La Lumière électrique
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- La Lumière Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
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- Lumière Électrique
- Précédemment
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- I/Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- --. Cr-^S-G
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. D’ARSONVAL • A. BLONDEL Eric GERARD M.LEBLANC
- PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE, INGEN. EN CHEF DES PONTS ET CHAUSSÉES, DIRECTEUR DE L’iNSTITUT ANCIEN PROFESSEUR A
- MEMBRE DE L’iNSTITUT Pr A L’ÉCOLE DES PONTS ET CHAUSSÉES ÉLECTROTECHNIQUE MONTEFIORE i/ÉCOLE SUPÉRIEURE DES MINES
- G. LIPPMANN D. MONNIER H. POINCARÉ + A. WITZ
- PROFESSEUR A LA SORBONNE, PROFESSEUR A L’ÉCOLE CENTRALE MEMBRE DE L’ACADEMIE DES SCIENCES Du DE LA FACULTÉ LIBRE DES SCIENCES MEMBRE DE L’iNSTITUT DES ARTS ET MANUFACTURES * ET DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE DE LILLE, MEMBRE CORR1 DE L’iNSTITUT
- VWWVA/WWWVW
- TOME XXI (a* Série)
- Ier TRIMESTRE I 9 I 3
- ADMINISTRATION et RÉDACTION
- 142, rue DE RENNES, 142
- PARIS, VIe
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- Trente-cinquième année. SAMEDI 4 JANVIER 1913. Tome XXI (3* série). — N' 1
- La
- Lumière Électrique
- SOMMAIRE
- EDITORIAL........................
- Théories et généralités :
- Maurice .Leblanc. — Etude sur la réalisation des grandes vitesses angulaires
- (suite).............................
- R. Châssériaud. — L’avenir de l’électricité. Consultation deM. A. Blondel.
- Chronique Industrielle et Financière
- Etudes Economiques..................
- Renseignements Commerciaux..........
- Adjudications.......................
- Extraits dë publications :
- Arcs et lampes électriques et photométrie.
- Sur l’emploi des ‘ sources lumineuses intensives et en particulier des lampes triphasées. — W. SoHAFFER...................................
- Divers.
- Les avertisseurs d’incendie électriques. — W. Fellenberg....................................
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- ........................................ 82
- EDITORIAL
- Nous continuons aujourd’hui le développement du bel exposé de M. Maurice Leblanc sur la réalisation des grandes vitesses angulaires.
- Rappelons que, dans son premier article, notre éminent collaborateur avait posé les conditions générales du problème, et conclu qu’on devait imposer, à l’arbre du rotor à grande vitesse, le moins possible de contraintes extérieures.
- Daus l’article suivant, publié dans notre dernier numéro, M. Maurice Leblanc examinait les dispositions qui permettent de supprimer ces contraintes, et par suite de laisser le rotor à grande vitesse choisir lui-même son axe de rotation. A ce propos, la théorie de l’arbre flexible était entièrement reprise et aboutissait à des résultats nouveaux.
- Si maintenant le rotor continue à être supporté par deux coussinets, et que l’arbre
- de transmission qui doit lui transmettre un couple, n’ait plus à le soutenir, cet arbre prendra le nom de joint flexible.
- La théorie du joint flexible diffère de celle de l’arbre flexible en ce que le système dont la « vitesse critique » doit entrer en ligne de compte est plus complexe, et comprend : le rotor, l’arbre flexible et les ressorts de suspension. Une analyse supplémentaire montre d’ailleurs qu’il y a intérêt à employer un joint flexible et non un arbre flexible.
- Ceci posé, M. Maurice Leblanc décrit les dispositions pratiques qu’il a réalisées : nous entrons ainsi dans la partie purement expérimentale et industrielle de cette étude, qui se poursuivra par l’examen des systèmes d’équilibrage automatique.
- Dans notre enquête sur Xavenir de l'électricité, o\\ ne s’étonnera pas que nous atten-
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- T. XXI (2e Série). — N° 4.
- (lions deM. A. Blondel, un exposé d’une ampleur particulière. Notre éminent collaborateur a bien voulu répondre à notre appel et c’est cette belle consultation que nous avons l’heureuse fortune de mettre sous les yeux de nos lecteurs au début de l’année nouvelle : c’est sans doute d’excellent augure.
- Parmi les personnalités que nous avions déjà consultées, beaucoup ont été pessimistes: on verra que M. A. Blondel ne l’est pas. On trouvera aujourd’hui le résumé des indications données par M. A. Blondel sur les problèmes généraux de'l’électricité, sur les machines et sur les distributions, à propos desquelles sont émises des vues grandioses que personne n’était mieux qualifié po\ir proposer aujourd’hui à l’imagination des électriciens, et demain, à l’effort de leurs héritiers. Dans une seconde partie, il s’agira de l’électrochimie, de l’éclairage, de la radioélectricité et des questions d’enseignement.
- M. W. Fellenberg signale des dispositifs ingénieux cl’avertisseurs électriques d'incen-clie; ces dispositifs sont à la fois optiques et acoustiques. Longtemps les avertisseurs établis dans les habitations ou les usines, électro-vigiles, thermo-révélateurs, etc., ont signalé automatiquement l’incendie dans l’éclifice même où le feu se déclarait. Aux avertisseurs suppléant, par l’accroissement même de la température développée par le feu, à la vigilance humaine, on préfère souvent de simples annonciations mettant en action une sonnerie d’alarme.
- L’emploi du télégraphe électrique d’incendie a rendu des servicés importants. Un rapport officiel de 1877 montre qu’à Saint-Louis, l’économie réalisée par le système télégraphique d’incendie était déjà d’environ 55o 000 dollars par an.
- Vers i885, on admit, comme une absolue nécessité, de réunir directement les postes automatiques au poste de secours.
- Mais, quel que lût le dispositif adopté, le problème n’était pas complètement résolu; on pouvait toujours craindre un dérange-
- ment des lignes empêchant l’appel d’être entendu, ou la rupture d’un fil, ou une mise à la terre accidentelle, sans que le poste central en eût connaissance. Ces difficultés, certainement délicates à surmonter, sont évitées par les intéressants schémas que nous montre M. Fellenberg. L’importance pratique de son exposé n’échappera à personne, parce qu’on sait combien le moindre retard dans l’appel au secours, en cas d’incendie, peut avoir de graves conséquences.
- L'emploi des sources lumineuses intenses et leurs modes de distribution sont des problèmes encore très discutés. M. Schàffer répond à cette]question par des considérations sur l’action ^physiologique delà lumière. Ce qui importe, c’est d’obtenir une répartition de l’éclairement aussi uniforme que possible.
- L’auteur préconise l’emploi de lampes triphasées dont le vacillement est très faible, même sous une fréquence faible; il paraît qu’on peut utiliser ces lampes sans fatiguer la vue même sur une distribution à la fréquence de 18 périodes par seconde.
- Il est très intéressant de pouvoir obtenir un éclairage convenable en utilisant des réseaux de fréquence 25 ou même i5. Les fréquences basses permettent un couplage facile des alternateurs et une marche plus silencieuse des lampes à arc. L’économie qu’on peut réaliser en utilisant des lampes triphasées de grande intensité (12 000 Hefners, par exemple) peut être très sensible.
- Avec des charbons de 12 millimètres dans des lampes triphasées, l’économie d’énergie électrique est, selon l’auteur, de 33,5 %, et les frais d’entretien sont de 80 % moins élevés que pour des lampes à deux charbons. Il serait utile que les constructeurs français de lampes à arc et les exploitants de réseaux d’éclairage apportent leur contribution à l’étude de cette question. La Lumière Electrique accueillera volontiers les communications des « praticiens », lorsque de nouvelles expériences comparatives auront été faites.
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- ÉTUDE SUR LA RÉALISATION DES GRANDES VITESSES ANGULAIRES (Suitef*
- JOINT I’LEXIBLE
- En soutenant le rotor avec deux coussinets suspendus eux-mêmespar des ressorts, nous supprimons l’action du poids du rotor, mais nous n’en avons pas tenu compte dans ce qui précède.
- Nous pourrons donc répéter, à propos du joint flexible, tout ce que nous avons dit au sujet de l’arbre flexible. Seulement la vitesse critique w, au lieu d’être celle du système constitué parle rotor et l’arbre flexible, sera celle du système constitué par le rotor, l’arbre flexible et les ressorts de suspension.
- Y a-t-il lieu d’employer un arbre ou un joint flexibles ? C’est-à-dire convient-il de soutenir le rotor avec deux coussinets librement suspendus, pendant qu’on lui transmet un couple avec un arbre flexible. Nous pensons que oui et voici pourquoi :
- i° S’il s’agit d’une machine à axe horizontal, ce qui est le cas le plus fréquent, même le rotor parfaitement équilibré, l’axe neutre de l’arbre subira une déformation permanente, sous l’influence du poids du rotor et le métal devra se contracter et se dilater successivement à chaque tour. Ce sera une cause de fatigue et de vieillissement rapide, qu’on évitera en suspendant l’arbre. Lorsque l’équilibrage sera parfait, son axe neutre pourra demeurer rectiligne, les ressorts de suspension conservant une flèche constante et ne vibrant pas.
- Nous chercherons à rendre très basse la vitesse critique w, parce que la décomposition de vitesse Q de l’arbre, en vitesse de rotation Q — a et vitesse de précession a, ne peut s’effectuer qu’au-dessus de la vitesse critique. On profitera de ce que le rotor sera suspendu pour rendre l’arbre très souple.
- 3° Comme nous l’avons vu plus haut, il se peut qu’il faille augmenter artificiellement les forces amortissantes.
- Or, le seul moyen pratique de produire un amortissement artificiel est de disposer aux extrémités du rotor deux coussinets qu’on empêche
- de tourner, mais qui peuvent se déplacer avec l’arbre, et sur lesquels'on fait agir des freins à huile.
- 4° On aura un moyen simple de franchir la vitesse critique w en calant les coussinets, jusqu’à ce que le rotor ait acquis une vitesse assez élevée, pour que le régime soit, de nouveau, stable. Si elle est néanmoins suffisamment basse, cela ne fatiguera pas les portées du rotor. Ce procédé nous a donné des résultats excellents. Notre appareil d’essai qui tourne à 3o ooo tours par minute est ainsi aménagé. Il est impossible de percevoir la moindre vibration pendant la mise en route ou l’arrêt. Mais si l’on ne cale pas les coussinets, il y a des vibrations très dangereuses, entre les vitesses de 3 ooo et 4 ooo tours par minute.
- 11 y a toutefois une limite à la souplesse qu’on peut donner au joint flexible en cherchant à abaisser la vitesse w. 11 faut que la première vitesse critique propre de l’arbre qui le constitue soit supérieure à la vitesse normale de marche, sans quoi il s’arquerait, comme il est représenté sur la figure 18, en prenant point d’appui sur les deux coussinets qui le termineraient, lorsqu’il passeraitparsavitesse critique propre, etpourrait se rompre, si l’accélération n’était pas très grande à ce moment.
- Nous allons rechercher si cette condition ne nous conduit pas à rendre l’arbre trop raide et à trop relever la vitesse critique du rotor.
- Considérons-le, par prudence, comme reposant librement sur deux points d’appui. Soient I le moment d’inertie de sa section, E le coefficient d’élasticité de son métal, m sa masse par unité de longueur, i sa longueur totale, et tùc sa première vitesse critique propre. Elle a pour expression, d’après Stodola,
- ic* /ÎË
- ^e—Tï\ —
- l2 y m
- Si c’est un arbre plein en acier, de section circulaire constante, et si nous désignons par d son diamètre, nous aurons, en prenant comme unités
- 0) Lumière Electrique, xi et a8déc. 1912, p.'355et387.
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- le mètre, la seconde et le kilogramme-force,
- , « 7800 (P
- I = — di, E — 20. io9, M = ----------- t. —,
- 6/, ’ ’ g 4
- d’où
- „ d
- tùe = 12 38o —.
- Proposons-nous de faire en sorte que la vitesse critique soit de 45 000 tours par minute, la vitesse normale devant être de 3o 000 tours. La vitesse angulaire wc devra être égale à
- 45 000
- = —x— x 21c = 4 710,
- d’où
- 60
- ^ = o,38i.
- La plus grande puissance, que nous ayons à'
- transmettre à la vitesse de 3o 000 tours par minute, sera de 75 chevaux environ,, soit de 5 625 kilogrammètres par seconde. Le couple correspondant sera égal à
- 5 625 2it X 5oo
- = i,785.
- Si nous désignons par CH la contrainte maxima subie parle métal travaillantàlatorsion, par 1,, le moment d’inertie polaire de sa section, et par v la distance de la fibre la plus fatiguée à l’axe neutre, nous avons la relation
- C = CH
- I,
- et pour un cercle de rayon r, nous avons X I,
- ZJi
- v
- TU"
- 2
- d’où
- 1,785 rr: (Jl
- IC/"
- Faisons travailler l’acier au cisaillement à raison de 8 kilogrammes par millimètre carré, ce qui est un taux peu élevé, si l’on se sert d’acier au nickel. Nous devrons faire CH — 8 io6.
- Nous en tirons
- 7‘=o,oo522; d— 0,01144.
- La formule ^ P
- o,381 nous donne alors
- 1 = 0,173. Ainsi, il conviendrait de donner à notre arbre un diamètre de 11,44 millimètres et une longueur de 173 millimètres. Cherchons quelle serait sa flexibilité.
- Pour nous mettre dans les conditions les plus défavorables, nous supposerons qu’il se comporte comme s’il était encastré à ses deux extrémités et que les tangentes à son axe neutre, aux
- Fig- 19-
- deux points d’encastrement, soient assujetties à demeurer parallèles (fig. 19).
- La flèche/‘qu’il prend, sous une charge P, a pour expression
- _P P ' El 24'
- En effectuant les calculs, nous trouvons que la charge P nécessaire pour le faire fléchir de 1 millimètre est de 77 kilogrammes.
- La valeur à attribuer à la quantité M, dans le calcul de la vitesse critique, pour un rotor de 75 chevaux, ne sera pas inférieure à 20 kilogrammes-masse.
- Nous aurions donc, en conservant les mêmes unités que précédemment,
- a = 77 000
- M =
- 20
- La vitesse critique du rotor w
- / M
- = V T
- serait
- égale à 195, ce qui correspondrait à une vitesse de 1860 tours par minute.
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- La vitesse critique réelle serait plus élevée, parce qu’il faudrait tenir compte aussi de l’élasticité des ressorts de suspension, mais ceux-ci pouvant être rendus très souples, on conçoit que cette vitesse sera toujours petite, par rapport à la vitesse normale de marche. Il n’y aura donc aucun inconvénient à caler les coussinets, jusqu'à ce qu’elle soit notablement dépassée.
- En pratique, on peut faire que cette vitesse
- critique ne soit que le — de la vitesse normale
- io
- de marche. Dans ces conditions, les portées suspendues du rotor, bien qu’elles doivent être courtes et de petit diamètre, comme nous l’avons dit au début, n’auront pas à supporter de trop vives réactions, lorsqu’on calera leurs coussinets.
- Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu d’employer un joint flexible et non un arbre flexible. Il ne sera pas déformé par le poids du rotor. Il ne le sera pas non plus, au momenfde son passage par la vitesse critique w, si Ton cale ses coussinets à ce moment. Il ne reste plus qu’à très bien équilibrer le rotor, pour que les vibrations du joint et des ressorts de suspension deviennent imperceptibles. Cela fait, ils pourront durer presque indéfiniment.
- Dispositions pratiques. — Après divers essais, nous sommes parvenus aux dispositions suivantes (fig. 20) (*) :
- Le rotor A muni d’équilibreurs automatiques, dont on voit l’un en B, est terminé par deux portées, dont Tune est figurée en C, très courtes et de petit diamètre. Chacune d’elles repose sur un coussinet D aussi léger que possible et surmonté d’une pièce de suspension E, en aluminium, qui s’appuie sur des rondelles en caoutchouc F. Celles-ci ne travaillant qu’à la compression ne peuvent se rompre. On peut les remplacer très rapidement lorsqu’elles deviennent dures.
- Un tube G amène l’huile de graissage dans la pièce de suspension E, d’où elle arrive au centre du coussinet par un trou II.
- Sur la surface du coussinet sont tracées deux rainures hélicoïdales tournant Tune à gauche et
- (') foule la partie expérimentale de cette étude a été faite dans l’usine du Havre de la Société Anonyme Westinghouse, par [les soins de M. Buss, ingénieur en chef de cette société et notre dévoué et habile collaborateur.
- l’autre à droite. Elles partent du trou II et débouchent à l’extérieur. L’huile entraînée par la rotation de la portée les parcourt en lubrifiant celle-ci et est finalement recueillie dans deux coquilles I et J, qui communiquent avec l'entrée K d’une conduite de retour.
- Grâce à ces dispositions la portée peut se déplacer comme elle le veut, tout en continuant à être lubrifiée et en n’ayant à surmonter que les faibles efforts nécessaires pour déformer les rondelles en caoutchouc et vaincre l’inertie du coussinet et de la suspension E.
- Sur la figure ai on voit le dispositif quisertà ramener Taxe du coussinet dans Taxe du rotor et à le caler, au moment du passage par la vitesse critique.
- Fig. 20.
- Cette figure représente une portion de coupe perpendiculaire à Taxe de la machine, passant par le milieu du coussinet.
- Sur celui-ci s’appuient deux petits rabots de frein Ç, Ç en fibre, portés par des ressorts vj, Y) ayant reçu une forte bande initiale et qui tendent à appuyer les rabots contre les coussinets.
- Lorsque le coussinet est dans sa position de repos, ces bandes initiales s’équilibrent sur lui; mais dès'que ses oscillations atteignent une am-
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- plitude appréciable, l’un ou l’autre des ressorts vient s’appuyer contre l’une des butées 6, 0, portées par la pièce s. 11 cesse en même temps de s’appuyer contre le coussinet, qui ne peut continuer à se déplacer sans avoir à surmonter la bande initiale de l’autre ressort, ce qui l’arrête dans son mouvement.
- Pour caler le coussinet, il suffit de manœuvrer l’excentrique x monté sur un axe fixe X, en relevant la manette |x. On applique ainsi l’un des ressorts oontre sa butée 0 et l’autre ressort serre le coussinet, entre les deux sabots Ç, Ç avec toute sa bande initiale. Cela suffit pour immobiliser le coussinet, pendant le passage par la vitesse critique. Une fois celle-ci dépassée, on rabaisse la manette ;x.
- Sur notre appareil d’essai, qui était conduit par, un engrenage de turbine de Laval, employé comme multiplicateur et actionné par une dynamo, nous n’avons pas rendu automatique la manœuvre de la manette [x, parce que nous ne disposions pas de tacliymètre. Cela ne présenterait d’ailleurs aucune complication, la machine devant être le plus souvent munie d’un régulateur de vitesse, dont le tachymètre pourrait servir aussi à actionner cette manette, ou tout dispositif équivalant à celui représenté sur la figure 21.
- Sur la figure 20, nous avons supposé l’arbre continué par un joint flexible L, qui aboutit à un arbre M tournant autour d’un axe invariable et auquel il est relié par un emmanchement carré. Le coussinet D est glissé dessus et une pièce rapportée et vissée v l’empêche de se déplacer le long de lui.
- Si le rotor comporte à la fois l’appareil moteur et l’appareil mû, la disposition employée demeure la même. Seul l’arbre flexible L disparait.
- Pour les turbines et les compresseurs, nous avons essayé de remplacer le presse-étoupes par la disposition suivante (fig. 20) :
- Une bague en ébonite très légère Q repose sur l’arbre. Elle est reliée à deux pièces de révolution E, en caoutchouc armé avec des fibres végétales, fixées comme on le voit en S sur la figure. Elles sont assez souples pour permettre à la bague Q de suivre tous les mouvements de l’arbre, sans lui opposer de résistance appréciable. Elles sont suffisamment armées pour poùivoir supporter la différence des pressions pt et p2 qui s’exercent sur leurs faces extrêmes.
- Pour éviter tout écoulement de gaz de l’intérieur du stator vers l’atmosphère, ou réciproquement, entre la bague Q et l’arbre, nous faisons arriver entre les deux pièces R, R de l’eau
- sous une pression p supérieure à la plus grande des pressions p, et p2. Elle arrive par un canal T dont l’entrée, située sur le côté du stator, ne se voit pas sur la figure. Elle pénètre entre la bague Q et l’arbre par des trous U et s’écoule des deux côtés, en fermant complètement le passage aux gaz.
- Celle qui s’écoule vers l’extérieur tombe dans une coquille V, qui communique avec un bassin W, et une conduite de décharge X. Une rondelle en fibre Y montée à frottement doux sur l’arbre et appliquée contre la paroi de la coquille Y empêche l’eau d’arriver dans la coquille J, où afflue l’huile. L’arbre creuse son logement dans la rondelle Y, jusqu’à ce qu’il tourne au milieu d’elle sans la toucher, et elle reste appliquée contre la paroi de la coquille Y, par la pression de l’eau projetée contre elle.
- L’eau, qui s’écoule vers l’intérieur du stator, arrive dans une chambre Z munie d’une conduite de décharge a aboutissant à un orifice fi.
- Si la pression p2. est supérieure à la pression atmosphérique, l’orifice p sert de point de départ à une conduite aboutissant à une capacité close et munie d’un purgeur automatique.
- Si la pression p2 est inférieure à la pression
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- atmosphérique, presque toujours la machine est munie d’un condenseur où l’on fait aboutir la conduite de décharge. Si la pression p2 est inférieure à celle du condenseur, on dispose la machine à une hauteur suffisante, au-dessus du condenseur, pour que l’eau puisse s’y rendre néanmoins.
- S’il n’y avait pas de condenseur, on devrait ajouter à la machine une petite pompe d’extraction, pour extraire l’eau de la chambre Z.
- Enfin, pour empêcher l’eau de passer de la chambre Z dans l’intérieur du stator, nous disposons un ou plusieurs chasse-eaux, à forces centrifuges tels que ceux représentés en y, Y sur la figure.
- Noua achevons de garantir l’entrée de l’intérieur du stator au moyen de chicanes, formant parapluies, telles que celles représentées en S, S.
- Le système de suspension de l’arbre, le joint flexible et le procédé employé pour franchir la vitesse critique w fonctionnent très bien et aucune pièce ne se fatigue.
- Quant au dispositif destiné à empêcher les rentrées d’air, lorsqu’on fait le vide dans la machine, comme c’était le cas dans nos essais, nous en sommes moins satisfait. L’eau chargée d’air donne naissance à de véritables bulles de savon, en arrivant dans le vide, et occupe un très grand volume. Bien que nons ayons donné une grande capacité à la chambre Z et une large section aux conduites qui la réliaient au condenseur, et malgré la présence des chicanes S, nous n’avons pas pu empêcher des rentrées d’eau dans la machine. C’est un inconvénient grave pour ses aubes ou pour ses ailettes, qui doivent être animées d’une vitesse de plusieurs centaines de mètres par seconde.
- Aussi, nous proposons-nous de remplacer désormais l’eau par de la vapeur, qui ne pourra que se surchauffer en pénétrant dans l’appareil. Cela nous conduira à substituer à nos bagues en ébonite des labyrinthes ou, de préférence, des bagues en charbon, comme le fait Rateau.
- (A suivre.)
- Maurice Leblanc.
- L’AVENIR DE L’ÉLECTRICITÉ
- M. A. BLONDEL
- Sous réserve de quelques communications qui peuvent encore nous parvenir, c’est par la magistrale consultation suivante, de M. A. Blondel, que nous clôturerons notre enquête. Les lignes qu’on va lire résument des entretiens portant, comme nous l’avions demandé à notre éminent interlocuteur, sur la plupart des questions électrotechniques actuelles :
- Le problème capital, qui se pose toujours pour la génération de l’électricité, est de transformer directement l’énergie latente du charbon en énergie électrique sans passer par l’intermédiaire de la vapeur. La solution de ce problème préviendrait le gaspillage exagéré de matières combustibles qui a actuel-
- lement cours : comme on le sait, en effet, les rendements thermique et mécanique atteints aujourd’hui sont excessivement bas : 4 % pour la machine à vapeur, ia % pour la machine à gaz, 3o % pour le Diesel. Il est temps de pousser à cet égard un cri d’alarme, étant donné surtout qu’il s’agit d’un fait absolument général.
- C’est ainsi qu’on doit voir avec appréhension l’utilisation grandissante du pétrole, dont les ressources naturelles sont limitées, notamment pour les navires (‘).
- (') Les gouvernements qui ont su conclure des accords internationaux pour la protection des propriétés littéraire et artistique et pour une protection, d’ailleurs bien incomplète, de la propriété industrielle, devraient bien entreprendre de limiter, par des accords, le gaspillage du charbon et du pétrole qui se fait actuellement au détriment des générations futures pour l’augmentation,
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- Dès maintenant, il serait à souhaiter que les sociétés savantes missent au concours le problème de l’utilisation directe du charbon, qui ménagerait un peu mieux nos-réserves de houille et permettrait de tirer parti des charbons maigres et de mauvaise qualité. Il y a, dans l’utilisation de ces charbons de seconde qualité, la source d’importantes économies; une bonne solution se trouverait dans l’alimentation combinée d’une même ligne électrique par des mines et des chutes d’eau ; on peut citer, par exemple, nos chemins de fer P.-L.-M. qui seraient alimentés à la fois par les chutes du Rhône et les mines de Blanzy.
- MACHINES
- Dans la construction des machines électriques, il n’est pas dit que nous soyons parvenus si près des limites extrêmes du perfectionnement possible qu’on est tenté de le croire. La découverte de tôles ayant des propriétés nouvelles peut encore exercer une grande influence, peut-être aussi l’introduction de l’aluminium dans la construction.
- Un des problèmes les plus intéressants que l’on envisage actuellement est la réalisation des grandes vitesses de rotation. M. Maurice Leblanc quia déjà révolutionné, dans ces dernières années, la technique des condenseurs à vapeur et celle des machines à glace, a émis sur ce point de vue des idées extrêmement originales dont il a entrepris la réalisation par des moyens d’une rare ingéniosité; on peut s’attendre encore, de sa part, à de remarquables découvertes dans ce nouveau champ de recherches.
- Il resterait ensuite à résoudre le problème de la captation économique dés courants des machines unipolaires, problème qui n’est peut-être pas sans espoir et dont la solution révolutionnerait la technique des machines à courant continu. Il n’est pas certain d’ail-
- peu intéressante en elle-même, et peut-être dangereuse pour les voyageurs, de la vitesse des navires ; il n’est pas rationnel, non plus, de gaspiller le précieux pétrole pour le chauffage des navires de guerre; mais tout cela nous écarterait un peu du sujet. _
- leurs que, même avec l’emploi du collecteur, ces machines ne soient pas susceptibles d’importants perfectionnements, notamment pour la production de plus hautes tensions. Gomme on le dira plus loin, la solution de ce problème aurait de grandes conséquences pour la traction électriq.ue.
- DISTRIBUTIONS
- De plus en plus, on abordera les hautes tensions, supérieures à iooooo volts; il sera intéressant de voir ce qu’elles donneraient dans notre pays (où l’atmosphère est sensiblement plus humide qu’aux États-Unis), et de comparer les frais d’exploitation avec ceux des distributions américaines.
- Malheureusement, si les hautes tensions ne présentent plus aucune difficulté bien notable au point de vue de la construction des machines et des transformateurs, elles entraînent de grandes complications et de grandes dépenses .d’appareillage ; les difficultés de la manipulation des courants â haute tension n’ont pu être résolues que par l’emploi d’isolants liquides, tels que le pétrole, dont l’accumulation entraîne de grands dangers, et la masse nécessaire de ce liquide croît rapidement avec la tension; c’est par centaines de tonnes de pétrole qu’il faut compter les quantités nécessaires pour une usine à jooooo volts, et les mêmes difficultés se représentent dans toutes les sous*-stations.
- Un grand progrès, en ce qui concerne les distributions à courant alternatif, consisterait donc à réduire l’emploi de pétrole, nécessaire pour les interrupteurs, qui est actuellement une cause d’incendie des plus redoutables et qui présente de grandes difficultés d’emmagasinement.
- A ce point de vue, on rie peut nier que le système à courant continu série ne présente l’avantage d’une grande simplification en réduisant l’emploi du pétrole et l’appareillage»
- En France, on aperçoit, à part le projet
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- du Rhône-Paris, peu de concentration de grandes puissances.
- C’est qu’en effet, les chutes élevees sur des cours d’eau de grand débit se rencontrent peu dans nos montagnes, et rares sont celles dont on peut régulariser le débit de manière que le débit caractéristique d’étiage ne soit pas une trop faible fraction du débit moyen. Il y a là, à ce point de vue, grand intérêt à combiner une chute d’eau de régime glacier avec une chute d’eau de régime pluvial, car en général leurs étiages ne se produisent pas aux mêmes époques.
- Il est donc, d’autant plus intéressant de faire des essais de marche en parallèle dé différentes usines. Jusqu’à présent les tentatives que l’on a faites dans ce sens n’ont pas abouti à des mises au point définitives ; on n’a jamais obtenu de fonctionnement vraiment satisfaisant et suffisamment automatique. Dans cet ordre d’idées, il est très intéressant de mentionner l’installation faite avec succès au Binnen Canal, en Suisse : deux stations génératrices asynchrones y ont été mises en parallèle avec des stations génératrices synchrones. C’est un exemple intéressant d’auto-régulation du synchronisme et de la tension entre les usines, exemple qui mérite d’être suivi en grand.
- Quant à l’utilisation des chutes d’eau, elle paraît appelée à subir prochainement un temps d’arrêt, par suite de l’extrême abaissement du prix de revient de la puissance fournie par les machines thermiques au fur et à mesure que. se généralise l’emploi du charbon pauvre.
- Dans ces conditions, ce sont seulement les chutes d’eau puissantes hautes et pourvues de bassins de régulation, qui peuvent soutenir avantageusement la lutte (*). Quant aux
- () Il est d'autant plus important de procéder à une mise en valeur rationnelle de nos chutes d’eau, que le prix de la houille va et ira toujours en augmentant par suite de l’épuisement des gîtes et du prix de la main-d’œuvre; les régions à énergie électrique et économique ont donc pour elles l’avenir. Autrefois, les grandes régions de civilisation étaient déterminées par les grands
- chutes basses, leur avenir .est très limité.
- Il est essentiel par conséquent, dans tout ce qui concerne la mise en œuvre des chutes d’eau, d’aller d’une manière prudente, et progressive, en accroissant graduellement leur équipement selon les besoins de la/ consommation. Il est très remarquable, en effet, qu’il se produise dans certaines régions ce phénomène que l’on n’aurait pas prévu il y a quelques années : les moyens de production croissent plus vite que les besoins de la consommation. Cette situation se trouve encore accentuée par la généralisation de l’emploi de lampes à filaments métalliques, qui ont vite fait de saturer une région au point de vue de la demande d’éclairage. De plus en plus, les usines électriques seront donc conduites à porter leur attention sur le développement des débouchés en force motrice plutôt qu’en lumière. Encore doit-on considé-,rer ici la concurrence faite aux centrales électriques, par l’emploi du gaz pauvre surplace, qui livre l’énergie à plus bas prix que l’électricité. Il est vrai que l’électricité garde l’avantage d’une moindre complication, à la condition, bien entendu, qu’une exploitation sans incidents ni pannes soit assurée.
- En somme, on peut dire que l’avenir des
- marchés ou par les grands centres de production qui s’établissaient au voisinage des cours d’eau; les voies romaines ont provoqué une nouvelle distribution de ces régions ; les chemins de fer ont agi de même ; leurs grandes bifurcations, dont l’emplacement est déterminé-par des considérations géographiques, tendent à devenir de grands centres de civilisation. Désormais, ceux-ci pourront être attirés dans une large mesure par le bas prix de l’énergie; les régions avoisinant les houillères, d’où rayonneront de grandes distributions électriques, verront leur prospérité s’accroître ; il en sera dejuème et d’une manière plus durable, des régions voisines des grandes chutes hydro-électriques; c’est ainsi que la vallée du Rhône reprendra son importance ancienne. Recevant des Alpes, et au besoin de quelques chutes d’eau bien ménagées sur le cours du fleuve, l’énergie nécessaire pour le pompage et l’irrigation, elle sera un centre de grande richesse agricole; elle pourra être également un centre de grande puissance industrielle. Une autre région, qui devient déjà remarquable à ce point de vue, est la région du Centre de la France, qui reçoit l’énergie, non seulement des chutes d’eau du Plateau Central, mais encore des Alpes.
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- grandes distributions d’énergie électrique est liée à la solution qui sera donnée au problème de la sécurité. De grands progrès ont été faits à ce point de vue en Amérique, notamment par le système de mise à la terre automatique Creighton. Les hautes tensions présentent l’avantage de fournir une solution radicale du problème, en le supprimant : c’est là un motif de plus à invoquer en leur faveur.
- Les câbles souterrains, malgré.leurs grands progrès, conviennent mal pour le transport du courant alternatif à haute tension en rai-son des phénomènes de capacité qui interviennent. On peut éliminer ces phénomènes par des selfs inductions distribuées, mais le prix de revient pour les hautes tensions est alors considérable, et il peut se produire des phénomènes de résonance locaux fort gênants.
- Donc, le câble à haute tension à courant continu aura le plus grand avenir, lorsque la machine à courant continu sera construite pour de grandes puissances : Thury a réalisé de grands progrès à cet égard, mais il reste encore mieux à faire. Le domaine des câbles reste encore limité à la pénétration dans les villes, et aux régions où l’on redoute la malveillance des habitants. Un de leurs g rands inconvénients consiste dans l’extrême difficulté de la recherche dés défauts, avec les câbles de fortes sections.
- Enfin, le câble est en général encore prohibitif à cause de son prix. Ce fait a beaucoup retardé le développement de l’électricité en Angleterre : c’est donc un avertissement pour les autorités françaises de ne pas s’engager dans la même voie que les autorités anglaises. En somme, c’est à l’emploi de la ligne aérienne que nous devons, en France, l’admirable floraison des distributions électriques.
- En ce qui concerne les fréquences, on a le choix entre 25 et 5o. L’avenir devra être aux basses fréquences pour faciliter lé réglage et l’emploi des moteurs. L’éclairage, il est vrai, s’en accommode mal, mais nous avons vu que ce sera de plus en plus la force motrice qui constituera le débouché intéressant pour la production de l’énergie électrique. D’autre part, on peut déjà faire fonctionner des lampes à gros filaments sur des réseaux à aS périodes. D’ailleurs, partout où la puissance à distribuer est un peu considérable, on a avantage à disposer des groupes convertisseurs alternatifs qui rendent la régulation indépendante de celle du réseau. La fréquence de i5 périodes pai’aît nécessaire pour la traction, mais l’éclairage ne s’en accommode point, sauf à io-ifi volts; il faut prévoir des transformateurs et des immobilisations considérables; en outre, il faut tenir compte de l’impossibilité où l’on se trouve d’utiliser les machines pour d’autres applications : il est donc assez recommandable de bobiner les machines monophasées, comme des machines triphasées, afin de ménager l’avenir.
- ¥ ¥
- Dans un prochain numéro, [nous reprendrons la suite de la consultation de M. A. Blondel, puis nous aborderons la conclusion de cette enquête, en y joignant quelques considérations sur l’avenir des publications scientifiques.
- Nous aurons plaisir à exposer ces considérations dans une Revue dont le long passé garantit l’avenir, et de laquelle des occupa? tions envahissantes vont désormais nous éloigner, sans diminuer l’intérêt avec lequel nous suivrons son développement.
- . II.' CllASSÉllIAUD,
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES ET PHOTOMÉTRIE
- Sur remploi des sources lumineuses intenses et en particulier des lampes triphasées. — W. Schâffer. — Elektrotechniscke Zeitschrift, 7 novembre 1912.
- Ou sait que l'iris de l’œil humain possède la propriété de se contracter plus ou moins, selon l’intensité de la lumière qu’il reçoit. Il s’ensuit que les sensations perçues par l’œil ne sont pas proportionnelles aux éclairements qui le frappent, ces sensations étant diminuées par la contraction de l’iris. Par exemple, un éclairement de 20 lux sur le sol ne donnera pas une impression double de celle d’un éclairement de 10 lux.
- L’éblouissement de l’œil peut avoir deux causes distinctes, c’est-à-dire qu’il peut être dû, soit directement à l’intensité de la source lumineuse elle-même, soit indirectement à un éclairement trop vif d’une surface quelconque. La contraction de l’iris ne se produit pas instantanément, dès que l’œil est frappé par une lumière trop vive, mais au contraire avec une certaine inertie. Tant que l’iris n’est pas contracté, la rétine est frappée par une lumière trop vive, laquelle peut provoquer des lésions momentanées de cet organe. En outre, lors d’un changement d’éclairage, il faut un certain temps à la rétine pour s’accoutumer à un éclairage plus intense. Pendant ce temps, l’œil ne possède pas sa sensibilité complète.
- Si la lumière reçue par l’œil est si vive que la 'contraction de l’iris théoriquement nécessaire dépasse la limite de contractibilité de cet organe, l’éblouissement est extrêmement vif et peut devenir directement nuisible.
- De ces diverses considérations il résulte que, d'une part, un éclairement faible en soi, mais suffisamment uniforme, peut être suffisant; d’autre part, un éclairement relativement intense peut ne pas donner une impression en rapport avec sa valeur réelle. L’éclairage maximum admissible, pour n’exercer aucunè action nuisible sur l’œil, est déterminé par l’éclairement pour lequel la limite de contractibilité de l’iris est atteinte. Un éclairage plus intense au-’ rait pour conséquence des lésions de la rétine.
- D’autre part, le minimum d’éclairage admissible n’est pas atteint, tant que l’jris peut encore se dilater. Une réduction de l’éclairage au delà de cette valeur minima donnerait l’impression d’une obscurité réelle.
- L’éclairement moyen des rues peut ainsi, par exemple, être relativement faible, à condition qu’il soit suffisamment uniforme et que l’éblouissement soit autant que possible évité.
- C’est ce qui explique que l’éclairage dû à la pleine lune paraisse relativement assez intense, par suite de son uniformité et de l’absence d’éblouissement, quoiqu’il ne corresponde qu’à un éclairement de o, 1 lux environ. Evidemment, un tel éclairement ne serait pas suffisant pour l’éclairage des rues ; cependant, l’exposé précédent montre que l’on dépasserait lç,but en recourant à un éclairement trop intense.
- Des expériences ont d’ailleurs été faites, afin de déterminer les contractions de l’iris correspondant à divers éclairements.
- Pour déterminer la valeur absolue de l’éclairage minimum, il y a lieu de tenir compte, en outre de la nature de l’endroit éclairé, des autres sources lumineuses situées dans le voisinage et susceptibles de modifier l’éclairement. C’est ainsi, par exemple, que l’éclairage des vitrines de magasins, au moyen de lampes à'arc, dans les rues passagères, doit être considéré comme un éclairage parasite. Plus les sources lumineuses parasites seront nombreuses, inten-sès et placées bas, plus il y aura lieu de tenir compte de l’éblouissement qu’elles provoqueront pour évaluer l’éclairage minimum de la rue. Si on a admis, par exemple, x lux pour l’éclairement des places les plus obscures, l’éclairement moyen devra être plus ou moins grand, selon la plus ou moins grande uniformité de sa répartition. Plus la répartition sera uniforme, plus la valeur de l’éclairement moyen nécessaire sera faible.
- Etant donné que, pour des raisons évidentes, on ne peut obtenir, dans les endroits situés en plein air, une uniformité absolue de l’éclairement du sol, il est nécessaire de prévoir certains inaxima de lumière. Mais, abstraction faite de ce que l’éclairement plus intense de certaines places est inutile, cet éclairement peut devenir nuisible, étant donné qu’il provoque des éblouissements ou des contractions de
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- l'iris; il s’ensuit qu'une surface pourvue d'un éclairement de 4 lux, théoriquement suffisant, peut, à certains moments, paraître trop obscure. Il serait donc théoriquement nécessaire de masquer d'une manière quelconque les maxima de lumière, même si lés rayons lumineux correspondants devaient être complètement perdus pour l'éclairage. L'avantage ainsi obtenu serait que les surfaces éclairées normalement ne paraîtraient plus trop obscures par suite de la persistance de la contraction de l’iris, due àTéclairèment maximum.
- D’autre part, il y a lieu de tenir compté de ce que l’impression d’ensemble de l’éclairage est accentuée par les maxima de lumière. Par suite des éblouisse-, ménts indirects, on a l’impression d’un éclairement plus.grand. Cette considération peut avoir sa valeur, surtout, lorsque plusieurs sources lumineuses concourent à l’éclairement d’une surface.
- :La hauteur de suspension des. lampes doit être choisie de/prcfércnce aussi grande que possible, car, d’une part, les éblouissements dus aux sources lumineuses elles-mêmes sont moindres; d’autre part, l'uniformité d'éclairement du sol est plus grande, ce qui réduit également les éblouissements indirects qui pourraient résulter des maxima de cet éclairement. . . ... . V; .
- En ce qui concerne la hauteur de suspension des lampes, il y a lieu de tenir compte de ce que l’éclairement moyen du sol ne diminue pas proportionnellement au carré de cette hauteur. Plus celle-ci est grande, plus l’éclairement direct sous la lampe est réduit; mais, par contre, la quantité de lumière rayonnée latéralement est accrue d’autant. Il s'ensuit que les places, situées à une distance déterminée de la vei’ticale passant par l’axe de la lampe, sont mieux éclairées, par suite de la plus grande valeur - du cosinus de l’angle d’incidence de la lumière.
- En outre, une plus grande hauteur de suspension des lampes présente encore cet avantage, à savoir que le passage d’un maximum à un minimum a lieu progressivement, ce qui atténue l’effet d’éblouissement.
- Il y a lieu de remarquer qu’en général, pour déterminer Tuniformité de l’éclairement du sol, on se base sur le rapport du maximum au minimum. Toutefois cette quantité n’est pas la seule qui intervienne. Il y a, en effet, lieu de tenir compte, de préférence, delà distance entre le maximum et le minimum. Si cette distancé est suffisamment grande et si le passage du maximum au minimum a lieu progressivement, il-ne
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- se produit pas d’éblouissement indirect nuisible. En d’autres termes, c’est l’allure de la courbe de passage du maximum au minimum qui détermine la valeur de l’éclairement d’un sol. Par contre, le rapport numérique de ces deux quantités a une importance beaucoup moindre.
- Une lampe suspendue à une certaine hauteur éclaire davantage sur les côtés qu’une lampe suspendue plus bas. Il s’ensuit que le nombre des sources lumineuses nécessaires peut être ainsi réduit dans une certaine proportion. D’autre part, le principal avantage de la méthode consistant à placer les lampes à une certaine hauteur est d’éviter aussi bien les éblouissements directs (par suite du moins grand nombre de lampes) que les éblouissements indirects dus au maxima de , lumière (par . suite de la plus grande distance entre les diverses lampes). En outre, l'éclairement ainsi obtenu est plus uniforme.
- L’intensité lumineuse des diverses lampes doit naturellementêlre;plus élevée; en effet, si l’on veut éclairer une surface déterminée avec un nombre moindre de lampes et obtenir neanmoins le même éclairement, chaque lampe doit fournir individuellement une intensité lumineuse proportionnellement plus grande.
- La formé de la courbe, en coordonnées polaires, de répartition de l’éclairement est d’une importance prépondérante, au point de .vue ; de la valeur iet de l’uniformité dé l’éclairage . du sol. Plus l’intensité lumineuse dans la direction de la verticale est faible et plus le rayonnement latéral est grand^ plus l’éclairement du sol est satisfaisant. Etant donné, que les courbes de répartition réelles s’écartent sensiblement dés formes qui seraient théoriquement désirables, il est préférable, pour obtenir de bons résultats, de recourir à des artifices appropriés, tels que les globes dioptriques et les réflecteurs.' .
- La figure i représente la courbe de répartition idéale, qui serait théoriquement nécessaire pour obtenir un éclairement uniforme du sol. Pour construire cette courbe, on a admis que la surface du sol devait recevoir un éclairement uniforme de io lux, les lampes étant placées à une hauteur de i5 mètres et à une distance;de 90 mètres les unes des autres. En outre, on a supposé que• l’intensité lumineuse rayonnée par chaque lampe produisait un éclairement égal à 10 lux sous celle-ci, cet éclairement diminuant linéairement, de manière à être nul à une distance de 90 mètres de la verticale passant par Taxe de la lampe
- Les éclaircments produits par deux lampes voisi-
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- nés se superposent, de telle sorte que l'éclairement en chaque point soit de io lux.
- Il y a également lieu de rappeler que la couleur de la lumière joue, d’autre part, un rôle important; c’est
- rendement économique de l'écUirage. Il y a donc lieu de rechercher, dans chaque cas et selon les circonstances, si ce sont les avantages ou les inconvénients qui l’emportent.
- Fig. i. — Courbe polaire idéale de répartition de l’éclairement du sol.
- ainsipar exempleque, indépendamment delacouleur désagréable de la lumière produite, l’éclairage verdâtre des lampes à vapeur de mercure est sombre et peu uniforme.
- En cas de brouillard, la lumière jaune des lampes à arc flamme semble être de beaucoup la plus visible. D’une manière générale, l’éclairage obtenu avec cette lumière jaune est le moins cher.
- En Outre, il y a lieu de rechercher à obtenir une lumière aussi fixe que possible. Les lampes à arc flamme en vases clos laissent à désirer à cet égard. Les lampes à arc flamme normales suffisent aux exigences de la pratique.
- Toutefois, ceci s’applique surtout au cas des lampes à courant continu. Avec les lampes à courants alternatifs, il se produit un vacillement bien connu. Ce phénomène, désagréable à l’œil, ne peut être complètement écarté, même par l’emploi de globes fortement dépolis, lesquels entraînent, d’autre part, une importante perte de lumière.
- A ce point de vue, les nouvelles lampes triphasées semblent préférables; en effet, avec ces lampes, le va-cillèment est pratiquement négligeable, même lorsqu’elles sont alimentées par un courant d’une fréquence de 18 périodes par seconde.
- En dernier lieu, on pourrait rechercher dans quelle mesure une source lumineuse quelconque est susceptible d’exercer une influence nuisible sur le réseau ou sur les appareils de production du courant. A ce point de vue, il n’y a à considérer que les réseaux monophasés ou triphasés.
- A l’effet nuisible du déphasage s’oppose un meilleur
- D’autre part, le branchement de lampes monophasées sur les réseaux triphasés peut entraîner une répartition inégale de la charge de ces réseaux, ce qui est toujours nuisible. Par contre, si l’on remplace les lampes monophasées par des lampes triphasées, la charge dii réseau devient absolument uniforme.
- ÉVALUATION DU COUT DE L’ÉCLAinAGE
- L’auteur compare, au point de vue du prix de revient, l’éclairage par lampes à arc flamme ordinaires à deux charbons, d’une intensité lumineuse moyenne hémisphérique inférieure de 3 ooo Uefners, à l’éclairage par lampes triphasées d’une intensité lumineuse, hémisphérique moyenne inférieurede nooo Hefners.
- Fig. 2.— Courbes polaires de deux lampes avec globes dioptriques, l’une de 3 ooo BH, l’autre de 12 000 BH.
- Etant donné que les courbes de répartition des lampes à arc ordinaires à charbons inclinés ne sont en aucun cas plus favorables que les courbes des lampes triphasées, l’auteur admet que l’allure caractéristique dé ces coûrbes est la même. En outre, afin de réaliser les conditions les meilleures pour un bon éclairement du sol, M. Schaffer suppose que les deux types de lampes sont munis de globes dioptriques. On obtient alors les courbes en coordonnéespolaires de la figure 2, lesquelles s’appliquent respectivement
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- à une lampe de 3 ooo Hefners hémisphériques et à une lampe de n ooo llefners hémisphériques. Ces courbes servent de base aux évaluations suivantes.
- L’éclairement moyen du sol dépend tout d’abord de runiformité de sa répartition, ainsi que de la hauteur de suspension des lampes et de la distance entre celles-ci. Si l’on admet que cette distance est de 90 mètres pour les lampes de 12000 Hefners, on obtient pour l’éclairement du sol les courbes de la figure 3 ; la courbe I correspond à une hauteur de suspension de 15 mètres, la courbe II à une hauteur de 16,5 mètres et la courbe III à une hauteur de 18 mètres. Pour l’établissement de ces courbes, on n’a tenu compte que des valeurs de l’éclairement du sol jusqu’à une distance de 90 mètres de la verticale passant par l’axe de la lampe.
- est de 23,5 lux et l’éclairement moyen du sol de 13 lux.
- La figure 4 montre la comparaison des courbes respectives de l’éclairement du sol, d’une part avec les lampes de 12 ooo llefners suspendues à i5 mètres, d’autre part avec les lampes de 3 ooo Hefners suspendues à 9 mètres.
- On voit qu’avec les lampes de 12000 Hefners l’éclairement maximum est de 35,5 lux et l'éclairement moyen de i5,8 lux, tandis qu’avec les lampes de 3 ooo Hefners ces mêmes éclairements ne sont respectivement que de 23,5 et de i3 lux. En dehors des avantages exposés précédemment et résultant, d’une part de la plus haute suspension des lampes, d’autre part du nombre moindre de celles-ci, nous avons vu que l’éblouissement causé par l’éclairement
- Fig. 3. — Répartition de l’éclairement du sol avec des lampes de 12000 B H placées à diverses hauteurs.
- La figure 3 montre nettement l’influence de la hauteur de suspension. Tandis que le maximum de l’éclairement du sol varie à peu près dans le rapport inverse des carrés des hauteurs de suspen-pension (c’est-à-dire de 24,5 à 35,5 lux pour une variation de hauteur de 18 à i5 mètres), l’éclairement minimum ne varie presque pas ; en effet, ce minimum se maintient, pour les trois hauteurs considérée^, entre 5 et 6 lux. De même, les valeurs de l’éclairement moyen du sol varient relativement peu; ces valeurs se maintiennent, en eiïet, pour les diverses hauteurs de suspension entre 12,1 et 15,8 lux. Il y a lieu de remarquer que les prix de revient respectifs de ces 3 éclairements sont les mêmes, abstraction faite des légères différences dans les dépenses d’entretien, causées par les différences de hauteur.
- Sur les figures 4, 5 et 6, on a reporté les courbes de la figure 3, afin de les comparer à la courbe d’éclairement obtenue avec des lampes de3ooo Hefners. Ces dernières lampes ont été supposées suspendues à une hauteur de 9 mètres et placées à une distance de 45 mètres les unes, des autres. On voit que l’éclairement minimum aux places les plus obscures est de 4,5 lux; l’éclairement maximum sous chaque lampe
- du sol dépend essentiellement du passage brusque du maximum au minimum. Les deux courbes de la figure 4 montrent que ce passage s’effectue d’une manière analogue dans les deux cas. 11 s’ensuit que, malgré le maximum plus élevé produit par les lampes de 12 ooo Hefners, celles-ci ne provoqueront pas un éblouissement indirect plus grand.
- Les courbes de la figure 5 représentent la comparaison des éclairements obtenus, d’une part avec les lampes de 12000 Hefners à 16,5* mètres, d’autre part avec les lampes de 3 ooo Hefners à 9 mètres. Dans ce cas, les inaxima respectifs sont de 29 et de 23,5 lux, et les éclairements moyens de 14,25 et de i3 lux.
- Cette comparaison est encore favorable aux lampes de 12000 Hefners. D’autre part, on voit qu’avec ces lampes suspendues à 16,5 mètres, le passage de l’éclairement minimum à l’éclairement maximum est plus progressif qu’avec les lampes de 3 ooo Hefners suspendues à 9 mètres.
- Enfin, les courbes de la figure G permettent la comparaison des éclairements obtenus respectivement avec les lampes de 12000 Hefners à 18 mètres et les lampes de 3 ooo Hefners à 9 mètres.
- Les valeurs maxima et moyennes des éclairements
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- sont alors approximativement les mêmes avec les deux espèces de lampes. Toutefois on voit que l’éblouissement provoqué par l’éclairement du sol est relativement moindre avec les lampes de 12000 Hefners à 18 mètres qu’avec les lampes de 3oooHcfners à 9 mètres. L’éclairage obtenu avec les premières lampes est donc, dans ce cas, nettement préférable. D’autre part, les éblouissements directs sont, dans les 3 cas, sensiblement moindres avec les lampes de 12000 Hefners qu’avec les lampes de 3 ooo Hefners, étant données les plus grandes hauteurs de suspension des premières.
- Afin d’obtenir un éclairage d’ensemble aussi clair
- de celui des premières. Cela signifie que, pour la même longueur de rue, il faut, ddns le premier cas i2 ooo Hefners, dans le second cas 6 ooo Hefners.
- Mais, étant donné, d’autre part, que la consommation spécifique des grosses lampes est de o,i watt par Hefner, tandis que celle des autres lampes est de 0,2 watt par Hefner, il s’ensuit que la consommation totale est la même dans les deux cas.
- Des mesures effectuées sur une lampe triphasée ont donné les résultats suivants : facteur de puissance 0,9, consommation d’énergie i 223 watts, pour une intensité lumineuse de 14 ooo Hefners environ.
- La consommation spécifique par Hefner était donc
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- Fig. 4, 5 et 0. — Comparaison des éclnirements obtenus avec les lampes de 3 ooo EjH à 9 mètres et les lampes de ia ooo BH à i5 mètres, iO,5 mètres et 18 mètres.
- que possible, il est bon de choisir, dans chaque cas particulier, la hauteur de suspension rninima nécessaire pour obtenir un éclairement suffisant des places les plus obscures. Par contre, si l’on attache une plus grande importance à l’uniformité de l’éclairement el à la réduction de l’éblouissement, il y a lieu d’adopter une hauteur de suspension des lampes dépendant, d’une part, du prix de revient de l’éclairage, d’autre part, de l’impression d’ensemble qui sera plus obscure.
- Etant donné que les lampes de 12 ooo Hefners sont placées à 90 mètres les unes des autres et les lampes de 3 ooo Hefners à 45 mètres seulement, le nombre de ces dernières lampes doit être le double
- en réalité plus faible que la'consommation admise de 0,1 "watt par Hefner.
- L’usure des charbons est de 3o millimètres par heure environ pour les deux espèces de lampe et pour des charbons de 9 millimètres d’épaisseur. Il faut tenir compte de ce qu’une seule lampe à 3 charbons, brûlant 3 X 3o millimètres de charbon par heure, équivaut à 2 lampes à 2 charbons, brûlant ensemble 4 X 3o millimètres de charbon par heure. L’économie en faveur des lampes à 3 charbons est donc de 25 % .
- E11 ce qui concerne les frais d’entretien, on peut considérer que les frais relatifs à l’entretien de 3 lampes à 2 charbons sont égaux à ceux de 2 lampes
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- à 3 charbons. Or, étant donné que 2 lampes à 3 charbons remplacent en réalité 4 lampes à 2 charbons, l’économie correspondante en faveur des lampes à 3 charbons est donc encore de 25 % .
- En résumé, il y a donc une assez grande économie dans l’emploi des lampes triphasées. D’autre part, avec la disposition de la ligure 4, l’éclairage obtenu avec les lampes triphasées est de 20 % supérieur environ à l’éclairage obtenu avec les lampes monophasées.
- Les phénomènes d’éblouissement indirect sont sensiblement les mêmes.
- Dans la disposition de la ligure 6, les éçlairements moyens du sol sont sensiblement les mêmes avec les deux sortes de lampes, mais l’éblouissement causé par les lampes à 3 charbons est sensiblement plus faible que l’éblouissement dû aux lampes à 2 charbons.
- S’il s’agit d’éclairer, non plus des espaces de largeur réduite comme les rues par exemple, mais des espaces larges, tels que places, halles, ports ou gares ,de chemins de fer, les avantages des lampes à 12 000 bougies sont encore bien plus marqués.
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- Fig. 7. Répartitions respectives des lampes de 3 000 BH et de 12 000 BH pour l’éclairement d'une surface de 180 >< 270 mètres carrés.
- En effet, la figure 7 représente le plan d’un hall de chemin de fer, de 180 mètres de large et de 270 mètres de long. On voit de suite que, si l’on dispose, soit des lampes de 3 000 Hefners espacées de 45 mètres, soit des lampes de 12000 Hefners espacées de 90 mètres, il faudra 24 lampes dans le premier cas et 6 seulement dans le second. Des considérations précédentes, il résulte que l’énergie consommée par les lampes triphasées ne sera que la moitié de l’énergie consommée, pour le même éclairement, par les lampes monophasées. Quant à l’usure des charbons, avec des charbons de 9 millimètres dans les deux types de lampes, il sera
- plus faible de 60 % avec les lampes triphasées qu’avec les lampes monophasées ; il en sera de même des frais d’entretien.
- Si l’on employait des charbons de 12 millimètres dans les lampes triphasées, l’économie d’énergie en faveur de ces lampes ne serait plus que de 33,5 % ; par contre, les frais d’ehlretien seraient de 80 % moindres que pour des- lampes à 2 charbons.
- Il est intéressant de comparer les formes respectives des courbes du courant dans les deux sortes de lampes, courbes représentées respectivement parles figures 8 (courbe du courant traversant l’un des charbons triphasés) et 9 (courbe du courant traver-
- Fig. 8, 9, 10 et 11.
- sant l’un des charbons monophasés). On voit que la courbe relative au charbon triphasé est sensiblement plus plate que la courbe relative au charbon monophasé. Enfin, les figures 10 et ii représentent les formes idéales théoriques, d’une part, du courant passant de l’un à l’autre des charbons triphasés (fig. 10), d’autre part, de la somme de deux des courbes de la figure 10 décalées de 1200 (fig. 11). On voit que celte dernière courbe présente les mêmes caractères que l’oscillogramme de la figure 8.
- M. K.
- DIVERS
- Les avertisseurs d’incendie électriques. — W. Fellenberg. — Elektrolechnisr.he Zeitschrift, 14 novembre 1912.
- On sait que, dans-la lutte contre les incendies, la première condition à réaliser est d’attaquer le feu sans aucun retard. En effet, si la température des foyers atteint une certaine valeur, l’eau que l’on projette sur ceux-ci pour les éteindre se décompose, cette décomposition se produisant à partir de 1 ooo° C
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- et étant complète à 2 5oo°C. Par suite du contact des matières carbonisées incandescentes et de l’eau, il se forme de l’oxyde de carbone et de l’hydrogène, c’est-à-dire deux gaz combustibles, lesquels se combinent à l’oxygène de l’atmosphère et fournissent ainsi au foyer un nouvel aliment.
- Il est donc indispensable d’attaquer le feu dans le plus court délai. Or, cette condition exige que le poste de pompiers le plus voisin puisse être prévenu dès que l’incendie a été découvert.
- L’électricité est évidemment propre à remplir cet office, pour lequel son emploi remonte d’ailleurs à l’année 1848, date de la première installation d’avertisseurs d'incendie électriques, effectuée à Munich. Depuis cette époque, l’emploi des dispositifsd’alarme électriques, auxquels ont été apportés, d’autre part, de nombreux perfectionnements, est devenu universel.
- M. Fellenberg donne la description de quelques dispositifs récemment employés en Allemagne.
- Il y a lieu de distinguer plusieurs cas, d’une part, selon la nature des bâtiments à protéger et, d’autre part, selon la plus ou moins grande importance des communes qui doivent être desservies par le service d’incendie.
- A. — Bâtiments contigus.
- Ce cas est. par exemple, celui des usines, écoles, musées, théâtres, hôpitaux, etc.
- L’alarme est, en général, donnée au moyen d’avertisseurs automatiques, boutons-poussoirs, etc.
- Les dispositifs d’alarme peuvent avoir pour effet, soit de faire retentir des avertisseurs sonores, (cloches, trompes, sirènes), soit de déclancher un avertisseur public.
- B- — Bâtiments groupés, mais non contigus.
- Ce cas se subdivise en plusieurs autres :
- i° Usines importantes, mines et fonderies, ateliers de chemins de fer, établissements hospitaliers importants, lesquels peuvent être éventuellement pourvus d’une installation propre de protection contre l’incendie. On peut également y prévoir un système de contrôle de ronde.
- L’alarme est généralement donnée par des boutons-poussoirs, des avertisseurs simples reliés à des tableaux à volets ou encore par des compteurs, des appareils Morse ou des appareils enregistreurs.
- Les dispositifs d’alarme mettent en action des cloches à courant continu, des trompes ou des sirènes.
- 20 Petites localités et communes jusqu’à 10000 habitants environ, exclusivement pourvues d’un corps de pompiers volontaires avec poste de garde.
- L’alarme est, en général, donnée par un avertisseur simple, avec ou sans téléphone, relié à un compteur.
- 3° Villes jusqu’à 5o 000 habitants environ, avec corps de pompiers professionnels, poste de garde en permanence et corps de pompiers volontaires.
- Les appareils avertisseurs sont, en général, des avertis eurs multiples reliés à des appareils enregistreurs doubles.
- Ces dispositifs d’alarme mettent en action soit des sonneries pour l’appel des pompiers volontaires, soit des indicateurs pour l’appel des pompiers professionnels.
- 4° Grandes villes avec corps de pompiers professionnels.
- L’alarme est en général donnée au moyen d’avertisseurs multiples, avec téléphone, reliés à des appareils enregistreurs doubles et transmission automatique des appels aux postes secondaires.
- Ces dispositifs agissent au poste de garde sur des cloches et sur des indicateurs.
- 5° Grandes villes avec corps de pompiers professionnels et réseauxtélégraphiques combinés, desservant les postes d’incendie et les postes de police.
- Les appareils avertisseurs sont multiples et comportent des téléphones, lesquels sont éventuellement des téléphones haut-parleurs et peuvent être reliés à des enregistreurs doubles avec transmission des appels aux postes secondaires; en outre, l’alarme est donnée aux postes de police par des appareils spéciaux. Ces appareils agissent aux postes de garde sur des cloches et sur des indicateurs lumineux et aux postes de police sur des sirènes ou des timbres.
- SCHÉMAS DU MONTAGE
- L’auteur décrit plusieurs schémas employés par la Société Mix et Genest.
- La première condition, à laquelle doivent satisfaire tous ces schémas, est d’offrir au courant plusieurs chemins, afin que l’appel soit transmis, même en cas de dérangement des lignes. Le schéma de la figure 1 répond à cette condition.
- Toutes les parties nécessaires à la transmission de l’appel sont doubles. Les appareils avertisseurs M I, M II, MIII, présentent extérieurement la forme de boutons-poussoirs ; chacun d’eux se compose de deux ressorts a, b, sur lesquels glisse une pièce de
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- contact commandée par le bouton c. Cette pièce possède une bague métallique isolée d, une bague isolante e, et enfin une petite pièce métallique /'reliée à la terre, ainsi que l’indique la coupe du boulon MIII (fig. i). Au poste central se trouve une batterie divisée en deux parties, g et h, dont le milieu est mis à la terre. Aux deux extrémités de cette batterie se trouvent les appareils récepteurs i et h. La ligne circulaire l, m, relie entre eux, d’une part, les boutons avertisseurs, d’autre part le poste central. Dans la position de repos, il circule dans la ligne un cou-
- Fig. i.'
- rant permettant de contrôler si cette ligne est dans son état normal. Tout défaut, mise à la terre accidentelle ou rupture, est signalé automatiquement à la centrale, à l’aide d’appareils qui ne sont pas représentés sur le schéma de la figure i. Pour appeler le poste central, on appuie sur l’un des boutons, lequel vient alors dans la position où le bouton M Il est représenté sur la figure i ; le premier effet de ce déplacement du bouton est d’intercaler la bague isolante e entre les ressorts a et 6, ce qui interrompt le courant de circulation normal. Le mouvement continuant, c’est la pièce /qui vient s’intercaler entre « et b, ce qui ferme de nouveau le circuit, mais de manière à mettre la ligne à la terre. On voit que tout appel doit donc comporter, d’abord une rupture du circuit, puis une nouvelle fermeture de ce même circuit avec mise à la terre. Dans le cas de défauts à la ligne, par exemple d’une rupture du fil en S entre M II et M III, l’appel provoqué par le bouton M III ne serait reçu au poste central que par l’appareil récepteur h. La rupture du circuit, nécessaire pour la transmission du signal d’appel, est provoquée par la rupture du fil ; quant à' la mise à la terre, elle a lieu lorsqu’on appuie sur le bouton ; le signal est donc transmis exactement comme si la ligne était dans son état normal.
- Dans l’hypothèse d’une mise à la terre accidentelle, par exemple en R, le signal donné par l’aver-
- tisseur M I ne serait reçu que par l’appareil récepteur t, étant donné que le circuit ne serait interrompu que sur la moitié correspondante de la ligne.
- Lorsque plusieurs défauts existent simultanément, seuls les appels transmis par les avertisseurs situés entre les défauts extrêmes et le poste central sont reçus à celui-ci; par contre, les appareils situés entre les divers défauts ne peuvent transmettre aucun appel.
- Dans un assez grand nombre de cas, il y a intérêt à recourir à des appareils automatiques, mis en action directement dès que le feu se déclare. Ces appareils sont basés sur le principe du thermomètre métallique. Une lame de ressort, tendue à ses deux extrémités et légèrement cintrée, repose du côté
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- - —ll|ljt 1
- Fig. a.
- concave sur une vis de contact réglable. Le rayonnement de chaleur du à l’incendie, a pour effet d’allonger le ressort et, par suite, d’accroître sa courbure. Le contact s’ouvre et le courant est interrompu, ce qui met en action les appareils indicateurs.
- Ces appareils automatiques ont atteint un assez grand développement en Allemagne, au cours des dernières années, parce que les compagnies d’assurances contre l’incendie diminuent sensiblement les primes relatives aux bâtiments munis de ces systèmes de protection. Le schéma simple, indiqué par la figure a, ne peut être employé, étant donné que la lame de ressort de l’avertisseur, lorsqu’elle est échauffée, ne revient pas immédiatement dans sa position normale pour fermer de nouveau le circuit. Pour atteindre ce résultat, on pourrait ajouter au dispositif un second contact, placé vis-à-vis du premier, ce second contact ayant pour but, lors de l’augmentation de courbure du ressort, de refermer le circuit préalablement ouvert ; mais cette disposition présenterait les inconvénients suivants ;
- i° Le contact auxiliaire'ne. serait pas parcouru au repos par le courant de contrôle ;
- 2° La fermeture du circuit rompu exigerait un temps assez long, étant donné que le ressort devrait parcourir d’abord tout l’espace compris entre les deux contacts.
- Pour éviter cet inconvénient, la Société Mix et
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- Genest emploie le schémade montage représenté par la figure 3 et dont le principe repose sur la variation de l'intensité du courant.
- Un courant, fourni par la batterie de lignée*, parcourt constamment les enroulements de l’électro de déclanchement A et les bobines du relais r.
- Les avertisseurs automatiques 1, II, III, sont intercalés dans la ligne extérieure a3 b \ ces avertisseurs mettent, dans leur position de repos, en court-circuit les résistances Wj, W2, W3. montées respectivement en parallèle avec les contacts correspondants. Les résistances des bobines /*et k sont calculées de telle sorte que, lors de l’intercalation dans le circuit de Tune des résistances W*, W2 ou W3, le levier k seul se déclanche, tandis que l'armature d du relais r, plus sensible, est maintenue dans la position indiquée sur la figure 3.
- r b m
- Si le feu se déclare, par exemple dans le voisinage de l'avertisseur I, le contact de cet avertisseur s’ouvre ; par suite, la résistance Wt est intercalée dans la ligne, ce qui diminue l’intensité du courant circulant dans celle-ci. Ainsi que nous l’avons dit précédemment, le levier A seul tombe et ferme le circuit de la batterie locale A, lequel passe par d3 le contact à déclanchement g et le timbre avertisseur d’incendie A W ; ce dernier timbre seul retentit.
- Si un défaut se manifeste sous la forme d'une rupture du fil, aucun courant ne circule plus dans la ligne ; le levier A tombe alors et le relais r cesse d’attirer son armature d\ il s'ensuit que le contact f ferme le-circuit de l’avertisseur de défaut S, tandis que l’avertisseur d'incendie AW est mis hors circuit.
- Ces schémas de principe peuvent être également appliqués aux cas où, en dehors des avertisseurs automatiques, ily a lieu de prévoir encore des avertisseurs commandés à la main ou par un mouvement d'horlogerie.
- MODE D’ACTION DES DISPOSITIFS D'ALARME.
- Afin de rendre plus aisée la compréhension du mode
- d'action des différents dispositifs d'alarme, l'auteur examine successivement les dispositifs s’appliquant à chacun des cas indiqués plus haut et dans l'ordre du classement que nous avons donné.
- A. —Bâtiments contigus.
- Dans ce cas, il y a un intérêt primordial à ce que l’alarme soit donnée automatiquement dès que le feu
- Fig. 4.
- se déclare. Le schéma de montage des appareils nécessaires est représenté sur la figure 4* A l'intérieur des locaux à protéger se trouvent des avertisseurs automatiques AM, lesquels sont en général fixés au plafond. Dans les corridors et les escaliers on dispose des boutons-poussoirs M, d'un accès facile. Tous les boutons et tous les avertisseurs automatiques sont montés en série sur un circuit aboutissant à un indicateur à déclanchement, lequel comprend autant de volets h déclanchement qu'il y a de circuits d’appel distincts (dans le cas de la figure 4 il n’y a qu’un seul circuit d'appel).
- L'indicateur est muni d'un appareil de mesure et de deux lampes dont l'une (par exemple verte) indique un défaut de la ligne ; la seconde (rouge par exemple) donne l’alarme d'incendie. Cet ensemble est complété par des signaux acoustiques, par exemple par un timbre avertisseur de défaut AW et une trompe d'alarme d’incendie II. En outre, un avertisseur public Me, situé soit dans le voisinage des batiments à protéger, soit près du poste central, est relié à l’indicateur K et se déclanche dès qu'un incendie est signalé. Lorsque le circuit d’un poste est mis en action, soit
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- par un appel d’alarme, soit par suite d’un défaut de la ligne, le numéro du circuit d’appel correspondant est indiqué. En même temps le timbre d’alarme ou la sirène retentit. Lorsqu’on relève le volet,le signal acoustique est rnis hors circuit ; toutefois le volet reste à moitié visible, en même temps les lampes indiquent s’il s’agit d’un incendie ou d’un défaut de la ligne.
- B. — Bâtiments groupés mais non contigus.
- i. Pour les bâtiments classés sous la rubrique B, (usines importantes, mines, etc.), l’alarme peut être donnée, soit par des appareils complètement automatiques, soit par des appareils à main. La figure 5 re-
- Fig. 5.
- présente le schéma d’une installation d’alarme complètement automatique. L’alarme est donnée à l’aide de boutons-poussoirs M, lesquels sont montés en série avec des timbres NW ou des trompes H. A eha-queligne correspondent au poste central deux volets d. Lorsqu’on appuie sur l’un des boutons, les deux volets tombent, ce qui a pour effet de renforcer le courant de ligne. Les trompes et les timbres retentissent jusqu’à ce que les volets aient été relevés. En même temps, le timbre d’alarme AW du poste central retentit. Dans le cas de défaut dans la ligne, l’un des volets tombe complètement et l’autre à moitié seulement. Dans ce dernier cas, l’avertisseur de défaut SW retentit jusqu’à ce qu’on ait relevé les volets.
- Le schéma de la figure 6 s’applique au même cas, mais comporte l’alarme indirecte par une personne quelconque. Ce schéma est analogue à celui de la figure 5. Toutefois les timbres et les trompes à courant continp sont remplacés par des timbres à courant alternatif VW. Au poste central se trouve une magné-
- to J, laquelle, en cas d’alarme, peut être reliée au circuit des timbres à l’aide de fiches de contacts et permet défaire retentir ces timbres. Encas debesoin,
- une sirène S, branchée sur un réseau à voltage plus élevé ar, peut également être mise en action par la chute d’un volet, celà grâce à un relais spécial SR.
- 2. Petites localités et communes jusqu’à io ooo habitants avec corps de pompiers volontaires.
- PI
- Fig. 7.
- Le schéma du système d’alarme correspondant à ce cas est représenté par la figure 7. On emploie des
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- avertisseurs publics M, lesquels sont fixés, soit aux maisons, soit sur des colonnettes spéciales, de manière à être très accessibles. Les timbres d’alarme VW sont placés dans les maisons où habitent les pompiers volontaires.
- En certains points particulièrement importants, par exemple, dans les demeures du commandant des pompiers volontaires, du chef delà police, du maire, etc., sont disposés des téléphones LT, reliés au poste central, lequel se trouve, en règle générale, au bureau de police. Le poste central est muni d’un compteur Z a, commandé par les relais de ligne LR et LR,.
- m
- Fig. 8.
- Deux autres relais, ST et ST,, lesquels sont automatiquement mis hors circuit, après chaque appel, par un troisième relais AR, servant à signaler les défauts de la ligne. Tout signal parvenant au poste est reproduit par le compteur Z a. et, en même temps, transmis par l’appareil Morse Mo.
- En même temps, une sirène S peut être mise en action par un relais SR. Pour les communications téléphoniques on se sert du microphone T, lequel peut être mis en circuit au moyen de fiches de contact.
- Les avertisseurs et les timbres d’alarme sont répartis entre plusieurs circuits, lesquels toutefois se réunissent en un seul au poste central.
- L’alarme est donnée aux pompiers volontaires, au moyen de la magnéto J, laquelle doit être reliée, selon les besoins, soit au circuit I, soit au circuit IL
- Dispositifs combinés pour le contrôle des rondes et l'alarme d'incendie.
- Dans les usines de quelque importance, il y a souvent intérêt à combiner les appareils d’alarme avec le contrôle des rondes. La figure 8 représente le schéma d’une telle combinaison.
- Les appareils avertisseurs M sont d’un type plus grand ; ils peuvent servir, soit à donner l’alarme d’incendie (en brisant la vitre et en appuyant sur le bouton), soit au contrôle des rondes du veilleur (par l’introduction d’une clef que celui-ci fait tourner).
- Fig- 9-
- Au poste central se trouvent un sélecteur de numéros LW et un appareil enregistreur double DR, ainsi qu’un appareil Morse, un appareil à pointer Z et une horloge à contacts U.
- Toute alarme d’incendie est signalée par le timbre W, pointée par l’appareil Z et enregistrée par l’appareil enregistreur. Le signal de contrôle de ronde n’est reproduit qu’une seule fois par l’enregistreur double ; toutefois, l’heure où ce signal a été donné est imprimée par l’appareil Z sur la bande de l’appareil Morse. Si un signal d’incendie vient à être transmis en même temps qu’un signal de ronde, ce dernier signal est annulé et c’est le premier seul qui est enregistré.
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- 3° Villes jusqu’à 5o ooo habitants avec corps de pompiers professionnels, service de garde permanent et corps de pompiers volontaires.
- Le système employé dans ce cas est reproduit par la figure 9. Les appareils avertisseurs M sont en général munis de téléphones et reliés directement, par une ligne en boucle, aux enregistreurs doubles DR.
- Des timbres d’alarme à courants alternatifs VW sont disposés dans les habitations des membres du corps de pompiers volontaires. Etant donné que ces habitations sont en général groupées dans un quartier déterminé de la ville, il est recommandable de prévoir une ligne spéciale pour les timbres d’alarme correspondants.
- Si l’on emploie des câbles pour les lignes d’annonce, il y a lieu de prévoir des lignes spéciales pour les appareils avertisseurs d’alarme, afin que les détériorations, inévitables à l’intérieur des habitations, ne se répercutent pas sur les câbles. Le poste central est pourvu d’une magnéto d’appel .1, d’un .téléphone T, d’un appareil Morse SM et d’un appareil imprimeur Z.
- Pour chaque circuit on . prévoit un relais de blocage BR, lequel, lors de la transmission d’un signal, sépare ce circuit des lignes locales du poste central.
- Lorsqu’on lance un signal, celui-ci est transmis par un relais multiple MR, lequel met en action l’indicateur de numéros N, et le timbre d’alarme A W.
- Le sélecteur de numéros LW a pour but, lorsque deux appels sont lancés simultanément dans.le même circuit par deux avertisseurs, d’utiliser l’un de ces appels pour la transmission et la reproduction du signal, tandis que le second appel n’est reproduit que par l’appareil enregistreur double. Le téléphone peut être branché à volonté sur n’importe quel circuit. De même, la magnéto peut être, au besoin, reliée au circuit dans lequel se trouvent les timbres avertisseurs VW.
- 4° Grandes villes avec corps de pompiers professionnels.
- Le schéma qui convient dans ce cas est celui de la figure 10, analogue à celui de la figure 9, mais comportant quelques appareils supplémentaires. Les lignes extérieures comprennent exclusivement les avertisseurs M, chaque circuit étant relié à un enregistreur double DR.
- Les appareils prévus pour le blocage des circuits et'la mise en circuit du téléphone sont les mêmes que dans le cas précédent.
- Etant donné que, dans les grandes villes, il existe en général plusieurs postes de garde, ceux-ci sont munis d’appareils Morse, lesquels sont reliés au poste central.
- Les lignes NW des postes secondaires aboutissent à un appareil d’appel Morse BM, lequel sert tout d’abord à relier télégraphiquement entre eux le poste principal et les postes secondaires. La transmission d’un signal d’appel au poste principal s’opère comme dans le cas précédent. En règle géné-
- rale, les postes les plus importants sont pourvus d’un indicateur lumineux LJ, commandé par l’indicateur à contacts KJ.
- Le relais multiple MR a pour but de transmettre les appels aux lignes secondaires.
- 5° Grandes villes avec corps de pompiers professionnels et réseaux télégraphiques combinés, desservant les postes d’incendie et les postes de police.
- La figure 11 reproduit le schéma de réseaux télégraphiques combinés pour desservir à la fois les postes d’incendie et les postes de police.
- Les avertisseurs M sont pourvus de dispositifs spéciaux pour donner l’alarme aux postes de police.
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- Ils peuvent également être munis de téléphones i à contacts KJ, du relais SR et du transformateur haut-parleurs, lesquels sont reliés au microphone I T r. Pour donner l’alarme aux agents de police, on
- Fig. il.
- haut-parleur L du poste central. Le poste central lui-même et les postes secondaires comprennent les mêmes appareils que dans le cas précédent.
- Toutefois, on prévoit en outre une cloche d’annonce spéciale, lequelle est commandée par le relais multiple MR, par l’intermédiaire de l’indicateur
- dispose dans la ville des trompes II, lesquelles sont mises en action par des lignes spéciales et reliées, au poste central, à un commutateur r. Le tableau transparent S t est commandé par l’indicateur à contacts KJ.
- J. L. M.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- L’avant-dernière circulaire Merton fait ressortir une réduction des approvisionnements du métal cuivre pendant la première quinzaine de décembre. Le total des stocks visibles était, au 15 décembre, de 4x 887 tonnes contre 43 281 au 3o novembre dernier et 69 969 tonnes au i5 décembre 1911. L’absorption très régulière de la production est une preuve de l’activité industrielle et principalement de ce côté de l’Atlantique. Des livraisons considérables ont été faites aux fabricants européens ; la demande des Compagnies de chemins de fer et des importateurs des Indes est toujours satisfaisante. En électrolytique, on dit que les consommateurs ne couvrent que leurs besoins immédiats, espérant ainsi forcer la main aux producteurs qui diminueraient leurs prix pour les marques électrolytiques.
- Quoiqu’il en soit de la tactique des uns et des autres, il est remarquable de constater la permanence des cours : le Standard a subi quelques variations, s’inscrivant plutôt en recul sur le prix de 75 livres sterling, mais y revenant presque aussitôt. L’Electi'olytique est toujours aux environs de 80 livres sterling; et nous ne pouvons dès lors, en cette fin d’année, oublier toutes les prophéties des emballés qui depuis plus de deux ans nous prédisaient les cours de 1907 ! Nous n’y avons jamais cru parce que la situation des producteurs s'est trouvée modifiée profondément par leur politique propre, par celle des consommateurs et par la concurrence des nouvelles mines. La spéculation, de son côté, avertie par les catastrophes de 1907-1908, s’est aussi montrée plus prudente et la situation politique des Etats-Unis dans ces dernières années a pu gêner leurs manœuvres pour le plus grand profit des intérêts généraux. On s’efforce maintenant de prévoir l’avenir de l’exercice qui va s’ouvrir. Mais on n’ose trop s’aventurer dans ce domaine de l’hypothèse en raison des faits politiques qui échappent à toute analyse. Aujourd’hui, les milieux compétents sont pessimistes, demain peut-être très optimistes. Les nouvelles des centres consommateurs sont toutes en 'faveur du maintien des cours actuels ou d’une avance. Mais les mieux avertis entrevoient la période
- du palier qui va suivre la période d’ascension extraordinairement longue que nous paraissons achever. Et alors, il ne sera probablement plus question du maintien des cours !
- La Compagnie du chemin de fer Métropolitain a
- réuni ses actionnaires le 24 décembre pour leur soumettre un projet de prolongation de la durée de la Société. Primitivement, les fondateurs l’avaient fixée à cinquante ans. On peut dire d’ailleurs que c’est une formule qui a cours chez les notaires et qui a sa raison d’être, sans souci de l’objet social, dans la réduction des droits d’enregistrement. Mais dans le cas du Métropolitain ces cinquante années auraient pris fin en 1948, soit plusieurs années avant l’expiration de la dernière concession qui lui a été accordée par la Ville de Paris. La concession primitive, la seule dont on fit état à la constitution de la Société, ne comprenait que le premier et le deuxième réseau, formés des lignes 1 à 6, d’une longueur approximative de 61 kilomètres ; la convention avec la Ville de Paris envisageait le troisième réseau à titre éventuel, et en fait ce n’est qu’en 1906 et 1908 que les lignes 7 et 8 le constituant furent déclarées d’utilité publique. Mais, suivant les prévisions relatives à la durée de la construction, c’était encore pour ces dernières lignes aux environs de 1945-1946 que prendrait fin la concession. Depuis, d’autres lignes furent inventées portant la longueur totale concédée à 120 kilomètres ; P achèvement des lignes 7 et 8 subit un retard inattendu.
- Les lignes restantes ne seront pas mises en service avant six ou sept ans. Si bien que la vie sociale de la Compagnie du Métropolitain eût pris fin avant les concessions, la privant des bénéfices qu'elle sera alors en droit d’attendre d'une exploitation dont les charges seront des plus réduites, tout l’actif devant en principe être amorti. D’autant que la Compagnie continue à jouir des. réseaux concédés moyennant une redevance de 45 000 francs par kilomètre de double voie ayant-fait retour à la Ville jusqu’à l’expiration de la concession du troisième réseau.
- L’amortissement des obligations émises ou à émettre dans un délai trop restreint chargerait d’autre part le compte d’exploitation d’une façon
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- inadmissible. Bref, sur la proposition du Conseil, la durée de la Société a été portée à quatre-vingt-dix-neuf ans à dater de sa constitution. La Compagnie du Métropolitain ne connaissant pas la tutelle de l’État a pu donner une solution pratique à ce problème si angoissant pour nos Compagnies de Chemins de fer de l'augmentation inopinée des charges sans compensation d'aucune sorte. C’est aussi un acheminement vers la solution amiable du différend qui existe entre elle et la Ville de Paris depuis les inondations de 1910. On reparle, d’autre part, d’une agitation du personnel dont les revendications concernant la réduction des heures de travail et l'aug-mentatkm des retraites conduiraient forcément à cette solution si elles recevaient gain de cause. Inutile d’ajouter que la proposition du Conseil a été votée. On peut dire qu’une ère nouvelle s'ouvre pour la Compagnie à la suite de ce vote : il comporte comme conséquences une amélioration des services généraux, dans l’avenir la fusion avec le Nord-Sud, et une entente avec les transports en commun de la surface pour tout ce qui concerne la correspondance. Enfin, les services de tous ces modes de transports ne seront complets que du jour où ils feront à l'intérieur de Paris le service des marchandises dans la limite des moyens colis.
- Les Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi, qui touchent de si près parleurs dirigeants au Métropolitain de Paris et aux Ateliers de Jeu-mont, ont décidé de porter le capital de 10 à a5 millions de francs au fur et à mesure des besoins. Aupar-
- avant, la division des actions de priorité de 5oo fr. en deux titres de a5o francs qui prendront le nom d’actions de capital a été votée, ainsi que la division des actions ordinaires en deux titres qui s’appelleront dorénavant actions de jouissance. Une émission immédiate de 4<>odo actions de capital de a5o francs, réservées aux anciens actionnaires dans la proportion de t\o actions contre 3i anciennes a été décidée comme conséquence des dispositions précédentes. L’action est émise à 3oo francs soit avec une prime de ïoo francs sur la base de sa valeur primitive. Les capitaux à provenir de cette augmentation de capital serviront à agrandir les ateliers et à grossir le fonds de roulement.
- L’augmentation de capital des Tréfileriesdu Havre qui avait été votée en principe lors de la dernière assemblée générale sera aussi incessamment réalisée; les anciens actionnaires auront droit à titre irréductible à une action nouvelle contre trois anciennes; le nouveau titre est émis à 225 francs, jouissance du ier juillet 1912.
- Les résultats de l’exercice écoulée de la Société l’Eclairage Electrique ont fait ressortir un bénéfice net de 373 535 francs que le Conseil a proposé à l’Assemblée d’affecter entièrement à des réserves. Cette somme jointe aux trois millions de réduction du capital permettra d’amortir certains postes de l’actif que les bénéfices des exercices précédents n’avaient pas permis de doter suffisamment.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — lu* Usine annonce que les Chemins de fer de l’Etat n’ont pas pris de décision encore pour les 197 voilures et 180 wagons qui viennent d être soumissionnés, mais il faut s’attendre de la part de celte administration à de nouvelles commandes de matériel roulant dès que la question des crédits en discussion devant les Chambres aura été tranchée favorablement comme tout le fait supposer.
- Ce réseau prévoit la mise en service, d’ici au ier janvier 1916, de 90 voitures à bogies, de 39 voitures à couloir partiel, de i5i voilures à intercirculalion type Z, soit 76 pour l’Etat et 224 pour l’Ouest, en ce qui concerne les trains rapides; a5o automotrices électriques et 3o8 voilures pour trains ordinaires.
- Les voitures seraient à commander : 200 eu 1912, 200 on 1913 et 208 en 1914.
- Pour les fourgons, 284 seraient à commander, dont 9 à bogies et 2:10 du type Df 7 000 à deux essieux à grand empattement ; à commander en trois tranches de 93 à partir de 1912.
- En ce qui concerne les wagons, il n’y aurait rien à commander d’ici au ieP janvier 1916 pour l’ancien réseau Etal, mais pour le réseau Ouest il faudra mettre en service avant le ivr janvier 1916.
- 3 58o wagons couverts de 10 tonnes;
- 2 390 wagons-tombereaux de 20 tonnes;
- 1 980 wagons plats de 20 tonnes.
- Mais le développement des exploitations minières normandes et nantaises qui ne sont encore qu’à la période de début, s’annonce comme très- important cl
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- très prochain, et' il faut escompter un sxipplément de i 200 wagons de 20 tonnes et 1 200 wagons couverts de 10 tonnes pour les engrais.
- 11 est prévu aussi comme wagons spéciaux :
- Etat. Ouest.
- Wagons J 3 000, messageries grande — —
- vitesse............................ 23 27
- Ecuries.............................. 20 5o
- Couverts pour automobiles............ i5 35
- Plats grand modèle (aéroplanes).... 10 20
- A messageries, à passerelles......... 25 25
- A primeurs.......................... 100 100
- A lait................................ 10 4°
- A traverses mobiles................... 3o 220
- Plat, My, à charpente démontable sur
- bogies............................ » >
- Fourgons lestés à 10 tonnes........... » 100
- Fourgons lestés à 20 tonnes........... » 5o
- Wagons de secours..................... » i5
- Grues roulantes....................... »_______20
- Totaux........................ 233 11 o53
- Ensemble.................... 11 286
- En vue d’assurer la régularité des commandes comme l’ont demandé avec insistance les constructeurs de matériel, ces wagons seront commandés par tiers, soit environ 3 760 dans chacune des années 1912, igi3’el i9i4j de façon que, s’échelonnant dans le courant de l’année qui suit celle de la commande, les livraisons soient terminées le Ier janvier 1916.
- Algérie. — Des offres ont été faites à la municipalité de Bône pour l’établissement d’un nouveau réseau de tramways électriques.
- Dordogne. — Par arrêté préfectoral, une enquête d’utilité publique est ouverte sur l’avant-projet d’un réseau de tramways à traction électrique dans la ville de Périgueux; le concessionnaire est M. Prugnaud, ingénieur, à Rennes.
- Rhône. — Deux Compagnies, l’O. T. L. et la Compagnie nouvelle du tramway de Neuville, ont demandé la concession de la construction de la ligne de tramway de Neuville i\ Villefranche ; le conseil général statuera à une prochaine session.
- Italie. — Le conseil municipal de Milan, reconnaissant l’opportunité de favoriser les études pour le projet d’installation d’un chemin de fer souterrain îi Milan, a invité tous ceux qui ont présenté ou présenteront des projets sommaires et des propositions à cet égard à les compléter et à les déposer dans le courant du mois de mars igi3.
- Le dit conseil se réserve pleine liberté de jugement et d’action :
- a) sur le mérite des projets présentés ;
- b) sur leur plus ou moins de praticabilité ;
- c) sur l’opportunité de réclamer des éludes plus complètes ou d’en demander de nouvelles.
- Cette délibération a été prise à la suite d’un rapport adressé au maire de Milan par l’asscssetlr du IXe arrondissement Coinm. Arch. Jean Giachi. Le rapport après avoir demandé les publications, les études, les essais et les autres manifestations tendant à organiser les moyens actuels de transport, dans la ville, avec d’autres moyens dont le besoin s’est fait sentir, fait ensuite allusion aux fortes dépenses et aux grandes difficultés que l’on aurait à surmonter en évenlrant la ville dans sa partie centrale, à la configuration de Milan qui ne saurait se prêter à une installation aérienne de transport, aux exigences toujours croissantes de la population pour se mouvoir et circuler et, enfin, à l’urgence d’encourager les études d’une ligne souterraine de transport.
- Le rapport constate le résultat satisfaisant obtenu par ce système de transport dans quelques grandes villes de l’étranger; puis, vu les diflicultés de sous-sol que présente Milan, il conseille une exécution graduelle de l’installation, donnant la préférence aux communications entre le centre et les gares de chemin de fer.
- Il propose donc que l’Administration du conseil communal fasse connaître au public qu’elle examinera avec soin toutes les propositions qui lui seront soumises dans un délai déterminé, principalement, celles qui seront appuyées par des groupes financiers importants et sérieux.
- Les dites propositions, qui devront ètr.e accompagnées de programmes et d’engagements d’exécution à forfait et d'exploitation pour un nombre d’années déterminé, devront, en outre, établir à la charge des proposants le montant total des dépenses pour le bouleversement et le rétablissement du sol et du sous-sol des rues et des installations de service public, en déchargeant la commune de toutes dépenses et de toute responsabilité quelles qu’elle soient; en outre, elles devront contenir l’engagement de se fournir de l’énergie nécessaire poulies travaux d’installation et pour l’exploitation, à l’usine électrique de la commune.
- Elles devront encore réserver en faveur de la commune une participation sur les entrées brutes et la cession, à la fin de la concession, de toute l’installation — y compris le matériel d’exploitation — gratuitement ou, du moins, avec une indemnité très limitée.
- En dernier lieu, l’assesseur Giachi, réservant à l’administration communale la plus complète liberté d’action, propose que les auteurs des projets puissent s’adresser à l’Office technique pour les données et les renseignements dont ils pourraient.avoir besoin.
- ÉCLAIRAGE
- Gers. — Le conseil municipal d’Auch a adopté le
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- 4 Janvier 1913.
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- 31
- projet de traité avec la Compagnie du Gaz, pour l’installation de l’électricité.
- Haute-Loire. — Le conseil municipal de Brioude a nommé une commission pour examiner plusieurs demandes de concession pour la distribution de l’énergie électrique.
- Loiret. — Le conseil municipal de Montargis a approuvé un projet de convention à passer entre la ville et la Société l’Energie Industrielle, pour la concession de la distribution de l’énergie électrique.
- Oise. — Des pourparlers sont engagés par la municipalité de Creil pour l’installation de l’éclairage électrique dans la commune.
- DIVERS
- Ain. — Récemment est arrivée à Bellegarde une commission composée de cinq géologues, désignés par le ministre, des Travaux publics, pour faire une étude et un rapport sur les conditions géologiques des bords du Rhône, jusqu’en aval de Génissiat et en amont de Belle-garde et plus particulièrement aux endroits où seraient
- construits les barrages des deux grands projets d’aménagement hydro-électrique du Haut-Rhône :
- i° Le barrage unique de Génissiat, présenté par MM. Harlé, Blondel et Mahl;
- a0 Le projet en deux parties avec deux barrages, uu à Malpertuis et l’autre au-dessus de la perte du Rhône, présenté par la Société des forces hydrauliques de Malpertuis et par la Société des Forces hydrauliques du Rhône. •
- Cette commission s’est rendue à Génissiat, où elle a visité le barrage Harlé,- puis a poussé son étude en suivant le Rhône jusqu’à Seyssel. Elle doit revenir à Belle-garde, où elle visitera l’usine hydro-électrique existante.
- Seine-Inférieure. — La Chambre de Commerce du Havre a approuvé un projet de 4 200 000 francs pour l’installation de i5 grues électriques et la construction d’une ligne électrique destinée à assurer le service des grues et l’éclairage d’un hangar.
- Un crédit de 5o 000 francs est, de plus, prévu pour l’installation de 16 cabestans électriques au quai Colbert
- SOCIÉTÉS
- Tableau des recettes d’exploitation du mois d’octobre 1912.
- DÉSIGNATION ANNÉE Recettes du mois d’octobre 1912 Recettes depuis le début de l’année DIFFÉRENCE ENTR DES DIX PRE en 1912 el en faveur de 1912 E LES RECETTES MIERS MOIS en 1911 en faveur de 1911
- francs francs francs francs
- Energie Electrique du Nord de la France 270 43i 2 278 097 437 693
- Société Roubaisienne d'Eclairage 288 596 2 272 591 122 495
- Electrique Lille, Roubaix, Tourcoing 180 811 1 65o 180 77 428
- Energie Electrique du Centre 319 794 2 863 816 406 719
- Compagnie Electrique de la Loire 290 592 2 595 048 328 759
- Société Générale de Forces Motrices et d’éclai-
- rage de la ville de Grenoble 47 733 357 577 l5 223
- Société des Forces Motrices du Haut-Grési-
- vaudan 58 529 555 968 86 192
- Union Electrique !... 93 463 837 234 240 778
- Est-Lumière 425 789 3 618 762 548 904
- Société d'Electricité de Caen • 66 917 523 36i 108 523
- Société Méridionale de Transport de Force. . .. 164 834 1 433 928 104 688
- Sud-Electrique. • 206 260 1 632 173 366 891
- Est-Electrique 69 800 5o4 149 23l 212
- Electricité de Bordeaux et du Midi i36 407 995 764 io3 456
- Energie Electrique du Sud-Ouest 195 723 1 488 563 372 277
- Energie Electrique du Littoral Méditerranéen. 55o 008 5 566 196 673 597
- Chemins de Fer Electriques départementaux de
- la Haute-Vienne., 5i 946 382 097 251 138
- Tramways de Roubaix-Tourcoing 192 6o3 1 702 65i 112 531 (])
- (*) En 1911, Exposition de Roubaix.
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- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris.
- Les recettes de la deuxième décade de décembre se sont élevées à i 642 784 francs; elles avaient été de 1 658 821 francs pendant la période correspondante de igu.üu Ier janvier.au 20 décembre 1912 les recettes totales encaissées se montent à 52 346 54o francs et dépassent de 1 116 790 francs celles de la période correspondante de l’année dernière. • .
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Société Française d'Électricité A. E. G.,
- 72, rue d’Amsterdam, Paris.
- A. E. G., Revue Mensuelle, décembre 1912. — L éclairage électrique en concurrence avec les autres modes d’éclairage.
- Le chemin de fer de Mittenwald.
- Les installations électriques dans les mines grisou-leuses.
- ADJUDICATIONS ^
- r
- 1 . *. . . 1
- FRANGE
- Le 16 janvier, à la mairie de Bordeaux (Gironde), fournitures diverses destinées à la poudrerie de Saint-Médard.
- 1er lot. — 1 2cb mètres câble en cuivre nu.1' • ' " ‘
- 2° lot. — 320 mètres câble isolé en cuivre étamé.
- 3e lot. —5 800 mètres, câble en cuivre nu, • -...v.".
- 4e lot. — 4 4oo mètres câble isolé en cuivre étamé. :
- 5° lot. — 19 000 mètres câble isolé en cuivre étamé. ,
- Renseignements à la poudrerie de Saint-Médard.
- BELGIQUE .
- Le 28 février, à 2 h. 1/2, à . l’hôtel de, ville, à Lierre-, concession (installation et exploitation) d’un réseau de distribution d’énergie électrique.
- SERBIE
- •A
- Prochainement, au gouvernement serbe, à Belgrade, construction d’un nouveau port près de Prahowa, murs de quai, 38 ponts en béton, installations électriques, grues de chargement et de déchargement, grues électriques, wagons, bateaux, ponton-locomotive, hangars métalliques et bâtiments divers.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Par.s.
- IMPRIMERIE LEVÉ,17, RUS CASSETTE.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-cinquième année. SAMEDI 11 JANVIER 1913. Tome XXI (2S série). — N° 2.
- La
- ue
- SOMMAIRE
- ED,ITORIAL......................... 33
- Théories et généralités.
- Maurice Leblanc. — Etude sur la réalisation des grandes vitesses angulaires (suite et fin)....................... 35
- Traetion.
- J.. Carlier. — L’électrification des lignes de Chemins de fer de Ceinture et de la Banlieue de Bruxelles {suite). 44
- Extraits de publications.
- Théories et Généralités.
- K propos de la.communication de M. Gouy : « Sur la théorie des gaz ionisés et le prin-
- de Carnot», par G. Darwin............. 48
- Sur la réflexion des rayons cathodiques
- ) lents, par L. IIpullevigue.......... 48
- Mesures.
- La dépense d’énergie dans les compteurs et son importance dans les centrales agricoles, par II. Büggeln .............. 48
- Electrochimie. ;
- Fixation de l’azote, par un mélange d’alumi- .. -nium et de,charbon, par S.-A’. Tucker et IIeniiy-L. Read ! . ........ . . .'. . : . 49
- Nécrologie.
- M. Cailletet. —; M. Gustave Richard. ..... 5a Variétés.
- Sur l’œuvre de Henri Poincaré, par J. Bos-ler...................................... . 53
- Bibliographie.
- Théorie et calcul des phénomènes électriques de . translation et des oscillations, par Cn.-P. Steix-sietz (traduction Paul Bunët), analysé par C.-F. Guii.bert........................... 5g
- Brevets.
- Couplage de moteurs-série triphasés à collecteur. . 60
- Chronique Industrielle et Financière.
- Etudes Economiques....................... 61
- Renseignements Commerciaux............... 6u
- Adjudications........................... 84
- EDITORIAL
- Nous donnons aujourd’hui la dernière partie de la magistrale étude de M. Maurice Leblanc sur la réalisation des grandes vitesses angulaires.
- Au cours de ses précédents articles, notre éminent collaborateur a montré que, pour expliquer la théorie des phénomènes qui accompagnent la rotation d’un corps de révolution conduit par un arbre flexible (arbre dont l’emploi est indispensable pour transmettre au rotor un couple développé autour d’un arbre qui repose sur des coussinets fixes), on est obligé de tenir compte de
- l’amortissement causé par la viscosité, du milieu où la rotation s’effectue. D’autre part,-il existe une vitesse critique pour tout rotor muni d’un arbre flexible ou suspendu sur des coussinets très légers, reposant ; eux-mêmes sur des ressorts très souples et de très faibles masses ; mais cette vitesse critique,, étant ordinairement inférieure de beaucoup à la vitesse normale de rotation, il est toujours possible pratiquement de la dépasser. - _ -
- M. Maurice Leblanc continue cette étude par l’examen de systèmes d’équilibreurs
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- T. XXI (2e Série).—N° 2.
- automatiques, formés par des tores creux remplis de mercure. Les masses additionnelles dé mercure subissent l’action des forces d’inertie, et, de lui-même leur centi’e de gravité vient se placer à l’endroit voulu pour que l’équilibrage soit assuré. M. Leblanc ne se borne d’ailleurs pas à des vues théoriques; il entre dans des détails précis de construction. Il est très remarquable que toutes les conclusions pratiques qui découlent de sa théorie ont été vérifiées par l’expérience.
- La question de Vélectrification des lignes de chemin de fer de la ceinture et de la banlieue de Bruxelles a commencé d’être exposée dans cette Revue au milieu de décembre. Nous sommes heureux de pouvoir la continuer ici. M. J. Carlier discute, .avec une documentation très fournie, le côté économique des diverses solutions qu’on pourrait adopter : c’est l’intensité dû trafic probable qui justifie l’électrification. La discussion de M. Carlier peut servir de type pour des problèmes analogues, que les ingénieurs de chemins de fer peuvent avoir à résoudre dans les très grandes villes.
- Nous avons exposé, le 14 décembre dernier, les vues théoriques de M. Gouy sur Vaction ; simultanée de la pesanteur et du champ I magnétique uniforme sur un gaz ionisé. D’après ce physicien, pour ne pas battre en brèche le principe de Carnot, on doit admettre qu’il se produise dans un gaz ionisé une séparation partielle des ions de charges contraires, et que cette sépai’ation soit due à une énergie fournie par l’agitation calorifique du gaz. L’impartialité nous fait un devoir d’exposer aujourd’hui la thèse contraire, soutenue par M. G. Darwin; cette thèse est évidemment d’accord avec le second principe de la thermodynamique.
- M. Houllevigue étudie la réflexion des ci'yons cathodiques lents. Il l’explique, non
- pas par un rebondissement des électrons, mais par un phénomène électrostatique, dont l’expérience lui a donné confirmation.
- La question de la fixation de l'azote, au four électrique, par un mélange d'alumine et de charbon a fait l’objet des recherches de MM. S.-A. Tucker et Henry L. Read. M. Coutagne nous donne une analyse très nette de leurs travaux; il étudie les conditions pratiques de production les plus favorables dunitrure d’aluminium, dont l’intérêt réside dans une fabrication aisée d’ammoniaque commerciale ; l’alumine pure rentre en fabrication pour une nouvelle transformation en azoture, ou bien elle peut être utilisée à la fabrication de l’aluminium.
- M. H. Büggeln est un ingénieur spécialiste en électroculture. Nous exposons ses idées sur la dépense d'énergie dans les compteurs et l'importance que cette dépense d’énergie présente dans les centrales agricoles.
- Il nous reste à déplorer deux pertes qui viennent de frapper cruellement la Science et l’Industrie française, celles de M. Louis Cailletet et celle de M. Georges Richard, morts à peu de jours d’intervalle. Le premier avait succédé à l’Académie des Sciences au premier directeur de La Lumière Electrique, le comte du Moncel, le second avait été son collaborateur dès 1881.
- En même temps que nous leur rendons un suprême hommage nous croyons nécessaire de rappeler, d’après M. Jean Bosler, l’œuvre gigantesque d’Henri Poincaré, dont la sollicitude pour notre Revue s’est manifestée jusqu’à sa mort. Astronome à l’Observatoire de Meudon, M. Bosler ne nous dit pas seulement comment Poincaré fut astronome ; il nous le montré également mathématicien, physicien, philosophe, écrivain incomparable.
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- 14 Janvier 1913.
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- 3B
- ÉTUDE SUR LA RÉALISATION DES GRANDES VITESSES ANGULAIRES (FinY1
- III. —Équiliiiueuhs automatiques.
- Genèse de ces appareils. — Considérons un rotor de masse m, ayant un axe de figure xy, libre de choisir son axe de rotation. La force centrifuge ne produira aucune réaction sur.ses points d’appui.
- Il faut l'empêcher de sauter, alors qu’on ne peut l’équilibrer parfaitement.
- Nous avons d’abord pensé à lui adjoindre un volant de masse M très grande par rapport à la sienne, qu’ôn aurait pu équilibrer presque parfaitement, autour de l’axe de figure.xy, à cause de la simplicité de ses formes. On l’aurait calé de manière que son centre de gravité P et le centre de gravité G du rotor primitif fussent dans un même plan perpendiculaire à l’axe xy.
- La figure 22 est tracée sur ce plan. Le point P se confond avec la trace de l’axe de ligure xy. Le centre de gravité commun O du volant et du rotor se trouve sur la droite PG. Si le système est complètement libre, le point O est en même temps la trace de l’axe réel de rotation 00'.
- f
- e !
- r
- Ie
- ...*
- 0
- Fig. 22.
- Désignons par e l’excentricité du centre de gravité G du rotor, par rapport à son axe de figure (e = rG), et par e la distance PO du point P à l’axe réel de rotation.
- Nous avons
- Me = ni (e — e),
- d’où
- £
- ni
- M + ni
- (>) Lumière Electrique, 21 et 28 décembre 1912, p. 35 ) et 387, 4 janvier 1913, p, 7.
- Donc, en rendant suflisammcnl grande la masse M, nous pouvons diminuer, autant que nous voulons, la distance de l’axe de figure .1y à l’axe réel de rotation 00'.
- Si la vitesse angulaire est ü, la force F développée au point P a pour expression
- F = Mü!£ =
- M/«
- M -|- m
- Üae.
- Si l’on fait tourner ce volant autour d’un axe OO' incliné d’un angle x. su r son axe de figure, vy : en même temps qu’une force F est exercée air son centre de gravité, il y a production d’un couple <I>>., nul pour x = o, mais croissant avec cet angle. Ce couple tend à faire tourner l’axe de
- figure xy, de manière à le rendre parallèle à l’axe réel de rotation 00 (fig. 2.3).
- L’adjonction d’un volant parfaitement équilibré à un rotor qui l’est mal permet de rapprocher l’axe de figure du système de l’axe réel de rotation et de diminuer l’angle de ces deux axes, d’autant plus que la masse du volant est plus grande.
- On pourrait donc rendre insensibles les sauts d'un rotor mal équilibré, en lui adjoignant un volant parfaitement équilibré de masse su disante.
- Mais, en admettant qu’il soit possible d’équi-
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- T. XXI (2° Série). — N°2.
- librer parfaitement un volant, il serait dangereux de lui donner une grande masse, car, aux vitesses périphériques qu'il devrait acquérir, ce serait un obus en cage redoutable. C’est pourquoi nous ne nous sommes pas arrêtés à cette solution.
- Conservons provisoirement le volant et suppo-sons-le constitué par un disque homogène, limité par un cylindre de révolution, autour de Taxe xy, et de rayon R, puis par deux plans normaux à cet axe, situés à la distance L l’un de l’autre.
- Concevons un cylindre de révolution autour de l’axe 00', passant à l’intérieur du volant, mais tangent à l’une de ses arêtes (fig. 23). Ce cylindre et le volant ont un solide commun, dont la section est représentée en ABCD, sur la figure.
- Ce solide commun a son centre de gravité sur l’axe OO'. Donc il est parfaitement équilibré autour de l'axe de rotation et nous pouvons l’enlever sans diminuer en rien la force F, qui tend à réduire la distance des axes xy et 00\
- En revanche, la suppression du solide commun diminue beaucoup le couple de redressement <I>X.
- * Ne demandons au volant que de remplir la première fonction. Nous pouvons creuser son intérieur et ne laisser subsister que la couronne excentrée, dont la section est couverte de hachures sur la figure a3.
- La masse restante [x est très petite par rapport à la masse M, parce que l’excentricité e et. l’angle a sont toujours très petits en pratique. Elle sulïit pour produire la même force de rappel F que le volant primitif. C’est une masse additionnelle d’équilibrage.
- Mais, pour qu’elle produise 1’ellèt voulu, il faut qu’elle soit répartie d’une certaine manière le long de la surface extérieure du volant.
- Or, remarquons qu’elle est limitée, du côté de l’intérieur, par une surface de nweau. Donc, si c’était une masse liquide, du mercure par exemple, contenue dans un solide creux, de révolution autour de l’axe de figure xt/, elle sc répartirait d’clle-même, comme il le faudrait, le long des parois de ce canal, sous l'influence des forces d’inertie développées par sa rotation.
- Nous arrivons ainsi à la conception de l'équilibreur automatique.
- v Sur un arbre ayant un axe de figure xy (fig. 24), nous calons un petit volant F, dont la jante est serrée par une frotte II, posée à chaud, où est creusé un canal circulaire.
- Dans ce canal nous introduisons une certaine quantité de mercure, par des trous que nous bouchons ensuite hermétiquement, mais sans le remplir.
- La quantité de mercure introduite doit être assez grande pour que la surface cylindrique extérieure du canal soit toujours recouverte par lui, lorsque le canal tourne aulourd’un axe autre que l’axe xy.
- F W,
- Fig. 24.
- La hauteur du canal doit être suffisante pour que le mercure, pendant la rotation, n’arrive jamais à toucher sa surface cylindrique intérieure, lorsque l’axe réel de rotation se déplace.
- Cet appareil est un équilibreur automatique.
- La masse de mercure qu’il contient est une masse additionnelle mobile : la densité de ce métal permet de la faire grande sous un petit volume.
- Désignons par : .
- R, le rayon du cylindre qui limite extérieurement le canal ;
- L, la distance de ses parois planes ;
- 0, la densité du mercure ;
- g, l’accélération dé la pesanteur.
- Si l’arbre, qui porte l’équilibreur, est complètement libre de choisir son axe de rotation, et s’il vient à tourner autour d’un axe passant à la distance e de son axe de figure ; d’après ce que nous avons dit plus haut, les forces exercées sur la petite masse de mercure ont la même résultante que celles qui s’exerceraient sur un disque plat rempli de mercure, de rayon R et de largeur L. L’équilibreur produit donc une force de
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- 11 Janvier 1913.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 37
- rappel F tendant, à rapprocher les axes de figure et de rotation, qui a pour expression
- F = icIUL - üss.
- <r
- fi
- L’équilibreur est apte à produire une très grande force de rappel, mais il ne peut produire un grand couple de redressement.
- Or, au lieu d’employer une force de rappel et un couple de redressement pour amener très sensiblement en coïncidence Taxe de figure ;vy9 et l’axe réel de rotation 00' d'un rotor, nous pouvons avoir recours à deux forces de rappel distinctes agissant sur des points voisins des extrémités de l’axe de figure
- Il suffit alors, pour résoudre complètement notre problème, de caler deux équilibreurs automatiques sur les deux extrémités de l’arbre du rotor.
- La figure représente un rotor portant des roues Ri, R2, R3, ainsi muni de deux équilibreurs. Nous avons supposé que l’axe portait plusieurs roues, parce que, s’il est possible de faire des turbines à une seule roue, on sera le plus souvent conduit à donner encore plusieurs roues aux compresseurs rotatifs, malgré la grandeur de leurs vitesses angulaires.
- Masse mini/na de mercure que doit contenir un équilibreur automatique. — Soit r le rayon du cylindre constituant la surface libre du mercure, lorsque l’axe de rotation est parallèle à l’axe de ligure. Nous avons
- La masse M du volant capable de développer
- la même force de rappel qfie l’équilibreur eût etc M = w R2 L
- A
- L’axe réel de rotation, étant toujours très sensiblement parallèle à Taxe de figure, pourra se déplacer, par rapport à celui-ci, d’une quantité e (R — /), sans que le mercure cesse de recouvrir tout le cylindre de rayon R, qui limite le canal circulaire.
- D’où
- S
- JX = TC (R -j- /) L - £,
- O
- ou, puisque les deux rayons R et r ne différeront que d’une 1res petite quantité,
- IJ, zzz Jdll - C.
- 8
- D’où
- P _
- M — R ’
- La masse ni du rotor, sans équilibreur, est excentrée d’une quantité e, par rapport à son axe de figure. Cette excentration se trouve réduite à £, par les deux équilibreurs dont il est muni.
- Si Ton avait voulu obtenir le même résultat au moyen de deux masses additionnelles situées à la distance R de l’axe de figure, la somme de ces deux masses aurait dû être égale à
- m (e — s) Me
- r = TT
- La somme des masses minima de mercure des
- a M 5
- deux équilibreurs est .-égale à —. Elle est
- double de la précédente.
- Autrement dit, la somme minima des masses de mercure à introduire dans les équilibreurs doit être le double de la somme des masses additionnelles fixes, qui pourraient assurer le même équilibrage.
- C’est là le prix de l'automaticité. Il n’est pas élevé, car les niasses additionnelles nécessaires sont toujours très petites par rapport à celles qu’on veut équilibrer.
- CAS où LE ROTOR n’est PAS COMPLETEMENT LIBRE DE CHOISIR SON AXE DE ROTATION
- Nous avons supposé que notre rotor était com-
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- plètemenl libre. Cette condition ne peut être rigoureusement réalisée : il y a lieu de chercher si les forces extérieures appliquées à l’axe de figure du rotor ne contrarieront pas l’action de nos équilibreurs.
- Des forces extérieures de deux espèces doivent être exercées sur l’axe de figure du rotor:
- i° Des forces limitant les déplacements de cet axe et tendant à le faire coïncider avec l’axe de figure du stator, à l’intérieur duquel tourne le rotor, elles doivent être fonctions des distancés de leurs points d’application à ce dernier axe et croître avec elles ;
- 2° Des forces d’amortissement constamment opposées au déplacement des points de l’axe de figure du rotor, auxquels elles sont appliquées, leur direction sera toujours celle delà vitesse de ce s points, mais de sens contraire.
- Si l’axe réel de rotation coïncide avec l’axe de figure du stator, l’axe de figure du rotor décrit un hyperboloïde de révolution à une nappe autour de l’axe de figure du stator et les distances à ce dernier axe des points d’application des premières forces sont constantes. Ces forces le sont elles-mêmes. Elles peuvent s’équilibrer avec les forces d’inertie exercées én des points de l’axe de figure du rotor.
- Si cette coïncidence n’a pas lieu, cet équilibre ne peut plus être obtenu, mais l’axe réel de rotation est alors sollicité par des forces tendant à déterminer cette coïncidence, qui finit toujours par se produire.
- Alors les premières forces sont normales aux déplacements de leurs points d’application. Elles tendent à rapprocher l’axe de figure du rotor de l’axe réel de rotation et leur action s’ajoute à celle des équilibreurs.
- Soit G le centre de gravité des masses du rotor autres que les masses de mercure des équilibreurs.
- Nous pouvons transporter les forces d’amortissement au point 0, à condition de leur adjoindre un couple, dont nous n’avons pas à nous préoccuper, car il ne sert qu’à prendre à l’arbre le travail absorbé par ces forces.
- Menons du point G la perpendiculaire GG sur l’axe de ligure et la perpendiculaire GO sur l’axe réel de rotation ffig. 26). Joignons les points O etx C. La distance CG = e est constante. Nous désignerons par e la longueur CO.
- En pratique, les axes de figure, d’inertie et de
- rotation ne font jamais entre eux que des angles très petits, dont les cosinus peuvent être considérés comme égaux à 1. La longueur CO représente donc la distance de l’axe de ligure à l’axe réel de rotation.
- Le point O peut être considéré comme sollicité par trois forces ayant pour projections sur le plan OCG :
- i° Une force F dirigée suivant OC, due à l’action des équilibreurs ;
- a" Une force ^ dirigée suivant OG, due à l’action de la force centrifuge sur les masses du rotor autres que les masses de mercure;
- 3° Une force d’amortissemeht A, normale à la direction OC.
- La composante A doit être égale et de sens opposé à la résultante des forces F et ty. Comme elle est normale à la direction CO, la direction OG ne peut se confondre avec celle-ci et fait, avec elle, un angle /. (fig. 26).
- Les forces F et ^ sont respectivement proportionnelles aux distances OC et OG. Nous pouvons donc poser, en désignant par K et K' deux constantes,
- F = Ke, é/ = K'OG.
- Nous devons avoir
- F = ^ cos x,
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- d’où
- ôë = £,—•
- Le triangle COG nous donne la relation
- ces d’amortissement artificielles pour réduire les sauts du rotor. Il faut déterminer les équilibreurs de manière que les sauts de l’arbre n’aient qu’une hauteur tolérable, en supposant nullcs toutes les forces extérieures.
- e2 = s2 -f- OG2 -)- aeOG cos x.
- Nous en tirons
- 2___^ K'2 cos2x
- K'(K' + aK) cos2x + K2’
- d'où
- DISPOSITIONS PRATIQUES DES EQUILIBREURS AUTOMATIQUES.
- Plus on voudra diminuer l’amplitude des sauts de l’arbre d’un rotor, plus il conviendra d’étaler la masse de mercure de ses équilibreurs sur une large surface, en augmentant leur largeur L.
- Nous avons en effet
- d 2 ___ — aK2K,2e2 cos y. sin x
- d% [K'(K' -j- aK) cos2y. -f- K2]2’
- Nous avons d’ailleurs
- A tji sin x = Ke tang x.
- Lorsque la force d’amortissement A varie de
- 7C
- zéro à l’infini, x varie de zéro à - et le produit
- a
- cos t. sin y. est toujours positif. Il s’annule pour 'K _ , . d
- y. — o et x = -. La derivee s2 est constamment 2 dt.
- £*2
- négative et le rapport — va en décroissant gra-
- K'2
- duellement de la valeur 77— à la valeur zéro.
- K2
- En résumé, les forces élastiques qui tendront, à faire coïncider l’axe de figure du rotor avec celui du stator 11e feront qu’ajouter leur action à celle des équilibreurs. Quant aux forcés d’amortissement, c’est lorsqu’elles seront nulles quela distance s sera maxima et que les sauts du rotor seront le plus prononcés. Ils ne pourront que diminuer d’amplitude, à mesure que ces forces grandiront.
- Toutes les forces extérieures contribueront donc à rapprocher l’axe de figure du rotor de l’axe de figure du stator. Leur action ne pourra être que bienfaisante à ce point de vue. Mais, si l’on ne tient pas compte des forces d’amortissement naturelles développées sur le rotor par le milieu ambiant et qui sont toujours très petites, toutes les forces extérieures doivent prendre leur point d’appui sur les coussinets de l’arbre. C’est pourquoi il faut les rendre aussi petites que possible.
- U ne convient donc pas de développer des for-
- m — 2tcR - Ls. g
- La masse m et le rayon R étant donnés, le produit Ls sera constant et l’on ne pourra diminuer s sans augmenter L.
- On risquerait ainsi de faire des équilibreurs encombrants, mais il est naturel de profiter de la minceur des canaux, pour en superposer un grand nombre, comme il est représenté sur la figure 27.
- Telle est la disposition que nous donnons généralement à un équilibreur. Elle permet de lui donner une grande puissance, sous un volume et un poids très faibles. Ainsi l’appareil
- représenté, à l’échelle j sur la figure 27, pourrait tourner à la vitesse de 5oo tours par seconde, s’il était exécuté en aciéF au nickel.
- En attribuant aux rayons R successifs des sept
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXI (2° Série). —N° 2.
- canaux les valeurs de 17 millimètres, 21 millimètres, a5 millimètres, 29 millimètres, 33 millimètres, 37 millimètres et 4 1 millimètres et une largeur commune de 14 millimètres, on trouve que reilort exercé sur l’arbre, s’il était désaxé de 1 millimètre, serait de 3 8ao kilogrammes.
- L’arbre ne pourrait le supporter.
- Si l’on veut rendre les équilibreurs très puissants, pour rendre les sauts de l’arbre sensiblement nuis en marche normale, il faut prendre garde que l’arbre ne puisse se fausser, dans le cas où il viendrait a subir un très grand désaxage, à la suite d’un accident tel qu’une salade d’aubes ou un arrachement d’ailes de compresseurs, les équilibreurs exerçantalors de trop vives réactions sur ses extrémités.
- Le moyen le plus simple consiste à limiter l’action de l’équilibreur, dès que le désaxage devient trop grand.
- Pour cela, nous devrions donner au tore contenant le mercure une hauteur £ égale à celle du désaxage maximum, que doit subir l’arbre en marche normale.
- Dès que ce désaxage deviendrait plus grand, l’épaisseur maximade la couche de mercure, dans l’équilibreur, ne pourrait devenir supérieure àe et son épaisseur minimane pourrait devenir aussi petite que si la hauteur du tore était plus grande.
- L’action de l’équilibreur se trouverait ainsi limitée.
- Mais, la hauteur £ étant toujours très petite, l’anneau de mercure serait très mince et les phénomènes de tension superficielle prendraient une grandeimportance. Comme le mercure ne mouille pas l’acier, ils tendraient à le réunir en un globule de surface minima et l’empêcheraient de s’étaler librement, sous l’influence des forces d’inertie, lorsque le désaxage serait inférieur à e.
- Il convient donc de donner une hauteur raisonnable, telle que 2 millimètres, au tore, comme il est représenté sur la figure 27, et de le remplir presque complètement de mercure. Dans ces conditions, la couche de mercure aura toujours une épaisseur telle que les effets de la tension superficielle soient comidètement négligeables, par rapporté ceux des forces d’inertie. Nous devrons employer plus de mercure que nous l’avons reconnu nécessaire précédemment, mais cela sera s.ans importance.
- Il est à remarquer que, quel que soitle désaxage subi par un rotor, à la suite d’un accident grave,
- s’il peut toujours tourner autour de son axe d’inertie, il n’eri résulte aucune fatigue supplémentaire pour ses matériaux. Seuls les sauts de l’arbre sont augmentés et ce sont les pièces qui le supportent ou lui transmettent un couple qui sont davantage fatiguées par les mouvements oscillatoires de grande amplitude qu’elles prennent.
- Elles doivent être établies de manière à pouvoir supporter cette fatigue, pendant le temps court nécessaire pour reconnaître l’accident et arrêter la machine.
- Or, nous savons que la matière supporte bien les mouvements vibratoires, lorsqu’ils sont de courte durée. C’est leur continuité qui est dangereuse, même quand l’amplitude des mouvements est faible, parce qu’elle amène les changements dans la constitution des métaux. Ils deviennent cristallins, ce qui diminue leur résistance.
- Le rôle deséquilibreurs estderéduire suffisamment l’amplitude des mouvements continuels, pour que la vie des pièces qui les subiront devienne longue. Il n’y aurait aucun intérêt à demander aux équilibreurs de continuer à fonctionner, même en cas de grand désaxage du à un accident grave. Ce résultat ne pourrait être obtenu sans fatiguer beaucoup les matériaux du rotor.
- Dans le cas des turbines, surtout lorsqu’elles 11’auront qu’une roue, il conviendra de disposer les équilibreurs, non aux extrémités de l’arbre, niais dans le corps même delà roue, au voisinage immédiat de la couronne d’aubes. La réaction de l’équilibreur n’aura plus à être transmise par l’arbre en même temps qu’on pourra rendre celui-ci plus court. Cela permettra d’élever encore la vitesse critique du rotor.
- Les équilibreurs pourront être alors constitués par des tubes d’acier méplats, semblables à ceux des manomètres, qu’on courbera suivant une circonférence et dont on rejoindra les extrémités, au moyen d’une soudure autogène, après les avoir remplis partiellement de mercure.
- On les introduira dans des gorges A, A ménagées le long de la circonférence extérieure des roues (fig. 28}. Ils demeureront appliqués contre le fond de ces gorges, d’abord par leur propre élasticité, puis par la force centrifuge.
- Stabilité du régime et amortissement des mouvements oscillatoires du mercure. — Par le centre de gravité G des masses du rotor, autres que les
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- masses de mercure, menons un plan perpendiculaire à son axe de figure. Il le coupe en un point C (fig. 29). Le centre de gravité des masses de mercure se projette en un point r du plan.
- Nous avons vu qu’un régime pouvait s’établir, pour lequel le point T se trouverait sur le pro-
- ion tïement de la droite GC. Il est nécessaire qu’il s’établisse pour que les équilibreurs fonctionnent.
- Il faut donc que ce régime soit stable.
- Supposons que le centre de gravité des masses de mercure se projette en un autre point F'. Le centre de gravité de l’ensemble des masses du rotor se projettera en un point 0 nécessairement situé sur la droite GF' et, si le rotor est libre de choisir son axe de rotation, celui-ci passera par je point O-
- Fig. 29.
- La force centrifuge exercée sur le centre de gravité des masses de mercure aura une projection F sur le jolan de la figure et celle-ci sera dans le jjrolongement de la droite GO.
- Menons la droite CF'. Noug pouvons décomposer la force F en deux forces /j et f2 dirigées la première suivant la droite Cr' et la seconde normalement à cette droite. La force f{ sera compensée par la réaction des parois des équilibreurs; la seconde tendra à déplacer le mercure le long de ces parois et à ramener son centre de gravité vers le point F.
- La force f\ s’annule en changeant de signe, toutes les fois qne le point T' passe jîar le point T. Elle assure ainsi la stabilité du régime, mais elle n’empêche pas le mercure d’osciller autour du point A.
