La Lumière électrique
-
-
- La Lumière Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L'ÉLECTRICITÉ
- p.1 - vue 1/416
-
-
-
- p.2 - vue 2/416
-
-
-
- La
- Lumière Electrique
- Précédemment
- I/Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- o-m-o
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. D’ARSONVAL
- PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE, MEMBRE DE L’INSTITUT
- A. BLONDEL Eric GERARD
- INGÉN. EN CHEF DES PONTS ET CHAUSSÉES, DIRECTEUR DE L’iNSTITUT
- pr a l’école des ponts et chaussées > électrotechnique montefiore
- M.LEBLANC
- ANCIEN PROFESSEUR A
- l’école supérieure des mines
- G. LIPPMANN D. MONNIER H. POINCARÉ
- PROFESSEUR A LA SORBONNE, PROFESSEUR A L’ÉCOLE CENTRALE MEMBRE DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES-MEMBRE DE L’iNSTITUT DES ARTS ET MANUFACTURES ET DE L’ACADEMIE FRANÇAISE
- «/WWWWWWWIMM
- A. WITZ
- Dp DE LA FACULTÉ LIBRE DES SCIENCE9 DE LILLE, MEMBRE CORR1 DE L’iNSTITUT
- REDACTEUR EN CHEF :
- . R. CHASSÉRIAUD, Ingénieur, ancien élève de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole Supérieure d'Élecl rieité
- TOME XIX (a* Série) 36 TRIMESTRE I 9 I 2
- ADMINISTRATION et REDACTION
- 1^2, RUE DE RENNES, l42
- PARIS VIa
- Page de titre 3 - vue 3/416
-
-
-
- p.4 - vue 4/416
-
-
-
- t>«Bta*qaatrtèm« ann«».
- SAMEDI 6 JUILLET 1812. Ton* XIX (8* aéria). - N* 27.
- La
- ière Electrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ELECTRICITE
- ha reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 5. —A. Reisset. Chronique des stations centrales : Sur les huiles de transformateurs, P> 7*
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. L’équation des courbes en V représentée par la méthode des régions, K. Simons, p. j i . :— Sur l'apparition de nouvelles raies dans un tube de Geisler à brome placé dans im champ magnétique, G. Ribaud, p. i3. — Sur la différence de potentiel au contact du verre et d’un électrolyte, L. Riétï, p. 14. — Eléments primaires et accumulateurs. Sur les piles à sélé-niures, H. Piîlabon, p. 14. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Les para-foudres électrolytiques, p. i5. — Etudes économiques,p. 26. — Renseignements commerciaux, p. 27. — Adjudications, p. 3o.
- ÉDITORIAL
- En rassemblant les résultats de quelques travaux récents sur les huiles employées en électrotechnique, M. A. Reisset lait ressortir combien est insuffisants la technique un peu sommaire dont on se contente généralement lorsqu’il s’agit de faire choix d’une huile.
- D’abord, il serait très désirable qu'on pût posséder un critérium simple permettant de décider si une huile déterminée, qu’on se propose d’introduire dans le bac d’un transformateur par exemple, est bonne ou mauvaise. En l’absence d’un tel critérium on en est souvent réduit à s’en rapporter aux cata^ logues des fabricants, documents dont la valeur scientifique est évidemment discutable.
- Ensuite, une fois l’huile versée dans le
- bac et mise en service, il serait très utile et très instructif de la surveiller et de suivre les transformations qu’elle subit à l’aide de prélèvements et d’analyses. L’huile devient en effet le siège de phénomènes parfaitement inconnus, et qui exercent une très grande influence sur ses propriétés : telles sont les formations de dépôts hydrocarbonés solides qui revêtent la paroi intérieure des bacs, remplissent les cannelures, obstruent les canaux de ventilation et ainsi donnent lieu à des échaufïements anormaux.
- En raison de leur importance, ces dépôts viennent enfin de faire l’objet d’études méthodiques, parmi lesquelles JVL A,_JReisset retient aujourd’hui celles de M. Syrnons et
- p.5 - vue 5/416
-
-
-
- 0 LA LUMIÈRB ÉLBGTHlQUE Ts XIX (SP*àl
- surtout celles de M. Hooper, qui sont d’un caractère scientifique plus élevé.
- Le premier de ces auteurs a étudié les phénomènes dont l’huile devient le siège quand on la chauffe. Les dépôts formés ont une réaction acide.
- Cette dernière conclusion vient apporter un appui aux très intéressantes conceptions de M. Hooper ; d’après ce deuxième expérimentateur, en effet, c'e&t l’oxydation qüi joue le rôle prépondérant dans les modifications internes qui affectent les huilés.
- D’autres travaux ont été tout récemment consacrés à cette question ; malheureusement ils aboutissent pour la plupart à des résultats contradictoires ou incei’tains, et le problème est bien loin d’être élucidé.
- M. K. Simons a appliqué au tracé des courbes en V des moteurs synchrones la méthode mathématique dite « des régions » dans laquelle on considère le plan comme partagé par certaines courbes simples qui se mettent d'elies-mémes en évidence dans l’équation de la courbe qu’il s’agit de construire.
- On sait que les courbes dont il s’agit ici représentent le courant absorbé en fonction de l’excitation, et qu’on les obtient en négligeant la résistance ohmique, les pertes dans le fer, et les variations de la self induction du moteur.
- Cêttè étude* bien que s'appliquant à un sujet d’électrotechttique. pratique, est d’un Caractère plutôt mathématique.
- M. G. Ribaud a observé Y apparition de nouvelles raies dans un tube de Geissler à brome placé dans un champ magnétiquf. Les expériences qu’a exécutées l’attteur iüi ont montré que le châmp maghétiqUe transforme le régime continu de la décharge à l’intérieur du tube en un régime discontinu, et cela quel que soit le gaz introduit dans le tube.
- M. L. Riéty a pu, par l'emploi de pressions très fortes, mesurer la force électrômolrice de filtration d’une solution saline, à travers un tube capillaire et en déduire la différence de potentiel au contact du verre et d'un électrolyte ; il a étudié à cet égard l’influence de la concentration.
- Nous mentionnons dé nouvelles recherchés de M. H. Pélabon sur les piles à Sélétiiu 'res.
- L’àütetir s’ést proposé, pour caractériser la constitution chimique de certains composés du sélénium, de déterminer leur force éleclromotrice de dissolution dans ce métalloïde.
- ün se souvient que, déjà, il avait étudié la curieuse influence de la lumière sur les piles à séléniures d’antimoine.
- Rufin l’on trouvera dâhs nos Noies industrielles une étude descriptive pratique sur les propriétés et Veihploi des partifoudres èléùirOly tiques.
- p.6 - vue 6/416
-
-
-
- 9. Juillet 1*13. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE 7
- CHRONIQUE DES STATIONS CENTRALES
- SUR LES HUILES DE TRANSFORMATEURS
- Lés huiles minérales qui sont employées dans lés transformateurs et les disjoncteurs ont. Une composition fort complexe et des propriétés variables avec leur provenance ; de tous les diélectriques, l’huile est sans doute celui pour lequel on a enregistré les plus grandes divergences expérimentales.
- Pour ne parler que de travaux français récents, c’est ainsi que M. A. Léauté signalait, il y a quelques mois (’), les irrégularités du potentiel disruptif dans l’huile et que, de leur côté, MM. F. Laporte et A. delà Gorce, cherchant à déterminer le rapport entre les tensions continue et alternative qui provoquent la rupture d’unë matière isolante (2), fixaient avec précision la valeur de ce coefficient pour la plupart des diélectriques, tandis que, pour l’huile, ils devaient se borner à en indiquer la valeur maximum (i,4) en raison des irrégularités de leurs expériences.
- Ces divergences ont été constatées en opérant dans des conditions bien définies, sur une certaine huile. Mais si l’on effectue des essais sur des échantillons prélevés au hasard dans quelques barils d’une même livraison d’huile, les anomalies deviennent bien autrement considérables.
- C’est que, une fois Yafftnée, l’huile est soumise à de nombreuses influences qui contribuent à modifier sa composition chimique déjà si complexe. Une huile légèrement alcaline absorbe l’humidité de l’air, d’où résulte une diminution de sa résislance'spé-cifique ; transportée dans des barils en bois, èlle se charge de matières résineuses.
- Il est donc à souhaiter que les chefs
- (t) Comptes Rendus, t. CLII, 1911, p. 1 474-1476-
- (2) Bulletin de la Société internationale des Électriciens, janvier 1912.
- d’exploitation fassent toujours procéder eux-mêmes à des essais de réception et ne s’en rapportent jamais uniquement aux prospectus des rafïineries d’huile où sont garam tis un certain point d'inflammation, line densité, un coefficient de viscosité et un degré de pureté chimique déterminés, où sont reproduites des courbes qui n’ont de valeur que pour un certain échantillon. Principalement les propriétés chimiques, et par suite les qualités de l’huile comme diélectrique peuvent éprouver des modifications qu’on peut seulement reconnaître en effectuant un essai sur chacun des barils dans lesquels a été transportée l’huile. Cet essai doit être aussi simple que possible et MM. P. Digby et B. Mellis,dans une communication qui constituev avéc la discussion qui l’a suivie, un important document pour l’étude des huiles (’), préconisent la mesure de la résistance spécifique, qui est rarement faite et qui cependant constituerait un excellent moyen de se rendre compte de la proportion globale d’impuretés que renferme un échantillon donné.
- Il va de soi que cet essai de résistance spécifique n’est pas destiné à remplacer ceux auxquels on soumet en général les huiles de transformateurs. Il serait impuissant à renseigner sur certaines qualités physiques qu’elles doivent posséder et qui peuvent ainsi se résumer :
- Grande rigidité électrostatique ;
- Faible viscosité ;
- Point d’inflammation élevé (deux ou trois fois la température de régime des transformateurs).
- C) Journal of the Institution of Eléctrical Éngineers, t. XLY, n° 202.
- p.7 - vue 7/416
-
-
-
- s
- 1- .
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX(2* Série). — H*27,
- De même, on ne pourrait déduire d’une telle mesure des indications précises relativement aux données suivantes sur lesquelles il importe d’être fixé :
- Teneur en eau ;
- Réaction acide ou alcaline ;
- Absence d’huiles végétales, de matières résineuses ou de sels métalliques.
- Toutefois, au point de vue qualitatif, la valeur de la résistance spécifique fournirait une indication sur l’importance globale des impuretés et, de plus, répétée sur plusieurs échantillons d’une même commande, elle permettrait tout au moins de savoir si la présence des impuretés présente un caractère systématique ou simplement accidentel, si elle provient d’un mauvais raffinage ou d’une contamination fortuite de l’huile.
- Nous n’aborderons pas dans tous ses détails l’étude des propriétés des huiles; de nombreux travaux ont été publiés sur ce sujet, par exemple le mémoire de MM. Digby et Mellis, cité ci-dessus, dont les auteurs ont réuni et contrôlé de nombreux documents parus dans la presse technique. Nous avons voulu seulement attirer l’attention des exploitants sur la nécessité de la vérification des huiles qu’ils emploient, non seulement au point de vue de leurs propriétés disrup-tives, mais aussi en ce qui concerne leur composition chimique, source de nombreux mécomptes; et c’est à cet égard que l’essai de résistance spécifique peut surtout donner de sérieuses indications.
- De même en effet que, pour l’eau, la résistance spécifique passe de 700 000 ohms par centimètre cube, lorsqu’elle est parfaitement pure, à 3ooooo ohms, lorsqu’elle n’est que distillée sans précautions spéciales, et à un chiffre moitié plus faible encore lorsqu’elle contient seulement un milligramme par litre de chlorure de sodium, de même, pour l’huile, les impuretés qu’elle contient en dissolution fournissent au courant électrique un milieu de conductivité plus grande et diminuent la résistance spécifique.
- Mais ces essais,qu’il est nécessaire de faire subir aux huiles avant d’en remplir les bacs des transformateurs,ne sont pas suffisants. Il est du plus grand intérêt pratique de consacrer de nouvelles études aux huiles quelque temps après leur mise en service. Cette nécessité s’affirme tous les jours de plus en plus, noji seulement afin de constater les modifications des propriétés diélectriques à l’usage, mais aussi et surtout afin de se rendre compte des changements que subit la structure moléculaire de l’huile et qui se traduisent par des phénomènes encore mal élucidés.
- On constate fréquemment, pour des transformateurs en service depuis plusieurs mois, des échauffements anormaux, quoique les dispositifs de ventilation ou de refroidissement aient été largement calculés et fonctionnent convenablement. Ces élévations anormales de température entraînent de graves conséquences : ainsi, les pertes cuivre augmentent de 10 % pour un éehauffement de 2Ô°; les isolants se détériorent plus rapidement; enfin, le vieillissement des tôles s’accélère beaucoup au-dessus de 70°.
- La plupart du temps, ces échauffements sont dus à des dépôts de composés hydrocarbonés solides qui revêtent la paroi intérieure des bacs, remplissent les cannelures et obstruent les canaux de ventilation.
- Il est au moins singulier de constater qu’on ignore à peu près complètement le mécanisme de formation de ces dépôts. La presse technique n’a reçu que tout récemment un écho des préoccupations des ingénieurs à cet égard. Ce n’est pas sans doute une raison pour en conclure que ceux ci n’ont pas jusqu'ici attaché d’importance au phénomène, car, lorsque celui-ci s’aggrave, il peut devenir nécessaire de remplacer l’huile, de démonter et de nettoyer complètement les bacs et les enroulements, ce qui peut conduire à des dépenses colossales. La véritable raison du silence des chefs d’exploitation est tout autre : les recherches sur l’origine des dépôts en question sont des plus délicates; elles
- p.8 - vue 8/416
-
-
-
- 6 Juillet 1912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE Ô
- aboutissent à des résultats souvent contradictoires, précisément, comme nousle disions plus haut, à cause de la complexité et de la diversité de composition des huiles commerciales qui, bien que vendues sous une étiquette déterminée, ne sont pas toujours un mélange défini de carbures d’hydrogène définis.
- Aussi, bien qu’il ne soit pas possible de tirer, des études publiées récemment, des conclusions très fermes* nous chercherons néanmoins à en résumer les conclusions, en raison de l’impoi’tance capitale de cette question dans la technique des distributions d’énergie.
- LES DÉPÔTS D’HUILES
- C’est probablement au cours de la discussion de la communication de MM. Digby et Mellis (*) que, pour ku première fois, l’attention a été attirée en public, par M. S. Peck, sur l’importance des dépôts d’huile. Depuis lors, quelques études ont été consacrées à cette question et notamment celles de M. D. Symons et de M. N. Hooper.
- M. Symons (2) recherche d’abord si le dépôt n'est pas du à une condensation des poussières en suspension dans l’huile ou à la dissolution de certaines substances isolantes employées dans la construction des transformateurs. Ces deux hypothèses doivent être rejetées, et c’est bien l’huile elle-même qu’il faut incriminer.
- L’élévation de température, le temps de réchauffement et les conditions d’oxydation sont trois facteurs qui influent sur la formation du dépôt, mais les deux premiers sont les plus importants. C’est ce que l’autéur a reconnu en chauffant, dans différentes conditions, certains échantillons d’huile. De ses essais il tire cette conclusion que la perte relative de poids est d’autant plus accentuéë que l’huile a plus de tendance à produire un
- (') Loc. cit.
- (2) Electrical Review, 22 et 29 décembre 1911.
- « ’
- dépôt. Naturellement, si l’on veut, dans des conditions de température et au bout d'un temps donnés, obtenir pour différentes huiles des chiffres comparables pour la perte l’elative en poids, il faut opérer dans des conditions d’évaporation constantes, c’est-à-dire placer successivement les huiles dans un même récipient, la surface en contact avec l’air étant petite par rapport au volume d’huile expérimenté. L’auteur opérait sur des échantillons de 70 grammes, placés dans un vase cylindrique de 10 centimètres de hauteur et 5,3 centimètres de diamètre et, dans ces conditions, voici notamment la valeur maximum à enregistrer pour la perte en poids avec différentes huiles chauffées à 100“ pendant six heures (*).
- Tableau I.
- POINT D’INFLAMMATION degrés PERTE EN POIDS %.
- îiit à i3/| 3,5
- 13 5 à 14 4 2,5
- i45 à 15/j 1,5
- i55 à 164 I
- i65 à 179 0,5
- Au-dessus de 180 O ,25
- D’autres essais et en particulier celui d’une heure à 200° permettent de reconnaître rapidement l’aptitude de l’huile à former des dépôts. Ceux-ci, dans toutes les expériences, se sont montrés difficiles à séparer de l’huile à cause de leur ténuité, et il a été impossible de mesurer leur masse.
- A l’exception de cette perte en poids, M. Symons n’a trouvé aucune propriété physique ou chimique qui soit un indice de la facilité de formation des dépôts.
- L’examen des boues solides extraites de différents transformateurs a montré que celles-ci laissaient évacuer une grande quantité d’huile et que la proportion du dépôt
- () Il est important, pour obtenir des résultats comparables, d’éviter les éehaufFements locaux, par exemple au moyeu d’un agitateur.
- p.9 - vue 9/416
-
-
-
- 10
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2« Série).—N° 27,
- solide proprement dit est toujours très faible ; de même densité que celle de l'huile, il donne une réaction acide.
- M. Symons conclut en disant que les dépôts constatés sont dus à la décomposition de l’huile par la chaleur et considère comme probable que seule une huile qui pouri’ait s’évaporer complètement sans laisser trace de dépôt pourrait procurer à l’usage toute sécurité à cet égard. Il indique de plus que les huiles américaines se décomposent plus vite que les huiles russes.
- M. N. Hooper, discutant le travail de • M. Symons, dont nous venons de parler, arrive à des conclusions sensiblement différentes (’). Ses expériences et celles de M. A. Duckham, entreprises depuis 1908, l’ont amené à considérer l’oxygène comme l’agent essentiel de formation du dépôt. C’est ainsi qu'en faisant passer un courant d’air ou un courant d’azote atmosphérique dans deux récipients identiques, chauffés à haute température et contenant la même huile, on obtient un dépôt abondant avec l’air et aucun dépôt avec l’azote.
- Dans ce second cas, on constate cependant que la couleur de l'huile devient plus sombre, par suite de l’évaporation qui se produit; mais, si l’on évite celle-ci, en opérant en vase clos, dans le vide, on ne remarque ni changement de coloration ni dépôt, ce qui prouve que la chaleur seule n’est pas suffisante pour faire apparaître un précipité.
- D’autre part, l’oxygène n’est pas le seul corps qui puisse provoquer l’apparition d’un dépôt. Le soufre, dont les propriétés sont très voisines de celles de l’oxygène, possède la même influence et M. Duckham croit pouvoir bientôt affirmer que les composés qui prennent naissance ont des formules identiques.
- Il est d’ailleurs certain que M. Symons lui-même admet implicitement l’influence de l’oxygène puisqu’il remarque la réaction acide des dépôts qu’il a obtenus. L’oxygène (*)
- se combine très probablement aux carbures non saturés qui constituent une partie de l’huile et il est probable, si l’on ne se place pas dans des conditions d’oxydation très favorables, que ce n’est pas au bout de quelques dizaines d’heures que l’on peut arriver à la limite de formation du dépôt.
- Pour se renseigner sur la qualité d’une huile, M. Hooper estime donc que des moyens énergiques et rapides (l’ozone et une haute température) sont ceux sur lesquels on peut fonder le maximum de sécurité.
- Le même auteur a remarqué des dépôts granuleux qui se séparent facilement de l’huile, par suite de leur densité assez élevée et des dépôts floconneux qui restent longtemps en suspension dans l’huile. Il est intéressant de mentionner à cet égard qu’ils sont insolubles dans l’éther de pétrole, ce qui permet de les séparer beaucoup plus aisément.
- Enfin, il y a lieu de signaler un phénomène singulier dont il n’est jusqu’ici possible de rendre compte qu’en le faisant rentrer dans la catégorie des phénomènes catalytiques, ce qui n’est guère une explication : le cuivre, en présence de l’huile, provoque la formation d’un dépôt très abondant. C’est ainsi que deux échantillons d’huile, chauffés à n5° à l’air, donnaient des dépôts respectifs de o,y5 % et o,o5g %, mais, dans le premier cas, l’huile était en contact avec une feuille de cuivre de 128 ' centimètres carrés de surface. M. Hooper continue des essais dans cette voie, espérant établir l’influence possible de certains autres métaux.
- Nous avons voulu, malgré les divergences de leurs conclusions, analyser ces deux études dont certains résultats seront sans doute utiles à ceux qui poursuivent des recherches sur les dépôts d’huiles. Nous savons en effet que certains ingénieurs français se préoccupent de cette question, et nous serions heureux si cet article pouvait les inciter à exposer ici le résultat de leurs travaux et à éclairer de quelques indications nouvelles ce problème si délicat.
- A. Reisset.
- (*) Electrical lïeview, 16 février 1912,
- p.10 - vue 10/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 11
- 6 Juillet 1912
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- L’équation des courbes en V représentée par la méthode des régions. — K. Simons. — Elektrotechnische Zeitschrift, 3o mai 1912.
- Les courbes en V des moteurs synchrones sont, ainsi qu’on le sait, les courbes représentatives du courant absorbé en fonction du courant d’excitation; ces courbes s’obtiennent en négligeant la résistance ohmique et les pertes dans le fer, et en supposant, d’une part, la self-induction L du moteur constante, d’autre part, la force électromotrice induite de la machine proportionnelle à l’excitation.
- Dans ces conditions, la puissance fournie à la machine, E.Jcosep, doit être constante pour une charge déterminée; par suite, l’extrémité du vecteur représentant le courant J se déplace sur une droite (fig. 1) ; selon la valeur de l’excitation, ce vecteur est déphasé en avant ou en arrière par rapport à la ten-
- sion aux bornes E. En effet, lorsque l’excitation varie, la force électromotrice induite e et la chute de tension wLJ, due à la self-induction, laquelle est
- perpendiculaire au courant J et proportionnelle à celui-ci, doivent toujours donner comme résultante la tension aux bornes E, laquelle est constante en grandeur et en direction. Par suite, dans les hypothèses établies précédemment, l’extrémité do: vecteur e se déplace également sur une droite (fig. 2).
- La courbe en V représente les variations de l’intensité J, ou de la quantité proportionnelle y — wLJ,
- Fig. 3.
- en fonction du courant d’excitation, ou de la force électromotrice x = e, laquelle, toujours dans les hypothèses précédentes, lui est proportionnelle.
- Si nous supposons, d’autre part, que, pour une tension aux bornes constante E = a et pour une charge constante, la quantité
- wLJ cos <p — h
- soit également constante, l’équation représentant la courbe en V peut se déduire des considérations suivantes, en faisant appel à la méthode dite des régions, présentée en 1892 par le professeur Reuschle.
- La surface du triangle ÔCD (fig. 3) est constante
- et égale à —. D’autre part, l’expression de cette 2
- surface est aussi xy sin a; d’où une première relation :
- xy sin a = ab. (1)
- Dans le même triangle, on trouve encore la seconde relation
- .r2 -f- y2 — 2xy cos a — a2. (2)
- La combinaison des relations 1 et 2 donne l’équation :
- p.11 - vue 11/416
-
-
-
- 12
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2» Série). — N° 27
- Cette équation, du 4e degré en x et y, représente la fonction cherchée.
- D’après la méthode des régions, on peut discuter cette équation de la façon suivante :
- Le premier membre, considéré isolément,
- x2y2 —- a2b2 — o (4)
- représente l’équation d’une hyperbole équilatère dans un quadrant quelconque.
- Le second membre
- = o (S)
- est l’équation d'un cercle.
- Si l’on représente ces deux courbes sur la figure 4, les points d’intersection de celles-ci sont des points de la courbe cherchée. La fonction (5), laquelle est le second membre de l’équation (3), est toujours positive, quelles que soient les valeurs respectives de x et de y ; par contre la fonction (4), laquelle est le premier membre de l’équation (3), n’est positive que
- pour les valeurs situées en dehors de la partie hachurée de la figure 4. Etant donné que, dans l’équation (3), laquelle représente la courbe cherchée, les deux membres doivent naturellement être égaux, il s’ensuit que cette courbe ne peut se trouver qu’en dehors de la partie hachurée de la figure 4.
- D’autre part,' l’équation (3) peut encore se mettre sous la forme :
- — t,a2b2 = (ax y) {a x —- y)
- (a — Æ--|- y) (a— x — y). (6)
- \
- Si l’on égale séparément à zéro chacun des 4 facteurs du membre de droite de l’équation (ô), on obtient les équations respectives des quatre droites
- représentées sur la figure 5. Lorsque l’une ,de ces quatre dernières équations est satisfaite, les points correspondants de la courbe cherchée ne peuvent se trouver qu’à l’infini ; en effet, le premier membre de l’équation (6) représentant une quantité finie, si l’un des facteurs du second membre est nul, l’un au moins des trois autres facteurs doit être infini, ce qui ne peut avoir lieu que pour x—y — zizao . Les quatre droites, représentées sur la figure 5, sont donc des asymptotes de la courbe cherchée.
- D’autre part, si l’on cherche les signes respectifs des quatre facteurs du second membre de l’équa^ lion (6),. ceux-ci possèdent respectivement les signes représentés de part et d’autre des droites correspondantes sur la figure 5. Il s’ensuit que, dans toutes les parties hachurées de la figure 5, le second membre de l’équation (6) est positif ; mais, comme le premier membre est constamment négatif, les points de la courbe cherchée ne peuvent donc se trouver dans les parties hachurées de celte figure.
- Si l’on tient compte des points déjà obtenus et des régions dans lesquelles la courbe ne peut être située, on peut prévoir avec une grande approximation son allure et son caractère; pour cela, il n’est pas nécessaire de calculer les valeurs respectives des coordonnées de différents points de celte courbe qui est représentée sur la figure 5, dans les quatre quadrants, à l’aide des asymptotes et des points déterminés ci-dessus.
- D’autre part, le décalage et la variation des
- courbes à charge croissante peuvent ainsi être discutés immédiatement. Dans la marche idéale à vide, le courant watté du moteur J cos <p, et> par consé-
- p.12 - vue 12/416
-
-
-
- 6.Juillet 1912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 13
- quent, l’expression iuLJcoscp = b sontnuls, ainsi que, par suite, le premier membre de l’équation (6). La courbe du 4° degré se confond alors avec les 4 droites qui sont les asymptotes de la courbe générale. Lorsque la charge, c’est-à-dire l’expression b, croît, les courbes s’éloignent de l’origine des axes de coordonnées et s’arrondissent de plus en plus ; on obtient ainsi la famille des courbes en V bien connues ; deux de ces courbes sont tracées dans le premier quadrant de la figure 5; d’ailleurs, une partie seulement desdites courbes est intéressante au point de vue pratique.
- Toutes les discussions relatives aux avantages de la surexcitation, à l’influence de la self-induction sur la marche de la machine, à l’influence de la résistance ohmique et de la saturation, peuvent aussi se déduire aisément de cette représentation.
- M. F.
- Sur Vapparition de nouvelles raies dans un tube de Geissler à brome placé dans un champ magnétique. — G. Ribaud. — Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, 29 avril 1912.
- On a signalé depuis longtemps (Chautard, Van Aubel) (*) les changements de coloration produits par un champ magnétique sur la lumière émise par des tubes de Geissler placés perpendiculairement au champ. Dans le cas du brome, pour lequel le phénomène est particulièrement net, la colonne positive, d’abord violacée, devient franchement verte sous l’influence du champ. Plus récemment, Berndt constate simplement un renforcement du spectre ; Zonta publie des photographies comparatives qui montrent que l’effet du champ magnétique est analogue à celui d’une capacité.
- Dans une première série d’essais sur le brome, l’auteur a employé des tubes à électrodes extérieures, munis latéralement d’un petit récipient contenant du brome plongé dans un réfrigérant à température convenable. Ladécharge étaitobtenue aumoyend’une bobine de Ruhmkorfï avec Wehnelt. Pour rechercher si le changement de coloration est localisé dans le champ, l’auteur a utilisé un tube de 5o centimètres de longueur, muni de deux étranglements identiques dans lesquels la décharge passe en série ; l’un est placé dans le champ, l’autre en dehors du champ. Quand on établit le champ magnétique, le changement de coloration se produit à la fois dans les deux étranglements. Il faut donc conclure que l’effet
- (*) Cotton, Phénomène de Zeeman, p. 3o.
- du champ est un effet sccondaiçc dû à une modification du régime de décharge.
- Le changement de coloration, très net aux basses pressions, ne se manifeste plus pour des pressions dépassant un centimètre de mercure.
- L’auteur a étudié l’influence du champ magnétique sur des décharges éclatant dans un tube analogue aux précédents, mais entre électrodes de platine. La décharge observée au miroir tournant devient discontinue, et le potentiel explosif augmente très rapidement avec le champ magnétique.
- La production du régime discontinu semble due à la cause suivante : pour un champ suffisant, la gaine positive étant soufflée contre la paroi, la décharge cesse. Dès lors, les différentes capacités situées dans le circuit (parois du tube au voisinage des électrodes) se chargent à un potentiel croissant ; lorsque ce potentiel est devenu suffisant, il éclate une brusque étincelle entre les électrodes.
- Si cette explication est exacte, une capacité en dérivation aux bornes du tube devra accentuer le phénomène.
- En l’absence de champ magnétique, si la capacité est suffisante, la décharge est discontinue. Perkins a déjà signalé ce fait ('), mais l’aspect des décharges est beaucoup plus complexe qu’il ne l’indique. Dans le cas du brome, les mêmes phénomènes se produisent et l’auteur a pu, en augmentant le débit moyen et diminuant la capacité, obtenir jusqu’à 10 000 étincelles par seconde;
- En résumé, dans un tube de Geissler, le champ magnétique transforme la décharge continue en une déchai’ge discontinue plus ou moins condensée. La conclusion est la même, quel que soit le gaz situé à l’intérieur des tubesi
- Les expériences précédentes ont permis à l’auteur de mettre en évidence, expérimentalement, le fait suivant qu’il paraît intéressant de signaler : le potentiel explosif, dans le champ magnétique, est notablement abaissé si l’on place une forte capacité en dérivation aux bornes du tube. Ceci s’explique en remarquant que la décharge est d’autant plus courte, et par conséquent l’effet du champ magnétique d’autant moins marqué, que la quantité d’électricité qui peut être instantanément mise enjeu est plus grande. Les expériences récentes de Villard et Abraham (2) ont montré que, même en l’absence de champ magnétique, la nature de la source qui alimente la décharge
- (') Comptes Rendus, t. CXLVIII, 1909,-p.- 1 389. (2) Comptes Rendus, t. CL, 1910, p. 1 286.
- p.13 - vue 13/416
-
-
-
- li
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- influe déjà notablement sur la valeur du potentiel explosif.
- Sur la différence de potentiel au contact du verre et d’un électrolyte. — L. Riéty. — Comptes Rendus de VAcadémie des Sciences, 28 mai 1912.
- Les mesures de la force électromotrice produite par l’écoulement d’un liquide dans un tube capillaire (force électromotrice de filtration) peuvent, d’après Helmholtz, servir à calculer la différence de potentiel au contact de la paroi du tube et du liquide, si l’on connaît en . outre la viscosité du liquide et sa conductibilité spécifique.
- L’auteur a pu, par l’emploi de pressions très fortes, mesurer la force électromotrice de filtration pour des solutions contenant jusqu’à une molécule-gramme par litre.
- Voici, par exemple, les résultats obtenus pour une solution de sulfaté de cuivre contenant une molécule-gramme par litre : la force électromôtrice de fil-trationest de 21,6. io—8 unité électrostatique G. G. S. (o,oooo65 yolt), pour une différence de pression de 981 X 103 dynes par centimètre carré (1 kilogr. par centimètre carré) ; la viscosité,(0,01917 G. G. S.; la conductibilité spécifique, 346.io8 G.G. S. électrostatiques. En appliquant la formule d’Helmholtz on trouve : e == 0,0018 G.G.S. électrostatiques (o,56volt).
- L’auteur a étudié l’infliience de la concentration sur la différence de potentiel au contact du verre et d’une solution de sulfate de cuivrp.
- Pour les solutions les moins concentrées la différence de potentiel e décroît quand la concentration augmente, mais cette diminution ne continue pas lorsqu’on emploie des solutions de plus en plus concentrées; pour une solution contenant environ 1 /100 de molécule-gramme par litre, e est minimum; il croît ensuite avec la concentration.
- Contrairement à ce qui arrive pour les sulfates de cuivre et de zinc, l’électrolyte, dans le cas de l’azotate de cuivre, est à un potentiel inférieur à celui du verre.
- Mais, dans ces trois cas, il existe une concentration pour laquelle la valeur absolue de la différence de potentiel au contact du verre et de l’électrolyte est minimum.
- T. XIX (2e Série). — N4 27. î
- s •.
- ÉLÉMENTS PRIMAIRES ET ACCUMULATEURS
- Sur les piles à sêléniures. — H. Pélabon. —
- Comptes Rendus deVAcadémie des Sciences, 28 mai 1912.
- L’auteur a déjà étudié l’influence de la lumière sur les piles à antimoine et à séléniures d’antimoine dont les propriétés curieuses ont été décrites ici (*).’
- Certains métaux comme l’argent,, le plomb, le cuivre, etc., donnent, en s’unissant au sélénium, des composés qui, à température suffisamment élevée, se dissolvent dans un excès de sélénium liquide. Or il arrive, lorsque la teneur du sélénium dépasse une certaine limite, que lé liquide se sépare en deux couches superposées. La partie supérieure est du sélénium pur ; la couche inférieure renferme généralement les deux éléments dans des proportions telles qu’on pourrait croire à l’existence d’un composé particulier.
- Dans le cas de l’argent, ce mélange renferme à peu près i atome de chaque élément; dans le cas du plomb, 1 atome de métal pour 2 atomes de sélénium.
- Pour se rendre compte, dans chaque cas, de la constitution du mélangé obtenu, l’auteur s’est proposé de déterminer la force électromotrice de dissolution des mixtes formés par le sélénium et les différents métaux.
- Une pile est formée en plongeant, dans une solution saturante d’un sel du métal considéré : d’une part, une tige de ce métal pur; d’autre part, un barreau de l’alliage (sélénium et métal en proportion connue). Deux fils de platine soudés aux électrodes constituent les pôles de la pile. Il est facile de comparer la force électromotrice des éléments ainsi obtenus à celle d’un étalon Weston.
- Dans toutes ces piles, le pôle négatif est du métal pur.
- La force électromotrice varie avec le temps, mais au bout de quelques jours elle atteint une valeur constante sur laquelle la température influe très peu.
- L’auteur a ainsi étudié les systèmes ; argent-sélénium, plomb-sélénium, cuivre-sélénium, étain-sélénium.
- Les résultats de cette étude des., forces électromotrices de dissolution viennent confirmer et compléter les renseignements fournis par l’étude de la fusibilité des mêmes mélanges.
- (*) Lumière Electrique, tome XII, 2e série, p. 214.
- p.14 - vue 14/416
-
-
-
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 15
- 6 Juillet 1912.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Les parafoudres électrolytiques.
- I. — Généralités.
- Nous avons déjà exposé (*) les propriétés de ces appareils et leur efficacité dans la protection des réseaux électriques contre les surtensions.
- Or, on a dû prévoir l’emploi de tensions de distribution de plus en plus élevées et étudier pour ces cas des parafoudres qui fonctionnent sur des réseaux à i4o ooo volts. On a dû de même étendre l’applica-
- II. — Action du pauafoudre électiiolytique.
- Analyse oscillogiiapiiique.
- Pour mieux établir l’action protectrice du para-foudre électrolylique, pour mieux en pénétrer les effets, nous tenons à reproduire tout d’abord l’analyse oscillographique qui en a été faite, dans des conditions expérimentales assimilables à celles de la pratique et que représente schématiquement la figure a.
- L’appareil soumis aux surtensions est un trans-
- Fig. i. — Parafoudrc électrolytique pour circuit triphasé A 45ooo volts avec point neutre isolé.
- tion de ces appareils à la protection des câbles souterrains ; certains accessoires, dispositifs de contrôle ou autres, ont dû leur être adjoints en vue de desiderata particuliers.
- La Compagnie Thomson-Houston a rassemblé au sujet de ces appareils, qu’elle construit, un certain nombre de données que nous reproduisons ci-des-sous.
- formateur d’éclairage de 5 kilowatts, alimenté du côté basse tension par un réseau A à la fréquence de Go périodes. (Tension primaire no volts; tension secondaire a aoo volts.)
- Pour produire des surtensions sur la ligne ab, à laquelle est relié son enroulement à haute tension, on se sert d’un condensateur C d’assez grande capacité qu’un transformateur T' permet de charger à 3o ooo volts. Pour donner enfin à la décharge oscillante de ce condensateur le caractère des sûrlen-
- (*) Lumière Electrique, t. VIII (a8 série), p. 58.
- p.15 - vue 15/416
-
-
-
- 16 - - la LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). ^N'27.
- sions accidentellement observées sur des lignes, on lui associe les bobines de réactance jc.vxy établies de
- h »i
- A Réseau d’éclairage à la fréquence* de Go périodes.
- T Transformateur de 5 kw.
- A, Eléments électrolytiques.
- G Condensateur de grande capacité.
- S Eclateur.
- xx Bobines de réactance.
- T' Transformateur pour la charge du condensateur G à 3oooo volts.
- E Tension aux bornes du transformateur de 5 kw.
- If Courant de ligne.
- I2, I* Ses composantes dans le primaire T et le pora-foudre A}.
- b
- Fig. a. — Etude de l’action protectrice d’un parafoudre élec-trolytique sur un transformateur. Dispositif expérimental.
- manière à ramener la fréquence de la décharge oscillante à 1 000 périodes environ.
- Aussitôt que la tension aux bornes de C devient suffisante pour provoquer un arc à l’éclateur S, une
- produire sur une des phases de celte ligne un arc à la terre. Il suffit de monter un certain nombre d’éléments électrolytiques en dérivation sur la ligné pour absorber ces surtensions : avant montage des éléments Aï, les surtensions relevées à l’oscillographe sont telles que les représente la figure 3, qui pourtant les reproduit atténuées par suite de l'étalement de son échelle des abscisses. Après adjonction des éléments Aï, là courbe oscillographique des tensions est telle que la représente la figure 4.
- Avant l’application des éléments électrolytiques Ai aux bornes du transformateur T, l’oscillographe a enregistré les variations dé la tension E aux bornes mômes, et celles du courant I2 commun au secon-dairè du transformateur et à la ligne ab.
- Le diagramme supérieur de la figure 5 correspond aux tensions, le diagramme inférieur correspond aux intensités de courant.
- Dans la courbe des tensions se superposent aux ondes de faible amplitude, correspondant à la tension d’alimentation (à peu près sinusoïdales et d’une fréquence égale à 60 périodes), des surtensions d’une amplitude 10 à i5 fois-plus grande. La plus grande partie en est concentrée sur les spires extrêmes de l’enroulement transformateur, dont l’isolement est particulièrement exposé aux effets dangereux des pointes du diagramme.
- La courbe des intensités reproduit les pointes de
- Fig. 3. — Courbe oscillographique des surtensions relevées au côté haute tension du transformateur T, avant protection
- par les éléments électrolytiques A[ (fig. 2). ^
- décharge oscillante est envoyée à la ligne ab et au transformateur T.
- Ainsi, le transformateur T esl/soumis à des surtension^ analogues à celles que subirait un transformateur élévateur de station centrale relié du côté haute tension à une ligne de transmission, s’il venait à se
- la première, ou plus exactement celles des surtensions mêmes,' sans superposition d’aucune onde de fréquence fio périodes, puisque le transformateur fonctionne à circuit ouvert.
- Après l’application des éléments électrolytiques Ai aux bornes du transformateur T, les mêmes rcle-
- p.16 - vue 16/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 17
- 6 Juillet'! 912.
- yés oscillographiqiies ont donné les résultats représentés par la figure 6 :
- La courbe inférieure correspond aux intensités du courant de ligne ;
- , La courbe supérieure aux tensions E.
- gation pour dégager l’action sur elles des éléments électrolytiques. C’est ce qu’on a pu faire en relevant à l’oscillographe les intensités de courant dans l’élément -.lui-même et dans lé secondaire dii transformateur : la première est représentée par la courbe
- Fig. 4. — Courbe oscillographique des tensions relevées aux mêmes bornes après adjonction des éléments électrolytiques At (fig. a).
- On voit à nouveau (comme par les figures 3 et 4) que les éléments électrolytiques ne laissent subsister qu’une légère trace arrondie des surtensions si marquées dans le précédent oscillogramme.
- inférieure I3 de la figure 7; la seconde par la courbe supérieure I2 : presque entièrement absorbées par les éléments électrolytiques, les brusques variations ont disparu clans le circuit du transformaleur.
- Fig. 5. — Oscillogrammes de la tension K aux bornes du transformateur et de son courant primaire I (avant adjonction
- d 11 para fou dre' A,j.
- Quant aux intensités de courant relevées (fig, 6, courbe inférieure) sur la ligfie ab, en amont des éléments électrolytiques, elles sont les mêmes que précédemment, et il faut pousser plus loin l’investi-
- ' Ona déjà vu à deux reprises, au cours de ce qui précède, que semblablement les brusques variations de tension étaient exclues du môme circuit par l’action des éléments électrolyliques.
- p.17 - vue 17/416
-
-
-
- 18
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N® 27.
- III. — Principe et propriétés du parafoudre
- KLECTRO LYTIQUE.
- L’élément électrolytique dont nous venons d’étudier l’action doit son efficacité à deux électrodes
- critique, nettement marquée par le coude des courbes (fig. 8 et 9).
- Ces deux courbes représentent, pour les valeurs des tensions portées en ordonnées, rapidement croissantes, les valeurs correspondantes du courant qui
- Fig. 6. — Oscillogrammes de la tension E
- aux bornes du transformateur cl de son courant primaire parafoudre A().
- I (après adjonction du
- d’aluminium recouvertes d’une pellicule d’hydroxyde d’aluminium et baignant dans un électrolyte convenable.
- Si une tension électrique (de nature continue ou
- pénètre dans l’élément en continu (fig. 8) ou en alternatif (fig. 9). Et l’on voit que, dans les deux cas, son intensité est négligeable, et que l’élément oppose aux tensions appliquées la plus grande résistance, jus-
- Fig. 7. — Oscillogrammes des intensités I2 et ly dans
- /
- alternative) est appliquée à ces électrodes, l’élément manifeste les propriétés les plus opposées suivant l’ordre de grandeur de cette tension, ou plutôt, suivant qu’elle est inférieure ou supérieure à une valeur
- l’enroulement du transformateur et dans le parafoudre.
- qu’à ce qu’on en pousse la valeur au delà de la tension critique. Mais aussitôt franchie cette tension critique, qui correspond au coude de la courbe, la résistance de l’élément devient négligeable, ainsi que
- p.18 - vue 18/416
-
-
-
- 6 Juillet 1912,
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 19
- le montré l’allure des courbes 8 et 9 dans leur I 1er un point critique temporaire : c’est-à-dire qu’un seconde partie. Leurs échelles de coordonnées ne 1 nflinv dn
- ¥80 m ¥00 tO 360
- § 320 g
- g 280
- Kj
- <l> 2¥Ù
- 200
- CO
- P^j 160
- ^ m 05 80
- î
- PO
- .0/
- .02
- .03
- .os -os Ampères
- m
- •os
- Fig. S. —‘ Courbe donnant, dans le cas du courant continu, l’intensité du courant traversant l’élément, en fonction de la tension à ses bornes.
- permettent même pas d’apprécier les valeurs qu’atteint l’intensité. Aussi les avons-nous reportées à
- afflux de courant considérable suit l’applica tion de la tension. Mais, contrairement à ce qui se produit lorsque la tension critique absolue de 3/|0 volts par élément est dépassée, l’intensité observée ici décroît très rapidement, en raison de la reformation instantanée de la pellicule, pour s’adapter à la tension de régime.
- Dissolution et reconstitution de la -pellicule.
- On constate, en effet que, en dehors de toute action électrique, l’électrolyte exerce sur la pellicule une a\clion dissolvante. Enlevant ainsi aux électrodes leur dépôt résistant, il provoque, lors d’une nouvelle application de la tension, l’afflux de courant que nous avons tenu à distinguer de l’afflux permanent, possible seulement au delà de la tension critique absolue. L’afflux temporaire auquel donne passage un élément électrolytique est de courte durée et d’intensité très admissible lorsque l’élément n’a été hors
- Fig. 9.
- / Z 8 3 b S
- Ampeves
- Courbe donnant., en courant alternatif, l’intensité du courant traversant l’élément, en fonction de la tension
- une autre échelle dans la figure io, qui traduit de | manière plus lisible les données de la figure 8. On peut retenir que l’élément ne représente plus dès lors comme résistance que celle de l’électrolyte, qui est très faible et voisine de i/ioe d’ohm .par élément. Ainsi s’explique, par un pouvoir absorbant considé- ^ rable de l’élément, le mécanisme de l’action protec- § trice que nous avons déjà enregistrée.
- Il convient d’ajouter que ce grand pouvoir absor- £ bant s’exerce sans dommage pour l’élément, dont la ^ pellicule recouvre ses propriétés après le passage^ de la décharge, et il faudrait que celle-ci fût d’une£§ durée inusitée pour produire un échauffement dangereux.
- Quand la tension appliquée ne dépassepas le point critique, elle peut du moins dépasser assez le régime de tension auquel l’élément a été soumis antérieurement pour que se manifeste ce qu’on pourrait appe-
- circuit que pour une période de vingt-quatre heures, Jo'ûi
- IOO 200 300
- âoo 900 7000 rroo rzoo
- soo soo 700 A/7ÿoëres
- Fig. 10. — Courbe donnant, dans le cas du courant continu, l’intensité du courant traversant l’élément pour des tensions supérieures à la valeur critique.
- c’est dans ces conditions qu’il a été obtenu sur l’os-
- cillogramme reproduit (fig. 11).
- p.19 - vue 19/416
-
-
-
- 20
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. rix (â* Série). *->*27.
- Nous rie voulons pas nous étendre davantage sur l’examen de ces phénomènes, mais nous ne pouvons pas non plus en faire abstraction, parce qu’ils interviennent nécessairement et utilement dans la prati-
- de fuite qui en résulterait est, ainsi que le montrent les courbes des figures 8 et 9, de l’ordre de ceux qu’on admet dans les parafoudres à jet d’eau. Il est d’ailleurs presque entièrement déwatté. Mais cela
- Fig. 11. — Kelevé oscillographique donnant pour un élément électrolytique : en AB, les ondulations de la tension appliquée ; en C, le courant de fuite normal dans l’élément maintenu sous tension; en D, le retour au régime normal après une recharge faite au bout de vingt-quatre heures. Intermédiairement à C et D se voient sur la courbe supérieure les ondulations qui marquent cette recharge, et durent un temps négligeable à la reprise du courant, alors que le temps d’isolement de l’élément sans courant a été de vingt-quatre heures. Ce temps est mesuré par le nombre de périodes de la courbe de tension, soit un peu plus de quatre périodes. Quant aux variations d’intensité du courant de charge, elles se mesurent àl’am-,plitude des ondulations de la courbe supérieure, qui atteint ai,4 ampères à la première pointe, et seulement 2,5 ampères à la huitième. On voit donc que l’atténuation de la charge est extrêmement marquée et rapide.
- que, l’un palliant les effets de l’autre, ou, en d’autres termes, la « formation » sous courant de l’élément électrolytique réparant, ainsi qu’il le faut, les pertes causées par la dissolution.
- Sans doute, pour éviter de recourir au remède, on pourrait éliminer le mal, et pour cela il suffirait,
- imposerait en pure perte un travail permanent à l’élément électrolytique, donc une cause d’échauffement s’ajoutant à celui que causent temporairement les décharges. Il a été reconnu préférable d’y renoncer, et de soustraire l’élément à l’application peronanente de la tension.
- Li
- Fig. 12. — Schéma de moulage du parafoudre sur circuit triphasé, — Lj, L2, L3 lignes d’un réseau triphasé; P, para-loudres ; G, cornes explosives; 0,^point neutre.
- puisque la dissolution de la pellicule est la conséquence de la mise hors circuit de l’élément, lais-serce dernier branché au réseau. Le minime courant
- À l’intervalle a cornes
- Isolateur de porcelaine
- Couvercle métallique Cuve soudée en acier
- Huile
- Conducteur tubulaire en cuivre
- Tirant d’assemblage en bois
- Huile
- Electrolyte Cônes en aluminium (vue en coupe)
- Cônes en aluminium (vueen perspective)
- Base métallique
- Fig. i3. — Vue en coupe d’un parafoudre électrolytique.
- De cette condition en découle immédiatement une seconde : la nécessité d’assurer la recharge de l’élément sous courant, à des intervalles de temps déterminés.
- p.20 - vue 20/416
-
-
-
- 6 Juillet 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ai-
- Énfin s’impose une troisièmè condition : tout en rëstant soustrait, en vertu de la première, à l’application permanente de la tension, il ne faut pas que l’élément soit par là même soustrait aux surtensions qui, venant à se produire sur le réseau, nécessiteront son intervention.
- Pour réaliser cette dernièrè condition, nous avons intercalé, entre le parafoudre et la ligne, des cornes explosives réglées pour s’amorcer à une tension légèrement supérieure à celle de régime. Ces cornes permettent également d’effectuer la recharge journalière (condition a) au moyen d’un dispositif auxiliaire décrit plus loin.
- IV. — Construction des parafoudres
- ÉLECTROLÏTIQUES.
- Ainsi que nous l’avons vu déjà, l'élément de para-foudre considéré isolément comporte deux organes constituants essentiels :
- 1-ig. 14. •— Parafoudre élcclrolytique pour circuit triphasé 7 5oo volts, avec point neutre isolé.—Cornes fixes et dispositif de charge employé jusqu’à 35 000 volts. Cuve unique employée jusqu’à 7 5oo volts.
- i° L’élément électrolytique proprement'dit, dont1 le rôle est d’absorber les décharges résultant de surtensions dangereuses pour le réseau ;
- a0 Le dispositif à cornes explosives établi pour servir à la fois de conjoncteur-disjoncteur automatique et d’interrupteur à commande manuelle pour la recharge.
- Nous allons fixer maintenant quelques données essentielles de construction, le texte et lesfigures ci-
- cuit 7 5oo volts avec point neutre isolé.
- jointes s’appliquant soit à l’élément électrolytique pris isolément, soitau groupement triphasé (fig. ia) qui a trouvé de plus nombreuses applications que les groupements également possibles mono ou diphasés ('). Ces derniers ne seront pas envisagés ici.
- Elément électrolytique.
- Nous donnons de cet élément une vue en coupe (fig. i3) qui en représente les éléments assemblés; pour montrer les memes après démontage, nous reproduisons quelques vues photographiques d’éléments empruntés à divers types.
- Les électrodes d’aluminium ont la forme de cônes et sont étagées, ainsi que l’indique la figure i3, à intervalles de 10,5 millimètres les unes des autres. L’électrolyte qui les remplit partiellement fait, de
- (') Dans le groupement triphasé représenté ligure iîse voient en P,, P2, P3 les trois parafoudres correspondant aux trois phases, et en Pt une quatrième unité ; l’emploi de cette quatrième cuve se justifie si l’on considère le cas delà mise accidentelle à la terre d’une phase, Li par exemple. Chacune des deux autres phases L2) L3, passe, par rapport à la terre, au potentiel composé de la ligne et les cuves P2, P3 correspondantes occasionneraient, sans la cuve auxiliaire, un court-circuit sur les phases 2 et 3 fia disposition adoptée met dans ce cas la cuve P3 en série avec chacune des deux autres considérée isolément, et le danger de court-circuit est écarté.
- p.21 - vue 21/416
-
-
-
- 22
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2« Série). — N« 27.
- tous les intervalles superposés, des couples électrolytiques complets, électriquement montés en série.
- L’ensemble est immergé dans une cuve, fermée par un couvercle métallique et remplie d’huile, triplement utile puisqu’elle assure l’isolement entre
- sions supérieures à 25 ooo volts et représentée figures i6et 17, une seule des cornes est laissée fixe; l’autre est mobile et commandée par un dispositif approprié figure 17 : le réglage de la distance explosive est moins précis dans ce dernier cas, mais l’é-
- Position de charge des cornes.
- Fig. 16.
- Position hors service des cornes. Parafoudre type 60000 volts.
- cônes, s’oppose à l’évaporation de l’électrolyte qu’elle recouvre et dissipe la chaleur dégagée dans l’élément par les décharges. L’électrolyte, étant plus dense que l'huile, reste au fond des cônes.
- Ainsi sont construits les parafoudres Thomson-Houston, de 1 000 à 140 000 volts: jusqu’à 7500 volts (cas de la figure 14), les éléments composant un parafoudre pour réseau triphasé sont même groupés dans une seule cuve; on les voit démontés (fig. i5). Au delà et jusqu’à 140 000 volts, une cuve est affectée à chaque élément, en sorte que le parafoudre en comporte 4. (Cas des figures 1 et 19).
- Cot'nes explosives.
- Le dispositif à cornes qui soustrait le parafoudre au passage d’un courant permanent est réglé pour une distance explosive correspondant à une tension légèrement supérieure à la normale, soit environ 3o % au-dessus.
- Pour réaliser avec ce dispositif l’interrupteur de sectionnement nécessaire à la recharge, la Compagnie Thomson-Houston emploie deux méthodes de mise en court-circuit des cornes :
- Dans la première, adoptée jusqu’à 25 000 volts et représentée figure 14, les cornes sont fixes, et le court-circuit est fait par un taquet métallique en forme de T : dans un groupementViphasé les 3 taquets nécessaires sont reliés et commandés par une même tige isolée.
- Dans la deuxième disposition, appliquée aux ten-
- cart plus considérable justifie cette (moindre précision.
- La recharge n’a d’ailleurs lieu que toutes les
- Fig. 17. — Dispositif de commando des cornes pour tensions supérieures à 25 ooo volts. —A position hors service; B, levier de manœuvre; G, position normale; D, position de charge; E = imioo; F = 670 mm; G =r 770 mm.
- p.22 - vue 22/416
-
-
-
- 6' Juillet 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Z3
- Vingt-quatre heures, l’expérience ayant montré qu’au bout de ce temps l’électrolyte dont nous avons
- Fig. 18. — Intervertisseur employé jusqu’il 27 000 volts, fait choix dissout une proportion de la pellicule assez minime pour que la remise sous tension n’entraîne pas un afflux de courant excessif.
- - Appareil intervertisseur.
- Pour faire subir à la quatrième cuye (reliée à la, terre) la meme recharge quotidienne qu’aux trois autres, 011 substitue sa série de cônes à une des séries reliées au réseau ; l’appareil intervertisseur est un interrupteur rotatif à deux lames de contact, monté sur châssis-tubes ou sur les cuves elles-mêmes. La première disposition (fig. 18) est celle qui convient pour les tensions ne dépassantpas 27 000 volts; la seconde (fig. 19) lui est préférée pour les tensions supérieures ; dans un cas comme dans l’autre, la commande de l’intervertisseur est faite au moyen d’un volant qui remplace, dans les modèles de la Compagnie Thomson-Houston, la commande à cordes.
- Signal d’alarme.
- Un signal d’alarme, optique ou acoustique, peut dans certains cas répondre à un besoin, en appelant utilement l’attention du personnel sur des conditions de marche si anormales qu’il y faut remédier : c’est ce qui se présente notamment quand, sur un
- Fig. 19. — Cuves, dispositif intervertisseur et support de parafoudres pour circuit triphasé 35 000 volts avec point neutre isolé
- p.23 - vue 23/416
-
-
-
- 24
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T< XIX (2* Série). — N* 27/
- circuit à point neutre isolé, une des phases se met accidentellement à la terre par un arc oscillant. La décharge au parafoudre peut se prolonger au delà du temps, cependant très long, pendant lequel il peut en
- ut
- Fig. 20. — Signal d’alarme. Connexion d’une sonnerie pour parafoudre électrolytique. — A, élément auxiliaire ; 11, connexion venant de la 4e cuve; C, connexion à isoler pour iooo volts; N, sonnerie d’alarme; H, résistance.
- Le signal d’alarme acoustique (fig. 20) est composé d’un élément d’aluminium A, branché entre la qua-r trième cuve B et la terre, et d’une sonnerie N en série avec une résistance R shuntant l’élément à Ih terre. La décharge à la terre à travers l’élément auxiliaire A détermine une différence de potentiel sufïi-
- Fig. 21. — Enregistreur de décharge, santé au circuit sonnerie pour faire fonctionner cette dernière. Pour réaliser un signal optique, on substituerait à la sonnerie un relais dont le courant ferait fonctionner le signal.
- Enregistreur de décharges.
- supporter l’intensité. L’échauffernent qui en résulte, et que, pendant une demi-heure, il peut être capable le signal d’alarme décrit ci-dessus et permet de
- Terre ûrc Uf9<f
- 3e phase
- 2e phase
- irephasc
- P/tbse3>
- P/?t7se Z
- PM 7-se/
- ' * *•-
- -vV
- a--.
- Cet appareil peut être placé concurremment avec mie décrit ci-dessus et p 3 h.
- ->A
- IP
- •* * >
- f
- K-,
- ! ' .•
- W:'Mm
- ••.C-V-.A
- v'i ..**
- ây-&&
- 9 9 9 & 9
- • 9 ®
- Fig./22. — Diugrammc relevé à l’enregistreur de décharge.
- de supporter sans dommage, se prolongerait plus longtemps encore et détériorerait l’appareil sans le signal d’alarme.
- recueillir la trace de toute surtension entre phases se déchargeant à travers le parafoudre ou encore toute décharge entre phase et terre. L’image obte-
- p.24 - vue 24/416
-
-
-
- 6 Juillet 1912, LA LUMIÈRE
- nue est l’expression fidèle de tous les phénomènes du réseau, de sorte qu’on en peut tirer des indications analogues à celles que ferait connaître, par exemple, l’enregistrement oscillographiquè continu qui est impraticable. Pour répondre à ce besoin, l’enregistreur de décharge, que nous allons décrire
- —WWW'
- Fig. 23. — Connexions de la résistance de charge avec les cornes pour parafoudres (7 5oo volts et au-dessus). — AA. plan de section; C, isolateur; D, doigt de contact; F, fusible; L, ligne; S èt P, connexions au parafoudrc ; K, résistance.
- brièvement, recueille le tracé des décharges qui se produisent sur chaque phase et sur l’élément terre. On voit par le diagramme reproduit (fig. 22) qu’il n’en donne pas directement l’intensité (*) mais i’ins^ tant et la durée.
- Ainsi qu’on peut le distinguer à la partie supérieure de la vue photographique (fig. 21), l’appareil comporte 4 pointes alignées le long du cylindre enregistreur, normalement à sa surface : elles délimitent 4 intervalles interposés sur les 4 circuits de cuves et
- (*) O11 peut la déduire cependant de l'importance de la perforation.
- ELECTRIQUE 28
- nécessairement traversés par Iesé décharges. Mû à vitesse convenable par un mouvement d’horlogerie assurant le déroulement de 7$ millimètres environ de longueur de diagramme par heure, le cylindre peut tourner sans remontage une semaine entière.
- V. —Conditions d’installation pour réseaux
- AÉRIENS.
- Nousrappellerons seulement que le bon fonctionnement de ces parafoudres* impose, comme c’est le cas pour tous les appareils similaires, quelques conditions auxquelles on ne saurait prêter trop d’attention, entre autres, une bonne prise de terre; un minimum d’impédance dans le circuit, est une autre condition qui imposel’emploide connexions courtes, à large surface, de préférence tubulaires; enfin l’emploi des bobines de self comme accessoires utiles du para-foudre est assez connu pour qu’il soit inutile d’y in- * sister.
- Fig. 24, — Connexions de la résistance de charge avec les cornes pour parafoudres (7 5ooà a5.ooo volts). — F, corne fixe auxiliaire: H, corne mobile; I, isolateur; L, ligne; P, con-
- nexion au parafoudre; R, résistance; X, direction de la charge; Y, direction de la mise hors service.
- Nous ne pouvons pas non plus envisager les conditions si variées d’installation qui se présentent à l’intérieur ou à l’extérieur des batiments ; mais pour les tensions ne dépassant pas 70 000 volts, on doit recommander de donner la préférence aux installations intérieures, surtout dans les pays à climats extrêmes: le froid augmente en effet la résistance de l’électrolyte dans des proportions considérables, environ 2 000 % si on atteint la congélation. Il s’ensuit que la capacité de décharge des parafoudres est réduite dans les mêmes proportions si l’électrolyte
- p.25 - vue 25/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Sérti). — R* 27.
- 6e èôngèle. La pellicule conserve cependant dans ce cas ses propriétés.
- Si la température est au contraire exceptionnelle* ment élevée et si le parafoudre est mal abrité contre les rayons solaires, l’électrolyte acquiert un pouvoir dissolvant beaucoup plus considérable, en sorte que les recharges à intervalles de 24 heures peuvent devenir insuffisantes.
- Les installations extérieures offrent encore l’inconvénient d’exposer à l’action du vent et de la pluie les cornes explosives et la charpente qui les porte, en sorte qu’il faut la prévoir assez robuste pour maintenir le réglage précis des cornes malgré les intempéries.
- Pour toutes ces raisons, on peut recommander l’installation intérieure jusqu’à 70 000 volts, comme il est indiqué par la figure 1.
- VI. — Adaptation du parafoudre électrolytique
- AUX RÉSEAUX SOUTERRAINS.
- , Les parafoüdres pour réseaux aériens tels qu’on vient de les décrire peuvent être utilisés tels quels pour les réseaux souterrains; En raison pourtant de la grande capacité électrostatique de ces derniers, on trouve avantageux d’ajouter une 1 ésistance et une corne auxiliaire, dans le but de limiter la valeur du courant de charge au moment où l’arc se coupe sur les cornes.
- Les figures a3 et 24 montrent clairement celte disposition.
- Une sélection des décharges est faite par la corne auxiliaire.. Par celle-ci passent les décharges légères, qui trouvent un chemin à travers la résistance.
- Au contraire, les décharges intenses prennent le chemin de moindre impédance et sont absorbées par le parafoudre.
- Dans les réseaux-mixtes où les sections aériennes prédominent, on peut installer lê type de parâfou-dre ordinaire de réseaux aériens sans aucune modification.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- D’après notre dernière information, reproduite par plusieurs journaux financiers, il reèsort que la Société l’Eclairage Electrique projette en ce motjient une réorganisation financière suivie de l’absorption de ia maison Fabius Hen-rion de Nancy, et du groupement de plusieurs établissements de
- même ordre et de mêmè nature. Ce groupement ou çette sorte de trust (le mot est à la mode) ambitionnerait d’entraîner d’autres ententes favorables aüx constructeurs de matériel électrique dont la situation commerciale, par leur défaut d’union, n’est pas ce qu’elle pourrait être. Elle est, en effet, très loin de répondre à l’opinion du public qui, dans un raisonnement fort simple, trouve singulier qu’une industrie nouvelle, en plein progrès et en développement constant, ne fasse pas de bénéfices.
- L’Eclairage Electrique, pour réaliser son programme, réduirait d’abord son capital de 6 millions à 3 millions ; cette opération financière permettrait d’assainir complètement la situation de la société par l’amortissement immédiat de l’outillage et du portefeuille. Une première augmentation de capital de 2 millions, réservée par préférence aux anciens actionnaires, parerait aux besoins les plus immédiats de la société en tant que trésorerie et approvisionnements des usines en matériel courant. Il faut, aujourd’hui, pour répondre aux exigences de la clientèle et lutter contre la concurrence étrangère, posséder de vastes réserves de machines, finies ou prêtes à être construites; d’où une immobilisation de capitaux comparativement plus importante que dans d’autres industries de transformation. Cette première augmentation de capital serait suivie d’autres émissions jusqu’à concurrence de i5 millions.
- L’assemblée générale extraordinaire du 2 juillet qui devait décider de ces opérations, n’ayant pu avoir lieu faute du quorum nécessaire, a été reportée au 19 juillet prochain. Le succès de la combinaison qui peut devenir avantageuse aux anciens actionnaires, s’ils souscrivent aux nouveaux titres, exige que ceux-ci déposent leurs titres sans tarder en vue de cette assemblée générale qui doit réunir au minimum la moitié des titres, soit 12 000, le nombre des actions actuelles étant de 24 000. Un jeton de présence de o,5o centimes sera allouée à chaque action présente ou représentée.
- L’ensemble des projets du groupe financier et industriel qui s’est intéressé à l’affaire au cours du dernier exercice fera évidemment l’objet du rapport du conseil et permettra de se rendre mieux compte du bénéfice de toutes ces opérations.
- Il s’est tenu la semaine dernière, à Paris, un Congrès national du commerce extérieur. Les séances ont été très suivies et ses organisateurs semblent augurer beaucoup de ces assises où tous les grands groupements industriels étaient repré-
- p.26 - vue 26/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 87
- 6 Juillet t&tl
- séfttés. L’ôVgaiîisatiôft du crédit à lôtig ôti à Cbürt terme & lait flâtureliément i'ôbjêt d’im rapport et d’une discussion particuliers. La conclusion du rapporteur qui résumait l’avis de la commission conduit à la oré&tioh d’üntj banque Spéciale qui favoriserait au commerce extérieur l’accès au crédit dent il a besoin et cette banque devrait être française. Elle se préposerait d’une part l’éseotfipte,, d’autre part l’eneatsseuient du papier ayant pour cause les opérations de notre commerce extérieur avee l’étranger j lé papier à admettre à i’eScompte pourrait être à long OU à court terme. En outre, la banque serait âütoriséé à procéder aux ouvertures > de crédit nécessaires au commerce d’exportation. Un vœu dans ee sens a été soumis et approuvé par l’assemblée. Rien ne s’oppose, juridiquement parlant, à l’institution de cet organisme qui doit être le résultat de l’initiative privée. Mais l'établissement en question ne pourra vivre qu’avec le concours assuré des établissements financiers existants et de la Banque de France. Ce vœu exprime .que ce concours soit, efficace.
- Tous ceux qui ont essayé, dans notre industrie, de concourir sur les marchés étrangers savent à quelles difficultés ils se sont précisément heurtés pour « faire des affaires », En tous pays, les Allemands ont organisé,dans les principaux centres, des bureaux et des magasins de vente, ils accordent en outre à la clientèle toutes facilités de payement; nous, au contraire, n’agissofls qüe par simples réprésentants et
- ne poüVdtfS àccôrdèr la plüpâH^dü temps qüè de très faibles crédits; SôüVèttt, malgré Cela, né Suivant pas la clientèle' par une action presque quotidienne, nous trouvons-nous engagés dans de fort désastreuses opérations.
- La Banque pour le crédit au commerce extérieur devra posséder une organisation de renseignements des plus parfaites en même temps que posséder des moyens efficaces de poursuivre le recouvrement des créances de ses clients sur l’étranger.
- La Société Gaz et Electricité de Marseille distribue, comme l’an dernier, 27 fr. 5o par action de capital, 2 fr. 5o par actïoii de jouissattce.
- La Société IndoChinoisè d’Electricité, malgré un bénéfice supérieur de 3o 000 francs à celui de l'exercice précédent, maintient son dividende à 45 francs par aclion.
- Les sociétés allemandes qui, concurremment à certaines de nos sociétés Françaises, s’occupent de l'étude du métropolitain de Vienne, estiment le coût des travaux à i5o millions de couronnés, dont 120 millions pour les lignes souterraines et 3o millions pour la transformation à l’électricité de l’an-oien réseau. La lutte entre concurrents pour l’obtention de la- concession ne manquera pas d’être fort intéressante.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- tRAGTÏON
- PaUiS. •**» La Compagnie dès chemins de fer P.-L.-M. va commander prochainement 1 5q8 wagons à marchandises.
- Lot.— Un 3o juin au 3i juillet une enquête est ouverte sur l'avant-projet d’un réseau départemental de tramways comprenant les lignes ci-après :
- i° De Saint-Céré à Figeac;
- 20 De Gasl.elfraiic, à Gourdb'n ;
- 3° De Gourd on à Figeac (de Costerasie-Le Bourg);
- 4° De Cahors à Labastide-MuJ'at ;
- 5° De Gourdon à Payrac,
- 6° De Saint-Céré à Latroqquière.
- Les pièces du projet sont déposées au secrétariat de la mairie de chaque chfef-lieu des cantons que doivent traverser les lignes.
- Auhiï. — Jusqu’au a3 juillet une enquête est ouverte aux mairies d’Ervy et de Chaouree sur l’avanl-projet du chemin de fer d’intérêt local à traction électrique d’Ervy à Coussegrey, d’ulié longueur de i5 km. 65o,
- Pavs-Bas. — La municipalité d’Amsterdam vient d’être autorisée à construire trois nouvelles lignes de tramways électriques destinées à compléter cellos_qui existent déjà dans celte ville. La dépense totale sera de 8/j5 oôo frànçs
- p.27 - vue 27/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — IK27.
- environ, non compris les fils et le matériel de la ligne électrique. On propose également de profiter de cette occasion pour augmenter le matériel roulant des tramways d’Amsterdam en achetant 5o voitures électriques nouvelles, dont 37 seraient utilisées sur les nouvelles lignes. Le prix de ces 5o voilures est estimé à 1 400 000 francs.
- ÉCLAIRAGE
- Eure. — La station de la Rivière-Thibouville fournira l’énergie électrique à la ville de Brionne; les travaux commenceront au printemps prochain.
- Gironde.—La demande présentée par la Société Energie électrique du Sud-Ouest dans le but d’obtenir l’autorisation d’installer à Langon une canalisation électrique aérienne à haute tension pour alimenter les réseaux des concessionnaires de l’éclairage de la ville est renvoyée à la commission de l’éclairage.
- La municipalité de Port-Sainte-Marie a renvoyé à la commission des finances la question de l’installation de l’éclairage électrique.
- Hautes-Pyrénées. — Une enquête est ouverte dans les communes d’Ilhelet et de Beyrède-Jum.et sur la demande formée par M. P. Berges, administrateur de 1’ « Aluminium du Sud-Ouest » tendant à obtenir l’autorisation d’établir une conduite forcée sur la rivière de la Neste pour l’alimentation d’une usine hydro-électrique située dans la commune de Beyrède-Jumet.
- Loire. — Le conseil municipal de Grand-Croix a décidé la mise à l’enquête du projet d’installation électrique présenté par la Compagnie Grenobloise de force et lumière.
- Lot-et-Garonne. -— Le conseil municipal de Meilhan a décidé l’installation de l’éclairage électrique à l’hospice de Meilhan. Une somme a été votée pour Tâchât de treize lampes et d'un compteur.
- Marne. — Les municipalités de Châlons-sur-Marne et d’Epernay vont s’occuper du projet d’installation de l’énergie électrique qui leur a été soumis.
- Meuse. — Le conseil municipal de Mouzay a voté un emprunt de i3 000 francs pour l’installation d’un réseau d’éclairage électrique.
- Nord. — Le conseil municipal d’Estaires a approuvé le cahier des charges concernant la distribution de l’énergie électrique. /
- \
- La municipalité de Mouvaux a inscrit à son ordre du jour la discussion du projet de concession à l’Energie
- Electrique du Nord de la France de la distribution à Mouveaux de l’énergie électrique pour tous usages autres que l’éclairage public et privé.
- Pas-de-Calais. — La Société Béthunoise d’éclairage et d’énergie procède à l’installation de l’électricité dans la ville de Béthune. Provisoirement, en attendant la construction de l’usine de Gouay, propriété de la Compagnie des mines de Bruay, le courant sera fourni par la Société Artésienne de force et lumière.
- Saone-et-Loire. — Une société de distribution d’énergie électrique, déjà installée dans les environs de Montceau, propose aux municipalités deMontceau, Mar-magne, Saint-Symphorien, Broyé, Mesvres et Etang, l’éclairage électrique de ces diverses localités. Ses propositions ont été bien accueillies en principe et vont être examinées prochainement.
- Seine-et-Oise. — Le conseil municipal d’Ezanville a voté en principe un projet d’éclairage électrique.
- Yonne. — Vouteuay sera bientôt pourvu d’une .usine d’électricité qui sera installée par M. Fondant. Les travaux commenceront incessamment par la mise en place de deux turbines de i5o chevaux susceptibles d’assurer l’éclairage du pays et des localités environnantes. On adjoindra une machine à.vapeur de secours, d’une force de 5o chevaux-vapeur.
- Mexique. — Une compagnie vient de se constituer à Mexico, au capital de’3o millions de piastres, sous le nom de Compania Electrica Mcxicana, dans le but de capter la force motrice produite par les cascades du Rio Naranjo, dans le district de Vallès, Etat de San Luis Potosi. Les travaux ont déjà commencé. On espère arriver à produire 65 000 chevaux-vapeur de force motrice.
- TÉLÉPHONIE
- Algérie. — La Chambre de commerce de Mostaganem est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme totale de 14 000 francs en vue de l’installation des ’ circuits téléphoniques Relizane-Clin-chant-THillil, THillil-Kalaà et d’une cabine téléphonique publique à Prévoet-Paradol.
- La Chambre de commerce de Philippeville est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 11 000 francs en vue de l’établissement d’un circuit téléphonique Collo-Tamalous.
- La Chambre de commerce de Bône est autorisée à avancer an gouvernement général de l’Algérie une somme de 7 565 francs, en vue de concourir aux dépenses d’établissement d’un circuit téléphonique Guelma-la-Mahouna.
- p.28 - vue 28/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE' ÉLECTRIQUE
- 6 Juillet 1912.
- 29'•
- * La Chambré de commercé d’Oran est autorisée à avancer à l’Etal une somme de 3g o5o francs, en vue de l’établissement des circuits téléphoniques Tlemcen-Mar-nia-Oudjda, Lamoricière-Descartes, Oran-la Sénia, Bou-Henni-Saint-Denis-du-Sig-Mosla-Douz, Frenda-Martim-prey.
- Eure-et-Loib. — La Chambre de commerce de Chartres est autorisée à avancer à l’Etat Une somme de 22 5oo francs en vue de l’établissement d’un circuit téléphonique Chartres-Evreux.
- Saône-et-Loire. — Le conseil municipal de Chaude-nay a demandé l’installation d’un réseau téléphonique Chagny-Chaud enay.
- Seine-et-Oise. — Le conseil municipal d’Àrgenteuil a voté ùne somme de 8 200 francs pour l’établissement de deux nouveaux circuits téléphoniques Argenteuil-Paris.
- Somme. — Approbation est donnée par la Commission départementale au projet d’avenant relatif à l’établissement d’un réseau téléphonique local dans 44 communes pourvues seulement d’une cabine publique.
- DIVERS
- Italie. — Le Bulletin de la Chambre de commerce française de Milan signale que, il y a quelques années, la fabrication des lampes électriques à incandescence n’existait pour ainsi dire pas en Italie ; depuis, cette industrie s’est développée et on y compte, actuellement, plusieurs usines assez importantes.
- Cependant, l’importation continue à faire tous les ans de nouveaux progrès, et l’importance toujours plus grande que prennent les installations électriques fait prévoir que l’emploi des lampes à incandescence est loin d’avoir atteint le maximum et que, par conséquent, malgré le développement pris par l’industrie nationale et la concurrence étrangère, le marché italien mérite encore d’attirer l’attention des fabricants français de cet article.
- Le placement d’une bonne marque à des prix raisonnables ne devrait pas être difficile. Naturellement, il faudrait la faire connaître au moyen d’une réclame bien comprise; car, pendant les dernières années, quelques fabriques ont eu largement recours, soit à la publicité dans les journaux, soit, surtout, aux affiches chromo-lithographiées exposées un peu partout dans les villes et même dans les centres moins importants pourvus d’éclairage électrique.
- Certaines maisons ont même fait parvenir des cartes illustrées et des prospectus aux particuliers pour les
- 'intéresser à l’achat direct de leurs, produits chez les concessionnaires, et nous croyons quelles ont obtenu des résultats qui seront durables si la marchandise est réellement bonne.
- Les lampes à incandescence sont soumises au droit de douane de 5 lires le cent.
- Un autre article pour l’électricité qui pourrait donner lieu à des affaires intéressantes est le charbon pour les r lampes à arc.
- On affirme qu’il y aurait h faire pour de nouvelles maisons, car la consommation a augmenté considérablement et fera encore des progrès, ce moyen d’éclairage tendant à remplacer le gaz dans toutes les principales rues des grandes villes.
- Ces charbons sont soumis au droit de douane de io lires les ioo kilogrammes poids brut.
- L importation des charbons électriques pour les ma-i chines dynamo-électriques est également importante, mais la fourniture de cet article est généralement réservée aux maisons en rapports directs avec les constructeurs . des machines mêmes.
- Japon. — Les ventilateurs électriques font actuellement l’objet d’une forte demande dans l’ile de Formose. La Société d’électricité de Taihoku avait commandé pour cette saison 2Ô2 ventilateurs de 16 pouces de diamètre (dont 2i automatiques); la demande dépasse de beaucoup les chiffres ci-dessus et le gouvernement de Formose se voit dans la nécessité de passer de nouvelles et importantes commandes en Europe.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Société Française d'Electricité A. E. G., 72, rue d'Amsterdam, Paris.
- A. E. G., juin 1912, — Le câble électrique de fonçage.
- Les installations électriques de la Société minière « El Guindo », La Carolina (Espagne).
- Une centrale électrique à Pékin.
- SOCIÉTÉS
- Energie Electrique du Nord de ia France. — Les recettes du mois de mai ont atteint 2i3 485 francs contre 180 266 francs en mai 1911. Les recettes des cinq premiers mois de l’exercice atteignent ainsi 1 m 062 francs en augmentation de plus de 24 % sur l’exercice précédent.
- Allgemeine Elektricitats-Gesellschaft, Berlin. — Le conseil aurait l’intention d’augmenter le capital de 3o millions de marks; l’opération serait réalisée en automne.
- p.29 - vue 29/416
-
-
-
- 304
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* SélrlN). — N» 27.
- Leu usines août extraordinairement ooeüpées; toutefois, il est peu probable que le dividende de l’exeroioe en cours soit porté au delà de i4 % distribués pour tpu»
- Oesterreiçhische Siemans-Schuckert Werke, Vienne, -— Le bénéfice brut de 1911 s’élève à 13 620 018 couronnes et le bénéfice net à 1 800 oai couronnes contre respectivement jo 903 33a couronnes et 1 336 357 couronnes en 1910. Le dividende est maintenu à 6 % sur l’anGien capital de 18 millions de couronnes, les 6 millions d’actions nouvelles ayant droit à la moitié ou 3 % ; 33a 487 couronnes vont à la réserve et le report à nouveau est de j 5g 866 couronnes,
- Brown, Boveri et Cio, Baden, — Cette Société émet un nouvel emprunt 4 1/2 % de a millions de francs spécialement destiné au remboursement d’obligations 4 i/a % échéant le Ier novembre 191a de la Société d’électricité Alioth, à Ëâle, antérieurement absorbée par la Société Brown Boveri,
- CONSTITUTIONS
- Société des moteurs thermiques. — thirée : 3o ans. — Capital ! aSo ooo Francs, Siège social : si, avenue SuF-frëfij Paris.
- convocations
- L’Air liquide. — Le 8 juillet, 19, rue Blanche, Paris.
- Compagnie de Construction Electrique. — Le 10 (juillet, 44, rue du Docteur-Lombard, Issy-les-Moulineaux,
- Société de Constructions électriques et mécaniques. — Le 9 juillet, 19, quai de la Marne, Joinville-le-Punt,
- ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- Le la juillet à 9 heures, SU ministère de la Guerre, rue de Louvain, 1, à Bruxelles, fourniture de ao moteurs électriques destinés à actionner les pétrins des petites boulangeries des forts des positions fortifiées de Liège et de Namur (sauf le fort de Malonne). Soumissions recommandées le 10 juillet.
- Le 24 juillet, à 11 heures, à la Bourse de Bruxelles, fourniture de 25 câblés téléphoniques nécessaires à l’administration des télégraphes j caut, ; 5 000 francs (cahierdes charges spécial n° ti53). Soumissions recommandées le 20 juillet.
- Le a août, à 11 heures, à la direction du service apé-j cial d’études et de contrôle des applications de l’élsetri-, cité, 5a, boulevard du Régent, à Bruxelles, établlssé-! ment de divers appareils élévatoifeé électriques dans ! certains bâtiments civils de l'État} CaUt. : 860 fr, t
- ! 2e lot, 900 francs ; 3® lot, 1 400 francs ; 4* lot, 55o frannB j ; 5e lot, 800 francs (cahier des charges n° 135 ; prix : jo fr. 4o); prix des plans t 5 ff. 905 s’adresser 18, rue dès ; Augustine, à Bruxelles. Soumissions recommandées' le s 29 juillet.
- î
- Le 6 septembre, à 11 heures, à la direction du ser-! viee spécial d’études et de contrôle des applications de l’électricité, 5a, tooulévard du RégCflt, à BtUâsellèS, fourniture de l’énergie électrique nécessaire att fonctlOHtie-j ment des usines élévatoires à édifier pour l’alimentation -du canal de la Lys à l’Yperlée au moyen des eaux prises ? à la Lys; caut, : tS 000 francs (cahier des charges ab tafi ; .prix: o fr. 20; s’adresser 15, rite des Augnstîns, à Bruxelles). Soumissions recommandées le 2 septembre.
- 4 ESPAGNE
- t
- ji
- Le 3i juillet, à n heures, à la mairie de Mérida,
- | adjudication de l’éclairage électrique.
- La municipalité de la ville de Madrid vient de publier ' la convocation de l’adjudication publique, dans le” délai (de quatre mois, à commencer du 24 Juin courant, en vue ? de la côhcession que comporte le service delà fournî-I titre du fluide électrique pour l'éclairage de la capitale , et pour Uhe durée de qüinie UnS.
- ' Les compétiteurs devront faire des propositions :
- \ a) Sur la totalité des éléments nécessaires polir rem-? plir l’article premier qui comprend trois parties : t» pro-f duction et fourniture de l’énergie avec son prix Unitaire ; i 2° installation ou utilisation du réseau distributeur et son entretien pendant lés années du contrat, et 3° Fourniture et installation des lampes.
- Fourniture et placement des supports qui manquè-. raient, utilisation des supports actuels et entretien f annuel de ceux-ci et de ceux-là;
- l b) Sur chacune des trois parties comprises dans le .. paragraphe précédent;
- c) Madrid et les limites de la commune seront divisées en 4 zones déterminées par deux lignes qui së croiseront à la Puêrta del Sol; une de ces lignes suivra approximativement la direction des rues Aléalâ et Màÿor et leur prolongement jusqu’à la limite de la commune; l’autre sera celle que déterminent les rues Bravo-Murillo, Fuen-carral, Montera, Carretas et le prolongement de celle-ci jusqu’aux limites de la commune.
- L’éclairagé dè la Puerta dêl Soi devra être compris dans la zone nord-ouest.
- p.30 - vue 30/416
-
-
-
- 8 Juillet ma. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Si
- Toute entreprise ou entité pourra opter pour la totalité, du service de ces quatre zones, ou indépendamment pour n’importe lequel des articles compris dans le paragraphe (#).
- Les eofieumuts pourront proposer les bhatigements de èomm qu'ils estimeront convenables,
- La municipalité pourra déndnëei1 le OOritrai à tout nid-meut apnée la ilu des cinq premières années* en indemnisent' le concessionnaire des dépenses qu’aurait occasionnées le contrai.
- Au t*r mars 1914* les. a/3 de la canalisation devront être terminés et en état de permettre l’installation et l’essai avec courant des appareils d’éclairage; et; le ai juillet suivant; commencera le nouvel éclairage;
- Pour assurer l'accomplissement du contrat, les concessionnaires hypothèquent spécialement et nommément tous les édifices, machines, appareils, en un mot, tout ce qui constitue le matériel d’exploitation, de même que la fourniture de l’énergie nécessaire pour le service.
- Les compétiteurs qui se présenteront à cette adjudication devront consigner à la Caisse générale de Dépôts le cautionnement provisoire, consistant dans le 5 % du montant du service qu’ils prétendront assumer. Le cautionnement définitif sera de 20 % de la somme à laquelle l'éclairage sera adjugé.
- L’éclairage existant actuellement à Madrid est composé: de 4 096 lampes de 16 bougies ; 29 de 40 ; 4673 de' 80 ; 1 o33 de 110 ; 4 25? de i85 ; 2 de 420 ; 2 de 4®° et 4 de 5oo, ainsi que. 106 arcs voltaïques de 83? bougies et 90 de 1 116.
- Un concours est ouvert pour la présentation, dans un délai expirant en septembre, des projets d’un chemin de fer stratégique allant de Sadaba à Sauguesa.
- La largeur de la voie du chemin de fer sera de 1 mètre.
- On pourra, dans le projet, adopter la traction électrique, en démontrant dûment que, dans le cas considéré, cette traction est préférable à la traction à vapeur; mais oh aura soin* eu ce qui etmeerne les pentes, les courbes ël le poids des rails* de conserver lés maxima et les minima indiqués ci-dessus, afin que la traction à vapeur soit possibje, en tout cas, dans de bonnes conditions, en utilisant, si cela était nécessaire, le matériel d’autres chemins de fer.
- Les projets seront présentés dans les formes et avec les documents et les détails prescrits par les articles 24 et a5 du règlement du 14 janvier 1909, de la loi des chemins de fer secondaires et stratégiques du 26 mars 1908, et leur étude se fera dans la forme prescrite par les chemins de fer établis dans la zone militaire des côtes et des frontières.
- Le ministère de la Guerre remettra aux pétitionnaires la note des principaux points de passage.
- L’âUtéür du projet approuvé jouira des droits que lui
- concèdent la loi et le règlement dès chemins de fel* seCon* délires et stratégiques.
- Les projets devront être signés pbr des ingénieurs compétents, poUrvifB d’itta diplôme délivré en Espagne, Là délai d’admission des projets] sera clos le 18 septembre 1912.
- RÉSULTATS d'adjudications
- FRANCE
- 15 juin. — Au sous-secrétariat des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture d’un tableau multiple destiné au bureau téléphonique central de Roubaix.
- 1 seul lot comprenant (pour total) :
- i° Fourniture et pose du multiple urbain, y compris les câbles intérieurs à l’ébénisterie.
- 20 Id. du meuble interurbain, id.
- 3° Id. d’une table d’annotatrices et d’un poste de réception.
- 4° Id. du répartiteur intermédiaire, y compris les fils de jonction et des bâtis divers.
- 5° Id; du répartiteur général d’entrée (non compris les fils de jonction).
- 6° Id. des caniveaux et ferrures destinés à recevoir les câbles de liaison.
- 70 Id. des câbles et conducteurs de raccordement : a, b, c, d, e, f, etc., suivant dimensions, prix au mètre.
- 8° Fourniture des groupes générateurs d’appel et du tableau de distribution.
- 9° Fourniture et pose des canalisation d’énergie électrique : a, b, c, d, e, f, etc,, suivant dimensions, prix au mètre.
- io° Fourniture et pose d’une installation d’essai.
- Société Industrielle des Téléphones, 25, rue du 4-Sep-tembre-, k Paris,
- i° 146 726*80, 2" 5o 984*4°* 3° 7 000,5, 4° 71 3ao, 5° 18 272*30, 6° 2 5oo, 70 a i,55, b 2,3o, c 3,10, d 3,40, e 4,5o, f3, g 4,4°; 6° 6 68o;g° a io, b, 5,5o, c 3,â i,25,. e 0,70, f o,5o, g 0,40; io° 5 791,30.
- Société des Ouvriers en Instruments de précision, 8, rue Charles-Fouricr, à Paris.
- i° 182 095,85 ; 20 65 i63,45 ; 3° 6 64°,°3 ; 4° 101610,17; 5° 29 779,08; 6° ySo; 70 a 2,5o, b 3,90, c 3,80, d 5,25, e 2,i5, f i,45; 8° 6 180; 9° a 1,90, b 4 25, c 4,25, d 2,25, e 0,70; io° 5 000,70.
- Le Matériel Téléphonique, 46 avenue de Breleuil, à Paris.
- i« i°r projet 137 099,76, 2e projet 137 099, 76, 3e projet »38 392,78 ; 20 ier 5o 882,48, 2e 5o 882.,48, 3U>5 014,66, 30 je;- et s' 5 644,12, 3e 5 242,59; 4° i81' 58 585,96,
- p.31 - vue 31/416
-
-
-
- 3* LA LUMIÈRE, ELECTRIQUE ’ T. XIX (2e Série); ^ W0 27:
- 2e 69 4<>3,93, 3° 47 6i3,58; S® ier et 2e 22 498,83, 3° 22 998,83; 6° iep et 2® 2 170, 3e 5 58o ; 70 a i°r 2e et 3e i,25; ft Ier, 2, et 3° 1,80; c ier, 20 et 3e 2,26; d ior et 2e 3,6o, 3° 2,5o; e i,r et 2e 3,75, 3° 2,85; f ier et 20 4,90, 3e 3,75, g ier et 2e 6 3o, 3e 4,90; h Ier et 26 0,18, 3° 6,07 ; 80 i«® et 2e 8 329,45; 3e 8 5oi,55; 90 a ier, 2 et 3e 3o ! b ier, 2e et 3° 0,90; io° iel' et 2° 5 386,58, 3" 5 362,38.
- Compagnie française des procédés Thomson-Houston, 219, rue de Vaugirard, à Paris.
- i° 144 906,08; 2° 53 009,30; 3° 5 441,22; 40 76 5g6; 5° 24 558,80; 6° 1 675; 70 a 2,90, b 2,90, c 4»3o, d i,44> e 2,10, f 0,45 ; 8“ 6 600; 90 a 0,36, b 0,48, c i6,5o, d i,55, e 0,60; 10e 5 921,72.
- Le résultat sera proclamé dans les 25 jours qui suivent celui de l’adjudication.
- BELGIQUE . i
- ' .. (
- ' 19 juin. — A la Bourse de Bruxelles, fourniture et pose des câbles téléphoniques et d’accessoires dans l’agglomération montoise et à Courtrai (cahier des, charges spécial n° ii3o): r
- Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi,
- 156 688 fr. 72; A.-E.-G. Union électrique, à Bruxelles,; 161 627,89; Felten et Guilleaume, à Mulheim-sur-Rhin,, 170604,4°; Kabelwerk Rheydt, à Bruxelles, 171 522,28; Cassirer èt C°, à Charlottenburg-Berlin, 174 517,26; Deutsche Kabelwerke, à Rummelsburg-Berlin, 176,988,93; Société belge Siemens et Halske, à Bruxelles, ’ 164143,62 ; Kabelfabrik.und Drahtindustrie, à Vienne, 207 i45,52.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s'occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à Mlle Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux bureaux de la Lumière Electrique.
- PABIS. — IMPBIMERIE LEVÉ, 17, BUS CASSETTE.
- Le Gérant : J.-B. Nodet
- p.32 - vue 32/416
-
-
-
- Trente-quatrième année.
- SAMEDI 13 JUILLET 1912.
- La
- -T"-.'- 'V!>-
- Tome XIX (2* série). — N* 29.
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ELECTRICITE
- !S( &
- \Tfr
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 33. — J. Simey. La commande électrique des aiguillages, p. 35.
- Extraits des publications périodiques. — Électrochimie et Electrométallurgie. La fabrication du ferrosilicium à haute teneur au four électrique, W. Pick et W. Conrad, p. 43. — Télégraphie et Téléphonie. Protection des lignes à courant faible contre la haute tension, Girousse, p. 46. — Variétés. La popularisation de l’électricité, p. 47- — La priorité des antennes terrestres, p. 48. — XVIIe Congrès international de l’Union Internationale de Tramways et de Chemins de fer d’intérêt local (Christiania, 2-5 juillet 1912), p. 48. — Bibliographie, p. 49-,— Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Traction par courant continu à 1 200 volts, p. 5o. — Etudes économiques, p. 59. — Renseignements commerciaux, p. 61. — Adjudications, p. 63.
- ÉDITORIAL
- La commande électrique des aiguillages, sur les lignes de chemins de fer, peut s’opérer selon divers procédés, dont M. J. Simey examine les plus récents.
- Beaucoup d’insuccès ont été enregistrés dans cette voie avant cju’on ait réussi à mettre en service des dispositifs simples, rustiques, à action douce et progressive, mais en même temps rapides et n’entraînant pas de consommation d’énergie exagérée. Une autre condition était encore nécessaire : le contrôle automatique, qui permet à l’aiguilleur de savoir, de son poste, si l’aiguille a bien fonctionné.
- Une bonne solution consiste à actionner l’aiguille par un petit moteur électrique, agissant par l’intermédiaire d’un réducteur de vitesse convenable. C’est le principe du
- système Tailor, appliqué notamment sur le Nord-Sud. En Allemagne, on peut citer, parmi les installations récentes, celle de la gare de triage de Rothensee, près de Mag-debourg.
- Si du chemin de fer on passe au simple tramway, le problème se pose ainsi : on doit ou prévoir un personnel spécial pour la manœuvre des aiguilles, ou faire actionner celles-ci par le personnel de chaque voiture : d’où une perte de temps.
- M. J. Simey décrit à ce propos un certain nombre d’appareils de construction allemande qui présentent l’avantage de permettre une commande automatique au moment du passage de la voiture.
- Nous avons extrait, d’une étude très docu-
- p.33 - vue 33/416
-
-
-
- 34
- LA LUMIjERE ÉLECTRIQUE T. XIX (2‘ Série)'. — N# 28.
- mentée deMM. Pick et Conrad, quelquesrésul-tats relatifs à la fabrication du ferro-silicium au four électrique. Celui-ci permet d’obtenir des produits d’une haute teneur en silicium et même du silicium pur.
- Les auteurs ont longuement développé le côté théorique de la question, c’est-à-dire ce qui concerne la composition et les propriétés des siliciures de fer. De nombreuses recherches ont été consacrées à cette étude complexe, tout à fait parallèle à celle des carbures de fer, et MM. Pick et Conrad en ont synthétisé les résultats.
- Nous indiquons surtout quelques chiffres caractéristiques concernant l’installation des usines à ferro-silicium, ainsi que les rendements et prix de revient auxquels on peut atteindre dans l’industrie.
- Nous avons déjà mentionné les expériences éntreprises par M. Girousse afin de réaliser la protection des lignes à courant faible contre la haute tension. Dans une récente communication, l’auteur a fait connaître les résultats obtenus sur certaines lignes télégraphiques en employant son récepteur différentiel. L’eflicacité de ce dispositif est mise en évidence par ce fait qu’il a permis d’effectuer de bonnes transmissions là où, aupa-
- ravant, tout service avait été reconnu impossible.
- Nous avons maintes fois cité des exemples de l’activité déployée à l’étranger pour répandre l’emploi des appareils électriques dans toutes les classes de la société, aussi bien dans les villes que dans les campagnes. La question de la popularisation de l’électricité, si intimement liée à la prospérité des grandes entreprises d’électricité, n’a certainement pas fait, en France, l’objet de tant de préoccupations. La dernière nouveauté nous arrive d’Allemagne où l’on a oi’ganisé des tournées, avec conférences, projections et expériences, dont le but est de montrer aux populations rurales les avantages dont l’électricité leur permettra de tirer parti. Le conférencier s’empresse de battre le fer pendant qu’il est chaud et de conclure avec les communes de nombreux contrats, ce qui permet de tabler sur des bases solides pour l’établissement de centrales intercommunales.
- Nous publions dans nos Notes Industrielles des descriptions intéressantes d’installations de traction par courant continu à i 200 volts, réalisées en Amérique.
- p.34 - vue 34/416
-
-
-
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 13 Juillet 1912.
- 35
- LA COMMANDE ÉLECTRIQUE DES AIGUILLAGES <•>
- La commande des aiguillages et des signaux, surtout aux abords des grandes gares où de nombreuses voies se croisent, constitue un des problèmes les plus délicats que les ingénieurs ont à envisager dans l’établissement des lignes de chemins de fer. Le procédé de commande par leviers et tringles présente des inconvénients d’autant plus accentués que la distance entre les aiguilles à manœuvrer et le poste est plus grande. En effet, d’une part, l’effort musculaire nécessaire est d’autant plus considérable que l’aiguille est plus éloignée, et, d’autre part, la dilatation des tringles, lors des changements de température, peut, malgré les précautions que l’on prend pour obvier aux inconvénients qu’elle entraîne, entraver le bon fonctionnement des appareils ; il en résulte des perturbations importantes dans le service, et même parfois des accidents plus ou moins graves.
- Ce sont ces raisons qui ont fait songer les ingénieurs à s’adresser au courant électrique, lequel permet, par la simple manœuvre d’un commutateur, de commander un appareil placé à une dis tance quelconque, à la seule condition que la tension employée soit suffisante pour assurer la transmission de l’énergie électrique nécessaire, à l’aidede conducteurs d’une section convenable et sans que les pertes dépassent la valeur admissible.
- De nombreux systèmes de commande électrique des aiguilles et des signaux ont été proposés et essayés depuis quelques années déjà. Mais on s’est heurté, au début, à certains mécomptes, provenant, soit de la trop grande complication des schémas de montage adoptés, soit de l’action trop brutale des dispositifs employés, laquelle risquait de fausser et même de mettre assez rapidement hors d’usage les dispositifs employés.
- Un tel système doit, en effet, pour donner pratiquement de bons résultats, répondre aux conditions suivantes : simplicité aussi grande que possible, action rapide mais suffisamment progressive pour ne pas endommager l’appareil
- (‘) Cf. Lumière Electrique, tome X, p.3o4et tome XIII, p. 347.
- à manœuvrer, et enfin consommation d’énergie peu élevée. En outre, le dispositif employé doit permettre le contrôle automatique, c'est-à-dire que l’aiguilleur doit pouvoir de son poste être averti du bon fonctionnement de l’aiguille.
- En ce qui concerne les aiguilles, l’emploi d’un petit moteur électrique est celui qui semble devoir donner les meilleurs résultats. En intercalant entre le moteur et l’aiguille un dispositif de réduction de vitesse convenable, on obtient une action suffisamment progressive pour ne pas ris-
- Fig. 1. — Commande électrique normale d’aiguillage.
- quer d’endommager celle-ci. Une intéressante application du système Tailor, basé sur ce dernier principe, a été faite au chemin de fer Nord-Sud de Paris. La commande de l’aiguille est faite par un petit moteur série, qui agit sur celle-ci par l’intermédiaire d’une roue à came. Le levier
- p.35 - vue 35/416
-
-
-
- 36
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2« Série).:— N» 28.
- du commutateur présente une disposition particulière qui assure le contrôle automatique. En effet, lorsque ce levier, manœuvré par l’aiguilleur, parvient à la position ou le circuit du moteur est normalement fermé, il reste bloqué dans cette position par un verrou jusqu’à ce que l’aiguille ait à peu près achevé sa course; un peu avant d’être arrivée à fin de course, l’aiguille elle-même agit sur un petit commutateur qui inverse les connexions entre l’inducteur et l’induit du petit moteur série; celui-ci, entraîné par la vitesse acquise, fonctionne alors en génératrice et envoie au poste un courant de contrôle qui dégage le verrou ; l’aiguilleur peut alors pousser le levier à fond de course et se trouve ainsi assuré que l’aiguille a bien fonctionné.
- D’autre part une importante installation, comprenant plusieurs postes, a été faite récemment par la Société Siemens et Halske, à la gare de triage de Kothensee près de Magdebourg (*).
- Dans cette installation la commande des aiguilles s’effectue également à l’aide d’un petit moteur série à courant continu a (fig. i), pourvu de deux enroulements inducteurs, dont chacun correspond à un sens de rotation déterminé, de manière à permettre la manœuvre de l’aiguille dans les deux sens (fig. a). Le mouvement de ce moteur est transmis, par l’intermédiaire d’une paire de roues dentées b (fig. i) et d’un engrenage à vis sans fin c, à une crémaillère e9 reliée à la tige de commande de l’aiguille.
- La roue dentée dt qui attaque la crémaillère, commande, en outre, un disque f, dont le rôle est de modifier, à fin de course de l'aiguille, la position de deux commutateurs spéciaux, destinés à assurer le contrôle, à l’aide d’un dispositif que nous décrirons plus loin.
- L’ensemble est enfermé dans une boîte en fonte, fixée aux traverses à côté de la pointe de l'aiguille.
- La figure 2 représente le schéma de montage du commutateur manœuvré par l’aiguilleur dans lë cas d’une aiguille simple. Dans la position de repos, aucun courant 11e circule. Si l’on tourne le commutateur vers la gauche, les deux plots g et h sont reliés électriquement par le segment de contact a, ainsi que les deux plots e et /‘par le segment de contact b.
- C) Niemann, Zeitschrift des Veveines deutscher Inge-meure y 17 février 1912.
- Le courant à 120 volts, venant d’une petite centrale spéciale, passe alors par le coupe-circuit ngy les plots /, h et g*, la ligne /c, le commutateur cy commandé par l’aiguille, le moteur M et la terre. Le moteur M démarre et actionne l’aiguille. Au début du mouvement de l’aiguille la position du commutateur d est modifiée par celle-ci, de manière à relier au moteur la ligne /, qui conduit à ce dernier le courant nécessaire pour la manœuvre en sens inverse ; toutefois le circuit de la ligne l ne pourra se fermer et, par suite, cette dernière manœuvre s’effectuer, que lorsque la position du commutateur ah aura été modifiée. Le déplacement du commutateur d a en outre pour effet de mettre la ligne m à la terre E.
- D’autre part, la manœuvre du commutateur ak a également pour effet de faire passer un courant par un avertisseur sonore er, les plots e et fy une
- 120 i/' 1201/
- (tx) + - Lampe
- Fig. 2. — Schéma de montage Fig. 3. — Schéma de montage pour aiguille simple. pour aiguille accouplée.
- lampe à incandescence désignée par le signe (—x), la ligne o, le commutateur c et la terre E. L’avertisseur retentit et la lampe s’allume. Ce n’est que lorsque l'aiguille est complètement arrivée à fin de course que le disque, dont nous avons parlé tout à l’heure, déplace le commutateur c, ce qui coupe à la fois le courant du moteur et celui de la lampe et de l’avertisseur sonore. La lampe marquée (4-X) s’allume lorsque l’aiguille est mariœuvrée de manière à donner la voie principale, et la lampe marquée (— X) lors-
- p.36 - vue 36/416
-
-
-
- 13 Juillet 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 37
- que l’aiguille est amenée dans la position donnant la voie adjacente . Ce dispositif permet donc à l’aiguilleur dé reconnaître si l’aiguille a normalement fonctionné et si elle est arrivée à lin de course.
- Si l’on vient à placer le commutateur ak dans la position de droite, des phénomènes analogues se reproduisent dans le même ordre; l’inducteur du moteur reçoit du courant en sens inverse; le moteur se met donc à tourner en sens contraire et ramène l’aiguille dans sa position primitive.
- Si l’aiguille vient à être prise en talon par un train venant de la voie pour laquelle elle n’est pas faite, le mouvement imprimé par ce train à l’aiguille modifie la position de l’un des commutateurs c ou d (d dans le cas de la ligure a) ; la
- lorsque les deux commutateurs c et ;• ont été déplacés, c’est-à-dire lorsque les deux moteurs sont parvenus à fin de course.
- Les consommations d’énergie, respectivement nécessaires par manœuvre, sont les suivantes : pour la manœuvre d’une aiguille simple, 700 à i 000 watts; pour la manœuvre d’une aiguille accouplée, 1 7^0 à a 65o watts.
- Ce n’est d’ailleurs pas seulement pour la commande à distance des nombreuses aiguilles que l’on rencontre sur leslignes de chemins de fer aux abords des gares importantes, mais aussi, bien que pour des raisons un peu différentes, sur les lignes de tramways, que la commande électrique des aiguillages peut rendre de grands services.
- En effet, en matière de tramways, il n’y a que
- hN* Il
- Fig. 4* — Schéma d’ensemble des connexions du système oscillant.
- lampe correspondante s’allume alors et l’avertisseur sonore retentit, ce qui avertit le poste que l’aiguille est prise en talon ; en outre, dès que l’aiguille est redevenue libre, le moteur M reçoit, par suite de la position modifiée du commutateur d, un courant venant du plot i, ce qui ramène l’aiguille dans la position où elle se trouvait avant d’être prise en talon.
- Dans le cas d’une aiguille accouplée, deux plots de plus sont nécessaires, dont un de chaque côté du commutateur (fig. 3). Lors de la manœuvre du commutateur, le courant transmis par le segment‘de contact à est envoyé à la fois dans la ligne k qui alimente le premier moteur et dans la ligne pq qui alimente le second. Les deux moteurs sont donc montés en parallèle. On voit, d’après le schéma de la figure 3, que la ligne de contrôle o ne cesse d’être mise à la terre que
- deux alternatives possibles : ou avoir recours à des employés spécialement chargés de la manœuvre des aiguilles, d’où une augmentation de personnel, ou faire manœuvrer l’aiguille par le personnel de chaque voiture, ce qui entraîne des arrêts et, par suite, des pertes de temps.
- Ce sont ces considérations qui ont conduit la société A. E. G. à créer les divers appareils que nous décrivons ci-dessous et qui ont l’avantage d’être commandés automatiquement lors du passage de la voiture.
- Ces appareils sont, en effet, mis en action par le wattmann, en mettant en circuit le contrôleur au moment du passage de la voiture sous une portion isolée du fil de la ligne aérienne.
- Le premier système, dit « système oscillant », ne comporte qu’une seule bobine de manœuvre s
- (fig. 4).
- p.37 - vue 37/416
-
-
-
- 38
- LA. LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N» 28.
- La mise en circuit de cette bobine est obtenue de la façon suivante :
- Une portion de i,5 mètre de longueur, de la ligne aérienne est isolée et reliée à l’un des pôles de la bobine s, tandis que l’autre pôle est relié directement au fil de la ligne.
- Si le wattmann franchit cette portion isolée avec le contrôleur hors circuit, le dispositif n’est pas influencé et la position de l’aiguille reste la même. Si le contrôleur est à ce moment en circuit, le courant parcourt le chemin suivant (fig. 4) :
- Ligne aérienne o — coupe-circuit a — inter-
- la forme des fentes ménagées dans la pièce oscillante permet à l’aiguille de s’entrouvrir au passage des voitures qui la franchissent en sens inverse.
- Les instructions à donner pour le passage de la portion isolée i du fil de ligne sont donc :
- Si l’aiguille est bien placée — sans courant,
- Si l’aiguille est à faux — avec courant.
- Toutes les pièces principales de l’appareil de manœuvre proprement dit soirt habituellement enfermées dans une boîte en fonte, encastrée dans la chaussée près de la boîte de l’aiguillage, en dehors des rails.
- Fig. 5. — Système oscillant disposé dans un kiosque.
- rupteur b — bobine * — portion de la ligne aérienne i— perche de contact h— contrôleur k — moteur m — rail.
- La bobine attire son noyau, fait tourner la pièce oscillante d, au moyen du levier g et de la tige, et modifie ainsi la position de l’aiguille par l’intermédiaire de la tige de manœuvre e. De la même manière, la remise en circuit de la bobine s assure le retour de la pièce oscillante et de l’aiguille dans leur position première. Grâce au ressort/', les pièces sont bien poussées à fond et
- Si des particularités locales ou des prescriptions administratives empêchent d’encastrer l’appareil dans la chaussée, on peut également le disposer au-dessus du sol, dans un kiosque qui doit être placé sur le bord du trottoir vis-à-vis de l’aiguille (fig. 5).
- La vue extérieure de la première disposition est représentée par les figures 6 et 7.
- L’enroulement de la b.obine est calculé de telle sorte que 9 ampères soient suffisants pour effectuer sûrement la manœuvre de l’aiguille.
- p.38 - vue 38/416
-
-
-
- 13 Juillet 1912.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 39
- Pour les tramways à archet, le dispositif de contact est différent de celui qui est employé pour les tramways à trolley. Il faut disposer, à
- Fig. 6. — Système oscillant. Appareil de manoeuvre fermé.
- côté de la ligne aérienne, un fil auxiliaire isolé qui se substitue au fil de ligne dans son contact avec l’archet; on intercale alors la bobine, ainsi
- Fig. 7. — Système oscillant. Appareil de manœuvre sorti de la boite.
- que l’interrupteur et le fusible, dans un circuit allant du fil de ligne au fil auxiliaire.
- étincelles qui pourraient se former au passage de ce point d’interruption. Avec ce dispositif, il faut employer deux manchons isolants de ce genre pour former chaque portion de ligne aérienne isolée.
- Si l’on désire ne pas couper le fil de ligne, on l’entoure d’un tube fendu isolé qui est muni à chacune de ses extrémités d’un sabot d’entrée ou de sortie. Ce tube, comme le montre la figure 9, est isolé, au moyen de manchons, du conducteur de ligne qui le traverse; il est d’un remplacement aisé. En outre, ce dispositif de contact peut coulisser le long du fil de ligne et, par conséquent, être facilement mis à sa place exacte.
- Pour indiquer de loin et clairement la position de l’aiguille, on peut relier au mécanisme de manœuvre le système de signaux suivant :
- On fixe au poteau de la ligne aérienne, ou bien aux fils tendeurs, une lanterne de 'forme rectangulaire qui porte deux fentes en forme de flèches recouvertes de verre mat et qui contient des lampes à incandescence (fig. 10); ces dernières sont reliées à un commutateur vissé sur la bobine de l'électro de manœuvre et participant au mouvement de l’aiguille.
- La figure u montre cette disposition; l et r sont les lampes qui indiquent si l'aiguille est à droite ou à gauche, et u le commutateur correspondant. Les connexions ont pour effet de commuter le courant dans les lampes chaque fois qu’on .effectue un aiguillage.
- Pendant le jour, on met hors circuit les lampes de signal au moyen d’un interrupteur à main c monté sur un poteau voisin; cet interrupteur est monté dans la même boîte étanche que l’interrupteur b (fig. /|) de l’appareil de manœuvre et le coupe-circuit a. • •
- Normalement, le système « oscillant » ne nécessite, comme le montre le schéma (fig. 4), au cun relais ni autre appareil auxiliaire. Mais on
- Fig, 8. — Manchon isolant avec levier de contact.
- Les tramways à trolley nécessitent une disposition un peu différente.
- La figure 8 représente un dispositif dans lequel le fil ci e ligne est sectionné; une pièce de contact oscillante empêche la production des
- peut monter un relais si, par exemple, il est exigé que l’électro de manœuvre ne reste pas constamment sous tension, ou que l’effet de cet électro soit indépendant de la consommation de courant instantanée de la voiture.
- p.39 - vue 39/416
-
-
-
- 40
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série)] —N°28:
- La connexion avec relais est montrée sur la figure i2; on l’emploie en se conformant à l’une des deux règles suivantes, pour le passage de la portion isolée i de la ligne aérienne.
- Si l’on doit bifurquer — sans courant.
- Avec cette règle, un conducteur auxiliaire n, en arrière de l'aiguille aérienne, devient nécessaire, pour que la bobine de manœuvre soit mise en
- mica
- tube en laiton
- êboniie
- Coupe A.-B,
- f\ fl ........... ft
- ------------- *500 -----------
- Fig. 9. — Tube de contact isolé.
- 1) Si l’aiguille est bien placée — sans courant.
- Si l’aiguille est à faux — avec courant.
- ; Si, dans ce passage, le contrôleur est en circuit, le courant parcourt le chemin suivant :
- Ligne aérienne o — relais / et résistance w — portion isolée i de la ligne aérienne — perche ou archet de contact/t — contrôleur — moteur —
- l?ig. 10. — Lanterne signal.
- rail (terre) : la position de l’aiguille est ainsi modifiée.
- Lorsque le trolley quitte la portion isolée i de la ligne aérienne, le courant auxiliaire est coupé automatiquement, et les résistances v et w absorbent les courants de self-induction qui en résul-tentN
- 2) Si l’on marche en ligne droite — avec courant.
- circuit par l’appareil de prise de courant qui relie ce conducteur auxiliaire à la ligne principale et que l’aiguille soit ainsi replacée dans sa position primitive pour le passage sur le branchement; chaque voiture retrouve ainsil’aiguille dans la position normale (c’est-à-dire pour la bifurcation). L’observation de cette prescription sera d’ailleurs d’autant plus aisée pour le watt-mann que la pratique a montré qu’il était avantageux de couper le courant de la voiture avant
- Fig. 11. — Schéma des connexions du signal.
- d’aborder l’aiguille en courbe. Si l’aiguille est en fausse position comme plus haut (règle 1), il suffit pour la passer correctement de franchir sous courant la portion isolée i de la ligne aérienne; mais il faut toujours observer la voie pour savoir dans quelle position se trouve l’aiguille.
- Le second système comporte deux électros.
- La figure 16 (pour prise de courant à trolley)
- p.40 - vue 40/416
-
-
-
- 13 Juillet 1912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 41
- montre que ces deux électros a et b impriment à un levier à trois branches un mouvement d’oscillation; le troisième bras opère la manœuvre de l’aiguille au moyen d’une pièce intermédiaire munie d’un ressort. L’une des bobines cst’reliée à un contact à frottement n de la ligne aérienne qui, automatiquement, reçoit du courant lors du
- portion de ligne aérienne «.(position a), si le contrôleur est en circuit le courant suit le parcours :
- Ligne aérienne o — bobine a — pièce de contact i — perche de contact — voiture — terre.
- L’aiguille est alors faite pour la marche en
- *-—
- Fig. 12. — Système oscillant. — Connexions avec relais.
- | A l’aiguille.
- (oT 1
- .1
- \/ A <3 ? \ 1 1 2 V A
- 060
- “i
- ^ -1
- Fig. i3. — Système à deux électios (montage latéral).
- passage d’une voiture; l’autre bobine est reliée, d’une part à la ligne aérienne et, d’autre part, à une portion isolée i de cette ligne. Lorsque la voiture arrive à la position i, le courant parcourt le circuit suivant :
- Ligne aérienne o — contact n — bobine b —
- ligne droite. La règle à suivre au passage de la portion i est donc :
- Pour aller en droite ligne — avec courant; Pour prendre la bifurcation — sans courant. On peut disposer les deux électros parallèlement (fig. l'i) ou dans le prolongement l’un de
- terre, et ceci quelle que soit la position du contrôleur, en circuit ou hors circuit. Donc, au passage de i,l’aiguille est toujours en place poulie branchement. Quand la voiture franchit la
- l’autre (fig. i/î). Ce dernier dispositif peut être monté dans la boîte même de l’aiguille. On peut également placer les électros au-dessus du sol dans un kiosque disposé sur le trottoir (fig. 15).
- p.41 - vue 41/416
-
-
-
- 42 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2» Série). — N° 2&.I
- Sur la section i, l’appareil de prise de courant est séparé du fil de ligne, comme dans le système
- C> A A A
- avec sabots d’entrée, qui entoure le fil de ligne (fig. 9), ou deux manchons isolés avec levier mobile de contact (fig. 8).
- Pour que le wattman puisse se rendre compte de la position de l’aiguille, on peut employer également des signaux optiques (disques, lan.-ternes), en relation avec le mécanisme de manœuvre.
- Avec le système à deux électros, on peut aussi,
- Fig. i5, —Système à deux éleetros disposé dans un kiosque.
- « oscillant ». Dans le cas de voitures à archet, on dispose un fil parallèlement à la ligne aérienne
- O 1
- "\2
- 1 1
- 1 i
- j 1
- \ f /1
- LmhrWH
- _______1
- Fig. 17._— Ligne commune à l'archet et au trolley.
- en dehors des connexions normales décrites plus haut, en employer d’autres, lorsque le service comporte des conditions particulières.
- Si, par exemple, la même voie principale devant être parcourue à la fois par des voitures à archet et d’autres à trolley, on pose la condition que les voitures à archet ne devront actionner l’aiguille que d’un seul et même côté et les voitures à trolley par contre toujours de l’autre côté, on résout ce problème par une disposition dans laquelle chacune des prises de courant (archet ou trolley) ne peut passer que sur la pièce de
- kmm-J b
- ar—
- Fig. iO. — Schéma dcaconnexions du système à deux électros.
- \
- et au-dessous d’elle; dans le cas de voitures à ïrolley, on place un tube de contact fendu et isolé,
- LY(AAVl—1
- 1 Fig\ 18.— Lignes distinctes pour l’archet et pour le trolley.
- contact qui lui est spécialement destinée (fig. 17). On peut atteindre le même but en adoptant deux lignes aériennes distinctes pour l’archet et pour le trolley (fig. 18).
- Si la voie principale ne-doit' être parcourue que par des voitures à trolley, celles à archet devant toujours prendre la bifurcation et re-
- p.42 - vue 42/416
-
-
-
- 13 Juillet 4912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 43
- placer ensuite l’aiguille dans la position correspondant à la ligne droite, cette aiguille est disposée normalement pour le passage sur la voie principale. Pour le service à trolley, on n’emploiera pas dans ce cas de portion de ligne isolée ; l’aiguille est toujours dans la bonne position,
- Fig. 19. — Bifurcation d’une ligne à archet b et d’une ligne ù trolley.
- c’est-à-dire qu’elle n’a pas besoin d’être manœuvré® par les voitures qui arrivent; les électros ne seront alors mis en action que par les voitures à archet (fig. 19). Mais alors l’aiguille doit être manœuvréê par les voitures à archet, que celles-ci franchissent les pièces de contact avec ou sans courant. Dans ce cas, les deux bobines des électros sont munies d’enroulements à haute tension.
- L’aiguillage à deux électros ne nécessite l’emploi d’aucun relais ou autre appareil auxiliaire; mais un relais sera indispensable s’il est exigé que les électros ne restent pas constamment sous
- tension. La figure ao représente cette disposition. Les électros reçoivent, par l’intermédiaire du relais, le courant du réseau qui parcourt le circuit :
- o — d — n — Ui — b — enroulement a — i — h — k — m, ou bien
- o — d — n — —* a — enroulement b — i —
- h — k — m.
- Les deux systèmes, que nous venons d’exposer, permettent donc de résoudre la plupart des pro-
- Fig 20. — Connexions avec vêlais.
- blêmes qui se présentent en matière d’exploitation de tramways.
- J. SlMEY.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- La fabrication du ferro-silicium à haute teneur au four électrique. — W. Pick et w. Conrad. — Revue de Métallurgie, mai 1912.
- On peut admettre comme existant sûrement trois siliciures de fer : Fe2 Si, Fe Si et Fe Si2, et peut-être deux autres Fe3 Si et Fe Si3.
- Ceci posé, on connaît les propriétés générales du ferro-silicium industriel, dont la plus remarquable
- est sa tendance à la désagrégation, due aux impuretés (calcium, aluminium, phosphore, carbone).
- Or, tandis qu’au haut fourneau on ne peut obtenir au maximum que 20 % de silicium, on arrive, au four électrique, aux teneurs les plus élevées et même au silicium pur.
- Au haut fourneau, la teneur moyenne est de ioài/| %. Le ferro-silicium ainsi produit vient d’Angleterre.
- La fabrication du ferro-silicium au four électrique date de 9 à 10 ans, et son histoire est intimement liée à celle du carbure de calcium. LaTreconnaissance
- p.43 - vue 43/416
-
-
-
- 44
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- de validité du brevet Bullier en France, les droits de licence élevés demandés par la Société des Carbures métalliques, la formation d’un syndicat, la surproduction de carbure, toutes ces causes forcèrent les usines à entreprendre d’autres fabrications, parmi lesquelles, à côté des fabrications plus réduites ou peu rémunératrices du ferro-chrome et de ferro-manganèse, la principale fut celle du ferro-silicium.
- A partir de 1902, l’usage du 20 % , jusque-là invendable, se généralise vite, et de nombreuses usines se montent, sans entraîner pourtant de surproduction. Les teneurs fabriquées sont de plus en plus élevées : 5o %, 75 %, 90 % et meme silicium pur.
- La première société qui fabriqua du ferro-silicium futla « Wilson Aluminium Company ('). En Europe, ce fut Bozel (1899) qui exploita le brevet Rathe-neau(2); puis, en 1900, Méran; en 1901, LeGifïre; en 1902, Matrei, Hagenek, N. D. de Briançon, La Yolta, Girod, Jajce. En 1903, se forma un syndicat dans lequel entrèrent la plupart des usines productrices de ferro-silicium (3).
- Voici maintenant les données qui peuvent, servir de base pour l’installation d’une usine à ferro-silicium.
- Les conditions essentielles pour l’installation économique d’une usine à ferro-silicium sont : la proximité des matières premières et la facilité des transports. Le voisinage de la station génératrice n’est que secondaire, ainsi que la question main-d’œuvre.
- L’usine doit être, de plus, placée de façon qu’elle puisse disposer d’eau froide en grandes quantités et avoir dans son voisinage une grande ville ou d’autres usines, où elle puisse s’approvisionner de tous les matériaux nécessaires à son entretien courant, cuivre, fers laminés, etc.
- L’emplacement nécessaire pour une usine de 2 000 kilowatts (puissance minima pour une usine indépendante) est d’environ 5 000 mètres carrés,
- savoir :
- Fours électriques.................. 400
- Transformateurs.................... 200
- Magasin d’emballage................ i5o
- Montage des électrodes............. 100
- (’) Cualmot, Amer. Chem., 1^99, 21-39. v(2) D. R. P., 122266.
- (3) L’auleùr énumère les différents brevets pris pour la fabrication du ferro-silicium et sanctionnés par la pratique.
- T. XIX (2« Série). — N® 28.
- Broyeur et mélanges................ 200
- Atelier de réparation............... 80
- Magasin à charbon.................. 400
- Stock de tournures................. 100
- Stock de quartz................ 1 000
- Magasin de produits finis...... 200
- Magasin d’outillage................ 100
- Bureaux, laboratoires.............. i5o
- Cour, voies.......'............ 2 000
- 5 080
- Comme on doit toujours prévoir un agrandissement possible, il est bon de disposer de 10000 mètres carrés.
- * *
- En ce qui concerne la construction des fours, on peut dire que les fours électriques employés pour la fabrication du ferro-silicium, n’ont fait aucun progrès fondamental depuis le type primitif, inventé par Siemens en 1879, composé essentiellement d’un creuset en charbon et d’une électrode mobile également en charbon. Les dimensions seules ont été considérablement augmentées et adaptées aux grandes puissances utilisées et des fours nouveaux ont été-créés, dans lesquels la sole ne sert plus à l’amenée du courant, qui se fait exclusivement par les électrodes supérieures, au nombre de 2 ou 3.
- Les fours employés pour le ferro-silicium sont, pour la plupart, dérivés des fours à carbure de calcium ; de leur diversité se dégagent cependant certaines règles essentielles de construction, qui ne doivent pas être perdues de vue. Ces règles énoncées par Conrad sont les suivantes (’) :
- i° Le four doit être construit de façon que les électrodes puissent « s’y consumer librement ».
- 20 Le revêtement intérieur le meilleur est un revêtement formé par les matières même traitées ; il suffit pour cela d’avoir une cuve très large.
- 3° L’amenée du courant par la sole est, autant que possible, à éviter, sauf pour les fours de moins de 800 kilowatts.
- L’emploi des grands fours modernes actuels conduit à des rendements très élevés. Le tableau I résume la production et les consommations d’un four triphasé de 1 800 kilowatts, pour une période de un mois :
- Tableau I
- Heures de marche : 633 heures; kilowatts-jour : 44 764.
- (’) Stahl und Eisen, 1908, p. 796.
- p.44 - vue 44/416
-
-
-
- 13 juillet ÏÔlà
- LA
- LUMIERE
- ÉLECTRIQUE
- Production: 162 479 kilogrammes de ferro-silicium 45-5o %, contenant 77 285 kilogrammes de silicium.
- Matières premières: quartz, 198610 kilogrammes (95 % SiO2; 3,9 Fe203).
- Tournures de fer: 86 840 kilogrammes (98,5 % de fer).
- Charbon de bois: 124810 kilogrammes (71,9 % de carbone, 4 % de cendres).
- La composition des charges était : 54 % quartz, 20 % fer, 3o % charbon.
- Consommation d’électrodes : 6 106 kilogrammes.
- La production par kilowatt-jour a été de 1,73 kilogrammes de silicium pur, ce qui correspond à un rendement de 57,28 % .
- Le bilan thermique approximatif est le suivant :
- Silicium réellement
- produit 1,73 kw.-j . 67,28 %
- Silicium produit et vo-
- latilisé 0,26 » 8,61 »
- Fer volatilisé \ ) °,a3 »
- Pertes par conduct., V i,o3 » /
- rayonnement, etc. J \ 33,88 »
- 3,02 100,00 %
- Reste aussi à parler de l’influence du voltage,
- la densité du courant, des matières premières sur le rendement.
- Le choix du voltage doit dépendre de la nature du combustible employé comme réducteur. Avec le charbon de bois, on peut employer des voltages plus élevés qu’avec toute autre matière, 60 à 80 volts ; avec le coke et l’anthracite des voltages plus bas sont préférables. Il semble que plus le voltage est haut, plus le produit est pur (notamment le phosphore est presque entièrement volatilisé). Au sujet de la densité de courant des données précises manquent. Gin rejette les fortes densités de courant, qui entraînent trop de volatilisation et trop de dépense d’énergie.
- On peut dire que plus la teneur est élevée, plus il faut une densité de courant élevée.
- Plus les matières premières sont pures, plus le rendement est élevé.
- Comme indication sur les prix de revient actuels, l’auteur cite l’exemple d’une usine autrichienne, avec fours de 2 000 chevaux, se servant de charbon de bois, et disposant d’énergie électrique très bon marché.
- Ferrosilicium 5o % francs
- f>3i kg. de fer (77 fr. 70 latonne). . 1,2.5
- 1 a52kg.dequartz(mfr.6olatonne). 13,27 733 kg. de charbon de bois (59 fr.
- la tonne)...................... 43,24
- H" .
- Ferrosilicium 5o % francs
- 47,62 kg. d’électrodes (423 fr. i5 la
- tonne)........................ 20,15
- Main-d’œuvre....................... 34,47
- Appointements...................... 6,21
- Magasin d’entretien, réparations
- courantes........................ 12, ï 7
- Entretien des fours................ 14,61
- Emballage........................ 1.4,5 3
- Frais généraux....................... 9, i3
- Energie : 6 800 kw-heure à o fr. 735. 5o,oo
- 259,08
- Ce prix peut descendre à 23o francs pour le .5o % (le cheval-an étant compté à 42 francs, ce qui est un prix très bas) si le régime est très régulier.
- Pour le silicium pur (90-95 % ), le prix de revient est de 4^5 francs environ. Les frais d'installation d’une usine à ferro-silicium de 5 000 à 10000 chevaux peuvent cire évalués à 25o-325 francs par kilowatt utilisable aux bornes des fours et, au total, à 290-365 francs.
- En tablant sur une production de 1 200 kilogrammes de ferro-silicium 5o % par kilowatt-an, on peut évaluer annuellement les frais par tonne produite à 29-36 francs pour le 5o % et à 60-76 francs pour le 90-90 % .
- On a parlé enfin de la fabrication éventuelle du ferro-silicium avec de l’énergie non hydraulique. D’après les travaux de Conrad, qui concordent avec les calculs de Jansen (‘), on peut déjà maintenant, avec les gaz des hauts fourneaux, ou en brûlant des lignites sur place, obtenir la force électrique à 2,2 ou 2,5 centimes le kilowatt-heure. Si actuellement le prix de vente en est sensiblement plus élevé (West-phalie 6 cent., Haute-Silésie 4 cent., le kilowattheure) c’est que les demandes dépassent les offres. Mais tandis que l’énergie électrique produite hydrauliquement ne pourra qu’augmenter de prix, les meilleures chutes ayant été aménagées les premières, celle produite par la vapeur deviendra de jour en jour meilleur marché. Aussi peut-on prévoir que, dans un avenir plus ou moins lointain, la fabrication dti ferro-silicium s’implantera dans les districts miniers et métallurgiques, l’augmentation de la dépense « force électrique » étant compensée par la diminti. lion ou suppression des frais d’emballage et de transport.
- (') Slahl und Eisen, 1906, p. 199.
- 4 3,2 4
- p.45 - vue 45/416
-
-
-
- 46 LA LUMIÈRE
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Protection des lignes à courant faible contre la haute tension. — Girousse. — Communication présentée ii la Société Internationale des Electriciens, juin 191a.
- Les lignes à courant faible —- lignes téléphoniques, télégi’aphiques ou de signaux — situées au voisinage des lignes de transport d’énergie et surtout des lignes de traction par courants monophasés ou triphasés, sont le siège de troubles très sérieux : troubles dans le fonctionnement des appareils d’une part, dangers pour les personnes, d’autre part.
- Les troubles dans le fonctionnement des appareils se font sentir surtout sur les lignes à simple fil (lignes télégraphiques ou de signaux). Les appareils fonctionnent d’une manière intempestive pendant que les trains circulent. Ces troubles, qui se produisent principalement sur les lignes qui longent les voies électriques, sont causés par des phénomènes d’induction électromagnétique. Mais ces phénomènes sont renforcés par les dérivations dues aux mauvais isolements et par les différences de potentiel que le retour par les rails crée entre les diverses terres; c’est ainsi qu’on peut expliquer les troubles constatées sur certaines lignes télégraphiques qui sont éloignées sur tout leur parcours des lignes de tramways monophasés, mais qui prennent terre au voisinage des voies. Quant aux lignes téléphoniques, elles ne sont troublées que lorsque l’isolement des lignes ou des installations est défectueux.
- Les dangers auxquels sont exposées les personnes sont provoqués par l’induction électrostatique. Les circuits téléphoniques situés au voisinage des lignes de traction sont portés à des potentiels élevés. L’auteur a trouvé, dans la vallée de la Vésu-bie, 80 volts sur un circuit téléphonique de l’Etat et 1 200 volts sur le circuit placé sur les mêmes appuis que la ligne de traction. Ces tensions élevées sont la cause de secousses qui peuvent amener la chute des ouvriers travaillant sur les lignes ; dans les bureaux, des emploj'ées ont reçu des commotions assez sérieuses pour motiver une incapacité prolongée de travail.
- Plusieurs procédés ont été expérimentés pour remédier aux troubles télégraphiques, qui sont les
- ÉLECTRIQUE T. XIX (2« Série).—N8 28
- plus violents. Le plus simple consiste à déplacer les lignes télégraphiques, mais il est très coûteux et parfois impraticable, en pays de montagne par exemple. Une autre méthode consiste à doubler les fils télégraphiques, ou du moins à établir un retour commun; c’est encore un système très coûteux, et qui présente des inconvénients sérieux au point de vue de l’exploitation. En Amérique, on a cherché par divers procédés à neutraliser la force électromotrice perturbatrice par une force électromotrice égale et directement opposée; les résultats obtenus ne sont pas satisfaisants. L’auteur a obtenu de très bons résultats en employant un récepteur différentiel(') dont un des enroulements est en série avec une capacité et une self en résonance, l’autre avec une résistance ohmique ; l’action du courant alternatif perturbateur qui se divise en deux moitiés égales est nulle, tandis que le courant continu qui ne traverse qu’un des enroulements fait fonctionner l’appareil comme un récepteur ordinaire. La capacité doit être de deux microfarads environ; la self et la résistance doivent avoir 1 5oo à 2000 ohms. Des appareils de ce genre assurent depuis plusieurs mois le service télégraphique entre Nice et Saint-Màrtin-Vésubie, tout en conservant le simple fil', or la ligne télégraphique longe sur un parcours de 25 kilomètres, à une distance moyenne de 4 mètres, le tramway monophasé à 6 600 volts, 25 périodes, i5o ampères au maximum; tout service était impossible sur ce fil, avant l’installation de ces appareils, pendant la marche des trains. Des expériences également couronnées de succès ont eu lieu dans les Pyrénées-Orientales, sur les lignes télégraphiques qui longent la ligne d’expériences des chemins de fer du Midi (12000 volts, 16 2/3 périodes).
- Quant aux lignes téléphoniques, on les protège en maintenant soigneusement leur isolement et en les montant sur transformateurs; de plus, il est avantageux de les relier à la terre par un circuit résonant qui facilite les décharges.
- On peut donc conclure, que, si les troubles sont sérieux, il existe des moyens pratiques et peu coûteux de les éliminer.
- (‘) Voir Lumière Electrique, tome XVII, (a8 série),
- p. 86.
- p.46 - vue 46/416
-
-
-
- iâTJurtïePï&të
- VARIÉTÉS
- • La popularisation de l’électricité.
- La question de la popularisation de l’électricité est* on ne saurait trop le redire, intimement liée à celle de l’avenir des usines centrales et des compagnies de distribution.
- A l'étranger, de nombreux efforts sont faits pour répandre l’emploi des appareils électriques dans toutes les classes de la société. Il est regrettable de constater qu’en France rien n’a, pour ainsi dire, encore été entrepris daq^ cet ordre d’idées. La publicité commerciale, due à l’initiative privée des constructeurs, n’atteint pas exactement le but de la popularisation en ce sens qu’elle s’adresse beaucoup plus aux techniciens qu’au grand public.
- Il y aurait donc intérêt à ce que constructeurs et exploitants s’entendissent pour constituer une société de propagation de l’électricité, ainsi qu’elle existe en Allemagne, où elle a donné de très intéressants résultats.
- Le mode d’action de cette société est des plus simples. Elle répand dans le public, sous forme de cartes postales, prospectus, timbres, brochures, etc., tout un matériel de propagande. Ces notices, vendues à un prix peu élevé, exposent, par exemple, les avantages des lampes à filament métallique, la supériorité économique actuelle de l’éclairage électrique sur l'éclairage au pétrole, la sécurité offerte par l’électricité au point de vue de l’absence presque complète des dangers d’incendie, les agréments du chauffage et de la cuisine électriques, etc.
- Toutes ces questions ont été traitées, à de nombreuses reprises, dans les colonnes de cette revue, ce qui nous dispensera de revenir en détail sur chacune d’elles ; mais on ne saurait trop répéter qu’en dehors des techniciens, dont elles sont d’ailleurs suffisamment connues, il est indispensable qu’elles soient enfin portées à la connaissance du grand public, lequel ignore encore l’existence d’un grand nombre d’applications de l’électricité et croit encore que l’éclairage électrique est un éclairage de luxe, inaccessible aux bourses moyennes.
- L’activité de la société allemande pour la propagation de l’électricité ne se borne d’ailleurs pas à cette émission de matériel de propagande. Elle encourage également les recherches tendant à créer
- et à expérimenter des appareils nouveaux et s’occupe également d’obtenir des compagnies, le cas échéant, des modifications de tarifs.
- Cette société a donné de si bons résultats en Allemagne que M. L. Bernard songe à jeter, en Autriche, les bases d’une société semblable (*).
- La population urbaine n’est d’ailleurs pas seule susceptible de s'intéresser au développement de l’électricité.
- On sait que la population rurale, laquelle est, beaucoup moins que celle des villes, tenue au courant des progrès de la science et de l’industrie, ne dédaigne néanmoins pas de s’y intéresser lorsqu’on les lui fait connaître, et surtout lorsqu’on lui montre les avantages qu’elle peut en tirer.
- Or, les applications de l’électricité en particulier sont susceptibles d’intéresser au plus haut point les populations agricoles.
- Les lecteurs de cette revue ont d’ailleurs pu se rendre compte des intéressants résultats qu’a donnés, dans un petit village allemand, l’établissement d’une centrale rurale installée à côté d’un moulin (2).
- Lorsqu’un certain nombre de villages sont groupés dans une région d’un périmètre déterminé, il peut même être intéressant d’établir dans cette région une centrale intercommunale. Mais avant de conclure le contrat de concession du réseau à desservir, il y a le plus grand intérêt à s’assurer d’avance un certain nombre d’abonnés. Or, le meilleur moyen de parvenir à ce résultat est de faire, devant les populations intéressées, des conférences montrant les avantages des diverses applications de l’électricité; de telles conférences présentent surtout un grand intérêt, lorsque le conférencier peut y joindre des démonstrations pratiques. C’est naturellement encore en Allemagne que cette idée a pris naissance et qu’elle a été récemment mise en pratique, d’une manière très originale, par M. Rosen-busch. (3).
- Le conférencier transporte avec lui, dans une
- (>) Elektroteclmik und Maschinenbau, i4 avril 191a.
- (a) Voir : Les petites centrales rurales et les applications agricoles de l’électricité. Lumière Electrique, tome XVI (2e série), p. 336.
- (3) Elektrotechnische Zeitschrift, 16 mai 1912.
- p.47 - vue 47/416
-
-
-
- 48 * LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XIX (2*Série).— N# 28.
- voiture automobile, une petite dynamo et quelques appareils électriques courants, tels que lampes portatives, petits moteurs, ventilateurs, etc.
- L'originalité de la méthode réside surtout dans ce fait que la dynamo est entraînée parle moteur même de l’automobile qui a servi à la transporter. Dans ce but, on place la voilure sur deux tréteaux en bois puis, après avoir bloqué l’une des roues arrière, afin d’éviter que celle-ci ne tourne folle par suite du fonctionnement du différentiel, on munit l’autre roue d'une poulie en bois, laquelle entraîne la courroie de commande de la dynamo.
- C’est ainsi, par exemple, qu’une démonstration très simple, à l’aide d’appareils de mesure, permet aux abonnés éventuels de se rendre compte de la consommation horaire et, par suite, du prix de revient des lampes à incandescence de diverses intensités lumineuses, ainsi que des avantages économiques des lampes à filament métallique.
- M. Rosenbusch a ainsi donné plus de 4o conférences, lesquelles ont eu pour résultat, non seulement d’assurer la conclusion de 72 contrats avec diverses communes, mais encore de répandre dans celles-ci l’emploi de petits ustensiles de cuisine, fers à repasser, allume-cigares, etc., dont l’usage restreint provient de ce qu’ils sont encore trop peu connus du public.
- M. K.
- La priorité des antennes terrestres.
- Des contestations se sont élevées, à propos de la priorité des antennes terrestres, entre M. Zehnder et M. ICiebitz, ingénieur de l’administration allemande des télégraphes.
- M. Zehnder prétendait, en effet, que M. Kiebitz, au cours de ses essais de télégraphie dirigée, avait utilisé les montages brevetés antérieurement par lui-même.
- Ce différend avait donné lieu à une polémique assez vive dans la presse technique.
- Or, dans une lettre publiée récemment et signée par les deux auteurs ('), ceux-ci déclarent,d’un commun accord, n’avoir jamais douté de leur bonne foi respective.
- Quant au différend technique proprement dit, lequel porte uniquement sur l’emploi d’antennes pourvues de condensateurs, les deux auteurs dé-» /
- C) x Verhandlungen der deulschen Phyùkalischen Gesellchaft, XIVe année, n° 9.
- clarent s’en rapporter au jugement des techniciens, pour apprécier dans quelle mesure le montage employé par M. Kiebitz se rapproche de celui décrit antérieurement par M. Zehnder.
- M. K.
- XVIIe Congrès international de l’Union Internationale de Tramways et de Chemins de fer d’intérêt local. (Christiania, 2-5 juillet 1912.)
- Nous reproduisons ci-dessous le libellé des questions portées à l'ordre du jour de ce Congrès, qui vient de prendre fin.
- I. Influence des nouveaux modes de transport en commun sur le développement et l’extension des grandes cités. Rapport de la circulation dans les grandes villes avec la transformation des transports en commun. Conséquence des transports en commun modernes sur les habitudes sociales.
- Rapport de M. L. Dausset, conseiller municipal et ancien Président du Conseil municipal de la ville de Paris. .
- II. Politique des logements dans les grandes villes et tramways.
- Rapport de M. Kuhles, membre du Conseil municipal de la ville de Munich.
- III. De l’emploi des voitures automobiles sur les lignes de chemins de fer en général et spécialement sur les lignes de chemins de fer d’intérêt local.
- Rapport de M. E.-A. Ziffer Edler von Teschen-iîruck, président des chemins de fer de la Bukowine, Vienne.
- IV. Organisation du service des voitures de tramways pour le transport des foules importantes dans les grandes villes.
- Rapport de M. Hkadetzky, directeur d’exploitation des tramways municipaux de Vienne.
- V. Emploi dans la traction électrique des motéurs à courant continu munis de pôles de commutation.
- Rapports de M. L. Bacqueyrisse, ingénieur, chef du service des travaux neufs des tramways à la Compagnie Générale des Omnibus de Paris, et de M. Eisig, directeur des travaux municipaux de Chemnitz.
- VI. Les prescriptions allemandes concernant les courants d’électrolyse dans les exploitations de tramways.
- Rapport de M. Busciiraum, ingénieur civil à I Berlin.
- p.48 - vue 48/416
-
-
-
- r,~ ’
- '13 Juillet 1912
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE 49
- VIL Contrôle et entretien des lignes aériennes et <Ies feeders d’alimentation dans les exploitations de tramways.
- Rapports de M. E. d’Hoop, directeur du service technique de la Compagnie des Tramways bruxellois, et de M. Otto, directeur à la Grande Compagnie des Tramways de Berlin.
- VIII. Disposition des dépôts de voitures de tramways par rapport à la configuration du réseau. Organisation du travail courant dans les dépôts.
- Rapport de M. J.-II. Neiszen, directeur des tramways municipaux d’Amsterdam.
- IX. Usure ondulatoire des rails.
- Rapport de M. A. Busse, ingénieur en chef de la Grande Compagnie des Tramways de Berlin.
- X. Moyens employés pour procéder au déblaiement de la neige dans les exploitations de tramways.
- Rapport de M. T. Poppe, directeur de la Compagnie des Tramways de Christiania (Kristiania Spor-veisselskab).
- XI. Rapports des chemins de fer d’intérêt local (chemins de fer secondaires, chemins de fer départementaux, chemins de fer vicinaux, tramways sur route, tramways suburbains et éventuellement tramways urbains) avec les chemins de fer des grands réseaux pour le service cumulatif ou de correspon-
- pondance des marchandises et pour l’échange du matériel roulant. •
- Rapport de M. Campiglio, président de l’Union italienne de tramways et de chemins de fer d’intérêt local, Milan.
- XII. Méthodes diverses pour la perception des recettes voyageurs (distribution, etc.) sur les lignes de chemins de fer d’intérêt local.
- Rapport de M. G. Lemboukg, ingénieur en chef, directeur de la Société nationale des Chemins de fer vicinaux, Bruxelles.
- XIII. Progrès réalisés dans le chauffage et l’éclairage des voitures defehemins de fer d’intérêt local. Avantages et inconvénients des systèmes en usage.
- Rapport de M. F. de Le IIoye, ingénieur, chef de la traction et du matériel à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, Bruxelles.
- XIV. Conférence avec projections lumineuses sur les installations hydroélectriques de Rjukanfos.
- Usines à nitrates artificiels; station hydroélectrique de 200000 chevaux (’).
- (') Une communication ultérieure à la note qu’on vient de lire nous informe que le Comité de Direction de l’Union a nommé président M. A.-C. de Burlel en remplacement de M. le baron Janssen, qui a dû se retirer en raison de ses occupations.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Cours pratique d’électricité par A. Podevyn — i volume in-i8 de 3i6 pages avec 35o figures. — H. Desforces, éditeur, Paris. — Prix : broché, 4 fr. 5o ; relié, 5 fr. 5o.
- Dans ce petit livre tout pratique, la théorie est réduite au minimum, et d’ailleurs présentée d’une manière originale puisque l’auteur a groupé toutes les notions autour de celle de la force magnétique des aimants. Après avoir défini les mesures électriques usuelles, il donne les lois indispensables, très succinctement, puis décrit en quelques pages les différentes machines et s’étend d’une façon plus approfondie sur l’éclairage électrique, les accumulateurs, le matériel d’installation. L’ouvrage est divisé en deux parties consacrées respectivement au courant continu et au courant alternatif.
- Le point de vue auquel s’est placé l’auteur est essentiellement pratique. De bonnes indications sont données sur les accidents qui arrivent aux machines, aux accumulateurs, etc.
- S. F.
- L’électricité domestique, par G. Mis. — i volume in-8° de 184 pages avec i5i ligures. — H. Dunod et E. Pina-t, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 2 fr. So.
- Ce petit ouvrage est destiné à fournir, non pas à l’ingénieur, mais au monteur ou même à l’amateur électricien, les indications nécessaires pour poser des sonnettes, des contacts, des allumoirs électriques, des lampes, etc.
- L’auteur donne un certain nombre de règles générales à observer dans ces modestes installations.
- S. F.
- p.49 - vue 49/416
-
-
-
- 80 '—*
- L A L XJ Ml ÈJRÈf ÉL E GTÏll QUE
- T. XIX (21
- !•-
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Traction par courant continu à 1 200 volts.
- Pour la traction électrique des trains de chemins de fer et des tramways, la comparaison du courant continu et du courant alternatif est toujours d’actualité, et c’est précisément à ce point de vue et non pas avec des idées générales ou préconçues qu’il faut aborder la question.
- Aussi bien, ne l’envisage-t-on plus de nos jours comme une question de doctrine, ayant reconnu qu’elle n’est susceptible d’aucune conclusion formelle et générale, en dehors de conditions nettement déterminées, d’une part, pour le programme à remplir, d’autre part, pour l’utilisation du matériel.
- En présence même d’un programme défini, les conclusions qu’on formulerait à la suite d’une comparaison rationnelle pourraient être, à quelques années de distance, complètement faussées par suite d’un progrès dans l’utilisation du matériel de l’une ou de l’autre sorte.
- Ce progrès s’est réalisé, pour le courant continu, par le passage de 6oo à i aoo volts, qui permet d’en quadrupler la portée utile, puis à % 4oo volts, qui permet de la quadrupler encore.
- Il en résulte que le courant continu a pu prendre un avantage assez marqué pour l’emporter sur l’alternatif, dans nombre d’applications où celui-ci aurait été préféré, il y a quelques années.
- Il lui est même arrivé de reconquérir certaines positions que son concurrent avait occupées, ce qui est précisément le cas pour plusieurs des réseaux américains, que nous allons citer comme exemples, exploités avec succès maintenant en courant continu à x 200 volts, suivant le principe devenu, pour la Compagnie américaine Thomson-Houston, d’emploi aussi sûr que celui du système actuel à 6oo volts.
- Nombreuses sont donc les applications de ce système, devenu «standard» aux Etats-Unis, soit qu’on l’utilise comme l'extension tant souhaitée de la^traction à 6oo volts, participant de sa simplicité et de ses avantages acquis, soit qu’on fasse rentrer
- dans son champ d’action des applications du courant alternatif réalisables au prix de modifications plus radicales, apportant de plus grands changements aux habitudes prises.
- Plus encore que la force de l’habitude, la logique désignait à la confiance de ceux qui président aux destinées des grands réseaux de traction non seulement le courant continu, mais le mode d’emploi si perfectionné auquel il doit son prodigieux succès.
- C’est en l’appliquant à une tension double, puis quadruple, en faisant appel à toute l’expérience acquise et enfin en ne se décourageant point aux premières difficultés du problème, qu’on put faire sortir enfin le courant continu du cadre étroit où il restait confiné.
- Dans ce qui va suivre, nous nous proposons de décrire quelques réseaux de traction à i 200 volts et nous indiquerons de quelle manière il est devenu possible de pousser l’application du courant continu jusqu’à 2400 volts avec un égal succès.
- Après avoir passé en revue quelques réseaux de tramways en service, nous reviendrons ensuite sur le matériel lui-même.
- Il n’est cependant pas nécessaire d’entrer dans le détail pour donner ici un aperçu des questions qui offraient des difficultés, aussi bien que de la manière dont elles ont été généralement traitées. Au nombre de ces difficultés se présentait la bonne commutation du courant sous 1% tension de 1 200 volts. La solution résidait dans l’emploi de pôles de commutation ; et pour produire x 200 volts aussi bien que pour les utiliser, la mise en série des dynamos, eommutatri-ces et moteurs enroulés pour 600 volts, mais isolés pour i 200, donne ici une grande facilité.
- Pour l’usine génératrice ou transformatrice à 1 200 volts, nous montrerons mieux îa réalisation pratique de cette disposition par des exemples empruntés aux installations décrites.
- Des trois réseaux que nous examinons plus loin en détail, deux comportent l’emploi de commutatri-ces et l’autre de dynamos génératrices pour la production du courant continu à 1 200 volts.
- p.50 - vue 50/416
-
-
-
- 8W ^
- 13 Juillet 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- wxwnpïtr- ... v- .y»
- et3
- I. — Lignes et équipement.
- Voici, tout d’abord, quelques détails de construction des lignes et dés” équipements.
- Lignes à i 200 volts.
- Pour celles-ci, les isolements sont renforcés ; le montage est fait d’ordinaire comme celui des lignes usuelles à trolley, le montage caténaire étant réservé aux traversées des villes, routes, chemins de fer, etc.
- Il arrive fréquemment que les lignes à 1 200 volts forment la prolongation interurbaine de lignes
- prises de courants distinctes pour la haute et la basse tension. *
- L’unique inconvénient de cette disposition est que la zone neutre doit être franchie en vitesse ; mais on ne signale pas d’ennuis résultant de ce fait.
- Organes de prise de courant.
- La prise de courant se fait le plus souvent par un ou plusieurs archets à pantographes, à air comprimé, ou bien à ressorts, avec manœuvre à la corde depuis l’intérieur de la voiture. Dans certains cas, la prise de courant s’effectue par une perche de trolley ordinaire avec roulette et A isolement renforcé.
- MAP
- Ÿ/Â9yrNCT0N,'BbV.TIM0RC aANNÀPOUf CLCCfftlC? HAILWAY.
- Fig. 1. —- Carte du réseau de Washington, Baltimore et Annopolis.
- urbaines alimentées à 600 volts. Dans ce cas, la ligne à 600 volts et la ligne à haute tension sont séparées par une section neutre, de longueur légèrement supérieure à celle du plus long train. Cette disposition permet de n’employer qu’un seul et même organe de-prise de courant pour le fonctionnement à 600 et à 1 200 volts et, si l’on se contente de réaliser demi-vitesse sous 600 volts, on évite remploi d’appareils de sécurité, tel qu’un commutateur 600/1 200 volts, qui serait nécessaire si on avait des
- Moteurs.
- Les moteurs ne diffèrent pas essentiellement du type ordinaire de traction. Ils sont isolés pour 1 200 volts et sont bobinés soit pour ï 200, soit pour 600 volts, auquel cas ils sont mis deux par deux en série sous la tension totale. Ces moteurs sont toujours munis de pôles auxiliaires.
- On croyait, au début, qu'il serait nécessaire d’employer des essieux couplés mécaniquement ou bien
- p.51 - vue 51/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- . '• '-ns
- T. XIX (2* Série). —^ 28.
- des relais différentiels entrant en action lorsque, par suite de patinage ou de toute autre cause, la différence entreles tensionsauxbornesdedeux moteurs en série dépasserait une certaine valeur. Ces relais, qui tout d’abord ont été adoptés par quelques compagnies, sont constitués par deux bobines en opposition, chacune des bobines étant en dérivation sur l’induit d’un moteur. Lorsqu’un essieu patine, la tension aux bornes du moteur correspondant augmente, la bobine correspondante du relais différentiel acquiert la prépondérance sur l’autre et, pour une certaine valeur de la différence entre les tensions aux bornes des deux moteurs, le plongeur du relais est attiré. Ce plongeur entraîne un disque de contact qui coupe le circuit de commande.
- d’un dispositif spécial qui fait que, si le wattman abandonne la poignée, le courant se trouve coupé, ou la poignée revient d’elle-même au zéro.
- Le circuit de commande des contacteurs est toujours alimenté sous une tension de 55o à 600 volts, qui est produite par un dynamoteur, sorte de com-mutatrice abaissant la tension de la ligne de 1 200 à 600 volts.
- Lorsque la voiture se trouve sur les sections à 600 volts, le circuit de commande est alimenté directement par la ligne.
- Le dynamoteur est toujours muni d'un appareil automatique qui effectue le transfert, indépendamment du commutateur 600/1 200 volts dont peut être muni le circuit principal
- Eig. 2 a. — Réseau de Washington, Baltimore et Ànnanolis. — Sous-station Àrdmore. Section machines.
- Il faut naturellement un relais différentiel pour chaque paire de moteurs.
- L'expérience a toutefois montré que ces organes ne sout pas indispensables, car, sur différentes lignes n’en comportant pas, il n'en est résulté aucun ennui.
- Système de commande.
- Dans tous les réseaux de (tramways signalés ci-dessous, les équipements sont commandés par des contacteurs. L’accélération est faite, ou automatiquement, ou à la volonté du conducteur. Enfin les trains sont à unités simples ou à unités multiples.
- Le passage série-parallèle se fait sans interruption du courant. Le contrôleur est, en général, muni
- Inverseurs.
- Les inverseurs sont les mêmes que pour 600 volts, mais à isolement renforcé. L’inversion est faite sur les inducteurs des moteurs, ce qui permet de réduire à quelques volts la tension entre bornes voisines de l’inverseur.
- II. — Réseau de Washington, Baltimohe
- ET ÂNNAPOUS.
- Généralités sur ce réseau.
- La configuration du réseau est telle que la représente la figure 1. On voit qu’il comporte deux lignes d’une longueur totale de 129 kilomètres.
- p.52 - vue 52/416
-
-
-
- 13 Juillet 1912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- S J
- La première est à double voie ; elle relie Washington et Baltimore, distants de 65 kilomètres et desservis par des trains rapides, dont les vitesses atteignent 70 kilomètres à l’heure.
- Fig 2. à. — Réseau de Washington, Baltimore et Annapolis. — Sous-station Ardmore. Section haute tension.
- La seconde ligne, à voie unique, se détache de la première à Annapolis-Junction pour desservir Annapolis, qui est le centre d'un trafic particulièrement intense.
- et 4 font connaître les élcments^essentiels de la distribution.
- Centrale électrique.
- L'usinegénératrice comporte des groupes électro-gcncsCurtis-Thoinson,produisant du courant triphasé à 6 600 volts, a5 périodes. Cette tension étant insuffisante pour atteindre économiquemënt les sous-sta-tions, on l'élève à 33 000 volts au poste transformateur de Bennings, voisin de l'usine elle-même. Ce poste, situé à l'extrémité gauche (fig. 1) du réseau, ne comporte pas de feeder de traction, et on voit (fig 3) qu’il est seulement le point de départ de deux lignes de distribution à 33 000 volts.
- Etablies avec soin et en double pour assurer la continuité du service, elles distribuent le courant aux sous-stations suivantes :
- 1) Ardmore ;
- a) Naval Academy ;
- 3) Baltimore ;
- 4) Annapolis.
- Seule, la sous-station 1 a été établie de toutes pièces pour le courant à 1 aoo volts, les autres provenant de transformations faites lors de la substitution du continu à l'alternatif.
- Commutatrices.
- Aux commutatrices est affectée la section machines (fig. 2a). Dans une autre section (fig. 2b) sont groupés les transformateurs, interrupteurs à huile, para-foudres, etc., que nous passerons en revue plus loin.
- L/ne Nù 2 33000 i/ Transmission
- L/ne No /. J3O00 Vf
- Tronsm/ss/on
- L /ne No S. .33000 Vf, Tronsm/SJUïQf
- Fig. 3. — Réseau de Washington. Baltimore et Annoj:olis.— Schéma des lignes à haute tension.
- La ligne principale était exploitée en dernier lieu au moyen du courant alternatif simple à 6 600 volts, la seconde au moyen de locomotives à vapeur.
- L’un et l'autre tronçons sont maintenant desservis parle courant continu à 1 aoo volts, et les figures 3
- Les autres sous-stations, semblablement divisées,, comportent le même matériel, composé d'unités toutes interchangeables. Ainsi les commutatrices sont toutes de 3oo kilowatts (4 pôles, 760 tours par minute), les transformateurs de 160 kilowatts.
- p.53 - vue 53/416
-
-
-
- 54
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). —
- La sous-station i comporte 4 commutatrices, 6 transformateurs ;
- b La sous-slation 2 comporte 5 commutatrices, 7 transformateurs ;
- isolement suffisant pour fonctionner par groupes de deux en série et donner 1 200 volts. Elles sont à excitation compound ; .l’enroulement shunt de chaque commutatrice [est relié sous 600 volts à ses
- ^j
- Fig. 4. — Réseau de Washington, Baltimore et Annapolis. — Feedors et lignes de trolley il I aoo volts.
- La sous-station 3 comporte 4 commutatrices, 6 transformateurs;
- ié; La sous-statjon 4 comporte 2 commutatrices, 3 transformateurs.
- balais ; les enroulements série sont, au contraire, reliés entre eux et insérés à la suite des induits du côté terre.
- Des essais sévères ont montré que ces commuta-
- Fig. 5. — Réseau de Washington, Baltimore et Annapolis. — Sous-station Ardmore. Coupe transversale.
- Le principe de la transformation par commutatrices à 1 200 volts est le suivant : les commutatrices sont du type courant, 600 volts, mais ont reçu un
- trices supportent aisément des charges bien supérieures à leur régime normal de 5oo ampères, que les surcharges rie les affectent pas et que les courts-
- p.54 - vue 54/416
-
-
-
- 13 Juillet 1912, ' LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- circuits ne déterminent pas d’arcs persistants au collecteur.
- Chaque machine est munie d’un limiteur de vitesse et d’un oscillateur magnétique assurant un
- fait du côté alternatif. Des bobiçes de selfs concourent à l’effet du compoundage. D’une capacité de 45 KVA, ces bobines baignent dans l'huile, et sur elles sont montés les interrupteurs de mise en mar-
- Fig. 6. — Réseau de Washington, Baltimore et Annapolis, — Sous-station Àrdmore. Vue en plan.
- che qui, au démarrage, appliquent 5o % de la tension aux machines.
- Etablis sur le modèle courant, ces derniers sont protégés par un couvercle monté à la partie supérieure des appareils.
- Le circuit d’excitation des commutatrices doit à ce moment être sectionné jîour éviter les effets d’une tension totale induite trop considérable. Les interrupteurs destinés à sectionner l’excitation sont montés sur la couronne inductrice.
- Transformateurs.
- Le transformateur principal alimentant chaque groupe de commutatrices est enroulé pour 33 000 volts du côté haute tension, 3^0 volts du côté basse tension.
- Les primaires sont montés en étoile et pourvus de quatre dérivations permettant d’effectuer une correction de 2,5 % sur la tension.
- A chaque enroulement primaire correspondent deux enroulements secondaires indépendants, que les connexions intérieures groupent en deux triangles; pour la mise en marche dujîôté alternatif, une dérivation est détachée du milieu de cha-
- va-et-vient continu de l’arbre entre ses paliers, ce qui améliore beaucoup leur fonctionnement et surtout celui du collecteur.
- Fig. 7. — Réseau de Washington, Baltimore et Annapolis. — Sous-station Naval Academy. Coupe transversale.
- La marche en série des machines donne des résultats entièrement satisfaisants. Leur démarrage se
- p.55 - vue 55/416
-
-
-
- 56
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — M® 28.
- que enroulement, de manière à utiliser 5o % de la tension au démarrage.
- Tableau de distribution.
- La marche en série des deux machines et l’emploi de la tension de i 200 volts entraînent naturellement des dispositions spéciales au tableau.
- Tous les panneaux sont composés xle trois sections de 6io millimètres de largeur et de hauteurs respectives :
- 1016 millimètres pour la section supérieure;
- 787 millimètres pour la section moyenne ;
- 711 millimètres pour la section inférieure.
- Nous donnons comme exemple (flg. 9) une vue photographique du tableau de la sous-station de Baltimore.
- appareils dont l’emplacement sur chaque panneau apparaît nettement ligure 9, à gauche.
- L’interrupteur à couteaux est monté entre le disjoncteur et les barres-omnibus, en sorte qu’il peut jouer le rôle de sectionneur, isolant le disjoncteur et permettant de procéder sur lui à des visites ou réparations sans nécessiter la suppression du courant sur les barres-çmnibus.
- Les disjoncteurs sont montés au sommet du tableau, hors de portée de la main et commandés par renvoi. Le principe de la rupture sur charbon est conservé ; mais l’intervalle de rupture est augmenté pour correspondre à 1100 volts et des séparations sont ajoutées.
- L’interrupteur à couteaux est de l’autre côté de la séparation-marbre.
- J Il 11.
- Fig. 8. — Réseau de Washington, Baltimore et Aunapolis. — Sous-station Naval Academy. Vue en plan.
- Elle comporte deux panneaux de machines et deux panneaux de feeders.
- Panneaux de commutatrices [flg. 9).
- Chaque groupe de deux machines correspondant à un panneau, le montage en tandem des enroulements série permet d’employer, pour ce groupe de machines :
- 1 seul disjoncteur ;
- 1 interrupteur à couteaux ;
- i ampèremètre ;
- 1 voltmètre;
- 1 wattmètre s’il y a lieu ;
- Les poignées de commande des interrupteurs et disjoncteurs sont montées au milieu de chaque panneau, tandis que les organes sous courant des appareils sont relégués à la partie supérieure, en dehors de toute atteinte. Une tige isolante relie la commande à l’appareil.
- Le disjoncteur est disposé de manière que sa commande de fermeture revienne toujours en rabattement sur le tableau, tandis que la poignée de l’interrupteur fait saillie quand l’interrupteur est ouvert ; pour établir, d’autre part, une distinction facile entre les deux poignées, qui ont le même aspect, on inverse au montage la poignée du disjoncteur.
- p.56 - vue 56/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 87
- 13 Juillet 1912.
- Pour déclencher le disjoncteur, on reporte vers le bas sa commande de déclenchement au moyen d’une tige isolante qui met cette commande à portée de la main.
- Panneaux de feeders [fig. 9).
- Les panneaux de feeders portent des interrup-
- nnanent, 1 200 volts, avec couverte mis à la terre et enroulé pour 600 volts,Te qui rend nécessaire de lui adjoindre un multiplicateur de rapport 2/1.
- Pour lire la tension de la ligne avant d’y relier un feeder, on se sert de plots de voltmètres isolés pour i 200 volts et montés sur l’interrupteur du bas, du côté ligne.
- Fig, q. — Réseau de Washington, Faltimcre et Annapotis — Tableau à i 200 volts de la sous-station Baltimore.
- teurs à g Duteaux, disjoncteurs et ampèremètres, semblables à ceux des panneaux de machines.
- Le disjoncteur est monté du côté barres-omnibus et l’interrupteur à couteaux du côté ligne.
- Appareils de mesures.
- L’installation comporte un seul voltmètre, monté sur console (fig. 9). H est du système à aimant pcr-
- Pour permettre de lire avec le môme appareil la tension des machines, les panneaux de commutatri-ces portent les plots de voltmètre qu’on voit (fig. 9]. A l’aide de fiches doubles on peut lire au voltmètre la tension du groupe entier de deux commutatrices ou d’une des machines le composant.
- Les ampèremètres, du type d’Arsonvab,—sont couverts d’une enveloppe protectrice isolante. Les
- p.57 - vue 57/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2e Série). — N°28.
- B J
- waMmètres sont de même à isolement renforcé.
- Les rhéostats sont commandés de l’avant au moyen d’un volant qui fait tourner un mécanisme dit à arbre engrené permettant d’effectuer le réglage, soit des deux machines à la fois, soit de chacune d’elles individuellement.
- Les têtes des boulons d’assemblage, à l’avant du tableau, sont munies de chapeaux isolants.
- Matériel roulant.
- Les équipements sont au nombre de 34, tous électriques et répartis comme suit :
- 17 voitures à voyageurs ;
- Fig. io. — Lignes et voies du réseau de Washington, Baltimore et Annapolis.
- 13 voitures à voyageurs et bagages i voiture express ;
- 3 locomotives ou voitures à marchandises.
- Tout ce matériel a été établi spécialement pour le courant à i 200 volts, sauf trois des voitures mixtes etdeuxdes voitures à marchandises qui ont été transformées lors de la substitution du courant continu au courant alternatif. 1
- Les trente prenêières voitures énumérées ci-dessus sont équipées de manière identique. Chacune comporte quatre moteurs de chevaux et un système de’ commande pouvant en assurer le fonctionnement sous 600 ou 1 200 volts.
- Les moteurs sont munis de pôles de commutation, et cela leur permet de se comporter, dans les condi-
- tions du service le plus intense, d’une manière tout à fait irréprochable, et sans aucune usure appréciable des balais.
- La commande de l’accélération est automatique, faite par relais pour atteindre deux vitesses sous 1 200ou 600 volts.
- Des exigënces locales ont imposé au matériel quelques sujétions, parmi lesquelles la marche facultative à un ou deux trolleys ou à double prise de courant en caniveau à 600 volts ou 1 200 volts.
- C’est avec la plus grande facilité que ces conditions sont remplies ; il en résulte seulement quelques complications étrangères au système et sur lesquelles nous ne pouvons nous étendre ici. Elles montrent cependant de quelle souplesse ce matériel est susceptible, car il s'en accommode parfaitement.
- Le chauffage électrique et les moteurs de compresseurs pour les freins sont directement alimentés par le trolley. _
- Il n’en est pas de même du circuit de l’éclairage qui doit être alimenté à 600 volts. Il Test directement par trolley dans les sections où Ton fonctionne à 600 volts et, dans les autres, par le dynamoteur réduisant à moitié la tension.
- Un relais, commandé par le -vvattman, transfère le circuit d’éclairage de Tune à l’autre source d’alimentation.
- Les compresseurs d’air pour les freins ont une capacité de 750 litres d’air par minute. Ils sont munis de régulateurs de pression du modèle courant. Les moteurs qui les actionnent sont enroulés pour 1 200 volts et susceptibles de fonctionner sous 600 volts à demi-vitesse.
- Les voitures autres que les voilures à voyageurs-ne comportent aucune différence de principe : toutefois la commande de l’accélération est effectuée à la main, au lieu d’être automatique, et les moteurs sont de 125 chevaux.
- Les trains de voyageurs comportent soit trois voitures, soit cinq voitures; les voitures de marchandises sont groupées en nombre plus grand dans un train.
- Lignes.
- Les lignes de transmission, de traction et de téléphonie sont portées par les mêmes poteaux (fig. 10 et ii).
- La ligne à 1 200 volts en section interurbaine est établie en caténaire. La ligne principale, entre Washington et Baltimore, est montée sur consoles
- p.58 - vue 58/416
-
-
-
- 13. Juillet 1912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 59
- doubles et la ligne d’Annapolis-J unction à Anna-polis sur consoles simples.
- Le conducteur les composant est du fil de trolley à section rainurée.
- La ligne de transmission triphasée (à 33 ooo volts, 25 périodes) est établie en double, c’est-à-dire à six fils, entre Bennings et Baltimore — à trois fils seulement entre Academy-Junction et Annapolis.
- Elle est en fil d’aluminium et portée par les mêmes poteaux que la ligne de trolley.
- La ligne téléphonique est établie en double et
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- »
- Un brusque mouvement de recul, qui vient de se produire à jla Bourse de Londres, a spontanément ramené le cours du cuivre standard à 77 livres sterling alors qu’il était sur le point,d’atteindre 80 livres sterling. On attribue [cette panique à des ventes spéculatives provoquées par la nouvelle, bien ^américaine, de l’existence de stocks dissimulés qui viendraient sous peu alourdir le marché du métal. La consommation mondiale augmente
- Fig. il. — Réseau de Washington, Baltimore et Annapolis. — Vue extérieure de la sous-station Naval Academy.
- transposée tous tes cinq poteaux, c’est-à-dire tous les 325 mètres environ.
- La voie est établie en rails de 35 kilogrammes par mètre, en longueurs de 10 mètres. L’écartement est normal.
- La longueur totale de voie est de près de 13o kilomètres. La section principale de Baltimore à Washington en représente près de la moitié.
- Pour établir la conductibilité de la voie, les joints sont réalisés par des connecteurs à double tête de 85 millimètres carrés de section.
- Les services des ateliers de construction et d’entretien sont assurés sous 1 200 volts et ceux des dépôts sous 600 volts.
- {A suivre).
- cependant dans de telles proportions que l’Europe a absorbé pendant la première quinzaine de juin 19 080 tonnes de plus que pendant la même période de 1911 et que les Etats-Unis ont eu besoin de 23 5o4 tonnes de plus. A Paris les prix sont stationnaires et à New-York les demandes se raréfient parce que l’opinion s’établit que de forts approvisionnements vont apparaître. S’il en était ainsi les producteurs auraient plus d’avantages à attendre la pénurie complète de métal. La statistique des exportations des Etats-Unis pour l’Europe en 1911 et 1912 fait ressortir, pour les cinq premiers mois, une différence de 1800 tonnes en faveur de 1912 et conduit aux conclusions suivantes : la France a moins demandé, l’Angleterre a importé 13oo tonnes de plus ; mais l’Allemagne est remarquable par sa progression de 33 970 tonnes à 49 213; l’Autriche, l’Italie ont également importé d’avantage, ainsf que a
- p.59 - vue 59/416
-
-
-
- 60
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). —Tl» 28 ‘
- Chine et le Japon qui ont passé de 5i tonnes à 5o2 tonnes ; mais la Russie, suivant du reste la remarque que nous avons eu l’occasion de faire, s’est presque affranchie de l’importation américaine en ne recevant que ah tonnes au lieu de 3q5. La Russie deviendra sous peu exportatrice.
- Cet à-coup dans les cours du métal n’a pas eu de répercussion très importante sur les valeurs de cuivre, le Rio, qui avait franchi le cours de 2000, a rétrogradé à 1985, mais les autres valeurs ont été plus résistantes. — A l’occasion de ces remarques signalons que les Mines de Catemou ont accusé cette année des résultats de beaucoup supérieurs à ceux de l’exercice précédent. Le solde à répartir étant de 261 526 fr., le dividende à répartir a été fixé à 25 fr. pour les actions privilégiées au lieu de 20 francs. L’exerciçc en cours en raison de la hausse du cuivre se présenterait encore plus favorablement. 11 existe malheureusement au Chili une crise de main-d’œuvre qui grève lourdement les exploitations. Dans le rapport des Mines et Usines de cuivre de Chanaval il y est fait allusion à propos du rendement insuffisant de l’exercice qui s’est traduit par une perte de 22220 franes. Les mines de Chanaval sont.titulaires de 206 concessions ayant une superficie totale de 700 hectares et dont beaucoup sont exploitées par des locataires de la Société; ceux-ci, en présence des bas cours du cuivre et l'insuffisante rémunération de leur exploitation, préférèrent s’engager à des travaux de construction de voies ferrées qui leur assuraient un plus large salaire. La conséquence d’une telle attitude a été l’installation de la perforation mécanique qui a permis des avancements trois fois plus rapides et abaissera à 140 francs environ le prix du mètre d’avancement. La teneur moyenne des minerais abattus est de 9,92 % et la production de l’année, à été de 2 080 tonnes à 58,23 % de cuivre fin pour 22 383 tonnes déminerais fondus. La hausse du cuivre au cours de l’exercice 1912 est de nature à améliorer la marche de l’affaire dont le compte de profits et pertes présente finalement un débit de 862 2ifi francs.
- Les décisions qui ont été prises par les pouvoirs publics, pour le renouvellement de toutes les concessions de tramways à Paris, semblent déjà produire d'heureux résultats. Les Tramways de l’Ouest-Pari-sien, dont l’exploitation est maintenant aux mains des a Exploitations Electriques », participent eux a\issi des modifications du régime, bien que leur réorganisation soit encore en instance. Les bénéfices
- de l’exploitation sont passés de 24 5a3 francs à 44905 francs surtout par compression des dépenses, car si les recettes voyageurs ont augmenté, les produits divers ont diminué en plus grande proportion. Comme conclusion, le débit du compte profits et pertes a été ramené de 146 182 francs à 120069 francs. L’Assemblée a appris avec satisfaction que la progression des bénéfices nets d’exploitation se continuait pour l’exercice en cours et que les projets de réorganisation soumis aux pouvoirs publics étaient sur le point d’être acceptés. La Traction qui reste créancière de la Société serait elle-même prête à transformer sa créance en actions privilégiées. Les Exploitations Electriques se sont fait assurer par l’Assemblée pour leur rémunération dans l’exécution des travaux neufs : 10% sur tous les travaux neufs de construction comprenant l’élaboration des plans, les études et l’exécution, et 3 % sur le montant des travaux de réfection et le montant des factures se rapportant aux commandes faites sur les marchés généraux passés par les Exploitations électriques.
- La Compagnie Thomson-Houston a des accords analogues avec la Compagnie des Omnibus. On peut dire que ces chiffres ne représentent que dans une proportion très raisonnable les frais à couvrir et laissent peu de marge à un bénéfice possible.
- Les Tramways de l’Est-Parisien, encore plus heureux que les précédents, ont enregistré en 1911 une augmentation du bénéfice d’exploitation de 274 801 francs; le coefficient d’exploitation est tombé de 77,70 % à 74,8 % , malgré un plus grand nombre de kilomètres-voilures, près d’un million de plus, et une recette voyageurs par kilomètre-voiture un peu plus faible que l’année précédente. Le solde créditeur du compte profits et pertes s’est élevé à 1 466 488 francs et à 1 519 869 francs en y ajoutant le report de l’exercice précédent. Pour la première fois, le Conseil a pu répartir 4 francs à toutes les actions privilégiées et ordinaires, et attribuer 92 290 francs à un fonds spécial d’amortissement des actions. Il espère, en outre, qu’une solution prochaine interviendra en faveur de la Compagnie dans le conflit né entre elle et la Ville de Paris au sujet des troubles que lui ont apportés dans son exploitation les travaux des lignes métropolitaines. Le rapport des experts souscrit à une partie des prétentions de l’Est-Parisien : ce qui peut dicter son arrêt au Conseil de préfecture saisi de la question. Une offre de transaction amiable avait été sur le point d’aboutir; mais une intervention malencon-
- p.60 - vue 60/416
-
-
-
- 61
- 13 Juillet 1912. LA' LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- treuse l’a fait échouer. Si l’indemnité réclamée était accordée, elle serait appliquée à des amortissements et donnerait à la trésorerie de la Compagnie une plus grande élasticité. L’ouverture de crédit que lui consentent ses banquiers pèse lourdement sur son compte de profits et pertes, qui se trouve de ce chef débité de 118 728 francs d’intérêts. Le Conseil a préféré ce mode à l’émission d’obligations, autant pour réduire au minimum le chiffre des intérêts intercalaires que pour pouvoir entrer plus immédiatement dans la période des travaux. Ceux-ci sont très importants, mais ils procureront de très intéressants profits à la Compagnie, notamment la suppression du système Diatto et son remplacement par le trolley sur une très grande partie des parcours. La question du personnel, dont le statut est maintenant réglé par des conventions précises, a fait l’objet d’une interpellation au .président, de l’assemblée ; celui-ci, en rappelant les faits, a remis les choses au point. Une grève de vingt-quatre heures voulait appuyer des revendications sans objet, puisqu’elles dépassaient les conditions du travail prises pour bases de la Compagnie des Tramways Nord ; il a suffi de quelques heures pour montrer aux représentants des ouvriers qu’ils commettaient une erreur. Comme conclusion du rapport et du compte rendu de l’exercice, le président a fait ressortir que l'année en cours s’annonçait d’une façon satisfaisante : les recettes en cinq mois ont augmenté de 215 000 francs. Une température plus clémente pourra encore influer sur les résultats des mois à venir et donner ainsi à l’exercice 1912 un rendement de beaucoup supérieur à celui de 1911.
- Une émission de 40 000 actions de capital de 100 francs et de 10 000 actions de dividende pour les
- Tramways et Entreprises électriques de la banlieue de Saint-Pétersbourg occupe en ce moment nos voisins du Nord toujours au premier rang quand il s’agit d’entreprises en Russie. Le prix de la souscription pour quatre actions de capital et une action de dividende est fixé à 460 francs. La société a pour objet l’organisation dans la banlieue de Saint-Pétersbourg de tramways électriques qui se substitueront aux tramways actuels et la distribution de l’éclairage et de la force motrice. La population à desservir est de 270 000 habitants en hiver, 3Go 000 en été ; elle est donc comparable à l’agglomération de Lille et Roubaix. La notice fait ressortir que celte nouvelle affaire ne portera nullement atteinte aux affaires des sociétés existantes : Éclairage électrique de Saint-Pétersbourg et Eclairage électrique de 1886 puisqu'il s’agit uniquement des faubourgs de la ville. Il paraît que cette dernière vient d’acquérir des droits de propriété sur les chutes Imatra situées à 120 kilomètres de Saint-Pétersbourg, susceptibles de fournir 5o 000 chevaux. Elle projetterait d’aménager les chutes et d’utiliser une partie de l’énergie disponible pour la ville en mettant à la disposition des trois sociétés exploitantes les kilowatts dont elles auraient besoin : d’où économie de frais d’exploitation pour ces sociétés. Il est regrettable que toutes ces entreprises fécondes en résultats bénéficiaires ne soient point aux mains de nos financiers !
- Odessa va marcher dans la voie de Saint-Pétersbourg malgré que sa population soit moindre ; mais la reprise par le groupe de l’Éclairage de Saint-Pétersbourg lui procure les mêmes méthodes d’exploitation et les résultats de 1911 permettent de distribuer 6,40 aux actions ordinaires contre 5,47 l’an dernier.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — La Chambre des députés a adopté, dans sa séance du ior juillet, le projet de loi déclarant d’utilité publique la ligne du réseau Nord-Sud de Paris, de la gare Montparnasse à là porte de Yanves, formant embranchement de la ligne Porte de Versailles-Porte de la Chapelle.
- Algérie. — Un crédit est volé par le Conseil municipal de Bône pour frais d’études d’un tramway électrique.
- Haute-Savoie. — La Chambre de commerce d’Annecy a donné un avis favorable à l’établissement du tramway électrique fi crémaillère projeté entre Chamonix et la Mer de Glace-Le Couvercle.
- Finistère. — Une enquête d’utilité publique est ouverte sur l’avanl-projet d’un troisième réseau de chemins de fer d’intérêt local, comprenant les lignes suivantes : Quimper-Concarneau, Quimper-Audierne, Quimper-Brasparlê, Quimperlé-Plouav, Quimperlé-Scaër, Morlaix-La Feuillée, Morlaix-Guerlesquin,
- p.61 - vue 61/416
-
-
-
- €2
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — 3».
- Morlaix-Plouvorn, Brest-Le Faou, Ponl-l’Abbé-Locludy, Lannilis-Brignogan, Saint-Renan-Porspoder, Brasparts-Le Faou, La Feuillée-Le Huelgoat et Locmaria, Lan-dernéau-Sizun, Briec-Laz.
- TÉLÉPHONIE
- Aisne. — Les communications entre Laon et Vervins, devenant de plus en plus nombreuses, le Conseil municipal de Vervins a adopté le principe d’un second circuit téléphonique avec subvention.
- Le Conseil municipal de Château-Thierry a approuvé les projets de doublement des lignes téléphoniques Châteaù-Thierry-Paris, Château-Thierry-Soissons.
- Ille-et-Vilaine. — La commission départementale a approuvé le projet du troisième réseau téléphonique départemental et voté l’établissement d’un circuit téléphonique entre Pleine-Fougères et Pontorson.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Le gouvernement général de l’Indochine, comme nous l’avons annoncé dans notre information du 20 avril, a consacré une somme de 600 000 francs à l’établissement de postes de télégraphie sans fil, sur le projet d’emprunt de 90 millions du gouvernement général de l’Indochine, voté par la Chambre des députés le 5 juillet.
- D’après le projet, cette somme sera consacrée, jusqu’à concurrence de 5oo 000 francs, à l’installation d’un poste à grande portée à Saigon, se rattachant au réseau intercolonial, dont l’établissement est prévu et, jusqu’à concurrence de 100 000 francs, à l’établissement à Hué, d’un poste dépendant du réseau local de l’Indochine.
- Une évaluation précise de la dépense, en ce qui concerne le poste de Saigon, oblige à prévoir, à ce sujet, une somme totale de 597 000 francs.
- La station de Saigon constituera un grand central radiotélégraphique rayonnant sur l’océan Indien et le Pacifique, et jouera en Extrême-Orient le rôle à la fois politique et scientifique de la tour Eiffel en Europe.
- En dehors des communications normales échangées avec les navires desservant les lignes de navigation de la Chine, de l’Australie, du canal de Suez, du canal de Panama, elle assurera les grands services d’utilité publique : distribution de l’heure, envoi des nouvelles de presse, de bourse, des télégrammes météorologiques.
- Elle rattachera le réseau ^d’intérêt local de l’Indochine (Kien-An, cap Saint-Jacques, Hanoï, Hué) au réseau intercolonial dont elle formera, entre Djibouti et Pondichéry d’une part, et Nouméa, d’autre part, un des principaux jalons. Atteignant les côtes de Chine et du xJapon, elle est amenée à avoir une importance politique considérable.
- Au moyen des mesures de longitude par télégraphie sans fil, elle permettra de compléter ou vérifier avec
- précision et à peu de frais la cartographie de nos possessions d’Extrême-Orient. Le rayon d’action de Saïgon atteindra vraisemblablement 8 000 kilomètres.
- Les dispositions de détail concernant les dépenses à engager n’ont pas encore été présentées par le service radiotélégraphique de l’Indochine.
