o, il a pris soin de dire que ce rendement était mesuré (les machines étant identiques) par le rapport des vitesses des deux machines, abstraction faite des résistances passives de toute nature, et ce seul énoncé indiquait nettement que c’était là le rendement théorique Sa communication étant destinée à des physiciens, il n’avait pas à s’expliquer davantage à cet égard parce qu’il savait bien que le public spécial auquel il s’adressait ne commettrait aucune méprise et saurait bien faire la différence entre le rendement
- g- ou ~ qui est une limite supérieure et le rendement industriel.
- Il ne pouvait d’ailleurs donner ni les mesures électriques directes (force électro-motrice, inten sité du courant) parce qu’il n’avait pas les instruments nécessaires pour les effectuer, ni les mesures dynamométriques relatives à la génératrice. Il dut donc attendre que la commission électro-technique procédât aux expériences.
- Il a fait ici même le récit détaillé des circonstances dans lesquelles ces expériences ont été faites, et nous n’y ajouterons qu’un renseignement qui nous a été fourni depuis par M. Deprez lui-même et qu’il nous autorise à donner en faisant des réserves sur l’exactitude absolue des chiffres, dont il n’a pu obtenir communication que d’une façon verbale par les membres de la Commission, qui n’avaient pu eux-mêmes faire le récollement de toutes les expériences.
- La différence de potentiel mesurée directement aux bornes de la machine de Munich tournant à une vitesse comprise entre 720 à 760 tours par minute aurait été trouvée égale à 83o volts environ, et l’intensité du courant mesurée à Miesbach aurait été de 0,4 d’ampère. Mais il résulte des expériences faites par M. le professeur Kittler (*), avec une pile de 100 éléments Meidinger (ayant une force
- (*) Ces expériences sont relatées dans une lettre adressée le 6 août 1882 par M. de Beetz à M. Marcel Deprez qui nous l’a communiquée.
- électro-motrice de io5 volts) après 14 jours de pluie et en employant la terre comme fil de retour, que le courant ayant à Munich une intensité de 0,0692 ampère était encore à son arrivée à Miesbach égal à 0,0674, c’est-à-dire égal aux 0,974 de son intensité primitive. On peut donc admettre que le courant avait pratiquement la même intensité à Miesbach et à Munich, soit 0,4 ampère ; or la résistance de la machine de Munich était de 475 ohms. Ces nombres permettent de calculer immédiatement la force électro-motrice et la valeur théorique du travail mécanique qu'aurait dû produire la machine de Munich. On trouve ainsi
- e = 83o — 0.4 X 475 = 640volts, ~ «= 25k8'm,6.
- Or le travail indiqué au frein était de _ ]r0'<g'n,5 ('); le rendement propre à la réceptrice était donc environ de g|g- = o,72. D’autre part, la résistance de la ligne était de g5o ohms ; celle de la génératrice située à Miesbach de 470 ohms, et ces chiffres permettent de trouver facilement que la force électro-motrice de la machine de Miesbach était de 83o -j-0,4 X 1420 — 1400 volts.
- Le travail qu’elle aurait dû absorber théoriquement avait pour valeur —56 kilogrammè
- très par seconde, et en.supposant que son rendement propre fût aussi de 0,72, on trouve qu’elle aurait absorbé un travail mécanique (mesuré au dynamomètre) de 80 kilogrammètres environ.
- Le rendement électrique mesuré par le rapport des forces électro-motrices aurait eu pour va-
- leur Tljr»= °’4Ô, tandis que le mesurant par le rapport des vitesses (*) (la machine de Miesbach faisant 1 600 tours par minute), on trouve
- 730
- 7to = °’455-
- Il n’y a pas lieu d’attacher une trop grande importance à la coïncidence remarquable de ces deux chiffres; ils auraient pu différer notablement sans cesser de confirmer les expressions du rendement électrique. Ajoutons que pendant une semaine, la réceptrice a fait marcher une pompe centrifuge tournant à la vitesse de 900 tours par minute (elle avait une poulie égale à celle de la réceptrice), et alimentait une jolie cascade de près de 3 mètres de hauteur.
- Après plusieurs heures de marche consécutives, les deux machines ne présentaient pas d’élévation appréciable de température, ce qui, étant donnée
- (*) Dans l’expérience faite le 26 septembre par M. Sarcia, la vitesse de la génératrice était de 2 200 tours par minute, celle de la réceptrice 1 Soo, et le travail développé au frein atteignait 37,5. Ces nombres ont été contrôlés par un agent attaché au service technique de l’Exposition, M. Tatterer.
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- leur énorme résistance intérieure, démontre péremptoirement que l’intensité du courant était très petite, ainsi que la quantité d’énergie perdue sous forme de chaleur.
- Nous pensons avoir montré surabondamment que le succès de l’expérience hardie, tentée par M. Marcel Deprez, a pleinement confirmé les calculs et les vues théoriques de cet ingénieur, et que l’incompatibilité que ses adversaires ont voulu établir entre la valeur du rendement électrique et celle du rendement mécanique n’existe pas. Nous exprimerons, en terminant, le regret que les expériences de la Commission n’aient pu être faites dans les conditions de la première expérience faite par M. Sarcia et dans laquelle le travail utile a atteint
- cheval. Le chiffre du rendement eût été bien supérieur. M. Deprez a exposé avec beaucoup de détails dans sa lettre du n novembre dernier les causes pour lesquelles la Commission n’a pu opérer dans ces conditions.
- Th. du Moncel.
- RÉSÜLTATS DES EXPÉRIENCES FAITES a l’exposition d’électricité sur
- LES LAMPES A INCANDESCENCE
- PAR MM. ALLARD, JOUBERT, F. LE BLANC, POTIER ET II. TRESCA
- « Les lampes à incandescence ont fait connaître à l’Exposition un mode d’éclairage relativement nouveau et se prêtant à un fonctionnement tel de la lumière électrique, qu’elle se trouve de tous points comparable aux lumières de nos lampes habituelles, à l’huile ou au gaz. Le principe est, dans toutes ces lampes nouvelles, le même : l’illumination, dans le vide, d’un filament de charbon, par le passage d’un courant électrique de faible intensité, qui trouve à ce passage une très grande résistance.
- « Ces sortes de lampes ne fournissent pas utilement beaucoup plus de deux carcels, et, lorsqu’elles sont surmenées, elles donnent lieu à un développement de vapeurs qui salissent le verre et mettent rapidement le petit appareil hors de service. En deçà de cette limite, au contraire, le bon' fonctionnement paraît être de longue durée et fournit une lumière peu fatigante et très agréable.
- « En dehors des déterminations méthodiques qui ont été obtenues, sur les lampes à incandescence, par les soins de plusieurs de nos collègues spécialement chargés de leur étude, nous avons rencontré, dans le cours de nos essais, quelques données assez utiles sur ces sortes de lampes pour que nous ayons cru devoir les consigner dans un
- tableau analogue à ceux qui ont été consacrés aux autres modes d’éclairage électrique.
- « Cependant ces données sont loin d’être complètes, en ce que le travail mécanique n’a été vraiment mesuré, en regard des autres éléments, que pour les lampes Maxim et les lampes Edison.
- Cette détermination n’a pu être obtenue pour les lampes Swan, et, en ce qui concerne les lampes Lane-Fox, elle ne résulte que d’un seul essai dynamométrique, absolument secondaire, qui n’a été accompagné d’aucune mesure photométrique.
- Nous sommes bien mieux fixés sur les mesures électriques par rapport aux intensités lumineuses, parce que, dans nos essais du 18 novembre, un même courant, dérivé du circuit de la machine Edison, nous a servi à entretenir, dans diverses conditions, les lampes Edison, Lane-Fox et Swan, et que, d’un autre côté, nos données étaient tout à fait complètes, dans les essais du 11 novembre, sur la lampe Maxim.
- « XXI. Lampes Maxim. — L’expérience sur les lampes Maxim a été faite en mettant en mouvement, par le moteur Olry et Grandemange, une machine à courant continu, de Weston, et une excitatrice Maxim.
- « Le travail mécanique a été évalué en relevant, à l’indicateur, 49 diagrammes dont le calcul final a été corrigé, par le coefficient habituel de réduction, o,85.
- « Après un essai d’éclairage avec cent lampes, on a modifié les conditions du fonctionnement de l’excitatrice de manière à réduire le courant à ce qui était nécessaire pour cinquante et pour vingt-cinq lampes successivement.
- « Toutefois le courant était, dans ces nouvelles conditions, beaucoup moins bien approprié que dans le premier essai. Avec vingt-cinq lampes, les courants des deux machines se faisaient remarquer par une suite d’oscillations régulières, se produisant cinq à six fois par minute et laissant par conséquent les évaluations électriques fort incertaines. On trouvera ci-après tous les chiffres recueillis. C’est sur la lampe Maxim que les essais photométriques ont été le plus multipliés : on a d’abord mesuré le pouvoir éclairant de quatre lampes vues de face, puis de profil et à 45°; on a ensuite varié l’inclinaison de manière à déterminer la moyenne sphérique qui a seule servi pour les calculs.
- « Cette moyenne sphérique représente 0,74 de l’intensité horizontale de face, que nous avons jusqu’à présent prise pour unité, et 0,78 de l’intensité horizontale à 45°, qui ne s’élève, d’après l’expérience, qu’à 0,98 de l’intensité de face.
- « XXII. Lampes Edison. — Les lampes Edison, expérimentées avec leplus grand soin par une sous-
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- Observations mécaniques.
- Vitesse de la machine à lumière Travail effectif. ................... .
- Observations électriques.
- •
- Résistance de l’excitatrice et de l’inducteur Résistance de la machine à lumière . . . . Résistance d’une lampe. ...........
- Intensité du courant inducteur .......
- Intensité totale du courant à lumière,
- Intensité du courant par lampe. i...........
- ! Différence de potentiel 'àux bornes d’une ! lampe ......................................
- Calculs électriques. ,
- Travail de l’excitatrice...........
- Travail de la machine à lumière. . . . Travail d’une lampe en kilogrammètres . .
- Travail total des lampes en chevaux Travail é ectrique total............
- Observations photométriques.
- Intensité lumineuse moyenne sphérique par
- lampe..................................
- Intensité lumineuse totale moyenne sphérique.....................................
- Rendements.
- Rendement mécanique total. . . Rendement mécanique des arcs. Rendement électrique des arcs . Carcels par cheval mécanique. .
- — électrique . .
- — d’arc.......
- Carcels par ampère..............
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- 55g
- commission spéciale, n’avaient été soumises à aucun essai d’ensemble, lorsque nous obtînmes des représentants de l’illustre inventeur l’autorisation d’essayer, sur un groupe de vingt, quatre ou huit de ses lampes, dans notre chambre photométriqu.e, au moyen d’un courant dérivé au pied de la grande machine dynamo-électrique elle-même qui desservait une grande partie des lampes Edison de l’Exposition.
- « Dans la soirée du 18 novembre, nous avons pu relever sur la machine motrice un très grand nombre de diagrammes, et connaître ainsi la puissance en chevaux employée pour le fonctionnement de quatre cent quatre-vingt-six lampes grand modèle et de quatre-vingt-quatre lampes petit modèle, soit, en estimant les dernières à la moitié des autres, pour un éclairage total de cinq cent vingt-huit ' lampes dites de seize bougies, du type le plus ordinaire,
- celui-là même qui avait été expérimenté par la sous-commission.
- « Les observations photométriques ne comprenaient d’abord que la détermination de l’intensité horizontale de face ; mais on a pu calculer, d’après les projections dans les diverses positions, les autres intensités, et les résultats ainsi obtenus ont été plus tard corroborés par nos propres expériences et par celles aussi auxquelles M. le professeur Hagenbach, de Bâle, a bien voulu se livrer à notre sollicitation.
- « En prenant l’intensité horizontale de face pour unité, la moyenne sphérique doit être estimée à 0,98. Si l’on prenait, au contraire, pour unité l’intensité horizontale à 45° (qui vaut i,33 par rapport à l’unité précédente), la moyenne sphérique devrait être estimée seulement à 0,98: i,33 = 0,74.
- COMPARAISON ENTRE LES DIVERSES SÉRIES D’EXPÉRIENCES
- LAMPE MAXIM. LAMPE EDISON. LAMPE LANE-FOX. LAMPE SWAN
- —^
- Nos Comm. Nos Comm. Nos Comm. Nos Commission spéciale
- résultats. spéciale. résultats. spéciale. résultats. spéciale. résultats. e )•
- Ohms 43 41 i3o 137 28 27 ol 33 32
- Volts 75 57 91 90 5o 44 48 47 5i
- Ampères 1.74 i,38 0,70 o,65 1,77 1,59 1,55 1,47 1,76 9,67
- Kilogrammètres. . . 13,28 7,94 6,5o 5,91 8,95 7,09 7,62 7,06
- Intensité moyenne
- sphérique 2,80 1,25 1,57 i,36 1,64 1,16 2,19 l.IÔ * • 2,32
- Carcels par cheval
- d’arc 15,89 12,42 18,12 15,29 13,74 12,6l 21,55 12,92 22,22
- (,*’) Les chiffres de cette colonne proviennent des expériences été portée à 32 bougies. faites par la Commission spéciale sur des lampes dont l’intensité à 450 avait
- « XXIII. Lampes Lane-Fox. — Les lampes Lane-Fox ont remplacé les précédentes sur le courant dérivé de la machine Edison, mais leur nombre avait changé (six au lieu de quatre) dans la chambre photométrique. Les déterminations électriques ont été accompagnées- d’observations photométriques, soit sur ces six lampes, soit sur quatre d’entre elles, placées de face seulement.
- « Toutes les observations photométriques, faites exclusivement de face, doivent, eu égard aux dimensions des fils de ces lampes, être réduites à o,58 pour la valeur de l’intensité sphérique moyenne. Cetre intensité sphérique moyenne représente en même temps 0,69 de l’intensité horizontale à 45°.
- « Quatre-vingt-seize lampes Lane-Fox, dites de douze bougies, avaient été comprises, dans l’expérience du 6 octobre, sur les machines Brush ; mais on n’a point à leur sujet d’autre détermination que celle du travail mécanique brut : i426ksm pour quatre-vingt-seize lampes, soit i4k*m,86 par lampe, alors que les essais dont nous venons de
- rendre compte indiquent seulement 8,!sm,95 de travail électrique dans la lampe elle-même.
- « XXIY. Lampes Swan. — Le matériel de M. Swan étant en partie employé à l’Opéra au moment où nous avons terminé l’étude de l’éclairage à incandescence, nous n’avons pu obtenir, dans son exposition, que le nombre de lampes nécessaire pour en faire l’essai, à l’aide du courant d’Edison, dans les mêmes conditions que pour les lumières Lane-Fox.
- « Seize lampes ont été entretenues en fonction par ce moyen, et quatre d’entre elles ont été soumises, de face, aux mêmes épreuves photométriques que les précédentes ; les intensités observées doivent être soumises aux mêmes coefficients.
- « Nous n’avons ainsi d’autre estimation du travail dépensé qu’en ce qui concerne le travail électrique seulement de la lampe, rapporté à l’intensité moyenne sphérique.
- A*
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- *VV» **..***v.s3.W-*:^ .;V|V*'W!’.+
- 4 la lajntee'rSwan, qui passe aihsî, pouf une intçia-$ité double, de i3 a 19 carcels* par cheVal d’arc.
- « D'une* mamèie generale ,«et pour l’intensité tnpyenhe sphérique de 1,20 éüttcel, qui est,1 tout à fait pratique,, 911 ne peut comjpterjque sur uU éclal-r^|e :è|^ptif:ilé 12 à 13;..
- farcel 8 par!-.':,:l au moyen'des lampes à incandescence. 1 M ; « Le^ bougies électrique^, fournissent io carofelâ
- r%à'r:-'#*Wi«ïiifi’!r1?,a.rr* Ioq rAmil AfrdïWi:À Vu
- dire; aw^léé valeurs économiques t&mïrsqnt y peu prèB compté les nombres D 3 et,, i,
- systèmes, les foyers leé'plus intenses1 sdnt 'tdujbittpi l^plüs favorables soüâ ce rapport. » r' »,
- • Les aurores polaires
- ...... . ,-'
- ÎX't'r - ' - • ^ . V: ( •.. '......
- ." 8A articleÿ (Voir les-up* des 21 et 28 octobre, des 4/
- '1 'U, 18 et 25 novembre, et du 2 décembre 1882.)
- vit.» relations des aurores polaires avec le ; < * .MAGNÉTISME, TERRESTRE.
- .. 'V.
- 4 t^l’r^lÿtidhs des aurores polaires avec le ma-ji jé terrestre sont de deux sortes : tout d‘a-
- * ' !>'',,y.
- ipient;;;
- üfà sommets Situés ên moyenne à fb0 daUSToue^t du1 méridien magnétique, 1 1 Mais si l’oty classe ces arcs'd’après leur hauteur ^iPdessus de l’hofizon nord, on trouve que mpinh ’llls sont élevés, moins ils s’écartent ,du méridien. Ainsi, le sômihèt des arcs doqt fa hauteur est moindre que 30°, ne dévie en moÿénne que'dé 6°,,du méridien magnétique, tandis que le sommet (ae$ arés qui Se montrent dans la'moitié sud du ciel s’écarte de i3° du même plan. jf
- D’après Bravais, 6n pourrait expliquer ces écarts qn adrnettant. que là déclinaison magnétique allât SU croissant ,à Bossekop quand on s’élève dans l’at-
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- 56s
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE.
- ' 1 ' ' 'iSvK'V :'?!!.'fc;ïi!|i II»!SI
- îffôsphère savant la verticale. Cetfe |i supposition p'apt d'au^anf- plus vraisemblable à Bàivâis 'que, dans, toiutl lél nord de l’Europe, la1 direction des méridiens -.magnétiques indique une forte inflexion vers l’Est;, cette inflexion est produite probablement .par des causes locales, qui doivent se faire de,'moins.en moins sentir à mesure qu’on s’élève dans l’atiposphère. Dans le cas actuel, avec des aurores .se produisant à x 5o kilomètres de, hauteur, il suffirait que la déclinaison allât en croissant de* i0/par V5,kilomètres à partir de la surface du sol, pour expliquer la déviation, de io° que présentent en moyenne les sommets des arcs auroraux. Il est vrai que* .pour rendre compte de l’augmentation progressive de la, déviation avec la hauteur angu-laire:4e.‘l’aurore, il faudrait admettre que. la ham teur .absolue des arcs âu-dessus de la surface du Sol ^Ugmente en même t:emp$ que leur hauteur angulaire.;? leurs sommets, en s’éloignant, progressif. 4Vemejmdm>sol,. arriveraient ainsi dans des couches r de l’a^psphère où la déclinaison serait de plus en .plus occidentale, d’ou l’augmentation de déviation oqbSet^ééi'ûr» cette dernière hypothèse conduit à des, exclusions inadmissibles; elle donnerait, en effet» pour des aurores un peu plus élevées sur l’horizon,des hauteurs absolues tellement grandes 'qqp là 'visibilité des arcs dans les régions méridionales j'dé - l’Europe deviendrait presque impossible: De .,plus, les ares voisins de l’horizon sud devraient être très rares à Bossekop, tandis que. nous avons, au contraire, vu précédemment que le nord" de la Norvège est voisin de la ligne pour laquelle il y,a égalité de fréquence entre les aurores ^septentrionales et les aurores méridionales. ; ,
- ; i^ ^out'enpconservânt la première de ces deux hy- . pothèses, on pourrait, pour remplacer la seconde,, supposer^ que l’aurore polaire est moins élevee dans flattnasphère au-dessus de la mer qu’au-des-süs dès continents. A Bossekop, par suite de la position relative de la, terre et de l’Océan glacial, l’arc,gérait ainsi plus élevé dans sa moitié;, orien-i> tafè qne dans l’autre. En partant du zénith, le sommet des arcs serait donc dévié de plus en plus vers l'Est à mesure que ces arcs s’abaisseraient vers •l’horizon, vers le Nord comme vers le Sud. Cette . cause rapprocherait donc les sommets des arcs du ' .méridien .magnétique dans la moitié nord du ciel, et lès ,en écarterait de pins en plus dans la moitié méridionale, ce qui est d’accord avec l’observation.
- • En résumé, Bravais pense que toutes ces causes agissent simultanément et qu’elles concourent, cha- : cûne pour sa part, à la production du phénomène. ll,„ne, faut pas se, dissimuler pourtant que si ces hypothèsesexpliquent d’une manière à peu près mjojlven&ble la déviation moyenne d^ ^rcs auro-diverses hauteurs, elles deviennent tout à .^feillinsuffisantes pour rèndre compte des diver-.
- & tw-M f
- gences très grandes quj, peuyèâjîliijlèlttie'' quand on considère, nofi LlL'“'1
- uné aurore eh particulier.
- Bravais observa un arc dopt ’ ' du méridien magnétique, du contre, le 21 janvier, le sommet d’up 'afitre 'grè, atteignit 36° à l’est du môme méridien. . , '
- L’étude dé l’orientation114ès eOnféuftps ‘èt'^dêS:;
- rayons aurôraux conduit à desrésultat^toutà fait, de même ordre que celle des arc^i,, ElL jgéjjifjjjjh},; ïej point de concours apparent des rhyoùs ôn,' 'cé ’^uij est la même, chose, le centre des courqhnês, :èsf très Yoism du zénith magnétiquè1 Qua^slgté-troijS observations de couronnés! faites .à Bpssekpjb ,odt donné entre les deiix pointa une distante''mOiye4net plus petite que i°, ce qui est à peu près l’erreuf probable des observations ; on peut dpnc1 la coïncidence comme 'parfaite. Il èn èSt pour tous les .pays. où i 'Lon: possède 'deéifjjptàôüWig tions, la France, r Angleterre, l’Europe cèiitraié.efb: La même règle s’applique encore. à l’hémisphère sud; ainsi, le centre de la couronne Observée à Melbourne pendant l’aürore australe dq 2 • septembre 1859 (fig. 2a),, était à moins d’un degré'dé di$i tance angulaire du zénith mâgnétiqge. ,
- La position du centre des couronnas beugles à Bossekop ne s’est pas trquyée enjpafM||, ^cdofd
- Bravais pour expliquai la déviàtiPp ’de$ aies,1 aùro-îaux à l’puest du méridien magnétique.1 Ehj'effet, la positjort moyenne du 'centre^ flà§ courontfe'^ est à plus de 3° ù l’ouest du plan Veftiègl perpendiculaire à celui qui' marque ,]a .directjion,' moyetine, des bandes auroralep ou des yrcs ; cçtté différence est bien supérieure aux erreurs po^sibjés cJèft observa tions. Il faut donc admettre sbit que i’orieritatiôn moyenne des bandes de l’aurore fi’est pas perpendiculaire an méridien ipagnétique,,1 soit que la direction des layons n’ésf pas rigOujréusement parallèle 1 à l’argnille d’inclinaisonl Si, du reste, on considère maintenant les observations individuelles des couronnes au lieu fte la m<>'|yéî|iuè,, on constate encore, comme, pour les arcs, d$|'gi$nd<ïs divergences. Ainsi,1'â Bossekop, lepprnt 'de concours des rayons d’une aurore s’esti ééàfté le 20 janvier i83q, d’environ i5° du zénith .m'âgnétiqué.; Deux autres fois, l’écart a atteint 12°.
- La conclusion de tout, ce qui précède est que certainement les forces magnétiques de notr^gldbe jouent le rôle principal dans les phénomènes de direction des aurpres pplairés; mais que d’autres Causes peuvent: ^ntefveqijr de temps à auti'e et produire dans les arcs,bu,lès payons de notables déviations. Quant ,à 'ces causes de déviations, elles sont enèorc 'fricomitiês; mais pput-ôlre arriverait-on à quelque fé$ülfat en lès, perchant dans les phénomènes métécjfologiquëè. Eomm'e nous l’avons dit précédemment', on-h’âibu 'déc'dùvrit encore de re-i
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- IG. 23. — AURORE BORÉALE OBSERVÉE A PARIS PAR M. SILBERMANN, LE l5 AVRIL 1869, A 10 H. 3o M. DU SOIR
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- .................LA LUMIERE
- j: vV^îS,S;!:i!i!?i®I^i' iij Wtt i!!ll!,l
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- ÉLECTRIQUE
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- peui-:ôtre^piqüeip,|nt; parce que r<)iv’4/fiMMlé’ütt6 relation 4|lrect<î, ^ityis que les co^iîiOjtié uné'tèôi;ologiques pourrigiM fort bien intet-âeûk»,«ûn d>$S' la production, mêftte desau-1
- ^É^kvec. les per-
- : direction ^^llIlIfluesiijSe-^n
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- terrestre n’est pa^ Contestable, la pro-uijP^È^MIïjàe-ties aurores, est .associée, dans bien de&,M $ moins, aux pertür^tjops qui se mank
- vâjfipr^ël^ers éléments magnétiques. „
- îO^s^fljÉJps^b'ien 1741, qtiei Celsius et Hioirter sign^lèritft 'pour la première fois la simultanéité d’unè aurore boréale et 4e perturbations dans la dé^linatjtati magnétique, pe jF^i à 1747, Hiorter rel^ÙÊ’qüarabte-six exemples de cette coïnci-dqhdéi^ôfltefpis, il'rècoriniut'êh même temps que la |i&|H^m|ïté 4es deux phénomènes n’existait pas
- ' imagnétiqües
- aèéqmp^Miféüt surtout, les . aurores qui se mon-tra'i^ap'àltl^àl du côté sud du zénith. A la de-mjiûjieftlê^elsius, Graham effectua à Londres des obsèrvaffpfléif correspondantes à celles d’Upsal, et l’on troutd ‘ainsi que les perturbations se produisaient d'ordinaire les mêmes jours aux deux sta-,: ....
- Côs, observations furent d’abord poursuivies par Wargentinf Canton et Wilcke. Ce dernier» en particulier ^trouva que, toutes les fois qu’il se produit des; perturbations magnétiques, ou presque toutes les ,foi$, ’elles' sont accompagnées d’aurores, po-laktfsf; #lais que l’inverse n’est pas exacte e’e$t-à-dirôïqh’Ôp observe assez souvent des aurores boréales :-s$nà que l’aiguille de déclinaison môntre auçu'nepîerturbation. Wilcke étudia auséi, de 1771 à 1,7,74,’, lèè relations de l’aurore boréale1 avec ,1’in-clinpsopjmagnétique ; il signala le premier la. coïncidence’^u centre des couronnes boréales avec le, zénith magnétique, et montra que, pendant lès aurores». l’inclinaison éprouve des perturbations tout comme, la déclinaison. Il observa ainsi des varia-tiôhs ufrégulières de l’inclinaison qui atteignirent quelquefois, iV et il remarqua en même temps que le;:centfë de la couronne se déplaçait dans le ciel dans le même sens que l’aiguille d’inclinaison (4). De nombreux observateurs, parmi lesquels nous citerons Va!p Swinden, Cassipi,' Gilpin, etc., apportèrent- bientôt de nouvelles vérifications aux découvertes précédentes.
- (*)./Êpjnàutter surtout : Wijkander, UebeV.die; magnetis-.iigen .und Ihren Zusammenhahg mît!' dem Nord-
- chën
- lichte. Zeitschrift derœst. Gesell. fürMeteor. band XII, 1O77.
- Dans ses observations faîtép à Mtok près Paris, Cotte remarquâ,., en
- intéressant et sur lequel nous aurons ... - ..
- bientôt, car il a une grande 1 importance .t pGtjk V^'1 détermination du genre de relations •qul:-!|:.exi|tè,u|i!ji . entre les aurores polaires .et jn:
- -que les perturbations \rnj;||s|ïjl«h produire les premières et que l’aiguille 4è dèllthmjf.ijl!;' son commence pa!rfois à s’agiter plus d'unè1' lièlk© >,> avant l’apparition de l’aurore. Vu Ui’l'lllw'
- Enfin les feintions de l’auroreavéç .lêS-; pM«M‘i!;k.: tions de la plus seulement avec-
- mants, furent, découvêrfëS:,çiri.j;:ii:i^t@^:;'yj^j|Hjjk|np|ii«Mli|i|liî;;! Il annonça que larçpfrip'bsâilt;^;;rH^^z^ïijf^è;iî.i^!|jll!jpÉk-||îiîr|: tensité magnétique " dimihu:e|ife(|!t!i!â|f1|:Mpllitlippli aurores polaires. Cette conclusion â é^l,||Vèrf^&1 depuis, notamment par Hansteen, Farqübiaréon ef . Fox; Hansteen crut reconnaître de plusqüç l^pten^ij site horizontale augmente beaucoup quelque,f$m)ps1 avant l’apparition de l’aurore, puis qu’elle dès que l’aurore se montre; la grandeur.t'dè^j'çettejj diminution semble du reste en rapport dit'éét j nVeç I ‘ l’intensité de l'aurore. Enfin, Hansteen ôbs'erva les perturbations de l’intensité magnétique.! sont parfois de longue durée; souvent l’intensité n'a pas encore repris sa valeur initiale vingt-quatre heures après le commencement delà perturbajtipn. ,,1 L’association;magnétique fondée par1 GauSs et Weber en 1834, et les stations Organisées par Sabine dans un certain nombre de colonies aüglai1’ ses, permirent de multiplier beaucoup leç èjxejnpléS de coïncidences entre les auroies polairesMet les perturbations des trois éléments du magnétismç terrestre ;mai|;,,.bile s montrèrent en njiêime'! temps I combien la question est complexe. Si eii eljjfpt, les grandes perturbations magnétiques q|jni|'éé11 produisent simultanément dans les deux héftiiephèrps semblent toujours accompagnées dWrqtjèÊ pplaifep très étendues, il n’en est plus1, de mêïné quand ,on considère les perturbation^ ordinaiiesi1, ooùvépt celles-ci paraissent dues, en effet, à des ^phénomè-, nés locaux; elles ne se îetfouvent plus'à la fois des deux côtés de l’équateur » ou bien, dajls le même hémisphère, ne se manifestent pas à la fois en Europe et en Amérique ; quelquefois même, le défaut de concordance peut être remarqué r entre des régions beaucoup plus rapprochées. Ainsi les perturbations observées par la commission française à Bossekop n’avaient souvent aucun rapport avec celles des régions-plus méridionales de l’Europe, et surtout en ce qui concerne les variations de. l’intensité horizontale du magnétisme. On reconnut alors que ces perturbations d’un caractère plus local ne sont accompagnées souvent d’aucune apparence d’aurore boféalé. !
- Pour ne pas allonger inutilement, nous termine-, rons par l’exposé des observations les plus récentes,
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- r , ÊoSSEKOP LE 10 JANVIER i83q, A 7 h. 40 ». DU SOIR, DANS LE SUD
- 10RE BOREALE OBSERVEE A BOSSEKOP, LL y
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- faites par Weyprecht lors de l’expédition du Te-getthof à la Terre François-Joseph. Ces observa tions ont conduit aux résultats suivants :
- Les perturbations magnétiques qui accompagnent les aurores boréales sont d’autant plus violentes que l’aurore produit l’impression d’être plus près de l’observateur. Ainsi les arcs immobiles et les aurores, faibles ou à mouvements lents se produisent d’ordinaire saps que l’aiguille aimantée éprouve ' la moindre agitation ; au contraire, les perturbations magnétiques deviennent très intenses pendant les aurores à contours nets, à rayons bien limités et à mouvements rapides ; les plus grandes perturbations correspondent aux grands rayons ressemblant à des éclairs et colorés en rouge et en vert. De plus, pendant toutes les perturbations observées par Weyprecht, l’aiguille de déclinaison se déplaçait vers l’est, l’intensité horizontale dtminuait et l’intensité verticale augmentait. D’après Weyprecht, les variations de sens contraire, très rares du reste, doivent être considérées uniquement comme des phénomènes de réaction, et non comme de véritables perturbations.
- En résumé, tant qu’on s’en tient, comme nous l’avons fait, à l’Europe ou en général aux latitudes moyennes, c’est-à-dire aux pays où l’aurore a d’ordinaire une grande altitude et une grande extension, on trouve que la concordance entre les aurores polaires et les perturbations magnétiques est très satisfaisante. Il ne faudrait même pas considérer comme absolument contraire à ces relations l’absence apparente d’aurore boréale pendant de fortes perturbations magnétiques. Arago a montré, en effet, que bien souvent, si l’aurore semble manquer pendant un trouble magnétiqne, c’est uniquement qu’elle est assez éloignée pour être tout entière au-dessous de notre horizon; mais on l’aperçoit alors de régions plus septentrionales.
- Au contraire, les relations entre les aurores et les perturbations du magnétisme terrestre semblent beaucoup moins certaines dans les latitudes élevées; souvent on y observe des perturbations auxquelles ne correspond certainement aucune aurore ; souvent aussi on y voit des aurores avant ou pendant lesquelles l’aiguille aimantée reste parfaitement tranquille. L’indépendance relative des deux ordres de phénomènes se manifeste surtout dans les pays qui sont situés à l’intérieur de la. ligne du maximum de fréquence des aurores (chapitre IV) et plus encore dans les pays compris à l’intérieur de la ligne de direction neutre, pour lesquels la fréquence des aurores est moindre au nord qu’au sud du zénith.
- Ainsi dans ses hivernages à la presqu’île Melville et à Port Bowen, non loin du pôle magnétique, Parry ne reconnut jamais aucune relation entre l’aurore boréale et les mouvements de l’aiguille aimantée. Si Ross, dans les mêmes régions, obtint un résultat opposé et nota plusieurs
- fois la coïncidence des deux phénomènes, M.ac-Clintock, de son côté, ne put l’observer que cinq fois seulement en deux hivernages consécutifs, ce qui vérifie les résultats de Parry. Kane arriva également aux mêmes conclusions: dans, ses deux hivernages en i853et i855 au PortVan-Rensselaer, à l’extrême nord du Groenland, il n’observa jamais de perturbations de l’aiguille aimantée pendant les aurores. Bessels, qui séjourna un peu plus au nord encore, lors de l’expédition du Polaris, nota bien des variations de la déclinaison pendant une aurore, mais c’était pendant l’aurore tout à fait exceptionnelle du 4 février 1872, dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises, et qui semble avoir envelqppé la terre entière, sauf la zone équatoriale. Enfin, pendant l’hivernage de YAlert et de la Discovery, en 1875-1876, dans l’extrême nord du détroit de Smith, on ne put découvrir de relations d’aucune sorte entre les aurores boréales et les perturbations de la déclinaison.
- Si les régions polaires dont nous venons de parler offrent généralement des aurores boréales qui ne sont accompagnées d’aucune perturbation magnétique, par contre les perturbations qui s’y produisent acquièrent une amplitude extraordinaire. Dans nos latitudes, en France et dans l’Europe centrale, les plus grandes perturbations de la déclinaison dépassent rarement i°, et il n’y a peut-être pas un seul exempte de perturbation qui ait dévié de 2° l’aiguille aimantée. Dans le Groenland, au contraire, et dans les terres arctiques américaines, des perturbations de 8° à io° n’ont rien d’exceptionnel. Le 24 décembre i858, Mac Clintock observa à Port Kennedy des mouvements de l’aiguille de déclinaison dont l’amplitude totale fut de i5°. Pendant l’expédition du Polaris, Bessels nota de même une déviation de 120, le 4 février 1872, un peu avant l’apparition de la grande aurore boréale de Ce jour; Bessels remarqua du reste, à ce propos, que la perturbation magnétique avait précédé l’aurore, de six heures environ. Enfin à Lively, île de Disco, sur la côte occidentale du Groenland, O. T. Sher-mann observa, entre le n et le 18 août 1880, une variation de 20° 40' dans la déclinaison.
- De tout ce qui précède on peut conclure qu’il n’y a pas de lien nécessaire entre les aurores boréales et les perturbations magnétiques, au moins dans les régions arctiques, c’est-à-dire précisément dans celles où les perturbations magnétiques sont les plus fréquentes et ont la plus grande valeur. Cette conclusion s’appuie sur un fait indiscutable, l’absence souvent constatée de perturbations magnétiques pendant les aurores polaires.
- Comme nous l’avons dit plus haut, en effet, on ne pourrait rien conclure de l’absence d’aurores pendant les perturbations magnétiques; mais il en est tout autrement de l’absence de perturbations pendant les aurores, absence qui, observée déjà
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- journFÈ ®yiWŸlè'à$E&lÊb'WËh b t^rïci tê sè^
- en ^orôjpè”'iéojüüïë ekcéptibhj51 ^â'É'Wiîckè, BpkvkiS;’.iet' d’kiiftïës é!nc6t‘éi, semblë* divertir aji contraire' la ‘Pêfflë' daris;d!e!é; régibiis11 àrctîdij!ék’,améri-. caïnesfvrr- |r,.l:''i - 1 , "J’;" ' / ' ;
- ' Cés faits .jprësentetit ïïn intérêt dé premier ordre ppWrrétàWssémeht (i’unë théorie sur les aurores poiaii'èSi Beaucoup d’auteurs ont voulu, ;èh effet, tijcfavél' ' dàhjfe lés Aurores polaires là'1 causé des përtürbktio'hslmagnetiques ; Bravais, en' particulier,*‘ tout eh1'i-êcdnnaissànt que les aurores obéissent, notamttieritnpiduf 'ièür directioii,1 aux phénomènes réguliers ,du rnagnêtisme terrestre, voulait que ’cettë dépendance ’ fût renversée en ce qui concerne lès perturbations ‘ fnagnétiques1, et attribuait exclusivement ces dernières à l’action propre des aurores polaires.; Ôn vdit que cette façon de voir semble contredire aujourd’hui par les observations et cela de deux manières distinctes : d’abord parce qu’on voit‘fréquemment des aurores Se produire pendant que l’aiguille aimantée reste parfaitement tranquille; en second‘lieu parce que, quand les deux phéno-mënës se produisent concurremment, il semble que les 'perturbations magnétiques précèdent le plus sduvent l’kiirore.. Nous avons déjà indiqué des observations dè ëè gente, entre autres celles de Cotté, de Hansteen et de Bessels; citons encore la grande aurore australe du 29 août 1869 qui fut accompagnée, a Mélbourne (Australie); de/fortes perturbations magnétiques (i° 9'pour la déclinaison), et de troubles dans les lignes télégraphiques; or ces troubles précédèrent l’aurore et celle-ci ne parut même qu’au moment où les transmissions télégraphiques commençaient déjà à beaucoup s’améliorer.
- Èn! résumé, il nous paraît impossible, d’après tout ce qui précède, et bien que ce soit l’opinion qui ait été la plus suivie jusqu’à ce jour, de voir dans les aurores boréales ll'a cause des perturbations rnagnétiques. Nous pensons que ce sont plutôt ces dernières, ou bien les courants terrestres, qui déterminent )a production d’une partie au moins des aurores polaires. Il nous semble du reste que la plupart des difficultés indiquées précédemment s’effaceraient, si l’on admettait, dans ce que l’on a compris jusqu’ici sous le nom d’aurores polaires, l’existence de deux phénomènes de nature différente.
- Les uns, comprenant toutes les aurores à grande extension, c’est-à-dire la presque totalité des aurores des latitudes moyennes et quelques-unes de celles des régions arctiques, auraient leur siège à une grande hauteur dans l’atmosphère, et seraient toujours accompagnés de perturbations magnétiques à l’inverse des autres qui ne se manifestent que par exception en dehors des latitudes élevées. Les unes et les autres de ces deux espèces d’aurores polaires seraient d’ailleurs incapables d’agir par elles-mêmes sur l’aiguille aimantée; au con-
- traire, les pfëfnièrës seraient cohime le contrë-coujiy* dank ratmdsphèrey de'ltf'fuptiir'e de ^équilibre rriâ-gnétiquc oir l‘électrique! 1 de notre globe. Noüïd sommes 'ainsi ramenés,' par l’étude des relatiohs entre les aufdrek polaires et le magnétisme ter--resjre, à la même conclusion que par la considé^ ration des caractères physiques des aurores et de leür altitude, c’est-à-dire à' voir dans les aurorës' polaires deux phénomènes distittèts par leurs prb-priétés et peut-être thème par lèûr origine, et qu’il' conviendrait dorénavant de mieux séparer, si l’on ' veut arriver à des notions exactes sur leur nature. ' (A suivre.) , Alfred Angot. ,
- LES SCIENCES PHYSIQUES'
- EN BIOLOGIE •" 1 i-Q
- L’ÉLECTRICITÉ ))
- i6" article. (Voir les «os du 25 février, des 8 et 29 avril-, 6 mai, des 3 et 10 juin, des 8 et i5 juillet, des 2 et 2Z septembre, des 7 et 28 octobre, des 18 et 25 novembre) él 2 décembre.)
- Si l’organisme se détruit par son propre fonctionnement et par le mécanisme général des fermentations, ainsi que je l’ai dit dans ce qui précède, il se rétablit en même temps à chaque instant dans son intégrité par la création vitale qui forme la contre-partie de la destruction vitale.
- La création organique existe à deux degrés très différents et qu’il importe de bien séparer. .
- Nous avons vu précédemment que l’organisme forme par synthèse chimique des matériaux qu’il emmagasine sous forme de réserves. Cette synthèse résulte de ce fait dont nous avons démontré l’exactitude et la généralité, à savoir que jamais la nutrition n’est directe, pas plus chez les animaux que chez les végétaux. Cette synthèse constitue un premier degré de création vitale.
- Les principes immédiats une fois formés sont ensuite mis en place; coulés pour ainsi dire dans des moules, ils affectent une figure spéciale : la cellule, qui, à elle seule, peut constituer un être complet.
- Cette seconde synthèse, plus élevée que la première, constitue la synthèse morphologique.
- La synthèse vitale se fait donc en deux fois :
- i° Synthèse de principes immédiats ou synthèse chimique;
- 20 Mise en place et groupement particulier de ces matériaux, c’est-à-dire synthèse morphologique.
- Je dois dire dès à présent que de ces deux synthèses la plus importante est la synthèse chimique.
- Contrairement à une opinion encore très répan-
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- VV ifÜMIÈRE' ÉLÉCTRIQUE
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- due, la vie peut exister indépendamment de toute espèce de forme.
- J’ai dit au début de cette étude que Bichat avait été le premier à décentraliser la vie et à la localiser dans les tissus; c’était déjà un grand pas, car la méthode créée jjàr*Bichat a été lé point de départ de l’anatomie générale.
- Le microscope a permis de pousser cette décentralisation beaucoup plus loin. On a vu que l’être lé plus complexe était réductible en cellules. La cellule, tant chez les animaux que chez les végétaux, est Y élément anatomique, c’est-à-dire l’organisme doué de la forme la plus simple.
- Plus tard, par les progrès successifs dé l’histo-logié, les micrographes ont reconnu que la cellule était déjà'un être complexe, et que la partie vrai-mént active de cet' organisme microscopique résidait dans une masse de matière albuminoïde, sans structure appréciable, qui a reçu le nom de protoplasma.
- Nous voilà donc arrivés au dernier degré de simplicité !de la vie ; une masse albuminoïde amorphe. Ce corps est défini non plus morphologiquement, mais bien par sa constitution physico-chimique.
- Cette matière vivante, ce protoplasma a été appelé à juste titre par Huxley, la base physique de la vie. •'
- Ce protoplasma existe dans toutes les cellules et en constitue la partie active, qu’il s’agisse des êtres supérieurs ou du dernier des infusoires, que l’on considère les animaux ou au contraire les végétaux.
- Tous les êtres vivants, quelque compliqués qu’ils deviennent plus tard, sont transitoirement réduits, à. un moment donné dé leur existence, à un simple globule de protoplasme.
- Il en est ainsi pour l’œuf d’où doit sortir l’homme lui-même. Au début de son évolution cet œuf qui a. à peine i/ioo° de millimètre de diamètre perd sa vésicule germinative et se trouve réduit à un simple globule de protoplasma, comme l’ont montré M. Robin et M. Clémenceau.
- On peut donc dire avec raison que la cellule est le premier degré de la synthèse morphologique, c’est le premier moule où la nature coule le protoplasma; mais il serait inexact de croire que la cellule constitue la matière vivante à son maximum de simplicité. Non, il y a plus simple que la cellule; la vie à l’état rudimentaire, la vie à l’état de nudité pour ainsi dire se trouve dans le proto-plasma.
- Le protoplasma, ce n’est pas encore la vie définie; c’est, suivant l’expression de Cl. Bernard, un chaos vital où tout se trouve confondu.
- Mais ce protoplasma n’est-il pas un être purement de raison, créé par l’imagination des micrographes ?
- - i'ït.r-; o
- Peut-on le voir en dehors de la cellule ? .j-j Peut-on, en un mot, se procurer de la. matière vivante amorphe ? ,j
- Rien n’est plus facile, car le protopîasma.existe à l’état libre, et ce n’est point par parcelles microscopiques qu’on peut le récolter, mais bien par kilogrammes, si cela est nécessaire. Je vais citer simplement quelques-uns des cas où on trouve le protoplasma à l’état de liberté.
- i° Myxomycètes. — On désigne sous ce nom un protoplasma qui recouvre les feuilles et le bois qui pourrissent, et surtout le tan qui fleurit, comme disent les tanneurs. Si l’on récolte cette substance amorphe, dénaturé albuminoïde, et qu’on l’examine attentivement, on voit qu’elle est composée de masses protoplasmiques qui sont le siège de phénomènes vitaux incontestables. Cette matière amorphe change de forme, elle se contracte sous l’influence des excitations extérieures, ces contractions amènent un mouvement de progression, ces mouvements sont modifiés par les agents extérieurs.
- Cette masse de protoplasma marche vers la lumière, la chaleur accélère ses mouvements, le froid les ralentit, trop ou pas assez de chaleur les supprime en tuant le protoplasma.
- L’électricité fait contracter ce protoplasma comme le muscle. Une curieuse expérience de Kühne montre l’identité des deux éléments.
- Si on introduit ce protoplasma dans un intestin d’hydrophile, on constitue une fibre musculaire gigantesque qu’on peut faire contracter par le courant électrique.
- Enfin cette masse protoplasmique mange, digère et se reproduit : trois caractères essentiels de la vie.
- 2° Amibes. — A côté des myxomycètes, on peut citer les amibes. Ce sont des êtres microscopiques composés d’une masse diffluente, homogène et presque transparente.
- On les trouve dans les eaux stagnantes. En les examinant au microscope, on voit ces masses protoplasmiques émettre des prolongements en forme de bras, marcher, contourner des obstacles, etc....
- Si une particule qui peut servir à sa nutrition se trouve sur son chemin, l’amibe se creuse d’une cavité, entoure la substance en question (grain d’amidon, par exemple) et referme cette cavité qui englobe le corps considéré. La digestion s’opère sous le microscope, la substance alimentaire est dissoute, digérée par un phénomène chimique que le microscope ne peut nous montrer, et s’il existe une partie non assimilable, cette partie est rejetée du corps de l’amibe par un mécanisme analogue à celui qui a présidé à sa préhension.
- Ces amibes ne sont pas toujours à l’état de liberté, on les trouve dans le corps de beaucoup
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- d’animaux : les globules blancs du sang de l’homme, pèii-', exemple, constituent de véritables amibes 'qu’on peut examiner facilement en mettant sur la platine du microscope une gouttelette de sang extraite de la pulpe du doigt par une simple piqûre d’épingle.
- On a trouvé le protoplasma à l’état de liberté jusqu’au fond de la mer par 4 000 et 8 000 mètres de profondeur. C’est Huxley qui a fait cette découverte en 1868.
- Il a donné à ce protoplasma sous-marin le nom de Bathybins Hœckelii. C’est, une masse mucila-gineüse, formée de grumeaux amorphes qui rampe au fond de la mer et recouvre des fragments de pierre ou autres objets.
- L’existence des êtres protoplasmiques ne peut faire aujourd’hui l’ombre d’un doute.
- Des faits qui précèdent nous pouvons donc conclure : i° que la vie est indépendante de la forme et que 20 l’explication de la vie doit être cherchée dans le protoplasma qui est le siège de tous les phénomènes vitaux, même les plus élevés, comme nous le verrons par la suite.
- L’activité vitale réside donc en dernière analyse dans le protoplasma.
- C’est cette matière amorphe, dépositaire de la vie, qui se désorganise et se régénère constamment; c’est elle seule qui travaille et opère les synthèses. Le protoplasma est actif par lui-même, par le fait seul de sa composition moléculaire, et indépendamment de toute forme extérieure; voilà ce que nous a révélé l’étude du protoplasma à l’état de liberté.
- La création organique consiste donc tout entière dans la synthèse chimique, par laquelle cette matière prend naissance au moyen des matériaux fournis par le monde extérieur. /
- La synthèse morphologique vient ensuite façonner ce protoplasma, le mettre en place, l’embellir, pour ainsi dire; mais cette seconde synthèse n’est plus qu’un phénomène secondaire, une complication ou un perfectionnement du phénomène primitif : la synthèse chimique.
- — Lavoisier avait compris, dès le début, que malgré l’impénétrable mystère qui l’environne encore, la création organique est un phénomène chimique.
- La synthèse chimique du protoplasma, tel est le premier degré du problème de la création organique.
- Quels sont les corps simples qui entrent dans la composition du protoplasma?
- Ils sont peu nombreux. En voici la liste :
- Pour les métalloïdes :
- Oxygène Soufre
- Hydrogène Phosphore
- Azote Fluor
- Carbone Chlore
- Pour les métaux :
- Potassium Magnésium
- Sodium Silicium
- Calcium Fer
- C’est par les combinaisons variées à l’infini de ces corps entre eux que se forment les corps binaires, ternaires, quaternaires, quinaires, qui s’assemblent ensuite pour engendrer le protoplasma.
- — Nous ne savons encore rien du mécanisme par lequel la nature opère ces synthèses, le problème même est à peine posé; mais ce que nous pouvons affirmer, c’est que ces synthèses obéissent aux lois de la chimie générale.
- La chimie, en se plaçant dans certaines conditions, doit pouvoir reproduire de toutes pièces les substances engendrées sous l’influence de la vie!
- Longtemps les chimistes eux-mêmes ont refusé à la chimie la puissance d’opérer les synthèses organiques. Le vitalisme se retranchait derrière cette barricade scientifique qui semblait imprenable.
- Un homme à lui seul est parvenu à renverser cette bastille; cet homme, c’est M. Berthelot, le créateur de la chimie organique fondée sur la synthèse.
- Dans ses grands travaux sur la synthèse, l’incomparable chimiste, en partant des éléments minéraux, a reconstitué successivement les hydrocarbures, les corps gras, les alcools et diverses essences végétales.
- La voie ouverte par M. Berthelot s’est considérablement agrandie ; la synthèse a fait des progrès immenses ; ses découvertes récentes, les travaux de M. Schiitzenberger entre autres, nous font espérer que sans tarder sera résolu à son tour le problème de la synthèse des albuminoïdes, considérée comme la synthèse vitale par excellence.
- Reste à savoir si les procédés de synthèse organique découverts par les chimistes pourront nous apprendre quelque chose sur les procédés employés par la nature pour arriver au même résultat.—Je ne le crois pas. Tous les phénomènes chimiques dont l’organisme ,est le siège et que nous avons vus jusqu’ici, se font par des procédés différents de ceux employés par les chimistes. Dans les laboratoires et dans l’industrie, nous transformons bien l’amidon en glycose, l’albumine en peptone, le sucre de canne, en sucre interverti, les graisses en glycérine et acide gras, comme le fait l’organisme durant la digestion, mais pour cela nous avons recours à l’ébullition, aux acides, aux bases, à la vapeur d’eau surchauffée, etc....
- L’organisme seul arrive au même but par des moyens doux, inoffensifs, en se servant simplement de procédés qui lui sont particuliers : les ferments.
- Le chimiste et l’organisme font bien tous les deux de la chimie, c’est vrai, mais chacun se sert de ses instruments particuliers.
- Les instruments du chimiste ne peuvent nous
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- donner aucune idée de ceux qu’emploie l’organisme. Il y a donc loin de la chimie organique à la chimie de l'organisme, et c’est pourquoi la chimie du physiologiste ne peut être la même, quant aux procédés seulement, que la chimie du chimiste pur.
- Cette manière de voir a été soutenue par Cl. Bernard depuis bien longtemps; elle est partagée d’ailleurs par les chimistes qui ont fait les plus beaux travaux de synthèse.
- Dans la plupart des cas, d’ailleurs, nous n’assistons pas à la synthèse primitive, directe, du protoplasma aux dépens des corps simples; nous n’assistons qu’à sa multiplication.
- Actuellement y a-t-il sous nos yeux création véritable de protoplasma aux dépens de la matière inorganique? En un mot y a-t-il génération spontanée? Le fait peut exister, mais il n’est pas prouvé, voilà tout ce qu’on peut dire. Les remarquables expériences de M. Pasteur montrent qu’il n’y a pas génération spontanée dans les cas qu’on a cités, mais ces expériences n’ont tout simplement qu’une valeur négative pour les cas considérés.
- J’avoue que je ne comprends pas pourquoi on a combattu si énergiquement la théorie de la génération spontanée. Ce phénomène ne serait ni plus obscur ni plus étonnant que tout ce qui nous environne, si l’on venait à en constater scientifiquement l’existence.
- Le protoplasma une fois créé a donc la propriété de se développer et de s’accroître par synthèse. Laissons de côté, pour le moment, tout ce qui touche à son origine première ; c’est là, comme disait Rabelais, matière de bréviaire. Pour mon compte, je suis beaucoup moins avancé que les théologiens et j’avoue humblement que je n’en sais rien. D’ailleurs, comme je l’ai dit au commencement, il nous importe peu, pour agir, de savoir d’où vient la nature et où elle va, il nous suffit de connaître ses propriétés pour nous en rendre maîtres. Dominer la matière vivante, comme la physique et la chimie dominent la matière brute, suffit à l’ambition de la physiologie.
- Doit-on avec quelques physiologistes distinguer deux espèces de protoplasma : un protoplasma incolore appartenant aux animaux, et un protoplasma vert qui serait l’apanage des plantes ?
- Non, c’est là une distinction qui n’a aucune raison d’être. Il n’y a qu’une seule espèce de protoplasma, jouissant des mêmes propriétés fondamentales dans les deux règnes. Seulement on peut dire que le protoplasma, tant végétal qu'animal, peut, dans certaines circonstances,, s’imprégner de matière verte, de chlorophylle. Comme nous l’avons déjà vu, certains animaux inférieurs (Eu-glena viridis, Stentor polymorphus) peuvent s’infiltrer de matière verte. D’autre part, on peut chasser la chlorophylle du protoplasma végétal en re-
- couvrant simplement par un écran opaque une par' tie verte quelconque d’une plante. Toute la partie soustraite à l’action de la lumière se décolore; la chlorophylle disparaît, abandonne le protoplasma qui reste isolé. Dans ces conditions, ce protoplasma végétal est identique au protoplasma animal. Il n’y a donc pas deux espèces de protoplasma, mais une seule qui peut s’infiltrer ou non de chlorophylle. Le protoplasma vert est le siège des mêmes phénomènes que le protoplasma incolore, mais à ces phénomènes viennent s’ajouter ceux qui résultent de la présence de la chlorophylle, voilà tout. -v
- Les réactions qui s’effectuent sous l’influence de la chlorophylle, constituent la fonction chlorophyllienne et doivent être étudiés à part.
- Que savons-nous de la chlorophylle? Pas grand chose. Nous savons simplement qu’elle est disséminée dans le protoplasma cellulaire et qu’elle se présente sous le microscope à l’état de granulations vertes d’environ i/ioo0 de m/m de diamètre, d’autrefois elle paraît être en dissolution dans le protoplasma.
- Nous savons que sous l’influence des rayons solaires elle forme des produits organiques carbonés.
- En dehors de ces faits tout n’est qu’hypothèses. M. Armand Gautier a donné une théorie chimique de l’action de la chlorophylle.
- Pour ce savant, la chlorophylle décomposerait à la fois l’acide carbonique et la vapeur d’eau ; de la réduction de ce mélange dériveraient : l’alcool, le glycol, l’aldhéyde ordinaire, les acides glycoli-que et glyoxylique, le glyoxal, l’acide oxalique, etc.
- Toutes ces transformations sont possibles chimiquement. Existent-elles en réalité? Je n’en sais rien, et tant qu’une expérience directe ne l’aura pas établi, je répète le mot de Bernard à propos de ce qu’il appelait le chimisme artificiel : Le foie rend sceptique.
- {A suivre) Dr A. d’Arsonval.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Intercommunication électrique dans les trains en marche, système W. H. Floyd.
- Nous extrayons les renseignements qui suivent d’une notice « On the Electrical intercommunication on Railway trains in motion », publiée par M. W. H. Floyd, ingénieur du service télégraphique du Great Indian Peninsular Railway, d'ans Y Electrical Rewierv du 3o septembre 1882.
- Après une courte description des systèmes ap-
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- pliqués en 1864 par M. Preece au London and South-Western Railway, en i865 au South-Eastern Railway par M. Walker, au London and North Western par MM. Yarley et Martin, et en 1872 au Great-Eastern, par le colonel Brinney, M. Floyd décrit le système suivant appliqué par lui, sur le Great Indian Peninsular Railway.
- L’ensemble de l’appareil est représenté shéma-tiquement par le diagramme de la figure 1, qui suppose un train composé d’une machine, de deux fourgons et de trois voitures : la voiture du milieu
- est munie d’une cloche et d’une pile locale, pour indiquer d’où est parti le signal d’alarme.