- 11 convient d’amortir ces mouvements d’oscillation. Nous y sommes parvenus d’abord en achevant de remplir les canaux des équilibreurs avec une huile visqueuse. Cette solution donnait de bons résultats en marche normale et l’ampèremètre de la dynamo qui conduisait notre appareil d’essai, alors qu’il oscillait dans de très larges limites lorsque le mercure était seul, devenait parfaitement stable, une fois les canaux achevés de remplir avec de l’huile.
- Mais, pendant les périodes d’accélération du rotor, à la mise en route et à l’arrêt, le mercure ne pouvait plus tourner avec la même vitesse que les parois et devait se déformer, à chaque instant, pour que sa surface libre demeurât une surface de niveau. L’huile s’opposait à ces déformations. C’étail là une cause de vibrations pour l’arbre.
- C’est pourquoi nous nous sommes décidés à entraîner le mercure mieux que par simjile fric-
- Fig. 3o.
- tion, en disposant des palettes a l’intérieur des équilibreurs, comme il est représenté sur la figure 3o. Ces palettes aci... sont constituées jrar de petites bandes de tôle mince, qu’on glisse
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- dans des rainures (fig. 3«) pratiquées dans les parois latérales des équilibreurs. Elles sont munies de petites échancrures bb... disposées contre la paroi extérieure de l’équilibreur et destinées à laisser passer le mercure d’un compartiment à l’autre, et d’échancrures plus larges ce... destinées à laisser passer l’air ou l’huile qui surmonte le mercure.
- Fig. 3i.
- En montant les palettes, on fait en sorte que les échancrures bb de deux palettes consécutives ne soient jamais en face l’une de l’autre.
- Si l’on avait affaire à un équilibreur formé par un tube méplat tel que ceux de la figure 28, le moyen le plus simple de constituer des chicanes d’amortissement consisterait à aplatir le tube de distance en distance comme il est représenté en a, a, a... sur la figure 3a. Chaque compartiment ménagé entre deux chicanes serait percé d’un petit trou S sur sa face interne, pour permettre à l’air d’entrer ou de sortir. La capillarité retiendrait le mercure à l’arrêt, malgré l’action de la pesanteur.
- Plus les échancrures bb (fig. 3i) seront petites et mieux seront amortis les mouvements oscillatoires du mercure; mais, en même temps, la sensibilité de l’équilibreur diminuera, c’est-à-dire qu’en cas de déformation du rotor, le mercure mettra plus de temps à venir occuper sa nouvelle position d’équilibre.
- Mais, du moment que nous ne demandons pas à l’équilibreur de limiter les désaxages considé-
- rables résultant d’un accident grave et qu’il ne doit parer qu’aux déformations graduelles que peut subir le rotor, sous l’influence des forces d’inertie, sa sensibilité n’a pas d’importance.
- Il y a tout intérêt à faire les échancrures extrêmement petites, pour assurer un bon amortissement. Cela n’empêchera pas d’ailleurs le mercure de passer rapidement d’une position d’équilibre à une autre.
- Cela tient à la. grandeur des forces exercées sur lui et à là petitesse des volumes à faire passer par les échancrures.
- Ainsi dans les équilibreurs de notre appareil d’essai qui faisait 5oo tours par seconde, la force centrifuge développée sur les masses de mercure était sensiblement égale à 34 000 fois la pesanteur.
- Considérons deux compartiments consécutifs séparés par une palette (fig. 3o). Soit 2 la section d’un compartiment, normale au plan diamétral passant par son milieu, a la section de l’échancrure b qui réunit les deux compartiments et h la différence de niveau des surfaces libres du mercure, dans ces deux compartiments isolés.
- Prenons comme unités le mètre, la seconde et le kilogramme-force.
- La vitesse d’écoulement YV du mercure à travers l’échancrure b est
- \Y = '>. g X 34 000 h.
- Soit K le coefficient de contraction de l’échancrure, le volume V débité par seconde est
- W = 816 Ko \jh.
- Si le niveau s’abaisse de —, dans le compartiment de droite, il s’élève de — dans le compartiment de gauche et la variation de la différence de niveau h est égale à dh.
- D’où, en désignant par i le temps,
- ou
- y — = 81.6 Kir \Jhdl,
- dh
- 1 dt
- a \7i
- 81 (5 K
- a
- 2’
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- d'où
- \/k0 — s/h — 816 lv ^ [t — 4) *
- est presque plein de mercure et si l’espace qui n’en contient pas est inférieur au volume d’un des compartiments de l’équilibreur.
- La durée kl — t —1$, au bout de laquelle nous aurons h = o, est égale à
- IV. — Résumé et conclusions.
- A t =
- V
- 816 Kg
- La dénivellation totale h0 ne dépassera jamais en pratique o,5 millimètre, soit mètre.
- Nous aurons donc au maximum,
- 3b *2oo Kg
- Supposons que, l’orifice étant très étroit, le coefficient de contraction K soit seulement égal à o,o5, nous aurons finalement
- i Z A l = —-------.
- l8 IOO G
- Ainsi, si nous faisions At = i", on pourrait
- T
- réduire la section 2 au —— de la section 2. Cela
- 18100
- suffit pour montrer qu’il est possible de rendre excessivement grand l'amortissement des mouvements oscillatoires du mercure, sans rendre l’équilibreur trop paresseux.
- PHÉNOMÈNES CAPILLAIRES
- Toutefois, il faut prendre garde que si l’un des compartiments venait à être vidé, la capillarité s'opposerait au passage du mercure venant d'un compartiment voisin à travers un très petit trou. Pour la vaincre, il faudrait qu’une pression considérable fut développée sur l’axe de ce trou et, par conséquent, que la vitesse de rotation ait déjà acquis une assez grande valeur bien déterminée. Au-dessous de cette vitesse, le mercure ne poui'rait prendre la figure d'équilibre voulue.
- Cela pourrait présenter des inconvénients, au moment de la mise en roule.
- Pour les éviter, il faut que les deux faces de chaque échancrure soient toujours noyées dans le mercure, pour que les forces capillaires développées des deux côtés d’une échancrure s’équilibrent.
- Nous y arriverons à coup sur, si l'équilibreur
- On peut communiquer, en toute sécurité, à un rotor quelconque, une vitesse angulaire de rotation atteignant les deux tiers de sa première vitesse critique propre, quelque élevée que soit cette dernière.
- Si le rotor repose sur des points d’appui élastiques, cette première vitesse critique propre est suffisamment élevée pour que l’onpiiisse fairedes turbines à vapeur à une roue utilisant bien le travail disponible dans la vapeur. On peut faire également des compresseurs rotatifs à plusieurs roues et des dynamos utilisant toute la puissance fournie par ces turbines, en tournant à leur vitesse.
- 'foutes les fois que cela sera possible, il y aura lieu de monter, sur un meme arbre, le rotor moteur et le rotor nui, pour n'avoir à leur transmettre aucun couple. On pourra relier les deux rotors par un arbre de diamètre assez petit, pour qu'il puisse traverser des presse-étoupes ou organes équivalents. Cette disposition n’est pas applicable, toutefois, au cas de plus de deux rotors montés sur le même arbre.
- Le rotor résultant devra pouvoir choisir, à chaque instant, son axe de rotation.
- Les coussinets devront donc être portés par des ressorts. Le système ainsi constitué aura une vitesse critique o>, qu’on rendra très basse, en rendant les ressorts très souples. Au moment de la mise en route, on calera les coussinets jusqu’à ce que la vitesse critique o) ait été suffisamment dépassée et on les rendra libres après. Au moment de l'arrêt, on recalera les coussinets, dès que la vitesse se rapprochera de la vitesse critique (o. Si la machine est munie d’un régulateur de vitesse, ce qui sera le cas général, on fera exécuter automatiquement ces opérations par son tachymètrc.
- S'il est nécessaire de transmettre un couple au rotor, on le fera au moyen d’un joint flexible, dont la première vitesse critique propre sera supérieure à la vitesse normale de rotation. Mais on conservera les coussinets à ressorts du rotor, de manière à pouvoir donner une grande sou-
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- plesse au joint flexible, sans qu’il soit déformé par le poids du rotor.
- Le système constitué par le rotor, le joint flexible et les ressorts de suspension aura une vitesse critique w qu’on passera, comme dans le premier cas, en calant momentanément les coussinets à ressorts.
- Enfin, dans tous les cas, on assurera le bon équilibrage du rotor, que ses matériaux soient déformables ou non, en lui adjoignant deux équilibreurs automatiques.
- En rendant libre le rotor de choisir, à chaque
- instant, son axe de rotation, on évitera toute fatigue à ses matériaux et à ceux du stator.
- En disposant des équilibreurs automatiques sur le rotor, on rendra inoffensives les vibrations des coussinets, ressorts de suspension et joints flexibles, dont la durée deviendra presque indéfinie. En même temps, on pourra réduire les jeux du rotor, dans le stator qui l’entourera, comme s’il reposait sur un arbre rigide porté par des coussinets fixes.
- Mauiuce Leblanc.
- L’ÉLECTRIFICATION DES LIGNES DE CHEMINS DE FER DE LA CEINTURE ET DE LA BANLIEUE DE BRUXELLES (Suite)™
- 111. — La dépense des gares bouclées.
- En faisant grandement les choses, en prévoyant pour 3o millions de travaux d’art et de bâtiments, on arrive à l’évaluation suivante :
- Côté Nord.
- Expropriation de 200 rri X 600 in = 120000 m2 à 100 francs en
- moyenne, soit.............fr. 12 000 000
- Côté Midi.
- Expropriation de 100 m X 800 m == 80 000 m2 à 200 francs en
- moyenne, soit.............fr. 16 000 000
- Abattoir.
- 7 hectares à 40 francs le m3, soit. 2 800 000
- Travaux de surélèvcment,
- ponts, etc.................. i5 000 000
- Bâtiments divers.............. i5 000 000
- Total.......fr. 60 800 000
- Ün disposerait ainsi de 27 hectares de ter-rain en plus sans compter l’utilisation de la gare de l’Allée-Ver te. Mais s’il s’agissait de réaliser de simples boucles, à quatre voies, aux gares du Nord et du Midi, sans prévoir
- de gares, ni de bâtiments imposants, la dépense deviendrait, approximativement :
- Côté Nord.
- 600 m X 25 m — ij 000 m2 à
- 100 francs, soit. . .fr. I ofio OOO
- Côté Midi.
- 800 m X m r: 20 000 m2 à
- 200 francs, soit . .fr. i 000 OOO
- Abattoir . .fr. a 00 c 0 OOO
- Travaux d’art . .fr. 6 000 OOO
- Aléas fr
- Au total . .fr. 16 3oo OOO
- On gagne encore environ i.o hectares de gares et de voie.
- Les figures 4 et 5 (l), donnent un tracé assez appi-oché de l’établissement des boucles.
- IV. —La capacité des gares bouclées.
- Nous n’insisterons pas sur la méthode, devenue tout à fait courante en matière d’exploitation de tramways et de métropolitains, qui consiste à boucler toujours les voies d’extrémité.
- Ce système tire sa grande justification de
- I1) Lumière Electrique, 14 décembre 1912, p. 335.
- p) Lumière Electrique, décembre 1912, j>. 332.
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- la nécessité de satisfaire aux obligations d'un service intensif, qui oblige les trains à se succéder à des intervalles de temps compris entre une et trois minutes. Or, pour permettre les-manœuvres des changements de direction aux extrémités, l’échange des plaques indicatrices, des feux, des signaux, des trolleys et prises de courant, le débarquement et rembarquement des voyageurs, il faut plus de deux minutes... Sans boucle, on devrait intercaler un train supplémentaire entre deux trains qui se succèdent; en bouclant les voies, on obtient donc une économie considérable des frais d’exploitation par une utilisation meilleure du matériel de transport, du personnel des trains, etc. On réalise aussi, en plus, une sécurité et une régularité des plus avantageuses en matière de circulation des trains.
- Toutes ces raisons, plausibles quand il s’agit des tramways et des métropolitains, ne le sont-elles pas lorsqu’il s’agit du mouvement des trains dans les gares du Nord et du Midi à Bruxelles ? C’est bien, en effet, parce qu’on prévoit ne plus pouvoir répondre aux exigences d’un trafic devenu trop intensif, au moyen des gares à rebroussements, qu’on exécute la jonction centrale. Toutefois, faisons remarquer tout de suite que, avec la jonction centrale, ce ne sont plus 248 trains qui entrent et sortent de la gare du Midi (à la date du ier mai 1912) ou 313 trains qui entrent et sortent de la gare du Nord (ior mai 1912), mais bien 56i trains qui passent en chacune de ces stations — sauf les trains qui y « rebrousseront », à moins qu’on ne condamne ces trains de fin d’itinéraire à rebrousser, soit à Haren, soit à Forest, ce qui est onéreux pour l’exploitation.
- Mais, alors qu’une gare à voyageurs à rebroussements, desservie par un faisceau de 18 à 20 voies en cul-de-sac, qui se raccordent à 6 voies de sortie et 2 voies de machines ne peut recevoir, en quatorze heures de temps, (service intensif commençant à 6 heures pour se terminer à 20 heures), que 280 trains, soit 20 trains à l’heure (1 train toutes les trois
- minutes), et en expédier* autant dans le même temps, une gare sans rebroussements, ayant son faisceau de voies bouclées, peut les recevoir et les expédier à un intervalle de temps de 1 minute et moins. La capacité d’une telle gare est ainsi plus que triplée.
- Ainsi, en quatorze heures, avec rebroussement, la capacité limite d’une telle gare serait de 56o trains entrant et sortant, tandis que si les voies sont bouclées, il est plus aisé que dans le premier cas de recevoir et d’expédier trois fois autant dans le même temps, soit 1 680 trains.
- A compter 25o voyageurs, en moyenne, par train, on arrive à ces chiffres, qui permettent de comparer entre eux le mouvement des voyageurs dans les deux systèmes de gares :
- ier cas : 56o trains X! aao voyageurs, soit i4o 000 voyageurs;
- 2e cas : 1 680 trains X aSq voyageurs, soit 4ao 000 voyageurs.
- Dans le premier cas, on a prévu trois minutes : i° pour le temps nécessaire au train pour parcourir la distance séparant l’entrée de la gare au quai; 2° pour le temps nécessaire à une ou plusieurs manœuvres, pendant lequel le train occupe, en tout ou en partie, la voie d’arrivée; 3° enfin, pour le temps encore nécessaire à assurer la durée du « battement » nécessaire à l’obtention de la régularité du mouvement des trains.
- De même, pour la sortie de ce même train et de sa machine, laquelle suit la même voie de sortie, à une portée de signaux près, il a été prévu 3 minutes. Cette valeur n’est pas exagérée et elle serait insuffisante, en tous les cas, si le service devait s’effectuer de 3 en 3 minutes sur une même voie, sur laquelle il faudrait rebrousser les trains et les locomotives ; elle est acceptable lorsqu’on dispose de 3 voies et qu’ainsi, en moyenne par voie, l’intervalle de temps entre les trains est de 9 minutes.
- Pendant ces 9 minutes, on peut^faire des manœuvres de rebroussement de trains et de locomotives.
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- AG
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- Il y a lieu de remarquer qu’entre les époques d’occupation des voies par les trains entrant ou sortant des gares, il y a trois périodes de mouvement qui s'intercalent, à savoir : la première, celle du rebroussement de la rame de voitures sur une partie du tronçon de la voie d'arrivée ; la deuxième, celle du rebroussement de la locomotive sur un tronçon de la voie d’arrivée et sur une partie des autres voies d’arrivée ou de départ, avant que celle-ci ne joigne la voie spéciale aux locomotives; et enfin, celle du recul de la locomotive qui vient s’atteler à la rame de voitures qui vient d’ètre manœuvrée pour repartir, période pendant laquelle l’occupation des voies est nécessaire, comme il a été indiqué au i".
- Si on ne retire pas le train, pour ne faire le retrait de la locomotive d’arrivée qu’après un nouveau départ du train, on ne supprime que la première période d’occupation des voies, dont le temps représente peu de chose.
- Pour une gare disposée en longueur, comme celle de Bruxelles-Nord, les 9 minutes de temps entre deux trains se succédant sur une même voie, à l’entrée du faisceau, ne sont pas excessives.
- Dans le second cas, système à boucle, permettant le mouvement de 1 680 trains en 14 heures, les trains se succéderaient de 3 en 3 minutes, sur une même voie, temps largement suffisant et qu’on pourrait même descendre à 1 minute, parce que le temps nécessaire à franchir une portée de signaux est, selon les règlements des gares, moindre encore.
- Dans le premier cas, gare à rebroussement avec 18 voies à quai, desservant 56o trains en 1 4 heures, le temps d’immobilisation des trains aux quais peut varier de 9 minutes (alors la rame ne rebrousse pas et la locomotive d’arrivée ne recule qu’après un nouveau départ) à 45 minutes. En réalité, si les trains reparlent dans leur ordre d’arrivée, le laps (le temps qui s’écoule enlre les deux périodes est de 18 x 8 minutes, soit 54 minutes, dont il faut déduire 9 minutes au moins,
- pour les trois périodes de mouvement indiquées ci-dessus.
- Dans le second cas envisagé, gare à faisceau de 18 voies bouclées, desservant 1 680 trains en 14 heures, le temps moyen d’immobilisation à quai peut être compris entre 3 et 54 minutes.
- Y. — Exemples de gares bouclées.
- L’usage des voies bouclées, pour les grands chemins de fer, s’est considérablement répandu aux États-Unis depuis quelques années.
- On peut, en effet, lire dans le remarquable travail de M, Henri Vaes, ingénieur-architecte, édité à la date du 18 janvier 1912 et intitulé Les Nouvelles Gares de New-York, ce qui suit:
- (Page 3.) « Ces trois gares (Hudson and Manhattan Railroad Station, Pennsylvannia Railroad Station et Grand Central Terminal) sont des terminus. L’une, cependant, la « Pennsylvannia Railroad Station » projette de continuer sous peu ses rails sous l’East River ; l’autre, le « Grand Central Terminal », grâce à un système de boucles, a réussi à supprimer les inconvénients du rebroussement.
- M. Vaes donne, à la figure 1 de son opuscule, un schéma de gare à boucle, proposée pour le métropolitain de New-York. Il dit ensuite : « Cette disposition paraît, en tous cas, être parfaitement réalisée au « Gi’and Central Terminal ».
- (Page 4 ) « Le manque d’emplacement n’a pas permis à la Compagnie (la Pennsylvannia Railroad) d’y emmagasiner des voitures; aussi compte-t-elle, en vue de parer aux inconvénients du rebroussement, gagner ultérieurement Long-Island, en passant sous l’East River. »
- (Page 7. Concernant l’ancienne gare du Grand Central llaihvay) : « Après le débarquement des passagers, les voitures étaient renvoyées jusqu’à Mott Haven, au nord de « Harlem River », pour être nettoyées. II est inutile d’insister sur les inconvénients de ce système et les dépenses considérables d’ex-
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- ploitation qui en résultaient. Le problème que les ingénieurs du nouveau Terminus avaient à résoudre consistait à créer un ensemble de voies continues, qui permît aux trains de traverser la gare sans devoir être repris en queue.
- (Page io, Concernant la nouvelle gare du Grand Central.) « Cette partie de la construction constitue certainement un des détails les plus intéressants du travail. En effet, les trains, au lieu de n’utiliser qu’un seul étage, en occuperont deux. L’un comprenant 43 voies et appelé étage principal ou « express » sera réservé aux lignes à longue distance et se trouvera immédiatement en dessous de la rue; l’autre ou « suburb » avec 2a voies, destinées au trafic de banlieue, sera eu dessous du précédent.
- « Ces deux étages seront réunis par des tronçons en boucle, qui passeront sous le bâtiment principal du Terminus. L’avantage de cette disposition sera de permettre le nettoyage des trains entre leur arrivée et leur départ; elle supprimera l’inconvénient de les renvoyer à la gare de Mott Haven. Dès qu’un train aura débarqué ses passagers, il sera dirigé sur une courbe, où l’on détachera les wagons de bagages qui seront renvoyés sur une voie spéciale, adjacente à des ascenseurs qui monteront les colis dans les salles spéciales. Tout cela se fera, bien entendu, hors de la vue des voyageurs.
- « Les wagons à bagages détachés, le restant du train sera dirigé sur une voie de garage, où s’effectuera le nettoyage ainsi que le rechargement des batteries électriques et l’approvisionnement des wagons-restaurants.
- « Les trains de banlieue seront manutentionnés d’une façon identique.
- « Si le train doit repartir immédiatement après son arrivée, ce qui est, en général, le cas pour les trains de banlieue, il prendra les nouveaux voyageurs et regagnera par la boucle le tunnel de sortie de la gare. Le train qui ne repartirait pas immédiatement sera envoyé au hall de nettoyage placé au môme étage.
- « Il est bon de se rappeler que chaque étage peut être indépendant au point de vue de la traction et des manœuvres. »
- A la page 16 de la brochure de M. Vaes, sous la figure 7, est représentée une coupe en travers du nouveau Terminus du Grand Central Railroad, montrant la disposition des salles d’attente, halls d’accès des voyageurs, étages réservés aux lignes de chemins de fer, ainsi que les « loops » ou boucles des trains « suburban» ou de banlieue, et des trains « express ».
- (Page 23.) « La gare (Hudson and Manhattan) est ci rebroussement, mais il était tout à fait impossible de faire autrement. Nous avons vu, pour les deux antres gares, qu’oçi a fait l'impossible et qu'on s'est imposé les plus lourds sacrifices pour éviter les inconvénients du rebroussement- »
- Au commencement de 1899, on a livré à l’exploitation l’immense gare de Boston, faite pour servir de terminus à un grand nombre de lignes qui atteignent Boston en venant du Sud ; il s’agit à la fois d’un service de grandes lignes et d’un service de banlieue, où se fait un trafic annuel de 5o millions de voyageurs.
- Cette gare est à deux étages : l’étage supérieur comporte 28 voies en faisceaux, suivant la disposition ordinaire ; elles servent aux trains des grandes lignes. L’étage inférieur sert aux trains suburbains ; les voies y sont bouclées et les trains de banlieue ne refoulent donc jamais ; il font le tpur de la bou-^ cle et repartent sur des voies parallèles aux voies d’entrée. On peut expédier un train par voie et toutes les minutes. Quant aux quais, ils peuvent recevoir 25ooo personnes.
- Ces exemples montrent bien qu’il s’agit, en l’occurrence, d’un système éminemment pratique et dénaturé à satisfaire aux exigences les plus grandes d’un trafic intensif de chemin de fer.
- (.A suivre.)
- J. Caulikk,___
- Répétiteur du Cours d exploitation des chemins de fer à l’Université de Liège.
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- T. XXI (2° Série). — N°2.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- A. propos de la communication de M. Gouy : « Sur la théorie des gaz ionisés et le principe de Carnot ». —R. Darwin. — Comptes Pendus de l’Académie des Sciences, 2 décembre 1912.
- Selon M. Gouy, les ions de charges contraires seraient en partie séparés, sans l’intervention d’aucun travail extérieur ; l’énergie nécessaire à cette séparation serait fournie par l’agitation calorifique du gaz. Une pareille séparation serait bien, en effet, en contradiction avec le second principe de la thermodynamique ; mais une observation plus minutieuse montre que cette séparation ne se produit pas. En effet, il est facile de montrer que le théorème de Liouville, en dynamique, n’est pas affecté.pàr la présence, dans les équations de mouvement,; de termes gyrostatiques ou magnétiques. Il suit de là, par la méthode si souvent employée dans la théorie cinétique des gaz, que si, à l’origine, la distribution des ions et des molécules est complètement fortuite, il ne résultera du mouvement aucune tendance vers une distribution systématique et non fortuite. En un mot, il n’y aura pas séparation des ions.
- Sur la réflexion des rayons cathodiques lents. — L. Houllevigue. — Comptes Rendus de VAcadémie des Sciences, 2 décembre 1912.
- L’auteur a déjà indiqué (*) que les électrons émanés d’un filament de carbure incandescent peuvent, sous l’action du champ électrique créé par une différence de potentiel voisine de too volts, donner un pinceau cathodique bien délimité, dqnt la vitesse approche de 5 000 kilomètres par seconde; ce pinceau est visible sur tout son parcours, grâce à la présence de traces de vapeurs de mercure dans l’espace, privé de tous autres gaz, où il se propage; il s’entoure lui-même, dans le cas le plus ordinaire, d’une lueur diffuse. Lorsqu’il vient à frapper la paroi de verre du récipient où il se propage, il se réfléchit nettement; il se réfléchit également sur une lame
- (*) Comptes Rendus, t. CLI1, 1911, p. 1240 et 1846; t. CLIV, 1912, p. 1221.
- métallique placée à l’intérieur du récipient. Ce fait s’explique difficilement par un rebondissement des électrons, étant données les dimensions exiguës de ce’s électrons par rapport à celles des éléments matériels qui constituent les parois ; en réalité, cette réflexion est due' à un phénomène électrostatique ; elle a pour cause l’inflexion des trajectoires des électrons dans le champ électrique maintenu à l’intérieur du récipient, ainsi que l’auteur l’a établi expérimentalement.
- MESURES
- la dépense d’énergie dans les compteurs et son importance dans les centrales agricoles. — H. Büggeln. —Elektrotechniçche Zeitschrift, 28 novembre 1912. .
- M. H. Biiggeln, de Stuttgard, étudie la question de l’importance des pertes d’énergie dans les compteurs pour les centrales agricoles (Ueber-landzentralen) qui ont de nombreux abonnés.
- L’ensemble des pertes est très important dans ces installations. En 1907, la centrale qui dessert le district de Herrenberg et ses environs et qui est installée à Unterjesingen (Wurtemberg) avait 58,09 % de perte; après un fonctionnement de cinq ans’, ces pertes ont été réduites à 87,02 % . Les pertes, variant avec chaque charge, pe jouent à peu près aucun rôle dans les centrales agricoles, où l’utilisation annuelle est de faible durée ; on peut les réduire à un minimum, en choisissant une tensiomélevée, et en disposant convenablement les canalisations. La perte dans l’enroulement-série des compteurs n’a pas non plus une grande importance, car elle ne se produit qu’au moment où l’appareil est chargé.
- Ce sont les pertes à vide qui sont importantes, car elles se produisent pendant tout le temps; elles se produisent dans les transformatèurs et dans les compteurs. Le compteur est constamment sous courant, même quand il 11’y a aucune lampe allumée el aucun appareil en marche, de sorte qu’il y a perte dans la bobine de tension.
- Afin de réduire autant que possible les pertes à vide dans le fer des transformateurs, on renonce à
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- un bon rendement à la charge normale et on admet alors une grande perte dans le cuivre. On a pu ainsi réduire de 3o % et même plus les pertes dans les centrales agricoles.
- Tandis que l’on a diminué ainsi les pertes dans les transformateurs, on n’a pas tenu compte de celles qui se produisent dans les enroulements sous tension des compteurs; les calculs suivants montrent cependant qu’elles ont de l’importance.
- Un bon compteur pour courant alternatif a une consommation propre d’au moins i watt à un volts, et d’au moins i,5 watt k 220 volts. Quoique par-ci par-là on indique des consommations moindres, ce sont cependant des chiffres moyens. En 365 jours un compteur consomme 8,76 kilowatts-heures quand il est à no volts et i3,i4 kilowatts-heures sous 220 volts. Un compteur à courants triphasés pour phases inégalement chargées a une consommation propre-de 3 watts à 220 volts et de. 4,5 watts à 440 volts; cela fait annuellement 26,28 et 39,42 kilowatts-heures. Avec l’emploi de la tension de 38o volts pour le moteur (avec le conducteur neutre 220 volts) qui se répand de plus en plus, la dépense d’énergie provoquée annuellement par le compteur est de 35 kilowatts-heures.
- L’installation de Herrenberg, dont il a été parlé plus haut, avait, à la fin de 1911, 2 652 abonnés pour la lumière et 2 067 pour la force motrice, tous à 220 volts. En employant des compteurs séparés pour la lumière et la force, la perte constante serait : 2 652 X i3,ï4 —- 35 000 K WH environ**'*
- 2 067 X 26,28 = 55 000 —-
- Total..... 90 000 —
- L’année dernière, cette installation a fourni 1 166 millionsdekilowatts-heures utiles,ce qui donne, avec l’énergie perdue dans les compteurs, 1 256mil-lionsde kilowatts-heures, de sorte que ces pertes sont de 7 % environ ; les compteurs pour moteurs seuls
- font perdre 4,5 % . Avec un prix de revient du courant de 0,0875 le kilowatt-heure, cela représente pour l’ensemble 7 875 francs et pour les compteurs de moteurs seuls 4 812 francs par an. Gomme l’installation de Herrenberg dessert un distinct ayant 74 800 habitants, la perte annuelle dans tous les compteurs correspond à 1,21 kilowatt-heure par habitant et la perte dans les compteurs pour moteurs seuls à 0,735 kilowatt-heure par habitant.
- Eu prenant encore pour exemple l’usine de Ileidenheim à Ileuchlingen, on a les chiffres suivants. Là on a un moteur agricole pour 14 habitants. En tout il y a dans le district desservi 9 643 habi-
- tants, soit environ 700 moteurs a*gricoles. Comme la tension est de 220 volts, la consommation annuelle des 700 moteurs est 700 X 26,28 = 18 396 kilowatts-heures, ce qui correspond à 1,9 kilowatt-heure par tête d’habitant (au lieu de 0,735 kilowatt-heure à Herrenberg).
- Ces deux exemples montrent bien que les pertes croissent avec le nombre des abonnés; l’installation devient à ce point de vue de plus en plus mauvaise au lieu de s’améliorer. Il faudrait donc remplacer le compteur par des abonnements à forfait; il serait, dans certains cas, plus avantageux d’avoir un tarif au compteur peu élevé, en fixant une consommation annuelle minimum.
- Si, par exemple, le prix de l’énergie est fixé à o fr. 25 pour le moteur avec dépense minimum de 18 fr. 75 par an, les pertes d’énergie dans le compteur (en ne comptant pas celles dans l’enroulement série) sont si importantes qu’elles diminuent d’une fraction considérable le minimum annuel. Cette perte est d’autant plus grande que la tension est plus élevée, et que le système de compteur employé a une consommation propre plus grande.
- F. L.
- ÉLECTROCHIMIE
- Fixation de l’azote par un mélange d’alumine et de charbon. — S.-A. Tucker et Henry L. Read. — Rapport présenté au 2a0 Congrès de VAmerican Electrochemical Society, à New-York, sept. 1912.
- L’objet de cette étude était de rechercher si l’azote se combine avec un mélange chauffé d’alumine et de carbone ou avec les produits résultant d’un pareil chauffage, et de déterminer les conditions les plus favorables à la réaction, ainsi que les conditions dans lesquelles l’ammoniaque peut être extraite de l’azoture ainsi obtenu.
- L’azoture d’aluminium, de formule AIN ou A12N®, est un composé connu depuis longtemps ; c’est une poudre amorphe grisâtre, partiellement décomposée par l’eau en donnant de l’ammoniaque, et complètement par les alcalis à chaud. O. Serpeck semble être le premier qui ait considéré la possibilité industrielle de fixer l’azote de l’air au moyen des composés alumineux. Dans de nombreux brevets, il a revendiqué la fabrication de l’azoture d’aluminium, mais sans donner des détails précis sur la nature et les conditions de la réaction. C’est ainsi qu’après avoir indiqué
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- qu’une température de i 800 à a 000” est essentielle, il déclare, dans un brevet plus récent, qu’une température de 1 600 à 1 8oo° est admissible. Il opère sur des mélanges d’alumine ou composés alumineux, et de carbone, de préférence au carbure d’aluminium, d’accord à ce point de vue avec Caro qui a montré (Zeitch. Ang. Chem., a3, a /jia) que lorsqu'on produit l’azoture d’aluminium en chauffant du carbure d’aluminium avec de l’azote, la réaction est due à la combinaison de l’azote et de l’aluminium provenant de la dissociation du carbure d’aluminium.
- La méthode de Serpeck consiste à faire passer un mélange de bauxite et de carbone dans un tube incliné tournant, dans les parois duquel est intercalé un four électrique à résistance. L’azote (sous forme de gaz de gazogène) traverse le tube ; le gaz à la sortie est enflammé et utilisé à chauffer préalablement la charge. Serpeck préconise l’emploi, en petite quantité, d’un gaz a,cide, tel que IIC1 ou SO2, bien qu’on n’en comprenne pas bien la raison.
- Taih.h
- Le dosage de l’azote fut fait par la méthode de Kjehldahl. La composition de la bauxite employée était la suivante :
- SiO2........... fi,I<» %
- Fe203.............. i,56 —
- A1203 « ( (78 dans la bauxite
- ..................’ ' ( une fois calcinée.
- Perte au feu. . 31,07 %
- Non dosés .... 8,5o —
- Le four employé était un four électrique à résistance formée par un enroulement métallique et tube en porcelaine pour les essais où la température était inférieure à 1 ioo°; résistance formée par du charbon granuleux et tube en graphite pour les essais aux températures plus élevées. La température était mesurée à l’aide d’un couple thermo-électrique jusqu’à 1 ioo°, et au delà seulement appréciée.
- La tableau suivant donne un aperçu général des essais.
- ïau 1.
- NUMÉRO
- DE TEMPÉRATURE DURÉE AZOTE REMARQUES
- i/kksai
- degrés %
- I 980-1010 i heure 1 ,6/, Azote sec.
- ro séria. a 3 990- io5o 1000-1100 2 1 — 1 ,66 (L97 Azote sec. Azote sec, avec beaucoup de SO2.
- i 1000-1100 1 — 0,36 Azote sec, avec un peu de SO2.
- 5 1600-1 700 • /|0 minutes 3,io Résidu légèrement aggloméré.
- 2e série. 6 1800-1900 à 0 — 22 ,8/| Résidu aggloméré.
- 7 1900-2200 io — 2,5o Résidu fondu en un globule.
- 8 1900 env. 15 — 6,11 Azote dans les parties choisies : 20,/,6 %
- 3e série. 9 1900 env. 3o — 9 ir,7 1 1 '•J* O
- I O 1900 env. 3o — 9,28
- à0 série. I I 1900-2000 5o — 12 ,3o
- I 2 1900-2000 /,o 22 ,70
- Les essais résumés ci-dessus ont été faits en employant comme matières premières de l’alumine pure, où de la bauxite, du coke de pétrole le plus pur possible comme charbon, et comme gaz de l’azote pur, obtenu soit par purification d’azote commercial, soit par réaction chimique (NIUC1 et NaNO2). Dans les deux cas, le gaz était débarrassé de son oxygène par passage sur de la toilè de cuivre chauffée au rouge et desséché soigneusement par du chlorure de calcium et de l’acide sulfurique concentré.
- Les essais de la iPB série (essais 1 à à) furent faits à une température relativement basse; les essais 1 et 2 pour déterminer l’influence de la durée de l’opération, les. essais 3 et /t pour étudier l’action d’un courant plus ou moins abondant de SO2. La charge, composée d’alumine et de charbon dans les proportions (Al2 O3 -(- 3 C) était de 2 grammes environ. Le gaz SO2, fabriqué avec Cuivre et SO4 H2, était introduit dans le four à l’aide d’un tube capillaire placé à coté du tube à introduction d’azote.
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- LA L U MI K 11 E É L E C l'R [ Q IJ E
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- Les essais de la 2“ série (essais 5, 6 et 7) sont relatifs à l’étude de températures plus élevées (emploi d’un tube en graphite noyé dans une résistance en charbon granuleux, nacelle en graphite).
- La charge était comme précédemment de 2 grammes environ.
- Le four prenait dans l’essai 5,
- 3o volts, 175 ampères.
- Le four prenait dans l’essai 6,
- 33 volts, 200 ampères.
- Le four prenait dans l’essai 7,
- 35 volts, 240 ampèreâ.
- On constata dans chaque essai la volatilisation d’un peu d’alumine, mais il n’y avait pas d’azote combiné dans la partie volatilisée. Les résidus étaient grisâtres, celui de l’essai n° 6 de sénite très claire.
- Les essais de la 3e série (essais 8, 9 et 10) avaient pour but d’étudier l’absorption d’azote par une plus grande quantité de matière. A cet effet, au lieu d’une nacelle contenant 2 grammes comme dans les essais précédents, on se servit d’un creuset en graphite, au fond duquel l’azote était introduit par un tube creux en graphite. La charge était d’une vingtaine de grammes. On dosa spécialement l’azote contenu dans la croûte gris très clair formée à la surface de la masse, et les résultats obtenus montrent que le gaz, se frayant un passage à travers la masse, ne se combine en proportion notable qu’avec les parties superficielles delà charge. L’essai 10 fut fait en agitant la masse avec une baguette en graphite.
- Enfin, la 4e série est relative à l’emploi de bauxite à la place de l’alumine pure employée dans tous les autres essais. La bauxite était préalablement calcinée, broyée, passée au tamis de 100, et mélangée avec du carbone dans les proportions nécessaires pour former CO avec tout l’oxygène de Fe20\ SiO2 et A120’.
- L’essai 11 fut fait avec le creuset en graphite : il fut observé que le temps nécessaire à l’accomplissement de la réaction est plus grand avec la bauxite qu’avec l’alumine pure, et qu’il se produit un peu de silundum à l’intérieur du creuset. Pour l’essai 12 on se servit du tube en graphite, employé dans les essais 5, 6 et 7, que l’on faisait tourner fréquemment de façon à agiter la masse et faciliter la diffusion de l’azote dans toutes les parties de la charge. On avait au préalable garni l’intérieur du tube d’une couche de silundum, en
- y chauffant à haute température le mélange SiO2 -|- 2C, de façon à protéger le graphite du tube du frottement de la charge.
- En dernier lieu fut étudiée la récupérabilité de l’azote de l’azoture d’aluminium préparé dans les essais précédents. Pour cela un gramme de matière fut traité dans un flacon de Kjeldahl avec de l’eau distillée, et soumis à l’ébullition de celle-ci pendant un temps prolongé. L’échantillon traité, provenant de l’expérience n° 9, contenait 9,57 % d’azote. Les résultats sont indiqués dans le tableau suivant :
- Tableau II,
- DUREE DU TRAITEMENT AZOTE % AZOTE % RÉCUPÉRÉE
- heures % I,t)8 2°,7I
- r> 3,35 35 ,o3
- f) 3,53 36,72
- 7,5 3,8/, 4 0,13
- 8,5 /, ,o5 42,27
- 9>r> 4 ,‘9 /i 3 ,82
- IO,9 4 , > S 45,80
- n,5 4 ,/|G 46 ,Gi
- 12,5 4,52 47 >27
- i3,5 /, ,Go 48,02
- 14,5 4,-o 4 9,10
- i5,5 4 ,7« f)0 jOO
- i6,5 4 ,86 5o ,80
- 17,5 4 ,98 51 ,58
- i8,5 5 ,01 52,3o
- 19,5 5,o8 53,i2
- 20,5 5,i8 54 ,7*
- U I , J 5,24 5/, ,76
- Conclusions. — Le nitrure d’aluminium se forme, à partir de Al2 0:!- et C, suivant la réaction :
- A1203 + 3C + N2 = 2AIN 3CO
- dont les proportions semblent confirmées par l’expérience. Toutes les fois que le pourcentage en azote approche de 34,06, pourcentage théorique, le produit obtenu est une substance amorphe presque blanche, avec quelques particules de charbon n’ayant pas réagi.
- La température à laquelle la réaction se produit est de la première importance. A une température inférieure à 1 6oo°le rendement est très faible. La température optima semble être de 1 800 à 2 000" (essai n° 9, azote == 3o,io % ), mais il
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- est dangereux de dépasser a ooo°, température à laquelle il y a décomposition du nitrure formé (essai n° 7).
- La durée de l’opération est relativement courte : cependant il y a une limite inférieure qu’il faut atteindre, sinon la réaction est incomplète (comparer par exemple les essais 8 et 9 faits dans les mêmes conditions, mais avec des durées différentes). La présence d’impuretés semble également accroître la durée nécessaire (comparer les essais 9 et 11 faits l’un avec de l’alumine pure, l’autre avec de la bauxite).
- La question des impuretés est d’autant plus intéressante qu’elle est mal connue. Un courant abondant de SO2 est évidemment nuisible. Il est possible qu’en petite quantité (tel qu’il se trouve naturellement dans du gaz de gazogène fait avec du charbon de bonne qualité), ce gaz ait une action utile, bien que cela n’ait pas été constaté dans les essais ci-dessus, et qu’aucune raison théorique ne puisse en être donnée. Il en est de même de HCL Les impuretés de la charge semblent par contre trè6 utiles, comme cela résulte des essais faits avec la bauxite : ce fait s’expliquerait par l’action catalytique du fer et de la chaux. L’emploi du gaz de gazogène comme source d’azote est très avantageux, car il permet de chauffer préalablement les matières traitées, mais il faut qu’il soit libre d’oxygène; l’azote se trouve bien un peu dilué, mais on remédie à cet inconvénient par un courant plus abondant de gaz.
- Quant à la façon dont se produit la réaction, il semble qu’elle est la suivante : l’action de la chaleur sur le mélange d’alumine et de charbon produit de l’aluminium naissant : cet aluminium dans les conditions ordinaires se combinerait au carbone et donnerait du carbure d’aluminium Al4 C2, mais en présence d’azote très pur, l’aluminium ayant plus d’affinité pour l’azote que pour le carbone, il se forme de l’azoture d’aluminium. Cette explication est conforme à la théorie de Caro, suivant laquelle le carbure d’aluminium chauffé avec de l’azote forme du nitrure d’aluminium par la dissociation du carbure en carbone et aluminium et combinaison de l’aluminium ainsi libéré avec l’azote. Cette théorie est contraire aux premières opinions de quelques auteurs qui croyaient que la formation du chrbure était un préliminaire obligé de la formation de l’azoture.
- Un autre point important, mis en évidence par
- les essais 8 et 9, est la nécessité d’un contact le plus intime possible entre le gaz et les matières solides. Nous avons mentionné, au début de cette note, la manière dont Serpeck réalise cette condition, par la rotation d’un cylindre, mais il y a, dans ce procédé, une difficulté, celle du revêtement intérieur de ce cylindre, qui doit être fait en une substance capable de supporter les hautes températures et de résister au frottement delà charge. Le carborundum doit remplir ces deux conditions, ainsi que le silundum, peut-être aussi la magnésite.
- Quant à la valeur commerciale de l’azoture d’aluminium, la facilité avec laquelle il peut donner de l’ammoniaque est évidemment le point le plus essentiel. Les solutions alcalines bouillantes le décomposent complètement, et l’on obtient ainsi de l’ammoniaque commerciale et corrélativement de l’alumine pure qui trouve un emploi dans la confection de l’aluminium. Il pourra être employé également directement comme agent fertilisant, car il est fort probable qu’il se décompose à la longue dans le sol, comme il se décompose sous l’action de l’eau bouillante : cependant, comme la bauxite est une matière relativement conteuse, on préférera plutôt employer l’azote sous forme d’ammoniaque, l’alumine rentrant en fabrication pour être retransformée en azoture, ou bien servant à la fabrication de l’aluminium.
- Notons, en terminant, qu’on peut obtenir dans certaines conditions un azoture ayant 3o % et même plus d’azote fixé, et que, par conséquent, ce produit est supérieur, sous ce rapport, à la cyanamide qui n’a que 17 à ao % d’azote.
- A. Coutagne.
- NÉCROLOGIE
- M. LOUIS CAILLETET
- Le r> janvier, le vénérable physicien Louis Gaii,-lktkt, l’un des doyens de l’Académie des Sciences, a succombé à une courté maladie. Ce deuil sera profondément ressenti par la Science et l’Industrie française.
- Cailletet était âgé de quatre-vingt-cinq ans; il était né à Châtillon-sur-Seinc en i85a. Ancien élève de l’Ecole des mines de Paris, puis métallurgiste dans la Côte-d’Or, il sc signala tout jeune par ses recher-
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- ches sur les propriétés du fer et la dissociation de l’hydrogène. C’est en étudiant la compressibilité du gaz et notamment la condensation de l’éthylène et de l’acétylène qu’il devait arriver, en 1877, par l’emploi de pressions très élevées et de réfrigérations intenses, à l.a fameuse liquéfaction de l’oxygène, de l’azote, de l’air et de nombreux gaz « permanents ». Les découvertes de Cailletet ont puissamment contribué à la création de l’industrie du froid, qui a reçu une si prodigieuse extension scientifique et commerciale dans ces dernières années.
- C’est en 1884 que Cailletet fut élu membre de l’Académie des Sciences, en remplacement du comte Ch. du Moncel, le premier directeur scientifique de La Lumière Electrique, mort au mois de février de la même année.
- *
- ¥ ¥
- M. GUSTAVE RICHARD
- La mort récente de M. Gustave Richaud, ingénieur civil des Mines, membre honoraire et agent général de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, est une perte à laquelle La Lumière Electrique est particulièrement sensible.
- G. Richard a, en effet, collaboré pendant plusieurs années à notre Revue à partir de 1881; il y a magistralement traité nombre de questions relatives aux Applications mécaniques de l’électricité. Sa remarquable intelligence, complétée par une grande érudition, l’orientait de préférence vers les études qui se rattachent plus ou moins directement à la mécanique théorique ou à la mécanique appliquée; son esprit pratique aimait franchir le domaine si vaste qui part de la théorie pour aboutir à la réalisation industrielle. Dès 1895, G. Richard, secrétaire général de la Société d’Encouragement, appliquait tousses soins au développement du Bulletin de cette Société, et lui donnait un intérêt remarquable. En 1897, il fondait la Reçue de Mécanique et l’on sait quelle part importante il prit, en 1900, au Congrès international de mécanique. Lauréat de la Société des Ingénieurs Civils de France en 1902, lauréat de l’Institut en 1904 (prix Montyon de mécanique), président de la 3e section du Comité de la Société des Ingénieurs Civils de France (1904), notre éminent collègue se distinguait par sa parfaite urbanité et sa grande obligeance envers tous ceux qui venaient lui demander conseil.
- R. B.
- VARIÉTÉS
- Sur l’œuvre de Henri Poincaré.
- Notre éminent collaborateur,M. Blondel, a, au lendemain de la mort de Henri Poincaré, retracé àgrands traits dans cette Revue (*) l’œuvre de l’illustre savant dans le domaine del’électrotechnique. Dans les autres domaines de la Science, on sait qu’il apporta également une immense contribution. Mais on sait aussi qu’il est bien difficile d’en rendre compte dans un langage accessible à tous. C’est cependant la tâche que M. Jean Bosler, docteur ès sciences et astronome à l’Observatoire de Meudon, vient de tenter avec un rare bonheur dans une étude remarquée (a).
- Nous en profitons pour rendre, en citant ci-dessous quelques passages de cette note, un nouvel hommage à la mémoire du grand homme qui fut pendant
- (*) Lumière Electrique, 27 juillet 1912, p. 99.
- (2) Parue dans le Bulletin de la Société des Amis de l’Ecole Polytechnique, octobre 1912.
- de si longues années l’un des membres les plus assidus et les plus écoutés de notre Comité de Direction Scientifique.
- M. J. Bosler examine successivement en Poincaré le mathématicien, l’astronome, le physicien, le philosophe.
- I. — Le Mathématicien.
- Frappé de l’obstacle qu’apporte dans toutes les sciences exactes la difficulté d’intégrer les problèmes, Poincaré s’attaqua dès le début à la question capitale en analyse : la résolution des équations différentielles et particulièrement des équations linéaires. C’est pour y parvenir que, par une généralisation hardie des fonctions elliptiques et trigonométriques, il imagina les fonctions fuchsiennes (') ( ou automorphes)
- (*) Ainsi nommées par lui en l’honneur de-F-uchs dont il utilisa les travaux sur les équations linéaires.
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- dont l’invention demeurera une de ses plus belles découvertes. Nous allons en dire quelques mots.
- Les fonctions périodiques ordinaires ne changent pas quand on y remplace la variable z, réelle ou imaginaire, par 3 -f- a kx, c’est-à-dire quand on effectue toutes les substitutions (z, z -j- a kx), k étant un entier quelconque. De même, les fonctions fuchsien-nes sont caractérisées par cette propriété de rester invariables, quand on y remplace z par une infinité
- ,, . , . „ a z 4- b
- d expressions de la forme - ——Les paramétrés
- réels a, b, c, d, ne sauraient d’ailleurs varier, dans cette définition, d'une façon continue : la fonction se réduirait évidemment dans ce cas à une constante. Il faut donc pour la définir une restriction : les sub-
- . . / a z -f- b\ , ,, , ,
- stitutionsf z,-------—, ) — ou 1 on s arrange de ma-
- \ f, z -f- dj
- nière que ad — bc ~ i — peuvent être en nombre illimité ; mais elles doivent former un groupe discontinu ('). Tels sont les premiers groupes fuchsiens (2) étudiés par Poincaré.
- On s'aperçoit sans peine qu’une substitution quelconque de la forme ci-dessus transforme un point réel en un autre également réel, autrement dit, laisse invariable une droite du plan, à savoir l’axe des quantités réelles. On peu! alors généraliser el envisager les groupes discontinus de substitutions de la même forme, mais à coefficients a, b, c, d réels ou imaginaires qui laissent invariable un certain cercle du plan (au lieu d’une droite). Poincaré, étendant la définition de tout à l’heure, conserva à ces derniers le nom de groupes fuchsiens et en fit la classification méthodique; à chacun d’eux est attachée une classe de fonctions fuchsiennes qui lui correspond.
- Les propriétés de ces transcendantes nouvelles sont fort analogues à celles des fonctions elliptiques ; ainsi Poincaré parvint à former des fonctions thêta-fuchsiennes rappelant les fonctions thêtaelliptiques bien connues, puis des fonctions fuchsiennes proprement dites comparables à la fonction p (z) de Weier-
- (') Un ensemble de substitutions forme un groupe si deux quelconques d’entre elles, effectuées successivement, ont pour résultante une substitution faisant déjà partie de l’ensemble. Exemple : les translations, les rotations. — Un groupe est discontinu si, après une substitution, le point transformé de z ne peut jamais en être infiniment voisin. Exemple : le groupe de toutes les substitutions de la forme (z, 3+2 lut, où k est entier).
- (2)^Si a, b, c, d sont des nombres entiers, cela suffit à définir le groupe, et la fonction fuchsienue correspondante n’est autre que là fonction modulaire de la théorie des fonctions elliptiques.
- strass. L’introduction des fonctions zêtafuchsienncs lui permit enfin de mettre le couronnement à une éclatante découverte, en l’appliquant à l’intégration des équations différentielles linéaires à coefficients algébriques; il n’est même pas nécessaire que les coefficients de l’équation soient fonctions rationnelles de x pour qu’on puisse intégrer par la nouvelle méthode : il suffit qu’ils dépendent rationnellement des coordonnées despoints d’une courbe algébrique. Ce résultat est assurément l’un des plus généraux qui aient jamais été obtenus dans la théorie des équations différentielles. Il ne faudrait cependant pas croire qu’il soit d’une mise en pratique aisée; on n’en est pas encore — loin de là — à réduire comme de simples cosinus les fonctions de Poincaré en tables numériques.
- Les fonctions fuchsiennes se retrouvent dans une autre circonstance qui précise encore leurs relations avec le « monde algébrique ». On sait que les coordonnées des points d’une courbe algébrique unicur-sale (c’est-à-dire de genre o) peuvent s’exprimer en fonctions rationnelles d’un paramètre. Celles d’une courbe de genre 1 peuvent se représenter par des fonctions elliptiques. Eh bien ! Poincaré étendit cette propriété remarquable et bien connue à toutes les courbes algébriques, de genre quelconque : les coordonnées de leurs points peuvent toujours, au moyen des fonctions fuchsiennes, être représentées par des fonctions uniformes d’un paramètre. Son théorème est même plus général encore : tel quel, ce résultat, n’est-il pas vrai, l’est déjà suffisamment.
- Cès mêmes fonctions reparaissent encore dans la théorie des formes, c’est-à-dire dans la haute arithmétique, mais la plus suggestive de leurs connexions est sans contredit leur parenté avec la géométrie non-euclidienne. Tout le monde a pfus ou moins entendu parler de cette géométrie bizarre, vraiment digne du pays des nihilistes, et qui, tout en niant le postulatum d’Euclide sur les parallèles, arrive néanmoins, par une suite de théorèmes étranges, mais non contradictoires entre eux', à se soutenir jusqu’au bout. Bien fou cependant paraîtrait celui qui prétendrait employer de pareilles billevesées à la découverte de faits exacts. Mais le fameux docteur Lombroso, théoricien de génie, n’avait peut-être pas si tort qu’on le croit, car Poincaré eut un jour l’intuition que les transformations qui lui avaient permis de définir scs premières fonctions fuchsiennes étaient précisément celles que l’on rencontre en géométrie non-euclidienne. Il put donc utiliser toute cette théorie dans ses propres recherches et lui donner des ap-
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- plications mathématiques du plus haut intérêt, oùle célèbre postulatum n’avait rien à voir : elle acquérait ainsi droit de cité. On savait, il est vrai, déjà — et Poincaré contribua à préciser ce point de vue — que, moyennant certaines conventions de langage, les divers théorèmes non-euclidiens pouvaient se traduire en termes géométriques ordinaires et qu’alors ils devenaient parfaitement; orthodoxes, ce qui suffisait à montrer aux esprits avertis que la question de leur exactitude avait été mal posée.
- L’oèuvre de Poincaré, même limitée aux mathématiques pures, est colossale. Nous ne pouvons seulement songer à citer ses autres travaux: sa belle méthode du a balayage » pour le problème de Dirichlet, ses mémoires sur la théorie des fonctions, sur la. forme des courbes définies par des équations différentielles, sur les résidus des intégrales doubles, etc., etc. Ce que nous en avons dit suffit à faire apprécier sa manière.
- Il n’était pas de l’école de ces logiciens purs à' la Weierstrass, qui, les yeux fermés sur la réalité concrète, consacrent toutes les ressources de leur esprit à échafauder sur des bases parfois étroites des raisonnements impeccables : l’extrême gauche de ce parti-là menace même, entre parenthèses, de transformer la Mathématique moderne en une nouvelle scolastique. Gomme Riemann au contraire, comme la plupart des grands géomètres d’autrefois, Poincaré devait beaucoup à l’intuition.
- IL — L’Asthonome.
- Un des ob jets les plus constants des méditations de Poincaré, un de ceux aussi qui lui valurent ses plus beaux succès, futla Mécanique céleste.-L’homme capable de consacrera la grandeur de l’Astronomie, sœur aînée et éducatrice de toutes les sciences, les pages magnifiques que l’on peut lire dans la Valeur de la Science se devait à liii-même d’employer son génie à en déchiffrer les dernières énigmes. Quoi d’ailleurs de plus tentant pour le mathématicien que ces recherches grandioses, où la haute géométrie peut pleinement donner la mesure de sa puissance ? Un problème surtout, celui des ?> corps, méritait entre tous d’attirer un esprit de cette envergure. II avait depuis deux siècles défié les efforts successifs de Newton, de Lagrange, de Laplace et de bien d’autres : c’était encore en 1880, pour les astronomes, une manière de quadrature du cercle. L’énoncé en est dans toutesles mémoires : trois corps s’attirent mutuellement selon la loi de Newton, trouver leurs mouvements. Poincaré le retourna en sens divers
- durant de longues années, inventant tour à tour pour mieux pénétrer au cœur de la place tout un arsenal d’instruments nouveaux : la classification des solutions périodiques (*), l’introduction des solutions . asymptotiques, puis doublement asymptotiques (dans le passé comme dans l’avenir), enfin celle des invariants intégraux (2) furent les fruits de ce labeur et nul ne contestera que tous ces efforts aient totalement renouvelé la face de la question. Faut-il dire qu’ils l’ont résolue ? Oui, peut-être, à un certain point de vue. De même qu’on peut prétendre qu’Hilbert, prouvant que le nombre x est incommensurable, a « résolu » la quadrature du cercle en montrant son impossibilité, de même les résultats de Poincaré sont si décisifs qu’on est bien tenté de leur donner le nom de solution.
- Qu’on en juge. Un mathématicien allemand, Bruns, avait démontré que le problème ne pouvait admettre en dehors des intégrales connues (des aires et des forces vives) aucune intégrale algébrique — ce qui était bien de nature à refroidir le zèle des chercheurs. Poincaré fit mieux: il établit qu’il ne pouvait exister de nouvelle intégrale uniforme, même transcendante. Il faut donc renoncer à intégrer le problème des 3 corps, par aucun des moyens déjà connus. Sa solution dépasse les ressources des mathématiques actuelles: seul un renouvellement complet, que nous ne pouvons même concevoir, des procédés à mettre en œuvre, pourrait en venir à bout.
- De ce théorème capital, Poincaré tire une conelu-sion des plus surprenantes, qu’il établit aussi directement : la divergence des séries de la Mécanique céleste. Les séries sur lesquelles se basent depuis deux siècles les calculateurs, pour prédire les mouvements des astres avec une précision qui, lors des éclipses, étonne toujours tant le public, ces séries-là ne sont pas en général convergentes ; si elles l’étaient, en effet, l’existence d’intégrales uniformes s’ensuivrait et c’est là, nous venons de le dire, une impossibilité. On se demande alors si, réellement, lè Bureau des Longitudes perd son temps et comment il se fait que la chose ne se soit pas encore ébruitée.
- J1) Les positions et vitesses initiales des 3 corps définissent une solution, c’est-à-dire l’ensemble des orbites de eluicund’eux. Une solution est dite périodique si les 3 corps reviennent périodiquement dans les mêmes positions relatives; elle est appelée asymptotique quand, sans être périodique, elle lend à le devenir au bout d’un temps infini.
- (2) Cette notion, assez délicate, servit à Poincaré à établir quelques-unes des propriétés les plus“singuliè-rcs et aussi les plus cachées des orbites.
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- L’apparent paradoxe vient de ce que les termes d’une série divergente peuvent aller d’abord en diminuant plus ou moins vite, pour croître ensuite sans limite à partir d’un certain rang (*). Il peut encore arriver qu’en s’arrêtant dans la série au terme le plus petit, on obtienne une valeur suffisamment exacte de la fonction que celle-ci est censée représenter; si l’erreur commise est, par exemple, de l’ordre du premier terme négligé et si ce terme est très petit, l’approximation peut être fort notable, mais non pas indéfinie, Telles sont les circonstances curieuses qui se présentent effectivement en Mécanique céleste; on les rencontre du reste aussi en analyse pure, notamment dans l’étude des fonctions eulériennes (série de Stirling) et cela disculpe en partie la Providence d’avoir voulu, de propos délibéré, tourner en dérision les efforts des malheureux astronomes. Quoi qu’il en soit, les procédés de calcul que Lagrange et Laplace avaient établis, valables pour quelques siècles, ne le sont plus, comme on le croyait, pour des millénaires : il faut à l’avenir d’autres méthodes et c’est afin d’en jeter les bases que Poincaré a écrit, pour nos descendants, son immortel ouvrage sur les Méthodes nouvelles de la Mécanique céleste.
- La stabilité du système solaire, telle qu’on l’entendait autrefois, subit le contre-coup de toutes ces révélations. On la croyait assurée par l’invariabilité des grands axes planétaires que Laplace et Poisson jugeaient avoir démontrée ; puis Newcomb, Gyldén et d’autres, en faisant disparaître des séries les termes séculaires (2), les avaient mises sous forme purement trigonométrique, et par suite périodique — nouvel argument fort sérieux dans le même s.ens. Il fallut en rabattre : ces développements ne convergent pas plus que les autres et l’on ne peut toujours pas affirmer, mathématiquement parlant, que notre système est stable : tout ce qu’on peut assurer est que la stabilité est infiniment plus probable que l’instabilité. A vrai dire, la question est maintenant, pour d’autres raisons, tranchée en fait : les forces de gravitation ne sont pas les seules qui soient dans l’Univers; les effets de frottement dûs aux marées, aux chutes de météorites, aux courants de Foucault, nés du magnétisme des planètes, etc., nous mènent lentement, mais sûrement, à notre perte, c’est-à-dire à une chute générale dans le Soleil.
- (1) lien est ainsi, par exemple, pour la série dont le
- , , i. 2. 3... n.
- terme general est : ---------
- x i ooo n
- (2) C’est-à-dire ceux qui, contenant le temps en facteur, sont susceptibles de croître indéfiniment.
- Après le problème des trois corps, la seconde en importance des questions classiques de la Mécanique céleste est assurément l’étude dès figures d’équilibre d’une masse fluide en rotation. Poincaré ne pouvait manquer de l’aborder, et là encore de se signaler une fois de plus. On connaissait deux figures d’équilibre : l’ellipsoïde aplati dont les planètes nous donnent des exemples, plus un ellipsoïde à trois axes inégaux, dit de Jacobi. Poincaré montra que si la vitesse de rotation s’accélérait, ce dernier pouvait se transformer en une figure bizarre, en forme de poire et, elle aussi, très probablement stable (*). Il est alors à prévoir que, la vitesse croissant encore, la poire s’allonge pour finir par se partager en deux masses : c’est peut-être là l’origine de certaines étoiles doubles et même de notre satellite.
- Dans cet ordre d’idées encore, après avoir marqué quelques étapes, il faut nous arrêter. Et pourtant que d’intéressants problèmes le grand géomètre avait-il encore affrontés ! Anneau de Saturne (il avait réussi à en montrer rigoureusement la nature corpusculaire, confirmée depuis par l’observation),-hypothèses cosmogoniques (son dernier livre), théorie des marées, voie lactée et nébuleuses... le champ entier de l’astronomie avait été exploré par lui. 11 lui était resté de ces études sur la formation des mondes, en même temps qu’un large éclectisme ne rejetant a priori aucune hypothèse, une préférence sensible, semble-t-il, pour celle de Laplace. Les phénomènes des marées, notamment des marées internes des planètes, qui ont été si bien mis en évidence par Sir George Darwin, paraissaient à Poincaré répondre à toutes les objections opposées à Laplace : leur grande influence en cosmogonie n’est d’ailleurs aujourd’hui plus douteuse.
- III. — Le Physicien.
- Mais les Mathématiques et l’Astronomie n’étaient pas seules à se partager la vaste intelligence d’Henri Poincaré. Tout l’intéressait.
- La Physique -— celle du moins qui non contente d’observer les faits cherche à pénétrer toujours plus avant dans leur mystère — occupait dans ses méditations une large place (2).
- Apercevant avec netteté les difficultés probable-
- (1 ) Nous disons très probablement, car on discute encore un peu sur ce point.
- (‘2) Pour tout ce qui concerne PElectrotechnique, nous prions nos lecteurs de se reporter au magistral exposé de M, A, Blondel (Lumière Electrique, lue, cit.).
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- ment insurmontables que les lois du rayonnement opposent à lathéorie des ondulations de la lumière, il chercha à les tourner et parvint, par des voies in dépendantes, aux mômes conclusions que Max Planck. Il faut en prendre son parti : les physiciens de demain seront sans doute forcés de faire quelques concessions à la vieille hypothèse de rémission lumineuse, mise au rancart depuis cent ans et devenue aujourd’hui la théorie des « Quanta ».
- Mais la grande préoccupation des dernières années de Poincaré, celle sur laquelle il revint le plus souvent, fut peut-être le principe de relativité, étroitement lié du reste aux progrès récents de l’optique et de l'clectricité. On sait en quoi consiste cette grande loi : étendant à tous les phénomènes physiques une notion bien connue de mécanique, elle affirme que toutes les expériences que l’homme pourra tenter pour déceler le mouvement absolu de la terre, si la vitesse en est uniforme, sont vouées d’avance à un échec certain, de môme qu’elles ont échoué jusqu’ici. Le mouvement uniforme, on le savait déjà, n’engendre pas de forces; allant plus loin, on le déclare impossible à mettre en évidence par quelque moyen que ce soit : nous ne pouvons observer que des mouvements relatifs. Ce principe paraît être un des plus généraux de la nature et Poincaré, avec ce flair presque infaillible, avec ce sur sentiment du vrai qu’il possédait, en prévit, dès le début, toute l’importance. Aussi, quandLorentz voulut expliquer, par des calculs d’approximations, l’insuccès des expériences optiques sur la translation de la Terre dans l’espace, il ne craignit pas de dire sa foi en une explication non plus approchée, mais rigoureuse. Il avait raison : Lorentz lui-même, puis d’autres y sont parvenus depuis et le principe semble avoir enfin trouvé sa forme définitive. L’espace absolu n’existe pas et il n’y a pas davantage — les memes recherches le montrent — un temps absolu auquel ou puisse rapporter tous les phénomènes.
- IV. — Le Philosophe.
- On a beaucoup écrit sur le « Poincarisrne » et l’on prête parfois à son auteur, avec une respectueuse admiration, toutes sortes d’opinions relevant du simple bon sens, et que le moindre savanticule s’en voudrait de ne pas professer, si j’ose dire, dès le lycée. Ou bien encore, à force, de parler en termes vagues du « scepticisme » de Poincaré, on finit, sans le vouloir, par l’assimiler à celui, devenu si banal, du boulcvardier dont les yeux ont vu tant de choses, de vicissitudes et de régimes que rien ne l’émeut
- plus désormais. Tout cela doryic une assez faible idée d’un tel homme aux personnes étrangères à la Science.
- La Métaphysique jouît par ailleurs d’une mauvaise réputation. Voltaire, en la définissant, lui a fait un tort énorme : cc Quand deux philosophes discutent sans se comprendre, ils font de la métaphysique; quand ils ne se comprennent pas eux-inemes, ils font de la haute métaphysique ! »
- N’empêche que les plus grands esprits de tous les temps, Descartes, Leibnitz, Newton et pas mal d’autres n'ont pas dédaigné ces spéculations et, quoi qu’on en ait dit, elles ont fait depuis d’indéniables progrès. Elles forment, il est vrai, en grande partie une manière de chasse gardée, presque exclusivement réservée à la récréation des seuls mathématiciens ou au moins de Durs amis. Certes, il n’y a pas d’intégrales dans les œuvres philosophiques de Poincaré (la Science et VHypothèse, la Valeur de la Science9 Science et Méthode) non plus que dans ses articles de la Revue de métaphysique et de morale : ce ne sont pourtant pas là, toute exagération mise à part, des propos à l’usage des gens du monde et il faut, pour les bien apprécier, un peu de préparation.
- Poincaré était avant tout géomètre, comme beaucoup de ses devanciers : aussi la véritable nature des principes de la Mathématique paraît-elle avoir été un de ses premiers sujets de réflexion. Les vérités mathématiques reposent entièrement sur les définitions; les règles du syllogisme et le raisonnement par récurrence sont, pour Poincaré, les seules armes du mathématicien. Je dis les seules % et c’est là le point capital; il s’ensuit que les mathématiques n’empruntent rien à l’expérience : ce sont de pures créations de notre esprit. L’esprit est toujours libre d’accumuler les combinaisons; mais il n’y a que les combinaisons harmonieuses, simples et belles qui méritent d’attirer l’attention : ce sont les seules viables.
- La géométrie n'échappe pas à cette loi. A côté de ses définitions, elle énonce, plus ou moins explicitement, quelques axiomes (Poincaré en trouve huit en tout) ; ces axiomes-là ont le caractère de conventions, ce qui les rapproche des définitions. C’est dire que la géométrie est entièrement soustraite au contrôle de l’expérience. Mais, dira-t-on, et le postula-tum d’Euclide, n’est-ce pas une vérité empirique? — Du tout, répond Poincaré, c’est une définition — au fond celle de la ligne droite — et celle-ci nous est non pas imposée, mais conseillée par l’expérience comme la plus simple et la plus commode, étant
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- donné les propriétés des solides naturels ainsi que toutes nos habitudes.
- Les hypothèses scientifiques— ces fameuses hypothèses dont il est de mode d’accuser les variations — n’ont pas pour but de nous faire connaître la véritable nature des choses, mais de relier entre eux les faits observés et de faciliter la recherche: aussi ne faut-il pas s’étonner de voir les savants renoncer à leurs conceptions, lorsque le progrès de l’expérimentation les y contraint. Que les électrons existent ou non, cela n’a pas pour nous d’intérêt, puisque nous ne pourrons jamais les voir ; ce qui est intéressant, ce sont les faits que cette théorie a permis de grouper qui, sans elle, paraissent incohérents, et aussi ceux qu’elle laisse prévoir. Nous savons d’ailleurs en particulier que quand un phénomène comporte une explication mécanique, il en admet toujours une infinité : nous choisissons généralement la plus simple. Lorsque Maxwell a montré que les phénomènes électriques, obéissant aux équations de Lagrange, se prêtaient à une telle explication, il était inutile de lui demander laquelle: il aurait pu en imaginer beaucoup, toutes également invérifiables ; l’important dans l’affaire ce n'est pas tel ou tel mécanisme compliqué, mais c’est qu’on puisse en construire un. En somme, selon Poincaré *— d’accord en ceci avec William James et avec tous les Pragmatistes — une vérité n’a de sens pour nous qu'autant qu’elle est susceptible d’être vérifiée.
- Mais ces lois de la nature que nous découvrons petit à petit avec tant de peine, pouvons-nous du moins espérer, malgré leur caractère relatif, qu’elles ont toujours été ce qu’elles sont ? Autre question dénuée de sens. Nous ne saurons jamais, nous dit Poincaré, si les lois de la nature n’étaient pas les mêmes à l’âge carbonifère qu’aujourd’hui, puisque cette époque n’a pas eu de témoins et que tout ce que nous en savons a été justement déduit de l’hypothèse de la permanence dés lois de la nature...
- Toutes ces réflexions tendent, on le voit, à la même conclusion: Nous ne pouvons connaître que les rapports des choses: dans aucun ordre d’idées, en aucune manière, nous ne pouvons atteindre l’absolu. Kant, il est vrai, l’avait déjà dit autrefois et, bien avant lui, Platon, dans l’apologue des Prisonniers de la Caverne. Mais Pylhagore aussi avait deviné le
- véritable système du monde avant Copernic, et Poincaré a apporté à la doctrine de la « Relativité de la Connaissance » de telles précisions qu’ayant atteint avec lui son plein développement, elle ne peut plus être contestée désormais.
- L’illustre mathématicien n’avait pour tous les dogmatiques, à quelque parti qu’ils appartinssent, qu’un sourire à la fois ironique et indulgent. Lui, qui loin d’affirmer sans cesse, doutait sinon de tout, du moins de bien des choses et savait pourquoi, il n’éprouvait guère de sympathie, par exemple pour le matérialisme athée, sûr de lui, d’uu Berthelot et d’un Hæckel. La science lui paraissait d’ailleurs n’avoir aucun point de contact avec la morale, ni avec tout ce qui s’y rattache ; cette dernière est en effet entièrement fondée sur le sentiment et les doctrines scientifiques, déjà peu en situation de nous apprendre la véritable nature des choses, peuvent encore bien moins nous éclairer sur ce que nous devons faire ; « l’impératif catégorique » n’a pas cours dans leur domaine. — Non, la Vérité, aux yeux de Poincaré, mérite d’être étudiée uniquement pour elle-même, indépendamment des améliorations dans l’ordre moral comme dans l’ordre matériel que sa poursuite peut assurer au Monde. Le progrès doit tendre à libérer l’homme de tout souci utilitaire et lui faciliter cette recherche qui est notre principale raison de vivre.
- Ainsi, il croyait surtout, Poincaré, à )’ cc Harmonie du Monde, source de toute beauté » et la joie de la contempler était pour lui le suprême, l’unique bonheur. Mais, en même temps qu’il mettait de l'harmonie dans sa vie —et nous savons tous quel complet désintéressement accroissait l’autorité de la moindre de ses démarches *— il édifiait une des œuvres les plus harmonieuses qui fût jamais. Un des traits marquants de cet ensemble admirable est, en effet, son unité : la philosophie de Poincaré résume la totalité de ses recherches scientifiques et ne fait pour ainsi dire qu’un avec elles. Les fonctions fuch-siennes se relient à la géométrie non-euclidienne, qui mène à la relativité de l’espace, laquelle conduit droit vers l’idéalisme à la Berkeley. Les autres travaux de Poincaré confirmeraient cc point de vue : tous convergent au même point,'tous aboutissent à la même conclusion finale.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Théorie et Calcul des phénomènes électriques de transition et des oscillations, par Ch.-P. Steinmetz, traduit de l’anglais par Paul Bunet. — i volume in-8° jésus de 578 pages, avec 101 figures — II. Dunoi> et TC. PinA/r, éditeurs, Paris. — Prix : broché, •27 francs.
- La période variable dans l’élude des phénomènes électriques a, depuis quelque temps, pris une place considérable, et, alors qu’il y à une dizaine d'années elle était encore du domaine des élucubrations mathématiques, elle est maintenant à l’ordre du jour dans presque toutes les questions qui intéressent l’ingénieur électricien.
- Nous n’en sommes donc plus au temps heureux où P on faisait fi des termes exponentiels dans l’établissement d’un courant, mais il nous faut maintenant compteravec eux dans presque tousles cas de la pratique industrielle : extra-courant d’inducteurs, capacité distribuée et self-induction de même nom, court-circuit dans les alternateurs, etc., elc.
- Il ne pouvait appartenir qu’à un Maître, comme Steinmetz, de mettre au point un travail d’ensemble sur une question aussi rébarbative et aussi épineuse. L’auteur a, de son propre aveu, travaillé plusieurs années à la rédaction de cette œuvre qui fait l’objet d’un cours professé dans ces dernières années à la section supérieure de technique électrique de T « Union Univcrsity ».
- La caractéristique des phénomènes transitoires intéressant la technique électrique est qu’ils sont souvent fonction de deux variables, le temps et la distance, ce qui n’est pas pour en simplifier l’élude.
- Le travail de M. Steinmetz est partagé en plusieurs sections de façon à dégager tout d’abord les phénomènes, pour arriver ensuite à l’étude générale correspondant aux conditions normales de la pratique.
- La première section, la plus développée, se rapporte aux phénomènes de la période variable, avec le temps seulement comme variable indépendante.
- Elle comprend quatorze chapitres traitant des différents phénomènes se produisant dans les réseaux ou circuits de faible longueur : inductance et résistance dans le circuit à courant continu, puis dans le
- circuit à courants alternatifs, charge et décharge des condensateurs, courants oscillatoires, onde de basse fréquence dans les circuits à haute tension, effet de la saturation et de l’hyslérésis, terme variable du champ tournant, court-circuit des alternateurs, etc.
- La deuxième section est relative aux phénomènes transitoires périodiques. M. Steinmetz examine successivement le réglage d’un circuit par les régulateurs Tirrill on autres, le redressement mécanique des courants et le redressement par l’arc.
- La troisième section passe à l’étude des phénomènes transitoires dans l’espace, et, en particulier, dans les lignes de transmission à longue distance avec capacité et self-induction distribuées dans les appareils tels que les transformateurs à très haute tension. M. Steinmetz y examine également la distribution du flux magnétique alternatif et celle de la densité de courant dans les conducteurs traversés par des courants alternatifs, la vitesse de propagation du champ électrique et, enfin, la conductance pour haute fréquence.
- Avec la quatrième section, nous abordons la partie la plus compliquée du problème : celle des phénomènes transitoires dans le temps et clans l’espace, tout d’abord en circuit simple (équations générales, ondes fixes, ondes mobiles et oscillations libres), puis en circuit complexe (points de transition, puissance et énergie, réflexion et réfraction au point de transition), et enfin, les décharges inductives dans le cas d’une simple ligne ouverte ou à la terre à son extrémité réceptrice.
- Bien que les développements mathématiques y soient tou jours complets, M. Steinmetz s’esl attaché, lorsque cela était possible, à signaler les termes pouvant être supprimés comme étant d’importance secondaire. Du reste, la lecture de la partie mathématique est considérablement aidée par de nombreux exemples numériques, judicieusement choisis, et d’une importance pratique immédiate.
- Malgré son apparence mathématique, le livre de M. Steinmetz contient un très grand nombre de remarques pratiques, dont l’intérêt n’échappera pas au lecteur qui se contentera de le parcourir.. C’est dire que tous y trouveront des indications et des idées
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- utilisables sans avoir à approfondir les points théoriques.
- Il nous reste à féliciter le traducteur, M. P. Bunet et son aide M. Girault, ainsi d’ailleurs que l’éditeur,
- pour la présentation réellement agréable à constater de cet important ouvrage, un des plus intéressants de la littérature électrique depuis quelques années.
- C.-F. Guilbert.
- BREVETS
- Couplage pour moteurs-série triphasés a collecteur. — Société Siemexs-Scuuckeut.— Demandé le 18 juillet 191'1, n° 446 141.
- Dans les moteurs-série triphasés destinés à fournir de grands débits, la commutation est difficile ; si, en effet, on emploie un moteur unique, on obtient soit de grandes intensités de courant, soit des tensions relativement élevées. Si on fractionne le moteur en plusieurs autres plus petits couplés en sçrie, on rencontre d’autres difficultés du fait que les enroulements du rotor sont couplés en triangle.
- Mais voici précisément un couplage pour moteurs-
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- AAAWVWWWWYj
- série triphasés qui rend possible le couplage en série de plusieurs moteurs. On emploiera à cet effet des moteurs avec groupes de balais doubles, c’est-à-dire avec couplage à six balais.
- Soit (fig. -1) st* et st2 les deux stators, z*1 et r2 les rotors des deux moteurs et bx3 b1 et b2, b2 deux paires de balais. On n’a représenté qu’une phase du système; les autres phases sont couplées exactement de la meme manière. On voit que, dans cet exemple, les moteurs sont couplés mécaniquement ; il convient d’employer des moteurs de même
- type de construction et de même caractéristique. Le décalage des balais doit être opéré de la même manière ; il sera recommandable par conséquent de prévoir un couplage mécanique de deux groupes de balais si l’on désire obtenir le même moment de torsion pour les deux moteurs.
- D’ailleurs il n’est pas nécessaire de prévoir un couplage mécanique de deux moteurs ; les balais peuvent de même être déplacés de façons différentes, et la tension répartie de différentes manières sur les divers moteurs. Cette plus grande liberté d’exécution s’obtient au moyen d’un conducteur compensa-
- fWA/WWWVVV
- WVVVWWVVWVVi
- teur qui relie un point s du transformateur t (fig. 2) aux deux balais des deux moteurs, ‘balais qui sont eux-mêmes reliés par un conducteur. Le point 5 n’a pas besoin d’être exactement au milieu de la tension amenée ; il suffit qu’il divise celle-ci dans un rapport qui corresponde au rapport des deux tensions des moteurs.
- Ce couplage permet, pour de grands débits, de maintenir à une valeur réduite l’intensité du courant et d’obtenir des conducteurs et des appareils de commutation plus petits pour la régulation du moteur.
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- H1
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Comme il fallait s’y attendre après l’assemblée mouvementée du 7 octobre dernier dont nous avons rendu compte, le nouveau conseil d’administration de la Compagnie générale de Traction a complètement bouleversé le bilan qui avait été présenté. Posant comme principe que l’aliénation des titres des filiales avait été faite au mépris des droits de la Compagnie et des actionnaires, il a rétabli le portefeuille à l’actif du bilan pour i3 ia5o4‘A francs comprenant pour 11 615 262 francs le prix de revient des actions filiales auquel il avait été substitué pour a 85o 000 francs le montant nominal des titres Exploitations Electriques reçus en paiement. Cependant au compte de revenus et charges, illogiquement mais en vue de ne pas frustrer les obligataires de toute répartition jusqu’à l’issue du procès engagé, le Conseil a fait figurer les revenus des titres qu’il ne veut point accepter. Celle manière de faire nous paraît très critiquable : car outre la contradiction qui existe entre la déclaration de principe et le fait, il est fait état dans le compte des revenus de sommes qui ne sont point acquises. Néanmoins tous les comptes ont été approuvés à l’unanimité moins une abstention qui, à n’en, pas douter, est celle de M. Manteau, opposé à l’opinion du nouveau conseil et qui n’a pas manqué de faire remarquer qu’il y aurait lieu de rétablir les anciennes écritures au cas de maintien de l’opération d’échange. Car le procès en annulation de cette opération va s'engager sur des raisons de fait et de droit. Les Exploitations Electriques, sollicitées de reconnaître à l’amiable la nullité de la cession intervenue, s’y sont nettement refusées. L’affaire durera plusieurs années, le jugement de première instance ne devant très probablement contenter aucune des parties ; et pendant toute cette période de discussion les intérêts des obligataires qu’on prétend défendre seront très compromis. 11 semble, en outre, qu’il faille abandonner tout espoir de recouvrer la créance sur l’Ouest-Parisien. Le sacrifice escompté par le nouveau conseil ne se limite pas à la réduction de la dite créance en capital, mais encore à la perte de la totalité des intérêts et à l’acceptation d’actions de
- priorité au pair pour la valeur de la créance réduite.
- Quand, au surplus, on retient les déclarations du président qui 11e sont point d’ailleurs des révélations pour ceux qui fréquentent les lignes de l’Ouest-Parisien, déclarations concernant les dépenses indispensables à effectuer pour que les recettes équilibrent les frais d’exploitation, on se demande si les arrangements conclus avec les Exploitations Electriques n’étaient pas préférables. Celles-ci vont évidemment continuer leur existence ; et la situation de cette Société reposant sur un contrat soi-disant nul ne manquera de lui susciter beaucoup de difficultés.
- A l’issue de l’Assemblée générale extraordinaire du Métropolitain dont nous avons donné un résumé, le Président du Conseil a fait en ce qui concerne la situation du personnel des déclarations du plus haut intérêt au point de vue de cette Compagnie et au point de vue plus général des charges que créent dans les conventions les avantages concédés au personnel. Sur la base d’un salaire minimum de 5 francs par jour, la journée moyenne de présence d’un employé du Métropolitain revient à environ 8 francs, soit plus de 5o % plus cher que le salaire effectif. L’agent est payé pour 365 jours; en défalquant les absences dues aux congés, maladies, périodes d’instruction militaire, la présence moyenne pour une année est de 284 jours. La Compagnie verse à la caisse des retraites 7 % du salaire, tandis que l’agent n’abandonne que 1 % ; ce dernier jouit encore de la gratuité des soins du médecin et du pharmacien. M. Berthelot faisait ressortir que d'autres catégories de travailleurs mieux payées en apparence couraient de plus grands risques de chômage, de maladie, et devaient se créer une retraite. Ces observations se sont trouvées suscitées par l’agitation qui règne en surface dans une partie du personnel du Métropolitain.
- Il s’agirait pour quelques employés d’obtenir un salaire journalier plus élevé par rabaissement à neuf heures de la durée de la journée de travail et une modification au régime des retraites. Mais ceci ne dépend pas exclusivement de la Compagnie qui
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- exécute scrupuleusement la convention qui la lie àla Ville de Paris. Pour celle-ci, d’autre part, toute nouvelle revendication sc traduira par une diminution de ses recettes et bénéfices. Des pourparlers ont été entamés, puis rompus. Aujourd’hui plusieurs questions étant en suspens, une seule paraît primer toutes les autres, c’est la mise en service de la ligne n° 8 dont l’achèvement se trouve toujours reculé par les travaux du souterrain à l’endroit du Pont Mirabeau. La Compagnie désire une compensation au sacrifice qu’elle consentirait en ouvrant à l’exploitation une ligne incomplète ; la Ville parait résister. Mais la pression de l’opinion publique fera reprendre et aboutir les négociations.
- Il paraît que la concurrence des Omnibus n’a causé encore aucune diminution sensible du nombre des voyageurs; durant le premier semestre de 1912, il s’est élevé à 162 millions contre 160 en 1911; tandis que les autobus pendant la même période en transportaient près de 100 millions contre 62 millions en 1911. D’une statistique relative au mois de novembre 1912, il ressort que le nombre des aller et retour
- sur les 7 lignes en service a augmenté au détriment des billets simples de première et de deuxième classe, les billets de première ayant diminué beaucoup plus que ceux de seconde. Il en est résulté, malgré l’augmentation de 20 385 voyageurs, une diminution de 8 272 francs dans la redevance payée à la Ville de Paris. La mise en service des lignes en construction accentuera très probablement ce mouvement très caractéristique dont nous pensons que la Ville a tenu compte dans ses prévisions de recettes: car l’équilibre de son budget, sans le secours d’impôts nouveaux, dépend du développement de ces ressources extraordinaires, l/intérêt de tous ces faits économiques n’est pas d’ailleurs simplement dans les constatations que l’on fait, mais dans la condamnation de certaines théories qui guidèrent les représentants de la Ville au moment de la signature des contrats et qui gênent maintenant les deux parties. Il est donc à penser qu’elles trouveront le moyen d’y substituer des conventions plus rationnelles.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRtCTION
- Algérie. —Le conseil municipal de JBlida a approuvé le projet de tramways électriques déposé par M. Bonessio.
- Aube. — Information annonce la constitution delà Compagnie des chemins de fer électriques de la Champagne ayant pour but la construction et l'exploitation d'un réseau de chemins de fer d’intérêt local dans les départements de l'Aube et de l'Yonne : longueur, 194 kilomètres; voie de i mètre; traction électrique monophasée.
- La traction du chemin de fer ne représentant pas une consommation d’énergie entraînant un prix de revient avantageux pour une usine indépendante, le problème du prix de revient a été résolu en greffant l’affaire sur une distribution électrique régionale ayant sa station centrale à Troyes et entreprise en commun avec la Société Lyonnaise des Eaux et de l'Eclairage.
- L infrastructure étant établie par le département, le concessionnaire aura seulement à sa charge la superstructure, 1 électrification et la fourniture du matériel roulant. Les travaux qui lui incombent se montent à
- 48 000 francs par kilomètre : le département lui rembourse les 4/5 de cette somme comptant, et le dernier i/5 sous forme d’annuités pendant toute la Jurée de la concession (5o ans) au taux d’intérêt simple de 4 % •
- Le conseil d’administration est ainsi composé : MM. A. Alby, Henri Bregeault, Georges Dumas, A. Giros, L. Louchent*.
- Basses Pyrénées. — La commission départementale a approuvé le projet d’emprunt de 6 609 000 francs pour rétablissement du nouveau réseau de tramways.
- Belgique. — La Société des Tramways de Toscane et de Ligurie vient d’être fondée à Bruxelles avec un capital de 4 millions de lires dont 1 5oo 000 à verser immédiatement. La Société Générale d'Electricité de Berlin est intéressée dans cette nouvelle Société.
- Espagne. — Le roi d’Espagne a signé un décret autorisant la construction des importantes lignes de chemins de 1er suivantes : Lerida-San-Geroe, Soria-Caslejon , Sego via-Burgos , Mcdina-Del-Campo-Bena-venle, Zaniora-Oreuse, Puenta-Utiel. La longueur totale des ligues dont la construction est prévue est d’environ 700 milles.
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- ÉCLAIRAGE
- Haute-Garonne. — Le maire de Porlel esl autorisé à signer un contrat avec la Société La Pyrénéenne d’Euergie Electrique pour l'installation de l’éclairage électrique dans la commune.
- Hautes-Pyrénées — Un projet de 85 ooo francs esl étudié par la municipalité de Luz pour la construction d’une usine électrique sur le gave de Gavarnie.
- Oise. — La Société Le Thérain Electric a demande la concession de la distribution d’énergie électrique d’Ons-en- Bray.
- Var. — La préfecture a approuvé le projet d'éclairage électrique de la ville d’Hycres; les travaux d’installation vont commencer prochainement.
- Autriche-Hongrie. — La municipalité de Prague vient de publier une décision du conseil d’après laquelle, à partir du icr janvier 1913, les usines électriques municipales ne pourront plus acheter aucun matériel qui ne serait pas fabriqué dans la coramuue de Prague. Les usines électriques municipales se réservent le droit de vérifier que les machines vendues par les fabricants de la commune 11e proviennent pas de l’extérieur. Les maisons d’installations électriques qui ne se conformeraient pas à ces décisions n’auraient plus le droit d’utiliser le réseau de la ville de Prague.
- Russie. — La Société russe d’électricité Dynamo, ayant pour but l’installation et l’exploitation de stations électriques et toutes autres applications d’électricité, est en formation à Saint-Pétersbourg; son capital sera de 2600000 roubles.
- TÉLÉPHONIE
- Algérie.— La Chambre de commerce de Conslan-line est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 19 200 francs, en vue de l’établissement des circuits téléphoniques Mac-Mahon-El-Kanlara (i3 5oo francs) et Rouffach-el-Malah (5 700 fr.).
- La Chambre de commerce de Bougie est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 3 000 francs en vue de rétablissement du circuit téléphonique Scddouk-Takritz.
- Haute-Marne — La Chambre de commerce de Saint-Dizier est autorisée «à avancer à l’Etat une somme'de 14 870 francs en vue de l’établissement des
- circuits téléphoniques : Sainl-Dizicr-Ancerville ; Saint-Dizier-Robert-Espagne ; Juzennecourl-Bar-sur-Aube ; Nully-Ville-sur-Terre, Montier-en-Dcr-Lentilles.
- Les lignes pupinisëes en Europe. —
- D’après le Téléphoné Enginecr, il y a en Europe plus de 6 000 milles de lignes téléphoniques fonctionnant à l’aide de bobines Pupin. La plus longue de ces lignes atteint 420 milles cl va de Berlin à Aix-la-Chapelle; puis vient celle de Berlin à Francfort qui est de 35o milles. La ligne, en construction, de Berlin à Milan, sera de beaucoup la plus longue, avec 840 milles, elle sera plus tard continuée jusqu’à Rome et atteindra aiusi la longueur totale de 1 200 milles.
- Elle sera cependant inférieure à celle qui délient le record d’Amérique, établie de New-York â Denver, soit une longueur de 1 900 miles.
- Les câbles souterrains et sous-marins, chargés de bob in es Pupin sont ceux de Friedrickkafen à Roinans-horn,7 milles; de Calais à Douvres, 24 milles; de la baie de Sainte-Marguerite (Angleterre) à La Anne (Belgique) 53 milles.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Paris.— Le 24 décembre dernier se sont terminés devant la troisième Chambre du Tribunal de la Seine les débats d’un gros procès scientifique et industriel qui n’avait pas occupé moins de cinq audiences. Il s’agissait de déterminer à qui appartient la propriété du dispositif pratique qui permet l'exploitation industrielle de la télégraphie sans fil. M. Marconi a pris, en 1900, un brevet qu’il a intitulé : « Brevet pour divers perfectionnements concernant la télégraphie sans fil » qui, en réalisant l’accord du poste émetteur des ondes radio-électriques et du poste récepteur, a permis la transmission de la pensée humaine à travers l’éther à des centaines et des milliers de kilomètres. Ce brevet a été acquis par la Compagnie Marconi qui poursuivait devant la troisième Chambre, en contrefaçon de son brevet, la Société fran-. çaise Radio-Electrique, la Compagnie Générale Radio-télégraphique et la Société des Transports Maritimes à vapeur.
- Me Edmond Seligmann, qui, on se le rappelle, a déjà fait admettre par le Tribunal la revendication des frères YVhright, a jürésenté celle de l’inventeur Marconi, avec son habituelle autorité. M° Taillefer, Mp Sarraule cl Mc Travers plaidaient pour les défendeurs.
- La troisième Chambre, présidée par M. Bonjean, a rendu un jugement dont la lecture a duré plus de deux heures. Dans une première partie de ce jugement, M. Bonjean, esquissant un historique de la télégraphie sans fil, a rendu hommage au génie scientifique de Marconi. Dans une autre partie, il écarte les antériorités que
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- les défendeurs cherchaient à tirer des travaux de MM.-Braun, Lodge, Téslà et Ducrelet. Enfin, il déclare, en terminant, que les appareils employés par les Sociétés défenderesses, malgré les différences que soulignaient leurs avocats, sont bien des contrefaçons de l’appareil Marconi.
- Le jugement proclame, dans son dispositif, la validité du brevet Marconi, fait défense aux Sociétés défenderesses de continuer la contrefaçon, ordonne la confiscation et la destruction en tous lieux de leurs appareils et les condamne à des dommages-intérêts à fixer par état. Il ordonne, en outre, l’insertion des condamnations prononcées dans les journaux français et étrangers.
- La Compagnie Marconi dont les droits avaient déjà été sanctionnés par lés tribunaux anglais, américains et allemands, triomphe donc aussi en France.
- [Communiqué, )
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- La Mondaine. (Lampe électrique). — Capital : iï5 ooo francs. — Siège social : 8, passage Arago, Paris.
- Piquelle et Cio (Fabrication de piles et appareils
- d’électricité). — Capital : 70 000 francs. — Siège social : 6, rua Chèvreul, Paris.
- CONVOCATIONS
- Société Régionale de Distribution Electrique du Centre. —Le 20 janvier, 5, rue du Havre, Paris.
- Société Française de distributions et de Constructions Electriques. — Le 20 janvier, à Bordeaux, y Tramways Electriques de Boulogne-sur-Mer. —
- Le 2 3 janvier, 5o, rue de Lisbonne, Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- L’Administration des chemins de fer de l’Etat, a Paris a l’intention d’acquérir un chariot transbordeur électrique à niveau, destiné aux ateliers de Saintes.
- Les industriels désireux de' concourir à celte fourniture peuvent se renseigucr immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (irc division), 43, rue de Rome, à Paris (8e), le mardi et le vendredi, de i5 à 17 heures, jusqu’au i5 janvier iÇ)i3.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Paris. — imprimerie levé, 17, rue causette.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- La
- Lumière Électrique
- SOMMAIRES
- EDITORIAL
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- Divers.
- : Théories et généralités.
- R. Chassériaud. — L’avenir de l’électricité. — Consultations de M. P. Janet, de M. Devaux Charbonnel et de M. C.-F. Guilbert..................... 67
- Traction.
- Les charges financières des usines à gaz et des centrales électriques, par F. Ross. . . 83
- La fondation d’une Association technique allemande de l’Éclairage, par G. Dettmar. 85
- Variétés.
- Prix de l’Académie des Sciences, par E. de Longueval................................ 86
- J. Carlier. —L’électrification des lignes de chemins de fer de la Ceinture et de la Banlieue de Bruxelles (suite). 71
- Divers.
- J.-B. Picot. — L’installation électrique des nouveaux magasins du Louvre... 76
- Bibliographie.
- A. Hollard. — La théorie des ions et l'électro-
- lyse (deuxième édition entièrement refondue). 87 A. Podevyn. — Recueil de problèmes et applications sur l’électricité........................ 87
- Manuels électrotechniques Fritz Hoppe :
- Fasc. 5. — A. Kônic-swerther..................... 88
- Fasc. 10. — F. Hoppe............................. 88
- Extraits de publications.
- Théories et Généralités.
- Des applications de diathermie comme ration énergétique d’appoint, par J. Bergonié. . 82
- Chronique Industrielle et Financière.
- Notes industrielles : Compteur de vapeur. 8g
- Etudes Economiques....................... 91
- Renseignements Commerciaux................. 93
- Adjudications.............................. g5
- EDITORIAL
- L’enquête si intéressante de M. R. Chas-sériaud sur VAvenir de l’électricité se continue aujourd’hui par troi s consultations dont il serait bien superflu de faire l’éloge, puisque l’une exprime la pensée deM. P. Janet, l’éminent directeur du Laboratoire Central et de l’École Supérieure d’Électricité, l’autre reflète l’opinion de M. Devaux Charbonnel, professeur à l’École Supérieure des Postes et Télégraphes, auteur de l’ouvrage bien connu Etat actuel de la Science électrique et la troisième est due à l’un de nos plus anciens collaborateurs, M. C.-F. Guilbert,
- dont on connaît la grande compétence comme professeur et ingénieur - conseil.
- M. Janet montre l’influence que le développement de plus en plus grand de l’enseignement expérimental, d’un côté, et l’apparition d’une littérature industrielle très documentée, d’un autre côté, ont commencé d’exercer sur l’enseignement technique; il nous dit ce que demain sera le rôle du Professeur de Sciences physiques et plus particulièrement du professeur d’Électrotechnique générale et appliquée.
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- LA LUMIERE
- M. Devaux Charbonnel montre certaines améliorations qu’on pourrait réaliser clans la distribution des télégrammes. En matière de^ télégraphes et de téléphones, les questions techniques sorit uctuplleqiept résolue^; il n’en est pas de môme des problèmes, d’ordre commercial.
- Quant à M. Guilbert, il donne son avis sur l’avenir des machines, des centrales et de l’enseignement électrotechnique; il prévoit aussi dans quel sens devront s’orienter les recherches futures concernant quelques • problèmes très généraux de l’électricité.
- Noua continuons l’étude dé M, Cartier sur VElectrification des lignes de chemins de fer de la Ceinture et de la banlieue de Bruxelles, dont la dernière partie paraîtra dans notre prochain numéro. L’exposé d’aujourd’hui comporte l’examen de deux questions bien distinctes; l’une est d’ordre purement financier, l’autre d’ordre exclusivement technique.
- M. .1 .-IL Picot, décrit, un peu trop brièvement [peut-être, |’lnstallqtiçn électrique des nouveaux inagqsins, cfu Lpuvge. Dans un vaste établissement où le public se presse à toute heure du jour et où tant de marchandises précieuses et inflammables sont accumulées, il importe de prendre toutes les mesures de sécurité possibles' contre les causes d’incendie. Les courts-circuits entre conducteurs électriques voisins étant parti-culiècenient à çrpipdre, il est recommandable, pour les éviter, d’enfermer chaque fil dans un tube isolant.
- M. le Dr J. Bergonié, professeur de physique biologique et d’électricité médicale à l’Université de BorcTeaux, correspondant de l’Académie des Sciences, a adressé, au mois de décembre, une communication à l’Académie des Sciences sur les Applications de la. diathermie comme ration énergétique d’appoint. Il nous payait utile de signaler l'importance de cette question d’électricité médicale, parce qu’elle semble ouvrir aux médecins une
- ELECTRIQUE T, XXI (9* 8é?ie), — W 8-
- voie nouvelle; les recherches de M. Bergonié peuvent avoir d’heureuses conséquences en thérapeutique. On sait que la diathermie a été inventée en 1893 par M. d’Arsonval, l’un des illustres membres du Gpinité de Direction Scientifique de La Lumière Électrique. Jusqu’ici la quantité de chaleur d’appoint nécessaire à l’organisme était produite aux dépens des aliments. M. Bergonié la fournit CU nature aux sujets physiologiquement déprimés en les nourrissant en quelque sorte par des courants de haute fréquence à basse tension.
- Les Charges financières des usines à gaz et des stations centrales électriques font l’objet d’une analyse serrée de M• E, Ross. L’auteur tient à réfuter les estimations d’un « gazier », M. Hase, dont les conclusions économiques étaient défavorables aux centrales électriques. M. Ross établit clairement que, sj l’on prend comme unités comparatives le prix du mètre cube de gaz et celui du kilowatt-heure d’électricité, les administrations municipales ont tout avan tage, au strict point de vue financier, à choisir l’éJeçtTiçit.è, de préféreqee au gaz.
- Nous donnons également un extrait d’un uUéressauf avRcle de M, Q. Deltiuar sur la Fondation d’une Association technique allemande de l'Éclairage. La haute compétence du Secrétaire général de l’Union des Electrotechniciens allemands, auteur de l’excellent Kalender fïtr Ëlektrotèchniker, est upe garantie de l’jptç.rêt que présente, ses eomipuniçatjo.ps, S.’il n’existe pas epeore en Erupçe, à copnaissançe, de grqupe-
- piept technique poursuivant le mçùpe b,ut que la nouvelle association allemande, il n’en est pas de mêipe ep Angleterre et aux Etats-Unis, où il existe deux Hluniinàting Engineering Sopieties.
- Erratum. — Une coquille s’est glissée, dans notre dernier numéro. C'est, en effet, en t832 (le ai septembre) et non en i85a que Cailletet était né; il est donc mort dans sa quatre-vingt-unième année.
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- 18 Janvier 1913. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE _ 67
- L’AVENIR DE L’ÉLECTRICITÈ
- Nous continuons aujourd’hui notre enquête par des consultations particulièrement importantes,
- M. PAUL JANET
- AI, Paul Janet, l'éminent directeur de l’Ecole Supérieure, et d\\ Laboratoire Central d'Electi’icité, auxquels il a su imprimer la belle impulsion que l’on connaît, nous écrit la très intéressante lettre suivante :
- « Vous avez bien voulu me demander de participer à la si intéressante enquête que vous poursuivez sur l’avenir de l’électricité, et en particulier de vous dire çe que je pensais de l’avenir de l’enseignement technique. Il me semble toujours dangereux de se poser en prophète, et, en tout oas, cela ne peut avoir quelque Utilité que si on réduit, ce rôle à l’interprétation aussi exacte que possible de l’état actuel des choses et de sa dérivée, pour parler le langage des mathématiciens, de manière à en tirer, par une extrapolation toujours douteuse, ce que sera demain,
- u Si nous examinons à ce point de vue l’enseignement technique, nous voyons deux circonstances principales se faire jour : d’une part, fe développement toujours plus grand de l’enseignement expérimental et pratique, d’autre part, l’apparition d’une littérature industrielle extraordinairement riche et abondante- Il faut tenir compte de ces deux circonstances dans l’enseignement technique de demain. L’Industrie n’admettra plus que nos écoles lui livrent un jeune ingénieur n’ayant pas déjà pris contact, avec la matière, les appareils et les machines d une manière très approfondie, sgit au laboratoire, soit à la salle d’essais. Gela entraînera de plus gu plus, pour les écoles futures, des besoins matériels considérables et
- des devoirs auxquels elles ne devront pas chercher à se soustraire,
- « D’autre part, l’apparition, delà littérature technique, que je signalais plus haut, doit profondément modifier l'enseignement oral. Nous ne sommes plus au temps où rien n’existait en ce genre, pas même les ressources de Pautographie ou de la polycopie. Dans l’avenir, devant l’abondance des matières à enseigner, le professeur devra renom cer franchement à toute la partie simplement documentaire, qu’il remplacera avantageusement par une .Bibliographie bien faite et au besoin par des feuilles spécialement destinées à ses élèves. Mais l'abondance même des matériaux publiés réserve ces matériaux à de riches bibliothèques que l’ingénieur n’aura pas toujours sous la main, U faudra doue, de plus en plus, résumer les documents essentiels dans des volumes peu nombreux, peu encombrants et peu coûteux, sortes d’aide-mémoire sans phrases inutiles et composés non comme œuvre de compilation par le premier venu, mais comme œuvre très travaillée et très originale, par les ingénieurs les plus compétents et les plus expérimentés.
- « La route étant ainsi déblayée, l’art du Professeur de Sciences techniques sera alors de donner à ses élèves ce qu’aucun livre ne peut remplacer, la compréhension profonde, intime, et simple des phénomènes, l’éducation pour ainsi dire morale du futur ingénieur, à savoir l’aversion pour l’à peu près
- je ne dis pas l'approximation — et, pour les formules toutes faites, l’habitude de la réflexion rapide et de Fétude systématique des questions, OU un mot l’esprit scientifique. La véritable pratique ne consiste pas, comme on le croit trop souvent, à passer un vêtement, bleu et à se salir les mains, U ne faut
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXI (2‘ Série). — N6 3.
- pas craindre de le faire sans compter toutes les fois que cela est nécessaire, mais il ne faut pas croire, parce qu’on le fait, qu’on est un bon praticien. Bien d’autres qualités plus solides, plus difficiles à acquérir, sont nécessaires. Il faudra donc que, de plus en plus, les professeurs de sciences techniques s’imprègnent de cette idée que leur rôle est de donner à leui*s élèves des habitudes et des formes déterminées de raisonner et d’agir plutôt que des collections de recettes ou de théories Contestables.
- « En d’autres termes, avant tout, l’école doit se préoccuper de donner ce qu’il est impossible de retrouver plus tard. A ce point de vue, il est nécessaire, devant la complication toujours plus grande de l’industrie, de faire appel de plus en plus à des spécialistes pour enseigner chaque spécialité, de façon à éviter complètement l'enseignement de seconde main qui ne laisse aucune trace profonde et durable sur le jeune élève-ingénieur. C’est à ce prix que Ton formera des jeunes gens ayant un fond très solide et non un simple vernis que la pratique de la idéalité fera bien vite disparaître.
- « En ce qui concerne l’Electricité en particulier, je pense que, de plus en plus, elle tiendra une place tout à fait à part dans l’enseignement : la raison en est que les variables dont on dispose en électricité (tension, intensité, fréquence, phases, grandeurs d’électrolyse ou d’ionisation, etc.) non seulement sont en nombre plus considérable que dans d’autres branches de l’industrie (la vapeur par exemple) mais encore sont susceptibles d’une gamme de variations et d’une multiplicité de combinaisons beaucoup plus étendues. Par conséquent, môme sans prévoir la découverte de phénomènes nouveaux (ce qui pourtant est vraisemblable après les admirables résultats de ces vingt dernières années) et par la simple mise en jeu des phénomènes actuellement connus, on doit penser, sans grand risque d’erreur, que les années qui vont venir nous offriront un développement de l’Électrotechnique encore
- plus rapide que celui des années passées.
- « C’est en espérant que nous pourrons suivre ces progrès dans votre excellent journal, mon cher ami, que je termine en vous adressant mon plus alïectu’eux souvenir. »
- P. Janet.
- M. Janet qui termine, comme on le voit, sur des paroles trop aimables pour la Lumière Electrique, aborde très heureusement la question, sur laquelle nous reviendrons plus loin, du rôle qui sei'a joué dans l’avenir par les publications techniques.
- M. DEVAUX CIIAPiBONNEL
- C’est à M. Devaux Cliarbonnel que nous devions naturellement nous adresser pour avoir des aperçus autorisés sur l’avenir de ces deux branches spéciales de l’électricité : la télégraphie et la téléphonie.
- Sa grande compétence et ses travaux récents, couronnés par le succès si remarquable de la téléphonie par câble sous-marin entre Paris et Londres, augmentait encore, si possible, l’intérêt actuel de ses opinions.
- De grands progrès techniques dans la télégraphie et dans la téléphonie, on n’en voit, selon M. Devaux Charbonnel, que deux qui sont, il est vrai, d’importance : dans ces dernières années, la télégraphie a été dotée des appareils rapides que nous connaissons, et la téléphonie des appareils automatiques dont l’usage est déjà répandu aux Etats-Unis. 11 semble que l’on soit ainsi parvenu à la limite du perfectionnement désirable, ou presque. Du moins paraît-il que le problème qui se pose désôrmais soit plutôt de bien savoir utiliser les éléments dont on dispose, que de chercher à gagner encore quelque chose sur les perfectionnements techniques de ces éléments.
- En télégraphie, par exemple, voici que les appareils Mercadier-Magunna réalisent cette vitesse de transmission vraiment étonnante de i2 dépêches sur un même fil à la
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- fois; et leur emploi peut se généraliser sans aucune difficulté. Mais, au contraire, le service de la remise des télégrammes (une fois arrivés à destination) comporte encore des pertes de temps considérables, sur lesquelles il serait intéressant de pouvoir faire quelques économies. Si, en effet, nous suivons le télégramme depuis le moment de son expédition jusqu’à son arrivée, nous voyons ceci, qui montre combien le côté technique est en avance sur la partie « organisation » proprement dite. Entre le moment où un télégramme est déposé à Marseille, par exemple, à destination de Paris, et celui où l’employé tle Marseille le transmet, il s’écoule, mettons dix minutes. De Marseille à Paris, la transmission proprement dite sera instantanée, au retard près dû à l’encombrement des lignes ; très peu de chose dans tous les cas ; mais une fois arrivé à Paris, ce télégramme peut mettre deux heures avant d’arriver à son destinataire ; ainsi, c’estlà, entre le bureau dlarri-véeetun domicile, situé dans la même ville, que va se produire la seule perte de temps importante. On voit combien ceci est peu rationnel. Y aurait-il un remède ? Oui, sans doute; il suffirait de créer deux catégories de télégrammes, chacun avec un régime différent.
- Pour certaines personnes, en effet, le télégramme est simplement un moyen de communiquer sensiblement plus vite que par lettre. Un télégramme étant envoyé à telle heure arrive le jour même quelques heures après; cela suffit. Dans ce cas, le télégramme ordinaire est, d’après ce que nous venons de voir, parfaitement acceptable. Dans d’autres cas, au contraire, il s’agit de communications de toute urgence, que leurs expéditeurs désirent très vivement voir arriver dans le temps strictement minimum. Ne serait-il pas possible de prévoir, pour cette deuxième catégorie de télégrammes (moyennant une taxe supplémentaire, que l’expéditeur acquitterait volontiers), une distribution d’urgence que l’on peut concevoir de bien dès manières; ou bien l’employé du
- poste télégraphique récepteur téléphonerait d’urgence au destinataire, si celui-ci est abonné au réseau téléphonique, ou bien il téléphonerait au bureau le plus voisin du domicile du destinataire, et tout cela abrégerait beaucoup la durée de la distribution, par rapport à ce qu’elle est actuellement avec la distribution par tubes et la promenade des petits télégraphistes.
- De même en ce qui concerne la téléphonie, le problème du service automatique parait techniquement résolu. Il s’agit maintenant de l’introduire peu à peu dans nos services. Nous disons peu à peu, car il est évident qu’à Paris, par exemple, où l’Administration des Téléphones a dû construire des bâtiments tout récents, datant de quelques années, et adaptés au système manuel, il ne peut être question de jeter bas tout cela du jour au lendemain pour installer un service automatique général. Mais déjà l’on prépare à Nice des essais de service automatique intégral, et bientôt à Marseille auront lieu des essais de service semi-automatique.
- Les avantages pratiques du système automatique, par rapport au système manuel, ne sont pas contestables. L’emploi du système automatique permet de réaliser une économie de personnel et aussi une économie de matériel. Il permet, en outre, de supprimer deux inconvénients fâcheux du régime actuel et qui sont les suivants :
- D’abord, on sait qu’aujourd’hui, dans nos réseaux téléphoniques français, les employées du téléphone se mettent en communication de bureau à bureau par des lignes spéciales, dites lignes de conversation; c’est-à-dire qu’à Paris, par exemple, la téléphoniste du bureau Saxe à laquelle vous vous êtes adressé devra se mettre en communication avec la téléphoniste du bureau Port-Royal, qui est celui de l’abonné que vous appelez. Or, il n’y a pas autant de lignes de conversation que de téléphonistes. Ces lignes au contraire sont communes à un grand nombre d’entre elles, de sorte qu’il existe, dans la rapidité avec laquelle la communication peut
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- être obtènue, un coefficient persoiMèl dû à l’habileté plus ou moins grande que mettra la téléphoniste du bureau appelant à s’introduire sur la ligne de conversation de Port-Royal. On sait qu’avec le système automa-tique la ligne de conversation est supprimée et par suite l’inconvénient correspondant.
- D’autre part, la faculté pour la téléphoniste de répondre « pas libre a à l’abonné appelant, sans que cela puisse être contrôlé, donne lieu à quelques abus. Deux cas sont possibles ; ou bien la ligne n’est vraiment pas libre, ou bien l’employée ne désire pas être dérangée. Or, avec le système automa-tique, il existe des procédés mécaniques qui assurent la communication si la ligne estlibre.
- Ainsi se vérifie ce fait que Si les problèmes techniques sont résolus, les problèmes d’organisation et d’adaptation décès progrès à notre régime actuel, télégraphie ou téléphonie, restent à résoudre. Dans l’avenir, sans doute, de nouvelles perspectives peuvent s’ouvrir devant la téléphonie lorsque l’oli disposera de microphones puissants. Ceux qui ont été jusqu'à présent essayés sont de véritables petites usines, qui n’offrent pas, par conséquent, de grandes facilités d’utilisation pratique et courante. Il reste à chercher de ce côté, et c’est pal* ce moyen seulement que l’on étendra la , portée des communications téléphoniques,
- De même, en ce qui concerné les câbles téléphoniques sous-marins, il reste à en développer l’emploi et à leur appliquer eh somme les perfectionnements qui ont déjà fait leur preuve sur les lignes terrestres, notamment la pupinisation.
- M. GÜILBËRT
- Nous sommes particulièrement heüreux de pouvoir joindre à cette enquête l’opinion d’un technicien aussi averti et compétent que AI. G,-K» Guilbert.
- x .machines
- En conformité avec d’autres opinions déjà
- émises au cours de cette enquête, M, G.-F-. Guilbert estime que l’on est arrivé, en ce qui concerne la construction des dynamos, tout près des limites du perfectionnement, qu’il s’agisse du rendement ou de l’utilisation des matériaux. Depuis vingt ans le poids des machines électriques a diminué de moitié, à égalité de puissance; mais il rte saurait être question de continuer à progresser à aussi belle allure ; on ne peut espérer gagner que quelques pour « pour cent » encore sur l’économie de matière.
- Gomme domaine d’applications, on peut prédire un bel avenir aux moteurs à collecteur (monophasés ou polyphasés); on doit espérer les voir utiliser couramment dans la traction électrique,
- CENTRALES
- On est arrivé à pousser jusqu’à l’exagération la concentration des puissances dans les usines génératrices, en ce sens qu’on a dépassé les limites raisonnables pour la puissance unitaire des groupes générateurs. Aux Etats-Unis, on a été jusqu’à 3o ooo kilowatts par unité ; c’est trop, beaucoup trop.
- Et, d’aütre part, il paraît tout indiqué de scinder toujours en deux nos puissantes centrales modernes; constituées en deux moitiés absolument distinctes, elles ne risquent pas de se trouver totalement paralysées par un accident unique, comme ce fut le cas, dans une occasion récente, pour notre usine de Saint-Denis. Ainsi les services divers et si importants qui dépendent, de nos jours, du fonctionnementd’une centrale, seront assurés dans les conditionsdesécuritéindispensables,
- La môme considération fait apparaître les avantages considérables qu’il y a à disposer, pour l’alimentation des grandes villes, d’un groupe de stations interconnectées, prêtes à se prêter un mutuel appui. D’ailleurs, la scission des divers services doit être pratiquée dès la sortie de ce groupe d’usines, afin de permettre, en cas d’accident, une sélection entre les divers services à assurer, tous n’étant pas d’égale importance pour la vie
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- LA LUMIÈRE électrique
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- de l’agglomération. De cette même condition de sécurité dahs l'ë Service détOulé èttcbré une autre conséquence : c’est qu’il serait désirable de voir s’établir plus d’uniformité dans les différents réseaux de distribution.
- L’idéal serait d’adopter une même tension totale pttur la traction et lès réseafix à trois ou cinq fils. Cet idéal n’est pas chimérique puisque les limites pratiques de tension se rejoignent : 55ô volts pour la traction, 4ôU et 5oo volts pour l’éclaira ge.
- Enfin, une question qui se lie de plu s près à celles-là. et qui est beaucoup trop négligée en France, est celle de la régulation automatique, dont l’emploi doit se répandre enfin chez nous et sous la forme la plus simple' possible. Tandis que nous hésitons entre divers procédés plus ou moins comjdexes, les Américains emploient beaucoup le système Tirrill qui réalise assurément le maximum de simplicité. Il y a là l’indication d’un ordre d’études qui doit être mené à bien dans le sens de la simplification, afin de permettre la généralisation si désirable du principe de l’autorégulation.
- PROBLEMES GÉNÉRAUX
- C’ést Un lieu commun que de rappeler le rendement lamentable de la transformation d’énergie à laquelle noüs avons aujourd’hui recours pour produire l’élecLricité : oharbon-chaudière-machitie à vapeur-dynamo. Il lie reste en réalité d'utilisable que quelques pour-cent de l’énergie du charbon brûlé! Une transformation pltts directe présenterait doiic un immense intérêt. Lé problème h’eSt pas impossible, puisque les piles therniO-éieC-triquës lé résolvent, quoique dans des Conditions encore bien fâcheuses. Soit qii’on puisse améliorer le rendement.de ces appareils, soit autrement, c’est dans la voie de la transformation directe de la chaleür eh électricité que doit s’orienter l’effort des chercheurs. D’autre part, il n’est pas dit qu'on ne . puisse pas un jour puiser directement dans cet immense réservoir d’éleetricité, toujours prêt à fonctionner, qu’est l’atntosphèrë.
- Enfin, il convient de dire quelques mots du problème Cônnexê dé 1 afccühiUlatinrt. Et d’abord il y a bien les accumulateurs. Mais M. Guilberta toujours professé que l’accumulateur est un appareil « qui a retardé de plus de vingt ans le développement de l’électricité >>: Le jugeant avec si peu d’indulgénee, ce; n’est pas de lui que M. Gùilbert attendra la solution idéale. Au contraire, l’emmagasine-mertt de l’ëàü dans dé vastes réservoirs, idée qui a déjà été proposée, pourrait, présenter de grands avantages, puisque la transformation de l’énergie des chutes d’eau en énergie électrique eSt Ulie de meilleures que nous connaissions, ne coûtant que »t> % environ en pertes. On se rappelle à Cè sujet que M. RoUtin avait proposé d’aménager ulie vaste usine marchant à pleine chargé toute la journée, et serVUnl, aux heures où la demande faiblit, à pomper de fean dans un vaste réserVoir de plusieurs millions dé mètres cubes.
- ENSEIGNEMENT
- Sur ce sujet spécial de l’enseignement, il y a un desideratum important à faire valoir : il serait à souhaiter que l’on pût unifier, sous le contrôle du Ministère du Commerce, les divers diplômes actuellement délivrés par les écoles techniques, de manière à les hiérarchiser comme de véritables grades universitaires. Au baccalauréat pourrait correspondre un diplôme d’études électriques; au-dessus, un grade .analogue à la licence sanctionnerait un enseignement correspondant ali iiivëau actuel de hôtré Ëcolê Supérieure d’Eleetricitë. ÂU-deSSuS encore, Un doctorat Serait l'apanage dès ingénieurs ayant fait des étüd'ës supérieures et analogue àük « docteurs ingénieurs » allemands.
- Ainsi tlé véritables facultés techniques correspondraient aux iaCiiltéS Universitaires.
- Et, enfin, il Serait etiCore pllls Souhaitable de voir eii France un Carnegie fonder des établissements d’enseignement analogues aux facultés ou aux instituts américains.
- R. Cuassériapu.
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- L’ÉLECTRIFICATION DES LIGNES DE CHEMINS DE FER DE LA CEINTURE ET DE LA RANLIEUE DE BRUXELLES (Suite)(1)
- VI. — Le résultat financier probable de la-jonction centrale.
- La dépense prévue pour les travaux de la jonction centrale sera-t-elle rémunératrice ?
- On sait que le coefficient d’exploitation d’un chemin de fer est le rapport de la dépense de l’exploitation à la recette brute.
- En 1909, ce coefficient était, pour les chemins de fer de l’Etat belge, de 67,71.
- Si on désigne par Z l’intérêt en pour cent du capital investi ; par y, le coefficient d’exploitation exprimé en pour cent; par D, la dépense annuelle ; par R, la recette annuelle et par C, le capital investi, on trouve:
- y_ — R.
- 100 R ’
- C
- * = RJ Z
- — C = R — D;
- 100
- z r ,________v_.
- 100 100 ’
- Zx = 100 — y.
- Déterminons R ou la valeur de la recette probable de la jonction centrale.
- M. le comte de Smet de Naeyer, dans ses discours au Sénat de Belgique des 29 et 3odécembre 1910, estimait à 100 000 le nombre des voyageurs qui débarqueraient ou embarqueraient à la gare Centrale.
- Ces voyageurs payent, supplémentairement, le parcours de l’une des gares du Nord (*)
- (*) Lumière Electrique, 14 décembre 1912, p. 332; 11 janvier igij, p. 44.
- ou du Midi à la gare Centrale, ou inversement.
- La jonction centrale a une longueur approximative de 3,5 kilomètres ; c’est donc un parcours de 1,75 kilomètre que chacun des voyageurs paye dans chaque sens.
- Le tarif normal belge est de :
- 3 centimes 78 en 36 classe par kilomètre;
- 6 — 3787 en 2e —
- 9 — 45 en ire —
- Mais les tarifs réduits : billets d’aller et retour, abonnements, sociétaires, billets combinés, etc., font diminuer ce tarif très considérablement. Nous nen ferons cependant pas état, et nous supposerons que tout voyageur paye le tarif plein.
- On peut tabler sur la répartition suivante des places offertes :
- 7 % du nombre total voyagent en première ;
- 36 % — — en deuxième;
- 57 % — — en troisième.
- La recette kilométrique quotidienne sur la jonction sera ainsi de :
- 7 % X 100 000 voyageurs x 9 e. 45 = 661 fr. 5o
- 36 % X 100 000 — X 6 c. 3787 == 2 293 fr. 20
- 57 % X 100 000 — X 3 c. 78 = 2 i54 fr. 60
- Total.........5 109 fr. 3o
- par kilomètre et par joiir.
- Sur la jonction centrale, le voyageur ne parcourant en moyenne que la demi-longueur de celle-ci, il en résulte une recette quotidienne moyenne de :
- 5 109 fr. 3o X i>75o 8 941 fr. 27.
- Par année, la recette R devient ainsi égale à :
- 8 941 fr. 27 X 365 = 3 263 563 francs.
- La dépense du travail, ou le capital G, est évaluée à 56 millions de francs. Toutes réser-
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- ves doivent., cependant, être faites au sujet de ce chiffre, qui sera certainement dépassé.
- Supposons — cas très favorable —que les frais d’exploitation ou la dépense annuelle D soit égale à celle qui affecte, en moyenne, l’ensemble des lignes de l’Étal belge.
- En 1909, on avait :
- 190 535 o35 (dépenses)
- 281 879 421,24 (recettes brutes)
- On trouve :
- 0,6771.
- x
- capital 56 000
- recette 3 2.63 563
- = 17,1a;
- io° — y
- 100 — G7,71 17,15
- i ,88.
- C’est là le revenu à attendre, en se basant sur trois facteurs, trop favorables, en réalité, à savoir :
- t° Le capital investi, 56 millions de francs qui est évidemment inférieur à ce qu’il sera en réalité, et qui sera certes de 100 millions de francs ;
- a0 Le tarif plus fort que celui qui sera appliqué en réalité ; car plus de 60 % du nombre des passagers voyagent à prix réduit ;
- 3° Les dépenses d’exploitation seront plus élevées, sur la jonction centrale, que sur le reste du réseau, parce que les trains y seront Iraetionnés à l’électricité, malgré l’existence du remorqueur à vapeur, et que l’entretien des voies et des ouvrages d’art sera plus dispendieux. Encore a-t-il fallu admettre implicitement que les dépenses d’exploitation, prises au même rang que pour l’ensemble du réseau, se rapportaient à l’entretien rationnel des voies et du matériel, ainsi qu’à leur amortissement dans un temps suffisamment court.
- La dette belge rend annuellement 3 à 4 % de son capital, ce qui, pour 56 millions, représente, à raison de 3,5 %, une somme annuelle de 1 960 000 frartcs, Le revenu de la
- jonction (très exagéré cependant) est de 1,88, soit qu’elle produise une somme annuelle de i o52 800 francs : le déficit est ainsi de 907200 francs.
- A côté des facteurs ci-dessus, entrevus sous un jour trop favorable, il y a encore une dépense d’exploitation dont on devrait faire état : c’est celle qui concerne les parcours à vide des trains qui ne traverseront pas Bruxelles et qui iront « mourir » à Forest ou à Haren. Un parcours Midi-Forest ou Nord-Haren représente un peu plus de 3 kilomètres.
- L’ensemble du réseau devra donc supporter la perte d’argent annuelle qui se chiffrera, raisonnablement, par plus de 2 millions de francs.
- Dans l’évaluation ci-dessus, nous avons tablé sur 100000 voyageurs, entrant et sortant de la gare Centrale. Supposons qu’en moyenne 3oo voyageurs remplissent un train quelconque au départ de l’une ou l’autre des gares extrêmes de Bruxelles (Nord ou Midi). C’est une belle proportion ! Supposons que la moitié de ce nombre débarque ou s’embarque à la gare Centrale. Le mouvement des trains à la gare Centrale sera alors de
- 100 000 i5o voyageurs
- = 666 trains ;
- soit 333 trains dans chaque sens. C'est un nombre déjà bien respectable, puisqu’à la date du 1e1' mai 1912, en semaine, à la gare du Midi, il entrait et sortait exactement 248 trains par jour. A la gare du Nord, à la date du ior mai 1912, il entrait et sortait 3i3 trains. Au total, pour ces deux gares, le nombre de trains était de 561. On voit par là que la proportion de 100 000 voyageurs à la gare Centrale est très largement prévue, et même il semble qu’elle ne serait pas alleinte après cinq années de mise en service de la gare Centrale.
- Si l’on admet que le service intensif du mouvement des trains commence à 6 heures pour finir à 20 heures, et que de 20 heures à 6 heures, il y ait, à peu près, un train tous
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- les quarts d’heure ; soit que l’on admette qu’il circule 33 trains, ce qui est déjà une forte proportion, il resterait i4 heures ou 84o minutes de temps pour écouler 3oo trains. Il y aurait ainsi un train par intervalle , , 84o
- moyen de temps de = 2 minutes 48 se-
- condes.
- Or, cet intervalle de temps est insuffisant pour assurer l’exploitation surune^w/e voie, nonobstant les arrêts aux trois gares, les accrochages et décrochages de locomotives électriques, etc.
- Avec deux voies, le service en question est possible.
- En résumé, la prévision de 666 trains avec 100000 voyageurs est très large.