- Les machines électriques employées seront identiques à celles qui sont actuellement en service à la station de la tour Eiffel.
- Les dépenses engagées atteindront vraisemblablement 600 000 francs et seront réparties comme il est indiqué dans le devis approximatif ci-dessous :
- Source d’énergie :
- Deux machines jumelées avec chaudières, pompes et pièces de rechange, alimentation en eau (puissance normale 3oo chevaux).............Fr. i58 000
- Antenne :
- Six pylônes supports d’antennes, de 90 mètres de hauteur avec fondations en béton..................... 160 000
- Installation de l’antenne et delà prise
- de terre........................ 8 000
- 168 000 168 000
- Appareils électriques :
- Alternateurs, transformateurs, bobines de self, tableaux condensateurs, oscillateurs, résonateurs.. 112 000
- Appareils de réception............... 6 000
- Accessoires : accumulateurs, rhéostats, instruments de mesure, piles,
- manipulateurs, etc.................. 17 000
- Appareillage électrique, outillage
- spécial, grosse et petite parties.. iG 000
- i51 000 i51 000
- Transports........................ . 90 000
- Personnel :
- U11 chef de station, quatre mécaniciens, deux auxiliaires............ 4° 000
- Constructions...................... 60 000
- 597 000
- Allemagne. — Une nouvelle Compagnie de télégraphie sans fil vient d’être fondée en Allemagne par la Deulsch-Niederlandische Telegraphengesellschaft et la Gesellscliaft fiir Drahtlose Télégraphié (Telefunken), au capital de 2 100 000 marks. Son litre est : Deutsche Sudsee-Gcsellschaft für Drathlose Télégraphié, et son siège social est à Cologne. Elle va ériger plusieurs stations radiotélégraphiques, système Telefunken, à Jap (Caroline), Rabaul (Nouvelle-Guinée), Nauru (Marshall) et Apia (Samoa).
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Thomson-Houston, 10, rue de Londres, Paris.
- Bulletii1, juin 1912, — Contrôleurs de tramways type série-parallèle.
- p.62 - vue 62/416
-
-
-
- •.ST ' ‘
- 13 Juillet 1912. LA LUMIERE
- SOCIÉTÉS
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris. — La recette totale du premier semestre de 191a s’est élevée à 28 217 972 francs contre 27 g5o 779 francs en igu, soit une augmentation de 267 ig3 francs.
- Energie Electrique du Littoral Méditerranéen. —
- Ventes du iBP janvier 1912 au 3i mai
- 1912...........................Fr. 3 002 323
- Ventes du i8P janvier 1911 au 3i mai
- 1911............................... 2 720 079
- Différence en faveur de 1912......... 282 244
- CONSTITUTIONS
- Ecole Centrale d’Electricité. — Capital : 342 000 francs.
- — Siège social : 34, rue Ernest-Renan, Issy-les-Moulineaux.
- Secteur Electrique du Plateau Centrai. — Durée : 5o ans.
- — Capital : 5oo 000 francs. — Siège social : Lempdes (Haute-Loire).
- CONVOCATIONS
- L’Eclairage Électrique. — Le 19 juillet, 19, rue Blanche, Paris.
- Société Electrique de Saussay et environs. — Le 18 juillet, 6, rue de Chantilly, Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANGE
- Le 24 juillet, à la mairie de Châtellerault, fourniture de câbles et fils électriques destinés à la Manufacture nationale d’armes. Echantillons avant le i5 juillet. Réadjudication éventuelle le 21 août. Renseignements à la manufacture de Châtellerault et dans les bureaux de la Direction des forges, 2, avenue de Saxe, à Paris.
- COSTA-RIGA
- Le 9 décembre 1912, au ministère des Travaux publics (Secrétariat de Fomento), à San-José, construction et exploitation d’une ligne de tramways à traction électrique, entre Alajuela et Grecia (distance 18 100 mètres).Cahier des charges et plans contre la somme de 60 francs. Extrait du document à l’Office national du Commerce extérieur 3, rue Feydeau, Paris.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- FRANCE
- 2 juillet. — Au sous-secrétariat des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, â Paris, fourniture de tableaux commutateurs téléphoniques extensibles, modèle 1911.
- i8r lot. — Thomson-Houston, 72 400. — Société Industrielle des Téléphones, 71 820. — Association des Ouvriers en Instruments de précision, 71 53o. — Le
- ÉLECTRIQUE 63
- Matériel Téléphonique, 46, avenue de Breteuil, adj. à 68775; prix unitaires : tableaux extensibles, 241,g5; panneaux d’extension, 59,i5; réglette double, 17,50; clef d’appel, i3,io; réglette simple, i2,5o.
- 2e lot. — Thomson-Houston, 69 700. — Association des Ouvriers en Instruments de précision, 70 o5o. *— Le Matériel Téléphonique, 68 775. — Société Industrielle des Téléphones, adj. à 68 a5o; prix unitaires : 252, 58 75, 20, i3 75, 10 25.
- 3° lot. — Société Industrielle des Téléphones, 65 280. — Association des Ouvriers en Instruments de précision, 67 56i. — Le Matériel Téléphonique, 68 775. 5— MM. Mildé fils et Cic 70 668. — Thomson-Houston, 10, rue de Londres, adj. à 65 040 ; prix unitaires : 240, 80, 16, 8, 9.
- Le 4 juillet — Au sous-secrétariat d’Etat des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, Paris, fourniture d’appareils pour postes d’abonnés et bureaux centraux téléphoniques.
- i“r lot. — 1 000 appareils muraux, type de l’Administration, modèle 1910, avec appel magnétique solidaire, n° 3o4-i 1 his. — Le Matériel Téléphonique, 68,70. — Société Industrielle des Téléphones, 67,30. —Thomson-Houston, 62. — Association des Ouvriers en Instruments de précision, 53,90 l’unité.
- Non adjugé; prix-limite dépassé.
- 20 lot. — 1 000 appareils muraux, type de l’Administration, modèle 1910, avec appel magnétique solidaire, n° 3o4-u bis. — Le Matériel Téléphonique, 68,70. — Société Industrielle des Téléphones, 65,90. — Thomson-Houston, 62. — Association des Ouvriers en Instruments de précision, 53,90 l’unité.
- Non adjugé, prix-limite dépassé.
- 3e lot. — 1 000 appareils muraux, type de l’Administration, modèle 1910, avec appel magnétique solidaire, n°3o4-n bis. — Le Matériel Téléphonique, 68,70. — Société Industrielle des Téléphones, 64,5o. —Thomson-Houston, 62. — Association des Ouvriers en Instruments de précision, 53,90. — Mildé fils et C'8, 62,5o. — Bré-guel, 56,25 l’unité.
- Non adjugé, prix-limite dépassé.
- 4e lot.— 1000 appareils muraux, type de l’Administration, modèle 1910, avec appel magnétique solidaire, n° 3o4-n bis. — Le Matériel Téléphonique, 68,70. — Société Industrielle des Téléphones, 61,25. — Thomson-Houston, 62. — Association des Ouvriers en Instruments de précision, 53,90. — Mildé fils et Cle, 61,5o. — Bré-guet, 56,75 l’unité.
- Non adjugé, prix-limite dépassé.
- 5e i0i_ — ! 000 appareils mobiles pour combinés, type de l’Administration, modèle 1910, avec appel magnétique solidaire, n° 3o4-io bis. — Le Matériel Téléphonique, 56,3o. — Société Industrielle des Téléphones, 56,io. — Thomson-Houston, 5y. — Association des Ouvriers en Instruments de précision, 45,10. — Mildé fils ' et C‘B, 53,25 l’unité. ~ ~
- p.63 - vue 63/416
-
-
-
- G4
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XJX (2* SêrlejV— N 28.
- Non adjugé, prix-limile dépassé. V
- 6° lot. — i 5oo appliques murales, type de l'Administration, modèle igiq, n° 3o4-9 quater. —- Le Matériel Téléphonique, 23,3o. — Société Industrielle des Téléphones, 23,70. — Thomson-Houston, 26. —Association des Ouvriers en Instruments de précision, 24,5o. — Mildé fils et Cie, 22,40.— M. Mambret, 2S, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, adj. à 19,30 l’unité.
- 7° lots. — 1 000 appliques murales pour combinés, type de l’Administration, modèle 1910, avec appel magnétique solidaire, sur panneau. — Le Matériel Téléphonique, 56,40. — Société Industrielle des Téléphones, 68,60. — Thomson-Houston, 58. — Association des Ouvriers en Instruments de précision, 51,80 l’unité.
- Non adjugé, prix-limile dépassé.
- 8e lot. —; 1 000 appliques murales pour combinés, type de l’Administration, modèle 1910, avec appel magnétique solidaire sur panneau. — Le Matériel Téléphonique, 56,40. — Société Industrielle des Téléphones, 65,45. — Thomson-Houston, 58. — Association des Ouvriers en Instruments de précision, 51,80. -—
- Mildé fils et Cio, 61 l’unité.
- Non adjugé, prix-limite dépassé.
- 90 lot.— î 000 appliques murales pour combinés, type de l’Administration, modèle 1910, avec appel magnétique solidaire, sur panneau. — Le Matériel Téléphonique, 56,40. — Société Industrielle des Téléphones, 62,35. — Thomson-Houston, 58. — Association des Ouvriers en Instruments de précision, 51,80. — Mildé (ils et Cie, 60 l’unité.
- Non adjugé, prix-limite dépassé.
- 10e lot. — 2 000 appareils combinés, type de l’Administration, modèle 1910, avec anneau, n° 3o8-6 ter,— Le Matériel Téléphonique, n,5o. — Thomson-Houston, 22. — Compagnie Générale d’Éleclricité, 9,60. — Association des Ouvriers en instruments de précision, 8, rue Charles-Fourier, adj. à g,5o Tunité.
- 11e lot. — 2 000 appareils combinés, type de l'Administration, modèle 1910, avec anneau, n° 3o8-6 ter. — Le Matériel Téléphonique, n,5o. — Thomson-Houston, 21. — Compagnie Générale d’Electricité, 9,69. — Association des Ouvriers en Instruments de précision, adj. à 9,i5 l’unité.
- 12e lot. — 2 000 appareils combinés, type de l'Administration, modèle 1910, avec anneau, n° 3o8-6 ter. — Le Matériel Téléphonique, n,5o. — Société Industrielle des Téléphones, 16,95. — Thomson-Houston, 21. — Compagnie Générale d’Electricité,,9,29. — Association des Ouvriers en Instruments de précision, adj. à 8,85 l'unité.
- i3° lot. — 2 000 appareils combinés, type de l'Administration, modèle 1910, avec anneau, n° 3o8-6 ter. — Le Matériel Téléphonique, n,5o. — Société Industrielle \des Téléphones, 16,3o. — Thomson-Houston, 20. — Mildé fils et Cle, i4,5o. — Compagnie Générale d Elec-
- tricité, 9,29. —Association des Ouvriers en Instruments de précision, adj. à 8,75 l’unité.
- 14e lot. — 2 000 appareils combinés, type de l’Administration, modèle 1910, avëé annèaii, n° ’3o8-6 ter.— Le Matériel Téléphonique, H,5o. — SociétéTndùstrielle des Téléphones, i5,95. — Thomson-Houston, 19. — Mildé fils et C1». 14,25, —Compagnie Générale d’Electricité, 8,89. — Association des Ouvriers en Instruments de précision, adj. à 8,65 l’unité. ......
- i5° lot. — 1 000 appareils combinés, type de l’Administration, modèle 1910, sans anneau, n° 3o8-6 ter. — Le Matériel Téléphonique, n,3o. — Société Industrielle des Téléphones, 16,3o. — Thomson-Houston, 20.
- — Compagnie Générale d’Eleclricité, 8,89. — Association des Ouvriers en Instruments de précision, adj. à 8,65 Tunité.
- 16' lot. — 2 000 appels magnétiques, n“ 3ai-i. — Le Matériel Téléphonique, 26. — Société Industrielle des Téléphones, 28,90. -—• Thomson-Houston, 25,60. — Association des Ouvriers en précision, 21,60. — Compagnie Générale d’Electricité, 22,56. — Compagnie Générale dîElectricité de Creil, 21,15 Tunité.
- Non adjugé, prix-limite dépassé.
- 17e lot. — 2 000 appels magnétiques, n° 322-1. — Le Matériel Téléphonique, 25,54. — Société Industrielle des Téléphones, 27,90. •—Thomson-Houston, 25,60. —Association des Ouvriers eu Instruments de précision, 21,60.
- — Compagnie Générale d’Electricité, 20,60. — Compagnie Générale d’Electricité de Creil, 21,15 l’unité.
- Non adjugé, prix-limite dépassé.
- 18e lot.— 10000 récepteurs téléphoniques,n" 301-7 bis.
- — Le Matériel Téléphoniques, 5,20. — Société Industrielle des Téléphones, 4,4I- — Compagnie Générale d’Electricité, 5, rue Boudreau, adj. à 3,o5 Tunité.
- 19e lot. — 10 000 récepteurs téléphoniques,n° 301-7 bis. ---Le Matériel Téléphonique, 5,20. — Société Industrielle des Téléphones, 4>3i. — Compagnie Générale d’Electricité, adj. à 3,o5 Tunité.
- 20e lot. — 10000 récepteurs téléphoniques, n° 301-7
- — Le Matériel téléphonique, 5,20. — Société Industrielle des Téléphones, 4>a9- — Société Française des Téléphones, système Berliner, 4ia7- 1— Compagnie Générale d’Electricité, adj. à 2,98 l’unité.
- 2i° lot. —6 000 capsules microphoniques amovibles, type de l’Administration, modèle 1910. — Société Industrielle des Téléphones, 4,87. — Compagnie Générale d’Electricité, adj. à 1,84 Tunité.
- 22e lot. — 6 000 capsules microphoniques amovibles, type de l'Administration, modèle 1910. — Société Industrielle des Téléphones, 4>77- — Compagnie Générale d’Electricité, adj. à 1,84 Tunité.
- 23e lot. — 6 000 capsules microphoniques amovibles, type de l’Administration, modèle 1910. —Société Industrielle des Téléphones, 4,67. — Compagnie Générale d’Electricité, adj. à 1,84 Tunité.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, 17, RUE CASSSTTE.
- Le Gérant : J.-B. Nodet
- p.64 - vue 64/416
-
-
-
- Çs&Pf'.-'W-t y' .
- Crtole-quatrltnis anoét. ‘
- SAMEDI 30 JUILLET 1913.
- La
- . - • ••• v -M « .... ‘:,,lii.>KfP>y.;i;«ï'A»T;'«î^î}Ç^5(
- Tome XIX (S* aérle). — N* 39V
- Lumière Electrique
- Précédemment
- I/Éclairage Électrique jj**
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICLTÉS^
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITÔR1AL, p. 65. — G. Cuvillier. Le -Métropolitain de Hambourg, p. 67. — A. Berthier. L’Elec tricité et l'Automobilisme, [suite) p. 72.
- Extraits des publications périodiques. — Traction. Développement de l’éclairage électrique des trains en Autriche, F. Bach, p. 77. — Variétés. Le IIe Congrès national du froid (23-25 septembre 1912), p. 81. — Bibliographie, p. 82. — Chronique industrielle et financière. — Noies industrielles. Traction par courant continu à 1 200 volts, [fin), p. 83. — Etudes économiques, p. 92. —Renseignements commerciaux, p. 93. — Adjudications, p. q5.
- EDITORIAL
- Un deuil irréparable vient de frapper la science tout entière : Henri Poincaré est mort le 17 juillet 1912.
- Ce deuil est ressenti d’une manière particulièrement vive par la Lumière Electrique, qui avait l’honneur de compter ce savant illustre au nombre des membres de son Comité de Direction.
- Dans noire prochain numéro, nos lecteurs trouveront une notice développée sur la vie et les travaux de Henri Poincaré.
- Parmi les plus intéressantes réalisations dans le domaine de la traction électrique à l’étranger, il convient de signaler le métropolitain cle Hambourg, œuvre considérable dont diverses descriptions viennent tout récemment d’être publiées dans la presse technique d’outre-Rhin.
- Ce sont ces documents que M. G. Cuvillier a mis en œuvre pour présenter à nos lecteurs un exposé aussi complet que possible de cette belle installation, dont on concevra toute l’importance à l’aide des chiffres suivants : la circulation, à Hambourg, était auparavant assurée par un service de tramways fort bien organisé et qui transportait annuellement 200 millions de voyageurs t-or ce fut
- p.65 - vue 65/416
-
-
-
- 66
- LA LUMIERE E LECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N* 3$.
- insuffisant, puisque dès 1894 on envisagea la nécessité de créer le métropolitain actuel, dont un tronçon vient d’étre mis en service, l’achèvement définitif étant prévu pour l’année 1914.
- Dans la première partie de son article, M. G. Cuvillier a rassemblé les éléments relatifs à l’histoi*ique, à l’économie générale du réseau et à la centrale.
- M. A. Berthier continue aujourd’hui l’examen des systèmes d’éclairage électrique des véhicules automoteurs, à l’occasion desquels il rappelle sommairement la description d’un certain nombre de systèmes déjà connus de nos lecteurs, et donne des détails plus étendus sur d’autres systèmes plus récents.
- Nous nous permettrons de faire observer à ce propos que les revues techniques se trouvent parfois conduites à limiter la description de certains systèmes, par l’impossibilité àlaquelle elles se heurtent d’obtenir des maisons de construction elles-mêmes les documents nécessaires. Ce sont, bien entendu, les maisons de construction française dont nous voulons parler. Toutes les rédactions de revues techniques savent avec quel empressement les maisons allemandes, par exemple, répondent aux appels de ce genre, les devancent meme. Il est au contraire, en France, des organisations industrielles —
- pas toutes, assurément, mais beaucoup — qui considèrent comme une injure grave toute tentative faite en vue de faire connaître leur matériel.
- L’étude méthodique du problème de Véclairage électrique des trains a fait d’autre part l’objet d’une série d’essais, exécutés avec différents systèmes, sur la ligne Kaiser Ferdinand des chemins de fer de l’Etat autrichien.
- M. F. Bach, inspecteur de ces chemins de fer, vient d’exposer le résultat de ces essais, et fournir de précieuses données d’exploitation. C’est actuellement le système Dick à une seule batterie qui se présente de la manière la plus favorable. C’est un système mixte comprenant une dynamo actionnée par une courroie, par un essieu et une batterie d’accumulateurs, qui peuvent débiter simultanément sur les lampes. Le réglage automatique de la tension est assuré au moyen d’un dispositif ingénieux et relativement simple.
- Nous achevons dans no,s notes industrielles l’examen de récentes installations de traction à courant continu haute tension.
- On y trouvera une description assez étendue du réseau de Milwaukee, à 1 200 volts, et de rapides indications sur d’aulres réseaux américains dans lesquels on a été jusqu’à supprimer les sous-stations.
- p.66 - vue 66/416
-
-
-
- 30 Juillet 4912.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T.'
- 67
- LE MÉTROPOLITAIN UE HAMBOURG .
- Un nouveau Métropolitain fort important, celui de Hambourg, vient d’être mis en service. De nombreuses descriptions viennent d’en être publiées à l’étranger (‘). Nous les mettons à contribution dans les lignes qui suivent afin de faire connaître aux lecteurs français l’ensemble de cette très intéressante installation.
- I. Historique.
- La création à Hambourg d’un réseau de transports rapides répondant aux exigences d’une exploitation moderne était une entreprise particulièi’ement malaisée : d’abord par suite de l’extension rapide de cette ville, dont la population est passée de a85ooo habitants en 1870, à 960000 en «912, ensuite à cause de la nature du sous-sol exclusivement constitué par les alluvions de l’Elbe et de son affluent l’Alster.
- Ajoutons que le bras nord de l’Elbe, large de 800 mètres, dessert le port avec un tirant d’eau moyen de 10 mètres, et est soumis par suite de la marée, du vent etc., à des variations de niveau de 2 à 6 mètres. Il ne peut dans ces conditions être question de le franchir qu’au moyen de tunnels ou de transbordeurs; l’Alster lui, est maintenu à un niveau de 3,5o mètres au-dessus de l’étiage le plus bas de l’Elbe et communique directement avec le réseau de canaux de la partie de la ville la plus moderne. Par contre, les canaux de la vieille ville communiquent directement pour la plupart avec l’Elbe et se trouvent ainsi en contre-bas.
- Tout cela rendait particulièrement difficile l’établissement d’une ligne souterraine, dont le besoin se fit impérieusement sentir dès
- (•) Voir surtout AV. Mattkrsdohff, E. T. Z., juin 1912. E. K. u, B., Juin 1912; W. Stem, Z. O. I. u. A. V.. juin 1912; Schiinplf’, Z. V. l>., Eiscnbaltm1., juin 191a.
- 1893 par suite de l’extension de la ville, malgré l’existence d’un réseau de tramways très bien compris et transportant annuellement 200 millions de voyageurs. Au cours d’une longue série d’études, de pourparlers, de discussions, de projets, la Société Siemens etllalske etl’A. E. G. firent ressortir en 1894 que le problème ne pouvait être résolu qu’au moyen d’un métropolitain pénétrant jusqu’au cœur de la ville et, jusqu’aux bords de l’Elbe.
- C’est en 1906 que l’Etat de Hambourg décida la construction d un réseau métropolitain comprenant 27,800 kilomètres et en passa la commande au prix global de 53 000000 fr. environ (exactement 4a 856 000 marks) aux deux compagnies Siemens et Halske et A. E. G., qui se chargaient en commun de l’entreprise.
- Dans les prix ci-dessus sont comprises quelques allocations additionnelles (1 000 000 de francs) pour des modifications apportées au projet primitif.
- II faut tenir compte en outre des frais accessoires nécessités par des travaux complémentaires, (modification du profil des rues, achats de terrain) qui montent à 6700000 fr. environ (5 4(>8 700 marks) pour arriver à un prix de revient d’environ 2 6a5 000 fr. au kilomètre, chiffre extraordinairement bas pour une installation de ce genre.
- Le réseau comporte une ligne circulaire de 17,'i kilomètres et trois embranchements vers Eimsbiittel, Rothenburgsort et Ohlsdorf, avec 33 stations en tout (fig. 1 et 2).
- L’exploitation de ces lignes fit l’objet d’une adjudication publique à laquelle les deux compagnies précitées se présentèrent seules. Elles obtinrent une concession de 4o ans, .sous la réserve qu’elles fonderaient une société par actions, au capital de 18 ySo 000 francs et que les installations construites en vue de cette exploitation feraient retour à
- p.67 - vue 67/416
-
-
-
- 68 LA LUMIÈRE
- l’état de'Hambourg à l’expiration des 4° années.
- *
- # *
- La société en question fut fondée le 27 mai 1911 et prit le titre de « Société par actions du Métropolitain de Hambourg ».Elle a déjà entrepris l’exploitation partielle de la ligne.
- Dès juillet 1906 les sociétés Siemens et Halske et A. E. G. créèrent à Hambourg une
- t ig. 1. — Tracé schématique du Métropolitain de Hambourg
- Direction spéciale des travaux, subordonnée à une commission présidée d’abord par le conseiller secret Dp Ing. Heinrich Sehwieger, puis, à la mort de ce dernier, en septembre 1911, par le D1' Berliner, directeur de la Siemens et Ilalske.
- Aujourd’hui la plus grande partie de la ligne est sur le point d’ètre terminée. Les embranchements sont en construction. Le contrat prévoit l’achèvement de l’ensemble pour 1914, mais la chose n’est pas certaine à cause de nombreux remaniements dont le projet primitif a été l’objet.
- Un tronçon de la ligne principale est en exploitation depuis le icl mars 1912. Il a 6,55 kilomètres de longueur, et cdmprend 10 stations. Le reste de la ligne circulaire sera progressivement ouvert au public dans un délai de trois mois.
- On ne semble pas devoir se contenter bien longtemps du réseau actuel : on vient de décider la construction d’un nouvel embran-
- ÉLECTRlQUË T. XIX (2* Série). — K«29.
- chement vers les Walddorf, enclaves prussiennes sur le territoire de Hambourg, qui aura 28,3 kilomètres et coûtera 26 millions de francs environ. On prévoit aussi le prolongement de deux des embranchements actuels: ceux de Ohlsdorf et d’Eimsbüttel.
- Enfin, on se propose de rattacher à l’ensemble existant une ligne, la ligne du Port Franc, qui franchira le bras de l’Elbe et desservira la rive sud de celui-ci. C’est à la compagnie actuelle qu’est réservée l’exploitation éventuelle de cette ligne.
- IL Dksciuption nu késkau.
- Pour le moment l’économie générale du réseau est la suivante (fig. 2):
- i°) Une ligne principale de 17,48 kilomètres fermée sur elle-même et appelée la ligne circulaire : elle est constituée par deux tronçons divergents allant du port et du centre de la ville vers les quartiers situés au Nord : ces deux tronçons sont reliés par une transversale de 3,5 kilomètres environ de façon à permettre un trafic continu.
- 20) Trois embranchements rayonnant à l’extérieur de la ligne circulaire vers les trois principaux quartiers excentriques de Hambourg :
- Eimsbüttel (N.-O) Rothenburgsort (S.-E.) Ohlsdorf (tout au Nord) : ces tronçons ont respectivement 1,76 kilomètres, 3,23 kilomètres, 5,38 kilomètres.
- Contrairement à ce qui se passe dans la plupart des grandes villes, la ligne circulaire pénètre réellement dans les quartiers du centre de la ville au lieu de les longer ; elle amène donc effectivement à destination la plus grande partie des voyageurs qu’elle transporte.
- Les embranchements tels qu’ils ont été établis ne semblent pas devoir être d’une exploitation trop difficile tant que leur trafic sera restreint; plus tard, quand leur importance se sera accrue, on y installera une exploitation par va et vient ou même un régime complètement indépendant.
- p.68 - vue 68/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- (59
- 20 Juillet 1912.
- Le réseau actuel comporte 33 stations, dont 2.3 pour la ligne circulaire. La distance mi-nimaentre les stations est de 461,5o mètres, la distance maxima r 188 mètres, la distance
- et le second dans les parties les plus basses. De la sorte, la transition de l’un à l’autre se fait sans rampe trop dure. Malgré cela, on n’a pu éviter en certains endroits des pentes
- Ftursfrai.
- AtSna*
- 6 w Saumurât
- l'ig. 2.
- Plan d'ensemble du Métropolitaii —• voie aérienne ;
- voie souterraine;
- —. — — voies projetées.
- moyenne de 8a3 mètres pour tout le réseau et de 760 mètres pour la ligne circulaire.
- ¥
- ¥ ¥
- Le tracé est tantôt souterrain, tantôt aérien. En principe, on. a adopté le premier dans les parties les plus élevées de la ~vlle,
- assez gênantes. La plus forte, en pleine voie
- est de —î— pour une dénivellation d’environ 20,7
- 10 mètres. La différence entre la cote la plus haute et la cote la plus basse du réseau est de 17,6a mètres. "
- Les courbes sont en certains endroits par-
- p.69 - vue 69/416
-
-
-
- 70
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- tiçulièrement accusées et ie rayon minimum descend à 7;“) mètres en pleine voie.
- A la halte de Rodingsmarkt, la voie rentre sous terre par une courbe de 71 mètres de
- rayon aboutissant à la rampe de —— men-
- ao,7
- tionnée plus haut. En ce point, l’établissement de la ligne présentait des difficultés plus considérables encore que celles que les ingénieurs du Métropolitain de Paris ont eu à vaincre au célèbre viaduc en courbe du quai de la Râpée.
- Sur les7 120 mètres de lignes souterraines, 4an mètres sont voûtés, le resté à section supérieure rectiligne. Dans la partie aérienne, il y a 1 Oqo mètres de viaduc en pierre, 4 220 mètres en 1er, /\?> passages inférieurs de 1 4bo mètres au total, et i > ponts ayant ensemble 700 mètres* (longueur des remblais et des tranchées ia q3o mètres). Le Port Intérieur, bassin formé par l’Alster à son embouchure dans l’Elbe, est franchi par un ouvrage de 100 mètres à trois ouvertures comportant une courbe trèsmarquée etdontla miseen place présenta les plus grandes difficultés techniques. Signalons encore le magnifique pont biais sur le canal Isebeck : il est constitué par 2 poutres maîtresses à double indétermination statique, reposant sur quatre appuis type console, décalés deux à deux et disposés non parallèlement.
- La plate-forme est constituée par 3o centimètres de gravier ou de pierraille. Les rails sont du type Haarmann et reposent sur des traverses de bois. La hauteur du rail est de 12a millimètres. Ils pèsent :<q,aoo kilos au mètre courant et leur longueur est de là mètres. Chaque rail repose sur au traverses de 2,ào mètres d^e long. Dans les courbes la ligne est renforcée. Les aiguilles sont du modèle du Bochumer-Yerein.
- vLe profil transversal présente les caractéristiques suivantes :
- Les voies sont le plus souvent accolées.
- La largeur intérieure du souterrain est alors de 6,75 au minimum dans les parties
- T. XIX (2e Série). — N°29
- droites : les courbes sont évidemment élargies en proportion. Les voies sont distantes de 3.6o mètres d’axe en axe et on a ménagé entre elles une piste de service.
- La hauteur libre au-dessus des rails est de 3, à o mètres.
- Dans les tronçons à ciel ouvert, les voies sont distantes de 3,10 mètres et deux trottoirs sont prévus de part et d’autre.
- Les piédroits du souterrain reposent surdes assises distinctes, sauf en certains endroits où la nature du sol rendit nécessaire la construction d’un radier continu imperméable, garni de plusieurs couches d’asphalte et do pèle hydroluge avec un système d’évacuation des eaux.
- Sous la Bourse de Hambourg la ligne se sépare on deux tunnels distincts. Ils furent construits à ciel ouvert. Le système de pilotis sué lesquels repose la partie de Bourse qu’il fallut abattre et reconstruire en cet endroit est indépendant des fondations de ces tunnels, afin d’éviter lés trépidations.
- Sous la gare centrale, dont les voies sont à 7,2à mètres au-dessous de la surface du sol, la ligne atteint une profondeur de 11,5o mètres. U11 couloir et des escaliers relient directement les 5 quais de la gare centrale avec les extrémités Ouest des deux quais de la station du Métropolitain.
- Gettë station communique par son autre extrémité avec la rue.
- Elle comporte 4 voies à cause de l’embranchement de Rothenburgsort; elle est a 9 mètres sous la chaussée et se compose de 2 voûtes de 12 mètres.
- Pour établir les fondations, il fallut creuser le sol sur une largeur de 3o mètres et une profondeur de plus de[ia mètres. C’est à cet endroit que l’on a installé une dessous-stations électriques dont nous parlerons plus loin.
- La station de Barmbeck est avec la station de la gare centrale une des plus importantes. Elle a y quais et 4 voies, dont 2 sont affectées aux rames de renfort faisant va et vient sur toute la partie de la ligne circulaire où le trafic sera le plug intense.
- p.70 - vue 70/416
-
-
-
- LA LUMIERE ËLÈCt RIQUE
- 71
- âÔ Juillet 1&12.
- C’est là que se raccordera la ligne des Walddorf mentionnée plus haut.
- Dans les stations, les quais latéraux ont 3,6o mètres de large, les quais entre voies 7,3o mètres à 8,5o mètres. Leur longueur est de 60 mètres, longueur suffisante pour des rames de 4 et exceptionnellement de a voitures. Le quai est à 800 millimètres au-dessus du rail. Les escaliers d’accès ont de a,ao à 4 mètres suivant qu’ils desservent un ou plusieurs quais. Les quais à air libre sont recouverts d’une toiture sur 4<> mètres de leur longueur. Dans les stations souterraines, la hauteur libre est portée à 3,80 mètres.
- III.-- L.4 centrale.
- L’énergie électrique vient de la centrale de Bârmbëck.
- C’est TA. E. G. qui établit les projets et se chargea de la construction de la centrale. Celle-ci se trouve tout contre le remblai du chemin de fer à l’extrémité sud d’un terrain donnant sur la rue Hellbrook. Par suite de ia proximité du Parc Public, on s’attacha à soigner l’aspect extérieur du bâtiment. Entre le parc et la centrale coule le canal de Barm-beck, une des ramifications des canaux de l’Alster; à l’Est l’emplacement est limité par la ligne de Blankensee à Ohlsdorf. La centrale est contiguë aü dépôt.
- L’alimentation en eau n’ofîrait pas de difficultés, par suite de la proximité du canal cle Barmbeek. On y pouvait puiser sur place l’eau froide nécessaire à la condensation de la vapeur, mais il fallut, au moyen d’un aqueduc siphon àatubes de 1 mèti’e de diamètre, évacuer celle-ci à sa sortie du condenseur jusqu’à 3ôo mètres de là dans le canal Oster-beclc parce que la vitesse d’écoulement des canaux de l’Alster est insuffisante en cet endroit.
- L’alimentation en charbon était possible à la fois par eau et par voie ferrée.
- Par le canal de Barmbeek les bateaux de l’Alster pouvaient amener le charbon du Port Franc à l’usine même. D’autre part, pour as-
- surer l’arrivée du charbon par voie ferréë, on établit un embranchement particulier se détachant du réseau des chemins de 1er de l’Etat prussien àlagaro'de marchandises de Barm-beck, un pont transbordeur de 80 mètres de long, et de à J mètres de portée, transporte indifféremment le charbon arrivé par eau ou par terre pour l’entasser dans un grand parc à charbon. Ce pont transbordeur comporte un portique de mètres et 2 porte-à-faux de i3,7j mètres; son rendement est de 4o tonnes à l’heure.
- Sous ce parc à charbon sont aménagés 2 tunnels à transporteurs ayant 2,20 mètres de hauteur intérieur et 2 mètres de large. Dans chacun d’eux circule une chaîne-transporteur sans fin. Un seul de ces transporteurs suffit à l’alimentation de l’usine en charbon. Us sont du système Cari Schenck, à Darmstadt, et leur rendement est de 20 tonnes chacun à l’heure.
- Leurs éléments sont x’éunis par des articulations à billes et portent les godets suspendus à des axes horizontaux. Les chaînes-transporteurs montent au pignon de la chambre de chauffe jusqu’à hauteur du toit.
- Le charbon est automatiquement pesé puis tombe dans de petites soutes spéciales et dans des cylindres verticaux débouchant au-dessus des grilles articulées.
- La chambre de chauffe pourra recevoir huit chaudières. Provisoirement elle n’en compte que cinq. Trois sont du type Stein-müller (Ateliers de Gummersbach) et deux du type A. Borsig à Tegel, près Berlin. Chaque chaudière tubulaire a 4oo ou 420 mètres carrés de surface de chauffe. Sa production horaii’e est, en marche normale, de 8000 kilogi-ammes, en 1x1 arche forcée de 11 à 12 000 kilogrammes de vapeur sous xine pi’ession de i5 atmosphèi*es, et à xxixe température de 35o° derrière le surchaufl'eur. La surface de sui’chauff'e est de 110 mèti’es caiTés, la surface dé grille 2X6 mètres cannés,
- A l’arrivée de chaque chaudière se trouve un réchaufïeur à deux chambres des Ateliers
- p.71 - vue 71/416
-
-
-
- n
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XIX (2*Série). — K- 29.
- métallurgiques de Neuss, comportant3oo mètres carrés de surface de chauffe. Ils sont munis.de dispositifs automatiques de curetage pour le nettoyage des tubes verticaux.
- Grâce à ces appareils l’eau d’alimentation arrive aux chaudières à une température de ç)o° à i3o'\
- (.4 suivre.) G. Cuyilliei».
- L’ÉLECTRICITÉ ET L’AUTOMOBILISME
- TI. — Eclairage i>ah dynamos [Suite) (').
- «»
- DYNAMOS A REGLAGE 1>AU LE CHAMP
- Le voltage d’une dynamo dépendant de la AÛtesse de l’induit et de l’intensité d’aimantation produite par les enroulements, si, par un dispositif approprié, on fait varier le courant dans les inducteurs par rapport à la vitesse de l’induit et que, à mesure que l’induit augmente de vitesse, l’intensité du courant traversant les inducteurs diminue proportionnellement ou réciproquement, on réussit à obtenir un voltage constant.
- I. — Systèmes à tension constante.
- Pour obtenir la variation du flux des inducteurs, nous pouvons avoir recours à un grand nombre d’artifices : soit en agissant sav T inducteur lui-même, en faisant varier, par exemple, l’écartement des pèles ou la distance à l’induit (entrefer), soit en modifiant la position des balais sur le collecteur, soit en faisant varier l’intensité du courant des inducteurs. Dans ce dernier cas, nous pouvons : a) soit intercaler dans le bobinage des inducteurs un petit rhéostat dont la résistance est d’autant plus grande que la vitesse est plus élevée, ce qui a pour effet de rendre le courant traversant les inducteurs et le rhéostat d’autant plus faible que la vitesse est plus grande; b) soit ne laisser passer le courant dans les inducteurs que pendant une fraction de temps d’autant plus faible que la vitesse est plus grande, de façon à réduire par cela même le courant moyen qui circule dans les inducteurs.
- A) Systèmes utilisant une force ëlectromotrice opposée à celle de la dynamo.
- L’un des premiers moyens qui se présente à l’esprit lorsqu’il s’agit de réduire le llux des p^les quand la vitesse croit, c’est d’introduire dans le circuit des pôles line force électro-
- (') Voir Lumière Electrique, 22 juin 7912.
- motrice croissante et opposée à celle de la dynamo. M. Loppé a indiqué une solution excellente pour l’éclairage des trains.
- Il a pi’oposé d’insérer une excitatrice dans le circuit inducteur, en l’intercalant de manière que son voltage s’oppose à la circulation du courant. Les pôles de l’excitatrice étant alimentés par la batterie, le voltage croît proportionnellement à la vitesse et produit par conséquent la variation de flux désirée.
- Nous verrons que cette solution un peu compliquée et qui donne d’ailleurs toute satisfaction dans le cas des wagons, a été simplifiée pour être appliquée aux automobiles. Au lieu d’employer le courant produit par une génératrice, on peut également utiliser celui que fournit une batterie d’accumulateurs. Cette combinaison présente une seconde solution assez intéressante du problème.
- a) Le courant est produit par une génératrice.
- Système Loppé.
- Dans le système Loppé (Compagnie générale d’électricité de Crcil), la dynamo est montée comme d’ordinaire en parallèle avec une batterie d’accumulateurs. Ses inducteurs sont munis de deux enroulements de sens opposé : l’un de ces enroulements est parcouru par le courant des accumulateurs, l'autre est monté en dérivation sur les balais dé la machine. Dans une variante, le premier enroulement est parcouru par le courant d’une petite excitatrice calée sur le même arbre que la génératrice et dont l’excitation est en série sur le circuit principal. On réussit ainsi à compenser l’augmentation de valeur de l’excitation de la génératrice, lorsque la tension des accumulateurs augmente par le fait de la charge.
- Dans les deux dispositifs, la force électro-môtrice aux bornes dépend de la différence entre les ampères-tours des deux enroulements et de la vitesse de la dynamo.
- p.72 - vue 72/416
-
-
-
- 20 Juillet 1912.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE 73
- La machine étant excitée par le premier enroulement, on obtient une certaine différènce de potentiel aux balais et, par conséquent, un courant qui circule dans l’excitation shunt. Si la vitesse augmente, la force électromotrice de la génératrice tend à augmenter; il passe alors un courant plus intense dans l’excitation shunt, ce qui compense l’augmentation de vitesse et régularise le voltage.
- Système Auvert.
- Ce système destiné à l’éclairage des wagons, est dû a M. Auvert, ingénieur du service électrique au P.-L.-M. a été décrit dans cette revue (').
- Système Moscowitz.
- Ce système est analogue au précédent ; une petite dynamo auxiliaire sert de régulateur et d’excitatrice à la génératrice. Cette petite dynamo moteur est placée sur un tableau qui contient également les électro-aimants commandant les commutateurs qui effectuent automatiquement la mise hors-circuit de la batterie et réglant la force électromotrice de la dynamo suivant la vitesse de la voiture.
- Système Mac Elroy (2).
- Dans ce système, le petit moteur auxiliaire, mis en circuit par un électro-aimant, commande un rhéostat sur l’excitation. La dynamo principale charge une batterie d’accumulateurs par l’intermédiaire d’un conjoncteur-disjoncteur électro-magnétique. Ce qui caractérise le système Mac Elroy, appliqué à l’éclairage des wagons, c’est que les lampes des plates-formes reçoivent un courant dépendant de la différence entre la tension de la batterie et celle de la dynamo : elles s’éteignent donc pendant la marche et donnent au contraire leur maximum de lumière pendant les arrêts.
- Système Siemens et lialske.
- La maison Siemens et Halske, de Berlin, emploie deux dynamos commandées chacune par un des essieux : l’une sert de génératrice, l’autre de même puissance, est disposée de manière à ce qu’une dérivation du courant qu’elle produit
- (') Ch. Jacquin Éclairage Electrique, tome XXXII n° 38.
- (2) Voir R. de Valbreuze, L’Eclairage Electrique, tome XLVI1I u“ 34, tome XLIV, n° 28.
- vienne affaiblir lé champ de la première lorsque la vitesse augmente. A chaque changemènt du sens de rotation, les rôles sont intervertis, la génératrice devient dévoltrice de l’autre machine. Des soupapes électrolytiques, intercalées entre les accumulateurs et la dynamo, empêchent tout retour de courant de la batterie (').
- Dynamo Verity-Dalziel.
- Ce système (voir schéma fig. 8) met à contribution une dynamo génératrice D et un petit moteur M, entraînant sur le même arbre le contrôleur C et l’excitatrice E. Ce dispositif, qui peut rendre service dans le cas de l’éclairage des trains, semble un peu compliqué pourl’éclai-
- l,-ig.8. — Montage du système. — D, dynamo; Ë, excitatrice;
- C, contrôleur; M, moteur.
- rage des automobiles. Notons toutefois que l’armature de C est en série avec le circuit shunt de la dynamo, tandis que l’armature et l’excitation du petit moteur M sont montées sur le circuit principal et que le courant de l’excitatrice E passe dans les bobines série de M et de C.
- b) Le courant est fourni par une batterie d’accumulateurs.
- Dynamo Grob.
- Cette dynamo est du type shunt ordinaire. Le dispositif donnant le réglage de la tension est des plus simples ; il réside dans l’emploi d’une petite batterie auxiliaire que l’on intercale dans le circuit inducteur ; le couplage s’effectue de manière à ce que le courant de la batterie soit de sens contraire à celui du courant venant des balais (fig. 9). 11 en résulte que, si la vitesse augmente, la tension aux balais tend à croître, mais le courant d’excitation fourni par la batterie diminue immédiatement ; il en résulte que la tension reste sensiblement constante. En somme, la petite batterie b fait office de tampon. Si la tension auxbalais devenait assez élevée, cette batte- (*)
- (*) R. de Yalbreuze, Eclairage Électrique tome XLVI n° 6.
- p.73 - vue 73/416
-
-
-
- 74
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). —• M* 29.
- rie pourrait même être chargée par le courant de la dynamo, mais alors le courant s’inverserait dans les inducteurs, ce qui changerait le sens du courant dans le circuit extérieur. La batterie
- Fig. g. — Sohéma du système Grob.
- auxiliaire b travaillant sur les inducteurs se décharge constamment; il faut donc lui adjoindre une seconde batterie qui se charge pendant la marche de la machine : la batterie tampon ordinaire peut être employée à cet effet.
- B) Systèmes utilisant des résistances ou rhéostats.
- On a proposé encore d’appliquer aux dynamos d’automobile un mécanisme analogue au régulateur Tirrill, qui donne des résultats satisfaisants pour le réglage rapide de la tension des alternateurs. Un relais, analogue à un trembleur de sonnerie, vient mettre le rhéostat d’excitation en court-circuit à intervalles plus ou moins rapprochés.
- Pour diminuer l’action du champ lorsque la vitesse augmente, on a essayé en outre d’intercaler dans les inducteurs une résistance, puis une seconde (contacteurs puisant leur excitation sur les balais de la dynamo (Système Edison, Nilmelior, etc.) Dans l’un de ces dispositifs, un rhéostat est inséré dans le circuit des inducteurs. Un régulateur centrifuge l’actionne de manière à augmenter la résistance à mesure que croît la vitesse. Dans un autre disposif (Nilmelior) une bobine est branchée aux bornes de la dynamo. Quand le voltage monte, elle attire une lame vibrante qui ouvre le circuit extérieur du rhéostat ; ce dernier est alors mis en circuit, ce qui a pour effet de diminuer le voltage. L’inverse se produit lorsque le voltage descend : la lame court-oircuite alors le rhéostat qui n’agit plus. Une batterie-tampon estichargée d’annuler les variations qui pourraient résulter de ce mécanisme.
- Système Kull (Brown Boveri et Cie) (').
- Çe système, appliqué sur la ligne du Gothard
- (>) Ch. Jacquin, L'Éclairage Électrique tome XXXII, n» 38.
- et sur les wagons-postes dès chemins de fer fédéraux, a été décrit ici-même.
- Système Aichalé (Brown, Boveri et Cie) (*).
- Rappelons les caractéristiques de ce système d’éclairage appliqué aux trains (notamment par les chemins de fer fédéraux suisses); une batterie d’accumulateurs est montée en dérivation sur le circuit de la dynamo tournant a une vitesse proportionnelle à celle du train.
- L’appareil de réglage, enfermé comme la dynamo dans une boîte parfaitement étanche, comprend un certain nombre d’électro-aimants à deux ou trois enroulements différentiels, parcourus par des courants venant soit des accumulateurs, soit de la dynamo, et qui, suivant que l’un ou l’autre de ces courants domine, ferme ou ouvre le circuit entre la batterie et la dynamo, entre la dynamo et les lampes. Un petit moteur auxiliaire alimenté par une dérivation du circuit — et mis en route également par l’intermédiaire d’un électro-aimant — commande par roue dentée et vis sans fin un frotteur intercalant une résistance dans le circuit d’excitation de la dynamo. Il en résulte que le voltage est constant et indépendant du débit et de la vitesse de la dynamo.
- Dynamo Vickers^Hall (a).
- Cette dynamo est du typetétrapolaire ; elle est munie de deux bobinages compound de sens opposés et de deux batteries par voiture. Le régulateur de tension à force centrifuge est monté sur l’axe de la dynamo (X, fig. io) qui porte un plateau Y percé de deux conduits radiaux P dans lesquels se déplacent deux poids p. Ces derniers, sous l’aotion de la force centrifuge, s’écartent de l’axe et entraînent les frotteurs S sur les résistances I.
- Les touches supérieures sont disposées de manière à court-circuiter, au repos, l’enroulement série et les résistances de régulation shunt. Quand la vitesse augmente, les frotteurs mettent successivement en circuit l’enroulement série et les résistances shunt, ce qui affaiblit le champ. Le réglage est parachevé à l’aide des touches inférieures qui correspondent à diverses valeurs
- ('} J. Rgyval (Éclairage Électrique, tome XL!. n° Si) a donné une description complète de ce système.
- (a) DbVaxbrbuzb, VÉclairage Électrique tome XLVIII, n° 34-
- p.74 - vue 74/416
-
-
-
- 20 Juillet 1912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE 75
- de la résistance d’absorption formée par les lampes. Ce dispositif qui est destiné à l’éclairage des trains, mais peut parfaitement s’appliquer à celui des automobiles est complété par un inverseur
- Fig. io. — Schéma cl» régulateur système Vickers Hall — X, axe de la dynamo: P. poids du régulateur û force centrifuge; R, ressorts antagonistes du régulateur; S, frotteurs ; 1, résistances ; T, inverseur de pôles.
- et un sélecteur. Ce dernier, renfermé dans un coffret, intervertit les batteries et les deux conjoncteurs-disjoncteurs électro-magnétiques qui fonctionnent en parallèle sur les lampes.
- Système Dick (Siemens-Schuckert).
- Dans ce système, la dynamo charge alternativement deux batteries munies d’un conjoncleur-
- descend suivant le degré d’enfioncement du flotteur ou du noyau de fer d’un solénoïde à enroulement différentiel (*).
- Dynamo Eyqueni.
- La dynamo Eyquem est une dynamo ordinaire portant sur son axe un régulateur à force centrifuge qui manœuvre un rhéostat de champ à l’aide d’une amplification convenable; le régulateur actionne également un conjoncteur-disjoncteur destiné à mettre en charge ou à retirer la batterie, dès que la vitesse atteint une certaine valeur. Le voltage choisi par le constructeur est ra volts, le débit est de io ampères ; la dynamo maintient ce débit à toutes allures comprises entre i 200 et 6 000 tours (3oo à 1 800 tours du moteur).
- La dynamo est du type bipolaire (fig. 11), son poids est de i3 kilogrammes seulement. Un système de porte-balais perfectionné permet de remplacer instantanément, le charbon, lequel est solidaire du fil conducteur. Quant au régulateur qui constitue la partie caractéristique de l’appareil, il est d’une grande simplicité. Etant très léger, il obéit rapidement à toutes les variations du moteur : la petite manette du rhéostat qu’il actionne ne pèse que quelques grammes ; donc, pas d’inertie.
- Comme l’indique lacoupedela dynamo (fig. 11) l’extrémité du nez du palier cété collecteur de la dynamo est constituée par une pièce en aluminium A solidement fixée par les boulons B
- Fig. 11. — Dynamo-phare Eyquem (coupe longitudinale).
- disjoncteur à mercure. La constance du voltage est assurée par un régulateur à mercure comprenant une résistance dont les différentes sections sont mises en circuit par le mouvement du mercure dans un cylindre et dont le niveau monte ou
- sur laquelle vient se monter le régulateur qui est bloqué en position par le serrage de la vis C. L’extrémité de l’arbre de la dynamo porte une
- P) Cf. Cn. Jacquin Éclairage Électrique tome XXXII n" 38, 1902.
- p.75 - vue 75/416
-
-
-
- 76
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2« Série). — N» 2^'
- i i ..... i- i ..... ... i. i. i.i ..... i ......— .... i i- <
- mortaise D, dans laquelle vient s’engager l’extrémité en tenon E de l’arbre régulateur.
- L’arbre du régulateur, dans sa rotation, entraîne le régulateur proprement dit, composé par le parallélogramme a, b,c, d\ les deux branches a et c sont reliées au collier e qui est goupillé sur l’arbre : les deux branches b et d sont reliées au coulisseau /"qui glisse sur l’arbre.
- C’est entre le collier goupillé e et le coulisseau / que se trouve le ressort antagoniste G.
- Quand le régulateur tourne, la force centrifuge agissant sur le parallélogramme déformable a pour effet de faire écarter les articulations h et k; le ressort se trouve comprimé et le coulisseau f glisse sur l’arbre. Pour chaque vitesse, il y a équilibre, pour une position déterminée du coulisseau, entre la force centrifuge agissant sur le parallélogramme et le ressort antagoniste.
- Le coulisseau /'entraîne dans son mouvement la manette double du rhéostat l V qui porte à son Extrémité inférieure les frotteurs en charbon mm', qui se déplacent sur les touches du rhéostat pp'.
- Le conjoncteur-disjoncteur est du type mécanique. Il établit ou coupe automatiquement la communication entre la batterie et la dynamo. A cet effet, des ressorts x x maintiennent, en temps normal, un couteau T (fig. n) constamment appliqué entre les deux contacts. Ce couteau T est articulé en Y et se recourbe à son autre extrémité. D’autre part, le prolongement de la manette double du rhéostat//' porte le rouleau isolant en ébonite X qui, suivant les déplacements de la manette commandée par le régulateur, vient quand la vitesse est inférieure à i aoo tours, rencontrer et faire pression sur l’extrémité recourbée du couteau T. Sous cette pression, le couteau se relève coupant la communication entre les contacts en argent s et s1. Celte rupture se fait sans différence de voltage et par conséquent sans étincelles.
- Dynamos à induit mobile latéralement.
- On a appliqué aux dynamds d’éclairage l’artifice utilisé dans les appareils électro-médicaux et dans certaines bobines d’induction : l’induit peut se déplacer parallèlement à son axe de rotation, de manière à présenter un nombre variable de spires à l’action du flux inducteur.
- Dans la dynamo Carléou (fig. i3), l’induit est bobiné sous une forme conique qui s’engage
- dans une cavité conique de même forme pratiquée à l’intérieur des masses polaires des inducteurs. Un régulateur à force centrifuge introduit l’induit plus ou moins sous les inducteurs.
- Ce dispositif très simple donne de bons résul-
- 1000 1200 HOU aooo aoo ÎOOO 5500 4000 4000 fOOO 5500 eooo
- Fig. 12. — Diagrammes de la dynamo Eyquem.
- tats pour les petites magnétos servant à l’éclairage des bicyclettes; dans les modèles plus grands destinés aux voitures, les variations du champ exercent une influence perturbatrice sur la commutation.
- Dans cette dynamo, employée en Angleterre pour les automobiles (on s’en sert également pour l’éclairage des trains), l’armature tronconi-quepeut se déplacer, suivant l’axe, de 4o millimètres. A cette position rarement atteinte, l’entrefer est de io millimètres. La vitesse inférieure est de i 4oo tours par minute.
- La dynamo est tétrapolaire, avec deux balais auxiliaires isolés entre eux; sa puissance est de
- Fig. i3. — Induit mobile.
- i5o Avatts. La batterie est constamment connectée aux bornes de la dynamo; elle comporte dix éléments analogues à des éléments Leclan-ehé. Une batterie de /(o ampères-heure pèse ia kilogrammes.
- (.1 suivre.)
- A. Biîhthi eu.
- p.76 - vue 76/416
-
-
-
- 20 Juillet 1912. ,LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE 77
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- TRACTION
- t
- Développement de l’éclairage électrique des trains en Autriche. —F. Bach. — Elektro-technik und Maschinenbau, 26 mai 1912.
- L’établissement général de l’éclairage électrique dans les voitures de chemins de fer, surtout la transformation des voitures déjà munies de l’éclairage au gaz n’est pas toujours désirable, étant donnés les frais qu’exigent les nouveaux aménagements. Toutefois la direction des chemins de fer de l’État autrichien s’est préoccupée de la question, et en 1911, parmi les nouvelles voitures acquises, 110 étaient munies de l’éclairage électrique du système mixte. On a actuellement ainsi la possibilité de tirer des conclusions des essais comparatifs de tous les systèmes, tels que le système « Dick » expérimenté depuis longtemps, les systèmes « Brown Boveri » (construction Güttinger), « Vickers » et « Pintsch-Grob », nouveaux en Autriche, tant au point de vue dé la sécurité de fonctionnement que des frais d’entretien et d’exploitation.
- Il est donc assez intéressant de jeter un coup d’œil général sur l’établissement et le développement de l’éclairage électrique des voitures sur l’ancienne ligne de la Kaiser Ferdinand-Nordbahn et par suite sur le développement de ce mode d’éclairage des trains autrichiens en général.
- Les premiers essais effectués sur cette ligne remontent à 1892; les résultats obtenus étaient satisfaisants. Etant donnés les avantages du nouveau mode d’éclairage, le nombre d’installations augmentait de plus en plus, et on comptait, en 1901, 143 voitures éclairées électriquement. Le courant d’alimentation était jusqu’en 1904 fourni exclusivement par des accumulateurs. Chaque voiture possédait sa source propre, constituée par des batteries d’accumulateurs (à 12 éléments groupés deux par deux dans des bacs en bois) lesquelles devaient fournir l’énergie électrique nécessaire à la durée totale d’éclairage pour un ou plusieurs voyages « aller et retour ». La charge des accumulateurs s’effectuait exclusivement à Vienne, où une station se trouvait installée à cet effet. Cette station permettait de faire des essais, ainsi que des réparations de faible importance, La tension moyenne des' lampes dans les premières voitures d’essai était choisie égale àa3,5
- volts ; elle continua à être employée dans la suite; son augmentation n’aurait d’ailleurs pas été avantageuse, étant donné que les rares interruptions dans l’éclairage provenant presque exclusivement des défauts dans les bacs des batteries, un accroissement du nombre des éléments aurait eu pour conséquence un accroissement de la source principale des défauts. D’ailleurs, grâce à l’expérience acquise pendant l’exploitation, les défauts dans les bacs sont devenus rares.
- Le remplacement des batteries a lieu après chaque tour dans les trains de longue durée d’éclairage, et après deux ou plusieurs tours dans ceux de courte durée. A cet effet, les voitures sont placées sur une voie spéciale à proximité de la station de charge ; un camion y transporte les batteries.
- Les voitures pourvues d’éclairage électrique sont en grande partie employées dans les trains où l’éclairage doit être de longue durée. Le parcours Vienne-Woloczyskaet retour (1904 kilomètres) exige pendant l’hiver pour les trains omnibus jusqu’à 70 heures d’éclairage. La capacité des batteries atteint 180 ampères-heures pour une intensité normale de décharge de G ampères et une chute de tension admise de 5 %. Avec les anciens accumulateurs à plaques grillées, le courant de charge ne dépassait-pas i5 à 18 ampères, de sorte que le temps nécessaire pour charger était de i5 à 17 heures. Ce n’est qu’avec l'apparition des accumulateurs Planté en 1899 permettant un courant de charge de 100 ampères que l’échange des batteries devient plus rapide. Le poids d’un bac d’accumulateurs varie suivant le type de 40 à 53 kilogrammes. Le poids total de l’installation, y Compris les batteries avec leurs caisses, les connexions, les lampes, les interrupteurs, etc., est d’environ 1 460 kilogrammes (avec 3 batteries).
- Dans la voiture, la distribution se fait par deux conducteurs négatifs en parallèle, pourvus de fusibles, et un conducteur positif ; les lampes sont branchées alternativement sur l’un des conducteurs négatifs et le conducteur positif commun, de façon qu’en cas de fusion de l’un des coupe-circuits, la moitié du nombre de lampes reste en service. Les protections principales sont sous le truck de la voilure à proximité des batteries. Les deux protections secondaires placées sur le tableau sont accessibles au personnel du train et. peuvent, ainsL que les lampes, être facilement remplacées. Le coupe-circuit
- p.77 - vue 77/416
-
-
-
- 76
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — H* 29:
- principal, dont la fusion sa produit dans des cas exceptionnels, ne doit être remplacé, pour des raisons de sécurité, que par le personnel de surveillance à Vienne.
- Chaque voiture est munie d’un compteur. Le prijç de l’éclairage électrique des trains par accumulateurs, tel qu’il résulte des calculs effectués dans le courant de plusieurs années pour ioo heures d’éclairage (lampes à filument de charbon de io bpugies avec 2,4 watts de consommation spécifique) s’établit comme suit :
- Tau le au I.
- FRANCS
- Production de courant 9,08
- Entretien de l’installation, échange des accumulateurs,petites réparations, etc. °,79
- Remplacement des lampes à incan- 0,17
- Entretien des accumulateurs I ,5*3
- Amortissement et intérêt (70 %) du capital dépensé pour l’installation de la station de charge 0,60
- Amortissement et intérêt pour l’installation des voitures 0,64
- Amortissement et intérêt pour les accu- 0,74 6,24
- Total
- Le prix d’une heure d’éclairage par lampe était donc d’environ 6,25 centimes dont 4,a de frais courants d’exploitation et d’entretien. Avec l’emploi des lampes à.filament métallique le prix de l’heure se trouverait réduit à 3,7 centimes.
- L’éclairage électrique des trains par accumulateurs seuls a fait ses preuves quand il s’agissait d’un petit nombre de voitures, dont la surveillance était relativement facile. Les inconvénients tenaient toujours aux défauts dans les accumulateurs (rupture des électrodes, courts-circuits, etc.). Les essais de différents métaux (cuivre, argent, plomb) ont permis de diminuer les chances de rupture ; on emploie notamment des pôles en cuivre de dimensions convenables.
- Avec l’accroissement du nombre de voitures sont apparues certaines difficultés dans la direction de l’exploitation : composition régulière des trains, entretien et charge des accumulateurs, de même que leur remplacement régulier. Par exemple, aux époques de l’année où la' circulation est très
- animée, les trains doivent, à cause du temps qu’exige l’échange des batteries, être dès le départ munis d’un éclairage de secours. Tous ces faits ont conduit à limiter l’exploitation par accumulateurs seuls; déjà, en 1904, le passage au système mixte avec dynamo commandée par l’essieu de la voituée commençait à être envisagé, ce qui avait pour conséquence l’installation du système Dick (à deux batteries) sur deux voitures en remplacement de l’éclairage par accumulateurs seuls. Cette entreprise était exécutée par l’usine autrichienne Siemens-Schuc-kert.
- L’installation existante de la canalisation, la disposition des lampes, des interrupteurs et coupe-circuits n’ont subi aucun changement. Les résultats obtenus par ces deux voitures pendant une série de voyages d’essai étaient tout à fait satisfaisants.
- Une de ces voitures était également essayée avec le système à une seule batterie et, en 1905, elle était mise en service régulier. Les essais comparatifs de ces deux systèmes ont montré que celui à une batterie est absolument équivalent au point de vue fonctionnement et sécurité au système à deux batteries.
- Pour ünifier les installations et aussi pour économiser des accumulateurs la seconde voiture était en 1909 également munie du système à une batterie.
- Le poids de l’installation pour l’éclairage électrique des voitures, qui était de i 460 kilogrammes dans l'exploitation avec accumulateurs seuls, devient i 9.00 kilogrammes dans le système à deux batteries et est réduit à 750 kilogrammes dans celui à une batterie (le même type d’accumulateurs de 180 AH de capacité étant toujours pris pour base). L’avantage du système à une batterie sur celui à deux consiste non seulement dans une réduction de poids de 45o kilogrammes, mais encore dans une diminution sensible des frais de première installation et d’entretien qui sont beaucoup plus faibles dans le système à une batterie.
- Le système Rosenberg, préconisé surtout en Allemagne, était également essayé sur deux voitures. Différentes considérations (réparations importantes des voitures mises hors service, courte durée d’exploitation, etc.) n’ont pas permis jusqu'à présent d’établir des caractéristiques exactes.
- C’est le système Dick à une batterie qui a la prédominance à l’heure actuelle. Les fluctuations de l’intensité lumineuse aux arrêts pendant le passage de l’alimentation par la dynamo à celle par la batterie et inversement, sont très faibles, et elles peuvent être pratiquement négligées. Les frais nor-
- p.78 - vue 78/416
-
-
-
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 79
- 20 Juillet 1912.
- maux d'entretien et de réparations ont été jusqu’à présent minimes et consistaient presque exclusivement en remplacement des courroies de commande.
- Ces deux voitures équipées en 1904 accusent la plus longue durée d’exploitation. Après huit ans de service on ne constatait point de défauts dans les dynamos, boîtes d’appareils et autres parties de l’installation. L’usure des collecteurs était si faible que leur démontage n’était point nécessaire; de môme les balais eh charbon n’étaient jamais remplacés. Les appareils de réglage et interrupteurs fonctionnaient convenablement, aucune réparation n’était faite.
- En ce qui concerne les accumulateurs, ils exigent moins de soin et garantissent une durée de fonctionnement plus grande que dans le cas d’éclairage par accumulateurs seuls. Ceci est une conséquence de ce fait que, dans le système mixle à une batterie, les accumulateurs sont presque toujours chargés ; ce n’est que dans les wagons-postes, où quelquefois le service commence deux ou trois heures avant le départ du train, que les accumulateurs travaillent plus, mais cette considération est prise en ligne de compte dans le choix des batteries.
- Les interruptions fortuites d'éclairage sont principalement causées par la forte gelée et la neige, qui font sauter la courroie de commande; encore, dans la plupart de ces cas, les accumulateurs ont-ils pu fournir la capacité nécessaire jusqu’à l’arrivée au terminus.
- La puissance des voitures éclairées électriquement doit être déterminée en rapport avec le parcours que font ces voitures ainsi qu’avec leur nombre d’heures d’éclairage. Pour le trajet « Vienne-Woloczyskaet retour» (1 904 kilomètres avec *28 heures d’éclairage en hiver), par exemple, que les trains express font deux fois par semaine, la durée moyenne d’éclairage était en 1911 pour les voitures à voyageurs de 3,44 heures et pour ses wagons-postes de 5,67 heures; pour les deux la moyenne était de 4,07 heures.
- Les articles publiés jusqu’à présent n’ont guère décrit que le système Dick à deux batteries (*).
- Dans le système Dickàune batterie, la dynamo est du type blindé ; o’est une machine shunt tétrapo-laire. Le régime de puissance maximum est de 40 ampères à 29 volts pour 600 à 2 400 tours par
- (') Osterr. Eisenbalin Zeitschrift, 1903, nos 16, 17, 18; Elektrotechnik undMascliinenbau, i907,n°*5oet 5i, etc.).
- minute. La commande de la dynamo, fixée par bus-pension pendulaire au truck, se fait par un essieu de la voiture, à l’aide d’une courroie, la tension de la courroie étant obtenue par le poids propre de la dynamo. L'induit à encoches a un enroulement série-tambour. Les supports des quatre balais sont fixés de telle façon qu’ils puissent toujours être décalés dans le sens de rotation de la dynamo; on obtient ainsi, pour les deux sens de marcfie, un courant de même sens,
- Le poids de la dynamo montée, y compris la poulie, est do i33 kilogrammes.
- La boîte d’appareillage de 565 millimètres de hauteur, 4*0 millimètres de largeur et 200 millimètres de profondeur, contient à gauche l’interrupteur automatique, en-dessous duquel se trouve un coupe-circuit tripolaireà lames; à droite est installé le régulateur automatique ; le tout est monté sur un socle en fonte. Normalement la boîte est fermée. Son poids, complètement installé, atteint 40 kilogrammes environ.
- L’interrupteur automatique sert, d’une part, à coupler la dynamo à la batterie, en la faisant débiter en même temps sur les lampes, d’autre part à introduire une résistance graduelle dans le circuit des lampes et une résistance constante dans celui de la batterie ou à mettre en court-circuit cette dernière quand la dynamo est coupée. Il se compose d’un électro à deux enroulements au-dessus duquel pivote un levier à double bras. Aux extré. mités de ce levier sont fixés des tirants, celui de gauche porte un noyau en fer doux, au-dessous duquel se trouve un contact isolé ; celui de droite et muni d’un contrepoids qui, - l’appareil étant au repos, retire la fourche des godets de gauche; en même temps le contact de droite se ferme, et la résistance des lampes, ainsi-que celle de la batterie, sont mises en court-circuit.
- Pour que l’intensité du courant de la dynamo, ainsi que la tension, restent dans les limites données indépendamment de la vitesse du train, un régulateur de tension agit sur le rhéostat d’excitation de la dynamo, en changeant la résistance du circuit d’excitation de façon que la tension aux bornes de la machine reste pratiquement constante. 11 se compose d’un électro à deux enroulements, dont l’un à fil fin et l’autre à gros fil. Le dispositif de contact, en-dessous, est constitué par une boîte métallique munie de quatre fenêtres, et concentriquement à laquelle sont disposées des disques de contact isolés entre eux et décalés de 90°.
- p.79 - vue 79/416
-
-
-
- 80 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2e Série). — N? 29.
- Ce sont ces disques qui jouent le rôle de contacts pour le réglage. Le noyau en fer doux porte à son extrémité inférieure un piston en isolant. Le vase de contact ainsi constitué est rempli de mercure. Si le courant d’excitation de l’électro est nul, le piston descend à la position la plus basse du vase et fait monter le mercure qui met en court-circuit les disques. Si, au contraire, le noyau est attiré parl'électro, le piston monte, tandis que le mercure descend, et une résistance est introduite dans le circuit d’excitation de la dynamo.
- L’installation de la canalisation à l’intérieur de la voiture, la disposition des lampes et interrupteurs, ensuite le type et remplacement de la batterie ne sont aucunement changés quand on passe du fonctionnement par accumulateurs seuls au régime mixte. La figure i donne le schéma de distribution dans ce cas, i représentant l’induit de la dynamo, 2 son inducteur, 3 le rhéostat de réglage manœuvré par le solénoïde 4 du régulateur automatique, 5 une
- 18
- résistance de réglage dans le circuit de la bobine 4, grâce à laquelle le régulateur se trouve sous là tension voulue et qui supprime l’influence de la variation de résistance de la bobine 4 avec la température. En dérivation sur la dynamo est placée la bobine 6 avec la résistance d’ajystage 7 de l’interrupteur automatique. Les trois dérivations mentionnées (2-3, 4-5 et 6-7) sont protégées par le coupe-circuit 8; 9 et 10 sont des bobines parcourues par le courant principal.
- Le train se mettant en marche, la dynamo commence à tourner, la tension augmente progressivement et atteint la valeur correspondant à la tension
- delà batterie pour une vitesse d’environ a5 kilomètres à l’heure. L’appareil est réglé de telle façon que, quand la tension devient égale à celle de la batterie, les godets 11 et 12 sont reliés, et la dynamo couplée à la batterie. La tension aux bornes augmente et atteint la valeur 2,4 X 1‘1 (I2 éléments) soit 29 volts; c’est la limite supérieure de la tension. A partir de cette limite la résistance des lampes (14), ainsi que celle de la batterie (i5), qui sert à limiter le courant de charge, sont progressivement introduites. Le courant de charge passe par les bobines 9 et 10, les contacts 11, 12 et la résistance i5 à la batterie. La bobine 9 agit dans le même sens que 6. La vitesse continuant à croître, le régulateur entre en action pour maintenir la tension aux bornes de la dynamo à la valeur constante. La bobine 10 du régulateur agit dans le même sens que 4 et a pour but d’empêcher une surcharge de la dynamo. Quand le train ralentit, le régulateur met la résistance de réglage 3 en court-circuit, la tension aux bornes de la dynamo baisse et le contact entre 11 et 12 se trouve interrompu. Pendant l’arrêt du train, le courant de la batterie passe par le contact 16 (les résistances 14 et i5 étant en court-circuit) et alimente les lampes. La résistance des lampes est calculée de façon que, pour la pleine charge, la chute de tension soit de 5 volts; la tension aux lampes est alors de 24 volts.
- Considérons maintenant l’influence de l’extinction des lampes sur la tension de ces dernières. Prenons comme exemple une voiture à 3 essieux avec 14 lampes à incandescence de 20 bougies Hefner, dont 10 dans les compartiments et 4 dans le couloir. La tension constante aux bornes de la dynamo est de 29 volts, celle des lampes (pendant l’allumage) 24 volts et leur résistance o,36 ohm. Quand toutes les lampes des compartiments sont éteintes, le courant qui traverse le circuit est de 7,5 ampères, et lorsqu’elles sont allumées, il est de 14 ampères. La tension aux bornes des lampes du couloir monte donc à 26,3 volts au lieu de 24 volts dans le dernier cas. Etant données la basse tension d’exploitation, l’intensité lumineuse assez forte et la consommation spécifique des lampes (1,2 w), cette différence de tension ne peut en aucune façon influencer la durée de fonctionnement des lampes. En ce qui concerne les frais d’exploitation et d’entretien des installations d’éclairage des trains par le système mixte on ne peut^pas encore donner de chiffres définitifs, étant donnée leur courte durée de fonctionnement. Pour endonneruneidée citons les chiffres relevésen 1911 ;
- p.80 - vue 80/416
-
-
-
- 81
- 20 Juillet 1912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ils donnent les frais moyens d’exploitation par voiture. Tableau II.
- FRANCS
- > Appointements et salaires du per sonnel de service et de contrôle, réparations de faible impôt*-
- tance 58,38
- 2 Consommation de lampes
- a) Consommation normale. . . . 95
- b) Lampes cassées o,65
- c) Lampes égarées 0,43
- 3 Matériaux employés : mercure, balais de collecteurs, monture de lampes, coupe-circuits, con-
- nexions, graissage et nettoyage. -*
- 4 Courroies 13,62
- 5 Accessoires pour boucler les cour-
- roies 0,60
- G Serrures de fermeture des boîtes
- de batterie 023
- 7 Réparations effectuées par le four-
- nisseur 2 j°7
- 8 Entretien des accumulateurs 62,37
- Total 184,87
- Les frais par voiture et par jour sont donc de 5o,4 centimes.
- Le temps d’éclairage par jour étant en moyenne de 4)1 heures, les frais par heure seront d'environ 12,6 centimes et par lampe : 0,89 cent. Dans cette évaluation, on n’a pas tenu compte de l'amortissement et intérêt du capital de premier établissement; de même la consommation de charbon exigée par la commande de la dynamo était considérée comme négligeable. Le prix d’une installation complète par système mixte se calcule d’après les prix actuels, y compris les accumulateurs et le montage, pour une voiture à 3 essieux, à 3 15o francs.
- L’éclairage électricpie des trains par le système mixte a certains avantages sur les autres systèmes d'éclairage. Il exige un entretien d'une importance négligeable pendant l’exploitation et rend les voitures indépendantes des stations de charge et de remplissage. C’est pourquoi l’éclairage électrique, surtout avec l’avènement des lampes de faible consommation, revient moins cher que l’éclairage au gaz d'huile, tout en donnant la même intensité lumineuse (*).
- J. S.
- (') Article du Dr M. Jakob dans la Technik und IVirt-Schaft, 1910, n°“ 9 et 10 et YElektrotechnische Zeitschrift, 1912, n° 2.
- VARIÉTÉS
- LeIIe Congrès national du froid (23-25 septembre 1912).
- Le programme du 11° Congrès national du froid, qui se tiendra à Toulouse, les 23, 24 et 25 septembre prochain, vient d’être publié.
- Ce Congrès, organisé par l’Association française du froid, sous le patronage des ministères de l’Agriculture, de la Guerre, des Colonies, de l’Intérieur, du Commerce, de l’Industrie et des Travaux publics, a pour but de présenter les résultats déjà obtenus dans la France et ses colonies, grâce à l'emploi du froid, et surtout de mettre en évidence l’intérêt national qui s’attache à ce que la France se hâte d’utiliser
- principalement les applications agricoles et militaires du froid.
- Le Congrès sera suivi de deux voyages d’études au cours desquels les congressistes étudieront spécialement l’application du froid à la vinification dans la région du Midi et l’application du froid à l’industrie du fromage de Roquefort. Un de ces voyages se terminera par la visite de l’Exposition frigorifique de Bourges, organisée par l’Automobile Club du Centre (l).
- (') Pour tous renseignements concernant le Congrès, s’adresser: soit au secrétariat de l’Association Française du Froid, 9, avenue Carnot, Paris, soit au siège du Comité Toulousain du Congrès à la Mairie de Toulouse.
- p.81 - vue 81/416
-
-
-
- 82 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N" 29.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction,
- Machines dynamo-électriques à grande vitesse, par H.-M. Hobart et A.-G. Ellis, ouvrage traduit de l'anglais, — i volume in-8° de 558 pages avec 3?8 figures. — L. Geisler, éditeur, Paris. — Prix : broché, 25 francs.
- L’ouvrage que nous présentons aujourd’hui aux lecteurs est la traduction de la High Speed Dynamo Electric Machinery, éditée en 1908, traité qui aeuun très grand succès auprès des ingénieurs et des constructeurs de dynamos.
- L’apparition d’un ouvrage d’un spécialiste comme M. Hobart, après la publication des traités des moteurs électriques et des génératrices à courant continu, est, du reste, une véritable aubaine, et c’est avec une très grande satisfaction que nous avions lu à l’époque l’édition anglaise.
- L’édition française de la librairie Geisler arrivant quatre ans après sa devancière, c’est-à-dire après une période d’étude intensive pour les dynamos à grande vitesse, les traducteurs ont dû, avec l’assentiment des auteurs, revoir certaines parties de l’ouvrage et le compléter sur bien des points. Les exemples de construction ont été de même rajeunis, de façon à présenter au lecteur des machines exécutées depuis peu de temps.
- Une partie intéressante, inspirée des travaux des auteurs publiés récemment dans les revues anglaises, a été ajoutée : c’est celle qui concerne la comparaison des poids et des prix des dynamos à courant continu et des alternateurs.
- L’ouvrage qui, au dire des auteurs, devrait plutôt être intitulé : Influence de la vitesse et de la puissance dans la construction des machines électriques, est divisé en trois parties.
- La première, celle des considérations générales, s’occupe surtout des coefficients employés pour le calcul des dynamos, des procédés commodes pour la prédétermination des températures, et, enfin, des matériaux employés dans la construction.
- La seconde partie traite ensuite de la construction des alternateurs. Elle comprend des considérations générales sur l’influence de la vitesse et de la puissance dans les constructions de ces machines ainsi que des procédés généraux de calcul; elle comporte, enoutre,des études très intéressantes sur l’influence de la vitesse et du nombre de pôles dans le cas d’une machine de puissance déterminée.
- La troisième partie correspond à des études ana-
- logues sur les dynamos à courant continu en y ajoutant l’influence de la tension aux bornes.
- Les traducteurs ont ajouté quelques appendices, que nous eussions vus, avec plaisir, beaucoup plus nombreux, sur différents points relatifs à des modifications assez profondes de conditions de construction intervenues depuis le début de leur travail.
- En résumé, ce livre très documenté, avec ses nombreuses figures et diagrammes et sa multitude de tableaux, constitue une œuvre intéressante au plus haut chef pour les constructeurs et même pour ceux qui ont à s’occuper de l’utilisation des turbo-dyna-mos, en général. Aussi nous ne doutons pas qu’il ait en France le succès qui lui revient. .
- La traduction par des ingénieurs, appartenant de toute évidence au monde constructeur, contribuera certainement pour beaucoup à ce succès.
- G. F. Guilbeut.
- Calcul et construction des alternateurs mono et polyphasés par H. Birven, traduit de l'allemand par Dufour. — 1 volume in-8° de 179 pages, avec 126 figures. — Gautiiier-Villars éditeur, Paris.— Prix : cartonné, 6 francs.
- Les ouvrages sur la construction et le calcul des dynamos en général ont évidemment le tort de vieillir trop vite ; c’est la première réflexion qui nous est venue à la lecture du traité de M. Birven. Nous y avons en effet reconnules méthodes et formules empiriques indiquées, il y a une quinzaine d’années, par M. Kapp dans ses « constructions électro-mécaniques .
- Depuis cette époque, méthodes et formules ont bien perdu de leur valeur, carie progrès marche vite et, seuls, les vieux alternalistes se rappellent encore les procédés de calculs en question qui, après avoir eu leur vogue, ont fait place à d’autres d’une rigueur plus en harmonie avec les exigences actuelles.
- Au point de vue construction, ce livre n’est guère plus heureux, car beaucoup des exemples d’alternateurs sont déjà vieux d’une dizaine d’années : c’est presque la vétusté pour un alternateur.
- En somme, le travail de M. Birven et surtout sa traduction en français, nous paraissent venir trop tard et peu susceptibles de rendre service aux étudiants et aux ingénieurs. Pour l’auteur et pour le traducteur, nous serions heureux de nous tromper, mais c’est malheureusement peu probable.
- J. Reyval.
- p.82 - vue 82/416
-
-
-
- 20 Juillet 4912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE 83
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE*
- NOTES INDUSTRIELLES
- Traction par courant continu à 1 200 volts
- (Suite) (*).
- III. — Réseau de Milwaukee.
- Généralités,
- A l’alimentation de ce réseau étendu (fig. 12) concourent les deux usines que possédait la Société exploitante à Milwaukee.
- Elle fait en outre appel à une centrale hydraulique établie depuis peu à Kilbourn,'à 112 kilomètres de Watertown et à ig3 de Milwaukee. Le courant est du triphasé à 25 périodes. La ligne de transmission Milwaukee-West Allis est en câble
- Sous-Stations,
- Les sous-stations à 1 200 volts sont réparties comme l’indique le plan : Watertown et Waukesha Beach, d’une part; West Allis, East Troÿ et Burlington, d’autre part.
- La sous-station Watertown a été constituée par l’addition des machines à 1 200 volts (quatre commu-tatrices dont trois visibles (fig. i3) au matériel composant primitivement l’usine, et distribuant à la ville l’énergie motrice et l’éclairage : ainsi s’explique la présence d’un turbo-générateur hydraulique (3oo kilowatts) et de deux changeurs de fré-
- jraa J^
- Fig. 12. — Carte du réseau à i 200 volts de Milwaukee.
- souterrain à i3 200 volts. Pour le reste, le réseau haute tension est en lignes aériennes alimentées d’abord à la tension de 38 100 volts par transformateurs à connexions triphasées en triangle. Les promoteurs se sont ainsi réservé d’élever la tension de distribution à 66 000 volts en passant simplement de la connexion triangle au montage étoile.
- quence visibles au fond du bâtiment (fig. i3).
- La sous-station West-Allis est mixte, elle aussi, et son matériel à 1 200 volts (deux commutatrices de 5oo kilowatts) ne représente qu’une minime addition au matériel antérieurement installé pour le service d’éclairage de la ville et pour la traction à 600 volts. On verra plus loin que ce dernierservicej»eut être assuré parles commutatrices à 1 200 volts elles-mêmes. Cette sous-station se distingue aussi par la
- (*) Voir Lumière Electrique, i3 juillet 1912.
- p.83 - vue 83/416
-
-
-
- 84 LA LUMIÈRE
- réception du courant de Kilbourn à 66 ooo volts et sa transformation pour le réseau souterrain à i3 2ûo volts. Les transformateurs sont de 2000 KVA à bain d’huile et circulation d’eau. Deux vues extérieures de cette importante sous-station sont données(fig. i5 et 22), où se voient entre autres l’arrivée des lignes à 6600b volts et l’entrée du dépôt qui complète l'installation.
- Les trois autres sous-stations assurent exclusivement un service de traction, et on pourrait ajouter de traction à 1 200 volts, n’était le fonctionnement .du tronçon Waukesha Beach-West Allis sous 600 volts, qui impose à la sous-station Waukesha de distribuer son courant sous 600 volts d’un côté et sous 1 200 volts de l’autre. C’est une condition parfaite-
- ÉLECTRIQUE T. XIX(2* Série). ~ Ne 29.
- et des photographies d’intérieur (fig. 14, 17, 18 et 19):
- Machines.
- Il n’y a pas lieu de répéter ici les observations qui ont déjà été faites sur le bon fonctionnement, la capacité de surcharge, etc., des commutatriccs de 3oo kilowatts : il en est de même des machines de 5oo kilowatts dont la pleine charge normale de 834 ampères est facilement dépassée.
- Tableau, de distribution (fig. 19).
- Des cinq panneaux composant le tableau normal :
- Un commande la ligne à 1 200 volts;
- Deux les machines côté basse tension;
- Deux les machines côté liante tension.
- Fig*. i3. — Réseau de Milwuukee. — Section machines de la sous-station Wuterlown.
- ment remplie par le même groupe de eommutatrices.
- A toutes les sous-stations est appliqué le principe de division nette en deux parties : la section machines' (fig. i3 et 17) et la seclion haute tension (fig. 14 etiq).
- Alors que Waukesha comporte trois commutatri-ces de 5oo kilowatts dont’une de réserve, les deux autres sous-stations contiennent chacune deux groupes de deux machines, de chacun 600 kilowatts ; la disposition des appareils dans ces deux sous-stations est absolument la même et, pour la connaître en détail, il suffit de s’en rapporter au plan (fig. 20) e~t à sa légende. En coupe (fig. 21), la sous-station Waukesha leur est presque complètement identique. Il en est de même de la vue extérieure (fig. 16)
- Bien qu’on n’y remarque aucun disjoncteur, les deux derniers panneaux en sont pourvus, alors que sur les deux précédents des interrupteurs les remplacent. Mais les disjoncteurs sont à l’arrière, „et seule leur tige de commande est renvoyée à l’avant.
- La disposition donnée aux rhéostats, au-dessus des panneaux, n’est ni normale ni voulue ; en général, on les fait reposer directement sur le sol, mais la place a manqué pour le faire dans cette installation.
- Les transformateurs, groupés par trois pour chaque couple de. commutatrice, présentent les dispositions déjà examinées pour le démarrage, et naturellement diffèrent par leur tension primaire :
- p.84 - vue 84/416
-
-
-
- 20 Juillet 1912. " y LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE 8?V
- pour West Âllis i3 200 volts et, pour les autres sous-stations, 66000 volts.
- Section haute tension.
- Pour pénétrer dans la section haute tension, les lignes passent à l'intérieur d’isolateurs montés verticalement sur le toit ; après quoi elles se relient à un interrupteur tripolaire à deux directions (là se fait le départ du circuit parafoudres (*) (fig, 18), puis elles gagnent, par une bobine de self, des section-neurs et des interrupteurs à huile, les primaires des transformateurs (dont les secondaires, dcdou-
- Fig. 14 — Réseau de Milwaukee. — Vue des interrupteurs à huile de la sous-stution AVaukesha Beacli.
- blés, se relient aux anneaux à courant alternatif des commutatrices).
- Lignes.
- Les cornes des parafoudres sont extérieures au bâtiment et montées sur le toit, au droit des isolateurs d'entrée, ainsi qu'on le voit (fig. 22). Cette figure montre surtout la section terminale des lignes à haute tension. A la gauche de la figure 23 se voient les dispositions générales adoptées dans le montage des memes lignes : poteaux métalliques, isolateurs suspendus, etc., au-dessous des consoles et ne reposant pas sur elles. Une partie de ce réseau
- (*) Ces parafoudres sont du type électrolytique (voir Lumière électrique, 6 juillet 1912.
- de distribution haute tension est établi en fil de cuivre, une partie en câble de cuivre, une partie enfin en câble d’aluminiurn de section équivalente.
- Feeders et lignes de trolley sont portés en général par les mêmes poteaux \ la suspension est généralement caténaire,- sauf certaines sections établies sur consoles,ainsi qu’on le voit sur quelques figures.
- Matériel roulant.
- Le service à effectuer est très variable, et tantôt il ne comporte l'emploi d’aucune remorque, tantôt il exige, au contraire, l’adjonction à chaque automotrice de deux ou trois voitures de remorque (de plus de i5 tonnes chacune).
- Le matériel roulant comporte 3o motrices, dont 25 à voyageurs : io de ces dernières portaient primitivement des équipements à courant alternatif simple et ont été transformées en employant des moteurs de 75 chevaux.
- Aux i5 autres motrices à voyageurs sont affectés des moteurs de i»5 chevaux Ces deux types de moteurs sont construits pour fonctionnera volonté sous 600 ou 1 200 volts, en série par deux. Ces deux types de moteurs sont toujours à pôles de commutation.
- Sous le plancher des voilures est placé le commutateur 600/1 200 volts, dont la commande se termine à chaque extrémité de la voilure par un levier à portée du conducteur. C’est lui qui, les circuits auxiliaires (sauf celui du compresseur) ne supportant que 600 volts, les relie à la ligne dans les sections ou sa tension a cette valeur, et au « dymamoteur » dans les autres sections. Au régime de 1 200 volts, il fait aussi passer les moteurs de a série » à a série-parallèle » et, au régime 600 volts,‘de « série-parallèle » à « parallèle ».
- Le reste des appareils du circuit moteurs est entièrement « standard » à isolement renforcé ; perche et roulette de trolley sont absolument «standard».
- Les appareils de commande sont à accélération non automatique, contacteurs et inverseur usuels étant à isolement renforcé.
- Nous donnons (fig. 24) le plan d’un intérieur de voilure qui montre la disposition des caisses.
- IV.— Lignes a 1200 volts d’Indianàpolis-Louisville, de Pittsburg-Harmony, etc.
- En poursuivant 1 examen des réseaux en exploitation à 1 200 volts, on constaterait que-* les applications successives en sont faites suivant une lechni-
- p.85 - vue 85/416
-
-
-
- 80
- LA LUM1ERB ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série), -^ N« 2^
- que qui ne subit pas de variations. Tout au plus trouverait-on quelques détails à signaler ici et là qui offriraient quelque intérêt en démontrant la souplesse du « i 2oo volts » et sa portée.
- C'est ainsi que nous le voyons, dans le réseau,
- Le courant continu à i 200 volts est directement produit dans une usine génératrice et, à l’inverse des précédents, le réseau ne comporte aucune sous-station.
- Les machines sont des moteurs monocylindriques
- Kig. i5. — Réseau de Milwaukee. — Vue extérieure de la sous-station West Allis et de son dépôt de voitures.
- pourtant étendu d’Indianopolis, s’affranchir du concours de l’alternatif qui, dans les réseaux précédents, restait l’auxiliaire en apparence indispensable delà transmission d’énergie à distance.
- La régulation de tension est moins bonne il est vrai. Et comme il en pourrait résulter des raies pour les contacleurs, on a sans peine trouvé à cette éventualité une solution satisfaisante que, sans détails, nous exposons plus loin.
- Indianapolïs-Louis ville.
- Les lignes à 1 200 volts d’Indianopolis à Louis-ville ont un développement de près de 70 kilomètres et, comme les réseaux précédents, elles comportent quelques « enclaves » à 600 volts.
- Production du courant à 1 200 volts.
- l/usine est placée non loin du centre et les fee-ders sont à peu près symélriqiies. Ils sont reliés au fil de trolley tous les 3oo mètres environ, constituant ce qu’on appelle généralement en France des distributeurs, pour les distinguer des feeders ordinaires*
- 'Ces dispositions très simples dispensent de sous-stations et permettent d’alimenter pourtant une longueur de ligne de plus de 60 kilomètres.
- Allis-Chalrners, portant chacun les induits de deux génératrices de 3oo kilowatts à 600 volts, excitation compound ; les enroulements série sont du côté
- Fig. if>. — Réseau de Milwaukee. — Vue extérieure des sous-stalions types Waukesba Beach et Burlington.
- terre par rapport aux machines. Deux de ces unités alimentent directement la ligne au droit de Pusine et les feeders.
- p.86 - vue 86/416
-
-
-
- 20 JuÜlet 1912, r LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE '.; ^ ^ 8|
- Le tableau de distribution comporte 6 panneaux ; deux de génératrices, deux de 1 feeders et deux d'excitatrices.
- ' Ligné à i aoo volts.
- Là ligne est montée entièrement sur consoles, et son isolement est double de l’isolement ordinaire à 600 volts. Les distributeurs sont portés par les consoles supportant la ligne téléphonique.
- i .
- Equipements électriques.
- Il y a 10 voitures motrices, dont 8 à voyageurs et a à service express.
- Les moteurs ont une puissance de 75 chevaux, a
- Il arrivait donc qu’avec un seul relais, et pour certaines valeurs de la tension,le rejaiè était paresseux, et son disque restait en contact assez longtemps pour permettre l'enclenchement simultané de deux contacteurs successifs.
- Or, l’enclenchement simultané de deux contacteurs correspondant à deux crans successifs, occasionnerait des à-coups de courant dangereux pour les moteurs, et aussi des variations d’accélération désagréables pour les voyageurs.
- C’est pour cela que le relais ordinaire d'accélération est ici remplacé par deux relais identiques, l’un agissant sur une série de contacteurs, le second sur
- Fig. 17. — Réseau de Milwaukoe. — Vue intérieure, section machines, de lu sous-station Waukesba Beach.
- pôles, de commutation, au nombre de 4 par voiture.
- Le combinateur, série-parallèle, est à relais automatiques, avec la connexion du pont au passage de série à parallèle. 11 n’a qu’une manette, qui est constamment rappelée au zéro par un ressort, sitôt que le wattman abandonne la poignée. A un sens de rotation de la manette correspond la marche avant à l’autre sens, la marche arrière.
- Grandes variations de la tension.
- Il a été indiqué plus haut que les variations de tension trop étendues exposaient les contacteurs à des ratés ; et cela se comprend aisément, car elles influencent inégalement, au point de vue « constante de temps », les relais et les contacteurs.
- une autre série, et chaque relais entrant en jeu de deux en deux crans. ' >
- Réalisation des mêmes vitesses à 600 et 1 200 volts. '
- Ce résultat est obtenu de la façon suivante : Sous 1 200 volts, les moteurs sont groupés deux par deux en parallèle, et les résistances sont toutes en séries. Sous 600 volts, les moteurs sont groupés deux par deux en parallèle, et les résistances sont connectées en parallèle, de façon à ce que leur valeur totale soit quatre fois moindre que sous 1 200 volts. Ces différents groupements des moteurs et des résistances de démarrage sont obtenus à l’aide d’un commutateur spécial à deux directions: l’une correspondant
- p.87 - vue 87/416
-
-
-
- 88 LA LUMIERE ELECTRIQUE T. XIX (2» Série). 29.
- au fonctionnement sous i 200 volts, l'autre à la marche sous 6oo volts.
- ! )
- Marche à deux moteurs.
- Ici aussi, la marche à deux moteurs a été prévue. Sous 1200 volts, les deux moteurs restants marchent forcément en série, étant donné qu’ils sont bobinés pour 6oo volts. Sous 6oo volts, le démarrage série-parallèle pourra être utilisé.
- La mise hors circuit de l'une ou l'autre paire de moteurs est obtenue par la manœuvre d’un commu-
- ir\j. 18. — Roseau de Alilwaukcc. — Parafoudres éteclroly-liques de la sous-station NVaukosha Beacli.
- tateur, qui établit une connexion permettant le démarrage en parallèle. Aux positions correspondant à la marche à; deux moteurs, ce commutateur coupe cette connexion, empêchant alors le démarrage en parallèle. Mais, d'après ce que nous avons dit plus haut, le démarrage série-parallèle est utilisé même avec deux moteurs seulement sous la tension de 6oo volts et, dans ce caSj il devient nécessaire de rétablir la connexion précitée. Ceci est réalisé par le commutateur Goo/i 200 qui, à la position 600 seulement, rétablit ladite Connexion.
- Pittsiîuiîg-Hahmony, Butler anl> Newcastle Railway.
- Son développement est de 121 kilomètres, comportant des sections à 600 volts et à 1 200. Il y a 19 équipements à tx moteurs, également de la puis-
- sance de 75 chevaux, bobinés pour 600 volts et isolés pour 1200 volts.
- Le contrôle est à relais automatique simple, série parairëie!(çqhnexion du pont). Comme dans l'équipement .précédent,,de çpntrÔleur^n’a qu'une manette avec rappel au zéro. Mais la vitesse obtenue sous §0,0 yolts estda moitié de celle obtenue sous 1 200
- Lorsqu’il faut se servir de deux moteurs seulement, le démarrage ne peut être que rhéostatique, et il faut couper la connexion permettant le démarrage série-parallèle. Ceci est réalisé par un commutateur permettant, pour la marche à deux moteurs, de couper ladite connexion et de la rétablir pour la marche à quatre moteurs.
- Southern Pacific Railway.
- La longueur de la ligne est de 19 kilomètres. Il y
- 19. — Réseau de Milwnukce. — Tableau à i 200 volts de la sous-station Waukcsha Beacli.
- a (35 voitures à !\ moteurs de 12$ chevaux. La tension delà ligne est de 1 200 volts sur tout le parcours. Les moteurs sont bobinés pour 600 volts et isolés pour 1 200 volts. Ils sont constamment groupés deux par deux en série. Le système de commande est exactement le même que celui employé pour le Pittsburg-Harmony, Butler and Newcastle'Raihvay * seul le nombre de touches du contrôleur est diffé-i
- rent.
- p.88 - vue 88/416
-
-
-
- 20 Juillet 1912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE 89
- Fig. 20. — Réseau do-. Milwaukee. — Vue en plan des sous-stations type* Fasl Trov et Bmlington (voit* fig. 21).
- llàof Inlet Bushings. — Isolateurs d'entrée.
- Gtio/cc Coils. — Bobines de self.
- filech'olytic Lighlning Arresters. — Parafoudres électrolytiques.
- Iforn Gap Operating Pipe. 7— Tuyauterie rie commande des parafoudres.
- Disc. Switches. — Sectionneurs.
- OU Switches. — interrupteurs à huile.
- Operating Sw. Boord. — Tableau de commande.
- Transformers. — Transformateurs.
- 3oo kw., 5 Phasç,.Qoo volts, G. E. Botary Converlers. — Cominutatrices.
- + 1200 Y.Mach. —Cominutatrices groupées (côté-f-1200). — (ioo V. Mach. — — ^ — (côté—Ooo).
- Slarting Sw. Beaclance. — Interrupteur de démarrage. Equal. Sw. — Interrupteur d'égalisation.
- PU for Transformer. — Fosse de trunforniotcur.
- J )arti eu la ri tés du / 'ésea u.
- La ligne a un profil assez accidenté et il arrive que, dans certaines rampes, l’intensité de réglage des relais est trop faible pour que le train puisse démarrer. Pour obvier à cet inconvénient, un relais spécial a été prévu, supprimant momentanément l’action des relais d'accélération automatique, et assurant un démarrage à intensité plus élevée que celle pour lacpielle est réglé l'automatique.
- Pour le faire agir, il suffit d’imprimer à l’interrupteur une série d'impulsions: à chaque fermeture,
- suivie immédiatement d'une ouverture, correspond un cran de démarrage.
- La voiture est munie de deux relais différentiels pour limiter le patinage.
- Marche à deux moteurs.
- Le démarrage rhéostatique est seul possible avec doux moteurs seulement, puisque ces moteurs sont à (ioo volts et connectés d’une façon permanente en série, mais, en raison de ce que le profil est dur, le schéma est établi de telle sorte que c'est le relais réglant le démarrage en parallèle qu'on utilise. On a
- p.89 - vue 89/416
-
-
-
- !)0
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2« Série). — H»29.
- Fig. 21. — Réseau de Milwunkee; — Élévation et coupe suivant MM (iig. io), des sous-stations typés East Troy et
- Biirlinglon.
- A, Isolateurs d'entrée. — B, cornes de pâi'afoildres. — Stg. Sw., Interrupteur de démarrage. — H. T. Relay,
- Relais haute tension.
- y
- vu, plus haut, que ce relais est réglé à une intensité plus grande que le rëlàis du démarrage série. Toute la sérié des contdcteurs fonctionné^ mais sans
- arrêt, jusqu’au septième cran correspondant à la marche en parallèle. A ce moment seulement Commence le démarrage.
- Tableau I
- NOM DE LA LIGNE % KILOMÈTRES DE VOÎI5 SIMPLË NOMÈRE DE VOITURES NOMBRE DES MOTEURS par voiture PUISSANCE DU MOTEUR en chevaux TliNSlbN DE LA LIGNE en Volts
- Italie : Brescia, Salo, Toscolano (S. E. Bresciaria)* /,8 I O 4 r» i 200
- Brescia, Storcheta et Brescia (S. E. Bres-ciana) ; . i 2 8 2 45 1 200
- Monza, Meda, Gantù. 3o 3 4 45 1 200
- SocietàTramvie Ëlettrichë Briantèë (Monza) » » >j » )>
- Amérique ; Central California Traction G0 Stoékton... 14 4 75 1 200
- IndianapOÜS and Louisvillë Traction C° Ind 66 IO 4 70 - 600/1200
- Indianapolis, Columbus and Southern Traction C° )) 3 4 75 600/1200
- Pittsburg, Harmony, Butler and Newcastle. 121 >9 4 75 G00/1 200
- Southern Pacific Railway (Oaklând Division) J9 65 4 125 I 200
- Aroostoclc Valley Railway., >9 3 4 5o I 200
- Sapulpa and Interurban Railway. .. 29 7 4 5o 600/1200
- Shore Line Electric Railway 84 I 2^ 4 5o * 600/1 200
- Southern Cambria State Railway 38 /| 4 75 600/1200
- Leridan Middletown and Guilford 32 3 4 5o 600/1200
- Washington, Baltimore and Annapolis. . . . 129 2 4 I2f> 600j 1200
- Washington, Baltimore and Anhàpolis. . .. Miiwâukëé Electric RitilWàÿ and Light.... >i 32 .4 75 600/1200
- 121 ï 5 4 75 606/1200
- Milwaukee Electric Railway and Light..,. » j 5 4 ia5 600/1 âôo
- p.90 - vue 90/416
-
-
-
- 20 Juillet 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 91
- En conclusion dë cet examen trop détaillé de réseaux nombreux déjà; nous donnons dans le ia-bleau I une liste des installations à i àoo volts, qui en résumé succinctement les caractéristiques principales.
- Les résultats d’exploitation communiqués par ces réseaux justifient entièrement l’adoption du système qüi vient d’ôtre exposé, ce qui fait que, en face du môme programme à remplir, les Compagnies américaines font appel au même système ; aussi figure-t-il déjà, dans la liste ci-dessus, quelques extensions apportées aux installations pourtant récentes.
- Les conclusions des intéressés sont tout à fait concordantes et toutes représentent le i aoo volts comme comblant àla perfection une lacune, entre le 6oo volts de portée trop limitée et l’alternatif réservé aux plus longues lignes.
- Fig. a3. — Réseau de Milwaukee. — Lignes de construction courante.
- Il est malheureusement impossible de résumer les résultats d’exploitations différant si complètement les unes des autres et, pour être équitable envei’.s lés différents Systèmes de traction, c’est en loiite précision qu’il les faut comparer dans les conditions mêmes d'application qu’exige le réseau intéressé, le programme à remplir par lui, les conditions locales dont il doit être tenu compte.
- Cetté étude ne saurait donc être donnée dans Cet article.
- U-------------------4«-------—--------
- U-----------sL-------------------------33-3
- Fig. a|. — Réseau de Milwnukei', — Vue intérieure d une voiture,
- p.91 - vue 91/416
-
-
-
- 92 LA LUMIERE ELECTRIQUE T. XIX (2e Série).’— 29
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Le dernier exercice du Triphasé a été particulièrement brillant; mais, suivant les traditions constantes de la Société, les actionnaires ne s’en sont p nère aperçus en dehors de la situation que leur i évèle le bilan. Malgré un accroissement de production de courant qui a atteint 87 % et qui s'est, traduit par un bénéfice net de 2 404 908 fr. 27, le Conseil n’a distribué que 4 % de dividende aux actionnaires. D’ailleurs la répartition est la suivante :
- Bénéfice net : déduction faite dés réfections de machines, frais d’entretien, intérêt des obligations et divers.................... 2 4^4 9°8 27
- Amortissement des frais de constitution,outillage, valeurs en portefeuille et divers............... /\oi 276 67
- Amortissement supplémentaire... 1 5oo 000 »
- Réserve légale : 5 %.............. 42 63i 60
- Aux actionnaires ; 4 %............ 56o 000 »
- Report à nouveau.................. 260000 »
- Total égal...... 2 404 908 27
- Ainsi le Conseil n’a distribué que 27,5 % du bénéfice net.
- Cette attitude lui a été dictée par le souci de conserver la disponibilité dont il a besoin pour l’extension de ses usines et réseaux. Actuellement, pour faire face aussi bien à la demande des secteurs qu’à celle de ses autres clients, il a été conduit à installer un turbo-alternateur de 10 000 kilowatts, puis de nouvelles chaudières pour 6 000 kilowatts ; mais il envisage que la clientèle des secteurs lui échappera en 1913 par la substitution des deux usines Nord et Sud de la Compagnie Parisienne de Distribution aux siennes propres et il prévoit des immobilisations importantes en sous-stations pour le service des tramways, en réseaux pour le service de toute une zone qui s’étend au nord de Paris, en dehors de la région déjà desservie par Tusine d’Asnières et jusqu’au-delà des confins du département de l’Oise.
- Cette politique de prudence lui permettra de faire face en partie, sans faire appel à de nouveauxjcapi-taux, à l’exécution"de ces projets. Au lendemain de l’assemblée précédente, l’émission des nouvelles obligations avait permis à la Société de réduire ses créditeurs divers de 2 047 351 fr.89 à Saoq^fr. o3. Les disponibilités supérieures à 3 millions apparaissent comme suffisantes pour permettre à la Société de faire face si besoin était aux versements des deux derniers quarts des actions de la Compagnie Pari-
- sienne. Le Conseil ne faisant point état de la plus-value acquise par celles-ci continue à les inventorier à leur prix d’émission ; il }r a de ce chef une réserve complémentaire sur le portefeuille qui, dans l’appréciation de l’affaire, doit s’ajouter aux8 600 000 francs d'amortissements et réserve inscrits au passif, La valeur intrinsèque du titre est donc de beaucoup supérieure à celle que lui assignerait son revenu sur la base du dividende constant de 4 % * Le public d’ailleurs s’en est dernièrement rendu compte et le cours de 700 qui n’avait pu être atteint avant 1911a été dépassé largement puisque, coupon détaché, il est encore au 2 juillet de 839 francs.
- Une assemblée générale extraordinaire qui a suivi celle ordinaire a décidé que désormais l’exercice social commencerait le ier janvier pour finir le 3i décembre, avec un exercice de transition du ier mai 1912 au 3i décembre 1913.
- Le même jour se tenait l’assemblée de la Société d’Éclairage électrique du Secteur de la place Clichy. On sait ses affinités avec la précédente. Elle a cédé au Triphasé au cours de l’exercice pour 200 000 francs les immeubles de la rue de Puteaux qui lui appartenaient, et le Triphasé lui a fourni l’énergie nécessaire à son exploitation.
- Celle-ci a été particulièrement fructueuse puisque le bénéfice net provenant de la clientèle de l’Union des Secteurs s’est élevé à 1 788 025 francs, en augmentation de 170000 francs environ sur l’exercice précédent. Sur cette somme le Conseil a prélevé 848 025 francs à divers titres (dépréciations diverses, droits d’usage) et a réparti le surplus,soit 940 000 fr. aux actionnaires et aux administrateurs. Les actionnaires ont ainsi touché i3 % de dividende total et les administrateurs se sont distribués 160 000 francs. Le Secteur de la place Clichy s’achemine peu à peu à une liquidation de sa situation financière car au point de vue commercial, il n’est plus que le locataire de la Compagnie Parisienne de Distribution pour le compte de laquelle il exploite jusqu’en 1914. Aussi peu à peu les immobilisations disparaissent à son actif,sauf celles du portefeuille et de l’immeuble de la rue Pasquier sur lequel la Compagnie de Distribution a une option. Le portefeuille porté, pour 11 892 217 francs constitue évidemment, la partie la plus importante et la plus intéressante de cet actif : il se compose en grande partie d’actions du Triphasé et de la Compagnie Parisienne de Distribution. Evalué au prix nominal des titres, il comporte par lui-même une plus-value dont le conseil n’a pas fait
- p.92 - vue 92/416
-
-
-
- 20 Juillet 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 93
- état. On peut donc à l’égard de ce bilan qui fait ressortir un excédent de î 219 146 francs des débiteurs divers sur les créditeurs, répéter ce que nous disions pour le Triphasé. Mais le public en a tenu compte en bourse dans des proportions un peu exagérées, le cours de 1900 pratiqué au commencement du mois correspondant sur la base du dividende de 1911 à un rendement brut de 3,4a %. On escompte
- l’avenir.
- «#*
- La Société Allemande Transatlantique d’Élec-tricité nous est un exemple de ce que peut obtenir une exportation intelligente de capitaux qui a pour corollaire une exportation importante de matériel électrique. Nous avons déjà eu l’occasion d’examiner les comptes d’exploitation des usines de Buenos-Aires, Santiago, Yalparaiso et Montevideo. L’exercice écoulé marque de nouveau un immense progrès pour Buenos-Aires qui a consommé 148 346 oii kilowatts-heures au lieu de 129007 o33 pour 1910. Le coefficient d’utilisation est de 76,8 % . L’augmentation de la consommation porte aussi bien sur la consommation particulière que sur la consommation publique ou sur celle des tramways qui ont absorbé 20 5oo kilowatts. Plus de 279 kilomètres de câbles ont été posés au cours de l’année pour desservir n3 701 kilowatts d’appareils divers dont plus de ao 000 moteurs. Les centrales sont au nombre de six capables de fournir 66 390 kilowatts. Desagrandissements d’une part pour 27 5oo kilowatts, d’autre part pour 76 000 sont en voie d’exécution.
- Santiago de Chili a donné également des résultats en très grande amélioration qui ont permis à la Société financière de distribuer 6 % aux actions de préférence et un acompte sur les dividendes arriérés. Le coefficient d’exploitation s’établit à
- 63,2i %, Là encore les installations insuffisantes seront augmentées de 3 000 kilowatts pour la station centrale et de 4 000 kilowatts pour la sous-station.
- A Yalparaiso, il s’agitd’uneentreprisede tramways qui a été fort gênée par les travaux de réfection des voies à la suite du tremblement de terre de 1906. Néanmoins, le nombre des kilomèlres-voiturqs est passé de 3417 4*6 à 5 3o4 670 et les recettes totales d’exploitation ont été de 2 919038 piastres or contre une dépense totale de 1 790 34o piastres or.
- A Montevideo, une grève suivie d’une augmentation des salaires s’ajoutant à l’élévation du prix du. charbon a réduit le bénéfice d’exploitation qui normalement eût dû être en sensible progression sur celui des précédents exercices. Le bénéfice a été consacré au paiement des intérêts des avances consenties en banque et à divers amortissements.
- Comme résultats d’ensemble,la Société allemande Transatlantique déclare 16 142 697 marks de bénéfices nets correspondant .à un capital de 120 millions de marks. Sur cettesomme, 5 606 394 marks ont été réservés pour divers amortissements et versements au fonds de renouvellement des usines, et le solde, soit 10 536 2o3 marks, a été réparti comme suit :
- Aux actionnaires 10 % sur le capital total des anciennes actions et la moitié du capital des nouvelles actions ............ 9 5oo 000 marks.
- Au conseil de surveillance.. . 35? 5a6 »
- A la caisse de secours des
- employés................. 4°° 000 »
- Report à nouveau.... 278 676 »
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- .Tuha. — Le conseil général réuni en session extraordinaire, a adopté le projet de construction des tramways de Lons-le-Saunier à Saint-Julien et à Pierre-en-Bresse a voté l’emprunt nécessaire.
- Yak. — Le conseil municipal de Toulon va étudier le prolongement jusqu’au nouvel hôpital de la marine de la ligne des tramways du Mourillon; la marine offre une subvention de 3o 000 francs.
- Hollande. — L’Allgemeine Elektriciliits-Gesellschaft a obtenu la concession d’une ligne életrique Yaals Guelpen-Maeslrieht, Les frais d’installation sont estimés à 1 200 000 florins, y compris une subvention de 3a5 000 florins accordée par le gouvernement néerlandais.
- ÉCLAIRAGE
- Algérie. — Le conseil municipal d’Oran a décidé de faire généraliser l’emploi de l’éclairage public électrique dans la ville.
- p.93 - vue 93/416
-
-
-
- 94 ' ,v vCv:-:.<,.-v^.j^ • ^ij-|i||iÊRB'-gllBCTmQüB- T.XIX(2«Séri9).-w*a^.
- Le préfet d’Alger a approuvé l’acte de concession des chutes de l’ouest El-Kébir pour la création'd’une usine hydro-électrique.
- Le conseil municipal de Mers-el-Kébir a reçu une demande de la Société des Exploitations Electriques, ten. dant à la concession de la distribution de l’énergie électrique. Le projet a été soumis à la préfecture,
- Alrbs-Maritjmes. — Le conseil municipal de Saint-André a décidé de mettre à l’étude un projet d'installation de l’éclairage électrique déposé par M. Georges Verny.
- Basses-Alpes. —Il est question d’installer l’électricité à Sisteron. C’est l’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen qui serait nommée concessionnaire.
- Basses-Pyrénées. — Le conseil municipal de Lescar a accepté en principe d’accorder la concession del’éclairage électrique à la Société électrique des Basses-Pyrénées.
- Charente. — La municipalité de Ruelle a accordé l’autorisation de voirie demandée par la Compagnie Electrique du Sud-Ouest et a mis en délibération le projet de concession présenté par cette Société.
- Drôme. — Le conseil municipal de Saint-Barthélemy-de-Vals a voté les crédits nécessaires à l’installation de l'éclairage électrique dans la commune.
- Eure. — Le conseil municipal de Dreux est mis en présence de différents projets d’installation d’éclairage électrique. La municipalité va avoir à choisir entre la méthode de régie municipale et celle de régie inléresée.
- Par suite d’un traité passé entre lé comte de Boisgelin et la Compagnie du gaz dé Maubeuge, c’est la station de la Rivière-Thibouville, dirigée par M. l’réel, ingénieur, qui fournira l’énergie électrique à la ville de Brionne. Toutefois, en raison des éludes que comporte ce projet les travaux d’installation ne pourront commencer avant, le printemps prochain.
- Gard. — Le maire de Robiac est autorisé à s’entendre avec la Société d’éclairage électrique pour l’installation de l’éclairage dans la commune,
- Haute-Loire. — Le conseil municipal de Lorelte a décidé de demander au préfet la mise à l’enquête de la concession sollicitée par la Société Force et Lumière.
- Loiret. — La Société électrique Lefèvre a offert d’installer un réseau électrique dans le but de fournir l’éclaL rage et la force motrice de la commune de Vilry-aux-Loges,
- Lot-et-Garonne. — Le conseil municipal de Meilhan a accepté le devis concernant l’installation par la Société concessionnaire de' l’éclairage électrique à la mairie, la salle des conférences et la presbytère.
- Marne. — La municipalité d’Ay a accepté les propositions qui lui put été faites pour l’installation de l’électricité dans la commune.
- L’enquête ouverte à Chàlons à la suite de la demande de concession de distribution d’énergie électrique présentée par la Société des Usines à gaz du Nord et de l’Est n’ayant donné lieu à aucune observation, la municipalité a mis cette question à l’étude,
- Le conseil municipal d’Epernay vient de renvoyer d’urgence è la commission de l’électricité la demande de concession de distribution de l’énergie électrique présentée par la Société des Usines à gaz du Nord et de l’Est.
- Nord. — Le conseil municipal de LiUselles a autorisé le maire à signer le cahier des charges pour la distribution de l’énergie électrique.
- Le maire de Bousbacque est autorisé à signer la convention accordant à l’Energie Electrique du Nord, le monopole de la distribution d’énergie électrique dans la commune.
- Oise. — Le conseil municipal de Culs a décidé de faire installer l'éclairage électrique sur la voie publique et a volé les fonds nécessaires il cette installation et à l'açluit du matériel.
- Deux sociétés ont fait des propositions d’installation de l'éclairage électrique à la municipalité de Tracy-le-Mont. Ces propositions ont été mises à l’étude.
- Pas-de-Calais. — Une demande delà Compagnie Électrique du Nord tendant à l’établissement de lignes aériennes pour distribution de force motrice est prise en considération par la municipalité de Lens.
- Pyrénées-Orientales. — La municipalité de ITlle-sur-Tel a approuvé la cession M. Ecoiflier des droits de la Société Roussillonnaise d’Electricité avec laquelle la commune était engagée par traité.
- Riiône. — La commune de Saint-Forguoux sera sous peu éclairée il l’électricité. C’est la Société d’éclairage électrique de Tarare qui est nommée concessionnaire.
- Saône-et-Loire. — Le conseil municipal de Buxy a mis à l’étude un projet d’éclairage électrique.
- Le conseil municipal de Conuartin a décidé de faire installer l’éclairage électrique à la mairie et dans les écoles.
- p.94 - vue 94/416
-
-
-
- 20 Juillet 1012.
- W*$i ;.4:W’"''';.'W^,:'' “ * "••:rv-
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 95
- Seine-Infi5rieure.— Le conseil municipal de Malaunay a accordé la concession de distribution de l’énergie électrique à la Compagnie du gaz de Déville.
- Vienne. — Le conseil municipal de Saint* Sa vin a nommé une commission pour étudier le projet d’éclairage électrique soumis par M. Mahieü.
- TÉLÉPHONIE
- Seine, — Le conseil général a voté un crédit de 44 o4o francs en vue de l’installation de lignes téléphoniques reliant les bureaux des capitaines de gendarmeries de la Seine aux brigades de leur section.
- Seine-Et-Marne. — L’administration des Télégraphes fera procéder prochainement à la construction d’une ligne téléphonique aérienne à Lagny.
- Yah. —- Le conseil général a émis un avis favorable à l’établissement d’un nouveau-circuit téléphonique entre Marseille et Toulon, Draguignun et Marseille, Dragui-gnan-Digne et les Hautes-Alpes,
- DIVERS
- Seine. — Le conseil général a voté une somme de i 125 ooo francs pour la fourniture et l’installation à l’usine d’Àuteuil de générateurs, moteurs et pompes.
- SOCIÉTÉS
- Compagnie Lyonnaise </’Entreprises électriques et téléphoniques Limited. — Constituée le i5 juillet tgta. — Capital : 200 ooo francs. — Siège social : Guernesey (Angleterre).
- Société beige d’électricité, éclairage et force motrice, Constituée le 6 juin 1912. — Capital : 100 ooo francs.— Siège social : Bruxelles.
- Société Provinciale d’Éieotrioité. —• Capital t 400 ooo fr. — Siège social : i3, rue Pasquier, Paris.
- CONVOCATIONS
- Compagnie Générale Radiotéiêgraphique. •— Le 26 juillet, 63, boulevard Haussmann, Paris.
- Société Française des lampes carbone. — Le 23 juillet, 28, rue de la Bienfaisance, Paris.
- ADJUDICATIONS
- , FRANCE
- Le 3i juillet, à la mairie de Lyon, concours pour la transformation de l’éclairage électrique de la scène, de la salle, des cintres et des dessous du Grand-Théâtre de Lyon. Le pli global devra être adressé recommandé au maire de Lyon pour parvenir au plus tard le mercredi 3i juillet. Renseignements aux bureaux du service de l’architecture, 20, place des Terreaux.
- Compagnie Française pour TExploitation des Procédés Thomson-Houston. Comparaison des recettes des exploitations du 101' janvier au 3o juin 1911-1912.
- DÉSIGNATION RECETTES DU MOIS DE JUIN RECETTES DU Ier JANVIER AU 30 JUIN (6e MOIS)
- DES RÉSEAUX 1911 1912 augmentation en I9Ï2 I9II 1912 augment en 19 totale ition 2 %
- Compagnie générale Parisienne de tramways. 855861,65 36a 644,5o 295 a3o,a5 39 369,20 4 878 ooo,45 5 2.87 196,80 409196,35 8,38
- Compagnie des chemins de fer Nogentais.. .. Compagnie française des tramways élcc- 370617,50 7 873 1 881 i59,45 2 o53 752,45 172393 9,17
- triques et omnibus de Bordeaux 4 26 283,3o 497 no,5o 10 827,20 2 768 091 « 1>49 948,90 1S1 857,90 6,56
- Compagnie des tramway s de Nice et du Littoral. 268910,99 29O 227,95 21 3i6,q0 2 416 498,o5 2 3 15 894,48 99396,43 4,11
- Compagnie des tramways de Rouen 307 628,25 270182,65 37 346,20 1 53i 098,45 1 025442,70 54 344,^5 3 ,54
- Société des tramways d’Amiens 71606,20 74163,9.5 2 557 ,65 401736,45 4i3 107,60 11371,15 2 ,83
- Société Yersaillaise de tramways électriques. 60 710,90 61071,95 36i,o5 297 573,45 318 241,45 20668 6,94
- Société des tramways algériens. 117162,60 126i54,2ü 8 992,20 702 809,35 782 888,95 80079,70 m ,39
- CONSTITUTIONS
- compagnie Popp pour ie traitement des métaux par l’électricité. — Constituée le 3o mai 1910. — Capital : 1 260 ooo francs. — Siège social : 17, rue de Téhéran, Paris.
- BELGIQUE
- La Société anonyme de l’exposition de Gand en 1913 met au concours la fourniture, l’installation et l’entretien des câbles à haute tension, des câbles téléphoniques-et des postes de transformation.
- p.95 - vue 95/416
-
-
-
- 96
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série).—N» ii
- Les soumissions doivent être adressées au plus tard, le 3 août prochain.
- On peut obtenir le cahier des charges en s’adressant au bureau de la Société anonyme de l’exposition, rue des Moineaux, à Gand.
- ALLEMAGNE
- Prochainement, au service de l’éclairage et des eaux, à Brême, fourniture et montage d’une turbine à vapeur de 3 200 kilowatts avec une dynamo à courant alternatif.
- AUTRICI1E-IIONGHIE
- Le Ier août 1912, à l’hôtel de ville, à Topolya (comitat de Bacsbodrog, Hongrie), installation et concession de l'éclairage électrique dans ladite ville. Caul. : i5 000couronnes. Cahier des charges à la mairie précitée.
- Le 4 août 1912, à 1 hôtel de ville de Vocsès (comitat de Pesth, Hongrie), installation et exploitation de l’éclairage électrique dans ladite localité. Caut. : 6 000 couronnes. Cahier dos charges à la mairie précitée.
- ESPAGNE
- A l’Administration municipale de la ville de Tolède concours pour l’installation de l’éclairage électrique de ladite ville. Les propositions seront reçues à l'hôtel de ville, jusqu’au 26 juillet 1912.
- RÊSUL TATS D’ADJUDICATIONS
- 1- lî AN CE
- 2 juillet. — A la sous-intendance militaire, à Briançon, installation d’un éclairage et d’un transport de force
- ! électrique à la nouvelle manutention militaire de Briançon.
- Compagnie Générale Électrique, à Nancy, 19 3oo.
- 3 juillet. — A l’Etablissement central du matériel‘de la télégraphie militaire, à Paris, fourniture dé i5o postes microtéléphoniques de campagne avec sonnerie, modèle 1909 (sans microphone).
- Association des Ouvriers en Instruments de précision, u5. — MM. Mambret, et Cie, 91. — Mildé fils et G10, 87,85. — Société Industrielle des Téléphones, 94,35, — M. Burguuder, 18, avenue Félix-Faure, à Paris, adj. à 85,80 l’unité.
- BELGIQUE
- 10 juillet. — A. la Bourse de Bruxelles, fourniture et pose des câbles téléphoniques et d’accessoires 1 dans l’agglomération de la ville de Huy.
- A.-E.-G. Union électrique, à Bruxelles, 112 882,66; Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi, 124864,90; Kabelwerk Rheÿdt, à Bruxelles, 126 941,17; Fellen et Guillaume Carlswerk, à Mulheim-sur-Rhitii 127017,67 ; Société belge Siemens et Halske, à Bruxelles, 127 55g,o3 ; U. Cassirer et C°, à Charlol-lenburg-Berlin, 127 646,61; Deutsche Kabelwerke, à Rummelsburg-Berlin, 142 g33,84.
- 12 juillet. — A l’hôtel de ville de Bruxelles, fourniture de deux moteurs asynchrones de 12 chevaux, avec accessoires, à l’usine à gaz de Laeken.
- Arendt, à Bruxelles, 3 959,5o plus 70 0174 francs; Ateliers de Constructions Électriques de Charleroi, 4600; Siemens-Schuekert, à Bruxelles, 6 275; Compagnie Internationale d’Electricité, à Liège, 7 45o; Dubois et Baseil, à Bruxelles, 7 65o ; Force et éclairage par l’électricité, à Saint-Gilles, 8 890.
- t
- PARIS.
- IMPRIMERIE LEVÉ, 17, RUE CASSETTE.
- Le Gérant ; J.-B. Nouet
- p.96 - vue 96/416
-
-
-
- Tr«nt«-quatrièine «nné».
- SAMEDI 27 JUILLET 1912. Tomt XIX (2* Méfie). - N* 30.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- T EVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICIT
- os*.
- M.
- 't
- ;l %
- ha reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 97. — A. Blondel. Henri Poincaré, p. 99.— G. Cuvilliek. Le Métropolitain de Hambourg (suite), p. loa.
- Extraits dès publications périodiques. — Traction. Quelques réflexions sur l’emploi de l’énergie électrique pour la mise en action des engins mécaniques dans les gares, les dépôts, les ateliers, etc., p. 110. — A[.pli-cations mécaniques. Un transbordeur à câbles de dimensions inaccoutumées, p. n3. — Variétés. — Les Ingénieurs et la Culture générale, p. ii5. — La conférence internationale de T. S. F. à Londres, p n5. —Bibliographie, p. 116. —Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Généralités sur la commande électrique des appareils de levage, p. 117. — Installation d’essais à très hautes tensions, p. 120.— Etudes économiques, p. 124. — Renseignements commerciaux, p. 126. — Adjudications, p. 127.
- ÉDITORIAL
- Né à Nancy, le 29 avril x 854, Jules-Henri Poincaré vient de mourir à Paris, le 17 juillet 1912, dans la maison de santé où il avait dû se retirer pour subir une délicate opération.
- Celui que Gustave Rados présentait à l’Académie hongroise des sciences, (à l’occasion de l’attribution, en 1905, du prix Bolyai), comme le premier et le plus puissant chercheur du temps présent dans le domaine des Mathématiques et de la Physique mathématique, a mérité ce titre suprême, et,une telle louange rie se commente point.
- L’activité universelle de son génie s’est excercée dans les domaines les plus divers.
- Il faut citer d’abord l’Analyse mathématique où son autorité, fondée sur des découvertes de premier ordre, était immense.
- La Mécanique céleste lui doit des développements admirables, surtout sur le célèbre problème des trois corps. Dans ce domaine de la Mécanique céleste, a dit M. Paul Pain-levé, « Newton et Laplace avaient été les investigateurs, mais Henri Poincaré a été celui qui afïouille le sol et qui bâtit des villes. »
- La philosophie scientifique, l’histoire des sciences lui sont redevables d’une série d’ouvrages, d’articles, qui, s’adressant généralement à un cercle beaucoup plus vaste de lecteurs, avaient beaucoup contribué à faire tout au moins deviner au grand public toute la hauteur d’un esprit qui s’écartait si fort de la taille commune.
- - Mais c’est surtout son œuvre dans Te_do-
- p.97 - vue 97/416
-
-
-
- 98
- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- T. XIX (2» Sârfej. — H‘ 30.
- maine de l’Electricité que nous devons retenir ici (*). Nul mieux que notre éminent collaborateur M. André Blondel n’était qualifié pour la caractériser. 11 a bien, voulu à notre prière, soustraire à des travaux impartants et urgents le temps nécessaire pour retracer en quelques pages, dès aujourd’hui, ce que fut Henri Poincai’é pour la science électrique.
- Continuant à décrire les installations électriques du Métropolitain de Hambourg, M, G. Cuvillier achève, en premier lieu aujourd’hui, de donner les renseignements relatifs à la centrale. Il s’y trouve deux turbo-alternafeurs de 2 ooo kilowatts chacun et un de 4 ooo, auxquels viendra se joindre ultérieurement un quatrième groupe encore plus puissant.
- Les deux.sous-stations sontensuite décrites. On y a disposé des batteries d’accumulateurs avec montage Pirani,, ainsi: que des transformateurs en cascade d’un type spécial, intermédiaire entre le groupe moteur-générateur et la commutatrice ; la partie'de cette machine, qui joue le rôle de commutatrice fonctionne avec du courant triphasé à faible fréquence. Ces transformateurs en cascade ont été adoptés en raison de leur encombrement relativement faible et aussi de la possibilité de les brancher directement sur du courant triphasé à 6ooo volts.
- Des détails sont également donnés sur les dispositions adoptées en vue d’assurer un haut degré de sécurité à l’exploitation..
- La ligne a été établie avec rail suspendu; le logement de tous les câbles du réseau a été ménagé dès le début de la construction, ce qui a évité les difficultés ordinaires lorsqu’on doit faire après coup de nouveaux branchements. A cet effet, toutes les infrastructures métalliques, viaducs ou ponts,ont été flanquées
- C) Une excellente biographie de II. Poincaré, avec un portrait a été publiée, le 25 mai dernier par M. Ernest Lebon (Paris, Gau Chier-Villars).
- d’une caisse latérale qui sert au passage des conducteurs.
- La Compagnie parisienne de distribution d'électricité et l’Union des secteurs parisiens ont, dans un rapport remarquable sur leurs opérations pendant l’année 1911, développé les arguments d’ordre pratique et économique qui recommandent l'emploi de la force motrice électrique.
- Des chiffres très éloquents sont produits en ce qui concerne l’électrification des ateliers : c’est ici un industriel dont la dépense décroît dans le rapport de 5 à 1 ; c’est ailleurs une Société qui fait une économie des deux tiers; tel atelier de menuiserie dépense annuellement 6000 francs au lieu de 10 000 depuis que les machines électriques y ont été introduites, etc.
- Ces. économies si remarquables tiennent évidemment non pas à la différence réalisée sur l’énergie réellement consommée, mais précîsément-au fait que la machine électrique ne dépense que lorsqu’elle travaille effectivement- Nous rappellerons que ce point de vue a été développé avec beaucoup de-force et de précision par M. Allain Launay dans son ouvrage sur la Force motrice d'atelier, dont nos lecteurs ont lu un extrait ici-même.
- Dans nos Notes industrielles, on trouvera d’abord, des documents sur de nouveaux treuils roulants et moufles à moteurs, ainsi que des considérations générales sur les conditions de fonctionnement de ces petits appareils de levage.
- Il a été fait un grand usage, dans cette Note,, de renseignements communiqués par M. Hermann Thïeme.
- Ensuite nous donnons dies indications assez détaillées sur la fabrication des isolateurs en porcelaine et sur leurs essais à haute tension*
- p.98 - vue 98/416
-
-
-
- 2? Juillet 1912.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 9»
- HENRI POINCARÉ
- Ë’œttVfe de Réfifi Poiûeafé dans le domaine de ïâ Physique mathématique, (qui n’étàit ce-pëndftftt que Sédoflcfairë pôür lui, à côté de ses grandstfavaUx dfehiatliéïnatiqües pures) est trop corisidéfdble pour que nous puissions rëïivisâgëdïci ddfïS è'ô'ti ettâéïnblë. Récueifïie pâf ses- élèves de
- la Sorbonne, elle rië comprend pas moins dequinzevo-lumes, sans corap-ter un grand nombre de Mémoires et cfe Notes pu-1 biles surtout atix Comptes Rendus de l’Académie des Sciences.
- On péut dire que toutes lès branchés de la Physique mathématique lui étaient fâmïlië-res ('), aussi bien que celles de fa Mé-canique appliquée ; seule ürté biblio-graphié complète (2)- peut donner une idée des nombreuses contributions originales qu’il y a apportées. Aussi devons-nous nous borner plus modestement â retracer son œuvre dans le domaine de l'Électricité.
- Bien que Hëflri Poincaré ait été avant tout un géomètre, il a joué en effet, au cours des :>.5 dernières années, dans l’analyse des questions qui se rapportent à l’Electricité, un rôle
- trop important pouf qué la Lùmièrë éïectrique n’éprouve pas très doUlôüreusemént lé deuil qui vient de frapper là Science tout entière.
- Elle doit se sentir d’autant plus touchéé par la disparition si prëmatUréê dé l'éminent savant qu’il avait bien voulu consentir depuis dé
- Iïenri Poîncaï'e d'dné sa biBlîbUlèqùé.
- (?) Vote' part exemple sès1 HddVaïUX sur' l'a théorie dés Marées \ Comptes Rendus, 3o avril 1894, etc.
- (2) On la trouvera dans l’e'XfCélleiMî oùvdâge de lit. Ernest Lebon : Henri Poincaré, Gauthier-VllIarS, Paris.
- longues annëés à lui prêter l’appui de son patronage, en acceptant de faire partie dé sori Comité dé Direction scientifique, et qu’il a toujours porté le plus sincère intérêt à la rédaction de cette Revue. Il en a donné la preuve eri faisant paraître ici même toutes ses dernières productions en matière d’Ëïectricité.
- Au début de sa carrière, Henri Poincaré n’était électricien que par occasion, quanti, chargé du cours de Physique mathématique à la Sorbonne, il s’était trouvé amené à exposer dans son Cours d’ensemble les problèmes relatifs à l’électricité. Il y avait été conduit par l’étude de l’optique et surtout de la théorie mathématique de la lumière (‘), et il songea d’abord à exposer au public français f’en-semble des théories dé Maxwell et de
- ('*) Théorie mathématique dê lu1 Lumière, il88g ; lïi‘Lu-'
- rniéi'ë ettiJbuh'ëéb'ieè' élebtrbdÿlia'ittiqa'éé, i88é,
- p.99 - vue 99/416
-
-
-
- 100
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- llelmholtz (*). Les découvertes capitales de Hertz l’avaient particulièrement séduit, et, à la fin de ses premières leçons sur la théorie de llelmholtz, il s’était empressé d’aborder le nouveau domaine ouvert par le savant allemand. Il y était revenu ensuite avec plus de détails dans ses Leçons sur les oscillations électriques (1892-1893), où il introduisit en même temps les idées de Lorentz et la notion du potentiel vecteur différé. A cette occasion, il a su admirablement éclaircir la notion des courants de déplacement et la façon de les éliminer dans certains problèmes.
- Ces différents Cours n’étaient pas seulement, comme on le voit, des exposés didactiques, permettant à ses élèves de se faire une idée d’ensemble des grandes théories des écoles anglaise et allemande, encore peu répandues dans l’enseignement français : le professeur y suivait étroitement l’actualité et la devançait même. Lors- même d’ailleurs, qu’il exposait les travaux d’autrui, H. Poincaré ne se bornait pas à en donner de simples analyses : dans chaque question il introduisait ses méthodes personnelles et des démonstrations mathématiques nouvelles.
- Entre temps, il apportait lui-même d’importantes contributions à l’explication de phénomènes encore peu connus. C’est à lui, par exemple, qu’on doit la première théorie du phénomène de la résonance multiple, (1891) découvert par Sarazin et de la Rive et qui intriguait alors les électriciens : cette théorie a été confirmée, comme on le sait, parles expériences de son élève Victor Bjerknes.
- Il était en France, et peut-être en Europe, le seul savant capable d'avoir, une vue d’ensemble complète sur tous les phénomènes de la Mécanique et de la Physique, de se tenir au courant de toutes les découvertes nouvelles, de soumettre à une critique profonde toutes les théories proposées pour les expliquer, et d’en préparer la synthèse.
- Sansêtre lui-même expérimentateur,il avait
- (•) Les théories de Maxwell et la Théorie électromagnétique de la lumière, Paris 1888-1889; les théories de llelmholtz et les Expériences de Hertz, Paris 1888-1890.
- T. XIX (2* * Série). — ïK30
- un admirable sens de la critique des expériences des physiciens, et l’intuition des expériences à faire pour élucider les points obscurs qu’il rencontrait au'cours de ses exposés. C’est ainsi que, dans son Cours sur les oscillations électriques, il indiquait en passant que l’on devait trouver une différence entre les positions des nœuds et des ventres suivant l’orientation du résonateur par rapport au champ de concentration, et qu’on pouvait changer le signe des nœuds et des ventres par le réglage d’un pont latéral, dispositif réalisé ensuite par Blondlot.
- Le problème, si souvent discuté, de l'induction unipolaire l’avait amené à démontrer que l’expérience serait toujours impuissante à établir où estsitué le siège de la force électromotrice dans une machine basée sur le principe. (Écl. él. i4 avril 1900,)
- Bien qu’entraîné par ses études antérieures à considérer les phénomènes électriques surtout au point de vue mathématique, H. Poincaré ne craignit pas d’aborder,avec sa grande puissance d’analyse, certaines applications; il y était du reste encouragé par tous les électriciens, qui venaient faire appel à ses lumières pour lui demander de résoudre des problèmes particulièrement complexes et difficiles. G’est ainsi qu’il fut amené à traiter ici, sous une forme très originale, la théorie de la commutation (6 juin 1908) et celle des anneaux à collecteur (ier mars 1902) en y introduisant des éléments nouveaux. De même aussi il avait été conduit à étudier dans ses Conférences à l'Ecole supérieure des Postes et Télégraphes le problème de la propagation de l’électricité, à propos duquel il a développé les recherches de Kohlrausch et poussé plus loin ses résultats. De même il fut amené à s’intéresser à la télégraphie sans fil, qui était pour lui une application des théories qu’il avait développées sur les oscillations électriques. Son petit volume de la collection Scientia (Paris, 1899), traduit ensuite en anglais (*) et en allemand (s), eut un grand et
- (*) Par F. K. Voreeland, 1904.
- (*) Par Max Iklé, 1909.
- p.100 - vue 100/416
-
-
-
- , 27 Juillet 1912. LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 101
- légitime succès. Il contenait le premier exposé vraiment scientifique de l’ensemble de la question sous une forme à la fois précise et accessible à tous. Il a complété plus tard, sous une forme plus mathématique et plus pro-fonde, le même genre d’études dans ses Conférences sur la Télégraphie sans fil (’) qui traitaient particulièrement de la théorie des excitateurs et de la propagation des ondes. La question qui le préoccupait le plus était' celle de la diffraction des ondes: Il s’est attaché à la résoudre pendant plusieurs années, et fut heureux l’année dernière d’eri donner une solution complète et absolument nouvelle parla méthode de Fredholm. C’est à lui également que l’on doit la première théorie scientifique du récepteur téléphonique et des transmissions téléphoniques, [Éclairage électrique, 1904, *907; etC.R., 1894)danslaauelle il a fait un usage si particulièrement heureux de principes généraux de la Mécanique et éclairé tant de points restés obscurs avant lui. Pour ce travail, comme pour les précédents,il ne craignit pas de demander aux praticiens des renseignements sur les constantes numériques des appareils, afin de lés intro-duiré dans ses équations sous forme d’exemples concrets ; il montrait aussi commentées équations pouvaient serésoudre, soit d’une façon rigoureuse, soit à l’aide d’approximations. Ainsi, bien que ces différentes études ne soient pas toujours accessibles à tous et restent souvent d’un ordre un peu trop général pour le simple praticien, les physiciens et les électriciens qui étudieront les mêmes questions ne sauraient, d’ici longtemps, se dispenser d’y recourir, et y trouveront toujours une mine importante d’idées fécondes et d’aperçus philosophiques.
- Il est intéressant de noter, à ce point cle vue,que le savant mathématicien s’était, dans ces dernières années, peu à peu tourné vers la philosophie scientifique, dans laquelle il avait joué un rôle hors de pair. Par contrecoup, ces études l’avaient amené à réduire
- dans beaucoup de ses dernièfes publications l’appareil mathématique pour s’adresser à un public moins initié ; on peut citer comme un modèle à ce point de vue la dernière Conférence qu’il a faite à la Société française de Physique sur les théories modernes de la Physique, et notamment la théorie des quanta (G. R., 1911) qui l’intéressait particulièrement.
- Henri Poincaré n’était pas moins admirable par son caractère que par son génie. C’était le savant le plus modeste et le plus facilement accessible à tous, et rien dans son abord ne pouvait faire deviner le haut pontificat qu’il exerçait dans la Science. Loin de pratiquer le dogmatisme, il aimait au contraire à initier ses lecteurs ou ses auditeurs, aux difficultés qu’il avait rencontrées au cours de ses travaux et ne se croyait pas amoindri quand il signalait lui-même l’impossibilité où il s’était trouvé de résoudre une question, et en indiquait les causes. Il avait la passion de la recherche de la vérité,et savait se rendre compte,d’autre part,des limites de la Science au point de vue moral. A cet égard, comme dans toute sa vie, elle-même exemplaire, il faisait preuve de la plus haute valeur morale.
- La puissance créatrice de H. Poincaré et sa faculté de travail étaient exceptionnelles et rien n’y faisait sentir l’effet de l’âge. Ses productions littéraires, le temps qu’il consacrait aux travaux de. l’Académie française depuis quelques années, n’avaient pas réduit son activité scientifique, mais avaient simplement élargi encore le champ de ses idées. C’est donc dans le plein épanouissement de son génie qu’il vient d’être enlevé à la Science française. Sa perte est d’autant plus irréparable que sa curiosité pour toutes les recherches nouvelles ne s’était jamais démentie et qu’il paraissait devoir être, de longues années encore, pour la jeune génération, celui qui sait non seulement illuminer les grandes voies du Savoir, mais encore en ouvrir de nouvelles et y porter le
- flambeau. ---
- Andiuî Bloxdel.
- (') Lumière Electrique, 1908, 1911.
- p.101 - vue 101/416
-
-
-
- 402
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2*- Série*. m-tKHO
- LE MÉTROPOLITAIN DE HAMBOURG
- III. — La Centrale (Suite) (').
- Les cendres se rassemblent dans des cendriers et dans des .collecteurs d’escarbilles et tombent de là dans des wagonnets d’évacuation.
- Pendant le nettoyage des grilles fonctionne un système de jets d’eau. La poussière est entraînée par des bouches d'aspiration aboutissant à la cheminée.
- Les wagonnets d’évacuation des cendres sont amenés jusqu’à un ascenseur installé dans un coin de la chambre de chauffe ; celui-ci les fait monter à hauteur du toit. Là ils se vident automatiquement dans un collecteur. Geluirci à son tour se décharge au moyen d’un plan incliné dans un Ayagon placé à cet effet sur l’embranchement desservant l’usine.
- La cheminée a 80 mètres de hauteur et une ouverture supérieure de 4 mètres. Son emplacement se trouve à l’intérieur de la chambre de chauffe. On établit en ce moment les fondations d’une seconde cheminée pour le jour où l’usine arrivera à son plein fonctionnement. Provisoirement, ces' fondations sont réunies pal’ un carneau à la cheminée déjà existante.
- L’alimentation des chaudières sç fait par turbo-pompes. Pour le moment sont en service 2 pompes de 65 mètres cubes de débit horaire chacune et une 4e 100 mètres cubes. Une des deux premières est constamment en action. L’ensemble de la canalisation comprend deux circuits indépendants que l’on peut brancher à volonté sur le réchauffeur. La vapeur, après avoir trâvaillé sur ces pompes est employée au chauffage du dépôt. Il en est de même de celle qui sort d’une turbine de condensation.
- x Toute beau nécessaire est prise dans des
- (<) Voir Lumière Electrique, 20 juillet 1912.
- puisards par deux petites pompes électriques et refoulée dans deux réservoirs aménagés dans la charpente du toit de l’usine. Une partie passe dans un déeanteur de B mètres cubes de débit horaire, puis est envoyée dans la chambre aux escarbilles, aux réservoirs d’alimentation des chaudières pour compléter l’alimentation de celles-ci. Une autre partie sert à tous usages dans le dépôt, et en particulier au nettoyage des voitures.
- La régulation du niveau de l’eau dans lés chaudières s’obtient par un régulateur Han-nemann. La quantité d’eau consommée est mesurée par un compteur Siemens spécial pour chaque chaudière.
- La mesure de la quantité de l’eau de condensation des turbines, eau qui est rassemblée dans de grands réservoirs au-dessus des pompes alimentaires, se fait par un compteur à eau type Steinmeiller.
- Les turbines à vapeur sortent des ateliers de l’A. E. G. ; ce sont des turbines à réaction à 1 ou 2 régimes de vitesse. Il y a 2 unités de 2 000 kilowatts chacune à 3 opo tours à la minute, et r unité de 4 000, kilowatts à i 5oq tours. Un emplacement est réservé pour une 4e turbine encore plus importante. Pour le moment, l’unité de 2 000 kilowatts suffit en semaine et celle de 4 000 kilowatts le dimanche,
- Le régulateur agit sur un servomoteur à huile comprimée. Un régulateur axial monté sur l’arbre de la turbine commande un obturateur de sûreté quand, la vitesse dépasse de i5 % le nombre de tours normal. A la main, et aussi par une commande électrique placée sur le tableau, on peut provoquer des variations de ± 5 % dans le nombre des tours.
- L’installation du condenseur comprend un condenseur du type à surfaee, et des pompes placées tout à côté dans le sous-sol du bâtiment des machines. Les pompes comportent une petite turbine à vapeur; l’échappement
- p.102 - vue 102/416
-
-
-
- Fig. i. Sous-station de la gare centrale. B, batterie-tampon (385 éléments, i 258 ampères-heures); ô, batterie d’éclairage (120 éléments, 199 ampères-heures; h, locaux de service ;
- S, chambre d’acides;
- W, atelier ;
- e, galerie de connexion;
- », chambre de haute tension ; m, filtrage d’air;
- K, compresseur d’air;
- U, transformateurs d'éclairage;
- G, groupes Pirani ;
- V, chambre de ventilateurs.
- E, cheminée d’aération;
- M, bureau du chef d’usine ;
- Z, accès sur la rue ;
- On voit le? trois transformateurs en cascade près de la chambre ne.
- p.103 - vue 103/416
-
-
-
- 104
- LA. LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XIX (2*Série). — N° 30.
- se fait soit dans le deuxième échelon de la turbine principale soit dans les appareils de chauffage du dépôt. Sur l’arbre de la turbine est calée une pompe à condenseur comportant deux parties : une pompe hydraulique à turbine et une pompe centrifuge à air. En plus il y a une pompe à eau froide qui puise l’eau du canal de Barmbeck et la refoule à travers le condenseur à surface jusqu’à l’aqueduc-siphon précité et aux canalisations de décharge.
- Les turbo-dynamos sont refroidies par de l’air aspiré à travers un filtre dans le sous-sol de la chambre des machines. La tension des dynamos est de 6 ooo volts. Les câbles traversent la chambre des machines et arrivent à la cabine des connexions où ils se prolongent par des câbles nus à travers des cellules incombustibles adossées à la chambre des machines. Ils pénètrent aussi dans le rez-de-chaussée de la cabine des connexions. Le sous-sol de celle-ci contient les manchons de tête de canalisation, l’étage principal les interrupteurs à huile à distance, et l’étage supérieur une double dérivation aboutissant à un double système distinct de barres collectrices munies d’appareils de connexion séparés.
- Les câbles de haute tension à grande distance sont exactement disposés de la même façon : passant sous le remblai du chemin de fer, ils débouchent dans les cellules adossées à la paroi extérieure, bifurquent à l’étage supérieur vers les deux systèmes de barres collectrices qui sont disposées de façon que l’on peut travailler à l’un pendant que l’autre est en fonctionnement. Entre les cellules incombustibles attenant aux pai’ois antérieure et postérieure de la cabine des connexions, il y a un couloir transversal d’où l’on peut en cas de besoin commander à la main les interrupteurs à huile à distance de l’étage principal et vérifier les relais à maxima et à temps.
- sLa commande de tous les appareils à haute tension se fait du tableau de commande par courant continu à no volts. Ce tableau est
- établi sur une plateforme surélevée située dans la chambre des machines. Le tableau, ainsi que toutes les parois incombustibles des diverses chambres à haute tension, est en plaques « Duro », et c’est uniquement p'our lui donner un aspect plus avantageux qu’il a reçu un revêtement en briques vernies du côté de la chambre des machines.
- La régulation de la tension des turbody-namos se fait par deux x’égulateurs Tirrill.
- Outre le courant de haute tension, l’usine fournit du no volts contixiu pour sa consommation intérieure, pour l’éclairage de secours et pour le coui’ant servant à actionner les appareils de mise en circuit à distance. Dans ce but on a établi deux moteurs générateurs synchrones de 4® kilowatts chacun reliés aux bornes secondaires de 2 transformateurs triphasés.
- Ces transformateurs servent en même temps à l’alimentation du dépôt en énergie et en lumière (3 X 220 volts). A l’installation du 110 volts continu est adjointe en outre une petite batterie d’accumulateurs de 972 ampères-heui'es pour une décharge de 3 heures. Finalement il existe un petit moteur générateur asynchrone de 5 kilowatts donnant du 220 volts continu pour alimenter la canalisation du block System dont on re-parlera plus tard à pi'opos des sous-stations.
- IV. — Les sous-stations.
- Les avant-projets et l’exécution des deux sous-stations sont l’œuvre des établissements Siemens-Schuckert. Elles sont absolument semblables en ce qui concerne la technique électrique, de sorte qu’il suffit à ce point de vue d’étudier l’une d’elles. Elles diffèrent seulement par la disposition des locaux.
- La soixs-station de la gare centrale est située à l’origine de l’embranchement de Ro-tenburgsort en souleri^ain. Le terrain coûte, en effet, un prix exorbitant dans cette partie de la ville, et, d’autre part, comme le métropolitain passe au-dessous de la tranchée du chemin de fer, il existait au-dessus de la sta-
- p.104 - vue 104/416
-
-
-
- 27 Juillet 1912. LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 105
- ifi--------------------
- ig. 2. — Schéma simplifié des connexions des sous-stations, b, gare centrale; a, rue Heilwig; n, section de la ligne circulaire; M, b, départs de lignes; s, Ohlsdorf; l, Sclilump, t, parafoudre; E, distribution intérieure de la centrale; R, retour des lignes; e, extensions du réseau; S, signalisation et aiguillage; f, courant de commande pour la sous-station
- tion « Gare Centrale » une réserve de place assez considérable dont on pouvait tirer parti à peu de frais pour y installer les tableaux, la batterie et les annexes d’une station de transformateurs.
- Toutefois il n’y avait pas assez d’espace pour loger les machines; aussi la chambre des machines de la sous-station fut reportée contre le tunnel à 4 voies. L’on construisit donc spécialement une chambre des machines proprement dite où l’on installa 6 unités, plus les a machines Pirani, les a"'transformateurs d’éclairage et un compresseur.
- Les autres locaux qui trouvèrent leur place au-dessus du tunnel, furent un tableau, une salle à haute tension, une batterie, une salle de ventilation et des locaux accessoires.
- Il fallut prévoir une ventilation artificielle au moyen de deux ventilateurs de io,5 mètres cubes de débit à la seconde. En effet les transformateurs dégagent une chaleur appréciable que l’on peut estimer à 3oo ooo à 3aoooo calories à l’heure quand l'installation sera complète. L’air frais employé pour les ventiler est pris dans le tunnel, passe à travers des filtres, puis dans une canalisation
- p.105 - vue 105/416
-
-
-
- 106
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N' 30.
- sous la chambre des machines, arrive aux fondations de celles-ci et est aspiré ensuite à l’extérieur.
- En second lieu il était indispensable d’éva-
- DM ___
- Fig. 3. — Sous-slation Gare Centrale.Schéma dn montage d’un transformateur en cascade. A, transformateur en cascade ; B, bobine de self; C, rhéostat de démarrage; D, interrupteur de court-circuit; DM, aimant tournant; F, interrupteur haute tension dans l’huile; G, relais à imixima; II, watlmètre; HA, levier de commande d’interrupteur; J, indicateur de phase ; L, disjoncteur de courant continu de retour à maxima; SG, signala sonnerie; T, séparateur; ZR, relais à temps; S, ampèremètre.
- cuer les émanations acides qui se dégagent pendant la charge de la batterie-tampon. C’est pourquoi la canalisation d’arrivée d’air peut être branchée au moyen d’un jeu de jalousies, soit sur la batterie, soit sur la chambre des machines.
- Dans chaque sous-station, il y a 3 transformateurs en cascade de i ooo kilowatts (continu) et 3y5 tours, une, batterie de i abo ampères-heures pour une décharge d’une heure, et 2 machines Pirani actionnées par des moteurs triphasés. Il existe, en outre, a transformateurs continus-continus (800I220 volts), ainsi qu’un dispositif complet de tableaux.
- Le triphasé à haute tension est à 6 ooo volts et à la fréquence 5o.
- Il y a place pour 2 autres transformateurs en cascade dans la sous-station de la rue Heilwig, et pour 3 à la gare centrale.
- Le transformateur en cascade est en quelque sorte un type de machine intermédiaire entre le moteur générateur et la simple commutatrice.
- Il transforme dans son rotor le courant triphasé du slator d’un moteur asynchrone d’une part en un courant triphasé de tension et de fréquence beaucoup moindre et d’autre part en énergie mécanique. Cette énergie mécanique actionne l’arbre du côté continu et donne ainsi du courant continu, comme dans un moteur-générateur, tandis que le triphasé produit dans le rotor arrive par des connexions appropriées dans un enroulement d'induit continu et s’y transforme en continu comme dans une commutatrice ordinaire. - »
- La particularité intéressante de la machine est que la partie formant commutatrice marche avec du triphasé à faible fréquence, puisque dans les transformateurs en cascade la fréquence est égale au produit du nombre de tours à la seconde par le nombre de paires de pôles des parties triphasées et continues.
- Comme unité, on choisit une puissance de 1 ooo kilowatts parce que au début 1 ooo kilowatts suffisaient dans chaque sous-station en service normal et 2 ooo en service intensif.
- Le choix de transformateurs en cascade présentait sur tout autre système de nombreux avantages et paraissait s’imposer dans le cas considéré (l). En première ligne ces transformateurs peuvent être directement branchés sur le triphasé à haute tension à 6000 volts. En outre, leur encombrement est moindre que celui des moteurs générateurs et même des commutatrices, puisque à égalité de nombre de pôles le transformateur en cascade transforme la moitié de l’énergie dans le moteur asynchrone triphasé qui joue le rôle mixte
- (f) Voir Ideebercér, E. K. u. B.% 4 juin 1912.
- p.106 - vue 106/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 107
- 27 Juillet 1812.
- BOOf!3Olj3O03i
- Fig. 4- — Sous-slation de lu rue Heilwig. Plan.
- Au milieu trois transformateurs en cascade, i oou kilowatts, Soo volts.
- G, groupes Pirani; U, transformateur d'éclairage; B, batterie-tampons (385 éléments, i 258 ampères-lieures); t. galerie des connexions; M, bureau du chef de station; 6, batterie d’éclairage (120 éléments; 199 ampères-heures) ; a9 magasin;
- A, water-closets,
- de transformateur et de moteur, et l’autre moitié dans la dynamo continue à pôles auxiliaires, qui fonctionne à la fois comme com-mutatrice et comme générateur.
- Le rotor du moteur comporte douze phases et est calé sur le môme arbre que l’induit de la dynamo, arbre qui prend appui seulement sur deux paliers. Les pôles du moteur possèdent un enroulement amortisseur.
- Le moteur est mis en marche du côté triphasé par insertion de résistances roto-riques mises automatiquement hors circuit, au synchronisme, par un interrupteur centrifuge, puis court-circuitées à la main. Ces résistances rotoriques se trouvent rue Heil-wig (où il y avait de la place) sous la machine même, et à la Gare Centrale dans la
- salle de haute tension. Les transformateurs donnent du 800 volts continus.
- Outre les transformateurs de ligne, il y a deux dispositifs Pirani, grâce auxquels la batterie donne tout son rendement comme batterie-tampon.
- Ces dispositifs comportent : i° un moteur asynchrone triphasé de 18a chevaux de puissance horaire et de 6000 volts aux bornes; 20 une dynamo de secours à pôles auxiliaires à 2 collecteurs, qui sont en parallèle quand la batterie fonctionne comme tampon et en série seulement pendant qu’elle se charge ; 3° une excitatrice continue, à enroulement différentiel, constitué par un enroulement * d’excitation à tension constante et un "enroulement principal qui est directement traversé par la
- p.107 - vue 107/416
-
-
-
- 108
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — H» 30.
- totalité du courant du réseau. Ce deuxième enroulement est relié à la barre négative de la sous-station.
- La batterie-tampon, avec ses 368 éléments, a une capacité de i 258 ampères-heures pour une durée de décharge de une heure.
- Pour le service particulier de la sous-sta-tion (éclairage de secours, courant de contrôle des appareils de commande à distance, fonctionnement du block-system, de la signalisation), il existe en outre une bat-
- la voie : sur chaque câble est aménagé un commutateur qui permet en cas d’avarie de remplacer immédiatement et sans autre difficulté le disjoncteur à distance (appareil dont l’importance est bien connue et qui doit être particulièrement robuste dans une telle installation) à l’aide d’un connecteur de secours. En outre, il est de règle qu’un disjoncteur automatique une fois ouvert ne peut être fermé qu’autant que l’on a la certitude qu’il n’existe pas sur la ligne de court-cir-
- I
- Fig’. 5. — Vue du rail de prise de courant.
- terie plus petite, de 199 ampères-heures pour une décharge de 7 heures, qui possède une tension de 220 volts aux bornes. Sur cette batterie est branchée une canalisation bipolaire à deux câbles séparés parcourant toute la ligne qui peut être alimentée de trois endroits distincts : la centrale et les deux sous-stations, mais qui est* calculée de telle sorte qu’en cas de besoin les deux seules batteries dessous-stations suffisent à fournir .ensemble le courant nécessaire au block-system.
- Au tableau on remarquera, en particulier, les connexions des lignes d’alimentation de
- cuit permanent, ce que l’on fait en intercalant au moyen d’une connexion d’épreuve, une résistance d’essai.
- L’installation à haute tension est disposée sur des chariots qui sont séparés les uns des autres par des parois en béton, ün a même placé sur ces grands chariots mobiles aussi bien l’interrupteur à huile à haute tension à commande à distance que les transformateurs de mesure à haute tension. Les bobines de réactance qui sont sur le circuit avant chaque transformateur sont dans des cellules incombustibles derrière les chariots et séparées de ces derniers par un passage de service.
- p.108 - vue 108/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 109
- 27 Juillet 1912.
- La sous-station de la rue Heilwig se trouve à l’origine de l’embranchement de Ohlsdorf et à proximité de celui d’Eppendorf.
- Dans la sous-station de la rue Heilwig les machines sont installées dans un local qui est à peu près à la hauteur de la rue. Surélevé contre la chambre des machines, le tableau est fixé au mur de façade du bâtiment. Dans le sous-sol, au-dessous du tableau est l’installation à haute tension. La batterie est dans une annexe spéciale à deux étages, située derrière la chambre des machines. Au-dessus du tableau il y a un étage réservé aux appartements de service.
- V. — La Ligne.
- L’installation du réseau a été faite sur les avants projets de l’A. E. G. Les deux Sociétés se sont partagé la fourniture des câbles.
- Le réseau des rails a été divisé en deux résgaux distincts et indépendants correspondant à chacune des deux sous-stations. Chacun de ces deux réseaux est divisé en plu-
- 5000
- ’T3~0--U U----O--O--O---O""5
- 15000
- Fige G. — Schéma de ia voie»; cotes entre éclisses et entre isolateurs de ruils.
- sieurs districts alimentés séparément. Les sections des câbles d’alimentation à 8oo volts sont les suivantes :
- Gare Cenlrale-Mundsburg : i 5oo millimètres carrés.
- Mundsburg-Dehnhaide : 5oo millimètres | carrés.
- Hue Ileilwig-Schlump : âoo millimètres carrés.
- Ces sections sont constituées par des câ-
- bles de 5oo millimètres carrés de cuivre juxtaposés; chacun de ces câbles élémentaires possède ses connexions propres, de telle sorte qu’en cas d’avarie une partie de la section des câbles peut rester en service, et un seul jeu de câbles élémentaires et de connexions suffit pour constituer la réserve de secours.
- Pour doubler le rail électrique on a disposé des câbles continus.
- Le courant de retour passe sur un des
- du logement des cables.
- rails de la voie ; celui-ci est doublé par des câbles nus toronnésde t ooo millimètres carrés. L’un d’eux va de la gare centrale à Ro-dingsmarkt, un autre'de la gare centrale â Barmbeck, un troisième enfin de la rue Heilwig à Schlump.
- Dans un métropolitain, si dès le début et dans tout le courant des études, on ne tient pas constamment compte de la disposition future du réseau des câbles, on s’expose par la suite à des ennuis continuels.
- C’est ce que l’on a su éviter dans le métropolitain de Hambourg. Sur toutes les infrastructures métalliques, viaducs ou ponts, on a ilonné ci priori aux passerelles latérales la forme d’une caisse. 11 suffisait de récouvrir
- p.109 - vue 109/416
-
-
-
- 110
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2e Série). — N" 30.
- la partie supérieure de ces passerelles au moyen de pièces de bois pour obtenir pour le câble un logement continu et fermé de tous côtés (fig. 7). Dans le môme but, sur les via-ducs en pierre, les dalles de granit de couronnement reçurent une barrière en tôle formant balustrade et des madriers disposés longitudinalement. Dans les remblais et les tranchées, on établit pour loger les câbles
- 69env -
- ~6i----
- - 55
- -6r
- ’ \}$ô
- Fig. 8. — Coupe du logement des cables.
- un canal en bois reposant sur des traverses qui elles-mêmes prenaient appui sur le ballast de la voie.
- Le rail électrique a été établi par l’A. E. G. et est du type suspendu. Grâce à cette disposition on peut obtenir assez facilement la protection du rail contre tout contact acci-
- dentel en l’entourant d’une garniture en bois sur trois de ses faces. On réalise de plus cet avantage que le rail est suspendu à un isolateur en porcelaine en deux parties qui n’est maintenu à son support que par un étrier de fer forgé, de sorte que l’on peut changer à tout moment un isolateur en un petit nombre de minutes. Le rail pèse 4° kilogrammes au mètre et on a pu lui donner une longueur de i5 mètres entre raccords. Gomme le fer est relativement facile à ployer, la courbure définitive du rail put lui être donnée suivant les besoins, sur le chantier même ce qui diminua les frais d’installation.
- Le x'ail est soutenu tous les 5 mètres par les isolateurs et les supports d’isolateurs qui prennent directement appui sur les tra-vei'ses.
- L’éclairage des stations fut installé concurremment par chacune des deux Sociétés, dans une égale mesure.
- (A suivre). G. Cuvillier.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- TRACTION
- Quelques réflexions sur l’emploi de l’énergie électrique pour la mise en action des engins mécaniques dans les gares, les dépôts, les ateliers, etc. —Bevue Générale des Chemins de fer et des 'Tramways, inai 191a (').
- L’économie retirée de l’emploi de l’énergie électrique, dit le rapport, provient peut-être moins de l’abaissement du tarif que de l’avantage offert de ne payer que quand on consomme, pour les quantités réellement utilisées, tandis que les usines autonomes consomment à vide presque autant qu’en charge et quelle que soit l’énergie réellement utilisée.
- Si l’on se contente de comparer les prix de revient résultant de l’emploi continu de l’énergie électrique à ceux qui résultent de l’emploi con-
- (') D’après un rapport de la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité et de l’Union des Secteurs Parisiens sur leurs opérations pendant l’année 1911.
- linu de la vapeur ou du gaz pauvre, on risque presque toujours de commettre une grave erreur d’appréciation. Il faut tenir compte de ce que l’énergie électrique a l’avantage incomparable de se prêter aux usages intermittents, c’est-à-dire qu’on ne dépense que quand elle est utilisée et qu autant qu'il en est strictement besoin, tandis que tous les autres moteurs exigent une dépense continue, que la force motrice soit utilisée ou non. Or, dans un très grand nombre d’industries, l’utilisation de la force motrice est essentiellement intermittente et, par suite, la dépense de l’énergie électrique se trouve notablement diminuée et d’autant plus atténuée que l’intermittence est plus grande.
- Prenons, par exemple, un moteur à vapeur ou à gaz ou à gaz pauvre qui entraîne, par l’intermédiaire de transmissions et de courroies, un certain nombre de machines-outils. Quel que soit le nombre des outils, bien qu’ils ne soient jamais tous en marche à la fois, la puissance instan-
- p.110 - vue 110/416
-
-
-
- 27 Juillet 1912.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- lil
- tanée enjeu sera presque constamment la même et, si le moteur travaille en dessous de sa puissance maxima, ce qui est le cas général, son rendement sera forcément médiocre. Si, au contraire, les machines-outils sont individuellement commandées par des moteurs électriques, la dépense absorbée par les transmissions et les courroies disparaît, tandis que la moyenne des maxima de la puissance instantanée demandée par la totalité des moteurs ne correspondra, suivant l’industrie, qu’aux deux tiers, à la moitié, et souvent bien au-dessous, de la puissance totale installée. Il faut, en effet, bien remarquer que lorsqu’un moteur électrique attaque directement une machine, il ne consomme du courant que lorsque cette machine est en prise sur la matière à travailler, cette consommation étant toujours proportionnelle à l’effort demandé.
- Il en résulte que les machines-outils ne travaillent jamais toutes ensemble; pour dix heures de marche, il n’y a réellement que trois, deux, ou même une seule heure de travail de la puissance totale installée, les autres heures correspondant aux arrêts ou aux marches à vide.
- Nous avons donc :
- D’une part, un moteur à vapeur ou à gaz ou à gaz pauvre qui, pendant dix heures, a une consommation presque constante due aux transmissions et à la marche intermittente des machines-outils à vide et en charge ;
- D’autre part, une série de moteurs électriques qui ne consomment qu’au moment où chaque machine-outil travaille.
- Si l’on exprime en chevaux-heures les deuxcon-sommations respectives, le moteur à vapeur ou à gaz exige à lui seul trois, quatre ou cinq fois plus que les moteurs électriques réunis. Par conséquent, bien que le cheval-heure du moteur à vapeur ou à gaz puisse coûter moins cher que le cheval-heure dû au courant électrique, il n’en résultera pas moins que la dépense journalière sera moindre avec l’emploi des moteurs électriques.
- Nous avons cherché ce que pouvait être cette intermittence dans un atelier de puissance moyenne qui, primitivement, était actionné par une machine à gaz de 4o chevaux environ et qui fonctionne depuis quelques années exclusivement au moyen de l’énergie électrique, mais avec des moteurs attelés à chaque outil.
- Cet atelier (*), qui compte 70 ouvriers et qui exécute des travaux pour une somme qui oscille entre 400 000 et 5oo 000 francs par an, dépensait en force motrice environ i?> 000 francs. Il dépense aujourd’hui 1 8o5 fr. 29 avec du courant payé 3 centimes l’hectowatt-heure, plus 368 fr. 60 pour entretien des moteurs électriques, graissage, nettoyage, etc..., soit en tout 2 i^3 fr. 89.
- Cet atelier possède les outils suivants : une fraiseuse, un étau-limeur, 8 tours, 6 machines à percer, 2 meules, 1 ventilateur de forge, une raboteuse, une scie à ruban, une machine à percer les opalines et le verre.
- Nous avons fait mesurer, pour chacun de ces 22 outils, quelle était la durée journalière de fonctionnement effectif en heures, la puissance instantanée en kilowatts développée par chacun de ces outils, la consommation journalière en kilowatts de chacun d’eux, et nous avons réuni ces données dans le tableau ci-après.
- Ce tableau fait ressortir, d’une façon véritablement saisissante, combien est faible la durée journalière du fonctionnement de chaque outil et, par suite, la consommation d’énergie nécessaire à ce fonctionnement. Il montre, de la façon la plus évidente et la plus lumineuse, l’intérêt considérable que présente l’emploi d’une force fractionnée et surtout d’une force intermittente qui ne dépense que quand elle fonctionne utilement.
- A un autre point de vue, il montre également qu’en raison même de cette faible consommation le prix de l’énergie électrique n’a pas l’importance prépondérante qu’on a généralement une tendance à lui accorder a priori.
- On conçoit que, quand il s’agit d’une grande usine, d’un grand établissement consommant des quantités considérables d’énergie, le prix de cette énergie puisse jouer un rôle important dans le résultat final; mais on voit clairement, par l’exemple que nous venons de citer, que lorsqu’il s’agit d’un atelier de petite importance, et même d’une importance moyenne, (puisqu’il s’agit de 40 chevaux environ), le prix de l’énergie passe au second plan, et que la question économique réside surtout dans l’installation raisonnée des moteurs.
- L’exemple que nous venons de citer est parti-
- (») il s’agit des Ateliers des Services Electriques de la Compagnie du Chemin de fer du Nord.
- p.111 - vue 111/416
-
-
-
- 112
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série).—N« 30.
- DÉSIGNATION DES MACHINES DURÉE JOURNALIÈRE de fonctionnement effectif en heures PUISSANCE instantanée en kilowatts CONSOMMATION journalière en kilowatts-heures '
- Fraiseuse 1/2 i,65o 0,825
- " Etau limeur >/4 1,320 0,33o
- *3 gros tours à banc rompu 1/% 3,960 1,980
- Tour moyen I I ,IOO 1,100
- Tour moyen I I/2 I ,320 1,980
- 3 petits tours 1/2 1,320 0,660
- Machine apercer radiale l/4 1,980 o,495
- 2 machines à percer, moyennes l/2 1,200 o,55o
- 3 machines à percer, petites l/2 1,320 0,660
- 2 meules l/2 2 200 1,100
- Ventilateur de forge 6 o,55o 3,3oo
- Raboteuse 1 1 /•>. 2 200 3,3oo
- Scie à ruban •1 ' 1,65o ' 3,3oo
- Machine à percer les opalines et le verre 1/2 1,100 0,55o
- Consommation totale par jour en kw 20,680
- Consommation horaire moyenne pour 10 heures de travail : 2,068 kw.
- culièrement typique et concluant et nous avons cru devoir entrer, à ce sujet, dans quelques détails, niais nous pouvons en citer d’autres qui sont aussi intéressants comme résultat.
- Un industriel de la rue de Tanger avait un moteur à gaz actionnant une vingtaine de machines à roder de o,5 cheval chacune, sa dépense journalière était de io fr. 5o. Depuis la transformation de l’installation, chaque machine étant actionnée par un moteur électrique, la dépense n’est plus que de i fr. 8o à a francs par jour.
- Une société métallurgique du boulevard Voltaire avait une machine à vapeur qui commandait une vingtaine de machines-outils. Depuis la transformation, la consommation en courant électrique ressort à 4 francs par jour, alors que l’ancienne commande revenait à 12 francs.
- Un menuisier de la rue de Flandre, ayant 80 chevaux de force, consomme 6000 francs de courant électrique, tandis que son ancienne machine coûtait 10000 francs par an. ,
- Cela ne veut pas dire qu’on doit dans tous les cas préconiser l’extrême division des moteurs, parce qu’il peut y avoir d’autres considérations à envisager. Il faut, évidemment, examiner chaque cas et l’étudier pour lui donner la solution convenable.
- Il est évident que le rendement de l’ensemble
- sera d’autant plus élevé que, d’une part, la force de chaque moteur sera calculée en tenant un compte plus exact de la puissance moyenne utile de chaque outil et que, d’autre part, les organes d’accouplement du moteur avec l’outil correspondant seront réduits à leur plus simple expression.
- Lorsque le nombre des machines est élevé et leur puissance individuelle minime, il peut être avantageux de les grouper par spécialités. Il y a là une raison d’économie que l’on 11e peut négliger dans les grosses installations.
- Nous avons pris, tout à l’heure, pour exemple un atelier de constructions mécaniques de moyenne importance, mais il existe encore, dans Paris, un certain nombre de grands ateliers. Pour ceux-là, il faut certainement adopter des moteurs séparés pour les gros tours, les rabor teuses et les outils de puissance supérieure à la moyenne. Mais pour les outils qui sont identiques ou analogues, et qui peuvent se grouper en quelque sorte par spécialité, il peut y avoir intérêt à commander chaque groupe par un moteur unique, dont la puissance sera judicieuse-e ment calculée pour commander les outils et les transmissions qui les entraînent. C’est une question d’espèce, dont la solution dépendra de l’intermittence des outils commandés par la trans-
- p.112 - vue 112/416
-
-
-
- 27 Juillet 1912. LA LUMIÈRE
- mission, de la longueur et du poids des transmissions et de la force qu’elle absorberait, dii prix du courant, etc., etc.
- Ajoutons et répétons, une fois de plus, que, dans un atelier quelconque comportant plusieurs machines, il n’est pas besoin, pour fonctionner normalement, d'une puissance égale à la somme de la puissance de ces machines, car chaque machine travaille d’une façon intermittente et absorbe une quantité d’énergie extrêmement variable suivant les diverses phases du travail.
- Il suffit pour s’en convaincre de relever les graphiques des enregistreurs d’intensité ou d’énergie placés à l’origine d’un circuit alimentant un atelier. Nous avons pu relever, dans deux importantes imprimeries où il y à un moteur électrique par machine, d’une part le chiffre de la consommation de plusieurs journées, d’autre part les courbes de la puissance instantanée utilisée pendant le même temps.
- Il résulte de ces constatations que la puissance maxima utile n’a pas dépassé 5o % de la puissance totale installée et que, par conséquent, pour un atelier semblable, il est parfaitement inutile d’avoir recours à une source d’énergie supérieure à la moitié de la puissance globale.
- On a pu également déduire de ces observations le nombre d’heures d’utilisation de cette puissance maximum utile. Nous avons trouvé 2 000 heures, soit 6 h. 40 par jour, ce qui est extrêmement intéressant, mais ce qui est un résultat qu’on ne soupçonne pas généralement, car il ne peut être mis en lumière que par un essai comme celui auquel il a été procédé.
- En relevant des graphiques analogues dans d’autres ateliers, on constate que tous ont le même aspect et présentent de multiples et longues hachures, montrant que l’énergie instantanée utile passe, à tout instant, du maximum au minimum de puissance, suivant fidèlement les phases multiples de l’ensemble du travail.
- Le graphique d’une installation de moteurs commandant des machines par groupes n’a plus du tout la même allure : la courbe atteint dès le début de la journée un maximum et ne présente plus ensuite que des hachures tout aussi multiples que les précédentes, mais excessivement minimes comme étendue. Cette courbe rend tangible l'effet dû aux transmissions qui absorbent constamment la même puissance, servant, il est vrai, de volant aux écarts d’énergie dus àl’inter-
- ÉLECTR1QUE 113
- mittcnce du travail des outils; tandis que ces variations d’énergie, toujours apparentes, n’ont plus qu’une amplitude extrêmement réduite si on les compare aux variations obtenues précédemment.
- L’iitilisation annuelle de la puissance maximum utile est,dans ce cas,presque égale au nombre d’heures de fonctionnement de l’atelier; le rendement est donc excellent, mais ce résultat, si brillant en apparence, n’est cependant pas comparable à celui que l’on obtient avec des moteurs séparés. Ces expériences, faciles à répéter, démontrent donc surabondamment qu’on ne saurait apporter trop de soin à déterminer la-puissance maximum moyenne nécessaire au bon fonctionnement de l’atelier dont on étudie l’alimentation ; de ce choix dépend le rendement annuel de l’industrie en jeu, rendement qui sera bon ou médiocre suivant que l’on aura adopté ou non le chiffre se rapprochant le plus du maximum moyen utile.
- On peut rappeler utilement qu’un cabestan électrique, qui tourne une machine de 3o tonnes sur une plaque et qui développe un effort tan-gentiel de 900 kilogrammes avec une vitesse de 19 tours à la minute, absorbe 3 240 watts de puissance moyenne instantanée pendantvingt quatre secondes.
- Au prix de o fr. 20 le kilowatt-heure, chaque rotation occasionne une dépense d’électricité de 22 watts-heure, soit o,44 centime.
- En supposant qu’un tel cabestan électrique effectue i5o rotations par jour, les charges de capital, évaluées à 1 fr. 40 par jour, représentent de leur côté une dépense de o c. g35 par rotation.
- Il faut donc compter sur un prix de revient de 1 c. 375 par rotation, ce qui est très minime (‘).
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Un transbordeur à câbles de dimensions inaccoutumées.— Electr. Kraftb. u. Bahncn, t4 juin.
- Dans la province de Biscaye,on exploite des gisements métallifères constitués par des pierres riches
- (') La Revue Générale des Chemins de fer a indiqué, dans son N° de septembre 1902, a propos du groupe élec-trogèue à l'alcool utilisé au chemin de fer du Nord, l’intérêt que peut présenter l’emploi de l’énergie électrique pour actionner des cabestans, même dans une petite gare, sans procéder à un transport d’accumulateurs entre le lieu d’emploi et une usine de charge éloignée.
- p.113 - vue 113/416
-
-
-
- 114
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N° 30.
- en minerai disséminées dans un maguna terreux. La terre, une fois éliminée par lavage, les pierres passent par un tablier roulant entre une double rangée d’ouvriers qui en opèrent le tri.
- Il y a quelques années, pour éviter de refouler de l’eau de mer jusqu’à la mine à une altitude de 4oom. et au prix de difficultés de toute nature, la « Orco-nera Iron Ore C° » imagina d’amener au bord de la mer, à Morena, les matières extraites de la mine, et de leur faire subir le lavage en ce dernier point, à proximité de la côte, sur une colline de 90 mètres de hauteur.
- L’installation actuellement existante comporte 6 tambours de 3 mètres de diamètre maximum et de 6 mètres de longueur qui peuvent laver 3^5 tonnes par jour chacun, ce qui porte le débit de l’ensemble 'à 2 000 tonnes.
- Deux turbo-pompes Sulzer frères, à Winterthur, fournissent l’eau de mer nécessaire à raison de 9 mètres cubes par minute.
- Pour relier la mine à l’installation de lavage, on s’arrêta après étude à un transbordeur à double câble du type Adolf Bleicher et C° (Leipzig). Les deux câbles forment deux lignes parallèles, que l’on peut exploiter indépendamment l’un de l’autre. Une ligne double est plus facile à réaliser qu’une ligne à câble unique et constitue en même temps une garantie contre tout arrêt total de l’exploitation. Pour profiter d’installations déjà existantes, il fallut faire rebrousser chemin au minerai une fois lavé jusque vers le milieu de la ligne à Pucheta, où un embranchement également aérien l’amène à la station de Gallarta et de là à Bilbao.
- La distance entre la mine et Povena est de 8,1 kilomètres, entre Povena et Pucheta 4,3 kilomètres, entre Pucheta et Gallarta 1,8 kilomètres. La capacité horaire de transport est de 2to tonnes de matières premières brutes et de io5 tonnes de minerai lavé, ce qui donne
- 210 X 8,i -(- io5 (4,3 -J- i,8) = 2 34o tonnes par kilomètre à l’heure.
- Ce rendement dépasse tout ce qui a été atteint jusqu’ici avec des transbordeurs à câbles et la ligne amorcée en mai 1909 est en pleine exploitation depuis novembre 1910.
- A la mine se trouvent les moteurs, les tambours de commande des câbles et une estacade de chargements contre laquelle passent les wagonnets qui se remplissent par un jeu de vannes obturatrices. De là ils s’enclanchent sur le câble, traversent la station intermédiaire de Pucheta, se vident à l’installation de lavage sur un ponceau de déchargement spécial relié par un plan incliné aux tambours de lavage. Le minerai lavé monte à une hauteur de 3o mètres sur des rampes à tablier mobile, jusqu’à une estacade de transbordement et tombe dans un certain nombre de wagonnets qui se sont vidés un instant auparavant et qu’un dispositif de déclanchement automatique peut faire basculer sur le chemin du rètour.
- Arrivé à la station de Pucheta, le minerai abandonné par les wagonnets de la voie principale tombe d’une grande estacade métallique dans ceux de l’embranchement qui les amène à la station de Galarta, d’où il passe automatiquement sur les wagons de la ligne de chemins de fer de Bilbao.
- Le dispositif d’enclanchement reliant les wagonnets au câble est le type cc Automat » de la maison Bleichert étudié pour les lignes de fortes pentes.Tout le jioids du wagonnet et de son contenu agit sur les grands bras d’une sorte de pince dont les petits bras se terminent par deux mâchoires qui mordent le câble. Ce système a donné toutes les garanties d’un bon fonctionnement avec des pentes allant jusqu’à 4i°. Tout déclanchement accidentel est rendu absolument impossible et ce dispositif a l’avantage de donner entre de larges limites toujours la même pression sur le câble, quel que soit l’écartement des mâchoires. Les variations dans le diamètre des câbles, par suite de remplacement, d’allongement ou d’usure n’ont donc qu’une influence insignifiante sur la sécurité du fonctionnement de la ligne.
- G. C.
- p.114 - vue 114/416
-
-
-
- 27 Juillet 1912.
- LA ‘LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 115
- VARIÉTÉS
- Les Ingénieurs et la Culture générale.
- On a beaucoup discute pour et contre la spécialisation à outrance. On sait que le système allemand, par exemple, cantonne chaque ingénieur dans un compartiment très réduit de la technique, dont il lui est bien défendu de sortir. On arrive ainsi, dit-on, à une augmentation du rendement général du personnel, assimilé à une machine. S'il était besoin de trouver des arguments contre un tel s}rstème, le dernier ouvrage de M. Marius Latour, que nul électricien ne récusera, nous en fournirait d’excellents.
- On y voit nettement l'intérêt qu'il y a, au point de vue général, à ce que l’ingénieur, non seulement ne soit pas prisonnier d'une sous-spécialité, mais porte même hors du domaine de l’art de l'ingénieur ses procédés de raisonnement et scs habitudes scientifiques. Ce livre, qui s'appelle : Premiers principes d'une théorie générale des émotions^}, est un livre de pure psychologie, et il se justifie de lui-même, puisqu’ilaune valeur philosophique tout à faitremar. quable.
- M. Marius Latour cherche et réussit à ramener le jeu de nos émotions au mécanisme de l’économie politique. Il y fait une exacte balance des différents mobiles qui nous sollicitent, et montre comment chaque manifestation de nos émotions est contenue et limitée par la possibilité ou la présence d’émotions contraires. Rédigé en un style rigoureusement scientifique, d’une allure géométrique, ce traité ne donne pas la sensation irritante de piétinement sur place que l'on trouve dans la lecture des quatre-vingt-dix-neuf centièmes des ouvrages de philosophie écrits par des philosophes. Il est vraiment excellent qu'un homme mêlé à l'industrie, et qui y a donné de telles preuves de compétence, se soit avisé de parcourir, à son tour, le domaine des conceptions psychologiques.
- Le point le plus saillant de l’ouvrage, celui qui soulèvera sans doute le plus de discussions, c’est la théorie du rire; M. Marius Latour donne du rire une explication très originale et très profonde, en considérant le comique comme résultant de la constatation de l’échec d’une volonté. On sait tous les
- efforts, toujours infructueux, qui ont été tentés en vue de donner de cette émotion si spéciale une interprétation générale. Celle que donne M. Marius Latour contient tous les cas particuliers, et présente précisément le caractère de généralité que Ton doit exiger d’une loi psychologique.