- A représente le fil du train, A' le fil de retour ou de terre, B le commutateur, C le contact, D la cloche, E la pile, F le bouton ou commutateur d’alarme pour les voitures non munies d’une pile et d’une cloche indicatrice locales; F', dans la 20 voiture, est un bouton d’alarme avec cloche et pile locales.
- Avec ce système, les voyageurs peuvent sonner les gardes du train et le mécanicien, qui peuvent aussi communiquer entre eux.
- L’accouplement des fils, aux extrémités des voitures, est formé (fig. 2) de deux tubes t t' de 5o m/m
- de long, fermés aux extrémités b et b' seulement, et de 3o m/m de diamètre : les tubes sont accouplés par l’accrochage des extrémités c c' des ressorts R et R', dont la pression assure un contact électrique parfait, et par les emboîtages m n',m' n, qui empêchent les tubes de tourner après leur accouplement : il faut un traction directe de 10 kil. environ pour séparer ces accouplements.
- Le fil de terre ou de retour A' (fig. 1) est constitué par les rails.
- Dans une variété de cet accouplemént les ressorts sont isolés des tubes / et /', dans l’intérieur desquels se trouve un petit levier, séparé des ressorts tant que l’accouplement reste fermé, mais qui vient,
- dès la rupture, en contact avec eux, et fermer, dans chacune des deux parties du train, le courant, entre le fil du train relié aux ressorts et les tubes reliés à la terre. Les cloches sonnent alors continuellement, à la machine et aux deux fourgons.
- Le contact d’alarme, représenté par la fig. 3, se compose d’une poignée H, qui sort seule de la boîte où est enfermé l’appareil, et d’un levier L, enclanché avec la tige T de cette poignée. Lorsqu’on tire II, T se déclanche et laisse L retomber sur P sous l’action du ressort à boudin s. Ce contact réunit le fil du train l au fil de terre /, la sonnerie part, et dure jusqu’à ce que le garde soit venu ouvrir la boîte de l’appareil et renclancher T L.
- Si on veut que le garde puisse reconnaître immédiatement la voiture d’où est parti le signal, il suffit d’allonger L, et de le faire frapper un deuxième contact P' complétant le circuit (fig. 1, 20 voiture) d’une sonnerie locale, placée dans cette voiture. s
- Le commutateur B (fig. 1) permet au fourgon
- d’avant de communiquer à volonté avec la machine ou avec le fourgon d’arrière.
- Influence de la température sur l’aimantation
- Dans une des dernières séances de la Société de physique, M. Berson a exposé les recherches qu’il a entreprises pour étudier l’influence de la température sur l’aimantation dans le fer, l’acier, le nickel et le cobalt. Il place à cet effet, le barreau en expérience dans un champ magnétique constant, à diverses températures, et compare ses moments magnétiques. Pour comparer ces moments, il a adopté la méthode de Gauss.
- Son appareil se compose d’une pile de Bunsen de six à dix éléments, dont le courant, après avoir passé par un commutateur, traverse un rhéostat à charbon de cornue, puis la bobine qui sert à produire le champ magnétique. Un galvanomètre intercalé dans une dérivation permet de maintenir ce
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- courant constant. Dans la bobine magnétisante est placé le barreau, qui dévie une petite aiguille de déclinaison suspendue par un fil de cocon à l’intérieur d’une cage en cuivre rouge. Les déviations sont lues au moyen d’un miroir et d’une échelle.
- La bobine magnétisante, qui doit être portée à des températures élevées, est constituée par un fil enroulé, sans que les spires se touchent, sur un noyau de verre, et noyé dans du plâtre. Le tout est placé dans une étuve de cuivre et chauffé par une lampe à gaz. La température, qu’on maintient constante aussi longtemps que possible, est mesurée par un thermomètre qui plonge dans l’étuve.
- Voici quelques-uns des résultats obtenus.
- Dans le fer, l’aimantation est presque indépendante de la température. Cependant les aimantations totale et temporaire vont en croissant jusqu’à 260°, puis en décroissant, tandis que l’aimantation permanente diminue très légèrement.
- Dgns l’acier, l’aimantation totale croît d’abord, passe par un maximum à 260°, et décroît ensuite; l’aimantation temporaire suit la même marche : l’aimantation permanente présente un maximum vers 240°. Les variations de la température pendant l’expérience ont une influence sur l’aimantation, qui croit dans ces conditions.
- Si l’on élève la température d’un barreau aimanté à froid, son aimantation diminue; il en est de même si l’on refroidit un barreau aimanté à chaud. Si l’on trempe celui ci, il conserve un moment magnétique plus fort que si l’on avait opéré à basse température.
- Dans le nickel, l’aimantation totale croit lentement jusqu’à 240°, et, à partir de 280°, diminue très rapidement pour devenir nulle à 33o° environ. Le nickel aimanté à basse température et chauffé à 33o° perd toute aimantation ; si, au contraire, il a été aimanté à 280° et refroidi ensuite lentement, son moment magnétique va d’abord en croissant, puis diminue vers la température ordinaire, mais en restant finalement plus grand qu’à la température d’aimantation.
- Le cobalt se comporte comme l’acier.
- Règles pour l’établissement des paratonnerres.
- Les règles suivantes ont été formulées, d’après le « Report of Lightning Rod Conférence » de 1882, par le major V. D. Majendie, chef-inspecteur des poudrières du gouvernement anglais, et transmises aux agents chargés de la surveillance des magasins de matières explosibles et aux autorités de police.
- i° Matière de la tige et de la chaîne. — Elle doit être en cuivre ne pesant pas moins de ô‘.02 par pied courant (ok. 600 par mètre) de conductibilité égale au moins aux go % de celle du cuivre
- pur, et sous la forme d’une tige solide ou de câbles en fils de cuivre : aucun fil ne doit avoir moins de 2 m/m 1/2 du diamètre (n° 12 B. W. G.). On peut employer du fer mais, pesant au moins 2 livres 1/4 par pied courant (3k400 par mètre).
- 20 Joints. — Tous les joints, bien nets, vissés en écharpe ou rivés, devront être, en outre, complètement soudés.
- 3° Forme des pointes. — La pointe de la tige supérieure (partie du conducteur située entre le toit de l’édifice et la pointe du paratonnerre) ne devra pas présenter un angle plus aigu que 90°. ,On pourrait visser et souder, à om3o au-dessous de la pointe, un anneau dé cuivre garni de 3 ou 4 pointes de cuivre très aigues, de omi5 environ de longueur. Il est à désirer que ces pointes soient platinées, dorées ou nickelées, de manière à résister à l’oxydation.
- 40 Nombre et hauteur des pointes ou tiges terminales. — Ce nombre dépend de la grandeur de l’édifice, des matériaux dont il est construit et de la hauteur relative de ses différentes parties au-dessus du sol. On ne peut donner, à ce sujet, aucune règle générale, sinon que l’on peut admettre que l’espace protégé par une pointe forme un cône dont le rayon de base est égal à la hauteur de la pointe au dessus du sol.
- 5° Courbures. — La tige ne doit pas être courbée brusquement, en aucun cas, la longueur de la courbe ne doit être supérieure à une fois et demie sa corde. On devra, toutes les fois qu’on le pourra, percer les contreforts et les maçonneries en saillie pour laisser le conducteur les traverser librement.
- 6° Isolateurs. — Le conducteur ne doit pas être écarté des édifices par des isolateurs en verre ou autres, mais attaché par des pièces de même métal que lui.
- 70 Fixations. — Les conducteurs doivent descendre de préférence le long de la façade la plus exposée à la pluie; ils doivent être solidement fixés, mais par des attaches qui leur permettent de céder aux dilatations occasionnées par les variations de température.
- 8° Autres travaux en métal. — Les gouttières en métal, les tuyaux, les portes en fer et les autres masses métalliques, aux environs de l’édifice, devront être reliés électriquement au conducteur.
- g0 Liaison avec la terre. — Il faut, autant que possible, enterrer l’extrémité inférieure du conducteur dans un sol toujours humide — comme à proximité des conduites d’eau et de drainage.
- C’est une très bonne mesure que de bifurquer le conducteur à son affleurement sous terre, et d’assurer sa terre par un des moyens suivants :
- [a] Relier, par une bande de cuivre, le bas du conducteur avec une conduite d’eau ou de gaz — qui ne soit pas en plomb — et l’y souder.
- [b] Souder cette bande à une plaque de cuivre
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- de orago X omgo X im/ni5, enterrée dans un sol humide et entourée de scories ou de coke.
- [c] Etendre, dans une tranchée pleine de coke, une grande longueur de cuivre en rubans, présentant une surface im270d au moins.
- io° Protection contre les voleurs, etc.— Toutes les fois que les cuivres pourraient être volés ou dégradés, il faudra les protéger en les enveloppant dans un tuyau de gaz de 3m. de haut, si on le peut, enfoncé dans le sol.
- ii° Peintures. — Les conducteurs en fer galvanisé ou non devront être peints. — La peinture est facultative pour les conducteurs en cuivre.
- 12° Inspection. — Après la pose définitive, le conducteur devra toujours être examiné et essayé par une personne compétente, et cette inspection devra être faite, dans le cas de bâtiments neufs, après l’achèvement de tous leurs travaux.
- Il convient de faire, si l’occasion s’en présente, des inspections et des épreuves périodiques des conducteurs, surtout lorsqu’on emploie des liaisons en fer avec la terre.
- CORRESPONDANCE
- Rennes, le 22 novembre 1882.
- Monsieur le Directeur,
- J’ai l’honneur de porter à votre connaissance un galvanomètre fort simple et à l’abri de toutes les actions magnétiques,
- Cet instrument fondé sur la loi de Joule n’est autre chose qu’un thermomètre Bréguet dont la spirale formée d’une
- lame fine de platine et zinc ou de platine et fer est traversée par le courant à mesurer.
- Afin de compenser les variations de température extérieure la spirale traversée par le courant est suspendue par l’intermédiaire d’une seconde spirale identique mais enroulée en sens inverse.
- La figure ci-dessus donne d’ailleurs une idée de l’instrument.
- A point d’attache des deux spirales consécutives;
- BB godet circulaire rempli de mercure;
- C Godet plein de mercure ;
- DBECF marche du courant.
- — La loi de Joule étant exprimée par
- q=* Ilr/2
- on a :
- dq = 2 H ridi
- et par suite on voit que la sensibilité de l’instrument augmente avec l’intensité du courant.
- Veuillez agréer, etc.
- R. Dubois
- Ingénieur des mines.
- FAITS DIVERS
- Une nouvelle Exposition d’Electricité, va avoir lieu àKœ-nigsberg. Elle durera depuis le commencement de décembre jusqu’au milieu de janvier i833. Comme celle de Munich, cette exposition comprendra principalement les applications techniques de l’électricité. Tout en regrettant qu’elle suive de si près l’Exposition de Munich, nous espérons qu’elle aura comme Exposition locale un succès en rapport avec l’intérêt qu’excitent aujourd’hui de tous côtés les progrès de l’électricité.
- Le chemin de fer électrique de Portrushet de la Chaussée des Géants, dans le comté d’Antrim, en Irlande, dont nous avons déjà annoncé l’établissement, vient d’être terminé et essayé. Ce railway construit par le Dr W. C. Siemens, de Londres, sur le modèle de celui de l’Exposition Internationale d’Electricité de Paris, est destiné à transporter'les touristes de la petite ville de Portrush à la célèbre Chaussée des Géants. Ce premier essai a été satisfaisant. On a atteint une vitesse de plus de dix milles à l'heure.
- Éclairage électrique
- Entre Kew et Richmond, près de Londres, la route qui passe sur le Selwyn Court Estate est maintenant éclairée avec des lampes Brush, posées par la South Eastern Brush Electric Light Company.
- A Londres, les bureaux des South Eastern and Provincial Brush Electric Light Companies, no, Caunon Street E. C. sont éclairés avec des lampes Lane-Fox.
- Le grand transport anglais, le Malabar qui est en réparation à Portsmouth, va être éclairé par l’électricité. On a choisi le système à incandescence Edison. Chacun des ponts du vaisseau sera éclairé avec des lampes A et B. '
- La corporation de Colchester (comté d’Essex), vient de prendre une résolution autorisant la South Eastern (Brush) Electric Light Company à ouvrir des tranchées dans les rues pour la pose des câbles. La Compagnie fait des préparatifs pour éclairer High Street avec des lampes Lane-Fox.
- A Maidstone (comté de Kent), l’exposition canine a été éclairée la semaine dernière avec des lampes Brush, installées par la South Eastern (Brush) Electric Light Company.
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- Le nouveau yacht à vapeur Empress, construit à Hull, vient d’être pourvu de trente lampes Swan. Le courant est fourni par une machine dynamo Burgin.
- A Nottingham, une partie de la fabrique de dentelles Co-pestake, Hughes, Crampton, est éclairée avec seize lampes Brush. On va y installer en outre de cent à deux cent lampes Swan.
- Les grandes filatures de coton de MM. Wright, Turner de Pendleton, qui emploient sept cents ouvriers, sont actuellement éclairées avec cinq cent quarante lampes Edison.
- A Liverpool, les magasins de joaillerie Lawson, Lord Street, sont maintenant éclairés avec des lampes électriques fournies par la Lancashire Maxim-Weston Company.
- Les imprimeries Hazell, Watson et Viney, à Aylesbury (comté de Buckingham), vont être éclairées par l’électricité.
- Dans le district de Furness, en Angleterre, on dispose des lampes électriques dans quelques-unes des principales mines. Des lampes sont placées à une certaine hauteur au-dessus des puits. Chez MM. Kennedy frères, aux mines de Rouhead, les bureaux, ateliers et magasins sont éclairés de cette manière.
- À Dundee. (Ecosse), Commercial-Street est maintenant éclairé avec cinq lampes Brush. '
- Un prixde cinq cents livres sterling (douze mille cinq cents francs) est offert en Angleterre par M. Ellis Lever à toute personne qui inventera la meilleure lampe électrique portative pour l’usage des mines de charbon.
- On nous écrit de Bruxelles : le lundi 20 novembre, a été inauguré aux ateliers des chemins de fer de l’Etat belge, à Luttre, l’éclairage de l’atelier des tourneurs par 5 foyers Jas-par de 25o carcels, alimentés par 5 machines Gramme, type d’atelier.
- Cet éclairage, de l’avis unanime des ouvriers et des ingénieurs, n’a rien laissé à désirer, et la quantité de lumière répandue partout était suffisante, malgré la présence des nombreux tours à roues dont les plateaux, par suite de la disposition des foyers, ne projetaient aucune ombre portée empêchant le travail.
- Dans le courant de la semaine prochaine seront installés 3 nouveaux foyers Jaspar, placés sur des mâts de 16 mètres de hauteur, devant éclairer les abords de la remise aux locomotives de Luttre.
- L’administration du chemin de fer de l’État belge a décidé ces mesures en suite des bons résultats obtenus par l’éclairage électrique de l’immense parc d’Anvers-Bassins où sont établis 48 foyers Jablochkoff, de la gare d’Anvers Est où existent 2 foyers Jaspar, et de l’atelier d’Anvers-Stuy-denberg où la lumière est donnée par 2 lampes Serrin desservies par 2 machines Siemens.
- , La Belgique semble, du reste, ne pas vouloir rester en arrière du progrès, et M. le ministre de la justice a récemment nommé une commission composée de M. Wellens, inspecteur général des ponts et chaussées, Dery et Dumont, ingénieurs au chemin de fer de l’État, pour lui soumettre un projet complet, comprenant l’éclairage électrique des diverses salles et des abords du nouveau Palais de Justice de Bruxelles, véritable monument dont le coût, comme on le sait, ne sera pas inférieur à 5o millions de francs. »
- A Gand (Belgique), la Compagnie Edisôft a installé soixante lampes à incandescence dans les burèâÜk et ateliers de MM. de Smedt et d'Hams.
- A Turin, de nouveaux essais d’éclairage éleètfjque viennent d’êLre faits à la gare avec de petites lampes Màxim.
- La salle des séances du conseil communal de Turin est maintenant éclairée avec des lampes électriques.
- A Valladolid, en Espagne, I’Anglo-Spanish Brush Electric Lighting Company a installé des lampes Brush*
- II existe à Budapest un certain nombre d’installations électriques. Le café Steingassner au Corso est depuis près de deux ans éclairé par des lampes Zipernowsky, atffrientées par des machines du même système. Un autre café* l’Oster-reichesches Café a été récemment pourvu de çès lampes, d’une puissance de 600 candies.
- Ces installations ont été faites par la maison Ganz et Ce, de Budapest, qui va également éclairer le Théâtre National avec 1 000 lampes Swan et un moulin à ; vapeur, âVec 200 lampes Swan. __________
- Télégraphie et Téléphonie
- On inaugure à Paris au ministère des postes et dés télégraphes la première mise en service des lignes télégraphiques souterraines. Les lignes télégraphiques qui vont fonctionner sont celles de Paris-Lille, Paris-Nancy, Paris-Dijon'. Après les trois lignes précitées, on inaugurera la ligné de Paris-Lyon. __________
- A Lyon, la municipalité vient de faire placer un téléphone pour relier le dépôt des pompes à incendie de la rue Mo* lière aux écuries de MM. Bonneton et Ce, rue de Vendôme. Par ce moyen, les chevaux seront plus vite à la disposition des pompiers.
- A Reims, cent soixante adhésions au réseau téléphonique ont été recueillies par l’Administration du télégraphe. Une latitude nouvelle a été consentie par le ministre-des postes et des télégraphes. Les abonnés auront non ^feulement le droit de communication entre eux, mais encor£ avec le réseau télégraphique proprement dit, c’est-à-dire qu’on pourra par le téléphone dicter une dépêche au télégraphe, et que la réponse, en attendant qu’elle parvienne sous la forme imprimée usuelle, sera d’abord immédiatement transmise téléphoniquement. On étudie en outre en ce moment les voies et moyens de mettre Reims en communication directe téléphonique avec Paris, Rouen et toutes les autres villes du parcours du réseau.
- Cannes, dans les Alpes-Maritimes, est au nombre des villes choisies par le ministre des postes et des télégraphes pour des installations expérimentales de téléphone.
- Dans les principales villes d’Italie, la Société italienne des téléphones possède, d’après les derniers relevés, le nombre suivant d’abonnés : à Turin, 383; à Milan, 398; à Gêné?,.383; à Florence, 281; à Venise, 114; à Bologne, 166; à Livourne, 124; à Messine, 695; à Rome, 53o; à Naples, 35i; Pa-lerme, i5o; à Catane, 54; soit un total de 3 oo3. V1
- Le Gérant : A. Glénard.*
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 336q$
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 5ï, rue Vivienne, Paris
- f ' **!' 11 Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- ANNÉE (TOME VII) SAMEDI' 16 DÉCEMBRE 18831 N» 56
- SOMMAIRE
- DeS effets produits dans le moteur Griscom : Th. du Mon-cel. — Sur la théorie des phénomènes électro-dynamiques (4° article); J. Moutier. —Recherches expérimentales sur les machines dynamo-électriques (58 article); Marcel De-prez. — Les aurores polaires (9° article); Alfred Angot. — La machine Ferranti ; Aug. Guerout. — Etudes sur les éléments de la théorie électrique (20 article); E; Merca-dier —Les sciences physiques en biologie : L’électricité (17° article). Dr A. D’Arsonval. — Faits divers.
- DES EFFETS PRODUITS
- DA ttS
- LE MOTEUR GRISCOM
- Nous avons déjà décrit dans le numéro du 10 septembre 1881 le moteur Griscom, et nous en avions donné une théorie basée sur certaines expériences qui nous avaient été montrées par l’auteur. Depuis, on a publié dans le Télégraphie journal du 3o septembre 1882 une nouvelle théorie de ce moteur donnée par M. ’ He'ap, que nous allons résumer en la discutant.
- Lé moteur de M. Griscom, que nous représentons en élévation, fig. 4, et en coupe verticale, fig. 1, n’est en réalité qu’une sorte de machine dynamoélectrique dans laquelle les électro-aimants sont constitués par des noyaux hémi-circulaires NS, NS (fig. 1), entourés sur presque toute leur longueur, excepté aux extrémités polaires, par une hélice magnétisante BB. Ces noyaux sont d’ailleurs, comme les inducteurs des machines d’induction, disposés l’un contre l’autre avec un pôle de même nom commun ou pôle conséquent. L’électro-aimant mobile n’est qu’une bobine de Siemens AA dont les pôles épanouis sont légèrement excentrés vers le milieu, et présentent par conséquent un bombement plus grand.. Enfin le commutateur n’est autre que celui de la machine de Ladd avec des balais.
- Dans l’article que nous avions publié, nous ajoutions ce. qui suit : « Dans cette machine, il se pro-
- duit une action intéressante que l’auteur démontre de la manière suivante : il prend pour cela, afin de ne pas embrouiller les effets, un appareil dans lequel l’électro-aimant fixe est dédoublé, et il fait passer le courant à travers l’électro-aimant mobile. L’électro-aimant fixe joue alors simplement le rôle d’une pièce de fer qui se magnétise sous l’influence de l’électro-aimant tournant et qui détermine sa rotation. Quand le fil de l’électro-aimant a ses/).'; extrémités séparées, les choses se passent effective/^/ ment ainsi; mais quand ces extrémités sont réüniesL®! l’effet produit est augmenté dans une très grandit)"’1 proportion. Quelle est l’action produite en ce cas ?\f C’est ce que nous allons tâcher, d’expliquer. Il faut pour qu’on puisse la comprendre, que l’on sache que si on promène un aimant devant un noyau de fer entouré d’une hélice, il se produit trois effets d’induction : i°.celui qui résulte de l’aimantation du fer qui est inverse, 20 celui qui résulte des interversions successives des polarités du noyau central qui donne lieu aux courants que j’ai appelés courants T interversions polaires, 3° celui qui résulte du passage de l’aimant devant les spires qui est dynamique ; c’est celui développé dans lamachine de Siemens. Ces deux derniers courants sont directs et se prolongent pendant toute la durée du mouvement, le premier n’est que passager. Or examinons ce qui résulte de ces effets dans le moteur en question. Au premier moment de l’action de l’électro-aimant. mobile, le courant inverse est nuisible, mais comme il ne dure pas, .la démagnétisation qui en résulte ne suffit pas pour changer l’impulsion produite par l’attraction déterminée entre les deux pièces magnétiques; mais pendant toute la durée du passage dé chaque pôle dé l’électro-aimant mobile devant les spires de l’électro-aimant fixe, les courants directs produits actionnent le fer de l’électro-aimant fixe et en font un véritable aimant qui exerce dès lors une action plus puissante, et pour que la première action qui est nuisible soit minimum, on a dû excentrer les pôles mobiles. Il y a alors affaiblissement puisque la distance entre ces pôles et le noyau de fer sur lequel ils agissent est alors plus grande au moment du rapprochement, et que l’action ne s’effectue que
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- successivement et par conséquent de manière à fournir un courant ondulatoire, De là l’avantage que présente la forme extrabombée des surfaces polaires de l’électro-aimant mobile. »
- * Au mois de septembre dernier, l’effet avantageux des courants induits dans ce moteur avait été mis en doute par le Télégraphie journal, et cette critique a provoqué de la part de M. Heap, représentant de M. Griscom en Angleterre, une réponse à laquelle le journal anglais a opposé des expériences que nous allons discuter quand nous aurons exposé les arguments invoqués de part et d’autre.
- Pour rendre sa démonstration plus intelligible,
- quand les extrémités de l’hélice qui recouvre l’électro-aimant fixe sont réunies, que quand elles ne le sont pas, et il explique l’effet de la manière suivante :
- « Quand le circuit de l’hélice de l’électro-aimant fixe n’est pas fermé, son fer réagit sur l’électro-aimant mobile comme une simple armature ; mais quand il est fermé, il se produit, au moment de l’approche des pôles de l’électro-aimant mobile, un courant induit qui, étant inverse à celui créé par la pile, tend à diminuer la résistance opposée parl’é-lectro-aimant fixe, au moment où son action doit disparaître, et par conséquent la vitesse du mobile doit être augmentée, »
- Il est facile de comprendre que cette théorie
- FIG. 2
- M. Heap a construit un modèle spécial du moteur,' que nous représentons fig. 2, et dans lequel l’élec-tro-aimant fixe est un anneau cylindrique de fer entouré, comme l’anneau Gramme, d’une hélice magnétisante W, mais présentant en un point de sa circonférence une large solution de continuité dans laquelle tourne la bobine Siemens AA. Les extrémités du fil de W pouvaient être réunies ou maintenues séparées. Le commutateur avait la disposition ordinaire, et deux balais métalliques en repré. sentaient les ressorts frotteurs. En avançant et sen reculant plus ou moins ces derniers de manière à élever ou à abaisser leur point de contact avec les deux demi-anneaux du commutateur, on pouvait faire tourner le moteur dans un sens ou dans l’autre. Or M. Heap montre qu’en mettant les deux balais en rapport avec les deux pôles d’une pile, le moteur tourne beaucoup plus vite
- n’est guère acceptable, car en admettant même, ce qui est plus que douteux, que le moteur gagne à cet effet de la vitesse, il perd évidemment de la force puisque le courant induit inverse agit au moment de la fermeture du courant, par conséquent au moment où celui-ci doit provoquer une attraction entre les deux organes magnétiques. Pour le démontrer, l’auteur de l’article du journal anglais invoque l’expérience suivante :
- Il prend une tige de fer NS (fig. 3) légèrement recourbée, entourée d’une hélice ab, et place au centre de courbure un barreau aimanté ns pivotant sur sa partie médiane, puis il fait passer un courant à travers l’hélice ab. Quand l’aimant étant placé devant l’une des extrémités de la tige, on fait naître dans- celle-ci un pôle de même nom N que celui n de l’aimant qui s’en trouve le plus rapproché, le barreau aimanté est repoussé, tourne sur lui-même
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- et vient se porter en n! vers l’autre extrémité S de la tige qui est un pôle sud. En même temps, un galvanomètre qu’on interposera dans le circuit de l’hélice, fournira une déviation qui sera, je suppose, à droite.
- Si maintenant on retire du circuit de l’hélice la pile et qu’oti fasse accomplir à la main au barreau aimanté ns le même mouvement que précédemment, il se déterminera un courant induit qui fournira, sur le galvanomètre, une déviation en sens inverse delà première, déviation. « Par conséquent, conclut le journal anglais, l’action du courant induit s’effectuant en sens inverse du courant de la pile, devrait produire un affaiblissement plutôt qu’un accroissement de force. » Il est vrai que l’auteur de l’article en question ne donne aucune explication de l’effet produit.
- Nous croyons que la déduction précédente n’est
- pas exacte, et qu’elle est la conséquence de ce que l’on ignore en général le sens des courants induits résultant du mouvement d’un aimant devant un électro-aimant droit dans le sens de son axe, et que l’on confond les effets statiques des aimants avec les effets dynamiques. Il est certain, d’abord, que dans le moteur Griscom, les polarités qui se développent les unes en face des autres, au moment où les pôles de la bobine mobile AA (fig. 2) s’approchent des extrémités N,S du cylindre électro-aimant, ne sont pas de même nom, et le mouvement est produit non par répulsion, mais bien par attraction et en raison de la force directrice des électro-aimants, force qui fait qu’une armature se mouvant tangentiellement, se trouve attirée jusqu’à ce que sa partie médiane corresponde à la ligne axiale des pôles. Mais de ce mouvement résulte, au moment de l’approche des pôles magnétiques, un courant inverse qui tendrait à développer des polarités contraires à celles primitivement produites et qui devraient par conséquent se manifester au détriment de la force obtenue. Toutefois cette réaction d’induction n’est pas la seule, il y a l’action déterminée par le mouvement des pôles de la bobine
- mobile devant les spires de l’électro-aimant courbe, et cette action se traduit par des courants induits directs, c’est-à-dire par des courants dans un sens contraire à ceux primitivement provoqués, et qui, au lieu d’être instantanés, durent pendant chaque dèm révolution du moteur. Ces courants, en consé-i quence, doivent agir plus énergiquement que les premiers et dans le même sens que celui de la pile. Il doit donc y avoir accroissement de force.
- Quant à l’expérience indiquée par l’auteur de l’article du journal anglais, elle est évidemment incomplète. Si on avait éloigné le pôle de l’aimant mobile de la tige de fer, et qu’on eût commencé à le mouvoir vers l’extrémité de cette tige, on
- FIG.
- aurait reconnu qu’il se serait produit d’abord un courant de sens inverse à celui qui a été obtenu dans le mouvement de l’aimant d’un bout à l’autre de la tige. Mais comme l’un est instantané alors que l’autre est prolongé, c’est ce dernier qui seul peut manifester sa présence sur le galvanomètre, et c’est un courant direct, par conséquent un courant de même sens que celui de la pile, puisque celui qui dans l’expérience en question, détermine le mouvement du barreau, est en sens contraire de ce qu’il est dans le moteur Griscom.
- Quand, dans l’expérience citée dans le journal anglais, on n’étudie pas l’action dans les différentes phases du mouvement, on commet des méprises très grandes. Voici en effet quelques chiffres qui résultent d’expériences faites avec soinr ----
- En employant une tige de fer droite de 16 centimètres de longueur, entourée d’une hélice de la même longueur mise en rapport avec un galvanomètre, on trouve en approchant le pôle nord d’un
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- aimant assez énergique de l’une des extrémités de la tige de fer, Une déviation de 45° indiquant un courant inverse ou d’aimantation ; puis, quand l’aiguille du galvanomètre est revenue à zéro, si on continue le mouvement d’un bout à l’autre de la tige de fer, on obtient une déviation de go° en sens contraire de la première,, qui accuse un courant direct beaucoup plus énergique, et on peut s’assurer de sa plus grande énergie en faisant accomplir à l’aimant un mouvement beaucoup plus grand comprenant la somme des deux mouvements primitivement accomplis. Dans ce cas, il se produit en premier lieu et instantanément une petite déviation de l’aiguille galvanométrique, de 3° au plus, correspondant au courant inverse, puis une déviation de 8o° correspondant au courant direct qui est par conséquent le seul à manifester utilement sa présence et qui, comme je le disais, vient ajouter son action à celle de la pile pour augmenter la force de l’électro-moteur.
- Donc M. Heap, comme le Télégraphie journal, s’est mépris sur les effets constatés, et cela montre une fois de plus combien les électriciens en général se préoccupent peu de l’origine des effets magnétiques et d’induction qu’ils observent. Pourtant, à bien des reprises différentes, j’ai cherché à attirer leur attention sur toutes ces questions, mais on lit si peu qu’on rëste dans des idées inexactes qu’un enseignement incomplet de la physique inculque dès le jeune âge. Il y a évidemment une grande réforme à faire dans l’enseignement sous ce rapport.
- En définitive, ce qu’avait dit M. Griscom dès l’origine de son moteur est vrai, mais le phénomène a été mal interprété par fui et par son représentant M. Heap, et l’auteur de la critique insérée dans le journal anglais a fait également confusion.
- Il faut d’ailleurs se défier de ce que l’on appelle les courants inverses et directs, et il arrive souvent, quand les effets d’induction sont produits par des inducteurs agissant extérieurement aux hélices, que ce que l’on prend pour des courants directs sont des courants inverses, et réciproquement. J’ai publié à ce sujet dans le numéro du 8 avril 1882 un long article (p. 3i3) dans lequel je montre et j’explique toutes ces anomalies, et dans d’autres articles publiés dans le même journal tome VI, p. 217, 284, tome V, p. 81, j’indique l’origine des différents effets d’induction que l’on peut rencontrer dans les nouvelles machines. Toutefois, les réactions magnétiques qui se produisent dans les systèmes électro-magnétiques/ermcs sont quelquefois, si différentes de celles qui se produisent dans les systèmes ouverts, qu’on ne peut conclure d’une manière parfaitement certaine les effets de l’un d’après les effets de l’autre; on ne peut avoir que des présomptions.
- Tii. du Moncfl.
- SUR LA
- THÉORIE DES PHÉNOMÈNES
- ËLECTRODYNAMIQUES
- 4° article (Voir les des 18 février, ict et 8 avril 1882.)
- TRAVAIL ENTRE COURANTS FERMÉS.
- 3i. — La loi élémentaire des actions électro-dynamiques permet de calculer le travail effectué lorsque deux courants fermés se déplacent l’un par rapport à l’autre.
- Soient ds un élément d’un courant fermé C d’intensité i, ds' un élément d’un second courant fermé C d’intensité i'. Désignons par r la longueur de la ligne qui joint les deux éléments; désignons par 0 et 0' les angles des courants élémentaires avec la ligne de jonction, par e l’angle que font entre eux les plans menés par la ligne de jonction et par chacun des éléments.
- L’action f qui s’exerce entre les deux éléments de courant ou, pour abréger, la force électro-dynamique est une force mutuelle et attractive, donnée par la formulé d’Ampère,
- / =2 *~^ds ds' (sittO sinQ' cose — IcosO cosô'^.
- Supposons que les courants fermés se déplacent l’un par rapport à l’autre de quantités très petites et désignons par r-\-dr la nouvelle longueur de la ligne de jonction des deux éléments ds et ds'. Le travail élémentaire dv de la force électro-dynamique est
- [ dx = —f dr.
- Si l’on remplace la force électro-dynamique par sa valeur et si l’on remarque que la quantité
- — dr est la différentielle de -p, le travail élémentaire de la force électro-dynamique est la djfféren-rielle d’une fonction ^ de la distance r définie par l’équation
- i if
- —ds ds (2sinb sintf cose. — cos0 costf).
- Le travail élémentaire de la force électro-dynamique f a pour expression
- dt—^-dr.
- dr
- Lorsque l’un des courants fermés se déplace par rapport à l’autre courant fermé de quantités très petites, le travail dT effectué est la somme des travaux élémentaires d-t. Si l’on désigne par la somme de toutes les quantités analogues à la fonction j/, en considérant deux à deux les éléments
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- des. deux .courants fermés, le travail dT est la variation qu’éprouve la fonction <t> lorsque les positions mutuelles des deux courants éprouvent des variations infiniment petites.
- Pour calculer la fonction on peut supposer d’abord que l’élément ds reste le même et que l’on effectue la somme des valeurs de «J, en prenant le circuit C’ tout entier. La somme en question S dépend de deux intégrales,
- S = i! i’ ds
- f
- sin6 sin!)' rose r '
- ds
- ' — i i' ds Ç
- cos!) cos0'
- ds,
- La première des deux intégrales est nulle.
- Soit AB—ds (fig. 3o) l’élément du premier courant C, supposé invariable dans la somme S. Soit A'B' — ds' un élément du second courant fermé C'. L’angle 0 est l’angle du courant élémentaire AB avec la ligne de jonction AA!; l’angle ô' est l’angle du courant élémentaire A'B' avec le prolongement de la ligne de jonction; l’angle e est l’angle des deux plans ABA' et A'B'A.
- Joignons les deux points A et B' ; désignons par 0 dü l’angle du courant élémentaire AB avec la nouvelle ligne dejonction AB' — r -\-dr. Désignons par du, l’angle infiniment petit sous lequel on voit du point fixe A l’élément A'B' = ds', du circuit C.
- Dans le triangle AA'B', les sinus des angles d<a et AA'B' sont proportionnels aux côtés opposés. On a, en négligeant les infiniment petits du second Ordre,
- ds' . n, dw = — sinO. r
- Le point A est le sommet d’un trièdre, dans lequel la face 0-}-dQ est opposée à l’angle dièdre e. La formule fondamentale de la trigonométrie sphérique donne la relation
- cos (0 + dû) — cos!) cos du, sin!) sin du, cos e.
- On déduit de cette relation, en négligeant les infiniment petits du second ordre,
- du, cos t — — dO.
- En tenant compte de cette dernière relation et de l’expression de l’angle du,, la première intégrale de S prend la forme
- /smô $/«G' cos s /»
- -------------ds =— J 5/«0 rfô.
- Cette intégrale est nulle pour un circuit fermé C'. La somme S dépend alors uniquement de la seconde intégrale
- _ . . , 'pcosfi cosO'
- 5 = — i v ds J -------ds'.
- Si l’on suppose cette dernière intégrale calculée, la fonction <I>, qu’il s’agit d’évaluer, est la somme des valeurs que prend la fonction S lorsque l’on prend . successivement pour ds tous les éléments du circuit C,
- La fonction <I> a donc pour expression * = -/!' J J ------------------ ci s ds'.
- En désignant l’intégrale double par TE, la fonction <I> peut s’écrire :
- <!>=.— w \v.
- Le travail élémentaire dT effectué par suite d’un déplacement infiniment petit de l’un des courants fermés est la variation de la fonction <I>,
- dT = —iïdW.
- , Si l’on désigne par W0 la valeur de la fonction W lorsque les circuits fermés C et C' occupent des positions initiales déterminées, par Wl la valeur nouvelle de la fonction W lorsque les deux circuits occupent des positions finales, déterminées, le travail effectué par l’ensemble de toutes les forces électro-dynamiques a pour expression :
- T—i i' ( VE, — Wt).
- La fonction <1> est appelée le potentiel relatif à
- FIG
- 3 O
- l’action mutuelle des deux circuits fermés C et C, parcourus par des courants d’intensités f et i'. Le signe de ce potentiel change lorsque le sens de l’un des courants vient à changer. Pour abréger, nous appellerons la fonction ii’W le potentiel électrodynamique.
- 32. — Le potentiel W peut se mettre., sous une autre forme.
- Si l’on désigne par w l’angle que forment entre elles les directions des deux courants élémentaires ds et ds', la formule fondamentale de la trigonométrie sphérique donne la relation
- cos w = cosOcosO'+ sin 0 sin 0' cos e.
- Le potentiel peut se mettre sous la forme
- W;
- ff
- sin!) sin0' cos s , . ,
- ----------------ds ds .
- r
- On vient de voir que la dernière intégrale est nulle. Le potentiel est donc représenté à volonté par l’une des deux expressions
- -//
- cos0 cosO'
- ds ds',
- f* O COS,j) , , .
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Le calcul du potentiel relatif à l’action mutuelle de deux courants doit être effectué dans chaque cas pour une forme et pour une position déterminée de chaque conducteur. Ce calcul s’abrège dans certains cas, en particulier lorsqu’il s’agit de l’action d’un solénoïde ou d’un aimant sur un courant fermé.
- 33. — Travail entre un aimant et un courant fermé. — Considérons un circuit fermé C parcouru par un courant d’intensité i et placé en regard d’un pôle d’aimant P : désignons par \t. la masse magnétique située en ce pôle.
- Imaginons une surface S1 limitée par le circuit fermé C et supposons que l’on trace sur cette surface un réseau à mailles très-serrées. Le courant C équivaut à une infinité de courants élémentaires de même sens que le courant donné C.
- Prenons sur la surface S un point M placé à l’intérieur d’une maille du réseau : désignons par r la longueur de la droite qui joint le point M au pôle d’aimant P. Projetons la maille du réseau sur un plan perpendiculaire à la droite MP : désignons par s la projection de l’aire de la maille sur ce plan perpendiculaire à la droite MP.
- .L’action exercée par le pôle P sur le Courant fermé élémentaire représenté par la maille du réseau est une force / dirigée suivant MP, ayant pour valeur, d’après ce qui précède (20),
- Cette force est attractive ou répulsive, suivant le sens du courant fermé élémentaire et suivant la nature du pôle d’aimant P. Pour fixer les idées, nous supposerons la force f attractive.
- Supposons que le pôle d’aimant P se déplace par rapport au courant d’une quantité infiniment petite : désignons par r -f- dr la nouvelle longueur de la ligne de jonction.
- Au déplacement élémentaire du pôle P correspond un travail élémentaire dx ayant pour valeur
- dx=—fdr.
- En remplaçant la force/ par sa valeur, on a
- , . dr
- ots= — 2U.I0T—— .
- ri
- La quantité—est la différentielle de la quantité Si l’on pose par conséquent
- le travail élémentaire dr est la variation qu’éprouve la fonction cp lorsque la distance r éprouve une variation infiniment petite.
- La fonction cp a une représentation géométrique fort simple. Si l’on décrit du p'ôle P comme centre
- une sphère ayant pour rayon l’unité de longueur, ^ représente l’aire w interceptée sur cette sphère
- par le cône qui a pour sommet le pôle d’aimant et pour directrice le contour de la maille considérée.
- L’élément superficiel w pris sur la sphère de rayon égal à l’unité est appelé l’angle solide sous lequel on voit du point P la surface 5 ou la maille du réseau.
- La fonction peut s’écrire :
- <p= J Ci).
- Si l’on appelle w -f-dm le nouvel angle sous lequel on voit du pôle, la maille du réseau, lorsque la ligne de jonction a pris la valeur r -J- dr, le travail élémentaire dx relatif à l’action du pôle sur une maille du réseau est alors
- dT=\Lidoa.
- Le travail élémentaire dT effectué pendant le déplacement du pôle, lorsque l’on considère le cou-rant fermé C tout entier, est la somme des travaux élémentaires dT relatifs aux diverses mailles du réseau.
- Si l’on désigne par O l’angle solide sous lequel on voit du pôle P le courant fermé C, par £2 -)- d£i le nouvel angle solide sous lequel on voit le courant dans une position du pôle infiniment voisine de la première, le travail élémentaire dT a pour expression
- dT =c fju t/Ci.
- On a supposé les forces élémentaires f attractives. Lorsque les forces sont répulsives, la force f change de signe ; l’angle solide 12 doit changer de signe.
- (A suivre). J. Moutier.
- RECHERCHES EXPÉRIMENTALES
- SUR LES MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES
- 5° article. ( Voir les nos des 22 avril, 29 juillet, 12 août et 2 septembre.)
- Je vais terminer ici la publication des caractéristiques des différentes machines dynamo-électriques sur lesquelles j’ai pu expérimenter. La courbe n° 25 a été obtenue sur une machine Gramme (type à galvanoplastie). L’anneau de cette machine a i5 centimètres de diamètre, il est recouvert de 3 kilogrammes de fil de 3“m,o de diamètre. J’ai fait enlever les inducteurs de cette machine et je les ai remplacés par d’autres beaucoup plus puissants dont le noyau pesait 18 kilogrammes et était recouvert d’un poids égal de fil. Ces inducteurs n’avaient pas la forme qu’ils ont habituellement et qui a pour conséquence de créer deux pôles conséquents, pour employer l’expression habituelle*
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- JOURNAL UNI VERSÈL D'ÉLECTRICITÉ
- 581
- Ils consistaient en un simple électro-aimant ordinaire à deux branches terminé par des pièces polaires. emboîtant l’anneau. Cette forme ressemblait donc beaucoup à la forme primitive adoptée par le professeur Pacinotti. Les pièces polaires pesaient 9. kil. chacune, de sorte que le poids des
- noyaux et des pièces polaires était de 54 kil. et celui du fil inducteur de 36 kil. Cette transformation avait pour but de faire voir que avec des inducteurs suffisamment puissants on n’avait plus à craindre l’abaissement que la caractéristique éprouve toujours dans les types usuels de machines et
- TABLEAUX ET COURBES CORRESPONDANTES?
- Courbe no 25, 7 janvier 1882.
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE MARCEL DEPREZ
- inducteurs renforcés (Armatures en fonte)
- A LA VITESSE DE 2 8oO TOURS
- I E I E OBSERVATIONS.
- 5 20 55 40,00 Poids de la machine, lui.
- 10 3o 60 .U 0 10 0
- i5 33,6 65 40.40 Résistance induit.... 0,040 — inducteurs 0,175
- 20 25 35,4 36,80 70 75 40 40 40.50 totale .... 0,215
- 3o 37,Go 80 40,50
- 35 38,5o 85 40,60
- 40. 39,20 90 40,70
- 4S 39,5o 9 5 40,75
- 5° . 39,70 100 40,80
- DIAGRAMME DE LA GOURDE N» 25
- Courbe no 26. /3 janvier 1882.
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE MARCEL DEPREZ
- A inducteurs renforcés (Armatures en fer)
- A LA VITESSE DE 2 320 TOURS
- 1 E I E OBSERVATIONS.
- 10 i3,25 140 29,90 Poids de la machine, kil.
- 20 21,25 i5o 3o Résistance induit 0,04
- 3o 24,50 160 3o,25 — inducteurs en
- 40 26,00 17° 30,40 quantité... 0,014
- 5o 27,00 180 3o,5o — totale 0,084
- 60 27,60 190 30,70
- 70 28,00 200 3o,75
- 80 28,13 210 30,90
- 90 28,75 220 3i
- IOO 29 23o 3i,i3
- IIO 29,25 .240 3i ,25
- 120 29,50 25o 3i 3i ;
- i3o 29.70 260 3i,44
- DIAGRAMME DE LA COURBE N° 2Ô
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- 58 s
- LA 'LUMIÈRÈ ÉLECTRIQUE
- Courbe n» 27 i3 janvier 1S82.
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE MARCEL DEPREZ
- A inducteurs RENFORCÉS (Armatures en fer)
- A LA VITESSE DE 2 3s5 TOURS
- I F. I E OBSERVATIONS.
- 10 23,8o 80 34,3o Poids de la machine, kil.
- 20 28,40 go 34,40 Résistance induit 0,040
- 3o 3i 100 34,40 inducteurs en
- 40 32,60 110 34,30 tension... 0,175
- 5o 33,40 120 34,60 —- totale 0,215
- 60 33,8o i3o 34,60
- 70 .34 140 34 60
- DIAGRAMME DE LA COURUE N°
- 2 0
- 1.3
- I O
- 0
- Y
- jii ï o i.'* ;ïu ; ion ijo
- Courbe n» 28.
- 2 7 décembre 188 /.
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE GRAMME, type a A fil fin
- A LA VITESSE DE 970 TOURS
- I E I E OBSERVATIONS.
- 0,2 45 1,2 210 Poids de la machine, kil.
- 0,4 - 85 1,4 235 ohm.
- • 1,6 257,5 Résistance induit 66,5
- 0,6 119 — inducteurs (haut
- 0,8 i5i 1,8 277,5 et bas en qté). 4.6
- 1,0 180 2,0 297,5 — totale H2,5o
- Id. — A LA VITESSE DE 97O TOURS
- Poids de la machine, kil.
- I E 1 E
- Résistance induit..;..., 86
- — inducteurs (en
- 0,2 95 1,0 340 tension).... 184
- 0,4 175 1,2 370 — totale 2b 0
- 0,6 240 1.4 3gi
- 0,8 297,5 1,6 405
- . DIAGRAMME DE LA COURUE N» 28
- qui est mauvais à tous les points de vue comme on le verra quand je parlerai de la mesure des efforts statiques et de leur prix. Le simple examen de la courbe montre que ce but a été complètement atteint.
- La courbe n° 26 a été obtenue avec la même machine dont on avait remplacé les pièces polaires en fonte par d’autres , de forme identique, mais en fer. L’intensité du courant a atteint le chiffre énorme de 260 ampères, sans que la force électro-motrice, grâce au groupement des fils des induc-
- teurs, ait éprouvé la moindre diminution. Le but était donc atteint.
- La courbe n° 27 se rapporte à la même machine dans laquelle on a rétabli le groupement des fils des inducteurs, comme dans la courbe n° 25, mais en conservant les armatures en fer et en tournant à 2 325 tours par minute au lieu de 2 800.
- Enfin les deux courbes qui portent le n° 28 ont été prises sur une petite machine à galvanoplastie dont j’ai fait remplacer les fils par d’autres beaucoup plus fins, de façon à lui permettre de déve-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- lopper une force électro-motrice très supérieure à celLe qu’elle donnait lorsqu’elle était recouverte avec du fil de 3 millimètres.
- Elles sont intéressantes surtout au point de vue historique, car des fautes nombreuses avaient été commises dans Tisolementdes sections de l’anneau et ces machines ont dû être remaniées plusieurs fois avant d’arriver à donner les résultats sur lesquels j’avais le droit de compter. Je ferai connaître- ultérieurement les conséquences que l’on tire de l’examen de toutes ces courbes.
- Marcel Deprez.
- LES AURORES POLAIRES
- cf article. ( Voir les des 21 et 28 octobre, des 4, il, 18 et 25 novembre, et des 2 et g décembre 1882.)
- VIII. — PÉRIODICITÉ DES AURORES POLAIRES
- Dans l’étude de la périodicité des aurores polaires nous considérerons successivement : i° la période diurne, c’est-à-dire la variation de la fréquence moyenne des aurores aux diverses heures de la journée ; 20 la période annuelle, ou variation de la fréquence des aurores suivant les mois et les saisons ; 3° enfin les périodes dites séculaires, dont le cycle peut Comprendre un plus ou moins grand nombre d’années.
- i° Période diurne des aurores polaires.
- Les observations recueillies dans tous les pays ont montré que l’apparition de l’aurore boréale présente d’une manière incontestable une période diurne, c’est-à-dire que les aurores se manifestent en plus grand nombre à certaines heures bien déterminées pour chaque pays. La périodicité se révèle non seulement pour les lueurs en général, mais aussi pour chacune des formes particulières de l’aurore. Ainsi, l’apparition des arcs, des rayons, des plaques, l’heure où les rayons se colorent, atteignent leur maximum d’éclat, ondulent et enfin disparaissent, ne sont pas livrées au hasard.
- A Bossekop, Bravais a trouvé que la première apparition des arcs auroraux avait lieu en moyenne à 7"5o’u du soir, celle des rayons à 8"3om, et celle des plaques à nh20m; l’apparence que nous avons désignée sous le nom de lueurs palpitantes se produisait seulement d’ordinaire vers une heure et demie du matin. Enfin les aurores colorées se manifestaient surtout entre ioh et nh du soir; c’est aussi dans ce même intervalle de temps que les aurores avaient en moyenne leur plus grande intensité.
- L’heure du maximum des aurores n’est du reste
- ♦
- pas la même pour tous les pays; elle semble retarder de plus en plus à mesure qu’on s’élève davantage en latitude. Ainsi l’heure moyenne du maximum des aurores est 8"45m du soir à Prague; 9hi5m à Oxford; 9h3om à Upsal; ioh à Christiania et au Canada; io"3om à Bossekop; minuit au fort Simpson et au lac Athabasca (Amérique anglaise); i"3om du matin à Pointe Barrow (Alaska), et enfin entre 4" et 6h du matin à Godthaab (Groenland).
- En général, cette variation diurne ne présente qu’un seul maximum bien net ; toutefois il y aurait au Spitzberg, d’après les observations de Palander et Wijkander, deux maxima, l’un à ioh3om du soir, l'autre à 4h3om du matin, séparés par un minimum principal à midi et demi, tandis qu’un minimum secondaire se montrerait vers ih3om dm matin. Dans nos pays, la clarté du jour, en empêchant de voir les aurores, amène forcément un minimum pendant la journée, mais on voit d’après ce qui précède que ce minimum persiste même au Spitzberg, où l’on ne peut l’attribuer à la lumière du jour, car le soleil y reste, pendant deux mois,’ constamment au-dessous de l’horizon.
- Nous avons vu dans un chapitre précédent que le maximum de fréquence absolue de l’aurore pour les différents points du globe s’observe tout le long d’une zone ovale qui a pour centre un point situé dans l’hémisphère nord, entre le pôle géographique et le pôle magnétique. M. Sophus Tromholt (’)à cru pouvoir expliquer les variations diurnes signalées plus haut par un déplacement ou oscillation de cette zone aurorale, oscillation qui s’effectuerait dans le cours d’une journée. Le soir, vers 8 heures, la zone aurorale occuperait sa position la plus méridionale, puis elle remonterait peu à peu vers le nord, pour descendre ensuite de nouveau, et se retrouver à sa position extrême vers le sud le lendemain à 8 heures du soir. L’heure du maximum pour les contrées les plus méridionales, comme l’Europe australe, serait donc celle où" la zone aurorale serait le plus au sud, c’est à-dire entre 8'1 et 911 du soir, 'tandis qu’au même moment ce serait l’heure du minimum pour les régions situées au nord de la zone, comme Godthaab au Groenland.
- Cette explication, inspirée évidemment de celle que Weyprecht a proposée pour la période annuelle, et dont nous parlerons plus loin, soulève deux objections : dans tous les pays qui se trouvent sur le parcours de la zone aurorale, c’est-à-dire probablement en Islande, au Cap Nord, dans la Nouvelle-Zemble, au Groenland, il devrait y avoir chaque jour deux maxima, aux deux époques où cette zone passe au zénith, soit dans sou mouvement vers le nord, soit dans son mouvement vers le sud; or jusqu’à ce jour l’existence de deux
- (i)Sur les périodes de l’aurore boréale, par Sophus Tromholt. Copenhague 1882.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- maxima diurnes n’a été observée qu’en un seul point, par l’expédition suédoise au Spitzberg en 1872-1873. L’autre objection est que, si la zone aurorale effectuait chaque jour un mouvement d’oscillation d’ensemble, l’heure du maximum devrait, pour tous les pays situés du même côté et à la même distance de cette zone, correspondre à peu près au même temps absolu, tandis qu’elle semble correspondre beaucoup plutôt au temps local. C’est ainsi que le maximum se présente à 10 heures du soir, temps local, aussi bien en Norvège qu’au Canada, c’est-à-dire à des époques qui diffèrent en réalité de près de six heures.
- S’il y avait oscillation diurne de la zone aurorale, ce devrait donc être une oscillation assez complexe, et qui se propagerait d’un point de la zone à l’autre, au lieu d’être un mouvement d’ensemble.
- 2° Période annuelle des aurores polaires.
- La recherche de la période annuelle des aurores polaires présente un difficulté spéciale en raison de la grande variabilité de longueur des jours dans les latitudes moyennes et surtout dans les latitudes élevées, c’est-à-dire précisément dans les régions où les aurores sont le plus fréquentes. Il est clair en effet que, toutes choses égales, d’ailleurs, la fréquence apparente des aurores doit être d’autant plus grande que la nuit est plus longue par rapport au jour, et inversement. Toutefois cette difficulté est moindre qu’on ne pourrait le craindre au premier abord, parce que la durée des aurores est en général assez grande, ce qui permet souvent d’apercevoir pendant la nuit la fin des aurores qui auraient commencé pendant le jour, et surtout parce que le maximum de fréquence diurne des aurores tombe précisément au milieu de la nuit.
- C’est Mairan qui a découvert le premier la loi de périodicité annuelle des aurores boréales : il remarqua que les aurores sont particulièrement fréquentes en France vers les mois d’avril et octobre, c’est-à-dire un peu après les équinoxes; elles sont le plus rares, au contraire, en janvier et surtout en' juin; la période annuelle présenterait donc en France deux maxima et deux minima.
- Le minimum de l’hiver, par opposition aux deux maxima d’avril et d’octobre, se produit précisément en sens inverse de l’influence perturbatrice de l’inégalité des nuits. On doit donc le considérer comme un phénomène bien réel, qui tient à la nature même de l’aurore. On ne saurait non plus l’attribuer à une cause météorologique telle qu’une plus grande nébulosité, car nous allons voir que cette périodicité est une loi générale et-, dans bien des pays, la sérénité du ciel n’est pas moindre en décembre qu’en mars ou en septembre.
- Les résultats de Mairan ont été confirmés par toutes les observations faites dans les latitudes moyennes. Dans les environs de Paris, par exem-
- ple, sur cent aurores boréales, on en observe environ dans chaque mois les nombres suivants :
- Septembre . . 14
- Octobre. ... 18
- Novembre . . 8
- Décembre . . 6
- Février. Mars . . Avril . .
- Juin.......... 2
- Juillet. . . , . 5
- Août.......... 8
- En Suède, les proportions sont les suivantes :
- Janvier. ... 11
- Février. ... 12
- Mars......... 13
- Avril.......... 7
- Mai....... 1
- Juin.........o,5
- Juillet. . . . o,5 Août. . . . . 5
- Septembre. . i3 Octobre ... i5 Novembre . . 11
- Décembre . . 11
- Les différences que présentent ces deux séries peuvent être attribuées en grande partie à ce que les nuits sont beaucoup plus courtes en Suède qu’en France pendant l’été, et beaucoup plus longues pendant l’hiver; on voit en effet proportionnellement beaucoup plus d’aurores en Suède qu’en France dans cette dernière saison, et beaucoup moins en été. Quoi qu’il en soit, ces deux séries s’accordent parfaitement pour mettre en évidence les deux maxima des équinoxes.