- En fait, les travaux de la jonction centrale sç chifîréront par 100 millions. En l’estant, encore, dans les prévisions favorables, quant au nombre de voyageurs (100 000) payant la moitié du parcours de la jonction centrale à tarif plein, et en ne comptant rien pour les dépenses nouvelles nécessaires pour le garage des trains à Haren ou à Forest, on arrive au résultat financier désastreux ci-après :
- 100 000 000 * = 3,63 563
- l00 — 67,ri
- Z -----T~7Ü----' = L°5-
- 3o,64
- Dans ces conditions, le déficit annuel de la jonction serait de 0,0245 X 100000000 = 2 45oooo francs, au moins.
- Pour cette charge annuelle, qui dépassera très vite les 3 millions de francs, la gare Centrale ne pourra recevoir, en 14 heures de service intensif, avec la jonction à 6 voies, que 600 trains, dans les deux sens, à intervalle de temps moyen, par voie, de 8 minutes 24 secondes. Ce temps est bien nécessaire, semble-t-il, pour laisser le battement de durée suffisant pour les trois périodes : de démarrage, de ralentissements et d’arrêts, ainsi que pour effectuer les manœuvres éventuelles de rebroussement.
- Maisj comme nous l’avons dit, on pourrait organiser un service intensif de « métropolitain »,au moyen de trains se suivant toujours dans 1 ernême sens et bouclant aux extrémités de leur trajet, sur deux voies; ceci, dans le but d’augmenter la recette. 1
- Et, dans ces conditions, les services rendus par la gare Centrale, à toute l’agglomération bruxelloise, ne devraient plus être considérés comme étant hors de proportion avec la dépense considérable qu’entraîne son exécution.
- VII. — La capacité delà jonction centrale, des gares à rebroussements Nord et Midi et celle des gares bouclées.
- S’il s’agit du service du chemin de fer seul, sans considérer le « métropolitain électrique », la dépense de 100 millions etla charge annuelle supérieure à 3 millions de francs ne seront donc utiles que pour 900 trains par 24 heures. En serrant encore le temps d’intervalle entre 2 trains, lequel est prévu de 8 minutes 24 secondes, on peut admettre en 24 heures un nombre de trains égal à goo ; soit, en 14 heures, j5o au grand maximum.
- Avec 900 trains de i5o voyageurs, on embarquerait et débarquerait chaque jour 135000 voyageurs.
- Ces prévisions sont d’ailleurs larges, pensons-nous, et elles fixent la capacité de trafic de la jonction centrale.
- Par l’intervention d’un métropolitain électrique, ce chiffre serait considérablement relevé ; mais il s’agirait alors de voyageurs urbains.
- La longueur du faisceau des gares du Nord et du Midi (abstraction faite des sur-largeurs ou bas-côtés des voies, qui servent actuellement au remisage des voitures, etc.), est d’environ 1 kilomètre.
- Le temps nécessaire à un train pour effectuer son entrée est celui qui lui est nécessaire pour passer sur la distance de 1 kilomètre de la vitesse de 4° kilomètres à l’heure à celle de o kilomètre.
- Sa vitesse moyenne est de 20 kilomètres
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- à l’heure, soit 5 mètres 56 par seconde. Il lui faut donc 18 secondes.
- De même pour.la sortie, il lui faut 18 secondes de temps pour arriver à la vitesse de 4o kilomètres à l’extrémité du faisceau (rue des Palais).
- Il faut compter sur un « battement » de temps au moins double, pour la régularité de l’exploitation ; encore faut-il supposer qu’il n’y ait pas de manœuvre intermédiaire.
- Le temps total nécessaire est ainsi de : 18" -f- 36" = 54", soit i minute. C’est le temps d’occupation de voie, nécessaire à un train allant de la gare du,Nord à la rue des Palais, ou inversement.
- Mais, à cause des manœuvres de rebroussements des rames de voitures et des locomotives, qui doivent se faire sur une partie de la voie d’arrivée elle-même, le temps compris entre deux trains qui suivent dans le même sens doit être plus long, et il n’est pas excessif d’admettre 9 minutes, en moyenne (voir paragraphe IV).
- Pour le service des trains se faisant de 20 heures .à 6 heures, on peut prévoir aisément 80 trains; soit, en moyenne, 5 trains à l’heure dans chaque sens. On arrive ainsi à un total de 64o trains.
- Pour les deux gares : Nord et Midi, on aurait donc une capacité de 1 120 trains en (4 heures, ou de 1 280 trains et plus en 24 heures de temps.
- Le nombre des voyageurs embarqués et débarqués serait ainsi dé 280 000 en 14 heures de temps.
- Ces nombres subiront plutôt, s’il y a lieu, le reproche d e l'exagération que le reproche inverse. Encore faut-il bien concevoir que, dans notre esprit, il s’agirait de gares à rebroussements parfaitement aménagées et outillées.
- La capacité des gares du Nord et du Midi, avec faisceau de 18 voies soudées à l’entrée à 6 voies et à la sortie, c'est-à-dire en boucle, à 4 voies (on a aussi prévu 6 voies en boucle) est de deux fois 1 680 trains, dans les deux sens, en quatorze heures de temps.
- Le nombre de voyageurs embarqués et débarqués sera ainsi de 840000.
- Dans ces conditions, les trains se succèdent, sur une même voie, à un intervalle de temps moyen de trois minutes, pendant qua-torzeheures, sur chacune des 6 voies d’entrée; et sur les voies en boucle, supposées au nombre de 4 seulement, ils s’y succéderaient toutes les deux minutes.
- Un fait digne de considération, c’est celui de l’utilisation la meilleure possible des surfaces de terrain des gares actuelles, qui ont déjà coûté tant d’argent.
- Vu la dépense élevée que les expropriations ont déjà entraînée, il y a le plus grand intérêt à utiliser de la façon la moins improductive les surfaces de ces gares; c’est ce qui est obtenu par un système permettant d’intensifier la circulation des trains.
- (A suivre.)
- J.'Ca.rlier,
- Répétiteur du Cours d’exploitation des chemins de fer à l’Université de Liège.
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- L’INSTALLATION ÉLECTRIQUE DES GRANDS MAGASINS DU LOUVRE
- Les grands magasins du Louvre ont procédé dernièrement à l'inauguration de leur annexe de
- ment fourni par la Société des Usines Électriques Bergmann (').
- l'ig. i.
- l’Oratoire qui comporte une installation électrique complètement équipée en tubes d’acier, jsolés intérieurement. Le matériel a été entière-
- ll) Lumière Electrique, i5 avril igu, p. 58, (article consacré à la fabrication des tubes Bergmann).
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
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- Dans les précédentes installations, par suite | arc, à incandescence, et clés moteurs, les mon-
- Fig. a.
- de l’obligation d'effectuer de nombreuses déri- i teurs électriciens se trouvaient dans la nécessité valions nécessaires à l’alimentation des lampes à de déparer la décoration des salles en procédant
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXI (2° Série). — N» 3.
- à l’établissement de leurs branchements. Dans cette nouvelle installation, toutes les canalisations ont été noyées dans les maîtresses poutres et les planchers de même que toutes les boîtes de dérivation et de branchement.
- L’alimentation des grands magasins du Louvre en énergie électrique, force et lumière, est fournie par une véritable station centrale.
- Cette centrale, installée dans les sous-sols des anciens magasins, comprend quatre groupes de machines Corliss, alimentées par des générateurs Belleville. Les deux premiers groupes comprennent chacun deux machines jumelées F'aure Beaulieu commandant une dynamo Brown Boveri de 2oo kilowatts; le troisième groupe se compose d’une machine simple actionnant une dynamo Brown Boveri de i3o kilowatts; le dernier groupe de f>o kilowatts sert de réserve. Au moment de l’allumage maximum, le débit atteint 5 ooo ampères répartis entre plus de 8oo lampes à arc, 20 moteurs et plusieurs milliers dé lampes à incandescence.
- L’éclairage des nouveaux magasins comprend environ i5o lampes à arc, 5o lampes à filament métallique de 400 bougies et un grand nombre de lampes de moindre intensité. La.force motrice est représentée par six moteurs électriques action nanties monte-charges et les chemins mobiles; ces appareils absorbent près de 60 chevaux.
- Le principe général qui a présidé à l'installation est la commande de tous les allumages par l’intermédiaire de plusieurs tableaux généraux; de cette façon, aucun interrupteur n’est placé dans les magasins.
- U11 réseau téléphonique relie les étages et les rayons aux postes centraux des électriciens de service.
- Le courant nécessaire à l’alimentation de la nouvelle annexe est fourni par le secteur; la distribution est à 5 fils sous 44o volts; toutes les commandes partent des tableaux représentés par les figures 1 et 2.
- Les dérivations principales, au nombre de 8, ont chacune leur interrupteur octopolaire. On voit à droite de la figure 1 les trois premières fourches des interrupteurs des groupes 3 et 4. Les groupes 1 à f> commandent les lampes à arc, le groupe (5 les lampes à incandescence et la force motriçc, les groupes 7 et 8 sont consacrés aux lampes à incandescence.
- Sur la figure 2, on aperçoit 4 séries de commu-
- tateurs; ceux-ci ont pour but d’équilibrer la charge des ponts du secteur lorsque les néces-
- Fiff. 3.
- sites de l’éclairage amènent de trop grands écarts d’intensité ; l’électricien de service peut,
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- par la manœuvre de ces commutateurs, rétablir l’équilibre entre les 4 ponts. Pour lui faciliter cette opération, le tableau central comporte 4 ampèremètres de 400 ampères. Les rhéostats, visibles sur la figure i, sont ceux de 5 groupes de lampes à arc par 2 en série; toutes les autres lampes à arc, étant groupées par 3, n’ont pas de rhéostat de réglage.
- pour tubes de 21 millimétrés de*diamètre et 358 pour tubes de i3,5 millimètres.
- La forme bizarre de cette boite a été déterminée par la position des poutres principales et la_né-cessité où l’on a été de la placer.juste en dessous de la salle des tableaux pour faciliter et simplifier le plus possible le départ des circuits.
- La répartition générale des lignes est des plus
- 3 rangées de 4. tubes delS^VS
- 5nangees de titubes de 13™^5
- 6 rangées de 31 Cubes de 13m4n5
- 4rangées de 14 tubes de 21Tn/m
- Ki£. 4.
- 4rangées de
- 8 tubes
- de 13m/m 5
- Le petit tableau qui se trouve en bas et à droite île la (ligure 2 sert à l’éclairage de nuit.
- A partir des tableaux, tous les conducteurs passcn t sous tubes d’acier (flg. 3), et, par 2 groupes de coudes, atteignent la cloison pour descendre aux trois boites principales de branchement, dont Lune, à cinq faces, est des plus grandes que la Société Bergmann ait eu à construire jusqu’à présent. Celle-ci, représentée sur la ligure 4, ne possède pas moins de 414 embouchures, dont 54
- simples; la figure 5, prise dans les sous-sols des magasins, en donne une idée.
- Les tubes en acier, isolés, sont posés extérieurement et maintenus par des traverses en fer; ils atteignent, par l'intermédiaire des coudes, les poutres métalliques principales qui soutiennent l’édifice et pénètrent par des boites, dont l’une est visible sur la figure fi, dans le creux de la poutre, pour gagner leur étage en étant complètement noyés dans la maçonnerie.
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- La répartition des canalisations est ainsi faite, groupe par groupe, étage par étage, sans qu’aucune soit visible.
- aucun tapis sur le sol, permettent l’accès aux boîtes de dérivation qui se trouvent immédiatement au-dessous.
- Aux extrémités du bâtiment, les dérivations sont un peu plus compliquées; la figure fi, prise
- Par les planchers, les tubes arrivcntau-dessus de leurs appareils d’éclairage : arcs ou lampes à incandescence; des trappes soigneusement repérées et à peine visibles, même lorsqu’il n’y a
- dans les sous-sols, représente la boite de branchement située dans un magasin de réserve.
- Des circuits de secours, toujours sous'tubes d’acier, ont été répartis déplacé en place dans les
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- corniches qui ont des parties mobiles, pour permettre l’accès aux boîtes de branchement et par suite faciliter la visite, le remplacement des conducteurs s’il y a lieu, on la modification des circuits.
- La pose des tubes a été faite au fur et à mesure de la construction des bâtiments, de façon à permettre à tous les corps de métier employés d’exécuter chacun leurs travaux sans avoir à s’occuper des tubes posés et sans jamais être gênés par leur présence; ce n’est qu’une fois lés gros œuvres terminés que les conducteurs ont été tirés dans les tubes, opération des plus faciles au moyen des nombreuses boîtes de dérivation placées aux endroits utiles.
- L’installation complète a nécessité l’emploi de 35 ooo mètres de tubes isolateurs armés d’acier, dont 18 ooo mètres de i3,5 millimètres de diamètre intérieur, 7000 mètres d’un diamètre de 21 millimètres et 10 ooo mètres de diamètres divers.
- Les magasins du Louvre possèdent ainsi une ins tallation électrique absolu ment incombustible, dans laquelle les courts-circuits, malheureusement encore trop nombreux sur les réseaux parisiens, ne sont plus à craindre, puisque les conducteurs, possèdent déjà un bon isolant et sont enfermés dans des tubes en acier qui présentent, en plus, un isolant intérieur, ce qui double ainsi la sécurité de l’installation.
- Si, par suite d’une circonstance tout à fait exceptionnelle, un fil venait à chauffer et son isolant à fondre, aucun accident ne pourrait se produire, puisque l’isolant intérieur du tube est incombustible.
- Il n’en est malheureusement pas de même dans la plupart des installations existantes ; si un fil chauffe, comme il est en contact avec ses voisins ou qu’il en est très proche, il arrive que ceux-ci
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- s’échauffant au même degré, te caoutchouc fond ; il y a contact entre les conducteurs en cuivre, puis feu d’artifice, et même si un incendie ne se déclare pas, il y a tout au moins interruption de courant, comme c’est arrivé il y a quelque temps à la Comédie Royale et antérieurement sur le secteur des Champs-Elysées qui fut en entier privé de courant pendant deux jours à la suite d’un court-circuit.
- Ces inconvénients de canalisations non pour vues d’une protection mécanique et ayant un isolement électrique normal à la mise en service, mais que les multiples causes de détérioration ne tardent pas à réduire et à rendre illusoire, ont amené, dans tous les pays étrangers, le développement extraordinaire des installations sous tubes isolés.
- La moulure, notre antique moulure, qui n'offre aucune espèce de résistance à tous les chocs qu’elle reçoit, qui ne demande qu'à absorber rhumidité et à mettre ainsi les fils qu’elle renferme en court-circuit ou à la terre, permettant ainsi au courant de passer et de faire tourner le compteur au1 grand dam de l’abonné, en attendant réchauffement, la rupture des fils par élec-trolyse ou l’incendie, cette moulure n’existe plus, pour ainsi dire, qu’en'Francë.
- Les directeurs des magasins du Louvre, en inaugurant' dans leur nouvelle annexe ce système de canalisation pratique et incombustible, dont l’emploi devrait être obligatoire non seulement pour les grands magasins mais aussi pour toutes les administrations de quelque importance ont montré leur souci d’assurer la sécurité de leur nombreux personnel et de protéger l’existence des milliers de visiteurs qui fréquentent journellement leurs comptoirs.
- J.-B. Picot.
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Des applications de diathermie comme ration énergétique d’appoint. —J. Bergonié.— Comptes Rendus des Séances de l'Académie des Sciences, 2 décembre 1912.
- La chaleur 11’est une forme toujours dégradée de l’énergie que pour les mécaniciens; chez l’homme et les animaux homéothermes, l’énergie doit être libérée directement sous la forme chaleur, pour compléter le premier terme de l’équation, qui égale les recettes aux dépenses, lorsque l’hoinéothermie est garantie. Cette quantité de chaleur, directement produite jusqu’ici aux dépéris des aliments, est donc un appoint variable, qui s’ajoute à la chaleur dégradée, provenant du fonctionnement vital de l'organisme, et en est tout à fait distincte. Le rapport entre la chaleur d’appoint et la chaleur totale n’est, pas constant. Il varie avec chaque sujet, avec l’activité mécanique d’un même sujet, avec la température extérieure, le vêtement, le vent, etc. Certains auteurs l ont évalué, pour l'homme restant homéo-
- therrne, entre — et— ; mais chez un sujet de faible 5 a
- poids, de grande surface, exposé nu ;i la température d’environ ao° C., ce rapport peut être beaucoup plus grand.
- La quantité de chaleur d’appoint doit donc être considérable, dans certaines circonstances, pour que l’homme puisse conserver sa température propre. Pourquoi, dans ces conditions, ne pas lui fournir, en nature, cette grande quantité de chaleur, au lieu delà lui laisser tirer des aliments qu’il faut digérer et brûler, en surmenant les appareils physiologiques qui servent à cette digestion et à cette combustion? C’est ce que le Dr Bergonié a fait par la diathermie, l’admirable méthode d’application des courants de basse tension et de haute fréquence, due aux travaux de M. d’Arsonval (').
- Ces courants traversent le corps avec des in-
- \
- (!) If A. h s o.\v ai., Soc de Phys., 20 avril 1892. — Comptes Rendus, 20 mars 1898, 3 juillet 18ç)3, décembre igoi. — Arch. d'Rlect. inéd., 1910, ]>. 87.3.
- tensités efficaces de a à 3 ampères, sous des différences de potentiel de 1 000 à a 5oo volts, sans aucune sensation, lui fournissant ainsi à l’heure, par l’eflêt Joule, dans les mille calories, plus que le tiers de sa ration alimentaire totale journalière !
- Yoici la technique, très simple, suivie pour les applications de ces courants : ils entrent par des électrodes métalliques nues (plomb, étain, aluminium, etc.) se moulant bien sur la région, fixée par une bande à pansement, et dont on isole quelquefois les bords avec l’un de ces étroits rubans de sparadrap adhésif. Ces électrodes sont au nombre de six, ou davantage. On les distribue sur chaque pôle en quantité, de différentes manières : par exemple, trois surle côtéetles membres gauches du corps, pour un pôle, et trois sur le côté et les membres droits, pour l’autie pôle. La surface totale des électrodes est d’environ 3<> décimètres carrés; ce qui fait une densité du courantfaib!e,donnantune large marge de sécurité.
- Les indications générales peuvent seulement être notées ici. Ce sont : les états de marasme, d athrçpsie, d’hypothermie, d’inanition primitive ou consécutive à des affections graves du tube digestif, les anémies diverses, les périodes d’al-giditédes maladies, tous les états de misère physiologique en général. Ces applications de diathermie peuvent encore provoquer, sans dépense énergétique supplémentaire, des hyperthermies bienfaisantes, chez des organismes à réactions défensives paresseuses.
- Yoici un exemple clinique des résultats :
- Sujet B. —Traité par la diathermie générale, deux applications par jour. Intensité : 1,5 ampère en moyenne ; durée : 4° minutes, correspondant environ à 1700 calories absorbées par séance.
- AVANT LC TllAITJi.MHNT
- Taille : 1,7b mètre. Poids: 49,5ookilogrammes. Pression artérielle systolique;- 1 3,5 centimètres. Amplitude des oscillations : 3 divisions.
- Alimentation.
- Mange beaucoup de viande ; constipation ; langue saburrale; céphalalgie.
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- Etat des forces.
- Faiblesse très grande; ne peut faire ioo mètres sans soutien ; pas de travail physique possible ; pas de travail intellectuel.
- Température.
- Uyp othermie; température axillaire : 36°, à 5 heures du soir. Très sensible au froid. Très vêtu ; ne sort pas l’hiver.
- Etat général.
- Misère physiologique accentuée.
- APH12S LE TRAITEMENT
- Poids : 63,200 kilogrammes. Pression artérielle systolique : i5,5 centimètres. Amplitude des oscillations : 7 et 8 divisions.
- A limentation.
- Mange beaucoup moins, malgré abaissement de température, et végétaux. Langue parfaite ; plus de maux de tête.
- Etal des forces.
- Marche des heures sans fatigue ; vigueur physique normale ^travail intellectuel appréciable.
- Température.
- Orthothermie ; température axillaire : 37°,2 montant après les séances à 4f>°,3- Affronte toutes les températures ; peu vêtu.
- Etat général.
- Aspect corporel et vie normaux.
- La diathermie est donc le moyen le plus efficace et le plus rationnel de secourir les organismes en état de misère physiologique, quelle qu’en soit la cause, en leur apportant, sous forme de chaleur en nature, une ration d'appoint, qui couvre leur déficit énergétique, sans mettre à contribution leur tube digestif.
- DIVERS
- Les charges financières des usines à gaz et des centrales électriques.— F. Ross. — ÆW*/™-technische Zeitschrift, 28 novembre 1912.
- L’auteur répond à un précédent, article de M. Ilase (*) sur le rendement économique comparé des usines à gaz et des centrales électriques.
- Les estimations de M. Hase peuvent se résumer ainsi :
- Si Ton suppose qu’un kilowattt-heure équivaut a un mètre cube de gaz, ce qui est parfaitement ad-
- missible, étant donné la consommation des meilleures lampes àlilament métallique, les bénéfices bruts correspondants doivent être à peu près égaux. Mais d’autre part, le prix de revient moyen d’un mètre cube de gaz est de i5à 16, a5 centimes, tandis que celui d’un kila\vall-lieure électrique est de 22,5o à 23,75 centimes, si Ton comprend l’énergie fournie aux tramways ; si l’on ne lient pas compte de celte dernière énergie, le kilowatt-heure électrique revient a un prix encore plus élevé.
- D’un autre coté, en ce qui concerne le rendement des capitaux engagés, M. Hase estime, d’après les résultats recueillis dans une centaine de villes de grande ou de moyenne importance, que le rapport brut représente, pour les usines à gaz 14,2 pour les usines électriques 12,7 % seulement des frais de production.
- En outre, d’après M. Hase, les dépenses de premier établissement respectives des usines à gaz et des centrales électriques seraient en moyenne les suivantes: pour les usines de grande et de moyenne importance, d’une part, 716 francs pour 1 000 mètres cubes de gaz fournis, d’autre part, 1 33o francs pour 1 000 kilowatts-heure fournis; pour les installations de moindre importance, d’une part 768 fr. pour 1 000 mètres cubes de gaz, d’autre part, 2 274 francs pour 1 000 kilowatts-heures.
- Enfin, toujours d’après le même auteur, le facteur d’utilisation des usines électriques serait inférieur à celui des usines à gaz et l’influence des dépenses de production moyenne sur les frais totaux serait moins sensible pour la fourniture de 1 mètre cube de gaz fourni que pour celle de 1 kilowatt-heure.
- Or, d’après M. Ross, les chiffres de M. Hase, s’ils sont assez exacts en ce qui concerne les usines à gaz, sont trop défavorablesà l’électricité. Cet auteur reproduit en effet deux statistiques, relevées au cours des années 1909 à 1911 sur un certain nombre d’usines à gaz d’une part, d’usines centrales électriques d’autre part. De ces statistiques, l’auteur déduit des conclusions sensiblement plus favorables que celles de M. Hase aux centrales électriques. Ces conclusions sont les suivantes :
- Tout d’abord, l’augmentation delà production des usines à gaz n’a pas nécessairement pour conséquence une diminution des frais de premier établissement. C’est ainsi qu’à Berlin où la production de gaz a doublé (268 044 000 mètres cubes en 1909-19m, au lieu de r3a 675000 mètres cubes en 1899-1900), les frais de premier établissëmenr iï?ont diminué que de 18 francs pour 1 000 mètres cubes
- (*) Journal fur Gasbeleuchtung, 6 juillet 1912, p. 63g.
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- (722 francs en 1909-1910, au lieu de 740 francs en 1899-1900).
- Il en est de même des frais de production proprement dits. Il peut même arriver que ces frais croissent avec l’augmentation de la production. C’est ce qui a eu lieu à Berlin où, pendant la période de 1900 à 1910, les frais de production proprement dits ont passé de 7,875 centimes à 8,375 centimes. D’autre part, à l’usine à gaz de Mülheirn, qui n’avait en iqioquune production de 2 569 000 mètres cubes, soit à peine le dixième de la production de Berlin, les frais de production proprement dits ne se sont élevés, au cours de celte année, qu’à 7,370 centimes par mètre cube. Ces résultats .infirment la prétention des techniciens de l’industrie du gaz, d’après laquelle les usines à gaz importantes fonctionneraient dans de meilleures conditions économiques que les petites usines.
- En outre, dans les usines à gaz, les dépenses d’exploitation dépendent, dans une importante mesure, d’une part, du prix du charbon consommé, d’autre part, de ceux du coke récupéré. Or, la statistique reproduite parM. Ross montre que le prix du coke ne dépend nullement de celui du charbon constituant la matière première. C’est ainsi qu’à Brême et à Lubeck, où les prix du charbon sont sensiblement les mêmes (6,2/1 centimes à Brême, 6,14 centimes à Lubeck), les prix du coke sont très sensiblement différents (2,9 centimes à Brême, 4,60 centimes à Lubeck). De même, l’usine de Munich, à laquelle le charbon revient à 10 centimes par mètre cube de gaz, ne peut vendre son coke qu’au prix de 4,45 cen-timespar mètre cube de gaz, soit un prix inférieur à celui de Lubeck, qui paye cependant le charbon bien-meilleur marché. Ces résultats ne confirment nullement l’affirmation de M. Hase, à savoir que l’augmentation de la production des usines à gaz ait pour conséquence une diminution des dépenses d’exploitation.
- Toutefois en ce qui concerne les dépenses totales par mètre cube de gaz fourni, il ressort de la statistique publiée par M. Ross, que les dépenses totales moyennes par mètre cube de gaz sont de 13,75 à 20 centimes par mètre cube, chiffre concordant à peu près avec celui donné par M. Hase.
- On ne peut obtenir de bénéfices élevés que lorsque les prix de vente sont relativement élevés ou que le coke peut être vendu dans des conditions avantageuses. C’est ainsi, par exemple, qu’à Lubeck, si le coke n’y était vendu qu’au prix de Brême, les bénéfices tomberaient de 18,7 à 16,1 % .
- M. Ross compare aux résultats de cette statistique les résultats de la statistique relative aux usines d’électricité, en se basant sur l’équivalence du kilowatt-heure électrique et du mètre cube de gaz.
- Tout d’abord, cette dernière statistique montre que les frais de premier établissement sont, en général et sauf dans quelques cas exceptionnels, d’autant moins élevés que la production est plus grande.
- D'un autre côté, les dépenses de production proprement dites d’un kilowatt-heure sont plutôt inférieures en moyenne à celles d’un mètre cube de gaz. Certaines centrales intercommunales arrivent même à produire le kilowatt-heure, tous frais comptés, au prix de 8 à 10 centimes, c’est-à-dire à un prix inférieur aux dépenses de production proprement dites de la plupart des usines à gaz. Or, les centrales intercommunales, alimentant de petites villes, se développent de plus en plus.
- D’ailleurs, si l’on excepte les cas extrêmes, c’est-à-dire les centrales intercommunales, et les centrales de certaines villes, telles que Hambourg et Strasbourg (dont les frais de.premier établissement ont été exceptionnellement élevés), les dépenses totales relatives à la production d’un kilowattheure sont de 16,625 centimes contre 15,3^5 centimes pour 1 mètre cube de gaz.
- Enfin, si l’on compare les revenus bruts, on trouve que ceux-ci sont de 14,8 % des capitaux engages en moyenne pour les usines électriques (exception faite des cas extrêmes cités plus haut), et de i3,2 % seulement pour les usines à gaz.
- Il est certain que les résultats déduits des statistiques de M. Hase et de M. Ross n’ont qu’une valeur relative. Ces résultats permettent toutefois de se rendre compte qu’en général les dépenses totales de production d'un kilowattheure électrique (pour des usines n’ayant pas eu à supporter des frais de premier établissement exceptionnellement élevés) ne different pas sensiblement de celles d’un mètre cube de gaz. Mais il y a alors lieu d’examiner si, en ce qui concerne les prix respectifs de vente de ces deux unités, les conclusions de M. Hase sont exactes, c’est-à-dire si un kilowatt-heure électrique ne représente pas pour le consommateur une valeur Supérieure à celle d’un mètre cube de gaz.
- L’expérience a montré d’une manière irréfutable qu’avec des tarifs respectifs de 20 centimes pour la puissance motrice et de 3i,25 à 43,75 centimes pour l’éclairage, le consommateur préfère, lorsqu’il a le choix, l’électricité au gaz.
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- Or, de tels prix de vente permettent à la plupart des usines électriques d’obtenir des résultats financiers supérieurs à ceux des usines à gaz.
- En dehors des grands avantages que l’emploi de l’énergie électrique présente pour le consommateur, les usines électriques sont donc, au point de vue financier, bien préférables aux usines à gaz pour les administrations municipales.
- Les usines à gaz doivent même compter dès à présent qu’elles perdront peu à peu leur clientèle pour l’éclairage et la puissance motrice au profit des usines électriques.
- M. K.
- La Fondation d’une Association technique allemande de l'éclairage.—G.Dettmar. —Elek-trotcchnische Zeitschrift, 5 décembre 1912.
- Une nouvelle association technique vient d’être fondée en Allemagne sous le nom d'Association technique allemande de l’éclairage. Le but de cette association sera la recherche commune du perfectionnement à apporter aux divers procédés d’éclairage, aussi bien au point de vue technique qu’aux points de vue économique et hygiénique.
- L’idée de la fondation de cette association est due au « Verband deutscher Elektrotechniker » qui, le i5 mai 1912, s’adressa, sur l’instigation de l’auteur, à la « Physikalisch-Technische Reichsanstalt », à laquelle il suggéra d’entreprendre les démarches préliminaires nécessaires. Après que l’adhésion du cc Deutscher Verein von Gas und Wasserfachmân-nern » eût été obtenue, les démarches préliminaires furent entreprises et un comité fut fondé dans cë but.
- Ce comité tint le % novembre à la Reichsanstalt sa première séance, à laquelle prirent part environ cinquante savants et praticiens des plus compétents dans les questions d’éclairage.
- La séance fut ouverte par M. le président War-burg, lequel rappela brièvement les circonstances qui avaient précédé cette réunion. Ensuite, M. Bunte
- parladu développement de l’éclairage en Allemagne, en insistant sur la part prépondérante qu’y avait prise la Physikalisch-Technische Reichsanstalt. L’orateur se félicita de ce que les diverses industries de l’éclairage, oubliant leurs querelles particulières, eussent envoyé des représentants pour jeter les bases communes des travaux futurs. Puis M. Deltmar pris la parole et indiqua les questions que l’Association technique de l’éclairage aura à résoudre. Il insista particulièrement sur ce fait que, non seulement les techniciens des industries du gaz et de l’électricité, mais encorelesfabrieantsdesdivers appareils d’éclairage et également les physiciens, les chimistes, les hygiénistes, les physiologistes, les pédagogues, les architectes et les inspecteurs de l’industrie seront appelés à prendre part aux délibérations de la nouvelle association. 11 montra également l’utilité de cette association, en in sis tant sur ce fait que, si elle n’avait pas été fondée, l’Allemagne courait le risque de perdre sa place dans la technique de l’éclairage.
- M. Ivrüss s’étendit de même sur la nécessité de celte association, laquelle, d’après lui, eût dû être fondée dix ans plus tôt.
- D’autres orateurs parlèrent dans le même sens et finalement la plus grande partie des assistants donnèrent immédiatement leur adhésion.
- La commission, chargée de l’élaboration des statuts définitifs de la nouvelle association, d’une part, et des programmes des futures commissions spécia les, d’autre part, est ainsi composée : M. Warburg, président, MM. Brodhun, Bunte, Ilagen, Lieben-thal et Dettmar, membres. La première assemblée générale aura lieu en février 1913.
- Il est à peine besoin de dire combien la fondation d’une pareille association serait désirable en France, où les divers procédés d’éclairage employés réclament encore de si nombreuses améliorations dans la plupart des cas, et où l’ère des tâtonnements ne semble pas encore définitivement close.
- J.-L. M.
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- T. XXI (2e Série). — N° 3.
- VARIÉTÉS
- Prix de l’Académie des Sciences.
- Dans la dernière séance publique annuelle de l’Académie des Sciences, présidée par M. le professeur G. Lippmann, a eu lieu la proclamation des prix décernés par l’Académie en 1912 ('). L’attribution de quelques-uns de ceux-ci nous intéresse particulièrement.
- *
- * 4
- L’œuvre de.M. Brillouin, professeur au Collège de France, s’étend au domaine presque entier de la Physique pure et de la Physique mathématique. Il importe de remarquer qu’en décernant à ce grand savant le prix La Caze, l’Académie a tenu à citer, parmi ses travaux si multiples, son remarquable ouvrage sur la Propagation de l'Electricité.
- * *
- C’est à un électricien bien connu, M. le commandant Ferrie,notre ancien collaborateur ^), que le prix Wilde, de la section de Physique, a été décerné « pour l’ensemble de ses travaux, le développement qu’il a donné en France à la télégraphie sans fil et la part qu’il a prise, comme Correspondant du Bureau des Longitudes, dans l’organisation de la Conférence internationale de l’heure (3), dont il a été le Secrétaire général ».
- ¥ ¥
- M. Houllevigue, professeur à la Faculté des Sciences de Marseille, a obtenu le prix Hébert. Cette distinction honore l’auteur de nombreux mémoires sur les questions si délicates, qui touchent aux propriétés magnétiques du fer et de l’acier, aux diélectriques et à l’ionoplastie. Dans son excellent volume Du laboratoire à l’usine, M. Houllevigue a fait, comme on sait, une large place aux applications industrielles de l’électricité. C’est en prenant ces applications pour exemples qu’il a pu illustrer la thèse, suivant laquelle c’est à la recherche désintéressée des savants que sont dues les plus grandes révolutions économiques récentes.
- *
- * 4
- Tandis que M. Armand de Gramont, duc de
- (') Comptes Rendus. i(j décembre 1912.
- (a) Lumière Electrique, 12 mars et 4 juin 1904, p. joi et 361.
- (3) J. Rryvai.. — La conférence internationale de l'heure, Lumière Electrique, 9 novembre 1912.
- Guiche, recevait de l’Institut un prix de Mécanique, M. Arnaud de Gramont, son cousin germain, obtenait le prix Hugues. On doit à cet éminent physicien une étude très intéressante des spectres parétincelles électriques ; non seulement il a su perfectionner l’usage des étincelles ordinaires du secondaire d’une bobine d’induction en supprimant les raies d’électrodes dans les spectres des liquides, mais encore il s’est servi de l’action dissociante des étincelles condensées, c’est-à dire des étincelles de décharge des condensateurs. Supprimant les raies de l’air, qui se présentent ordinairement avec les raies des éléments présents dans l’étincelle condensée dans les spectres de dissociation, M. de Gramont a heureusement tiré parti du fait déjà connu qu’une self-induction convenable intercalée dans le circuit de décharge d’un condensateur fait disparaître ces raies dans le spectre. Sa méthode A'analyse quantitative spectrale intéresse particulièrement la technologie des minerais de plomb argentifères.
- 4 *
- Sur la répartition du fonds Bonaparte, généreusement élevé à 5o 000 francs par le Prince Roland Bonaparte pour chacune des nouvelles annuités accordées par lui à ce fonds, une somme de 2 üoo fr. a été attribuée à M. Paul Pascal, maître de conférences à l’Université de Lille. Les produits que M. Pascal a obtenus dans l’étude physico-chimique des corps complexes, minéraux et organiques, la détermination qu’il a faite de leurs propriétés magnétiques, ont été des plus utiles à MM. Weiss et Colton dans leurs recherches sur le magnéton et la biréfringence magnétique.
- Ori sait que le magnéton découvert par M. P. Weiss en 1911 (') joue en quelque sorte dans la théorie du Magnétisme le même rôle que l'électron dans la théorie de l’Électricité ; les magnétons sont des quanta d’énergie de grandeur invariable, qui se comportent comme de petits aimants de dimensions moléculaires et qui ont, par conséquent, la propriété de s’orienter parallèlement les uns aux autres ; un de nos anciens collaborateurs, M. Langevin, professeur au Collège de France, a montré d’ailleurs que
- (') P. Wf.iss. — Journal de Physique (5), I, g65, igii et Pliysikalische Zeitschrift, 12, g35, 1911.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- les oscillations calorifiques des molécules contrarient constamment les magnétons dans leur tendance à s’orienter.
- * *
- Ajoutons, en terminant, que parmi les questions mises au concours pour l’année 1914* figure la suivante : Etude théorique et expérimentale de la
- question des turbines à combustion ou à explosion. L’étude des turbines thermiques est trop intimement liée à celle des générateurs d’électricité, pour que les électriciens ne s’intéressent vivement aux solutions que les mécaniciens apporteront à cet important problème.
- E. ni! Lonoueval.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont
- HQllard (Auguste). — La théorie des ions et)
- l'èlectrolyse. (Deuxième édition entièrement refondue.. — 1 volume in-8° de vii-220 pages, avec 16 figures. — Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1912.— Prix: 5 francs
- « Ce livre ne constitue pas une apologie de la théorie des ions, mais un exposé élémentaire de cette théorie envisagée surtout au point de vue de l’interprétation des phénomènes électrolytiques en solution aqueuse et de l’analyse chimique. »
- Nous ne pouvons mieux faire pour donner une idée nette de cet intéressant traité que de reproduire ces premières lignes de la préface de l’auteur. Disons, en outre, que cette seconde édition a été complètement refaite; c’est en réalité une œuvre presque nouvelle.
- Les progrès réalisés par la théorie des ions depuis les travaux de Svante Arrhénius ont fait de celle-ci une des plus intéressantes des théories de la physique moderne; aussi un travail très documenté sur ce sujet recueillera-t-il un bon accueil des électriciens.
- Après une petite introduction rappelant les diverses théories de l'èlectrolyse depuis Grotthus, M. Hol-lard s’occupe tout) d’abord de la constitution des électrolytes, en étudiant les propriétés des solutions des électrolytes, des anions et des cathions.
- Un second livre est consacré à la conductibilité des électrolytes, à leur degré de dissociation et à l’équilibre des ions et des éléments non dissociés, puis à la conductibilité, à la charge et à la vitesse des ions.
- Le troisième livre est relatif à la tension électrique nécessaire au fonctionnement de l’èlectrolyse aux tensions de polarisation et à l’analyse électrolytique.
- Enfin, le quatrième livre résume en quelques lignes la répartition de l’énergie totale, consommée dans l’èlectrolyse entre les différents effets produits : l’énergie calorifique, le travail de polarisation qui comprend lui-même le travail de précipitation des ions et celui relatif à l'effet Peltier et divers autres
- deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction,
- d’influence secondaire. L’ouvrage comprend, en outre, quelques notes diverses dont l’une sur l’élec-trolyse par les courants alternatifs.
- En résumé, M. liollard a réuni, dans un travail de
- 220 pages, tous les éléments de la théorie des ions,
- en même temps qu’un très grand nombre de données
- d’expériences très intéressantes pour les applications
- et les recherches. C.-E. Guilbeut.
- *
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- A. Podevyn, Ingénieur, Professeur d’électricité. — Recueil de problèmes et applications sur l'è-lectricitè, comprenant le calcul de la force, du groupement, de la lumière, des batteries d’accumulateurs, du prix de revient, etc., aussi bien en courant alternatif qu’en courant continu. — I volume in-12 broché de 180 pages, avec 43 figures. — H. Desforges, éditeur, Paris 1912. — Prix : 3 francs.
- Le but que s’est proposé M. Podevyn est très louable : il a voulu faciliter aux ouvriers et conducteurs électriciens la solution d’un grand nombre de petits problèmes, qu’ils peuvent rencontrer dans la pratique journalière.
- Le choix de ces exercices'est assez judicieux ; leur groupement est fait avec méthode. Mais le livre a un grave défaut : l’excessive incorrection du langage technique employé par l’auteur. A chaque page, on rencontre des expressions comme celles-ci : l’unité de travail électrique est le watt (p. 3), une lampe brûlant sur un courant de 110 volts (p. 24), une consommation en courant de 4,5 kilowatts (p. 65), etc. ; ou des formules telles que :
- kilowatts X i,36 = HP (p. 3), watts : 636 HP (p. 3), etc.
- La tolérance par rapport à la rigueur scientifique, que devrait se permettre un professeur, ne devrait jamais, à mon avis, aller jusqu’à l’énonciation de relations complètement erronées.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXI (2e Série). — N° 3.
- Cette observation ne concerne pas uniquement le Recueil de M. Podevyn.
- Beaucoup d'ouvrages de vulgarisation témoignent aussi, bien qu'à un degré moindre, d'un certain laisser-aller, de la part des auteurs, dans le langage technique. J'ai toujours lutté contre celte tendance regrettable : l'esprit qui s'est imprégné d'idées fausses éprouve toujours, en effet, de sérieuses difficultés à s’en débarrasser par la suite.
- R. DE Baillehàche.
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- Manuels èlectrotechniques Fritz Hoppe. — KOnigswerther (Alex.). — Frinzip und Wir-kungsweise der Wattmeter und Elektrizi-tatszàhlerfür Gleich-und Wechseîstrom. (Principe et fonctionnement des wattmètres et des compleurs pour courant continu et courant alternatif.) Fascicule 10. — i volume de v-71 pages, avec 84 figures. — Prix; relié, 4 fr. ‘^o.
- Fritz Hoppe — Ubungsaufgaben auf der Gleich-und Wechselstromtechnik. (Exercices sur'la technique des courants continu et alternatif.) Fascicule 5. — 1 volume de y-'i'i'j pages, avec 158 figures. — Prix : relié, 9 fr. 5o.—Joiiakx-àmbrosius Bahtii, éditeur. Leipzig.
- Ges deux fascicules sont les derniers parus des 10 que comporte la collection Fritz Hoppe.
- On sait le succès énorme, avec lequel a été accueillie, en Allemagne et en Autriche, cette collection dont chaque volume constitue à la fois un manuel d'étude et un aide mémoire destiné à rendre les plus grands services aux praticiens.
- M. Fritz Hoppe et ses collaborateurs ont en effet su laisser tomber bien des détails qui ont peut-être .leur importance en théorie, mais qu’un praticien peut parfaitement ignorer, et au milieu desquels un débutant risque de ne pouvoir se reconnaître. Les phénomènes, sont exposés dans leurs grandes lignes,'sans complications inutiles, et ils se classent d’eux-memes dans ' l'esprit ' du lecteur par rang d'importance relative.
- Celui-ci, se rendant compte de la véritable valeur des faits qu'il étudie, prend la manière de voir et de penser de l’électricien. Ne retenant qu'un petit nombre de principes et de faits, il se trouve bientôt capable, grâce à cette méthode, de raisonner juste dans les cas particuliers les plus compliqués.
- Des fascicules ainsi conçus sont d’un grand secours an professionnel qui y trouve résumée l'étude des phénomènes importants et de tontes les lois de l'électricité, de nombreuses données pratiques, des méthodes de mesures et des procédés d’exploitation,
- le tout exposé en détail et sous une forme aussi élémentaire que possible : chaque manuel constitue une monographie comportant le minimum de développements mathématiques et de considérations théoriques.
- On sait combien est délicate, dans l'élaboration d’une collection, l’établissement d’un plan d’ensemble et la répartition des matières en des fascicules indépendants les uns des autres. La division adoptée par M. Hoppe lui fait le plus grand honneur.
- Qu’il nous soit donc j^ermis de rappeler les titres des différents volumes de sa collection :
- i° Principes d’Electricité générale ;
- a0 Principe de la théorie du courant alternatif ;
- 3° Principe et fonctionnement des instruments de mesure pour le courant continu ;
- 4U Principe et fonctionnement des instruments de mesure pour le courant alternatif ;
- Ô° Principeel fonctionnement des wattmètres etdes compteurspour courant continu etcourant alternatif ;
- 6'* Mesure des résistances en tenant compte des mesures d'isolement ainsi que des mesures de résistances et de températures sur les machines et les appareils ;
- 70 Mesures des intensité, tension, puissance, travail en continu et en alternatif, étalonnage et graduation des instruments ;
- 8° Mesures sur les machines et moteurs continus ;
- 90 Mesures sur les machines, moteurs et appareils mono et polyphasés.
- io° Exercices sur la technique des courants continu et alternatif.
- La progression choisie présente de grands avantages et repose sur la remarque suivante:
- C'est la pratique continuelle de£ appareils de mesure qui familiarise le débutant avec les appareils de production et d'utilisation du courant, le met en confiance et lui permet d'arriver peu à peu à une connaissance complète des propriétés de l’électricité; une fois ce résultat obtenu, c’est un jeu pour lui d’aborder l’étude des points particuliers, et de compléter les notions ainsi acquises.
- En terminant, nous féliciterons les collaborateurs de M. Hoppe, et en particulier M. Alex. Konigs-werlher, d’avoir réalisé une œuvre répondant si Lien au but qu'ils se proposaient, et la maison Bartli d'en avoir su présenter les volumes sous une forme élégante qui lui fait le plus grand honneur.
- Nous espérons que la collection, actuellement achevée, trouvera en France le succès qu'elle mérite.
- G. G,
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Compteur de vapeur.
- Si toutes les stations centrales d’électricité sont convaincues de l’utilité que présente la mesure de la puissance électrique fournie par les machines génératrices, il en est peu jusqu’ici qui aient adopté des méthodes de mesure de la vapeur consommée pour actionner leurs groupes électrogènes. Il n’est pourtant pas douteux que le mesurage de la vapeur présente un intérêt de premier ordre, notamment pour la surveillance générale et l’emploi économique et rationnel du combustible, mais on ne sait pas assez que les difficultés qui, longtemps, arrêtèrent les inventeurs de compteurs de vapeur ont aujourd’hui été surmontées et qu’il existe, à l’heure actuelle, des compteurs de vapeur d’un fonctionnement sûr et régulier, qui n’apportent aucune entrave à la marche des usines et n’exigent d’autre dépense que celle de leur achat et de leur branchement.
- La méthode de mesure adoptée repose sur les considérations suivantes :
- Le poids de vapeur traversant un orifice donné dans l’unité de temps a même valeur que le produit de la section de cet orifice par la vitesse d’écoulement de la vapeur et par le poids d’un mètre cube de vapeur soumis à la tension moyenne qui existe au passage de l’orifice. Gomme d’ailleurs la vitesse d’écoulement de la vapeur est elle-même proportionnelle à la racine carrée de la dépression qu’elle Subit en traversant l’orifice considéré, il est, dans tous les cas, nécessaire de mesurer la pression delà vapeur au passage du compteur. Pour mesurer la section de l’orifice et la vitesse d’écoulement de la vapeur, on dispose des deux procédés suivants : i° laissant l’orifice constant, mesurer la dépression ; a0 disposer un orifice de section variable, que la vapeur traverse sous une dépression constante.
- Les appareils basés sur la première solution souffrent des difficultés provenant de la délicatesse nécessaire à la mesure de la dépression. Il est en effet indispensable, pour ne pas prendre trop d’énergie à la vapeur, de maintenir faible cette dépression, soit de l’ordre des dixièmes de kilogramme, ce qui exige des manomètres qui soient sensibles aux centièmes
- de kilogramme. Tl s’agit ensuite de réaliser un appareil qui agisse suivant les racines carrées des dépressions mesurées, d’où la nécessité d’un certain nombre d’organes intermédiaires.
- Si, au contraire, on emploie le dispositif de la deuxième solution, la dépression devient une constante de l’appareil et il ne s’agit plus que de mesurer la section de la conduite à laquelle le débit reste
- Fig. i.
- proportionnel ; on réalise donc un appareil plus simple, plus sûr et pratiquement indéréglable.
- Nous nous en tiendrons aujourd’hui à la description d’un appareil de ce dernier type : le compteur de vapeur « Bayer », construit par la Compagnie pour la Fabrication des Compteurs et Matériel d’Usines à gaz.
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- LA LÜMiÈRfe ÉLEGtUlQÜE
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- T. XXI (2e SêHé). — N° 1
- Si Ton se reporte à la figure i, on voit que le compteur se compose principalement c^üri corps en fonte, à l'intérieur duquel se trouve disposé un orifice conique que la vapeur est obligée de traverser, ce corps portant le manomètre cl le tambour enregistreur.
- La vapeur entre par l’orifice E dans le corps du compteur, traverse ensuite lë cône b èt arrive à l'orifice de sortie opposé à celui d’entrée pour continuer ensuite son chemin dans la conduite. A l'intérieur du cône se trouve un disque d süspendu à un fil équilibré par le contre-poids d, après retour sur une poulie. Ce fil est guidé dans deux flancs évidés. Suivant sa position en hauteur, ce disqüe obstrue plus ou moins lë passage circulaire constitué par le cône, en laissant libre ün anneau dont la section ne dépend que de la poëitibtl du disque.
- Si on suppose ledisqiië ëtt équilibre à une hauteur déterminée, il est soumis d'une part à l'action du poids équilibrant d’autfe part à l’action de la vapeur qui n'exercé pâs lit itiême pression sur ses deux faces. Pour toute position d’équilibre, cette différence de pression-, dëvahl équilibrer l’action du contre-poids, est cbnstantëi Lë disque prend donc dans le cône une position telle qüe la section offerte à la vapeur suffise à sbil pàSSàgë sous la dépression dont on vient dë parlër; grâce àun amortisseur, dont on aperçoit la cbùpë à la partie inférieure de la figure i, le disque bbëit sans refard comme sans oscillations aux variatibtlS dü débit*
- Afin d’inscrire sitF Un diagfainme les différentes positions du disque dbftt la position en hauteur est proportionnelle au débit* la tige du disque porte un style, .qui inscrit sës positions sUr un tambour mu par une horlogerie pbiûânt lirt papier préparé chimiquement. On obtient àihsî lë diagramme I*1 qui, une fois déroulé, présenté Utiè tdürbe dont lës ordonnées sont proportionnelles à lâ séction de passage de la vapeur et dont les absëisëëS soht proportionnelles aux temps.
- Dans la partie Inférieure uü diagramme, un manomètre inscrivant trace en théine temps la ligne de dépression qui accuse généralement d'assez faibles variations de part et d’autre de la pression moyen ne.
- Toute ta partie .supérieure du compteur est enfermée dans une cage vitrée fermant à clef.
- Si ôm calcule aü planimèl.re ou par toute autre méthode la surface comprise entre les abscisses et la courbe du débit, on obtient le débit total en volume pendant le temps correspondant; la connais-
- sance de la pression moyenne pendant cet intervalle permet de déterihinër la densité de la vapeur et par suite son débit en poids.
- Pour abréger ces opérations, le constructeur fournit avec les appareils des barèmes calculés d’avance, donnant pour chacune des pressions les débits pendant douze heures , correspondant à i millimètre d’ordonnée moyenne de la courbé des débits.
- Dans le cas où la pression reste constante, il suffit donc de calculer l’ordonnée moyenne du diagramme et de se reporter à la table. Dans le cas où la pression présente des variations assez importantes, on
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- Fig. d.
- divise les diagrammes en régions dans lesquelles la pression varie peu cl l’on fait pour chacune des régions les opérations du cas précédent.
- D'ailleuhs, sans se livrer à ces opérations pour le contrôle quantitatif de la consommation, on peut, par la simple inspection du diagramme, exercer uike surveillance continuelle sur la marche des appareils qui emploient la vapeur. C’est ce que nous allons montrer pai* l’exemple suivant :
- La figure s. montre un diagramme obtenu dans une usine entre n heures du matin et n heures du soir. Les surfaces hachurées représentent l'une [a) le débit et l’autre (Z») les pressions.
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- LA LÜMiÈlVË ÉLËfc'îlÜQUE
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- LesdiàgramtaèsmOfttrfentqüe 4 Opérations Oht été efleétüëèS àü tâôÿêà dê là Vàpetir èt qùè àhâôüfte à éü uftë dUfëë dè pl‘ês de à heliïèS, Sauf lâdefnière où un ouvrier à* Sàhs héCessité aucühë, laissé ouverte la sOUpape dé vapeUr pendant une demi-heure.
- On pourra remarquer eu outre que la consommation dé vapfenr à été parllenlièrement élevée ehtrë io heures èt tt heures du soir et, dans le cas de ee diagramme, uné enquête fit connaître qu'au dut exceptionnellement chauffer de l’éau pour une opera-
- tion ultérieure, tandis qUë d’ordinaire Un autre appareil fournissait l’eau ehaude en quantité suffisante.
- On comprend donc très clairement que hoti seüle-mentle éOmpteUr indique la consommation dé vapeur, mais qu’il permet aussi âudirecteür d’üne fabrication de contrôler facilement là Consommation et d’éviter par suite tOUt gaspillage.
- Si l’on Colleétiôhnë lés diagrammes successivement fournis par le compteur, on peut en outre se livrer à des comparaisons sur la mafelie de- l’exploitation à différentes périodes, cbbstater les économies réalisées dahs telle oü telle opération à telle ou telle heure Oü lés progrès obtehus de la part des différentes équipes de chauffeurs.
- On peut même profiter dé la base que constituent ces diagrammes pour établir Un sÿstème de primes àléeonomie, oü adopter lôüte autre mesure visant à l’exploitation rationnelle de ce chapitre si important des irais généraux.
- Le compteur « fiâÿcr U est construit pour conduites de 6o, ioo, i5b et aoo millimètres dè diamètre et de /ioo, /|4o, 5obet 6oo millimètres de longueur entre brides ; ces dimensions conviennent aussi bien à la vapeur saturée qu’à la vapëur surchauffée (t et il
- atmosphèirèë), ce qui correspond à une consommation variant ;
- Poûr le compteur de Go millimètres> de 640 à t 535 kilogrammes à l’heure.
- Pour le compteur dé 1O0 millimètres, de i l^S à ’fo^o kilogrammes à l’heure.
- Pour le compteur de i5o millimètres, de 24 75 a 5 ()6ri kilogrammes à l’heure.
- Pour le compteur de 200 millimèires, de 4 950 a 1 i y3o kilogrammes a l’hêure.
- On trouvera ei*dessus le tablëàü détaillé des consommations mavimâ permises avec cliàqüé Calibre dé compteur sliivâht lës pressions.
- J. N.
- ÉTUDES ËfiÔNoMïQÜËS
- Electricité ët Gâü dû Nord a tenu son assemblée générale le 18 décembre. Lé soldé du compte de profits et pertes s’élève pour la deuxième année d’exis-teheé de la Société à 1 213 383 francs qui a été réparti dé la façon suivante : 5 % à la réservé légale, soit 60 4y4 francs ; 4>4j& aux actionnaires, sbit t looooo francs; lés parts bénéficiaires reçoivent 4,28IVâilCs; l’altributioii au COnsëil estde 2 915 francs 5 èt le rèpôrt à nouveau est de 7 116 francs. Gesoldé iiëtde t 2i3 383 francs représente presque exactement un revenu dé 5 % du capital engagé qui est de 25 millions ; mais il faut dire que le conseil a attribué àü fonds d’amortis-senlënt une somme de 46b 000 francs qui a été prise sur les résultats de l’exercice. L’actiT dè la société sé compose pour partie d’un portefeuille qui comprend lës actions ordinaires et privélégiéës de la Société
- Tableau t
- cALikütes 60 MILLIMÎîTRTîS ioo MIl.l.iMÈTit 1!S i5b mILiAMètrIïs àbt> MILblMtitRÈS
- 1 atmosphère ki{. C»4 O 1 xr-y kiï. 2 4 7 5 kg.. 4 y5o
- ‘A ii-l I 545 a 99 » 5 99"
- 3 — 883 I 7G5 3 4 ao G 84b
- /j .... t)83 I 9(15 3 8o5 7 610
- J j . . > ; . i . . . . ï U'ÿO x 1 >5 4 145 4 453 8 290 8 910
- G — -, 1 140 2 280
- 7 I 225 2 443 4 740 9 4#«>
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- K) — 1 ... i 1 4 2<î 2 840 5 520 1 I 040
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XXI (2e, Série). — N° 3,
- Gaz et Electricité du Hainaut, et pour partie des usines, réseaux et concessions constitués par les groupes de Jeumont, de Lomme, et par les usines à gaz de Maubeuge, Hautmont, Bavay, Jeumont, Le Quesnoy et Anor. Il y a d’ailleurs presque équilibre entre le portefeuille qui est évalué à ii 124006,95 francs, et les usines qui figurent pour 11 764 615,81 francs. La politique du Conseil a été d’oblenir dans les différents centres d’exploitation des concessions d’une mêmedurée, elles expirerontpresque toutesen iy'l'L Assuré de ce côté, le Conseil a porté ses efforts pour les centrales électriques vers le développement des abonnés et pour les usines à gaz vers une amélioration du rendement et l’économie du prix de revient. D’ailleurs, d’un côté comme de l’autre, la clientèle s’est accrue dans des proportions intéressantes « confirmant le fait général, dit le rapport du « conseil, mis en évidence par l’histoire du dévelop-« pement industriel des quinze dernières années, à « savoir que les progrès des entreprises électriques « n’empêchent nullement les entreprises de gaz de cc prospérera côté d’elles; ces dernières, quand elles « sont bien exploitées et gérées par des services « techniquesetcommerciaux vigilants et compétents, « se présentent comme des affaires très sûres et peu « sujettes aux aléas ».
- Voilà une vérité qu’il n’est plus utile de répéter même aux Compagnies Gazières, tout au moins pour ce qui concerne la lumière. Mais on ne se souviendra jamais avec assez d’amertume de l’opposition acharnée que rencontrèrent au début les entreprises d’éclairage par l’électricité, et combien encore, à l’heure actuelle, certaines villes usent de leurs contrats de gaz pour faire « marcher » les électriciens. Ceux-ci, heureusement plus favorisés que leurs concurrents, ont maintenant assez de données d’expérience pour compter sur le facteur « force ».
- A Jeumont, la vente totale d’énergie est passée, d’une année à l’autre, de 1.4 millions et demi de kilowatts-heures à ai millions; c’est 5o % de plus. La clientèle se compose principalement des établissements industriels de la région qui ont contracté des engagements de 10 et i5 ans : condition avantageuse pour le consommateur qui obtient de meilleurs prix et pour le fournisseur qui est assuré d’un minimum de production.
- Le conseil apu, en outre, confirmer aux actionnaires que le moment était venu de commencer la centrale de Lomme auprès de Lille et celle de Valenciennes : 15 000 kilowatts seront installés à Lomme et mis probablement à la disposition des abonnés
- courant de 1913 ; 11 5oo kilowatts sont prévus à Valenciennes pour être distribués au commencement de 1914. Dans cette dernière ville, le concurrent possible a conclu un accord; à Jeumont et aux alentours, le terrain est libre ; mais Lille et sa banlieue forment un fief qui a fait l’objet de délimitations antérieures entre les sociétés existantes et l’apparition d’un troisième concurrent esL de nature à soulever quelques difficultés. Si l’on pointe sur une carte les trois stations centrales d’Électricité et Gaz du Nord, on remarque qu’elles sont presque en ligne droite, celle de Valenciennes à peu près à égale distance des deux autres, et que leur rayon d’action s’étend sur une des parties les plus industrielles du département du Nord.
- Dans la conversation qui a suivi la lecture du rapport, le président a été amené à donner quelques aperçus sur les projets de la société concernant Paris. Des terrains ont été achetés auprès de cette ville pour prévoir toutes éventualités. Celles-ci ne peuvent être déterminées de façon précise, bien qu’on puisse supputer ce qu’elles seraient en supposant que demain toutes les machines à vapeur disparaîtraient de toutes les usines de la région parisienne. C’est une solution au problème des fumées industrielles : mais le Conseil municipal, à moins d’une taxe sur le courant, n’y trouverait pas son avantage ; on y viendra cependant !...
- M. Dausset, dans son rapport sur le budget de la Ville de Paris pour 1913, fait ressortir que sur les 92404 polices en service au 3i décembre 1911, 6 534 se rapportaient à la force motrice, elles représentaient une puissance de 36 926 kilowatts. Pendant les dix premiers mois de 1912, tandis que le nombre des polices lumière a augmenté* de i4 % , soit 21 937, celui des polices force a augmenté de 5i % . Ces polices nouvelles représentent une puissance de 41 467 kilowatts-heure contre 29 48* pour la même période de 1911. M. Dausset évalue les recettes totales pour 1918 à 44 35o 000 fr. au lieu de 40 millions en 1912.
- A la suite des renseignements que nous avons donnés la dernière fois sur le Métropolitain de Paris, il est curieux de noter que celui de Berlin a transporté, en décembre 1912., 400 000 personnes de moins qu’en 1911 et qu’il a réalisé en 1912 : 8 167 836 marks de recettes contre 8 166 428 en 1911. Par contre, les tramways ont réalisé un surplus de recettes du 2 201 000 marks pour toute l’année.
- Quoi qu’il en soit, pour Electricité et Gaz du Nord, les terrains sont assez bien placés pour constituer
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- 18 taavltr 1813,
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- une réserve immobilière. Mais ce qui, dans le discours du président, a été de nature à intéresser davantage les actionnaires, c’est la critique spontanée qu’il a cru devoir faire du cahier des charges établi par l’Administration des chemins de fer de l’Etat en vue de l’adjudication de la fourniture de courant à ses entreprises électriques. M. Berthelot a fait ressortir que la clause de ' rachat stipulée constituait une menace perpétuelle d’expropriation moyennant une indemnité prévue a priori au cas d’établissement sur le terrain de l’Etat qui était de nature à faire reculer tout concessionnaire ! De plus, les frais d’enregistrement du contrat peuvent, suivant les appréciations, être très faibles ou très élevés. Et M. Berthelot concluait que l’Etat avait trouvé le moyen de mettre sur pied une affaire dans des conditions qui ne sont pas brillantes pour lui, mais qui sont extrêmement dangereuses pour son concessionnaire. Tel cependant n’a pas été l’avis de tous, puisque l’Etat a trouvé ce concessionnaire et que la qualité de celui-ci autorise à penser qu’il a prévu les conséquences de ces articles.
- Evidemment les intentions qui animent les administrations de l’Etat, meilleures que leurs façons d’agir, se laissent influencer par certaines opinions économiques complètement fausses ; mais notre espoir est que l’expérience de ces dernières années servira d’enseignement aux partisans de l’Etat-patron. U s’est déjà fait chez nous un revirement dont cette adjudication est un symptôme.
- En Angleterre comme en Allemagne, les municipalités qu’on se plaisait à citer comme favorables à l’exploitation en régie commencent à modifier leur opinion; les difficultés des entreprises, l'impossibilité de recruter des gens compétents, les exigences
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- de la main-d’œuvre, le gaspillage consécutif à l’irresponsabilité, la routine dans les méthodes, tout concourt à la médiocrité des résultats. On peut donc conclure qu’il est utile pour l’Etat d’inscrire une clause qui donne satisfaction à certaine opinion publique, mais que les concessionnaires avertis ont au moins 5o chances sur cent de ne pas la voir jouer : ce peut être suffisant pour s’engager.
- Il a été question de nouveau, à la Chambre, du droit à établir sur les lampes électriques, charbons pour lampes à arc, brûleurs, manchons à incandescence, etc. La commission du budget a cru devoir encore une fois le disjoindre de la loi de finances, mais sous prétexte de l’étudier d’une façon plus approfondie en vue de donner à la question une solution définitive pour l’avenir. Ce mot de définitif fait sourir ; quelle que soit notre résistance, nous succomberons devant les nécessites budgétaires. Mais on frémit tout de même quand on constate qu’en Espagne, la consommation de gaz et d’électricité pour l’éclairage vient d’être frappée d’une surtaxe de 17 %. Est-ce définitif ? Le carbure de calcium d’ailleurs paiera un droit complémentaire de 0,04 par kilogramme.
- Les ventes du cuivre du Katanga se poursuivent périodiquement à Anvers. 35o tonnes ont été enlevées à des prix variant de 179,25 francs à i83,5o francs. On estime à 65o tonnes le tonnage en route pour Anvers. Voilà un facteur qui influera sur les cours futurs du métal ainsi d’ailleurs que la production de la Russie, comme nous l’avons toujours pensé.
- F. D.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- ÉCLAIRAGE
- Aisne. — La ville de Laon étudie la question de distribution d’énergie électrique (force et lumière). Le courant pourrait être fourni par l’Energie Electrique du Nord qui vient d’installer une centrale régionale à Beau-tor, près La Fère. Il s’agit de trouver un concessionnaire qui produira ou achètera le courant primaire. La Compagnie du Gaz a fait des propositions qui sont à l’étude. La question sera résolue incessamment.
- Ardennes. —1 La municipalité de Givonne a accepté les propositions de la Compagnie de l'Est Electrique concernant la fourniture de l’éclairage.
- Indre. — Le conseil municipal de Saint-Genou a accordé à la Société Générale d’installations, à Paris, la concession d'une distribution d’énergie électrique dans la commune.
- Landes. — La municipalité de Sabres a voté le principe d’une concession pour l’éclairage électrique à MM. Dublanc, Duboscq et Cie.
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- ,ft4 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- NctTd. — Le çanseil municipal de Bouvines a épais un avis favorable au projet de concession d’une distribution publique d’énergie pour Voua usages autres que l’éçlairage public et, privé.
- Seine. — Le conseil municipal de Courbevoie a accepté la proposition présentée par le Secteur de la Rive gauche concernant l’installation de l'éclairage électrique.
- Tarn-et-Garonne, -™ M. Bavaise a été nommé concessionnaire des, travaux ^'installation de l’éleçlri-çité à Àuvillars.
- TÉLÉPHONIE
- Côtes-du-Nord. — La Chambre de commerce de Saint-Brieuo est autorisée à avancer à l’Etat une somme globale de i3 462 francs en vue de participer à l’établissement des circuits téléphoniques DinamPlaucoel (1 800 francs), Plancoël-LambaUe (2 3oo francs), Saint-Brieuo-Vannes (9 362 francs).
- Nord. — La Chambre de commerce de Lille est autorisée à avancer à l’Etat une somme de i5 810 francs en vue de l’établissement d’un troisième circuit téléphonique Lille-Lens.
- DIVERS
- Approbation de types de compteurs électriques.
- Par arrêté du 8 janvier tgi3. du ministre des Travaux publics, des Postes et Télégraphes :
- Est approuvé, en conformité de l'article des cahiers des charges des 17 mai et 20 août 1908, le compteur « R. I. M-b » de la Compagnie des Compteurs Aron, ta, ri\e Barbés, à Levallois, pour l'emploi sur couvant alternatif monophasé, pour tons les çalibrçs jusqu’à 75 ampères inclusivement et les tensions jusqu’à 600 volts.
- Est approuvé, en conformité de l’article 1 (3 des cahiers des charges des 17 mai et 20 août 1908, le compteur type « Univeèsel L. R. a. » de la Société Française d’Eleclri-cité A, E, G,, 42, rue dé Pava.dia,.Û Paris, po.ur courants continu et alternatif, pour tons les çalibrçs jusqu’à 100 ampères et 3oo volts par pout-.
- Est approuvé, pn conformité de l'article 16 désoahiors des charges des 17 mai et 20 août 1908, le compteur type « Excelsior E. A. » de la Société Française d’Eleç-tricité A. E, G,, 4?, rue de Paradis, à Paris, pour courants continus (3 fils), pour les calibres jusqu’à 5o ampères.
- Est approuvé, en conformité de Partiçle ;6 de.s çaliiers des charges des 17 mai et 20 août 1908, le compteur type « fsaria modèle C » de la Société de Construction Electrique, 67, rue Molière, à Lyon, pour courant continu, 2 fils, et pour calibres jusqu’à i5 ampères.
- Est approuvé, en conformité de l'article ibdes cahiers des charges des 17 mai et ao août 1908, le compteur Lapdis et Gyr, type « D. B. », pour courants alte.mat.ils monophasés, a et 3 fils, et pour les oal.ihtes. jusqu’à 5o ampères et 55o volts.
- Est approuvé, en conformité de l'article 16 des cahiers des charges des 17 mai et 20 août 1908, le compteur Lundis et Gyr, type « F. B. » pour courants triphasés, et type « H. B. » pour courants diphasés, pour tous les calibres jusqu'à 3o ampères et 55o volts par pont, inclusivement.
- SOCIÉTÉS
- Energie Electrique du Littoral Méditerranéen.
- Ventes du i»» janvier 1912 au 3o novembre 1912.....................Fr. 6 i36 849
- Ventes du ict janvier 1911 au 3o novembre 1911...................... Fr. 5 4a3 172
- Différence en faveur de 1912.... Fr. 718 677
- Société Roubaisienne d’Eelairage par le Gaz et l’Electricité.
- Le développement de la Société Roubaisienne d’Eelairage par le Gaz et l’Electricité s’est poursuivi en 1912 avec autant d’activité que pendant les années précédentes.
- La production du gaz a été supérieure à celle de 1911 qui avait cependant profité de l’exposition de Roubaix.
- La vente de l’Electricité a marqué un nouveau pas en avant, le nombre des chevaux installés a passé, en 1912, de 1422 à |6a,5 et, celui, des lampes raccordées, de 88 588 à 120 218, en progression de plus de 28% ,
- Comme une partie de ços lampes n’a été raccordée que vers, la fin de i exercice, l’exercice 1918 semble de ce seul fait devoir présenter un nouveau progrès.
- Eu tout pas, il semble bien que le dividende dç 5. % distribué eu igti sera vraisemblablement augmenté pour l’exercice écoulé.
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- 48 Jaav^p
- LA LUMIÈRE ÉM'XTiUQVF
- Cprppagnie Française BOMp rixploitqtion des Procédés Thorn^çin-HQuston.
- QQmpeyaisqn dus recettes des exploitations du iG1‘ janvier au 3i décembre 1911-1912.
- DÉSIGNATION RECETTES DU MOIS DE DÉCEMBRE RECETTES DU I0P JANVIER AU 3 I DÉCEMBRE ( 12® MOIS)
- DES RÉSEAUX Ipl I 191a augmentation en 191a 1911 1913- UUgment en 19 totale ation [2 %
- Compagnie générale Parisicnncdc tramways. S6505i ,5o 873815,90 8 164,40 n nao 463,40 10293217180 072753*90
- Compagnie, de.* choxmns çio fey Nogentuis.... Compagnie française des tramways élec- 3i2334,ç»5 3.19231,35 6897,30 3 888.785 » 4120645 )) 231868 )) 5.9e
- triques et omnibus de Bordeaux. . 502933,90 51 ç)51 i,25 6577,35 5654 970,55 59i56iS, i5 2Go,634)6o 4,6o
- Compagnie des tramways de Nice et du Littoral. 353695,67 308927,45 i523i,78 4 10.8416,89 4323808,p3 210 3,92,04 5*24
- Compagnie des tramways de Kouen 17^9^ 209584.95 10409 )> 3 098934,30 0217 420,30 118486 » 3,82
- Société des tramways d’Amiens 69754,50 68 683,io 1 071,40 822525,15 842621,30 20096,15 2,44
- Société Versaillais.e detrfljnways électriques. 49 3(oo, 15 49^4,40 75,75 6i3oo5,8o 635 663,i 5 22 657,35 3,69
- Société des tramways algériens 134oqG,5,;> 13933.6,40 5 a39„ 85 1 400,978,15. 1 5345,79,7,5 1336101,60 9,5.3
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de
- Paris.
- Les recettes de la première décade de janvier se sont élevées a 1 61&2 618 francs. Ce chiffre marque une diminution de 72 919 francs sur celui de la période correspondante de 1912.
- SoQiété Alsacienne de Constructions mécaniques, Belfort.
- L’assemblée est convoquée en vue de la transforma^ tion projetée qui doit, on le sait, conférer l’autonomie à chacune des divisions alsacienne et française de : la Société.
- Compagnie Electrique de Franche-Comté,
- (J. Bossert et Cle.)
- Telle est, suivant la Circulaire Renauldy la nouvelle dénomination de la Compagnie Electrique du Moulin de Pré (Bossert, Rufenacht et Cio), modification survenue à la suite du décès de l’un des deux gérants, M. E. Rufe-nacht. M. J. Bossert reste seul gérant.
- CONSTITUTIONS
- Société Electrique de Pléneuf. — Constituée le 6 janvier 1913. — Durée : 3o années. — Capital : 80 000 fr. — Siège social : Pléneuf (Cotes-du-Nord). — Fondateur : Omnium Français d’Eleclricilé, 159, boulevard Pereire, Paris.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Thomson-Houston, 10, rue de Londres, Paris.
- Bulletin. Décembre 1912. — Groupes compresseurs
- ut régulateurs.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le i5 février, à. la mairie de Pêronne, concours en vue de la construction d’un réservoir et delà fourniture et de la pose des moteurs et pompes du service des eaux.
- 4e loi, — Moteurs et pompes. Montant, i3 a5o francs. A valoir, 2 25o francs. Total, i5 5oo francs. Cautionnement, 460 francs.
- Le délai de réception des dossiers est fixé au samedi i5 février.
- Renseignements chez M. Lagrange, ingénieur des ponts et chaussées, à Péronne.
- *
- * V
- Le contrat de la ville de Consiantine avec la Compagnie du gaz arrive à expiration dans sept ans (en 1920).
- Le maire prévient toutes les personnes ou sociétés que la question pourrait intéresser, qu’il recevra jusqu’au i0l‘ janvier 1914 lus offres qu elles pourraient juger utile de lui faire parvenir. Ces offres comporteront l’éclairage au gaz et l’éclairage électrique assurés par la même société ou par deux sociétés différentes. Elles devront comporter des avantages sérieux faits :
- i° A la ville, tels que large participation dans les bénéfices ou éclairage public gratuit, etc.
- u° Aux particuliers, diminution sérieuse sur le prix actuel et; nouvelle diminution tous les dix ans pour une concession de vingt ou de trente ans.
- La ville se réserve le droit de traitai1, s’il y _a lieu, avec les personnes ou les sociétés qui lui auront fait les q$yes Jpg pRis avantageuses.
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- cm LA LUMIÈRE
- BELGIQUE
- Le _2j janvier, au ministère des Colonies, à Bruxelles, 27, rue des Ursulines : i° à 11 heures, fourniture de matériel divers destiné aux lignes télégraphiques et téléphoniques du Congo belge (cahier des charges n° 36): i,r lot, 24 000 kilogrammes bronze phosphoreux noirci et.3oo kilogrammes ;id. pour ligature; — 2° lot,
- 4 400 !kiIogrammes id. et 80 kilogrammes id. id.; — 3e lot, 1 5oo poteaux téléphoniques en acier doux; — 4e lot, 2 45o isolateurs pour ligne: téléphonique; — 5»''lot, 1 700 ferrures pour isolateurs, 5 000 boulons pour fixation des ferrures et 3oo kilogrammes de fer galvanisé. Soumissions recommandées le 23 janvier.
- Le 29 janvier, à 11 heures, en la salle de la Madeleine,^ Bruxelles, fourniture de cAbles et d’accessoires pour l’administration des télégraphes (cahier des charges spécial n° 3624). Soumissions recommandées le 25 janvier.
- INFORMATIONS
- Compagnie du Chemin de fer du Nord, Paris.
- Le Conseil d’Administration de la Compagnie du Che -min de fer du Nord, par décision du 27 décembre 1912, a nommé secrétaire de la Compagnie, M. Armand Bou-tillier, en remplacement Je M. Lacan, admis à la retraite sur sa demande.
- ELECTRIQUE T. XXI (2* Série). 3.
- Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, Jeumont.
- Cette Société a reçu commande de :
- i°Une usine hydroélectrique comprenant trois unités de 3oo chevaux chacune et fournissant du courant monophasé 6 ooo volts, 25 périodes ;
- Quatre automotrices équipées chacune avec quatre moteurs de 5o chevaux chacun ;
- L’électrification de 28,5 kilomètres de ligne.
- Cette fourniture est destinée à un chemin de fer d’intérêt local situé dans les Pyrénées-Orientales.
- 2° Un groupe convertisseur de i ooo kilowatts avec transformateurs correspondants pour la sous-station de Villefranche.
- 3° L’équipement électrique de l’usine hydroélectrique de Fontpedrouse comportant deux alternateurs dont la puissance totale est de 2 700 chevaux, courant monophasé i3 5oo volts, 16, 66 périodes.
- Ateliers de Construction Oerlikon.
- Nous apprenons avec plaisir la nomination du Dr Behn-Eschenburg aux importantes fonctions de directeur général des Ateliers Oerlikon. On sait que, pour les essais de régulation des alternateurs, il faut, dans les procédés directs, fournir à l’alternateur sa pleine puissance. M. Behn-Eschenburg a réussi, le premier, à trouver un moyen de calcul prédéterminant la chute de tension dans l’induit d’un alternateur par des procédés graphiques.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Par». — IMFIUMR1UI L*vé,n, RUS CABSBTXE.
- Lt Gérmnt : J.-B. Noukt .
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- Trente-cinquième année.
- SAMEDI 35 JANVIER 1913.
- Tome XXI (3a série). — N> 4
- La
- Électrique
- SOMMAIRE
- EDITORIAL...................................... 97
- Théories et généralités.
- R. Chassériaud. — L’avenir de l’électricité.
- — Consultation de M. A. Blondel.......... 99
- Traction.
- J. Carlier. — L’électrification des lignes de chemins de fer de la Ceinture et de la Banlieue de Bruxelles (/m).................... io5
- Extraits de publications.
- Divers.
- Les applications domestiques de l’électricité, par G. Dettmau........................... no
- Variétés.
- Les télégraphes et les téléphones au Parlement (rapport de M. Dàlimier) ....... 115
- Bibliographie.
- Annuaire du Bureau des longitudes pour l’au 1916............................ iao
- Chronique Industrielle et Financière.
- Notes industrielles : Les installations élec-
- triques de la ville de Rome (fin)...... 121
- Etudes Economiques....................... 123
- Renseignements Commerciaux............... 126
- Adj udications........................... 128
- EDITORIAL
- M. R. Chassériaud couronne sa remarquable enquête sur VAvenir de VÉlectricité par une dernière consultation de M. A. Blondel. Dans le n° du 4 janvier, il nous avait exposé les vues de l’éminent Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées sur le développement futur de quelques grandes questions d’électrotechnique : génération de l’électricité, construction des machines, transports d’énergie à hautes tensions. Il nous dit aujourd’hui ce que pense M. Blondel des problèmes complexes de traction, d’éclairage, d’électro-chimie, de télégi’aphie sans fil, et aussi des modifications qu’il y aurait lieu d’a p-porter à la législation française des brevets.
- Ce qui frappe dans cette enquête, ce n’est pas tant la multiplicité des renseignements
- ou l’originalité des points de vue exposés, que la profondeur des vues de quelques-uns des Électriciens les plus qualifiés de notre époque. Nos lecteurs sauront gré à M. Chassériaud d’avoir si bien saisi et si fidèlement traduit la pensée de ses interlocuteurs. Ils regretteront bien certainement que des occupations envahissantes et l’attrait qu’exerce sur son esprit les questions d’Aéronautique ne lui aient plus permis de continuer à assumer, depuis le commencement de cette année, la tâche absorbante de rédacteur en chef de La Lumière Electrique, qu’il a remplie avec autorité depuis 1909.
- Dans la dernière partie de son étude sur rÉlectrification des lignes de chemins de fer
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- T. XXI (2' Série). — N* 4.
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- de la ceinture et de la banlieue de Bruxelles, M. Carlier montre les avantages de toutes sortes que présenterait la traction électrique non seulement pour le métropolitain, mais encore pour les lignes d’une banlieue aussi peuplée que celle de la capitale belge. Il estime que l’intensité actuelle du trafic justifie pleinement l’électrification, dans un rayon de 5o kilomètres, des lignes qui aboutissent à Bruxelles, et il prévoit môme un accroissement de la densité du trafic d’environ 3o%. La prodigieuse augmentation de la circulation qu’on constate depuis quelques années sur certaines lignes des environs de Paris par suite de la traction électrique semble, toutes proportions gardées, donner raison aux prévisions de M. Carlier.
- C’est une règle à peu près générale qu’à la rectification de la courbe de consommation journalière cori’espond ordinairement une augmentation des bénéfices de l’exploitation. Les Anglais ont mis dernièrement cette règle à profit : ils ont obtenu en effet de leur Postmaster General la concession d’abonnements mensuels à taxes réduites pour l’usage des lignes téléphoniques interurbaines pendant les heures les moins chargées de la journée. Dans un ordre d’idées différent, il semble que nos Compagnies de distribution d’électricité auraient tout avantage à consentir des réductions de tarif pei’-mettant l’emploi économique d’appareils de chauffage électrique aux heures de faible charge des usines. C’est une question sur laquelle insiste M. G. Dettnxar, dont nous signalons de nouveau une intéressante étude sur les Applications domestiques de l'Electricité.
- Les multiples problèmes que soulève l’utilisation rationnelle des Télégraphes et des Téléphones ont été portés, comme on sait, devant le Parlement par M. Dalimier. Nous
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- avons fait connaître dernièrement la manière de voir du député de Seine-et-Oise sur l’emploi de la télégraphie sans fil. Nous extrayons aujourd’hui de son rapport un grand nombre de considérations se rapportant à la télégraphie et à la téléphonie courantes. C’est ainsi que M. Dalimier expose les améliorations qu’on devrait apporter, à son avis, tant au point de vue technique qu’au point de vue administratif, à l’organisation actuelle. Il fait une critique sévère et dont nous lui laissons la responsabilité, de l’entretien du réseau télégraphique souterrain de Paris ; tout en rendant hommage à l’esprit de recherche de M. Dubreuil, il estime qu’il n'y a pas lieu de transformer l’outillage en vue de la substitution du Baudot-Dubreuil au Baudot ordinaire.
- M. Dalimier signale l’économie importante que permettrait de réaliser en France la pupinisation pour la téléphonie à longue distance ; on sait que ce système est appliqué actuellement à l’étranger sur près de io ooo kilomètres. Il voit aussi dans l’établissement prochain du régime des communications taxées une augmentation de recettes qui permettra probablement à l’Etat de réduire la redevance croissante (913 ooo francs en 1912), payée à la Ville de Paris pour l’occupation de ses égouts. M. Dalimier insiste encore sur l’aide mutuelle que les opératrices devraient se donner au multiple et il termine en appelant l’attention du Parlement sur la mise au point de la téléphotographie par notre jeune compatriote Edouard Belin, dont les procédés ne reposent pas, comme ceux de M. Mai’ino (l), sur la variation de l’intensité lumineuse du sélénium avec la source qui l’éclaire.
- On trouvera dans nos Notes industrielles la fin de la description des Installations électriques de la Ville dx Rome. (*)
- (*) Lumière Electrique, 3i avril 191a.
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- L’AVENIR DE L’ÉLECTRICITÉ
- Nous terminons aujourd’hui cette enquête par la lin de la magistrale consultation de M. Blondel (*).
- M. A. BLONDEL
- TltACTION
- L'expérience n’a pas encore conclu en faveur de l’un ou de l’autre système. Le courant triphasé à a5 périodes employé par les Italiens a donné de bons résultats; (au début on craignait que ce système ne manquât de souplesse).
- Mais le système du stator, bobiné pour deux ou trois vitesses différentes, tel qu’on l’emploie sur la ligne du Simplon, a donné une solution vraiment pratique; car le rotor fermé en court-circuit n’exige qu’un entretien minimum, tout en permettant au stator l’emploi direct des tensions élevées. Si l’on joint à cela la facilité d’employer la fréquence a5 (qu’on rencontre sur tous les grands réseaux de transport de force), on peut s’expliquer pourquoi les Italiens sont restés fidèles au système triphasé et l’ont adopté comme système normal sur tous leurs réseaux.
- Il reste au courant monophasé à faire ses preuves sur les grandes lignes: et cela non pas tant au point de vue technique pour lequel des progrès énormes ont été réalisés, qu’au point de vue financier, car jusqu’ici l’expérience américaine ne lui a pas été favorable à ce point de vue; les dépenses d’entretien sont toujours notablement plus élevées qu’avec le système triphasé ; aussi le monophasé n’a-t il de véritable justification que dans la simplification des lignes de contact. Encore faut-il reconnaître que la suspension caténaire, si elle
- résout bien le problème au point de vue mécanique, exigera après quelques années de grandes dépenses d’entretien. La véritable solution de la traction par courant alternatif monophasé ou triphasé, devrait donc être cherchée dans la réalisation d’un système de rails de contact, établis avec des précautions spéciales et présentant la même robustesse que le troisième rail d’une distribution à courant continu ; ce problème ne me paraît pas insoluble.
- Dans certains cas, la traction sur les grandes lignes peut se faire avantageusement par courant continu série, avec sous-stations de compensation, qui distribuent elles-mêmes du courant soit monophasé, soit triphasé, soit continu à haute tension ; ainsi on tamponne localement et on réduit la puissance nécessaire à l'usine. Ceci convient spécialement aux pays équatoriaux. Le courant continu série présente l’avantage de la simplicité ; toute difficulté de synchronisation est ainsi éliminée (’).
- La traction sur les grandes lignes est à souhaiter, mais elle dépend de problèmes financiers. Il serait avantageux, pour réduire les charges d’immobilisation, de la voir mettre
- (*) Une tendance qui s’affirme de plus en plus^en électromécanique, c’est la recherche de l’automaticité, et les applications toujours croissantes de l’électricité pour régler les manœuvres automatiques dans tous les problèmes mécaniques ou de sécurité, notamment dans l’exploitation des chemins de fer. C’est là un fait d’autant plus intéressant à constater, que, il y a seulement une quinzaine d’années, l’électricité avait la plus mauvaise réputation auprès des ingénieurs non électriciens; on lui reprochait, bien à tort, d’être capricieuse et peu sûre, alors qu’il fallait seulement incriminer le défaut de connaissances techniques de ceux qui en faisaient l’application. Ces préjugés sont bien tombés et le champ s’ouvre de plus en plus grand aux applications de l’électricité comme auxiliaire de la mécanique^pour”rempla-cer l’intervention de l’homme avec moins de causes d’ei’reurs,et moins de risques de sommeil ou d’ivresse...
- (‘) Lumière Electrique, /j janvier 191.1, p. 11.
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- en service le long de lignes de transmission déjà construites pour d’autres usages : c’est ainsi que la ligne P.-L.-M. pourrait profiter de la distribution Rhône-Paris.
- Mais il est alors nécessaire, la charge étant variable, de tamponner et de trouver en même temps des débouchés différents, tels que l’électro-chimie.
- Ainsi ressort l’éminente utilité du tamponnage ; celui-ci prend du reste dans toute la technique un rôle considérable. On connaît ses applications dans les mines, les laminoirs, etc.. Les procédés de ce genre tendent à se généraliser et à devenir la règle. C’est à Kapp qu’est due l’idée de l’accumulation par volant, et à ligner la réalisation. En outre,il ne faut pas oublier que tous les systèmes actuels emploient le dispositif Ward Leonard, et que ce dernier rie paraît pas avoir profité, comme il eut été juste, de son invention.
- BREVETS
- Il convient de faire ressortir à ce propos l’iniquité de notre loi sur les brevets, et de noter combien les pouvoirs publics se rendent peu compte de la manière dont cette grave question se pose : la plupart des grandes inventions ont été faites quinze ans trop tôt : c’est précisément parce que leurs auteurs avaient du génie, qu’ils ont largement devaricé leur génération. Limiter à quinze ans leur protection, c’est donc les priver du bénéfice de leurs inventions, au moment où celles-ci commencent à être comprises-et à se généraliser; c’est là une iniquité, qui paraît d’autant plus criante, quand on compare cette situation au traitement de faveur qui est réservé aux littérateurs et aux artistes, dont les droits subsistent même après leur mort.
- D’une manière générale, notre loi de brevets est absurde en faisant payer le même prix à des inventions sans valeur et à des inventions réelles. L’Etat ne s’estpas rendu compte que pour permettre à l’inventeur de trouver le capital nécessaire pour mettre en valeur son
- invention, il fallait lui accorder du temps, et ne pas lui imposer trop de charges; d’autre part, il serait inadmissible qu’une grande invention constituât un monopole en faveur d’un individu, cet individu fût-il son inventeur: mais il y a un juste milieu, que l’on atteindrait en accordant les brevets à très bon marché, en augmentant leur durée de protection, en venant en aide aux inventeurs pauvres, en leur facilitant leurs recherches par des prêts, et, comme contre-partie, en intéressant l’Etat sur les bénéfices de cette exploitation.
- ÉLECTROCHIMIE
- L’électrochimie ja son avenir limité pour des raisons spéciales : l’énergie à très bon marché lui est nécessaire; les questions économiques retentissent sur elle avec une extrême acuité; car, comme l’expérience le démontre, on arrive à la surproduction d’un produit électrochimique ou électrométallurgique, dès que les usines hydrauliques se lancent dans sa production; seules des ententes commerciales peuvent pallier ce danger; les taxes douanières ont d’autre part une influence prépondérante sur le développement de cette industrie. Les entreprises électriques chimiques doivent donc être considérées comme des exploitations assez précaires, qui doivent s’assurer une souplesse suffisante pour changer à propos leur fabrication. L’idéal en pareille matière, serait peut-être de concevoir ces entreprises comme annexes des grandes entreprises de transports de force, ce qui permettrait de vendre plus cher la partie constante de la production.
- ÉCLAIRAGE
- L’éclairage électrique est encore bien loin d’avoir réalisé la lumière économique et idéale du ver luisant. C’est encore le règne de la lampe à incandescence et de l’arc, cette dernière présentant d’ailleurs des phénomènes de luminescence. Dans ce domaine, on a fait quelques progrès, avec l’arc minéralisé et l’arc
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- au mercure dans le quartz, dont la lumière est sensiblement meilleure que celle de l’arc au mercure dans le verre. Il semble que ces deux systèmes aient de l’avenir. On a prétendu perfectionner l’arc minéralisé en le mettant en vase clos, mais cela réduit le rendement lumineux. Malgré toutes les affirmations contraires, il nécessite de délicats nettoyages; cette solution doit donc être recommandée seulement là où la main-d’œuvre est chère et où il y a intérêt à réduire le nombre des renouvellements. Mieux vaut peut-être se borner à abaisser le prix des charbons.
- A la lampe à arc fait concurrence la lampe au tungstène puisque, depuis l’invention du tréfilage, elle se prête aux grande intensités lumineuses. Il semble bien que le filament tréfilé constitue décidément un progrès important, surtout pour les gros filaments ; mais on a maintenant des filaments pressés et rendus malléables par un traitement convenable. On peut s’attendre à ce que la concurrence diminue le prix des lampes : les lampes modernes ne devraient pas coûter plus de o fr. 2a ou o fr. 3o de plus que les lampes à filaments de charbon.
- Actuellement, on a essayé tous les métaux, même ceux réputés rares qui ont été étudiés il y a trente ans : c’est par une élimination progressive que l’on est parvenu à'choisir le tungstène, qui possède vraiment des propriétés très remarquables. La lampe à mercure a réalisé des progrès intéressants, en particulier pour la méthode d’allumage, et en ce qui concerne lé récipient en quartz. La lumière reste toutefois blafarde et le rendement n’est pas toujours aussi élevé qu’on l’annonce. De plus en plus d’ailleurs, le public se souciera de vérifier lui-même les données annoncées par les commerçants, en faisant procéder à des essais photométriques directs, sous ses yeux; c’est là un procédé dont on ne peut que souhaiter la généralisation. Cette éducation du public est d’ailleurs déjà faite aux Etats-Unis,
- TÉLÉGRAriIIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- En télégraphie sans fil, on a beaucoup tâtonné. Après des progrès assez rapides, on a brûlé ce que l’on a adoré. Et en effet, après avoir préconisé l’emploi d’un circuit oscillant fermé alimentant l’antenne par induction, en vue de réduire le débit de l’énergie, et par suite l’amortissement, on a reconnu que ce couplage produit en réalité un balancement d’énergie entre l’antenne et le circuit fermé et utilise donc mal l’antenne. Wien, dans un esprit complètement opposé, a préconisé une méthode qui envoie le plus vite possible toute l’énergie dans l’antenne et ne la laisse plus revenir au circuit oscillant. Le circuit oscillant de Braun n’a qu’un avantage, c’est d’augmenter par transformation l’énergie disponible dans l’antenne. D’ailleurs, l’accouplement des deux circuits introduisait une onde parasite très gênante qu’évite le principe de Wien. Enfin, sans être obligé comme Wien d’étouffer l’étincelle oscillante, M. Béthenod, en remplaçant dans le montage de Stone le circuit intermédiaire oscillant par un circuit apériodique, produit d’une manière élégante et avec un meilleur rendement, une onde simplement amortie dans l’antenne. Ce système paraît avoir beaucoup d’avenir non seulement pour l’émission, mais aussi pour la réception.
- On utilise beaucoup actuellement les systèmes à étincelles musicales ; M. A. Blondel croit avoir été le premier à les préconiser, et à les décrire dans son brevet américain n° 783 992, du 3 décembre 1900 (’).
- (I) M. A. Blondel a mis aussi sous nos yeux le texte d’un pli cacheté qu’il avait déposé dès le 16 août 1898 à l’Académie des Sciences, et dont voici un extrait :
- Remplacement des bobines d'émission par des transformateurs. — Le nombre d’émissions d’ondes que l’on obtient actuellement par les bobines est limité par leur construction même. On augmenterait notablement l’énergie envoyée dans l’espace et par suite la portée des signaux, au moins dans le cas d'emploi des cohéreurs, en accroissant ce nombre d’émissionsr Dans ce but, on peut d’abord multiplier le nombre de contacts par se-
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- Un des résultats les plus importants acquis en télégraphie sans fil, est d’avoir démontré que les ondes longues se propagent beaucoup mieux que les ondes courtes, en raison de leur absorption moindre par les aspérités du sol (arbres, etc.) et aussi de ce que leur diffraction est plus avantageuse, comme l’avait démontré H. Poincaré, qui avait parfaitement deviné les avantages pratiques des ondes longues.
- La question est de savoir jusqu’où l’on descendra comme fréquence : au point de vue de la téléphonie sans fil, on ne doit pas descendre au-dessous de .20 000, peut-être de iîooo, mais en télégraphie sans fil il n’y a pas de limite autre que celle qu’imposera l’expérience. En tout cas il de semble pas
- «onde des interrupteurs, mais on est très limité, et d’ailleurs la constante de temps des bobines ne permet pas de réduire trop la durée du courant primaire avant chaque rupture.
- On peut obtenir des résultats bien plus importants en : alimentant des oscillateurs à l’aide de transformateurs i recevant leur courant primaire d’alternateurs.
- La nouveauté du système que je propose réside moins dans cet emploi déjà connu dans les appareils à haute fréquence de Tesla et dé Thomson, que dans la manière différente de les employer.
- Dans les appareils qu’on vient de citer, la haute len- : siou finale n’est obtenue que grâce à des oscillations à ! haute fréquence préalablement produites par une décharge oscillante. Mais ces oscillations sont plus lentes , i|ue celles qu’on peut obtenir en déchargeant l’antenne à j la terre par un oscillateur. Il me paraît donc préférable j de réaliser un transformateur qui, alimenté directemenl par un alternateur, donne au secondaire une haute tension; si on juge des tensions parles distances explosives, il ne paraît pas du reste que les appareils Tesla, Thomson ou d’Arsonval donnent des potentiels comparables à ceux des fortes bobines.
- Pour obtenir ces hauts voltages, il me paraît indiqué de recourir à des alternateurs à fréquence bien plus élevée, 1000 périodes par seconde par exemple, comme l’alternateur Ewing-Parsons. On augmentera ainsi à la fois la tension et le nombre d’émissions par seconde. C’est dans cette voie, je crois, bien plus que dans l’accroissement de la puissance des bobines ou l’emploi des appareils à haute fréquence du genre Tesla-Thomson qu’il faut chercher la solution du problème de l’accroissement de la puissance d’émission des signaux hertziens, notamment eu vue de leur application aux signaux maritimes.
- 8 août 1898.
- que des fréquences de 100000 à i5o 000 soient nécessaires.
- La question de la production de la haute fréquence se trouve ainsi bien facilitée. On a beaucoup travaillé pour la produire par arcs chantants, mais l’on n’a abouti dans cette voie qu’à des résultats assez médiocres ; ce système ne se prête pas à la mise enjeu de grandes puissances ; même avec les petites puissances le régime de fonctionnement est assez peu régulier. L’arc plongé dans un liquide isolant, que M. Blondel a lui-même proposé dès 1907, donne une assez bonne régularité.
- Mais quoi qu’il en soit l'arc chantant ne présente d’intérêt que pour les petites puissances, et pour la téléphonie sans fil.
- La création d’un alternateur de grande puissance pour la téléphonie sans fil est un problème qui a été attaqué depuis longtemps par de nombreux chercheurs : Tesla, puis Alexanderson, Goldschmidt, Bethenod, etc. Si, comme on l’a vu plus haut, on veut employer des fréquences de l’ordre de 20000, il reste une difficulté à résoudre : leur utilisation dans des antennes qui ne soient pas de dimensions exagérées, car, pour 20 000 périodes, la longueur de l’onde est déjà de 7,à kilomètres, M. Bethenod a proposé un système très simple qui consiste dans une spirale plate placée au sommet de l’antenne. C’est une transposition heureuse dans la télégraphie sans fil des spirales plates du Dr Guille-minot employés en électrothérapie.
- Ainsi l’emploi des fréquences 20 000 à 5o 000 paraît résolu, et l’alternateur correspondant également facile à construire en utilisant le principe de la multiplication des fréquences des champs tournants. Un grand avenir paraît réservé à ces méthodes nouvelles.
- Il en sera pèut être de même de la réception par antennes horizontales placées au voisinage du sol et qui ont fait Tobjet d’expériences remarquables de Kiebitz, Zehnder, Rothé, Turpain, etc..
- Des progrès sont faits également tous les jours dans l’enregistrement des dépêches
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- par les méthodes photographiques (Poulsen, Abraham, etc.).
- TÉLÉPHONIE SANS FIL.
- La téléphonie sans fil n’a pas réalisé de progrès considérables. On a bien des producteurs d’ondes convenables, mais ce qui manque, ce sont les microphones. Les systèmes réalisés sur le principe de Bell (microphones hydrauliques) ne paraissent pas bien pratiques. En somme, la téléphonie sans fil ne peut fonctionner actuellement qu’à des distances plus modestes que la télégraphie sans fil (entre navires d’une même escadre, par exemple) car à grande distance il se produit des brouillages, et d’autre part on ne dispose pas de l’énergie suffisante, bien que certains inventeurs, notam-mentMajorana, Moretti,etc., aientobtenu des résultats remarquables et très encourageants.
- LE SECRET DES COMMUNICATIONS
- La question du secret des transmissions sans fil n’a pas fait de grands progrès ; il est toujours possible par un tâtonnement rapide de syntoniser un poste récepteur sur une émission donnée.
- LE TRANSPORT D’ÉNERGIE SANS FIT.
- La transmission d’énergie sans fil à grande distance est impossible faute de procédés de concentration. M. A. Blondel a lui-même proposé, en 190a, des procédés d’orientation, mais leur efficacité n’est que très relative.
- LA DIRECTION DES ONDES
- Un autre problème intéressant est celui de la détermination de l’orientation. Dans les systèmes proposés, qui nécessitent tous l’emploi d’antennes conjuguées ou cadres, simples ou multiples, la difficulté se trouve dans la nécessité d’utiliser des ondes courtes (iào mètres au maximum), ce qui oblige à recourir à des cadres de petites dimen-
- sions, pour lesquels, comme M. Blondel l’a montré récemment, l’effet de l’amortissement des ondes entraîne la nécessité de corrections importantes. Ces systèmes ne seraient à l’abri de toute critique que si l’on avait affaire à des ondes longues ou à des ondes courtes parfaitement entretenues. Mais on 11e dispose actuellement d’aucun bon système d’entretien des ondes. Les ondes de Poulsen ne se prêtent pas aux fréquences très élevées et rien n’a démontré du reste qu’elles fussent parfaitement entretenues et régulières, comme cela est nécessaire dans une application de ce genre. A ce point de vue, (comme aussi pour faciliter l’emploi des systèmes d’orientation sur les bateaux de petit tonnage où on ne peut pas disposer des aériens trop compliqués ni maintenir un isolement rigoureusement égal entre les cadres), il serait intéressant de recourir à d’autres méthodes, sur lesquelles M. Blondel se réserve de revenir.
- * * ‘
- Nous avons terminé notre enquête. Même en étant optimiste nous ne pouvions espérer une aussi riche moisson d’idées.
- Nous devons tout d’abord x’emercier les électriciens éminents qui ont bien voulu répondre à notre appel. Ensuite, il convient de résumer ce qu’il y a de commun dans les opinions exprimées. Ces éléments communs se réduisent à peu de chose et nous nous en félicitons, les contradictions étant toujours ! plus suggestives que les concordances. On ! peut dire que cette enquête a fait ressortir :
- i° Qu’aucun des progrès faits par la technique électrique dans les toutes dernières années ne présente les caractères d’un événement considérable, et gros de. conséquences : il n’y a pas, en électrotechnique, de grand fait récent.
- 20 Que c’est vraisemblablement du laboratoire du physicien qu’on doit s’attendre à voir sortir ce « grand fait » qui renouvelle-
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- rait l’électricité : soit qu’on réussisse à créer des matériaux possédant de nouvelles propriétés, soit qu’on trouve un moyen d’exploiter les vertus de ces radiations nouvelles dont l’étude est encore si confuse.
- En ce qui concerne le perfectionnement des matériaux, on peut citer, en premier lieu, deux problèmes dont la solution comporterait de grandes conséquences : l’amélioration des propriétés magnétiques des tôles, et la production d’isolants ayant une résistance mécanique sérieuse.
- 3° Que la complexité des problèmes soulevés par les transmissions à courants alternatifs tend à réduire un peu la faveur dont elles jouissent, au profit des transmissions à courant continu; il semble du moins que l’on s’orientera de plus en plus vers l’utilisation des basses fréquences.
- 4° Qu’enfin les questions « accessoires » sont, en somme résolues : on n’est plus embarrassé ni pour élever les tensions des transports d’énergie, ni pour concentrer dans des unités formidables la puissance des usines génératrices. Quant aux procédés de mesures électriques, ils ont, en somme, dépassé, comme amplitude et comme sensibilité, les besoins de la pratique.
- Tout semble ainsi prêt pour résoudre les problèmes d’un intérêt immédiat : moteurs à collecteur, traction sur grandes lignes, etc., qui seront l’œuvre de demain.
- Enfin, des opinions fort intéressantes ont été émises sur les questions d’enseignement. M. Paul Janet a fait ressortir à ce propos l’importance du rôle que vont jouer les publications techniques. Nous tenons à insister en
- quelques mots sur ce point de vue très juste et qui échappe aujourd’hui à beaucoup de personnes.
- L’importance actuelle des publications scientifiques et techniques est en somme modeste. Leur, importance dans l’avenir ne peut être exagérée.
- En effet, c’est par elles que passe, pour ainsi dire, toute la science ; c’est par elles seules qu’elle devient féconde. Et comme le mouvement scientifique est aujourd’hui celui qui entraîne tous les autres : mouvements économique, financier, social, politique, la mission qui consiste à drainer les idées scientifiques nouvelles, les résultats nouveaux, à les faire connaître et circuler, comme circule le sang, dans les milieux intellectuels, devient et deviendra de plus en plus une mission de premier ordre.
- On peut prévoir hardiment le temps où les publications techniques, au lieu d’être disséminées au hasard des initiatives individuelles, seront concentrées en des organismes puissants, qui seront de véritables institutions d’État, ou du moins contrôlées par l’État. Elles seront bientôt pour chaque nation de puissants agents de leur influence et des manifestations, attentivement observées, de leur vitalité. Et d’autre part, la démocratisation grandissante de la science amènera davantage les publications techniques dans la voie, trop méprisée, de la vulgarisation : d’où une nouvelle raison d’influence. C’est sur ces vues sans modestie que nous demanderons la permission de conclure.
- R. Ghassériaud.
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- L’ÉLECTRIFICATION DES LIGNES DE CHEMINS DE FER DE LA CEINTURE ET DE LA RANLIEUE DE BRUXELLES (Fin)™
- l’ÉLECTIUJ’ICATION dus lignes métropolitaines ET DE LA BANLIEUE DE BRUXELLES. |
- I. — Nécessité de Vélectrification.
- La nécessité d’électrifier le chemin de fer ] de jonction directe Nord-Midi a été reconnue depuis fort longtemps, non seulement en raison de la vitesse moyenne plus élevée qui est obtenue de cette façon .pour les trains franchissant Bruxelles, mais aussi dans le but d’éviter dans le tunnel de i 8oo mètres et dans la gare souterraine, les fumées des locomotives à vapeur, si désagréables à tous les points de vue.
- Remorquer sur la jonction la locomotive à vapeur dont la cheminée serait bouchée, en même temps que le train y attelé, serait chose absurde, onéreuse et aucunement pratique, car la locomotive à vapeur fumera tout de même, quoi qu’on fasse !
- On se résoudra probablement à décrocher la locomotive à vapeur et à accrocher la locomotive électrique avant d’arriver à la jonction pour faire ensuite l’inverse, après la traversée. Mais, l’échange de locomotives demande au moins cinq minutes (2) ; et, si comme on le prétend, le train est astreint à franchir Bruxelles dans le délai le plus court possible, les dix minutes nécessaires à l’échange des locomotives aux gares extrêmes chargeront beaucoup l’horaire.
- Alors, avec cinq minutes d’attente à la gare Centrale, les trains mettraient vingt minutes à franchir la jonction directe? Mais les tram-
- (*) Lumière Electrique, 14 décembre 1912, p. Lia; 11 et. 18 janvier 191 j, p. 44 et 72.
- (a) Nous n’avons pas fait valoir ci-dessus l'encombrement des voies, qui résulterait de cet échange de locomotives dans ces gares, déjà si serrées, parce que nous croyons bien que l’administration reportera au loin (à 8 ou 10 kilomètres au moins) ces points d’échange.
- ways eux-mêmes mettent actuellement quatorze minutes; et, ils se suivent à moins de trois minutes !
- Le voyageur, dans ces conditions, préférera descendre à la gare du Nord et emprunter le tramway pour se rendre dans le centre (quartier de la Bourse) ou dans le quartier de la gare Centrale.
- Les échanges de locomotives devraient donc se faire beaucoup plus loin, dans un rayon de 8 à 10 kilomètres autour du centre de Bruxelles.
- Dans ces conditions, à cause de ses accélérations de vitesse plus grandes, le locomoteur électrique, comparé à la locomotive à vapeur, aura vite, c’est-à-dire après quelque 9 à 10 kilomètres de trajet, récupéré la perte de temps de cinq minutes nécessaires à l’échange de locomotive, sans que la vitesse moyenne du train doive être augmentée. Mais il faut quelques kilomètres de parcours pour que cette récupération de temps perdu puisse se faire.
- C’est une première raison à invoquer en faveur de l’éloignement des points d’échange des systèmes de traction et, partant, en faveur de l’électrification à grande distance.
- Dans cette hypothèse, la jonction directe pourrait être franchie en dix minutes : arrêt à Bruxelles-Nord, deux minutes; arrêt à la gare Centrale, deux minutes; idem au Midi. Au total six minutes pour les arrêts de gare et quatre minutes pour le trajet.
- Le deuxième motif à faire valoir en faveur de l’électrification à grande distance, tout au moins en y comprenant toutes les jonctions, jusque liaren, Watermael, Hal, etc., c’est la nécessité pour l’agglomération bruxelloise et la banlieue de posséder un métropolitain rapide et à service intensif. Or, il n’est possible d’arriver à ces desiderata qu’en trac-
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- tionnant à l’électricité •, elle se justifie d’ailleurs sur ces lignes par l’importance du trafic qui y existe déjà t Hal-Bruxelles* Midi; Malines-Haren-Bruxelles-Nord ; le quartier Léopold (jonction II) et Bruxelles-Midi-Schaerbeék (jonction I).
- Un troisième motif est celui qui réside dans la nécessité d’accélérer la marche des trains sur certaines sections de lignes qui aboutissent à Bruxelles* afin de les dégager, maintenant qu’elles se montrent insuffisantes, avec la vitesse des trains à vapeur, à recevoir un accroissement de trafic.
- Il est particulièrement difficile au train à vapeur de faire une grande vitesse moyenne sur des lignes de pénétration dans les agglomérations étendues, parce que ces lignes comportent de nombreux ralentissements aux bifurcations, aux courbes, aux ponts et aux points dangereux de toute espèce, ces obstacles relatifs exigeant des remises en vitesse très rapides que la locomotive à vapeur ne saurait assurer que très péniblement, ou onéreusement, à cause de la constitution qui lui est propre. Au contraire, la traction électrique s’y prête tout à fait; et, le gain de temps qu’un train électrique à arrêts nombreux peut donner sur un train semblable tractionné à la vapeur dépasse parfois 20 %.
- Un quatrième motif existe dans l'économie d’exploitation possible, avec la traction électrique, sur des lignes arrivées à la limite que permet leur utilisation au moyen de la traction à vapeur. Enfin, une foule d’autres facteurs, tels l’esthétisme, le confort, la propreté, la diminution de l’entretien des voies, l’intensification du trafic, la régularité, l’utilisation meilleure du matériel, l’augmentation de vitesse, etc., plaident en faveur de son adoption pour des lignes à trafic suffisant comme c’est le cas pour toutes celles qui pénètrent dans Bruxelles.
- Rappelons d’ailleurs que la traction électrique présente, en dehors de la question économique, de multiples avantages sur la traction à vapeur, à savoir :
- ÉLECTRIQUE
- i° La suppression des fumées dans les tunnels, à l’intérieur et dans le voisinage des grandes villes ;
- 20 Une meilleure utilisation du matériel de traction ;
- ! 3° Une accélération plus grande au démar-
- rage des trains;
- 4U Un -plus gi’and effort de traction pour un même poids de train et une plus grande uniformité du couple moteur;
- 5° Une capacité de travail plus grande, due au fait que la puissance de la locomotive 1 électrique dépend surtout de l’usine centrale, tandis que la puissance de la locomotive à I vapeur dépend.de la production de vapeur ( de la chaudière, d’ailleurs limitée ;
- 6° La possibilité d’utiliser, dans les pays dépourvus de charbon, la houille blanche, d’où des conséquences économiques très . sérieuses;
- 70 Enfin de multiples avantages de toutes | espèces : adhérence plus grande, stabilité de ! marche plus grande, conduite plus aisée et | plus régulière, etc.
- La supériorité économique de la traction électrique sur la traction à vapeur dépend notamment :
- a. Du prix de revient suffisamment réduit du courant;
- i b. De l’intensité suffisante du trafic; j c. D’une consommation suffisamment j grande d’énergie par unité de transport.
- La question de traction sur les lignes de la jonction Nord-Midi est ainsi très connexe à celle de l’électrification des sections de voies chargées, qui aboutissent à Bruxelles.
- Plus tard, sans doute, au fur et à mesure de l’extension du trafic sur les sections de
- I
- 1 voies plus distantes, on continuera l’électrification, jusqu’à arriver finalement à englober à peu près tout lè réseau. :
- C’est précisément à cause de la préoccupation que l’on doit avoir d’englober plus ou moins prochainement les principales lignes
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- du réseau cjue la décision l’elative à la Tonne du courant électrique à adopter a une si grande importance.
- II. — Intensité du trafic à desservir.
- L’intensité probable du trafic sur la ligne de la jonction centrale à Bruxelles sera, après quelques années, de ioo ooo voyageurs par
- la gare du Midi : 200 000 voyageurs par jour, soit ^3 millions de voyageurs par an, dont £u> % débarqueront ou embai’queront aux gares extrêmes, soit 36 5ooooo, et 5o %, soit 36 5oo 000, débarqueront ou embarqueront à la gare Centrale. Ce trafic serait réparti en 700 trains et plus par jour.
- C’est là le trafic dû aux trains venant de la banlieue. Mais si, en outre, on créait un ser-
- UarurwrU
- Fig. 7. •— Carte des chemins de
- jour, qui débarqueront ou embarqueront à la gare Centrale. Aux gares extrêmes, Nord et Midi, s’en embarqueront et en débarqueront vraisemblablement autant, comme nous l’avons vu ci-dessus. Ainsi on aura, très vite, après la mise en exploitation de la jonction centrale, les nombres suivants :
- Trafic Laeken-Sehaerbeek-Luxembourg à la gare du Nord et Forest-Midi-Forest-Est à
- for belges aboutissant à Bruxelles.
- vice de trains métropolitains, le nombre de voyageurs sur le « métropolitain » dépasserait vite celui des trains de banlieue et on aurait à compter sur plus de i5o millions de voyageurs par an, à transporter à la lois sur les lignes de jonctions métropolitaines et sur les lignes venantde la banlieue de Bruxelles.
- Ces chiffres commencent à rivaliser avec ceux relevés sur les lignes de ceinture
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- et de la banlieue de Berlin. Mais si, en cette ville, le trafic est néanmoins plus impoi’tant qu’ici, il est aussi réparti sur des distances plus considérables; en sorte que, si la comparaison est laite au point de vue de la densité du trafic, l’analogie avec Berlin est assez complète. Lès raisons qui ont milité là-basen faveur de la décision de l’électrification militent évidemment ici aussi.
- Le monophasé a été adopté en raison de la nécessité au point de vue militaire de l’unification de la forme du courant, comme il a été dit ci- dessus. Or, le monophasé convient mieux aux lignes allemandes extérieures à Berlin qu’à nos lignes, parce que l’inteilsité kilométrique de trafic y est beaucoup moins grande. Sur la jonction centrale, le trafic horaire sera de 700 trains environ par 24 heu-
- 700
- res., soit en moyenne de —— ou 3o trams, à peu près, par heure.
- Chaque train pesant au moins 3oo tonnes, le trafic horaire correspond à 3oo X 3o = 9000 tonnes. L’estimation del’égalitédes charges financières entre le continu et le monophasé est donc largement dépassée. Ceci justifie pleinement l’emploi du courant continu sur la jonction centrale.
- Sur la section Denderleeuw-Bruxelles-Nord, il y avait, au i“r mai 1912, 60'trains circulant dans deux sens par jour, soit en moyenne par heure, 2,5 trains de 3oo tonnes. Le trafic horaire est de 700 tonnes environ, et il en résulte aussi que le monophasé n’apporte aucun avantage d’ordre financier.
- Sur la section Malines Bruxelles, au ior mai 1912, il y avait 94 trains circulant dans les deux sens, soit un trafic horaire moyen de 1 200 tonnes.
- Sur toutes les lignes qui aboutissent à Bruxelles (fig. 7), ce trafic horaire dépasse la quotité indiquée ; même sur la petite ligne Termonde-Bruxelles, le trafic horaire moyen est d’environ 3oo tonnes.
- Il suit de cette situation de trafic, sur les sections comprises dans le rayon envisagé,
- que le trafic horaire estdéjà amplement satisfaisant pour justifier le choix du courant continu, si l’on s’en tient à la règle énoncée à Berne.
- Le trafic marchandises n’a pas été envisagé. Il est cependant important et, dans bien des cas, la traction électrique de ces trains mériterait d’être faite.
- M. Fosty a dressé des cartes figuratives de l’intensité de la circulation des ti’ains de voyageurs etde marchandises pendantl’année 1906.
- Depuis 1906, il y a une augmentation très considérable tant pour les trains de voyageurs que pour les trains de marchandises.
- Mais même, en se basant sur les chiffres de 1906, mis si bien en évidence par les cartes de M. Fosty, on trouve, pour les trains de voyageurs, des chiffres très intéressants :
- Forest (Midi) vers Bruxelles :
- 20 763 trains 365 jours
- et
- 20 971 trains 365 jours ’
- soit dans chaque sens, en moyenne par jour :
- 57 trains X 3oo tonnes
- —-------------------- =: 7 i23 tonnes par heure.
- 2/, heures
- Les chiffres pour les trains de Jette vers Laelcen ; de Schaerbeek vers Bruxelles; d’Et-terbeek vers Bruxelles (quartier .Léopold) et ceux des autres embranchements sont tout aussi éloquents, quant au trafic horaire moyen.
- Ceci conduit à conclure que l’intensité du trafic sur toutes les lignes qui se centralisent à Bruxelles est pleinement satisfaisante pour justifier leur électrification à partir des gros nœuds de réseau, tels que Denderleeuw, Malines, Louvain, Ottignies, Braine-l’Alleud ou Nivelles et liai.
- C’est en ces points ou en d’autres, encore plus éloignés, que les trains de voyageurs du moins devraient échanger leurs locomotives. En ces points, il serait sans doute utile d’é-
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- tablir des remises de locomotives à vapeur, car les locomotives électriques seraient plutôt garées en majeure partie dans les remises de Bruxelles et de Schaerbeek.
- En dehors du métropolitain à créer et dont les nombreux arrêts justifieraient, sans doute, l’emploi des automotrices à unités multiples, c’est aux locomotives électriques de forte puissance : i 5oo à a ooo chevaux, qu’il y aurait lieu, semble-t-il, de s’arrêter, pour assurer la traction de tous les trains et dont le poids dépasse, pour certains, les 45o tonnes.
- Il est à remarquer aussi que la traction électrique, à cause des innombrables avantages qu’elle procure aux voyageurs, est la cause directe d’un accroissement considérable de trafic qui s’élève souvent à 3o %.
- En fait, il y aurait donc à tabler, pour l’année 1915, sur des chiffres à peu près doubles de ceux indiqués parM. Fosty.
- Sans aucun doute, une étude plus serrée, basée sur la réalité journalière du mouvement des trains sur les lignes qui aboutissent à Bruxelles, permettrait de faire juger à meilleur escient de la valeur réelle du courant continu, à haute tension : i ?.oo à i Soc volts, pour l’électrification de ces lignes.
- III. — Type de locomoteur.
- La locomotive du Pennsylvannia est divisée en deux parties reliées par une articulation, qui permet la circulation dans les courbes. Chacune des parties comporte deux essieux moteurs accouplés et un bogie avec roues de 0,91 mètre de diamètre.
- Au « Pennsylvannia» la tension d’alimentation est de 65o volts; sous cette différence de potentiel, au démarrage, l'intensité du courant atteint 2 8î>o ampères.
- Ce locomoteur remorque 45° tonnes, non compris son propre poids, sur des rampes de <0 millimètres par mètre. En palier, il tractionne la même charge à la vitesse de 80 à 90 kilomètres à l’heure.
- Ce type de machine, un peu allégé, semble
- pouvoir convenir à la tractiçm des trains de l’État belge sur les sections de voies à profils très différents que présentent les lignes qui aboutissent à Bruxelles.
- L’expérience du type de locomotive, à moteurs portés par le châssis, a d’ailleurs donné des résultats favorables ; et dans les plus récentes électrifications, faites en courant monophasé, il en est fait usage : Dessau-Bitterfeld, Chemins de fer du Midi fie la France, Chemin de fer du Lôtschberg, etc..
- Le courantde la ligne de contact des locomoteurs serait continu et fourni sous une différence de potentiel de 1 200 volts ou plus. Il proviendrait de sous-stations de transformations, espacées de 10 à 12 kilomètres le long des lignes à desservir.
- En ces sous-stations, le courant serait fourni à des transformateurs statiques à la tension de 15 000 volts au moins et sous forme triphasée, cette tension de 15 000 volts permettant à l’énergie électrique de la Centrale d’atteindre économiquement les sous-stations situées dans un rayon de 4° kilomètres ou plus.
- IY. — Conclusions.
- Sans entrer dans de grands détails au sujet de la réalisation pratique de l’électrification des lignes de chemins de fer aboutissant à Bruxelles, nous avons voulu montrer que cette électrification se justifiait, dès a présent, entièrement par l’intensité du trafic sur ces lignes.
- Si, en outre, on avait à considérer l’exploitation prochaine d'un « métropolitain », le doute ne serait même pas permis.
- C’est, le courant continu, semble-t-il, à cause de ses avantages très considérables et du robuste rail suspendu qui lui sert de ligne fie contact, qui est indiqué en l’occurrence. Il faut considérer, en effet, que peu nombreuses sont les lignes belges qui ri'ont pas un trafic suffisant pour être appelées à être desserviesfavorablement par le continu, tou-
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- i4U LÀ LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXI (2e Série). — N°4.
- tes les charges financières et les frais d’exploitation étant supputés. Or, ces lignes-là, en général, éloignées de Bruxelles de plus de 5o kilomètres, ne seront pas électrifiées avant une quinzaine d’années au moins ; à
- cette époque, le trafic y sera devenu, lui-même, largement suffisant.
- J. Carlier,
- Répétiteur du Cours d’exploitation des Chemins de fer à TUniversité de Liège.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- DIVERS
- Les applications domestiques de Vélectricité, par Georges Dettmar. — Elektrotechnische Zeitschrift, 3i octobre et 7 novembre 191*2.
- On se rappelle que nous avons publié en 1911 les
- de l'électricité et, en particulier, de l’éclairage et du chauffage en Allemagne. Nous avons montré à ce propos que l’emploi de ces applications domestiques de l’électricité pourrait prendre, en France également, une extension considérable, st toutefois quelques efforts étaient faits dans le sens nécessaire par les
- Tableau I
- DESIGNATION
- DES
- PIÈCES
- Salle à manger. . . .
- Bureau...........
- Chambre d’enfants
- Salon............
- Chambre à coucher
- Cuisine..........
- Salle de bains...
- Corridors........
- APPARTEMENT ECLAIRE AU GAZ
- SURFACE
- DE
- J.A PIÈCE
- mètres carrés ‘29.‘2 1>
- y
- •±n .'!)
- 16 ,0
- 22.7
- 15.8
- 6,8 15,1
- SOURCES LUMINEUSES EMPLOYÉES
- 4 becs droits..................
- 5 becs droits et 1 bec renversé
- 1 bec droit....................
- 4 becs droits Mignon...........
- 1 bec droit....................
- 1 bec droit....................
- 1 bec droit....................
- 1 bec droit...............
- INTENSITÉ
- LUMINEUSE
- TOTALE
- bougies Heffner
- 320
- 440
- 80
- 240
- 80
- 80
- 80
- 80
- ÉCLAIREMENT moyen
- lux 12,1 2 3 ,0 i o. 3
- maximum
- lux
- ,î>
- 3o ,0
- 106 ,,r'
- 7.
- DESIGNATION
- DES
- PIÈCES
- Salle à manger.. . .
- Bureau............
- Chambre d’enfants
- Salon.............
- Chambre à coucher
- Cuisine...........
- Salle de bains....
- Corridors.........
- MAISON DE CAMPAGNE ÉCLAIRÉE ELECTRIQUEMENT
- surface
- DK
- LA PIÈCE
- mètres carrés
- 3 2,3 2 3 ,8 i6,5 21,0 29,2 2Ü,7
- M
- 'V-
- SOURCES LUMINEUSES EMPLOYÉES INTENSITÉ LUMINEUSE TOTALE ÉCLAIR moyen
- bougies Heffner lux
- 14 lampes à incandescence 396 47 ,7
- 4 lampes fixes et 1 lampe portative. I 2 5 16,7
- 1 lampe h incandescence 5o l6,3
- 5 — — a5o
- f> — — 157
- 2 — — 82
- 1 — — fm
- t 100
- lux
- 9a>5
- 37,6
- 79,r>
- résultats d’une intéressante étude de M. Dettmar (*), sur le développement des applications domestiques _________
- (’) Lumière Electrique, 19 août 1911, p. v.i3.
- divers intéressés, c’est-à-dire par les constructeurs, et surtout par les compagnies de distribution.
- Le meme auteur a publié récemment un complément à cette élude, où il traite encore l'importante
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- question de la comparaison du gaz et de l’électricité j pour les usages domestiques. Les résultats donnés par M. Dettmar ont été relevés par lui, d’une part dans sa propre maison de campagne, pour l’électricité, d’autre part, dans l’appartement qu’il habitait 1 antérieurement, pour le gaz. Le tableau I reproduit les dimensions des diverses pièces, ainsique le nombre des lampes installées dans celles-ci et, d’autre part, les valeurs moyennes et maxima de l’éclairement obtenu dans trois des pièces de chaque habitation, où des mesures photométriques ont été faites.
- On voit, d’après ce tableau, que la répartition de l’éclairement est, en général, beaucoup moins bonne avec le gaz qu’avec l’électricité.
- D’ailleurs, l’emploi de globes réflecteurs appropriés permet d’augmenter sensiblement l’éclairement obtenu avec les lampes électriques. C’est ainsi qu’en remplaçant un globe dépoli par un globe cannelé, on peut, sans augmenter la consommation d’énergie, obtenir une bien meilleure répartition de l’éclairement d’une lampe à incandescence, ainsi que le montrent les courbes de la figure i ; la courbe
- 230° 250° 260° 270° 260° 290° 300° 310°
- 13(1° 120° M0° 100° 90° 00° 10° 60° 50°
- Fig. I.
- en traits pleins se rapporte à un globe cannelé, tandis que la courbe en traits pointillés se rapporte à un globe dépoli. L’aspect de ces courbes montre bien que l’emploi d’un globe cannelé permet d’améliorer très sensiblement la répartition de la lumière. L’emploi de globes permet donc d’obtenir, soit un meilleur éclairement pour une consommation donnée, soit le même éclairement pour une consommation moindre, la lampe pouvant être remplacée par une autre d’une intensité de lumière
- moindre. Le globe cannelé atténue* aussi bien que le globe dépoli, l’éclat du filament do la lampe.