- C’est une découverte importante et qui, pour être d’un autre ordre que celles que l’auteur a déjà ré a-, lisées dans le domaine des moteurs électriques, ne lui en fait que plus d’honneur, en attestant l’ampleur et la généralité de son esprit.
- Il faut souhaiter que, sans détourner M. Marius Latour de ses travaux d'électrotechnique, les études philosophiques qui l'ont sollicité soient poursuivies : nous ne doutons pas que ce sera alors avec le même succès.
- R. C.
- JLa conférence internationale de T. S. F. à Londres.
- Nous pouvons résumer comme suit les décisions prises paria conférence qui vient de prendre fin.
- i° A l’avenir, les navires devront avoir deux longueurs d’onde : fioo mètres et 3oo mètres.
- 2° L’inlercommunication entre navires a été rendue obligatoire, les Etals qui ne l’avaient pas admise à Berlin ont retiré leurs réserves.
- 3° Les télégrammes en transit, soit par l’intermédiaire de.stations côtières ou de navires, ont été réglementés et tarifés.
- 4° La convention reconnaît officiellement les communications entre stations fixes (jusque-là on ne parlait que de stations de bord et côtières), c’est-à-dire les réseaux radiotélégraphiques.
- Elle proclame que pour ces stations, on ne pourra jamais arguer de la différence d'appareils pour refuser des échanges avec d’autres stations.
- 5° Les émissions horaires et météorologiques sont reconnues officiellement et quelques mesures générales sont édictées à leur égard.
- 6° Toutes les stations côtières émettant de longs télégrammes doivent cesser de correspondre trois minutes tous les quarts d’heure pour permettre aux navires d’écouler le cas échéant des appels de détresse.
- (l) Alcak, éditeur, Paris.
- I
- p.115 - vue 115/416
-
-
-
- 116
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XIX & Série).— N° 30
- BIBLIOGRAPHIE
- II est donné une analyse des ouvrages dont
- Experimentelle Untersuchungen am Queck-silberdampf- Gleichi'ichter fur Wechselstrom (Recherches expérimentales sur le redresseur à vapeur de mercure pour courants alternatifs), par W. Tschudy. i brochure de 62 pages, Zurich, 1912.
- Les premières recherches sur l’arc au mercure furent entreprises en 1892 par Arons, qui construisit une lampe à vapeur de mercure. Neuf ans plus tard, Cooper-Hewilt réalisa la première lampe à vapeur de mercure industrielle, laquelle fut suivie du redresseur à vapeur de mercure, sur le fonctionnement duquel on manqua toutefois assez longtemps de données précises.
- Les recherches de Steinmelz (') et, en particulier, les oscillogrammes relevés par cet auteur, apportèrent déjà quelque lumière sur celte question.
- D’autre part, en 1904, Weinlraub publia une étude sur l’arc au mercure (2), laquelle sembla confirmer l’hypothèse de J.-J. Thomson, à savoir que « l’arc ne peut subsister que lorsque la cathode est maintenue à une température suffisante pour la rendre susceptible de rayonner des électrons en quantité assez grande. »
- Polak (3) et Schulze (’’) relevèrent également de nombreux oscillogrammes, mais sans les analyser.
- Ces oscillogrammes montrèrent toutefois que la courbe s’aplatit, lorsqu’on intercale une .bobine de self, alors même qu’il 11’existe aucune self-induction dans le circuit du courant redressé.
- Schulze démontra également, dans un travail ultérieur (8), qu’il passait dans le sens cathode-anode un courant de l’ordre de 10—7 ampère, tandis qu’on avait admis jusqu’alors que le courant ne circulait que dans le sens anode-cathode. D’autres auteurs et, en particulier Schiifer (r'), traitèrent également la question des redresseurs à vapeur de mercure.
- Le travail de ce dernier auteur est particulière- (*)
- (*) Proceed. of the Amer Inst. ofElectr. Eng., 1905.
- (2) Phil. Mag., 1904.
- (3) Elektrotcchnische Zeitschrift, 1907.
- ('! Elektrotechnische Zeitschrift, 1909.
- (!i) Elektrotechnische Zeitschrift, 1909.
- (c) Elektrotechnische Zeitschrift, 1911.
- deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- ment intéressant, en ce sens qu’il démontre la possibilité d’atteindre une puissance de ^5 kilowatts, grâce à l’emploi d’ampoules en acier au lieu d’ampoules de verre.
- Il y avait toutefois intérêt à déterminer la consommation effective des redresseurs à ampoules de verre pour diverses charges,afin d’avoir des données précises sur le développement de ces appareils.
- D’autre part, les chiffres donnés par les divers auteurs pour le rendement des redresseurs à mercure ne concordant pas, il était intéressant de déterminer le rendement de ces appareils avec et sans diviseur de tension.
- Enfin les oscillogrammes relevés-par les auteurs précédents n’avaient pas été soumis à l’analyse.
- Ce sont ces considérations qui ont conduit M. Tschudy à entreprendre une série de recherches, dans le sens que nous venons d’indiquer, sur les redresseurs à vapeur de mercure et à relever, à l’aide d’un ondographe, des courbes qu’il analysa.
- Ces essais, dont le présent ouvrage contient l’exposé détaillé, montrèrent que le rendement du redresseur varie sensiblement avec la fréquence et qu’à partir de 3o périodes il décroît, lorsque la fréquence augmente.
- Quant aux pertes dans le diviseur de tension, elles décroissent d’abord de 100 à 35 périodes, puis deviennent sensiblement plus grandes. Le rendement du redresseur seul atteint, à 26 périodes, 89,5 % , mais, par suite du mauvais rendement du diviseur de tension à celte fréquence, le rendement global tombe à 13 % environ.
- D’autre part, la chute de tension dans le circuit du courant redressé croît avec la fréquence et atteint 28,6 % à 100 périodes.
- Enfin, l’analyse des courbes de tension et d’intensité a démontré que le rendement dépend delà forme de ces courbes.
- Il y aurait également lieu d’étudier l’influence de la forme des courbes sur la consommation efficace dans les redresseurs à ampoules de verre, ce que l’auteur se réserve de faire dans des recherches ultérieures.
- M. K.
- p.116 - vue 116/416
-
-
-
- 27 Juillet .1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 117
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Généralités sur la commande électrique des appareils de levage.
- III
- Description de quelques appareils de levage
- A COMMANDE ÉLECTRIQUE.
- Nous avons donné, dans les chapitres précédents, les principaux caractères des diverses parties constitutives des appareils de levage à commande électrique.
- Nous décrirons, pour terminer cette étude, quel-
- Les treuils roulants et les moufles à moteurs, montrent, par leur grande diffusion, qu’ils répondent à un véritable besoin de l’industrie.
- Leur construction compacte les fait spécialement apprécier sur les chantiers de construction et dans les ateliers, où il est nécessaire de transporter rapidement des objets à une certaine distance et où la place utilisable est des plus réduites.
- Les treuils roulants, établis par les Ateliers de Construction Oerlikon, peuvent aussi bien être suspendus à la bride inférieure d’un fer à I qui leur sert
- l'ijf. i. — Tieuil r.uluntù moteur mut L.hi*ige : î lom.e.
- ques appareils qui nous ont semblé présenter un certain intérêt.
- Nous commençons aujourd’hui par la description de quelques treuils roulants et moufles à moteurs pour service de chantiers ou d’ateliers, construits récemment par les Ateliers Oerlikon. Nous devons les détails et les documents qui vont suivre à une communication de M. Hermann Thieme.
- de guide (fig. i et 3) qu’être transformés en moufles à moteur, lorsqu’on 'les fixe au crochet d’une grue pivotante ou d’un pont roulant.
- Le treuil roulant rend de grands services dans les casoùil est nécessaire de transporter des matériaux, de décharger des wagons de chemin de fer, etc. Danstousces cas, il se comportecommele feraient de petits wagons de transport, avec cet avantage ..toute-
- p.117 - vue 117/416
-
-
-
- 118
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX(2e Sérié). — N* 30
- fois qu’il ne nécessite ni railsj ni plaques tournantes. On le munit alors d’un siège pour le conducteur (fig. i) et on obtient par ce moyen des vitesses de translation qu’il serait impossible d’atteindre si la commande se faisait par cibles, du sol.
- Les treuils plus lourds sont munis de boggies pour le passage des courbes à faible rayon.
- Les treuils roulants sont munis d’un moteur électrique pour soulever la charge ; le mouvement de translation est commandé soit à la main, soit électriquement. Dans ce dernier cas, il y a un moteur spécial pour ce mouvement.
- Le moufle électrique trouve son emploi en combinaison avec des ponts-roulants bu des grues pivotantes. Il peut aussi être fixé en haut d’un mât ou d’une colonne et sert ainsi de monte-charge rapide pour n’importe quels matériaux de construction.
- Ces moufles électriques peuvent rendre d’excellents services avec les gros ponts roulants, quand il y a lieu de lever des charges dont le poids est très inférieur à la charge maxima du pont, cas qui se présente fréquemment. Le moufle, étant suspendu au crochet du pont ou de la grue (fig. 2), suffit à l’aide de son petit moteur, à manier les faibles charges, tandis que, sans cela, on serait obligé de se servir du gros moteur du pont, qui a généralement une vitesse réduite, ou bien il faudrait compliquer le pont d’un mécanisme spécial qui, ne pouvant être utilisé ailleurs, n’aurait pas un rendement comparable à celui du moufle qui peut travailler autre part, dès que le travail normal du pont a repris.
- Le mécanisme de levage du treuil roulant ou du moufle est muni d’un engrenage à vis sans fin qui sert de réducteur de vitesse. Avec un tel dispositif, on obtient une marche silencieuse, car les engrenages qui sont encore nécessaires tournent relativement lentement. i
- «
- ¥ ¥
- La fabrication des engrenages à vis sans fin, qui est une des plus anciennes spécialités des Ateliers de Construction Oerlikon,a été, depuis quelques temps, complètement perfectionnée, surtout en ce qui concerne la vis en acier et la roue dont le bandage est de bronze phosphoreux. Lesi pressions axiales sont absorbées par des roulements à billes baignant complètement dans l’huile. L’engrenage à vis sans fin tout entier fonctionne dans un bain d’huile renfermé dans un carter. La plupart des engrenages à vis kans fin ont atteint un très haut rendement, grâce à If précision avec laquelle ils sont construits et au
- graissage qui a fait l’objet de recherches et d’études spéciales. Grâce aussi à l’emploi de deux métaux de duretés différentes, comme l’acier et le bronze phosphoreux, l’usure est réduite au minimum.
- Le câble d’acier est exclusivement employé
- Fig. 2. —Moufle électrique de i tonne suspendu au crochet d une grue.
- comme organe de traction ; son élasticité et sa charge de rupture sont très élevées. Les galets transporteurs sont en fonte grise ou en acier fondu, suivant la puissance du treuil. Ils tournent sur leurs axes et sont munis de coussinets de bronze. Leur graissage s’opère au moyen de graisseurs Stauffer.
- Les moteurs sont établis en tenant compte des conditions spéciales imposées par les appareils de
- p.118 - vue 118/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 119
- 27 Juillet 1912,
- levage et ils sont calculés pour une grande surcharge.
- Ils sont relies directement à l’engrenage à vis sans fin, au moyen d'un accouplement semi-rigide dont les disques servent de tambour de freinage. Etant complètement blindés, les moteurs sont bien protégés contre les intempéries, la poussière ou
- 2,5 fois plus grand que le couple nécessaire ; ils peuvent faire le double du nombre de tours normal (pour les moteurs à courant continu, généralement 2,5 fois) et supportent sans inconvénient les changements de sens de marche brusques et fréquents, qui cependant doivent être évités en service normal.
- La commande des moteurs se fait soit du sol (fig. 2 et 3),soit d’un siège suspendu au treuil (fig. i). Ce siège est disposé de telle sorte que le conducteur ait la vue libre de tous les cotés pour observer les mouvements de la charge. C’est aussi le cas quand la cabine est complètement entourée de vitres.
- Les commandes des moteurs pour les différents mouvements se font au moyen d’un contrôleur (pour les moteurs en court-circuit au moyen d’un commutateur) fixé au treuil. L’inverseur est combiné avec ce contrôleur, ce qui permet de n’avoir qu’un seul organe de commande pour toutes les manœuvres du moteur. En général, le moteur de levage seul est muni d’un frein. C’est un frein à ruban agissant automatiquement sur l'accouplement placé entre le moteur et l’engrenage à vis sans fin; il est combiné avec l’appareil de mise en marche, ou commandé par un électro-aimant ou un servo-moteur.
- Le mouvement de translation peut être muni d’un frein à pédale, manœuvré par le conducteur.
- Le treuil reçoit le courant de la ligne montée le long de la voie de support au moyen de trolleys à roulettes. Les treuils roulants et les moufles des ateliers de construction Oerlikon sont construits pour des charges allant jusqu’à 5.ooo kilogrammes. Les vitesses respectives des ' différents mouvements peuvent être assez élevées, de sorte que ces appa-~ reils de levage répondent à toutes les exigences de l’industrie moderne.
- . 3. — Treuil roulant à moteur avec commande pour câbles.
- Charge : 2 tonnes.
- l’humidité. Le graissage de leurs paliers est un graissage à bagues et leurs arbres sont en acier.
- Les moteurs à courant continu, employés pour le mouvement de levage, sont compound ; par suite, leur vitesse augmente, à mesure que diminue la charge jusqu’à la plus grande vitesse possible. Les moteurs du mouvement de translation sont bobinés en série et ont d’excellentes caractéristiques. Les moteurs triphasés sont, soit à induit à bagues, soit à induit en court-circuit pour les faibles puissances et surtout pour le mouvement de translation.
- Les moteurs sont établis pour un couple maximum
- Il existe encore une autre catégorie d’appareils de levage de moyenne puissance, que leur transport facile rend susceptibles de grands services dans les ateliers et sur les chantiers. Ce sont les palans électriques, dont nous allons également décrire quelques modèles, que leur construction compacte et leur poids relativement peu élevé rendent particulièrement intéressants.
- En effet,- les principales caractéristiques d’un tel appareil doivent être un encombrement et un poids restreints, Voici d’ailleurs comment M. Hernianns (*)
- (!) Elekirotecknik und Maschinenbau,- 3 septembre
- igiï.
- p.119 - vue 119/416
-
-
-
- 120 ' LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T XIX (2* Série). — N® 30.
- définit les conditions auxquelles doit, d’après lui, satisfaire un palan électrique.
- ' i® La hauteur totale de l’appareil doit être aussi réduite que possible, de manière d’en permettre l’emploi même dans les locaux où on ne dispose que d’une faible hauteur pour le suspendre.
- 2° Le poids propre du palan doit être également aussi limité que possible, de manière à réduire tout d’abord le prix d’achat et les frais d’installation et à diminuer ensuite le poids mort.
- . 3° On doit s’efforcer d’obtenir un équilibre aussi parfait que possible des diverses parties de l’appa-
- reil. L’axe du crochet de suspension de celui-ci doit coïncider autant que possible avec l’axe du crochet de levage.
- En ce qui concerne la hauteur totale, il faut s’efforcer de disposer le moteur d’entraînement et le rhéostat de démarrage de celui-ci de telle sorte qu’ils n’augmentent pas cette hauteur. On peut obtenir ce résultat en plaçant le moteur avec son rhéostat à côté de la poulie de la chaîne ou du tambour du câble, ou encore en introduisant le moteur à l’intérieur de ce tambour.
- La figure 4 représente un palan à commande électrique, construit par MM. Bolzani frères, et qui réalise cette dernière condition. Cet appareil est à commande combinée par vis sans fin et par roues dentées. Le moteur M entraîne un réducteur de vitesse à engrenages, placé latéralement et qui commande lui-même un second réducteur à vis sans fin disposé dans l’axe de levage; ce dernier réducteur est enfermé dans un carter rempli d’huile, auquel est fixée la boîte du frein. L’organe de levage proprement dit est une chaîne Gall articulée, dont le dispositif de guidage, en fonte et en fer forgé, est placé latéralement. Le crochet de suspension de
- l’appareil est fixé à la carcasse du moteur, laquelle est en fonte d’acier pour les moteurs à courant continu et en fonte de fer pour les moteurs à courants triphasés. Le rhéostat de démarrage A, enfermé dans
- Fig. 5.
- une boîte spéciale, est placé perpendiculairement à l’axe de la roue dentée. Lorsque la puissance du moteur n’excède pas 4 chevaux, les résistances sont placées dans cette même boîte; pour les moteurs de puissance supérieure, ces résistances sont, eu égard
- i--------------
- à leurs grandes dimensions, fixées extérieurement à cette boîte. La commande du rhéostat de démarrage s’opère du sol à l’aide de cordes ; un ressort de rappel ramène automatiquement ce rhéostat au zéro, lorsqu’on lâche la corde. Lorsque le moteur est à
- p.120 - vue 120/416
-
-
-
- 121
- 27 Juillet 1912. " LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- courant continu, il est pourvu d’un dispositif de freinage électrique ; pour les appareils à courants triphasés, on a prévu en outre un frein spécial à ruban, commandé également du sol.
- La figure 5 représente un autre modèle de palan à commande électrique, de hauteur très réduite. Les palans de ce modèle sont appelés à rendre particulièrement des services dans les locaux de faible hauteur. Cet appareil très simple se compose exclusivement du moteur M avec son rhéostat A, du réducteur de vitesse et du tambour, lequel est disposé entre le moteur et le rhéostat. La commande du rhéostat de démarrage s’opère du sol à l’aide de cordes ; toutefois le rhéostat peut être également placé le long d’une paroi. Ce palan pourrait être transformé en palan mobile d’une manière très simple, par l’adjonction d’un chemin de roulement. Dans ce cas, le courant peut être conduit au moteur par des fils tendus, sur lesquels glissent les appareils de prise de courant, ou par des câbles souples.
- Le palan, que représente la figure 6, se distingue également par une faible hauteur.
- Par exemple, pour un palan d’une force portante de 7 5oo kilogrammes, la hauteur comprise entre le bord intérieur du crochet de suspension et celui du crochet de levage, n’e'st que de i,25o mètre ; la plus grande largeur de l’appareil est, d’autre part, de i,3oo mètre seulement. Un moteur d’une puissance de 7 chevaux communique à ce palan une vitesse de levage de 2,5 mètres par minute. Ce moteur, placé latéralement, entraîne le tambour par l’intermédiaire d’une transmission à vis tangente.
- [A suivre.) J.-L..M.
- Installation d’essais à très hautes tensions.
- Installation des anciennes usines de Fuisseaux, a Baudouh.
- Les Usines de Fuisseaux, à Baudour, où l’on fabrique des produits réfractaires et de porcelaine ont vu leur importance s’accroître considérablement en ces dix dernières années, en même temps que par des agrandissements et transformations successives, elles développaient et modernisaient complètement leur outillage. L’énergie nécessaire à l’actionnement des nombreuses machines, telles que broyeurs, tami-seurs, presses, ventilateurs, tours, etc., ainsi qu’à l’éclairage des ateliers, est actuellement transmise à de nombreux moteurs et récepteurs divers sous forme de courant électrique.
- Une des spécialités qui ont fait le renom de ces
- usines est la fabrication des isolateurs en porcelaine à l’usage des applications de l’électricité. Au début de leur mise en usage, les isolateurs en porcelaine n’étaient employés presque exclusivement que pour l’isolement des lignes télégraphiques et téléphoniques. Les Usines de Fuisseaux furent pendant longtemps parmi les rares fournisseurs attitrés de nombreux gouvernements et sont encore actuellement un des principaux pourvoyeurs d’administrations publiques, des États belge et français notamment, par suite de l’exceptionnelle qualité de leur porcelaine et de la perfection apportée à la manufacture de leurs produits.
- Au furet à mesure que l’industrie électrique prenait l’extension rapide qui la caractérise, que les transports d’énergie se faisaient de plus en plus nombreux et s’effectuaient à des tensions de plus en plus élevées, les Usines de Fuisseaux étudiaient et lançaient sur le marché des isolateurs appropriés de modèles nombreux et variés. De plus, elles entre-prenaientla fabrication de pièces spéciales à l’usage de l’appareillage électrique, telles que cartouches pour fusibles, poignées de coupe-circuits, introductions. tubes, supports, et pièces en porcelaine les plus diverses entrant dans la composition des appareils à haute et basse tensions. Nous dirons quelques mots de la fabrication de ces isolateurs.
- Fabrication des isolateurs en porcelaine
- La porcelaine se compose essentiellement d’un mélange de kaolin, de quartz et de feldspath. Suivant les usages auxquels on la destine, la teneur de ces éléments peut varier beaucoup. Pour les besoins de l’électricité, la porcelaine dure convient uniquement et est alors constituée d’une structure en kaolin noyée dans une pâte de feldspath et de quartz. Cette composition, jointe à la haute température de cuisson qu’elle exige, assurent aux isolateurs les qualités nécessaires de résistances mécanique et électrique.
- La fabrication des isolateurs suit généralement le processus suivant :
- Les pierres de quartz et de feldspath sont broyées dans des concasseurs puis moulues dans des tambours. Ces matières réduites en poudre sont précipitées dans des cuves remplies d’eau pour être agglutinées et mélangées au kaolin préalablement débarrassé de sa gangue impure. Ces cuves sont munies d’agitateurs mus mécaniquement. .Après un malaxage suffisant, la pâte liquide ainsi formée est
- p.121 - vue 121/416
-
-
-
- 122
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2e Série). — Jfr“ 30 '
- amenée dans des bassins en passant au travers de fins tamis en fils de cuivre qui la débarrassent des parties insuffisamment réduites, et sous des électroaimants qui retiennent les Impuretés ferrugineuses.
- Elle est ensuite reprise par des pompes à membranes et envoyée dans des filtres-presses où elle est soumise à des pressions atteignant 8 à io atmosphères pour être débarrassée de son excès d’eau (fig. i).
- La pâte est retirée de ces presses sous forme de gâteaux plastiques qui sont envoyés aux pétrins mécaniques. Ces pétrins consistent généralement en cylindres et rouleaux tournants qui compriment verticalement et latéralement la pâte de façon à en extraire toutes les bulles d’air et à former des blocs bien homogènes (fig. a).
- x La pâte ainsi préparée est prête à être mise en œuvre. On découpe à cet effet les blocs de pâte en masses dé dimensions convenables sur lesquelles on pratique le, premier travail de façonnage, appelé
- ébauche. Ce travail s’opère sur un tour à axe vertical. L’isolateur y reçoit sa forme intérieure.
- Les pièces ébauchées sont alors séchées suffisamment par leur station dans des salles ehauffées et sont confiées aux tournaseurs, ouvriers chargés de donner à l’isolateur sa forme extérieure/ Il font usage, contrairement aux ébaucheurs, de tours à axe horizontal. Us effectuent également le filetage interne des isolateurs destinés à être vissés sur des supports métalliques. Ce dernier travail s’exécute aussi mécaniquement au moyen de machines spéciales (fig. 3).
- Pour les pièces exigeant à un moindre degré des qualités de résistance, l’ébauche et le tournasage sont remplacés par un procédé moins coûteux dit par coulage. On utilise dans ce cas une pâte pulvérisée légèrement humectée d’huile que l’on comprime dans des matrices en acier, appropriées à la forme de l’isolateur à obtenir.
- p.122 - vue 122/416
-
-
-
- 27 Juillet 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- «3
- Fig. 2. — Pétrins mécaniques.
- Après un nouveau séchage, les isolateurs ainsi façonnés peuvent subir la cuisson dans des fours spéciaux à haute température, et recevoir enfin l'émaillage dans des fours à incandescence.
- Par ce mode de fabrication on obtient des isolateurs remarquablement résistants, tant aux actions mécaniques qu'à la pénétration électrique.
- Qualités requises pour les isolateurs électriques.
- Les isolateurs destinés à servir de supports aux conducteurs aériens d’énergie électrique doivent remplir de multiples conditions d'ordres mécanique, électrique et divers. En premier lieu, les isolateurs doivent présenter une rigidité mécanique élevée qui dépendra non seulement de la composition de la porcelaine employée mais encore de la forme extérieure adoptée. La porcelaine résistant remarquablement à la compression, mais ne supportant pas de grands efforts de traction, les isolateurs seront exécutés
- sous une forme qui les soustraie autant que possible aux efforts de tensions tant intérieures qu’extérieures. Ils devront résister également à la rupture due aux actions étrangères accidentelles telles que chutes de branches, jets de pierres, etc.
- Au point de vue électrique, l’isolateur ne devra pas présenter de conductibilité interne appréciable, non plus qu’une conductibilité superficielle dangereuse, Sa rigidité au percement électrique sera considérable et sa forme devra être étudiée de telle manière que la sécurité contre les décharges latérales entre les bords et le support métallique soit assurée.
- De plus, même pour de hautes tensions, l’isolateur devra être d'un poids et de dimensions aussi réduits que possible, tout en étant d’un montage et d’un nettoyage faciles.
- Enfin il présentera une résistance suffisante aux acides, aux décharges atmosphériques et aux variations de température.
- Ces conditions multiples et d’ordres si divers ont
- p.123 - vue 123/416
-
-
-
- 124
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2» Série).—N* 30.
- I
- l<i£. 3. — Tournaseurs.
- amené la plupart des usines productrices d’isolateurs à édifier des laboratoires de recherches et d’essais toujours plus perfectionnés, au point de vue électrique notamment.
- Le laboratoire d’essais sous tension des isolateurs des Usines de Fuisseaux comportait auparavant un transformateur de io K. V. A., 220/110 000, volts. Dès l’année 1909, ce transformateur fut jugé insuffi-
- Fig. 4. — Fabrication mécanique u’.soluteurs,
- p.124 - vue 124/416
-
-
-
- 27 Juillet 1942.' LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 125
- sant tant comme puissance pour les essais simultanés d’un grand nombre d’isolateurs, que comme tension maxima, notamment pour les essais d’isolateurs de lignes aériennes de transport d’énergie à très haut voltage.
- C’est ce qui déterminera la direction des Usines de Fuisseaux à édifier un nouveau laboratoire d’és-sais qui serait mieux en rapport avec les exigences modernes et avec la production sans cesse croissante des usines. M. Larmoyer, ingénieur-conseil, voulut bien se charger de l’étude préalable à la suite
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- «
- La Société d’Eclairage et de Force par l’Electricité malgré un produit net de l’exercice supérieur de a5o 9.12 francs à celui de 1910, n’a pas voulufaire ressortir cette plus-value au solde créditeur du compte profits et pertes, et en a fait seulement bénéficier le compte d’amortissements. Comme les autres secteurs de Paris, Eclairage et Force poursuit un programme d’extension hors Paris. Obligé d’abandonner son ancien réseau et ses dépendances à la
- Fig. 5. — Tourneurs d’assieltcs.
- de laquelle diverses maisons d’électricité belges et étrangères furent appelées à remettre des propositions. Leur examen décida la Société des Anciennes Usines de Fuisseaux à confier, en novembre 1909, l’installation complète du laboratoire aux Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi, dont les propositions furent jugées les plus avantageuses, tant au point de vue de la sécurité de fonctionnement que des garanties offertes quant à la construction.
- L’installation se compose en principe .du transformateur statique, de son régulateur de tension et de bacs d’essais.
- (A suivre.)
- Compagnie Parisienne de Distribution, d’Eleclri-cité, il s’est de suite établi en Seine-et-Oise, au Nord et au Nord-Ouest, travaillant pour son compte ou pour le compte d’autrui auquel il s’engage à fournir le courant haute tension.
- j L’Urbaine Electrique qui s’est assurée de nom-| breuses concessions comme Gonesse, Pierrelitte, j Villiers-le-Bel, etc., lui achète son courant. Mais ! en plus une entente est intervenue avec le Triphasé qui prétendait développer son réseau dans les mêmes régions. Un accord valable jusqu’au 3i décembre 1940 a été conclu entre les deux sociétés pour régler la distribution de l’énergie dans le Nord et le Nord-Ouest de la Seine-et-Oise et dans le Sud de l’Oise.
- p.125 - vue 125/416
-
-
-
- 126
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XIX (2® Sériel,
- ♦
- 30.
- La réalisation de ces projet* exige, comme pour le Triphasé, de larges disponibilités. Eclairage etForce se'les est réservée» en consacrant à' de» amortissements d'usines qui ne lui serviront plus en iç>i/> la somme de i 553 221 francs. Les actionnaire» se Sont partagés 85o ooo franc» à raison die 4» ir. 5o par action, soit 8 % de la valeur nominale du titre, mais seulement 3 %. de sa valeur en bourse.-
- Au bilan on remarque d’uïié- part uné diminution de l’actif de i 028 83* francs provenant des dépréciations des usines d-e Paris-, et malgré les au-gmeia-tâtions des usines et réseaux de la banlieue, et d’autre part un compte d’amortissement et réserve qui n’est pas inférieur k 8 200 000 francs, soit les 8/10 du capital émis. L’actif, en dehors dos terrains et usines, comporte un élément d’actif qui, comme pour les autres secteurs, réserve une plus-value très certaine à l’affaire et au titre : c’est le portefeuille qui figure pour 6 3y6 125 francs, composé d’actions de la G. P. B. E. en-grande partie, dont la valeur est actuellement plus dé deux fois la valeur nominale. Paris seul a procuré une recette nette de 1915628 lVanesi, et la banlieue une recette die 4 3 7'764 francs : celle-ci est le cinquième de- celle-là et tous les1 eftertt» de- lia Société’ vont ai. relever les recel les dfe la. banlieua qui fertmera Mfentdt son seul client; le» reveww* de-*©» porteieuïïlfe dièvanf pour le surplus* suppléer em panafe à la disparition de la clientèle ! Aetaieflaawiwef ce» rewenw» sf élèvent- à 266 5oo francsy ®’®' «1®» représente un tantes de 4ï, r c’est peu pour1 un'portereuilfeindiuistrie'll,, mai® la majeure partie sinon lfetotaLit'é dte»titres sontd.es actions qui tombent à 4i % di’intéré'f® intercalaires.
- L’accroissement incessant de la clientèle de Paris qui se-fait sur la hase de 14 % à i5 % par an semble garantir qu’aux années d’installation succéderont aussitôt des années d’exploitation et de distribution du dividende. Dès lors' le portefeuille pourra être porté pour sa valeur réelle. Une situation aussi large n’appelle quant aux debiteurs et aux créditeurs aucune remarque particulière. Le bilan se résume
- ainsi :
- Immobilisé .. .. .............. io4;5o83 14
- Réalisable................ 7 355 1.28 a6
- Disponible.................. ' a 664 933 74
- Total'.... 2o4g5 i4!> 14
- Capital........,.......... 10000000 00
- Réserve et amortissements.. 8269611 i5
- Créditeurs divers............... 1276018 56
- x Proiftset perte®........... 94950643
- 2<3 49'5i4'5 14
- La Société des Usine» à Gaz du Nord et de l’Est
- quipossède le» Usines de S ois sorts et Denain. vient de se faire autoriser par ses actionnaires à porter le capital de 7 925 000 franc» à 10 000 000 de francs par l’émission de 4 i5o actions de 5oo francs. Le produit de cette augmentation de capital sera consacré à des - agrandissement® à Soissons et 4 Denain des instai-lalions- électriques existantes et à la création à Ëper-nay d’un centre de distribution très important qui- a son origine dettes une convention avec la Compagnie des Chemin® dç fer de l’Est pour la fourniture du courant à ses ateliçrs d’Epernày. La Société pense»
- ; raif en outre s’étendre dans la vallée de la Marne [ jusqu’à Ciblions.
- La Compagnie Lebon vient,, par contre, de céder à FËnergi-a ËlfeetPiea de Gatâiuna les droits qu’elle S tenait de sa concession à Barcelone ; elifè abandonne son privilège pour l’éclairage électrique j car il a été bien spécifié au cours de l’assemblée qu’il ne saurait être question de l’exploitation duga®. Les conditions de la cession n’ont pas été indiquée», la gérance ayant seulement fou» pouvoirs poW lk traiter au ; mieux des intérêts de la Compagnie,
- ; Une fusion dont on parle beaucoup et qui peut 1 intéresser nombre de porteurs français1 est celle de 1 la1 âtte- Paiilo Tramway Light and Power, de la Rio Janeiro Tramway Light and Power, ét de la Sâo ; Paul© Electric Company. Une seule compagnie appelée l'a Rrazilian Traction Light and Power Company, constituée sous le régime des lois du Dominion of Canada au capital de 120'millions de dollars divisé en 1 200000 titres de 100 dollars chacun, absorberait les trois sociétés sus-énoncées. Le siège de la Compagnie serait à Toronto ; le conseil qui se compose depersormalrtés' canadiennes et brésiliennes comprend un administrateur pour la France èt un pour ïa Belgique. L’échange' proposé se ferait sur les base» suivantes : * $fl( actions dfe la Traction Cortipainy contreune actionde là SâoPa n 1 o Tr artiway; 1 3/5 action de Fa Traction Company contre Une dé la- Rio de Janeiro-Tramway enfin une action de lit Traction Cdmpany confire’ une de la Sào Paul© Electric Company.
- Les deux premières compagnies poursuivent leur développement dans des proportions' inféressanfes comme on peut le constater pan la publication hebdomadaire de leurs recettes . La troisième, constituée en 1910, propriétaire de chutes hydrauliques et de
- p.126 - vue 126/416
-
-
-
- 27 Juillet 1942.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 12?
- concessions pour l’utilisation et la distribution de l’énergie électrique dans l’Etat de Sâo Paulo, achève une installation hydraulique de 5o ooo chevaux sur la Sorocaba et prépare l’installation d’une station centrale à vapeur de 3o ooo chevaux. Un contrat avec la Sâo Paulo Tramway Light and Power lui assure la fourniture de i5ooo chevaux mininia à partir du ter septembre Les revenus supputés
- de l’ensemble de trois entreprises permettrait la distribution d’un premier dividende de 6 % , puis en 1913 et 1914, des dividendes plus importants, étant données les augmentations de recettes prévues, il y a néanmoins dans ces combinaisons d’intérêts plus d’aléas que les dirigeants n’en supposent et des exemples très proches nous prouvent qu’ilfaut plusieurs exercices avant d’obtenir les rendements prévus.
- Les mouvements du cuivre pendant ces deux dernières semaines ont été déroutante pour tous. On a été jusqu’à prétendre que Hambourg détenait des stocks très importants et que leur apparition avait été cause d’une partie de la débâcle. Les Allemands s’en sont défendus. A l’appui de ce que nous disions dernièrement pour la production russe, le Moniteur des Intérêts matériels, donne quelques chiffres très significatifs.
- La production a augmenté de 45,3 % d’une année sur l’autre pour une période de quatre mois. Ce sont surtout les usines de l’Oural qui ont fourni le plus fort contingent. Le district de Kysh-time a donné à lui seul i5o 719 pouds contre 56 6^5 pouds en 1911. La demande en cuivre russe dans le pays même absorbe cette offre et les prix restent rémunérateurs. D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- ÉCLAIRAGE
- Ardennes. — Le conseil municipal de Rocroiet la commission d’éclairage ont émis un avis favorable au projet d’éclairage électrique présenté par la Société <c Les Ardennes électriques ».
- Bouches-du-Rhône. — Le maire de Port-Saint-Louis-du-RKône a annoncé au conseil qu’il a obtenu la résiliation du contrat passé pour l’éclairage entre M. Arnoud, ingénieur électricien à Marseille, et la municipalité d’Orcel. M. Arnoud veut bien abandonner ses prétentions à condition que l’éclairage de la ville soit assuré par l’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen.
- Le inaire a été autorisé à entamer les pourparlers avec cette Société.
- Gard. — La municipalité de Beaucaire a nommé une commission de cinq membres pour étudier une demande de concession de distribution électrique présentée par l’Union des gaz.
- Gumkvbk. — Le eonseil municipal de Bèglès a nommé une sous-commission pour étudier les deux projets relatifs à l’installation du gaz et de l’électricité.
- Hautes-Pyrénées.,— Il est question d installer l’électricité dans la commune de Galan.
- Haute-Saône. — M. Sauvegrain, industriel à Roanne et à Beaume-les-Dames, va installer à Gray une usine qui fournira l’éclairage électrique et la force motrice aux habitants.
- Hékault. — Le maire de Montpellier est autorisé à traiter avec la Compagnie d’électricité pour l’éclairage de TeHeneuve qui est actuellement fourni par la Compagnie <fes tramways.
- Isère. — La municipalité de Crémieu a l’intention de faire installer l'éclairage électrique à la gendarmerie et dans divers locaux scolaires.
- Il est question d'installer l’éclairage électrique dans la commune de Yiriville.
- Loire. — Le conseil municipal de Saint-Etienne a volé une somme de 6 ooo francs pour l’installation de l'électricité dans’ le bâtiment des sciences du lycée.
- Lu municipalité d’Audrezieux donne autorisation à la Compagnie Electrique de la Loire d’établir une nouvelle canalisation aérienne à haute tension sur la voie publique.
- Loiret. — Le conseil municipal de Boiscommun a décidé la mise à l’enquête d’une concession de distribution d’énergie électrique.
- Lot-et-Garonne. —* Le eonseil municipal de Meilhan a décidé de faire installer l’éclairage' électrique à la mairie.
- Puy-de-Dôme. — Une permission de voirie a été accordée à M. Pélissière, propriétaire à la gare de Bourg-Lastic-Meisseix, pour l’éclairage du bourg de Meisseix.
- Riione.— Le conseil municipal de Jarniouxa approuvé le projet d’entente passé par la commission municipale
- Seine-Inférieure. — Le conseil municipal de Nouville a émis le vœu de faire éclairer la gare à l’électricité.
- Saône-et-Loire. — Le conseil municipal de Saint-Val-lier donne un avis favorable au projet de concession d’énergie électrique.
- Tarn-et-Garonne. — Il est question d’installer l’éelai-
- p.127 - vue 127/416
-
-
-
- 128
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XJX (2*1»rtépS 1^361
- rage électrique à Villebruraier. C’est la Socie'té. d’électricité de L.abastide-Saint-Pierre qui doit faire cette installation.
- TÉLÉPHONIE
- Creuse. •— Le conseil général a approuvé le projet d’installation du téléphone dans les communes de Croze, Lussat, Basville et La Nouaille.
- Nord. — Le Conseil municipal de Dunkerque a émis un avis favorable au projet d’établissement d’un troisième circuit téléphonique Paris-Dunkerque.
- SOCIÉTÉS
- ' Compagnie départementale d'Électricité.-Le 5 août,
- 28 bis, rue de l’Eglise, Vincennes (Seine).
- ADJUDICATIONS
- < r;
- FRANCE • V
- Jusqu’au 18 août, la municipalité de la ville.de Cons-tantine (Algérie) recevra les offres pour la fourniture de compteurs d'eau payables soit at^r comptant, soit en 3,5 ou 10 annuités, y compris le prix d’entretien, abonnement forfait à l’année......
- BELGIQUE
- Le 7 août, à 11 heures, à la Bourse de Bruxelles, four-
- Tableau d(s recettes d'exploitation du mois de mai 1912.
- DÉSIGNATION ANNÉE 1912 DIFFÉRENCE ENTRE LES RECETTES DES TROIS PREMIERS MOIS en 1912 et en 1911
- Recettes du mois d’avril Recettes depuis le début de l’année en faveur de 1912 «g faveur de 1911
- francs francs francs
- Energie Electrique du Nord de la France 213 485 1 in 062 216 890
- Société Roubaisienne d'Eclairage 179 i36 I 251 664 76 658
- Electrique Lille, Roubaix;, Tourcoing 169 081 793 998 i35 490
- Energie Electrique du Centre 27I 021 1 4o3 5o3 i85 702
- Compagnie Electrique de la Loire 248 244 1 293 456 110 346
- Société Générale de Forces Motrices et d’éclai-
- rage de la ville de Grenoble 3o 733 i53 26J 3 459
- Société des Forces Motrices du Haut-Grési- ,
- vaudan. ; 5i 616 274 5p4 46 685
- Union Electrique 78'772 407 935 98 44^
- Est-Lumière ; 309 276 1 916 443 271 443
- Société d’Electricité de Caen • 44 187 256 230 32 697
- Société Méridionale de Transport de Force. ... i33 143 708 840 74 269
- Sud-Electrique i45 521 782 126 ii>2 353
- Est-Electrique 49 i34 210 583 71 5i3
- Electricité de Bordeaux et du Midi. 80 295 570 o53 34 949
- Energie Electrique du Sud-Ouest... i38 437 703 066 126 177
- Energie Electrique du Littoral Méditerranéen. 53o 36o 3 002 323 282 244
- Chemins de Fer Electriques départementaux de
- • la Haute-Vienne 36 3i4 127 490 80 637
- Tramways de Roubaix-Tourcoing 167 626 845 021 21 858 •
- CONSTITUTIONS
- Société Electrique du Grand-Fougeray. — Constituée le 22 juillet 1912. — Capital: 4° 000 francs. — Siège social : 159, boulevard Pereire, Paris.
- CONVOCATIONS
- Compagnie Electrique du Midi. — Le 2 août, 6, rue de Londres, Paris.
- Compagnie Générale des Ilots Electriques. — Le a août, 7, rue Solférino, Paris. ‘
- niture de câble téléphonique nécessaire à l’administration des télégraphes ; caut. : a3o francs (cahier (dés charges spécial n° 1162). Soumissions recommandées le 3 août.
- Prochainement à la maison communale, à Grivegnée (Liège), fourniture des moteurs et pompes nécessaires à l’alimentation d’eau.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, 17, RUE CASSETTE.
- Le Gérant : J.-B. Noie*
- p.128 - vue 128/416
-
-
-
- rrante-quatrlèma année.
- SAMEDI 3 AOUT 1912.
- Tome XIX (2* aéria). - N" 31.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- ifilBUo
- A
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ELECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 129. — G. Cuvillier. Le Métropolitain de Hambourg {suite et fin), p. i3i.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Phénomènes photo-électriques et absorption de la lumière, G-, Reboul, p. 141. — Divers. Effet électrolytique du courant électrique continu sur les cellules" des plantes vivantes, François Kovessi, p. 141 • —1 Législation et contentieux. L’interprétation et la validité des actes administratifs, Paul Bougault, p. 142. — Variétés. Des conditions d’emploi des compteurs électriques dans une distribution d’énergie et des essais à leur faire subir, L. Barbillion, p. i45. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Un nouvel atelier de la « General Electric C° Ltd », p. 148. — Installation d’essais à très hautes tensions (fin), p. i5i. — Etudes économiques, p. 157. — Renseignements commerciaux, p. 1S8. — Adjudications, p.-iSç.
- ÉDITORIAL
- M. G. Cuvillier achève aujourd’hui la description du Métropolitain de Hambourg, et en résume les principaux traits.
- La dernière partie de cet exposé comporte l’examen du matériel d’exploitation (voitures et leurséquipements, machine pour l’impression et la vente des billets — celles-ci fort intéressantes et débitant à elles seules le dixième du nombre total des billets) — de la signalisation (avec un système de block semi-automatique qui a donné de bons résultats), la gare d.e dépôt et les ateliers de réparations, enfin les tarifs établis sur la base d’une division du parcours en sections, comme pour nos autobus. C’est déjà moins simple que notre système à tarif unique, mais la complexité de la tarification devient vraiment
- surprenante quand il s’agit des abonnements trimestriels, avec quatre classes detrois catégories chacune. On peut soupçonner une telle tarification d’être basée sur des spéculations mathématiques vraiment trop précises. Selon l’usage en Allemagne, les voitures ne comportent que les 2e et 3° classes.
- Quoi qu’il en soit, le nouveau métropolitain a rencontré un grand succès auprès du public hambourgeois, et nous pouvons être certains qu’il provoquera, selon la règle, une augmentation de la circulation, non content d’assurer celle déjà considérable qui existe actuellement.
- L’établissement même de la ligne, dans lequel on a cherché à profiter de-toutes les expériences résultant de l’exploitation des
- p.129 - vue 129/416
-
-
-
- 130
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N° 31.
- métropolitains étrangers, semble cependant appeler une remarque : la disposition à une voie par tunnel,adoptée sur plusieurs sections de la ligne, paraît avoir été conçue indépendamment des considérations d’ordre aérodynamique qui devraient s’imposer actuellement pour les véhicules à grande vitesse; étant donnés les gabarits très voisins adoptés pour le matéi’iel roulant et le tube qui l’entoure, on peut craindre un véritable effet de « piston » absorbant par résistance à l’avancement une puissance très considérable. Il est curieux de constater combien, à l’heure actuelle encore, on néglige cet oi’dre d’études, qui a abouti cependarxt, il y a quelques mois, à la citation de dispositifs simples et efficaces pour éviter les pertes de puissance dues à la résistance de l’air.
- L’un des points que les descriptions publiées en Allemagne, et dans lesquelles l’auteur a puisé les éléments de cet ax'ticle, signalent avec le plus d’insistance, est l’emploi du système de block semi-automatique dont nous avons pai’lé plus haut. Moins sujet au déi'angement que les blocks purement automatiques, il s’en rapproche cependant gi'âce à la pi’ésence de champs ou l’elais spéciaux qui assui'ent la fixation des touches dans la position que leur donne l’employé : celui-ci n’est dès lors plus obligé d’exercer une pression prolongée; le champ de fixa-
- tion continue son action à sa place. Mais d’autre part l’intervention de l’employé est toujours possible à tout moment.
- M. G. Reboul a étudié Vabsorption de la lumière et Vémission photo-électrique de certains sels, notamment le bi’omure de cuivre.
- L’étude de l’effet électrolytique exercée par le courant continu sur les cellules de plantes vivantes a c'onduit M. F. Kovessi à énoncer un certain nombre de conclusions mettant en relief l’action directe de l’électricité et le mécanisme de l’électrolyse qu’elle pi’ovoque.
- M. P. Bougault rappelle quelques pi’inci-pes de juridiction administi’ative qui précisent les caractères de validité des actes administratifs.
- Enfin nous l’eproduisons d’intéi’essantes obsei’vations de M. Bai’billion, Dii’ecteur de l’Institut électi’ôtechnique de Grenoble, sur les compteurs.
- M. Bai’billion insiste avec raison sur les dangers auxquels trop de négligence dans le contrôle de ces appai’eils expose bien des Sociétés.
- p.130 - vue 130/416
-
-
-
- 3 Août 1912.
- LA LUMIERE ÉLECT R1Q|UE
- 131
- LE MÉTROPOLITAIN DE HAMBOURG {Suite et fin)
- VI. —Le matériel d’exploitation.
- Les voitures lurent fournies partie par l’A. E. G. et partie par les ateliers Siemens-Schuckert. Il y en a actuellement 8o. Elles
- type à bogies avec portes latérales à coulissement, à l’aplomb de l’axe des bogies. Elles se distinguent surtout de celles de Berlin par leurs dimensions plus considérables en largeur et en hauteur. La figure i in-
- Fig. i. — Coupe du tunnel et d’une voiture; la côte a est de 3,1 mètres en espace libre et de 3,6 mètres en tunnel. Tout à droite, en nas,, la cote additionnelle -f- x est destinée à tenir compte de la surélévation des rails dans les courbes.
- ont 3,38 mètres de .haut et 2,60 mètres de large, transportent aisément 85 voyageurs en service normal et 100 en cas de nécessité. Il y a 35 places assises.
- dique le gabarit extrême du matériel roulant.
- Toutes les voitures sont motrices. La disposition des sièges résulte de la considération suivante : dans les lignes urbaines à circu-
- Coupe ab
- Fig. 2. — Coupes transversale et longitudinale du tunnel sous l’eau. H, madriers; g, calfatage; B, ciment armé.
- Dans leur ensemble, les voitures sont analogues à celles du Métropolitain de Berlin ;
- lation accélérée, les voyageurs, étant donnée la brièveté des arrêts, se rassemblent volontiers à proximité des portes au momenr de descendre, de façon à pouvoir quitter rapi-
- (1) Lumière Electrique, 20 et 27 juillet 1912.
- p.131 - vue 131/416
-
-
-
- 132
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N#3d.
- dément la voiture ; ils vont même jusqu’à renoncer pour cela à une place assise. C’est pourquoi, près des portes de sortie, qui mesurent i, 14 mètre de largeur, et qui sont disposées à raison de deux de chaque côté de la voiture, on a placé les sièges dans le sens de la longueur, et en cet endroit la
- Les voitures du Métropolitain de Hambourg présentent, pars rapport à celles de Bei'lin, cette différence importante qu'il ne subsiste pas d’espace entre les bords des voitures etle bord des quais.
- La surface extérieure de la voiture et la surface intérieure du quai sont dans le pro-
- Kig, 3. — Moteur Siemens-Scliuckert ; A, axe moyen; M, axe moyen extérieur.
- voiture, dont la largeur est de 2,3o mètres, présente un espace considérable réservé aux places debout. Au milieu de la voiture vont s’asseoir de préférence les voyageurs qui ont à faire un long trajet. Ils utilisent des sièges transversaux comportant deux paires de places séparées par une allée centrale. Les voitures sont symétriques par rapport à une transversale perpendiculaire à l’axe de la voie et passant par leur centre. A l’une des extrémités cependant se trouve une cabine de wattmann, tandis qu’à l’autre, des bancs sont disposés longitudinalement.
- longement l’une de l’autre quand la voie est rectiligne. A l’aplomb des bogies, elles le sont encore, approximativement, quand la voie est en courbe. Or, dans le Métropolitain de Hambourg, les quais sont fréquemment en courbe, dont le rayon descend jusqu’à 180 mètres dans certaines stations. Gomme les portes se trouvent presque exactement au-dessus du milieu des bogies, il n’y a, entre le wagon et le quai, aucune solution de continuité dangereuse.
- Evidemment, pour obtenir ce résultat, il a fallu.donner aux voitures une surélévation
- p.132 - vue 132/416
-
-
-
- 3 Août 1912.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- de quelques centimètres, nécessaire pour éviter* dans les courbes, le contact de la
- 133
- caisse et de la surface supérieure du quai, soit au milieu, soit aux extrémités ; cette surélévation est de 25o millimètres pour les voitures neuves, à vide ; elle s’abaisse parla suite, à cause de l’usure des bandages et de l'affaissement des ressorts, pour arriver à un minimum de i36 millimètres indispensable à la sécurité de l’exploitation.
- L’aménagement des voitures est très confortable. Les parties en ébénisterie visibles sont en acajou poli. En 2 e classe les sièges sont recouverts de cuir artificiel vert foncé. Les voitures comportent les unes exclusivement des 3° classes, les autres, par moitié, des troisièmes et des secondes. Il y a ainsi 28 % de secondes et 72 % de troisièmes. La cabine du wattmann contient tous les organes nécessaires pour la commande à distance des moteurs, et pour le service de la voiture : lumière, chauffage électrique, freins, etc.
- Contre cette cabine, qui occupe environ les deux tiers de la largeur de la voiture, se trouve la place du conducteur, séparé du wattman par une fenêtre vitrée. Le conducteur peut ainsi observer les signaux et surveiller en même temps le wattmann.
- Chacun des deux bogies, à 4 essieux, contient un moteur donnant 100 chevaux en fonctionnement normal sous 800 volts continus. Ce sont des moteurs à pôles auxiliaires.
- Les frotteurs et les équipages de connexion spéciaux à commande électro-magnétique de prise de courant sont suspendus sous la caisse de la voiture ; il n’y a guère de câble à haute tension que sous cette caisse.
- L’installation des câbles sur la voiture a été l’objet de soins tout particuliers. On s’en est tenu aux systèmes qui se sont le mieux comportés jusqu’ici.
- Les ateliers Siemens-Schuckert disposent les câbles à l’intérieur d’une enveloppe fermée de toutes parts et revêtue de plaques d’amiante, et les maintiennent par des colliers de fer avec interposition de presspahn. L’A. E. G. emploie des gaines de forte-tôle emboutie pour la protection des câbles et
- p.133 - vue 133/416
-
-
-
- 134
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2e Série). — N* 31
- A V
- ,Wf \rnii
- Fig. 5. — Schéma des connexions d’nne voiture À. E.
- W
- Fig. 6. — Schéma des connexions d'une voiture Siemens Shuckert.
- S/, relai du circuit de commande; ?\ résistances du circuit.de commande; dy tableaux de connexions; ô, coupleur entre voitures; g, boite de couplage; F, inverseur de marche; ft, Y, avant, arrière; p, moteur de la pompe à air; cà, lttterriipteiii* automatique de la pompe; P, S, interrupteurs; U6, disjoncteur à maximum; sc, shunt; m, prise de courant.
- p.134 - vue 134/416
-
-
-
- 3 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 135
- place ceux-ci entre des garnitures d’amiante et une couverture en tôle dans une position fixe et indéréglable. Les câbles descendent vers la partie inférieure de la voiture, jusqu’au moteur, principalement dans des douilles en fonte avec des raccords souples en caoutchouc aux angles. Même disposition pour l’entrée des câbles des courants de manoeuvre et de chauffage à l’intérieur de la voiture.
- Toutes les voitures possèdent le frein à air comprimé à a chambres des ateliers Sie-mens-Schuckert avec tiges de frein à double action.
- Èe réservoir à air est chargé à 7 atmosphères par un compresseur ; la pression proprement dite du frein est de 3 1 /a atmosphères derrière une soupape-détendeur.
- Le poids de la voiture est de 24 tonnes à vide et de 3o tonnes en charge, ce qui fait à vide environ 720 kilogrammes au mètre carré, poids relativement faible,d’environ 16% inférieur à celui, des voitures en bois du «Sulway» de New-York qui, d’après Zehme, pèsent 875 kilogrammes au mètre carré de rame.
- Ce faible poids, combiné à la grande force des mdtëurs, a permis de réaliser une force de traction considérable qui donne à la voiture une accélération de 0,70 mètre par seconde.
- La plus grande vitesse admissible est de 5o kilomètres à l’heure, mais les voitures peuvent faire 60 kilomètres à l’heure.
- Ordinairement on accouple les voitures deux par deux pour former des éléments avec lesquelles on constitue les rames, mais celles-ci peuvent cependant compter un nombre impair de wagons. On peut commander la marche de n’importe quelle cabine de watt-rnann.
- Les caisses sortent des quatre fabriques suivantes :
- Strassen Eisenbahn Gesellschaft de Hambourg, Falkenried.
- Ateliers Lucke-Hofmann, de Breslau.
- Fabrique de Machines d’Augsbourg-Nurem-berg.
- Fabrique de Wagons du Nord de l'Allemagne, de Brême.
- Comme appareils accessoires d’exploitation dans les stations, il faut mentionner les appareils à imprimer etàdistribuer les billets. Ces appareils, qui débitent plus de 10 % du nombre total des billets, sont établis sur le modèle tout récent de la Société générale des «Deutsches Post und Verkehrswesen », appelée aussi Efubag-Geselischaft. Ils présentent cette particularité que le mécanisme d’impression, de vérification de la monnaie et d’enregistrement est fixé sur une plaque tabulaire qui peut être montée ou démontée sans difficulté. Le moteur est placé au dessous de cette plaque et met en marche le mécanisme d’impression, celui d’avance du carton flexible, la machine à débiter, et l’appareil enregistreur. Sur cette plaque se trouve l’orifice d’introduction de la monnaie, l’appareil de vérification de celle-ci, muni des derniers perfectionnements réalisés dans ce genre spécial d'appareils pour déceler automatiquement les pièces fausses, de telle sorte que celles-ci ne peuvent faire fonctionner l’appareil. La monnaie de nickel est comptée automatiquement dans la caisse et empilée en rouleaux.
- VII. — Signalisation et exploitation.
- L’installation à basse tension et les dispositifs de sécurité ont été étudiés et réalisés par la Société Siemens et Halske.
- ¥ ♦
- Au point de vue de la sécurité, de la régularité, de la fréquence et de la rapidité du trafic, le block-système est d’une importance capitale et le choix du système le plus favorable fait, on le sait, l’objet des controverses les plus ardues parmi les techniciens des chemins de fer urbains à grande vitesse.
- En Amérique, à Londres, à Paris on a adopté des systèmes entièrement automatiques. Les lignes urbaines allemandes préfèrent le système Siemens et Halske.
- p.135 - vue 135/416
-
-
-
- 136
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série).— N» 31.
- Au début ce système n’était pas automatique. Mais, peu à peu, il a évolué vers cette dernière forme, de sorte qu’il ne reste plus qu’un faible pas à franchir pour arriver à .l’automaticité absolue : ce dernier pas n’a point été franchi, volontairement, dans le Mé- ; tropolitain de Hambourg. Tous les signaux sont à proprement parler automatiques : mais aucun signal ne peut fonctionner
- L’ouverture et la fermeture des signaux se fait par le train lui-même au moyen de contacts du type usuel, mais l’ouverture de la voie ne peut se'produire qu’après que le bloclc a exécuté la manœuvre convenable. Cette opération est contrôlée par un champ appelé champ auxiliaire. Les signaux de lancement de courant par les postes de bloclc voisins sont donnés par des lampes de contrôle. Il
- _____t
- Fig. 7. — ChAssis avec moteur Siemens-Scliuckerl.
- sans l’intervention d’un employé, qui appuie simplement sur les touches d’un bloc dit à G champs. Ce bloc est un perfectionnement du bloc à 4 champs, auquel on a adjoint deux champs dits de fixation, dispositif permettant d’emprunter le courant du bloc à-une ligne d’alimentation à 220 volts, avec transformation en alternatif à 37 volts dans de petits transformateurs dans chaque poste de bloclc.
- La manœuvre du préposé au bloc se réduit à une simple pression, unique et de courte durée, sur la touche voulue. C’est ce perfectionnement qui rend le système pour ainsi dire entièrement, automatique.
- est à tout instant possible de donner un signal de départ ou d’arrêt.
- Ce système présente l’avantage propre aux blocs automatiques, de n’occasionner aucune perte de temps et de plus il permet de surveiller à tout instant le blocage et d’agir à volonté sur les signaux.
- Comparé au système automatique américain, celui de Hambourg est malgré tout relativement simple, et son prix n’est qu’une faible fraction de celui du premier, qui est très considérable.
- D’autre part, il se dérègle bien moins facilement que le système purement automatique, et enfin, en cas d’avarie on n’est pas
- p.136 - vue 136/416
-
-
-
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 137
- 3 Août 1912.
- obligé soit de suspendre le trafic, soit de supprimer la protection des trains ; au contraire leur sécurité est immédiatement assurée par le personnel, au moyen du téléphone. Ajoutons que c’est le personnel des stations qui est chargé du fonctionnement du block de sorte que sa manipulation n’est pas
- pourvue d’horloges commandées par l’horloge centrale, *
- ♦ ♦
- On a attaché la plus grande importance à réduire les temps d’arrêt dans les stations : ce temps est de i5 à 20 secondes. C’est un
- t’ig’. 8. — Gare de dépôt de Barmbeck ; iv, ateliers de répai’ation ; E, agrandissements ; en haut et à gauche, rues. Le petit quadrilatère (en bas, à gauche) est l’usine de force; au-dessus, magasin à charbon, puis le canal.
- une soui'ce de frais supplémentaires appréciables.
- Le service de l’exploitation de Hambourg est particulièrement satisfait du système adopté.
- Les signaux sont commandés exclusivement par l’électricité. Il en est de môme des aiguilles de toutes les bifurcations. Par suite, les appareils occupent un espace très restreint et le travail matériel des employés est insignifiant.
- Chaque station est reliée téléphoniquement avec une cabine centrale, et elle est
- fait bien connu que, dans les lignes urbaines la fréquence des trains et, par suite, le rendement de la ligne a pour facteur déterminant la durée des arrêts, comptés du moment où le train est couvert par le signal d’entrée jusqu’à celui où il est couvert par celui de sortie.
- Pour le moment une fréquence de cinq minutes (12 trains à l'heure dans chaque direction) suffit à satisfaire aux besoins du trafic. Mais on prévoit que l’on sera amené par la suite à une fréquence de 3o trains dans chaque sens, si ce n’est plus.
- p.137 - vue 137/416
-
-
-
- 138
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2« Série). — Ha31.
- Par suite de la vitesse de la marche, de la réduction des temps d’arrêt, de l’emploi judicieux du freinage, on est arrivé à une vitesse commerciale relativement élevée. Sur le tronçon actuellement en exploitation, les io stations
- mettra 4° minutes pour avoir des battements.
- VIII. — Le dépôt et les ateliers.
- Le dépôt avec son installation complète a
- 11 H ~U1 » ht
- Fig. 9. —* Sous-staVion « Gave centrale »; A commutatrice; B, bobine de self; BU, réducteur de batterie; G, rhéostat de démarrage; B»?, moteur du compresseur; D, court-circuit; E, interrupteur de mise à la terre; EAZ, élément aluminium-fer ; F, interrupteur haute tension dans l'huile ; G, relais à maximn ; H, compteur; 1IA, interrupteur; HIJ, commutateur; J, plmsemètre; K, contact centrifuge ; L, disjoncteur à maximum et de courant de retour pour courant continu ; LB, batterie d'éclairage; M, voltmètre enregistreur; N, fréquencemètre; P, interrupteur d’essai ; W, résistance d’essai ; PB, batterie-tampon; Q, indicateur d’isolement; HW, résistance de réglage; Sr, ampèremètre enregistreur; V, interrupteur decir-cuit principal supplémentaire; Y, groupe Pirani ; Z, watt-heuremètre ; Z», pour le circuit auxiliaire.
- sont espacées de 727 mètres en moyenne : le* trajet dure 14 minutes, ce qui donne une vitesse de 28 kilomètres à l’heure, vitesse qui semble n’avoir jamais encore été atteinte dans de semblables conditions.
- Entre la Gare Centrale et Barmbeck, le trajet de 5 532 mètres se fait en 11 minutes; le jiarcoürs complet sur la ligne circulaire se fera en 37 minutes. Pratiquëmeht on àd-
- été étudié et établi par les Etablissements Siemens-Schuckert.
- Le terrain occupé par la remise aux voitures et par les ateliers a été donné par l’Etat de Hambourg. Il est relié par un embranchement à deux voies à la station du Métropolitain de Barmbeck. Par suite de sa disposition entre les terrains de la ligne Blankénsee-OHlsdorf et le remblai du Métro-
- p.138 - vue 138/416
-
-
-
- 3 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 139
- politain, on a pu l’éaliser un épanouissement judicieux des différentes voies se rattachant à une ligne maîtresse à embranchements multiples.
- Pour faire arriver au dépôt les matières premières de consommation courante, on relia celui-ci par un aiguillage à l’embranchement partant du Chemin de fer de l’Etat et desservant la centrale.
- La mise en ordre de marche, le nettoyage et la visite des voitures se lait pour le moment dans deux grands halls comportant huit voies chacun. On a réservé un emplacement pour un troisième hall identique aux deux premiers et pour un quatrième plus considérable encore au milieu des voies «le service. La longueur des halls est suffisante pour des rames de 4 voitures.
- Les halls qui peuvent contenir 64 voitures en 16 voies, possèdent sur toute leur longueur une fosse pour la visite des parties motrices des voitures. À cause de la haute tension employée sur la ligne, il fut nécessaire de fixer à la toiture, les câbles d’amenée du courant, et on suspendit à cette toiture un rail en T isolé. Pour sortir une voiture on se sert d’une perche munie à sa partie supérieure d’une semelle de frottement, prenant contact sur la face inférieure du rail en T et reliant électriquement celui-ci à la prise de courant de la voiture. Cette perche peut être enlevée dès que la première prise de courant de la voiture a pris contact avec le rail électrique de la voie maîtresse d’aiguillage.
- Derrière les halls à voitures se trouve un transbordeur qui réalise la communication d’une voie quelconque des halls à une voie quelconque des ateliers.
- Les ateliers peuvent contenir 16 voitures et se composent de S nefs disposées perpendiculairement par rapport aux voies et, par suite, parallèles au transbordeur, La nef centrale est particulièrement haute, bien aérée et bien éclairée.
- La directive qui a présidé à l’installation de l’ensemble est cette conception toute mo-
- derne que les différentes pièces qui traversent un atelier doivent parcourir le chemin minimum. L’économie à réaliser ainsi dans l’atelier de réparations porte en première ligne sur le montage et le démontage des voitures. Sur une première voie on a donc disposé un élévateur électrique qui permet de soulever dans le temps minimum les caisses des voitures. On les place ensuite sur d’autres bogies dans le cas où l’on ne doit réparer que les appareils moteurs. Si c’est la caisse que l’on veut visiter, l’élévateur la pose sur un chariot d’atelier spécial que le transbordeur amène dans un stand voisin affecté à la réparation des caisses.
- Quant aux’bogies, ils sont amenés dans la nef centrale des ateliers où une grue roulante de 7 tonnes 1/2 sépare le châssis des essieux, le soulève et le fait descendre, à travers le plafond d’un local particulier affecté au nettoyage des bogies, dans des cuves où les bogies sont soumis à un nettoyage par la vapeur.
- On fait de même pour les cuirasses des moteurs.
- Les équipages de l’oues sont dirigés de la voie d’arrivée par une plaque tournante soit à gauche vers la forge et vers le fo}rer à bandages, ou à droite vers le banc d’un tour spécial pour les roues, où une petite grue mobile de 5 tonnes les hausse jusqu’au niveau de ce banc.
- Ap rès la forge et le tour se ti’ouvent des ateliers de tôlerie, de bobinage, de serrurerie, de réparations de moteurs, d’ébé-nisterie et de peinture.
- Outre le grand bâtiment situé tout contre l’embranchement de la ligne de l’État et près de l’entrée principale, il y a dans l’annexe la plus proche de la rue Hellbrook, tous les locaux accessoires nécessaires, tels que lavabos, salles de bains, vestiaire, water-closets, chambres d’études, réfectoires, bureaux, loge du concierge. C’est également là que se trouvent la cabine téléphoniquec«#trale et
- l’horloge centrale.
- p.139 - vue 139/416
-
-
-
- 140
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX(2* Série). — N«34;
- [IX. — Les Tarifs.
- Le tarif du Métropolitain de Hambourg est très peu compliqué pour les billets simples. Il n’y a que trois sections : la première va jusqu’à la cinquième station à partir de celle de départ; la deuxième jusqu’à la dixième, et la troisième comprend tout le parcours.
- La gradation des prix correspondants est la suivante pour les 3e et a* classes: ifi section ioet 15 pfennigs (i a,i/a centimes, 18,730 centimes); ae section 15 et ao pf, (18,750 centimes, a5 centimes); 3°section ao et 3opl'. (a5 centimes, 37,50 centimes). Il existe en outre des billets spéciaux de 3U classe qui ne sont distribués qu’avant 7 heures du matin ; ils coûtent 10 pf. (ia,5 centimes) pour n’importe quel parcours et ao pf. (a5 centimes) pour les aller et retour.
- En général le public se sert peu des secondes classes qui sont utilisées dans une proportion de 6 à 7 % en semaine et 11 à 1 a % le dimanche.
- Autant le tarif des billets valables pour la journée est peu compliqué, autant est complexe celui des billets permanents qui suit une gradation calculée sur le nombre des stations et est analogue à celui des bateaux de l’Àister. Il comprend des cartes d’abonnements annuels et trimestriels. Ces prix sont les suivants :
- Par billet, la Compagnie doit à l’État les redevances suivantes :
- Pour 1 billet de ia cent. 5 : 1 cent. 25.
- Pour 1 billet de 18 cent. 75 : 3 cent.75.
- Pour 1 billet de a5 centimes : 7 cent. 5o.
- Pour 1 billet de 37 cent. 5 : 11 cent, a5.
- Par carte d’abonnement : 10 %.
- Il n’est pas perçu de redevances sur les billets ouvriers.
- L’État se réserve en outre un intérêt sur les bénéfices quand les dividendes dépassent
- 5 %.
- La mise en exploitation des deux premiers tronçons a eu lieu aux dates suivantes : entre le Rothhausmarkt et Barmbeck le ier mars (6,5 kilomètres); entre Barmbeck et la rue Kellinghusen le 10 mai (3,5 kilomètres).
- Bien qu’il faille dans les premiers jours attribuer une grande partie de l’intensité du trafic à la curiosité du public, il n’en est pas moins vrai qu’on ne peut nier la constitution au bout de très peu de temps d’une clientèle permanente de voyageurs faisant usage delà ligne. Au mois de mars le nombre des voyageurs fut de 1 3oo ooo ; au mois d’avril, premier mois où l’on mit en circulation les cai'tes temporaires, le trafic fut de 1 100000 voyageurs non compris les abonnés.
- i° Abonnements trimestriels.
- Trimestre................ Ier au 3e 4e
- Jusque la 8e station en 3e 35 fr. a8fr. 75 a3fr. 75 18 fr. 75 — en 2e 47 fr. 5o 40 fr. 33fr.75 28 fr. 7a
- Pour chaque station au
- delà en 3e.............. 2fr.5o 1 fr. 875 ifr. 25 1 fr. 25
- en 2e............. 3 fr. ia5 afr. 5o' 2fr.5o 1 fr. 875
- On a prévu une réduction de prix à chaque nouvel abonnement.
- 2“ Abonnement annuel.
- Jusque la 8° station en 3e classe.
- — — 2e classe.
- v Pour chaque station au-delà 3e classe.
- — — 2e classe.
- Pour tout le réseau en 3e classe.
- — — 2e clause.
- 100 francs. 137 fr. 5o 6 fr. 25 8 fr. 75 187 fr. 5o a5o francs.
- En résumé, le Métropolitain de Hambourg compte 37,9 kilomètres de lignes tant aériennes que souterraines, et d’un prix de revient de 78 5oo 000 francs environ.
- Il comporte une centrale, deux sous-sta-tions et un dépôt. La centrale fournit du courant alternatif à 6000 volts aux sous-stations, qui le transforment en continu à 800 volts. L’organisation toute moderne de l’alimentation des machines thermiques de la centrale, et les transformateurs en cascade des sous-stations constituent une des particularités les plus intéressantes à rappeler ici.
- Signalons encore les dispositifs électriques de signalisation et de sécurité, qui combinés
- p.140 - vue 140/416
-
-
-
- 3 Août 4912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- i4l
- avec la grande puissance des organes moteurs et à la légèreté du matériel roulant, rendront possibles une exploitation particulièrement intensive du réseau.
- Le dépôt et les ateliers de réparation peuvent passer pour modèles d’installation de ce genre. Tout y a été prévu pour y réaliser les économies les plus importantes de temps, d’espace et de main d’œuvre.
- Dans son ensemble, le Métropolitain de Hambourg a bien su profiter des enseignements que l’expérience a donnés récemment dans la technique des voies urbaines, lors de la création de réseaux tels que le Métropolitain de Paris dont nos ingénieurs pourront continuer à être fiers, malgré tout ce que l’on pourra réaliser après eux.
- G. Cuvilliek.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Phénomènes photo-électriques et absorption de la lumière. — G. Reboul. — Comptes rendus de l'Académie des Sciences, Ier juillet 1912.
- Dans une note précédente, (Comptes rendus, février 1912), l’auteur a indiqué les particularités que présente l’émission photo-électrique des corps sensibles à la lumière; ila d’ailleurs exposé [Le Radium, X. IX, avril 1912) comment on peut expliquer ces particularités par le changement de valence de l’atome métallique sous l’action réductrice de la lumière, en admettant avec J.-J. Thomson que la valence est liée à la charge positive de l’atome.
- L’émission des charges négatives augmente en général avec l’épaisseur de la couche de sel sensible : cette variation permet de montrer facilement que l’émission dépend de l’absorption des radiations par les couches superficielles du sel.
- Les expériences sont disposées comme il a été indiqué dans la note citée plus haut.
- On plonge une lame de cuivre polie dans une cuve contenant des vapeurs de brome diluées : il se forme du bromure de cuivre; les plages colorées qui se succèdent sur la lame caractérisent l’épaisseur de. la couche de sel; ces diverses colorations nous renseignent aussi sur la nature des radiations absorbées par les parties superficielles de la lame ;. elles nous donnent donc un moyen de voir si l’émission négative est liée à l’absorption de certaines radiations.
- i° On porte la lame dans l’appareil; une lentille de quartz forme sur cette lame l’image d’une fente éclairée par la lampe à mercure et disposée parallèlement aux plages colorées. En déplaçant la lame de cuivre, on amène le faisceau lumineux actif sur les diverses plages que repère une graduation et 1 on mesure l’émission négative correspondante.
- Les résultats de ces expériences montrent qu’il y a une série de minima; ils voisinent avec les plages où la lumière violette est la moins absorbée : les parties de la lame qui émettent la plus faible quantité de charges négatives sont celles qui absorbent le moins de radiations voisines du violet;
- 2" Si Ton expose la lame à la lumière du jour ou de la lampe à mercure, Ton constate que les minima s’effacent ou s'atténuent, en même temps qu’ils paraissent se déplacer vers les couches les plus minces;
- 3° On trouve enfin que l’absorption de la lumière croît avec l’épaisseur de la couche de sel, mais n’augmente plus beaucoup à partir de l’épaisseur de 1 /|Oo qui correspond aux couleurs du 6° ordre.
- DIVERS
- Effet èlectrolytique du courant électrique continu sur les cellules des plantes vivantes. — François Kovessi. — Comptes rendus de l’Académie des Sciences, i0P juillet 1912.
- De nouvelles expériences de l’auteur (•) ont décelé les faits suivants :
- i° Le courant électrique continu a non seulement une influence indirecte, mais aussi une influence directe sur les plantes vivantes;
- a0 L’influence directe de l’électricité sur les plantes vivantes se base sur les phénomènes électroly tiques ;
- 3° La membrane protoplasmique, sous l’influence de l’électricité, perd sa nature semi-perméable et laisse échapper les électrolytes des cellules ;
- 4° Sous l’action de l’électricité, les matières albuminoïdes de la cellule se comportent à la façon des électrolytes; leurs ions s’échappent de la cellule et se dirigent vers les électrodes positive ou négative conformément à leur nature électrolytique. (*)
- (*) Comptes Rendus, t. CLIV, p. 385, et Lumière Electrique, tome XVII, p. 342.
- p.141 - vue 141/416
-
-
-
- 142
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2« Série). — R« 31.
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- L’interprétation et la validité des actes àdministratifs
- Autrefois, — et je ne veux point dire par cet adverbe qu’il faille remonter à une époque bien reculée — le Contentieux des actes administratifs inspirait une sainte terreur aux jurisconsultes qui y voyaient une question théorique, très rare, et bonne pour servir de sujet de thèse dans un examen de doctorat.
- L’électricité a produit dans le domaine du droit des bouleversements presque aussi grands que dans le domaine industriel, en ce sens qu’elle a forcé les praticiens du code à examiner une foule de points modestes dont le côté intéresant s’est subitement révélé au grand jour : à ce titre, la question posée dans les termes suivants : « à « quelle autorité ou à quel tribunal doit-on « demander la signification vraie d’un acte « administratif qui, volontairement ou involon-« tairement, a été rédigé en des termes obscurs ? » est susceptible d’être envisagée presque quotidiennement puisqu’il n’y a pas de distribution électrique sans acte administratif, et qu’il y a peu d’actes administratifs sans obscurité.
- Nous voudrions examiner cet intéressant problème sous ses différentes faces : le plan est facile puisqu’il est donné par cette simple division du sujet : le principe d’abord, et ses applications ou exceptions.
- Nous examinerons ensuite la question de la validité.
- 1
- principe
- Le juge judiciaire ne peut interpréter l’acte administratif.
- « Les tribunaux judiciaires, dit'Laferrière ('), « doivent faire appel à l’autorité administrative, « non seulement lorsqu’ils ont des doutes sur la « signification d’un acte, mais encore sursavali-« dité. »
- Dans ces deux cas, le juge doit surseoir à statuer, et les parties doivent porter leur différend devant une autre autorité; l’ensemble des différentes règles à suivre, dans chacune de ces deux
- (*) Juridiction administrative, tome II, p. 6a4.
- hypothèses, constitue ce que l’on appelle le Contentieux de l’interprétation, pour la première, et la question préjudicielle de la validité pour la seconde.
- L’impossibilité pour le tribunal judiciaire d’interpréter un acte administratif, est écrite dans le décret du 16 août 1790 (titre II, art. i3), ainsi conçu : « Les fonctions judiciaires sont distinctes « et demeureront toujours séparées des fonc-« tions administratives. Les juges ne pourront, à « peine de forfaiture, troubler de quelque mate nière que ce soit les opérations des corps adini-« nistratifs, ni citer devant eux les administra-« teurs pour raison de leurs fonctions (*). »
- Pour que l’autorité judiciaire soit contrainte de se dessaisir, avec la crainte de commettre une désobéissance punie par des sanctions redoutables, il faut évidemment que l’acte qu’on lui présente soit réellement un acte administratif. Mais qu’est-ce qu’un acte administratif? Nous dirons avec tous les auteurs que c’est celui qui émane d’un fonctionnaire conformément aux pouvoirs de police qui lui appartiennent, comme chef de l’administration qu’il dirige.
- O11 conçoit dès lors, qu’il soit impossible de citer tous les actes administratifs, qui sont légion, et que l’on doive se cantonner dans l’énumération des actes qui ne le sont pas réellement, malgré une certaine apparence.
- En première ligne, les lois ne sont pas susceptibles de rentrer dans les actes administratifs : le tribunal judiciaire sera donc compétent pour interpréter tou ttexte législatif reconnu ambigu (2).
- Mais il faut aller plus loin : tous les règlements faits par l’autorité administrative en vertu d’une délégation formelle contenue dans une loi. font corps avec la loi elle-même, et participent beau-
- (’) Extrait do Dalloz, Code des J^ois politiques et administratives. Séparation des pouvoirs, p. 70.
- (a) On admet généralement que si la loi a le caractère d’un acte de haute administration, telle qu’une déclaration d’utilité publique, ou une concession domaniale, son interprétation est réservée à la juridiction administrative. Voir sur ce point le Dictionnaire compétence administrative, n° 76, et Répertoire pratique, Dalloz, tome III, et Compétence administrative, n° 948 et suivants.
- p.142 - vue 142/416
-
-
-
- 3 Août 1912.
- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- 143
- coup plus à la nature de l’acte législatif que de l’acte administratif. Ils sont donc, de ce chef, susceptibles d’interprétation par l’autorité judiciaire : tels sont les décrets du 17 octobre 1907 sur les droits de contrôle, comme d’ailleurs toutes questions de tarif (') le décret du 3 avril 1908, sur les formalités à accomplir en matière d’occupations de voirie, et même à notre avis, l’arrêté du ministre des Travaux publics qui, sous le nom d’arrêté technique, paraît en mars de chaque année (2).
- Laferrière dit en termes excellents : « l’autorité judiciaire est compétente pour interpréter les dispositions générales qui sont garanties par des sanctions pénales et qui sont essentiellement différentes des actes individuels de police que le tribunal ne peut pas interpréter; car ces dispositions générales ont le caractère d'une loi, et le tribunal judiciaire interprète la loi tous les jours : il pourra donc interpréter les règlements de police municipale faits en vertu de l’article 97 de la loi du 5 avril 1884 (loi des 16-24 août 1790, art. 3, titre XI), les règlements préfectoraux pour les choses confiées à la surveillance de l’Administration par la loi du 22 décembre 1789 (section 3, art. 11), les règlements faits par le chef de l’État en vertu d’une délégation spéciale, pour assurer l’exécution des lois, ou en vertu des pouvoirs inhérents à la mission du pouvoir exécutif (loi constitutionnelle du 25 février 1875). »
- A cette citation, on peut encore ajouter un arrêt de la Cour de cassation rendu toutes Chambres réunies, le 20 mars 1848 (D alloz, 1848, I, p. 72, affaire Rohan c. Dauvet cité par Picard, Traité des eaux, tome Ier, p. 5o4).
- De même, ne rentrent pas dans la sphère des actes administratifs, parce qu’ils ne sont pas faits en vertu d’un pouvoir de police, les actes de ges-
- (') Voir Code des Lois administratives annoté, Séparation ûes pouvoirs, n° 96.
- (2) Il est permis d’avoir des doutes sérieux en ce qui concerne le cahier des charges-type contenu dans le décret du 17 mai 1908. Entre les parties contractantes il ne peut y avoir de crainte, puisque ce texte signé par elles constitue un marché de travaux publics dont l’interprétation, même en dehors de l’article 34 qui est formel, appartiendrait toujours aux tribunaux administratifs. Mais l’interprétation demandée par un tiers, pourrait-elle être faite par le tribunal judiciaire ? On peut consulter sur ce point le Répertoire pratique de Dalloz Compétence administrative, nos g5o et suivants et g5g sur les règlements d’administration publique.
- tion tels que les baux, les ventes immobilières, les actes d’échange ou de bornage, à moins qu’une loi spéciale comme en matière de vente de biens nationaux, ou de partage de biens communaux, ne vienne dessaisir catégoriquement le tribunal judiciaire.
- Il
- APPLICATION DES PUINCIPES
- Le véritable type de l’acte administratif, particulièrement intéressant en matière de distribution d’énergie, c’est l’acte individuel d’autorisation.
- 11 n’y a aucune difficulté si cet acte est clair, et s’il n’a besoin que d’être lu pour être compris : tout tribunal, même judiciaire, peut en faire l’application. Ainsi, par exemple, un tribunal doit appliquer les clauses d’un acte de vente d’un bien national quand cette vente est claire bien que, cependant, l’acte de vente d’un bien national soit spécialement et par un texte formel, ainsi que nous venons de le voir, réservé au Contentieux administratif (arrêt du 22 février 1862. Dalloz 1862, I, p. 187,affaire de Montariole c. Commune de la Roque). Et la Cour de cassation se reconnaît un droit de contrôle (arrêt du
- 27 février i855. Dalloz i855, I, p. 3g5).
- Mais s’il y a une difficulté quelconque dans l’intelligence de l’acte, l'application étant bien distincte de l’interprétation, le tribunal judiciaire, même d’office, doit se déclarer incompétent. Cela a toujours été jugé, notamment en matière de plan d’alignement en ce qui concerne la fixation de la largeur de la rue litigieuse pour laquelle il a été pris (affaire Le Blanc de Castillon, ville de Nice et Tirauty, arrêt du 12 août 1867, Dalloz 1867, I, p. 73). Une simple autorisation d’aqueduc ne saurait être interprétée même par la Cour suprême (affaire commune de Toulon c. Compagnie du Ragas, arrêt de Cassation du
- 28 mai 1872. Dalloz 1872, I. p. 34g).
- Mais ce n’est pas suffisant de savoir que le tribunal judiciaire ne peut pas interpréter : il faut encore savoir quelle est Tautorité compétente pour le faire'.
- En principe, c’est à l’autorité administrative qui a commis l’acte douteux, qu’il appartient d’interpréter l’acte qu’elle a fait. La jurisprudence le décide d’une façon générale, et il faut la remercier de sa bienveillance : car elle sup-
- p.143 - vue 143/416
-
-
-
- 144
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N« 31.
- pose comme démontré que l’autorité administrative sait toujours ce qu’elle a fait, et sera capable dé bien expliquer son acte, s’il est douteux.
- Aussi est-ce toujours au préfet, maire, conseillers municipaux, qu’il faut recourir pour interpréter les actes administratifs des préfets, maires et conseils.
- En sera-t-il de même des décrets du président de la République ?
- Sur ce point il y a exception : c’est au Conseil d’Etat que l’interprétation doit être demandée, et c’est à lui qu’il appartient de déterminer le sens et la portée des actes des différents chefs du pouvoir exécutif qui se sont succédé depuis 1789 (').
- Ces demandes d’interprétation s’instruisent par la voie contentieuse, alors même que les actes à interpréter ont été accomplis en matière purement administrative : et elles ne sont point dispensées du ministère de l’avocat (Dalloz, Répertoire pratique, Conseil d’Etat n° io83).
- Quant à l’interprétation des actes des autres autorités, c’est bien, comme nous l’avons dit, l’autorité elle-même qui, seule, est capable d’interpréter son acte.
- Mais il faut reconnaître que, de plus en plus, le Conseil d’Etat s’adjuge le droit d’intervenir en matière d’interprétation : tout d’abord il a décidé que l’interprétation par un fonctionnaire ouvre toujours le droit de recourir au Conseil d'Etat pour que celui-ci, s’il y a lieu, donne sa propre interprétation à celle que le fonctionnaire a donnée lui-même (Dalloz, Répertoire pratique, n° 1088). Et le recours hiérarchique en.matière d’interprétation n’est pas obligatoire bien qu’il puisse se faire.
- Enfin, quand un ministre ne répond pas dans le délaide quatre mois, le Conseil d’Etat peut être saisi directement de l’interprétation. Cela a été décidé par un arrêt du Conseil d’Etat du i!> février i8y5 (AffaireRaimond c. Comblorig. Dalloz 1896, III, p. 22.)
- (') Voir sur ce point Supplément de Dalloz, Compétence administrative, n° 3a8. On peut encore citer en matière d’interprétation d'un décret prononçant une expropriation, la décision du tribunal des Conflits, affaire Ville de Saint-Chamond c. Balas Frères, (Dalloz, 1880, III, p. 108). Décision du 29 novembre 1879, et arrêt interprétatif du Conseil d’État du 28 décembre i883, (Dalloz, i885, III, p. 61). Voir encore Répertoire pratique, Conseil d’État, n° 1 066,
- Cette dernière décision a été critiquée en son temps, mais elle doit être aujourd’hui considérée comme certaine, étant donné que la loi du 17 juillet 1900, dans son article 3, permet de porter au Conseil d’État toute affaire dans laquelle il a été demandé une solution, à une autorité administrative, qui a laissé pendant quatre mois sans réponse la question qui lui était posée.
- III
- QUESTION PRÉJUDICIELLE DE LA VALIDITE
- Si une demande d’interprétation formulée au sujet d’un acte administatif signifie (seulement que l’on demande à une autorité qui a fait l’acte ce qu’elle a bien voulu dire en l’écrivant, la question de la validité est essentiellement différente : l’acte n’est point obscur, il est même très clair; mais les doutes ne peuvent s’élever que sur la question de savoir si l’autorité qui l’a commis, était bien compétente pour l’accomplir.
- On ne peut donc s’adresser pour avoir ce renseignement à l’autorité elle-même, auteur de l’acte, car ce serait donner le spectacle un peu puéril qui consisterait à prendre pour juge de la validité celui qui, précisément, est considéré ou au moins soupçonné comme l’auteur d’une illégalité. En supposant que sa réponse soit sincère, on peut se demander si elle sera toujours bien éclairée, car, comme le dit très bien Lafer-rière : « s’il a commis une première erreur en « faisant l’acte, il est à craindre qu’il y persiste « en l’approuvant ».
- Précisons, par des exemples réellement vécus, l’importance de la question. Un plaideur avait assigné devant le tribunal civil de Grasse la ville de Cannes, en exécution d’une convention signée par son maire. Pour éluder cette exécution qui la gênait, la ville de Cannes déclarait que si l’adversaire pouvait dire que la convention passée par elle avait été approuvée matériellement par le secrétaire général de la préfecture des Alpes-Maritimes, cette approbation était inexistante : un secrétaire général n’ayant pas le droit — au moins dans les circonstances qui étaient celles de la cause — d’approuver un contrat de cette nature.
- L’acte administratif de l’approbation était-il valable? Le tribunal civil était matériellement incompétent pour le décider, et il renvoya les
- p.144 - vue 144/416
-
-
-
- 145
- 3 Adût 4912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- parties à se pourvoir devant l’autorité administrative pour faire solutionner cette grave question,
- De même, la commune de la Seyne avait un jour formé une revendication devant le tribunal civil de Toulon portant sur des terrains attribués à l’État par des procès verbaux de délimitation en date des 16 novembre et 5 décembre 1846. Mais l’État lui répondait qu’elle était liée à lui par la délibération du Conseil municipal du du 23 février 1847 qui avait ratifié la délimitation de 1846 et qui avait été approuvée par l’arrêté du Préfet du Yar en date du 17 août 1848.
- En quoi l’Administration municipale répondait encore que cette approbation n’avait pas été faite dans la forme voulue par la loi du 18 juillet 1837, qui, à ce moment là, était en vigueur et d’après laquelle il appartenait au chef de l’État, seul, de donner par décret une approbation définitive.
- Cette question à résoudre fut portée devant le Conseil d’État, comme la question précédente.
- Or, le Conseil d’État, dans les deux cas, s’est reconnu compétent pour donner lui-même et d’emblée la solution demandée : il a reconnu par un premier arrêt du 28 avril 1882 (') que l’approbation donnée par le secrétaire général à la ville de Cannes était irrégulière, et l’a, en conséquence, annulée, les parties sont retournées alors devant le tribunal de Cannes, où, évidemment,
- (') Rapporté dans Dalloz, 1880, III, 89.
- la ville n’a pas eu de peine à gagner son procès
- Dans la seconde affaire ('), le Conseil d’État a déclaré que le préfet avait outrepassé ses pouvoirs en approuvant une délibération municipale par laquelle la commune faisait un abandon d’un droit de propriété lui appartenant, un décret du Conseil d’État étant à ce titre rigoureusement nécessaire.
- On pourrait encore citer un arrêt du Conseil d’Etat (affaire Clermont du 6 mars 1891 D. 1892, 111, p3) qui solutionne dans le même sens une question semblable.
- Résumons-nous : si nous nous trouvons en présence d’un acte ambigu à interpréter, c’est à l’autorité qui l’a fait que nous irons demander les explications nécessaires ; exception est faite pour les décrets du président de la République dont l’interprétation ne peut être demandée qu’au Conseil d’Etat. Pour les actes émanant d’autres autorités, si leur solution ne nous satisfait pas, nous pourrons la déférer à cette juridiction supérieure, par voie contentieuse.
- Si, l’acte étant très clair, c’est sa validité qui nous paraît douteuse, nous aurons à nous adresser au Conseil d’Etat qui, seul, a plein pouvoir pour nous donner dans son indépendance la solution que nous cherchons.
- Paul Bougault,
- Avocat à la Cour d’appel de Lyon.
- (') Par un arrêt en date du 12 juin 1891, rapporté dans Dalloz, 1892, III, p. 120.
- VARIETES
- Des conditions d’emploi des compteurs électriques dans une distribution d’énergie et des essais à leur faire subir. — L. Barbillion.
- La question de l’emploi des compteurs dans les distributions d’énergie est une des plus délicates, pour ne pas dire là plus difficile et la plus grave qui puisse se présenter à l’exploitant. Le problème de la mensuration de l’énergie a donné naissance à un très grand nombre de communications, rapports, documents techniques, etc., qui ont fini par triompher d’une certaine indifférence manifestée au début tant par les abonnés que par les fournisseurs d’énergie eux-mêmes, enclins les uns et les autres à considérer comme parfait, par définition, tout appareil destiné par essence à mesurer l’énergie fournie. Comme tout instrument de mesure, le compteur
- électrique apporte avec lui ses tares, ses défauts de principe, et l’effort du constructeur, comme celui de l’exploitant, doit tendre à restreindre entre des limites connues et faire correspondre à des conditions d’emploi déterminées cette zone d’inexactitude relative, pour le plus grand profit des rapports entre fournisseurs et consommateurs d’énergie électrique.
- Le bon entretien des compteurs constitue lçi pierre de touche d’une bonne exploitation. La substitution, sur un grand nombre de réseaux, de la tarification au compteurs la tarification au forfait supposait essentiellement l’excellence relative des appareils employés.
- Or, phénomène assez fréquent dans l’histoire industrielle et en tout cas très remarquable, les divers éléments constitutifs d’un réseau : machines, appa-
- p.145 - vue 145/416
-
-
-
- 146
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N° 31.
- reillage, lignes, etc., éléments concourant tous également à la bonne marche de l’exploitation, ont fait l’objet d’une attention très inégale de la part des intéressés.. Alors que les machines génératrices, voire les moteurs mécaniques atteignirent très rapidement un très haut degré de perfection et des rendements remarquables, on peut dire que la technique des lignes de transport d’énergie est l’œuvre d’hier et que la mise en service d’un appareillage réellement rationnel est également de date toute récente. De même pour l’utilisation des compteurs électriques, que nous avons plus particulièrement en vue dans cette étude.
- Une vérification périodique et un entretien plus ou moins parfait des compteurs sont souvent considérés par certains exploitants comme une obligation professionnelle beaucoup plus que comme la condition sine qua non de succès ou d’insuccès financier de leurs entreprises. Par là, ils sont amenés à cherchera diminuer le plus possible les charges correspondant à cette partie de l’exploitation, en y affectant un personnel médiocre, un matériel douteux et des crédits insuffisants. Nous avons eu l’exemple fréquent de puissantes sociétés de transmission d’énergie louant leur puissance à des sous-traitants qui réalisèrent rapidement (des bénéfices considérables dans de petites installations d’éclairage ou de force motrice exploitées avec des compteurs. Bénéfices tellement sensibles que les Sociétés productrices ont dû souvent, semble-t-il, regretter de n'avoir pas elles-mêmes cherché dans ce fractionnement de leur puissance, des rémunérations intéressantes de leurs capitaux.
- Nous avons eu labonne fortune de pouvoir, depuis 8 à gans, organiser et assurer à Grenoble le contrôle, la vérification et le réglage, voire même le petit entretien périodique des i 2 ooo à 15 ooo compteurs d'abonnés, que compte le réseau électrique urbain. Ce service, et nous ne le rappelons ici qu’à titre de justification pour ce qui va suivre, a fonctionné dans des conditions tellement satisfaisantes 'que, depuis sa fondation, nous en sommes encore à avoir vu naître une critique ou une réclamation de la part d’un abonné du réseau. D’autre part, le très grand nombre d’essais que nous avons eu l’occasion d’effectuer pour l’admission sur les réseaux français des compteurs types neufs, essais visés par les cahiers des charges-types des 17 mai et 20 août 1908, nous ont permis de conclure, avec quelque expérience, on nous l’accordera, sur les meilleures méthodes d’épreuves à imposer aux compteurs des distributions d’énergie.
- Il nous sera aussi pardonné, en raison de nos bonnes intentions, d’affirmer que toute économie faite par l’achat de compteurs trop légers ou insuffisamment étudiés peut se traduire, à très brève échéance, pour l’exploitant, par un véritable désastre financier. Qu’on veuille bien songer à la situation d’pne. Société, dont le matériel compteur, tout juste étudié pour satisfaire aux conditions d’admission ministérielle, viendrait au bout de deux à trois ans à être mis hors service ! PuissionS-nous ne pas être trop bons prophètes, mais nous sommes assurés que pour certains cette éventualité ne sauraient manquer de se produire.
- Ainsi, les municipalités ou sociétés de distribution d’énergie ne sauraient apporter un trop grand soin et une attention trop scrupuleuse au choix du type de compteur installé sur leurs branchements. La question d’économie d’achat est évidemment importante, mais eu égard à ce fait que la grande majorité des polices prévoit le paiement, par l’abonné, d’une taxe locative de son compteur, taxe généralement assez élevée pour amortir rapidement les frais d’acquisition de ces appareils, l’exploitant doit s’attacher à ne se servir que des appareils les plus exacts et les mieux construits possible, susceptibles de donner confiance aux abonnés chez certains desquels le doute sur l’exactitude de leurs compteurs prend la forme d’une hantise. Il convient donc que l’exploitant, avant d’introduire (s’il est fournisseur des compteurs) ou de laisser introduire (si les abonnés se procurent eux-mêmes des appareils) un type nouveau, sur un résçau, ait fait faire des essais très sérieux sur le modèle proposé par le constructeur.
- On nous dira que ce programme d’essais existe, qu’il est spécifié, sans aucune ambiguïté, par des documents administratifs, qui sont les suivants : Arrêté ministériel du 2 juin 1909, bientôt annulé par celui du i3 août 1910, dont, pour plus de facilité, nous donnons ci-après un extrait limité aux seules parties qui nous intéressent.
- Il ne semble pas,^nous le disons en toute sincérité, que les essais spécifiés dans ces arrêtés constituent une garantie tout à fait suffisante pour l’exploitant comme pour l'abonné. Il est extrêmement facile de satisfaire aux conditions susdites et nous ne faisons aucune difficulté pour déclarer que bien des compteurs médiocres, incapables de fournir le service industriel qu’on est en droit d’exiger d’eux, pourraient passer à travers les mailles trop larges de ces arrêtés et obtenir leur admission sur les réseaux français.
- Le programme ministériel semble pécher surtout par insuffisance des marges prévues dans les condi-
- p.146 - vue 146/416
-
-
-
- •147
- 3 Août 1912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- tions de fonctionnement des réseaux, qui, dans l’état actuel de la technique, sont le siège dé variations beaucoup plus considérables qu’on ne le croit généralement. En attendant que soient trouvés des procédés ultra-rapides et ultra-effectifs pour corriger des variations de tension et de fréquence des distributions d’énergie, force est donc de calquer les appareils mesureurs d’énergie sur ces distributions mêmes et de prévoir les limites de fonctionnement industriels, indiquées par la seule expérience. On nous objectera que des essais, basés sur ces limites, seraient trop durs; qu’on nous accorde au moins que notre remarque ne procède point d’un vain désir de renchérissement sur les prescriptions établies par des personnalités compétentes, devant lesquelles nous nous inclinons très volontiers. Il n’en est pas moins vrai, nous le répétons (et c’est là que gît la nécessité d’une réforme, dans le sens d’une aggravation, des Essais Ministériels), que les conditions de fonctionnement des réseaux, prévues dans maints accords ou cahiers des charges, avec des variations de tension et de fréquence de plus ou moins 5 %, etc., sont encore à peu près inexistantes en réalité. S'il est juste, théoriquement parlant, d’assigner aux compteurs une exactitude relative entre de tels écarts, l’expérience démontre qu’il en est tout autrement en pratique, puisque le compteur doit avoir pour rôle de mesurer une énergie fournie dans des conditions industriellement quelconques, et non sur une distribution d’énergie de type laboratoire.
- L’arrêté ministériel du 13 août 1910 ('), qui fait en somme foi en la matière, pourrait être modifié très simplement sur les bases suivantes, déduites — nous nous permettons de l’indiquer encore — des enseignements de l’expérience.
- Art. 3, § i®-2°. — Alinéa. — La condition de mise sous tension préalable pendant une heure au moins est excessive et revient à nier la possibilité d’emploi des compteurs pour services intermittents ; cette condition est, du reste, contradictoire avec celle imposée par l’article a, paragraphe a, qui impose au constructeur d’indiquer les moyens employés pour éviter les erreurs provenant de la variation de température due au fonctionnement.
- Art. 3, § i°. —(a). — Les limites de température ambiante imposées de -)~ 10 à -)- a5° G. sont insuffisantes, car, dans la pratique, elles sont très souvent dépassées.
- (’) Voir Lumière Electrique, ier octobre 1910 p. 3o.
- Art. 3, § 1®. — (h). — Il en est de même des limites de variation de tension. •
- Art.3,§ i°.—(c).— De même pour les essais sur circuits inductifs à pleine charge et à demi-charge, il y aurait intérêt à ce que les valeurs de cos tp soient portées jusqu’à o, 1 environ (moteurs ou transformateurs à vide).
- Art. 2, § i®-4®. — Alinéa. — L’emploi des lampes à filament métallique de faible intensité lumineuse réfute la condition de l’essai au régime de 20 watts pour les compteurs de 5 hectowatts et au-dessous substitué à l’essai au vingtième de charge.
- Art. 3, § 2. — Les limites de variation de fréquence de ±5 % sont pratiquement insuffisantes et l’essai fait seulement à demi-charge est illusoire, car même sur des compteurs médiocres, une telle varia--tion de fréquence a généralement peu d’influence alors qu’elle pourrait en avoir beaucoup aux faibles charges.
- Art. 3, § /|°-2°. — Alinéa. — L’essai d’influence des rouleaux nous semblerait devoir être effectué de préférence au vingtième de charge.
- Art. 3, § 8. — L’essai d’influence de l’inclinaison nous semble intéressant à effectuer sur tous les compteurs et surtout aux faibles charges.
- Art. 4, § 5. — Serait à supprimer. — Pourquoi tolérer une erreur de 10 % au régime de 20 -\vatts pour les compteurs 5oo watts? Rien ne justifie, à notre avis, une pareille tolérance, les compteurs 5oo watts pouvant très bien fonctionner avec une précision plus grande à ce régime.
- Art. 4, ?; 6. — Remplacer les limites de variation de fréquence de 0,95 et 1 ,o5 fois la normale par 0,90 et i,io fois la normale.
- L’arrêté ministériel précité ne prévoit pas non plus (et c’est un très grand dommage, source d’innombrables difficultés), d’essais spéciaux pour les compteurs triphasés, tels que, par exemple, des essais sur circuits non équilibrés, sur un circuit mixte (par exemple inductif sur un pont et non inductif sur les deux autres), essais de l’influence de l’ordre des phases, etc.
- Nous nous permettrons donc, et très modestement, de signaler la nécessité de modifications dans le sens qui précède et comme il est toujours bon en technique comme en politique d’avoir en poche un projet prêt à faire le bonheur des hommes..., nous croyons devoir terminer en signalant les programmes officiels d’essais que nous effectuons à titre d’étude complète sur les compteurs de type nouveau que les constructeurs veulent bien adresser pour examen à notre Laboratoire.
- p.147 - vue 147/416
-
-
-
- 448 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2« Série).— N« 31
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Un nouvel atelier de la « General Electric C° Ltd ».
- Le rapide développement pris par la « General Electric Company Ltd» depuis ses modestes débuts, il y a environ, vingt-cinq ans,pour arriver à la place importante qu’elle tient actuellement dans l’industrie électrique est dû à son organisation, étudiée au double point du vue commercial et industriel et poursuivie avec un grand esprit de méthode.
- A cet égard, il est intéressant de décrire ici le nou
- hall est desservi longitudinalement, par un pont roulant et transversalement par des treuils électriques qui effectuent les diverses manœuvres. Toutes les machines-outils sont conduites électriquement, certaines individuellement, d’autres sont groupées suivant la puissance qu’elles prennent et la nature du travail qu’elles font.'Les différents magasins, dépôts, etc.,sont situés aux extrémités des halls de façon à permettre un agrandissement éventuel sans interrompre le travail et sans nuire à la fabrication. Le premier hall est réservé aux travaux d’estampage et
- Fig. 1.
- vel atelier spécial pour la fabrication des ventilateurs et des petits moteurs, mis en service depuis peu par çette Compagnie.
- Cet atelier est composé de 6 halls de chacun 10 mètres de large et ioo mètres de long; chaque
- emboutissage. Les petites armatures de rotor et stator sont faites en une seule opération et les presses permettent de découper des segments jusqu’à 6 mètres de diamètre.
- Dans le deuxième hall'se trouvent les ateliers de
- p.148 - vue 148/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 149
- 3 Août 1912.
- préparation des filières, matrices, poinçons, gaba- i machines-outils toutes établies en vue d’une prôduc-rits, etc. Etant donné l’importance capitale qu’a la I tion rapide et interchangeable. Un y trouve, entre préparation de ces outils pour assurer l’interchan- I autres, sept fraiseuses accouplées, des machines à
- Fig. a.
- geabilité de toutes les pièces, le plus grand soin préside à leur fabrication et les outillcurs sont soumis à un long stage avant d’étre admis dans cet atelier. Dans le troisième hall (fig. 5) sc trouvent lesdiverses
- fraiser et à polir, des machines à profiler et à estamper, etc. On a installé depuis peu une grosse fraiseuse toute spéciale conduite par un'moteur indépendant placé sur la plaque de fondation .
- p.149 - vue 149/416
-
-
-
- 150
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX(2e Série). —U0 3t.
- Chaque partie de machine, même la plus petite, est calibrée mécaniquement et essayée électriquement après chaque opération ; aussi aucune retouche n’est-elle nécessaire au montage et l'interchangeabilité est-elle assurée.
- Tout le travail dans l'usine est fait « aux pièces » et avant que chaque opération ne soit payée à l'ouvrier, le vérificateur doit avoir confirmé son accord sur la feuille de travail. L’usine occupe environ /(oo ouvriers qui, bien encadrés par les contremaîtres
- Fig. 4.
- ci chefs d’équipe, travaillent pratiquement, presque sans déchet.
- Toutes les pièces des ventilateurs et moteurs son! faites à l'usine qui se suffit à elle-même. Une fonderie pourvue des machines à mouler les plus récentes, fabrique toutes les parties fonte. Les armatures et les induits sont enroulés dans un des halls que. représente la figure i. L’isolement est fait à la main ou à la machine suivant les dimensions des pièces. Gomme exemple dju système de vérification adopté, nous dirons que l’arbre de l’armature, le noyau et le collecteur sont vérifiés, essayés et assemblés, les bobines enroulées et soumises aux différents essais électriques, soudées au collecteur, essayées à nouveau, plongées dans le vernis et séchées deux fois au four j les collecteurs une fois tournés, l’ensemble est alors essayé et envoyé au magasin.
- Pour tous les modèles courants, les pièces détachées sont toutes et toujours fabriquées pour le stock et non pour les commandes, ce qui permet de réaliser tous les avantages du travail en série tant au point de vue prix de revient qu’au point de vue bonne exécution.
- Les moteurs sont encore soumis à des essais de
- rupture à haute tension de 5oo à i ooo volts courant continu d’après les dimensions. D'autres essais sont faits relativement à l’isolation, au fonctionnement silencieux, etc.
- Les usines fabriquent également de petits moteurs soit en courant continu ou courant alternatif, de i/3o à a chevaux qui, indépendamment de leur utilisation sur les ventilateurs, sont très employés pour la conduite des meules, appareils de nettoyage, etc.
- Les usines fabriquent des ventilateurs de toute nature, types de table, appliques, oscillants, etc.* jusqu’à i mètre de diamètre. Le nouveau type « Freezor » de 3o centimètres de diamètre, qui a fait l’objet de longs essais et d’études spéciales, présente des perfectionnements tels qu'il y a une économie de courant de f\o % environ sur la plupart des types similaires et, malgré cela, le poids en reste relativement faible.
- Pour terminer, nous dirons un mot des immenses
- Fig. 5.
- magasins généraux que la Compagnie a établis récemment et où sont centralisées les productions de ses différentes usines qui travaillant toujours pour le stock par grosses séries, alimentent d’une façon continue ses magasins et ceux de sa filiale la a General Electric de- France Ltd ». ^
- Cette filiale vient précisément d’obtenir la commande d’une installation complète d’électro-aimants avec treuil électrique, pour une usine de la banlieue parisienne.
- Nous aurons prochainement l’occasion de revenir sur-cette question d'électro-aimants utilisés comme appareils de levage; nous montrerons comment l'économie sensible de personnel que ce dispositif permet de réaliser, est [destiné à jouer un rôle
- p.150 - vue 150/416
-
-
-
- 3 Août 1912,
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- IPI
- i
- naportant dans toutes les usines où la question de main-d’œuvre se pose de jour en jour d’une façon plus impérieuse.
- A. B.
- Installation d’essais à très hautes tensions. (Suite) (')
- Transformateur statique à aSoooo volts.
- Le transformateur monophasé est établi pour une
- sous 2Î>o volts au primaire.et a5o oot) volts au secon-' daire, pour courant alternatif à 40 périodes par seconde. Les préoccupations essentielles qui présidèrent à l’étude de ce transformateur furent la constance du rapport de transformation pour toutes les charges, l’absolue sécurité de fonctionnement et la mise en charge prolongée sans échaufïemenl sensible.
- L’enveloppe extérieure se compose d’une cuve en tôles de fer unies, assemblées par rivets, de dimen-
- l'ig. 6. — Transformateur monophasé de 5o KVA, 25o/a5o00o volts, 40 périodes.
- puissance normale et continue de 5o kilovoltampères
- l1j Lâmièrë Électrique, i8 juillet 1912.
- sions d’encombrement très larges. Sa capacité utile en huile est de près dé 3 tonnes. Il —est muni à sa partie ihféi’iêürë d’ufa ïobitiëi de vidangé ët à sà
- p.151 - vue 151/416
-
-
-
- 152
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N* 31.
- partie supérieure d’un niveau d’huile (fig. 6).
- Le couvercle est en fonte. Il s’assemble par boulons à un collet en fer cornière rivé a l’enveloppe. Il porte latéralement, protégées par un rebord prévu à cet effet, les quatre bornes des bobines de l'enroulement primaire. A sa partie supérieure ont été ménagées cinq ouvertures circulaires destinées à recevoir les bornes à haute tension et deux orifices de remplissage. Deux crochets de suspension sont vissés dans son axe longitudinal. Ces différents détails sont visibles sur la figure 7.
- Le circuit magnétique du transformateur se compose de deux noyaux et de deux culasses en tôles de
- carton vernissé. L’ensemble de ces bobines est serré entre les culasses par l’intermédiaire de deux rangées superposées d’isolateurs en porcelaine à cannelures disposés sur d’épais plateaux annulaires en bois, imprégnés de vernis isolant. L’arrangement de ces différents constituants est tel que l’huile a un accès facile dans toutes les parties de l’enroulement. . -, v'C-v.r-nT/v x
- La fabrication des bobines à haute tension^M^e* l’objet de soins tout spéciaux nécessités tant^pa&$p
- s%t£pn du fil à bobiner que par le grand nombre de couches de spires superposées par bobine sous une faible hauteur et un grand diamètre.
- Fig. 7. — Couvercle du transformateur.
- fer doux de haute perméabilité, de o,35 millimètre d’épaisseur, assemblés au moyen de tiges filetées fixées par écrous aux plateaux de serrage, en fonte.
- L’enroulement primaire est constitué de deux bobines, unepar noyau, ne comportant qu’une couche de spires enroulées sur une armure tubulaire en matière isolante.
- Entre le primaire et le secondaire sont disposés plusieurs tubes concentriques, en matière isolante comprimée spéciale, entre lesquels la circulation de l’huile s’effectue librement.
- Le secondaire comprend une série de bobines concentriques à l’enroulement primaire sur chaque noyau et connectées en tension. Ces bobines sont séparées l’une de l'autre par des intercalaires en
- Les extrémités des enroulements, tant primaires que secondaires, de chaque noyau, sont connectées à des bornes à basse et haute tensions disposées sur le couvercle. La mise en série des deux bobines primaires s’effectue donc extérieurement au moyen des bornes à basse tension.
- Les bornes à haute tension sont constituées de trois parties :
- a) Un tube en matière isolante comprimée, à l’intérieur duquel on dispose le conducteur.
- b) Un isolateur concentrique en porcelaine fixé au couvercle.
- e) La borne proprement dite, en laiton poli, emboîtée sur le tube isolant.
- Les tubes isolants séparant les enroulements pri-
- p.152 - vue 152/416
-
-
-
- 3 Août 1912.
- 153
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- maires et secondaires, ainsi que ceux des bornes, font l’objet d’une fabrication étudiée spécialement pour l’emploi à très haute tension, et exécutée au moyen d’un outillage approprié construit par les Ateliers de Constructions électriques du >sTorcl et de l’Est.
- Ils sont caractérisés par une rigidité diélectrique très grande et par une résistance mécanique et une imperméabilité à l’huile qui assurent l’indéformabilité des tubes de grand diamètre et leur conservation indéfinie, tant à l’air extérieur que dans un bain d’huile chaude. Ayant leur montage, ils séjournent à plusieurs reprises dans un four à haute température et soumis au vide.
- Les isolateurs en porcelaine ont été exécutés par la Société des Usinesde Fuisseaux, d’après les plans étudiés de concert par les bureaux techniques de ces usines et des A. C. E. C.
- Ces isolateurs sont constitués de quatre parties séparées, assemblées lors du montage du transformateur; un manchon extérieur auquel vient se fixer la bague en bronze de fixation des bornes au couvercle; un tube à larges cannelures que traverse le tube isolant; deux isolateurs tubulaires, type haute tension, à deux manteaux superposés.
- Le chapeau métallique constituant la tête de la borne à haute tension est construit de façon à pouvoir pivoter sur une tige fixée au tube isolant et soudée au conducteur connecté à chaque extrémité des enroulements secondaires. Il est traversé par une tige micrométrique coulissant librement (voir figure 6). Les tiges micrométriques permettent soit de limiter la tension d’essai par la distance d’écartement des pôles, réglée au préalable, soit de mesurer la tension secondaire au moyen de tables donnant les distances disruptives dans l’air par rapport aux tensions. Le couplage en série ou en parallèle des deux enroulements secondaires permet d’obtenir en marche continue : soit 5o Iv. V. A. à a5o ooo volts entre bornes extrêmes, soit K. V. A. à i a5 ooo volts par noyau (couplage en série) ou bien 5o K. Y. A. à ia5ooo volts entre bornes extrêmes (couplage en parallèle).
- Le transformateur proprement dit ne repose pas sur le fond du bac. Il est suspendu au couvercle au moyen de quatre tiges filetées serrées par écrous. Cette disposition permet l’inspection facile et rapide des enroulements secondaires.
- Il suffit, en effet, pour soulever le transformateur hors de son enveloppe, d’enlever le cou-verole par ses deux crochets de suspension au moyen
- d’un palan fixé à la charpente de* la salle d’essais, charpente spécialement établie dans ce but.
- Une cinquième borne à haute tension â été prévue. Elle est raccordée aux deux premières bobines en série d’un des enroulements secondaires. Ceci a été réalisé en vue soit de vérifier directement le rapport de transformation, soit d’effectuer certains essais scientifiques.
- Les essais de réception ont été effectués aux usines de Charleroi par M. Larmoyer, qui a déterminé le rapport de transformation au moyen d’appareils de mesure et de transformateurs de potentiel de précision récemment tarés; la moyenne des résultats obtenus sur l’ensemble des bobines secondaires de chacun des noyaux a donné comme rapport de transformation i/i ooo, avec une très grande approximation.
- Régulateur de tension.
- Parmi les divers moyens d’obtenir le réglage de la tension secondaire, les A. C.E.C. ont adopté l’emploi d’un rhéostat métallique inséré dans le circuit primaire (basse tension).
- Cette méthode de réglage était d’ailleurs tout indiquée par le fait que le courant primaire devait être pris sur deux phases de l’installation existante de force et éclairage à courant triphasé des Usines de Fuisseaux.
- Pour permettre l’obtention d’une échelle absolument graduelle de tension, tant en charge qu’à vide, ce rhéostat fut conçu en deux parties; l’une des parties pouvant s’intercaler graduellement en série avec chaque division de l’autre.
- Le nombre des divisions de chacun de ces deux rhéostats partiels est tel que leur combinaison permet d’obtenir toute la gamme des tensions, de Son en 5oo volts, entre o et aâo ooo volts, tant à vide que sous courant de pleine charge.
- Laboratoire d’essais.
- Afin de mettre complètement à l’abri d’une surtension éventuelle causée par un contact accidentel entre enroulements à haute et à basse tensions, d’une part l’opérateur réglant la tension au primaire, d’autre part toute la ligne triphasée du reste de l’installation, les A. C. E. C. ont adopté l’emploi du dispositif suivant.
- Le courant à 25o volts, /(o périodes, est amené, de la Centrale électrique de l’usine au laboratoire, par une canalisation aérienne. Il est reçu d’abord sur
- p.153 - vue 153/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2® Série). — N» 31.
- 154
- un panneau d’un (ableau de distribution par l’intermédiaire d’un interrupteur bipolaire et de deux coupe-circuits fusibles à poignées de porcelaine;de l’interrupteur, il passe à travers le régulateur de tension après avoir enregistré son intensité dans un ampèremètre et va alimenter le primaire d’un transformateur auxiliaire, à bain d’huile, de rapport
- circuit, ce qui assure la mise en court-circuit direct à la terre des deux pôles de l’enroulement primaire du transformateur principal. L’opérateur et la ligne d’alimentation étant séparés de ce circuit par le transformateur auxiliaire, sont donc en dehors de tout danger.
- L’enroulement secondaire du transformateur auxi-
- i0cu/tf?£ 1 Sntre jiointeo fitnirëe ïï OiUac jtCatccu44C fiourtb Ul Outre
- v TU
- <=0 0=
- ÔOUQO
- 40 60 é’O tOO 120 140 Jt>0 MO 200 220 2/0 260 2<fO JOO 320 340 360 Sfo 400 420 440 460 4So 500 32o 540 .560 5S0 600 6£fl 040 669 Fig. 8. — Diagramme des distances explosives dans l’air saturé à i5° G., en fonction des tensions d’essais.
- unité, dont les enroulements primaires et secondaires sont soigneusement isolés.
- Cette disposition permet de mettre à la terre un des pôles de l’enroulement primaire du transformateur à haute tension. Entre l’autre pôle et la terre est branché un parasurtension en capacité disposé directement sur le couvercle de ce transformateur.
- Le parasurtension en capacité est composé de plaques de zinc et de mica superposées et alternant. D'épaisseur et le nombre des plaques sont tels que lorsque la tension entre conducteur et terre atteint 3&o volts, les plaques de aine se mettent en court»
- liaire (a5o/25o volts) est relié au primaire du transformateur principal par l’intermédiaire d’un interrupteur monopolaire automatique à maxima de courant et à tension zéro.
- Afin d’empêcher l’accès aux bacs d’essais lorsqu’ils se trouvent sous tension, on a divisé le laboratoire en trois compartiments cloisonnés par des balustrades en bois. Dans chacun des deux compartiments extrêmes, se trouve un bac d’essai. Les transformateurs se trouvent dans le compartiment du milieu fermé partiellement à l’avant par le tableau de distributipn constitué de trois panneaux en
- p.154 - vue 154/416
-
-
-
- 3 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 155
- marbre blanc. Les compartiments sont fermés par des portes sur le battant desquelles sont montés des interrupteurs à contact. Ces interrupteurs sont disposés dans le circuit de la bobine à tension zéro du disjoncteur mentionné plus haut. Il en résulte que,
- sayés et le placement de nouveaux isolateurs sur l’un des bacs d’essais, dans le même temps qu’une série d’isolateurs est à l’essai sur l’autre bac, les barres à haute tension ont été sectionnées de part et d’autre.
- Fig. 9. — Essai ù aao 000 volts d'une chaîne d'isolateurs.
- si l’on ouvre une des portes, alors que le compartiment correspondant se trouve sous tension, on interrompt le circuit de la bobine ce qui amène le déclanchement du disjoncteur, d’où la mise hors tension des barres.
- Pour permettre l’enlèvement dés isolateurs es-
- Deux sectionneurs seulement étant à la disposition de l’opérateur, il est obligé, pour mettre lè bac n° 2 sous tension, d’enlever les sectionneurs du bac n° 1, ce qui isole complètement celui-ci du transformateur.
- La mesure habituelle de la tension d'essai se fait
- p.155 - vue 155/416
-
-
-
- 156
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série).*—N«3i:
- au moyen de cinq voltmètres branchés sur le primaire et gradués directement pour la haute tension, le rapport de transformation ayant été constaté être rigoureusement i/iooo.
- Les échelles de ces voltmètres, qui peuvent être
- Quelques essais exécutés au laboratoire des Anciennes Usines de Fuisseaux à Baudour.
- Nous avons cru intéressant, pour illustrer ces quelques notes, de mettre sous les yeux de nos lec-
- lrig\ 10. — Un bue d’essai d’isolateurs.
- branchés successivement sur le circuit au moyen d’un commutateur bipolaire à cinq directions, sont les suivantes : o — ao ooo, io — 5o ooo, 4o à ioo ooo, 6o kN i5o ooo, o — a5o ooo volts. Ce dispositif permet de lire avec exactitude la tension d’essai dans toute l’étendue de o à a5o ooo volts.
- teurs quelques clichés photographiques et diagrammes d’essais exécutés au laboratoire des Anciennes Usines de Fuisseaux, à Baudour.
- La figure 8 représente des diagrammes de distances disruptives dans l’air saturé à i5° centigrades et à la pression de 65o millimètres.
- p.156 - vue 156/416
-
-
-
- 3 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 157
- On s’est servi, pour dresser ces courbes, d’un micromètre, posé sur un des bacs d’essai d’isolateurs. Les deux armatures de cet appareil étaient montées sur tiges en ébonite et socle métallique et étaient raccordées aux bornes à haute tension.
- La courbe I donne les distances de formation des étincelles entre pôles constitués par des tiges pointues en laiton de 9 millimètres de diamètre dont le cône effilé mesurait 3o millimètres de hauteur. On a fait éclater une succession d’étincelles à 220 000 volts entre pointes écartées de millimètres.
- La courbe II représente les distances disrüptives entre plateaux de 107 millimètres de diamètre à bords arrondis. L’allure de ce diagramme diffère sensiblement de celle des deux autres.
- Enfin, la courbe III a été dressée en prenant les distances disrüptives entre sphères de 4o millimètres de diamètre.
- La figure 10 représente un essai normal d’isolateurs pour tension de service de 10000 à i5ooo volts. On peut y remarquer le système spécial de suspension équilibrée de la herse d’essai, permettant le relevage simultané de toutes les chaînes qui mettent les isolateurs sous tensions, afin de faciliter l’enlèvement de ces derniers après essai et leur remplacement par de nouvelles séries.
- L’usine de Fuisseaux effectue couramment des essais d’isolateurs à manteau pour tensions de service de 3oooo à 40000 volts. Les étincelles s’amorcent alors, entre tige et chapeau, aux environs de i3o 000 volts.
- Enfin la figure 9 reproduit un essai de chaîne d’isolateurs spéciaux V. P. G. constituée de 20 maillons de modèle moyen (taille C). Cette chaîne supporte à sec une tension d’essai de 23o 000 volts sans formation d’étincelles.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Le marché du cuivre a repris sa fermeté au cours de cette dernière quinzaine et les cours sont maintenant ce qu’ils étaient au début de juillet avant cette attaque des spéculateurs, sans conséquence durable parce que sans motif. On parlait bien des stocks invisibles : mais ils le sont encore ou plutôt ils ne paraissent pas exister car l’offre suffit à peine à répondre à une demande qui ne ralentit pas. New-York est en reprise, Londres est bien orienté et Paris se ressaisit vigoureusement : le Standard a clôturé à £ 78 et FElectro à £ Si. Une autorité américaine en matière cuprifère prétend que juin
- marque l’arrêt de la décroissance de la production du cuivre aux Etats-Unis parce que le rendement des mines nouvelles joint à celui des anciennes va. manifester son influence dans les chiffres de production des raffineries. C’est la conséquence logique de l’élévation des cours, conséquence bien connue de tous et qui résulte de l’intérêt des compagnies à exploiter en période de prospérité les gisements plus difficiles, d’un prix de revient plus élevé, mais que la hausse des cours rend encore rémunérateur. L’augmentation résultante serait de 10 à i5 % pour 1912 soit de 6 700 à 8950 tonnes de cuivre rouge qui seraient d’ailleurs facilement absorbés par les consommateurs. On estime encore que le cours de l’éiectrolytique est trop élevé et qu’un abaissement de 1 % par livre ne surprendrait pas. Mais si la production reste stationnaire, les cours pourront atteindre et dépasser ceux de 1907, Peut-être serions-nous alors au début de la période descendante qui, au dire de certains économistes, doit succéder sous peu k la période de prospérité que nous traversons. En juin 1912, les stocks visibles en France et en Angleterre s’élevaient à 4 1 593 tonnes, en diminution de 3o 000 tonnes sur le mois de juin 1911 et de 62000 tonnes sur le même mois de 1910. Aux Etats-Unis, la consommation de 1912 est supérieure de 20 5oo tonnes à celle de 1911 et l’exploitation enregistre un progrès de 14 85o tonnes. Ces progrès,comme nous l'avons fait remarquer, ont été assez lents, donnant aux cours tout le temps de s’établir et aux consommateurs avisés celui de se couvrir suivant leurs besoins. Dès maintenant, ces derniers montrent plus de circonspection, malgré l’activité de la demande parce qu’ils craignent de susciter ce mouvement factice qui prépare une nouvelle catastrophe.
- Le Rio a évidemment subi le contrecoup de l'optimisme général et s’est rapproché rapidement du cours de 2 000.
- Les résultats de la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques présentent cette année un écart de bénéfices de plus de un million avec le chiffre de l’an dernier. Le chiffre d’affaires lui-même qui était en 1910-1911 de 67 f\3i 4 i3 francs n’est plus que de 63 745 576 francs, mais cette diminution de 4 millions d’affaires n’explique pas suffisamment une réduction de 23 % des profits nets. On l’at-tribue à la crise subie par l’industrie textile et à la transformation des usines de Belfort, k leur extension, comme aussi k la hausse constante des salaires, des frais généraux et des matières pre-
- p.157 - vue 157/416
-
-
-
- 158
- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- T. XIX (2« Série). — N° 31.
- litières. Il eut été loisible de remonter les prix de vente et,à ne considérer que la branche électricité qui nous occupe davantage, nous croyons pouvoir affirmer qu’aucun constructeur ne se serait plaint d’une initiative qu’on eût voulu- voir prendre à ce grand établissement : celte branche continue son développement suivant les déclarations des rapports : son chiffre de vente est de 18 617 937 francs, supérieur de 900 000 francs à celui de l’exercice précédent : mais une diminution des machines de filature et de tissage ainsi que des locomotives a grandement atténué les progrès des autres divisions. Le chiffre des bénéfices bruts ne ressort pas du compte de profits et pertes, mais on remarque que celui des bénéfices nets ressort à 5 % seulement du chiffre d’affaires. Les actionnaires ont touché cependant le même dividende que celui des trois exercices précédents, soit 10 % , ce qui a absorbé 1 800000 francs; le fonds de secours aux ouvriers a été doté de 400 000 francs, et les amortissements ont reçu 1 585 980 francs.
- Au cours de l’exercice, la direction a consacré près
- de 5 millions et demi aux immobilisations, principalement dans les deux divisions locomotives et électricité. Ce compte immobilisations ressort ainsi à l’actif à 39 520 816 francs, sur lesquels 23 671 244 sont amortis. Malgré une diminution de l’activité industrielle des usines, les approvisionnements, marchandises et travaux en cours étaient au 3i mars 1912 de 24 113 069 francs parce que le carnet de commandes s’était de nouveau rempli. On augure mieux de l’année en cours qui enregistrait au début 5 millions d’ordres de plus que l’exercice précédent. Mais il faut souhaiter que cette année les prix de vente réservent plus de marge de bénéfices malgré l’augmentation continue des' matières premières.
- Le président de l’assemblée a en outre annoncé que le Conseil avait décidé la séparation de la Société en deux : l’une ayant un siège en Alsace, à Mulhouse, et l’autre son siège en France avec usines à Belfort. Cette modification était à l’étude avant les incidents de Grafenstaden : elle devenait [nécessaire, politiquement et industriellement parlant. D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris, ,— La répartition des 4 098 wagons adjugés le 6 juillet par la Compagnie des chemins de fer P.-L.-M. a été faite ainsi qu’il suit :
- Officino métallurgico Togni, à Brescia, 35o wagons ;
- Magniard et Cie, 5oo ;
- Société Horme et Buire, 843 ;
- Société Franco-belge, 65o ;
- Compagnie générale de construction, 5oo;
- Compagnie française de matériel, 4*>o ;
- Société Lorraine de Dietrich, 200;
- Usine Pétolat, i5o;
- Carel aîné, Fouché et Cic, 4°o ;
- Ragheno, à Malines, 55.
- Les 70 tenders adjugés le 3o juin par les chemins de fer de l’Etat ont été attribués aux établissements Arbel,
- Russie. — Le ministère des voies de communication fait procéder en ce moment à l’étude du projet de l'électrification des chemins de fer aboutissant à Saint-Pétersbourg; le projet comporte l’utilisation des chutes d’eau de la contrée.
- Turquie.— Une entente est intervenue entre la Société des Tramways de Smyrne et le ministère des Travaux publics pour l’électrification des tramways de eette ville.
- ÉCLAIRAGE
- Cher. — Une enquête est ouverte à la mairie de Bourges sur le projet de concession d’une distribution publique d’énergie électrique.
- Eure. — Un projet est il l’élude à Thuit-Anger pour l’adduction de l’énergie électrique dans la commune.
- Une enquêté est ouverte à Saint-Pierrc-des-Cercueils sur un projet de distribution de l’énergie électrique.
- Pyrénées-Orientales. — La commune de Prats-de-Mollo va contracter un emprunt de 78 o38 francs destiné en partie à la construction d’une usine électrique, à l’installation d’appareils d’éclairage électrique, à l’amélioration du sytème de captation et dérivation des eaux du ravin « del Roure »,
- p.158 - vue 158/416
-
-
-
- 3 Août 1912. LA LUMIERE ELECTRIQUE if,'.)
- Belgique. — Le conseil communal de Liège va étudier la question du rachat de la concession d’électricité. La concession avait été accordée en 1908 à la Compagnie Internationale d’Electricité et à l’A. E. G.-Union Electrique : elle n’était que de dix ans et la ville se réservait le droit de reprise au commencement de l’un quelconque des cinq derniers exercices.
- Le Conseil communal de Tournai a approuvé le contrat de fourniture de courant pour l'éclairage et la force motrice ; il sera fourni par la station centrale d’Antoiug, qui dessert déjà le bassin de Tournai.
- Ethiopie. — Le Moniteur officiel du Commerce extérieur annonce la construction, à Addis-Ababa, d’une usine hydro-électrique destinée à fournir la lumière et la force électrique de cette ville et, en même temps, à la fabrique de cartouches que fait construire actuellement le gouvernement abyssin. Le courant fourni à Addis-Ababa serait de 6 000 volts.
- TÉLÉPHONIE
- Lot-et-Garonne. — Le conseil général a voté les crédits nécessaires au circuit téléphonique de La Réole-Marinande et à l’installation du téléphone dans la commune de Beauville.
- Aube. — La Chambre de commerce de Troyes a demandé l’établissement de deux nouveaux fils téléphonique Troyes-Paris 5e et 6e.
- SOCIÉTÉS
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris. —Les recettes pour la deuxième décade de juillet se sont élevées à 1 279 877 francs en plus-value de 54 294 francs sur celles de la période correspondante de l’année dernière. Du i“r janvier au 20 juillet il a été encaissé 3o 824751 fr., soit 320 787 francs de plus que pour le même laps de temps de 1911.
- CONSTITUTIONS
- Société Hydro-Electrique de l’Eau d’OIle. — Capital: 3000000francs. — Siège social :ia4, rue delà Boétie, Paris.
- Vaubrun et C‘° (Installations électriques). — Capital : 5o 000 francs. — Siège social : 38, rue de Lancry, Paris.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Société Française d'Électricité A. E. G., 72, rue d'Amsterdam, Paris.
- A. E. G., juillet 1912. — La station de pompes du service des égouts de la ville de Dresde.
- Les câbles A. E. G., au Japon.
- Les installations électriques de la Société minière « El Guindo ». La Carolina (Espagne).
- Usines du Pied-Selle. Fumay (Ardennes). Album-Tarif 1912. Chauffage électrique.
- Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est. Jeumonl.
- Bulletin, novembre 1911. — Les installations électriques de la Société anonyme des Charbonnages André Dumont, à Watersckei-Genck, Campine.
- ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- Le 6 août, par devant le commandant du génie k Liège Rive droite, 16, boulevard de la Constitution, réadjudica-lion pour l’installation d’un groupe électrique, moteur, pompe, dans le puits d’Evégnée, 1 368 francs.; soumissions recommandées le 5 août.
- Le 9 août, à i3 h. 1/4, à l’hôtel de ville, à Bruxelles, fourniture de câbles et accessoires nécessaires au service de l’électricité; caut. : 5 000 francs; cahier des charges : o fr. 5o. Soumissions ledit jour, avant 11 heures.
- ESPAGNE
- Le 16 août, à la mairie de Madrid, fourniture de 2oo arcs voltaïques en replacement d’un même nombre du modèle Regina; caut. provisoire : 2 625 pesetas.
- ITALIE
- Le 6 août, aux chemins de fer de l’Etat italien, à Rome, fourniture d’un compteur d’air pour les ateliers de Pietrarsa(adjudication internationale).
- p.159 - vue 159/416
-
-
-
- 160 LA LUMIERE ELECTRIQUE T. XIX (2*Sérié).— N»31.
- .‘A-’
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- ., - . - a -AUTRICHE-HONGRIE ,
- Le 9 août 1912, à la K. K. Staatsbahndirection, à Cra-covie, fourniture d’installations mécaniques, pompes, électromoteurs, chaudières, etc. Cahier des charges relatif à cette adjudication à la Direction précitée.
- Le io août 1912, à la direction des chemins de fer de l’Etat, à Budapest, fourniture de 20 ascenseurs à traction électrique, d’une force de 2 000 kilogrammes nécessaires à ladite Administration. Cautionnement : 5 %. Cahier des charges relatif à cette adjudication à la Direction précitée.
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- Le 19 août, au ministère des Travaux publics, à Buenos-Ayres, fourniture de deux machines perforatrices.
- BELGIQUE . G.J
- 24 juillet. — A la Bourse de Bruxelles, fourniture de 25 câbles téléphoniques nécessaires àj’administralion des télégraphes (cahier des charges spécial n° n53) :
- A.-E.-G.-Union électrique, à Bruxelles, 43 5ai,5o4 Land und Seekabelwerke, à Cologne-Nippes, 43 783,25 ; Feltén et Guillaume Carlswerk, à Mulheim-sur-Rhin,; 47 683,5o ; Ateliers de Constructions Electriques de Char-: le roi, 48 087; Kabelwerk Rheydt, à Bruxelles, 48 288,20 Deutsche Kabelwerke, à Ruinmelsburg-Berlin, 48 546; British Insulated and Helsby Cables, à Prescot (Angleterre), 5o 777,5o; D. Cassirer, à Charlottenburg-Berlin, 5i 125; J. Hiroux et W. Nahrath, à Bruxelles, 55 241,4°i Siemens et Halske, à Bruxelles, 56 875.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux bureaux de la Lumière Electrique.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, 17, RUE CAB3HTTE.
- Le Gérant : J.-B. Nodet
- p.160 - vue 160/416
-
-
-
- Trante-quatrlèm* annft. SAMEDI 10 AOUT 1912. Tome XIX (2e série). — N* 32-
- --- - m —---------—j-ipl—T | ruij_MjimjYf-ruii--»--»-«J-»-XLBjjxJM_i__
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L'ELECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 161. — J. Simev. Chronique de la traction électrique : Les automotrices mixtes [suite), les funiculaires électriques, p. i63. — Menges. Sur la discussion de la commutation, p. 168.
- Extraits des publications périodiques. — Transmission et distribution. Résultats obtenus en Autriche avec les procédés économiques d’imprégnation des poteaux de lignes électriques. R. Nowotny, p. 171. — Traction. Corrosion électrolytique du fer, sous l'influence du courant continu,dans le sous-sol des villes, F. Ganz, p. 172. — Bibliographie, p. 174. — Nécrologie. H.-F. Weber, p. 177. — Brevets. La protection des' lignes à courant faible contre les courants parasites, p. 178. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Le transport de force de Guayaquil, p. 179. — Etudes économiques, p. 189. — Renseignements commerciaux, p. 191. — Adjudications, p. 192.
- ÉDIT OUIAL
- M. J. Simey, continuant dans sa Chronique de la traction électrique l’examen des systèmes d'automotrices mixtes, insiste particulièrement surle système Pieper, dont on sait l’intéressant développement.
- Dans ce système, le moteur à explosion entraîne directement les essieux; une dynamo unique lui est adjointe et ne sert qu’à fournir les appoints de puissance nécessaire dans les démarrages ou sur les rampes. A cet elfet, elle est reliée à une batterie d’accumulateurs qui tantôt reçoit sa charge de la machine tantôt lui renvoie au contraire du courant; on a ainsi un véritable volant qui joue en somme le rôle du changement de vitesse, en ce qui concerne le maintien d’un bon régime de rendement.
- Parmi les plus récentes applications de ce système, il y a lieu de signaler celle de la ligne de Saint-Germain à Poissy.
- Après avoir ainsi mis en évidence l’intérêt du système mixte pour la propulsion de véhicules indépendants, l’auteur examine un autre domaine d’application de l’électricité : celui qui concerne les funiculaires aériens. De l’étude comparative à laquelle il se livre, il résulte que ce nouveau type de funiculaire ne semble pas appelé, pour des raisons complexes et souvent étrangères à la technique proprement dite, à des destinées aussi brillantes que son devancier, le funiculaire sur rails.
- O11 a vu assez récemment reprendre les
- p.161 - vue 161/416
-
-
-
- 162
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N° 32.
- longues et arides discussions sur les commutations qui avaient fait couler tant d’encre aux temps héroïques de l’électrotechnique. On sait comment ces discussions, au milieu des progrès pratiques réalisés par les constructeurs, ont fini par prendre une tournure un peu académique et lointaine qui effraye parfois les praticiens de l’électricité. Mais il n’en faudrait pas conclure que leur intérêt réel s’en trouve diminué, car là en somme est la clef du problème capital de la construction des machines. Seulement, à force d’opinions diverses, il est résulté une certaine confusion, et M. Menges nous envoie une note destinée à préciser quelques questions.
- Gomme'de coutume, M. R. Nowotny vient de publier les résultats obtenus en Autriche avec les procédés économiques <Simprégnation des poteaux des lignes électriques, parmi lesquels il convient de citer celui de Heise-Rütgers, dans lequel on injecte un peu d’huile dans les bois qui sont ensuite traités par la vapeur afin de déterminer une imprégnation profonde dé la masse.
- Parce procédé et par ceux qui s’en rapprochent on évite la grande consommation de liquide stérilisant qui est la principale servitude du procédé à la créosote, et le rend onéreux.
- L’auteur expose comment, grâce à un choix judicieux des bois, on arrive à des résultats fort économiques, et à de bonnes durées d’utilisation.
- Les recherches qui ont trait à Vélectrolyse du fer en courant continu sont du plus haut intérêt en matière d’exploitation de tramways, où l’on doit toujours se préoccuper d’empêcher les corrosions des conduites souterraines d’eau et de gaz sous l’influence des courants vagabonds.
- Mais il est impossible d’étudier sur place cette électrolyse; on peut tout au plus chercher à se l’approcher, dans un laboratoire, des conditions dans lesquelles elle se produit réellement.
- M. Ganz a poussé très loin le souci de l’exactitude puisqu’il a expérimenté sur différents échantillons de fer placés dans de la terre humide, et même, pour recueillir celle-ci, on avait ouvert une tranchée tout près d’une conduite de gaz.
- Les résultats de ces expériences semblent contredire ceux de M. Hayden que nous avions publiés ici ; l’état passif du fer, mis en évidence par cet expérimentateur, ne s’est jamais produit dans les conditions actuelles qui sont très voisines de la réalité, et, d’après M. Ganz, ceci tient surtout aux très faibles densités de courant qu’il a adoptées avec intention parce qu’elles sont de l’ordre de grandeur industriel.
- Il ne faudrait cependant pas conclure de là au manque d’intérêt des recherches théoriques de M. Hayden qui ont mis en évidence le rôle de l’électrolyte lui-même; d’ailleurs, quoique fort sommaire, l’analyse des terres sur lesquelles ont porté les expériences, semble les faire rentrer justement dans la catégorie d’électrolytes pour lesquelles l’état passif ne se produit pas. Les deux auteurs ne sont donc qu’en apparence en désaccord.
- Le problème de la protection des lignes à courant faible contre les courants parasites continue à solliciter les chercheurs. M. Ca-millerapp vient de breveter un nouveau dispositif dont nous décrivons le principe. Il permettrait par exemple de réaliser la protection des récepteurs télégraphiques et se prê-teraitaussi,'d’après l’auteur, àbeaucoup d’autres applications.
- p.162 - vue 162/416
-
-
-
- 10 Août 1912.
- LA LUMIERE ÉLECT RiQjUE
- 163
- CHRONIQUE DE LA TRACTION ÉLECTRIQUE
- LES AUTOMOTRICES MIXTES {Suite) (‘)
- Dans les systèmes que nous avons décrits précédemment, le moteur à explosion ne commandait pas directement les essieux moteurs, l’énergie mécanique fournie par ce moteur étant d’abord transformée en énergie électrique par la génératrice du groupe, pour reprendre ensuite la forme d’énergie mécanique dans les moteurs électriques commandant les essieux.
- Dans le système Pieper, dont on connaît le principe déjà appliqué aux automobiles sur route (2), ces transformations successives de l’énergie n’ont pas lieu.
- Rappelons le fonetio*nnement de ce système. Le moteur à explosion entraîne directement les essieux et l’unique dynamo du système, laquelle fonctionne, ainsi que nous allons le voir, tantôt comme moteur, tantôt comme génératrice, et ne sert qu’à fournir le complément de puissance nécessaire, soit au démarrage, soit lors de la montée des rampes.
- Cette dynamo est, en effet, reliée à une batterie d’accumulateurs. Aux arrêts et dans les descentes, lorsque le moteur à explosion ne doit fournir qu’un effort très faible ou nul poür la propulsion de la voiture, il entraîne la dynamo, laquelle fonctionne donc en génératrice et charge la batterie.
- Lors du démarrage ou de la montée d’une rampe, lorsque le moteur à explosion, lequel est établi pour produire l’effort de traction normal en palier, faiblit, le sens du courant dans le circuit électrique s’inverse, et la batterie se décharge sur la dynamo; celle-ci fonctionne alors en moteur et fournit le complément de puissance nécessaire.
- L’ensemble de la dynamo et de la batterie
- (') Voir Lumière Electrique, 29 juin 1912.
- (2) Eric Gkrard. Leçons sur l’électricité, tome II, 8* édition.
- sert donc simplement en quelque sorte de volant, c’est-à-dire de réservoir d’énergie, mais n’intervient pas constamment dans la transmission de l’énergie aux essieux moteurs. Il est clair, néanmoins, qu’un tel dispositif remplace avantageusement le changement de vitesse, étant donné que, par suite du complément de puissance fourni, lorsqu’il est nécessaire, par la dynamo au moteur à explosion, la charge, et, par conséquent, la vitesse de ce dernier moteur se trouvent maintenues entre des limites qui lui permettent de travailler constamment avec un rendement satisfaisant.
- Fig-, 1. — Schéma du système Pieper. — Les arbres auxiliaires P et les chaînes K transmettent le mouvement aux
- essieux moteurs R; G, contrôleurs; A, accumulateurs.
- La figure 1 représente la disposition schématique de l’ensemble du système Pieper. Le moteur à explosion B et la dynamo D, laquelle est à excitation shunt, sont calés sur un arbre commun; à l’extrémité de cet arbre se trouve un embrayage électro-magnétique F; l’armature N de cet embrayage se trouve à l’extrémité d’un manchon, concentrique à l’arbre moteur, et terminé, à son
- p.163 - vue 163/416
-
-
-
- 164
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N» 32.
- autre extrémité, par un pignon denté ; ce pignon engrène avec deux roues dentées, dont le mouvement est transmis, par l’intermédiaire des arbres auxiliaires P et des chaînes K, aux essieux moteurs R. Lorsque l’électro F de l’embrayage est excité, il entraîne le plateau N et, par suite, le mouvement du groupe moteur est transmis aux essieux. De l’autre côté du plateau N se trouve un autre électro-aimant M, fixé à la carcasse inductrice de la dynamo et, par conséquent, immobile. Lorsque ce dernier élec-tro est excité, l’électro tournant F ne recevant par contre aucun courant, c’est l’électro fixe qui attire le plateau N et qui exerce, par suite, un effort de freinage sur celui-ci et, par l’intermédiaire de la transmission, sur les essieux moteurs.
- Les accumulateurs sont logés dans deux caisses A, suspendues respectivement sous la voiture à chaque extrémité de celle-ci. Sur le schéma de la figure i, les traits forts représentent le circuit parcouru par le courant principal de la dynamo; les traits fins indiquent les circuits auxiliaires, c’est-à-dire le circuit d’excitation de la dynamo et les circuits des électros d’embrayage et de freinage.
- Le demurrage, le réglage de la vitesse et le changement de sens de marche s’opèrent uniquement en agissant sur les circuits électriques, à l’aide des deux contrôleurs G, placés respectivement à chaque extrémité des véhicules. Si on suppose la voiture au repos et le groupe moteur arrêté, les manœuvres à effectuer pour la mise en marche de l’ensemble sont les suivantes :
- A l’aide de la petite manette du contrôleur, le conducteur envoie le courant de la batterie à la dynamo; selon la position de celte manette, c’est-à-dire selon les sens respectifs des courants dans l’inducteur et dans l’induit, la dynamo démarre dans un sens ou dans l’autre. En même temps, le sens du courant envoyé à l’électro E détermine l’aspiration du noyau de celui-ci dans un sens ou dans l’autre, c’est-à-dire que l’arbre
- de distribution du moteur à explosion, arbre solidaire de ce noyau, se trouve placé dans la position correspondant au sens de marche désiré. Le moteur à explosion, entraîné par la dynamo, démarre donc aussi dans le sens convenable.
- Lorsqu’il veut mettre la voiture en marche, le conducteur agit sur la grande manette, de manière à envoyer du courant à l’électro d’embrayage F’, à travers les résistances d’un rhéostat ; au fur et à mesure que la manette avance d’une touche, une résistance de ce rhéostat se trouve éliminée et l’intensité du courant dans l’électro F augmente. On obtient ainsi un démarrage très progressif, l’attraction exercée par l’électro F sur le plateau N étant d’autant plus énergique que le courant est plus intense.
- Pour augmenter ensuite l’allure de la voiture, on continue à tourner la grande manette ; on réduit ‘ainsi graduellement l’excitation de la dynamo, ce qui accélère l’ensemble. En effet pour une tension aux bornes de la batterie déterminée, à laquelle doit faire équilibre, en marche normale, la tension de la dynamo, la vitesse de cette dernière, c’est-à-dire de l’ensemble du groupe, doit être d’autant plus grande que l’excitation fest plus faible.
- Pour arrêter le véhicule, on augmente au contraire l’excitation delà dynamo; celle-ci, entraînée par la vitesse de la voiture, fonctionne en génératrice et envoie du courant à la batterie ; on obtient ainsi une certaine récupération, accompagnée d’un ralentissement de la voiture. On débraye ensuite le groupe moteur en coupant l’excitation de l’électro F' ; on obtient l’arrêt complet, soit au moyen du frein électrique M, soit au moyen d’un frein mécanique.
- Le pointeau d’admission des gaz G du moteur à explosion est commandé par un solénoïde S, dont le noyau est rappelé par un ressort. Ce solénoïde est pourvu de deux enroulements, l’un en série avec la batterie, l’autre en dérivation aux bornes de celle-ci. Lorsque la batterie se décharge, c’est-à-dire
- p.164 - vue 164/416
-
-
-
- 10 Août 1912.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 65
- lorsque le moteur à explosion a une tendance à faiblir, les sens respectifs des courants dans les deux enroulements sont contraires et le noyau du solénoïde, rappelé par le ressort, ouvre le pointeau. Par contre, lorsque la batterie se charge, les effets des deux enroulements s’ajoutent : le noyau est alors aspiré, ce qui réduit la quantité de gaz envoyée au moteur à explosion. La charge du moteur à explosion est ainsi constamment proportionnée à l’effort nécessaire.
- Une intéressante application du système Pieper a été faite récemment sur la ligne, d’une longueur de 5 kil. aoo, qui relie Saint-Germain à Poissy (Seine-et-Oise) (’).
- Les voitures employées sur cette ligne comportent un compartiment central réservé au moteur à explosion et servant en même temps de fourgon à bagages (fig. a). De chaque côté de ce compartiment central se trouvent deux compartiments à voyageurs, affectés, l’un à la 2° classe, l’autre à la iia classe. Enfin, à chaque extrémité de la voiture se trouve une plate-forme, séparée en deux parties, dont l’une peut recevoir un certain nombre de voyageurs debout, l’autre étant réservée au conducteur. L’équipement de ces voitures est celui que nous venons de décrire. Toutefois, par suite de la longueur de la caisse, la voiture est montée sur deux bogies du type Maximum traction, de sorte que la transmission à chaîne du schéma précédent est remplacée, ainsi qu’on le voit, par un système à cardan. La capacité de la batterie est suffisante pour permettre à la voiture de rentrer au dépôt, même si une avarie survient au moteur à explosion. Chaque
- automotrice pèse 20 tonnes et peut réaliser une vitesse moyenne de 17 à 20 kilomètres à l’heure, selon qu’elle est seule ou remorque une autre voiture. La consommation du combustible employé, c’est-à-dire du benzol, est de 16 à 26 grammes par tonne-kilomètre. Les frais d’entretien ont, par suite, été évalués à 6 ou 7 centimes par kilomètre-train.
- ¥ *
- On voit, d’après cet exposé, que le système benzo-électrique peut rendre de grands services sur les lignes isolées à faible trafic. Mais il ne peut supplanter, pour le service des réseaux groupés et à trafic intense, le trolley ou le troisième rail, dont l’emploi est de beaucoup le plus économique sur des réseaux de cette nature.
- Toutefois, dans certains cas, par exemple dans celui d’une longue ligne à faible trafic empruntant partiellement le réseau de banlieue d’une grande ville, une combinaison avantageuse des deux systèmes pourrait être faite. Il suffirait, pour cela, de prévoir la tension usuelle de 55o à 600 volts pour l’équipement électrique des automotrices. Celles-ci pourraient alors bénéficier de l’installation du trolley ou du troisième rail dans la partie commune ; à l’extrémité de cette partie, il n’y aurait qu’à mettre le groupe électrogène en route pour permettre à l’automotrice de continuer, par ses propres moyens, son trajet sur. les lignes dont le trafic n’aurait pas justifié l’électrification.
- Dans le cas où les sections à alimentation continue (trolley ou 3" rail) présenteraient une certaine longueur, il y aurait peut-être même intérêt à loger le groupe électrogène, non sur l’automotrice même, mais sur un fourgon qui ne serait attaché à celle-ci que pour le parcours des lignes non électriliées. On diminuerait ainsi le poids mort de l'automotrice sur les sections électriliées et, d’autre part, le nombre des groupes électrogènes, c’est-à-dire le capital engagé, serait plus réduit, étant donné que n’importe quelle
- (*) Le Génie Civil, 29 juin 1912.
- p.165 - vue 165/416
-
-
-
- J66 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2® Série). — M® 32.
- automotrice clu réseau électrifié pourrait ainsi desservir les lignes non électrifiées.
- LES FUNICULAIRES ÉLECTRIQUES
- D’ailleurs la traction électrique se prêle, par sa souplesse même, à toutes les exigences, et aucun domaine ne semble devoir lui échapper.
- C’est ainsi que l’emploi de moteurs électriques fixes pour assurer la traction des funiculaires est devenu à peu près général.
- Mais, si les avantages que présente le moteur électrique pour cette application ne semblent plus contestés à l'heure actuelle, par contre l’accord n’est pas encore fait sur la meilleure disposition à adopter pour l’établissement de la ligne et du matériel des funiculaires.
- On sait, en effet, qu’un nouveau type de funiculaire, le funiculaire aérien, dont les voitures roulent à leur partie supérieure sur des câbles porteurs, a vu le jour il y a quelques années.
- Or, les avantages apparents de ce genre de funiculaire sont assez contestés à l’heure actuelle, ainsi que l’expose M. Zehnder-Sporry (*)dans une intéressante étude comparative.
- D’une manière générale, la traction funiculaire est avantageuse pour toutes les lignes de montagnes, où il y a avant tout intérêt à réduire le plus possible les frais de premier établissement et les dépenses d’exploitation, et cela même au détriment de la capacité du transit, lorsque celle-ci n’est pas suffisante pour justifier l’exploitation par trains à crémaillère ou à simple adhérence.
- Mais, les deux systèmes en présence, funiculaires sur rails et funiculaires aériens, répondent-ils également aux exigences du transport rapide et confortable des voyageurs, avec une capacité aussi élevée que possible ?
- j1) Zeitschrift der üsterr. Ingénieur und Archilekten-Vereines, 7 juin 1912.
- En ce qui concerne les funiculaires sur rails, ils ont toujours donné des résultats techniques satisfaisants. Quant aux résultats financiers, ils ont été également satisfaisants en général, sauf dans les cas où, le trafic s’est montré insuffisant.
- Quantauxfunieulaires aériens pourletrans-port des voyageurs, il n’en existe encore à l’heure actuelle qu’une seule ligne en exploitation, celle de Grindelwald-Wetterhorn, dont les résultats financiers paraissent loin d’égaler ceux des autres lignes de montagnes (chemins de fer à crémaillère ou funiculaires sur rails) situés dans la même région.
- Les principales raisons de cette défaveur sont, d’après M. Zehnder-Sporry, d’abord la méfiance et même la crainte qu’inspirent à de nombreux touristes la perspective d’un voyage entre ciel et terre, et ensuite la capacité beaucoup trop faible des voitures des funiculaires aériens.
- En effet, les voitures du funiculaire aérien du Wetterhorn 11e présentent qu’une capacité de seize places. Les départs n’ayant lieu que toutes les douze minutes, le nombre de voyageurs transportés par heure dans chaque sens, n’est donc que de quatre-vingts, ce qui est très insuffisant, étant donné que les touristes aflluent tous aux mêmes heures. Par contre, la capacité des voitures des funiculaires sur rail atteint facilement 60 à 70 places, soit le quadruple de celle des funiculaires aériens. En outre, les funiculaires sur rails se prêtent plus facilement au transport des bagages et des marchandises que les funiculaires aériens.
- D’ailleurs, si l’on Areut examiner la question de plus près, les principales conditions auxquelles doit satisfaire un funiculaire quelconque sont les suivantes :
- a) Sécurité de fonctionnement et facilité de surveillance, d’entretien et de réparation des différentes parties de l’installation ;
- b) Communication facile entre les conducteurs- des voitures, ainsi qu’entre ceux-ci et les machinistes chargés de la manœuvre des moteurs fixes;
- p.166 - vue 166/416
-
-
-
- 10 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 167
- c) Simplicité de construction de l’ensemble de l’installation ;
- d) Frais dç premier établissement réduits pour une capacité aussi grande que possible ;
- e) Exploitation économique.
- Or, dans quelle mesure chacun des deux systèmes en présence satisfait-il à ces diverses conditions ?
- Au point de vue de la sécurité de fonctionnement et en ce qui concerne les funiculaires sur rails, la question ne se pose môme plus. Depuis 187g, date de l’ouverture du premier funiculaire sur rails affecté au transport des voyageurs (Ouchy-Lau-sane), le nombre de ceux-ci s’est tellement multiplié que les résultats d’exploitation donnent, à l’heure actuelle, la meilleure garantie à ce sujet.
- D’autre part, l’augmentation du nombre des funiculaires sur rails a été accompagnée de nombreux perfectionnements, relatifs en particulier à la sécurité des voyageurs ; parmi ces derniers, l’emploi de freins agissant sur un mécanisme spécial, solidaire d’une roue dentée engrenant avec une crémaillère placée, dans ce but, entre les rails, est l’un des plus importants. Il y a d’ailleurs lieu défaire remarquer que, même en cas d’avarie immobilisant les voitures, les voyageurs peuvent très facilement gagner à pied la station la plus proche.
- Avec les funiculaires aériens, par contre, il n’est pas encore permis de se prononcer aussi affirmativement, les résultats d’exploitation étant, à l’heure actuelle, trop peu nombreux. Quant aux résultats que l’on peut déduire du fonctionnement des funiculaires aériens pour le transport des marchandises, il faut bien se garder de les étendre sans réserves au transport des voyageurs, étant donné que ce dernier trafic doit satisfaire à des exigences beaucoup plus rigoureuses. Le sauvetage des voyageurs, en cas d’arrêt de fonctionnement est, en particulier, loin d’être aussi aisé qu’avec les funiculaires sur rails. Lorsque la cause de l’arrêt n’intéresse
- que les moteurs (avarie à cêux-ci ou interruption du courant), on peut remettre les voitures en mouvement à l’aide d’un treuil à bras ; mais la vitesse de translation est alors réduite à 3o ou 35 centimètres par minute, de sorte que l’opération est extrêmement lente. Enfin, dans le cas où les voitures sont complètement immobilisées, il ne reste que la ressource de recourir à la nacelle de saircetage ; étant donné qu’un seul voyageur peut généralement prendre place dans cette nacelle, l’opération qui, d’ailleurs, est loin d’être aisée et même exempte de danger, exige également un temps assez long.
- Au point de vue de la surveillance et de l’entretien, l’avantage reste également aux funiculaires sur rails, dont toutes les parties (voie, câble tracteur, etc.) peuvent être visitées et entretenues pendant les heures d’interruption normale du service.
- Avec les funiculaires aériens, par contre, la visite des câbles tracteurs n’est possible qu’en marche, au fur et à mesure que ces câbles défilent à la station supérieure ; cette visite est donc plus difficile et s’effectue dans de beaucoup moins bonnes conditions. Quant aux câbles porteurs, on ne peut les visiter et les graisser que du toit des voitures, en faisant avancer celles-ci lentement le long des câbles. La vérification parfaite du bon état de toutes les parties de ces câbles ne s’effectue donc pas non plus dans d’aussi bonnes conditions que s’il était possible de les examiner à loisir pendant les périodes de repos. D’autre part, cette visite des câbles porteurs, laquelle rend toute l’installation indisponible, ne peut s’effectuer que par un temps clair, c’est-à-dire le plus favorable au trafic ; il en résulte donc une perte sèche assez appréciable.
- Quant aux communications entre le machiniste de la station supérieure et les conducteurs des voitures (appareils téléphoniques, signaux optiques ou acoustiques), elles sont beaucoup moins aisées à établir avec les funiculaires aériens qu’avec les'funiculaires sur rails.
- p.167 - vue 167/416
-
-
-
- 168
- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- T. XIX (2« Série). — N» 32.
- Au point de vue de la simplicité de construction, le système aérien semble, au premier abord, présenter un léger avantage. Mais, en réalité, la présence des contrepoids de tension des câbles porteurs à la station inférieure, ainsi que celle des diverses dispositifs de sécurité, compliquent sensiblement l’installation des funiculaires aériens et en rendent la compréhension moins facile pour le personnel.
- En ce qui concerne les frais de premier établissement de l’infrastructure, les conditions topographiques et géologiques rendront, suivant les cas, l’un ou l’autre système plus avantageux, de sorte qu’il est impossible d’établir une règle générale. II y a lieu de faire remarquer, toutefois, que l’installation d’un funiculaire aérien exigera, dans la plupart des cas, l’établissement d’un chemin spécial d’accès à la station supérieure, lequel sera inutile avec les funiculaires sur rails; or, les frais d’établissement de ce chemin d’accès doivent entrer en ligne de compte, dans le cas d’un funiculaire aérien.
- En ce qui concerne les frais de premier établissement de la superstructure (laquelle comporte, pour les funiculaires aériens quatre câbles porteurs et deux câbles tracteurs, pour les funiculaires sur rails une voie ordinaire et un seul câble tracteur), ils semblent plutôt moins élevés dans le cas des funiculaires sur rails (*).
- (') La moyenne est de 35 à /Jo IVancs par mètre poulies funiculaires sur rails; pour le funiculaire du Wcllerliorn, cette moyenne a été de 45 à 5o francs par mètre.
- D’ailleurs, d’une manière générale, si l’on rapporte les frais d’établissement à la capacité du trafic (c’est-à-dire à la capacité des voitures, laquelle est, ainsi que nous l’avons signalé, beaucoup plus faible avec les funiculaires aériens), l’avantage restera, dans la plupart des cas, aux funiculaires sur rails.
- Enfin', la dernière question à considérer est celle des frais d’exploitation et d’entretien. Or, si les frais d’exploitation propre ment dits et, en particulier, les salaires du personnel sont très sensiblement les mômes dans les deux cas, 'il n’en est pas ainsi en ce qui concerne les frais d’entretien et de renouvellement de l’infrastructure et de la superstructure.
- En effet, la durée des câbles porteurs, sur lesquels on manque d’ailleurs encore de données d’expérience suffisantes, semble devoir être sensiblement moins longue que celle des rails des funiculaires ordinaires. Or, le remplacement de ces câbles porteurs, d’un poids assez élevé (11,02 kilogrammes par câble et par mètre, soit 44 kilogrammes par mètre environ pour les quatre câbles du funiculaire du Wetterhorn), est nécessairement onéreux. D’autre part, les funiculaires aériens exigent deux câbles tracteurs, alors qu’un câble unique suffit avec les funiculaires sur rails.
- De l’ensemble de cet exposé, il semble donc résulter que l’avenir des funiculaires aériens est assez limité, alors qu’aucune raison ne s'oppose au développement des funiculaires sur rails.
- J. SlMKY.
- SUR LA DISCUSSION DE LA COMMUTATION
- En 1906, j’ai publié dans FElektrolechnische Zeitschrift quelques articles sur les points essentiels et fondamentaux de la commutation dans les machines à couraut continu. 11 résulte de ces articles que la théorie usuelle
- de la commutation a été basée primitivement sur des idées erronées, et que notamment le prétendu champ magnétique de commutation doit être remplacé par la zone neutre. Il va sans dire que les travaux d’Arnold, entre
- p.168 - vue 168/416
-
-
-
- 10 Août 1912.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 169
- autres son ouvrage bien connu Die Gleich-stromtnaschine, avaient été pris en considération.
- Pendant la publication de mes articles, parut, en 1906, la seconde édition du tome I dudit ouvrage! d’Arnold. Je m’empressai de l’étudier, afin de voir s’il y avait lieu de modifier ou de compléter* mes articles déjà parus ou en cours de publication. Je reconnus bien vite que les idées primitives de Ja théorie de la commutation, laquelle forme la partie principale du tome I, étaient restées parfaitement les mêmes que dans la première édition. La seconde édition du tome premier ne diffère, sous ce rapport, que par un développement plus grand de détails. Je n’avais donc rien à modifier à mes articles.
- Environ une année après, en 1907, parut la seconde édition du tome II d’Arnold. A mon grand étonnement j’ai constaté alors qu’au lieu de donner les applications de la théorie exposée dans le tome I, comme c’était le plan oxâginal de l’ouvrage, le tome II contenait une nouvelle théorie. Cette nouvelle théorie conduit, non seulement à une intensité bien plus faible du champ de commutation que celle calculée selon le volume I, mais Arnold révoque même certains points indiqués précédemment comme essentiels.
- Dans l’Elektrolechnische Zeitschrift, 1907, page 1072, Arnold a publié un article dans le but de réfuter mes travaux. Cet article est remarquable, d’abord parce que Arnold y énonce pour la première fois une autre idée fondamentale de la théorie, en contradiction avec l’idée admise jusqu’aloi's, et aussi parce qu’il y prétend justifier les modifications si extraordinaii'es introduites dans le tome II de son traité. Des choses qui, après l’apparition de la seconde édition du tome I en 1906, étaient encore généralementacceptées comme parfaitement établies et essentiellement d’accord avec la première édition de 1902, sont modifiées profondément, un an après, dans le tome II, Ainsi la figure 329, page 372,
- tome I, reproduite ici comme figure 1, relative au calcul de la self-induction de l’induit, une figure qui a un sens bien défini et exac-
- tement le même que celui de la première édition, fut remplacée dans le tome II par la figure 334 (p- 273), c’est-à-dire la figure 2 ci-dessous, sans signification précise. Cette façon d’employer une figure de fantaisie comme base de calculs a été imitée depuis.
- Fig. 2.
- Je cite, entre autres, la figure 9 dans : « A theory of commutation and its application to interpole machines »,^par B.-G. Lamme ('), qui montre des prétendues lignes de force magnétique en flagrant désaccord avec ce qui est fondamentalement établi dans la Physique expérimentale et théorique. Ce bouleversement d’idées s’observe aussi en d’autres rapports. Des questions regardées comme résolues, ont été remises à nouveau sur le tapis. J’attire notamment l’attention sur la discussion Niethammer-Pichelmayer parue l’hiver dernier dans Elektrolechnik
- (9 Procecdings of the American Institute of Eleclrical Engineers, octobre 1911,
- p.169 - vue 169/416
-
-
-
- 170
- LÀ LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N» 32.
- uncl Maschinenbau de Vienne. Il y est question de « grande erreur », de pas moins de aoo à 3oo %. Tandis que les explications de Niethammer tendent à prouver que la tension de réactance est calculée « plusieurs lois trop grande » et qu’elle peut même devenir nulle, Pichelmayer prétend « que e,. reste du même ordre de grandeur ». La discussion de ces divergences énormes n’a pas abouti à une entente bien établie.
- Dans un tel état de choses, il me semble d’intérêt général de tâcher d’éclaircir l’incertitude et la confusion existantes par une discussion dans celte Revue. C’est dans ce but que je donne cet aperçu. Il est d’abord nécessaire de bien comprendre l’état actuel. On risque des malentendus et des discussions inutiles, si ce point n’est pas bien établi. J’invite surtout M. Marius Latour à préciser sa position sur la question de la commutation.
- Dans sa réponse à ma lettre publiée dans La Lumière Electrique, tome I, 1908, n° 8, page 201, M. Latour a particulièrement insisté sur ce que son champ neutre de commutation concerne la valeur moyenne du champ magnétique sur la longueur entière du conducteur en commutation, y compris •< les flux de fuite de toutes natures (tètes de bobines, etc.) ». (Les italiques sont deM. Latour). Cette opinion avait déjà été mise en avant précédemment par lui. Par exemple, M. Latour (‘) dit : « Le flux magnétique dont nous parlons comprend les flux de fuite locaux autour des conducteurs, même le flux extérieur produit par les têtes de bobines. » Il est évident qu’il n’y aurait aucune raison d’insister sur la valeur moyenne s’il s’agissait d’une chose pratiquement et essentiellement uniforme ou homogène. M. Latour admet donc des parties négatives auxquelles sont opposées des parties positives, donnant ensemble la valeur moyenne zéro.
- AL Latour a relevé dans le Bulletin de la.
- p) L'Eclairage Électrique, tome I, n° 1, p. (î, 1907.
- Société internationale des Electriciens, 1910, pages 395*897 que cette neutralité a été contestée autrefois. Je suis parfaitement d’accord avec lui sur ce point, sur.lequel j’ai insisté moi-même plusieurs fois. La compensation ou neutralisation n’a été exprimée pour la première fois par Arnold que dans son article de 1907 déjà cité. Auparavant la neutralité a été niée formellement. Comme M. Latour a exprimé la neutralité dès 1902, on peut donc dire qu’à ce point de vue la théorie actuellq, est en essence la théorie Latour.
- En fin de compte", ce n’est que la neutralité moyenne qui importe, et dans bien des cas on peut, comme le fait M. Latour, ne discuter que sur celte valeur moyenne zéro. Cependant, il faut bien prendre en considération, que les pièces polaires de l’inducteur et aussi les pôles de commutation n’agissent directement que sur les parties « actives » de l’enroulement de l’induit. Par conséquent, si l’on veut se rendre compte des détails essentiels de la commutation, il ne suffit pas de considérer une valeur moyenne le long de la section en commutation, mais il faut tenir compte de ce qui a lieu localement. Arnold, quoi qu’il n’ait été ni le premier, ni le dernier à s’occuper de ces détails locaux, en a fait un tout très élaboré, qui lut dans le temps accepté universellement comme modèle de ce genre de calculs. Dans ce sens nous pouvons parler do la théorie d’Arnold.
- En résumé, c’est la neutralité de la zone de commutation selon Latour qui forme l’idée fondamentale de la théorie de laconimutation telle qu’elle est généralement admise aujourd’hui, c’est-à-dire la neutralité de la section en commutation prise en entier, résultant de parties négatives locales, compensées par un champ réel positif agissant sur les parties actives de l’induit et obtenu, soit en plaçant les balais dans une position dissymétrique par rapport à l’inducteur, soit par le moyen de pôles de commutation ou enroulements de compensation.
- Si je me rappelle bien, M. Latour a adopté dans ses publications les vues et formules
- p.170 - vue 170/416
-
-
-
- 10 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- J 71
- d’Arnold, lorsqu’il avait besoin des détails locaux en question, notamment la figure i ci-dessus, et le calcul des têtes bobines. Mais comme Arnold s’est contredit sur ces points, il serait très intéressant de connaître les vues actuelles de M. Latour à ce sujet. Surtout pour les pôles de commutation, qui en général ne recouvrent même pas entièrement la longueur active de l’induit, il est très important d’être bien fixé sur les champs locaux. C’est non seulement nécessaire pour se rendre compte de l’effet produit par les pôles de commutation, mais c’est surtout nécessaire pour servir de base au calcul de ces pièces, d’une importance si grande dans les machines modernes.
- Je prie instamment M. Latour et tous ceux qui voudraient bien me faire l’honneur de prendre part à la discussion, de restreindre les considérations à la commutation dans la machine à courant continu. Si nous voulons arriver à des conclusions nettes, il faut d’abord n’examiner que le cas le plus simple, surtout dans une question aussi compliquée qu’est la commutation. .Jusqu’ici M. Latour s’est occupé, au contraire, de préférence, de la commutation dans les machines à courant alternatif en partant de la commutation dans la machine à courant continu, comme d’une chose parfaitement élucidée et arrêtée. C’est
- justement pour montrer que ce point de vue n’est pas fondé, que j’ai relevé les dissentiments apparus dans les discussions récentes.
- En ce qui concerne la machine à courant alternatif, on parle souvent de commutation parfaite, tandis qu’il s’agit en réalité, d’une commutation imparfaite, rendue pratiquement tolérable par des artifices, qui en eux-mêmes ont un caractère décidément défectueux. Les propriétés commutatives des balais en charbon servent aussi à masquer les défauts de la commutation. Les moyens palliatifs dont on se sert pour améliorer la commutation réduisent la qualité totale de la machine. Tout ce qu’on a obtenu jusqu’ici ne diminue en rien l’utilité de l’étude théorique de la commutation vraiment parfaite, et ne justifie pas du tout l’idée que la théorie s’occupe de subtilités sans valeur pour la pratique. A cet égard je cite |la théorie mécanique de la chaleur, qui a incontestablement contribué beaucoup au développement pratique des machines thermiques. Et il n’est pas douteux, que la connaissance bien fondée des détails essentiels de la commutation parfaite est très utile pour le perfectionnement de la dynamo.
- G. L. 11. E. Menues,
- Schéveningue, Hollande.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- ut
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Résultats obtenus en Autriche avec les procédés économiques d’imprégnation des poteaux de lignes électriques. — R. Nowotny. — Elektrolechnik und Maschincnlmu, a3 juin 1912.
- L'imprégnation des poteaux à la créosote n’est pas sans comporter quelques inconvénients : elle demande une grande quantité d’un liquide dont le prix monte continuellement, cl les bois traités ont le défaut
- de présenter pendant, très longtemps uni' surface grasse, collante et sale.
- C’est ce qui explique la faveur avec laquelle furent accueillis les procédés économiques d’imprégnation, qui exigent une consommation moindre d’huile, et donnent des bois beaucoup plus propres. Parmi les 'modes d'imprégnation adoptés par l’Administration des postes autrichiennes, il convient de citer celui de Heise-Riitgers. Il consiste à injecter sous pression une quantité restreinte d’huile dans les troncs d’arbre, ptfis à faire subir à ces derniers un traitement par
- p.171 - vue 171/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N° 32.
- 112
- la vapeur, pour obtenir une répariilion profonde et uniforme de l’huile, et rendre les surfaces extérieures nettes et propres,
- Les^ bois les plus employés appartiennent aux essences résineuses.
- En première ligne vient le pin, qui absorbe 100 kilogrammes de créosote au mètre cube, et qui est facilement perméable, puis le mélèze, qui demande 70 à 80 kilogrammes d’huile, et possède un aubier perméable et de faible épaisseur. Les sapins vulgaires et les sapins rouges sont également employés; ils sont plus difficiles à traiter et sont injectés à raison de loo kilogrammes au mètre cube.
- Pour le sapin rouge on a, dans ces dernières années, fait l’application d’un procédé spécial, consistant à injecter . dans le bois 80 à 85 kilogrammes d’huile, après avoir saturé celui-ci d’une solution à x % de fluorure de soude. Cette année, l’administration autrichienne a essayé le procédé Rüping, si en faveur en Allemagne et dans beaucoup de paysî, grâce auquel on obtient une bonne imprégnation du bois tout en abaissant la consommation de l’huile jusqu’à 5o ou 60 kilogrammes. (La moyenne obtenue est de 70 kil.)
- Les résultats constatés sont très satisfaisants : D’après une statistique portant sur les années 1904-1910 et relative à 175201 poteaux, on voit que le pourcentage total des déchets est de 0,086 % (avec le procédé au sulfate de cuivre on aurait à enregistrer ix % de déchet dans les mêmes conditions).
- Le déchet accusé ci-dessus serait difficile à ramener à des limites plus basses encore : les poteaux qu’il faut remplaceront, le plus'souvent, des lésions ou des parties malades dans le cœur, défauts qui provoquent une décomposition rapide du tronc à ce niveau.
- Quoi qu’il en soit, la durée moyenne d’un poteau imprégné par un procédé économique, pour n’êlre pas aussi longue que celle d’un poteau ayant reçu l’imprégnation complète, n’en est pas moins considérable. En Allemagne, la durée moyenne d’un poteau créosote est de xx ans.
- G. G.
- TRACTION
- Corrosion êlectrolytique du fer, sous l'influence du courant continu, dans le sous-sol des villes. — F. Ganz. — Proceedings of tlie American Inslilute of Elcctrical Engineers, juin 1912.
- L’électrolyse du fer a déjà fait l’objet de recher-
- ches nombreuses qui ont mis en évidence la complexité des phénomènes secondaires qui l’accompagnent. La corrosion électrolytique du fer est-elle égale à celle qu’on devrait attendre de la loi de Faraday, c’est-à-dire correspond-elle à la disparition de 1,044 gramme de fer par a’mpère-heure ? Comment se comportent les différentes espèces de fer pendant l’électrolyse? Telles sont les questions qui sc posent aux chercheurs et qui, par suite de l’influence considérable des conditions particulières d’expérimentation, n’ont pas encore reçu de réponse définitive.
- Une étude de M. R. llayden Q), reproduite ici dernièrement, montrait" l’existence successive, pendant le passage du courant, de deux états du fer : l’état actif et l’état passif. L’auteur recherchait dans quelles conditions chacun de ces deux états pouvait se produire ou subsister, et il mettait en évidence l’influence de la tension d’électrolyse, de la densité du courant, et surtout de l’électrolyte employé.
- Il ne résulte pas cependant des travaux de M. llayden que les phénomènes observés par lui, au laboratoire, soient identiques à ceux dont les conduites souterraines d’eau ou de gaz sont le siège. Tout d’abord, il faut remarquer que les densités de courant employées (86 à a,5 ampères par mètre carré) sont beaucoup plus grandes que celles qui sont réalisées pratiquement (la plus faible est encore de 10 à 100 lois plus grande) et que les plus grands écarts enregistrés entre la corrosion observée et la corrosion théorique correspondent justement aux densités de courant les plus élevées. 11 est donc possible que, pour de très faibles densités de courant, l’état passif ne se produise plus.
- D’autre part, l’électrolyse se produit en pratique dans un terrain humide et non pas dans une solution saline préparée avec soin.
- Afin d’échapper à de telles critiques, M. Ganz a effectué au Stevens Instilute of Technology plusieurs séries d’expériences, dans de la terre provenant de tranchées creusées dans la ville de Long Island et recueillie en deux endroits différents auprès de conduites de gaz. L’un des prélèvements effectués était constitué par un mélange d’argile et de sable; l’autre contenait surtout de l’argile et de la terre glaise. C’est dans ces deux sortes de terre, finement tamisées, afin d’opérer dans des conditions d’uniformité convenables, que des tubes de fer étaient enfouis.
- (') Voir Lumièie Electrique, 1. XVII, p. i83.
- p.172 - vue 172/416
-
-
-
- 40 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 173
- L’auteur se proposait d’ailleurs d’étudier différents échantillons de fer commercial (acier, fer forgé, fer fondu, fonte) en les plaçant dans les mêmes conditions expérimentales.
- Quatre tuyaux de chaque espèce de 1er, de mêmes dimensions (3,170 centimètres de diamètre et 45,72 centimètres de longueur), étaient enfouis : les deux premiers dans le sable et les deux autres dans la glaise et, pour chacun de ces deux groupes, l’un des tuyaux était uniquement soumis à l’action de la terre humide, tandis que l’autre était, en outre, traversé par un courant électrique. Au début de chaque série d’essais, les échantillons de fer étaient soigneusement décapés, lavés et pesés. Il en était de même à la fin et l’on attribuait à la corrosion électrolytique la différence G — A — B entre la perte de poids A de l’échantillon qui avait été traversé par le courant, et la perte de poids B de l’échantillon correspondant qui avait été uniquement soumis à l’action de la terre humide (corrosion chimique).
- Des voltamètres à cuivre et milliampèremètres enregistreurs insérés dans les circuits permettaient de déterminer l’intensité moyenne du courant pendant la durée de chaque essai, c’est-à-dire la quantité totale d’électricité mise en jeu, et d’en déduire la corrosion théorique D, qui aurait dû se produire pendant le même temps.
- M. Ganz a entrepris quatre séries d’essais, chacun d’eux d’une durée de quarante-sept jours. Dans les deux premiers, les cuves d’électrolyse étaient montées en parallèle et soumises à une tension constante (14 et 0,7 volts respectivement). Dans les deux autres, au contraire, c’est l’intensité du courant qui était maintenue fixe (0,168 010,078 ampère par mètre carré respectivement).
- La résistance des cuves électrolytiques augmentait très rapidement au début des essais, puis plus lentement par la suite. C’est dire que, dans les deux premières séries d’essais, l’intensité était variable et, dans les deux autres, la tension.
- Les cuves d’électrolyse étaient en bois et cubiques (3o,5 centimètres environ de côté). Pendant les deux premières séries d’essais, quatre de ces boites contenaient chacune trois échantillons différents du fer essayé (’) qui sortaient par des trous percés à cet effet dans chaque boîte.
- Les prises de terre étaient constituées par une feuille de cuivre au fond de la boite et un treillis mé-
- (') La foute n’a pas été soumise aux deux premières séries d’essais.
- tallique en fils de cuivre à la partie supérieure, afin de permettre l’introduction de l’eau.
- Les troisième et quatrième séries d’essais devant être effectuées à intensité constante, on a préféré ne placer dans chaque cuve qu’un seul échantillon de fer, c’est-à-dire qu’il y avait huit cuves en série et huit cuves témoin. Les prises de terre étaient d’ailleurs d’une surface plus grande, la feuille de cuivre revêtant la paroi intérieure de la boite tout entière.
- L’autour indique en détail les conditions particulières à chaque série d’expériences; on a fait, par exemple, varier le degré d’humidité de la terre en ajoutant journellement, suivant la série d’essais considérée, des quantités d’eau différentes.
- Après le troisième essai, les tuyaux de fer ont été passés au tour, ce qui explique la plus grande densité de courant dans le quatrième essai (0,578 ampère par mètre carré).
- Les résultats de cette longue suite d’expériences sont résumés dans un tableau dont la colonne indi-
- quant le rapport — entre la corrosion réelle et la
- corrosion théorique est sans doute la plus intéressante. Ce rapport est compris entre 1 et 2, à part quelques exceptions qui peuvent s’expliquer par un nettoyage défectueux ou par la chute d’écailles pendant les lavages. Ce fait ne laisse pas que d’être un peu surprenant; en tout cas il est la preuve que l’étal passif ne se produit pas dans les conditions d’élec-trolyse réalisées par M. Ganz.
- En conclusion, l’auteur n’estime pas que ses essais aient été d’assez longue durée pour lui permettre de fixer par des chiffres les corrosions relatives des différents échantillons de fer essayés. Toutefois, il est possible de garantir l'exactitude des faits suivants :
- Avec les deux espèces de terres soumises aux essais, la corrosion électrolytique est indépendante du voltage,pour une même intensité de courant; une tension inférieure à 1 volt peut très bien provoquer l’é-lectrolyse (0,7 volt dans les expériences de l’auteur).
- Avec les densités de courant adoptées, la perte de poids observée pour le fer est au moins égale à celle-qu’indique la loi de Faraday. (Notons en passant que les terres employées 11’ont pas été analysées au point de vue chimique, sauf en ce qui concerne les chlorures, dont on a reconnu la présence) (*).
- (•) Or, M. Hayden avait indiqué que les chlorures engendraient l’étal actif. Ses conclusions ne sont donc pas infirmées, au moins dans ce cas particulier, par celles de M. Ganz. N. D. T.
- p.173 - vue 173/416
-
-
-
- 174
- LA LLLM1ÈHE ÉLECTRIQUE T. XIX (2« Série). — 32.
- L’élcctrolyse tend à produire des actions locales, des piqûres. Les écailles tendent à accélérer cette corrosion pour tous les fers, sauf la fonte, mais, quand la surface des tuyaux est bien unie, tous se comportent de la même façon.
- Il est intéressant de noter aussi que la résistance des tuyaux de fonte et de leurs joints en plomb étant plus grande que celle des conduites en acier ou en fer, on observera pour les premières, pour une chute de tension donnée, que le courant de fuite qui les traverse est beaucoup plus faible. D’autre part, toujours pour la fonte, il se dépose pendant l’élec-
- trolysc, une substance graphitique dont la résistance mécanique est faible, mais qui assure cependant, pendant une assez longue durée, l’étanchéité du tuyau. 11 n’en est pas de même dans le cas de l’acier ou du fer, pour lesquels il se produit des trous et des fuites immédiates.