- Cette loi de périodicité annuelle semble se modifier quand on s’élève en latitude. Le maximum de l’automne retarde alors de plus en plus, tandis que celui du printemps avance; ils se rapprochent donc, tous deux ensemble du solstice d’hiver. Ce fait, signalé d’abord par Lovering, a été vérifié depuis par de nombreux observateurs. Il arrive même, pour une latitude suffisamment haute, que les deux maxima finissent par se rejoindre en un seul, qui tombe vers le solstice d’hiver ; c’est ce qui résulte, par exemple, des observations de Palander au Spitzberg et de Weyprecht à la Terre François-Joseph. Ce maximum unique d’hiver a été constaté d’une manière plus frappante encore dans la discussion que M. Sophus Tromholt vient de faire des observations d’aurores effectuées pendant seize ans à Godthaab (Groenland) par M. Kleinschmidt ; la proportion d’aurores pour chaque mois dans ce pays est, en effet, la suivante :
- Janvier. . . 17
- Février. ... 14
- Mars.........1 10
- Avril........ 3
- Mai............. p
- Juin............ o
- Juillet ..... o Août............ o
- Septembre . . '8
- Octobre ... 14
- Novembre . r 16 Décembre . . 18
- Weyprecht a proposé d’expliquer toutes ces variations par une oscillation périodique de la zone du maximum de fréquence des aurores. Cette zone descendrait et remonterait régulièrement deux fois par an, de manière à occuper sa position la plus méridionale aux équinoxes, et sa position la plus septentrionale aux solstices. Il est clair que cette double oscillation explique parfaitement les deux maxima et les deux minima annuels des latitudes moyennes, ainsi que le maximum d’hiver des latitudes élevées. Il devrait y avoir, dans ces dernières régions, un autre maximum au solstice d’été ; mais
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- FIG. 25. — AURORE BOREALE OBSERVEE A BOSSEKOp, LE 6 JANVIER l83o, A 6-H. 4 M. DU SOIR, DANS LE SUD
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- FIG. 27. — AURORE BORÉALE OBSERVEE A NOULATO (ALASKA), PAR M. WHYMPER, LE 27
- DÉCEMBRE l868
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- l’absence complète de nuit vers cette époque empêche de vérifier cette autre conséquence de l’hypothèse de Weyprecht. Cette hypothèse semble donc bien d’accord avec tous les faits connus jusqu’à ce jour. • ,
- Nous avons dit plus haut que M. Sophus Trom-hoït avait essayé d’étendre àla période diurne l’hypothèse formulée par Weyprecht pour la période annuelle, et que cette extension donnait lieu à quelques objections; on voit aisément, qu’aucune de ces objections n’est applicable à la théorie de la période annuelle.
- 3“ Périodes séculaires des aurores polaires.
- La recherche des périodes de l’aurore polaire qui embrassent plusieurs années est très difficile par, suite du manque d’observations régulières s’étendant sur un espace de temps assez long. On est forcé de recourir aux récits des historiens ; or ces récits ne font que rarement allusion à l’aurore boréale, et quand ils le font, c’est parfois en ter-
- mes tels qu’il est impossible de reconnaître quel phénomène ils décrivent, si c’est une aurore po-
- : laire, un bolide ou une comète. Malgré ces diffi-: cultés, on est arrivé à découvrir dans les apparitions de l’aurore boréale de longues périodes d’aütant plus intéressantes qu’elles paraissent bien voisines de celles que l’on a reconnues dans d’autres phénomènes, comme le magnétisme ter-, restre et les taches du soleil.
- L’idée d’une certaine périodicité dans les apparitions de l’aürore boréale se retrouve déjà dans Mairan. Bien qu’il n’ait pas fixé la durée de la période, il cite toutes les reprises de l’aurore boréale, c’est-à-dire les maxima de fréquence, dont il
- a pu retrouver la trace jusque dans l’antiquité, en consultant les historiens et- les chroniqueurs. Il va
- ; même plus loin, et se demande formellement si on ne pourrait pas établir quelque analogie entre la fréquence, les cessations et les retours des taches du soleil et les apparitions de l’aurore boréale (').
- Ce qui paraît favoriser cette idée, ajoute t-il, « c’est que depuis cinq à six ans que les aurores : « boréales sont devenues si fréquentes, les taches « du soleil l’ont été aussi beaucoup. On sçait « encore qu’au commencement du dernier siècle, « après l’invention des lunettes, ' on ne voyait « presque jamais le soleil sans taches ; et il y en « avait quelquefois des amas si considérables que « le P. Scheiner dit y en avoir compté une fois « jusqu’à cinquante. Elles devinrent ensuite plus « r^res, de sorte que .depuis le milieu du siècle « jusqu’à 1670, c’est-à-dire dans l’espace d’une « vingtaine d’années, on n’en put trouver qu’une a où deux et qui parurent même fort peu de temps.
- (i) Mairan. Traité de l’aurore boréale (i« édition) 1733, p. 25*0.
- 0: Or, comme nous l’avons vu, il y eut un grand « nombre d’aurores boréales au commencement de « ce siècle, et jusques au-delà de 1621 ; après quoi « l’on n’en entend plus parler jusqu’en 1686. »
- Depuis Mairan, bien des auteurs s’occupèrent de la question et proposèrent d’expliquer les retours de l’aurore par des périodes diverses. Hansteen en fixait la durée à 95 ans en moyenne, tandis que Denison-Olmsted admettait une période de65.ans divisée en deux parties, l’une de 25 ans, pendant laquelle les aurores seraient nombreuses et intenses, l’autre de 40 ans pendant laquelle la cause qui produit les aurores serait au contraire en repos. Il ne semble pas que l’on soit arrivé à des résultats, très satisfaisants, jusqu’au moment où l’on en est revenu à l’idée de Mairan, de chercher une relation entre les taches du soleil et les aurores boréales. Comme cette hypothèse compte aujourd’hui un grand nombre de partisans et qu’elle paraît s’accorder avec les faits mieux que toute autre, nous y insisterons avec quelque détail.
- On sait que la périodicité des taches solaires, soupçonnée par Fabricius dès 1610, a été réellement établie en 1826 par Schwabe, dont les travaux ont été précisés et étendus par. un grand nombre d’observateurs, parmi lesquels il convient de citer MM. Warren de la Rue, Carrington, Secchi, Spœrer et surtout M. Rudolf -Wolf, de Zurich. D’après les travaux de ce dernier, les taches solaires offriraient une période d’un peu plus de onze ans (11 ans 1/9), composée de deux parties inégales : il s’écoulerait en moyenne six ans entre un maximum et le minimum qui le suit, et cinq ans seulement, entre ce dernier et le second maximum ; la période de croissance serait ainsi plus courte que la période de décroissance.
- Ces résultats relatifs aux taches solaires §ont parfaitement certains aujourd’hui : les périodes sont quelquefois un peu inégales, tantôt plus longues, tantôt plus courtes, mais elles ne manquent jamais de se manifester, et il y a toujours une différence énorme entre le nombre des taches qui correspond à une année de maximum, et celui d’une année de., minimum. D’après M. R. Wolf, les maxima et les minima des taches solaires seraient tombés, depuis le commencement du xvn°- siècle, aux époques suivantes :
- TACHES SOLAIRES. — ANNÉES DE :
- Maximum. Minimum. Maximum. Minimum.
- 161S-16 l6ll 1761-62 1755
- 1626 1619 • ma 1766-67
- 1639-40 1634 1778 1775-76
- 1649 1645 1788 1785
- 1660 i655 1804 1798
- 1675 1666 1816 l8ll
- i685 1679-80 i83o 1823
- 1693 1689-90 18.37 1834
- 17o5-o6 1698 1848 I84.3-44
- 1718 1712 1860 i856
- 1727-28. 1723-24 1871 1867
- 1739 1734 ' » .1879
- 1750 1745
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- En i85à, Sabine, Wolf et Gauthier annoncèrent à peu près simultanément que les variations de la déclinaison magnétique étaient également soumises à une période régulière, et que cette période coïncidait exactement avec celles des taches solaires. Cette coïncidence, qui est bien établie maintenant, devint le point de départ d’une série de recherches analogues, et bientôt on voulut trouver des relations entre les taches solaires et tous les éléments météorologiques. S’il y eut là un abus réel, contre lequel il faut se défendre, et qui ne conduisit le plus souvent qu’à des relations illusoires, on trouva cependant dans cette voie quelques résultats intéressants, parmi lesquels il semble que l’on puisse ranger ceux qui concernent les aurores polaires. Indiquées par Brown, Wolf, Secchi et Hansteen, les relations des aurores boréales et des taches solaires furent surtout étudiées et établies par MM. H. Fritz, Loomis et Lovering, et M. H. Fritz semble avoir le premier posé comme une loi que le nombre et l’importance des aurores boréales suivent exactement les mêmes variations que les taches solaires, de manière que les époques de maxima et de minima coïncident pour les deux ordres de phénomènes.
- Parmi les époques de maxima d’aurores boréales, on peut citer surtout les années iôi5, 1686-87, 1707, 1728, qui sont indiquées par Mairan, et correspondent assez exactement à des maxima de taches solaires, comme on peut le voir d’après le tableau rapporté précédemment. Dans notre siècle, la même coïncidence se manifeste principalement pour les années 1804, 1818, i83o, 1848, et enfin pour les hivers de 1859-60 et de 1870-71, dont nous avons signalé à plusieurs' reprises les aurores exceptionnellement étendues (’).
- Toutefois, si l’accord paraît, en général, assez satisfaisant, il ne faut pas se dissimuler qu’il y a dans le détail de grandes divergences. La courbe de fréquence des aurores est beaucoup moins régulière et beaucoup moins nette que celle des taches solaires ; souvent elle manque de continuité ; il s’y produit des maxima intercalaires de grande importance; enfin les époques des maxima et des minima avancent ou retardent d’une manière irrégulière sur les époques correspondantes de la période des taches solaires. Ces différences peuvent tenir en partie à ce que les aurores boréalés sont probablement notées d’une manière très défectueuse ; mais il nous semble qu’on pourrait invoquer encore d’autres raisons.
- Nous avons dit plus haut que le maximum et le minimum des périodes de l’aurore correspondent
- (>) Au moment où nous écrivons, il semble qu’il se produise une nouvelle vérification de cette loi. Les taches du soleil sont, en effet, très nombreuses et très grandes depuis quelque temps, ce qui correspond bien au maximum qui doit
- aux phases de même ordre'de la période des taches solaires. D’après les recherches de M. Sophus Tromholt, cette correspondance serait exactement renversée pour les régions polaires, comme le Groenland; le maximum des aurores boréales s’y produirait pendant lé minimum des taches du soleil, et inversement. M. Trû.mholt explique cette opposition des régions polaires et moyennes, comme il l’a déjà fait pour la période diurne, en supposant que la zone aurorale exécute un mouvement d’oscillation du nord au sud et inversement, pendant la période des taches solaires, c’est-à-dire en un peu plus de onze ans. Quoi qu’il en soit, cette opposition des régions polaires et moyennes peut certainement être invoquée comme une des causes qui tendent à troubler le parallélisme des périodes des aurores et des taches du soleil. En effet, si le maximum des taches solaires doit correspondre au maximum des aurores pour une région et au minimum pour l’autre, il est clair qu’il y a entre les deux une zone intermédiaire pour laquelle la loi de périodicité est toute différente et même semble peut-être ne plus exister. Or cette zone est précisément. celle où les aurores sont les plus fréquentes; si donc on traite ensemble et sans les distinguer, les aurores de toutes ces régions, ou seulement de deux d’entre elles, on comprend aisément que la loi de périodicité ne ressorte plus d’une manière bien nette.
- Une autre cause perturbatrice, et sur laquelle nous avons déjà insisté plusieurs fois, c:est que l’on a confondu probablement sous le nom d’aurores boréales des phénomènes qui nous semblent distincts aussi bien par leur mode de production que par leur forme et leur étendue. Si l’un de ces phénomènes était purement d’origine terrestre, tandis que l’autre serait lié aux taches du soleil, il ne serait plus étonnant que cette dernière relation fût masquée en partie par le mélange des deux ordres d’aurores. Nous proposerions donc volontiers de compter à part dorénavant les aurores qui se montrent dans une grande étendue de pays et qui sont accompagnées de perturbations magnétiques et de courants terrestres, et celles qui, au contraire, ont plutôt un caractère local et ne coïncident avec aucun mouvement anomal de l’aiguille aimantée. Il nous paraît probable que la première de ces deux classes d’aurores, considérée seule, montrerait avec la période des taches solaires un accord beaucoup plus parfait que ce que l’on a obtenu jusqu’ici.
- Enfin, une autre cause de trouble dans la régularité des périodes de l’aurore serait l’existence si-
- se produire vers 1882-ou i883; eu même temps, on constate dans nos pays uue recrudescence très marquée dans le nombre des aurores boréales et des perturbations magnétiques.
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- multanée de plusieurs périodes de durée différente; c’est précisément ce que l’observation paraît indiquer. M. R. Wolff a reconnu en effet, dans les taches du soleil, en dehors de la période de onze ans environ, une autre période de cinquante-cinq ans et demi, comprenant ainsi cinq des premières périodes. La superposition de ces deux périodes a pour résultat de renforcer et d’affaiblir alternativement certains maxima et minima de la période un-décennale. C’est ainsi que les maxima des taches solaires ont été particulièrement accentués en 1778 et 1788 et en 1837 et 1848, tandis que les maxima intermédiaires et surtout celui de 1816 snt été relativement très faibles.
- Une période tout à fait analogue se manifeste assez nettement pour les aurores polaires. Les maxima les plus importants que l’on ait constatés en Europe sont ceux de 1735, de 1788 et de 1848, qui satisfont précisément à la période considérée, et dont les deux derniers, en particulier, coïncident exactement avec deux des grands maxima des taches. Enfin, comme pour les taches, le maximum des aurores de 1817 a été très faible et à peine apparent.
- On voit donc que, malgré quelques divergences, il existe une relation bien nette entre les aurores polaires et les taches du soleil, de même qu’une relation analogue existe entre ces taches et le magnétisme de la terre. Il y a même tout lieu de croire, comme nous l’avons dit plus haut, qu’en ce qui concerne les aurores et les taches, cette relation s’affirmera d’une manière plus nette encore quand on aura mieux séparé les différentes sortes d’aurores, et qu’on réunira seulement dans les discussions des régions bien limitées où la période des aurores se présente avec les mêmes caractères.
- (A suivre.) Alfred Angot.
- La machine ferranti
- Les journaux anglais de la semaine dernière, le Télégraphie Journal, YÈngineering, YElectrician nous ont apporté des détails et des dessins sur la machine Ferranti dont on a tant parlé depuis quelque temps en Angleterre.
- Comme aspect général la machine Ferranti ressemble tellement à la machine Siemens et à la plupart des alternatives qu'il ne nous paraît pas utile 'd’en donner la vue perspective. C’est toujours une armature induite tournant entre deux rangées circulaires d’électro-aimants à pôles alternativement nord et sud et ces électros, au nombre de 16 de chaque côté, ne diffèrent des inducteurs de la plupart des machines alternatives qu’en ce qu’ils ont
- une section ovoïde ainsi qu’on le voit en NS, NS, fîg. 1. L’armature est la partie caractéristique de la machine : Au lieu d’être formée d’une série de bobines, elle est composée d’un long ruban de cuivre (de 36 mètres de long sur 12,5 millimètres de largeur ,et 2m/m d’épaisseur) enroulé suivant une courbe sinueuse LLL de manière à former 12 cou-
- FIG. I
- ches successives, isolées les unes des autres par des bandes de caoutchouc. Les extrémités du ruban se rendent à deux colliers métalliques sur lesquels appuient des frotteurs. Si l’on considère dans cette armature deux parties radiales voisines, on voit que quand l’une d’elles s’approche, par exemple, d’un pôle nord, la voisine s’approche
- d’un pôle sud, les courants développés sont donc de sens contraire, c’est-à-dire du sens voulu pour qu’en raison de la forme donnée aux bandes tous les courants développés en un moment donné s’ajoutent ensemble. Le principe du développement des courants dans les parties radiales est donc le même que dans la machine Siemens, comme on peut s’en rendre compte en se reportant à la fig. 2, qui donne le schéma de l’enroule-
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- ment de cette dernière ; la différence entre les deux appareils consiste simplement en ce que dans la machine Siemens les parties courbes des fils qui réunissent les portions radiales forment des bobines distinctes, tandis que dans la machine Ferranti les
- W W
- \\\
- \\\
- ///
- ///
- parties courbes qui réunissent les portions radiales des lames sont disposées de façon à faire de l'ensemble un grand zigzag circulaire.
- Cet enroulement est analogue à des dispositions indiqués par sir William Thomson dans un brevet
- FIG. 4
- du 26 décembre 1881, et c’est pourquoi le nom du savant professeur a été adjoint à celui de M. Ferranti. L’une de ces dispositions se comprendra aisément par l’inspection de la figure 3 où WW représente le ruban induit, et MM des cales en fer qui le maintiennent sur un anneau de fer K. Dans
- l’autre arrangement (fig. 4), le ruban est appliqué sur le pourtour d’une roue de bois à dents profondes. Il pénètre dans les dents et y est fixé par des goupilles DD dépassant de chaque côté de la roue et retenues par un cercle en fil d’acier EE.
- La machine Ferranti est haute de 62 centimètres, sa base a 60 centimètres sur 55 ; son poids total est de 587 kilog.
- Les électro-aimants inducteurs sont longs de i5 centimètres environ, leur fil de 3m/m,5 de diamètre forme 4 couches. La résistance totale des 3a inducteurs reliés en série, est de 2 ohms 5; le diamètre vertical des noyaux est de 11 centimètres environ; leur plus grand diamètre horizontal de 8 centimètres. Ils sont excités par une petite machine Siemens fournissant un courant de 21,5 ampères, La résistance de l’armature est de 0,0265 ohms.
- Dans des expériences publiques faites dernièrement à Londres, la machine Ferranti a fourni le courant à 3oo lampes Swan de 20 candies arrangées en 100 circuits dérivés comprenant chacun trois lampes en série. On dépensait, dit-on, à la machine 26 chevaux. Ce dernier chiffre conduirait à admettre que la machine alimentait 12 lampes de 20 carcels par cheval indiqué. Mais il est évidemment exagéré, même en admettant que les lampes n’aient donné que 16 candies. A cette intensité, en effet, on dépense dans la lampe 7 kilogrammètres, ce qui ferait pour les 3oo lampes une dépense totale de 28 chevaux, rien que dans le circuit extérieur de la machine. Il faut donc admettre que le chiffre de 26 chevaux est trop faible ou que les lampes n’ont été portées qu’à une intensité bien inférieure à 16 candies.
- On fait valoir en faveur de la machine Ferranti son prix peu élevé et la disposition spéciale de son armature ; la légèreté de cette dernière et la grande vitesse à laquelle elle tourne; enfin, la grande intensité'du champ magétique.
- Pour ce qui est du prix de la machine, nous ne voyons pas en quoi elle est bien meilleur marché à construire qu’une machine alternative de Siemens. L’armature est peut-être, grâce à des artifices particuliers de construction, un peu plus simple que celle de l’alternative Siemens, mais en revanche la fome spéciale des inducteurs’de la machine Ferranti les rend un peu plus difficiles à construire. D’ailleurs à l’heure qu’il est le prix auquel sont vendues les machines électriques est basé plutôt sur la fantaisie du constructeur que sur leur prix de revient réel, et si ce dernier était pris dans tous les cas pour point de départ de l’établiseement du prix de vente, il n’y aurait sans doute pas grande différence entre le prix de deux machines Siemens et Ferranti.
- Il y aurait cependant toujours à l’avantage de la machine Ferranti ce fait que pour un poids peu élevé,
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- elle fournit une grande somme de travail disponible; mais il ne faudrait pas croire que cela tient à la disposition spéciale de son armature, à la forme en zig-zag des lames qui la composent. Cela est dû uniquement au contraire à sa légèreté qui permet de la faire tourner à une très grande vitesse. Que l’on construise une machine Siemens dont les bobines disposées sur un seul rang et tournant par conséquent dans un champ magnétique semblable à celui de la machine Ferranti, ne pèsent pas plus que les lames de l’armature de cette dernière, on pourra en obtenir le même travail.
- Le nouvel enroulement ne sera pas d’ailleurs un avantage au point de vue des dérangements en marche, car s’il se produit une communication en un point quelconque des lames, toute l’armature se trouvera mise hors de service, tandis qu’avec la machine Siemens et les machines analogues, s’il arrive pendant la marche un accident à une des bobines induites, on peut aisément, par un simple changement dans l’attache des fils, éliminer cette bobine du circuit et mettre de nouveau la machine en état de fonctionner.
- Le seul point intéressant de la machine Ferranti est donc sa grande vitesse de rotation; quant aux résultats qu’elle donne, il faut attendre de nouveaux détails puisque le chiffre de 12 lampes par cheval est évidemment exagéré et puisque d’un autre côté, avec une machine alternative, le chiffre de i56 ampères donné comme représentant l’intensité du courant produit n’a pas une signification définie.
- Aug. Guerout.
- ÉTUDES SUR LES ÉLÉMENTS
- DE LA THÉORIE ÉLECTRIQUE Deuxième article. (Voir le numéro du 8 avril 1882.)
- Dans un premier article, on a montré qu’il suffisait, pour établir la loi des actions électrostati-
- ques f — relative aux distances, comme l’avait fait Coulomb à l’aide de sa balance, de trois notions expérimentales : i° l’électrisation par le frottement; 20 la constatation des actions attractives à distance sur des corps légers et répulsives après contact; 3° la distinction entre les corps isolants et les conducteurs, tels que les métaux, le corps 'humain et le sol, qui repose nécessairement sur la conduction parfaite de l’électricité sur ces derniers.
- Comment peut-on aller plus loin et préciser la signification du coefficient K? Peut-on le mettre avec une probabilité approchant plus ou moins de la certitude sous la forme K = A mm', m et m' re-
- I présentant, dans ce qu’on appelle l’électricité, quelque chose d’analogue à des masses matérielles définies comme on le fait dans la mécanique ordinaire ?
- La question est capitale, car ce n’est ni plus ni moins que celle de la nature même de ce qu’on nomme électricité. Mais la poser dès l’abord, en n’ayant pour bases que les trois faits rappelés plus haut et la loi des distances, semble certainement prématuré.
- Pourtant, il était fort naturel, dès que cette dernière loi fut découverte, de chercher immédiatement des raisons au moins plausibles de compléter la loi et de l’assimiler complètement à celle de la gravitation universelle.
- C’est ce que fit Coulomb de la manière la plus simple.
- A cet effet, il s’appuya sur la conduction parfaite des métaux en y ajoutant une idée, dont l’application judicieuse n’est contestée dans aucune science, l’idée de continuité et surtout de symétrie. En prenant un corps métallique parfaitement symétrique comme une sphère et l’électrisant, puis en le mettant en contact avec une autre sphère identique, il lui parut évident que l’électrisation se répartirait également sur les deux corps, et qu’en les séparant ensuite l’électricité (sans préciser davantage) serait réduite à moitié sur la première sphère. En répétant ce procédé après avoir déchargé la seconde, et en continuant de la sorte, on réalisait l’électrisation d’un même corps en progression géométrique. Et Coulomb put penser qu’il avait ainsi défini et réalisé en même temps des charges électriques multiples ou sous-multiples les unes des autres. '
- On objecte, il est vrai, à cette manière d’opérer qu’au fond cela suppose l’assimilation préconçue de l’électricité à une sorte de fluide analogue aux fluides ordinaires, et qui s'écoule et se partage entre les corps en contact.
- Cela n’est pas douteux, mais enfin Coulomb, en montrant, par les méthodes de la balance et des oscillations, que les charges ainsi définies et réali- , sées exerçaient des effets extérieurs qui leur étaient proportionnels, donna à l’assimilation des forces électriques aux forces de gravitation un degré de probabilité considérable. Et, d’ailleurs, il s’empressa de confirmer encore la légitimité de sa définition a priori des charges ou masses, en montrant que le partage égal de l’électricité s’opérait non seulement entre des conducteurs identiques et symétriques, quel que soit leur point de contact, mais encore entre des conducteurs dissymétriques par eux-mêmes, mais formant un système symétrique par rapport au point de contact : il étendit même cette observation jusqu’à des corps médiocrement conducteurs en les laissant en contact pendant un temps suffisant.
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- On peut envisager la question d’une façon inverse.
- Premièrement, on constate que des conducteurs différents,. chargés de la même manière avec la même source, produisent des effets extérieurs différents. En second lieu, on définit charges ou masses égales celles qui produisent le même effet extérieur, et charge double, triple, etc., d’une autre celle qui produit un effet extérieur double, triple, etc., dans la balance de Coulomb, par exemple. .
- En ce cas, la proportionnalité des actions électriques aux charges est une simple définition. Cette manière d’agir est certainement fort prudente, mais elle n’est certainement pas satisfaisante. Il est à remarquer d’ailleurs que lorsqu’on veut (comme il le faut bien) arriver à réaliser cette conception, sans s’appuyer sur d’autres faits que les trois rappelés plus haut, il faut avoir recours au procédé de Coulomb, qui donne des charges satisfaisant à cette définition. Mais il faut observer de plus que l’on ne lève pas ainsi l’objection faite tout à l’heure : car pourquoi de ce que deux angles de torsion du fil d’une balance sont entre eux, par exemple, comme les nombres 2 et 1, a-t-on le droit de conclure que les causes de ces déviations sont nécessairement représentées en quantité par les mêmes nombres? On conçoit fort bien qu’elles pourraient l’être par d’autres. Et si l’on admet que cette proportionnalité existe, n’est-ce pas précisément parce qu’on assimile implicitement ces causes à celle qui produit la gravitation et pour laquelle cette proportionnalité est déjà reconnue? Par conséquent, cette manière de raisonner n’a aucun avantage sur celle de Coulomb, et présente l’inconvénient de ne pas fournir par elle-même de procédé simple pour réaliser des charges dans un rapport défini.
- Admettons donc la conception de Coulomb.
- Malheureusement l’idée qu’011 en peut déduire de la masse électrostatique est encore bien incomplète ; car elle nous conduit seulement à concevoir et à réaliser la division et par suite, la multiplication des masses. Mais la nature d’une quantité n’est pas déterminée seulement par la loi de sa multiplication et de sa division : il faut connaître encore celle de son addition et de sa soustraction.
- Pour la trouver en ce qui concerne les masses électrostatiques, on est forcé d’augmenter le nombre des faits d’expérience qui doivent servir de base à la théorie rationnelle de l’électricité.
- Mais dès les premiers essais qu’on veut faire dans ce but, la question se complique immédiatement, car on est obligé de prendre comme quatrième principe expérimental, celui de l’existence de ce qu’on -appelle les deux électricités. Lés premières et les plus simples expériences sur les pendules électriques conduisent forcément à compliquer
- la notion de masse en ce sens qu’elle ne peut pas être représentée comme une simple quantité numérique, il faut y joindre un signe ou —, comme on le fait aux quantités algébriques : complication considérable et d’autant plus gênante qu’elle se présente au début des recherchés expérimentales.
- Pour lever cette difficulté nouvelle, ou plutôt pour trouver un moyen de réaliser l’addition algébrique des charges électriques en tenant compte de la distinction de ce que l’on nomme les deux élec-triticités, on est conduit à recourir à un cinquième principe expérimental, celui de Y induction.
- L’induction électrostatique est plutôt un groupe de faits qu’un principe. Ces faits ont d’abord été étudiés sous des formes peu favorables au genre d’investigations que nous avons en vue : mais Faraday en a imaginé une très simple, et très remarquable. Tout le monde connaît ses belles expériences d’induction à l’intérieur de vases métalliques fermés, et qui méritaient bien de devenir vraiment classiques.
- Elles conduisent immédiatement aux trois conclusions principales suivantes :
- i° Un corps quelconque électrisé peut communiquer sa charge à un vase métallique fermé dans lequel il est plongé; plusieurs corps électrisés,peuvent lui communiquer la somme algébrique de leurs charges.
- 20 Un corps neutre plongé dans un vase métallique fermé électrisé y reste et en sort à.l’état neutre, quand même il aurait été mis en contact avec la paroi intérieure.
- 3° Deux corps chargés de masses égales et contraires d’électricité (comme deux corps identiques frottés l’un contre l’autre) introduits à l’intérieur d’une surface métallique fermée n’exercent aucune action appréciable sur les corps extérieurs.
- On en déduit immédiatement la possibilité d’ajouter algébriquement des charges électriques, et une méthode pour réaliser pratiquement cette addition, si bien appliquée dans les appareils dits multiplicateurs d’induction, tels que la machine de M. Yarley et le replenisher de M. W. Thomson. De plus on voit que l’ensemble de deux charges égales et contraires produisant des effets nuis peut être traité comme un zéro au point de vue mathématique, ce qui présente une grande importance au point de vue de l’application du calcul à l’étude de l’électricité.
- Cela étant, une charge électrostatique se trouve définie avec quelque vraisemblance comme une quantité physique douée d'un signe, susceptible d’être évaluée en fonction d’une charge-unité ou étalon, et d’être réalisée en progression arithmétique ou géométrique. On peut alors songer à lui appliquer le calcul et l’on sait les beaux travaux qui ont été exécutés avec ces points de départ par Poisson et ceux qui l’ont suivi dans cette voie. Mais ces
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- travaux où l’on admet les actions à distance, où l’on ne tient pas compte du milieu interposé, n’ont guère avancé la question dont nous nous occupons, et éclairci la notion de la masse électrostatique. L’observation attentive des faits, aidée quand c’est nécessaire, du calcul, permet plus aisément d’aller plus loin.
- Les faits indiqués plus haut et les conclusions qu’on en peut déduire conduisent naturellement à assimiler une charge électrique à une masse d’un fluide tel qu’un gaz. Pour pousser l’assimilation aussi loin que possible, il faut examiner si l’on retrouve dans les charges électrostatiques des propriétés analogues aux propriétés statiques des gaz. Or, il n’est pas douteux qu’on en trouve. Ainsi, la pression, la force élastique des gaz est réprésentée par le potentiel électrostatique; la répartition de masses de gaz de pressions différentes mises en communication à distance par des tubes étroits se fait de la même manière que celle de charges électriques de potentiels différents reliées à distance par des fils métalliques fins : la constance du potentiel en tous les points d’un conducteur de forme quelconque est identique à la constance de la pression d’un gaz en tous les points de la paroi du vase qui le renferme; l’un et l’autre peuvent être mesurés par des procédés analogues à l’aide d’électromètres d’un côté, de manomètres convenables de l’autre, en transportant jusqu’à l’instrument de mesure, à l’aide d’un fil fin ou d’un tube étroit, le potentiel ou la pression à mesurer. D’ailleurs on sait que les charges électrostatiques exercent de véritables pressions qui peuvent devenir dans certains cas considérables et qu’on peut mettre en évidence : si bien que C. Maxwell en est arrivé au point d’expliquer les phénomènes qui se passent dans les diélectriques en admettant une élasticité électrique analogue à l’élasticité mécanique ordinaire et dont le coefficient, caractéristique du milieu, est proportionnel à l’inverse du pouvoir inducteur spécifique de ce milieu, quantité parfaitement mesurable.
- D’autres faits anciennement connus ou récemment découverts confirment certainement cette manière de voir; citons seulement parmi ces derniers les énergiques effets mécaniques découverts dans les condensateurs électrostatiques par MM. Govi et Duter, et les effets produits par la pression dans les cristaux, observés et mesurés par MM. Curie.
- L’idée d’un fluide électrique admise on ne peut plus songer à un fluide spécial; l’idée des deux fluides électriques spéciaux et même celle du fluide unique de Francklin, sont aujourd’hui certainement abandonnées, et le jour où l’on pourra faire disparaître cette conception de l’enseignement élémentaire de l’électricité, on aura réalisé un grand progrès. Mais on peut songer à un fluide résultant d’un degré considérable de raréfaction de la ma-
- ière ordinaire, ou plutôt à celui qu’on admet aujourd’hui comme l’agent des radiations lumineuses et calorifiques, l’éther.
- Il résulte nécessairement de l’étude approfondie des phénomènes lumineux et principalement de ceux qui sont relatifs à la dispersion et de la double réfraction, que l’éther est certainement condensé à l’intérieur des corps transparents autour des atomes matériels. Si ces atomes sont, comme on l’admet universellement, séparés Jesuns des autres par des distances extrêmement grandes par rapport à leurs dimensions, on peut sans difficulté se les représenter comme plongés dans l’éther et entourés d’une sorte d’atmosphère où l’éther serait, surtout aux environs de l’atôme, dans un état de condensation relativement très grand. En laissant à l’éther ses propriétés ordinaires, telles qu’elles sont admises dans la théorie de la lumière, et en lui supposant au besoin quelque propriété nouvelle, on est amené à voir en lui l’agent des phénomènes électriques. *
- Des tentatives intéressantes d’explication des faits électrostatiques (nous ne nous occupons actuellement que de ceux-là) fondées sur cette base ont déjà été faites avec un certain succès, en particulier par M. Edlund et surtout par M. Moutier, et elles méritent d’être poursuivies. Des faits remarquables en démontrent l’utilité et l’intérêt, je veux parler non seulement de ceux qui sont relatifs à la découverte mémorable de Faraday, sur l’influence d’un champ magnétique sur la lumière polarisée, mais bien (pour rester dans l’électrostatique proprement dite) des récentes expériences du Dr Kerr, dans lesquelles un champ électrostatique produit des effets analogues à ceux des champs électromagnétiques, en douant de la double réfraction un diélectrique solide ou liquide monoréfringent soumis à son action.
- Il est impossible de ne pas voir dans ce phénomène remarquable une relation directe et intime entre ce qu’on appelle un champ électrostatique, c’est-à-dire un champ produit par ce qu’on appelle aussi des charges ou masses électrostatiques, et l’éther lumineux.
- Mais ce n’est pas tout, et il me semble que le simple examen des premiers phénomènes électriques, des plus simples, dont la plupart ont été observés il y a plus de cent ans, conduit aussi logiquement à ces idées.
- Il suffit de se placer dans l’obscurité et de frotter un bâton de résine avec une peau de chat : il se produit immédiatement au moins cinq phénomènes : i° un phénomène calorifique sur le bâton lui-même que nous laissons de côté : 2° un phénomène mécanique assez intense pour produire des crépitations que l’on entend sans difficulté et qui est le bruit des. nombreuses étincelles produites ; 3° un phénomène calorifique dans le milieu am-
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- biant qui serait difficile à mesurer dans ces conditions trop simples et d’une intensité trop faible, mais dont l’existence est manifestée par les dilatations et contractions qui en résultent et d’où proviennent les crépitements ; 40 un phénomène lumineux, et celui-ci (et même, en partie au moins, le précédent), mettant en jeu, les propriétés de l’éther ; 5° enfin un second phénomène mécanique, l’attraction des corps légers situés dans le voisinage.
- Si l’on admet que tous les phénomènes physiques ne sont autre chose que des transformations de diversès formes d’énergie, il paraît certain que l’énergie qui produit l’acte du frottement s’est transformée en deux formes : l’Une calorifique sur le corps frotté , l’autre qu’on nomme électrique, sur le corps et dans le milieu ambiant, et qui peut être représentée mathématiquement par une expression de la forme d’un produit dont l’un des facteurs est une masse (une masse d’éther par exemple) ; une transformation de cette dernière énergie produirait alors les formes d’énergies calorifique et lumineuse qui apparaissent dans les troisième et quatrième phénomènes. La connexité des rôles joués par l’éther dans les phénomènes lumineux et électrique paraît alors vraisemblable.
- Elle le devient de plus en plus quand on rend ces effets beaucoup plus intenses, qnand on produit à 1 aide de machines les lueurs, les aigrettes électriques et ces stratifications qui se manifestent dans les décharges à travers les gaz raréfiés et qui ont été dans ces dernières années étudiées de nouveau avec tant de soin.
- Les faits et les idées que nous venons de développer ne sont pas nouveaux ; mais il ne paraîtra peut-être pas inutile à un certain nombre de lecteurs de ce journal de les voir rapprochés et groupés, de façon à montrer que si la substance même qui constitue l’agent direct ou indirect d’effets aussi- puissants que les étincelles de 5o centimètres des machines d’Armstrong ou que les décharges des grandes batteries, n’est pas encore complètement déterminée dans son essence même, du moins on commence à entrevoir en quoi elle pourrait bien consister.
- E. Mercadier.
- LES SCIENCES PHYSIQUES
- EN BIOLOGIE
- L’ÉLECTRICITÉ
- 17" article. {Voir les ««» du 25 fév., des 8 et 29 avril, 6 mai, des 3 et 10 juin, des 8 et i5 juill, des 2 et 23 sept., des 7 et 28 oct., des 18 et 25 nov., et des a et 9 déc.).
- Le protoplasm’a imprégné de chlorophylle, ou plutôt la chlorophylle elle-même, paraît opérer des
- synthèses en utilisant comme énergie la radiation lumineuse du soleil: le protoplasma incolore, qui est de beaucoup le plus répandu, opère des synthèses en utilisant une forme de l’énergie autre que la lumière : la chaleur.
- Ce protoplasma incolore peut former les substances immédiates les plus complexes (albumine, fibrine, cellulose, matières grasses) sans l’aide de chlorophylle et à l’abri de la lumière.
- Les expériences suivantes dues à M. Pasteur sont fondamentales à cet égard.
- Dans un liquide composé de :
- Alcool
- Ammoniaque
- Acide phosphorique
- Potasse
- Magnésie
- Eau pure
- Oxygène gazeux
- En proportions déterminées, le célèbre expérimentateur dépose un germe de mycoderma aceti d’un poids nul ou à peu près.
- Le milieu de culture, comme on le voit, est purement minéral et toutes les substances qui le composent peuvent être obtenues par la synthèse chimique.
- Dans l’obscurité et en l’absence de chlorophylle, ce mycoderme se multiplie, il pullule, il foisonne à tel point, qu’on peut en obtenir un poids- aussi considérable qu’on pourra le désirer.
- Ce mycoderme est composé de :
- Matières protéiques Cellulose Matières grasses Matières colorantes Acide succinique, etc.
- Le protoplasma incolore n’a donc besoin ni de chlorophylle ni de lumière pour opérer la synthèse des principes immédiats les plus élevés.
- M. Pasteur a fourni le même exemple avec les vibrions, êtres plus élevés et qui n’ont pas besoin pour se développer d’oxygène libre.
- Le même phénomène se passe également avec la levure de bière, les champignons etc., tous ces corps utilisent pour opérer les synthèses organiques la forme calorifique de l’énergie. Qui nous dit que certains êtres vivants n’utilisent pas la forme électrique de cette même énergie? Nous n’en savons rien, mais il n’y a à cela rien d’impossible.
- Toutes ces expériences nous montrent bien que le protoplasma opère des synthèses, mais elles ne nous apprennent rien sur le mécanisme même de ces synthèses. Il serait plus conforme à l’esprit physiologique de supposer, comme le fait Cl. Ber-
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- nard, qu’il n’existe qu’une seule synthèse, celle du protoplasma dont dériveraient tous les autres principes immédiats par voie d’analyse. Les explications chimiques nous font connaître comment les choses pourraient être, mais peut-être pas comme elles sont en réalité.
- Nous n’avons à l’heure actuelle quelques notions précises que sur une seule synthèse : la synthèse amylacée dans les végétaux et la synthèse glycogénique dans les animaux. Ce que Claude Bernard nous en a appris confirme absolument ses idées au sujet des synthèses organiques.
- Le moment est venu à présent d’étudier rapidement les"propriétés générales du protoplasma.
- Les conditions physiques de fonctionnement du protoplasma ne sont autres que les cinq que nous avons signalées au début de cette étude puisque en définitive les êtres que nous avons examinés ne sont au fond que des amas de protoplasma arrangé de différentes façons et affectant des formes variables suivant les moules organiques dans lesquels l’hérédité a coulé la substance vivante.
- Le protoplasma possède comme nous venons de le voir la puissance de synthèse chimique; comme d’un autre côté les manifestations de la vie ne sauraient être spontanées, il faut bien que ce protoplasma possède aussi d’autres facultés qui lui permettent de réagir, c’est-à-dire d’entrer en fonction sous l’influence des excitations extérieures.
- Cette faculté que possède la matière vivante, plante ou animal, de réagir aux excitations du monde extérieur existe à son degré le plus simple dans le protoplasma.
- — On lui donne le nom d'irritabilité-, ainsi, on le voit, la vie, comme nous le disions au début est bien réellement le résultat d’un conflit harmonique permanent entre la matière vivante et les conditions extérieures. La matière vivante ne crée pas de forces, elle réagit simplement suivant sa construction; elle transforme l’excitation. La matière vivante est donc un transformateur d'énergie.
- La sensibilité qui existe à des degrés si divers, n’est qu’une m,odalité de l’irritabilité. La sensibilité est commune aux deux règnes, elle est une propriété de la matière vivante.
- — C’est grâce à cette irritabilité,à cette sensibilité, que le protoplasma peut entrer en fonction sous l’influence des excitations extérieures pour opérer des synthèses, se multiplier, se contracter, etc...., Le protoplasma est tout, il est l’origine de tout, il est la seule matière vivante qui anime tout le corps.’ La vie ne se perpétue à la surface de la terre què grâce à l’activité et à la reproduction incessante du protoplasma.
- La génération nouvelle n’est que le développement d’une particule infinitésimale du protoplasma de l’ancêtre.
- — Mais* enfin, ce protoplasma qui est tout, a-
- t-il un réactif spécial qui permette d’en connaître et d’en affirmer la nature ?
- — Existe-t-il une substance qui agisse toujours de même sur le protoplasma quelle qu’en soit l’origine animale ou végétale ?
- — Oui, cette substance existe, oui, il est possible d’agir d’une façon identique sur tous les protoplasmas, quelles qu’en soient la complexité et l’origine; oui, enfin, il existe un réactif vital universel qui affirme l'unité de la vie plus clairement que tout ce que nous avons pu dire jusqu’à présent.
- Ce corps vraiment merveilleux, c’est Y éther sulfurique ou ses analogues : les anesthésiques.
- Cette découverte est encore due à Claude Bernard.
- Les anesthésiques, l’éther, le chloroforme permettent au physiologiste d’agir sur Y irritabilité de façon à la supprimer ou seulement à la suspendre momentanément. Ils méritent donc bien le nom de réactifs de la vie.
- — Cette propriété est commune à tous les anesthésiques ; je ne parlerai néanmoins ici que de l’éther sulfurique qui est le moins actif et le plus facile à employer.
- L’éther sulfurique jouit de la propriété de suspendre l’activité du protoplasma de quelque manière qu'elle se’ manifeste, pourvu qu’elle soit sous l’indépendance de Y irritabilité vitale. Il n’a aucune action sur les phénomènes de nature purement chimique qui se passent dans les êtres vivants, tels que lès fermentations, par exemple. L’éther sulfurique offre donc un moyen extrêmement précieux de distinguer chez tout .être vivant ce qui est vital de ce qui ne l’est pas.
- — Ce ne sont pas là des théories ni des hypothèses faites en vue de soutenir un système, mais bien le résultat d’expériences aussi nombrëuses que variées, expériences que j’ai faites en 1876 et- 1877 sous la direction de Cl. Bernard et dont je vais rapporter ici les principales :
- Tout le monde sait que l’éther sulfurique respiré pendant un temps suffisant a la propriété d’éteindre momentanément la sensibilité chez l’homme.
- Les chirurgiens en employant cette substance suppriment chez l’opéré momentanément la conscience, et par conséquent le sentiment et le souvenir de la douleur.
- On s’imaginait que cette action de l’éther s’adressait seulement à ce phénomène conscient que nous appelons douleur ou sensibilité et qui est particulier aux êtres supérieurs. L’action des anesthésiques ainsi comprise présentait toujours un côté mystérieux et mystique comme tout ce qui touche à cet être de raison que les philosophes appellent tour à tour : moi, âme, conscience, etc...
- Il n’en est rien.: l’action éthérisante ne s’adresse pas seulement aux organes qui sont le siège de la
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- conscience (cerveau) ou de la sensibilité (système nerveux en général), cette action s’étend successivement à tous les tissus, du même être.
- Lorsqu’un homme respire de l’éther, cette vapeur absorbée dans le poumon pénètre dans le sang, et de là est portée par la circulation au contact de totis les tissus du corps.
- Le protoplasma le plus délicat celui des centres nerveux, est le premier atteint par l’agent anesthésique, et c’est pourquoi les phénomènes de conscience disparaissent les premiers, le protoplasma des conducteurs nerveux, des muscles, des glandes n’étant pas encore atteint, les fonctions vitales continuent à s’exercer et l’anesthésie est encore sans péril. Un homme anesthésié est un homme qui, au point de vue physiologique, a perdu le cerveau, au point de vue philosophique il a perdu son âme, car tous les phénomènes de sensibilité, d’intelligence, de volonté, de mémoire sont complètement abolis, toutes les autres fonctions vitales qui ne dépendent pas du cerveau (respiration, digestion, nutrition, mouvement réflexe, c’est-à-dire inconscient) conservent leur intégrité. — Il n’y a d’abolies que les fonctions supérieures du cerveau que les philosophes considèrent comme étant d’ordre immatériel (conscience, intelligence, volonté).
- Quelques molécules de vapeur d’éther suffisent pour toucher cet intangible et pour l’annihiler autant de fois qu’on le désire.
- L’éther sulfurique ne frappe donc pas tous les tissus à la fois, heureusement, car sans cela toutes les fonctions cesseraient à la fois et la mort serait instantanée.
- L’anesthésie,'telle que la pratique le chirurgien, est donc une anesthésie tout à fait superficielle, essentiellement incomplète, qui ne s’adresse qu’aux cellules cérébrales, siège de la sensibilité consciente.
- L’anesthésie est pourtant un phénomène général atteignant tous les tissus, qu’ils soient d’origine animale ou d’origine végétale ainsi que les expériences suivantes le démontrent.
- i° Anesthésie des muscles. — Un muscle séparé d’un animal vivant continue à pouvoir se contracter encore un certain temps si on l’irrite mécaniquement ou mieux par l’électricité.
- L’expérience se continue un temps très long avec les muscles d’animaux à sang froid, tels que -les grenouilles ou les tortues.
- Un cœur de tortue peut battre plusieurs jours alors qu’on l’a séparé de l’animal, il en est de même pour le cœur de la grenouille.
- Si l’on place ce cœur sous une cloche de verre renfermant de la vapeur d’éther, on voit les battements diminuer peu à peu d’intensité et de fréquence et enfin s’arrêter'tout à fait. Le muscle lui-même n’est plus excitable par le courant électrique. Le cœur n’est pas mort pour cela, il n’a pas
- perdu ses propriétés, l’éther les a simplement suspendues, car si on soustrait ce cœur à l’influence de l’éther en l’exposant à l’air, il recommence bientôt à battre comme avant. On peut renouveler cette expérience aussi souvent qu’on le désire. Elle réussit avec toute espèce de muscle autre que le cœur et provenant de n’importe quel animal.
- On prend de préférence les animaux à sang froid parce que chez eux les tissus restent plus longtemps vivants que chez les animaux à sang chaud qui perdent leur vitalité au bout de quelques minutes; mais rien n’empêche néanmoins de prendre un muscle quelconque d’un animal à sang chaud, à la condition qu’on maintienne sa vitalité. Pour cela, il suffit de faire dans le muscle une circulation artificielle de sang défibriné ; tant que le sang circule le muscle reste vivant comme le cœur delà tortue.
- Le procédé des circulations artificielles pour entretenir la vie d’une partie quelconque séparée d’un être vivant est constamment employé en physiologie et excite toujours l’étonnement et l’admiration des personnes étrangères à cette science. C’est là, soit dit en passant, la meilleure démonstration de la non existence d’un principe vital, et de la nécessité des conditions physico-chimiques pour les manifestations des propriétés dites vitales.
- On anesthésie de la même façon que le muscle un nerf, une glande ou un tissu animal quelconque, tels que les cils vibratils, par exemple, que possèdent certaines membranes (larynx, œsophage, etc....) surtout chez la grenouille où ces mouvements sont très forts.
- 20 Anesthésie des végétaux. — Beaucoup de végétaux, comme on le sait, sont doués de mouvement ou plutôt présentent des phénomènes de réactions motrices répondant à des stimulations extérieures.
- Ces mouvements ont surtout pour siège les organes foliaires parmi ceux qui sont les mieux connus. Cette faculté de mouvement se trouve aussi chez les êtres qui sont à la frontière des deux règnes, tels que les amibes végétaux ou plasmodies. Elle est très évidente dans les appareils reproducteurs des algues : les zoospores.
- Ces mouvements revêtent un caractère presque volontaire chez les anthérozoïdes de certaines algues, les œdogonium par exemple.
- Ces corpuscules reproducteurs mâles ont été bien étudiés par M. Pringsheim qui a observé avec soin toutes les évolutions auxquelles ils se livrent pour arriver à pénétrer dans l’étroit canal de Xoosphère* cellule femelle où la fécondation s’accomplit. Parmi les végétaux les mieux étudiés je citerai l’épine-vinette. les drosera ou gobe-mouche, le sainfoin oscillant chez lesquels le mouvement a pour siège les étamines.
- Un grand nombre de plantes de la famille des
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- légumineuses réagissent également aux excitations que l’on porte sur elles à un degré plus ou moins marqué.
- Mais l’espèce la plus célèbre, la mieux étudiée et la plus connue, c’est la sensitive, mimosa piidica. Sans entrer dans d’autres détails, on sait que cette plante curieuse ferme ses feuilles et les abaisse aussitôt qu’on la touche ou qu’on l’excite d’une façon quelconque.
- Si l’on place cette plante sous une cloche conte-' nant des vapeurs d’éther sulfurique, elle se comporte exactement comme un animal ou un muscle. Au bout de i5 à 20 minutes on peut enlever la cloche. On s’aperçoit alors qu’il est possible de toucher impunément la planté. Elle ne manifeste plus aucun mouvement. Néanmoins elle n’est pas morte, si comme à l’animal on ne lui a pas donné une dose trop forte d’éther. En laissant la sensitive exposée à l’air, on la voit se réveiller peu à peu comme le ferait un animal et recouvrer au bout d’un certain temps sa sensibilité primitive.
- On peut recommencer l’expérience sur le même végétal autant de fois qu’on le désire, à la condition, toutefois d’espacer suffisamment les séances.
- (A suivre.) D' A. d’Arsonval
- FAITS DIVERS
- Éclairage électrique
- A Marseille, au port de la Joliette, on applique depuis plusieurs sèraaines la lumière élèctrique au déchargement des navires à vapeur. C’est la Compagnie nationale de navigation qui a pris l’initiative de cette innovation. Les lampes électriques placées par la Compagnie du gaz fonctionnent parfaitement, et les ouvriers travaillent comme en plein jour. _________
- Voici de nouveaux détails sur le prochain éclairage de la perspective Nevsky à Saint-Pétersbourg au moyen de la lumière électrique. Le pavillon dans lequel seront placées les locomobiles et la machine dynamo-électrique sera transporté au quaide la Moïka, près du Champ de Mars. Le fluide nécessaire pour trente-deux lampes sera obtenu par la machine dynamo-électrique, système Tchikolew et Siemens, mise en mouvement par sept locomobiles composant une force de 25o chevaux. Les fils conducteurs longeront le canal Catherine, où ils seront fixés aux poteaux télégraphiques, et la Perspective, où ils seront enfouis sous terre. Leur longueur totale sera d’environ quinze verstes. La Compagnie d’éclairage élec- trique se propose d’éclairer également la rue Michel. Un système particulier permettra l’extinction des lanternes isolément ou par groupes. La clarté /des grandes lampes est évàluée comme égalant celle de trois cents à trois cent-cinquante bougies.
- A Londres, la façade d’un magasin du West-End est éclairée avec trente-six lampes Swan, alimentées par une machine Gramme.
- A Liverpool, MM. Lewis éclairent une de leurs maisons avec 5o lampes à arc de Pilsen.
- Aux houillères de Bioley, près de Sheffield, la Hammond Electric Light Company a disposé plusieurs lampes Brush. On doit y joindre un Certain nombre de lampes à incandescence.
- A Perth (Ecosse), les teintureries Campbell spnt mainte nant éclairées par l’électricité.
- Télégraphie et Téléphonie
- M. le ministre des postes et des télégraphes a décidé l’installation d’un second fil télégraphique souterrain entre Paris et Saint-Etienne. Mais ce fil devra passer par Lyon et ne sera libre pour les Stéphanois que de dix heures à quatre heures ou de dix heures à une heure, et de quatre à sept heures.
- On annonce l’achèvement au Meixque d’une ligne télégraphique allant de la ville de Léon à Chalchihuites.
- En Italie, un des premiers projets que M. Baccarini doit présenter à la Chambre des députés sera celui relatif à l’exploitation des téléphones en Italie, exploitation. qui a pris dans ce pays un assez grand développement. Voici les prin-cipa'es dispositions de ce projet. On adoptera le principe que les lignes téléphoniques ne peuvent pas faire concurrence aux lignes des télégraphes de l’Etat. Par conséquent, le réseau téléphonique ne s’étendra pas au-delà du circuit de la ville et des faubourgs. On fêta cependant quelques exceptions à cette règle. On permettra, par exemple, les communications téléphoniques entre Gênes et Sampierda-rena, ces deux villes formant en fait, sinon en droit, une seule et grosse commune. La même exception sera appliquée aux autres villes qui se trouvent dans les mêmes conditions. Pour poser les fils conducteurs sur les immeubles, l’autorisation du propriétaire sera nécessaire. Le concessionnaire devra accorder l’usage de son réseau aux agents du gouvernement en section séparée, et devra rétribuer les agents de l’administration des télégraphes spécialement attachés au service téléphonique. La direction générale des télégraphes approuvera les appareils employés par le concessionnaire qui ne pourra les changer sans une nouvelle «gptobation. Les tarifs des abonnements devront être établis sm1. une base uniforme et approuvés par le gouvernement. L’Etat et la municipalité auront droit à la réduction du 5o poùr coït. Le concessionnaire payera une redevance annuelle pdBHta concession. Il devra aussi fournir un cautionnement. L’Elût se réservera le droit d’implanter pour son compte des lignes téléphoniques, et ne sera tenu à payer en aucun cas des indemnités aux concessionnaires. La concession ne pourra être cédée sans lé consentement du gouvernement èt aura une durée limitée.
- A Birmingham, la Téléphoné Company négocie avec la corporation de cette ville pour poser sous le sol quelques-unes de ses lignes téléphoniques.
- A Oran et à Alger vont être installés des téléphones par les soins de la Société générale des téléphones.
- A la Vera-Cruz (Mexique), la pose des fils téléphoniques a été terminée le 3i octobre, et l’inauguration du réseau â eu lieu le icr novembre.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire, — 3386o
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 51, rue Vivienne, Paris
- ' J? Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- 4* ANNÉE (TOME VII) SAMEDI 23 DÉCEMBRE I882| N* 51
- SOMMAIRE
- Recherches expérimentales sur les machines dynamoélectriques. — Etude des efforts statiques ; Marcel Deprez. — Sur la théorie des phénomènes électro-dynamiques (5e article); J. Moutier. — Les aurores polaires (io° article); Alfred Angot. — Les sciences physiques en biologie : l’Électricité (18e article); Dr A. d’Arsonval. — Bibliographie : Leçons sur l’électricité et le magnétisme, par E. Mascart et J. Joubert; E. Mercadier. — Faits divers.
- RECHERCHES EXPÉRIMENTALES
- SUR LES MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES
- ÉTUDE DES EFFORTS STATIQUES
- Nous avons vu précédemment que la caractéristique de presque toutes les machines ressemble à un contour formé de deux parties rectilignes, l’une inclinée par rapport à l’axe des x, l’autre qui lui est parallèle, et raccordées par un contour curviligne. La partie horizontale de la caractéristique correspond aux points pour lesqûels un accroissement quelconque du courant (obtenu en diminuant la résistance extérieure) n’est plus accompagné d’un accroissement de la force électro-motrice.
- Nous avons même vu que dans plusieurs machines mal proportionnées la seconde portion de la caractéristique va en s’abaissant vers l’axe des x, ce qui indique qu’en diminuant le circuit extérieur pour augmenter l’intensité du courant on provoque un abaissement de la force clectro-motrice malgré le renforcement que le champ magnétique éprouve par suite de l’accroissement de l’intensité du courant principal.
- Pour mieux étudier ce phénomène, j’ai rompu la communication existant entre l’induit et les inducteurs et j’ai excité ces derniers par un courant emprunté à une source étrangère. La machine employée pour cet essai était celle dont j’avais ren-
- forcé les inducteurs et dont j’ai donné la caracté-ristique dernièrement (Voir la Lumière Electrique, n° 5o). L’intensité du courant excitateur maintenue constante et égalé à io.5 ampères, on diminue graduellement la résistance du circuit de l’anneau, de façon à faire monter l’intensité du courant engendré de 16 à 84 Ampères. La force électro-motrice engendrée (RI) par l’anneau tournant à 2 800 tours par minute, tomba de 32 volts à 4 volts. J’ai déjà donné le tableau numérique relatant les conditions de cette expérience ; je donne ici la courbe qui s’y rapporte (courbe 34). J’ai également indiqué l’explication la plus plausible de ce fait et les conséquences qu’il faut en tirer pour la construction des inducteurs des machines dynamo-électriques.
- MESURE DES EFFORTS STATIQUES.
- Je passe maintenant à l’étude d’un élément très important des machines dynamo-électriques, aussi bien lorsqu’on les emploie comme générateurs que comme récepteurs. C’est la mesure du couple qu’elles développent lorsqu’on y lance un courant d’intensité déterminée. Je rappelle tout d’abord un principe expérimental important sur lequel je suis revenu dernièrement dans une communication à l’Académie et que j’ai énoncé en disant que « les « actions mécaniques réciproques développées sur « le passage du courant entre les inducteurs et « l’induit d’une machine dynamo-électrique ne dé-« pendent que de l’intensité du courant et nulle-« ment de l’état de repos ou de mouvement de « l’induit. » (Voir la Lumière Electrique, n° du 10 août 1881.)
- Ce principe posé, il y a deux manières de mesurer le couple qui tend à faire tourner l’anneau sous l’action d’un courant donné : i°par des déductions , théoriques ; 20 par des procédés expérimentaux.
- Je commencerai par indiquer comment dëTa. caractéristique on peut déduire la valeur du couple correspondant à chaque intensité.
- Soit F l'efFort (exprimé en kilogrammes) qu’il faut appliquer à une distance de l’axe égale à
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- 1 111
- —=omi59 pour vaincre l’effort résistant développé par le courant lorsque la machine sert de génératrice ;
- V la vitesse en mètres par seconde de ce point situé à omi5g de l’axe;
- E la force électro-motrice développée (volts) et I l’intensité du courant (ampères).