- De même, M. Dettmar a constaté que l’emploi de réflecteurs appropriés, de la forme représentée par
- la figure a, permettait d’augmenter très sensiblement le rendement lumineux d’un appareil d’éclairage électrique quelconque. Les figures 3 et 4 montrent l’application de ce réflecteur, d’une part à une suspension, d’autre part à une lampe portative de table, ces deux appareils étant entourés d’une coupe placée,
- dans le premier cas au-dessous de la lampe, dans le second au-dessus de celle-ci. L’emploi du réflecteur a permis de remplacer 3 lampes donnant ensemble 8a bougies par une seule lampe de 5o bougies,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- sans que l'éclairement, fût diminué. La construction de ce réflecteur, dont la figure 2 montre les détails, est très simple. Il se compose d’une tôle mince nickelée. Ainsi que le montrent les figures 3 et 4, il peut s’adapter facilement, soit au culot, soit à la pointe d’une lampe à incandescence quelconque, La dentelure dont ilest muni a pour but, d’une part, de permettre de le plier afin qu’il s’adapte facilement à l’ampoule, d’autre part, de laisser passer un certain nombre de rayons lumineux à la partie supérieure de la lampe. L’emploi de ce réflecteur permet d’améliorer sensiblement, dans la plupart des cas, la répartition de la lumière.
- Fig-, 4.
- Nous avons donné, d’après M. Dettmar, les prix comparatifs, résultant de l’emploi du gaz et de l’électricité pour tous les usages domestiques d’une maison analogue à la sienne, pendant une période de cinq mois (de décembre 1911 à avril 1912)' le même auteur donne, dans l’étude complémentaire que nous avons citée plus haut, un tableau des mômes prix pour une année complète (de décembre 1910 à novembre iqnj.Nous croyons intéressant de reproduire également ce dernier tableau. .
- On y voit, qu’avec les tarifs actuellement en usage en Allemagne, l’électricité peut soutenir avantageusement la concurrence du .gaz. pour tous les
- Usages domestiques. A Paris, évidemment, les tarifs actuels ne sont pas aussi favorables, à l’emploi de l’énergie électrique, mais leur modification prochaine mettra l’électricité en meilleure posture à cet égard.
- Tableau II
- ÉLECTRICITÉ prix nu kilowatt-heure km centimes
- Tarif Force motrice. 20 Eclairage 5o Force motrice 12,5 Eclairage ... 5o
- Dépenses totales(fr.1 4 7 j 355
- GAZ PRIX DU MÈTRE CUBE EK CENTIMES
- Tarif i5 ,45. ‘ 2°
- Dépenses totales (fr.) 34o 442
- M. Dettmar a relevé d’ailleurs les consommations d’une cuisine électrique par personne et par jour, soit avec le chauffage direct, soit avec le chauffage indirect. Ces consommations sont respectivement les suivantes :
- Avec l’emploi d’ustensiles séparés pour tous les usages, y compris la préparation de l’eau chaude et le chauffage des fers à repasser : 0,88 kilowattheure.
- Avec l’emploi d’ustensiles séparés pour tous les usages (y compris le chauffage des fens à repasser), sauf la préparation de l’eau chaude : 0,52 kilowattheure.
- Avec l’emploi d’un fourneau électrique pour tous les usages, y compris la préparation de l’eau chaude et le chauffage des fers à repasser (le café et les boissons analogues seules étant préparées dans des ustensiles séparés) : 0.99 kilowatt-heure.
- Avec l'emploi d’un fourneau électrique pour tous les usages (y compris le chauffage des fers à repasser), sauf pour la préparation de l’eau chaude, du café et des boissons analogues : 0,6'î kilowatt-heure.
- Pour la préparation de l’eau chaude seule : o,36 kilowatt-heure..
- Pour les fers à repasser seuls, environ o,o3 kilowatt-heure.
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- La consommation relative à la cuisine fut mesurée à l’aide d'un compteur à double tarif, réglé de manière à enregistrer au tarif maximum entre 4 et 7 heures du soir. Dan£ cet intervalle, la consommation variait de G ii 14 % de la consommation totale, la moyenne étant de 10 % environ. Toutefois, il y a encore lieu de tenir compte de ce que cette méthode n'a été employée qu’accessoirement pour le calcul fictif des prix de revient; étant donné que le double tarif n’était pas en réalité appliqué par la compagnie de distribution fournissant l’énergie nécessaire aux essais, on ne s’est pas attaché à réduire la consommation aux heures de pointe autant que cela eut été possible. Dans le cas où le double tarif serait réellement appliqué,il est certain qu’il serait possible de réduire encore la consommation aux heures de pointe aune valeur inférieure aux chiffres précédënls.
- En effet, il serait facile de mettre les fers à repasser, ainsi qu’une partie des ustensiles de cuisine, hors circuit aux heures de pointe; la consommation correspondante à ces heures s’abaisserait ainsi à 6 % environ de la consommation totale.
- Afin de compléter ces données, l’auteur a, en outre, relevé la consommation totale correspondant à une journée entière, soit avec l’emploi d’un fourneau électrique, soit avec des ustensiles séparés, soit avec une « cuisine électrique économique ». Ces consommations furent respectivement les suivantes :
- Avec l’emploi d’un fourneau électrique : 6,7 kilowatts-heures.
- Avec l'emploi d’ustensiles séparés : 6,0 kilowatts-heures.
- Avec l’emploi d’une « cuisine économique », 5,4 kilowatts-heures.
- On voit que ces chiffres sont assez favorables à l'emploi des fourneaux électriques, auxquels M. Dett-mar pense, et par suite qu’un assez grand développement de ces appareils est probable.
- Mais les frais de consommation ne sont pas seuls à intervenir, il faut également tenir compte des frais d’entretien des appareils.
- En ce qui concerne l’éclairage, M. Dettmar évalue ces frais à 4,40 francs environ par lampe et par an pour le gaz et 1 franc seulement pour Péleetricilé.
- Pour la cuisine, par contre, l’entretien des appareils électriques sera un peu plus onéreux que celui des appareils à gaz. Toutefois M. Dettmar estime que l’économie réalisée sur l’entretien des appareils d’éclairage compenserait largement le léger supplément résultant des dépenses d’entretien des ustensiles de cuisine.
- Pour que la cuisine électrique puisse concurrencer l’emploi des ustensiles à gaz les plus récents, un tarif de 8,75 à i5 centimes par kilowatt-heure serait suffisant. Or, de tels tarifs pourraient être appliqués dans la plupart des compagnies de distribution ; en effet, les usines centrales sont en général fort peu chargées pendant le jour et la diffusion do l’emploi de l'électricité pour la cuisine et les divers antres usages domestiques aurait évidemment une influence des plus favorables sur le facteur de charge de ces usines.
- Il serait donc de l’intérêt des compagnies de distribution de consentir des réductions de tarif, de nature à rendre économiquement possible l’emploi des ustensiles de cuisine électriques aux heures de. faible charge des usines. D’ailleurs, l’emploi de ces ustensiles offre de tels avantages, en particulier au point de vue de la commodité, de la propreté et de l’hygiène, que de nombreux abonnés consentiraient assurément, en regard de ces avantages, à une certaine augmentation de leurs dépenses, à condition que celle-ci ne fût toutefois pas trop élevée.
- D’autre part, l’électricité permet l’emploi d’un certain nombre d’appareils, tels que les séchoirs à cheveux, les chaufferettes, les chauffe-lits, les ozoni-seurs, qu’il n’est pas possible d’alimenter avec le gaz.
- 11 en est de même des moteurs de machines à coudre, des balayeuses, des pompes domestiques, des ventilateurs et de toutes les applications auxquelles le moteur électrique seul s’adapte parfaitement.
- Le chauffage de l’eau est la seule application pour laquelle l’emploi de l’électricité semble, air premier abord, défavorable ; mais il est facile d’obtenir de Peau chaude par d’autres moyens, par exemple, soit en l’empruntant au chauffage central de l’immeuble, s’il en existe, soit en recourant à l’emploi des accumulateurs de chaleur, dont une description intéressante a été donnée il n’y a pas bien longtemps (*).
- Les compagnies de distribution pourraient facilement consentir des conditions 1res avantageuses pour l’emploi de ces appareils, étant donné qu’il suffit de mettre ceux-ci en circuit pendant la nuit, pour disposer ensuite d’une quantité d’eau chaude suffisante pour toute la journée. Or, pendant la nuit, la plupart des centrales sont à peu près complètement déchargées, ce qui leur permettrait d’accorder des tarifs extrêmement bas aux heures correspondantes.
- (*) A. Rittkrshausen. — Lumière Electriquei,j septembre 1912, p. 334.
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- Afin de compléter encore sa documentation, M. Dettmar a relevé les dépenses de consommation de divers autres appareils électriques. Le tableau III reproduit ces chiffres.
- tion de l’eau chaude, environ 85o à i ooo kilowatts-heures.
- Pour les séchoirs à cheveux, les chaufferettes, etc., environ 5o à ioo kilowatts-heures.
- Tablkaij III
- NATURE DF.S APPAREILS DÉPENSE DE CONSOMMATION AVEC LE TARIF D’ÉCLAIRAGE (0 fi». 5o par kwh) EN CENTIMES DÉPENSE DE CONSOMMATION AVEC LE TARIF DE FORCE MOTRICE ( 0 fr. 1875 par kwh) EN CENTIMES
- PVr à friser chauffé indirectement 1,820 à 2,70 0,375 à 0,05 0,6875 à 1,20 0, i075 à 0,2
- Fer à friser chauffé directement
- / x° avec
- 1 insufflation Séchoir à cheveux laissé en circuit I d’air chaud 4,6 à 9.20 1,70 à R,5
- pendant 10 à 20 minutes j 20 avec ! insufflation [ d’air froid 0,1870 à 0,375 0,070 à 0,10
- Lessiveuse pour une famille de 5 personnes (consommation hebdomadaire 1,2 kwh) 60 22,5
- -Enfin, fauteur donne encore quelques chiffres, d’expérience relatifs à la consommation annuelle correspondant à. diverses applications domestiques de l’électricité. Nous reproduisons également ces résultats :
- Pour Véclairage :
- a) D’un appartement, environ i 5o à 200 kilowatts heures.
- h) D’une maison particulière, environ 3oo à 45o kilowatts-heures.
- Pour'la cuisine et le repassage :
- à) Avec ustensiles séparés, y compris la préparation de l’eau chaude, environ i 200 à 1 800 kilowatts-heures.
- b) Avec ustensiles séparés, sans la préparation de l’eau chaude, environ 700 à 1 000 kilowatts-heures.
- c) Avec un fourneau électrique, y compris là préparation de l’eau chaude, environ 1 400 à 2 <100 kilowatts-heures.
- d) Avec un fourneau électrique, sans la prépara-
- L’exposé précédent montre dans quelle mesure considérable les compagnies de distribution d’électricité pourraient voir s’accroître la consommation de leurs abonnés, si toutefois elles consentaient à ceux-ci les conditions indispensables pour permettre cet accroissement de consommation.
- Or, si en Allemagne, des efforts très réels et déjà couronnés de succès, ont été entrepris et sont poursuivis dans ce sens, il n’en est pas de même en France et nous le déplorerons une fois ^de plus, qui d’ailleurs ne sera vraisemblablement pas la dernière.
- En effet, tandis que dans notre pays les compagnies de gaz font d’incessants efforts pour guider leur clientèle (ainsi que M. J. Sirney le rappelait tout récemment encore (l), les compâgniesde distribution d’électricité font preuve, à cet égard, d’une indifférence et d’une inertie vraiment incompréhensibles.
- M. Iv. (*)
- (*) La question des tarifs, —Lumière Electrique, 7 décembre iQiu,p. 3o5..
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- VARIÉTÉS
- Les télégraphes et \les téléphones au Parlement.
- Nous avons déjà donné d'importants extraits du rapport de M. Dalimier (4). En voici d'autres qui ne concernent plus la télégraphie sans fil.
- MULTIPLEX MElïCADIEH
- L'administration avait, en 1909, autorisé la mise en service d’essai, sur l'une des communications Paris-Lyon, du dispositif « Multiplex Mercadier », basé sur l'utilisation des courants vibratoires, qui devait permettre l’exploitation des lignes télégraphiques à l’aide des appareils existants (Morse, Hughes, Baudot) et donner éventuellement la possibilité de superposer un certain nombre de transmissions et d'échelonner divers postes sur le même fil. Les résultats avaient été encourageants, mais il restait à prouver expérimentalement que le système est normalement utilisable sur une ligne à simple fil sans troubler, par induction, les communications échangées sur les circuits téléphoniques voisins.
- Nous avions, en 1911, demandé à l’administration si de nouvelles expériences avaient etc ou devaient être réalisées, suivant un programme pratique et bien défini. Nous avions également tenu à savoir si les frais correspondants étaient bien à la charge de la société d’études. Il nous avait, en effet, été rapporté que les essais en question, seuls susceptibles de prouver la valeur du système, avaient été successivement ajournés du fait des exigences émises par la société qui, tout d’abord, voulait vendre à l’Etat ses licences avant toute tentative d’exploitation et qui, dans la suite, renonçant à cette prétention, désirait tout au moins voir participer le service télégraphique aux frais de construction des premiers appareils et aux dépenses nécessitées par l’épreuve imposée.
- Il nous avait été simplement répondu qu’aucun essai n'avait eu lieu depuis le 8 juillet 1909 et que
- l’administration examinait actuellement les propo-
- (1) Le budget de la télégraphie sans fil. — Lumière Elec-trique, 7 décembre 191a, p. 3og.
- sitions formulées par la société en vue d’une expérience de mise en service courant r.
- Votre Commission avait stipulé à cette occasion qu'il y aurait lieu, ultérieurement, de « s’assurer que le relèvement de crédit demandé, au titre du budget de 191:4, pour l’entretien du matériel des postes télégraphiques, n’aurait pas reçu une affectation abusive et qu'aucune largesse n'aurait été consentie au profit d’une entreprise en instance de contrat pour la vente d’installations spéciales ou de licence d’exploitation ».
- Le projet de budget de 191$ ne comporte aucune demande de crédit relative à la participation de l’Etat à des expériences définitives, à la fourniture d’appareils d'essai, et moins encore à l'achat du système. Nous étions donc en droit de penser que la question était restée stationnaire.
- Or, nous avons été informé que de nouvelles expériences étaient en cours et qu'un contrat, portant stipulations éventuelles d'achat en cas de succès, avait été passé avec la Compagnie Mercadier, en vue de l'acquisition éventuelle du procédé.
- Votre Commission sera vraisemblablement saisie de la question au moment utile.
- LE RAU DOT-DU IÏREU IL
- Il est d’autres essais en perspective : ceux du Baudot-Dubreuil. En réalité, comme pour le Mercadier, il s’agit d’une réédition d’essais anciens auxquels l’administration a fait procéder, de 190/î à 1907, sur une communication Paris-Lyon. Elle les a abandonnés parce que l’apprentissage du Baudot-Dubreuil est difficile, que son rendement théorique, supérieur à celui du Baudot ordinaire, est loin d’être atteint dans la pratique, que sa manipulation est extrêmement pénible et exige des efforts impossibles à soutenir. Il en résulte des erreurs nombreuses à la transmission et de graves difficultés à la réception, difficultés qui ne peuvent être atténuées ou évitées qu’à l’aide d’un personnel supplémentaire de contrôle sur les secteurs d’arrivée.
- Ces considérations expliquent que l’utilisation de l’appareil ne réponde pas à une conception réellement économique, et cette constatation s'aggrave de ce fait qu’il est indispensable, pour trouver des
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- manipulants, de leur allouer des primes de travail.
- D’un autre côté, l'appareil Baudot ordinaire est loin de fonctionner actuellement à plein rendement, et il est absolument contre-indiqué d’engager des j dépenses importantes pour la transformation de ! l'outillage en vue de la substitution du Baudot» i
- ? i
- Dubreuil au Baudot ordinaire, surtout au moment où l'administration vient d’obtenir les crédits néees- ! saires à radial e! à l’installation :
- En 1912 : de 88 secteurs de Baudot ordinaire;
- En 191!? : de 94 appareils de meme nature.
- Aucune des considérations qui précèdent et qui j ont justifié en 1907 l’abandon des essais engagés n’a subi la moindre modification et votre Commission, tout en rendant hommage à l’esprit de recherche qu’a montré M. Dubreuil en s’attachant à perfectionner le Baudot, ne pourrait que protester contre l’esprit d’imprévoyance de l’administration, s’il devait être donné suite à des projets de ce genre, et formuler par ailleurs toutes réserves quant aux constestations auxquelles pourrait donner lieu l'utilisation des crédits votés.
- CABLES ET LIGNES
- Tanger-Parts direct, au Baudot. — A l’occasion de la mise en service du Baudot, utilisé selon le système Picard sur le câble d’Oran à Tanger, où le Morse ne suffisait plus à l’écoulement du trafic marocain, une communication directe Tanger-Paris a été réalisée sur plus de 3 000 kilomètres, dont 1 400 de conducteurs sous-marins, avec retransmissions à Oran, à Alger et à Marseille.
- Pour les techniciens qui connaissent la difficulté du problème et apprécient l’ingéniosité, la variété et la. complexité des dispositifs employés, le résultat est réellement remarquable.
- L’étude des conditions d’utilisation du Baudot relève de deux services qui se livrent : l’un à des recherches ou à des essais d’ordre électrique, l’autre à des recherches d’ordre plutôt mécanique. Les deux services collaborent lorsqu’il est procédé à des expériences aussi importantes que celles qu’a exigées l’installation delà communication Paris-Tanger.
- Il y aurait sans doute intérêt à faciliter cette collaboration éventuelle en les rapprochant.
- LIGNES DE SIGNAUX ANNEXEES AUX DISTRIBUTIONS
- d’énergie électrique
- Nbus avions signalé l’an dernier qu’un règlement du 3 avril 1908, pris en exécution de' la loi du
- i5 juin 1906, oblige les entrepreneurs de distributions d’énergie électrique à établir et à entretenir à leurs frais les lignes télégraphiques ou téléphoniques, ou les lignes de signaux reconnues nécessaires par le service du contrôle pour assurer la sécurité de l’exploitation.
- Antérieurement à ce règlement, l’administration, s’appuyant sur la loi du r> avril 1878, 11’accordail de concessions de ce genre que contre le payement d’un abonnement pour droit d’usage. Depuis le décret du 3 avril 1908, elle ne réclame aucune redevance lorsque le concessionnaire déclare ne se servir des lignes construites que pour échanger des communications ou signaux concernant la sécurité de son exploitation.
- 11 n’existe pas de moyen pratique de contrôler cette affirmation et, en réalité, le règlement du 3 avril dérogeait au décret-loi de i85i sur le monopole télégraphique.
- Afin de remédier à cette situation, le Gouvernement propose d'insérer dans la loi de finances un article ainsi conçu :
- L’établissement des lignes télégraphiques, téléphoniques ou de signaux fonctionnant en dehors du réseau de l’Etat est subordonné à l’autorisation préalable prévue par la loi du 27 décembre i85i, même lorsqu’il résulte d’une obligation imposée par l’autorité publique, pour l’exploitation d’une entreprise quelconque, et quel que soit l’objet en vue duquel ces lignes ont été installées ou la nature des communications échangées.
- Toutes les lignes de l’espèce, sauf celles utilisées directement par les services publics, sont passibles d’une redevance d’usage, à fixer par l’application de la loi du T» avril 1878.
- L’adoption de ce traité mettra fm à une situation paradoxale que nos prédécesseurs avaient: également signalée.
- RÉSEAU TÉLÉGRAPHIQUE SOUTERRAIN DE PARIS
- Lignes de ceinture. — Des critiques méritées ont été formulées en ce qui concerne l’entretien défectueux du réseau souterrain de Paris, l’étal d’abandon de sections entières construites a grands frais et indispensables pour parer à l’éventualité de perturbations possibles dans le réseau urbain ou dans celui de la banlieue.
- La direction des services télégraphiques de Paris s’occupe activement, dit-elle, de remettre en état le réseau souterrain; cette activité est telle qu’aucune
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- des sections, dont le rétablissement devait être peu coûteux et effectué rapidement, n’était encore réparée il y a quelques mois.
- 11 y a mieux : sur la rive droite, entre les portes de Flandre et de la Chapelle, une section de 28 conducteurs, excellents il y a un an, est maintenant complètement perdue par suite de la négligence du service technique qui laisse la Ville de Paris procéder, sans contrôle, à des travaux de voirie, écraser et couper les fils et les conduites.
- Un réseau indispensable à la sécurité des communications avec le Nord-Ouest et le Nord-Est a été ainsi mutilé sur près de 2 kilomètres, alors qu’il suffisait de quelque surveillance, d’une entente facile avec les services municipaux, pour déplacer certaines sections et prendre les précautions que commande l’expérience. !
- Un service des lignes souterraines à grande dis- j tance a été créé. Votre Commission pense qu’il serait économique de lui confier les travaux de réparation des lignes de ceinture. Le soin de les mettre en état et de surveiller leur entretien ne pourrait j être laissé, sans ironie, a ceux qui n’ont pas su les j protéger contre les mutilations. |
- Votre Commission proteste, de plus, contre Y in- j curie des services techniques télégraphiques en cette circonstance. Les réparations rendues nécessaires par la destruction d’un matériel de grande valeur occasionneront des dépenses élevées. Une fois de plus, le Trésor supportera les conséquences de ! négligences graves et intolérables.
- KKSKAU TÉLÉPHONIQUE SOUTERRAIN UE PARIS
- L’article 2, paragraphe 2, de la loi du 28 juillet i885 stipule que les fils télégraphiques et téléphoniques, autres que ceux des lignes d’intérêt général, ne pourront être établis dans les égouts appartenant aux communes qu’après avis des conseils munici- j paux et moyennant une redevance si les conseils municipaux l’exigent.
- Le taux de cette redevance est déterminé par un règlement d’administration publique.
- En ce qui concerne les relations de la Ville de Paris et de l’ancienne Société des téléphones, à laquelle a succédé l’Etat, ce règlement porte la date du 12 février 1889 : il fixait la redevance prévue à [ 1 franc par hectomètre indivisible de ligne double | et à 5o centimes pour les lignes simples. j
- L’Etat et la Ville ne tardèrent pas à entrer en j conflit au sujet de l’application de ces dispositions; j
- des instances furent introduites, des pourvois formés par l’une et l’autre partie; finalement, la chambre civile de la Cour de cassation rendit, le i5 février 1900, deux arrêts en vertu desquels les lignes des abonnés au téléphone étaient déclarées lignes d’intérêt général, les lignes auxiliaires reliant les bureaux entre eux et les lignes interurbaines.
- L’affaire fut renvoyée devant le tribunal civil de Melun pour fixation du montant des redevances non prescrites. Une expertise fut ordonnée : les conclusions en ont été homologuées par un jugement du tribunal civil de la Seine en date du 3o mai 1910; la longueur moyenne des lignes d’abonnés a été trouvée égale à 1 5o4 mètres et l’espace occupé par chaque ligne évalué à la moitié du volume admis antérieurement par les lignes construites par l’ancienne Société des téléphones. Le taux de la redevance sur ces bases, calculé à raison de 1 franc par hectomètre de ligne double, conformément aux dispositions du décret du 12 février 1889, ressort ainsi à 16 francs d’après la longueur de la ligne ; mais l’espace occupé étant réduit de moitié, la redevance a été fixée à 8 francs par abonné.
- Les sommes dues par l’Etat à la Ville de Paris, depuis l’origine du conflit jusqu’au 3i décembre 1910, ont été arrêtées au chiffre de 6 800 516 francs. Le montant de la redevance annuelle, évaluée, pour 1912, à 913 000 francs, s’accroîtra rapidement avec le nombre des abonnés.
- Il y a là une situation qui mérite de retenir l’attention de l’adminisiration. Les intérêts de l’Etat et de la Ville de Paris sont loin d’être opposés : de même que l’Etat, la ville ne peut que souhaiter l’établissement prochain du régime de la conversation taxée qui donnera un nouvel essor au développement économique de la capitale et procurera à son édilité des ressources plus élevées que celles qui pourraient être recherchées dans le maintien de la taxe actuelle d’occupation des égouts.
- Que l’Etat continue à payer à la Ville de Paris une l'edevance de principe destinée à consacrer son droit de propriété, c’est admissible. Mais il faut éviter que cette taxe soit un obstacle a la généralisation de l’emploi du téléphone à Paris.
- La multiplication du nombre des bureaux centraux amènera, d'autre part, la réduction de la longueur moyenne des lignes telle qu’elle a été calculée en 1905-1908. Autant de bonnes raisons pour que l’administration fasse preuve d’initiative et veuille bien ne pas considérer comme définitive la solution coûteuse intervenue en 1910.
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- LES LIGNES TÉLÉPHONIQUES ET LA PUPINISATION
- Il y a quelques cinquante ans, on construisait d'enthousiasme en France, tout un réseau télégraphique souterrain; puis ce réseau, mal entretenu, peu à peu délaissé, devint inutilisable sur plusieurs de ses points et il fut à un moment donné, question de l'abandonner complètement. On est revenu depuis à des idées plus justes.
- Plus tard, l'avenir de la téléphonie à longue distance parut longtemps lié au développement des circuits aériens de diamètre approprié, mais une nouvelle évolution se prépare qui tend à accorder le pas aux lignes souterraines sous papier.
- Un fonctionnaire distingué de la direction des services téléphoniques, M. Cahcn, ingénieur chargé du service des lignes, a présenté, à la suite d’une mission, une étude remarquable de la question telle qu’elle est actuellement posée en Allemagne.
- Ses conclusions ont été les suivantes quant aux lignes souterraines : « II est inutile d'insister sur les avantages que présenterait remploi de lignes souter- | raines téléphoniques à grande distance; les. dérangements dus aux pertes accidentelles, aux phénomènes atmosphériques, aux ruptures d’isolateurs, à l’inductiçn, disparaîtraient; les lignes seraient beaucoup moins exposées aux dégradations.
- « L’administration allemande, reconnaissant ces avantages, a, niis la question à l’élude; mais on 11e peut pas dire que les réalisations soient très prochaines, ni meme certaines ; l’importance énorme des frais de premier établissement est de nature à faire hésiter longuement. » C’est une • considération d’ordre économique à ne pas perdre de vue.
- Au début de la téléphonie, on ne croyait pas possible d'augmenter l’intensité de la transmission autrement que par l'augmentation du diamètre des fils de ligne. Vaschy, ingénieur des télégraphes français, eut l’honneur de montrer le premier que ce résultat pouvait également être obtenu par l’accroissement du coefficient de self-induction. M. Barbarat, actuellement directeur de l’Office tunisien, fit construire des câbles dont la self-induction était accrue par l’enroulement d’un ruban de fer autour du cuivre de chaque fil. Les résultats, sans être décisifs, furent encourageants.
- En 1899-1900, le docteur Pupin, de New-York, établit scientifiquement la possibilité de réaliser une amélioration à la fois plus complète et moins coûteuse ; le procédé qu'il imagina consiste à intercaler sur la ligne des bobines de self-induction placées à
- des distances égales les unes des autres et judicieusement calculées pour chaque cas particulier. Pupin espérait ainsi accroître, dans des proportions énormes, l'intensité du courant transmis.
- L'essor de la pupinisation fut ralenti, surtout en Europe, par des échecs partiels dus, les uns à l’insuffisante connaissance qu’on avait encore des propriétés physiques des lignes, les autres à des difficultés de construction. Mais aujourd'hui l'expérience a été suffisante pour que beaucoup de résultats puissent être considérés comme acquis.
- Le système Pupin peut être applique dans trois cas distincts correspondant à des buts différents : i° sur les lignes aériennes de longueur moyenne afin de réduire les frais d'établissement; a0 sur les longues lignes, pour reculer la portée d’audition; 3° sur les câbles pour permettre rétablissement de lignes souterraines longues et plus sûres que les circuits aériens.
- i° Sur les lignes aériennes, l'amélioration de l'audition varie suivant l'élal d’isolement des lignes : la pupinisation exige, pour avoir son maximum d’efficacité,de bonnes conditions d’isolement D'autre part, l’augmentation de transmission procurée par le procédé est moins sensible pour les gros diamètres que pour les petits. Mais, même dans les conditions les plus défavorables, on peut considérer aujourd’hui comme acquis qu’une ligne de a,5 millimètres pupinisée est supérieure à une ligne ordinaire de 3,5 millimètres, qu’une ligne de 3 millimètreo pupinisée est à peu près équivalente à une ligne de 4 millimètres ordinaire, enfin que le fil de 5 millimètres peut être remplacé, sans baisse notable, par du fil de 4 millimètres pupinisé. L'économie procurée par le procédé Pupin peut varier, suivant les chiffres admis comme bases, entre i5 % et 5o % du prix d’établissement.
- a° Pour l'accroissement de portée, les résultats sont plus douteux. Il ne semble pas qu'on puisse aller très loin au delà des limites de transmission (environ 1 5oo kilomètres), actuellement réalisées. Cependant, en Amérique, on a obtenu, par la pupinisation, l’établissement d*une communication New-York-Denver (3 aoo kilomètres) ; mais, nous ne savons pas s’il s’agit de conversations données de façon normale ou seulement par les temps très secs.
- 3° C'est pour les lignes souterraines que les succès de la pupinisation sont le plus incontestés. On peut dire de ce système, quand il s’applique à des longueurs suffisantes, qu’il permet de multiplier par 3 la puissance transmissive d’un circuit placé dans
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- un câble sous papier; les frais sont, en général, également réduits de 3oo % environ. Non seulement l’intensité est augmentée, mais la netteté s’accroît aussi : la voix n’est plus aussi assourdie par la traversée des longs câbles. Aussi, déve-loppe-t-on de plus en plus les lignes souterraines pupinisées ; en Amérique, en Angleterre, en Allemagne on construit des lignes de 3o, 5o, ioo, 3oo kilomètres. Ces lignes sont évidemment plus sures, sont moins affectées de dérangements que les lignes aériennes. En France, après le câble Lille-Roubaix, on a pupinisé une ligne Paris-Versailles (a3 kilomètres) et une autre, Paris-Saint Germain (u6 kilomètres), est en voie d’achèvement. Si les résultats sont satisfaisants, on appliquera le système aux lignes souterraines prolongeant dans Paris les grands circuits aériens; on pourra ainsi allonger ces lignes et dégager les artères aériennes encombrées des abords de Paris, augmenter la sécurité et diminuer les frais d’établissement. '
- Le problème' de l’application du système aux circuits combinés est particulièrement délicat. Les essais sur i le câble Paris-Versailles ont donné de bons résultats à ce sujet.
- HÉGÉNÉUATION DES CABLES SOUS PAPIEIÎ
- L’augmentation du nombre des amorces souterraines au voisinage des villes importantes appelle toui particulièrement l’attention sur une proposition de M. Winterer, inspecteur du service téléphonique à Paris, tendant à utiliser le gaz carbonique pour relever l’isolement des câbles sous papier. L’emploi de l’air sec avait été préconisé, dès 1898, par M. Barbara!, déjà cité.
- Le gaz carbonique, plus dense que l’air, permet de compter sur une stabilité plus grande du gaz dans le câble ; il y maintient une atmosphère réfractaire à l’oxydation des conducteurs et à la combustion du papier, améliorant ainsi les conditions de sécurité. Enfin l’anhydride carbonique est d’un usage courant.
- Des essais probants ont eu lieu à Nancy, à Suresnes, à Versailles, etc.; des appareils portatifs, ont été conçus et construits,et le Comité technique électrique a émis un avis favorable à la proposition.
- L’administration vient depuis peu d’adopter définitivement le procédé proposé.
- l’entb’aide au multiple
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- Une condition essentielle de bonne exploitation j
- téléphonique est de pouvoir donner satisfaction aux appels dans un délai régulièrement court.
- L’attente moyenne des abonnés, depuis l’instant où ils décrochent leurs récepteurs jusqu’à celui où la téléphoniste leur répond, est souvent considérée comme une indication générale de la valeur de l’exploitation. Ce renseignement est cependant loin d’élre complet, car une moyenne faible peut provenir d’un mélange d’atteutes très courtes et très longues, alors qu’au contraire le véritable but doit être d’en avoir un grand nombre d'égales à une valeur donnée et très peu de supérieures.
- Cette rapidité moyenne peut être augmentée dans une certaine mesure par un emploi judicieux et méthodique du répartiteur intermédiaire qui permet d’égaliser le travail moyen des opératrices en leur affectant les abonnés d'une façon sensiblement égale. Il faut cependant remarquer que l’usage du répartiteur ne peut être basé que sur des moyennes générales et qu’il ne peut évidemment rien sur l’irrégularité des appels dans les differentes journées, les différentes minutes.
- De cette irrégularité, il résulte qu’avec le système habituel une opératrice répondra très rapidement à un appel isolé, mais que des demandes survenant soit simultanément, soit pendant qu’elle est déjà occupée, ne pourront être satisfaites que successivement et pas toujours dans leur ordre d’ancienneté. Les conséquences seront; des temps d’attente souvent très longs, un surmenage de la téléphoniste, le mécontentement du public ne comprenant pas pourquoi il est tantôt bien, tantôt mal servi.
- Pour remédier à cet inconvénient, on recommande aux téléphonistes d’aider leurs voisines trop occupées; cet entr’aide exige, pour être effectif, des opératrices portant leur attention non seulement sur les jacks qu’elles desservent, mais encore sur ceux de leurs voisines; d’ailleurs, même appliqué parfaitement, ce système n’est pas suffisant; aussi a-t-on pris le parti de répéter le signal d’appel de chaque abonné sur plusieurs groupes différents, ce qui permet l’aide mutuelle d’un plus grand nombre d’opératrices.
- La répétition du signal d’appel, pratiquée déjà depuis un certain temps à l’étranger, sera réalisée dès cette année au multiple de la rue Marcadet; •chaque relais d’appel commandera deux signaux lumineux placés au-dessus de deux jacks locaux reliés à la même ligne d’abonné mais situés dans j deux groupes différents séparés par deux positions | d’opératrice; six téléphonistes, au lieu de trois avec
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- le système actuel, pourront ainsi répondre aux appels d’un même abonné, ce qui aura pour conséquence de répartir entre cinq opératrices au lieu de deux, le surcroît de travail résultant de l’absence momentanée d’une téléphoniste.
- De plus, si une lampe d’appel brûle, les appels de l’abonné sont encore perçus par l’aulre.
- Le multiple de 5 ooo places reconstruit par le service des ateliers après l’incendie de Gutemberg, et actuellement en montage au bureau des Archives comportera également la même amélioration. Il faut en féliciter l'administration.
- TÉlÉPHOTOGH APHlIi
- Dans notre précédent rapport, nous signalions, à la suite de M. le sénateur Couyba, l’avènement d’une nouvelle branche de la télégraphie : la téléphotographie, c’est-à-dire la transmission de la photographie par fils ou circuits, et nous rendions compte des travaux remarquables du jeune savant français Edouard Belin à qui est duc la seule solution réellement pratique du problème de la repro-.i duction télégraphique d’images par demi-teintes réelles et en gammes variées suivant l’épreuve originale.
- Les résultats des derniers essais officiels, heureu-
- ment encouragés par l’administration, sont définitivement probants. Ils viennent d’être portés à la connaissance du grand public par l’inventeur lui-même, au cours d’une très intéressante conférence faite à l’amphithéâtre de l’Ecole supérieure des postes et télégraphes. A cette occasion, M. Belin a donné a ses nombreux auditeurs la primeur d’un appareil portatif, aussi simple qu’ingénieux, qui va permettre sous peu le reportage photographique par transmission directe, à partir des cabines téléphoniques publiques et dans l’espace des quelques minutes nécessaires à une communication double ou triple, des clichés destinés au journal illustré correspondant.
- La mise en application commerciale du procédé étant ainsi imminente, nous avions signalé la nécessité de se préoccuper de l’établissement d’une réglementation des conditions auxquelles l’administration devra prochainement autoriser la nouvelle utilisation de ses réseaux. Nous avons appris avec quelque stupéfaction que les études correspondantes sont à peine commencées et que les deux services télégraphique et téléphonique seraient entrés en lutte au sujet de cette organisation. Il faut espérer que l’inventeur et le public n'auront pas à souffrir trop longtemps de cette situation.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont
- Annuaire du Bureau des Longitudes pour , Lan 191'3.,' avec des Notices •. scientifiques, j — i vol. in-16 de plus de 8oo pages avec figures : (Prix i fr. 5o net). Gautiiier-Villars, éditeur.
- Conformément aux heureuses dispositions inaugurées en , 1904, le présent Annuaire contient des tableaux détaillés relatifs à la géographie, à la statistique, k la métrologie, aux monnaies et à la météorologie, mais il ne contient pas les données physiques et chimiques, qui figureront, elles, dans Y Annuaire de 1914*
- La partie astronomique, dont les notions fondamentales ont été entièrement revues par M. Andoyer, a été développée scion une méthode plus rationnelle adoptée déjà en 191a. Parmi les savants qui y ont collaboré, citons MM. Bigourdan, A. de Gra-mont, P. Puiseux, B. Radau, Rocques Des^allées et Schulhof.
- Les tableaux des parties : géographie et statistique, et métrologie ont été entièrement révisés et mis
- deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- àjour; une note détaillée sur le tonnage des navires est due à M. le lieutenant de vaisseau Tillier.
- Les deux Notices de cette aimée offrent un intérêt tout particulier ; la première par M. G. Bigourdan, sc rapporte à Y Eclipse de soleil du 17 avril 1912 et au Résumé des observations qu elle a permis deffectuer ', la seconde, par M. le commandant Ferrié, est un magistral exposé de Y Application de la télégraphie sans fil à Venvoi de Vheure*
- Le Recueil se termine par le texte des différents discours prononcés aux funérailles de R. Radau, et de II. Poincaré.
- Il est manifeste que cet ouvrage ne prête plus au reproche qu’on a pu faire à certaines éditions antérieures de ne pas être tenu au courant des dernières conquêtes de la Science. ]i Annuaire pour 191$ rendra les meilleurs services non seulement aux hommes de science, mais aussi aux techniciens.
- R. de Baillehache.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Les installations électriques de la ville de Rome. {Fin.) (<)
- Tableau de distribution.
- Le tableau de distribution, placé en surélévation au fond delà salle des machines (voir fig. 5), se compose de deux parties bien distinctes pour la haute et la basse tension.
- la commande et le contrôle de toute la partie à basse tension.
- Les instruments de mesure à courant alternatif sont du type Ferranti, à champ tournant.
- Les appareils de mesure du côté basse tension sont tous réunis sur un tableau en marbre blanc se trouvant derrière les pupitres et faisant face à la salle des machines (fig. 7).
- Fig. 5. — Vue du tableau.
- En ce qui concerne sa disposition générale, il se divise en deux parties séparées, soit :
- Une série de pupitres en tôle perforée pour la commande et le contrôle de toute la partie à haute tension (fig. 6).
- Un tableau en marbre blanc poli et biseauté pour
- (<) Lumière Electrique, 14 décembre, p. 345 et 21 décembre, p. 377,
- Tous les appareils de mesure sont du type de précision système Weston.
- Les appareils enregistreurs, du type à rouleau de papier se déroulant d’une façon continue, sont en même temps totalisateurs.
- L’ampèremètre et le voltmètre enregistreurs sont commandés d’un seul et même mouvement d’horlogerie qui assure ainsi à tout instant la concordance de leurs indications dans le temps.
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- Fig. 7. —
- Tableau basse tension,
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- Lés rèlaisîsontdrbsoluhieru insensibles' aux variations de la température, qui peut monter dàns la salle jusqu’à 45°' G,’ ainsi qu’à l’influence des champs magnétiques1 avoisinants.
- *
- * *
- C’est le ii novembre 1911 qu’on a procédé à Rome àla réception définitive de la sous-station dont nous avons donné précédemment la spécification.
- Du procès-verbal de cette réception il résulte que cette installation répond bien à toutes les prescriptions et à toutes les indications prévues aux cahiers des charges et qu’elle donne pleine satisfaction, tant
- Les voitures motrices peuvent fonctionner avec et sans remorque. Poids maximum : 22 tonnes.
- La plus longue pente est de 800 mètres de longueur avec, une inclinaison de 35 °/00.
- La plus forte pente est de 75 °/00 sur une longueur de a45 mètres,.
- Rayon minimum : -17 mètres.
- Vitesse maxima : 22 kilomètres à .l’heure.
- Vitesse moyenne : i3, kilomètres à L’heure.
- Chaque essieu comporte un moteur.
- Frein électrique- alimenté par le courant des moteurs marchant, en générateurs. Le courant de ligne n’est à appliquer qu’en cas de nécessité.
- Rail à gorge.
- Les freins doivent pouvoir arrêter le train (voiture motrice et remorque! -de -22 tonnes lancé à une
- Fig. 8, — Vue d’une voiture automotrice en service.
- au point: de 'vue' du matériel fourni que de la:façon dont elle à* été installée.
- LES 35 EQUIPEMENTS ÉLECTRIQUES DE VOITURES MOTRICES
- La ligue à desservir-présente les caractéristiques suivantes : ’
- Système de traction paiv archet. 1 Voltage de distribution : 55o volts.
- Largeur de la voie : i,435 mètre.
- vitesse de 22 'kilomètres à l’heure, sur un parcours de 12 mètres, les rails supposés secs et la voie en palier.
- Chaque voiture est équipée de deux moteurs de tramway à pôles auxiliaires de commutation d’une puissance normale de /(o chevaux, sous 55o volts (flg. 8).
- Les moteurs peuvent marcher avec inducteurs shuntés ou non ; leurs càractéristiqües dans les deux cas, avec un rapport de réduction aux engrenages égal à 1,488 et' roues de 800 millimètres de . diamètre, sont les suivantes : ' - -i
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- Tableau IL
- Caractéristiques avec inducteurs shuntés.
- COURANT EN AMPÈRES RENDEMENT EN ' % A 5oo Vitesse km/h VOLTS Efforts kgs A 250 Vitesse km/h VOLTS Efforts kgs
- 18 79 36 60 16 60
- 36 85 21 ,8 280 IO 280
- i4 83,5 16 ,2 520 8 520
- 72 8o,5 i4 770 7 77°
- 9° 76 12 I 000 6 i 020
- 108 72,5 12,4 I 240 5,6 1240
- Tableau III.
- Caractéristiques avec inducteurs non shuntés.
- COURANT RENDEMENT A 500 VOLTS A a5o VOLTS
- EN AMPÈRES » ”
- EN % Vitesse km/h Efforts kgs Vitesse km/h Efforts kgs
- 18 79 26 I IO 12 ,6 I IO
- 36 85 l6 ,2 34o 7 >8 840
- i4 83,5 13 ,6 620 6 ,2 620
- 72 8o,5 I 2 890 5 ,4 I 800
- 9° 76 I I ,2 4 160 4,8 I 160
- 108 72,5 10,6 i 36o 4,7 369
- Les rendements comprennent les pertes dans les engrenages.
- Le cahier des charges admettait une tolérance de i % sur les rendements et de 3 % sur les vitesses, les chiffres pris comme base étant ceux de la moyenne des essais sur les 70 moteurs.
- Les échauffements ne pouvaient dépasser de plus de 75° C. la température ambiante, les mesures étant prises au thermomètre et les ouvertures des carcasses étant fermées.
- Aucune tolérance n’était admise à ce sujet ; après une marche de six heures, le moteur étant fermé et laissé se refroidir naturellement pendant quatre heures, la température de n’importe quelle partie du moteur ne devait pas dépasser 3o° C.
- Toutes ces conditions ont été parfaitement remplies par les moteurs.
- Une surcharge de 100 % pendant 3o secondes et une de 157 % pendant cinq minutes ont été successivement appliquées dans des essais sans que le fonctionnement du moteur en ait été aucunement affecté.
- Les moteurs comprennent chacun une roue
- d’engrenage et un pignon d’engrenage enfermés dans un carter.
- Chaque équipement comporte en outre : deux con-trollers à soufflage magnétique à sept crans de couplage série, cinq crans de couplage en parallèle et sept crans de couplage frein magnétique; deux résistances de démarrage et freinage à résistivité invariable; deux interrupteurs automatiques à soufflage, iin parafoudre avec une bobine de self, un coupe-circuit fusible à soufflage ; tout le câblage de puissance et câblage pour l’éclairage ; une prise de courant par archet; la lustrerie pour l’éclairage des voilures; un frein électromagnétique à patins reliés par des barres, avec écrous et contre-écrous, bielles avec axes et goupilles; enfin, deux boîtes pour les prises de courant des freins électromagnétiques à placer dans les voitures-remorques.
- Ces équipements, montés sur voitures fournies par la firme Carusinati et Erselli de Milan, ont donné pleine satisfaction à tous les points de vue.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- En parlant dernièrement des progrès qu’avaient faits les installations gazières rachetées par Electricité et Gaz du Nord, malgré les développements des réseaux électriques, puis de la situation de la Compagnie Parisienne de Distribution telle qu’elle résultait du rapport de M. Dausset, nous aurions pu conclure en citant du même rapporteur ce qu’il a écrit sur le gaz de Paris. Le nombre des abonnés qui était de 654 000 au 3i décembre 1910 atteignait 688 000 au 10 octobre 191a. La consommation du gaz, pour les onze premiers mois de 191a, s’est élevée à4aa o5i 701 mètres cubes contre 404 86a 737 mètres en 1911. Le rapporteuivestime que l’augmentation du nombre des abonnés, qui conduit à des recettes supplémentaires sur les frais accessoires, portera à environ a4 3oo 000 francs le bénéfice de la Ville ; si l’on en déduit l’intérêt de l’emprunt de ao5 millions dont le produit est consacré à l’amélioration des usines et à l’installation de nouvelles canalisations, la Ville percevra définitivement a3 174 000 francs ou i 3oo 000 francs déplus qu’en 1911. C’est ainsi que le budget de la Ville peut supporter de nouvelles dépenses sans surcharges pour les contribuables. La régie intéressée bénéficie de son côté de ces plus-values puisqu’elle touche i5o 000 francs toutes les fois que les résultats de l’exploitation sont tels qu’en abaissant le prix de
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- vente du gaz d’un demi-centime par mètre cube, le produit net à verser à la Ville reste supérieur à 20 millions. Il est à penser que cette situation se prolongera puisque les travaux entrepris ont eu pour but d’atteindre de nouvelles couches de consommateurs en même temps qu’ils tendaient à améliorer le rendement des usines et des canalisations ; mais un point préoccupe les ingénieurs du gaz : c’est la hausse persistante des charbons et des frets. Ceux-ci sont à l’heure actuelle au plus haut, la guerre italo-turque, puis la guerre turco-bulgare, ayant à ce point de vue exercé une influence désastreuse ; le fait est momentané, mais la tension politique subsistant, il se prolonge outre mesure ; et la paix sera probablement suivie d’une activité économique exceptionnelle qui maintiendra les cours. La conclusion s’impose donc d’une augmentation du prix de revient qui ne maintiendra pas la même proportion entre le montant des recettes et celui des bénéfices de la Ville et de la Compagnie. L’une et l’autre chercheront leurs ressources dans la vente des sous-produits.
- Pour faire suite à l’écho que nous avions rapporté, il est confirmé que la Société Centrale des Banques de Province et le Crédito Italiano offrent au public les actions de la Société Franco-Italienne du Métropolitain de Naples au taux de a5o francs, avec intérêts intercalaires de 4 % à dater du icr février prochain jusqu’à la clôture de l’exercice pendant lequel s’ouvrira l’exploitation. Le type des actions est le même que celui des titres de notre Métropolitain. Peut-on leur prédire le même avenir? On dit que les travaux confiés à l’Omnium Lyonnais ne présenteront pas d’énormes difficultés. Le sous-sol de Naples ne ressemble point à celui de Paris qui a rendu si onéreux l’établissement du Nord-Sud : il y aura donc proportionnellement économie sur les frais de premier établissement; la main-d’œuvre est aussi moins chère. Les frais d’exploitation en bénéficieront à leur tour; mais le mouvement de population est-il assez important pour assurer un trafic intense? Oui, de l’avis des promoteurs qui font valoir l’augmentation de la population, l'éloignement des faubourgs par rapport aux quartiers du centre, et le développement du port de Naples qui bénéficierait en plus de l’essor des pays balkaniques. Mais quel dommage, même par économie et pour si peu de temps, de se priver de la vue d’un si beau ciel !
- La situation extérieure qui exerce une influence
- modératrice incontestable sur les affaires ne paraît point effrayer l’épargne. Les émissions se succèdent sans interruption comme si rien ne se passait, et la clôture de chacune d’elles est signalée au public par des notes de l’optimisme le meilleur : le Crédit Foncier, qui vient d’offrir au public un million d’obligations 3 1/2 (soulignons l’augmentation du taux d’intérêt), se félicite de 897 000 souscriptions demandant 2 23o 000 obligations.
- La Compagnie Générale d’Electricité, dont les actionnaires viennent de ratifier définitivement l’augmentation de capital, ont appris du Conseil que 1276 souscripteurs avaient souscrit 11 282 actions à titre réductible et 28 019 à titre irréductible, alors que 14 000 leur étaient offertes. Ces symptômes indiquent que la masse du public ne croit pas à l’issue défavorable des négociations en cours, car si l’on fait la part, dans ces souscriptions, des spéculateurs qui se débarrasseront du titre aussitôt que possible on peut dire que l’autre part des souscripteurs, et c’est la majorité, classe le titre : elle réduit donc ses disponibilités.
- En Allemagne, les actions Siemens et Halske et Schukert ne se sont pas ressenties davantage de la crise monétaire. Bien qu’il eût été déclaré à leurs assemblées générales que la situation du marché s’opposait à un développement plus intense parce que le commerce d’exportation doit pouvoir compter avec plus de sécurité, les cours ont regagné partiellement le montant des coupons. Les nouvelles, d’ailleurs, du marché sidérurgique qui commande bien d’autres marchés sont excellentes et le marché houillerest dans la même situation. Il n’y a, chose curieuse, que le marché du cuivre qui semble « bouder ». Les uns prétendent qu’il touche à son apogée, bien que l’avenir réserve des perspectives intéressantes; et les événements paraissent leur donner raison, puisque, en fin de semaine, le recul des cours a été manifeste. La nouvelle de l’électrification de lignes américaines importantes n’a pas suffi à influencer les consommateurs qui auraient pu se couvrir en prévision d’une hausse : c’est que les stocks se maintiennent et que le nouveau président des Etats-Unis ne paraît pas animé des meilleures intentions envers les capitalistes et les grandes entreprises de son pays.
- L’assemblée du Sud Electrique a eu lieu le 19 décembre dernier. D’un exercice à l’autre l’amc-lioi’ation du compte d’exploitation a été si sensible que le solde du compte profits et pertes est passé de
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- LA lumière électrique
- i 3 864,83 fr à 264 149,19 fr. Le rapport fait d’ailleurs ressortir que l’amélioration réelle de l’exercice est encore supérieure à ce résultat parce que l’exercice précédent avaitprofité d’un bénéfice exceptionnel sur portefeuille et parce que les intérêts des dépenses afférentes aux travaux improductifs avaient été portés au compte de premier établissement. .Cependant le Conseil a réparti ce bénéfice de la façon suivante :
- Au compte d’amortissement du mobilier et de l’outillage........... 102 187 09
- A une réserve générale pour amortissements......................... 5o 000 00
- Au report à nouveau................ m 960 10
- Le bilan fait ressortir cette année une nouvelle et importante augmentation du compte de premier établissement qui figure pour 17 352 743 fr. 64, au lieu de 16263 759 fr. 35; il faut noter en effet que a4 nouvelles concessions dans les Bouches-du-Rhône, le Gard, le Vaucluse et la Drôme ont été accordées au Sud-Electrique et que 22 concessions dans ces mêmes départements ont été mises en service. Le nombre des communes alimentées directe-rrient ou indirectement par les réseaux du Sud-Electrique s’élevait dès lors à 148 au 3o juin 1912 et la population ainsi desservie atteignait 367 o3g habitants. Un état résumé de la longueur des lignes primaires et secondaires du réseau et du nombre des lampes et des moteurs installés permet de se rendre compte de la progression de l’exploitation et de la recette brute annuelle par kilowatt installé : celle-ci
- est en moyenne de 122 fr. 18; à noter toutefois que le Sud-Electrique vend l’énergie en gros à 16 concessionnaires dont trois assurent la distribution des grandes villes d’Avignon, Montpellier et Nîmes. C’est là une condition moins bonne quand on fait le calcul de la moyenne et qui laisse supposer que, pour les autres concessions, ce chiffre serait plus élevé s’il résultait de la comparaison de leurs recettes propres avec le nombre de leurs kilowatts installés. Mais il est encore plus intéressant de calculer cette moyenne sur le nombre de kilowatts-heures produits : des chiffres du rapport, il ressort que le kilowatt-heure a rapporté o fr. 0915 ; il a coûté d’autre part o fr. o56. Ce dernier prix s’abaissera par suite des abonnements nouveaux qui, utilisant la puissance disponible, n’exigent que peu de frais généraux nouveaux. Le Sud-Electrique alimente de plus les trois Compagnies de Tramways d’Avignon, Montpellier et Nîmes, et ne fait que débuter dans 1? Camargue où les services d’irrigation vont prendre une extension considérable. Toutes les dépense^ de première installation vont donc profiter à partir de celte année seulement à la Société, et la situation actuelle donne à penser que les bénéfices de l'exercice en cours seront largement supérieurs à ceux du précédent. On ne saurait pourtant prévoir une distribution de dividende que la situation de trésorerie ne permettrait pas.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Russie. — Le Moniteur des Intérêts Matériels annonce que le Sénat Mandais a examiné la question de l’utilisation des chutes d’eau du fleuve Vouoksia; une commission interdépartementale a été constituée pour élaborer un projet d’exploitation immédiate de la chute d’eau de la Grande-Imalra. L’énergie obtenue sera utilisée pour les besoins de la traction électrique sur le canal de Saïinenski, pour l’électrification du chemin de fer de Sl-Pétersbourg à Viborg, pour le service de l’électricité à Viborg et environs, ainsi que pour la transmission de l'énergie électrique aux besoins des services publics et industriels de la ville de S’-Pétershourg.
- La partie d’énergie de l’Imatra qu’il est projeté d’utiliser représente environ 460 millions de kilowatts-heures par an. En évaluant le kilowatt-heure à un kopek,
- l’Imatra donnera environ 4 millions de roubles par au. Comme la livraison de courant à Saint-Péterbourg pourra s’effectuer par les 'mêmes câbles que ceux qui desserviront le chemin de fer, le coût de l’énergie électrique aux consommateurs de St-Pétersbourg sera ramené à un taux des plus réduit.
- Toutes les installations nécessaires seront réalisées par le gouvernement, la remise en concession à des compagnies privées 11’ayant pas été jugée opportune par le Sénat finlandais.
- Norvège. — Il est question de construire une station hydraulico-électrique de 216 000 chevaux, qui serait exploitée par l’Etat et qui alimenterait en courant Christiania et la Norvège occidentale. L’usine projetée, utilisant les eaux de la chute dite de Nore (420 mètres de hauteur), serait installée à Numedal : elle comporterait
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- 25 Janvier 1913.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 1«
- 11 turbines de 20 000 chevaux et 2 turbines de 10 000 chevaux. Le courant produit serait consacré en premier lieu à l’exploitation des chemins de fer, ensuite il l’éclairage et aux besoins de la petite industrie.
- ÉCLAIRAGE
- Ain. — Des pourparlers sont engagés par le conseil municipal pour l’installation de l’éclairage électrique dans la commune de Coliguy.
- TÉLÉPHONIE
- Angleterre. —- Le procès monstre intenté par la Compagnie nationale des téléphones contre le ministère des postes et télégraphes anglais vient de prendre lin.
- La compagnie, dont l’installation complète avait été reprise par le gouvernement, réclamait à ce dernier une somme de 5a3 192 5oo francs.
- Dans son verdict, le juge Lawrence a tranché le différend en réduisant à 3i2 881 600 francs les demandés de la compagnie.
- Les frais du procès s’élèvent, parait-il, à environ a-5 raillions de francs.
- Italie. — Le dernier conseil des ministres a décidé de présenter un projet de loi tendant à favoriser le développement des réseaux téléphoniques exploités par l'Etat. Les travaux à exécuter dans ce but comporteraient une dépense de 80 millions de lires.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Paris. — À la suite de la note parue dans notre numéro du 11 janvier, la Compagnie Générale Radioté-légraphique nous adresse la lettre suivante :
- « Dans un communiqué publié par la Lumière Electriquej ilest ditque le dispositifdu jugement rendu en première instance par lu troisième Chambre du Tribunal civil de la Seine, contre les Sociétés françaises de T. S. F., ordonne « la confiscation et la destruction, en tous lieux, «de leurs appareils...,l’insertion dans les journauxfran-« çais et étrangers ». Ce jugement est, en outre, représenté comme le « triomphe en France » de la Compagnie Marconi sur l'industrie française.
- « Ces renseignements sont absolument inexacts.
- « Le texte du jugement ne se réfère qu’aux installations de types anciens correspondant aux deux postes radiotélégraphiqucs de bord qui ont fait l’objet d’1111 constat ; il n ordonue la confiscation que de ces deux seuls postes. Les dommages-intérêts ne visent que les instal-
- lations des mêmes types fournies depuis la demande originaire, et non les appareils des systèmes nouveaux, couverts par des brevets spéciaux. D’ailleurs, l’expert chargé de l’estimation de ces dommages est invité, par le Tribunal, à « éviter tout ce qui pourrait paraître une «investigation dans les affaires des Compagnies françaises, « plus jeunes que la demanderesse, mais aussi méritantes « et aussi désireuses de servir la science et le bien « public... » à « tenir compte des thèmes en présence et « que la haute autorité des avocats des parties a su éclairer « d’uu remarquable effort.,.» De même, les insertions ne sont prévues que dans quelques journaux français.
- « D’autre part, il convient de ne pas surprendre l’opinion publique et de rappeler qu’il s'agit d’un jugement en première instance qui n’a donc rien de définitif. Il appartiendra à la Cour d’appel de dire le dernier mot.
- « Compagnie Générale Racliotélégraphique.
- « 63, boulevard Haussmann, Paris. »
- Aisne. —La Compagnie des Chemins du Nord a fait installer à la gare de Saint-Quentin un poste récepteur de radiotélégraphie. L’antenne est formée de deux fils tendus horizontalement dans la traversée de la gare. Cette installation a coûté environ a5o francs. Chaque jour l’agent de service reçoit l’heure légale émise par le poste de la Tour Eiffel à 10 h. 45, 10 h. 47 et 10 h. 49> et chaque nuit à a3 h. 45. a3 h. 47 et a3 h. 49* (On sait que, d’après la loi du 9 mars 1911 portant modification de l’heure légale française pour la mettre en concordance avec le système universel des fuseaux horaires, l’heure légale en France eL en Algérie est l’heure, temps moyen de Paris, retardée de 9 minutes 21 secondes 5 c’est l’heure de l’observatoire de Greenwich). II règle l’horloge du centre horaire de Saint-Quentin et transmet l’heure par téléphonie aux gares de la région.
- Allemagne. — Il parait qu’une tour de 5oo mètres de hauteur doit être érigée à Bauvelt sur le Rhin, près de Dusseldorf, sur le plan de l’ingénieur F. Czech et de l’architecte F. Paetz. Cette tour, qui ferait partie d’un pont projeté sur le Rhin, servirait de station pour télégraphie sans fil, d'observatoire, météorologique et de point de repère pour les aviateurs. Nous tiendrons nos lecteurs au courant de ce projet, qui serait un hommage rendu par nos voisins de l’Est à l’utilité scientifique et pratique de la Tour Eiffel,
- A la suite d’essais concluants effectues dans ces derniers temps sur des dirigeables allemands, la Société Zeppelin et la Gesellschaft fur drahllose Télégraphié ont installé une station de T. S. F. dans le port d’attache de Francfort. La puissance de cette station est de i,5 kilowatt; sa portée est de 600 kilomètres; on y a prévu des dispositifs pour la réception écrite des messages. Si les nouveaux appareils donnent toute satisfaction, tous les dirigeables Zeppelin, militaires ou de tourisme, en seront dotés.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XXI (2* Série). — N* 4.
- Quant aux expériences du camp de Dôberitz,- dont le but-est l’adaptation de lai téléphonie sans fil aux aéroplanes, elles n’ont pas encore abouti à des résultats pratiques, à cause des perturbations apportées à la transmission par les moteurs.
- NOMINATIONS
- Sont promus ou nommés dans l’ordre de la Légion d’honneur :
- Au grade de Commandeur.
- MM.
- Kleine (Auguste), inspecteur général des ponts et chaussées de ir6 classe, directeur de l’Ecole nationale des ponts et chaussées. Officier du a5 juillet 1901; 44 ans de services.
- Delafond (Jean-Marie-Frédéric-Ernest), inspecteur général des mines de ' ire classe, directeur de l’Ecole nationale supérieure des mines. Officier du 28 juillet 1897; 4° ans de services.
- Au grade d’Officier.
- M. Monmerqué (Marie-Charles-Arthur), inspecteur général des ponts et chaussées de 2e classe, inspecteur général des, services , de contrôle des distributions d’énergie électrique. Chevalier du 13 juillet 1889; 38 ans de services.
- Au grade de Chevalier.
- MM.
- Charvin (Louis-Pierre-Alexandre), sous-directeur à la direction des services téléphoniques de Paris; 3s ans de services civils et militaires.
- Chauvin (Raphaël-Fénelon-Odile), ingénieur civil à Paris. Inventeur constructeur d’appareils de mesures électriques en usage dans l’industrie et dans les administrations publiques; 39 ans de pratique professionnelle.
- Leprince-Ringuet (Félix-Adrien-Louis), ingénieur en chef des mines à Nancy; 20 ans de services.
- Mazen (AnloineiNathalis), ingénieur en chef adjoint à l’Administration des Chemins de fer de l’Etat; a5 ans de services.
- Mergeron (Gaston-Louis), directeur de la Compagnie meusienne de chemins de fer, président de l’Union technique des chemins de fer d’intérêt local et tramways de France; 41 ans de services civils et militaires et de pratique professionnelle.
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- Par décret du Président de la République en date du 14 janvier 1913, rendu sur le rapport du ministre de l’Instruction publique.et des Beaux-Arts, M. Bergonié,
- professeur de physique biologique et électricité médicale à la faculté mixte de médecine et de pharmacie de l’université de Bordeaux, est nommé, sur sa^demande, professeur de physique biologique" ët clinique d’ëléétri-cité médicale à ladite faculté.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS . !, :
- Ateliers de Constructions Electriques-de Délie.—
- Capital : 1 200 000 francs. — Siège social : 24, boulevard des Capucines, Paris.
- CONVOCATIONS
- Société d’Electricité d’Yssingeaux. — Le 3i janvier, 3o, place de la Madeleine, Paris.
- ADJUDICATIONS
- France
- L’administration des chemins de fer de l’État, à Paris, a l’intention d’acquérir et de faire installer cinq ponts roulants mus électriquement dans l’atelier du montage de Batignolles.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (ire division), 43, rue de Rome, à Paris (8e), les mardis et vendredis, de i5 à 17 heures, jusqu’au 5 mars igi3.
- *
- ¥ ¥
- Le i5 février, au service du génie, h Perpignan (Pyrénées-Orientales), installation de l’éclairage électrique dans les locaux de la caserne D de la citadelle.
- Lot unique.—: Prix forfaitaire.
- Visa avant le 3o janvier.
- Renseignements au Génie, à Perpignan, place de la Révolution Française.
- Chili
- Le. 10 septembre 1913, à la direction de la Commission des travaux du port, à Valparaiso, adjudication : i° de la construction d’une usine thermo-électrique et de l’établissement d’un réseau de distribution d’énergie; 20 de la fourniture de l’outillage électrique du port.
- Cahier des charges à la direction précitée.
- La reproduction des articles de la Lumière
- Électrique est interdite.
- PAH1S. —' IMPRIMERIE LEVÉ,17, RUE CASSETTE.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-cinquième année. SAMEDI iw FÉVRIER 1913. Toms XXI (2« «érrle). — N* 5
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- La
- Lumière Électrique
- SOMMAIRE
- EDITORIAL. ........................ 129
- Télégraphie [et jTéléphonie
- Devaux Gharbonnel. — Télégraphie et Téléphonie............................... i3i
- Constructions de machines
- J. Reyval. — Etude sur la construction des transformateurs statiques............... i35
- Extraits de publications^]
- Nouveau mode de construction des condensateurs à air, par H. Schehing et R.
- Schmidt.......................... i3g
- Le développement de l’industrie électrique en Espagne, d'après un rapport de M.von Scheven............................ i/Jo
- Prix de revient de l’électrolyse des chlorures italiens, par Engelhardt......... 143
- Législation et Contentieux
- P. Bougault. — Dans quelles conditions là déclaration des recettes dans les états ' statistiques des distributions d’énergie électrique est-elle obligatoire?..... i5i
- Nécrologie
- Louis Sautter. — Gustave Habert.......... i54
- Chronique Industrielle et Financière.
- Notes industrielles : Machine à rainurer les
- collecteurs............................ i55
- Etudes Economiques...................... i56
- Renseignements Commerciaux................ i58
- Adjudications........................... 160
- EDITORIAL
- L’étude de M. Devaux Gharbonnel, Ingénieur en chef des Télégraphes, sur la Télégraphie et la Téléphonie, que nous commençons aujourd’hui, suscitera un vif intérêt. L’auteuf débute par une analyse succincte des avantages de l’automatique en téléphonie, puis il aborde la question, toute d’actualité, des troubles causés dans les communications télégraphiques et téléphoniques par la traction monophasée.
- Nous donnions dernièrement un extrait détaillé de l’étude si intéressante de M. Mar-guerre sur les perturbations de cet ordre constatées sur le chemin de ferde Rjukan et sur les procédés qu’on a employés pour y remédier. M. Devaux Charbonnel reprend cette étude et il rappelle le procédé simple et peu coûteux, imaginé par M. l’Ingénieur des Télégraphes
- Girousse, pour supprimer dans les appareils téléphoniques les bruits de friture causés par l'induction Sur les lignes. Il constaté aussi que l’emploi sur lés chemins de fer du Sud de la France du récepteur de M. Girousse donne en pratique des résultats satisfaisants. Somme toute, on peut considérer, semble-t-il, le problème de la mise à l’abri des perturbations pour les lignes à courant faible comme actuellement résolu. Il n’y a que la question des troubles causés sur les lignes télégraphiques dont la solution n’ait pas encore reçu la sanction de l’expérience. Aussi est-il à espérer que, dans un bref délai, les Compagnies de traction tiendront à essayer le sectionnement des lignes en plusieurs tronçons, préconisé par notre éminent collaborateur ; autant qu’on peut en juger a pHor7, ce
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- sectionnement devrait atténuer dans une large mesure les troubles fort importants que cause; sur les appareils télégraphiques le débit du courant produit par la circulation des trains.
- La construction des transformaleurs statiques est une question d’ordre général; elle intéresse, en effet, non seulement les constructeurs, mais les exploitants. M. J. Reyval nous en donne les raisons dans une étude méthodique. Il montre que, s’il est souvent avantageux de chercher à réduire à des valeurs très faibles les pertes dans le fer sans diminuer l’induction, on ne saurait considérer que ce soit là une condition indispensable à remplir. Il se présente en effet des cas où il est bien plus logique, au contraire, au point de vue économique, d’établir des transformateurs présentant de fortes pertes avide, caria dépense de premier établissement afférente à l’achat de tôles au silicium à forte résistivité et faible coefficient d’hystérésis peut n’être pas compensée par le bénéfice qui résulterait de pertes moindres dans le fer. L’étude de M. Reyval ne porte aujourd’hui que sur des transformateurs monophasés ; elle sera complétée bientôt par une étude sur les transformateurs triphasés.
- Nous signalons un nouveau mode de construction des condensateurs à air, imaginé par MM. IL Schering et R. Schmidt. Ces condensateurs peuvent se monter facilement en parallèle par simple superposition ; la capacité des fils auxiliaires de connexion, qu’on doit faire intervenir dans les calculs se rapportant aux appareils habituels, n’entre plus ici en ligne de compte. C’est une particularité ingénieuse.
- Le développement de Vindustrie en Espagne a fait l’objet d’un rapport de M. le Conseiller de légation von Seheven dans une publicâtibn officielle allemande. Nous en donnons un extrait d’aprèsYElehtrotechnischeZeitschriftllJdiUXenv se place naturellement au point de vue de son pays et il insiste de préférence sur les débouchés que l’Allemagne a su trouver depuis longtemps en Espagne pour son industrie électrique, notamment en Catalogne. Sans doute, nos Sociétés françaises se sont occupées, dans ces dernières années, de l’intérêt qu’elles auraient à concurrencer ^industrie étrangère dans un pays qui ne fabrique guère ni les appareils électriques, ni le
- matériel nécessaire pour la mise en œuvre de l’énergiede ses nombreuses chutes d’eau. Mais il yaun facteurcommercialdontM.von Seheven ne parle pas et sur lequel nous croyons utile d’appeler l’attention. M. Tétreau, consul suppléant <ié France à Barcelone,l’a signalédans un rapport récent, malheureusement beaucoup trop sommaires: si les sociétés allemandes, A.E.G., Siemens-Schuckert,Siemenset IIalske,etc., ontacquis une situation prépondérante sur le marché de Barcelone, cela ne tient peut-être pas tant à ce qu’elles n’ont pas hésité à créer des succursales, qu’à ce fait qu’elles ont envoyé en Espagne des ingénieurs parlant couramment l’espagnol et bien au courant des usages commerciaux du pays.
- La question du prix de revient de Vélectrolyse des chlorures alcalins intéresse de nombreuses industries, notamment l’industrie textile, l’industrie du papier et de la pâte de bois ainsi que la grande industrie chimique. M. Engelhardt l’a traitée avec beaucoup de détails. Il étudie la production directe d’hypochlorite en solution parles usines consommatrices (fabriquesdecoton, de toile, de papier, blanchisseries, etc.), puis la production simultanée de chlore et d’alcali, avec recombinaison du chlore et de l’alcali sous forme d’hypochlorite, ou production de chlorure de chaux en solution et vente de l’alcali produit.
- Notre collaborateur juridique, M. Paul Bou-gault, examine aujourd’hui dans quelles conditions la déclaration des recettes dans les états statistiques de distribution d’énergie électrique est obligatoire. La réponse du distingué avocat est formelle : toute distribution antérieure à 1906 échappe à la nécessitéd’une déclaration. M. Bou-gault montre de plus que les renseignements sta. tistiques ne sont pas obligatoires même pour les distributions d’énergie postérieures à la loi précitée. Cette consultation arrive à son heure. Elle rassurera sur le bien-fondé de leur cause plusieurs distributeurs d’énergie électrique qui ont été inquiétés dans ces derniers temps par des fonctionnaires de l’Administration pour n’avoir pas déclaré — comme cela parait à première vue légitime —- le montant de la totalité des recettes de leur entreprise dans les états statistiques que l’administration du contrôle de l’Etat leur donne à remplir chaque année.
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- 1er Février 4913.:
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- L’annéé 1912 a vu naître bien peu d’idées nouvelles en télégraphie ou en téléphonie. L’Europe, toujours un peu tributaire de l’Amérique en matière de téléphonie, s’est contentée d’expérimenter quelques-uns des nouveaux systèmes. En France on commence à songer à l’automatique. La mise en usage de la batterie centrale a simplifié les manœuvres des abonnés et des téléphonistes, et a permis à la fois d’améliorer et d’accélérer le service. L’automatique paraît destiné à apporter un progrès sensible dans l’exploitation et une économie importante dans la construction des lignes. La facilité de donner une ligne libre à l’abonné qui désire avoir une communication permet de grouper dans des bureaux satellites un certain nombre d’entre eux et de ne relier ces bureaux au centre principal que par un nombre de lignes réduites, le dixième par exemple du total des abonnés. Il y a là une économie énorme, en même temps qu’un encombrement beaucoup moindre des égouts ou du sous-sol dés grandes villes. Des essais vont être tentés dans certaines villes de France, notamment à Nice et à Marseille.
- D’un autre côté, les procédés de l’automatique permettent d’utiliser beaucoup mieux le matériel et le personnel. On a déjà commencé à Paris à donner à un abonné plusieurs signaux d’appel, répartis sur différentes tables, la réponse étant servie par la première téléphoniste qui se trouve libre. Avec l'automatique on peut faire mieux. On peut distribuer les appels et les diriger sans erreur sur un poste inoccupé.
- On a même proposé d’aller plus loin dans cette voie. L’appel n’étant plus reçu par un organe individuel appartenant au seul abonné appelant, sa spécialisation devient inutile. Une grande simplification peut s’introduire
- dans le montage des meubles. Les relais d’appel, de coupure, et les meubles destinés à les recevoir deviennent inutiles. Le répartiteur intermédiaire, dont le rôle est de répartir les abonnés sur les différents tableaux, de manière à égaliser sensiblement le travail des téléphonistes, peut être purement et simplement supprimé. A côté de ces avantages matériels viennent s’adjoindre des avantages d’exploitation. Tout appel arrivant au bureau est immédiatement servi. Le travail est également réparti entre les opératrices qui donnent leur rendement maximum. L’abonné est desservi par une opératrice quelconque, ce qui présente, comme on peut aisément le comprendre, plus d’avantages que. d’inconvénients. Enfin le nombre des opératrices peut facilement varier suivant les différentes heures de la journée, de manière à correspondre toujours au trafic du moment.
- II ne parait pas utile pour l’instant de s’étendre longuement sur ces nouveaux procédés. Il est à présumer que l’expérience viendra confirmer et réaliser les espérances qu’ils font naître dès maintenant. Mais attendons d’être mieux éclairés pour savoir si leur généralisation est désirable. Nous voudrions entretenir les lecteurs de la Lumière Électrique de quelques autres questions qui sont un peu moins connues et un peu plus nouvelles.
- Nous parlerons tout d’abord des troubles causés aux communications télégraphiques et téléphoniques par la traction monophasée et des moyens qui ont été proposés pour y remédier.
- Puis nous donnerons avec un peu de détails quelques renseignements sur le problème de la téléphonie sous-marine, et sur les solutions qui peuvent dès maintenant être
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- T. XXI (2e Série). — N° 5.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- adoptées pour établir des communications de quelques centaines de kilomètres, en attendant que les procédés de la téléphonie sans fils aient reçu les perfectionnements qui leur sont nécessaires pour entrer dans le domaine de la pratique.
- La traction monophasée et le téléphone.
- Le problème de la traction électrique sur les longues lignes de chemin de fer paraît avoir trouvé une solution pratique. Le transporta distance de l’énergie, qui s’accommode mal du courant continu, a depuis longtemps engagé les ingénieurs à chercher, dans le courant alternatif seul, un moyen d’alimenter les moteurs de locomotives de grande puissance.
- Le courant triphasé a tout d’abord été mis à l’essai, mais la présence de trois fils de distribution complique la construction des lignes et la prise du courant. Le courant monophasé se présente au contraire avec une simplicité d’installation séduisante. Les essais effectués sont très encourageants et il semble bien que pour le moment un bel avenir soit réservé à ce mode de traction. Mais dès les premières mises en service des nouvelles lignes, de grands troubles se sont manifestés sur les lignes télégraphiques et téléphoniques voisines. De même qu’à l’apparition des tramways électriques à courant continu, les ingénieurs des téléphones se trouvent en présence d’un nouveau problème que leur science doit s’efforcer de résoudre. Il faut que chemins de fer et téléphones vivent en bonne harmonie malgré leur voisinage, car il ne peut être question d'obliger l’une ou l’autre de ces utiles applications de l’électricité à céder le pas à sa rivale. Interdire l’usage des courants monophasés paraît aussi impossible que d’enlever les innombrables fils télégraphiques qui longent les voies ferrées.
- L’Elektrotechnische Zeitschrift du ai novembre dernier publie à ce sujet une étude de M. Marguerre qui est des plus intéressantes. Il s’agit du chemin de fer de Rjukan,
- en Norvège, qui a déjà été décrit dans cette Revue (‘) et qui est destiné à desservir une grande fabrique de salpêtre. Deux lignes sont en service : l’une de 16 kilomètres, l’autre de 3o kilomètres. Elles sont alimentées par du courant à 16 périodes sous 12 ooo volts.
- Avant la mise en service, on pensa à protéger les lignes téléphoniques en les constituant au moyen d’un câble recouvert d’une enveloppe de plomb. La cherté de la construction d’une ligne souterraine fit songer à la possibilité d’une ligne aérienne suspendue à un câble d’acier. On dut y renoncer parce que les constructeurs ne garantissaient pas la durée d’un câble sous plomb, suspendu à une âme d’acier, dans une contrée où les vents sont parfois fort violents. D’ailleurs, il ne semblait pas, au moment des études, qu’il devait résulter de grands inconvénients de l’emploi des lignes aériennes ordinaires. En effet, les troubles causés par les dérivations provenant du sol ne pouvaient atteindre que les lignes à simple fil et seulement celles qui prenaient terre dans le voisinage de l’installation. Pour ces dernières, il suffisait de les doubler. Quant aux lignes à double fil, elles devaient être peu influencées. Tout d’abord les sons de 16 périodes sont peu perceptibles à l’oreille, mais même en admettant la présence d’harmoniques supérieurs, l’équilibre des deux fils de la ligne téléphonique devait en rendre les effets négligeables. D’ailleurs, on avait pris la précaution d’exiger des fournisseurs des alternateurs qu’aucun harmonique ne dépassât 4 % de l’amplitude de l’onde fondamentale.
- Dès la mise en service, des troubles se manifestèrent non seulement sur les lignes à simple fil, mais aussi sur les lignes à double fil. Quand aucune locomotive n’était en marche, on n’enténdait qu’un bruit sourd, mais dès qu’une machine se mettait en raou-
- (*) Lumière Electrique, 28 septembre, 12 octobre et 2 novembre 1912, p. 387, 35 et i3i.
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- 1 ' Février 1913. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE 133
- vement, le bruit devenait plus aigu et augmentait rapidement d’intensité. Il paraissait dépendre assez peu de la vitesse du train, ou de sa position sur la ligne. Il n’empêchait pas d’ailleurs toute conversation. Cependant, quand le temps était humide, il devenait insupportable.
- Pour étudier le phénomène, on prit des relevés à l’oscillographe. A vide, on put reconnaître sur la courbe de tension la présence d’un cinquième et d’un septième harmonique, et surtout un harmonique provenant dès encoches qui étaientau nombre dei8 par pôle. L’amplitude était de 2 à' 3% et la fréquence de 56o périodes doubles à la seconde.
- Quand une locomotive était en marche, ces harmoniques prenaient une amplitude beaucoup plus grande, jusqu’à iy % de l’amplitude de la période fondamentale. Leur valeur ne paraissait d’ailleurs que très peu affectée par la vitesse.
- Des oscillogrammes pris sur les lignes téléphoniques donnèrent des résultats identiques, et il fut ainsi établi que la cause des troubles constatés résidait uniquement dans les générati’ices. Faisant ensuite débiter une génératrice sur une simple résistance ohmique, une résistance liquide, par exemple, on constata que les dentelures dues aux harmoniques n’étaient pas plus accentuées sur les courbes du courant que sur celles de tension à vide. Si, au contraire, on faisait débiter une machine sur une résistance inductive, on constatait une augmentation considérable des dentelures, et encore plus marquée si la machine débitait sur la ligne.
- M. Marguerre montre qu’il doit bien en être ainsi : à vide il y a deux sortes de pulsations qui interfèrent entre elles et qui sont dues à ce qu’un pôle n’embrasse jamais un nombre égal de dents et d’encoches ; en charge, la réaction d’induit est maximum; quand la charge n’est pas inductive, il ne peut se produire d’oscillations. Ces dernières prennent au contraire naissance quand le circuit extérieur est inductif.
- Pour supprimer ces perturbations, on ne peut chercher à les atténuer au moyen de dispositifs placés sur les lignes téléphoniques, car leur fréquence est justement de l’ordre des vibrations téléphoniques. On peut essayer de donner aux lignes téléphoniques une symétrie parfaite, en employant des isolateurs pour haute tension et aussi des transformateurs; mais il est bien difficile d’éviter tous les défauts d’isolements et en particulier ceux qui proviennent de causes accidentelles, comme le voisinage d’une branche d’arbre, etc.
- Il a paru, au contraire, possible de disposer aux bornes des machines un circuit résonnant ayant pour période celle des perturbations à supprimer ; on peut espérer ainsi que la ligne d’énergie sera court-circui-tée pour les courants de cette fréquence, et que ces derniers ne pourront s’y manifester. Il convient d’ailleurs de remarquer que, pour la constitution du circuit résonnant, la self-induction de la machine n’intervient pas, puisque la tension correspondante doit être nulle aux bornes. Après quelques essais, on adopta une capacité de 0,2 microfarad et une self de o,4o henry, ce qui correspond à une fréquence de 568. Les oscillogrammes montrèrent que les dentelures avaient été considérablement diminuées quand les génératrices débitaient sur la ligne, et l’expérience confirma que les bruits dans les téléphones avaient été réduits d’une |façon très sensible.
- En résumé, l’étude de M. Marguerre, en dehors de toute considération théorique, établit au moyen des oscillogrammes que l’origine d’harmoniques de même ordre que les sons de la voix humaine provient des génératrices, que l’amplitude de ces harmoniques est considérablement augmentée lors du débit des machines sur des circuits inductifs, et qu’enfin on peut, au moyen d’un shunt placé aux bornes des machines et en résonance sur la fréquence de ces harmoniques, en atténuer considérablement la valeur, et en
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- envisagées poiu* faire diminuer sensiblement les effets nuisibles sur les lignes téléphoniques.
- Cette question prend pour le moment une grande importance, On a constaté aussi en France des troubles très sérieux au voisinage des lignes de traction monophasée, dans les Alpes-Maritimes en particulier, le long du tramway de la Vésubie alimenté sous 66oo volts à 28 périodes. Il en a été de même aux essais effectués par la Compagnie P. L. M. sur la ligne de Cannes à Grasse et par le Midi sur celle de Perpignan à Ville-franche. Dans une communication à la Société des Electriciens du mois de juin 1912, M. Girousse a exposé la nature des perturbations qui ont été constatées sur les fils voisins de la ligne de traction. Les unes sont dues aux dérivations provenant des prises de terre, les autres d’un effet d’induction . électromagnétique. Ce dernier rend impossible le fonctionnement des lignes à simple fil. Les lignes à double fil, fréquemment croisées, son t à l’abri des effets d’induction, tant que l’isplement des lignes est satisfaisant. Elles deviennent impraticables dès qu’un défaut se déclare.
- En dehors des effets électx’omagnétiques, on constate des effets électrostatiques qui peuvent présenter un certain danger. Le circuit Nice-Saint-Martin de la Vésubie qui est à une distance moyenne de 4 kilomètres de la ligne de traction, est porté au potentiel d’environ 80 volts ; celui de la Compagnie des chemins de fer du Sud qui est sur les mômes appuis que le fil de trolley est porté à 1 2po volts. Les lignes influencées, portées à ces hautes tensions, deviennent aussi dangereuses que des lignes d’énergie, plus dangereuses même, car rien n’avertit qu’elles ne doivent plus être considérées comme inoffensives.
- . Pour les lignes à double fil, il parait relativement facile de les protéger. Des croisements anti-inducteurs fréquents, des isolateurs à grande ligne de fuite paraissent
- devoir suffire pour permettre l’échange régur lier des transmissions télégraphiques ou téléphoniques. L’effet des charges électrostatiques pourra être éliminé par des bobines à self convenablement calculée, en dérivation sur la ligne et permettant à ces charges de s’écouler au sol ; pour les postes téléphoniques, leur liaison avec les lignes pourra se faire au moyen de transformateurs à haut isolement. Les lignes elles-mêmes devront être considérées comme des lignes à haute, tension, au point de vue des mesures de sécurité à prendre dans leur voisinage et les ouvriers devront avoir soin de les mettre en, communication avec le sol, quand ils auront à travailler sur elles.
- Pour les lignes à simple fil,M. Girousse a trouvé le moyen d’assurer leur fonctionnement régulier, malgré les courants intenses qui les parcourent, et dont la fréquence,, égale à celle des courants de traction, fait vibrer d’une façon continue les armatures des récepteurs. Nous rappellerons que son procédé consiste à prendre des récepteurs à deux em-roulements égaux, l’un étant monté en série avec une self et une capacité, l’autre avec une résistance. Les deux enroulements sont montés en différentiel; le courant alternatif s’y partage en deux courants égaux de même phase, et qui par ^conséquent s’annulent;,le courant continu ne passe qu’à travers un enroulement et fait fonctionner précepteur. Ce dispositif a donné en service de bons résul-. tats, et des appareils de ce modèle sont actuellement en usage dans les Alpes-Maritimes
- En somme, il semble bien que le problème soit tout près de recevoir une solution satisfaisante. Les lignes à courant faible peuvent être mises à l’abri de perturbations. La génération du courant monophasé peut, d’autre part, être améliorée par l’emploi de shunts résonnants. Mais on peut encore faire mieux. Le shunt résonnant ne supprime que les harmoniques supérieurs, ceux qui sont gênants pour la téléphonie. Mais on ne peut éviter l’induction causée par la période fondamen-,
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- taie elle-même, qui cause des troubles fort importants sur les appareils télégraphiques. Ces troubles se manifestent surtout quand la ligne débite, c’est-à-dire quand les trains circulent. Comme, d’autre part, ils sont proportionnels à la longueur du parallélisme entre fils de trolley et lignes télégraphiques, il semble qu’un bon moyen de les atténuer consisterait, ainsi que l’a fait déjà remarquer M. Girousse, à sectionner la ligne de traction
- en plusieurs tronçons, de longueur réduite, qui seraient alimentés chacun séparément. De cette façon les parties agissantes du fil du trolley seraient beaucoup plus courtes. L’emploi de ce procédé paraît a priori devoir être très efficace, et il n’est pas à douter que les Compagnies de traction consentiront à en faire l’essai.
- (A suivre.)
- Devaux Ciiarbonnel.
- ÉTUDE SUR LA CONSTRUCTION DES TRANSFORMATEURS STATIQUES
- Au point de vue de la construction, on peut diviser les transformateurs statiques en deux classes :
- i° Transformateurs à sec ; a° Transformateurs immergés dans l’huile.
- Ces appareils peuvent être à refroidissement naturel ou à refroidissement forcé : par ventilation pour le type à sec, par circulation d’eau ou d’huile pour le type immergé.
- Au point de vue du courant alternatif qu’ils transforment, on peut diviser les transformateurs en deux groupes principaux :
- i° Transformateurs monophasés transformant le courant monophasé en courant triphasé;
- 2° Transformateurs triphasés transformant le courant triphasé en courant triphasé.
- Les autres transformations, par exemple celles
- de biphasé en biphasé, de triphasé en biphasé s’obtiennent le plus souvent à l’aide de plusieurs transformateurs du premier groupe.
- Fig. 2. — Transformateur monophasé.
- Au fur et à mesure que ces appareils sont de-
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- venus d’un usage plus fréquent, les exigences de l’exploitation des grands réseaux à haute tension ont considérablement augmenté les difficultés à résoudre pour obtenir une fabrication rationnelle. La Société « l’Eclairage Electrique » a bien voulu nous communiquer de nombreux rem seignements sur la construction de ces transformateurs (fig. i et 2); nous sommes heureux de le résumer ici.
- I. — Transformateurs monophasés.
- Les transformateurs normaux de « l’Eclairage Electrique » sont du type dit à colonne (fig. 3) par opposition au type dit à manteau (fig. /j).
- Fig. 3 et 4.
- Leur circuit magnétique est formé par des tôles d’acier, collées entre elles avec de la gomme-laque, fortement serrées et assemblées avec le minimum de boulons par des flasques en fonte.
- Les transformateurs monophasés sont composés de deux noyaux réunis dans le bas par une culasse d’une section plus forte que celle des noyaux et faisant corps avec eux. La partie supc-
- Fig, 5. — Noyaux de transformateurs.
- rieure est ouverte pour permettre d’introduire les bobines de cuivre qui constituent les enroulements. Le circuit magnétique est fermé par un tampon de tôles (fig. 5) colléesàlagomme-laquè et
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- de la même qualité que la tôle du noyau; ce tampon a deux côtés, arrondis en arc de cercle, d’un rayon très légèrement supérieur au rayon de l’ouverture ménagée dans les noyaux (fig. 6); l’élasticité des tôles permet néanmoins de le mettre en place ou de l’enlever assez aisément, tout en assurant au joint un contact excellent.
- CED
- Fig. 6.
- Les avantages de cette construction sont les suivants :
- i° Une grande facilité donnée à l’exploitant pour le démontage de son transformateur. Dans beaucoup de cas, l’électricien de l’exploitant pourra réparer lui-même son transformateur sur place, grâce à des bobines de rechange, et la réparation pourra se faire en quelques heures.
- 20 L’étanchéité du joint permet de réduire au minimum l’intensité d’aimantation due au flux qui traverse l’entrefer.
- Cette particularité a son importance dans les' grands réseaux qui emploient pour leur distribution de nombreux transformateurs d’éclairage. Ces derniers travaillent à vide une grande partie de la journée et créent ainsi un courant déwatté dans l’alternateur, courant d’autant plus important que. l’intensité d’aimantation de chaque transformateur est plus élevée. Le cos <pdu réseau se trouve abaissé de ce fait et il produit une dépense supplémentaire d’excitation. Pour diminuer autant que possible l’intensité du courant magnétisant, les transformateurs en question ont une section de culasse plus forte d’environ 20 % que la section des noyaux. Il s’ensuit une diminution de l’induction dans cette portion du circuit magnétique, ce qui diminue à la fois le courant magnétisant et les pertes à vide.
- Pertes à vide. — La question des pertes à vide a été depuis longtemps la grosse préoccupation des constructeurs; il est très important, en effet, pour les besoins de l’exploitation, de n’employer que des transformateurs ayant des pertes très réduites à vide, quand l’électricité est produite par des moteurs thermiques.
- Parmitous les appareils électriques industriels, le transformateur est le seul qui doive travailler à toutes les charges et même à vide pendant une
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- Induction:
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- grande partie de la journée. Donc, le rendement | n’est pas le rendement tel qu’on le considère
- 5.000
- 10.000
- TS.000 .
- iO 50 60 70
- FoTce magnéto-motrice
- Fig. 8. - -
- qui intéresse le plus dans un transformateur, ce | pour un moteur ou un alternateur, mais un ren-
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- dement journalier -5— —, P étant l’intégrale de
- la courbe de puissance fournie pendant une journée de fonctionnement normal, et p étant l’intégrale de la courbe des pertes en watts pendant la même durée de fonctionnement. Ce rendement est une fonction du rendement à pleine charge et des pertes à vide; il sera d’autant meilleur que le premier de ces facteurs sera plus élevé et le second plus faible.
- Les pertes totales d’un transformateur sont de deux sortes :
- i° Les pertes par hystérésis et courants de Foucault dans le fer ;
- 20 Les pertes dans le cuivre.
- Pour une dimension donnée d’appareil et une qualité donnée de tôles, il est toujours possiblede réduire les pertes dans le fer dans une certaine proportion, si l’on emploie une induction faible. Mais cela conduit à une augmentation des pertes dans le cuivre et le rendement global se trouve généralement diminué.
- Aussi cherche-t-on à réduire les pertes à vide (qui sont exclusivement les pertes dans le fer) sans réduire l’induction. On obtient ce résultat en agissant sur les propriétés mêmes de la tôle qui constitue les noyaux et la culasse. Les sociétés métallurgiques qui fournissent la matière première ont été ainsi amenées à étudier les tôles à base de silicium, lesquelles ont une grande résistance électrique — ce qui réduit les courants de Foucault — et un coefficient d’hystérésis très faible ; par exemple :
- Résistivité en microhms-centimètres. 60 Coefficient d’hystérésis........... o,oo85
- suite on est obligé d’augmenter le nombre des spires et par conséquent la section du cuivre, sous peine de modifier la perte due à l’effet Joule. La puissance de l’appareil est donc diminuée, ou bien, à puissance égale, il y a une augmentation de prix. 11 peut très bien se faire que la dépense supplémentaire de premier établissement ne compense pas le bénéfice qui résulte de la diminution des pertes dans le fer ; c’est le cas, par exemple, des transformateurs élévateurs placés dans une usine hydraulique fonctionnant sans réservoir accumulateur;, c’est aussi le cas des
- 0 '/4- 2/4. 4- S/4-
- (1) --—Transformâteur àfortespertesàvrde
- (n)-----— —id—.— à faibl es pertes â vide
- Fig. 9- *
- La figure 7 montre les pertes en watts par centimètre cube pour des inductions de 5 000 à 10000 gauss et des fréquences 5o, 42 ou 25. La figure 8 donne la valeur de la force magnéto-motrice pour des inductions de o à i5ooo gauss. Ces deux figures s’appliquent à des tôles de qualité « extra-supérieure ». Celles-ci ne sont pas sujettes au vieillissement; elles conservent en quelque sorte indéfiniment leurs qualités de perméabilité et de faible dépense spécifique.
- L’emploi d’excellentes tôles permet donc de construire des transformateurs ayant des pertes à videvtrèsfaibles. Mais si l’on veutréduire au minimum les pertes dans le fer, il faut ne faire travailler cés tôles qu’à une induction faible, et par
- transformateurs travaillant toujours au voisinage de leur pleine charge. Aussi est-il rationnel de construire deux types distincts de transformateurs, les uns à faibles pertes à vide, les autres à fortes pertes à vide. Les courbes (fig. 9) permettent de se rendre compte des rendements en fonction de la charge pour deux transformateurs triphasés immergés, l’un (I) de 100 kilovolt-ampères, l’autre (II) de 91 kilovoltampères, à
- i 5
- 15 000 volts et 5o périodes par seconde, de - à- de
- 4 4
- la charge normale. Les pertes à vide du transformateur (I) sont de 1000 watts, celles du transformateur (II) de 738 watts seulement.
- [A suivre.) .1. Reyval.
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- Nouveau mode de construction de condensateurs à air.— H. Scheringet R. Schmidt. —
- Elektrotechnische Zeitschrift, 26 décembre 1912.
- On connaît l’importance des mesures de capacité au point de vue de la technique des courants alternatifs. L’une des meilleures méthodes de mesure des capacités est la méthode absolue de Maxwell-Thomson. On sait que dans cette méthode la mesure de la capacité se ramène à une mesure de temps et de résistance, ce qui dispense de l’emploi d’une capacité de comparaison. Toutefois, cette méthode ne convient rigoureusement qu’à la mesure des capacités dont le diélectrique est l’air ou un autre gaz. Pour les autres capacités, dont le diélectrique est solide ou liquide, le phénomène de la perte d’énergie intervient plus ou moins ; la valeur de la capacité elle-même peut dépendre, dans une large mesure, de la nature du courant et de la fréquence. Par suite, il devrait être de règle de mesurer la capacité des conducteurs à l’aide d’un courant de même nature que celui qui doit les traverser au régime normal. Dans le plus grand nombre des cas, on recourra aux me’sui-es en courant alternatif.
- La mesure des capacités au moyen du courant alternatif peut être faite d’une manière très simple, par comparaison avec un condensateur-étalon, au moyen d’un pont de Wheatstone (fig. t). r3 et rt sont des résistances non inductives, Ci est le con-
- densateur à mesurer, r2 une résistance montée en série avee le condensateur de comparaison C2, sans perte d’énergie. V est l'appareil de zéro, c’est-à-dire pour les faibles fréquences, un galvanomètre non amorti, pour les fréquences plus élevées, un téléphone. Les conditions d’équilibre du pont se
- déduisent de la relation d’égalité entre les rapports des résistances
- wC2
- où p est une résistance virtuelle qu’on suppose montée en série avec G, pour représenter la perte d’énergie ; ai est la pulsation du courant.
- En séparant les termes réels des termes imaginaires, on obtient les relations :
- Une cause d’erreurs provient de la capacité et de la self-induction des résistances /-3 et j\, quand les deux branches du pont sont inégales; c’est pourquoi
- Fig. 2.
- il convient de rendre le pont symétrique, c’est-à-dire de donner la même grandeur à ces deux résistances. De la relation (1) on déduit alors C2— Cette méthode exige donc des capacités de comparaison variables.
- C’est pour réaliser ces capacités variables, que
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- les auteurs ont construit un jeu de condensateurs à air, dont les unités représentent respectivement o,oo5, 0,002 et 2 X o,ooi microfarad; en outre, pour le réglage des valeurs intermédiaires, on a prévu un condensateur tournant, d’une capacité raaxiina de o;ooï microfarad. Ces condensateurs peuvent être groupés à volonté, ce qui permet d’obtenir une valeur quelconque de la capacité jusqu’à o,oii microfarad. La particularité de construction de ces condensateurs consiste dans ce fait qu’on peut les monter facilement en parallèle en les posant les uns sur les autres; la capacité totale des condensateurs ainsi associes est égale à la somme des capacités respectives de chacun d’eux ; il n’y a pas lieu de tenir compte, comme avec les autres types de condensateurs, de la capacité des fils auxiliaires de connexion; un dispositif spécial permet de régler exactement la capacité des condensateurs à une valeur précise.
- Les appareils sont du type à plateaux, la distance entre les plateaux étant' de 2 millimètres. Le principe général adopté pour leur construction est celui qu’à déjà employé M. Giebe (’). Les plateaux sont répartis en deux groupes ; les plateaux de chaque groupe sont supportés par quatre colonnes et reliés les uns aux autres par des pièces métalliques intermédiaires, de sorte qu’il suffit d’isoler l’un de l’autre les deux ensembles constitués par chaque groupe ; les colonnes et les pièces intermédiaires de l’un des groupes traversent les plateaux de l’autre à travers des trous de dimensions convenables.
- L’isolement des deux groupes de plateaux est constitué par quatre colonnettes d’ambre jaune, les-quélles se trouvent respectivement entre les deux anneaux supérieurs et entre l’anneau inférieur et le socle.
- Afin de permettre de donner à la capacité une valeur quelconque, le premier plateau est muni de deux ouvertures en forme de segments ; au-dessus de ce plateau est fixé un second plateau tournant muni d’ouvertures analogues. En faisant tourner le second plateau, on peut donc augmenter ou réduire la surface active du premier plateau. Dans la méthode du pont de Maxwell-Thomson, la capacité peut être ajustée avec une exactitude de 1 à 2 dix-millièmes près.
- Nous avons dit que la mise en parallèle de plusieurs éléments de ce type pouvait s’effectuer d’une manière très simple, en posant ceux-ci les.uns au-
- (’) Zeitschrift fur lnstriimenlenkunde, tome xxiv 1909, p. 276.
- dessus des autres. A cet effet, à l’un des groupes de plateaux est fixé .une pointe de contact centrale à ressort, dont l’extrémité est en platine ; cette pointe, entourée d’un espace d’air isolant, fait saillie sous l’appareil ; lorsqu’on pose les éléments les uns au-dessus des autres, elle pénètre, par une ouverture ménagée dans le couvercle, à l’intérieur du condensateur placé au-dessus et elle vient faire pression sur une plaque de contact, qui est également reliée au groupe isolé de plateaux. Pour les connexions des fils extérieurs, on a prévu un dispositif spécial constitué par un fil isolé, dont la capacité est limitée par un tube qui l’entoure.
- Le condensateur tournant, qui complète l’ensemble des appareils employés par les auteurs, se compose également de deux groupes de plateaux ; le premier groupe fixe est isolé; le second groupe tournant est relié au bâti de l’appareil ; les deux groupes sont constitués par des plateaux semi-circulaires. L’isolement est analogue à celui des condensateurs décrits plus haut. Le réglage de précision s’opère à l’aide d’une roue dentée calée sur l’axe du groupe tournant et engrenant avec une autre roue dentée, que l’on peut faire tournera l’aide d’un petit volant. Ce condensateur tournant est pourvu d’un socle permettant de le relier au socle qui supporte les condensateurs superposés du premier type.
- M. K.
- Le développement de l’industrie électrique en Espagne. — L'Electrotechnische Zeitschrift du 5 décembre 1912 donne, d’après un rapport de M. VOn Scheven, Secrétaire, de légation, les renseignements suivants sur le développement de ^'industrie électrique en Espagne et en particulier en Catalogne, depuis 1900.
- En 1903, M. Blumenthal avait essayé de donner une statistique des centrales espagnoles et de leurs puissances. Comme les centrales espagnoles, par crainte des impôts, 11e donnent pas volontiers des renseignements, un tel travail est extrêmement difficile. Il y avait à cette époque en Espagne 2480 installations électriques d’une puissance totale de 420000 chevaux, dont 1 36o centrales et 1 120 installations chez des particuliers ou dans des fabriques. L’augmentation du nombre des installations, notamment des grandes centrales hydrauliques, a été très rapide depuis quelques années.
- Avant la guerre américaine, l’Espagne vivait de ses colonies (encore aujourd’hui on estime que l’Amé-
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- l-r Février 1913.
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- rique lui envoie annuellement ioo millions de francs); après la guerre, elle a été réduite à ses propres ressources et à son industrie. Le pays a peu de charbon, des moyens de communication défectueux, occasionnant des dépenses de transport considérables; mais il y a une quantité de forces hydrauliques petites et grandes. A l’exception de la province de Catalogne, il n’y avait presque pas d’industrie, et le peu qui existait n’avait plus le débouché des colonies. Il n'y avait donc pas de clients pour de grandes fournitures d’énergie, et du reste le problème des grands transports d’énergie n’était pas encore résolu. On fit de petites installations, souvent de 10 à 20 kilowatts, pour l’éclairage des villes et villages; celles-ci donnèrent, dès le commencement, de beaux intérêts. Encouragé par ce succès, l’on installa de tous les côtés des centrales concurrentes, car il ne manque nulle part des forces hydrauliques suffisantes, de sorte que l’on voit maintenant des villes de 3 ooo à 4 ooo habitants qui ont 5 centrales. Naturellement aucune de ces installations ne rapporte actuellement quelque chose.
- Le pays, qui en somme est très riche, s’est relevé de la perte de ses colonies. Le besoin de lumière y augmente comme partout, et les grandes villes ont besoin de grandes quantités d’énergie.
- La centrale de YIlidroeléctrica Ibérica, construite en 1900 par les ateliers Siemens-Schuckert, où la tension est de 3o ooo volts, a fait école, et de tous les côtés on construit des usines de plus en plus puissantes et on installe des transports d’énergie à des distances croissantes. M. Juan Urutia, un ingénieur très entreprenant, est le créateur.d’un grand nombre d’entreprises Ilidroeléctrica ; malheureusement il manque encore de financiers d’une telle envergure.
- L’industrie a également installé de grandes usines de force (Papelera, Espanola, Rio Tinto, Sierra Morena), de sorte que ces dernières années, le nombre, et encore plus la puissance des installations, a beaucoup augmenté. L’importation de matériel électrique en Espagne le montre bien ; d’après la statistique, en 1910, on en a importé pour une somme de 167 millions de francs, et les importations augmentent toujours.
- 11 y a peu de sociétés de construction, car les matières premières manquent dans le pays et les maisons étrangères peuvent leur faire concurrence, malgré des droits de douane élevés. La plus grande part des importations provient de l’Allemagne, puis de la Suisse, de l’Angleterre et de la France.
- La société d’électricité espagnole la plus impor-
- tante est la Industriel eléctrica* Barcelona qui est actuellement alliée aux ateliers Siemens-Schuckert; puis vient Planas Plaquer et C'° (conslructiones mecanicas y eléctricas) qui est unie à la Société Westinghouse anglaise. Les autres sociétés sont peu importantes; tout au plus pourrait-on citer encore Vivo Tori es y (P.
- Les fabriques de câbles ont eu plus de succès et l’importation de ceux-ci a à peu près cessé. La plus importante de ces fabriques n’est pas espagnole, car elle appartient à la Société italienne Pirelli et porte le même nom. L’autre fabrique, la Compania de cables eléctricos,travaille aussi d’une manière satisfaisante.
- Les fabriques de lampes à incandescence, en particulier la Fâbrica espanola de lâmparas Z donnent de bons résultats, mais ne sont pas encore arrivées à supprimer l’importation des lampes (2 millions de francs en 1910).
- Il n’y a qu’une fabrique de crayons de charbon, la Compania fabril de carbones eléctricos, qui malgré le tarif de douane élevé de 1 franc le kilogramme, n’a pas pu encore faire de bonnes affaires:
- 11 n’y a que quelques ateliers s’occupant de la fabrication des compteurs et autre matériel.
- M, von Scheven donne, les renseignements suivants sur les principales installations de distribution d’énergie ; ces renseignements n’ont aucune prétention à une exactitude absolue et ne comprennent pas les installations particulières.
- Ilidroeléctrica Ibera. — Installation totale
- 12 5oo chevaux; utilise 3 chutes d’eau et dessert les districts de San Sébastian, Vitoria, Miranda, Bilbao. Cette société existe depuis 9 ans environ, distribue 5 % d’intérêts, sans faire d’amortissements, ainsi que cela est du reste l’usage en Espagne. A Bilbao, celte société dessert une série de laminoirs qui ont des moteurs d’une puissance atteignant 3 ooo chevaux.
- Ilidroeléctrica espanola, environ 25 ooo chevaux; cette société dessert Madrid o.ù il y existe quelques centrales à vapeur. *
- Puerzas motrices del Gâllego y teledindmicas. — Ces deux usines sont alimentées par des chutes situées à 3o kilomètres environ de Saragosse, d’une puissance d’environ 8000 chevaux; elles envoient l’énergie à cette ville, appartiennent à la Société « Eléctricas reunidas» qui possède aussi deux centrales à vapeur. Capital-obligations et actions : 10 800 ooo francs. Dividendes 5 % .
- Electra de Viesco {centrales eléctricas), trans-
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- porte environ 4 ooo chevaux à la ville de Santan-der, distante de 3o kilomètres, et à des mines voisines. Ne donne pas encore de dividende.
- llidroeléclrica del Guadiarra, utilise une chute d’environ 4 000 chevaux à i5o kilomètres de Séville. Le capital engagé, qui est de 5 à 6 millions de francs, ne rapportera pendant longtemps encore aucun intérêt.
- Hidroeléctrica del Chomco, environ 4 000 chevaux ; dessert depuis 7 ans environ Malaga. Il n’y a pas à compter actuellement sur une rentabilité.
- Compania anônima Mengemor, en tout environ 3 5oo chevaux qui sont transportés dans le district minier de Linans-Carolina. Cette société bien administrée a payé jusqu’ici 6 % d’intérêt; son capital est de 3 millions de francs.
- Sociedad valenciana de eléctricidad, fournit de l’électricité à une partie de la ville de Valence.
- Il y a en outre deux sociétés allemandes, la « Siemens de Malaga » et la Compania sevillana de eléctricidad, qui font partie du' consortium de l’All-gemeine Elektrizitüts Gesellschafl.
- Les tramways installés dans les principales villes sont pour la plus grande partie entre les mains de sociétés belges, dont la plus importante est la Société financière de transports et d'entreprises industrielles.
- Il y a également un chemin de fer électrique à courant alternatif simple de Pampelune à San-güesa, avec embranchement sur Aioz.
- Les circonstances paraissent très favorables pour la création de nouvelles installations et l’agrandissement de celles existantes.
- Il y a encore beaucoup de chutes à aménager et les mines et l’industrie ont besoin encore de beaucoup d’énergie. On ne doit pas s’attendre à la construction de nouveaux chemins de fer électriques et l’électrification des grandes lignes existantes est encore lointaine. Le pays qui compte 17 millions d’habitants a une population trop peu dense pour que des lignes d’intérêt local et des tramways deviennent rentables. Il y aura un bel avenir dans l’emploi cle l’électricité pour les irrigations.
- Dans l’énumération des installations électriques, il n’a pas encore été parlé de celle de la province de Catalogne, où s’est concentrée toute l’industrie espagnole, à l’exception de celle des mines, qui se trouve naturellement là où il y a du minerai. M. von Sche-ven donne les renseignements suivants :
- Toutes les sociétés de constructions mentionnées ci-après sont installées dans la Catalogne.
- La plus grande installation électrique de Barcelone est celle de la- Compania barcelonesa de eléctricidad qui a été fondée vers la fin de 1895, avec une puissance de 60 000 chevaux, 1 285 kilomètres de câbles et un capital de 5o millions de francs. La société qui vient après est la « Central catalana de eléctricidad » avec 8 600 chevaux et un capital de 14 à 16 millions de francs.
- Il y a en outre deux petites usines pour lumière et énergie motrice. L’une, de 1 a5o chevaux, à la «sociedad del Tibidabo, au capital de i,5 million de francs; l’autre à la « sociedad Badia y Mane on comandita» au capital de 400 000' francs. Les intérêts distribués par ces deux sociétés sont de 5 % . La première reçoit une partie du courant qu’elle distribué delà « sociedad barcelonesa » et dans un avenir prochain elle en recevra la totalité;] la deuxième société fera bientôt de même.
- Il yaà Barcelone 5 entreprises de tramways électriques. La société anonyme «Los tramvias de Bar-celona », possède les lignes principales de la ville et quelques lignes extérieures; le développementde son réseau est de 64 kilomètres ; la « Compania general de tramvias » a également un réseau de 64 kilomètres de longueur et dessert les faubourgs du Sud,de l’Ouest et du Nord ; la « Sociedad delos tramvias deBar-celona d San Andrés y extensiones » a un réseau de 54 kilomètres ; la « Sociedad del Tibidabo » déjà mentionnée exploite la ligne qui va au Tibidabo, avec 5,5 kilomètres de voie ordinaire et 1,2 kilomètre de funiculaire ; la « Sociedad la Rabassada », exploite une ligne de 7 kilomètres partant de San Gervasio. L’ensemble du capital de ces 5 sociétés est d’environ 60 millions de francs.
- Prochainement l’industrie électrique de la Catalogne subira une grande transformation ; jusqu’ici les grandes centrales de ce pays étaient à vapeur et il vient de se créer trois sociétés pour l’exploitation de chutes dans les Pyrénées et le transport de l’énergie dans la Catalogne. On parle d’une puissance totale de 400 000 à 5oo 000 chevaux; on commencera d’abord par aménager des chutes d’une puissance totale de 100000 chevaux.
- En tête de ces trois sociétés vient le groupe canadien du Dr Pearson qui a acheté des chutes d’une puissance de 200000 chevaux; il a commencé des aménagements qui doivent être terminés en 1914) mais qui dureront certainement quelques années de plus. Les projets de ce groupe exigent pour être réalisés un capital de 125 millions de francs qui seront souscrits en France et en Belgique.
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- 1er Février 1913.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- La seconde de ces entreprises est celle de la Compagnie générale d’électricité de Paris et de la Schweizerische Gesellschaft fi'ir die Electrische Industrie de Baie, qui appartient au groupement Siemens Schuckert et porte le nom de « energia Eléctrica de Cataluna » au capital provisoire de io millions de francs.
- La troisième entreprise est celle de « Ilidroeléc-tricade Cataluna » qui a été créée par la « Central catalana de électricidad » déjà mentionnée ; on parle d’une puissance de 120 ooô à 200 000 chevaux. Les travaux préparatoires sont commencés.
- Les villes industrielles situées autour de Barcelone sont ktoutes desservies par la « Compania bar-celonesa de eléctricidad » qui a acquis les deux centrales importantes de Tarrasa ét de Matarô.
- Sabadell n’a qu’une petite installation, qui plus tard sera prise par la « Iiidroeléctrica »; la «Compania barcelonesa » y construit une sous-station de 5 000 chevaux, qui fournira aussi du courant à Tarrasa. Il existe depuis quelques années à Sabadell une fabrique de machines électriques, celle de Fretne, Agazzi et Uie, mais celle-ci ne travaille que pour les environs.
- Matarô et les autres villes du littoral sont desservies par la « Barcelonesa ».
- Manresa, ainsi que Màrtorell, Igulada et les autres petites villes du district industriel de Llobre-gat, ont toutes une station centrale, ou sont desservies par celles d’autres localités. Les fabriques installées à proximité du Lloliregat ont toutes des installations hydrauliques, qui la plupart ont été faites par des maisons allemandes.
- Quelques autres villes industrielles, telles que Granollers, par exemple, qui n’avaient aucune installation électrique, sont actuellement desservies par la « Barcelonesa ».
- Dans les trois autres provinces de la Catalogne, il y a également beaucoup d’installations électriques, mais toutes de peu d’importance, si on en excepte la Société El Ter qui possède dans la Guillerias les chutes du Ter, d’une puissance de 100 000 chevaux, qu’elle est en train d’aménager.
- Les capitales Gerona, Lerida et Tarragone, des trois provinces qui portent les mêmes noms, ont des installations électriques, qui n’ont, au point de vue industriel, qu’une importance locale. Les nombreuses fabriques de la province de Gerona qui utilisent les chutes du Ter, du Freser, etc., ont des installations électriques; quelques-unes fournissent de l'énergie électrique pour l’éclairage des petitos
- villes voisines. Il y a en outre dans cette province la Hidroeléctrica delFreser qui a acheté les deux « Sal-tos del Sastre » d’une puissance totale de 2Ûoo chevaux et a aménagé une de ces chutes. Les dépenses pour les travaux hydrauliques de ces installations ont dépassé de beaucoup les prévisions, de sorte que, jusqu’à présentai est probable qu’elles ne sont d’aucun rapport.
- La province de Lerida n’a pour ainsi dire aucune industrie; l’agriculture, qui y est prépondérante, a fait jusqu’ici peu usage de l’énergie électrique.
- A Tarragone la Société Gasàmetro tarraconense exploite une petite centrale électrique de 100 chevaux. Reus, avec son industrie ancienne, mais qui va toujours en diminuant, a des installations peu importantes; une seule est à citer, c’est celle de l’usine électrochimique de Flix, qui utilisait une chute de 3 000 chevaux de l’Ebre, pour la fabrication du chlorure de chaux et d’autres produits chimiques. Le capital fourni par dés sociétés allemandes était à l’origine de 4 millions de francs, mais il a dû être réduit plus tard, car on a encore là, comme dans toutes les installations hydrauliques, dépassé de beaucoup les prévisions. On a aménagé la chute pour 5 000 chevaux, et la société, au capital réduit de 2 millions de francs, fait très bien ses affaires et paie un intérêt de 8 % .
- F. L.
- Prix de revient de Fèlectrolyse des chlorures alcalins. — Eugelhardt. — Chemiker Zei-tung, vol. 35, n0,3 64 et 65 et Metallurgical and Chemical Engineering, vol. X, n° 10.
- En dehors de la fabrication électrolytique des chlorates, il existe deux groupes principaux de procédés industriels pour l’éleclrolyse des chlorures :
- a) Production directe d’ht/pochlorite à l'état de solutions.
- Les produits de l’électrolyse, chlore et alcali caustique, sont directement combinés dans l’électrolyseur lui-même sous forme de liqueur décolorante (hypo-chlorite). Il n’y a, par conséquent, qu’un seul produit final obtenu. Un tel procédé ne convient que dans les usines qui utilisent elles-mêmes des solutions d’hypochlorite.
- Gomme on emploie dans ce cas des solutions non saturées, et que la température est maintenue assez
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- basse [sffriOn il ÿ aurait produôtion de"chlorate), la consommation d’énergie est relativement élevée. De plus, comme le rendement électrique diminue quand augmente le titre en chlore actif de la solution, il est impossible de décomposer tout le chlorure, dont une partie est ainsi perdue. c-.I ci. ..*
- D’un autre côté, ces installationsont l’avantage de nécessiter très peu de surveillance et de pouvoir fonctionner avec un nombre quelconque d’appareils mis en série suivant le voltage :que L’on à à .sâ disposition. Pour cette raison,lés éjectrolyseùrs peuvent être branchés sur des dynamos Servant àun: autre usage : par exemple les >dyoamos qüï serventTà nuit à l’éclairage peuvent êtrè employées-pendant.lè jour, pour l’électrolyse. Gètte manière -d’opérer convient spécialement pour les fabriques de: coton: et poürles blanchisseries, où l’on n’a besoin ’d’hypochlorite qu’en quantité relativement faible. Les éleclroly-seurs ne fonctionnant que le jour, fournissent assèz de chloré pour ces industriesdà, étant donné surtout que pour le coton on réalise une économie sensible de chlore actif par l’emploi de solutions d’hypochlorite, à la place de chlorure de chaux en poudre. : r,
- Mais dans les industries de.la toile, du papier, de là pâte a papier, où l’on à besoin d’hypochlorite en quantités plus considérables, il y a lieu en ^général d’affecter à l’électrolyse une dynamo spéciale qui, marchant jour et nuit, peut être d’une puissance moitié moindre. De plus, comme dans ce cas on ne réalise pas une grande économie de chlore actif par l’emploi de solutions d’hypochlorite'à la place de chlorure de chaux, on a besoin en somme de 'quantités' plus considérables d’hypochlorite.
- b) 'Production simultanée 'de -chlore et' d'alcali - " caustique.
- L’our obtenir séparément le chlore et l’alcali caustique il existe trois types différents d’appareils :
- i° Electrolyseurs à diaphragme: on obtient du chlore gazeux et une solution d’alcali caustique Contenant- du - chloruré non décomposé qui ne peut être enlevé complètement qu’assez difficilement par Un traitement ultérieur.
- a0 Electrolyseurs à cloche : on obtient également du chlore gazeux et généralement une solution: alcaline contenant du chlorure. : ;
- 3° Electrolyseurs à cathode de mercure : . on obtient du chloré et une solution alcaline sanschlo-rure.
- T. XXI (2? Série).: 5.
- ! Dans tous cès procédés Utilisés pour la production simultanée de chlore et d’alcali, on emploie un électrolyte chaud et concentré. De la solution caustique obtenue il est possible, dans.les deux premiers procédés, diaphragme et cloche, de récupérer le chlorure non décomposé, ce qui n’est pas possible dans le'pr'o-cédé à mercure. La dépense d’énergie est par suite i moindre, et l’utilisation du chlorure plus complète | que dans les procédés à production directe d’hypo-. chlorite. ;
- Cet article ayant-pour but de comparer les différents procédés d’éleetrolyse au point de vue cotn-; mercial, -les: procédés . à diaphragme et à cloche ; peuvent être groupés ensemble, tandis que la situation; peut etre quelque peu différente, suivant les conditions, pour le procédé à mercure, Ce dernier donne un alcali sans sel, tel qu’on l’emploie pour certains usagés, par exemple,pour la fabrication des métaux alcalins sodium et potassium ; on peut donc, dans certains cas, ne pas tenir compte de son prix de revient plus élevé; il exige un capital plus considérable et la consommation d’énergie y est plus grande, en raison des voltages plus élevés.
- Les trois procédés sont employés sur une grande échelle commerciale, pour la production du chlore et des alcalis. Pour les. usines utilisant chez elles pour leurs propres usages le chlore et l’alcali j .le procédé’ à -; diaphragme : .est; .Celui: qui ; se .-recommande . comme étantde plus simple et d’un; établissement le : moins délicat;- De ; telles;usines peuvent: procéder de , deùx;manières3différen'tes;: i-.i) Elles n'ont pas besoin d’alcali pour leurs usages personnels et n ont pas 'de facilité po ur., le cendre. Dans ce cas elles peuvent'combiner le.chlore et l-’alc'alirem dehors de la cellulë électrolytiquc et produire ainsi de rhypochlorite. Au point de vue commercial cette manière d’opérer a, sur la production directe de l’hypochloritè dans l’électrOlyseur, l’avantage d’une meilleure utilisation du. chlorure de sodium et d’une moindre dépense d’énergie .(due à unsrende-mént en ampères plus élevé, à voltage, plus’bas).
- . il) Elles peuvent'utiliser, elles-mêmes leur, alcali, i ou le vendre avantageusement.: Dans.ce cas: il est - préférable, au point: dé YÙejCommèrcial, de combiner : le chlore gazeux,' non pas à-la soude ou potasse caustique, mais à là chaux à l’état de lait de chaux, et de former du chlorure de chaux.' ' ;; ;;;
- - Les insfâllâtions ayant pour but la vente dm chlore et des alcalis.ne peuvent êjre .envisagées qu’avec des puissances relativement grandes, car, dans le but de réduire les frais.généraux, les appareils doivent être
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- corïstruits pour de forts courants, eten nombre assez élevé. De plus, comme ils doivent fonctionner coh-’tinuéllement, jour et nuit, ils exigent leurs machines propres et des bâtiments spéciaux, ce qui fait qu’il ne serait pas economique de les monter sur .de faibles puissances. • •: - : . r : n r.
- : Le coût de l’ënergie'est d!une importance fondamentale pour l’électrolyse des chlorures, car l’énergie est le principal facteur du prix de revient. Nous lui donnerons deux valeurs extrêmes : un minimum.de. o,oa5 franc, correspondantaux installations hydrauliques, et un maximum de 0,0625 franc le kilowattheure, correspondantaux installations où l’électricité est produite parla vapeur.
- En nous basant sur la discussion ci-dessus, nous grouperons les différents cas à envisager de la manière suivante :
- ’ nous déduirons la valeur deLl’alcali caustique du coût ‘ total de l’opération, et la différence nous donnefa le prix de revient de la liqueur de blanchiment. Gomme industriellemeut q’est le chlorure de sodium qui est , le plus souvent employé,, les différents calculs comparatifs seront établisayec lexhlorure de sodium. En outre il serait inexact d’attribuer toujours la même valeur aux prix d’achat ou de vente du chlorure de sodium, du chlorure de chaux, de la soude caustique, attendu que les petits producteurs ne peuvent obtenir des prix aussi avantageux que les grands. • , .
- I. Fabrication directe de l’hydochlorite .
- PAR LES USINES CONSOMMATRICES.
- 1
- . On utilise dans l’industrie les trois éleetrolyseurs suivants, qui diffèrent seulement par la matièreem-ploÿée pour les électrodes :
- I. — Production directe de Vhypochlorite en solution par les usines consommatrices.
- Ia
- II
- ! Petites installations, (industrie cotonnière) fonctionnant le jou'r seulement. On .suppose que l’emploi de l’électrolyse réalise Unè économie de chlore actif de 36 %, par rapport à l’emploi de chlorure de chaux en poudre.
- !. . Installations plus importantes (toile, papiers) fonctionnant jour et nuit. On suppose que l’emploi de l’électrolyse réalise une économie de chlore actif de 3o %, par rapport
- à l’emploi de chlorure de chaux en poudre. ' ,
- • ; -• 1 ; • < -• . a: . ' r; • • ; r c PJf ^ r i..
- — Production simulta,née de chlore et d’alcali.
- O
- ,i . L’usine productrice est en même temps consommatrice.
- in
- 2. Fabrication sur une grande %K échelle du chlore et de Palcali en vue de la vente de ces deux produits. ' .'iB
- {Avec recombinaison du chlore et, de l’alcali sous forme de solution d’hypochlo-rite. Opération continue, jour et nuit.
- / Avec production de Chlorure de chaux en ) solution et utilisation indépendante ou ) vente de l’alcali produit. Opération con-f tinue,- jour et nuit.-
- | Procédé à diaphragme avec production ' d’alcali caustique contenant du chlorure non { décomposé. Marche continue-, jour et nuit. ( . Procédé à mercure, avec production ' d’alcali caustique sans chlorure. Marche [ continue, jour et nuit.
- Pour arrriver à une comparaison satisfaisante de ces différents procédés, il faut .faire attention à ce fait, que, dans la fabrication simultanée du chlore et de l’alcali; ceâ deux produits étant obtenus à partir de là, même matière première, il n’est pas possible de ré- • partir d’une façon définie le coût total de l'opération entre les deux corps finalement obtenus. D’autre part, dans les usines à hypochlorite, il n’est fabriqué qu’un seul produit. Pour cette raison, quand nous étudierons les procédés dé fabrication de chlore et d’alcali,
- a) Siemens et Halske et Ivellner, les deux électrodes sont en platine.
- b) Schuckert, une électrode en charbon, l’autre en
- platinei ...... ,
- c) Haas et Stàhl, les deux électrodes en charbon'. ' -
- Les calculs suivants sont établis pour le procédé Siemens et llalske et Dr. Ivellner, avec lequel fauteur est le plus familiarisé;
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- T. XXI (2? Série).—N“ 5.
- Production d'hypochlorite dans l'usine consommatrice. Petites installations de l’industrie coton-nière. Electrolyseur ne fonctionnant que le jour. Hypothèses. L’électrolyscur utilisé une puissance de 120 ampères X i io volts = 13,2 kilowatts pendant io heures par jour. Production : 22,2 kilogrammes de chlore actif par jour, 3oo jours de marche par an. Prix du chlorure de chaux rendu à l’usine : 14,37 francs les ioo kilogrammes. Prix du chlorure de sodium : 18,75 francs la tonne.
- Économie de chlore actif, due à l’emploi de l’élec-trolyse, au lieu de l’emploi de chlorure de chaux : 3o % [ par suite 25 kilogrammes de chlore actif à l’état de Na O Cl correspondent à 100 kilogrammes environ de chlorure de chaux à 35 % Cl J.