- L’auteur continue ses recherches dans la même voie, dans l’espoir de se rendre compte de l’influence de différentes terres, en faisant varier, comme dans ses premiers essais, les tensions et les intensités du courant.
- L. B.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Les moteurs Diesel, type fixe et type marine, par P. Chalkley avec une introduction par le Dr Rudolf Diesel; traduit de l’anglais par Ch. -Lordier, ingénieur civil des mines. — i volume in-8° dexvi-25opages, avec 8a ligures. — A Dunoi> cl E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 12 francs; cartonné, i3 fr. 5o.
- 11 n’est pas exagéré de considérer l’introduction et le développement du moteur Diesel comme le trait le plus saillant dans l’histoire des progrès de la force motrice à notre époque ('). Au lendemain de la mise en exploitation intensive de ce nouveau moteur, un ouvrage sérieux, richement documenté et présenté par l’inventeur lui-même, ne peut manquer d’être très bien accueilli dans tous les milieux techniques.
- C’est en 1897 (Iue Up Diesel est parvenu à mettre sur pied son premier moteur réellement pratique; et c’est en perfectionnant le type établi alors qu’il a pu pousser le rendement thermique jusqu’à /|8 % (qui est, on le sait, une valeur remarquablement élevée), et le rendement effectif, dans certains cas, jusqu’à près de 35 % . On sait qu’actuellement on ne peut atteindre un rendement supérieur par aucun des procédés en usage pour transformer la chaleur en travail.
- Par son rendement élevé, le moteur Diesel apporte déjà dans la technique un élément révolutionnaire ; il en apporte un également au point de vue économique parce qu’il a « détruit le monopole de la houille
- (!) Voir la série d’articles relatifs à ce moteur dans la Lumière Electrique, tome XV, (2e série), p. 99, i3i.
- et a donné la solution la plus générale du problème de l’emploi du combustible liquide pour la production de la force motrice ». Ce fait s’est répercuté d’une manière très nette sur le marché et se traduit actuellement par un progrès marqué et persistant de l’industrie des combustibles liquides. Ceci n’est pas une faiblesse pour les nouveaux moteurs, car, d’après les sondages et les recherches géologiques les plus récentes, il semble qu’il existe au moins autant de pétrole que de houille dans les entrailles de la terre; eu outre, tandis que l’on va bientôt atteindre les profondeurs où la houille deviendra difficilement exploitable, il semble que les gisements de pétrole soient beaucoup plus accessibles, par leur position géogra- l pliique.
- Faut-il d’autre part en conclure que la houille, dont il existe de si formidables réserves encore à extraire, va se trouver passer au second plan au fur et à mesure que le moteur Diesel remplacera la machine à vapeur? M. Diesel s’attache à montrer qu’il n’en est rien. Il développe avec insistance cette idée que la houille peut être utilisée beaucoup plus économiquement quand on ne la brûle pas « comme chez les barbares », dit-il, sous des chaudières et sur des grilles, mais quand on la convertit en coke et en goudron par distillation.
- L’huile de goudron peut être en elïet employée dans le moteur Diesel avec un rendement 3 à 5 fois supérieur à celui que donne la houille dans les machines à vapeur. Envisagé à ce point de vue, le moteur Diesel apporte non pas une entrave, mais une
- p.174 - vue 174/416
-
-
-
- 10 Août 1912.
- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- 175
- aide à l’industrie de la houille. L'évolution qu’indique M. Diesel est double et se fait dans le sens suivant : d'une part, emploi des combustibles liquides dans les moteurs Diesel; d'autre part,emploi des combustibles gazeux ou de coke dans les moteurs à gaz. Si ce nouvel état de choses venait à s'établir tout à fait « les combustibles solides disparaîtraient entièi'e-ment du champ de production de la force motrice. »
- Le moteur Diesel s’accommode d'ailleurs de combustibles très divers; le goudron de lignite, par exemple, permet d’obtenir un sous-produit appelé huile de paraffine qui convient au Diesel, ainsi que l’huile de schiste ou encore l’huile d'arachide; (cette dernière a été utilisée dans un petit moteur qui a paru à l’Exposition de 1900, au cours d’un essai qui intéressait le gouvernement français, en raison de l’utilisation possible des grandes quantités d’arachide donton dispose dans nos colonies africaines); de même l’huile de castor a été essayée avec succès à Saint-Pétersbourg; l’huile de poisson réussit également bien.
- Voici donc non seulement des produits minéraux mais des huiles végétales et animales qui peuvent servir à alimenter le Diesel. Quelle peut être l’importance de cette indication? Il est tout à fait impossible de le savoir aujourd’hui car, fait remarquer M. Diesel, il y a douze ans, nous n'étions pas plus avancés en ce qui concerne les huiles de goudron que nous ne le sommes aujourd’hui quant aux huiles végétales; et quelle importance n’ont pas prises actuellement les premières? Etant donnée lafacilité de culture des végétaux donnant les huiles végétales dans les colonies, 011 peut estimer qu’un grand avenir leur est également réservé, et entrevoir ainsi le moment où l’on pourra produire de la force motrice par ^transformation agricole de la chaleur du soleil, même quand notre réserve naturelle de combustibles solides et liquides sera totalement épuisée.
- Telles sont les idées générales que remue le docteur Diesel dans la très suggestive préface qu’il a écrite pour ce livre. 11 en fait l’application à l’agriculture, spécialement intéressée au développement du Diesel puisque celui-ci est essentiellement apte au service colonial; on n’a, en effet, à transporter dans la colonie, sur les côtes ou à l’intérieur, que le quart ou le sixième du combustible que l’on aurait à transporter dans le cas de machines à vapeur. Et l’on sait que, dans les colonies, le prix des transports est prépondérant. D’autre part, le transport du combustible liquide se fait avec une facilité extrême; c’est ainsi qu’on vient déposer, de Matadi à Léopoldville,
- sur le Congo, pour le transport du pétrole brut, une conduite qui n’a pas moins de 400 kilomètres de longueur. Cet exemple admirable pourrait, dit M. Diesel, être imité dans les colonies anglaises.
- L’ouvrage de M. Chalkley est très complet tant au point de vue théorique qu’au point de vue pratique. 11 débute par une théorie générale des moteurs thermiques, dont application spéciale est faite au moteur Diesel : ensuite une série de chapitres en examine le fonctionnement, la conduite, la construction, l'installation, les essais, les moteurs Diesel type marine, etc.
- Il n’y a également que des éloges à adresser à M. Ch. Lordier pour la manière dont il a conçu et exécuté la traduction du texte anglais.
- Rien entendu de nombreuses considérations sont émises au point de vue de l’avenir du moteur Diesel. Le moteur à deux temps tend de plus en plus à être adopté pour les grandes puissances; c'est lui qui propulsera les navires de l’avenir.
- Les avantages techniques du Diesel sont connus: admission du combustible après la compression, permettant d’employer des pressions beaucoup plus élevées que dans- des moteurs à gaz ordinaires, sans danger d'allumage anticipé, et, en outre, en ne rriet-tanten jeu que des températures relativement basses. La compression est en général de 35 kilogrammes par centimètre carré, et la température correspondante atteint 538° à* 593° centigrades.
- Les moteurs type marine sont encore à 4 temps pour les faibles puissances. La Fabrique de machines d’Àugsbourg construit un moteur de 1 000 chevaux, 4ô5 tours par minute, qui ne pèse que 20,412 kilogrammes par cheval indiqué et ne consomme que o, 190 kilogramme de combustible par cheval-heure. La maison Krupp construit, pour les puissances inférieures à 3oo chevaux, un moteur à 4 temps, G cylindres. Entre i5o et 3oo chevaux, la vitesse est généralement voisine de 400 tours par minute, tandis que le poids par cheval varie de 27,21b kilogrammes à 40,824 kilogrammes.
- Aujourd’hui on est en train -de construire des moteurs atteignant 6 000 chevaux. L’Amirauté anglaise équipe un croiseur à deux hélices, dont un arbre est commandé par un Diesel de 6 000 chevaux, tandis que l’autre l’est encore avec une machine à vapeur comme à l’ordinaire; c'est ce système mixte qui apparaît comme la solution provisoire indiquée dans la plupart des cas. Des navires de commerce dont le tonnage atteint 9000 tonnes seront bientôt munis de Diesel. Voilà pour la marine.
- p.175 - vue 175/416
-
-
-
- 176
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2® Série). — 32.
- En ce qui concerne les applications fixes à terre, on voit actuellement fonctionner des moteurs à deux temps de a 5oo chevaux qui commandent des dynamos.
- Pour les applications non fixes, c’est-à-dire la traction, la locomotive à moteur Diesel n’est encore qu’à l’état de projet. On conçoit quel immense intérêt elle offrirait, puisqu’elle permettrait de réduire de 75 % environ les frais d’exploitation actuels, d’après des évaluations autorisées.
- M. G.
- Uber Warmeübergang auf ruhige oder bewegte Luft sowie Liiftung und Kühlung elektrischer Maschinen (La transmission de la chaleur à l’air calme ou à l’air agité et la ventilation et te refroidissement des machines électriques), peu-h. Bin-der. — 1 volume in-8° de 110 pages avec 45 figures. — YV. K\.wp, éditeur, Halle amSaale. — Prix : broché, 5 marks 70.
- Le problème de la transmission de la chaleur, de la surface externe d’un corps à l’air ambiant, r’est-à-dire des lois du refroidissement des corps, a fait, depuis Newton qui, le premier, s’y est attaché dès 1680, l’objet des recherches de nombreux physiciens. En 1817, Dulong et Petit démontrèrent la séparation fondamentale des phénomènes de rayonnement, de conductibilité et de convection. Mais tandis que, par suite des recherches de nombreux physiciens : Kirchhoff, Boltzmann, Maxwell, Wien, Luminer, Planck, etc.,l’étude du rayonnement ne lardait pas à faire l’objet d’une branche spéciale de la physique, l’étude de la convection sembla, tout d’abord négligée. Les remarquables expériences de .Ionie (18G1) parurent devoir ouvrir la voie à de nouvelles recherches; mais les résultats furent peu satisfai-faisants et surtout peu concordants. Tandis qu’en effet, d’après certaines expériences, la quantité de chaleur transmise à l'air croît proportionnellement à la vitesse de celui-ci, d’après d’autres expériences, elle croit proportionnellement à la racine carrée de celte même vitesse.
- M. Binder s’est proposé d'entreprendre de nouvelles recherches dans le but d’éclaircir celte dernière question. Il est ainsi parvenu à obtenir une formule unique, de la forme :
- Q=c, \/L(i+C8f») p,
- L représentant la longueur de la surface échauffée dans le sens du courant d’air, p la vitesse de l’air, C, et Cj des constantes. Celte formule s’applique à tous les corps, à l’exception des Jils.
- Dans le cas de la convection naturelle, le calcul et l’expérience montrent que la quantité de chaleur cédée croît proportionnellement à la puissance i,25 de la différence de température.
- La seconde partie de l'ouvrage traite le problème spécial du refroidissement des machines électriques, dont on connaît l’importance au point de vue de la construction de ces machines. L’auteur a entrepris, en se basant sur les résultats exposés dans la première partie de l’ouvrage, de calculer systématiquement la surélévation de température des machines électriques. Un exemple numérique complète l’exposé de. la méthode de calcul employée.
- M. K.
- Starkstromtechnik. (La technique des courants électriques industriels) Aide-mémoire de l’ingénieur-électricien. — E. v. Rziha et J. Seidener.
- — -j.” édition. — 1 volume in-8° de 1 3oo pages illustré de nombreuses figures. — W. Ernst, éditeur, Berlin
- — Prix : broché, 21 francs.
- Le but de cet ouvrage est: de réunir, sous une forme aussi concise et aussi simple que possible, tous les renseignements courants dont un ingénieur-électricien peut avoir besoin, soit qu’il exécute un projet, soit qu’il dirige une exploitation.
- Après avoir brièvement rappelé les unités et les grandeurs du système métrique, ainsi que les principales formules malhématiques nécessaires à l’ingénieur électricien, l’ouvrage aborde l’importante question des mesures. Tous les problèmes relatifs à la production, à la distribution et à l’utilisation du courant électrique (centrales, construction des dynamos, appareillage, lignes de distribution, éclairage et traction électrique, électrochimie) sont ensuite traités en détail. La rédaction de chaque chapitre a été, d’ailleurs, confiée à un ingénieur spécialiste d’une compétence éprouvée, ainsi que dans la {première édition, que nous avons présentée en son temps à nos lecteurs.
- La seconde édition comporte de nombreux compléments, surtout en ce qui concerne l’appareillage, les mesures électriques et photométriques, les turbines à vapeur, les installations thermiques et hydrauliques, la traction monophasée, l’électrochimie, etc. De même, certaines questions particulièrement importantes, telles que l’éclairage électrique des trains et les installations à bord des navires, font, dans la nouvelle édition, l’objet de chapitres spéciaux.
- M. K.
- p.176 - vue 176/416
-
-
-
- 10 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 177
- Oscillations et vibrations, pur A. Boutaric.— Un vol. in-8° jésus de 4io pages avec i3g figures. — O. Doin et fils, éditeurs, Paris. —Prix: cartonné toile, 5 francs.
- On ne saurait trop se féliciter de voir un livre, et un livre bien fait, établi d’après la conception qui a été celle de M. Boutaric dans l'ouvrage que nous présentons ici : réunir et présenter simultanément tous les.phénomènes d’oscillation et de vibration que l’on étudie séparément, engénéral, dans les diiïérents chapitres de la physique. Du pendule simple à la radiotélégraphie en passant par les ondes sonores, les vibrations lumineuses, etc., il y a un chemin direct qu’il est extrêmement utile de bien tracer. C’est ce qu’a fait M. Boutaric et il a su condenser en un nombre de pages relativement faible un traité complet de tous les phénomènes oscillatoires que l’on rencontre dans la Physique.
- Nous estimons qu’une telle entreprise ne peut manquer de rencontrer beaucoup de succès dans tous les milieux scientifiques. A notre avis, non seulement il est bon qu’un tel livre se répande, mais on y devrait trouver la formule d’un enseignement nouveau, qui conviendrait fort bien à nos grandes écoles : l’enseignement des phénomènes oscillatoires. L’élude de cette classe de faits très généraux a en effet tout à perdre à être morcelée comme elle l’est actuellement et des Cours établis sur le plan du livre examiné ici rendraient, même et surtout dans nos Ecoles d’ingénieurs, de très notables services.
- M. G.
- Annuaire français du gaz, de l’acétylène et de l’électricité, par Edouard Benâtre. — Un vol. in-8° carré de 588 pages. — Prix: cartonné, a fr. 5o.
- L’édition 1912 de l’annuaire de M. Bcndtre vient de paraître. Comme ses devancières, elle est consacrée partie au gaz, à l’acétylène, cl partie à l’électricité.
- Dans celte dernière partie, la seule qui nous intéresse, nous y trouvons la liste par ordre alphabétique des villes de France éclairées à l’électricité, puis un tableau des mêmes villes, mais classées par département et donnant-pour chaque agglomération : le nom du concessionnaire, le prix de l’heclowat, la force motrice, la nature du courant et le voltage. Ce tableau, mis à jour pour l’édition 1912, sera consulté avec profil parles constructeurs et les fournisseurs de l’industrie électrique qui, en France, sont peu documentés sur les secteurs électriques et les communes
- qu’ils desservent, et ne sont guère favorisés par les statistiques officielles ou privées.
- L’annuaire de M. BcmUre, plusieurs de nos lecteurs ont déjà été à même, de l’apprécier, comble une part de cette lacune.
- .1. N.
- NÉCROLOGIE
- H.-F. Weber.
- Le 2/, mai dernier est mort, à Zurich, dans sa soixante-dixième année, le professeur H.-F. Weber, professeur de physique à l’Ecole Supérieure Fédérale.
- Reçu docteur en i865, il se consacra de suite à la carrière de l’enseignement et fut nommé, en 1870, professeur de Physique à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich. C’est dans cette même ville qu'il fonda l’Institut Physique-Electrotechnique, qui lut adjoint, en 1890, à l’Ecole Supérieure Fédérale.
- La première période de son activité, de i865 à 1888, fut surtout consacrée par lui à des recherches relatives à l’optique et à la calorimétrie,sur lesquelles il publia, d’ailleurs, de nombreux ouvrages.
- Ce fut en 1870 qu’il se mit avec ardeur à l’étude de l’électrotechnique, qui était encore à cette époque à ses débuts, surtout en ce qui concernait les courants alternatifs que l’on ne connaissait guère.
- Lorsque, en 1886, la Société Œrlikon réalisa le transport d’énergie de Ivriegstetten à Sololhurn, lequel comportait la transmission d’une puissance de 5o chevaux à 8 kilomètres sous forme de courant continu à 2 joo volts, ce fut le professeur Weber qui fut chargé des essais de l’installation. Lorsque fut établi, cinq ans plus tard, le premier transport d’énergie électrique important, celui de Laufen sur le Neckar à l’exposition de Francfort (3oo chevaux à 170 kilomètres en courants triphasés à 8 000 volts), on eut encore recours à l’expérience du professeur Weber pour procéder à l’étude du rendement et des conditions de fonctionnement de cette nouvelle installation. Si l’on songe aux instruments de mesure imparfaits et peu appropriés à la mesure des grandes puissances, dont le professeur Weber disposait à cette époque, on n’en admirera que davantage les résultats obtenus par lui, résultats dont la précision devait contribuer puissamment au développement de l’emploi de l’énergie électrique.
- Parmi les nombreux ouvrages, dans lesquels le professeur Weber a résumé les résultats de ses intéressants travaux, nous citerons ceux qui ont trait
- p.177 - vue 177/416
-
-
-
- 178
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N" 32.
- à l’électrotcchnïque : Mesures électromagnétiques et calorifiques absolues (1887); Les phénomènes (Vinduction dans le téléphone (1878);La valeur absolue de rétalon Siemens au mercure (1884); La self-induction des cadres bifilaires (1886); Le rôle des formes, des tensions et des intensités alternatives dans la mesure de la capacité et de la self-induction au moyen de courants alternatifs (1897).
- M. K.
- BREVETS
- La protection des lignes à courant faible contre les courants parasites.
- On sait quelles perturbations gênantes provoquent les phénomènes d’induction dans les lignes parcourues par des courants de faible intensité. Que ces courants soient d’origine atmosphérique ou bien qu’ils soient dus au voisinage de lignes à haute tension, ils contribuent à rendre très pénible la transmission des signaux. C’est ainsi qu’en télégraphie, par exemple, ils peuvent rendre inintelligible un télégramme et on a pu citer des cas où, à certaines heures, tout service devait être suspendu. S’il s’agit du problème de la téléphotographic, encore loin d’avoir reçu une solution vraiment pratique, les courants parasites ont pour conséquence une dénaturation partielle de l’image à transmettre dont, à la réception, certaines parties fontcomplèlemenl défaut.
- La transposition des conducteurs sur les pylônes est une solution coûteuse et qui, de plus, ne procure pas toujours une protection parfaite. C’est pourquoi
- Gr
- Fig. 1
- différents inventeurs ont réalisé des dispositifs plus efficaces installés près des appareils récepteurs. Nous rappellerons notamment le système de protection proposé par M. Girousse, qui a donné en pratique des résultats très satisfaisants (M.
- liaisons remarquer cependant que cette solution très
- élégante du problème s’applique surtout lorsque l'on désire se prémunir contre les perturbations provoquées par un courant alternatif de fréquence donnée- > Tout au plus peut-on tolérer des écarts de fréquence de l’ordre de 10% sans avoirà constater un fonctionnement anormal pour un récepteu'r télégraphique.
- M. M. Carnillerapp s’est proposé de chercher un dispositif d’application plus générale et voici celui qu’il préconise (*).
- En série avec la ligne LL|, qui est connectée aux bornes A et B de l’appareilrécepteur G (fig. 1) est branché le primaire P d’un transformateur. Le secondaires de celui-ci est connecté aux bornes de G, de telle façon que le courant qu'il débite soit en opposition avec celui qui traverse P.
- Dès lors, si une perturbation de fréquence quelconque se produit dans la ligne LL1? elle provoque un courant d’induction dans le circuit ASB et, par un réglage convenable, on peut s’arranger de façon que les deux courants s’opposent exactement l’un à l’autre dans le circuit récepteur AGB.
- On dispose pour effectuer ce réglage du rapport de transformation et de la résistance r insérée dans le secondaire. On peut de plus, monter le primaire P en parallèle avec une résistance réglable, sur la ligne LL*.
- L’appareil récepteur se trouve shunté par le circuit ASB et n’est donc parcouru que par une fraction du courant de ligne, mais il est évidemment facile de choisir la résistance de la dérivation assez grande pour n’avoir pas à employer pour la transmission des courants d’intensité plus élevée que d’ordinaire. Celte circonstance peut d’ailleurs être avantageuse pour rendre apériodiques certains récepteurs du genre galvanomètre.
- Enfin, si l’on veut n’avoir pas à tenir compte du shunt,le récepteur peut être constitué par deux enroulements dont l’un, isolé dû circuit principal, est fermé sur le secondaire S du transformateur et reçoit, par suite, le courant de correction. On peut aussi insérer dans le circuit ASB un condensateur qui ne gêne en rien le passage du courant alternatif et empêche le courant continu de se dériver (2).
- Ce dispositif très simple peut trouver de nombreuses applications en télégraphie et téléphotographie et aussi pour réaliser la protection des relais contre les perturbations magnétiques, etc.
- L. B.
- (1) Brevet belge 110 240 845? demandé le 29 nov. 1911.
- (2) Addition n° 243 742, demandée le 3 février 1912.
- (*) Voir Lumière Electrique, i3 juillet 1912, p. 46.
- p.178 - vue 178/416
-
-
-
- 10 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 17!»
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Le transport de force de Guayaquil.
- I. -- L’ORICINE et l’ensemble du projet.
- L’énergie électrique, par son admirable souplesse de production et d’utilisation, est un merveilleux instrument de progrès pour les régions neuves, où mille difficultés d’ordres divers concourent à entraver l’exploitation des richesses naturelles. L’Etat de l’Equateur est une des républiques sud-américaines dont l’évolution industrielle a été le plus longuement retardée par suite de son climat, de sa position géographique et de l'escarpement des régions habitées. Mais elle est en passe de se mettre au niveau de ses voisines, et l’électricité, mise au service d’efforts soutenus de la part des industriels, sera un facteur puissant de son développement.
- Déjà le port de Guayaquil, dont la population dépasse 60000 habitants, est sillonné de lignes de tramways électriques, et la centrale à vapeur existante assure en outre la distribution delà force et delà lumière dans la ville. Mais le combustible, en ce pointdela côte du Pacifique, est d’un prix de revient fort élevé, et la Compagnie qui exploite le réseau de Guayaquil a décidé de recourir à la houille blanche, tant pour abaisser le coût de l’énergie qu’elle produit et améliorer ses tarifs de vente, que pour étendre son rayon d’action dans une région dont lé développement s’accroît de jour en jour.
- Cette Société, la Empresa de'Luz y Fuerza LVe6‘f/7ea,parl’entrèmise de la maison de commission et d’exportation Ernest Herrmann et Cie, à Paris, a confié aux Ateliers.de Constructions Electriques du Nord et de l’Est l'étude, la construction et l’installation de tout le matériel destiné à l’établissement du nouveau transport de force : station génératrice hydraulique avec poste élévateur de tension, poste abaisseur en bout de ligne, sous-station de transformateurs rotatifs pour l'alimentation des réseaux actuels de traction et de distribution de force.
- Dans l’élude de cette installation, on s’est avant tout inspiré des conditions indispensables à la vie intense et complexe d’une grande exploitation électrique : sécurité et continuité du service,
- facilité de conduite des différents postes, robustesse des machines.
- L’usine génératrice est établie en pleine montagne près du village de Bucay, sur le Rio Chimbo qui descend du massif du Chimborazo. De la chambre de mise en charge partent deux conduites en tôle d’acier aboutissant à un collecteur unique sur lequel sont branchées les prises des turbines. *
- La salle des machines est prévue pour le montage de six groupes générateurs, dont trois seulement seront installés dès le début, et les autres au fur et à mesure desbesoins du réseau. Chacun des groupes, d’uné puissance de 1 000 .chevaux, comporte une turbine horizontale accouplée directement par un manchon élastique à un alternateur produisant du courant triphasé à t\i périodes sous une tension de 800 volts entre phases. Chaque alternateur est relié directement à un transformateur triphasé élevant la tension de 800 à 40000 volts. Les trois transformateurs alimentent une série de barres omnibus, sur lesquelles sont branchés les deux départs de lignes aériennes de transport de force.
- La ligne elle-même, d’un parcours de 85 kilomètres, est constituée par six conducteurs de cuivre, supportés par des pylônes métalliques : les six fils sont placés, par trois, de part etd’aulredes supports, aux sommets de deux triangles équilatéraux, chaque groupe formant une canalisation triphasée capable de fonctionner en parallèle avec l’autre ou indépendamment.
- Cette ligne double aboutit sur les rives du Rio Guayas et en face du port de Guayaquil à un poste abaisseur de tension comportant présentement trois transformateurs triphasés de rapport 35ooo-5oooo volts et prévu pour une puissance double. (Voir fig. 1).
- Pour atteindre la ville, il faut traverser l’estuaire du fleuve précité, dont la largeur atteint près de deux kilomètres ; l’absence de pont et la longueur de la portée a conduit à l’adoption de trois câbles triphasés sous-fluviaux à 5 5oo volts dont l’immersion constituera un travail délicat mais intéressant.
- A l’arrivée, sur la rive opposée, est établi un poste
- p.179 - vue 179/416
-
-
-
- 180
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série).— N» 32.
- de coupure servant de liaison entre les câbles sous-fluviaux et les câbles souterrains qui conduisent le courant, sous la tension de 5 5oo volts, à lasous-sta-
- génératricc de traction à courant continu 5f>o volts, et de l’autre à un alternateur monophasé à 3 200 volts pour la distribution urbaine (fig. a).
- p.180 - vue 180/416
-
-
-
- ÀiCernti/eurs &?oJCyx-.$aoV':
- 10 Août 1912
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 181
- nouveaux postes à haute tension qui constituent autant de sous-stations secondaires.
- II. — La Centrale Hydraulique de Bucay.
- Les machines génératrices.
- L'ensemble de l’installation exposé, nous allons examiner poste par poste les dispositions adoptées.
- pressions dans la conduite en tas de décharges brusques des alternateurs.
- Chaque turbine commande directement par manchon élastique un alternateur de 86o K. V. A., produisant du courant triphasé à la tension de8oo volts. Cette tension a été adoptée pour permettre d’établir des machines robustes, tout en ne demandant pas des canalisations de sections exagérées.
- êJiiftWL cjuxiial àt E rru>Kx(IaJl<^
- O——ï—
- o—o-
- O—o-
- J- sente, un, ?ntemi/y/et/r- ,
- fdccc jtt cfïJJZZS stÿ/re'inaézyrzc f c tyy
- Al
- MR. d //r^xz/ricZ ef rc/oar* </e coizr^rt/i
- Aï.. d rc/ênrr- o/c courant*
- O—o—
- érrQtlJ>e% (ito/iitrj.ÿe/térttÆttJ'f. ***'
- Jffîoâzrr fooÆ- Uû/fs.
- Y/iÏMn*t£izr /7u>/wy>Â*isc 3/oÂ?a
- //wcfiçrt /Sf/fw*. ffo Vû//is
- Les turbines hydrauliques de la centrale sont du type Francis à axe horizontal; elles fonctionnent sous une chute nette de 6o mètres, y compris l'aspiration variable entre f> et 6 mètres; leur débit par seconde est de i 65o litres à pleine charge et leur vitesse de 5oî tours à la minute. Les régulateurs sont à servo-moteur à pi'ession d’huile et actionnent un appareil de réglage de pression limitant les sur-
- En bout d’arbre est placée l’excitatrice de chaque groupe, ce qui rend celui-ci autonome, en simplifie la surveillance et évite les complications de service qu’entraîne une excitation centrale.
- Les essais effectués à Jeumont sur les générateurs ont donné complète satisfaction, tant au point de vue de rendement que de réchauffement et de la chute de tension. Un point particulier devait retenir l’atten-
- p.181 - vue 181/416
-
-
-
- 182
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX(2e Série); — N? 32.
- tion du constructeur dans l’établissement de ces machines destinées à un pays équatorial : c’est la ventilation; une étude spéciale de la question a donné une solution pleinement satisfaisante qui assurera aux alternateurs en charge une marche continue de toute sécurité, sans altération de rendement.
- pour cela de faire débiter les alternateurs sur des barres omnibus à 8o<> volts sur lesquelles auraient été effectués les branchements des transformateurs. En étudiant la question de près, on est conduit à une complication d’appareillage à la fois délicate pour l’exploitation et onéreuse poui* les frais de premier établissement, et qui n’est pas en rapport avec les services qu’on peut en attendre. Il ne faut pas oublier, enelfet, qu’une centrale bien comprise comporte toujours un groupe générateur de réserve qui doit être en mesure à tout instant de remplacer son voisin, dont l’arrêt peut être demandé par les besoins de l’entretien ou le déréglage d’un organe quelconque de son circuit. Dans ces conditions,
- rïg. 3. — Transformateur de S5o K. V. A.
- Fig. 4. — f.e même, sorti de son bac.
- p.182 - vue 182/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 183
- 10 Août 1912.
- supporter chacun, le cas échéant, la puissance totale de l’usine,
- La protection de l’ensemble de l’installation contre les surtensions et les décharges atmosphériques est assurée par le montage de trois sortes d’appareils distincts :
- î* Sur le parcours même des lignes de transport de force, et tous les io kilomètres environ, sont établis des parafoudres à cornes chargés dé supporter les gros à-coups de surtensions provoqués par les orages locauxq
- 2° A l’intérieur de la centrale meme et sur les barres à àoooo Volts sont placés des limiteurs hydrauliques dont la principale fonction est d’absorber les décharges statiques;
- 3° Enfin, sur chaque départ, est prévu un système de parafoudres à rouleaux multiples reliés à la terre par l’intermédiaire de résistances liquides.
- Une précaution supplémentaire de sécurité a été prise dans la construction des transformateurs, dont les premières bobines, appelées à supporter les sui’tensions du réseau, ont été spécialement isolées.
- • Le transport de force.
- En réalité, le seul point délicat dans un transport de force est l’exploitation des lignes aériennes. Une usine, un poste bien conçus et équipés avec du matériel de construction soignée, constamment sous les yeux du personnel, n’est sujet à aucun trouble sérieux, parce que le moindre défaut dans son organisme est immédiatement contrôlé et mis hors d'état de nuire. Il n’en est pas de même pour une ligne aérienne soumise à toutes les influences extérieures, dans un pays où les moyens de communication sont rares, où la surveillance, si vigilante soit-elle, ne peut porter qu’en un nombre de points restreint, au même instant. Alors s'impose à l’exploitant la nécessité de vérifier d’une manière continue la valeur électrique de sa canalisation, sans nuire aux exigences d’un service public (éclairage, tramways, industrie privée) dont le succès réside avant tout dans la régularité de fonctionnement.
- Divers procédés, qui ont fait l’objet de bien des controverses, peuvent être utilisés à cet effet. La question se résume à connaître constamment l’état d’isolement des conducteurs par rapport à la terre (le mauvais isolement entre les fils est immédiatement indiqué par les appareils normaux, tels que les ampèremètres, s’il n’est que faible, par le déclanchement des interrupteurs automatiques s’il s’annule
- subitement par court-circuit franc). Si l’un des conducteurs vient à se mettre à la terre, soit par bris d’un isolateur, soit par desserrage d’une ligature dont l’extrémité fouette contre le pylône, soit par contact avec des branches d’arbre, soit par rupture du fil lui-même, rien n’en apparaît immédiatement dans l’exploitation : il n’en résulte qu’un changement dans la répartition des potentiels des conducteurs par rapport à la terre. C’est celte propriété qu’il faut utiliser pour déceler le défaut, car celui-ci ne peut subsister longtemps sans amener des troubles sérieux dans les machines génératrices et réceptrices du réseau tout entier, dont les isolants se trouvent soumis à une fatigue anormale.
- Certains exploitants ont voulu remédier à cet inconvénient d’une manière radicale en mettant à la terre, soit directement, soit par l’intermédiaire d’une résistance appropriée, le point neutre, côté haute tension, des transformateurs de la Centrale. A l'instant de la mise à la terre d’un conducteur, la phase intéressée du transformateur débite en court-circuit, et ce courant dérivé peut être utilisé automatiquement à actionner un timbre avertisseur dès son origine et à isoler la ligne avariée, s’il atteint une valeur fixée à l’avance. L’adoption de ec système a le grave inconvénient d’arrêter brutalement le service d’exploitation aussi souvent qu’un défaut d’isolement de quelque importance se produit sur la ligne et à des heures évidemment quelconques de la journée.
- Il semble préférable et plus conforme aux besoins de la clientèle électrique, que l’exploitant soit simplement informé de l’état d’isolement de sa canalisation par des appareils indicateurs constamment placés sous ses yeux : il garde ainsi l’initiative de sa décision; il peut faire rechercher le défaut avec toute la célérité possible, en voir l’importance et en reculer la réparation à une heure opportune. C’est l’emploi de ce procédé que l’on a cru devoir adopter dans le cas actuel. .
- Comme nous l’avons vu précédemment, un jeu triphasé de parafoudres hydrauliques avec point commun à la terre est branché en dérivation à chaque extrémité de la boucle formée par les barres collectrices à /|0 ooo volts. Un seul de ces parafoudres est utile pour le service courant : supposons placés respectivement, sur les 3 phases de son circuit, 3 ampèremètres à lecture directe. En temps normal ces 3 appareils indiquent la même consommation de courant pour les limiteurs. Un défaut d’isolément vient-il à se produire sur l’une des phases de la canalisation aérienne : aussitôt les limiteurs fplacés sur
- p.183 - vue 183/416
-
-
-
- 184
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N* 32.
- les deux autres phases absorbent un courant supérieur à la normale, tandis que l’aiguille du troisième ampèremètre revient au voisinage du zéro. Un possède donc là une,méthode de contrôle excessivement simple et qu’on peut rendre pratique en mettant les indications des ampèremètres sous les yeux de l’électricien du tableau, au moyen d’une série de miroirs rélléchissants convenablement disposés.
- Dans l’installation présente, cette solution est particulièrement favorable à la continuité du service, par ce fait que la Société a installé deux lignes de transport de force fonctionnant en parallèle : dès qu'un défaut d’isolement sera révélé par les ampèremètres des limiteurs, on recherche la ligne avariée en isolant successivement chacune d’elles du réseau. Le retour des ampèremètres à leur position normale indiquera que la canalisation alors sous tension est en bon état; pendant cet essai, l’exploitation n’aura subi aucun arrêt. La recherche et la réparation du défaut peuvent dès lors s’effectuer en toute tranquillité.
- Uappareillage à haute tension.
- Abordons maintenant la question de l’appareillage.
- C’est dans la construction des interrupteurs, dans leur mode de fonctionnement, dans l’emploi judicieux des propriétés variées qui peuvent leur être attribuées, que résident principalement la sécurité, la souplesse et la continuité du service électrique. Ces appareils sont l'âme même de l’installation : par leur manœuvre s’effectuent les diverses combinaisons de circuits réclamées par l’exploitation ; l’automaticité de leur déclanchement dans des conditions prédéterminées protège l’installation contre toute avarie. Le constructeur doit donc apporter tous ses soins à l’établissement de ces appareils pour les mettre en état d’accomplir la mission qui leur est confiée.
- Lorsque, comme dans le cas présent, il s’agit de très haute tension, l’isolement entre phases et entre phase et masse est un point capital. La question a été résolue en adoptant, par appareil, trois cuves absolument séparées et largement dimensionnées; chacune d’elles correspond à une phase dont la fermeture et l’ouverture s’opèrent dans une huile spéciale isolante. Des essais d’isolement très sévères président d’autre part à la réception de ces cuves avant leur départ de l’usine.
- En second lieu, il faut pouvoir assurer à ces appareils un fonctionnement aussi instantané que pos-
- sible, soit à la fermeture dans le cas de couplage de machines, soit à l’ouverture pour éviter la détérioration des contacts; il est entendu que ces diverses opérations doivent pouvoir être effectuées et contrôlées du tableau principal de distribution, où se tient l’électricien chargé de la conduite de la Centrale. A cet effet, la manoeuvre de chaque interrupteur est commandée électriquement par simple pression sur un bouton : s’agit-il de fermer le circuit, un premier bouton permet l’envoi d’un courant auxiliaire dans un électro-aimant; celui-ci libère un contre-poids dont la chute provoque la fermeture rapide de l’interrupteur. L’opération terminée, un petit moteur est aussitôt mis en marche automatiquement pour remonter en quelques secondes le contrepoids, afin que ce dernier soit constamment en état d’effectuer un nouvel enclanchement. L’électricien veut-il ouvrir le circuit? Il presse sur un second bouton qui actionne un deuxième électro-aimant provoquant le déclanchement de l’interrupteur sous l’action de ressorts puissants placés à l’intérieur des cuves. Deux lampes placées sur le tableau, à côté des boutons de manœuvre, indiquent d’une manière constante, par leur éclairage alterné, la position de l’appareil.
- D’autre part, chaque interrupteur à haute tension peut être commandé à la main depuis la salle des machines, pour parer à toute éventualité.
- 11 nous reste à étudier les dispositions qui permettent aux interrupteurs de remplir efficacement leur rôle de protecteurs automatiques, tout en réduisant au minimum les troubles apportés dans l’exploitation, par leur fonctionnement.
- L’ennemi implacable des machines et des appareils électriques est le court-circuit; il guette les moindres défauts de l’installation, il e.st l’arme de la malveillance, il s’associe aux agents extérieurs pour opérer son œuvre de destruction. C’est donc contre lui qu’il faut se prémunir avant tout.
- Un court-circuit se produit-il en un point quelconque d’un réseau, deux sources d’énergie concourent à l’alimenter : le courant circulant du point avarié dans le sens normal, et le courant de sens inverse au premier provenant des circuits en parallèle avec l’intéressé. L’effet de cet afflux de courant est d’aggraver l’accident; aussi, est-il indispensable de le réduire au minimum en isolant automatiquement du réseau le circuit en défaut, à partir de l’instant où il constitue un danger pour les machines ou amène un trouble dans l’exploitation.
- C’est en tenant compte de ces considérations que l’on a protégé chaque groupe générateur de la
- p.184 - vue 184/416
-
-
-
- 10 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 185
- centrale par l’adjonction à son interrupteur d’un relais bipolaire à maxima et à retour de courant réglable en intensité et en temps.
- Ce relais fait déclancher le disjoncteur lorsque le courant débité par la machine a dépassé une valeur fixée à l’avance pendant un nombre de secondes également déterminé ; la même action est produite par ce relais lorsque, par suite d’avarie, la machine reçoit des génératrices voisines une énergie supérieure au dixième de sa puissance normale.
- Chaque groupe de l’usine pare donc à la fois aux accidents provenant de l’extérieur et à ceux qu’il peut lui-mêmè causer.
- Le problème est le même pour les deux lignes du transport de force : en temps normal, il est avantageux qu’elles fonctionnent en parallèle, bouclées à leurs deux extrémités. Si un appel de courant accidentel se produit en un point de l’une d’elles, celle-ci sera isolée du réseau, à son origine, par l’action d’un relais bipolaire à maxima commandant l’interrupteur placé au départ, et à son extrémité par un relais bipolaire à retour de courant supprimant, par l’ouverture du disjoncteur de la sous-station d’arrivée, l’alimentation du défaut parla seconde canalisation.
- Nous terminerons la question d’appareillage en indiquant que tous les appareils indicateurs et enregistreurs sont groupés sur une série de panneaux alignés le long d’une passerelle qui domine la salle des machines. L’électricien a donc sous les yeux, à la fois les groupes générateurs rotatifs et toutes les indications utiles sur le fonctionnement des différents circuits haute et basse tension. Sur ce tableau sont concentrés tous les organes permettant de commander les interrupteurs des génératrices et des départs, de coupler les machines entre elles et de régler l’excitation des alternateurs, en un mot, de surveiller et diriger en toute connaissance de caiise le service d’exploitation de la centrale. En outre, au niveau de la salle, et en face de chaque groupe,'est placé un petit panneau permettant au machiniste de suivre le débit de chaque alternateur.
- Les services auxiliaires (éclairage, alimentation des relais) sont assurés à la tension de i io volts par deux petits transformateurs, capables d’être branchés sur l’un quelconque des groupes générateurs, grâce à un commutateur à six directions : aucune défection n’est donc à craindre de ce côté.
- Les dispositions de Vinstallation.
- La robustesse du matériel, l’adaptation de l’appa-
- reillage aux besoin de l’exploitation ne sont pas les seules qualités indispensables à la bonne marche d’une centrale. Une étude raisonnée des dispositions matérielles de l’installation doit encore faire l’objet de tous les soins de l’auteur du projet : les différentes salles doivent être largement éclairées, d’accès facile; la symétrie dans le montage des appareils de même nature doit être respectée autant que cela est possible; les mesures doivent être prises pour permettre de localiser rapidement les accidents graves. Il est remarquable de voir combien le service normal est facilité, combien les arrêts intempestifs sont raccourcis dans une installation où le souci de la clarté dans le développement des différents circuits a présidé à l’élaboration des plans et à l’exécution du montage. C’est sur cette base que l’on a conçu la Centrale qui nous occupe.
- Les bâtiments comportent un vaste hall où sont alignés les groupes générateurs, distants de 5,4o mètres d’axe en axe et la plate-forme de manœuvre élevée de 3,5o mètres au-dessus du niveau de la salle. A chaque extrémité, un escalier permet d’accéder au sous-sol où courent les barres en cuivre nu reliant les bornes des alternateurs à leur panneau individuel et aux transformateurs correspondants. Une galerie, établie au même niveau et au-dessus du canal de fuite parallèle au grand axe de l’usine, assure la visite de la tuyauterie et des vannes d’admission aux turbines.
- A cette salle sont accolés, parallèlement et sur toute sa longueur, deux appentis distincts. Le second n’est accessible que de l’intérieur; il contient, à chaque extrémité, l’un des jeux des parafoudres hydrauliques placés sur les barres collectrices à 4o ooo volts; au centre les limiteurs à rouleaux des départs de lignes aériennes, et, intercalés entre ces divers compartiments, les transformateurs triphasés.
- Chaque transformateur est isolé dans une niche en maçonnerie qui ne communique avec l’extérieur que par un rideau en fer normalement baissé. Un accident quelconque survenant à l’appareil se trouve par là même localisé.
- L’appentis central forme un bâtiment à deux étages; le rez-de-chaussée, auquel le personnel seul peut accéder de la salle des machines, contient l’alignement des barres générales à 4° ooo volts à droite et à gauche d'une galerie centrale, aux extrémités de laquelle se ferme leur boucle. D’un côté sont branchées les arrivées des transformateurs, de l’autre, les départs des lignes. Au premier étage sont installés les interrupteurs à haute tension et les
- p.185 - vue 185/416
-
-
-
- 186
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2» Série). — N® 32.
- transformateurs de mesure affectés aux différents circuits.
- Un examen rapide du plan montre que l’ensemble de ces dispositions est aussi rationnelque possible et matérialise la simplicité du schéma sans perle de terrain ni excès de maçonnerie; les groupes générateurs et les transformateurs correspondants sont sensiblement sur le même alignement, ainsi que leur branchement respectif sur les barres haute tension; les appareils de même type et de même objet sont groupés dans une même salle.
- Enfin, chaque fil, barre ou appareil d’une même phase des circuits à 40 000 volts est monté dans une cellule en béton armé, qui l’isole complètement de l’appareillage des autres phases. Ces cloisonnements donnent une grande sécurité à l'exploitation, en même temps qu’ils assurent celle du personnel dans la surveillance et l’entretien.
- III. — La sous-station nu RÉcitÉo.
- Sur les considérations précédentes, on a également pousuivi l’étude de la sous-station placée à l’extrémité de la ligne aérienne.
- Les deux canalisations débitent sur une série de barres collectrices à 35000 volts en boucle. De ces barres partent les branchements à trois transformateurs triphasés dont les secondaires alimentent une nouvelle série de barres omnibus à 5 5oo volts, également en boucle ; trois départs de lignes souterraines reçoivent le courant de ces dernières.
- Les transformateurs de ce poste, d’une puissance individuelle de ^35 K Y A, sont noyés dans une cuve remplie d’huile et, de même qu’à la Centrale, les cuves en tôle ondulée ont été dimensionnées de telle sorte qu’il n’est pas nécessaire d’établir une circulation d’eau pour refroidir l’huile. Le refroidissement artificiel dans un poste de transformation isolé exige l’installation d’une petite station de pompage spéciale à la fois coûteuse et nécessitant une surveillance continuelle. L’exploitation d’une sous-station se trouve notablement simplifiée par la suppression de cette sujétion.
- On a aussi supprimé au Récréo la commande électrique des interrupteurs à 35 000 volts, du même modèle que ceux de la centrale, tout en conservant les lampes témoin d’ouverture et de fermeture placées sur le tableau général de distribution. Cette commande électrique, telle que nous l’avons exposée plus haut, entraîne fatalement l’établissement de connexions assez complexes, et on admet
- qu’il n’est intéressant de l’utiliser que lorsque la rapidité de fonctionnement est réclamée par les manœuvres à exécuter. C’est le cas des disjoncteurs destinés à effectuer des couplages de machines. Ici, au contraire, le temps n’intervient pas dans la fermeture ou l’ouverture des circuits des transformateurs et une commande mécanique à distance des interrupteurs remplit parfaitement le service demandé, si elle est établie d’une manière robuste et bien réglée.
- La protection des machines et des appareils est réalisée dans le même esprit qu’à la station génératrice, au moyen de relais appropriés actionnant les interrupteurs des divers circuits dans des conditions déterminées. Comme nous l’avons déjà vu, les deux arrivées aériennes comportent chacune un relais à retour de courant; les transformateurs sont protégés du côté haute tension par un relais à maxima, du côté basse tension par un relais à retour de courant ; les disjoncteurs des lignes souterraines à 5 5oo volts quittant la[sous-station sontjprévus avec relais à maxima. Tous ces relais sont à temps différé, car il n’est pas admissible que le moindre incident survenant suc le réseau, et qui peut disparaître au bout de quelques secondes, trouble le service.
- L’éclairage des différentes salles de la sous-station et l’alimentation des relais sont assurés par deux transformateurs branchés sur les barres à 5 5oo volts.
- Le mode d’installation utilisé à la Centrale s’applique parfaitement. Au centre s’élève le bâtiment principal contenant au rez-de-chausée les barres collectrices à 35 000 volts ; et au premier étage les circuits haute tension avec leurs interrupteurs. D’un côté on a construit l’appentis destiné à recevoir dans des compartiments séparés les transformateurs et les limiteurs à rouleaux des arrivées aérien-. nés, de l’autre est établi un appentis identique, réservé aux barres à 5 5oo volts et au tableau général de distribution. Les barres moyenne tension sont accolées verticalement au mur central à une hauteur de 2,70 mètres au-dessus du niveau de la salle ; une passerelle en permet la visite et l’entretien. Les panneaux de commande des différents circuits sont placés sur une même ligne au rez-dc-chaussée, et de ce point on peut suivre et diriger complètement le service de la sous-station.
- Gomme à la Centrale, les différents appareils de mesure sont alimentés par des transformateurs de potentiel et de courant, dont les circuits secondaires sont amenés aux panneaux correspondants sous
- p.186 - vue 186/416
-
-
-
- 10 Apùt 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 187
- tubes protecteurs et isolants recouverts d’une gaine de laiton.
- IV. — La traversée du Rio Guayas et la Cabine de Malecon.
- Gomme nous l’avons indiqué, le poste de Récréo est situé sur la rive gauche du Rio Guayas et les trois départs souterrains qu’il dessert sont constitués par des câbles spéciaux qui seront immergés dans le lit du fleuve ; chaque câble est capable de transporter toute la puissance actuellement installée de la Centrale. On dispose donc pour le moment d’une réserve double, ce qui constitue une mesure de sécurité au moins recommandable pour une canalisation de cette importance jetée dans l’estuaire d’une rivière constamment agitée par les courants de l’Océan.
- Ces câbles sous-fluviaux sont composés de trois conducteurs en cuivre de iafl millimètres carrés de section chacun, isolés au papier et torsadés entre eux. Une seconde couche de papier recouvre l’ensemble et le noyau ainsi constitué est protégé par une double gaine de plomb sur laquelle est appliqué le matelas de jute qui reçoit l’armature d’acier. Celle-ci estparticulièrement robuste pour permettre aux câbles de résister efficacement à toutes les actions mécaniques qu’ils peuvent être appelés à supporter : 35 torons, composés chacun de trois fils d’acier de •jl,5 millimètres de diamètre préalablement câblés entre eux, sont torsadés sur le pourtour du câble et recouverts d'une dernière couche de jute. On obtient ainsi une canalisation pesant 16 kilos au mètre et possédant un diamètre extérieur de 75 millimétrés. On conçoit que le maniement n’en soit pas très aisé et que le travail d’immersion exige une préparation sérieuse et l’étude de dispositions spéciales.
- En premier lieu, il ne pouvait être question de fabriquer et d’expédier chacune des trois longueurs en un seul tronçon : les 1900 mètres de câble correspondant conduisent à un poids total de 3o tonnes, c’est dire qu’on se serait heurté à des difficultés de transport et de manutention à peu près insolubles. Il a donc été décidé de constituer chaque canalisation en six tronçons portés par autant de bobines en bois facilement maniables. Mais il en est résulté, pour réunir les longueurs unitaires, la nécessité d’étudier un joint capable de donner toute sécurité au point de vue électrique et de supporter le même travail mécanique que le reste du câble. A cet effet, les
- jonctions entre conducteurs sonf noyées dans un premier lit de matière isolante enfermée dans un cylindre de plomb soudé de part et d’autre au plomb même du câble. A l’extrémité de chacune des longueurs à jonclionner, l’armature a été repliée en arrière sur unbourrelet d’acier conique; deux colliers sont emboîtés de chaque côté sur l’armature repliée et réunis par quatre solides tendeurs qui font serrage sur les bourrelets; en sorte que toute traction sur te joint a pour effet d’augmenter le serrage des colliers en s’appuyant sur l’armature du câble et sans affecter d’aucune sorte les parties conductrice et isolante du joint. Le tout est enfermé dans une boîte en fonte de forme appropriée et remplie de matière isolante.
- Dans ces conditions, l’étanchéité de la jonction est doublement assurée et ni les conducteurs ni la boîte n’ont à subir d’effort mécanique. On peut donc considérer que ces câbles ainsi posés n’auront aucune solution de continuité, ni électrique ni mécanique.
- Ces joints exigent dans leur confection un soin tout particulier, puisque de leur valeur dépend la sécurité des canalisations immergées. Aussi a-t-on pensé qu’il était préférable de les effectuer à terre en toute tranquillité, pour éviter une série d’ancrages du bateau affecté au déroulement, au milieu d’un fleuve tourmenté par les variations de courant de la marée. Le mode opératoire préconisé est donc le suivant : sur un chaland remorqué ou directement sur un vapeur amarré à la rive est montée une solide bobine établie pour recevoir toute la longueur de câble d’une traversée ; la première longueur unitaire est enroulée sur cette bobine, le premier joint confectionné immédiatement soit à bord, soit à terre, puis après refroidissement et obturation, la deuxième longueur est enroulée avec son joint, et ainsi de suite, jusqu’à concurrence d’une longueur égale à la traversée.
- Cette opération terminée, on profite d’une heure d’étale pour dérouler le câble d’une seule venue par l’arrière du bordage. La bobine principale porte un tambour d’acier sur lequel agit un frein a ruban dont le réglage est effectué par un levier à main, suivant les indications d’un dynamomètre construit spécialement. L’immersion proprement dite sera donc rapidement effectuée et l’atterrissement une fois (ail sur la rive droite du Rio Guayas, les câbles seront dirigés souterrainement sur la cabine de sectionnement de Malécon.
- Cette dernière sert uniquement de transition entre les trois câbles sous-fluviaux et les trois câbles sou-
- p.187 - vue 187/416
-
-
-
- 188
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2e Série). — N° 32.
- terrains qui vont alimenter la sous-station terminale de lumière et de traction. Aussi, pas d'appareils automatiques, pas de relais, partant, pas.de surveillance nécessaire. Les dispositions étudiées permettant simplement d'isoler ou de mettre sur le réseau un quelconque de ces cables; sur les arrivées, un ampèremètre et un voltmètre indiquent la marche du service et une série de barres à 5 5oo volts avec couteaux de sectionnement permet d'effectuer toutes les combinaisons de circuits désirables.
- Ces groupes de 8oo chevaux sont construits d’une façon particulièrement simple et robuste; l'arbre en deux pièces solidement boulonnées est porté par deux paliers à rotule; au centre et dans la même carcasse extérieure sont placés le moteur d’induction et l'alternateur monophasé ; en porte-à-faux sur l’arbre reposent, d'un côté l’induit de la dynamo de traction, de l'autre, celui de l'excitatrice de l'alternateur.
- La ventilation, là comme à la Centrale, a été étu-
- ...jltUfc.
- ;-‘
- • -y:,
- log*. 5. — Groupe de 800 chevaux.
- V. — La. Sous-station de lumière et de traction.
- Après un parcours souterrain de près d’un kilomètre, les cables pénètrent dans la sous-station destinée à ramener le courant à une forme convenable pour l'alimentation des réseaux actuels. Les trois arrivées, protégées par des limiteurs de tension à rouleaux, débitent sur un jeu de barres collectrices à 5oo volts d’oii partent en caniveau les canalisations alimentant directement les trois moteurs d’induction qui commandent les groupes rotatifs.
- diée avec le plus grand soin : l’air, aspiré fortement sur les côtés de la carcasse parallèlement à l’arbre, parcourt une série de canaux convenablement disposés, puis est chassé à l’extérieur par une large ouverture analogue à celle qu’on pratique à la partie supérieure des stators de turbo-alternaleurs.
- Les groupes tournent à la vitesse de 63o tours h la minute et font débiter du courant monophasé à •i a périodes et 3 aoo volts à des alternateurs compound du système Latour qui fonctionnent en parallèle sur des barres collectrices d'où partiront les feeders
- p.188 - vue 188/416
-
-
-
- 10 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 189
- *
- du réseau d’éclairage et de force existant. Le mode de compoundage employé ici a donné entière satisfaction dans des installations analogues où l’expérience a montré qu’on pouvait compter sur une variation de tension inférieure à ± i % du voltage normal dans des limites de charge extrêmement étendues. Ce système offre, sur les régulateurs de tension ordinaires, l’avantage de ne subir, une fois mis au point, aucun déréglage et de supprimer les connexions compliquées qu’entraîne l’installation de régulateurs séparés. Les dynamos de traction de i85 kilowatts sont également du type compound avec pôles de commutation et alimentent deux départs à courant continu sous 55o volts.
- Les divers circuits et machines installés dans celte sous-station sont protégés par des relais actionnant leurs disjoncteurs et prévus en conformité des principes exposés précédemment; sur chacune des trois arrivées souterraines est placé un relais à retour de courant; les moteurs d’induction sont commandés par des interrupteurs à maxima; chaque alternateur monophasé est protégé par un relais à maxima et un relais à retour, il en est de même pour les dynamos de traction.
- Les panneaux comportant les appareils de mesure et de commande des trois machines du même type (moteurs, alternateurs, dynamos) sont: groupés côte à côte dans le même ordre que les groupes ; le service et là surveillance de la sous-station s’en trouvent notablement. simplifiés. L'appareillage correspondant à chaque panneau est: monté derrière le marbre sur châssis en fer. On est arrivé ainsi à constituer une salle de machines de dimensions restreintes et d'exploitation facile.
- VI. — Les Projets d'avexih.
- Cette installation est actuellement en cours d’exém-t ion.
- Les projets de la « Empresa de Luz y Euerza Eleclrica » ne sc bornent pas à vouloir alimenter par une source d’énergie hydraulique son réseau de tramways actuel, pour lequel il lui a déjà été livré (*) treize voitures automotrices et cinq voitures de remorque, non plus que son réseau de distribution, à l’intérieur de la ville de Guayaquil qui utilise des moteurs monophasésdes types Heylaud et Latour. La Société veut alimenter les industriels qui ont besoin d’énergie, dans un périmètre assez étendu, sur le parcours de. sa nouvelle ligne de transport de force;
- c’est là l'objet des dérivations prévues dès maintenant. Elle veut, étendre son réseau .de traction, elle veut desservir une clientèle d’éclairage plus nombreuse et il est même question d'équiper électriquement des voies ferrées de. première importance, dont le tracé est à l’élude.
- La réalisation de ce programme entraînera donc dans un temps très rapproché la mise à exécution des extensions, prévues à l’usine génératrice et aux différents postes actuels.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- L’assemblée générale extraordinaire des actionnaires de la Société l'Éclairage Électrique s’est tenue le 19 juillet dernier, ainsi que nous l’avions annoncé: ia 800 actions étaient présentes ou représentées, soit un peu plus de la moitié des titres en circulation. Ce que nous avons remarqué plusieurs fois à l’occasion d’assemblées extraordinaires ou ordinaires qui ne peuvent se tenir faute du quorum nécessaire, s’était également produit pour ce cas particulier. Malgré l’importance des questions figurant à l’ordre du jour, l’assemblée dut être remise deux fois, un grand nombre d’actionnaires paraissant ou se désintéresser de la situation, ou ne pas avoir été atteint par une publicité cependant très active. 11 semble par cel exemple cl d’autres que la suppression du droit de conversion du porteur au nominatif et l’augmentation du droit de transmission perçu sur les titres au porteur n’aient nullement influencé les capitalistes français; ils préfèrent le secret de leur portefeuille à un revenu un peu plus élevé. Mais leur apparente indilïérence dans des cas comme celui qui nous occupe peut conduire à de graves conséquences, et tôt ou tard, l’intérêt ,des sociétés qui constitue l’intérêt de la masse conduira le législateur à prendre des mesures spéciales. L’assemblée de l’Eclairage Electrique a voté, aune imposante majorité, la réduction du capital de 6 millions à 3 millions et en même temps l’augmentation à 6 millions du capital ainsi réduit. Il a été expliqué aux actionnaires que la situation de trésorerie de la Société, l’obligation pour elle de faire face à diverses immobilisations, la nécessité d’accroître toujours ses approvisionnements, la progression de son chiffre d’alïaires l’auraient conduite à ne pas distribuer de dividende pendant plusieurs années, si elle n’avait trouvé en un groupe d’industriels et de banquiers, le concours financier dont elle avait besoin. Mais ces nouveaux venus estimèrent qu’il était nécessaire de réduire le capital de
- (') Egalement par les Ateliers de Jeumont.
- p.189 - vue 189/416
-
-
-
- 190
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N° 32.
- moitié, pour amortir de l'actif divers postes dont la valeur de réalisation n’était plus celle pour laquelle ils figuraient au bilan. En même temps des projets de rachat d’usines similaires, projets déjà mis à exécution par l’acquisition des usines Fabiusllenrion àNancy, exigeaient en dehors des nécessités ci-dessus, l’augmentation immédiate du capital. L’assemblée approuva ces mesures, et donna même au conseil l’autorisation d’élever le capital à i5 millions en une ou plusieurs fois et d'émettre pour 6 millions d’obligations. Diverses modifications aux statuts, conséquences, des décisions précédentes furent également adoptées. Il devenait indispensable de réaliser de suite la première augmentation du capital et, dès maintenant, il est procédé à une émission de 24 ooo actions de ia5 francs nominal, émises avec une prime de io francs ; les actions nouvelles, pour lesquelles les anciens actionnaires ont un droit de préférence à litre irréductible, à raison d’une pour une et à titre réductible sur le solde disponible seront assimilables aux actions anciennes dès leur libération et auront droit par conséquent au dividende de l’exercice en cours 1912-1913. Le prix d’émission doit être versé: 4* fr. a5 par titre a la souscription, et le solde au i5 octobre 1912.
- Dans leur assemblée du 22 juin dernier, les actionnaires de la Compagnie Parisienne de Distribution d’Électricité ont approuvé les comptes de l’exercice 1911 et voté la distribution de l'intérêt intercalaire de 4 % prévu aux statuts : soit 9,60 par titre nominatif et 8,58 par titre au porteur pour les actions anciennes et 4,80par action libérée de moitié de la deuxième émission: sept administrateurs sortants ont été réélus. A la question d’un actionnaire demandant si la partie non libérée des actions de la seconde émission serait bientôt appelée, le président a répondu (pie la Compagnie n’aurait pas besoin de ressources avant l’année prochaine. Ceci confirmait d’ailleurs les déclarations du rapport qui disait notamment, qu’il en élail sensiblemenl fini avec les dépenses qui avaient permis de réaliser, avec la plus large ampleur et deux ans d’anticipation, le programme que la Compagnie n’étail pas tenue d’avoir rempli avant le 3i décembre 1913. Dès maintenant toutes les sous-stations sont en service, sauf celle des Ternes : leur puissance installée est de 88000 kilowatts, non compris i3ooo kilowatts de batteries d'accumulateurs. Cinq centres de couplage assurent dans la région périphérique la distribution entre 128 postes de transformateurs du courant diphasé ;
- les canalisations à deux, trois et cinq fils sont complètement terminées; le réseau des galeries pour feeders s’étend sur plus de 28 kilomètres; enfin la longueur des canalisations de rues ajoutées aux anciennes atteint près de 5oo kilomètres. En toutes choses les obligations du cahier des charges ont été remplies et dépassées. Restent cependant les deux usines de production (pii sont en cours de construction et que l’établissement de galeries souterraines d’accès à la Seine a retardées. Les résultats de l’exercice ne donnent pas lieu encore à un compte de profits et pertes, l’Union des Secteurs continuant à exploiter pour le compte de la Compagnie Parisienne :
- 11 est dit simplement dans le rapport que grâce à l’activité déployée par les secteurs, il s’est produit en 1911 dans la consommation de l’électricité un mouvement ascensionnel très prononcé. De 53 468 3o8 kilowatts-heure le chiffre de la consommation des particuliers s’esl élevé à 61 746677; et le nombre des abonnés est passé de 78417 à 92904. Dans ces chiffres la consommation pour force motrice ou autres usages industriels entre pour
- 12 2(>o/|36 kilowatts-heure, près de 20 % de la consommation totale.
- Les immobilisations correspondantes en 1911 à tous ces frais de premier établissement ne sont pas moindres de 26 748 269 fi\, réduits à 23 189 914 par une bonification des intérêts perçus sur les fonds déposés et des redevances versées par l’Union dos Secteurs. L’ensemble des dépenses de premier établissement s’élève ainsi à 116781 614 francs. Dans cettesommede 26 748 269 fr., figurent pour 1 477 833, les installations rachetées aux secteurs, et pour 5307931, les acomptes versés aux constructeurs et entrepreneurs pour les usines Nord et Sud. Le rachat du matériel des secteurs se trouve liquidé par celle dernière annuité qui, ajoutée aux précédentes donne un total de 18466706 francs pour la part nette versée à l’Union des Sécteurs en représentation de leurs installations devenues la propriété de la Compagnie Parisienne. On pourrait, à l’aide de ce chiffre et des divers bilans, abstraction faite des usines qui restent la propriété des secteu.es, se rendre compte de la différence outre les dépenses de premier établissement de ces derniers et la valeur de rachat. A part la construction des deux usines, 1912 marquera un arrêt dans l’accroissement des dépenses de premier établissement, la Compagnie se bornant à pousser à lulilisalion maximum de ses canalisations et sous-stations actuelles.
- D. F.
- p.190 - vue 190/416
-
-
-
- 10 Août 1912.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 191
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Basses-Pyrénées. — A l’assemblée des actionnaires de la Compagnie des chemins de fer et tramways électriques des Basses-Pyrénées et des Pays Basques, il a été annoncé que la ligne Saint-Sébastien-Tolosa devait être terminée du io au i5 août. Tout le matériel, y compris le matériel mobile est déjà en place : ce dernier comprend 6 moteurs, 6o wagons de marchandises, 8 automotrices et 6 remorques. Le rail est déjà posé jusqu’à Tolosa et l’on est en train de monter les câbles aériens pour le transport de l'énergie électrique. L’ouverture de cette ligne au trafic serait donc imminente.
- Eure-et-Loir. — Le conseil municipal de Brou a donné un avis favorable au projet de construction d’un tramway de Montmirail à Brou, et émis le vœu que le raccordement au tramway de Brou à Nogent-le-Rotrou se lit à Unverre.
- Gironde.— Le conseil municipal de Libourne a voté une somme de 68 ooo francs comme subvention de la commune pour le réseau de tramways.
- Yonne. — Un vœu est émis par le conseil municipal de Joigny pour que, sur la ligne de Villeneuve-TArchc-vèque, la traction à vapeur soit remplacée par la traction électrique.
- Russie. — Le département des chemins de fer et la commission spéciale du ministère des finances ont eu à examiner, pour l'exercice au 3o j\iin écoulé, 69 projets nouveaux portant sur le tracé d'un total de 14 855 verstes et d’un coût de plus d’un milliard de roubles. Sur ce nombre, 37 projets sont actuellement approuvés. La longueur totale des nouvelles lignes s’élève à 5 418 verstes et leurs frais de premier établissement sont fixés à 389 3i8 000 roubles.
- ÉCLAIRAGE
- Loire-Inférieure.— Jusqu’au 11 août une enquête est ouverte à la mairie de Nantes sur le projet de déclaration d’utilité publique de la concession accordée par la ville à la Société Nantaise d’Eclairage et de Force par l’électidcité.
- Saône-et-Loire. — Le conseil municipal de Mâcon a émis un avis favorable à la demande d’extension du réseau électrique présentée par la Compagnie du Gaz.
- TÉLÉPHONIE
- Calvados. — Le maire de Trouville-sur-Mer est autorisé à signer une convention pour l’établissement des circuits téléphoniques 3 et 4 Trouville-Deauville.
- Cantal, — Un vœu est émis par la Chambre de commerce d’Aurillac en faveur de rétablissement d'un fil téléphonique spécial Murat-Aurillac.
- Loir-et-Cher. — La Chambre de commerce de Blois est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 67 709 fr. en vue de l’extension du réseau téléphonique départemental.
- Skine-et-Oise. — Le directeur des Postes de Seine-et-Oise informe la Chambre de commerce de Corbeil que l’administration a admis le projet d’établissement de deux nouveaux circuits téléphoniques directs Corbeil-Paris.
- Tarn. *— Un vœu est émis par la Chambre de commerce de Mazamet pour l'établissement d’une ligne téléphonique entre Labastide-Rouairoux et Courniou.
- SOCIÉTÉS
- Energie Electrique du Littoral Méditerranéen. —
- Ventes du 1e1' janvier 1912 au 3o juin
- 1912..........................Fr. 3 5i3 34o
- Ventes du ier janvier 1911 au 3o juin
- 1911.............................. 3 170 282
- Différence en faveur de 1912........ 343 o58
- Brown, Boveri et C'ie, Baden. — Le bénéfice brut de l’exercice clos le 3i mars s’élève à 7 348 333 francs et le bénéfice net à 2 444 3 27 franps contre respectivement
- 6 863 716 francs et 2 3oo o3i francs en 1910-11. Ainsi que nous l’avons annoncé, le dividende est maintenu à
- 7 % sur le capital de 28 millions de francs ; les tantièmes, et gratifications absorbent 272 5ii francs et le report à nouveau est de 211 816 francs.
- Escher Wyss et Cio, Zurich. — Le bénéfice brut de 1911-12 atteint 3 023 973 francs, entièrement absorbé parles charges, amortissements et allocations statutaires, de telle sorte que les comptes soldent sans bénéfice ni perte. Le bénéfice brut de l’exercice précédent avait été de 2 991 o55 francs, laissant un déficit final de 132 356 fr.
- Compagnie Internationale </’Electricité, Liège. — La Société Auto-mixte, constituée en mars 1905 au capital de 5oo 000 francs, ayant été mise en liquidation, la Compa-
- p.191 - vue 191/416
-
-
-
- 19-2
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série).— N» 32.
- gnie Internationale d’Electricilé a décidé de porter aux amortissements .les 275 ooo francs consacrés à PÀuto-Mixte et d’abandonner cette affaire.
- CONSTITUTIONS
- Energie électrique de P Est. —Constituée ier juillet 191a, — Capital : i 000 000 de francs. — Durée T99 ans. — Siège social : 5a, rue Oberlin, Nancy*
- CONVOCATIONS
- Société Française Radio-Electrique. — Le i3 août, 19, rue Blanche,Paris.
- Société des Obligataires de ta Société des Forces motrices de. la Haute-Durance. — Le 14 août, 20 bist rue Lafayette, Paris.
- Société d'applications du Béton armé. — Le 12 août, 11, rue de Belzunce, Paris,
- ADJUDICATIONS
- >
- BELGIQUE
- Le 14 août, à 12 h. 1/2, à la Bourse de Bruxelles, fourniture et montage, en 3 lots, de trois tableaux de distribution de l’énergie électrique pour la signalisation électrique à Marchienne-au-Pont, à Grand-Saint-Pierre et à Nainur-Staliou ; caut. : 750 francs; (cahier des charges spécial : n° 34i3). Soumissions recommandées le 10 août.
- Le 21 août, à ii heures, à l’hôtel de ville, à Gand, installation de Péclairage électrique et de la force motrice au « Flandria Palace Hôtel ». Soumissions recommandées le 19 août.
- ALLEMAGNE
- Le’9 septembre, au Kanalbauamt I, à Bransbüïte koog fourniture de : i° moteurs Diesel, avec accessoires; — 2° pompes foulantes actionnées électriquement avec accessoires;— 3° machines électriques : dynamos, générateurs, transformateurs, batteries d’accumulateurs.
- ROUMANIE
- Le 7/20 août, à la mairie de Tavpu-Ocna (Bacau) travaux et installations pour Péclairage à Pélectricité de la ville (le développement total des rues est d’environ ^kilomètres), et construction de l’usine électrique centrale. Montant : a) partie mécanique : 110 000 fr. ; /;) partie électrique 2 ao5 667 francs; construction de l’usine électrique : 40 000 francs ; total : 355 067 francs; caut. provisoire : 18 000 francs; id. définitif : 10 %.
- Prochainement, à la mairie dé Botoshani, distribution de l’énergie électrique pour l’éclairage et la force motrice* et exécution des installations.
- RÉSULTATS D'ADJUDICATIONS
- 27 juillet. — Au sous-secrétariat des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de dispositifs de raccordement.
- Ier lot. — 800 dispositifs de raccordement comprenant 5 mètres de cûble à 7 paires de conducteurs (mod. 94/1)*
- — Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, 45. — Tréfileries du Havre, 36,60. — The India Rubber, 35. — Société Alsacienne de Constructions Mécaniques, 34j85. — Société Industrielle des Téléphones,
- 32.90. — M. Grammonl, à Pont-de-Chérny (Isère), adj* à 3o,5o l’imité.
- 2e et 3e lots. ;— Chacun 1 260 dispositifs de raccordement comprenant 10 mètres de câble à 7 paires de conducteurs (mod. 94/2). —Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, 2 lots à 53. — Tréfileries du Havre, 2 lots à 47*60. — The India Rubber, 2 lots à 47. — Société Industrielle des Téléphones, 2 lots à
- 44.90. — M. Grammonl, 1 lot à 44* adj. d’un lot au même prix. — Société Alsacienne de Constructions Mécaniques, Belfort, 1 lot à 47*7‘3> adj. d’un lot à 43,4<> l’unité.
- 4e lot. —- 600 dispositifs de raccordement comprenant i5 mètres de câble à 7 paires de conducteurs (mod. 94/4).
- — Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, 70. -— Tréfileries du Havre, 6i,6o. — The India Rubber, 59. — Société Alsacienne de Constructions Mécaniques, 65,60, — Société Industrielle des Téléphones, 25, rue du 4-Sêplembrc, adj. à 56,90 l’unité.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, 17, RUE CASSETTE.
- Le Gérant ; J .-13. Nouet
- p.192 - vue 192/416
-
-
-
- Trente-quatrième année. SAMEDI 17 AOUT 1912. Tome XIX ;( 2° série).—N* 33
- \aV
- Lumière Electrique
- P’Fé c é d e m me n t
- I/Éclairage Électrique
- REVÜE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ELECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. iç)3. — C. Gutton. Sur l'émission des ondes électromagnétiques par une antenne de télégraphie sans fil, p. i<)5. — A. Reisset. Sur l’avenir industriel de l’électro-aimant de levage, p. 200.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Sur la conductibilité de la vapeur de sodium, L. Dunoyer, p. 206. — Arcs et lampes électriques et photométrie. Variations du rayonnement de la lampe en quartz à vapeur de mercure avec le régime et la durée de fonctionnement, A. Tian, p. 206. — Applications mécaniques. L’électricité au canal de Panama, S.-G. Freund, p. 206. — Législation et contentieux. Difficultés relatives à l’expiration et au rachat des concessions d’énergie électrique, Paul Boucault, p. 208. — Texte de l’arrêt du 14 juin 1912 (affaire Mottet contre commune de Saint-Martin-de-Vésubie), p. 2i3. — Bibliographie, p. 214. — Brevets. Dynamomètre André Wallon pour l’essai des machines électriques, p. 216. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Matériel et installation d’essais à haute tension, p. 217. — Etudes économiques, p. 220. — Renseignements commerciaux, p. 221. — Adjudications, p. 223.
- EDITORIAL
- Dans une note sur l’émission des ondes électromagnétiques par une antenne de télégraphie sans fil, M. G. Gutton, le distingué professeur à la Faculté des Sciences de Nancy, dont nous avons déjà relaté les remarquables travaux sur la propagation de l’électricité, combine les résultats de ses propres recherches avec ceux de M. Birkeland; reprenant l’explication, donnée par ce savant, de la réflexion des ondes à l’extrémité d’un fil d’antenne, et d’après laquelle les ondes réfléchies divergent comme si elles provenaient d’une région située au delà de l’extrémité du fil, M. G. Gutton examine le système formé par une antenne et la terre.
- L’auteur rappelle qu’il a montré antérieurement qu’une onde est transmise d’un conducteur primaire à un conducteur secondaire lorsque les lignes de force, en se propageant, viennent se présenter tangentielle-ment à la surface de ce dernier : au point correspondant, les lignes de force se coupent en deux tronçons, qui se propagent chacun le long de la surface du conducteur.
- Faisant alors application de ces résultats au cas particulier où le conducteur secondaire est la terre, M. C. Gutton en déduit sa théorie personnelle de l’émission, qui lui fournit une explication de la_ dirigeabilité relative obtenue par l’emploi des antennes
- p.193 - vue 193/416
-
-
-
- 194
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N»33.
- coudées de M. Marconi, et du fait que cette dirigeabilité s’accroît avec la proximité de la partie horizontale de l’antenne coudée et de la terre.
- Quel est l’avenir industriel qui est réservé aux électro-aimants de levage? M. A. Reisset examine cette question à la lumière de documents précis et récents.
- On sait combien le rôle joué par ces engins de levage dans la manutention industrielle des produits métalliques est différent en France et à l’étranger. Ici c’est le néant, ou peu s’en faut. A l’étranger, au contraire, beaucoup d’ateliers emploient ces appareils; ils sont utilisés aussi bien pour la manœuvre des lingots massifs que des petites pièces, ou des déchets (notamment, avec les crackers, pour le cassage des déchets de fonderie), et même pour les travaux sous-marins.
- En règle générale, on compte que le poids des matériaux transportables en une charge par un électro donné est de cinq à quinze fois plus grand que celui de cet électro.
- Au total, les industriels étrangers qui les emploient estimentque ces engins remplacent une dizaine d’ouvriers; à cette intéressante économie de personnel vient s’ajouter l’économie d’encombrement résultant de la possibilité d’accumuler les matériaux sur une grande hauteur.
- L’étude par M. Tian du rayonnement de la lampe en quartz à vapeur de mercure a per-
- mis à l’auteur d’analyser les variations de ce rayonnement pendant le fonctionnement de la lampe, ainsi que les altérations de l’enveloppe en quartz, altérations qui donnent lieu au « vieillissement » déjà signalé par plusieurs observateurs.
- M. G. Freund expose quelles sont les applications que reçoit l’énergie électrique au canal de Panama.
- L’auteur montre qu’il a été fait un large appel à l’électricité dans les services d’exploitation du canal.
- Dans une note importante, M. Paul Bou-gault traite des difficultés relatives à l’expiration des concessions d’énergie électrique.
- Dans cette étude, M. P. Bougault expose quelques notions d’algèbre... administrative et montre aussi comment des malentendus interviennent dans les arrangements entre commune et concessionnaire, parle fait que l’un des experts chargés d’arbitrer en matière administrative est parfois désigné par un magistrat de l’ordre civil ou commercial. Ses conclusions sont étayées par (un arrêt du Conseil d’Etat, dont le texte est reproduit.
- Enfin, dans nos Brevets, nous signalons un très ingénieux dynamomètre dû à M. Wallon, et dont M. Lecornu vient de faire mention dans sa Revue de mécanique appliquée, publiée dans un récent numéro de la Revue générale des Sciences.
- p.194 - vue 194/416
-
-
-
- 47 Août 1912.
- LA LUMIERE ÊLEC'f R1Q,UE
- 19B
- SUR L’ÉMISSION DES ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES PAR UNE ANTENNE DE TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- L’explication, qu’a donnée en 1893 M. lïir-keland(‘), de la réflexion des ondes de Hertz à l’extrémité d’un fil et des recherches sur le passage des ondes d’un conducteur à un autre, dont j’ai publié les résultats en 18990, permettent de se rendre compte des conditions dans lesquelles se fait l’émission par une antenne de télégraphe sans fil, de donner une explication du rôle de la terre et de trouver la raison pour laquelle l’antenne horizontale de Marconi émet des ondes dirigées.
- Je rappellerai d’abord, aussi brièvement que possible, comment M. Birkeland explique la réflexion à l’extrémité d’un fil et comment des ondes hei’tziennes qui se propagent le long d’un conducteur primaire peuvent être en partie transmises à un conducteur secondaire.
- Réflexion des ondes à Vextrémité d'un fil. — Soit AO (lig. 1) un fil conducteur rectiligne à l’extrémité duquel se réfléchissent des ondes électro-magnétiques. Loin de cette extrémité une ligne de force électrique ab est droite, normale au fil et lors de sa propagation s’avance parallèlement à ce fil. Les lignes de force magnétique, par raison de symétrie, restent constamment des cercles dont les centres sont sur l’axe du fil et dont les plans lui sont normaux. Enfin en tout point du champ, l’énergie électromagnétique se propage dans une direction normale au plan déterminé par la force magnétique et la
- (*) Kr, Birkeland. Sur la réflexion des ondes électriques à l’extrémité d'un conducteur linéaire, Comptes Rendus, t. GXYI, p. 2o3, 1893.
- (2) C. Gutton. Recherches expérimentales sur le passage des ondes électriques d’un conducteur à un autre, Ann. de Chimie et de Physique, t. XVIII, 7e série, p. î>, ï»99.
- force électrique (*). Il en résulte que, si l’on trace dans le plan de la figure les différentes positions successives d’une même ligne de force, les trajectoires orthogonales des courbes obtenues sont les lignes suivant lesquelles se propage l’énergie.
- La ligne de force restant toujours normale à la surface du fil, les lignes d’énergie sont, au voisinage immédiat de celui-ci, des courbes telles que ninp qui longent la surface du conducteur et le contournent à son extrémité; l’énergie qui se propage très près d’un fil cylindrique, le long d’une de ses génératrices, revient après réflexion le long de la génératrice diamétralement opposée.
- L’une des extrémités de la ligne de force glisse le long du fil, le contourne parle bout et revient en sens inverse ; la ligne de force ne peut alors rester rectiligne, car, lors de son mouvement de conversion, sa vitesse de propagation prendrait de très grandes valeurs
- (*) J.-H. PoïNTiNG. — Phil. Traits, of the Royal. Soc. of London, vol, CLXXV, p. 343, 1884; Àrch. des Sciences phys. et natur., Genève, t. XXII, p. ai5, 188g.
- p.195 - vue 195/416
-
-
-
- 196
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- dans les parties très éloignées de l’extrémité du fil. La vitesse doit au contraire rester constante, au moins dans les régions où les lignes de force ne sont pas très courbées ('), il en résulte que les parties de la ligne de force éloignées de l’extrémité du fil, ayant à parcourir un plus long trajet, restent en arrière et la ligne de force prend une forme telle que cd. Le pied qui glisse sur le fil a déjà contourné l’extrémité, tandis que les parties éloignées ont à peine commencé leur mouvement de conversion.
- Si maintenant, pour connaître le trajet de l’énergie, on mène les trajectoires orthogonales des différentes positions de la ligne de force, on obtient des courbes qui sont parallèles au fil pour l’onde incidente, mais qui, pour l’onde réfléchie, forment un faisceau qui diverge d’une région située au delà de son extrémité.
- Des expériences de MM. Sarasin et Birke-land (2) ont donné des résultats d’accord avec cette explication de la réflexion. En déplaçant parallèlement à un fil horizontal un résonateur dont le plan est normal au fil et la coupure en haut, l’étincelle passe par une longueur minimum aux points pour lesquels l’onde incidente et l’onde réfléchie présentent une différence de marche d’un nombre impair de demi-longueurs d’onde du résonateur. MM. Sarasin et Birkeland déplacent le résonateur sur des lignes parallèles au fil et trouvent que les positions correspondant aux minima de même ordre se rapprochent du plan normal à l’extrémité à mesure qu’on s’éloigne du fil. On en conclut bien que, plus l’énergie se propage loin du (il, plus elle doit faire un long détour avant de revenir en arrière. M. Poincaré (3) a fait
- (*) Il y a seulement une diminution de vitesse au voisinage immédiat de l’extrémité, où la ligne de force est très courbée ; c’est elle qui produit le retard lors de la réflexion des ondes.
- (2) Ed. Sarasin et Kr. Birkeland. Comptes Rendus. fc CXVII, p. 618, 1893.
- (a) H. Poincaré. Comptes Rendus, t. CXVII, p. 622, 1893.
- T. XIX (2* Série). — N* 33.
- observer que les résultats des expériences précédentes étaient d’accord avec la théorie mathématique qui indique bien l’existence d’ondes qui divergent de l'extrémité du fil.
- Passage des ondes d'un conducteur à un autre. —Afin d’expliquer comment les ondes émises par une antenne peuvent s’attacher à la terre et se propager au loin, je rappellerai quelques-uns des résultats que j’ai obtenus autrefois. Dans tous les cas que j’ai étudiés, une onde est transmise d’un conducteur primaire à un conducteur secondaire lorsque les lignes de force, lors de leur propagation, se présentenltangentiellementàla surface de ce dernier. La force électrique ne pouvant être tangente à une surface conductrice s’annule au point de contact ; la ligne de force s’y coupe et les deux tronçons se raccordent normalement au conducteur. Ils se propagent ensuite le long de sa surface de part et d’autre de la région où s’est faite la coupure.
- Prenons, comme exemple, le cas d’un conducteur primaire formé d’un tube AB (fig. 2), le conducteur secondaire étant une tige CD qui pénètre jusqu’à une certaine profondeur dans ce tube. Lorsqu’on envoie des ondes de Hertz dans le sens AB, le long du conducteur primaire, une partie est réfléchie à l’extrémité et l’autre est transmise au
- Fig. a.
- conducteur secondaire CD. Soit ab une ligne de force normale au conducteur primaire, elle s’avance parrallèlement à ce conducteur, son extrémité glissant à la surface. En arrivant au bord du tube primaire, son extrémité le contourne, la ligne de force se courbe et, en M, se présente tangentiellement au conducteur se-
- p.196 - vue 196/416
-
-
-
- 17 Août 1812.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 197
- condaire, la force électrique ne pouvant être tangente s’annule; la ligne de force se coupe en ce point de force nulle, les deux tronçons se raccordent au conducteur secondaire et se propagent de part et d’autre au point M. On obtient ] deux systèmes d’ondes, dont l’un,
- En étudiant d’autres cas particuliers de transmission d’ondes d’un conducteur à un autre, on constate que les résultats des expériences s’expliquent toujours par le mécanisme que je viens de décrire.
- Emission des ondes par une antenne ver-
- correspondant aux ondes transmises au secondaire, continue à se propager dans le même sens, tandis que l’autre, correspondant aux ondes réfléchies, revient en arrière.
- Les lignes d’énergie, qui sont les trajectoires orthogonales des diverses positions de ligne de force, se divisent de part et d’autre de M en deux faisceaux, dont l’un pq continue à la surface du conducteur secondaire et dont l’autre, rs revient en arrière.
- Des expériences justifient cette manière de voir. Tout d’abord, j’ai constaté que l’onde était transmise au conducteur secondaire sans changement de phase, ce qui est conforme au diagramme de la figure 2. D’autre part, j’ai exploré le champ de force électrique à l’aide d’une petite boule de verre, où l’air était raréfié; cette boule s’illumine lorsqu’on la déplace à la surface du conducteur secondaire, mais la luminescence disparaît dans la région M pour reparaître de part et d’autre.
- licale. — C’est aussi, comme je me propose de le montrer, par suite de l’existence sur le sol d’un point de force nulle, que les ondes quittent une antenne pour se propager ensuite à la surface de la terre.
- Soit AB (fig. 3) une antenne rectiligne verticale, Pour provoquer le long de celle-ci une perturbation électromagnétique, on fait jaillir une étincelle entre deux houles reliées l’une à la base de l’antenne l’autre au sol, ou plus souvent on produit par induction une perturbation dans un solénoïde en relation d’un côté avec l’antenne, de l’autre avec le sol.
- Suivons dans sa propagation une ligne de force électrique ab qui, à l’origine, se termine sur l’antenne et le sol conducteur de part et d’autre de l’étincelle ou du solénoïde. L’une de ses extrémités glisse vers le haut le long de l’antenne, l’autre s’éloigne à la surface du sol. Lorsque la ligne de force atteint le sommet de l’antenne, il y a réflexion et,
- p.197 - vue 197/416
-
-
-
- 198
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2e Série). —- N® 33^
- comme il a été expliqué, la ligne de force contourne le bout de l’antenne et prend les formes indiquées par Biivkeland. Redescendant ensuite le long de l’antenne du côté opposé à celui où il était monté, le pied de la ligne de force atteint le solénoi'de, la vitesse de propagation dans le sens vertical est alors ralentie pour les parties de la ligne de force voisines de l’antenne, tandis que les parties plus éloignées, continuant à se propager avec une vitesse constante, se présentent tangentiellement à la surface du sol en un point M. En ce point, la ligne de force se coupe en deux tronçons, l’un d’entre eux continue à se propager en s’éloignant de l’antenne, son extrémité glissant à la surface de la terre; l’autre, revenant en sens inverse, retourne vers l’antenne.
- En traçant les trajectoires orthogonales des différentes positions de la ligne de force, on obtient les lignes d’énergie ; elles se divisent en deux faisceaux qui, de part et d’autre de la ligne MN qui passe par le point M, descendent du sommet de l’antenne vers le sol. L’un d’entre eux s'éloigne de l’antenne, les lignes qui le constituent se rassemblent en grande partie à la surface du sol, si la terre peut être considérée comme un bon conducteur elles lui deviennent peu à peu parallèles. Ces lignes d'énergie correspondent à un système d’ondes transportant au loin, surtout le long de la surface du sol, l’énergie électromagnétique. Ce sont elles qui s’éloignent jusqu’à atteindre l’antenne de réception. L’énergie utilisée en télégraphie sans fil est donc celle qui est montée le long de l’antenne d’émission du coté opposé à l’antenne de réception. Quant à l’énergie qui revient à l’antenne, elle contribue à entretenir les oscillations.
- Le sol n’étant pas parfaitement conducteur, la force électrique est inclinée à sa surface et les lignes d’énergie, au lieu de lui être Sparallèles, finissent par y aboutir. Il y a alors, d’ap rès Poynting, transformation de l’énergie électromagnétique en chaleur et diminution de l’intensité des ondes. M. Zen-
- neck (’) a étudié cette cause d’affaiblissement.
- M. le commandant Ferrié, lors de ses essais de réception en ballon,a trouvé quel’inténsité des ondes reçues diminue très vite lorsqu’on s’élève. Ce fait d’observation est d’accord avec l’explication précédente, la plus grande partie de l’énergie envoyée verticalement vers le haut de l’antenne revient ensuite à la surface de la terre.
- Le tracé des lignes d’énergie de la figure 3 permet de s’expliquer que l’intensité des ondes émises au loin augmente avec la hauteur de l’antenne. En effet, la trajectoire orthogonale MN des lignes de force qui passe par le point M sépare les lignes d’énergie qui s’éloignent de l’antenne de celles qui y reviennent. Il en résulte que la quantité d’énergie envoyée au loin est d’autant plus grande que MN est plus près de l’antenne et fait avec celle-ci un plus petit angle. Or la position du point M est déterminée par la forme des lignes de force près de la base de l’antenne et dépend donc surtout de la forme des conducteurs les plus voisins, solénoi'de et fil de terre; à partir d’une hau teur d’antenne suffisante elle devient à peu près indépendante de cette hauteur. L’angle de MN avec l’antenne est par suite d’autant plus petit et la quantité d’énergie envoyée au loin d’autant plus grande que l’antenne est plus haute.
- Emission par l'antenne horizontale cle Marconi. — M. Marconi a observé qu’une antenne recourbée horizontalement à faible distance du sol envoie des ondes plus intenses dp côté opposé à son extrémité fibre que dans la direction opposée.
- Pour en trouver l’explication, traçons encore les différentes formes d’une ligne de force dont la position initiale est ab (fig. 4). Gette-ligne se propage d’abord entre le sol et l’antenne, contourne l’extrémité, revient en arrière et se coupe au point M où elle se présente tangentiellement au sol. Les trajectoires orthogonales de ses diverses posi-
- (i) J. Zknnkck. Ann. der Physik, t. XXIII, p. 84O, 1907.
- p.198 - vue 198/416
-
-
-
- 17 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 199
- tions forment encore deux faisceaux dont l’un fait retour à la base de l’antenne et dont l’autre s’éloigne le long du sol dans la direction que M. Marconi a reconnue être favorisée.
- devient très faible, et elles*s’étendent en se propageant normalement à leur direction avec la vitesse des ondes planes, c’est-à-dire la vitesse de la lumière. La direction de la ligne de force tracée n’est évidemment pas
- Suivons maintenant (fig. 5) une ligne de force a'b' qui se propage d’abord au-dessus de l’antenne. Après avoir atteint l’extrémité, elle se coupe en M'. On retrouve encore deux faisceaux de lignes d’énergie dont l’un s’éloigne de l’antenne. Mais tandis que, dans le cas de la figure 5, l’énergie émise au loin provient de la région située au-dessus de l’antenne, dans le cas de la figure 4, elle
- celle de la force électrique totale, mais seulement celle de l’une de ses composantes. En chaque point passent, en effet, au même instant des ondes qui montent et des ondes qui redescendent après réflexion; sur la figure 3 les unes sont représentées à gauche, les autres à droite ; la ligne de force réelle s’obtiendrait en composant les forces électriques qui, en chaque point et à l’instant
- vient de la région comprise entre cette der-nière et la terre ; à cause de l’augmentation de capacité produite par la présence du sol, il y a, au départ des ondes, plus d’énergie au-dessous de l’antenne et par suite plus d’énergie envoyée dans la direction opposée à son extrémité libre.
- Gomme l’explication précédente le fait prévoir, il a été observé que l’effet d’orientation des ondes est d’autant plus marqué que l’antenne est plus près du sol (*).
- Les tracés précédents représentent les positions à des instants successifs d’une môme ligne de force. A une distance suffisante de l’antenne, la courbure de ces lignes
- () À. Fleming. [Phil, Mag., 6e série, t, XII,’p. 588, >908.
- considéré, correspondent à ces deux systèmes.
- Un avantage du tracé des positions successives d’une même ligne de [force est de permettre immédiatement celui des lignes d’énergie qui en sont les [trajectoires orthogonales. Il n’en est plus ainsi lorsqu’on figure toutes les lignes de force du champ à un instant donné.
- Si l’exposé précédent manque de la précision d’une théorie mathématique, je crois toutefois qu’il permet de se rendre compte de la façon dont les [ondes électromagnétiques quittent une antenne pour s’en aller au loin le long de la surface du sol.
- G. Gutton,
- Professeur à la Faculté des Sciences de Nancy,
- p.199 - vue 199/416
-
-
-
- 200
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Sérta). — M» 33.
- SUR L'AVENIR INDUSTRIEL DE L'ÉLECTRO-AIMANT DE LEVAGE
- L’affinité des aimants pour le fer et l’acier, quoique universellement connue depuis des siècles, n’a guère reçu, jusqu’à une époque récente, d’application industrielle. Ce n’est que depuis quelques années que l’on voit s’ouvrir un champ énorme pour l’utilisation du magnétisme dans les engins de levage ; mais déjà ce n’est plus une nouveauté de
- On a entendu certains ingénieurs et directeurs d’usines prédire, il y a encore peu de temps, qu’un appareil de levage magnétique puissant, pourvu d’une large surface de contact, apte à attirer et à retenir des masses pesantes de fer (particulièrement quand le métal est chaud.et ne peut être manœuvré à la main), et relâcher à volonté cette charge,
- Fig. i. — Un pont roulant ft électro de levage.
- voir des aimants travailler dans des fonderies d’acier, hauts fourneaux, laminoirs, chantiers de constructions navales et usines de toutes SQrtes, pour la manœuvre des matériaux lourds et volumineux, au lieu de la lente et coûteuse méthode précédemment en honneur.
- causerait une véritable révolution dans les mélhodes actuelles de manutention en grand des matériaux. Or, depuis bientôt vingt ans que le problème est pratiquement résolu, par la découverte de l’électro-aimant, cet engin a causé de grandes désillusions à de nom-
- p.200 - vue 200/416
-
-
-
- 17 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 201
- breux fabricants, tant au point de vue électrique qu’au point de vue mécanique, et cela pour les raisons suivantes :
- i° Au point de vue élèctrique :
- La bobine est la partie la plus délicate de tout électro-aimant ; or c’est seulement depuis une date relativement récente que des méthodes nouvelles et perfectionnées de fabrication ont permis d’arriver à une construction vraiment pratique ;
- ainsi qu’on peut s’en rendre compte en étudiant la constitution des différentes parties d’un électro-aimant de type récent, le « Witton-Kramer ».
- Là carcasse ne présente d’autre particularité que d’être en acier magnétique spécial de haute perméabilité, avec nervures extérieures aidant au refroidissement dé la bobine et augmentant la résistance mécanique. Au sommet de la carcasse sont fixés
- Fig. 2. — Une grue à électro de levage.
- 2° Au point de vue mécanique :
- Rebutées par ces difficultés, plusieurs maisons ont renoncé à perfectionner les électro-aimants et à étudier rigoureusement leurs conditions de travail mécanique, et négligé notamment les dispositifs de fabrication destinés à assurer le degré de sûreté d’exploitation indispensable aux appareils de levage.
- Ces difficultés ont été surmontées par une construction mieux étudiée, mais qui exige naturellement des soins particuliers,
- les anneaux pour la suspension aux appareils de levage (grues,ponts-roulants, etc...).
- La bobine au contraire, qui est, comme nous l’avons dit, la partie délicate, doit être étudiée de façon à être mise à l’abri de toutes détériorations d’origine tant électrique que mécanique.
- On la forme de fils de cuivre isolés avec un soin particulier, et, quand le bobinage est terminé, elle subit , les traitements suivants :
- p.201 - vue 201/416
-
-
-
- fit)* LA LÛMlÉHË
- La bobine est ajustée et mise en position dans la carcasse; 1’ënSemble de l’ëleCtro-aimant est alors placé dans une CÜambre à vide dont tout l’air est extrait. On remplit ensuite l’électro avec un composé chimique, sorte d’asplialte bouillant, qui èntre dans la carcasse par l’évidement laissé libre pour lé passage dés câblés tjui doivent relier
- ÉLECTRIQUE T. SIX (2* SéHfc), — Kl*il
- La bobine fest ensuite protégée par utife sorte de bouclier fdriiié de feuilles d’acier üti manganèse ou dë bronzé phosphoreux extra-dur.
- L’enVeloppe de la bbbiiie èst tëbuë en position par IëS pièces pdlaireS intérieure ët extérieure : cëlleS-bi Sont formées d’aciër spécial à hâuté perméabilité, et jiëUvènt être
- Fig. 3. — Lovnge de débris métalliques.
- l’aimantàlacaualisatidnéxtërieure. L’asphalte prenant la place de tout l’air â l’intérieur de la carcasse, la bobine et lui forment alors un bloc compact.
- Gomme, en refroidissant, le composé asphalté se contracte, on en verse dans la carcasse îtne quantité supplémentaire pour combler l’espace vide résultant de cette contraction.
- aisément enlevées en dévissant leurs bdUloiis de fixation. Dans certains cas, les joints sont soudés.
- La connexion au câble principal est obtenue par l’intermédiaire d’une boité en fonte placée sur la carcasse de l’aimant.
- Les conducteurs sont généralement maintenus au moyeu d’une rondelle spéciale, et
- p.202 - vue 202/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE m
- •**"""•"—•*****' mtnrnmmt^mm.%. •rV^.w.mr inw.iiiitiin *•» WW—infutVifPT'f MWTHU» i«m>V j Kmwww >nm m mi— i^m—
- ilkm 1812.
- ld iiditë fest rendue intérlëurement étanche.
- Le cdhtrôleui' dè commâhde est du type à tariibdur et, ddhs qüelqiië cas, ithrhërgé dans l’hüilë. On prévoit natui-ellemènl des résis-tâncéé noh indüétiveS polir absorber l’ëxtra-courant de la bobine quand on coupe le ëircllit.
- Lès cdiinëxidhs nécessaires pour l’iiislal-lation d’un électro-aimant consistent en un câble à deux conducteurs, spécial, passant sur un système de poulies à contrepoids qui prennent le mou du câble.
- Dans le cas de grues, le câble est connecté aux organes de la cabine, mais, dans le cas des ponts-roulants, il est d’usage d’installer deux trolleys parallèlement au pont avec des connecteurs spéciaux pour prendre le courant.
- Dans certains cas, on utilise des contrôleurs à ressort du type tambour.
- Une grue ou un pont-roularit pourvus d’un électro-aimant travaillent absolument coininé les engins électriques ordinaires, avec sëülë-mentl’adjonctiond’un contrôleur pour i’ëxtl-tation de l’aimant et le relâéhëiliëttt dè la charge.
- ApplicaU'ôii des élëëti’ô-ai niants.
- La capafcité élévatricë dès aimants dépeiid beaucoup dés iitatéi'iaüx qu’on lèttr fait manœuvrer, ét pârticiilièreiriënt atix points de vue suivants :
- i° La qualité magnétique des métaux à manutentionner ;
- 2° Leur température (qui ne doit pas ëti‘è au-dessus du rouge sombre) ;
- 3° Leurs dimensions, et leur degré de morcellement (matériaux en une seule pièce ou en un certain nombre de pièces différentes) ;
- 4° La manière dont ces matériaux sont arrimés.
- D’une façon généx-ale, on peut dire qu’un électro-aimant est capable de soulever une pièce d’acierà surface travaillée, d’undiamètre non inférieur à celui de l’aimant lui-mèmé, pesant approximativement quinze fois le poids des petits aimants, huit à douze fois f
- celui dés aimants moyens et cinq à six fois celui dès aimants de grandes dimensions.
- Quand on manœuvre des màtéi-iaux tels que : riblons, déchets, rognures, la capacité ëlévâtrico décroît considérablement et dépend Seulement de la quantité qui est Couverte pai1 la surface de contact dè l’étectro. PHiS cettè surface ëst grande, et plus le poids de charge soulevé est grand. Des aimants de grande dimension peuvent d’ailleurs soulever non seulement une première couche, mais ëttèbfe deux ou trois couches différentes.
- Pour la manœuvre des plaques, le poids soulevé dépend des dimensions, maisjusqu’à six couches différentes peuvent être soule-
- 4. — Contrôleur.
- veës süivâüt l’épaisseur, le poids de chaque plaque et le type de l’électro employé.
- Afin d’augmenter le volume des matériaux soulevés à chaque levée, il est bon de prévoir une batterie de deux oli trois aimants, qui sëfoht süspèndus à une barre commune. Cette disposition est particulièrement recommandable quand oli manœuvre de longues feuilles, que le porte-à-laux pourrait détâcher si uîi Seul aimant était employé.
- Parmi les multiples applications tîes électro-âiniants, nous citerons le cas dé leür emploi avec les « crackers » pour cassé!' les déchets de fonderie.
- Pour les travaux sous-marins on fabrique également des aimants étanches spéciaux.
- U est également démontré que pour le déchargement de gueuses, déchets, rognures,
- p.203 - vue 203/416
-
-
-
- 204
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N# 33.
- des wagons dans une usine, un gain considérable de temps est obtenu par l’emploi des électros qui, de plus, ramassent absolument tous les déchets.
- Les électro-aimants sont en général fabriqués uniquement pour fonctionner sur courant continu. Quand ils sont destinés à fonctionner sur courant alternatif, il est né-
- électrique soit étudiée dans ses moindres détails et exécutée d'une façon parfaite. Si les précautions ci-dessus ont été prises, il n’y a pas plus de chances de voir tomber la charge, qu’il y en a de voir se rompre les chaînes de manœuvre.
- Nous ajouterons, à titre d’indication, qu’on fabrique des grues spéciales pour électro-
- Fig. 5. — Levage d’une pièce massive.
- cessaire de prévoir un transformateur dans l’installation.
- Dans quelques cas, il est aussi recommandable d’installer une batterie d’accumulateurs pour travailler en parallèle avec la dynamo, afin que si, pour une raison quelconque, le courant venait à cesser brusquement, la batterie d’accumulateurs prenne immédiatement la charge.
- Avec une installation d’électro-aimants, il est évidemment essentiel que toute la partie
- aimants formant un ensemble absolument dépendant de toute source extérieure. Le courant est produit par une dynamo alimentée elle-même par la machine de la grue. Aucun fil n’est donc nécessaire pour la manœuvre, et le systèmejouit d’une indépendance complète.
- Indépendamment des avantages indiqués ci-dessus pour ces appareils, nous ajouterons qu’il résulte d’expériences faites dans les usines les employant, qu’un électro-aimant remplace huit à dix ouvriers des cours. Leur
- p.204 - vue 204/416
-
-
-
- 47 Août 1912.
- 205
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- emploi permet également d’accumuler les matériaux jusqu’à une hauteur de six à huit mètres, ce qui produit une économie
- que le développement de c*es engins en est encore à ses débuts. A titre d’exemple, on trouvera, dans le tableau I, les caractéris-
- Fig. 6. — Levage d’une ferrure.
- de place très sensible. L’aimant, ramassant tous les déchets, les cours sont toujours absolument propres.
- Pour ces différentes raisons, et plus spé-
- tiq ues d’électro-aimants de diverses puissances. Ces données sont établies d’après les chiffres indiqués pour les électro-aimants cc Witton-Kramer » fabriqués à Birmingham
- Tableau I.
- Caractéristiques et capacités élévatrices
- approximatives cVélectro-aimants.
- DIAMÈTRE EN CENTIMETRES LINGOTS, barres, bandes de tôle TÔLES ARRHES, tiges, rails, etc. GUEUSES EN FONTE HUILONS FEUILLES, FILS, morceaux estampés, boulons taraudés CONSOMMATION en kw équivalant à 60 levées d’une minute chacune
- Tonnes. Kgr. Kgr. Kw.
- 37 ,5 I 3oo/4oo Îi5o/5oo J Les aimants au-dessous de 60 cm de 0^8
- 45 U 4oo/5oo 5oo/75o > diamètre ne sont pas recommandés 1 ,5
- 60 ' 4 600/900 7üo/i 000 pour manœuvrer ces petites pièces. 2
- 9° (> I 000/1 5oo 1 000/1 ü5o 35o//|5o a5o//f5o i5o/‘a5o 3
- 1 o5 H I a5o/i 760 1 a5o/i 5oo 5oo/65o 45o/6oo a5o/5oo :>,5
- 120 10 I 75o/a u’jo 1 5oo/'2 000 750/1 000 75o/i 000 5oo/6oo 6 ?6
- 15o •2 5oo/3 000 2 000j'2 5oo 900/1 a5o 1 000/1 5oo 750/1 a5o 8
- p.205 - vue 205/416
-
-
-
- 206
- LA L,qJVJlfi|l^ ÉLIÇq'l’HiqUE T. XIX (2« Série). — ]|*?3.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Sur la conductibilité de la vapeur de sodium. — L. Dunoyer. — Comptes Rendus de VAcadêdtid'Xds Science s, 8 juillet 1912. f!îf
- L’étude des phénomènes de fluorescence qui prennent naissance dans les vapeurs des 'métaux alcalins pose la question de savoir si ces vapeurs ne posséderaient pas une conductibilité exceptionnelle.
- Des expériences conduites avec beaucoup de soin semblent permettre à Fauteur de conclure nettement que la conductibilité en volume de la vapeur de sodium pure n’est pas d’un ordre dé grandeur différent d’une conductibilité gazeuse ordinaire.
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES ET PHOTOMÉTRIE
- Variations du rayonnement de la lampe en quartz à vapeur de merùure avec le régime et la durée de fonctionnement; — A. Tian. — Comptes Rendus de VAcadémie des Sciences, 8 juillet
- I9Ï2.
- L’auteur a montré dans une note précédente que la peroxydation de l’eau était provoquée par les radiations de longueurs d’onde très petites, les mômes qui ‘déterminent l’ozonisation de l’oxygène, et que la lumière émise par une lampe à mercure en quartz à bas régime électrique renferme un groupe de ces rayons, de longueur d’onde 1860 angstroms environ.
- On sait, d’autre part, que l’eau oxygénée et l’ozone sont décomposés1 énergiquement par la : partie moyenne du spectre ultraviolet. 11 est donc permis de penser quetia propriété des lampes à vapeur de mercure à haute tension de ne déterminer que très peu l’ozonisation de l’air, comme leur faible pouvoir peroxydant sur Feau, sont des clïet d’une même particularité de leur rayonnement. On doit alors se demander si ces faits sont dus à une diminution, avec une tension d’alimentation croissante, de l’intensité des rayons générateurs, ou simplement à une prédominance sur ceux-ci des radiations qui ne sont que destructrices.
- L’auteur a cherché à élucider cette question en étudiant les vitesses de formation ç et de destruction V clé’Feàü oxygénée. Il a trouvé que \> et V croissent la première de 1 a 3, la seconde de 1 à 100, quand la tension aux bornes de la lampe passe de 3o à 180 volts.
- * AinsF, le fait signalé trouve son explication, non par une diminution de l’intensité des rayons générateurs d’ozone et d’eau oxygénée, mais par un àccrbiissernent énorme de l’intensité de ceux qui ne sont que destructeurs de ces corps.
- Il a étudié plus complètement Fémisruon de l’arc au mercure, en photographiant son spectre ultraviolet extrême à différents régimes, et, aux très basses tensions, il a pu noter en particulier l’existence d’une seule raie fine dans l’extrême ultraviolet (1849 ang-slroms).
- L’auteur signale également enfin une altération progressive de l’enveloppe de quartz des lampes à mercure.
- Ce vieillissement des lampes à vapeurs de mercure poussées a été déjà signalé par M. Bordier, II. Cour-mont et Nogier (*),’tout récemment,par MM. D. Ber-ihelotet MM. Gaudechon, et, d’autre part, infirmé par M.Y. Henri (2j. Les faits précédents, qui permettent de suivre quantitativement la marche du phénomène, mettenthorsdedoute son existence, etmonlrent qu’ils se manifestent surtout pour la région des courtes longueurs d’onde. Cette particularité explique que l’énergie du rayonnement ultraviolet total puisse varier peu, après une longue durée de fonctionnement (3).
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- j
- U électricité au canal de JPanama. — S.-G. Freund. —Elekirotechnische Zeitschrift, 20 juin 1912.
- Les travaux du canal de Panama sont, à l’heure actuelle, asséz avancés pour que l’on puisse prévoir dans quelle mesure l’électricité sera employée pour le service de celui-ci.
- F) Voir Lumière Electrique, t. XY (2e série), p. ^1. (2z Voir Lumière Electrique, id. p. 366.
- "Voir C. Fabry et H. Buisson, id. p. 107.
- p.206 - vue 206/416
-
-
-
- 17 Août *9J2.
- LA LUjV|lEKE ELECTRIQUE
- 207
- Pans la construction proprement dite du canal, l’électricité n’a joué qu’un rôle secondaire, étant donné qu’on ne l’a guère utilisée que pour Téclai-rage, les' ventilateurs, les électro-aimants de levage (m et la commande des machines-outils.
- Quant aux grosses machines employées pour les travaux dë construction du canal, locomotives, appareils de levage, dragues! broyeurs de pierres, etc., après ayoir envisagé rétablissement, d’une grande centrale alimentant des machines électriques, on a préféré s’en remettre à l’emploi des appareils à vapeur qui ont, depuis longtemps, fait leurs preuves.
- Par contre, un i*ôle important a été réservé à l'électricité dans l’exploitation du canal.
- Actuellement se trouvent déjà en service un certain nombre de petites centrales, équipées avec des lurbo-dynamos de i 5oo kilowatts, fournissant du courant triphasé à 2 200 volts et 25 périodes, lequel est transformé dans des sous-stniions en courant continu à 5oo volts. Lès chaudières aqualubuluires sont disposées pour l’utilisation de l’huile de pétrole comme combustible.
- produits schématiquement à Tmtérieur du poste, et enclanchcs entre eux, de telle sorte, que les mnnoeu-s vres se succéderont dans Tordre nécessaire.
- Chaque écluse a une longueur de 3o5 mètres pour une largeur de 33,5 mètres; les bateaux éclusés ne doivent pas marcher sous vapeur, mais être halés par des locomotives électriques.
- Les écluses sont toujours doubles, l’une servant de réserve. Etant donné que 95 % environ des navires ont une longueur inférieure à 185 mètres, on a prévu des portes auxiliaires, permettant un éclusage plus rapidement et moins onéreux des navires de 122 mètres.
- La zone du canal, qui a été achetée par les .Etats-Unis, a une superficie de 1 160 kilomètres carrés et s’étend d’un océan à l’autre sur une largeur de 8 kilomètres de chaque côté du canal. Toutefois la république de Panama est restée en possession des villes de Coloh et de Panama, mais les Etats-Unis se sont réservé le droit d’y organiser un service sanitaire et d’y maintenir Tordre.
- Les diverses phases de la traversée du canal
- D’âutré^paèt, l'établissement d une grande centrale hydraulique auprès du lac de _ Gatun, est: en projet; cette centrale alimentera ultérieurement les services électriques du canal, ainsi que le chemin de fer dé Panam^, lequel doit être 'électrifié. Etant donné que le niveau du lac de Gatun, lequel doit être créé artificiellement, sera de 26 mètres au-dessus du niveau de la mer, on obtiendra ainsi une chute de 14 mètres. Toutefois ce niveau 11e'pourra être atteint que lorsque les écluses et les barrages de Gatun seront terminés.
- Les principaux services électriques ducanalsonl:
- i° Commande des portes des écluses;
- 20 Commande des vannes des barrages;
- 3° Commande des vannes d’écoulement;
- 4° Locomotives électriques de halage.
- Les moteurs employés sont des moteurs d’induction triphasés à"22Ô volts él 25 périodes.
- Le dispositif de commande des portes des écluses, lesquelles ont 2,135 mètres d’épaisseur, 2o mètres de largeur, i/|,3 à a/*,7 mètres de hauteur et pèsent de 3oo à 600 tonnes, eSt particulièrement intéressant.
- La commande des divers services électriques de chaque écluse sera centralisée dans un poste unique, analogue au* postes d’aiguillage des grandes gares. Tous les mouvements de chaque appareil seront re-
- seèont les suivantes : ......
- Le navire venant de l’Océan Atlantique traverse d’abord une baie limoneuse et gagne les écluses de Gatun, à travers un canal de n,3 kilomètres de longueur et de i5a mètres de largeur. Après avoir franchi les trois écluses de Gatun, le navire se trouve porté à une hauteur de 26 mètres par rapport au niveau de la mer; il traverse, par ses propres moyens, le lac de Gatun, lequel présente une superficie de 425 kilomètres carrés. On a creusé à travers ce lac un canal de passage qui présente les dimensions suivantes :
- Tableau I.
- DE A LONGUEUR km LARGEUR mètres
- Ecluse de Gatun .... San Pablo. . 2 5 7/1 3oo et plus
- San Pablo.. Juan Graucle. 6 11 a/,4
- Juan Grande Bas-Obispo. 5 95 I f)2
- Bas-Obispo. Eclusede Pedro Miguel. i3 19 9a
- Dans le dernier tronçon de Bas Opispo à l’écluse Pedro Miguel, on franchit la célèbre passe de la Culebra.
- Après avoir franchi l’écluse Pedro Miguel, le
- (M Voir l’article de M. A. Retsskt. p. uoo.
- p.207 - vue 207/416
-
-
-
- 208
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2a Série).—N°33.‘
- navire ne se trouve plus qu’à une hauteur de '17 mètres par rapport au niveau de la mer, c’est-à-dire dans le lac de Miraflorès, au travers duquel un canal de a,a5 kilomètres de longueur et de i5a mètres de largeur conduit aux écluses de Miraflorès. Après avoir passé ces dernières écluses, le navire se trouve au niveau de l’Océan Pacifique, qu’il gagne à travers un canal de 12,87 kilomètres de longueur et de i5a mètres de largeur.
- La longueur du canal d’eau profonde en eau profonde est, par suite, de 80,2b kilomètres, dont G5,i6 kilomètres à travers le continent proprement dit.
- La traversée du canal durera de neuf heures et demie à dix heures pour un navire de grandeur
- moyenne, et de dix heures et demie à onze heures pour les gros navires.
- Les frais d’établissement du canal ont été évalués comme suit :
- Frais de construction...... 1 490 000 000
- Canalisation, corps sanitaire. 100 000 000
- Administration » . . 37 000 000
- En outre, les transactions avec la Compagnie française du canal et avec la République de Panaipa ont entraîné une dépense de 25o millions, de sorte que les frais totaux se sont élevés à environ 1 875 millions.
- M. F.
- LEGISLATION ET CONTENTIEUX
- Difficultés relatives a 1Jexpiration et au rachat des concessions d’énergie électrique.
- S’il est dans les annales de l’électricité une matière qui ait donné lieu à des procès, c’est bien le calcul des sommes dues au concessionnaire quand sa concession arrive à son terme. Sans doute, le cahier des charges-type 1908 a trouvé la formule la plus élégante, mais la plus redoutable pour supprimer tout procès : dans l’article 2a, il prévoit que la remise des installations se fera gratuitement par le concessionnaire, sauf la partie considérée comme n’étant pas amortie.
- Mais, d’une part, cet article n’est pas absolument clair et a besoin d’être expliqué; d’autre part, la loi de 1906 n’ayant rien innové en ce qui concerne les concessions anciennes, il est bon de revenir sur ces questions, puisque deux arrêts récents du Conseil d’Etat nous y engagent.
- Nous expliquerons donc d’abord ce qui se passe aujourd’hui sous le régime du cahier-type du 17 mai 1908, et, ensuite, nous exposerons quelques difficultés récentes, relatives à des concessions anciennes, difficultés utiles à connaître.
- 1
- ^L’article 21 prévoit une série de dispositions que l’on peut résumer ainsi :
- Son but est d’exposer quelle sera la situation
- de l'autorité concédante vis-à-vis du concessionnaire, au moment où expirera la concession. C’est à cela que tendent les cinq paragraphes de l’article et si les cinq paragraphes, même celui en italique, sont adoptés par la commune et le concessionnaire, la situation sera celle-ci : la commune aura, à la fin de la concession, le droit de dire quel est des deux partis suivants celui qu’elle adopte (*) :
- Ou prendre gratuitement tous les objets servant
- (*) Nous croyons devoir donner le texte intégral de l’article 22 :
- « A l’époque fixée pour l’expiration de la concession, « la commune aura, moyennant un préavis de deux ans, « la faculté de se subroger aux droits du concession-« naire et de prendre possession de tous les immeubles (( et ouvrages de Ja, distribution et de ses dépendances.
- « Si la commune lise de celte faculté, les usines, sous-« stations et postes transformateurs du matériel élec-« trique et mécanique, ainsi que les canalisations et « branchements faisant partie de la concession, lui se-« vont remis gratuitement, et il ne sera attribué d’in-« demnité au concessionnaire que pour la portion du « coût de ces installations qui sera considérée comme « n’étant pas amortie. Cette indemnité sera égale aux « dépenses, dûment justifiées, supportées par le conces-« sionnaire pour rétablissement de ceux des ouvrages « ci-dessus énumérés subsistant en fin de concession a qui auront été régulièrement exécutés pendant les n u dernières années de la concession, sauf déduction pour « chaque ouvrage de i/n de sa valeur pour chaque année « écoulée, depuis son achèvement. L’indemnité sera
- p.208 - vue 208/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 209
- 17 Août 1912.
- ci la distribution et rentrant dans la concession. Ces objets ont été déterminés par la rédaction qui aura /été donnée à l'article 5 du cahier des charges/et ne comprendra l’usine qu’accidentcl-lement/ pour le cas où celle-ci aurait été visée en termes formels, sous forme d’exception à la règle générale qui l’exclut en principe.
- Ou rnçttrc le concessionnaire en demeure d'enlever tous ceux de ces objets qui sont sur la voie publique.
- Elle à donc un droit d’option qu’elle conserve pendant toute la durée de la concession, sauf pendant les deux dernières années. Le paragraphe premier lui impose en effet un préavis de deux ans, pour indiquer le parti auquel elle croit devoir se ranger.
- Supposons qu’elle choisisse le premier parti : remise gratuite par le concessionnaire. C’est le deuxième paragraphe 22 de l’article qui reçoit
- « payée au concessionnaire dans les six mois cpii sui-« vront l'expiration de la concession.
- « En ce qui concerne le.mobilier et les approvision-« nements, la commune se réserve le droit de les re-« prendre en totalité ou pour telle partie qu’elle jugera « convenable, mais sans pouvoir y être contrainte. La « valeur des objets repris sera fixée à l’amiable ou à « dire d’experts, et payée au concessionnaire dans les « six mois qui suivront leur remise à la commune.
- « Si la commune ne prend pas possession de la dis-a tribution, le concessionnaire sera tenu d3enlever à ses « frais et sans indemnité toutes celles de ses installations « qui se trouvent sur ou sous les voies publiques; il '< pourra toutefois abandonner sans indemnité les caria-« lisations souterraines, à condition quelles nappor-« lent aucune gêne aux services publics.
- « Dans tous les cas, la commune aura la faculté, sans « qu’il en résulte un droit à indemnité pour le conces-« sionnaire, de prendre, pendant les six derniers mois « de la concession, toutes mesures utiles pour assurer la « continuité de la distribution de l’énergie en fin de « concession, en réduisant au minimum la gène qui en « résultera pour le concessionnaire; elle pourra nolaui-« ment, si les sous-stations et postes de transformateurs a n’appartiennent pas en propre au concessionnaire et « s’il ne produit pas le courant dans des usines faisant « partie de la concession, desservir directement les « abounés par des sous-stations ou postes de transfor-« mateurs nouveaux, en percevant à son profit le prix « de vente de l’énergie, et, d’une manière générale, u prendre toutes les mesures nécessaires pour effectuer u le passage progressif de la concession ancienne à une « concession ou à une entreprise nouvelle. »
- Ce texte est accompagné de plusieurs notes qui en font partie adhérente, et donnent des indications sur la question du paragraphe en italique, qui peutèlre ou transcrit ou supprimé*
- son application : le concessionftaire, en principe, n’a droit à rien.
- Il ne peut être stipulé une indemnité que pour les objets qui, se retrouvant en nature à la fin de la concession, y ont été placés depuis la nîômo année avant cette date.
- Bien entendu, c'est aux parties contractantes à déterminer, après discussion entre elles, quel est le chiffre qui remplacera dans le texte cette lettre n. Cette remarque n’est pas aussi puérile que l’on peut le croire puisqu’il nous a été donné de voir des cahiers des charges si servilement recopiés que la lettre n y était précieusement conservée... au grand risque de compromettre la précision de la rédaction.
- Rien ne vient limiter le pouvoir des parties contractantes pour la fixation de ce nombre /?, sauf un seul cas : celui où la concession comprend un monopole d’éclairage ; dans cette seule hypothèse, le nombre n ne doit pas être plus grand que i5; ce qui veut dire pratiquement que Ton considérera comme amorties toutes les installations qui auront été placées avant le commencement de la première des quinze dernières années de la concession.
- Prenons par exemple une concession de 3o ans avec monopole d’éclairage : toutes les installations faisant partie du premier établissement et toutes les installations établies pendant les quinze premières années reviendront gratuitement à la commune; si dans le cours de la quinzième année la commune place un transformateur de th 000 francs, le prix de ce transformateur ne sera pas considéré comme intégralement amorti : il sera porté au compte des objets que la commune doit prendre à titre onéreux; mais il subira une réduction d’autant de quinzièmes qu’il y aura d’années depuis son achèvement. Supposons une concession commençant le ier janvier 1900, et finissant le ier janvier 1930, c’est-à-dire signée pour 3o ans. Tous les objets placés dans la concession jusqu’au icr janvier 1910 reviendront gratuitement à la commune. Un transformateur de i5 000 francs placé le ier janvier 1910 sera aussi gratuitement remis, puisqu’il devrait supporter une déduction ih/i5,soit i5 000 francs. S’il est placé le iel‘ juillet 1910, il supportera une réduction de i/*/i5 augmentée d’un demi-quinzième ; donc il ne figurera plus que pour 5oo francs. ~
- Si la pose de ce transformateur est faite le
- p.209 - vue 209/416
-
-
-
- 210 LA LUMIERE
- icr janvier 1916,11 supportera une réduction de 14 quinzièmes,'soit 14 000 francs, et ne figurera plus dans le compte de rachat que pour r4000 fr. et ainsi de suite.
- Mais si Ton suppose une concession sans monopole d'éclairage, le nombre n pourra être égal à la durée de la concessioii tout entière : la note inscrite dans le cahier-type ne s’y oppose point. Ce sera certainement l'hypothèse la plus favorable pour le concessionnaire : car, dans ce cas, il aura toujours une petite somme à toucher, meme pour les objets compris dans le premier établissement. En effet, la durée de la concession est déterminée par l'article 21 ; elle prend date à compter du jour de Vapprobation préfectorale ; il est évident que, dans la plupart des cas, les travaux ne seront achevés qu'après cette date ; ainsi, par exemple, pour revenir à notre hypothèse précédente, si nous supposons une concession partant du ier janvier 1900, les travaux n'auront'-certainement été terminés que le icr janvier 1901. Si la concession est donnée pour 3o ans et, si le nombre n a été admis comme égal à 3o, il faudra réduire autant de trentièmes qu’il y aura d’années écoulées depuis l'achèvement, c'est-à-dire dans notre exemple 29/80.
- La raison qui a guidé le rédacteur du cahier des charges dans cette dualité entre le monopole, et Vabsence de monopole, provient de ce que l'amortissement doit être considéré, en théorie tout au moins, comme beaucoup plus rapide dans les concessions qui jouissent du privilège d’être exclusives.
- Supposons maintenant que la commune choisisse le second parti : elle oblige alors le concessionnaire à débarrasser le sol public de toute son installation, ne lui laissant qué la liberté de conserver les canalisations souterraines. Cette solution est évidemment des plus simples.
- Telles sont les deux solutions entre lesquelles la commune peut choisir. Si on remarque que, d’après le texte, elle a le droit de ne se décider que deux ans avant la date de l'expiration, on comprend combien cette situation d’expectative sera gênante pour le concessionnaire. Si la durée de la concession est de 40 ans, par exemple, ce ne sera que vers la 38e année qu’il connaîtra la décision de l’autorité dont il dépend.
- \ Aussi, une note annexée au paragraphe 4,ainsi conçue : « La commune peut ne pas se réserver « la faculté d’obliger le concessionnaire à en-
- ÉLECTRIQUE T. XIX (2‘ Série). — $0 3^.
- « lever ses installations en fin de concession et « prendre l’engagement de les racheter dans « tous les cas » permet aux parties contractantes de supprimer,dès la rédaction du cahier des charge£*, cette situation d’expectative. La commune j>eut renoncer à faire enlever au concessionnaire les installations existant à la fin de la concession, ce qui signifie qu'elle adopte la reprise gratuite des ouvrages composant la distribution, c’est-à-dire qu'elle se réfère aux règles que nous avons exposées ci-dessus.
- Mais, pour être plus claire, la note aurait dû être rédigée de la façon suivante : « La com-« mime n’est pas tenue de se réserver la faculté « d’obliger le concessionnaire à enlever tous les « objets qui lui appartiennent, et peut adopter fc formellement dès la signature du cahier des « charges le système de la remise indiqué parle « deuxième paragraphe de l’article. »
- En effet, en employant les mots : « la commune peut se réserver d’acheter dans tous lès cas », la note pourrait faire Croire qu’elle autorise un système se distinguant soit de la remise gratuite, soit de l'enlèvement obligatoire ëh fin de concession, système qui constituerait un rachat complet de tonte l’installation.
- Or, malheureusement, il n'en est rien : ce que la commune peut promettre de racheter, c’est uniquement l’ensemble des appareils non amortis, comme l’indique le paragraphe a. 11 ne saurait; y avôir le moindre doute quand on lit les prescriptions de la note, et quand, après avoir supprimé, comme elle le commande, le paragraphe en italique, on fait dans les autres paragraphes les modifications également commandées par la note; l’article 22, ne contenant plus de droit d’option, devient donc ce qui suit : « À l’époque fixée pour l’expiration de la « concession, fa commune sera subrogée aux « droits du concessionnaire, et prendra posses-« sion de tous les immeubles et ouvrages de la
- I O ,
- « distribution et de ses dépendances. Les usines, a sous-stations et postes transformateurs, le 111a-« tériel électrique et mécanique, ainsi que les « canalisations et branchements faisant partie a de la concession lui seront remis gratuitement, <c et il ne sera attribué d'indemnité au conces-« sionnaire que pour la portion du coût de ces « installations qui sera considérée comme n’étant « pas amortie. Cette indemnité sera égalé aitx « dépenses, dûment justifiées, supportées parle
- p.210 - vue 210/416
-
-
-
- 17 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 2|1
- « concessionnaire pour rétablissement de ceux « clés ouvrages ci-dessus énumérés subsistant « en fin de concession, qui auront été exécutés « pendant les n dernières années de la conces-« sion, sauf déduction pour chaque ouvrage de « i(n cjel sa valeur pour chaque année écoulée « depuis son achèvement. » 1
- Il résulie de cette rédaction établie conformément à là ilote, que si la commune doit acheter plus tard les objets établis pendant les n dernières années, ces objets doivent être placés avec l'autorisation du conseil municipal,
- U
- Pour les concessions antérieures à la loi de 190G, la formule consacrée écrite dans un des derniers articles du cahier des charges était la suivante : « À la fin de la concession, la commune tt s’engage à reprendre les installations dépende dant de la concession, et à en payer au conces-« sionnaire la valeur, qui sera déterminée par «deux experts,choisis, Y un par la commune contt cédante, l’autre par le concessionnaire : s’il y « a lieu de recourir à un troisième expert, il sera « choisi parle juge de paix, »
- À la place du « juge de paix », on lit dans de nombreux cahiers des charges : « le président du tribunal civil » ou « le président du tribunal de commerce ».
- Cette formule, qui a une apparence bien modeste, n’en a pas moins causé d’assez nombreuses difficultés : disons tout de suite qu’elles auraient été complètement supprimées, si les parties contractantes avaient bien voulu indiquer que le troisième expert devait être désigné par le conseil de préfecture : en effet la juridiction administrative, notamment en ce qui touche les contrats d’essence administrative, est extrêmement jalouse de ses attributions; et comme il h’estpas douteux qu’une concession d'éclairage ne soit un contrat administratif, quelques notions élémentaires de droit auraient sûrement conduit les parties contractantes, si elles les avaient eues, à ne pas confier à un magistrat de l’ordre commercial ou civil la désignation d’un expert en matière administrative.
- On ne peut s’expliquer la faveur dont jouissent les juges de paix ou les présidents des tribunaux de commerce que par ce fait qu’ils sont facilement accessibles aux parties contractantes. Maisjj il y a lieu de répandre cette vérité peu
- soupçonnée que l’on accède aq conseil de préfecture sans s’exposer a des frais, et qu’il ne désignation par cette juridiction est des plus simples.
- Quoi qu’il en soit, le Conseil d’Etat a eu dernièrement à s’occuper d’un article rédigé comme nous venons de le dire avec attribution au juge de paix de la désignation du tiers expert dans les circonstances suivantes : M. Mottet, arrivant à l’expiration de sa concession, puisait dans un article du ealiier des charges intervenu entre lui et ia commune de Saint-Martin-Yésubie le droit de vendre a cette dernière toutes les installations électriques lui appartenant, la commune devant lui payer la valeur qui serait déterminée par deux experts et, en cas de partage, par un troisième expert désigné par le juge de paix.
- M. Mottet avait vu avec déplaisir que les deux experts n’avaient pu se mettre d’accord sur un chiffre de rachat : mais il s’était bien gardé de consentir à la nomination parle juge de paix de l’arbitre destiné à trancher définitivement le différend existant entre les deux experts.
- Aussi, quand il vit arriver un rapport rédigé par ce nouvel expert, adoptant le chiffre de 3o 072 francs, il s’empressa de ne point l’accepter, soutenant que la nomination de l’expert par le juge de paix était souverainement illégale, comme dérogeant à la compétence administrative ; et il précisait, dans ses conclusions, que le conseil de préfecture devait être seul compétent pour opérer cette désignation.
- La commune, probablement satisfaite de n’avoir à payer que 3o ooo francs environ, se défendait habilement de la façon suivante : Il ne s’agit plus dans l’espèce, disait-elle, d’une indemnité a fixer comme en matière de travaux publics, pour laquelle la compétence administrative devait être considérée comme rigoureuse, mais on se trouve en présence d'une vente, consentie dès le jour de la signature du cahier des charges, et à laquelle, pour être complète, il ne manquait qu’une chose : la fixation d’un prix. Or, d’après les principes exprimés par le Code civil dans les articles i 590 et suivants, notamment dans l’article 109^ ainsi conçu : « leprixde la vente peut être laissé à l’arbitrage d’un tiers », il est certain que la vente, virtuellement consentie dans un contrat, est parfaite dès que le tiers désigné par les parties a donné son avis sur le prix
- p.211 - vue 211/416
-
-
-
- 212
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N° 33.
- à payer par l’acquéreur ; d’après elle, l’opération était donc devenue inattaquable, c’est-à-dire indiscutable, aussitôt que le tiers-expert nommé par le juge avait donné son appréciation : et, quelle que soit la théorie admise sur la compétence administrative en matière de désignation des experts, rien ne peut supprimer ni remplacer un mandataire choisi par les parties, lorsque sa mission est accomplie.
- Telles étaient les deux opinions en présence, devant le conseil de préfecture.
- Cette juridiction adopta celle qui était favorable à la commune, et, sans daigner examiner le rapport de l’expert, il le déclara, pour les principes ci-dessus indiqués, inattaquable comme consommant d’une façon complète une vente préalablement consentie.
- Il était profondément intéressant de connaître l’avis du Conseil d’Etat en pareille matière. Allait-il déclarer entachée d’incompétence, et par conséquent d’illégalité absolue, l’expertise faite par un mandataire désigné par le juge de paix en exécution d’un contrat administratif? Allait-il, au contraire, comme le conseil de prélecture, déclarer que la vente était parachevée ? Dans ce cas, il devait lui-même s’incliner devant l’opinion émise par cet expert.
- En réalité, le Conseil d’Etat n’a admis d’une façon formelle ni l’une ni l’autre des deux théories en présence. Tout, d’abord, il déclare que le cahier des charges, — qui est incontestablement, dit-il, un marché de travaux publics, — n’a pas eu le pouvoir de consacrer une vente virtuelle, destinée à devenir parfaite dès que le prix serait déterminé : la clause de fixation par des experts, aimablement nommés ou désignés par un tiers, n’est qu’une modalité de l’acte de concession : de sorte que si un procédé d’entente amiable est inscrit au cahier des charges, cela n’entraîne aucune dérogation à la compétence administrative.
- Voilà donc, en termes formels, la doctrine du conseil de préfecture condamnée.
- Mais le Conseil d’Etat ne va pas jusqu’à dire que, d’emblée, le conseil de préfecture aurait dû rejeter la tierce-expertise faite par l’expert désigné par M. le juge de paix : le contrat étant formel sur ce point, il n’appartenait point au juge d’en supprimer une clause a priori et de remplacer de suite par un expert de son choix celui qui était nommé par le mandataire de toutes les parties.
- Quelle devait donc être d’après le Conseil d’Etat la conduite à tenir par le conseil de préfecture ?
- L’arrêt du 14 juin 1912 la précise de la façon suivante, et comme tous les termes paraissent en avoir été pesés, il est bon de les retenir : le rapport du tiers expert ne doit pas être considéré comme infaillible ; il n’est en aucune façon assimilable au travail d’un tiers-arbitre nommé par un compromis que la commune n’est pas recevable à signer. C’est seulement le travail d’un expert ordinaire, susceptible d’être examiné par la juridiction administrative, d’être discuté par les parties en audience publique, d’être corrigé par le juge administratif, s’il y a eu des erreurs commises et, dans le cas où ce travail paraîtrait au tribunal insuffisant, il y aurait lieu pour la juridiction administrative de nommer d'autres experts, absolument comme cela se produit quand une expertise faite par des agents nommés par justice apparaît comme incomplète : le pouvoir discrétionnaire du juge l’autorise à nommer autant d’experts qu’il le juge nécessaire, pour refaire ou parfaire le travail des premiers.
- En un mot, l’article du cahier des charges qui désigne des autorités chargées de choisir des experts ne constitue qu’une tentative de conciliation amiable ; mais il ne saurait aboutir à un bouleversement des compétences, et à transformer, soit en une vente parfaite, soit en un arbitrage comparable à celui que les particuliers pourraient faire, un contrat administratif dont l’exécution, en cas de contestation, doit toujours être soumise au juge souverain.
- III
- Puisque nous en sommes actuellement au chapitre des réclamations originales, en matière de rachat par les communes, nous ne croyons pas devoir passer sous silence une difficulté solutionnée entre la commune de Fourchambault et son concessionnaire par arrêt du Conseil d’État en date du 6 décembre 1911.
- La commune de Fourchambault, ayant racheté sa concession de gaz, prétendait demander à son concessionnaire une indemnité pour malfaçon, et lui imposer une réduction d’égale somme sur le chiffre qu’elle devait lui verser à titre de rachat.
- Voici comment elle exprimait sa requête :
- p.212 - vue 212/416
-
-
-
- 17 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 213
- D’après l'article premier du cahier des charges datant de 1867, les tuyaux destinés à conduire le gaz devaient être placés au-dessous du sol à une profondeur de 70 centimètres au moins.
- Or, au moment du rachat, la ville, ayant remarqua que cette profondeur n’avait point été respectée, était donc en droit de dire qu’il y avait grossièr^malfaçon dans la pose, et que le concessionnaire devait en être rendu responsable.
- Et, ce qu’il y avait de plus étrange, la ville avait commandé elle-même et payé au concessionnaire certaines canalisations de même nature: il paraissait donc bien difficile de dire qu’elle avait été vraiment mécontente d’un mode qu’elle avait accepté pour elle-même dans des conditions analogues.
- Mais le Conseil d’Etat, tout en rapportant ce fait, a donné une raison plus élevée et plus convaincante à notre avis : une commune concédante doit, pendant le cours de la concession, prendre les dispositions nécessaires pour assurer l’exécution par le concessionnaire des prescriptions rappelées dans le cahier des charges. Si elle n’a pas cru devoir exercer son droit formel, elle ne saurait, en fin de concession, et pour des canalisations posées dès le début de l'entreprise et ayant fonctionné depuis quarante ans, alléguer qu’elles ne seraient pas conformes aux exigences de la convention, et demander, de ce chef, réparation d'une malfaçon qu’elle a depuis si longtemps tolérée.
- Paul Boucault,
- Avocat à la Cour de Lyon.
- Texte de l'arrêt du 14 juin 1912 (affaire Mottet contre commune de Saint-Martin^ de-Vésubie).
- Le Conseild’État, etc.
- Vu la requête sommaire et le mémoire ampliatif présentés par le sieur Mottet, concessionnaire de l’éclairage électrique dans la commune de Saint-Martin-de-Vésubie, tendant à ce qu’il plaise au conseil d’annuler un arrêté du Conseil de préfecture du département des Alpes-Maritimes, du 29 janvier 1910, en tant que ledit arrêté a admis la fixation, par un tiers expert désigné par le juge de paix, h une somme de 3o 072 francs de la valeur des installations électriques appartenant au requérant;
- Ce faisant : attendu que la commuue de Saint-Martin-de-Vésubie, usant du droit qu elle lient des conventions, reprend, en fin de concession, les installations électriques; que pour fixer la valeur de ces installations, les parties, par application de l’article 22 du contrat intervenu entre elles, ont eu recours à deux experts qui n’ont pu se
- mettre d’accord et que la valeur de 3o 072 francs a été faite par un tiers expert désigné par le juge de paix; que le requérant n'a pas consenti à celte désignation, que si elle était prévue à l’article 25 du marché, elle ne pouvait être imposée à la partie qui s’y refusait; qu’en cette matière, et à défaut d’entente, la compétence est administrative; qu’il appartenait au Conseil de préfecture, saisi par le requérant,de désigner l’expert ou les experts et de statuer sur l’évaluation ; qu’en admettant comme valable l’évaluation par l’expert du juge de paix, le conseil s’csl dérobé à sa compétence; qu’il ne peut être porté atteinte à une compétence d’ordre public par une disposition contractuelle; que cette disposition a été à tort considérée comme une application de l’article i5ga du Code Civil en matière de vente ; qu’elle n’est pas davantage un compromis qu’il n’appartenait pas à la ville de faire.
- Décider que le Conseil de préfecture chargera trois experts d’évaluer le matériel litigieux ou si le Conseil d’Etat estime l’affaire en état d’être évoquée, désigner lui-même un tiers expert à cet effet.
- Vu r arrêté attaqué;
- Vu, enregistré le i3 décembre 1910, le mémoire en défense présenté par le maire en exercice de la commune de Saint-Martin-de-Vésubie, tendant au rejet de la requête par les motifs que la désignation d’un tiers expert par le juge de paix a été faite en conformité de l’article 25 du contrat; que la clause de cet article, sur ce point, n’est pas une modalité du marché de travaux publics, échéant à la compétence administrative, mais une clause de vente à laquelle a été appliqué le principe posé dans l’article 1592 du Code Civil; dans le cas présent, il s’agissait non de régler une indemnité comme dans un précédent cité par la requête, mais de fixer un prix de vente par des mandataires; que le juge de paix lui-même a agi comme mandataire des parties, et non comme magistrat; que l’expertise conventionnelle ainsi faite est non seulement légale, mais ne permet plus une expertise judiciaire, la vente étant parfaite; qu’ainsi le Conseil de préfecture ne pouvait que faire état de l’évaluation du matériel en cause, déterminée conformément à l’article 25 du contrat de concession;
- Ouï M. linbart de la Tour, maître des requêtes en son rapport ;
- Ouï Me Frenoy, avocat du sieur Mottet,et Me Hannotin, avocat de la commune de Saint-Martin-de-Vésubie en leurs observations;
- Ouï M. Pichat, maître des requêtes, commissaire du gouvernement, en ses conclusions ;
- Considérant que le traité intervenu entre la commune de Saint-Martin-de-Vésubie et le sieur Mottet pour l’éclai* rage électrique constitue, dans toutes ses parties, un marché de travaux publics et que, par suite, le contentieux de ce traité appartient au Conseil de préfecture aux termes de l’article 4 de la loi du 28 pluviôse an VIII ;
- p.213 - vue 213/416
-
-
-
- 214
- LA LUMIÈRE ÉLÈCfRiçUÉ T. XIX(2* Série). — N» (fô,
- Que si l'article 2S du traité stipule qu’en itri de concession la municipalité aura le droit d’acquérir l’inslal-latibh complète de l’éclairage, moyennant le prix fixé à dire d’experts dont un choisi par la municipalité, tin
- second par le concessionnaire, et, au cas de désaccord entré eux, un tieés nommé par le jugé de paix, cette disposition qui établit une faculté au profit de la ville n'a pas pour, objet la fixation d’un prix de vérité, mais formule une modalité de l’acte de concession; qü’airisi èh prévoyant un procédé d’entente amiable auquel les parties doivent d’abord nécessairement recourir poiii* la fixation de la valeur dù matériel en cause, elle rie déroge
- pas à là compétence légale ci-dessus rappelée et rie fait pas d’obstacle à ce que I’ëYulüàtjdh ainsi faite soit discutée devant le Conseil de préfecture; qu’il résulté de ce qui précède que si c’est a feoii droit que le Conseil de
- préfecture s’est refusé à nommer un tiers expert, aux lieu et place de celui qu’avait désigné le juge de paix, conformément aux conventions intervenues, c’est à tort que sur la réclamation dont il avait été saisi par 1(» sieiir Mottel, il a déclaré définitive l’évaluation faite par le
- tiers expert nomnid pai* lé jügc dé paix, et qiië, jibur ce motif, il a rejeté dans son ènsèriible là rëclàmàtioü dudit sieur Mollet; qu’il y a lieu par suite de renvoyer les parties devant le Conseil de préfecture auquel il appartiendra de statuer soit immédiatement d’après les éléments d’information fournis par les pièces versées au dossier, soit meme si le Conseil de préfecture en reconnaît là nécessité, à la suite d’une expertise ordonnée dans les formes prescrites par la loi dix 22 juillet 1889* Décide :
- ÀiiTioLK rniiSmut. — L’arrêté siisvisë cl il CÜtiscil de
- 1
- prélecture dès Alpes-Maritimes est aiinulé daiis les dispositions par lesquelles il a reconnu coirithe fixé à 3o 072 francs le prix des installations électriques reprises par la commune de Saint-Marlin-de-Vésùbie.
- Art. 2. — Les parties sont renvoyées devant le Conseil de préfecture pour être statué sur les contestations relatives à la reprise du matériel dont il s’agit.
- Art. 3. — Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
- WBLIOkRÀPHlE
- Il est donné une analyse des . ouvrages dont «
- Les cohdïicieurs d’électricité en aluminium, par Ë. DÙsaugey, ingénieur civil des Mines. — i vol.
- de 140 pages avec 60 ligures. — H. Dunod et 12. Pinat, éditeurs. — Prix : broché, 7 fr. 5o,
- Réunir sous un faible volume tous les éléments nécessaires au calcul des lignes en aluminium et même k leur comparaison avec celles eii cuivre, tel est le résultat intéressant auquel est arrivé M. J)u-satigeÿ. Cet intéressant ôtivràge comprend, en effet, dans ses i3o pages envifbH, le calcul des lignes, tant âti point dé viiè électrique qii’aii point de vue mécanique, ainsi cjiie leurs conditions d'emploi dans Pindiistrie éléctriquc.
- De très lài'ges emprunts ont été faits aux procédés graphiques et aux abaques et, en particulier, à cfcux de AI. Blondel, de sorte que la solution des problèmes concernant la détermination des lignes peut s'obtenir avec une très grande rapidité.
- En dehors des propriétés électriques et mécaniques de raluininium, et ainsi qüe des calculs de conducteurs, et dont l’ensemble occupe les trois premières parties du livre, AI. Dusaugéy a consacre quelles chapitrés au mode d’emploi de l’aluminlurri, c'est-à-dire à la construction des lignes aériennes, à celles des canalisations inté- 1
- deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- rieurès et, enfin, aux Conducteurs isolés et aux cables armés.
- Parmi les différents chapitres dti livré de AI. Du-saugey, l’un des plus intéressants est celui relatif aux calculs mécaniques des conducteurs aériens d’après la réglementation française et d’après la réglementation allemande.
- L’ouvrage comporte de nombreux exemples numériques, ainsi que les abaques universels de AI. Blondel, transformés, bien entendu, pour être iipplifcàblës à l’aluminium.
- Il est certain qu’au moment où les cours du cuivre augmentent, alors qùè la fabrication dé raUiminiuili a réalisé de grands perfectiorinefnehts, les installations faites àvee emploi de ce dernier vont se développer rapidement. Le traité de M. Dusaugéy arrive donc à son heure et répond à un réel besoin; son succès est, par suite, assuré. G.-F. Guilhhrt.
- Sur là production, la distidbution èt remploi de rèîectricitè par les charbonnages, par F. Leprince-Rihguet, ingénieur en chef au corps des inines. — 1 vol. in-8° raisin de i36 pages, avec /jb figures. — Cu. Béranger, édiieiir, Paris. —- Prix : broché, 10 francs,
- l Le petit livre de AI. Leprihefe-Riiiguèi « Ji’a pas
- p.214 - vue 214/416
-
-
-
- 47 Août 4913;
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- comme le dit son auteur, la prétention d'énumérer toutes les applications de l'énergie électrique à rinduslrie houillère». L’auteur s'csl appliqué, au contraire, à réexaminer que les caractères essentiels des principales applications.
- Le travail èst divisé en cinq chapitres :
- De \jL production et de l’emploi de l'énergie élèc-triqtfe dans les pays de houille;
- Valeur de l'énergie et facteur ctë charge, d’après l’exeniple des grands réseatix houiltci's;
- PaTticulariiés techniques des cenltàlès et des réseaux;
- Siège à vapeur et siège électrique;
- 1/extraction électrique ;
- Particularités spéciales des autres applications.
- Lés exemples d’installation sont judicielisèfiiciu choisis parmi les plus récents, ils pèhnieilènt à M. Leprince-Ringucl de conclure que F ce éfëèlricilé n’a pas de piano dans les charbonnages un droit de ciié complet et définitif et qu’elle doit continuer la fc-cherche des améliorations par l'apprOprialion intime de l’organe à la fonction, pour renforcer la place si importante qu’elle a prise depuis quelques années.
- En somme, malgré son sujet bien spécial, le livre de M. Leprincc-Riiiguel. intéressera la plupart des électriciens par les nombreux problèmes qu’il traite,
- G.-F. Guilheht
- Recueil de problèmes dfélectricité (avec solutions raisonnées), par H. Pécheux. — i vol. in-8° raisin de 190 pages, avec 53 figures. — C11. Dki.a-gkavis, éditeur, Paris. — Prix : broché, 6 francs.
- Ce recueil de problèmes, destiné surtout aux élèves des écoles nationales d’arts et métiers, s’adresse aussi aux candidats aux écoles éleclrofecimiques, voire même' aux candidats aux certificats d’électricité industrielle des Facultés.
- Tous les problèmes résolus dans ce rècueil sont nouveaux et sont classés en deux publies se rapportant; la première à Félëclroslatique et la seconde à Téléc trody nautique.
- La première partie comporte quatre chapitres : l’if 11 relatif à la masse, au champ et au potentiel, le second au potentiel et; à la capacité, le troisième, aux condensateurs et le quatrième aux problèmes sur l’énergie des conducteurs et; le travail des forces électriques.
- La seconde partie est beaucoup plus développée que la première. Elle s’occupe tout d’abord des problèmes sur les lois d'Ohrn, de Joule et de Faraday, puis de ceux sur le magnétisrnè, Télectromagné-lismc et les galvanomètres.
- Viennent ensuite ceux relatifs aux actions électro-dynamiques, puis aux flux, aux champs, à 1’hyslérésis, à l’induction, à la self-induction et à l’induction
- mutuelle, et, enfin, aux piles hydro ou thermo-électriques et aux accumulateurs.
- L’àuteur iiborde alors lés problèmes süi* les appareils générateurs et récepteurs d’énergie électrique, dyitümos et moteiirs k coviraht Continu ou dltëriüitif, Irânsforihateiirs, coihmütâtrices, et termine par ceux Stir Tëclairâgc et stir lé traiispôrt de f’êriërgië.
- Chaque chapitré du livré est précédé d’iiri pétit résumé très clair rappelant lès notions théoriques nécessaires et donnai!t lès fbrriiulès générales cpil interviendront dans la solution des problèmes traites.
- Tous les problèmes théoriques sont toujours accompagnés d’iine application numérique permettant âüx élèves de sè ïarhiliâriser avec Tordre (le gran-
- deur des phénomènes.
- Lés problèmes relatifs aux machinés sont dirigés et classés de façon à conduire aux calculs de cès appareils.
- En soniriie, ce rècüëil présente quelques ôriginâ-lités par rapport à ses devanciers et nous sommes certain qu’il sera consulté avec, fruit par les diverses catégories d’élèves ou de candidats auxquelles il s’adresse. G.-F. Guïlbeiit.
- La télégraphie sans fil, la téléphonie sans ûl, applications diverses par G.-E. Petit et L. Bouthillon, ingénieurs des Télégraphes. —1 vol. in-8° raisin de ij3 pages avec 176 figures. — Ch. Drlaguavjî, éditeur, Paris. — Prix: broché, 5 francs.
- Ce livre se distingue essentiellement par son caractère documentaire et pratique. Ecrit par deux techniciens spécialistes, il représente à cet égard mie haule valeur.
- Ce que les auteurs ont voulu, c’est permettre à l'ingénieur, à tous ceux qu’intéressent les progrès de la radiotélégraphie de se rendre compte des résultats auxquels on est arrivé dans la pratique de celle nouvelle science; mais ils ont voulu aussi mettre entre les mains du technicien des documents et des référencés présentant tonte la précision voulue.
- L’ouvraoe est admirablement documenté et meme
- O
- les praticiens pourront parfois le consulter avec fruit* car ils y trouveront décrits les divers dispositifs avec une précision que ne comportent pas toujours les traités [de télégraphie sans fil, où ia place importante nécessitée par les développements * théoriques ne permet pas aux auteurs de s’étendre autant qu’il serait nécessaire sur les descriptions .pratiques*
- R. J,
- p.215 - vue 215/416
-
-
-
- 216
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N° 33.
- BREVETS
- Dynamomètre André Wallon pour Fessai des machines électriques.
- Ce dynamomètre consiste en un renvoi monté sur deux paliers, formé d’un arbre creux portant une poulie, et d’un arbre plein logé à l’intérieur du premier, portant un plateau d’accouplement à l’une de ses extrémités ; l’arbre creux est solidaire d’une culasse formant pot de presse : l’arbre intérieur y pénètre et joue le rôle d’un piston plongeur. La capacité intérieure libre est pleine de liquide.
- Un système de rampes et de contre-rampes hélicoïdales ménagées d’une part dans le pot de presse, d’autre part sur le piston, guident celui-ci et déterminent une compression du liquide dès qu’on imprime une rotation à la poulie, et par conséquent au pot de presse. Cette pression de liquide équilibre la
- sollicité directement ou indirectement par des résistances passives qui sont :
- i° Le frottement des paliers;
- •2° Le frottement du tube de communication avec le manomètre, dans sa garniture.
- Ces résistances comptent avec le couple appliqué sur la poulie de l’arbre creux, positivement ou négativement suivant que ce couple est résistant ou moteur : au contraire l’arbre plein étant logé dans le précédent, et tournant solidairement avec lui, est soustrait à ces résistances passives, de sorte que le couple appliqué au plateau par la machine en essai est rigoureusement celui qui est transmis par les rampes de la culasse, c’est-à-dire celui qui est mesuré par le manomètre.
- Il est donc inutile de monter ce renvoi sur paliers
- force d’avancement du piston; elle est proportion- à billes, comme on le fait p
- «= 1
- CH>
- 'irJ p"i?3rir
- Fig. i
- nelle au couple moteur et au couple résistant. En effet soit C la valeur du couple, et P la pression, h le pas de l’hélice, 6‘ la surface active du piston : pour une rotation co, le travail .du couple est G o> ;
- (j)
- le travail de la pression est Ps — •
- A '2 7T
- D’ouj
- C = P — = P x K.
- Un manomètre, qui peut être enregistreur, donne P; un tachymètre compte les tours : les deux mesures faites simultanément permettent de déduire la puissance.
- Cet appareil se prête naturellement à l’essai des moteurs et des génératrices, mais il faut prendre le soin de toujours accoupler la machine en essai au plateau de l’arbre intérieur, la poulie étant réservée soit à l’absorption de la puissance par un frein ou récepteur quelconque, soit à l'entraînement par un moteur suivant le cas.
- Ceci pour la raison suivante : l’arbre creux est
- mètres, puisque la cause d’erreur est complètement éliminée.
- Gomme principaux avantages de ce dynamomètre,, il faut signaler, que le déplacement de l’arbre creux par rapport à l’arbre plein étant minime, en raison du petit volume et de l’incompressibilité du liquide, il n’y a pas d’effet d’inertie qui puisse amollir ou masquer les variations du couple, même si elles sont rapides. À cet égard, pour ce qui concerne les moteurs électriques, l’indication du couple au démarrage est très nette et facile à relever sur un diagramme.
- Enfin le même appareil se prêle à mesurer des puissances de grandeur très différente avec la même sensibilité, car celle-ci ne dépend que du manomètre employé; par l’emploi de plusieurs manomètres, on peut donc s’arranger pour obtenir le maximum de précision dans la lecture.
- G’est un avantage sur les appareils à ressorts et sur les torsionmètres dont les limites d’application sont beaucoup plus restreintes si on leur demande une précision toujours suffisante.
- p.216 - vue 216/416
-
-
-
- 17 Aoftt 4812,
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 217
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Matériel et installation d’essais à haute tension ('j.
- Laboratoire d'essais de la câblerie des ateliers de Constructions électriques de Charleroi
- ,Ce laboratoire comprend, en dehors des installations et instruments de mesure de résistivité, de capacité et d’isolement des câbles, une série d’appareils destinés à soumettre les câbles à des tensions d’essai notablement supérieures aux tensions de service et d’exécuter des recherches sur les matières isolantes employées dans la fabrication.
- L’énergie nécessaire à ces essais est amenée au laboratoire par canalisation souterraine, sous forme de courant alternatif triphasé à 5o périodes, 6 Goo volts. Ce courant est transformé, tant pour les besoins du laboratoire que pour alimenter les nombreux moteurs actionnant les machines de la câblerie, au moyen de deux transformateurs statiques à bain d’huile de rapport de transformation 66oo/a3o volts.
- Le courant à 66oo volts sert, d’autre part, à actionner un groupe transformateur rotatif.
- Ce groupe est constitué d’un moteur asynchrone à rotor enroulé et muni de bagues avec dispositif de mise en court-circuit, d’une puissance effective de 125 chevaux, sous 6 6oo volts, accouplé rigidement, sur taque d’assise commune, à un alternateur monophasé de 8o K. Y. A., entraîné à 960 tours et capable de produire du courant alternatif sous des tensions variant de o à a5o volts. L’excitation de cet alternateur est assurée par une excitatrice en bout d’arbre, débitant du courant continu à 110 volts. Ce courant d’excitation est réglé par la manœuvre d’un rhéostat de champ, construit spécialement avec un très grand nombre de divisions pour permettre 'l’obtention de toute la gamme des tensions aux bornes de l’alternateur, dejjuis o jusqu’à 25o volts. De plus, leyhéostat de champ de l’excitatrice permet de parachever encore le réglage.
- Cet alternateur peut desservir deux transformateurs statiques monophasés.
- L’un est de construction semblable à celui qui a été décrit précédemment. Il est capable de débiter à ses bornes secondaires 80 kilovolts-ampères sous des tensions variant de o à 25o 000 volts. Le couplage en série ou en parallèle des deux parties de l’enroulement à haute tension permet également ici d’obtenir, soit 80 K. V. A. sous o à x 25 000 volts (couplage parallèle), soit 80 K. V. A. sous o à 25o 000 volts (couplage série). La borne spéciale qui existe sur le transformateur précédemment décrit et qui permet notamment de faire la lecture partielle de la tension secondaii’e a été supprimée ici, la mesure de la tension se faisant au moyen d’une balance électrostatique à bain d’huile.
- L’autre transformateur est destiné aux essais sous tensions moins élevées. Son rapport de transformation [est de o,25o à o,25ooo volts. Les deux parties de l’enroulement secondaire peuvent également être mises en série ou en parallèle pour donner 25 000 ou 12 5oo volts.
- Ces deux transformateurs, construits par les A. C. E. C., ont été soumis àdes essais de tension à l’usine, respectivement de 35o 000 et de 40000 volts.
- Comme il a été dit plus haut, l’alternateur du groupe rotatif pouvant alimenter soit l’un soit l’autre de ces transformateurs, le réglage de la tension secondaire se fait par la manœuvre des rhéostats de champ de l’alternateur et de l’excitatrice.
- La câblerie est ainsi équipée pour pouvoir fabriquer des câbles armés pour tensions de service pouvant atteindre i5o 000 volts.
- Les bornes des transformateurs précités sont reliées à un réseau de conducteurs disposés le long des bords des citernes d’essai des câbles sur bobines.
- *
- * *
- Pour les essais après pose, la câblerie dispose de plusieurs transformateurs statiques à rapports de transformation multiples alimentés par l’intermédiaire de régulateurs d’induction.
- Elle possède de plus une station mobile pour essais de câble, qui comporte î
- (*) Cf. Lumière Electrique, 28 juillet et 3 août 191a.
- p.217 - vue 217/416
-
-
-
- 218
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N» 33.
- Un groupe électrogène, composé de :
- Un moteur à essence Gnome de 45 chevaux effectifs actionnant, par accouplement direct ;
- Un alternateur monophasé de 3o K. V. A. de puissance normale, sous 19.5 volts et 5o périodes à la vitesse de i ooo tours par minute, dont l’excitation est fournie par une excitatrice en bout d’arbre.
- L’ensemble est installé sur un truck monté sur roues et Mché pour le transport sur routes.
- Un groupe transformateur-élévateur composé de :
- Un transformateur monophasé alimenté sous o à iu5 volts, 5o périodes et capable de développer à ses bornes secondaires 3o kilovolts-ampères de puissance totale, soit sous 20000 soit sous 40000 volts, par couplage parallèle ou série des enroulements.
- Une série de G bobines de self réglables, capables d’absorber chacune 47,5 K* V. A. sous 40 000 volts et servant à compenser approximativement la capacité des câbles à essayer.
- Un tableau de distribution portant, outre les appareils démesuré, les rhéostats de champ de l’alternateur et de l’excitatrice permettant de régler la tension secondaire du transformateur.
- Cet ensemble est disposé sur une seconde voiture.
- Lors des essais, les deux voitures sont reliées électriquement par des connexions volantes.
- Cette station permet d’essayer notamment, à .>0000 volts, 5 kilomètres de câble armé de 3 a5 millimètres carrés de section de cuivre et d’une capacité de 0,2 microfarad par kilomètre. La mesure de la tension d’essai est faite au moyen d’un voltmètre électrostatique transportable type Hartmann et Braun établi pour 40 000 volts (J).
- ¥ ¥
- Matériel exposé à Turin par la Société industrielle des Téléphones.
- Le matériel exposé à Turin se divisait en deux parties : l’une en service (matériel en service) comprenant un câble à 110 000 volts’ et un poste de transformation de 110000/990 volts; l’autre renfermant des produits de fabrication courante.
- Câble 110 000 volts.
- La fourniture de câble pour le transport de force à 110 000 volts comprenait : 3oo mètres de câble tri-sphasé, et 100 mètres de câble monophasé.
- (*) Une station identique a élé fournie à la Société d'électricité du Nord de la Belgique.
- La fabrication d’un câble pour une tension aussi élevée n’est pas sans présenter de nombreuses difficultés; la région de l’isolant qui doit être le mieux imprégnée est celle qui est contiguë au conducteur central et c’est précisément dans cette région que l’enduit ale plus de difficulté à pénétrer. Aussi des dispositions spéciales ont-elles dû être prises en vue de réaliser l’imprégnation d’une façon aussi parfaite que possible. Grâce à des procédés spéciaux, l’usine de Bezons a obtenu un succès complet dans la solu-r tion de ce difficile problème, et les essais qui ont été faits sur ce câble ont donné toute satisfaction.
- Poste de transformation 110 000/220 volts,
- Dans le poste de transformation étaient installés:
- i° Trois sectionneurs sur l’arrivée à 110 000 volts.
- 9° Un disjoncteur tripolaire pour la même tension, commandant un transformateur de 100 kilowatts I 10000/920 volts.
- 3° Un groupe convertisseur fourni par les Ateliers de Sainl-Ouen et un petit tableau de distribution destiné à la commande des circuits à basse tension.
- Les sectionneurs sont du type suspendu. Chacun d'eux mesure i,o5o mètre d’axe en axe des porcelaines support. L’une de ces porcelaines porte Taxe d’articulation du couteau, l’autre porte la mâchoire avec dispositif de guidage pour l’entrée du couteau.
- L’interrupteur prévu pour 100 ampères à 110 000 volts se compose de trois pôles identiques constitués de la façon suivante : sur quatre colonnes de 120 millimètres de diamètre repose le bâti en fonte, qui supporte les porcèlaines d’entrée, le système de contacts et le bac. Les porcelaines d’entrée sont formées de deux pièces d’une hauteur de 1,420 mètre, dont 0,870 mètre à l’extérieur de l’interrupteur : chacune d’elles est traversée par une tige de cuivre, vissée en bas dans le plot porte-contact et porte à sa partie supérieure la cosse de raccordement. L’espace libre entre la tige et l’intérieur de la porcelaine est rempli d’un isolant de composition spéciale. Les pièces mobiles de l’interrupteur sont constituées par deux couteaux horizontaux, pivotant autour d’un axe vertical.
- Les porcelaines d’entrée portent chacune une mâchoire et l’un des couteaux en porte également une. Cette disposition a permis d’obtenir 3 ruptures en série sans plot intermédiaire et il est à remarquer que la vitesse de la rupture centrale est double de celle des deux autres. De plus le système occasionne un déplacement d’huile très faible et évite ainsi la formation de poches gazeuses nuisibles à
- p.218 - vue 218/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- m
- 17 Août 1912,
- l’extinction de Tare,, car on comprend aisément que, par suite de son poids, l’huile située au-dessus du point de rupture étouffe Tare dos qu’il tend à se produire.
- Le mouvement simultané des deux couteaux est réalisé au moyen de deux manivelles calées sur le pivot des isolateurs porte-couteaux. Ces manivelles sont réunies par une bielle réglable et la commande se fait sur l'un des porte-couteaux. Dans ccs appareils, l’effort de fermeture est très faible et consiste surtout à bander les ressorts ; pour réduire les frottements, les isolateurs porte-couteaux sont supportés par des pivots à bielles et guidés dans des manchons en bronze.
- Enfin, le bac à huile en tôle de 5 millimètres ne contient pas moins de 8oo litres d’huile et pèse en ordre de marche environ t ooo kilogrammes. Malgré ces énormes dimensions, la manœuvre se fait très aisément grâce à la disposition suivante : le bâti porte à chaque extrémité de son grand axe un bossage ou est logée une pièce à rotule qui supporte, par rintermédiairc d’un roulement à billes, une vis à filet carré. Sur celte vis peut monter ou descendre un écrou sur lequel vient s’appuyer le crochet de suspension du bac. La commande du mouvement se fait par les volants montés à la partie supérieure des vis ; grâce aux articulations à rotule on évite tout coincement.
- La commande de l’interrupteur est électrique et se fait par électro-aimants. A l’aide d’un commutateur placé sur les panneaux basse tension, on envoie du courant continu, produit par le groupe convertisseur, dans deux élcctros conjugués qui entraînent la bielle de manœuvre; on produit ainsi à volonté soit l’ouverture, soit la fermeture de l’appareil. Le déclenchement automatique est produit au moyen de relais haute tension qui se composent d’une part d’un solénoïde série agissant à maximum et monté directement sur la porcelaine meme du support du scctionncur et d’autre part d’un dispositif de contact à basse tension destiné à alimenter la bobine de déclenchement et enfermé dans un petit carter métallique.
- La liaison mécanique entre le noyau du solé-noïde et le levîeidporle-contact est constituée par un tube isolant en ce Pertinax » de a,y.o mètres de longueur. Le [réglage de déclenchement est opéré au moyen d’un contre-poids qui se déplace en regard d’une échelle graduée. Enfin, un retardateur Ellison permet d’obtenir des retards variant entre 3 secondes et 3 minutes,
- Appareils de fabrication courante.
- La seconde partie du matériel exposé comprenait :
- i° Une collection de postes téléphoniques « muraux» et «mobiles» permettant de se rendre compte du grand choix d’appareils que la Société Industrielle des Téléphones fournit pour répondre aux différents besoins.
- A côté de ces postes figuraient différents organes pour tableaux centraux, des microphones, des serre-têtes, des bandes de jacks et de signaux, des annonciateurs, des clés, des relais, des machines d’appel, etc. ;
- r2° Les boites à câbles destinées à la ligne de transport de force à no ooo volts.
- Cette fourniture comprend les boîtes de jonction servant à raccorder entre eux les tronçons du câble à trois conducteurs, les boîtes d’épanouissement, d’où sortent trois câbles isolés à un conducteur et enfin les boîtes d’extrémité permettant de passer des câbles isolés à un conducteur en fils aériens;
- 3° Trois disjoncteurs pour les intensités de 7000, 3 ooo et 1 200 ampères. Ces disjoncteurs, dont Iles modèles ont clé tout récemment créés, constituent un perfectionnement notable des disjoncteurs Ellison, dans la construction desquels la Société Industrielle des Téléphones s’est depuis longtemps spécialisée et qu’011 retrouve en grand nombre d’exemplaires dans presque toutes les usines importantes de Franco. Ces nouveaux appareils se distinguent par la douceur de fermeture et la perfection des contacts qui permet de réduire la chute de tension entre plots à une valeur extrêmement basse et ne dépassant pas f\ à Îj millivolts.
- A coté de ces disjoncteurs, on trouve des contac-tcurs à soufflage magnétique et des relais sur barre particulièrement cnq^loyés à la commande des bobines auxiliaires des disjoncteurs; les appai'cils cle démarrage sont représentés seulement par un démarreur triphasé à déclenchement à minimum et un contrôleur type « tramway » ; les appareils pour courant alternatif haute tension ne sont rappelés que par un dispositif de disjonction à déclenchement libre pour interrupteurs à huile.
- Enfin, il faut mentionner également un appareil de commande électrique par électro-aimant permettant la manœuvre à distance de tous les appareils à cadran, rhéostats de démarrage et de réglage, réducteurs, etc. Cet appareil peut être commandé à la main ou par un régulateur automatique tel que le régulateur Routin,
- p.219 - vue 219/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série).-N«33.
- 220
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- La Cour de cassation et le Conseil d’Etat viennent de rendre chacun dans la limite de leurs attributions un arrêt qui intéresse les capitalistes : la première a jugé que l’impôt sur le revenu de 4 % perçu sur les valeurs étrangères cotées en bourse française devait être prélevé sur le montant brut du coupon sans aucune déduction des impôts, de quelque nation qu’ils soient, perçus à l’étranger. La Cour s’est basée sur cette distinction de la loi de 1872 qui dit en substance « que la taxe de 4 % frappe directement « non les bénéfices et produits de la Société, mais « les produits de l’action, de la part d’intérêt, de « l’obligation. C’est, en effet, le profit personnel de « l’actionnaire ou de l’obligataire que le législateur « a voulu atteindre. La taxe frappe sur l’intégralité « de ces produits. » Jusqu’en igo5, l’enregistrement n’avait perçu la taxe que sur le montant net du coupon : depuis il avait exigé des compagnies étrangères le versement de l’impiôt sur le brut, d’où le procès qui vient de se dénouer au profit de la thèse de l’enregistrement. Il semblera un peu exagéré aux porteurs de valeurs étrangères de payer un impôt qui, calculé sur ces nouvelles bases, pourra' atteindre 5 à 6 % du revenu qui leur profite : c’est du protectionnisme fiscal qui a la prétention de ramener aux valëurs françaises les capitaux qui émigrent si volontiers parce que l’accueil qu’ils reçoivent en pays étranger leur est plus favorable que chez nous. Mais économiquement parlant, le résultat le plus clair sera de faire baisser la valeur des titres de la quantité correspondante au revenu amputé : d’où une perte de capital qui ne profitera à personnel Quant au fond de la thèse, il reste discutable car on ne voit pas bien la différence qu’il y a entre les produits de la Société dont les premiers ne sont qu’une part.
- Les capitalistes français auront en dernier ressort la ressource de faire échec aux emprunts étrangers qu’une politique d’accords commerciaux leur fait offrir de préférence par des établissements très accrédités.
- Au Conseil d’Etat, l’affaire qui a été solutionnée est celle de la durée de la garantie d’intérêts des actions des Compagnies d’Orléans et ctu Midi. Le ministre des Travaux publics, malgré un précédent arrêt de 1895 de la même juridiction administrative, xavait émis la prétention de faire cesser en 1914 l’effet des conventions qui réglaient à cet égard les situations respectives de l’Etat et des Compagnies. On voit et on mesure les conséquences de cette pré-
- tention. L’annonce d’un nouveau régime fiscal, les modifications essentielles et contraires à tout droit apportées dans le régime des retraites des agents, bien d'autres mesures arbitraires avaient amené le désintéressement du public dé ces valeurs dites de père de famille. Le triomphe de l’interprétation donnée par le ministre aux conventions de i883 eût achevé de démolir le crédit de nos compagnies. Le Conseil d'Etat s’en rapportant à son premier arrêt de 1890 a donné entièrement raison aux compagnies en décidant que la garantie cessait avec la concession, c’est-à-dire en ig56. Ceci suffira-t-il à ramener le public à des valeurs qui ne lui procurent que 3,5 % à 3,75 % au plus, le gain de la prime de remboursement n’étant guère escompté pour ce qui concerne les obligations, et l’augmentation du capital étant très aléatoire avant quelques années? La confiance ne se commande pas et s’il paraît qu’une certaine sagesse préside aux projets en cours, elle n’apparaît pas comme pouvant dicter des décisions définitives : d’où une incertitude qui ne profite pas aux dites valeurs'.
- Tramway et Electricité en Russie a tenu sa première assemblée générale le 25 juillet dernier. Le premier exercice n’embrasse que dix mois d’exploitation.'Cependant, les résultats sont tels que le Conseil a pu proposer un premier dividende de 5 % sur le montant libéré des actions de capital, puis 25 % à titre de deuxième dividende aux mêmes actions, et enfin 75 % aux actions de dividende. Au total, sur un solde du compte profits et pertes de 752660 fr. 711 354 francs ont été distribués. Tramways et Electricité en Russie s’est particulièrement attachée à ne s’intéresser qu’à des affaires en plein rapport : celles des Tramways de Riga, de l’Electricité de Bialystock et de Radom sont dans ce cas. A Riga, la recette des tramways est en augmentation de 18,5 % sur celle de l’exercice précédent, et les bénéfices réalisés supérieurs de 477 638 francs ont permis dc'distribuer un dividende de 11 1/2 %.
- A Bialystock, il s'agit d’une distribution d’énergie dont les recettes sont en progression de 108 %' et le bénéfice de 200 % . L’accroissement de la clientèle a nécessité l’installation de deux nouveaux turbo-générateurs de ï 000 kilowatts. A Radom, il en est de môme, grâce à une révision des tarifs qui procure pour les premiers mois de 1912 une majoration de recettes de 20 % .
- La Société a en outre acquis des stations à Simfé-ropol en vue d’y exploiter un réseau de tramways, et
- p.220 - vue 220/416
-
-
-
- 17 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 221
- un réseau de distribution d’énergie à Odessa, elle a pris une participation importante dans les téléphones. Enfin, elle étudie d’autres affaires en Russie qui lui procureront d’intéressants revenus.
- Le capital de dix millions étant insuffisant pour faire face à ces différentes acquisitions, 6 millions d’obligations ont été émis dont 3 millions sont encore à la souche. Au bilan le portefeuille figure pour 13 545 4 * 1 francs et les participations pour 3 404 773.francs ; soit un ensemble de 16950484 Ir. qui ont rapporté 1 022 001 francs. Mais le débit du compte profits et pertes ne comporte que peu de postes et de faible importance en raison même de la constitution de la société. Aussi le bénéfice est-il de près de % comme nous l’avons indiqué plus haut. Une certaine publicité, particulièrement en Belgique, a été faite autour de cette affaire qui semble justifier les prévisions optimistes de ses promoteurs.
- La Compagnie Internationale d’Électricité à
- Liège qui possédait la concession d’éclairage de cette ville conjointement avec l’A.E.G. Union Electrique est sur le point de se la voir reprendre par la ville qui s’était réservé cette faculté au bout de cinq ans. Le préavis est de huit mois la concession devant être reprise ch juillet 1913. La situation est a même pour l’éclairage au gaz. La Compagnie Internationale ne regrettera pas ce rachat qui lui vaudra de 3oo 000 à 400000 francs de disponibilités immédiates.
- Les actionnaires de la Banqua Renauld ont tenu leur assemblée annuelle le 27 juillet : les résultats qui lui ont été soumis font ressortir un bénéfice de 1 949 339 francs pour un chiffre d’affaires de 1 milliard 3i2 millions; soit un rendement brut de 14,8 % qui après déduction des frais généraux, du réescompte et d’un amortissement de 100 000 francs sur l’immeuble s’établit en net à plus de 10 % . La répartition de ce bénéfice de 1 426 513 francs est la suivante :
- Actionnaires 61/4 %............ 625 000
- Gérance........................ 225 000
- Instituts de l’Université de
- Nancy........................ 1 000
- Sanatorium de Lay de Saint-
- Christophe .................... 1 000
- Réserve statutaire............. 2o5 3o2 63
- Réserve supplémentaire....... 369 210 53
- La liste des affaires auxquelles la Banque s’est intéressée au cours de l’exercice montre la large part qu’elle réserve à l’industrie électrique : Aluminium du Sud-Ouest, Electro-Chimie de Bozel, Electricité de Marseille, de Meuse et Marne, Compagnie Lorraine d’Electricité, Union Gazière etElectrique etc., ont bénéficié de son appui tant moral que financier. Affaires de préférence de la région lorraine,'toujours françaises ou à dirigeants français pour justifier l’action que la Banque ne cesse d’exercer en ce sens par tous les moyens en son pouvoir et qui lui réussissent. D- E.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Pakis. — Les Chemins de fer de l’Etat viennent de commander 400 moteurs électriques destinés à l’électrification des lignes de banlieue ; ils ont été ainsi répartis ;
- 100 à la Thomson-Houston;
- 100 à la Société Westinghouse;
- 100 aux Ateliers de Jeumonl;
- 5o à la Société Alsacienne de Constructions mécaniques ;
- 5o à la Compagnie d’Electricité de Creil.
- D’autre part, la même administration a passé commande de 100 locomotives dont : 20 à la Société Alsacienne de Constructions mécaniques, 25 au Creusot, 25 à la Compagnie de Fives-Lille et 3o (en réserve) probablement aux Ateliers du Nord de la France et Nicaise et Delcuve.
- De sou côté, la Compagnie des Chemins de fer P.-.L.-M. a commandé i5 locomotives à la Société métallurgique du Hainaut, i5 à la Société des Chantiers de la Loire et 20 à la Société française de Constructions Mécaniques (anciens établissements Cail), ensemble 5o locomotives.
- Basses-Ptriînées. — Les numéros des 23 et 3o juillet du Journal Officiel contiennent les textes de la loi du décret déclarant d’utilité publique un réseau de chemin de fer et de tramways à traction électrique dans le département des Basses-Pvrénées. Les concessionnaires sont : M. E. Ader, de Bayonne, et MM. A. Giros et Loucheur, de Paris.
- Ce réseau comprend : i° une ligne allant de Saint-Jean-de-Luz à Peyrehorade par Cambo, avec embranchement d’Ascain à Sare ; 20 une ligne allant de Saint-
- p.221 - vue 221/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XIX (2« Série). — N° 33.
- 222
- Palaix à Sairil-Jeàn-Pièd-de-Port, avec embranchement sur Mèndivés ; 3° une ligne de chemin de fer à crémaillère, allant du col de Saint-Ignace (embranchement d’Ascain à Sare), au sommet de la Rhune, à l’altitude de 9o5 mètres; 4° une ligne côtière et touristique allant de Bayonne à Hendaye par la Barre, Biarritz et Saint* Jean-de-Luz.
- L’énergie nécessaire à l’exploitation du répeau sera fournie par une usine hydroélectrique située à Lieq-Athérey, sur le gave de Mauléon à 9.Ç kilomètres de Bayonne.
- Ce réseau est destiné à relier à la région de Bayonne tout le pays basque, jusqu’ici très mal desservi, et toute la côte basque qui n’était desservie que de loin par la ligne de Bordeaux à Irun, de la Compagnie du Midi. Le tracé a été étudié de façon à desservir les sites les plus pittoresques de la région, peu accessibles jusqu’ici aux touristes, et à faciliter les excursions dans toute la région basque.
- Le capital total (actions et obligations) de la Société à constituer, sera de 16 000 000 de francs; ce capital sera garanti par la Compagnie des Chemins de fer du Midi qui a voulu ainsi, en aidant au développement de ce réseau, favoriser en meme temps le tourisme dans toute la région,
- Lot. — Avis favorable est donné par la Chambre de commerce au projet de construction du réseau départemental de tramway.
- Pyrénées-Orientales. — Le conseil municipal de Port-Vendres a émis un vœu pour la contimiation de la ligne électrique d’Arles sur-Teeh à Porl-Vendrcs comme suite à la ligne d’Argclès à Ceret.
- Suisse. — Le rapport de la commission des chemins de fer conclut en faveur de la traction électrique à installer sur les lignes suisses. 11 propose le système monophasé, i 5 périodes, i5 000 volts. La force sera fournie par les usines hydro-électriquès. C’est par le réseau du Gothard que commencerait la transformation.
- Lé canton de Soleure vient de prendre une participation de 950 000 francs d’actions et d’obligations de la ligne Berne-Soleure, en vue de lutter son électrification.
- Russie. — Depuis le milieu du mois de juin, on procède, dans le parc de l'Institut polytechnique de Saint-Pétersbourg, à de nombreux essais sur des courants électriques à 25o 000 volts pour le compte du ministère des voies de communications, qui projette de faire employer la traction électrique sur les chemins de fer dont Saint-Pétersbourg est le centre, comme nous l’avons annoncé dans notre numéro du 3 août, Saint-Pé-lerbourg se trouve presque au milieu de quatre grandes chutes d’eau : celles de Narvas, d’Imalra, de Kivalcli et de Volchotf. Le ministère des voies de communications
- a jeté tout d’abord son dévolu sur la première ; les autres seront utilisées par la suite si l’électrification est développé.
- C’est la première fois qu’on fait en Russie des essais avec des courants à haute tension. Ces essais, vont se poursuivre pendant tout l’été et l’hiver prochain.
- Brésil. — Il s’est constitué à Rio-de-Janeiro une importante Société qui se propose d’installer une usine hydro-électrique gigantesque sur le fieuve San Francisco au chutes dites Paul Alphonse. Au début, la puissance de cette usine sera de 200 000 chevaux pour être portée ensuite iY 3oo 000 chevaux.
- TÉLÉPHONIE
- Algérie. —Les Chambres de commerce d’Alger et de Bougie sont autorisées è avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme globale de 81 600 francs, soit 29 900 francs pour la Chambre de commerce d’Alger cl 5i 700 francs pour celle de Bougie en vue de l’établissement du circuit téléphonique Bordj-Bou-Àrreridj-M’Sila-Bou-Saada.
- La Chambre de commerce de Conslantinc est autorisée à avancer au gouvernement générai dé l’Algérie une somme de 82 000 francs en vue de l’établissement des circuits téléphoniques Conslantine-Aïn-Beïda (2e) (62 000 francs) et Tebessa-Chéria (20 000 francs).
- La Chambre de commerce d’Oran est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme globale de 34 3oo francs en vue de l’établissement des circuits téléphoniques Oran-Legrand-Sainl-Louis(i3 3oofr.), Maseara-Oued-Tariu (16800 francs) et Arzew-Kléber (4 200 francs).
- Hérault. — La commission départementale a approuvé une convention avec l’Etat pour l’établissement de réseaux (éléphoniques dans 102 localités pourvues seulement d’une cabine téléphonique.
- Saône-et-Loire. — La Chambre de commerce de Chalon-sur-Saône est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 3 006 francs en vue de l’établissement d’un réseau téléphonique local à Genouilly et d’un çireuit Genouilly-Joncy.
- Pas-de-Calais. —. La Commission départementale a approuvé les ju’ojels de traités établis pour rattacher au réseau téléphonique général les parquets et les casernes de gendarmerie.