- La quantité d’énergie totale développée par
- El
- seconde a pour mesure en kilogrammètres—. Elle est, dans une machine parfaite, rigoureusement égale au travail extérieur appliqué à l’anneau, soit FV. On a donc
- Mais si l’on possède la caractéristique de la machine pour une vitesse égale à i mètre par seconde [et on peut toujours la construire quand on a la caractéristique correspondante à une vitesse quelconque en raison de la proportionnalité des forces électro-motrices aux vitesses à intensité égale] et si l’on désigne par e la force électro-motrice correspondante à l’intensité I pour cette vitesse de i mètre, on a
- el
- E—éV d’où F = —
- Cette équation donnerait immédiatement F en fonction de I si on connaissait l’équation de la caractéristique. Cette équation n’est pas connue, mais nous avons vu que la première portion de la caractéristique peut en général être considérée comme une droite inclinée passant par l’origine et dont l’équation serait par conséquent de la forme e=ml, ni étant le coefficient d’inclinaison de cette droite. On en tire
- F = î«ï!
- g
- Cette équation montre que pour les faibles intensités ou, pour être plus rigoureux, pour les faibles densités de courant (nous verrons plus tard pourquoi) le couple est proportionnel au carré de l’intensité du courant. Cela serait rigoureusement vrai dans une machine exclusivement composée de circuits dans lesquels n’entrerait pas de métal magnétique (comme les électro-dynamomètres) quelle que fût l’intensité du courant.
- Dans la portion de la caractéristique qui est parallèle à l’axe des x, e est constant et le couple devient par suite simplement proportionnel à l’intensité du courant.
- v Si donc on construit la courbe des efforts statiques en prenant pour abscisses les intensités du courant et pour ordonnées les couples correspondants, on voit que dans le voisinage de l’origine cette courbe se rapprochera beaucoup d’une parabole, tandis que pour les grandes intensités du courant elle se réduira à une droite.
- Voyons maintenant comment on peut construire la courbe des efforts statiqnes expérimentalement. Il faut pour cela-avoir un procédé permettant de mesurer avec précision le couple développé sur l’anneau par les actions électriques seules, c'est-à-dire en éliminant les frottements des paliers, des balais, la résistance de l’air et les trépidations. Les dynamomètres de transmission ne peuvent être employés parce qu’ils ne permettent de mesurer que l’effort total et que, en outre, ils ne présentent pas une précision suffisante.
- J’ai résolu cette question en appliquant un procédé de mesure nouveau que j’ai imaginé il y a plusieurs années et qui a été décrit dans ce recueil par M. Richard (voir le n° du 17 juin 1882). Les paliers et les balais d’une machine Gramme, type À renforcé, sont séparés des inducteurs et fixés sur un bâti, tandis que l’ensemble des inducteurs est monté sur des couteaux dont l’arête est située dans le prolongement de l’axe de rotation de l’anneau.
- Aux inducteurs est attaché un levier de o,3i8de longueur portant un plateau destiné à recevoir des poids. Une longue aiguille se mouvant devant un repère permet de ramener constamment cette espèce de balance à la même position d’équilibre en ajoutant ou en retranchant des poids dans le plateau. La figure 2 montre les résultats obtenus.
- La courbe (a) est la caractéristique et la courbe (S) la courbe des efforts statiques obtenue par pesée directe pendant que l’anneau tournait à la vitesse de 1 no tours par minute.
- La fig. 3 montre la courbe des efforts statiques mesurée de la même manière lorsque la machine est au repos et qu’on y lance un courant emprunté à une source extérieure. On remarquera que dans ce dernier cas les efforts se l'approchent beaucoup
- des efforts calculés par la formule ou ce qui
- revient au même^X^« étant le nombre de tours
- par seconde effectué par l’anneau quand on relève la caractéristique. A l’inspection de la fig. 2 . on reconnaît que l’effort F mesuré est toujours supérieur à l’effort théorique^ Xyj de 7 à 100/0, tandis
- que la différence entre les deux efforts est presque nulle lorsque l’anneau est en repos. Cela doit être, car lorsque l’anneau tourne il est le siège de phénomènes électriques parasites, tenant à ce que le courant engendré n’est pas parfaitement continu en raison même de la construction de l’anneau. Cette concordance entre les résultats du calcul et ceux de l’expérience est la plus belle vérification de l’ensemble des théorèmes fondamentaux relatifs au transport de la force, car il suffirait qu’un seul d’entre eux fût inexact pour que cette vérification ne pût avoir lieu.
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- Voici encore une autre vérification. On a pris une petite machine à galvanoplastie, on en a enlevé les paliers en laissant l’anneau à la place qu’il occupe habituellement dans le champ magnétique et en le munissant de couteaux qui lui laissent une liberté absolue de mouvement. Un bras de levier parfaitement équilibré, de omi59 de longueur, porte un plateau dans lequel on met des poids pour faire équilibre à l’action du courant et une longue aiguille permet de ramener le système toujours à la même
- position quand on fait la pesée. Le courant est amené à l’anneau au moyen de fils soudés aux lames du collecteur et trempant dans des godets contenant du mercure. On a étudié trois cas : i° Lorsque la ligne d’entrée et de sortie du courant dans l’anneau fait avec l’axe du champ magnétique un angle de 90°; 20 Lorsqu’elle fait un angle de 45° compté dans le sens du couple qui sollicite l’anneau avec l’axe du champ ; 3° Enfin lorsqu’elle fait avec l’axe du champ magnétique un angle de — 45°
- TABLEAUX ET COURBES CORRESPONDANTES
- Courbe n° 29
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE GRAMME, type A
- A GALVANOPLASTIE
- Courbe des efforts statiques
- I F 1 F OBSERVATIONS.
- I " -gr. 20 24 gr- 1,410 Les baiais sont dans le plan
- 4 55 26 1,575 mediant.
- 6 ii5 28 1,725
- 8 i85 3o 00 Cri
- ÎO 290 32 2,025
- 12 400 34 2,210
- 14 575 2,375
- l6 730 38 2,53o
- 18 890 40 2, 6G0
- 20 1,060 42 IQ CO c-t
- 22 1,220 44 3,025
- DIAGRAMME DE LA COÜRBÈ N° 29
- Courbe n° 30
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE GRAMME, type A
- A GALVANOPLASTIE
- Courbe des efforts statiques
- 1 F I F OBSERVATIONS.
- 2 fi»'- 10 2Ô fi»'- 1,000 Les balais se trouvent à 45°
- 4 40 28 1,120 du plan mcdlant en avant
- 6 75 3o 1,240 i,36o de la rotation.
- 8 i3o 32
- 10 190 34 1,470
- 12 270 36 1,600
- 14 35o 38 1 ,?3o 1,860
- l6 440 40
- 18 570 42 ' 1,970
- 20 665 44 2, 100
- 22 770 46 2,220
- 24 880
- diagramme de la courbe n° 3o
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- compté toujours dans le sens du couple. C’est ce dernier cas qui correspond à celui où la machine sert de génératrice puisqu’alors le couple est résis-
- tant et que les balais, comme l’on, sait, sont calés à 45° en arrière du calage symétrique. On voit, à l’inspection du tableau, que dans ces conditions,
- Courbe 31
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE GRAMME, type A, a gal-
- VANOPLASTIE. — COURBE DES EFFETS STATIQUES
- I El 6° <SrX^ F Différence relative en centièmes OBSERVATIONS
- 2 9£r# 10 - 10 L’induit est monté sur cou-
- 4 35 2 5 - 40 teaux.— Les balais sont dans
- 6 78 70 - 11,45 lé plan mediant :
- 8 134 120 - 11,65 - io,55 45» en arrière pour les ef»
- 10 210 190 forts ;
- 12 202 270 - 8,i5 4-50 en avant pour la carac-
- 14 384 36o - 6,68 téristique.
- IO 497 475 - 4,64
- 18 612 600 - 2,00 y
- 20 75o 73o h 2,74 - 0,57
- 22 885 880
- 24 ' 1,025 i,o3o - 0,48
- ' 26 1,180 1,180 1,345 - O
- ‘28 1,340 - 0,372
- ' 30 i,5io 1,520 - 0,658
- * 32 1,675 1,700 - 1,475
- " 34 1,840 1,880 2,045 - 2, i3 **
- • 36 • 1,990 - 2,70
- •,-38: 2,170 2,220 - 2^25
- ;4o 42 44 2,35o 2,400 - 2,08
- DIAGRAMME DE LA COURBE N° 3l
- Courbe n<> 32
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE GRAMME, type A (renforcée)
- A LA VITESSE DE I IIO TOURS
- I E El 6° g X ». F kilogr. Différences relatives. OBSERVATIONS
- 2 4 6 8 10 -12 14 16 18 20 22 24 26 28 3o 32 34 36 38 40 42 44 46 8 14.75 20 26 3o,5 . 35 38.75 42.50 45.75 48.25 5ï 53.25 '55 56.25 57.25 58,2 5 59 59.25 5q,5o 59.75 60 60.25 60.50 §T’ 86,4 3i2,5 65o 1,120 iv,65o 2^270 2,83o 3,175 4,450 5,200 6 ,o5o 6,900 7,700 8.5oo 9,3oo 10.200 10,800 11.600 12.200 12,900 13.600 14,300 i5,ooo gr- 0.120 O.4OO 0.800 1.300 2.000 2.700 3.400 4.200 5.000 5.800 6.800' 7.600 8.300 9.200 10.000 10 800 11 800 12.600 i3.3oo • 14 200 i5.ioo 28 °/« 21,8 18,7 i3,85 17.50 15,90 16,75 24,40 11 10 35 si 9,20 7,23 7,60 1,55 8.50 8,70 8,25 9,i 5 9,95 Résistance totale : R = o.340 Les inducteurs sont montés sur couteaux et peuvent tourner autour d’un axe, dans le prolongement de celui de l’anneau. — L’anneau est monté sur deux paliers indépendants. -— Sur les inducteurs on mesure l’effort statique développé (courbe p). On traee la caractéristique pour la vitesse qu’on imprime à l’anneau (courbe a).
- DIAGRAMME DE LA COURBE N° 32
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- 6o3
- l’accord entre le calcul et l’expérience est aussi parfait que possible. La même vérification ne peut pas être faite pour les deux autres cas, parce que les calages correspondants des balais auraient pour conséquence des étincelles considérables qui détérioreraient rapidement les balais et le collecteur. On' peut cependant constater que lorsqu’on décale les balais pour se rapprocher du calage symétrique, la force électro-motrice diminue. Donc en vertu de
- la relation — X ~ — F le couple doit diminuer aussi. Or c’est en effet ce qui a lieu comme le montrent les tableaux joints aux courbes, fig. 3e et fig. 33. J’ai donné dans un article précédent l’explicatioh de l’influence du calage des balais sur la force électro-motrice.
- J’attache une grande importance à la vérification expérimentale de la formule qui fait connaître
- Çourbe 33
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE GRAMME, type A
- RENFORCÉ
- I El 6° . F 'Différence relative en centièmes OBSERVATIONS.
- 2 oko8Ô4 OkIÔO 46 ohm
- 4 6 o,3;I25 o,65o 0,400 0,600 + 21,8 i,56 Résistance totale... 0,340
- 8 1,120 1,080 + 3,70 On lance dans la machine
- 10 i,65o 1,600 + 3,12 1,34 A le courant d’une machine
- 12 i,65o 2,240 + Siemens. — Les inducteurs
- 14 2,270 2,83o 3,040 .— 6,90 sont montés sur couteaux. —
- 16 3,800 . 16,45 L’induit à paliers indépen-
- m 3,175 4,440 + 0,226 dants est calé.
- 20 4,450 5,240 0,76
- 22 .5,200 6,240 — 3,04
- 24 6,o5o 7,080 .— 2,55
- 26 6,900 7,880 — 2,28
- 28 7,700 8,680 -— 2,07
- 3o 8,5oo 9,440 — 1,48
- 32 q,3oo 10,280 — 0,76
- 34 10 800 II,100 — 2,70
- 30 11,5oo 12,000 —. 4, là
- 38 12,200 12,900 5,45
- 40 12,900 14,000 — 7,85
- 42 i3,6oo 14,960 — 9,10
- 44 I4,3oo 15,840 — 9,70
- 46 i5,ooo 17,800 15,75
- DIAGRAMME DE LA COURBE N° 33
- ' :•* '•••• • y-- - . y
- ;•... - /' * . A.
- u<mo . ; •
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- 0 ’• j; 1 -« lu ; 20 - j•• ïii - i :ul h n; •: • m ;
- Courbe n° 34
- CARACTÉRISTIQUE DE LA MACHINE DE M. MARCEL DEPREZ
- A INDUCTEURS RENFORCÉS A LA VITESSE DE 2 8oO TOURS
- Courbe des forces èleclromotr.ices développées sur l’induit, quand l’intensité du courant induit varie.
- 1 E 1 E OBSERVATIONS.
- 16 20 2-1 32 32 3o 52 56 60 19,5 18 16,7s Les inducteurs sont séparés dé l’induit et excités par une’source étrangère dont l’intensité est de 10a r5.
- 28 27,5 64 i5,25
- 32 27 68 i3.5o
- 36 ' 25,5 72 11,75
- 40 05 76 10
- 44 22,5 80 8,5
- 48 21 84 4,2
- DIAGRAMME DE LA COURBE N° 34
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- l’effort statique, car c’est elle qui permet d’étudier un projet de moteur électrique comme on étudie un projet de machine à vapeur. C’est ce que je montrerai plus tard.
- Marcel Deprez.
- SUR LA
- THÉORIE DES PHÉNOMÈNES
- ÉLECTRODYNAMIQUES
- 5e article (Voir les nos des 18 février, ior et 8 avril et 16 décembre 1882.)
- PHÉNOMÈNES D’iNDUCTION.
- 34. — On a vu que le travail effectué dans le déplacement de deux conducteurs traversés par des courants fermés est la variation d’une fonction <I>, appelée potentiel électro-dynamique relatif à l’action mutuelle des deux courants. A ce potentiel correspond une énergie i i' W due â l’existence des courants qui traversent les conducteurs et produite par les sources des courants.
- Les actions électro-dynamiques s’exercent non seulement entre les deux conducteurs, mais encore entre les diverses parties d’un même conducteur. Chaque conducteur doit par conséquent posséder une énergie propre qui résulte des actions électrodynamiques exercées entre ses diverses parties. On est donc conduit à considérer un potentiel particulier relatif à chacun des conducteurs.
- Soient ds et ds' deux éléments pris sur un même conducteur, r la longueur de la ligne de jonction des deux éléments, / la force électro-dynamique qui s’exerce entre les éléments.
- Si l’on suppose que la distance des deux éléments puisse devenir r -j- dr, le travail correspondant de la force électro-dynamique est — fdr; ce travail élémentaire est la variation qu’éprouve une fonction analogue à celle du paragraphe 3o. La somme.-des travaux élémentaires de toutes les forces électro-dynamiques appliquées au même conducteur est la variation d’une, fonction cp analogue à la fonction <ï> du paragraphe 3o.
- Il faut faire toutefois une remarque. Dans le calcul de la fonction cp, deux éléments distincts ds et ds' doivent être pris une seule fois. En appliquant à la détermination de la fonction cp le calcul indiqué pour la fonction <I>, on a pris deux fois les mêmes éléments ds et ds' : la fonction cp est donc la moitié de la fonction <I>, calculée comme on l’a vu précédemment.
- Nous désignerons la fonction /par — is w,
- cp = — !2>V.
- La quantité i2 w représente l’énergie particulière au conducteur considéré; w dépend uniquement de la forme du conducteur.
- Si on désigne par w' une constante analogue pour le second conducteur, l’énergie correspondant au second conducteur est inw’.
- M. Helmholtz et M. W. Thomson ont établi sur la considération de l’énergie, une théorie générale des phénomènes d’induction. Il existe encore aujourd’hui une assez grande incertitude au sujet de l’origine de cette énergie. Je vais essayer de retrouver l’origine de cette énergie dans un théorème dû à M. Clausius.
- 35. — M. Clausius a donné en 1870 un théorème important relatif au mouvement stationnaire d’un système de points matériels (').
- L’expression, mouvement stationnaire, semble au premier abord dépourvue de sens : le mouvement semble exclure le repos. Cependant, lorsque nous voyons un corps en repos par rapport aux corps environnants, nous ne pouvons pas mettre en doute l’existence de mouvements intérieurs, si nous voulons comprendre les phénomènes thermiques, lumineux ou électriques. La nature des mouvements intérieurs nous échappe entièrement ; tout ce que nous pouvons savoir à priori, c’est que les positions et les vitesses des points matériels ne changent pas toujours dans un même sens et restent entre certaines limites. L’expression de mouvement stationnaire a été choisie pour caractériser ce genre particulier de mouvements.
- Lorsqu’un système de points matériels est animé d’un mouvement stationnaire, le système possède une force vive moyenne, indépendante du temps. Le théorème de M. Clausius établit une relation entre cette force vive moyenne, et les forces intérieures ou extérieures qui agissent sur le système matériel.
- Désignons par © (0) l’action mutuelle attractive qui s’exerce entre deux points du système situés à une distance p. Multiplions cette force par la distance des deux points et faisons la somme de toutes les quantités ainsi obtenues pour tous les points du système, sans répéter deux fois le même terme. La moitié de la somme ainsi obtenue
- \ ]£?<(> (p)
- est appelée par M. Clausius le viriel intérieur.
- Le système est soumis en général à des forces extérieures. Dans le cas ordinaire, le corps supporte une pression uniforme en tous les points de sa surface. Désignons par p la pression exercée sur l’unité de surface du corps, par V son volume.
- (') Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, U LXX/p. i3i/|.
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- Si on appelle v la vitesse d’un point matériel de masse m, si l'on appelle f mv2 la force vive moyenne de ce point matériel, le théorème de M. Clau-sius consiste en ceci : La force vive moyenne du système est égale au viriel intérieur augmenté de
- Jpv> '
- !) I^Wv2 = i.y]p?(p)+^K
- 3
- Le dernier terme— pV a été appelé par M. Clau-sius le viriel extérieur. Le théorème peut alors s’énoncer ainsi :
- La force vive moyenne d'un système de points matériels animé d'un mouvement stationnaire est la somme du viriel intérieur et du viriel extérieur.
- La force vive moyenne du système est une fonction de la température. Le théorème de M. Clau-sius établit ainsi une liaison entre la température, la pression, le volume du corps et les forces intérieures.
- Lorsqu’un corps conducteur est traversé par un courant électrique, le corps est soumis à l’action de forces particulières, les forces électro-dynamiques, qui sont déterminées par la formule d’Ampère. L’introduction des forces électro-dynamiques modifie le viriel d’une façon particulière.
- 36. — Considérons un conducteur traversé par un courant d’intensité i.
- Deux éléments ds et ds' du conducteur sont sollicités par des actions mutuelles, par les forces électro-dynamiques. Si l’on désigne par f la force électro-dynumique, par r la longueur de la ligne de jonction des deux éléments, l’existence du courant qui traverse le conducteur a pour effet d’accroître le viriel intérieur de la quantité
- ÎS'X-
- Nous appellerons, pour abréger, cette quantité le viriel électro-dynamique intérieur. La valeur de ce viriel se déduit de la considération du potentiel électro-dynamique particulier au conducteur.
- Si l’on remplace la force électro-dynamique f au moyen de la formule d’Ampère, on reconnaît sans peine que la somme des produits fX r est identique à la fonction © du paragraphe précédent. On a la relation
- V/x r=y.
- Le viriel électro-dynamique intérieur est égal à la moitié du potentiel électro-dynamique correspondant.
- En adoptant la notation précédente, le viriel électro-dynamique intérieur a pour expression
- — l-wi- : la constante w dépend uniquement de la forme du conducteur.
- Entre un conducteur parcouru par le courant électrique et le même conducteur à l’état neutre, pris tous deiix à une même température, il y a cette différence : l’existence du courant électrique a pour effet de diminuer le viriel de la quantité
- %ivi2. Le second membre de l’équation (i), qui représente le théorème de M. Clausius, diminue donc de ~ wi1 lorsque le conducteur est traversé par le courant d’intensité i ; le premier membre de l’équation (i) doit conserver une valeur constante, puisque ce premier membre est une fonction de la température. Il est donc nécessaire, pour rétablir l’équilibre dans l’équation, que le courant possède
- une force vive égale à — \ wi1.
- Cette force vive ^ w i2 est emmagasinée dans le courant et reste constante, tant que le courant conserve une intensité constante. Si l’intensité du courant change et devient i-\-di, le viriel électrodynamique intérieur varie delà quantité—~ d (w i2); il est alors nécessaire que la source fournisse, pour combler le déficit, une nouvelle quantité de force vive
- \d{wis).
- Indépendamment du mouvement stationnaire qui existe à l’intérieur du conducteur, le courant possède en outre sa propre force vive ; cette force vive est produite aux dépens de la source. Par conséquent lorsque l’intensité du courant varie et devient i-\-di, la source doit fournir une force vive égale au double de la variation prise en signe contraire du viriel électro-dynamique intérieur, soit d (wi%).
- 37. — Examinons maintenant le cas de deux conducteurs C et C' traversés par des courants d’intensités i et i'. - •>
- Deux éléments de courant, l’un ds pris sur le conducteur C, l’autre ds' pris sur le conducteur C', sont sollicités par des actions mutuelles, par des forces électro-dynamiques. Si l’on désigne par f la force'électro-dynamique, par r la longueur de la ligne de jonction des deux éléments, l’existence des courants qui traversent les deux conducteurs a pour effet d’introduire dans le viriel du système formé par l’ensemble des deux conducteurs un terme particulier
- ixyxr,
- que nous appellerons, pour abréger, le viriel_élec-tro-dynamique extérieur. La valeur de ce viriel se déduit de la considération du potentiel électro-dynamique relatif aux actions mutuelles des deux courants.
- Si l’on remplace la force électro-dynamique f au
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- moyen de la formule d’Ampère, on reconnaît sans peine que le produit /X r est identique à la fonction ^ du paragraphe 3o. La somme des produits analogues est la fonction <I> du même paragraphe. En conservant les notations précédentes, le viriel électro-dynamique extérieur a pour expression
- — LWii' ; la quantité W dépend à la fois de la
- forme des conducteurs et de leur position relative.
- Lorsque les intensités des courants changent, lorsque la position relative des conducteurs varie, le viriel électro-dynamique intérieur varie et la dépense de chacune des sources doit être estimée isolément.
- Supposons que l’on augmente l’intensité du courant i' par un moyen quelconque; désignons par V -f- di' la nouvelle intensité de ce courant. Supposons en outre que l’on déplace l’un des conducteurs; la quantité W est devenue W dW. Le viriel électro-dynamique extérieur s’accroît de la
- quantité — l—i d(Wi').
- On n’a pas à se préoccuper ici de la dépense nécessaire pour augmenter l’intensité i' du courant qui traverse le conducteur C' ; on n’a pas à se préoccuper davantage du travail qu’il a fallu dépenser pour déplacer l’un des conducteurs. La source en relation avec le conducteur C doit fournir une force vive égale, d’après ce qui précède, au double de la variation prise en signe contraire du viriel électrodynamique extérieur, soit i d{Wi').
- De même une variation d’intensité donnée au courant i, et le mouvement de l’un des conducteurs entraîne de la part de la source en communication avec le conducteur C' une dépense de force vive i' d{Wï).
- 38. — Lorsque les conducteurs sont traversés par des courants d’intensité constante, le travail des sources dépend uniquement de la loi de Joule, relative à réchauffement des conducteurs.
- Lorsque le courant est devenu stationnaire, la ' température du conducteur est également stationnaire : la quantité de chaleur cédée par le conducteur au milieu environnant pendant l’unité de temps est égale à la quantité de chaleur développée pendant l’unité de temps par le passage du courant.
- Si l’on appelle R la résistance totale du circuit, i l’intensité du courant qui le traverse, la loi de Joule consiste en ceci: la quantité de chaleur développée pendant l’unité de temps par le passage xdu courant dans le conducteur, représente un travail Ri2 dépensé par la source d’électricité.
- La force électro-motrice E, d’après la loi d’Ohm, est le produit de la résistance totale R par l’intensité du courant; E = Ri. Le travail dépensé par la source pendant l’unité de temps pour échauffer le conducteur est donc égal à Et.
- Pendant le temps infiniment petit dt, le travail
- dépensé par la source est Eidt. Ce travail est employé uniquement à échauffer le conducteur tant que le courant demeure stationnaire; le viriel électro-dynamique conserve une valeur constante. Il n’en est pas de même lorsque l’intensité du courant varie; c’est le cas des phénomènes d’induction.
- , 39. — Les phénomènes d’induction électro-dynamique sont produits par un changément d’intensité des courants, par le mouvement des conducteurs ou par le changement de forme des conducteurs.
- Si l’on conserve les notations précédentes, la dépénse de la source en communication avec le premier conducteur est Eidt pendant le temps infiniment petit dt. Le travail ainsi dépensé est employé de trois manières différentes.
- L’échauffement du conducteur emploie un travail égal à Ri^dt; la variation du viriel électro-dynamique intérieur emploie un travail égal à d (wis) ; la variation du viriel électro-dynamique extérieur emploie un travail égal à id(Wi').
- On a donc, pour le premier conducteur, la relation :
- Eidt = R r- dt+d (wfl) + i d(Wi').
- Si on appelle E’ la force électro-motrice de la seconde source, R' la résistance du second circuit, on aura de même, pour le second conducteur, la relation analogue :
- E'i' dt = R' i'* dt -J-d (w'i'2) + i'd(Wi).
- On retrouve ainsi les équations fondamentales de la théorie des phénomènes d’induction électro-dynamique.
- J. Moutier.
- LES AURORES POLAIRES
- io° article. (Voir les «os des 21 et 28 octobre, des 4, 11, 18 et 25 novembre, et des 2, 9 et 16 décembre 1882.)
- IX. — THÉORIES DES AURORES POLAIRES.
- Il est peu de phénomènes qui aient donné lieu à un aussi grand nombre d’hypothèses et de théories que l’aurore polaire; 011 en trouve déjà, en effet, dans les auteurs grecs, depuis Anaxagoras, Anaximène et Aristote, et l’on remplirait un volume entier à ne citer que ces théories sans même les discuter. Aussi ne tenterons-nous pas de faire l’examen historique de ces opinions, et nous nous bornerons seulement à exposer les théories principales, surtout celles qui ont exercé le plus d’influence sur l’étude des aurores polaires. Ces théories principales peuvent se ramener à quatre classes
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- distinctes : les théories cosmiques, les théories optiques, les théories magnétiques et les théories électriques.
- x° Théories cosmiques.
- Dans les théories cosmiques, on fait provenir l’aurore de causes complètement extérieures à notre globe; des nombreuses théories de ce genre, celle qui a eu le plus de retentissement est celle de Mairan, qui a précisément écrit tout son Traité de l'aurore boréale pour l’exposer et la défendre. Mairan attribue toutes les aurores polaires à la lumière zodiacale, lueur blanchâtre dont l’éclat rappelle celui de la voie lactée, et qui se montre dans le ciel à certaines époques de l’année, sous forme d’un fuseau très allongé, étendu le long du zodiaque. Les premières études sérieuses sur ce phénomène furent faites par Cassini à partir de i683 ; elles furent continuées notamment par Mairan et on reconnut que, suivant toute apparence, la lumière zodiacale- est une sorte d’anneau très aplati, formé de particules matérielles et qui entoure l’équateur solaire. Le rayon de cet anneau, variable avec le temps, est toujours très grand et peut même quelquefois atteindre ou dépasser celui de l’orbite terrestre.
- D’après Mairan, l’aurore boréale se produirait quand la matière de la lumière zodiacale, cédant à l’attraction de la terre, viendrait à tomber dans notre atmosphère et s’y enflammerait « soit par « elle-même, soit par sa collision avec les parti-« cules d’air, ou par la fermentation qu’y cause le « mélange de l’air. » En partant de cette hypothèse, Mairan explique d’une manière assez ingénieuse les diverses apparences et les périodes de l’aurore boréale.
- Cette hypothèse parait avoir été adoptée à l’époque avec un très grand enthousiasme. D’après Fester, Mairan aurait « allumé un flambeau qui « éclaire l’origine et les causes de ce phénomène. » Dans son traité de météorologie, Cotte parle « de « l’accord admirable qui existe entre toutes les « parties de ce système et le résultat des observa-« tions que nous présente la table des aurores bo-« réales. »
- Presque dès l’origine cependant, on avait fait à l’hypothèse de Mairan une objection sans réplique, c’est que, si l’aurore boréale n’a aucune connexion avec l’atmosphère, elle devrait posséder un mouvement apparent de l’est à l’ouest, comme les autres corps célestes. La discussion de toutes les observations de Bossekop conduisit Bravais à des conclusions opposées : non-seulement les mouvements de l’est à l’ouest ne dominent pas dans l’aurore polaire, mais c’est au contraire le mouvement inverse qui est le plus fréquent. De même le mouvement de translation de la terre dans son orbite ne se manifeste aucunement dans les mouve-
- ments de l’aurore. A côté de cela, l’origine cosmique ne saurait expliquer les variations diurnes si régulières que l’on observe dans la succession des formes des aurores boréales. « Ces remarques,
- « conclut Bravais, me paraissent ruiner toute hy-« pothèse qui attribuerait l’aurore boréale à une « matière cosmique, originairement étrangère à « notre globe. Comment se rendre compte dans « cette hypothèse de la période diurne si évidente « que suivent les formes de l’aurore boréale et de « l’absence de toute période pareille dans les mou-« ments ? Comment comprendre que la variation « diurne puisse se retrouver là où elle ne devrait « pas exister, et soit nulle là où elle devrait au « contraire se montrer ? »
- Ces objections condamnent en effet d’une manière absolue toutes les théories cosmiques, et obligent à regarder l’aurore boréale comme un phénomène purement terrestre.
- 20 Théories optiques.
- Nous avons signalé à diverses reprises l’analogie frappante et les relations qui existent entre l’aurore polaire et certains nuages, notamment les cirro stratus. Ces relations ont été le point de départ d’une autre série de théories de l’aurore, les théories optiques. Ces théories se retrouvent déjà en germe dans le Miroir du Roi (Spéculum regale ou su Konunglega Skugg-Sia), ouvrage qui fut écrit en Norvège à la fin du XIIe siècle, et que nous avons déjà cité (chapitre ior). On y lit. en effet la phase suivante : « d’aucuns disent qu’elle « (l’aurore polaire) n’est que la réflexion de la lu-« mière du soleil, quand celui-ci se trouve au-des-« sous de l’horizon; d’autres prétendent enfin qu’elle « est produite par la glace qui rayonne pendant la « nuit la lumière qu’elle a absorbée pendant le « jour. »
- La première de ces deux hypothèses, qui consiste à ne voir dans l’aurore que de la lumière solaire réfléchie vers nous par des particules glacées, a été adoptée notamment par Descartes, Ellis, Frobesius, Hell, etc.; enfin par sir John Franklin, F. V. Raspail, et jusqu’en 1873, par M. Wolfert. Il est clair cependant qu’elle se heurte à des objections capitales. Tout d’abord, elle n’expliquerait en aucune manière les relations incontestables de l’aurore polaire avec le magnétisme et les courants terrestres. De plus, nous savons que, dans nos latitudes, les aurores boréales sont extrêmement élevées; nous avons (chapitre IV) évalué leur altitude à 200 kilomètres environ. Or il est très certain qu’il n’existe à cette hauteur dans l’atmosphère aucun nuage qui puisse réfléchir vers nous, de la lumière. Quant aux aurores voisines du sol, que l’on observe au contraire dans les hautes latitudes, même au milieu de l’hiver, il est non moins évident que leur faible hauteur s’oppose absolu-
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- ment à ce qu’elles reçoivent les rayons du soleil.
- Une autre théorie optique indiquée vaguement dans la dernière partie de la phrase du Miroir du Roi, que nous citions plus haut, attribue les lueurs aurorales à une sorte de phosphorescence. Cette énonciation ne saurait suffire à elle seule, car il faudrait indiquer d’abord quel est le corps qui possède une phosphorescence aussi extraordinaire, puis montrer comment cette phosphorence peut rendre compte des relations de l’aurore avec les mouvements de l’aiguille aimantée. Il faut donc rejeter cette deuxième théorie optique comme la première; toutefois il est possible que la phosphoresceuce joue un rôle dans les aurores polaires non comme cause, mais comme effet. En traitant des propriétés optiques de l’aurore (chapitre III), nous avons signalé en effet dans son spectre une raie jaune-verdâtre caractéristique, qui est la plus brillante de tout le spectre et ne se rapporte à aucun corps simple connu. Angstrœm et M. Rand Capron in-, clinent à considérer cette raie comme un phénomène de phosphorescence, ou peut-être plutôt encore de fluorescence. Quoi qu’il en soit, ce phénomène ne serait qu’accessoire, et c’est d’un autre côté qu’il faut aller chercher la cause des aurores polaires.
- 3° Théories magnétiques.
- La théorie magnétique des aurores polaires est beaucoup plus satisfaisante que les précédentes : elle rend bien mieux compte de la plupart des phénomènes et a aujourd’hui encore un grand nombre de partisans, bien qu’elle nous semble devoir céder la place aux théories électriques.
- Ces théories magnétiques remontent au célèbre Halley, qui supposa le premier (1716) que les aurores boréales étaient dues à une- vapeur magnétique lumineuse par elle-même. Indépendamment du vague avec lequel elle était formulée, cette opinion ne fut pas adoptée, parce qu’à cette époque on ne connaissait pas encore l’électro-magnétisme et qu’on n’avait jamais vu d’actions magnétiques produire de la lumière.
- Ces théories ne prirent réellement quelque consistance qu’avec Dalton (1793). Après avoir publié un grand nombre d’observations d’aurores boréales, Dalton montra une fois de plus les relations qui exiscaient entre ces aurores et le magnétisme terrestre, discuta les différentes hypothèses sur la nature de l’aurore, et admit enfin que les rayons de l’aurore sont composés de matières ferrugineuses, magnétiques par elles-mêmes ou aimantées sous l’influence de la terre, qui sont orientées par celle-ci le pôle nord en bas, et servent de conducteurs à des décharges électriques silencieuses entre les couches les plus élevées de l’atmosphère et d’autres couches plus basses. Il conclut enfin que ce n’est pas la terre qui agit sur
- l’aurore, mais l’aurore sur le magnétisme de la surface de la terre.
- Les idées de Dalton furent- reprises par Biot (1820), qui expliqua aussi la production des aurores boréales par l’existence dans l’air de particules ferrugineuses provenant d'éruption! volcaniques. M. von Baumhauer, d’Utrecht (1844), défendit également les idées de Dalton, mais âttribua les particules ferrugineuses non plus à dê& éruptions volcaniques d’origine terrestre, mais à.là chute sur notre globe de poussières cosmiques! La lumière des aurores serait alors produite par l’incandescence de ces poussières au moment où elles pénètrent dans l’atmosphère, tout comme pour les bolides et les étoiles filantes. Parmi ,les défenseurs les plus récents de cette théorie, plus ou moins modifiée, on peut citer MM. Denison Olmsted (i856), Fœrster (1870), Zehfuss (1871), Toppler (1872) et enfin Gronemann (i8/5).
- Au nombre des arguments que l’on fait prévaloir en faveur des théories magnétiques, on cite d’abord la constatation bien certaine, faite à plusieurs reprises, de l’existence sur le sol des régions polaires de grandes quantités de poussières ferrugineuses et même de masses de fer météorique. On a même observé des chutes de poussières sur la terre pendant plusieurs aurores, notamment à Padoue en 1834, et dans toute la haute Italie au moment de la grande aurore du’4 février 1872. De plus, l’analyse spectrale des lueurs aurorales montre que les raies de leur spectre sont assez voisines de quelques-unes des raies du fer. Il est clair enfin que cette théorie se prête assez bien, en apparence du moins, à l’explication des relations qui existent entre les aurores et le magnétisme terrestre et qu’on pourrait également, sans trop de difficultés, lui faire; rendre compte d’une manière à peu près plausible des différentes périodes que présentent les aurores polaires.
- D’autre part, ces théories magnétiques soulèvent de nombreuses objections. Tout d’abord, le dernier argument, tiré de l’analogie des raies du spectre de l’aurore avec celles du fer, est loin d’être décisif : en effet, les raies de l’aurore ne sont voisines que d’un très petit nombre des raies du fer, et les raies les plus brillantes de ce métal ne sont précisément pas représentées dans le spectre de l’aurore. Aussi, la plupart des spectroscopistes ne trouvent-ils pas grande probabilité à attribuer au fer le spectre de l’aurore, qu’il semble préférable de rapporter, pour la plus grande, partie, au spectre d’étincelles électriques jaillissant dans de l’air très raréfié.
- Si l’on veut attribuer une origine extérieure à la terre, aux particules ferrugineuses qui, d’après les théories magnétiques, constitueraient les aurores, on se heurte aux objections que nous avons exposées plus haut en parlant dés théories cosmiques de l’au-
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- rore 5 de plus, avec cette hypothèse de poussières .provenant des régions interplanétaires, on ne comprendrait guère pourquoi les aurores ne se produisent jamais dans la zone équatoriale, ni surtout pourquoi leur fréquence diminue rapidement depuis la zone du maximum jusque vers les pôles. Si l’on revient, au contraire, à l’hypothèse d’une ori-Sgine volcanique terrestre pour ces poussières, on !ne .voit plus quelle serait la cause des périodes diurne et annuelle de l’aurore, ni surtout de l’opposition constatée à cet égard entre les régions qui sont en dehors et en dedans de la zone du maximum de fréquence.
- Quant aux chutes de poussières qui ont été observées deux ou trois fois en Europe pendant les aurores, on ne doit y voir qu’une coïncidence toute fortuite. Jamais en effet, jusqu’à ce jour, des chutes analogues n’ont été signalées par les observateurs des régions polaires; or, c’est surtout dans ces pays, où l’on voit l’aurore presque chaque nuit, que l’on devrait noter des chutes fréquentes de poussières ferrugineuses, s’il y avait quelque relation entre elles et la production des aurores. Enfin, il nous paraît bien difficile d’admettre que des poussières puissent exercer sur l’aiguille aimantée une influence assez grande pour causer des déviations de plusieurs degrés, tout en ne formant que'des nuages assez peu épais pour laisser apercevoir à travers les étoiles de quatrième grandeur.
- Toutes ces raisons réunies nous conduisent à rejeter la théorie magnétique, comme nous avons déjà fait des théories précédentes.
- 40 Théories électriques.
- Nous arrivons enfin aux théories électriques, qui nous semblent celles où l’on doit chercher l’explication véritable des aurores polaires.
- Le premier qui ait rapporté les aurores boréales à un phénomène purement électrique paraît être Canton, qui, en 1753, fit remarquer la grande analogie qu’offrent les aurores avec les lueurs électriques produites dans l’air très raréfié; pour lui, les aurores boréales ne sont guère autre chose que la forme sous laquelle se manifestent les orages dans les régions polaires. Ces idées furent reprises successivement par Priestley, Eberhard, Frisi, Pon-toppidan, Benjamin Franklin, etc., sans faire toutefois de grands progrès. C’est encore une opinion tout à fait analogue que soutint Fisher en 1834 : d’après lui, en effet, les aurores seraient un phénomène électrique dû à l’électricité positive de l’atmosphère; elles se produiraient au moment où l’équilibre électrique se rétablit entre l’atmosphère et le sol, par l’intermédiaire des particules de glace imparfaitement conductrices qui flottent dans l’air, et porteraient l’électricité de l’air vers le sol. Dans les régions équatoriales, au contraire, en l’absence
- de ces particules de glace assez près du sol, l’équilibre ne pourrait se rétablir que par les orages.
- Dove assigna une origine plus probable àbeaucoup d’aurores boréales en supposant qu’elles étaient produites par les perturbations magnétiques de l’intérieur du globe; car, dit-il, ce^ qui peut mettre en mouvement les aiguilles sur un espace étendu peut aussi produire de brillantes projections de lumière lorsque la perturbation magnétique de la terre arrive à sou plus hàut point. Cette hypothèse est d’autant plus remarquable, qu’elle précédait la découverte, faite en i83i par Faraday, des courants d’induction produits par les déplacements ou les variations des aimants.
- Puis vinrent les travaux d’A. de la Rive, dans lesquels on crut un instant trouver l’explication complète du phénomène. Il supposait que les aurores étaient produites par l’électricité positive qui, dans les régions supérieures de l’atmosphère, serait portée par les vents alisés de l’équateur vers les pôles. En arrivant dans les régions polaires, cette électricité s’accumulerait et attirerait en dessous d’elle l’électricité négative du sol. Il y aurait ainsi une sorte de condensation, et de temps en temps des décharges, quand la tension des deux électricités atteindrait une valeur suffisante. De la Rive imagina même, en 1862, un appareil qui permettait de reproduire des apparences lumineuses analogues à celles de l’aurore. Dans cet appareil, que l’on trouve décrit dans la plupart des Traités de physique, l’étincelle d’une forte bobine de Ruhm-korff éclate dans de l’air très raréfié et autour d’une armature de fer doux qui termine un puissant électro-aimant. Si nous n’insistons pas davantage sur cette expérience, c’est qu’elle exige des conditions qui ne peuvent évidemment pas se rencontrer dans l’atmosphère ; on ne saurait donc y chercher une explication réelle du phénomène. Nous en dirons autant des belles apparences ressemblant aussi aux aurores polaires, que M. Gaston Planté a obtenues avec sa puissante batterie secondaire, quand on plonge l’électrode négative dans un vase plein d’eau salée, et qu’on approche l’électrode positive des parois humides du même vase.
- Une expérience dont la portée est bien plus grande, est celle qui a été faite par M. Lems-troem (l) : une boule métallique armée de quelques pointes communique avec un des pôles d’une machine de Holtz dont l’autre pôle est relié au sol. A une certaine distance de cette boule on place des tubes de Geissler, dont les extrémités postérieures sont reliées au sol, tandis que les extrémités antérieures, celles qui regardent la boule, sont isolées. Dès que l’on met la machine de Iioltz en-mouvement, les tubes de Geissler s’illuminent, bien qu’il
- (') Archives'des sciences physiques et naturelles, 1875, t. 5q.
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- y ait entre les tubes et la boule une épaisseur d’air ordinaire de deux mètres environ, dans laquelle aucun phénomène lumineux ne se produit. Le passage lent de l’électricité, qui ne se manifeste par aucune lueur dans de l’air à la pression ordinaire, suffit donc parfaitement pour illuminer de l’air suffisamment raréfié. De toutes les expériences tentées jusqu’à ce jour pour reproduire artificiellement les aurores boréales, c’est certainement celle-là qui, pour nous, se rapproche le plus du phénomène naturel.
- Nous passerons enfin à la théorie qui vient d’être publiée récemment par M. Edlund (*), et dans laquelle certaines parties du phénomène nous semblent avoir été discutées de la manière ht plus complète et la plus heureuse.
- M. Edlund part des phénomènes dits induction unipolaire, qui ont été découverts par W. Weber, et qu’il a lui-même étudiés très complètement. On sait qu’on désigne sous ce nom des courants qui prennent naissance dans chaque moitié d’un manchon métallique enveloppant un aimant, quand on fait tourner le manchon autour de l’aimant. Les courants se produisent de la même manière, que l’aimant reste immobile ou qu’il soit au contraire entraîné dans le même mouvement que le manchon.
- On peut expliquer, comme première approximation, les phénomènes du magnétisme, terrestre en supposant que la terre contient dans son intérieur un aimant à deux pôles. La terre étant un corps relativement bon conducteur animé d’un mouvement de rotation devient donc assimilable au manchon dont nous parlions plus haut, et elle sera ainsi parcourue par des courants dus à l’induction unipolaire. Nous supposerons d’abord, pour simplifier, que l’axe de l’aimant terrestre coïncide avec l’axe de rotation, c’est-à-dire avec la ligne des pôles géographiques. En calculant dans cette hypothèse toutes les circonstances de l’induction unipolaire, M. Edlund a montré qu’une molécule électrique prise à la surface de la terre était soumise à deux forces, l’une verticale de bas en haut qui tend à chasser cette molécule dans l’air, l’autre tangentielle qui, dans chaque hémisphère, tend à la rapprocher du pôle le plus voisin. Cette deuxième force est nulle à l’équateur et aux pôles, tandis que la première est maximum à l’équateur.
- Sous l’influence de ces actions, l’électricité quitte le sol pour s’accumuler dans l’atmosphère ; celle-ci prend donc un excès d’électricité par rapport au sol, ce qui, en passant, correspond à ce fait bien connu que le potentiel électrique va en croissant quand on s’élève dans l’atmosphère. Or on sait, et
- (*) E. Edlund. Recherches sur l’induction unipolaire, l’électricité atmosphérique et l’aurore boréale. Stockholm, 1878. .
- les recherches de M. Edlund ont contribué beaucoup à nous l’apprendre, que les gaz très, raréfiés conduisent très bien l’électricité ; la prétendue résistance du vide tient à la difficulté que l’électricité éprouve à passer de l’électrode dans le milieu ambiant, et non à traverser celui-ci. Une fois arrivée suffisamment haut dans l’atmosphère, l’électricité peut donc obéir sans difficulté aux forces qui l’entraînent vers le^ régions polaires. Pour redescendre, cette électricité a deux moyens : ou bien les décharges disruptives à travers l’atmosphère, ce sont les orages des régions équatoriales ou des latitudes moyennes; ou bien les décharges lentes sous forme de courants continus, qui se produisent dans les latitudes élevées et donnent naissance aux aurores polaires.
- Ces courants continus pourraient se produire au pôle même, puisqu’en ce point la force verticale est nulle ; mais en général l’électricifé de l'atmosphère rentrera au sol bien avant d’atteindre le pôle, à condition de suivre la direction de l’aiguille d’inclinaison, direction dans laquelle l’action du magnétisme terrestre a une composante nulle.' Pour s’écouler dans le sol, en suivant cette direction, l’électricité 11’a donc à vaincre, à une latitude quelconque, que la résistance de l’air;'or la,: quantité d’électricité rejetée dans l’atmosphère, et par suite sa tension, augmentent avec la latitude; il arrivera donc un endroit où la tension étant devenue très grande et la résistance de l’air se trouvant suffisamment affaiblie, l’électricité des hautes régions de l’atmosphère s’écôulera dans le'sol en courants dirigés suivant l’aiguille d’inclinaison. Par suite de la symétrie que nous avons supposée, cet écoulement d’électricité se produira suivant une zone qui sera à peu près centrée sur le pôle.
- En réalité, la ligne des pôles de l’aimant terrestre ne coïncide pas avec l’axe de rotation de la terre; mais cela ne fait que compliquer un peu les phénomènes sans rien changer aux conclusions générales. Le calcul montre que la force, tangentielle est nulle non plus au pôle géographique ni au pôle magnétique, mais en un point situé entre les deux. La zone annulaire où se produisent généralement les aurores n’est plus alors un cercle centré sur le pôle de la terre, mais une courbe qui enferme à la fois le pôle géographique et le pôle magnétique, et qui coupe le méridien passant par le pôle magnétique, à une latitude beaucoup plus élevée du côté de l’Europe que du côté de l’Amérique ; c’est là un accord des plus remarquables avec le résultat que l’observation nous a fourni (voir figure 16) sur la position de la zone • du maximum de fréquence de l’aurore boréale.
- Si on laisse de côté les phénomènes généraux de l’électricité atmosphérique qui rentrent également dans la théorie de M. Edlund, et si on se borne à ce qui regarde l’aurore boréale, on trouve
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- que cette théorie explique d’une manière très satisfaisante :
- i° La direction des rayons de l’aurore;
- 2° La forme en arc et l’existence ainsi que la position de la zone du maximum de fréquence des aurores ;
- 3° La déviation du sommet de l’arc en dehors du méridien magnétique. A Bossekop et à Abo, cette déviation, qui était de io° à l’ouest (chapitre 7), est prévue immédiatement par la théorie, si l’on prend en considération la situation géographique et la déclinaison magnétique de la localité, ainsi que la forme et la situation du maximum de densité électrique. Par contre, la théorie indique, comme l’a encore montré l’observation, que dans l’Amérique du Nord et- en Sibérie, le sommet de l’arc auroral doit mieux coïncider en moyenne avec le méridien magnétique;
- 4° Les déviations accidentelles qui peuvent se produire si, par suite de circonstances météorologiques, la résistance de l’air devient beaucoup moindre dans une certaine direction que dans celle de l’aiguille d’inclinaison;
- 5° La différence d’action des diverses aurores sur l’aiguille aimantée ; en effet tant que le courant électrique reste constant, il n’agite pas l’aiguille ; celle-ci n’entre en mouvement que si l’intensité des courants descendants varie rapidement;
- 6° Les variations diurne et annuelle de l'aurore que l’on peut tenter alors de rattacher aux changements périodiques que la conductibilité de l’air doit éprouver par suite des variations des divers éléments météorologiques.
- Il nous semble toutefois que cette théorie, qui explique d’une manière si remarquable la plupart des phénomènes qui accompagnent les aurores des régions polaires, est moins satisfaisante en ce qui concerne les aurores d’une immense étendue qui se manifestent à la fois dans les deux hémisphères, sur plus des deux tiers de la surface du globe; on ne voit pas, en effet, a priori, d’après cette théorie, de raisons pour lesquelles existerait une coïncidence si remarquable entre les deux hémisphères. C’est ici le moment de rappeler ce que nous avons déjà dit à plusieurs reprises, c’est qu’il nous semble qu’on confond sous le nom commun d’aurores polaires des phénomènes en réalité très différents.
- Pour nous, les aurores ordinaires des régions polaires, celles qui, par exemple, ont été observées d’une manière si constante par la commission française à Bossekop et par M. Nordenskiœld pendant l’hivernage de la Véga, constituent un premier groupe de phénomènes, qui sont expliqués entièrement par la théorie de M. Edlund. Les aurores de cette classe sont en général limitées aux régions polaires, n’agissent pas sur les boussoles, et ne font
- que par exception sentir leur présence dans les latitudes moyennes.
- Une autre classe d’aurores comprend celles qui, très étendues, se produisent simultanément dans les deux hémisphères et sont accompagnées de grandes perturbations magnétiques dans le globe entier. Nous considérons ces aurores comme ayant une origine toute différente des premières, et nous les rattachons aux courants terrestres,' que nous considérons comme la cause de ces aurores. Nous avons indiqué, en parlant des courants terrestres, quelques-unes, des raisons sur lesquelles s’appuie cette opinion; il paraît très naturel d’admettre que toute rupture brusque dans l’équilibre électrique du globe puisse être accompagnée par des mouvements électriques correspondants dans les couches conductrices qui forment les hautes régions de l’atmosphère. Quant à la cause première de ces courants terrestres, elle est encore absolument inconnue : • faut-il la rattacher à des modifications intérieures du globe, ou bien à certaines conditions météorologiques de la surface, ou encore à des causes extra-terrestres ou cosmiques? C’est ce qu’il est impossible de décider, tant que des observations régulières n’auront pas été poursuivies pendant quelque temps sur ces courants terrestres.
- Enfin nous formerions une troisième classe de phénomènes avec ces manifestations lumineuses toutes locales que nous avons signalées à plusieurs reprises et qui semblent être propres exclusivement aux régions polaires.
- Nous terminerons là nos considérations sur les aurores polaires ; la forme même de ces articles nous a obligé à laisser de côté bien des circonstances accessoires, mais nous pensons au moins que rien d’essentiel n’a été omis. Nous espérons, du reste, si l’occasion s’en présente, revenir plus tard sur cette question, et nous' comptons que, d’ici là, les personnes que ce sujet intéresse voudront bien nous faire parvenir leurs remarques ou des observations qui nous auraient échappé. Comme on l’a vu, bien des progrès ont été faits en ces dernières années dans la connaissance des aurores polaires, et il est permis d’espérer que les expéditions polaires internationales, qui viennent de commencer leurs travaux, nous apporteront encore une riche moisson de connaissances nouvelles. Nous pourrons peut-être enfin alors lever les dernières difficultés que rencontre encore l’explication de ce phénomène, qui a été pendant si longtemps le plus mystérieux de tous ceux que nous offrait la physique du globe.
- (Fin.) Alfred Angot.
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- LES SCIENCES PHYSIQUES
- EN BIOLOGIE
- L’ÉLECTRICITÉ
- 18° article. ( Voir les ii°« dit 25 fév., des 8 et 29 avril, 6 mai, des 3 et 10 juin, des 8 et r5 jttill., des 2 et 23 sept., des 7 et 28 oct., des 18 et 25 nov., et des 2, 9 et 16 déc.).
- 3° Anesthésie de la germination. — Au fond d’une éprouvette en verre longue et étroite versons un peu d’eau et par dessus quelques gouttes d’éther sulfurique ; cela fait, enfonçons une éponge mouillée suspendue à un fil et qui devra s’arrêter au milieu de l’éprouvette, semons enfin sur cette éponge des graines de cresson alénois. Faisons la même expérience dans une seconde éprouvette en n’ajoutant pas d'éther à l’eau et bouchons les deux éprouvettes.
- Au bout de 24 à 48 heures les graines placées dans l’éprouvette sans éther sont en pleine germination, dans l’éprouvette avec éther pas de germination même au bout d'une semaine.
- L’éther a sans doute tué la graine? Il n’en est rien, car si on enlève l’éponge et qu’après l’avoir laissée à l’air on la plonge dans une autre éprouvette sans éther, ces graines qui avaient été endormies se mettent à germer vigoureusement. On peut répéter cette expérience avec toute espèce de graines; chou, rave, lin, orge, elle donne toujours hs mêmes résultats, seulement la germination du cresson alénois est plus rapide, et par conséquent plus commode pour la démonstration.
- L’éther, ai-je dit, permet de distinguer les phénomènes vitaux d'organisation des phénomènes purement chimiques de destruction. Ces deux ordres de phénomènes se rencontrent dans la germination : les phénomènes de création correspondent au développement de la graine (production de la radicelle, de la tigelle, etc...); les phénomènes de, destruction à sa respiration et aux changements chimiques opérés par la diastase (transformation de l’amidon en sucre). Ces derniers phénomènes se traduisent par une absorption d’oxygène et une exhalation d’acide carbonique.
- — Les phénomènes de la première catégorie (germination proprement dite) sont suspendus par l’éther; quant à ceux de la seconde, ils continuent chez la graine anesthésiée comme chez celle qui se développe.
- — Ou observe en effet chez la graine anesthésiée la même absorption d’oxygène et la même exhalation d’acide carbonique que sur celle qui se développe ; l’amidon s’y change également en sucre.
- La graine anesthésiée respire en définitive comme la graine en germination.
- ÉLECTRIQUE
- La respiration chez les êtres vivants est un phénomène identique dans les deux règnes, c’est une destruction caractérisée chez les uns comme chez les autres par une absorption d’oxygène et une exhalation d’acide carbonique, c’est-à-dire par une combustion. '
- Cela est vrai pour toutes les plantes, seulement chez elles la fonction respiratoire est masquée par la fonction chlorophyllienne plus ou moins profondément.
- L’éther va nous fournir cette démonstration.
- 40 Anesthésie de la fonction chlorophyllienne.
- — Dans deux cloches de verre pleines d’eau chargée d’acide carbonique mettons des plantes aquatiques. (potamogeton, spirogyra) et exposons-les au soleil après avoir placé dans l’une d’elles une éponge imprégnée de chloroforme ou d’éther.
- — Dans la première cloche qui ne contient pas de chloroforme il se dégage une grande quantité de gaz qui est de l’oxygène contenant peu d’acide carbonique.
- Dans la seconde cloche au contraire, il se dégage peu de gaz et ce gaz est de l’acide carbonique.
- — Soustrayons nos cloches à l’action de la lumière. Les plantes continuent à dégager des gaz en quantité égale dans les deux cloches.
- L’analyse montre que dans les deux cloches ce gaz est de l'acide carbonique pur.
- La même expérience réussit avec une plante quelconque, un chou par exemple; avec les plantes immergées on a l’avantage de voir immédiatement le dégagement des bulles gazeuses.
- — Cette expérience montre :
- i° Que la fonction chlorophyllienne des végétaux est protoplasmique ou vitale;
- 20 Que la respiration est commune aux deux règnes et de nature purement chimique.
- 5° Anesthésie des œufs, des anguillules, etc..
- — J’ai vainement essayé avec Cl. Bernard d’anesthésier les œufs de poule, de mouche et de vers à soie soumis à l’incubation.
- Ces œufs ont toujours été tués par le chloroforme ou l’éther. Je suis convaincu que cet insuccès tient simplement au manuel opératoire que j’avais employé, mais jusqu’ici je n’ai pas eu le temps dè recommencer ces expériences dans d’autres conditions.
- Mon collègue, M. Heuneguy, a pourtant réussi dans le laboratoire de M. Balbiani à anesthésier les œufs et les spermatozoïdes des poissons; nul doute par conséquent qu’on ne puisse arriver à anesthésier les œufs que j’ai trouvés réfractaires. Les infusoires sont tués rapidement par les anesthésiques si on n’a pas soin d’en graduer l’action. Les anguillules du blé niellé dont j’ai déjà parlé sont moins sensibles. Dans deau éthérée très diluée, elles ne reviennent pas à la vie. néanmoins elles 11e sont
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- pastuées, car elles se réveillent aussitôt qu’on les retire pour les placer dans l’eau ordinaire.