- paraison les avantages techniques bien connus des solutions d’hypochlorite ont été laissés de côté, ne pouvant être rendus pardes chiffres. De plus le cours vraiment très élevé du platine doit entrer en considération.
- On n’a pas tenu compte dans le calcul ci-dessus des frais de main-d’œuvre, qui sont les mêmes dans les deux cas, de l’électrolyse d’une part, et de la préparation des solutions de blanchiment à partir du chlorure de chaux, d’autre part.
- Production d’hypochlorite dans l’usine consommatrice. Grandes installations de i'industrie du papier. Marche de nuit et de jour.
- Frais de ier établissement : Platine, électrodes..................................Fr. 6 750
- Accessoires (électrolyseurs, pompes, etc)........ .Fr. 5 750
- Fr............................. 12 5oo
- Frais de fabrication par an.
- Coût du kilowatt-heure, o fr. 025 o fr. 0625
- Energie : i3,2 X 10 X 30o = 3g 600 kilowatts-heures..................
- NaCl : 170 X 3oo = 5i tonnes à 18 fr. 75.............................
- 4 % entretien et amortissement du platine...........................
- 10 % entretien et amortissement des accessoires......................
- 5 % intérêts sur les accessoires....................................
- En supposant 3o % d’économie de Cl actif, la totalité de liqueur de blanchiment produite par an équivaut à 26 700 kilogrammes de chlorure de chaux. Le coût de l’équivalent d’une tonne de chlorure de chaux est donc :
- 99° 00 2 475 00
- 956 25 956 25
- 270 00 27O OO
- 575 00 57.5 OO
- 287 5o 287 5o
- GO C ÎT 75 4 563 75
- 115 25 I7O 90
- Si pour de petites quantités de (chlorure de chaux on suppose que la tonne soit achetée à 143,75 francs, l’économie réalisée par l’emploi de l’électrolyse est de 28,5o francs par tonne, si le kilowatt-heure coûte 0,025 franc, et la perte de 27,15 francs, si le kilowatt-heure coûte 0,0625 franc ; il n’y a ni perte, ni économie pour un prix de vente de 0,04375 franc.
- Il faut remarquer toutefois que dans cette com-
- Hypothèses. L’électrolyse utilise une puissance de tio v. X 600 a. = 66 kw; 23 h. de marche par jour, 254 kg de Cl actif par jour, 3oo jours de marche par an. Prix du chlorure de chaux rendu à l’usine : i3,i25 francs les iootkg. — Prix du chlorure de sodium: 18,75 francslatonne.Economie.de chlore actif: 10 % (par suite 3o kg. de Cl actif à l’état de Na 0 Cl équivalent à 100 kg. de chlorure de chaux à 35 % Cl;.
- Frais de ior établissement : Platine, électrodes...............................Fr. 33 750 00
- Accessoires (électrolyseurs, pompes, etc).........Fr. 25 000 00
- Fr
- Frais annuels de fabrication.
- Energie: 66 X J3 X 3oo =455 400 kilowatts-heures..................
- NaCl : 1 900 X 3oo = 570 tonnes à 18 fr. 75.......................
- 6 % amortissement et entretien du platine........................
- 10 % amortissement et entretien des accessoires...................
- 5 % intérêts sur les accessoires..................................
- En supposant 10 % d’économie de chlore actif, la totalité de liqueur de blanchiment produite par an équivaut à 255 tonnes de chlorure de chaux. Le coût de l’équivalent d’une tonne de chlorure de chaux est donc..............................................................
- ........... 58 750 00
- Goût du kilowatt-heure.
- 0 fr. 025 0 : fr. 0625
- 11 385 OO 28 462 5o
- 10 687 5o IO 687 5o
- 2 02?r 00 2 025 00
- 2 5oo 00 2 5oo 00
- i- 2 5o 00 1 25o 00
- 27 c-* •c 00 5o 44 925 00
- io9 i5 176 i5
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- Pour de telles installations on peut acheter le chlorure de chaux à i3i,25 francs la tonne. Suivant le prix de l’énergie on réalise donc un gain de 22,10
- Frais de ior établissement ; Eleclrolyseurs.. .
- Economie de chlore actif : 10% (par suite 337 kg. de Cl actif à l’état de Na O Cl équivalent à 1.100 kg. de chlorure de chaux).
- Bâtiments, fondations, réservoirs en béton........Fr.
- Frais annuels de fabrication.
- NaCl : 35o tonnes à 18 fr. 75.
- 10 8 9i 3 9i
- amortissement sur 5oo 000 francs.
- amortissement
- En supposant 10 % d’économie de chlorure actif la totalité de liqueur de blanchiment produite par an équivaut à 366 tonnes de chlorure de chaux. Le coût de l’équivalent de i tonne de chlorure de chaux est donc....................................................................
- .Fr. 35 000 OO
- .Fr. 1 625 OO
- .Fr. 7 8i*ji 5o
- .Fr. 4 562 5o
- 5o 000 00
- 1, . , .Fr. 37 5oo 00
- Coût du kilowatt-heure.
- O fr. 025 0 fr. 0625
- i3 600 00 34 OOO 00
- 6 562 5o 6 562 5o
- 7 O C Ifi 00 7 5oo 00
- 5 OOO 00 5 OOO 00
- 4 375 00 4 375 00
- I 125 00 I 125 00
- 38 162 f>o 58 562 5o
- 104 a 5 160 OO
- francs par tonne (le kilowatt coûtant 0,020 franc), ou une perte de 44>9o francs (le kilowatt coûtant 0,0625 franc) ou ni perte ni gain si le kilowatt coûte 0,0375 franc. Au sujet des avantages techniques desliqueurs de blanchiment éléctrolytiques, on peut faire les mêmes remarques que ci-dessus.
- IL Fabrication simultanée de chlore et d’alcali
- POUR LES BESOINS DE L’USINE PRODUCTRICE
- Nous n’envisagerons ici que les électrolyseurs à diaphragmes, qui sont d’une construction solide, que l’on peut acheter aisément, et avec lesquels on peut marcher économiquement pour des productions relativement faibles. Un électrolyseur qui a fait ses preuves industrielles sur une grande échelle aussi bien que dans les petites installations, est celui de Billi-ter, mis au point par la Société Siemens et Halske. Les données ci-dessous sont relatives à cet appareil.
- Production de clilore et d'alcali avec recombinaison ultérieure à l'état d’hypochlorite. Marche continue. Usines à papier et à pute à papier.
- Hypothèses. L’électrolyse exige une puissance de 5oo a. X 120 v. = 60 kw. plus 8 kw. pour les accessoires,au total 68 kw; 24 h. de marche par jour, 337 k. de Cl actif à l’état d’hypochlorite. Perte de 10 % de chlore dans l’absorption — 8 000 h. de marche par an — Prix du chlorure de chaux : 131,25 francs la tonne. Chlorure de sodium : 18,75 francs la tonne.
- En supposant le prix du chlorure de chaux comme précédemment de i3i,25 francs la tonne, on réalise suivant le prix de l’énergie, un gain de 27 francs (le kilowatt coûtant 0,025), une perte de 28,75 francs (le kilowatt coûtant 0,0625 franc) ou ni perte ni gain si le kilowatt coûte o,o4a5 franc.
- Dans ce calcul, ainsi que dans les calculs suivants, on a laissé de côté les frais de licence, car il n’est pas possible de les évaluer d’une façon générale.
- Production de chlore et, d'alcali, avec production de chlorure de chaux en solution, et utilisation indépendante de la soude caustique. Marche continue. Usines à papier.
- Hypothèses. L’électrolyse exige une puissance de 5oo a. X iao v. = 60 kw. -j- 12 kw, pour divers, au total 72 kw. ; 24 h. de marche par jour, 337 k. de chlore actif dans la liqueur décolorante (en supposant une perte de 10 % clans l’absorption) — 8 000 h. de marche par an. — Prix du chlorure de chaux : i3i,25 francs — Prix duNaCl : 18,75 francs,'du CaO: 25,oo francs la tonne— Charbon : (évaporant 7 fois son poids d’eau) : 22,5o francs la tonne s’il est acheté par petites quantités. — La soude caustique est comptée à 17,5o francs les cent kilosde Na OU, à l’état de solution à 35° Baume, étant donné les frais élevés de vente pour de telles installations, relativement petites. Il n’y a pas d’économie de Cl actif. [Par suite 337 k. de Cl actif en solution de CaO-2 GP équivalent à 1 000 k. de chlorure de chaux ].
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- LA LUMIÈRE ÉLÉCTRIQUE
- T. XXI (2e Série).— N° 5;
- Récupération partielle' du NaCl non décomposé, I montré impraticable l’emploi d’anodes en charbon par l’évaporation. pour ce dernier procédé.
- Frais de ier établissement : Electrolyseurs.................................. Er. 35 ooo oo
- Conducteurs, tableau de couplage..................Fr. 2 6a5 oo
- Installation d’absorption, tuyauterie.............Fr. 7 812 5o
- Installation d’évaporation, réservoirs............Fr. 10 000 00
- Divers............................................Fr. 4 562 5o
- F’r................... 60 000 00
- Bâtiments, fondations, réservoirs en ciment.......Fr. 4° ooo 00
- 100 000 00
- Frais annuels de fabrication.
- Energie: 72 X 800 = 576000 kilowatts-heures
- NaCl : 25o tonnes à 18 fr. 70...............
- CaO: 200 tonnes à 25 francs.................
- Charbon : 166 tonnes à 22 fr. 5o............
- Main-d’œuvre : 6 heures à 1 5oo francs......
- to % amortissement sur 60 000 francs........
- 3 % amortissement sur 40 000 francs.........
- 5 % amortissement sur 100 000 francs........
- Vente de 140 700 kilogrammes de soude.......
- Coût de 333 tonnes de chlorure de chaux.....
- Prix de revient de 1 tonne de chlorure......
- Coût du kilowatt-heure.
- O fr. 025 O fr. 0625
- i4 O O 00 36 OOO 00
- 4 687 5o 4 687 5o
- 5 OOO 00 5 OOO 00
- 3 730 00 3 750 00
- 9 OOO 00 9 OOO 00
- 6 ooo -00 6 OOO 00
- I 200 00 I 200 00
- 5 ooo 00 5 OOO oo
- 49 037 5q 70 637 5o
- 24 625 00 24 625 00
- 24 412 00 46 012 5o
- 73 40 138 23
- Le prix du chlorure de chaux étant toujours supposé égal à 13 i,25 francs, on réalise suivant le prix de l’énergie un gain de 57,85 francs (énergie à 0,025 le kilowatt-heure.) ou une perte de 7 francs (énergie à 0,0625), ou ni perte ni gain, si le prix du kilowattheure est de 0,05870 franc. Comparativement avec les cas précédents, la force peut coûter bien davantage. Cela tient à l’utilisation ou la vente de la soude caustique.
- III. Fabrication simultanée de chlore et d’alcali SUR UNE GRANDE ÉCHELLE, POUR LA VENTE DE CES PRODUITS
- Comme dans ce cas il s’agit de grandes installations, on peut admettre des prix relativement bas pour les matières premières. D’un autre côté, il faut compter sur un prix de vente moindre du chlorure de chaux. Les données suivantes sont relatives au procédé Billiter à diaphragme et au procédé a cathode en mercure et anodes en platine, l’expérience ayant
- Procédé à diaphragme. Grandes installations industrielles.
- Hypothèses. — Puissance : 1 200 kilowatts pour l’élcctrolyse, 3o kilowatts pour les appareils à chlorure de chaux, 3o kilowatts pour l’installation d’évaporation, 20 kilowatts pour les pompes, ventilateurs, etc., 70 kilowatts pour l’éclairage et les divers, soit au total 135o kilowatts. Voltage 3,75 volts, rendement 90 %, 24 heures de marche par jour, 8000 heures par an. Prix de vente du chlorure de chaux en grandes quantités : 100 frames la tonne. Prix de vente de la soude caustique solide à 95 % NaOH : 23,7.5 les 100 kilogrammes, emballage coin pris. Prix d’achat du chlorure de sodium : i5 francs la tonne, de la chaux 22,5o francs la tonne, du charbon 22,5o la tonne.
- Le tableau ci-dessous donne les frais d’installation et de fabrication, conformément à ces hypothèses.
- Procédé a diaphragme. — Procédé Billiter. — Installation de i 35o kilowatts.
- Dépenses de icr établissement : Electrolyseurs................Fr. 625 000
- Conducteurs en cuivre...................... 67 5oo
- Tuyauterie............................... 67 5oo
- x Appareils à chlorure de chaux........... 3i2 5oo
- Evaporateurs............................. 100 000
- Pots à fusion de la soude. ................ 25 000
- Criblage et extinction de la chaux.......... i5 000
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- 1er Février 1913.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 149
- Inst, de purification des eaux, de dissolution
- du sel, de transport des lessives.....
- Grues, appareillage de transports..........
- Atelier de fabrication des emballages......
- Atelier, moteurs, marchandises.............
- Installation de chauffage et éclairage.....
- Bureaux, laboratoire.......................
- Biltiments.................................
- Construction, surveillance, divers.........
- Capital de fabrication.....................
- Total (non compris l'achat des terrains, les voies). Fr. .
- 28 760
- 6 2&0
- 20 OOO
- OC 75<) 1 3o6 25o (A)
- 22 5oo
- 20 OOO 42 5oo (B)
- 437 5oo (C)
- i5i 2 5o (D)
- 187 5oo (K)
- 2 ia5 ooo
- Dépenses d.'exploitation. Coût du kilowatt-heure.
- 0 fr. 025 0 fr. 0625
- a) Energie : io 800 ooo kilowatts-heures.. 270 ooo 675 ooo
- b) Matières premières: 5 5o5 tonnes de sel. 82 575
- 6 086 tonnes de chaux. . . i36 935
- 6 ooo tonnes de charbon.. i35 ooo 355 ooo 355 ooo
- c) Réparations, entretien, Electrodes 70 OOO /
- Diaphragmes 10 ooo [
- Electrolyseurs 6 2ÔO
- Inst. chl. de chaux 21 863 1
- Evaporateurs 10 OOO \
- Fusion 2 5 OOO I
- Bâtiments 8 75o f
- Balance d’approv 21 875 l 175 ooo ,?5 ooo
- d) Main d’œuvre : 58 heures à 1 875 francs. 108 750 l
- 3 contremaîtres à 3 750 francs.. 18 2 5o j 125 ooo 125 ooo
- e) Mat. accès., huile, lubrifiants, courroies. 3o ooo 3o ooo
- f) Emb., sans la main-d’œuvre NaOH 35 ooo i
- Chlorure.... IOO ooo j 135 ooo 135 ooo
- g) Frais généraux : appartements 31 25o (
- Bureaux, laboratoire 15 000 j
- Assurances 12 5oo ( 58 75o 58 750
- h) Amortissement du capital
- Amortissement 142 5oo
- Intérêt 5 % 106 25o GO **? c* hS 00 750
- Total (non compris les frais de licence de brevets). 1 397 5oo 1 802 5o 0
- A déduire 3 56o tonnes de soude p5 % à 23 fr. 75. .. 845 5oo 845 5oo
- Dépenses totales pour 8 600 t. de chlorure de chaux 552 ooo 957 ooo
- Prix de revient de la tonne de chlorure.. . . 63 fr. 5o in fr . 65
- Si, comme nous venons de le dire, le prix de vente du chlorure de chaux est de ioo francs par tonne, on réalise un bénéfice de 36,5o francs si le kilowatt-heure coûte o,oa5 franc, et une perte de ii,65 francs s’il coûte 0,0625 franc, avec un intérêt de 5 % pour la totalité du capital..
- Pour un prix de 0,053^5 franc le kilowatt-heure, il n’y a ni bénéfice, ni perte; le capital rapporte seulement 5 % .
- * ¥
- Procédé à mercure. Grandes installations industrielles.
- Hypothèses. — Puissance : i 6oo kilowatts pour l’électrolyse -|- i5o pour les divers — 1760. Voltage 5 volts. Rendement 90 % , 24 heures par jour, 8000 heures par an. Prix de vente du chlorure: 100 francs, de la soude à 96 % : 25o francs la tonne (ne contenant pas de NaCl), emballage compris. Prix d’achat de NaCl : i5 francs la tonne, de la chaux 22,5o francs, du charbon 22,5o francs. Le tableau suivant donne les frais d’installation et de fabrication, dans ces conditions.
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- 180
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXI (2e Série). — N»
- Phocédé a mercure. — Installation de i 760 kilowatts.
- Dépenses de i'r établissement :
- Electrolyseurs (sans le platine et lemercure)Fr.
- Conducteurs en cuivre.......................
- Tuyauteries.................................
- Appareils à chlorure de chaux...............
- Evaporateurs................................
- Pots à fusion de la soude...................
- Extinction, criblage de la chaux............
- Inst, de purification des eaux, de saturation,
- de transport des lessives..,..............
- Grues et engins de transport................
- Atelier de fabrication des emballages.......
- Ateliers, moteurs, marchandises.............
- Installation de chauffage et éclairage......
- Bureaux, laboratoire........................
- Métaux (métaux et platine)’.................
- Bâtiments...................................
- Construction, surveillance, divers..........
- Capital de roulement........................
- Total (non compris l’achat des terrains, les voies)....
- Dépenses d'exploitation.
- $12 O O
- 67 5oo
- 67 5oo
- 3l2 5 00
- 100 OOO
- - a5 OOO
- 15 OOO
- 45 OOO
- 6 25o
- 20 OOO
- 43 750 1 oi5 OOO (A)
- 22 5oo
- 20 OOO /|2 5oo (B)
- 687 5oo (C)
- 437 5oo (B)
- i3o 000 (E)
- 187 5oo (F)
- 2 5oo OOO
- Coût du kilowatt-heure.
- o fr. oa5 o fr. 0625
- a) Energie : 14 000 000 kilowatts-heures. .
- b) Matières premières: 3 5o5 tonnes de sel. 82 570 1
- 6 086 tonnes de chaux. ... i36 g35 [
- 5 3oo tonnes de charbon.. 119 200 1
- c) Réparation, entretien, métaux............ 27 5oo /
- Electrolyseurs............... 6 a5o l
- Installation chlorure.... 21 875 1
- Installation évaporation. . 10 000 <
- Fusion................... 25 000 1
- Bâtiments.................... 8 7^0 f
- Balance..................... 3<> 750 \
- d) Main-d’œuvre (comme p. 149)......
- e) Matériel accessoire (comme p. 149). ....
- f) Emballage (comme p. 149).............
- g) Frais généraux (comme P..149)........
- h) Arnort. 7 % sur 1 85o 000 fr. (lePtetleHg sontexcluscarils conserventleurs valeurs)
- i) Intérêt 5 % sur 2 5oo 000 francs....
- Total (non compris les frais de licence de brevets).
- A déduire 3 56o t. de soude à g5 % NaOH, à 25o fr. la t. .
- Dépenses totales pour 8690 tonnes de chlorure..........
- Prix de revient de la tonne de chlorure de chaux.. ......
- 35o OOO 875 OOO
- 338 750 338 750
- i3o OOO 13o OOO
- 125 OOO 125 OOO
- 3o OOO 3o 000
- i35 OOO 135 000
- 58 750 58 'jbo
- 13i 25o 13i 25o
- I 25 OOO 125 OOO
- 1 4^3 750 1948 750
- 890 OOO 890 OOO
- 533 750 ' 1 o58 750
- 61 fr . 40 121 fr . 90
- Avec un prix de vente de 100 francs par tonne pour le chlorure, et de 25o francs par tonne pour la soude, en comptant 5 % d’intérêt pour le capital, on réalise par tonne de chlorure 'un bénéfice de 38,60 francs si le kilowatt-heure coûte 0,025 franc ; une perte de 21,90 francs si le kilowatt heure coûte
- Frais d’exploitation....,.................
- Avdéduire 3 56o tonnes de soude à 23 fr, 75
- Prix de revient de la tonne de chlorure. . . .
- 0,0625 franc ; ni perte ni gain si le kilowatt-heure coûte 0,04875 franc.
- Si avec quelques grandes installations de ce genre, la soude caustique ne peut être vendue 25 francs, mais seulement 23,75 francs, les résultats sont modifiés comme suit :
- Coût du kilowatt-heure, o fr. 025 o fr. 0625
- 1 4^3 750 840 5oo
- 578 200 66 fr. 65
- 1 948 750 846 5oo
- I IO? 2JO
- 127 fr. 00
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- .,i" Février 1913. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 151
- Ceci correspond à un bénéfice de 33,35 francs, le kilowatt-heure étant à o,oa5 franc, une perle de 27 fr. le kilowatt-heure étant à 0,0625 franc, ni perte ni gain le kilowatt-heure étant à 0,053^5 (-)-5 % d’intérêt du capital). Il en résulte que le procédé à mercure ne peut rivaliser avec le procédés diaphragme, que si l’énergie est relativement bon marché.
- Les résultats de ces calculs pourraient être résumés dans un diagramme donnant le prix de revient d’une tonne de chlorure de chaux (ou pour les premiers cas de la solution équivalant à 1 tonne de chlorure) en fonction du prix de l’énergie.
- Ce diagramme serait la traduction en courbes du tableau récapitulatif suivant :
- o fr. 025 o fr. 0625
- I-A............ 116 25 170 90
- I- B............. 109 15 176 i5
- II- i-A.......... 104 a5 160 00
- 11-i-B............ 73 40 i38 25
- 11—2—A............ 63 5o in 65
- II-2-B............ 64 4o 121 60.
- II-2-B1........... 66 65 127 00
- Conclusions
- Dans les conditions actuelles du marché en Allemagne, nous pouvons résumer ce qui précède par les conclusions suivantes :
- i° Suivant les différents procédés, le maximum du prix del’énergie compatible avec une marche économique varie de 0,0375 à 0,00625 franc le kilowattheure.
- 20 Dans les petites installations de l’industrie textile, la production directe par l’électrolyse de l’hypochlôrite n’est avantageuse, au point de vue pécuniaire, que si l’on suppose une certaine économie de chlore. Mais même si la production par l’électro-lyse des liqueurs de blanchiment est d’un prix plus élevé que l’emploi du chlorure de chaux en poudre, les autres avantages techniques de l’hypochlorite électrolytique (usure et déchirure moindre des fibres, consommation plus réduite d’acide) justifient néanmoins l’emploi de l’électrolyse.
- 3° Dans l’industrie du papier et de la pâte de bois, aussi bien que dans les installations plus importantes des textiles, il est en général préférable de ne pas produire directement les solutions d’hypochlorite, mais de produire séparément le chlore et la soude, et d’utiliser ou de rendre la soude caustique. Avec des prix peu élevés pour l’énergie, l’électrolyse sur place est plus avantageuse que l’achat du chlorure de chaux.
- 4° Dans la grande industrie chimique, sauf cas spéciaux, le procédé à diaphragme est supérieur au procédé à mercure, au double point de vue des frais de premier établissement et des frais d’exploitation.
- Dans le cas de la construction d’une usine nouvelle, l’emploi du procédé à mercure se justifiera seulement si l’on a un écoulement assuré pour la soude caustique, libre de sel, à un prix de vente élevé, et si l’énergie ne coûte pas trop cher.
- A. C.
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- Dans quelles conditions la déclaration des recettes dans les états statistiques des disti'i-butions d’énergie électrique est-elle obligatoire?
- Lorsque les distributeurs d’énergie électrique reçoivent de l’administration du contrôle les états imprimés sur feuille jaune comprenant une infinité de eolonnes à remplir, ils sont généralement, au premier abord, effrayés du volume produit par toutes ces paperasses. Cette première impression n’est pas de longue durée, car le distributeur se rappelle tout de suite qu’il est en France, sujet français et, comme tel, condamné au luxe de la paperasserie administrative jusqu’à son dernier jour. Après avoir pris à la fois son
- courage à deux bras et sa plume dans la main droite, pour remplir, au besoin par des guillemets, les colonnes vides qui défilent devant lui, il s’aperçoit que sur les 67 colonnes, il y en a beaucoup qui ne présentent pas l’ombre de difficulté : personne ne se compromettra jamais, par exemple, en donnant tous les ans (colonne 22) la hauteur de son barrage qui est inscrite, une fois pour toutes, dans l’arrêté d’autorisation; il n’y a aucun inconvénient à répéter tous les ans que la rivière, sur laquelle l’usine est installée, est navigable, flottable ou autre, et cela peut même être utile à répéter chaque année, car si, par hasard, les employés de l’administration lisaient les états, dont ils sollicitent le retour urgent, ils fini-
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- 152
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXI (2e Série). — Ni 5
- raient au bout de quelques années, par connaître très bien l’hydrographie française.
- En somme, sur les quatre feuilles intitulées : « Renseignements généraux. Production du courant. Réseau général de transport. Distributions publiques exploitées directement par l’entreprise », il n’en est aucune qui puisse faire obstacle à la formalité requise, si ce n’est toutefois celle de la colonne 16 intitulée : « Recettes totales de Ventreprise ».
- Plusieurs distributeurs, installés avant la loi de 1906, ont demandé s’ils étaient tenus de fournir ce renseignement qui leur est désagréable : en effet, d’après l’article 58 du décret du 3 avril 1908, les renseignements peuvent être publiés; cela veut dire que rien n’oblige l’administration à les considérer comme confidentiels; or, dans biën des cas, lè chiffré, toujours brutal d’une recette brute est fait pour donner l’illusion d’une société ou d’une distribution extrêmement prospère, alors que les bénéfices qui, hélas, ne sont qu’une différence entre la recette brute et les frais généraux, ne justifient pas les cris d’envie qui se produisent à la vue d’un chiffre ronflant écrit sur une liste.
- Aussi, bien des industriels ont-ils posé cette question :
- « Sommes-nous tenus, nous, distributeurs an-« teneurs à la loi de 1906j .de faire cette déclara-« tion? A quoi nous exposerions-nous en la refu-a sant? »
- Ils vont trouver ci-dessous leur réponse, et nous croyons que ceux mêmes dont les distributions sont postérieures à la loi de 1906 trouveront aussi quelques renseignements susceptibles de les intéresser.
- I
- La réponse formelle est la suivante : Toute distribution antérieure à 1906 échappe à la nécessité d’une déclaration. Car cette loi, qui est le véritable texte organique des distributions d’énergie électrique en France, contient, dans son article 26, une mention expresse de non-rétroactivité, en déclarant que les permissions et les concessions qui lui sont antérieures, continueront, comme par le passé, à être exécutées en leur forme et teneur.
- Cette déclaration du législateur était même inutile : d'après l’article 2 du Code civil, aucune loi n’a d’effet rétroactif par elle-même. Si donc le rédacteur de la loi de 1906 a cru devoir répéter
- un principe évident, c’est qu’il a voulu mettre les anciens distributeurs à l’abri du trouble qüe causerait l’immixtion des nouveaux règlements dans des distributions qui n’étaient pas faites pour en recevoir l’application. Et, jusqu’à présent, les tribunaux paraissent avoir voulu conserver intacte l’application du principe de la non-rétroactivité. Un concessionnaire, ayant demandé au tribunal civil de Valence de prononcer qu’il serait soumis à de nouveaux tarifs de redevance établis, d’après la loi de 1906, en diminution par comparaison aux tarifs anciens, s’est vu refuser cette application par jugement en date du 6 février 1911.
- Sans doute, on pourrait citer des cas où certaines dispositions de sécurité, exigées en conformité des décrets postérieurs à la loi de 1906, ont été imposées à des permissionnaires ou même à des concessionnaires antérieurs à la loi.
- Mais il ne faut pas conclure à l’existence d’une loi générale par le seul fait de l’application de certains règlements relatifs àlasécurité publique; ces règlements rentrent dans la sphère des textes de police qui, en vertu de l’article 3 du Code civil, s’imposent à tous, dans un intérêt supérieur.
- Et il est certain que les statistiques ne rentrent pas dans cette catégorie ; il est, d’autre part, indiscutable qu’elles ne sont exigées que par des textes postérieurs à la loi de 1906 qui sont les suivants :
- i° L’article 58 du décret du 3 avril 1908, qui est ainsi conçu ; « Tout permissionnaire ou conce.s-« sionnaire doit adresser à l’Ingénieur en chef « du contrôle, chaque année, le i5 avril au plus « tard, des états statistiques conformes aux mo-« dèles qui seront arrêtés par le ministre des « Travaux publics, après avis du Comité d’Elec-« tricité et comprenant les renseignements tech-« niques relatifs à l’année entière, du iet janvier « au 3i décembre. Ces renseignements peuvent « être publiés en tout ou en partie. »
- C’est en vertu de cette délégation que le ministre des Travaux publics a pris sur lui de faire une circulaire à laquelle il a joint les modèles de renseignements demandés, sous forme d’états à colonnes, dont les blancs doivent être remplis.
- Mais il a eu soin de préciser, dans cette circulaire, que la rédaction de ces états ne s’applique pas à toutes les distributions, et nous verrons, plus loin, quelles sont les distributions aux-
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- 4" Février 1913. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 153
- quelles le ministre la déclare imposable.
- a0 L’article 28 du cahier des charges type, rédigé par décret du 17 mai 1908, impose aux Communes de demander à leurs concessionnaires la communication des statistiques.
- Il résulte du simple énoncé de ces deux textes qu’ils ne peuvent pas toucher les distributeurs anciens. 11 serait banal jusqu'à la naïveté de faire remarquer que le second des textes ne peut pas un instant être envisagé; car il est, par hypothèse même, relatif aux seuls cahiers des charges signés postérieurement au décret du 17 mai 1908. Cette mention des statistiques a été une innovation dans le lien contractuel dont les communes ne peuvent aujourd’hui s’affranchir; mais, dans les cahiers antérieurs, cet article n’existant pas, le lien contractuel, en matière de statistique, fait complètement défaut.
- Quant au premier texte (art. 58 du décret du 3 avril), il est conçu en des termes généraux, puisqu’il s’applique non seulement à tout concessionnaire, mais encore à tout permissionnaire, c’est-à-dire à toute personne qui distribue du courant, même sans avoir de lien contractuel avec une autorité concédante.
- Seulement, comme nous l’avons fait observer, la date de ce décret le rend inapplicable aux distributions créées antérieurement à la loi de 1906.
- 11 y a un argument bien plus péremptoire qui nous permet d’aller plus loin.
- Je dis que ces renseignements statistiques, en ce qui concerne le chiffre des recettes, ne sont pas obligatoires à toutes les distributions même postérieures à la loi de 1906.
- Et je n’en veux pour preuve que le texte même de l’article 58 que j’ai cité plus haut.
- Il y est dit que « tout permissionnaire ou concessionnaire doit adresser... des états statistiques conformes aux modèles arrêtés par le ministre... et comprenant les renseignements techniques, etc. ».
- A prendre la lettre de cet article, il faut bien reconnaître que seul le côté technique a été envisagé par son rédacteur, c’est-à-dire le côté relatif à la sécurité et à certaines considérations qui peuvent intéresser les pouvoirs publics : puissance des dynamos, hauteur des barrages, volume d’eau dérivée, etc.
- D’ailleurs, le ministre s’est rendu compte qu’il devait être prudent dans ses exigences
- au sujet des réclamations relatives aux recettes, et il a pris soin lui-même de recommander aux ingénieurs de n’exiger ces déclarations que des personnes qui y sont soumises par d’autres nécessités, même en ce qui concerne les distributions postérieures à la loi de 1906.
- On sait, en effet, que cette loi a laissé subsister deux sortes de distributeurs : d’abord les concessionnaires— c’est-à-dire ceux qui ont passé un contrat avec les Communes — mais, ainsi que nous le disions plus haut, ces distributeurs sont tenus de se soumettre à un cahier des charges type qui lès oblige par son article 28 à la déclaration statistique; ensuite les simples permissionnaires qui, au lieu de redevances de voirie, calculées d’après le nombre de poteaux ou de kilomètres de fils, payent au Trésor un pourcentage de leurs recettes.
- Il tombe sous le sens que si ces permissionnaires ne déclaraient pas leurs recettes, ils éluderaient à tout jamais l’obligation de payer un pourcentage dont le calcul ne peut être fait que si on connaît la somme qui doit lui servir de base.
- C’est pourquoi le ministre — parfaitement d’accord avec les principes exposés plus haut— dit, dans sa circulaire du i5 avril 1912, ce qui suit : « Le chiffre des recettes n’est exigible que « pour toutes les entreprises concédées en vertu « de l’article 28 de leur cahier des charges et « pour les entreprises établies sous le régime de « la permission de voirie, dans le cas où il est « fait application de l’article 3 du décret du « 17 octobre 1907 (redevances proportionnelles « aux recettes brutes). »
- Je ne crois pas que l’on puisse dire quelque chose de plus rigoureusement affirmatif sur les principes.
- Sans doute, dans la phrase qui suit, le ministre exprime le désir d’avoir le plus de renseignements possible. Mais les désirs des ministres, heureusement, ne sont point encore générateurs de droits ou d’obligations.
- Je crois que, d’après ce qui précède, la question est jugée.
- Mais il faut prévoir le cas où un distributeur, sous la poussée d’un maire, serait victime de l’excès de zèle d’un ingénieur du contrôle.
- C’est dans cette hypothèse que je me place pour donner des explications, à la fois pratiques et complémentaires.
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- LA LUM1ÈR;E ÉLECTRIQUE
- T. XXI (2e Série). —N° 5.
- 154
- II
- Toutes les fois que l’on n’obéit pas à un règlement administratif, à quoi s’expose-t-on?
- A l’application de l’article 471, § i5, ainsi conçu : « Seront punis d’une amende, depuis un franc jusqu’à cinq francs inclusivement, ceux qui auront contrevenu aux règlements légalement faits par l’autorité administrative, et ceux qui ne se seront pas conformés aux règlements ou arrêtés publiés par l’autorité municipale, en vertu des articles, etc... »
- Decetextedériventles conséquences suivantes:
- D’abord, au pis aller, c’est une amende de cinq francs, prononcée par le juge de paix, statuant^ comme juge de simple police.
- Mais, il ne faut pas oublier que le mot « légalement » introduit dans l’article fait une obligation au juge de vérifier la légalité de l’arrêté dont l’application lui èst déférée, et, a fortiori, la question de savoir si lè délinquant était soumis à cette application.
- On aurait donc à soutenir de suite l’illégalité d’une poursuite; cette procédure en déclaration d’illégalité ne serait pas faite pour émouvoir le juge et être considérée comme extraordinaire, car, en matière d'électricité, c’est un débat qui est absolument constant.
- De plus, une fois que la condamnation est prononcée, le juge et même l’administration ont épuisé leurs droits. Et la procédure inquisitoriale n’est pas admise...
- On peut considérer l’affaire comme terminée après la condamnation.
- Seulement on peut craindre la récidive qui ordonnerait au juge, si elle était prouvée, d’augmenter la peine; car l’article 474 du Code pénal dit : « La peine d’emprisonnement contre toutes les personnes mentionnées en l’article 471, aura toujours lieu, en cas de récidive, pendant trois jours au plus ».
- Mais il ne peut y avoir récidive, d’après l’article 483, que lorsqu’il a été rendu contre le contrevenant, dans les douze mois précédents, un premier jugement pour contravention de police commis dans le ressort du même tribunal.
- Or, étant données les lenteurs des poursuites et des vérifications/on auraitbien des chances pour que jamais la seconde condamnation ne se trouve dans les mêmes douze mois que la première.
- Tout ceci étant posé, bien entendu, dans l’hypothèse d’une poursuite qui probablement n’aurait jamais lieu.
- Paul Bougault,
- Avocat à la Cour d’appel de Lyon.
- NÉCROLOGIE
- LOUIS SAUTTEll
- M. L. SAUTTEn, ancien élève de l’Ecole Centrale (1846), ancien constructeur de phares et d’appareils électriques, était né à Paris en 1820. Il acquit en i85a l’atelier de l’opticien Soleil, où Fresnel avait fait construire ses premiers phares électriques. Dix ans après, il eut l’idée d’appliquer, pour la première fois, l'éclairage électrique aux phares dans l’installation du cap de la Ilève. C’est lui aussi qui, en 1867, créa le premier projecteur de lumière électrique pour le yacht du Prince Napoléon, la Reine-liortense.
- Après la guerre, associé à M. P. Lemonnier, il commença la construction de la machine de Gramme et réalisa, le premier, l’éclairage des navires et l’éclairage à grande distance à l’aide du nouveau générateur d’électricité. Cette industrie spéciale se développa d’une manière rapide, si bien que l’atelier proprement dit des phares fut bientôt considérablement augmenté pour satisfaire aux besoins de la nouvelle industrie.
- M. Sautter a contribué puissamment au progrès de l’optique industrielle et à la diffusion des applications de l’électricité à l’éclairage des côtes, aussi bien pour la marine de guerre que pour la marine marchande. On sait que les projecteurs électriques sont, en effet, employés maintenant par toutes les
- armées comme par toutes les marines.
- *
- GUSTAVE *IIABERT
- Le 20 janvier dernier est décédé à l’âge de soixante-dix ans, M. Gustave IIauekt, Secrétaire général honoraire de la Compagnie des chemins de fer P. L. M.
- Il débuta en 1862 dans les services du P. L. M., accéda successivement aux divers échelons de l’administration fut nonïmé, en 1887, chef du service du secrétariat et des titres et enfin secrétaire général en 1895. Jusqu’au ier janvier 1912, il remplit cette importante fonction avec beaucoup de compétence, de distinction et d’aménité.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Machines à rainurer les collecteurs.
- On sait que, pour le bon fonctionnement des collecteurs, le mica qui en sépare les lames ne doit ni' faire saillie, ni présenter un creux exagéré : condi-
- Le moteur est d'une puissance d'un huitième de cheval, à courant continu ou à courant alternatif.
- Dans le cas du courant continu, la vitesse'adoptée est de i aoo tours par minute ; le poids, pour 55o volts, est de 5o kilogrammes.
- Fig. i. — Machine à rainurer les collecteurs. Type portatif, en service.
- tions qu’on réalise en « raclant .» ou rainurant avec soin le mica.
- C’est à ce genre de travail que sont destinées les machines décrites ci-dessous.
- Elles sont de deux sortes : portatives ou fixes.
- La machine portative (fig. i) peut aisément se transporter d’une section à une autre de l’usine : on l’applique à l’arbre de l’induit au moyen de colliers à vis. Ainsi montée, elle permet de rainurer complètement les collecteurs en quelques minutes.
- Cette machine est munie de butées réglables, qui limitent le déplacement de la scie et s’opposent à ce qu’elle dépasse la partie du collecteur sur laquelle frottent les balais.
- Un arbre articulé lui permet de pratiquer plusieurs rainures sans déplacer à chaque fois l’induit ou la machine, aussi bien que de rainurer les collecteurs dont les lames ne sont pas rigoureusement parallèles à l’arbre.
- Il n’est pas nécessaire de desserrer les colliers de support de l’appareil, pour pouvoir déplacer facilement à la main la scie d’une rainure à une autre.
- Les colliers jouent le rôle de coussinets, garnis de manière à éviter toute détérioration de l’arbre.
- L’appareil peut être commandé d’une position quelconque, grâce aux joints articulés, soit par çourroie, soit par moteur.
- Dans le cas du courant alternatif, elle est Tde i 8oo tours ; le poids, pour i io volts, est de /,o kilogrammes.
- La machine fixe comporte une base de forme allongée portant à chaque extrémité un palier dont la section supérieure en forme de V permet de supporter l’arbre de l’induit. Un des paliers est réglable à volonté. On voit facilement sur la figure % que les paliers sont munis de rouleaux.
- La machine à rainurer est portée sur un support
- Fig. 2. — Machine à rainurer les collecteurs. Type fixe.
- qu’on peut déplacer verticalement ou angulairement ; ce dernier réglage est particulièrement utile lorsque les barres des collecteurs ne sont pas exactement parallèles à l’arbre, de l’induit. Le poids de la
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXI (2e Série).
- machine à courant continu, 55o volts est de 3oo kilogrammes.
- Le mode de montage de la scie rotative, sur le prolongement de l’arbre au delà d’un palier extérieur, permet de rainurer même les collecteurs à ailettes. Les moteurs fournis sont soit à courant continu, soit à courant alternatif, d’une puissance d’un huitième de cheval, et tournant à la vitesse de i 200 tours.
- En raison de la faible puissance des moteurs, aucun rhéostat de démarrage n’est nécessaire.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Le projet de transformation de la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques s'est précisé de la façon suivante à l’assemblée du 17 janvier. La Société de Mulhouse fait apport à une Société française ayant son siège à Belfort et dénommée Société Alsacienne de Constructions Mécaniques de l’actif immobilier, du fonds de commerce, de l’outillage et mobilier industriel évalués ensemble à 15 millions de francs. Le capital de cette nouvelle Société est fixé à 20 millions dont i5 millions d’actions d'apport et 5 millions d’actions à souscrire en espèces. Les anciens actionnaires auront un droit de préférence à raison d’une action par action ancienne de Mulhouse et jusqu’à concurrence de 4 5oo 000 francs : les 5oo 000 francs restants étant offerts aux collaborateurs et employés de la Société Alsacienne.
- Les 15 millions d’apports sont attribués à la Société de Mulhouse qui réduit son capital de 18 millions à i3 5oo 000 francs et rembourse en conséquence 1 000 francs par titre : la valeur nominale de l’action se trouve ramenée de 4 000 à 3 000 francs. Toutefois les anciens actionnaires auront à leur disposition 4 5oo 000 francs d’actions d’apport qu’ils pourront se répartir à raison d’une action par action possédée et en échange des 1 000 francs qu’on doit leur rembourser. La date de l’inventaire a été fixée au 3o septembre, l’exercice en cours devant avoir ainsi dix-huit mois. Ainsi se trouve réalisée la scission entre deux établissements qui avaient toujours marché de pair depuis quarante-deux ans ; on sait que la politique est une des causes de cet événement qui aura probablement plus de portée administrative qu’industrielle. Les liens qui uniront les deux Sociétés seront aussi serrés et l’une continuera à prêter son concours à l’autre comme par le passé. Pourtant la situation de la Société de Mul-
- house complètement autonome et cessant d’être Française lui assurera des débouchés qui lui étaient fermés quant à présent.
- La dernière Circulaire Renault donne sur l’avancement des lignes de lajCompagnie Lorraine d’Élec-tricité une série de renseignements qui peuvent être utiles aux Sociétés de construction du matériel électrique comme aux industriels en quête de régions favorisées. Toul,le secteur du Toulois, le secteur de Saint-Mihiel sont alimentés par la ligne Laneuve-ville-Gholoy-Void. Le réseau de Meuse et Marne qui doit alimenter la ligne Void-Ligny sera mis en service dès l’achèvement du poste de transformation. Les mines de la Houve et la Brasserie de Vézelise pourront fonctionner incessamment par leur raccordement les unes à la ligne Laneuveville-Chambrey, l’autre à la dérivation Viterne-Vézelise. Le tronçon Laneuveville-Baccarat alimente Lunéville et son secteur, et le secteur de la vallée du llabodeau. Dans les Vosges, Baccarat-Saint-Dié s’achève et les autres sections Saint-Dié à Laveiine, Pouxeux à Dogné-ville, Dognéville à Vincey, Vincey à Vézelise sont en cours de construction. Il paraît que des traités intéressants ont été conclus avec Channes et les industriels de cette ville ; il faut penser qu’à bref délai toutes les filatures de ces régions seront les clients de la Compagnie Lorraine puisque les problèmes les plus variés que soulève la commande électrique des métiers sont maintenant résolus.
- Ce développement de réseau n’est pas en France particulier à l’Est; dans le Sud, nous l’avons vu, la situation est la même ; à Paris et autour de Paris nous assistons à un essor des Compagnies de distribution dont la répercussion sur le cours des titres est telle qu’on se prend à craindre pour l’avenir.
- Cependant les cours du métal ont subi durant cette dernière semaine un recul qu’on attribue à l’augmentation des stocks américains et au désaccord survenu entre les principaux producteurs américains. Le groupe Guggeriheim aurait décidé d’augmenter sa production dans des proportions importantes, prétendant réglementer la production de l’Amalgamated ; le groupe Dodge négocie d’autre part du métal à des prix inférieurs aux cours cotés. De ce fait le Standard'a largement baissé et l’Elec-trolytique, qui est demeuré fort longtemps à un cours variant de 8i livres sterling à 82 livres sterling, a également diminué de façon fort intéressante. Mais les consommateurs, tout en désirant profiter de cette
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- baisse, ne s’engagent encore que modérément. A notre sens, même si là paix s’établit entre les États balkaniques et la Turquie, la consolidation de leur situation financière sera leur première et seule préoccupation ; et ce n’est que peu à peu que se feront l’organisation des territoires occupés par les alliés, comme la réorganisation du matériel de guerre de ces derniers. On n’entrevoit donc pas que la consommation du cuivre soit l’objet d’une poussée exceptionnelle.
- Comme pour confirmer nos indications précédentes, voici qu’on annonce la découverte de gisements importants de charbon dans le Katanga au voisinage du lac Tanganyka. Il s’agirait d’affleurements : sept à huit couches horizontales ayant des épaisseurs variables, dont certaines de a mètres, se présentent à flanc de coteau. Les couches prospectées jusqu’à 20 mètres de profondeur ont laissé voir un charbon superbe. Elles s’étendraient sur un territoire de cent mille hectares ; si elles fournissent un produit de bonne qualité, analogue comme on le dit au charbon extrait des mines de Bulgarie et susceptible de faire du coke métallurgique, l’avenir de la région du Katanga se présente sous les plus beaux auspices : riche en minerais de toutes sortes, riche en combustible, et près d’être atteinte par le chemin de fer, elle possédera tous les éléments d’une prospérité que notre bassin de Briey pourra lui envier, car il ne se trouve point placé de la même manière quant au combustible.
- Le développement des mines de cuivre du Katanga revêt en tous cas un autre aspect. En même temps la Chino Copper fait savoir que ses ingénieurs viennent de découvrir des quantités importantes dans les terrains de la surface, précédemment considérés comme stériles. Le volume total du minerai s’élèverait à 90 millions de tonnes d’une teneur moyenne de i,38 % ; c’est faible, mais si l’exploitation en est rendue facile par la situation du gisement, ce peut être encore intéressant. Bref, s’il y a des perspectives de progression dans la consommation, il y a d’autres perspectives de progression dans la production qui, n’étant plus l’apanage de quelques groupes syndiqués, tendra à la régularisation des cours.
- Notre Ouenza qu’une politique étroite et imprévoyante empêche jusqu’à présent d’exploiter, deviendra-t-il bientôt le siège d’une activité industrielle qui fera la prospérité de la province de Gonstantine ? — Les délégations financières algériennes viennent de s’en occuper à nouveau. Votant le rachat du Bône-
- Guelma et le maintien du contrat du gouvernement général avec la Société d’études de l’Ouenza pour qu’enfin soit mis en valeur le gisement concédé. Dans le voisinage de celui-ci les gisements de phosphate du Zebel-Kouif concédés à la Compagnie des Phosphates de Constantine et les nouveaux gisements récemment découverts du Djebel-Onck et du Djebel-Okba appellent des décisions immédiates en ce qui concerne la transformation des voies d’accès à la mer ; et il faut espérer que le parlement trouvera le moyen d’y consacrer quelques heures.
- M. Neymarck, dans un article sur le placement des capitaux français à l’étranger,[prétend que ceux-ci y sont attirés par l’impossibilité de trouver tous en France un emploi rémunérateur : il semble que la mise en valeur de ces richesses naturelles de notre colonie africaine en retiendrait suffisamment si l’on savait les y inviter.
- Dans sa dernière chronique sur Berlin le correspondant du Moniteur des Intérêts matériels écrit que les valeurs électriques n’ont donné lieu qu’à des échanges limités. Et il ajoute à un point de vue plus général que les villes éprouvent une grande difficulté à se procurer de l’argent et ne peuvent plus continuer dans la voie qu’elles avaient d’abord prise de prendre en propre régie les installations électriques. Elles cherchent donc à s’associer à des entreprises privées qui sont pour l’instant assez circonspectes dans l’usage de leurs capitaux disponibles. De janvier à novembre 1912, 43 sociétés allemandes représentant 291 400 000 marks de capital ont payé 24 760 000 marks de dividende, soit 8,5 % , en augmentation de 0,4 % sur 1911 ; tandis que l’industrie sidérurgique répartissait 9,9 %. Cependant l’industrie électrique trouve dans l’exportation plus de débouchés qu’à l’intérieur du pays : de janvier à novembre inclus,le poids exporté' en doubles quintaux passe de 657 827 en 1907, à 947 647 en 1911, et à x 020 614 en 1912 : ce dernier chiffre correspond en marks à une valeur de 207 890 000 francs.
- Les Forces Motrices jdu Rhône viennent de se rendre acquéreur de chutes d’eau situées entre Figues et Séez, dans la Tarentaise. Ces chutes comporteraient en basses eaux une puissance de 28 000 à 3o 000 chevaux. En été, la puissance disponible dépasserait 70 000 chevaux ; mais ce n’est point là la cote intéressante ; la hauteur de chute est d’environ 800 mètres.
- La Société Franco-Espagnole Energia Eléctrica
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- RA LU3MIKRE ; ÉLECTRIQUE
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- de Cataluna et la Barcelona Traction Light and Power Company viennent de conclure une entente. La Barcelona Traction acquiert environ la moitié des actions de la Société Energia Eléctrica et quelques-uns de ses membres du conseil d’administration entrent dans le conseil d’administration de l’autre Société. On sait que l’objet de ces deux Sociétés d’Electricité consiste dans l’utilisation des forces hydrauliques de la petite et de la grande ban-
- lieue de Barcelone pour la fourniture de l’éclairage électrique à la capitale de la Catalogne. L’Energia Eléctrica de Cataluna est une filiale de la Compagnie générale d’Electricité,de Paris,et la Barcelona Traction qui, il y a deux ans, appartenait encore au groupe de la Deutsche Bank, est actuellement contrôlée par le Syndicat Pearson-Farquhar.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TK&CTION
- Constantine. — Le conseil municipal de Bône a voté l’installation d’une centrale électrique et d’un réseau de tramways communaux selon le projet présenté par M. Jammy; un emprunt de i 200 000 francs est à l’étude pour les frais de premier établissement.
- Doubs. —• Est mis à l’étude un projet de 800 000 fr. établi,par la Compagnie des tramways électriques de Besançon pour la transformation de son matériel, la réfection des voies et la construction de nouvelles lignes. t
- Suisse. — Le grand-conseil du canton de Yaud a voté un projet de décret accordant une subvention de 65z 000 francs, payable en dix annuités, au chemin de fer électrique projeté de Nyon à Morez, par Arzier, Saint-Cergue et la Cure.
- Le chemin de fer, avec son développement de 24*200 kilomètres, devient une ligne internationale par son prolongement français de la Cure à Morez ; il desservira outre les villages du pied du Jura, les centres étrangérs, comme. Arzier et Saint-Cergue, qui se développent d’année en année. Cette ligne est donc appelée à un trafic important en voyageurs et marchandises.
- La concession française prévoit que la ligne ferrée de Nyon à Morez sera exploitée entièrement par la Compagnie suisse, dont le siège est à Nyon.
- La traction sera électrique avec trolley aérien ; la longueur de la ligne sera de 40 kilomètres, soit de Nyon à la Cure 27,200 kilomètres, et de la Cure à Morez 12,800 kilomètres.
- x ÉCLAIRAGE
- Ain. — Le conseil municipal de Cormoranche-sur-
- Saône a décidé de faire installer l’éclairage électrique dans la commune.
- La Société du Gaz a déposé un projet concernant l’installation de l’éclairage électrique à Saint-Laurent-lès-Màcon.
- Le conseil municipal de Corbonod a décidé de faire installer l’éclairage électrique dans la commune et d’entrer en pourparlers avec la Compagnie des Forces du Haut-Rhône.
- Ariège. — La municipalité d’Ax-les-Thermes à reçu de- M. Boutin une demande en concession de l’éclairagé électrique,
- Basses-Alpes. — Le conseil municipal de Sisteron a reçu un projet de concession concernant l’éclairage électrique, présenté par l’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen.
- Cantal. — Il est question de la construction d’une usine sur les bords de la Cère pour l’éclairage électrique de la commune d’Arpajon.
- CÔtes-dU-Nord. — La municipalité de Perros-Guirec a reçu de la Société l’Omnium de Paris des propositions relatives à l’éclairage électriques qui ont été acceptées en principe.
- Côte-d’Or. — M. Rebourg, propriétaire de l’usine électrique de Saint-Seine-sur-Yingeanne, est en pourparlers à l'eU'et de doter le village de Lux de l’électricité (force motrice et éclairage).
- Creuse. —• Il serait question d’établir au lieu-dij « la Mouline » une usine électrique qui fournirait le courant à Sardent et aux communes voisines.
- Drôme. — Le conseil municipal de Taulignan a définitivement approuvé le traité concernant l'installation de l’éclairage électrique.
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- Haute-Garonne. — M. Niclairac a été nommé concessionnaire de l’éclairage électrique de Carbonne.
- Haute-Marne. — La municipalité de Nogent-en-Bassigny vient d’accorder la concession de distribution d’énergie électrique à Mme Rémond, de Roches-sur-Rognon.
- Lot. — Le conseil municipal de Mauroux a donné un avis favorable à une demande de M. Delfargue, ingénieur à Mussidan (Dordogne), tendant à obtenir l’autorisation de construire une usine au barrage d’Argueil.
- Lot-et-Garonne. — Le conseil municipal de Gal-fech a décidé en principe de faire installer l’éclairage électrique dans la commune.
- Nord. — Le conseil municipal de Toufllers a émis un avis favorable à la demande de concession simple de distribution publique d’énergie déposée par l’Energie Electrique du Nord.
- Oise. —Le maire de Noyon'est charg-é de signer déiinitivement le contrat portant concession de la fourniture du courant pour l’éclairage et la force motrice avec la Société d'Eclairage et de Chauffage de Noyon.
- Seine. — La municipalité de Châtenay a été saisie d’une demande de concession de l’éclairage électrique présentée par la Compagnie Georgi. Ce projet a été soumis à la commission d’éclairage.
- La municipalité de Joinville a voté le principe de l'éclairage électrique à accorder à la Société l’Est-Lu-mière.
- La conseil municipal de Gentilly a voté le traité d’électricité proposé par le Secteur de la Rive Gauche.
- L’Est-Lumière a proposé à la commune du Perreux l’installation de l’électricité.
- Le conseil municipal de Charenton a voté l’autorisation de concession demandée par le Secteur de la Rive Gauche.
- Tarn. — La municipalité de Senouillac a traité avec la Compagnie Belfortès pour l’éclairage électrique de Senouillac, Mauriac et le Mas de la Serventié.
- Allemagne. — Aux termes d’un projet présenté à la municipalité de Gassel, l’usine d’électricité de la ville serait transformée en une société anonyme au capital de 6 millions de marks, avec le concours de l’Allgemeine Elektrizitilts-Gesellschaft. En échange de l'apport de ses usines, la ville recevrait trois millions de marks d’actions entièrement libérées, plus 3 millions de marks d’obliga-
- tions 4 1/2 %. L’A, E. G. souscrit sa part du capital en espèces et garantit à la ville pendant les huit premières années un dividende de 5 1/2 %. De plus, la nouvelle Société payerai la ville une redevance annuelle de 200 000 marks.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Vendée. — D'importants travaux commenceront très prochainement àBouin pour l’installation d’un poste de télégraphie sans 111.
- Bornéo. — La « British North Bornéo Company » projette l’établissement de trois grandes stations de télégraphie sans 1 il à Sandakan, Selimpoponet Tessellon. La création d’une station à Lahd Datu, dans la baie de Darvel, sera prise en considération.
- Etats-Unis. — La grande station de T. S. F. de Washington est prèle d’être achevée ; elle doit servir de liaison entre le commandant supérieur de la flotte à Washington et tous les vaisseaux de guerre américains dans un rayon de 3 000 milles. Cette station est établie sur la hauteur d’Arlington ; l’antenne est supportée par deux tours de i35 mètres et une de 180 mètres de hauteur, formée de poutres métalliques en treillis, placées au sommet d’un triangle équilatéral, et reposant par quatre pieds sur une fondation en ciment par l’intermédiaire d’une plaque de marbre de 0,20 mètre d’épaisseur. La station est construite entre deux petites tours ; elle contient dans ses caves la station de force, la salle des machines et le transformateur d’émission; l’appareillage est en sous-sol.
- L’équipement, fait par la National Electric Signalling Company, comprend un moteur à champ tournant de 6 600 volts à 25 périodes, lequel alimente un transformateur à haute tension. Un moteur à gaz sert de réserve. La portée de celte station devra être le jour de 3 000 milles. La réception est disposée suivant le système Fessenden.
- DIVERS
- Les eaux de Fontaine-l’Evêque.
- La Société civile d’Etudes hydrauliques et électriques de la Provence a préparé un important projet de captation des eaux de Fontaine-l’Evêque, lequel intéresse les quatre départements des Bouches-du-Rhône, du Var, de Vaucluse et des Basses-Alpes. Ce projet, appelé projet Rouland, du nom du président de ladite Société, prévoyait, outre les travaux de captation proprement dits et l’établissement des usines nécessaires au relèvement
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- -des eaux-de la source : i° la construction du barrage-de-_Carréjouan ; 2° l’aménagement du lac d’Allos et 3° l’établissement d’un barrage â Gréoux, réclamé par les usagers de la basse Durance et des canaux dérivés.
- Ce troisième point ne saurait plus être l’objet, aujourd’hui, de discussion. La construction du barrage de Gréoux est en effet définitivement résolue par l’Etat.
- Les eaux dc .Fontaine-l’Evêque seraient amenées par une conduite couverte de 58 kilomètres à Pourcieux, d’où elles seraient distribuées par deux branchements, au • Va’r et aux Bouches-du-Rhône. -
- - Le ministre de l’Agriculture, au cours de son voyage d'aont 1912, a promis de faire étudier au plus tôt ce projet par les services compétents.
- " ".La commission de l’hydraulique agricole chargée de ‘cètexamen a demandé à la Société de procéder à des •études complémentaires sur les points suivants : substitution de la dérivation par la gravité à la dérivation par élévation mécanique dés : eaux ; modification de l’état i des dépenses de premier établissement; production des comptes détaillés d’exploitation; changement de la proportion du capital-actions et du capital-obligations; engagements préalables avec les communes intéressées, Mar-1 seille notamment ; diminution de la capacité prévue pour le réservoir de Carréjouan.
- Ces études complémentaires seront poursuivies par l’administration de concert avec la Société d’études.
- O . H < . '
- Loire-Inférieure. —La Chambre de commerce de Nantes est autorisée à emprunter une somme de 200 ooofr. en vue de l’acquisition de trois grues électriques et de la réfection de la canalisation électrique et du slip-way. .
- SOCIÉTÉS
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris.
- Les recettes de la deuxième décade de janvier igi3.se montent à 1 628 5?5 francs contre 1 642 777 francs en 1912, ce qui porte le total des vingt premiers jours de janvier igi3 à 3 281 o58 francs, contre 3 368 314 francs en 1912, soit une diminution de 87 256 francs.
- La Canalisation "Electrique (Etablissements 6. et H. de la Mathe), en liquidation.
- Le délai pour l’échange des actions est prorogé jusqu’au 31 décembre 1913.
- CONSTITUTIONS
- Société d’Entreprises Générales d’Electricité. —
- Constituée le 20 janvier 1913. — Durée : 99 années. —
- Capital : 225 000 francs. — Siège social : 65, boulevard Ornano, Paris. .
- Société Française du Radium. — Constituée le 26 décembre 1912. —• Capital : 9000 000 de francs. — Siège social : 10, place de la Bourse, Paris.
- Société Anonyme des Chemins de fer Basques. —
- Constituée le 18 janvier igi3. — Capital: 9000.0.00 francs.
- — Siège social : 54, boulevard Haussmann, Paris, . v .
- Demoly et Martinot (Appareillage Electrique). —
- Constituée le 9 janvier 1913. — Capital : 3o 000 francs.
- — Siège social : 44j rue Saint-Lazare, Paris.
- Mailles, Raffîn, .Garim et Püpier, (Comptoir Industriel, construction d’usines métallurgiques ou électriques). — Capital : io5 000 francs.— Siège social 20, rue du Coin, Saint-Etienne (Loire). - , ; -
- ADJUDICATIONS
- France
- • L’Administration des chemins de fer de l’État, h Paris, a l’intention d’acquérir 2 5oo connexions électriques pour rails porteurs, 60 mètres de câble en cuivre nu de 200 millimètres carrés de section, et 700 mètres de câble en cuivre nu de 400 millimètres carrés de section.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (ire division), 43; rue de Rome, à Paris (8e), les mardis et vendredis, de i5 à 17 heures, jusqu’au 14 février igi3.
- INFORMATIONS
- Société des Ingénieurs civils de France.
- Dans sa séance du 20 décembre, la Société, réunie en Assemblée générale a procédé à ses élections annuelles :
- Le Président de la Société pour igi3 est de droit M. L. Mercier, vice-président en 1912.
- M. Gall a été élu vice-président, et sera président en 1914.
- Dans la VIe section (industries électriques), ont été nommés :
- Président : M. J. Grosselin.
- Membres : MM. A. Bochet et N. Mazen.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Paris. — imp-umewb levé, 17, rue cassette.
- Le Gérant : J.-D. Noosi.
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- Trente-cinquième année. SAMEDI 8 FÉVRIER.191.3. , Tome XXI (2° série). — tS°,6
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- La
- Électrique
- SOMMAIRE
- . EDITORIAL. ......................... 161
- Télégraphie et Téléphonie
- Devaux Charbonnel. — Télégraphie et Téléphonie [suite)........................ 164
- Constructions de machines
- J. Reyval. — Etude sur la construction des transformateurs statiques [fin)....... 169
- Extraits de publications
- Sur l’emploi de résistances de chrome métallique pour le chauffage électrique, par
- O. Deny-Henault....................... 174
- La démonstration de l'amortissement des vibrations au moyen de l’oscillographe,
- par J. Hermann........................ 170
- Dispositif de ventilation pour génératrices de grandes puissances, par K. Weltzl. . 178
- Nouveau dispositif d’interrupteur automatique, par YV. Burstyn .. . .. 1’.. .. ... 179
- Variétés.
- La réforme des Écoles techniqueasupérieures
- en Autriche, par J. Brégeat............. 180
- Quelques considérations sur la traction électrique des chemins de fer métropolitains. i83 Emploi de l’électricité pour l’amélioration du rendement agricole de la terre............ i85
- Brevets.
- Moteur alternatif à collecteur à vitesse ré-
- glable ............................. 186
- Chronique Industrielle et Financière.
- Etudes Economiques...................... 188
- Renseignements Commerciaux................' 196’
- Adj udications.......................i.. 191
- EDIT 0,RJAL
- Continuant son élude de Télégraphie et de Téléphonie, M. Devaux Charbonnel entre aujourd’hui dans des détails techniques peu connus relatifs à la téléphonie sous-marine. Alors qu’en 1909,1a mise en service d’un câble sous-marin de 80 kilomètres de longueur (Paris-Londres) offrait encore les difficultés les plus sérieuses pour les communications téléphoniques, il est possible à Pheure actuelle de correspondre à 600 kilomètres entre des villes séparées par la mer. Ces chiffres sont assez éloquents par eux-mcmes, pour qu’il soit inutile d’insister sur l’importance des progrès réalisés dans ces dernières années en matière de téléphonie sous-marine. Sans doute, on est loin encore de pouvoir téléphoner comme on peut télégraphier; il existe des câbles de 6000 ki-
- lomètres de longueur et les relais-permettent d’ac.croître encore la distance^ laquelle la communication est possible., ;
- L'infériorité de..la ; téléphonie sur.la télégraphie tient, à deux causes principales,; i° la mise enjeu par le transmetteur, téléphonique, d’une énergie d’un ordre de grandeur infime ; 20 la dissipation delà majeure partie de cette énergie par les phénomènes de propagation; du courant sur la ligne. C?est seulement, comme ,l’a fait remarquer autrefois M. Devaux Charbonnel, grâce à la merveilleuse.sensibilité du récepteur que la téléphonie à distance est réalisable. Dans son exposé d’aujourd’hui, notre collaborateur démontre la possibilité,; au. point .de, vue électrique, d’employer des lignes à simple fil pour la téléphonie
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- sous-marine, en mer profonde, ce qui présente un très grand avantagé, puisque aucun câble à plusieurs conducteurs n’a pu jusqu’ici être posé dans des fonds moyens (i 5oo mètres).
- M. Reyval aborde la seconde partie de son étude sur la construction des transformateurs statiques. Il décrit des dispositifs bien compris d’enroulement haute et basse tension et il signale le rôle de galettes protectrices qui, dans le type qu’il considère, renforcent notablement la valeur de l’isolement des fils aux bornes d’entrée des transformateurs.
- C’est là, en effet, le point faible de ce genre d’appareils. Quand on étudie les phénomènes de propagation des ondes électriques dans les conducteurs, on a coutume d’assimiler l’enroulement d’un transformateur à un conducteur de grande longueur, présentant de la self-induction, de la capacité et de la résistance distribuées de façon uniforme. Si la considération de l’isolement du transformateur par rapport à la terre doit être prise en sérieuse considération, puisque, en pratique, la tension atteint momentanément, au moment de la mise en circuit sur le réseau, une valeur égale à huit fois celle de la tension de régime, il y a dans le transformateur une cause de danger beaucoup plus grande, inhérente à la forme même de cet appareil, et provenant de son enroulement. L’onde qui pénètre dans les bobines est de forme rectangulaire, de sorte qu’il règne à un moment donné entre deux points voisins la totalité de Ronde de charge. Si l’isolement n’a pas été calculé pour une tension aussi élevée, une étincelle va percer l’enroulement, et le courant de régime arrivant à son tour, le transformateur a des spires en court-circuit et se trouve mis hors d’usage. De tels accidents peuvent théoriquement se produire en un point quelconque de l’enroulement, mais, en fait, ils sont surtout localisés au voisinage des bornes d’entrée. Cela tient à ce que dans l’enroulement l’amortissement des ondes est particulièrement marqué ; dès qu’elles entrent dans le transformateur, les ondes commencent à s’affaiblir et l’amortissement augmente très vite par suite des courants tourbillonnaires et de l’hystérésis, de sorte que les harmoniques subissent un amortissement d’autant plus énergique qu’ils sont de rang plus élevé; il s’ensuit un arrondissement des angles de l’onde originaire-
- ment rectangulaire, et la répartition de la totalité de la tension des ondes a lieu sur une partie de l’enroulement d’autant plus longue que l’onde a pénétré plus profondément.
- M. Reyval passe ensuite aux divers modes de couplage des transformateurs triphasés. Il termine par quelques détails de construction concernant les parties auxiliaires des transformateurs immergés.
- L’emploi des résistances de chrome métallique granulaire pour le chauffage électrique a fait ces jours derniers l’objet d’une communication de M. O. Dony Ilena’ult à l’Académie des Sciences. L’emploi du chrome comme substance chauffante pour les fours électriques à résistances^métalliques, où le courant agit selon la loi de Joule, aurait le grand avantage d’éviter l’usage dispendieux du platine dans les fours de ce genre, et de permettre qu’on atteigne des températures voisines de 2 0oo°, alors que le platine, ne peut sans danger être chauffé au delà de i 6oo°. Malheureusement, on n’a pu jusqu’ici employer le chrome à cause de son peu de malléabilité et de ductilité. M. Dony Ilénault a eu l’idée très ingénieuse de se servir du chrome, non pas en cherchant à fabriquer des lames ou des fils de ce métal, mais enl’emplbyant sous forme de poudre granuleuse. Il est à espérer que l’auteur franchira bientôt l’étape qui sépare le laboratoire de l’usine, et que l’électrométallurgie pourra utiliser industriellement la méthode générale de chauffage électrique imaginée par l’auteur, qui s’applique non seulement au chrome, mais également à d’autres métaux réfractaires.
- Un grand nombre de réactions électrothermiques sont actuellement passées dans la pratique. Rappelons que c’est à l’illustre Moissan, qu’on doit d’avoir signalé, par tant d’exemples variés, tout le parti que les chimistes et les métallurgistes pourront tirer de l’instru-mentmerveilleuxqu’estle fourélectrique. Depuis lyot, les anciennes préparations des ferro-chroines et des ferro-siliciums ont été presque entièrement remplacées par la méthode électrique ; mais ce n’est.pas seulement à la production des diverses fontes ou aciers spéciaux que l’élec-trométallurgie doit contribuer, mais bien à la fabrication de l’acier et de la fonte ordinaire, du cuivre ou du nickel. Plus le four électrique pourra fonctionner dans des conditions rémuné-
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- ratrices, plus les procédés classiques seront battus en brèche par l’électricité appliquée.
- Nous signalons une étude de M. le Professeur Hermann, de Stuttgard, qui a réussi à montrer au moyen de Y oscillographe de projection le passage d’une forme à une autre des courbes représentatives des vibrations amorties. Cette vérification rappelle celle qui a été réalisée par M. Karl Willy Wagner dans ses études sur le téléphone. Une fois de plus est prouvée expérimentalement l’exactitude de l’expression mathématique de la propagation des ondes oscillantes, qui, sous forme d’équation générale différentielle, conduit à des solutions, où il est difficile de reconnaître à première vue le lien qui unit ces solutions entre elles.
- M. Weltzl a imaginé un dispositif de ventilation pour les génératrices de grandes puissances, permettant d’éviter certaines difficultés que les constructeurs rencontrent quand il s’agit de ventiler des machines dont la carcasse du stator est faite de plus d’une pièce.
- M. Burstyn a signalé un nouveau dispositif (Finterrupteur automatique pour le branchement d’appareils à courant faible sur des réseaux à courants intenses.
- La réforme des écoles techniques supérieures est une question qui a été beaucoup étudiée dans ces dernières années. M. J. Brégeat, ancien élève de l’Ecole Polytechnique, nous expose les idées du Professeur À. Birk, de l’Ecole supérieure de Prague et celles du Professeur Riedler, le promoteur de la Commission allemande des Ecoles techniques.
- Rappelons, à ce propos, que dans un remarquable rapport fait au nom de la Société d’Ensei-gnement supérieur, M. Le Chàtelier a insisté, en 1909, sur la nécessité de créer en France des écoles techniques analogues aux Technische Ilochschulen, écoles largement ouvertes à toutes les bonnes volontés, plus spécialisées que les écoles actuelles, et pourvues de laboratoires puissamment outillés. M. le Chàtelier a insisté à la même époque sur l’obligation de confier les cours techniques, non pas à des professeurs de
- Facultés, mais à des ingénieurs ou des industriels plus aptes en général à donner aux futurs techniciens l’enseignement pratique dont ils auront besoin pour leur carrière. Si l’on choisit des maîtres dont les études se sont bornées au domaine théorique, les élèves ne seront pas initiés aux difficultés pratiques des professions qu’ils auront à exercer ; mais si l’on ne fait appel qu’à des techniciens, ces derniers, si expérimentés soient-ils, peuvent n’avoir point les connaissances généralesqui sont nécessaires. L’élève doit être guidé et éclairé par des considérations d’ensemble ; ce serait une faute que de se borner à lui enseigner des procédés, des tours de main ou des détails de métier, parce que, aussitôt qu’une difficulté imprévue viendrait à surgir, il se trouverait probablement désemparé.
- L’électrification de l’ancien réseau métropolitain de Londres a déjà permis, d’apporter au trafic des améliorations très importantes. C’est pourquoi la Chambre prussienne des Députés vient de se préoccuper à propos de l’électrification du métropolitain de Berlin, de faire une enquête sur les conditions d’exploitation, que la pratique a sanctionnées comme donnant le meilleur rendement compatible avec la sécurité, sur les lignes du Metropolitan Railway et du Metropolitan District Railway. Les ingénieurs de chemin de fer pourront trouver, si cette question les intéresse, des renseignements complémentaires dans la Zeitschrift des Vereines deutscher Eisen-bahn-verwaltungen.
- Signalons aussi des expériences curieuses d’électrocullure faites en Bohême.
- Il nous resté, en terminant, à exprimer nos plus sincères félicitations à M. Paul Janet, professeur à la Faculté des Sciences de Paris, directeur du Laboratoire Central et de l’Ecole Supérieure d’Electricité, pour la haute distinction que vient de lui conférer la Société d’Encoura-gemenl pour l’Industrie Nationale dans sa séance solennelle du M janvier.
- M. Janet s’est vu décerner la médaille d’or Ampère comme créateur de l’enseignement de l’électricité industrielle en France.:
- Nulle récompense n’est mieux méritée.
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- T. XXI (2e Série). — N° 6 #
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE [Suite)W
- A l’heure actuelle, le câble sous-marin parait être le seul moyen pratique d’établir une communication téléphonique, là où la mer sépare les deux points à relier. La téléphonie sans fil, en effet, n’apporte pas encore une solution satisfaisante du problème. Le microphone convenable n’est pas trouvé, l’énergie utilisable est trop réduite pour que la portée puisse dépasser une centaine de kilomètres. De plus les procédés mis en œuvre s’adaptent mal aux conditions ordinaires dans lesquelles le public est habitué à se servir du téléphone. Pour toutes ces raisons il devient nécessaire’de chercher autre part le moyen de créer des communications téléphoniques, et il semble bien que le câble sous-marin soit l’intermédiaire auquel nous sommes réduits à songer.
- Nous avons montré, dans un précédent article (2) ce qu’on avait fait jusqu’ici dans cette voie. Les câbles nouvellement mis en service entre la France et l’Angleterre, entre l’Angleterre et la Belgique, fonctionnent d’une manière très satisfaisante; mais leur affaiblissement kilométrique, bien que très inférieur à ceux des câbles d’ancien modèle, est encore un peu élevé; il atteint o,oi. Si l’on remarque que les villes à relier sont généralement éloignées des points d’atterrissage, il convient de ne consentir à la ligne sous-marine qu’un affaiblissement réduit, bien au-dessous de la limite acceptable pour la téléphonie ordinaire. En général, on admet pour les lignes interurbaines un affaiblissement total de a,5, afin de permettre d’assurer une bonne audi tion, malgré les pertes inévitables des bureaux, des lignes auxiliaires et des lignes d’abonnés. Pour tenir
- (') Lumière Electrique, i°r février igiâ, p. i3i.
- (s) Lumière Electrique, i5 juin 1912, p. 323.
- compte des liaisons aériennes supplémentaires qui viendront s’ajouter à la ligne sous-marine, il paraît prudent de ne pas donner à cette dernière un affaiblissement supérieur à 2.
- Dans ces conditions, les câbles qui ont été posés jusqu’ici ne permettent pas de franchir unedistance supérieureà 200kilomètres. Nous avons montré qu’on pouvait espérer beaucoup mieux. II est en effet possible, en employant des quantités de cuivre et de gutta qui ne dépassent pas celles des modèles télégraphiques, d’obtenir un affaiblissement kilométrique de 6x io-3, ce qui doublerait presque la distance franchissable. Avec de la gutta spéciale, ayant une valeur plus élevée pour l’isolement en courant alternatif, on peut même atteindre un coefficient de 3,5 X io-3, c’est-à-dire une distance franchissable de 600 kilomètres.
- Ce résultat est assez satisfaisant et il encourage à étudier la question de plus près. Dans quelles conditions peut-on réaliser de pareils câbles, tout en restant dans des limites acceptables de prix, et en prenant toutes précautions pour que les opérations de pose et d’entretien ultérieur puissent s’effectuer sans difficulté ?
- Quand il s’agit d’établir un câble d’une certaine longueur, il faut s’attendre en général à rencontrer de grandes profondeurs dans la mer. Ainsi la distance de la France à la Corse est inférieure à 200 kilomètres, et cependant les fonds sont supérieurs à 25oo mètres. Or, les communications téléphoniques sont constituées au double fil, et jusqu’à présent, il n’a pas été établi de câbles sous-marins de mer profonde à plusieurs conducteurs. En effet, le câble à deux conducteurs ne présente pas un toron symétrique, surtout pour des âmes un peu gros-
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- ses. La fabrication doit être particulièrement soignée, et malgré cela, ilest toujours à craindre que des déformations ou des écrasements se produisent au moment des opérations déposé, lors du passage sur les tambours d’immei’sion, ou sous l’effort des tractions auxquelles est soumis le câble, à l’extérieur du navire. Un câble à quatre conducteurs, c’est-à-dire à deux circuits téléphoniques, ne présente pas ces inconvénients, car il est symétrique ; mais il a d’autres défauts. Il est forcément très lourd. Il-ne paraît pas possible d’arriver à lui donner, dans l’eau, un poids inférieur à 2 kilogrammes par mètre. Dans des fonds moyens de 2 5oo mètres, la tension, à la pose, sera voisine de 5 tonnes. Les machines de pose ne sont pas construites pour résister à une tension aussi élevée. En fait, les difficultés ont paru assez sérieuses, car aucun câble à plusieurs conducteurs n’a jusqu’ici été posé.
- On est donc naturellement conduit à songer au câble a un seul conducteur. Cette solution offre un grand avantage au point de vue économique, caries âmes sont chères; elles valent de 2 000 à 3 000 francs le kilomètre. Mais il faut examiner si en dehors des exigences mécaniques et économiques, les conditions électriques seront satisfaisantes.
- On doit tout d’abord songer aux inconvénients du retour par la terre pour les lignes téléphoniques, maisenconsidérantqu’on peut choisir pour points d’atterrissement des régions à l’abri des perturbations ordinaires, ou bien établir un fil de retour de quelques kilomètres allant prendre contact en mer avec le sol, on entrevoit immédiatement un moyen commode et pratique de se protéger contre les phénomènes de dérivation par la terre.
- Mais il est deux autres questions qui parais-sentplus difficiles à résoudre. Les câbles téléphoniques devront, ainsi que nous l’avons montré, avoir un conducteur de cuivre de gros diamètre; il en résultera que leur caractéristique sera faible. Pour les câbles à un conducteur, la caractéristique est environ la
- moitié de celle des lignes de meme spécification à double fil. D’importantes réflexions sont à craindre aux points de raccordement avec les lignes aériennes ; la ligne à simple fil ne sera acceptable que si on trouve le moyen d’en atténuer les effets.
- Enfin les lignes à simple fil sont le siège de phénomènes particuliers. Un courant alternatif développe autour d’elles un champ magnétique assez étendu. Des courants sont induits dans les masses métalliques voisines.
- La résistance apparente est augmentée, souvent dans des proportions considérables, et la self-induction au contraire diminuée, car les courants induits étant décalés par rapport au courant inducteur, le champ magnétique est amoindri. Tous ces phénomènes contribuent à augmenter l’affaiblissement de la liome. En effet, considérons une ligne à double fil; l’affaiblissement kilométrique a pour valeur sensiblement
- Pour une même spécification, la résistance et la self du simple fil devraient être sensiblement la moitié de R et de L, et la capacité environ le double de G, de sorte que (î devrait avoir la même valeur. L’augmentation de R et la diminution de L, dont nous venons de parler, agissent au contraire dans le même sens pour augmenter 3.
- Nous allons successivement passer en revue ces deux questions de l’affaiblissement et de la caractéristique et voir quel rôle chacun de ces facteurs joue dans les transmissions par câble sous-marin.
- § 1. — Résistance et affaiblissement des lignes à simple fil.
- La question des lignes unifilaires a déjà depuis plusieurs années attiré notre attention. Il ne semble pas impossible, a priori, de se mettre à l’abri des perturbations dues à l’induction des lignes voisines et aux courants
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- parasites de terre, et comme le prix d’un simple fil est moitié de celui des lignes bifilaires, ainsi que son encombrement sur les appuis, il nous avait paru intéressant d’expérimenter leurs qualités électriques. Malheureusement l’expérience n’avait pas été favorable.
- Ayant opéré sur une nappe aérienne très chargée dé'fils, voici les résultats que nous avions obtenus pour des fils de différents diamètres, par kilomètre (tableau I).
- la pile. Cette énergie représente ici non seulement l’énergie dépensée par effet Joule dans le conducteur, mais celle qui est consommée dans tous les conducteurs voisins par induction. Comme la nappe de ces derniers est assez dense, cette énergie, à peu près la même quel que soit le conducteur expérimenté, se trouve supérieure à celle consommée dans le conducteur seul. La résistance mesurée dépend donc surtout des effets parasites et n’augmente que légèrement avec
- Tableau I.
- Fréquence i ooo périodes 5oo périodes
- Diamètre des fils en millimètres 5 4 3,5 3 K 0 4 3,5 3
- Résistance ohmique en ohms o,85 I ,/|0 r ,8o 2,46 0,85 1 ,40 i ,80 2,46
- Résistance mesurée en ohms 4,0 3 ,6 4,i 5,5 i,5 2,3 3,r 3 ,7
- Self-induction en rnillihenrys i ,66 i ,66 1,73 1 ,66 1,9! 1 J91 1,89 1 ,9*
- Capacité en io~3 microfarad 9 )9 9,4 8,9 8,7 9,8 9,4 9,° 8,7
- On voit que les résultats dépendent de la fréquence ; mais ce qui est très frappant, c’est que pour la fréquence i ooo, qui est voisine de celle des sons de la voix, les constantes électriques diffèrent peu, quel que soit le diamètre des fils. Ce fait n’a rien de surprenant quand il s’agit de la self-induction et de la capacité, car il se présente avec les lignes à double fil. Mais la résistance varie très peu avec le diamètre du fil, elle se trouve même supérieure pour le fil de 5 millimètres à celle du fil de 4 millimètres. On peut s’expliquer ces résultats, bizarres à première vue, en considérant que la résistance mesurée est une résistance effective qui est proportionnelle à l’énergie fournie au conducteur par
- la résistance propre du conducteur. A une fréquence plus basse, le phénomène est un peu moins sensible.
- Quant à la self-induction, elle est diminuée d’une manière générale, mais surtout pour les fréquences élevées.
- Il résulte de là que sur des lignes chargées, et aujourd’hui c’est un cas assez général, les lignes unifilaires ont au point de vue téléphonique des qualités qui varient peu avec leur diamètre. Il conviendrait donc de n’employer que des diamètres assez faibles. En ne considérant que le fil de *3 millimètres, sa résistance est encore plus du double de celle de la ligne bifilaire ; elle serait donc inférieure à une ligne bifilaire de longueur
- Tableau II.
- CABLES A 7 PAIRES ISOLÉS AU PAPIER
- r ooo périodes 5oo périodes
- 5 4 r a ,3 5 4 2,5
- 00 0 1 ,40 3,5 o,85 1,40 3,5
- 1,74 2,15 7,08 1 ,45 . 1,9° 4,83
- o,532 0,512 1,96 O ,370 0,571 2,26
- 0 ,o53 0,037 0 ,o58 0 ,o53 0 ,o37 0 ,o58
- o,55 1 ,06 i ,ao 1 ,o5 4,10 a ,00
- Fréquence...................
- Diamètre en millimètres. . . . Résistance ohmique en ohms Résistance mesurée en ohms. Sçlf-induction en rnillihenrys Capacité en microfarads. . . . Isolement en mégohms........
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- double, elle ne présenterait finalement aucun avantage économique.
- Nous avions à la même époque, par curiosité, expérimenté également sur les lignes souterraines isolées au papier. Là encore, nous avions constaté une augmentation considérable de la résistance, mais pourtant moindre que sur les lignes aériennes. Les quelques chiffres du tableau II (p. i(35) le montrent.
- La résistance, ici encore, est fortement augmentée; elle est plus que doublée, mais
- pour i ooo périodes, à célle qui est consommée dans le conducteur principal, de sorte que la résistance effective est le double delà résistance ohmique.
- Il est d'ailleurs facile de voir que l’augmentation de la résistance effective dépend bien du nombre des conducteurs voisins. Voici par exemple les résultats obtenus avec des cables renfermant des fils de i millimètre, mais ayant des nombres de conducteurs différents (tableau III) :
- ÏAIÎLISAU III.
- UAIII.F A 28 PAIRES CARIE A (7 PAIRES
- — —J—-
- Fréquence I 000 *)()() I OOO 5 00
- Résistance ohmique ‘20 , I *20 , I 20 , I ‘20 , I
- Résistance mesurée 2 3 ,6 ‘2‘2 j<) ‘2 I , O 20,7
- Self-induction '. 0,8f> " ,9<s 0,812 0,892
- Capacité 0 ,oG3 0 ,062 0 joâs 0,059
- Isolement 0 , 36 0 ,67 O ,2îi 0,29
- à l’inverse des lignes aériennes, les fils de gros diamètres restent beaucoup moins résistants que ceux des diamètres plus faibles. C’est qu’ici, en effet, les câbles sont de même modèle et comportent le même nombre de conducteurs; mais, dans les gros câbles, les conducteurs sont plus éloignés les uns des autres et les phénomènes d’induction sont analogues. L’énergie suppléinen-
- On voit bien que la résistance effective sera d’autant plus augmentée, qu’il y aura dans le voisinage plus de conducteurs dans lesquels pourront être induits des courants.
- Enfin nous avions aussi opéré sur des câbles souterrains isolés à la gutta et à la paraffine. Voici les résultats obtenus sur des câbles à 7 conducteurs (tableau IV) :
- Tahleau IV.
- CABLE GUTTA CABLE PARAFFINE
- ... — -——— — - • ~ 11
- Fréquence I ooo rioo I OOO 5oo
- Résistance ohmique 9,45 9,45 l6,9 i6,9
- Résistance mesurée 1 11 ,60 I I ,oo 17 >4 17,0
- Self-induction I ,21 I ,32 o,75 0 >77
- Capacité o ,181 o, 182 0 ,0857 0,0807
- Isolement. 0,0075 0 ,0200 . 0,028 0,1 ï 0
- taire, consommée par induction dans les câbles de diamètre plus fort, devrait être plus grande parce que le conducteur influencé est moins résistant, mais, d’autre part, elle doit être moins grande parce que la distance de l’inducteur est augmentée.
- Finalement elle se trouve à peu près égale,
- En résumé, les recherches que nous avions faites jusqu’à présent et qui avaient porté sur des lignes aériennes et des lignes souterraines, nous avaient montré qu’il était pru-dentde s’attendre à une augmentation notable de la résistance des lignes à simple fil. Cet accroissement dépendait de la nature des
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- lignes. Il était moins considérable avec les lignes souterraines qu’avec les lignes aériennes, mais il dépendait toujours de la nature des masses métalliques au voisinage du conducteur, et de leur distance. Pour avoir une idée de la valeur de l’accroissement de résistance qu’il y avait lieu de prévoir pour des câbles sous-marins, il nous parut indispensable de faire quelques expériences.Nous procédâmes pour cela à des mesures sur le câble franco-anglais de 1912 qui l’enferme quatre âmes de même spécification : conducteur de cuivre de 3,3 millimètres de diamètre, recouvert d’un fil de fer de o,3 millimètre enroulé en spires jointives, et isolé par une épaisseur de 3,a5 millimètres de gutta-percha.
- Voici les valeurs des constantes électriques pour 1 000 périodes, pour la ligne à simple et à double fil (tableau V) :
- Tableau V.
- DOUBLE FIL SIMPLE FIL
- Résistance olimiquc.. 4,00 2 ,0()
- Résistance mesurée.. . 4 ,60 2,98
- Self-induction 7,26 3,86
- Capacité 0,095 0,188
- Isolement 0,08 0 ylO
- Ces chiffres montrent que, pour ce modèle de câble, la self en simple fil est plus grande que la moitié de la self en double fil, et que la capacité 11’est pas tout à fait doublée. D’après une remarque que nous avons déjà faite, le coefficient serait donc le même que pour le double fil, et même un peu moindre, si la résistance était moitié. Cette condition n’est pas remplie, puisque la valeur 2,98 est supérieure de 3o % à celle qu’elle devrait
- avoir, 2,3o. Il en résulte que le coefficient d’affaiblissement est de 1,2 X io—2 au lieu de i,o X 10—2, c’est-à-dire supérieur de 20 %.
- Des expériences qui ont été faites par le Post-Office ont donné des résultats analogues ; elles ont montré que la résistance d’un câble à simple fil du modèle ordinaire, à faible self-induction, augmentait pour une fréquence de 1 000 de 20 % environ. Mais pour le coefficient d’affaiblissement, les valeurs relativement avantageuses de la self et de la capacité corrigent cet effet, et ce coefficient n'est’pas sensiblement augmenté.
- N’oublions pas que nous avons surtout à envisager le cas de câbles à forte self-induction. Si le câble ne renferme qu’un conducteur, il n’y aura pas dans le voisinage de l’âme, d’autres masses de cuivre conductrices, comme dans le cas des câbles mul tiples ; mais les fils de l’armure seront plus rapprochés. Il sera donc prudent de compter sur l’augmentation de l’affaiblissement que nous a révélé l’expérience, et nous serons ainsi conduits à choisir, au moins pour les premières études à faire, un conducteur tel que son affaiblissement calculé indépendamment du voisinage des fils de l’armure soit de 20 % inférieur au coefficient limite que la longueur du câble nous oblige d’adopter.
- Ayant ainsi reconnu la possibilité, sous réserve de quelques précautions à prendre, d’employer pour la téléphonie sous-marine des lignes à simple fil, il reste à examiner les conditions dans lesquelles ces lignes pourront être raccordées aux lignes aériennes. Ceci nous amène à examiner en détail la question des réflexions téléphoniques, entre lignes de spécification différentes.
- [A suivre, )
- Devaux Chahhonnel.
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- ÉTUDE SUR LA CONSTRUCTION DES TRANSFORMATEURS STATIQUES (Fin)w
- II. — TllANSFOltMATEUllS TUIPIIASKS.
- Le noyau de télés d’acier qui constitue les transformateurs du second groupe est fabriqué avec les mêmes matériaux et suivant les mêmes principes que celui des transformateurs monophasés. Le profil d’une télé est un peu différent (fig. 8).
- Fig. 8.
- Les trois colonnes portant les enroulements des trois phases sont dans un même plan; elles sont réunies entre elles, en bas par une culasse fixe, en haut par deux tampons démontables analogues à ceux des transformateurs monophasés.
- Fig. 9. —Transformateur triphasé aérien.
- Les dimensions A et R du noyau et de l’évidement sont toujours prises sensiblement égales entre elles, ce qui permet d’avoir au découpage le minimum de chutes de tôle.
- Celte considération, qui détermine les dimensions principales du transformateur, s applique aussi bien aux noyaux triphasés à 3 colonnes qu’aux noyaux monophasés à a colonnes. (*)
- (*) Lumière Electrique, ier février iyiS, p. i35.
- La figure 9 donne une vue d’un transformateur triphasé aérien.
- Emioui.emf.nts
- Les enroulements sont formés de bobines généralement cylindriques et concentriques au fer du noyau (fig. 10). Ou donne au noyau une
- /C3
- 7— Ter
- ♦
- k A
- Espacera air Trnile
- t /Bobinage à basse tension
- / Isolement,
- !
- ''Bobinage àhaute tension
- Fig. 10.
- section très approximativement carrée; les coins sont abattus après montage. Cette disposition
- permet, en réduisant la longueur moyenne d’un fil des enroulements primaire et secondaire, de diminuer la résistance de ccs enroulements et, par conséquent, de diminuer les pertes dans le i cuivre.
- | La bobine ronde a l'avantage d’être indéfor-
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- mable dans son plan sous l’action des efforts électro-dynamiques qui résultent des courts-circuits inévitables sur les réseaux. En effet, une spire, parcourue par un courant et traversée par un flux, tend à offrir à ce flux la plus grande section de passage possible. Si cette spire est déformable dans son plan, il se développe sous l’action du flux et du courant des efforts tendant à la déformer pour donner au flux la plus grande surface d’entrée possible. Or, à périmètre constant, la courbe plane qui a la plus grande surface est un cercle. Il est donc logique, pour éviter ces déformations, nuisibles pour les isolants, de donner à la bobine une forme circulaire.
- L’enroulement de la basse tension se trouve toujours placé à l’intérieur de l’enroulement dé la haute tension; il en est séparé par un cylindre en papier spécial, huilé pour les transformateurs immergés, en micanite pour les transformateurs à sec. Cette cloison est calculée dans chaque cas pour supporter largement la tension d’essai de rupture (environ le do,uble de la tension normale); son épaisseur est limitée cependant par le souci de ne pas accroître inutilement la dispersion du transformateur, ce qui augmenterait la chute de tension inductive.
- Basse tension. — L’enroulement basse tension est généralement constitué par un cylindre de cuivre méplat, isolé au coton. Entre sa face interne et le fer du transformateur, il se trouve toujours un espace suffisant pour permettre le refroidissement par l’air ou par l’huile.
- Pour les transformateurs de puissance élevée et de basse tension, l’intensité qui passe dans les enroulements est assez forte pour nécessiter l’emploi de cuivre de très grosse section. Pour éviter les courants de Foucault engendrés dans le cuivre massif par le flux de fuite alternatif du transformateur, ainsi que pour éviter l’augmentation de la résistance apparente de ces enroulements par l’effet pelliculaire, on emploie de préférence plusieurs cuivres de section moindre connectés en parallèle.
- Cette mise en parallèle exige certaines précautions. En effet, deux spires placées sur un meme plan horizontal l’une au-dessus de l’autre ne sont pas coupées par le même flux de fuite ; les valeurs de la force électro-motrice développée dans ces deux spires par la variation de ces flux sont donc differentes. Il en résulte que, si l’on met purement et simplement en parallèle deux
- bobines concentriques ayant le même nombre de spires, il se produira un courant de circulation entre ces deux bobines; ce courant créera une perte supplémentaire qui peut devenir très importante, faire chauffer l’enroulement et diminuer le rendement du transformateu r par augmentation des pertes dans le cuivre.
- On disposera donc les parties des bobinages en parallèle de façon à compenser sur l’ensemble de la colonne les différences de potentiel entre spires.
- Haute tension. — L’enrouleinent haute tension est toujours constitué par un certain nombre de galettes cylindriques empilées et séparées les unes des autres par de petits canaux horizontaux ; ceux-ci permettent la circulation de l’air ou de l’huile au centre même de l’enroulement et assurent un refroidissement efficace.
- Fig. i:i. — Partie supérieure de transformateur.
- Le nombre des galettes est déterminé par la valeur de la tension maxima admise entre deux fils voisins. Cette tension est de r>o à 6o volts environ pour les transformateurs à sec, de 70 à So volts pour les transformateurs immergés à bain d’huile.
- Les galettes constituant l’enroulement haute tension sont soumises, après leur montage et avant immersion dans l’huile, à un ét uvage à 90°. Pour les transformateurs de forte puissance, elles sont serrées entre elles par un dispositif à vis très énergique (fig. 12). Le serrage a pour but d’éviter la déformation de ces bobines, s’il se produit un court-circuit sur le réseau.
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- Galettes de protection. — Au moment de la mise sous tension d’un appareil à haute tension quelconque, le voltage qui s’établit entre deux fils voisins atteint parfois des valeurs beaucoup plus élevées que la tension de régime entre ces fils. Cette tension peut devenir dangereuse, si le fil qui la supporte n’est isolé qu’avec un isolement moyen au coton. Tl est facile de se rendre compte théoriquement, et la pratique confirme ici la théorie, que la tension dangereuse ne peut se produire que dans les fils des bobines placées près des bornes d’entrée de l’appareil. Les bobines ou galettes d’entrée doivent donc être établies avec du fil à isolement très renforcé.
- Les bobinages triphasés en étoile ont trois galettes à isolement spécial, une par noyau ; les bobinages en triangle ont six galettes d’entrée, deux par noyau.
- Quand on exige plusieurs bornes de prise de courant sur chaque phase, pour pouvoir modifier à volonté le rapport de transformation, il est difficile de conserver toujours la même protection, quelles que soient les bornes employées. Voici une disposition ingénieuse (lig. i3) :
- r* B
- Sur chaque phase, on connecte une borne A à l’entrée de la galette de protection, et une borne B à la sortie de cette galette. Quant aux bornes C et D, on les prend sur les bobines qui suivent immédiatement les galettes d’entrée. 11 est facile de voir qu’en reliant le réseau aux bornes A, puis les bornes B aux bornes C ou U par une connexion mobile, on intéresse, soit l’en roulement entier, soiL une partie seulement de cet enroulement, tout en conservant la même protection, quel que soit le nombre de spires en service dans le bobinage haute tension. Pour ne pas augmenter le nombre des bornes placées sur la haute tension, on utilise pour ces sorties multiples un tube de
- porcelaine garni d’une collerette à la partie supé-
- Fig. 14. — Porcelaine pour soiiic de liante tension.
- rieure. Sur cette collerette sont fixés autant de serre-fils qu’il est nécessaire (fig. 1.4).
- III. — CoUPLAOlî DES TUANSl'OltMATEUlîS.
- Transformateurs monophasés. — Les transformateurs monophasés se couplent sans difficulté si les rapports de transformation sont parfaitement identiques à vide et en charge. Il faut donc que la chute de tension soit du même ordre de grandeur.
- Transformateurs triphasés. — Les transformateurs triphasés se divisent en plusieurs classes suivant le mode de couplage des enroulements haute et basse tension :
- i° Les transformateurs étoile-étoile qui ont les deux enroulements couplés en étoile ;
- i° Les transformateurs triangle-étoile, dont le primaire est couplé en triangle, et le secondaire est couplé en étoile; •
- 3° Les transformateurs triangle-triangle, dont les enroulements haute et basse tension sont couplés en triangle;
- /i° Les transformateurs étoile-zig zag, dont le secondaire a un couplage particulier appelé zigzag, et dont le primaire est couplé en éLoile.
- Le couplage « zigzag» est un couplage en étoile, tel que les enroulements qui composent chaque branche de l’étoile ne sont pas formés par l’enroulement unique d’un même noyau, mais par deux bobinages en série, chacun d eux intéressant un noyau différent comme l’indique la figure ir>.
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- Le couplage étoile-étoile ne permet pas d’utiliser le secondaire du transformateur sur un réseau à quatre fils (trois fils étant pris aux
- Bornes
- Fig. i5.
- bornes et le quatrième au point neutre) si le déséquilibrage entre les trois points atteint des valeurs importantes.
- En effet, dans ce montage (fig. iCi), si l’on charge, par exemple, le pont ax seul, le courant i engendré par la tension en ax développe, par l’effet de la transformation sur la bobine primaire A X, un courant I qui doit traverser les deux autres ponts primaires XC et X B. Ces deux ponts n’étant pas chargés, le courant I qui les traverse n’est qu’un courant magnétisant. 11 s’ensuit une augmentation de tension sur ces ponts, d’où une chute de tension sur le pont chargé AX/«.r.
- -Le couplage triangle-étoile évite cet inconvénient et permet de charger inégalement les trois ponts du réseau secondaire à quatre fils.
- Le couplage étoile-zig zag permet également d’employer un quatrième fil et de. maintenir les tensions sensiblement égales sur les trois ponts, quelle que soit la charge de chaque pont.
- Tous ces couplages sont employés en pratique ; mais ils ne peuvent pas se coupler indistinctement en parallèle entre eux. A ce point de vue, on a affaire à deux catégories :
- i° Les couplages étoile-étoile et triangle-triangle ;
- 2° Les couplages triangle-étoile et étoile-zigzag.
- Les transformateurs d’un même groupe peu-venttoujours se coupler en parallèle entre eux, à condition que leurs rapports de transformation soient bien équivalents à vide et en charge, et que le sens relatif d’enroulement des bobinages haute et basse tension soit le même. Les transformateurs appartenant à deux groupes différents ne peuvent pas se coupler entre eux en parallèle. Cette remarque est très importante pour les sociétés d’exploitation qui ont déjà des types de transformateurs sur leur réseau et qui veulent installer de nouvelles unités.
- eu
- La raison qui empêche de coupler en parallèle deux tranformateurs n’appartenant pas au
- t'ig- 17-
- meme groupe est facile à comprendre, si on se rapporte au diagramme des tensions représenté sur les figures 17 et 18, pour un transformateur étoile-étoile et un transformateur étoile-zigzag.
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- On voit que si les tensions primaires sont dirigées dans le même sens, il y a un décalage de 3o° entre la résultante des tensions secondaires des deux types de transformateurs envisagés, et le couplage en parallèle est impossible.
- Primaire Secondaire
- I-'ig. ,8.
- On pourrait cependant combiner un transformateur étoile-zig zag pouvant se coupler en parallèle avec un transformateur étoile-étoile ordinaire et qui présenterait les avantages des transformateurs du second groupe, c’est-à-dire qui permettrait de sortir, en cas de besoin, un quatrième fil et d’assurer une distribution à trois ponts inégalement chargés.
- Ce transformateur serait couplé au primaire en étoile et au secondaire (fig. 19).
- Secondaire
- Cette disposition donne le diagramme des tensions de la figure 20, dont la résultante est en
- Bornes
- Fig. 20.
- çthase avec la résultante au secondaire d’un transformateur.
- * * «
- Nous avons passé en revue la construction des parties essentielles des transformateurs, c’est-à-dire les télés et le cuivre. Il nous reste à examiner les parties auxiliaires, c’est-à-dire, dans les transformateurs immergés, les bacs et l’huile.
- Bacs. — Les bacs sont en télé, soit complètement lisse, soit lisse avec cornières rapportées pour augmenter la surface de refroidissement, soit en télé ondulée.
- Les bacs lisses, ou lisses avec cornières, ne sont employés que pour les petits modèles. Ils sont en tôle galvanisée soudée à la soudure autogène et parfaitement étanches; les bornes sont placées à la partie supérieure du couvercle . Ces bacs sont garnis d’oreilles d’enlevage. Les bacs en télé ondulée sont également soudés à la soudure autogène.
- Les études sur la forme et les dimensions des ailettes ontété poussées très loin, et à la suite de nombreux essais, 011 a pu établir des coefficients de refroidissement propres à chaque ondulation. La forme la plus généralement adoptée actuellement est, l’ondulation de forme triangulaire de la figure 2i.
- Fig. 21.
- Pour les gros appareils, les cuves sont généralement fixées sur un bâti en fonte muni de quatre galets de roulement, pour rendre plus facile leur manutention.
- Huile. — L’huile employée pour les transformateurs est de l’huile de qualité spéciale essayée au laboratoire, au point de vue de ses qualités isolantes, à l’aide d’un éclateur à boules. Cette huile doit être absolument neutre pour éviter l’attaque par les acides du cuivre des enroulements. Avant, de l’employer pour immerger le transformateur, on place l’huile dans un bac spécial à l’intérieur d’une étuve de 90" à ioo°, dans laquelle on peut faire le vide. Au bout de dix à douze heures d’étuvage à vide, l’huile est suffisamment déshydratée et peut être employée. On la verse alors dans la cuve ondulée bïrse trouve
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- le transformateur, qui a été préalablement chauffé une dizaine d’heures à l’étuve ordinaire. Cette imprégnation à chaud facilite la pénétration de l’huile dans les enroulements.
- IV. - TltANSI'OltMATEUHS A ItEEltOIDlSSEAlENT
- AltTJJICIKL.
- Les transformateurs à sec se construisent à 5o périodes jusqu’à 3oo KVA pour des tensions allant jusqu’à iSooo volts.
- Les transformateurs immergés dans l’huile se construisent sans refroidissement artificiel jusqu’à a ooo KArA, pour des tensions allant jusqu’à 6o ooo volts.
- A partir de »5o KVA et pour toutes les tension, il existe des types de transformateurs immergés dans l’huile, dont le refroidissement est assuré par une circulation d’eau dans un serpentin étanche plongeant dans l’huile. Ce serpentin est fabriqué en tubes d’acier étiré, disposés à la péri-
- phérie extérieure du transformateur sur toute la hauteur ; ce dispositif est préférable à celui qui consiste à placerle serpentin au-dessus du transformateur, parce que, dans cette dernière disposition, le courant d’huile produit par le refroidissement dû au serpentin neutralise le courant d’huile produit par réchauffement dû aux pertes dans le transformateur; l’huile circule mal ; il se produit des poches d’huile chaude et la différence de température entre l’huile et le cuivre est beaucoup plus grande qu’elle ne devrait être, si le refroidissement était convenable.
- On construit également des transformateurs à sec refroidis artificiellement par une ventilation forcée. Signalons à ce sujet que la Société l’« Eclairage Electrique » construit actuellement plusieurs transformateurs de ce type de i SooKVA i'2 3oo/3 ooo volts, !ko. périodes pour la Compagnie parisienne de Distribution d’Elcctricité.
- J. Reyval.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- Sur l’emploi de résistance de chrome métallique granulaire pour le chauffage électrique. — O. Dony Henault. — Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, 6 janvier ig13.
- L’auteur se propose de faire connaître une méthode nouvelle de chauffage électrique permettant d’éviter l’usage dispendieux du platine dans les fours à résistance métallique et d’atteindre des températures plus élevées qu’à l’aide de ce métal précieux.
- Le chrome est, en effet, moins fusible que le platine et très peu altérable ; tandis que ce dernier ne peut être échauffé sans danger au delà de i 6oo°, le chrome paraît pouvoir fournir des températures voisines de i ooo0, mais l’absence de malléabilité et de ductilité de ce métal, qui rend impossible l’emploi de lames ou de fils, en a fait rejeter l’emploi.
- Il paraît cependant souhaitable qu’à côté des fours à arc engendrant plus de 3 ooo°, les laboratoires possèdent des fours à résistance métallique, peu coûteux, fonctionnant avec un ampérage modéré et pouvant être chauffés directement à des températures inférieures ou supérieures à a ooo0; l’étude approfondie des réactions endothermiques des fours électriques serait ainsi facilitée.
- Dans ce but, M. Dony-IIenault s’est proposé d’utiliser, comme substances chauffantes des fours à résistance métallique, les poudres granuleuses des métaux réfractaires : chrome, molybdène, tungstène; les'essais préliminaires résumés ici ont porté sur l’emploi du chrome aluminiothermique, concassé, pulvérisé au broyeur à boulets, débarrassé de fer par l’aimant, puis trié au tamis.
- On sait que si l’on veut faire “passer un courant appréciable à l’aide d’une force électromotrice modérée à travers une masse de grains métalliques, il faut comprimer la poudre ; celle-ci obéit à la loi d’Ohm à partir d’une pression minima dépendant de la nature et de la grosseur des grains. Mais l’emploi de la pression pour frayer au courant son chemin à travers le métal ne serait pas pratique dans le cas d’enceintes chauffantes de formes variées. On peut s’en affranchir par plusieurs moyens :
- a. Les expériences, aujourd’hui classiques d’Ed. Bpmly (*), sur lesquels est. fondé l’usage des
- (') Ed. Bkasly. Les radioconducleurs (Congrès international de Physique, I. II, 1900, p. 236; Comptes Rendus, t. III, 1890, j). 782; Lumière Electrique, 16 mai 189').
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- cohéreursgranulaires en télégraphie sans fil, enseignent que la conductivité d'amas pulvérulents peut être amorcée par l’action à distance des étincelles ou décharges électriques.
- b. Si l’on saupoudre d’une couverture fine de graphite Acheson un lit de chrome métallique divisé et qu’on applique aux extrémités de la couche deux électrodes reliées à une source de no volts ou plus, le courant s’établit brusquement après quelques instants dans la masse métallique : l’amorçage est peut-être dû à l’échauffeinent.
- c. En effet, si un tube de quartz, garni de limaille de chrome interposée entre deux charbons, est inséré dans un circuit de 11 o à 220 volts, l’ampèremètre sensible reste au zéro; mais si l’on chauffe modérément la paroi siliceuse à l’aide d’un brûleur Bunsen, un courant intense s’établit brusquement après de courts instants. Cet amorçage tflermique des radio-conducteurs paraît digne d’être étudié et capable de contribuer à éclairer la théorie de la « radiocondue-tion » dont Branly et Lodge se sont préoccupés (').
- Voici en quelques mots comment on peut pratiquer le chauffage à l’aide de poudres conductrices :
- i° Chauffage d'un creuset (de quartz par exemple). — Dans un bloc réfractaire de magnésie, on creuse une alvéole ayant la forme du creuset ; on y place celui-ci en ménageant un espace régulier de a à 4 millimètres entre les deux parois, puis on comble le vide à l’aide d’un filet de chrome pulvérulent.
- On dépose finalement à la surface de celui-ci un anneau de graphite et l’on enfonce dans le métal, aux extrémités opposées d’un diamètre du creuset, deux balais de charbon. Un creuset de ioo centimètres cubes peut être chauffé ainsi très efficacement avec i5 ampères, jusqu’au point de ramollissement du verre de quartz. La tension aux bornes du courant est de 8 à îo volts, mais la conduction ne s’établit que si l’on dispose d’un excès de tension. Jusqu’ici M. Dony_ Renault a opéré sous no volts; il n’a pas encore déterminé le supplément minimum de tension néces. saire.
- Fours à tubes. — On verse, entre un manchon réfractaire pourvu d’une cavité cylindrique et un tube de quartz opalin, ou encore entre deux tubes de quartz concentriques de diamètres différents,le tube externe étant à son tour placé dans un bloc calorifuge, une couche de grenaille de chrome qu’on emprisonne entre deux anneaux de charbon servant
- d’électrodes. Un four de 5o centimètres de long et d’un diamètre utile de 28 millimètres a été ainsi chauffé au blanc avec une force éleclrornotriee de i5 à 20 volts aux bornes du tube.
- 8° On peut aussi construire un four tubulaire à espace annulaire en plaçant dans l'axe du tube ou d’une cavité cylindrique un tube de quartz assez étroit rempli de grenaille de chrome insérée entre charbons ; les pertes calorifiques sont encore plus faibles, la chaleur centrale étant transmise à peu près intégralement à l’espace périphérique. Le tube chauffant est soutenu par deux bouchons réfractaires; cette disposition paraît, convenir pour l’étude des réactions au sein des gaz.
- M. Dony-IIenault s’en est tenu jusqu’ici aux enceintes de quartz opalin qui perdent leur rigidité au voisinage de 1700° et il se propose d’étudier l’emploi d’alundum et d’autres enveloppes moins fusibles, magnésie, chaux, etc. Il paraît, en effet, possible, en appliquant à des parois infusibles le chauffage par métaux réfractaires divisés (molybdène, point de fusion '> 25oo°, tungstène 2900°) de réaliser un chauffage économique intensif jusqu’à des températures très élevées. La nature métallique des résistances permettant d’atteindre ces températures élevées, avec un voltage modéré, le principe signalé ici semble à première vue plus avantageux que celui des fours à cryptol dont la masse granuleuse est plus altérable.
- La démonstration de l’amortissement des vibrations ail moyen de l’oscillographe. — J. Hermann. — Jilèktrotechnische Zeistchrift, n décembre 1912.
- On sait que l’équation générale différentielle des vibrations
- dH R dl 1 dP + L dl + L C 1 “ °
- admet trois solutions différentes, suivant que
- R^
- (0
- \Æ
- condition qu’on écrit ordinairement
- R*Ga = 4LC. (3)
- Ces solutions ont respectivement pour valeurs :
- I = C, (e~£
- (1) liuANi.y, j\ïéntoirc cité du Congrès, 1900, p. s36.
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- pour
- pour
- pour
- t
- I =
- S I II 'J!
- t
- Tv
- (6)
- où les constantes de temps T,, T2, T3 et T4 ont les valeurs suivantes :
- A première vue, il ne semble pas qu’un lien étroit rapproche ces équations l’une de l’autre, ni par conséquent les courbés qui s’en déduisent. Cependant, comme elles proviennent de la même équation différentielle, on doit pouvoir démontrer.expérimentalement le passage d’une des formes de courbes aux R
- formes suivantes. Pour — = o, on doit arriver à la vibration non amortie, représentée par l’équation
- I = C3.sin 2 7: —• (ii)
- où
- i b — 'a~ V'lc. ( 12)
- ^ ... . . •
- Le professeur Hermann, de Stultgard, a spécialement étudié }e. cas suivant : un condensateur C,
- chargé sous une tension donnée, et qu’on -décharge dans un circuit formé par cette capacité constante C, une inductivité invariable L et une résistance d’amortissement variable R. On donne à R des valeurs diverses, et l’on calcule les valeurs correspondantes de I en fonction du temps; il suffit ensuite d’en tracer le graphique.
- L’auteur a pris une tension de 100 volts, une inductivité de 0,0016 henry, une capacité de 1 microfarad et des résistances ohmiques décroissantes de 120 à o ohm par échelons de 20 ou 10 ohms (fig. i).Pour
- Fig. 1.
- une valeur de R grande, c’est-à-dire pour un amortissement intense (équation 4), la valeur du maximum est faible et la pulsation du courant décroît lentement. Quand R diminue, l’onde, de courant prend une valeur maxirna de plus en plus grande; elle s’amortit de plus en plus vite. La dernière- chute apériodique a lieu pour R = 80 ohms. Si R =r 60 ohms (fig 2), la vibration est peu marquée et très fortement amortie. Plus R devient petit, plus la vibration devient forte, moins elle s’amortit, de sorte que pour
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- ITT
- R nul, on obtient le maximum, c’est-à-dire la vibration sans amortissement.
- Les petits cercles tracés sur les courbes indiquent les valeurs maxima de la vibration sinusoïdale considérée, ce qui permet de reconnaître comment la durée de la vibration croît avec la résistance.
- dérer un condensateur qu’oa charge sous une tension donnée et qu*on décharge dans un circuit'de self-induction L et de capacité C constantes; avec résistance ohmique R variable (fig. 3).
- M. Hermann a pris une capacité de 33 microfarads, une bobine sans fer d’une inductivité de o,3 hehry
- Ü "
- i 2 3 â G Y U V VJyiO
- — Courbes d’oscillation propre de décharge d’un condensateur de i microfarad chargé sous une tension de ioo volts et déchargé dans un circuit de 1,6 millihenry d’inductivité et de résistance variable entre o et 120 ohms.
- L'oscillographe de projection permet d’obtenir une démonstration expérimentale de ces relations.
- L-0y3 Henry
- 110Y0U,
- tension
- courant
- Ce qu'il y a de plus simple, c’est encore de consi-
- et une résistance constante de 1% ohms. La résistance: variable pouvait varier de 100 à o ohm. La périodicité propre des vibrations de décharge était alors de l’ordre de grandeur de la fréquence normale du courant alternatif, c’est-à-dire voisine de 5o périodes par seconde.
- Pour que l’oscillographe puisse donner une image visible durable sur l’écran de projection, il faut qu’il projette le phénomène de décharge du condensateur en le répétant aussi vite que possible. Il faut donc réaliser un dispositif de charges et de décharges du circuit oscillant se succédant sans interruption. On prend à cet effet un commutateur tournant U (fig. 3), lequel, à chaque demi-révolution, relie le circuit du condensateur aux bornes de tension, tandis que pendant l’autre demi-révolution ü ferme ce circuit sur lui-méme.
- Le déplacement rectiligne en suivant Taxe des
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- abscisses du point lumineux fixe fourni par le miroir attaché au cadre de mesure de l'oscillographe, c’est-à-dire la transformation de l’ordonnée lumineuse rectiligne en une courbe est obtenue par un miroir oscillant. Sur le schéma 4, Taxe du miroir oscillant doit être supposé normal au plan de figure, l’axe du miroir du cadre S étant supposé parallèle à ce même plan. Le point lumineux décrit ainsi sur l’écran de projection une courbe dont les abscisses dépendent du miroir oscillant et les ordonnées du miroir fixé au cadre.
- Fig. 4. — Schéma de'l'oscillographe de projection.
- Cette disposition aurait un inconvénient : dans le mouvement de retour, le mouvement d’aller serait masqué. Il suffit, pour y remédier, de régler les vitesses en sorte que, durant l’aller du miroir oscillant, un phénomène de décharge complet soit représenté sur l’écran. Pendant le retour, non projeté, le condensateur se charge.
- Par suite, il n’est pas nécessaire que le cadre de l’oscillographe demeure en circuit pendant la charge, puisque le phénomène n’est pas reproduit sur l’écran. On réalise le montage de la figure 3.
- Si l’on accouple le commutateur tournant au miroir oscillant et qu’on les actionne tous deux par un moteur à courant continu, il est facile d’obtenir une vitesse convenable, pour laquelle le phénomène .de décharge soit en totalité facilement visible. Il suffît de modifier continuellement la résistance du rhéostat pour voir nettement la transformation des différentes formes de courbes de l’une en l’autre. Quand l’oscillographe comporte deux cadres (fig. 4)» on peut enregistrer en même temps que les vibrations du courant les vibrations de la tension.
- Le phénomène de charge peut être montré de la même manière expérimentale. On n’a qu’à mettre de côté le commutateur de la figure 3; l’oscillographe ne donne alors que les vibrations de charge. Pour les projeter, il faut décaler de i8o° l’accouplement
- entre le commutateur tournant et le dispositif de commande du miroir oscillant. M. K,
- Dispositif de ventilation pour génératrices de grandes puissances. — K. Weitzl. — Elek-trotechnik und Maschincnhau, 5 janvier 1913.
- On sait que depuis plusieurs années déjà, les génératrices de grandes puissances, destinées à être accouplées à des turbines à vapeur ou à des turbines hydrauliques, sont munies de dispositifs de ventilation comportant des canaux placés dans les fondations et servant à l’aspiration de l’air frais ; l’air est chauffé et rejeté de la même manière dans l'atmosphère. Les génératrices se trouvent ainsi placées à l’intérieur d’un espace clos, qui les isole de la salle
- des machines. Cette disposition a pour but, d’une part, d’amortir le bruit que produit la rotation, à une vitesse périphérique élevée, des grandes génératrices, d’autre part, d’éviter une surélévation de température trop considérable de l’atmosphère de !a salle des machines.
- Il y a quelques années, on évacuait directement l’air échauffé dans la salle des machines, dont la température devenait ainsi, rapidement intolérable, en dépit d’une ventilation énergique.
- Dans les dispositifs employés précédemment, l’air était aspiré des deux côtés ou aux extrémités de l’axe du rotor, puis entraîné à travers les fentes du paquet de tôles et rejeté enfin par des ouvertures placées à la partie supérieure ou à la partie infé-
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- rieure ou des deux côtés de la couronne, d'une part dans des canaux à l’air libre, et d'autre part dans les ouvertures supérieures de la salle des machines. Avec les machines de grand diamètre, celle disposition présente l'inconvénient suivant : la grande quantité d’air, qui doit être évacuée à la périphérie de la carcasse, oblige à donner à celle-ci des dimensions plus grandes que ne le comporterait la puissance de la machine ; de plus, celle disposition entraîne certaines difficultés de construction, surtout dans les machines dont la carcasse du stator est formée de deux ou plusieurs pièces.
- La Société Ganz emploie un dispositif représenté schématiquement sur la figure i et qui permet d'éviter ces inconvénients. L’air est aspiré par un côté du volant inducteur, l’autre côté de ce volant étant complètement obturé par un disque de tôle. Par suite de l’action de la force centrifuge du volant, l’air est refoulé suivant une direction radiale à travers les corps de tôles du stator ; puis il est évacué par des ouvertures ménagées d’un seul côté de la couronne, dans l’espace compris entre le disque de tôle du volant et la flasque de fermeture du stator. Les flèches de la figure i indiquent le trajet suivi par l’air de refroidissement.
- L’aspiration et l’évacuation de l'air se font simplement à l’aide de carneaux ménagés dans les fondations.
- Cette disposition permet d’éviter les inconvénients signalés plus haut, au point de vue de la forme à donner à la carcasse du stator ; en effet, en dehors des ouvertures, qui doivent être aménagées d’un seul côté de cette carcasse pour l'évacuation de l’air, il n'y a pas lieu de prévoir d’agencements spéciaux pour la ventilation, lors de l'établissement de la carcasse. On voit que la disposition des canaux est également très simple, puisqu’il suffit d’un seul canal d’aspiration et d’un seul canal d’évacuation ; dans les dispositifs employés précédemment, l’aspiration de l'air s’effectuait au centre de la génératrice et nécessitait deux canaux d’aspiration. J. L. M.
- Nouveau dispositif d’interrupteur automatique. — W. Burstyil. — Elektrotechnische Zeitschrift, 24 octobre 1912.
- On ne peut construire les interrupteurs automatiques du genre du marteau de Wagner que pour des tensions de régime de quelques volts; pour des tensions plus élevées (no à 44o volts), les fils de l’en-
- roulement de l’électro devraient, en effet, être beau-coup trop fins. Il ne servirait d’ailleurs à rien d’intercaler des résistances élevées, parce que les contacts auraient alors à vaincre une force beaucoup plus grande que celle du service normal.
- Toutefois, il arrive souvent qu'on ait besoin de brancher des appareils à faible courant sur des réseaux à gros courants. L’auteur décrit un montage ingénieux schématisé ci-dessous :
- Fig. 1.
- u est un interrupteur automatique.
- Wj une résistance de protection très élevée,
- c*, un condensateur d’environ 1 microfarad.
- Supposons qu'au début le contact k de l'interrupteur soit fermé et le manipulateur Couvert; le condensateur c* se charge sur le réseau p, v. Abaissons l; c se décharge dans la bobine sous forme d'oscillation assez vite amortie. Par suite de l'à-coup magnétique l'armature est attirée ; elle ouvre le contact k, de sorte que le condensateur peut se charger à nouveau. Quand l'armature retourne en arrière, le condensateur se décharge une nouvelle fois, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’on ouvre le manipulateur t. Le contact k n'a ainsi à rompre que le faible courant qui parcourt la résistance non-inductive de protection, en même temps que le condensateur agit comme souffleur d’étincelle.
- Le dispositif de M. Burslyn s’applique très bien à des trembleurs, pour des mesures de résistance par exemple; il convient moins bien à des sonneries.
- On peut s’en servir pour de petits éclateurs que le mieux est de relier en parallèle avec l’interrupteur aulomatique par un condensateur spécial, comme l’indique la figure 2.
- Fig. 2.
- Pour faire des mesures, on peut remplacer, pour la production des à-coups, l’éclateur par un transformateur à haute fréquence dont le circuit secondaire donne des oscillations peu amorties, E. L.
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- VARIÉTÉS
- GÉNÉRALITÉS
- La réforme des écoles techniques supérieures en Autriche I1).
- C’est un fait reconnu aujourd’hui que l’enseignement théorique d’une part, et la spécialisation technique d’autre part, ne suffisent pas à former les ingénieurs dont nos temps modernes ont besoin. Si l’on étudie la question, on se heurte à un problème d’éducation.
- William Henry Allen, qui est le fondateur d’une des meilleures écoles de volontaires en Angleterre, a exprimé, eh une seule phrase ce qui pourrait servir de programme à la réforme des écoles techniques supérieures. IIdit: « Pour acquérir aujourd’hui une situation d’ingénieur, il faut urie éducation pratique, faite dans un esprit mercantile, et embrassant tout ce que notre temps offre d’élevé dans le domaine scientifique. »
- L'Académie technique autrichienne a reconnu la nécessité de donner de nouvelles bases à l’éducation dans les écoles techniques supérieures et elle travaille assidûment dans ce sens. Les ingénieurs eux-mêmes sont les premiers appelés à participer à la transformation nécessaire, car ils savent ce qui manque à l’enseignement actuel. Ce ne peut être qu’un honneur d’en signaler les défauts, et les reconnaître est le commencement du progrès.
- On est à peu près d'accord qu’il faille compléter l’enseignement scientifique par la pratique, mais les opinions diffèrent notablement sur la façon d’atteindre ce but; les nombreux projets manquent d’ailleurs jusqu’ici d’unité et ne sont pas très clairs. Toutefois le professeur A. Birk de l’École supérieure de Prague en a émis dernièrement un qui est appelé à bouleverser profondément les idées actuelles.
- Dans une conférence faite en automne 1911 à la Société des Ingénieurs et des Architectes autrichiens au sujet de « l’avenir des écoles techniques supérieures », le professeur Birk souhaite une transfor-
- 0 D’après de la Zeitschrift des Osterr, Ingénieur und Architekten~Vi)reines, i5mars «91a.
- mation de l’enseignement technique tout entier. Il veut, qu’à l’Ecole moyenne actuelle, limitée dansson enseignement, s’adjoigne une Ecole moyenne technique,'préparatoire à l’Ecole supérieure ou suffisante même pour une certaine catégorie de jeunes gens. L’enseignement technique moyen pourrait être donné à l'Ecole industrielle supérieure. En sortant de celle-ci le jeune étudiant ferait de la pratique pendant trois ans au plus ; il entrerait ensuite à l’École technique supérieure après un examen. Dans ces conditions l’Ecole supérieure pourrait offrir une plus grande spécialisation dans les différentes branches d’études.
- La recherche du complément de la pratique pour la formation scientifique des ingénieurs se justifie telles ment d’elle-même qu’il n’y a pas besoin d’insister beaucoup. Donnons cependant un aperçu de l’état actuel de ce sujet en Allemagne, dans les Écoles supérieures. On prescrit aux candidats à l’École d’ingénieurs et de Constructeurs à Darmstadt une pratique de huit semaines ; on demande aux candidats aux écoles de constructions de machines ou aux écoles professionnelles électrotechniques, au moins une année de pratique dans un atelier, la moitié pendant les études, l’autre moitié pendant les vacances. Le Comité allemand des Écoles techniques s’est occupé de savoir si l’année pratique doit se faire avant, pendant ou après les études à l’Ecole supérieure; il a fait, à ce sujet une enquête.