- Elle a autorisé le préfet i\ signer une convention avec l’administration des P. T. T. pour la construction du circuit téléphonique Arras-Amiens 2e, et des lignes suivantes : Paris-Calais 2e; Saint-Omer-Lille 2°; Saint-Omer-Arras; Lillers-Bélhiuie 2e; Caalis-Saint-Omer 2(î;
- p.222 - vue 222/416
-
-
-
- 17 Août 1912
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 223
- Paris-Plage-Etaples (spécial); Wimereux-Boulognc (spécial); Hesdin-Saint-Pol ; Béthune-Lens 2e; Arras-Boulogne 2e; Boulogne-Lille 2® ; Lens-Douai 3°; Bélhune-Chocques (spécial) ; Béthune-Lestrcm (spécial) ; Equihen-Outreau et réseau; Lens-Paris ; Boulogne-Calais ; Saint-Poi-Béthune; Arras-Reims; Arras-Amiens; Marquion-Cambrai,
- De plus elle a approuvé un empruut de 185 ooo francs pour l’extension du 4° réseau téléphonique départemental.
- SOCIÉTÉS
- cédé en séance publique, parla Commission réunie à cet effet, au siège de l’administration, 20, rue de Rome, à Paris, dans les formes réglementaires, à l'adjudication au rabais, sur soumission cachetée, de la fourniture de l’énergie électrique nécessaire aux installations des Chemins de fer de l’Etat dans la région parisienne.
- Montant du cautionnement provisoire : cent mille (100 000) francs;
- Montant du cautionnement définitif : un million cinq cent mille (1 5oo 000) francs.
- L’adjudication sera basée sur le cahier des charges et scs annexes préparés par l’Administration des chemins de fer de l’Etat.
- Compagnie Française pour F Exploitation des Procédés Thomson-Houston. Comparaison des recettes des exploitations du ior janvier au 3i juillet 1911-1912.
- DÉSIGNATION DU RECETTES MOIS DK JUILLET RECETTES DU Ier JANVIER AU 3l JUILLET (6e MOIS)
- DES RÉSEAUX 1911 1912 augmentation en 1912 I9II 1912 augment en 191 ilion 2 %
- Compagnie générale Parisiennode tramways. 847 171,55 859538,75 12367,20 5 735 172, » 6 146 735,55 431563,55 7,36
- Compagnie des chemins de fer Nogcntais.,.. 384 661,70 3834i2,6o 1 249,10 2 265 821, l5 2 437i65,o5 171343,90 7,56
- Compagnie française des tramways électriques et omnibus de Bordeaux 480061,10 496442,25 i638i,i5 i5857,34 3 248 i53,10 3446391,15 2789673,88 1982:19,05 6,10
- Compagnie des tramways de Nice et du Littoral. 257922,06 2^779,40 2674420,11 ii5253,77 4,3o
- Compagnie des tramways de Rouen Société des tramways d’Amiens Société Versaillaise de tramways électriques. 270950,25 282 iïo,o5 11159,80 I 802048,70 1 867 552,75 5oo 878,95 65 5o4,o5 3,63
- 79443,75 87271,35 7827,60 481180.20 19198,75 3,99
- 634*3,80 63o47,85 365,95 360987,25 3Si 289,30 20 302,o5 5,62
- Société destramways algériens 114948,5o 122671, » 7723,80 817757,85 905 559,95 87802,10 10,73
- CONSTITUTIONS
- Compagnie des Charbons Fabius Henrion. — Capital : 2 5oo 000 francs. — Siège social : 10, rue Vezelay, Paris,
- Compagnie Luxembourgeoise d'Electricité. — Durée : 3o ans. — Capital : 200 000 francs. — Siège social ; Bruxelles,
- Secteur électrique de Gouzeaucourt.— Durée ; 40 ans. — Capital ; i5o 000 francs. — Siège social : 16, place de la Tour d’Abancourt, Cambrai.
- CONVOCATIONS
- Appareillage électrique Grivoias, — Le 28 août, 16, rue Montgolfier, Paris;
- FAILLITES
- Secteur électrique du Centre Parisien. 35 bis, rue de Trévise, Paris. — Syndic : M. Faucon.
- ADJUDICATIONS
- FRANCIS
- Adjudication de ta fourniture d'énergie nécessaire à Pêfectrifi-fication de la banlieue et aux installations des chemins de fer de T Etat dans la région parisienne.
- A une date qui sera lixée ultérieurement, il sera pro-
- Conditions principales de Vadjudication :
- l. Demandes d'admission. — Les concurrents qui désireront prendre part A l’adjudication devront en adresser la demande, comme il est dit ci-après, au directeur des Chemins de fer de l’État, et joindre à cette demande les pièces suivantes :
- i° Une déclaration indiquant leur intention de soumissionner et faisant connaître les noms, qualités et domicile des concurrents;
- 20 Une note indiquant le li,eu, l’époque, la nature et l’importance des installations exécutées par les concurrents, ou à l’exécution desquelles ils ont concouru;
- 3° Une note indiquant le lieu, l’époque, la nature et l’importance des installations de même espèce exploitées par les concurrents, ou à l’exploitation desquelles ils ont concouru ou concourent encore.
- 4° Un mémoire descriptif complet, avec plans et schémas à l’appui, fournissant des renseignements détaillés et complets sur les installations existantes ou créer que les concurrents se proposent d’utiliser et donnant toutes indications utiles sur le mode de construction et la méthode d’exploitation adoptés;
- 5° Une note indiquant les moyens d’action financiers dont disposent les concurrents;
- 8° Une soumission conforme au modèle dressé par l’Administration des Chemins de fer de l’État.
- p.223 - vue 223/416
-
-
-
- 224
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2*Série). — N« 33.
- Il Forme des soumissions. — Les soumissions devront être établies sur papier timbré.
- Les rabais fractionnaires sont interdits ; toute fraction de centime serait, le cas échéant, comptée pour un centime.
- Les concurrents pourront se procurer des formules imprimées pour soumissions dans les bureaux du Service Electrique des Chemins de fer de l’Etat, 43, rue de Rome, à Paris.
- III. Envoi des pièces. — Les pièces exigées pour l’admisssion seront jointes dans un paquet cacheté à la soumission qui, préalablement, aura été enfermée, toute seule, dans une enveloppe aussi cachetée.
- Les noms des soumissionnaires devront être inscrits sur toutes les pièces et, en particulier, sur cette dernière enveloppe.
- Les concurrents feront parvenir leurs soumissions avec les pièces mentionnées ci-dessus, par lettre recommandée, à M. le directeur des Chemins de fer de l'Etat, 20, rue de Rome, à Paris.
- Le délai pour la réception des lettres recommandées expirera le huit (8j octobre 1912, à quatre (4) heures du soir, terme de rigueur.
- Les lettres recommandées porteront extérieurement une mention indiquant la nature du contenu.
- IV. Instruction des demandes. — Une commission composée de fonctionnaires des Chemins de fer de l’Étal, et comprenant un sous-directeur, président, le chef du service du matériel, le~chef de la comptabilité générale, le chef du contentieux et l’ingénieur en chef du service électrique, procédera le dix (10) octobre 1912, à trois (3) heures du soir, au siège de la direction, à l’ouverture des paquets, et les soumissions qui en seront extraites seront déposées, pour être ouvertes le jour de l’adjudication, dans une boîte préparée à cet effet.
- La liste des concurrents admis à concourir sera arrêtée par le directeur des chemins de fer de l’Etat et sur l’avis de la Commission ainsi constituée.
- Aucun concurrent ne pourra être écarté sans avoir été appelé à présenter ses observations devant ladite Commission.
- Les concurrents admis à prendre part à l’adjudication seront avisés ultérieurement et directement, par lettre recommandée, de la date et des autres conditions de l’adj udication.
- Les pièces remises par les concurrents non admis, y compris leur soumission cachetée préalablement extraite de la boîte dont il a été question ci-dessus, seront renvoyées avec l’avis que leur demande n’a pas été accueillie.
- V. Communication des pièces du projfit aux concurrents. — Les pièces du projet seront communiquées aux concurrents tous les jours, excepté les dimanches et jours fériés, dans les bureaux du Service électrique des
- 1 Chemins de fer de l’État, 43, rue de Rome, à Paris, de 9 heures à 11 heures du matin et de 3 heures à 5 heures du soir.
- Le 29 août, à la préfecture d’Epinal (Vosges), installation de lignes électriques souterraines (riYe droite de la Moselle (1 lot). Mont. 76 35o fr.-Caut. provisoire 1 000 fr. Définitif 3 700 fr. Visa au chef du génie, à Epinâl, avant le 20 août. Renseignements au génie, 38, rue Thiers, à Epinal.
- BELGIQUE
- Le 4 septembre, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, rue de la Science, i4> à Bruxelles : i° -fourniture et montage de l’équipement électrique d’une sous-station de transformation à établir à Dieghem pour alimenter la ligne vicinale de Bruxelles àHaecht; — 20 fourniture des connexions électriques en cuivre du type protégé (à placer sous les éclisses) pour rails des types vicinaux 23 et 45 kilomètres nécessaires à la Société nationale des chemins de fer vicinaux pendant une année à dater du Ier octobre 1912 (cahier des charges n° 37 de 1911 ; — 3° fourniture de fil de bronze pour les lignes aériennes nécessaire à ladite Société pour la même période. Les soumissions devront comprendre également la fourniture du fil de bronze rond de 53,64 et 80 millimètres carrés de section pour feeders aériens (cahier des chaarges n° 38 de 1911). Soumissions recommandées le 3 septembre au plus tard.
- Le 6 septembre, à 10 heures, à la maison communale, à Schaerbeek-lez-Bruxelles, installation de l’éclairage électrique au groupe scolaire du quartier Linthout; caut. provisoire : 5oo francs 5 cahier des charges : o fr. 5o; plans : 10 francs. Soumissions le 2 septembre avant
- midi.
- ESPAGNE
- Le ior septembre, à i5 heures, à la municipalité A' Algeciras, adjudication de l’éclairage électrique ; caut : 11 000 pesetas.
- Le 3o septembre 1912, à la direction générale des Travaux publics, « ministerio de Fomento », à Madrid, construction d’un tramway à traction électrique entre la Calzada et la fabrique de fils et tissus, à Gijon. Caut. provisoire : 582 pesetas; caut. définitif : 1 4^7 pesetas.
- COSTA-RICA
- Jusqu’au g décembre 1912, le ministère des Travaux publics reçoit les offres pour la construction et l’exploitation d’un chemin de fer électrique de Alajuela à Grecia (environ 18 kilomètres). Plans et devis : 60 francs.
- PARIS. — IMPRIMER» LEVé, 17, RUE CASSETTE.
- Le Gérant : J.-B. Noüet
- p.224 - vue 224/416
-
-
-
- Trente-quatrième année. SAMEDI 24 AOUT 1912. Tom» XIX (i* série). — N’ 34.
- La
- Lumière Electrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 225. — J. Reyval. Chronique des usines centrales, p. 227. — A. Berthiek. La combustion catalytique et ses applications industrielles, p. 236.
- Extraits des publications périodiques. — Traction, Les nouvelles locomotives monophasées des ateliers Oeï’likon, H. Bbhn-Esciienburg, p. 243. —Variétés. Les forces hydro-électriques en France, p. 246. — Chronique industrielle et financière. — Etudes économiques, p. 253. — Renseignements commerciaux, p. a54. — Adjudications, p. 256.
- EDITORIAL
- En réunissant plusieurs études et documents récemment publiés en France et à l’étranger, M. J. Reyval juxtapose dans une môme Chronique des Usines centrales des données relatives aux centrales hydrauliques et aux centrales à vapeur.
- Il s’agit d’abord de documents d’ordre économique. Une analyse détaillée d’un travail de M. R. Rinkel reproduit les éléments de comparaison, établis sur une base rationnelle, entre centrale hydro-électrique et centrale à vapeur. Bien qu’il ne soit jamais absolument légitime de raisonner d’une manière générale et a priori sur le rendement économique d’une usine idéale, les traits essentiels de l’exploitation d’une usine électrique sont assez bien connus aujourd’hui pour qu’on puisse attribuer mieux qu’une valeur théorique ou illusoire à des
- comparaisons de ce genre ; elles peuven servir à fixer des ordres de grandeur.
- D’autre part le ministère de l’Agriculture français vient de publier son rapport sur nos forces hydro-électriques nationales. Ce document, qui par son objet se rattache naturellement à notre premier article, trouve place quelques pages plus loin, dans nos Variétés, où l’extrait que nous en voulions donner a pu recevoir tout le développement nécessaire. On y trouvera surtout de très intéressantes indications sur l’aménagement futur de notre Massif central qui, bien que doté de sources d’énergie naturelle moins imposantes que les Alpes ou les Pyrénées, n’en présente pas moins un avenir industriel des plus notables, grâce à ses nombreux cours d’eau à forte pente et à grand débit.
- Le rapport justifie à cet égard la demande
- p.225 - vue 225/416
-
-
-
- 226
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2» Série). — N» 34.
- de crédits importants, et, dès l’année prochaine, lorsque ces crédits auront été complétés, on pourra parfaire l’organisation. Dans les études et recherches qu’on poursuivra sur les principaux cours d’eau qui descendent du Massif central, on s’efforcera de ne pas négliger la défense des riverains contre les inondations. On créera donc ainsi un service analogue à ceux qui fonctionnent déjà, avec le succès que l’on sait, pour les Alpes et les Pyrénées; c’est dire qu’on procédera à l’étude du régime des rivières du Massif central de manière à fournir aux intéressés toutes indications utiles quant à la puissance hydraulique sur laquelle ils peuvent compter aux différentes époques de l’année. Nul doute que, selon l’espoir exprimé dans le rapport, l’industrie hydro-électrique, qui a su utiliser ces indications d’une manière remarquable dans nos deux grands massifs montagneux, en tirera également profit et que de nombreuses et importantes chutes d’eau, jusqu’ici inutilisées, seront aménagées pour le plus grand bien dé la fortune publique.
- On sait en quoi consiste la combustion catalytique. phénomène dont des travaux récents ont démontré la généralité : la présence de surfaces poreuses mises en présence d’un mélange gazeux dans certaines conditions provoque une combustion sans flamme.
- Ce phénomène, dont M. A. Berthier fait l’historique, a déjà reçu des applications importantes, et il est intéressant d’envisager parmi celles que l’avenir peut lui réserver le chauffage des générateurs de vapeur dans les stations centrales, et peut-être même la production thermique de l’énergie électrique.
- En ce qui concerne le premier de ces deux problèmes, l’auteur se réfère à de fort inté-
- ressantes expériences exécutées à Leeds il y a deux ans, avec des chaudières dont les tubes étaient chargés avec des matériaux réfractaires, provoquant la combustion sans flamme du mélange gazeux soufflé ou aspiré à travers ces tubes. Les résultats de ces essais furent tellement encourageants qu’ils eurent pour conclusion la mise en service industrielle d’une chaudière multitubulaire vaporisant 2S0 kilogrammes d’eau par heure. Quant à la transformation directe de la chaleur en électricité, grand problème qui préoccupe nombre de chercheurs de grand mérite, l’auteur rappelle un dispositif de Pellat qui pourrait être modifié de manière à utiliser la combustion en surface.
- Les nouvelles locomotives monophasées établies par les Ateliers Oerlikon pour le chemin de fer du Lôtschberg, et que décrit M. H. Behn-Eschenburg, sont construites d’après le modèle d’essai que M. J. Simey a déjà présenté à nos lecteurs dans ses Chroniques de traction électrique.
- Elles sont cependant plus puissantes et constituent même les plus fortes locomotives électriques qui aient jamais été construites ; 2 5oo chevaux, avec une vitesse de 60 kilomètres à l’heure, et un effort au démarrage de près de 20 tonnes.
- La particularité la plus intéressante de ces locomotives est le dispositif de commande des moteurs. Après avoir successivement essayé les trois dispositifs connus : emploi de contacteurs, de régulateurs d’induction, ou décalage des balais, la Société Oerlikon a fixé son choix sur. des contrôleurs rotatifs : il a fallu, bien entendu, leur donner des dimensions respectables, de sorte que leur poids n’est pas inférieur à I 1 000 kilogrammes.
- p.226 - vue 226/416
-
-
-
- 24 Août 4912.
- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- 227
- CHRONIQUE DES USINES CENTRALES
- Nous «avons rassemblé ci-dessous un certain nombre de documents, récemment publiés «à l’c-tranger et en France, sur l’exploitation des usines centrales.
- Un premier groupe de documents concerne l'es usines hydro-électriques; nous y reproduisons les résultats principaux d’une étude remarquable parue en Allemagne, sur le rendement économique de ces centrales, comparé à celui des centrales à vapeur; on trouvera d’autre part (p. 246) d’importants extraits du rapport établi par le fni-nistère de l’Agriculture sur le développement de ces installations dans notre pays.
- Un deuxième groupe a trait aux usines à vapeur pourvues de turho-génératrices.
- I. — Usines centrales hydro-électriques.
- Leur rendement économique.
- La question du mode d’utilisation des chutes d’eau naturelles est incontestablement des plus importantes au point de vue économique. L’électrification des chemins de fer et l’industrie électro-chimique représentent à ce point de vue deux débouchés importants. Mais parfois ces deux branches d’utilisation du courant électrique produit par les centrales hydrauliques se concurrencent, et il y a lieu de chercher laquelle est la plus avantageuse, c’est-à-dire celle qui assure le débit du plus grand nombre possible de kilowatts-heures vendus à un prix élevé.
- Mais la solution la plus avantageuse ne peut se trouver réalisée que dans certains cas particuliers, étant donné qu’on est obligé de prendre pour base la demande d’énergie existant réellement.
- D’autre part, il y a aussi de nombreux cas où la demande d’énergie existe déjà ou peut être facilement provoquée, soit pour l’éclairage et la force motrice, soit pour la traction, soit pour l’électrochimie.
- Quels sont donc les bénéfices que peuvent procurer les divers modes d’utilisation PL’expérience actuelle en matière d’exploitation de centrales éleotriques permet de résoudre ce problème.
- Les résultats financiers d’une centrale électrique dépendent de quatre facteurs:
- i° Les frais d’établissement par kilowatt de capacité delà centrale, que l’on peut représenter par A, en francs par kilowatt;
- 20 Le nombre de kilowatts-heures produits ou vendus par kilowatt de capacité de la centrale, c’est-à-dire, en d’autres termes, le coefficient d’utilisation ou facteur de charge, que l’on peut désigner par N en kilowatts-heures par kilowatt;
- 3° Les recettes par kilowatt-heure = p0 en centimes ;
- 4° Les dépenses pour la production d'un kilowatt-heure = y en centimes.
- Ces quatres facteurs peuvent tous prendre les valeurs les plus diverses, de sorte que la comparaison des diverses centrales entre elles ne paraît pas un problème très simple au premier abord. Ainsi, par exemple, une installation, d’un prix de premier établissement très élevé, mais possédant un bon facteur de charge, peut donner des résultats aussi bons, voire même meilleurs, qu’une installation d’un prix de revient peu élevé avec un mauvais facteur de charge. Dans le premier cas, le montant élevé des frais d’amortissement annuels se répartit sur un grand nombre de kilowatts-heures; dans l’autre oas, ce montant est moins élevé, mais se répartit sur une charge relativement plus faible. On voit donc que le rapport des frais de premier établissement au coefficient d’utilisation a une grande influence sur les résultats financiers et qu’il est par suite intéressant de chercher à représenter
- ce rapport ^ (c’est-à-dire les frais de premier
- établissement par kilowatt-heure et non par kilowatt) à l’aide de variables indépendantes.
- Désignons par :
- x l’amortissement annuel en % du capital de premier établissement ;
- z l’intérêt du capital de premier établissement en % .
- On voit que, pour atteindre l’amortissement de x % et l’intérêt de z % , les recettes par kilowatt-heure produit doivent s’élever à :
- p0 = [x -f- z) y PU centimes.
- p.227 - vue 227/416
-
-
-
- a ?
- 228
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2e Série).—N° 34.
- Si l'on fournit vj N kilowatts-heures utilisables, le prix de vente par kilowatt fourni doit donc
- être —. Dans les calculs suivants, tousles chiffres
- ont etc, dans un but de simplification, ramenés
- Fig. i. — Charges du capital en fonction des frais d’éta-hlissement et de la durée d’utilisation.
- au kilowatt-heure. L’excédent en % des recettes brutes es t donc x -j- z. Un exploitant prévoyant devra donc mettre chaque année en réserve au moins le montant strict de l’amortissement,
- il vient :
- po = p-{-y-
- Cette valeur p a été reportée sur les figures i et 2 en ordonnées, en fonction des abscisses ^ pour
- différentes valeurs de x -f- z en % .
- Les courbes de ces figures permettent donc de reconnaître immédiatement, pour chaque valeur du rapport des frais de premier établissement au coefficient d’utilisation, la recette p0 nécessaire pour garantir un excédent déterminé p. Il suffit, en effet, d’ajouter à la valeur p trouvée les frais de production y. Inversement, si la recettep0 estdon-née, ily a lieu d’en déduire les frais de production y pour obtenir l’excédent brut correspondant p. Ponrlescentrales hydrauliques,onpeutexprimer les frais de production en % des frais de premier établissement. Mais, étant donné que les valeurs p sont rapportées directement au kilowattheure, les courbes des figures i et 2 peuvent s’appliquer sans modification aux centrales à vapeur.
- Ces courbes montrent d’une manière très claire
- A
- que, pour de faibles valeurs du rapport—, c’est-à-dire pour des frais [d’établissement peu élevés
- Charges du capital en fonction des frais d’établissement et de la durée d utilisation.
- lorsqu’il pourra le faire, et n’affecter que la somme restante à l’intérêt du capital de premier établissement.
- Si l’on pose :
- A
- N
- \.v -f- z) = p centimes par kwh produit,
- et une bonne utilisation, les frais de production et le prix du courant jouent un rôle beaucoup plus important que pour les centrales d’un prix de revient élevé et moins bien utilisées. Par exemple,
- pour — = 0,25, une différence de o,5 centime dans
- p.228 - vue 228/416
-
-
-
- 229
- 24 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- les frais de production ou dans le prix de vente de l’énergie provoque une différence de a % dans
- l’excédent brut, tandis que pour^ = i,a5 il
- faut une différence de 2,5 centimes dans les frais de production pour produire le même excédent brut. Par suite, dans les centrales très chargées, il y a lieu d’apporter une attention particulière à la détermination du prix du courant; on se trouve donc limité dans les tentatives que l’on pourrait faire pour obtenir une amélioration du rendement économique, grâce à une augmentation d’utilisation, par la diminution des prix du courant. Le rendement économique deviendra plus mauvais lorsque l’utilisation n’augmentera pas plus rapidement que les prix de courant ne diminueront. En outre, il y a lieu d’observer qu’une économie danslesfrais de premier établissement a, en général, pour conséquence, tout au moins en ce qui concerne les installations à vapeur, une augmentation des frais d’exploitation et inversement, il faudra donc, dans chaque cas, rechercher la valeur la plus favorable des frais de premier établissement, eu égard à la durée d’utilisation prévue.
- C’est ici qu’il convient de considérer les diverses branches d’utilisation du courant, en étudiant dans chaque cas les valeurs données par l’expérience pour la durée d’utilisation et les prix possibles du courant. L’industrie électrochimique consomme de grandes quantités d’énergie, et cela avec une utilisation sensiblement constante, de sorte que l’on peutfacilement compter, avec cette industrie, sur un travail annuel de 6ooo à 7000 heures par kilowatt. Mais le prix admissible pour la fourniture du courant est très minime; il se tient en règle générale aux environs de 1,25 centime par kilowatt-heure; souvent il est plus bas, et il monte rarement au-dessus de 2,5 centimes.
- Pour le service des tramways dans les grandes villes, on peut compter sur 1 700 à 2 000 heures de pleine charge des machines utilisées. A Cologne, par exemple, au cours de l’année 1909-1910, cette durée s’éleva, pour une puissance totale des machines de 6 600 kilowatts, à 1 750 heures; en 1910-1911, cette même durée fut de 1 770 heures.
- A Berlin, en 1909-1910, les convertisseurs, d’une puissance totale de 66 804 kilowatts, consommèrent en chiffres ronds 115,4 millions de kilowatts-heures, correspondant à une utilisation de 1 730 heures ; le service des tramways consomma
- 48,6 % de la puissance en kilowatts-heures. On peut donc considérer les chiffres donnés plus haut de 1 700 à 2 000 heures comme s’appliquant d'une manière générale aux grandes entreprises de tramways électriques. Le prix du courant se tient, en général, entre 10 et i5 centimes par kilowatt-heure.
- Pour le service électrique des grandes lignes de chemins de fer, lequel, grâce à l’emploi de locomotives à vapeur auxiliaires pour les cas d augmentation extraordinaire et temporaire du trafic, permet une meilleure utilisation des centrales, Çà condition que l’exploitation électrique ne soit pas limitée à des tronçons de trop faible longueur), on peut atteindre 2 000 à 2 5oo heures d’utilisation par rapport à la puissance en kilowatts des machines employées ; le prix du courant devra, en général, être compris entre 2,5 et 5 centimes, si l’on veut réaliser une économie par rapport à l’emploi de la traction à vapeur ; une exception doit être faite toutefois pour certains cas particuliers, par exemple pour les chemins de fer de montagne.
- Les centrales des grandes villes, qui n’alimentent que l’éclairage et la force motrice et ne fournissent le courant à aucune entreprise de traction, ont en général une utilisation sensiblement plus mauvaise que les centrales qui alimentent aussi des services de traction ; dans chaque cas, la durée d’utilisation dépend du prix du courant. Mais l’augmentation de la durée d’utilisation entraîne, d’autre part, une augmentation de la puissance des machines installées à la centrale, étant donné que de très nombreux consommateurs utilisent le courant simultanément. Il en résulte que les avantages provenant de la meilleure utilisation de la centrale sont, de ce fait, notablement réduits. Cela dépend naturellement, dans chaque cas particulier, de la nature des divers consommateurs, du rapport entre les consommations respectives, de l’éclairage, de la force motrice et de la traction ; toutefois, les statistiques donnent des renseignements assez précis à cet égard.
- Pour de telles centrales, on peut compter sur une durée d’utilisation de 1 5oo à 2600 heures de la puissance des machines employées. Une consommation élevée de courant pour les besoins de la force motrice apour conséquence une valeur relativement peu élevée des prix moyens du courant; une consommation élevée pour la traction
- p.229 - vue 229/416
-
-
-
- 230
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2- Série). — N° 34.
- maintient les prix aux environs de leur valeur moyenne ; une consommation élevée pour l’éclairage permet de pratiquer des prix élevés. On peut prendre approximativement pour base de comparaison les chiffres suivants :
- Pour une durée d’utilisation de 2 ooo à 2 5oo heures (éclairage, force motrice, tramways), pa — 6,a5 à 12,5 centimes par kilowatt-heure ;
- Pour une durée d’utilisation de 1 760 heures (éclairage, force motrice, tramways), p0 =±=.12,5 à
- 22.5 centimes par kilowattheure ;
- Pour une durée d’utilisation de 1 5oo heures (éclairage, force motrice, tramways), p0 == 16 à
- 27.5 centimes par kilowatt-heure.
- Lorsqu’on a ainsi établi les tarifs et les durées d’utilisation que l’on peut atteindre, il reste encore examiner le montant des frais de premier établissement.
- Pour qu’il y ait intérêt à construire une centrale, il faut que l’exploitant (qu’il s’agisse d’un particulier, de l’Etat ou d’une commune) puisse compter sur un excédent de recettes brutes représentant 8 % environ du capital de premier établissement; 4 % seront destinés à l’amortissement et 4 % aux intérêts. Les centrales hydrauliques exigeront en outre environ 2 % du capital de premier établissement pour les frais d’exploitation. Les grandes centrales à vapeur produisent aujourd’hui le kilowatt-heure pour 3,125 à 5 centimes. Par suite, les frais totaux par kilowatt-heure produit, y compris l’amortissement et les frais nécessaires, s’établiront comme suit :
- Pour les centrales hydrauliques :
- Fig. 3, — Prix du lu 1 owatt-]ioure pour centrales à vapeur et hydrauliques, en fonction dés frais ‘ d’établissement et de la durée d’utilisation.
- Précédemment, lès centrales hydrauliques étaient généralement en mesure de fournir l’énergie à meilleur compte que lès centrales à vapeur, à la condition que leur aménagement n’entraînât pas dès frais trop élevés ou que les quantités d’eau disponibles ne fussent pas trop variables ; les conditions à cet égard ont été sensiblement modifiées par l'apparition récente des grosses turbines à vapeur et dès chaudières de grande capacité. On ne peut donc examiner le rendement économique des installations hydrauliques sans tenir compté de cette question. G’est pourquoi l'auteur émet quelques considérations relatives aux grandes centrales à vapeur.
- En général, pour résoudre la question de savoir si une centrale à vapeur ou une centrale hydraulique sera plus avantageuse, on peut se baser sur lès considérations suivantes :
- Pour les centrales à vapeur :
- A2
- p0'' = 8 -j- 3,i»5 centimes.
- J>2
- A,
- ou p'\ = 8 -f- 5 centimes.
- 2
- A, ou A2 désignent les frais de premier établissement en francs par kilowatt;
- N, et N2 les heures d’utilisation du kilowatt produit.
- Pour y iti 3,i25 centimes, on a p'9 = p"a lorsque — — i,56 ; pour ys=5 centimes, l’égalité p'0=z:p'"0
- a lieu lorsque —=-2,5. Au-dessous de ces valeurs,
- c’est la centrale hydraulique et, au-dessus, la centrale à vapeur qui est la plus avantageuse.
- A l’aide des coxirbes de la figure 3, on peut reconnaître pour quelles valeurs respectives de
- p.230 - vue 230/416
-
-
-
- 24 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 2M
- A À
- la différence—1—^ (pour une valeur déterminée de liun de ees deux rapports) les prix du kilowatt-heure sont égaux de part et d’autre. Les droites p'0 et p'\ se rapprochent d’autant plus i A
- que le rapport - est plus grand.
- D’autre, part, si après avoir ainsi déterminé
- les valeurs de —et de ^ correspondant à la 1> 1 IN 2
- meme valeur p0, on fait Ni = N2, on obtient des valeurs déterminées de At et de Aa.
- Si l’on fait alors le rapport de ces dernières valeurs et si on représente ce rapport en fonction de on obtient les courbes d’allure para-
- bolique —1 (pour y
- A\
- 3,i25) et — (pour ÿ rr 5). A 2
- La figure 2 permet donc de reconnaître : i° Quelle est la recette p0 par kilowatt-heure, nécessaire pour couvrir les frais de production, y
- compris 4 % d’amortissement et 4 % d’intérêt ;
- 20 Le rapport des frais de premier établissement au facteur d’utilisation, soit pour les centrales hydrauliques, soit pour les centrales à vapeur (pour ces dernières, dans le cas de frais variables s’élevant soit à 3,123 centimes, soit à 5 centimes);
- 3° Le rapport qui doit exister entre les frais de premier établissement respectifs d’une centrale hydraulique et d’une centrale à vapeur.
- Au-dessous de 3,75 centimes, la centrale hydraulique est seule en question. Mais, à partir
- de 5 centimes de recette, une centrale à vapeur, avec 3,i2.5 centimes de frais variables, peut déjà concurrencer une centrale hydraulique, à condition toutefois que les frais d’établissement de la
- première soient environ moitié moindres que ceux de la seconde.
- Par contre,, si les frais variables de la centrale à vapeur sont de 5 centimes, la recette doit être de 6,25 centimes et les frais d’établissement
- dans le rapport -.
- L’ensemble des courbes de la figure 3 permet donc de reconnaître facilement dans quelles conditions une centrale à vapeur peut être préférable à une centrale hydraulique.
- Si l’on évalue, par exemple, les frais d’établissement d’une centrale a vapeur à 25o francs par kilowatt, et si l’on se base sur un prix de vente
- de 6,25 centimes par kilowatt-heure, 011 voit que les frais d’établissement de la centrale hydraulique 11e devront pas dépasser les maxima suivants :
- 1,6 Xa5o = 400francs ou 4x250=1000 francs par kilowatt, selon que les frais de production du courant avec la centrale à vapeur seront de 3,i25 ou de 5 centimes par kilowatt-heure.
- La durée d’utilisation devrait, si l’on se reporte a la droite pl(1 de la figure 3, être de 4°o
- ——— = 640 heures dans le premier cas et de
- 0,023 *
- I 000
- ——- = 1 600 heures dans le second.
- 0,625
- Si l’on admet cette dernière valeur dans le cas de la centrale à vapeur, on obtient pour le rapport
- A2, , 25o
- w la valeur—-— = o,i56; reportons-nous alors IN 2 1 600 ' 1
- aux relations précédentes :
- P'"0 == (•*•’ -f- z) U — {'v “H z) o, i 56 -j- 5 en fr.
- On voit que,si la recette p'"ü restant constante, les frais variables y diminuent de o,3i2 centime (ou si inversement, y restant constante, la recette p"'0 augmente de la même quantité), il s’ensuit une augmentation de l’excédent brut des recettes
- sur les
- frais de production
- égale à
- 2 % des frais d’établissement par kilowatt; en d’autres termes, si la somme x -|- z était, comme il a été supposé précédemment, de 8 %, elle passe à 10 % ; si les frais variables y tombent alors à 3,75 centimes (au lieu de 5 centimes), la somme x -j- 3 atteint la valeur de 16 % ; doiic, l’amortissement x restant fixé à 4 %, l’intérêt total z pourra être porté à 12 % .
- Par contre, avec la centrale hydraulique, on
- 0,625. Il faut donc une différence de
- 1,25 centime, soit en moins dans les frais de production, soit en plus dans les recettes, pour réaliser le même excédent de bénéfices.
- Or, d’une part, la somme de 1,25 centime représente sensiblement, dans le cas d’une centrale hydraulique, le montant total des frais de production; il est donc peu probable que ces frais puissent diminuer d’une telle quantité. D’autre part, une augmentation de 1,25 centime dans le prix du courant peut avoir, sur le facteur d’utilisation, une influence sensiblement plus défavo-
- p.231 - vue 231/416
-
-
-
- 232
- LA LUMIEKE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2« Série). — N° 34.
- rable qu’une augmentation de o,3i2 centime. L’exploitation d’une centrale à vapeur sera donc vraisembablement dans ce cas plus avantageuse que celle d’une centrale hydraulique.
- D’ailleurs, il n’est guère possible d’édifier une centrale hydraulique à moins de i ooo francs par kilowatt, tandis qu’une grande centrale à vapeur triphasée revient à iaîi à 190 francs environ seulement par kilowatt, y compris les bâtiments et les fondations.
- D’une manière générale, il sera plus avantageux d’édifier soit une centrale hydraulique, soit une centrale à vapeur, selon la nature des consommateurs à desservir.
- Dans le cas où toute l’énergie produite est consommée dans des intallations électrochimi-qnes, le prix du courant doit, ainsi que nous l’avons vu, être compris entre 0,75 et 2,5 centimes par kilowatt-heure. Ce prix couvrirait à peine les frais de production du courant avec une centrale à vapeur. Par contre, avec une centrale hydraulique, si l’on admet comme précédemment que l’excédent brut doit représenter au moins 8 % des frais d’établissement, les frais de production étant d’environ 2 % de ces mêmes frais, on voit que, d’après les relations précédentes, le
- rapport
- A
- N
- varie de 0,075 à 0,25,
- lorsque p0 varie
- de 0,75 à 2,5 centimes.
- Si on admet, d’autre part, pour la durée d’utilisation N la valeur de 7200 heures, laquelle ne peut, d’ailleurs, guère être dépassée, on voit que la valeui de A varie de 537,75 à i 800 francs. L’établissement d’une centrale hydraulique est donc parfaitement possible et même seul à envisager.
- Si l’énergie produite est transformée à la fois en lumière, en force motrice et en énergie pour les tramways, ces derniers représentant une large part de la consommation, le prix de vente du courant varie de 7,5 à 22,5 centimes par kilowatt-heure; par suite ^ varie de 0,75 à 2,25. Si
- l’on admet qu’à ces deux valeurs extrêmes correspondent respectivement pour N les valeurs de 2 5oo et de 1 5oo heures, les valeurs extrêmes correspondantes de A seront de 1 875 et de 3 375 fr. par kilowatt.
- Si l’on admet enfin que les lignes de distribution reviennent à 750 francs environ par kilowatt, il reste, pour la centrale seule, de 1 125 à 2625 francs.
- Avec une centrale à vapeur, laquelle revient à 190 francs environ par kilowatt, c’est-à-dire à 940 francs par kilowatt environ avec les lignes de distribution, si l’on se basait sur un prix de revient de 5 centimes par kilowatt-heure pour une recette variant de 12,5 à 22,5 centimes par
- kilowatt-heure, ^ varierait de 0,375 à o,G25 et,
- par suite, l’excédent brut de 6,5 à 28 % , c’est-à-dire que l’établissement d'une pareille centrale serait parfois possible et même, dans certains cas, avantageux.
- Enfin, si toute l’énergie produite est utilisée pour la traction des chemins de fer de grandes lignes, le prix du courant doit être de 2,5 à 5 centimes par kilowatt-heure, la durée d’utilisation étantd’environ 2 5ooheures. Dans cesconditions,
- A
- pour une centrale hydraulique — varie de o,25
- à o,5 et, par suite, A de 625 à 1 25o francs par kilowatt.
- D’autre part, dans ce dernier cas, une centrale à vapeur avec 3,125 centimes par kilowatt pour les frais de production serait possible. Si l’on se base sur un prix de 25o francs par kilowatt pour les frais d’établissement (une installation monophasée revenant plus cher qu’une
- A
- installation triphasée), le rapport — étant égal à
- o, i, une telle centrale donnerait respectivement, pour 3,75 centimes par kilowatt-heure, un excédent brut de 7 % et, pour une recette de 5 centimes, un excédent de 18 % .
- Avec 3,75 centimes de frais de production et 5 centimes de recettes par kilowatt-heure, un excédent brut de 12 % serait encore possible.
- Ces considérations montrent que, les frais d’établissement d’une centrale hydraulique étant évalués à 875 à 1 000 francs par kilowatt, les différentes branches d’utilisation donneront le même rendement économique, c’est-à-dire 8 % d'excédent brut pour les prix de vente et les durées d’utilisation suivants :
- Energie électrochimique, prix de vente 1,25 centime, 7200 heures.
- Eclairage et puissance motrice, 7,5 centimes, 2 200 heures.
- Chemins de fer, 3,75 centimes, 2 5oo heures.
- 11 est peu vraisemblable que ces valeurs puissent être dépassées, sauf en ce qui concerne l’éclairage et la puissance motrice et parfois
- p.232 - vue 232/416
-
-
-
- 24 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 2;* 3
- JJénergie électro-chimique ; mais, par contre, pour les chemins de fer, ceci ne se produira que très rarement, par exemple, dans le casdeslignes de montagne. Il y aura donc d’autant plus d’intérêt à établir une centrale hydraulique que la consommation pour les besoins de l’éclairage et de la force motrice sera plus élevée ; d’autre part, à ce point de vue l’électrochimie et la traction des chemins de fer sont sensiblement équivalents. Enfin, les frais de premier établissement ne devront guère dépasser 8^5 à î ooo fr. par,kilowatt. Si, pour l’alimentation d’un réseau de chemin de fer, il n’est pas possible d’établir unecentrale hydraulique pour un prix de revient par kilowatt au plus égal au précédent, l’établissement d’une centrale à vapeur devra seul être pris en considération.
- D’autre part, on peut démontrer, à l’aide de calculs analogues, qu’une combinaison de diverses branches de consommation permettra, dans certains cas, une meilleure utilisation des capitaux engagés et qu’enfin parfois la combinaison dè centrales à vapeur et de centrales hydrauliques donnera la meilleure solution.
- D’après R. Rinkel (').
- II. — Usines centrales a vapeur.
- Les turbines à vapeur et leur emploi dans l’industrie.
- M. Paul Bergeon a traité ce sujet dans une conférence récemment publiée par l’Institut électrc-technique de Grenoble. Nous y puisons les indications suivantes, relatives à l’histoire des turbines et aussi à un type de turbine encore peu connu en France, la turbine à prise de vapeur.
- Historique.
- A la fin de l’année 1910, on pouvait compter comme turbines à vapeur en fonctionnement : près de 1 000 turbines Rateau ou du genre Bateau, telles que les turbinés Oerlikon et les turbines Zoelly, presque autant de turbines de la Société d’électricité A. E. G. de Berlin et un nombre un peu plus grand de turbines Brown-Boveri-Parsons.
- Le nombre total des turbines, établies suivant le système Parsons, dépassait à cetle date 2 5oo unités.
- Sans compter les turbines de Laval, très répan-
- (M Elektroteclinische Zeitschrift, 20 juin 1912.
- Voir dans nos Variétés le rapport du ministère de 1 Agriculture français sur les forces hydroélectriques en France.
- dues actuellement mais ne- représentant que des machines d’assez faible puissance, on peut dire qu’il est déjà sorti des usines de construction de l’Europe seulement plus de 5 000 turbines à vapeur.
- A ce chiffre, il faudrait ajouter les turbines marines qui sont déjà très répandues puisque pour le système Parsons seulement, la puissance des tur bines, employées à la propulsion des navires dépasse actuellement 4 3oo 000 chevaux.
- Ces chiffres sont assez éloquents par eux-mêmes et montrent suffisamment le développement considérable pris ces dernières années par les turbines à vapeur.
- Presque toutes ces machines sont de grande puissance et la plupart peuvent donner plusieurs milliers de chevaux. Les turbines de 10 000 chevaux sont actuellement de construction courante et celles de 20 000 chevaux ne sont pas rares. Nous avons eu l’occasion, l’année passée, d’en voir quelques-unes en montage dans les ateliers de la Société A. E. G. à Berlin. Elles étaient destinées à une grande centrale du Sud de l’Afrique qui devait recevoir sept unités de 20 000 chevaux pour fournir la force motrice à toutes les mines du Transvaal. Au moment de notre visite, les ateliers de l’A. E. G. avaient à l’étude une turbine de 3o 000 chevaux pour une centrale de Berlin.
- Cependant, toutes les turbines Rateau, Zoelly, Brown Boveri, A. E. G., Curtis, etc., sont postérieures à 1900. Avant cette date, on ne connaissait guère que les turbines Parsons et celles de Laval.
- La maison Sautter-IIarlé a commencé la construction des turbines Rateau vers 1897-1898 et les premières turbines essayées ont été des machines marines. Mais ce n’est qu’en 1902 que M. Rateau a mis en marche, aux mines de Bruay, sa première turbine à terre qui est restée célèbre parce qu’elle était également la premiè're turbine utilisant la vapeur d’échappement d’une machine à piston. Le fonctionnement de cette turbine fut d’ailleurs des plus satisfaisants.
- Au commencement de 1905 seulement, sortirent des ateliers Escher-Wyss à Zurich les premières turbines étudiées par M. Zoelly, directeur de ces ateliers. Ces turbines, qui sont en principe semblables à celles de M. Rateau, se sont répandues rapidement, grâce à leur excellente fabrication. Elles sont actuellement construites en France par MM. Schneider et Cie au Creusot, la Société Alsacienne de Constructions mécaniques et la Société de l’Horme et de la Buire.
- p.233 - vue 233/416
-
-
-
- 2'M LA LUMIÈRE
- MM.Brown-Boveri et Cie n’ont obtenu l!a licence, pour l'a construction des tui’bines Parsons, qu’en rgoo-et les'premières turbines construites à Baden datent du début d'e 1901.
- Enfin la Société d’ëleetrieit'é A. E. G. de Berlin ne commença à s’occuper des turbines à vapeur que vers rgfoa-pgo.l et construisit d’abord les turbines dés professeurs ïleïdfl'er et Stumpf qu’elle ne tarda pas à abandonner pour adopter exclusivement son type actuel'qui date de 1904. C’est pendant cette même année' qu'efle acheva, à Berlin, l’aménagement de sa grande fabrique de- turbines 'qui occupe actuellement plus de 3 5oo ouvriers travaillant jour et nuit en' trois équipes.
- Depuis longtemps les inventeurs ont étudié les turbines à vapeur, et en particulier, dès r853, l’in-gcnieur français Tournaire donnait d’une façon très précise les règles à suivre'pour établir une turbine à réactrow; mais ce sont surtout quatre ingénieurs, dont il est à’ peine* besoin de rappeler ici les noms : Pkrsons, de Laval, Râteau et Curtis, qui ont contribué à rendre ce y machines vraiment industrielles.
- Lee difficultés à surmonter ont été considérables et, malgré’ tout l'e talent et la ténacité des inventeurs précédents, il 11’aurait pas' été possible de parvenir aux résultats actuels sans les progrès récents de la mécanique et, surtout, de la métallurgie.
- Il est bon- d’observer aussi que le succès des turbines à vapeur est dû en grande partie à Félectrrcïté et qu»v sans elle, les applications des turbines auraient été assezr restreintes, surtout pour les grandes puissances. Tl est juste de remarquer également que Tes électriciens ont eu à résoudre alors des problèmes au moins aussi difficiles que ceux que les constructeurs de turbines sont parvenus à solutionner.
- Pbur lès turbo-alternateurs, et surtout pour les turbo-dynamos, lès électriciens, en effet, ont eu bien souvent, c’est le cas de le dire, du fil' à. retordre. Cela se*conçoit facilement. Les machines électriques sont composées des matières les plus diverses : acier, cuiivre> isolant, et leur manque d'homogénéité donne lietu à des- difficultés certainement beaucoup' phus grandes,, à.aause de; la force centrifuge, que dans lie cas des tenir bines à vapeur.. Si l’on ajoute à cela que ces. machines.,, devant. fournir une très grande1 puissance squs un® faible-voluimev chauffent souvent beaucoup plus qu’on ne le voudrait, et que les éefeauffe-mente). successifs déter rainent des. déformât ions que rendent difficiles a- éviter le manque d’homogénéité de l’ensemble et, surtout, la présence des isolants,
- ÉLECTRIQUE T. XIX (2e Série), — N* 3*4.
- on s’explique alors facilement pourquoi les éclatements des machines électriques ont été plus fréquents que ceux des turbines et pourquoi ces éclatements sont actuellement encore plus à redouter pour les alternateurs et les dynamos que pour les turbines. Aussi, ne peut-on -trouver que très justifiée la sage précaution, prise ‘par certains constructeurs comme la Société À. E. G. et la marson Siemens-SelVuckert, d’installer des locaux spéciaux, ordinairement souterrains et garnis de solides madriers, dans lesquels les machines essayées à l’emballement peuvent éclater tout à leur aise sans gêner personne.
- Actuellement, les lurbo-alternateurs sont construits'd’une façon courante par un grand nombre de maisons et ï’on parvient normalement à établir des, machines très puissantes tournant à très grande vitesse. Il est possible, par exemple, de faire des ûurbo-artern'ateurs de 3 000 et même 3 5oo K. V. A. tournant à 3 000 tours par minute ou bien de 7'5oq K. Y. A. fonctionnant à- une vitesse de r5cro tours’C).
- Quant aux turbo-d'ynamos, les difficultés rencontrées sont encore plus considérables et e’est à peine si actuellement, en Europe, quatre ou cinq constructeurs peuvent montrer plusieurs de ces machines en fonctionnement satisfaisant.
- Dans les turbines à vapeur, la source des principales difficultés provient de la vitesse énorme prise par la vapeur en. se détendant.
- De la vapeur à 10 kilogrammes de pression, surchauffée à 2.5.0 degrés, s’écoulant par une tuyère dans un condenseur où l’on peut très facilement obtenir une pression absolue de q kg. 1, acquiert une vitesse de 1 200 mètres par seconde.
- Les vitesses considérables de la vapeur exigent des roues tournant avec une très grande rapidité et donnant lieu à une puissance perdue par- frottement importante, puisque cette perte est proportionnelle au cube de la vitesse-de la vapeur.
- Les nouvelles turbines à prise de vapeur.
- Avec les turbines et les machines à piston à contre-pression, la puissance produite se trouve évidemment liée à la quantité de vapeur à fournir. Si l’on doit chauffer beaucoup, on peut disposer d’une force motrice importante; mais si l’on vient à
- (*j Voir plus loin les. indications sur les nouvelles turbo-génératrices de 20 000 et aS ooo- kilowatts établies par VA. E. G,
- p.234 - vue 234/416
-
-
-
- 24 Août 1912,
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 235
- réduire le chauffage, la puissance de la. turbine diminue forcément à moins que l’on fasse échapper à l'air libre l’excès de vapeur que les appareils de chauffage ne peuvent absorber.
- C’est là un inconvénient, difficilement évitable avec les machines à piston, bien que l’on ail fait quelquefois des prises de vapeur dans les receives des machines compound, mais qui n’embarrasse en aucune façon les constructeurs de turbines à vapeur. Si l’appareil de chauffage n’utilise pas toute la vapeur qui est nécessaire pour produire la force motrice, on enverra l’excès de vapeur dans un condenseur après lui avoir fait traverser une turbine à basse pression afin de ne pas laisser perdre son énergie
- utilisable.
- $
- On a donc été conduit à créer ce que l’on appelle des turbines à prise de vapeur ou à soutirage de vapeur qui sont simplement formées de deux turbines ordinaires calées sur le même arbre.
- L’une utilise toute la vapeur et détend celle-ci à la pression qui convient aux appareils de chauffage, tandis que l’autre reçoit et conduit au condenseur toute la vapeur en excès qui ne sert pas au chauffage.
- Quelles que soient les variations de charge de la turbine et les quantités de vapeur demandées à la prise pour les appareils de chauffage, la vitesse delà turbine peut être maintenue constante à 2 ou 3 % près ainsi que la pression de la vapeur à la prise de 200 ou 3oo grammes près.
- Ces turbines à prise de vapeur commencent à être très répandues. La maison Bro/wn-Boveri en a déjà fourni plus de vingt-cinq et la Société A. E. G. une soixantaine. Elles sont surtout employées en Allemagne. En France il n’en existe pas encore en fonctionnement, mais plusieurs ont été commandées ces temps derniers (1).
- Les grands turba-générateurs modernes.
- La machine à vapeur à piston est arrivée, au commencement de ce siècle, au summum de son développement. Les plus grandes unités mises en service sur des installations à terre avaient une puissance de 5000 chevaux, soit 3 000 kilowatts.
- Or, la confiance dans la sûreté du fonctionnement des turbines à vapeur, même les plus grosses, est aujourd’hui tellement grande qu’on ne craint pas de réunir dans une seule de ces turbines des puisai Ces données se rapportent an mois de février 1911, date où a été faite la conférence de M. Bcrgeon dont la citation se termine ici.
- sances pour lesquelles on employait autrefois un grand nombre de petites machines, etde faire marcher celle-ci nuit et jour sans interruption. Les dimensions usitées aujourd’hui pour les turbines permettent d’ailleurs d’atteindre à une consommation de vapeur avantageuse dans de très grandes limites de charge, ou, en d’autres termes, do donner à la turbine une courbe de consommation de vapeur très surbaissée.
- Après avoir commencé par établir des unités de 100 jusqu’à 5oo kilowatts, l’A. E. G. construit aujourd’hui, sur le même type, des unités de 3 000 tours jusqu’à 4 5oo kilowatts, des unités de 1 5oo tours jusqu’à 10000 kilowatts, et des unités de 1 000 tours jusqu’à 25 000 kilowatts.
- L’augmentation énorme des puissances des turbines à vapeur et des turbo-dy-namos, dans les limites de vitesse qui viennent d’être indiquées, provient de ce que les moyens à employer pour obtenir un bon rendement sont incomparablement plus simples aux vitesses élevées qu’aux vitesses faibles.
- Les dimensions extérieures des machines sont aussi plus petites, ce qui permet d’avoir des bâtiments moins vastes et une meilleure disposition d'ensemble, de plus petites charges pour les ponts-roulants et des frais de fondations beaucoup moins élevés. C’est la génératrice, surtout sa partie tournante, qui fixe la limite du maximum de puissance pour une même vitesse. La construction du rotor de la dynamo doit être étudiée de telle sorte que, bien que cette partie contienne des bobines conductrices avec leur matière isolante, l’équilibre de la pièce soit encore parfait après un service de plusieurs années. Le principe de la construction de ces inducteurs est le suivant.
- Des bobines comprimées et durcies sont rapportées sur la carcasse massive de l’inducteur, auquel elles sont fixées par des dents prismatiques feuilletées. A la suite des essais faits sur les machines construites, la forme et le sectionnement de ces dents ont subi des modifications progressives, ayant aussi pour but d’assurer la distribution la plus rationnelle de l’air servant à refroidir la matière traversée par le couvant.
- L’A. E. G. mettra prochainement en service une turbo-dynamo de 20000 kilowatts qui n’est dépassée en puissance par aucune autre machine motrice actuellement en service sur le continent.
- Comme toutes les autres, la turbo-dynamo de 20 000 kilowatts a trois paliers communs pour la turbine et la dynamo. Le travail de frottement cor-
- p.235 - vue 235/416
-
-
-
- 236
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T.
- XIX (2» Série). — N« 34.
- respondant à la vitesse de rotation normale représente quelques centaines de chevaux, dont la majeure partie correspond naturellement, au palier du milieu; la vitesse périphérique de ce tourillon du milieu est d’environ 3o mètres par seconde.
- Les paliers sont parcourus comme d'habitude par un courant d’huile, dont le débit atteint ici près d'un mètre cube par minute.
- La vitesse périphérique de la plus grande roue de turbine est d’environ i5o mètres. La pièce la plus lourde ne pouvant être démontée et devant, par conséquent, être transportée entière sur les chemins de fer
- est le rotor de la dynamo ; il pèse plus de 5o tonnes, L’A. E. G. seule a aujourd’hui en service ou en montage quatre turbo-dynamos de ao ooo kilowatts et onze machines de puissance inférieure : de 18000 jusqu’à 12000 kilowatts par unité. On a également signalé ici les grandes unités'de Brown-Boveri.
- Ainsi la facilité remarquable avec laquelle la turbine à vapeur se prête à la a concentration » de la puissance, qui est un des desiderata principaux de l’exploitant moderne, semble lui assurer un avenir auquel il est impossible d’assigner une borne.
- J. Reyvai,.
- LA COMBUSTION CATALYTIQUE ET SES APPLICATIONS INDUSTRIELLES
- HISTORIQUE ET DEFINITION
- Le principe de la combustion avec arrêt de la flamme à la surface d’une couche poreuse qu'on lui fait traverser a été établi dès 1816 par Sir Hum-phrey Davy, lors de ses études sur la nature des flammes. On sait que ces recherches conduisirent le célèbre physicien à l’invention de sa lampe de sûreté pour mineurs. Si l’on refroidit une flamme à une température inférieure à celle qui est nécessaire pour déterminer la combustion du gaz combustible, celle-ci s’arrête. C’est précisément ce qui se produit lorsqu’on écrase une flamme avec une toile métallique ou une couche poreuse mince qui en provoque le refroidissement par conductibilité. On constate facilement que la combustion est limitée à l’atmosphère inférieure de la toile métallique, car on peut enflammer le gaz qui la traverse.
- Si, au lieu d’employer un gaz combustible seul, à la pression ordinaire, on se sert d’un mélange gazeux explosif et qu’on l’envoie sous pression dans les interstices d’un corps poreux, le phénomène qui se produit est très différent. Le corps poreux ayant été préalablement porté à l’incandescence détermine la combinaison des gaz qui constituent le mélange explosif: une combustion active se produit dans ses pores et la chaleur intense développée par cette combustion très vive maintient la surface du corps poreux en état d’incandescence, sans aucun développement de flamme.
- La combustion catalytique n’est qu’un cas particulier d’un phénomène très général d’influence accélératrice exercée sur les transformations chimiques des systèmes gazeux. On sait, par exemple, qu’un mélange d’hydrogène et d’oxygène demeure inerte aux températures et pressions ordinaires, tandis qu’ils donnent lieu à une combinaison lente dès que la température atteint une certaine limite. A 45o", on peut constater la formation de vapeur d’eau après quelques jours, mais la vitesse de la réaction est trop faible pour permettre de constater une élévation de température du mélange. A55o°, l’inflammation spontanée a lieu, l’allure de la combustion s’accélérant rapidement jusqu’à ce que soit atteint le point d’ignilion. Mais si les gaz, maintenus à une température sensiblement inférieure à celle qui correspond à leur inflammation spontanée (entre 420 et 45o par exemple), sont mis en contact avec une substance poreuse convenable, la combustion se produit sur cette surface.
- On connaît l’expérience classique de la lampe sans flamme : une spirale de platine demeure incandescente dans les vapeurs d’alcool méthy-lique dégagées par la mèche éteinte. Ce phénomène a reçu diverses applications : lampe brûle-parfums, appareil à désinfecter, etc.
- Plus récemment des petits briquets à alcool méthylique et à pastille poreuse permettent d’obtenir une véritable combustion en plaçant la pastille dans l’atmosphère d’alcool.
- Dulong, Thénard et Dobereiner ont observé,
- p.236 - vue 236/416
-
-
-
- 24 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 237
- en i8a3,que toutes les substances possédaient à des degrés divers la propriété attribuée antérieurement aux seuls métaux de la famille du platine : le platine agit au-dessous de ioo°; l’or à iSo0; l’argent à 25o° ; le verre, le cristal de roche à 350°.
- Diverses théories ont été émises pour expliquer ce phénomène. En France, Dübereiner admettait que le platine absorbait l’hydrogène ; en Angleterre, William Henry et Thomas Graham pensaient que l’oxygène seul était absorbé, tandis que Faraday croyait que celte absorption intéressait les deux gaz à la fois ; en Suisse, à Genève, de la Rive proposait une explication différente: succession rapide d’oxydations et de réductions de la substance catalytique. Après une longue et vaine controverse entre Faraday et de la Rive, la question fut abandonnée (i83G).
- Récemment Nernst l’étudia de nouveau. Envisageant le phénomène à la lumière des nouvelles théories, il assimile les réactions dans les systèmes hétérogènes à la dissolution d’un sel dans l’eau. La vitesse de combustion superficielle ne dépendrait donc que des facteurs de diffusion. Cette théorie ne tient pas compte de Y ionisation des gaz par la surface ; aussi a-t-elle été modifiée par le professeur Bone'de l'Université de Leeds, qui vient de reprendre le problème en l’étendant aux hautes températures et en imaginant une nouvelle méthode de combustion susceptible de recevoir de nombreuses applications industrielles.
- Les résultats des expériences du professeur William Bone confirment certaines constatations faites par Dulong, Thénard et Dübereiner, par exemple, que le pouvoir d’accélérer la combustion gazeuse appartient à toutes les surfaces aux températures voisines du point d’iguition, à divers degrés, suivant leurs caractères chimiques et leur structure physique.
- Le professeur Bone observe, en outre, que la vitesse de .combustion semble proportionnelle à fa pression partielle du gaz combustible et non à celle de l’oxygène nécessaire à cette combustion.
- Quand on traite une surface par l’hydrogène, on augmente, en effet, son pouvoir catalytique, tandis qu'on le diminue, quand on la traite par l’oxygène. On constate également que la substance catalytique est affectée parlephénomène; une toile de fils d’argent brillants et lisses de-
- vient rugueuse et le microscope révèle la formation de petites ampoules sur les fils qui la constituent.
- Quand l’or et l’argent absorbent ainsi de l’hydrogène ils se chargent négativement, et positivement avec de l’oxygène. Enfin, l’humidité, qui favorise la combustion ordinaire, gêne au contraire la combustion catalytique.
- Le fait le plus intéressant qu’ait découvert le professeur Bone est que le pouvoir accélérateur, dû aux surfaces poreuses, se manifeste également aux plus hautes températures et particulièrement lorsque la surface devient incandescente.
- De plus, cette influence non seulement augmente rapidement avec la température, mais la différence des pouvoirs de diverses surfaces, qui, aux basses températures, est souvent considérable, diminue à mesure qu’augmente la température, de sorte qu’à l’incandescence vive les diverses substances présentent sensiblement le même pouvoir accélérateur.
- 11 en résulte cpie l’on peut établir une méthode générale de combustion catalytique, indépendante de la nature de la surface poreuse. Si donc on injecte dans les interstices d’un corps solide réfractaire poreux incandescent un mélange gazeux explosif, maintenu dans certaines conditions précisées ultérieurement, la combinaison du combustile et du comburant se produit dans les interstices ou pores en donnant une combustion accélérée, mais sans production de flamme.
- Caractéristique de la combustion catalytique.
- Le nouveau mode de combustion est caractérisé par les avantages su-ivants :
- j° Le mélange gazeux formé de proportions convenables de comburant et de combustible pour une combustion complète étant amené au contact d’une surface incandescente, brûle, sans llamme, de manière à convertir immédiatement une proportion élevée de l'énergie potentielle du gaz combustible en énergie radiante.
- •i° La surface incandescente agit comme un accélérateur qui active considérablement la combustion et permet de la concentrer au point d’utilisation, de manière à éviter les pertes par conductibilité, radiation.
- 3° La température obtenue peut être modifiée
- p.237 - vue 237/416
-
-
-
- 238
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XIX (2e Série). — N* 34.
- presque instantanément en agissant sur la quantité de mélange gazeux.
- /i° La combustion est parfaite avec un excès minimum d’air. Le rendement est donc excellent, ainsi que l’a prouvé l’expérience.
- 5° Ce procédé de combustion est applicable à une très grande variété de combustibles gazeux : gaz d’éclairage, de four à coke (dilués ou non de gaz à l’eau), gaz naturel, gaz d’huile, gaz à l’eau carburé.
- 6° 11 permet de réaliser de très hautes températures sans utiliser les appareils de récupération employés actuellement. De plus, en substituant l’oxygène ou l’air enrichi à l’air atmosphérique, il semble que l’on puisse obtenir des résultats bien supérieurs à ceux que donnent les anciennes méthodes.
- 7° Grâce à la grande quantité d’énergie radiante développée, la transmission de la chaleur entre le foyer et l'appareil d’utilisation est très rapide, cc qui permet d’éviter des pertes de calorique.
- 8° Les surfaces chauffantes peuvent occuper les positions les plus diverses : horizontales, verticales, obliques. On peut les placer au-dessous ou au-dessus du corps à chauffer, ce qui permet, par exemple, d’évaporer un liquide en agissant sur sa surface.
- 9° L’incandescence de la surface ne dépend aucunement de l’atmosphère extérieure. Dès que le diaphragme est incandescent, il conserve son incandescence, lorsque les proportions d’air et de gaz combustible sont convenables, dans n’importe quel milieu : air libre, tube, chambre de chauffe, atmosphère inerte (par exemple, d’acide carbonique).
- io° Dans le cas du diaphragme chauffant, la combustion effective est confinée dans une couche très mince du diaphragme, immédiatement au-dessous de la surface et il ne se développe point de chaleur dans les autres parties.
- 11" La température d’un diaphragme fonctionnant avec un mélange de gaz de houille et d’air, dans des conditions d’admission déterminées, dépend de la façon dont est facilitée ou entravée la radiation intense de sa surface : avec une radiation s’opérant librement, la température du diaphragme, peut être maintenue en un jmint quelconque jusqu’à environ 8:>o0, suivant le débit d’admission du mélange combustible.
- Dispositif expérimental.
- Le professeur Bone a imaginé deux dispositifs principaux. Le premier repose sur l’emploi d’un diaphragme chauffant; le second sur celui d’un Lit de matériaux réfractaires incandescents entourant le corps à chauffer.
- i°) Diaphragme chauffant.
- Le diaphragme chauffant est fait d’un aggloméré de grains d’argile, de 3,a millimètres à r,G millimètre de diamètre, et de feldspath en poudre fine, le tout pétri avec addition d’eau, séché et cuit au four. Ce diaphragme (fig. i), qui mesure a5,4 millimètres d'épaisseur et est extrêmement. poreux, masque l’orifice d’une sorte d’entonnoir auquel aboutit le tuyau d’alimentation du gaz.
- Fig-. 2. — Chauiïfig-e d’un creuset.
- On commence par laisser pénétrer le gaz combustible seul; il traverse la surface poreuse et, après allumage, brûle avec une flamme bleue. Si l’on admet alors de l'air sous une faible pression (3,18 millimètres), la flamme perd graduellement toute luminosité et diminue de dimensions. Après quelques instants, elle se retire sur la surface du diaphragme qui prend un aspect bleuâtre. Enfin, la flamme s’éteint complètement et il se produit une combustion sans flamme à la surface externe du diaphragme, qui rougit uniformément. L’état de régime, est alors atteint. Le phénomène se continue ainsi sans modifications, tant que l’alimentation demeure la même.
- Le professeur Bone a construit et fait fonctionner des diaphragmes de dimensions différentes jusqu’à 0,37 mètre carré de surface (Ga X 6a centimètres).
- p.238 - vue 238/416
-
-
-
- 24 Août 1912
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 239
- L'expérience a démonLré que la durée de ces diaphragmes était des plus satisfaisantes : un service continu ne semble pas les avoir détériorés .
- a0) Lit de matière réfractaire granuleuse.
- La seconde méthode réside dans l’emploi d’un lit de matière réfractaire granuleuse incandescente, disposée auprès d,u corps à chauffer (à proximité ou en contact) : un mélange explosif de gaz ou de vapeur, combustibles, et d’air en proportions convenables est injecté à une grande vitesse, par un orifice approprié, dans la couche réfractaire, de manière à la maintenir incandescente.
- APPLICATIONS
- Les applications de la combustion catalytique sont nombreuses. Elles embrassent en effet un domaine très étendu qui comprend notamment presque tous les chauffages industriels (chauffage pour fusion de métaux, pour évaporation de liquides, chauffage de l’eau, vaporisation, production de la force motrice).
- i° Fusion des métaux..
- Pour les opérations de laboratoire et même les opérations métallurgiques, le professeur Rone a construit le dispositif représenté figure 2. Le
- 'Frçj. 3.-Gkuuffage d on moufle.
- creuset,, placé au centre, est entouré d’un lit de matière réfractaire granuleuse. Le mélange d’air et de gaz combustible est injecté à une grande vitesse par un orifice étroit disposé à la base du four et, à mesure que ce mélange vient rencontrer le lit incandescent, la combustion catalytique se produit instantanément. Contrairement à ce qui ;a lieu pour le diaphragme chauffant, c’est dans la partie la plus basse de la couche que se trouve le siège de la combustion complète et
- intense : les gaz brûlés traversent ensuite Les couches supérieures et, comme ils sont à une température élevée, ils cèdent leur calorique au revêtement réfractaire de manière à le maintenir incandescent. On peut obtenir ainsi très rapidement des températures de i pm0 C à i 5oo°.C. On n’es.t d’ailleurs limité que parla résistance des matières réfractaires à l’action de la chaleur. On a réussi à atteindre aisément des températures de x ooo° C, avec le gaz de houille ; avec le gaz moud, à faible pouvoir calorifique, on ne peut guère dépasser i 5oo“. Pour les températures jusqu’à l 200" maximum, on peut se servir de matériaux réfractaires de premier choix, broyés et tamisés, à dimension convenable. Au dessus de cette température, on emploie des morceaux de magnésie.
- 2° Cémentation, recuit, brasure, etc.
- Ces diverses opérations industrielles peuvent être effectuées aisément à l’aide de la combustion en surface.
- Nous nous contenterons d’indiquer le dispositif (Xlg. 3) reposant sur l’emploi d’.unc couche incandescente entourant un moufle. Ce dispositif <fst analogue au précédent, mais tandis que la partie supérieure du creuset demeure libre, le moufle est complètement entouré de matière réfractaire. Signalons parmi les principales
- Fig. 4. —-Chaudière et ré chauffeur d’eau, a, arrivée de :gaz et d’air ; b, eauifrpide; e,.eau .chaud*.
- applications de ces divers appareils : le chauffage des cornues, des fours à recuire, cémenter,,-etc.. En somme, tous les chauffages industriels.
- 3° Chauffage des générateurs de vapeur.
- De toutes les applications, celle-ci est.certainement la pins remarquable et la plus importante. On sait, en effet, combien le rendement
- p.239 - vue 239/416
-
-
-
- 240
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N«34.
- des générateurs actuels est défectueux. Aussi la nouvelle méthode, si elle tient ce qu’elle promet, peut-elle révolutionner I industrie et permettre à la machine à vapeur de lutter longtemps encore peut-être contre le moteur à combustion interne qui chaque jour gagne du terrain.
- Au lieu de placer le lit réfractaire eh revêtement autour du récipient ou de la chambre à chauffer, on peut, avec un égal succès, le disposer à l’intérieur de tubes traversant le milieu à chauffer. C’est ainsi que les tubes des chaudières multitubulaires peuvent recevoir directement le mélange explosif qui maintient incandescente la couche de matière réfractaire qui les remplit. Cette solution du problème du foyer intérieur appliqué aux chaudières multitubulaires est aussi élégante que parfaite.
- Divers essais ont été faits soit à Leeds, parle professeur Bone, en décembre 1910, soitdansles usines métallurgiques de Skinningrove à Cleve land (Yorkshire). Ils ont donné les résultats les plus satisfaisants. Nous indiquerons à la fin de eette note quels ont été les rendements obtenus.
- KiK-5. — Schéma d’une chaudière tubulaire chauflec
- moyen du dispositif de combustion catalytique. —N, niveau de l’eau; A, arrivée de l’air; B, arrivée'du gaz ; CD. chambre de mélange; EE, tubes remplis de matièreréfractuire.
- La chaudière qui a servi aux premières expériences était du type locomotive (fig. 5). Elle comportait une série de tubes d’acier de 0,91 mètre de longueur et 0,07 mètre de diamètre intérieur. Ces tubes étaient chargés sur toute leur longueur avec des matériaux réfractaires convenables (argile de Glenboig, Ecosse). A l’entrée des tubes, du côté où était introduit le mélange gazeux, on avait disposé un tampon de terre réfractaire dans lequel était percé un trou de 19 millimètres de diamètre. Ce tampon servait à maintenir froide l’extrémité du brûleur. Le mélange gazeux était, soit soufflé, soit aspiré à travers les tubes.
- Il entrait par la gauche du faisceau tubulaire sous une pression d’eau relativement élevée (440 millimètres d’eau). On l’enflammait à l’aide d’un chalumeau, puis il continuait de brûler sans flamme. La chambre de mélange était fixée, à la plaque avant de la chaudière. Le mélange introduit dans cette chambre renfermait une proportion d’air très légèrement en excès sur celle que nécessitait la combustion complète.
- La zone de combustion effective s’étendait sur une longueur de 100 millimètres environ dans le faisceau tubulaire. La région à température élevée se trouvait au centre de la masse poreuse, les parties au contact des parois du tube étant à une température bien inférieure. Environ 65 % de la vapeur produite se dégageait dans les 3o centimètres cubes de la région antérieure de la chaudière, 25 % dans le tiers moyen et 10 % dans le dernier tiers. Les gaz brûlés, traversant les tubes à une grande vitesse, venaient buter constamment contre les parois auxquelles ils cédaient leur chaleur. Dans le cas de la chaudière multitubu-laire essayée, la consommation de gaz de houille fut d’environ 28,3 mètres cubes à l’heure, auxquels s’ajoutaient 155 à 170 mètres cubes d’air. Le nombre des tubes étantde 10, la longueur deqo centimètres et le diamètre intérieur de 76 millimètres, on voit combien était rapide le flux gazeux quiles traversait. Et cependant, la température qui atteignait 2 ooo° dans la zone de combustion ne dépassait pas de 70° C à la sortie des tubes, celle de l’eau de la chaudière. Un petit réchauffeur d’eau d’alimentation recevait les gaz à leur sortie de la chaudière et leur enlevait l’excès de calorique. La température finale, au sortir du réchauffeur d’eau, n’était que dego0 centigrades.
- La chaudière d’essai de Leeds a fonctionné plus d’une année avec succès; aussi les usines métallurgiques de Skinningrove à Cleveland (Yorkshire) ont-elles fait établir, par les usines Richardsons et Westgarth à Middlesbrough, une chaudière multitubulaire beaucoup plus puissante, capable de vaporiser 25o kilogrammes d’eau par heure. Cetfe chaudière, formée d’un tambour cylindrique de 3 mètres de diamètre et de 1,20 mètre de longueur, renferme 110 tubes de 76 millimètres de diamètre, garnis intérieurement de fragments de briques réfractaires. Une chambre d’alimentation reçoit le gaz à la pression de 5o millimètres d’eau, communique avec ’ un tube de mélange dans lequel le combustible
- p.240 - vue 240/416
-
-
-
- 24 Août 1912.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 241
- gazeux est aspiré — grâce à un ventilateur produisant une aspiration de 5io millimètres d’eau — en même temps que l’air nécessaire à la combustion. Le mélange explosif, au sortir du tube mélangeur, pénètre dans les no tubes de la chaudière, où il brûle sans flamme, à l’intérieur de la couche réfractaire incandescente. Une seconde chambre circulaire, fixée sur la plaque postérieure de la chaudière, recueille les gaz brûlés et les conduit au réchauffeuv d’eau d’alimentation, où ils abandonnent le calorique en excès. Le ventilateur, fixé au réchaulfeur, aspire les gaz refroidis et les décharge dans l’atmosphère. Leur température n’est que de 75° centigrades.
- Ce procédé, en ce qui concerne le chauffage des chaudières à tubes, fait l’objet du brevet anglais n° 2 40.4, du 3i janvier 1911. Il est décrit dans le numéro du 9 janvier 1912 du Journal of Gas Lighting. La méthode générale du professeur Boneaété exposée par lui dans une conférence faite devant le Franklin Institute (The Journal of Franklin Institute, n° 2, février 1912. Cf également : Engineering ancl Mining Journal, New-York, n° 3, 20 janvier 1912 et Melallurgical and Chemical Engineerins, n° 12, décembre 1911).
- 4° Résultats numériques.
- a) Expériences faites sur un four à moufle de 24 centimètres de longueur, i3,3 centimètres de largeur et 8,5 centimètres de hauteur, chauffé à des températures variant de 815' à 1 425°C au moyen de gaz de houille d’un pouvoir calorifique de 4800 calories environ par mètre cube à i5°C et 760 millimètres.
- Tableau I.
- On voit que la température*des produits de la combustion est de 3oo à 35on G plus basse que la température dans le milieu du moullc; aussi les perles par chaleur sensible emportée par les gaz et par comhustion incomplète sont-elles beaucoup plus faibles que dans le cas du chauffage ordinaire. La consommation de gaz est, par conséquent, moins élevée.
- b) Essais faits dans une chaudière multitubu-laire à 10 tubes (à Leeds en décembre 1910). Cette chaudière était garnie d’un revêtement calorifuge réduisant à 2 % de la chaleur totale les pertes par rayonnement.
- a. Données relatives à ces essais :
- Nombre de tubes d’accès de la
- chaudière..................... 10
- Diamètre intérieur des tubes. 75 mm.
- Longueur....................... 900 mm.
- Nombre des tubes du ré-
- chauiîeur................. 9
- Diamètre intérieur.............. 7b mm.
- Longueur....................... 3oo mm.
- Pression du mélange gazeux à
- l’entrée des tubes........... 44o mm d'eau.
- Pression du gaz à la sortie des
- tubes......................... 5i mm d’eau.
- Point d’ébullition de l’eau à
- 7 kilogrammes.............. i<38° C
- Température des gaz à la sortie
- des tubes................... 23o° C
- Température des gaz à la sortie
- du réchauffeur............... 95° C
- Température de l’eau à l’entrée du réchauffeur......... 5°,5 C
- Tempérât ure de l’eau à la sortie
- du réchauffeur............... 58° C
- Vaporisation rapportée à ioo°C
- par m2 de surface de chauffe. io5 kg.
- Température dans le milieu du moufle (en degrés C) CO 1 004 1 ao5 1 424
- C0nsommation de gaz pour maintenir la température constante (ma par heure à i5°C) 0,594 1 ,000 I ,635 2,280
- Température des produits de la combustion (en de-g'’ês C) 540 G45 870 1 o85
- p. Bilan calorifique :
- Gaz brûlé par heure (à o° et
- 760 mm)................... 28,2 m3
- Pouvoir calorifique approché. 5 000 calories
- Chaleur totale fournie par
- heure........................ i39 920 cal.
- Température de l’eau d’alimentation................... 5o°,5 C
- Pression de la vapeur............. 7 kg.
- Eau vaporisée par heure..... 200 kg.
- Eau vaporisée à ioo° par
- heure......................... a5o kg.
- Chaleur transmise à l’eau. ... i3i 980 cal.
- Rendement thermique. 131 950/139 900 = 0,943
- Ce rapport entre la chaleur transmise à l’eau et la chaleur nette de combustion du gaz étant de 0,943, on voit que les résultats obtenus sont
- p.241 - vue 241/416
-
-
-
- 242
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N 34.
- absolument merveilleux. Les meilleures chaudières construites actuellement n’atteignent que dillicilemcnt des rendements de 75 % , et elles nécessitent un matériel compliqué (économiseurs, chaudières volumineuses, etc.). Si l’on admet que le ventilateur absorbe 4,3 % environ, on voit que le rendement définitif d’une chaudière à combustion catalytique est de i5 à % supérieur à celui des anciennes chaudières fonctionnant dans les meilleures conditions. Il semble même que le gain puisse atteindre souvent 40 et 5o % .
- Quant au taux de vaporisation, il est extrêmement élevé. Dans les conditions normales de fonctionnement, la vaporisation moyenne dépasse 9^,5 kilogrammes par mètre carré de surface de chauffe et par heure, c’est-à-dire environ deux fois plus que dans une chaudière de locomotive. On peut même atteindre i4r> kilogramme® d’eau par mètre carré de surface de chauffe sans risquer de brûler les tubes, mais en diminuant évidemment un peu le rendement.
- Ajoutons qu’au point de vue pratique, ce système de chauffage produit des avantages incontestables :
- a) Il permet de supprimer le foyer, les carneaux et même la cheminée. Un examen tarés minutieux des produits de la combustion a permis de constater que la combustion était absolument complète: la proportion moyenne de gaz carbonique atteignait 16,G %., tandis que la proportion d’oxygène ne dépassait pas 1,6 % . On m’observait pas la moindre trace d’oxyde de carbone, d’hydrogène ou de méthane. Le reste du gaz était de l’azote pur.
- b) 11 permet, en outre, de disposer les tubes par groupes qui peuvent être chauffés ou éteints successivement suivant les variations de charge. On obtient ainsi une grande souplesse de fonctionnement .et un rendement élevé aux charges réduites.
- 5° Autres applications.
- Il semble que la combustion catalytique soit susceptible de recevoir une foule d'autres applications. Nous nous proposons de faire quelques recherches dans ce sens, notamment en vue du chauffage domestique, de l’éclairage et de la production thermique de l’énergie électrique.
- a) Chauffage domestique.
- Pour le chauffage domestique, le diaphragme chauffant ou ses variantes semble devoir donner
- toute satisfaction : cuisine au gaz, chauffage des fersà repasser, chauffage central, chauffage des manchons réfractaires du type Kern,par exemple, chauffage au gaz des appartements, chauffage des chaudières par le chauffage central à l’eau chaude.
- L1 est inutile d’insister, ces dispositifs étant analogues à ceux dont il a été question plus haut.
- b) Eclairage.
- Nous croyons que la combustion catalytique pourrait être appliquée avec succès à l’éclairage par incandescence. Qu’il s’agisse de bâtonnets analogues à ceux des lampes électriques Nernst, ou des manchons, buissons, chemises, utilisés dans les becs Auer, on améliorerait vraisemblablement le rendement en utilisant la combustion en surface.
- Divers artifices pourraient être essayés.: matière poreuse, réfractaire', diaphragme éclairant formé d’un mélange de terre spéciale et d’oxydes rares, ou encore noyau en terre réfractaire recouvert d’une couche ou d’une chemise d’oxydes d’yttrium, thorium, zirconium, cérium, erbium, etc.
- On pourrait également associer les couches réfractaires incandescentes à des métaux peu fusibles : osmium, tungstène, etc..,et à des oxydes.
- c) Production thermique de Téne-rgie électrique..
- Divers procédés peuvent être employés à cet
- effet : soit eu utilisant les phénomènes thermo-électriques, soit en ayant reco urs,aux piles hydroélectriques ou aux piles à gaz.. Ces dernières sont celles qui nous intéressent le plus.
- Oit sait que., dans la combustion des corps, l’oxygène prend l’électricité positive, le combustible l’électricité négative. En plaçant verticalement un cône de charbon en communication avec le sol au-dessous du plateau inférieur d’un élec-troscope condensateur et allumant la partie supérieure, on recueille l’électricité positive du gaz carbonique. La combustion du charbon dans l’oxygène pur donne un résultat identique.
- De diverses expériences, notamment de Matteucci, Pouillct,etc. ,il semble résulter qu’i'l se développe dans la combustion de tout corps deux états électriques opposés. Lorsque ces derniers se trouvent en présence, ils se neutralisent simultanément et Ton ne peut, par suite, constater leur existence ; mais si l’on s’arrange de façon à faire disparaître l’une de ces électricités, on met la seconde en liberté.
- O11 connaît le dispositif imaginé par M. Pellal
- p.242 - vue 242/416
-
-
-
- 24 Août 1912.
- LA. LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 243
- (i88'5) à cet effet. Peut-être peut-on le reprendre en le modifiant de manière à utiliser la -combustion en surface.
- Le bec d’un grand brûleur de Bunsen est plaoé à l'intérieur d’un grand cylindre creux en métal, fermé en haut par une plaque de même métal, ne laissant que les ouvertures nécessaires pour le tirage.
- M. Pellat appelait cette enveloppe cylindrique Yinducteur.
- Si l’on soude à cet inducteur et au bec métallique deux fils d’un même métal, on constate entre eux une différence de potentiel constante dans l’état d’équilibre électrique, lequel se rétablit rapidement dès qu’on vient à l’altérer: c’est la force électromotricc de l’élément qui se comporte exactement comme un élément de pile. Ces éléments peuvent, en effet, se mettre en opposition ou en série avec une pile quelconque.
- La force électromotrice se mesure aisément par l’électromètre ; elle dépend : i° de la nature du gaz qui brûle; 2° de la nature du métal qui constitue le bec; 3° de la nature de la surface interne de l'inducteur. Le pôle positif est le bcc, le pôle
- négatif est l’indiacteur. La fcuvee électromotriee peut atteindre des valeurs assez élevées : o,3o volt à i ,7*2 volt.
- Cette dernière valeur est donnée par le gaz d’éclairage brûlant dans un bec en platine, l'inducteur étant en cuivre. Un inducteur en platine ne donne, dans les mêmes conditions, que °)9'i volt et l’hydrogène pur seulement o,io volt. Ces résultats indiquent que l’on aurait intérêt à faire de nombreux essais en variant les conditions d’expériences, de manière à obtenir les résultats les plus satisfaisants avec la plus faible dépense de combustible. Peut-être les phénomènes thermo-électriques qui, sans doute, accompagnent le phénomène principal, devraient-ils être soit éliminés si leur action est perturbatrice, soit au contraire développés, si elle est de même sens que l’action principale.
- De plus, il serait necessaire d’éviter toute action chimique secondaire (oxydation des métaux) pour empêcher la détérioration progressive de l'appareil.
- A. BdiorrHiKii.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- TRACTION
- Les nouvelles locomotives monophasées des ateliers Oerlikon. — H. Behn-Eschenburg. — Elehtrotechnische Zeitschrift, 7 mars 1912.
- , A la suite des essais effectués sur la ligne du Lôlschberg avec une locomotive monophasée construite par les ateliers Oerlikon et munie de deux moteurs d’une puissance horaire de 1 000 chevaux chacun (*), plusieurs nouvelles locomotives ont été commandées à ces mêmes ateliers.
- Ces locomotives sont plus puissantes que la locomotive d’essai et réalisent mèaue les plus fortes unités construites jusqu’ici en matière de .traction électrique, puisqu’elles doivent développer, pendant une heure et demie de marche en service sans interruption, une puissance de a 5oo chevaux à la
- (l) Voir, à propos de cette locomotive d’ess.ai, J. Simey, Lumière Electrique, ai octobre 1911,
- vitesse de 5o kilomètres à l'heure et au démarrage des efforts de traction allant jusqu’à 18000 kilogrammes. La vitesse doit, d’ailleurs, pouvoir être portée à 7 j kilomètres à l’heure. La longueur totale cle ces locomotives, dont la ligure 1 représente la disposition schématique, est de iG mètres, leur poids adhérent de 85 tonnes.
- La partie mécanique de ces locomotives a clé établie par la Société de construction de locomotives de Winterlhur. Chacune d’elles comporte, ainsi que le montre la figure 1, cinq essieux moteurs accouplés et deux essieux porteurs. Trois des essieux moteurs possèdent axialement un jeu latéral dans les paliers des arbres-manivelles, afin de faciliter l’inscription de la locomotive dans les courbes. Les manivelles, commandées respectivement par les deux moteurs, sont reliées par un cadre triangulaire entre elles et, par l'intermédiaire d’une glissière, aux manivelles de l’essieu moteur du milieu (fig. 1). Le poids total de chaque locomotive sera, en chiffres
- p.243 - vue 243/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 4
- T. XIX (2e Série). — N° 34.
- ronds, de 108 tonnes, dont 5o tonnes environ pour la parlie mécanique.
- On a adopté des moteurs à engrenages, comme pour la locomotive d’essai, dont les résultats, à cet égard, ont été pleinement satisfaisants. L’auteur •estime, en effet, que 1rs engrenages permettent •d’atteindre, avec une consommation de lubréfîant
- aux divers points de vue de l’économie de courant au démarrage, de la commutation et de l’aptitude au réglage de la vitesse. En effet, avec les moteurs à répulsion, l’une des conditions nécessitées par la commutation est de ne pas dépasser de plus de i5 % la vitesse du synchronisme, ce qui impose des limites assez étroites pour la vitesse, le nombre de
- --------3VZO-
- Fig.
- relativement faible (i litre de graisse consistante -pour i ooo kilomètres) un rendement de 98 % environ.
- D! autre part, si l’on compare les poids des moteurs sans engrenages et des moteurs à engrenages, on est frappé de l’avantage de ces derniers. En effet, chaque moteur à engrenages de 1 000 chevaux de la locomotive d’essai Oerlikon ne pesait que
- pôles et la puissance. Au contraire, le moteur-série, dont la vitesse n’est pas limitée par de telles conditions et qui peut fonctionner économiquement aux vitesses hypersynchrones, est, d’après l’auteur, le moteur qui s’adapte le mieux à la traction électrique.
- Toutefois, afin d’améliorer la commutation, les moteurs des nouvelles locomotives doivent être munis du dispositif de compensation Oerlikon, dont
- JUUüul^
- Kig
- 9,5 tonnes et chaque moteur à engrenages de 1 a5o chevaux des nouvelles locomotives pèse 14 tonnes, alors que chaque moteur à accouplement direct, d’une puissance unihoraire de 800 chevaux seulement, de la locomotive A. E. G. pesait également ï4 tonnes.
- En ce qui concerne la nature de l’enroulement et des connexions du moteur, l’auteur estime le moteur série supérieur au moteur à répulsion, surtout
- le principe est le suivant. La force éleclroinotrice statique, induite entre les lames du collecteur par le champ principal alternatif du moteur, est compensée par une force électromotrice induite g’ràce à la rotation des conducteurs de l’induit dans un champ auxiliaire, déphasé par rapport au champ principal. Ce dispositif a donné des résultats satisfaisants sur les moteurs de 1 000 chevaux de la locomotive d’essai.
- p.244 - vue 244/416
-
-
-
- 24 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 24S
- Pour les transformateurs des nouvelles locomotives, on a conservé le refroidissement par air sans huile, disposition caractérisée par son poids restreint et son accessibilité. L’enroulement est entièrement emprisonné dans une matière isolante analogue à celle employée pour la fabrication des câbles.
- Enfin, la particularité la plus intéressante des nouvelles locomotives de Lotschberg est le dispositif de commande des moteurs.
- de ses nouvelles locomotives, 4 des contrôleurs rotatifs de dimensions convenables. Ainsi qu’on 1& voit sur les figures a et 3, tous les contacts sont réunis sur un seul tambour de manœuvre. Deux contrôleurs de ce type ont été mis en service sur la première locomotive et leur fonctionnement à été si satisfaisant que la Société Oerlikon s’est décidée à en munir toutes ses nouvelles locomotives.
- Chaque transformateur est muni d’un contrôleur-propre, lequel est monté sur le meme bâti que lui..
- La tension aux bornes de chaque moteur est de 4oo volts environ et l’intensité à pleine puissance atteint environ 3 ooo ampères.
- Si le réglage de la tension comporte douze étages, à chaque manœuvre correspondra donc un saut brusque d’énergie de ioo K. Y. A. On emploie habituellement, pour la commande des moteurs des locomotives monophasées, des contacteurs électromagnétiques, ou des régulateurs d’induction ; on règle aussi parfois la vitesse par le décalage des balais. Après s’être heurtée à de nombreuses difficultés, la Société Oerlikon était parvenue à établir .sur sa locomotive d’essai des contacteurs fonctionnant d’une manière satisfaisante. Il n’en est pas moins vrai que la présence de nombreux contacteurs, dont chacun constitue un appareil délicat, complique le montage et l’entretien de la locomotive. Quant aux régulateurs d'induction, leurs défauts sont les suivants : poids et prix de revient assez élevés, influence défavorable assez sensible sur le facteur de puissance. Enfin, la méthode de décalage des balais ne peut s’appliquer qu’aux moteurs à répulsion, que l’auteur estime, ainsi qu’on l’a vu précédemment, inférieurs, au point de vue de la traction, aux moteurs-série.
- Ce sont ces considérations qui ontdécidé laSociété Oerlikon à recourir, pour la commande des moteurs
- Les diverses sections des enroulements du transformateur peuvent ainsi être reliées directement aux doigts de contact du contrôleur. Chaque contrôleur possède une longueur de i,6 mètre, une largeur de i,5 mètre et une hauteur deo,83 mètre; son poids est approximativement de i tonne. Des bobines de soufflage électro-magnétique assurent l'extinction des arcs qui se forment à la rupture du courant. Afin d’éviter au conducteur la fatigue résultant de la manœuvre d’un tel appareil, les contrôleurs sont commandés à distance par un dispositif éleétro-magnéti— que. Les deux contrôleurs peuvent être, parexemplej reliés entre eux, de telle sorte que le mouvement de l’un d’eux commande l’autre. Lorsque la commande électro-magnétique fait défaut, on peut également manœuvrer chaque contrôleur directement à la main. Les deux moteurs peuvent être montés soit en série,, soit en parallèle avec les deux contrôleurs et les deux transformateurs, ou encore les deux moteurs peuvent être montés en série avec un seul contrôleur et un seul transformateur. On peut également séparer la locomotive en deux moitiés complètement distinctes, dont chacune possède un disjoncteur automatique à haute tension, un transformateur, un contrôleur et un appareil de manœuvre.
- M. F.
- p.245 - vue 245/416
-
-
-
- 246
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N- 34.
- VARIÉTÉS
- .Les forces hy droèlee tri que s en France.
- Le l’apport du ministre de l’Agriculture concernant l’utilisation des forces hydro-électriques et la nécessité d’une législation sur les concessions donne les intéressants renseignements suivants.
- *•
- ¥ ¥
- La puissance électrique est engendrée, tantôt par des moteurs thermiques, tantôt par des moteurs hydrauliques actionnés par des chutes d’eau. Le ministère de l’Agriculture ne s’occupe que de ces derniers.
- Il a été institué assez récemment, au ministère des Travaux publics, un service de « contrôle des distributions d’énergie électrique », mais il n’a encore fait paraître aucun document officiel à ce sujet.
- Les seuls renseignements que nous possédions sont ceux qui ont été publiés en 1911, par le service de la statistique générale de la France, ressortissant au ministère du Travail e t delà Pré voyance sociale. Malheureusement, ce travail donne les résultats d’une enquête faite en 1906 -T il est donc loin de se rapporter à la situation actuelle, attendu que les applications de l’électricité se multiplient avec rapidité.. En se reportant aux pages 25-, 3i et 75 de cet ouvrage, on trouvera néanmoins des indications très utiles..
- De son côté, le journal l’Industrie électrique publie, chaque année, un tableau statistique, par département, des stations centrales de distribution d’énergie électrique existant en France et aux colonies.
- Le tableau qui donne la situation à la fin de l’année 1911 a paru dans le numéro du 10 novembre tgsi. Il est, d’ailleurs, assez incomplet et ne renferme aucune indication relativement à L’importance des quantités d énergies distribuées, ni à la longueur des canalisations.
- Si L’on se borne à ce qui a trait à la « houille blanche», c’est-à-dire à l’utilisation des ehutes d’eau en pays de montagne pour la production de l’énergie électrique, les renseignements que nous possédons sont plus précis.,
- La liste des principales usines hydro-électriques des Alpes françaises existantes à la fin de 1910, avec carie au r ; 5oo 000e des principale^ sources d’énergie
- utiliséesou dont l’utilisation était projetée en 1910, aété dressée et publiée en 1911 par les soins du Service des grandes forces hydrauliques de la région des Alpes dépendant du ministère de l’Agriculture.
- On voit, dans ce travail, que la puissance aménagée était alors de 470 000 chevaux-vapeur. A ce chiffre, pour sc faire une idée exacte de la situation actuelle, il faut ajouter la puissance des usines en construction ou projetées, soit 720 000 chevaux-vapeur; il y a lieu de tenir compte aussi du projet d’aménagement du haut Rhône, dont on peut espérer la réalisation assez prochaine, ce qui augmentera la puissance totale de 3oo 000 chevaux-vapeur.
- A en juger par le chemin parcouru depuis dix ans, on peut penser que, dans une dizaine d’années, la puissance hydraulique aménagée dans nos Alpes atteindra 1 5ooooo chevaux-vapeur et que le produit de la vente de l’énergie sera supérieur à 100 millions de francs par an.
- En dehors de la région des Alpes, il existe de nombreuses et importantes sociétés de distribution d’énergie ayant aménagé et exploitant des chutes d’eau dans les Pyrénées et aussi dans les massifs montagneux secondaires, Massif central et Jura.
- Les plus importantes sociétés d’hydro-éleefcrici té de France sont affiliées à la « Chambre syndicale des forces hydrauliques »; l’annuaire de ladite Chambre (1911-1912) donne, à leur sujet, les. renseignements suivants :
- « La puissance globale des usines hydrauliques appartenant à des adhérents de la Chambre syndicale atteint actuellement 5.7S000 chevaux-vapeur; les distributions d’énergie électrique,. sous forme de farce et delumière, absorbent 3ooooo chevaux-vapeur, le reste est consommé sur place par les industries éleetru-métallurgique s et éleetraeMmiques. Le montant des capitaux engagés dans les sociétés affiliées à la chambre syndicale, et qui emploient la puissance hydraulique comme source d’énergie, dépasse Goo millions de francs.»
- Les lignes de distribution d’énergie installées par ces sociétés constituent un réseau dont le développement est de io jüo kilomètres : 9 200 kilomètres de lignes sont aériennes et 1 55o kilomètres sont dans des canalisations souterraines. Elles desservent une population de 4 &®o 000 â S millions d’habitants.
- p.246 - vue 246/416
-
-
-
- f 4 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 2*7
- Le tableau ci-dessous permet de se rendre compte i seules ligues à tractionbytlro-élçctrique sowut celles du de rimpoulanee respective des principales sociétés I Fayefc-Saiiim1-Ge-rvaLs à Uhamonix ei à la frontière de distribution d’énergie hydro-électrique : suisse (70 kilom.ètrès)ainsi qu’un tronçon-oie l'a ligne
- Tableau I.
- Nos «Tordre di':sk;îia'tix)n des sociétés PUISSANCE AArÉNAGÉE DÉVE-I.OPPU ViIINT. des lignes primai rende transport CAPITAL actions en millions Il K (.IONS
- hydraulique thermique to tnto cre francs
- 1 ^Energie électrique du littoral méditer*- chov. Tapeur cliev. ynpcur char. Tapeur kilomàtiiua f
- r ancien 5b 000 3a 000 82 000 . 2 I 28 38 000 000 Massif des Alipes.
- 2 Energie électrique du centre i3 3xio 34 OOO 47 3oo 3oo 6 000 ooo- Matait' central et Alpes.
- 3 4 Energie électrique du Sud-Ouest..^.,. Société générale de force et lumière 24 000 12 000 36 000 33 0 14 ooo ooo Massif cenhraft.
- (de ©renoble) 3o 000 tt 3o 000 800 10 ooo ooo Passif des Alpes.
- 5 Sud électrique 26 (»oo 3 000 38 000 qjio- G ooo ooo» Massif des Alpes
- 6 Compagnie électrique de la Loire.,.. Compagnie de Eure et Morge et Vizille. 5 3oo 10 800 16 100 5oo 5 ooo oo«* Massif centrai.
- 7 1 r a 5o 2 5oo j 3 750 B2- 600 r68 3 76.5 ooo Massif des Alpes.
- 8 1 9 Société pyrénéenne d’énergie électrique. 'Compagnie centrale d’éclairage cède 1.2 3oo 3oo 325 8 ooo 00.0. Afassif de» Pyrégnées.
- 10 transport de force (Limoges) Société méridionale de transport de- 3 800 2 400 6 200 73 2 85o ooo APa*ssif central. .Massif des Pyiré-
- ftrrce (Carcassonne) 4 000 I 800 5 800 610 5 ooo oco nées.
- ri .L’Union éleetuique^&aflnt-ClmL'die, Jura). 4 ODO I 800 5 800 3o© 3 ooo oflro» ^Massif d’u Jlpura.
- ta Forces motrices d’Auvergne. . 3 000 I 200 4 200 1.80 3 ooo ooo Mus»if central.
- r3 •Forces motrices du Hant-Crésrvaudan. 3 000 750 3‘ 750 108 2 ooo ooo Massif des Alpes.
- 14. Société du Refrain à MoulbéLiaji’d » » 9 OQ0 » »• oa Massif du Jiuitu.
- En.résmnaxé, sans;pouvoirdomier diechifPrcs exacts, on peu* affirmer qu’a L’heure actuelle, la puis sauce die non chutes d’eau aménagées et exploitées en vire de la production de l’énergie élevUriqu-e est supérieure à 600 ©oo chevaux-vapeur.
- Tuai fonce totale brute disponible pour la France : aontinenitiaLe a été évaluée à 5- milPpons de chevaux- ! vapeur en étiag.c, et à b© millions de chevaux-vapeur ; en eaux moyennes.. Bien qu’il s'en faille de beaucoup ! que cette puissance soit suscepiUrble- d’être aménagée industriellement en entier, ceci montre qnae nous sommes encore loin du moment ©4 l’on uttllisera une quantité d’énergie hydro-électrique en. rapport avec L’importance de nos dispanibilLcés*.
- En particulier, la traction électrique des (vke.Enins de. fer en pays de moELlagne n’existe pour ainsi dire pas.. Il est vrai que la Compagnie des chemins- de fer du Midi, qui. utilise déjà l’éneirgie hydro-électriquite sur la ligne de Villefranebe-de-Conflenit à Bourg-Madame (Pyrénées-Orientales.) procède à Fainéna-gement, dan-s les Pyrénées centrales, «Fun certain nombre de chutes d’eau d’une puissance globale supérieure, à 5-ooao. chevaux-vapeur, en vue de la production de l'énergie destinée à la traction d’une série de lignes à fortes rampes, d’un développement die l 000 kilomètres. Mais, dans la région des ÀTpesr les
- de Sarnt-Georges-de-Gommiers à fa Mure, laquelle sera prochainement prolongée jusqu’à Gap. Sur Tes .'170 000 chevaux-vapeur actuellement aménagés davrs les Alpes, 10 000 chevaux-vapeur seulement sont utilisés pour la traction électrique.
- Rang de la France clans le monde pour lrutilisation de lahouvlle blanche. — Les pays qui possèdent d’importantes ressources en houille blanche sont nombreux. Hors de PEurope on peut citer Tes Etats-Unis d’Amérique, le Canada, le Japon,, et, en Europe,, en deim’S de la France-, la Suède, La Norvège, F telle,, la Suisse, la Bavière, l’Espagne, etc,.
- Pour pouvoir déterminer Le rang qu’occupe lia France parmi ces divers pays;, pour T'utilisa)#»©® de ta houille blanche, il faudrait connaître pour chacun d’eux ;
- i° La puissance hydraulique Ikruf cj ‘ü0 La puissance actuellLe- aménagée-Nous; me possédons- ni Fun ni P’auUre de ces éléments. Mais ou peut remarquer, Bout d’abord’, qu’il n’y a ameune comparaison possible entre la France- et l’Aiiiérique, Tes cataractes du Niagara, source d’énergie qui n’a pas sa rivale en E.uir©pe, pouvant produire une puissance de 5 millions de chevaux-vapeur, égale à l’a totalité de nos ressources hydrauliques à l’étiage.
- p.247 - vue 247/416
-
-
-
- 248
- LA LUM1ÈKE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N» 34.
- Au Canada, la seule province d’Onlario, qui comprend la partie canadienne des cataractes du Niagara posséderait, prétend-on, une puissance hydraulique brute de 17 millions de chevaux-vapeur.
- Aux Etats-Unis, une statistique, qui remonte à plusieurs années déjà, montre que les stations hydroélectriques destinées seulement à l'éclairage comportaient 2 474 moteurs hydrauliques d’une puissance globale 1 347 487 chevaux-vapeur.
- En ce qui concerne l’Europe, les deux seuls pays qui nous soient comparables et au sujet desquels nous possédions des renseignements précis et récents sont la Norvège et l’Italie.
- En Norvège, il y a actuellement 5oo 000 chevaux-vapeur aménagés et 480 000 chevaux-vapeur en voie d’aménagement; de plus, la concession est demandée pour l’installation de 200 000 chevaux-vapeur. La Norvège est d’ailleurs particulièrement favorisée au point de vue « houille blanche ». Dans ce pays, on rencontre nombre de chutes très puissantes. La plus récemment aménagée, celle de Vemork, qui a 45o mètres de hauteur, développe à elle seule une puissance de près de 200 000 chevaux-vapeur. Or, le prix de l’énergie électrique est d’autant plus faible, toutes choses égales d’ailleurs, que la quantité produite est plus grande. C’est dire qu’en Norvège le cheval-vapeur revient à un prix très bas, ce qui permet de l’uliliser avantageusement sur place, soit à la production des engrais azotés, au moyen de l’azote extrait de l'air, soit à la production de la fonte au four électrique. Ces emplois de l’énergie ne seraient pas commercialement possibles dans un pays où les chutes seraient moins puissantes, et, à ce point de vue, aucune autre nation européenne ne peut prétendre égaler la Norvège. .
- En Italie, depuis dix ans, les usines hydrauliques se sont développées d’une manière extraordinaire par rapport à la surface du pays et au chiffre de .la population. Avant peu, ce pays aura 5ooooo kilowatts (665 000 chevaux-vapeur) outillés, pour lesquels on a dépensé près de 625 millions. C’est en Lombardie que la plus grande partie de l’énergie est utilisée, principalement pour l’éclairage et la force motrice dans les villes. On craint même qu’il n’y ait surproduction, attendu que le développement de l’industrie italienne n’avance pas aussi vite qu’on l’espérait et que, d’autre part, l’électrification des chemins de fer, quoique plus répandue qu’en France, ne progresse qu’assez lentement.
- Ces renseignements suffisent pour montrer que la France, qui a la première résolu le problème du
- transport à distance de l’énergie électrique, si elle ne tient pas la tête des nations européennes pour l’utilisation de la houille blanche, occupe néanmoins un rang honorable. Dans nos Alpes, les usines d’électro-chimie et d’électro-métallurgie, en particulier celles d’aluminium, ont-pris un développement remarquable. On se préoccupe de divers côtés de la question d’aménagement de chutes pour la fabrication des engrais azotés artificiels, produits dont le placement paraît assuré si le prix de revient en est accessible.
- En dehors de ces emplois de l’énergie sur place, le transport à distance a pris une grande importance. C’est la houille blanche qui assure l’éclairage, la mis&en marche des moteurs et la traction des tramways urbains des villes de Marseille, Toulon, Nice et d’un grand nombre d’autres localités de la région.
- On doit signaler tout spécialement l’intérêt que présenterait la réalisation du projet d'aménagement du haut Rhône qui a été mentionné antérieurement. Ce projet consisterait à établir sur le. fleuve, à Gé-nissiat, à 23 kilomètres de la frontière suisse, un barrage de 70 mètres de hauteur et une usine génératrice capable de produire une puissance de 240 000 kilowatts (320000 chevaux-vapeur). La plus grande partie de cette énergie serait transmise à Paris, sous la tension de 120000 volts, le surplus étant utilisé, sur le passage des lignes de transport , pour l’éclairage et les usages industriels ou agricoles. Ainsi qu’on l’a fait remarquer, l’aménagement de la chute du Rhône à Génissiat équivaudrait à la découverte d’une mine de houille ayant une puissance de production égale à la moitié du bassin d’Anzin, et ayant sur la mine en question l’avantage d’être inépuisable.
- Avant de procéder à l’aménagement d’une chute d’eau, si l’on veut éviter des mécomptes relativement à la quantité d’énergie hydraulique sur laquelle on pourra compter aux divers états du cours d’eau alimentaire, il est indispensable de connaître aussi exactement que possible les variations successives du débit de ce dernier. C’est dans le but de fournir ce renseignement aux intéressés que le ministère de l’agriculture a institué des Services des grandes forces hydrauliques en pays de montagne.
- Le service des Alpes, qui fonctionne depuis neuf ans environ, a beaucoup contribué, pour sa part, au développement des entreprises hydro-électriques de la région.
- On peut escompter un résultat analogue, en ce qui
- p.248 - vue 248/416
-
-
-
- 24 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 249
- concerne le service des Pyrénées, actuellement en très bonne voie de fonctionnement, el celui du Massif central, qui en est seulement au début de la période d’organisation et dont nous parlerons plus loin (voir page 25a).
- Absence d'une législation sur les concessions de forces hydro-électriques. —C’est surtout pour la législation sur la houille blanche que la France s’est laissé distancer par plusieurs nations voisines.
- Actuellement, l’exploitation des sources d’énergie électrique n’est pas soumise à un système fondé sur des principes simples et clairs.
- a En l’état actuel de la législation, dit le projet de loi déposé par le ministre de l’Agriculture le 12 juin 1906, l’exploitation de nos forces hydrauliques ne prend pas tout le développement qu’on pouvait en espérer pour la richesse publique; toutes les sociétés financières puissantes peuvent triompher des obstacles qui s’opposent fréquemment à l’aménagement dés cours d’eau, et elles établissent leurs usines sans sauvegarder suffisamment les intérêts de la collectivité. »
- Dès le début, pourtant, plusieurs députés ont réclamé l’établissement de la concession avec retour possible à l’Etat ou aux collectivités, et contrôle des pouvoirs publics, notamment sur les conditions d’exploitation, de distribution, et sur les tarifs, en un mot, le régime sous lequel vivent les chemins de fer, avec les modifications suggérées par l’expérience et par la nature des forces mises en valeur.
- La seule loi votée jusqu’à présent est relative aux distributions d’énergie électrique (i5 juin 1906). Elle établit sur elles un contrôle du ministère des Travaux publics; elle donne aux entrepreneurs le droit de choisir entre la simple autorisation usitée jusqu’alors, la concession simple, et la concession déclarée d’utilité publique avec tous ses avantages et aussi l’intervention des pouvoirs publics qu’elle entraîne.
- Mais le contrôle des distributions ne peut donner ses fruits si les services restent absolument en dehors de lui.
- C’est actuellement le cas.
- Il y a deux sortes d’usines hydro-électriques : celles qui travaillent pour une entreprise particulière et lui fournissent exclusivement l’énergiq, et celles qui travaillent pour le public et lui vendent la force motrice et la lumière.
- Mais la distinction n’est pas absolue, car les premières ont intérêt à vendre le surplus qu’elles
- n’emploient pas. Elles ont à leair disposition des excédents d’énergie provenant, à certaines époques, d’un accroissement de débit, et des résidus d’exploitation, à certaines heures, parce que le service client, (tramways, éclairage, par exemple), est suspendu ou ralenti.
- Or, l’utilisation des excédents et résidus amène forcément les sociétés voisines à s’entendre pour ne point se concurrencer et pour se répartir les zones.
- D’autres causes agissent dans le même sens : c’est, par exemple, la nécessité d’employer, Tune au service de l’autre, les chutes diverses d'une même région, chutes basses à gros débit, chutes hautes mais peu abondantes ; c’est encore la nécessité de rendre solidaires les cours d’eau à régimes différents, torrents de glaciers à crue d’été et à maigre d’hiver, rivières alimentées exclusivement par les pluies ou les neiges temporaires qui s’enflent en d’autres saisons de l’année.
- Toutes ces raisons entraînent vers le monopole régional une évolution qui, déjà, s'accuse dans la réalité. Ainsi, la listé publiée plus haut montre la concentration des sociétés, mais elle ne l’accuse pas assez, car plusieurs, portant des noms différents, sont affiliées les unes aux autres.
- En somme, la situation est la même que pour les voies ferrées aux Etats-Unis. L’Amérique a laissé le rail et la locomotive à l’initiative des capitalistes au lieu de prendre les précautions de notre gouvernement.
- La conséquence est que la création de lignes et les tarifs se trouvent à la merci des trusts formés entre compagnies; ces monopoles peuvent à leur gré favoriser ou ruiner telle région de production de viande, de fruits, de denrées agricoles en général, telle mine, telle usine, tel port.
- De nombreuses réclamations s’élèvent à ce sujet dans le public américain : le gouvernement fédéral cherche à leur donner satisfaction, mais il éprouve les plus grandes difficultés à installer un contrôle qu’il n'apoint fait reconnaître au moment, plus favorable, du débat où il pouvait discuter le marché à conclure.
- Nous courons le risque de tomber dans le même péril pour la houille blanche.
- Pourquoi donc n’avons-nous pas suivi à son sujet les principes posés lors des concessions de voies ferrées? La raison en vient de notre législation sur les cours d’eau qui est double: chez nous les rivières navigables et flottables sont du domaine national, les autres du domaine privé.
- p.249 - vue 249/416
-
-
-
- 250
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N»34.
- Le droit de propriété qui s’exerce sur eux a été rendu plus complet encore par la loi du 8 avril 1898, qui déclare le lit propriété des riverains.
- Enfin, une jurisprudence tendait à s’établir au conseil d’Etat pour déclasser du domaine public et abandonner aux riverains les cours d’eau où l’on ne fait plus ni navigation, ni flottage. Or, depuis la création des chemins de fer, ils sont nombreux. Avec cette orientation, la nation risquait de se voir enlever des sources d’énergie de première importance, toute la Durance par exemple. On a su parer au danger par une disposition insérée dans une loi de finances.
- Déjà sous sa forme actuelle, la distribution établie nous crée des embarras dont nous n’avons pu sortir.
- Aux deux formes de propriété existantes correspondent deux actions ministérielles différentes.
- Les rivières navigables et flottables appartiennent au ressort du ministère des Travaux publics, les autres à l’administration de l’Agriculture.
- St.r les cours d’eau navigables et flottables, propriété nationale, l’Etat accorde des autorisations de prise d’ëau ou d’occupation en vue de l’installation des usines hydrauliques ; ces autorisations sont révocables.
- Les usines hydro-électriques installées sur les cours d’eau non navigables et flottables s’établissent par une cession des droits de riveraineté. Les usines et le pouvoir d’eau sont la propriété complète des industriels.
- De là une dualité très fâcheuse.
- Pour introduire quelque unité de vues, il faudrait, en attendant mieux, avoir une commission permanente interministérielle. Nous réclamons au moins ce commencement de solution. La nécessité s’en fait sentir.
- En effet, le dualisme que nous venons d’indiquer s’est répercuté sur Tes projets de loi ou plutôt sur les fantômes de projets qui n’ont fait que paraître etdis-paraître.
- On n’a pu faire aboutir le premier, celui des deux ministres des Travaux publics et de l’industrie, déposé en 1900, puis repris par MM. Baudin et Mil-lcrand au début de la législature suivante, en 190'b 11 s’appliquait à toutes les usines hydrauliques établies sur tous les cours d’eau navigables ou non. D’après ce projet, les concessions étaient temporaires, avec possibilité de rachat après quinze ans et droit de poursuivre la déchéance.
- Le principe de la concession obligatoire en supposait un autre, à savoir que la force motrice des
- cours d’eau navigables ou non n’appartient à personne si ce n’est à la nation.
- « Les chutes et les usines deviendraient domaniales à l’expiration de la première concession, de telle sorte que des catégories de biens qui, jusque-là, avaient été le domaine de là propriété privée, passeraient dans le domaine de la propriété collective, » (Exposé des motifs du projet de loi du ministre de l’Agriculture du ia juin 1906, p. iô.)
- L’objet essentiel qu’on se proposait alors était de sauvegarder l’avenir des services publics qui pourraient avoir besoin des forces hydrauliques, et notamment des services de traction électrique à prévoir sur les chemins de fer.
- Ce projet est devenu caduc.
- Représenté par MM. Baudin et Millèrand, le ai juin 1906, il n’a pas davantage abouti. Dans l’intervalle, les deux ministères intéressés avaient malheureusement séparé leurs efforts. Une seconde époque s’otrvre pour chacun d’eux, qu’on peut appeler celle du far a da se. Le ministère de l’Agriculture déposa, le i5 janvier 1904^ un projet de loi ne s’appliquant qu’aux usines établies ou à établir seulement sur les cours d’eau non navigables et non flottables.
- Le projet, rapporté par M. Fernand David, n’aboutit pas. Le ministère le reprend le 12 juin 1906; il est rapporté le 21 février 1908 par M. Lebrun.
- Aujourd’hui, nous ne sommes pas plus avancés qu’à cette date.
- Semblable fortune, à peu de chose près, échoit à l’autre projet déposé, celui du ministère des Travaux publics et des finances, concernant exclusivement les usines sur les cours d’eau du domaine public. Ce projet, rapporté par M. Baudin, le 17 décembre 1908, a été adopté par la Chambre le 16 juillet 1909.
- Il distingue deux catégories d’usines : celles qui disposent d’une puissance brute en étiage d’au plus 200 kilowatts et qui n’ont pas pour objet principal le commerce de l’énergie, vivent sous le régime de l’autorisation ; toutes celles d’une force supérieure seront concédées pour une durée déterminée avec cahier des charges.
- Envoyé au Sénat, rapporté par M. Savary, il a été plusieurs fois inscrit à l’ordre du jour, mais en a toujours été retiré.
- La division des efforts n’a donc fait que compliquer la question.
- Il semble qu’on doive revenir à l’unité de législation fondée sur le principe de la concession tempo-
- p.250 - vue 250/416
-
-
-
- 24 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 251
- raire comme le voulaient MM. Baudin et Millerand en 1903, sous réserve d’indemniser les tiers dans le cas des cours d’eau non navigables et non flottables.
- Quand ces tiers sont des communes, ce qui est le cas dans beaucoup de pays montagneux, il faudrait leur conseiller de 11e pas aliéner leurs droits à perpétuité, mais de les louer pour une durée en rapport avec celle que la loi fixerait aux concessions.
- Nous croyons savoir que cette utile précaution a été envisagée, mais elle n’a jusqu’à présent pas été mise en pratique.
- Une transformation automatique de ccs droits en indemnités, comme elle est prévue dans le projet du ministère de l’Agriculture (1906), devrait donc contenir formellement une réserve dans le sens qu’on vient d’indiquer.
- Ondevraiten outre associer au contrôle les collectivités desservies ou traversées, communes, syndicats de communes, départements et même commissions interdépartementales suivant l’étendue du réseau.
- En somme, les administrations publiques font sur les crédits budgétaires des recherches et des publications qui épargnent du temps et des capitaux à ceux qui veulent utiliser le pouvoir d’eau.
- La nation demande-t-elle en échange certains avantages fondes sur l’intérêt général? Pas ou presque pus jusqu’à présent. En effet, les entreprises, au moins sur les cours d’eau non navigables et flol-lables, sont des propriétés privées formées généralement par achat des droits des riverains.
- Il n’en est pas ainsi dans tous les autres pays.
- Pourrait-on, pour le moment, aller plus loin et envisager l’exploitation par les collectivités?
- En ce qui concerne l’Etat, la question est réglée. En vertu d’un projet de loi déposé et rapporté par M. François Fournier, le département de l’AgricuI-.tare demande 3ooooo francs pour des éludes en vue d'établir une forte usine de production sur la basse Durance, et d’employer l’énergie transportée à l’irrigation et à l’assainissement par pompage dans la région de Nîmes-Montpellier et, éventuellement, dans les plaines des Bouches-du-Rhône cl de Vaucluse.
- Il s’agit de donner l’eau vivifiante à meilleur compte que les entreprises particulières. D’autres pays donnent des exemples plus étendus et plus hardis de régie directe.
- En Suisse, le canton de Berne a appliqué le régime de la concession à tous les établissements hydrauliques du domaine public, en vertu de ce principe que l'utilisation des eaux publiques pour la généra-
- tion d’énergie hydraulique constitue un droit de souveraineté de l’Etat (1907). D’autre part, menacé de voir ses sources d’énergie monopolisées par une société, il a acheté un peu plus de la moitié des actions en Bourse; ensuite, il a fait prendre les nouvelles actions émises par les communes. Il a laissé à l’entreprise sa forme de société anonyme et son mécanisme.
- Le canton de Fribourg tire-de son pouvoir d'eau un revenu qui sert notamment à doter son université. Ne conviendrait-il point qu’une partie du bénéfice tiré de l’exploitation de cette force naturelle fût chez nous consacrée à l’enseignement technique et industriel ?
- En Italie, Turin qui trouvait en face de lui la société Alpa Italia, Milan, mis en face de la compagnie Edison, ont profilé de la loi de municipalisation pour entreprendre leur direction et leur distribution, en concurrence avec les industries privées.
- A Milan, les prix ont baissé de moitié et cependant les actions de la compagnie Edison n’ont cessé de monter. Le régime, ici, comprend une direction technique choisie parmi des spécialistes et dont les représentants ne peuvent être révoqués ad nutum par la municipalité.
- Sans aller jusque-là, on peut ne point priver la nation et les collectivités de tout espoir de posséder leurs sources d’énergie et, dans le présent, instituer le contrôle nécessaire.
- Il est nécessaire qu’un effort du gouvernement soit fait pour aboutir à une législation d’ensemble sur les principes déjà posés en 1900 :
- i° Régime de la concession temporaire réservant la propriété de la nation et des collectivités pour l’avenir ;
- •2° Contrôle dans l’intérêt général sur les sources d’énergie comme sur les distributions;
- 3° Part, sous forme de redevances ou d’obligations sociales, aux bénéfices tirés de l'exploitation du pouvoir d’eau.
- Une telle législation devient de moins en moins facile à établir, en raison des positions prises depuis le commencement de ce siècle. Le retard mis à la voter a créé une situation de fait qui explique l’abandon ou le retard des divers prpjcfs7~mais qui est loin de le justifier.
- Services existants. — Deux services des grandes forces hydrauliques existent actuellement.
- L’un dans la région du Sud-Est (massif des Alpes), l’autre dans la région du Sud-Ouest (massif des Pyrénées).
- p.251 - vue 251/416
-
-
-
- 252
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2« Série). — N« 24.
- Leurs résultats. — Les résultats déjà obtenus par «es deux services, et notamment par celui des Alpes, qui a été organisé le premier, ont fait l’objet de publications périodiques qui représentent quatre volumes se rapportant à la période de iqo3 afin 1910. Ces résultats ont attiré l’attention de tous les intéressés et mérité les éloges des services similaires des pays étrangers. Les publications de la direction •générale des eaux et forêts (a0 partie) sont au nombre de deux : les Annales et le compte rendu des services des grandes forces hydrauliques.
- Utilité d’installer d'autres services similaires.— La création des services des grandes forces hydrauliques correspondait à un besoin réel, et les autres régions de la France possédant des cours d’eau susceptibles d’étre aménagés industriellement qui n’en sont pas encore dotées, n’ont pas manqué de demander qu’on voulût bien les en pourvoir.
- La région du Massif central, plus particulièrement désignée pour une installation de cette nature, a insisté, par l’organe de ses représentants, et la commission des finances au Sénat, sur la proposition de M. Audifired, a invité M. le ministre de l’Agriculture à étudier sans retard et à préparer l’organisation de ce troisième service.
- Ce qui justifie surtout la création d’un service des grandes forces dans cette région, c’est qu’elle est le véi’itable nœud hydrographique de la France, ligne de partage des bassins de la Loire, de la rive droite du Rhône, de l’Aveyron, du Tarn, de la Dordogne, de l’Hérault.
- La plupart des cours d’eau descendant du Massif central ont un caractère torrentiel nettement accentué. Les inondations terribles qui ravagent périodiquement les vallées de la Loire, de l’Hérault, etc., alternent avec des périodes de pénuries très dommageables, pour l’agriculture notamment.
- Il faut donc s’efforcer de discipliner ces cours d’eau et pour cela aménager dans leurs hautes vallées des réservoirs servant en tout temps à la distribution de l’eau pour usages agricoles ou industriels, tout en ménageant à la partie supérieure des ouvrages un vide suffisant pour retenir la partie calamiteuse des crues. Dans ces conditions, le produit de la vente de l’eau et de l’énergie couvre, au moins en grande partie, la dépense initiale. Une première application de cette conception va être faite au barrage construit sur le Lignon (affluent de la Loire), par la ville de Saint-Etienne, pour compléter son alimentation en eau potable, et dont la chute sera utilisée en vue de la production de l'énergie électrique. A la partie supé-
- rieure de la retenue sera ménagé un vide permettant d’emmagasiner aux crues 7 millions de m3.
- Le service des forces hydrauliques du Massif central doit avoir, en conséquence, pour mission :
- i° De calculer les débits des principaux cours d’eau de ce massif et d’en relever le profil en long;
- %° D’étudier la question des réservoirs à établir à l’origine de ces cours d’eau et de rechercher les emplacements favorables en se plaçant, comme dans l’exemple précédent, au multiple point de vue de la défense contre les inondations, de l’augmentation du débit des cours d’eau en basses eaux, de l’emmaga-sineincnt de l’eau en vue d’usages agricoles ou industriels et de la production de l’énergie hydro-électrique.
- Ce qu'on fait pour le service du Massif central.
- L’administration, dès le commencement de l’année, a préparé, pour permettre d’entreprendre sans retard les études, une organisation provisoire dont elle a confié jusqu’à nouvel ordre la direction à l’ingénieur en chef du service des grandes forces hydrauliques de la région du Sud-Ouest (Pyrénées), qui, en raison de l’expérience acquise dans ses fonctions spéciales, a pu mener la tâche à bien.
- On a fait appel, pour le seconder, en attendant la nomination d’agents définitifs, à des conducteurs et agents du cadre mobile des ponts et chaussées, et dès maintenant l’organisme est à même de poursuivre la tâche qui lui incombe. Les études, en fait, sont déjà commencées à l’aide des premiers crédits votés par le Parlement.
- Actuellement, on procède, d’après les indications fournies par M. le sénateur Audiffred, à la détermination des emplacements favorables à l’édification de réservoirs sur le versant est des monts de la Madeleine; au pied de ces montagnes s’étend, jusqu’à la Loire, une vaste plaine où l’on rencontre la ville de Roanne et nombre de centres industriels actifs. Pendant l’été, les cours d’eau qui les alimentent n’ont qu’un débit trop faible pour permettre d’assurer convenablement la satisfaction des pays industriels et agricoles. Les réservoirs qu’on édifiera dans la partie haute de ces rivières permettront d’emmagasiner, pendant les périodes pluvieuses, un volume d’eau suffisant pour en relever le débit d’étiage. On se propose, là aussi, de ménager à la partie supérieure des réservoirs une tranche, normalement vide, d’une capacité suffisante pour retenir la partie la plus dommageable des crues. On espère, de cette manière, mettre les centres habités que traversent ces rivières à l’abri des inondations.
- p.252 - vue 252/416
-
-
-
- 24 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 253
- é
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- L’Eaergie Industrielle (Union d’Entreprises d’Edairage etde Transport de force par l’Electricité) constitue maintenant un groupement d’entreprises de distribution d’énergie qui prend rang après ceux plus importants de la Compagnie Générale d’Elec-tricité, de la Société Centrale de Distribution d’Energie,de l’Electricité et Gaz du Nord. M.Durand, à l’assemblée générale du 18 mai dernier, l’a qualifiée : Seule société qui sous une raison sociale unique constitue un trust d’entreprises de distribution d’électricité. Les réseaux français sont ceux de la Haute-Auvergne, de Rhône et Loire, de la Drôme, de l’Oisans, de l’Est dé Lyon, de l’Aube et Côte-d’Or, et du Loiret; le réseau colonial est constitué par celui de Tananarive. Ces affaires représentent une dépense de premier établissement d’environ ii) millions.
- Leurs bénéfices 'd’exploitation se chiffrent pour l’exercice écoulé à 5i5 /»53 francs avec toutefois cette remarque que les réseaux de l’Aube, de la Drôme et de Rhône et Loire entrent seulement en exploitation, et que pour Tananarive les installations ont été terminées en cours d’exercice.
- 11 faut ajouter à ces bénéfices ceux que l’Energie Industrielle réalise sur ses travaux en régie, puis le produit de la domiciliation dans ses bureaux d’un certain nombre de Sociétés, telles que : les Voies Ferrées du Dauphiné, les Tramways de Clermont-Ferrand et du Puy-de-Dôme, la Compagnie de Gaz et d’EIectricité de Fréjus et Saint-Raphaal; de ces deux chefs il y a lieu d’ajouter, pour 1911, 177 789 francs au crédit du compte profits et pertes, qui s’élève au total de 778 5aG fr. 71, en augmentation de 53 % sur l’exercice 1910.
- Déduction faite des charges, le solde du compte profits et pertes s’établit à 4î>3 477 francs, supérieur de i5a i5o francs à celui du précédent exercice. En y ajoutant le report à nouveau de ce dernier, le solde disponible s’élevait a. Ix'ji 27$ francs. 11 a été réparti de la façon suivante :
- Réserve légale................ 22 670,35
- Aux actions 5 %............... 200 000 00
- Amortissement des frais de
- constitution et d 'émission.... 100 000 00
- Réserve de prévoyance............ 5o 000 00
- Réserve pour amortissement du
- matériel........................ 90 000
- Report à nouveau.................. 8 604,66
- Si on examine maintenant les divers postes de l’actif et du passif, on constate que la trésorerie de la société est très serrée, et que son capital actuel de /, millions ne lui permettrait pas d’envisager les travaux d’extension qu’elle peut projeter. Une émission de 2000 obligations est en cours, elle portera à 7 millions le montant total du capital-obligations, et une assemblée extraordinaire du 18 mai a d’autre part décidé une augmentation de capital d’un million.
- L’Energie Industrielle s’est en outre intéressée à quelques affaires de distribution à titre de participant. La plus importante est celle de l’Energie Electrique de la Basse-Loire qui a racheté à l’Energie Industrielle la concession d’éclairage de Saint-Nazaire et qui alimente déjà avec son usine de Penhôet les Chantiers et Ateliers de Saint-Nazaire, les Chantiers et Ateliers de la Loire et les divers services du port. Les besoins de la clientèle, soit à Saint-Nazaire, soit dans ses alentours, sont immenses et nul doute que cette affaire en particulier ne prenne une grande extension.
- L’Energie Electrique de la Côte-d’Or et la Société d’Edairage Electrique de la Villed’Alais constituent les deux autres affaires où l’Energie Industrielle a des intérêts prépondérants. La première comporte deux réseaux: l’un groupé autour de Montceau-les-Mines, l’autre autour de Beaune. La Société Dijonnaise-d’EIectricité vient en aide à ce dernier par son usine à vapeur. Le capital-actions de l’Energie de la Côte-d’Or est de 400 000 francs; elle acmispour 3oo ooofr. d’obligations et compte en émettre pour 100 00» encore.
- La Société d’Edairage d’Alais exploite Alais et Monlargis ; l’affaire est en cours d'extension. Dans l’ensemble, les résultats acquis par toutes les affaires du groupe qui représente 3o millions ont pu faire dire au président qu’il prévoyait pour celte année une augmentation sensible des bénéfices qui permettrait d’augmenter le dividende actuel dès que d’importantes réserves auraient pu être constituées.
- Il se produit en ce moment à Paris un mouvement
- p.253 - vue 253/416
-
-
-
- 254
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série).—N# ?4.
- inusité sur toutes les valeurs du groupe électricité : distribution d’éclairage ou traction. Le public escompte de magnifiques résultats que le développement rationnel de ces affaires paraît justifier. Les deux valeurs en vue sont celles de l’Electricité de Paris et de la Compagnie Parisienne de Distribution liées d’ailleurs l’une à l’autre par plus d’un intérêt
- commun. Il ne faut pas oublier pour celte dernière que l’année 1914 marquera une étape momentanée de diminution de ses recettes par la réduction de prix de l’éclairage : l’essor qui pourra suivre par l’extension de sa clientèle compensera rapidement la perte qu’elle aura pu faire. '
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Hauts-Garqnnf.. — Jusqu’au ier septembre, une enquête est ouverte à la mairie de Luchon sur l’avaut-projet d’établissement d’une ligne de tramway ik traction électrique entre la gare de Luchon et la place des Quinconces avec embranchement sur la gare du funiculaire de Superbagnères.
- Russie. — Un syndicat s’est constitué à Saint-Pétersbourg, au capital de 36 millions de roubles, pour l’achèvement de nouvelles lignes de tramways. Au nombre des participants figurent la Société Westinghouse, la Société Siemens et Halske et la Société Kolomenski.
- ÉCLAIRAGE
- Algérie. — La commune de Blidaest autorisée à faire usage des chutes du bassin supérieur de l’oued El-Kebir aménagées par des barragos à établir sur les oueds Tassemount-Berghout-Taksepl et le captage des sources des Chabels-Attatba, Qudjda, Onsor et Hannous, l’ensemble des eaux dérivées donnant un débit d’étiage de 5o litres par secoude destiné à actionner une usine de production d’énergie électrique en vue d’éclairer la ville de Blida et de tous autres usages.
- Ardèche. — La Compagnie du gaz de Tournon étant dans l’intention d’établir à Tournon et à Tain un réseau pour la distribution de l’éclairage et de la force motrice électrique, avant d’exécuter ce travail, une enquête va être ouverte auprès du public.
- Ardennes. — Une demande de concession de distribution d’électricité à Clavy-Warby a été déposée par M. Subtil-Jouhel.
- La Société des Forges de Blagny a proposé à la commune de Blagny de lui distribuer l’électricité pour une duree de vingt-cinq années.
- La ville de Charleville a reçu une demande de distribution d'énergie électrique de la part de la Société
- Est-Electrique. Celte demande va être examinée par la commission compétente.
- Côte-d'Or. — La municipalité d'Auxonne a approuvé le rapport de la commission d’éclairage tendant à accorder la concession de la distribution publique d’énergie électrique dans la ville par la Compagnie électrique du Moulin-du-Pré à Saint-Vit (Doubs).
- Doubs. — M. Ritter, propriétaire de l’usine de production électrique de la Loue, est autorisé à placer des pylônes dans les terrains au-dessus du Chiteau-Chas-taing pour conduire l’énergie électrique à la Cluze.
- DeuX'Sévres, — Il est question de former à Lezay une société coopérative d’éclairage électrique.
- La municipalité de Celles vient de mettre à l’élude un projet concernant l’éclairage électrique.
- Drôme. — La Société Anonyme Drôraoise de Force et de Lumière va installer définitivement l’éclairage électrique à Etoile.
- Eure-et-Loir. — La municipalité de Dreux a adopté en principe le projetée concession concernant l’éclairage électrique à passer avec la Société électrique du Loir-et-Cher.
- Gironde. — Le conseil municipal de Langon a émis un avis favorable à la demande présentée par la Société l’Energie électrique du Sud-Ouest tendant à l’établissement d’une canalisation électrique nécessaire aux réseaux des concessionnaires et au transport de la force motrice.
- Haute-Garonne, — Il est question d’installer prochainement l’éclairage électrique à Aurignac. Une usine hydroélectrique serait établie sur la Longe avec une machine à vapeur comme réserve.
- Haute-Saône. — Le conseil municipal de Lure a décidé
- p.254 - vue 254/416
-
-
-
- 24 Août 1912*
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 255
- la création de quatre postes de transformateurs pour l’éclairage électrique.
- Hérault. — Le conseil municipal de Saint-Pons a émis un avis favorable à l’adoption du cahier des charges pour l’installation de l’électricité.
- Par suite de la cession faite par M. Fitte de ses droits à la Société Méridionale de Transport de Force, c’est cette dernière Société qui est chargée de fournir l’éclairage électrique à Cazouls-lès-Béziers.
- Il est question d’installer l’éclairage électrique à Lodève.
- L’autorisation demandée par la Société Force et Lumière de Béziers pour établir un courant d’énergie électrique traversant la ville a été accordée par la municipalité de Frontignan.
- Ille-rt-Vilaine. — L’accord vient de sc faire entre la municipalité de Paramé et M. Gabriel, qui est nommé concessionnaire avec monopole de la distribution de l’éclairage électrique dans la ville.
- Loire. — Il est question d’installer l’électricité au Coteau. M. Cliavant, conducteur des pouls et chaussées, a été choisi comme conseil pour étudier le projet présenté.
- Loiret. — La Société Charles Lefebvre, de Paris, a fait à la ville de Pithiviers des propositions d’installation de l’énergie électrique,
- Lot-et-Garonne, — Des pourparlers sont engagés entre la commune de Samazan et l’Energie Electrique du Sud-Ouest en vue de l’installation de l’éclairage électrique dans la commune.
- Marne. — La Compagnie Générale Electrique de la Champagne a obtenu la concession pour quarante ans d’un réseau de distribution d’énergie électrique comprenant 54 communes situées dans les départements suivants : Marne, Aisne et Ardennes.
- Le conseil municipal de Sainte-Mcnehould a décidé de faire installer l’électricité dans le quartier de la Grange-aux-Bois. C’est la Société Energie et Eclairage qui fournira le courant électrique.
- Morbihan. — La municipalité de Lanester a décliné les propositions concernant l’éclairage électrique présentées par la Société Les Exploitations Electriques et la Compagnie du gaz de Lorient.
- Nord. — L'importance de la station électrique de Douchy a été augmentée et va l’être de nouveau.
- Pour tirer profit des excédents d’électricité, la compagnie a demandé et obtenu la concession de distribution d’énergie électrique pour tous usages dans la commune
- de Lourchcs et passé un contrat de fourniture d’énergie électrique pour alimenter Sainl-Amand-les-Euitx cl les environs.
- Pas-de-Calais. — Le conseil municipal de Calais a émis un avis favorable au projet d’installation de la lumière électrique à l’hôpital et à l’installaliou d’une pompe électrique.
- Seine. — L’électricité est en voie d’installation à Ville— momhle; l’énergie sera distribuée au début de l’année prochaine,
- Seine-Inférieure. — Le conseil municipal de Rouelles a accordé la concession de l’éclairage électrique à la Société Havraise d’Energie Electrique,
- Tarn. — Un concessionnaire et une Compagnie ont fait des offre? à la municipalité de Dourgne au sujet de l’éclairage électrique. Une commission d’études a été nommée à cet effet.
- La municipalité de Lavaur a appprouvé différentes dépenses à effectuer pour l'agrandissement et l’amélioration des services électriques, notamment une somme de 67 000 francs pour la fourniture et l’installation d’une turbine et d’une dynamo de i5o chevaux chacune et la jonction avec le dernier groupe déjà installé, l’appropriation des locaux, etc.
- Yar. — L’installation de l’éclairage et de forces électriques à llyères va permettre aux pays environnants de s'éclairer à l’électricité. Il paraît que les communes de Londc, le Lavandou et Bormes demanderont des concessions à la nouvelle compagnie. L’établissement du Creusot demanderait de son côté 3oo chevaux de force électrique,
- Vosges. — La municipalité de Chayvency-le-Chàteau vient d’accorder à M. Léonard la concession de distribution de l’électricité dans la commune.
- Yonne. — Le conseil municipal de Joigny va être appelé à s’occuper des offres concernant l’éclairage électrique qui lui ont été faites.
- SOCIÉTÉS
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris. — Les recettes de la première décade d’août se sont élevées à 1 i3i 073 francs en plus-value de 73 5g3 francs sur celles de la période correspondante de 1911. L’augmentation totale depuis le 1e1* janvier ressort ainsi à 475 176 francs pour une recette de 33 700 francs.
- p.255 - vue 255/416
-
-
-
- 256
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N‘34.
- Société Pyrénéenne d'Energie Electrique. — Les recettes annuelles minima garanties par contrats s’élevaient en juillet dernier à i 210 64o francs en augmentation de 18 997 francs sur celles de juin.
- Pendant le même mois le montant des ventes de courant facturées aux abonnés s’est élevé à 97 067 francs contre g5 264 francs en juin.
- Compagnie des Tramways Electriques de Besançon. — Le capital a été ramené de 2 millions à 800 000 francs par la réduction de 5oo francs à 200 francs de la valeur nominale des actions. Il sera ensuite reporté à 1 660 000 fr. par la création de 4 3oo actions de priorité de 200 francs, dont 3oo à remettre à la Société les Exploitations Electriques, de Paris, en représentation de son apport de deux créances contre la société. Les 4 000 actions restantes seront émises au pair.
- Appareillage Electrique Grivoias, Paris. — Le bénéfice net de l’exercice 1911-1912 a été de 262 727 francs contre 281 187 francs pour l’exercice précédent. Le dividende proposé est de 8 francs par action au lieu de 10 francs l’an dernier.
- CONSTITUTIONS
- Secteur électrique de Lagny et Extensions. — Constituée le 19 août 1912. —Durée : So ans.—Capital : 3oo 000 fr, — Siège social : 4j quai Eugène-Gaudineau, Pomponne. (Marne).
- CONVOCATIONS
- Société de Montage et Installations Electriques. — Le 28 août, 12, rue de Vienne, Paris.
- Société d'Etudes des Piles Electriques.— Le 3 septembre, 8, rue de l'Echelle, Paris.
- Société des Usines Electriques Bergmann, — Le 3i août, 3o, place de la Madeleine, Paris.
- FAILLITES
- Société des Etablissements « Pile Si/icia », 1 000 000 de fr., 8, rue Château-Landon, Paris. — Syndic : M. Gaubert.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- The Westinghouse Cooper Hewitt Company Ltd, 11, rue du' Pont, Suresnes.
- Mieux que le jour.
- Appareil Westinghouse pour tirage des bleus à marche continue.
- Appareil statique pour le tirage des bleus.
- Société Française d'Électricité A. E. G., 72, rue d'Amsterdam, Paris.
- A. E. G., août 1912. — Les nouvelles installations
- pour la fourniture du courant aux chemins de fer secondaires de la Haute-Silésie.
- Les horloges électriques.
- Les nouveaux ateliers généraux des chemins de fer à Dantzig.
- Le chariot à transformateur A. E. G.
- L’éclairage du port de Valence (Espagne).
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Jusqu’au 27 août, à la mairie de Pussay (Seine et-Oise), concours pour la fourniture et la pose de la machine élévatoire des eaux (pompe et moteur). Montant : i5 400 francs. Renseignements û la mairie.
- Le i3 septembre, au sous-secrétariat d’Etat des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, Paris, fourniture de câbles électriques isolés au caoutchouc (6 lots). Les demandes d’admission à cette adjudication devront être parvenues au sous-secrétariat d’Etat des Postes et des Télégraphes (direction de l’exploitation téléphonique, 2e bureau) avant le 3 septembre 1912.
- BELGIQUE
- Le 6 septembre, à 10 heures, à la maison communale, à Schaerbeek-lez-Bruxelles, installation de l’éclairage électrique au groupe scolaire du quartier Linthout; caut. provisoire : 5oo francs; cahier des charges : o fr. 5p; plans : 10 francs. Soumissions le 2 septembre avant
- midi.
- ESPAGNE
- Le 18 octobre 1912, à 12 heures, àla direction générale des Travaux publics, « ministère de Fomento », à Madrid l'adjudication de la concession d’un tramway électrique de la route de Madrid en France à l’asile N.-D. de laPaloma; caut. provisoire : 952,37 pesetas.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- 9 août. — A l’hôtel de ville de Bruxelles, fourniture de câbles et accessoires nécessaires au service de l’électricité.
- Hiroux et Cie à Bruxelles, 5i 499.70; Cassirer et Ci0, à Charloltenburg-Berlin, 5a 167,5o; Deutsche Kabel-werke, à Rummelsburg-Berlin, 54 i45,5o; Kabelwerk Rheydt, à Bruxelles, 55 i38,20 ; Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi, 55 8i5; Société Industrielle des Téléphones, à Paris, 66 811.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, 17, RUE CASSETTE.
- Le Gérant : J.-B. Nouet
- p.256 - vue 256/416
-
-
-
- rmle-qnitillm* noéi.
- SAMEDI 31 AOUT 1913. Tome XIX (3* série). - N» 35.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 257. — J. Reyval. L’éleclrification de la banlieue de l’Ouest-Etat, p. 259. — Algeri Marino. Transmission des photographies et des images à distance, système Marino, p. 261.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Expression de la force qui s’exerce entre les conducteurs électriques. Sphère et plan, A. Guii.let et M. Aubert, p. 266. — Contribution à l’étude des décharges oscillantes, G. Millochau, p. 266. — Télégraphieet Téléphonie. Le rapport du nombre des communications et des employés d’un bureau central téléphonique & la consommation de courant, F. Ambhosius, p. 266. — Télégraphie et téléphonie sans fil. Un alternateur à deux mille périodes, W. Duddki.i., p. 268. — Variétés. L’électricité, à l’Exposition Universelle de Gand en 1913, p. 272. —- La galerie des merveilles à l’Exposition de Turin, p. 273. — Les lampes à filament étiré, p. 274. — IIe Congrès national du Froid, p. 274. — Convention radiographique internationale, p. 275. — Règlement de service annexé à la Convention radiolélé-graphique internationale, p. 279. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. La commande électrique des grosses machines à bois, p. 285. — Une nouvelle application médicale de l’électricité, p, 285. — Renseignements commerciaux, p. 286. — Adjudications, p. 288.
- EDITORIAL
- D’après des documents qui nous sont communiqués par l’administration des chemins de fer de l’Etat, M. J. Reyval donne les caractéristiques techniques de la nouvelle automotrice essayée par ce réseau en vue d’une électrification graduelle de toute la banlieue ouest.
- Beaucoup d’encre a coulé sur cette question depuis de longs mois, mais les polémiques qui se sont allumées autour d’elle manquaient de fondement sérieux puisque aucune communication autorisée n’avait encore été faite, et que, selon un usage immuable, la première voiture se trouve avoir roulé sur
- ses rails avant que le silence administratif eût pris fin. -
- Les essais étaient dirigés par MM. Cla-veille, directeur, et Le Grain, sous-directeur, accompagnés de MM. Nadal et Dubois, ingénieurs en chef du matériel. Le service électrique était représenté par M. Ma/en, ingénieur en chef du service, assisté deM. Tain-turier, son adjoint, deM. Soubrier, inspecteur principal du service électrique, et de leurs principaux collaborateui's, MM. Hyver, Scelle, Bouscat, Quignard.
- Le programme consistait à effectuer le trajetdes Invalides à Versailles et retour, aux
- p.257 - vue 257/416
-
-
-
- LA LUMlËUË ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Sèfié). — N* 35.
- 25H
- diverses allures que comporte l’équipement électrique de la voiture.
- Les notes, communiquées par l’adminis-tratioii, auxquellés lions éinpruntdns ces indications, spédfiéht qtie le trajet s’accotfiplit à l’entière satisfaction du directeur et des personnes présentes et que chacun l ut frappé de l'extrême stabilité, de la douceur au roulement et du confort de la nouvelle voiture. La conduite est simple et souple et ne présente aucune difficulté.
- i En réalité, on n’a pas atteint, en rampe, la vitesse désirée, mais on y parviendra par de légères modifications.
- Parmi les dispositifs proposés pour réaliser la transmission des images à.distance, deux surtout ont retenu l’attention du public : celui du professeur Korn, basé sur l’action photo-électrique du sélénium, et celui de M. Belin, utilisant les inégalités de relief d’une épreuve photographique préparée d’une maniéré spéciale pour la commande d’une transmission électrique.
- Ii serait juste de mentionner aussi l’idée si ingénieuse de M. Paul Mortier qui, divisant une photographie en petits éléments, télégraphie un chiffre donnant la teinte de chacun d’eux comme on télégraphie un mot ordinaire.
- C’est le procédé au sélénium que M. Algeri Marino s’est attaché à perfectionner.
- On sait que la grande difficulté à vaincre consiste dans l’inertie du séléniüm, dont la réaction est toujours un peu eii retat'd stir l’excitation lumineuse’. M. Marino a imaginé de laisser les cellules de sélénium se imposer, en faisant agir la lumière sur sept cellules sensibilisées chacune pour une seule des sept couleurs du spectre : suivant la prédominance de telle ou telle radiation dans le faisceau de lumière envoyé à un instant quelconque sur le groupe des sept cellules, c’est l’ime ou l’autre qui travaille, et, travaillant tour à tour, chacune se repose également tour à tour.
- Après divers travaux théoriques, on trouvera l’analyse d’un travail de M. Ambrosius montrant que la consommation de courant peut servir approximativement, dans l’exploitation téléphonique, de base pour évaluer le nombre des communications simultanées.
- Dans le domaine de la télégraphie sans fil, M. Duddell décrit un alternateur à 2000 périodes, et M. Squier un système mixte basé sur l’interruption systématique des trains d’onde au poste de réception.
- p.258 - vue 258/416
-
-
-
- a Août i$i2.
- LÀ LtJKÀi Etie ELECTRIQUE
- L’ÉLÉCÎRI ETC ATI O N DE LA BANLIEUE DE L’OUEST-ÉÎAT
- C'est le ta août dernier qu’ont eu lieu süi* la ligne de Paris-Invalides à Versailles les essais, très attendus, d’iine nouvelle voitiite automotrice, prélude de l’électrification dés chemins de ffer de la banlieue.
- La traction électrique, qui permet de rendfe les convois plus légers, moins longs, plus faciles à soüder les uns aux autres aux heures d’affluence, et qui évite les retournements de locomotives, facilitera le dégagement de la gare Saint-Lazare et supprimera, espérons-Ie, les retards, objets de tant de plaintes de la part du public.
- La nouvelle voiture automotrice électrique des chemins de 1er de l’Etat est présentement destinée à renforcer le matériel roulant actuel de la ligne électrique des Invalides à Versailles Rive Gauche. Elle va permettre d’étudier l’application pratique du nouveau système d’exploitation par zones que l’administration des chemins dé fër de l’Etat compte appliquer au service de la banlieue de Paris.
- Cette voiture, à 4 essieux et 2 bogies (fig. 2 ët 3), dont la disposition générale dérivé de celle du matériel roulant dù Métropolitain et dû Nord-Sud, est entièrement métallique, de façon à éviter toute chance d’ihcehdie.
- Ses dimensions sont, toutefois, beaucoup plus importantes que celles des voitures du Métropolitain.
- Sa grande longueur (22 ffl. 4oo) a permis d’y loger les éléments d’UU train complet, c’est-à-dire ire et 2e classes. Gela permettra, avtx heures mortes, de ne mettre en circulation qu’une seule voiture par train.
- Son organisation électrique, qui comporte deux moteurs de 25o chevaux chacun (fig. 1), lui permet d’atteindre la vitesse de 80 kilométrés en palier et dé 55 à 60 kilométrés à l’heure sur là rampe de 10 millimètres de Versailles.
- Elle est munie dit système de commande dit à unités motrices multiples, avec poste de manœuvre à l’avant èt à l’arrière, de sorte que, de l’Un quelconque des postes, on pëut régler la marché de l’ensemlde d'un train
- Kig\ 1. —. Moteur.
- dont la composition peut atteindre 6 et même 8 roi titres.
- Elle est éclairée èt chauffée à l’électricité. Enfin l’attelage ordinaire à tampons est remplacé par l’attelage central automatique. Voici lés dimensions principales de ce type
- de voiturëS:
- Longueur dé la caisse. 22 m. /,oo
- Ecartemëht des essieux....... 18 m. 800
- Erripattèfnérit des bogies... a in. 800
- Diamètre des roués........... o m. 900
- Nombre de J sans strapontins. 64
- places [
- assises ) avec strapontins. 100
- Dès maintenant, 18 nouvelles voitures sont en construction et circuleront vers le mois de novembre; ioo autres voitures soiit commandées, et enfin une adjudication à été ouverte au Joürhàl officiel lé i f septembre, pour la foüfrlitiife totale dit côüfaht â la banlieue électrifiée.
- J. Réyvat..
- p.259 - vue 259/416
-
-
-
- 260
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2® Série). —N® 35
- Fig. 2. — L'automotrice; vue extérieure.
- Fig, 3» — L’automotriçèi vue intérieure
- p.260 - vue 260/416
-
-
-
- 31 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 261
- TRANSMISSION DES PHOTOGRAPHIES ET DES IMAGES A DISTANCE, V SYSTÈME MARINO
- Le problème de la transmission des images photographiques à distance fut l’objet de nombreuses recherches et expériences faites par d’éminents physiciens et électriciens, tels que : Ayrton, Desprez, Dussaud, Leblanc, Senlecq, etc., mais les systèmes qui donnent aujourd’hui les meilleurs résultats, et qui sont déjà notablement répandus en France, Angleterre, Allemagne, sont ceux'du professeur Korn et de l’ingénieur Belin, basés, le premier sur l’action photo-électrique du sélénium, le second sur la transformation mécanique des reliefs présentés par une épreuve photographique préparée à la gélatine bichromatée, en oscillations électriques.
- Dans tous les systèmes qui se servent de cellules à sélénium, se présente un inconvénient dû à l’inertie de ce métalloïde; en effet, comme l’a montré M. Majorana dès 1894, il n’obéit pas immédiatement à l’action de la lumière, de sorte que les courants qu’il transmet sur la ligne sont toujours un peu en retard. M. Korn a cherché à y remédier au moyen d’un dispositif spécial de compensation, lequel certainement n’est pas exempt de quelques défauts, que je n’examinerai pas ici.
- Tant dans le système Korn que dans celui de M. Belin nous trouvons encore un inconvénient dû à la décomposition de l’image. Celle-ci, en effet, s’opère, dans les deux systèmes, au moyen d’un mouvement hélicoïdal du cylindre, qui porte enroulée l’image à transmettre, de sorte que la photographie obtenue au poste récepteur sera formée d’un système de bandes parallèles; mais quelque voisines qu’elles soient, on remarque toujours entre elles un intervalle qui, même petit, rend très imparfaite la reproduction.
- Je vais décrire ici mon système de photo-télégraphie, basé comme celui de M. Korn sur l’action photo-électrique du sélénium ; mais l’inertie de ce métalloïde, au lieu d’être compensée par l’emploi d’une seconde cellule placée dans le poste de réception, comme dans le dispositif Korn (1906), est convenablement éliminée au
- moyen d’un groupe de sept cellules spéciales, insérées dans sept branches du circuit de ligne (fig. 1), chacune d’elles étant sensible seulement à une des sept radiations monochromatiques fondamentales du spectre.
- La construction de cellules sensibles aux lumières colorées, c’est-à-dire de cellules sensibles seulement aux rayons rouges ou aux rayons verts (ou aux rayons jaunes, violets, etc.) est possible au moyen de sensibilisateurs particuliers, et a été indiquéepour la première fois par M.Ruhmer, qui en a fait aussi une très intéressante application à la téléphonie multiple lumineuse.
- POSTE ÉMETTEUR
- Nous trouvons ici (fig. 2) une chambre noire qui porte une fenêtre rectangulaire, dans laquelle est placée la plaque ou la pellicule, avec l’image photographique à transmettre reproduite en couleurs. La lumière d’un arc électrique A, après avoir traversé l’image, est d’abord condensée par une lentille L biconvexe, puis rendue en faisceau filiforme par une lentille concave L', et enfin décomposée dans ses couleurs simples par un prisme P. Perpendiculairement à la direction des rayons d’une radiation déterminée sont disposées les cellules sensibles à cètte radiation, lesquelles, au nombre de sept, comme l’on a déjà dit, sont
- p.261 - vue 261/416
-
-
-
- 2e?
- la g^lfÇTJUQpp T. XIX (2« Séri?). - £5.
- placées dans sept branches dérivées du circuit de ligne, et très près l’une de l’autre de façon presque à ne former qu’une seule cellule.
- On sait que la résistance du sélénjum varie avec l’intensitc de la lumière qui tombe sur lui; c’est ici le lieu de remarquer qu’avec le système des sept cellules sensibles aux lumières colofées que qous avpns adopté^ nous obtenons encore une variation totale proportionnelle aux
- prise entre deux lignes étant égale au diamètre des trous.
- Le premier trou est placé dans la première banc}e et près de l’extrémité, le second dans la bande immédiatement inférieure et à distance déterminée du -premier, de manière que si on le fait glisser jusqu’à le porter au-dessous du premier^ les deux trous se trouvent tfin^ents, le troisième dans la bande iipinédiaterpent infé-
- c
- Fig. 2.
- variations d’intensité de la source lumineuse, parce que nous savons par le théorème de KirchofT que la conductibilité du faisceau des sept branches dérivées est égale à la somme des conductibilités de chaque branche ; de sorte que, de la manière qu’elles sont disposées, les sept cellules agissent dans leur ensemble comme une seule.
- rieure,etc.; on conçoit alors façilpmentcomiqp.nt s’opère la décomposition de l’image : le diaphragme noir se déplaçantd’qn inouvepiont régulier, soit ;de gauche adroite, lepremier trou tçq-versera la bande supérieure de l’image, haute autant que le diamètre du trou, et à Peioe il sera passé d'uii bord à l’autre de la fenêtre de la çhani-bre noire, que le trou suivant parcpu.rçva à son
- Fig. 3.
- La décomposition de l'image s’opèrede manière très, simple et constitue un des avantages de mon système. Devant la fenêtre de la chambre noire et presque tout contre la plaque photographique se déplace à une vitesse constante un diaphragme, percé de petites ouvertures du diamètre de 0,7 à 0,9 millimètre environ. La disposition des trous est faite comme dans la ligure 3, dans laquelle, pour faciliter la compréhension, sont tracées des lignes parallèles équidistantes, la hauteur de chaque bande corn-
- tour la bande immédiatement adjacente à la première, etp., de sorte que, puisque pops pouvons régler avec une exactitude topt à fait mathématique le diamètre et la position de chaque trou, la décomposition de l’image s’opérera de manière très parfaite, sans que l’on aft à vérifier aucun intervalle entre une bande et ja suivante.
- Examinons maintenant, le fonctionnement du poste de départ. La lumière de l’arc À, traversant les parties sombres et claires de l’image, subira des variations dans son intensité lumineuse,
- p.262 - vue 262/416
-
-
-
- 31 Août 1912. . LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE 263
- proportionnelles à celles des diverses teintes, de sorte que, tppibant sur le système 4e sept cellules, elle fera varier la résistance de celles-ci, donnant ainsi naissance, dans le circuit de ligne, à des oscillations électriques. Mais, puisque, comme nous l’avons déjà remarqué, l’image est diversement colorée, les septpeljules entreront en action alternativement, excepté dans le cas de lumière blanche; ainsi, par exemple, si la lumière qui a traversé l’imàgc est rouge, entrera en action seulement la cellule R, si elle est verte entrera en action seulement la cellule Ye, si elle est jaune verdâtre entreront en action dans le même temps les cellules J et Ye, etc. De cette manière, avec Lartifice décrit, nous arrivons à réduire avant tout l’intensité de la lumière qui tombe sur chaque cellule, et de plus le temps d’exposition de chacune d’elles à la lumière. Ces deux circonstances contribuent notablement à diminuer l’inertie du sélénium, parce que nous savons précisément que l’inertie est d’autant moindre que plus petits sont le temps d’exposition à la lumière et l’intensité de lumière qui tombe sur lui.
- Pour en éliminer même toute trace, il est très avantageux de recourir à l’artifice suivant : la distance entre un trou et l’autre du diaphragme analyseur, au lieu d’être égale à la largeur de la fenêtre delà chambre noire, est prévue un peu plus grande, de sorte qu’entre l’exploration d’une bande d’image et la suivante passera un. intervalle réglable à volonté pendant lequel, puisque les cellules restent en complète obscurité, elles pourront perdre toute conductibilité résiduelle, si elles en possèdent.
- Nous remarquerons ici que, contrairement à ce que nous trouvons dans tout autre système, il n’est pas nécessaire de réaliser une parfaite égalité dans la résistance et dans la sensibilité des sept cellules employées, en raison de ce que nous savons concernant l’effet des diverses radiations du spectre dans l’impression des plaques photographiques.
- POSTE «ÉCEPTEtm
- •
- La station de réception est d’une très grande simplicité; elle comporte essentiellement un arc électrique sur le circuit duquel se superposent les courants du poste de départ, et une chambre noire qui porte aussi une fenêtre rectangulaire devant laquelle se déplace synchroniquement à
- celui de la station transmettrice un diaphragme noir percé aussi de petits trous disposés comme l’indique la figure 3.
- On sait que, si sur le circuit d’uii arc électrique, alimenté par un courant continu, se superposent des courants variables, la lumière de celui-ci subira des oscillations d’intensité proportionnelles à celles des courants en question. Ces variations dans l’intensité de la lumière de l’arc ne sont, pas visibles à l’œil nu, mais peuvent être photographiées, comme l’a montré M. Ruh mer dans ses très intéressantes expériences sur la reproduction de la parole.
- Si alors les courants qui se superposent sur le circuit de l’arc sont précisément ceux qui arrivent du poste de départ, nous obtiendrons dans la station réceptrice une source lumineuse, dont l’intensité variera proportionnellement aux courants de la ligne, et par suite aux teint es de l’image, de sorte que, tombant sur la plaque à travers les nombreux trous du diaphragme analyseur, elle y reproduira la photographie transmise.
- Il faut, bien entendu, placer devant l’arc un diaphragme qui en intercepte la lumière lorsqu’il est en repos, et en laisse, au contraire, passer tout accroissement qu’il subit, lorsqu’il est parcouru par des courants du poste de départ.
- On obtient de cette manière un poste récepteur d’une grande simplicité et d’une très grande sensibilité, parce que l’arc électrique, comme l’a montré Duddel, est sensible même aux courants les plus faibles, tels cpie ceux produits en parlant directement devant un téléphone. Il faut pour cela employer des courants très faibles pour alimenter l’arc et en même temps faire usage d’arcs de très petite longueur.
- l’IIOTOTÉLÉCIIArHlE UlllECTE
- Le système que nous venons de décrire permet aussi,* avec quelques petites modifications, la transmission directe à distance de vues de paysages, monuments, etc. Il suffit pour cela de remplacer la chambre noire et l’arc électrique du poste de départ par une chambre photographique munie d’un très bon objectif lumineux et portant dans sa partie postérieure une fenêtre rectangulaire avec verre dépoli (que l’on peut enlever à volonté), devant lequel se déplace, presque tout contre, le diaphragme analyseur, que nous avons déjà décrit.
- p.263 - vue 263/416
-
-
-
- 264
- la lumiere Electrique
- T. XIX (2* Série). — N- 35.
- Si l’on veut alors transmettre à distance, par exemple, un paysage, après avoir mis au point, en regardant, comme on fait d’ordinaire, dans le verre dépoli, on enlève celui-ci et on met en mouvement le diaphragme, qui par un mécanisme spécial marchera synchroniquement avec celui du poste récepteur.
- On sait que les rayons lumineux qui traversent l’objectif jiront former dans la fenêtre de la chambre photographique une image réelle de la vue à transmettre, laquelle sera ainsi explorée dans tous ses points par le diaphragme. Puisque le poste récepteur n’a pas varié, on conçoit aisément que le mécanisme de la transmission soit encore le même, de sorte qu’il sera possible à distance de photographier directement le paysage.
- Ce système, que j’ai appelé de phototélégraphie directe, présente sur ceux de phototélégraphie ordinaire (Korn, Belin) des avantages très grands et évidents, parce qu’il nous évite le souci d’employer une source de lumière artificielle à la station de départ, et celui d’avoir d’abord à photographier une vue d’un paysage, monument, etc., si l’on en veut transmettre à distance l’image. De plus, si nous pensons au très court temps nécessité par le développement des photographies, il peut être considéré comme un procédé intermédiaire entre la télévision et la phototélégraphie, de même que le télégraphoscope Belin, mais non comparable à celui-ci, le télégraphoscope étant un système très rudimentaire et imparfait.
- Le système de phototélégraphie directe est de plus pour nous très aisé, parce que les rayons qui vont former l’image dans la fenêtre de la chambre photographique sont colorés, et par suite très aptes à impressionner les cellules sensibles aux radiations colorées que nous avons employées.
- THANSM1SSION A DISTANCE OltDJNAIllE ET DIKECTE DES IMAGES PHOTOUHAPHIQUES EN COULEUHS
- L’emploi de cellules à sélénium sensibles aux lumières colorées adoptées dans les systèmes de phototélégraphie ordinaire et directe que nous venons de décrire fait penser à la possibilité de la transmission à distance des images photographiques en couleurs.
- Le problème de la phototélégraphie en couleurs se rattache à celui de la téléphonie multiple,
- parce qu’il faut transmettre sur la même ligne au moins trois séries distinctes d’oscillations électriques qui soient reçues dans le poste récepteur par trois appareils distincts. Nous pouvons pour cela profiter de la solution qu’en a donné M. Ruhmer, qui a eu recours à l’emploi des ondes électriques entretenues de différentes longueurs produites par un arc Poulsen.
- La figure 4 représente le poste de départ ; les cellules à sélénium, sensibles aux radiations colo-
- —WAV--~AWA--AWA—
- —WWV-! rWWVn —WWV-
- rées, sont ici divisées en trois groupes; le premier et le troisième comprennent deux cellules et le second trois. Les cellules de chaque groupe sont ensuite disposées en dérivation sur un circuit dérivé aux extrémités de la self-induction L du circuit d’alimentation d’un arc Poulsen (comme dans la figure 4), ou aux extrémités de la self du circuit oscillant, comme dans le dispositif Campos de téléphonie sans fil; ce sont là les deux seules dispositions que l’on peut employer pour influencer les oscillations d’un arc Poulsen, lorsqu’il s’agit de phototélégraphie.
- Au poste récepteur (fig. 5) nous avons trois détecteurs d’ondes placés dans trois circuits résonateurs distincts, chaque circuit étant accordé à une fréquence déterminée correspondant à celle des ondes émises par un des trois arcs Poulsen
- p.264 - vue 264/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 265
- 31 Août 1912.
- du poste de départ. Les détecteurs que l’on peut employer en phototélégraphie doivent être uni-conducteurs; l’audion deForest et les détecteurs à cristaux, qui sont aussi les détecteurs employés dans la téléphonie sans fil, conviennent donc très bien.
- Les circuits des trois détecteurs aboutissent à
- AA/W—1—VWV---'WW—!
- —VW^rn r^WyVr pA/WV2
- trois arcs électriques disposés très près l’un de l’autre, comme dans la figure 5. Devant chaque arc est placé un filtre coloré, le premier formé avec un mélange des couleurs rouge et orange, le second avec le jaune, le vert et le bleu, le troisième avec l’indigo et le violet, de sorte que si nous réunissons trois faisceaux lumineux d’égale intensité qui ont passé à travers eux, nous
- obtiendrons un faisceau commun de lumière blanche (').
- Examinons maintenant le fonctionnement.
- Au poste de départ la lumière colorée qui a traversé l’image (soit l’image réelle d’un monument, paysage, etc., soit une vue photographique), est, comme nous l’avons dit, décomposée en ses couleurs fondamentales ; selon la nature de la radiation, entreront en action le premier groupe, le second, le troisième ou tous trois dans le même temps, de sorte que trois séries d’ondes électriques de différentes longueurs et diversement modulées se propageront sur la ligne. Au poste récepteur chacune des trois séries excitera le circuit respectif, de sorte que les détecteurs entreront en action, et puisqu’ils agissent sur les circuits des trois arcs électriques, qui émettent la même intensité de lumière, réunissant les trois faisceaux après qu’ils ont traversé les filtres colorés, nous obtiendrons un faisceau qui sera de la même couleur que celui du poste de départ. Si dans la fenêtre de la chambre noire réceptrice est disposée une plaque sensible aux radiations colorées, nous obtiendrons sur celle-ci la reproduction de l’image transmise en couleurs.
- Pour que l’on ait, au poste récepteur, séparation complète des trois séries d’ondes, il faut que l’accouplement de la ligne aux trois circuits résonateurs soit lâche, tandis que l’accouplement, au poste de départ de la ligne, des circuits des trois arcs Poulsen, doit être plutôt rigide.
- La phototélégraphie en couleurs, quoique un peu moins simple que celle ordinaire, est toutefois très intéressante, et constitue hine nouvelle étape du problème de la transmission à distance des images photographiques (2).
- Algiîiii Maiuno.
- (') Les lettres employées pour désigner les sept cellules à sélénium R, O, J, Ve, A, J, Y/, sont les initiales des sept couleurs fondamentales du spectre selon la division de Newton ; la cellule R est celle sensible à la radiation rouge, etc.
- (2) Dans la ligure 3, pour ne pas exagérer les dimensions, la distance entre un trou et le suivant est plus petite que dans la réalité ; au contraire le diamètre de chaque trou est plus grand que celui que nous avons indiqué.
- p.265 - vue 265/416
-
-
-
- 266
- LA:LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N° 35.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Expression de la force qui s’exerce entre deux conducteurs électrisés. Sphère et plan. — A. Guillet et M. Aubert. — Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, 8 juillet 1912.
- Certaines déterminations électromagnétiques sont facilitées par l’emploi d’un appareil composé d’une sphère et d’un plan ou de deux sphères. Mais il faut alors disposer de formules propres à simplifier les calculs numériques. L’auteur examine le premier cas.
- Un conducteur sphérique, de rayon donné, est relié au sol; son centre est aune distance donnée d’un conducteur plan porté à un potentiel également donné. Dans ces conditions, la considération des point.s1 images de lord Kelvin et le théorème de Murphy permettent d’exprimer la force appliquée au conducteur sphérique au moyen de la loi de Coulomb. L’auteur montre que cette expression a la forme d’une série de termes dont on peut calculer la somme par divers artifices.
- Contribution à l’étude des décharges oscillantes. — G. Millocbau. — Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, 8 juillet 1912.
- La méthode employée par . l’auteur dans ses recherches antérieures sur la déchargc]oscillante dans les tubes de Geissler ne permettait ni de faire varier facilement, ni de connaître exactement le potentiel de charge du condensateur. Pour les recherches actuelles, il a utilisé la grande batterie de 7 5oo accumulateurs du laboratoire de M. Bouty.
- Il résulte des expériences que le nombre n d’oscillations semble pouvoir croître indéfiniment avec le potentiel; pour un potentiel V donné, il croît avec la capacité C, décroît avec la distance explosive L; mais, si C tend vers l’infini et L vers zéro, la valeur
- y___y
- de n tend rapidement vers la limite ——----.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Le rapport du nombre des communications et des employés d’un bureau central télépho-
- nique àla consommation de courant. — F. Am-brosius. — Elektrotechnische Zeitschrift, 25 juillet 1912.
- Il y a le plus grand intérêt, d'une part, à savoir combien de communications l’on peut avoir à établir simultanément dans un bureau central téléphonique et, d’autre part, il n’est pas toujours aisé de déterminer exactement le nombre d’enqAoyés nécessaires aux différentes heures de la journée sans dépasser les besoins du service.
- Or, l’auteur a pensé qu’un certain rapport devait exister entre le nombre des communications établies-et la consommation de courant. Afin de vérifier si cette hypothèse était exacte, M. Ambrosius a fait relever, d’une part, la consommation de courant horaire et, d’autre part, le nombre des communications simultanées établies aux différentes heures de la journée au bureau central de Leipzig.
- A
- Fig. 1.
- La figure 1 représente la courbe de la consommation de courant et la figure 2. [celle du nombre de communications établies simultanément.
- La figure 1 montre que la consommation de courant augmente graduellement à partir de 8 heures du matin, atteint son maximum à 10 heures environ, et s’y maintient à j)eu près jusqu’à midi. A partir de cette dernière heure, elle diminue sensiblement jusqu’à 2 heures où elle passe par un minimum, pour remonter ensuite jusqu'à 4 heures; puis elle se
- p.266 - vue 266/416
-
-
-
- 31 Août 1912*
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 267
- maintient à une valeur sensiblement constante jusqu’à 6 heures, pour diminuer ensuite de nouveau. D’autre part, on voit que la courbe de variation du nombre des communications simultanées (fig. 2) a une allure sensiblement analogue à celle de la précédente. Cette analogie est d’ailleurs encore plus grande, lorsqu’on considère les courbes des figures 3
- A
- Fig. 3.
- et /*, qui représentent respectivement les valeurs de la consommation de courant et du nombre des communications simultanées, déduites des moyennes de 4 jours.
- Fig. 4.
- Aux heures où le nombre des communications est peu élevé, les divergences entre les deux courbes sont plus accusées; la consommation de courant est un peu plus élevée que cela ne serait à prévoir d’après le nombre des communications. Ceci doit être attribué à ce fait que la batterie centrale fournit également le courant pour d’autres services (postes auxiliaires, lampes d’appel du bureau télégraphique, etc.). Toutefois, la consommation due à ces divers services est relativement peu importante et devient tout à fait secondaire, lorsque le nombre des communications augmente. Il s’ensuit que, aux heures où le service est chargé, la concordance entre les deux deux courbes est très nette.
- Par exemple, à 9 heures du matin, à une intensité de 53 ampères correspondent 538 communications, à 10 heures à 62 ampères, 63o communications, à midi à 60 ampères 590 communications, à 5 heures à 53 ampères, 55o communications, etc., etc. On voit donc que la consommation de courant horaire peut servir approximativement de base à la détermination
- du nombre des communications *à établir simultanément.
- Afin de déterminer exactement l’importance des erreurs introduites dans les lectures, du lait de la consommation des autres services alimentés par la batterie centrale, l’auteur a entrepris des mesures d’intensité, d’une part, en différents points de consommation, d’autre part, à un poste d’employé du bureau téléphonique. Il a été ainsi établi que la consommation des divers services auxiliaires atteint en moyenne 12 ampères aux heures où le service est le plus chargé. Si l’on retranche cette valeur des indications déduites des courbes précédentes, la différence représente la consommation due aux communications téléphoniques; ainsi, par exemple, à midi, la consommation due à ccs communications était de 60 — 1% — 48 ampères. D’autre part, des mesures effectuées à de nombreuses reprises avaient démontré que la consommation correspondant à chaque communication étaitde o,o8ampère. Par suite, le nombre des communications déduit de ce dernier chiffre
- serait, à l’heure
- indiquée, de
- 4»
- 0,08
- 600. Or, la
- courbé de la figure 4 montre que le nombre moyen des communications à midi a été en réalité de 590, ce qui démontre le bien-fondé des hypothèses précé-
- A
- 10 11 12
- dentes. Enfin, pour déterminer si les résultats déduits de la moyenne de 'quatre jours pouvaient ctre généralisés, l’auteur a relevé la consommation moyenne de dix jours (fig. 5). La comparaison des deux courbes de la figure 3 et de la figure 5 montre que celles-ci concordent sensiblement dans toutes leurs parties, de sorte que les résultats déduits de la moyenne de quatre jours sont pratiquement suffisants.
- La courbe de la figure 4 montre que le nombre des communications simullanées est au maximum de 63o. Or, le bureau téléphonique de Leipzig comportait, à l'époque des mesures précédentes, i(> 000 branchements d’abonnés. Le nombre des communications simultanées est donc au maximum de 3,9 % du nombre des lignes reliées au bureau. Ceci est une
- p.267 - vue 267/416
-
-
-
- 268
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XIX (2« Série). — N* 35.
- preuve que le nombre des communications simultanées n’augmente pas dans la meme mesure que le nombre des lignes, mais qu'au contraire le pourcentage diminue. Cette considération a son importance, lorsqu’il s’agît de remplacer le service par employés par le service semi-automatique. Lorsqu’on prévoit cette transformation, il faut tenir compte, d’autre part, de ce que le nombre des communications simultanées diminuera encore, de ce fait qu’avec le service automatique la communication est rompue dès que la conversation est terminée, ce qu’il n’est pas toujours possible de faire avec le service par employés, surtout aux heures très chargées. Les courbes de consommation de courant des figures 3 et o permettent encore de déterminer l’horaire de travail des employés nécessaires pour assurer le service des divers postes aux différentes heures de la journée. Il suffit, pour cela, de se baser sur ce que le nombre de communications simultanées est, ainsi que le démontrent les considérations précédentes, sensiblement proportionnel à la consommation de courant. Par exemple, si aux heures où le service est le plus chargé, les 100 postes existant actuellement sont occupés chacun par une employée, à 2 heures de
- ,, ... 260 X 100 _ , „
- 1 après-midi ----—----- = 41 employées suffiraient
- pour assurer le service. Pour tenir compte des variations possibles, on emploie en réalité un nombre légèrement plus grand d’employées, soit 48 de 1 heure et demie à 2 heures et demie.
- M. F.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Un alternateur à deux mille périodes. — W.Duddell. — Electrician, 26 avril 191a.
- L’alternateur dont il s’agit était destiné à l’étude des appareils téléphoniques et devait pouvoir fournir des fréquences comprises entre 100 et 2 000. On s’est donné comme hase d’établissement du calcul une puissance minima de 10 watts, à basse fréquence.
- Les enroulements du stator ne sont pas enfermés dans des encoches mais constitués par un anneau du genre Gramme. Ceci entraîne sans doute l’adoption d’un grand entrefer, mais, d’autre part, la réaction d’induit est beaucoup plus faible et par suite la courbe de l’onde moins distordue.
- N Le problème qui consiste à obtenir des fréquences élevées, même de l’ordre de 2000, sans recourir à
- des pôles par trop resserrés, ne peut être résolu qu’en mettant en œuvre des vitesses périphériques relativement fortes. On s’est arrêté, en fin de compte, à un projet dans lequel un rotor, de 20 centimètres de diamètre, tourne à la vitesse maxima de 8 000 tours par minute. Le disque de ce rotor porte 3o pôles saillants, fraisés dans la masse et pourvus près de leurs extrémités de rainures en forme de Y. Les bobines inductrices sont d’abord enroulées sur les pôles, puis solidement maintenues en place à l’aide de coins en bronze. Les câbles qui les réunissent aux bagues situées sur l’arbre sont, eux aussi, soigneusement attachés. Pour s’assurer du parfait équilibrage du rotor, on faisait passer un courant assez intense dans les enroulements du champ, préalablement imprégnés de gomme laque, afin de les porter à une température élevée; on mettait ensuite le rotor en marche, à une vitesse dépassant d’environ 3o % la vitesse de régime, puis le courant inducteur était interrompu de façon à permettre au rotor de se refroidir tandis qu’il tournait à celte vitesse. Celte opération avait pour effet de faire adhérer fortement les bobines inductrices aux coins de bronze, et d’empêcher par suite leur glissement ultérieur. '
- L’arbre est monté sur de longs paliers en laiton avec des surfaces d’appui sphériques et munies de bagues de graissage.
- L’alternateur est entraîné par un moteur électrique qui s’appuie sur des gorges de même forme. On trouva convenable de régler la tension de la courroie juste au point de glissement, car dans ces conditions on obtenait une fréquence très uniforme. Lorsque le moteur marche à grande vitesse tout se passe alors comme s’il était muni d’un volant très important, tout changement, si faible qu’il soit, dans la tension d’alimentation entraînant une variation violente de l’intensité.
- Alternateur et moteur sont supportés par un plancher et sont déplaçables l’un par rapport à l’autre pour ajuster la tension de la courroie. Le plancher lui-même est supporté par trois masses de câout-chouc de telle manière que deux d’entre elles, placées sur une ligne parallèle à Taxe du moteur, supportent presque tout le poids du système. La troisième, qui est située sous l’alternateur, n’est que légèrement comprimée si l’on a réglé convenablement la position des doux premiers blocs de caoutchouc. 11 en résulte une isolation mécanique presque complète de l'alternateur par rapport au sol, c’est-à-dire l’impossibilité de toute mise en résonance des instru-
- p.268 - vue 268/416
-
-
-
- 31 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 269
- ments accordés pour la fréquence de l'alternateur» Les caractéristiques à circuit ouvert et en court-circuit pour deux fréquences différentes (fig, i) et la
- Courant d'excitation : ampères.
- Fig*, i. — Caractéristiques'A circuit ouvert et eu court-circuit.
- courbe de régulation sur charge non inductive à courant d’excitation constant (fig. %) montrent que le fer de la machine est loin d’être saturé.
- En ce qui concerne la forme d’onde du courant ainsi fourni, il est très difficile de faire des essais
- Ampères.
- Fig, 2. — Tension en fonction de la charge; courant d’excitation constant : 5 ampères.
- oscillogrkphiques à % ooo périodes. C’est pourquoi on les fit seulement à 5oo périodes et l’on releva les oscillogrammes : i° à circuit ouvert ; y.0 en charge non inductive; 3° en charge, au delà de 5 ampères, sur de
- fortes bobines d’induction; 4° enfin, pour des charges différentes au delà de 5 ampères, sur des condensateurs. Lorsqu’on examine les courbes de tension obtenues dans ces conditions, on peut de prime abord les croire sinusoïdales, mais en réalité elles sont légèrement déformées par suite de la présence de la troisième harmonique, assez faible.
- Pour le mettre en évidence, on inséra un petit condensateur en série avec l’oscillographe à la place de la résistance non inductive ordinaire. Ceci a pour effet d’augmenter beaucoup les harmoniques supérieures, qui se trouvent amplifiées approximativement en raison de leur ordre. En répétant les essais on trouva des courbes qui montrent la présence du troisième harmonique à circuit ouvert et en charge non inductive ou inductive (bobines de self), mais non pas dans les charges opérées sur condensateurs.
- Cet alternateur s’est montré particulièrement utile dans toutes les mesures opérées par la méthode du pont. Il s’applique également bien à l’étude de la sensibilité et des propriétés des récepteurs téléphoniques usités en T. S. F.
- Avec col; alternateur, on a essayé de répéter les expériences du Dr S. Thompson, sur l’influence des champs magnétiques sur le corps humain. D’après cet auteur, les effets observés seraient dus à des courants induits dans la tête. Il serait donc d’autant plus facile d’observer leur influence que la fréquence serait plus élevée, el l’on pourrait prévoir qu’avec y ooo périodes l’intensité du champ nécessaire ne serait que le quarantième de celle nécessaire à 5o périodes pour obtenir des effets sensibles. Les conclusions de ces essais sont absolument négatives.
- L. B.
- Quelques expériences sur un système mixte de télégraphie avec fil et sans fil poui usages militaires. — O. Squier. — The Journal oflheFranklin Instituie, avril 1912.
- Dans une récente communication, l’auteur, officier de l’armée des Etats-Unis (Signal Corps), fait remarquer que chacun des deux systèmes de télégraphie avec et sans fil présente des avantages et des inconvénients au point de vue militaire ; il montre qu’en particulier la T. S. F. constitue un mode de communications idéal pour des troupes manœuvrant rapidement, mais qu’elle présente de graves^defauts, que les interférences sont possibles et que l’ennemi peut toujours intercepter les communications. Bien
- p.269 - vue 269/416
-
-
-
- 270
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XIX (2e Série). — N* 35.
- que les deux méthodes aient à l’heure actuelle des attributions précises, il y aurait souvent intérêt à les combiner, sans diminuer en quoi que ce soit les services qu'elles sont isolément susceptibles de rendre.
- Au quartier général d'une division ou d'une armée en campagne il existe toujours à la disposition d'un officier, chef du service des signaux, un équipement de télégraphie sans fil, et quelques fils de lignes télégraphiques reliant le quartier général aux différentes unités.
- Actuellement, le fil qui est employé par le Signal Corps est constitué par 11 brins d'acier et i brin de cuivre; il pèse environ 20 kilogrammes, et possède une résistance d'environ 7 ohms par kilomètre. On sait que les ondes électriques ne sont pas transmises aussi bien par les fils de fer que par le fil de cuivre, car plus grande est la conductibilité du fil, plus faibles sont les pertes en ligne et, par suite, l'affaiblissement des ondes électriques qui s'y propagent. En outre, il est bien connu que, dans toutes les expériences effectuées sur les ondes à haute fréquence émises en résonance, il est désirable de ne pas employer de fer. Il en résulte que les résultats donnés plus loin pour les fils employés sont inférieurs à ceux qui pourraient être obtenus avec des conducteurs en cuivre.
- Le plus récent appareil adopté au Signal Corps pour la télégraphie sans fil est un alternateur à T>oo périodes destiné aux aéroplanes avec un transformateur spécialement établi et un éclateur à étincelles soufflées.