- 6Anesthésie. des ferments figurés. Si l’on place de la levure de bière dans de l’eau sucrée contenant de l’éther, aucune fermentation ne se produit à la température ordinaire. En élevant la température jusqu’à 55 degrés, la levure de bière reste également inerte; pourtant elle n’est pas morte, elle est simplement endormie.
- En effet, si on jette cette levure sur un filtre et qu’après l’avoir lavée pour la débarrasser de l’éther on la mette dans de l’eau sucrée ordinaire, la fermentation normale reprend comme avec de la levure ordinaire. J’ai fait aussi cette expérience sans changer l’eau sucrée. Je mets pour cela le flacon en communication avec une trompe qui en faisant le vide enlève l’éther.
- Au bout d’un certain temps la fermentation se produit d’elle-même.
- 7° Impossibilité d'anesthésier les ferments solubles.—J’ai dit précédemment que les ferments diastasiques animaux ou végétaux produisaient des phénomènes de destruction d’ordre' purement chimique. L’éther fournit la preuve de cette affirmation.
- Si on dissout dans l’eau éthérée ou chloroformée les ferments digestifs quelconques (salive, suc pan créatique, suc intestinal, suc gastrique, etc...) leur activité n’est ni altérée ni diminuée en quoi que ce soit, elle paraît même augmentée.
- Le ferment inversif de la levure de bière, ou ferment de Berthelot, dont j’ai déjà parlé, n’est pas non plus atteint par l’éther. On constate en effet que la levure de bière anesthésiée n’en dédouble pas moins le sucre de canne en ses deux glycoses. En un mot la fermentation inversive de la saccharose en glycoses droite et gauche s’opère naturel-. lement; seule la fermentation alcoolique est arrêtée, ce qui pourrait faire penser que cette fermentation est le résultat du fonctionnement vital de la levure, comme le veut Pasteur.
- — Je dois ajouter néanmoins que cette expérience ne prouve pas qu’il n’existe point de ferment alcoolique soluble.
- On peut tout aussi bien admettre que l’éther suspend simplement la secrétion de ce ferment qui se détruirait au fur et à mesure de son fonctionnement, ainsi que le pense Berthelot.
- — Et maintenant comment agit l’éther pour produire l’anesthésie ? Devrons-nous nous contenter de dire avec les vitalistes ou les métaphysiciens que l’éther se comporte ainsi, parce qu'il a affaire à une substance vivante? Cela n’explique rien. Le savant, le physiologiste surtout, doit être absolument convaincu qu’on ne peut jamais agir autrement que par des moyens physiques, même lorsqu’on s’adresse au métaphysique, comme l’éther qui supprime tout phénomène de conscience chez un individu quelconque, cet individu fût-il même le méta-
- physicien ou le théologien le plus incorruptible et le plus immatériel.
- L’expérience montre que l’éther produit ces effets si étonnants en agissant chimiquement sur le protoplasma. Cette action chimique se traduit par la coagulation du protoplasma que l’on peut constater au microscope sur toute cellule anesthésiée, quelle qu’en soit l’origine et quel que soit l’agent anesthésique employé. Ainsi nous trouvons comme cause de la coagulation du protoplasma et comme effet la suppression de la conscience, de la sensibilité, de la volonté, de la motilité ou, pour tout dire en un mot, la suppression de Y irritabilité. Il n’y a là rien de mystérieux et encore moins d’immatériel ou de métaphysique.
- — Les conclusions qui résultent forcément de ces expériences sont assez claires pour me dispenser de les signaler longuement.
- On voit en effet que la matière vivante est douée partout de la même propriété fondamentale : Y irritabilité ou sensibilité simple qui lui permet de réagir à toute stimulation des agents extérieurs. L’éther est son réactif spécial.
- La sensibilité est bien, comme l’a écrit Bernard, la base physiologique de la vie, le protoplasma en étant la base physique.
- Cette sensibilité qui appartient, comme nous venons de le voir, au protoplasma lui-même se perfectionne et s’exalte en passant d’une cellule à l’autre, jusqu’au moment où elle arrive à la cellule cérébrale de l’homme où elle atteint son maximum de délicatesse, comme le montre l’anesthésie chirurgicale.
- La sensibilité est l'ensemble des réactions physiologiques de toute nature, provoquées par les modifications externes.
- Tous les phénomènes psychiques, quelque compliqués qu’ils nous paraissent, la conscience, la volonté elles-mêmes, ne sont que le perfectionnement par l’hérédité et par l’évolution de cette sensibilité obscure du protoplasma à l’état de liberté. L’identité d’origine est prouvée pour le physiologiste, par l’identité des phénomènes que détermine la vapeur d’éther.
- D’ailleurs, en poussant l’analyse physiologique dans ses derniers retranchements, il est facile de voir que les expressions < irritabilité, sensibilité, ne sont elles-même que des entités, des mots, delà métaphysique.
- —- Nous n’agissons point sur ces propriétés qui sont des abstractions, mais bien sur le protoplasma qui seul est matériel. L’éther, en contact avec le protoplasma nerveux ou autre produit une action physique réelle, voilà tout ce que nous montre l’expérience.
- En somme, nous n’agissons toujours que sur la matière et par la matière, jamais sur des propriétés ou des fonctions vitales.
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- Il n’y a de tangible que des conditions physiques, quel que soit le phénomène que l’on observe ; lors même qu’il s’agit du mécanisme de la pensée humaine.
- La conscience et la pensée n’existent que là où il y a une cellule cérébrale ; en agissant physique-mentj c’est-à-dire matériellement, on modifie, on suspend ou on supprime cette pensée ; en modifiant la cellule par des réactifs chimiques (éther, alcool, opium), on modifie également cette pensée plus ou moins profondément (ivresse alcoolique, anesthésie incomplète).
- i° Tant vaut la cellule cérébrale, tant vaut la pensée qui en sort.
- 20 La physiologie nous montre que l’on peut modifier cette cellule en agissant physiquement sur elle.
- Voilà les faits palpables, indéniables, que nous montre l’expérience et qui doivent être acceptés comme des vérités indiscutables, que l’on soit spiritualiste ou matérialiste. La science a cela de merveilleux qu’elle met. le savant au-dessus et en dehors de tous les systèmes philosophiques; elle l’empêche d’être dupe des illusions de la métaphysique dans les conceptions qu’il se fait des phénomènes du monde extérieur.
- La science ne nous rend pas compte de la nature, elle nous en rend maîtres, ce qui vaut mieux. Le déterminisme de Claude Bernard, c’est-à-dire la connaissance des conditions physiques des phénomènes, est donc la seule philosophie scientifique possible.
- Comme le dit l’illustre physiologiste : le déterminisme nous interdit à la vérité la recherche du pourquoi-, mais ce pourquoi est illusoire. En revanche, il nous dispense de faire comme Faust qui, après l’affirmation, se jette dans la négation. Comme ces religieux qui mortifient leurs corps par les privations, nous sommes réduits pour perfectionner notre esprit, à le mortifier par la privation de certaines questions et par l’aveu de notre impuissance. Tout en pensant, ou mieux, en sentant qu’il y a quelque chose au-delà de notre prudence scientifique, il faut donc se jeter dans le déterminisme.
- Que si après cela, nous laissons notre esprit se bercer au vent de l’inconnu et dans les sublimités de l’ignorance, nous aurons au moins fait la part de ce qui est la science et de ce qui ne l'est pas.
- Tout ce qui précède montre que la matière n’a pas besoin d’affecter une forme particulière pour être vivante. Le protoplasma est amorphe ou plutôt monomorphe et c’est en lui que réside la vie, mais la vie non définie, c’est-à-dire que ce protoplasma manifeste à lui seul toutes les propriétés que l’on trouve plus tard différenciées et définies chez les êtres supérieurs.
- En jetant un coup d’œil d’ensemble sur cette longue étude, on voit qu’il serait chimérique d’essayer de définir la vie et de vouloir pénétrer son essence. Il en est de même d’ailleurs, comme nous l’avons vu, de quelque phénomène que ce soit, physique ou chimique.
- Tout ce que doit faire le physiologiste c’est de fixer le déterminisme physico-chimique des phénomènes vitaux., La vie, ainsi qu’on l’a vu, est un conflit perpétuel entre le monde extérieur et l’organisme, c’est-à-dire, comme je l’ai montré au début, la lutte harmonique du présent avec le passé qui se perpétue grâce à l’hérédité et à l’atavisme. Ce conflit vital engendre deux sortes de phénomènes :
- i° Phénomènes de création organique ;
- 2° Phénomènes de destruction organique.
- Cette division proposée par Cl. Bernard embrasse à la fois et l’ensemble des êtres vivants et l’ensemble des phénomènes si variés dont ils sont le siège ainsi que nous l’avons montré.
- Les phénomènes de destruction organique correspondent au fonctionnement de l’être vivant. Ils sont le résultat d’une combustion qui s’opère par des agents spéciaux, les ferments.
- Ces actes par lesquels le vulgaire caractérise habituellement la vie sont donc au fond des phénomènes de mort ainsi que nous l’avons expliqué.
- Les phénomènes de création organique, inverses des précédents, sont les vrais phénomènes vitaux, ils correspondent aux synthèses et à ce que nous appelons faussement le repos des organes.
- Ces deux ordres de phénomènes sont communs à tous les êtres vivants sans exception. L’éther sulfurique permet de les constater et de les séparer nettement. Cette substance montre également que le protoplasma en est le siège exclusif.
- Ce protaplasma est la base organique de la vie ; son existence chez tous les êtres nous montre et nous explique à la fois l’unité de la vie dans les deux règnes.
- L’action de l’éther sulfurique nous montre d’un côté l’unité de sa composition et de ses propriétés.
- Mais, si le protoplasma nous explique Y unité de la vie, il ne nous explique pas les êtres vivants, c’est-à-dire la synthèse morphologique qui coule dans un moule particulier les principes fabriqués par ce protoplasma; qui leur donne une figure et une forme déterminées ; qui en fait non seulement des règnes différents mais des espèces différentes et même autant d’individualités.
- Nous voyons simplement que la vie n’est pas liée à une forme déterminée et fixe. Elle existe dans le protoplasma où elle se réduit à la destruction et à la synthèse chimique d’un substratum. C’est donc avec raison que Cl. Bernard considère la notion morphologique comme une complication de la notion vitale.
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- La forme n’est nullement la conséquence de la nature du protoplasma. Aucune propriété de ce protoplasma ne peut servir à expliquer la morphologie d’un être vivant quelconque.
- La forme et la matière sont indépendantes. Il faut donc absolument distinguer la synthèse chimique qui est le fait du protoplasma, de la synthèse morphologique qui est le fait de l'évolution et de l'hérédité;, c’est-à-dire, qu’en dernière analyse la morphologie actuelle d’un être est la conséquence de son passé, ainsi que je l’ai déjà dit.
- Cela étant posé, il serait donc possible de changer la morphologie d’un être en modifiant d’une manière lente mais continue le milieu dans lequel il vit? Cela ne fait pas de doute, et 011 pourra par la suite arriver à donner aux êtres vivants des formes dont nous n’avons actuellement aucune idée. On changera les moules du protoplasma mais on n’en changera pas la nature.
- Sera-t-il possible de donner aux êtres vivants des formes quelconques et la nature elle-même jouit-elle de ce pouvoir?
- Non! répond la physiologie générale, il est des formes que ni l’homme ni la nature ne pourront jamais donner aux êtres vivants ainsi qu’il est facile de le montrer.
- En effet, l’indépendance de la matière et de la forme est dominée par une condition inéluctable : les exigences du conflit vital, que la synthèse morphologique doit toujours respecter sous peine de produire un être monstrueux qui ne pourra pas vivre.
- A ce point de vue, il y a une relation fatale en-la substance et la forme d’un être quelconque. C’est cette relation obligatoire à laquelle Claude Bernard, qui l’a découverte, a donné le nom de loi de construction des organismes.
- Le protoplasma, pour vivre, a besoin des cinq conditions physiques que j’ai énumérées au début de cette étude. Un être vivant est un édifice complexe formé en dernière analyse de fragments de protoplasma ou cellules. Pour que chaque cellule fonctionne, c’est-à-dire vive, il faut qu’elle trouve réunies autour d’elle les cinq conditions fondamentales de l’existence savoir : eau, chaleur, oxygène, électricité, réserves alimentaires. Que si une seule de ces conditions venait à manquer, la vie serait impossible, comme nous l’avons vu.
- Donc, une forme vitale, pour être possible, doit réaliser autour de chaque cellule ces cinq conditions primordiales. La morphologie est donc su-bordonnéé aux conditions vitales élémentaires du protoplasma. C’est précisément ce fait qu’exprime la loi de Claude Bernard, qui s’énonce ainsi : ?
- L'organisme est construit en vue de la vie élémentaire. Ses fonctions correspondent fondamentalement à la réalisation en nature et en degré
- des cinq conditions de cette vie, humidité, chaleur, oxygène, électricité, reserves.
- Lorsque la cellule est seule, comme chez les êtres monocellulaires, elle est en rapport direct avec le milieu extérieur, elle constitue un être distinct; il n’en est plus de même chez les êtres les plus élevés.
- L’organisme humain, par exemple, est une agrégation de cellules, une véritable république d’organismes élémentaires. Les conditions de la vie de chaque élément sont rigoureusement respectées et néanmoins le fonctionnement de chacun est subordonné à l’ensemble. Chaque élément est autonome, car il porte dans son protoplasma les conditions essentielles de sa vie; d’autre part, il est lié à' l’ensemble par sa fonction qui retentit sur les autres éléments, soit indirectement par le système nerveux, soit directement par son produit.
- Chaque cellule a besoin d’eau, d’air, de chaleur, etc.... Si les cellules étaient simplement
- pressées les unes contre les autres, celles qui se trouveraient au centre ne pourraient pas vivre, car elles n’auraient aucune communication avec le milieu extérieur. Pour que la vie soit possible, il faut donc que la synthèse morphologique use pour ainsi dire d’artifice en réunissant ensemble des mil lions de cellules.
- Cette vie commune est rendue possible par la création de divers appareils, de divers systèmes qui sont chargés de fonctions particulières.
- Le plus important est le système circulatoire qui contient le sang. Ce milieu intérieur, ce liquide est constamment en mouvement autour des éléments anatomiques, dont la fédération constitue l’organisme. Le sang se porte au devant de chacun d’eux. Il va chercher dans les poumons l’air qui est nécessaire à la cellule pour sa respiration. En passant dans les capillaires de l’intestin et de l’estomac, il fait provision d’alfinents préparée par la digestion et les porte à des glandes particulières, le foie, la rate, etc., qui, en véritables cuisiniers, les soumettent à de nouvelles préparations^
- Chaque cellule, sans se déranger, puise donc dans le sang l’air, l’eau et les aliments qui sont nécessaires à son fonctionnement. C’est ce que Cl. Bernard a appelé la loi de complication des organismes.
- Mais, il ne suffit pas que la cellule puisse s’approvisionner, il faut encore qu’elle puisse se débarrasser de ses déchets. C’est encore le sang qui se charge de cette fonction. Par le poumon, il rejette les produits gazeux, acide carbonique, vapeur d’eau, azote. Par le rein, il se débarrasse des produits liquides et des sels dont la dissolution constitue l’urine.
- Grâce à la circulation et à la présence de ces organes d’approvisionnement et de purification, le sang constitue un liquide toujours identique à lui-
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- même, ayant constamment la même température et la même composition. Il constitue donc bien pour les cellules le véritable milieu où elles vivent à l’abri de toutes variations : le milieu intérieur, pour employer la désignation si féconde de Claude Bernard.
- Toutes ces cellules ont donc le logement, la nourriture, le chauffage et la propreté assurés par le milieu intérieur, mais comment peuvent-elles fonctionner synergiquement, étant placées si loin les unes des autres? Comment de cette diversité infinie de fonctions pourra naître l’admirable unité, l’étonnante harmonie, qui règlent chaque acte d’un être vivant supérieur? Comment tous ces actes physiques, chimiques ou mécaniques dont chaque cellule est le siège ne se contrarient-ils pas l’un l’autre?
- C’est qu’il y a au-dessus des cellules, un surveillant général qui ne s’endort jamais, qui est prévenu à chaque instant de ce que fait chaque cellule, et qui à chaque instant imprime une direction à son activité, la réfrénant si elle est trop grande, l’activant ' si elle se ralentit.
- Cet harmonisateur qui fait travailler chaque cellule pour le bien de toutes, qui est constamment obéi avec docilité par tous les citoyens de cette république; ce président, dont l’autorité n’est pas contestée parce qu’il connaît à chaque instant les services et les besoins de chacun; ce chef suprême d’une république, qui jouit d’un pouvoir absolu parce qu’il est parfait, c’est le système nerveux. Chaque partie de l’organisme est mise en rapport avec lui, par une admirable réseau de fils télégraphiques : les nerfs. Les uns portent les renseignements : ce sont les nerfs de sensibilité; les autres portent les ordres, ce sont les nerfs de mouvement. Ces deux systèmes ne se confondent jamais : les premiers sont centripètes, les seconds, au contraire, centrifuges. Ce service, mieux compris que celui de nos chemins de fer, rend toute collision impossible.
- Le système nerveux tient tout sous sa dépendance dans l’organisme : le mouvement par les nerfs moteurs, les sécrétions par les nerfs des glandes, la circulation par le cœur, et par cela même, son propre fonctionnement à lui, car les relations du cœur et du cerveau ne sont pas seulement une fiction poétique, elles constituent une sublime réalité comme le démontre la physiologie.
- Mais le système nerveux ne tient pas seulement sous sa dépendance les phénomènes signalés ci-dessus et qui sont d’ordre pour ainsi dire plus particulièrement vital; il commande également, phénomène plus étonnant encore, aux réactions purement chimiques elles-mêmes. Ses ordres influencent la chimie de la digestion. Qui ne sait qu’une émotion, phénomène purement nerveux, peut produire une indigestion? Qui ignore qü’une violente colère exagère la sécrétion de-, la bile et que la locution
- populaire : se faire de la bile, est également une réalité physiologique.
- La même démonstration est fournie par l’expérimentation. Une piqûre de cette partie du système nerveux qu’on appelle le plancher du 40 ventricule, fait secréter du sucre et produit la maladie connue sous le nom de diabète, ainsi que l’a montré Claude Bernard. Une irritation d’une partie voisine donne l’albuminurie ou hydropisie.
- D’admirables recherches sur le système nerveux poursuivies actuellement au Collège de France par mon maître, M. le professeur Brown-Séquard, montrent l’influence considérable du système nerveux sur les phénomènes chimiques. Qu’il me suffise de citer les principales. Certaines lésions arrêtent toutes les combustions organiques avec persistance de la vie et de l'activité cérébrales. J’ai vu, en assistant chaque jour le célèbre physiologiste, des animaux vivre, et conserver l'intelligence pendant plus d'une heure, sans avoir ni poumons ni cœur et dont la température tombait au niveau de la température ambiante, uniquement sous l’influence du système nerveux.
- Certaines lésions amènent la putréfaction cadavérique une heure après la mort; d’autres au contraire au bout de quarante-sept jours seulement, à la volonté de l’opérateur. — En touchant au système nerveux on peut amener l’algidité du choléra ou au contraire donner la fièvre la plus ardente.
- La chaleur animale est donc elle-même sous l’influence du système nerveux.
- C’est lui qui règle la chaleur, c’est lui qui donne la fièvre; c’est sous son influence qu’apparaissent certaines maladies, c’est encore lui qui produit parfois les guérisons miraculeuses exploitées par les diverses religions (paralysies hystériques). La physiologie a donc le droit .de dire aux médecins qu’il n’y a que du sang et des nerfs dans tout homme malade, et que la guérison ne peut être obtenue qu’en s’adressant à l’un ou à l’autre. La pratique justifie pleinement ces déductions, témoins les travaux si précis de Pasteur pour les maladies infectieuses, et ceux des névrologistes modernes pour le système nerveux.
- Tous les détraquements de l’organisme sont précédés ou accompagnés de modifications profondes dans la production de la chaleur. La fièvre qui n’en est que l’exagération, est le plus fréquent de ces symptômes, l’algidité qui constitue la diminution caractérise toute une autre classe de maladies dont le choléra est le type.
- Enfin, le système nerveux a le pouvoir de modifier la production de la chaleur dans les parties limitées de l’organisme; c’est ce que l’on appelle, en pathologie, les inflammations. Cela tient à l’indépendance de chaque partie de l’organisme relativement à ses voisines, à l’existence du système vasomoteur, découvert par Cl. Bernard. Le système
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- nerveux, en excellent chef d’Etat, laisse aux cellules leur individualité et leur indépendance propres, tout en faisant concourir l’activité de chacune d’elles au bien commun de la république organique.
- On voit donc que les différents tissus, organes, appareils ou systèmes n’ont pas leur raison d’être en eux-mêmes, et qu’ils ne sont pas non plus le résultat du caprice d’une nature artiste.
- Les systèmes sont faits pour la cellule, de manière, à réaliser toujours autour d’elle, malgré la complication de l’échafaudage morphologique, les conditions qui sont nécessaires à son fonctionnement.
- Dans le corps humain, les différents systèmes (respiratoire, circulatoire, digestif, etc.) sont comparables aux usines différentes dans la Société, usines qui fournissent à chaque individu les moyens de se vêtir, de se chauffer, de s’alimenter, etc. La loi de construction des organismes est donc dominée par les lois de la vie cellulaire. Çela posé, il est facile de concevoir ce que doit être la science physiologique. On voit tout de suite qu’elle se divise en deux grandes branches :
- i° La physiologie générale, qui étudie la vie indépendamment des formes vivantes. C’est, on le comprend, la partie de la science qui est de beaucoup la plus importante, et
- 20 La physiologie descriptive qui s’occupe des formes et des mécanismes vitaux.
- Cette seconde partie de la physiologie peut elle-même se subdiviser en physiologie comparée qui étudie les formes différentes des mécanismes vitaux chez les divers animaux. .
- Chez tous les êtres vivants, il y a quelque chose d’identique et quelque chose de différent. Ce qui est identique, c’est le fonctionnement du protoplasma; son étude appartient à la physiologie générale; ce qui est différent, c’est la morphologie, et, par suite, les mécanismes vitaux, dont l’étude appartient à la physiologie descriptive et comparée.
- Le physiologiste a le droit de conclure des animaux à l’homme et des animaux entre eux, pour tout ce qui concerne les propriétés générales de la vie. Il n’en est plus de même en ce qui concerne les mécanismes vitaux qui sont particuliers. Comme le dit Bernard, il faut bien distinguer les propriétés qui appartiennent aux éléments, et qu’enseigne la physiologie générale, et les fonctions qui appartiennent aux mécanismes et qu’enseigne la physiologie descriptive et comparée. On peut généraliser pour ce qui tient aux propriétés; on ne le peut qu’après examen et conditionnellement pour ce qui concerne les fonctions.
- Ainsi qu’on le voit, la physiologie ne diffère en rien de toutes les sciences expérimentales.
- Comme elles, elle a pour but définitif l'action.
- Comme elles, elle a pour principe le détermi-
- nisme physico-chimique. Tous les phénomènes vitaux sont des phénomènes d’ordre physico-chimique.
- Si l’essence de ces phénomènes est la même, s’ils obéissent aux mêmes lois générales dans les corps vivants et dans les corps bruts, il ne faut pas oublier que chez les êtres vivants la modalité est différente.
- Il n’y a pas de physique ou de chimie organique, mais il existe une physique et une chimie des organismes dont on ne peut arriver à découvrir les procédés qu’en possédant à la fois le sens physiologique et la connaissance parfaite des moyens d’investigation qui appartiennent à la physique et à la chimie.
- C’est pourquoi j’ai jugé utile de faire précéder l’exposé de mes recherches en physique biologique de ces considérations générales sur l’idée que l’on doit se faire de la vie et des êtres vivants.
- Un problème bien posé est à moitié résolu : ce problème devient un axiome en biologie.
- En étudiant un phénomène vital quelconque, il faut avoir la certitude que ce phénomène rentre dans les lois de la dynamique générale; mais il faut aussi être non moins convaincu qu’on va trouver un mécanisme ou un procédé spécial à l’être vivant, surtout s’il s’agit d’un acte chimique.
- Je voudrais qu’à la suite de ces considérations le lecteur demeurât bien convaincu de ces deux vérités :
- i° Qu'il y a corrélation des forces physiques et des forces vitales, c’est-à-dire que tous les phénomènes vitaux ne sont que des transformations des forces physico-chimiques, et
- 20 Que ces procédés de transformation, tout en obéissant aux lois de la dynamique générale, sont spéciaux aux êtres vivants, et que leur étude doit constituer une science spéciale : la physique biologique.
- {Fin de l'introduction.) Dr A. d’Arsonval
- BIBLIOGRAPHIE
- Leçons sur l’Electricité et le Magnétisme, par MM. Mas-cart et Joubert. (G. Masson, éditeur, boulevard Saint-Germain.)
- Cet important ouvrage a paru il y a déjà quelque temps, ét nous sommes en retard pour en donner l’analyse. Cela tient principalement à ce qu’il porte en sous-titre : Tome I. — Phénomènes généraux et Théorie, et que la préface renferme cette phrase :
- « Cet ouvrage..... comprendra deux parties : la
- « première, principalement théorique, qui forme le « présent volume ; la seconde, d’un caractère plus « expérimental, dans laquelle nous examinerons les
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- « différents phénomènes, les méthodes de mesure « et les principales applications. »
- Dès lors, nous avions pensé que la publication du second volume suivrait de près celle du premier, et qu’il valait mieux attendre ce moment pour rendre compte de l’ouvrage entier. Il peut y avoir en effet un inconvénient à agir autrement, car on peut trouver dans le premier volume d’une publication scientifique des desiderata, susceptibles d’être remplis dans le second, et. l’on peut être ainsi conduit à donner des appréciations injustes.
- Notre crainte à cet égard était d’autant plus grande que, dans l’espèce, et relativement à la nature même de l’ouvrage que nous examinons, nous ne partageons nas l’opinion des auteurs sur le mode d’exposition qu’ils ont cru devoir adopter. Dans un traité d’électricité et de magnétisme, qui porte le nom de Leçons, et qui, par suite, est un ouvrage d'enseignement, et même d’une manière plus générale dans un traité de physique quelconque, séparer la théorie pure de l’examen des phénomènes et des méthodes de mesure, ne nous semble pas avantageux et nous paraît même dangereux. D’abord, il est impossible de ne pas composer ainsi une œuvre fort aride, et, en second lieu, on semble oublier ainsi que la physique, et même la mécanique, toute rationnelle qu’on la nomme, sont des sciences expérimentales, c’est-à-dire qu’elles s’appuient sur des principes qui ne sont nullement des axiomes a priori, mais des faits d’expérience qu’on généralise par une induction dont la légitimité n’est que probable; cette probabilité ne s’approchant de la certitude qu’au fur et à mesure que les conséquences logiques des principes admis provisoirement se trouvent vérifiés par l’expérience.
- Lorsqu’on produit un travail purement scientifique, un mémoire sur un point particulier, on peut choisir entre plusieurs méthodes d’exposition : la méthode expérimentale de Coulomb et de Faraday, la méthode mathématique de Poisson et de Green, et enfin la méthode mixte, qui nous paraît être la vraie méthode du physicien, celle qui fait marcher de front la théorie et l’expérience, et dont nous trouvons des modèles immortels dans les œuvres de Newton et de Fresnel. Mais quand on veut faire une œuvre d’enseignement, un traité sur une partie de la physique telle que l’électricité et le magnétisme, si l’on se propose non pas d’écrire un iivre élémentaire, mais un livre à la hauteur du niveau actuel de la science, nous pensons qu’on n’a ^pas le choix, si l’on veut être à la fois clair, précis et intéressant, et qu’il faut adopter la méthode d’exposition mixte, en combinant dans une juste mesure les faits et la théorie. Sans doute ce n’est pas facile, et cette juste mesure est difficile à trouver, mais c’est à ce prix seulement qu’on fait une œuvre pédagogique durable.
- Les auteurs de l’ouvrage dont nous parlons pourraient objecterai est vrai, qu’ils s’adressent, comme ils disent, à des physiciens, c’est-à-dire à des hommes qui connaissent déjà les questions traitées dans le livre ; qu’ils se sont proposé surtout de présenter des choses connues d’une certaine manière; qu’ils ont « cherché à mettre en relief les vues profondes « introduites dans la science par Faraday et si « heureusement développées par Clerk Maxwell, « sur la considération des lignes de force et sur « le rôle d’un milieu intermédiaire dans les actions « électriques et magnétiques.... »
- Cet argument a certainement sa valeur, mais il ne nous paraît pas irréfutable, et il nous suffit, pour le montrer, de nous reporter à l’un des ouvrages mêmes auquel les auteurs ont fait, ainsi qu’ils le reconnaissent avec empressement, de nombreux emprunts, au traité de Clerk Maxwell. A coup sûr Maxwell est avant tout un théoricien et un mathématicien ; son livre a été fait pour des personnes déjà au courant de l’électricité expérimentale et mathématique ; on peut affirmer sans crainte d’être démenti qu’il fait prédominer le point de vue mathématique sur le point de vue physique : cependant dans les deux volumes de son ouvrage il s’est bien gardé de séparer complètement l’exposition des faits et des méthodes de mesure des développements théoriques, il les a sinon réunis du moins juxtaposés de façon à tempérer, autant que la nature de son esprit le lui permettait, l’aridité et la difficulté de son exposition théorique par la description des phénomènes. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce sujet ici même, car le traité de Maxwell est enfin traduit en français et va être prochainement publié ; il nous suffît pour le moment de faire remarquer que l’éminent électricien composant un ouvrage didactique n’a pas cru pouvoir se soustraire complètement au mode d’exposition mixte dont nous avons parlé.
- Faute de l’avoir employé, MM. Mascart etjou-bert ont fait un livre qui, malgré tout l’intérêt qu’il offre est d’une lecture très fatiguante : c’est une impression que nous partageons avec beaucoup de leurs lecteurs.
- Mais enfin laissons ce point et prenons le livre tel qu’il est.
- Nous avons à lui adresser une autre critique qui dérive de la précédente.
- On lit dans leur préface les lignes suivantes : « ... Ayant surtout pour but d’être utiles aux phy-« siciens, nous avons fait tous nos efforts pour « simplifier les démonstrations sans sacrifier la « rigueur des raisonnements. Les parties qui exi-« gent une analyse d’un caractère plus élevé, et « qui sont d’ailleurs faciles à distinguer, pourront « être passées sans inconvénient à une première « lecture; dans la plupart des cas, elles ne sont pas « indispensables pour suivre le développement de
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- « la théorie... » Et ils ont effectivement fait ce qu’ils annonçaient ainsi.
- Eh bien, qu’il-nous soit d’abord permis de faire remarquer que ceci n’est pas très flatteur pour les physiciens, à moins qu’il n’en soit d’eux comme des fagots et qu’il n’y ait lieu d’en distinguer plusieurs espèces. A qui donc s’adresse le livre? Nous avons eu beau chercher, nous n’y avons rien trouvé qui ne fût à la portée d’un licencié ès sciences sérieux. Nous ne pensons pas qu’on puisse donner aujourd’hui le nom de physiciens à des gens qui ne sauraient pas la mécanique, et qui reculeraient devant une intégrale triple surtout quand elle n’est pas plus compliquée que celles renfermées dans l’ouvrage dont nous parlons.
- En second lieu, simplifier les démonstrations sans sacrifier la rigueur des raisonnements est une tâche très ardue et souvent fort dangeureuse. Sans doute les auteurs y sont parvenus en plusieurs endroits, en se servant notamment, par exemple, de procédés indiqués parM. J. Bertrand, mais ils n’ont certainement pas toujours réussi. Je ne parle pas d’un certain nombre d’erreurs manifestes qui ont été relevées, qui ont sans doute pour'cause la hâte avec laquelle l’ouvrage a été publié après l’Exposition d’électricité, et qu’il sera facile de faire disparaître dans une seconde édition ; mais de certaines théories de Maxwell et de M. Thomson qui sont vraiment simplifiées au point de manquer de rigueur, et qui dès lors laissent dans l’esprit du lecteur qui ne connaît pas l’ouvrage original un vague qui ne saurait le satisfaire. Pour ne citer qu’un seul exemple, il nous paraît douteux qu’on retire de la lecture de l’ouvrage de MM. Mascart et Joubert, une vue suffisamment précise de l’enchaînement serré des idées qui ont conduit Maxwell à ce qu’il appelle la théorie du déplacement électrique.
- C’est qu’il y a vraiment des choses qu’on ne peut pas simplifier, parce qu’elle sont en elles-mêmes à la fois complexes et obscures, et puis, véritablement les parties qui, suivant l’expression des auteurs, « ne sont pas indispensables pour suivre le développement de la théorie » devraient être en notes ou en appendice, sans quoi elles obscurcissent le développement des idées.
- Nous aurions encore d’autres critiques à formuler.
- Ainsi pour une œuvre aussi difficile à faire dans l’état actuel de la science, qu’une sorte d'Essai sur la théorie mécanique de l'Électricité, il nous semble qu’on ne saurait trop mettre en évidence et indiquer avec trop d’insistance les principes sur lesquels on essaye d’édifier une pareille théorie, d’en éclaircir la nature, d’en préciser autant que possible le caractère, d’en discuter la valeur relative, d’examiner à quel nombre minimum il serait possible de les réduire..., etc. Et dans ce but, il paraît indispensable de rappeler avec soin, si rapide-
- ment que ce soit, les principaux phénomènes qu’on suppose connus des lecteurs. Consacrer à cet objet neuf pages à peine sur plus de 700, est-ce vraiment assez? Certainement non. Cette sorte de lacune que nous signalons ici n’existe pas dans le traité de Maxwell dont nous avons déjà parlé, et si l’on peut discuter la manière dont elle y est remplie, du moins le savant Anglais a jugé nécessaire d’y employer plusieurs chapitres importants.
- Ajoutons encore que la plan de l’ouvrage ne semble pas très clair, certains chapitres comme celui qui est relatif aux unités électriques, et celui des sources d’électricité auraient gagné à être placés ailleurs, ou même disséminés tout le long du livre.
- Enfin pour finir par une critique d’un autre genre, nous craigno’ns que d’après la manière dont est traité l’électro-magnétisme, les auteurs ne paraissent être un peii injustes à l’égard d’Ampère. On nous trouvera peut-être un peu susceptible à cet égard, mais les mémorables travaux de notre grand physicien ne nous semblent pas ressortir de la lecture de cette partie de l’ouvrage avec leur haute et indiscutable valeur. Qu’après avoir exposé ces travaux et leurs conséquences, on cherche à retrouver la formule d’Ampère en suivant une marche inverse, en indiquant les propriétés de ce qu’on nomme des feuillets magnétiques, et en assimilant un courant fermé à un feuillet magnétique, rien de mieux; mais à notre avis cette dernière méthode est tout à fait indirecte, elle présente un certain degré d’obscurité et elle ne doit pas être mise en première ligne.
- Quoi qu’il en soit de ces critiques que nous ne poursuivrons pas plus loin, nous sommes certains qu’on ne se méprendra pas sur leur signification : elles montrent l’importance qu’on attache à l’ouvrage qui en est l’objet. Et si la critique en ces matières n’est pas aisée, les auteurs pourraient surtout ici alléguer que l’art est fort difficile.
- Ce 11’est pas douteux. Dans l’état actuel de nos connaissances en électricité, essayer, même en s’appuyant sur les travaux de savants tels que C. Maxwell,.Helmholtz, W. Thomson...., de constituer une sorte de théorie mécanique de l’électricité et du magnétisme, est une entreprise hardie qui exige avec beaucoup de savoir, un certain courage, bien qu’on n’ait pas la prétention de réussir du premier coup. Oser le tenter est déjà beaucoup : car tous ceux qui ont quelque expérience de l’enseignement de l’électricité, et qui sont assez consciencieux pour ne pas chercher à faire voir blanc à leurs auditeurs ce qui n’est que gris, savent la difficulté qu’il y a à exprimer en cette matière des choses simplement vraisemblables dans un langage rigoureux. Et encore, lorsqu’on fait des leçons, on a comme aides la craie,' le tableau noir, les gestes, les regards, une expérience, un appareil.... que
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- sais-je? On peut exprimer nettement une conviction, si on en a, expliquer convenablement ses doutes dans le cas contraire. Mais quand il s’agit de traiter ex professo d’électricité, de magnétisme et d’électro-magnétisme dans un livre de plusieurs centaines de pages ! en petits caractères noirs qui ressortent sur du papier blanc ! en employant des mots et des phrases qu’on ne peut plus changer ! Il y a là, ce nous semble de quoi effrayer les plus' braves, et il faut être sûr, vraiment sûr de ce qu’on écrit, pour ne pas reculer.
- Dans tous les cas, il est certain que l’ouvrage dont nous parlons est extrêmement intéressant, en' ce qu’il présente, réunies systématiquement un ensemble de connaissances qu’on ne peut acquérir que par la lecture de nombreux mémoires disséminés dans divers recueils, et dans plusieurs ouvrages étrangers. Son utilité n’est pas douteuse et le succès qu’il a eu montre qu’il répondait à un besoin réel. Nous aurons d’ailleurs l’occasion d’y revenir quand paraîtra le second volume.
- E. Mercadier.
- FAITS DIVERS
- A ICirkwall, capitale des îles Orcades, l’aurore boréale des 17 et 18 novembre a été d’une splendeur incomparable, écrit un habitant de l’endroit. Par instants, tout le ciel était brillamment illuminé.
- En Italie, l’aurore boréale du mois de novembre a été observée aux observatoires d’Ivrea, de Venise, de Rome, de Moncalieri, de Suse, d’Alexandrie.
- Éclairage électrique
- En Angleterre, les corporations des villes de Leeds, Li-verpool, Manchester, Bradford, Wigan,Stockport,Stockton, Southport, Leamington, Burton-upon-Trent, Blackpool, Bootlecum-Linacre, Sheffield, Darlington, Oldham, Accri'ng-ton, Rochdale, Batley, Bolton, Halifax, Reading, Preston, Birkenhead, Nottingham, Leicester, Keighley, Beecles, Chi-chester, Plymouth, Brighton, Neweastle-on-Tyne, Truro, Norwich, Blackburn, Bath, Douvres, Portsmouth, Scarborough, Over-Darwen, Winchester, South-Shields et Carlisle ainsi que les « Boards » locaux et autres autorités des villes de Beckenham, Folkestone, Grantham, Weston-super-mare, Malvern, Ulverston, Altrinckam, Cambridge, Todmorden, Aspull, West Hartlepool, Buxton, Ilucknall, Torkard, Wal-lasey, Pudsey, Chadderton, Colchcster, Birkdale, East Sto-nehouse, Farnworth, Nelson et Barton, Eecles, Winton et Monton s’adressent en ce moment au Board of Trade, pour en obtenir conformément à l’Electric Lighting Act de 1882 les pouvoirs nécessaires en vue de l’éclairage de ces villes par l’électricité.
- A Birmingham, pendant la dernière exhibition de bestiaux, une installation de lumière électrique a été faite par les Solar Works. Des lampes Edison ont été alimentées par deux machines dynamo-électriques Edison.
- Un des beaux châteaux de l’Angleterre, Berechurch Hall près de Colchester, dans le comté d’Essex, résidence de M. Coope, membre du parlement, est éclairé par l’électricité. MM. Crompton et C° y ont installé deux cents lampes Swan (de 59 volts). Le courant est fourni par une machine Crompton-Biirgin d’un nouveau modèle, actionnée par un moteur Davey-Paxman.
- Pendant toute sa durée, l’exposition technique de Bradford qui vient de fermer a été éclairéé à l’aide de l’électricité par les soins de la Yorkshire Brush Electric Light and Power Company de Leeds.
- A Londres, le grand hall du Cannon-Street Hôtel va être éclairé par l’électricité.
- La ville d’Arbrodth, dans le comté de Forfar, en Ecosse, a reçu des offres de la part des Compagnies Brush, Swan et Hammond en vue de l’éclairage des rues et places par l’électricité. Ces trois Compagnies vont s’assurer des autorisations nécessaires.
- A Aberdeen (Ecosse), seize - lampes Brush ont,été installées ' dans Castle-Street, une partie d’Union-Street, dans Market-Street et Guild-Street. Trois lampes Brush ont aussi été placées dans la salle publique des bâtiments municipaux. Ces installations ont été faites par la Brush Electric Light and Power Company of Scotland.
- A Bridgeton, en Ecosse, la Universal Electric Company vient d’installer au Bridgeton Cross une lampe à arc Akes-ter.
- A Saint-Pierre, près de Newcastle-on-Tyne, les fonderies Hawthorne sont éclairées à l’aide de trente-deux lampes Brush,, installées par l’Hammond Electric Light and Power Company.
- A Port-Elizabeth, ville de la colonie du port de Bonne-Espérance, des essais d’éclairage électrique ont été faits par la South African Brush Electric Light and Power Company. Trois lampes Brush ont été placées dans le Market Square et trois autres sur la colline.
- La Swan Incandescent Electric Light Company vient de s’installer à Boston; ses ateliers sont situés dans Hampden Street.
- Depuis le 10 octobre, la ville de Surate, dans l’Indoustan, est éclairée par l’électricité.
- A Dunedin (Nouvelle-Zélande), le salon de lecture du Watson Hôtel est maintenant éclairé avec des lampes Swan.
- A Melbourne (Australie), plusieurs grands magasins sont maintenant éclairés à la lumière électrique.
- A Rome, le piazzale qui se trouve autour de la gare des chemins de fer va être éclairé à la lumière électrique.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 34008
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 5i, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL Admtnistrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- 4* ANNÉE (TOME VII) SAMEDI 30 DÉCEMBRE 1882 N» 52
- SOMMAIRE
- Les bobines d’induction à étincelles; Th. du Moncel. — A propos des expériences faites à l’Exposition d’électricité sur les divers foyers électriques ; Frank Geraldy. — Sur un petit moteur électrique ; Marcel Deprez. —' Éclairage électrique de magasins à Paris; C.-C. Soulages. —La lumière électrique appliquée aux signaux de la’ marine ; A. H. Noaillon. — La machine Maquaire ; Aug. Guerout. — La propriété industrielle à l’Exposition d’Amsterdam en i883; O. Kern. — Mesures photométriques approchées des intensités lumineuses dû soleil, de la lune, des étoiles et de foyers électriques ou autres lumières artificielles; Sir William Thomson. — Revue des travaux récents en électricité : Sur les courants produits par les nitrates en fusion ignée, au contact du charbon porté au rouge par M.Brard. — Méthode pour la détermination de l’ohm, par M. G. Lippmann. — Déformation électrique du quartz par MM.. J. et P. Curie. — Dynamomètre de MM. Silver et Gay. — Correspondance : Lettre de M. A. Gravier. — Faits divers.
- LES BOBINES D’INDUCTION
- A ÉTINCELLES
- Dans un article publié dans le numéro du 16 juillet 1881 de La Lumière Électrique, j’ai fait un résumé historique de la découverte des bobines d’induction à étincelles, et je montrais que ces bobines existaient en Amérique dès l’année i836, et qu’à l’époqüe où M. Ruhmkorff avait construit en France ses premières bobines, qui attirèrent si vivement l’attention des savants, c?est-à-dire en i85i, M. Page en expérimentait une qui donnait des étincelles de huit pouces de longueur, alors que celles des bobines du constructeur français n’atteignaient que 2 à 3 millimètres au plus ; j’avais annoncé que je décrirais quelque jour cette machine, et je vais aujourd’hui remplir ma promesse, en accompagnant ma description d’un dessin authentique.
- La bobine d’induction du professeur Page consistait, dans l’origine, en une spirale plate de ruban de cuivre, et n’avait pas dé noyau magnétique. Bien qu’à cette époque, l’effet avantageux des noyaux magnétiques, par rapport à l’accroissement d’énergie des courants induits, fût
- connu, M. Page n’avait pas eu recours à leur action, parce qu’il avait observé que cet effet avantageux n’était réel que quand la spirale était formée avec un fil cylindrique. Il était en effet à peu près insignifiant avec les hélices qu’il employait. Du reste dans les autres machines qu’il fit construire, et notamment dans celles de i838 et de i85o, il abandonna les spirales plates et disposa ses bobines à peu près comme elles le sont aujourd’hui.
- Dans la machine de i838 construite pour étudier spécialement les effets statiques des courants secondaires et que nous représentons ci-dessous, les circuits primaires et secondaires étaient isolés et indépendants l’un de l’autre; ils étaient entortillés sur un faisceau de fils de fer. L’interrupteur était constitué par une longue tige E articulée comme le fléau d’une balance à bras inégaux, portant d’un côté une armature de fer doux G, mise en regard de l’un des pôles du faisceau magnétique, et plongeant de l’autre côté, par l’intermédiaire de deux appendices métalliques, dans deux godets de verre N et M contenant de l’alcool superposé à du mercure. Ces godets étaient mis en rapport avec les deux extrémités du circuit inducteur, et étaient réglés de manière à ce que ce circuit ne fût interrompu qu’au moment où l’attraction de l’armature par le noyau magnétique était à son maximum, afin d’obtenir Une neutralisation plus brusque des forces magnétiques et d’augmenter par cela même la tension du courant secondaire. Pour occuper le moins de place possible et cependant avoir un champ assez grand pour les oscillations des appendices interrupteurs du courant, la tige articulée E était recourbée au dessus et parallèlement à l’axe de la bobine, et c’était aux deux extrémités de celle-ci qu’étaient fixés les deux godets dont nous avons parlé. Enfin un petit levier O muni. d’un contre-poids F, mobile sur un pas de vis, était fixé sur l’axe d’articulation K de la tige oscillante et fournissait à l’action électro-magnétique une force antagoniste qui pouvait être réglée en éloignant ou en rapprochant le contre-poids de l’axe d’oscillation. Ce système d’interrupteur, comme on le voit,
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- La lumière électrique
- ressemble beaucoup à celui de M. Foucault aujourd’hui adopté pour les grands appareils d’induction.
- Les fils des deux hélices étaient assez isolés pour fournir des effets de tension très remarquables, que M. Page énumère de la manière suivante :
- « i° Le courant secondaire était si intense qu’il se fit sentir à travers une table et un plancher, et chargea une bouteille de Leyde. Avec un seul couple thermo-électrique (bismuth et antimoine), la commotion put se faire sentir jusqu’au poignet.
- « 20 Quand une des électrodes était brusquement séparée de l’autre, une étincelle brillante d’un demi pouce de longueur était obtenue.
- « 3° Quand l’interrupteur était mis en mouvement, on put voir passer l’étincelle à travers les solutions de continuité du circuit au rhéotome, et ces solutions de continuité avaient près de 3/i6 de pouce.
- On put même faire passer des étincelles à travers une solution de continuité du circuit secondaire de 1/16 de pouce sous l’influence d’un élément de Grove, et cette étincelle acquérait une longueur de 4 pouce*& et demi dans un tube vide.
- « 4° Les commotions produites par le courant étaient pénibles avec les mains sèches et le courant primaire; mais elles devenaient douloureuses avec le courant secondaire, même en ne touchant le circuit que du bout des doigts.
- « 5° La décharge du courant secondaire put faire dévier fortement l’électroscope à feuilles d’or sans l’intermédiaire d’un condensateur; elle put également fournir à la pointe d’un charbon de bois fixé sur la boule d’une bouteille de Leyde une lumière brillante, et on put obtenir une lumière diffuse d’une étendue d’environ un demi - pouce, quand la décharge se produisait à la surface d’une lame métallique brillante.
- « 6° Enfin on put, avec le courant secondaire, produire une lumière brillante entre deux pointes de charbon de bois, décomposer l’eau et provoquer au sein de ce liquide des décharges crépitantes dans lesquelles les extrémités des deux fils
- étaient lumineuses, l’une d’une manière continue, l’autre d’une manière intermittente. »
- L’appareil de M. Page de i85o était établi sur une très grande échelle et était mis en action par une pile de Grove d’une très grande puissance. Il nous suffira, pour donner une idée des effets électro-magnétiques mis en jeu dans cet appareil, de dire que l’une des hélices put enlever dans son ouverture centrale et maintenir suspendue sans aucun support une barre de fer pesant 1 040 livres. Ces hélices étaient faites avec du fil carré de de 1/4 de pouce d’épaisseur, en cuivre très pur et la batterie voltaïque se composait de 5o à 100 couples de Grove dont les plaques de platine présentaient 100 pouces carrés de surface immergée.
- Les expériences faites avec cet appareil ont montré, entre autres résultats curieux, que le temps nécessaire pour élever le courant à son maximun variait, suivant les circonstances, de
- 1 /6 de seconde à
- 2 secondes, et
- que sa neutralisation s’effectuait dans le même temps. Les bobines ayant eu leur circuit fermé après que la batterie eut été retirée du circuit, puis ouvert au bout d’une demi seconde, le courant existait encore dans le circuit. Ces temps d’effets maxima étaient un tiers ou moitié moindres quand il n’y avait pas de barre de fer dans les hélices. *
- Avec cet appareil, la longueur des étincelles du circuit secondaire était remarquable. Quand le courant pouvait atteindre son maximum, elle mesurait à peu près huit pouces de longueur par la disjonction brusque des extrémités du circuit induit. Il est vrai que quand cette disjonction s’effectuait lentement, les étincelles étaient beaucoup plus courtes, mais elles étaient plus larges et se présentaient sous forme de flamme. Une particularité assez curieuse constatée dès cette époque par M. Page et qui devait être découverte plus tard, en i855, par M. Rhyke, c’est que quand le circuit inducteur était interrompu à plusieurs pieds de l’aimant, l’étincelle n’était accompagnée que d’un bruit très faible ; mais ce bruit augmentait à mesure que le point d’interruption du circuit se rapprochait de
- BOBINE D’INDUCTION DE M. PAGE
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- l’aimant, et il devenait égal à celui d’un coup de pistolet quand le circuit était interrompu sur les pôles de l’aimant lui-même. Dans ces conditions, l’étincelle s’épanouissait jusqu’à avoir la grandeur de la paume de la main, et elle semblait obéir à la même action rotative ou tangentielle que le conducteur lui-même.
- Il est réellement extraordinaire que des effets aussi importants aient été ignorés eii Europe alors qu’en i85i on s’occupait avec tant de curiosité de la bobine' de Ruhmkorff qui était alors à l’état d’embryon. *
- Tu. du Moncel.
- A PROPOS DES EXPÉRIENCES
- FAITES A L’EXPOSITION D ’ Ê L E C T RI C I T É
- • SUR LES DIVERS
- FOYERS LUMINEUX ÉLECTRIQUES
- PAR MM. ALLARD, JOUBERT, F. I.E BLANC, POTIER ET H. TRESCA
- Dans les numéros des 18 et 25 novembre, 2 et 9 décembre derniers, nous avons reproduit les communications faites à l’Académie des sciences, par MM. Allard, Joubert, F. Le Blanc, Potier et H. Tresca, au sujet de leurs expériences sur les foyers électriques.
- A la fin de leur seconde communication (25 novembre), les expérimentateurs ont indiqué quelques conclusions; mais ils ont eu soin d’abord de formuler la réserve que voici : « Nous ne saurions apporter trop d’insistance à faire remarquer qu’il ne s’agit pas ici d’établir la supériorité de tel ou tel système; une pareille détermination ne pourrait résulter que d’un très grand nombre de déterminations assez variées à l’égard de chacun de ces systèmes pour établir avec certitude les conditions qui produisent le maximum d’effet. Ici nous avons accepté les conditions qui nous étaient offertes par chaque installation, et . nous ne pouvons avoir d’autre but que de faire connaître, d’une manière un peu moins incertaine que par le passé, les données habituelles de la pratique. »
- Ces conditions variables ainsi forcément acceptées, ont eu forcément pour résultat d’introduire dans les expériences un manque d’homogénéité qui rend assez difficile de tirer des conclusions positives. Les résultats sont cependant très intéressants, et leur étude est fructueuse; comme elle est en même temps assez laborieuse, il nous a paru utile de soumettre au lecteur les réflexions qu’ils nous ont inspirées.
- Les études sont divisées en quatre séries, régulateurs à courant continu, foyers à courant alternatif, bougies, lampes à incandescence.
- Mais dans toutes les expériences entrent trois éléments distincts, machines génératrices, circuit conducteur, foyer électrique; l’influence de ces divers éléments, au moins de deux d’entre eux, les machines et les lampes, demanderait à être étudiée à part.
- L’un de ces éléments, le circuit conducteur, pourrait être éliminé, ou du moins son influence pourrait être rendue faible et constante, de façon a n’avoir pas à en tenir compte, les expériences seraient plus comparables; les expérimentateurs n’ont pas pu réaliser ce désidératum, les résistances des circuits inertes ont beaucoup varié. On a pris, il est vrai, le soin de calculer à part le travail dépensé dans les lampes, mais les installations n’en sont pas moins placées au point de vue de la machine dans des conditions différentes.
- En ce qui concerne les machines, un chiffre intéressant est celui du rendement mécanique total; • ce rapport n’est pas celui qu’on désigne sous le nom de rendement économique et il convient de les distinguer avec soin. Celui que nous fournit le document est le rapport entre le travail électrique total obtenu, y compris celui qui s’absorbe en chaleur dans la machine, et le travail mécanique total dépensé ; ce nombre mesure la valeur de la machine comme transformateur de force dans les conditions où elle est placée. Il importe en effet de remarquer que ce rapport change suivant la somme de travail que l’on demande aux appareils, il pourrait devenir très favorable, quelle que fût la machine, si on la maintenait sur un circuit très résistant et, par conséquent, à une faible intensité il n’a de signification que si la machine est en travail réel et absorbe toute la somme de force qu’elle est destinée à utiliser.
- Dans presque tous les cas, le chiffre du rendement mécanique total est très bon et confirme pleinement ce qu’on savait déjà, c’est-à-dire que la machine dynamo-électrique en général est un outil très parfait. La proportion la plus faible est de 0,62; elle se présente pour une machine de Gramme alimentant 3 lampes, ce chiffre extrêmement bas était dû à un vice accidentel de construction et doit être écarté ; le rapport est en général placé entre o,85 et 0,95, il s’élève jusqu’à 0,97 pour la machine Jurgensen, et ce chiffre est d’autant plus intéressant que la machine absorbait un travail mécanique de 21, 68 chevaux vapeur, quantité très sérieuse et qui permet de penser que la machine était bien en travail. D’après ce résultat il y aurait lieu d’étudier de près cet appareil.
- Les résultats utiles sont souvent en discordance avec le rendement mécanique. Ces résultats sont surtout mesurés par deux chiffres : le nombre de carcels obtenu par cheval mécanique, le nombre de carcels par cheval d’arc. Ce dernier mot veut une définition; les auteurs du travail nomment ainsi l’éner-
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- gie dépensée dans les lampes ; ce n’est pas tout à fait dans les arcs, ainsi qu’ils l’indiquent dans le rapport, puisque pour l’évaluer il ont pris, à ce qu’il semble, les différences de potentiel aux bornes des des lampes; le travail exprimé en cheval d’arc comprend donc la dépense d’énergie dans les électro-aimants, solénoïdes, et en général dans tous les organes du brûleur, en même temps que la dépense dans l’arc : il est vrai que celle-ci est de beaucoup la principale.
- En comparant les chiffres dans l’ordre où ils sont disposés dans le tableau (p. 485), on est frappé du peu de variation que présente cette ligne « chute de potentiel à la lampe. » Pour des intensités lumineuses variant de 966 carcels à 52 carcels, la différence des potentiels varie seulement de 41 volts à 58 volts (sauf une exception pour . la lampe Weston qui ne demande que 32 volts), c’est donc le facteur intensité qui éprouve les grandes variations; comment le fait-il, est-ce par les différences de diamètre des charbons? Les chiffres du tableau ne permettent pas de l’affirmer, ils feraient plutôt pencher vers l’opinion contraire ; par les différences de longueur de l’arc ? Il faudrait une série d’expérience spéciales pour bien éclairer ce point. On est vraiment étonné quand on y réfléchit, du peu de notions certaines que nous possédons sur une matière relativement aussi connue que l’éclairage électrique. Il est cependant très intéressant déjà de savoir que le potentiel varie aussi peu pour des intensités très diverses, cela est rassurant pour les prochains essais de distribution, ils pourront avec une différence de potentiel constante satisfaire à des besoins variés.
- Les observations lumineuses ont été faites par la seule méthode logique, c’est-à-dire en prenant l’intensité dans plusieurs directions au-dessus et au-dessous de l’horizontale, calculant la quantité totale de lumière répandue sur une sphère et prenant la moyenne par unité de surface, ce que les expérimentateurs nomment la moyenne sphérique.
- Les nombre fournis paraissent donc donner toutes les garanties compatibles avec l’imperfection des modes de mesure connus et l’incertitude des unités en usage.
- Le nombre de carcels par cheval d’arc donne l’idée de la valeur de la lampe ; le nombre de carcels par cheval mécanique peut servir à estimer la valeur de l’installation d’ensemble, ils sont souvent sensiblement différents ; ces chiffres sont surtout utiles pour étudier les différents modes d’application d’un même système, car ainsi que je l’ai déjà remarqué avec les expérimentateurs, les conditions variées où sont placés les différents systèmes ne permettent guère de les comparer entre eux.
- Pour fairè cette étude il faudrait rapprocher les chiffres correspondant à un même système, c’est-à-dire Gramme 1 lampe, 3 lampes et 5 lampes ; Sie-
- mens, 1 lampe, 2 lampes et 3 Lampes; Brush, 16 lampes, 38 lampes et 40 lampes.