- La valeur de la pratique est d’autant plus grande pour l’étudiant que le stage dure assez longtemps,et qu’il lui offre l’occasion d’approfondir ses connaissances ou d’en acquérir de nouvelles. Ce stage ne peut d’ailleurs avoir de valeur, que si les établissements, qui sont prêts à recevoir les étudiants, sont installés avec tous les moyens nécessaires pour l’éducation pratique Rappelons que le Comité de professeurs d’écoles supérieures et d’industriels formé sous l’impulsion de Riedler a posé les « principes sur la formation des jeunes- gens qui veulent étudier dans les écoles supérieures techniques la construction des machines, ainsi que l’électrotechnique, la construction des navires et les constructions civiles », Bien que 5oo entreprises industrielles se déclarassent prêtes à accueillir des volontaires dans le but de leur formation pratique, le succès fut tout
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- à fait nul. L’ingénieur de Nedden écrivait dans Engineer (juillet 1911) : « Il faut se décider à former les jeunes gens par les travaux industriels; tous les efforts sont a priori condamnés, s’ils ne considèrent pas qu’il faille rendre possible la jouissance immédiate des avantages qu'offrent aux jeunes gens les usines. » On doit l’approuver sur ce point.
- L’idée de Nedden est de guider le volontaire en lui disant : « Il ne faut pas que ce soit pour servir ton ambition que tu dises ; je sais river un rivet, car tu n’auras plus à le faire plus tard, mais il faut que tu sois capable de juger de la façon dont on doit river. » En résumé le premier stage pratique a une influence considérable et peut, s'il est bien conduit, atteindre le but d’éducation désiré.
- Passons maintenant à la proposition fondamentale du Professeur Birk : trois années de pratique au moins entre l’École moyenne etl’Ecole supérieure. Qu’arrivera-t-il? Le jeune homme s’appliquera consciencieusement à l’emploi qu’il aura choisi, mais non dans le sens de compléter son éducation. Il est certain qu’avec le temps il acquerra des connaissances utiles, mais il faudrait qu’il lui fût permis de consacrer son zèle, après le travail de jour, à la préparation à l’Ecole supérieure. Or le travail de jour, dans un stage sérieux, demande déjà tant d’application qu’il faut peu songer à des études du soir.
- L’entrée à l’Ecole supérieure actuelle a lieu vers la vingtième année, qui paraît la plus favorable au travail intellectuel. L’Ecole supérieure de Birk prend des élèves — probablement avec un bagage de connaissances plus matérielles qu’intellectuelles — seulement dans la deuxième moitié de la vingtième année. Il est certain que bon nombre d’entre eux recevront plus difficilement la haute science dans leur cerveau déjà matérialisé. S’il n’est pas invraisemblable que les avantages acquis par la pratique ne puissent se perdre peu à peu dans la fréquentation de l’amphithéâtre, n’est-il pas possible aussi que certains « trois ans », pour ne pas perdre les relations qu’ils se sont faites, renoncent à l’Ecole supérieure ? Dans ce cas l’industrie perdrait des hommes capables d’accomplir de plus hautes tâches. La préconisation par Birk d’un stage pratique de trois ans nous paraît donc inacceptable.
- E11 ce qui concerne l’Ecole moyenne technique de Birk, rappelons que l’école réale est devenue une sorte d’école moyenne technique et que son évolution répond au desideratum de Birk. L’Ecole industrielle supérieure, par contre, doit atteindre le but suivant : il faut que l’élève soit capable « de s’adon-
- ner au métier qu’il a choisi de la façon la plus complète».Mais l’école industrielle,comprise comme elle l’est aujourd’hui, est une des plus grandes fautes de l’administration enseignante. Elle manque son but qui est de créer un esprit industriel moyen, et enlève à l’industrie des mains pour les emplois techniques inférieurs ou moyens. Le Professeur Birk demande que l’école industrielle actuelle soit transformée pour remplir les fonctions d’école industrielle moyenne. Elle doit pouvoir préparer les « trois ans » à la pratique et par conséquent à l’École supérieure.
- Le Professeur Birk veut limiter les collèges et écoles réales dans leur enseignement, au point de vue éducation générale. Comme l’on cite volontiers en exemple les Anglais, remarquons ce qui a été dit à la conférence sur la formation des Ingénieurs à l’Institution des Ingénieurs civils de Londres il y a deux ans : « La formation de l’Ingénieur à l’Ecole moyenne ne doit pas le préparer uniquement à sa profession. » Cette opinion de nos collègues anglais est compatible avec notre souhait d’une école moyenne unitaire et elle répond à l’opinion de Birk relatives aux écoles techniques.
- Quant à la troisième des réformes, sur la complète spécialisation des écoles supérieures, laissons la réponse au Professeur Riedler. Ce distingué technicien, praticien et éducateur, qui est intimement lié au grand développement des écoles techniques supérieures en Allemagne, montre dans son écrit intitulé : Nos grandes écoles et ce qu'il faut au xxe siècle, que le danger consiste dans les spécialisations étroites et que l’éducation trop technique forme des ingénieurs bornés.
- Riedler dit : « Les écoles techniques doivent avoir^ un but d’ensemble ; elles ne doivent pas seulement former des chimistes, des électriciens, des constructeurs, qui ne sortiront jamais de leur domaine, mais donner à l’ingénieur une éducation plus large et l’occasion de pénétrer dans les domaines voisins. » Riedler est d’avis que le développement futur des écoles supérieures techniques ne doit pas êtré dirigé vers l’extension illimitée des spécialités. Plus l’industrie se développe, plus l’Ecole supérieure doit tendre vers une vue scientifique d'ensemble.
- Ce 11’est pas ce qui a lieu, ainsi que le montre l’Ingénieur C. Matschosz, de Berlin. Le développement de l’industrie a fait croître le nombre des spécialités ; des divisions nouvelles ont été créées, tant pour l’architecture, que pour la construction et pour la chimie ; il arrive même que le jeune diplômé de
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- l’École supérieure, qui est habitué à ces divisions sévères, voit à son grand étonnement un ingénieur de constructions civiles faire le travail d’un constructeur de machines, et le constructeur de machines s’occuper de choses qui semblent n’intéresser que l’architecte. Qu’il soit nécessaire de procéder à une fusion intime de toutes ces divisions est une nécessité reconnue par la pratique.
- Une question difficile se pose d’ailleurs à l’étudiant. Quelle spécialité va-t-il choisir, alors qu’il n’a aucune idée du terrain sur lequel il pourra utilement travailler? Cette question, bien peu savent la résoudre.
- Aussi un programme d’enseignement, qui permet à l’étudiant d’approfondir les éludes générales et lui rend possible une spécialisation réelle dans la pratique de sa profession, est sans aucun doute préférable à une spécialisation trop précoce. Ce qu’il nous faut, ce ne sont pas des hommes bornés aux limites étroites de leur spécialité, mais des hommes aux conceptions vastes.
- Nous voulons bien, ainsi que Birk, des ingénieurs pratiques. 11 faut qpe le théoricien s’exerce à la pratique, soit dans des laboratoires installés d’une façon moderne, soit dans desateliers d’études; ceux-ci sont indispensables à l'enseignement, car ils rendent possibles les essais, et conduisent aux recherches scientifiques et techniques. Les laboratoires d’ingénieurs doivent être ouverts aux étudiants et non point, comme aujourd’hui, rester des cabinets sévèrement fermés. Les expositions pourront aussi en être un complément utile ; un musée technique va peut-être se créer.
- ' Un stage pratique obligatoire avant, pendant, ou "après le séjour «à l’École supérieure, ne peut être imposé que s’il existe un nombre suffisant d’établissements d’instruction pratique pour les étudiants. Tant que ce ne sera pas le cas, il faudra que l’école organise des visites dans les usines et sur les chantiers pour exercer la compréhension de l’étudiant et éveiller son intérêt.
- Il va de soi que cet enseignement spécial doit commencer de concert avec l’enseignement des mathématiques ou des sciences naturelles. C’est au professeur de diriger l’intelligence de l’élève vers le
- sens pratique. L’Ecole supérieure technique manque de professeurs connaissant l’art d’enseigner. Si tout grand praticien n’est pas nécessairement bon professeur d’école supérieure, inversement il ne faut pas retirer à tout théoricien de valeur le sens exact de la pratique. Le choix de bons professeurs est donc une considération très importante pour arriver à la solution de cet enseignement.
- Avant de clore ces considérations, il faut penser à une question qui concerne notre éducation en général.
- Nous ne voyons plus le monde comme par le passé, mais l’école d’aujourd’hui est restée celle d’hier. Un enseignement qui apprendrait à l’adolescent les faits remarquables de l’évolution technique, qui le préparerait à la vie fiévreuse des usines, ferait ouvrir des yeux qui, avec l’enseignement d’aujourd’hui, restent fermés à la réalité. Il manque à notre société le réveil du sentiment pratique.
- L’éducation logique vers la technique formera 1 homme tout autrement qu’il n’est formé sur les bancs de l’école d’aujourd’hui ; elle aiguisera l’esprit, enseignera mieux à comprendre, calculer et juger. Et il n’est pas difficile d’acheminer notre école vers son nouveau but sans rompre l’équilibre harmonique chez l’individu. On peut très bien être un profond technicien, et rester un admirateur de l’art grec ; on peut réunir dans un même individu l’ingénieur et le poète.
- Quand l’école actuelle aura atteint son nouveau but, il y aura plus de savoir, et par suite on appréciera davantage l’industrie dans le monde, et ceux qui se préparent à la carrière d’ingénieur auront pour la nouvelle Ecole une réelle prédilection.
- L’Ecole moyenne basée sur les.idées précédentes serait, mieux que l’Ecole moyenne technique du projet de Birk, l’Ecole moyenne unitaire idéale. Ces considérations montrent cependant que le Professeur Birk a raison quand il dit que la réforme de l’enseignement de l’Ecole supérieure suppose une transformation de l’Ecole moyenne.
- Nous souhaitons cjue l’Ecole supérieure technique soit bientôt la grande École dont l’industrie a besoin.
- J. BnÉGEAT.
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- TRACTION
- Quelques considérations sur la traction électrique des chemins de fer métropolitains (*).
- La Commission de la Chambre des députés du royaume de Prusse, qui a été chargée de l’examen des emprunts pour les chemins de fer de l'Etat, notamment de celui relatif à l’électrification du Métropolitain de Berlin, a posé à l’Administration diverses questions qui sont intéressantes au point de vue de la traction électrique; nous donnons un résumé de quelques-unes des réponses d’après le rapport de l’Administration.
- La première question était celle-ci : le Département impérial des Chemins de fer autorisera-t-il à atteler des voitures électriques en queue des trains P A la suite d’essais entrepris par l’Administration du chemin de fer électrique de Bitterfeld et sur la ligne de ceinture d’Oranienburg, il a été répondu affirmativement à cette question. On a entrepris les essais avec des trains formés de voitures ayant un chargement de 6 tonnes, ce qui correspondait aux 8o ou 90 voyageurs qui, à certains moments de la journée, peuvent se trouver dans une des voilures du chemin de fer Métropolitain de Berlin.
- Un train de i3 voitures, pesant 3 jo tonnes, a été muni de deux locomotives, l’une en tète, l’autre en queue ; quoique l’on ait atteint la vitesse de (35 kilomètres par heure, et que les démarrages et arrêts aient été aussi brusques que possible, on n’a constaté ni chocs entre voitures, ni ébranlements. On a aussi constaté que la locomotive de queue était tout à fait dans la main du mécanicien, qui la commandait de la tête du train.
- Un train de 8 voitures, poussé par une locomotive a été mis en marche sur une voie avec courbes et contre-courbes de 180 et 190 mètres de rayon, se suivant immédiatement, courbes dans lesquelles parfois le rail intérieur était plus élevé que le rail extérieur. On a poussé la vitesse jusqu’à 60 kilomètres par heure et on a constaté que la première voiture n’était pas plus secouée que la dernière voiture d’un train remorqué. Afin de déterminer la différence de l’effort de traction, dans le cas où le train est remorqué ou poussé, 011 a déterminé le temps que met un train pour franchir le premier kilomètre, sur une voie
- (M D’après VElektrotcckniscke Zeitschrift, Sot i y décembre 1912.
- droite et en palier, la locomotive étant toujours placée dans les mômes conditions pour le démarrage. On a fait huit essais pour chaque cas, la moyenne du temps a été de 128 secondes pour le train remorqué et de 127,5 secondes pour le train poussé ; on peut donc dire que dans les deux cas la résistance au roulement est la même, et que par conséquent l’usure des rails n’est pas plus grande dans le cas de trains poussés, que dans le cas de trains remorqués.
- On a constaté que la résistance moyenne à la traction (courbes comprises) d’un train métropolitain est de 2,9 kilogrammes par tonne à la vitesse de 37,6 kilomètres par heure.
- La deuxième question était : peut-on obtenir une exploitation régulière avec des trains se suivant à une minute et demie d'intervalle P L’exemple des Métropolitains de Londres et de New-York montre que l’expédition de 40 trains par heure, dans chaque sens, est parfaitement possible.
- Une délégation de la Direction des Chemins de fer royaux prussiens a visité les installations des chemins de fer métropolitains de Londres ; elle a constaté que sur la ligne du chemin de fer du District, il circule à certains moments 4o trains, dans chaque sens, par heure. Le chemin de fer du District, qui est établi en souterrain sur la plus grande partie de son parcours et dont le restant est en tranchée, a le plus grand trafic de Londres; il est à courant continu à 600 volts. Les trains sont formés de voitures motrices et de voitures remorquées à 4 essieux; il circule sur la ligne non seulement des trains du district,mais encore des trains d’autres compagnies.
- Les voitures ont environ i5 mètres de longueur; les automotrices pèsent 29,5 tonnes, les remorques i8,5 tonnes. Chaque voiture motrice est équipée avec deux moteurs de 200 chevaux ; le nombre des places assises d’une voiture est de 48; le nombre total des voyageurs pouvant occuper une voiture dans les cas d’affluence est de i5o,
- La section de la ligne du district comprise entre la station de Earls Court et celle de Mansion Housc, a une longueur de 8,1 kilomètres et il y a 9 stations intermédiaires; avec les locomotives à vapeur la durée du parcours de cette section était de 26 minutes, ce qui correspond à une vitesse moyenne de 18.7 kilomètres à l’heure; avec la traction électrique la durée du parcours est de 17 minutes, ce qui correspond à une vitesse moyenne de 28,6 kilomètres à l’heure. Avec la traction à vapeur, on ne pouvait avoir que 18 trains à l’heure; la vitesse moyenne de 28,(1 kilomètres à l’heure, obtenue avec la traction
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- électrique est remarquable sur une ligne où la distance moyenne entre stations est de
- 8 ioo
- ------= 8ro mètres.
- io
- La députation allemande a pu constater qu'à Victoria Station, de 5 h. 14 ni. 7 s. à 6 h. 12 m. 5o s., 40 trains ont été expédiés dans un sens.
- M. A. H. Stanley, directeur de l'exploitation de la Compagnie du District, assure que sur les lignes de cette compagnie, on pourrait arriver à avoir par heure le nombre de trains indiqués dans le tableau ci-après, suivant la durée des arrêts aux stations :
- 3° Celle correspondant au temps que met le train pour démarrer et atteindre un point placé à une certaine distance, après le signal de départ de la station (distance de sécurité) ;
- 4° Celle de la commande des signaux.
- La réduction de la première période est obtenue, sur le chemin de fer du District, en donnant au train une grande vitesse lors de son passage au droit du 1 signal avancé de la station, et par un freinage énergique réalisé au moyen d'un frein Westinghouse à. air comprimé. La délégation a estimé à 0,7 ou 0,8 mètre par seconde le ralentissement lors de l’arrêt; celte valeur a été déterminée, en se servant
- Tableau I
- Durée en arrêt en secondes 10 12 H i :> 20 25 3o /,o 5o 60
- Nombre de trains par heure 71 68 6/, $9 54 51 44 40 36
- M. Stanley espère arriver à pouvoir faire circuler, par heure, 5o trains dans chaque direction, avecarrêts de 25 secondes aux stations, quand il ne passera plus sur les lignes du chemin de fer du District de trains appartenant à d'autres compagnies, et que Ton aura supprimé les croisements à niveau dans les stations où aboutissent d’autres lignes.
- Sur le chemin de fer tubulaire de Charing-Cross, Euston et Hampstead, il y a des moments où les trains se suivent encore plus rapidement; il en passe sur le tronc commun Charing-Cross-Camdentown, jusqu’à 44 Par heure.
- Malgré ce trafic intense, la délégation a constaté que l’exploitation est très régulière et qu’il n’y a pas de retards.
- Pour arriver à un trafic aussi important, il faut employer la traction électrique et en outre avoir des signaux automatiques.
- Si un train doit en suivre un autre, après le moins de temps possible, il faut naturellement que le premier occupe une même section de voie le moins longtemps possible; dès qu’un train a quitté une station de block et dépassé d’une certaine longueur de sécurité le signal de sortie, le train suivant doit pouvoir franchir, à pleine vitesse, le signal avancé de cette section.
- Pour arriver à ce résultat, il faut réduire, autant qu'on le peut, les périodes de temps suivantes :
- i° Celle correspondant au parcours du train, du signal avancé à la station ;
- 20 Celle de l’arrêt à la station;
- en moyenne de
- 22,8 secondes pour les
- de Phorioge de la station, ce qui ne permet pas une très grande exactitude.
- La durée de l’arrêt à la station de Victoria a été
- 93°
- 40
- 4o trains ayant passé pendant une heure à cette station dans une des directions. Dans les huit stations entre Mansion House et Kensington, les arrêts ont été de : 17; i3,5 ; 17 ; 25 ; 12,5 ; i4 ; 16 ; 16 secondes, ce qui donne une moyenne de 16,4 secondes. Le plus long des arrêts (environ 8o,5 secondes) a été constaté à la station de Kensington d’où parlent les embranchements des lignes de banlieue ; la présence de ces embranchements negêne dureste enrien pour la fréquence des trains, car il y adans la station plusieurs quais pour chacun dés embranchements.
- La sortie et Pentrée des voyageurs dans les voitures se fait très rapidement et très tranquillement ; les voitures du chemin de fer du district, ainsi que celles du métropolitain et du tubulaire, ont une porte de 0,70 mètre à chacune des extrémités des parois longitudinales et en outre la plupart ont une porte de 1,40 mètre, au milieu de chacune de ces parois; en outre, il y a des portes qui permettent de passer d’une voilure à l’autre d’un train, mais ces portes servent rarement, elles sont le plus souvent fermées.
- La hauteur des planchers des voitures au-dessus du niveau des quais varie au chemin de fer du District entre 100 et 35o millimètres, pour un même train ; elle est ordinairement de 180 millimètres. Sur le che-
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- min de fer tubulaire, les voitures ont leur plancher au niveau des quais.
- Les couloirs et les escaliers ne sont guère suffisants, mais grâce au sang-froid et au calme du public anglais il n'y a jamais de bousculades. On avait prevu que dans les voitures munies de portes de milieu, celles-ci seraient réservées pour rentrée dans les voitures et les portes extrêmes pour la sortie, mais le public n’a jamais suivi ces prescriptions (pas plus que dans notre Métropolitain). ,
- Dans les stations où les trains prennent diverses directions, on diminue beaucoup le temps employé par le public pour entrer clans les voilures, en annonçant à l’avance l’ordre dans lequel parlent les trains dans les diverses directions ; à cet effet, au-dessus du trottoir., on dispose un tableau bien visible sur lequel sont inscrites les diverses directions et les chiffres i, a, 3, éclairés électriquement, apparaissent en regard des directions que doivent prendre les trois premiers trains qui arrivent. Quand un train part, le n° a est remplacé automatiquement par le n° i, et le nü 3 par le n° a, tandis qu'un gardien fait apparaître un nouveau n° 3.
- Afin de diminuer la troisième période, il faut que le démarrage soit très rapide, et cela ne peut être obtenu qu’avec la traction électrique ; sur le chemin de fer du District, la délégation a constaté des accélérations de o,5T> à o,65 mètre par seconde, et cela est d’autant plus remarquable que dans beaucoup de stations les voies sont en courbe.
- La quatrième période est diminuée par l’emploi de signaux automatiques; on estime qu’avec eux on gagne de 8 à io secondes, temps perdu par un gardien de block pour prendre une décision.
- A Londres, les signaux sont actionnés soit par l’air comprimé, avec commande électrique des soupapes, soit par des électromoteurs. Quand un signal est fermé, le train est arrêté automatiquement, un levier faisant ouvrir la conduite d’air des freins. Il n’y a de gardiens de blocks, qu’aux embranchements et aux croisements.
- Les autres questions posées par la commission étaient relatives aux locomotives à vapeur et aux dépenses d’exploitation. On s'est préoccupé, par exemple, de savoir s’il est possible, en service, d’atteindre avec les locomotives à vapeur la même accélération qu’avec les locomotives électriques ; s’il y aurait lieu de procéder à de nouveaux essais avec les types les plus récents de locomotives créés par les Sociétés de constructions de machines à vapeur, etc. K. L.
- ELECTROCULTURE
- Emploi de l'électricité pour Vamélioration du rendement agricole de la terre.
- Les essais qu’on a faits dans ces derniers temps pour augmenter le rendement de la terre au moyen de l'électricité ont donné des résultats très satisfaisants. Nous donnons sur ces essais quelques renseignements empruntés à YElehtrotechnls^he Zeit-schrift. L’électricité provoque dans le sol des réactions chimiques qui préparent heureusement les substances nutritives des plantes ; elle accélère la circulation de la sève et protège les plantes contre les insectes. C’est ainsi que, dans un essai fait à Pétro-vic, près de Prague, le rendement agricole de plusieurs espèces de plantes a doublé.
- On s’y est servi du rayonnement d’électricité sialique à haute tension. Sur des isolateurs portés par des poteaux en bois, on a attaché des fils d’acier distants l’un de l’autre de ioo mètres ; sur ces fils était tendu un filet rayonnant formé de fils de fer, de 0,2 millimètre de diamètre, espacés de io mètres. Le filet rayonnant fut disposé à 4 mètres au-dessus du champ, de manière à ne pas gêner les travaux agricoles.
- Une station électrique chargeait le filet à haute tension statique, au moyen d’un interrupteur à mercure, d’un transformateur et d’une soupape électrolylique. On commençait par transformer le courant alternatif ordinaire à courant à haute fréquence. Puis on élevait la tension par des transformateurs à la valeur de ion ooo volts; on redressait enfin le courant, car le courant alternatif aurait été inefficace pour le but à atteindre. Comme le courant doit s’écouler sans cesse du filet rayonnant vers la terre, un des pôles du transformateur était branché au filet, l’autre à la terre. La consommation d’énergie électrique a été extrêmement faible : i *20 volts X ^ ampères.
- On n’a travaille àPélrovic que quelques heures par jour avec cet agencement ; quand il pleuvait, il fallait supprimer le courant, parce que l’isolement devenant trop faible, la consommation d’énergie électrique eût été trop élevée. On ne travailla pas non plus pendant les grandes chaleurs, l’électricité étant nuisible quand le soi est trop peu humide.
- Quoi qu’il en soit, il serait désirable qu’on considérât avec attention cette nouvelle application de l’électricité, dont on a déjà reconnu les avantages en Angleterre, en Suède, en Allemagne et en Amérique.
- S. P.
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- BREVETS
- Moteur alternatif à collecteur à vitesse réglable. — Compagnie Française pour l’exploitation* des procédés Thomson-Houston. — N° 446 93a, demandé le 6 août 1912. Publié le 18 décembre 1912.
- Cette invention a pour objet de fournir un moyen efficace de contrôler et de modifier la vitesse de rotation d’un moteur à collecteur alimenté par des courants alternatifs. On munit le rotor d'une paire de balais par pôle, ceux-ci étant mobiles sur le collecteur. Un enroulement inducteur est placé dans le stator, pour agir, soit en induisant le courant dans le rotor comme dans un moteur à répulsion, soit pour compenser la réaction d’induit s'il est relié en série avec les balais du rotor comme dans un moteur à conduction.
- L’enroulement d’excitation du stator est décalé d'environ 90°. La portion de cet enroulement qui
- Figr. 1.
- correspond à chaque pôle est connectée entre lesdeux balais de la paire du môme pôle ; elle est alimentée par le voltage entre les deux balais. On contrôle la vitesse du moteur en rappelant ou en écartant simultanément les balais les uns des autres dans chaque paire, pour modifier le voltage fourni à l’enroulement d'excitation.
- La figure 1 représente un moteur monophâsé connecté comme il est dit ; la figure 2 est une modification des connexions ; les figures 3 et k montrent l’application des mêmes dispositifs à un moteur triphasé.
- Dans la figure 1, A représente lerotorsouslaforme d'un anneau Gramme, avec les balais directement appliqués sur le bobinage.
- Il ÿ a une paire de balais ay a1, pour chaque pôle. Les balais a} a sont réunis directement pour former pu court-circuit, et les balais a\ ci sont de même court-circuités parallèlement.
- B, B représente l’enroulement inducteur du stator, produisantun champ enligne avec les courts-circuits,
- et C, C l'enroulement d'excitation, en deux sections dont chacune est insérée entre les balais d’une môme paire ay a*.
- Quand le moteur tourne, l’enroulement B, B produit un courant dans les circuits do travail du rotor, c’est-à-dire dans la partie court-circuitée entre les balais a, «, et af, a1. La rotation du rotor dans le champ de l'enroulement inducteur engendre un voltage entre les balais de chaque paire et ce voltage, fourni à l’enroiflement d'excitation C, produit le champ du moteur.
- L’importance de celte excitation et, par suite, la force du champ et la vitesse de rotation du moteur peuvent être modifiées en déplaçant les balais a, a*y soit pour les rapprocher, soit pour les écarter les uns des autres.
- Le moteur représenté figure 1 est shunt; il n'a pas de couple de démarrage, puisqu'il n'y a pas de voltage induit entre un balai a et un balai a' quand le rotor ne tourne pas.
- Afin de superposer une caraêtéristique-série à la caractér istique-shunt (pour permettre ledémarrage ou pour profiter en marche des avantages de cette carac-
- téristique), tous les balais du collecteur peuvent être déplacés dans la même direction en amenant la ligne du court-circuit à faire un certain angle avec l'axe de l’enroulement B, comme dans le moteur à répul-
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- sion ordinaire, soit en déplaçant deux balais diamétralement opposés, soit en employant des connexions spéciales. C’estce que représente la figure 2. Les portions d’enroulement d’excitation G, ainsi que les portions d’enroulement du rotor en parallèle avec l'enroulement C, y sont réunies en série avec l’enroulement B. On peut encore ici contrôler la vitesse en déplaçantes balais de chaque paire l’un par rapport à l’autre comme il est indiqué en ponctué.
- Le meme procédé de régulation peut s’appliquera un moteur triphasé. L’armature et le stator sont représentés schématiquement figures 3 et 4. Les connexions de la figure 3 sont exactement celles de la figure 1, sauf les modifications nécessitées par la présence de trois phases. Il y a trois paires de balais a, a' ; a, c/2 ; a'9 aa, réunies pour former trois courts-circuits correspondant aux trois portions de l’enroulement inducteur B.
- Fig*. 4-
- Chaque paire de balais comprend entre les deux balais une portion de l'enroulement d’excitation.
- La vitesse du moteur peut être contrôlée en déplaçant les balais l’un vers l’autre ou en sens inverse, comme il est indiqué en ponctué. Une caractéristique-série peut être obtenue en déplaçant tous les balais dans le même sens.
- Un anneau Gramme avec des balais placés en disposition triphasée constitue en effet une connexion en triangle, et, puisqu’il est désirable que la distribution du courant dans les portions en court-circuit
- ÉLECTRIQUE 187
- du rotor et dans l'enroulement inducteur soit la même, l’enroulement inducteur est représenté connecté en triangle.
- De cette manière, les connexions de la figure 2 ne sont pas applicables à un moteur triphasé pour lui donner une caractéristique-série.
- Une armature en tambour, au contraire, donne une distribution de courant analogue à un montage en étoile ; par suite, dans un moteur triphasé avec induit enroulé en tambour, l’enroulement inducteur est de préférence disposé en étoile et les connexions de la figure a peuventêtre employées pour donner au moteur une caractéristique-série. De plus, l'armature peut être connectée en série avec l’enroulement inducteur au lieu d’être court-circuitée sur elle-même. On obtient alors le montage représenté schématiquement sur la figure 4 dans laquelle l’armature est en tambour.
- Le courant, qui entre par un balai dans une armature en tambour, produit dans l’armature un champ à angle droit avec le rayon sur lequel est placé le balai.
- Ainsi le courant entrant par une paire de balais, par exemple <2, a' (fig. 4), produit un champ horizontal. Par suite la phase de l'enroulement inducteur B connecté en série avec ces balais doit être disposée de façon à produire un champ vertical. C’est ce qui est représenté.
- Si l’on désire une caractéristique-shunt, on peut faire une connexion-série entre l’enroulement inducteur et l’armature en connectant l’enroulement inducteur au milieu de l’enroulement d’excitation C correspondant, de façon que le courant de travail circulant en parallèle dans les deux moitiés de l’enroulement ne produise pas de champ.
- Si, au contraire, on désire une caractéristique-série, on peut déplacer la connexion de l’enroulement inducteur, comme il est indiqué dans la figure 3 en ponctué. Dans un cas comme sur l’autre, on peut modifier la vitesse par écartement ou rapprochement des balais de chaque paire.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Il a suffi d’un vague espoir de la conclusion de la paix pour que lous les marchés se ressentent de la satisfaction qu’en éprouvaient le public et les spéculateurs. Mais il y a d’autres éléments d’activité qui subsistent, en dépit des menaces de conflagration universelle et de la cherté de l’argent.
- Dans son rapport aux actionnaires de la Banque de F’rance à l’assemblée du 3o janvier, le Gouverneur rappelle qu’il s’est produit en fin d’année une mobilisation assez étendue des capitauxà court terme, qui a provoqué des demandes importantes et qui a nécessité l’élévation du taux des escomptes à 4 % > tandis d’ailleurs que sur les autres places il atteignait 5 et 6 % . Et cependant si l’on compare la situation du portefeuille, à un an d’intervalle, on remarque un écart de 5oo millions en faveur de igi3. Il y a donc des nécessités plus fortes que la crainte de la guerre et des entraves qui s’ensuivraient dans le développement économique des nations.
- Cette situation s’est particulièrement fait sentir à la Bourse de Lille où les valeurs de charbonnages ont subi une hausse hors de proportion avec les dividendes envisagés et l’avenir immédiat des exploitations. La production des deux bassins du Nord et du Pas-de-Calais est en progression remarquable, puisqu’elle est supérieure de a millions de tonnes à celle de l’an dernier ; les prix sont toujours en hausse, au grand dommage de l’industrie; mais, comme nos compagnies accumulent avec prudence les réserves ordinaires et extraordinaires, les dividendes ne s’en ressentiront guère. Les compagnies du reste sont obligées de compter avec la crise de la main-d’œuvre qui est là, comme partout ailleurs en France, la grande préoccupation de leurs dirigeants : certain outillage multiplié et perfectionné, qui conduit à d’importantes immobilisations, peut y suppléer en partie ; il ne peut la remplacer en tout et nous continuerons d’assister avec regret au spectacle de nos grandes administrations, tels les Chemins de fer de l’iïtat, obligées de s’adresser à l’étranger pour des produits que notre sol renferme mais qu’on ne peut lui arracher avec assez de diligence.
- Nous voulons noter,àlitreclocumentaire, que l’Etat
- doit à la Banque de France 200 millions avancés gratuitement, et que celte année il a reçu d’elle, tant en ! impôts qu’en redevances sur la circulation productive,
- | ia ^3.3 556 francs ou 69 % du produit net commercial compris dans la répartition faite aux actionnaires ! Ceux-ci qui sont au nombre de 32 707 et dont 18 291 possèdent d’une à deux actions, n’ont dû de se répartir une somme supérieure à celle perçue par l’Etat qu’aux revenus du portefeuille propre de la Banque constitué avec une partie des réserves : ils ue sont donc pas si privilégiés qu’on se plaît à le dire, et la liberté de l’institution leur profiterait plus que son privilège.
- Après le Métropolitain de Naples, le Métropolitain de Constantinople occupe l’opinion publique. Il est maintenant confirmé que la concession en a été accordée au Consortium de Constantinople qui comprend des financiers allemands, belges et français, la Deutsche Bank étant en l’espèce l’organisme qui traite pour le Consortium. On parle de 70 millions de travaux, mais dont la plus grande partie serait au profit de l’industrie allemande. Tout ce qui concerne les moyens de transport et la distribution de l’énergie électrique à Constantinople se trouve ainsi dans les mains d’une majorité de capitalistes allemands. Les conditions actuelles ne sont pas d'ailleurs favorables au développement de ces affaires, et il ne faut peut-être point trop regretter l’insuccès de la banque rjérier et C‘° qui poursuivait l’octroi de cette concession.
- Une statistique générale de la production mondiale du cuivre pour igi^/montre queles Fitals-Unis, comme les autres pays producteurs, ont augmenté leur extraction dans une proportion exceptionnelle. Des reprises de travaux dans des mines abandonnées, ou des impulsions nouvelles données à des mines anciennes ont permis de porter la production mondiale de 889000 tonnes à plus de 1 million de tonnes. Les Fitats-Unis viennent en tête avec 563 747 tonnes, puis le Mexique avec 71982. On remarquera l’énorme disproportion qui existe entre les deux pays les plus voisins. Il résulte de l’état d’ensemble que les Etats-Unis à eux seuls produisent
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUË
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- plus que tous les autres pays réunis et c’est cette pré. pondérance qui leur permet évidemment de commander et de diriger le marché. Le Canada et la Russie ont chacun de leur côté progressé de 5o % environ. L’Afrique vient encore après l’Allemagne. Mais elle se prépare évidemment à la dépasser rapidement.
- Il vient de se constituera Bruxelles une société pour le traitement des métaux par l'électricité. La Société Belge Popp, constituée le 7 janvier pour trente ans, se propose de régénérer les vieux métaux parle régénérateur électrique ou four à résistance à grande concentration d’énergie et à marche continue couvert par un brevet belge. Le capital est de 1 afSoooo francs, divisé en 5 000 actions de ü5o francs ; il est créé 5 000 parts de fondateurs. Celles-ci et 1 5oo actions ont été remises à l’apporteur et les 3 5oo autres actions ont été souscrites et libérées de 10 % . Cette dernière disposition de la législation belge est actuellement l’objet d’une campagne auprès du Parlement auquel on demande d’adopter au moins la disposition de la loi française qui exige le versement du quart. Dans le cas particulier, la Société débute avec 87 5oo francs pour acheter les terrains et éventuellement construire l'usine, les fours, sc procurer l’outillage, etc. C’est peu et les appels des 90 % restants ne sauraient tarder. Nous devons dire de plus que les sociétés analogues qui se sont constituées en France depuis quelques années dans le même but ne semblent pas avoir prospéré; leur échec tient peut-être à leurs procédés de régénération moins perfectionné que celui qui fait l’objet du brevet belge. Nous l’attendrons à l’œuvre pour le juger.
- Les valeurs d’électricité n’ont pas cette semaine joui des faveurs du public ; quelques-unes sont plutôt en recul. Mais c’est ainsi que les positions acquises ont besoin d’être consolidées. Ainsi la Compagnie Générale d’Electricité, la Compagnie Edison, les Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est n’enregistrent que de faibles plus-values. Les valeurs de traction n’ont pas varié : tels la Thomson-Houston malgré les bruits qui courent d’un bon exercice 1912,1e Métropolitain, le Nord-Sud qui sont cependant en plus-value de recette. Mais
- l’attention des spéculateurs est ailleurs, autour des valeurs métallurgiques et des emprunts d’Etats ou de Ville, qui présentent momentanément plus d’intérêt.
- IJElectrician, de Londres, annonce que l’on doit entreprendre prochainement l’électrification de 126 kilomètres de lignes sur le London and Northwestern Railway, en utilisant les lignes existantes de T « Underground )> entre Baker Street et Waterloo. L’installation s’étendra ensuite sur la ligne Wellesden-West-London-Earlcourt et plus tard sur la ligne Euslon-Watford-Richmond. On a choisi le courant continu à 600 volts avec trois rails. La station centrale aura une puissance de 25 000 kilowatts ; elle sera construite au voisinage immédiat des voies et comprendra de grands turbo-générateurs ; l’apport du charbon y sera fait mécaniquement. Le courant triphasé à 11 000 volts et 25 périodes sera conduit par deux câbles dans des sous-stations à 5 ou 6 kilomètres de distance; dans ces dernières, le courant sera transformé, au moyen de transformateurs statiques et de transformateurs tournants synchrones, en courant continu à 600 volts pour l’alimentation des rails conducteurs.
- Une batterie-tampon au réglage automatique et chargée par des machines auxiliaires servira de réserve. Le parc à voitures comprendra 100 voitures motrices (avec un certain nombre de remorques) h équipement multiple. Les voitures se succéderont à 5 minutes d’intervalle et seront pourvues de 4 moteurs chacune.
- Une autre électrification aura lieu sur le South-Western-Railway ; elle sera établie d’abord sur i2o kilomètres de longueur, sur la ligne circulaire Waterloo-Kingston-Richmond-Walerloo, et plus tard sur 280 kilomètres de longueur. Ici encore, on a adopté le courant continu à 3 rails. L’énergie sera fournie, comme dans le cas précédent par un agencement triphasé à 25 000 kilowatts, et transformée dans des sous-stations.
- Les voitures comporteront deux classés de voyageurs. L’intervalle entre les trains sera seulement de 3 minutes.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- ÉCLAIRAGE
- CalvadOS. — La Chambre de commerce de Caen est autorisée à établir et à administrer un service d’éclairage électrique du canal de Caen à la mer ei des quais du port de Caen L’éclairage du port comprendra u5 lampes à arc montées sur pylônes.
- LOire-Inférieure. — Le conseil municipal d’Ance-nis a nommé une commission pour étudier les propositions faites par la Société Carpentier, Rivière et Clc pour l’installation de l’électricité dans la commune,
- Seine-et-Oise. — Le conseil municipal de Gif a approuvé une convention avec le Sud-Lumière pour l’installation de l’éclairage électrique dans la commune; les frais de premier établissement sont évalués à i'i ooo francs.
- TÉLÉPHONIE
- Allier. — La Chambre de commerce de Moulins a voté un emprunt de a43 54i francs pour l’installation du téléphone dans 46 communes et l’établissement de plusieurs circuits supplémentaires.
- Evu»e. —. La Chambre de commerce de Pont-Audemer est autorisée à avancer à l'Etal une somme de i3 3o5 fr. en vue de l’établissement de circuits téléphoniques Ponl-Audemer-Conteville avec cabine et réseau à Gonleville, Bourg-Achard-Boviquetot et Bouquetot-Routot avec cabine et réseau à BoUquetot.
- Nord. — La Chambre de commerce d’Armentières est autorisée à avancer à l’Etat,une somme de 43 835 fr. en vue de l’établissement de quatre nouveaux circuits Armentières-Lille et d’un deuxième circuit Armentières-Roubaix.
- Saône-et-Loire. — La Chambre de commerce de Chalon-sur-Saône est autorisée à avancer à l’Etat une somme de i4 793 francs, en vue de l’établissement du réseau téléphonique de Montpont et d’une ligne avec Louhans et de divers réseaux.
- DIVERS
- Conférence de M. Bizet.
- Le ug janvier, a eu lieu, à la Société Industrielle de l’Est, à Nancy, une conférence de M. Paul Bizet, directeur général des stations centrales de la Compagnie Générale d’Eleclricité, sur les considérations sur lu production, la distribution et l'utilisation de l’énergie électrique en Fratice.
- Cette conférence, présidée par M. Floquet, doyen de la Faculté des Sciences de l’Université de Nancy, avait attiré une grande affluence d’industriels, d’ingénieurs, de professeurs, etc., heureux de prouver par leur présence au distingué conférencier non seulement l’intérêt qu’ils lui portaient, mais aussi d’entendre une conférence sur un sujet des plus intéressants, puisqu’il montrait le'.dévelop-pemenl de l’industrie électrique en France et plus particulièrement en Lorraine.
- Nous reviendrons ultérieurement sur cette importante conférence dont les grandes lignes seront soumises à nos lecteurs.
- SOCIÉTÉS
- Aciéries de Firminy et Usines de Rioupéroux.
- On a déjà annoncé la combinaison intervenue entre la Société des Aciéries de Firminy et les Usines de Rioupéroux.
- Ces dernières usines, situées sur la Romanche, possèdent une chute de a5 000 chevaux environ.
- Les Aciéries de Firminy ont réalisé l’augmentation de capital de Rioupéroux, et vont aménager cette chute en partie pour leur propre service.
- Il vient d’intervenir un accord extrêmement intéressant entre ces deux Sociétés et la Compagnie Electrique, de la Loire et du Gentre. Celle-ci achète tout l’excédent de là force disponible à l’usine de Rioupéroux et se charge, de plus, de transporter, moyennant des conditions favorables pour elle et pour les Aciéries de Firminy, tout le courant dont celles-ci ont besoin, courant pris à Rioupéroux.
- Les Aciéries de Firminy. et Rioupéroux s’interdisent d’ailleurs toute distribution de force par elles-mêmes; ce soin étant exclusivement réservé à la Compagnie Electrique de la Loire et du Centre.
- Il est à noter que le transport d’énergie doit se faire
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- sur une distance de 180 kilomètres qui séparent Riou* | Société Electrique Westinghouse de Russie. — Le péroux de Firminy* I 5 mars, 7, rue de Berlin, Paris,
- Tableau des recettes d’exploitation du mois de novembre 1912*
- DESIGNATION
- Energie Electrique du Nord de la France.. . .,
- Société Roubaisienne d'Ëcluirage............, .
- Electrique Lille, Roubaix, Tourcoing........
- Energie Electrique du Centre.............. *.. .
- Compagnie Electrique de la Loire..............
- Société Générale de Forces Motrices et d’éelai
- ragé de la ville de Grenoble..............*
- Société des Forces Motrices du Llaut-Grési-
- vaudan. ...................................
- Union Electrique. .............*.........
- Est-Lumière......... »..........
- Société d’Électricité de Caen..........•.....
- Société Méridionale de Transport de Force. ...
- Sud*Electrique........»....................
- Est-Eleclrique...............................
- Electricité de Bordeaux et du Midi...........
- Energie Electrique du Sud-Ouest..............
- Energie Electrique du Littoral Méditerranéen. Chemins de Fer Electriques départementaux de
- la Haute-Vienne...........................
- Tramways de Roubaix-Tourcoing...............
- ANNÉE 1912
- ettes du mois Recettes depuis
- , novembre le début de Tannée
- francs frauca
- 276 347 2 554 444
- 3io 012 2 582 6o3
- 164 45o I 814 619
- 342 670 3 206 486
- 3n 863 2 906 91I
- 5o 931 408 5o8
- 59 406 6i5 374
- 97 934 874
- 49° 4i9 4 109 171
- 71 700 5y5 06i
- i65 538 1 599 466
- at4 973 1 847 146
- 74 794 578 943
- 171 872 1 167 627
- 203 641 1 692 204
- 570 653 6 i36 849
- 49 4;6 431 573
- 168 498 1 871 149
- DIITERENCE ENTRE LES RECETTES
- DES ONZE PREMIERS MOIS
- en 1912 et en 1911
- en faveur de 1912 en faveur de 1911
- francs frnncs
- 497 221
- 12i 944
- 100 214
- 478 010
- 385 390
- 17 489
- 89 932
- 264 710
- 624 323
- 117 309
- 172 124
- 4i9 094
- 271 939
- 129 176
- 421 202
- 7*3 677
- 284 852
- III 946 (1)
- (*) En 1911, Expositiou do Roubaix.
- CONSTITUTIONS
- Société Electrique de Montlouis. — Durée : 40 années. Capital : yS 000 francs. — Siège social : 169, boulevard Pereire, Paris.
- Société Luçonnaise d’Electricité. — Constituée le A3 janvier I9i3. — Capital : 260 000 francs. — Siège social : Luçon (Vendée).
- Société Sarthoise d’Eclairage et de Force par l’Electricité. — Durée : 5o années. — Capital : 'a5o 000 francs. -— Siège social : Aulne, commune de Montreuil-le-Chétif (Sarthe).
- Société Anonyme des anciens Etablissements Aubert. — Durée: 5o années.—Capital : 5oo 000 francs,
- — Siège social : 41, avenue Sainte-Foy, Neuilly (Seine),
- Compagnie de Distribution de Force et Lumière. —
- Constituée le 24 décembre 1911. — Capital : 5oo 000 fr.
- — Siège social : 27, rue Taitbout, Paris.
- CONVOCATIONS
- Société Electrique du Sarladais. — Le 24 février, 68, rue Michel-Ange, Paris.
- Compagnie des Tramways de Rouen. — Le 28 février, 7, rue de Madrid, Paris.
- ADJUDICATIONS
- France
- L'Administration des chemins de fer de l’Etat, à Paris, a l'intention d’acquérir le matériel électrique nécessaire à l'installation d’un po.ste de sectionnement à haute tension à établir à la sous-station de Suresncs-Puleaux.
- Les industriels désireux de concourir à celte fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (2e division), 43, rue de Rome, à Paris (8e), les mardis et vendredis, de i5 à 17 heures, jusqu’au 14 février 1913.
- *
- 4 *
- L’administration des chemins de fer de 1 Ëtjal, A Paris, a l'intention d’acquérir le matériel électrique nécessaire à l’installation d’un poste de sectionnement et de déversement à haute tension A établir au Pont-de-Passy,
- Les industriels désireux de concourir A celte fourni-
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- lure peuvent se renseigner 'immédiatement, à cet egard, dans les bureaux du service • électrique (2e division), 43, rue de Rome, les mardi et vendredi, de i5 à
- 17 heures, jusqu’au 28 Février 1913.
- *
- * #
- Le 10 avril, à la manufacture nationale d’armes de Saint-Etienne, confection de matériel téléphonique.
- !cr \0t' — 272 magnétos.
- 2° lot. — 272 sonneries.
- 3e lot. — 1 200 cordons souples.
- 4e loi. — 43o supports métalliques.
- 7e lot. — 1 i45 cordons souples.
- ge lot, — Couverture en cuir de i i3o.cordons souples.
- gc lot. — Harnachement complet de 2i5 bobines dérouleuses.
- Visa à la manufacture nationale d’armes, le 12 février, avant 12 heures (réunion de la commission d’admission, le 17 février).
- Echantillons le 20 mars au plus lard.
- Renseignements à la manufacture nationale d’armes.
- • BELGIQUE
- Le 19 février, à 12 heures, en la salle de la Madeleine, à Bruxelles, fourniture d’objets pour l’éclairage électrique des trains nécessaires au service de la traction et du matériel des chemins de fer de l’Etat (cahier des charges spécial n° 758).
- * *
- Le 21. février, à 11 heures, à la direction des ponts et chaussées, 52, boulevard du Régent, à Bruxelles, établissement des installations nécessaires à l’alimentation en énergie électrique du château royal et de ses dépendances àLaeken; caul. : ier lot, 3 200 francs; 2e lot, 8 5oo francs (cahier des charges n° 3 J prix : 1 fr. 60); prix des plans :
- 18 fr. 3o; s’adresser, i5, rue des Auguslins, à Bruxelles. Soumissions recommandées le 17 février.
- Le 25 février, à 11 heures, à la maison communale, à fxelles-les-Bruxelles, fourniture de compteurs électriques nécessaires au service de l’électricité. Soumissions recommandées le 22 février.
- INFORMATIONS
- Schneider et Cie.
- L’entente entre : lés. Usines du Creusot et les. Forges d’Allevard serait chose faite et signée, paraît-il. Il s’agit
- de la création, à Pôntcharra (Isère), d’une usine hydroélectrique comportant des fours a acier à grand rendement. '
- Compagnie Française des moteurs à gaz «^National».
- Le conseil municipal d’Yvetot a approuvé les marchés passés avec celte Compagnie ' pour l’installation d’un moteur à gaz pauvre à. l'usine des eaux d’IIéricourt; le devis est de 3i 725 francs.
- Société Anonyme Westinghouse.
- Après des essais comparatifs sur divers types de moteurs, la Compagnie des Tramways de l’Est Parisien a confié à la Société Anonyme Westinghouse, la commande de 100 moteurs de 5o chevaux n° 307, à pôles de commutation et contrôle par le champ. Elle a également commandé des équipements de contrôle multiple Westinghouse HL, non automatique, type nouveau, dont le développement est considérable en vaison de ses nombreux avantages.
- Certificat d’aptitude au contrôle des distributions d’énergie électrique.
- Aux.termes d’un arreté en date du 7 décembre 1912, des examens auront lieu le mercredi 23 juillet x913, dans les .villes . qui seront désignées ultérieurement, pour l’obtention du certificat d'aptitude au contrôle des distributions municipales d'énergie électrique, dans les conditions fixées par l’arrêté du 27 décembre 1907.
- . Pour être admis à subir les épreuves, les candidats 'doivent être Français et âgés de plus de vingt-el-un ans au ier janvier 1913.
- :Toulés les demandes d’admission devront être adressées, ; sur papier timbré, avant le i5 juin 1913, au ministre des Travaux publics, par l’intermédiaire du préfet du département où résident les candidats. Elles seront accompagnées :
- i° D’une expédition authentique de l’acte de naissance du candidat et, s’il y a lieu, d’un certificat établissant qu’il possède la qualité de Français;
- 20 D’un certificat de moralité délivré par le maire du lieu de la résidence ou par le commissaire*de police et dûment légalisé ;
- 3° D’un extrait du casier judiciaire remontant à moins de six mois de date.
- Les candidats appartenant déjà, à une administration publique n’auront pas à produire ces pièces, mais leur demande d’admission devra être appuyée parleurs chefs hiérarchiques et contenir les indications suivantes :
- Nom et prénoms (souligner le prénom donné habituellement). — Lieu et date de naissance. — Administration publique. — Qualité et grade, — Service, résidence et adresse exacte. .....
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- 1*AR18.
- IMPRIMERIE LEVÉ, 17, RUE CASSETTE,
- le Gérant : J.-B. Nouet .
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- Trente-cinquième année.
- SAMEDI 15 FÉVRIER 1913.
- Tome XXI (8* série). — N* 7
- La
- Lumière Électrique
- SOMMAIRE
- EDITORIAL.......................... iq3
- Télégraphie et Téléphonie
- Devaux Charbonnel. — Télégraphie et Téléphonie (fin)........................ 196
- Théories et généralités.
- R. de Baillehache. — Composition des forces électromotrices d’induction (Méthode de M. A. Guillet)........................... 201
- Extraits de publications
- L’auto-excitation et la récupération avec les machines a caractéristique-série, par A.
- Scherbius ............................. ao5
- Méthode pour éviter les surtensions dans les
- électro-aimants, par P. Kuschewitz....... 212
- Bibliographie.
- G. Botjhrey. — Le problème de l’Apprentissage et l’Enseignement technique......... 215
- A. Curchod. — Installations électriques de
- force et lumière ; schémas de connexions... 216
- Brevets.
- Perfectionnement dans l’emploi des dispositifs permettant de régulariser le débit d’une source d'énergie électrique............. 217
- Dispositif de connexion pour véhicules électriques................................... 218
- Nécrologie
- G. de Laval............................... 219
- Chronique Industrielle et Financière.
- Etudes Economiques................... 220
- Renseignements Commerciaux............. 222
- Adjudications.......................... 224
- EDITOMhAL
- Dans sa dernière chronique de Télégraphie et Téléphonie, M. Devaux Charbonnel avait commencé à exposer le côté technique du pro-, blême si délicat de la téléphonie sous-marine, en étudiant le rôle de l'affaiblissement.
- Aujourd’hui il aborde la question des réflexions téléphoniques .Pour donner une idée nette de ces phénomènes sans recourir à des équations compliquées, l’auteur se borne à examiner deux cas particuliers, celui de lignes très longues et celui de lignes très courtes. Il montre comment on peut calculer d’une façon simple la valeur de l’accroissement d’affaiblissement dû aux phénomènes de réflexion dans un câble; il prouve qu’on trouve avantage, dans le cas des lignes très
- longues, à donner aux lignes qu’on veut relier entre elles les mêmes caractéristiques; puis il discute le rôle du transformateur téléphonique, dont l’emploi ne peut être avantageux que si les caractéristiques des lignes à réunir sont assez différentes. M. Devaux Charbonnel termine sa remarquable étude par une série de conclusions pratiques qui pourront servir de guide pour le choix des types de câbles à employer, selon les circonstances particulières, dans la télégraphie sous-marine. Nous engageons les lecteurs qui voudront bien saisir la portée technique de cette étude à se reporter aux considérations que M. Devaux Charbonnel a exposées dans la Lumière Électrique en 1909.
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- tîM LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXI (2° Série). —N° 7'.
- M. Amédée Guillet, Maître de Conférences à la Faculté des Sciences a imaginé un mode de composition des forces électromotrices d'induction fort intéressant. Il applique à l’induction la règle du polygone des vibrations de Fresnel.
- Cette méthode n’exige pas d’autres notions que celles qui figurent au programme du baccalauréat. C’est un point que nous croyons utile de mettre tout d’abord en évidence.
- Le but que s’est proposé M. Guillet a été dé réduire au minimum l’effort de la mémoire et de développer, par contre, chez l’étudiant, les facultés du raisonnement. Dans l’accumulation des connaissances éparses qu’ils sont aujourd’hui obligés de s’assimiler, les jeunes électriciens ont souvent de la peine à discerner les liens logiques entre les ordres de phénomènes physiques, qu’un exposé d’ensemble, plus concis, pourrait mettre en évidence. Ce qui importe avant tout, c’est que l’esprit soit exercé à tirer de quelques faits primordiaux, révélés par l’expérience, toutes les conséquences que comporte le groupe de ces faits.
- En ce qui concerne plus spécialement les forces électromotrices d’induction, il est souvent fastidieux d’étudier les cas, si divers en apparence, de la force électromotrice alternative de la force électromotri'ce redressée, :des forces électromotrices polyphasées, des forces électromotrices à peine ondulatoires... puis des génératrices multipolaires, des alternateurs, des moteurs, des champs polyphasés, etc., parce qu’on manque d’un guide qui montre la cohésion logique entre les phénomènes et leur rattachement à une seule et même idée directrice.
- Le point essentiel de l’étude de M. Guillet réside dans la coordination générale et complète qu’un tel mode d'exposition permet, et dans la nécessité des formes de commutation adoptées et que la discussion purement théorique impose.
- i, ; La même forme de raisonnement s’étend aux moteurs d’induction, aux champs tour-
- nants, etc., en appliquant la règle du polygone de Fresnel, non plus directement comme s’il s’agissait de vibrations parallèles, mais à chacun des groupes projetés sur les axes, afin de tenir compte des orientations imposées aux vecteurs à composer.
- La manière dont Fresnel est parvenu à résoudre de délicats problèmes d’optique a déjà servi de modèle à M. Boucherot pour déterminer graphiquement les conditions d'une distribution d’électricité à intensité constante. M. Janet nous a montré que le mode de spéculation de Fresnel se prête particulièrement bien à la composition d’un nombre quelconque de fonctions harmoniques, la phase jouant le même rôle que la direction de la force dans la représentation de forces. M. Guillet nous enseigne que la règle de Fresnel pour la composition des vibrations lumineuses et pour la résolution des problèmes d’interférence et de diffraction peut servir de point de départ pour une classification logique des machines électriques industrielles.
- Le problème de Vauto-excitation et de la récupération avec les machines à caractéristique-série a fait l’objet d’un travail important de M. A. Scherbius. On sait que les dynamos peuvent s’amorcer sans le secours d’aucun courant extérieur, grâce à l’aimantation rémanente des pôles inducteurs; si le sens de rotation de la dynamo èst tel que le courant induit vienne renforce? le flux primitif des inducteurs, la dynamo s’amorce, par suite de l’action réciproque du courant induit et des inducteurs, et que la durée d’amorçage varie avec la self de ces derniers et la vitesse de rotation. Pour une dynamo donnée, fonctionnant sur un circuit inducteur déterminé, il existe une vitesse critique au-dessous de laquelle la dynamo ne s’amorce pas et au-dessus de laquelle elle s’amorce.
- M. Scherbius part du moteur série à courant continu; il montre que par un simple examen de la caractéristique magnétique, on
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- peut déterminer une limite supérieure du rendement pour lequel la machine peut encore travailler à récupération. Les moteurs à courant alternatif à collecteur, avec caractéristique-série, se comportent qualitativement de la même manière que la machine ‘ série à courant continu, mais leurs différents , types présentent des distinctions très nettes, tant les uns par rapport aux autres que par rapport au moteur à courant continu.
- La méthode de M. Scherbius permet d’analyser les phénomènes qui se produisent dans une machine à caractéristisque-série. La récupération n’est possible, dans les machines de ce genre, que si elles sont fortement saturées. L’auteur montre que la machine série de conduction disposée pour' la récupération est d’autant plus défectueuse qu’elle a besoin d’une résistance plus grande pour empêcher qu’elle ne s’excite d’elle-même •, il montre aussi que, dans les mêmes conditions, le moteur série polyphasé présente des propriétés meilleures, et que le moteur de répulsion est, avec la machine à courant continu, l’appareil qui donne le meilleur rendement. Il indique enfin un artifice permettant d’améliorer le rendement du moteur série à courant alternatif par la récupération.
- M. P. Kuschewitz a imaginé une méthode pour éviter les surtensions dans les électro-aimants, qui a l’avantage de s’appliquer dans certains cas particuliers où les procédés ordinairement employés se trouvent en défaut. On a coutume de regarder comme suffisants les moyens dé protection contre les élévations de tension dangereuses-, pouvant naître à la rupture des circuits d’électroaimants, quand il n’apparaît pas d’étincelles aux contacts de rupture. L’auteur montre que c’est insuffisant : des surtensions peuvent naître en d’autres points du circuit et il faut que le procédé de protection prévienne
- contre une détérioration éventuelle aussi bien les pare-étincelles que les bobines des électro-aimants. Un moyen pratique de reconnaître si la protection est suffisante consiste à se servir de parafoudres à vide qu’on monte en dérivation dans les parties des appareils qu’il y a lieu de protéger plus spécialement contre les surtensions.
- Il nous reste, en terminant, à déplorer la mort du D1' Gustave Patrilc de Laval. Le nom de ce célèbre ingénieur suédois a commencé d’être connu vers 1878, lorsqu’il invental’écré-meuse centrifuge qui est employée actuellement dans les laiteries importantes du monde entier. Mais son principal titre de gloire a été la création d’une turbine à vapeur, où il a su habilement tirer parti d’une remarque émise par Napier et dont on ne soupçonnait pas l’importance. La révolution que la turbine moderne a apportée au mode d’utilisation de l’énergie de la vapeur est immense. Simple ou compound, la turbine de Laval doit être regardée comme le véritable prototype de toutes les turbines à disque simple, ou à disques multiples.
- Les expériences de G. de Laval suy l’utilisation de la vapeur à très haute pression et très haute température sont innom* brables ; elles permettront peut-être, d’ici quelques années, d’utiliser pratiquement, dans les stations génératrices la vapeur à 3o kilogrammes pt\r centimètre carré.
- Les difficultés que de Laval a eu à vaincre n’ont pas été toujours d’ordre technique. Pendant des années, la hardiesse de ses conceptions l’a fait regarder comme un utopiste, et plus tard l’originalité de, ses vues lui a suscité d’ardents adversaires. En revanche, au déclin de sa vie, il a eu la précieuse satisfaction de voir consacrer par d’innombrables applications les principes des inventions qu’il avait mises au point avec une admirable persévérance.
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- T. XXI (2e Série). — N# 7
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE [Suite)™
- § a. — Réflexions téléphoniques.
- La question des réflexions téléphoniques est relativement neuve, et est généralement moins connue que celle de l’affaiblissement. Et pourtant elle joue un rôle souvent important. La raison en est facile à comprendre : son calcul et son expression sont un peu compliqués ; de sorte qu’il n’est pas toujours simple d’évaluer la quantité dont elle affecte l’affaiblissement.
- On peut, en se bornant à quelques cas particuliers, en trouver une évaluation facile à interpréter. Nous parlerons des lignes très longues et des lignes très courtes.
- Lignes longues. Nous appellerons lignes longues celles dont l’affaiblissement $1 est supérieur à i,5. On pourra dans les formules relatives à la propagation du courant négliger les termes renfermant e-2^, ce qui conduira à une grande simplification. Considérons deux lignes ayant des caractéristiques différentes Zt et Z2, des affaiblissements «q et «2, des longueurs li et 4 et reliées à des appareils que nous supposerons de même impédance Zr.
- Voici comment on peut calculer le courant d’arrivée. La caractéristique, dans le cas d’une ligne longue, est égale à l’impédance mesurée à l’une des extrémités.
- La force électromotrice au départ étant V, les tensions au début de la première ligne et à son extrémité sont respectivement
- YZ,
- VZ,
- ae—
- Z, -)- Z,. Z, -j- Zr
- A cause de la différence des caractéristiques, la tension au début et à la fin de la deuxième ligne sont respectivement v VZ, . Z„
- Zi + Z r
- r»—a%li
- Z, -J- z2
- (*) Lumière Electrique, i"r et 8 février igi3, p. i3i
- et 164.
- et
- VZ,
- Zi + Zr
- ae~ a,l‘
- z2
- Z, +Z2
- 2g—Oilt
- et enfin le courant à l’arrivée sera
- (Z, -f Zr) [Z2 + Zr)
- Z,Z2 Z, -|- z2
- Le courant dépendra de la valeur du facteur
- A
- Z,Z2 Zi -f- Z2
- Il est facile de voir que si Zt est plus grand que Z2 le facteur A est toujours plus petit 2,
- que —, si Zt est plus petit que Z2 le facteur
- est toujours plus petit que —, de sorte que
- le maximum de A n’est atteint que pour l’égalité des valeurs de Zj et Z2.
- Il y a donc avantage à donner aux lignes qu’on veut relier la même caractéristique.
- Si ces caractéristiques sont différentes, le facteur A passe de la valeur
- 2 a • Z, + Z2’
- ce qu’on peut exprimer en disant que le courant au point de jonction de deux lignes se comporte comme un rayon lumineux au point de séparation de deux milieux. Une
- partie égale à—est réfractée, c’est-à-dire
- transmise à la deuxième ligne, et l’autre Z — Z
- partie —------S est réfléchie. On peut d’ail-
- leurs établir que l’analogie est complète. M. Pleijel a présenté à ce sujet une étude
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- très intéressante, au Congrès de 1910 des Ingénieurs des télégraphes (*).
- Ce coefficient de réfraction, qui est égal à l’unité, si les deux caractéristiques sont égales, peut être dans des cas qui se rencontrent en pratique sensiblement plus petit. Ainsi une ligne aérienne ordinaire a une caractéristique voisine de 600, un câble souterrain isolé au papier dont le cuivre a 2,5 mm de diamètre a une caractéristique de 200 environ. Le coefficient de réfraction est dans ce cas de o,5 correspondant à la valeur e~°'68. On voit que l’affaiblissement, qui provient des lignes seules, se trouve augmenté de 0,68, du fait des phénomènes de réflexion.
- Prenons le cas d’une ligne intercalée au milieu d’une ligne de spécification différente. Par un calcul analogue, on arrive facilement à trouver que le coefficient de réfraction a pour valeur
- t>__ âZtZü
- - (Z, + Z,)*’
- Ce coefficient est au plus égal à l’unité. Dans le cas de la ligne souterraine citée plus haut, intercalée entre deux lignes aériennes très longues, on a B = o,j5, correspondant à la valeur e~'“’30, c’est-à-dire à un supplément d’affaiblissement de o,3o.
- Lignes courtes, — Prenons maintenant le cas de lignes très courtes. Ce sera celui où le coefficientd’affaiblissement sera suffisamment petit pour que l’affaiblissement reste voisin de l’unité, $1 ne devra pas dépasser o, 1. Dans ces conditions, en négligeantle terme l$l devant l’unité, les formules qui donnentl’inten-sité du courant et que l’on trouvera dans l’étude que nous avons publiée antérieurement (*) montrent que la valeur de la caractéristique de la ligne courte n’entre pas dans l’expression du courant. Il n’y a pas de réflexions sensibles et l’affaiblissement de la
- (•) Rapport au 2e Congrès des techniciens des Administrations télégraphiques (1910).
- (2) Lumière Electrique, 12 et 26 juin, 3, 10, 17, 24 et 3i juillet 1909, p. 327, 391. 7, 35, 67, 99 et i3i.
- ligne courte s’ajoute purement et simplement à celui de la ligne longue, que cette ligne courte soit à l’extrémité ou au milieu de la ligne longue.
- Transformateurs. — Au lieu de relier directement les lignes entre elles, on pourra intercaler des transformateurs. Pour comprendre le rôle que jouera cet appareil, il convientderappeler succinctement sa théorie.
- Soit respectivement :
- e sin tùt
- R, et L,
- R2 etL2
- M
- i\ et 4
- la force électromotrice dans le circuit primaire,
- la résistance et la self-induction du circuit primaire, la résistance et la self-induction du circuit secondaire, le coefficient d’induction des deux circuits,
- les courants au primaire et au secondaire.
- On aura les relations suivantes :
- e sin wt = 4 ] R, -)- R
- R*2 + w2L22 L2
- waM2
- R22 -f uV I
- e sin (u>£ -j- <p,j
- wM
- — R-ï -j- Ri
- /R,2 + w2L,2 R,2 -f- (i)2L,2
- w2M2
- u*M*
- + dt | L*. Ll Ri2 + w2L12 j ’
- Si on désigne par, K le rapport de transformation et par mi le coefficient d’accouplement, on aura les relations :
- T
- p = K2 M2 = /?ï2L,L2 = m2KaL1* = — L22
- Jjj ••V
- R, Ri
- tgt?1 = ^L, tgt?2 = ^L2
- et finalement, pour le primaire
- e sin <ùt
- h 1 Ri + £2 Ra COS
- +
- dis
- dt
- 2<fa)
- — fi L2 cos* <p2^,
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- pour le secondaire :
- —esin(w£ -j- <p,)/«K cos tp, — i2 (R2 -f- /«2K.2R, cos2©,) + ^ (L4 — m2K2L, cos2 <pt).
- D’ailleurs si A est petit, on aura sensiblement A = A, c’est-à-dire finalement
- Z‘=B‘U= a' = ïï-
- Ces formules se simplifient dans le cas où le transformateur est à circuit magnétique fermé et la résistance du circuit négligeable devant la réactance (secondaire en court-circuit ou fermé sur une faible résistance).
- On a alors :
- m2 — i ^,=^2 = 0
- au primaire
- e sin = h ^R, -|-au secondaire
- — Ke sin ou! = i2 (R2 -f- K2R,).
- La force électromotrice du secondaire est K fois plus grande que celle du primaire ; la résistance de chaque circuit est modifiée d’une quantité proportionnelle au carré dti rapport de transformation et à la résistance de l’autre circuit ; les self-inductions ne figurent plus dans les formules.
- Si au contraire la résistance du secondaire devient très grande, si par exemple le secondaire est ouvert, on aura en négligeant les pertes par hystérésis et courants de Foucault du noyau au primaire
- e siu u>t — /,R, -j- L,
- di\
- Tt’
- au secondaire
- o = u.
- Rappelons d’autre part que la caractéristique Z et l’affaiblissement A d’une ligne téléphonique se déduisent de la mesure des impédances U, et U2 de la ligne à circuit fermé et àxcircuit ouvert par les formules
- z> = u,u, /. = Vüi e,* = Krr
- A l’aide de ces résultats, voyons quel sera le rôle d’un transformateur téléphonique. En général, le rapport de transformation est égal à l’unité et les deux circuits sont égaux. On aura donc
- U, = 2R, U2 = \/R,2 -f w2L,2 = wL,.
- L’affaiblissement introduit par le transformateur sera minime si l’inductance est grande par rapport à la résistance. Voici quelques chiffres pour o) = 6 ooo :
- Bobine Gailho
- R, — i fio" L, = oh,5
- IL
- w L,
- i5o B ooo
- — o,o5
- Z = 95o A =: O ,32.
- Bobine B pour circuits combinés
- K.
- L,
- io“ R, io
- ih,o o)L, 6 ooo
- 0,0017 Z = 35o
- A = o,o58.
- Bobine A pour circuits combinés.
- R, r=r 70"’ R,
- L, — IO1’ wL,
- 7°
- 60 ooo
- 0,0012 Z = 2 900
- A = 0,049.
- On voit par ces chiffres que l’affaiblissement apporté par un transformateur ne sera négligeable que dans le cas où la self-induction sera très grande par rapport à la résistance. Dans les transformateurs genre Cailho où le circuit magnétique est ouvert, l’affaiblissement a une valeur très sensible. Les nouveaux transformateurs A et B, utilisés depuis peu par l’Administration française sont bien supérieurs à cet égard.
- Supposons maintenant un transformateur de rapport K quelconque introduit au point de réunion de deux lignes de caractéristique Z, et Z2 de grande longueur. En négligeant les résistances des enroulements des transformateurs, nous aurons au point de
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- jonction un coefficient de réfraction A qui Sera celui donné par l’expression générale, mais dans laquelle il conviendra de rem-
- placer Z2 par^| et de tenir compte du rap-
- port de transformation K. On aura donc
- 2 K K2 _ aKZ4 ^-Z. + K’Z,’ ' "T" IC2
- <?u, en posant
- Z*
- Z,
- m
- A __ a/nlv
- = In + K2'
- Cette expression ayant pour maximum K2 = m,
- on voit que le rapport K devra être choisi de telle façon que
- et alors le coefficient de réfraction a pour valeur
- A = K.
- Il y aura avantage en général à mettre un transformateur. Sans transformateur, on aurait, en effet,
- A' =
- et on a toujours A
- Â'
- aZ2
- a K2
- zi -f- Z2 i -j- K2
- [+K2
- > *.
- Si nous avons à intercaler une section de ligne au milieu d’une autre de spécification différente, le coefficient A aura pour valeur
- A 4 K*/m A = [m + K2)2’
- En résumé le transformateur téléphonique permet de diminuer l’influence des réflexions ; il peut même les faire disparaître dans le cas d’une ligne intercalée. Il ne faut cependant pas perdre de vue qu’il introduit un certain affaiblissement et que par consé-1 quentson emploi ne pourra être avantageux que si les caractéristiques des lignes à réunir sont assez différentes. Si on admet qu’un transformateur bien calculé introduit un affaiblissement de o,oo, il ne sera avantageux que si les cai’actéristiques Z( et Z; des lignes à réunir sont telles qu’on ait
- i -f- m
- ou bien
- h
- rU
- < e—
- o,8.
- Pour une ligne intercalée, un calcul simple montre qu’il y aura avantage à introduire deux transformateurs quand on aura la condition , ;
- Z. ^ ,
- — < o,5o. •
- ^2
- On peut d’ailleurs facilement expliquer pourquoi, pour réduire l’influence des réflexions, il faut prendre le rapport K tel que
- K2 = |2.
- Zi
- En effet, dans ce cas, du côté de la ligne Zt la caractéristique apparente du transforma-Z2
- teur
- sera ~~ — Zt, la même que celle de la
- K.2
- ligne. lien sera de même sur l’autre face, de sorte que les deux lignes à réunir seront l’eliées par un dispositif équivalant à une ligne non homogène, présentant à chaque extrémité une caractéristique justement égale à celle de la ligne qui y aboutit. Dans ces conditions il ne peut y avoir de réflexion.
- Le maximum aura encore lieu pour K* = m et dans ce cas le coefficient A a pour valeur l’unité. C’est dire qu’il n’y aura aucune réflexion.
- CONCLUSION
- Nous sommes en mesure de déterminer les caractéristiques électriques des câbles à sim-
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- plelll. Considérons par exemple un des types qui a été indiqué dans notre précédent article. Nous choisirons celui qui a le conducteur de cuivre le plus gros, car c’est celui qui pourra avoir le plus petit affaiblissement. On peut former le tableau suivant (tableau VI) pour des câbles ayant la même spécification au point de vue de la résistance ohmique et de la capacité, soit i ohm et 0,20 microfarad au kilomètre par conducteur, mais étant les uns chargés de bobines Pupin, les autres cuirassés d’après le système Krarup. Il y aura d’ailleurs deux cas à considérer, suivant que l’on emploiera de la gutta ordinaire ou de la gutta spéciale à haut isolement.
- Pour les câbles sous-marins, la présence de bobines intercalées sur le conducteur est de nature à créer certaines craintes au point de vue de la conservation du câble. Les raccords pourront à la longue devenir défectueux. De plus, le souci de maintenir un espacement régulier entre les bobines pourra compliquer les opérations de réparations ultérieures. S’il s’agit de câbles posés dans des mers peu profondes et tranquilles où les ruptures sont peu à craindre et les réparations relativement faciles, il semble que le procédé Pupin doive obtenir la préférence à cause de son plus grand degré d’efficacité, de sa commodité de mise en œuvre,
- Tableau VI.
- GUTTA ORDINAIRE GUTTA SPÉCIALE
- X X io3 p X 10» Z X X 103 p X 103 Z
- bifil. unifil. bifil. unifil. bifil. unifil. bifil. unifil. bifil. unifil. bifil. unifil.
- Pupin .... Krarup .. . I 1 8.7 67 5 ,22 5>92 6,25 6,57 7.43 33? 295 l83 162 27 16,6 1 8,7 i6,7 10 ,o 5 ,22 3 ,5o 4,66 4 >89 4,2 5,37 5,64 520 408 295 409 224 162
- N.-B. — Pour le type Krarup, avec gutta spéciale, il y a deux chiffres. Les supérieurs sont ceux qu'on obtiendrait, si on pouvait donner à la self sa valeur théorique.
- On remarq uera tout d’abord que l’emploi de la gutta perfectionnée permet de donner aux câbles un affaiblissement beaucoup plus petit. Cependant l’avantage est moins sensible pour le système Krarup que pour le système Pupin. C’est qu’en effet, pour ce dernier, la valeur acceptable pour la self-induction n’est pas limitée. Au contraire, pour les câbles Krarup, il n’est guère possible d’obtenir une self-induction par conducteur supérieure à 5 millihenrys par kilomètre de conducteur simple. De plus, l’augmentation artificielle de la self-induction entraîne, avec le procédé Krarup, une augmentation plus considérable de la résistance apparente. Ces deux motifs font que d’une manière générale et au seul point de vue de l’efficacité le procédé Pupin est supérieur.
- de son prix de revient. S’il s’agit au contraire de mers agitées ou profondes, il convient de bien étudier la question avant d’adopter Un procédé certainement avantageux à certains égards, mais qui offre moins de chance de conservation.
- Nous voyons aussi que si l’on adopte le procédé Krarup, il faut s’attendre à avoir une caractéristique basse. Heureusement, nous avons montré qu’avec un transformateur approprié, placé à chaque exti'émité du câble, au raccordement des lignes aériennes, il n’y aura pas de phénomènes de réflexion.
- En somme, on est en état dès maintenant d’établir des câbles sous-marins ayant de bonnes qualités téléphoniques, pouvant être constitués à simple fil, et par conséquent ne présentant aucune difficulté particulière de
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- pose ou cl’entretien ultérieur. Sans donner aux conducteurs une spécification plus coûteuse que celle des câbles télégraphiques déjà posés, on pourra relier entre eux deux points distants de 4e° kilomètres dans tous les cas, quelle que soit la profondeur des mers rencontrées. Si les circonstances sont favorables, si les fonds sont bons et ne dépassent pas quelques centaines de mètres, on pourra employer sans crainte la pupinisation et atteindre une distance franchissable de 6oo kilomètres, tout en assurant une liaison téléphonique "Satisfaisante entre des
- points éloignés de quelques centaines dé kilomètres des points d’atterrissement;
- On voit par ces résultats que le problème de la téléphonie sous-marine a dès maintenant une solution très intéressante. Encore insuffisante pour relier entre eux des continents, elle dispose de moyens capables de réunir à ces continents les îles voisines. C’est un acheminement vers un résultat plus parfait que les prodiges réalisés chaque jour par la technique nous laissent l’espoir d’atteindre dans un avenir rapproché.
- Devaux Ciiarbonnel.
- COMPOSITION DES FORCES ÉLECTROMOTRICES D’INDUCTION (Méthode de M. A. Guillet).
- M. Guillet a eu l’heureuse idée d’appliquer à la composition des forces électromotrices d’induction la règle du polygone des vibrations de Fresnel. Il s’en sert pour classer les génératrices d’une façon rationnelle. Nous allons résumer ici la méthode qu’il a exposée à la Société française’de Physique ('), et qu’on pourrait employer dans [l’enseignement élémentaire.
- § i. — On sait que si un segment de droite de longueur ax fait avec un axe ÜY un angle 0 -f- x (3, la projection de ce segment sur l’axe OX perpendiculaire à OY a pour mesure a, sin (ô + ,t$).
- Donc une expression de la forme S hax sin (0 -j- x$)
- est représentée par la projection sur OX du contour polygonal obtenu en composant le système des segments cix d’origine commune O et formant avec OY les angles 0 + x$ ; elle est représentée aussi par la projection sur OX de la x-ésultante OM du contour. Le mode de composition des segments est iden-
- (‘) A. Guillet. Journal de Physique, mars 191a.
- tique au mode de représentation géométrique des forces en mécanique.
- En particulier, si l’on donne à x les var leurs o, i, 2... {p — i), et si ax a une longueur constante a, le système est formé de p bras égaux distribués en éventail autour de O, suivant la raison p. Les sommets du polygone sont alors répartis sur une circonférence de rayon
- a
- “TT
- 2 sin —
- . 2
- Comme la résultante OM est une corde de cette circonférence sous-tendant l’arc occupé par p côtés, on a
- . P
- sin p -
- OM = a -----
- sin -2
- Si l’on numérote i, 2, 3... les bras successivement rencontrés en partant de l’un ou de l’autre des deux bras extrêmes, et si l’on compose séparément les bras portant un même numéro, on obtient des résultantes partielles
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- T. XXI (2e Série). -—K6 7:
- suivant la bissectrice comiiaune des groupes formés. Il s’ensuit que OM fera avec OY S
- l’angle 0 -f- (p— i)-, et, puisque S mesure la projection de OM sur OX, on a
- • P
- a sin p -
- sin -2
- Pour exprimer que le système des bras tourne avec la vitesse angulaire constante w, il suffit de poser9 = w^;le contour polygonal et sa résultante OM tourneront alors sans déformation avec la même vitesse w.
- mené par 00' normalement à », elle est traversée par le flux
- «I» = Sp.cos 0
- et elle est par suite le siège d’une force électromotrice
- et = Sp — . sin 0. (i)
- En pratique
- f (<) n>£.
- Alors :
- e, = Sp<o sin wt
- ou encore
- r«+if-,)!].
- § 2. — Ceci posé, considérons le dispositif suivant : des plans, passant par un même axe 00'(fig. i) et distribués en éventail autour de cet axe, deux plans consécutifs formant le même angle (3. Dans ces plans, et de chaque côté de l’axe, on a fixé des spires identiques de façon que leurs centres soient sur une même circonférence dont le centre est sur 00' et dont le plan est normal à cet axe.
- Plaçons le système dans un champ magnétique uniforme, dont la composante perpendiculaire à OO' ait pour mesure p, et ani-mons-le d’un mouvement de rotation 0 == f(t). Quç va-t-il se passer?
- Suivons la spire i. Si 0 est l’angle que forme le plan de cette spire avec le plan BB'
- e, = e0 sin mt
- si l’on pose
- e0 — Stpo), ou Sp.2itN,
- N étant le nombre de tours effectués par le rotor dans l’unité de temps.
- Pour passer de la spire i à la spire p, il n’y a qu’à remplacer dans la formule (i) l’angle® par 0 -{- (p — i) (3, ce qui donne, si (3 est constant .’
- ep — e0 sin [w£ + {p — i) £3]. (a)
- Donc les diverses forces électromotriees sont représentées par des sinusoïdes décalées les unes par rapport aux autres et successive^
- « .
- ment de — T suivant l’axe des temps.
- 27T
- Voyons maintenant à associer les forces électromotrices induites.
- Si nous associons en série p spires consécutives, la force électromotrice résultante sera :
- P
- Ep = e0 sin [w* -f- (p — i) p]
- p étant entier.
- Les forces électromotrices s’ajoutant sans s’influencer continuellement, comme des
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- 15- Février 1943. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 203-
- vibrations parallèles, la règle de Fresnel est applicable. La considération du polygone des forces électromotrices donne de suite :
- E„ = e0
- . P
- sin p -2
- ~T
- sin —
- . sin Jwif + (/> — i)^J (3)
- la phase de la force électromotriçe résultante étant rapportée à celle de la force électromotrice el .
- Ceci montre que si l’on relie en série p spires, on a entre les extrémités ouvertes une différence de potentiel alternative sinusoïdale d’amplitude
- ou, en retardant toutes les phases de p ft,
- eP + 9 = eo sin O* +(?—») PL
- ce qui conduit à la force éleetromQtriçe résultante :
- . P
- sin q -
- • sin -f (g — i);
- d’amplitude
- E0
- sin p -a
- ~T
- sin -
- sin —
- E'„ = Een
- • P
- sin -2
- et de phase
- = P P + (?
- et présentant avec ei une différence de phase * == (p — 0
- Pratiquement, pour capter cette force électromotrice, il suffira de fixer les extrémités du circuit à deux anneaux conducteurs montés sur QO' et d’appuyer sur ces anneaux tournants deux balais polaires immobiles. •
- Pour redresser la force électromotrice, on n’emploiera qu’un seul anneau, fendu dans l’azimut' pour lequel Ep = o, et les balais seront calés de manière que leur ligne de contact soit dans cet azimut.
- A l’instant où les demi-bagues changent de polarité, elles changent de balais ; par conséquent, les balais conservent une polarité invariable.
- Formons maintenant, à la suite du premier groupe de p spires, un second groupe de q spires. Nous aurons à y composer les forces électromotrices de la forme
- ep + g = e0 sin [ü>* + (p -f q — i) P]
- par rapporté ev
- La différence de phase des forces électro-, motrices résultantes E? et Ep est donc :
- — 4» = (P + q) |-
- Pourj0 = <jr,
- + = Ph
- et Es présenteront donc la différence de phase par exemple, si l’on satisfait à la condition
- Mais si la circonférence est occupée entièrement par n spires équidistantes angulaire-
- an , il
- ment, on a S =— et par suites = -..
- n ‘ J
- Le constructeur rendra n multiple de
- j = 3, on obtiendra trois forces élecfromo-trices triphasées en partageant les n spire»
- du rotor en trois groupes de spires reliées en série. En connectant en série les trois
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXI (2e Série).—N» 7.
- groupes eux-mêmes, et en reliant leurs points de jonction à trois bagues calées sur l’axe du rotor, on dirigera les forces électromotrices réduites dans trois fils de lignes reliées à trois balais fixes sous lesquels tournent les bagues. C’est le montage en triangle qui se présente ainsi d’une manière logique.
- Pour faire un montage en étoile, il suffit de relier par un conducteur les origines des trois sections considérées précédemment et de mettre les trois extrémités libres en communication avec les trois balais.
- Imaginons maintenant qu’on puisse, par un artifice approprié, utiliser la force électromotrice provenant de la composition des p spires qui occupent à chaque contact l’angle BOX. Il s’agit de suivre maintenant la force électromotrice des p spires qui viennent à chaque instant se placer dans cet angle fixe.
- Nous avons encore pour Ep la même valeur que précédemment, et au temps t = o :
- Si l’éventail comporte n spires régulière-
- , . , . „ , 2it
- ment reparties sur la circonférence, 3 = —.
- _ n
- Donc, pour p — ~ ;
- TJ _ i w
- \\tp é/Q — —, CO S —.
- . x n
- sin -n
- En réalité, comme les spires sont angulai-rement distantes de (ï, Ep varie dès que le groupe quitte la position qu’il occupe au temps t=o, et ne reprend sa valeur qu’après la rotation 3 qui replace le groupe dans son état primitif. Si nous calculons la valeur (3
- de Ep après la rotation —, qui dure un temps
- 3
- t tel que ai t = -, nous trouvons aisément, 2
- n
- pour/?= - :
- Ë'„ =
- sin — n
- Ainsi la force électromotrice Ep a pour valeur
- - 1 f'e°----n9
- sin — n
- 7Ç
- f variant de i à cos —. Plus n est grand,
- plus cos — est voisin de l’unité. C’est le cas 1 n
- d’une force électromotrice à peine ondulatoire.
- Pratiquement, il suffit de sérier les spires par l’intermédiaire de touches isolées formant un cylindre collecteur, solidaire de 00’ sur lequel s’appuient deux balais dont la ligne de contact est le diamètre perpendiculaire au champ <p.
- Il est clair que les deux moitiés de l’éventail fonctionnent de la même manière et produisent entre les bobines la mêmè force électromotrice, de sorte que si toutes les spires étaient sériées, on aurait E„ == o. C’est bien ce que donne Ep (dans l’expression 3),
- quand on y fait p — n et 3 = —•
- Le cas précédent est celui du rotor théorique.
- On passe immédiatément à celui de l’anneau Gramme, en remarquant que le
- flux —, qui correspond à la moitié de l’épa-
- 2
- nouissement polaire et qui constitue l’une des dérivations magnétiques déterminées par l’anneau de fer feuilleté, pénètre progressivement dans l’anneau ; nul dans la direction
- • P? sin —
- E/j = e0--------j- . sin (p —
- sin —
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- 205
- A'A, il est maximum dans la direction B'B, et, par suite, on peut considérer le flux relatif à la spire dont le plan fait l’angle 0
- $
- avec B B', comme ayant pour mesure - cos 0,
- 2
- <J>
- puisque S? est ici remplacé par
- 2
- L’amplitude de la forcé électromotrice induite est donc
- — 0)
- E0= —,
- .
- sin -2
- soit approximativement <î>/t N en unités absolues, ou en volts :
- E0 = »I>/iN. i o—8
- si Ton exprime <I> en unités électromagnétiques C. G. S. et N en fonction de la seconde.
- Conclusion. —La méthode de M. Guillet est, on le voit, très élégante et cependant d’une application aisée. Il est intéressant de constater une fois de plus l’aide que fournit aux techniciens une conception essentiellement scientifique.
- R. de Baillehache.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- L’auto-excitation et la récupération avec les machines à caractéristique série. — A. Scherbius. — Elektrotechnische Zeitschrift, 5 décembre 1912.
- Un moteur série à courant continu, relié à un réseau à tension constante et dont la vitesse est également maintenue constante, possède un couple déterminé;- ce moteur est, par suite de ses propriétés, et indépendamment de la forme de sa caractéristique, parfaitement stable.
- On peut également utiliser une machine série à courant continu pour fournir de l’énergie à un réseau; dans ce cas, la stabilisation est atteinte grâce à la saturation, ainsi que le montre la figure 1.
- Fig. 1.
- La force électromotrice induite due à la rotation e, et la chute ohmique iw sont représentées sur cette figure en fonction du courant i. Le point A est le
- point de fonctionnement. La force électromotrice e est plus grande que la tension constante aux bornes h. La machine fonctionne donc en génératrice. Les flèches indiquent les sens respectifs des tensions correspondant au point A. Si l’on considère ce qui se passe pour d’autres points que A, c’est-à-dire pour des courants inférieurs ou supérieurs, on voit qu’il existe des tensions et i\, lesquelles tendent à provoquer une variation du courant, dans un sens tel que le point A soit de nouveau atteint; le point A est donc un point de fonctionnement stable. La stabilité de ce point est d’ailleurs liée à cette condition, que la droite g, dont l’inclinaison représente la résistance de la machine, soit plus inclinée que la tangente t à la courbe e au point A.
- Pour que la machine soit stable, elle doit donc avoir une résistance d’induit au moins égale à celle qui est donnée par l’inclinaison de la tangente t. Si cette résistance est trop faible, il faut l’augmenter artificiellement en intercalant des rhéostats dans le circuit. Cette résistance détermine une perte telle que le rendement soit égal à :
- AC — AB BC
- ÂC °U AC-
- On en déduit ce résultat important, à savoir que la caractéristique magnétique d'une machine à courant continu permet de reconnaître quel peut être le rendement maximum de cette machine
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- fonctionnant en génératrice série. Si l’on veut obtenir'un rendement plus élevé, il est nécessaire de modifier la caractéristique magnétique.
- Le rendement réel est naturellement plus faible que la limite indiquée plus haut, d’une part, par suite des frottements et des autres pertes et, d’autre part, de ce fait que, eu égard à l’auto-excitation, il faut intercaler pratiquement dans le circuit une résistance pins grande que celle qui correspond :à la tangente t au point de fonctionnement.
- . Les Considérations relatives à la 'machine à courant continu s’appliquent aussi qualitativement à la machine à courant alternatif à caractéristique série. Toutefois, les machines de ce dernier type montrent des différences quantitatives qui dépendent du type de la machine considérée.
- La machine série à courant alternatif présente, à ce point de vue, certains avantages sur la machine à courant continu ; non seulement la présence d’une résistance inductive limite l’accroissement du courant de court-circuit, mais il faut tenir compte encore de la simplification de montage des machines à balais décelables.
- Une propriété, commune à toutes les machines à caractéristique série, est que la récupération n’est possible qu’avec les machines fortement saturées. C’est ce qu’a démontré M. A. Fraenckeî. Toutefois, ceci ne s’applique exactement qu’aux machines possédant une caractéristique série absolument rigoureuse; c’est d’autant plus exact que la proportionnalité entre la tension due à la rotation dans un circuit et le courant qui traverse ce circuit est plus rigoureuse. Avec les moteurs à collecteur à courant alternatif connus, tels que les moteurs série de conduction, les moteurs à répulsion, à alimentation simple ou double, on peut admettre, tout au moins pour la charge normale, que la récupération est exclusivement possible avec les machines fortement saturées.
- En ce qui concerne la stabilisation par la saturation, la machine à collecteur à courant alternatif avec caractéristique série est, du moins dans le cas de certains montages, moins favorable que la machine à courant continu.
- Les constantes de la machine déterminent, pour une vitesse donnée et lorsque les bornes sont en court-circuit, une fréquence d’auto-excitation qui diffère plus ou moins de la fréquence du réseau.
- Pour cette fréquence, qui est nulle., par exemple pour un moteur de conduction série monophasé sans transformateur (courant continu), la machine
- n’est pas complètement stabilisée ; il semble plutôt qu’elle montre une tendance à l’auto-excitatioïii, comme les moteurs-shunt on série à courant continu ; toutefois, de même qu’avec ces derniers moteurs, la machine ne s’excite pas toujours spontanément. Là théorie des machines à courant continu montre que les dynamos rigoureusement calculées ne s’amorcent pas sans excitationétrangère. Les raisons de ce fait sont, d’une part, la présence d’une différence de potentiel entre les balais et le collecteur, par suite du phénomène dit de polarisation, d’autre part, l’existence d’un magnétisme rémanent agissant en sens contraire. On pourrait en déduire qu’il est possible de supprimer l’auto-excitation des moteurs à collecteur à courant alternatif avec caractéristique-série. Mais ceci ne serait pratiquement pas possible-, étant donné qu’avec une machine reliée à un réseau à courant alternatif il faut toujours s’attendre à des à-coups, qui provoquent l’auto-excitation, lorsque la machine possède une tendance à ce phénomène.
- La suppression pratique de l’auto-excitation n’est possible et, en tout cas, certaine, que lorsque les courants continus, ou les ondes de courants dus à ces à-coups, ont une tendance à s’amortir, ce qui n’est pas toujours le cas.
- Etant donné que les diagrammes établis pour le fonctionnement à la fréquence du réseau ne s’appliquent rigoureusement que pour des courants, des tensions et des champs sinusoïdaux (pour les machines à plusieurs axes dans le cas d’enroulements à répartition sinusoïdale), les à-coups dans le réseau, les .phénomènes de commutation, la déformation du champ à travers les dents,les enroulements à répartition non sinusoïdale, les dissymétries mécaniques, les variations de vitesses Sont autant*de causes susceptibles de déterminer un commencement d’autoexcitation. Toutefois, on peut observer, lors des essais, que, si l’auto-excitation ne se produit qu’a-près un fonctionnement de plusieurs minutes, elle devient alors, dans certains cas, très intense.
- La théorie mathématique montre également que l’auto-excitation peut être produite par certains à-coups. A titre d’exemple, on peut prendre le moteur-série pour lequel M. Rusch (*) trouve la solution générale de l’équation différentielle ;
- E . ; \
- i = —- sin (<i)£ — <p ~T" ^e ^ •
- y/ll2 4- (wL)2
- R désignant la différence entre la tension de rotation
- C1)Elektrotechnik Und Maschinenbau, 1911, p. 4.
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- induite par unité de courant (c’est-à-dire le rapport delà tension à l’intensité) et la résistance. Si ce rapport est plus grand que la résistance, c’est-à-dire si R est positif, cette équation se transforme, d’après M. Rusch, au bout d’un temps assez court, en une autre, qui correspond au diagramme normal des courants alternatifs. Si R est négatif, et si la condition, que pour t — o le courant i soit également nul, est remplie, M. Rusch trouve qu’il se produit une forte auto-excitation. La formule e~E sin o> t montre que e s’annule en même temps que t. Or, M. Rusch considéré les phénomènes qui se produisent lorsqu’un moteur-série est relié, par la fermeture d’un interrupteur, à un réseau à courant alternatif, au moment précis où sa tension passe par zéro. Etant donné qu’à ce moment, d’après le diagramme normal des courants alternatifs, il existerait un courant en retard, cette manœuvre causerait un à-coup de courant qui provoquerait Eauto-excitation. Si l’on reliait le moteur au réseau dans les conditions qui correspondent au diagramme d’équilibre des courants alternatifs, la constante d’intégration G, introduite par M. Rusch serait nulle, comme le montre d’ailleurs la formule :
- E
- i — ------- sin (<*)£ — cp),
- VR2 + (wL)2
- représentant la condition du diagramme normal des courants alternatifs. En d’autres termes, s’il n’y a pas de cause extérieure particulière, il ne se produit pas d’auto-excitation.
- Si l’on met un moteur à répulsion en court-circuit et si on le fait tourner, il s’excite lui-même et se stabilise par la saturation pour une valeur très élevée du courant; si l’on applique ensuite aux bornes de ce moteur une tension alternative, le courant alternatif dû à l’auto-excitation diminue (par suite de sa faible fréquence que l’on peut mesurer à l’aide d’un appareil à courant continu polarisé) ; si l’on augmente la tension aux bornes, ce courant diminue de plus en plus et finit par disparaître complètement.
- Si l’on opère de la manière inverse, c’est-à-dire si l’on accélère peu à peu la vitesse d’un moteur à répulsion relié à un réseau alternatif (ou si l’on modifie peu à peu le décalage des balais), on peut obser. ver que les courants d’auto-excitation ne se produisent pas subitement, mais qu’au contraire ils se développent d’une manière tout à fait progressive; une manœuvre convenable permet de maintenir les courants d’auto-excitation stables à une valeur déterminée.
- La pulsation propre du moteur peut se stabiliser par suite de la saturation supplémentaire qu’elle produit.
- Il suit de là que ces machines avec toutes leurs propriétés peuvent être considérées comme des génératrices auto-excitatrices, dont toutefois les réluctances magnétiques subissent l’influence du courant alternatif à la fréquence du réseau. Pour le fonctionnement en dehors de la région de saturation, les phénomènes précédents se produiraient sans aucune influence mutuelle, ainsi que M. Rusch l’a montré par la résolution d’équations différentielles.
- Les considérations précédentes s’appliquent uniformément à tous les moteurs compris sous la désignation de moteurs à collecteur à courant alternatif avec caractéristique série. Les différences entre les divers types de moteurs sont simplement quantitatives.
- M. Scherbius indique une méthode permettant d’analyser les phénomènes qui se produisent dans une machine-série. Il considère le fonctionnement correspondant au couple maximum et à la vitesse maxima,pour lequel il établit le diagramme des courants alternatifs dans l’hypothèse de courants sinusoïdaux. On obtient ainsi les valeurs respectives de l’intensité du courant et du flux maximum ; si l'on connaît la courbe de magnétisme de la machine, on peut établir à chaque instant la valeur de l’aimanta-
- Fig. 2.
- tion et aussi celle de la réluctance magnétique. Ces grandeurs sont représentées par points sur la figure a. La courbe M représente la tension engendrée dans l’induit par la rotation en fonction du courant d’excitation (courant principal); elle a été établie d’après des essais effectués sur une machine existante.
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- Étant donné que le courant varie sinusoïdalement par rapport aù temps, les distances entre les points i, a, etc., marqués à intervalles réguliers sur l’arc de cercle K, et l’axe des ordonnées représentent les valeurs du courant aux différents instants. Les tangentes à la courbe M forment avec les abscisses des angles a, dont les tangentes représentent là tension due à la rotation par unité de courant, c’est à dire que :
- e. ...
- Si l’on admet, pour tenir compte de l’aulo-excita-tion de la machine, qu’une' excitation continue, constante, et faible par rapport à l’excitation alternative, soit appliquée à la machine, cette excitation continue produit, par suite des variations de la perméabilité, différentes tensions. Si l’on représente, sur la figure a, cette excitation par OD = f (à une échelle quelconque), DF représente la tension correspon-daiite. Si l’on relève les valeurs de cette tension pour une excitation f supposée constante, et si l’on reporte ces valeurs en fonction du temps, on obtient la courbe FF de la figure 3.
- / 2 j >i r> g 7 8.9tonïs
- Lorsque la saturation est faible, la tendance à l’auto-excitation est grande; par contre, cette tendance est faible dans le cas de forte saturation. La résistance du circuit de l’induit doit être assez grande pour que le courant, qui prend naissance lorsque la saturation est élevée, disparaisse pour une faible saturation. Ceci se produit lorsque la
- G
- valeur du rapport j est plus petite que la résistance du circuit de l’induit. La distance entre la droite F'
- C '
- çt l’axe des .abscisses est la valeur moyenne -—
- Zmàÿ
- de la courbe FF. Avec une machine à courant Continu,
- 6
- une .résistance de la grandeur,-— serait suffisante
- ^min
- pour supprimer Fauto-excitation. Avec une machine de conduction à courant alternatif, la résistance doit
- être augmentée dans le rapport de-— à — ,de
- ^moy Zmin
- sorte que la limite supérieure du rendement, indiqué plus haut, devient :
- AC — AB. —
- e ;
- ^min
- AC *
- Dans l’exemple numérique .correspondant à la figure a, le rendement devient donc :
- AC
- AB X 2,3
- AC
- = °>°1
- On voit que, eu égard à l’auto-excitation, le rendement d’un moteur de conduction série à courant alternatif est sensiblement plus mauvais que celui d’une machine à courant continu, lequel, toutes choses égales d’ailleurs, serait :
- AC — AB AC
- = o,Go environ.
- Au cours d’essais effectués dans les ateliers Brown, Boveri et Cle, sur un moteur^sérje de 5o chevaux, un réglage minutieux de toutes les grandeurs et la variation maxima de la tension aux bornés permirent d’obtenir une restitution de puissance égale à 2 où 3 % seulement de la puissance normale, en tenant compte de toutes les résistances de l’ënsemble du circuit (y comprisla génératrice); M.! Kummer trouva même, au cours d’essais effectués sur un tel moteur,’ que l’énergie restituée était nulle (*).
- La théorie et l’expérience concordent donc pour montrer que’ la récupération obtenue ' avec les moteurs-série à courant alternatif est pratiquement faible; mais qu'ilh’y a pas lieu de la négliger en principe. -
- On pourrait améliorer le rendement du moteur-série à ce point de vue, à l’aide dé courbés de saturation convenables, c’est-à-dire en s’adressant à des espèces de fer spéciales. Toutefois l’auteur estime que l’on peut atteindre ce résultat plus simplement à l’aide d’artifice de montage appropriés.
- ' Tel est lé montage dont le schéma est représenté sur la figure 4. E est l’enroulement inducteur, l’un transformateur de courant, lequel transforme l’énergie électrique engendrée par la rotation de l’iriduit
- {^lElektrisclie Kraftbetriebe und Bahtien, 1907, p. 36a.
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- dans le champ <ï>. Le champ de ce transformateur est perpendiculaire dans le temps à la tension de travail et, si Ton néglige les chutes, au courant de l’induit. Ce champ est donc maximum quand le courant principal et le champ <ï> sont approximativement nuis.
- figure G ; par contre, toutes choses égales d’ailleurs, ét sans augmentation artificielle des résistances, le montage de la figure 4 a permis de restituer au réseau une énergie utile égale à 5o % environ de la puissance de la machine.
- Le transformateur qu'on fait fonctionner pour obtenir la suppression du courant d’auto-excitation au-dessus du genou de la courbe de magnétisme, est, par suite, toujours saturé et se prête peu à la transmission des à-coups d’auto-excitation, si la perméabilité de la machine est peu favorable à celle-ci.
- Par contre, le montage de la figure 5, dans lequel un transformateur est intercalé dans le circuit d’excitation, ne remplirait pas cette condition.
- En effet, le champ du transformateur d’excitation est en phase dans le temps avec le champ d> ; par suite, lés courants d’auto-excitation, qui prennent toujours naissance lorsque la machine est peu saturée, s’ajoutent les uns aux autres et atteignent finalement une valeur inadmissible.
- Le transformateur s’oppose à la production permanente de courant continu, mais non à celle de courants rapidement croissants. . Yi.
- • D’ailleurs les essais ont montré que l’énergie restituée avec le montage de la figure 5 était à peine supérieure à celle obtenue avec un moteur de conduction simple, correspondant au montage de la
- La figure 7 représente le schéma d’un moteur à répulsion. L'enroulement du stator a été supposé réparti en deux enroulements composants, l’un dans l'axe de court-circuit, l’autre servant simplement d’enroulement d’excitation. Ce schéma montre que le moteur à répulsion constitue lui-même un transformateur, qui transmet la tension de travail du rotor au stator et dont le champ est perpendiculaire dans le temps (et aussi, dans le cas considéré, dans l’espace) au champ excitateur <b. Ceci explique (du moins pour les régimes de vitesse normaux) que, comme le montrent également les mesures de Fraenckel (*), l’on puisse, avec le moteur àrépulsion, restituer au réseau une quantité importante d’énergie. D’autre part, l’influence mutuelle des deux axes dû moteur au point de vue de la saturation (influence dont il sera question plus loin à propos des moteurs diphasés) rend le moteur à répulsion plus favorable à ce point de vue que le moteur-série simple, ou même pourvu
- d'un transformateur. Si Ton suppose que le moteur à répulsion fonctionne au synchronisme, le champ excitateur est de la même grandeur que le champ du transformateur transmettant l'énergie ; par suite, le moteur à répulsion peut être considéré, en ce qui
- (') EleJctrotechnik und Maschinenbau, 18 août 1912, p. 685.
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- T. XXI (2e Série). — M“7 .
- concerne la stabilisation par la saturation, comme un moteur à courant continu avec lequel on peut se baser, pour la stabilisation, sur la saturation maxima. Des résultats de mesures publiés par M. Fraenckel et de leur comparaison avec ses calculs, il résulte que ceci s’applique également lorsque le moteur fonctionne sensiblement au-dessous du synchronisme.
- Dans le cas d’un moteur monté selon le schéma de la figure 4, on peut également appliquer les formules employées par M. Fraenckel pour le moteur à répulsion, du moins avec le degré de certitude que l’on peut attendre de tels calculs.
- Le moteur série polyphasé a également une grande importance au point de vue de la récupération d'énergie.
- Si un tel moteur ne comporte pas de transformateur, c’est un simple moteur de conduction. De même, avec un transformateur-série normal entre le stator et le rotor, il a encore des propriétés tout à fait analogues, étant donné qu’aux vitesses élevées le transformateur n’est presque pas saturé.
- Fig. 8.
- La figure 8 représente un moteur série diphasé, dont les enroulements compensateurs ki, k.2 sont supposés prévus de manière à compenser le champ de l’induit dans les deux axes. En outre, dans chaque axe, un enroulement d’excitation (e, ou e2) est prévu. On pourrait également obtenir un montage équivalent avec un moteur-série polyphasé à balais décala-bles, dans le cas où le stator comporterait plus de spires que le rotor.
- Un moteur connecté d’après ce schéma fournirait en génératrice du courant continu. Pour donner à la résistance la valeur nécessaire pour obtenir la récupération sur un réseau à courants alternatifs, il faudrait procéder comme il a été indiqué plus haut, à l’aide des figures a et 3, pour un moteur monophasé ;
- en effet, lorsque l’axe de la saturation (par le champ principal) est perpendiculaire au champ produit par l’auto-excitation, la tendance à l’auto-excitation est grande. On a affaire à deux machines séparées, dont chacune peut s’exciter elle-même. Au point de vue quantitatif, un moteur à deux axes magnétiques est plus favorable qu’un moteur de conduction mono-
- phasé, étant donné que le maximum du rapport —
- est diminué par la saturation dans l’autre axe. Cette influence est loin d’être négligeable, ainsi qu’on peut s’en rendre compte de la manière suivante :
- A<1>
- Fig- 9-
- La figure 9 représente un induit dont on suppose les champs et la répartition des enroulements sinusoïdaux; le champ est produit par l’enroulement n; la grandeur et la direction de ce champ sont représentées par le vecteur <I>. Si l’on dispose, dans l’axe perpendiculaire, un enroulement An,. peu important par rapport à h, le flux O n’est pas sensiblement modifié, mais décalé d’un certain angle. Les ampères-tours communs produisent un champ décalé de l’angle Aa par rapport à <ï>.
- A/i
- L’angle Aa est proportionnel à —-, c’est-à-dire
- que, si l’on considère la composante A<b perpendi-
- <F * Ad»
- culaire à <b, on a la relation — = -—. En d’autres
- n A n
- termes, s’il existe un champ dans l’induit et si l’on fait agir un certain nombre d’ampères-tours dans une direction perpendiculaire à ce champ dans l’espace (ce nombre d’ampères-tours étant faible par rapport au nombre d’ampères-tours du champ principal), on produit dans ce sens une composante dont la grandeur est déterminée par la réluctance magnétique du champ principal, ainsi que par les ampères-tours additionnels. ,1
- S’il existe donc, dans l’axe de la machine, un flux d> (fig. 10), tg a représente l’accroissement de flux par ampère-tour dans l’axe perpendiculaire au premier. Quant à l’accroissement dû aux ampères-tours agissant suivant cet axe lui-même, il aurait
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- 211
- pour valeur tg fl' dans des conditions analogues aux précédentes (fig, a). Il s’ensuit que la portion DE, déterminée sur la droite DF par l’intersection de celle-ci avec OA (fig. a), représente la
- grandeur maxima du rapport *, en tenant compte
- des constantes choisies précédemment, pour une machine saturée à deux axes; or, la grandeur DE est sensiblement plus faible que la grandeur DF qui correspond à une machine saturée dans un seul axe.
- 0
- En outre, la courbe EE du rapport -. et la valeur
- moyenne,, représentée par la droite E', sont également différentes, ainsi que le montre la figure 3.
- Étant donné que, dans cè cas,env., le
- ?lmin
- rendement devient donc :
- AC — i,6 X AB .
- —-----———------ = environ o,35.
- AC
- Le rendement est donc moins favorable que celui d’une machine à courant continu ou d’un moteur à répulsion, mais sensiblement plus favorable que celui d’une machine de conduction monophasée.
- D’ailleurs, le problème de l’auto-excitation des moteurs série à collecteur est extrêmement complexe, surtout si l’on considère le cas où la réluctance magnétique est plus faible dans l’un dçs axes d’excitation que dans l’axe perpendiculaire au premier. Dans ce cas, le fait de la suppression de l’auto-exci-tation dans l’un des axes ne garantit pas qu’il en soit de même dans l’autre axe. Celte considération a amené M. Klinkhamer à essayer le montage représenté sur la figure ii. L’enroulement du stator se compose, en réalité, d’un seul bobinage par phase ; mais on peut supposer ce bobinage décomposé, d’une part, en enroulements compensateurs Ar, lesquels font équilibre aux ampères-tours de l’induit, d’autre part, en enroulements d’excitation ex et e2.
- On trouva de la sorte qu’il suffisait, pour
- supprimer l’auto-excitation dans les deux axes» d’intercaler des résistances égales, et que ces résistances pouvaient être plus faibles que cela n’eût été nécessaire avec un axe non saturé, quoique plus fortes qu’avec un axe saturé.
- Une machine, montée comme l’indique la figure 11 donne, comme on sait, du courant alternatif, lorsqu’elle fonctionne en génératrice. S’il existe un
- champ dans l’un des deux axes, ce champ produit un courant dans l’enroulement induit qui lui est perpendiculaire; ce courant parcourt l’enroulement du stator et il tend à compenser le champ initial. Il est clair que, par suite de cette action mutuelle des deux axes, il se produit un champ tournant et aussi que les dissymétries dans la perméabilité magnétique des deux axes sont compensées ; il suffit donc de donner aux deux résistances des dimensions correspondant à une perméabilité comprise entre celles des deux axes.
- On a vu au début que, d’une manière générale, la condition nécessaire pour la suppression de l’auto-excitation est la tendance à l’amortissement des à-coups qui se produisent et que, d’autre part, les dissymétries et les phénomènes analogues sont les causes premières de l’auto-excitation.
- Dans le cas considéré par M. Klinkhamer, c’est pour une raison tout à fait différente que la résistance de protection peut être plus faible qu’avec une machine de conduction monophasée.
- Pour tous les cas où la saturation est produite en premier lieu par un champ tournant à la fréquence du réseau et dans lesquels il existe, en outre, un montage produisant des courants polyphasés, les deux effets se produisent simultanément. Ces deux conditions sont toujours réalisées avec les moteurs polyphasés, quand ces moteurs sont construits de telle sorte que le déphasage primaire soit plus ou moins compensé. Il suffit que les résistances de pro-
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- tection soient assez grandes pour l’un des deux cas, étant donné qu’un seul des deux effets est suffisant pour supprimer l’auto-excitalion. Toutefois, étant donné que, par suite du grand nombre des causes d’erreurs, les calculs ne donnent pas une très rigoureuse exactitude et que, d’autre part, les deux méthodes conduisent à des valeurs moyennes comprises entre les mêmes limites, il paraît pratiquement convenable d’employer, avec les moteurs polyphasés, une méthode s’appliquant à tous les montages et à tous les cas ; l’exactitude de cette méthode doit être contrôlée par des résultats d’essais (*).
- Le rendement considéré plus haut pour la récupération est le rendement maximum qu’on peut atteindre. Une autre grandeur intéressante est celle du couple ou de la puissance que l’on peut encore produire avec une machine-série, en évitant l’auto-excitation. La détermination de cette grandeur par le calcul, quoique théoriquement possible, est incertaine en pratique.
- Si, par exemple, un moteur-série polyphasé à balais décalables est relié à un réseau de tension variable, et si on détermine le couple et la puissance qu’on peut récupérer pour différentes tensions, les phénomènes qui se produisent sont les suivants :
- Pour une tension faible, la saturation est minime ; l’auto-excitation se produit déjà quand la vitesse angulaire est faible et lorsque les balais sont calés dans le voisinage de leur position à vide. Le couple de freinage et l’énergie récupérée sont, par suite, faibles. Si l’on augmente la tension et, par conséquent, la saturation, on peut déplacer les balais vers la position de court-circuit, avant que l’auto excitation ne se produise. Le couple de freinage et l’énergie récupérée augmentent. Si la tension croît encore, on peut augmenter la vitesse et le décalage des balais-Par suite de la forte saturation, le rapport de la tension de rotation au courant est faible par rapport à la résistance ; le couple de freinage (dû au champ et au courant) augmente toujours, mais l’énergie récupérée diminue et passe par zéro, lorsque le rapport de la tension de rotation au courant devient plus faible que la résistance du moteur ; en même temps, une grande quantité d’énergie est transformée en chaleur dans le moteur.
- (') Pratiquement il suffit de déterminer les valeurs X e e
- Zmin *mox
- et de choisir une valeur moyenne, comprise entre ces deux limites et qu’on vérifie expérimentalement.
- On voit que pour obtenir le maximum de récupération d’énergie avec un moteur donné (dans l’hypothèse d’un montage et d’une vitesse donnés), il existe une tension complètement déterminée.
- Si l’on voulait calculer la valeur de celle-ci, il faudrait appliquer le procédé indiqué plus haut, à l’aide des figures a et 3, pour différentes tensions et différentes saturations.
- Pour les autres types de moteurs les conditions à remplir sont du même genre.
- J.-L. Medynski,
- Ingénieur diplômé de l’Ecole Supérieur© d’Elcctricité.
- Méthode pour éviter les surtensions avec les électro-aimants-,— P. Kuschewitz. —Elek-trotechnische Zeitschrift, 26 décembre 1912.
- Il existe plusieurs procédés pour éviter les étincelles de rupture au moment de l’ouverture du circuit d’un électro-aimant. Dans certains cas, ces procédés peuvent n’avoir qu’une efficacité insuffisante. L’auteur indique des moyens qui permettent de les améliorer.
- Les expériences effectuées par lui portèrent sur trois appareils perforateurs pour transmetteurs télégraphiques automatiques ; ces appareils sont désignés respectivement dans ce qui suit par les chiffres I, II, III. Chaque appareil comportait un électro de-pointage S et un autre électro P commandant le mouvement de la bande de papier (fig. 1). La tension de régime des appareils était de 110 volts.
- On voit (fig. 1) que le dispositif pare-étincelles prévu se composait, pour chaque^ électro, d’un condensateur K monté en série avec une résistance,R,.
- Pendant le fonctionnement on ne remarquait pas d’étincelles très vives aux contacts G. On aurait pu en conclure que les dispositifs pare-étincelles, étant suffisants pour protéger les contacts contre ,1a fusion pouvaient répondre à toutes les exigences..Or ce n’était pas le cas, puisque les condensateurs, furent percés à plusieurs reprises et que même, dans un cas, un électro fût endommagé. Ces faits conduisirent l’auteur aux recherches suivantes.
- Les résistances des électros variaient de 190 ohms pour l’électro P de l’appareil II, à 370 ohms pour l’électro S de l’appareil III. L’intensité du courant, qui traversait les électros en service normal,
- 1 ï o
- était assez élevee ; elle atteignait —- == environ
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- o,53 ampère pour l’électro P de l’appareil IL D’autre part, les coefficients de self-induction variant, de 3 henrys pour l’électro P de l’appareil II à 7 henrys pour l’électro P de l’appareil III, on voit que, sans dispositif pare-étincelles, les étincelles eussent été très violentes.
- L
- r
- S R,
- —|^WV— —AMA—|
- R, K
- C
- -f
- ---VVW\A-
- R
- /,
- J
- Fig. 1 et 2.
- l "♦
- H'I'H
- un Volt
- Si l’on désigne respectivement par R et par L la résistance ohmique et la self-induction de l’électro, par K la capacité du condensateur et par R, la résistance montée en série avec celui-ci, on s’arrange, en général, pour avoir R, = R et L = KR2. Mais, en observant cette règle, on constata que les valeurs de R, et de K étaient encore trop faibles pour éviter que les appareils ne fussent détériorés.
- Il y avait donc lieu de se demander :
- i° Pour quelles raisons les détériorations pouvaient se produire, alors qu’on n’observait pas d’étincelles de rupture;
- 20 Quelles devaient être les valeurs minima données à R, et à K pour éviter à la fois les étincelles de rupture et la détérioration des appareils.
- Pour pouvoir répondre à ces questions, il est nécessaire de se représenter clairement les phénomènes tels qu’ils se produisent au moment de la fermeture et de l’ouverture du contact C.
- a) Lorsqu’on ferme l’interrupteur m (fig. 2), c'est-à-dire le circuit de l’appareil, il passe dans ce circuit un courant de charge variable I, lequel charge le condensateur. La rapidité de la charge dépend des valeurs K, R, Ri et L. Si l’on prend R, très faible et K relativement grand, il est possible que, lors de la fermeture du circuit de l’appareil, le courant de charge soit suffisant pour provoquer un commencement de fonctionnement de l’appareil, ce qu’il faut éviter.
- b) Quand on ferme ensuite l’interrupteur G (fig. 3),
- l’appareil entre en fonctionnement. Si R4 est très faible, le condensateur commence à se décharger avant que C soit complètement fermé, d’où une étincelle de fermeture. Par contre, si l’on prend Rj très grand, il existe entre les points E, et Ea (fig. 3) une différence de potentiel relativement élevée, qui peut
- n,
- WfiAfiAr
- provoquer également une étincelle de fermeture.
- c) Quand on ouvre le contact C (fig. 4), le condensateur K se charge, par suite de la force électro-motrice de self-induction engendrée. La différence de potentiel E, —Ea peut être assez faible, si les dimensions de K et de R, sont choisies de manière qu’il ne se produise pas d’étincelle de rupture en C.
- Toutefois, si K est relativement grand et Rt très petit, il est possible que l’énergie produite par la self-induction ne suffise pas à la charge; il peut alors se produire le cas indiqué en a.
- Au contraire, si l’on choisit IC et R, relativement petits, et si la capacité du condensateur est trop faible pour l’énergie due à la self-induction L, il peut se produire un accroissement brusque et très violent de la différence de potentiel E,—E2, accroissement qui peut dépasser de beaucoup la tension du réseau. Cette surtension est.particulièr.ement dangereuse, parce qu’au moment de sa valeur maxima, la distance d’ouverture du contact est déjà assez grande, en sorte que l’équilibre de potentiel ne peut plus s’établir par l’étincelle. Il se produit alors, soit une détérioration du condensateur, soit, si le condensateur résiste, une oscillation amortie qui coi'respond à l’inégalité
- Si K est relativement petit et R( grand, la différence de potentiel E, — E2 croît avec R, ; il s’ensuit
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- qu’après la période de charge de K, la surtension s’équilibre. Si, au moment de la tension maxima^ la distance d’ouverture du contact est encore faible, l’équilibre se produit sous la forme d’une forte étincelle de. rupture; si à ce moment la distance d’ouverture est déjà grande, l’équilibre peut encore se produire sous la forme d’une oscillation amortie, R étant
- cependant encore <
- dans le circuit du conden-
- sateur. L’étincelle de rupture devenue plus faible montre qu\l se produit une égalisation d’énergie dangereuse pour le condensateur et pour la bobine.
- Ces considératisns expliquent les causes de détérioration. Pour avoir la certitude que la surtension se produisait réellement, les appareils, munis du dispositif de protection précédent, furent soumis à un essai spécial; da,ns ce but, on monta en parallèle avec les électro-aimants, un parafoudre à vide, qui fonctionnait pour une tension de 3oo volts et servait d’indication de tension. Lorsqu’on ouvrit le contact G (sur lequel il ne se produisait pas d’étincelles), l’égalisation de la surtension se produisit entre les charbons du parafoudre et se manifesta par une lueur verte dans le tube de celui-ci. On en conclut qu avec 1 emploi du dispositif précédent, la valeur de la surtension était en tous cas sensiblement supérieure à 3oo volts.
- Pour répondre à la seconde question, il y avait lieu de vérifier quelles pouvaient être, en tenant compte du prix de revient du dispositif, la valeur minima de K et la valeur maxima de Rt nécessaires pour maintenir la surtension dans des limites admissibles. Les essais, qui furent effectués dans ce sens, indiquèrent une capacité inférieure à20microfarads; 4 à 6 microfarads parurent même suffisants. Une diminution delà capacité au-dessous de 4microfarads provoquait une surtension trop élevée.
- Pour une capacité de 4 microfarads, on ne remarqua d’étincelle de rupture que lorsque Ri était sensiblement supérieure à 900 ohms. Pour R, supérieure à 2 000 ohms, on remarquait au parafoudre une surtension supérieure à 3oo volts. Si l’on prenait Rj[ inférieure à 200 ohms, les phénomènes indiqués plus haut en b se produisaient et se manifestaient par une étincelle à la fermeture.
- Tableau I
- DÉSIGNATION DE l’appareil H, EN OHMS K EN MICROFARADS
- Appareil I. a. Electro P 600 6
- b. Electro S 600 4
- Appareil II. a. Electro P 600 4
- b. Electro S fiOO 4
- Appareil III.
- a. Electro P 700 6
- b. Electro S 600 6
- On en a conclu que la valeur de Rt devait être comprise entre 200 et 900 ohms et, en tenant compte de la résistance et de la self-induction des électros, que les meilleures valeurs à donner à R, et à K étaient respectivement celles qui sont indiquées dans le tableau I.
- Ces valeurs correspondent à l’expression :
- I = K (R, -f R)2.
- Toutefois, il n a paru y avoir aucun inconvénient à choisir d une manière générale R, 600 ohms et K — 4 microfarads. Dans ces conditions, le dispositif de protection a fonctionné d’une manière satisfaisante.
- M. K.
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- BIBLIOGRAPHIE
- fl est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- G. Bourrey. — Le problème de VApprentissage et 1’Ènseignement technique. — i vol. in-16 de 164 pages. — Dunod et Pinat, éditeurs, Paris 1913. — Prix : a fraucs.
- Notre distingué confrère, qui dirige avec tant de compétence La Technique Moderne, à laquelle il a donné une impulsion très remarquée, est en même temps membre du Conseil supérieur de l’Enseignement technique et inspecteur de l’Enseignement technique au ministère du Commerce et de l’Industrie. C'est à ces titres qu’il est particulièrement qualifié pour étudier le grave problème — depuis si longtemps à l’ordre du jour — de l’Apprentissage et de l’Enseignement technique.
- Nous donnons ci-dessous la préface où l’auteur montre nettement le but qu’il veut atteindre.
- « Nous sommes, a dit M. Millerand, un peuple à a constante fermentation intellectuelle. » Remarque « juste, vraie surtout depuis que, favorisée par le « régime de liberté de notre troisième République, a la pensée humaine, si hardie soit-elle, peut trouver « son expression dans la presse. Les idées s’y « heurtent, s’y opposent et s’édifient parfois en sys-« tèmes, tantôt intéressés, mais le plus souvent ins-« pirés par l’amour du bien public. En ce qui nous « concerne, nous exposons ici notre manière de « voir en toute indépendance, sans tenir compte des a questions depersonnes, mais avec le souciconstant « d’éclairer nos lecteurs sur la haute portée sociale « d’une œuvre entreprise depuis un quart de siècle, « et qu’il est temps de compléter si l’on veut enfin a sortir de l’ornière où des forces vives s’atrophient, a où fermentent des colères nées de l’avilissement a de certaines formes du travail, de ce travail qui est a le plus admirable régulateur de la vie. Sans fausse a modestie, nous avons cherché et nous cherchons a à déterminer un courant vers quelques solutions « du problème de l’apprentissage qui nous parais-a sent pratiques, et à faciliter ainsi, dans une faible a mesure, la tâche très lourde qui incombe au minis-« tère du Commerce. D’aucuns nous trouverons a audacieux peut-être, mais la pensée de le gêner « dans son action et de lui créer des difficultés ne a nous est pas venue un seul instant. Ce serait mal
- « nous connaître que nous prêter de telles intentions. « D’ailleurs nous ne briguons ni emploi, ni réputa-« tion de grand homme. »
- L’ouvrage comprend trois parties :
- I. — L’Enseignement technique.
- II. —L’Apprentissage.
- III. — L’Effort administratif et parlementaire.
- Dans la première partie, M. Bourrey montre que
- l’enseignement technique existe ; d’après lui, cet enseignement est et doit rester l’œuvre du ministère du Commerce, les écoles pratiques ne devant pas être transformées en écoles primaires supérieures. Il montre ensuite comment fut organisé l’enseignement technique de premier degré en France, comment évoluèrent les écoles nationales professionnelles, et comment, par suite de la liaison de l’enseignement technique avec l’apprentissage, la nécessité de la création d’une école normale était apparue.
- « L’école normale, dit l’auteur, doit être le laboratoire pédagogique de l’enseignement technique ; il faut qu’elle s’assure le concours du commerce et de l’industrie. »
- Dans la deuxième partie, l’auteur déclare que c’est à l’Etat qu’il appartient de résoudre le problème de l’apprentissage. Cette opinion gouvernementale sera certainement très discutée. Puis il examine les écoles de métiers : école de bâtiment, école de menuiserie, école des industries de la soie, etc., et il montre ce qu’à son avis elles devraient être. Il aborde alors le problème de l’éducation féminine qui intéresse à un si haut degré non seulement les jeunes filles du peuple, auxquelles l’auteur réserve toute sa sollicitude, mais encorelesjeunes filles des classes moyennes ; ces dernières ont aussi à se débattre contre les difficul-tés de la vie, et elles sont peu préparées à ce rôle par l’enseignement qu’on leur donne en général.
- L'effort administratif et parlementaire fait l'objet de la dernière partie. Après avoir rappelé les décrets du a4 octobre 1911, qui définissent le rôle des Comités de l’enseignement technique, M. Bourrey examine divers projets de loi, notamment ceux deM. Steeg, ancien ministre de l’Instruction publique, et de MM. Michel et Mascuraud, sénateurs. Il montre qu’il n’y a pas unité de doctrine en matière d’enseignement technique, et que c’est là le mal dont souffre
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- l’enseignement technique ; le remède qui s’impose est un statut légal.