- Dans les premières expériences, l’alternateur à 5oo périodes était entraîné directement par un moteur, branché lui-même sur un circuit d'éclairage à 110 volts. L'alternateur débitait environ 125 watts sous 110 volts. L'accouplement inductif employé pouvait être modifié dans de larges limites et permettait de régler à volonté la tension du courant qui parcourait la ligne. La longueur d’ondes était d’environ 400 mètres. Le fil conducteur était posé sur le sol de la manière ordinaire. A la réception on employait des détecteurs ordinaires et des téléphones de haute résistance.
- En employant comme détecteur un audion, c'est-à-dire un détecteur dans lequel un passage conducteur est prévu entre deux électrodes isolées à l’intérieur d’un tube à vide, et qui se comporte comme ayant n une conductivité unilatérale, on percevait des signaux intenses quand l’extrémité de la ligne était relice à la grille de l'audion, l'autre borne étant entièrement
- libre, tandis qu’en réalisant les connexions inverses on n'entendait rien.
- L’audion auquel fait allusion M. Squier a été imaginé par M. de Forest; voici comment il est réalisé sous sa dernière forme, que schématise la figure 1 (!).
- ig. 1.
- Un filament V (métallique de préférence, car la température à laquelle il est porté est plus élevée et par suite l’ionisation plus intense) est placé dans une ampoule à vide, en regard d’une plaque métallique G, et parcouru par le courant d’une petite batterie b; celle-ci se prolonge par une autre batterie B, de 3o volts environ, dont le pôle positif est relié à G par l'intermédiaire d’un téléphone T et le pôle négatif au filament F. Lorsque ce dernier est porté au rouge, la batterie B débite un courant continu qui correspond à un transport d'ions négatifs de F à G, le transport des ions positifs ne peut s'effectuer dans le même sens. A l’intérieur de l’ampoule, entre F et G, se trouve une grille R dont les ions négatifs doivent traverser les mailles.
- La figure ci-contre suppose que l'audion fasse partie d'un circuit récepteur de télégraphié sans fil. L’antenne est à gauche et les oscillations qu'elle reçoit se répercutent dans le secondaire J, relié d’une part à la grille R et, de l'autre, au filament F, par l'intermédiaire d'un condensateur K. Seules les charges négatives peuvent effectuer le trajet FR.
- Ge qui se passe dans le circuit RJKF est analogue à ce qui se produit dans la valve de Fleming, mais l’originalité de l’audion, ce qui lui donne sa grande sensibilité, réside dans la présence du troisième conducteur G. En effet, lorsqu'une onde est reçue, les ions négatifs, en petit nombre, sont employés à...neutraliser la différence de potentiel qui existe entre les deux conducteurs les plus voisins F et R; iis n’arrivent que très rares sur G et c'est pourquoi le courant qui circulait auparavant dans le téléphone devient très faible. Il peut même s'annuler complètement (*).
- (*) Les détails qui suivent sur l'audion sont empruntés à une communication de M. Q. Majorana à la R. Àca-demia dei Linoei (1909), dont nous avons déjà analysé les parties essentielles. Voir Lumière Electrique, l. XI (ae série), p. 246 et 275.
- p.270 - vue 270/416
-
-
-
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 271
- 31 Août 1912.
- Dans le cas des expériences de M. Squier, toute la partie gauche de la figure i est supprimée, le conducteur que parcourent les courants de haute fréquence doit être relié à la grille R. On entend alors un son intense dans le téléphone, tandis que celui-ci demeure muet si l’on connecte la ligne au filament F. La liaison à la terre n’offre d’ailleurs aucun intérêt au point de vue de l'efficacité de la réception.
- On explique ainsi ce phénomène : à l'extrémité libre de la ligne se produit une réflexion des ondes, c’est-à-dire qu’il s’y forme un nœud de courant et un ventre de potentiel. Par conséquent, celle des bornes qui sera reliée à l’extrémité de la ligne sera soumise à toutes les variations qu’éprouve la tension et, si la borne est la grille, les variations en question modifieront la répartition des potentiels qui existait auparavant dans l’intervalle ionisé FC.
- Une dernière expérience fut faite sur un fil de cuivre de o,65 millimètres de diamètre et de 11 kilomètres environ, en utilisant des longueurs d’ondes de 7 5oo mètres, correspondant à environ 40 ooo périodes par seconde. Ces ondes étaient engendrées par un générateur G et transmises à la ligne par couplage inductif lâche. Dans la figure a, G est ce générateur à 4o ooo périodes, C, un condensateur, L, la bobine de résonance primaire, 1 un interrupteur, K la clef de transmission, C2 et L2 le condensateur et la bobine pour les éléments coi'respondants de la ligne secondaire, A l’ampèremètre de ligne.
- Cette fréquence très élevée de l\0 ooo périodes sort du champ des sons musicaux et ne peut plus être perçue. Pour l’entendre, il est donc nécessaire d’insérer dans le circuit du poste de transmission un interrupteur I qui coupe les trains d’ondes à une fréquence qui soit dans les limites de l’audition.
- C’est ce que l’on fit de la manière usitée en télégraphie sans fil, et la période de rupture était d’environ i millième de seconde, ce qui correspond à une note musicale très nette.
- D’autre part, si l’usage est da disposer un tel interrupteur du côté du poste de transmission, on voit qu’il y aurait des avantages très nets à le disposer cette fois-ci du côté du poste de réception. En effet, c’est alors ce dernier qui déterminerait la note musicale qui lui conviendrait le mieux. On fit des expériences dans ce sens. Un autre avantage de ce dispositif est que les signaux envoyés ne peuvent être perçus en un point quelconque le long de la ligne et ne deviennent intelligibles que par l’insertion au poste récepteur d’un interrupteur tel que I dont la fonction était de couper les trains d’ondes comme il a été dit plus haut. L’essai de ce dispositif obtint un complet succès; il offre cet avantage qu’il n’y a jamais sur la ligne aucun courant de fréquence musicale, de sorte que les chances d’interférences avec les lignes voisines sont diminuées et qu’il n’y a aucune possibilité de déceler les signaux de la manière ordinaire.
- La figure 3 représente le schéma général du montage des deux postes, transmetteur et récepteur.
- On voit que l’interrupteur 1 est placé dans un circuit intermédiaire ; de la sorte, ce circuit n’ayant pas de force électromotrice propre, le fonctionnement de l’interrupteur ne produira pas de signaux musicaux dans le récepteur sauf quand des trains d’ondes
- Fig. 3.
- provenant de l’extrémité opposée de la ligne passent à travers ce circuit; en d’autres termes, si l’interrupteur était placé directement'Sur le circuit de ligne, les charges statiques de la ligne donneraient lieu à des signaux parasites et s’il était inséré dans le circuit du détecteur on obtiendrait le même résultat à cause de la mise en circuit et hors circuit de la batterie locale.
- Les étincelles soufflées furent substituées au générateur à haute fréquence sur la même ligne téléphonique et on opéra de la même manière avec des longueurs d’or^des de i ooo mètres.
- Par de telles expériences on a pu reconnaître que les appareils à étincelles rares de faible puissance, relative ment peu coûteux et facile ment transportables, se prêtent fort bien à ce système mixte de télégraphie.
- Toutefois, on a trouvé nécessaire d’employer un
- p.271 - vue 271/416
-
-
-
- 272
- T. XIX (2* Série). —N« 35.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- circuit intermédiaire à la station transmettrice aussi bien qu’au poste récepteur. En effet, lorsqu’on se dispense de ce circuit, la ligne étant relativement très résistante, les ondes sont si rapidement amorties que l’accord des deux circuits L4 et L2 est extrêmement lâche. Le circuit intermédiaire, de faible résistance, joue le rôle de volant; les oscillations, rapidement amorties du circuit primaire, donnent des oscillations un peu plus persistantes dans le circuit intermédiaire, qui, à leur tour, donnent lieu sur la ligne à des oscillations permanentes, ce qui ne serait pas possible autrement.
- On a pu également réaliser avec succès sur la même ligne un 'service mixte simultané, par Morse ordinaire, et par le système à étincelles soufflées ci-dessus décrit.
- Enfin, une expérience fut faite en reliant l’alternateur à 5oo périodes directement à la ligne téléphonique; avec i io volts et % mégohms environ de résistance sur la ligne, on obtint un courant d’environ 5o micro-ampères dans un téléphone ordinaire de faible résistance et des signaux très intenses.
- L. B.
- VARIÉTÉS
- L’Électricité à l’Exposition Universelle de Gand en 1913.
- Une réunion très nombreuse des Comités du groupe V (Electricité) et des électriciens belges a eu lieu au commissariat général du gouvernement à Bruxelles le 18 juillet dernier.
- Cette réunion était présidée par M. Wybaun, ingénieur en chef des services de l’éclairage de la ville do Bruxelles, président de la classe 25. Elle avait principalement pour but d’examiner la possibilité de réaliser un projet très original présenté par la Chambre syndicale des électriciens belges et qui a déjà reçu l’approbation du gouvernement et de la Direction générale de l’Exposition. Celle-ci a mis à la disposition du comité organisateur un vaste hall de 2 8oo mètres carrés de superficie qui sera en réalité le compartiment belge des applications de l’électricité et prendra le nom de Palais des Lumières, dans lequel on fera la nuit le jour, pour permettre aux A'isiteurs de constater, en plein jour, les progrès réalisés dans les différentes applications de l’éclairage public et privé par l’électricité.
- Considérant que la vieille capitale des Flandres est aussi la cité des fleurs et des merveilleuses plantes exotiques, on établira dans le milieu du Palais en question une sorte de jardin d’hiver où les horticulteurs exposéront des fleurs rares et tous les spécimens de ces multiples espèces de palmiers qui se cultivent à Gand.
- v Au centre de ce jardin orné de vases et de statues on établira.les systèmes les plus nouveaux de fontaines lumineuses.
- De chaque côté de ce vaste hall seront réservés des stands pour les applications de l’électricité à la mécanique et plus spécialement aux petits métiers ;
- Au chauffage, à la ventilation et à la cuisine électriques; aux produits delà fabrication belge de l’appareillage électrique, des câbles, fils, accumulateurs, isolateurs, tubes isolants, etc., etc. ;
- A la fabrication de l’ozone et à ses applications ;
- A l’éclairage sous toutes les formes et par tous les systèmes de lampes à arc et à incandescence, au mercure, à l’éclairage au néon, etc., etc. ;
- Aux applications de l’éclairage par les rayons ultra-violets;
- Aux enseignes lumineuses, à la décoration et aux fontaines lumineuses ;
- A l’ameublement, et à la décoration combinés avec l’éclairage électrique ;
- Aux appareils et aux bronzes d’éclairage ;
- A la télégraphie et à la téléphonie sans fil, aux signaux et aux sonneries électriques, enfin à toutes les applications de l’électricité, à l’exception des génératrices de courant qui tiendront leur place dans la galerie des machines, voisine du Palais des lumières, et qui sera également éclairée le soir.
- Ap rès une longue discussion sur les dispositions à prendre et sur les premiers projets d’installation présentés en vue de l’organisation et de la décoration de ce Palais des Lumières qui sera aussi celui des applications de l’électricité, les principales firmes belges d’électricité, ainsi que les constructeurs électriciens les plus importants de Belgique, ont donné leur adhésion de principe en indiquant approximatif
- p.272 - vue 272/416
-
-
-
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 273
- 31 Août 1912.
- veinent l’emplacement qu’il faudra, le cas échéant, leur réserver.
- Nul doute que, avec de tels éléments et le concours si longuement promis de la Société de l’Exposition de Gand, on arrivera à une réalisation brillante du. Palais des Lumières.
- G. M.
- La galerie des merveilles à Vexposition de Turin.
- Au moment où l’on annonce pour la prochaine Exposition universelle de Gand l’aménagement d’un Palais des Merveilles sans précédent, il nous a semblé intéressant de jeter un coup d’œil rétrospectif sur une galerie du (même genre qui existait l’année dernière à Turin.
- Dans celte Galerie des Merveilles, le professeur Riccardo Arno avait rassemblé les dispositifs les plus propres à frapper l’imagination des visiteurs profanes, en même temps qu’à intéresser très vivement les techniciens.
- Cette partie de l’exposition de Turin était sans aucun doute la plus brillante et il seraildifficile, sinon d’accumuler dans un même édifice autant de merveilles, du moins de les présenter aux visiteurs d’une façon plus originale.
- Le moindre attrait de cette galerie n’était point sans doute les explications claires et frappantes données par le professeur Riccardo Arno lui-même avec une compétence et un entrain également remarquables.
- Nous ne pouvons décrire ici tous les appareils exposés. On y trouvait les dispositifs essentiels de production des courants de haute fréquence (expériences de Tesla) et des oscillations électriques (expérience de Righi sur la réfraction). On y effectuait des expériences sur les gaz raréfiés, sur les rayons magnétiques de Righi, sur les l’ayons X, la lumière Moore, l’air liquide, les expériences de Poulsen, celles de Korn sur la transmission des images, et bien d’autres encore.
- Nous nous arrêterons spécialement sur certains dispositifs plus remarquables par leur nouveauté.
- Le professeur Arno, en réfléchissant sur l’expérience du professeur G. Ferraris, relative à l'étude de la rotation, provoquée par l’hystérésis magnétique, d’un cylindre de fer dans un champ magnétique tournant, eut l’idée très ingénieuse que les phénomènes correspondants doivent se constater en substituant aux efforts magnétiques des efforts électriques et aux corps magnétiques des substances diélectriques.
- Dans son expérience originale,*le professeur Arno s’est servi d’un dispositif analogue à celui qu’appliquait le professeur Ferraris dans ses expériences ; de même que les deux champs magnétiques destinés à produire le champ magnétique tournant peuvent s’obtenir au moyen de courants alternatifs circulant dans deux spires immobiles, placées à angle droit, de même les deux champs électriques nécessaires pour produire un champ électrique tournant peuvent s’obtenir au moyen de deux tensions alternatives de même fréquence, décalées de 90°, établies entre deux paires de plaques métalliques fixes, à angle droit.
- En disposant dans l’espace compris entre ces pièces un cylindre de matière isolante, le professeur Arno put vérifier la justesse de son idée, en voyant le cylindre se mettre à tourner rapidement par l’effet du retard que met la polarisation du diélectrique à suivre la rotation du champ électrique.
- Cette expérience, d’un grand intérêt scientifique, semble démontrer la possibilité d’obtenir du travail au moyen de simple différences de potentiel ou, en d'autres termes, sans courant. On comprend de suite qu’en réalité le travail développé par un cylindre isolant doit correspondre aune énergie électrique fournie parle circuit d’alimentation. Une telle énergie se manifeste donc sous la forme d’un courant de déplacement à travers le diélectrique. A l’Exposition, l’expérience était réalisée au moyen d’un transformateur triphasé à haute tension, destiné à alimenter différents moteurs électrostatiques, constitués chacun par trois pièces à 120° et par un cylindre isolant central.
- Parmi les autres expériences que montrait le professeur Arno, nous citerons également les phénomènes de répulsion d’E. Thomson.
- E. Thomson a mis en évidence les actions mécaniques qui s’exercent entre un circuit parcouru par un courant alternatif, et un anneau fermé libre de ses mouvements, placés dans le champ créé par le circuit. A cet effet, il enfila un anneau d’aluminium sur un noyau rectiligne qui recueille le flux d’un électro-aimant puissant à courant alternatif. On a ainsi une puissante répulsion dynamique qui tend à faire sortir l’anneau du noyau de sorte que cette action s’oppose à la pesanteur et en triomphe; en même temps, l’anneau s’échauffe très rapidement. La répulsion dépend du décalage entre les courants primaires et le courant induit ; en calculant les actions électrodynamiques qui s’exercent entre les deux courants pendant chaque fraction de période, on trouve que la somme des acÿons répulsives dépasse
- p.273 - vue 273/416
-
-
-
- T. XIX (2* Série). — N» 35.
- 274 LA LUMIÈRE
- de beaucoup celle des actions attractives ; d’où le résultat qui est une répulsion à peu près continue. À chaque instant, celle-ci est proportionnelle au produit des deux intensités.
- Mais, encore une fois, ce que nous ne saurions reproduire, dans ce bref compte rendu, c'est l'allure si vivante, si personnelle des explications données par M. Àrno qui est assurément l’un des professeurs d’électricité de l’époque actuelle qui possèdent le mieux l’art et le sens de l’enseignement.
- M. G.
- Les lampes à filament ètirè.
- Il y a actuellement deux camps dans l’industrie des lampes à incandescence : les fabricants de filament pressé et les détenteurs des brevets pour la fabrication du filament étiré.
- Il est tout naturel que les premiers ne soient pas tendres pour leurs cadets, et cherchent des défauts au filament étiré.
- Mais celui-ci a d’ardents défenseurs, et ces derniers opposent à des attaques récentes une série d’arguments que nous résumons ci-dessous.
- S’il est vrai, disent-ils, que le nouveau mode de fabrication procure un avantage aux fabricants, il est certain que cet avantage est encore plus grand pour les consommateurs.
- Pour les premiers, il supprime l’emploi de machines nécessaires à la formation, carbonisation, au triage des filaments ; il évite dans la fabrication de la lampe un grand nombre de points de soudure qui étaient pour elle autant de points faibles.
- Le consommateur, en revanche; a en mains une lampe qui est très robuste et qu’il peut tenir en magasin sans avoir à craindre de ne pouvoir s’en servir au moment voulu. Cette lampe ne noircit nullement, car il n’y a aucune raison pour cela.
- On a dit également que le moment critique delà rupture du filament est assez voisin de la mise en marche.
- Les défenseurs du filament étiré estiment au contraire que celui-ci (du moins quand il est de bonne fabrication) ne commence à devenir fragile qu’après fioo à 700 heures de marche, ce qui ne veut pas dire que la lampe à filament; étiré ne dure que ce laps de temps, mais à ce moment seulement elle devient plus sensible au choc. Cette fragilité n’est mémo pas aussi grande que celle du filament pressé à sa mise en marche, car l’on peut changer de place de très vieilles lampes à filament étiré sans craindre la rupture du filament.
- ÉLECTRIQUE
- Quant à la cristallisation du filament étiré, un examen très minutieux au microscope ne l’a jamais relevée, ni sous courant continu, ni sous courant alternatif.
- Tout dépend naturellement de la fabrication du filament, qui demande de nombreux tours de main et qui n’est pas aussi facile que certaines personnes peuvent le croire.
- Par contre, le filament pressé est susceptible de se cristalliser, surtout s’il a eu à supporter, pendant la formation, un survollage trop élevé.
- Tels sont les principaux arguments qui étayent la cause du filament étiré. S’ils sont contredits par certains expérimentateurs, ne serait-ce pas que leurs essais ont porté sur des lampes à filament étiré de médiocre fabrication ?
- IIa Congrès national du Froid (*).
- Le ministre de l’Agriculture vient de faire connaître au bureau de l’Association française du Froid que, soucieux de témoigner l'intérêt national qui lui paraît s’attacher au développement rapide des applications du froid en France, il viendra lui-même inaugurer les travaux du Congrès qui aura lieu à Toulouse les aa-aS-a/» et afi septembre prochain.
- Un grand nombre de communications et de rapports destinés à être présentés devant le Congrès ont déjà été reçus. Les travaux de celui-ci sont répartis entre six sections qui s’occuperont:
- i° Du matériel frigorifique et des basses températures.
- a0 De l’application du froid dans l’alimentation.
- 'ï° De l’application du froid dans l’industrie.
- De l’application du froid aux transports.
- r>° Des règlements législatifs et administratifs relatifs au froid.
- 6° De l’application du froid à la médecine et à l’hygiène.
- Ce Congrès a principalement pour but de mettre en évidence le rôle que le froid doit jouer dans le développement économique de la France et de son empire colonial, et en particulier d’indiquer le palliatif heureux que le froid doit apporter au renchérissement de la vie.
- Une série d’excursions dirigées vers les Causses et les Pyrénées est organisée à la suite du Congrès. Au cours de celles-ci, les congressistes étudieront l’application du froid dans la fabrication du fromage de Roquefort, la vinification, le commerce des primeurs,
- 0 Voir Lumière Electrique, 20 juillet 1912.
- p.274 - vue 274/416
-
-
-
- 31 Août 1912.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 278
- et visiteront l'exposition de Bourges organisée par l'Automobile Club du Centre (*).
- Convention radiographique in tern a ti on ale.
- On trouvera ci-dessous le texte in-extenso de la convention radiotélcgraphique internationale qui vient d’être signée à Londres, ainsi qu,e le protocole et le règlement y annexés.
- *
- ¥ ¥
- Les soussignés, plénipotentiaires etc., s’étant réunis en conférence à Londres, ont, d’un commun accord et sous réserve de ratification, arrêté la convention suivante :
- AnTICLE PREMIER.
- Les hautes parties contractantes s’engagent à appliquer les dispositions de la présente convention dans toutes les stations radiotélégra-phiques (stations côtières et stalions de bord) qui sont établies ou exploitées par les parties contractantes et ouvertes au service de la correspondance publique entre la terre et les navires en mer.
- Elles s’engagent, en outre, à imposer l’observation de ces dispositions aux exploitations privées autorisées, soit à établir ou à exploiter des stations côtières radiotélégraphiques ouvertes au service de la correspondance publique entre la terre et les navires en mer, soit à établir ou à exploiter des stations radiotélégraphiques ouvertes ou non au service de la correspondance publique a bord des navires qui portent leur pavillon.
- Auticlk ».
- Est appelée station côtière tonte station radio-télégraphique établie sur terre ferme ou à bord d’un navire ancré à demeure et utilisée pour l’échange de la correspondance avec les navires en mer.
- Toute station radiotélégraphiquc établie sur un navire autre qu’un bateau fixe est appelée station de bord.
- (!) Pour tous renseignements concernant le Congrès, s’adresser au siège de l’Association française du JVoid, 9, avenue Carnot, à Paris, ou au siège du Comiié toulousain du Congrès : Syndicat d’initiative à la mairie de Toulouse.
- Article 3. #
- Les stations côtières et les stalions de bord sont tenues d’échanger réciproquement les ra-diolélégramnfes sans distinction du système ra-diotélégraphique adopte par ces stalions.
- Chaque station de bord est tenue d’échanger les radiotélégrammes avec toute autre station de bord sans distinction du système radiotélégra-phique adopté par ces stations.
- Toutefois, afin de ne pas entraver les progrès scientifiques, les dispositions du présent article n’empèehenl pas l’emploi éventuel d’un système radiolélégraphique incapable de communiquer avec d’autres systèmes, pourvu que celte incapacité soit due h la nature spécifique de ce système et qu’elle ne soitpasl’elïetde dispositifs adoptés uniquement en vue d’empêcher l’intercominuni-calion.
- Article 4.
- Nonobstant les dispositions de l’article 3, une station peut être affectée à un service de correspondance publique restreinte déterminé par le but de la correspondance ou par d’autres circonstances indépendantes du système employé.
- Auticlk 5.
- Chacune des hautes parties contractantes s’en-o-affe à faire relier les stations côtières au réseau
- O o
- télégraphique par des fils spéciaux ou, tout au moins, à prendre d’autres mesures assurant un échange rapide entre les stations côtières et le réseau télégraphique.
- Article 6.
- Les haules parties contractantes se donnent mutuellement connaissance des noms des stations côtières- et des stations de bord visées à l’article premier, ainsi que toutes les indications propres a faciliter et à accélérer les échanges radiotélégraphiques qui seront spécifiées dans le règlement.
- Article 7.
- Chacune des liantes parties contractantes sc réserve la faculté de prescrire ou d’admettre que dans les stations visées à l’article premier, indépendamment de l’installation dont les indications sont publiées conformément à l’article f>, d’autres dispositifs soient établis et exploités en vue d’une transmission radiolélégraphique spé-
- p.275 - vue 275/416
-
-
-
- 276
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2“ Série).
- N» 35.
- ciale sans que les détails de ces dispositifs soient publiés.
- Article 8.
- L’exploitation des stations radiotélégraphiques est organisée, autant que possible, de manière à ne pas troubler le service d’autres stations de l’espèce.
- Article 9.
- Les stations radiotélégraphiques sont obligées d’accepter par priorité absolue les appels de détresse quelle qu’en soit la provenance, de répondre de même à ces appels et d’y donnér la suite qu’ils comportent.
- Article 10.
- La taxe d’un radiotélégramme comprend, selon le cas :
- i° (a) La« taxe côtière » qui appartient à la station côtière;
- (b) La « taxe de bord » qui appartient à la station de bord ;
- 20 La taxe pour la transmission sur les lignes télégraphiques, calculée d’après les règles ordinaires ;
- 3° Les taxes de transit des stations côtières ou de bord intermédiaires et les taxes afférentes aux services spéciaux demandés par l’expéditeur.
- Le taux de la taxe côtière est soumis à l’approbation du gouvernement dont dépend la station côtière; celui de la taxe de bord, à l’approbation du gouvernement dont dépend lé navire.
- Article i i .
- Les dispositions de la présente convention sont complétées par un règlement qui a la même valeur et entre en vigueur en même temps que la convention.
- Les prescriptions de la présente convention et du règlement y relatif peuvent être à toute époque modifiées d’un commun accord par les hautes parties contractantes. Des conférences de plénipotentiaires ayant le pouvoir de modifier la convention et le règlement auront lieu périodiquement; chaque conférence fixera elle-même le lieu et l’époque de la réunion suivante.
- Article 12.
- Ces conférences sont composées de délégués des gouvernements des pays contractants.
- Dans les délibérations, chaque pays dispose d’une seule voix.
- Si un gouvernement adhère à la convention pour ses colonies, possessions ou protectorats, les conférences ultérieures peuvent décider que l’ensemble ou une partie de ces colonies, possessions ou protectorats est considéré comme formant un pays pour l’application de l’alinéa précédent. Toutefois le nombre des voix dont dispose un gouvernement, y compris ses colonies, possessions ou protectorats, ne peut dépasser six.
- Sont considérés comme formant un seul pays pour l’application du présent article :
- L’Afrique orientale allemande;
- L’Afrique allemande du Sud-Ouest;
- Le Caméroun ;
- Le Togo ;
- Les protectorats allemands du Pacifique;
- L’Alaska ;
- Ilawaï et les autres possessions américaines de la Polynésie ;
- Les îles Philippines ;
- Porto-Rico et les possessions américaines dans les Antilles;
- La zone du canal de Panama;
- Le Congo belge ;
- La colonie espagnole du Golfe de Guinée;
- L’Afrique occidentale française;
- L’Afrique équatoriale française;
- L’Indochine;
- Madagascar;
- La Tunisie;
- L’Union de l’Afrique du Sud;
- La Fédération australienne;
- Le Canada;
- Les Indes britanniques;
- La Nouvelle-Zélande;
- L’Erythrée ;
- La Somalie italienne ;
- Chosen, Fonnose, le Sakhalin japonais et le territoire loué de Kwantoung;
- Les Indes néerlandaises;
- La colonie de Curaçao ;
- L’Afrique occidentale portugaise;
- L’Afrique orientale portugaise et les possessions portugaises asiatiques;
- [.'Asie centrale russe (littoral de la Mer Caspienne);
- Boukhara;
- Khiva;
- p.276 - vue 276/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 277
- 31 Août 1912.
- La Sibérie occidentale (littoral de l’Océan glacial) ;
- La Sibérie orientale (littoral de l’Océan Pacifique).
- Article i3.
- Le Bureau international de l’Union télégraphique est chargé de réunir, de coordonner et de publier les renseignements de toute nature relatifs à la radiotélégraphie, d’instruire les demandes de modification à la convention et au règlement, de faire promulguer les changements adoptés et, en général, de procéder à tous travaux administratifs dont il serait saisi dans l’intérêt de la radiotélégraphie internationale.
- Les frais dé cette institution sont supportés par tous les pays contractants.
- Article it\.
- Chacune des hautes parties contractantes se réserve la faculté de fixer les conditions dans lesquelles elle admet les radiotélégrammes en provenance ou à destination d’une station, soit de bord, soit côtière, qui n’est pas soumise aux dispositions de la présente convention.
- Si un radiotélégramme est admis, les taxes ordinaires doivent lui être appliquées.
- Il est donné cours à tout radiotélégramme provenant d’une station de bord et reçu par une station côtière d’un pays contractant ou accepté en transit par l’administration d’un pays contractant.
- Il est également donné cours à tout radiotélégramme à destination d’un navire, si l’administration d’un pays contractant en a accepté le dépôt ou si l’administration d’un pays contractant l’a accepté en transit d’un pays non contractant, sous réserve du droit de la station côtière de refuser la transmission à une station de bord relevant d'un pays non contractant.
- Article i5.
- Les dispositions des articles 8 et 9 de cette convention sont également applicables aux installations radiotélégraphiques autres que celles visées à l’article premier.
- Article iG.
- Les gouvernements qui n’ont point pris part à la présente convention sont admis à y adhérer sur leur demande.
- Cette adhésion est notifiée par la voie diplomatique à celui des gouvernements contractants au sein duquel la dernière conférence a été tenue et par celui-ci à tous les autres.
- Elle emporte de plein droit accession à toutes les clauses de la présente convention et admission à tous les avantages y stipulés.
- L’adhésion à la convention du gouvernement d’un pays ayant des colonies, possessions ou protectorats, ne comporte pas l’adhésion de ses colonies, possessions ou protectorats, à moins cl’une déclaration à cet effet de la part de ce gouvernement. L’ensemble de ces colonies, possessions et protectorats ou chacun d’eux séparément peut faire l’objet d’une adhésion distincte ou d’une dénonciation distincte dans les conditions prévues au présent article et à l’arlicle 11.
- Article 17.
- Les dispositions des articles 1, %, 3, 5, G, 7, 8, 11, n et 17 de la convention télégraphique internationale de Saint-Pétersbourg du 10/22 juillet 1875 sont applicables à la radiotélégraphie internationale.
- Article 18.
- En cas de dissentiment entre deux ou plusieurs gouvernements contractants relativement à l’interprétation ou à l’exécution, soit de la présente convention, soit du règlement prévu par l’article 11, la question en litige peut, d’un commun accord, être soumise à un jugement arbitral. Dans ce cas, chacun des gouvernements en cause en choisit un autre non intéressé dans la question.
- La décision des arbitres est prise à la majorité absolue des voix.
- En cas de partage des'voix, les arbitres choisissent, pour trancher le différend, un autre gouvernement contractant également désintéressé dans le litige. A défaut d’une entente concernant ce choix, chaque arbitre propose un gouvernement contractant désintéressé ; il est tiré au sort entre les gouvernements proposés. Le tirage au sort appartient au gouvernement sur le territoire duquel fonctionne le bureau international prévu, à l’article i3.
- Article 19.
- Les hautes parties contractantes s’engagent à prendre ou à proposer à leurs législatures respec-
- p.277 - vue 277/416
-
-
-
- 278
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2e Série). — N° 35.
- tives les mesures nécessaires pour assurer l'exécution de la présente convention.
- Aime le a»).
- Les liantes parties contractantes se communiqueront les lois qui auraient déjà été rendues ou qui viendraient à l'être dans leurs pays relativement à l’objet de la présente convention.
- ÂHTICLE 2 1 .
- Les hautes parties contractantes conservent leur entière liberté relativement aux installations radiotélégraphiques non prévues à l'article premier et, notamment, aux installations navales et militaires ainsi qu'aux stations assurant des communications entre points fixes. Toutes ces installations et stations restent soumises uniquement aux obligations prévues aux articles. 8 et 9 de la présente convention.
- Toutefois, lorsque ces installations et stations font un échange de correspondance publique maritime, elles se conforment, pour l’exécution de ce service, aux prescriptions du règlement en ce qui concerne le mode de transmission et la comptabilité.
- Si, d’autre part, des stations côtières assurent en même temps que la correspondance publique avec les navires en mer des communications entre points fixes, elles ne sont pas soumises, pour l'exécution de ce dernier service, aux dispositions de la convention, sous réserve de l’observation des articles 8 et9 de cette convention.
- Cependant les stations fixes qui font de la correspondance entre terre et terre ne doivent pas refuser J’échange de radiotélégrammes avec une autre station fixe à cause du système adopté par cette station; toutefois la liberté de chaque pays reste entière en ce qui concerne l’organisation du service de la correspondance entre points fixes et la détermination des correspondances à faire par les stations affectées à ce service.
- Article 22.
- La présente convention sera mise à exécution à partir du 1erjuillet 1913, et demeurera en vigueur pendant un temps indéterminé et jusqu’à l’expiration d’une année à partir du jour où la dénonciation en sera faite.
- La dénonciation 11e produit son effet qu’à l'égard du gouvernement au nom duquel elle a
- été faite. Pour les autres parties contractantes, la convention reste en vigueur.
- Article 23.
- La présente convention sera ratifiée et les ratifications en seront déposées à Londres dans le plus bref délai possible.
- Dans le cas où une ou plusieurs des hautes parties contractantes 11e ratifieraient pas la convention, celle-ci n’en sera pas moins vàlable pour les parties qui l'auront, ratifiée.
- En foi de quoi, les plénipotentiaires respectifs ont signé la convention en un exemplaire qui restera déposé aux archives du gouvernement britannique et dont une copie sera remise à chaque partie.
- Fait à Londres, le 5 juillet 1912.
- PROTOCOLE FINAL
- A11 moment de procéder à la signature de la Convention arrêtée par la Conférence radiotélé-graphique internationale de Londres, les plénipotentiaires soussignés sont convenus de ce qui suit :
- I
- La nature exacte de l’adhésion notifiée delapart de la Bosnie-Herzégovine n’étant pas encore déterminée, il est reconnu qu'une voix est attribuée à la Bosnie-Herzégovine, une décision devant intervenir ultérieurement sur le point de savoir si cette voix lui appartient en vertu du second paragraphe de l’article 12 de la Convention, ou si cette voix lui est accordée conformément aux dispositions du troisième paragraphe de cet article.
- II
- Il est pris acte de la déclaration suivante :
- La Délégation des Etats-Unis déclare que son Gouvernement se trouve dans la nécessité de s’abstenir de toute action concernant les tarifs, parce que la transmission des radiotélégrammes ainsi que celle des télégrammes dans les Etats-Unis est exploitée, soit entièrement, soit en partie, par des Compagnies commerciales ou particulières.
- III
- il est également pris acte de la déclaration suivante :
- Le Gouvernement du Canada se réserve la
- p.278 - vue 278/416
-
-
-
- 31 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 279
- faculté de fixer séparément, pour chacune de ses stations entières, une taxe maritime totale pour les radiotélégrammes originaires de l’Amérique du Nord et destinés à un navire quelconque, la taxe côtière s’élevant aux trois cinquièmes et la taxe de bord aux deux cinquièmes de cette taxe-totale.
- En foi de quoi, les Plénipotentiaires respectifs ont dressé le présent Protocole final qui aura la même force et la même valeur que si ses dispositions étaient insérées dans le texte même de la convention à laquelle il se rapporte, et ils l’ont signé en un exemplaire qui restera déposé aux archives du Gouvernement britannique et dont une copie sera remise à chaque partie.
- Fait à Londres, le 5 juillet 1912.
- Réglement de service ann exé à la Convention radiotèlègraphique internationale.
- I. Organisation des stations radiotélégraphiques.
- ARTICLE CREMIER.
- Le choix des appareils et des dispositifs radio-télégraphiques à employer par les stations côtières et les stations de bord est libre. L’installation de ces stations doit répondre, autant que possible, aux progrès scientifiques et techniques.
- Article 2.
- Deux longueurs d’onde, l’une de 600 mètres et l’autre de 3oo mètres, sont admises pour le service de la correspondance publique générale. Toute station côtière ouverte à ce service doit être équipée de façon à pouvoir utiliser ces deux longueurs d’onde, dont l’une est désignée comme la longueur d’onde normale de la station. Pendant toute la durée de son ouverture chaque station côtière doit être en état de recevoir les appels faits au moyen de sa longueur d’onde normale. Toutefois, pour les correspondances visées au paragraphe 2 de l’article 35, il est fait usage d’une longueur d’onde de i 800 mètres. En outre, chaque Gouvernement peut autoriser l’emploi, dans une station côtière, d’autres longueurs d’onde destinées à assurer un service de longue portée, ou un service autre que celui de la correspondance publique générale et établi conformément aux dispositions de la Convention, sous la réserve que ces longueurs d’onde 11e dépassent pas 600 mètres ou qu’elles soient supérieures à i.ôcio mètres.
- En particulier, les stations .utilisées exclusivement pour l’envoi de signaux destinés à déterminer la position des navires ne doivent pas employer des longueurs d’onde supérieures à i5o mètres.
- Article 3.
- 1. Toute station de bord doit être équipée de façon à pouvoir se servir des longueurs d’onde de 600 mètres et de 3oo mètres. La première est la longueur d’onde normale, et ne peut être dépassée dans la transmission, hormis le cas de l’article 35 (paragraphe 2).
- Il peut être fait usage d’autres longueurs d’onde, inférieures à 600 mètres, dans des cas spéciaux, et moyennant l’approbation des administrations dont dépendent les stations côtières et les stations de bord intéressées.
- 2. Pendant toute la durée de son ouverture, chaque station de bord doit pouvoir recevoir les appels effectués au moyen de sa longueur d’onde normale.
- 3. Les navires de faible tonnage qui seraient dans l’impossibilité matérielle d’utiliser la longueur d’onde de 600 mètres pour la transmission peuvent être autorisés à employer exclusivement la longueur d’onde de 3oo mètres ; ils doivent être en mesure de recevoir au moyen de la longueur d’onde de 600 mètres.
- Article t\.
- Les communications entre une station côtière et une station de bord, ou entre deux stations de bord, doivent être échangées de part et d’autre au moyen de la même longueur d’onde. Si, dans un cas particulier, la communication est difficile, les deux stations peuvent, d’un commun accord, passer de la longueur d’onde au moyen de laquelle elles correspondent à l’autre longueur d’onde réglementaire. Les deux stations re-prennent leurs longueurs d’onde normales lorsque l’échange radiotèlègraphique est terminé.
- Article 5.
- 1. Le Bureau international dresse, publie et revise périodiquement une carte officielle mentionnant les stations côtières, leurs portées normales, les principales lignes de navigation et le temps employé normalement par les navires pour la traversée entre les divers ports d’atterrissage.
- 2. Il établit et publie une Nomenclature des
- p.279 - vue 279/416
-
-
-
- 280
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Sérïe)!;Ç
- stations radiotélégraphiques visées à l’article premier de la Convention, ainsi que des suppléments périodiques pour les additions et modifications. Cette Nomenclature donne pour chaque station les renseignements suivants :
- i° Pour les stations entières : le nom, la nationalité et la position géographique indiquée par la subdivision territoriale et par la longitude et la latitude du lieu ; pour les stations de bord : le nom et la nationalité du navire; le cas échéant, le nom et l’adresse de l’exploitant;
- a0 L’indicatif d’appel (les indicatifs doivent être différenciés les uns des autres, et chacun doit être formé d’un groupe de trois lettres) ;
- 3° La portée normale ;
- Zi0 Le système radiotélégraphique avec les caractéristiques du système d’émission (étincelles musicales, tonalité exprimée par le nombre de vibrations doubles, etc.) ;
- 5° Les longueurs d’onde utilisées (la longueur d’onde normale est soulignée);
- 6° La nature des services effectués;
- 7° Les heures d’ouverture ;
- 8° Le cas échéant, l’heure et le mode d’envoi des signauxhoraires et des télégrammes météorologiques ;
- 9° La taxe côtière ou de bord.
- 3. Sont compris également.dans la Nomenclature les renseignements relatifs aux stations radiotélégraphiques, autres que celles visées à l’article premier de la Convention, qui sont coin-muniquésau Bureau international par l’Administration dont dépendent cesstatipns, pourvu qu’il s’agisse, soit d’Administrations adhérentes à la Convention, soit d’Administrations non adhérentes, mais ayant fait la déclaration prévue à l’article /|8.
- Zt. Les notations suivantes sont adoptées dans les documents à l’usage du service international pour désigner les sations radiotélégraphiques :
- PG. Station ouverte à la correspondance publique générale ;
- PR. Station ouverte à la correspondance publique restreinte ;
- P. Station d’intérêt privé ;
- O. Station ouverte seulement à la correspondance officielle ;
- N. Station ayant un service permanent.
- X. Station n’ayant pas de vacations déter-s ,
- minces.
- 3. Le nom d'une station de bord indiqué à la
- première colonne de la Nomenclature doit être suivi, en cas d’homonymie, de l’indicatif d’appel de cette station.
- Article 6.
- L’échange de signaux et de mots superflus est interdit aux stations visées à l’article ier de la Convention. Des essais et des exercices ne sont tolérés dans ces stations qu’autant qu’ils ne trou • blent point le service d’autres stations.
- Les exercices doivent être effectués avec des longueurs d'onde différentes de celles admises pour la correspondance publique, et avec le minimum de puissance nécessaire.
- Article 7.
- 1. Toutes les stations sont tenues d’échanger le trafic avec le minimum d’énergie nécessaire pour assurer une bonne communication.
- 2. Toute station côtière ou de bord doit satisfaire aux conditions suivantes :
- a) Les ondes émises doivent être aussi pures et aussi peu amorties que possible.
- En particulier, l’usage de dispositifs transmetteurs dans lesquels la production des ondes émises est obtenue en déchargeant directement l’antenne par étincelles (plain aerial) n’est pas autorisé, sauf dans les cas de détresse.
- 11 peut cependant être admis pour certaines stations spéciales (par exemple celles des petits bateaux) dans lesquelles la puissance primaire ne dépasse pas cinquante watts.
- b) Les appareils doivent être à même de transmettre et de recevoir à une vitesse au moins égale à 20 mots par minute, le mot étant compté à raison de 3 lettres.
- Les installations nouvelles mettant en jeu une énergie de plus de 5o watts seront équipées de telle sorte qu’il soit possible d’obtenir facilement plusieurs portées inférieures à la portée normale, la plus faible étanlde 10 milles nautiquesenviron. Les installations anciennes mettant en jeu une énergie de plus de 5o watts seront transformées, autant que possible, de manière à satisfaire aux prescriptions précédentes.
- c) Les appareils récepteurs doivent permettre de recevoir, avec le maximum possible de protection contre les perturbations, les transmissions sur les longueurs d’onde prévues au présent règlement, jusqu’à 600 mètres.
- p.280 - vue 280/416
-
-
-
- 31 Août 1912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE 281
- 3. Les stations servant exclusivement à déterminer la position des navires (radiophares) ne doivent pas opérer dans un rayon supérieur à 3o milles nautiques.
- ÀimcLE 8.
- Indépendamment des conditions générales spécifiées à l’article 7, les stations de bord doivent également satisfaire aux conditions suivantes :
- a) La puissance transmise à l’appareil radioté-légraphique, mesurée aux bornes de la génératrice de la station, ne doit pas, dans les circonstances normales, dépasser un kilowatt.
- b) Sous réserve des prescriptions de l’article 35, paragraphe 2, une puissance supérieure à un kilowatt peut être employée, si le navire se trouve dans la nécessité de correspondre à une distance de plus de 200 milles nautiques de la station côtière la plus rapprochée, ou si, par suite de circonstances exceptionnelles, la communication ne peut être réalisée qu’au moyen d’une augmentation de puissance.
- Article 9.
- 1. Aucune station de bord ne peut être établie ou exploitée par.une entreprise privée sans une licence délivrée par le Gouvernement dont dépend le navire.
- Les stations à bord des navires ayant leur port d’attache dans une colonie, possession ou protectorat peuvent être désignées comme dépendant de l’autorité de cette colonie, possession ou protectorat.
- 2. Toute station de bord titulaire d’une licence délivrée par l’un des Gouvernements contractants doit être considérée par les autres Gouvernements comme ayant une installation remplissant les conditions prévues par le présent Règlement.
- Les autorités compétentes des pays où le navire fait escale peuvent exiger la production de la licence. A défaut de cette production, ces autorités peuvent s’assurer que les installations radio-télégraphiques du navire satisfont aux conditions imposées par le présent Règlement.
- Lorsqu’une Administration reconnaît par la pratique qu’une station de bord ne remplit pas ces conditions, elle doit, dans tous les cas, adresser une réclamation à l’Administration du pays dont dépendle navire. Il est ensuite procédé,
- le cas échéant, comme le prescrit l’article 12, paragraphe 2. .
- Article 10.
- 1. Le service de la station de bord doit être assuré par un télégraphiste possesseur d’un certificat délivré par le Gouvernement dont dépend le navire, ou, en cas d’urgence et seulement pour une traversée, par un autre Gouvernement adhérent.
- 2. II y a deux classes de certificats :
- Celui de première classe constate la valeur professionnelle du télégraphiste en ce qui concerne :
- a) Le réglage des appareils et la connaissance de leur fonctionnement;
- b) Latransmission etla réeeplionauditive aune vitesse qui ne doit pas être inférieure à 20 mots par minute;
- c) La connaissance des règlements applicables à l’échange des communications radiotélégra-phiques.
- Le certificat de seconde classepeutêtre délivré à un télégraphiste n’atteignant qu’une vitesse de transmission et de réception de 12 à 19 mots par minute, tout en satisfaisant aux autres conditions susmentionnées. Les télégraphistes possesseurs d’un certificat de seconde classe peuvent être admis :
- a) Sur les navires qui n’emploient la radiotélégraphie que pour leur service propre et pour la correspondance de l’équipage, en particulier sur les bateaux de pêche :
- b) Sur tous les navires, à titre de suppléants, pourvu que ces navires aient à bord au moins un télégraphiste possesseur d’un certificat de première classe. Toutefois, sur les navires classés dans la première catégorie indiquée à l’article i3, le service doit être assuré par au moins deux télégraphistes possesseurs de certificats de première classe.
- Dans les stations de bord, les transmissions ne pourront être faites que par un télégraphiste muni d’un certificat de première ou de seconde classe, exception faite des cas d’urgence où il serait impossible de se conformer à cette disposition.
- 3. En outre, le certificat constate que le Gouvernement a soumis le télégraphiste à l’obligation du secret des correspondances.
- p.281 - vue 281/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Sér|e). r- H* 3$.
- 4- Lfi service raçUftfélégRphique de la station de bord est placé sous l’autorité supérieure du commandant du navire.
- Autic le n.
- Çep navires dotés d’installations radiotélégra-phiques et classés dans les deux premières paté-gonies indiquées à l’article i3 sont tenus d’avoir dps installations radiotélégraphiques de secours dont tous les éléments sont placés dans des conditions de sécurité aussi grandes que possible et à déterminer par le Gouvernement qui délivre la licence. Ces installations de secours doivent disposer d’une source d’énergie qui leur soit propre, pquvoirêtre mises rapidementen marche, fonctîonnerpendantsixheures au moins et avoir une portée minime dp 80 milles nautiques pour les navires de la première catégorie et de 5o milles pour ceux de la deuxième catégorie. Cette installation de secours n’est pas exigée pour les navires dont l’installation normal? remplit les conditions du présent article.
- Article 12,
- 1. Si une administration a ponnaissapce çl’une infraction à la Convention pu au Règlement commise dans une des stations qu’elle a autorisées, elle constate les faits et fixe les responsabilités.
- En pe qui cqnperne les stations de 'bord, si la responsabilité incombe aujtélégraphiste, l’Administration prend les mesures nécessaires, et, le cas échéant, retire le certificat. S’il est constaté qqe l’infraction résulte de l'état des appareils ou d’instructions données au télégraphiste, il est procédé dp même à l’égard de la licence accordée au navire,
- •4. Pans }e cas d’infractions réitérées à la charge du même navire, si les représentations faites à l’Administration dont dépend le navire par unp autre Administration restent sans effet, celle-ci a la faculté, après en avoir donné avis, d’autoriser ses stations çôtiprps à ne pas accepter les communications provenant du navire en cause. En cas de différend entre les deux Administrations, la question est soumise à un jugement arbitral à la demande de l’un des Gouverne-monta intprpssés:- La procédure est indiquée à l’article 18 de la Convention.
- 2, Purée du service des stations,
- Article i3.
- a) Stations côtières.
- 1. Le service des stations entières est, autant que possible, permanent, le jour et la nuit, sans interruptions.
- Toutefois certaines stations côtières peuvent avoir un service de durée limitée. Chaque Admir nistration fixe les heures de service.
- 2. Les stations côtières dont le service n’est point permanent ne peuvent prendre clôture avant d’avoir transmis tons leurs radiotélé-grammes aux nayirps qui se trouvent dans leur rayon d’action et avant d’avoir reçu de ces navires
- | tous les radiotélégrammes annoncés. Cette disposition est également applicable lorsque des navires signalent leur présence avaotia cessation effective du travail.
- b) Stations de bord.
- 3. Les stations de bord sont classées en trois catégories :
- i° Stations ayant un service permanent ;
- 20 Stations ayant un service de durée limitée ;
- 3° Stations n’ayant pas de vacations déterminées.
- Pendant la navigation, doivent rester en permanence spr écoute: 1" les statipps de la première catégorie ; 20 celles de la deuxième catégorie, durant les heures d’ouverture du service ; en dehors de ces heures, ces dernières stations doivent rester sur écoute les dix premières minutes de chaque fieurp. Les stations de la troisième catégorie ne sont astreintes à aucun service régulier d’écoute.
- Il appartient aux Gouvernements qui délivrent les licences spécifiées par l’article q de fixer la catégorie dans laquelle est classé le navire ait point de vue de scs obligations en matière d’écopte. Mention de cette classification est faite dans la licence.
- 3. Rédaction et dépôt des radiotélégrammes.
- Article i4-
- 1. Les radiotélégrammes portent, comme premier mot du préambule, la mention de service a radio ».
- 2. Dans la transmission de radiotélégrammes
- p.282 - vue 282/416
-
-
-
- 31 ±Qp 1912,
- L4 LfJMlÈflE ÉLECTRIQUE
- originaires d’pq nayifè pp pmi; la datp et l’heure du dépôt à la station de bord sont indiquées dans le préambule.
- 3. A la réexpédition sur le réseau télégraphique, la station côtière inscrit, comme indication du bureau d’origine, le nom du pavire d’ori* gine tel qu’il figure à la Nomenclature et aussi, la cas échéant, celui du dprnier navire qui a sprvi d'intermédiaire. Ces indications sont suivies du nom de la station côtière.
- Article i5.
- 1. L’adresse des radiotélégrammes destinés aux navires doit êtpe aussi complète que possible. Elle est obligatoirement libellée op.mme suit :
- a) Nom ou qualité du destinataire, avec indication complémentaire, s’il y a lieu ;
- b) Nom du navire, tel qu’il figure dans la première colonne de la Nomenclature ;
- c) Nom de la station côtière, tel qu’il figure à la Nomenclature.
- Toutefois, le nom du navire peut être remplacé, aux risques et périls de l’expéditeur, par l’indication du parcours effectué par ce navire et déterminé par les noms des ports d’o.rigine et cle destination ou par toute autre mention équivalente.
- 2. Dans l’adresse, le nom du navire, tel qu’il figure dans la première colonne de la Nomenclature, est, dans tous les cas et indépendamment de sa longueur, compté pour un mot-
- 3. Les radiotélégrammes rédigés à l’aide du Code international de signaux sont transmis à destination sans être traduits.
- 4. Taxation. *
- Article i6.
- i. La taxe côtière et la taxe de bord sont fixées suivant le tarif par mot pur et simple, sur la base d’une rémunération équitable du travail racliolé-légraphique, avec application facultative d’un minimum de taxe par radiotélégramme.
- La taxe côtière ne peut dépasser 6o centimes par mot, et celle de bord /i<> centimes par mot. Toutefois, chacune des Administrations a la faculté d’autoriser des taxes côtières et de bord supérieures à ces maxima dans le cas de stations d’une portée dépassant /|Oo milles nautiques, ou de stations exceptionnellement onéreuses en
- uhsph <b?§ ppndHiqps p^téneUes dé i$ur ipgtsfljî-
- tion et de leur exploitation.
- Ee mifiimmn facultatif de taxs pm radiotéiê-grammé 11e Péfit être supérieur à la t$xe pôtière. op de ïmrd d’un radiotéiégrammô dé 1Q mots,
- 2. En ce qui concerne les radiotélégrammes originaires QU à destination d’pn paye et échangés dirpctemêPt avec les statipns côtières de ce pays, la taxe applicable à la transmission sqr les lignes téiégvapfiifines ne dnitpas dépasser, en moyenne, celle du régime intérieur de ce pays.
- Cette taxe est calculée par mot pur et simple, avec un minimum facultatif de perception ne dépassant pas la taxe afférente à dix mots. Elle est notifiée pp frapes parl’iVdminiétration du pays dont relève }a station côtière.
- Pour les pays du régime européen, à l’exceptipn de la Rnssip et dé la Turquie, il n’y a qu’une taxe unique pouy lé tprvitpire de chaque pays.
- Article 17.
- 1. Lorsqu’un radiotélégramme originaire d’un navire et à destination de la terre ferme transite par une ou deux station? de bord, la taxe comprend, outre celles dp bord d’firigine, de la station côtière et des lignes télégraphiques, la taxe de bord de chacun des navires ayant participé à la transmission.
- 2. L’expéditeur d’un radiotélégramme originaire de la terre ferme et destiné à Ut1 navire peut demander que son message soit transmis par l’intermédiaire d’une pu de deux stations de bord ; il dépose à cet effet le montant fies taxes radiotélégrpphiques et télégraphiques, et en outre, à titre d’arrhes, que spmme à fixer ppy fe bureau d’origine en yue du paiement aux stations de bord iptermédiaires des taxes de transit fixées au paragraphe 1 ; il doit encore verser, à son choix, la taxe d’un télégramme de. 5 mots ou le prix d’affranchissement d’une lettre à expédier par la station côtière au bureau d’origine pour donner les renseignements nécessaires à la liquidation des arrhes déposées.
- Le radiotélégramme est alors accepté aux risques et périls de l’expéditeur; il porte avant l’adresse l’indication éventuelle taxée : « .v retransmissions télégraphe » ou «,r retransmissions lettre » (x représentant le nombre des retransmissions demandées par l’expéditeur)-, selon que l’expéditeur désire que les renseignements né-
- p.283 - vue 283/416
-
-
-
- 284
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N* 35.
- cessaires à la liquidation des arrhes soient fournis par télégraphe ou par lettre.
- 3. La taxe des radiotélégrammes originaires d’un navire, à destination d’un autre navire, et acheminés par l’intermédiaire d’une ou de deux stations côtières, comprend :
- Les taxes de bord des deux navires, la taxe de la station côtière ou des deux stations côtières, selon le cas, et éventuellement la taxe télégraphique applicable au parcours entre les deux stations côtières.
- 4. La taxe des radiotélégrammes échangés entre les navires en dehors de l’intervention d’une station côtière comprend les taxes de bord des navires d’origine et de destination augmentées des taxes de bord des stations intermédiaires.
- 5. Les taxes côtière et de bord dues aux stations de transit sont les mêmes que celles fixées pour ces stations lorsque ces dernières sont stations d’origine ou de destination. Dans tous les cas, elles ne sont perçues qu’une fois.
- 6. Pour toute station côtière intermédiaire, la taxe à percevoir pour le service de transit est la plus élevée des taxes côtières afférentes à l’échange direct avec les deux navires en cause.
- Auticle i8.
- Le pays sur le territoire duquel est établie une station côtière servant d’intermédiaire pour l'échange de radiotélégrammes entre une station de bord et un autre pays est considéré, en ce qui concerne l’application des taxes télégraphiques, comme pays de provenance ou de destination de ces radiotélégrammes et non comme pays de transit. (A suivre.)
- 5. — Perception des taxes.
- Auticle 19.
- 1. La taxe totale des radiotélégrammes est perçue sur l’expéditeur, à l’exception : i° des frais d’exprès (art. 58, g 1, du Règlement télégraphique); 20 des taxes applicables aux réunions ou altérations de mots non admises, constatées par le bureau ou la station de destination (art. 19, g 9, du Règlement télégraphique), ces taxes étant perçues sur le destinataire.
- Les stations de bord doivent posséder à cet effet les tarifs utiles. Elles ont, toutefois, la faculté de se renseigner auprès des stations côtières au sujet de la taxation de radiotélégrammes pour lesquels elles ne possèdent pas toutes les données nécessaires.
- 2. Le compte des mots du bureau d’origine est décisif au sujet des radiotélégrammes à destination de navires et celui de la station de bord d’origine est décisif au sujet des radiotélégrammes originaires de navires, tant pour la transmission que pour les comptes internationaux. Toutefois, quand le radiotélégramme est rédigé totalement ou partiellement, soit dans une des langues du pays de destination, en cas de radiotélégrammes originaires de navires, soit dans une des langues du pays dont dépend le navire, s’il s’agit de radiotélégrammes à destination de navires, et que le radiotélégramme contient des réunions ou des altérations de mots contraires à J’usage de cette langue, le bureau ou la station de bord de destination, suivant le cas, a la faculté de recouvrer sur le destinataire le montant de la taxe non perçue. En cas de refus de payement, le radiotélégramme peut être arrêté.
- p.284 - vue 284/416
-
-
-
- 31 Août 1912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE 285
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- La commande électrique des grosses machines à bois. — Electro, mai 191a.
- Les résultats qu'on peut obtenir actuellement avec des machines à bois perfectionnées sont les suivants:
- Dans un essai industriel récent, on avait choisi deux très vieilles grumes, une d'orme et une autre de chêne, ayant chacune 1 m. 22 de diamètre; l’orme fut scié en planches de a5 millimètres, le chêne en planches de 19 millimètres. L'essai, qui a duré exactement deux heures et demie, a relevé une production de 110 mètres carrés d'orme et 141 mètres carrés de chêne, la production moyenne étant de 7,5 mètres carrés par minute pour l’orme, de 6,a mètres pour le chêne, et, quoique les deux grumes ayant plus de aoo ans fussent très dures, toutes les planches débitées furent parfaites, d’épaisseur uniforme et d'une surface tellement lisse qu’il était difficile d’y percevoir les marques de la scie.
- La machine était conduite par un ouvrier et deux hommes de peine, ces derniers occupés à l'enlèvement des planches sciées et à aider à fixer et à retourner les grumes sur le chariot. Pendant l’essai, on utilisa aussi pour quelques minutes la grue électrique, pour fixer et retourner les grumes. Le courant électrique employé pendant l’essai représentait une dépense de 1 fr. 85 et les frais généraux de l’essai, comprenant la marche de la machine, la main-d'œuvre, le courant électrique, l’usage de la grue électrique, avec un large calcul d'usure de la machine et des scies, dépréciation, etc., fut estimé à 175 fr. 10, soit environ $1 centimes par 9,3 mètres carrés. On nota soigneusement au cours de l’essai le déchet produit par le sciage ; la quantité de bois économisée dans les deux grumes fut évaluée à trois planches de af> millimètres pour l’orme et à 4 planches de 19 millimètres pour le chêne. La valeur marchande des planches économisées a été estimée à 61 fr. 85, de sorte que l’économie de bois aurait, à elle seule, suffi pour payer la marché de la machine sept fois, tandis que le coût de sciage, calculé an taux moyen de 6 fr. a 5 par 9,3 mètres carrés, s’élevait à 168 fr. 7 5.
- On a présenté pendant longtemps de nombreuses objections contre l’emploi des scies à rubans pour le
- débit des bois en grumes, arguant notamment que l’on ne peut guère compter sur elles pour obtenir un débit sérieux et que, pour les faire marcher, il faut un homme expérimenté et un autre pour l'entretien des scies. Or, il existe actuellement un très grand nombre d’applications de ce procédé et les exploitants s’accordent à reconnaître que ces machines ne laissent rien a désirer au point de vue de la qualité du débit, soit que la grume soit débitée en madriers, soitqu’elle soit débitéeen planches minces ; en outre ces machines sont en général conduites par les hommes occupés précédemment à la conduite de scies verticales ou horizontales à une seule lame, et un grand no\nbre d'entre elles sont régulièrement conduites par les indigènes des Indes Occidentales et Orientales, de la République Argentine, du Brésil, etc. Les scies pour ces machines sont entretenues et, si nécessaire, brasées par les mêmes ouvriers qui affûtaient et donnaient la voie aux scies circulaires et qui possèdent assez de connaissances pour traiter les scies à ruban après avoir vu opérer pendant deux ou trois jours un ouvrier que le constructeur envoie pour fixer la machine et la faire fonctionner. On a prétendu encore que les lames des scies employées sont très coûteuses ; or, le prix des scies de la meilleure qualité varie entre ia.5 et 175 francs chacune, suivant la dimension, et on ne parle ici que de machines pouvant débiter des grumes jusqu’à 1,53 mètres de diamètre. Il est de plus intéressant de signaler, pour répondre à celte objection, que, au contact de clous ou d’une pointe de fer, les lames sont fortement endommagées et souvent totalement abîmées, qu’au cours d’un seul trait, une scie heurta 16 clous ou pointes de fer et qu’après avoir été affûtée et repassée, c’est-à-dire moins‘d’une heure après, elle sciait mieux que jamais. Dans certains cas, les scies ont tranché des morceaux de fer sur une surface de plus de ^5,1 millimètres et le léger dégât qui en est résulté a pu être réparé en moins d’une heure au moyen d’une affûteuse.
- Une nouvelle application médicale de Té-lectricité.
- Voici que l’on parle d’un cataplasme électricpie,
- p.285 - vue 285/416
-
-
-
- là LükiMfi; ËLÉcfmQufe
- T. XIX (2* SéHèj
- qui remplacerait les bouillotes et les thermophores.
- Il a sur eux de réelé avantages : d’abord, malgré son arrangement électrique, il n’est pas rigide, mais demeure souple comme un coussin ordinaire; il i pèse environ 35n grammes et ne se refroidit pas, | mais conserve constante la température qu’il a j atteinte aussi longtemps que l’on veut. Cette température est dès le commencement agréable et si tempérée (le maximum de chaleur est à l’intérieur d’environ 85° C) qu’il est impossible de se brûler en le touchant.
- Il n’ÿ a à craindre ni odeur incommodante ni fuite d’eau, et l’appareil peut servir à chaque instant du jour et de la nuit.
- De plus, la consommation du courant électrique pour le format normal n’est pas plus grande que
- celle d’une lampe à filament de charbon de seize bougies. L’avantage principal du cataplasme est le commutateur, qui permet de mettre en circuit ou hors circuit, du lit ou de la chaise et d’une manière commode, sans toucher une seule partie métallique.
- La commutation peut être effectuée aussi aisément du lit ou de la chaise, en tournant simplement les deux pièces du commutateur l’une par rapport à l'autre.
- Pour éviter une trop forte température, il y a à l’intérieur du coussin un coupe-circuit thermique, qui coüpe automatiquement le courant électrique dès cjue la température dépasse la valeur rnaximà, èt ne se Femet en circuit que lorsque la température a diminué.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- f ''
- TRACTION
- Paris. — M. Chailmct, sous-secrétaire d’Etat aux Postes et Télégraphes, déposera à la reutrée de la Chambre un projet l'autorisant à engager une dépense de 9 millions de francs pour la construction de 112 wagons-poste et 98 allèges de grande longueur.
- Dans notre numéro du 17 ao'ûlj nous avons signalé la
- comrüàfade de 4do frioteurs électriques pour les chemins
- dé fer de l’Etat. Cètle comhbandé était dè 460 moteurs
- au lieu de 4U0 et les 5o moteurs en plus, ont été allri-» t
- hues à la Compagnie Eleclro Mécanique, du Bourget.
- Bouciies-du-Rmone. — Un vœu est émis par le Conseil municipal de Roquevaire pour la construction du tramway Aubagne-Aüriol par Roquevaire.
- Hérault. — Le ministre des Travaux publics a approuvé les textes définitifs du cahier des charges et de la convention intervenue avec la Compagnie des tramways électriques de Béziers et extensions, pour la concession de la construction du chemin de fer d’intérêt local à voie étroite, à traction électrique, de Béziers à Lespignan.
- Haute-Loire. — Le préfet a autorisé toutes opérations nécessaires aux éludes du projet de construction d’un réseau de tramways électriques dans l’arrondissement d’Yssingeaux.
- Mayenne. — Le Conseil général a volé un emprunt
- pour rétablissement d’fin réseau dé tramways reliant la Mayenne aux départements limitrophes.
- Nord. — La municipalité de Douai a émis un avis favorable à la création d’une ligne de tramways électriques Douài-Waziers-Lallaiilg.
- Tarn. — Le conseil municipal de Gaillac a émis le vœu que les lignes ferrées du Gaillacois fussent électrifiées.
- Russie. — Là ville dé Moscou a été autorisée à contracter un emprunt de 36 millions de roubles, dont 7 millions seront consacrés à l’électrification des tramways.
- Allemagne. — Le Bureau central des chemins de fer, à Berlin, négocie avec les ateliers de construction habituels la fourniture de 680 locomotives de types divers pour les chemins de fer de l’Etat prussien et de *26 locomotives pour les chemins de fer de l’empiré. Ce matériel devra être livré au plus tard le 3o septembre iqi3.
- ÉCLAIRAGE
- Ardennes. — L’Est Electrique a obtenu la concession d’énergie électrique à Montcy-Saint-Pierre.
- Basses-Alpes. — La municipalité de Creoux-les-Bains a accepté la cession de la concession de l’éclairage électrique par M. Garcin à la Société l’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen. .
- Calvados. — La municipalité de Lisieux a décidé de
- p.286 - vue 286/416
-
-
-
- 31 Août 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- faire installer l'éclairage élècinqüe à rhôpital-hospiee.
- Cher. — Le Conseil municipal de Sancerre a donné un avis favorable à une demande de la Société Derepas et Gio concernant l’établissement d’une ligne de transport d’énergie électrique et de toutes les lignes nécessaires pour l’éclairage de la ville.
- GÔte-d’Or. — Lfe ctniseil municipal dë Laigues a décidé d’etitrér en pourparlers avec une société d’éclairage électrique l>our l’installation de la lumière dans la commune,
- Côtes-du-Nord. —• La municipalité de Saint-Brieue est appelée â discuter un projet de construction et d’exploitation d’une usine électrique pour l’éclairage et la force motrice.
- Hérault. — La municipalité de Lodève a refusé les conditions proposées par la Compagnie du gaz pour l’installation de l’électricité dans la ville.
- L\bkÉ. — Le conseil municipal de Ch&tëaiirbùx a adopté le projet d’installation d’un poste dè transformateur d’éleciricité.
- Une enquête est ouverte à Deols sur le projet de concession d’une distribution d’énergie électrique clans la commune.
- Indré-et-Loire. — Le conseil municipal de Chinon a volé une somme de n 5oo francs pour différents travaux d’établissement de l’éclairage électrique dans les bâtiments communaux.
- Isère, — Lè maire de Ribtiperôitx a été invité à signer le contrât qui lié la comiiutne et M. Regis Rambaüd, de Lyon, cbtmhë adjudicataire des chûtes de Roberts.
- Jura. — La commune de Salins vient de recevoir de M. Charlet et de M. Ritler deux demandes d’établissement d’une ligue de distribution d’énergie électrique. Ces deux demandes ont été soumises à la préfecture.
- Loire-Inférieure. — Le conseil municipal de Nantes a volé les fonds nécessaires à l’installation de l'électricité au théâtre Graslin.
- Mayenne. — Le conseil municipal de Mayenne a retenu, en principe, le prqjet d’installation de l’électricité présenté par M. Kuenlz, concessionnaire de l’iisine à gaz.
- Morbihan. — Le conseil municipal de Gourin a approuvé le projet d’éclairage électfiqite présenté par M. Chabey.
- Nord. — L’électricité va être installée prochainement à Annapes.
- Saône-et-Loire, — Une Société dénommée « la Dres-sane » électrique se propose d’installer prochainement à Louhans une usine électrique qui serait édifiée très probablement sur la rive droite de la Seille.
- Elle distribuerait pour son compte la force motrice à
- TindustHe et céderait l’éclairage à i’ùsirie à gaz qui le distribuerait aux particuliers.
- Seine-Inférieure. — Le Conseil municipal dé Breteuil-sur-Avi’e a décidé de foire installer l'éclairage électrique dans la ville.
- Skine-et-Marne. — La concession de l’éclairage électrique de Monlereuu a été accordée à la Société Gaz et Eaux.
- DIVERS
- Arrêté du 19 août 1912 du ministère du Travail et de la Prévoyance sociale côhcer-iiant la sécurité des travailleurs des établissements qui mettent en œuvre des courants électriques.
- Article unique.— L’instruction sur les premiérs soins à donner aux victimes des accidents électriques que les chefs d’indiisirie, directeurs ou gérants sont tenus d’afficher dans un endroit apparent des salles contenant des installations électriques de la deuxième catégorie est rédigée comme suit :
- Instructions sur tes premiers soins à donner aux personnes victimes d’accidents électriques.
- Soustraire le plus rapidement possible la victime aux effets du courant en se conformant rigoureusement aux prescriptions ci-dessous indiquées pour ne pas s’exposer personnellement au danger.
- Nota. — L’humidité rend le sauvetage particulièrement dangereux.
- Tension de première catégorie (1).
- Ecarter immédiatement le conducteur de la victime, en prenant la précaulion'de ne pas se mettre en contact direct ou par l’intermédiaire d'un objet métallique avec le conducteur sous tension.
- Tension de deuxième catégorie inférieure à 0 ooo volts (entre conducteurs).
- Tenter de supprimer le courant, s’efforcer de délivrer la vicliine*du contact dangereux.
- A. — Un fil est tombé sur le sol et touche la victime.
- Ecartement des fils. — Sans toucher la victime, écarter le fil avec les crochets à manches isolants prévus par le dernier paragraphe de l’article i3 du décret du T) juillet 1907 modifié (2) ; ces crochets 11e doivent pas être humides.
- Se placer sur le tabouret de bois verni avec pieds terminés par des pièces de porcelaine ou de vei’re,
- (’) Tensions de première catégorie : courants alternatifs, moins de i5o volts \ courants continus, moins de 600 volts.
- (2) A défaut de ces crochets, se servir de .hâtons, de cannes ou d’outils à manches isolants, ces objets ne devant pas être humides.
- p.287 - vue 287/416
-
-
-
- 288 LA LUMIÈKB ÉLECTRIQUE T. XIX (2« Série). — H*35.
- tabouret prévu par le dernier paragraphe de l’article 13 J du décret du n juillet 1907 modifié (1)
- Déplacement et dégagement de la victime.
- S’il est plus facile de déplacer la victime que d'écarter les fils, le faire en observant exactement les memes précautions.
- Dans toutes ces opérations, éviter que le fil ne vienne toucher le visage ou d’autres parties nues du corps.
- B. — La victime est suspendue.
- Supprimer le courant; prévoir la chute du blessé, préparer sur le sol : matelas, bottes de paille, etc.
- Tension supérieure à 6000 volts (entre conducteurs).
- Supprimer le courant.
- Si l’on ne peut supprimer le courant, le sauvetage sera toujours très dangereux.
- Isoler le sauveteur à la fois du côté du courant et du côté de la terre ; employer les crochets à manches isolants prévus par le dernier paragrajdie de l’article i3. du décret du 11 juillet 1907 modifié (*).
- Se placer sur le tabouret de bois verni avec pieds terminés par des pièces de porcelaine ou de verre, tabouret prévu par le dernier paragraphe de l’article i3 du décret du 11 juillet 1907 modifié (‘).
- Dans tous les cas, prévenir un médecin.
- Premiers soins à donner en attendant l'arrivée du
- médecin.
- Donner à lu victime, dès qu'elle a été soustraite aux effets du courant, les soins ci-après indiqués, même dans le cas où elle présenterait les apparences de la mort.
- Transporter d’abord la victime dans un local aéré 011 on ne conservera qu’un très petit nombre d’aides : trois ou quatre, toutes les autres personnes étant écartées.
- Desserrer les vêtements et s'efforcer, le plus rapidement possible, de rétablir la inspiration et la circulation.
- Pour rétablir la respiration, on peut avoir recours principalement aux deux moyens suivants : la traction rythmée de la langue et la respiration artificielle.
- Commencer toujours par la méthode de la traction de la langue en appliquant en même temps, s’il est possible* la méthode de la respiration artificielle.
- Chercher, concurremment, à ramener la circulation en frictionnant la surface du corps, en flagellant le tronc avec les mains ou avec des serviettes mouillées, en jetant de temps en temps de l’eair froide sur la figure, en faisant respirer de l’ammoniaque ou du vinaigre.
- i° Méthode de la traction rythmée de lu langue :
- (*) A défaut de ce tabouret, construire un tabouret isolant de fortune en disposant sur le sol des planches sur lesquelles on place des isolateurs ou, à défaut, des objets solides très isolants (bouteilles vides, bols en faïence, etc.), le tout surmonté par de nouvelles planches aussi sèches que possible.
- (-) A défaut de ces crochets se servir d’outils à manches très isolants ou munis de poignées en porcelaine ou en verre.
- Ouvrir la bouche de la victime, et, si les dents sont serrées, les écarter en forçant avec les doigts ou avec un corps résistant quelconque : morceau de bois, manche de couteau, dos de cuiller ou de fourchette, extrémité d’une canne, etc,, etc, 1
- Saisir solidement la partie antérieure de la langue entre le pouce et l’index de la main droite, nus ou revêtus d’un linge quelconque, d’un mouchoir de poche par exemple (pour empêcher le glissement), et exépeer sur elle de fortes tractions répétées, successives, cadencées ou rythmées, suivies de relâchements, en imitant les mouvements rythmés de la respiration elle-même, au nombre d’au moins vingt par minute.
- Les tractions linguales doivent être pratiquées sans retard et avec persistance durant une demi-heure, une heure et plus, s’il le faut, sans se décourager.
- 20 Méthode de la respiration artificielle.
- Coucher la victime sur le dos, les épaules légèrement soulevées, la bouche ouverte, la langue bien dégagée.
- Saisir les bras à la hauteur des coudes, les appuyer assez fortement sur les parois de la poitrine, puis les écarter et les porter au-dessus de la tête en décrivant un arc de cercle; les ramener ensuite à leur position primitive en pressant sur les parois de la poitrine.
- Répéter ces mouvements environ vingt fois par minute en continuant jusqu’au rétablissement de la respiration naturelle, rétablissement qui peut demander quelquefois plusieurs heures.
- *
- * *
- Par arreté du 24 mai du ministre des Travaux publics des Postes et des Télégraphes, les frais de coutrôle dus à l’Etat par les entrepreneurs de distributions d’énergie électrique, établies en vertu de permissions ou de concessions, sont fixés, pour l’année 1912, à 10 francs par kilomètre de ligne pour les distributions soumises au contrôle exclusif de l’Etat, et à 5 francs par kilomètre de ligne pour les distributions soumises au contrôle des municipalités sous l’autorité du ministre des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes.
- SOCIÉTÉS
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain, Paris. — Les recettes Ju 11 au 20 août 1912 ont été de 1 090 989 francs ; du ij au 20 août 1911 elles avaient été de g388o5 francs. Du i«»’janvier au 20 août 1912 cela fait 34 332627 francs, contre 33 706 329 francs, soit une augmentation de 627 298 francs»
- CONSTITUTIONS
- Société électrique de fflot Wagram. — Capital : 3oo 000 fr. — Sicge social : 12, rue de l’Etoile, Paris.
- CONVOCATIONS
- Société Havraise d'Energie Electrique. — Le 4 septembre, 19, rue Blanche, Paris.
- fc* ARI9. — IMPRIMERIE LEVÉ, 17, RUE CASSETTE.
- Le Gérant : J.-B. NctJït
- p.288 - vue 288/416
-
-
-
- rr*BU-quatrl«ae «m>4*. SAMEDI 7 SEPTEMBRE 1818.
- La
- Toou» XIX (8* (érl«). - N* 36.
- Lumière Électrique
- P r'é cédemment
- L’Eclairage Electrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ELECTRICITE Xj
- te.
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 289. —A. Tholler. La synthèse du caoutchouc, p. 291. — J. Fischer de Tovaros. L’électrification des chemins de fer vicinaux de Budapest, p. 29.-
- Extraits des publications périodiques. — Méthodes et appareils de mesures. Eclateur électrométrique, A. Guillet et M. Auuert, p. 297. — Etude, construction et essais de machines. Considérations sur le réglage de la vitesse des moteurs à courant continu au moyen d’une résistance montée en parallèle avec l’induit, AV. Leiimakn, p. 298. — Arcs et lampes électriques et photomélrie. Influence de la hauteur de suspension des lampes sur la valeur de l’éclairement, E. Babhows, p. 3oi. — Variétés. Règlement de service annexé à la Convention radiotélégraphique internationale (suite et fin), p. 3o3. — L’électricité dans la marine de guerre, p. 313. —• Ecole Supérieure d’Electriciié, p. 3i5. — Bibliographie, p. 3i5. — Chronique industrielle et financière. Etudes économiques, p. 3i6. — Renseignements commerciaux, p. 317. —Adjudications, p. 3ao.
- EDITORIAL
- Rien que le caoutchouc soit une matière première qui intéresse principalement l’industrie automobile, laquelle absorbe, pour la fabrication des pneumatiques, les trois quarts environ de la .production, le problème de la synthèse du caoutchouc artificiel est bien loin de laisser indill’érents les industriels électriciens.
- Réunissant les éléments les plus certains qui résultent d’une abondante documentation, M. A. Troller a résumé pour nos lecteurs l’état actuel de cette question, et mis au point les chances de réalisation industrielle qu’on est en droit d’escompter.
- Il montre que le problème est double. Le
- caoutchouc se présentant comme un polymère de l’isoprène, il s’agit d’abord de transformer l’isoprènc en caoutchouc, puis de s’assurer des sources d’isoprène suffisantes, capables de fournir un débit industriel.
- La première partie du problème a été solutionnée, mais pour des quantités très modestes de matière, notamment grâce aux travaux de Marries. La seconde partie est également arrivée à maturité, grâce au concours du chimiste français Fernbach;
- Au total, on est actuellement en possession d’un procédé parfaitement constitué et étudié dans toutes ses parties pour la fabrication du caoutchouc artificiel. Mais il est impossible
- p.289 - vue 289/416
-
-
-
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — H» 36.
- 290
- de prévoir quand ce procédé sera parvenu au stade de réalisation qui en fera un danger pour l’industrie du caoutchouc naturel.
- M. J. Fischer de Tovaros a de bonnes raisons pour bien connaître les nouvelles lignes électriques qui desservent Budapest, dont la description est abordée dans notre numéro actuel.
- L’auteur expose comment se posait le problème et donne un aperçu d’ensemble du réseau électrifié.
- D’après M. W. Lehmann, le réglage des moteurs à courant continu au moyen de rhéostats montés en parallèle avec l’induit, est à recommander dans plusieurs cas, notamment pour la commande de certains ascenceurs.
- M. Barroxvs a développé d’intéressantes considérations, sur la hauteur cle suspension des lampes.
- 11 montre que lorsqu’il s’agit d’éclairer de grandes sui’faces, il n’y a pas intérêt à placer les foyers lumineux trop bas. Ce travail
- vient donc en confirmation d’une série d’autres, dus à divers auteurs et analysés ici-même et concluant tous à l’opportunité de placer les lampes assez haut.
- Nous terminons, avec le Règlement annexé a la Convention rcidiotélégraphique internationale, la reproduction in extenso d’une importante série de documents, dont la signa' ture par les principaux pays du monde marque une date importante dans le développement international des communications radiotélégraphiques.
- D’une fort intéressante conférence de M. G. Ferroux, professeur à l’Institut électrotechnique de Grenoble, sur la marine de guerre française, nous avons extrait des passages qui concernent plus spécialement le rôle de l'électricité à bord des navires de combat.
- Enfin, YEcole Supérieure d'Electricité nous communique la liste des élèves sortis cette année aArec le diplôme d’ingénieur électricien.
- p.290 - vue 290/416
-
-
-
- 1 Septembre 1912,
- LA LUMIÈRE t ÉLECTH1QÜ Ë
- LA SYNTHÈSE DU CAOUTCHOUC
- Le caoutchouc, ce précieux colloïde végétal dont l’industrie consomme annuellement plus, de ooo tonnes est, on le sait, un carburo d’hydrogène complexe l’épondant à la formule (C10 H10)". La synthèse industrielle d’une tMle substance a longtemps semblé au-dessus des forces de la chimie. Il n’en est plus de même aujourd’hui: non seulement l’on peut affirmer que scientifiquement le problème est complètement résolu, mais encore l’on doit constater que les solutions récentesautorisent les plus sérieux espoirs industriels.
- Gardons-nous d’aller plus loin : nul ne salirait actuellement prédire la dale où le caoutchouc synthétique apparaîtra sur le marché. Dans toute grande synthèse chimique, il convient en effet de distinguer deux stades : le stade de laboratoire, où l’on recherche et l’on étudie, sur de petites quantités de matières, les réactions qui conduiront au but ; le stade à proprement parler industriel où l’on met au point l'application en grand des résultats précédemment acquis. Le caoutchouc synthétique a franchi le premier de ces stades, mais non le second ; l’exemple de l’indigo synthétique, qui a demandé dix ans pour passer du laboratoire à l’usine, est là pour nous rappeler que l’intervalle peut être fort long.
- A deux reprises, dans ces douze derniers mois, des informations sensationnelles sur le caoutchouc de synthèse sont venues agiter les marchés financiers ; elles étaient, pour le moins, prématurées, simples coups de bourse fort probablement. Il esta peine utile d’ajouter que les savants dont les découvertes sont en cause, Harries, Uofmann et les chimistes de la puissante maison Bayer en Allemagne, llamsay, Perkin et Matthews en Angleterre, Fernbach en France, ont été totalement étrangers à ces'manœuvres et qu’ils se sont
- empressés, dans leurs communications, de remettre les choses au point.
- Ceci dit, il n’en reste pas moins vrai que, depuis 1910, le problème du caoutchouc synthétique a fait de remarquables progrès. Ils intéressent trop vivement l’industrie électrique pour que nous ue les exposions pas ici, quoique la question appartienne essentiellement au domaine de la chimie.
- LA COM POSITION CIIIMIOUIC IHî CAOUTCHOUC
- Elleaété établie de façon indiscutable parles magistrales études de llarries, professeur à l’Université de Kiel. Il a montré que le caoutchouc est un polymère de l’isoprène, carbure d’hydrogène dont la formule développée est :
- CHS=C—CH=CHa
- I
- GIF
- Par condensation en présence de divers réactifs, cet isoprène se polymérise et donne un produit semblable comme propriétés physiques etehimiques au caoutchouc naturel, et notamment capable de se vulcaniser. La condensation de l’isoprène semble s’opérer par soudure de deux molécules en un carbure cyclique, le diméthylcyclo-octadiène :
- Cil1
- I,
- 11C CM2
- I T-
- IP G CH4
- T' I
- IP G GH
- CH»
- Et le caoutchouc est un polymère, d’indice encore inconnu, de ce corps complexe.
- p.291 - vue 291/416
-
-
-
- 292
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. lïX. (2* Série). — N“ 36,
- Ceci établi, le problème de la synthèse du caoutchouc se pose tout naturellement comme suit :
- i° Réaliser d’une façon pratique la polymérisation de l’isoprène;
- a0 Trouver une source économique d’iso-prène.
- I. — Polymérisation ue l’isoprène.
- C’est un Français, Bouchardat, qui le premier en 1879 transforma l’isoprène en caoutchouc. Il constata que l’isoprène chauffé avec de l’acide chlorhydrique fournit, outre des composés chlorés, une substance de propriétés analogues à celles du caoutchouc.
- L’opération était des plus délicates puisque aucun chimiste n’a réussi, dans la suite, à la reproduire. Wallach, quelques années plus tard, réussit à son tour à polymériser l’iso-prène, sous l’action de la lumière solaire. Ici encore, la réaction, très lente, ne peut donner matière à aucune application industrielle.
- De 1879 à 1908 on n’entend plus guère parler de polymérisation de l’isoprène ni de synthèse du caoutchouc : les frais élevés, la longueur, la dillicullé des expériences rebutent les savants isolés et désintéressés. Mais l’intervention de puissants groupes industriels, munis de capitaux importants, et séduits par des perspectives d’autant plus alléchantes que le caoutchouc était alors en forte hausse, ramène vers 1908 la question au premier plan de l’actualité chimique.
- La Société Bayer d’Elberfeld, celle qui réalisa la synthèse de l’indigo, s’engage à fond dans cette voie : forte d’un état-major de 3oo chimistes, et de la collaboration de Marries, elle apparaît au début comme le «grand favori» dans la course à la synthèse. De fait, depuis 1909, elle prend brevets sur brevets. Ilofmann et Coulelle, en 1909, constatent, après des essais de tous genres, que l’isoprène, sous l’action de la chaleur, se polymérise de lui-même en un caoutchouc tellement semblable au caoutchouc naturel,
- qu’il trompe le Dr Gerlach, directeur de la Compagnie « Continental » de Hanovre. Et cette réaction fait l’objet de toute une série de brevets. Il est vrai que, dès 1908, un chimiste anglais, Heinemann, avait breveté un procédé analogue.
- De nouveaux compétiteurs entrent bientôL en lice : la Badische Anilin und Soda Fabrik, en Allemagne ; Perkin avec Davies et YVeizmann à Manchester, la maison Strange et Graham avec la collaboration de Matthews.
- Nous ne saurions examiner en détail toute la littérature des brevets qui résultent de cet effort. Il faut noter seulement le procédé de polymérisation découvert simultanément par Matthews et Harries; ces deux savants constatèrent que l’isoprène traité par le sodium à froid, ou à température peu élevée (6o°), se polymérise rapidement et intégralement. L’avantage de ce procédé, outre son bon rendement, est de ne pas imposer au caoutchouc obtenu dés températures qui le détérioreraient. Nous nous trouvons donc en présence d’un procédé réellement industriel et étudié à fond. La propriété industrielle, établie par les dates des brevets, en appartient à Matthews et Strange.
- Mais il est juste de dire que la seule étude scientifique complète publiée sur ce sujet est due à Marries ('). Elle établit que, conformément au brevet de Matthews, le sodium est un agent de polymérisation non seulement pour l’isoprène, mais pour les carbures homologues inférieurs ou supérieurs. C’est ainsi que le butadiène ou érythrène, le plus simple des carbures d’hydrogène du type de l’isoprène,c’est-à-dire à double liaison éthylé-nique : GIF = CH — Cil = GIF, se polymérise lui aussi par le sodium en donnant un produit fort semblable au caoutchouc par ses propriétés physiques, en particulier par la faculté de se vulcaniser, et supérieur à cet égard au caoutchouc d’isoprène.
- Nous verrons plus loin toute l’importance de cette remarque. En attendant constatons,
- (’) Annalen Liebigs, 1911, t. CCCLXXXIII,
- p.292 - vue 292/416
-
-
-
- 7 Septembre 1912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- s-iw
- avec Harries, que la polymérisation des homologues de l’isoprène ouvre un champ très vaste aux études chimiques; et qu’elle permet d’entrevoir le jour où la synthèse mettra à la disposition de l’industrie non pas un caoutchouc artificiel, mais toute une série de caoutchoucs aux propriétés diverses, chacun spécialement adapté à sa destination propre.
- II. — Sources économiques d’isoprène.
- Jusqu’en 1908, l’isoprène ne s’était préparé qu’en quantités infimes : Kondakow qui en avait obtenu 10 grammes détenait un record conquis de haute lutte sur IpatiefF qui avait pu en fabriquer 5 grammes.
- Les brevets pour la préparation économique de l’isoprène sont plus nombreux encore que ceux qui visent la polymérisation.
- On a cherché dans l’essence de térébenthine une source d’isoprène, mais outre que la térébenthine est un produit cher, les reactions qui donnent naissance à l’isoprène sont d’un faible rendement et ne peuvent conduire à un procédé industriel.
- C’est aux «avants anglais cités plus haut, et .fusiüimès' en un seul groupe auquel s’adjoignii?erit'Ra^[isay et, ultérieurement, le professeurV¥^fnBaeh, de l’Institut Pasteur de Paris* quM’ondoit, semble-t-il, l’ensemble le plus colpJjià<b,et le plus méthodique de rechercÊ'tesr' JmP)es,sources d’isoprène. Leur attentioni&fé^^i^rtée ufr* effet .sur le bois^ l'amidon et lé su^re^lé p&t*oié et le charbon; , qui ont fait l’objet d’investigations approfondies. L’on fo,lifte de grands espoirs sur le pétrole, et des résultatspratiques de premier ordre ont été obtenus avec l’amidon et le sucre qui en dérive : les recherches effectuées sur les alcools supérieurs d’huile de pommes de terre à 4, 61 etc. atomes de* carbone ont conduit à une méthode d’obtention de l’iso-prène à partir de l’alcool iso-amylique, méthode aisée et à rendements élevés. L'alcool est traité par du chlorure de zinc, puis dis^-tillé, et le produit envoyé dans un tube phauffé au rouge : on obtient l’isoprène,
- «
- Cette méthode se heurte à un grave inconvénient : la rareté de l’alcool iso amylique dont le prix s’élève à 3 5oo francs la tonne.
- C’est alors qu’on s’adressa au professeur Fernbach pour obtenir, par fermentation, à partir de l’amidon de pommes de terre, cet alcool amylique.
- M. Fernbach ne réussit pas à obtenir ce résultat, mais put isoler une bactérie spéciale et nouvelle qui transforme l’amidon en acétone et huiles de fusel, mélange d’alcool où domine l’alcool butylique :
- CH3 — CH2 = CH2 — CH* — OH,
- que l’on sépare par distillation fractionnée. Celui-ci, pratiquement inconnu jusque maintenant, peut désormais être obtenu en grand à des prix très bas. L’alcool butylique, traité par la méthode précédemment indiquée pour l’alcool iso-amylique, conduit de façon analogue au butadiène, homologue de l’iso-prène, et qui, selon la remarque môme d’Har-ries, fournit un caoutchouc pratiquement supérieur à celui d’isoprène. Il reste, comme sous-produit, l’acétone, produit actuellement de grande valeur, très employé comme dissolvant (explosifs, fibres artificielles, acétylène, etc.).
- La décadence de la distillation du bois a provoqué un renchérissement de l’acétone et l’on estime que, même abstraction faite du caoutchouc, le procédé Fernbach fournirait l’acétone à moitié prix du cours actuel.
- , Nous nous trouvons'donc en présence d’un système complet de préparation du caoutchouc qui semble se présenter avec les plus séduisantes promesses de succès industriel.
- Il nous faut constater cependant que l’on n’a obtenu que le caoutchouc de butadiène, qui, atout prendre, n’est pas chimiquement identique au caoutchouc, naturel, et que les quantités préparées jusqu’ici sont trop faibles pour conclure au succès d’une fabrication éventuelle en grand.
- Le groupe anglais a parfaitement compris cju’il ne pouvait être encore question d’exploi7
- p.293 - vue 293/416
-
-
-
- 294
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N" 36.
- tation industrielle, puisque la société constituée én juin dernier sous le patronage de Ramsaÿ, et dont l’apparition fit tant de bruit, n’a pas pour objet, comme on l’à dit à tort, la fabrication du caoutchouc de synthèse, mais seulement l’exploitation des procédés Fern-bacli pour la préparation des huiles de fusel et l’acétone, et accessoirement la continuation des études sur la synthèse du caoutchouc.
- IL est vrai, d’autre part, que le capital demandé au public pour une affaire encore bien jeune a été singulièrement élevé : 4oo ooo livres, soit io millions de francs. Ce chiffre a suscité des étonnements légitimes et des commentaires malveillants. Il constitue, pour le moins, une maladresse de la part des conseillers financiers du groupe.
- En résumé, il est indéniable que le caout-
- chouc de synthèse a franchi une nouvelle et importante étape; c’est là un fait qui mérite de fixer l’attention de tous les milieux industriels.
- Ajoutons, pour les électriciens, que la synthèse du caoutchouc amènera vraisemblablement la synthèse d’une autre substance qui leur rend les plus grands services et dont la rareté grève lourdement leur industrie, nous voulons dire la gulta-percha. En effet Harries et son élève Uagedorn ont démontré ''récemment que la gutta-percha, comme le caoutchouc, est un polymère du diméthylcyclo-octadiène. On peut donc espérer que des méthodes semblables fourniront aux chimistes la synthèse de l’un et l’autre de ces deux corps.
- A. Troixeh.
- L’ÉLECTRIFICATION DES CHEMINS DE FER VICINAUX DE RUDAPEST
- Les <i Chemins de fer vicinaux de Budapest » ont en exploitation trois lignes, lesquelles, partant de la ville de Budapest, capitale et résidence royale, rayonnent dans trois directions, à savoir vers le Nord, le Sud et l’Est, à partir de trois centres de circulation et constituent une continuation naturelle du réseau de la Société dés Tramways de Budapest ; c’est ainsi que, d’une part, ils per-mettent une excellente communication entre la capitale et des environs très riches en beautés naturelles, et, d’autre part, ils offrent à une grande partie de la population, occupée à l’intérieur de la ville, la possibilité de rechercher dans la banlieue des habitations salubres et à bon marché.
- Les débuts de ce réseau, aujourd’hui déjà très développé, nous reportent à l’année 1886, époque à laquelle la « Société des Tramways de Budapest », dont les « Chemins de fer vicinaux de Budapest » sont une filiale, mit en exploitation les premiers tronçons du réseau à l’aide de locomotives à vapeur,
- mode d’exploitation qui a été conservé jusqu’à l’achèvement de l’électrification.
- L’électrification des tronçons en question a été commencée en 1909, et elle doit être complètement terminée dans le courant de cette année. Les chiffres suivants résument les conditions d’exploitation au moment où les travaux d’électrification ont été commencés :
- >9°î> I f) 1 U
- km. km.
- Longueur en exploitation. . . '"•y" 89
- Longueur des voies 8 J 198
- Voies en station 8 28
- Voies industrielles I I
- Comme il ressort de ces données, il ne s’est pas agi d’un simple passage de l’exploitation à vapeur à la traction électrique, mais celte transformatipn coïncide, en outre, avec un puissant développement du réseau des chemins de fer lui-même, si bien que l’on dut
- p.294 - vue 294/416
-
-
-
- 7 Septembre 1912.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 295
- renforcer la capacité de nombreux tronçons par la pose d’une seconde voie.
- La nécessité de l’électrification se fit ressentir, d’une part, par le fait qu’un trafic de cette intensité, ne. pouvait plus être assuré d’une manière économique par l’exploitation à vapeur, et, d’autre part, parce que celle-ci n’est pas apte à satisfaire aux exigences justifiées des voyageurs, en ce qui concerne la propreté, la rapidité, la commodité et l’exactitude du trafic ; or un développement ultérieur de la circulation et des lignes elles-mêmes n’est possible que si les conditions du trafic et le mode d’exploitation satisfont d’une manière parfaite à ces exigences.
- Gomme il s’agit sur ces lignes, ainsi que le montre le plan général (fig. i), de grandes
- Rakas -Pâlotâ
- O-Buda
- Czjnkotâ
- — Plan gênerai (le la ligne.
- distances que doivent parcourir à de grandes vitesses des trains relativement lourds, la Direction se décida, sur la proposition de l’auteur de ce mémoire, à employer comme courant de travail du continu à haute ten-
- sion, au lieu de la tension de ligne de 65o volts qui avait été primitivement envisagée et que les autorités avaient déjà approuvée.
- Cette nouvelle solution qui, au point de vue du développement ultérieur des lignes des chemins de fer vicinaux, ainsi que des frais d’établissement de la ligne d’alimentation, offrait de sérieux avantages, reçut, outre l’agrément de la Direction, l’approbation complète des autorités compétentes.
- Il fut stipulé que la tension moyenne d’exploitation ne dépasserait pas 960 volts et en outre, comme les lignes traversaient non seulement des rues fréquentées de la capitale, mais encore des régions couvertes de villes et de villages, il fut prescrit qu’on aurait recours à la suspension caténaire poulie fil de contact, cette, suspension répondant parfaitement aux conditions les plus rigoureuses de sécurité. — En même temps et jusqu’à nouvel ordre, on fixa une vitesse maximum de 5o kilomètres à l’heure, à l’accroissement de laquelle rien ne s’oppose, vu les excellents résultats moyens obtenus.
- Par suite de la situation relative des lignes, l’emploi d’une station génératrice commune occupant une position centrale n’eût été possible qu’à la condition de prévoir des câbles à haute tension très longs et traversant la ville en souterrain ; aussi la Direction des chemins de fer a-t-elle préféré, toujours en vue de réaliser la sécurité absolue de l’exploitation, passer outre aux considérations économiques et construire pour chaque ligne une centrale particulière.
- Pour répondre aux conditions du trafic on décida pour la ligne la plus longue, qui va de Uudapest à Godollo par Cinkota, la construction d’une usine fournissant provisoirement du courant polyphasé à haute tension avec deux stations de transformation, tandis que, sur les deux autres lignes, le courant continu à la tension élevée de 1 100 volts est engendré et distribué directement.
- Eh considération des conditions rigoureuses que le Gouvernement imposa au système de ligne aérienne à employer, la Direc-
- p.295 - vue 295/416
-
-
-
- 290
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2e Série). — H* 36.
- tion des chemins de fer, après une étude approfondie, se décida pour la suspension caténaire compensée du système breveté de Fischer-Jellinek, qui a été appliquée sur l’ensemble des lignes.
- Un facteur important du trafic total des lignes des chemins de fer vicinaux consiste dans le transport des marchandises, qui s’elfeclue au moyen de locomotives électriques. Il est encore à remarquer que tous les véhicules employés pour le transport des voyageurs sont munis d’essieux convergents. — La régulation de la vitesse des voitures motrices se fait, en partie par des controllers ordinaires manœuvres à la main, en partie par le système de commande à unités multiples.
- Remarquons ici que les deux tiers de l’ensemble des lignes, soit une longueur totale de iao kilomètres, sont, déjà depuis une année et demie, en pleine exploitation et que, pendant cette période, non seulement il ne s’est pas produit de perturbations dans l’exploitation, mais le système s’est comporté pour le mieux dans son ensemble et dans tous ses plus petits détails, aussi bien en ce qui concerne la sécurité d’exploitation qu’au point de vue économique ; tous les espoirs fondés sur ce système ont ainsi été non seulement pleinement réalisés., mais encore de beaucoup dépassés.
- Description des lignes.
- Le réseau des chemins de fei* vicinaux se compose, ainsi que nous l’avons dit, de trois secteurs principaux. La ligne la plus longue prend son point de départ auprès de la gare de l’Est, du côté de l’arrivée, puis, traversant à partir de là un grand nombre de localités de population dense, elle atteint à Mo-gyorod la ligne de séparation des eaux à une hauteur de a()4 mètres au-dessus du niveau de la mer, pour se terminer provisoirement à Gcidtillo, but d’excursion très recherché et 'qui, domaine de la Couronne, est un séjour d’été très fréquenté par les membres de la famille royale. Un prolongement de cette ligne est déjà projeté vers le lieu de pèleri-
- nage de Mârià-Bessnyô, et de là vers Aszod sur une longueur de 16 kilomètres.
- A cette ligne principale se rattachent : l’embranchement qui traverse la localité de Râkosszentmihdly, la ligne à voie double vers Ràlcospalota, l’embranchement vers Csômor, ainsi qu’une grande gare de marchandises.
- La longueur de celte ligne en exploitation est d’environ 4^ kilomètres, dont io,:"» kilomètres de voies en station et 3,a kilomètres de voies industrielles; sa rampe maximum est de 3f> sur une longueur de 2 kilomètres, une autre rampe moyenne de 16 °/0„ se poursuivant sur une longueur de 8 kilomètres. Toutes les lignes principales, à double voie, sont pourvues de rails du type Vignolle, d’un poids de 3o kilogs par mètre courant et munis pour la plupart d’éclissages du type Melaun.
- Ligne do Budapest à Godiillo.
- • l'ig. ta
- D Centrale à ni ooo volts.
- 0 Centrale a i ooo volts
- ----- et stations de transformation.
- ------Sections à deux voies.
- _____ Sections à voie unique.
- _____ Câbles d’alimentation.
- _____ Câbles souterrains liante lension.
- Four répondre aux conditions du tralic, comme il a déjà été mentionné, on a construit pour cette ligne, à Cinkota, une usine fournissant du courant alternatif à haute tension, qui alimente deux sous-stations, situées l’une à Rdkosszenlt)}ihdly, l’autre à Gôdôllü.
- p.296 - vue 296/416
-
-
-
- 7' Septembre 1912.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 297
- A Cinkota se trouvent aussi la grande remise pour les voitures et l’atelier de réparation.
- La deuxième ligne, par ordre d’importance, commence à la station « Abattoirs centraux », qui communiquent avec la grande gare de marchandises des chemins de fer de l’Etat hongrois « Bord du Danube », puis traversant un grand céntre industriel, se poursuit par Erzsébetfalva vers Dunaha-raszti, séjour d’été très fréquenté et station balnéaire. Cette ligne se continue, d’ailleurs, jusqu’à Rackeve, mais sur ce dernier tronçon, dont les Chemins de fer vicinaux de Budapest ne dirigent que l’exploitation, le trafic est encore développé au moyen de locomotives à vapeur. Un embranchement principal part de la station Erzsébetfalva, pour aller vers la localité de Csepel, située dans l’ile du même nom, formée par le Danube, et qui présente déjà un mouvement important de voyageurs et de marchandises. Cette partie de l’île de Csepel a déjà été désignée pour l’établissement d’un grand port commercial et industriel de la capitale. Trois autres embranchements conduisent l’un à l’abattoir aux porcs, les deux autres dans les localités d’Erzébetfalva et de Soroksàr. La longueur d’exploitation de cette ligne comporte aà kilomètres, dont 8,5 kilomètres de voies en stations et 3 kilomètres de voies industrielles en exploitation privée ; sa rampe maximum
- est de 3o °/00 sur une longueur de 5oo mètres. Comme il a déjà été mentionné, cette ligne est réunie à la grande gare « Bord du Danube » et elle assure un transport de marchandises important.
- La troisième ligne, qui prend son point de départ à la station « Digue Filatori » sur la rive droite du Danube, conduit, en suivant le rivage sur la plus grande partie de son parcours, jusqu’à la station terminus de Szen-tendre, à travers un grand nombre de localités situées dans les régions boisées des montagnes de Bude. La longueur d’exploitation de la ligne est actuellement de 16 kilomètres, avec une rampe maximum de i30/00 avec 9,2 kilomètres de voies en stations et 4,5 kilomètres de voies industrielles. La ligne a une jonction directe avec les chemins de fer de l’Etat hongrois et elle assure un important transport de marchandises, alimenté par les briqueteries et autres établissements industriels. En vue d’un prolongement éventuel de la ligne dans la direction de. Visegrad, on a prévu pour la station centrale de cette ligne des turbo-génératrices fournissant du courant continu à la tension élevée de i ioo volts; cette centrale sera située à Szenlendre où une grande remise de voitures avec atelier de réparations est en construction.
- (A suivre.)
- J. Fiscuiiii dk Toyaiios.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- Eclateur êlectromètrique. — A. Guillet et M. Aubert. — Comptes Rendus de VAcadémie des Sciences, 16 juillet 1912.
- On obtient simplement un élcclromètre absolu commode de la manière suivante : une sphère conductrice creuse, très légère, est suspendue par un lil
- long et lin à un dynamomètre sensible, de forme quelconque, en regard d’un conducteur plan horizontal.
- La sphère étant au sol, si le plan est porté au potentiel V, la sphère descend d’une longueur qu’on relève sur un index solidaire du fil et qui fait connaître la force F exercée entre les deux conducteurs. De la mesure préalable de la distance de. l’index au plan et au bas de la boule, et du rayon a de la boule, on déduit u.
- p.297 - vue 297/416
-
-
-
- 298
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N« 36.
- Par un choix convenable de a, on peut toujours placer la sphère à une distance
- S = a (m — i)
- du plan plus grande que la distance explosive correspondante A, la force F restant constante. Pour substituer aisément une boule à une autre, il est bon de terminer le fil de suspension par une petite goupille conique qu’on introduit par pression dans le trou dont la boule est munie.
- Ce dispositif, auquel on peut substituer deux sphères, constitue un excellent éclateur électrométrique. En élevant progressivement le potentiel V, la sphère descend progressivement, et l’étincelle éclate à l’instant où 8 prend la valeur A.
- ETUDES, CONSTRUCTION ET ESSAIS Dfc MACHINES
- Considérations sur le réglage de la vitesse des moteurs à courant continu au moyen d’une résistance montée en parallèle avec Vinduit. — "W. Lehmann. — Elektrotechnische Zeitschrift, 4 juillet 1912.
- On sait que la force contre-électromotrice d’un moteur à courant continu est do'nnée par la relation
- E = c.n.N,
- n étant une constante dépendant des données de construction du moteur, n le nombre de tours par seconde de celui-ci et N le flux magnétique.
- Si l’on néglige, d’autre part, la chute ohmique, laquelle ne représente que quelques % de la tension aux bornes de l’induit, ea, on peut écrire approximativement que celte dernière est égale à la force contre-électromotrice E, ce qui donne :
- ea >= e./î.N.
- D’où:
- On dispose donc de deux procédés pour le réglage de la vitesse du moteur, soit par modification de la tension aux bornes de l’induit au moyen de résistances vinsérées dans le circuit de celui-ci, soit par action sur le champ inducteur.
- Lorsque l’on veut obtenir une forte réduction de vitesse, la première méthode est seule applicable ; en
- effet, par suite de la saturation du circuit magnétique, le flux ne peut être augmenté pratiquement au delà d’une certaine valeur, ce qui limite la réduction de vitesse que ce dernier procédé permet d’atteindre.
- Mais, d’autre part, la chute de tension du rhéostat inséré dans le circuit principal dépend de la valeur du courant induit, c’est-à-dire de la charge du moteur. Il s’ensuit que, pour une même valeur de cette résistance, la réduction de vitesse obtenue est d’autant moindre que la charge est plus faible. Ainsi, par exemple, dans le cas d’un ascenseur que l’on désire ralentir avant l’arrêt, la réduction de vitesse obtenue 11’esl pas la même à demi-charge qu’à pleine charge. Ceci est déjà très sensible avec les moteurs shunt ; avec les moteurs série, il est même à craindre que le moteur ne s’emballe à vide, malgré le rhéostat.
- Or, une méthode, avec laquelle cet inconvénient est sensiblement moins grand, est la méthode qui consiste à monter simultanément un premier rhéostat en parallèle avec l’induit et un second rhéostat en série avec l’ensemble.
- Fig. 1.
- C’est au sujet de cette méthode que l’auteur se propose d’apporter quelques précisions.
- La figure 1 représente le schéma de montage d’un moteur shunt avec un rhéostat r, en série avec l’induit et un autre rhéostat vpt en parallèle avec celui-ci. On sait que le couple D, développé par un moteur à courant continu, est de la forme :
- D^c./j.N, (2)
- i\ étant le courant dans l’induit du moteur.
- Or, dans un moteur shunt, le flux N est constant et le couple D est, par suite, directement proportionnel au courant i\. Quant au courant passant dans la résistance en dérivation, sa valeur est, d’après la loi d’Ohm :
- H — —.
- vP
- On peut donc représenter ce courant i2 en fonction de ea par la droite AC de la figure 2.
- p.298 - vue 298/416
-
-
-
- 7 Septembre 1912.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 299
- Le courant total emprunté au réseau, ,1 — -{- /2,
- est représenté sur la ligure 2 par l'ordonncc DE. La tension aux bornes de la résistance est e— ea\ elle doit, d’après la loi d'Ohm également, être proportionnelle au courant,!. Etant donné, par suite, que la tension e — ea est représentée par FB (ou DG), la droite KG représente la dépendance de J et de e — ea.
- l-s---------------------e---------------------=H
- Fig. 2.
- L’état d’équilibre, correspondant aux deux résistances 9 et Çjj et au couple déterminé par le courant iu est donc représenté par le point d’intersection E des droites AG et KG. Pour d’autres valeurs de ces résistances les positions respectives de ces deux droites sont naturellement modifiées ; mais on a G G
- toujours 13G — — et I I K —
- 9 p 9
- Si l'on s’en tient à l’approximation de la relation (1), ea^=. E, on voit que, le flux N étant constant, la longueur AE est proportionnelle à la vitesse angulaire du moteur.
- On peut donc, en se basant sur les valeurs des abscisses et dps ordonnées de la figure 2, pour des va-
- Fig. 3.
- leurs déterminées de il9 de 9 et de 9t, < représenter les variations de la vitesse angulaire n du moteur en fonction du couple D. La ligure 3 montre cette dernière représentation, dans le cas où la tension du
- réseau g est de 200 volts et le courant normal du moteur de 20 ampères. Le couple et la vitesse sont représentés en % de leurs valeurs normales respectives.
- Si l’on considère les droites relatives aux diverses valeurs des résistances 9p en parallèle, 011 voit que la vitesse angulaire est d'autant plus indépendante du couple que la valeur de la résistance 9P est plus faible.
- lia droite, située à la partie.supérieure de la figure, correspond à 9P = D, c’est-à-dire à l'absence de rhéostat en parallèle. Malgré la présence d’une résistance de 5 ohms en série, le moteur tourne à vide à sa vitesse normale et dépasse meme celte dernière vitesse lorsque le couple devient négatif, c’est-à-dire lorsque le moteur entraîné par un couple extérieur est utilisé comme frein.
- Par contre, avec une résistance de 1 ohm en parallèle, la vitesse n’est plus que de 17 % environ de la pleine vitesse à vide et de 25 % de cette même vitesse pour un freinage correspondant à un couple extérieur de 100 %.
- t, ' w
- Fig. 4.
- Ce montage est loin d’être aussi avantageux, lorsqu'on considère la consommation de courant. La figure 4 représente les variatiqns du courant total absorbé .1 pour un couple égal au couple normal et pour différentes valeurs de la résistance 9pt On voit que, pour 9 = 2,5 ohm et 9P — H ohm, J ~ 34 ampères. Il est évident, d’ailleurs, que le réglage le plus économique est celui qui correspond à 9P = , c’est-
- à-dire à l’absence de résistance en parallèle avec l’induit.
- Si l’on considère d’autre part la figure 5, relative à un freinage correspondant à un couple de 5o % , on trouve que le freinage le plus économique est obtenu pour r = a© , c’est-à-dire lorsque le moteur shunt fonctionne en génératrice, le circuit induit étant simplement fermé sur la résistance en parallèle. ’
- p.299 - vue 299/416
-
-
-
- 300
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N» 36.
- ' Donc, si les périodes de travail moteur et de frei- j nage sont longues et si le moteur est commandé par des appareils à main, remploi d'un rhéostat en série pour les couples positifs cl d'un rhéostat en parallèle pour les couples négatifs (freinage) est le seul qui convienne. Mais si, par contre, le couple est très variable et si le moteur est commandé automatiquement, Temploi simultané d’un rhéostat en série et
- d'un rhéostat en parallèle est préférable. Il y a lieu de compter alors sur une consommation de courant plus élevée, mais l’on obtient une grande indépendance de la vitesse angulaire du moteur par rapport au couple. Dans le cas particulier, cité plus haut, d’un ascenseur, le parcours de freinage sera toujours sensiblement le même, quelle que soit la charge. Le choix des résistances dépend des conditions auxquelles doit satisfaire le réglage du moteur. L'emploi d’une grande résistance en série a pour conséquence une faible consommation de courant, mais la vitesse n’est pas aussi indépendante du couple qu’avec une faible résistance en série, laquelle entraîne, par contre, une plus forte consommation de courant.
- . 1 1
- 1
- •J 1
- h -e-H
- '[ y
- —WÏ1—---------------------1
- " MWW-I <’/*
- Kig. 0.
- Dans un moteur série Tig. fi) le ilux N n’est plus constant, puisqu’il est produit par le courant variable .1. Après avoir déterminé les valeurs de .1, pour diverses résistances, à l’aide du tracé graphique de la ligure 2, on peut déduire de la caractéristique
- à vide du moteur les valeurs correspondantes du flux N. La vitesse angulaire n est alors donnée par la relation (1). D’autre part, le couple D dépend également de N, comme l’indique la relation (2). Si, après avoir calculédes valeurs respectives de n et de 1) pour diverses valeurs de J, c’est-à-dire de c et de on reporte graphiquement ces valeurs en fonction les unes des autres, on obtient, pour un moteur-série, les courbes de la figure 7.
- Fig. 7.
- On voit qu’une résistance assez faible en parallèle empêche le moteur de s’emballer à vide. D’autre part, lorsque le couple négatif augmente, le courant J et, par suite, le flux N, diminuent de plus en plus, de sorte que le moteur s’emballe au delà d’une certaine limite, laquelle est d’autant plus éloignée que la valeur de la résistance en parallèle est plus faible. Quant à l’indépendance de la vitesse par rapport au couple, elle estaussi d’autant plus grande
- que cette dernière résistance est plus faible, mais il en est de même de la consommation de courant, ainsi que le montre la figure 8, relative à un couple positif de 100 % .
- Ainsi qu’il y avait lieu de s’y attendre, le réglage
- p.300 - vue 300/416
-
-
-
- 7 Septembre 1912 LA LUMIÈRE
- le plus économique correspond à vit =. oo, e’cst-à-jdire à l'égalité de J et du courant normal absorbé par le moteur.
- En ce qui concerne le freinage, la figure 9, relative à un couple négatif de 5o % , on voit qu’un freinage économique correspond à Une valeur relativement grande de la résistance en série. Toutefois, il n’est pas possible, comme avec le moteur shunt, d’augmenter arbitrairement la valeur de celte résistance; sinon, un affaiblissement du champ el, par suite, un accroissement de la vitesse et une marche instable seraient à craindre.
- Quant au moteur compound, selon le rapport des ampères-tours de l'enroulement série à ceux de l'enroulement shunt, ses propriétés se rapprochent, soit de celles du moteur série, soit de celles du moteur shunt.
- En résumé, il n’est pas douteux que, si le réglage des moteurs à courant continu, au moyen de rhéostats montés en parallèle avec l’induit, entraîne une consommation assez élevée, il ne possède les avantages suivants : forte diminution de la vitesse pour un couple donné, positif ou négatif, indépendance de la vitesse par rapport à la charge plus grande qu’avec tout autre mode de réglage, d'où simplification de montage des appareils de commande, controleurs ou autres. Il y a donc avantage à recourir à ce mode de réglage dans les cas de couples très variables., surtout lorsque l’insertion du rhéostat eu parallèle dans le circuit doit être de courte durée et lorsque la consommation de courant ne joue pas un rôle prépondérant. En particulier, ce montage est intéressant pour la diminution de vitesse avant l’arrêt, nécessaire avec certains types d’ascenseurs.
- ÉLECTRIQUE 301
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES ET PH0T0MÉTRIE
- Influence de la hauteur de suspension des lampes sur la valeur de Véclairement. — B. Barrows. — Eleclricnl World, -èï mars 191 a et Electricien, a4 mai icjia.
- On peut démontrer rigoureusement et vérifier par l’expérience que l'éclairement produit par une source lumineuse tubulaire, de longueur infinie, varie en raison inverse de la distance du point considéré à cette source et non pas en raison inverse du carré de cette distance, comme lorsqu'il s’agit d’une source ponctuelle. De même si la surface de la source lumineuse est infinie, l'éclairement produit en un point est tout à fait indépendant de la distance qui le sépare de la source considérée.
- Les sources de dimensions infinies sont évidemment purement idéales, mais il peut être intéressant de rechercher comment, avec les sources lumineuses dont on dispose dans la pratique, on peut sc rapprocher de ces cas théoriques.
- L'auteur s’est servi de lampes au tungstène de 100 watts, munies de réflecteurs intensifs dé grand rendement lumineux qui, lorsque leur forme est convenablement appropriée à celle de la lampe, produisent un éclairement sensiblement uniforme du plan horizontal (’). La figure 1 indique la répartition de l’inlcnsité lumineuse d’une telie lampe dans un plan vertical passant par son axe.
- Si la hauteur de suspension d'une telle lampe est de ü,/| mètres au-dessus du plan horizontal, auquel se rapportent les mesures, la courbe a de la ligure 3 indique l'éclairement produit sur ce plan en fonction
- (*) Il s’agit sans doute de réflecteurs du genre liolo-phane. ÏL D. 1*
- J.-L. M.
- p.301 - vue 301/416
-
-
-
- 302
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2% Série). — K* 36,
- de la distance comptée à partir de la verticale de l'axe de la lampe ; la courbe b est relative aux mêmes mesures effectuées suivant l'intersection du plan de référence avec celui qui contient deux sources identiques, espacées de 3 mètres et suspendues à la même hauteur. Avec l'écartement de 3 mètres, il faut au moins une hauteur de suspension de 2,4 mètres pour obtenir l’éclairement à peu près uniforme que représente la courbe b et c'est pourquoi, dans ce qui suit, cette hauteur a été adoptée comme hauteur de suspension minima.
- Pour rechercher l’influence de la hauteur de suspension des lampes sur l’éclairement qu’elles produisent dans le plan de référence, l'auteur a supposé qu’on éclaire une salle de i5 mètres de coté par les lampes dont nous avons parlé ci-dessus. Ces lampes, au nombre de 25, seraient disposées en 5 rangées et espacées de 3 mètres. En négligeant les réflexions provenant des murs et du plafond, il a calculé l’éclai-
- Fig. 3. —Les ordonnées x 10,7 donnent des bougies-mètre.
- rement obtenu au centre de la salle, au moyen de la courbe de la figure 1, c’est-à-dire en ajoutant les éplairements produits par chacune des lampes au point considéré.
- Ce calcul a été fait dans trois cas où l’on suppo-
- sait seulement allumées: 1") la lampe centrale; a0) une rangée centrale de 5 lampes, parallèle à l'un des côtés de la salle; 3°) les 25 lampes. Les mêmes calculs ont été répétés pour différentes hauteurs de suspension, entre 2,4 et G mètres et les résultats en sont traduits (fig. 2) sous forme de courbes; les éclairements sont exprimés en pour cent de l'éclairement obtenu à la hauteur minima de suspension.
- La courbe a9 relative au premier cas, exprime simplement la loi de l’inverse du carré de la distance. La courbe b, qui se rapporte à la rangée de cinq lampes, s'écarte beaucoup de la première et se rapproche au contraire de la courbe c relative au cas théorique d'une source tubulaire de longueur infinie pour laquelle l'éclairement varierait en raison inverse de la hauteur de suspension. On voit également que la courbe cl, concernant le troisième cas (les 25 lampes allumées), se rapproche du cas théorique c d’une source de surface infinie.
- 11 y a lieu d'ailleurs de remarquer que le fait de n'avoir apporté aucune correction aux calculs pour tenir compLe des réflexions sur les murs ou le plafond revient à considérer la salle en question comme une chambre noire. En réalité, lorsqu'on augmente la hauteur de suspension des lampes, les rayons lumineux qui viennent frapper les murs sont de mieux en mieux réfléchis vers le bas-; c’est ce qui se passei’ait dans le cas de murs blancs. Les courbes de la figure 2 expriment donc les plus grandes différences d'éclairement qu’011 puisse constater dans chaque cas, lorsqu'on fait, varier la hauteur de suspension. En particulier, en tenant compte des réflexions, la courbe d se rapprocherait beaucoup de e.
- En résumé, lorsqu’il s’agit d’éclairer de grandes salles, il n’y a pas intérêt à placer les foyers lumineux trop bas; il est inexact de penser que, quelles que soient les dimensions des surfaces à éclairer, la hauteur du plafond, la couleur des murs, etc., la hauteur de suspension la plus favorable aune bonne répartition de l’éclairement est comprise entre 3 et 3,5 mètres; les courbes ci-dessus en témoignent.
- D'ailleurs, à un autre point de vue, plus grandes sont les dimensions d'une salle, plus on a d’intérêt à placer les sources lumineuses à une grande hauteur, afin d’éviter que les rayons ne viennent frapper directement l’œil en produisant une contraction de la pupille. On sait, en effet, qu’un éclairement donné est beaucoup plus satisfaisant qu’un autre plus intense, si dans le premier cas les sources lumineuses sont situées en dehors du champ de la vision.
- L. B.
- p.302 - vue 302/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 303
- 7 Septembre 1912.
- VARIÉTÉS
- Règlement de service annexé à la Convention radiotêlêgraphique internationale (Suite) (*).
- 6. — Transmission des radiotélégrammes.
- a) Signaux de transmission.
- AllTICLK 20.
- Les signaux employés sont ceux du Code Morse international.
- Article ai.
- Les navires en détresse font usage du signal suivant :
- répété à de courts intervalles, suivi des indications nécessaires.
- Dès qu’une station perçoit le signal de détresse, elle doit suspendre toute correspondance et ne la reprendre qu’après avoir acquis la certitude que la communication motivée par l’appel de secours est terminée.
- Les stations qui perçoivent un appel de détresse doivent se conformer aux indications données par le navire qui fait l’appel, en ce qui concerne l’ordre des communications ou leur cessation.
- Dans le cas où à la lin de la série des appels de secours est ajouté l’indicatif d’appel d’une station déterminée, la réponse à l'appel''n’appartient qu’à cette dernière station, à moins que celle-ci ne réponde pas. A défaut de l’indication d'une station déterminée dans l’appel de secours, chaque station qui perçoit cet appel est tenue d’y répondre.
- Article 22.
- Pourdonnerou demander des renseignements concernant le service radiotêlêgraphique, les stations doivent faire usage des signaux contenus dans la liste annexée au présent Règlement.
- b) Ordre de transmission*
- Article 23.
- Entre deux stations, les radiotélégrammes de
- meme rang sont transmis isolément dans l’ordre alternatif ou par séries de plusieurs radiotélégrammes suivant l’indication de la station côtière à la condition que la durée de la transmission de chaque série ne dépasse pas quinze minutes.
- c) Appel des stations et transmission des ra dio télé grain m es,
- Article 24.
- 1. En règle générale, c’est la station de bord qui appelle la station côtière, qu’elle ait ou non à transmettre des radiotélégrammes.
- 2. Dans les eaux où le trafic radiotélégra-phique est intense (la Manche, etc.), l’appel d’un navire à une station côtière ne peut, en règle générale, s'effectuer que si cette dernière se trouve dans la portée normale de la station de bord et lorsque celle-ci arrive à une distance inférieure à 7r> % de la portée normale de la station côtière.
- 3. Avant de procéder à un appel, la station côtière ou la station de bord doit régler le plus sensiblement possible son système récepteur et s’assurer qu’aucune autre communication ne s’effectue dans son rayon d’action; s'il en est autrement, elle attend la première suspension, à moins qu’elle ne reconnaisse que son appel n’est pas susceptible de troubler les communications en cours. 11 en est de même dans le cas où elle veut répondre à un appel.
- 4. Pour l’appel, toute station fait emploi de l’onde normale de la station à appeler.
- 5. Si, malgré ces précautions, une transmission radiotêlêgraphique est entravée, l’appel doit cesser à la première demande d’une station côtière ouverte à la correspondance publique. Cette station doit alors indiquer la durée approximative de l’attente.
- 6. La station de bord doit faire connaître à chaque station côtière à laquelle elle a signalé sa présence le moment où elle se propose de cesser ses opérations, ainsi que la durée probable de l’interruption.
- Article 25.
- 1. L’appel comporte le signal — . — . —, l’in-
- (!) Voir Lumière Electrique, 3i août 1912.
- p.303 - vue 303/416
-
-
-
- LA.LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série).' H® 36.
- 304
- dicatif de la station «appelée émis trois fois, et le mot « de » suivi de l’indicatif de la station expéditrice, émis trois fois.
- 2. La station appelée répond eu donnant le signal — . — . —, suivi de l’indicatif, émis trois fois, de la station correspondante, du mot « dé », de son propre indicatif et du signal — . —.
- 3. Les stations qui désirent entrer en commu-
- nication «avec des navires, sans cependant conr naître les noms de ceux qui se trouvent dans leur rayon d’action, peuvent employer le signal — . — .------. — (signal de recherche). Les
- dispositions des paragraphes i et a sont également applicables à la transmission du signal de recherche et à la réponse à ce signal.
- Article 26.
- Si une station appelée ne répond pas à la suite de l’appel (article a5) émis trois fois à des intervalles de deux minutes, l’appel ne peut être repris qu’après un intervalle de quinze minutes, la station faisant l’appel s’étant d’abord assurée du fait qu’aucune communication radiotélégra-pliique n’est en cours.
- Article 27.
- Toute station qui doit effectuer une transmission nécessitant l’emploi d’une grande puissance émet d’abord trois fois le signal cl’avertisse-
- inent-----. .-----avec la puissance minimum
- nécessaire pour atteindre les stations voisines. Elle ne commence ensuite à transmettre la grande puissance que 3o secondes après l’envoi du signal d’avertissement.
- Article 28.
- 1. Aussitôt cpie la station côtière a répondu, la station de bord lui fournit les renseignements qui suivent si elle a des messages à lui transmettre; ces renseignements sont également donnés lorsque la station côtière en fait la demande :
- a) La distance approximative, en milles nautiques, du navire à la station côtière ;
- b) La position du navire indiquée sous une forme concise et adaptée aux circonstances respectives;
- 6‘) Le prochain port auquel touchera le navire;
- d) Le nombre de radiotélégrammes, s’ils sont de longueur normale, ou le nombre de mots, si
- les messages ont une longueur exceptionnelle.
- La vitesse dit navire en milles nautiques est indiquée spécialement à la demande expresse de la station côtière.
- 2. La station côtière répond en indiquant, comme il est dit'au paragraphe 1, soit le nombre de télégrammes, soit le nombre de mots à transmettre au navire, ainsi que l’ordre de transmission.
- 3. Si la transmission ne peut avoir lieu immédiatement, la station côtière fait connaître à la station de bord la durée approximative de l’attente.
- 4. Si une station de bord appelée ne peut momentanément recevoir, elle informe la station appelante de la durée approximative de l’attente.
- 5. Dans les échanges entre deux stations de bord, il appartient à la station appelée de fixer l’ordre de transmission.
- Article 2p.
- Lorsqu’une station côtière est saisie d’appels provenant de plusieurs stations de bord, elle décide de l'ordre dans lequel ces stations, seront admises à échanger leurs correspondances.
- Pour régler cet ordre, la station côtière s’inspire uniquement de là nécessité de permettre à toute station intéressée d’échanger le plus grand nombre possible de radiotélégrammes.
- Article 3o.
- Avant de commencer l’échange de la correspondance, la st.ation côtière fait connaître à la station de bord si la transmission doit s’effectuer dans l’ordre alternatif ou par séries (article 23) ; elle commence ensuite la transmission ou fait suivre ces indications du signal — . —
- Article 3i.
- La transmission d’un radiotélégramme est précédée du signal — . — . —et terminée par le signal. — . — . suivi de l’indicatif de la station expéditrice et du signal — . —
- Dans le cas d’une série de radiotélégrammes, l’indicatif de la station expéditrice et le signal — . — ne sont donnés qu’à la fin delasérie.
- Article 32.
- Lorsque le radiotélégramme à transmettre contient plus de ào mots, la station expéditrice
- p.304 - vue 304/416
-
-
-
- Ÿ Septembre 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 305
- interrompt la transmission parle signal.---
- après chaque série de 20 mots environ, et clic ne reprend la transmission qu’après avoir obtenu de la station correspondante la répétition du dernier mot bien reçu, suivi dudit signal, ou, si la réception est bonne, le signal — . —.
- Dans le cas de transmission par séries, l'accusé de réception est donné après chaque radiotélé-gramme.
- Les stations côtières occupées à transmettre de longs radiotélégrammes doivent suspendre la transmission à la lin de chaque période de i5 minutes, et rester silencieuses pendant une durée de 3 minutes avant de continuer la transmission.
- Les stations côtières et de bord qui travaillent dans les conditions prévues à l’article 35, paragraphe 2, doivent suspendre le travail à la lin de chaque période de i5 minutes et faire récoute sur la longueur d’onde de 600 mètres pendant une durée de 3 minutes avant de continuer la transmission.
- Article 33.
- 1. Lorsque les signaux deviennent douteux, il importe d’avoir recours à toutes les ressources possibles pour l’achèvement de la transmission. A cet effet, le radiotélégramme est transmis trois fois au plus, à la demande de lastation réceptrice. Si malgré cette triple transmission, les signaux sont toujours illisibles, le radiotélégramme est annulé.
- Si l’accusé de réception n’est pas reçu, la station transmettrice appelle de nouveau la station correspondante. Lorsqu’aucunc réponse n’est faite après trois appels, la transmission n’est pas poursuivie. Dans ce cas, la station transmettrice a la faculté d’obtenir l’accusé de réception par 1’intermédiaire d’une autre station radiotélégra-phique, en utilisant, le cas échéant, les lignes du réseau télégraphique.
- 2. Si la station réceptrice juge que, malgré une réception défectueuse, le radiotélégramme peut être remis, elle inscrit à la fin d u préambule la mention de service « Réception douteuse » et donne cours au radiotélégramme. Dans ce cas, l’Administration dont relève la station côtière réclame les taxes, conformément à l’article 42 du présent Règlement. Toutefois, si la station de bord transmet ultérieurement le radiotélégramme à une autre station côtière de
- la même Administration, celle-ci ne peut réclamer que les taxes afférentes à une seule transmission
- d) Accusé de réception et fin du travail.
- Article 34.
- 1. L’accusé de réception se donne dans la forme prescrite par le Règlement télégraphique international ; il est précédé de l'indicatif de la station transmettrice et suivi de l'indicatif de lu station réceptrice.
- 2. La fin du travail entre deux stations est indiquée par chacune d’elles au moyen du signal ... — . — suivi de son propre indicatif.
- e) Direction à donner aux radiotélégrammes.
- Article 35.
- 1. En principe, lastation de bord transmet ses radiotélégrammes à la station côtière la plus rapprochée.
- Cependant si la station de bord peut choisir entre plusieurs stations côtières se trouvant à distances égales ou à peu près égales, elle donne la préférence à celle qui est établie sur le territoire du pays de destination 011 de transit normal de scs radiotélégrammes.
- 2. Toutefois, un expéditeur à bord d’un navire a le droit d’indiquer la station côtière par laquelle il désire que son radiotélégramme soit expédié. Lastation de bord attend alors jusqu’à ce que cette station côtière soit la plus rapprochée.
- Exceptionnellement la transmission peut s’effectuera une station côtière plus éloignée, pourvu que :
- a) Le radiotélégramme soit destiné au pays où est située cette station côtière et émane d’un navire dépendant de ce pays ;
- b) Pour les appels et la transmission, les deux stations utilisent une longueur d’onde de 1 800 mètres ;
- c) La transmission par celte longueur d’onde 11e trouble pas une transmission effectuée, au moyen de la même longueur d’onde, par une station côtière plus rapprochée ;
- d) La station de bord se trouve à une distance de pins de 5o milles nautiques de toulc station côtière indiquée dans la Nomenclature. La distance de 5o milles peut être réduite à »5 milles sous la réserve que la puissance maxima aux bornes de la génératrice n’excède pas 5 kilowatts et que les stations de bord soient établies en
- p.305 - vue 305/416
-
-
-
- 306
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX(2* Série). N*36.
- conformité des articles 7 et 8. Cette réduction de distance n’est pas applicable dans les mers , baies ou golfes dont les rives appartiennent à un seul pays et dont l’ouverture sur la haute mer a moins de 100 milles.
- 7. — Remise des radiotélégrammes à destination.
- Article 36.
- Lorsque pour une cause quelconque un radio-télégramme provenant d’un navire en mer et destiné à la terre ferme ne peut être remis au destinataire, il est émis un avis de non-remise. Cet avis est transmis à la station côtière quia reçu le radiotélégramme primitif. Cette dernière, après vérification de l’adresse, réexpédie l’avis au navire, s’il est possible, au besoin par l’intermédiaire d’une autre station côtière du même pays ou d’un pays voisin.
- Lorsqu’un radiotélégramme parvenu à une station de bord ne peut être remis, cette station en fait part au bureau ou à la station de bord d’origine par avis de service. Dans le cas des radiotélégrammes émanant de la terre ferme, cet avis est transmis, autant que possible, à la station côtière par laquelle a transité le radiotélégramme, ou, le cas échéant, à une autre station côtière du même pays ou d’un pays voisin.
- AnTicLE 37.
- Si le navire auquel est destiné un radiotélégramme n’a pas signalé sa présence à la station côtière dans le délai indiqué par l’expéditeur ou, à défaut d’une telle indication, jusqu’au malin du huitième jour suivant, cette station côtière en donne avis au bureau d’origine qui en informe l’expéditeur.
- Celui-ci a la faculté de demander par avis de service taxé, télégraphique ou postal, adressée la station côtière, que son radiotélégramme soit retenu pendantune nouvelle période de neuf jours pour être transmis au navire et ainsi de suite. A défaut d’une telle demande, le radiotélégramme est mis au rebut à la fin du neuvième jour (jour de dépôt non compris).
- Cependant si la station côtière a la certitude que le navire est sorti de son rayon d’action avant qu’elle ait pu lui transmettre le radiotélégramme, velle en informe immédiatement le bureau d’origine, qui avise sans retard l’expéditeur de l’annulation du message. Toutefois, l’expéditeur
- peut, par avis de service taxé, demander à la station côtière de transmettre le radiotélégramme aa {dus prochain passage du navire.
- 8. — Radiotélégrammes spéciaux.
- Article 38‘.
- Sont seuls admis :
- i° Les radiotélégrammes avec réponse payée. Ces radiotélégrammes portent, avant l’adresse, l’indication « réponse payée » ou « RP » complétée par la mention du montant payé d’avance pour la réponse, soit « réponse payée fr. x », ou « R P l'r. x ».
- Le bon de réponse émis à bord d’un navire donne la faculté d’expédier, dans la limite de sa valeur, un radiotélégramme à une destination quelconque à partir de la station de bord qui a émis ce bon.
- a“ Les radiotélégrammes avec collationne-ment.
- 3° Les radiotélégrammes à remettre par exprès. Mais seulement dans les cas où le montant des frais d’exprès est perçu sur le destinataire. Les pays qui ne peuvent adopter ces radiotélégrammes doivent en faire la déclaration au Bureau international. Les radiotélégrammes à remettre par exprès avec frais perçus sur l’expéditeur peuvent être admis lorsqu’ils sont destinés au pays sur le territoire duquel se trouve la station côtière correspondante.
- 4° Les radiotélégrammes à remettre par poste.
- 5° Les radiotélégrammes multiples.
- 6° Les radiotélégrammes avec accusé de réception. Mais seulement en ce qui concerne la notification de la date et de l’heure auxquelles la station côtière a transmis à la station de bord le télégramme adressé à cette dernière.
- 70 Les avis de service taxés. Sauf ceux qui demandent une répétition ou un renseignement. Toutefois, tous les avis de service taxés sont admis sur le parcours des lignes télégraphiques.
- 8° Les radiotélégrammes urgents. Mais seulement sur le parcours des lignes télégraphiques et sous réserve de l’application du Règlement télégraphique international.
- Article 39.
- Les radiotélégrammes peuvent être transmis par une station côtière à un navire, ou par un na-
- p.306 - vue 306/416
-
-
-
- 7 Septembre 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 307
- vire à un autre navire, en vue d’une réexpédition par la voie postale à effectuer à partir d’un port d’atterrissage du navire réceptionnaire.
- Ces radiotélégrammes ne comportent aucune retransmission radiotélégraphique.
- L’adresse de ces radiotélégrammes doit être libellée ainsi qu’il suit :
- i° Indication taxée « poste » suivie du nom du port où le radiotélégramme doit être remis à la poste ;
- a0 Nom et adresse complète du destinataire ;
- 3° Nom de la station de bord qui doit effectuer le dépôt à la poste ;
- /i° Le cas échéant, nom do la station côtière.
- Exemple : Poste Buenosaires Matinez i/| Galle Prat Valparaiso Avon Lizard.
- La taxe comprend outre les taxes radiotélégra-phiques et télégraphiques une somme de 25 centimes pour l’affranchissement postal du radiotélégramme.
- 9. — Archives.
- ÀHTICLE l\ O.
- Les originaux des radiotélégrammes, ainsi que les documents y relatifs retenus par les Administrations, sont conservés avec toutes les précautions nécessaires au point de vue du secret, au moins pendant i5 mois, à compter du mois qui suit celui du dépôt des radiotélégrammes.
- Ces originaux et documents sont, autant que possible, envoyés au moins une fois par mois, par les stations de bord, aux Administrations dont elles relèvent.
- 10. — Détaxes et remboursements.
- AiîTICLK /|I.
- i. En ce qui concerne les détaxes et remboursements il est fait application du Règlement télégraphique international en tenant compte des restrictions indiquées aux articles 38 et 3q du présent Règlement, et sous les réserves suivantes :
- Le temps employé à la transmission radiotélégraphique, ainsi que la durée du séjour du radiotélégramme dans la station côtière pour les radiotélégrammes à destination des navires, ou dans la station de bord pour les radiotélégrammes originaires des navires, ne comptent pas dans les délais concernant les détaxes et remboursements.
- Si la station côtière fait connaître au bureau d’origine qu’un radiotélégramme ne peut être transmis au navire destinataire, l’Administration du pays d’origine provoque aussitôt le remboursement à l’expéditeur des taxes côtière et de bord relatives à ce radiotélégramme. Dans ce cas, les taxes remboursées n’entrent pas dans les comptes prévus par l’article l\i, mais le radiotélégramme y est mentionné pour mémoire.
- Le remboursement est supporté par les différentes Administrations et exploitations privées qui ont participé à l’acheminement du radiotélégramme, chacune d’elles abandonnant sa part détaxé.Toutefois, les radiotélégrammes auxquels sont applicables les articles 7 et 8 de la Convention de Saint-Pétersbourg restent soumis aux dispositions du Règlementtélégraphique international, sauf lorsque l’acceptation de ces radiotélégrammes est le résultat d’une erreur de service.
- 2. Lorsque l’accusé de réception d’un radiotélégramme n’est pas parvenu à la station qui a transmis le message, la taxe n’est remboursée que lorsqu’il a été établi que le radiotélégramme donne lieu à remboursement.
- 11. — Comptabilité.
- Akticle 42-
- 1. Lçs taxes côtières 11’entrent pas dans les comptes prévus par le Règlement télégraphique international.
- Les comptes concernant ces taxes sont liquidés par les Administrations des pays intéressés. Ils sont établis par les administrations dont dépendent les stations côtières et communiqués par elles aux Administrations intéressées. Dans le cas où l’exploitation des, stations côtières est indépendante de l’Administration du pays, l’exploitant de ces stations peut être substitué, en ce qui concerne les comptes, à l’Administration de ce pays.
- 2. Pour la transmission sur les lignes télégraphiques, le radiotélégramme est traité, au point de vue des comptes, conformément au Règlement télégraphique.
- 3. Pour les radiotélégrammes originaires des navires, l’administration dont dépend la station côtière débite l’Administration dont dépend la station de bord d’origine des taxes côtières et télégraphiques ordinaires, des taxes totales perçues pour le collationnement, des taxes afférentes
- p.307 - vue 307/416
-
-
-
- 308
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2«Série). — N« 36.
- à la remise par exprès (dans le cas prévu par l'article 38)ou par poste et de celles perçues poulies copies supplémentaires (TM). L’Administration dont dépend la station côtière, crédite, le cas échéant, par la voie des comptes télégraphiques et par l’intermédiaire des Offices ayant participé à latransmission des radiotélégrammes, l’Administration dont dépend le bureau de destination, des taxes totales relatives aux réponses payées. En ce qui concerne les taxes télégraphiques et les taxes relatives à la remise par exprès ou par poste et aux copies supplémentaires, il est procédé conformément au Règlement télégraphique, la station côtière étant considérée comme bureau télégraphique d’origine.
- Pour les radiotélégrammes à destination d’un pays situé au delà de celui auquel appartient la station côtière, les taxes télégraphiques à liquider conformément aux dispositions ci-dessus sont celles qui résultent, soit des tableaux a A » et « B » annexés au Règlement télégraphique international, soit d’arrangements spéciaux conclus entre les Administrations de pays limitrophes et publiés par ces Administrations, et non les taxes qui pourraient être perçues, d'après les dispositions particulières des articles ai, paragraphe i, et 27, paragraphe i,du Règlement télégraphique.
- Pour les radiotélégrammes et les avis de service taxés à destination des navires, l’Administration dont dépend le bureau d’origine est débitée directement par celle dont dépend la station côtière des taxes côtières et de bord. Toutefois, les taxes totales afférentes auxréponses payées sont créditées s’il y a lieu, de pays à pays, par la voie des comptes télégraphiques, jusqu’à l’Administration dont dépend la station côtière, lin ce qui concerne les taxes télégraphiques et les taxes relatives à la remise par poste et aux copies supplémentaires, il est procédé conformément au Règlement télégraphique. L’Administration dont dépend la station côtière crédite celle dont dépend le navire destinataire de la taxe de bord, s’il y a lieu, des taxes revenant aux stations de bord intermédiaires, de la taxe totale perçue pour les réponses payées, de la taxe de bord relative au eollationneinent, ainsi que des taxes perçues pour l’établissement de copies supplémentaires et pour la remise par poste.
- Les avis de service taxés et les réponses payées elles-mêmes sont traités dans les comptes radio- ,
- télégraphiques, sous tous les rapports, comme les autres radiotélégrammes.
- Pour les radiotélégrammes acheminés au moyen d’une ou de deux stations de bord intermédiaires, chacune de celles-ci débite la station de bord d’origine, s’il s’agit d’un radiotélé-gramme provenant d’un navire; ou celle de destination s’il s’agit d’un radiotélégramme destiné à un navire, de la taxe de bord lui revenant pour le transit.
- 4. En principe, la liquidation des comptes afférents aux échanges entre stations de bord se fait directement entre les compagnies exploitant ces stations, la station d’origine étant débitée par la station de destination.
- îi. Les comptes mensuels servant de base à la comptabilité spéciale des radiotélégrammes sont établis radiotélégramme par radiotélégramme avec toutes les indications utiles et dans un délai de six mois à partir du mois auquel ils se rapportent.
- G. Les Gouvernements se réservent la faculté de prendre entre eux et avec des compagnies privées (entrepreneur exploitant des stations radiotélégraphiques, compagnies de navigation, etc.) des arrangements spéciaux en vue de l’adoption d’autres dispositions concernant la comptabilité.
- 12. — Bureau international.
- A ime le 4 b
- Les dépenses supplémentaires, résultant du fonctionnement du Bureau international, en ce qui concerne la radiotélégraphie, ne doivent pas dépasser 80.000 francs par an, non compris les frais spéciaux auxquels donne lieu la réunion d’une Conférence internationale.(Les Administrations des Etats contractant sont, pour la contribution aux frais, réparties en six classes ainsi qu’il suit :
- ire classe :
- Union de l’Afrique du Sud; Allemagne; Etats-Unis d’Amérique; Alaska; Hawaï et les autres possessions américaines de la Polynésie; îles Philippines; Porto-Rico et les possessions américaines dans les Antilles; zone du canal de Panama; République Argentine; Australie; Autriche; Brésil; Canada; France; Grande-Bretagne; Hongrie; Indes britanniques; Italie; Japon; Nouvelle-Zélande ; Russie : Turquie.
- p.308 - vue 308/416
-
-
-
- 7 Septembre 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 309.
- 2e classe :
- Espagne.
- 3° classe :
- Asie centrale russe (littoral de la mer Caspienne); Belgique; Chili; Chosen, Formosc, Sakhalin japonais et le territoire loué de Kwan-toung; Indes néerlandaises; Norvège; Pays-Bas; Portugal ; Roumanie; Sibérie occidentale (littoral de l’océan Glacial) ; Sibérie orientale (littoral de l’océan Pacifique); Suède.
- 4e classe :
- Afrique orientale allemande; Afrique allemande du Sud-Ouest; Caméroun; Togo; protectorats allemands du Pacifique; Danemark; Egypte ; Indo-Cliine; Mexique ; Siam; Uruguay.
- 5e classe :
- Afrique occidentale française; Bosnie-Herzégovine ; Bulgarie; Grèce; Madagascar ; Tunisie.
- 6e classe :
- •
- Afrique équatoriale française, Afrique occidentale portugaise, Afrique orientale portugaise et possessions asiatiques, Boukhara, Congo belge, colonie de Curaçao, colonie espagnole du golfe de Guinée, Erithrée, Khiva, Maroc, Monaco, Perse, Saint-Marin, Somalie italienne.
- A «tic lis 44.
- Les différentes Administrations font parvenir au bureau international un tableau conforme au modèle ci-joint et contenant les indications énumérées dans ledit tableau pour les stations visées à l’article 5 du règlement. Les modifications survenues et les suppléments sontcommuniqués par les Administrations au bureau international du • ier au io de chaque mois. A l’aide de ces communications, le bureau international dresse la Nomenclature prévue par l’article 5. La Nomenclature est distribuée aux administrations intéressées. Elle peut également, avec les suppléments y relatifs, être vendue au public au prix de revient.
- Le Bureau international veille à cc que l’adoption d’indicatifs identiques pour les stations radiotélégraphiques soit évitée.
- 13.—Transmissions météorologiques, horaires et autres.
- Article 4
- i. Les administrations prennent les dispositions nécessaires pour faire parvenir à leurs sta-
- tions côtières les télégrammes météorologiques contenant les indications intéressant la région de ces stations. Ces télégrammes, dont le texte ne doit pas dépasser ao mots, sont transmis aux navires qui en font la demande. La taxe de ces télégrammes météorologiques est portée an compte des navires destinataires.
- ». Les observations météorologiques, faites par certains navires désignés à cet effetpar le pays dont ils dépendent, peuvent être transmises une fois par jour, comme avis de services taxés, aux stations côtières autorisées à les recevoir par les Administrations intéressées qui désignent également les bureaux météorologiques auxquels ces observations sont adressées par les stations côtières.
- 3. Les signaux horaires et les télégrammes" météorologiques sont transmis à la suite les uns des autres de manière que la durée totale de leur transmission n’excède pas dix minutes. En principe, pendant cet envoi, toutes les stations radio-télégraphiques dont la transmission peut troubler la réception de ces signaux et télégrammes, font silence de façon à permettre à toutes les stations qui le désirent de recevoir ces télégrammes et signaux. Exception est faite pour les cas de détresse et les télégrammes d’Etat.
- 4. Les Administrations facilitent la communication aux agences d’informations maritimes qu’elles agréent des renseignements concernant les avaries et sinistres maritimes ou présentant un intérêt général pour la navigation dont les stations côtières peuvent régulièrement donner communication. -
- 14. — Dispositions diverses.
- Article 4ô.
- Les transmissions échangées entre les stations du bord doivent s’effectuer de manière à ne pas troubler le service des stations côtières, celles-ci devant avoir, en règle générale, le droit de priorité pour la correspondance publique.
- Article 47-
- Les stations côtières et les stations de bord sont tenues de participer à la retransmission des radiotélégrammes dans les cas où la communication ne peut s’établir directement entre les stations d’origine et de destination.
- p.309 - vue 309/416
-
-
-
- 310
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N» 36.
- Tableau I
- Administration do..... (Annexe à l’article 44 du Règlement.)
- État signalétique des stations radiotélégraphiques.
- c
- Nom.
- [a) Stations côtières.
- Nationalité.
- Position géographique. 15 = longitude orientale,
- O = longitude occidentale.
- N = latitude septen trionale. S =: latitude méridionale. Subdivisions territoriales.
- Indicatif
- d’appel,
- Portée normale en milles nautiques.
- Système
- radiotélégrapliique avec les caractéristiques du système émetteur.
- Longueurs d’onde en mètres (la longueur d’onde normale est soulignée).
- TAXE CÔTIÈRE
- Heures OBSERVATIONS
- Nature des services d’ouverture (éventuellement heure et mode
- effectués. (heure du par mot minimum par d’envoi des signaux horaires et des
- fuseau). en radiotélégramme télégrammes météorologiques).
- francs en francs
- [b) Stations de -bord.
- Nom. Nationalité. indicatif d’appel. Portée normale en milles nautiques. Système radiotélégrapliique avec les caractéristiques du système émetteur. Longueurs d’onde en mètres. 9
- Nature des services effectués. Heures d’ouverture. TAXE DE BORD OBSERVATIONS (éventuellement nom et adresse de l’exploitant).
- par mot en francs minimum pur radiotélégramme en francs
- i° Navires de guerre.
- i° Navires de commerce.
- a i335o-5^a
- G
- p.310 - vue 310/416
-
-
-
- 7 Septembre 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 311
- -
- Tableau II * (Annexe à l’article 22 du Règlement.)
- Liste des abréviations à employer dans les transmissions radiotélégraphiques.
- Abréviation. Question. Béponse ou avis.
- 1 2 3
- PRB
- QR A Q R B
- Q R G Q RD Q R F Q R G
- Q R H QR J Q R lv Q R L
- QRM Q R N Q R O Q R P QR Q Q R S Q R T Q R U Q R V Q R W
- Q R X
- QR Y Q R Z Q S A
- Q S B
- Q S G
- Q S D
- Q S F
- Q S G
- QS H
- Q S J'
- Q S K
- ----. — (G Q) . . . . ;...................
- (TR) ...........................
- ------ (IJ .........................
- Désirez-vous communiquer avec ma station à l’aide du Code international de signaux? Quel est le nom de votre station?
- A quelle distance vous trouvez-vous de ma station?
- Quel est votre vrai relèvement?
- Où allez-vous ? v
- D’où venez-vous ?
- A quelle compagnie ou ligne de navigation appartenez-vous ?
- Quelle est votre longueur d’onde ?
- Combien de mots avez-vous à transmettre? Comment recevez-vous?
- Recevez-vous mal? Dois-je transmettre 20 fois
- pour permettre le réglage de vos appareils? Etes-vous troublé?
- Les atmosphériques sont-elles très fortes ? Dois-je augmenter l’énergie?
- Dois-je diminuer l’énergie?
- Dois-je transmettre plus vite?
- Dois-je transmettre plus lentement?
- Dois-je cesser la transmission ?
- Avez-vous quelque chose pour moi ?
- Etes-vous prêt ?
- Etes-vous occupé ?
- Dois-je attendre ?
- Quel est mon tour ?
- Mes signaux sont-ils faibles ?
- Mes signaux sont-ils forts ?
- Mon ton est-il mauvais?
- Mon étincelle est-elle mauvaise ?
- Les intervalles de transmission sont-ils mauvais ?
- Comparons nos montres. J’ai ..... heures :
- quelle heure avez-vous?
- Ces radiotélégrammes doivent-ils être transmis dans l’ordre alternatif ou par séries?
- Quelle est la taxe à percevoir pour..?
- Le dernier radiotélégramme est-il annulé?
- Signal de recherche employé par une station qui désire entrer en correspondance.
- Signal annonçant l’envoi d’indications concernant une station de bord (article. . . .). Signal indiquant qu’une station va émettre avec une grande puissance.
- Je désire communiquer avec votre station à l’aide du Code international de signaux.
- Ici la station...
- La distance entre nos stations est de ......
- milles nautiques.
- Mon vrai relèvement est de......degrés.
- Je vais à....
- Je viens de......
- J’appartiens à......
- Ma longueur d’onde est de.......mètres.
- J’ai ... . mots à transmettre.
- Je reçois bien.
- Je reçois mal. Transmettez 20 fois:
- pour que je puisse régler mes appareils.
- Je suis troublé,'
- Les atmosphériques sont très fortes. Augmentez l’énergie.
- Diminuez l’énergie.
- Transmettez plus vite.
- Transmettez plus lentement.
- Cessez la transmission.
- Je n’ai rien pour vous.
- Je suis prêt. Tout est en ordre.
- Je suis occupé avec une autre station [ou :
- avec......]. Prière de ne pas troubler.
- Attendez. Je vous appellerai à ... heures [ou : au besoin].
- Votre tour est numéro . . .
- Vos signaux sont faibles.
- Vos signaux sont forts.
- Le ton est mauvais.
- L’étincelle est mauvaise.
- Les intervalles de transmission sont mauvais. L’heure est......
- La transmission sera faite dans l’ordre alternatif.
- La transmission sera faite par séries de 5 radio-télégrammes.
- La transmission sera faite par séides de 10 radiotélégrammes.
- La taxe à percevoir est de......
- Le dernier radiotélégramme est annulé.
- p.311 - vue 311/416
-
-
-
- 312
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — 36.
- Tableau II [Suite et fin).
- Abréviation
- Questions.
- Réponse ou avis.
- i
- Q S L Q S M Q S N Q S O
- Q S P
- Q s Q
- Q S 11 Q S T •Q S U
- Q S V
- Q S W Q S Y
- Q S X
- 2
- Avez-vous reçu quittance?
- Quelle est votre vraie roule ? Communiquez-vous avec terre ferme? Etes-vous en communication avec une autre
- station [ou : avec....]?
- Dois-je signalera .. . . que vous l’appelez ?
- Suis-je appelé par......?
- Expédierez-vous le radiotélégramme......?
- Avez-vous reçu un appel général?
- Prière m’appeler dès que vous aurez fini [ou : à........heures].
- Correspondance publique est-elle engagée?
- Dois-je augmenter ma fréquence d’étincelle? Dois-je transmettre avec la longueur d’onde de mètres?
- Dois-je diminuer ma fréquence d’étincelle?
- - 3
- Prière donner quittance.
- Ma vraie route est de . . t . . degrés.
- Je ne communique pas avec terre ferme.
- Je suis en communication avec ......... [par
- l'intermédiaire de
- Informez.......que je l’appelle.
- Vous êtes appelé par......
- J’expédierai le radiotélégramme......
- Appel général à tonies stations.
- Je vous appellerai dès que j’aurai fini.
- Correspondance publique est engagée. Prière de ne pas la troubler.
- Augmentez la fréquence d’étincelle.
- Passons à l’onde de.......mètres.
- Diminuez la fréquence d’étincelle.
- Lorsqu’une abréviation est suivie d’un point d’interrogation, elle s’applique à la question indiquée en regard de cette abréviation.
- Stationa.
- A
- B
- A
- B
- La station
- A
- B
- Exemples :
- QR A? = Quel est le nom de votre station?
- QR A Campania — Ici la station Gampania.
- Q R G? , “A quelle compagnie ou ligne de navigation appartenez-vous ?
- Q R G Cunard. Q R Z — J’appartiens à la Cunard Line. Vos signaux -sont faibles.
- A augmente alors l’énergie de son transmetteur et lance :
- QRK? —- Comment recevez-vous ?
- Q R K = Je reçois bien.
- QRB 8o ” La distance entre nos stations est de 80 milles nautiques.
- Q RC 6*2 = Mon vrai relèvement est de 62 degrés, etc., etc.
- Le nombre des retransmissions est toutefois limité à deux.
- En ce qui concerne les radiotélégrammes destinés à la terre ferme il ne peut être fait usage des retransmissions que pour atteindre la station côtière la plus rapprochée.
- La retransmission est dans tous les cas subordonnée à la condition que la station intermédiaire qui reçoit le radiotélégramme en transit soit en mesure de lui donner cours.
- Article 48.
- Si le parcours d’un radiotélégramme s’effectue en partie sur des lignes télégraphiques ou par des stations radiotélégraphiqnes relevant d’un Gouvernement non contractant,il peut être donné
- cours à ce radiotélégramme, sous la réserve, tout au moins,que les Administrations dont dépendent ces lignes ou ces stations aient déclaré vouloir appliquer, le cas échéant, les dispositions de la Convention et du Règlement qui sont indispensables pour l'acheminement régulier des radio-télégrammes et que la comptabilité soit assurée.
- Cette déclaration est faite au Bureau international et portée à la connaissance des Offices de l’Uniôfi télégraphique.
- Article 49.
- Les modifications du présent Règlement qui seraient rendues .nécessaires par suite des décisions des Conférences télégraphiques ultérieures seront mises en vigueur à la date fixée pour
- p.312 - vue 312/416
-
-
-
- 7 Septembre 1942.
- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- 313
- l’application des dispositions arrêtées par chacune de ces dernières Conférences.
- Article 5o,
- Les dispositions du Règlement télégraphique international sont applicables, par analogie, à la correspondance radiotélégraphique en tant qu’elles ne sont pas contraires aux dispositions du présent règlement.
- Sont applicables, en particulier, a la correspondance radiotélégraphique les prescriptions de l’article 27, paragraphes 3 à G, du Règlement télégraphique, relatives k la perception des taxes, celles des articles 26 et 4 1 relatives à l'indication de la voie à suivre, celles des articles 7r>, paragraphe 1 ; 78, paragraphes 2 à 4, et 79, paragraphes 2 et 4. relatives à rétablissement des comptes. Toutefois : i° le délai de six mois prévu par le paragraphe 2 de l'article 79 du règlement télégraphique pour la vérification des comptes est porté à 9 mois en ce qui concerne les radio-télégrammes ; 20 les dispositions de l’article îfi, paragraphe 2, ne sont pas considérées comme autorisant la transmission gratuite, par les stations radiotélégraphiques, des télégrammes de service concernant exclusivement le service télégraphique non plus que la transmission en franchise, sur les lignes télégraphiques, des télégrammes de service exclusivement relatifs au service radiotélégraphique ; 3° les dispositions de l’article 79, paragraphes 3 et f>, ne sont pas applicables k la comptabilité radiotélégraphique. En vue de l’application des dispositions rlu règlement télégraphique, les stations côtières sont considérées comme bureaux de transit, sauf quand le règlement radiotélégraphique stipule expressément que ces stations doivent être considérées comme bureaux d’origine ou de destination.
- Conformément à l’article 11 de la convention de Londres le présent règlement (mirera en vigueur le iep juilet 1913.
- En foi de quoi les plénipotentiaires respectifs ont signé ce règlement en un exemplaire qui restera déposé aux archives du gouvernement britannique et dont une copie sera remise à chaque partie.
- L'électricité dans la marine de guerre.
- Dans une conférence dont l’Institut électro-
- technique de Grenoble vient de publier le texte (*), M. G. Ferroux a fait un exposé à la fois très vivant et très documenté du rôle et de l’état actuel des marines de guerre. Quelques passages, bien entendu, sont consacrés à l’étude des dispositifs électriques employés k bord des navires de combat.
- L’électricité constitue en quelque sorte le système nerveux du vaisseau, rayonnant de ce cerveau qu’est le blockhaus du commandant et dans lequel la vie entière du batiment se trouve concentrée au moment du combat. Dans cet abri cuirassé, placé au-dessus de la tourelle avant, se trouvent le commandant du cuirassé chargé de la direction générale du bâtiment, l'officier de tir chargé d’apprécier, k l’aide de télémètres, la distance exacte de l’ennemi et d’envoyer, aux chefs des différentes pièces, la hausse exacte à adopter, l'officier pilote qui donne, par téléphone, aux matelots chargés du gouvernail, les indications nécessaires k la direction du navire, et enfin l’officier timonier qui transmet aux matelots de sa spécialité toutes les indications du chef du bâtiment ou du commandant en chef de l’escadre (si l’on est k bord du vaisseau amiral), pour les signaux à effectuer.
- Or, dans les cuirassés récents, on a perfectionné le blockhaus en disposant des communications électriques telles que le gouvernail, par exemple, puisse se commander directement du blockhaus k l’aide d’un simple volant. De même, c’est au moyen de signaux électriques que l’officier de tir envoie la hausse aux tourelles, que l’officier limonier donne des ordres k ses hommes. On peut donner une idée de l’importance du blockhaus, en narrant rapidement l’anecdote suivante, empruntée k la bataille du 10 août, de la guerre russo-japonaise.
- À cette bataille, le sort restait indécis, quand un obus japonais traverse le mât du Cesnrevitch, vaisseau amiral russe, pénètre dans le blockhaus et lue l’amiral Witehfs, commandant en chef. Un second coup, par ricochet, tue tout le personnel restant dans le blockhaus et bloque le volant de commande du gouvernail; celui-ci venait d’être incliné k tribord, le navire se met alors k tourner en rond, jetant le désordre dans son escadre et sans que l’on puisse, avant un long moment du moins, arrêter sou évolution. Les Japonais en profitent pour se Rapprocher et diriger sur les navires russes qui, voyant le vaisseau amiral virer de bord, ne savent où aller, un
- (*) La marine de guerre française. Conférences faites à l'Institut électrotechnique par M. Georges Ferroux, ingénieur, professeur à l’Institut.
- p.313 - vue 313/416
-
-
-
- 314
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série).—N» 36.
- fçu des plus meurtriers. Pour comble de malchance, au moment où l’amiral en second, dont le pavillon était sur le Peresviet, ayant compris ce qui vient d’arriver, prend le commandement, les obus japonais coupent ses deux mâts et il no peut plus faire de signaux. C’est en vain qu'il accroche ses pavillons de signaux à la passerelle, la distance ne permet pas aux autres vaisseaux russes de les voir et le désordre s’accroît dans l’escadre. On a su depuis qu’à ce moment précis, les munitions des Japonais commençant à manquer, l’amiral Togo signalait à son escadre de battre en retraite. Voyant les Russes en désordre, il annula son signai et les accabla de ses derniers coups et c'est ainsi qu’un combat tout au moins indécis se transforma en une défaite.
- Dans un système essayé par l'amiral anglais Percy Scott à bord du cuirassé Neptune, toutes les pièces sont pointées électriquement ûu moyen d’un manipulateur Unique placé dans le blockhaus et c’est l’officier de tir qui met le feu à toutes à la fois, au moment qu'il juge convenable. Le pointage est ainsi fait de la même façon pour tous les canons et l’observation des points de chute est facilitée par le fait que tous les projectiles tombent a la fois. Les résultats auraient, paraît-il, été bons, mais ce système n’est applicable que sur les cuirassés portant un calibre unique. D'autre part, peut-on, dit M. Ferroux, accorder à un appareil automatique une confiance suffisante pour s’en remettre entièrement à lui dans une opération aussi délicate que celle du pointage ? Un déréglage est à craindre au cours d’un combat et on ne s’en apercevra que trop tard.
- *
- * *
- L'électricité joue un rôle plus essentiel encore à bord des sous-marins, ces nouveaux venus qui ont pris aujourd’hui une si grande place dans les préoccupations maritimes des nations.
- C’est l’ingénieur russe Drzcwiecki, qui obtint le premier, en 1875 et 1880, d’assez bons résultats en employant pour la propulsion de ses bateaux un moteur électrique alimenté par des accumulateurs. Il est certain que si ses prédécesseurs avaient eu l'électricité à leur disposition, lés résultats obtenus auraient été bien meilleurs. Les sous-marins de M. Drzewiecki plongeaient d’une façon presque satisfaisante, mais ils étaient beaucoup trop petits v pour pouvoir être utilisés. L'histoire des sous-marins Drzewiecki est liée intimement à celle d’un autre bateau, le Goubety de l’ingénieur français du même nom, qui était uné copie du Dvzéwimki,
- A bord des submersibles, la nécessité d’adjoindre au moteur électrique un moteur thermique destiné à assurer la navigation en surface a créé de nombreuses difficultés.
- Au début, des submersibles mettaient en effet vingt-cinq minutes pour passer de la marche en surface à la marche en plongée. C’était le temps nécessaire pour arrêter le moteur de surface, mettre en route le moteur électrique, remplir toutes les caisses d’eau, elc. Mais sur le Narval lui-même, ce temps fut bientôt réduit à vingt, quinze et enfin douze minutes. Sur la Sirène de 1900, on ne met plus que huit minutes5 sur les bâtiments du type Pluviôse, la plongée se fait en cinq minutes et il est à prévoir que sur les bâtiments actuellement en chantier on ira encore plus vile. Mais d'autres inconvénients subsistent qui contribuent à rendre encore très dur le service du personnel à bord de ces navires.
- En surface, la navigation à bord des submersibles et à bord des sous-marins [est excessivement pénible, tandis qu’à 4 mètres d'immersion lés secousses ne se font sentir que si la mer est sérieusement agitée, et dès que l'on est à 8 ou 9 mètres on ne sent plus rien, si ce n'est par les temps vraiment exceptionnels. Mais il ne faut pas conclure de là que la navigation est agréable à bord de cès bateaux, car le cube d'air est limité et de plus les émanations des accumulateurs sont très gênantes; aussi les matelots et officiers destinés aux sous-marins doivent-ils subir un examen médical très sérieux. Pour combattre les influences toxiques subies au cours des plongées les hommes s’alimentent en grande partie de lait. Il est bon en même temps de se suralimenter car, en période de manœuvres surtout, les hommes ont des journées excessivement pénibles et, lors des manœuvres de 1906 en particulier, une pesée générale faite avant et après les exercices accusa une diminution de poids de 400 grammes par jour, pour chaque homme.
- La navigation sous-marine est d’autant plus pénible que dans certains bateaux il est souvent à peine possible de se déplacer sans compromettre l'assielle du bateau. Des soins préventifs et un tempérament vigoureux ont raison de tous ces ennuis. C’est ainsi que l’on cite des matelots, ayant effectué plus de r>oo plongées.
- Un intérêt considérable, au point de vue maritime, s’attache donc au perfectionnement, si désirable à tant d’égards, de l’accumulateur électrique.
- S* F.
- p.314 - vue 314/416
-
-
-
- 7 Septembre 1912. LA LUMIÈRE
- Ecole Supérieure d’Électricité.
- Examens de sortie.
- On nous communique la liste des élèves qui ont obtenu le 3i juillet dernier leur diplôme d’ingénieur électricien :
- MM. Vienne, Poulleau, Guiraud, Calmin, Mathon, Méténier, Dupau, Benoit-Gonin, Hubert, Langevin, Tarnand, Schwarzfeld, Rosca, Lange, Gogois, Devaux, Stahl, Boulot, Guérin, Laurent, Miol, Santas-mases y Puyol, Braud, Granier, Granat, Letourneur, Lévéque, de Loye, Robert, Duthil, Fraisse, Ralan-chon, Soyer, Bellaigue de Bughas, Broussier, Dille-mann, Lachaise, Normand, Rolinski, Touchard, Mi-chon, Lefèvre, Martin,Salomon,Willemetz,de Lagar-rigue, Guilloteau, Cabaud, Govet, Lepot, Quenard, Langumier, Laucagne, Lalnnne (Louis), Poisson, Poucholle, Loth, Dupé, Dugas, Janny, Lanes, Alt-
- ÉLECTRIQUE .‘M5
- mayer, Braise, Anglade, Ditte,' Commenges, Mal-cailloz, Fustier, Marin, Bouyer, Gilotaux, Gouteaud, Forey, Fournier, Triau, Gbevaillier, Carlini, de Fro-mont de Bouaille, Pellet, Lacrampe, Pierrot, Joly (Paul), Cal y Diaz, Jolv (Georges), Richard, Guibert, Devezeaux de Lavergne, RikofT, Lecour, Peschart d’Ambly, Bourseire, Burhannedin Bey, Caviglia.
- Officiers délégués par le ministère de la Guerre :
- MM. le capitaine d’artillerie Dufrénois, le lieutenant d’artillerie de Gliaisne de Bourmonf, le capitaine du génie Rosie, le lieutenant d’artillerie coloniale Bêle.
- Elèves-ingénieurs de l’Ecole Professionnelle Supérieure des Postes et Télégraphes (1910-1911) :
- MM. Sellier, Couderc.
- Anciens élèves :
- MM. de Régnauld de Bellescize, Perelman.
- Vétérans :
- MM. Berlail, Andrieu, de Maillé, Fillieul, Lajus.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Die Schutzvorrichtungen der Starkstrom-technik gegen atmospharisehe Entladungen und Uberspannungen (Les dispositifs de protection des réseaux contre les décharges atmosphériques et les surtensions), par le D1' Gustav Benischke, 2e édition, ign. —Ftmtba.Vn:-weg et fils, éditeurs, Brunswick. — Broché: S M. 5o, relié : t\ M. 20.
- Get ouvrage, dont le Dr Benischke publie la a" édition, est le premier volume de la collection Viewcg et fils, de Brunswick.
- On sait avec quelle faveur cette collection a été accueillie dès son apparition en Allemagne par les étudiants de l’enseignement supérieur technique et par les praticiens qui ont constamment besoin de se documenter sur des points tout particuliers de l’élcc-trotechnique.
- Le volume qui vient de paraître est certainement l'un des plus intéressants des quinze que compte actuellement la collection Vieweg : il constitue le guide sûr et complet d’un domaine difficile à explorer pour tout autre qu’un spécialiste aussi réputé et aussi compétent que l’est le Dr Benischke.
- L’ouvrage comporte une étude des décharges atmosphériques et des moyens de se protéger contre elles, mais c’est surtout la question dès surtensions qui a été traitée avec grand soin.
- On sc souvient des désagréments causés il y a quelques années par les surtensions que Ton a longtemps tenues pour plus dangereuses qu’elles ne sont réellement, et auxquelles on a cherché à remédier par les appareils les moins appropriés à leur but. Tout cela parce que les surtensions étaient hier encore un domaine mal connu.
- Elles se prêtent mal, en effet, à une élude expérimentale au laboratoire ; les prémisses des théories mathématiques que l’on a tenté d’en faire ne sont pas, estime M. Benischke, conformes aux faits, et enfin des phénomènes amortisseurs interviennent toujours en pratique pour atténuer l’importance des perturbations.
- L’étude des appareils de protection que Ton trouvera dans l’ouvrage, loin d’être une compilation d’extraits de catalogues existants, ne comporte que des appareils éprouvés par la pratique : en énumérant leurs avantages et leurs inconvénients, l’auteur a voulu faire œuvre saine et 11c se laisser entraîner ni par des considérations commerciales, ni par de ces engouements momentanés pour tel ou tel appareil nouveau, que rien ne justifie par la suite.
- Nous ne saurions donc trop recommander l’opuscule du Dr G. Benischke à l’attention de nos lecteurs. G. G.
- p.315 - vue 315/416
-
-
-
- 316
- LA LUMIÈKB ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série).
- N° 36.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- On s'agite en Bourse pour supputer le montant de l’acompte du dividende du Rio. On pense qu’il sera supérieur à celui de 1911, tout au moins égal : soit de !W shilling. Le dividende total pourrait être alors de Go shilling, égal à celui de 1908. En attendant cette éventualité, les cours sont bien tenus, parce que les nouvelles des centres consommateurs sont excellentes et qu’une grande activité industrielle règne en Amérique. La circulaire Merton confirme qu’en Angleterre le. commerce a distribué d’importantes commandes en cuivre brut et affiné ; en Allemagne et sur le Continent, le mouvement d'achats s’est généralisé et de fortes quantités de cuivre électrolytique ont été enlevées aux négociants. Néanmoins le Standard est encore au-dessous du cours stable de 80 £ et l’électro esta 8a :C. On se demande, dms ces conditions, si les prix vont subir une nouvelle hausse : les ordres en réserve pour satisfaire aux besoins de l'industrie électrique et du commerce du laiton seront placés dès que le marché du cuivre Standard se mettra en mouvement. Ce moment serait proche, du fait des spéculateurs d’abord, puis de celui des négociants qui désirent se couvrir.
- En résumé, la situation actuelle des affaires permet d’envisager une nouvelle hausse des cours qui va s’accentuer avec la reprise des transactions commerciales. On annonce déjà que la Banque d’Angb -terre se verra soiis peu dans l’obligation d’élever le taux de son escompte; les pays producteurs de blé ou de colon jouissant d’une année particulièrement abondante, leurs besoins seront en proportion; déjà le Brésil et l’Allemagne ont fait appel à l’encaisse or de ladite banque. Des arrivages de métal ont compensé et au delà les exportations, cl, en définitive, la proportion de la réserve aux engagements est encore de 49,8 % . Mais elle est inférieure à la proportion de l’an dernier. Pendant le même temps, la Banque de France escompte toujours à i % et la proportion de son encaisse à ses engagements est de 67,8/1 % . Nous assisterons sous peu và l’opération annuelle du concours prêté par nôtre établissement à la Banque d’Angleterre, concours qui a pour résultat de venir au secours de la Banque 4’Empire à Berlin,
- La hausse sur les valeurs d’électricité, celles d’entreprises de distribution, tout au moins, s’accentue à Paris et à Bruxelles. Les valeurs qui ont pris la tête, et dont nous avions parlé dans une de nos dernières notes, ont continué à donner l’allure an marché ; ainsi la Société d’Eleclricité de Paris et la Compagnie Parisienne de Distribution s’inscrivent, en très grand progrès respectivement, à 811 et 66a. Les entreprises de traction bénéficient de la même faveur, leurs recettes marquant de sensibles progrès sur celles de l’an dernier : ainsi le Métropolitain reste ferme aux environs de G'|5,Ie Nord-Sud est en hausse à a5/|, les Tramways-Sud s'inscrivent à 190, influencés par les résultats plus favorables de 1911-1912; les Omnibus qui achèvent la transformation de leur réseau d'omnibus sont à 787. La fermeté du groupe se répercute sur les valeurs des entreprises de construction qui bénéficient des nombreuses commandes de travaux neufs en cours d’exécution : ainsi les Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est progressent à 545 et la Thomson à 8o5. Les uns et les autres ont obtenu une commande d’automotrices pour l'Ouest-Etal qui se décide d’autre part à mettre en adjudication la fourniture du courant.
- Il y a dans le Moniteur des Intérêts matériels quelques données sur la Régie d’électricité de Jumel en Belgique qu’il serait intéressant de livrer à la grande publicité de nos annales municipales pour l’instruction des édiles qui préconisent ce mode d'exploitation de ce que l’on est convenu d'appeler, avec le rapporteur du budget de Paris, le domaine industriel d'une ville ou d’une commune.
- Au bout de sa quatrième année d’existence, toutes charges déduites, y compris l'annuité d'intérêt et l’amortissement du capital, le compte communal accuse un bénéfice de 5qo65 francs, en plus-value de 4 000 francs environ sur 1910. L’immobilisation a été de 918 000 francs, les bénéfices réalisés en quatre ans, de aai laa francs, ce qui semble prouver la valeur de la régie puisque l’administration communale s’est procurée des ressources sans créer de charges pour les administrés. Mais, continue le Moniteur, on constate en étudiant les prix de vente et les prix de revient que le kilowatt lumière cs|
- p.316 - vue 316/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 7 Septembre 1912.
- vendu 40 centimes, et le kilowatt force motrice, centimes, tandis cju’il ne coûte à produire que 14*74 centimes en comptant le service du capital. Les 1 3oo clients d’éclairage et les 1*20 clients de force motrice ont payé 155 381 francs le courant qui coûtait à la commune les deux tiers de celte somme, et leur générosité a permis de pourvoir aux dépenses somptueuses de l’éclairage public qui ne sont pas moindres de 45 061 francs pour une ville de 25 000 habitants. Mais précisément, c’est l’infime minorité de ceux-ci qui supporte 1 impôt que la ville aura prélevé sur l’ensemble pour les nécessités d’un service public. Ceux que leurs affaires ou leur industrie appellent fatalement à utiliser le courant électrique ont donc grevé leur budgetpour le plus grand profit de la communauté; c’est bien l’application du principe qui tend a distinguer, au point de vue de l’impôt, une classe de privilégiés et qui va à l’encontre du résultat bénéficiaire qu’il poursuit : car c'est limiter le champ de la perception et en conséquence limiter la recette. Si l’on pense que la concession d’un service public est un privilège qui se paye, le système de la régie intéressée est bien plus productif mais est encore dépassé par celui de la redevance sur la recette brute, qui laisse toute initiative aux entreprises privées.
- On donne comme conclu le traité de la Société Hydro électrique de Lyon, liliale du Gaz de Lyon et de la Compagnie Edison, avec un groupe de la Haute-Savoie qui lui fournirait l'énergie complémentaire dont elle aurait besoin en été. L’aménagement de la rivière du Fier ne lui assurait; pas un débit
- 317
- régulier en été. En faisant apj>cl au concours des hautes chutes établies sur les torrents glaciaires, la Société Hydro-électrique se trouvera disposer en tout temps de réserves importantes.
- En même temps, se confirme la nouvelle que l’utilisation des chutes finlandaises pour la ville de Saint-Pétersbourg est entrée dans la voie des réalisations financières. Ce projet a été très combattu par les Sociétés d’éclairage de Saint-Pétersbourg, comme d’une utilité contestable et surtout d’un rendement déplorable. Poursuivi par un groupe allemand et les frères Léontieff, possesseurs de la moitié des chutes d’eau de Yoirekowsky, il avait été abandonné devant le refus de la ville qui n’avait pas obtenu les justifications de la possession de toutes les chutes. Un nouveau groupe russo-franco-belge, après avoir acquis 3o % de toute la chute en question, a repris le projet : le capital de la société est de 6 millions de roubles souscrits par la Banque Russe pour le commerce étranger, la Banque Russo-Asiatique, la Banque Internationale, la Banque d Escompte, celle d Azoff-Dori et celle pourlc Commerce et l’Industrie. L’idée est de fournir la force motrice aux tramways et de ne point concurrencer les sociétés d’éclairage existantes.
- Le syndicat allemand de l’aluminium a fixé dernièrement le prix de vente pour l’année prochaine sur la base de 200 francs avec les suppléments ordinaires pour certains profils et certaines qualités. La production ne pouvant répondre à la consommation, une partie de la production sera seule mise eu vente.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Pauis. — La Compagnie des chemins de 1er de U vient de passer commande de 100 automotrices destinées au service de la banlieue : 80 ont été commandées aux Ateliers du Nord de la France et 20 à la Compagnie de chemins de fer d’Ivry. Le prix de chaque voiture sera de i33 000 francs.
- Les équipements électriques (càblcrie, contrôleurs, tableaux de relais, appareils d’éclairage et de chauffage) seront fournis moitié par la Thomson-Houston et moitié par les Ateliers de Constructions électriques du Nord et de l’Est.
- La commande des compresseurs a été attribuée à la
- maison Olivier, d'Omans,et celle des frotteurs à la mai son Brissonneau ctLolz, de Nantes.
- Ajn. — Pour relier les tramways de PAin et du Rhône, le conseil général a accordé une subvention r L * 200000 francs à la Compagnie T.-L.-N., qui construira 9 kilomètres de voie entre Neuville-sur-Saône et Trévoux.
- Aube. —- Un crédit est voté par le conseil général pour frais d’études des chemins de fer en projet.
- Sont approuvés les emprunts de 8j5 000 francs pour les lignes Cunfia-Glairvaux et Folisot-sur-Seine. de 1 o55 000 francs pour la ligne Sens-Nogent-Joigny et Villeneuve-l’Àrchevêque, de 1 180 000 francs pour la ligne Ervy-Coussegrey.
- p.317 - vue 317/416
-
-
-
- 318
- LA LUMIEKË ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série).— N” 36.
- Ardennes. — Le conseil general des Ardennes a volé en principe la construction d’un chemin de fer électrique de Méziêres à Sedau par la rive gauche do la Meuse. Il a également examiné la question du prolongement du tronçon Curiguan-Messempré, des Hautes-Rivières, de Pussemange, de Charlevilie-Renwez-lcs-Mazures, de Rocroi-Revin.
- Basses-Pyrénées. — Le conseil général a décidé la mise à l élude de tramways de Saint-Palais à liasparreu par lholdy et d’Hasparren à Bayonne par Briseous.
- Cuauente-Ineekieure. — Le conseil général a mis à l’étude les plans et devis du troisième réseau de tramways et chemins de 1er.
- Un emprunt do a 482 000 francs est voté pour la construction de la ligue de tramways de Rooheforl à Saint-.lean-d’Angély.
- Orne. — Le conseil général a décidé la mise à l’élude d’une ligne de tramways de Trun à Vimouliers.
- Le conseil a approuvé les conventions d’avant-projet, cahier des charges et prix de séries pour la construction des lignes de tramways de Donifront à Gorron, de Mayenne à Coutances, de Carrouges à Pré-en-Pail, de Garrouges à Alençon et deYillaines au Mouliu-du-Déserl, 11 a voté pour ces travaux un emprunt de 3 014 4*8 fr.
- Sarthe. — Avis favorable est donné par la Ghambre de commerce du Mans au projet de construction de la ligne de tramways de Mayenne à Sillé-le-Guillaume : la dépense s’élève pour le département de la Sarlhc, à 56o 000 francs.
- Seine-et-Oise. — Le conseil municipal de PonLoise a mis à l’éLudc un projet pour la construction d’une ligne de tramways de Pontoise à La Groix-de-Noailles.
- Tarn. — Un vœu est émis par la Chambre de commerce de Mazamet pour que les avant-projets de construction des lignes do chemins de fer électriques de Castres à Toulouse, Castres à Revcl, Cadalen àLaroque, par Gaîllac avec embranchement du pont de la Lèbre, à Vaour, soient réalisés le plus tôt possible et qu’ultdrieu-rementla ligne Gaslres-Toulouse soit prolongée jusqu’à Mazamet.
- Vosges. — Une prorogation de vingt ans est accordée à la Compagnie des tramways de Gérardmer à Relour-nemer, à la Schlucht et au Iloneek, en vue de permettre la substitution de la traction électrique à la traction à vapeur sur la section Gérardmer-Retournemer.
- Yonne. — Le conseil général a voté un emprunt do qio 000 francs pour la construction de la ligne de chemin de fer d’intérêt local de Gisv à Bray-sur-Sehie.