- Le premier résultat aperçu, c’est que malgré toute la valeur et l’attention des opérateurs, il y a des résultats probablement inexacts : ainsi dans les deux dernières observations relatives au système Brush, des machines semblables tournant à la même vitesse (700 et 705 tours), donnant la même intensité (9,5) et par conséquent ayant le même champ magnétique, donnent cependant des forces électo-motrices un peu différentes (2 009 et 1 971) et surtout absorbent des travaux moteurs dissemblables (29, 96 et 33, 35 chevaux), cela ne peut être admis sans réserves. D’un autre côté, dans les expériences où rien ne fait supposer d’erreur il se présente cependant des anomalies dont on n’a pas l’explication. Ainsi en comparant d’abord les trois expériences faites d’abord sur le système Gramme, nous trouvons :
- I lampe 3 lampes 5 lampes
- Carcels par cheval d’arc.. . . 128,8 121,6 98,1
- — par cheval mécanique. 60,0 61,8 63,8
- Résultats bien concordants; à mesure que les lampes diminuent d’intensité individuelle, le rendement de l’arc diminue, mais en échange le rendement économique du système augmente; et cela sans doute en raison de ce que la machine employée dans les derniers cas est à plus haute tension; la division ne serait donc pas en définitive une cause nécessaire de perte au point de vue économique au moins dans l’état actuel et avec les types de machines en usage ; elle pourrait au contraire, dans certains cas, être une cause de gain. Résultat très curieux.
- Mais il faut se hâter d’observer que cette conclusion ne se soutient pas.
- Ainsi pour le système Siemens, nous trouvons :
- I lampe 3 lampes 5 lampes
- Carcels par cheval d’arc. . . 121,4 129,3 81,3
- — par cheval mécanique. 68,9 77,2 Si,S
- Il n’y a plus de loi visible. Les deux premières expériences se lient assez bien, mais non la troisième.
- Pour le système Brush, on a :
- 16 lampes 38 lampes 40 lampes
- Carcels par cheval d’arc. . . 63,3 71,4 71,7
- — par cheval mécanique 45,4 44,4 52,1
- Le tableau montre d’ailleurs que les lampes sont toujours de même intensité individuelle, et nous ne voyons plus de relation nette.
- Dans le tableau général on pourra encore remarquer les lignes relatives au rendement mécanique et électrique des arcs, elles sont intéressantes; ces rendements sont en moyenne de 0,47 à 0,71 pour le rendement mécanique, de o,53 à 0,84
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- pour le rendement électrique; ces applications lumineuses ne diffèrent pas en principe des autres transports électriques de l’énergie, elles se rapprochent même particulièrement du transport mécanique, par ce point que les lampes donnent une force contre électromotrice comme feraient des machines réceptrices ; il est donc utile de noter ces rendements beaucoup plus élevés que ceux qu’on a jusqu’ici réalisés dans le transport mécanique; ils montrent que ce dernier pourra certainement recevoir des valeurs plus hautes.
- Comme ôn le voit, il est difficile, ainsi que jel’ai dit, de tirer de ces expériences des conclusions précises, et on ne peut que s’en tenir aux remarques générales que les expérimentateurs ont consignées dans leur deuxième communication (p. 5i3).
- J’ai insisté sur les expériences relatives aux courants continus; elles sont de beaucoup les plus complètes; pour les régulateurs animés par des courants alternatifs, il n’y a en somme que trois expériences peu comparables, et desquelles il y a peu de chose à tirer ; si on les compare aux précédentes, il semble en résulter que les courants alternatifs donnent en moyenne un peu moins de carcels par cheval, encore cette déduction n’est-elle pas bien sûre.
- Les essais relatifs aux bougies électriques sont plus concluants (n° du 2 déc.). Il faut d’abord écarter la bougie Debrun qui s’est montrée très inférieure; restent les bougies Jablochkoff et Jamin. Je dois dire immédiatement que je n’ai pu voir sans surprise les conclusions formulées par les expérimentateurs en ces termes : « Dans ses meilleures conditions la bougie de M. Jamin donne une somme de lumière beaucoup plus grande, etc. » Il faut que je n’aie pas compris ce que veulent dire ces messieurs, car pour moi les nombres produits me paraissent entraîner une conclusion absolument contraire ; j’ai vu avec plâisir que les hommes de science qui ont dans divers journaux rendu compte de ces expériences sont du .même avis que moi. Je vois bien que, en ce qui concerne les résultats électriques, savoir, rendement mécanique total, mécanique des arcs, électrique des arcs, le système Jamin montre une supériorité incontestable, ce qui tient à l’emploi des machines à haute tension que M. Jamin a le premier mises énergiquement en usage, ce qui est tout à son éloge ; mais les résultats lumineux, consignés dans les lignes suivantes, carcels par cheval mécanique, etc., sont précisément en sens contraire, d’où l’on doit conclure que si la machine est bonne la bougie ne l’est pas du tout, et en définitive l’ensemble du système reste pratiquement inférieur.
- Les essais faits sur la bougie Jablochkoff sont bien concordants et confirment ce qu’on savait de cet appareil, en abaissant cependant un peu l’évaluation du nombre de carcels qu’il peut fournir par cheval mécanique dépensé.
- Les expériences sur les lampes à incandescence ont porté sur les lampes Maxim, Edison, Lane-Fox et Swan. Elles sont malheureusement assez incomplètes en ce qui concerne le nombre de carcels par cheval mécanique nombre, qui est la donnée vraiment utile que l’on voudrait pouvoir tirer de ces tableaux. Du reste les résultats obtenus confirment dans l’ensemble les nombres déjà obtenus dans d’autres séries d’expériences que nous avons analysées précédemment (voirn0 du'5 août 1882). Le tableau dans lequel les expérimentateurs ont placé leurs chiffres en regard de ceux de la commission spéciale est intéressant, il met très bien en relief le fait déjà connu que les lampes à incandescence sont d’autant plus avantageuses qu’elles sont poussées à un plus grand éclat ; il resterait à tenir compte de leur durée sur laquelle nous continuons à être assez mal fixés.
- En résumé les expérimentateurs concluent que les lampes à incandescence donnent à peu près 12 carcels par cheval d’arc, les bougies 40 et les régulateurs 100, en sorte que les valeurs économiques des trois systèmes, sont à peu près comme 1, 3 et 7. Ces rapports demeurent à peu près exacts ; pour le rendement mécanique, ces expériences nous permettent de l’évaluer par cheval mécanique dépensé, à 10 carcels pour l’incandescence, 32 pour les bougies, 70 pour les régulateurs. Ce sont des chiffres bons à retenir.
- Je n’oserais affirmer qu’ils soient définitifs ; ces expériences devront être complétées par d’autres entreprises dans des conditions de recherche méthodique qui n’étaient pas à la disposition des expérimentateurs ; avant tout il serait bien nécessaire de perfectionner la photométrie : toutefois leurs résultats sont de très utiles éléments d'appréciation ; ils ont pour eux d’avoir été obtenus dans des conditions de compétence, de conscience et d’impartialité bien rares en pareille matière, c’est un grand mérite et qui sera fort apprécié.
- Frank Geraldy.
- SUR UN
- PETIT MOTEUR ÉLECTRIQUE
- Le petit moteur dont je vais donner la description appartient à la classe de moteurs que j’ai réalisée le premier en 1878 lorsque, par suite de considérations théoriqnes très simples, j’ai montré qu’en modifiant convenablement la machine^ de Ladd on pouvait en faire un moteur électrique léger, de petit volume, doué d’une grande vitesse, et tout à fait approprié aux machines qui exigent un travail ne dépassant pas 3 à 4 kilogrammètres par seconde. Le champ magnétique de la machine
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- 6$ LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 1 .
- de Ladd nécessitant une dépense d’énergie qui représente environ le tiers de celle qui est absorbée par le moteur tout entier, je conclus naturellement qu’il y aurait avantage à supprimer l’électro-aimant et à le remplacer par un aimant permanent. Des mesures dynamométriques accompagnées de mesures de consommation de zinc prises comparativement sur un moteur où le champ magnétique était constitué par un électro-aimant et sur un autre où il était remplacé par un aimant permanent prouvèrent, en effet, que dans le premier cas, le
- travail mécanique correspondant à la dissolution de x kilogramme de zinc était de 70 000 à 90 000 kilogrammètres, tandis qu’il variait dë 90 000 à i3oooo kilogrammètres dans le secoiid cas. Le moteur à aimant permanent présentait en outre l’avantage de pouvoir servir de machihe génératrice d’une puissance remarquable pa| rapport à son poids et permettant, à travail égal dépensé, de développer dans le circuit extérieur tiiie quantité d’énergie très supérieure à celle qu’on obtenait de la machine de Ladd. J’ai pu ainsi cqhstruire des
- L.LEGEI\
- C . JACQÜZ T-
- FIG. I. — PLAN GEOMETRIQUE DE ÜRANDEUB NATURELLE DU MOTEUR DE M. DErREZ
- appareils ayant une résistance intérieure de 1/2 ohm, développant une force électro-motrice de près de 20 volts et ne pesant que 25 kilogrammes. Ils permettaient de maintenir au rouge-cerise une baguette de charbon de 4 millimètres de diamètre et de 5o millimètres de longueur. Ces résultats seraient -certainement dépassés avec une machine à anneau, mais ils sont remarquables pour des machines où les courants sont développés par les aimantations alternantes d’un morceau de fer doux tournant dans un champ magnétique.
- Mais si les moteurs à aimant permanent présentent l’avantage de pouvoir servir indifféremment de moteurs ou de générateurs, ils présentent par
- I contre une certaine délicatesse que n’ont pas ceux, où l’on emploie un électro-aimant. Si l’aimant n’est pas en excellent acier (je parle au point de vue des propriétés magnétiques, bien entendu), sa force magnétique s’affaiblit lorsqu’il a servi pendant un certain temps comme moteur, et cet affaiblissement peut même devenir très considérable si le courant que l’on emploie est énergique et l’on est alors obligé de le réaimanter souvent.
- Cet inconvénient se manifeste même toujours, quelle que soit la qualité de l’acier, si l’on vient à lancer par mégarde dans l’instrument un courant puissant. J’ai vu ainsi de bons aimants désaimantés
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- presque instantanément par l’emploi d’un courant trop intense.
- Si l’on se proposait de construire un moteur de ce type aussi puissant que possible sous un poids donné, on serait amené naturellement à remplacer encore l’aimant par un électro-aimant pour deux raisons : i° parce que cet excès de puissance a pour conséquence l’emploi d’un courant puissant et qui présente, par suite, des dangers pour la conservation de l’aimant ; 20 parce que l’on doit chercher alors à avoir un champ magnétique aussi
- intense que possible quel que soit l’accroissement de consommation 'de zinc qui en résulte et que l'électro-aimant permet de satisfaire à cette condition beaucoup mieux que l’aimant.
- Ces considérations montrent qu’il est avantageux dans certains cas de revenir à l’emploi de l’électro-aimant malgré son infériorité au point de vue de l’utilisation du courant. Au lieu de revenir à la disposition primitive de laquelle j’étais parti, c’est-à-»dire à la machine de Ladd pure et simple, j’ai cherché à réaliser un modèle dans lequel le champ
- FIG. 2. — VUE PERSPECTIVE DU MOTEUR DE M. DEPREZ
- magnétique fût obtenu en employant le moins de matière possible et où le couple moteur fût sensiblement constant pendant la durée d’un tour. Les figures ci-jointes représentent la disposition à laquelle je me suis arrêté pour satisfaire à cette double condition.
- La fig. 1 est une projection géométrique en vraie grandeur du petit modèle que j’ai fait, construire et qui, avec deux éléments Bunsen, fait marcher facilement une de ces petites machines à coudre que l’on fixe sur le bord d’une table. La fig. 2 est une vue perspective.
- Spr l’arbre moteur sont montées deux bobines
- Siemens C et C' de 16 millimètres de diamètre et de 20 millimètres de longueur. Elles se meuvent entre les quatre pôles A et B', B et A' "de deux électro-aimants à deux branches AB, A' B' dont les culasses servent de bâti à tout le système. Les pôles A et B' du premier et du second électroaimant sont naturellement de signes contraires et réunis par une pièce de bronze servant de palier à l’arbre moteur. La vitesse de cet arbre est diminuée dans le rapport de 1 à 10 au moyen d’un pignon et d’uné roue dentée que l’on voit dans la fig. 2. La ligne des pôles de la bobine C forme un angle droit avec celle de la bobine C' de façon
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- à éviter les points morts et à uniformiser autant que possible le couple qui tend à faire tourner les bobines. Les balais EF, E'F' qui amènent le courant aux commutateurs sont longs et flexibles de manière à assurer un contact parfait joint à un faible frottement. Les communications sont établies de façon à permettre de lancer dans les électros AB, AB', dans la bobine C et dans la bobine C' trois courants distincts si l’on veut.
- Il est facile de voir que le poids des pièces constituant le champ magnétique a été réduit au minimum et que la disposition des électros est la plus favorable possible pour obtenir deux champs magnétiques intenses.^ Enfin l’utilisation des pièces polaires et des culasses pour former le bâti ramène le .poids total de l’appareil à des limites au-dessous desquelles il n’est guère possible de descendre.
- > Marcel Deprez.
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE*
- DE MAGASINS A PARIS
- Louvre — Printemps — Bon Marché — Maison Lamy et magasin de musique Gregh.
- Paris qui a été la première ville possédant un éclairage électrique, d’une certaine étendue, sur la voie publique, se laisse distancer depuis quelque temps par la plupart des centres européens et surtout par les cités du Nouveau Monde.
- L’installation de l’avenue de l’Opéra, au moment de l’Exposition universelle de 1878, avait pourtant émerveillé les visiteurs accourus de tous les points du globe et nous avons beaucoup regretté de voir disparaître cet éclairage, car il n’existe plus maintenant, dans notre capitale, que quelques foyers ne pouvant donner à l’étranger qu’une triste idée de nos progrès dans les applications de la science nouvelle.
- Heureusement l’initiative des entreprises particulières supplée un peu partout l’inertie ou la mauvaise volonté administrative, et nous pouvons encore en visitant les gares, certaines salles de spectacle et surtout des maisons de commerce, constater que les installations pratiques de l’électricité ne sont pas négligées chez nous.
- Les principaux magasins dont nous parlerons aujourd’hui sont le Louvre, le Printemps, le Bon-JVIarché, comme grandes installations; la maison de chaussures Lamy, avenue de Clichy, et le magasin de musique Gregh, rue de la Chaussée-d’Antin, comme aménagements plus restreints mais non moins intéressants.
- L’éclairage électrique des grands magasins du
- Louvre date de 1877;’ à cette époque, on avait établi, dans une des galeries du rez-de-chaussée, un plafond lumineux formé de verres dépolis qui tamisaient en les diffusant les rayons d’un régulateur Serrin actionné par une locomobile de trois chevaux et une machine Gramme à courant continu. Pour le jour de l’an 1878, douze appareils avec chandeliers à quatre bougies Jablochkoff, furent . installés dans le Hall Marengo, le courant étant 'fourni par des machines de l’Alliance; mais c’est vers la même époque que M. Gramme fournit l'une de ses premières machines alternatives ; alors, pendant llhiver, on développa successivement l’éclairage électrique et, au mois d’octobre, dès machines à vapeur fixes de 70 chevaux étaient établies pour faire marcher trois alternatives Gramme de 20 foyers chacune.
- Des modifications successives ont été apportées, et, dans l’état actuel, l’éclairage électrique est assuré de la façon suivante : toutes les machines à vapeur . sont du type Corliss à condensation avec générateurs inexplosibles de Belleville ; les producteurs d’électricité sont : cinq machines Gramme alternatives avec excitatrices indépendantes et produisant 24 foyers Jablochkoff chacune; une machine de Meritens pour 25 bougies; une seconde machine, du même inventeur, pour cinq bougies et quatre régulateurs, ce qui fait un total de i5o bougies Jablochkoff, plus quatre régulateurs auxquels il faut encore ajouter 60 lampes Edison distinées à l’éclairage des bureaux et alimentées par une machine électrique spéciale.
- Les dépenses de premières installation ont été considérables, mais c’est surtout à cause des tâtonnements obligatoires en pareille circonstance, les administrateurs du Louvre ayant tenu à offrir au public la primeur de l’éclairage électrique de magasins à Paris. L’électricité produite par les machines du Louvre sert aussi à transporter la force motrice dans un atelier situé rue de Valois n° 2. Enfin une petite installation particulière est établie dans deux ateliers de l’avenue Rapp où une machine Gramme actionne une transmission qui, à son tour, donne le mouvement à de nombreuses machines à coudre comme on à pu le voir au Palais de l’industrie pendant l’Exposition de 1881.
- De tous les avantages obtenus par l’application de l’éclairage électrique dans des magasins où se trouve renfermé un si nombreux public, l’amélioration énorme de l’hygiène est certainement le plus essentiel et c’est peut-être celui dont on parle le moins. Nous voulons donc insister un peu sur ce sujet qui a surtout préoccupé les directeurs, et ce que nous dirons pour le Louvre pourra être facilement appliqué aux autres magasins pareillement éclairés.
- Pour les employés de bureau, la suppression de la chaleur du gaz qui aune si funeste influence sur
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECT RI C! 7 F
- 631
- 1e cerveau, représente un perfectionnement précieux; pour l’universalité des personnes qui se trouvent dans les magasins, outre la diminution de chaleur, avantage variable suivant la saison, on obtient, au point de vue de la pureté de l’air, un profit qui ne saurait être trop apprécié et qu’il est facile de mesurer par des chiffres.
- En çffet :
- i 0S0 becs de gaz, à 170 litres l’un, remplacés par les bougies Jablochkoff et
- les régulateurs, donnent............. 178"13 5oo de gaz;
- 60 becs, à'140.litres l’un, remplacés par
- un égal nombre de lampes Edison = . ifiln:!400 —
- Ensemble .... 1O6™3 900 de gaz.
- Là densité du gaz étant 0,527 X ik293 = ok68, le poids total sera : 127“.
- Or, comme la combustion du gaz exige 23ma d’air par kilogramme de gaz, on a 127 X 28 = 2921.
- Ces 2 921 mètres cubes représentent la quantité d’air vicié par la combustion du gaz dans l’exemple actuel, tandis que chaque bougie donnant par heure okoo5 grammes de carbone, et chaque régulateur okoio grammes environ de carbone brûlé parfaitement, on a
- okoo5 X iSo bougies =. . . ok75o grammes. okoio X 4 régulateurs = . . okCL|0 —
- Ensemble. . . ok7Ç)0 grammes
- à iom3 d’air par kilogramme de carbone donnant 7m3900 d’air vicié, on voit que la lumière électrique vicie environ 369 fois moins d’air que le gaz et il est facile de comprendre le bénéfice hygiénique résultant de 2921-—7mg—2Ôi3 mètres cubes d’air pur disponibles en plus par heure.
- En terminant ces appréciations, nous tenons à remercier ici M. Honoré, ingénieur des magasins du Louvre qui a bien voulu mettre à notre disposition les renseignements qui précèdent.
- Les magasins du Printemps, dont la reconstruction est presque entièrement achevée aujourd’hui, possèdent déjà, dans leurs sous-sols, trois machines à vapeur donnant ensemble "70 chevaux et actionnant trois machines Gramme alternatives de 20 foyers chacune et deux machines à courant continu type A de Gramme pour alimenter 56 lampes Maxim à incandescence pure ; on a disposé 75 bougies au rez-de-chaussée, 9 àl’entresol, 16 au premier, 4 au second et 5o foyers Maxim dans les étages supérieurs; les travaux qui restent encore à exécuter sont poussés avec la plus grande activité, une locomobile et une machine Gramme de 8 foyers placées dans les chantiers alimentent 8 bougies destinées à éclairer lé's ouvriers.
- Cette grande installation sera encore augnientée dans de larges proportions lorsque le hall principal
- pourra être inauguré, il est question d’allumer de nouvelles bougies et 400 lampes Maxim.
- Au Bon-Marché on a choisi le système Edison ; l’installation comprend actuellement 480 lampes type A divisées à peu près également entre les sous-sols et les magasins. Ces 480 lampes sont alimentées par deux machines Edison type K faisant 900 tours par minute et disposées pour faire marcher e5o lampes chacune à leur vitesse ordinaire. L’une des machines marche le jour pour l’éclairage des sous-sols et toutes les deux sont mises en action le soir pour fournir la lumière aux magasins, elles sont mues par une machine à vapeur Com-pound de MM. Veyher et Richmond; force nominale de 60 chevaux.
- Dans une partie des magasins où chaque bec de ' gaz a été remplacé par une lampe Edison l’eclai-rage est assez suffisant comme quantité, mais il laisse encore beaucoup à désirer quant à la qualité de la lumière. Les lampes vacillent indiquant par leur éclat variable toutes les irrigularités qui se produisent dans la machine motrice, nous espérons cependant que l’on rendra bientôt à l’éclairage du Bon-Marché la fixité qui est la plus belle qualité des lampes à incandescence.
- La petite installation électrique de M. Lamy dans l’avenue de Clichy se compose d’une machine à gaz de 6 chevaux actionnant une Gramme auto-excitatrice pour 6 foyers ; toutes les machines sont placés au fond du magasin, chaque chandelier porte quatre bougies, mais on n’en brûle que trois pour l’éclairage moyen de 6 heures; la lumière nous a paru relativement très fixe et l’effet de l’ensemble est très satisfaisant.
- Enfin nous citons pour terminer le magasin de musique de M. Gregh, rue delà Chaussée-d’Antin, où se trouvent 5 lampes Siemens et 4 foyers à in-candesence de Swan; la machine à gaz de cinq chevaux nominaux qui est placé dans le sous-sol actionne une dynamo Siemens- et son excitatrice pour cinq foyers dont trois sont placés à l’intérieur et deux dans la rue ; les quatre lampes Swan servent à éclairer les bureaux qui font suite au long magasin. Dans ce magasin l’un des régulateurs placé entre deux glaces parallèles et réfléchi à l’infini produit un effet des plus extraordinaires.
- Ç.-C. Soulages.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- APPLIQUÉE AUX SIGNAUX DE I.A -MARINE
- Parmi les questions qui intéressent à la fois la marine militaire et la marine marchande, une des plus importantes est certainement celle des signaux de nuit; aussi de tout temps les gens spéciaux
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- s’en sont-ils vivement préoccupés. Mais c’est, surtout dans ces dernières années que, par suite des grandes vitesses obtenues dans la marche des navires à vapeur, l’on a reconnu la nécessité de modifier complètement les anciens signaux, dont de nombreux désastres sont venus montrer l’insuffisance.
- Les signaux actuellement employés sont de deux sortes; les uns destinés à assurer la sécurité du navire, et les autres ayant pour but de former un système de télégraphie optique, permettant aux navires de communiquer pendant la nuit, soit entre eux, soit avec la terre aussi facilement que pendant le jour ils communiquent par les signaux de pavillons.
- Nous ne nous occuperons pas ici de la première classe de ces signaux, pour lesquels de nombreux
- perfectionnements, basés sur l’emploi de la lumière électrique, ont été proposés et qui ont fait le sujet de plusieurs articles dans ce journal. (Voir La Lumière Electrique, nos 7 et i3, 1882).
- Pour les signaux destinés à la correspondance, on avait moins senti le besoin de la lumière électrique, car comme on ne leur demande pas une très grande portée, les fanaux à l’huile ou au pétrole avaient jusqu’ici paru suffisants, sans compter que pour beaucoup de marins peu familiarisés avec l’électricité ils paraissaient présenter plus de simplicité et de sécurité.
- Mais, là comme partout, à mesure que l’usage de l’électricité se répand, les préventions tombent 'vite et l’on reconnaît promptement qu’il n’y a pas d’agent plus sûr et plus obéissant pour qui sait s’en servir. Aussi vient-on de faire de nombreuses
- FIG. I
- expériences sur le vaisseau cuirassé le Colbert, avec des signaux produits à la lumière électrique.
- Dans le système ordinaire on emploie dix fanaux à l’huile ou au pétrole qui se hissent en deux groupes de cinq le long du grand mât; le premier, en tête du mât, le second au-dessous de la vergue de hune, et les différents signaux qui constituent le code international sont obtenus en faisant varier le nombre des fanaux allumés ou leurs positions respectives.
- Il faut donc, pour faire un signal, allumer un certain nombre de fanaux et les hisser, ce qui déjà demande un certain temps, puis comme un signal ne doit être changé que lorsqu’il a été répété par le vaisseau avec lequel on correspond, il faut.attendre qu’il ait opéré la même manœuvre. Pour le second signal, il faut redescendre les fanaux, préparer le nouveau signal, le hisser et encore attendre qu’il soit répété; et ainsi de suite. On comprend facilement que ce mode de correspondance est d’une grande lenteur, aussi l’emploie-t-on le moins souvent possible et seulement lorsque l’on J
- veut communiquer avec des navires très éloignés, ou lorsqu’un même signal doit être transmis à plusieurs vaisseaux, par exempLe dans les manœuvres d’escadres, auquel cas la transmission est encore plus lente, chacun des vaisseaux devant répéter le signal.
- C’est à cause de ces lenteurs que toutes les fois où cela est possible les communications entre deux navires se font à l’aide d’un fanal tenu à la main et avec lequel on produit des signaux par des émissions et des occultations de lumière.
- Dans l’installation de signaux qui a été faite pour le Colbert par la maison Méritens tous les signaux sont faits avec la lumière électrique.
- La source d’électricité est une petite machine magnéto de Méritens placée dans le faux pont d’arrière et mise en mouvement par huit hommes.
- Le courant de la machine est amené à un commutateur placé dans le kiosque de la passerelle d’arrière à l’aide duquel on peut l’envoyer dans trois directions différentes.
- Une'de ces directions aboutit à un second com-
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- imitateur à touche représenté fig. i. Dans cet appareil le courant qui entre par une des deux bornes extrêmes B peut sortir par dix dérivations partant des bornes intermédiaires et allant chacune aboutir à une lampe à incandescence Swan. Ces lampes placées dans des fanaux ordinairés sont hissées à poste fixe à la place habituelle des signaux, c’est à-dire cinq en tête du grand mât ou elles sont maintenues par la corde qui a servi à les hisser, et cinq au-dessous de la vergue de hune maintenues par une bridure. Le courant est conduit du commutateur aux lampes par 'un câble à onze fils, le
- /
- /
- Flü. 3
- dernier de ces fils servant à fermer le circuit de chacune des lampes avec la machine ; la longueur totale de ce câble est d’environ 70 mètres.
- Les appareils étant ainsi disposés, la production de tous les signaux se fait sans aucune manœuvre et seulement à l’aide des touches placées sur le commutateur (fig. 1).
- x Ces touches sont au nombre de douze; les dix du milieu servent en les abaissant, à établir les dérivations du courant sur chacune des lampes, et les deux extrêmes servent à l’allumage ou à l’extinction des lampes.
- Donc, pour produire un signal, il faudra d’abord le préparer en abaissant lès touches correspondant
- aux lampes que l’on veut faire fonctionner, puis allumer ses lampes en pressant la touche qui porte le mot allume. Lorsque l’on voudra faire disparaître le signal il suffira d’appuyer sur la touche qui porte le mot éteint et aussitôt toutes les dérivations seront rompues.
- Les signaux pourront donc être produits sans aucune autre perte de temps que celle indispen-- sable pour la répétition du signal par le correspondant.'
- Lorsque le courant ne passe pas dans les lampes, la touche éteint au lieu de rompre le circuit le fait passer dans des bobines de résistances équivalentes aux lampes, et cela dans le but d’éviter aux hommes qui tournent la machine les différences de résistance qu’occasionneraient ces fermetures ou ruptures de circuit. Les détails du commutateur peuvent d’ailleurs se voir dans la coupe que nous donnons de cet appareil.
- Nous avons dit que le courant allait d’abord de la machine à un commutateur à 3 directions et' nous venons de voir l’usage d’une de cés directions.
- Une autre direction sert à envoyer le courant dans un fanal suspendu à la corne de brigantine et qui éclaire tous les points de l’horizon. Ce fanal nui contient un régulateur Berjot est destiné à indiquer la position du navire et à éviter les abordages.
- Enfin, la troisième direction peut conduire le courant dans un fanal Coulomb placé sur la passerelle d’arrière et qui sert à faire de la télégraphie optique. Ce fanal dont nous donnons le dessin (fig. 3) n’est visible que dans un quart d’horizon, et de plus il est muni d’un écran A qui à l’aide d’une .tige et d’une corde peut être élevé ou. abaissé de manière à produire de véritables signaux Morse optiques. Dans cet appareil, on peut placer à volonté, soit une grosse lampe à incandescence, soit une bougie Jablochkoff, soit enfin une bougie Wilde.
- La figure 2 représente le Colbert avec tous les signaux allumés pour montrer leurs positions, mais en pratique il n’y a jamais qu’un de ces trois ordres de signaux qui fonctionne à la fois.
- Les expériences qui ont été faites sur le Colbert pendant les dernières manœuvres de l’escadre de la Méditerrannée ont eu un succès complet et il est probable que l’emploi des signaux électriques va se généraliser, si l’onne se laisse pas guider par des considérations de routine qui souvent empêchent les meilleures réformes.
- Nous avons en effet déjà eu l’occasion de voir plusieurs fois des expériences donner les meilleurs résultats tant que les appareils restaient sous la direction des organisateurs, puis être complètement abandonnées parce qu’à la suite d’un changement
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- •de personnel ils étaient tombés entre des mains indifférentes.
- Nous espérons que cette fois il n’en sera pas ainsi, doutant plus que nous apprenons que ces •essais vont également se faire sur le cuirassé le Marengo.
- Dans l’installation du Colbert on a préféré faire mouvoir la machine Méritens à bras d’hommes tant pour en faciliter le déplacement que parce que l’on a craint qu’à un moment donné la machine à vapeur ne vienne à faire défaut ; mais il est probable que dans les installations qui seront faites à l’avenir on reviendra au moteur qui simplifiera beaucoup le système.
- A.-H. NOAILLON.
- LA
- MACHINE DYNAMO-ÉLECTRIQUE
- MAQUAIRE
- La machine que M. Maquaire vient de construire est une alternative appartenant à la classe des machines qui utilisent le mouvement relatif du conducteur et du champ magnétique inducteur, et dont le type le plus complet est la machine Siemens à courants alternatifs. M. Maquaire a cependant cherché à utiliser en partie les inductions produites par un courant dans un circuit voisin et il a été amené par cela même à donner à l’induit de sa machine une forme toute particulière. Cet induit, placé entre deux inducteurs de même polarité, est composé de deux éléments semblables accouplés et en mouvement par rapport aux inducteurs.
- Voici comment l’inventeur eri décrit les détails et expose les principes qui l’ont amené à sa construction :
- Soit (fig. i) A et B les deux inducteurs, a et b deux lames de fer doux ou de tout autre corps magnétique; ces lames vues en coupe suivant un plan passant par les inducteurs A et B. Les lames a et b prennent par influence une polarité inverse de celle des inducteurs. Des lignes de force magnétiques sont déterminées entre A et A' et entre B et B' formant ainsi deux champs magnétiques, tandis que l’espace entre a et b reste magnétiquement neutre, étant compris entre deux corps de même polarité.
- Si l’on enveloppe les deux lames a et b de deux conducteurs électriques aal et bbl reliés entre eux, et si l’on met ce système en mouvement par rapport aux inducteurs A et B, un courant électrique sera induit dans le groupe de conducteurs bby. Le sens de ce courant dans les différentes parties du circuit sera hypothétiquement celui qui est indiqué par les flèches. Ce cou-
- rant proviendra du mouvement relatif des conducteurs et des lignes de force des deux champs magnétiques. Mais dans l’espace qui sépare a de b un effet d’induction se produira également par la réaction réciproque entre les courants particulai-. res at et b y. Ces courants sont, en effet, de sens contraire et d’intensité variable Ils réagissent entre eux de façon à produire de nouveaux courants figurés par les lignes a'a" et b'b" de même sens que chacun des deux courants initiaux. C’est-à-dire que la réaction entre les deux éléments juxtaposés de l’induit agit dans le sens de l’augmentation de leur action commune.
- La valeur de cette action est très importante. Si l’on forme deux circuits distincts en isolant entre eux les conducteurs aciy et bby et si l’on mesure l’intensité du courant produit dans l’un d’eux, on reconnaît que cette intensité est de 70 % plus grande lorsque son collatéral est fermé que lorsqu’il est ouvert.
- Un circuit ainsi constitué donne un courant résultant de la somme des actions suivantes :
- Î Induction par transformation de magnétisme en électricité dynamique sous l'influence du mouvement des conducteurs il travers les lignes de force des champs \ magnétiques.
- I Induction directe simple, \ sans aucune transforma-\ tion intermédiaire entre I l’action inductrice et le l courant induit.
- La figure 1 montre que la presque totalité du fil de l’induit concourt activement à la production des courants, soit dans les champs magnétiques, soit dans la région magnétiquement neutre, où se produit l’induction directe réciproque. C’est une condition de maximum d’utilisation du fil de l’induit.
- Les lames magnétiques introduites dans l’induit ont été réduites au volume strictement nécessaire pour déterminer la formation des champs magnétiques. Elles n’interviennent presque pas par effet de réaction sur les conducteurs qui les envelop-
- icicty courant produit sous \ l’action de A.
- ( bby — sous B.
- ( a’a" — sous b y
- 30 , ’
- I /•'£>" — SOUS Cl 1
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- pent, leur axe de polarité étant normal au plan d’enroulement des lils pendant la plus grande partie des phases actives (figure 2). Leurs pôles sont alors extrêmement rapprochés. Les lames ont la dimension même de chaque section élémentaire de
- l’induit, de façon à déterminer la formation plus rapide et plus nette des champs magnétiques d’action successivement inverse qui produisent l'induction et réduisent le retard de dépolarisation.
- La réunion des couples d’éléments de ce genre
- FIG. 3
- d’induit peut affecter la forme cylindrique ou la forme discoïde qui est celle indiquée par la fig. 3. En a, b, c, d, e,f, sont représentées des sections de l’induit. En h, i, j, k, l, m, les lames magnétiques qui servent à fixer isolément les éléments de l'induit sur les rayons o d’un cercle de bronze op. Ce cercle est fixé au bâti de la machine ou monté
- sur l’axe suivant que l’induit doit être fixe ou mobile. La figure représente le cas des inducteurs mobiles qui sont en A, B, C, etc. Ils présentent un épanouissement trapézoïdal ayant une largeur égale au vide qui les sépare.
- L’enroulement du fil induit est effectué d’une manière particulière afin de bien utiliser les régions occupées par les lignes de force des champs magnétiques ainsi que l’induction directe. La forme des sections a la figure d’un trapèze ayant suivant le rayon deux côtés égaux, et les deux autres côtés dans le rapport de 1 à 2 suivant le cercle (a, b, c, etc., fig. 3). Dans ces conditions la quantité de fil enroulé peut être la même au petit comme au grand cercle, à la seule condition de disposer un nombre double de rangs .de fils suivant l’épaisseur à l’extrémité de la section dont la largeur est la moitié de celle de l’autre extrémité. La figure 4 indique
- cette disposition. En a est la lame magnétique. En b un tube de cuivre dont le diamètre varie suivant le nombre de rangs de fils à placer, de telle sorte que les rangs extérieurs forment de chaque côté de la section deux surfaces parallèles. Un vide intérieur existe ainsi dans l’induit dont les fils sont presque complètement isolés dans l’air. Dans le cas où l’on forcerait l’intensité des inducteurs jusqu’à produire un grand échauffement de lames a, cet échauffement se communiquerait difficilement aux conducteurs, lesquels, ainsi que les lames, ont de très grandes surfaces de refroidissement dans un courant d’air et de très petites surfaces de contact entre eux.
- • Il ressort des dispositions données à ce système que tout le travail d’induction s’accomplit dans la zone annulaire comprise entre les deux séries d’inducteurs. Cette zone est occupée par le double disque formé des éléments de l’induit. Ces éléments ayant leur fonction indépendante et pouvant être rendus amovibles dans un plan parallèle à celui des inducteurs, il suffira de les faire pénétrer plus ou moins dans la zone d’action de ces inducteurs pour modifier dans une même proportion la production des courants et le travail absorbé. Dans ces conditions, en effet, les sections qui sont éloignées plus ou moins complètement de la zone d’induction, emportant avec elles leur âme magnétique, la force absorbée ne varie plus seulement suivant que le circuit induit est ouvert ou fermé, mais elle peut passer par tous les degrés depuis le
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- maximum jusqu’à zéro, réalisant la proportionnalité du travail avec le produit. La pénétration des sections induites dans le champ d’induction peut être réglée soit à la volonté, soit automatiquement, pour une section ou un groupe d’un nombre quelconque de sections en fixant chaque section sur une glissière ou guide disposé sur le cercle op.
- Tous ces dispositifs généraux sont applicables à des générateurs de courants aussi faibles ou aussi puissants qu’il sera nécessaire. Ils conviennent surtout, aux grands types que l’on commence à construire pour les importantes applications de l’électricité, types qui exigent des conditions de stabilité, de facilité de manœuvre et de latitude de marche qui font le plus souvent défaut dans les modèles primitifs.
- On voit que M. Maquaire n’a point cherché à faire un générateur de courant ayant le plus faible poids, le plus petit volume et nécessitant la moindre . dépense d’achat. Il est parti de cette idée qu’il vaut mieux employer des machines lourdes, volumineuses et même d’un prix élevé, mais d’un fonctionnement sûr, que d’avoir recours à de petites machines dans lesquelles les dimensions restreintes de tous les organes et la grande vitesse de rotation peuvent être une cause continuelle de dérangements et de dangers. Cette manière de voir est juste à coup sûr, mais nous devons dire qu’une machine de grande puissance sous des dimensions relativement restreintes à laquelle on parviendrait à donner une solidité et une sécurité de fonctionnement suffisantes présenterait certainement de grands avantages.
- Ajoutons que dans la machine Maquaire tous les organes actifs sont disposés sur un grand rayon, ce qui permet des vitesses angulaires modérées même pour une production considérable. La partie la plus délicate, l’induit, est fixe, ce qui rend facile sa surveillance et l’usage des nombreuses combinaisons de groupage possibles même pendant la marche. Le sectionnement des organes en fractions semblables donne la faculté de remplacer rapidement et à peu de frais les parties avariées, par des pièces de rechange. D’autre part, le poids assez élevé de la partie mobile, l’inducteur, fait que cet inducteur constitue un volant et pare aux extinctions dans le cas où il se produirait des glissements de courroies.
- La nouvelle machine n’a pas d’autre prétention que d’être une disposition très soigneusement étudiée, mais elle fonctionne d’une façon très satisfaisante et prendra certainement bon rang parmi les alternatives.
- Aug. Guerout.
- LA PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE
- A l’exposition d’amsterdam, EN 1883
- On sait qu’une Exposition universelle internationale va s’ouvrir, au printemps prochain, à Amsterdam, sous le patronage officiel du gouvernement néerlandais.
- Cette Exposition sera très importante, principalement à l’égard des produits coloniaux et d’exportation, mais il n’est pas douteux qu’une large place sera- réservée aux produits industriels, machines, appareils et procédés mécaniques de toutes catégories.
- L’électricité sera certainement représentée à Amsterdam, par de nombreux appareils, tant pour l’éclairage que pour la télégraphie, la téléphonie, le transport de la force, etc., etc
- Il nous appartient donc d’appeler l’attention de nos lecteurs sur les conditions toutes particulières dans lesquelles vont se trouver ceux d’entre eux, qui se proposent d’envoyer à l’Exposition d’Amsterdam des machines, appareils ou modèles nouveaux.
- Jusqu’en 186g. les inventions étaient garanties en Hollande par la loi du 25 janvier 1817, et les nationaux comme les étrangers, trouvaient ainsi une protection efficace contre le pillage et la contrefaçon auxquels donnent presque toujours lieu les nouvelles découvertes qui présentent un réel intérêt industriel ou commercial!
- Malheureusement, le i5 juillet 1869, une nouvelle loi abrogea les brevets d’invention, et remit la Hollande au même niveau que la Suisse, la Turquie et la Grèce, qui sont les seuls Etats de l’Europe où la propriété industrielle ne soit pas reconnue par une loi. Nous ne voulons pas parler, bien entendu, ni de la république de Saint-Marin, ni de la principauté de Monaco, qi du val d’Andorre.
- Voici dans quels termes concis, mais très clairs, fut prononcée l’oraison funèbre des brevets d’invention dans les Pays-Bas :
- Nous, Guillaume III, par la grâce de Dieu, roi des Pays-Bas , prince d’Orange - Nassau, grand-duc de Luxembourg, etc., à tous ceux que les présentes concernent, salut ;
- Considérant que les concessions de droits exclusifs pour les inventions et perfectionnements ou importations d’art et d'industrie sont contraires au développement de l’industrie et à l’intérêt général ;
- Après avoir pris l’avis de notre Conseil d’Etat et des Etats généraux, décrétons ce qui suit :
- Art. ior. — A partir du jour de la publication de la présente loi, il ne sera plus délivré de brevets pour les inven -tions, perfectionnements ou importations d’objets d’art ou d’industrie, excepté dans le cas où la demande en aurait été faite antérieurement à cette date.
- Art. 2. — La durée des brevets accordés précédemment, ou qui pourraient être accordés aux termes de l’art. /-r de
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- la présente loi, pourra être étendue conformément à la loi du 25 janvier 1817.
- Nous voulons et ordonnons que la présente loi soit publiée dans la Gazette Officielle, et dûment exécutée par nos ministres et autres autorités qu’elle peut concerner.
- Donné à Loo, le i5 juillet 1869.
- Guillaume.
- Le ministre de l'intcrieur,
- Fock.
- Promulgué le 19 juillet 18Û0.
- I.e ministre de ta justice, Van Lilaar.
- Et c'est ainsi que, depuis cette époque, tout le monde peut impunément, en Hollande, copier, reproduire, fabriquer et vendre tous les appareils, procédés, machines, dessins ou modèles industriels qui, dans les autres Etats, sont ou peuvent être l’objet de brevets d’invention ou de dépôts de dessins ou modèles.
- Aussi, on peut le dire en toute sécurité, est-ce à leur corps défendant que les industriels et manufacturiers expédient en Hollande des appareils nouveaux,. pour lesquels il sont brevetés dans leurs pays respectifs. Ils savent ce qui les attend. Leurs machines ne sont pas plus tôt arrivées en Hollande, et déballées, que, par un phénomène de génération spontanée, d’autres machines pareilles sont immédiatement mises à jour, sans.que la douane hollandaise ait eu à faire aucun bordereau d’entrée.
- Dans, ces conditions, on comprend que les affaires industrielles internationales soient calmes. Il y a vraiment de quoi.
- Diverses associations et sociétés françaises, à la nouvelle de l’ouverture d’une Exposition internationale à Amsterdam, en i883, se sont émues de la situation qui va être faite à nos nationaux exposants.
- La Société des auteurs et compositeurs de musique, l’Association littéraire- internationale, ont pris successivement des dispositions de nature à mettre les intéressés en garde.
- Enfin, une autre voix, et celle-là très importante, vient de se faire entendre, c’est celle de l’une des cinq grandes Sociétés fondées par le regretté baron Taylor, l’Association des inventeurs et artistes industriels.
- Cette Société, vient d’adresser à M. le ministre du commerce, et à M. le ministre des affaires étrangères, la lettre suivante :
- Monsieur le Ministre,
- Le Comité de l’Association des Inventeurs et Artistes industriels croit devoir appeler votre vigilante attention sur la situation exceptionnellement dangereuse qui va être faite à ceux de nos nationaux qui se proposent d’envoyer à l’Exposition universelle internationale d’Amsterdam des produits, machines, appareils et dessins, ou modèles industriels nouveaux.
- En effet, la loi hollandaise du 25 janvier 1817, qui régissait les brevets d’invention, a été abrogée par une loi du iS juillet 1869. Il n’y a plus, en Hollande, de garantie pour les inventions industrielles.
- Nous avons pensé, en conséquence, Monsieur le Ministre, qu’il 3' aurait lieu, à l’occasion de cette Exposition d’Amsterdam, dans le but de sauvegarder autant que possible les droits de nos nationaux, de provoquer d’urgence, par la voie diplomatique, sinon la remise eil vigueur de l’ancienne loi de 1817, ou le vote d'une nouvelle loi définitive sur la propriété industrielle, tout au moins jusqu’à l’établissement d’une législation définitive, des dispositions provisoires qui garantissent nos exposants français contre le plagiat et la copie de leurs œuvres.
- Nous venons donc vous prier, Monsieur le Ministre, de vouloir bien prendre en bienveillante considération la requête que nous avons l’honneur de vous adresser, et lui donner la suite qu’elle comporte.
- Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos sentiments de haute considération.
- Le président de l’Association, Ad. Huard.
- Pour le Comité,
- Les membres présents :
- Albert Cahen — Armengaud jeune — Beaume — Derval — Duvelleroy père — Duvelleroy fils — Follot (Félix) — François (Charles) — Gautier (Jules) — Imbs (Jules) — Jablochkoff — Losserand — Martin (Stanislas) — Pelletier (Michel) — Rochet (Charles) — Sabatier — Sauvel — Tirion (Charles) — Warmé.
- Cet appel sera-t-il entendu ? La diplomatie arrivera-t-elle, en cette circonstance, à un résultat satisfaisant ? La Hollande reviendra-t-elle sur cette malencontreuse loi de 186g ? Se fera-t-elle de nouveau inscrire parmi les puissances qui s’honorent de respecter et faire respecter la propriété-intellectuelle dans toutes ses manifestations ?
- Nous voulons l’espérer.
- Dans le cas contraire, nous dirions patriotiquement à nos nationaux : N’allez pas exposer à Amsterdam ; ou si vous y allez, n’y exposez que des produits, machines, appareils ou modèles sur la propriété desquels vous M'avez aucune prétention à faire valoir.
- O. Kern.
- MESURES PHOTOMÉTRIQUES
- APPROCHÉES DES INTENSITÉS LUMINEUSES DU SOLEIL, DE LA LUNE, DES ÉTOILES ET DE FOYERS ÉLECTRIQUES OU AUTRES LUMIÈRES ARTIFICIELLES
- La lumière et la chaleur émises par les corps chauds ne sont que les différents modes sous lesquels l’énergie de vibration résultant du mouvement calorifique arrive à notre perception. Un chaudron chaud, du fer rouge; du fer, du platine ou du charbon portés à l’incandescence ; l’incandescence de l’arc électrique, sont autant de sources émettant de l’énergie de la même manière, et sui-
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- vant que la perception se fait par le sens de la vue, par son organe, l’œil, ou par le sens de la chaleur (') ; nous donnons à cette énergie le nom de lumière ou de chaleur. Quand la durée de vibration est plus grande qu’un quatre cent millionième de millionième de seconde, la radiation ne peut être perçue que par le sens de la chaleur; quand la période de vibration est inférieure à un quatre cent millionième de millionième de seconde et supérieure à un huit cent millionième de millionième de seconde, la vibration est perçue sous forme de lumière par l’œil.
- D’après ses expériences, Pouillet a évalué l’énergie émise par le soLeil sous forme de radiations à environ 86 foot pounds par seconde et par pied carré, à la surface de la terre, ou environ un horse-power pour 6 pieds 1/2 de la surface de la terre. On peut évaluer d’après cela la valeur de la radiation solaire à la surface même du soleil. Le soleil n’est pas autre chose qu’une masse incandescente fondue perdant de la chaleur par radiation et entourée d’une atmosphère de vapeur incandescente, et l’énergie radiante émane de chaque pied ou de chaque mille carré de la surface du soleil comme d’un puits de fluide lumineux dont nous ne pouvons dire s’il est gazeux ou liquide.
- Prenons cependant au lieu du soleil la surface radiante idéale d’un globe solide de 440 000 milles de rayon. La distance de la terre au soleil étant g3 millions de milles, le rayon du soleil est égal, en nombre ronds à un deux centième de cette distance; par suite la surface qui, à la distance de la terre au soleil, correspond à un pied carré de la surface du soleil est égale à 4 000 pieds carrés. La radiation sur cette surface est 40 000 X 86 ou 3 440 000 foot-.pounds, ce qui représente par suite la somme de radiation émanant de chaque pied carré de la surface du soleil. Cette somme est équivalente à environ 7 000 horse-power ; d’après nos mesures anglaises si fatigantes pour le cerveau, il faut la diviser par 144 pour connaître la radiation par pouce carré de la surface du soleil ; cette radiation est égale à 5o horse-power.
- Le courant normal qui passe dans une lampe Swan donnant 20 candies est égal à 1 ampère 4, avec une différence de potentiel de 40 à 45 volts. L’activité du travail électrique dans le filament est donc 61,6 ampères volts ou watts (suivant l’heureuse expression de watt adoptée par le docteur Siemens pour représenter l’unité d’activité constituée par l’ampère volt). Pour réduire cette valeur
- (9 Ce sens est quelquefois appelé à tort le sens du toucher. La vraie liste des sens, donnée, je crois, pouf la première fois par le Dr Thomas Reid, divise en deux ce que l’on appelait ordinairement le sens du toucher, de sorte qu’au lieu de la liste erronée des cinq sens on a les six sens de la force, de la chaleur, du son, de la lumière, du goût et de l’odeur.
- 0
- en horse-power, il faut la diviser par 746 ; et l’on trouve alors pour l’activité électrique d’une lampe Swan environ 1/2 horse-power. Le filament a une longueur de 3 pouces 1/2 et le diamètre de sa section circulaire est 0,01 pouce; sa surface exté^ rieure est donc 1/9 de pouce carré et par suite l’activité atteint 3/4 de horse-power par pouce carré. Il en résulte qu’à surface égale l’activité de la radiation solaire est environ 67 fois plus grande que celle d’une lampe Swan.
- En Angleterre, l’étalon de lumière auquel on rapporte les mesures photométriques est la bougie type. Dernièrement on a élevé quelques objections contre l’exactitude de cet étalon. On a dit que les intensités lumineuses de différentes bougies types avaient présenté des différences pouvant aller jusqu’à 14 pour cent et que l’on avait observé également des différences notables dans l’intensité de la lumière fournie par les différentes parties d’une même bougie pendant la duréè de sa combustion. La lampe Carcel, adoptée en France, a été considérée comme le seul étalon sur lequel on puisse compter. Il offre certainement beaucoup de garanties et fournit des indications très exactes, mais il ne faut pas oublier que son exactitude est due en grande partie à son mode d’emploi et aux précautions 'minutieuses que l'on prend pour assurer cette exactitude. Si l’on apportait dans la fabrication et dans l’emploi de la bougie type des précautions analogues à celles indiquées par Régnault et Dumas pour la lampe Carcel, il est peu douteux que l’on arriverait aussi à une exactitude suffisante pour la plupart des applications pratiques; les résultats obtenus avec la bougie seraient probablement aussi satisfaisants que ceux que fournit aujourd’hui la lampe Carcel.
- A la conférence qui s’est réunie dernièrement à Paris au sujet des unités électriques, on a proposé d’employer comme étalon photometrique l’incandescence du platine fondu et l’on a présenté à la conférence des résultats et des modes opératoires très intéressants relativement à cette proposition.
- Pour les mesures photométriques approchées, la méthode, la plus convenable est certainement celle de Rumford, la comparaison des ombres projetées sur une surface blanche par les deux sources étudiées. Tout l’appareil nécessaire se compose d’une feuille de papier blanc, d’un petit corps cylindrique comme un crayon et d’un moyen de mesurer les distances. Des yeux en bon état normal de santé sont d’ordinaire très susceptibles d’estimer la teinte des ombres, même quand les ombres examinées sont de différentes couleurs, et avec quelque peu de soin on peut arriver par cette méthode à “dés mesures photométriques exactes à 2 ou 3 pour cent près. La différence de couleur des ombres est due, comme on le sait, à ce que l’ombre de chaque source est éclairée par l’autre source.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Arago a comparé l’intensité lumineuse du soleil avec celle d’une bougie et il évalue cette intensité à environ i5 000 fois celle de la flamme d’une bougie.
- Seidel, d’après les informations qui m’ont été transmises par Helmholtz, a considéré l’intensité lumineuse de la lune comme étant à peu près égale à celle du basalte gris ou du grès. Une expérience sur la lumière solaire faite à Glasgow le 8 de ce' mois (8 déc.) comparée avec une observation sur la lumière de la lune, observation que j’ai faite à York pendant la réunion de l’Association britannique dans cette ville en 1881, m’a amené à conclure que la surface de la lune émet des radiations qui sont à peu de chose près le tiers de la lumière qu’elle reçoit. Cette observation sur la surface lunaire faite à York au commencement de septembre 1881 vers minuit et à peu près à l’époque de la pleine lune, m’a montré qu’à l’époque, et sur le lieu de l’observation, la lumière de la lune était équivalente à celle d’une bougie placée à la distance de 23o centimètres.
- Dans une observation faite également à York pendant la durée de la réunion, j’ai trouvé qu’à 10 heures du matin l’intensité lumineuse d’un ciel nuageux était telle que la lumière qu’il laisse passer à travers une ouverture d’un pouce carré de surface équivaut à peu près à la lumière d’une bougie. Les couleurs relatives de l’ombre de cette lumière et de l’ombre d’une bougie étaient jaune buffle foncé et bleu azur, la première ombre étant éclairée seulement par la bougie, la seconde par la lumière passant au travers de l’ouverture d’un pouce carré pratiquée dans le volet.
- L’expérience du vendredi 8 décembre sur la lumière solaire a montré que ce jour-là à une heure la lumière solaire qui venait frapper mon appartement à l’Université étaiï tellement brillante que la somme de rayons passant au travers d’un trou d’épingle percé dans un papier, trou de 0,09 cen. timètres de diamètre, produisait un éclairement égal à celui de 126 bougies. En coupant un morceau de papier de forme et de grandeur convenables pour cacher exactement la flamme de la bougie et mesurant la surface du morceau de papier, j’ai trouvé environ 2,7 centimètres carrés comme surface correspondante de la flamme. C’est 420 fois la surface du trou d’épingle et par suite l’intensité de la lumière émise par le disque du soleil était égale à 126X420, soit environ 53 000 fois celle de la flamme d’une bougie. Cette valeur est plus de trois fois celle trouvée par Arago, comme représentant l’intensité de la lumière, du disque solaire comparativement avec la lumière d’une bougie.
- William Thomson.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur les courants produits par les nitrates en
- fusion ignée, au contact du charbon porté au
- rouge, par M. Brard. (’)
- « La propriété remarquable que possèdent les nitrates en fusion, de produire des courants par leur réaction sur le charbon incandescent, avait été signalée pour la première fois, en i855, par A.-C. Becquerel, qui avait constaté une déviation considérable du galvanomètre en plongeant un charbon de cornue rougi dans un bain de nitrate de potasse fondu. Cette expérience, reprise un peu plus tard par M. Jablochkoff, qui tenta d’en appliquer le principe à une pile nouvelle qu’il appelait électro-motrice, a été pour moi le point de départ d’études sur les nitrates, dont j’extrais les résultats suivants :
- « i° Si l'on plonge dans une capsule contenant un bain de nitrate en fusion un charbon quelconque porté au rouge, on obtient un courant énergique allant du bain au charbon dans le circuit extérieur.
- « Cette expérience est celle de Becquerel; toutefois j’ai pu constater qu’elle réussissait également avec tous les charbons, et de plus, que lorsque l’on se servait, comme le faisait Becquerel, de charbon dur, à combustion lente, charbon de cornue, graphite, plombagine, etc., le courant s’affaiblissait très rapidement, et que cet affaiblissement était dû au dépôt, sur la partie du charbon immergée, d’une croûte très adhérente et très compacte de sels, qui, s’interposant entre le nitrate et le charbon, arrêtait l’action chimique.
- « 20 Les nitrates en fusion deviennent très fluides et acquièrent la propriété des corps gras de mouiller au loin les objets chauffés avec lesquels ils sont en contact.
- « Une goutte de ces sels, versée sur une plaque de fonte chauffée, s’étend rapidement et en couvre bientôt une grande surface; grâce à cette propriété, ce liquide monte le long de ces corps par capillarité jusqu’à om,oi, om,o2 ou même om,o3, selon leur grosseur et le plus ou moins de rugosité de leur surface.
- « Une des conséquences de cette propriété est la possibilité de modifier l’expérience fondamentale de Becquerel en ne plongeant pas dans le bain de nitrate le charbon par son bout incandescent. En faisant rougir l’extrémité du crayon opposée à celle qui baigne, on peut, en effet, obtenir
- (9 Note présentée à l’Académie des sciences, dans la1 séance du i3 novembre 1882.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- encore un courant, pourvu que la baguette de charbon ne soit pas trop longue.
- « 3°. Pour obtenir un courant, il n'est pas nécessaire de plonger le charbon dans le bain de nitrate.
- « Il suffit, en effet, de poser sur des charbons ardents une capsule de métal contenant quelques grammes de nitrate en fusion et de l’y laisser pendant quelques minutes pour qu’un courant se produise, se dirigeant du bain aux charbons dans le circuit extérieur.
- « Le courant que l’on constate en intercalant un galvanomètre dans le circuit, dont une extrémité plonge dans le bain et l’autre aboutit à une tige métallique que l’on peut introduire et promener dans les charbons du foyer, persiste avec une intensité sensiblement constante, tant que les charbons sur lesquels repose la capsule sont rouges et que celle-ci renferme des traces de nitrate.