- M. Bourrey critique en dernier lieu, avant de conclure, le projet du rapporteur de la commission du Commerce et de l’Industrie au Parlement. Ce dérnier estimerait que l’école est inutile et que la « pratique » suffit. L’auteur demande comment, dans ces conditions, se fera le recrutement des apprentis. Il suffit d’avoir fait un stage dans une usine pour savoir, en effet, combien il est difficile, même pour un ingénieur, d’acquérir cette « pratique » que préconise le rapporteur ; les ouvriers spécialisés sont peu disposés, en général, à enseigner leurs tours de main aux débutants, et cela est très humain ; eux-mêmes n’ont-ils pas peiné pendant des années pour acquérir ce qui fait leur supériorité professionnelle ?
- Remarquons en terminant que M. Dubief, ancien ministre du Commerce et alors vice-président de la Chamhre des députés, a déjà traité en 1910 la même question dans un ouvrage des plus documentés.
- Mais M. Dubief s’était placé à un point de vue différent de celui que M. Bourrey a envisagé : il avait, comme on sait, étudié principalement la manière dont l'enseignement technique est donné à l’étranger, et la réglementation qu’il a proposée rappelle sur bien des points l’organisation de l’enseignement professionnel dans d’autres Etats.
- Nous estimons donc que le livre de M. Bourrey ne fait aucunement double emploi avec celui de M. Dubief et qu’il rencontrera vraisemblablement un accueil aussi favorable auprès du Parlement et du public industriel.
- R. de Baillehache.
- Curchod (Adr.), Ingénieur diplômé de l’Ecole supérieure d’électricité. —Installations électriques de torce et lumière; schémas de connexions : préface de P. Janet, directeur de l’Ecole supérieure d’électricité. — Deuxième édition complètement remaniée et très augmentée. — Un vol. in-8° 16 X a5, de vn-208 pages. — Dunod et Pinat, éditeurs, 1912. — Prix : broché, 7 fr. 5o.
- Dans cet ouvrage, M. Curchod. s’est proposé de « simplifier la tâche de l’ingénieur chargé des études d’installation électrique, et celle du monteur qui a la mission de les exécuter ».
- Il s’agit donc d’un livre de praticien, écrit pour des praticiens. « De même, dit M. Janet dans la préface de la première édition, que l’usage d’un formulaire ou d’un aide-mémoire est parfaitement légi-
- time lorsqu'il s’agit de retrouver rapidement des formules ou des résultats numériques qu’à la rigueur, en y donnant la réflexion nécessaire, on retrouverait sans cela, de même un ouvrage comme celui de M. Curchod peut rendre de notables services dans la pratique, en économisant le temps précieux que l’on passerait à rechercher les meilleures dispositions d’un montage çonnu. C’est donc, dans son genre, un véritable formulaire : formulaire de schémas qui doit prendre place à côté des excellents formulaires de formules et de nombres que chacun connaît. » .
- Dans la pratique industrielle, il importe,.en effet, d’aller droit au but, par.les voies les plùs rapides ; il serait absurde, pour un ingénieur, de gaspiller son temps dans la recherche des dispositions les ptys avantageuses pour une installation déterminée, dès lors que ces dispositions sont connues, et qu’il suffit d’ouvrir un livre comme celui de M. Curchod pour les retrouver immédiatement.
- C'est sur le tableau de distribution de la station centrale que doit se porter avant tout l’attention de l’ingénieur; une étude rationnelle des connexions permet d’éviter bien des erreurs et de gagner du temps.
- L’auteur s’est occupé aussi des modes de connexions des appareils récepteurs, lampes ou moteurs dans les cas les plus fréquents ; il a laissé de côté les schémas de connexions des installations très particulières (laminoirs, machines à papier, etc.).
- M. Curchod a été bien inspiré en augmentant très notablement dans sa seconde édition le nombre des problèmes étudiés ; son livre peut rendre les plus grands services, d’autant plus qu’à chaque planche est jointe une note explicative dans laquelle il donne non seulement la légende de la figure correspondante, mais encore tous les renseignements utiles à sa compréhension.
- Les signes et symboles employés dans les schémas sont ceux que M. Brunswick a proposés à la Société internationale des Électriciens. Il serait à désirer que le Comité de Nomenclature et de Symboles institué par la Commission électrotechnique internationale aboutisse le plus tôt possible à des résolutions définitives sur ces importantes questions.
- L’ouvrage de M. Curchod est divisé en deux parties de longueur inégale : t\0 pages de texte et 76 schémas relatifs aux installations à courant continu (distribution à deux ou à trois fils, réglage de la tension, moteurs) ou à courant alternatif (génératrices à courant monophasé ou à courant triphasé,
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- haute et basse tension, réglage de la tension, transformateurs statiques, moteurs).
- Un chapitre est relatif à la transformation du courant alternatif en courant continu et à quelques appareils divers (relais de rupture Rousselle et
- Tournaire, wattmètres Ferraris, transformatéurs de mesure Siemens-Schuckert).
- Sous une apparence modeste, l’ouvrage de M. Curchod sera fort apprécié des praticiens.
- E. de Longueval.
- BREVETS
- Perfectionnement dans l’emploi des dispositifs permettant de régulariser le débit d’une source d’énergie électrique. — Société Alsacienne de Constructions mécaniques. — N° 447 190, demandé le 19 octobre 1911, publié le a6 décembre 1912.
- Dans les stations centrales dont le débit instantané est essentiellement variable, on sait que l’on peut rendre plus uniforme la charge des génératrices par l’emploi de dispositifs propres à emmagasiner de l’énergie pendant les périodes de faible charge et à la restituer pendant les périodes de forte charge. La régulation ci-dessous s’applique, quel que soit le dispositif adopté.
- En général, dans de telles installations, la batterie ou la dynamo-volant est réglée de manière à maintenir aussi constant que possible le débit de la station centrale proprement dite. Lorsque la charge des moteurs ou appareils alimentés par la station varie de façon que la charge moyenne demeure constante, il est facile de régulariser le débit en faisant agir, sur la batterie ou le volant, un régulateur tendant à maintenir le débit de la station égal à celui correspondant à la charge moyenne du réseau.
- Lorsqu’au contraire la charge moyenne du réseau n’est pas constante, il peut arriver, si la charge du réseau dépasse pendant un temps prolongé celle que la batterie ou la dynamo-volant doit maintenir constante pour la station, que la batterie ou le volant, étant obligés par le régulateur de donner toute leur énergie latente, deviennent impropres à amortir de nouveaux à-coups. Les mêmes inconvénients se produisent si la charge moyenne absorbée par le réseau reste pendant un temps prolongé au-dessous de la charge pour laquelle le réglage est fait.
- En pratique, on s’est contenté jusqu’à présent, d’agir à la main sur le régulateur commandant la batterie ou la dynamo-volant de manière à faire varier, dans le même sens que la charge moyenne du réseau, la charge que le dispositif égalisateur tend à maintenir constante pour la station. La charge des
- génératrices de cette station devient alors variable.
- Le perfectionnement ci-dessous a pour objet de rendre automatique cette action qui doit être exercée sur le régulateur. Il consiste en principe dans l’emploi d’un deuxième régulateur électrique ou mécanique d’un type quelconque, commandé, sous une forme ou sous une autre, par l’énergie latente emmagasinée à chaque instant dans le volant de la dynamovolant ou dans la batterie. Ce second régulateur agit alors sur le premier de manière à modifier, en fonction de cette énergie latente, la charge que le premier régulateur tend à maintenir constante pour la station
- centrale.
- WWW WWW
- Fig. 1.
- La figure 1 représente schématiquement l’application de l’invention au cas où le débit d’une source d’énergie électrique A est réglé par une dynamovolant B à courant continu. On a représenté en C des moteurs supposés à charge très variable, alimentés par lé réseau D sur lequel débite la source A. L’action de la dynamo B est réglée, par exemple, par un régulateur d’intensité E qui manœuvre un rhéostat de champ F. Le réglage de la charge que le régulateur E tend à maintenir constante pour la source A se fait ici au moyen d’un shunt G, dont la résistance variable est réglée par un second régula-
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- teur IL On a représenté celui-ci comme comprenant un petit moteur I à vitesse sensiblement constante, dont l’arbre porte deux pignons opposés J et K embrayant respectivement avec un pignon L de commande de shunt G, suivant que la plaque magnétique M portée par le meme arbre que les pignons J et K est attirée par le solénoïde N ou le soiénoïde O. Ces solénoïdes sont alimentés par une source quelconque P et sont excités l’un ou l’autre suivant que E est à l’une ou l’autre des extrémités de sa course, le couteau Q porté par E fermant alors, soit le contact i, soit le contact 2.
- Le fonctionnement est le suivant :
- La dynamo-volant est établie de manière que, lorsque E arrive à l’une ou l'autre des extrémités de sa course, le volant soit prêt : ou de se trouver complètement déchargé (fermeture du contact 2), ou de prendre une vitesse trop grande (fermeture du contact 1). Chaque fois que cette circonstance se présente, et aussi longtemps que le régulateur E reste à fin de course, l’un des solénoïdes O ou N est excité et l’un des pignons K ou J vient embrayer avec L. La résistance G augmente si c’est le contact 1 qui est fermé; elle diminue si c’est le cpntact 2. La charge que le régulateur E tend à maintenir constante à la station augmente donc dans le second cas et diminue dans le premier. C’est bien le résultat que l’on, se proposait d’obtenir.
- L’invention s’applique quel que soit le genre des régulateurs E et H adoptés, et quelle que soit la nature du courant du réseau D. On pourrait aussi faire dépendre l’action du régulateur H de la vitesse du
- Fig. 2.
- volant ou de tout autre intermédiaire qui soit fonction, soit de l’énergie emmagasinée dans le volant, soit de la charge moyenne.
- La figure 2 montre l’application de l’invention au cas où la charge de la source À est régularisée par une batterie-tampon R en série avec un survolteur-dévolteur automatique S, qui joue le rôle du régulateur E précédent. On suppose ici que le second régulateur II, du même type que dans la figure 1, agisse sur un rhéostat T réglant l’une des excitations de S. Les contacts 1 et 2, qui régissent l’excitation des enroulements O et N de H, peuvent être fermés par des relais, dont l’un U fonctionne au maximum et l’autre Y au minimum de la tension prise aux bornes de la batterie.
- L’invention s’applique au cas des batteries d’accumulateurs sur des réseaux à courant alternatif.
- Dispositif de connexion poui' véhicules élec-tl'iques. — Société Brown, Boveki et Cie. — N° 447 858, demandé le 3i août 1912, publié le 17 janvier 1913.
- Dans certaines commandes réglables au moyen de moteurs électriques, on emploie pour ceux-ci un dispositif de connexion qui consiste à ajouter à la tension du réseau une tension supplémentaire pouvant varier d’une manière continue d’un maximum négatif à un maximum positif en passant par zéro ; c’estla tension résultante qui est transmise au moteur. Généralement cette tension auxiliaire est créée par une génératrice actionnée à vitesse constante. Ce mode de connexion est celui des survolteurs-dévol-teurs.
- S
- 2e f w
- Fig. 1.
- Quand on l’applique à la traction électrique pour régler la vitesse, on est forcé d’installer le groupe auxiliaire, c’est-à-dire la génératrice réglable avec son moteur, sur une locomotive ou une voiture automotrice. Le réglage du nombre de tours des moteurs de traction se fait alors simplement par le régulateur en dérivation de la génératrice auxiliaire.
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- Les moteurs reçoivent alors une tension qui peut aller jusqu’au double de la tension de la ligne. Cette tension élevée est habituellement un inconvénient, puisque les enroulements, tant des moteurs de traction que de la génératrice auxiliaire, doivent être isolés d’avec la terre, pour une tension double de la ligne. Cette difficulté peut être évitée en mettant à la terre, à l’un de ses pôles, la génératrice auxiliaire seule.
- L’un des pôles de chacun des moteurs de traction est alors connecté directement avec la ligne, tandis que le pôle opposé est connecté avec la génératrice auxiliaire. Grâce à ce dispositif, la tension d’un point quelconque du système de connexion par rapport à la terre n’est jamais supérieure à celle de la ligne.
- La figure i représente le schéma des connexions : /désigne la ligne, et s les rails. La tension de la génératrice auxiliaire z peut varier de -f- e jusqu’à — e. L’un des pôles de cette génératrice est mis à la terre, et c’est entre son pôle opposé et la ligne que sont intercalés les moteurs de traction m. Suivant que la tension auxiliaire qui s’ajoute à celle de la ligne est soustractive ou additive, on obtient aux moteurs une tension qui peut être réglée de o jusqu’à e ou de e jusqu’à a e. Ce dispositif permet, selon les constructeurs, une construction légère, ramassée et peu coûteuse des moteurs de traction et de la génératrice auxiliaire. De plus, il permet de manœuvrer pendant leur marche des moteurs fonctionnant même à une tension de i aoo volts.
- NÉCROLOGIE
- G. DE LAVAL
- Le Dr G. de Laval est mort à Stockholm le i février dernier.
- La disparition de cet éminent ingénieur sera vivement ressentie par tous les techniciens qui ont assisté au développement prodigieux de la turbine à vapeur depuis une vingtaine d’années et à l’importance du champ qu’elle a conquis dans le domaine industriel. Alors qu’en 1900, à l’Exposition, il n’y avait que 700 chevaux fournis par des turbines sur les 4 000 de la station centrale génératrice, plusieurs centaines de milliers de chevaux sont actuellement en service, grâce à la turbine moderne. On peut affirrâer que celle-ci est presque exclusivement l’œuvre de de Laval, dont les premiers modèles datent de i883, et de Parsons dont le turbo-généra-teur a été créé l’année suivante.
- On sait que la turbine de Laval est une turbine à action, c’est-à-dire que la détente s’y opère intégralement dans le distributeur, tandis que dans les turbines à réaction, dont la plus célèbre est celle de Parsons, la détente de la vapeur se fait dans le distributeur, puis dans le récepteur.
- Rappelons en quelques mots le principe de la turbine de Laval. Elle est basée sur l’utilisation de la force vive seule de la vapeur ; la pression de celle-ci n’agit pas sur le récepteur. La vapeur à haute pression arrive sur les aubes de la roue réceptrice, après s’être détendue à la pression de l’échappe-
- ment. Cette détente s’effectue dans le trajet compris entre la valve d’introduction et l’orifice du tube distributeur de vapeur. Dans ce trajet, elle acquiert une force vive due à sa propre détente, et qui est précisément égale au travail qu’elle aurait fourni si elle s’était détendue progressivement derrière un piston. La force vive est ensuite transmise aux aubes, co'mme celle de l’eau dans une turbine hydraulique. Le principal facteur de cette force vive est évidemment la vitesse. Comme la vitesse cle la vapeur s’écoulant sous pression dans l’air par un orifice étroit peut être pratiquement de 1 200 mètres par seconde, la vitesse de rotation de la roue réceptrice peut atteindre 3n 000 tours par minute, avec une vitesse périphérique de 400 mètres par seconde, de sorte qu’une puissance considérable peut être transmise à l’arbre de la roûe avec des organes de dimensions extrêmement réduites. Comme on pourrait craindre de graves accidents à cause de la force centrifuge, G. de Laval a eu l’idée d’utiliser les propriétés gyrostatiques des corps, en excentrant sa roue sur un arbre très mince, et par suite flexible ; cette roue étant disposée à une certaine distance des paliers. A la mise en marche, l’arbre fléchit fortement, mais il se redresse à partir d’une certaine vitesse. Les frottements qui ont eu lieu au début dans les coussinets disparaissent en même temps et les vibrations transmises à la masse deviennent insignifiantes.
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- T. XXI (2e Série). — N° 7.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- La question monétaire préoccupe actuellement les milieux financiers : l’or, pour de multiples raisons, s’est raréfié et les réserves d’argent diminuent fort rapidement. Tous veulent apporter leur remède à cette situation qui risque de gêner les transactions commerciales et chacun imagine un système. M. Ney-marck, dans un article de VInformation, rappelle malicieusement qu’on remplirait plusieurs bibliothèques avec les ouvrages de ceux qui, naguère partisans du monométallisme, prédirent la baisse de l’argent et la nécessité de sa suppression comme monnaie d’échange! Aujourd’hui ils sont les premiers à tenter de le réhabiliter! Un discours de Sir Holden, de la London City and Midland Bank, a été l’occasion de cette émotion qui des milieux financiers s’est propagée dans les milieux politiques et les salles de rédaction. Il se produit, en effet, une coïncidence rare dans l’ordre des faits économiques : c’est-à-dire une tension politique qui dure plus qu’on ne l’avait imaginé et une activité industrielle et commerciale comme il ne s’en était jamais produit : donc deux raisons pour lesquelles l’or se fait rare et devient insuffisant ; puisque maintenant toutes les nations, voulant se constituer leur stock de métal jaune, exigent de l’or. Ainsi l’or, que certains prétendaient trop abondant il y a quelques années, risque de faire défaut et de provoquer une crise que Sir Holden estime devoir être très grave. Mais la situation politique peut d’un jour à l’autre s’améliorer, puis le stock d’argent n’est point encore épuisé; les gouvernements, d’autre part, pourront user jusqu’à la limite, de la faculté d’émission qu’ils détiennent des conventions internationales. Enfin, ce sera l’occasion de forcer à l’emploi du chèque, qui entre de plus en plus dans les habitudes et dont l’emploi généralisé en Amérique et en Angleterre permet, avec de faibles ressources monétaires, de s’assurer une quantité d’échanges très considérables. La situation ne comporte donc pas autant de périls qu’on se plaît à le dire : il suffit de les conjurer par des mesures de prévoyance assez simples.
- Malgré les évènements qui se déroulent en Orient,
- Constantinople est au point de vue industriel et commercial l’objet de la convoitise de divers groupes occidentaux qui voudraient s’assurer les uns, nous l’avons vu, l’exploitation du métropolitain projeté, les autres celles de toutes les entreprises d’électricité auxquelles peut donner lieu une grande ville. La Société financière de Transports etd’Entreprises industrielles qui, chez nous, travaille à Rouen, songerait à s’assurer ce dernier rôle. On dit aussi qu’elle songerait à reprendre au groupe américain la Barce-lona Light and Power; un accord pour la fourniture du courant aurait été conclu avec les tramways de Barcelone qui dépendent de la Financière de Transports. Cette entreprise termine d’ailleurs brillamment son dernier exercice : les recettes des trois réseaux se totalisent en 1912 par 10 200 000 francs contre 9 5oo 000 francs en 1911 ; la plus value est de 7,37 % . Bien que le capital à rémunérer soit de i5 millions au lieu de n, le dividende de 1911 sera très probablement maintenu pour 1912.
- La Financière viserait aussi à fusionner la Société d’Electricité deRosario et la Société des Tramways. Cette dernière est déjà la cliente de la première puisqu’elle luiachète tout son courant ; la suppression de la station centrale des tramways a amélioré un peu les bénéfices nets de la Société des Tramways, beaucoup plus ceux de la Société d’électricité ; et tandis que le premier titre végète autour du pair depuis cinq ans après avoir été ^mis à 115 francs, la deuxième évolue brillamment autour de i52 francs. Les recettes des tramways sont toujours en progression : en décembre 1912, elles se sont élevées à 544 002 francs, contre 5i8'3io francs en 1911 ; pour tout l’exercice 1912, la progression est de 10 %, les recettes totales atteignant 5980 447 francs. Mais ce n'est point assez pour une entreprise de cette importance et une ville comme Rosario : des lignes d’ailleurs sont encore à transformer. Mais quand on considère les résultats de Barcelone et ceux-ci, on estime que les premiers sont remarquables. Si la Financière réussit la fusion qu’elle projette, ce sera évidemment au détriment des actionnaires des Tramways qui jusqu’à présent n’ont guère touché plus de 4 % de leur capital. Ils sont, il est vrai, par leur
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- portefeuille, gros actionnaires de la Société d’Électri-cité, car les Tramways en possèdent 4o ooo actions de capital indépendamment d’un grand nombre d’actions de dividende ; or les premières ont touché 8,8o francs et les secondes 2,5o francs pour le premier exercice. Une nouvelle usine, slir le point d’être mise en route, permettra de raccorder tout un nouveau quartier de la ville et augmentera les recettes de la Société d’Electricité tout en permettant aux Tramways de réduire leur coefficient d’exploitation ; mais les espérances que ceux-ci pourront fonder sur l’avenir de leur filiale seront de peu de poids auprès des financiers quand ils supputeront la valeur des titres par la comparaison des bilans.
- Les Tramways de Buenos-Aires font preuve de plus d’activité. Ils cotent i33 francs pour les actions de capital et 70 francs pour les actions de dividende ; les bénéfices de 1911 ont été de 6 860 448 francs qui ont permis de répartir 7 francs aux actions de capital, 2,5o francs à celles de dividende et ti,3o francs par vingtième de part de fondateur. Les recettes.de 1912 ont atteint 69 600 000 francs en augmentation de 3 6ooooo francs sur 1911, correspondant à une augmentation importante du bénéfice, car le coefficient d’exploitation a beaucoup diminué malgré l’accroissement du trafic : la consommation d’énergie a baissé par voiture-kilomètre de 22 watts-heures en janvier 1912 et progressivement diminué jusqu’à 119 watts-heures en septembre. D’autre part, le portefeuille d’actions et d’obligations de l’Anglo-Argen-tine Tramways Company, géré par la Société, présente une plus-value de près de 70 % sur les évaluations au bilan ; les résultats de 1912 permettront donc au minimum la même répartition. Il faut penser que de semblables résultats se répéteront, car Buenos-Aires se développe d’une manière con-I tinue et fort rapide et nous ne verrons pas s’y répéter ce que nous avons vu à Rotterdam où tout pourtant était en faveur de la traction électrique quand elle se substitua à la traction animale en igo5. Les titres émis à 1i5 francs, chiffre très apprécié des financiers belges, ne tardèrent pas à s’élever à 167 francs : ils valent aujourd’hui 96 francs. Et cependant toutes les lignes sauf une se sont peu à peu transformées; mais il y a une dette obligataire de i3 millions et pour un capital actions et obligations de 27 millions, le produit brut des exploitations, intérêts et divers, n’est que de 1244780' francs. Toutes charges déduites, y compris divers amortissements pour 179 200 francs, le bénéfice net s’est élevé pour le
- dernier exercice à 482 694 francs^ ce qui représente un peu plus de 5 % du capital-actions et a permis une répartition de 4,40 francs à l'action de capital, et de o,5o franc à l’action de dividende. Ceci vaut mieux que les répartitions minimes, et souvent négatives, de beaucoup de nos sociétés françaises : mais il y a un vice qui est la modicité des tarifs, 33717135 voyageurs ayant seulement procuré 3995543 francs de recettes, soit 0,11 franc en moyenne par voyageur-an et pour un parcours moyen de 2 670 mètres. Ce qui tend à le prouver, c’est que la Compagnie a profité du renouvellement de la concession de Flessingue à Middelbourg pour relever les tarifs sur cette ligne.
- Ce taux d’augmentation des recettes des Compagnies de tramways qui oscille entre 8 % et 12 % ;est assez curieux à observer, car il paraît affecter un caractère de généralité. Les Tramways suburbains de Nancy déclarent 285 290 francs de recettes en 1912 contre 262962 francs en 1911; l’Électrique Lille-Roubaix-Tourcoing, pour janvier igi3, dépasse un peu le.taux et enregistre i5 % de plus-value sur la base de 159 018 francs en 1912. Par contre, la Compagnie Générale Française des Tramways n’est en progression que de 755 649 francs sur un total de 16 3i3 886 francs; cette Compagnie exploitant beaucoup de centres, il faudrait connaître le détail des recettes par centre pour se faire une idée du développement possible et progressif de l’affaire. Ce que l’on peut dire cependant sans erreur, c’est que l’augmentation plus que proportionnelle des charges ne lui réserve pas un bénéfice en rapport même avec cette faible plus-value.
- La question de l’éclairage public à Madrid ne paraît pas avoir avancé beaucoup au grand détriment des porteurs d’obligations de la Compagnie Madrilène. Une demande d’utilisation des eaux du canal de Lozoya pour alimenter une station hydroélectrique n’a pas trouvé un accueil favorable auprès de la direction des Travaux publics. Le monopole du Gaz qui appartenait à la Compagnie Madrilène ayant été dénoncé, aucun accord n’ayant pu être fait entre elle et les Compagnies d’Electricité qui se disputent Madrid, il apparaît que celles-ci conservent de plus grandes chances d’obtenir la concession de l’éclairage public.
- L’Union des Tramways vient de racheter pour 8 5oo 000 francs à la Société des Basses-Pyrénées et Pays-Basques l’entreprise des chemins de fer de
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- Pau-Oloron-Mauléon, celle de Bayonne-Anglel-Biarritz (le B.A.B.) et enfin les tramways de Saint-Sébastien-Tolosa. Les banques qui avaient un gage reçoivent 4 millions ; et les 4 5oo ooo francs restants serviront à rembourser en cinquante ans les obligations de la Société des Basses-Pyrénées ;
- celle-ci avait dépensé 14 5oo ooo francs pour la mise en valeur des réseaux rachetés. C’est le Crédit Foncier d’Algérie et de Tunisie qui prête son concours financier pour la réalisation de ce programme.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Côte-d’Or. — Une subvention de 20 ooo francs est votée par le conseil municipal de Coulmier-le-Sec pour la ligne de tramway de Montbard à Châlillon-sur Seine.
- Indre-et-Loire. — Est déclaré d’utilité publique l’établissement, dans1 le département d’Indre-et-Loire, d’une ligne de tramway à traction électrique entre Tours et Esvres. Devis : 990 ooo francs.
- Maine-et-Loire. — Un important projet de réorganisation du réseau de tramways sera prochainement soumis à l’approbation du conseil municipal d’Angers : des lignes nouvelles seraient créées, le matériel amélioré.
- Allemagne. — Le chemin de fer électrique qui relie Bonn à Cologne va être prolongé jusqu’à Dusseldorf et parcouru par des trains-tramways qui traverseront les rues des villes à l’allure des tramways urbains et prenant partout des voyageurs. Une fois hors des villes, leur vitesse sera augmentée au point que tous franchiront en 26 minutes les 41 kilomètres de Cologne à Dusseldorf.
- Ce chemin de fer allemand va constituer le premier exemple européen d’un service électrique à 100 kilomètres à l’heure. ,
- ÉCLAIRAGE
- Calvados. — Il est question de faire installer l’éclairage électrique à Saint-André-sur-Orne.
- Cantal. — Il est question d’installer la lumière électrique à Saint-Illide.
- Le maire de Mural est autorisé à mettre en demeure la Compagnie du gaz d’installer l’éclairage électrique; si celle-ci refuse, les offres de la Société Electrique seront acceptées.
- Deux-Sèvres. — M. Bernard a soumis à la municipalité de Lizant une proposition concernant la distribution du courant électrique.
- Doubs. — Une usine électrique va être installée à Bouclans par les soins de M. Arthur Cusenier. Cette usine sera appelée à fournir le courant électrique tant à Bouclans qu'aux communes environnantes.
- Eure. — La municipalité de Puchay vient de nommer une commission chargée d’étudier le projet de distribution d’énergie électrique présenté par la Compagnie Générale Française et Continentale d’éclairage dont le siège est à Gisors.
- Gard. — Le conseil municipal de Théziers a décidé de faire installer l’électricité dans la commune.
- Hautes-Alpes. — La Société d’Energie Electrique du Queyras est nommée concessionnaire de l’éclairage électrique d’Arvieux.
- Haute-Garonne. — La municipalité de Ferrières a décidé d’accepter en principe les propositions de la Société des forces de l’Agout concernant la fourniture de l’électricité dans la commune.
- Haute-Vienne. — M. Loiùaud, industriel à Saint-Sulpice-Laurière, a déposé une demande de concession concernant la distribution de l’électricité qui va être soumise 4 l’enquête. La commune de La Jonchère serait comprise également dans le projet de M. Loniaud.
- Landes. — Le conseil municipal de Montfort-en-Chalosse a accepté en principe les propositions qui lui ont été soumises concernant l’installation de l’éclairage électrique.
- Loiret. — La municipalité de Saint-Benoit-sur-Loire a rejeté les offres de M. Barbachoux, de Gien, et a nommé une commission chargée d’étudier le projet de l’installation de l’éclairage électrique dans la commune.
- Loire-Inférieure. — Le maire de Montoir est
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- chargé d’entrer en pourparlers avec les concessionnaires éventuels qui pourraient faire des offres en vue de la distribution de l'énergie électrique dans la commune*
- Lot-ret-Garonne. — MM. Dulac et Camicas sont nommés concessionnaires de l’éclairage électrique de Feugarolles.
- Marne. — Il est question d’installer l’éclairage électrique à Tauxières-Mutry. Un projet a été soumis à la municipalité.
- MM. Brossard et Cic ont été nommés concessionnaires de l’éclairage électrique d’Ànglure,
- Morbihan — La municipalité de Lauesler a reçu des oiFres de la Société « Les Exploitations Electriques » concernant l’installation de l’éclairage électrique. Les parties ne sont pas d’accord sur les prix et les pourparlers restent en suspens.
- Puy-de-Dôme. — Le maire d’Issoire est en pourparlers avec M. Grivolas pour la fourniture de l’éclairage électrique.
- Pyrénées-Orientales. — Le maire de Formi-guères vient de traiter avec la Société des usines hydroélectriques d’Axat pour l’éclairage de la commune à l’électricité.
- fournir, sans concession, l’éclairage électrique à Pralo-gnan-la-Vanoise.
- Tarn. — Le conseil municipal de Monesliès a accordé à la Société pyrénéenne la concession de la distribution de l’énergie électrique dans la commune.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Chine. — Le Peking Daily New annonce que pour fournir des informations rapides sur le développement des affaires courantes en Mongolie et au Tlûbel, on a projeté d’installer des stations de T. S. F. à Urga, Uliasutai et Kobdo, en Mongolie, et à Chiamdo, Batanget Lhassa, au Thibet. Ce projet a reçu l’assentiment des membres du gouvernement chinois. Aussi le ministre des Communications a-t-il été invité à susciter des offres pour la construction de ces stations -radiotélégraphiques.
- C’est un véritable besoin qu’on a en Chine, surtout sur la côte, d’établir de telles stations, parce qu’il n’y existe pas de station côtière entre Singapoure et Shanghaï, et que durant la saison des typhons, en septembre, la navigation est exposée à des dangers considérables.
- Italie. — La station côtière de Vittoria (Sicile), qui était réservée jusqu’ici exclusivement aux communications militaires par T. S. F., vient d’ètre ouverte au service public. Cette station fonctionnera le jour, en se conformant aux heures de travail des stations italiennes du nord de l'Afrique; mais le service public sera interrompu si les nécessités du service militaire l’exigent.
- La position de cette station est définie comme suif :
- Latitude : 36° 56; 5o".
- Longitude : 140 3if a5* est du méridien de Greenwich.
- Les lettres d’appel sont ICV.
- CONSTITUTIONS
- Société de Distribution d’Electricité de l’Ouest. — Constituée le 7 février igi3. — Capital : 2 000 000 de francs. — Siège social : 41 ? rue de Provence, Paris.
- Savoie. — M. Rey, de la Vanoise, est autorisé à SOCIÉTÉS
- Compagnie Française pour l’Exploitation des Procédés Thomson-Houston.
- Comparaison des recettes des exploitations du 1e1’ janvier au 3i janvier 1912-1913.
- DÉSIGNATION RECETTES DU Ier JANVIER AU 3l JANVIER
- DES RÉSEAUX 1913 augmentation en igi3
- totale pour %
- Compagnie générale Parisienhede tramways. 875 573,75 872 553,40 3 020,35 o,34
- Compagnie des chemins de fer Nogenlais.... 317 295,35 35o 498,20 i3 202,9.5 11,16
- Compagnie française des tramways électriques et omnibus de Bordeaux 87 o37,35 97 573,25 10 553,98 12,12
- Compagnie des tramways de Nice et du Littoral. 4o3 482,50 448 644,9° 45 162,40 ii,19 4,9®
- Compagnie des tramways de Rouen 258 401,45 271 276,50 12 87.5,05
- Société des tramways d’Amiens 70 148,40 71 404,30 1 2.55,90 i,79
- Société Versaillaise de tramways électriques. 48 584,25 5i ii2,o5 2 027,80 5,21
- Société des tramways algériens i3i 45i,io 141 768,30 10 317,eo 7,85
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- Société Alsacienne de Constructions Mécaniques, à Bélfort. — Constituée le io février 1913. — Durée ; ggians. — Capital : 20 000 000 de francs. — Siège social : Belfort.
- * . . I
- i; ; t' CONVOCATIONS
- Société de Construction et de location d’Appareils de levage et de Matériel de Travaux publics.— Le
- 19 février, 62, rue Yitruve, Paris. .
- Compagnie d’Electricité de l’Ouest Parisien (Ouest
- Lumière).----Lé 21 février, 19, rue Blanche, Paris.
- : Société des Tramways d’Amiens. — Le 28 février, 7; ,rne de Madrid,- Paris.
- ' Société Centrale pour l’Industrie Electrique. —
- Le 3 mars, 3, rue Moncey, Paris.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Société Française d’Electricité A. E. G.
- 72, rue d’Amsterdam, Paris.
- A. E. G., janvier igi3. — Le Chemin de fer de Mit-tenwald.
- L’Installation électrique dès charbonnages . d’Ombi-line.
- Le Chemin de fer électrique de Maestricht à Aix -la-Chapelle.
- INFORMATIONS
- Société Industrielle des Téléphones.
- La commande du Multiple téléphonique de Constan-tine vient d’être passée à la Société Industrielle des Téléphones, qui avait déjà reçu récemment celle du nouveau Multiple de Paris (Marcadet), de Bilbao, de Barcelone, d’Alger, de Lille. .
- Société Norvégienne de l’Azote.
- Les Usines Electrochimiques de Rjukan qui doivent fournir un: débit de 120 000 chevaux ont coûté à.la Société Norvégienne de l’Azote' 25 790 000 francs. La dépense prévue était de 26 3go 000 francs.
- Compagnie Générale des Omnibus de Paris.
- Cette Compagnie vient de passer une importante com-
- mande de câbles armés à âme d’aluminium, destinés à son réseau de tramways ; ces câbles auront des sections allant jusqu’à 1 000 millimètres carrés, pour une tension en service de 5oo volts. La commande, qui absorbera près de 3oo tonnés d’aluminium, a permisj' assure-t-on, de réaliser une économie de 8 à 10 % par rapport 'aux prix qu’il aurait fallu consentir pour l’établissement de câbles en cuivre.
- Commission des distributions d’énergie électrique.
- Sont nommés membres de la Commission des distributions d’énergie électrique, pour les années igi3. et 19*4 :
- MM. 1
- Jullien, inspecteur général des ponts et chaussées, président.
- Doerr, inspecteur général des ponts et chaussées. ’
- Chabert, inspecteur général des ponts et chaussées.
- Rivoire- Vicat, inspecteur général des ponts et chaussées.
- Luneau, inspecteur général des ponts et chaussées.
- Marion, inspecteur général des ponts et chaussées.
- Ribière, inspecteur général des ponts et chaussées.
- De Volontat, inspecteur général des ponts et chaussées.
- Lallemand, inspecteur général des mines.
- Walckenaer, inspecteur général des mines.
- Liénard, ingénieur en chef des mines.
- Zacon, inspecteur départemental du travail.
- Berthelot (André), administrateur délégué de la Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris.
- 1 Cordier, administrateur délégué de la Société Energie Electrique du Littoral Méditerranéen.
- Brtlinski, sous-directeur de la Société Le Triphasé.
- Raclet, administrateur délégué de la Société Lyonnaise des Forces motrices du Rhône.
- Seront attachés à la Commission des distributions d’énergie électrique pendant les années 1913 et 1914 pour remplir les fonctions ci-après désignés :
- Secrétaire : M. Ourson, ingéniçur en chef des ponts et chaussées.
- Secrétaires-adjoints rapporteurs : MM. Oppenheim, ingénieur ordinaire des ponts et chaussées; Le Gavrian, ingénieur ordinaire des 'ponts [et chaussées : (Le Troquer, ingénieur ordinaire des ponts et chaussées; Huet, (Robert), ingénieur ordinaire des ponts et chaussées; Defline, ingénieur ordinaire des mines; Girousse, ingénieur des télégraphes; Gervais de Rouville, ingénieur ordinaire des ponts et chaussées.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Paris. — imprimerie levé, 17, rub causitte.
- Le Gérant : J.-D. Nouet .
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- Trente-cinquième année. SA,MEDI 22 FÉVRIER 19i3. Ton» XXI (2a Milt). - N< 8
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- La
- Lumière Électrique
- SOMMAIRE
- EDITORIAL.............................. 225
- Télégraphie sans fil
- Crte P. Brenot, — Télégraphie sans fil. — Conférence radiotélégraphique internationale de Londres........................... 228
- Eclairage.
- D' de Recklinuhausen. — L’hygiène des sources de lumières artificielles et plus particulièrement des lampes à vapeur de mercure ..................................... 235
- Extraits de publications
- Phénomènes mis en jeu dans le détecteur électrolytique sans force électrornotrice auxiliaire et considération théorique sur le fonctionnement des détecteurs électrolytiques,
- par Paul Jégou........................... 23y
- Un modèle de surface pour l’explication de la notion de nombre de «lignes-tours», par
- Fritz Emde............................... 240
- Nouvelle machine pour la compensation du déphasage des moteurs d’induction, par A. Scherbius................................ 240
- Le coût des pertes dans les transformateurs. 242 Variétés
- L’emploi de l’électricité dans les travaux agricoles, 'par B. daCosta.................. 243
- Bibliographie
- Dr Pierre Corret. — Télégraphie sans fil.. . 246
- Jean Escard. — Les applications de l’électri-
- cité à l’agriculture.................. 247
- Correspondance
- Perturbations apportées aux lignes à courant faible par les lignes de traction électrique. . 247
- Brevets
- Régulateur de potentiel compensé monophasé. 248 Groupe moteur-générateur produisant un courant continu d’intensité constante..... a'5o
- Chronique Industrielle et Financière
- Etudes Economiques...................... 2 Va
- Renseignements Commerciaux.............. 253
- Adj udioations.......................... 2 55
- Informations............................ a56
- EDITORIAL
- Dans sa chronique de Télégraphiét .suns fil, M. le capitaine P. Brenot fait ressortir les points essentiels des accords internationaux auxquels se sont arrêtés les délégués officiels des Etats qui ont pris part à la Conférence radiotêlégra-phique internationale, tenue à Londres au mois de juin dernier.
- Un résumé succinct de cette importante étude 11e présenterait aucun intérêt. C’est pourquoi nous en signalerons seulement deux paragraphes : celui qui est relatif aux radiophares et celui où l’auteur émpt une appréciation générale sur l’œuvre de la Conférence.
- Il y a quelques mois, deux radiophares ont été mis en service avec succès aux îles d’Oues-sant et de Sein par le Service des phares sous la haute direction de son directeur, M. l’inspecteur général Ribière. Ces radiophares sont une application remarquable de la méthode imaginée par M. Blondel, il y a quelques années, et qui consiste à employer des alternateurs à fréquence élevée pour la production des étincelles musicales ; ils émettent, en effet, respectivement les notes utlt et sof, et fournissent des signaux groupés par commutateur automatique. Les postes précités ont été agencés avec la collaboration de
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- M. Blondel et ils réalisent parfaitement tous les avantages prévus par cet éminent ingénieur pour la facile réalisation des signaux; dans ces postes, l’alternateur est du type Béthenod et l’éclateur du type Ferrié.
- A la lin de son article d’aujourd’hui, M. Bre-not estime que « trop modeste pour les audacieux, trop hardie pour les autres, l’œuvre de la Conférence de Londres semble par cela même se trouver bien proportionnée ». C’est là une appréciation philosophique dont il n’est peut-être pas inutile de souligner l’importance en l’espèce.
- Quand on lit avec soin les résolutions des conférences internationales, on s’étonne parfois que quelques-unes d’entre elles aient pu rallier l’iinanimité des suffrages des délégués de gouvernements, alors qu’on trouve aisément à élever contre elle des critiques motivées. C’est qu’on oublie la réserve que les conférences internationales doivent s’imposer déjà quand elles adoptent des résolutions qui ont un effet immédiat sur les bases mêmes des transactions courantes, et qui doivent tenir compte d’intérêts matériels souvent contradictoires. Combien la prudence n’est-elle pas encore plus indispensable pour une assemblée internationale comme celle de Londres, quand de ses décisions peut dépendre le sauvetage de multiples vies humaines exposées sur les navires!
- L'hygiène des sources de lumières artificielles et plus particulièrement des lampes à vapeur de mercure a été étudiée avec le plus grand soin par M. le Dr de Recklinghausen. Cet auteur est particulièrement qualifié pour formuler un avis autorisé sur les questions d’éclairage ; il a été, en effet, le collaborateur du D' Nernst depuis la création de sa fameuse lampe,dont on ne saurait trop admirer l’ingéniosité, et a contribué à la perfectionner ; il a travaillé également avec M. Peter Cooper Ilevvitt à des expériences de laboratoire qui aboutirent à la mise au point et à la réalisation pratique des lampes (et des convertisseurs) à vapeur de mercure luminescente.
- M. de Recklinghausen est arrivé, à la suite de ses recherches sur des rayons ultra-violets, dont plusieurs ont été faites avec le concours de MM. Henri et Heilbronner, à la même conclusion que la Société Internationale des Electriciens, à savoir que pratiquement la lampe Cooper Ilewitt
- ne présente aucun inconvénient pour la vue. 11 montre qu’il est très facile de se protéger contre l’action nocive des rayons ultra-violets, puisque le verre les arrête, et que la lumière très douce, due à l’absence absolue des radiations rouges, fatigue moins les yeux que la lumière d’autres sources artificielles. Il discute en dernier lieu le problème de la distribution de la lumière, et, à la suite d’observations faciles à recommencer, il arrive à cette conclusion que l’application générale de la lumière indirecte ne constitue pas la solution idéale du problème de l’éclairage, et qu’au contraire on doit se risquer à placer au moins une source assez lumineuse dans le champ visuel. Cette conclusion étonnera tout d’abord plus d’un technicien.
- M. Paul Jégou a présenté à l’Académie des Sciences une communication sur les phénomènes mis en jeu dans un détecteur électrolytique à amalgame mercure-zinc, sans force électromotrice auxiliaire. Le son engendré parles trains d'ondes dans les écouteurs est extrêmement clair et spécialement favorable à la réception des trains d’onde musicaux.
- M. Jégou a exposé par la même occasion la considération théorique suivante sur le fonctionnement des détecteurs électrolytiques : il a été conduit à supposer que le platine se comporterait comme une sorte de limaille agglomérée qui cohérerait sous l’action des ondes et dépolariserait, par conséquent, l’électrode active. Rappelons qu’un détecteur électrolytique n’est autre chose qu’un petit voltamètre à eau acidulée dont une électrode est de forme et de dimension quelconques, et dontl’autre est constituée parla section d’un fil de platine de a centièmes de millimètre de diamètre. Le principe du phénomène est celui que présente l’interrupteur Wehnelt quand on y envoie un courant alternatif : l’interrupteur laisse passer une alternance àl’exelusion de l’autre. C’est en 1900 que le capitaine Ferrié observa qu’un simple contact suffisait pour déceler les ondes électriques. En 1961, il put recevoir des ondes avec son. détecteur électrolytique et les transmettre à 7 kilomètres de distance.
- Le perfectionnement de M. Jégou a ceci de très intéressant qu’il donne au poste de réception une sensibilité au moins aussi bonne qu’avec un détecteur à cristaux, et qu’il a, comme ce genre de détecteur, l’avantage de fonctionner sans pile.
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- On sait que les détecteurs à cristaux permettent d’obtenir une très grande sensibilité, mais qu’il est souvent difficile de se procurer un cristal naturel ou artificiel vraiment bon.
- M. le professeur Fritz Emde, Directeur de l’Institut électrotechnique de Stuttgard, a imaginé un modèle de surface qui représente d’une façon concrète le concept de nombre détours de lignes de force, que pour abréger il appelle « lignes-tours ». Cette représentation matérielle est utile pour l’enseignement, car elle est propre à donner aux jeunes électriciens une idée nette de ce que représente la quantité n dans l’expression — n — , alors que dans les ouvrages de physique théorique il n’est jamais question d’un nombre de tours à propos des effets d’induction. L’idée d’un nombre de lignes-tours doit évoquer à l’esprit l’idée d’une intégrale de surface ; c’est ce résultat que l’ingénieux modèle de M. Emde permet d’atteindre.
- En lisant l’article en question, il sera bon d’observer que, dans l’expression <I> du flux d’induction, B est le vecteur induction magnétique du champ; ce vecteur existe en chaque point de l’espace, où il a généralement aux divers points des grandeurs distinctes et des directions différentes. Parmi les innombrables surfaces gauches auxquelles le circuit fermé peut servir de contour, on en choisit une absolument quelconque; c’est celle-là qu’on désigne par s dans la formule
- B,t ds,
- et B/t est la composante du vecteur B normale à s. Si l’on représente, au contraire, l'élément de surface ds en grandeur et en position par un vecteur ds dont la direction coïncide avec la normale, cet élément est situé dans l’espace extérieur, on a Bnds ~ Brfs. Comme nous le disions dans une communication à la Société Internationale des Electriciens sur la loi de Vinduction (1), si l’on considère la courbe où se manifeste la tension cyclique (chute de tension ohmique le
- J1) R. de Baillehaciie. Sur la loi de l’induction. — Bulletin delà Société des Electriciens, février et avril 1910.
- long d’un conducteur fermé) comme une courbe rigide, et qu’on lui attache une sorte de membrane extensible, parfaitement élastique, s dé-' signe la surface considérée dans une de ses positions arbitrairement choisie. M. Emde est parvenu à réaliser fort ingénieusement cette membrane.
- En ce qui concerne le nom de « lignes-tours », il ne nous semble pas très satisfaisant. Celui de « maxwells-tours » analogue à « ampères-tours » et auquel M. Emde a pensé, serait probablement mieux accueilli par les ingénieurs. Il serait bien nécessaire que le prochain Congrès international des unités se décidât à désigner une unité pratique de flux de force magnétique. Dans sa séance du a5 août 1900, le Congrès International de 1900 a recommandé de désigner sous le nom de « maxwell » l’unité C. G. S. de flux de force magnétique, mais c’est une dérogation regrettable aux principes admis par tous les congrès antérieurs. E11 Hongrie, le maxMell, unité pratique de flux, vaut io8 C. G. S. Il est très important, en effet, comme l’ont fait remarquer à juste titre les Délégués hongrois, de ne jamais confondre les unités dites absolues C. G. S. avec leurs dérivées, les unités de système pratique.
- Signalons encore un article relatif à une nouvelle machine décrite par M. A. Scherbius pour la compensation du déphasage des moteurs d'induction, — question qui intéresse les exploitants, puisque le déphasage de ces moteurs est la cause principale de la diminution du facteur de puissance d’un réseau, — une étude sur le coût des pertes dans les transformateurs, et enfin un travail sur Y emploi de V électricité clans les travaux agricoles où M. da Costa donne un compte-rendu détaillé d’une communication de M. Lecler à la Société Internationale des- Electriciens.
- Il nous reste, en terminant, à remercier M. le lieutenant de vaisseau Bion d’avoir bien voulu analyser le petit volume du Dr Pierre Corret : Télégraphie sans fil. La question des antennes des nouveaux cuirassés est très étudiée actuellement dans la marine, mais elle exige des essais longs et délicats. Nous serions heureux que M. Bion nous tienne au courant de ses recherches.
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- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- CONFÉRENCE llADIOTÉLÉGRAPHIQUE INTERNATIONALE DE LONDRES
- Deux conférences internationales ont en 1912 jalonné la marche au progrès de la télégraphie sans fil : la Conférence Radiotélégraphique de Londres (juin 191a) et la Conférence de l’Heure (Paris, octobre 191a).
- Le texte des conventions arrêtées par ces assemblées est maintenant connu (*). Sans nous arrêter à examiner des détails qui ne présentent d’intérêt véritable que pour les spécialistes, nous nous proposons de mettre en évidence dans les nouveaux règlements un peu touffus les points essentiels des accords internationaux qui ont été réalisés.
- Conférence radiotélégraphique internationale de Londres
- La seule réglementation internationale jusqu’alors en vigueur pour l’exploitation commerciale de la télégraphie sans fil avait été établie parla conférence réunie à Berlin en 1906.
- L’incertitude du développement qu’allait prendre le nouveau moyen de communication, d’une part, les contrats qui unissaient déjà plusieurs Etats à des compagnies exploitantes, d’autre part, avaient rendu particulièrement difficile l’organisation générale du nouveau service public.
- Avant toutes choses, il eût été indispensable d’imposer aux stations commerciales la règle de « l’intercommunication », c’est-à-dire l’obligation pour ces stations d’échanger leurs radio-télégrammes sans distinction du système d’appareils adopté. C’était la condition sine qua non du développement des relations radiotélégraphi-ques internationales, c’était la plus impérieuse des nécessités pour la coopération de la radiotélégraphie à la sécurité de la navigation.
- L’intérêt général ne put remporter qu’une demi-victoire sur les intérêts particuliers en jeu. Le principe de l’intercommunication fut proclamé à Berlin pour les échanges entre stations côtières et stations de bord par les représentants de 17 Etats. Mais 21 délégations seule-
- (*) f.a Lumière Electrique, nos 3o, 35, 36 et 45, p. ii5, 2^5, 3o3 et 177.
- ment purent l’admettre pour les relations entre stations de bord. Plusieurs gouvernements d’ailleurs n’avaient pas encore, en 1912, ratifié la Convention de 1906.
- La Conférence de Londres trouva un terrain préparé. L’opinion publique, émue en particulier par plusieurs catastrophes maritimes, n’aurait pas admis que des mesures d’ordre général, reconnues par tous nécessaires, pussent encore être différées, et la règle de l’intercommunica-tion. soit entre stations de bord et stations côtières, soit entre stations de bord, a été proclamée à l’unanimité des Délégations :
- « Les stations côtières et les stations de bord « sont tenues d’échanger réciproquement les « radiotélégrammes sans distinction du système cc radiotélégraphique adopté par ces stations.
- « Chaque station de bord est tenue d’échan-« ger les radiotélégrammes avec toute autre « station de bord sans distinction de système « radiotélégraphique adopté par ces stations ».
- Une telle mesure pouvait dans certains cas devenir trop impérative. S’il apparaissait un système ayant des qualités techniques considérables, et tel que ses signaux ne pussent être reçus par les récepteurs habituellement en usage, devait-on proscrire néanmoins l’emploi d’un tel système ou obliger les stations qui en seraient munies à avoir en outre des appareils d’usage courant.’
- La Conférence estima qu’une réglementation ainsi interprétée serait une entrave au progrès, et admit certaines exceptions : l’emploi éventuel d'un système radiotélégraphique incapable de communiquer avec d’autres systèmes est autorisé, pourvu que cette incapacité soit due à la nature spécifique du système, et qu’elle ne soit pas l’effet de dispositifs adoptés uniquement en vue d’empêcher l’intercommunication.
- 11 est à remarquer comment, dans la dernière condition, les Hautes Parties contractantes montrent à nouveau leur ferme volonté d’empêcher que l’on puisse tourner le règlement général au profit d’intérêts particuliers en cherchant à limiter l’intercommunication.
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- Communications entre stations fixes. — La Conférence de Berlin n’étudia, à vrai dire, que les communications entre les navires, ou entre les navires et les stations côtières, les seules pour lesquelles d’ailleurs la pratique permettait alors d’avoir des données précises. Les autres communications que l’on pouvait réaliser au moyen des ondes hertziennes furent laissées en dehors de tout essai de réglementation, « les hautes parties contractantes conservant leur entière liberté relativement aux installations radiotélé-graphiques non prévues àl’article i (stationscôtiè-res et de bord) ». Il n’est fait aucune mention des services publics qui pourraient être établis entre stations côtières, ou autres stations construites à l’intérieur des terres.
- Or, le nombre des lignes hertziennes de ces dernières catégories s’accrut rapidement dans plusieurs pays . Les progrès apportés aux appareils, en particulier l’emploi des émissions dites « musicales », permettaient, dans de nombreuses circonstances, de faire, avec avantage, usage de la T. S. F. pour relier entre elles des régions très éloignées. L’idée de grands réseaux radio-télégraphiques, rattachant directement les gouvernements à leurs diverses possessions, avait germé en plusieurs pays : en France, sur l’initiative intelligente de M. Messimy, qui avait le premier pressenti tout l’intérêt d’une telle organisation, le Département des Colonies avait même étudié la réalisation technique d’un réseau intercolonial.
- Le texte de la Convention de Berlin, que. nous avons cité plus haut, semblait à vrai dire laisser toute liberté aux Etats contractants pour l’établissement de telles « communications entre points fixes » qui leur paraîtraient nécessaires. Pourtant certaines administrations estimaient qu’en l’absence dans les actes internationaux de formule précise s’appliquant à ces communications, elles ne pouvaient être admises officiellement pourla correspondance publique générale. De telles interprétations pouvaient empêcher absolument le libre développement de la télégraphie sans fil dans les services commerciaux.
- La Conférence de Londres a voulu ouvrir la porte toute grande au progrès. II ne lui a pas semblé possible de réglementer les échanges entre stations fixes comme elle l’avait fait pour
- I les échanges entre stations côtières et stations de bord. La complexité des conditions dans lesquelles pouvaient s’opérer ces échanges, le peu de données certaines, susceptibles de montrerles meilleures organisations à adopter firent craindre qu’une réglementation, même très vague, ne devînt en peu de temps une entrave insupportable. La Conférence se borna donc à reconnaître officiellement le droit pour chaque Etat d’établir en toute liberté des communications entre stations fixes, sous.réserve : i° que l’exploitation de ces stations serait organisée, autant que possible, de manière à ne pas troubler le service d’autres stations de l’espèce; a0 que ces stations accepteraient par priorité absolue les appels de détresse quelle qu’en soit la provenance, répondraient de même à ces appels, et y donneraient la suite qu’ils comporteraient.
- Afin de s’opposer à l’avance à toute tentative de monopolisation au profit de compagnies privées, la Conférence crut nécessaire de proclamer à nouveau, pour les stations fixes, le principe de l’intercommunication. Le nouvel article de la Convention est ainsi conçu :
- a Les Hautes Parties contractantes conservent leur entièreliberté relativement aux installations radiotélégraphiques non prévues à l’article premier et, notamment, aux installations navales et | militaires ainsi qu’aux stations assurant des com-j munie ations entre points fixes. Toutes cesinstalla-| tiens et stations restent soumises uniquement aux obligations prévues aux articles 8 et 9 de la présente Convention... etc. Les stations fixes qui font de la correspondance entre terre et terre ne doivent pas refuser l’échange de radiotélé-grammes avec une autre station fixe « raH.sr du système adopté par cette station ; toutefois, la liberté de chaque pays reste entière en ce qui concerne l’organisation du service de la correspondance entre points fixes et la détermination des correspondances à faire par les stations affectées à ce service. » C’est en somme l’entrée officielle de la télégraphie sans fil dans les services publics non maritimes.
- Peut-être la Conférence n’a-t-elle pas encore été assez loin. L’exploitation des stations fixes doit être organisée de façon à iie pas troubler le service d’autres stations de l’espèce : n’eût-il pas été bon d’indiquer quelques mesures à prendre pour faciliter l’application de cette règle ? Par exemple de contraindre chaque administra-
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- tion à communiquer aux Etats plus spécialement intéressés, par l’intermédiaire du Bureau International de Berne, les caractéristiques des stations destinées à assurer des services publics entre points fixes, et dont les ondes rayonneraient normalemenl sur d’autres territoires (puissance, portée, longueur d’onde, genre d’émission, nature des services effectués). Les gouvernements poursuivant des projets analogues, comportant l’établissement de postes susceptibles de troubler les communications des stations en question, ou d’être troublés par elles, auraient ainsi en temps utile les éléments nécessaires pour organiser le service, de telle sorte que les interférences soient réduites au minimum, par modification des longueurs d’onde par exemple, et des tonalités d’émission.
- En l’état du règlement actuel, l’entente devra se faire après coup. Ce sera difficile souvent, parfois impossible: il est simple, dans un projet, de modifier des caractéristiques générales ; le problème est tout autre quand la station est construite.
- L’avenir mettra sans doute ces difficultés en évidence, à côté de bien d’autres, et les résoudre sera une partie de la tâche de la future Conférence.
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- Signaux horaires et météorologiques. — L’application de la T. S. F. à l’envoi de signaux permettant la mesure du temps est relativement récente, et néanmoins, les, services qu’elle a rendus déjà, tant pour les besoins immédiats des navigateurs, des explorateurs, des astronomes, etc., que pour les recherches d’ordre scientifique plus élevé, suffiraient à justifier à eux seuls l'installation d’un assez grand nombre de stations radiotélégraphiques, véritables organes d’utilité publique au même titre que les phares ou les sémaphores.
- Mais en l’absence de toute méthode générale, de toute coordination d’efforts, il y avait à craindre que l’avenir ne fût pas à même détenir les brillantes promesses du présent. La Conférence de Berlin, venue trop tôt, n’avait pas eu à se préoccuper de ces services spéciaux. Et chacun depuis avait fait à sa guise, ignorant ou voulant même parfois ignorer les travaux du voisin ; c’est ainsi que des stations rapprochées émettaient à quelques moments d’intervalle des
- signaux horaires faisant double emploi entre eux, alors qu’ensuite de longues périodes de temps s’écoulaient dans le silence. Le mode d’envoi de ces signaux différait d’ailleurs suivant les postes. Les navigateurs avaient ainsi en quelque sorte, tâche ingrate, à lire sur des horloges ayanl chacune un cadran spécial, plus on moins compliqué.
- La Conférence de Londres ne put pas néanmoins aborder l’étude d’une réglementation susceptible de rendre plus fertile le nouveau champ de recherches. Une telle entreprise nécessitait la collaboration intime de géodèsiens, d’astronomes, de navigateurs, etc.. La France venait d’ailleurs à la même époque de prendre l’initiative de convoquer à Paris un Congrès International chargé spécialement d’examiner l’organisation générale des services de l’heure. La Conférence de Londres décida de s’en remettre à ce Congrès. Elle voulut néanmoins que les transmissions horaires fussent mentionnées dans le règlement quelle élaborait, et, pour les faciliter, elle posa qu’en principe toutes les stations radiotélégraphiques, dont les transmissions pouvaient troubler la réception des signaux horaires, devaient faire silence pendant l’envoi de ces signaux.
- Afin de diminuer les abus, et d’éviter des suspensions de service éventuelles trop longues, elle limita à dix minutes la durée que pourraient avoir ces émissions d’utilité publique.
- Les transmissions horaires ne constituaient pas le seul service radiotélégraphique d’ordre général né depuis la Conférence de Berlin. L’emploi des stations côtières pour transmettre aux navires les renseignements météorologiques intéressant la navigation, ou pour recueillir et envoyer aux bureaux de météorologie les données communiquées par les navires, s’était répandu en plusieurs pays. Seule en France, la station militaire de la Tour Eiffel, qui avait d’ailleurs été la première en Europe à organiser un service horaire, transmettait quotidiennement, avec la collaboration du Bureau Central de Météorologie, des télégrammes destinés aux navires et aux centres d’aviation.
- Sans entrer dans des détails d’organisation intérieure, qui ne semblaient pouvoir être réglés que par les divers gouvernements, la Conférence de Londres a voulu donner aux administrations l’impulsion directrice :
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- « Les administrations prennent les dispositions nécessaires pour faire parvenir à leurs stations côtières les télégrammes météorologiques contenant les indications intéressant la région de ces stations. Ces télégrammes, dont le texte ne doit dépasser 20 mots, sont transmis aux navires qui en font la demande, etc. »
- « Les observations météorologiques, faites par certains navires désignés à cet effet par le pays dont ils dépendent, peuvent être transmises une fois par jour, comme avis de service taxés, aux stations côtières autorisées à les recevoir par les administrations intéressées, qui désignent également les bureaux météorologiques auxquels ces observations sont adressées par les stations côtières... etc. » (art. XLV).
- L’assimilation des signaux météorologiques provenant des navires aux avis de service taxés est très intéressante, puisqu’elle donne à ces signaux la priorité sur les télégrammes ordinaires.
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- Radiophares. — Plusieurs dispositifs ont été imaginés ces dernières années pour permettre à un poste de reconnaître approximativement, dans une certaine zone, la direction d’un poste émetteur. En dehors de l’intérêt d’ordre plus général que ces dispositifs présentaient pour les recherches relatives à la direction des ondes, on se rendit compte immédiatement des services qu’ils pouvaient rendre à la navigation, pour déterminer en particulier la position des navires au voisinage des côtes, par temps de brume. L’idée d’installer de petites stations côtières, destinées spécialement à émettre à intervalles réguliers des successions de traits ou points tout à fait analogues aux signaux lumineux des phares, fut réalisée en France par le service des phares, sous l’inspiration de M. Blondel, à qui étaient précisément dus des travaux remarquables sur la direction des ondes hertziennes.
- Les « radiophares » peuvent être des stations utilisant les dispositifs généraux habituels.
- Si les navires sont munis de récepteurs ordinaires, la réception des émissions du radiophare leur signalera qu’ils se trouvent dans la zone où la prudence s’impose, l’intensité croissante ou décroissante de cette réception permettant de se rendre compte du sens de la marche par rapport au point dangereux.
- L’organisation à bord de montages et d’an-
- tennes donnant la faculté de reconnaître approximativement la direction du poste émetteur accroîtrait considérablement l'effet utile du radiophare.
- L’utilisation de la T. S. F. pour déterminer la position des navires peut d’ailleurs être conçue d’un grand nombre de façons. Il y aura en particulier dans certains cas un assez grand intérêt à faire des radiophares non plus seulement émetteurs, mais aussi récepteurs, de façon à leur confier le soin de déterminer eux-mêmes la situation des navires et de l’indiquer à ces derniers.
- Quoiqu’il en soit, les radiophares ne pouvaient être installés sur les côtes, sans que les conditions générales de leur fonctionnement aient été examinées, et qu’une réglementation internationale ait prévu les dispositions à prendre pour que le service de la correspondance publique ne soit pas gêné outre mesure.
- La Conférence de Londres a estimé qu’une portée de 3o milles était largement suffisante pour les besoins de la navigation. Elle a reconnu nécessaire d’imposer aux radiophares des longueurs d’onde très nettement différentes de celles qui sont utilisées pour la correspondance publique. La faible portée autorisée pour ces stations spéciales permettait l’emploi d’ondes très courtes, ondes qui avaient en outre l’avantage de rendre plus facile, le cas échéant, l’emploi de dispositifs à ondes dirigées. La longueur d’onde maxima des radiophares ne devra pas dépasser i5o mètres.
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- * +
- Cas de détresse. — Les impressionnants détails de la catastrophe du Titanic étaient encore présents à toutes les mémoires au môment de la Conférence de Londres. L’opinion publique s’était vivement émue en particulier du rôle que, dans l’horrible désastre, avait joué la télégraphie sans fil. Si la réglementation internationale d’alors avait été plus précise et plus sévère, l’héroïsme du « sans-filiste » du Titanic eût sans doute réduit le malheur à des pertes matérielles. C’est dominée par ces souvenirs que la Conférence aborda l’étude de l’emploi de la T. S. F. en cas de détresse.
- Le rôle de l’assemblée ne pouvait être que modeste. La mesure la plus efficace, la plus nécessaire, consistait à imposer sur tout bâti-
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- ment de quelque importance l’installation d’un poste radiotélégraphique.
- Elle rentrait dans la catégorie des dispositions générales à prendre pour assurer la sécurité de la navigation (canots de sauvetage,bouées, etc.), et ne pouvait être examinée qu’avec le concours de représentants des diverses marines et des compagnies de navigation.
- Comme le gouvernement allemand venait au même moment de proposer la réunion d’une Conférence internationale spécialement chargée d’étudier ces questions, la Conférence de Londres put sans regrets rester dans ses attributions.
- Elle avait d’ailleurs encore une tâche importante à remplir. Les postes radiotélégraphiques, dont la prochaine Conférence de Berlin aurait à envisager l’installation sur la plupart des bâtiments, ne pouvaient être, en cas de détresse, que d’un secours inefficace, si leur réglementation n’était pas tout d’abord établie nettement; la Conférence de Londres édicta à ce sujet des prescriptions sévères.
- Jusqu’alors les stations de bord effectuaient des services très irréguliers. Les unes, possédant un personnel important, étaient ouvertes en permanence, toujours prêtes à recevoir ; les autres, de beaucoup les plus nombreuses, restaient fermées plusieurs heures par jour : un navire en détresse, voisin d’une de ces dernières, demandait-il du secours ? Ses appels restaient le plus souvent sans réponse... et sans suite. Devant les conséquences désastreuses d’un tel état de choses, la Conférence de Londres décida d’imposer à toute station de bord ouverte à la correspondance publique, soit un service d’écoute permanent, soit un service intermittent, dans lequel les heures de fermeture seraient coupées par des intervalles de réception assez nombreux, et fixés à l’avance d’une façon uniforme (les dix premières minutes de chaque heure).
- Les signaux de détresse qui peuvent en général être répétés assez longtemps par le navire en perdition n’échapperaient pas ainsi en général aux stations de bord placées à bonne distance.
- Une autre précaution était à prendre. Certaines stations côtières envoient périodiquement de très longs télégrammes (télégrammes de presse, etc.). Il est évident que pendant ces périodes d’émission les appels de détresse qui viendraient à être émis par un navire voisin ne pourraient
- être enregistrés. La Conférence de Londres a voulu remédier à cet inconvénient en décidant que les postes côtiers occupés ,à transmettre de longs télégrammes devaient suspendre la transmission à la fin de chaque période de quinze minutes, et .rester silencieux pendant une durée de trois minutes avant de continuer la transmission.
- D’autre part, l’emploi d’ondes spéciales, differentes des ondes affectées normalement à la correspondance publique, a été autorisée dans certains cas. Les appels de détresse étant émis avec les longueurs d’onde réglementaires n’auraient pu être reçus par des stations de bord ou de côtes communiquant avec ces ondes spéciales. La Conférence de Londres a imposé la suspension des services exceptionnels dont il vient d’être parlé toutesles quinze minutespendant trois minutes ; les stations emploieront l’intervalle de trois minutes à faire l’écoute sur l’onde normale de (ioo mètres.
- La réglementation de 1’ « écoute » achevée, la Conférence se préoccupa des conditions techniques des installations, considérées au point de vue de leur emploi en cas de sinistre. Un grand nombre de stations empruntent leur énergie aux dynamos du bord : en cas d’avarie grave aux machines, soit par invasion de l’eau, soit pour tout autre cause, les appareils de télégraphie sans fil ne peuvent plus être actionnés, et cela au moment précis où leur rôle est plus important que jamais.Les postes mêmes sont fréquemment installés dans des parties du bâtiment où ils courent le risque d’être immobilisés en cas de sinistre, bien avant que la situation du navire devienne tout à fait critique. La Conférence a pris les mesures suivantes pour empêcher le maintien d’un tel état de choses : les navires dotés d’installations radiotélégraphiques sont tenus d’avoir des postes radiotélégraphiques de secours dont tous les éléments sont placés dans des conditions de sécurité aussi grandes que possible et à déterminer par le gouvernement qui délivre la licence. Ces installations de secours doivent disposer d’une source d’énergie qui leur soit propre, pouvoir être mises rapidement en marche, fonctionner pendant six heures au moins, et avoir, suivant l’importance du bâtiment, une portée ininima de So milles nautiques ou de on milles nautiques. L’installation de secours n’est pas exigée pour les navires dont l’installa-
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- tion normale remplit les conditions ci-dessus. C’est afin de ne pas augmenter outre mesure les charges imposées aux compagnies de navigation que la portée exigée des postes de secours a été réduite autant que le souci de la sécurité de la navigation a pu le permettre.
- Organisation des communications.
- 1.— La Conférence de Berlin avait limité à deux le nombre de longueurs d’onde employées pour la correspondance publique : Goo mètres ou 3oo mètres pour les stations côtières, 3oo mètres pour les stations de bord.
- La pratique de la T. S. F. montra tout d’abord qu’il y avait le plus vif intérêt à ce que chaque station pût disposer de plusieurs longueurs d’onde, afin d’éviter, le cas échéant, les interférences avec des transmissions elfectuées dans le voisinage. Le plus simple, a priori, était de réserver une longueur d’onde fixe pour les appels, et de laisser ensuite les stations faire usage de telle longueur d’onde qui leur paraîtrait le plus convenable, bien entendu dans des limites fixées à l’avance.
- Bonne en théorie, une telle réglementation eût été d’une application difficile : elle entraînait des complications de matériel, et surtout nécessitait un personnel exploitant de premier ordre, très exercé aux divers réglages. Pour augmenter le rendement du service, on s’exposait à le rendre impossible.
- La Conférence s’esl. ralliée à un moyen terme : elle a imposé aux stations côtières et de bord d’avoir deux longueurs d’onde, 6oo mètres et 3oo mètres. L’onde normale est l’onde de 6oo mètres. Cette onde qui, en 1906, paraissait difficile à obtenir sur les navires, est devenue d’un emploi aisé avec les nouveaux procédés de transmission qui fonctionnent sous des tensions plus basses. Elle avait d’ailleurs été adoptée déjà par la plupart des stations côtières, en particulier pour augmenter les portées.
- Etablis pour deux longueurs d’onde fixées à l’avance, les appareils conserveront sensiblement leur simplicité d’autrefois, et néanmoins les stations auront, en cas de trouble, la faculté de passer de la longueur d’onde avec laquelle elles auront commencé à correspondre à l’autre longueur d’onde réglementaire.
- Pour les navires de très petit tonnage qui, par suite du faible développement de leur antenne, ne pourraient réaliser la longueur d’onde de Goo mètres qu’avec un trop mauvais rendement, la Conférence a utilisé l’emploi exclusif à l’émission de la longueur d’onde de 3oo mètres.
- II. — Afin de limiter les perturbations en évitant dans la mesure du possible le chevauchement des communications, la Conférence de Berlin avait édicté qu'en principe la station de bord devait transmettre ses radiotélégrammes à la station côtière la plus rapprochée. La prescription était sage ; étant donné le nombre sans cesse croissant des échanges radiotélégrapliiques et la multiplication des postes côtiers ou de bord, on pouvait croire que la nouvelle Conférence allait lui donner une force nouvelle, eu fermant à peu près complètement la porte aux nombreux abus que les mots « en principe » avaientlaissé pénétrer dans la pratique.
- L’intérêt général se trouva là malheureusement en contradiction trop flagrante avec des intérêts particuliers, d’ailleurs très respectables, qu’une réglementation stricte semblait devoir léser fortement ; certains pays, baignés par des mers étroites et contournées, craignaient de voir le trafic de leurs stations côtières se réduire considérablement et sans espoir, par suite de la présence de stations côtières étrangères voisines, que le profit des côtes avantageait. La question budgétaire se doublait d’ailleurs d'une question d’amour-propre national plus grave. Après de nombreuses difficultés, la Conférence parvint à trouver un terrain de conciliation. La règle de la station la plus rapprochée fut maintenue, mais avec une exception pour les communications étrangères entre un navire et son pays d’ori-gine :
- a Exceptionnellement la transmission peut être effectuée à une autre station que la station côtière la plus rapprochée, pourvu que : i° le radiotélégramme soit destiné au pays où est située cette station côtière et émane d’un navire dépendant de ce. pays ; 20 pour les appels et la transmission, les deux stations utilisent une longueur d’onde de 1 800 mètres, etc.;... 4° la station de bord se trouve à une distance de plus de 5o milles nautiques de toute station côtière indiquée dans la nomenclature. La distance de jo milles peut être réduite à 20 milles sous la réserve que la puissance maxima aux bornes de
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- la génératrice n’excéde pas 5 kilowatts, etc. » L’emploi de l’onde de i 8oo mètres, qui devient ainsi une troisième onde commerciale réglementaire, limitera les troubles dus à ccs communications effectuées en général à grande distance, troubles dont, par les deux dernières prescriptions, on a cherché encore à réduire les effets.
- III. —Toujours dans l’intention de diminuer les perturbations dues aux communications sans cesse plus nombreuses, la Conférence a rendu plus rigoureuses les conditions techniques que le règlement de iqofi imposait aux stations.
- D’une façon générale, elle a interditl’usageâ la transmission du montage dit « à excitation directe »,lequel donne naissance à des oscillations amorties et complexes rendant difficile un accord précis des récepteurs.
- L’emploi de ce dispositif ne sera plus toléré que sur les petits bâtiments munis de postes disposant d’unefaible énergie (moins de 5o watts),
- ou en cas de détresse.
- Enfin il avait été remarqué que les stations transmettaient la plupart du temps à pleine puissance, quelle que fût la distance de leur correspondant.Beaucoup de postes exploités par des compagnies privées ne comportaient pas d’ailleurs de dispositif permettant de faire varier facilement et rapidement l’énergie rayonnée.
- La Conférence a décidé que les stations nouvelles mettant en jeu une énergie de plus de ôo watts devraient être équipées de telle sorte qu’il soit possible d’obtenir facilement plusieurs portées inférieures à la portée normale, la plus faible étant de i5 milles nautiques. Il reste à espérer que les opérateurs useront des moyens ainsi mis à leur disposition.
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- Personnel. — Suivant le règlement de Berlin, les télégraphistes des stations de bord sont tenus de savoir transmettre et recevoir à la vitesse de vingt mots par minute. Une telle obligation, qui nécessite un entrainement sérieux, rendrait très difficile l’emploi de la télégraphie sans fil par les petits navires, en particulier les bateaux de pèche j (chalutiers, etc.), qui le plus souvent n’utilisent ce mode de communication que pour leur service propre ou la correspondance de l’équipage.
- Sur ces bâtiments, le poste radiotélégraphique sera le plus souvent mis en œuvre par le capi-
- taine ou son second. L’opérateur aura pu acquérir la pratique des appareils, mais il n’aura ni les moyens, ni le temps de faire le nécessaire pour être un « lecteur au son » émérite. On ne devait pas pourtant priver les bâtiments en question du bénéfice de la T. S. F., ni leur imposer la charge d’un « sans-liliste » de profession. Dans l'intérêt général de la correspondance publique il eût été inadmissible, d’autre part, d’adoucir les prescriptions du règlement fie igofi.
- La Conférence a solutionné la difficulté en créant une seconde classe de télégraphistes qui pourront être admis comme seuls opérateurs sur les navires dont il vient d’être parlé, ou en qualité d’aides sur les navires plus importants ; la vitesse de transmission et de réception exigée pour la seconde classe n’est que de 12 mots à la minute.
- Par contre, afin d’éviter des abus résultant de ce que les exploitants chercheraient à faire des économies sur le personnel, et d’assurer aux stations de bord importantes une équipe de service suffisante pour satisfaire aux besoins essentiels de la correspondance publique, la Conférence a décidé que les postes des navires de la première catégorie devraient comporter au moins deux télégraphistes de première classe.
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- T nuis miss ion des télégrammes — La règle de l’intercommunication ayant été universellement admise, laConférence de Londres a pu admettre et réglementer les retransmissions effectuées à l’aide de la radiotélégraphie, soit par l’intermédiaire d’une station de bord, soit par celui d’une station côtière, quand la communication ne pouvait être établie directement entre les stations d’origine et de destination.
- La répartition des taxes et la perception de ces taxes devenant rapidement très compliquée, on limita à deux le nombre des retransmissions autorisées.
- Enfin la Conférence de Londres a décidé d’introduire dans la pratique, et a réglementé, l’usage de radiotélégrammes que le règlement de 1906 n’avait pas autorisé : radiotélégrammes avec réponse payée, avee eollationnement, à remettre par exprès, avec accusé de réception, avis de service taxés, radiotélégrammes multiples à remettre par poste. Ces derniers sont tout particulièrement intéressantspdurlepublic :
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- moyennant un supplément de prix peu élevé, l'expéditeur peut envoyer à un navire un radio-télégramme qui sera ensuite mis à la poste, au gré de l’expéditeur, dans un des ports d’atterrissage du navire, et continuera son parcours comme une lettre.
- ♦ *
- Telle est dans son ensemble l’œuvre de la Conférence de Londres. Trop modeste pour les audacieux, trop hardie pour les autres, elle semble par cela même se trouver bien proportionnée. En
- ÉLECTRIQUE
- montrant si elle est féconde, l’avenir indiquera en même temps à la Conférenefe qui, en 1917, se réunira à Washington, quels nouveaux vêtements, quelle nouvelle discipline, il faudra donner à cet enfant prodige qu’est la T. S. F., enfant trop turbulent encore, et dont la prochaine Conférence célébrera peut-être enfin l'assagissement... en même temps que la majorité. La tache sera lourde si la jeune sœur de la T. S. F., la téléphoniesans fil, termine à cette époque son apprentissage.
- Capitaine P. Biîuxot.
- /HYGIÈNE DES SOURCES DE LUMIÈRES ARTIFICIELLES ET PLUS PARTICULIÈREMENT DES LAMPES A VAPEUR DE MERCURE
- Dans cel article, je désirerais fournir aux ingénieurs s'occupantspécialcmcnl des questions d’éclairage quelques renseignements se rapportant aux différentes sources de lumière artificielle et plus particulièrement des lampes à vapeur de mercure.
- Pour ces dernières, l’aspect étrange sous lequel les personnes et les objets colorés apparaissent à la lumière de la lampe à vapeur de mercure a fréquemment incité le public à croire que cette lumière était non seulement inesthétique, mais aussi nuisible au point de vue de l'hygiène.
- En particulier, depuis qu’il a été démontré que les arcs au mercure émettent dans certaines conditions des rayons ultra-violets capables de stériliser l’eau cl d’autres liquides, l’opinion que la lumière au mercure était nuisible semble avoir gagné du terrain.
- Beaucoup de gens considèrent les rayons ultraviolets dont l’étude est relativement peu avancée, comme aussi dangereux que les non moins mystérieux rayons Rœntgen.
- Dans le but de dissiper celle erreur et pour discuter la possibilité d’une action des rayons ultra-violets sur la santé, j’ai été amené à examiner avec quelque détail les problèmes concernant Hygiène de l’éclairage.
- Les ravons ultra-violets
- Nous commencerons par la question particulière des rayons ultra-violets. Tout d’abord il n’est pas possible de comparer les rayons ultra-violets aux
- rayons X; les études respectives de ces deux sortes de rayons ont montré que, à l’encontre des rayons X, les rayons ultra-violets sont absorbés pratiquement, non seulement par toutes les substances opaques pour la lumière ordinaire, mais encore par des substances transparentes pour la lumière visible (verre, solutions diverses); des épaisseurs très faibles de ces divers corps suffisent à annuler complètement l’action bactéricide des rayons ultra-violets par exemple. Au contraire les rayons X traversent une quantité de matières opaques pour la lumière visible (bois, papier, corps humain).
- Conséquence importante : l'action des rayons ultra-violets est limitée à une épaisseur extrêmement faible des substances opaques sur lesquelles ils agissent, à la surface de la peau par exemple ; l’action des rayons X au contraire'se fait sentir en profondeur. Aucun effet en profondeur n’a été constaté dans l’action des rayons ultra-violets sur les substances qui les absorbent.
- En conséquence nous n’avons à examiner actuellement que l’action des rayons ultra-violets sur les couches externes de 1a matière opaque.
- L’arc au mercure brûlant à air libre émet sans aucun doute de tels rayons ; comment peut-on protéger pratiquement le public contre ceux-ci ?
- Le type le plus ancien de la lampe à mercure est la lampe Cooper Hewitt, à tube de verre ; des milliers de ces tubes ont été employés pour l'éclairage; aucun effet nuisible des rayons ultra-violets n'a été
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- constate, pour l’excellente raison que le verre des tubes absorbe totalement les rayons dangereux.
- La question des rayons ultra-violets a surtout été discutée depuis l’apparition de la lampe à vapeur de mercure à tube de quartz.
- Les effets désagréables d’une telle lampe sont immédiatement sensibles à proximité d’un brûleur en quartz fonctionnant à l’air libre.
- 11 est facile de vérifier que ces effets sont supprimés immédiatement si on interpose entre le brûleur et l’extérieur une épaisseur de verre.
- La plus simple façon d’obtenir ce résultat était de placer un globe de verre autour de la lampe ; des expériences ont démontré qu’aucun elïet nuisible n’était à craindre d’un brûleur quartz ainsi enfermé, pas plus que d’une lampe Gooper Hewitt ordinale (*).
- La seule ob jection sérieuse que l’on pourrait avoir contre les lampes à vapeur de mercure est que, au cas où le globe se trouve cassé, les yeux sont expo, ses directement à la lumière du brûleur quartz et peuvent avoir alors à souffrir des rayons ultra-violets. Cette objection, qui s’applique d’ailleurs à n’importe quelle lampe à arc est aisément réfutable. A une distance de quelques mètres (/* ou 5), la quantité d’ultra-violet reçue par la pupille est très minime, de plus l’œil ne peut fixer plus de quelques secondes une source aussi éclatante. D’ailleurs des expériences ont été faites par M. Voege (du laboratoire national de physique de Hambourg); elles ont démontré qu’une lampe à arc de 2000 bougies, placée à une distance de ‘± mètres, envoie moins de rayons ultra-violets dans l’appareil visuel que celui-ci n’çn reçoit lorsqu’il fixe pendant quelque temps
- (*) « Toutes les sources de lumière artificielles possè-« dent, outre leur domaine visible, un domaine ullra-« violet, plus ou moins étendu; le soleil lui-même émet 11 une grande quantité d ultra-violets, cependant nos « yeux n en souffrent pas. D’une part en effet, nous it ne fixons jamais le soleil en face, d’autre part les •< rayons ultra-violets n’ont pas une action nuisible « sur l’œil ; on peut admettre que celte action ne corn-d nicrice guère que pour les rayons de longueur d’onde « inférieure à 3 5oo angslrom. Il est donc inutile de u chercher à sc protéger contre tous les rayons ultra-« violets. Récemment, MM. Schanz et Slockhausen, ont « inventé un verre spécial dit verre « Euplios » qui « absorbe l’ultra-violet à partir du spectre visible et ils « recommandent l’usagé de lunettes en verre « Euplios » « dans tous les cas d’éclairage artificiel. L’emploi de \ « ce verre spécial apparaît comme une précaution « superflue, le verre ordinaire arrêtant tous les rayons « nuisibles. »
- (environ l\0 secondes) une pierre plate exposée en plein soleil.
- Dans le même ordre d’idées, l’oculiste spécialiste bien connu, M. Birsch Hirschfeld, a fait des expériences sur l’appareil visuel des cochons d’Inde, au moyen des lampes à vapeur de mercure à tube de quartz fonctionnant à l’air libre. A une distance d’un mètre environ de la lampe, une exposition de 2 à !> secondes n’a produit aucune inflammation dans l’œil.
- La Société Internationale des Electriciens de Paris a examiné les différentes sources lumineuses aupointde vue hygiénique et. a conclu que la lampe à vapeur de mercure ne présentait aucun inconvénient pour la vue.
- En résumé, pour ce qui concerne les rayons ultraviolets, le public est suffisamment protégé par la distance qui le sépare du brûleur quartz, c’esl-à-dire que, même au cas où par suite du bris du globe extérieur le brûleur se trouverait placé à l’air libre, aucun effet nuisible n’est à craindre pendant le temps où l’on peut fixer le brûleur, si la distance est suffisamment grande entre ce brûleur et l’appareil visuel.
- Comme conclusion, nous pouvons dire que le champ d’application des lampes à tube de quartz pourrait seulement être limité à l’éclairage des locaux de grande hauteur ou à l’éclairage extérieur, dans les endroits où les lampes sont toujours installées à une distance de plusieurs mètres de l’œil. Aucun effet dangereux ne peut être à craindre, dans ces conditions, même si le globe se casse accidentellement.
- • Les lampes à vapeur de mercure à tube de quartz 11e présentent donc aucun danger au point de vue hygiénique si elles sont installées de façon convenable.
- Lumière vert-bleue
- S’il est facile de sc préserver contre l’action des rayons ultra-violets, la lampe à mercure n’a-t-elle pas d’autres inconvénients résultant de sa coloration spéciale i*
- A priori, il semblerait possible que l’absence absolue de radiations rouges et le changement qui en résulte dans la valeur des couleurs puisse produire un effet nuisible en fatiguant l’œil d’une façon anor-! male.
- j Il était donc intéressant de comparer la lampe à vapeur de mercure, c’est-à-dire la lampe à tube de verre ou lampe Cooper Hewitt proprement dite, avec d'autres sources lumineuses, afin de voir celles i qui produisaient les effets les plus fatigants pour l’œil.
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- L A L U MIÈ R E É L E G T \\ IQ U E
- J’ai fait sur ce sujet des expériences en collaboration avec le docteur Holden.
- La méthode la plus usuelle pour mesurer la fatigue de la vue consiste à déterminer la faculté de lecture après avoir exposé l'œil à des inlluences fatigantes. Cette méthode fut appliquée concurremment avec la méthode dite « de clignotement». Celle-ci consiste à observer le nombre de battements de paupières, dans un temps donné. Plus l’œil est fatigué, plus ics clignotements sont fréquents ; à condition toutefois de ne tenir compte des résultats que pour une certaine limite moyenne au-dessus et au-dessous de laquelle ils ne sauraient être généralisés. Une personne dontl’œil est anormal ne doit pas, naturellement, être soumise à une observation. Les résultats donnés par les deux méthodes coïncident assez bien. La méthode de clignotement est plus facile à appliquer.
- Les observations se font dans une petite chambre; l'observateur se trouve en dehors de la pièce et regarde par un trou la personne qui doit être examinée et qui est assise dans la chambre. La pièce est alors éclairée par la lumière indirecte des differentes sources lumineuses que l’on désire examiner, la surface illuminée étant toujours autant que possible la même. Le sujet à observer lit alors un livre et l’observateur pendantee temps regarde ses paupières en comptant le nombre de fois qu'elles battent.
- Les observations sont limitées et les auteurs ri’onl pu obtenir tous les renseignements qu'il aurait été désirable d'avoir; il a été possible seulement d’obtenir une idée très générale des effets fatigants des différentes sources lumineuses.
- La lumière rouge s'est révélée être extrêmement fatigante pour l’œil normal. La lumière de la lampe à incandescence ou celle d’un bec auer, tout en étant elle aussi fatigante pour l’œil, a donné de meilleurs résultats. Enfin, résultat inattendu, la lampe à vapeur de mercure (tube Cooper Hewitt) a montré une supériorité considérable sur les autres sources lumineuses artificielles.
- Nous mentionnons ces expériences, non parce que nous croyons avoir atteint un résultat définitif, mais plutôt pour demander aux ingénieurs s’occupant des questions d'éclairage et aux physiologistes de prendre en mains celte étude et d’essayer d’obtenir des résultats absolument précis, lesquels naturellement ne peuvent être atteints qu'à force de répéter des expériences sur une très vaste échelle.
- En tout cas, nous pensons qu'il est permis de conclure de cette expérience que la lumière de la
- ' lampe h vapeur de mercure fatigue moins la vue que | la lumière des autres sources artificielles.
- Distribution de la lumière
- La composition spectrale d'une lumière n’est pas le seul facteur qui intervienne pour la fatigue de l’œil. On sait en effet que les paupières et l’iris réagissent automatiquement quand la quantité de lumière reçue par l’œil est trop grande ou trop faible.
- Ce travail automatique de fermeture et d’ouverture des paupières et de l’iris paraît contribuer dans une très large mesure à la fatigue de l'appareil visuel. Il semble que la réaction de l'œil, quoique étant assez rapide, ne l’est pas toujours assez cependant pour protéger la rétine cl que la fatigue résulte d'une illumination trop forte. Le problème à résoudre se pose alors de la façon suivante : l’œil embrasse une surface assez grande, supérieure même au champ visuel de l’œil au repos, puisque la tête et les yeux sont rarement immobiles. Il est nécessaire que ce champ de vision soit éclairé d'une façon aussi uniforme que possible ; il y aura intérêt, par exemple, à éviter les points brillants ; si l'œil en effet vient à se diriger surun tel point, il se fermera automatiquement, pour se rouvrir au moment où il fixera un point moins éclatant.
- Pour une personne regardant, par exemple, dans un batiment d’usine, rien n’est plus fatigant que de trouver en meme temps dans le champ visuel des sources lumineuses d'éclat très différent : lampes à arc, lampes à incandescence, réflexion de ces lampes | sur des surfaces polies, etc. Il est fatigant même de regarder une lampe à incandescence telle que celles que nous avons sur nos bureaux, parce que l’œil va et vient sans cesse au travers de la lampe. Chaque fois que l’œil fixe le filament incandescent, l'iris sc referme ou la rétine souffre; puis si l’angle visuel varie de quelques degrés, l’iris s'ouvre de nouveau et ainsi de suite. Tout le monde a éprouvé les effets très fatigants de l'illumination décorative moderne où l'œil rencontre souvent une longue série de lampes à incandescence très serrées à côté d’espaces obscurs.
- Le remède bien connu et déjà classique contre ces effets des sources lumineuses brillantes, placées dans le champ visuel, est: la création de l’éclairage indirect, où les sources lumineuses sont toutes cachées, leur lumière étant seulement reflétée par une large surface mate. Les parties brillamment polies ne renvoient pas d'images fatigantes de la lampe; l'application de l'éclairage indirect a certainement constitué un grand progrès, _
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- Cependant je ne crois pas que rulilisation de l’éclairage indirect constitue vraiment la solution idéale. Je dois dire que celle solution rnc paraît souvent être mal appliquée cl exagérée. Après tout, ce dont nous avons besoin est de voir et de distinguer. Pour voir quelque chose clairement, nous sommes obligés d’observer non seulement la couleur et le contour des objets, mais aussi les ombres produites par des objets, parce que ces ombres nous en donneront la forme exacte.
- D'après mon expérience, je puis dire qu’il est impossible de voir distinctement dans une chambre éclairée d’une façon indirecte où toutes les ombres sont absentes. J’ai fréquemment observé qu’il était très fatigant d’examiner les objets dans une pièce éclairée de cette façon, il est meme fatigant d’y lire.
- En particulier, je me souviens d’un batiment où les escaliers étaient éclairés d’une façon indirecte et combien les gens étaient lents à monter cl à descendre. Ilstâchaienttous d’atteindre la rampe comme s’ils ne se sentaient pas en sûreté sur leurs pieds.
- Je me rappelle aussi une autre fois, dans un restaurant, des gens qui allaient el venaient, je puis dire avec hésitation, d’une table à l’autre, par suite du manque d’ombre qui ne leur permettait pas de juger, d’une façon normale, de la distance séparant les tables et les sièges les uns des autres.
- LJn autre cas très frappant que j’ai pu constater est celui d’une salle de dessin exclusivement éclairée par la lumière indirecte. Quoique j’eusse pensé que ce fût le meilleur mode d’éclairage pour ce cas, j’ai constaté qu’il était plutôt fatigant et particulièrement lorsqu’il s’agissait de retrouver les trous des pointes dans le papier pour replacer le compas.
- Je ne pense pas qu’il soit trop hardi de conclure de ces diverses observations^ que l’application générale de la lumière indirecte n’est, pas la solution idéale du problème de l’éclairage. Au contraire, nous pensons qu’on doit l'evenir au moins en partie à ce que l’on appelle « une faute », c’est-à-dire à se risquer à placer une source assez lumineuse dans le champ visuel. En général, je pense qu’il faudra se rapprocher autant que possible de l’éclairage naturel en donnant: à la lumière une direction uniforme, de façon que l’on puisse ainsi voir des ombres d une épaisseur suflisante. Ceci, bien entendu, signifie qu il y a lieu d’étudier chaque problème d’éclairage à part, mais je puis dire qu’il sera toujours possible de trouver un moyen pratique d’obtenir de la lumière dans une seule direction, tout en l’ayant d’une manière si diffuse qu’elle ne frappera
- pas trop l’œil soit par sa propre luminosité, soit par des réflexions sur des surfaces polies.
- Je pense que dans la plupart des cas nous aurons à utiliser, seules ou combinées avec un éclairage diffus général, plusieurs sources puissantes do lumière de faible concentration, chacune de ces sources créant une série d’ombres aux endroits nécessaires, sans cependant créer de points trop brillants dans le champ visuel.
- Si nous arrivons à un problème d’éclairage pratique, par exemple à l’éclairage d’une usine, je crois qu’il est nécessaire que les murs soient aussi blancs que possible de façon à constituer un fond clair. La source lumineuse devrait être directe, mais de faible concentration, afinqueles ombres apparentes soient | portées sur tous les endroits où elles seront néces-j saires de façon à voir nettement et en relief\ Je pense que si l’on a un fond assez brillant, mur ou plafond, on peut se permettre de grouper un certain nombre de lampes telles que des lampes à incandescence, et de les utiliser recouvertes d’un globe opalin ou poli, à la condition que la lumière de ces lampes puisse atteindre le plafond de façon à y créer un fond lumineux. Je trouve que la lampe Gooper Hewittà air libre est une source d’éclat assez faible qui convient bien dans ce but, parce qu’elle a créé en môme temps des ombres suffisantes pour permettre de travailler en dessous avec le minimum de fatigue.
- En général, nous devrions, quand nous étudions l’éclairage d’un emplacement, considérer Tes points suivants ;
- i° Envisager la question de la chaleur créée par la source lumineuse et la production des sous-produits (acide carbonique), etc.
- a0 La qualité de la lumière au point de vue de la couleur, en choisissant celle qui fatigue le moins la vue pour le travail; .
- 3° La distribution proprement dite de la lumière, de façon à créer une surface aussi uniforme que possible dans le champ visuel, produisant en même temps assez d’ombres pour permettre de distinguer facilement, sans effort, le relief des objets.
- Si nous ne considérons pas le dernier point de vue, nous créons, même si nous avons une bonne qualité dcî lumière, une autre raison de fatigue, car l’observateur devra employer une plus grande attention pour distinguer les objets, d’où il résultera une fatigue mentale.
- D‘ de Reckmncwausen.
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- Phénomènes mis en jeu dans le détecteur électrolytique sans force èlectromotrice auxi-liaire, et considération théorique sur le fonctionnement des détecteurs èlectrolytiques. — , Paul Jégou. — Comptes Rendus de /’Academie des J Sciences, 3 février 191.3. !
- Dans une communication du mai 1910, M. Jégou \ avait déjà fait connaître le principe d’un détecteur j électrolytique très sensible fonctionnant sans le se- j cours d’une force électromotrice auxiliaire. ïl a repris j son étude dans le but de perfectionner ce détecteur et d’en faire un appareil dont la sensibilité soit constante, certaine et facile à réaliser. ïl a reconnu que l'amalgame mercure-zinc était à ce- point de vue bien plus avantageux que l’amalgame mercure-étain qu’il avait signalé. Les nouveaux détecteurs ainsi réalisés sont, non seulement aussi sensibles que tes détecteurs électrolytiques ordinaires, mais ils leur sont parfois supérieurs. D'autre part, le son engendré par les trains d'ondes dans les écouteurs est extrêmement clair et spécialement favorable à la réception des trains d’ondes musicaux.
- Si l’on examine le fonctionnement de ces détecteurs, il est bien certain, d’après l'auteur, que la sensibilité de la cellule électrolytique est due au couple électrique qui naît du contact des deux électrodes différentes avec l'électrolyte ; mais ce qui est plus intéressant à remarquer, c'est; qu’ici l'électrode active, c'est-à-dire l'électrode sensible à contact punctiforme avec l’électrolyte, fonctionne sous l'action d’un courant en sens inverse du courant appliqué quand le détecteur est associé à une source électrique auxiliaire. Bref, l'électrode active agit comme cathode et non comme anode suivant le montage habituel. En effet, c'est l’amalgame mercure-zinc qui est attaqué légèrement; par l'électrolyte et qui, par conséquent, constitue le pôle négatif de l'élément. À l'intérieur de cet élément le courant va donc s'écouler de l’électrode mercure-zinc vers l’électrode sensible. Ce sens est inverse du courant normaldans le détecteur polarisé. Il importe d’ailleurs de remarquer que la haute sensibilité de ce détecteur est due précisément à ce que la tension critique V d’un tel détecteur, lorsqu’on applique sur l’électrode active le pôle négatif d’une source électrique auxiliaire, est
- précisément égale à la force èlectromotrice orméc par le couple intérieur de la cellule électrolytique ainsi formée.
- Ges recherches ont conduit M. Jégou à penser qu’à la théorie qui fait intervenir une dépolarisation de l’électrode active sous Faction de Fonde pour expliquer le fonctionnement des détecteurs électrolv-tiques, il pourrait être intéressant de joindre une hypothèse sur le mécanisme de Faction des ondes hertziennes sur cette dépolarisation. M. Jégou a été conduit à supposer que leplatine, corps extrêmement poreux et condensant facilement des gaz en lui-même, se comporterait comme une sorte de limaille agglomérée (expérience de M. Branly, radiocondncteur à limaille agglomérée dans du soufre) qui, en quelque sorte, cohérerait sous l’action des ondes, ce qui aurait pour effet de chasser les gaz occlus dans le platine, c’est-à-dire précisément de dépolariser l’électrode sensible.
- Si l’on tient compte d’autre part du sldn-effect pour les courants de haute fréquence, qui est tel que pour la fréquence 108 l’intensité des oscillations n’est plus que le centième de l’intensité superficielle à la profondeur de 0,029 millimètre, on s’explique aisément pourquoi le fil de l’électrode sensible doit être : iu en platine (métal poreux) ; *>/’ en fil très fin (skin-eiïect) ; 3° très court (effet total du courant hertzien avant toute diffusion dans Pelertrolyte).
- On remarquera d’ailleurs que cette théorie semble pouvoir expliquer facilement la plupart des phénomènes secondaires observés dans le fonctionnement; d’un détecteur électrolytique avec ou sans force élec-tromôtrice :
- i° Fonctionnement sans pile, même avec deux électrodes en platine sous Faction d’ondes énergiques, avec naissance d’un courant inverse au courant décelé lorsqu'on lui applique une source auxiliaire;
- 2° Possibilité de fonctionnemonl, comme Fauteur Fa observé, avec une électrode active en fil de platine extrêmement fin ayant 5 à (> millimètres de long, si ce fil a été au préalable porté à l’incandescence, c’est-à-dire dépolarisé dans sa masse;
- 3° Fonctionnement de plusieurs détecteurs montés en parallèle comme si chacun d’eux existait seul,
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- malgré la multiplicité des points de contact de l’électrode active avec l’électrolyte, ce qui est contraire à la condition de sensibilité du détecteur.
- Un modèle de surface pour l’explication de la notion de nombre de « lignes-tours ». — Fritz Emde. — Elektrotechnik und Maschinenbau, 24 novembre 1912.
- On a l’habitude, dans les livres de physique théorique, de considérer, au sujet des effets d’induction, la variation du flux dans le temps; le flux d’induction étant représenté par une intégrale de surface
- <J> =j^Bds = J B„ds}
- étendue à une surface s d’ailleurs quelconque, ayant le courant pour contour. Jamais il n’est question d’un nombre de tours.
- Il en est autrement dans les ouvrages d’électrotechnique, où l’on considère l’expression
- d<l>
- — a -r. dt
- On s’y représente le llux comme spécialement rapporté à la section d’un noyau de fer sur lequel les spires seraient enroulées, et l’on admet qu’il passe à travers toutes les spires le même nombre de lignes de force. Or, cette hypothèse n’est généralement pas remplie; les llux qui traversent les spires individuelles sont de grandeurs différentes. Il faut donc sommer simplement les flux à travers les spires individuelles. M. Gorges avait proposé, à cet effet, de parler d’un « nombre des flux-tours (1) ». M. F. Emde pense qu’on pourrait, parler de « maxwells-tours », comme on parle « d’ampères-tours », si le maxwell était d’un usage plus répandu comme unité de flux.
- La différence entre les deux points de vue, celui du théoricien et celui du technicien, provient de ce que le premier considère dans <1> le flux à travers le circuit du courant entier, tandis que le second ne considère sous le même nom que le flux à travers une spire particulière. U est clair cependant que le circuit du courant n’est rien autre que le nombre des lignes-tours; et, par conséquent, qu’un nombre de lignes-tours peut être représenté par une intégrale de. surface. Mais il n’est guère aisé de se représenter une surface dont le contour soit; formé en partie par un grand nombre de spires, et en partie par deux simples conducteurs. Les physi-
- ciens évitent la difficulté en schématisant toujours la surface s par une figure de forme plus ou moins circulaire ou elliptique.
- Pour son enseignement, M. Erode a eu l’idée de faire établir un modèle de surface qui parle aux yeux des électrotechniciens. On voit sur les figures 1 et 2 qu’il ne s’agit point d'une surface hélicoïdale. Le circuit du courant est représenté par une tôle de 7 millimètres d’épaisseur, le diamètre de la spire est de 21 centimètres, la hauteur verticale de la partie en drapeau est de 55 centimètres. L’une des faces de la surface est peinte en blanc, l’autre en noir. II suffit, pour se représenter les effets d’induction, de considérer en somme algébrique la totalité des lignes de force qui traversent la surface en pénétrant, par exemple, parla face blanche pour sortir par la face noire.
- Fig. 1 et
- La surface doit être supposée élastique, à la manière d’une membrane qu’on puisse déformer à volonté dans une large mesure. Son pliage toutefois ne doit pas pouvoir l’arracher du bord.
- M. Emde estime qu’un modèle de ce genre facilitera beaucoup aux étudiants la conception, d’une importance capitale en électrotechnique, d’un nombre de lignes-tours.
- Nous partageons complètement son avis.
- A. S.
- Nouvelle machine pour la compensation du déphasage des moteurs d’induction. — A. Scherbius.—Elcktrotechnische Zeitschrift, 17 octobre 1912.
- On sait l’intérêt qu’il y a pour les usines centrales à travailler avec un facteur de puissance aussi élevé
- (’) Eleklrotechnische Zeitschrift, 1902, p. 271.
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- que possible. La méthode qui consiste à relever le i facteur de puissance général du réseau à l'aide de moteurs synchrones surexcités, entraîne une complication et un surcroît de dépenses dans l’installation. C’est pourquoi l’auteur estime préférable de compenser directement, au moyen de machines auxiliaires appropriées, le déphasage des moteurs d’induction qui sont la cause principale de la diminution du facteur de puissance d’un réseau. Cette solution présente .aussi l’avantage de permettre de réduire les dimensions de ces moteurs eux-mêmes. Un peut démontrer, en effet, à l'aide de la formule fondamentale d’Arnold, qu’un moteur asynchrone exige une quantité de fer d’autant plus grande qu’il doit travailler à un facteur de puissance plus élevé. Inversement y s’il est possible, grâce à des artifices de compensation, d'employer des moteurs fonctionnant avec. Un facteur de puissance propre plus faible, ceux-ci
- Fig. i.
- seront moins lourds et, par conséquent, moins coûteux. L’ensemble d’un semblable moteur et du dispositif de compensation n’est guère plus lourd qu’un moteur normal et le léger excédent de prix de revient qui en résulte est compensé par l’amélioration du fonctionnement.
- L’auteur décrit un compensateur de déphasage très simple, construit par la maison Brown, Boveri et Gie. M. Maurice Leblanc a déjà démontré, comme on sait, qu'on peut compenser le facteur de puissance d’un moteur d'induction au moyen d’une machine sans enroulement sur le stator (*).
- La figure i représente le schéma de la machine décrite par l’auteur. L'induit de celte machine se compose d'un anneau de fer complètement fermé sur lui-même /', dans les encoches u. desquelles se trouve un enroulement relié à un collecteur. Sur ce collecteur frottent des balais, dont le nombre dépend du
- nombre déphasés du moteur d’induction. Cette figure représente le schéma du compensateur pour un moteur diphasé. Le compensateur comporte alors quatre balais placés aux extrémités de doux axes perpendiculaires ; les balais sont fixes dans l’espace, tandis que le collecteur et l’induit tournent.
- Pour comprendre le fonctionnement de cette machine, on peut supposer tout d’abord qu’il circule entre les balais bx et ôa un courant continu; cc courant produit un flux <I>, dont les lignes de force sont représentées par À’sur la figure i. Par suite de la rotation de l’induit par rapport à ce champ fixe dans l’espace, une tension induite prendra naissance entre les balais h\ et 6'2 qui sont perpendiculaires aux premiers.
- Si l’on suppose maintenant que les balais bx et b2 soient reliés au rotor d’un moteur d’induction diphasé i'fig. 2) la tension induite entre les balais b\ et devient sinusoïdale; comme cette tension est induite
- dynamiquement par rotation, elle est en phase avec le flux qui la produit ; elle est donc maxima en même temps que le courant 4 dans le circuit bu b.2. Si l'on relie, d’autre part, les balais l>\ b'2 aux deux autres bagues du rotor, le courant 4, provenant de la seconde phase du rotor va être en quadrature avec /,. Par conséquent, au moment du maximum de il y aura entre les balais-Z>Y et £4 une tension induite également maxima et un courant 4 nul; de même, la tension induite entre bx et h* par le courant 4 sera nulle au même moment;.
- On voit donc que, dans chaque circuit, il existe un courant et une tension en quadrature par rapport à celle de l'autre; par suite, en choisissant convenablement le sens de rotation, il est possible de provoquer un déphasage de 90° en avant du courant par rapport à la tension et de compenser par le dispositif indiqué le déphasage du moteur d’induction.
- La tension la plus favorable, au double point de vue de 1’utilisation de la matière et du fonctionnement sans étincelles, est de 20 à 2.0 volts; elle est de
- (*) ÏJ Eclairage Electrique, 5 août 1899, p. 177.
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- l'ordre de grandeur de la tension induite, par suite du glissement, dans le rotor d'un moteur d’induction* M. K.
- Le coût des pertes dans les transformateurs.
- — Elektrotechnische Zeitschrift, 9 janvier 1913, d’après Proc. Am. Inst. EL Eng.. tome XXX, 1911, p. 1*257.
- On sait que dans un transformateur, ni le circuit magnétique, ni le circuit électrique ne sont parfaits. Le premier absorbe de l'énergie sous forme de pertes dans le fer et nécessite un accroissement de l'intensité du courant, lorsque, par suite de la saturation, sa réluctance augmente; de meme, dans le circuit électrique, il se produit des pertes dans le cuivre qui provoquent une chute de tension. MM. E.-G. Slone et R.-W. Atkinson ont entrepris de calculer ce que ces diverses pertes coûtent annuellement et d'évaluer leur importance par rapport au prix d'acquisition du transformateur.
- Les imperfections du circuit magnétique se mani-' testent :
- i° Par les perles dans le fer,* qui entraîneni une absorption d'énergie dans le transformateur lui-meme et un accroissement de la puissance de la centrale et des sections des canalisations, accroissements nécessités, par cette consommation d’énergie supplémentaire ;
- 20 Par la présence du courant magnétisant, lequel entraîne des pertes dans ïe cuivre des génératrices et des lignes, et un accroissement de la puissance de ces dernières en raison de ces perles.
- Quant aux imperfections du cuivre, elles se manifestent :
- i° Par les perles dans le cuivre du transformateur, qui entraînent une absorption d’énergie dans cet appareil et un accroissement correspondant de la puissance de la centrale et des sections des lignes;
- 20 Par les variations de la tension secondaire du transformateur qui abrègent la durée des lampes et sont désagréables pour les abonnés.
- En ce qui concerne ce dernier inconvénient, il y a toutefois lieu de remarquer que les lampes h blâment métallique modernes sont beaucoup moins sensibles aux variations de tension que les lampes à filaments de carbone.
- il n'y a pas lieu de prendre on considération le fait souvent signalé que la chute de tension du transformateur diminue les indications du compteur et, par suite,les recettes. Si Ton choisit, en effet, le rapport du transformateur de manière à obtenir la ten-
- sion normale à demi-charge, il s’ensuit que la diminution de consommation, lorsque la tension est trop faible, c'est-à-dire à pleine charge, est compensée par l’accroissement de celte consommation à charge réduite. 11 est recommandable d’adjoindre à chaque transformateur un ampèremètre enregistreur, de manière à régler la consommation réelle d’énergie, selon les dimensions de ce transformateur. Si le transformateur ne doit fonctionner que pendant des périodes assez courtes à pleine charge, il, est préférable, en général, de le choisir petit; la surcharge n’est alors pas à craindre. Les pertes dans le fer étant permanentes, il s'ensuit que, malgré l'augmentation des pertes à pleine charge, les dépenses totales correspondantes sont d'autant moins élevées que le prix d'acquisition de l'appareil est moindre. On doit charger le transformateur de manière à ce qu'il atteigne en service normal la surélévation de température admissible.
- Le rapport des pertes dans le fer aux pertes dans le cuivre a une importance notable. Il y a donc lieu de le choisir judicieusement dans chaque cas, si l’on veut réduire les dépenses totales au minimum.
- MM. Slone et Atkinson indiquent des formules permettant de calculer les dépenses correspondant aux diverses pertes citées plus haut. L’application de ccs formules à un exemple numérique donne les résultats suivants : Si l’on suppose que le kilowattheure coûte o fr. o/(, le kilowatt installé à la centrale io5 francs (dont la moitié pour la partie électrique) et le réseau primaire 5*2 fr. 00 par kilowatt, le prix d\in transformateur de 5 kilowatts comportant des pertes respectives de 5 watts dans le fer, de 9'J watts dans le cuivre cl un courant: magnétisant de 9. %y s'élèvera à 3i5 francs.
- Dans ces conditions, les diverses pertes entraînent annuellement les dépenses suivantes :
- Pertes dans le fer* *29 65
- Courant magnétisant 3 95
- Pertes dans le cuivre Variations de tension (frais de rcmpla- l7 15
- cernent plus fréquent des lampes). I 95
- 4r> 00
- Si l’on table sur un intérêt de 6 % et une durée du transformateur de dix ans, ces pertes correspondent
- i 5
- à une dépense totale de---—• = 3*26 fr. c'est-à-
- Ojl jO
- dire plus élevée que le prix d’acquisition précédent du transformateur.
- J.-L. M.
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- VARIÉTÉS
- L'EMPLOI DE L’ÉLECTRICITÉ
- DANS LES TRAVAUX AGRICOLE
- L’agriculture offre à l'électricité un vaste champ d’applications, qui est loin d'avoir été jusqu’à ce jour exploité, et même étudié comme il le mérite.
- Aussi la conférence de M. Lecler (*) à la Société Internationale des Electriciens a-t-elle attiré une particulière attention. L’auteur n’en dissimule pas le caractère fort incomplet, et il invite à concourir avec lui, en le documentant, toutes les personnes bien placées pour le faire.
- I. — Considérations générales. Travaux agricoles.
- La conférence débute par quelques chiffres d’abord fort séduisants : l’hectare de terre arable représenterait, si tous les travaux étaient faits électriquement, une consommation annuelle de i5o à o,oo kilowatts-heures, et si on estime que la France compte millions d’hectares ainsi cultivables, leur exploitation électrique représenterait 4° à 5o milliards d’hpctowatts-heures par année !
- Dès lors pourquoi comple-t-on si peu d’applications? Pourquoi conslate-t-on une consommation presque nulle, alors que se développent et prospèrent toutes les applications de l’électricité aux autres industries ? C’est ce que l'auteur n’examine pas en détail, mais éclaire de façon sensible en plus d’un point de sa conférence. Il en indique dès maintenant une des causes qui sc manifeste en beaucoup de cas, et retarde beaucoup le progrès : c’est l’inaptitude des solutions partielles à donner en cette question de bons résultats, c’estlanécessitc d’effectuer une transformation radicale du matériel existant.
- F/auteur signale cependant une condition favorable au développement de l'électricité dans l’agriculture, la crise de la main-d’œuvre qui va chaque jour s’aggravant et qui, d’après lui, contraindra bientôt les agriculteurs à exécuter, non la totalité, mais cependant une grande partie de leurs travaux au moyen de moteurs.
- (l) Bulletin de la Société Internationale des Électriciens. Juillet
- Ces moteurs pourraient être électriques, comme l’auteur se propose de le démontrer en beaucoup de cas, et les travaux à faire seraient susceptibles d'assurer une consomma lion, non négligeable, d’énergie électrique. Ensuite vient l’examen de ces tra-
- vaux.
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- i
- M. Lecler les divise, suivant l’usage, en travaux extérieur de ferme et en travaux à'Intérieur, Puis, les examinant de plus près, il étudie ceux où l’électricité est déjà appliquée.
- Tous sont marqués d’un caractère commun; ils sont en principe immuables comme les saisons, ctin-dépendants de la volonté de l'agriculteur. Cela ferait présumer qu'ils constituent une charge peu favorable à la régularité du régime des réseaux électriques et au coefficient d’utilisation des stations centrales. Mais l’auteur indique plus loin que pour le battage, par exemple, on peut y remédier.
- Examinant maintenant un de ces cycles réguliers qui marquent la succession des travaux de culture, M. Lecler expose fort logiquement leur raison d’être ainsi que les conditions de leur réalisation ; mais, en les abordant au point de vue pratique, il se limite à un seul exemple, le labour, qui nécessite la plus grande dépense d’énergie. L’exécution du labour exige un effort de traction très variable non seulement avec les terrains, mais aussi, pour un terrain donné, avec,la profon-
- deur de ce labour ; l’auteur met sous la forme : E - p 2
- J
- la relation entre ces deux quantités, l’effort E étant mesuré en kilogrammes, et la profondeur p en centimètres. Pour fixer les idées, il donne comme valeur moyenne : pour les labours jusqu’à 3o centimètres, un effort moyen de 5o kilogrammes et; des efforts-limites de 35 et y5 kilogrammes; au delà de 3o centimètres, 65 kilogrammes en moyenne (5o et ioo comme
- limites).
- On atteint très vite la limite d’effort pour les attelages de labour, et un des premiers avantages de l’électricité est de se prêter à la réalisation de ce que les attelages ne peuvent faire. Bien que l’auteur ne donne pas la mesure, par une formule analogue à j la précédente, du rapport que peut montrer la pra-j tique de labours plus profonds, il en fait concevoir 1 l’intérêt, et on comprend qu’en cette application,
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- 2 U fi A LUMIÈRE
- nomme en beaucoup d’autres, l'électricité assure une production meilleure et plus abondante.
- On se trouve ainsi conduit à envisager le labourage mécanique comme un moyen, non pas tant de faire les memes travaux de labour que les attelages, | et à prix plus réduit, que d’augmenter considérablement le produit des cultures, ce qui est en somme la chose importante.
- C’est à ce point de vue qu’il est préférable de se placer pour défendre le labourage mécanique, plutôt qu’à celui de l’éconornic réalisée sur l’opération elle-même, attendu que des bœufs permettraient de faire des labours à des prix très réduits, et il ne paraît pas probable que, même avec l’énergie électrique à bas prix (o fr. i5 à o fr. ao le kilowattheure, par exemple), on puisse descendre beaucoup au-dessous, surtout si l'on tient compte de l’entretien et de l’amortissement du matériel.
- C’est là malheureusement une considération qui pèse, plus difficilement sur les décisions des hommes et surtout des ruraux que la simple économie réalisée sur les dépenses; l’économie de première installation est parmi eux la conseillère la plus écoutée; l’économie d’exploitation force déjà plus difficilement l’attention; aussi l’avantage ci-dessus offre un argument moins efficace en pratique. Et pourtant combien il est vrai pour nombre des applications de l'électricité !
- Il semble que ce soit déjà là fait admis pour une minorité de ruraux qui n’est pas tout à fait négligeable. Si on cherche à chiffrer ce bénéfice, on éprouve les mêmes difficultés que l’auteur qui, de même que tous les autres auleut*s, jusqu’ici, ne résolvent pas L’incertitude.
- La définition du travail électrique du labourage est de même peu précise; après avoir affirmé que les engins mécaniques employés exigent, sous l’influence d’un très grand effort, une vitesse modérée (de l’ordre de i mètre par seconde), l’auteur fait observer, dès l’abord, les difficultés qu’on l’encontre à les réaliser, ainsi qu’à préciser les conditions qu’ils doivent remplir.
- « La charrue mécanique, dit M. Lecler, nécessite un grand effort de traction, qui ne peut être fourni que par des ireuils (fixes pendant le travail), à l’exclusion des tracteurs se promenant dans les champs. Même les divers appareils d’ancrage ne semblent pas jusqu’ici avoir donné de bien brillants résultats dàns l’ensemble. De plus, le poids des Ireuils employés en rend l’emploi pratiquement impossible (quel que soit, d’ailleurs, le genre de moteurs), lout
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- au moins économiquement parlant, pour les travaux autres que le labour.
- a La cause en doit être attribuée surtout à ce qu’on veut recourir à des ancrages temporaires dans de la terre plus ou moins meuble, c'est-à-dire à des ancrages dont la solidité varie suivant la saison et les intempéries.
- (c Ne disposant à l’heure actuelle, en ce qui concerne les travaux de culture effectués électriquement, que d’un trop petit nombre de renseignements pour qu’il soit possible d’en tirer des indications bien nettes, je laisserai de côté cette partie de mon sujet pour me limiter dans tout ce qui va suivre, aux applications de l’électricité aux travaux d’intérieur de ferme, ou, plus exactement, aux applications dans lesquelles les appareils restent fixes pendant leur fonctionnement, les seuls pour lesquels il m’a été possible de recueillir des résultats expérimentaux obtenus en service courant. »
- *
- * +
- Passant donc aux travaux de battage qu’il décrit, M. Lecler considère la puissance nécessaire à ces travaux, leur production journalière, très variables l’une et l’autre suivant la nature des céréales, leur état, la longueur de la paille, etc. Les différents matériels employés comportent généralement une locomobile d’une puissance de 5 à 8 chevaux, et la batterie peut débiter de ioo à 200 hectolitres par jour.
- Jusqu’ici les moteurs employés pour le battage ont été presque exclusivement des locomobilcs à vapeur ; mais les moteurs à pétrole ont déjà reçu i un certain nombre d’applications satisfaisantes, j Les moteurs électriques sont également employés, ce qui s’explique très bien, car la puissance nécessaire est beaucoup plus faible que pour le labourage et varie moins brusquement, le batteur formant une sorte de volant. On peut donc faire du battage électrique avec d’assex faibles centrales, là où le labourage électrique n’est pas possible.
- Le battage électrique est donc dès maintenant susceptible d’un développement important, d’autant plus que le moment est favorable pour concurrencer les locomobilcs à vapeur, qui donnent déjà une proportion d’accidents, généralement graves, bien supérieure à celle des machines fixes; cette proportion ne pourra que s’accroître avec l'âge moyen des chaudières, malgré les prescriptions du décret du 9 octobre 1907.
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- Aussi Inapplication de l'électricité au battage est-elle moins rare que son emploi dans le labour; sécurité, bon rendement et économie sont des arguments qui ouvrent la voie à son développement.
- D'autres applications considérées ensuite attestent d'ailleurs une compréhension certaine, une éducation réelle de la part de la minorité qui les a adoptées ; broyeurs, concasseurs, hache-pailles,brise-tourteaux et coupe-racines sont en effet des engins qui font subir à la ration quotidienne des animaux de la ferme un travail de préparation, de trituration, que l'animal avant eux faisait lui-même. Il en résulte une assimilation meilleure et plus complète; la supériorité de la paille hachée sur la paille qui ne l'est pas étant chiffrée à 20 ou 3o % , l'aplatissage de l'avoine réaliserait une économie de 3o % .
- Avec les coupe-racines, on réalise en même temps une application domestique, qui correspond à une très faible consommation, limitée en général à un 1/2 cheval ou à 1 cheval et en tous cas n'excédant pas 2 chevaux.
- Nous reproduisons ci-dessous quelques extraits des conclusions qui terminent ce chapitre consacré à l’examen des travaux de ferme. L'observation qui vise la nourriture humaine ne manque pas d'intérêt et la fin, qui concerne une application d'avenir certain,
- Y irrigation qui a fait ses preuves en maints pays étrangers, en est particulièrement optimiste.
- ce Je laisse de côté ici la question de la moulure des grains pour l'alimentation humaine ainsi que celle de la panification par pétrins mécaniques. La question du moulin de petites dimensions, facilement utilisable même dans les moyennes exploitations, a été étudiée depuis longtemps ; toutefois il ne semble pas que l’emploi de ces appareils ait pris une extension bien grande, tout au moins dans nos contrées, sans doute'à cause de la difficulté d'obtenir régulièrement et sans peine une farine suffisamment blanche et pure pour satisfaire les exigences du personnel agricole, dont le pain constitue encore maintenant la base de la nourriture ».
- «... Lorsqu'il s'agit de couper les racines (betteraves, par exemple), la consommation d’énergie est très faible, et le travail assez rapide, même à bras.
- .Par contre, dès qu’il s’agit de couper une quantité un peu importante de paille et surtout de concasser du grain, il devient pratiquement impossible d'effectuer ces travaux à bras, sans une dépense de main-d'œuvre hors de toute proportion avec l’effet produit, de telle sorte que des moteurs deviennent j
- nécessaires. Parfois, on utilise à un manège les animaux de l'exploitation.
- « Lorsque dans une installation on peut disposer I de courant à bon compte, il est tout indiqué d’ac-1 tionner ces appareils par des moteurs électriques. Cette solution peut s’adopter sans aucune transformation des appareils, puisqu'ils sont déjà adaptés à la conduite par moteur ('); d'autre part, les puissances unitaires nécessitées par le fonctionnement de ccs appareils sont faibles : généralement des moteurs de 0,5 à 1 cheval suffisent, et il n’y a que j très rarement lieu de dépasser 2 chevaux.
- « Il en résulte, d'une part, que les quantités d'énergie consommées son! réduites, et par suite aussi les dépenses; d’autre part, que ces moteurs peuvent être alimentés sans inconvénient par de petites centrales puisqu'ils ne peuvent donner que | de faibles à-coups.
- ! « Dans ces conditions, on s'explique que ces
- applications des moteurs électriques aux travaux de préparation de la nourriture du bétail aient été* nombreuses; elles le deviendraient bien davantage encore, pour peu qu'on fasse ressortir aux agriculteurs les économies que présente pour eux la meilleure préparation de la nourriture du bétail; sans pouvoir citer de chiffres précis, il semble que, pour | l'avoine notamment, l'aplatissage permette une éco-I nornie d’environ 3o % de la quantité qui devrait être : distribuée entière, parce que, dans ce dernier cas, une j certaine quantité de grains traverse le tube digestif sans altération, et se retrouve intacte dans les matières.
- : ce Jusqu'à ces dernières années, surtout dans les
- 1 exploitation à personnel réduit, les agriculteurs ne 1 pouvaient songer, par manque de main-d'œuvre, à I faire ces préparations avantageuses. Avec les i moteurs à pétrole, il 11'en est plus de même; aussi j leur emploi s’est-il beaucoup développé dans ces dernières années; il cri sera de même de celui des moteurs électriques, pour peu que les entreprises de distribution fassent une propagande appropriée.
- « Cette extension de l’usage des moteurs électriques dans les exploitations sera d'ailleurs d'autant plus grande qu'ils pourront recevoir d'autres applications.
- P) Toutefois, les appareils actuels ayant souvent des vitesses faibles, qui nécessitent des réductions de vitesse intermédiaires, plus ou moins coûteuses et encombrantes, il serait utile et parfaitement possible d’établir de nouveaux types à vitesse accélérée, disposés spécialement en vue de la commande électrique, par courroie simple ou avec tendeurs, ou par accouplement direct.
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- « Il faut en effet, dans une ferme, quotidiennement ! des quantités d'eau importantes. Souvent on est j obligé d'elever celte eau d’un puits. Parfois cette élévation sc fait avec un moulin à vent, mais c’est là souvent un moyen insuffisant et coûteux de premier établissement. L’emploi d'uuc petite pompe à moteur, au contraire, permettra de résoudre avantageusement la difficulté. Bien plus, elle permettra dans beaucoup de cas, de donner plus d’extension à la culture maraîchère, en facilitant les arrosages et les irrigations. Ces applications se développent d'ailleurs aux Etats-Unis, dans le Colorado notamment (.Electriccd Review, 8 juin 1911 et 15 juin 191*2) »,
- Quelques mots enfin de chapitre visent la composition des divers appareils. Le chapitre suivant aura traita leur consommation d’énergie électrique.
- Les appareils d’intérieur de ferme sonl de consli- j tulion simple.
- Dans les coupe-racines, des couteaux rotatifs, montés sur un disque ou un tambour, viennent couper successivement des tranches de racines qui sont généralement poussées sur le disque porte-lames par leur propre poids.
- Dans le hache-paille, qui comporte également des couteaux rotatifs, ceux-ci viennent découper par tranches la paille, comprimée dans une sorte de
- boucle, et animée d’un mouvement de progression dont l'amplitude égale la longueur de coupe des brins de paille.
- Les concasseurs, broyeurs, aplalisseurs sonl, au contraire, des appareils à cylindres ou à disques qui aplatissent ou broient les grains entre eux.