- Le conseil a approuvé les avant-projets des lignes de de chemins de fer électriques : d’Avallon à Ghastellux;
- des Cabanes à Saint-Légcr-Vaubanj de Grand-Island à CluUel-Censoir; d’Auxerre à Sainte*Colombc-Treigny 5 de Jeuilly à Touey; d’Auxerre à Tonnerre.
- Il a voté en principe un emprunt de la 950 000 francs pour les chemins de fer départementaux.
- Allemagne. — Outre la commande récente de locomotives, radministration des Chemins de fer Prussiens-llessois est en pourparlers avec des fabriques allemandes pour la livraison de 14 000 wagons de marchandises ainsi que de 1 000 wagons pour les chemins de fer d’Alsace-Lorraine livrables jusqu’au 3o septembre 19LL
- ÉCLAIRAGE
- Calvados. —» Une enquête est ouverte à la mairie de Bayeux sur le projet de eoucessioii à la Société d’Elee-tricité de Caen de la distribution de l’énergie électrique à Bayeux.
- Haute-Marne. — La Société Energie Electrique de Meuse et Marne a obtenu la concession d’un réseau de distribution d’énergie électrique dans 109 communes des départements suivants : Haute-Marne, Marne et Meuse.
- Loire. -— Le conseil municipal de La Cula a adopté un projet de distribution d’énergie électrique.
- Meurthe-et-Moselle. — La Compagnie Lorraine d Electricité a obtenu la concession d'un réseau de distribution d’énergie électrique comprenant un total de 214 villes et communes situées dans les déparlements de Meurthe-et-Moselle et des Vosges.
- Nord. — La Société Energie Electrique de Mons-en-Pévèle a été constituée à Lille, au capital de 460 000 fr. dans le but de fournir 1’éclairage électrique et la force motrice aux communes de Mons-en-Pévcle, Moucheaux. Thumeries, Mérignies, Wabagnies, Atliehes, Tourmi-gnios, Cappelle, Couliches, la Neuville, Auchy, Bersée, Faumonl, Bouvignies, et Avelin.
- Saône-et-Loire. — Le conseil municipal de Blanzy a décidé d’adopter pour la commune l’éclairage à l’électricité.
- TÉLÉPHONIE
- Aisne. — Le conseil .général a voté un emprunt de 55o 000 francs pour l’établissement de lignes, circuits et réseaux téîéphoniqnes.
- Aure. — Le conseil général a- voté Une somme de 100 000 iraues pour la création de réseaux téléphoniques et d’un circuit Villenauxe-Nesle-la-Reposle.
- p.318 - vue 318/416
-
-
-
- 7 Septembre 1912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 319
- Une subvention a été accordée pour rétablissement de deux nouveaux lils téléphoniques Troycs-Paris.
- Cantal. — Un crédit de 5 ooo francs est affecté par le conseil général pour l'installation du téléphone dans io communes,.
- Est votée en priucipe la construction des circuits téléphoniques Saint-Flour-Brioude, Aurilluc-Rodoz, Àui'illac-Saint-Flour, Rezentièrcs-Talizat, Àurillac-Saint-Mamet.
- Deux-Sèvres. — Un emprunt de ici 5oo francs est voté pour rétablissement d’un circuit téléphonique Niort-Bordeaux.
- Euhe. —La Chambre de commerce d’Evreux a demandé l’autorisation de contracter un emprunt de 44 6io francs pour les frais d’établissement du service téléphonique dans les communes d'Amfr.eville-la-Campague, Gros-Thçil, Bezu-lu-Forét, Breuilponl, Chavigny- Bailleul, Baubeuf- près-Yatleville , Fleury-la-Forét, Mouettes. Mousseaux-Neuville, Lilly, Saint-Pierre-de-Cernières, MarciUy-ia-Campague, Moisville; la construction d’un réseau urbain à Neaulles-Sainl-Marlin cl d’un circuit direct Léry-Louviers.
- Orne. — La part du département dans les dépenses d’établissement du circuit téléphonique Argentan-Caen est fixée à 7 167 francs.
- La commission départementale est chargée de réaliser un emprunt pour l’extension du réseau téléphonique.
- Puy-de-Dôme, — U11 emprunt du 80 000 francs est voté pour l'extension du réseau téléphonique départemental.
- Saone-et-Loiiu;. — La Chambre de commerce de Chalon a décidé d’avancer h l’Etat la somme de 3 i63 francs pour le circuit téléphonique Sainl-Usuge-Louhans.
- Sia nk-et-Oise. — Le conseil municipal de l’Isle-Adam a voté une somme de 7 900 francs pour rétablissement d’un nouveau ül téléphonique direct avec Paris.
- Vosges. — Un emprunt de 485 000 francs est volé pour divers circuits téléphoniques : SainL-Dié-Seuones. Viüel-Epiual, Lerrain-Darney, Gérardmer-Saint-Dié, La Chapelle-devant-Bruyéres à Granges, Epinal-Le Havre.
- Est décidé le rattachement de sept communes au réseau départemental : Destord, Dommurtin-lès-Reniire-mont, Jorxey, Seraucourl, Saint-Julien, Valleroy-aux-Saules. Xalfevilîer.
- Yonne. — Le conseil général a volé un crédit de 46 53o francs pour installation de plusieurs circuits téléphoniques, notamment Auxcrre-Joigny, Tonnerre-Chablis, Floguy-Sainl-Florenlin, Joigny-Sens.
- SOCIÉTÉS
- Tableau des recettes d’exploitation du mois de juin 1912.
- DÉSIGNATION ANNÉE Recettes du mois de juin Recettes depuis ic début de l’année D l F F É J U -: N c E ‘ E N T B DES TROIS PR en 1912 e en faveur de 19x2 iE LES RECETTES EMIERS MOIS , en 1911 en laveur de 1911
- francs francs francs francs
- Energie Electrique du Nord de la France 22 3 (>87 1 334 749 260 406
- Société Koubaisienne d’Ecluirage 304 487 X /|50 lf>l 14 580 (»)
- Kieotrique. Lille, Roubaix, Tourcoing... 1O6 3iq 960 3x6 124' 177
- Energie Electrique du Centre 271 36:1 1 701 868 200 i35
- Compagnie Electrique de la Loire »5o 74.9 I 544 305 135 Soi
- Société Générale de Fovces Motrices et d’éclai-
- rage de la ville ,de Grenoble 3i 87S i85 14'j 5 404
- Société des Forces Motrices du llaut-Crési-
- vaudan 53 578 328 086 07 939
- Union Electrique 79 1 G 487 049 119 544
- Est-Lumière 3îo 257 2 226 700 307 700
- Société d'Electricité de Caen • 37 928 294 i58 41 400
- Société Méridionale de Transport de Force. ... i3j 547 843 387 96 328
- Sud-Electrique. 141 535 923 661 18 460
- Est-Electrique 48 993 2.59 576 95 38i
- Electricité de Bordeaux et du Midi 69 292 63g 743 41 3o3
- Energie Electrique du Sud-Ouest i35 3oi S38 366 107 852
- Energie Electrique du Littoral Méditerranéen. 511 017 3 5i3 340 343 o58
- Chemins de Fer Electriques départementaux de
- la Haute-Vienne 36 237 i63 727 102 976
- Tramways de Roubaix-Tourcoing 160 38.4 1 oo5 /,o3 8 o3o (!)
- O Fn 1911 Exposition de Roubaix. _
- p.319 - vue 319/416
-
-
-
- 320
- LA] LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX(2*Série). —N*36.
- CONVOCATIONS
- Société d'E/ectricilé Nilmef/or. — Le 17 septembre, 19, rue Blanche, Paris.
- Société Française des Lampes Carbone. — Le 20 septembre, 28, rue de la Bienfaisance, Paris.
- Gaz et Electricité de Bergerac. — Le 14 septembre, 68, rue Michel-Ange, Paris.
- Société gazihre et électrique de Vifieneuve-sur-Lot. — Le 14 septembre, 68, rue Michel-Ange, Paris.
- Société d'E/ectricité de la Marche et du Limousin. — Le 17 septembre, 364, me Lecourbe, Paris.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Deutsche Gasg/iihlicht Aktiengesel/schaft (Auergesel/schaft).
- Berlin, 0,17.
- Osrani armaluren uud installations inuleriul.
- Ateliers de Constructions Electriques du Nord et do /"Est,
- Jeumont.
- Bulletin, décembre 1911. — Distribution d’eau de la commune d’Ixelles.
- Bulletin, janvier 1912. —-Installations électriques de la Société anonyme des charbonnages d’Ans et de Rocour.
- Thomson-Houston, 10, rue de Londres, Paris.
- Bulletin, juillet 1912. — Equipements de moteurs de laminoirs type TL.
- Nomenclatures et Bulletins sur le matériel de traction.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Un concours restreint est ouvert pour la fourniture, le montage et la mise en place d’un groupe éleclrogène
- et de ses accessoires à installer à la boulangerie de guerre de la station-magasin de Troyes, pour la production de la lumière électrique.
- Les personnes désirant prendre part à ce concours, devront faire parvenir pour le 16 septembre 191*2, avant 6 heures du soir, au plus tard, au sous-intendant militaire chargé du premier service à Troyes les pièces requises en pareille matière.
- Les cahiers des charges et autres documents régissant l’entreprise sont déposés dans les bureaux du sous-intendant militaire chargé du premier service à Troyes, 110, rue de Paris, où le public est admis à en prendre connaissance.
- Les personnes désirant soumissionner sont autorisées à se rendre sur les lieux où l'iustallation doit être faite pour y relever toutes les indications nécessaires à l’établissement du devis, des plaus, dessins et croquis à produire eu même temps que la soumission.
- Le concours restreint sera clos dans les cinq jours qui suivront la date fixée pour le depot des soumissions et des documents devant les accompagner.
- En cas d’insuccès de ce concours, un concours restreint aura lieu le 28 septembre 1912, et un avis particulier sera adressé aux concurrents ayant pris part au premier concours, pour les inviter à faire parvenir, en temps utile, une nouvelle soumission.
- Les concurrents nouveaux qui désireraient prendre part au deuxième coueours, devraient faire parvenir pour le 25 septembre 1912, avant 6 heures du soir, au plus lard, au sous-intendant militaire du premier service à Troyes, 110, rue de Paris, leur soumission sous pli fermé.
- BELGIQUE
- Le 9 septembre, à 10 heures, a la maison communale, à Plainevaux (Liège), remise de la concession et de la distribution d’énergie électrique dans la commune.
- en ète
- Le 10 septembre, à la préfecture de Candie, concession pour quarante ans de l’éclairage électrique de la ville : subvention annuelle delà municipalité, 40 000 fr.
- PARIS* — IMPRIMERIE LEVÉ» 17, RUE CAbSETTE.y;
- Le Gérant : J.-B.Nouet
- p.320 - vue 320/416
-
-
-
- mata-quatrltm* mdi*.
- SAMEDI 14 SEPTEMBRE 1918.
- Tom* XIX (8* sari*). — N* 39.
- La
- é
- Lumière Électrique
- • Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ELECTRICITE
- AIMIIW mm — _ -...- .. ...... . . ......— . . --
- La reproduction des articles de La Lumière Electrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 3'2i. — G. Cuvillieh. Les moyens de transport en commun dans les villes modernes, p. 'ia'i.
- Extraits des publications périodiques. — Usines génératrices. Les accumulateurs de chaleur élee-tricpies, A. Rittiïhshausun, p. 334- — Télé graphie et téléphonie sans. fil. Sur l’envoi de l'heure par signaux électriques, et sur un moyen de taire donner ces signaux par une horloge, G. Bigoukdan, p. 336. — Divers. Le chauffage électrique des églises, O. licv, p. 337. — Variétés. La télégraphie sans fil en aéroplane, p. 33i). — La houille bleue, p. 340. — Bibliographie, p. 344, — Chronique industrielle et flnancière. Notes industrielles. Une scie pliante pour les électriciens, p. 348. — Etudes économiques, p. 348. — Renseignements commerciaux, p. 35o. — Adjudications, p. 352.
- edi rom al
- Comme nos lecteurs oui pu s'en rendre compte par les articles que nous publions depuis plusieurs mois, la traction semble être, de toutes lés applications de l’électricité, celle qui occupe la première place dans l’actualité industrielle. Tandis que la technique des machines est à peu près stationnaire, et donne surtout lieu à des travaux théoriques, que les perfectionnements de l’éclairage sortent en détail et lentement du laboratoire, que les recherches sur la radiotéléphonie semblent éprouver un temps d’arrêt, le domaine de la traction est presque le seul où l’elTort des électriciens ait une sanction immédiate et soit soumis presque chaque jour à l'épreuve immédiate, décisive,
- tic l’application industrielle en grand. Aussi les discussions entre les techniciens sont-elles particulièrement substantielles; les champions du continu, du monophasé et du triphasé ne luttent pas dans le vide des théories, mais à la lumière' des chiffres et des données expérimentales qu’apporte l’expérience de chaque jour. Aussi avons-nous été conduits à faire une très large place à l’étude de ces problèmes qui semblent actuellement constituer la principale préoccupation des électriciens, etauxquels l’électrification imminente des lignes de la banlieue ouest de Paris vient donner encore une actualité plus
- aiguë. ___
- Mais il convient avant tout de bien voir
- p.321 - vue 321/416
-
-
-
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Séria). — N*37.
- 322
- pourquoi le problème se pose, quelle est la raison qui pousse tous les pays du monde à électrifier leurs réseaux, de chercher en un mot la philosophie de ce mouvement vers l’électrification.
- L’une des principales est assurément la concentration dans les villes modernes et leurs alentours immédiats d’une population sans cesse plus nombreuse, plus active et plus attachée à économiser le temps de ses déplacements. D’où la nécessité de transports en commun rapides, maniables, propres; bref ayant les qualités qui sont celles du tramway ou du chemin de fer électrique. C’est ce que M. G. Cuvillier, qui a récemment décrit ici même le nouveau Métropolitain de Hambourg, fait ressortir en rassemblant les résultats de différents .travaux sur la question.
- Cette étude très détaillée examine successivement les données du problème, c’est-à-dire les lois du développement des villes, les desiderata de la clientèle des transports urbains, les conditions matérielles et économiques d’existence de ces services, — et à ce propos la question si complexe des tarifs, — enfin les propositions faites en vue d’améliorer la situation de ces services, situation qui, dans son ensemble, est fort loin, comme on sait, d’être satisfaisante..
- Nous pensons qu’une telle étude, — que nous avons tenu à présenter en une fois et d’un seul tenant, — condensant une documentation importante sur un problème qui est traité aujourd’hui à tant de points de vue divers, présente à l’heure actuelle un très réel intérêt.
- M. A. Hiltershausen vient de proposer un procédé destiné à faciliter le développement du chauffage et de la cuisine électrique, développement qui préoccupe tant les indus-
- triels allemands et si peu les sociétés françaises.
- La solution que propose M. A. Ritters-hausen, en maintenant le prix du kilowattheure au-dessous de 5 ou 6 centimes —- limite qu’il est nécessaire de ne pas dépasser dans ces applications spéciales de l’électricité — consiste à faire chauffer très économiquement l’eau dans un accumulateur de chaleur électrique dont il donne le schéma.
- M. Bigourdan propose de perfectionner par un moyen simple et ingénieux, l’envoi des signaux horaires.
- Le chauffage des églises se heurte à certaines difficultés dues à l’humidité, destructrice des vitraux, et au manque inévitable d’harmonie architecturale des canalisations.
- Avec le chauffage électrique, on obtient, d’après M. Ely, des résultats fort satisfaisants; aussi ce mode de chauffage se développe-t-il en Autriche, en Allemagne et en Suisse.
- Si la télégraphie sans fil en aéroplane peut être considérée comme mise au point, en ce qui concerne la technique des appareils, par les expériences que nous avons déjà relatées l’année dernière, il reste à déterminer les conditions optima de fonctionnement de ce service. Un semble déjà fixé sur ce point que la radiotélégraphie en avion a son domaine, au point de vue des exigences militaires, dans les reconnaissances à moyenne distance.
- La houille bleue, c’est-à-dire la force des marées, constitue, d’après M. Séverin, un véritable trésor à exploiter pour notre pays. Dans une conférence à laquelle nous faisons de larges emprunts, l’auteur expose comment pourrait se réaliser pratiquement cette exploitation.
- p.322 - vue 322/416
-
-
-
- 14 Septembre 1012.
- LA LUMIÈRE ÉLECTiRIQ.UE
- 323
- LES MOYENS DE TRANSPORT EN COMMUN DANS LES VILLES MODERNES
- I. — D K V E L O P1 ' E M K ÎS T SIM ULT.VN É UES VILLES ET Uli LEIJHS MOYENS UE TUANSI'OHT (*).
- Progression de la population des villes.
- Pendant le xix0 siècle, la population des villes a augmenté dans des proportions extraordinaires. Le développement des chemins de fer, de l’industrie manufacturière, la vulgarisation de l’emploi des machines, sont les causes principales de cet état de choses.
- L’augmentation de la population urbaine, déjà très forte en Europe, a été particulièrement sensible en Amérique ; New-York avait au début du siècle dernier 6o ouo habitants, i 900 ood en 1890, 3 4au uoo en 1900 et 4 800 oyo en 19.1 u. Chicago, fondé dans le courant du xix° siècle, compte maintenant •2. 180 000 habitants. Saint-Paul, Omaha, Kansas City, pour citer des exemples au hasard, ont plus que doublé de t884 à 1894.
- Cette progression inouïe s’aflirme d’ailleurs avec tous les inconvénients qu’elle comporte.
- Les habitants des villes s’entassent à l’intérieur de maisons toujours plus hautes dans des conditions hygiéniques de moins en moins favorables et, malgré les efforts éclairés des pouvoirs publics, la mortalité est beaucoup plus forte parmi les citadins que dans les populations rurales.
- Aussi les économistes cherchent-ils par tous les moyens à décongestionner les villes, à substituer au développement vertical des cités, étages sur étages, le développement horizontal de celles-ci. Pour cela il faut rendre plus facile le reflux de la population vers la périphérie et vers les banlieues où elle peut ti’ouver à bon compte l’air, l’espace
- (') Les principaux documents utilisés dans cet article sont les suivants ;
- Rapports de M.Dausset,de M.Kuiiles auXVIIe Congrès international de Christiania; Schmipit, Elektrotechnische Zeitschrift, 3o mai 1912; Kemmann, Elektrisehe Kraft-betriebe und Bahnen, 14 mai 1912.
- et la lumière qui font défaut au centre.
- Répartition de la population dans une ville moderne.
- Bien entendu, cet accroissement de population des villes ne se fait pas sentir d une façon homogène sur toute la surface de celles-ci.
- Dans la plupart des grandes villes, il existe une certaine zone où se trouve la presque totalité des monuments publics, des lieux de travail, de réunion, de plaisirs. C’est le cas à Paris, à Londres, à Berlin, à Rome, à New-York, etc. Or, ces centres d’activilé tendent plutôt à se dépeupler au profit des quartiers périphériques. Le nombre des locaux utilisés comme logements proprement dits y décroît d’une façon continue, parce qu’ils font place à de nouveaux édifices publics,. à un nombre toujours plus grand de magasins ou de bureaux, ou parce qu’ils disparaissent à la suite de grandes opérations d’assainissement et de voirie.
- Cet exode de la population vers l’extérieur n’est possible que si l’on met à sa disposition des modes de transport en commun extrême-ment souples et bien adaptés à ses besoins. Ce problème n’a guère pu être résolu que le jour de l’apparition de la traction mécanique des véhicules et en particulier de la traction électrique.
- Il ne faut pas perdre de vue que si la création d’un réseau de transports perfectionnés peut faire disparaître l’encombrement permanent des grandes cités, il provoque par contre des encombrements temporaires avec lesquels il faut compter.
- Aux heures d’affluence, les voyageurs se pressent en masses compactes à proximité des stations urbaines, et les innombrables véhicules des entreprises de. transport qui font usage de la voie publique
- p.323 - vue 323/416
-
-
-
- 324
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — H» 37.
- obstruent celle-ci au point cl’y rendre la circulation presque impossible.
- Si l’on construit la courbe donnant le pour cent de l’accroissement annuel de la population dans la banlieue et dans les quartiers ex-centrique§, on voit cette courbe s’infléchir vers le haut d’une façon très nette dès l’apparition des tramways à vapeur, et accuser une autre inflexion beaucoup plus marquée au moment de la création des lignes à grande vitesse, à traction électrique. Les courbes relatives à la banlieue font ressortir ce fait ([ue la population extra-urbaine progresse plus rapidement encore que celle de la périphérie de la ville proprement dite.
- Deux lois du développement des villes.
- Le va-et-vient de la population à la périphérie ne se fait pas au détriment du mouvement urbain mais croit en même temps que lui. La statistique nous révèle les deux lois suivantes :
- Dans toute agglomération en voie d’augmentation, la proportion des habitants qui font usage des moyens de transport urbains croit plus vite que Vaccroissement du nombre total des habitants eux-mêmes : si la ville s’agrandit, c’est que l’activité humaine devient encore plus intense.
- A population égale, la ville dont la densité de population est la plus faible, est celle on le service des transports est le plus actif
- Cependant la clientèle habituelle des services de transports en commun d’une ville quelconque n’est pas composée comme la population moyenne de cette ville, elle cpnipte surtout des commerçants, des employés et des hommes d'affaires dont les maisons sont dans les quartiers du centre; des ouvriers non sédentaires, qui vont travailler tantôt en un point, tantôt en un autre ; des éc.oliers qui fréquentent des établissements répartis à peu près uniformément dans toute la ville.
- Opinions diverses su/' la question.
- Bien des économistes persistent à ne pas
- vouloir reconnaître l’influence de la facilité des communications urbaines sur le développement des villes. Ainsi M. d’Avenel, dans son « Mécanisme de la vie moderne », va jusqu’à affirmer que les moyens de transport locaux n’ont en la matière qu’une influence très secondaire.
- Par contre il ne manque pas de spécialistes notoires qui sont d’une opinion tout opposée.
- Un professeur allemand, M. Kammerer, de Charlottenbourg, qui a étudié l’évolution des grandes villes, assimile celles-ci à des cercles géométriques dont le centre serait un centre d’activité unique pour les habitants. Il admet que chacun d’eux peut au maximum consacrer en moyenne une demirheure deux fois par jour pour le trajet aller et retour entre son domicile et le centre des afïàires.
- De ces hypothèses, il déduit les dimensions de la cité théorique uniquement en fonction des moyens de communication dont elle dispose :
- i°) Si le déplacement se fait à pied, à une vitesse de 4 kilomètres à l’heure, la ville aura i kilomètres de rayon et tîII2—i4 kilomètres carrés de superficie.
- 2°) Avec les tramways à traction animale (6 kilomètres à l’heure), on trouve 3 kilomètres de rayon et 28 kilomètres carrés de superficie.
- 3°) Avec des tramways électriques (10 kilomètres à l’heure), 5 kilomètres de rayon, 79 kilomètres carrés de superficie.
- 4°) Avec des lignes électriques à vitesse accélérée (14 kilomètres à l’heure) : 7 kilomètres de rayon, 154 kilomètres carrés de superficie.
- 5°) Avec le chemin de fer (20 kilomètres à l’heure): 10 kilomètres et 314 kilomètres carrés.
- 6°) Avec des lignes surélevées ou souterraines à traction électrique à grande vitesse (3o kilomètres à l’heure): i5 kilomètres et 706 kilomètres carrés.
- Ce raisonnement, exposé avec une sérénité toute mathématique, ne laissera pas cle
- p.324 - vue 324/416
-
-
-
- 14 Septembre 1912.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 325
- déconcerter un peu par sa simplicité même.
- Une ville ne possède pas un centre unique d’affaires mathématiquement localisable, et le développement du réseau des communications n’influe pas seul sur la dimension des villes, il n’est qu’un des multiples facteurs qui déterminent leur développement.
- D’une étude approfondie de la question, la conclusion à tirer est la suivante :
- L’intensité du mouvement de la population, en particulier le mouvement vers l’extérieur de la ville et le développement des services de transports, ont un caractère de simultanéité marquée, et de réciprocité tel qu’il est difficile de dire lequel des deux précède ou suit l’autre.
- C’est avec la plus extrême prudence qu’il faut déduire entre ces deux phénomènes des relations de cause à effet, tant sont nombreux et complexes les facteurs que l’on rencontre dans l’étude de ce problème délicat, mais c’est une vérité évidente que le-développement des moyens de transport contribue dans une large mesure au décongestionne-ment du centre des grandes villes au profit de leur périphérie.
- Bien plus à mesure que se perfectionne la technique des transports on constate la tendance plus accentuée des citadins à refluer au delà des quartiers excentriques, jusque vers la banlieue. C’est ainsi que Vandervelde a pu affirmer « que les cités de l’avenir seront « bien moins des centres d’habitation que « des agglomérations de monuments, des « lieux de réunion ou de travail, des rendez-« vous d’affaires, de plaisirs et d’études ».
- Conséquences sociales.
- Dans son rapportai! Congrès international do Christiania, M. Dausset, se plaçant à un point de vue extrêmement intéressant, a cherché quelle pouvait être l’influencé des transports en commun modernes sur les habitudes sociales. En premier lieu la facilité des transports urbains a pour conséquence la possibilité du resserrement du lien familial, chef de famille, qui va çherçher loin du
- foyer les moyens de subsistance de celle-ci, rentré plus tôt qu’auparavant auprès des siens; il peut même prendre avec eux le repas de midi; ce qui lui était jadis souvent impossible. Il goûte davantage la satisfaction de jouir d’un intérieur plus confortable dans lequel il peut s’occuper suivant ses goûts, à ses moments perdus. Le voyage en tramway lui évite la tentation de s’arrêter aux cabarets qu’il trouvait sur son chemin quand il allait à pied à son travail; la lecture du journal et le contact de ses camarades, pendant les loisirs forcés que lui procurent le voyage stimulent heureusement son activité intellectuelle. Le dimanche, les sorties en famille et les promenades en banlieue constituent des distractions saines qui sont maintenant à sa portée.
- Des esprits inquiets regrettent que la facilité des moyens de transports vers le centre de la ville attire vers les grands magasins une clientèle de ménagères, de femmes d’employés et de petits rentiers, qui trouvent dans ces visites l’occasion de faire des dépenses exagérées. Peut-être faudrait-il considérer au contraire que c’est grâce à cette facilité de communications que le petit consommateur peut échapper à la tyrannie des détaillants de quartier en se faisant servir mieux et à meilleur marché, dans les grands magasins toujours mieux achalandés, et mieux pourvus comme choix et comme qualité, et ayant un service de livraison à domicile sûr et rapide, sans lequel l’existence serait intolérable dans beaucoup d’agglomérations excentriques.
- II. —La. clientèle des services urbains
- DE TRANSPORT EN COMMUN.
- Élude des desiderata de la clientèle.
- Si l’on veut analyser les raisons qui poussent les habitants d’une cité moderne à se déplacer, il faut distinguer:
- a) Les déplacements obligatoires;
- b) Les déplacements facultatifs.
- Ées premjér» §ç>nt d’autant plus fréquents
- p.325 - vue 325/416
-
-
-
- 326
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- que s’accusent la fièvre des affaires et l’âpreté du combat pour la vie ; les seconds croissent, en nombre,beaucoup plus rapidement encore, par suite de l’ambiance, des habitudes acquises, de la répugnance du citadin pour tout effort physique et par suite du désir de se procurer les satisfactions, peut-être factices, auxquelles on ne pouvait songer auparavant, et (fui deviennent aisément possibles grâce à la commodité même des moyens de transports.
- Pour le public les avantages que lui apportent la création d’une ligne de transports doivent compenser la perte de temps et les frais de transport, qui résultent de l’utilisation de cette ligne.
- A la périphérie d'une agglomérat)’onurbaine, les loyers sont moins élevés, la vio moins chère, l’espace moins parcimonieusement -mesuré et les habitations plus tranquilles et plus commodes.
- La cherté de vie dépend en grande partie de l’organisation commerciale et économique locale et de la clientèle de chaque quartier; les loyers sont fonction du prix des terrains et du coût des constructions : deux facteurs subordonnés aux conditions économiques imposées aux propriétaires et aux sociétés immobilières : généralement le prix des terrains diminue à mesure qu’ils se trouvent plus loin du centre de la ville. Au contraire la statistique démontre ce fait paradoxal que le prix de revient du mètre cube de pièces habitables reste sensiblement constant.
- Le plus souvent le voyageur réalise line économie moins forte du fait de la réduction des tarifs que du l'ait de la diminution du temps des voyages.
- IVune statistique comparative portant sur un certain nombre de grandes villes, il ressort que le public n’allache pas d’importance uniquement aux considérations d’économie que peuvent lui procurer les lignes de transport. D’autres considérations priment dans bien des cas, en particulier celle de la commodité de la vie et du bien-être : souvent . l’ouyrier qui veut s’éloigner du centre de la
- T. XIX (2* Série).—N0 37.
- ville en vient à admettre a priori que les frais de transport et de loyer qu’il va falloir lui consentir dépasseront notablement le prix du logement qu’il occupe. 11 n’hésite pas cependant à faire le sacrifice de cette différence de prix pour avoir la satisfaction de se sentir plus commodément et plus largement logé.
- Les améliorai ions à apporter à la technique des transports pour en assurer un succès plus grand encore auprès du public sont les suivants d’après AL Dausset:
- i°) Plus grande fréquence des passages, supprimant les longues attentes des voyageurs, grâce à la multiplication des voitures en service.
- a°) Accélération de la vitesse commerciale par des perfectionnements du mode de traction et la création d’arrêts fixes à stationnements très courts.
- ?)") Accélération et simplification du service par l’institution des tarifs sectionnés.
- 4°) Tarification raisonnable et prix de faveur consentis à certaines catégories de voyageurs.
- TIT. — Conditions d'existence des services URRAINS UE TRANSPORT EN COMMUN.
- La crise des services de transport.
- La Section des Transports de l’Office commercial d’Angleterre ne manque pas de faire ressortir dans chacun de ses rapports l’in-sulfisance actuelle des lignes 'à grandes vitesses dans presque toutes les grandes villes. Ce mauvais état de choses ne sera pas entièrement amélioré par l’électrification des lignes à vapeur existantes à laquelle on procède presque partout. Que proposer comme remède à une semblable situation ?
- Les causes en sont très diverses et nécessitent une étude complète du régime d’exploitation des services de transport.
- Les services de transport en commun, qu’ils appartiennent à des particuliers ou aux pouvoirs publics, sont soumis aux lois économiques générales qui régissent toute entreprise commerciale : elle n’est viable que si elle arrive à équilibrer sainement
- p.326 - vue 326/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 327
- 14 Septembre 4912,
- son budget. Dans les entreprises d’ordre privé, les bénéfices sont répartis entre les actionnaires ; dans les autres ils sont à la disposition de la communauté.
- Souvent les sociétés particulières se soucient par trop de la réalisation de bénéfices immédiats, et ce manque relatif de prévoyance les empêche de rendre tous les services que le public est en droit d'attendre d’elles : une société particulière, par exemple, ne consentira à l’établissement d’une ligne nouvelle que lorsqu’elle sera certaine de trouver dans le quartier à desservir une source de recettes justifiant les sacrifices qu’il lui va falloir s’imposer.
- Les entreprises publiques, au contraire, s'imposent souvent des charges inconsidérées, dans l’espoir de réaliser à longue échéance des espérances quelquefois utopiques : développement plus ou moins factice de l’activité locale, création de quartiers nouveaux, vivification de quartiers en voie de déclin, amélioration de la situation matérielle des classes ouvrières, et du sort de ses employés. Le souci d’amener à bien de semblables programmes, coûte que coûte, les rend souvent incapables de subsister sans devenir une véritable charge pour la communauté. C’est ce qu’il importe d’éviter : aussi avant d’établir une ligne nouvelle de transport doit-on examiner si cette ligne semble capable a priori de se suffire à elle-même, ou au moins d’accroître la vitalité réelle de l’agglomération qu’elle doit desservir dans la mesure correspondante aux sacrifices que cette agglomération va s’imposer pour elle.
- L’intérêt subjectif de l’entreprise se confond presque toujours, lorsqu’il est bien compris, avec celui de la communauté. Il y a même tout avantage à matérialiser en quelque sorte cette concordance d’intérêts, en associant d’une façon ou d’une autre à l’entreprise les particuliers auxquels elle rend le plus directement service : on amènera, par exemple, dans les limites où le permet la législation en vigueur, les propriétaires fonciers riverains, qui seront les premiers à
- tirer profit de la ligne nouvelle, à bâtir ou à consentir à des sacrifices pécuniaires assez importants pour assurer l’existence financière de cette ligne. De cette façon on évite les spéculations stériles, dont il y a tant d’exemples, causes de véritables crises immobilières, et on excite l’initiative privée à collaborer avec les entreprises d’intérêt public. Or l’initiative privée est seule capable de fournir le complément d’activité sans lequel il serait impossible de provoquer le développement et la vivification d’une organisation urbaine.
- De l’expérience acquise par les entreprises existantes, il semble résulter qu’il faut considérer comme extrêmement modérée une rémunération moyenne de. rfi centimes par personne transportée sur une ligne à grande vitesse et que tout abaissement de tarifs n’est possible qu’en réduisant les frais d’établissement qui sont souvent très élevés.
- Certains réseaux urbains à ciel ouvert, comportant, il est vrai, un grand nombre d’ouvrages d’art, déblais, remblais, etc., reviennent à plus de 3oo ooo francs le kilomètre.
- La possibilité d’éviterauxheures d’affluence l’encombrement des rues par les véhicules et de réaliser de grandes vitesses conduit à la création des lignes aériennes ou souterraines, même dans des cas où ces dernières pouvaient sembler peu indiquées à cause du prix énorme de leur établissement et de leur entretien.
- L’emploi des ascenseurs constitue une lourde charge pour l’exploitant.
- Outre le prix du transport, les facteurs les plus importants qui intéressent un réseau de communications sont le montant du capital et la densité du trafic. 11 ne faut pas oublier toutefois que ce dernier facteur est fonction lui-même du prix du transport.
- On peut citer l’exemple de certaines villes dans lesquelles le capital engagé des compagnies de transport est monté à plus du double de ce qu’il devrait être si l’on ne tenait compte que de la valeur absolue des installations, par suite de réorganisations
- p.327 - vue 327/416
-
-
-
- 32H
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série).—N“ 37.
- successives et de fusionnements des sociétés primitives; transformations et fusionnements rendus nécessaires par les perfectionnements des systèmes de traction, et des méthodes d’exploitation.
- Les intérêts à payer par les services de transport sont en fonction directe du capital eneagré et non de la valeur réelle des installa-lions.
- On voit ainsi des sociétés qui pouvaient être florissantes ne pas payer de dividendes et même se trouver en déficit à cause de charges financières exagérées.
- Par rapport aux capitaux engagés, les recettes sont en générai insuffisantes, sans compter qu’elles tendent à diminuer ultérieurement par suite de la concurrence; les charges sont toujours croissantes : élévations des salaires et du prix des matières premières, frais d’exploitation, d’entretien, de réfection des installations.
- L’exploitation des lignes a donc souffert de l’énormité des frais d’élablissscment, de la mauvaise adaptation des services aux besoins du public et des conditions défectueuses d’exploitation.
- Etablissement des tarifs.
- Le prix moyen d’un voyage s’obtient en divisant la recette totale par le nombre des voyages effectués. Mais pour arri ver à rendre possible la comparaison des tarifs entre des lignes différentes, il convient de diviser le résultat précédent par le nombre de kilomètres parcourus en moyenne par voyage. Ce nombre est malheureusement diflicile à déterminer dans la plupart des cas, et fréquemment on ne connaît que le premier de ces chiffres.
- Pour les véseaux urbains proprement dits, ce nombre donne un terme de comparaison suffisant, par suite du peu de différence de longueur des lignes entre elles. s L’établissement des tarifs des billets est une question très complexe et de la plus haute importance. On doit chercher à satisfaire aux deux conditions générales suivantes;
- i° Les prix doivent être assez bas pour qu’un public suffisamment nombreux ait intérêt à se sei’vir des moyens de transport qui lui sont offerts ;
- a0 Les prix'doivent être assez élevés pour donner à l’entreprise la juste rémunération, sans laquelle elle ne pourrait subsister et prospérer.
- Pour le public, les considérations déterminantes sont donc les suivantes:
- ]° La différence dé prix des loyers aux extrémités des parcours ;
- , :>.° La différence de cherté et de commodité de la vie, les avantages et les inconvénients divers qui résultent d’une résidence permanente en ces deux points;
- 3° La perte de temps et les inconvénients que comportent nécessairement des déplacements répétés.
- En ce qui concerne l'exploitant, son budget a pour facteurs principaux :
- i" Les frais de premier établissement, ceux d’exploitation et le coût du transport d’un voyageur ;
- 2° Les charges et servitudes imposées par les contrats et par les règlements administratifs ou consenties par l’entreprise dans l’intérêt de tiers ou de la communauté ;
- 3° Les secours et les avantages de toute nature accordés à l’exploitation.
- Les solutions adoptées.
- En Amérique, il n’y a qu’une seule classe pour les lignes Urbaines à grande vitesse, avec une taxe unitaire de 5 cents (26 cent, au) indépendante de la distance sauf de rares exceptions; on ne fait aucune différence entre les trains express et les trains ordinaires.'
- A Paris, le métropolitain comporte deux classes : en première on prélève 25 centimes, en deuxième i5 centimes. En outre, à certaines heures il est délivré en deuxième des aller et retour à 20 centimes.
- A Londres les tarifs sont très variés ;
- Les A’oies tubulaires n’ont qu’une seule (*)
- (*) Voie spécialement Kémmann Eleklrische Kraft-betnebe ttnd Bahnen, 14 mai 1912,
- p.328 - vue 328/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 329
- 14 Septembre 1912.
- classe, les autres ont deux classes. Les prix du transport sont gradués selon la distance. Mais cette gradation échappe à toute loi à cause de la concurrence.
- Les lignes tubulaires, pour simplifier un peu leurs séries de billets, ont établi dernièrement les prix par groupes de stations. D’une façon générale on trouve : billets pour adultes, pour enfants, pour parcours aux heures les moins chargées, pour parcours matinal, billets d’ouvriers, d’écoliers, billets simples, billets d’aller et retour, billets en bandes ou en carnet ; cartes hebdomadaires, mensuelles, bimensuelles, trimestrielles, semestrielles, annuelles, de différentes classes, billets de faveur pour familles, précepteurs; billets de correspondance avec les réseaux voisins, billets spéciaux (en grand nombre), billets pour convois ordinaires ou pour express. Les prix sont très divers d’une ligne à l’autre et varient dans le temps et dans l’espace suivant la concurrence.
- Approximativement on peut poser comme base du tarif le prix de i penny du mille, c’est-à-dire 6,5 centimes du kilomètre (un peu moins pour les voies tubulaires). Les cartes pei’manentes sont calculées en admettant 12 voyages par semaine et en consentant une réduction de 5o % sur le prix normal. Dans les voies tubulaires les réductions sont beaucoup moins fortes, et, dece fait, les cartes permanentes ont peu de vogue, elles ont été supprimées, puis rétablies à cause de la concurrence.
- En général les cartes trimestrielles, semestrielles et annuelles content 3, 6, ia fois le prix des cai’tes mensuelles avec une légère réduction (exemple % pour certaines
- lignes), qui toutefois n’est pas consentie par toutes les compagnies.
- En général les cartes permanentes sont établies en prévision de 6oo voyages par an, et en réalité les compagnies sont en droit d'estimer qu’elles ne doivent guère être utilisées davantage, puisqu’en Angleterre le principe du travail en une seule séance journalière est partout admis. L’Office du commerce
- anglais considère d’ailleurs cbmme un abus l’emploi des cartes d’abonnement un plus grand nombre de fois que celui qui a servi de base à l’établissement des prix, comme le font les commissionnaires, les chasseurs, etc. sans parler de ceux qui prêtent leur carte d’abonnement à des tiers,- ce qui constitue une fraude caractérisée.
- La proportion des voyages effectués avec des cartes permanentes est de 3 % sur les lignes tubulaires et de 12 % sur la ligne du district. Sur certaines lignes de banlieue, ce chiffre est beaucoup plus élevé.
- A Berlin, sur les lignes urbaines, circulaires et de banlieue, les tarifs sont également très complexes. Toutefois, en ce qui concerne le groupement des billets et l’établissement des prix, on a cherché une simplicité, une unité, et une équité qu’on pourrait donner en exemple : suppression des billets d’aller et retour, réduction du nombre des cartes d’abonnement aux cartes mensuelles, cartes mensuelles complémentaires, cartes d’écoliers, cartes hebdomadaires d’ouvriers. Les tarifs ne sont plus sujets à des fluctuations comme à Londres. A l’intérieur de la ligne circulaire urbaine, il n’y a que deux types de billets pour chacune des deux classes : les premiers comprennent cinq stations, les deuxièmes tout le parcours. Les prix sont beaucoup plus bas qu’à Londres, ceux des cartes d’abonnement sont minimes si l’on tient compte du nombre de fois où elles sont employées : à Berlin il faut compter sur une moyenne de quatre voyages par jour et non deux comme en Angleterre, de telle sorte qu’au lieu de payer un voyage sur deux comme à Londres, on en paye un sur quatre et mêmeplus. Pour les lignes aériennes et souterraines, les principes sont tous différents : il n’existe qu’un seul type de billets, et les réductions consenties ne portent que sur les voyages exécutés le matin (ouvriers). A part cela les tarifs sont échelonnés selon la distance en groupes de stations. Bien que la ligne aérienne comporte deux classes, il n’y
- p.329 - vue 329/416
-
-
-
- 330
- LA LUMIÈRE
- a pas plus de deux douzaines de sortes de billets.
- A Hambourg (*) le métropolitain a trois sortes de billets en deuxième et troisième classes, les seules qui existent: ils correspondent à trois sections : la première va jusqu’à la cinquième station à partir de celle de départ, la deuxième jusqu’à la dixième et la troisième comprend tout le parcours.
- Il existe des billets ouvriers qui sont distribués jusqu’à 7 heures du matin et peuvent comporter des aller et retour.
- Untarifextrêmementcompliquéa été adopté pour les cartes temporaires de circulation, qui sont trimestrielles ou annuelles. Le prix des cartes trimestrielles va en diminuant de trimestre en trimestre, du premier au quatrième, de telle sorte que le prix des quatre cartes trimestrielles ne se trouve guère dépasser en fin d’année celui de la carte annuelle de la classe correspondante.
- En outre on délivre des carnets hebdomadaires de billets ouvriers à des prix assez avantageux.
- Insuffisance des tarifs actuels.
- De l’avis général, c’est l’insuffisance des tarifs qui est la cause principale du marasme dont souffrent actuellement les services de transport, sauf dans les cas exceptionnels où cette insuffisance est rachetée par une activité énorme du trafic. Cette constatation s’applique aussi bien aux lignes de banlieue qu’aux lignes ui’baines à grande vitesse qui se soudent aux chemins de fer et en prolongent le trafic à travers les métropoles. A Londres, les lignes électriques à grande vitesse ne rapportent que 2 % en moyenne; à Berlin, le réseau à grande vitesse ne rapporte pour ainsi dire rien et doit recourir à l’appui des chemins de fer de l’Etat. A Paris la situation est meilleure, il est vrai.
- Dangers de Vavilissement des tarifs,
- Pour remédier à cet état de choses, une
- ÉLECTRIQUE T. XIX (2‘ Série). — 37.
- étude détaillée des principes de tarification s’impose donc. C’est à la méconnaissance de ces principes que l’histoire toute nouvelle des moyens de transport modernes a dû d’enregistrer tant de mécomptes et tant de déboires.
- Une orreur fondamentale est de croire que le rendement d’une ligne dépend presque uniquement de l’affluence des voyageurs et que tout abaissement de prix du transport dans le but de solliciter cette affluence doit être une cause de prospérité.
- Avec ce principe on arrive à consentir à faire des sacrifices inadmissibles. A Londres certaine ligne, au moment d’adopter la traction électrique, diminua de 20 % ses tarifs : les recettes augmentèrent de 19000 livres et les dépenses de 2.1 000 livres.
- L’avilissement des tarifs n’est donc pas une solution à recommander.
- A Berlin les réseaux urbains, circulaires, et suburbains ont, par l’application de tarifs réduits outre mesure, fait augmenter d’un certain nombre de milliards la valeur des terrains, sans le moindre profit ni pour eux-mêmes, ni pour les voyageurs.
- La ligne surélevée au contraire a maintenu ses tarifs à un taux raisonnable: le développement de la ville dans les régions qu’elle dessert ne s’en est pas plus mal trouvé, et l’on peut même remarquer que l'on paye les loyers plus cher autour de cette ligue qu’à proximité des réseaux mentionnés plus haut.
- Les charges administratives.
- Bien souvent d’ailleurs les entreprises de transport ne peuvent établir leurs tarifs avec toute la liberté désirable. La concurrence, en particulier, est la cause de véritables désastres, il est du devoir des pouvoirs publics de la restreindre dans des limites acceptables.
- Autre fait: les entreprises publiques doivent compter avec la communauté et dans bien des cas les autorités ou administrations publiques font sentir trop impérieusement leurs exi-gences* car il leur 'est difficile de rester
- (f) Voir notre article, Lumière Electrique, août 1912.
- p.330 - vue 330/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 331
- 14 Septembre 1912.
- impartiales dans une question où elles se trouvent être juge et partie.
- La question des tarifs de faveur accordés à une partie de la clientèle des lignes de transport, et imposés souvent par l’administration publique, a fait l’objet de longues et de nombreuses controverses.
- La politique de protection à outrance des classes ouvrières, d’ailleurs si intéressantes, fait injustement supporter par les services de transport un grand nombre de charges qui incomberaient plutôt à la communauté tout entière.
- Dans bien des cas aussi la fameuse « Opinion publique » joue un rôle néfaste : c’est elle en particulier qui empêche les tarifs de s’élever en proportion du renchérissement de la vie.
- Souvent des entreprises arrivent à transporter un nombre inespéré de voyageurs et se croient pour cela autorisées à faire à leur personnel et à leur clientèle des concessions exagérées; rabais sur les billets, élévation des émoluments du personnel, diminution du temps de présence et augmentation du nombre de jours de repos pour les employés.
- IV. '— Propositions en vue d'améliorer
- LA SITUATION UES SERVICES 1)E TRANSPORT EN COMMUN DANS LES VILLES (‘).
- Remèdes immédiats.
- Nous venons de voir que la situation des réseaux urbains de transport en commun était loin d’être satisfaisante.
- Les moyens les plus divers ont été proposés pour améliorer, cet état de choses. Malheureusement les tentatives faites n’ont pas toujours été précédées d’une analyse sérieuse des causes du malaise, et souvent le remède essayé s’est trouvé pire encore que le mal.
- Quand les sociétés de transport tentent de réaliser des économies au détriment de l’entretien des lignes et du matériel d’exploitation, ceux-ci ne tardent pas à se trouver dans
- P) Voir spécialement Schimpff, Elektroteehnische Zeitschrift, 3o mai 1912.
- un tel délabrement qu’il faut engager des dépenses spéciales pour les remettre en bon état. Si d’autre part on diminue le nombre des voitures prévues aux horaires, on provoque une suraffluenee de voyageurs intolérable, au point de rendre nécessaire l’intervention des autorités.
- LJne étude rationnelle de la question, seule, permet d’éviter de semblables erreurs. Cette étude doit porter principalement sur :
- i° Le trafic sur les lignes, avec détermination des fluctuations qui se constatent dans la journée, le mois, l’année ;
- a0 La longueur des trajets parcourus, en tenant compte des correspondances; déduire de là le temps moyen d’utilisation des places; le nombre et la longueur des voyages à vide pour gagner les gares ou pour en revenir;
- 3° Les heures de service du personnel ;
- 4° L’analyse des charges financières et des charges de toute nature qui grèvent l’entreprise.
- Pour préciser les données du problème, il sera bon d’établir les graphiques suivants :
- i° Courbe des recettes, de la population, du nombre de kilomètres par voiture;
- 2" Recettes, dépenses et voyageurs, rapportés au kilomètre ;
- 3" Habitants, nombre de kilomètres par voiture, recettes brutes, rapportés au kilomètre de voies ;
- . 4° Comparaison des recettes et des dépenses;
- 5° Comparaison des recettes et des dépenses des lignes de tramways dans différentes grandes villes.
- Les données statistiques qui se dégageront de cette enquête préalable permettront dé juger si l’exploitation actuellement remplie est bien comprise et d’y apporter s’il y a lieu des améliorations énergiques.
- Dans son élude sur les lignes à grande vitesse de Pittsburg, M. Sehimpff rappelle que B.-J. Arnold fait les propositions suivantes pour améliorer la situation du réseau des tramways :
- p.331 - vue 331/416
-
-
-
- 332
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N° 37,
- Dans Pintérieui* de la ville, supprimer autant que possible les terminus des trarmvays, qui sont la cause d’encombrements intolérables aux heures d’affluence.
- Réunir deux par deux les lignes radiales par des lignes transversales. Bien qu’on ne puisse contester l’existence d’un centre d’affaires assez nettement localisé dans la plupart des villes, il importe de remarquer que ce centre d’affaires, bien que d'une superficie restreinte, est le siège d’un mouvement intense de population, et qu’un réseau de tramways à lignes transversales pourra réaliser des bénéfices considérables en organisant dans ces quartiers un service spécial à sections réduites, avec billets aux prix habituels.
- Répartir aussi uniformément que possible les lignes à l’intérieur de la ville pour en éviter la congestion sur un petit nombre d’itinéraires particuliers.
- Pour les maîtresses lignes il conviendra d’utiliser de vastes voitures à quatre essieux.
- Éviter autant que possible tout embranchement dans les quartiers excentriques. Il vaut bien mieux établir des lignes de drainage et organiser le transbordement des voyageurs au point où celles-ci aboutissent aux lignes principales.
- Pour admettre le passage des voitures, des embranchements sur les lignes principales, il faut que le nombre des voyageurs, pendant les heures les plus intéressantes, soit suffisant pour utiliser au moins six grandes voitures à l’heure. Môme dans ces conditions, il semble indiqué de ne faire passer les voitures d’une voie sur l’autre qu’aux heures d’affluence et de rétablir le transbordement des voyageurs le reste du temps.
- Pour les embranchements et pour les lignes à fortes rampes, .il faut réserver les petites voitures à deux essieux.
- De tout ce qu’il propose — bon entretien de la voie, adaptation satisfaisante de l’exploitation aux besoins du trafic, utilisation aussi rationnelle que possible du matériel roulant — Arnold attend des résultats
- assez favorables sur les proportions relatives des recettes et des dépenses pour espérer obtenir ainsi la « rentabilité » cherchée.
- Utilité d'un plan d’ensemble.
- De plus, de l’avis d’Arnold, il ne faut pas croire que le problème aura reçu une solution complète quand on aura remédié aux différentes difficultés d’ordre technique et économique qui se présentent actuellement : il faut encore arrêter pour l’avenir le plan d’ensemble des réseaux à construire.
- Arnold arrive à cette conclusion en partant des considérations suivantes :
- i° Avec tout accroissement ultérieur de l’intensité du trafic, des embarras sont rendus inévitables dans les rues étroites du centre;
- a° Avec les tramways, la durée du parcours sur les différentes lignes limite rapidement toute nouvelle incorporation de territoires dans la zone actuellement desservie par eux, une accélération des voyages ne peut plus être obtenue que par l’introduction sur certains tronçons d’une exploitation à grande vitesse;
- 3° Pour rendre les lignes de banlieue utilisables dans des conditions meilleures encore, en ce qui concerne le trafic entre les endroits où la population travaille et ceux où elle habite, il serait souhaitable de relier plus intimement les gares terminus des chemins de fer au centre de la ville.
- La coordination de services de transports aussi distincts nécessite donc, dès le début, l’élaboration d’un plan d’ensemble des lignes à grande vitesse à créer dès que leur exploitation pourra être assez rémunératrice.
- Système à adopter.
- En ce qui concerne le système de lignes à adopter, Arnold est d’avis que les voies aériennes, ou les voies à ciel ouvert, doivent toujours être préférées, en principe, aux voies souterraines trop onéreuses.
- Malheureusement, l’établissement de voies aériennes ne peut se faire que dans de
- p.332 - vue 332/416
-
-
-
- 14 Septembre 1912.
- 333
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- larges artères, tandis que les rues de l’intérieur des villes, souvent trop étroites, ne peuvent être pourvues que de voies souterraines. Bien entendu, pour les quartiers excentriques, on peut sérieusement envisager la construction plus économique de voies aériennes ou en tranchée.
- Une ligne souterraine a, du reste, l’avantage de pouvoir traverser sans déviation et, par conséquent, sans détours inutiles des obstacles comme les fleuves et les collines.
- Pour diminuer les frais d’établissement d’une ligne à grande vitesse, Arnold propose de faire comme à Boston où les lignes à grande vitesse ne dépassent pas les limites d'une zone où les propriétés bâties ont une densité minima déterminée.
- A partir des terminus ainsi fixés rayonnent les tramways. Il faut, pour obtenir ce résultat, que les lignes à grande vitesse et les lignes de tramways dépendent d’une autorité unique.
- De plus, la ligne à grande vitesse doit être aménagée en sorte que les trains de banlieue, qu’il faudra équiper électriquement, puissent l’emprunter. Ainsi, il sera possible de faire circuler à la fois sur les itinéi’aires urbains, les rames à grande vitesse recevant les voyageurs des tramways et les trains de banlieue des lignes ordinaires.
- Coordination des divers réseaux.
- Pour que les chemins de fer de banlieue jouent pleinement leur rôle et contribuent aussi efficacement que possible au déconges-tionnement des villes, il ne faut pas, en effet, qu’ils restent des moyens de transport séparés et indépendants du reste du réseau de communications urbaines. Actuellement, dans beaucoup de grandes villes, les points terminus des chemins de fer de banlieue sont trop éloignés du centre des affaires, et ne desservent pas directement les quartiers que fréquentent leur clientèle. Il importe d’apporter un remède à cet état de choses,
- soit en facilitant le transbordetnent des voyageurs entre le chemin de fer et le réseau urbain, soit en prolongeant le chemin de fer jusqu’au centre de la ville, soit en rendant possible, au prix de certaines modifications du matériel et des installations, le passage direct des voitures de la voie normale sur le réseau des tramways.
- Dans chaque cas particulier, une étude statistique et économique de la question indiquera la meilleure solution à adopter.
- Cette idée a été également exprimée par le professeur Blum dans son avant-projet pour le concours de l’adjudication de la ligne « Gross-Berlin » ; on l’a partiellement mise en application à Londres. A Boston, on s’est contenté de faire aboutir les lignes à grande vitesse à proximité des gares terminus, et de les relier à celles-ci par un système d’escaliers : de la sorte, pour pénétrer plus avant dans la ville, il faut quitter le réseau normal et prendre la ligne à grande vitesse.
- Opportunité de la création d’une ligne à grande vitesse.
- Pour déterminer dans quelles conditions il convient de construire une ligne souterraine à Pittsburg, Arnold fait le raisonnement suivant que nous reproduisons intégralement à cause de son allure absolument générale :
- Le kilomètre de ligne souterraine à deux voies, y compris les frais se rapportant à l’exploitation, revient de 6250000 francs à ia 5oo 000 francs. Adoptons un prix moyen de 10 millions de francs, prix relativement élevé à cause des raccordements avec les lignes de banlieue. Dans ces conditions, un tronçon de 8 kilomètres, par exemple, et c’est le cas à Pittsburg, demanderait un capital de 80 millions de francs. Avec un coefficient d’exploitation de 65 % il est nécessaire d’avoir un chiffre de recettes égal à 12 % du capital engagé, c’est-à-dire 10 millions de francs pour payer les intérêts de la ligne souterraine. Admettons, par exemple, un prix uni-
- p.333 - vue 333/416
-
-
-
- 334
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2*Série). — N* 37.
- taire de r> cents (26 cent. ?.5) par voyage: supposons qu’une moitié des voyageurs reste dans la ligne souterraine, tandis que l’autre utilise la correspondance! avec les tramways ou avec les trains de banlieue, on ne disposera, pour cette dernière catégorie de voyageurs, que de i3 cent., 12$ pour payer leur voyage sur la ligne souterraine; on arrive ainsi à un prix moyen de 20 centimes par voyage sur la ligne souterraine. Il faut donc que celle-ci transporte annuellement 5o millions de voyageurs. Supposons que le nombre des voyages soit de 200 par an et par tête d’habitants, et négligeons tout accroissement éventuel ultérieur de ce nombre.
- Le nombre des tributaires de la ligne à grande vitesse devra être dans ces conditions de 200000 individus. Avec une densité de population de 120 têtes par hectare, il faut que la ligne à grande vitesse desserve en chiffres ronds 2 000 hectares, c’est-à-dire 20 kilomètres carrés de territoire habité. On ne doit pas comprendre intégralement dans ce calcul la zone indirectement desservie par l’intermédiaire des lignes de tramways et des lignes de banlieue qui se rattachent à la ligne à grande vitesse, puisque la totalité des voyageurs de ces lignes ne fera pas forcément usage de cette dernière.
- En abordant l’étude de la construction proprement dite de la ligne à grande vitesse, Arnold arrive aux conclusions suivantes :
- i° Il faut arrêter les conditions relatives à
- la marche des travaux età la prise en charge de l’exploitation par une société privée.
- 2" La ville doit être légalement autorisée à contracter emprunt pour la construction de sa ligne souterraine parce qu’un entrepreneur ne trouverait de l’argent qu’à des conditions plus désavantageuses.
- 3° Il faut arrêter avec les tramways les principes d’émission des billets de correspondance.
- 4° Il faut entrer en pourparlers avec les compagnies de chemins de fer pour déterminer, si et pour quelle époque, les compagnies de chemins de fer doivent électrifier leurs trains dp banlieue. Ensuite il faut préciser, au point de vue technique et au point de vue financier, la question du passage des trains ordinaires sur la ligne à grande vitesse.
- 5° Il faut déterminer l’accroissement actuel et à prévoir de la population qui occupe la zone desservie par la ligne à grande vitesse.
- 6° Pour établir les lignes excentriques du réseau à grande vitesse, il faut partir de ce principe appliqué à Berlin (Westend) que c’est à l’entreprise même de supporter les frais de construction. Il faut, en conséquence, fixer l’augmentation de valeur des teiTains que l’on se propose d’obtenir en ces endroits par la construction de la ligne à grande vitesse.
- G. CUVILUEH.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- USINES GÉNÉRATRICES
- Les accumulateurs de chaleur électriques. — A. Rittershausen. — Elektroteehnische Zeitschrift, 22 août 1912,
- La question des tarifs les plus propres à favoriser le développement du chauffage et. de la cuisine électriques est des plus complexes, En effet, l’auteur
- estime que, pour soutenir la concurrence avec les autres modes de chauffage et de cuisson, il est nécessaire d’abaisser le prix du küowall-hcure au-dessous de 12,5 centimes. Mais un prix aussi bas risque fort d’être insuffisamment rémunérateur, même si l’on applique la méthode du double tarif. Il y a lieu, en effet, de considérer que de nombreux consommateurs utilisent, pendant la journée, l’énergie élec-
- p.334 - vue 334/416
-
-
-
- 338
- 14 Septembre 1912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- trique pour actionner de petits moteurs; or, en ce qui concerne la puissance motrice, il n’y a aucun avantage pour les compagnies de distribution à descendre au-dessous du tarif précédemment indiqué de 12,5 centimes par kilowatt-heure. La méthode qui consiste à consentir aux abonnés des tarifs de jour relativement très bas, pour favoriser le développement de la cuisine électrique, semble donc, d’après l’auteur, devoir être rejetée dans la plupart des cas.
- Il y a donc lieu de rechercher s’il ne serait pas possible de recourir à une autre solution, plus avantageuse à la fois pour la compagnie de distribution et pour l’abonné. Or, le chauffage de l’eau joue en l’espèce un rôle prépondérant, étant donné que, pour les besoins du chauffage et de la cuisine, il est avant tout nécessaire de pouvoir disposer d’une grande quantité d’eau chaude. Si l’on dispose alors d’un procédé permettant de faire chauffer très économiquement une certaine quantité d’eau et de maintenir ensuite celle-ci h une température suffisante pour qu’elle soit encore utilisable longtemps après l’interruption du courant, le problème peut être considéré comme en grande partie résolu.
- En effet, l’auteur estime que, pour rendre le chauffage de l’eau économiquement possible, le tarif de 5 à 6 centimes par kilowatt-heure ne doit guère être dépassé.
- Mais, si un tel tarif est, pour les raisons précédemment exposées, inapplicable pendant la journée, iln’enestpas de même pendant la nuit, aux heures où les usines centrales sont presque complètement déchargées. Mais, pour résoudre pratiquement la question, il est nécessaire de disposer d’un accumulateur de chaleur répondant aux conditions suivantes :
- i° Possibilité de fonctionner sans surveillance, de manière à permettre à l’abonné d’emmagasiner en quelque sorte de la chaleur pendant la nuit;
- aü Possibilité de restituer la chaleur ainsi emmagasinée à la demande du consommateur;
- 3° Capacité calorifique aussi élevée que possible.
- L’auteur décrit un nouveau type d’accumulateur de chaleur, étudié par lui de manière à satisfaire aussi largement que possible aux diverses conditions qui viennent d’être énoncées. Cet appareil se compose d’un réservoir d’eau vertical h (fig. i), dont l’isolement est assuré par un revêtement en terre d’infusoires c9 de 20 centimètres d’épaisseur. On a évité toute espèce de liaison métallique entre le récipient à eau et la surface extérieure de l’appareil, de façon à réduire au minimum les pertes de chaleur.
- L’arrivée d’eau d se trouve à la paVtie inférieure et l’orifice de prise d’eau e à mi-hauteur. On voit, en effet, que le tube qui aboutit à cet orifice, prend naissance à la partie supérieure du récipient, puisqu’il s’incurve pour descendre ensuite verticalement jusqu’au niveau de e. Cette disposition a été adoptée pour éviter les pertes de chaleur ducs au métal de ce tube et à l’eau qu’il contient. On sait, on effet, que dans un récipient ou un tube vertical, rempli de liquide, la perte de chaleur par les parois de haut en bas est sensiblement nulle. C’est pour la même raison que l’eau froide qui vient remplacer l’eau chaude, au fur et à mesure de l'épuisement de celle-ci, ne commence à s’échauffer quedorsqu’elle a atteint le niveau de l’élément chauffant g, Afin de rendre encore plus complète la séparation de l’eau chaude et de l’eau froide, une tôle perforée füe trouve à la partie inférieure de l’appareil, au-dessus du tube d’amenée d’eau d\ ce tube, n’étant ainsi entouré que d’eau froide, n’entraîne, par suite, également aucune perte de chaleur appréciable. Enfin, un tube
- : tPf=»;
- wjiÈ&M. Vf SS/SS S/V> / * 1
- Fig.' 1. — a, milieu conducteur de la chaleur; è, réservoir d’eau; c, couche isolante; d, arrivée d’eail ; e, évacuation d’eau; /*, plaque perforée; h, tube do circulation; t, tube d’évacuation; 4, thermomètre à contact; relais.
- de circulation h conduit immédiatement l’eau échauffée à la partie supérieure du récipient, de sorte que celle-ci vient se déposer au-dessus de l’eau déjà chaude, l’eau froide se trouvant maintenue
- p.335 - vue 335/416
-
-
-
- 386
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2« Série). — N° 37.
- au fond. On dispose ainsi constamment d’une .quantité d’eau chaude proportionnelle au temps de fonctionnement de l’appareil. Si, au contraire, l’eau s’échauffait graduellement de bas en haut, comme dans les ustensiles de cuisine électriques ordinaires, l’appareil ne réaliserait pas un véritable accumula-leiir de chaleur, élant donné qu’il faudrait attendre un certain temps avant dé pouvoir obtenir, à l’orifice de sortie, de l’eau à la température convenable.
- Un thermomètre à contact h et un relais /, reliés l’un à l’autre, assurent le réglage de la température de l’eau contenue dans le récipient; la consommation du relais n’est que de o,5 watt.
- M. Rittershausen estime que la plupart des appareils antérieurement expérimentés dans le même but ne satisfont pas à toutes ces conditions.
- C’est ainsi qu’on a proposé l’emploi de poêles en briques réfractaires, maintenus sous courant pendant la journée, et mis hors circuit pendant les heures de pointe, où ils restituent par rajmnnement l’excédent de chaleur qu’ils ont emmagasiné. Mais de tels appareils ne satisfont; nullement à la seconde condition, l’une des plus importantes ; ils cèdent en effet la chaleur emmagasinée, dès que le courant est interrompu, et non à la demande du consommateur. Ce ne sont donc pas, à proprement parler, des accumulateurs de chaleur.
- Il en est de même, d’ailleurs, de tous les appareils dans lesquels le réservoir de chaleur proprement dit est constitué par des corps solides, le fer par exemple. En effet, étant donnée la chaleur spécifique relativement faible des corps solides, on est conduit, pour emmagasiner une quantité de chaleur suffisante, sans donner aux appareils des dimensions exagérées, à porter ceux-ci à des températures élevées, atteignant; jusqu’à 5oo° C. Or, l’utilisation de la chaleur mise en réserve dans ces conditions est beaucoup moins pratique que celle de l’eau chaude qui est, ainsi qu’on le sait, le mode d’emploi de la chaleur le plus répandu dans les usages domestiques.
- Par contre, la chaleur spécifique élevée de l’eau permet d’emmagasiner de grandes quantités de chaleur sous un volume relativement restreint. C’était donc du côté des accumulateurs à réservoir de chaleur liquide que se trouvait la meilleure solution du problème, et là encore, on s’était heurté jusqu’ici à de nombreuses difficultés de réalisation pratique provenant, d’unepart, d’un isolementcalorifiquedéfectueux dés appareils, d’autre part de la nécessité d’empêcher le refroidissement des couches d’eau chaude par les
- couches d’eau froide, qui viennent remplacer les premières, au fur et à mesure de leur utilisation.
- M. K.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Sur l’envoi de l’heure par signaux électriques, et sur un moyen de taire donner ces signaux par une horloge. — G. Bigourdan. — Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, 8 juillet 1912.
- On doit prévoir le moment; où le nombre des signaux horaires sera augmenté, et où, par exemple, les signaux d’avertissement qui les précèdent seront, eu totalité ou en partie, transformés en signaux horaires, c’est-à-dire donnés par l’horloge même, d’une manière automatique et régulière ; car l’emploi de signaux rythmés augmenterait beaucoup la précision de la réception.
- On peut concevoir des rouages qui, ajoutés à ceux de l’horloge, permettraient de faire cette transformation des signaux d’avertissement en signaux horaires, donnés par exemple de seconde en seconde. Mais il y a des moyens plus simples, et l’auteur se propose d’en indiquer un, déjà signalé sans doute pour d’autres usages, et qui, pour le but indiqué, lui a donné les meilleurs résultats, quoiqu’il ait été réalisé seulement d’une manière sommaire.
- En principe, il consiste en ceci : faire fermer un circuit électrique par le balancier de l’horloge en faisant toucher par l’extrémité inférieure de ce balancier le sommet ou ménisque d'une colonne de mercure placée dans ce circuit. En fait, c’est; un fil de cuivre, longeant le balancier et dépassant à lapartie inférieure, qui pénètre, au passage, dans le ménisque de mercure : le frottement qui résulte de cé passage n’exerce qu’une influence négligeable sur la marche du pendule.
- Pour constater le passage du courant et, en quelque sorte, pour le rendre visible, on lui fait allumer une de ces lampes à filament métallique et court, que l’on trouve actuellement dans le commerce, et dont les périodes d’allumage et d’extinction sont très courtes; on obtient ainsi des signaux presque instantanés qui peuvent être utilisés, par exemple, pour l’observation des coïncidences d'un pendule servant à la détermination de l’intensité de la pesanteur.
- p.336 - vue 336/416
-
-
-
- 14 Septembre 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 33^
- DIVERS
- Le chauffage électrique des églises. — O. Ely.
- — Elektroteckniscke Zeitschrift, i5 août 1912.
- La solution du problème du chauffage des églises se heurte à certaines difficultés, provenant de la nécessité de respecter l’psthétique architecturale, surtout daus les églises historiques de construction ancienne. C’est surtout pour cette raison que l’on a généralement écarté des églises allemandes le chauffage a vapeur, dont les canalisations et les radiateurs ne seraient pas en harmonie avec le style architectural. D’autre part, on craignait que l’humidité, inévitable avec ce mode de chauffage, ne fût nuisible aux peintures des vitraux. Le chauffage électrique, par contre, ne présente pas ce dernier inconvénient ; en outre, la présence d’éléments chauffants, dissimulés sous les bancs, n’affecte pas l’esthétique du monument.
- Des essais furent entrepris, en 1909, à l’église Saint-Sébald de Nuremberg, datant du xm® siècle. Les radiateurs d’essais furent fournis par trois maisons allemandes, qui présentèrent chacune un type d’ap-r pareil.
- Dans le premier modèle, les éléments de chauffage proprement dits (tubes intérieurs avec fils résistants enroulés en spirales et isolés par des perles en verre) étaient placés dans des tubes en fer forgé de ^5 millimètres de diamètre et de 4 mètres de longueur, reposant sur des pieds.
- Les éléments du second type étaient constitués par des tréteaux en fer, pourvus de contacts à ressorts isolés et à l’intérieur desquels se trouvaient les éléments chauffants, du modèle employé pour les appa-réils de cuisine électriques ; pour obtenir une meilleure protection mécanique de ces éléments, on les recouvrit à la presse d’une tôle de fer de 1 millimètre environ d’épaisseur.
- Les radiateurs, d’une longueur de 66 centimètres environ et comprenant trois éléments, étaient placés à une distance de 20 centimètres les uns des autres.
- Enfin, les radiateurs du troisième type se composaient de tubes, d’une longueur de 3o à 35 centimètres, autour desquels des fils résistants, noyés dans une matière isolante, étaient enroulés.
- Trois de ces tubes, pourvus à leurs extrémités de capsules de laiton pénétrant dans des contacts à ressorts fixés à un cadre en fer, formaient un radiateur, d’une longueur de n5 centimètres environ.
- Lors du montage des radiateurs des deux derniers
- types, on laissa, entre deux radiatéurs successifs de chaque rangée, un espace de 35 centimètres environ, que l’on supposait devoir s’échauffer suffisamment par rayonnement. Mais, l’expérience montrant qu'il n’en était pas ainsi, on dut placer tous les radiateurs les uns contre les autres. Les divers appareils, tous prévus pour «40 volts et fonctionnant sous 2.35 volts, accusèrent alors les consommations suivantes : 3ao watts par mètre courant pour ceux du premier type, 534 watts pour ceux du second et 58a watts pour ceux du troisième.
- Après des essais, qui durèrent plusieurs mois et dont les résultats furent satisfaisants, on décida d’adopter définitivement les appareils du premier type. L’installation complète, laquelle comportait le chauffage de 1 200 places assises, fut commencée au cours de l’automne 1911 et dura trois mois.
- Celte installation est branchée sur le réseau de distribution de la ville, par l’intermédiaire d’un poste de transformateurs, situé à 3o mètres environ de l’église et renfermant 2 transformateurs de 60 kilowatts et 2 de 5o kilowatts, soit une puissance totale de 220 kilowatts.
- La tension aux bornes secondaires des transformateurs est de 220 volts ; ces bornes sont reliées à une distribution à 3 fils, de telle sorte que, dans chaque moitié pourvue d’un compteur, on dispose de no kilowatts. Les compteurs portent deux câbles sous plombs armés, d’une section de 2Xi5o millimètres carrés chacun, ainsi que deux câbles en cuivre ou de 95 millimètres carrés de section chacun, lesquels aboutissent au tableau de distribution principal, placé dans la tour sud de l’église. Ce tableau porte quatre interrupteurs principaux unipolaires permettant la mise en circuit ou hors circuit des i3i radiateurs, d’une longueur totale de 53o mètres.
- Du tableau partent deux lignes principales, constituées par deux câbles sous plombs asphaltés d’une section de 2 X *85 millimètres carrés chacun et par deux conducteurs de cuivre nu, d’une section de 96 millimètres carrés chacun, ces derniers servant de conducteurs intermédiaires.
- Ces lignes passent à l’intérieur de tubes en terre réfractaire, de */5o millimètres de diamètre, posés sous les dalles des passages situés entre les rangées de bancs. Les lignes principales aboutissent à quatre boîtes de distribution, placées dans le passage principal de la nef du milieu et recouvertes chacune d’une dalle mobile. De ces boîtes partent, d’une part, des câbles sous plomb de 25 et de 16 millimètres carrés de section, d’autre part des conducteurs de cuivre
- p.337 - vue 337/416
-
-
-
- 338
- LA LUM1ÈKE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — H* 37.
- nu de 16 et de io millimètres carrés de section; tous ces conducteurs passent également à l’intérieur de tubes en terre réfractaire et conduisent à des tableaux secondaires disposés, soit sur quelques piliers de la nef du milieu et des nefs latérales, soit entre les bancs, soit sous ces derniers : les câbles aboutissent à des boîtes d’extrémité en fonte, placées sous les tableaux secondaires. Ces derniers sont au nombre de huit; les cinq premiers commandent chacun les radiateurs de i3 à 18 bancs, les trois derniers, plus pelits, les radiateurs de 6 à g bancs. Tous ces tableaux sont munis de coupe-circuits bipolaires, garnis de fusibles pour io ou i5 ampères selon la longueur des radiateurs, c’est-à-dire des bancs correspondants.
- ...r
- l-’ig. i. — Disposition des câbles, des bottes de distribution, des boites d'extrémité, des tubleiuix secondaires et des
- radiateurs.
- La figure i montre la disposition des câbles, des boîtes de distribution, des boites d’extrémités, au-dessus desquelles se trouvent les lableaux secondaires, ainsi que celle des radiateurs sous les bancs.
- Le courant est transmis des tableaux secondaires aux bancs des radiateurs par des fils sous caoutchouc, de a,5 millimètres carpés de section, placés à l’intérieur de tubes d’acier : la longueur des radiateurs varie de a à (>,5 mètres selon celle des bancs. Des interrupteurs de i’o à i5 ampères permettent de mettre individuellement chaque radiateur hors circuit.
- Les radiateurs sont du premier type décrit précédemment (tubes de fer autour desquels sont enroulés des fils résistants isolés par des perles, le tout
- enfermé à l’intérieur de tubes en fer forgé de 8 centimètres de diamètre, reposant sur des pieds).
- Ces radiateurs sont recouverts par des tôles perforées, mobiles autour de charnières, de manière à en permettre le nettoyage.
- La longueur totale des bancs pourvus de radiateurs est de 53o mètres. Etant donné que les radiateurs, fournis pour aao volts, fonctionnent, à pleine charge des transformateurs, sous 23o volts, leur consommation par mètre courant est d’environ 415 watts, de sorte qu’ils absorbent au total aao kilowatts environ, soit 185 watts par place assise, le nombre de ces places étant de i aoo en chiffres ronds.
- Des mesures entreprises, après une heure un quart de fonctionnement des radiateurs, ont donné les résultats suivants :
- Tableau I
- TEMPÉRATURES
- Aux radiateurs mêmes 7o0C
- Au-dessus de ceux-ci AfC
- A la hauteur des genoux des per-
- sonnes assises 7°C
- A la hauteur de la tête • 4°C
- ce qui fut reconnu parfaitement suffisant. La température intérieure de l’église pendant ces mesures oscillait entre o et 0,75 degré centigrade. Après l’interruption du courant, la température aux différentes hauteurs diminua graduellement, selon des courbes symétriques des courbes d:accroissement de température.
- Le prix de revient global de l’installation s’éleva à 43 750 francs environ.
- Enfin, l’auleur ajoute, à la description détaillée de l’installation ci-dessus, quelques renseignements relatifs au chauffage électrique de diverses églises de Suisse, d’Autriche et d’Allemagne. Ces dernières églises, élanlplus petites que l’église de Saint-Sébald à Nuremberg, remploi du chauffage électrique permet d’y porter la température ambiante à 10 ou i5°G., pour une consommation de 20 à 3o watts environ par mètre cube. Cette consommation dépend évidemment, d’une part de la hauteur de la nef, d’autre part, de la grandeur des surfaces offertes par le sol, les murs, les piliers, etc. La plupart de ces dernières églises sont pourvues de chaufferettes électriques; dans l’une d’elles, on a installé, en outre de ces chaufferettes, quelques poêles également électriques.
- M. K.
- p.338 - vue 338/416
-
-
-
- 14 Septembre 1912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE 339
- VARIÉTÉS
- La télégraphie sans fil en aéroplane.
- Nos lecteurs connaissent par nos articles parus l’année dernière (*) les premiers essais de télégraphie sans fil en aéroplane faits par le génie militaire. Comme on le sait, les appareils étaient installés sur un biplanHenri Farman, piloté par le sous-lieutenant Ménard et avec, comme passager, notre très distingué collaborateur, le capitaine Brenot, qui faisait fonctionner le poste de T. S. F. de l’avion. L’énergie électrique était empruntée à une magnéto spéciale actionnée parle moteur de l’aéroplane au moyen d’un embrayage à cône. L’antenne, enroulée sur une bobine, pouvait en l’air être déroulée à la longueur voulue, suivant la portée à réaliser, ou la longueur des ondes à émettre. Une cisaille spéciale permettait de la couper brusquement eu cas de danger : celte cisaille fonctionnait d’ailleurs automatiquement sous l’influence d’une traction anormale exercée sur le fil d’antenne. La puissance de l’appareil était de i /ao de cheval environ, le poids total de l’installation ne dépassait pas 25 kilogrammes. Des télégrammes officiels furent transmis à 5o kilomètres, tant à la Tour Eiffel qu’à un petit poste de campagne. De nouvelles applications intéressantes delà télégraphie sans fil aux avions viennent d’être réalisées cçtte année à bord d’un biplan Farman piloté par le lieutenant Mauger-Desvarenne. Nous donnons çi-des-sous quelques détails sur ces essais (2).
- Les appareils construits et disposés par M. Houzet, ancien sans-filiste militaire du poste cïe la Tour Eiffel, étaient mis en œuvre à bord par un sapeur télégraphiste.
- Le montage employé est le montage classique en dérivation. Comme, alternateur, une petite génératrice de 2 ampères, i io volts, tournant à 3 ooo tours et entraînée par le moteur de l’avion au moyen d’un embrayage à cône. Comme condensateur, une bouteille de Leyde, un tube Moscicki, à une capacité de vingt dix-millièmes de microfarad.
- Enfin l’antenne, enroulée sur un rouet, passe dans une cisaille qui permet de s’en débarrasser le cas échéant.
- O Lumière Electrique, tome XV (ac série), p. 184.
- (-) D’après la Technique aéronautique, i5 août 1912.
- L’éclateur est du type à disques tournants. Un petit plateau, portant des pointes perpendiculaires à son plan, est calé sur l’arbre de l’alternateur et tourne avec lui. En regard de ce plateau en est placé un second, fixe, muni également de pointes. Les étincelles jaillissent quand les pointes arrivent en regard. Avec un bon réglage des plateaux, on peut avoir 600 étincelles par seconde. Les étincelles sont montées en série par groupes de dix à douze.
- Le courant de l’alternateur est porté à la tension nécessaire dans un petit transformateur.
- Les constructeurs doivent exécuter des essais officiels devant les autorités militaires. Dans des essais officieux la portée atteignit 4° kilomètres. Elle aurait actuellement dépassé, paraît-il, 75 kilomètres.
- Depuis les expériences effectuées avec succès en 1910 et 1911 de façon analogue, les autorités militaires ne s’étalent d’ailleurs pas désintéressées des études relatives à l’utilisation normale et pratique de la T. S. F. en aéroplane.
- Les problèmes concernant les détails d’organisation des appareils ayant été résolus, tant par les essais faits par les dirigeables que par ceux effectués en avion, il restait surtout à déterminer les dispositions à prendre pour tirer le meilleur profit du nouveau moyen de communication donné aux aéronefs.
- La question était toute différente, suivant, qu’il s’agissait de reconnaissances à petite ou moyenne distance. La télégraphie sans fil sembla sans grand intérêt dans le premier cas. Les réseaux radiotélé-graphiques des armées sont'déjà surchargés, et il peut être dangereux de leur ajouter un nouveau service à petite distance, service irrégulier, susceptible de troubler fréquemment les communications terrestres les plus importantes. Dans bien des cas, si l’aéroplane ne doit pas rapporter lui-même ses observations, on pourra faire usage de systèmes de signaux lumineux ou acoustiques, dont plusieurs sont déjà au point.
- A moyenne distance, la télégraphie sans fil paraît tout à fait utile.
- Pour que les renseignements transmis aient toujours la précision, la valeur nécessaire, il est indispensable que l’avion transporte un officier d’état-major. Si cet officier possède le fonctionnement très
- p.339 - vue 339/416
-
-
-
- 340
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2e Série). — N° 37.
- simple des petits postes de T. S. F. d’aéroplanes, il en assure lui-même la mise en œuvre, chiffre ses télégrammes et les transmet. Quand l’observateur ne sait pas manipuler, on doit lui adjoindre un télégraphiste. Comme conséquence, pour parer à tous les cas, l’emploi des « triplaces » s’imposait.
- Il était d’ailleurs prudent de n’installer la T. S. F. que sur des avions dans lesquels le pilote ne pouvait entrer en contact avec les appareils ou le télégraphiste. Si l’on peut en effet, soit par un isolement soigné, soit par des montages appropriés, éviter que quelque petite décharge puisse être reçue au voisinage des circuits divers de la télégraphie sans fil, il reste toujours à craindre l’influence sur l’antenne de nuages fortement électrisés. Cette influence peut provoquer des élévations de tension instantanées très grandes, et des déplacements de masses électriques qui ne trouvent plus à s’écouler par les circuits qui leur sont offerts. Que le télégraphiste reçoive une secousse, même peu dangereuse, et la transmette par contact au pilote, c’est la fausse manœuvre et la chute. De nombreux phénomènes de ce genre ont été constatés en dirigeable en France, (en particulier par le commandant Ferrié), et à l’étranger.
- En se basant sur ces considérations diverses, on décida de n’installer la T. S. F. que sur des ajjpareils peu tangents, biplaces, ayant une organisation intérieure spacieuse. Parmi les appareils du concours militaire, les Breguet furent choisis comme remplissant les conditions reconnues nécessaires.
- Deux types de poste sont en cours de montage à l’aérodrome de la Brayelle, l’un pesant 25 à 3o kilogrammes pour distances moyennes, l’autre 45 à 5o kilogrammes pour grandes distances. Des officiers du centre d’aviation de Douai ont acquis les connaissances nécessaires pour la mise en œuvre des appareils radiotélégraphiques, et procèdent à leur montage.
- Les autorités militaires viennent de commencer en outre l’organisation de centres d’instruction de télégraphie sans fil dans les grandes écoles d’aviation.
- Les diverses études faites en France et à l’étranger permettent maintenant de réaliser des postes de T. S. F. transportables à dos d’homme ou à dos de mulet. Il n’est plus besoin d’avoir recours en aéronef k des dispositifs spéciaux, ce qui est un précieux avantage.
- Les appareils en cours d’installation à Douai sont d’unLtype transportable à dos de mulet, qui depuis
- un an bientôt est utilisé au Maroc par nos troupes.
- En somme, depuis les expériences de T. S. F. en dirigeable et en aéroplane faites surtout en France, en Allemagne et en Amérique, en 1910 et 191 i,iln’y a plus de problème de télégraphie sans fil en aéronef : ce qu’il faut achever de mettre au point, c'est l’organisation des nouveaux services aériens, dont les intéressantes expériences que nous avons relatées montrent une fois de plus l’importance.
- M. G.
- La Houille bleue.
- Après la houille noire, la houille blanche et la houille verte, M. Jules Séverin, auteur d’un ouvi’age bien connu, Toute la Chimie minérale par l’électricité, qui fut l’objet notamment d’un compte rendu très flatteur de M. Georges Lemoine, professeur de Chimie à l’Ecole polytechnique (*), propose d’utiliser la houille bleue, c’est-à-dire la force des marées. Nous reproduisons ci-après l’essentiel de ses considérations (2).
- ♦ *
- Le littoral de la, Manche présente, d’après l’An-nuaire des Marées, une différence de hauteur du flux et dujreflux en moyenne de 6,20 mètres, allant jusqu’à 5,5 mètres au Havre et 8,20 mètres à Granville. Une énergie aussi considérable et qui représente, sur 700 kilomètres de côtes et 1 kilomètre de pénétration dans les côtes, 6 millions de chevaux-vapeur, soit six fois les chutes du Niagara, est-elle utilisable, et comment ? Tel est le problème posé, et, (quand on pense que les différences de hauteur ne dépassent pas 2,5o mètres sur les côtes d’Espagne et 1,80 mètres dans les mers de Chine), le joyau particulier dont dispose la France.
- A la première question, on répondra que des meuniers, en Bretagne, utilisent déjà la force des marées, avec une turbine et un bassin naturel, pour faire tourner leurs moulins, soit à Vannes, dans le golfe du Morbihan sur la côte sud, soit à Dahouët, par Lamballe, sur la côte nord. Les Etats-Unis en tirent profit à Rockland, au moyen de trompes de Taylor, systèmes qu’il ne faut pas confondre avec celui que M. Bouchaud-Praceiq a établi à Royan, et
- (') Revue de la Société scientifique, de Bruxelles, octobre 1908.
- (2) D’après les Comptes Rendus de l'Association française pour l’avancement des Sciences, Congrès de Dijon, 19.11.
- p.340 - vue 340/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 341
- 14 Septembre 1912.
- qui, par une ingénieuse combinaison, emploie la force des vagues, mais ne rend que io chevaux de force, tandis que, dans celui que Ton va indiquer, il s’agit, pour i kilomètre carré de bassin, de près de io ooo chevaux.
- Calculons cette force sur les données moyennes à Granville, soit 8,20 mètres de hauteur. La mer, s’élevant de 8,20 mètres en six heures douze minutes, monte par conséquent de 1,32 mètre par heure, soit 2,64 mètres en deux heures. Nous attendons deux heures pour avoir cette pression, et nous n’écoulons que i,32 mètre pour la conserver. Nous aurons donc i3 200 000 hectolitres à écouler par heure, avec une pression de 2,64 mètres, et, à raison de 100 kilogrammes tombant de 1 mètre de haut par seconde (en tenant compte des 25 % de perte des turbines), pour faireun cheval-vapeur, nous aurons 9678 chevaux pendant les quatre heures restantes de la marée. Pendant les douze minutes supplémentaires, nous ferons couler rapidement l’eau qui reste dans le bassin, pour en chasser tout le sable qui y serait entré à marée haute. Nous sommes, à la marée basse, exactement dans les mêmes conditions : la mer monte par rapport au bassin ; nous attendons deux heures, et nous en obtenons encore 9 678 chevaux. Ce travail, reproduit quatre fois par jour lunaire, de 24 heures *5o minutes, porte à 16 heures le travail ainsi effectué pendant cette durée.
- La question est donc de trouver une turbine ou un assemblage de turbines pouvant débiter 366 mètres cubes à la seconde : le problème est loin d’être insoluble.
- En conséquence, M. Séverin propose de construire de la manière suivante : que la pression vienne du bassin ou de la mer, l’eau entre dans une chambre en maçonnerie, assez grande pour ne pas perdre sa pression ; elle est écumée par le haut, au moyen d’une tôle mobile, qui permet d’y laisser entrer le moins de sable possible. Une vanne mobile lui permet alors d’entrer sous l'a turbine et d’y exercer sa différence de pression de 2,64 mètres ; puis, après avoir agi sur les aubes, elle revient vers le niveau le plus bas^ que ce soit la mer ou le bassin,, et une nouvelle vanne lui permet de s’y déverser. Il est évident que, quand la marée sera en sens inverse, un jeu de vannes, dirigé en sens inverse, lui; permettra de travailler exactement de même.
- Dans les marées hautes, on aura 12 mètres au lieu de 8, avec une montée d’eau plus rapide. Il suffira, dans la chambre en maçonnerie, d’actionner 9 turbines au lieu de 6 et, dans les marées basses, où l’on n’aura
- que 4 mètres, on n’en emploiera que 3. On aura à attendre moins longtemps pour avoir les 2,64 mètres de pression dans le premier cas et une durée plus longue de travail, mais plus longtemps dans le second avec une durée de travail moindre. Rien n’empêche même de les actionner avec une pression moindre comme on le fait à Genève, en limitant leur débit par un obturateur, qui ne les laisse travailler qu’en partie dans ce dernier cas. Mais, pour ce cas seulement, n’ayant plus que moitié des turbines ou moitié d’écoulement, et une pression de 2 mètres au lieu de 2,64 mètres, nous n’aurons plus que 3 666 chevaux pendant trois heures, huit fois par jour, dont nous retrouverons largement la compensation au moment des hautes marées, car nous aurons un écoulement plus rapide et plus de temps pour travailler.
- Que fera-t-on maintenant entre deux marées ? Ici, il convient d’indiquer ce qui a été imaginé en Amérique. Un ingénieur canadien, M. Taylor, de Montréal, qui a étonné le monde par la hardiesse de ses conceptions, et les a réussies en pratique (’), a établi d’abord sur la rivière de l’Ontonagon, dans le Michigan, dont la chute était de 3 mètres, trois puits de xoo mètres, où l’eau tombe, rencontre un système de trompes que cet ingénieur a extraordinairement perfectionnées et qui lui permettent d’entraîner l’air extérieur à la pression du bas, soit 10 kilogrammes par centimètre carré, dans un bassin d’où l’air, par sa différence de densité, monte en haut et peut être utilisé, et l’eau de la rivière remonte à 97 mètres et suit son cours normal. Le rendement est de 82 % ; il représente 1 000 chevaux l’été et 5 000 l’hiver (2). La chambre de compression a un volume de 2 400 mètres cubes. Tel est le système qui fut, à la suite de ce premier succès, reproduit à Rockland (3). Là, la marée est d’une force cfe 2,40 mètres a 3,20 mètres, bien inférieure à celle des côtes de la Manche. Le bassin est un bassin naturel de 2,6 kilomètres carrés, aboutissant à un sas d’écluse de 60 mètres de longueur, 12 mètres de largeur, 8,40 mètres de hauteur. On y a creusé dans le roc des puits de 61 mètres. La pression de l’air y atteint 5,9 kilogrammes. L’eau v entre sur un diamètre de
- o ••
- (*) On sait combien ce jugement de M. Séverin est justifié. Les découvertes de M. Taylor sont, de l’avis des meilleurs juges, de nature à révolutionner de fond en comble la production industrielle du monde lorsque la routine consentira à les appliquer partout.
- (2) Bulletin de la Société d’encouragement pour Vin-dustrie nationale, février 1907.
- (3) Voir Bulletin de Mécanique, avril 1908.
- p.341 - vue 341/416
-
-
-
- 342
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série), — Np 37.
- 4,8o mètres et en ressort sur un de io,8o mètres, après son mélange avec l’air. Le rendement est de 3ooo&5ooo chevaux. Le principe du transport do l’énergie, d’un côté comme de l’autre, est l’air comprimé, qui peut se substituer dans les machines k la vapeur sous pression. C’est certainement le meilleur moyen de transport à courte distance ; transporte à *6 kilomètres, disent les Américains, il ne perd que 0,2 kilogramme sur 5,9 kilogrammes de pression initiale, mais de Granville à Paris, sur 3a8 kilomètres, il représenterait une perle énorme: 4>4 kilogrammes. Dans ce cas, le transport du courant électrique vaut mieux. Mais nous retiendrons ce fait, c'est qu’en employant l’énergie dont nous disposons, à comprimer de l’air au fond d’un puits, pour en remonter l’eau à la surface du sol, avec des bassins appropriés, l’eau, dans son mouvement de descente, restitue intégralement le mouvement qu’elle a reçu, et permet d’en conserver pour les temps d’inaction. On n’aura pas la prétention de se servir de trompes, pour des côtes aussi sablonneuses que celles de la Manche, car ce qui est bon pour un pays rocheux 11e vaudrait rien sur des côtes sablonneuses ; mais les Américains nous ont instruits, en nous montrant dans l’air comprimé sous l’eau un excellent accumulateur de mouvement.
- Ayant toutes ccs données, l’auteur entre dans le vif de la question. Que coûterait un bassin de 1 kilomètre carré sur x 4 mètres de haut, limite de la hauteur où la mer peut monter à Granville ou dans les environs iJ Au moins 2 francs du mètre cube à remuer, si le travail est fait à bras d’homme en terre ferme, soit 28 millions ; i5 centimes, s’il est fait par des dragues k vapeur, en terrain sablonneux, comme a été percé le port de Bizerte, soit 2 100 000 francs. Nous ne sommes même nullement obligés de commencer par le bassin de 1 kilomètre carré ; nous pouvons n’aborder que l'hectomètre carré, soit 2i 000 francs seulement, et, si nous le perçons dans un endroit comme le Havre ou Deauville, où une hauteur de 7 mètres est suffisante en tous temps, nous n’aurons plus qu’une somme de 10 5oo francs k débourser pour une force moyenne de 5o chevaux, et 2x 000 francs pour 2 hectomètres carrés, si nous avons besoin de 100 chevaux.
- Et, si nous craignons d’avoir à curer le bassin et que le sable n’y soit entraîné, signalons celui du Crotoy, construit pour permettre aux bateaux de pèche de naviguer dans un endroit qui s'ensable d’année en année. On y recueille l’eau k la marée hautfe', on la lâche sous pression à la marée basse, et
- le sable est balayé non seulement hors du bassin, mais même du chenal qu’il s’agit de débarrasser en sus. Gomme nous laissons monter la pression avec laquelle nous travaillons de préférence k la quantité du débit, l’eau lâchée à la fin de l’opération dans la mer serait donc largement suffisante pour entraîner tout le sable qui serait entré dans le bassin.
- Il reste le calcul des murs a faire dresser par un architecte, la chambre en maçonnerie et les turbines, mais déjà le bassin lui-même coûte moins cher qu’une chaudière k vapeur; quant aux murs et aux appareils, aucune usine n’en est exempte, et, au lieu du charbon anglais ou allemand, qui coûte si cher, ce sont les astres eux-mêmes qui travailleraient ensuite pour nous. Si nous nous contentons de faire des produits, un travail intermittent de douze k seize heures par jour, d’après le calcul qui va être donné, peut suffire. Si l’on veut éclairer une ville ou alimenter des usines de force motrice, nous avons le moyen de conserver et de distribuer du mouvement. On ne saurait trop recommander ici d’imiter les Suisses dans leurs sages précautions, et, comme k Chèvres, de monter les dynamos, ou, comme k la Coulouvrenière, les pompes k compression, sur l’axe des turbines et d’éviter les courroies et les engrenages, qui occasionnent des pertes considérables de mouvement.
- Bien que les Américains s'en tirent avec un bassin de 2400 mètres cubes d’air comprimé, cependant il faut reconnaître que la vapeur produite par cheval en dix heures à 6 atmosphères représente un volume de 28 mètres cubes, et, en supposant que l’absence de condensation fasse tomber ce chiffre à 14 mètres cubes, cela ferait encore 14000 mètres cubes k conserver. Si l’on veut éviter la machine de secours pendant les temps d’inaction, on ne peut donc trop conseiller la fabrication des produits chimiques et l’électrométallurgic (*), qui peuvent plus facilement supporter quelques lenteurs, c’est-à-dire quelques jours de plus pour la livraison, de manière, en construisant un peu plus grand, de ne vendre que des suppléments d’énergie toujours à peu près, fixes, et k ne faire peser les périodes d’inertie que sur des produits qui puissent attendre quelques jours de plus.
- - Il n’y a point à rappeler ici que la Westinghouse Electric and manufacturing Company, de Pitts-burg [Etats-Unis), transporte déjà l’électricité produite par les chutes du Niagara à i5o kilomètres,
- (*) Voir l’ouvrage de M. jSéverin, cité plus haut.
- p.342 - vue 342/416
-
-
-
- 14 Septembre 1912.
- 343
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- puisque les mines de Lens le font, et que le transport de l’énergie des chutes du Rhône, sous forme de courant électrique, à 35o kilomètres, a été reconnue pratique. L’auteur termine par le calcul d’une installation de 5o chevaux, au Havre ou à Deauville, soit pour i hoctomètre carré à 7 mètres de hauteur maximum.
- Marées hautes, différence de niveau : 6,6 mètres. La mer monte de 1,06 mètre par heure. Il faut deux heures pour avoir 2 mètres de chute (qui sont dans les données de ces turbines) et l'on travaille quatre heures, 4 fois par jour. On écoule
- 100 m. X 100 m. X 1,06 m. == 10600 m3 ou 106000 hectolitres qui, divisés par 3 600 secondes, font 29 chevaux, à 1 mètre de chute par seconde, et pour 2 m. =58 chevaux.
- Marées moyennes, différence de niveau : 5,5 m. La mer monte de 0,89 mètre par heure. Il faut environ deux heures trente minutes pour avoir a mètres de chute et l’on travaille trois heures trente minutes, 4 fois par jour. On écoule
- 100 m. X 100 m. X 0,89 m. = 8 900 ni3 ou 89 000 hectolitres, qui, divisés par 3 600 secondes, font 24,7 chevaux, à 1 mètre de chute par seconde, et pour 2 m. = 49 chevaux et demi.
- Marées basses, différence de niveau, 4,4 mètres. La mer monte de 0,71 mètre par heure. Il faut près de trois heures pour avoir 2 mètres de chute, et l’on travaille trois heures, . 4 fois par jour. On écoule 100 m. X 100 m. X 0,7 i m. = 7 100 m3 ou 71 000 hectolitres, qui, divisés par 3 600 secondes, font 20 chevaux, à 1 mètre de chute par seconde, et pour 2 m. = 40 chevaux.
- On a donc 58 chevaux ou 49 1 /a ou 40, dont la mo.yenne est d’environ 5o, pour un travail moyen de quatorze heures par jour. Le prix du bassin, perçé par des dragues à vapeur, en choisissant un endroit sablonneux, serait de io5oo francs.
- •k *
- * *
- D’autre part, le même auteur a fait à la même occasion (’) un exposé des plus intéressantes fabrications et analyses électrochimiques, question qui doit être considérée comme connexe de la précédente, l’électrochimie devant être une des applications les plus favorables de la houille bleue.
- Nous en retiendrons surtout ce qui concerne la méthode générale d'analyse indiquée par M. Séverin. Pour les métalloïdes, soufre des sulfures, brome,
- iode, phosphore, arsenic, on y parvient par des pro-cédés mixtes.
- Pour les métaux, au moyen de l’eau régale, on les transforme tous en chlorures. Seul, le chlorure d’argent est insoluble; repris par le cyanure de potassium avec anode inattaquable en iridium, il donne l’argent.
- Pour une densité de courant de 0,08 ampère par décimètre carré, on a ensuite l’or seul. S’il y a du mercure, on ne peut éviter le dépôt simultané. On chauffe et l’on dose le mercure par différence.
- Le mercure, quand il n’y a pas d’or, se sépare des autres métaux pour 1 ampère par décimètre carré.
- Le platine vient ensuite; excellent dépôt à o,r5 ampère ; il est impossible de le séparer du cuivre ; s’il y en a, tout précipiter par le zinc, puis dissoudre dans l’acide azotique, le platine reste. En faisant bouillir avec de l’acide chlorhydrique, on reforme les chlorures au besoin.
- Le bismuth vient ensuite, toujours pur, à 0,15 ampère, dépôt rouge brun, devenant noir mat pour la moindre cause.
- Puis le cuivre est toujours pur à o,3 ampère.
- A 0,4 ampère ensuite, le plomb, qui a eu le temps de se perchlorurer pour devenir soluble, est toujours bon.
- Toute cette catégorie se dépose en liqueur acide, avec une force contre-électromotrice ascendante, qui fait tomber le courant à chaque changement de métal. M. Séverin a donc inventé une balance, qu’on règle par un essai préalable pour la quantité de poids qu’un électro-aimant, actionné par le courant, lui permet de supporter : par exemple, 200 grammes avec le chlorure d’or, 100 grammes avec le chlorure de cuivre. On la sollicite par un poids moyen de i5o grammes. Quand l’opération sera terminée pour le premier métal, elle trébuchera et enlèvera la lame du bain. On y trouvera tout l’or déposé sans cuivre, et, dans la solution, tout le cuivre encore dissous, sans que le réactif le plug sensible accuse la présence de l’or.
- S’il y a de l’étain, de l’arsenic et de l’antimoine, on ne réussit pas dans ce genre d’analyse. Il faut donc les séparer par le sulfhydrate d’ammoniaque. L’arsenic peut être enlevé, k l’état d’arséniate ammoniaco-magnésien, en redissolvant et en y mêlant une suffisante provision d’acide tartrique. L’étain peut être séparé de l’antimoine par le fer et l’acide chlorhydrique.
- S’il y a de l’or ou du platine, leurs sulfures suivraient les précédents, et ils compliqueraient ces
- (1) Congrès de Dijon, 19x1.
- p.343 - vue 343/416
-
-
-
- 344
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N» 37.
- opérations. Pour ceux qui auraientcette chance inespérée, ils pourraient recourir aux moyens ordinaires de réduction, comme le sulfate de fer pour l’or et la réduction de tout par le zinc, et la reprise par l’acide azotique qui laisserait le platine.
- Tout ce qui pouvait altérer un dépôt de bioxyde de manganèse a disparu, sans donner de peroxydes; il n’y en a jamais avec l’acide chlorhydrique. Mais, pour le déposer, il faut transformer le reste en sulfate, en faisant bouillir avec l’acide sulfurique. On aura tout le manganèse sur l’anode, et le cadmium, s’il y en a, sur la cathode. Mais le fer le gêne. S’il y en a, neutraliser avec du carbonate de soude, puis par le carbonate de baryte, en une nuit de macération, enlever les sesquioxydes de fer, de chrome et d’aluminium. On reprend par l’acide azotique au dixième, on enlève la baryte par l’acide sulfurique. Les trois oxydes, chauffés avec l’azotate de potasse et la potasse au creuset d’argent, isolent le fer; on redissout dans l’acide azotique et l’on traite par le carbonate d’ammoniaque : on a l’alumine; par l’acide sulfureux, puis l’ammoniaque : on a tout le chrome.
- A o,3 ampère, on a ensuite le cadmium; à o,ia le
- zinc est toujours pur, mais en réduisant les peroxydes de nickel et de cobalt par l’ébullition en milieu acide; à o,3 ampère, le cobalt; à 0,2 ampère, le nickel. Nous passons directement à la magnésie qui, en sel double, avec vase poreux ne contenant que du chlorure de sodium, réussit très bien à o,6 ampère. Pour-la chaux, il faut, dans les mêmes conditions de sel double et de vase poreux, poussèr à 6 ampères. La strontiane et la baryte, dont on ne trouve pas trace dans les dépôts précédents, dans les mêmes conditions se déposeront ensuite, en maintenant un dégagement d’acide carbonique pour les rendre insolubles. On les séparera ensuite par l’acide fluo-silicique. Nous sommes dès lors aux alcalis, pour lesquels l’électrolyse est désarmée.
- Il faut noter que toutes ces recherches de M. Sé-verin ont le grand mérite d’être de première main, l’auteur s’attachant à contrôler lui-même par l’expérience tous les phénomènes dont il fait état. On ne saurait donc les accueillir avec indifférence, ni par suite considérer comme de pures rêveries ses projets d'utilisation de la houille bleue. S. F.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont
- L’Électricité à l’Exposition universelle et internationale de Bruxelles de 1910, par J.-A. Montpellier. — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix, broché : i5 francs.
- L’ouvrage de M. J.-A. Montpellier est divisé en 9 parties :
- Production de l’énergie électrique ;
- Transformation de l’énergie électrique ;
- Canalisation et distribution de l’énergie électrique, appareillage ;
- Applications mécaniques ;
- Electrochimie et électrométallurgié;
- Applications thermiques ;
- Instruments de mesure;
- Applications diverses de l’énergie électrique.
- v L’ensemble est traité dans un espace de i5o pages, c’est dire que l’auteur n’a donné qu’une description succiqcte des différents appareils exposés. Le texte
- deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- est agrémenté de 270' figures dont la majeure partie sont des reproductions de photographies des appareils .
- Les descriptions diverses sont très homogènes et l’auteur ne s’est pas laissé déborder par la littérature de catalogue, dont les constructeurs et fabricants ont l’habitude de noyer les rédacteurs de revue technique.
- Les dispositions nouvelles et d’un réel intérêt ont été décrites avec un peu plus d’ampleur que les dispositifs déjà connus de tous. Il est seulement regrettable que les figures n’aient pas plus souvent un caractère vraiment technique au lieu de représenter une vue extérieure; mais on sait combien il est souvent difficile d’obtenir des documents descriptifs tout à fait précis.
- L’ensemble est, d’ailleurs, fort bien édité et fait honneur aussi aux éditeurs, c’est pourquoi nous leur
- p.344 - vue 344/416
-
-
-
- 44 Septembre 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 348
- souhaitons ainsi qu’à l’auteur tout le succès qu’ils méritent.
- C.-F. GuinBERT.
- The Universal Electric al Directory 1912.
- — i volume in-8° jésus de i 566 pages. — H. Alahaster, Gatehouse and C°, éditeurs, Londres. — Prix : cartonné, 18 francs.
- L’annuaire que font paraître chaque année les éditeurs de VElectrical lieview, de Londres, en est à la 3t° année de sa publication. C’est dire le succès qu’il rencontre auprès des ingénieurs et des constructeurs électriciens du monde entier.
- En effet, comme son titre l’indique, il embrasse dans sa nomenclature, non seulement la Grande-Bretagne et ses nombreuses colonies, mais aussi l’Europe et l’Amérique.
- Divisé en plusieurs parties relatives aux différents pays, il donne, d’abord par liste alphabétique et ensuite par profession, les noms et adresses des principales personnalités et sociétés appartenant au inonde de l’électricité : constructeurs, ingénieurs, instituts, revues, sociétés, etc.
- Dans ces conditions il est d’un précieux secours à tous ceux qui ont des rapports quelconques avec l’industrie électrique et rendra d’éminents services aux industriels en leur facilitant la recherche des adresses de tous les fournisseurs de l’électricité.
- J. N.
- Die elektrolytische Alkalicliloridzerlegung mit starren Metallkathoden (La décomposition électrolytique des chlorures alcalins à l’aide de cathodes métalliques solides) ir« partie, par‘J. Billiter. — I vol. de a84 pages avec 189 figures.
- — Wilhelm Knapp, éditeur, Halle A. S. — Prix broché : 16 ni.\5o.
- En 1880, la possibilité pratique de la décomposition électrolytique des chlorures alcalins était encore mise en doute par les techniciens, les essais antérieurs n’ayant pas été concluants. 11 en fut autrement lorsque, peu de temps après, l'Elektron Akliengesellschnft fut fondée. En effet, les encourageants résultats obtenus par celte société pour la préparation du chlorure de calcium et de la potasse caustique, la déterminèrent à augmenter le développement de ses usines et à porter la puissance de celles-ci de 400 à 2 100 chevaux. De nombreuses installations, dont la puissance totale s’éleva à 33 000 chevaux, furent établies dans la suife sur le même modèle,
- D’autre part, en Angleterre, on* commença, dès 1890, à mettre au point les procédés de Le Sueur et de Hargrcaves-Bird.
- L’Amérique n’est pas non plus restée en arrière, puisqu’elle utilise actuellement 70 000 chevaux environ pour la décomposition électrolytique des chlorures alcalins (dontjGooo chevaux environ pour le procédé au mercure).
- D’ailleurs, le nombre des brevets relatifs à l’élec-trolyse des chlorures montre bien l’intérét croissant des industriels pour cette question. En Angleterre seulement, le nombre de ces brevets passa de 4 en 1888 à 3G en 18g3 (non compris les brevets comportant l’emploi de cathodes de mercure). Au cours des années suivantes, ce nombre diminua d’abord, il n’était plus, en effet, que de 8 en i8q5. Mais, depuis quelques années, l'intérêt attaché à cette question semble de nouveau croître.
- L’auteur a, par suite, cru intéressant de réunir en un volume les principaux brevets traitant, de l’élec-trolyse des chlorures alcalins, en insistant particulièrement sur ceux d’entre eux qui ont donné des résultats industriels concluants.
- M. Billiter a toutefois laissé de côté les brevets comportant l’emploi de cathodes liquides (cathodes de mercure dans l’électrolyse des solutions aqueuses, cathodes de plomb dans l’électrolyse des sels fondus), cette question ayant été traitée à fond dans une monographie antérieure.
- Afin de permettre à ceux qui ne sont pas spécialisés dans cette branche de l’éleclrolechnique d’avoir néanmoins un aperçu des valeurs respectives des divers procédés exposés, l’auteur s’est efforcé de mettre brièvement en lumière lès principaux avantages et inconvénients de chacun d’eux.
- Un bref exposé de la théorie de l’électrolyse rationnelle des chlorures alcalins précède la description des brevets et permet ainsi au lecteur de les comprendre plus aisément.
- Un deuxième volume, qui paraîtra prochainement, contiendra la description des principales installations industrielles basées sur l’emploi de cathodes métalliques solides.
- M. K.
- Elektrochemische Umformer (Galvanische Elemente). Les transformateurs èlectrochi-miques (Éléments galvaniques), par Johannes Zacharias (1911). — A. Harti.eben, éditeur, Vienne et Leipzig. — Prix : broché, 4 marks; relié, 5 marks.
- L’étude des piles et des générateurs électrochimiques d’énergie électrique semble, malgré son inf*
- p.345 - vue 345/416
-
-
-
- 346
- LA LUMIÈRE
- portance, avoir été plutôt négligée jusqu’ici par les techniciens. Ceux-ci préfèrent consacrer leurs efforts à l’exposition de phénomènes dont la théorie se prête à des développements mathématiques élégants. Les piles et les appareils électrochimiques, aux réactions si intéressantes et si complexes, n’appartiennent, pour beaucoup d’entre eux, ni à la chimie, ni à l’électricité, tout au plue à la « cuisine de laboratoire ». Aussi la bibliographie concernant ces appareils est-elle restée très restreinte, si on la compare à ce qui a été publié sur leurs applications directes, la télégraphie, la téléphonie, les batteries, etc,, et si l’on tient compte de ce fait que certains éléments, tels que la pile Daniell, existent depuis plus de 75 ans.
- On voit donc l’intérêt que présente l’ouvrage de M. Johannes Zacharias, qui vient de paraître sous le n° 66 dans la Bibliothèque électrochimique A. Hart-leben.
- L’auteur s’est attaché à traiter son sujet du point de vue le plus général. Aussi est-ce sous le titre de Transformateurs éleclrochimiques qu’il nous présente tous les dispositifs capables de donner par voie humide de l’énergie électrique en partant de l’énergie chimique. Abandonnant toutes les classifications antérieures qui reposent soit sur la constitution des électrodes, soit sur la composition de l’électrolyte, soit sur la nature du dépolarisant, M. Johannes Zacharias groupe les appareils qu’il passe en revue d’après leur utilisation pratique, comme il a été fait pour les autres appareils électriques.
- Les éléments à voltage élevé sont étudiés avec un soin tout particulier, et une grande partie de l’ouvrage est réservée à la description des appareils de poche et des batteries pour l’éclairage intermittent, dont l’étude était, pour ainsi dire, encore à faire. L’auteur s’est efforcé de donner le maximum de renseignements pratiques sans faire, comme cela arrive trop souvent, une compilation de seconde main tirée d’ouvrages antérieurs, de périodiques ou de dossiers de brevets : de grandes maisons allemandes (Siemens et Ilalske, Hugo Falk, etc.) ont donné à l’auteur les éléments d’une documentation précise dont il serait difficile de trouver l’équivalent ailleurs.
- Nous souhaitons à l’ouvrage de M. Johannes Zacharias le succès qu’il mérite dans le public des techniciens français auxquels il apporte une foule de renseignements précieux et inédits.
- ÉLECTRIQUE T. XIX(2* Série). — N* 37,
- Kurzes Lehrbuch der Radioaktivitat. (Traité élémentaire de radioactivité), par le Dr Paul Gruner, — 1 vol. in-8° carré de 120 pages avec 20 figures. —A. Franke. éditeur, Berne. — Prix : broché, 9 francs.
- Le but de cet ouvrage est, tout d’abord, de servir en quelque sorte d’introduction à l’étude de la radioactivité.
- En prenant comme points de départ les connaissances phjvsiques [élémentaires, l’auteur passe graduellement à l’étude des problèmes, plus complexes, des transformations radioactives, qu'il présente d’ailleurs sous une forme simple, compréhensible et cependant concise.
- Après un court exposé historique, l’auteur s’est efforcé de représenter, d’une manière aussi complète et aussi scientifique que possible, tout ce qui a trait à la radioactivité, et cela en s’inspirant des plus récentes publications, de sorte que le lecteur, malgré la brièveté relative de l’ouvrage, peut y trouver les renseignements nécessaires sur la plupart des questions relatives à cette branche de la physique.
- D’autre part, une démarcation très nette a été faite entre les questions purement physiques, lesquelles sont exposées en détail, et les questions contiguës, d’ordre chimique, physiologique, météorologique, minéralogique et géologique. Certaines de ces dernières questions ont simplement été rapidement effleurées, certaines autres ayant été complètement laissées de côté. Quant, à la théorie mathématique de la transformation radioactive, l'auteur n’a pas jugé non plus nécessaire de l’exposer en détail ; mais, après avoir exposé les lois fondamentales de cette théorie, il en donne immédiatement les résultats généraux, de manière à en mettre les conclusions en lumière.
- Un appendice sur les mesures radioactives et un tableau des substances radioactives complètent l’ouvrage.
- Enfin, une table bibliographique très documentée permet an lecteur de se référer, le cas échéant, aux ouvrages antérieurs ou aux publications relatives à la question do la radioactivité.
- M. K.
- Recherches récentes sur le faciès des cristaux, par P. Gaufiert. — 1 brochure in-8° raisin do 38 pages, avec 19 figures et 2 planches dans lo texte. —< Hermann f.t Fti.s, éditeurs, Paris. — Prix : broché, a fr.
- L’auteur étudie cette, classe de phénomènes si riches, et. à cet effet expose le processus de formation du cristal. De remarquables photographies de cris-
- G. C.
- p.346 - vue 346/416
-
-
-
- 14Septembre 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 347
- taux, avec fort grossissement, complètent cet exposé, dans lequel l’auteur insiste notamment sur le grand rôle joué par la présence de petites quantités de matières étrangères dans la formation du cristal.
- S. F.
- Les Atmosphères des planètes, par S. Arrhe-nius. — i brochure in-8° raisin de i i pages avec 6 fig. — Hermann et fii.s, éditeurs, Paris. — Prix : broché, i franc.
- Ce fascicule fait partie de la série des publications de la Société de Chimie-physique. Il s’agit ici d’une conférence faite à cette Société le 8 mars 1911. L’auteur expose que parmi les planètes il n'y a que les plus proches du soleil (jusqu’à Mars inclusivement) qui possèdent une croûte solide. En ce qui concerne Mars, celle des planètes voisines de la nôtre qui nous a toujours le plus intéressé, l'auteur estime que sa surface est un désert absolu, d’une température de 3o® au-dessous de zéro.
- Disons en passant, qu’en représentant à une certaine échelle la Calabre, l’auteur montre qu’il existe sur terre l’analogue des fameux « canaux » de Mars.
- En somme la présence d’une atmosphère sur Mars est prouvée, notamment par l’apparition de grandes taches blanches aux pôles pendant l’hiver, dues évidemment à des chutes importantes de neiges.
- S. F.
- Applications de la télégraphie sans fil, par P. Jègou. — Un volume in-if> de GH pages avec j8 ligures. — II. Desforoes, éditeur, Paris. Prix : broché, 1 fr. 5o.
- L’auteur de cet opuscule a contribué personnellement à l’étude de certains points de la technique radio-télégraphique, et nos lecteurs se rappellent notam-mept ses travaux sur les détecteurs (').
- (') Voir : Détecteur élerlrolylique très sensible fonctionnant sans force éleclromolrice auxiliaire, P. .lécoc, Lumière Electrique, (. IX, a" série, p. 3fir. Du même auteur : Enregistreurs d’orages (hum. Eleet., t. XI, ue série, p. 387) ; Réception du signal horaire hertzien (le la tour Eiffel, (hum. Elçct., I. XII, ie série, p. 371).
- Le petit ouvrage que nous présentons aujourd’hui est conçu dans un esprit pratique et contient, avec d’excellentes photographies, d’intéressantes indications sur la détermination de l’heure, la mesure des longitudes, le fonctionnement normal de la T.S.F. et les perturbations qui interviennent dans la réception, enfin l'influence qu’exercent la lumière cl l'obscurité sur la portée des postes actuels,
- Deux chapitres spéciaux sont consacrés, l’un à la télégraphie sans fil en aéroplane (dans lequel l’anlcur rappelle les expériences, bien connues de nos lecteurs, du capitaine Beenol, ainsi que celle de M. So-nouque, — et à ce propos M. .légou fait remarquer que l'utilisation de la T. S, F. à bord des aéroplanes est très limitée tant que l’on n’y aura pas rendu la réception possible en supprimant lé bruit du moteur), el un deuxième chapitre, aux radio-phares, dans lesquels sont résumés les travaux de M. Blondel et les dispositifs de M. Ducretel.
- On verra surtout avec intérêt les manipulateurs automatiques destinés à fonctionner au moyen d'un émetteur spécial de M. Blondel capable de fonctionner automatiquement pondant 3o heures consécutives. Ces radio-phares se distingueront par la note musicale qu’ils émettront ; leur portée sera de ?>o milles environ.
- H. F.
- L’Aéronautique et l’aviation en 80 leçons, par H. de Graffigny. — 1 volume iu-iG de 108 pages, avec 0.8 ligures. — I’. Paci.ot, éditeur, Paris. — Prix : broché, 1 franc.
- L’auteur a rassemblé, en une série de leçons agréablement présentées et nécessairement un peu sommaires, les notions essentielles tant historiques que purement techniques qui.eonstituent les premiers rudiments de la science aéronautique. C’est d’ailleurs un traité général qui traite à la fois du ballon libre, du ballon captif, du dirigeable, du parachute et de l'aéroplane. Un chapitre est môme consacré aux hélicoptères.
- S. F.
- p.347 - vue 347/416
-
-
-
- 348 * LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série);— N° 37.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Une scie pliante pour les électriciens,
- La maison H. André, de Paris, a combiné un modeste instrument qui, par sa simplicité, son agencement ingénieux, et son faible encombrement, est apte à à rendre de réels services aux monteurs électriciens.
- Ceux-ci sont généralement obligés, pour l’exécution des travaux hors de leur atelier, d’emporter une scie, toujours encombrante.
- SCIE PLIÉE Fig. i.
- La scie pliante, au contraire, qui se démonte selon le schéma (lig. i et *2), se place aisément dans un sac de voyage ou .à outils; on peut la mettre dans une poche sans aucun risque de blessure.
- Fig. 2.
- Pour faciliter le changement des lames, qui sont au nombre de trois, on a prévu un mode de fixation très simple, comportant des tourillons en cuivre avec écrou en cuivre martelé, qui dispense de l’emploi d’un tournevis.
- S. F.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- f
- La crise des fonds d’Etat préoccupe beaucoup en ce moment les milieux financiers. En France et en Angleterre elle a provoqué des manifestations publiques des ministres des Finances, qui ont essayé de ramener l’attention du public sur la rente française et les consolidés anglais ; pour cela ils ont fait Valoir Auprès 4u WQirôe 4e répargne la sécurité en
- même temps que l’importance du marché de ces valeurs eilesimmunitésfiscalesdont elles jouissaient. Mais, comme le ditM. liuart en forme de conclusion d’un article de Y Information : « 11 est une vérité et économique qui doit toujours être répétée : le « crédit ne sc gouverne pas. Ceux qui veulent le « brider et lui imposer des modalités et une route te dans un sens donné ne font que faire intei'venir « des éléments perturbateurs. » Nous ajouterons que le crédit ne repose que sur la confiance : l’ayant supprimée parla mise en pratique de mesures restées longtemps à l’état de menaces, on a peu à peu resserré le marché de ces valeurs ; et puis la modicité de leur revenu en éloigne meme la masse qui leur préfère les é % et 5 % dos gouvernements.étrangers ou les obligations à primes ou à lots. Mais il faut penser aussi que la diffusion de la presse financière a attiré l’attention sur les valeurs industrielles, notamment sur celles d’entreprises de distribution, et aujourd’hui, dans les campagnes, on place plus facilement des obligations de ces entreprises, très souvent locales, que du 3 % français. C’est aussi l’intérêt des banques privées ou des établissements de crédit qui y trouvent une rémunération plus avantageuse. Il semble donc que les ministres des Finances doivent prendre leur parti de cette situation et renoncer, tant que les conditions générales des marchés européens ne se seront pas modifiées, à placer leur papier à un taux insuffisamment rémunérateur. D’ailleurs l’époque est mal choisie pour ces remontrances: l’industrie est prospère; toutes les grandes entreprises sont florissantes et s’il en est quelques-unes qui distribuent peu ou point de revenus, la plupart assurent à leurs actionnaires d’inté:-ressantes plus-values de leur capital.
- Depuis trois ans la Compagnie Générale d’Elec-tricilé a progressé de Go % , la Compagnie Parisienne de Distribution de 100 %, l’Electricité de Paris de 5o % ; les anciens secteurs de Paris ont monté de io % à 5o % . Les entreprises de traction, Omnibus, Tramways du département de la Seine et autres, sans jouir avec raison de la même faveur, ont maintenu leurs cours; toutes les sociétés qui ont
- pour objet la transformation* 4e3 létaux goi^
- p.348 - vue 348/416
-
-
-
- 14 Septembre 1912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 349
- elles-mêmes ressenties de la situation générale et il est peu d’entreprises métallurgiques qui n’aicnt enregistré la hausse de leurs titres. Gomment, dans ces conditions, intéresser le public à des valeurs d’un revenu moindre et toujours en baisse ? Le privilège de l’exemption de l’impôt n’y suffira pas, et l’augmentation du taux du revenu, en même temps que l’amortissement de la dette, apparaissent comme les seules solutions possibles.
- L’Appareillage Electrique Grivolas a réalisé, au
- Cours de l’exercice 191.1-1912, un bénéfice de 262 727 francs, inférieur de 28 461 francs à celui de 1910-1911. On attribue aux frais généraux d'émission d’un emprunt obligatoire de 1 5oo 000 francs cette diminution des bénéfices. Le Conseil, en effet, a réalisé pendant l'exercice, avec le concours du Crédit Lyonnais, un emprunt de 1 5oo 000 francs en 3 000 obligations de 5oo francs. Le produit en a été employé en partie à couvrir les dépenses d’aug-rnentation des usines, du matériel et du mobilier jusqu’à concurrence de 522 077 francs ; la différence se retrouve aux comptes: matières premières, marchandises en magasin et caisse et banque, qui figurent au bilan pour 2 359 406 francs. Le Conseil a marqué ainsi son intention de donner une grande extension aux affaires sociales. La situation générale de l’affaire est très satisfaisante, puisque, pour un capital-actions de 2 millions, le bénéfice net réalisé est de 262 727 francs et que les amortissements et réserves inscrits au passif pour 1 5o8 048 francs représentent les trois quarts du capital-actions et la moitié des immobilisations.
- Après prélèvement de i3 i36 francs pour la réserve légale, 100.000 francs ont été répartis aux actionnaires à raison de 5 francs par litre; les administrateurs ont reçu; 14 959 francs, et le surplus des bénéfices, auxquels il y a lieu d'ajouter 49 809 fr. de report à nouveau de l’exercice précédent, a reçu
- les affectations suivantes :
- Aux actionnaires: dividende supplémentaire................................ Go 000
- Caisse de prévoyance..................... 2 000
- Amortissement des frais d’émission.. . . 38 159
- Réserve............................... uo 000
- Amortissement. 16 263 14
- Report à nouveau......-.............. 4801884
- La publication des statistiques américaines du cuivre pour le mois d’août a confirmé la bonne impression qui régnait dans les milieux financiers quant â la situation du marché du métal. Plus de 66
- millions de livres ont été exportés au mois d'août, dépassant de 7 millions de livres les expéditions de juillet.
- Une opinion autorisée, celle de M. Guggenheim, recueillie par le Financial Times, donne comme très favorables les perspectives immédiates de son groupe pour tout ce qui concerne la consommation du métal en Amérique et en Europe. Suivant lui, la production aura quelque peine à suivre la consommation. Cependant il ne croit pas à une hausse subite, qui pourrait être aussi le fait des accapareurs. Les grandes sociétés productrices des Etats-Unis n’ont pas d’intérêt à une action concertée en vue d’une direction quelconque ; affinant et vendant leur métal, elles doivent tenir compte de ces situations diverses dans leur politique commerciale. En.forme de conclusion, M. Guggenheim prévoit que les prix seront soutenus avec tendance à la hausse.
- Les Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est convoquent leurs actionnaires en assemblée générale extraordinaire pour le ior octobre afin de leur soumettre une proposition d’augmentation du capital. La note envoyée aux actionnaires indique qu’en vue d’augmenter les moyens de production des ateliers et de mettre le fonds de roulement en rapport avec le développement des affaires, le Conseil proposera Rémission d’actions nouvelles au prix de 400 francs, avec jouissance du icr janvier 1913. Le droit de souscription.aux actions nouvelles sera offert par préférence pour moitié aux propriétaires des actions et pour moitié aux porteurs de parts bénéficiaires. La commande très importante que ces Ateliers viennent de recevoir des Chemins de fer de l’Etat et le développement de leurs affaires dans la région du Nord rendent évidemment nécessaire celte augmentation du capital, dont une certaine partie est représentée par des valeurs en portefeuille et non par de l’outillage ou des approvisionnements en matières qui sont indispensables à toute société de construction qui se développe. Nous savons bien que c’est la formule adoptée depuis longtemps par les constructeurs électriciens ; elle ne leur a pas été très favorable, et en tous cas les a souvent gênés dans leur développement ; il leur était nécessaire de se créer une clientèle, mais à présent, ils trouveront leur intérêt à consacrer tous leurs capitaux disponibles à leurs seules affaires de construction.
- D. F.
- p.349 - vue 349/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). N° 37..
- 350
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TftâCfteK
- Creuse. — Le conseil général a mis à l'élude un projet pour le raccordement dés tramways départementaux avec ceux de la Haute-Vienne,-
- Une commission est nommée pour étudier, avec les représentants du Puy-de-Dôme, les projets de lignes de Pontgibaud à Létrade et de Pontaumur il Auzauee.
- Puy-de-Dôme, —- Avis favorable est donné par le conseil général à un projet d’électrification du tramway de Clermont au sommet du Puy-de-Dôme.
- Rhône. — Le conseil général fera étudier un projet présenté par la Compagnie des tramways électriques de Roanne pour la construction d’une ligue de Roanne à .Thizy.
- List décidée la mise à l’enquête du projet de tramway des Sept-Chemius à Sainte-Colombe présenté par la Compagnie O.-T.-L.
- Pour le projet de tramway de Lyon à Villefrauche, les deux projets présentés seront soumis à l'enquête : celui de la Compagnie O. T. L. par Limouesl et celui île la Compagnie de Neuville, par Neuville.
- Haute-Loire. — Une demande relative à l’établissement d’un réseau de tramways électriques dans l’arrondissement d’Yssingeaux a été formulée au conseil municipal par MRI. Giros et Loucheur.
- ÉCLAIRAGE
- i
- Allier. — Le conseil d’arrondissement de Monlluçon a adopté un vœu tendant à l'installation de l’éclairage électrique il la caserne de gendarmerie d’IIérisson.
- Ardennes. -— L'Est Electrique va fournir l’éclairage électrique à la commune des Hautes-Rivières.
- Bouciies-hu-Riiône. — L’éclairage électrique va être installé dans la commune de Mimel.
- Une commission est nommée à Tarascou pour 1 élude d’un projet de cahier des charges présenté par le Sud* Electrique.
- Cher. — Le conseil municipal de Saint-Florent a discuté les propositions de la Société le Centre Electrique pour l’acquisition de l’usine électrique de Saint-Florent et les riôuvelles conditions d’éclairage.
- La cession de l’usiné se ferait pour une période de quarante-cinq ans ; la Société prend à sa charge la distribution de l’éclairage suivant un périmètre déterminé, l’exploitation et les modiiieutious aux installations actuelles.
- Le conseil général de Saint-Aurnud a voté un crédit pour l’installation de l’éclairage électrique.
- Côte-d'Or. — L éclairage électrique va..être installé dans la commune de Bessy-les-.Citeaux probablement par les soins de l’usine Yougeot.
- DouRs. — Le conseil municipal de Foutarlier a refusé d’accorder la concession d’énergie électrique sollicitée par M. Riller.
- Finistère. — La Compagnie d’élecU-icilé de Brest est nommée concessionnaire do la distribution publique de l’énergie électrique à Saint-Marc, avec privilège pour l’éclairage privé.
- Gaud. — Le maire de Beaucaire est autorisé à traiter avec MM. Arnaud et Thibaut, de Marseille, pour l’éclairage au gaz et pour la'fourniture de l’énergie électrique.
- Le conseil municipal de Martinel-Saint-Florent vient île voler l'installation de l’éclairage public à l'cleulriciléi
- Gers. — M. Laoombe, iiigénieur-éluctricicu, estehargé île présenter au conseil municipal de Fourges un devis approximatif en vue de l'installation de l’éclairage électrique.
- Haute-Garonne, — La commission départementale a approuvé le projet d'installation de la lumière électrique dans la commune de Tauriac.
- Haute-Saône. — Le préfet a approuvé le projet d’emprunt de i5o ooo francs pour la construction du réseau d’éclairage électrique de Vesoul. L’adjudicalioii de la construction de quatre postes de transformateurs n’uyaut pus donné de résultat, l’opération sera recommencée sous peu.
- Hérault. — Le conseil municipal de Cette a volé la mise à l'enquête des propositions de la Compagnie du gaz concernant l’installation de l’électricité dans la ville.
- Loiret. — Le conseil municipal de Boiscommun a décidé de recourir à un concessionnaire pour la distribution d'énergie électrique.'
- p.350 - vue 350/416
-
-
-
- 14 Septembre 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 3» 4
- Le conseil municipal de Vitry-aitx-Loges a volé la mise à l’enquête de l'installation de l’éclairage électrique d’après le projet déposé par la Société Lefèvre.
- , Le conseil municipal de Mézière-sous-Bullegurdc a approuvé le cahier des charges pouf la concession d’une distribution publique d’énergie électrique.
- Lot. — Lu municipalité de Grczols est en pourparlers pour luire installer l’éclairage électrique dans la commune. C’est probablement l’usine électrique du Pruyssuc-qui fera cette installation.
- Lot-et-Garonne. — Le conseil municipal de La Chapelle-Biron a accepté eu principe la proposition de M. Lacaze concernant l’installation de l’éclairage électrique.
- Le conseil municipal de Goulaud a décidé de luire installer l’éclairage électrique dans la commune et de confier la concession à la Société d’Encrgie Electrique du Sud-Ouest.
- Nom». — Une enquête est ouverte à Fourmies sur un projet de distribution d'énergie électrique.
- Rhône. — Le conseil municipal de Yilleurbunnc a accepté en principe un projet de traité présenté pur la Compagnie du Gaz de Lyon pour la distribution de l'énergie électrique et autorise le maire à discuter avec la compagnie pour l'acceptaliou dudit traité s’il y a lien.
- Savoie. — Le conseil muuicipal de Suinl-Avre a décidé de faire installer la lumière électrique dans les nies de la commune. ^
- Le conseil général a volé une somme de i ooo francs pour l'installation de l'électricité à la sous-préfcclure d’Albertville.
- Saône-et-Loire. — La Compagnie du Gaz est autorisée à'iuslaller sur le territoire de Chalon des canalisations électriques destinées à fournir l’éclairage et la force motrice dans les communes de Chalon, Sainl-Jean-des-Yignes et Saint-Rémy.
- Seine. — Le conseil municipal de Suresnes a approuvé le truité passé avec la Compagnie du Secteur électrique de la Rive gauche qui est chargé de la fourniture de l’eleelrieité dans la ville.
- Seink-kt-Oise. —Il est question d’installer l'électricité à Blaru. Un secteur électrique est en préparation dans la vallée d’Eure et comprend une soixantaine de communes parmi lesquelles Blaru.
- favorable au projet d'installation de l’éclairage électrique.
- Le conseil muuicipal de l'Etuug-lu-Villu a approuvé les pourparlers engagés en vue d’uilo prochaine solution de la question d'éclairage électrique.
- TÉLÉPHONIE
- Durüuune. — Le conseil général a voté l’établissement d’un circuit téléphonique Périgueux-Ribérac-Angoulème.
- Uii cirouit téléphonique direct sera établi entre Péri-gueux et Paris : la dépense CBt évaluée à 3^5 ooo francs.
- Haute-Vienne. — Le conseil général a voté en principe l’établissement de fils téléphoniques entre Sainl-Juuieii et Confolens; la dépense prévue est de 18 ooo fr,
- Loire-Ini'érieure, — Un crédit est volé par le conseil général pour 1 etablissement d’uu ac circuit téléphonique entre Nantes et Tours, entre Nantes et Bordeaux, et d un nouveau circuit Nunlcs-Saiul-Nuzairc.
- Pas-ue-Calais. — La commission départementale a approuvé un emprunt de i'jy g3o francs pour l’cxlensioll du .je réseau téléphonique départemental.
- Yonne. — La commission départementale a approuvé un traité d’emprunt de 101 470 francs pour l'établissement d'un cinquième réseau téléphonique départemental.
- SOCIÉTÉS
- Société anonyme des Usines électriques Bergmann, Paris. — Le capital va être porté de 1 5oo ooo francs à 4 a5o ooo francs pur émission de 11 ooo actions nouvelles de ï5o francs, réservées aux porteurs actuels d’actions cl de parts.
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain, Paris, — Lu dernière décade d’aoôt a donné une recette de 1 a37 281 francs, supérieure do 124 49-5 francs à celle de la période correspondante de 1911. Du i01' janvier au 3i août 1912 il U été encaissé 35 56g 909 francs contre 3.( 818 n5 fruues en 1911. L'augmentation totale à l’issue du huitième mois est donc de ^5i 793 francs.
- Energie Electrique du Littoral Méditerranéen, Pans, —
- Ventes du ior janvier 191a au 3i juillet 191a......................... Fr. 4 009 951
- Ventes du Ier janvier 1911 au 3i juillet 1911........................Fr. JJ 6oi 26C
- Différence en faveur de 191a...'. Fr. 4°8 485
- Le conseil municipal de Montereau a émis un avis
- p.351 - vue 351/416
-
-
-
- 382
- .y?: ....
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série); ~ H* 3fc;
- CONVOCATIONS
- Société Générale de Gaz, d'Eau et d'Electricité. — Le 3o septembre, 94, rue Saint-Lazare, Paris.
- Compagnie des Lampes à filament métallique. — Le 24 septembre, 4? rue Auber, Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCIS
- L'administration des chemins de 1er de l’Etat à Paris, a l’intention d’acquérir des supports de frotteurs et de fusibles en acier moulé nécessaires à l’équipement de 14 voitures automotrices.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (3e division), 72, rue de Rome, tous les jours entre i5 et 17 heures, jusqu’au 18 septembre 1912.
- L’administration des chemins de fer de l’État a l'intention d’acquérir 18 lampes à arc à courant alternatif et 9 bobines de self destinées à la gare maritime du Havre.
- Les industriels désireux de concourir à celte fourniture peuvent se renseigner immédiatement à cet égard dans les bureaux du service électrique (ir« division), 43, rue de Rouie, le mercredi et le vendredi de i5 à 17 heures, jusqu’au 20 septembre 1912,
- L’Administration des chemins de.fer de l’État a l’intention de faire installer des canalisations électriques pour l'éclairage des bàlimenLs sis 118, rue Saussure, à Paris.
- Les industriels désireux de concourir à celle fourniture peuvent se renseigner immédiatement à cet égard dans les bureaux du service électrique (it0 division), 43, rue de Rome, les mardi et vendredi, de i5 à 17 heures, jusqu’au 20 septembre.
- L’Administration des chemins de fer de l’Etat a l'intention de faire installer des canalisations électriques à la gare d'Evreax.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (ire division), 43, rue de Rome, les mercredis et vendredis de i5 à 17 heures, jusqu’au 4 octobre.
- A l’hôtel de ville, à Paris, concours, en deux lots, pour la construction et l’installation de moteurs, pompes et générateurs, destinés à relever do l’eau de Seine et des eaux d'égout à l’usine d’Auleuil, située à Paris, avenue de Versailles, 76 bis (16e arrondissement).
- icr lot : construction et mise en place des générateurs, moteurs et pompes destinés à relever de l’eau de Seine nécessaire i\ l’alimentation : i° d'un réseau haut, constitué par les quartiers élevés d’Auteuil et de Passy; va° d'un réseau bas, constitué par le Bois de Boulogne et les quartiers bas du -XVI» arrondissement. — 2« lot : construction et mise en place des générateurs, moteurs
- à piston et pompes centrifuges,’ destinés à élever l’eau d egout provenant, du XVe arrondissement dans le nouveau collecteur de la rive droite.
- Une commission administrative, dont les membres seront nommés par arreté préfectoral, sé réunira à l’IIôtel de Ville, salle des commissions de la direction des travaux, le jeudi 17 octobre 1912, à 3 h, 1/2 après?* midi, pour, en séance publique, recevoir les propositions des concurrents et décider de leur admission.
- Tout constructeur devra déposer :
- Quinze jours au moins avant cette date, entre les mains de l’ingénieur en chef, chef du service technique des eaux et de l'assainissement, 9, place de l’IIôtel de Ville, un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date, cl Tes certificats de capacité cons» latant, suivant l’usage, les travaux de meme genre qü’il a précédemment exécutés, la manière dont il a rempli scs engagements et les conditions dans lesquelles se ont effectués les règlements de comptes.;
- Un engagement de verser, A la caisse municipale, si le projet est choisi par l’Administration, a litre de cautionnement, une somme de 3o 000 francs pour le icl‘ lot et 7 000 francs pour le 20 lot.
- Une soumission sur papier timbré, conforme au modèle de l’afliche et qui portera le prix à forfait.
- Le prix forfaitaire ne devra pas être supérieur à 900000 francs pour le ior lot; 223 000 francs pour le 2Ü lot.
- Programme et cahier des charges à l'Hôtel de Ville (bureau des eaux, canaux et égouts).
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS BELGIQUE
- 4 septembre, — A la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles :
- A. — Fourniture et montage de l'équipement électrique d une sous-station de transformation à établir à Dicghcni pour alimenter la ligne vicinale de Bruxelles è Haecht; Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi, 106 700 ou 118 5oo; A.-E.-G. Union électrique, à Bruxelles, 121 175 ou 148800; Siemens-Schuckert, id., 138 5oo; l’Anglo-Bclge, id., i55ooo; Vedovelii et Priesley, à Paris, 178 000.
- B. — Fourniture des connexions électriques en cuivre
- du type protégé, à placer sous les éclisses, pour rails des types vicinaux 23 et 45 kil. nécessaires pendant , un au à dater du i?r octobre 1912 (cahier des charges n° 37 de 1911) : A.-E.-G. Union électrique, h
- Bruxelles, 1 fr, 20 la pièce de 228 millimètres et 1 fr. 38 id 36o millimètres avec tète massive ou i,3i et 1,4963 id. creuse; Fellen et Guillaume Carlswerk, à Mullieim-sur-Rhin, i,2i et 1, 39; Kabelwerk. Rheydt, à Bruxelles, 1,3473 et 1,59; Compagnie Générale d Eleclricité, Paris,
- et 1,79; Tréfileries du Havre, id , 1,55 et i,85; Vedovelii et Priesley,'id., 1,62 et 2; TJiomas Bolton and sons, à Londres, 1,68 et 1,90.
- PARIS, — IMPRIMERIE LEVÉ, 17, RUE CASSETTE.
- Le Gérant : J .-B. Nouet
- p.352 - vue 352/416
-
-
-
- SAMEDI 21 SEPTEMBRE 1912.
- rmlMUtrliiai anai*.
- Tome XIX;(2« aéria). — N* S L
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ELECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est
- interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 353. —J. Reyval. L’électritication des chemins de 1er des lignes de banlieue de l’Ouest-Etat, p. 355. — A. Reisset. Chronique des applications mécaniques : L’éle ctrieité et la commande des laminoirs, p. 35g.
- Extraits des publications périodiques. — Applications mécaniques. L’installation électrique de distribution d’énergie et d’éclairage de la filature do coton de Kolbermoor, IL Beckma nn, p. 363. — Divers. Reniai-ques sur l’instruction scientifique de l’ingénieur et sur l’organisation des écoles techniques supérieures allemandes, C. Bach, p. 364. — Variétés. L’annexe Diderot de l’Institut électrotechnique de Grenoble, p. 367. — Chronique industrielle et financière. Notes industrielles. Installations électriques des Charbonnages d’Ans et de Rocour, p. 370. — Etudes économiques, p. 379. — Renseignements commerciaux, p. 38i. —Adjudications, p. 382.
- EDITORIAL
- L’électrification de la banlieue de l'Ouest-Etat, à laquelle se rapportent les essais d'automotrice dont nous avons récemment rendu compte, constituera une des conquêtes les plus importantes de la grande cause de l’électrification, dont M. G. Cuvillier vient d’exposer tes données et la raison d’être dans une étude d’ordre général. Gomment ce problème général, dont l’étude s’impose à tous les services dé traction des grandes villes modernes, se pose dans le cas particulier de la banlieue ouest de Paris, c’est ce qu’il convenait de marquer à grands traits avant d’entrer dans de plus amples détails.
- Dans une note succincte, M. J. Reyval montre donc la gare Saint-Lazare, insuffi-
- sante, congestionnée, dont le service vient à peine d’être soulagé par le creusement d’un quatrième tunnel, et engagée en somme au point de vue exploitation, dans une situation vraiment inextricable si l’on n’avait recours à la ressource radicale de l’électrification. Le principe, très simple et rationnel, de l’exploitation par zones est ensuite défini. Enfin, nous avons la bonne fortune de pouvoir joindre à cet exposé général des détails techniques plus précis sur l’équipement électrique des nouvelles automotrices, notamment les dessins des moteurs et leurs caractéristiques.
- Dans une Chronique des applications méca niques de Vélectricité, M. A. Reisset aborde,
- p.353 - vue 353/416
-
-
-
- 354
- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- T. XÏX (2* Séria). — N* 38.
- sans prétendre à en faire un exposé complet, la grande et complexe question de la commande électrique des laminoirs.
- La chronique traite d’abord des machines auxiliaires de laminoirs.
- Après avoir, par le commentaire d’un diagramme, défini la nature du service si dur, si brutal, que doivent fournir ces machines, l’auteur résume les raisons pour lesquelles la machine à vapeur ne pouvait fournir une solution satisfaisante, du moins au point de vue économique.
- Dans un prochain article seront examinés les divers types de moteurs électriques destinés aux services auxiliaires, dont on trouvera dès aujourd’hui plusieurs photographies.
- L’application de l’électricité à la distribution d'énergie et d'éclairage dans une filature de, coton allemande est décrite par M. Iî. Beckmann.
- Cette installation est intéressante notamment par la manière dont on a ménagé les réserves d’énergie : la chute d’eau qui constitue la source principale d’énergie charge pendant la nuit une batterie d’accumulateurs spéciale qui x’estitue ensuite cet important appoint pendant les heures de travail de la journée.
- Nous donnons un assez large extrait des réflexions émises par M. C. Bach sur Vensei-
- gnement technique supérieur, afin de bien montrer à nos lecteurs français combien nos voisins d’outre-Rhin sont pénétrés d’idées justes en ce qui concerne l’orientation qu’on doit donner aujourd’hui à cet enseignement. En lisant les principes posés par M. C. Bach pour la formation d’un directeur d’usine, par exemple, on fera certainement un rapprochement avec les idées si éloquemment préconisées chez nous par M. Le Chatelier.
- La nécessité pour tous les ingénieurs d’une culture générale est hautement proclamée par M. G. Bach qui dit formellement: « Que l’ingénieur se tienne loin de la vie publique et surtout de l’action parlementaire, cela n’est bon ni pour la société ni pour l’ingénieur lui-même. ».
- P'fous avons à plusieurs reprises attiré l’attention sur cet ordre d’idées, et il est probable que beaucoup d’ingénieurs chez nous commencent à en sentir la justesse, mais tout reste à faire à ce point de vue.
- Il nous a paru intéressant de rappeler, à la suite de ces considérations de l’ingénieur allemand, les nouvelles installations qui viennent d’être annexées à notre Institut électrotechnique de Grenoble.
- On veri’a comment M. Barbillion a su satisfaire (gi'âce au concours intelligent prêté par une municipalité et des industriels) à quelques-unes des exigences techniqxxes qui s’imposent actuellement dans la formation de l’ingénieur électricien.
- p.354 - vue 354/416
-
-
-
- 21 Septembre 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECT.R1Q,UE
- 355
- L’ÉLECTRIFICATION DES LIGNES DE BANLIEUE DE L’OUEST-ETAT
- Nous sommes en mesure actuellement d’ajouter, aux renseignements communiqués par l’Administration des chemins de fer de l’Ouest-État, plusieurs documents sur l’équipement des nouvelles automotrices. D’autres documents suivront ceux-ci, et nous les publierons au fur et à mesure. Mais le moment paraît venu de présenter la question dans son ensemble.
- Cette banlieue est desservie par la gare Saint-Lazare. Or on a dîi reconnaître à la longue que cette gare n’était plus en rapport avec les exigences de son trafic. Devant satisfaire à un double service, celui des grandes lignes et celui de la banlieue, elle devait, jusqu’à une date récente, mélanger dans trois tunnels les trains omnibus et les trains rapides, jusqu’à concurrence de 218 par jour
- ®(©(<Dÿ
- indiquent !e-e& 2eC
- Fig. 1. — Carte du réseau des chemins de fer de banlieue après l’électrification. Limites des zones d’exploitation.
- Dans un article tout récent (*), M. Cuvillier amontré pourquoi le problème de l’électrification se posait dans toutes les grandes villes modernes. Nous allons exposer brièvement aujourd’hui comment ce problème général se posait dans le cas particulier de la banlieue ouest de Paris.
- (*) Voir Lumière Electrique, 14 septembre.
- sur la ligne la plus chargée. Pour concevoir l’énormité de ce chiffre il suffit de noter qu’à la gare de l’Est, par exemple, la voie la plus chargée assure une circulation de 100 trains pat-jour seulement. En fait l’expérience semble avoir montré que sur les lignes de banlieue à double voie parcourues par des trains express et omnibus, on ne devrait pas dépasser 100 circulations journalières dans chaque sens.
- p.355 - vue 355/416
-
-
-
- 356
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N« 38.
- La situation de la gare Saint-Lazare était donc déplorable. Pour l'améliorer, on a créé l’année dernière, un quatrième tunnel, du côté sud, ce qui permet d'effectuer un triage grossièrement approximatif entre les trains des lignes de banlieue et ceux des grandes lignes. De môme une voie de débord a été ajoutée au nord.
- Mais cela n’est pas suffisant. Pour assurer d’une manière noi’male l’écoulement des voyageurs, il fallait se rapprocher le plus possible d’une exploitation genre métropolitain, c’est-à-dire avec des trains courts et de même vitesse, s’arrêtant aux mêmes stations et qu’on peut par suite lancer en chapelet à intervalles très serrés ; en un mot il fallait électrifier.
- Cette électrification, désormais imminente, se fera d’après le principe des zones. Il y aura trois zones grossièrement concentriques et que pour la commodité de l’exposé nous représenterons par le schéma de la figure i (à gauche).
- Le principe fondamental de l’exploitation par zones est ici le suivant : tout train destiné à desservir une zone est omnibus dans celte zone et express dans les zones intérieures, dont il ne dessert que les points extrêmes (marqués i, s; fig.i)pour la correspondance.
- Par exemple, un train desservant la première zone va de O en A, puis de A en O en s’arrêtant à toutes les stations intermédiaires. (Jn train destiné à la deuxième zone va directement (express) de O en B, puis (omnibus) de B en C, revient de C en B (omnibus) et de B en O (express). De même pour la troisième zone nous avons la succession suivante de trajets : OD express, D E express, E F et retour omnibus, E D express, D O express.
- A la photographie d’une voiture automotrice que nous avons récemment publiée, nous ajoutons une vue nouvelle (fig. a) indiquant ses dimensions principales.
- Le nombre de ces voitures et leur exploitation pour les différentes zones, établi d’après des statistiques complètes du nombre des places offertes et des places occu-
- if " T
- _ -°£6r,7----
- —+
- __J_
- Vue de l’automotrice.
- Fig. a. — Voiture automotrice électrique de la banlieue. Echelle : i/i5o
- p.356 - vue 356/416
-
-
-
- 21 Septembre 1912,
- LA LUMIERE; ÉLECTRIQUE
- 357
- PS
- pées aux différentes heures* sur les différentes lignes, est établi ainsi qu’il suit :
- irc zone :
- Lignes d’Autcuil et du Chump-
- de-Mars.......'............. 42 voitures.
- Lignes de Bécon-Bois-Golombes 24 —
- Total.................. 66 voilures.
- 2e zone :
- Ligne de Saint-Cloud. ........... 24 voitures.
- Ligne de Rueil.................... 12 —
- Lignes d’Achères-llouilles. ,. . 12 —
- Ligne d’Argenteuil................ 12 —
- Total.................. 60 —
- 3° zone :y
- Les Moulineaux.................... 8 voilures.
- Versailles RD.................... 24 —
- Marly-lc-Iloi..................... 12 —
- Saint-Germain..................... 24 —-
- Poissy............................ 12 —
- Conflans-Sainte-Honorine (vers
- Pontoise)....................... 12 —
- Total........,...... 92 voilures.
- Au delà :
- Ligne des Mureau.v................ 6 voilures.
- Ligne de Meulan................... 6 —
- Ligne de Manies................... io —
- Total.................. 22 voilures.
- Total général....... 240 voilures.
- A ce chiffre, il convient «rajouter environ 80 voitures, nécessaires pour divers services
- Stl dnoj
- aüiïjjxâ uèïvçÿ
- Fig. 3. — Dimensions d’encombrement du molcur de traction "Westinghouse destiné aux nouvelles voitures automotrices
- de l’Ouest-Etat.
- p.357 - vue 357/416
-
-
-
- 38* - LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N» 38.
- spéciaux : courses, grandes eaux, foules des dimanches et jours de fête, ce qui donne un total de 320 voitures. Mais il est d'ores et déjà certain qu’un total de 4°° voitures électriques sera indispensable au b.onfonctionnement du service de la banlieue {électrifiée.
- transporté très inférieur à celui d’aujourd’hui.
- La spécialisation des trains aura pour résultat, non seulement que les trains de banlieue et ceux des grandes lignes seront séparés, mais encore que le transport des messageries sera assuré par des trains élec-
- Chemins cLe -fex* de l'Etat
- Moteur cle ti actii
- on Westingî ovls
- Roi..es de 9 )0
- . Régit te co ntmi : : 36t yir J<k 'amp.
- 1600
- 100 200 300 400 500
- J vAmpères
- Figi. 4. — Caractéristiques de fonctionnement du moteur Westingliou
- Ce dernier comportera annuellement environ :
- i5 5oo ooo kilomètres-trains.,
- 22 ooo ooo kilomètres-voitures, i ooo ooo ooo tonnes-kilomètres.
- ce qui correspondra à un parcours trois fois plus considérable que celui effectué avec la traction à vapeur, et — par le jeu des zones et la meilleure utilisation — à cinq ou six fois plus de places Offertes aux voyageurs, le tout avec un tonnage kilométrique brut
- triques spéciaux. D’autre part, le service électrique sera fait à une seule voiture pendant une notable partie de la journée.
- Les moteurs des nouvelles automotrices, dont nous donnons ci-contre le schéma détaillé (fig. 3), ainsi que les caractéristiques (fig. 4), ont été établis par la société Westinghouse.
- J.Reyval.
- p.358 - vue 358/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ..'S;
- 21 Septembre 1912.
- 389
- CHRONIQUE DES APPLICATIONS MÉCANIQUES •
- L’ÉLECTRICITÉ ET LA COMMANDE DES LAMINOIRS
- L'électricité qui, depuis une vingtaine d’années, s’est adaptée au service de la traction, et, plus récemment, à celui des engins de levage, n’a pas
- il est advenu que les premières machines électriques qu’on employa pour cet usage, sans les avoir spécia-lementétudiées, lirent regretter la machine il vapeur.
- Fig. i. — Diagramme de fonctionnement d’un rouleau de travail à commande électrique.
- supplanté d’un seul coup et sans conteste la vapeur dans l’application spéciale dont nous allons nous occuper ici : la commande des laminoirs. Bien plus,
- Échaufïements exagérés, avaries mécaniques et électriques dues aux durs à-coups, avaries affectant surtout les collecteurs, eurent pour conséquence^
- p.359 - vue 359/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2*Série). — N# 38.
- malgré l'emploi de palliatifs tels que la commande élastique, une désaffection assez générale de la part des industriels.
- Si le moteur de traction, malgré sa robustesse remarquable et malgré aussi les limites moins étroites qui sont "ici imposées à son dimensionnement, ne récolta d’abord que des échecs, c’est qu'en effet le service du laminoir est infiniment plus dur, plus brutal, notamment dans les renversements de marche, que celui du moteur de Iraunvays.
- Cela est vrai, non seulement des moteurs principaux, mais encore des moteurs destinés aux services
- couples développés aux divers instants du fonctionnement, mais il leur superpose un élément étranger dû à la commande série-parallèle. Soit un cycle complet de fonctionnement : au court arrêt A [succède une brusque mise en marche avec couplage en série des deux moteurs; la consommation de courant augmente jusqu’à i5o ampères (pointe AB). Puis, passant au couplage des moteurs en parallèle au moyen d’un controleur qui coupe momentanément leur circuit, on constate le retour à zéro C, suivi de la pointe D qui marque la reprise du courant pour chaque moteur. Puis vient le brusque arrêt DP,
- 3.— Motein* électrique actionnant
- auxiliaires des laminoirs. Pour nous en rendre compte, analysons le diagramme de marche d’un de ces derniers moteurs.
- CONDITIONS GÉNÉRALES DU SERVICE
- Voici par exemple des rouleaux de travail, qui viennent en prolongement de chaque laminoir, à l’avant et à l’arrière, et ramènent rapidement au laminoir, après chaque passe, les pièces à laminer, dont le refroidissement doit être réduit au minimum.
- Le diagramme de la figure i a été relevé sur un des moteurs spéciaux établis aujourd’hui par la Compagnie Thomson-Houston, au moyen d’un ampèremètre enregistreur. 11 traduit assez exactement, par la représentation des intensités consommées, les
- n laminoir à froid pour fers marchands.
- suivi d’une rapide manœuvre d’inversion de marche, avec la même succession de régimes.
- On trouve ensuite les portions suivantes du diagramme :
- KG (couplage en série).
- GS (passage en parallèle).
- SL (accélération en parallèle).
- LMB (retour cl brusque renversement cle marche).
- Les temps d’arrêt tels que A, F, M, ou les instants (G, S, etc.), où les moteurs sont sans courant ne représentent donc pas des temps de repos bien appréciables ; ce sont; de simples transitions inévitables entre Tun et l’autre sens de marche (A, F, M, etc), , ou entre les divers couplages, (C, S, etc).
- Enfin, on maintient le courant maximum d’accélération dans les moteurs, qui ne fonctionnent jamais
- p.360 - vue 360/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 361
- 21 Septembre 1912.
- en pleine vitesse. Cette dernière condition ne s’applique évidemment pas aux rouleaux d amenée, qui font le même service accéléré entre les fours et les laminoirs, ou entre ceux-ci et les cisailles et ripeurs : bien que leur parcours soit plus long et
- desservent, mais leur durée de fonctionnement pour chaque période est assez longue. Enfin les rouleaux de cisaille participent à la fois de l’un et de l’autre des deux régimes ci-dessus, ayant comme les rouleaux d’amenéc de grandes étendues à franchir, et
- Fig. 4. — Moteur t\ courant continu, aclionnunt des ripeurs de lu Société des Aciéries de France, à Isbergucs.
- que la vitesse maxima puisse être atteinte pour quelques instants, la nécessité subsiste encore de réduire au minimum les pertes d’accélération et de ralentissement. Toutefois les changements de marche ne figurent pas dans leur diagramme; leurs périodes de fonctionnement sont marquées d’arrêts dont la durée atteint celles des passes du laminoir qu’ils
- comme les rouleaux de travail de frequents arrêts et renversements de marche destinés à placer convenablement la matière sous la cisaille.
- Tel est le régime de marche. Il est clair que la machine à vapeur s’y prête mal. Il lui faut développer un couple puissant qui n’ost réalisable qu’avec la pleine admission de vapeur, ce qui rend
- p.361 - vue 361/416
-
-
-
- 362
- LA LUM1ÊKE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N* 38.
- tout fonctionnement économique impossible. En outre, les renvois nombreux ajoutent aussi aux inconvénients des machines à vapeur ceux des courroies, auxquelles on est obligé de recourir, à la fois pour réduire le nombre considérable des moteurs’ et aussi pour réaliser les brusques changements de marche. 11 en résulte une usure dont on ne soupçonne généralement pas l’importance et qui se
- par suite des nombreux arrêts que comporte le régime des machines, que les conduites de Vapeur ont ici un développement considérable, qu’il est impossible de fonctionner à condensation, que la commande à vapeur provoque l’encombrement par les transmissions, que les moteurs à vapeur, ne pouvant être logés dans les sous-sols, restent par cela même exposés aux poussières, ce qui nécessite
- 5. Moteur a courant continu, actionnant des ripeurs de lu Société des Aciéries de France, A Iebcrgues.
- chilïre ainsi : d’après l’expérience d’une usine, dont pourtant les transmissions ont été très largement calculées, les seules courroies des 4 machines à vapeur qui commandent les rouleaux d’amenée des bloornings coûtent annuellement plus de 2 Son francs d’entretien.
- + 4
- Ajoutons que les condensations sont très sensibles
- des neltoyages plus fréquents et complique beaucoup l’entretien, fort pénible pour le personnel. L’électrification s’imposait. Elle est aujourd'hui réalisable et pour la commande des laminoirs eux-mêmes et pour leurs services auxiliaires. C’est de ces derniers que nous allons d’abord nous occuper.
- [A suivre.) ,
- A. Reisset<
- p.362 - vue 362/416
-
-
-
- 21 Septembre 1912.
- la lumière électrique
- 363
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- L’installation èlectvioue de distribution d’énergie et d’éclairage de la filature de coton de Kolbermoor. — H. {Beckmann. — Elektrv-technische Zeitschrift, 4 juillet 1912.
- La filature de coton de Kolbermoor, située sur la Mangfall, à un kilomètre du confluent de celle-ci avec l’Inn, fut construite il y a environ soixante ans et pourvue, à cette époque, de transmissions par arbres, poulies de renvoi, engrenages, etc. Mais à la suite d’un incendie, en 1897, on reconstruisit les bâtiments en s’inspirant des progrès accomplis au point de Arue technique, c’est-à-dire en recourant largement à l’emploi de l’électricité, aussi bien pour la transmission de l’énergie que pour l’éclairage des divers locaux. L’énergie fut empruntée à la Mangfall; toutefois pour tenir compte de ce que,à certaines époques, par suite de crues ou, au contraire, de manque d’eau ou d’autres causes, cette dernière rivière ne pourrait pas fournir une quantité d’énergie suffisante, on installa une machine à vapeur de réserve. Peu à peu le service électrique prit une extension de plus en plus grande, de sorte qu’à l’heure actuelle cette installation peut être considérée comme un modèle pour la plupart des installations analogues.
- A l’exception de la centrale à vapeur servant de réserve, toute l’énergie employée dans l’usine est empruntée à la Mangfall, à l’aide de deux chutes d’eau situées à la suite l’une de l’autre. L’une des centrales, la plus ancienne, produit du courant continu et se trouve dans l’usine même ; la seconde centrale, qui fournil du courant triphasé, est de construction récente et située en amont de la première.
- La centrale à courant continu comprend deux turbines verticales et une turbine horizontale Francis-Zwilling ; l’eau, arrivant aux turbines, tombe d’une hauteur de 6,3 mètres; la quantité d’eau disponible fournit une puissance de 1 200 chevaux environ. Les deux premières turbines portent, sur le prolongement de leur arbre vertical, une dynamo ; l’une de ces dynamos estde 38o kilowatts, l’autrede 310kilowatts. Ces dynamos sont à faible vitesse angulaire. Pour pro-
- téger l’induit de la poussière de cuivre provenant du collecteur situé au-dessus de lui, on a placé, autour de la partieinférieure de ce dernier, une sorte de plateau. Cette disposition du collecteur présente,, d’autre part, l’avantage de rendre les balais très, accessibles, puisque tous ceux-ci se trouvent à la même hauteur. La troisième turbine, plus petite,, entraîne, à l’aide d’une transmission par câble, une dynamo de i5o kilowatts environ, laquelle sert à la charge de la batterie d’éclairage et fournit, en outre,, l'énergie à une usine voisine.
- Afin de parer aux à-coups momentanés sans faire, appel à la machine à vapeur de réserve, de pouvoir assurer l’éclairage aux heures de repos de l’usine et enfin de permettre une meilleure utilisation de l’énergie hydraulique, on disposa d’abord une batterie d'accumulateurs de 164 éléments et d’une capacité de 1 740 ampères-heures, soit environ 520 kilowatts-heures pour un régime de décharge en 10 heures.
- La tension adoptée, pour les dynamos et la batterie, fut de 2 X !5o volts.
- Toutefois, on reconnut bientôt que la quantité d’eau disponible était insuffisante pour répondre à la demande d’énergie journalière normale. O11 dut. donc recourir presque constamment à la machine à vapeur de réserve, ce qui entraîna un sensible accroissement de dépenses. On décida alors d’emmagasiner l’énergie fournie pendant la nuit par la chute d’eau et d’installer, dans ce but, une seconde batterie, de 164 éléments comme la première, mais d’une capacité de 7832 ampères-heures, soit 2 35o kilowatts-heures pour un régime de décharge en 10 heures . On peut ainsi disposer, pendant les 10 heures du service journalier, d’une puissance de 1 600 chevaux, dont 390 sont fournis par les batteries. La charge de la grande batterie a lieu, d’une part, de 6 heures du soir à 2,3 ou 5 heures du matin selon les saisons, d’autre part pendant les heures de repos de la journée.
- D’après les indications données par l’administration de la filature, le kilowatt, ainsi fourni par la batterie, ne revient qu’à 5 centimes, c’est-à-dire a un prix moins élevé que ne l’est généralement celui de l’énergie fournie par des machines thermiques. En outre, les batteries d’accumulateurs possèdent
- p.363 - vue 363/416
-
-
-
- 364
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N°38.
- l’avantage d’une grande «ouplesse, étant donné que leur mise en service n’entraîne aucune perte de temps et qu’elles peuvent, d’autre part, en cas d’arrêt momentané des machines, fournir un courant de décharge d’une intensité multiple de leur intensité normale.
- L’installation de la seconde batterie permit donc une utilisation complète de la première chute d’eau. Mais, étant donné l’accroissement de la demande d’énergie, on profita de l’existence d’une seconde chute d’eau, à i,4 kilomètre environ en amont de la première, pour installer en cet endroit une autre usine hydraulique. Cette seconde usine comporte deux turbines Francis horizontales, fournissant une puissance d’environ i 200 chevaux pour une chute de 6,3 mètres.
- Les deux dynamos accouplées directerrfent à ces turbines produisent du courant triphasé à6oovolts. Ce courant est amené à la filature par une ligne-que l’on a choisie souterraine, afin de la mettre à l’abri des orages. L’énergie triphasée est utilisée, en partie directement à 5oo volts, en partie, après transformation à 190 volts, à l’alimentation d’une commuta-trice de 43o kilowatts, laquelle produit du courant à 3oo volts; grâce à cette disposition, les deux centrales hydrauliques se complètent.
- Comme réserve en cas de niveau défavorable des eaux ou de forte gelée, on a prévu une turbine à vapeur de 600 à 800 chevaux, laquelle est accouplée à un alternateur triphasé de 5ao kilowatts sous 5oo volts; cet alternateur peut alimenter, soit directement le réseau triphasé, soit, par l’intermédiaire de la commutatrice, le réseau à courant continu.
- Les moteurs triphasés fonctionnent, les uns sous 5oo volts, les autres sous 190 volts; la tension du réseau à courant continu est de 3oo volts. Ce dernier réseau alimente, en dehors des lampes à incandescence de l’usine, environ 200 lampes à arc et en outre 5 000 autres lampes à incandescence disséminées dans le village et branchées sur une distribution à 3 fils, h 15o volts par pont.
- Un certain nombre de moteurs entraînent les transmissions ; les autres commandent directement les métiers, Le nombre total des moteurs installés est de i5o; leur puissance individuelle varie de 10 à a3o chevaux et ils entraînent 101 864 broches.
- M. K.
- DIVERS
- Remarques sur l’instruction scientifique de l'ingénieur et sur l’organisation des écoles techniques supérieures allemandes. — C. Bach. —Zeitschrift des Vereincs deutscher Tngenieure, 24 février 1912.
- La question de l’instruction de l’ingénieur et celle de l’organisation future des écoles techniques supérieures présentent actuellement un vif intérêt.. Un mouvement d’idées se dessine à leur sujet, analogue à celui qui a eu lieu en Allemagne sur la question de l’instruction des avocats, et qui a conduit à la fondation de revues spéciales et d’associations.
- En ce qui concerne les ingénieurs et l’organisation des écoles techniques supérieures, il est utile de jeter d’abord un coup d’œil sur l’état actuel des écoles techniques supérieures, ainsi que sur leurs bases fondamentales en Allemagne.
- L’école technique supérieure prend son origine dans l’école professionnelle (Stuttgart, 1829). Elle se transforme ensuite en école polytechnique (Stuttgart, 1840), plus tard en polytechnikum avec enseignement supérieur complet (1876) et prend finalement son nom actuel d’école technique supérieure (1890). On a rencontré des difficultés énormes pour procurer à l’école des installations de recherches. Ces difficultés subsistent encore en partie aujourd’hui quoique la nécessité d’un institut de recherches soit unanimement reconnue.
- Dans son régime académique, et en ce qui concerne la liberté d’enseignement et d’études, l’école technique supérieure ne diffère point de l’université. Le dernier pas de l’équivalence avec l’université était fait au début du xxe siècle par l’autorisation de préparer le doctorat dans les sections techniques. Le développement de l’école technique supérieure indépendamment de l’université et avec comme base, l’école professionnelle, avait son avantage. On peut même être d’avis que la valeur de l’école technique supérieure dans le domaine des connaissances de l’ingénieur et pour l’industrie aurait été moindre si elle avait fait partie de l’université comme faculté technique.
- Cette méthode avait néanmoins son côté faible, qui depuis quelques années se manifeste de plus en plus. On reproche surtout à l’école technique supérieure de ne pas dpnner à ses étudiants la possibilité, ni le temps, étant donné les programmes surchargés, de s’occuper d’études d’ordre général. Ceci est pourtant indispensable pour ceux qui, dans
- p.364 - vue 364/416
-
-
-
- 21 Septembre 1912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE 365
- l’industrie, sont appelés à conduire des hommes.
- C’est pourquoi l’école technique supérieure doit se perfectionner, elle doit viser plus haut. Cela est nécessaire en raison de la concurrence sans cesse croissante sur le marché mondial. Les écoles techniques supérieures doivent, par rapport aux étudiants qu’elles se chargent d’instruire, attacher plus d’importance à la qualité qu’à la quantité. A ce point de vue les étudiants d’aujourd’hui sont placés dans des conditions moins favorables qu’autrefois. Le grand nombre de participants aux exercices peut aussi être désavantageux pour les professeurs et diminuer leur enseignement. L’école technique supérieure a pour but :
- i° De donner une instruction scientifique et technique :
- a) Pour les différentes professions techniques;
- b) Pour la carrière de l’enseignement;
- 2° De cultiver les sciences et arts qui se rattachent à-leurs domaines.
- Si l’on considère une partie seulement de ce but, soit celle désignée sous i a, on voit que l’école technique supérieure doit former pour la technique, particulièrement pour l’industrie, des individus productifs, capables de faire des recherches et de diriger.
- Pour montrer l’importance du problème, il suffit de constater qu’en Allemagne, par exemple, plus de la moitié des habitants sont occupés à l’industrie et au commerce. Plus frappants sont les chiffres donnés par la Statistique des contributions et présentés par le Dr Riesser. 87 % des individus disponibles du pays se sont consacrés à l’industrie et au commerce; 7,35 % à l’agriculture et 5,G5 % à des professions diverses. Dans les contributions des départements séparément on relève 83 % dans l’industrie et le commerce et 17 % dans l’agriculture.
- Entrons un peu plus dans les détails de la question. Quelles sont les exigences qu’impose l’industrie à l’ingénieur, lorsqu’il se trouve à la tête d’une importante entreprise dépendant de l’exportation, ce qui est d’ailleurs le cas d’un grand nombre d’usines i*
- Pour fixer les idées, supposons qu’il s’agisse d’une usine de 2 000 ouvriers et employés. Supposons, en outre, qu’au point de vue financier, l’entreprise se trouve dans des conditions avantageuses. Le devoir du directeur est avant tout de se soucier d'avoir des commandes suffisantes aux prix convenables et d'être assuré du paiement. En chiffres, ceci signifie que, pour une entreprise de moyenne importance, les commandes fournies atteignent la
- somme de 10 millions de marks (12 5oo 000 francs) par an et que 3oo 000 marks environ (375000 fr.) sont à payer comme salaires et appointements par mois, et ceci avec exactitude, quelle que soit la régularité de paiement des clients. Ces salaires et appointements intéressent d’une façon directe l’existence d’environ 8 000 personnes (employés, ouvriers et leurs familles), et s’étendent indirectement plus loin sur les commerçants qui vivent de cés employés et ouvriers.
- Dans la première partie du problème posé, le directeur doit se préoccuper des commandes à bon prix, qui rendent possible le bon fonctionnement de l’entreprise. Il doit en outre tenir compte du paiement complet de ces commandes. Ce dernier point offre des difficultés dans le traitement d’affaires avec l’étranger. Dans ce cas on est obligé de correspondre en langues étrangères et de compter avec les lois qui régissent les pays avec lesquels on traite. C’est au directeur précisément de montrer des qualités de décision, et c’est sur lui par conséquent que pèse toute la responsabilité. Souvent le directeur dispose d’un temps très court pour prendre une décision, car il y a danger du côté de la concurrence. Il faut donc qu'il se décide immédiatement. Cette exigence de la capacité de décision demande du directeur des qualités que doit posséder un bon commandant de corps d’armée en cas de guerre. Nous concluons donc qu’en outre des connaissances spéciales indispensables pour décider des affaires importantes, le directeur doit posséder :
- i° La connaissance détaillée, tout d’abord des lois principales de son pays, puis de celles de l’étranger concernant l’exportation;
- 20 La connaissance des langues étrangères usitées dans les pays d’exportation et de celles dont la littérature technique et industrielle doit être suivie ;
- 3° Une vue claire des questions sociales, et principalement des conditions économiques de son pays et de ceux avec lesquels il se trouve en relation commerciale, ainsi que la capacité de décider et de négocier vite;
- 4° Une grande activité, non seulement pour pouvoir rajndement s’acquitter de ses devoirs directs, mais encore pour être capable de juger l’activité de ses subordonnés et collaborateurs, afin de se procurer l’indépendance que les dirigeants doivent avoir par rapport à leurs employés ;
- 5“ La capacité de résistance physique et morale nécessaire pour supporter les fatigues et les responsabilités qui le concernent. A cet égard rappelons
- p.365 - vue 365/416
-
-
-
- 366
- LA LUMIjÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série): — N» 38.
- que l’ingénieur est souvent obligé de travailler après des voyages fatigants.
- Tout ceci est exigé du directeur si les affaires sont dans une bonne voie. Dans le cas contraire, on est obligé d’étudier une quantité de projets, d’accomplir des voyages et d’augmenter ainsi les fatigues sans succès.
- Le directeur a alors conscience de ce fait que, s’il ne réussit pas à obtenir assez de commandes, les débauchages sont inévitables, qu’un nombre plus ou moins grand d’ouvriers tombera dans la misère, et que le cadre d’ouvriers formé avec beaucoup de peine et de frais se trouvera ainsi détruit. La responsabilité du directeur augmente quand les ressources financières de l’entreprise sont limitées, quand il existe des obligations euvers des banques, lesquelles pour cette raison ont droit d’intervenir, et qui naturellement tâcheront de protéger en pre" mier lieu leurs intérêts propres. Dans de pareils cas, il est nécessaire que le directeur de l’entreprise montre, par rapport à la direction de la banque en question, une indépendance suffisante, ce qui exige que, par ses fonctions et son caractère, il jouisse d’une grande autorité.
- Une exigence importante, surtout pour les régions éloignées des mines de charbon, est la capacité de bien juger et traiter le personnel. Dans ces régions, en effet, l’industrie doit être exceptionnellement productive, et pour réussir dans ce sens il faut des ouvriers actifs, qu’on n’acquiert que par de bons traitements.
- Pour montrer dans quelle direction l’école technique supérieure doit être 'transformée, l’auteur cite des considérations exprimées par lui en 1890 :
- « La question la plus importante de notre époque est celle de l’amélioration de la situation sociale du peuple. Sa solution dépend plus de l’intelligence, de la force active et créatrice des hommes qui dirigent dans le domaine économique, que du pouvoir législatif. Il serait indispensable que l'ingénieur prenne, plus que jusqu’à présent, contact avec ses subordonnés, et ceci au point de vue purement humanitaire. Il serait bon qu’il ait son opinion non seulement au sujet des affaires professionnelles, mais aussi sur les problèmes de culture générale, pouvant ainsi exercer l’influence à laquelle son expérience l’a destiné. Le fait que l’ingénieur se tienne loin de la vie publique et particulièrement de l’action parlementaire n’est ni dans l’intérêt de la généralité ni dans celui de la situation de l’ingénieur. La profession de ce dernier est telle qu’il lui reste peu de
- temps pour s’occuper de la politique, et cet état de choses ne devrait pas durer, car il faut arriver à ce que les besoins de l’industrie soient suffisamment pris en considération par les hommes politiques. »
- En 1899 également l’auteur s’exprimait de la manière suivante :
- « L’industrie a affaire à deux éléments distincts : le premier comprend les matériaux à travailler, les ateliers avec les installations de machines ; le second est formé par les ouvriers, y compris les employés. L’instruction de l’ingénieur d’aujourd’hui est presque exclusivement orientée du côté du premier élément et n’accorde qu’une valeur insignifiante au développement de la capacité d’étudier l'élément vivant, de le juger et traiter. Le jeune ingénieur a pour principe que la question des ouvriers n’est pas de son ressort. Il est fâcheux de constater que des milliers d’ingénieurs ne sont presque pas en contact avec les ouvriers, et pourtant ce sont eux qui dirigent les ouvriers. C’est en collaborant avec eux que l’ingénieur doit faire preuve de ses capacités jugées d’après les produits fournis sur le marché mondial dans la concurrence avec les produits étrangers. L’auteur considère la suppression du défaut noté dans le développement de l’ingénieur comme un problème primordial. Notons que l’enseignement et le service obligatoires doivent comprendre le développement de la capacité de diriger les ouvriers tant au point de vue professionnel que moral. L’ingénieur doit sous tous les rapports servir de modèle à l’ouvrier.
- La question de savoir dans quelle direction le perfectionnement des écoles techniques supérieures devrait se produire donne lieu à des réponses différentes, étant donné que les conditions dans lesquelles les écoles se trouvent ne sont pas identiques.
- Mais, à coup sûr, l’école technique supérieure doit introduire dans son programme ;
- I. Des conférences sur l’histoire de la technique.
- Les cours professionnels doivent se faire de façon à éclairer, dans les limites du possible, les connaissances actuelles.
- Aujourd’hui le besoin de donner à l’étudiant une description historique se fait de plus en plus sentir. Il doit en effet connaître à fond l’histoire du développement de sa spécialité et posséder une connaissance suffisante de l’histoire de la technique en général. A la formation d’un jugement personnel et sûr au sujet de tout cç qui a un développement historique appartient en principe la connaissance de ce développement. Etant donné le rôle important que joue la mécanique dans les connaissances de l’ingé-
- p.366 - vue 366/416
-
-
-
- 21 Septembre 1912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE 367
- nieur, il est à souhaiter qu’une conférence sur l’histoire de la mécanique soit faite également.
- IL L’enseignement du droit et de Vadministration dans toute son ampleur.
- Ce cours doit être fait d’une façon différente de celui qu'on fait à l’université pour former des avocats; la perte de temps serait trop grande.
- III. Des conférences sur la connaissance des droits du citoyen.
- Les devoirs et droits de citoyen doivent être exposés de façon que l’esprit politique pénètre partout.
- IV. L’enseignement approfondi de Véconomie politique.
- Sur cet enseignement l’auteur fait remarquer que c’est dans les universités (où le problème de former des hommes capables de diriger au point de vue industriel et commercial est moins important que dans les écoles techniques supérieures), qu’on trouve les meilleurs professeurs d’économie politique, tandis que cet enseignement est presque négligé dans les écoles techniques.
- La décision prise par l’association des ingénieurs allemands à l’assemblée générale de i8g5 dit: « Les écoles techniques supérieures doivent non seulement offrir une instruction scientifique complète, dont l’ingénieur a besoin, mais encore donner la possibilité à ceux qui le désirent d’approfondir leurs études. »
- On objecte à l’organisation qu’on vient de décrire ce fait qu’elle nécessite une prolongation du temps d’études. Il faut remarquer à ce sujet que l’étudiant est libre de ne suivre que les cours et exercices qui concernent la branche choisie par lui. Celui qui a l’intention de se consacrer à la construction dirigera ses études d’une façon distincte de celui qui vise la plate-forme d’essais ou bien les installations. Et d’ailleurs, l’auteur se prononce catégoriquement contre la prolongation des études. Le futur ingénieur est obligé de rester à l’école de seize à dix-
- sept ans, sans compter l’année de pratique et le service militaire. La grande capacité de résistance physique que l’ingénieur doit posséder diminue avec la durée de présence à l’école, surtout pour les élèves appliqués. Cette durée a également son influence désastreuse sur le bon sens, la volonté d’entreprise et surtout sur l’activité. Il y a six ans, l’auteur disait à ce sujet : « Le plus précieux chez l’homme, c’est son énergie active, sa capacité de vie future; ce n’est pas ce que chacun sait ou croit savoir qui est en première ligne comme valeur pour la généralité, c’est ce qu’il produit. »
- En observant les étudiants, à l’instruction desquels l’auteur a contribué pendant environ trente ans, de même que les ingénieurs de sa connaissance, il a reconnu que le nombre de neurasthéniques parmi eux va toujours en croissant. « Les jeunes gens sont en grande partie le produit des conditions et du milieu, dans lesquels ils sont élevés; il est donc nécessaire que ceux qui peuvent avoir de l’influence sur cette éducation en usent autant que possible. »
- L’auteur ajoute que l’industrie allemande a acquis son développement d’aujourd’hui, grâce en grande partie à ceux qui, selon le système d’enseignement de leur temps, ne sont pas restés longtemps àl’écolc.
- L’école normale devra prendre une partie de la charge, soit l’éducation de citoyen, et en général tout ce qu’un homme instruit doit connaître pour être utile dans la vie, sans qu’il ait fréquenté une école supérieure. Elle facilitera ainsi la tâche de l'école supérieure, cette dernière évitant les répétitions inutiles et faisant, somme toute, suite à l’école normale.
- En orientant dans un sens plus « réel » l’enseignement, il n’y a pas à craindre que l’on diminue l’idéal des jeunes gens; bien au contraire, c’est dans le régime académique actuel qu’on trouverait beaucoup d’éléments opposés au développement de l’idéalisme, et qui contribuent à la formation d’un esprit égoïste, étroit et malsain. F. S.
- VARIÉTÉS
- L’annexe Diderot de l’Institut électrotechnique de Grenoble.
- La nécessité de compléter l’instruction de ses élèves, dans le domaine de la pratique, par des tra-
- vaux tout à fait analogues à ceux entraînés par l’exploitation d’une usine, a amené l’Institut Electrotechnique à la conception de la véritable usine d’application qu’est aujourd’hui l’Annexe Diderot.
- p.367 - vue 367/416
-
-
-
- 368
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N* 38.
- Cette annexe comprend trois parties principales :
- i° Une station génératrice thermique;
- a0 Une installation hydraulique;
- 3° Une installation électrométallurgique d'enseignement et d’essais.
- I, — Station gkniîhatiiick tuehmiquk.