- « L’explication de ce fait singulier se trouve dans la propriété déjà signalée que possèdent les nitrates, d’imbiber les surfaces chauffées avec lesquelles ils se trouvent en contact.
- « On peut constater, en effet, au bout de quelques instants, lorsque l’on fait cette expérience, que la paroi intérieure de la capsule située au-dessus du niveau du liquide se mouille graduellement et que cette imbibition, après 'avoir gagné le bord supérieur du vase, redescend ensuite sur sa paroi extérieure, qu’elle finit par lubrifier complètement. C’est ainsi qu’une couche mince, continue et à peu près toujours égale de nitrate est mise en contact avec les charbons rouges sur lesquels repose la capsule, et y entretient la réaction chimique sensiblement constante qui engendre elle-même le courant et en assure la régularité. Ce courant, formé au point de contact de la capsule avec les charbons, traverse ensuite le foyer incandescent avec une facilité d’autant plus grande, que sa température est plus élevée, ainsi que je le montrerai dans une prochaine communication, de telle, sorte que les charbons rouges remplissent eux-mêmes ici l’office de conducteurs et ferment le circuit sur la tige métallique que l’on y introduit.
- « 40 Enfin, il n'est môme pas nécessaire, pour obtenir un courant, de mettre le nitrate en contact avec les charbons d'un foyer.
- « Une capsule en métal, contenant le sel en fusion, suspendue librement au-dessus d’un foyer en combustion, qu’elle ne touche pas par conséquent, donne encore lieu à un courant allant du bain de nitrate à la surface extérieure de la capsule.
- « Ces courants sont plus faibles que les précédents; mais on peut en augmenter l’intensité en enduisant l’extérieur de la capsule d’une couche de plombagine ou de noir de fumée, et en recouvrant le tout d’une toile métallique. J’ai obtenu enfin le maximum d’effet, dans cette série d’expé-
- riences, en tapissant la paroi extérieure de la capsule d’une feuille de papier d’amiante, recouverte elle-même de plombagine et ensuite d’une toile métallique à larges mailles. Sous cette forme, la toile métallique devient le pôle négatif de l’élément, et le métal de la capsule, le pôle positif.
- « Un couple ainsi constitué et placé sur un bec Bunsen donne, dès que le nitrate entre en fusion, un courant continu de 6 à 7 milliampères, d’une constance très remarquable. Pour que cette petite pile fonctionne bien, il importe de la placer le plus près possible de la source de chaleur vers la pointe de la flamme du gaz. Or, c’est justement en ce point que se rencontre la plus grande proportion de particules charbonneuses incandescentes qui se dégagent de la flamme. Ce sont donc en réalité ces molécules de charbon portées au rougé, qui, rencontrant sur leur passage le nitrate fondu qui imbibe l’amiante, engendrent le courant. Et comme, d’une autre part, avec un bec Bunsen bien réglé, la proportion de ces produits charbonneux ainsi que le degré de température restent sensiblement constants dans un laps de temps déterminé, on se rend ainsi aisément compte de la constance du courant lui-même.
- « 5° Les nitrates entretenus à l'état de fusion sont d'une grande fixité.
- « Ces sels, qui fondent vers 200°, ne se décomposent en effet que vers 1 ooo° ou 1 200°. Jusqu’à ce point, non seulement ils n’attaquent pas les vases métal qui les contiennent, mais ils paraissent au contraire jouir de la singulière propriété d’empêcher leur oxydation au feu, ou, tout au moins, de la retarder considérablement. »
- Méthode pour la détermination de l’ohm, fondée
- sur l’induction par le déplacement d’un aimant.
- ParM. G. Lippmann. (').
- « On peut imaginer autant de méthodes distinctes pour la détermination de l’ohm qu’il y a de manières différentes de faire naître une force électromotrice d’induction. La méthode suivante est fondée sur l’induction produite dans un circuit par le déplacement d’un aimant ; elle est d’une exécution mécanique facile, parce qu’elle n’exige que le déplacement d’un barreau de quelques centimètres de longueur; de plus, elle se prête mieux que les trois méthodes que j’ai précédemment indiquées à être mise en œuvre dans un laboratoire non exempt de perturbations magnétiques.
- « Un petit barreau aimanté, de moment magnétique m, tourne avec une vitesse uniforme-de n tours par seconde autour d’un axe perpendiculaire à sa ligne des pôles; ce mouvement engendre dans
- (i) Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 4 décembre 1882.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- un circuit voisin E une force électromotrice va riable dont la valeur maxima est
- (1) e = 27t nmK,
- K étant une constante de l’appareil.
- « D’autre part, les extrémités du circuit induit E peuvent être mises en communication avec les extrémités de la colonne de mercure ou de la résistance r que l’on veut déterminer. On fait passer, à' travers la résistance r, un courant d’intensité i, mesuré par la déviation d’une boussole des tangentes T. On a donc
- (2) z = K' H tanga,
- K' étant la constante de la boussole et H étant la résultante horizontale de toutes les actions magnétiques qui s’exercent au point où se. trouve l’aiguille de la boussole. Si l’on règle l’intensité i de façon que l’ont ait e — ri, il s’ensuit que l’on a
- 2 ir n m K
- (3) r~~ K'Htangôî’
- « On s’assure de l’égalité e — ri en plaçant dans le circuit induit un galvanomètre sensible G, qui devra rester au zéro. L’axe qui porte l’aimant porte aussi un contact mobile qui ferme le circuit induit au moment seulement où e passe par sa valeur maxima.
- « Dans le second membre de l’équation (3), tous les termes sont connus : n et a sont donnés par
- l’observation ; le rapport s’obtient par une mesure de déviation faite à la manière de Gauss; K et K1 sont trouvés par le calcul.
- « On sait calculer la constante IG d’une boussole des tangentes. Quant à la constante K, on peut l’obtenir exactement de la même manière : il suffit, en effet, de disposer l’appareil E comme une boussole des tangentes, en donnant à la bobine induite un rayon considérable par rapport à la longueur du barreau placé au centre.
- « En exécutant le calcul numérique de ces diverses quantités pour des dimensions données et facilement réalisables de l’appareil, on voit que cette méthode se prête à la construction d’un étalon de 1 à 5 ohms de résistance, avec une erreur relative qui paraît inférieure à un millième. »
- Déformation électrique du quartz, par MM. Jacques et Pierre Curie (*).
- « ...A chaque manière (2) de provoquer par
- pression le dégagement électrique dans le quartz correspond un phénomène réciproque particulier.
- (*) Note présentée à l’Académie des sciences, dans la éance du i3 novembre 1882.
- (2) Voir Journal de Physique, 1882, p. 20.
- Soit un parallélépipède ayant deux faces normales à un axe électrique et deux normales à l’axe optique; lorsqu’il y a entre les deux faces normales à l’axe électrique une différence de potentiel, le quartz se dilate suivant l’axe électrique et se contracte dans la direction normale aux axes optique et électrique, ou inversement se contracte suivant la première direction et se dilate suivant la seconde, selon le sens de la tension. La troisième direction ne varie pas. Le sens des phénomènes réciproque et direct sont liés entre eux par une loi de réaction analogue à la loi de Lenz. Chacune des déformations est proportionnelle à la différence de potentiel. Enfin, dans chaque direction, la grandeur de la dilatation est donnée en centimètres, pour une différence de potentiel égale à l’unité absolue C.G.S. électrostatique, parle même nombre que celui qui exprime en valeur absolue la quantité d’électricité dégagée par une pression d’une dyne exercée dans la direction considérée.
- « ..... La dilatation suivant l’axe électrique est indépendante des dimensions de la plaque ; elle est trop faible pour être constatée directement, mais, pour la mettre en évidence, on peut s’opposer à ce que la déformation se produise, employer de gfandes surfaces et utiliser la variation de pression assez considérable qui en résulte. C’est ce que nous avons déjà fait. La méthode est des plus sensibles, mais la connaissance imparfaite, ou nulle que l’on a des coefficients d’élasticité ne nous a pas permis de faire des expériences quantitatives. Au contraire, la dilatation normalement à l’axe varie avec les dimensions du parallélipipède ; elle est égale à la dilatation suivant l’axe, lorsque le rapport des dimensions actives est ..égal à 1 ; en faisant varier ces dimensions, on peut la rendre beaucoup plus grande, elle peut devenir visible et mesurable au microscope, surtout après amplification à l’aide d’un levier.
- « L’appareil dont nous nous sommes servis était disposé de la façon suivante : une plaque de quartz, revêtue de deux feuilles d’étain sur les faces normales à l’axe électrique (et très peu épaisse suivant la direction de cet axe), était fixée par l’une des extrémités de sa grande longueur (normale aux deux axes optique et électrique) à un montant solide.
- « L’autre extrémité, munie d’une petite pièce rigide, retenait le petit bras d’un levier. Le grand bras portait une petite toile d’araignée que l’on regardait avec un microscope muni d’un micromètre oculaire.
- « Les variations de longueur de la plaque de quartz étaient amplifiées une cinquantaine de fois. On produisait la tension électrique en chargeant les deux feuilles d’étain à l’aide d’une machine de Holtz reliée à une batterie de six bouteilles de Leyde. La tension s’établissait ainsi assez lente-
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- ment et l’on notait le déplacement du levier à l’instant ou l’étincelle partait entre deux boules.
- « La mesure se compose de deux parties :
- « i° On détermine expérimentalement, par les procédés que nous avons précédemment publiés, la quantité absolue d’électricité dégagée par la lame revêtue de ses feuilles d’étain et telle qu’elle va être employée dans la seconde partie;
- « 2° On mesure, à l’aide de llappareil ci-dessus décrit, les variations de longueur correspondant à une série de différences de potentiel données par les distances explosibles entre des boules de o“,o6 d’après les déterminations de M. Baille.
- Traction nécessaire pour charger une capacité de om,5o, à la tension d’un Daniell...................
- D’où une traction de 1 dyne dégagerait une quantité absolue d’électricité égale à.....................
- D’où dilatation calculée en centimètres pour l’unité de différence de
- potentiel........................
- D’où dilatation calculée en millimètres pour une différence de potentiel égale à 14,8 correspondant à étincelle de imm dans l’air, entre
- boules de om,o6..................
- D’où dilatation calculée en millimètres pour une différence de potentiel de 65,2 (étincelle de 6mm). . .
- Lame 1 (»). Lame 2.
- *
- 258°r 48,5
- 7,39. io~7. 39,3. 10—7 7,39. 10—7 39,3. 10—7
- » omm,ooo58
- omm,00048
- Déplacement de l’extrémité du levier exprimé en divisions du micromètre, pour tension correspondant à
- i®m d’étincelle........... . . .
- Déplacement pour tension correspondant à 6mn« d’étincelle.........
- Valeurs de ces déplacements en
- millimètres.....................
- Rapports des bras de levier........
- D’où dilatation mesurée............
- » 6,7
- 5,o »
- omiu,02o6 omœ,0276 40,8 46,5
- omm,ooo5o oInm,oco6i
- « Les dilatations mesurées étant de omm,ooo5o et de omm,00061, les dilatations calculées par les quantités d’électricité dégagées sont omm,00048 et omm,ooo58. Ces résultats doivent être considérés comme satisfaisants. Sans même considérer les facteurs nombreux entrant en cause, les différences s’expliquent simplement par l’erreur de lecture dans la mesure des dilatations électriques. Ces déterminations sont donc des vérifications non seulement qualitatives, mais aussi numériques des conséquences auxquelles les principes de la conservation de l’énergie et de la conservation de l’électricité ont conduit M. Lippmaiin. La proportionnalité de la dilatation à la différence de potentiel se vérilie également bien; toutefois nos expériences n’ont pu être faites que sur des échelles de tension très limitées. »
- Dynamomètre de MM. Silver et Gay
- Cet appareil appartient à la classe des dynamomètres de transmission à engrenages coniques ('); il est remarquable par l’heureux groupement de ses mécanismes.
- On reconnaît parfaitement en A la poulie motrice, en B celle dont la courroie conduit la ma-
- chine dont on veut évaluer le travail, en d le train des pignons dynamométriques, en f le fléau, en P le plateau des poids'/»; en p' le poids curseur. La tige du plateau P se termine par un piston mobile dans un cylindre à air c, destiné à amortir les vibrations et à régulariser les oscillations du fléau.
- A commande B par l’intermédiaire des engrenages c e' et des pignons d ; la grandeur des poids placés à P et la position qu’il faut donner au curseur p' pour maintenir le fléau horizontal, indiquent, d’après la construction de l’appareil, la tension du brin moteur de la poulie B, déduction faite des résistances propres de l’appareil réduites à-la circonférence des poulies (*).
- (4) Les épaisseurs des lames étaient 2““,4 et Lmm,65 ; les longueurs de l’étain environ 27““,8 et 40““.
- (1) Voir La Lumière Électrique du 29 juillet 1882, p. 100.
- (2) journal of the Franklin Institute, novembre 1882.
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- CORRESPONDANCE
- Varsovie, le io décembre 1882.
- Monsieur le Directeur,
- J’ai l’honneur de vous adresser, ci-jointe, une note : sur les variations d’intensité d'un courant qui traverse un moteur électrique.
- Cette note devant intéresser vos lecteurs par le jour qu’elle^ apporte sur la question importante des variations de I dans les moteurs électriques, je vous prie de vouloir bien l’insérer dans un des prochains numéros de votre journal estimé.
- Veuillez agréer, etc.
- A. Graviek.
- Note sur les variations d’intensité d’un courant qui traverse un moteur électrique
- Lorsqu’un courant El,' émis par une dynamo-machine dont là pression différentielle P—/>—E constante, passe par une dynamo-machine,
- Si l’anneau est au repos, calé, on a I—
- Si l’anneau est libre de tourner, s’il tourne, on a V
- Les uns disent, dans ce cas, que R varie.
- Les autres disent que E varie parce qu’il se produit, une
- e. m inverse
- Sans cela, dit-on, l’intensité devrait être invariable 5 on ne
- E
- peut pas concevoir que la valeur de I varie si J^est constant.
- Pourtant ces deux causes invoquées, pour expliquer les variations de I, n’ont aucune existence réelle.
- M. le professeur Jamin a démontré que . R ne varie pas, quelle que soit la vitesse du moteur.
- Il est tout aussi facile de démontrer qu’une dynamo-machine employée comme moteur ne produit pas, ne peut pas produire de force électro-motrice inverse.
- II suffit de la faire tourner mécaniquement dans le même sens que sous l’action du courant pour constater qu’à n’importe quelle vitesse elle ne produit pas le plus petit courant. On sait depuis longtemps dans les ateliers qu’une dy-namo-machine ne produit de courant, que dans un seul sens et ne tourne, comme moteur, que dans un seul sens, inverse du premier.
- Les variations de I restent donc, dans l’état actuel, sans explication.
- Nous avons soumis, il y a longtemps déjà, la question aux savants. (Voir La Lumière Electrique du 22 octobre 1881, pages 126-127.)
- On trouvera, même journal, numéro du 5 novembre 1881, page 195, la réponse que nous a valu notre question.
- Depuis cette époque, la question n’a pas avance d’une ligne. (Voir l’article signé Marcel Deprez, Lumière Electrique du 2 décembre 1882.)
- Voici l’explication qu’en donne un simple mortel, un très humble praticien, qui est à notre service depuis quelques années, et qui s’appelle Kot.
- Nous espérons que cette explication très juste, très sensée, et qui ferait honneur à plus d’un savant, sera justement appréciée et acceptée, puisqu’elle est l’expression même des faits.
- Voici ce que dit notre jeune homme :
- Lorsque le courant émis par une source de force électro-motrice constante rencontre l’anneau au repos, calé, il le
- traverse comme un simple conducteur, et l’on constate un effort pour faire tourner l’anneau.
- Lorsque l’anneau tourne sous l’effet du courant, ce courant, rencontrant un conducteur qui se déplace comme lui, avec une certaine vitesse, ne peut plus le traverser avec la vitesse due à la pression différentielle E, mais seulement avec une vitesse qui est la différence entre sa propre vitesse et celle du fil de l’anneau.
- E
- Voilà pourquoi I diminue malgré que ^ reste constant.
- M. Kot en a tiré quelques conséquences que nous croyons importantes. En voici une :
- On peut donner mécaniquement au moteur une vitesse telle que I devienne égal à zéro.
- Dans ce cas, la vitesse du fil de l’anneau est égale à celle du courant qui tend à le traverser sous la pression différentielle E constante, et peut lui servir de mesure.
- Varsovie, le 10/12 décembre 1882.
- * A. Gravier.
- Nous avons inséré la note de M. Gravier, mais nous ne pouvons admettre son explication d’un fait qui d’ailleurs ne fait pas question.
- Lorsque les balais d’une machine sont disposés pour qu’elle puisse servir comme réceptrice, et qu’on veut l’employer comme génératrice, en la faisant tourner dans le même sens que sous l’action du courant, on obtient, non pas un courant nul comme dit M. Gravier, mais un courant très faible, parce que la ligne de calage des balais fait un certain angle avec la ligne magnétique neutre de l’anneau avec laquelle elle devrait coïncider pour que l’on puisse avoir un courant normal.
- Mais quand cette même machine est employée comme réceptrice, la polarité de l’anneau est changée par le courant qui le traverse et sa ligne neutrè prend une position différente de celle qu’elle avait primitivement, de sorte que cette ligne neutre peut alors coïncider avec la ligne de calage des balais, et que la rotation de l’anneau peut' alors donner aux balais une différence de potentiel et tendre à produire un courant.
- Quant à l’explication de M. Kot, elle repose sur une pure confusion. La vitesse de propagation du courant et la vitesse de rotation de l’armature, sont d’ordre tout à fait différent e il est impossible de concevoir une vitesse qui résulterait de leur différence.
- FAITS DIVERS
- Nous avons le plaisir d’annoncer que la Société d’Encoü-ragement vient de décerner à [notre collaborateur, Mv Marcel Deprez une grande médaille pour ses importants travaux et en particulier pour ses recherches sur le transport et la distribution de la force par l’électricité.
- Le lord-maire de Londres a inauguré au Palais de Cristal de Sydenham l’Exposition Internationale d’électricité et de gaz. C’est principalement dans la partie sud du Palais que sont exposés les appareils à gaz; ceux de l’électricicité se trouvent à l’extrémité nord de l’édifice. Dans la cour de l’Alhambra on remarqnedes lampes Werdermann. Une partie du département.des Tropiques est illuminée par Charles Lever. La partie restante de la nef septentrionale est principalement réservée à M. Paterson et Cooper, à la Guicher Company, à la British Electric Light Company; Le transept central est éclairé par la Compagnie Ferranti et la Standard Fyfe Main Company.
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- On est en train de construire à Darmstadt, à l’Ecole technique supérieure, de grands laboratoires qui seront consacrés à l’enseignement de l’électricité. Ces laboratoires contiendront de nombreux appareils de mesures et générateurs d’électricité et seront à la disposition non-seulement des élèves, mais encore de ceux qui voudront faire des essais en vue d’installations électriques.
- Un pas important dans l’électricité vient d’être fait à Munich; bien qu’il n’existe pas encore dans cette université de chaire d’électro-technique, à la haute école technique, des cours y seront consacrés à cette étude. Le docteur de Beetz doit faire des conférences sur l’électricité et le magnétisme, et principalement dans la pratique physique, étudier les appareils électro-techniqües et les méthodes de mesure; le docteur de Bezold doit s’occuper de la télégraphie et de la téléphonie; le docteur Edelmann de l’électro-technique, M. Schrœter des machines dynamo, de la transmission de la force; le docteur Voit de l’éclairage électrique, et le docteur Lœwe des signaux électriques.
- Un pareil enseignement était bien rendu nécessaire par l’importance de plus en plus grande que prennent chaque jour les applications de l’électricité, et c’est là une des heureuses conséquences de l’exposition de Munich;
- Éclairage électrique
- On vient d’installer au. Cercle des Arts Libéraux l’éclairage électrique au moyen de lampes Cance. L’éclairage comprend neuf foyers à arc dont 4 sur une première machine Gramme type d’atelier, et les 5 autres sur une seconde mochine du même type. Toutes les lampes sont montées en dérivation. Les machines électriques ont une vitesse de 1200 tours à la minute. Leur force électro-motrice est de 70 volts en moyenne et le courant de 25 à 26 ampères. En temps ordinaire une seule machine fonctionne et on ne maintient allumés que quatre ou cinq foyers à la fois, mais ces quatre ou cinq foyers sont allumés ou éteints suivant jes besoins de l’éclairage dans les diverses salles et à certaines heures de la nuit. Pour les jours de fête, les deux machines marchent ainsi que les neuf foyers.
- Le lampe Cance vient également d’être adoptée au ministère des postes et télégraphes pour l’éclairage des deux salles de télégraphie du poste central, à la suite d’expériences comparatives qui ont eu lieu pendant plusieurs mois avec différents systèmes.
- A Marseille, la gare des marchandises continue à être éclairée par l’électricité.
- Le Cannois, beau vapeur qui fait toute l’année un service régulier entre le port de Cannes et les îles de Lôrins, dans le golfe de la Napoule, a reçu pour les promenades de nuit des appareils d’éclairage électrique et un projecteur qui atteint à trois mille mètres.
- A la Society of Arts de Londres, la salle des meetings est depuis le commencement de la session éclairée avec des lampes Edison, au nombre de cinquante. On se sert d’une machine dynamo Siemens, actionnée par un moteur à gaz Crossley de huit chevaux de force.
- un comité de la ville des projets pour l’éclairage par l’électricité des rues et places de Dundee.
- Télégraphie et Téléphonie
- Des bureaux télégraphiques et postaux d’été ont été établis depuis peu en Allemagne au sommet de montagnes et dans des endroits éloignés visités seulement par les touristes. Cette innovation a donné de bons résultats. C’est ainsi que l’été dernier 8 064 télégrammes ont été envoyés de ces stations estivales par des touristes. La plus grande partie de ces dépêches provenait de la Bastei, précipice élevé de la Suisse saxonne, de la Wartbourg, le château où se réfugia Luther, en Thuringe ; de la Schneekoppe, montagne de la chaîne des Sudètes, point culminant de la Prusse (1 686 mètres), et du Brocken, dans le Harz (1 140 mètres).
- Goa, dans l’Inde portugaise, va être reliée au système de télégraphe de l’Indoustan. Cette ville sera mise en communication par un fil télégraphique avec Marmugao.
- Au Canada, à Victoria Cove, un câble télégraphique vient d’être posé entre Levis et Quebec.
- Au palais impérial de Gatschina, près de Saint-Pétersbourg, ont lieu depuis quelque temps des auditions téléphoniques. La dernière soirée musicale a été consacré à l’opéra Rigolelto qui a été transmis par le téléphone du théâtre Marie à la résidence d’hiver du czar.
- AU LECTEUR
- Les développements cfe la science électrique prennent chaque jour une extension si considérable, que nous nous trouvons vraiment encombrés parla masse des documents, presque toujours dignes d’intérêt, qui nous parviennent de toutes parts!
- Aussi La Lumière Électrique, tenant à ne laisser en arrière aucun élément de progrès, va-t:elle étendre le cadre de sa publication à partir du premier numéro de i883; nous allons porter le nombre des pages de 24 à 32, et, parmi les innovations que nous comptons introduire dans notre journal, nos lecteurs trouveront un compte-rendu régulier de tous les brevets pris en France et concernant l’électricité : ces brevets résumés avec dessins à l’appui, seront publiés au fur et à mesure de leur divulgation par le bureau spécial du gouvernement. Nous donnons aussi aujourd’hui la liste de nos nombreux collaborateurs, parmi lesquels on verra tous les noms déjà bien connus, en même temps que ceux de savants les plus estimés dans les annales de la science française ou étrangère, et dont le concours nous est dorénavant acquis. ‘
- Le Comité de Rédaction.
- A Dundee (Écosse) la Brush Electric Light and Power Company et la Carbon Electric Light Company ont remis à
- Le Gérant : A. Glénard.
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-
- 6^6
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- Collaborateurs
- Abdank-Abakanowicz .
- A. Achard.
- W.-G- Adams.
- Alfred Angot.
- Tosé Apparicio.
- A. d’Arsonval.
- M. Avenarius.
- W.-E. Ayrton.
- Alexandre-Graham Bell. Gaston Belle.
- C.-A. Bjerknes.
- E. Boistel.
- Boudet de Paris.
- J. Boulard.
- Bouliguine.
- Sir Charles Brigiit. David Brooks.
- Brossard de Corbigny. Henry-W. Browne.
- G. Cabanellas.
- Ignace Canestrelli.
- J. Carpentier. Chabirand.
- Ch. de Changy.
- G. Chaperon.
- J. Chrétien.
- C. Clamond.
- John Clark.
- P. Clemenceau.
- D. Colladon.
- Raimond Couison.
- A. Cornu.
- Maurice Cossmann. William Crookes.
- C. Deciiarme.
- A. Dejongh.
- Ph. Delahaye.
- A. Demoget.
- Marcel Deprez.
- M. Desportes.
- T.-T. Eckert.
- Ecole de Télégraphie. Th.-Alva Edison. x Edlund.
- M.-G. Farmer.
- H. Faye.
- O. Frcelich.
- de LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- Ch. Garnier.
- V. Garnier.
- E. George.
- Frank Geraldy.
- L. de Gerandô.
- Eric Gérard.
- G. Glaser.
- Le Goarant de Tromelin. Goloubitzky.
- G.-E.-H. Gordon.
- Camille Grollet.
- Elisha Gray.
- Aug. Guerout.
- Frank Hamilton.
- C.-C. Haskins.
- C. -H. Haskins.
- Y. Hefner Alteneck. Cornélius Herz.
- Holtz.
- E. Hospitalier
- D. Hughes.
- Nelius.
- A. Noaillon.
- Julian Ociiorowicz.
- A. Pacinotti.
- A. Partz.
- Henri de Parville. Perruche.
- J. Perry.
- O. de Pezzer. Pierre Picard. Gaston Planté.
- J. Pollard.
- Frank L. Pope. W.-H. Preece.
- Redier.
- L. Regray.
- Carlo Resio.
- Emile Reynier.
- G. Richard.
- P. Jablochkoff. W. Jacobi.
- Andrew Jamieson. Jamin.
- Fleeming Jenkin.
- O. Kern.
- Knight. .
- Abbé Laborde. Lartigue.
- M. Latchinoff Maurice Leblanc*
- F. Leduc.
- G. Lippmann. Lœwy.
- Lodiguine.
- DE MaGNEVILLE. Maître-Jean.
- M. Melsens.
- E. Mercadier.
- A. DE Méritens. Tii. du Moncel.
- O.-A. Moses.
- E. Mouchez.
- T. Moutier.
- D. Napoli.
- Jules Sarcia.
- H. Saroni.
- R. Sabine. Sartiaux.
- E. Sartiaux.
- L. Sebert. Werner Siemens. Gerrit Smith. C.-C. Soulages. W. Spottiswoode. J.-T. Sprague.
- C. Street.
- W. Tchikoleff. A.-L. Ternant-William Thomson. Ch. Trépied.
- G. Tresca.
- A. Trêve.
- C.-F. Varley.
- L. DE VlLLY.
- E. Van der Ven. de Waha.
- C.-E. Webber.
- R. Werdermann.
- WlLLIOT.
- WOLFF.
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES
- DU TOME YII
- Pages.
- A
- APPLICATIONS DE LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Applications de la lumière électrique aux constructions sous-marines, par M. C.-C. Soulages. ... 16
- Demande d’autorisation d’élever une station centrale
- pour la lumière Edison à Berlin................. 23
- Éclairage du parc Monceaux par 12 foyers électriques 24 Projet d’éclairage électrique pour la ville de Dijon par
- la C° Edison....................................... 24
- Éclairage électrique de l’Exposition de Bordeaux. . . 24
- Éclairage du restaurant, du jardin, de la bibliothèque et de la salle de lecture du palais de cristal de'
- Munich par les lampes Edison....................... 24
- Éclairage électrique des établissements métallurgiques de la Société de Couillet, près Charleroi. . 24
- Éclairage du yacht le Namouna par des lampes Edison .............................................. 24
- Éclairage électrique du vapeur le Ghoorka............ 24
- Éclairage électrique du vapeur le Brittany........... 24
- Projet d’éclairage électrique par les lampes Edison du
- nouveau théâtre de Brün en Moravie. ....... 24
- Applications de la lumière électrique à la photographie............................................... 45
- Différentes installations d’éclairage par la O de la lumière Edison....................................... 47
- Continuation de l’éclairage électrique des quais de la
- Tamise et du pont de Waterloo...................... 47
- Projet d’éclairage électrique de la paroisse de Cam-
- berwell à Londres.................................. 47
- Continuation de l’éclairage électrique du palais de
- Sydenham........................................... 47
- Projet d’éclairage électrique de la paroisse de Ken-
- sington à Londres.................................. 48
- Éclairage électrique du Canal de Surrey................ 48
- Éclairage électrique de la fête de la Société royale
- d’horticulture de Londres. . ................. 48
- Éclairage électrique de la poste aux lettres de Glas-
- cow............................................... 48
- Eclairage électrique des bureaux du journal la Western mail de Cardiff.............................48-71
- Éclairage du château de Sir Ridley par des lampes
- Swan..................................,......... 48
- Éclairage électrique des trains de chemins de fer. . . 68
- Pages.
- Éclairage électrique du square des Batignolles à l’occasion d’une fête de bienfaisance..................... 71
- Éclairage électrique de l’Exposition de Bedfort. ... 72
- Éclairage électrique de la maison de santé du Dr Le-
- vinstein à Berlin.................................... 72
- Éclairage électrique de l’exposition horticole de Morges
- Suisse............................................... 72
- Nouvel éclairage électrique des chutes du Niagara. . 72
- Éclairage de la gare de Don Pedro à Rio Janeiro avec
- des lampes Edison.................................... 72
- Éclairages électriques de la fête du 14 juillet. . . . 95-120
- Installation au concert Besselièvre des lampes électriques de R. Mondos..................................... ç5
- Projet d’éclairage électrique du théâtre de Nice.... 95.
- Illuminations électriques des jardins de la Société
- botanique d’Angleterre à Regent’s parc............... gS
- Éclairage électrique de la Bourse de Manchester. . . g5 Installation d’un éclairage électrique à Leing’s Lynn 96
- Éclairage électrique du vapeur la Norm.uidy............... 96
- Substitution de l’éclairage électrique à l éclairage au
- gaz dans différentes parties de Sydney............... 96
- Éclairage électrique de plusieurs rues et places de
- Buenos-Ayres......................................... 98
- Éclairage électrique de l’Exposition régionale de
- Niort............................................ 120
- Éclairage électrique de la salle de spectacle duxasino
- de Bagnères-de-Bigorre........................ 120
- Éclairage électrique de la grande salle des appareils
- au bureau central des télégraphes à Berlin. ... 120
- Eclairage électrique par des lampes Edison du café
- d’Ellouvre à la Havane . ......................... 144
- Éclairage électrique par les mêmes lampes de la grande
- raffinerie de Gits Segers à Anvers................... 144
- Éclairage électrique de la grande brasserie Sedlnayr
- à Jüunich............................................ M4
- Éclairage électrique de l’assemblée générale des meuniers allemands à Stettin............................ 144
- Éclairage électrique de la grande fabrique de tissage
- de Reinhold à Greiz................................. 144
- Eclairage électrique du parterre du parc de Madrid à
- l’occasion de concerts nocturnes.................... 144
- Éclairage électrique du Cercle financier de Berlin. . . 144
- Éclairage électrique de l’Exposition de Nuremberg. . 144
- Éclairage électrique du ministère de la guerre à Madrid. . . ................. . :...................... 144
- Illumination électrique des minarets de Constantinople à l’occasion de l’anniversaire de la naissance du sultan............................................. >44
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-
-
-
- 648
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pages.
- Éclairage électrique du Palace Hôtel de San-Francis-
- co............................................... 144
- Éclairage électrique par les lampes Swan des grands magasins d’approvisionnement Bowron à Londres.............................................. 144
- Éclairage électrique du parc de City Hall à New-
- York ............................................. 144
- Éclairage électrique de la poste aux lettres de Buda-
- Pesth au moyen de lampes Edison................... 144
- Nouvelles rues de Londres éclairées par l'électricité 167
- Éclairage électrique des maisons aux alentours de
- l’Adelphi à Londres............................... 167
- Eclairage électrique à Saint-Sébastien, à Irun et
- Bilbao............................................ 167
- Eclairage électrique de' la promenade d’Unter-den-
- Linden à Berlin................................... 168
- Éclairage électrique par des lampes Swan de l’hôtel 168
- des Alpes à Montreux.............................. 168
- Éclairage électrique à Lisbonne........................ 168
- Éclairage électrique dans le passage Saint-Hubert à
- , Bruxelles............................................ 168
- Eclairage électrique à Bucharest à l’occasion du mariage de la fille du ministre de Roumanie à
- Saint-Pétersbourg................................. 168
- Eclairage électrique à Baltimore....................... 168
- Application de la lumière électrique aux opérations
- militaires d’Égypte.............................. 192
- Éclairage électrique de la bibliothèque de Leeds en
- Angleterre........................................ 192
- Éclairage électrique du vapeur le Lonsdale............. 192
- Eclairage électrique de l’Exposition agricole du Rea-
- ding (Angleterre)................................. 192
- Éclairage des rues de la ville de Cleethorpes en Angleterre.......................................... 192
- Installation d’éclairage électrique aux bains de mer
- de Cantabrico (Espagne)........................... 192
- Éclairage du comptoir d’Escompte de Paris, par M. A.
- H. Noaillon.. .................................... 199
- Éclairage électrique du paquebot anglais VInvicta. . . 23g
- Éclairage électrique du transport l’Orient............. 239
- Éclairage électrique du concert-promenade et du théâtre de Covent-Garden à Londres.................... 239
- Éclairage électrique de l’Arondel hôtel à Londres. . . 240
- Éclairage électrique des grands magasins d’approvisionnement de Londres............................. 240
- Éclairage électrique de la fabrique de biscuits Peek-
- Freen à Londres.................................. 240
- Éclairage. électrique de Gainsborough. ................ 240
- Éclairage électrique des grands magasins W. Lea à
- Liverpool......................................... 240
- Éclairage de l’Exposition d’électricité de Bordeaux
- par des lampes Edison............................. 263
- Éclairage électrique de la ville de Hastings........... 263
- Installation de l’éclairage électrique dans les usines
- de M. de Coats à Paisley.......................... 263
- Accroissement de l’éclairage électrique dans la gare
- Éclairage électrique de l’hôtel Adelphi à Liverpool. . 264
- Éclairage électrique de la filature et de la fabrique de
- dentelles Beirkin à Nottingham...................... 264
- Éclairage électrique des chantiers de construction de
- navires à Belfast (Irlande)......................... 264
- Éclairage électrique des usines Furlong et Mill-hall à
- Cork (Irlande)...................................... 264
- Éclairage-, électrique des moulins de A. R. Walker à
- Newry (Irlande)..................................... 264
- Éclairage électrique du nouveau théâtre de Brünn en
- Moravie........................................ • • 264
- Éclairage électrique d’une suite de magasins dans le
- Neubau àVienne.................................... 264
- Projet d’éclairage électrique par les lampes Edison
- Pages
- des villes de Mortara, Pistoya, Faenza, Fano,
- Arezzo, «Schio.................................... 264
- Éclairage électrique du grand café Krasnapolsky à
- Amsterdam par des lampes Edison................... 264
- Éclairage électrique du Prince Dock à Bombay........ 264
- L’éclairage électrique de San José, par M. C.-C. Soulages ........................................... 27S
- Eclairage électrique de Pentonville Road à Londres. . 287
- Projet d’éclairage électrique du district deClerkenwell
- à Londres......................................... 287
- Éclairage électrique de l’Hartley-Institution à Sou-
- thampton.......................................... 288
- Projet d’éclairage électrique de la paroisse de Fulham
- près Londres...................................... 288
- Éclairage électrique de la bibliothèque et du Philoso-
- phical hall à Leeds............................... 288
- Etablissement d’une station centrale d’éclairage électrique à Colchester............................... 288
- Éclairage électrique de l’entrée des docks de Swansea 288 Éclairage électrique de la frégate cuirassée chinoise
- le Ting-Yuen...................................... 288
- Éclairage électrique de quelques établissements industriels de la ville de Biella (Italie).......... 288
- Éclairage électrique de la gare de Porto-Bello, près
- d’Édimbourg. .................................... 288
- Éclairage électrique de la ville de Monterey au Mexique 288 Éclairage électrique des villes de Rocklsland (Illinois)
- et de Fond du Lac (Wisconsin). . ................. 288
- Installation d’un éclairage électrique à Springfield
- (Massachusetts)................................... 288
- Éclairage électrique des bureaux et ateliers du Record de Philadelphie avec des lampes Edison» . . 288
- Éclairage électrique de la grande salle de lecture du
- British Muséum.................................... 3i2
- Eclairage électrique de l’Hôtel de ville de Birmingham au sujet d’un concours musical.......... 3i2
- Éclairage électrique des magasins Shoolbred à Londres.............................................. 312
- Éclairage électrique des principales rues de Beccles
- en Angleterre..................................... 3i2
- Éclairage électrique de la gare Saint-Lazare à Paris,
- , par des lampes Edison................................ 335
- Éclairage électrique du paquebot Pavonia avec des
- lampes Swan...................................... 335
- Accroissement de l’éclairage électrique du viaduc
- Holborn à Londres................................. 336
- Eclairage électrique des grands travaux de nuit sur la ligne du chemin de fer de Taff-Vale (pays de
- Galles).. ........................................ 336
- Éclairage électrique de la ville de Sudbury........... 336
- Éclairage électrique des manœuvres et exercices militaires à Belfort................................ 359
- Projet d’application de l'éclairage, électrique à la paroisse de Saint-Luke à Londres. .................. 35g
- Projet d’éclairage électrique par le système Edison
- d’un quartier de Portsmouth....................... 359
- Eclairage électrique de Ea.st-Bourne................... 359
- Illumination électrique de l’hôtel de ville de Ply-mouth pendant l’Exposition d’horticulture organisée dans cette ville.............................. 36o
- Éclairage électrique de grandes manœuvres militaires
- en Allemagne................-.................. 36b
- Éclairage électrique de la place de Potsdam et de
- Leipzig...................................... 36o
- Premiers essais de l’éclairage électrique du système Edison à New-York au moyen d’un poste rayonnant sur un périmètre de 900 mècres............... 36o
- Éclairage électrique de l’hôtel Vendôme à Boston au
- moyen de lampes Edison.......................... 36o
- Eclairage électrique du nouveau palais du parlement au Cap..............................................
- 36o
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-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 649
- Pages.
- Projet d’éclairage électrique d’une partie de la bibliothèque de la rue de Richelieu.............. 406
- Établissement d’éclairage électrique à la garé de
- Nancy............................................ 406
- Éclairage électrique du phare de la Garoupe, près
- Antibes. ....................................... 406
- Appareil d’éclairage électrique pour la pêche à bord
- du steamer américain 1 ’Albatros.................. 406
- Éclairage électrique du théâtre du Prince de Galles et
- de la cour et de plusieurs magasins à Liverpool.. 406
- Éclairage électrique de Gay’s hospital à Londres. . . 406
- Nouvelles installations électriques dans le nord de la
- France . . i...................................... 429
- Installation d’un éclairage électrique au fort du Mex
- en Égypte......................................... q3o
- Eclairage électrique des théâtres impériaux de Saint- <
- Pétersbourg...................................... 43o
- Éclairage de l’Exposition électrique de Tynemouth. . 430
- Éclairage électrique de la fabrique de farine Lovenzale
- à Madrid........................................ 430
- Éclairage électrique de Clerkenwell à Londres. . . . • 4.30
- Eclairage électrique à Shanghaï........................ q3o
- Éclairage électrique du prolongement du chemin de
- fer métropolitain de Londres...................... 43o
- Expériences d’éclairage électrique à Marseille pour les
- recherches sous-marines........................... 4S4
- Éclairage électrique des principales fabriques de la
- ville de Gand..................................... 4S4
- Éclairage électrique des vapeurs Taratvera et Wail-
- hora en Angleterre................................ 4S4
- Éclairage électrique des magasins Owen et Evans à
- Bath en Angleterre. ......................... . . . 454
- Eclairage électrique du paquebot Caroline aux États-
- Unis.............................................. 454
- Éclairage électrique de 4a gare de Zurich.............. 454
- Projet d’éclairage électrique à Brentwood en Angleterre............................................. 454
- Éclairage électrique des Royal Albert docks à Londres............................................ - . 477
- Éclairage électrique de l’hôtel de ville de Kings’town
- upon Hull......................................... 477
- Éclairage électrique des docks de Swanseal............. 477
- Éclairage électrique de l’établissement de M. M. Vé-
- rity à Londres.................................... 477
- Éclairage des usines de la Tyne Electro platine O
- par la lampe Jamieson ............................ 478
- Eclairage électrique par la lampe Varley d’un espace
- en face de Ship Hôtel à South end:................ 478
- Éclairage électrique de la ville Cambuslang en Ecosse 478 Projet d’éclairage électrique de la ville de Worcester 478 Éclairage électrique des théâtres de la cour et Alexandra à Liverpool........................................ 478
- Éclairage électrique de l’établissement Ridchardson à
- Manchester........................................ 478
- Installations d’éclairage électrique dans l’usine de
- Bowyer et Priestley à Huntingdon.................. 478
- Éclairage électrique de Yerzuolo (Italie).............. 478
- Éclairage électrique de la perspective de Newski à
- Saint-Péterbourg.................................. 478
- Éclairage électrique de l’Exposition austro-hongioise
- à Trieste........................................ 478
- Éclairage des salles de rédaction du Times de New-
- York...............................................178
- Éclairage électrique des fonderies de M. Lazare Weil-
- ler à Angoulême................................. Soi
- Éclairage électrique du restaurant Holborn à Lon-
- . dres.............................................. Soi
- Eclairage électrique des magasins de M. Laing White
- et Whatten à Londres.............................. 5oi
- Éclairage électrique de la plate forme de la gare de
- YVaterloo Bridge à Londres........................ 5oi
- Pages,
- Eclairage électrique du transport britannique Vllima- Soi
- laya............................................ Soi
- Éclairage électrique des locaux de l’Electrical power
- and Storage Company.............................. Soi
- Projet d’éclairage électrique de la ville de Troy en
- Amérique.......................................... 5oi
- Projet d’éclairage électrique de la ville^de Colchester Soi
- Projet d’éclairage électrique de Stockport............. 502
- Projet d’éclairage électrique de la poste aux lettres
- de Glascow....................................... 502
- Eclairage électrique de l’Exposition des arts et des
- sciences de Poole dans le comté de Dorset. . . . 502
- Eclairage électrique d’un château aux environs de
- Ware.................................. ......... S02
- Eclairage électrique des teintureries Catnbel à Dundee 502 Ouverture au Westmarsh Middlesborough d’une station centrale d’éclairage électrique.............. 502
- Projet de fournir l’éclairage électrique aux particuliers à Manchester................................. 502
- Projet d’établissement d’un centre de production d’électricité à Birmingham.......................... 502
- Eclairage électrique des bureaux de la O du gaz à
- Gand........................................... S02
- Projet d’éclairage électrique à Buenos-Ayres........... 502
- Etablissement d’un phare électrique dans la baie de
- New-York.......................................... 502
- Illumination électrique de l’hôtel de ville de Bordeaux 525 Eclairage électrique des ateliers Jacolliot à Troyes. . 525
- Eclairage électrique de la fabrique de sucre de M.Ber-
- not à Ham......................................... . S2S
- Eclairage électrique de l’hôtel de la cité de Londres
- pour l’installation du nouveau Lord maire....... 5eS
- Eclairage électrique des magasins Jones à Bristol. . 525
- Eclairage électrique de Karrowgate..................... 325
- Projet d’éclairage électrique d’Hanley. : . ........... 525
- Projet d’éclairage électrique de Walsall............... 525
- Eclairage électrique de la grande poste aux lettres de
- Glascow......................................... 525
- Eclairage électrique de Commercial Street à Dundee. 525 Eclairage électrique de la cathédrale de Cantorbéry. . 52 5
- Eclairage électrique des magasins de Duncan à Aberdeen.............................................. : . 526
- Eclairage électrique des quais du Danube à Deggen-
- dorf............................................ 5 26
- Eclairage électrique du paquebot transatlantique espa*
- gnole Cristobal Colom............................ . 526
- Extension de l’éclairage électrique à l’embouchure du
- fleuve Bleu à Shanghaï............................. 526
- Eclairage électrique de la perspective de NewSki à
- Saint-Pétersbourg............................. 526
- Exhibition de lumière électrique à la foire des manufacturiers de Boston............................... 526
- Eclairage électrique du théâtre de l’opéra de Pitts-
- bourg............................................ 526
- Eclairage électrique de l’Eastern Market à Melbourne 526
- Eclairage électrique du paquebot à vapeur Pilgrin. . S26
- Eclairage électrique des bureaux et ateliers du New-
- York Herald................................... 526
- Eclairage électrique de l’Exposition de Torrento (Ca-
- nada)........................................... 526
- Eclairage électrique de la gare du chemin de fer à
- Melbourne..................................... 526
- Eclairage électrique des cuirassés l’Océan et le Redoutable.............................................. 549
- Eclairage électrique du paquebot transatlantique la
- Normandie........................... .......... 55o
- Projet d’éclairage électrique de la paroisse Newington
- à Londres..................................... 55o
- Eclairage électrique des usines Magnus Volk â Brighton 55o
- Projet d’établissement d’une station d’éclairage électrique à Brixton.................................. 55o
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-
-
-
- 65o
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Fages.
- Eclairage électrique des chantiers de construction de
- MM.. Pearce frères à Dundee..................... 55o
- Eclairage électrique de la manufacture de laines Guinness et O à Dublin................................. 55o
- Eclairage électrique de la brasserie Greenhill à Belfast .............................................. 55o
- Projet d’éclairage , électrique des théâtres royaux de
- Berlin............................................ 55o
- Eclairage électrique de Cleveland, en Amérique . . . 55o
- Eclairage de la route entre Kew et Richmond............ 573
- Eclairage électrique des bureaux des South Eastern
- and Provincial Brush Electric Light Company . . 573
- Eclairage électrique du transport anglais le Malabar. 573
- Eclairage électrique des rues de Colchester............ 573
- Eclairage électrique d’une Exposition canine à Maid-
- stone............................................. 573
- Eclairage électrique du vapeur Empress. . ............. 574
- Eclairage électrique de la fabrique de dentelle Copes-
- take Hughes, Crampton à Nottingham................ 574
- Eclairage électrique de la filature de M. Wright Turner à Pendleton.................................... 574
- Eclairage électrique des magasins de Goaillerie Lawson
- à Liverpool , ................................... . 574
- Eclairage électrique des imprimeries Hatzel, Watson
- et Viney à Aylesbury.............................. 574
- Eclairage électrique des mines de Furness.............. 574
- Eclairage électrique de Commercial Street à Dundee. 574 Eclairage électrique des ateliers des tourneurs au chemin de fer de Bruxelles................................. 574
- Eclairage électrique des bureaux et ateliers de
- MM. Smedt et d’Hams à Gand........................ 574
- Eclairage électrique de la salle des séances du conseil
- communal de Turin ................................ 574'
- Eclairage électrique de Valadolid en Espagne........... 574
- Eclairage de plusieurs cafés à Buda-Pesth . '. 574
- Eclairage électrique du port de la Joliette à Marseille. Sg8
- Eclairage de la perspective de Newsky à Saint-Pétersbourg. . . ........................................ 5g8
- Eclairage électrique d’un magasin du West-end à Londres............................................... 598
- Eclairage électrique des maisons de MM. Lewis à Liverpool............................................ 598
- Eclairage, électrique des houillères de Bioley, près
- Sheffield......................................... 598
- Eclairage électrique des teintureries Campbell à Perth 598 Eclairage électrique de l’Exhibition de bestiaux de
- Birmingham.................................... 622
- Eclairage électrique du château de M. Coope, près
- Colchester.................................... 622
- Eclairage électrique de l’Exposition technique de Brad-
- ford.......................................... 622
- Eclairage électrique du grand hall de l’hôtel de Can-
- non Street à Londres.......................... 622
- Projet d’éclairage électrique de la ville d’Arbrodth. . 622
- Eclairage électrique de plusieurs rues d’Aberdeen . . 622
- Eclairage électrique à Bridgton.................... 622
- Eclairage électrique des fonderies Hawthorme à Saint-
- Pierre, près Newcastle...................'. . . . 622
- Eclairage électrique de la ville de Surate, dans l’In-
- doustan............................................ 622
- Eclairage électrique de Watson Hôtel à Dunedin (Nouvelle-Zélande) .................................... 622
- Eclairage électrique de plusieurs magasins de Mel-
- , bourne (Australie).................................. 622
- Eclairage électrique des Piazzale à Rome........... 622
- Eclairage électrique des magasins à Paris, par C.-C.
- Soulages......................................... 63o
- La lumière électrique appliquée aux signaux de la mariné, par A. H. Noaillon........................... 63i
- Eclairage électrique du cercle des arts libéraux avec
- des lampes Cance................................... 645
- Pages.
- Eclairage électrique des salles de télégraphie au ministère des postes et télégraphes par des lampes
- ' Cance............................................. 645
- Eclairage électrique de la gdre des marchandises à
- Marseille....................................... 645
- Installation d’appareils d’éclairage électrique à bord
- du Cannois....................................... 64S
- Eclairage électrique dç la salle des meetings à la Société des arts de Londres......................... 645
- Eclairage des bureaux de plusieurs Compagnies électriques de Londres par des lampes à incandescence. ............................................ 045
- Projets d’éclairage éleetrique de Dundee. . ......... 645
- Eclairage du vapeur Tarawera par des lampes Edison. 645
- Projet d’éclairage éclairage de Scarborough............ 645
- Eclairage électrique de la Bourse de Manchester . . . 645
- Eclairage électrique des imprimeries Hazell, Watron
- et Winey à Alesbury............................... 645
- Eclairage électrique du paquebot Kjobenhavn............ 645
- Eclairage électrique du vaisseau VHimalaya............. 645
- Eclairage électrique du steamer le Dacca............... 645
- APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ AUX CHEMINS DE FER
- Construction d’un chemin de fer électrique dans les
- jardins du Palais de Cristal de Sydenham. .... 23
- Projet d’établissement de chemin de fer électrique aux environs de Vienne, de Mœdling, à l’hôtel des
- Deux Corbeaux.................................... 23
- Projet de construction d’un chemin de fer électrique à
- Saint-Denis, dans l’État de Missouri (États-Unis). 23
- Construction d’un chemin de fer électrique dans le
- , Fairmount-Parc à Philadelphie...................... 47
- Établissement d’un chemin de fer électrique aux environs de Berlin pour le service d’une blanchisserie 71 Établissement d’un chemin de fer électrique à l’Exposition de Moscou...................................... gS
- Établissement d’un chemin de fer électrique entre
- Francfort sur le Mein et la ville d’Offenbach ... gS Exploitation du chemin de fer électrique de Chaflot-
- tenbourg au Spandauer-Berg, près de Berlin . . . 23g
- Etablissement d’un chemin de fer électrique entre Genève et Saint-Julien de Carouge.................. 35g
- Etablissement d’un chemin de fer électrique à Fried-
- richshagen, près Berlin........................... Soi
- Intercommunication électrique dans les trains en
- marche, système W. U. Floyd....................... 570
- Chemin de fer électrique de la Chaussée des Géants
- en Irlande ....................................... 573
- APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ A L’IIO R L O G E RI E
- Établissement d’un Time-Ball à Rio-Janeiro sur la
- maison de M. Rodde................................. 167
- Nouvel interrupteur à mercure de M. H. S. Hcle-Shaw 309
- Achats d’horloges électriques pour Mexico............ 429
- La distribution électrique de l’heure, par M. Th. du
- Moncel ........................................... 479
- Horloge électrique de M. Spellier...................... 523
- p.650 - vue 655/667
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 651
- Pages.
- APPLICATIONS DIVERSES DE L’ÉLECTRICITÉ
- Chercheur sous-marin........................................ 118
- Application de l’électricité à la mesure de la perception lumineuse dans la vision, par M. A. Charpentier .............'.................................... 211
- Lettre de M. James Bonabeau au sujet d’un indicateur électrique de route............................... 214
- Application de l’électricité au lançage des navires, par
- M. M. Salvator Orlando................................. 262
- Un orchestre électrique..................................... 334
- Arrêt électrique pour machines à vapeur, par M. Tate 5oo
- B
- BIBLIOGRAPHIE
- Détermination des éléments de contruction des électro-aimants, par M. Th. du Moncel; l’éclairage électrique et ses applications pratiques, par A. Yon Urbanitzky; manuel d’électrométrie industrielle, par R. V. Picou; guide des épreuves électriques à faire sur les câbles télégraphiques, traduit par
- R. L. Ternant, le tout par M. Aug. Guerout ... 116
- Traité pratique d’électricité par C. M. Gariel, par
- M. Mercadier.................... . ............... 258
- L’électricité et ses applications, par H. de Parville, par M. Geraldy; traité d’électricité, de G. Wiede-
- mann, par M. Aug. Guerout......................... 329
- Manuel de télégraphie pratique, de M. R. S. Culley ; Electric illumination, de M. J. Dredge, par
- M. F. Geraldy..................................... 497
- Leçons sur l’électricité et le magnétisme, par MM. Mas-
- cart et Joubert; E. Mercadier..................... 619
- c
- CABLES ÉLECTRIQUES ET CONDUCTEURS
- Installation d’un câble souterrain entre Glascow et
- Springburn....................................... 96
- Établissement d’un câble souterrain entre Tours et
- Ruffeç........................................... 96
- Pose du câble sous-marin qui relie Bône à Bizerte . . 96
- Pose d’un câble sous-marin entre Tripoli et Malte. . . 168
- Prochaine immersion d’un nouveau câble transatlantique entre l’Angleterre et les États-Unis......... 168
- Travaux pour la pose du câble souterrain de Paris à
- Marseille.......................................... 192
- Projet d’établissement d’un câble sous-marin pour relier l’isle de Djerba à Gabès...................... 216
- Pose de la dernière section du câble sous-marin de la Compagnie du télégraphe central et sud américain ...............................................240
- Projet d’établissement d’un câble sous-marin entre la colonie du Cap de Bonne-Espérance et l'Angleterre. .. . ....................................... 288
- Pose d’un câble sous-marin de Dakar (Sénégal) à Saint-
- Vincent........................................... 336
- Lettre de M. Jarriant jeune au sujet de l’isolateur de
- câble de M. Geoffroy............................... 359
- Pages
- Projet de pose d’un câble entre So.usse, Sfax, Djerba
- et Gabès en Tunisie............................... 454
- Projet de pose d’un câble sous-marin entre Lisbonne
- , et les États-Unis par les Açores.................; 454
- Établissement d’un câble sous-marin de Fort-Hamilton
- à New-Jersey (Amérique)........................... 454
- Liaison par un câble sous-marin des deux plus grandes
- îles des Lipari.................................. 526
- Immersion d’un câble électrique dans le lac supérieur
- pour réunir Fort William, Manitoba et Ontario . ; 526
- Immersion d’un câble électrique entre Levis et Quebec
- au Canada......................................... 645
- D
- DISTRIBUTION DE L’ÉLECTRICITÉ
- Transport, du Danube à Vienne, de l’électricité déve-
- loppée par la force hydraulique du Danube .... 35ç
- Projet d’établissement à Rouen d’un éclairage électrique créé par la force hydraulique de la Seine» avec système lumineux placé au haut de la flèche
- de la cathédrale............................. 35ç
- Commencement de distribution électrique chez les particuliers par la Société belge de la lampe Soleil........................................... 406
- E
- ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE
- Violent orage à Strasbourg............................. 23
- Nouveau cas d’éclair en boule en Angleterre............ 95
- Les cyclones en Amérique, par M. Th. du Moncel. . 121
- Sur les paratonnerres, par M. Melsens.................. 142
- A propos des cyclones d’Amérique, par M. H. Faye. . 197
- Eclairs diffus à la surface du sol..................... 207
- Les aurores polaires, par M. Angot, Ier article .... 388
- Id. — Id. — 2e article...................... 414
- Id. — id. — 3e article . ..................... 434
- Id. — Id. — 4n article ..................... 464
- Id. - • Id. — 5e article..................... 487
- Id. — Id. — 6e article...................... 5i3
- Id. — Id. — 7e article...................... 534
- Id. — Id. — 8e article...................... 56o
- Id. — Id. — 9e article...................... 583
- Id. — Id. — io° article....................... 606
- Sur l’électrisation de l’air, par M. Mascart.............. 546
- Règles pour l’établissement des paratonnerres, par
- M. Majendie.......................................... 572
- Aurore boréale remarquable de's 17 et 18 novembre, à
- Kirkwall (Grcades) .................................. 622
- Observation de l’aurore boréale du mois de novembre aux observatoires d’Ivrea, de Venise, de Rome, de Moncalieri, de Suse et d’Alexandrie ...... 622
- ÉLECTRO-CHIMIE
- De l’influence de l’électrode positive de la pile sur son travail chimique, par M. D. Tommasi; réponse de M. Berthelot............................... 46
- p.651 - vue 656/667
-
-
-
- 652
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pages.