- Cette station comprend essentiellement deux chaufferies distinctes de 200 mètres carrés chacune, dénommées respectivement A et B, et une salle de machines de 55o mètres carrés.
- La chaufferie A contient deux chaudières identiques Joya, de aoo chevaux l’une environ, capables d’alimenter la plus grande partie des groupes à vapeur de la station. La chaufferie B comporte trois unités, de types différents, permettant les comparaisons les plus instructives sur les divers modèles de chaudières en usage dans l’industrie.
- La salle des machines comprend essentiellement quatre machines à vapeur de ioo-i5o chevaux, dont deux de type Piguet et deux de type Démangé et Satre : trois de ces machines travaillent en parallèle sur une transmission générale orientée suivant le grand axe de la salle et sur laquelle peuvent venir embrayer les engrenages supérieurs des turbines verticales appartenant à l’installation hydraulique. La quatrième machine à vapeur, type Piguet, entraîne directement par courroie un alternateur isolé.
- Les alternateurs sont au nombre de six, savoir : quatre Zipernowski et deux Edison-Brown-Boveri.
- Trois de ces alternateurs sont commandés par la transmission générale, le quatrième est affecté à la Piguet isolée etles cinquième et sixième (type Edison-Brown-Boveri) constituent, accouplés à un moteur triphasé, un groupe transformateur rotatif de i5o chevaux environ, permettant d’obtenir du courant monophasé avec du triphasé ou inversement.
- Ces six alternateurs peuvent être couplés en parallèle sur le tableau général; celui-ci est dispose à l’une des extrémités de la salle. Le couplage électrique des alternateurs est effectué par l’intermédiaire de transformateurs spéciaux montés derrière le tableau.
- On réalise ainsi les combinaisons les plus instructives de couplage mécanique par les transmissions et de couplage électrique par les alternateurs, voire même toutes les combinaisons mixtes possibles, avec introduction ou non du groupe isolé Piguet-alternateur.
- Le tableau général, qui présente°des panneaux spéciaux pour l’arrivée du courant des alternateurs,
- pour le couplage de ceux-ci, enfin pour la commande des excitatrices au nombre de quatre, offre aussi, en son milieu, un panneau d’arrivée du courant triphasé; ce courant sert à alimenter le moteur de 15o chevaux du groupe transformateur rotatif.
- La canalisation de vapeur qui dessert la salle des machines est établie de manière à permettre toutes les combinaisons possibles d’alimentation des groupes par la chaufferie A, par la chaufferie B, ou par les deux simultanément.
- Un économiseur de vapeur, système Green, peut être ou non utilisé suivant la marche des opérations. A signaler également la présence de diverses unités d’études pouvant être, suivant les cas, entraînées par la transmission générale et, notamment, une génératrice diphasée Brown-Boveri.
- II. — Installation hÿdkaulique.
- L’installation hydraulique comporte essentiellement les organes suivants :
- Sur le canal Fontenay, joignant le Drac à l’Isère, capable d’assurer un débit de io mètres cubes (débit pouvant être accru si des projets, actuellement à i’ctude, de surcreusement sont exécutés), est disposée une chambre d’eau de /too mètres carrés de superficie et d’une profondeur de 3 mètres. Cette chambre permet, par l'intermédiaire de deux vannes d’admission, l’arrivée, à travers des grilles, de l'eau sur deux turbines verticales Bouvier, de ioo chevaux l'une, fonctionnant sous une hauteur de chute de i,8o mètre à 2 mètres, et installées dans deux chambres distinctes. Ces turbines, pourvues d’au-gets au nombre de 32 par unité, entraînent, par pignons d’angle, deux roues dentées installées dans la salle générale des machines, et peuvent ainsi cumuler la puissance mécanique qu’elles fournissent avec celle empruntée aux autres sources. La chambre d’eau comporte une vanne de décharge permettant, et d’évacuer le surplus des eaux au bief d’aval, et de curer la chambre d’eau lorsque sont fermées les vannes d’admission aux turbines.
- Des bassins d’eau claire et un certain nombre de dispositions auxiliaires complètent cette installation, du reste ancienne, et qui n’est plus que provisoire. Des modifications importantes lui seront apportées à très brève échéance, de. manière à la rendre plus instructive et surtout plus appropriée aux manipulations hydro-mécaniques qu’ont à effectuer sur ses organes les élèves de l’Institut. En particulier, on a déjà étudié, sans qu’une solution soit encore intervenue à cet égard, tellement est complexe la ques-
- p.368 - vue 368/416
-
-
-
- 21 Septembre 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 369
- tion, la fusion possible de cette installation avec un laboratoire de mesures et d’essais hydrauliques aujourd’hui en projet.
- III. — Installation Electrométallurgique d’essais et d’enseignement.
- Cette installation, concentrée dans un pavillon spécial d’une surface de i^o mètres carrés, à charpente métallique, comprend cinq salles distinctes :
- 1° Une salle de transformation et de couplage ;
- a0 Une salle pour four industriel de 200 chevaux;
- 3° Une grande salle centrale omnibus pour les fours d’études ;
- 3® Un magasin;
- 5° Un petit laboratoire destiné au professeur. i° Salle de couplage et de transformation.
- A
- Dans celte salle arrive le courant triphasé 5 000 volts, 5o périodes, emprunté au réseau municipal de la ville de Grenoble, et le courant monophasé issu de la station génératrice que nous venons de décrire.
- Enfin une troisième arrivée de courant prévue pour une très haute tension permet l’emprunt transitoire d’une énergie importante aux lignes triphasées à 26 000 volts, parallèles au cours du Drac et situées très près de la Station d’essais. A signaler, dans cette salle, deux transformateurs statiques, dont l’un monophasé 5 000-2 5oo-5o volts, permettant, par branchement sur les sources précédentes, l’alimentation des fours industriels ou d’études.
- Le deuxième transformateur triphasé (3 000 volts au primaire, couplage et tension variables au secondaire) assure l’envoi du courant de service sur le moteur de i5o chevaux, à la station génératrice pour transformation en courant monophasé; enfin, un groupe transformateur à courant continu de 3oo chevaux est à l’étude ou en exécution; il permettra d’effectuer des essais de procédés électrométallurgiques, aujourd’hui encore assez nombreux, ne faisant pas appel à l’énergie monophasée.
- Il pourrait sembler étrange qu’on ait ainsi passé par l’intermédiaire de la station génératrice pour produire le courant monophasé nécessaire aux opérations du laboratoire d’essais. Cette installation a été néanmoins imposée par des motifs de pur ordre pédagogique; on a voulu, à dessein, concentrer dans la station génératrice les procédés les plus divers de production des courants industriels nécessaires et, malgré la courte distance qui sépare cette
- station du laboratoire d’électrorpétallurgie, on a tenu à réaliser un véritable transport de puissance destiné à servir de schéma et de prototype aux élèves fréquentant la station d’application.
- 20 Salle du four industriel de 200 chevaux.
- Ce four est adossé à l’une des murailles que traversent les barres d’aluminium provenant du transformateur monophasé.
- Il est du type Gall, en usage à Notre-Dame-de-Briançon (Société des Carbures métalliques). Il a été construit et offert gracieusementàl’Institut par cette dernière usine.
- Ce four est à sole en pisé de charbon, pour fabrication genre carbure et ferro-silicium.
- Dans cette salle arrivent les canalisations extérieures d’eau et de gaz desservant le laboratoire.
- 3° Grande salle centrale.
- Elle comprend trois fours principaux, dont ci-joint le détail et la spécification :
- i° Deux fours de 100 chevaux, type Relier, à sole en pisé armé, pour fabrication de carbure et ferros à basse teneur en carbone ;
- 2e Un four en acier, type Relier, à sole en pisé armé, pouvant fondre environ 5oo kilogrammes d’acide;
- 3° A mentionner aussi un four de 100 kilowatts, à chauffage indirect par résistances, type pour fabrication genre carborundum.
- Enfin, à signaler également une installation pour production d’acide nitrique synthétique comprenant un four à oxydation d’azote de 20 kilowatts. Cette installation n’est encore qu’à l’étude.
- Les électrodes de ces fours sont manœuvrées par des treuils, montés sur des charpentes métalliques, et commandés par des volants à main.
- 4° Magasin.
- Il comprend des provisions d’électrodes et de matières premières destinées aux manipulations et aux essais industriels et utilisables sur les différents fours. Ces matériaux sont répartis dans des box, ou silos, isolés.
- 5° Laboratoire du professeur.
- Le laboratoire du professeur n’offre rien de spécial ; il présente le caractère pratique des laboratoires de chimie analogues.
- Telle est la Station d’Application de l’Institut Electrotechnique, dite Annexe Diderot.
- p.369 - vue 369/416
-
-
-
- 370
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N° 38.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Installations électriques des Charbonnages d’Ans et de Rocour.
- La Société anonyme des charbonnages d’Ans et de Rocour possède deux sièges d’exploitation comprenant en tout trois puits. Le puits n° i, le plus important, près duquel se trouvent les bureaux, est situé sur le territoire de la commune d’Ans-lez-Liége, de même que le puits n° 2. Le puits n° 3 est situé sur le territoire de Rocour, commune voisine de Liège située sur la grande route de Liège à Ton-gres. Les deux sièges sont reliés au chemin de fer par un raccordement branché à la station d’Ans-Est, sur la ligne d’Ans à Liers.
- Dès l’année 1907, la Société anonyme des charbonnages d’Ans et de Rocour s’était déjà préoccupée d’actionner ses différents services électriquement.
- Avant de décrire les installations électriques exécutées entièrement par les Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi, il convient tout d’abord de donner quelques détails sur les installations antérieures en exposant les raisons qui ont milité en faveur de l’emploi de l’électricité.
- La force motrice appliquée aux différents services était distincte pour les différents puits, lesquels étaient pourvus chacun de chaudières et de machines à vapeur.
- Les générateurs de vapeur du puits n° 1 étaient constitués par 5 chaudières à foyer intérieur, de 100 mètres carrés de surface de chauffe, timbrées à la pression de 8 atmosphères ; l’une de ces chaudières servait de réserve. Une sixième chaudière, de même surface de chauffe et de même pression était installée au puits n" 3 avec une chaudière de 60 mètres carrés du même système et une troisième à tubes bouilleurs. Le service au puits n° a était assuré par trois chaudières à foyers intérieurs de 60 mètres carrés de surface de chauffe, timbrées à 5 atmosphères.
- Les machines à vapeur produisant la force motrice nécessaire comprenaient :
- Au puits n° i.
- i° Une machine d’extraction à vapeur sans condensation, capable d’extraire en 10 heures 800 tonnes utiles de la profondeur de 600 mètreé j
- a° Une machine à vapeur de 80 chevaux actionnant un compresseur ;
- 3° Une pompe souterraine à vapeur horizontale compound jumelle, capable d’élever 100 mètres cubes d’eau à l’heure de la profondeur de 275 mètres ;
- 4° Une machine à vapeur de 90 chevaux pour le service du lavoir et du tirage ;
- T»0 Une machine à vapeur de 6 chevaux actionnant la pompe à eau potable ;
- 6° Une machine à vapeur de 10 chevaux actionnant un broyeur à mortier;
- 70 Une machine à vapeur de 10 chevaux actionnant la transmission principale de la forge ;
- 8° Une machine à vapeur demi-fixe de 20 chevaux environ installée à la scierie;
- 90 Une machine à vapeur de i5 chevaux actionnant le treuil du traînage par chaîne;
- io° Une machine à vapeur de 2a chevaux actionnant le treuil de mise à terril ;
- 11° Une machine à vapeur de 5 chevaux actionnant un mélangeur à charbons menus;
- i2° Diverses locomotives pour les manœuvres des wagons à la surface.
- Outre les machines à vapeur susdites, il convient d’ajouter, pour compléter la nomenclature des machines motrices du puits n° 1, que la Société anonyme des charbonnages d’Ans et de Rocour avait installé en 1909 une fabrique d’agglomérés actionnée par un moteur électrique triphasé, 220/2.50 volts, 5o périodes, de 70 chevaux. Ce moteur était alimenté par le réseau de la Société d’électricité du Pays de Liège. Il avait été fourni et installé en janvier 1910 par les Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi.
- Au puits n0 2.
- i3° Une machine à vapeur de 5o chevaux actionnant un ventilateur et une dynamo de i5 kilowatts ; cette dynamo fournissait le courant pour l’éclairage aux puits nos 1 et 2 ;
- i/i° Un treuil d’extraction à vapeur*
- .l« puits n° 3.
- i5° Un treuil d’extraction à vapeur établi pour les conditions de marche ci-après :
- Poids de la cage : 700 kilogrammes (équilibrée).
- Nombre de wagonnets par cage : 1
- p.370 - vue 370/416
-
-
-
- LA LUM1ÊRË ÉLECTRIQUE
- 371
- 21 Septembre 1912.
- Poids d’un chariot vide : 3oo kilogrammes.
- Charge utile d’un wagonnet : i 200 kilogrammes.
- Profondeur du puits : 86 mètres :
- Extraction en ioheures : 5oo wagonnets;
- Vitesse maximum d'extraction : 7 mètres seconde.
- 160 Une machine à vapeur de 5o chevaux actionnant un ventilateur et une dynamo de 6 kilowatts pour l’éclairage de la paire du n" 3.
- Telles que nous venons de les décrire sommairement, les installations de force motrice ne répondaient plus guère aux exigences d’une exploitation économique et rationnelle. Toutes les petites machines à vapeur du siège n° 1 étaient très anciennes, de modèles surannés et consommaient des quantités énormes de vapeur.
- Le grand développement des tuyauteries rendait très difficile le maintien d’une pression admissible aux cylindres à vapeur : ainsi notamment la pression de la vapeur n’était au maximum que de 6 atmosphères à la vanne d’admission de la pompe à vapeur souterraine, alors qu’elle était de 8 atmosphères aux chaudières.
- On conçoit également qu’une telle installation nécessitait une sérieuse dépense en huiles de graissage, en frais d’entretien et de réparation et en main d’œuvre.
- La Société anonyme des charbonnages d’Ans et de Rocour se préoccupait, à juste titre, de celte situation, d’autant plus que de nouvelles installations projetées allaient encore accroître les difficultés. On se proposait, en effet, de développer l’emploi de l’air comprimé à Ans (puits nos 1 et 2) et de l’installer à Rocour (puits n° 3); en outre, on désirait renforcer le service de l'épuisement pour s’assurer une réserve et parer, le cas échéant, à une venue d’eau extraordinaire; enfin, faire un second puits d’extraction au siège n° 1 destiné à remplacer le puits n° 2.
- Ces nouvelles installations projetées montraient la nécessité de modifier profondément l’ancien système de distribution de la puissance motrice. La Société charbonnière comprit que, seule, une installation électrique moderne lui permettrait de remédier aux défauts de l’installation existante, tout en prévoyant, de la manière la plus large, les extensions futures. Aussi chargea-t-elle M. Larmoyer, ingénieur-conseil, d’élaborer un progamme devant servir de base pour l’exécution des installations nouvelles. Dans les grandes lignes, ce programme était le suivant :
- La machine d’extraction du siège n° 1 resterait,
- tout au moins au début, actionnée à vapeur. Tous les autres services seraient immédiatement électrifiés. A cette fin, on érigerait une centrale électrique au siègen° 1, produisantducourantlriphaséà 1 o5n volts, î>o périodes, cette tension étant nécessaire pour transporter le courant au puits n° 3 et à la salle de la pompe souterraine.
- Toutes les chaudières existantes seraient transportées à côté du bâtiment de la centrale. Il ne serait tout d’abord installé qu’un seul groupe électrogène de 55o K. V. A., suffisant pour assurer, pendant les premiers temps, les besoins du charbonnage; au premier abord, cette puissance paraît plutôt faible vis-à-vis de la puissance totale des récepteurs, mais il faut remarquer que ceux-ci ne fonctionneront pas simultanément en pleine charge, surtout dès le début.
- Au puits n° 1, les machines à vapeur de la forge, de la scierie, de la pompe à eau potable, du brojmur, du traînage par chaîne, du treuil de mise à terril et du mélangeur à charbons menus seraient remplacées par des électromoteurs de puissances correspondantes. Le compresseur existant serait remplacé par un autre de puissance plus forte, également actionné par moteur électrique.
- La machine à vapeur du lavoir et du triage serait remplacée par 5 moteurs électriques dont 2 actionnant chacun une pompe centrifuge, 1 actionnant la transmission principale du lavoir, 1 actionnant la transmission principale du triage, et le dernier un élévateur.
- La machine d'épuisementseraitremplacéepar une pompe centrifuge électrique de même puissance, la pompe à vapeur servant de réserve.
- Le moteur électrique existant de la fabrique d’agglomérés subsisterait.
- Au puits n° 2, le treuil d’extraction a vapeur subsisterait provisoirement jusqu’à ce qu’il soit remplacé par un treuil d’extraction électrique à établir pour un nouveau puits au siège n° 1. Le ventilateur du puits n° 2 serait également supprimé et remplacé par un ventilateur plus fort à installer au puits n° i.
- L’éclairage de surface des nos 1 et 2 serait assuré par une dynamo à courant continu de 12 kilowatts, actionnée par courroie par la machine à vapeur attaquant l’alternateuret servant également à l’excitation de celui-ci.
- La dynamo du puits n° 2 serait donc supprimée, toute installation électrique ou mécanique est donc appelée à disparaître de ce puits.
- Au puits n° 3 (Rocour), le treuil d’extraction serait
- p.371 - vue 371/416
-
-
-
- 372
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série).—H°38.
- aménagé_pour commande électrique et la machine à vapeur du ventilateur remplacée par un électromoteur. On y installerait en outre un compresseur d’air nouveau actionné électriquement.
- La dynamo existante serait supprimée et remplacée par un transformateur statique de 5 kilowatts.
- Pour les différents sièges, les petits moteurs et ceux à changement de marche seraient alimentés à basse tension 220/250 volts; celte tension serait produite par un transformateur statique à chaque siège.
- Tel était donc, dans ses lignes générales, le programme tracé par M. Larmoyer. Voyons comment il a été réalisé.
- Station Centuale.
- Bâtiments. — L’emplacement de la centrale a été choisi au siège n° 1, à proximité assez grande de la plupart des récepteurs de ce siège.
- Le bâtiment de la centrale, étudié par la Société anonyme des charbonnages d’Ans et de Rocour a été construit entièrement hors du sol, tant en vue de réduire les travaux de fouilles que pour assurer un bon éclairage des caves de fondations qui sont utilisées pour différents usages spécifiés plus loin. Les caves sont au même niveau que le sol avoisinant la centrale et ont une hauteur libre d’environ 3 mètres. On y a accès par une porte située au milieu de l’un des deux longs côtés du bâtiment. Au-dessus de cette porte se trouve la porte principale donnant accès au niveau du sol de la salle des machines. Un double escalier en fer permettra plus tard d’entrer dans la salle des machines par celte porte; provisoirement on n’y peut accéder que par le sous-sol.
- La centrale ne comporte actuellement qu’un seul groupe électrogène, composé d’une machine à vapeur compound jumelle attaquant directement un alternateur de 55o K. V. A., mais le bâtiment a été étudié de façon à permettre d’installer ultérieurement, soit un second groupe identique, soit un groupe lurbo-générateur de puissance beaucoup plus grande.
- Les axes des cylindres à vapeur sont dirigés perpendiculairement aux longs côtés du bâtiment, le tableau de distribution occupant l’un des petits côtés,
- L’éclairage du bâtiment est largement assuré par de vastes baies pratiquées dans les quatre murs extérieurs; une seconde rangée de fenêtres, plus petites, disposées sous les premières, assure l’éclairage du sous-sol. Celui-ci est occupé par la fondation du groupe électrogène; un mur de refend servant de
- support au plancher du tableau, ménage sous celui-ci un local séparé du restant du sous-sol.
- Le carrelage de la salle des machines est établi sur des voussettes ; celles-ci s’appuyent sur un poutrellage jeté entre la fondation du groupe et les murs voisins.
- Ce poutrellage n’a été établi pour le moment qu’au voisinage du groupe électrogène installé ; l’espace réservé pour la seconde unité génératrice est resté entièrement libre entre le sous-sol et le toit du bâtiment; c’est par cet espace qu’on a accès, au moyen d’un escalier provisoire, au sol des machines, en attendant que l’escalier extérieur définitif soit placé.
- Un pont-roulant à mains, d’une portée de i6,5 mètres d’axe en axe des galets, facilite la manutention des lourdes pièces. Ce pont-roulant est muni de deux treuils de 5 tonnes chacun, qui peuvent être accouplés.
- L’alimentation des chaudières se fait par une pompe à vapeur verticale à double effet, aspirant l’eau dans un puisard en communication avec le bassin sous le réfrigérant.
- Les caractéristiques de cette pompe sont les suivantes :
- Diamètre des cylindres à vapeur : 8";
- Diamètre des plongeurs à double effet : 4 1/2”;
- Course : 7".
- La machine à vapeur est du type horizontal compound parallèle à soupapes équilibrées, Système Carels frères, de Gand, et est munie d’une condensation par mélange, système Westinghouse-Leblanc, actionnée par moteur électrique.
- Ses caractéristiques sont les suivantes :
- Diamètre du cylindre à haute pression ; 575 millimètres ;
- Diamètre du cylindre à basse pression : 1 000 millimètres ;
- Course des pistons : 800 millimètres;
- Nombre de tours par minute : 125.
- Cette machine est capable de développer, en bonne marche économique, une puissance normale indiquée de 610 chevaux, correspondant à 55o chevaux effectivement disponibles sur l’arbre, en étant alimentée par de la vapeurà la pression de 7 1/2 atmosphères. Le constructeur la garantit capable de fournir une puissance maximum de 760 chevaux indiqués correspondant à 700 chevaux effectifs.
- . La consommation d’huile par 10 heures de marche est garantie ne pas dépasser 6 kilogrammes de cylin-drine et 2 kilogrammes d’huile pour mouvements.
- p.372 - vue 372/416
-
-
-
- 2VSeptembre 1912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 373
- La puissance indiquée à vide ne dépasse pas 45 chevaux, y compris la puissance absorbée par le condenseur.
- Cette machine porte, calé sur son arbre, l’indue
- dépassant pas On sait que ce ^ coefficient est
- représenté par le rapport
- V ______V ,
- ’ ma* * miu
- leur de l’alternateur, tenant lieu de volant ët assu- i dans lequel Vmax et Vmin t’éprésëntënt respectivement ranl à l’ensemble un coefficient d’irrégularité ne | les vitesses instantanées maxima et minima de la
- p.373 - vue 373/416
-
-
-
- 374
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N» 38.
- machine pendant un même tour, et Vnioy la demi-somme de ces vitesses pendant le même tour, la machine marchant en régime.
- L’arbre de la machine à vapeur porte en outre une poulie en fer, de i g5o millimètres de diamètre et 200 millimètres de largeur, destinée à attaquer par courroie une dynamo à courant continu, de 42 kilowatts à 23o volts, servant à l’éclairage et fournissant également le courant d'excitation à l’alternateur.
- Le condenseur, placé dans le sous-sol est prévu de façon à assurer un vide convenable à la machine travaillant même avec 25 % de surcharge, l’eau de condensation étant prise à 25° C.
- Rappelons en quelques mots le principe des condenseurs à mélange, Westinghouse-Leblanc.
- Un tel appareil est constitué essentiellement d’une chambre de condensation et de deux pompes centrifuges réunies sur un même arbre : l’une, dite pompe à vide, la seconde dite pompe de circulation. Dans le cas qui nous occupe, ces deux pompes sont actionnées par un moteur électrique triphasé de 28 chevaux à 960 tours par minute fourni par les Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi, et représenté sur la figure 1.
- La pompe à vide agit à la façon d’une trompe à eau, étant alimentée en eau par un puisard situé à proximité du condenseur, et aspirant l’air de la partie supérieure de la chambre de condensation. Le mélange d’air et d’eau est évacué dans le même puisard, lequel est en communication directe avec le bassin sous le réfrigérant. Dans ce puisard plonge également le tuyau d’aspiration d’eau d’injection dont l’autre extrémité communique avec de nombreux ajutages à la partie supérieure de la chambre tle condensation ; l’eau monte naturellement dans ce tuyau à la faveur de la différence de pression qui existe entre l'atmosphère et la chambre de condensation. Après avoir condensé la vapeur qui afflue dans cette chambre, elle tombe à la partie inférieure et est reprise par la pompe de circulation, qui l’envoie au réfrigérant, sous une charge de 7 mètres, dans le cas actuel.
- Après s’être refroidie, elle tombe dans le bassin situé sous ce dernier et revient par une tuyauterie en pente dans le puisard d’aspiration des pompes, d’où elle recommence le même cycle. Le niveau dans le puisard est maintenu constant par un papillon à flotteur qui ferme automatiquement la, communication avec le bassin du réfrigérant dès que le niveau est obtenu.
- Alternateur,~ L’alternateur est du type à induc teur mobile et à induit fixe. Il est capable de développer en marche continue une puissance apparente normale de 55o kilovolt-ampères avec un facteur de puissance (cos tp) pouvant descendre à 0,7 sous une tension de 1 o5o volts et une fréquence de 5o périodes. L’excitation est alimentée par du courant continu à 23o volts. L’inducteur de cet alternateur formant volant, est calé sur l’arbre de la machine g vapeur. Il possède un moment d’inertie
- PD2r= iSoooo kilogrammètres carrés suffisant pour assurer une irrégularité de marche de i/25o dans le tour. Ce volant est. en fonte, en deux pièces; celles-ci sont assemblées au moyen de quatre frettes annulaires en acier placées à chaud dans des gorges de forme correspondante ménagées dans la jante et de deux frettes sur le moyeu. Sur sa périphérie sont fixées quarante-huit pièces polaires portant les bobines inductrices.
- L’induit fixe ou stator est constitué par deux demi-carcasses en fonte maintenant les tôles. Dans celles-ci sont ménagées des rainures demi fermées pour les bobines de l’enroulement à haute tension. Celles-ci sont protégées de part et d’autre par des flasques ajourées mettant le bobinage à l’abri des chocs nuisibles et des contacts intempestifs.
- Les rendements de l’alternateur mesurés suivant la méthode Swinburne, à différents régimes de marche et pour différents facteurs de puissance, sont les suivants :
- Puissance développée 65o 5a5 40° 260KV. A..
- Pour cos <p =r 1 g3,5 g3,5 g3 gi %
- » cos <p == o,g5 g3 g3 92,5 90,5 %
- » cos 9 = 0,9 92,592,592 90 ,
- » cos «p — 0,85 92 92 gi ,5 89 %
- » cos o —— 0,8 gr,5 91,5 gi 88,5 %
- Les variations de tension entre la pleine charge et la marche à vide, mesurées suivant les prescriptions de la Chambre Syndicale des Electriciens Belges, ne dépassent pas les valeurs suivantes :
- Pour cos <p — 1 » cos q> o ,90 » cos <p = o ,9 » cos cp = o ,85 » cos <p — o ,8
- 7 à 8 %
- 14 %
- 15 %
- 16 %
- %
- Après une marche continue en pleine charge, la surélévation de température d’aucune des parties de l’alternateur ne dépasse la température ambiante de plus de 4o° G.
- p.374 - vue 374/416
-
-
-
- 21 Septembre 1912,
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 375
- L’excitation de l’alternateur est assurée par une dynamo à courant continu excitation shunt, d’une puissance de 4a kilowatts en marche continue à a3o volts et 700 tours par minute.
- Cette dynamo, qui sert également à l’éclairage des puits n08 1 et a, est actionnée par courroie par une poulie calée sur l’arbre de la machine à vapeur. Son rendement Swinburne est de 90,5 % à pleine charge.
- siondont deux de réserve, un pour'la haute tension du transformateur de la centrale, un pour l’excitatrice, un de réserve pour une seconde excitatrice, un pour l'éclairage à courant continu, un pour la basse tension du transformateur de la centrale et deux départs à basse tension et trois de réserve, pour la distribution à basse tension.
- L’interrupteur à bain d’huile de l’alternateur est à déclenchement automatique à raaxima par relais et
- Fig. a. — Vue postérieure de la planche de manœuvre. Compartiments à haute tension.
- Tableau de distribution. — La planche de manœuvre du tableau est disposée parallèlement aux petits côtés du bâtiment sur une estrade quelque peu surélevée. On y a accès par quelques marches à gauche et à droite.
- La planche de manœuvre comporte dix-huit panneaux, en marbre noir poli et biseauté, montés sur charpente en fer, dont un pour l’alternateur, un de réserve pour le second alternateur à installer ultérieurement, huit pour la distribution à haute len-
- à retour de courant (ce dernier relais devant, servir ultérieurement lors de la mise en parallèle des deux alternateurs). La bobine de déclenchement est montée sur l’interrupteur lui-même et est alimentée, quand les relais précédents entrent en action, par du courant continu pris aux barres à 23o volts. Les autres interrupteurs à haute tension sont du type à déclenchement direct à maximum.
- Comme appareils de mesure, le panneau d’alternateur porte un ampèremètre, un voltmètre et un watt-
- p.375 - vue 375/416
-
-
-
- 376
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). —- N# 38.
- mètre; les panneaux pour les départs à haute tension ne portent chacun qu’un ampèremètre. Tous ces appareils de mesure sont du type électromagnétique apériodique, de 225 millimètres de diamètre et encastrés dans le marbre; ils fonctionnent, bien entendu, avec transformateurs-réducteurs, pour éviter la haute tension sur les appareils de mesure eux-mêmes. . , >
- Les interrupteurs à bain d’huile sont, de même, commandés à distance ce qui fait que la planche de manœuvre ne porte que des appareils soumis à du courant à basse tension. ,
- Un tapis en linoléum court le long de la planche de manœuvre ; celle-èi occupe toute la largeur de la centrale, et n’est séparée des murs extrêmes que par deux portes en fer avec panneaux en métal déployé donnant accès dans la chambre à haute tension. Pénétrons dans celle-ci et examinons quelle a été la disposition adoptée.
- L’espace compris entre la planche de manœuvre et le mur arrière de la centrale mesure 3 m. 80 de profondeur. Au centre de cet espace sont disposés les compartiments à haute tension, d’une profondeur de 900 millimètres distants de 1,4 mètre de la planche de manœuvre et de i,5 mètre du mur arrière. Ces compartiments, visibles sur la figure 2, sont constitués par une ossature en charpente métallique avec remplissages en dalles déplâtré moulé. Ils sont au nombre de douze et leurs plans de symétrie coïncident avec ceux des panneaux à haute tension correspondants de la planche de manœuvre. Ces derniers ne sont toutefois qu’au nombre de onze, le douzième compartiment étant occupé par un voltmètre électrostatique avec commutateur, destiné à mesurer les tensions entre chacun des trois pôles et la terre, en vue de faciliter la recherche des défauts qui pourraient se produire dans l’ensemble de l’installation.
- La charpente des compartiments est indépendante de la charpente de la planche de manœuvre. Cette dernière est reliée au mur arrière de la centrale par des fers U qui s’appuient en leur milieu par de petits supports en fer plat disposés à la partie supérieure de la charpente des compartiments.
- Chaque compartiment est.muni de part et d’autre de panneaux mobiles à claire voie en métal déployé qui ne sont déplacés que lorsqu’on doit effectuer un travail quelconque aux appareils du compartiment. xCe travail peut d’ailleurs se faire facilement sans interrompre le service de la centrale, par suite de l’adoption d’un double jeu de barres collectrices et
- d’un double jeu de sectionneurs sur chaque départ et chaque arrivée à ces barres. Ce double jeu de barres est disposé au-dessus des traverses en fer U reliant la planche de manœuvre du mur, le premier entre la planche dé manœuvre et les compartiments, le second entre ceux-ci. et le mur.
- Les barres sont maintenues dans des fourches supportées par des isolateurs à cannelures; les tiges de ceux-ci sont boulonnées sur les traverses, qui supportent également les différents sectionneurs.
- Le compartiment d’alternateur renferme les appareils suivants : une boite terminale pour le câble de raccordement; un interrupteur à' bain Jd’huile, un transformateur d’intensité; un transformateur triphasé de tension et deux coupe-circuits pour ce dernier.
- Chacun des compartiments de départ renferme : un interrupteur à bain d’huile, un transformateur d’intensité, 3 limiteurs de tension à cônes avec résistances liquides, et une boîte terminale pour le câble de départ.
- Le compartiment destiné à la haute tension du transformateur de la centrale ne diffère des précédents qu’en ce que les limiteurs de tension sont supprimés.
- Le compartiment du voltmètre électrostatique ne comporte que celui-ci et son commutateur. Ces deux appareils sont montés sur dalles en marbre fixées à la charpente avec interposition d’isolateurs à cannelures pour 6 000 volts.
- La commande des interrupteurs à bain d’huile est directe. Ceux-ci sont reliés à une manette à deux poignées placée sur la planche de manœuvre par un arbre intermédiaire creux accouplé au dispositif d’arrêt de l’appareil ; dans cet arire creux se trouve une lige mince,reliée rigidement avec l’axe de l’interrupteur; cette ti^e porte, devant la manette, une flèche qui indique constamment si l’interrupteur est ouvert ou fermé. Le dispositif de déclenchement est conçu de telle façon que le fonctionnement de l’interrupteur peut avoir lieu lors même que l’on retiendrait la manette à la main, ce qui empêche qu’en cas de surcharge ou de court-circuit l’interrupteur puisse être refermé. Ces interrupteurs sont donc du type dit « à réenclenchement empêché » et rendent complètement inutile tout coupe-circuit.
- Toutes les connexions à haute tension sont en barres de cuivre rond, dressées et placées au fil à plomb ; celles à basse tension sont en cuivre plat. Toutes sont teintées en trois couleurs différentes suivant la polarité. Les petites con-
- p.376 - vue 376/416
-
-
-
- 21 Septembre 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 377
- nexiôns telles que fils de relais, fils reliant les appareils de mesure à leur transformateur, fils d’éclairage des appliques de la planche de manœuvre, etc... sont exécutées soil en fil isolé fmo uiégohms placé
- i mètre carré de surface et de 3 millimètres d’épaisseur, est enfoncée à 4 mètres de profondeur dans le sol dans un endroit humide, et recouverte de charbon ; elle est reliée à la barre de terre.du tableau
- l4'ig. 3. — Transformateur de 70 KVA et départs des lignes en cdblc armé.
- sous tube isolant recouvert de laiton, soil en fil isolé fixé sur la face arrière des marbres au moyen de petites attaches spéciales.
- Une attention particulière a été portée aux connexions de terre. La plaque de terre en cuivre, de
- par un fil de cuivre de 7 millimètres de diamètre. La barre de terre est elle-même reliée par un réseau de petites barrettes de cuivre aux carcasses des transformateurs de mesure, aux enroulements secondaires de ceux-ci, à la charpente, aux résistances liquides
- p.377 - vue 377/416
-
-
-
- 378
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX(2* Série). -N" 38.
- des limiteurs de tension et enfin aux bâtis des machines et appareils de la centrale.
- Transformateur de la Centrale. — Dans le local du sous-sol situé sous le tableau de distribution et visible sur la figure 3 se trouve, installé un transformateur statique triphasé à bain d’hüile d’une puissance de 70 kilovoltampères et ayant un rapport de transformation de t 000 à a5o-et aao volts. Ce transformateur est en tous points identique et interchangeable avec deux autres appareils de même puissance qui se trouvent installés, l’un dans la fabrique d’agglomérés du siège n° 1, l’autre au puits n° 3 (Rocour). Le transformateur de la centrale sert à produire le courant de basse tension nécessaire à l’alimentation des moteurs de faible puissance et des moteurs à marche intermittente du-puits n° f.
- Pour ce transformateur on ne se sert que du rapport de transformation 1 000/060 volts, les moteurs étant alimentés à a5o volts. Toutefois la tension à la centrale étant maintenue voisine de io5o volts il s’ensuit que le transformateur fonctionne en réalité avec un rapport de 1 060/0.67. volts, la différence entre 060 et 25o volts représentant la perte en ligne dans les canalisations à basse tension.
- Ce transformateur est immergé dans une caisse remplie d’huile en tôle ondulée. Son rendement en pleine charge est de 97/1 % pour cos <p = 1. La chute de tension est très faible ; elle ne dépasse pas r,5 % pleine charge pour cos cp = 1.
- Pour terminer la description des machines et appareils de la centrale il nous reste à dire un mot du moteur qui actionne les pompes rotatives de la condensation, dont l’une sert en même temps, comme nous l’avons dit plus haut, à élever les eaux du mélange au niveau supérieur du réfrigérant.
- Ce groupe pompeur (voir fig. 1) est installé dans le sous-sol des fondations, à côté de la fondation dé la machine à vapeur. Le moteur et la pompe ont chacun leur fondation distincte ; ils sont réunis par un manchon d’accôuplement élastique.
- Le moteur est du type à 6 pôles,d’une puissance de 28 chevaux, en marche continue sous une tension d’alimentation de 1 000 volts, 5o périodes. Sa vitesse est de 1 000 tours par minute au synchronisme, 960 tours par minute en charge. Il est pourvu d’un rotor à bagues avec dispositif de mise en court-circuit des bagues et de relevage des balais. Son Rendement est de 87,5 % à pleine charge, le cos cp atteignant o,85. Les bornes du stator et du rotor sont disposées à la partie inférieure de la carcasse,
- parfaitement à l’abri de l’huile qui pourrait provenir des paliers, au cas où il surviendrait une fuite à l’un de ceux-ci. Des boîtes protectrices protègent les bornes contre les contacts involontaires.
- A proximité du moteur se trouvent disposés le rhéostat de démarrage métallique et une borne de manœuvre renfermant un interrupteur tripolaire à bain d’huile combiné avec coupe-circuit et un ampèremètre apériodique.
- Les connexions entre l’excitatrice et le tableau, de même que celles entre celui-ci et l’excitation de l’alternateur sont exécutées en câble isolé au caoutchouc vulcanisé, d’une résistance d’isolement kilométrique de 600 mégohms, posé sur isolateurs à cannelures. Ces isolateurs sont pourvus d’un chapeau en fonte malléable, formé de deux coussinets avec écrous de serrage, entre lesquels se trouve serré le conducteur. Les dits isolateurs sont fixés par boulons à des ferrures scellées dans la maçonnerie. Ces ferrures supportent également le câble armé reliant l’alternateur au tableau.
- Ce câble armé est d’une section utile de 3 X i5o millimètres carrés: il a été, avant expédition, essayé en usine sous la tension de 6 000 volts alternatifs.
- Tous ces raccordements sont exécutés dans le sous-soldes fondations. Les ferrures de support ont été prévues de suite en vue de l’installation future d’une seconde unité dans la centrale, et les trous forés d’avance.
- Le transformateur statique est raccordé aux compartiments, à haute tension correspondant par un câble armé de 3 X millimètres carrés de section ; ses bornes à haute tension sont reliées au panneau à a3o volts par du câble isolé au caoutchouc vulcanisé 600 mégohms, placé sur isolateurs à cannelures, comme il a été dit plus haut.
- Il nous reste à dire un mot des lignes de départ pour en finir avec la description de la centrale. Il convient tout d’abord de dire que la Société Anonyme des Charbonnages d’Ans et de Rocour, considérant le peu d’importance relative des canalisations à basse tension par rapport à celles à haute tension, sJest décidée à adopter les câbles armés aussi bien pour les unes que pour les autres, malgré le léger surcroît de dépenses auquel elle était conduite. Encore faut-il observer que ce surcroît de dépenses • n’était certainement qu’apparent, car on ne doit pas considérer simplement la différence de prix brut entre les deux systèmes de canalisation, mais tenir compte également de ce que l’adoption des câbles armés a pour effet de supprimer le chevalet de dispersion de
- p.378 - vue 378/416
-
-
-
- 21 Septembre 1912. LA LUMIÈRE
- la centrale, toutes les lignes isolées qui devraient monter vers celui-ci, les parafoudres à l’origine et aux extrémités des lignes, sans parler des frais d’entretien qui sont considérablement moindres pour une ligne en câble armé que pour une ligne aérienne extérieure.
- Les lignes partant du tableau (fig. 3) forment donc deux faisceaux : l’un comprenant les câbles armés à haute tension, l’autre ceux à basse tension; ils traversent le plancher, pénètrent dans le local du transformateur et s’étalent contre le plafond de celui-ci, puis descendent sur le mur d’about de la centrale en empruntant chacun un des trumeaux compris entre les trois fenêtres éclairant le local. A 3o centimètres du sol, les câbles entrent dans des tuyaux en grès traversant le mur et disposés obliquement, de façon à ce que les eaux pluviales ne puissent pas entrer dans le bâtiment. De l’autre côté du mur, ces tuyaux aboutissent directement dans les canivaux destinés à recevoir les câbles. Les câbles armés sont solidement maintenus par des carcans à des ferrures scellées dans les murs.
- Ces ferrures, de même que les tuyaux en grès pour la sortie des câbles ont été prévus dès à présent en tenant compte d’une très large réserve pour l’avenir.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Le rapport de la Banque pour Entreprises Électriques qui sera lu aux actionnaires le 21 septembre contient, comme tous les ans, une vue d’ensemble très complète sur les affaires auxquelles la Banque s’est intéressée et quelques réflexions d’ordre général qui ne manquent pas d’être actuelles et de s’appliquer à beaucoup de nos entreprises françaises. 11 y est fait mention d’abord de l’accroissement général des frais d’exploitation résultant de la hausse du charbon, des frets et de la main-d’œuvre. Mais la demande de courant toujours croissante a pu corriger ces effets; de plus, les avantages économiques offerts maintenant aux grands établissements industriels par la modicité des prix du courant, les engagent à utiliser celui-ci pour tous leurs besoins. Puis il est fait mention des services que l’agriculture pourrait retirer de l’emploi de l’électricité : mais les grandes difficultés venant de la part de certaines autorités au sujet des tarifs et de la durée de la concession de semblables installations rendent im-
- ÉLECTRIQUE 879
- probable le succès financier. Si dans les régions où la population est moins dense, la Société peut s’assurer une clientèle de grandes usines (fait qui n’est pas rare en dehors des grandes agglomérations industrielles), l’affaire peut encore être bonne. Mais là où cette condition fait défaut, inutile de se lancer sans le concours de corporations publiques, soit que cet appui soit prêté sous forme de garanties de recettes, soit que les réseaux soient construits aux frais d’associations publiques qui en louent l’usage aux compagnies de distribution. Le rapport note enfin comme un revirement heureux là tendance actuelle des municipalités ou des administrations à abandonner la vaine formule de l’exploitation pour leur compte et à confier à des entreprises privées la direction des affaires. Si l’on examine la composition du portefeuille de la Banque pour Entreprises électriques on constate qu’il n’y rentre que des valeurs d’entreprises allemandes, italiennes, espagnoles et russes. Il est donc intéressant de noter que les dispositions si peu favorables des pouvoirs publics se rencontrent partout, et que partout aussi, après expériences faites, les administrations se voient contraintes de faire appel à l’initiative privée pour la meilleure exploitation de leur domaine industriel. La sauvegarde des intérêts publics est précisément de celles qui sont insérées dans notre cahier des charges-type des concessions de distribution : soit la perception d’annuités proportionnées à l’importance et aux recettes de l’entreprise, soit le droit de rachat ou le droit de reprise gratuite des installations en fin de concession.
- Le compte de profits et pertes de l’exercice se solde par 6649470 francs, y compris un report de 189 118 francs de l’exercice précédent. Sur ce solde le Conseil proposera à l’assemblée de prélever une somme suffisante pour distribuer un dividende de 4 % ; les tantièmes au 'Conseil absorberaient
- 3o4 526 francs; et les actionnaires recevraient un deuxième dividende de 6 %, laissant encore un report à nouveau de 344 944 francs. L’actif de la Banque est, cette année, représenté par 99 489 919 fr. d’actions et parts ; 26 097 o85 d’avances en compte courant; 5 178 124 francs de participations syndicales; 1 663 192 francs de valeurs diverses; et i5 608 024 francs d’avoir en banque. Le tableau joint au rapport fixe l’actionnaire sur l’estimation de chaque valeur du portefeuille, et lui permet de suivre les engagements de la Banque. Les résultats obtenus qui se traduisent par un bénéfice net. de plus de 10 % sont de nature à donner confiance dans le
- p.379 - vue 379/416
-
-
-
- 380
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N* 3$.
- choix des affaires patronnées. Cependant la Banque se sent encore trop limitée par ses ressources actuelles et son Conseil proposera de nouveau l'augmentation du capital de 60 à 7$ millions, une omission d’obligations 4 1/2 % ayant été déjà décidée par lui au cours de l'exercice à concurrence de i5 millions. L'ensemble des capitaux immobilisés s’élèvera alors à près de 1G0 millions répartis comme nous le disions plus haut, en Allemagne, Italie, Espagne, Suisse et Russie, deux sociétés de constructions seules ayant bénéficié des faveurs de la Banque : Brown Boveri, et rellen et Guillaume Carlswerk.
- L’assemblée générale des actionnaires de la Société russe Schuckert et C° à Saint-Pétersbourg a décidé de porter le capital de 2 à 3 millions de roubles, les actions nouvelles étant offertes aux actionnaires actuels au prix de 10G roubles à raison d’une action nouvelle pour deux anciennes.
- L’Auxiliaire d’Entreprises Electriques, société belge qui a cle nombreux liens avec l’Eclairage Electrique de Saint-Pétersbourg et déploie toute son activité à Saint-Pétersbourg a réalisé cette année un bénéfice net de 131898.3 francs. Ces résultats permettent à-la société de rembourser 370 actions privilégiées à 5F>o francs l’une, de distribuer 20 francs aux actions privilégiées et 5 fr. aÜ aux actions ordinaires. Les premières cotent 517 ; les secondes 190; celles-ci, l'an dernier, avaient touché 2 fr. 5o.
- O11 commence à reparler de l’Union des Tramways dont l’action de capital cote 3o fr. 5o et la privilégiée 124. On donne comme cause au mouvement, ascendant des litres l’amélioration très sensible des recettes des sociétés patronnées par l’Union ; ces recettes pour juillet se sont élevées à 740 853 fr. contre G07 8o3 francs l’an dernier. II est difficile de conclure des résultats d’un mois à une amélioration extrêmement sensible des bénéfices nets qui seuls intéressent pour la répartition probable aux actions. Toujours on fait remarquer qu’un dividende de 1 franc à l’action de capital assure h la privilégiée un superdividende de 5 francs : d’où la hausse des titres devant l’espoir d’une répartition.
- La Compagnie Lorraine d’Electricité vient d’obtenir une concession d’Etat pour la construction et l’exploitation d’un réseau de distribution publique d’énergie électrique dans diverses communés des départements de Meurthe-et-Moselle et des Vosges.
- Dans le nombre des communes visées, il en est qu n’avaient encore accordé aucune concession antérieure; d’autres, au contraire, le plus petit nombre, ont déjà accordé le privilège de l’éclairage sous le régime de la loi du i5 juin 1906; d’autres enfin ont octroyé le privilège de l’éclairage et de la force motrice sous le régime de la loi de 1895. La Compagnie Lorraine bien entendu ne jouira de son privilège que sous réserves des droits nés de ces concessions antérieures, et elle s’engage en plus à réserver par priorité une puissance de 20000 kilowatts de son usine de Yincex pour alimenter le rcscàu de distribution publique d’énergie qui fait l’objet de la concession. Le cahier des charges est évidemment conforme au cahier des charges-type.
- En même temps, la Société Energie Electrique de Meuse et Marne obtient une concession d Etat pour la distribution d’énergie électrique dans diverses communes de la Haute-Marne, de la Marne et de la Meuse, également sous réserve des droits nés des concessions antérieurement accordées par les communes. De plus, la Société Meuse et Marne, sous réserve des cas particuliers qui seraient soumis à l’examen du contrôle, s’engage à ne fournir l’énergie aux concessionnaires communaux actuels détenant un monopole, qu’après leur avoir fait accepter les prix du cahier des charges annexé au décret de concession, majorés de 10 à 20 % en plus, à la condition toutefois que le même engagement soit pris par les concurrents éventuels.
- L’Eclairage Electrique convoque ses actionnaires le 2i courant en assemblée extraordinaire à l’effet de vérifier la sincérité de la déclaration de souscription et de versement relative à l’augmentation de 3 à G millions de son capital et de délibérer sur l’absorption par voie de fusion de la Société des Usines Bergmann etde la Société des Etablissements Meng. De leur côté et le même jour, chacune de ces sociétés convoque également ses actionnaires, à l’effet de délibérer sur cette absorption et de voler par conséquent la liquidation de la société. Ainsi sera réalisé le groupement sous la même raison sociale de divers établissements qui par leurs produits et leur fabrication se rattachant à l’industrie électrique peuvent mutuellement contribuer à leur prospérité par la fusion de leur clientèle respective et la judicieuse adaptation de leurs moyens de production.
- Les actionnaires de la Société anonyme des
- p.380 - vue 380/416
-
-
-
- 21 Septembre 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 381
- Etablissements industriels de T. G. Grammont et de Alexandre Grammont se sont réunis en assemblée générale ordinaire à Lyon le 6 août 1912.
- L’exercice qui vient de s'écouler est le premier de l’exercice social depuis la transformation de l'entreprise en Société anonyme, il comprend une période de i5 mois, du jour de la constitution de la Société au 3i mars 191*2.
- Les comptes qui ont été présentés à rassemblée se soldent par un bénéfice net de 970 o36 fr. 3*2 qui a été ainsi réparti.
- provision pour litiges.........., 80 ooo
- Amortissement des fraisde constitution. 8*2 5oo Amortissement de Tachai de concession
- Trivero............................ 5 4°°
- Amortissement des frais d’études et
- d’établissement « Lampes Fotos »., 2746758a
- A un compte général d’amortissements. 4°° 000
- A la réserve légale.................. 6373
- Aux actions de priorité, l’intérêt à 5 %. 78 ï25
- A reporter à nouveau........................ 4296347
- v 970o36 3*2
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Gironde. — Le conseil général a émis un avis favorable au projet de construction d’une ligne de tramway entre EtauÜer et Montendre, reliant les chemins de fer économiques au chemin de fer de l’Etat et desservant les communes d’Etauliers, de Saint-Aubin, de Reignac, de Marcillac et de Donnezac.
- Manche. — Est approuvé par le conseil général le projet de construction d’un nouveau réseau de tramways.
- Nord. — Le conseil municipal de Seclin a émis un vœu pour le prolongement du réseau de tramways jusqu’à Seclin, Carvin, Lcns, Arras et rétablissement d’une ligne de jonction entre Seclin et Haubourdin par Hou-plines, Ancoisne, Emmerin.
- Le conseil municipal de Cambrai a approuvé en principe le projet d’établissement d’une ligne de chemin de fer d’intérêt local de Cambrai à Epehy et voté la part contributive de la ville : 65 000 francs.
- Haute-Savoie. — Une réunion s’est tenue récemment à Abondance en vue de jeter les bases d’une entente franco-suisse pour la construction d'un chemin de fer électrique reliant par Morgins le réseau de Monlhey-Champeri-Thonon et Evian par la vallée d’Abondance, Le coût de la ligne serait de 3 à 4 millions.
- ÉCLAIRAGE
- BouciiEs-uu-RnoNE. — L’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen a passé commande à la Thomson-Houston de la fourniture et de l’installation de matériel destiüé au nouveau poste de transformation des Pennes, ayant pour objet d’assurer l’alimentation de la ville de Marseille, concurremment avec le poste d’Allauch,
- Le poste des Pennes comprendra ultérieurement neuf transformateurs monophasés de chacun 4 000 kilowatts de puissance; mais à l’heure actuelle un groupe de trois appareils seulement sera installé, ainsi qu’un quatrième transformateur destiné à servir de réserve.
- Ces transformateurs seront alimentés sous tension de 45 000 volts au moyen des ligues provenant des usines de la Brillanne et de Yentavon, et fourniront du courant à i3 5oo volts, tension adoptée pour la distribution dans Marseille.
- Indépendant ment des transformateurs de 4 000 kilowatts la fourniture comprend tout le matériel accessoire, tel que transformateur de /\o kilowatts pour le service auxiliaire, batterie d’accumulateurs et groupe moteur-générateur pour l’éclairage, panneaux de distribution, appareillage et connexions, tant à 4^ 000 volts qu’à
- i3 5oo volts.
- La Thomson-Houston est aussi chargée de la fourniture de l’appareillage nécessaire à l’installation du poste d’Eguilles destiné à servir de, sectionnement pour les lignes à haute tension provenant de l’usine de la Bril-lanne et se dirigeant vers Arles, les Pennes et Allauch, ainsi que pour certaines lignes à i3 5oo volts servant à la distribution régionale.
- Ce poste comprendra un certain nombre de panneaux tant à 45 000 qu’à i3 5oo volts.
- Isère. — La Société Hydro-Electrique de l’Eau d’Olle a commandé à la Thomson-Houston, pour son usine du Rivier, 4 alternateurs Irqdiasés de 3 750 kilowatts, 8 000 volts et 3 transformateurs triphasés de 5 000 kilowatts-ampères, 8000/60 000 volts.
- Nord. — La municipalité de Seclin a mis à l’étude un projet de distribution d’énergie électrique. —
- Le conseil municipal de Glageon a nommé une cora**
- p.381 - vue 381/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N* 38.
- mission pour étudier un projet de co.. .osskn d’énergie électrique.
- Seine-Inférieure. — Des pourparlers sont engagés avec la Compagnie du gaz de Deville pour l’installation de l’électricité dans la commune de Malaunay.
- La municipalité de Côtes étudie un projet d’éclairage électrique de la commune.
- TÉLÉPHONIE
- Algérie. — La Chambre de commerce d’Alger est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 34 ooo francs en vue de l'établissement des circuits téléphoniques Cherchell-Novi ; Novi-Fon-taine-du-Génie; Gouraya-Villebourg-Dupleix ; Dupleix-Beni-Haoua.
- La Chambre de commerce de Constantine est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une
- Forges et Aciéries' de Denain et JAnzin a passé éom-mande à la Thomson-Houston d’équipements complets de ponts roulants d’aciéries et d’un équipement d’accessoires de train de laminoirs à grosse tôle, comportant 21 moteurs de 21 à i5o chevaux.
- La Thomson-Houston a de plus reçu commande de : un équipement d’accessoires de blooming à moteur T. L. pour les Hauts Fourneaux de la Chiers, un moteur de 7Ôo chevaux à 480 volts, types laminoirs pour la Société métallurgique de Senelle, un moteur de 3oo chevaux, 3 000 volts pour la Société des Hauts Fourneaux et Forges d’ÀlIevard.
- SOCIÉTÉS
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain, Paris. — Les recettes pour la première décade de septembre se sont élevées à 1 2i5 o85 francs contre 1 068725 francs pour la période correspondante de 1911. La plus-value de 146 359 francs qui résulte de cette comparaison porte à 898 5o6 francs l’augmentation totale des recettes depuis le Ier janvier par rapport à l’année dernière.
- Compagnie Française pour l’Exploitation des Procédés Thomson-Houston. Comparaison des recettes des exploitations du icr janvier au 3i août 1911-1912.
- DÉSIGNATION RECETTES DU MOIS D’AOUT RECETTES DU I°* JANVIER AU 3l AOUT (8« MOIS)
- DES RÉSEAUX 1911 1912 augmentation en 1912 19II 1912 augment en 191 totale ition 2 %
- Compagnie générale Parisiennede tramways. 728 238,35 753686,25 25447,9° 6453 410,35 6 900 421,80 447011,45 6,92
- Compagnie des chemins de 1er Nogentais.... 344 748 34q83o,20 5082,20 2610569,i5 2 786995,25 176426,10 6,75
- -Compagnie française des tramways électriques et omnibus de Bordeaux 434407,10 453723,55 19316,45 3 68i 559,20 3900 114,70 2i8555,5o 5,93
- Compagnie des tramways de Nice et du Littoral. 248775,93 270073, i5 212g7,22 11739,90 2923196,04 3o5g 747,o3 i3655o,g9 4,67
- Compagnie des tramways de Rouen 255 527,96 267267,65 205, 576,45 2 i34 820,40 77 243,95 3,75
- Société des tramways d’Amiens 66238,10 68089,50 185i,4o 547 418,3o 568468,45 21o5o,i5 3,84
- Société Yersaillaise de tramways électriques. 53941,80 51846,80 2 095 414929,05 433 i36,io 18207,05 4,38
- Société des tramways algériens io3 418,o5 110660,80 7242,75 921 176,90 1 016 220,75 95 044,85 10,3i
- somme de 24 622 francs en vue de l’établissement du circuit téléphonique Constantine-Oued-Seguin-Telergma,
- Drôme. — Un emprunt de 191 000 francs est voté par le conseil général pour la création du quatrième réseau téléphonique.
- Eure. — La Chambre de commerce d’Evreux est autorisée à avancer A l’Etat une somme de 44 810 francs eu vue de l’extension du réseau téléphonique départemental.
- Isère. — La commission départementale du conseil général a autorisé le préfet à signer un traité d’emprunt de i56 3oo francs pour l’extension du réseau télépho-îüque départemental.
- DIVERS
- Nord. — La Société anonyme des Hauts Fourneaux,
- CONVOCATIONS
- Ateliers de Constructions électriques du Nord et de T Est.
- — Le ier octobre, 75, boulevard Haussmann, Paris.
- Société des Téléphones automatiques système Betulander.
- — Le 3o octobre, 38, rue Le Peletier, Paris.
- Établissements Victor Meng. — Le 28 septembre, 8o, rue Bolivar, Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- L’Administration des chemins de fer de l’État a l’intention d'acquérir un monte-charges électrique pour la manutention des bagages à la gare deRueil.
- p.382 - vue 382/416
-
-
-
- 21 Septembre 1912.)
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 883
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (i*'« division), 43, rue de Rome, le mardi et le vendredi, de i5 à 15 heures, jusqu’au 3o septembre 191a.
- L’Administration des chemins de fer de l’Etat a l’intention d’acquérir un tracteur électrique pour chariot transbordeur 4 la gare d'Evreux.
- Les industriels désireux de concourir 4 cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement à cet égard dans les bureaux du Service électrique (ir6 division), 43, rue de Rome, les mardi et vendredi, de i5 4 17 heures, jusqu’au 3o septembre 1912.
- Le a5 octobre, à la mairie de Dole (Jura), — Fournitures et travaux pour l’installation d’un transformateur et d’un moteur électrique 4 la manutention militaire.
- Renseignements 41a sous-intendance militaire de Dole, quartier Bernard.
- Le 10 octobre 4 l’Ecole centrale de pyrotechnie de Bourges, fourniture de matériel électrique, en quatre lots :
- ior lot. — Lampes à incandescence avec culot 4 baïonnette, 4 petit culot baïonnette.
- 2e lot. — Id. 4 filaments métalliques étirés.
- 3° lot. — Fils de bronze, cuivre et maillechort, ciïble souple.
- 4° lot. — Douilles, balais, suspensions, prises de courant, réflecteurs, fils souples, sonneries, bâtons de zinc et fournitures diverses.
- Renseignements 4 l’Ecole de pyrotechnie.
- Le 18 octobre, 4 la mairie d'Alger, fourniture et installation 4 la manutention militaire d’un moteur 4 gaz pauvre de 3o/go chevaux pour le fonctionnement des moulins.
- Visa et plans avant le 3o septembre, terme de rigueur.
- Renseignements au sous-intendant militaire du ier service, 3i, rue du Maréchal-Soult, 4 Alger.
- BELGIQUE
- Le 25 septembre, 4 11 heures, 4 la Bourse de Bruxelles, fourniture, installation et montage d’un commutateur téléphonique et d'accessoires dans chacun des immeubles occupés respectivement par les sociétés « Armement Adolf Deppe », « American Petroleum Company » et « Crédit Anversois », 4 Anvers; caut. : 900 francs (cahier des charges spécial n° 1173).
- Le 2 octobre, à 11 heures, en la salle de la Madeleine, 4 Bruxelles, fourniture de 5 commutateurs téléphoniques à sept numéros avec accessoires de réserve, de 2 panneaux protecteurs pour a5 circuits et de 1 tableau de distribution destinés 4 l’administration des télégraphes
- (cahier des charges spécial n° 1172). Soumissions recommandées le 28 septembre.
- Le 4 octobre, 4 11 heures, 4 la direction des éludes et du contrôle des applications de l’électricité, 5a, boulevard du Régent, 4 Bruxelles, installation de l’éclairage électrique dans les locaux de l’hôtel du service spécial des bâtiments civils, rue Ducale, 4 Bruxelles ; caut. : 4oo francs (cahier des charges, n° 148; prix o fr. 70); prix du plan : 2 fr. 5o; s’adresser, i5, rue des Augustins, 4 Bruxelles. Soumissions recommandées, le 3o [ septembre.
- ALLEMAGNE
- Le 3o septembre au Service de l’éclairage et des eaux,
- 4 Brême, fourniture de transformateurs pour les installations électriques de la ville.
- BULGARIE
- Le 17 octobre 1912, 4 la direction des Finances, 4 Sofia, fourniture et montage des parties mécaniques et électriques d’une installation de force électrique, aux charbonnages de l’Etat « Pernik » à Pernik. Devis : 35o 000 francs.
- Cahier des charges relatif, à la direction desdits charbonnages, à Pernik, moyennant versement de la somme de 1 franc.
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- Le i5 octobre 1912, 4 l’hôtel de ville, 4 Rosario de Sanla-Fé, établissement d’un réseau de tramways électriques dans ladite ville. Caut. provisoire : 5o 000 piastres; caut. définitif : 20 000 piastres.
- Cahier des charges relatif à cette adjudication, au Secrétariat de la mairie précitée et 4 l’Office national du Commerce extérieur, 3, rue Feydeau, Paris (a*1).
- L’Office se tient 4 la disposition des industriels fran- . çais désireux de participer 4 cette entreprise, pour leur désigner un intermédiaire en mesure de les représenter auprès de l’Administration municipale de Rosario.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 12 septembre — Au sous-secrétariat d’Etat des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, 4 Paris, fourniture de cordons souples pour postes d’abonnés et bureaux centraux téléphoniques.
- ier lot. — 10 000 cordons souples pour récepteur téléphoniques (n° 3oi A). — M. Meunier, 1,28. — Société Industrielle des Téléphones, 1,26 la pièce. — Non adjugé; prix limite dépassé.
- •2e lot. — Identique au précédent. — M. Meunier, 1,28,
- p.383 - vue 383/416
-
-
-
- 384:
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE-
- T. XIX (2* Série). — N» 38.:
- —: Société Industrielle des Téléphones, 1,24 la pièce. — Non adjugé.
- 3° Jot. — 10 000 mètres de cordons souples à 2 conducteurs pour tableaux commutateurs (n° 5 000-A). — Société Industrielle des Téléphonés, i,i5. — Société Meng, i,oï. — M. Heinrich, 1,04. — Meunier, 1. — MM. Alliot et Roi, 38, rue de Reuilly, adj. à 0,99 le mètre.
- : 4e lot. — 10 000 cordons souples à 2 conducteurs pour tableaux commutateurs à 10 directions (n° 5 000-125).
- — M. Heinrich, 1,5g. — Société Industrielle des Téléphones, i,55. — Etablissements Meng, i,52. — Meunier, i,45 la pièce. — Non adjugé.
- 5° lot. — 5 000 cordons souples à 2 conducteurs pour tableaux commutateurs à 25,5o et 100 directions (n° 5 000-124). — M- Heinrich, 2,09. — Etablissements Meng, 2,07. — Société Industrielle des Téléphones, 2,o5. — M. Meunier, 1,98 la pièce. — Non adjugé.
- 6° lot. — 5 000 cordons souples à 4 conducteurs pour appareils combinés (n° 3o8-B). — Société Industrielle des Téléphones, 2,65. — M. Meunier, 179, route de Flandre, à la Courneuve (Seine), adj. à 2,40 la pièce.
- 7e lot. — 10 000 mètres de cordons souples à 6 conducteurs pour transmetteurs mobiles, modèle 1910, (n° 332-8 bis).— Société Industrielle des Téléphones, 1,38.— MM. Alliot et Roi, i,36. — Etablissements Meng, i,35.
- — M. Henrich, 12, rue lloudart, adj. à 1,33 le mètre.
- 8° lot. — 5 000 cordons de raccordement à 4 conducteurs pour transmetteurs muraux avec appel magnétique solidaire n° 3o8 D (modèle 1910). — Société Industrielle des Téléphones, 1,89. — M. Heinrich, 1,7.5. — Etablissements Meng, 80, rue de Bolivar, adj. à 1,70 la pièce.
- i3 septembre. — Au sous-secrétariat des Postes et Télégraphes. io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de cibles électriques isolés au caoutchouc.
- Séuie A.
- i8r à 4e lots. — Comprenant chacun 5o kilomètres cible téléphonique sous plomb, à un conducteur, isolé au caoutchouc (inod. 88/1); 5o kilomètres cible téléphonique sous plomb, à une paire do conducteurs, isolés au
- caoutchouc (mod. ,88/2); 25 kilomètres câble téléphonique sous plomb, à sept paires de conducteurs, isolés au caoutchouc (mod. 88/3). — M. Grammont ;i lot à 158 475; prix du kilomètre respectifs, 445 ; 917;- 3 6i5;
- 1 lot à 149 125; prix du kilomètre, 418, 863, 3 4o3; 1 lot à 140825; prix du kilomètre 3g5, 8i5, 3 2i3 ; 1 lot à i3o 700; prix du kilomètre, 367, 756, 2 982. —<< The India Rubber », 1 lot à 129 5oo, prix du kilomètre, 710, 3 100; ier lot à 125 625; prix du kilomètre, 320, 6g5, 2 995. —Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, 1 loti 124 975; prix du kilomètre, 349, t52, 2 797. — Tréfileriez et laminoirs du Havre,
- 2 lots à 124 25o; prix du kilomètre 365,720, 2 800; 1 lot h j 17 25o; prix du kilomètre, 339, 688, 2 648. — Société Industrielle des Téléphones, 3 lots à i23 35o;prix du kilomètre 358, 73.3, 2 762; 1 lot à 119 85o; p rix du kilomètre, 348,712, 2 674. — M. Geoffroy et Delore, 28, rue des Chasses, à Clichy (Seine), adjud. 1 lot à 110 g85 ; prix du kilomètre, 3o8,io 6o5',20, 2 610,80;
- 1 lot à no 485; prix du kilomètre, 306,70, 6o3,5o, 2 5gg, adj. d’un lot au prix total de 109 493,75; prix du kilomètre, 3o3,95; 5g8,io; 2 575,65. Les 3 autres lots non adjugés, prix-limite dépassé.
- Série B.
- 1e1' et 2° lots. — Chacun 100 kilomètres de câble téléphonique à deux conducteurs isolés au caoutchouc (modèle 88/2 ter). — Société Alsacienne de Constructions Mécaniques, 2 lots à 5g 3oo ; prix du kilomètre-câble, 565; bobine 71a pièce. —- Tréfileries et laminoirs du Havre, 2 lots à 69200; prix du kilomètre-câble 56o, bobine 8. -—Grammont, 1 lot à 67 400; prix du kilomètre-câble 555, bobine 4»75J 1 lot à 55 800; prix du kilomètre-câble 53g, bobine, 4>75. — Société Industrielle des Téléphones, 2 lots à 55 700; prix du kilomètre-câble 629, bobine 7. — Ateliers de Construction Electriques du Nord et de l’Est, 1 lot à 46 600; prix du kilomètres-câble 438, bobine 7. — « The India Rubber », à Persan (Seine-et-Oise), adj. d’un lot à 3g 800; prix du kilomètre-câble 368, bobine 7,5o la pièce. — 1 lot non adjugé, prix-limite dépassé.
- Ç;.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, 11, RUE CASSETTE.
- Le Gérant : J.-B.Nôuri
- p.384 - vue 384/416
-
-
-
- rnÉM^nitritOM ann«*. SAMEDI 28 SEPTEMBRE 1912. Tome XIX](2* férié). — N* S9.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- I/Éclairage Électrique
- àEVüE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ELECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est
- interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 385. — F. Marguerre. L’électrification des chemins de fer de Rjukanfos, p. 387. — A.' Reissèt. Chronique des applications mécaniques : L’électricité et la commande des laminoirs [suite), p. 3g5.
- Extraits ^des publications périodiques. — Applications mécaniques. Dispositif d’avertissement et de sécurité pour chemins de fer des galeries de mines avec fil de contact, M. Henke, p. 3g6. — Divers. Le chauffage électrique dans les fabriques de lingerie et dans les blanchisseries, W. Sohulz, p. 397. — Législation et Contentieux. Refus par le consommateur de signer une police d’abonnement à la fourniture du courant électrique, P. Boucault, p. 399. — Arrêt de la Cour d’Appel de Caen (Première Chambre, 1er juin 1910). Bénard contre Société régionale d’Electricité, p. 402. — Décision du Tribunal de Paix de Fréjus, confirmée parle tribunal civil de Draguignan, p. 4o3. — Chronique industrielle et financière. — Etudes économiques, p. 404.— Renseignements commerciaux, p. 4oï. — Adjudicaions, p. 407. —Table des matières, p. 408.
- EDITORIAL
- M. F. Marguerre, qui nous a donné il y a quelques mois une belle description d’ensemble des installations électriques de Rjukanfos, commence aujourd’hui un article également important sur la ligne de traction électrique qui a été établie pour desservir ces installations.
- La construction du chemin de fer monophasé de Rjukanfos se présentait dans des conditions très spéciales, qui sont tout d’abord examinées par l’auteur. Il résultait en effet des caractéristiques de cette ligne, et du mode de production de courant déjà adopté, qu’on pouvait envisager un projet de traction à So périodes.
- Finalement on a renoncé à cette solution
- d’ordre exceptionnel pour recourir à la fréquence i5 généralement admise dans les lignes de traction monophasées.
- La commande des moteurs auxiliaires des laminoirs exige, si l’on s’adresse à l’électricité, l’emploi de moteurs spécialement étudiés en vue de cette application. Après avoir rappelé dans le précédent article pourquoi la machine à vapeur se prêle mal à ces usages, M. A. Reisset entre aujourd’hui dans quelques détails au sujet de la construction électrique et mécanique de machines électriques destinées à la commande des services accessoires.
- On remarquera surtout le soin qu’on a ap-
- p.385 - vue 385/416
-
-
-
- LÂ LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 586
- T. XIX (2* Série). — N» 39 •
- porté à rendre aisé le démontage et la visite.
- M. Henke reproche aux dispositifs de sécurité employés pour les chemins de fer de mines les deux défauts suivants :
- On emploie parfois un fil relié aux rails de la voie, ou bien deux fils nus parallèles aux rails : en cas d’accident, ces fils servent à produire un court-circuit avertisseur. Mais si la manœuvre est faite par une personne inexpérimentée, le remède peut être pire que le mal.
- D’autre part les signaux ne fonctionnent pas toujours d’une manière très sûre.
- L’auteur propose donc un nouveau dispositif, récemment installé dans une mine allemande, dans lequel il a cherché à éviter les deux inconvénients.
- L’importance commerciale du fera repasser électrique comme « pionnier» delà propaga-
- tion du chauffage par l’électricité est exposée et commentée par M. W. Schulz, qui examine comment on peut organiser une tarification rationnelle pour l’alimentation de ces appareils.
- M. Paul Bougault examine les deux points suivants, relatifs aux polices d’abonnements :
- i° Peut-on exiger une police préalablement à la fourniture?
- 2° Peut-on interrompre une fourniture faite sans police ?
- L’auteur montre que si la police est, en droit, exigible, la société de distribution ne peut se prévaloir de l’absence de police pour interrompre le courant sans préavis.
- Nés lecteurs trouveront à la fin du présent numéro les tables des matières et des auteurs du tome XIX.
- p.386 - vue 386/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 28 Septembre 1812.*
- Ul
- L’ÉLECTRIFICATION DES CHEMINS DE FER DE RJUKANFOS
- . Le chemin de fer de Rjukan est la première voie ferrée à écartement normal en Norvège exploitée par l’électricité.. Son exécution est principalement due aù concours de capitaux français.. Il présente une série de particularités de nature économique et technique, qui justifient une description; pour le l’este il appartient à la catégorie d’installations monophasées de grandeur moyenne. Dans ce qui suit, nous allons examiner d’abord les conditions générales de la voie, ensuite les données économiques et techniques de l’électrification, puis décrire les installations électriques et finalement, résumer quelques résultats d’expérience acquis en cours d’exploitation.
- I. — Observations générales.
- Le chemin de fer de Bjulcan fut construit, en 1908-1910, spécialement en vue d’assurer le transport des matériaux pour les établissements de Rjukanfos alors en voie de construction (fabrication de produits nitreux par l’oxydation de l’azote atmosphérique) et dont l’usine hydro-électrique a fait l’objet d’un article dans cette Revue il y a quelques mois (*). Le chemin de fer (voir la carte fig. 1) part de Notodden, ville située sur le lac de Hitterdal, à 20 mètres au-dessus du niveau de la mer. La communication de ce lac avec la mer s’opère actuellement par des chalands, mais on y établira plus tard un canal permettant l’accès direct des bateaux tle gros tonnage. Il pénètre ensuite environ 3o kilomètres dans lepays, jusqu’à Tinnoset, près du lac Tinnsjœ.
- Cette partie se nomme le chemin de fer de Tinnos. Le Tinnsjoe est un lac situé à environ
- (’) I?. Marguürre. L'établissement hydro-électrique de Rjukanfos., Lumière Electrique, mai 1912.
- 200 mètres au-dessus du niveau de la mer, dont les bords escarpés auraient rendu la construction d’une voie ferrée excessivement coûteuse. C’est pourquoi on a établi sur ce lac, long de 3o kilomètres, un service de ferry-boats jusqu’à Rollag, d’où une seconde section de voie ferrée de 10 kilomètres de longueur (dénommée chemin de fer de Vestfjorddal) conduit à Saaheim, où les grandes usines sont situées. Des figures 2 et 2',donnant le pi*ofil longitudinal des deux voies, il ressort que lé ehe-
- lâaheim
- ^ Kongsbergik
- jKüleherreâ
- T5Vfllgfo8
- jMJTotoaden
- NSHittercialsva/ui
- Fig. 1. — Carte du réseau,
- min de fer de Tinnos comporte une rampe maximum de 27 %q (longue d’environ 4 kilomètres), tandis que sur le chemin de fer de Vestfjorddal il y a des parties allant jusqu’à 18 %l0. Les conditions du terrain ont nécessité des rayons de courbure de i5o mètres ; les rails pèsent 25 kilogrammes par mètre. La voie n’admet donc pas un trafic à grande vitesse ; la charge par essieu est limitée à 11 tonnes.
- Il ressort de ce qui précède qu’il s’agit ici surtout d’un chemin de fer à marchandises, Le trafic des voyageurs a toutefois augmenté dans une mesure beaucoup plus grande qu’on
- p.387 - vue 387/416
-
-
-
- 388
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — H*39?
- ne l’avait prévue au début, mais, malgré cela, les 6t<) wagons à voyageurs, expédiés chaque jour dans les deux directions, font partie de trains mixtes. Le chemin de fer est essentiellement dimensionné pour satisfaire aux besoins de la fabrique de nitrates qui exigera, après l’aménagement définitif, le transport annuel d’environ 180 ooo à 200 ooo tonnes de produits. De Notodden à Saaheim il s’agit de transporter des matières
- Le chemin de fer étant divisé en deux tronçons, l'intérêt de l’exploitation exige que les trains passent tels quels sur le ferry-boat, et ce en communication immédiate avec l’arrivée des trains aux terminus, car les locomotives et le personnel des trains doivent effectuer les manœuvres pour le passage sur le ferry-boat : tout cela comporte un horaire sans élasticité et qui ne permet presque plus de tenir compte d’autres considérations.
- •
- 0) 'Ü <D
- 0 1 1 > )
- 0 * zoo (80 1 eo 14 0 12 0 < 00 80 60 40 20 O a l c i )
- ' 1 £ £
- P 1—l n A b i
- t V ,— r
- 1) ù M
- l \ q
- . •
- U <u
- -Q—
- g
- tz
- 0 2 4 6 â , lO 12 14 ^ 16 18 20 22 24 2S 28 30
- Kilomètres
- Fig. 2. — Profil en long du chemin de fer de Tinnos.
- premières (calcaire, etc.), soit environ 90000 à 100 ooo tonnes et d’autres matériaux pesant environ 3o ooo tonnes. Le poids brut des transports à effectuer de Saaheim à Notodden s’élève donc en chiffres ronds à 3oo ooo tonnes et, dans la direction opposée, à 200000 tonnes, ce qui représente environ 5o wagons à marchandises à deux essieux par jour. A l’heure actuelle, les quantités à transporter s’élèvent, il est vrai, seulement à la moitié, tant qu’il n’y a que la première section de la chute de Rjukan d’aménagée ; le second aménagement eststoutefois prévu pour un avenir si proche, qu’il fallait en tenir compte en construisant la voie ferrée.
- DONNÉES POUR l’ÉLECTR1FICA.T!ON
- Des observations générales ci-dessus naît évidemment cette question : comment pouvait-on dans de telles conditions envisager une électrification ?
- Le fait est que ces conditions sont défavorables, sui’tout en raison de l’horaire comportant quatre trains relativement lourds dans chaque direction par jour. Les avantages connus de la traction électrique tels que la possibilité de marcher à une plus grande vitesse et de faire suivre les trains à des intervalles plus courts, la suppression de l’inconvénient causé aux voyageurs par la
- p.388 - vue 388/416
-
-
-
- 28 Septembre 1912. LA LUMIERE ÉLECTRIQUE 389
- fumée, etc., n’entraient pas en ligne de compte. Mais il restait par contre les avantages suivants : meilleure utilisation du poids des locomotives électriques avec leur couple constant, plus grande élasticité pour les courbes qu’on peut imposer à une locomotive électrique comparativement à une locomôtive à vapeur à 4 ou 5 roues accou-
- '^2 20
- Kilomètres
- Fig. a'. — Profil en long du chemin de fer de Vestfjorddal.
- plées, aménagement des rails, enfin et surtout économie de personnel, bon marché de l’énergie électrique, et suppression du danger d’incendies. Ce dernier point signifie notamment pour le chemin de fer de Tinnos, qui passe à travers d’immenses forêts, la suppression d’un risque excessif qu’on ne peut jamais, même au prix des plus grandes précautions, écarter tout à fait avec des locomotives à vapeur.
- Au point de vue économique, la balance ne pouvait pencher en faveur de l’électrification qü’en raison du prix excessivement bas de l’énergie. Ce prix dépend, pour des usines hydrauliques, on le sait, de deux éléments : d’une part des frais d’établissement de la station productrice, d’autre part du degré d’utilisation. Tandis que les frais d’établissement des forces hydrauliques norvégiennes sont généralement très bas (à peine 12a francs par cheval installé dans les établissements qui nous occupent) leur utilisation serait excessivement mauvaise, s’il n’existait pas, aux deux sections de la voie, d'énormes établissements électrochimiques.
- (A proximité du chemin de fer de Tinnos se trouvent les usines de force de Svaelgfos et Lienfos, fournissant respectivement 4°000 et 20 ooo chevaux, au chemin de fer de VestfjorddalRjukanfos avec i5oooo çhevaux.) Ces usines fournissent l’énergie relativement minime requise par le chemin de fer presque « sans s’en apercevoir » : les centrales marchent en pleine charge, et en cas de surcharges brusques par le chemin de fer, elles cèdent un peu en tension et fréquence, ce qui rétablit automatiquement l’équilibre. Il est donc juste au point de vue économique de considérer la station d’alimentation pour le chemin de fer comme si elle marchait à pleine charge pendant toute l’année. Cela veut dire que l’énergie peut être calculée, indépendamment du maximum demandé, seulement par kilowatt-heure, et un prix de i ore (i ,4 centime) par kilowattheure reste encore lucratif pour la centrale.
- Il serait trop long de rappeler ici les détails des calculs comparatifs pour l’emploi de la vapeur et de l’électricité, et cela n’offrirait en outre pas grand intérêt, car les chiffres furent empruntés à d’autres résultats d’exploitation connus. Afin de donner quand même une idée approximative de cette comparaison, nous indiquerons ici sommairement les postes les plus importants dont il fallait débiter les deux modes d’exploitation.
- Le seiwice à vapeur comporte les frais d’acquisition et d’entretien des locomotives, des plaques tournantes, des réservoirs d’eau et de charbon et d’huile, ainsi que des dépenses de personnel. L’exploitation électrique comportait, par contre, les frais d’acquisition et d’entretien de la centrale, le conducteur aérien, les locomotives et les wagons d’inspection, les frais d’énergie, d’huile, de balais, etc., ainsi que les frais de personnel. Les économies réalisées par l’exploitation électrique se trouvent notamment dans la suppression des frais de charbon et la diminution des frais de personnel, puis dans la
- p.389 - vue 389/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2° Séria). — H0'3®,
- $90
- diminution des frais d’entretien des locomotives, ce qui compensait et au delà le désavantage dû aux dépenses fixes plus élevées. Pour la consommation de charbon on avait compté o,o85 kilogramme par tonne kilométrique en tenant compte des fortes montées, le prix du charbon étant fixé à environ a5 fr. par tonne en tenant compte de stocks de six mois; par contre, la consommation d’énergie fut évaluée à 38 watt-heures par tonne kilométrique. Pour le personnel on avait prévu un homme par une ou deux locomotives électriques (accouplage multiple aux rampes de 27 °/00) et deux hommes par locomotive à vapeur. Nous donnerons plus loin quelques chiffres relatifs aux frais de premier établissement du service électrique, lesquels ont dépassé les prévisions, sans toutefois renverser les résultats des calculs pour l’exploitation définitive.
- Les calculs précédents ont évidemment été faits en se basant sur un système électrique déterminé. Il est à remarquer que, pour le choix de ce système, on pouvait s’abstenir de tenir aucun compte d’autres voies ferrées, le chemin de fer de Rjukan ne devant communiquer avec le réseau des chemins de fer de l’État que dans quelques années (et pour cette nouvelle voie en construction, qui est d’ailleurs entre d’autres mains,- on n’envisagera pas de si tôt l’électrification). 11 ressort de ce qui a été déjà dit sur la production du courant, qu’un système ne comportant pas de transformation, mais pouvant utiliser directement le courant à 5o périodes, présenterait les plus grands avantages économiques. Il fut donc bien vite évident qu’il fallait éliminer le courant continu comme nécessitant une transformation et ne pouvant être produit à une tension suffisante pour couvrir la distance d’environ 25 kilomètres qui sépare l’usine de Svaelgfos de Tinnoset. On aurait peut-être pu le discuter, si la station des commutatrîces avait pu être établie au milieu du chemin de fer de Tinnos, long de 3o kilomètres ; mais les frais de la transmission du courant triphasé, joints aux
- frais de service beaucoup plus élevés & cet endroit isolé que dans l’ancienne usine, le rendit impossible.
- Malgré les tensions plus élevées possibles avec les systèmes à courant alternatif, il fallait, en envisageant ceux-ci, écarter la possibilité d’alimenter les deux sections du chemin de fer d’un seul endroit, ce qui aurait pu présenter des avantages dans le cas d’une transformation du courant à basse périodicité ; la transformation et transmission à 3o kilomètres dans un pays presque impraticable aurait coûté plus et présenté une sécurité de service moindre que la construction d’une seconde station transformatrice pour le chemin de fer de Vestfjorddal; cette station pouvait en outre être installée dans un bâtiment existant déjà. Deux stations transformatrices avec toutes leurs machines, réserves, appareillages, etc., dimensionnées pour une charge maximum et dont on ne pouvait, par suite de leur charge très inégale, attendre qu’un rendement annuel de tout au plus 5o %, étaient toutefois une grosse charge économique pour l’électrification, à tel point qu’un examen sérieux de l’utilisation directe du courant de 5o périodes s’imposait malgré ïes inconvénients connus.
- Le courant triphasé se présentait en premier lieu. II est hors de doute qu’il était techniquement réalisable; car si la plupart des chemins de fer à courant triphasé marchent à basse fréquence, e’est pour des raisons qui ne sont pas applicables au cas présent. En effet, le motif principal réside d’ans l’utilisation de gros moteurs à petite vitesse, lesquels pour 5o périodes doivent avoir un nombre de pôles tellement élevé qu’ils deviennent inutilisables tant au point de vue des dimensions que du cos <p, surtout pour un couplage en cascade. De plus à 5o périodes la chute de tension inductive est très forte pour de gros courants et les trois tensions du courant triphasé deviennent inégales, inconvénients très sérieux pour des moteurs à induction. Mais dans le cas présent ces considérations ne jouaient aucun
- p.390 - vue 390/416
-
-
-
- 28 Septembre 1812.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 391
- rôle, car, comme il ressortira de ce qui suit, on devait envisager des moteurs à engrenages et partant à grande vitesse et les intensités de courants restaient dans des limites moyennes. Il n’y avait donc pas de difficultés spéciales à envisager, l’expérience ayant d’autre part réfuté la plupart des autres critiques adressées au courant triphasé ; la question du réglage, surtout, est résolue de différentes façons : par couplage en cascade ou changement du nombre de pôles avec résistances dans le rotor ou, comme aux locomotives Simplon, par commutation double du nombre de pôles avec rotor en court-circuit, ce qui donne quatre vitesses économiques. La possibilité d’avoir un freinage à récupération automatique était aussi de quelque valeur. Mais la raison qui l’emporta finalement contre le courant triphasé fut le double conducteur aérien, très coûteux, moins à cause du doublement en lui-même qu’en raison de l’extrême limitation de la tension admissible qui en résulte. Malgré une construction exécutée en Amérique, où la General Electric Go a électrifié un des passages les plus importants des Rockey Mountains (le Cascade Tunnel) (1) par le courant triphasé à 6 ooo volts, on ne put pas se décider a envisager une tension plus haute que celle de 3 ooo volts, admise en Europe. En effet l’isolation double indispensable pour la tension de 6 ooo volts est d’une exécution très compliquée ; en Amérique elle fut réalisée par l’emploi de bois imprégné, matière isolante peu recommandable en Europe où le climat est généralement plus humide. Au chemin de fer de Tinnos, par suite de la situation de la centrale, une tension de 3 ooo volts aurait exigé, outre la ligne aérienne, encore une ligne de feeder spécial avec transformation, afin d’obtenir des conditions acceptables pour la chute de tension. En présence du trafic peu important et du petit nombre de locomotives, qui auraient permis de réaliser des économies par l’em-
- ploi du triphasé, cette majoration des dé-pensesfixes rendait le système impraticable.
- II ne restait donc plus d’autres alternatives que d’amener l’énergie comme courant mo-, ioooo
- nophase, soit en le prenant avec---— direc-
- y/3
- tement sur une phase (le point neutre des stations de force étant déjà à la terre), soit en passant par un transformateur, sur deux phases avec environ io ooo volts. Une liaison électrique directe de rétablissement éléetro-chimique avec le chemin de fer n’étant guère désirable et la tension de (îooo volts étant un peu basse pour 5o périodes, la dernière alternative seulement entrait en ligne de compte. L’installation de transformateurs statiques avec leur rendement élevé et leur faibles frais d’installation et de service n’était pas une charge importante, comparée à des commutatrices. A ioooo volts en outre la transmission ne comportait pas de difficultés, les pertes dans les rails et la chute de tension se maintenant dans des limites restreintes avec des courants ne dépassant guère 5o à 6o ampères ; c’est pour les moteurs seulement que les difficultés commencent.
- Afin d’éviter les inconvénients connus des moteurs monophasés à haute fréquence la maison Allmànna Svemska A/B. àWesteraas avait fait une proposition assez intéressante pour être mentionnée ici. L’énergie aurait été amenée par courant monophasé directement à une commutatrice synchrone, dont le stator porte deux enroulements, l’un monophasé et l’autre triphasé. Pour le démarrage il y a un petit moteur à collecteur monophasé, lequel est découplé après la synchronisation et sert d’excitatrice pour la commutatrice synchrone ; cette excitatrice est pourvue d’un eompoundage système Daniel-son, et un enroulement amortisseur très fort sur les pôles principaux est des tiné à empêcher les décrochages du groupe. L’énergie soi*tant de la commutatrice aetionne 'des moteurs à courant triphasé avec réglage par résistances. Le système se distingue donc des-autres systèmes à commutatrice par la grande
- (*) Voir Lumière Electrique.
- p.391 - vue 391/416
-
-
-
- 392
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE! T. XIX (2*'Série).’ — 39.
- légèreté de celle-ci ; le moteur, comme celui à courant continu, est pourvu d’un réglage par résistance, mais il lui manque toutefois la caractéristique d’un moteur-série, avantageuse pour la traction.
- Quelque intéressante que soit cette solution, nous sommes toutefois d’avis que partout où il peut être question de 5o périodes (c’est-à-dire avec des locomotives à faible puissance), les inconvénients de cette périodicité ne sont pas suffisamment grands pour justifier ce détour qui, par la commu-tatrice et les résistances de réglage, comporte en dépit de la légèreté des moteurs une augmentation de poids. A présent que la longue lutte entre les moteurs à répulsion et série est presque terminée et qu’à la fin d’une polémique qui ne fut pas toujours désintéressée on a donné à chaque moteur le domaine qui lui revient, nous ne croyons guère être contredits en disant que, pour des locomotives qui ne doivent pas marcher en pleine charge à des vitesses trop différentes, on peut construire des moteurs à répulsion d’au moins 100-120 chevaux à, par exemple, 8 pôles (attaque par engrenages) et offrant une parfaite sécurité de service ; même le démarrage peut facilement se faire, soit en affaiblissant le champ, soit en intercalant des résistances dans le rotor, dispositif qui fonctionne bien, tant qu’on a soin de ne pas trop chauffer les moteurs.
- L’excès de poids n’est pas grave non plus, car on regagne sur le transformateur une partie de ce qu’on perd aux moteurs, et, le moteur à répulsion permettant l’emploi de tensions élevées, on gagne sur les appareils de commande. Il en est de même pour le rendement moindre du moteur, compensé partiellement par le transformateur et ces pertes, auxquelles s’ajoutent celles dans les rails, sont dans tous les cas négligeables par rapport à celles qui se produisent dans des commutatrices ; enfin l’usure des cpllecteurs et balais ne peut faire grand’-chose, car ces dépenses sont restées partout beaucoup plus faibles qu’on ne l’avait craint
- lors de l’introduction du moteur monophasé à collecteur.
- Encore une autre objection, souvent faite, contre une fréquence élevée est qu’elle peut causer plus de dérangements dans les circuits téléphoniques que, par exemple, la fréquence de i5 qui ne produit plus de son. On sait pourtant par expérience que même à cette faible fréquence la présence de toute sorte d’harmoniques, qui se produisent à toutes les fréquences, occasionne des troubles; un son aussi bas que celui qui correspond à 5o périodes est tellement au-dessous du nombre de vibrations de la voix humaine qu’il doit être très fort pour causer quelque dérangement.
- Les observations précédentes peuvent s’appliquer à beaucoup de chemins de fer de moindre importance même lorsque la question de la fourniture du courant se présente d’une façon moins avantageuse qu’au cas présent. Par contre, la situation peut être plus favorable à d’autres points de vue; on voit croître lé nombre des grandes usines qui fournissent le courant à de vastes régions et qui dès lors supportent facilement des à-coups de plusieurs centaines de chevaux, ce qui facilite rapidement la réalisation dé conditions meilleures pour l’électrification de quelques chemins de fer isolés. Le fait que le système à 5o périodes ne peut jamais devenir général n’a pas d’importance, car, quand le lent progrès de l’électrification générale des chemins de fer fournira, après nombre d’années, partout, du courant à basse périodicité, la transformation, aussitôt qu’elle sera justifiée économiquement, pourra toujours être exécutée. Dans l’intervalle on aura pu profiter des avantages de l’exploitation électrique. Actuellement il y a déjà plusieurs exemples de chemins de fer de fréquence élevée : ni les administrations de chemins de fer, ni les fabricants ne devraient perdre de vue cette éventualité pour des cas particuliers.
- D’après ce qui précède on pouvait s’attendre à ce que le chemin de fer de Rjukan aussi fût
- p.392 - vue 392/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 28 Septembre 1912.
- 393
- à 5o périodes, et cela aurait été, sans doute, la solution la plus correcte au point de vue économique. Mais si l’on considère non seulement l’électrification, mais aussi toute la ligne nouvellement construite, la différence en faveur des 5o périodes devient relativement petite ; cette différence est encore moindre, si l’on considère le chemin de fer, construit pour le transport des produits de l’établissement de Rjukanfos, comme partie de ces établissements. La différence devient alors si minime, en pour cent, qu’on comprend pourquoi on a préféré— sans pour cela attacher trop d’importance aux hauts cris jetés par
- les adversaires non désintéressés des So périodes — éviter le moindre risque et rester complètement dansles limites del’expérience connue.
- Aussitôt adopté le principe de la transformation, il importait peu, pour le cas présent, de choisir l’une ou l’autre périodicité — 25 ou i5 périodes — les avantages et les inconvénients se balançant : en choisissant finalement la moindre fréquence, on a suivi la tendance générale, tout en ménageant, d’autre part, l’éventualité d’un raccordement ultérieur à d’autres chemins de fer.
- [A suivre.) F. Makguerue.
- CHRONIQUE DES APPLICATIONS MÉCANIQUES
- L’ÉLECTRICITÉ ET LA COMMANDE DES LAMINOIRS
- L’électrification, avons-nous dit, s’impose de plus i auxiliaires : amener les pièces à laminer, les recueil-en plus, et pour la commande des laminoirs eux- [ lir après laminage, les mener aux fours, aux cisailles,
- Fig. i. -s- Moteurs à courant continu actionnant 8 tours horizontaux dans une aciérie.
- mêmes et pour celle des machines dites accessoires. Celles-ci ont pour fonction d’assurer les services
- (*) Yoir Lumière Electrique, 21 septembre.
- aux ripeurs. Dans notre dernier article, nous avons examiné rapidement quelques-unes des exigences imposées à ces diverses machines.
- Si la machine à vapeur présente de graves défauts
- p.393 - vue 393/416
-
-
-
- 394
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2e Série). — N°39.
- pour ces services, on a vu que son remplacement brutal par un^moteur de traction de même puissance ne convenait pas non plus. Il a donc fallu en arriver aux moteurs électriques spécialement étudiés, et
- que, autant que possible, les moteurs doivent être fixés au bâti même du train commandant les rouleaux par engrenages et sans aucun intermédiaire élastique.
- Fig. 2. — Machine à tordre les barres.
- dont nous avons donné quelques exemples, choisis, comme ceux que nous présentons aujourd’hui, parmi les t types construits par la Compagnie Thomson Houston.
- Voyons rapidement dans quel sens sont étudiés
- Il faut donc des moteurs plus robustes et qui peuvent d’ailleurs être plus largement dimensionnés que les moteurs de traction, aucune raison de même ordre ne commandant de réduire leur encombrement.
- Fig 3. — Moteur avec réducteur de vitesse et frein électromagnétique.
- aujourd’hui ces moteurs, qu’ils soient à courant continu ou alternatif, et du type ouvert ou fermé.
- Un premier principe enseigné par l’expérience est
- Les conditions de réversibilité exigent, par la brusquerie et l’intensité considérables des variations, que les balais assurent une parfaite commutation sans décalage au cours de toutes les manœuvres,
- p.394 - vue 394/416
-
-
-
- 28 Septembre 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 395
- lesquelles s'exécutent sans aucun ménagement.
- De même la surveillance et le démontage doivent être faciles; mais si, d'une part, le personnel doit avoir libre accès aux organes du moteur, d'autre part, il ne doit pas en être de même des poussières, qui sont si abondantes. Pour satisfaire à ces conditions contraires, le moteur est complètement blinde
- de l'intérêt qu’il y a à leur donner le minimum d'inertie, et des vitesses relativement faibles, l'accélération propre d'un moteur rapide à grande réduction d’engrenages exigeant plus d'énergie que colle d'un moteur lent.
- Nous examinerons spécialement rétablissement des moteurs à courant continu de toutes puis-
- Fig. 4- — Moteur pour trains de laminoirs. Manœuvre de changement d’induit.
- et la carcasse qui l’enveloppe est munie de portes de visite très larges, dont la fermeture est très étanche.
- Pour réduire la durée du démontage au minimum, les connexions sont accessibles du dehors; le levage de l’induit seul se fait aussi facilement que celui de la carcasse au moyen des anneaux de levage des coussinets (fîg. 4).
- On s’inspire encore dans l'étude de ces moteurs
- sances (en pratique de 3 à ijo chevaux et pour les tensions moyennes de 220 et de 44o volts).
- La carcasse est en deux moitiés réunies par quatre gros boulons. Des anneaux venus de fonte avec la moitié supérieure permettent de lever facilement l'ensemble ou d'ouvrir l’enveloppe, après enlèvement des boulons, pour la visite ou la réparation du moteur. A cette visite peut sullire la trappe de grande
- p.395 - vue 395/416
-
-
-
- 396
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX(2* Séria).«*>39,
- dimension ménagée au-dessus du collecteur. EUe est, en marche, maintenue fermée par un loquet, et spn étanchéité est assurée par un feutrage.
- Avec la partie inférieure sont venues de fonte quatre fortes pattes percées chacune d’un trou destiné à recevoir un boulon de fixation.
- Les paliers sont pourvus d’un graissage à bagues plongeant dans un réservoir à huile de grande capacité.
- Les coussinets sont divisés en deux moitiés réunies par des boulons, la partie supérieure portant un anneau de levage.
- Cette disposition permet, après l’ouverture de la carcasse, de lever l’induit sur ses coussinets, indépendamment des engrenages fixés en bout d’arbre. Les coussinets sont maintenus en position par des bossages.
- L’arbre est particulièrement robuste, et prolongé de chaque côté du moteur pour permettre le montage d’un frein.
- Pour les moteurs les plus puissants, l’induit et le collecteur sont montés sur manchon commun permettant d’enlever l’arbre à la presse et de le remplacer sans les détériorer.
- Les liges des porte-balais sont en acier, l#rge<-ment dimensionnées, robustes et isolées à la mica-nite comprimée à la presse. Les porte-balais eux-mêmes sont e» bronze et fixés sur les tiges par des boulons, Chaque ligne de balais comporte au moins deux balais, même pour les plus faibles puissances, ce qui diminue Réchauffement du collecteur.
- Le système inducteur comporte 4 pôles principaux et 4 pôles supplémentaires.
- Les pièces polaires principales sont en tôle d’acier, solidement rivées et maintenues à la carcasse par des boulons dont les têtes sont placées à l’extérieur. Un large entrefer permet sans danger une usure considérable des coussinets.
- Les connexions de l’induit sont reportées à l’extérieur, ce qui donne toutes les facilités désirables pour démonter rapidement, après avoir séparé les deux moitiés de la carcasse.
- Ainsi construits, ces moteurs pris à la température ambiante peuvent subir sans inconvénient une surcharge de :
- 3o % pendant 20 minutes 100 % — 2 —
- A. Reisset.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Dispositit d’avertissement et de sécurité pour chemins de fer des galeries de mines avec fil de contact. —M. Henke.— Elektroteeh-nische Zeitschrift, 22 août 1912.
- Les prescriptions relatives aux chemins de fer avec fil de contact, installés dans les mines, prévoient en général l’établissement de dispositifs spéciaux permettant, en cas de danger, soit de mettre immédiatement le fil de contact hors circuit, soit d’avertir l’homme de garde du poste de coupure. L’un ou l’autre dispositif doivent pouvoir être manœuvrés de n’importe quel endroit de la ligne.
- On emploie parfois, dans ce but, un 61 relié aux rails de la voie ; ce fil, projeté sur le fil de contact, détermine un court-circuit qui fait fondre les fusibles desvcoupe-circuits ou déclancher le disjoncteur à maxima. Lorsqu’on ne prévoit pas la mise directe du fil de contact hors circuit, on installe, le long de la
- ligne, deux fils nus qui, pressés l’un contre l'autre, ferment le circuit d’un appareil avertisseur installé au poste de coupure ; le même but peut être atteint à l’aide de contacts à tirage, placés de distance en distance et que l’on peut manœuvrer au moyen de cordons,
- Ges divers dispositifs ne donnent pas, d’après l’auteur, une sécurité complète. En effet, d’une part le fil dé court-circuit, manœuvré par une personne inexpérimentée, peut augmenter encore le danger; d’autre part, les dispositifs à signaux 11e sont pas. toujours d’un fonctionnement absolument sûr.
- L’auteur décrit un nouveau dispositif exempt de ccs divers inconvénients. Dans ce dispositif, le fil de contact F est, comme d’habitude, relié au réseau par un disjoncteur à maxima 1, lequel fonctionne automatiquement en cas de surcharge et peut être ouvert par l’homme de garde aux heures d’interruption du service. En série avec ce premier appareil est monté un deuxième interrupteur automatique 2 qui, contrairement au précédent, n’est pas actionné directe-
- p.396 - vue 396/416
-
-
-
- 28 Septembre 1912.,
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 39?
- rtrent par le courant de la ligne. Mais ce deuxième interrupteur rte peût être fermé'que lorsque la bobine spéciale t qu’il comporte est parcourue par un courant drt courant de repos. Ce dernier courant provoque l'aimantation du noyau de la bobine et l'armature r de l’appareil est alors attirée. Étant donné que cette armature est, comme l’indique le schéma de la figure 1, sotidalre du cliquet d’enclah-
- auxilialre, peint én rouge, est supporté par des isô-lateurs sür une longueur de 2 kilomètres ; la section de ce fil n’étant que de 0,76 millimètre carré, 11 suffît de le tirer violemment pour l’arracher, de manière à provoquer, en cas de danger, le déclanchement de l’interrupteur de sécurité et, par suite, la mise hors circuit du fil de contact.
- J.-L. M.
- chement n de l'interrupteur s, ce cliquet est soulevé et l’interrupteur peut être fermé. Toute interruption du courant de repos provoque le déclanchement du cliquet et1, par suite, l’ouverture de l’interrupteur.
- Un fil' spécial a, tendu sur dés isolateurs, le long du fil de contact, est relié, d’une part, à la bobine t de l’Interrupteur a, d’autre part, aux rails A ; le circuit de sécurité comporte enfin un galvanomètre et une batterie d’accumulateurs reliée à l’a terre, de sorte que ce circuit est normalement fermé (flg. t). Si le fil1 de sécurité vient à se rompre, le circuit est aussitôt coupé, ce qui provoque le déclanchement, du deuxième interrupteur'. Les d’eux interrupteurs peuvent’, d’autre part, allumer, lors de leur déclanchement, à l’aide des contacts k, dés lampes S dé couleur différente, par exemple, une lampe verte pour le disjoncteur â maxima, une lampe rouge pour le second interrupteur; dé manière à' indiquer à l’homme de garde qu'elle est la cause dé l'interruption du courant.
- Le dispositif dé sécurité, qui vient d’être d’écrit, a été installé récemment dans une mine allemande. La ligne auxiliaire est alimentée soit par Pune, soit par l’autée de deux batteries dé 20 éléments chacune, interchangeables entre ellés. Le galvanomètre permet'de connaître, à chaque instant', la valeur du courant'qui circule dans là ligne de sécurité. Le fil
- DIVERS
- Lé chauffage èïectriqilé datis lés fabriques de Wtùgétié ét dàiis lés bfâiiù'hisséries. —
- W. Schul2. — fléliôs, i juillèt i gi I .
- Le' fer à repasser électrique peut être considéré comme le pionnier de la propagation des appareils de chauffage électrique. En Allemagne, de grandes centrales alimentent déjà des milliers de ces instruments. Dans le ménage, lé fer à repasser n’est employé que quelques jours par mois, et peut-être même quelques heures seulement par jour, et le prix de réhergie électrique dépensée est bien compensé par lès multiples avantagés de l’appareil, même si le courant est payé relativement cher le kilowalt-heUre. l! en résulte que l’on relie généralement le fer électrique aüx fils de lumière existants et que l’on paie l’énergie consommée par le fer au tarif de la lumière.
- Les conditions sont'différentes pour les établissements industriels, qui utilisent un grand nombre de fers et pour lesquels une différence de quelques centimes dans la dépense par heure donne au bout de l'année une somme importante, capable de faire décider'quel genre dè chauffage doit être employé. L’expérience a montré que le prix dè 12 à 2!) centimes par kilowatt-heure, demandé d'ordinaire par
- p.397 - vue 397/416
-
-
-
- 393
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — N® 39.
- les secteurs pour le chauffage et la force motrice, est trop fort, sauf dans des cas particuliers, pour concurrencer le chauffage au gaz dans les grandës installations. Môme lorsqu'on n’a pas la possibilité de se relier à une usine à gaz distribuant au public, c’est-à-dire lorsqu’on a en plus à prévoir l’amortissement élevé d’une installation particulière de production du gaz, il faut que l’énergie électrique ne coûte pas plus de 6 à io centimes le kilowatt-heure pour que le repassage électrique puisse soutenir la concurrence avec avantage. Mais lorsque, et c’est le cas le plus fréquent, les installations sont assez importantes pour fabriquer leur électricité au moyen de dynamos commandées par des machines à vapeur, il ne peut être question, pour des usines neuves à installer, que du repassage électrique. Celui-ci s’impose surtout quand la vapeur est déjà largement employée pour le chauffage de laveuses, de séchoirs, etc., et que le rendement total de l’installation de vapeur est fortement augmenté par l’utilisation, pour le chauffage, de la vapëur d’échappement des machines. Le prix du kilowatt-heure peut descendre à 2,5 et 5 centimes et, dans ces conditions, le repassage électrique procure une économie par rapport à tout autre système.
- Les manufactures de lingerie emploient surtout les fers à dos rond tandis que les blanchisseries prennent selon les contrées, tantôt ces derniers tantôt les fers plats d’un poids de 3 à 6 kilogrammes. Les fers des blanchisseries consomment /|Oo à 700 watts, mais il ne faut pas, dans l’évaluation de la dépense annuelle, admettre que ces chiffres sont à multiplier par la totalité des heures de travail. Il faut adopter un nombre d’heures beaucoup moins grand ; en effet, pendant le repassage, on a besoin fréquemment de températures de fer différentes, selon par exemple que l’on repasse des chemises dont le devant est double ou quadruple, des cols, manchettes, etc., ou des épaisseurs simples. Aussi, dans beaucoup de cas, on demande le réglage du chauffage à une résistance qui augmente le prix d’achat et perd de l’énergie. La pratique apprend que le réglage de la température peut se faire plus simplement et d’une façon très convenable par interruptions plus ou moins longues du courant.
- Le fer est déjà soumis au courant pendant l’intervalle entre le repassage de deux chemises, afin d’accumuler do la chaleur et d’atteindre la température maximum nécessaire pour le repassage du devant. Mais.<Jtu bout de quatre minutes, il est utile d’avoir une température moins haute, ce qu’on obtient en
- coupant le courant pendant deux minutes et en le rétablissant ensuite quatre minutes, et en continuant ainsi de la même façon. Dans les trente-huit minutes nécessaires pour repasser une chemise, le temps total pendant lequel on a mis le courant n’est que de vingt-trois minutes, et la chaleur accumulée dans le fer suffit pour les intervalles de non chauffage dont la durée totale est de quinze minutes.
- Le coefficient de température de la matière employée comme résistance de chauffage est positif; par suite la résistance augmente avec la température et l’énergie absorbée .diminue lentement après chaque remise sous courant. La consommation moyenne pendant les vingt-trois minutes de chauffage est de 63o watts, c’est-à-dire de 382 watts seulement sur les trente-huit minutes que dure l’opération au total. L’énergie absorbée est de 242 watts-heure pour la chemise, ce qui correspond à 382 watts-heure pour une heure de travail, soit environ 60 % seulement de la consommation horaire calculée d’après celle du fer.
- Les dépenses pour les résistances de rechange ne sont que de 1 à 2 % du prix de l’énergie électrique pour des fers de bonne construction.
- Dans les grands établissements, les hôtels, sana-toria, couvents, etc., où l’installation de chaudières et de groupes électrogènes n’est pas admissible, mais où la force motrice est indispensable, le chauffage électrique est encore intéressant pour les machines à repasser et les machines à laver.
- Une grande machine à repasser a un diamètre de cylindre de 4!,^ centimètres et une longueur de table de 310 centimètres. La consommation maximum est de 20 kilowatts environ et la commande absorbe 1 cheval environ. Les chiffres précis suivants ont été relevés dans l’atelier de repassage d’un château employant cette machine :
- Une demi-heure avant le commencement du repassage, on commence le chauffage maximum. S’il s’agit de linge fortement humide, le chauffage maximum est maintenu pendant toute la durée du travail, tandis qu’on doit le réduire à moitié pour le linge léger et fin. Le courant peut être interrompu une demi-heure avant la fin du repassage pour utiliser encore la chaleur accumulée dans la machine. Dans le mois de janvier, il a été procédé au repassage pendant douze jours, au total quarante-trois heures, et les lectures au compteur ont donné go3 kilowatts-heures pour le chauffage et la force motrice. Comme, durant cette période, il a été repassé 12 436 objets, chacun passant jusqu’à trois et quatre fois dans la machine,
- p.398 - vue 398/416
-
-
-
- 28 Septembre' 19Ï2.
- iraiiraiîîi'Pi^
- la dépense moyenne par objet repassé ressort à 72 vatts-heures, soit 0,9 centime, à raison de 12,5 centimes le kilowatt-heure. Dans le mois de février, le travail a duré six jours, soit vingt-deux heures et
- demie, et la consommation a été de 460 kilowatts-heures pour 6 495 pièces de lingerie. Il en résulte que la dépense moyenne par objet est de 71 watts-heures.
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- Refus par le consommateur de signer une police d’abonnement à la fourniture du courant électrique.
- Il existe très souvent une étrange mentalité dans le milieu des consommateurs de courant électrique, et on nous l’a signalée fréquemment, surtout dans les localités rurales ou de peu d’importance. Tous les habitants veulent bien être des consom dateurs, mais aucun ne veut devenir abonné ; personne ne refuse de payer, mais chacun refuse de s’engager pour l’avenir : si bien que les tribunaux ont eu à s’occuper de ces deux questions :
- i° Peut-on exiger une police préalablement à la fourniture?
- 20 Lorsque la fourniture a été faite, sans police préalable, le distributeur peut-il l’interrompre, en offrant de la reprendre dès que la police sera signée?
- Telles sont les deux questions que nous avons à examiner.
- 1
- 11 ne paraît pas douteux que l’obligation de signer une police s’impose à toute personne qui demande une fourniture de courant : les obligations entre le consommateur et le distributeur devant devenir réciproques, il est de toute nécessité qu’un acte intervienne pour les régler une fois pour toutes. Sans doute le consommateur peut répondre par le raisonnement suivant :
- « Vous avez signé avec la commune un cahier « des charges qui règle vos obligations et qui « précise par conséquent mes devoirs : habitant « de la commune, je ne fais que vous demander « de me donner ce que vous avez promis de dis-« tribuer, et, par conséquent, par avance, je me <t soumets aux prescriptions du cahier des « charges, dès lors à quoi bon faire un acte qui « ne sera que la répétition de ce cahier? »
- Il serait difficile de trouver un raisonnement
- plus inexact que celui qui précède : rappelons tout d'abord que la distribution peut parfaitement ne pas avoir pour base juridique un cahier des charges, étant donné que, d’après la loi de 1906 et d'après une pratique qui lui était même bien antérieure, le courant peut être dans une région distribué par un électricien en vertu de simples autorisations de voirie : comme les permissions ne peuvent pas contenir des clauses commerciales (art. 5 de la loi du i5 juin 1906), on se demande où le consommateur trouverait un lien contractuel entre lui et le distributeur. Mais le raisonnement n’est pas plus exact si l’on suppose que la distribution est faite en vertu d’un cahier des charges : on remarquera d'abord que dans celui qui est actuellement en vigueur depuis le décret du 17 mai 1908,1e consommateur est toujours appelé du nom d'abonné, ce qui suppose a priori que le cahier oblige la personne qui demande l’électricité aux conditions qu’il contient, à devenir abonnée, c’est-à-dire à signer une police.
- Mais, d'après les principes généraux, pour dispenser les parties contractantes de signer un accord il n’est pas suffisant qu’il y ait un texte qui, antérieurement, aurait précisé certaines obligations d’unemanière générale. Par exemple, nous savons tous que le Code civil a minutieusement décrit les règles principales des baux à loyer, tant en ce qui concerne le bailleur que le preneur. Et cependant, tous les jours nous signons, comme locataires ou propriétaires, des baux qui contiennent les indications de nos accords, pour servir entre nous de titre et, pour nous dispenser, en cas de contestation, de faire valoir, devant un tribunal, les règles générales du droit. Enfin, il est évident que, sur bien des points, le consommateur lui-même, indépendain-ment du cahier des charges, a intérêt à avoir une stipulation qui lui est personnelle : il ne faut point oublier en effet que dans la plupart des cas
- p.399 - vue 399/416
-
-
-
- ? LÀ LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX(2‘ Série). — N* 39.
- les cahiers des charges ne contiennent, comme indication de prix, que des maxima. La fourniture, qui lui serait faité serait donc non seulement précaire dans sa durée, mais incertaine comme prix. Aussi on peut dire que la jurisprudence est en faveur de l’obligation et c’est pourquoi on peut consulter avec soin soit un arrêt de la Cour d’appel de Paris du 15 février 1906 (R. des concessions, 1907, p. .128) et l’arrêt de la Cour de Rouen du 26 décembre 190'i (Gaz de Bernay contre Roussel, Dalloz, 1906, V, S2). On peut consulter également un arrêt de la Chambre des Requêtes du 28 janvier 1890 en ce qui concerne les colonnes montantes pour le gaz. L’arrêt de la Cour de Paris est particulièrement intéressant à retenir, en ce qu’il déclare que la prétention d’obliger la Compagnie du gaz à installer un branchement à Dusage d’un immeuble sans que ni le propriétaire ni le locataire de cet immeuble ne soient obligés envers la compagnie par une police d’abonnement à prendre et à payer le courant est inconciliable avec les statuts de la compagnie, avec les traités passés par elle et les communes desservies et avec les conditions générales de son industrie.
- II
- Mais, il arrive très souvent que le distributeur, fatigué d’une part par la résistance du consommateur et d’autre part désireux de ne pas perdre une recette même précaire, se résout à commencer la distribution du courant sans avoir obtenu la police qu’il demandait. Dans la suite — et cela se produit généralement quand il vend sa concession — il éprouve ou son sucesseur éprouve le besoin d’avoir des écritures bien en règle et de connaître toutes les conditions des abonnements. 11 fait imprimer une police, la présente à un consommateur, se voit encore refuser la signature sollicitée, et, pour en finir, coupe le courant.
- Peut-il agir ainsi? Nous répondons : oui, il le peut, à la condition de prévenir par voie d’huissier le consommateur récalcitrant de la cessation à laquelle il s’expose.
- En effet, il faut toujours distinguer, dans les difficultés de cette nature, le principe et la manière dont il est mis en œuvre.
- Le principe — bien qu’on l’ait discuté — est, a notre avis, indiscutable.
- On a dit, il estvrai, que par le fait que la four-
- niture avait été faite et que le prix en avait été régulièrement payé, un contrat s’était réellement formé entre le distributeur et le consommateur, aussi précis, aussi catégorique que s’il était constaté par un écrit, et que, par conséquent, en vertu de l’article 1184 du Code civil, le contrat devait subsister jusqu’à sa résiliation par le tribunal (*).
- Mais si l’on comprend très bien que la justice, seule, puisse prononcer la résolution d’un contrat qui a stipulé une durée déterminée, il semble impossible qu’on la saisisse, pour lui demander de rompre une convention avant le terme fixé, pour la bonne raison que précisément l’absence de tout écrit a empêché la fixation d’un terme... Et il semblerait infiniment plus normal de faire à la cause l’application de l’article 1780 du Code civil qui est relatif au louage de services.
- En effet, la fourniture du courant électrique peut se résumer dans une obligation, imposée au distributeur du courant, de faire que la lumière soit mise à la disposition du consommateur, et, à ce titre, le contrat tacitement intervenu participe beaucoup plus à la nature intrinsèque du louage de service qu’à une location de choses ou à une vente de kilowatts. Or l’article 1780 du Code civil dit que tout louage de service fait sans détermination de durée peut toujours cesser par la volonté d’une des parties contractantes.
- C’est pourquoi nous estimons que, sans décision préalable de justice, le distributeur peut très Ijien rompre son contrat purement verbal.
- Mais dans quelles conditions?
- Il est certain queles tribunaux tendent aujourd’hui, de plus en plus, à prohiber l’exercice malencontreux d’un droit, même d’un droit strict, et si, sous prétexte que rien ne l’oblige à continuer une fourniture indéterminée quant à sa durée, le distributeur mettait brusquement dans l’obscurité le consommateur récalcitrant,
- (^Article 1184. —La condition résolutoire est toujours sous-entendue dans les contrats synallagmatiques, pour le cas où l’une des deux parties ne satisferait point à son engagement. Dans ce cas, le contrat n’est point résolu de plein droit. La partie envers laquelle rengagement n’a point été exécuté a le choix ou de forcer l’autre à l’exécution de la convention, lorsqu’elle est possible, ou d’en demander la résolution avec dommages-intérêts. La résolution doit être demandée en justice, et il peut être accordé au défendeur un délai selon les circonstances.
- p.400 - vue 400/416
-
-
-
- 28 Septembre 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- il pourrait très certainement être condamné, pour abus de droit, à des dommages-intérêts.
- Pour préciser notre opinion par des exemples réellement vécus, nous donnons ci-dessous le texte de deux décisions très intéressantes.
- La première est un arrêt de la Cour d’appel de Caen, en date du ier juin 1910, qui explique très exactement le principe de la légalité de la rupture du courant, en même temps qu’il expose les conditions auxquelles cette rupture ne préjudicie pas aux droits du consommateur.
- Le sommaire de cette décision est ainsi conçu:
- « Lorsqu’une Société d’électricité a fourni du « courant à un consommateur, et qu’elle n’a pas « cru devoir lui imposer une police d’abonne-« ment, avant de commencer la fourniture, le « seul fait de la distribution et du paiement du « couranta engendré une convention, même en « l’absence de titre :
- « Mais cette convention étant restée indéter-« minée quant à sa durée, chacune des parties « contractantes est libre d’y mettre fin sous la « seule condition d’un préavis donné dans un « délai normal et suffisant.
- « Le traité passé entre la ville et la Société « d’électricité n’imposant à cette dernière l’obli « gation de fournir que s’il y a des polices « d’abonnement, le consommateur ne peut trou-« ver dans ce cahier des charges un litre suffi-cc sant pour réclamer en justice le rétablisse-« ment du courant qui lui a été supprimé, après « unpréavis de cinq jours,pour refus depaiement « du montant intégral des factures sous prétexte « de défectuosités de l’éclairage.
- « Si vraiment cette défectuosité alléguée par « le consommateur existe — ce qui peut être « établi au moyen d’une enquête à cette fin a ordonnée — le consommateur n’y trouvera « qu’un moyen de se faire rembourser ce qu’il a « payé en trop.
- « Mais le tribunal peut déclarer qu’en principe « le distributeur ne sera tenu de donner la « lumière que si le consommateur consent à « signer préalablement une police d’abonne-« ment. »
- Dans l’espèce qui était soumise à la Cour de Caen, le distributeur avait fait une sommation au consommateur cinq jours avant la rupture du courant, et ce délai a été jugé suffisant par la Cour pour permettre au consommateur de se munir d’une autre lumière.
- •.rr..
- 401
- On remarquera, encore, que comme tout ceux qui refusent de payer, le consommateur avait voulu corser un peu sa défense, en indiquant que le refus de paiement était basé sur une mauvaise fourniture. La Cour de Caen n’avait pas évidemment à se faire juge de cette allégation : elle a ordonné une mesure d’instruction pour en vérifier le bien-fondé. Mais il lui appartenait de déclarer que la rupture du courant, accomplie avec préavis suffisant, était licite de la part du distributeur, en présence d’un contrat dont la durée était indéterminée, par suite de l’absence de toute police à la base de la fourniture.
- III
- Nous pouvons corroborer encore par un autre exemple les principes qui se dégagent de l’arrêt de la Cour de Caen, bien que la décision se soit retournée, cette fois-ci, contre le distributeur.
- Un sieur Denise à Fréjus, recevait de la Société d’électricité de Draguignan un courant qu’il payait par mois, contre quittance, sur la base de 0,70 centimes le kilowatt.
- Le 9 mai 1911, sans autre formalité, la Société l’avait averti que sa consommation pour le mois de mai courant et pour les mois suivants serait facturée au prix de o fr. 90 le kilowatt. Cette augmentation n’ayant pas été acceptée par Denise, la Société lui a coupé le courant le \% juin, le privant ainsi d’électricité pendant dix jours.
- Il résulte des termes du jugement que la mise en demeure et le préavis n’avaient point eu lieu par ministère d’huissier mais seulement verbalement ou par lettres recommandées. Le juge de paix, et, après lui, le 14 avril 191a, le tribunal de Draguignan ont considéré que le changement de prix avait été porté trop tard à la connaissance du consommateur; que le délai dans lequel cette mutation devait être annoncée au consommateur aurait dû être au moins égal â un mois; il est encore dit qu’il n’est point permis de se faire justice à soi-même par des moyens violents.
- Il nous paraît donc tomber sous le sens que l’on ne doit point chercher à opposer entre elles les décisions de la Cour de Caen et du Tribunal de Draguignan : parce que les circonstances de fait dans lesquelles elles sont intervenues sont différentes. Il n’était pas indiqué dans l’affaire de Draguignan que le consommateur eût refusé de signer une police comme cela était indiqué
- p.401 - vue 401/416
-
-
-
- .402
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). — N° 39.
- dans l’arrêt de la Cour de Caen. Et, d’autre part, dans cette dernière affaire, il ne paraissait pas être question d’un brusque relèvement de prix, comme cela était allégué à Draguignan.
- Mais les deux juridictions se sont rencontrées pour déclarer qu’en aucun cas le tribunal ne doit admettre une rupture intempestive, c’est-à-dire sans un préavis suffisant. Nous remarquons, une fois de plus, que lorsque le distributeur est résolu à plaider avec le consommateur qui a excédé les limites de sa patience, il doit soigneusement se méfier d’une irrégularité ou d’une insuffisance dans sa procédure. Si les lettres recommandées sont suffisantes en matière commerciale, pour servir de mise en demeure, elles sont inopérantes quand elles s’adressent à un non-commerçant : l’acte extrajudiciaire, c’est-à-dire le ministère de l’huissier, reprend tous ses droits et si la lettre recommandée est employée, il faut la considérer comme un hors-d’œuvre, une sorte de mesure de politesse qui ne délivre pas le distributeur de l’obligation d’employer la formule définitive, rigoureuse de la sommation régulière.
- Paul Boucault,
- Avocat à la Cour de Lyon-
- Nous donnons ci-dessous le texte des différentes décisions visées.
- Arrêt de la Cour d'Appel de Caen (Première Chambre, 1er juin 1910). Bénard contre Société régionale d’Électricité.
- Attendu que, en 1891. la Société régionale d’Eleclri-cilé passa avec la ville de Caen un traité par lequel elle s’engageait (art. 4) à fournir l’électricité à toute personne, sur le parcours desservi par ses câbles de distribution.
- Attendu qu’en 1896, la Société procéda, sur la demande de M. Bénard, à l’installation de l’électricité dans sa maison d’habitation située rue des Cordelières, qu’aus-silôt les travaux d’installation terminés, elle fournit à M. Bénard l’électricité dont il avait besoin, sans prendre la précaution de lui faire signer au préalable une police d’abonnement.
- Attendu que ce n’est que quelques temps après qu’elle y songea, que Bénard refusa alors de signer la police qui lui fut présentée, à raison de certaines clauses qui lui paraissaient inacceptables, que la Société n’en continua pas moins à lui fournir régulièrement l’électricité nécessaire à l'éclairage de son habitation; que de son côté Bénard, lui paya chaque mois le montant de ses fournitures; qu’il en a été ainsi, sauf quelques incidents qui se
- produisirent en 1899 et 1902, mais qui furent solutionnés amiablement jusqu’au 19 décembre 1909.
- Attendu qu’à une autre date, Bénard refusa de payer le montant des fournitures faites dans le mois précédent, sous le prétexte que l’éclairage aurait été durant ce mois très défectueux et adressa le même jour une plainte motivée à M. le directeur de la Société, que n’ayant reçu de lui aucune réponse, il lui renouvela sa plainte les 26 et 3o décembre 1909 et 2 janvier 1910.
- Attendu qu’en janvier 1910, Bénard refusa également, et pour le même motif, le paiement de la facture du mois de décembre 1909.
- Attendu que le 10 mars 1910, le directeur de la Société le prévint, par lettre recommandée, que s’il ne payait pas immédiatement la totalité des factures des mois de novembre et décembre 1909 et janvier et février 1910, il se verrait dans la nécessité de lui couper le courant.
- Attendu que le 12 mars, Bénard lit offre à la Société de la moitié des factures de novembre et décembre 1909 et des deux tiers des factures de janvier et février 1910.
- Attendu que le i5 mars le’directeur lui lit connaître qu’il maintenait en entier les termes de sa lettre recommandée du 10, que n’ayant reçu aucune satisfaction, il lit couper le 16 le courant.
- Attendu que c’est en cet état des faits que Bénard a, le 16 mars, assigné la Société devant le Tribunal de commerce et qu’il demande aujourd’hui à la Cour, en réformant le jugement rendu le 19 mars par celte juridiction, d’ordonner le rétablissement immédiat du courant sous une astreinte de 100 francs par jour de retard de valider ses offres et de condamner la Société à 2 000 francs de dommages-intérêts.
- En ce qui concerne le rétablissement du courant.
- Attendu que les articles 14 du décret de 1891 et 16 du traité de 1907, passés entre la ville de Caen et la Société régionale d’électricité n'imposent à cette dernière l’obligation de fournir aux consommateurs l’électricité qui peut leur être nécessaire qu’autant qu’ils se conformeront aux polices d’abonnement, que Bénard ayant toujours refusé de se soumettre aux conditions de ces polices, se trouve par là même sans qualité pour invoquer contre la Société les dispositions de ces traités et pour exiger d’elle l’électricité dont il a besoin.
- Allendu que Bénard prétend, il est vrai, qu’il s’est formé en 1896 entre la Société et lui une sorte de contrat par lequel la Société s’est engagée à lui fournir l’électricité sans autre condition que celle du paiement régulier de ses fournitures et que ce contrat doit continuer à produire ses effets, tant que les tribunaux n’en ont pas prononcé la résolution.
- Attendu qu’en admettant qu’une sorte de convention tacite soit réellement intervenue en 1896 entre Bénard et la Société, il est dans tous les cas absolument certain que la durée de celte convention n’a jamais été déterminée, qu’il s’ensuit que chacune des parties était demeurée libre de la dénoncer et d’y mettre fin quand
- p.402 - vue 402/416
-
-
-
- 28 Septembre 1912. LA LUMiÊKÉ ÉLECTRIQUE
- elle le voulait sous la seule condition d’un préavis donné dans un délai normal et suffisant.
- Que la Société n’a donc fait qu’user d’un droit qui lui appartenait, en prévenant, le 10 mars 1910, Bénard, qu’elle était résolue à supprimer le courant s’il ne lui versait pas dans un délai de cinq jours le montant de ses factures arriérées ; que le délai imparti par la Société à Bénard est le délai d’usage en pareille matière.
- Attendu que c’est donc à juste titre que les premiers juges ont décidé que la Société ne serait tenue de rétablir le courant qu’à la condition pour celui-ci de se conformer aux stipulations de la police à intervenir entre la Société et lui. Adoptant au surplus sur ce point les motifs des premiers juges, en ce qu’ils n’ont rien de contraire aux présents.
- En ce qui concerne la validité des offres de Bénard et sa demande de dommages-intérêts,
- Attendu que Bénard ne doit évidemment à la Société, que la. valeur de ce qu’elle lui a fourni;
- Attendu que Bénard affirme que l’éclairage électrique de son habitation n’a été défectueux que pendant les mois de novembre et décembre 1909 et janvier et février 1910 et ce, par la faute de la Société et qu’il a subi de ce chef un préjudice assez élevé ;
- Attendu que la question de savoir si les offres de Bénard sont suffisantes et si sa demande de 2 000 francs de dommages-intérêts est justifiée, est subordonnée à la qtuestion de savoir si l’éclairage de son habitation a été réellement défectueux par la faute de la.Société ; que les parties étant à cet égard en complet désaccord, il y a lieu d’ordonner sur ce point l’enquête sollicitée subsidiairement par Bénard.
- Par ces motifs :
- La Cour...
- Confirme le jugement dont est appel au chef où il a décidé que la Société ne serait tenue de rétablir le courant que lorsque Bénard se serait conformé aux dispositions de la police à intervenir entre la Société et lui.
- Et pour le surplus et avant faire droit autorise Bénard à rapporter par toute voie de droit et notamment par témoins à l’audience du 22 juin la preuve que depuis le i5 octobre 1909, l’éclairage est absolument insuffisant, la lumière étant souvent très faible, toujours instable et fréquemment interrompue.
- Réserve la défenderesse à la preuve contraire.
- Décision du Tribunal de Paix de Fréjus, confirmée par le tribunal civil de Draguignan. (Relatée dans le '< Journal du Var » du 15 avril 1912.)
- Nous, juge de paix du canton de Fréjus,
- Attendu que M. Denise avait succédé à M° Courchel, ex avoué, à Draguignan, faisait usage de l’électricité au compteur depuis le mois de juin 1908, qu’il a prétendu dans ses conclusions et à la barre, qu’il avait un traité
- synallagmatique avec la Société d’Electricité du Var fixant le taux au kilowatt à o fr. 70,4 payable par mois contre quittance.
- Que ce traité ou contrat a été ainsi exécuté de part et d’autre jusqu’au 9 mai 1911 et que, sansautre formalité, la Société l’avait averti que sa consommation pour les mois suivants, y compris le mois de mai, serait facturée à o fr. 90 le kilowatt à partir du ior mai 1911.
- Que sur le refus de M. Denise la Société lui aurait coupé le courant le 12 juin, le privant ainsi d’électricité pendant dix jours.
- Que le préjudice éprouvé par lui avait été de 5o francs par jour, ou soit de la somme de 5oo francs.
- Attendu que la Société a soutenu :
- Qu’il n’existait aucun engagement de part ni d’autre, aucune police n’ayant été signée.
- Que M. Denise était un consommateur auquel on fournirait le courant électrique au mois le mois contre paiement au mois le mois.
- Que c’est à celui qui se prévaut d’un contrat à l’établir, ce que n'a pas fait M, Denise, et ce qu’il n’offre même pas de faire.
- Que subsidiairement la Société conclut à faire la preuve qu’elle a averti M. Denise par la voie de son employé et par lettres.
- Attendu que le fait matériel sur lequel est basée la demande n’est l’objet d’aucune contestation.
- Qu’il s’agit de décider s’il a existé un contrat synallagmatique entre M. Denise et la Société d’électricité du Var ou si, comme le prétend la Société, M. Denise ne doit être considéré que comme un client ayant ladite Société pour fournisseur.
- Attendu que la question.ainsi posée, il n’y a pas lieu d’interpréter le cahier des charges...; mais ce qui est à juger, c’est le point de savoir si la Société a rempli toutes ses obligations envers M. Denise.
- Attendu que lorsque M. Denise est devenu l’abonné au compteur et au mois de la Société d’Electricité du Var contre paiement chaque mois du kilowatt à o fr. 70, il s’est établi entre eux un'contrat synallagmatique qu’il n’appartenait à aucun des deux contractants de rompre brusquement sans une mise en demeure régulière, sans un préavis par acte extra-judiciaire ou mieux encore en saisissant le tribunal compétent.
- Qu’un abonné au mois doit être averti au moins un mois à l’avance de l’augmentation du prix du kilowatt, afin de lui donner le temps de recourir à une autre installation d’éclairage.
- Que si le courant lui est brusquement coupé, il est contraint de recourir à un mode d’éclairage dispendieux et occasionnant un véritable préjudice.
- Que les avis verbaux et lettres recommandées sont insuffisants comme mise en demeure.
- Qu’il faut retenir que la Société est investie d’un monopole qui lui crée des obligations vis-à-vis de ses abonnés avec ou sans police signée.
- p.403 - vue 403/416
-
-
-
- 404
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2« Séri^.—K* 39.
- Qu’îl n’esl pas possible d'admettre qtte celui qui détient un monopole puisse être assimilé (prétention de la Société d’Eleclricité) au fournisseur de sucre ou de café que l’on peut se procurer dans fous les magasins similaires, si le fournisseur ordinaire hausse ses prix du jour au lendemain.
- Que le monopole implique des obligations que la Société n’a pds remplies â l'égard de M. Denise.
- Qu 'ipso facto elle a commis une faute dont elle lui doit réparation.
- Attendu qu’il a été jugé qu’une Société à monopole engageait sa responsabilité en pareil cas (jugement du 12 mai igoS. Tribunalcivil de Versailles. Cass. Chambre des requêtes, icr décembre 1897. Suppression du courant ou de la fourniture d'eau).
- Attendu, en eiïet, que l’autorisation d’exercer un monopole en matière de lumière et d’eau, choses essentielles et indispensables à l’existence, implique des devoirs et des obligations.
- Attendu qu’il n’y a pas lieu de faire application de l'article 1 34i du Code civil, ni de faire droit aux conclusions de la Société, ces conclusions n’étant pas de nature à modifier la décision prise par elle contre M. Denise.
- Qu’en effet, rien ne s’opposait â ce qu’il fut pris, en l’espèce, des mesures moins brusques et violentes et plus
- juridiques, qtte la Société nô courait ni risque ni danger et qu’il n’y avait aucune urgence à passer outre aux sanctions légales.
- Attendu que de l’examen des faits de la cause, des débats et des conclusions prises, il échet de retenir la demande de M. Denise de la déclarer régulièrement introduite, juste et fondée, et comme conséquence du préjudice éprouvé, de lui accorder, en réparation, la somme de 10 francs par jour, pendant dix jours, Ou soit la somme de 100 francs, ainsi que les dépens, etc.
- Far ces motifs, nous, juge de paix, statuant contradictoirement et en premier ressort,
- Disons que l’action de M. Denise est régulièrement introduite, juste et fondée.
- Validons ses offres, pour recevoir tous leurs effets.
- Et condamnons la Société défenderesse es qualité à payer à M. Denise la somme de 100 francs de dommages-intérêts à raison de 10 francs par jour, pendant dix jours de privation de lumière électrique par lé fait de ladite Société, en réparation du préjudice causé, et à tous les dépens, notamment le coût du procès-verbal de constat, de procédure d’offres réelles et consignation et actes extra-judiciaires et ceux de la présente instance, le tout liquidé à la sommé de iôf> fr. 40, et ee non compris le coût du présent jugement, de sou enregistrement et de foutes autres suites.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- La situation industrielle et la situation commerciale de l’Europe sont actuellement des.plus favorables : c’est l’avis de tous ceux qui suivent le mouvement général des- affaires. La France participe à ce mouvement de prospérité avec la même régularité qui préside toujours â son développement dans l’Industrie et le commerce. On peut lui reprocher â juste titre de ne pas toujours posséder l'instrument q(ui, le moment venu, lui permet de répondre rapidement à un accroissement subit de la demande. L’étranger profite de cette situation.; il l’exploite et se fait un titre tout particulier de fournisseur de notre grande industrie. Mais, peu à peu, nous nous organisons pour une augmentation de notre production, et nous reprenons notre place sur le marché mondial. Cependant, sans arriver trop tard, nous avons perdu les premiers moments du renouveau d'activité. Ce que nous acquérons alors demeure acquis pour longtemps et nous sommes aptes à supporter la crise plus facilement que l’étranger.
- Toutes nos valeurs en Bourse, qu’elles soient de banque, d’électricité, de tramways, d’automobiles ou de chemins de fer se ressentent donc en ce moment de cette situation exceptionnelle. La rente seule échappe à la progression : elle est forcément, nous l’avons dit, la moins recherchée de toutes les valeurs delà cote. Puis on annonce l’autorisation donnée à la Compagnie des chemins de fer de l’Est d'émettre 75 millions d’obligations dont une partie au taux de 4 % : il se prépare en conséquence des arbitrages entre les deux titres et des liquidations de positions qui se reporteront sur les nouvelles obligations.
- M. Neymarck dans deux articles parus dans Y Information fait un historique rapide de notre fonds d’Etat et rappelle que, depuis vingt et un ans, il n’avait pas coté de plus bas cours que maintenant, soit 91,75 coupon d’octobre détaché. C’est en 1897 qu’il a atteint le plus haut cours à io5 fr. a5 : le ministre des Finances d’alors voulut en profiler pour opérer la conversion de 3 % en 2,75; mais il n’y put réussir, aj^ant laissé offrir au public au même moment des obligations 3 1/2 de la Banque
- p.404 - vue 404/416
-
-
-
- 28 Septembre 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 408
- foncière de la noblesse russe. Depuis, les cours ont graduellement diminué. Mais, par rapport aux autres Etals à finances bien réglées, suivant l’expression de M. Neymarck, la chute a été moins importante 5 le consolidé anglais a baissé dans le même temps de 3i,68 points et la rente allemande de 19 points. Par contre tous les fonds d’Etat à finances déréglées : Colombien, Extérieur espagnol, Uruguay, Paraguay, Venezuela, etc. sont en hausse. Et la conclusion de M. Neymarck est qu’il faut laisser faire et laisser passer. Ces résultats sont la conséquence de la loi de l’offre et de la demande. La rente aura toujours des clients : les uns par obligation, les autres par préférence parce qu’ils ne veulent pas courir de gros aléas. Le classement étant assuré, le cours vrai s’établira pour ne plus subir que des fluctuations sans importance; ne demandez donc pas au gouvernement d’intervenir, son intervention devant rester d’ailleurs sans effet. Cependant ceux qui achètent de la rente par obligation ne verraient pas ce mouvement s’accentuer sans déplaisir et c’est à tout ce groupe de gens que pensent évidemment les interventionnistes.
- Comment autrement blâmer ceux d’entre les autres qui mettent en portefeuille des obligations 4 % soit des Compagnies de chemins de fer, soit des Entreprises métallurgiques, soit des Entreprises de Distribution d’Eleclricité; ainsi la Compagnie Lorraine qui paie même ses coupons nets d’impôts, là Compagnie Parisienne de Distribution d'Electri-citc et' beaucoup d’autres? Il se produit en ce moment sur les actions de ces diverses compagnies un véritable « boom » qui ne s’explique qu’en partie ; et à moins de penser que tous ceux qui s’y intéressent ne le fassent que très momentanément, on ne peut admettre que les plus-values de recettes justifient des cours aussi élevés. Nous craignons donc un revirement qui sur certaine valeur sera plus accentué du jour où le prix du courant baissera conformément aux cônventions.
- Le Moniteur des lnié rets Matériels, de Bruxelles,
- dit que l’augmentation du capital de l’AlIgemeine Elektricitâts Gesellschaft, qu’on savait imminente malgré les nombreux démentis officiels, n’a étégoûtée que bien peu par la Bourse. C’est moins le fait môme qui a désappointé que l’exiguïté du droit de souscription, qui n’est que d’environ 6 % . Celle opération range l’A. E. G., avec *55 millions de capital, au troisième rangdes sociétés industrielles allemandes, où Krupp ( 180 millions) et Gelsenkirchen(i 80 millions) occupent les deux premières places. Le développement continu de l’A. E. G,, indique assez bien l’influence énorme que l’électrieité a prise en Allemagne. Il y a à peine trente ans que son capital n’était que de 5 millions (en 1883). Il se tint longtemps dans des limites bien modestes, atteignit 20 millions en 1889, 35 millions en 1897 et était encore au commencement de ce siècle de 60 millions seulement, pour monter depuis rapidement à 86 millions en 1904, à 100 millions en 1905, à i3o millions en 1910 et aujourd’hui A x55 millions. Le dividende a suivi un mouvement identique : il était en i883 de 4 % , en 1889-1890 de 10 % , pour s’élever jusqu’à i5 % pour les années 1896-1900, baisser ensuite jusqu’à 8 % en 1902-1903 et augmenter depuis constamment jusqu’à 14 %, ce qui sera probablement aussi le dividende pour 1911-1912.
- L’augmentation du capital est devenue nécessaire par suite de l’extension continue des affaires. C’est la même raison qui a obligé aussi les autres sociétés électriques allemandes à s’adresser au marché monétaire, tel Siemens-Schuckert, qui dessert le Nord de l’Allemagne »t qui a contracté un nouvel emprunt obligations 4 1/2 % de 3o millions. Le cours de l’A. E. G., qui avait baissé d’abord à 267, s’est raffermi ou cours de la semaine, sans pouvoir regagner la perte subie. Les autres valeurs électriques allemandes tendent aussi vers, la baisse, parce que la Bourse se nfontre à la fin très sceptique vis-à-vis des besoins énormes de capitaux de cette industrie, bien qu’ils soient justifiés j>ar les grands travaux que l’industrie électrique doit exécuter encore.
- IV F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Basses-Pyrénées. — Un projet est en préparation pour la construction d’un chemin de fer électrique de la gare de Lourdes à Mauléon.
- Gjronde. —- Un crédit est voté par le Conseil général pour les études du prolongement de la ligne de tramway de la Réole à Pellegrue par les Chevaliers, la vallée de la Dureze, Gcnsac et Pessac-sur-Dordoguo, où aboutirait
- p.405 - vue 405/416
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. JIX (2*Série). — N° 39.
- 406
- également la ligne prévue par le conseil général de la Dordogne.
- Loiret. — Un vœu est émis par le Conseil municipal de Pithiviers en faveur de la création d’un tramway Pithiviers-Vitry-Chûleauneuf.
- J i
- Côte-d’Or. — La Société Anonyme Westinghouse a obtenu du Conseil général l’autorisation de procéder à des expériences d’automotrice pélroléo-éleclrique sur l’une des lignes du réseau de la Côte-d'Or.
- Italie. — Le gouvernement des chemins de fer de l’Etat italien vient de passer à la Societa Italiana Westinghouse, de Vado-Ligure, une nouvelle commande de 45 locomotives de a ooo chevaux chacune, et de 8 locomotives de a 600 chevaux chacune. La capacité totale de ces locomotives est donc de 110 800 chevaux.
- Les chemins de fer de l’Etat italien ont d’ailleurs en service déjà 40 locomotives triphasées de a 000 chevaux chacune.
- La Societa Italiana Westinghouse a donc fourni, ou est sur le point de fournir un ensemble de locomotives triphasées, dont la puissance atteint 190000 chevaux.
- ÉCLAIRAGE
- Aisne. — La gare de Ëohain va être éilairée à l’électricité. C’est la Compagnie électrique du Nord qui fournira le courant.
- Arièce. — Le conseil municipal de Poix a nommé une commission extra-municipale chargée d’étudier le projet d’éclairage électrique et de décider si la ville doit avoir recours à une adjudication ou à municipalisèr le service de distribution d’électricité.
- Boucues-du-Rhône. — Le conseil municipal de Taras-con a nommé une commission pour l’étude d’un projet de cahier des charges présenté par le Sud-Electrique.
- Charente-Inférieure. — Le conseil municipal de Saint-Georges-les-Bains a décidé d’établir à Bidonne, dans le plus bref délai, l’éclairage électrique déjà utilisé à Saint-Georges.
- La Compagnie concessionnaire de l’éclairage électrique de Saint-Georges-de-Didonne vient de fournir la lumière et la force motrice à Cozes. La Société doit, dit-on, fournir très prochainement le courant à Gemozac et Mortagne-sur-Gironde.
- Seine-Inférieure. — M. Thuillier demande la concession d’éclairage électrique d’Harfleur mais comme la ville est liée jusqu’en 1917 par un contrat passé avec la Compagnie du gaz, le conseil n’accepte qu’en principe
- l’installation de ce mode d'éclairage et décide d’étudier la question avant d’y donner suite.
- Drôme. — Les municipalités de Donzère, Réauville, Grignan, Taulignan, Montbrison et Rousset ont autorisé la Société d’Eleclricilé de la vallée du Rhône à établir une canalisation aérienne destinée à assurer la distribution de l’énergie électrique dans cette région.
- Gironde. — Le conseil municipal de Labuscadc a décidé d’autoriser les secteurs libournais à traverser la commune et d’y fournir en même temps l’électricité.
- Le ccnseil municipal de Le Haillan a accordé la concession de l’éclairage électrique à la Société d’Electricilé de Taillan.
- Haute-Loire. — Le maire de Pradelle fait appel aux concessionnaires désireux d'installer l’éclairage électrique dans celte commune.
- Isère. — La Société Force et Lumière de Grenoble a été nommée adjudicataire de l’installation de l’éclairage électrique à Yiriville.
- Lot-et-Ga-ronne. — La Compagnie d’Energie électrique du Sud-Ouest a déposé une demande de concession pour l’établissement de l’éclairage électrique à Cocumont.
- Landes. — Des pourparlers sont engagés entre la Société électrique de Dax, la Société concessionnaire du gaz et la municipalité pour la fourniture de l’éclairage et de la force électrique à Saint-Paul-les-Dax.
- Marne. — La Compagnie Energie Eclairage va installer l’éclairage électrique à Sainte-Menehoulde et à la Grange-aux-Bois.
- Manche. — Le maire d Equeurdreville est chargé de passer avec la Société Gaz et Eaux un contrat pour l'installation de l’éclairage électrique à Equeurdreville.
- Nièvre. — Le conseil municipal de Clamecy a accepté la substitution de MM. Maldant et Ramas au concessionnaire actuel M. Bugnot.
- Le conseil général a voté une somme de 600 francs pour l’installation de l’éclairage électrique au Palais de justice de Château-Chinon.
- Oise.— La commune de Cuts est en pourparlers avec la Société Electrique de la vallée de l’Oise pour l’installation de l’éclairage sur la voie publique.
- Pyrénées-Orientales. — La commune de Cascs-de-Pène va être sous peu éclairée à l’électricité ; on procède actuellement entre Estagel et Cases-de-Pèneà la pose de
- p.406 - vue 406/416
-
-
-
- 28 Septembre 1912.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 407
- pylônes destinés insupporter les conducteurs électriques.
- Pas-de-Calais. — La société concessionnaire de L’éclairage d’Arras fait procéder actuellement à la transformation des secteurs urbains aïrefïét de fournir du courant alternatif aux lieu et place du courant continu.
- Rhône, — Le conseil municipal de Chasseley décide d'intervenir auprès de la Compagnie du Gaz de Lyon pour l’engager à étendre son réseau dans les principaux hameaux de la commune dès qu’un certain nombre de propriétaires lui garantiront des abonnements.
- Seine-et-Oise. — Le maire de Marolles-en-Hurepoix est chargé d’entrer en relations avec la Compagnie d'Electricité d’Etampes pour faire installer l’électricité dans la commune.
- Tarn-et-Garonne. — M. Noailles a fait des offres à la commune d’Auvillars pour installer l’éclairage électrique. Le conseil municipal a nommé une commission chargée d’étudier cette question.
- Yonne. — Une enquête a été ouverte à Flogny sur le projet d’installation de la lumière électrique qui a été présenté par M. Lefay, ingénieur, à Dijon.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Norvège. — Le gouvernement norvégien a conclu un contrat avec la Marconi’s Wireless Telegraph Company pour la construction d’une ligne radiolélégraphique entre la Norvège et les environs de New-York, en vue d établir un service commercial radiotélégraphique entre le Nord de l’Europe et l'Amérique.
- Les recettes totales des différentes stations seront divisées entre le gouvernement de la Norvège et la Compagnie Marconi en parties égales. La Compagnie Marconi recevra 70 000 livres sterling pour la station de Norvège, outre le terrain, les fondations et les édifices qui devront être fournis par le gouvernement. La Compagnie Marconi recevra en outre 10 % sur les recettes brutes.
- Le contrat est fait pour une période de 25 années ; à la fin de celte période lé gouvernement a le droit de le renouveler. Les stations seront construites daus le temps le plus bref possible. Elles devront être complétées dans les douze mois qui suivront la consigne des fondations et des édifices.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Thomson-Houston, 10, rue de Londres, Paris.
- Machines à rainurer les collecteurs.
- Ate/iers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, Jeumont.
- Bulletin, février 1912. — Nos installations électriques à l’Ecole des Mines et Faculté Polytechnique du Hainaul, à Mons.
- Société Française d'Électricité A. E. G.,
- 72, rue d’Amsterdam, Paris.
- A. E. G., septembre 1912. — Les alternateurs triphasés pour l’accouplement direct avec les turbines hydrauliques.
- La pose des cibles sous-fluviaux. La nouvelle voilure N. À. G. La soudure par l’arc électrique.
- SOCIÉTÉS
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain, Paris. — Recettes du 9 au i5 septembre 1912 : 868 707 fr. i5, donnant depuis le i“r janvier 1912 : 37 399 662 fr. 10 contre 36 441 421 f*'. 9° eu >9>1 • Différence en faveur de 1912 : g58 240 fr. 20.
- Bergmann Elektricitats Werke, Berlin. — Cette Société a clôturé l’exercice 1911-1912 avec un déficit de 100 000 marks en chiffre rond contre un déficit de 312 899 marks pour l’année précédente.
- Fabrique russe d'accumulateurs Tudor, Saint-Pétersbourg. — La Société projette l’augmentation de son capital de 1 200 000 à 2 400 000 roubles et l'introduction des actions aux Bourses de Saint-Pétersbourg et Berlin.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- L’Administration des chemins de fer de l’Etat, à Paris, a l’intention d’acquérir 745 wagons à marchandises spéciaux de types divers.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement à cet égard dans les bureaux du Service du matériel et de la traction 44, rue de Rome, Paris, tous les jours de la semaine, de 2 à 5 heures de l'après-midi.
- L’Administration des chemins de fer de l’État a l’intention de faire installer des canalisations électriques pour l’éclairage de la gare de La Pallice (appontements).
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement à cet égard dans les bureaux du service électrique 43, rue de Rome, Paris (i,B division), le mardi et le vendredi, de i5 à 17 heures, jusqu’au i5 octobre 1912.
- Avant le 29 septembre, à la mairie de Blomac (Aude), fourniture et installation d’un moteur électrique et de ses accessoires, mont. 1 200, caut. i/3o°; fourniture et installation d’une pompe et de,, ses accessoires, mont. 1 85o, caut. i/3o°. Visa, avant le 29 septembre par le directeur des travaux. Renseignements à la mairie.
- BELGIQUE
- Le 4 octobre, à 16 heures, à l’hôtel communal, à Mon-tegnée (Liège), fourniture de l’énergie électrique. Soumissions recommandées le i“r octobre.
- p.407 - vue 407/416
-
-
-
- 408
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIX (2* Série). — W« 39.
- TABLE MÉTHODIQUE DES MATIÈRES
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- L’électricité au canal de Panama. — G. Fréund. — Elektroteehnische Zeitschrift, 20 juin
- .......................................... 206
- XJn transbordeur à câbles de dimensions inaccoutumées. — Eleklrische Krafthetriebe und Bahnen, 14 juin 1912....................... n3
- L’électricité dans la marine de guerre. —
- G. Ferroux...............................,.. 3i3
- Dispositif d’avertissement et de sécurité pour chemins de fer des galeries de mines avec fil de contact. — M. Henke. — Elektrotechnische Zeitschrift, 22 août 1912........... 3g6
- APPAREILS DE LEVAGE
- Généralités sur la commande électrique des
- appareils de levage (Suite).............. 117
- Description de quelques appareils de levage à
- commande électrique : ponts roulants Oerlikou (d’après H. Tiiieme); palans (d’après Heumanns, Elektrotechnik und Maschinenbau, 3 septembre T 911 ) •
- Sur l’avenir industriel de l’électro-aimant
- de levage. — A. Reisset...................... 200
- Données relatives aux électros industriels (General Electric C°).
- MACHINES-OUTILS
- Chronique des applications mécaniques. L’électricité et la commande des laminoirs.
- — A. Reisset.......................... 35g, 393
- Les services auxiliaires.
- La commande électrique des grosses machines a bois. — Electro, mai 1912.............. 285
- BIBLIOGRAPHIE
- Cours pratique d’électricité, par A. Podevyn, — 1 volume in-18 de 3x6 pages avec 35o ligures. — li. Desfokges, éditeur, Paris. — Prix: broché, 4 fr. 5o;
- relié, 5 fr. 5o................................ 49
- L’électricité domestique, par G. Mis. — 1 volume in-8° de 184 pages avec x5x ligures. — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris, — Prix : broché, 2 fr. 5o....................................... 49
- Machines dynamo-électi’iques à grande vitesse, par H.-M. Hobart et A.-G. Ellis, ouvrage traduit de l’anglais. — 1 volume in-8° de 558 pages avec 378 figures. —L. Geisler, éditeur, Paris. — Prix : broché, a5 francs........................ 82
- Calcul et construction des alternateurs mono et polyphasés, par H. Birven, traduit de l’allemand par Dufour. — 1 volume in-8° de 179 pages, avec 126 figures. — Gauthier-Villaiis, édite'ur, Paris.— Px-ix : cartonné, 6 francs.............. 82
- Experimentelle Uniersuchungen a m Queck-silberdampf- Gleichrichter fur Wechselstrom (Recherches expérimentales sur le redi'es-
- seur à vapeur de mercure pour courants alternatifs), par W. Tschudy. — 1 brochure de 62 pages, Zurich, 1912................................ . 116
- Les moteurs Diesel, type fixe et type marine, par P. Chalkley (avec une introduction j>ar le Dr Rudolf Diesel), traduit de l’anglais par Ch. Lordier. —
- 1 volume in-8° de xvi-25o pages, avec 82 ligures. — A. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris.— Prix: broché, 12 fr.; cartonné, i3 fr. 5o.................. 174
- Uber Wàrmeübergang auf ruhige oder
- bewegte Luft sowie Lüftung und Kühlung elektrischer Maschinen (La transmission de la chaleur a l’air calme ou à l’air agité et la ventilation et le refroidissement des machines électriques), par L. Binder. — 1 volume in-8° de ixo pages avec 45 ligures. — W. Knai'p, éditeur, Halle am Saale. — Prix : broché, 5 marks 70 .......... 176
- Starkstromtechnik. (La technique des courants électriques industriels) Aide-mémoire de l’ingénieur-électricien, par E. v. Rziha et J. Seidener. — 20 édition. — 1 volume in-8° de 1 3oo pages, illustré
- p.408 - vue 408/416
-
-
-
- 28 Septembre 1912^ LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- jrç:
- 409
- V !
- de nombreuses figures. — W. Ernst, éditeur, Berlin
- — Prix : broché, a5 francs................ 176
- Oscillations et vibrations, par A. Boutaric.— 1 volume in-8° jésus de 4«o pages avec i3g figures. — O. Doin et fils, éditeurs, Paris. — Prix : cartonné toile, S francs.................................... 177
- Annuaire français dti gaz, de l’acétylène et de l’électricité, par E. Benâtre. — 1 volume in-8° carré de 588 pages, — Prix : cartonné, a fr. 5o... 177
- Les conducteurs d’électricité en aluminium, par E.. Dusaugey. — 1 volume in-8° de 140 pages avec 60 figures. ;— H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 7 fr. 5o..................... ai4
- Sur la production, la distribution et l’emploi de l’électricité par les charbonnages, par F. Leprlnce-Rlnguet. — 1 volume in-8° raisin de i36 pages, avec 46 figures. —Cu. Béranger, éditeur, Paris.
- — Prix : broché, 10 francs................ ai4
- Recueil de problèmes d’électricité (avec solutions raisonnées), par H. Pècheux. — 1 volume in-8° raisin de 190 pages, avec 53 figures. — Cu. De-l a grave, éditeur, Paris.—Prix : broché, 6 francs. ai5
- La télégraphie sans fil, la téléphonie sans fil-, applications diverses par G.-E. Petit et L. Bouthillon. —; 1 vol. in-8° raisin de i43 pages avec
- 175 figures. — Ch. Delagkave, éditeur, Paris. — Prix: broché, 5 francs.............................. ai5
- Die Schutzvorrichtungen der Starkstrom-technik gegen atmosphàrische Entladungen und Uberspannungen (Les dispositifs de protection des réseaux contre les décharges atmosphériques et les surtensions), par G. Be-nischke, a® édition, 1911.— F. Vieweg et fils, éditeurs, Brunswick. — Prix broché : 3m. 5o, relié : 4 m. 20. 3i5
- L’Électricité à l’Exposition universelle et internationale de Bruxelles de 1910, par JT.-A. Montpellier. — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, -Paris. — Prix, broché : i5 francs.... 344
- The Universal Electrical pirectory (1912). —.1 volume in-8° jésus de 1 566 pages. — H. Alabasteh, Gateiiouse and C#, éditeurs, Londres. — Prix : cartonné; 18 francs................................. 345
- Die elektrolytische Alkalichloridzerlegung mit starren Metallkathoden {La décomposition électrolytique des chlorures alcalins à l’aide de cathodes métalliques solides), impartie, par J. Billiter. — 1 volume de 284 pages avec 189 ligures. — Wilhelm Knapp, éditeur, Halle am Saale. ;— Prix : broché, 16 m. 5o................... 345
- Elekirochemische Umformer (Galvanische Elemente). Les transformateurs èlectrochi-miques (Éléments galvaniques), par J. Zacha-rias (1911). — A. HARTLEBEN,éditeurj Vienne et Leipzig.
- — Prix : broché, 4 marks; relié, 5 marks. 345
- Kurzes Lehrbuch der Radioaktivitât. (Traité élémentaire de radioactivité), par P. Gruner.
- — 1 volume in-8° carré de 120 pages avec 20 figures.
- — A. Franke, éditeur, Berne. — Prix : broché,
- 9 francs.................................. 346
- Recherches récentes sur le faciès des cristaux, par P. Gaubert. — 1 brochure in-8° raisin de 38 pages, avec 19 ligures et 2 planches dans le texte. — Hermann et fils, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 2 franfcs............................... 346
- Les Atmosphères des planètes, par S. Arrhe-nius. — 1 brochure in-8° raisin de 11 pages avec 6 lig.
- — Hermann et fils, éditeurs, Paris. — Prix : broché,
- j franc................................... 347
- Applications de la télégraphie sans fil, par P. Jégou. — 1 volume in-16 de 68 pages avec 18 ligures. — H. Desforges, éditeur, Paris. — Prix : broché, 1 fr. 5o........................ 347
- L’Aèi'onautique et l’aviation en 20 leçons,
- par H. de Grafflgny. — 1 volume in-i6 de 128 pages, avec 28 ligures. — P. Paclot, éditeur, Paris. — Prix :
- broché, 1 franc.........•................. 347
- Listes de volumes reçus [Supplément). 343, 377
- DIVERS
- ENSEIGNEMENT TECHNIQUE, ÉCOLES
- Remarques sur l’instruction scientifique de l’ingénieur et sur Vorganisation des écoles techniques supérieures allemandes. — ç. Bach. —Zeitschrift des Vereines deutscher Tngenieure, 24 février 1912.......................... 364
- Les Ingénieurs et la culture générale. n5
- L’annexe Diderot de \1’Institut èlectrotech-nique de Grenoble......................... 36;
- Liste des Ingénieurs diplômés de l'Ecole Supérieure d’Électricité.
- (Promotion 1911-1912)... .......... 3i5
- CONGRES, EXPOSITIONS
- XVIIe Congrès international de l’Union In-
- p.409 - vue 409/416
-
-
-
- 440 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Série). “7II* 39r.
- terna.Uon.ale de Tramway a et de Chemina de fer d’intérêt loçal. (Christiania, 2-5 Juillet
- 1912.)..................................... 4»
- Le IIe Congrès national du Froid. (23-25 septembre 1912)............-...........81, 274
- L’Électricité a l’Exposition Universelle de Gand en 1913. ......................... . . SJ»
- La galerie des merveilles à l’exposition de Turin................................. 273
- NECROLOGIE
- Henri Poincaré.......................... 99
- Notice biographique par A. Blondel.
- H.-F. Weber............ ..._____________ 177
- QUESTIONS DIVERSES
- La popularisation de l’électricité...... 47
- Ce que l’on fait en Allemagne et en Autriche (d’après L. Bernard, Elektrotechnik und M&schi-nenbau, 14 avril 1912 et Rosbnbcsch, Electro-teehnische Zeitschrift, 16 mai 1912).
- Le chauffage électrique des églises. — O.Bly. — Elektrotechnische Zeitschrift, i5 août 1912..... 337
- Le chauffage électrique dans les fabriques de lingerie et dans les blanchisseries- — W. Schulz. — Ilélios, i*r juillet 19.12...... . ... 397
- Une nouvelle application médicale de l’électricité...................................... ag&
- Scie pliantélAndrépour les électriciens. 348 Listes de brevets français {Supplément) z3, 57
- 87, 121, i5r, 279, 3r3, 343,. 407
- Listes de volumes reçus.
- Voir Bibliographie.
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Les lampes à filament étiré........... 274
- Variations du rayonnement de la lampe en quartz à vapeur de mercure avec le régime et la durée de fonctionnement. — A. Tian. — Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, 8 juillet 19E2.................................... 206
- Influence de la hauteur de s.uspension des lampes sur la valeur de l’éclairement. —
- B. Barrows. — Electrisai World, 23 mars 1912 et Electrician, mai 1912...................... 3oi
- L'électricité et T automobile {suite)- — A. Ber-
- thier............................... ......
- Différents procédés d’éclairage électrique.
- Développement de l’éclairage électrique des trains en Autriche. — F. Bach. — Elektrotechnik und Maschinenbau, 26 mai 1912,....... 77
- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- La fabrication du ferro-silicium à haute teneur au foür électrique. — W. Pick et W. Conrad. — Revue de Métallurgie, mai 1912.. 43
- Corrosion électrolytique du fer, sous l’influence du courant continu, dans le soqs-sol des villes. — F. Ganz. —Proceedings of the Ame-
- rican Institute of Electrical Engineers, juin 1912.. 172
- Effet êlectrolytique du courant électrique continu sur les cellules des plantes vivantes. — François- Kovessi. — Comptes rendus de l’Académie des Sciences, ier juillet 1912......... 141
- ÉLÉMENTS PRIMAIRES ET ACCUMULATEURS
- Sur les piles à sêlèniures. —H. Pélabon. — Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, 28 mai
- 912........................................ i4
- 1
- Les batteries de réserve de la filature de Kolbermoor.
- Yoir Usines génératrices.
- p.410 - vue 410/416
-
-
-
- 28 Septembre 1812. r LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE 4M.
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- L’interprétation et la validité des actes
- administratifs, — P. Bougault....... 142
- Diiflcultés relatives à l’expiration et au rachat des concessions d’énergie électrique. Arrêt du Conseil d’État du 1 <4 juin 1913. — P. Bougault........................... 208
- Refus par le consommateur de signer une police d’abonnement à la fourniture du cou-
- rant électrique. Arrêt de la Cour d’Appel de Caen du 1er juin 1913. — Jugement du tribunal civil de Draguignan................... 402
- Arrêté du 19 août 1913 du ministère du Travail et de la Prévoyance sociale concernant la sécurité des travailleurs et des établissements qui mettent en œuvre des courants électriques......................... 287
- MACHINES
- Sur la discussion de la commutation. — C. Menges.....;............................ 168
- Considérations sur le réglage de la vitesse des moteurs à courant continu au moyen d’une résistance montée en parallèle avec l’induit. — W. Lebnuuin. — Elektrotechnische Zeitschrift, 4 juillet 1912........................... 298
- L’équation des courbes en V représentée
- par la méthode des régions. — K. Simons. — Elektrotechnische Zeitschrift, 3o mai 1912......... 11
- Un alternateur à deux mille périodes. — W. Duddell. — Electrician, 26 avril 1912.......... 268
- Un nouvel atelier de la « General Electric C° Ltd ». ........................................ 148
- Fabrication des ventilateurs et petits moteurs.
- MESURES
- Des conditions d’emploi des compteurs électriques dans une distribution d’énergie et des essais à leur faire subir. — L. Barbillion. 145
- Dynamomètre André Wallon pour l'essai des machines électriques....... 216
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Le rapport du nombre des communications et des employés d’un bureau central téléphonique à la consommation de courant. — F.Am-brosius. — Elektrotechnische Zeitschrift, 25 juillet 1912....................................... 266
- Transmission des photographies et des images à distance système Marino. — A. Ma-
- Protection des lignes à courant faible contre la haute tension. — Girousse. — Communication présentée à la Société Internationale des Electriciens, juin 1912........................... 46
- La protection des 'lignes a courant faible contre les courants parasites. — M. Camille-rapp. Brevet belge n° 240845, demandé le 29 novembre 1911...................................... 178
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Sur rémission des ondes électromagnétiques par une antenne de télégraphie sans
- fil. — G. Gutton. ......................... ig5
- La priorité des antennes terrestres. — Zehn-der et Kiebitz.............................. 48
- Quelques expériences sur un système mixte
- de télégraphie avec fil et sans fil pour usages militaires. — O. Squier. — The Journal oflheFi an/din Institute, avril 1912................... 269
- Sur l’envoi de l’heure par signaux électriques et sur [un moyen de faire donner ces signaux par une horloge. — G. Blgourdan. —
- p.411 - vue 411/416
-
-
-
- 41 i
- LA LÜMIÊRÊ ÉLECTRIQUE T. XIX (2* Sérife). — H»39.
- Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, 8 juillet 1912................................. 336
- La télégraphie sans ûl en aéroplane. —
- Technique aéronautique, i5 août 1912...,.' 33g
- La conférence internationale de T. S. F. à Londres.................................... u5
- Convention radiographique internationale.................................... 275
- Règlement de service annexé à cette Convention.................................279, 3o3
- Organisation et durée du service des stations, rédaction, dépôt; taxation, perception des taxes
- des radiotélégrammes................ 279
- Transmission et remise des radiotélégrammes; radiotélégrammes spéciaux, archives, détaxes et remboursements, comptabilité, bureau international, dispositions diverses......... 3o3
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Sur la conductibilité de la vapeur de sodium. — I,. Dunoyer. — Comptes Rendus de V Acfidémie des Sciences, 8 juillet 1912........................ 206
- Sur la différence de potentiel au contact du verre et d’un électrolyte. — Ij. Riéty. — Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, 28 mai 1912.. 14
- Phénomènes photo-électrique s et absorption de la lumière. — G. Reboul. — Comptes rendus de l'Académie des Sciences, juillet 1912. 141
- DÉCHARGE
- Contribution à l’étude des décharges oscillantes. — G. Millochau. — Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, 8 juillet 1912......... 266
- Expression de la force qui s’exerce entre deux conducteurs électrisés. Sphère et plan.
- — A. Guillet et M. Aubert. — Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, 8 juillet 1912... 266
- Eclateur êlectromêtrique. — A. Guillet et M. Aubert. — Comptes Rendus de VAcadémie des Sciences, 16 juillet 1912................. 297
- Sur l’apparition de nouvelles raies dans un tube de Geissler à brome placé dans un champ magnétique. — G. RlbaUd. — Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, 29 avril 1912.... i3
- MATÉRIAUX ÉLECTROTECHNIQUES
- La synthèse du caoutchouc. — A.Troller. 291
- Sur les huiles de transformateurs....... 7
- Voir Chronique des stations centrales (Usines génératrices).
- TRACTION
- Chronique de la traction électrique. i63, 166
- I. — Les automotrices mixtes {Suite). — J. Si-
- mey.......................................... >63
- Système Pieper ; automotrices de Saint-Germain à Poissy (Le Génie Civil, 29 juin 1912).
- II. Les funiculaires électriques........... 166
- Comparaison des différents systèmes, d’après Zehnoer-Sporry. Zeitschrift des ôsterr. Ingénieur und Architekten Vereines, 7 juin 1912. 166
- Les moyens de transport en commun dans les villes modernes. — G. Cuvillier....... 323
- D’après les rapports de MM. Dausset et Kuiiles au Congrès international de Christiania; Schimpee, Elektrotechnisclie Zeitschrift, 3o mai 1912; Kemmann, Elektrisclie Kraftbetriebe und x Rahnen, 14 mai 1912. '
- Développement des villes et des moyens de transport; clientèle et conditions d’existence des
- services urbains de transports en commun; moyens d’améliorer leur situation.
- Traction par courant continu à 1 200
- volts....................................5o, 83
- Matériel Thomson-Houston. Lignes et équipements. Réseaux de Washington, Baltimore et
- Annapolis.............................. 5o
- Réseau de Milwaukee, d’Indianapolis-Louise-ville, etc................................. 83
- Les nouvelles locomotives monophasées des ateliers Oerlikon. — H. Behn-Eschenburg.
- — Elektrotechnisclie Zeitschrift, 7 mars 1912. 243
- La commande électrique des aiguillages.
- — J. Simey..................................... 35
- Installations Siemens et Halské, d’après Nie-man (Zeitschrift des Vereines deutscher Inge-nieure, 17 février 1912) et A. E. G.
- Quelques réflexions sur l’emploi de l’énergie
- p.412 - vue 412/416
-
-
-
- 28 Septembre 1912. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 5^;
- ut
- électrique pour la mise en action des engins mécaniques dans les gares, les dépôts, les ateliers, etc. —Revue Générale des Chemins de fer et des Tramways, mai 1912.................... 110
- DESCRIPTIONS D’iNSTALLATIONS
- Le métropolitain de Hambourg. — G. Cuvillier.... ............................67, 102, 131
- D’après W. Mattersdorff, Elektrotechnische Zeitschrift, juin 1912 ; Elektrotechnick und Mas-chinenbau, juin 1912. W. Stein, Zeitschrift des ester, Ingenieure und ArchitektenVereines,[etc. Historique; description; centrale...... 67
- Sous-stations, lignes . ,t............. 102
- Matériel d'exploitation; signalisation; dépôt et ateliers; tarifs.......................... i3t
- L’électrification des chemins de fer vici-cinaux de Budapest (à suivre). — J. Fischer de Tovaros......................................... 294
- L’électrification de la banlieue de l’Ouest
- Etat. — J. Reyval..........................25g, 355
- Données concernant la nouvelle automotrice..................................... 25g
- Principe de l'exploitation par zones.. 355
- L’électrification des chemins de fer de Rju-kanfos (à suivre). — F. Marguerre............... 387
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Le transport de force de Guayaquil.... 179
- Ensemble du projet. Centrale hydraulique. Sous-station du Récréo. Traversée du Rio Guayas.
- Résultats obtenus en Autriche avec les procédés économiques d’imprégnation des poteaux de lignes électriques. — R. Nowotny. — Elektrotechnik und Maschincnbuu, 23 juin 1912... 171
- Installation d’essais à très hautes tensions.............................121, i5i, 217
- Usine d’isolateurs de Fuisseaux (matériel des Ateliers de Constructions Electriques de Charle-roi); laboratoires d’essais.
- Les parafoudres électrolytiques........ i5
- Généralités; Action du parafoudre, analyse oscillographique ; principe et propriétés; description du type Thomson-Houston; conditions d'installation.
- Matériel exposé à Turin par la Société Industrielle des Téléphones................... 218
- USINES GÉNÉRATRICES
- Les forces hydroélectriques en France?Rap-
- port du ministère de l'Agriculture. 246
- La houille bleue. — J. Séverin........... 340
- Chronique des stations centrales : Sur les huiles de transformateurs. — A. Reisset. 7
- Essais des huiles, d'après P. Digby et B. Mel-lis (Journal of the Institution of Electrical Engi-neers, t. XLV, n°[202). Les dépôts d’huile, d’après D. Sïmons et N. Hooper (Electrical Review, 22 et 29 décembre 1911, i6vfévrier 1912).
- Chronique des usines centrales. — J. Reyval............................................. 227
- I. Rendement économique des. usines hydroélectriques; comparaison avec la vapeur (d’après R. Rinkel, Elektrotechnische Zeitschrift, 20 juin 1912).................:............227
- II. L es turbines à vapeur et leur emploi dans l’industrie (d’après P. Bergeon). Turbo-généra-
- teurs A. E. G........................... 233
- La combustion catalytique et ses applications industrielles. — A.'Berthier............ 236
- Historique. Applications nouvelles.
- Les accumulateurs de chaleur électriques. — A. Rittershausen. — Elektrotechnische Zeitschrift, 22 août 1912....................... 334
- Installations électriques des Charbonnages
- d’Ans et de Rocour.......................... 370
- Station centrale.
- L’installation électrique de distribution d’énergie et d’éclairage de la filature de coton de Kolbermoor. — H. Beckmann. — Elektrotechnische Zeitschrift, .4 juillet 1912.......163
- RENSEIGNEMENTS ÉCONOMIQUES ET COMMERCIAUX
- Etudes économiques : 26, 5g, 92, 125, 157,189, 220, 253, 3i6, 348, 379, 404
- Renseignements commerciaux : 27, 61, g3, 127, 158, 191, 221,254, 286, 317, 35o, 38i, 404
- Nouvelles Sociétés: 3o, 63,95, 128, i5g, 192,
- 223, 256, 288
- Adjudications : 3o. 63, g5, 128, 159, 192, 223, 256,
- 320, 352, 382, 4°b
- p.413 - vue 413/416
-
-
-
- 414
- LA LUMIÈRE ÊLECTRrQUÈ T. XIX (2« Série); N"‘s39;(
- TABLE DES AUTEURS
- A
- Ambrosius (F.). — Le rapport du nombre des communications et des employés d’un bureau central téléphonique à la consommation du courant......................- • 266
- Aübçrt (M.). — Voir Guillet (A.).
- B
- Bach (C.), — Remarques sur l'instruction scientifique de l’ingénieur et sur l’organisation des écoles techniques supérieures allemandes. . . . . . . 364
- Bach (F.). — Développement de l’éclairage électrique des trains en Autriche- ... 77
- Barbillion (L.). — Des conditions d’emploi des compteurs électriques dans une distribution d’énergie et des essais à
- leur faire subir........................145
- Barrows (E.). — Influence de la hauteur de suspension des lampes sur la valeur de l’éclairement......................... ... . 3oi
- Beckmann (H.). — L’installation électrique de distribution d’énergie et d’éclairage de la filature de coton de Kolbermoor. 363 Behn-Esciienburg (H.). — Les nouvelles locomotives monophasées des Ateliers
- Oerlikon........................... . 243
- Bergeon (P.).—Voir Reyvajl (J.) . ... 233
- Bernard (L.): —- La popularisation de l’électricité ........... 47
- Berthier (A.). — L’électricité et l’automobilisme {suite).........................72
- La combustion catalytique et ses
- applications industrielles..........236
- Bigourdan (J.). — Sur l’envoi de l’heure par signaux électriques et sur un moyen x de faire donner ces signaux par une horloge . . . . . . . .
- Blondel (A.). — Henri Poincaré.............
- Bougault (P.). -— L’interprétation et la validité des actes administratifs . . . .142
- Difficultés relatives à l’expiration et au rachat des concessions d’énergie électrique. — Arrêt du Conseil d’Etat
- du 14 juin 19x2................. . 208
- Refus par le consommateur de signer une police d’abonnement à la fourniture du courant électrique. Arrêt de la Cour d’Appel de Caen du t*1 juin 1910. ......... 402
- C
- Camillerapp (M.). — La protection des lignes à courant faible contre les courants parasites............................... . 178
- Conrad (W.). — Voir Piçic (W.).
- Cuvillier (G.). Le métropolitain de Hambourg............................67, 102, i3i
- Les moyens de transport en commun dans les villes modernes . . . 323
- D
- Dausset. — Voir Cuvillier (G.). .... 323
- Digbv (P.) et Mellis (B.). —Voir Reisset{A4. 7 Duddell (W.). — Un alternateur à deux mille
- périodes......................268
- Dunoyer (L.). — Sur la conductibilité de la
- vapeur de sodium ....... 206
- B
- Ely {O.). — Le chauffage électrique des églises. 337
- F
- Ferboux (G.). — L’électricité dans la marine
- de guerre. . . . . . . . . 3i3
- 336
- 99
- p.414 - vue 414/416
-
-
-
- . • - . , . . ••• . vn-: v. vv ' "’-T.
- 28 SeptemÉnHWfî, LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE -V” ^ U&
- Fischer de Tovaros (J.), — L’électrification des chemins (de fer vicinaux de Buda-
- pest. (A suivre.).....................294
- Freund (G.). — L’électricité au canal de
- Panama ..............................206
- G
- Ganz ^F.). — Corrosion éieetrolytîque du fer, sous l’influence du courant continu,
- dans le «ous-soi des Tilles..........172
- Girousse. — Protection des lignes à courant
- faible contre la haute tension. ... 46
- Guillet (A.) et Aubert (M.). — Expression de la force qui s’exerce entre deux conducteurs électrisés. Sphère et plan. 266 E'clateur électrométrique .... 297
- Gutton (C.). — Sur l’émission des ondes électromagnétiques par une antenne de télégraphie sans fil...........................ig5
- H
- "Hermanns. — Palans électriques...............119
- Henke (M.).— Dispositif d’avertissement et de sécurité pour chemins de fer des galeries de mines avec fil de contact. 3g6 Hooper (N.). — Voir Reisset (A.) .... 7
- K
- Kemmann. — Voir Cuvillier (G.)................323
- Kiebitz.—Voir Zehnder.
- Kovessi (F.). — Effet électrolytique du courant électrique continu sur les cellules des plantes vivantes.............................141
- L
- Lehmann (W.). — Considérations sur le réglage de la vitesse des moteurs à courant continuau moyen d’une résistance montée en parallèle avec l’induit .- . 298
- M
- Marguerre (F.). — L’électrification des chemins de fer de Rjukanfos. (A suivre). 387 Marino (A.). — Transmission des photogra-
- phies et des images à distance, système
- Marino............................... 261
- Mattersdorff (W.). — Voir Cuvillier (G.).
- . 67, 102, l3l
- Mellis (B.). —Voir Reisset'(A.).................. 7
- Menges (C.). — Sur la discussion de la commutation .......................................168
- Millochau (G.). — Contribution à l’étude des
- , décharge^ oscillantes ....*.. 266
- N
- Niemann. — Voir Simey (J.) ......................35
- Nowotny (R.). — Résultats obtenus en Autriche avec les procédés économiques d’imprégnation des poteaux de lignes électriques . . . 171
- P
- Pélabon (H.J. — Sur les piles à séléniures. . 14
- Plck (W.) et Conrad (W.). — La fabrication du ferro-silicium à haute teneur au
- four électrique.........................43
- Pieper. — Voir Simey (J.).......................i63
- H
- Reboul (G.). —Phénomènes photo-électriques
- et absorption de la lumière . . . . 141
- Reisset (A.). — Chronique des stations centrales : Sur les huiles des transformateurs ........................................... 7
- Sur l’avenir industriel de l’électro-
- aimant de levage".................... 200
- Chronique des applications mécaniques ; L’électricité et la commande
- des laminoirs...................359, 393
- Reyval (J.). — Chronique des usines centrales .........................................227
- L’électrification de la banlieue de
- l’Ouest-Etat....................25g, 355
- Ribaud (G.). —; Sur l’apparition de nouvelles raies dans un tube de Geissler à brome placé dans un champ magnétique . . i3
- Riéty (L.). — Sur la différence de potentiel au
- contact du verre et d’un électrolyte . 14
- Rinkel (R.). — Voir Reyval (J.)7 ... . 227
- p.415 - vue 415/416
-
-
-
- LA LUMlEttÊ ÉLECTRIQUE^; T.
- RittErshausen (A.). — Les accumulateurs de
- chaleur électriques. •. . . 334
- Rosenbusch. — La popularisation de l’électri-
- < cité.................................... 47
- S
- Schimpff. Voir Cuvillier (G.),* .... 3a3
- Schulz (W.). — Le chauffage électrique dans
- les fabriques de lingerie et dans les
- blanchisseries. .........................397
- Severin (J.). — La houille bleue................34o
- Simey (J.). — La commande électrique des aiguillages . 35
- Chronique de la traction électrique :
- I. — Les automotrices mixtes. . . i63 II. — Les funiculaires électriques. . 166
- Simons (K.). — L’équation des courbes en V représentée par la méthode des régions ..................................11
- Squjer (O.). — Quelques expériences sur un système mixte de télégraphie avec fil et sans fil pour usages militaires . . . 269 •
- Stein (W.). — Voir Cuvillier (G.). 67, 102, i3i
- Symons (D.). — Voir Reisset (A.). ... y
- T V:" ' • \
- Thieme (H.). —Treuils roulants à moteurs . 117
- Tian (A.). — Variations du rayonnement de la lampe en quàrtz à vapeur de mercure avec le régime et la durée du
- . fonctionnement..................- . 206
- Troller (A.). — La synthèse du caoutchouc . 29*
- Wallon (A.). — Dynamomètre pour l’essai
- des machines électriques. . . . . 216
- Z
- Zehnder et Kiebitz. — La priorité des antennes terrestres....................4®
- Zehnder-Spôrry.—Voir Simey (J.) . . . 166
- paris,
- Imprimerie levé, 17, rue cassette.
- L<s Gérant : J.-B.Nobbt.
- p.416 - vue 416/416
-
-