- Sur l’électrolyse de l’eau oxygénée, par M. Berthelot: 187 Sur un nouvel emploi de l’électrolyse dans la teinture
- et dans l’impression, par M. Fr. Goppelsroeder. . 20g
- Sur le travail chimique produit par la pile, par M. D..
- Tommasi. . ................................. 210
- Lettre de M. A. Bandsept sur les effets produits dans
- les accumulateurs.......................... . . 3ii
- Creuset électrique dudoçteurW. Siemens........ 548
- ÉLECTRO-MOTEURS
- Sur le transport de la force motrice ;\ grande distance,
- par M. J. Sarcia..................................... 22
- Le transport électrique de la force, par M. Aug. Gue-
- rout................................................. 34
- SUr un marteau pilon électrique, par M. M. Deprez. . 53
- Installation d’une embarcation à moteur électrique à
- Cronstad................. ....................... g5
- Projet de transport électrique de la force de Munich
- à Augsbourg, par M. M. Deprez...................... 120
- Bateau électrique sur la Tamise . . . ................ qo5
- Moteur électrique appliqué au battage du blé.......... 405
- A propos de l’expérience du transport dé la force, par
- M. F. Geraldy....................................... 424
- Id. — Id. — 2e article .'................... 448
- Historique des moteurs électriques . . . ........ 426
- Statistique des chemins de fer et tramways électriques ................................... . ....... 429
- Nouvelles expressions du travail et du rendement économique des moteurs électriques, parM.M. Deprez 446 Les moteurs électriques à inducteurs sans fer; par
- Aug. Guerout................................. 459
- Lettre de M. M. Deprez au sujet des expériences de
- Miesbach et de Munich............................ 475
- La navigation électrique, par M. Aug. Guerout .... 538
- Sur les moteurs électriques, par M. M. Deprez......... 544
- Présentation de cette note à l’Académie; note de la
- rédaction. . ....................................... 545
- Le rendement électrique, par M. Th. du Moncel. ... 551
- Des effets produits dans le moteur Griscom, par M. Th.
- du Moncel .......................................... 575
- Sur un petit moteur électrique, par MM. Deprez. . . . 627
- ÉTUDES DES PHÉNOMÈNES ÉLECTRIQUES
- Des effets électro-statiques produits sur les lignes sous-
- marines, par M. Th. du Moncel..................... 1
- Id. — Id. — 20 article....................... 25
- Id. — Id. — 3° article ..................... 49
- Sur le courant de réaction de l’arc électrique, par
- MM. Jamin et Manœuvrier.......................... 65
- Conductibilité électrique des minéraux, par M. Th. du
- Moncel....................................., . . . 73
- Id. — Id. — 20 article....................... 97
- Sur la variation du frottement produite par la polarisation voltaïque, par M. Krouchkoll................. 166
- Les courants ondulatoires, par M. Th. du Moncel. . . 193
- Conductibilité des corps très divisés, par M. Th. du
- Moncel............................................. 217
- Expérience de M. Spottiswoode sur la décharge d’une bobine d’induction actionnée par des courants alternatifs, par M. Aug, Guerout...................... 224
- Id. — Id. — 2e article....................... 270
- Sur la résistance électrique du verre aux basses températures, par M G. Foussereau..................... 236
- 'Pages.
- Développement d’électricité par friction observée dans
- une brasserie de Berlin........................ 23g
- Expériences hydrodynamiques reproduisant les fantômes magnétiques obtenus avec les courants électriques ou les aimants, par M. C. Decharme. ... 260
- A propos des courants d’interversions polaires...... 3o8
- Du rôle du fer dans les armatures des machines dynamo-électriques ............................. . . 3io
- Des bruits produits par l’étincelle d’induction. . , . . 331
- Expériences hydro-dynamiques reproduisant les stratifications de la lumière électrique et les diverses formes de l’étincelle, par M. C. Decharme. .... 333
- Des différences physiques existant entre les courants Induits directs et les courants inverses, par M. du
- Moncel . ...................................... 407
- A propos des courants ondulatoires.................. 427
- Conductibilité électrique des tissus, par M. Th. du
- Moncel. ......................................... 4.81
- Notice sur les fils des alliages métalliques dits bronzes
- phosphoreux et bronze silicieux, par M. Vanderven 474 Recherches sur l’électricité des flammes, par MM. Julien Elster et Geitel.................................. 547
- Sur la théorie des phénomènes électro-dynamiques,
- par M. J. Moutier (40 article).................... 578
- Id. — Id. — 5° article .................. 604
- Étude sur les éléments de Ja théorie électrique, par
- M. E. Mercadier (2e article)..................... 592
- Sur les conrants produits par les nitrates en fusion ignée au contact du charbon porté au rouge, par
- M. Brard....................; . . ............... : 640
- Déformation électrique du quartz par MM. J. et P. Curie ............................................ 642
- Note sur les variations d’intensité d’un courant qui traverse un moteur électrique.— Lettre de M. Gravier. . .......................................... 644
- EXPÉRIENCES DE LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Essais de six sortes d’éclairage électrique dans les rues
- et places de Munich................................ 24
- Essais d’éclairage de tunnels à la lumière électrique
- en Alsace-Lorraine............................. 24
- Essais d’éclairage électrique à Portsmouth.............. 48
- Essais dans le même port de divers systèmes d’éclairage électrique pour les bâtiments de guerre. . . 48
- Essais d’éclairage électrique à Worcester.............. 48
- Essais de la lampe Soleil à la bourse de Londres. . . 71
- Essais, en Allemagne, de lumière électrique portée par
- dès ballons........................................ 72
- Essais d’application de la lumière électrique sur les
- chemins de fer d’Alsace-Lorraine. ................. 72
- Essais d’éclairage électrique à l’établissement Hartmann en Alsace pour permettre aux ouvriers de
- nuancer les couleurs .............................. 72
- Essais d’éclairage électrique d’un des phares de la
- Neva............................................ 72
- Projet d’éclairage électrique de la gare de Carlsruhe. 72 Projet d’éclairage électrique de la ville d’Ellebogin
- (Bohême). . ....................................... 72
- Projet d’éclairage électrique du parc d’Avroy à Liège 72 Expérience de lumière éléctrique à bord de 1 ’Amirauté
- Brown dans la rade de Buenos-Ayres................. 96
- Essai d’éclairage électrique à Büenos-Ayres............ 120
- Essai de lumière électrique à Marseille, sur la Canne-bière, la rue de Noailles et la place du grand théâtre............................................... 2I6
- Illumation électrique à Maubourguet, à l'occasion d’une fête patronale...................... . . ,
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-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL L'ÉLECTRICITÉ
- 653
- Pages.
- Essais d’éclairage électrique au pavillon d’Arcachon,
- près Bordeaux. .................................... 263
- Essais d’éclairage électrique de maisons particulières
- à Berlin........................................... 264
- Un essai d’éclairage électrique à Udine, en Vénétie. 264
- Essais d’éclairage électrique à La Rochelle............. 287
- Éclairage électrique d’un jeu de croquet à Coventry. 28g Essais d’éclairage électrique des docks de Southamp-
- ton............................................ 312
- Expériences d’éclairage électrique à Comillas (en Espagne)............................................ 406
- Illumination électrique des jardins du palais de Gezi-
- reh au Caire...................................... 4.30
- Essais d’éclairage électrique à Dantzig................. 430
- Expériences d’éclairage électrique par la lampe Soleil
- au siège du syndicat, 42, avenue de Wagram. . 4S4
- Essai d’éclairage électrique par la C° du gaz d’Amsterdam............................................ 4S4
- Illumination électrique de plusieurs rues de Preston à
- l’occasion de la visite du duc de Cambridge. . . . 454
- Éclairage électrique de Hospital White Chapel à Londres avec des lampes Crookes....................... 477
- Essais à bord du cuirasse anglais la Dévastation des effets produits sur les lampes à incandescence par
- la décharge de gros canons......................... 478
- Illumination électrique à Grimsby....................... 478
- Essai d’éclairage électrique à Mansion collège à Birmingham............................................ ... 478
- Expériences d’éclairage électrique entre la gare de
- l’Est et celle de la Vilette....................... Soi
- Éclairage électrique des salons et jardins du château
- d’Hatfleld........................................ Soi
- Illuminations électriques à Belfast..................... 502
- Essai d’éclairage électrique à Hambourg................. S02
- Essais d’éclairage électrique à Turin avec des petites
- lampes Maxim..................................... 574
- Essais d’éclairage d’éclairage électrique à port Elisabeth (colonie du port de Bonne-Espérance).... 622
- Essais d’éclairage électrique à la Chambre des députés
- de Belgique......................'.............. 6 (5
- Essais d’éclairage électrique à port Elisabeth (colonie
- du port de Bonne-Espérance)....................... 622
- F
- FAITS DIVERS
- Projet d’éclairage électrique de l’Exposition de Munich, par M. Schuckert........................... 2.3
- Mort de M. A. Bréguet. ............ 71
- Renouvellement du prix Volta, ......................... 71
- Construction d’un laboratoire électrique au Bois de
- Boulogne........................................ g5
- Fondation à Londres d’une nouvelle Compagnie de lumière électrique pour l’Espagne et les colonies
- de Cuba, Porto-Rico et des Philippines........... 96
- Formation d’une nouvelle Compagnie pour l’exploitation des brevets de Killingworth Iledges.......... 96
- Ciéation d’une nouvelle Compagnie à Londres, sous le nom de : la United Kingdom Economie Electric
- Light.......................................... 96
- Création d’une nouvelle Compagnie pour l’exploitation de la lumière Edison dans l’Inde^ à Ceylan; en Australie et danâ l’Afrique du Sud. ........ 96
- Formation d’une nouvelle Compagnie pour exploiter
- Pages
- la lumière Brush et Lane Fox en Autriche et en
- Hongrie.................................. . . . , 96
- Formation d’une nouvelle Compagnie pour exploiter
- la lumière Jablochkoff et l’appareil Gatehouse. . . 96
- Formation d’une Compagnie électrique pour exploiter
- à Londres la lampe-soleil........................ 144
- Formation à Chicago d’une Compagnie pour exploiter la lumière Edison dans'lês États de l’Illinois, de
- Wisconsin et de l’Iowa.......................... 144
- Accident survenu à la kermesse du jardin des Tuileries ............................................ 167
- Annonce d’une nouvelle Exposition électrique au palais de Sydenham, au mois d’octobre 1882......... 167
- Commencement d’incendie à l’Opéra, par suite du
- réchauffement des fils électriques......... . . 191
- Coopération de l’Union Bavaroise de l’Industrie et des Arts à l’Exposition de Munich pour les effets
- décoratifs associés à l’éclairage électrique... 192
- Rectification réclamée par la Compagnie Brush au su-
- jet d’un aecident mentionné dans le journal..... 192
- Création d’une nouvelle Compagnie électrique à Londres sous le nom de la West Middlesex Electric
- Lighting Company.................................. 192
- Création d’une Compagnie d’éclairage électrique à Santiago (Chili) en vue d’exploiter le système
- Edison............................................ 192
- Projet d’Exposition électrique â l’aquarium de Westminster........................................... 2l5
- Formation à Lausanne d’une Société suisse d’électricité pour distribuer à domicile la force et la lumière ............................................ 215
- Avis au sujet du catalogue de l’Exposition de Munich
- et des facilités de route pour y arriver.......... 216
- Formation d’une nouvelle Société d’éclairage électrique système Edison, à Milan.............. 216
- Amendement au projet de loi sur l’éclairage électrique
- présenté à la Chambre des Communes................ 216
- Lettre de M. Maurice Simon au sujet du commencement d’incendie déclaré à l’Opéra................. 238
- Lettre de M. A. Gravier au sujet de l’acccident survenu aux Tuileries............................. 2.89
- Réorganisation de l’Ecole de télégraphie et d’ingénieurs électriques à Londres...................... 239
- Pétition à Londres réclamant la distribution de la lumière électrique à domicile...................... 2.39
- Formation d’une nouvelle Compagnie téléphonique à Londres pour exploiter le système Dolbear et
- autres.................................• . . . . 264
- Lettre de M. Martin au sujet du commencement d’incendie de l’Opéra................................. 287
- Session de la Société française pour l’avancement des
- sciences..................................... 287-.312
- Session de l’Association britannique pour l’avancement
- des sciences..........•................. 287-312-335
- Compte rendu de l’Exposition de Bordeaux.............. 3ii
- Mort de M. Leclanché.................................. 3i2
- Exposition de Niort (compte rendu).................... 335
- Commencement d’exécution de la loi relative aux
- phares électriques............................. 335
- Formation d’une nouvelle Compagnie d’éclairage électrique à Birmingham............................... 336
- Formation d’une nouvelle Compagnie téléphonique à
- Bombay.......................................... 336
- Une Exposition électrique à Penzance.................. 355
- Érection de la statue de M. Antoine-César Becquerel
- à Chfttillon-sur-Loing (lettre de M. H. Saroni). . . 355
- Délégation par le gouvernement français de M._.
- Eschbaecher à l’Exposition de Munich,............. 35g
- Accident survenu à Trieste au moment d’une répara-
- tiota d’un circuit éle'ctrique. ................. 36o
- Une nouvelle institution électrique â Londres. .... 36d
- p.653 - vue 658/667
-
-
-
- 654
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pages.
- Réunion des Compagnies de Bell et de Locht-Labÿ , our l’établissement d’un réseau téléphonique à
- Buenos-Ayres....................................... 36o
- Formation d’une nouvelle Compagnie d’éclairage électrique, etc. en Angleterre.. '...................... 429
- Fondation d’une chaire d’électrotechnie à Darmstadt. 5oi Changement de la législation nouvelle sur l’emploi de la lumière électrique demandé parles municipalités
- des grandes villes d’Angleterre........;........... S02
- Formation d’une nouvelle Compagnie téléphonique à New-York pour relier l’État de New-Jersey à certaines villes du Mexique. ._...».................... 502
- Invitation pour l’Exposition d’Électricité de Vienne. . 525
- Décret relatif au prix Volta. . ........................ 549
- Manœuvres de télégraphie militaire à Marseille......... 55o
- Nouvelle Exposition électrique à Kœnigsberg............. 573
- Démarches faites par un grand nombre' de corporations de villes d’Angleterre pour obtenir les pouvoirs nécessaires en vue de l’éclairage électrique
- de ces villes..........................'........... 622
- Inauguration de l’Exposition d’électricité et de gaz de
- Sydenham........................................... 644
- Création de grands laboratoires d’électricité à l’école
- technique supérieure de Darmstadt................ 644
- Création de cours d’électricité à Munich .............. 644
- INSTRUMENTS ÉLECTRIQUES ET AUTRES SE RAPPOR TANT AUX APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITF.
- Chronographe électrique de M. Harvard-Biles pour
- mesurer la vitesse des navires..................... 67
- Le télémètre de M. Siemens, par M. A. Guerout.. . . 173
- Quelques appareils de la section allemande à l’Exposition d’Electricité, par M. Nelius............... 206
- Appareils de M. Sabine, par M. O. Kern............... 304
- Les régulateurs à tige vibrante (supplément à un article de M. Pierre Picard).. . ................... 453
- L
- LAMPES ÉLECTRIQUES
- La lampe Robert Mondos, par M. H. Noaillon.......... 180
- Lampe de M. Radiwanowski............................ 211
- Les lampes Siemens, parM. O. Kern.................. 273
- Étude des différentes phases de la bougie Jablochkofif
- par M. C. Street. . »........................... 345
- Chandelier électrique automatique à déclanchement et à extincteur pour bougies Jablochkoff, système
- Paul Gadot..................................... 353
- La lampe ^t la machine Jurgensen, par M. A. Guerout............................................ 422
- La lampe-soleil et ses derniers perfectionnements, par
- M. C.-C. Soulages............................... 440
- Le régulateur Abdank Abakanowicz, par M. A. Guerout............................................ 442
- Nouveau chandelier pour bougies électriques, lettre
- de M. Maquaire.................................. 453
- Page».
- LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Nomination à Londres d’une Commission pour étudier les dangers d’incendie que peut présenter
- l’emploi de la lumière électrique............ 47
- Sur un compteur chronographe pour la lumière électrique..................................... ...... 93
- Sur les apparences de l’arc électrique dans la vapeur de sulfure de carbone, par MM. Jamin et Maneu-
- vrier............................................. 117
- L’éclairage électrique aux théâtres, par M. A. Gue-
- , rout.................................................. 126
- Eclairage électrique par réflexion, système Partz, par
- M. C.-C. Soulages.............................. 134
- Sur le rendement des lampes à incandescence, par
- M. F. Geraldy....................... . . ...... i36
- Règlement établi par le conseil de la Société des ingénieurs télégraphistes de Londres dans le but de parer aux dangers d’incendie par l’emploi de l’éclairage électrique.................................... 143
- Lettre de M. Cabanellas sur les compteurs de lumière électrique. — Réponse à cette lettre par la rédaction du journal.. ;........................... 166
- Quelques réflexions au sujet de l’emploi des accumulateurs pour la lumière électrique................ 187
- Lettre de M. C.-A. Faure ausujet du prix de revient
- de la lumière électrique avec les accumulateurs. . 190
- Réponse de M. Guerout................................... 191
- Éclairage du Comptoir d’Escompte de Paris, par M.
- A.-H. Noaillon.................................. . 199
- Lettre de M. Delaroa au sujet du prix de revieut de
- la lumière électrique avec les accumulateurs. . . . 237
- Réponse de M. Guerout................................. 237
- Lettre de M- Cabanellas au sujet des compteurs d’électricité........................................ 238
- Rapport du colonel Festing montrant que la lumière électrique a produit au musée de South Kensington
- une économie de 750 livres........................ 240
- Rapport de M. W. Hay wood sur l’éclairage électrique
- de la cité de Londres............................. 285
- L’éclairage électrique des côtes d’Angleterre et d’Australie, par M. G. Richard......................... 294
- Id. — ld. — 20 article..................... 327
- Id. — Id. — 3e article.. . . •............. 341
- Id. — Id. — 4° article..................... 410
- Id. — Id. — 5e article..................... 460
- Id. — Id. — 6» article..................... 480
- Éclairage électrique du théâtre des Variétés, effets
- produits, prix de revient, par M. F. Geraldy.. . . 3o5
- Description du phare électrique de l’île de Razza, par
- M. G. Richard...................................... 5o6
- Éclairage électrique au bureau télégraphique et à la station de Bruxelles, rapport de M. Dumont, par
- M. F. Geraldy...................................... 532
- A propos des expêriênces faites à l’Exposition d’électricité sur les divers foyers lumineux électriques, etc., par F. Geraldy........................ 625
- M
- MACHINES A LUMIÈRE
- L’histoire des machines magnéto et dynamo-élec-
- triques par M. A. Guerout....................... 5
- Les nouvelles machines de M. de Méritens, par M.
- A. Guerout...................................... 5q
- p.654 - vue 659/667
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ELECTRICITÈ
- 655
- Pages.
- Recherches expérimentales sur les machines dynamoélectriques par M. M. Deprez (a» article). . ... 114
- Id. — Id. — 3e article....................... 160
- Id. —Id. —4e article.. . . . ........... 219
- Id. — Id..— 5e article....................... 58o
- Id. — Id. — 6° article......................... Sgg
- Description de la machine dynamo à vapeur d’Edison. 2.33 La machine unipolaire de M. Siemens, par M. A. Gue-
- rout............................................... 321
- Méthodes d’excitation et de contrôle automatique des
- machines dynamo-électriques par M. Paget-Higgs. 324
- La machine Ferranti.................................. 452
- La grande machine de M. Gordon, par M. Th. du
- Moncel.......•. . •..........................>. . 455
- Achat de huit grandes machines Gramme par l’Amirauté anglaise.................................... 478
- La machine Ferranti, par M. A. Guerout............... 5go
- La machine dynamo-électrique Maquaire, parAug. Guerout.............................................. 635
- MAGNÉTISME
- Le magnétisme condensé, par M. Th. du Moncel. . . 145
- Étude sur le magnétisme. — Analyse des travaux de
- M. Jamin par M. Th. du Moncel................. 241
- Id. — Id. — 2° article................. 265
- Id. — Id. — 3e article................. 289
- Id. — Id. — 4B article. . . .......... . 3i3
- La force coërcitive de l’acier rendue permanente par
- la compression, par M. L. Clémandot........... 405
- Influence de la température sur l’aimantation.... 571
- MESURES ÉLECTRIQUES
- Les dynamomètres, par.M. G. Richard (20 article). . 18
- Id. — Id. — 3a article....................... 29
- Id. ;— Id. — 4e article........................ 78
- 11. — Id. — 5e article...................... 100
- Id. — Id. — 6e article. .................... 174
- Photomètre à sélénium de MM. Siemens et Halske, par
- M.' E. Boistel....................................... 38
- Sur un moyen d’augmenter la sensibilité des galvanomètres à réflexion, par M. M. Deprez............ 76
- Les galvanomètres de la maison Siemens, par M.
- A. Guerout........................................... 82
- Sur la graduation des galvanomètres, par M. Ignace
- Canestrelli................... ................... . 88
- Méthode pour la détermination de l’ohm, par M.
- J. Joubert. ......................................... 94
- Photomètre à dispersions simplifié de MM. Ayrton et
- Perry.. ............................................ 207
- Les méthodes de mesure du comité d’expériences de l’Exposition Internationale d’Électricité de Munich par MM. Erasmus Kittler, M. Schrœter, Ernst Voit,
- et Krüs............................................. 394
- Des méthodes employées jusqu^à ce jour pour la détermination de l’ohm, par M. G. Wiedemann. ... 449
- Id. — Id. — 2» article. ............... 469
- Id. — Id. — 3e article............. 493
- Résultats des expériences faites à l’Exposition d’Électricité sur les machines et les régulateurs à courants continus, par MM. Allard, Joubert, Le Blanc,
- Potier et Tresca.................................... 484
- Id. — Pour machines et régulateurs à courants alternatifs.............................. 5io
- Id. —Sur les bougies électriques............... 53o
- Id. — Sur les lampes à incandescence......... 557
- Pages
- Dynamomètre à rotation deM. Emerson............ 5oo
- Méthode thermoscopique pour la détermination de
- l’ohm, par M. G. Lippmann.................. 524
- Lettre dè M. Dubois sur un galvanomètre à l’abri de
- toutes les actions magnétiques............... 573
- Mesures photométriques approchées des intensités lumineuses du soleil, de la lune, des étoiles et de foyers électriques ou autres lumières artificielles,
- par sir W. Thomson.......................... 638
- Méthode pour la détermination de l’ohm fondée sur l’induction par le déplacement d’un aimant, par
- M. G. Lippmann............................... 641
- Dynamomètre de MM. Silver et Gay . .........• 643
- P
- PILES ET GÉNÉRATEURS ÉLECTRIQUES
- Boutons d’attache pour piles, par M. Partz.......... 47
- Piles à faible résistance intérieure de M. F. Higgins. . 70
- Sur la force électro-motrice d’un couple zinc-charbon,
- par M. Berthelot................................... j65
- Expériences sur l’accumulateur Faure, par MM. Ayrton
- et Perry. ........................................ 208
- La chimie des accumulateurs, par MM. Gladstone et
- Tribe............................................. 284
- Formation des couples secondaires à lames de plomb
- par M. G. Planté................................... 332
- La machine Weston à galvanoplastie, par M A. Guerout.................................................. . 339
- Les briquettes-piles de M. Brard...................... 453
- L’accumulateur de MM. Tamine et Arnould............... 453
- Les bobines d’induction à étincelles. — Bobines de
- Page, de 1838, par M. Th. du Moncel............. 623
- T
- TÉLÉGRAPHIE
- Liaison télégraphique du Mexique avec les autres ré-
- publiques américaines................................. 24
- Emploi projeté du système automatique Wheatstone
- par la Western Union Company des États-Unis. . 24
- Projet de communication télégraphique entre les Antilles et la Grande-Bretagne.......................... 24
- Progrès de la télégraphie en France.................... 48
- Extension du réseau télégraphique de la Nouvelle-
- Galles du Sud en Australie............................ 48
- La télégraphie : ses progrès recents manifestés à
- l’Exposition d’Électricité, par E. de T. (8e article). 62
- Id. — Id. — 9° article........................ 90
- Id. — Id. — 10e article....................... 107
- Id. — Id. — ii°.article....................... 129
- Id. — Id. — 12e articie....................... i52
- Id. — Id. — i3c article....................... 182
- Id. — Id. — 14e article...................... 204
- Id. — Id. — i5° article....................... 23o
- Id. — Id. — i6° article.........•............. 252
- Id. — Id. — 17e article....................... 278
- Etablissement par le gouvernement espagnol de postes
- télégraphiques dans les gares de chemins de fer . 96
- Établissement d’une correspondance directe entre
- Constantinople et Rome par l’appareil Hughes.. . 96
- A propos de l’invention du relais...................... 140
- Envoi d’un matériel considérable d’engins télégraphiques en Angleterre pour l’expédition d’Égypte.. . 168
- p.655 - vue 660/667
-
-
-
- 656
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Papes. •
- Nouveau, tarif télégraphique du gouvernement ottoman................................................ 168
- Du travaij moyen,des divers systèmes télégraphiques. 23a Statistique des télégrammes envoyés d’Angleterre pendant le dernier exercice............................... 240
- Achèvement de la ligne télégraphique allant de la Vera-
- Cruz à Salina-Cruz................................. 240
- Essai du télégraphe harmonique de C. Gray entre Paris
- et Bruxelles, par M. F. Geraldy.................... 254
- Flèche et portée des fils télégraphiques à différentes
- températures.................*.................. 261
- Statistique du service télégraphique de 1877 à 1881. . 264
- Liaison télégraghique. des postes fortifiés le long du
- canal de Suez.. ................................... 264
- Sur un nouveau procédé d’isolement des fils électriques
- par M. H. Geoffroy................................ 287
- Transmissions télégraphiques sans fils conducteurs. . 309
- Fin de la construction de la ligne souterrains entre
- Paris et Nancy................................... 3i2
- Extension du réseau télégraphique d’incendie à Paris. 336 Résultats de l’exploitation des postes et télégraphes de France pendant l’année 1881.................. 336
- Construction de la ligne télégraphique souterraine du
- Havre à Paris...................................... 336
- Étude sur les régulateurs de télégraphes à tige vi-
- Transmissions télégraphiques sans fils conducteurs,
- par M. Th. du Moncel............................, 383
- Le magnéto-parleur de M. Weissenburch................. 404
- Isolement des fils télégraphiques à l’amiante, lettre de
- M. Henri Geoffroy. . . ......................... 453
- Application des siphons recorder aux lignes d’Algérie. 454 Établissement d’une ligne télégraphique entre Bankok
- et Moulmein dans l’Indo-Chine..................... 454
- Établissement d’une ligne télégraphique le long du canal de Suez...................................... 454
- Établissement d’une nouvelle ligne télégraphique au
- Canada............................................ 454
- Construction des lignes télégraphiques dans la province
- de Tripoli...................................... 502
- Nouvelle ligne télégraphique dans l’État de New-York 502 Enregistreur automatique des dépêches de télégraphie
- optique, par M. Martin de Brettes................. 522
- Installations nouvelles de lignes télégraphiques en Algérie............................................ 526
- Installation d’une ligne télégraphique le long du canal de Suez reliant le câble des Indes au câble de la Méditerranée. ...................................... 526
- Achèvement de la ligne télégraphique de Perovsk à
- Kazalinsk......................... . •.......... 526
- Télégraphe multiple par M. l’abbé Laborde............ 541
- Mise en service des lignes souterraines de Paris-Lille,
- Paris-Nancy, Paris-Dijon......................... 574
- Établissement d’un second fil souterrain entre Paris et
- Saint-Étienne.................................... 598
- Achèvement d’une ligne télégraphique allant delà ville
- de Léon à Chalchihuites au Mexique................ 598
- Etablissement de bureaux télégraphiques aux endroits
- visités pendant l’été en Allemagne................ 645
- Liaison de Goa avec le réseau télégraphique de l’In-
- doustan........................................... 645
- TÉLÉPHONES
- Extension des réseaux téléphoniques en Ecosse. ... 48
- Établissements de réseaux téléphoniques en Espagne 48
- Établissement de la téléphonie en Irlande.......... 48
- Lettre de M; Dunand au sujet de l’inductophone. . . 70
- Pages.
- Lettre de M. Desportes sur un commutateur téléphonique............................................... . 71
- Liaison téléphonique des palais du Congrès et du Sénat à Madrid. ........................................ 72
- Essais de communication téléphonique entre Mexico
- et Queretaro et la Vera-Cruz................... 72
- Projet de communications téléphoniques à Port Louis 72 Installation de bureaux téléphoniques à Rio Janeiro,
- à Bahia et au port de Santos au Brésil....... 72
- A propos de l’histoire du téléphone............... 91
- Crédit demandé par le ministre des postes et télégraphes pour l’exploitation de réseaux téléphoniques
- à Nice et à Reims.............................. 96
- Service télégraphique des bureaux municipaux entre Rambouillet et Roquefort effectué par le téléphone................................................. 96
- Extension du réseau téléphonique du Havre. ..... 96
- Concession accordée par le gouvernement belge pour
- l'exploitation de la téléphonie à grande distance.. 96
- Lettre de M. W. Jacobi sur son appel téléphonique. 119 Lettre de M. W. Giltay au sujet d’expériences sur le
- condensateur parlant.............................. 119
- Discussion à la Chambre des Députés relativement aux essais téléphoniques projetés par le ministre
- des postes et des télégraphes..................... 120
- Abonnements de certaines maisons de Paris et de la province au service téléphonique organisé dans
- ces villes........................................ 120
- Expériences téléphoniques entre Paris, Rouen et le
- Havre. . ....................................... 120
- Etablissement d’un bureau téléphonique à Greenock,
- en Ecosse........................................ 120
- Chronologie des découvertes téléphoniques............. 142
- Téléphone magnétique à pôles concentriques, par
- M. A. D’Arsonval.................................. i5o
- Note sur la détermination analytique des meilleurs éléments de construction des transmetteurs à
- charbon, par M. Gaston Belle...................... i58
- Id. — Id. (20 article)....................... 5i6
- Expériences téléphoniques entre des ballons voyageant de conserve................................... 168
- Projet d’établissement d’un réseau téléphonique à Munich...................................... ...... 168
- La question des téléphones en Amérique et en Angleterre, par M. Th. du Moncel. ........................ 169
- Nouvelle disposition des Jack-nives pour les relais
- téléphoniques des bureaux centraux................ 186
- Étude sur la radiophonie par le professeur Tyndal.. . 189
- Application du téléphone aux tirs des cibles, lors des épreuves de l’armée territoriale au grand camp,
- près de Lyon.. ................................ 192
- Projet de loi relatif à l’établissement dés réseaux téléphoniques dans les villes d’Italie. ......... 192
- Exercice de téléphonie militaire aux manœuvres du
- camp de Wimbeldon, près Londres.. . . •........ 192
- Réunion de la chambre des communes avec le bureau
- central des téléphones à Londres............... 192
- Établissement d’un service téléphonique entre les bureaux de la Société minière de Ahlen, en West-phalie et les puits qu’elle exploite ......... 192
- Sur l’amplitude des vibrations téléphoniques, par
- M. G. Salet....................................1. 211
- Lettre de M. Odilon-Mailloux au sujet de la reproduction de la parole par induction................... 212
- Lettre de M. Giltay au sujet d’expériences téléphoniques avec condensateur parlant. . :.................. 214
- Accroissement du réseau téléphonique de Paris. ... 216
- Projet d’établissement d’un réseau téléphonique à Saint-Etienne par l’administration des postes et
- des télégraphes................................... 216
- Installation du réseau téléphonique de Strasbourg. . 216
- p.656 - vue 661/667
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 657
- Pages.
- Liaison téléphonique des bureaux de la santé et de
- l’hôpital de Birmingham........................... 216
- Modification aux conditions d’abonnement sur les réseaux téléphoniques de Reims et de Nice.. .... 240
- Installation du téléphone à la préfecture de Nantes. . 240
- Organisation du réseau téléphonique de Buenos-Ayres 240 Essais téléphoniques entre la Vera-Cruz et Mexico. . . 240
- Projet d’établissement, sur le Vésuve, d’un téléphone à
- l’usage des touristes............................. 240
- Installation d’auditions téléphoniques à Dieppe, à Ba-
- gnèresde Luchon et à Aix-les-Bàins............... 264
- Projet d’établissement d’un réseau téléphonique à
- Biarritz ........................................ 264
- Expériences téléphoniques sur une grande échelle entre Vienne et Munich, Berlin et Hambourg, Paris et Dijon, Paris et Bruxelles, Paris et Nancy, Munich et Dresde....................................... 264
- Etablissement d’un service téléphonique à Madrid entre les bureaux des journaux et des assemblées
- parlementaires................................... 264
- Installation d’un bureau téléphonique à Brighton. . . 264
- Considérations sur la théorie du microphone............ 282
- Chronologie téléphonique............................... 283
- Extension du réseau téléphonique de la Havane. . . . 288 Etablissement d’une ligne téléphonique entre Clinton
- (Etats Iowa) et Davenport......................... 288
- Lignes téléphoniques entre les fabriques de MM. Peters à Derby et Borowash........................ 2P.f1
- Etablissement d’un réseau téléphonique à Bridgetown
- à la Barbade...................................... 288
- Expériences téléphoniques en mer au Havre.............. 312
- Etude sur les transmetteurs téléphoniques à piles par
- M. A. Dejongh..................................... 3ig
- Lettre de M. P. Galoubitzki au sujet des installations
- téléphoniques................................... 3.84
- Extension du réseau téléphonique de Paris.............. 336
- Projet d’organisation d’un service téléphonique à Saint-Etienne par l’administration des télégraphes.............................................. 336
- Auditions téléphoniques à Bradford des services religieux célébrés à Halifax........................ 336
- Expériences téléphoniques entre Cologne et Elberfeld 336 Installation d’un bureau téléphonique à Rangoon. . . 336
- Extension du réseau téléphonique de'Mexico............. 336
- Expériences téléphoniques entre Douvres et Bruxelles,
- en passant par Ostende............................ 36o
- Extension de la téléphonie au Mexique ................. 36o
- Étendue du réseau téléphonique de Berlin............... 36o
- Projet d’établissement d’une ligne téléphonique de
- Milan à Rome...................................... 36o
- Concession de l’établissement et exploitation de réseaux téléphoniques en Espagne et réglement qui
- s’y rapporte...................................... 409
- Modification des conditions relatives à l’établissement d’un réseau téléphonique à Nice ....... 406
- Nombre actuel des abonnés au téléphone aux États-
- Unis ............................................. 406
- Expériences téléphoniques sur le câble télégraphique
- entre Cologne et Elberfeld........................ 43o
- Emploi du téléphone dans les travaux qui ont été faits
- au fond du lit de la rivière Wear en Angleterre . 4.80
- Installation des téléphones chez les capitaines et les
- commandants des sapeurs-pompiers à Nantes. . . 4.80
- Projet d’établissement d’un réseau téléphonique à Roubaix ............................................. 454
- Établissement définitif du service téléphonique à Strasbourg............................................• . 4.S4
- Postes micro-téléphoniques de MM. d’Arsonval et
- Paul Bert, par M. A. d’Arsonval.)................. 466
- Installation d’un poste téléphonique à Metz pour le
- service des sapeurs-pompiers..................... 478
- Pages.
- Etablissement d’une ligne téléphonique entre Zurich
- , et Winterthur . .................................. 478
- Etablissement d’un bureau téléphonique à Plymouth. 478 installation d’un bureau téléphonique à Moscou. . . . 478
- Réouverture des bureaux téléphoniques d’Alexandrie. 478 Etablissement de communications téléphoniques aux
- docks de la rivière Wear....................... 478
- Exploitation de 400 milles de lignes téléphoniques
- sans isolateurs à Evansville (Amérique)........ 478
- A propos des bobines d’induction employées dans les
- Expériences téléphoniques entre Boston et Chihuahua, au Mexique, et entre San Francisco avec Tor-Bey
- (Nouvelle-Ecosse)........... s02
- Nouveaux appareils téléphoniques, par M. Th. du
- Moncel............................................ 503
- Id. — Id. — 2e article...................... 527
- Installation de deux stations téléphoniques dans la
- province de Tripoli . . ....................... . s26
- Projet d’établissement de services téléphoniques à
- Boulogne......................................... 55o
- Projet d’établissements téléphoniques à Rive-de-Gier,
- Saint-Chamond et Chambôn-Feugerolies ..... 55o
- Correspondance téléphonique entre Saint-Pétersbourg
- et le palais impérial de Gatchina................. SSo
- Concerts téléphoniques donnés à Sunderland aux
- abonnés du réseau................................ 550
- Installation d’un service téléphonique à Lyon au dépôt des pompes à incendie......................... 574
- Organisation du réseau téléphonique de Reims .... 574
- Expériences téléphoniques projetées à Cannes .... 574
- Nombre d’abonnés au téléphone dans les principales
- villes d’Italie................................... S74
- Projet de loi relatif à l’exploitatïon des téléphones en
- Italie............................................ 598
- Installation de quelques lignes téléphoniques à Birmingham...................................... .... Sg8
- Installation de réseaux téléphoniques à Oran et à Alger .............................................. 598
- Inauguration du réseau téléphonique de la Vera-Cruz
- (Mexique)......................................... 598
- Auditions théâtrales téléphoniques aux palais impérial
- de Gatschina..................................... 64S
- V
- VARIÉTÉS
- L’électromanie en Angleterre par M. F. Geraldy. . . . Les sciences physiques en biologie par M. A. d’Arsonval (7e article)...................................1 . .
- Id. — Id. — 8° article...........................
- Id. — Id. — 9° article...........................
- Id. — Id. — io° article..........................
- Id. — Id. — ii» article..............’...........
- Id. — Id. — 12° article..........................
- Id. — Id. — i3° article.........................
- Id. — Id. — 140 article..........................
- Id. — Id. — i5e article..........................
- Id. — Id. — i6° article..........................
- Id. — Id. — 170 article..........................
- Id. — Id. — 180 article..........................
- Exposition de l’empire de Russie, par M. C.-C. Soulages.....................................................
- Installation Gravier, Krusz et Grether, par M. O. Kern Galerie des machines de l’Exposition d’Électricité, par Mi C-.-Ci Soulages;. ; i .. i .
- 4i '
- 43
- 64
- 222
- 302
- 352
- 421
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-
-
- 658
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Exposition de MM. Bréguet et Planté, par M. C.-C.
- Soulages........................................
- Pavillon de la maison Siemens frères de Paris, par
- M. O. Kern. . ..................................
- Exposition du ministère de la marine par M. de Ma-
- gneville........................................
- Exposition du Signal Office des Etats-Unis d’Amérique
- par M. C.-C. Soulages...........................
- Exposition du ministère des postes et des télégraphes,
- par M. de Magneville............................
- Vitrines de M. J. Carpentier, par M. C.-C. Soulages. Exposition des câbles de la maison Berthoud, Borelet
- Ce par M. O. Kern. . . .........................
- Établissement électrique d’Ivry,'par M.Th.du Moncel Exposition de la C« générale belge de lumière électrique, par M. C.-C. Soulages........................
- Exposition des appareils de MM. Sautter et Lemon-
- nier, par M. C.-C. Soulages.....................
- La lumière électrique appliquée aux explorations sous-
- marines, par M. O. Kern.........................
- Une Exposition d’Électricité à Munich, par M. Cornélius Herz..................'.........................
- Éclairage électrique de Chesterfield, parM. C.-C. Soulages................................................
- L’éclairage électrique de San-José, par M. C.-C. Soulagés. ..............................................
- Une chasse à la lumière électrique, par M. C.-C. Soulages................................................
- Pages.
- La lumière électrique au château de Windsor, par M.
- C.-C. Soulages, ........................... 322
- Exposition Internationale d’Électricité de Munich. — Transport de. la force par une ligne télégraphique de 60 kilomètres de longueur entre Munich et
- Miesbach, — par M. Th. du Moncel. ............... 337
- La lumière électrique sur les vaisseaux cuirassés, par
- M. C.-C. Soulages................................... 346
- Lettre deM. Paul Clémenceau sur l’Exposition de Munich ............................................ 357
- Lettre de- M. B. Abdank Abakanowicz sur la même
- Exposition........................................ 358
- Souvenirs de l’Exposition Internationale d’Électricité de Paris de 1881 et du congrès international des
- électriciens..................................... 361
- Commission d’organisation.......................(. ! . . 364
- Résultats de l’Exposition Internationale d’Électricité............................................... 368
- Membres du congrès des électriciens................... 372
- Résultat du congrès international des électriciens. . . 38o
- Exposition Internationale d’Électricité de Munich, par
- M. A. Guerout...................................... 408
- Exposition Internationale d’Électricité de Munich,
- lettre de M. O. Kern................................ 428
- Les conférences internationales des électriciens, par
- M. C.-C. Soulages............................. . . . 473
- La propriété industrielle à l’Exposition d’Amsterdam
- en i883, par O. Kern.. ........................... • 637
- Pages.
- 86
- 86
- 109
- 112
- 132
- 155
- i56.
- i63
- 178
- 225
- 228
- 246
- 25o
- 275
- 3oo
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-
-
-
- TABLE DES NOMS D'AUTEURS
- Pages.
- A
- Abdank (A.). — Exposition de Munich............... . 358
- — Régulateur.................................... 442
- Ailhaud. — Télégraphe sous-marin. . ................ 280
- Angot (A.). — Aurores polaires. 388, 414, 434, 464,
- 487, 5i3, 534, 56o, 583 et 606
- Appleton. — Dynamomètre allemand..................... 81
- Argy (D’). — Microphone............................. 528
- Arnoult. — Accumulateur............................. 453
- Arsonval (A. D’.). — Téléphone..................... i5o
- — Micro-téléphones.............................. 466
- L’électricité en biologie. 4.3, 64, 222, 302,
- 352, 421, 495, 5ig, 543, 567 5q5, et 614
- B
- Bandsept (A.). — Charge des accumulateurs......... 3ii
- Bardonnaut (P.). — Manuel de télégraphie pratique 497 Bayol. — Rendement des systèmes télégraphiques. 232
- Belle (G.). — Transmetteurs à charbon.......... 158-516
- Berger (H.). — Manuel de télégraphie pratique. . . 497
- Berson. — Influence de la température sur l’aimantation......................................... 571
- Bert (P.). — Micro-téléphones...................... 466
- Berthelot. — Electrolyse........................... 46
- — Electrolyse de l’eau oxygénée............... . 187
- — Couple zinc et charbon....................... i65
- Berthoud Borel. — Câbles électriques............... i56
- Boistel (E.). — Photomètre à sélénium de Siemens. 38
- Bonabeau. — Indicateur de route.................... 214
- Boué-Montàghac. — Téléphone........................ 528
- Bourry. — Dynamomètres.................... 79 et 104
- Bourdon. — Dynamomètre............................. 100
- Brandon de Liman. — Compteur d’électricité. 93.
- 166 et 238
- Brard. — Piles-briquettes................. 453 et 640
- Brettes (Martin de). —Télégraphie électro-optique 522
- Briggs. — Dynamomètre.............................. 33
- Brown. — Dynamomètre................................ 81
- Brown. — Jack-Knives............................... 186
- Brush. — Machine et lampe.......................... 486
- Bürgin. — Moteur électrique........................ 4$9
- — Machine et lampe............................. 486
- Paxe»
- G
- Cahen (A.). — La propriété industrielle à l’Exposition d’Amsterdam............... ................. 637
- Canestrelli. — Graduation des galvanomètres. . . 88
- Charpentier (A). — L’électricité et la perception
- lumineuse...................................... 211
- Clarke. — Machine d’induction.......................... 7
- Clémandot. — Trempe par compression................ 405
- Clémenceau (P.). — Exposition de Munich............ 357
- Culley (R.-S.). — Manuel de télégraphie pratique.. 497 Curie (J. et P.). — Déformation électrique du quartz 627
- D
- Darwin. — Dynamomètre............................... 80
- Debrun. — Machine et bougie........................ 53o
- Decharme (C.). — Expériences hydro-dynamiques 200-333
- Dejongh (A.). — Microphones........................ 319
- Deprez (Marcel). — Marteau-pilon.................... 53
- — Galvanomètres à réflexion..................... 76
- — Transport de laforce à grande distance. 22,
- 337, 357, 358, 403 et 475 — Machines dynamo-électriques. 114,160,219, 58o
- — Effort statique................ 446, 543 et 599
- — Rendement électrique..............:..... 55i
- — Petit moteur électriqne...................... 627
- Desportes. — Commutateur............................ 71
- Dredge (J.). — Electric Illumination............... 498
- Dubois (R.). — Galvanomètre........................ 573
- Dudley. — Dynamomètre.............................. r74
- Dujardin. — Lumière appliquée à la photographie. 45 Dunand (A.). — Téléphone............................ 70
- E
- E. de T. — Exposition. Progrès en télégraphie. 62,
- 90, 107, 129, 1S2, 182, 204, 23o, 252 et 278
- Edison. — Usine d’Ivry.......................... i63
- — Machine à vapeur.......................... 233
- Lampe................................ 557
- Elias. — Machine................................. *3
- Elster (J.). — Electricité des flammes.......... 547
- Emerson. — Dynamomètre......................... 5oo
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-
-
-
- 66o
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pages.
- F
- Faraday. — Machine d’induction. ............... 6
- Farcot. — Dynamomètre. . ...................... 32
- Faye (H.). — Cyclones en Amérique.............. 197
- Ferranti. — Machine dynamo................ 452-590
- Floyd (H.). — Intercommunications des trains. . . . 570
- Foussereau (G.). — Résistance électrique du verre. 2.% Froude. — Dynamomètre.......................... 18-29
- G
- Gadot (P.). — Chandelier automatique........... 353-453
- Gariel. — Traité pratique d’électricité............ 258
- Gay. — Dynamomètre................................. 643
- Geoffroy (H.). — Câbles à l’amiante. . 287, 359 et 453
- Geitel. — Electricité des flammes................ 547
- Géraldy (F.). — L’électro-manie en Angleterre. ... 41
- — Lampes à incandescence........................ 136-190
- — 1 Eclairage des Variétés..................... 3o5
- — Transport de la force..................... 424-448
- — Télégraphe harmonique de Gray..................... 254
- — Electricité et ses applications (H. Parville). 329
- — Eclairage de la station de Bruxelles... 532
- — A propos des expériences sur les foyers lu -
- mineux de l’Exposition.................... 625
- Gérard (A.). — Veilleur automatique................ . 443
- Giltay. — Condensateur parlant................. 119-214
- Gladstone et Tribe. — Théorie chimique des accumulateurs. ...................................... 284
- Goloubitzky (P.). — Poste téléphonique............. 334
- '— Téléphone........................................ 5o5
- Goppelsrœder. — Electrolyse dans la teinture . . . 209
- Gordon (E.). — Machine alternative...................... 454
- Gramme. — Machine et lampe . . 484, 486, 510 et 53o Gravier. — Variations de l’intensité des courants. . 644
- Gray (E.). — Télégraphe harmonique...................... 254
- Grenet. — Pile à bichromate............................. 199
- Griscom. — Moteur électrique............................ 5"5
- Guerout (Auçy.). — Transport de la force.......... 34
- — Eclairage des Variétés . . 126, 187, 190 et 237
- — Exposition de Munich......................... 4°3
- — Histoire des machines magnéto et dynamo. 5
- — Machines de Meritens........................... 54
- — Galvanomètres Siemens................... 82
- — Télémètre Siemens .......................
- — Bobines d’induction....................... 224-270
- — Machine unipolaire de Siemens.......... 321
- — Traité d’électricité (G. Wiedemann).... 33o
- — Machine Weston......................... 339
- — Lampe et machine Jurgensen............. 422
- — Régulateur Abdank...................... 442
- — Moteurs sans fer....................... 4S9
- — Navigation électrique.................. 538
- — Machine Ferranti....................... S92
- — Machine Maquaire....................... 635
- H
- Harvard Biles. — Chronographe................. 67
- Haywood (W.). — Eclairage de la cité de Londres.. 285
- Pages.
- Hefner-Alteneck. — Dynamomètre.................... 32
- Hele-Shaw. — Interrupteur à mercure.............. 309
- Herz (C.). — Exposition de Munich................ 246
- Higgins (F.). — Pile.............................. 70
- Hirn.—Dynamomètre. . . .......................... 101
- Hjorth. Surexcitation............................. 10
- Holmes. — Machines magnéto................... 298-341
- — Machines dynamo............................ 410
- Hopkinson. — Dynamomètre. . ..................... 33
- Hours Humbert. — Compteur d’électricité . . 93,
- 166 et 238
- Hughes. — Télégraphe............................. 204
- J
- Jablochkoff. — Moteur écliptique.............. 459
- — Bougie................................. 345
- Jacobi. — Moteur.............................. 538
- Jamin. — Machine et bougie................... 53o
- Jamin et Manouvrier. — Force contre - électromotrice de l’arc ....................... 65-117
- Jarriant. — Câbles à l’amiante............ 359-453
- Jaspar. — Lampe.............................. . 532
- Joubert. — Détermination de l’ohm.............. 94
- Jurgensen. — Lampe et machine............. 422-484
- K
- Kern (O.). — Exposition. — Gravier, Krusz, Gre-
- ther................. 60
- — — Siemens frères .... 86
- — — Câbles Berthoud Bo-
- rel............... i56
- — Explorations sous-marines................. 228
- — Exposition de Munich...................... 428
- — Lampes Siemens............................ 273
- — Commutateur et galvanomètre Sabine......... . 304
- — La propriété industrielle................. 637
- King. — Dynamomètre ........................... 100-106
- Kittler (E.). — Exposition de Munich. — Mesures
- électriques.................................. 394
- Kotyra. —Téléphone.................................. 527
- Krouchkoll. — Polarisation.......................... 166
- Krüss. — Exposition de Munich. — Mesures .... 402
- L
- Laborde. — Télégraphe multiple................ 541
- Ladd. — Machine............................... . 12
- Lane-Fox. — Lampe.............................. 559
- Latchinoff. — Dynamomètre...................... 106
- Lippmann (G.). — Détermination de l’ohm. 524 et 641
- M
- Mac Evoy. — Chercheur sous-marin.. ............ 118
- Magneville (de). — Exposition. — Ministère de la
- marine.... 109
- — “ Postes et télégraphes . . . 132
- p.660 - vue 665/667
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-
- 661
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- i
- Pages.
- Maquaire. — Chandelier automatique................. q53
- — Machine dynamo................................ 635
- Mascart. — Electrisation de l’air. .................. 546
- — Leçons d'électricité et de magnétisme . . . 619
- Maxim. — Machine et lampe..........................(86-557
- Megy. — Dynamomètre.................................. 79
- Melsens. — Paratonnerres............................ .142
- Mercadier (E). — Traité d'électricité (Gariel), ... . 2.58
- — ThéQrie électrique.......................... 592
- -T- Electricité et magnétisme (Mascart et Jou-
- bert. . . ............................ 619
- Méritons (de). — Machines dynamo...................... 55
- — — magnéto.................. 5i2-53o
- Meyer. — Télégraphe.................................. 204
- Moncel (Th. du).' — Effets électro-statiques sur les
- lignes sous-marines........... 1, 25 et 49
- — Conductibilité des minéraux.............. 73-97
- — Electro-aimants.......................... 116
- . — Cyclones en Amérique................... 121-197
- — Magnétisme condensé.......................... 145
- — Téléphones en Angleterre.................... 169
- — Courants ondulatoires...................... 193
- — Conductibilité des corps très divisés .... 217
- — Etudes sur le magnétisme 241. 265. 289 et 3i3
- — Bruit de l'étincelle...................... 331
- — Transport de la force...................... 337
- — Transmission sans fils...................... 385
- — Courants directs et inverses................ 407
- — Conductibilé des tissus.................... 4.80
- — Distribution de l’heure..................... 479
- .— Appareils téléphoniques..................... 5o3
- — Machine Gordon............................ 455
- — Téléphone.................................. 527
- — Rendement électrique....................... 551
- — Moteur Griscom.............................. 575
- — Bobines d’induction......................... 623
- Mondos (R.). — Lampe................................. 180
- Morin (J.). — Dynamomètre............................. 79
- Moutier (3.).—Phénomènes électro-dynamiques 578 et 63o
- N
- Nélius. — Exposition. — Section allemande........ 206
- Neer. — Dynamomètre.............................. io5
- Noaillon (A.-H.) — Eclairage du Comptoir d’Es-
- compte............................... 199
- — Lampe R. Mondos........................... 180
- Signaux électriques dans la marine....... 63i
- O
- Odilon Mailloux. — lnductophone............... 212
- Orlando Salvatore. — Lançage des navires...... 262
- P
- Pacinotti. — Machine................................... i3
- Paget Higgs. — Excitation des machines dynamo. 324
- Parsons. — Dynamomètre................................ 3o
- Partz. — Eclairage électrique......................... 1.34
- Parville(H. de) —Electricité et ses applications.. . 329
- * Pages
- Perry.et Ayrton. — Dynamomètre. ................. io5.
- — Photomètre à dispersion................. 207
- — Accumulateur Faure........................ 208
- Picard (P.). — Régulateur à tiges vibrantes. . . 348-4.53
- Picou.Electromètrie.............................. 117
- Pixii. — Machine............•.................... 7
- Planté (G.). — Formation des accumulateurs....... 33c
- Pohl. — Machine.................................. 8
- Preece. — Microphone............................. 282
- — Transmission sans fils.................. 309’
- R
- Radiwanowski. — Lampe.......................... 211
- Raffard. — Dynamomètre. . gi
- Richard (G.). — Les dynamomètres.. . 18,29,78,
- 100 et 174
- — Machine à vapeur Edison................ 233
- — Eclairage des côtes d’Angleterre et d’Australie. . . . 294, 327, 341, 410, 460 et 480
- — Phare de Razza......................... 5o6
- Ritchie. — Machine............................... 7
- Rousseau (J.). — Eclairs diffus........... 207
- Ruddick Hamilton. — Dynamomètre................ 106
- S
- Sabine. — Galvanomètre et commutateur............. 004
- Salet (G.). — Vibrations téléphoniques............... 211
- Sarcia (J.). — Transport de la force.............. 22
- Saroni (H.). — Funérailles d’Antoine Becquerel.. . . 355 .
- Saxton. — Machine...................................... 7
- Schroter (M.). — Exposition de Munich. — Mesures. 401
- Siemens (W.). — Machine................. 9, 486 et 5i2
- — Galvanomètres............................... 82
- Télémètre.................................. 173
- — Lampes........................... 273,486 et 5i2
- — Télégraphe sous-marin...................... 278
- — Photomètre à sélénium...................... 38
- — Machine unipolaire...................... 321
- — Creuset électrique...................... 548
- Silveré. — Dynamomètre.................., . . . . 643
- Sinsteden. — Emploi de l’excitatrice.. ......... 9
- Smith. — Dynamomètre................................. 101
- Society Royal. — Dynamomètre. . ...................... 78
- Society of Telegraph Engineers. — Règlements
- pour l’éclairage électrique..................... 143
- Soulages (G.-G.). — Exposition russe................ 58
- — — Galerie des machines. 84
- — — Etats-Unis. ...... 112
- — — Carpentier............ i55
- — — Compagnie belge. . . 178
- — — Sautter Lemonnier. . 225
- — Eclairage des constructions sous-marines.. 16
- — — de Chesterfield.................. 25o
- — — de San José...................... 275
- — Chasse électrique.......................... 3oo
- — Eclairage du château de Windsor............ 322
- '— — des vaisseaux cuirassés.......... 346
- — Lampe Soleil............................... 440
- — Conférence internationale.................. 473
- — Eclairage système Partz................... 134
- — Eclairages de magasins à Paris............. 63o
- Spellier. — Horloge électrique....................... 523
- Spottiswoode. — Bobine d’induction............... 224-270
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-
- ^ 662 LA LUMIERE ELECTRIQUE
- Page».
- Stoehrer. — Machine............................. 8
- Street (C.). — Phases de la bougie Jablochkoff.. . . 345
- Swan. — Lampes.................................. 55g
- T
- Tamine. — Accumulateurs....................... -(53
- Tate. — Arrêt pour machine à vapeur............ 5oo
- Tatham. — Dynamomètre........................... 3i
- Taurines. — 102
- Thomson (Elihu.) — 33
- Thompson (Silvanus). — Téléphonie............... 91
- Thomsom(sir William). — Siphon recorder.. . . 251
- — Mesures photométriques................... 638
- Tommasi (D.). — Travail chimique de la pile.'. . . 210
- Tyndall. — Radiophonie......................... 189
- U
- Urbanitzky. — Eclairage électrique..... 117
- Page».
- V
- Valet. — Dynamomètre........................ 106
- Ven (Van der). — Bronzes phosphoreux et siliceux 474 '
- Villot. — Télégraphe. ... . ........... . . . . . . . ‘ 23o
- Voit (B.). — Exposition de Munich. Mesures. .... 402
- w
- Weissenbruch. — Magnéto-parleur................ 404
- Weston. — Machines dynamo............ 33g 486
- Wheastone. — Machine dynamo.................... 11
- — Télégraphe................. 107, 129, i52 et 182
- Wiedemann (G.). — Traité d’électricité.......... . 33o
- — Détermination de l’ohm........449, 469 et 493
- Wilde (H.). - Machine............. . . ........ 19
- Worms de Romilly. — Machine.................... 16
- — IMPRIMERIE P.
- MOUUICT, |3, QUAI VOLTAIRE. — 34H2
- PARIS.
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