- A cet effet, la distance entre les cylindres est nécessairement très petite, pour que les grains ne passent pas sans être écrasés: comme, d'autre pari, l'effort nécessaire pour obtenir l’aplatissement ou le broyage est considérable, on ne peut disposer les cylindres pour qu’ils cèdent facilement; il s’ensuit que toute irrégularité dans la marche de l’appareil, provoquée soit par un réglage des cylindres trop rapprochée, soit par un excédent d’alimentation, produit des barrages et par suite des accroissements brusques de l'énergie absorbée, qui peuvent atteindre instantanément plusieurs fois la valeur normale.
- 11 est indispensable, pour éviter les mécomptes venant de ce fait, de déterminer largement les moteurs employés pour la commande de ces appareils, ainsi que les lignes qui les alimentent.
- Ces conditions sont d’ailleurs communes à tous les appareils à cylindres, broyeurs ou concasseurs.
- [A suivre.) B. »a Costa.
- BIBLIOGRAPHIE
- U est donné une analyse des ouvrages dont
- Dr Pierre Corret. — Télégraphie sans fil. — 'Réception des signaux horaires et des télégrammes météorologiques (extrait du Cosmos t octobre et novembre 1912). — 1 vol. in-16 de 9*2 pages avec 34 figures. — Editions de la Bonne Presse. Paris iç)i3. —: Prix : 2 francs.
- Ce petit livre de vulgarisation est vraiment intéressant et très bien fait pour le but qu’il se propose. L’auteur qui connaît admirablement notre grand poste militaire de la Tour Eiffel et ses habitudes, y expose d’une manière particulièrement vivante les différents genres de signaux qu'il envoie et leur signification, ainsi que la manière de les recevoir suivant la distance à laquelle il se trouve.
- La division adoptée, pour n’êlre pas dictée par des raisons techniques, n’en c'st pas moins originale et précieuse pour des lecteurs non spécialisés, puîs-
- deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- qu’elle leur permet, selon la distance des stations dont ils veulent recevoir, de trouver là immédiatement la recette pratique, peut-on dire, à employer.
- Les explications techniques données d’une façon si imagée dans la troisième partie (réception à très grande distance), éclairent d’ailleurs singulièrement les indications sur la construction d’appareils ou leur montage données précédemment, et si la rigueur scientifique peut trouver quelquefois à redire aux explications données, il est bien certain du moins qu’en appliquant ces directives si simples, les plus ignorants de l’électricité arriveront à un résultat certain, souvent même excellent, s’ils ont un peu d’habileté comme operateurs et de goût pour la petite mécanique d’appartement.
- Enfin cette division a encore l’avantage de faire pénétrer progressivement dans le domaine de la
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. S. b\ en commençant par les cas simples pour arriver au problème général.
- A noter en outre le paragraphe tout d’aclualilé sur le point de vue juridique de ces installations de réception ainsi que le recueil des adresses où il est facile de se procurer les éléments nécessaires pour la réalisation des appareils décrits.
- En un mot, ce petit livre, très intelligemment compris et présenté, est en meme temps si vivant, qu’il fait désirer vivre un peu dans ce monde spécial des radiotélégraphistes, dont le salon est l'atmosphère entière, où s'échangent sans cesse les conversations les plus diverses, les plus futiles comme les plus graves, et où il semble, quand on les écoule, que Ton vive dans un monde nouveau, un inonde où les distances ne compteraient plus, puisque l'on entend à la fois le Canada et l'Allemagne, l’Afrique Saharienne et la Norvège, et que chaque jour l’horizon hertzien s élargit.
- J. Bio.n,
- Lieutenant de vaisseau.
- Ingénieur radiotélégraphiste breveté.
- Escard (Jean), Ingénieur civil, lauréat de la Société d’encouragement à l’Industrie Nationale, rapporteur général du premier Congrès international dos Applications de l’électricité aux industries agricoles. — Les applications de F électricité à V agriculture. — Brochure de 74 pages avec 24 ligures. — «1 .-13. Bailmkiie ist r ii.s, éditeurs, Paris. — Prix : 2 francs.
- Cet ouvrage est extrait de la Revue d1 Electricité (juin-juillet 1912). L’auteur s’y est proposé surtout de mettre en relief les services les pliis importants que peut rendre l’électricité dans les exploitations agricoles. L'organisation en France du Premier Congres international d% ëlectrocullure, l’inauguration d’une Association française d'clectroculhu'e montrent l’intérêt de la question.
- M. Escard étudie successivement dans cet ouvrage :
- i° Jj*ëlectrocullure proprement dite : électrification des plantes, action de la lumière électrique sur la végétation, utilisation directe de rélecLricilé atmosphérique, dépenses de courant, d’installation et d’entretien.
- 20 Le travail électromécanique du sol : machines diverses d'intérieur et d’extérieur de ferme, labourage électrique, machines à abattre les arbres, pompes mues électriquement.
- 3° Les applications spéciales : éclairage, destruction des insectes et maladies parasitaires, blanchi-
- !
- nient électrique des farines, fabrication et traitement des engrais, stérilisation de d’eau, du luit et du beurre, emploi de l’électrification comme agent gréliluge et pour la dissipation dos brouillards.
- Les résultats obtenus jusqu'à ce jour dans ces différentes applications sont tels que l’éïectrocullure peut être considérée comme sortie de la période d’essai. Quoi qu’il en soit, M. Escard signale aux agronomes les nouvelles études à faire pour réaliser avec cette science encore jeune tous les progrès et les bénéfices que sont en droit d’attendre d’elle les agriculteurs.
- L. E.
- CORRESPONDANCE
- Perturbations apportées aux lignes à cou-rant faible par les lignes de traction électrique.
- Monsieuh lj*: Dihkcteuu,
- J’ai lu avec beaucoup cl’intérèt l’important article qui a paru dans le n° r>, t. XXI, du 1” courant de votre journal (*), relativement aux -perturbations électrostatiques cl électromagnétiques, produites par des lignes de transport d'énergie électrique en général, et tout spécialement par celles de traction électrique.
- Mais c'est avec beaucoup de regret que je vois oublier, par les différents auteurs, tous nos travaux à ce sujet, travaux qui ont été l’objel d’une communication que j’ai faite au ( iongrès d’Eleclrotechnique de Marseille en 1908, et qui, depuis plusieurs années, ont permis aux installations italiennes et à beaucoup d'installations étrangères, de pouvoir eu toute sûreté correspondre sur des lignes parallèles à la haute tension.
- Dans la communication susdite figuraient : et la self avec centre à la terre, que nous appelons ë touffeur, qui constitue un de nos brevets dans presque tous les ELats, et qui est destiné à éliminer les perturbations dues à l’induction électrostatique, et l’appareil que j’ai appelé séparateur, qui a la charge d’éliminer les phénomènes d’induction clectroma-gnetiq ue.
- Cet appareil, que j’ai breveté et exploité dès 1903,
- (t) Devaux Charbüx.nel. Télégraphie et Téléphonie, Lumière Electrique, ie*' février 19i3rp. i3r.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- est presque identique à celui que M. le Professeur I Girousse vient de publier.
- .le vous prie, Monsieur, de vouloir bien publier ma lettre, pour l'impartialité qui, dans ce cas, est nécessaire.
- Milan, le b février 1913. Ahtuho Pehego et C“
- * »
- Nous avons reçu de M. Devaux Charbonnel la réponse suivante :
- Monsieur le Diiiecteuii,
- J’ai l’honneur de vous renvoyer ci-inclus la lettre de ia Société A. Perego que vous avez bien voulu me communiquer.
- Je connais, en effet, et beaucoup de vos lecteurs connaissent aussi bien que moi, les dispositifs de M. Perego, qui ont fait l’objet d’une communication au Congrès des Applications de l’Électricité de Marseille de 1908, à la Section même dont j’étais le président.
- L’étouff'eur consiste essentiellement en une bobine de self à deux enroulements, avec mise à la terre au milieu. On peut la disposer entre deux fils d’une ligne téléphonique, de manière que les courants induits par une ligne parallèle à haut voltage s’écoulent au sol, parce qu’ils sont dirigés dans le même sens sur chacun des fils de ligne, et en sens inverse dans les deux enroulements, à l’opposé dés courants téléphoniques, qui rencontrent dans la bobine un obstacle insurmontable. Le séparateur est un transformateur alimentant un pont de Wheatstone où le récepteur téléphonique joue le rôle de galvanomètre, et qui, équilibré pour les courants de basse fréquence, ne l’est plus pour les courants de fréquence téléphonique.
- Je n’ai pas parlé de ces dispositifs, bien qu’ils soient très intéressants, parce que dans mes chroniques, je m’attache surtout aux inventions de date récente, comme il convient pour ce genre d’articles.
- Veuillez agréer...
- Paris, le 9 février 1918. Devaux Chakbonnkl.
- BREVETS
- Régulateur de potentiel compensé monophasé. - Société Brown-Bovcri et Cic. — X° 446 335. Demandé le 22 juillet 1912. Publié le 2 décembre 1912.
- La répartition de l’enroulement d’un régulateur de potentiel monophasé est d’une grande influence sur sa chute de tension inductive, laquelle est en outre fonction de l’angle de décalage de l’enroulement secondaire par rapport à l’enroulement primaire. L’enroulemement compensateur, qui est perpendiculaire à l’enroulement primaire, est bien capable de supprimer le champ transversal déterminé par le courant de travail, mais il subsiste néanmoins des champs locaux qui viennent augmenter la chute de tension du régulateur de potentiel. Ces champs résiduels ne peuvent pas être annihilés par l’enroulement compensateur, car, pour annuler intégralement le champ du courant, le nombre des ampères-tours résultant devrait être, pour toutes les positions du secondaire, égal à zéro en tous les points de la circonférence de l’induit. Mais il n’en est ainsi que si la répartition des ampères-tours du secondaire est
- semblable à celle des ampères-tours du primaire, mais dirigée en sens contraire. Avec le mode d’enroulement usuel, celte condition n’existe cependant que pour quelques-unes des positions du secondaire, tandis que dans d’autres positions la répartition respective des ampères-tours diffère dans les deux parties.
- Pour cette raison, 011 a déjà proposé de répartir les trois enroulements, c’est-à-dire l’enroulement primaire, l’enroulement secondaire et l’enroulement compensateur, sinusoïdalcment sur la circonférence, puisque l’enroulement secondaire peut être décomposé lui-inêrnc dans toutes les positions en enroulements composants répartis sinusoïdalement, et dont les axes coïncident avec les axes dcs enroulements du stator. Aux enroulements composants, qui sont répartis sinusoïdalement, sont alors opposés des enroulements en stator qui sont répartis de la même façon, et on réussit ainsi à annihiler effectivement le champ du courant d’une manière à peu près complète.
- L’exécution des enroulements sinusoïdaux offre
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- 22 rèvrier 1913. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- cependant des difficultés et elle ne se prête guère à la fabrication en grand, car le nombre des fils varie d’une,rainure à l'autre, de telle sorte qu’un bobinage symétrique est très difficile. L’observation du nombre des fils exige une grande attention et un contrôle continuel du travail. L’enroulement primaire et l’enroulement compensateur doivent, en outre, passer l’un devant l’autre aux surfaces terminales du fer, ce qui oblige à couder les têtes du bobinage. Cette dernière opération est un travail délicat avec des enroulements ainsi enchevêtrés, elle augmente le prix de la construction de ces régulateurs de potentiel dans une mesure considérable.
- Dans le dispositif ci-dessous les trois enroulements du régulateur du potentiel ont la forme d’enroulements normaux de solénoïdes à courant continu, et ils évitent alors en même temps d’une façon presque complète les champs résiduels nuisibles pour toute position du secondaire.
- En exécutant les enroulements secondaire, primaire et compensateur, de telle manière que leurs ampères-tours respectifs soient répartis uniformé-
- F‘g. f-
- Fig.i*
- i : l
- j i ; i
- ooooioooo j • I
- h____*_______________J j
- j ! ! !
- 8 8008 8 18 800 8 8 ; 8 t|l 8 •• 8 8:
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- Fig.i» ° ° OiO ° ° °?. i •••• «je* • • •
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- Fig.i»
- O o o o 0|0 O O O O j • » • * f
- _____________________
- Fig. I.
- • • •
- ne subit aucun accroissement appréciable par le déplacement de la partie secondaire.
- Ces conditions sont expliquées par les figures i à i.
- La figure i représente la répartition des parties de l'enroulement secondaire du régulateur de potentiel. Le champ qui correspond à cet enroulement est représenté (fig. ah Cet enroulement peut être décomposé de la manière suivante en deux enroulements qui sont perpendiculaires l’un à l’autre, et décalés par exemple de ,i5° par rapporta l’enroulement primitif. On substitue à l’enroulement de la figure i l’enroulement de la figure i1* qui lui est électriquement identique, car les conducteurs qui sont insérés dans les rainures jusqu’alors libres d’un enroulement, se compensent réciproquement
- Fig. 3.
- Fig. a.
- ment sur les deux tiers de chaque division polaire, chaque enroulement engendre séparément un champ d’une forme trapézoïdale. En décomposant l’enroulement secondaire en deux enroulements élémentaires d’équerre l’un de l’autre et ayant une position quelconque, les champs de ces enroulements élémentaires ont toujours une forme telle qu’ils ne déterminent, en agissant en sens contraire sur le champ d’un enroulement du stator, aucun champ résiduel du troisième harmonique. L’influence des champs résiduels du cinquième, septième, etc., harmoniques est alors tellement faible qu’elle peut être négligée. Cette répartition des trois enroulements sur la périphérie a, par conséquent, pour effet que la chute de tension inductive du régulateur de potentiel
- dans chaque rainure et leur action résultante est nulle.
- Or l’enroulement de la figure i" constitue, la somme des deux enroulements des figures i1’ et i° qui sont perpendiculaires l’un à l’autre, et il peut être décomposé en ces deux enroulements partiels. Le champ de ces enroulements partiels a alors la forme représentée figure 3.
- Si l’on oppose alors au champ suivant la figure 3, un champ suivant la figure i, de l’enroulement primaire, par exemple, on peut déterminer le rapport des valeurs respectives des amplitudes A, et A2 des deux courbes de champ, par l’équation Ao r>2 O 6'1:.
- A, /| 31 C22
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- T. XXI (2° Série). — N° 8.
- Ci étant le coefficient de champ de l’enroulement primaire, c12 le coefficient d’induction mutuelle primaire et secondaire, ci le coefficient du champ de l’enroulement secondaire, c22 le coefficient de self-induction de l’enroulement secondaire iu z2 le nombre d’ampères-tours de l’enroulement primaire f2> z2 le nombre d’ampères-tours de l’enroulement secondaire décomposé.
- Or, dans le présent cas on a
- A2 _ 0,67 X 0,79 _
- At 0,625 X 0,78
- Sur la figure 4 les deux champs des figures 2 et 3 ont été amenés à se superposer dans un rapport correct de leurs grandeurs ; il en ressort que les champs résiduels ont essentiellement le développement d’un cinquième harmonique, et il n’existe par conséquent pas de champ résiduel du troisième harmonique.
- On peut dire, d’une manière générale, qu’il ne se retrouve dans les champs décomposés que les harmoniques qui existaient déjà dans le champ primitif; c’est pour cela que dans le régulateur de potentiel l’emploi d'enroulements, dont les ampères-tours recouvrent deux tiers de chaque division polaire, offre un avantage tout particulier.
- On a supposé jusqu’ici que les enroulements soient exécutés tous trois comme des enroulements séparés. Cette exécution n’est pas indispensable ; l’enroulement primaire et l’enroulement compensateur du stator penvent, au contraire, être réunis en un enroulement unique.
- Ce dispositif pourrait être obtenu en donnant, par exemple, au stator un enroulement fermé à courant continu et à pas raccourci, dont le pas de bobinage soit égal aux deux tiers d’une division polaire. En alimentant avec du courant un tel enroulement suivant un axe, le champ créé aurait de nouveau la même forme trapézoïdale qu’un enroulement exécuté comme ci-dessus.
- Si l’on met l’enroulement à courant continu en court-circuit suivant un axe perpendiculaire à l’axe d’arrivée du courant, un courant qui traverse l’enroulement suivant cet axe détermine un champ trapézoïdal analogue.
- L’enroulement à courant continu peut être utilisé, par conséquent, à la fois comme enroulement primaire et comme enroulement compensateur et il fournit, étant bobiné à un pas équivalent aux deux
- tiers de la division polaire, des champs de la forme désirée.
- L’enroulement à courant continu offre alors sur l’enroulement réparti sinusoïdalement l’avantage d’une exécution plus simple, puisqu’il peut être exécuté symétriquement et qu’il se prête exactement à la fabrication en grand comme un enroulement à courant continu quelconque.
- Groupe moteur-générateur produisant un courant continu d’intensité constante. — Société Alsacienne de Constructions Mécaniques, — N° 446986. Demandé le a5 septembre 1911. Publié le 19 décembre 1912.
- Ce brevet concerne un convertisseur à courant continu, permettant de transformer le courant fourni par un réseau à tension constante en courant d’intensité pratiquement constante, quelle que soit la résistance du circuit qu’il parcourt. De tels convertisseurs ont leur application pour éviter les à-coups dans les installations où cette résistance peut subir rapidement de notables variations, par exem-
- l’ig" i-
- pie dans l’alimentation des lampes à arc, des fours électriques à résistance ou à arc, etc.
- En principe, ce moteur-générateur comprend un moteur à courant continu A, à vitesse sensiblement constante (moteur shunt ou même anticompoud) alimenté par un réseau B à tension constante. Ce moteur est accouplé mécaniquement à une' génératrice G débitant sur la réseau D qui doit être à intensité constante. Cette génératrice C est munie de
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- quatre enroulements d’excitation. L’un E est en série avec le réseau D ; un autre F est en dérivation aux bornes de la génératrice C ; un troisième G est en série avec le moteur A; enfin le quatrième H est alimenté par le réseau B et fournit une excitation fixe.
- Les enroulements F, G, H agissent tous les trois dans le même sens pour exciter la génératrice G ; l’enroulement E est anticompound et agit par conséquent en sens inverse des trois enroulements F, G, H. De plus, ces quatre enroulements sont réglés de telle manière que lorsque la génératrice C fonctionne à pleine charge, c’est-à-dire débite le courant constant sous son plein voltage, chacun de ces quatre enroulements produise la moitié des ampères-tours nécessaires pour maintenir ce voltage-
- On va voir que, dans ces conditions, le courant débité par G se maintient pratiquement constant, quelle que soit la résistance du réseau D, c’est-à-dire que la tension aux bornes de G se proportionne automatiquement à cette résistance.
- Soit n la moitié du nombre d’ampères-tours néces-sah’e pour exciter la génératrice C en pleine charge. Pour cette pleine charge les trois enroulements F, G et Iï fournissent 3 n ampères-tours, l’enroulement E en fournit — n de sorte qu’à sa pleine charge la génératrice G est excitée par :
- 3 n — n ~ 2 n ampères-tours,
- ce qui est bien le nombre d’ampères-tours nécessaire pour la pleine charge.
- Si l’on examine maintenant ce qui se passe pour l’autre charge extrême, c’est-à-dirc la charge zéro correspondante au court-circuit franc de G, les ampères-tours fournis par les divers enroulements d’excitation de G sont :
- pour E............ .......... — n
- pour F....................... o
- pour G....................... o
- pour H.......... ............ + «
- Total................... n — n — o
- ce qui correspond bien au court-circuit dè cette ma-
- chine. En réalité, G ne donne jpas dans ce cas des ampères-tours nuis* car le moteur A supporte une certaine charge correspondant aux pertes à vide du groupe. Pour arriver à une excitation totale nulle, il suffira alors de régler l’excitation H de manière à lui faire fournir en moins les ampères-tours que G fournit en trop.
- On verrait de même que l’excitation de G et, par conséquent, la tension de cette machine se proportionne à la résistance du circuit qu’elle alimente, dans lequel le courant reste donc constant.
- On a, par exemple, pour la demi-charge de G, à laquelle doit correspondre la demi-excitation normale de G pour que le courant reste constant :
- ampères-tours de E = ampères-tours de F —
- ampères-tours de Gm ampères-tours deH ~
- Total........... —n~\- --J-- 4-n = n
- 2 2
- ce qui est bien la moitié de la pleine excitation.
- Dès qu’on veut, charger la machine G, son amor. çage se produit immédiatement, grâce à Fenroule-ment d’excitation fixe H qui est toujours sous tension.
- Des rhéostats placés en série avec les enroulements d’excitation H et F, et d’autres shuntant les enroulements série G et E, permettent de régler les ampères-tours fournis respectivement par les quatre enroulements excitateurs. En modifiant simultanément les ampères-tours de ces quatre enroulements, on pourra donc changer le régime de marche du groupe, c’est-à-dire la valeur de l’intensité qui est maintenue constante dans le réseau D. On pourrait également par des réglages convenables des ampères-tours respectifs de E, F, G et H, obtenir que le courant D varie dans un sens déterminé pour une certaine variation déchargé de D.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- L’économie de l’opération réalisée par l’Union des Tramways, et dont nous avons parlé dans le dernier numéro, est ainsi définie par le Moniteur des Intérêts Matériels : L’Union doit se libérer de 4 millions i /a de sa dette vis-à-vis de la Société des Basses-Pyrénées par des annuités dont le montant doit être suffisant pour faire face aux obligations de 5oo francs, 5 % de cette dernière. C’est comme si elle avait fait une émission de 9000 obligations de 5oo francs à 5 % au pair. Mais elle devient propriétaire pour 8 millions 1/2 d’un actif qui en représente 14 1/2; elle reçoit en prime 2600 obligations à revenu fixe des Produits alumineux et 5 600 obligations à revenu variable de la même Société qui, au cours de la Bourse, représentent près de 720. 000 francs. Le revenu de ces titres équivaut à 39 000 francs. Ainsi les revenus de tous les titres acquis par l’Union seraient supérieurs à l’annuité de 220 000 francs qu’elle assure d’après ses engagements. On compte de plus sur l’amélioration des procédés d’exploitation, la prolongation des lignes existantes jusqu’à des centres très fréquentés en été et sur le doublement de la voie Saint-Sébastien-Tolosa pour améliorer les recettes.
- Les Etablissements financiers qui prêtent leur concours à l’Union dans cette opération, c’est-à-dire le groupe du Crédit Foncier d’Algérie et de Tunisie et la Banque Gaston Haardt de Bruxelles ont assuré l’élévation de son capital de 1 à 2 millions par la souscription à 10000 actions privilégiées nouvelles et lui ont consenti des ouvertures de crédit pour faire face à ses besoins : ces crédits ne seraient convertis en actions privilégiées qu’au fur et à mesure de la réalisation de bénéfices suffisants pour assurer 6 % à ces actions nouvelles comme c’est le cas des actions anciennes.
- Ce dernier point de vue peut donner lieu à quelques critiques, car le prix de ces concours momen-
- tanés grève le compte actuel d’exploitation, sinon le compte de premier établissement le jour où, sûr du revenu escompté, on se laisse aller à consolider dépenses et frais généraux de premier établissement,
- On écrit de Saint-Pétersbourg qu’une assemblée générale de la Société russe d’Electricité Westinghouse est convoquée à l’effet de décider la réorganisation de l’entreprise.
- La Société Norvégienne de l’Azote est en ce moment l’objet de l’attention publique. Elle a achevé ses premières installations dont le coût est inférieur aux prévisions et elle se trouve au début de sa période de rendement. Elle vient d’ailleurs de conclure avec le groupe allemand de la Badische Anilin und Soda Fabrik un accord qui fait de celle-ci un de ses actionnaires. La Badische apporte à la Norvégienne ses procédés actuels et futurs pour la fabrication des produits nitreux par l’oxydation directe de l’azote atmosphérique.
- La Société Norvégienne dispose maintenant de plusieurs chutes évaluées à 55 000 chevaux et du contrôle sur diverses sociétés hydro-électriques. Cependant l’énormité des moyens mis en jeu fait penser que les procédés actuels sont susceptibles de perfectionnements.
- En France, la Société Générale des Nitrures, qui s’est attaquée à la solution du même problème, paraît devoir réussir avec des moyens différents et moins coûteux. On dit qu’on inaugurera dans quelques semaines un four spécial de fabrication qui assurera le succès de l’entreprise. La Société Norvégienne des Nitrures en aurait commandé quatre semblables. L’action de la Société des Nitrures a subi d’importantes fluctuations, touchant à 5 35o pour remonter à 5 600. Celle de la Société Norvégienne de l’Azote est aux environs de 299'.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Pas-de-Calais. — Le Conseil Général a voté la construction du troisième réseau départemental de chemins de fer d’intérêt local.
- Groupe du Bassin houiller et extensions; Lignes électriques. — ire série : i55,7 kilomètres. — Electrification de Lens à Frévent (rachat), Bruay-Aire, Béthune-Bruay-Hesdin (reprise), Béthune-Bully (reprise), Lié-vin-Arras, Liévin-Bully, Lens-Laboursc.
- 2° série : 171,9 kilomètres. — Calonne-Fruges, Bé-thune-F’leurbaix, Bully-Aubigny,. Bully-Lens (reprise), Arras-Bienvillers, Noyelles-Richebourg, Frévent-Hes-din, Béthune-Eslaires (rachat), Avesnes-le-Comle-Doul-lens (après entente avec la Somme), Hébulerne jusqu’à la Somme, Fleurbaix-Armentières (après entente avec le Nord), prolongement de Lens-Laboursc jusqu’à Es-taires.
- 2° série : 4b kilomètres. — Enquin-Longueville, Sainl-Mouchin-Salperwick (après entente avec le Nord), Saulchoy-W ailly.
- Groupes de lignes à vapeur à voie normale. — i*'« strie : 16 kilomètres. — Embranchement Achiet-Bucquoy, Marquion-Douai (après entente avec le Nord).
- 2e série : 60 kilomètres. — Bienvillers à Doullens, Bienvillers à Hébulerne, Arras-Lecluse et Ilarnes-Sallau mines.
- Soit au total 611 kilomètres pour les quatre groupes. Les dépenses sont évaluées à 3o millions environ.
- Groupe du littoral boulonnais; Lignes électriques. — xr*> série : 44,3 kilomètres. — Boulogne gare centrale à Equihen-Wiinereux, Wissanl-Rinxent jonction, Wimc-reux-Boulogne.
- 2e série : 36 kilomètres. — Rinxenl-Guines, Wissant-Calais.
- Groupes des lignes à vapeur à voie étroite. — ir® série : 78,8 kilomètres. —Tournehem-Saint-Omer, Dom-pierre-Ilesdin, Dompier re-Berck et Tournehem-Au-druicq.
- Pyrénées-Orientales.— La Commission départe mentale a demandé que les études fussent commencées au plus tôt pour les lignes de chemins de fer du 2e réseau votées par le conseil général.
- Ligne de Perpignan à Corneilla ;
- Ligne de Perpignan à Fourques par Villeneuve, liages, Villemolaque et Passa-Tresserre ;
- Ligne d’Argelès-sur-Mer à Montesquieu;
- Ligne de Prudes à Mosset;
- Ligne de La Tour-bas-Elne à Perpignan ;
- Ligne de Bompas à Saint-Laurent-de-Ia Salanquc.
- Suisse. — La Commission d’études qui avait été formée par la Direction générale des chemins de fer fédéraux pour l'électrilication du chemin de fer du Gothard, a déposé son dernier rapport. Elle conclut à l’adoption du courant monophasé i5 périodes et i5 000 volts.
- Pour obtenir la puissance nécessaire, on créerait au Sud l’usine du lac de Ritom et au Nord les usines de Gœschenen et d’Amsteg, qui fourniraient au total g5ooo chevaux, y compris la réserve.
- Les installations générales comportent les parties suivantes :
- Installations pour la production et la distribution de l’énergie (29 millions), ligne de contact et d’alimentation (9,77 millions), matériel roulant, dépôt et ateliers de réparations (21,9 millions), transformation d'usines à basse tension (3,5 millions); en laissant une forte marge pour l’imprévu, on arrive au total de 67,5 millions.
- La commission a encore étudié quelle puissance serait nécessaire pour alimenter tous les chemins de fer suisses, dans la supposition d’un trafic double de celui de l’année 1904. Les cinq réseaux des chemins de fer fédéraux et les lignes privées auraient besoin annuellement, pour une production de 14,2 milliards de tonnes-kilomètres brutes, de 1000 à 1 3oo millions de chevaux-heures sur l’arbre des turbines ; les usines génératrices devraient être construites pour une puissance totale de 5oo 000 chevaux.
- D’après une estimation technique, il existe une douzaine de chutes d’eau encore libres ou réservées aux chemins de fer fédéraux, lesquelles, par leur combinaison, fourniraient environ 1 800 millions de chevaux-heures par année sur l’arbre des turbines; les usines pourraient donc être établies pour une puissance maxima de 625 000 chevaux.
- Bulgarie. — Les chemins de fer de l’Etat bulgare viennent de procéder à une adjudication pour la fourniture de 45o wagons à marchandises d’une valeur de 2 millions de francs environ. Des firmes autrichiennes, allemandes et belges y ontparlicipé. mais l’olTr e la plus basse a été faite par la Fabrique suédoise de wagons Arloef. Ce matériel est surtout destiné aux nouveaux districts de la Thrace et de la Macédoine.
- Une’ autre adjudication concernait 3o locomotives Decapod et i5 locomotives Pacific ; l’offre la plus basse émane de la firme Henschel et fils, de Cassel.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXI (2* Série). — N° 8;
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Aube. — La municipalité de Romilly-sur-Seine étudie plusieurs projets qui lui ont été présentés pour l’installation de l’électricité.
- Calvados. — La Chambre de Commerce de Caen est autorisée à contracter un emprunt de 74 5oo francs, en vue de l’installation électrique du canal de Caen à la mer et des quais du port de Caen.
- Charente Inférieure. — Des pourparlers sont engagés entre la municipalité de Saintes et le Centre Electrique pour l’installation de l’éclairage électrique.
- Marne. — Les délégués d’une quarantaine de communes de la région Ay-Epernay ont décidé de se constituer en conférence intercommunale en vue d’établir un cahier des charges collectif pour l’installation de l’électricité comme éclairage et force motrice. Pour continuer l’étude du projet, ils ont nommé une commission de neuf membres : MM. Mailly, maire d’Ay, président; Brémqnt, maire d’Ambonuay; Perrault, adjoint d’Eper-nay; Valet, maire de Mareuil-sur-Ay; Pommier, maire de Chà^illon-sur-Marne ; Martin, maire de Cumières ; Populus, maire dé Cuis; Varnier, maire de Plivot; Bernard, maire de Chalons-sur-Marne ; Pasque, secrétaire.
- TÉLÉPHONIE
- Algérie. — La Chambre de Commerce d’Alger est autorisée à avancer au gouvernement général de l'Algérie une somme de 11 5oo francs en vue de l’établissement du circuit téléphonique Affreville-Aïn Sultan-Lavigerie.
- Saône-et-Loire. — La Chambre de Commerce de Chalon-sur-Saône est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 4 066 francs en vue de l’établissement d’un circuit téléphonique Ecuelles-Verdun-sur-le-Doubs et d’un réseau local à Ecuelles.
- SOCIÉTÉS
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris.
- Les recettes de la troisième décade de janvier se sont élevées à 1 732847 francs ; elles avaient été de 1 769356 fr. pendant la période correspondante de 1912. Il y a donc une diminution de 36 5og francs, qui porte à 123 821 francs la diminution totale depuis le Ier janvier.
- Compagnie Française des Tramways Electriques et Omnibus de Bordeaux.
- Recettes du mois de janvier :
- 1912 igi3 en plus
- 490 467,26 5i3 175,55 22 708,30
- au lieu de 87 039,35 97 593,25 10 553,90
- CONSTITUTIONS
- Winter et Cie (Installations Electriques). — Capital : 33 ojo francs. — Siège social : 10, rue Francœur, Paris.
- CONVOCATIONS
- Tréfileries et Laminoirs du Havre. — Le 22 février, 19, rue Blanche, Paris.
- Secteur Electrique de la Vallée de la Marne. — Le 25 février, 10, rue du Chemin-Vert, Paris.
- Compagnie Française des Tramways Electriques et Omnibus de Bordeaux. — Le 26 février, 7, rue de Madrid, Paris.
- Société des Forces Motrices de la Vis. — Le 3 mars, 94, rue Saint-Lazare, Paris.
- Compagnie des Tramways de Tunis. —Le 6 mars, 3, rue Moncey, Paris.
- Société Versaillaise de Tramways Electriques et distribution d’Energie. — Le 8 mars, 10, rue de Londres, Paris.
- Société Anonyme de l’Ecole Bréguet. — Le i3 mars, 89, rue Falguière, Paris.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Thomson-Houston, 10, rue de Londres, Paris.
- Bulletin, janvier 1913. —Les nouveaux équipements à unités multiples des Chemins de fer de l’Etat.
- Société Française d’Electricité A. E. 6.
- 72, rue d’Amsterdam, Paris.
- A.E.G., février igi3. —^ Le chemin de fer du Kjukan. Les usines de Stadlau.
- L’éclairage moderne des gares..
- L’usine d’électricité de Joinville (Brésil).
- Filtres à air pour turbo-dynamos.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- ADJUDICATIONS
- l'RANClî
- Le 8 mars, au sous-secrétariat des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de fil de cuivre recouvert de gutta-percha et de coton (5 lots).
- Les demandes d’admission à cette adjudication devront être parvenues au sous-secrétariat d'Etat des Postes et des Télégraphes, le 26 février 1913, au plus tard.
- On pourra prendre connaissance du cahier des charges, io3, rue de Grenelle (direction de l’exploitation téléphonique, (3e bureau), tous les jours non fériés, de 9 heures à midi et de 2 heures à 6 heures, ainsi que dans les bureaux télégraphiques centraux des chefs-lieux de département.
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- Le 8 mars, au sous-secrétariat des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de tableaux commutateurs téléphoniques extensibles (modèle 1911) (2 lots).
- Les demandes d’admission à cette adjudication devront être parvenues au sous-secrétariat d’Etat des Postes et des Télégraphes, le 24 février 1913, au plus tard.
- On pourra prendre connaissance du cahier des charges, io3, rue de Grenelle (direction de l’exploitation téléphonique, 3“ bureau), tous les jours non fériés, de 9 heures à midi et de 2 heures à 6 heures, ainsi que dans le bureau télégraphique central des chefs-lieux de département.
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- Le i3 mars, au sous-secrétariat d’Etat des Postes et des Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de câbles téléphoniques à 14 et à 28 paires sous plomb (3 lots).
- Les demandes d’admission à cette adjudication devront être parvenues au sous-secrétariat des Postes et des Télégraphes, le 2 mars 1913, au plus tard.
- On pourra prendre connaissance du cahier des charges, io3, rue de Grenelle (direction de l’exploitation téléphonique, 3® bureau), tous les jours non fériés, de 9 heures à midi et de a heures à 6 heures, ainsi que dans le bureau télégraphique central des chefs-lieux de département.
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- Le i5 mars, au sous-secrétariat d'Etat des Postes et des Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de tableaux commutateurs téléphoniques (7 lots).
- Les demandes d’admission à cette adjudication devront être parvenues au sous-secrétariat des Postes et des Télégraphes, le 6 mars 1913 au plus tard.
- On pourra prendre connaissance du cahier des charges, io3, rue de Grenelle (direction de l’exploitation télépho-
- nique, 3e bureau), tous les jours non fériés, de 9 heures à midi et de 2 heures à 6 heures, ainsi que dans le bureau télégraphique central des chefs-lieux de départe-temenl,
- te
- * *
- L’Administration des chemins de fer de l’Etal, à Paris, a l’intention d’acquérir et de faire installer : i° 2 chariots transbordeurs électriques pour locomotives; 2° de transformer, renforcer et mettre en service un chariot transbordeur existant. Ces 3 chariots étant destinés au dépôt des machines et à l’atelier du montage de Bati-gnolles.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique 43, rue de Rome, les mardi et le vendredi, de i5 à 17 heures, jusqu’au 8 mars 1913.
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- ¥ •
- Le 6 mars, au ministère des Colonies, 57, boulevard des Invalides, à Paris, fourniture de câbles électriques destinés au service des Postes et Télégraphes de l'Indo-Chine.
- Cautionnements : provisoire, 5jo francs; définitif, 1 100 francs.
- Voir le cahier des charges : i° à Paris, au ministère des Colonies, pièce. n° 21, au deuxième étage, boulevard des Invalides, n° 57 ; à l’Office national du commerce extérieur, rue Feydeau, n° 3 ; à l’Office colonial (Palais-Royal); 2° aux Chambres dè commerce de Paris, Rouen, Lille, Dunkerque, Lyon, La Rochelle, Saint-Etienne, Toulouse, Dijon et Bourg, ainsi que dans les ports de Marseille, de Bordeaux, de Nantes et du Havre, au bureau du chef de service colonial et à la Chambre de commerce.
- ¥ *
- Le i5 mars, à la préfecture de Dunkerque (Nord), fourniture et mise en place des appareils mécaniques et électriques de manœuvre du pont tournant de 60 mètres de longueur à établir sur le pertuis de communication entre les darses IV-V des bassins de Freycinet au port de Dunkerque.
- Les concurrents qui désirent prendre part à ce concours doivent en adresser la demande par lettre recommandée, à M. Bourgeois, ingénieur en chef, à Dunkerque, avant le i5 mars 1913, à 5 heures du soir, et joindre à cette demande les pièces exigées.
- Maroc
- Le 27 mars, à la commission générale des adjudications et marchés, à Tanger, fourniture de i5 000 isolateurs avec consoles.
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- INFORMATIONS
- Troisième Congrès international du froid.
- Le troisième Congrès international du froid, organisé par l’Association internationale du froid, se réunira cette année aux Etats-Unis et durera du i/f au 24 septembre.
- L’emploi du temps et le programme élaboré assureront aux congressistes européens qui feront le déplacement un voyage aussi instructif au point de vue technique, qu’intéressant à tous les autres points de vue.
- Les congressistes doivent se trouver réunis le 14 septembre à New-York, pour aller à Washington où aura lieu le t5 septembre l’ouverture officielle du Congrès et où les congressistes étrangers seront présentés au Président des Etats-Unis.
- Les travaux du Congrès commenceront effectivement à Chicago, le 17 septembre, pour durer jusqu’au 24.
- La journée du 23 septembre sera employée à une excursion à Milwaukee, et, durant tout le Congrès, aura lieu une exposition de matériel frigorifique et de conservation des denrées périssables.
- Le voyage en sleeping, de New-York à Washington et Chicago et retour à New-York par les chutes du Niagara, sera gratuit pour les membres titulaires du Congrès venant d’Europe.
- Les conditions d’admission au Congrès sont les suivantes : les membres titulaires paient une cotisation de 4 dollars; les membres associés, faisant partie delà famille des membres titulaires, paient une cotisation de de 2 dollars. Exception : les membres de l’Association internationale du froid ne paient qu’une cotisation de 2 dollars pour être inscrits comme membres titulaires du Congrès.
- Adresser toutes les adhésions et demandes de renseignements concernant le Congrès au Secrétariat de l’Association internationale du froid, 9, avenue Carnot, à Paris.
- Association internationale permanente des Congrès de Navigation.
- A la suite du très important Congrès international de Navigation, qui s’est tenu, l’année dernière, à Philadelphie, l’Association internationale permanente a dressé un Recueil de questions mises à l’élude concernant la Navigation intérieure et la Navigation maritime.
- Ce Recueil comprend 43 questions.
- L’Association permanente n’entend pas se limiter strictement aux questions posées et accueillera tous les autres mémoires traitant de navigation. Les mémoires soumis seront, après avis favorable du Bureau exécutif, imprimés par les soins de l’Association Internationale permanente des Congrès de Navigation, dont le siège est à Bruxelles, 38, rue de Louvain. La Section française, 1, avenue d’Iéna, à Paris, peut donner tous renseignements utiles.
- Congrès de l’Association française pour l’avancement des Sciences
- Le prochain Congrès de l’Association française pour l’avancement des Sciences aura lieu à Tunis du 22 au 28 mars prochain. La Section du Génie civil sera présidée par M. Fages de Latour ; celle de physique par M. Blendin.
- On peut obtenir tous renseignements complémentaires en écrivant directement à l’Association : 28, rue Serpente, Paris.
- Conférence générale des Poids et Mesures
- La prochaine Conférence générale des Poids et Mesures s’ouvrira à Paris le 9 octobre prochain ; elle se réunira sous la présidence de M. le Président de l’Académie des Sciences.
- Congrès d’Hygiène.
- Le « Royal Institut of Public Weallh » doit tenir son prochain Congrès, à Paris, dans l’Hôtel de la Société des Ingénieurs civils de France, les 12, 16 et 17 mai prochain.
- Exposition internationale de San Francisco.
- Une Exposition internationale, sous le nom de « Panama-Pacific international Exposition », doit avoir lieu, en t9i5, à San Francisco, à l’occasion de l’achèvement du canal de Panama.
- Etablissements Singrün (Epinal).
- Cette Société, qui détient des brevets intéressants pour une machine à glace, vient de constituer en Suisse, avec la participation de la maison Brown Boveri, la Société des machines à glace Audiffren-Singrün, dont le champ d’action s’étendra à l’Europe centrale.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Le Gérant : J.-B. N ou et .
- Paris. — imprimbrib lkv*, 17, hui cassette.
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- Trente-cinquième année. SAMEDI 1» MARS 1913. Tome XXI (2' série). — N* 9
- . .....................................- - - l-ri-vyyvvvv^*ra^jnjV\nnnrLnjuijiAJUCi
- La
- Lumière Électrique
- SOMMAIRE
- EDITORIAL............................. -22 5
- Télégraphie sans fil
- Cn0 P. Biienot. — Télégraphie sans fil. — Conférence internationale de l’heure [fin)... 259
- Transmission et distribution
- E. de Longueval. — Le convertisseur à vapeur de mercure................................... 264
- Extraits de publications
- Propriétés magnétiques des tôles pour dynamos, par de NoLLYet Veyuet........ 272
- Variétés
- Protection contre l’incendie des postes d’interrupteurs à haute tension et à base
- d’huile, et des transformateurs, par
- J.-B. Picot............................. 276
- Comité anglais des Travaux de recherches. . 279
- La rouille dans le tunnel du Simplon....... 279
- Législation et Contentieux
- P. Bougault. — A quelles conditions les villes condamnées à des dommages-intérêts au profit des gaziers peuvent-elles appeler en garantie les électriciens?............. 280
- Chronique Industrielle et Financière
- Etudes Economiques...................... 285
- Renseignements Commerciaux............... 287
- Adjudications.......................;.... 288
- Informations............................. 288
- EDI TORJAL
- Dans notre dernier numéro, M. le capitaine P. Brenot avait mis en relief lès points essentiels de la Conférence Radiotélégraphique internationale. C’est dans le même esprit qu’il étudie aujourd’hui les résolutions de la Conférence internationale de l'Heure, qui s’est réunie à Paris le i5 octobre dernier et dont-le texte est connu de nos lecteurs (‘).
- La Conférence a jugé utile de créer une Commission internationale de l’Heure, sous l’autorité de laquelle doit fonctionner un organe exécutif : le Bureau international de l'Heure. En assignant Paris comme siège à ce bureau, la Conférence a voulu, semble-t-il, reconnaître l’esprit éminemment scientifique et désintéressé qui a conduit, en 1911, la France à abandonner le système de l’heure locale pour se rallier au système des fuseaux horaires consacré en 1884 par le Congrès de
- Washington et accepter, en conséquence, comme méridien initial celui de l’Observatoire de Greenwich.
- Le choix du poste radiotélégraphique de la Tour Eiffel comme pivot des distributions horaires est un éclatant hommage rendu aux savants français (*). •
- Le convertisseur à vapeur de mercure est actuellement sorti du domaine du laboratoire et, bien qu’il ne s’applique pas encore à des
- (•) Les délégués qui ont pris part à la Conférence de l’IIeure au Bureau des Longitudes étaient trop nombreux pour que nous puissions les citer tous. Nous devons nous borner à en nommer quelques-uns ; parmi les délégués étrangers : MM. Foerster, Kohlschütter, Le-coinle, Goldschmidt, Bbering, Hall, Dyson, Righi, Vunni, Berget, Van de Sande Bakliuyzen, Backlund, CharJier, Gautier, etc., et parmi les délégués français : MM. Baillaud, Lallemand, général Bassot, colonel Bourgeois, commandant Ferrié, MM. Angot, Drien-court, Frouin, Tirman, etc. La Conférence de l’Heure a clé présidée par M. Bigourdan.
- (*) Lumière lÜectrique, 9 novembre 1912, p. 177.
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- T. XXI (2* Série). —N* 9.
- courants d’une intensité supérieure à ampères, il est déjà susceptible de rendre de grands services dans nombre d’applications usuelles de l’Electricité. M. E. de Longueval nous fait un résumé d’une intéressante communication à la Société Internationale des Électriciens où M. Maurice Leblanc fils a envisagé surtout l’application à l’éclairage par arcs des redresseurs Cooper Hewilt. Rappelons <|u’en 1909, M. Leblanc a expliqué dans cette Revue, et le premier, croyons-nous, en Europe, le rôle électrique de chacun des organes dont l’ensemble constitue le convertisseur, en même temps qu’il montrait de quelle manière ces organes doivent être calculés.
- Il est probable que les applications des convertisseurs sont appelées à jouer dans l’industrie un rôle important; dan-, bien des cas, en effet, le-appareils à courant alterna lif ont un mauvais rendement, ou bien l’on a besoin d'un appareil silencieux qui ne dégage pas de vapeurs.
- Il semble que ce soit maintenant plutôt vers l’ampoule métallique que vers l’ampoule de verre que doivent tendre les efforts des constructeurs.
- ii est peu de questions aussi complexes que la relation entre la composition chimique, l’état physique et les propriétés magnétiques des matériaux magnétiques qu’on utilise en électrotechnique. Les recherches de MM. de Nolly et Yeyret sur les propriétés magnétiques des tôles pour dynamos font ressortir l’influence néfaste de i’écrouissage et d’une teneur exagérée en carbone. D’après ces auteurs, pour obtenir de bonnes tôles d’induits, il convient :
- i° D’employer un acier d’une composition à peu près la suivante :
- G <o,i%; Si = 3 à 4 % ; Mn<o,3;
- S et Ph < o,o3o ;
- 20 De recuire soigneusement les tôles après laminage vers 775° à 8oo° en maintenant cette température et en laissant refroidir lentement dans la cendre chaude;
- 3° De terminer le laminage à basse température ;
- 4“ D’éviter d’écrouir les tôles après recuit.
- MM. de Nolly et Yeyret ont déterminé les pertes en watts par hystérésis et courants
- de Foucault par la méthode ordinaire et par des mesures directes. S’il est peut-être illusoire d’attribuer à des tôles en larges bandes les propriétés qu’on détermine en opérant sur des échantillons de faible largeur, il n’est pas certain non plus qu’on ait le droit de comparer l’un à l’autre les deux modes opératoires. Les appareils du genre Richter peuvent permettre de faire varier le champ, mais ils ne mesurent que l’hystérésis alternative et non l’hystérésis tournante, comme le fait l’hystérésimètre Blondel.
- L’Institution of Electrical Engineers nous a communiqué le procès-verbal qui définit les attributions d’un Comité des travaux de Recherches récemment créé par cet Institut. L’idée dominante est de faire progresser la technique par des recherches systématiques avec le concours, non seulement des autorités ou des compétences reconnues, mais aussi des chercheurs de bonne volonté.
- C’est dans uh esprit différent que viennent d’être fondés en Allemagne les trois Instituts de Recherches de Dahlem, de Carlsruhe et de Mulheim (Ruhr). Là, ce seront des professeurs d’Université qui, dégagés de toute obligation d’enseignement, devront prendre contact avec les grands industriels et qui disposeront d’un outillage scientifique exceptionnel pour s’adonnera des recherches que leurs obligations pédagogiques entravaient jusqu’ici.
- M. P. Bougault commente un z'écent arrêt du Conseil d’Etat d’un intérêt très général; il examine à quelles conditions les villes condamnées à des dommages et intérêts au profit des gaziers peuvent appeler en garantie les électriciens. Cette étude sera d’autant plus appréciée, qu’il n’a été encore publié, à notre connaissance, aucun commentaire sur l’arrêt dont il s’agit.
- Signalons en terminant des expériences intéressantes sur la protection contre Vincendie des postes d’interrupteurs à haute tension et à base d'huile. Ces expériences ont eu lieu à la Société d’Electricité de Paris, à Saint-Denis, le 21 février, eh présence d’une vingtaine de représentants de la Presse technique. Notre collaborateur, M. J.-B. Picot, y assistait et il en donne le compte rendu.
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- 1”. Mars 191 â. LA LUMIÈRE ÉLËCÎRIQUE
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- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL (Fin) <‘J
- CONFERENCE INTERNATIONALE DE L’HEURE
- LaConférence de l’Heure, réunie pour étudier une organisation internationale delà mesure du temps, organisation dans laquelle la télégraphie sans fil devait jouer un rôle prépondérant, a voulu élargir le cadre de ses délibérations, et, profitant de l’occasion qui avait groupé à l'Observatoire de Paris les capacités les plus diverses, elle a amorcé l’etamen des applications de la T, S* F. dans d’autres branches de la science : la météorologie,la technique des ondes hertziennes.
- * *
- SaDs revenir en détail sur une question qui a été déjà traitée dans cette Revue (2), nous rappellerons que dans les problèmes relatifs à la mesure du temps la télégraphie sans fil est en général utilisée de deux façons.
- I. — Envoi de signaux horaires de demi-précision i -— Un dispositif électrique permet à la pendule d’un observatoire de déclancher, à des moments précis, déterminés à l’avance, les appa reils de transmission d’un poste radiotélégraphi-que voisin^ Les opérateurs qui disposent de récepteurs radiotélégraphiques perçoivent les signaux émis, tout en surveillant leur garde-temps local, et peuvent ainsi corriger sa marche.
- La précision de la méthode ne dépasse pas pratiquementle tiers ou le quart de seconde. Elle est amplement suffisante pour les navigateurs et la plupart des services publics.
- IL — Envoi de signaux rythmés pjur les mesures de grande précision. — Actionnés comme dans le cas précédent, les appareils de transmission d’un poste radiotélégraphique lancent dans l’espace des successions de signaux, rythmés exactement suivant la période du garde-temps qui les commande : par exemple des points brefs
- (') Lumière Electrique, 22 février 191.3, p. 228.
- (2) Lumière Electrique, 17 et 2/1 décembre jyio, p. 368 et 387.
- toutes les secondes. Dans les stations réceptrices de T. S. F. placées à bonne portée, les opérateurs perçoivent ainsi les battements du garde-temps de la station origine. S’ils s’arrangent pour entendre en même temps les battements de garde-temps locaux, ils peuvent appliquer à Ces battements reçus simultanément la méthode connue sous le nom de méthode des coïncidences, et comparer leurs instruments.
- La précision de la méthode peut dépasser -A-
- 100
- de seconde, ce qui est suffisant poiir les mesures qu’effectuent les astronomes et les géodésiens.
- La télégraphie sans fil permet ainsi de résoudre pratiquement tous les problèmes si délicats du transport de l’heure-origine. Par l’application de la méthode des coïncidences entre observatoires, elle donne de plus le moyen de corriger cette heure-origine, en supprimant les erreurs d’extrapolation que les astronomes sont amenés à commettre quand les circonstances atmosphériques ne leur permettent pas de faii’e de mesures pendant un temps assez long.
- Cette correction de l’heure-origilie n’est évidemment pratiquement possible que si une entente internationale a été établie au préalable.
- La Conférence de Paris en a posé les bases de la façon suivante: « U sera créé une Commission internationale de l’IIeure'dans laquelle chacun de Etats adhérents sera représenté. Cette commission disposera d’un organe exécutif appelé Bureau international de l’Heure, dont le siège sera à Paris. »
- Pour les signaux ordinaires, les résultats des déterminations de l’heure seront transmis à ce Bureau par des centres nationaux, qui centraliseront eux-mêmes les déterminations faites par les observatoires de leurs pays, et en déduiront l’heure la plus exacte.
- Pour les signaux scientifiques, la mission du Bureau sera de centraliser les déterminations de l’heure faites dans les observatoires associés et d’en déduire l’heure la plus exacte.
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- Le mode d’envoi le plus convenable pour les signaux horaires faisait depuis longtemps déjà l’objet de discussions très vives.
- Le problème consiste à trouver un signal qui puisse être perçu facilement par l’observateur à l’écoute, et lui indique en même temps d’une façon précise le commencement ou la fin d’une seconde choisie à l’avance, par exemple la première seconde d’une heure ronde.
- L n point sec permet d’apprécier très commodément l’erreur de la montre : c’est un signal simple, facile à reconnaître par un opérateur peu exercé et prévenu préalablement par des signaux d’avertissement.
- Malheureusement les crachements et bruits de friture dus aux perturbations électriques de l’atmosphère, qui viennent si souvent troubler les réceptions auditives faites avec les appareils de T. S. F., étouffent facilement les points secs, alors que les traits continuent à être perçus de façon suffisante, surtout si le transmetteur est du système dit à « émission musicale». De plus, quand les signaux d’avertissement ne sont pas séparés exactement du signal horaire par un intervalle toujours le même, l’observateur est fréquemment surpris et apprécie mal le moment du signal.
- Si Ton émet, non plus un point sec, mais un trait durant, parexemple, exactementla première seconde de l’heure ronde à envoyer, trait annoncé par des signaux préliminaires, l'opérateur peut apprécier l’heure, soit par le commencement, -soit par la fin du trait. Les crachements et fritures « parasitaires » n’ont pas en général un effet assez intense et assez continu pour masquer le trait entier.
- Une longue pratique pourra seule montrer la méthode la meilleure. En attendant, la Conférence de Paris a adopté un système mixte. L’envoi de l’heure se poursuivra pendant trois minutes et comportera : T des séries de traits, a0 des ensembles de points et de traits, chaque groupement se répétant toutes les dix secondes (*).
- C'est une combinaison des systèmes actuellement en usage dans plusieurs pays, combinaison malheureusement bien compliquée, et difficile à
- (*) La Lumière Electrique, 9 novembre 1912.
- suivre pour des opérateurs peu familiarisés avec les réceptions auditives en télégraphie sans fil. Elle 11’est d’ailleurs que provisoire.
- Les signaux dits de haute précision, signaux rythmés destinés aux besoins scientifiques, seront réglés par la Commission internationale de l’Heure.
- » «
- Il ne suffisait pas d’unifier le mode d’envoi des signaux horaires pour simplifier la tâche des navigateurs. Il fallait aussi réglementer les caractéristiques techniques de leur émission. Pour faciliter à tous la réception de l’heure, pour permettre la réalisation de récepteurs simples et bon marché, pour éviter enfin les interférences avec les transmissions d’autre nature, l’adoption d’une ou de plusieurs longueurs d’onde déterminées à l’avance s’imposait. La Conférence s’est prononcée pour la solution la plus simple: le choix d’une onde unique de 2 5oo mètres.
- 11 pouvait paraître avantageux d’employer des ondes plus courtes, en vue d’améliorer leur réception par les appareils habituels des navires. Mais les divers perfectionnements apportés en ces dernières années dans le matériel radiotélé-graphique ne permettent vraiment pas de considérer l’emploi des ondes longues comme cause d’une complication notable, et d’autre part ces ondes sont très avantageuses pour les transmissions à grande distance, surtout dans les régions tropicales où, pendant le jour, les ondes courtes sont absorbées rapidement.
- * a
- * *
- Il était évidemment à souhaiter que les centres chargés d’émettre les signaux horaires puissent être assez nombreux pour satisfaire à tous les besoins. Mais il eût été imprudent d’autre part de ne pas limiter leur nombre, dans l’intérêt de tous les autres services qui utilisent la télégraphie sans fil : nous avons vu d’ailleurs comment la Conférence de Londres avait décidé qu’en principe, les stations dont les transmissions pouvaient empêcher la réception des signaux horaires devaient faire silence au moment des émissions des centres horaires.
- La Conférence de Paris a tenu compte des divers intérêts en jeu en déclarant désirable
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- 1" Mars 1913.
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- qu’en chaque point du globe on puisse toujours recevoir un signal horaire de nuit et un signal horaire de jour, le nombre total des signaux perceptibles ne dépassant pas, en principe, 4 par 24 heures ; et elle a arrêté la composition provisoire du premier réseau de centres horaires.
- *
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- Le nombre sans cesse croissant de postes récepteurs installés par des établissements particuliers pour la réception de l’heure montre l’intérêt que le public attache à la nouvelle application de la T.S F. — Or, la diffusion excessive des postes radiotélégraphiques privés n’est peut-être pas toujours sans danger au moment où le service de la correspondance publique se développe rapidement. Quoi qu’il en soit, dans certains pays, en France particulièrement, l’installation de tels postes ne peut être faite sans autorisation, autorisation qui n’est en général accordée qu’à des établissements susceptibles de donner des garanties, en particulier pour le secret des correspondances (chemins de fer, chambres de commercé, etc.).
- Un tel état de choses ne va pas sans protestations des particuliers qui, dans certains cas, peuvent se croire lésés (horlogers, industriels divers, etc.), et font valoir, avec assez de raison, qu’en l’état actuel le secret de la correspondance radiotélégraphique ne pouvant être pratiquement obtenu, quelque législation que l’on adopte, il serait plus logique de n’en imposer aucune. D’autre part l’Etat qui a le monopole de la correspondance verrait évidemment avec regrets une source de profits possibles lui échapper.
- Or, à l’étranger, dans certaines villes d’Allemagne en particulier, fonctionnent déjà des services de distribution horaires à domicile, utilisant les lignes téléphoniques des réseaux d’abonnés. La Conférence a vu dans cette organisation un moyen de concilier les intérêts en jeu, tout en permettant une très grande diffusion de l’heure, et elle a décidé :
- i° Que les administrations devraient s’efforcer de constituer des centres horaires où l’heure serait reçue et conservée par les moyens les plus précis ;
- 20 Qu’elles devraient étudier et employer les moyens suggérés par la technique pour transmettre l’heure aux particuliers, soit par des
- signaux généraux à heure fixe, soit par des signaux particuliers envoyés à la demande des intéressés,
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- Les applications de la télégraphie sans fil à la météorologie sont nombreuses. Leur complexité était trop grande pour que. sans examen préalable, la discussion pût être poussée à fond, et aboutir à un règlement précis. La Conférence dut se contenter de tracer les grandes lignes de l’étude à faire et en confier la tâche à une commission composée de météorologistes et de techniciens en télégraphie sans 111. Le programme des travaux de cette Commission comportera :
- i° La transmission par une ou plusieurs stations de T. S. F. de renseignements météorologiques destinés à des stations éloignées sur terre ou sur mer;
- 20 La réception par une ou plusieurs stations de T. S. F., et la transmission aux services météorologiques centraux, d’observations provenant de stations éloignées sur terre ou sur mer;
- 3° L’étude de phénomènes météorologiques qui peuvent influer sur les transmissions radio-télégraphiques.
- Le Comité météorologique international établira la réglementation définitive.
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- C’est pendant les réunions de la Conférence de l’Heure que s'est formé le projet de fondation du premier laboratoire scientifique international de T. S. F. Dû à l'initiative généreuse de M. Goldsehmidt, le célèbre ingénieur belge, ce projet a trouvé auprès de toutes les délégations l’accueil le plus enthousiaste.
- Aux observations actuellement faites dans les diverses stations de T. S. F., on peut trop souvent reprocher d’être sujettes à caution, soit par suite du manque d’autorité technique des expérimentateurs, soit par suite des intérêts industriels ou autres mis en jeu. Elles sont aussi nécessairement insuffisantes, parce que orientées en vue de résultats pratiques immédiats.
- Seul, un centre d’études bien outillé, dirigé par des techniciens indépendants, peut effectuer des essais assez méthodiques et assez contrôlés pour que la science en tire vraiment profit.
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- Telle était la pensée de tous, M. Goldschmidt en permit la réalisation en mettant à la disposition de la Conférence la puissante station qu’il érigeait à Bruxelles, et en se chargeant généreusement des premières dépenses. Un comité scientifique international organisera les. recherches dirigées.plus spécialement vers l’élude scientifiques des ondes hertziennes dans leurs rapports avec les milieux ambiants.
- La Conférence de l’Heure a eu la tâche ardue « d’inaugurer ». Elle a abordé des problèmes nouvaux, ardus, complexes, sans rencontrer d’insuccès, sans même que la marche de ses travaux soit jamais entravée sérieusement.
- Elle avait beaucoup à faire. Elle a fait davantage, élargissant le cadre de ses études dans un noble esprit de progrès et d’initiative, reculant sans hésiter l’horizon de son programme, pour atteindre tout ce qui semblait à sa portée dans l’intérêt de la science et de l’humanité.
- Et toutes les propositions furent votées à l’unanimité, chose rare dans une assemblée! Peut-être un tel succès est-il dû à cette audace tranquille des savants, dont l’esprit précis et ouvert ne connaît ni la peur des mots, ni celle des idées.
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- Les lecteurs qui suivent avec confiance les articles techniques des quotidiens concernant la T. S. F. ont dû, en 1912, perdre toutes les notions plus ou moins précises qu’ils pouvaient avoir acquises sur l’état de la technique spéciale de cette application de l’électricité : « Tout à fait défectueuses, ces émissions musicales que l’on célébrait les années précédentes comme marquant un si immense progrès; inexistantes, ces communications à grande distance dont on avait annoncé le fonctionnement; impossibles ces liaisons à des milliers de kilomètres dont plusieurs pays projetaient de faire la base de leurs réseaux mondiaux! C’en eut été fait de l’avenir de la T. S. F. aux grandes portées sans une nouvelle entrée en scène sensationnelle, celle des alternateurs à haute fréquence, enfin réalisés par l’industrie,et qu’il fallait se hâter d’imposer à toutes les„ stations puissantes pour faire de la radiotélégraphie l’égale de la télégraphie ! »
- Certes, parles mouvements financiers qu’elle
- entraîne, la T: S. F. vient très loin derrière le plupart des applications de l’électricité, mais die combien elle les dépasse par l’importance de sa réclame ! Le mystère qui entoure son fonctionnement, l’incertitude de spn avenir, l’ignorance où est le public de ses principes, ont permis aux convoitises de se développer outre mesure, et donné aux luttes intérieures des « sans-filistes » une âpreté et une violence inouïe. Toute cette agitation interne se traduit par un ensemble de publications mensongères et de bluff, où les vieux praticiens eux-mêmes n’arrivent plus toujours à discerner la vérité.
- Il est loin de notre pensée de mettre en doute l’avenir des alternateurs à haute fréquence, objets principaux des intrigues récentes, mais il est dangereux, sous prétexte d’encourager le progrès, d’être injuste envers le présent.
- Les systèmes à émission musicale fonctionnent bien. Le rendement général des installations a été très amélioré en ces dernières années. De fortes puissances peuvent être mises en jeu avec relativement peu de frais. L’emploi des grandes longueurs d’onde, avec lesquelles l’absorption diurne devient faible, même sous les climats tropicaux, permet de réaliser des communications à grandes distances. Il existe de nombreux types de manipulateurs automatiques, d’enregistreurs photographiques, grâce auxquels on pourra, quand les besoins du trafic l’exigeront et les autres circonstances le permettront, augmenter la vitesse des échanges dans de grandes limites.
- Récemment, à titre d’expérience et sans difficulté, M. Abraham inscrivait au poste de la 'four Eiffel les signaux émis par un poste américain à étincelle musicale.
- Les perfectionnements apportés aux divers appareils d’une part, les nouveaux montages qui commencent à entrer dans la pratique d’autre part, permettent de réduire beaucoup l’amortissement des oscillations, d’augmenter l’acuité des syntonies. Robustes et simples, profitant d’une pratique déjà longue, les bons systèmes à émission musicale peuvent suffire à satisfaire la plupart des besoins actuels.
- Afin de donner plus de portée aux attaques dirigées contre eux, on a cru devoir illustrer ces attaques de documents expérimentaux, d’une fantaisie invraisemblable, dans lesquels les stations radiotélégraphiques françaises ont été plus
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- Mars 1913.
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- particulièrement visées. A tout seigneur, tout honneur : le poste de la Tour Eiffel fut le point de mire de l’assaillant.
- S il est certain que, par suite deeonditionsmaté-rielles dans lesquelles la technique n’a rien avoir, l’antenne de ce poste ne peut recevoir avec tout le développement désirable, il n’en est pas moins vrai que, grâce à la hauteur de son antenne, à l'excellence de sa prise de terre, au bon rendement de son matériel, ce poste prend rang parmi les meilleurs.
- La Conférence internationale de l’Heure lui a rendu d'ailleurs un éclatant hommage en en faisant le pivot des distributions horaires.
- Disposant d’une puissance qui n’aiteint encore que 4o kilowatts au maximum, il assure des services diurnes quotidiens à i 5oo kilomètres. Ses signaux horaires sont reçus de jour jusqu’au fond de la mer Noire : de nuit, ils sont enregistrés jusqu’aux États-Unis (Harlington). Et pourtant, a-t-on dit, la station de la Tour Eiffel n’arrive pas à communiquer avec les postes de la Méditerranée ou de l’Océan, et ses signaux ne parviennent pas aux navires de guerre ancrés dans les Dardanelles ! Ces allégations sont sans portée. Pour communiquer il faut être deux. Or les postes côtiers français ont été établis pour desservir des lignes maritimes et non pour atteindre Paris. La plupart n’ont ni la puissance, ni les caractéristiques nécessaires pour assurer les échanges réguliers avec la capitale (et ils y parviennent néanmoins en général). Ils entendent la voix de la station de la Tour Eiffel, ce qui n’a rien d’extraordinaire, puisqu’aux Canaries des expérimentateurs prennent les signaux horaires de cette station avec une antenne de quelques mètres de hauteur, mais leur faible organe ne porte pas toujours jusqu’à elle.
- Qu’il s’agisse des postes de nos navires de guerre, auxquels devant Constantinople des navires étrangers ont souvent eu recours pour des transmissions à grande distance, de nos stations militaires dont plusieurs types reçoivent au Maroc le baptême du feu, et écoulent dans ce pays un trafic considérable, de nos stations coloniales déjà nombreuses, qui par suite de leurs brillants essais ont de plus en plus la faveur des gouverneurs, on est en droit d’affirmer que le matériel radiotélégraphique français ne le cède en rien à aucun matériel étranger.
- Il est juste de remarquer que les communications à grande distance, réussies parfois par de faibles stations, ne remplissent pas les conditions des échanges commerciaux habituels, qui doivent être rapides et réguliers. Mais quand elles se reproduisent fréquemment, elles ont néanmoins une importance capitale : elles permettent de comparer des materiels en les plaçant dans les conditions du rendement maximum, et, quand elles n ont pas le caractère tout à fait exceptionnel des effets du hasard, elles donnent le moyen d’extrapoler, c’est-à-dire de déterminer la majoration d’énergie, les caractéristiques à adopter pour obtenir des communications normales.
- Dans notre rapport au Congrès international de Marseille de 1908, nous avions rappelé l’in-térêtque présentaitl étude d’alternateurs susceptibles de produire directement dans les antennes des courants de fréquence élevée. En signalant les difficultés du problème, qui semblaient énormes si l’on cherchait à réaliser des machines homopolaires, nous mentionnions un artifice proposé à plusieurs reprises, en particulier par MM. Jarvis Patten, Marius Latour, Bethenod, et consistant à multiplier la fréquence par l’emploi d’alternateurs hétéropolaii es en cascade, chaque inducteur étant alimenté par 1 induit précédent.
- « Ce procédé, écrivions-nous, amènerait à l’emploi de machines à fer induit, et la question se pose de savoir si de telles machines seraient utilisables en raison de l’hysterésis et surtout des courants de Foucault... Elle mérite d’être approfondie. 11 serait en particulier fort intéressant d’exécuter des recherches méthodiques sur l’aimantation dans les tôles à des fréquences de l’ordre de 100000. »
- L’industrie a été amenée à aborder ces dernières recherches : avec des épaisseurs de quelques centièmes de millimètre, on est parvenu à diminuer notablement 1rs pertes; mais la fabrication de telles tôles est difficile encore et coûteuse.
- Néanmoins plusieurs alternateurs à haute fréquence de types vraiment industriels ont été mis en construcliou aussitôt par plusieurs ingénieurs. M. Bethenod a utilise 1 artifice dont nous parlions plus haut, en accolant des machines en cascade. M. Goldsehmidt a groupé ces machines en une seule en appliquant la multiplication des fréquences par réflexion découverte par
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- M. Boucherot ('). Des essais à diverses puissances ont été effectuées déjà par quelques machines Goldschmidt. Or, il paraîtrait que le rendement général de l’installation n’est que de l’ordre de celui des bons systèmes à étincelles musicales, et que, malgré de grandes vitesses de rotation et des hardiesses de construction qui imposent aux praticiens une grande prudence et des essais méthodiques et répétés, la fréquence ne dépasserait guère 5o ooo en marche pratique.
- Pour les applications de la T. S. F. aux usages maritimes ou militaires, des fréquences 5 à 6 fois plus élevées sont encore nécessaires actuellement. Et d’ailleurs, sur les petites antennes dont l’onde propre est courte, quel sera le rendement d’alternateurs de fréquence 5o ooo ou ioo ooo ?
- Pour les communications entre stations fixes importantes, le problème apparaît sous un autre jour: l’expérience montre que les longueurs d’onde très grandes présentent des avantages notables, surtout dans les zones tropicales. Mais ces longueurs d’onde sont difficiles à réaliser dans des conditions de rendement satisfaisant, si ce n’est au prix de dépenses élevées (pylônes nombreux, de grande hauteur, etc.).
- Le plus rationnel est peut-être, dans ces conditions, d’attaquer la difficulté par les deux extrêmes, suivant les idées de M. Bethenod.
- Au moyen d’antennes spéciales, en spirales, il aurait obtenu une longueur d’onde très élevée, avec un bon rayonnement, malgré un petit nombre de supports de peu de hauteur. La fréquence à réaliser tombe alors à une valeur faible et l’alternateur est d’une construction plus simple.
- Pour augmenter le rendement à haute fréquence, MM. Bethenod et Latour ont eu l’idée de recourir à des machines diphasées et M. Bethenod a indiqué le moyen d’attaquer l’antenne avec une telle machine. On voit qu’il y a encore des questions complexes à étudier pour
- résoudre dans sa généralité le problème de la production des ondes sinusoïdales entretenues au moyen d’alternateurs. Si intéressantes que soient les solutions partielles d’aujourd’hui, il serait encore imprudent de préjuger de leur avenir.
- k
- * *
- Avant d’ailleurs de préjuger de l’avenir de tel ou tel système employé pour exciter une antenne, peut-être serait-il judicieux de penser à l’avenir de l’antenne même.
- Des ondes hertziennes, de leur propagation on ne sait presque rien, de leur formation, si peu de chose ! Et l’antenne actuelle, avec ses réseaux de filstendus dans tous les sens, est un engin* primitif etbarbare. Les expériences récentes sur l’absorption diurne des ondes courtes et les augmentations de portée données par les ondes longues d’une part, les réceptions à grande distance avec des fils couchés à terre, d’autre part, ont ramené vers l’antenne et l’onde elle-même une attention qui s’égarait de façon excessive sem-ble-t-il, sur des appareils de détail, d’une étude certes plus facile et plus rapide.
- L’antenne, c’est l’organe essentiel de la station, c’est le plus mal connu, le plus mal construit. On augmente, au prix de longs efforts, le rendement des machines de quelques centièmes et, dans l’antenne, on gaspille peut-être les trois quarts de sa puissance. On économise plusieurs milliers de francs sur une source d’énergie, et on dépense des centaines de mille francs pour des pylônes sans doute tout à fait inutiles.
- De l’étude approfondie de la propagation des ondes, de leur formation, sortira peut-être une véritable révolution technique.
- Capitaine P. Bkenot.
- ('} La Lumière Electrique a5 mars 189.3 et 22 juin 1912.
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- 1" Mars 1913. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- LE CONVERTISSEUR A VAPEUR DE MERCURE
- Dans la séance du 8 janvier de la Société Internationale des Electriciens, M. Maurice Leblanc (ils a fait une communication très intéressante sur le convertisseur à vapeur de mercure. Nous allons en donner une analyse étendue, grâce à l’obligeance de son auteur.
- goric de ceux qu’on a appelés, assez improprement d’ailleurs, clapets ou soupapes électrolytiques. C’est Bulï qui, en 1857, a démontré par une expérience curieuse quel en est le principe. Il avait remarqué que, quand on fait l’électrolyse de l’eau dans une auge où l’une des électrodes est en aluminium et
- l'ig. 1 et 2. — Convertisseur de 20 à. 3o ampères.
- La théorie de cette machine transformatrice de courant alternatif en courant continu n’est pas nouvelle ; elle a été établie il y a quelques années f1). Mais on ignore généralement que le convertisseur à vapeur de mercure est sorti peu à peu du labo ratoire pour devenir un appareil complètement industriel (fig. i et a).
- Rappelons que cet appareil rentre dans la calé-
- (') Maurice Leblanc (ils. — Le convertisseur Cooper Hewitt à vapeur de mercure. Lumière Electrique, 6 et i3 novembre 1909, p. 168 et ig5.
- l’autre en un métal tel que du plomb, par exemple, le courant passe très facilement du plomb à l’aluminium, mais il est au contraire affaibli considérablement, quand on veut le faire passer en sens inverse et que l’aluminium sert d’anode. M. Pollack a obtenu des résultats plus nets en prenant pour électrolyte un phosphate alcalin. Si l’on insère un voltamètre ainsi formé dans un circuit parcouru par un courant alternatif, ce voltamètre fera le même effet qu’une soupape mise en place dans une conduite d’eau; les seuls courants qui peuvent passer sont ceux qui circulent dans un sens déterminé.
- Ce phénomène tient à la production à la surface de l’aluminium, quand il est anode, d’une couche très mince d’aluminium, qui s’oppose au passage du courant; si l’autre métal, au contraire, est anode
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- celte couche d’alumine ne se forme pas et le courant peut passer.
- Les lampes à vapeur de mercure du système Cooper Ilewitt peuvent être utilisées comme de véritables soupapes. On sait que dans ces lampes formées d’un tube de 20 millimètres environ de diamètre et de 1 m. 3o de longueur, le courant est amené par une anode de fer et recueilli par une cathode de mercure. On commence par faire un
- Fig. 3. — Ampoule monophasée, vide très poussé dans l’enceinte de verre, et, une fois l’appareil amorcé, il se produit dans la vapeur de mercure un arc régulier qui, sur un réseau à 120 volts, correspond à 3,5 ampères environ.
- La grande difficulté réside, dans l’amorçage : la résistance au passage du courant est tout d’abord énorme ; c’est seulement quand le gaz est ionisé que sa cohésion ne s’oppose plus au passage du courant et qu’il se comporte comme un conducteur, comme M. Bouty l’a démontré expérimentalement.
- En dehors de la résistance de la colonne gazeuse, M. Peter Cooper Ilewitt a prouvé par de remarquables expériences, entièrement conformes d’ail-
- Fig. 4, — Ampoule triphasée.
- leurs aux résultats généraux de J .VJ. Thomson, que le courant éprouve une grande difficulté à passer de la cathode à la vapeur de mercure, tandis qu’en sens inverse, on n’a affaire à rien de semblable.
- La résistance s’affaiblit beaucoup dès quelasurfacc de la cathode se trouve désagrégée; la supériorité de l’électrode en mercure sur les autres conducteurs métalliques provient de ce que ce liquide, se volatilisant sans cesse et se condensant sur les parois du
- tube, joue le rôle d’une surface cathodique en train de se désagréger, mais qui se reforme constamment.
- C’est sur cette résistance cathodique particulière qu’est fondée l’application de l'arc à mercure comme soupape pour les courants alternatifs.
- WWWVW
- Fig'. 5. — Schéma-type d’un convertisseur à vapeur de mercure. T, transformateur; A, anodes de l’ampoule; G, cathode de l’ampoule; E, électrode auxiliaire; JtA. résistance d’allumage; I, interrupteur du circuit d’allumage; B, bobine de basculement d’allumage automatique; S, self maintenant l’ampoule allumée ; T, shunt pour l’allumage ; V, interrupteur du shunt.
- .+
- * *
- Le convertisseur se compose de deux parties essentielles :
- i°Une ampoule consistant en un récipient clos,en verre, dans lequel on a fait un yidc très élevé et contenant du mercure. Ce récipient (fig. 3) comporte laté-
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- 1" Mars 1943.
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- 267
- râlement deux ou trois anodes en graphite, et à la partie inférieure deux électrodes en mercure, dont l'une constitue la cathode, et l’autre forme l’électrode auxiliaire qui sert à l’allumage (fig. 4 et 5).
- A chaque alternance, le courant entre alternative-mentjpar l’une ou l’autre anode A, mais sort toujours par la cathode C qui constitue le pôle -f- de la distribution à courant continu.
- La partie supérieure de l’ampoule forme chambre de condensation; la vapeur de mercure s’y condense, pour retomber en gouttelettes le long des parois, dans la cathode.
- WWW
- T
- rant continu ('). Ce point divise le secondaire en deux parties égales, dont les sorties sont raccordées aux anodes de l’ampoule. Chacune des deux moitiés de l’enroulement secondaire fournira à tour de rôle, selon les alternances, le courant à l’anode à laquelle elle est raccordée (fig. 6).
- Le circuit continu contient généralement une bobine de soutien qui procure au courant redressé une forme sensiblement rectiligne.
- Ce transformateur sert en outre à dévolter ou sur-volter la tension alternative, de façon à obtenir la tension continue désirée. En effet, si Va est la tension alternative entre anodes et Vc la tension continue, il existe entre ces deux quantités la relation approximative :
- V« = (VC + *5) Xa,S5
- Fig. (>. — Montage de deux ampoules en parallèle.
- dans le cas du courant monophasé, le chiffre i5 représentant en volts la chute de tension dans l’ampoule; on a
- V„ =(Vfe+ U>) X 1,6
- dans le cas du courant triphasé.
- A toute variation de la tension alternative correspond donc une variation de la tension continue. Quand laforce électromotrice alternative agit sur le primaire du transformateur, un courant tient à prendre naissance dans chaque moitié de l’enroulement secondaire, mais l’une d’elles reste pratiquement à circuit ouvert. Donc, entre la cathode et le point neutre de l’appareil, le courant circule toujours dans le même sens,
- On place dans le circuit une bobine de self, qui maintient l’ampoule allumée quand la tension alternative passe par zéro, et donne au courant une forme légèrement ondulatoire. L’électrode auxiliaire dont il vient d’être parlé est raccordée par l’intermédiaire d’une résistance, à l’une des anodes. L’allumage du coin extérieur se fait à la main ou d’une manière automatique.
- Il suffit, quand le circuit continu est fermé % de basculer l’ampoule de façon à établir par le mercure un contact momentané entre la cathode et l’électrode auxiliaire ; à la rupture de ce contact un petit arc jaillit, déga-
- 2° Un transformateur diviseur de tension dont le primaire est connecté au réseau alternatif. Sur l’enroulement secondaire, on a choisi un point médian qui constitue le pôle de la distribution à cou-
- (!) Le pôle — est le centre de l’enroulement, s’il s’agit de courant monophasé; c’est le centre, de l’étoile, s il s’agit de courant triphasé.
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- géant une quantité de vapeur, suffisante pour rendre conductrice l’atmosphère de l'ampoule entre anode et cathode. Une fois l’ampoule allumée, le courant ne passera plus dans le circuit auxiliaire.
- Les dimensions des ampoules croissent avec l'intensité du courant débité. On est actuellement limité à /|0 ampères pour une seule ampoule. Les modèles courants d’ampoules sont construits pour 5, io, 3o et 4o ampères; il est très difficile de faire des ampoules en verre plus grosses que celles de ce dernier type.
- construire deux ampoules absolument identiques, les pertes de charge dans chacune d’elle sont différentes ; il est par suite impossible de les coupler directement en quantité, leurs débits ne pouvant être égaux.
- Pour pouvoir réaliser le couplage, on est obligé d’avoir recours à un transformateur compensateur. Cet appareil comprend un circuit magnétique fermé, sur lequel sont disposées quatre bobines (fig. 8). Les bobines supérieures sont placées dans le circuit de chacune des anodes d'une ampoule, les bobines inférieures dans ceux des anodes de l’autre ampoule. Les enroulements sont disposés de manière que les flux produits par les bobines des anodes d’une même ampoule soient de sens contraire, et que pour chacune d'elles ce sens soit opposé à celui du flux produit par la bobine correspondante de l’autre ampoule. Il en résulte que les deux bobines d'une même ampoule sont sans effet inductif l’une sur l’autre et vont agir
- Fig. 7. — Types d’ampoules pour tensions continues croissantes.
- Comme la tension entre les anodes est supérieure au double de celle du courant continu débité, il est clair que, pour de hautes tensions, on pourrait craindre qu'un arc ne jaillisse d’une anode à l’autre. Pour contrarier la tendance au court-circuit, on complique d’autant plus le chemin que la décharge devrait suivre, que la tension de régime doit être plus élevée. La figure 7 représente trois types d'ampoules de 5 ampères construites pour des tensions de 110 à aao volts, aao à 5oo volts et enfin pour plusieurs milliers de volts.
- *
- * «
- Les ampoules actuellement construites ne pouvant pas débiter plus de ampères, il sera nécessaire pour avoir un débit supérieur, de coupler des ampoules en parallèle. Comme il est impossible de
- sur le circuit dans lequel elles sont placées comme de simples bobines de self.
- Si nous supposons les deux ampoules allumées et ayant des débits égaux, les llux dus aux deux systèmes de bobines du transformateur s’équilibreront ; la self-induction de chacune d’elles sera nulle. Si une des ampoules vient à débiter plus que l’autre, le flux dû à ses bobines sera prépondérant ; elles agiront à son égard comme des bobines ayant une self correspondant au flux résultant des deux enroulements placés sur le même noyau ; la tension aux bornes de cette ampoule diminuera et, par suite, son débit s’affaiblira. Ce même flux résultant passant dans la bobines correspondante de l’autre ampoule va y engendrer une force élcctromolrice accroissant la tension appliquée entre l'anode et la cathode et augmentant le débit de ce convertisseur. Les deux débits s'égaliseront donc.
- Si pour une raison quelconque une des ampoules s’éteint, les bobines de la seconde auront leur self maxima, et la tension aux bornes du convertisseur
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- 1èr Mars 1913.
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- en fonctionnement s’abaissera suffisamment pour que j pouvant débiter /|0 ampères sous 9.20 volts continus,
- Heseau
- de
- Haute tension.
- Transformateur
- Fig. 8. —Convertisseur triphasé.— A, anodes ; K, enthode; N, électrode auxiliaire; R, résistance d'amorçage; S, bobine de self.
- le débit ne dépasse pas la valeur limite que peut donner l'ampoule.
- WWVWVYWVV\AA/YVWWW
- Fig. 9- “ Convertisseur avec circuit biphasé.
- On peut mettre ainsi en parallèle deux ampoules
- ce qui permet d’atteindre des puissances de 18 à ao kilowatts.
- Sur les réseaux biphasés, comme l'emploi d’appareils monophasés est impossible, on se sert d'une ampoule triphasée en transformant le courant biphasé en courant triphasé par le système Scott
- ((iS- 9)-
- *
- « ¥
- En réalité, le courant recueilli n’est pas continu, mais de forme ondulée. La force électromotrice et l’intensité du courant secondaire peuvent être considérées, au moins en première approximation, comme la superposition d’une quantité constante et d’une quantité variable avec le temps de forme sinusoïdale:
- e = c -\-'d sin wL i — a -J- b sin (o>£ -J- a).
- Il résulte de ces formes de e et de i quelques difficultés dansles mesures relatives au circuit secondaire.
- Les appareils polarisés employés pour le courant continu donnant des indications proportionnelles aux valeurs moyennes des quantités mesurées, leur lecture nous fournira pour e et i les valeurs c et a.
- Les appareils thermiques et électromagnétiques ayant leurs indications proportionnelles aux valeurs efficaces, les mesures de e et i faites avec eux seront donc :
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- toujours supérieures à celles lues sur les premiers appareils. Cette différence sera d’autant plus grande que le terme sinusoïdal aura une amplitude plus élevée par rapport à la valeur du terme constant. C’est ce qui a lieu aux faibles débits où la bobine de self du circuit secondaire n’a que peu d’action. C’est ainsi que le courant débité Variant entre 3a et 6 ampères, la différence relative entre les lectures de la tension faite avec un voltmètre thermique et un voltmètre polarisé varie de i,5 % à îo % pour une différence de potentiel d’environ volts.
- Ces trois quantités se rangent par grandeur croissante dans l’ordre (a) (i) (3). L’emploi des appareils thermiques donnant une puissance apparente plus grande que la lecture au wattmètre, on a ainsi un facteur apparent de puissance plus petit que i. Si on lisait les valeurs de i et e sur des appareils polarisés on aurait un facteur apparent plus grand que i.
- i® Si le circuit ne comporte aucune self (cas d’un circuit de lampes à incandescence), il n’y a aucun décalage entre i et e (fig. io) (’) ; « et b sont proportionnels à c et d; la lecture au wattmètre thermique
- V
- 100 96 9? 88 84 80 76 7Z 68 64 60 56 5Z 48 41 4D 36 32 28 24 20. 16 12
- Fig. io. — Courbes de courant et de tension d’un convertisseur débitant sur un circuit de lumpés A incandescence.
- Si l'on mesure la puissance fournie au secondaire au moyen d’un wattmètre thermique, pour ne pas introduire d’erreurs dues à la self-induction de l’appareil, l'ihdicatidn de celübci sera :
- b sin (o>2 4c)] [c -f- d sin in/]
- , bd
- — etc -j—— Cos A.
- Le produit des lectures de i et de e faites avec des appareils polarisés est :
- ac.
- Avec les appareils thermiques, il est :
- (V
- est égale au produit des lectures de i et de e sur les appareils thermiques : par exemple,
- ac = 710,
- , bd
- «c + — = 770,
- 2 1 d*
- c + ~ ~ 77°-
- 20 Si le circuit secondaire a une self L et une résistance R, le décalage a est donné par
- tang à = -—
- Lto
- R"’
- (') Celte courbe est extraite d'un travail de M. Wilhelm Tschudy, exécuté à l’Ecole technique de Zurich, et qui se rapporte à un convertisseur débitant sur un circuit de lampes à incandescence.
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- le décalagé correspondant au facteur apparent de puissance est plus petit que a.
- 3° Si le circuit secondaire contient des forces contrè«électromotrieés, comme cela a lieu pour la plupart des récepteurs, et que E soit; leur somme, on aura :
- c — E
- a=~K~
- « ^ -\/R2 ^ L*wa L<o
- 1 cr fit T-r- - -.
- ° R
- Dans le cas particulier de la charge des accümu*
- Ces exemplos montrent avec quel soin il est nécessaire de distinguer les différents genres de mesures, et en particulier quelle nécessité il y a de mesurer la puissance secondaire au wattmètre.
- *
- * *
- La principale perte d'énergie dans le convertisseur à vapeur de mercure provient de la chute de tension dans l'ampoule; cette chute est indépendante de la tension du courant secondaire; le rendement croît donc avec cette tension. C'est ainsi que pour une tension secondaire de 20 volts, le rendement n'est que de 44 %, y compris celui du transformateur, alors qu'il atteint 90 % pour une tension de 2ao volts.
- Fig. 11. — Courbes de courant et de tension d’un convertisseur pour charge d’accumulateurs.
- lateurs, L peut être considéré comme nul et on a :
- a
- b
- R
- d
- tang a = o.
- Les courbes de courant et de tension sont données par la figure 11.
- Le wattmètre mesuré alors :
- c* (c — Iî) , d2
- R
- tandis que le produit des valeurs de i et de e mésu-réès aveé des thermiques est :
- Quoiqu'il n'y ait pas décalage, on trouve un facteur de puissance apparente qui est en général voisin de 0,95.
- Le facteur de puissance est de 0,9 au moins lorsque ce circuil ne contient pas dé bobine de self; pour certaines applications (arcs de projection) où l'on est obligé de placer une self dans le circuit primaire, ce facteui*est compris entre 0,7 et o,8.
- * »
- Parmi les principales applications du convertisseur* M. Leblanc cite :
- i° La charge des batteries d accumulateurs. — L’allumage de l’ampoule sur la batterie étant difficile, on le fait sur une résistance auxiliaire qu'on coupe aussitôt le circuit principal fermé. Un réducteur de tension auxiliaire maintient l'intensité du courant de charge constante en modifiant le nombre de spires primaires du transformateur. Un disjoncteur à maxima protège l’ampoule contre les surcharges pouvant provenir d’une surtension dûréfeeau alternatif ou d'une manœuvre maladroite du réducteur de tension.
- Par suite de la forme du courant, l’emploi du convertisseur peut paraître peu économique. Admettons ce qui est plausible, que l’effet utile soit propor-
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- tionncl à l'intensité moyenne a du courant qui traverse la batterie; la puissance employée utilement sera EE étant la force contre-électromotrice de la batterie. Avec le courant du convertisseur, l'intensité du courant étant a b sin iùt, la puissance consommée sera supérieure à Ea. En réalité, l'augmentation de puissance correspond entièrement à celle de l’effet Joule dans la batterie, qui s’accroît de 25 % environ. La perle par effet Joule étant toujours elle-même très petite, cette augmentation est négligeable et se trouve largement compensée par la facilité avec laquelle on maintient le courant de charge constant.
- a0 Eclairage par lampes à vapeur de mercure en série sur couvant alternatif. — Les lampes Coo-per Hewitt ne peuvent fonctionner que sur courant continu. Le convertisseur permet de les utiliser dans les établissements qui ne disposent que de courant alternatif.
- Les lampes sont généralement placées en série par groupes de huit; le convertisseur est prévu pour 3,5 ampères (consommation des lampes) sous 480 volts environ. L’allumage des lampes et de l'ampoule se fait par basculage automatique, de manière qu'il ait lieu par la seule manoeuvre d'un interrupteur. On arrive ainsi à une consommation de o,4 watt par bougie pour une puissance lumineuse totale de 4 ooo bougies.
- 3n Alimentation des arcs de projection. — Le convertisseur permet d'alimenter de tels arcs sans résistance additionnelle, quoique la tension de distribution soit de iioà 120 volts. L'arc étant alimenté en courant continu n'a plus les variations d'éclat qui nuisent à la fixité de l’image et sont très gênantes pour les projections cinématographiques.
- 4° Réglage de vitesse des moteurs dHnducti.on. — En connectant le primaire du transformateur d’un convertisseur aux bagues du rotor bobiné d’un moteur d’induction, on transforme le courant à basse fréquence induit dans ce rotor en courant continu. Ce courant est employé pour alimenter un moteur à courant continu accouplé avec le moteur principal. On peut régler le moteur auxiliaire et par suite l'ensemble des deux moteurs, en faisant varier, soit le nombre de spires primaires du transformateur, soit l’excitation du moteur à courant continu, soit en combinant les deux procédés.
- G’est ainsi qu’un convertisseur triphasé de 3o ampères 220 volts permet d’alimenter un moteur de 7 kilowatts et de régler de 10 % la vitesse d'un moteur de 70 kilowatts.
- 5° Convertisseurs à haute tension. — Le conver* tisseur permettant d’avoir de hautes tensions continues avec une très petite perte, il en résulte que l'ensemble formé par une distributiou alternative et un convertisseur a un rendement de beaucoup supérieur à celui d'une dynamo à courant haute tension dont le prix est toujours très élevé.
- Pour obtenir ces hautes tensions, on groupe plusieurs ampoules en série. L’auteur cite une installation de 10 ampères sous i3.ooo volts faits pour la Société Marconi et employée à la charge d'une batterie d'accumulateurs.
- On peut réaliser ainsi l’alimentation de lampes à arc en série. Pour assurer dans ce cas la constance de l’intensité du courant, on constitue le transformateur avec deux bobines secondaires fixes et deux bobines primaires mobiles suspendues par des câbles enroulés sur des poulies à gorge. La variation d’intensité du courant secondaire fait varier la répulsion entre les bobines primaires et secondaires et la réactance^du circuit se trouve ainsi modifiée de manière à ramener l’intensité à la valeur voulue.
- *
- « *
- Actuellement la limite de débit avec les ampoules en verre est de 80 ampères en en associant deux en quantité. Il faudrait arriver à des débits de 100 à 1 5o ampères pour pouvoir charger les grandes batteries d’accumulateurs.
- M. Leblanc fait ressortir les avantages, bien des fois déjà signalés, qu’il y aurait, pour la traction électrique, à pouvoir transformer le courant alternatif en courant continu, avantages qui ont conduit M. Auvert, ingénieur à la Compagnie P.-L.-M., à réaliser un redresseur mécanique. *Le convertisseur à vapeur de mercure donnerait une solution simple de cette question si on pouvait le construire pour des débits plus élevés. On ne peut y arriver qu'en remplaçant l’ampoule de verre par une ampoule métallique capable de supporter des températures plus élevées et qu’on pourrait d’ailleurs refroidir par une circulation d’eau ou d'huile.
- La construction de ces ampoules a été entreprise; les difficultés qu’on a à vaincre dans leur établissement sont le maintien du vide intérieur et le danger des courts-circuits entre les anodes.
- La première difficulté provient surtout de ce que, pour isoler l’électrode de l’ampoule; il faut faire un joint étanche entre un métal et un corps isolant. Pour empêcher les joints de fuir, 011 les recouvre de mercure, ou on les constitue d'une matière flexible
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- soumise à une forte pression.'La Genera^Electric C° fait en aluminium les joints susceptibles de chauffer et les autres en fibres. La firme Hartmann et Braun emploie l’amiante.
- Une pompe branchée en permanence sur l’ampoule permet d’y maintenir le vide en pompant seulement une fois par semaine pendant quelques minutes. Le degré de vide est indiqué par des appareils qui peuvent être disposés de façon à faire fonctionner un signal d’alarme.
- Le danger de court-circuit s’évite en plaçant les
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- anodes dans des tubes isolants et en prenant des dispositions analogues à celles employées pour les ampoules en verre.
- M. Leblanc cite une installation de 8o kilowatts, faite récemment à Francfort, transformant du courant monophasé de 2 85o volts 5o périodes en courant continu a 220 volts et une autre de 3oo kilowatts, à Mannheim, transformant du courant triphasé de 3 i5o volts 5<> périodes en courant continu 2X220 volts. Il sera intéressant de suivre les résultats obtenus dans ces installations. E. de Longueval.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- .Propriétés magnétiques des tôles pour dynamos (')
- MM. deNollyet Veyret se sont proposé, au cours de divers essais, de déterminer la composition du métal et le traitement qui donnent les résultats les plus satisfaisants au point de vue de la perméabilité et des pertes en en watts par hystérésis et courants de Foucault. Ces essais ont porté sur des tôles de diverses compositions (2) et les mesures ont eu lieu après des traitements mécaniques et thermiques variés.
- I. — Méthodes de mesure employées et causes d’erreur.
- Les mesures de perméabilité ont toutes été effectuées au perméamètre Picou.
- Les pertes en watts pour une induction de 10 000 gauss et 3o périodes ont été déterminées par deux méthodes différentes :
- i° Par le calcul, en déterminant séparément les pertes par hystérésis à l’hystérésimètre Blondel et les pertes par coux-ants de Foucault d’après la résistivité et l’épaisseur des tôles;
- (‘) Extrait de la Revue de Métallurgie, janvier igi3.
- (2) Par exemple :
- C = 0,157 Si = 0 Ma = o,i63 S = 0,021 Pli = 0,007 C = 0,074 Si = 1,662 Mn = o,355 S = o,o42 Ph = o,o3o
- i° Par mesure directe de la perte totale en watts à l’aide de l’appareil Richter.
- A. — Perméabilité.
- Les expériences ont été effectuées sur des barres d’acier de 1 centimètre carré de section ou sur des paquets de lamelles d’épaisseur voisine de o,5 millimètre en général, empilées de façon à obtenir autant que possible une section de 1 centimètre carré. Les erreurs pouvaient provenir soit de l’appareil, soit des lamelles.
- a) Erreurs provenant de l'appareil. — Ces erreurs pouvaient tenir à un mauvais contact du commutateur tournant, ou bien à des frottements de l’aiguille du galvanomètre. Pour éliminer la première cause d’erreur, on a effectué toutes les mesures en double ; lorsque deux mesures successives n’étaient pas concoi'dantes on vériliait et on nettoyait les contacts. La seconde cause d’erreur est plus grave, parce qu’il n’est pas possible de la mettre en évidence, quand l’erreur est faible; on s’est assuré avant chaque essai que l’aiguille du galvanomètre se déplaçait librement;'toutefois il pouvait se faire qu’un frottement imperceptible eût parfois réduit légèrement les déviations.
- b) Erreurs provenant des lamelles. — Si le
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- paquet de lamelles a une section constante mais différente de i centimètre carré, il suffit de multiplierla valeur de l’induction B obtenue par le rapport inverse des sections (ou de poids); ceci peut se déduire de la théorie du perméamètre Picou; on a d’ailleurs effectué des expériences qui ont prouvé que l’on obtenait ainsi des résultats exacts.
- Les lamelles ont été obtenues par rabotage,
- Tahi
- tillon témoin. L’échantillon n'ést dônc pas exactement comparable au témoin pour deux raisons : i° le poids du métal est un peu différent ; 20 l’épaisseur des rondelles étant moindre, lés pertes par courants de Foucault sont moins élevées.
- L’erreur provenant du poids du métal peut être évaluée d’après le tableau ci-dessous correspondant à des essais effectués sur i, 2, lu I.
- NOMBRE DE RONDELLES 1 2 3 4 S 6 7 8 9
- r,, . . . . , t Rondelles A... . Déviation totale ) Rondelles B.. . . a3 ai ',8 4 9 7/t 72 94 88 en ce c ce 10/, 91 en in C 00 99 82 98 80
- le découpage à l’emporte-pièce détériorant le métal ; ce rabotage lui-même a une action nuisible, d’où une causé d’erreür variable Suivant les tôles comme on le verra plus loin.
- B. — Détermination iie la perte en watts par le calcul.
- ie Hystérésis. — MM. de Nolly et Veyret ont calculé les pertes par hystérésis en partant du coefficient yj déterminé à l’hystérési-mètre Blondel et en appliquant la formule de Steinmetz. Pour une valeur de B = 10000 et 5o périodes par seconde, les pertes en watts par kilogramme de fer sont données par la fo.rmule :
- W11 ----- X 5o x '<] 10 ooo'>G = 1 G'îo yj.
- 7 >7
- Les principales causes d’erreur sont les suivantes :
- a) Epaisseur des rondelles. — L’échantillon témoin est formé de 9 rondelles empilées de o,0 millimètre d’épaisseur. Si toutes les tôles à étudier avaient une épaisseur de o,ô millimètre, il suffirait d’empiler 9 rondelles pour avoir un échantillon exactement comparable à l’échantillon témoin, mais souvent l’épaisseur des tôles est inférieure à 0,0; dans ce sas, on effectue l’essai sur un nombre de rondelles tel que le poids total se rapproche le plus possible du poids de l’échan-
- 3... 9 rondelles prises dans des tôles marquées A et B. Le tableau ci-dessus montre que la déviation passe par un maximum pour un nombre de rondelles égal à 6. Ce fait, assez surprenant à première Vue, peut s’expliquer de la façon suivante : le flux total à travers les rondelles va en croissant lorsque le nombré dé rondelles augmente, mais il né croît pas proportionnellement au nombre de rondelles ; il tend vers une certaine limite q ni dépend del’in-tensité d’aimantation de l’aimant. Il en résulte, qu’en augmentant l’épaisseur del’anneau, le flux par unité de section (B) va en diminuant; si h désigne la perte par hystérésis par rondelle et 11 le nombre de rondelles, la perte totale R = hn. Pour les deux premières rondelles l’induction reste sensiblement constante et H est à peu près proportionnel à n, mais lorsque le nombre de rondelles augmente, B décroît et h qui est proportionnel à B1’6 décroît de plus en plus rapidement; il en résulte que le produit hn croît de moins en moins; à partir d’une certaine valeur de 11 (6 dans le cas considéré), la diminution de A l’emporte sur l’aimantation de n et le produit hn va en diminuant.
- L’erreur de ce chef n’a pas dépassé 2 à 3 % en général, sauf dans certains cas particuliers où les auteurs ne disposaient que de rondelles très minces et où l’erreur a pu atteindre 8 à 10 %.
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- La cause d’erreur relative aux courants de Foucault est négligeable. La fréquence dans l’hystérésimètre Blondel, ne dépassant pas 2 à 3 périodes, est trop faible pour développer des courants de Foucault appréciables; on le constate facilement en faisant varier la vitesse de rotation : cette variation est sans influence sur la déviation de l’aiguille; il n’en serait pas ainsi si les courants de Foucault avaient de l’influence.
- b) Position des rond,elles. — Les rondelles étant parfois voilées, l’épaisseur de l’ensemble peut varier notablement. L’erreur cori’espondante peut atteindre de 3 à 4 %, d’après une série d’expériences.
- c) Diamètre dès rondelles. — i millimètre d’écart sur le diamètre peut donner io % d’erreur environ. Les rondelles étant usinées avec soin, cette erreur n’a jamais dû dépasser i à 2 %.
- d) Découpage des rondelles. — Le découpage des rondelles écrouit les tôles et cet écrouissage tend à augmenter l’hystérésis. MM. de Nolly et Veyretont reconnu au début de leurs essais que le découpage à l’emporte-pièce avait des effets néfastes ; aussi, dans la suite, toutes les rondelles ont été usinées au tour avec soin. Malgré toutes les précautions prises, le découpage abîme toujours plus ou moins les tôles, d’où une augmentation de perte variable suivant le soin apporté au découpage et suivant la qualité du métal, certains aciers étant plus sensibles que d’autres à l’écrouissage. C’est là un inconvénient qu’on évite par la mesure directe.
- e) Inexactitude delà formule.-^- La formule de Steinmetz a été contestée par plusieurs expérimentateurs qui ont proposé de lui apporter diverses modifications (*). Les auteurs
- (') Celte formule classique a été indiquée par M. Steinmetz eu 1892. On ne doit la considérer que co.nme une formule approchée et empirique; M. Ewing, Miss Klaessen, etc, ont montré quelle peut donner des résultats erronés pour des champs très faibles. M. Weiss a montré comment il fallait la modifier pour représenter, par exemple, les résultats de ces expériences sur les alliages de fer et d’antimoine. (Note de la Rédaction).
- é
- l’ont cependant employée telle quelle, parce qu’ils chereliaient toujours la perte eorrespon-dantà B — 10 000,'ce qui estîprécisément l’induction donnée par l’appareil Blondel. La valeur de y; inscrite sur l’échantillon témoin ayant été calculée d’après celte formule et avec cette induction, il est clair qu’en l’appliquant ils devaient trouver des chiffres exacts, à con dition que le témoin fût bien taré.
- 20 Courants de Foucault. —, On a employé la formule
- wP = - (4,9 4- S8 d2)
- P
- déduite des expériences de Kühns.
- p désigne la résistivité de la tôle en microhms-centimètres,
- d l’épaisseur de la tôle en millimètres, wp la perte par courants dé Foucault pour B = to 000 et 5o périodes.
- C’est la formule qui a paru aux auteurs offrir le plus de garantie, bien qu’elle ait été souvent contestée.
- C. — Mesure directe dé la perté EX WATTS A l’appareil RiCIITEH.
- L’appareil Richter construit par la maison Siemens et Halske, permet de mesurer la perte totale sur des tôles entières.
- D’après MM. de Nolly et Veyret, la méthode de mesure directe évite les causes d’erreur signalées ci-dessus, en particulier, celles qui peuvent provenir de l’écrouissage du métal ou de l’inexactitude de la formule. En outre elle permet d’apprécier la valeur moyenne de la tôle, puisque celle-ci est soumise tout entière à l’essai.
- D. — Comparaison des deux méthodes.
- Tous les essais ont été effectués par les deux méthodes ; l’écart a atteint jusqu’à 10 %, tantôt dans un sens tantôt dans l’autre; parfois les résultats ont été presqu’identiques. Le tableau II donne, à titre d’exemple, les chiffres obtenus avec une tôle ordinaire et une tôle au silicium.
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- Taiileau II
- ÉPAISSEUR RÉSISTIVITÉ COEFFICIENT PERTES JiN WATTS (13 = 10 ooo,5o périodes) PERTES EN WATTS SURTÔLES
- ANALYSE EN MM MICROUMS- CLM d’ïiystk- R ÉSIS Par hystérésis Par courants de Foucault Totales ]•: n ti iî n n s (appareil Ricliter)
- G = 0,080 3,oo
- Tôle ordinaire Si = 0,2'Li •Mn = 0,160 C =0,0/, 5 0,/, 17 5 9 0,0015() 2 ,Go 0 ,G8 3,28
- Tôle au silicium Si = 3,261 Mn = 0,200 <Vi 55,G 0,0009 3 1 ,5ï O 1,7 4 1,65
- II. — Résultats des essais effectués.
- La composition chimique et le traitement ont des influences de môme ordre sur les propriétés magnétiques des tôles. On peut dire en général que le pourcentage de carbone doit être très faible ; il faut également éviter le manganèse. Par contre, la proportion de silicium doit être élevée. 11 est indispensable de recuire les tôles après laminage, l'écrouissage ayant une influence néfaste sur les propriétés magnétiques.
- A. —• Composition chimique.
- Carbone. — Le pourcentage de C doit être .aussi faible que possible et toujours inférieur à o, r %. Une tôle à o,i5o de C est très inférieure à une tôle à o, ioo après recuit. Aucune tôle contenant plus de o,ioo de C n’a donné de résultats satisfaisants, môme après recuit, si le recuit n’a pas décarburé le métal. Les tôles trop carburées donnent de bons résultats si un recuit fait tomber le G au-dessous de o,ioo % par suite d’oxydation.
- Silicium. — Le silicium diminue considérablement les pertes par hystérésis. Le coefficient y; passe de o,ooif)o pour les tôles sans silicium, à 0,00090 pour les tôles à 3,500 %. U augmente la résistivité de l’acier de i5 à 5o microhms-centimètres environ et, par suite, réduit des 3/4 les pertes par courants de Foucault. Au point de vue de la perméabi-
- lité, l’influence du silicium varie suivant la valeur du champ. Pour les champs faibles de quelques gauss le silicum augmente la perméabilité ; il diminue en effet la viscosité magnétique en augmentant la dimension du grain, coiflme pour les pertes par hystérésis. Pour les champs plus intenses, à partir de 5 à 1 o gauss, l’influence du silicium estinverse; il diminue sans doute la perméabilité parce que la proportion de fer est moins élevée dans l’acier.
- Le silicium, augmentant la limite élastique du métal tend à diminuer les déformations permanentes. 11 en résulte que les tôles siliceuses craignent beaucoup moins l’écrouissage que les tôles ordinai res. On pourraitpres-qu’apprécier la teneur en silicium d’après la courbure permanente des lainelles, les autres éléments étant en proportions identiques.
- Manganèse. — Il faut éviter de dépasser un pourcentage de o,3 % de Mn. Les expériences que MM. de Nollv et Veyret ont effectuées à ce sujet sonL cependant moins concluantes que pour le carbone et le silicium. Parfois ils ont obtenu de bons résultats avec des tôles plus manganésées ; peut-être dans ce cas le manganèse était-il en partie à l’état de sulfure ou d’oxyde non dissout dans l’acier.
- Soufre et phosphore. — Il est bon d’éviter autant que possible ces deux éléments et de ne pas dépasser une teneur de o,o3o % environ. Un métal très sulfureux (o, 15o % ) adonné
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- des résultats très médiocres, malgré sa douceur en carbone (o, ioo %).
- B. —Traitements mécaniques et thermiques.
- L’écrouissage est très nuisible ; le découpage des lamelles et même le rabotage à l’étau-limeur suffisent pour abîmer plus ou moins les tôles. L’écrouissage qu’on obtient en frappant légèrement les tôles avec un couteau pour enlever l’oxyde aune action sensible sur les propriétés magnétiques ; on détériore également les tôles en les frappant légèrement avec un maillet sur une planche et à plus forte raison avec un marteau sur une enclume, ainsi qu’en les cintrant suivant un cercle de i5 centimètres de diamètre et en les dressant sur un plan. C’est aussi par suite de l’écrouissage que les tôles brutes de laminage donnent de très mauvais résultats. Au point de vue de la perméabilité, l’écrouissage se fait sur tout sentir pour les champs faillies de o à ao gauss. Pour les champs intenses, l’influence de la proportion de fer contenu dans le métal prime toutes les autres.
- Les vibrations ne paraissent jouer aucun rôle à condition que les tôles ne subissent pas de déformations permanentes.
- Le décapage à l’acide semble n’avoir aucune action.
- Un recuit approprié améliore considérablement les tôles. Il semble avoir un double effet : i° il remédie à l’action néfaste de l’écrouissage ; a" il augmente la grosseur du grain et,par suite, diminue la viscosité magnétique qui est d’autant plus forte que la texture est plus fine. On sait que la texture la plus faible est obtenue par un recuit prolongé avec refroidissement lent, ce recuit étant effectué dans le voisinage du point critique le plus bas ; c’est donc vers 775 à 8oo'’ qu’il convient de recuire les tôles. D’après les expériences de M. Charpy, le grain développé par le recuit est beaucoup plus grossier lorsque le métal a été préalablement écroui (fait qui explique la fragilité exceptionnelle de certains métaux recuits après écrouissage). Dans le cas actuel, on peut prévoir que le grain sera d’autant plus gros et les caractéristiques magnétiques d’autant plus satisfaisantes que le laminage aura plus écroui les tôles. L’écrouissage n’est donc nuisible que lorsqu’il 11’est pas suivi d’un recuit ; dans le cas contraire il est plutôt avantageux. N. Y.
- VARIETES
- Protection contre l’incendie des postes d’interrupteurs à haute tension et a bain d’huile, et des ti'ansformateurs.
- La Compagnie pour la fabrication des Compteurs et Matériel d’Usines à Gaz a procédé, le 11 lévrier 1913, àl’usinede la Société d'Electrieité à Saint-Denis, à d’intéressantes expériences sur l’extinction des feux d’huile dans les interrupteurs à haute tension par les procédés R. Frère.
- Le but que s’était proposé la Compagnie était le suivant :
- Etant donné qu’il peut se produire, dans certaines circonstances, une inflammation de l’huile contenue dans les bacs des interrupteurs à haute tension, ce commencement d’incendie doit pouvoir être éteint, soit au moyen d’appareils automatiques, soitau moyen
- d’appareils commandés à la main, ou enfin, de préférence, au moyen d’une combinaison de ces deux procédés.
- Le seul moyen rationnel d’éteindre un commencement d’incendie dans les conditions envisagées, est d’envoyer dans la capacité où il se produit, une quantité suffisante de gaz inerte, azote ou acide carbonique, de façon à réduire assez la proportion d’oxygène pour que la combustion s’arrête.
- Les expériences en question avaient pour but de montrer dans quelles conditions il est possible d’utiliser les gaz inertes, non pas, bien entendu, pour empêcher toute inflammation de l’huile (il faudrait pour cela que les appareils fussent en vase clos), mais pour éteindre aussi rapidement que possible le commencement d’incendie que l’on suppose s’être dé-
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- clarë. A cet effet, le système Frère expérimenté se compose de trois parties distinctes :
- i° Une porte à fermeture automatique;
- 2° Un circuit d’extinction automatique utilisant des bouchons fusibles;
- 3° Un circuit d’extinction dit « de grand secours », commandé à la main,
- La cellule d’interrupteur à haute tension protégée par ces procédés est partiellement fermée sur sa face antérieure par une porte automatique. Cette porte à deux vantaux doit toujours rester fermée; elle comporte quatre volets battants à charnières, maintenus ouverts par des chaînettes fixées à une tige fusible; ces volets qui se ferment, par conséquent, dès qu’il y a élévation de température dans la cellule, permettent, en temps ordinaire, une large ventilation à l’intérieur de la cellule; les ouvertures sont masquées par des chicanes en tôle de façon à éviter la projection de l'huile enflammée à l’extérieur.
- La tuyauterie de secours automatique comporte plusieurs branchements, terminés par des bouchons fusibles à la température choisie. Cette tuyauterie est en relation avec une source quelconque de gaz inerte ; elle est constamment maintenue à une pression que l’on pourra, pour fixer les idées, choisir égale à 2 kilogrammes.
- La tuyauterie de grand secours porte des branchements qui pénètrent à l’intérieur de la cellule et s’y terminent par une rampe percée de petits trous.
- Voici maintenant la raison d’être de ces deux circuits distincts :
- Si l’on suppose qu’une inflammation se soit produite dans une cellule, les bouchons fusibles vont déclancher, dès que la température aura atteint une valeur déterminée, l’afflux de gaz inerte protecteur dans la cellule en danger ; mais il est extrêmement important, dès qu’il y a un commencement d’incendie dans une cellule, de pouvoir protéger préventivement les cellules voisines sans attendre que la température y soit devenue dangereuse; de là, la nécessité d’un deuxième circuit commandé à la main et permettant d’envoyer du gaz inerte dans les cellules voisines de celle où le feu s’est déclaré.
- Les cellules ont été réunies par groupes de cinq, mais chacun de ces groupes forme, au point de vue de la protection, une seule unité. La tuyauterie de secours automatique et la tuyauterie de grand secours passent au long de la façade du batiment et pénètrent par deux branchements distincts. Si le feu s’est déclaré dans une des cellules de ce groupe, le
- personnel en sera averti par une sonnerie électrique actionnée par un clapet placé sur le circuit automatique, et qui est mise en mouvement aussitôt qu’il y a débit dans cette conduite. À ce moment, on pourra ouvrir le robinet qui commande le branchement de grand secours, et, grâce à un dispositif spécial, ce robinet peut être commandé à volonté, soit de l’intérieur, soit de l’extérieur du bâtiment.
- On peut, en outre, de l’extérieur de la porte automatique, retirer la tige fusible de façon à faire retomber les volets avant qu’il y ait eu élévation de température. Sans être indispensable, cette manœuvre, rendra cependant la protection préventive plus efficace.
- Deux installations distinctes, composées de bouteilles de gaz sous pression, de détenteurs et de réservoirs servant d’accumulateurs, alimentent les deux groupes de conduites dont nous venons de parler, Ces conduites circulent sur la façade du bâtiment; les branchements du circuit de grand secours sont commandés par les robinets que l’on peut ouvrir de l’intérieur ou de l’extérieur du bâtiment ; les branchements de secours automatique comportent des clapets qui actionnent dès le début de l’incendie une sonnerie d’alarme en indiquant en même temps dans quel groupe de cellules le feu s’est déclaré; pour permettre les travaux d’entretien, ces branchements comportent egalement, d’autres robinets, mais ceux-ci sont maintenus constamment ouverts et plombés.
- Les expériences auxquelles nous avons assisté ont comporté trois phases, 11 s’agissait :
- i'> D’éteindre au moyen du circuitautomatique un commencement d’incendie dans une des cellules;
- 2° Le feu ayant été communiqué à la cellule voisine, d’éteindre au moyen du circuit de grand secours, cette cellule ne comportant pas de secours automatique;
- 3° Ayant accumulé dans une cellule voisine decelle où l’incendie s’est produit des matières extrêmement inflammables (copeaux imbibés de pétrole, etc.), de montrer que, grâce au circuit de grand secours actionné en temps voulu, il est impossible de communiquer le feu à la cellule.
- Ces expériences ont donné des résultats particulièrement satisfaisants, et la Société d’Electricité de Paris a décidé de protéger tous ses postes d’interrupteurs à haute tension par les dispositifs Frère.
- La Compagnie pour la fabrication des compteurs étudie l’apjiilication de ce même dispositif aux transformateurs. J. B. Picot.
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- Comité anglais des Travaux de recherches.
- La Institution of Electrical Engineers a institué en novembre dernier un « Comité des Travaux de recherches » dont le but est de poursuivre des recherches techniques qui ne fassent pas double emploi avec celles d’autres Sociétés, telles que l’Association britannique ou la Société Royale, par exemple.
- Ce Comité se propose :
- i° D’organiser et de coordonner des recherches on matière d’électrotechnique;
- 2° De provoquer et d’examiner des recherches particulières sur certaines questions ayant trait à l’industrie électrique, ainsi que d’encourager ces recherches par des subventions.
- C’est ainsi que les chercheurs seront invités à faire connaître au Comité général des Recherches le genre de travaux qu’ils ont entrepris ainsi que les détails de leurs recherches. D’autre part, ceux des membres de l’Institut plus particulièrement familiers avec le côté manufacturier de l’industrie seront priés de communiquer au même Comité les difficultés qu’ils ont pu rencontrer dans la pratique et qu’ils trouvent dignes de retenir l’attention ; ils pourront aussi suggérer des idées au sujet de recherches nouvelles qu’ils désireraient voir entreprendre.
- Le Comité général jouera donc en quelque sorte le rôle d’une « chambre de consultation ». Il recevra de diverses provenances des propositions de problèmes à résoudre et les enverra à des groupements plus particulièrement aptes à en trouver la solution.
- Ce Comité groupera les résultats des divers laboratoires et en fera une publication détaillée.
- Il réunira enfin et publiera les bibliographies relatives à des questions d’ordre spécial.
- Le Comité estime désirable que. pour certains sujets l’Institut provoque lui-même et dirige les recherches correspondantes, et il émet le voeu que l'Institut lui donne pouvoir de créer des sous-comités de spécialistes pour l’étude de certaines recherches particulières. On va procéder ainsi à une série d’investigations sur les Propriétés électriques de divers corps tels que l’acier, le cuivre, le charbon, le papier, le caoutchouc, le mica, la porcelaine, les huiles et vernis, etc., sur lesquels on aurait besoin de réunir des données plus complètes.
- Des recherches analogués sont poursuivies depuis quelque temps sur les isolants au Laboratoire central d’Électricité.
- La rouille dans le tunnel du Simplon.
- L’usure considérable des rails dans la partie humide du tunnel du Simplon, usure qui atteint en certains endroits 3 millimètres par an, les corrosions avec pénétration réciproque constatées aux patins et sur les selles, donnèrent, en 1907, de graves préoccupations à la Compagnie qui craignit pour la conservation de la superstructure du tunnel. Des recherches très complètes furent alors entreprises pour découvrir les causes de cette usure anormale.
- La possibilité d’actions électrolytique,s ayant été envisagée, la traction ayant lieu dans le tunnel par locomotives électriques, des expériences furent faites qui mirent en lumière plusieurs résultats intéressants : l’action électrolytique ne diffère que de 1/2 % en courant alternatif de celle constatée avec le courant continu, mais elle dépend de la nature des corps sur lesquels elle s’exerce. La présence de nitrates augmente l’électrolyse, tandis que les carbonates et les terres alcalines ont pour effet de la diminuer. Elle augmente quand le nombre des périodes du courant alternatif diminue et quand la température augmente. Mais il n’a pas semblé que celte cause soit prépondérante dans l’usure constatée dans le tunnel du Simplon.
- L’usure par les eaux d’infiltration, qui sont séléni-teuses en plusieurs points, est plus active quand l’eau tombe goutte à goutte sur le rail qu’elle lave.
- Mais le résultat le plus imprévu mis en évidence dans les observations est que, malgré l’insufflation de 100 mètres cube d’air par seconde à Brigue et l’aspiration d’un volume égal à Iselle, l’influence des variations hygrométriques de l’air extérieur ne se fait pas sentir à plus de 3,5 kilomètres et que l’état hygrométrique reste pratiquement constantà l’intérieur du tunnel.
- Pour le Gothard, l’usure moyenne des rails, pour un trafic annuel de 3 3oo 000 tonnes remorquées par des locomotives à vapeur, est de 1,48 millimètre, tandis qu’au. Simplon, 0O1 le trafic n’est que de 1 5oo 000 tonnes, l’usure est de 0,79 millimètre, ce qui fait respectivement par million de tonnes 0,49 et 0,526 millimètre.
- Il semble que ce soit à la température qu’il faille attribuer cette usure relativement considérable ; elle s’élève à 3o° au Simplon et oscille entre 19 et 20 au Gothard ; à ce point de vue,les conditions sont donc plus mauvaises pour le premier de ces tunnels que pour le second.
- (,Société des Ingénieurs Civils.)
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- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- A quelles conditions les villes condamnées à des dommages-intérêts au profit des gaziers peuvent-elles appeler en garantie les électriciens?
- Dans son audience du 20 décembre 1912, le Conseil d’Etat a rendu un arrêt dénaturé à intéresser tous les distributeurs de lumière électrique qui ont créé une concurrence à un concessionnaire gazier et ont, par ce fait, occasionné un procès en indemnité à la ville concédante.
- Le Conseil s’est reconnu compétent pour statuer de piano sur l’action en garantie faite par la ville contre le permissionnaire. Cet arrêt est très précis; mais il ne faudrait pas cependant en exagérer l’importance, et c’est pourquoi nous devons exposer minutieusement les circonstances dans lesquelles le débat s’est engagé.
- I
- EXPOSÉ DES FAITS
- Les plaideurs en cause, dans le procès terminé par l’arrêt du 10 décembre 1912, ne sont pas des inconnus pour les praticiens du droit administratif.
- Ils s’appellent, d’une part, la Société de la Fusion des gaz et, d’autre part, la ville de Pamiers et la Société Ariégcoise de l’Eclairage Electrique. Déjà par arrêt du 28 novembre 190C, la Société gazière, signataire d’un traité en date du 16 décembre 1880, faisait reconnaître par le Conseil d’Etat son droit à réclamer une indemnité à la ville, du chef des permissions de voirie que celle-ci avait accordées à un électricien, sans l avoir mise en demeure d’exercer un droit de préférence, c’est-à-dire de réclamer le droit de distribuer cet éclairage aux conditions offertes par le permissionnaire de voirie, le sieur Prost. Le Conseil d’Etat a estimé, suivant une jurisprudence constante aujourd’hui, qu’en 1880 la lumière électrique avait déjà fait suffisamment ses preuves pour que les parties dussent prévoir q\ielle serait leur situation réciproque si une proposition pour un éclairage de cette nature
- venait à se produire dans l’avenir : il a rétabli l’équilibre résultant du silence gardé par les parties, en reconnaissant à la Compagnie le droit virtuel de préférence et en condamnant la ville, qui s’était peu préoccupée de le respecter, à payer une forte indemnité.
- 11 avait même tiré de ce principe les conséquences les plus rigoureuses :
- i° En annulant l’arrêt du Conseil de Préfecture qui s’était contenté de fixer l’indemnité à une somme de 5 014 francs par an, représentant seulement la diminution des recettes de la Compagnie gazière ;
- 20 En déclarant que l’indemnité devait comprendre les bénéfices que cette Compagnie aurait faits, si, mise en demeure en 1891 de faire l’éclairage électrfque elle avait déféré à cette sommation;
- 8° En donnant aux experts la mission de tenir compte de la distribution faite par l’électricien sur la petite voirie, comme sur la grande voirie. Les autorisations préfectorales n’étaient en effet, pour les voies de cette catégorie, que la conséquence d’un avis favorable donné par la commune.
- .La ville de Pamiers dut s’incliner : l’expertise fut reprise sur de nouvelles bases et revint au Conseil d’Etat pour être homologuée; si cette haute juridiction n’avait été saisie que de cette question, nous nous serions trouvés en face d’un procès très ordinaire en fixation d’indemnité. C’est à peine si, sur ce point, on peut mentionner comme intéressants les quelques principes suivants que le Conseil d'Etat consacre dans son arrêt : l’indemnité doit être arbitrée, dit-il, en tenant compte des frais d’amortissement et d’établissement d’une machine à vapeur de secours; car, à supposer qu’elle ait eu une force hydraulique comparable à celle de l’électricien concurrent, la Compagnie n’aurait pas pu s’en contenter pour faire une bonne distribution; il faut considérer, par contre, que non seulement une Société d’éclairage adjoint à ses recettes de lumière une recette importante de force motrice et il faut évaluer les bénéfices qui, de ce chef,
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- auraient pu être faits. En tenant compte de tous ces éléments, le Conseil a fixé l'indemnité à i2fi 5oo francs pour le dommage subi jusqu'au 3i décembre 1911 et, suivant une formule qui tend aujourd’hui à se généraliser, il a fixé à 12 000 francs la somme due pour chacune des années postérieures, jusqu’au jour où le préjudice aurait cessé.
- Mais la question la plus intéressante ne se trouvait point entre la Société de la Fusion des gaz et la ville de Pamiei’s, mais bien entre cette dernière et la Société Âriégeoise qui, devant le Conseil de Préfecture avait déjà été appelée en garantie.
- Le Conseil s’élait déclaré compétent sur cette action, bien que la Compagnie Ariégeoise eût soutenu qu’elle n’était pas, vis-à-vis de la ville, dans les liens contractuels d’un entrepreneur de travaux publics; que la permission de voirie n’est pas une convention par laquelle l’autorité municipale confère une obligation de faire tel ou tel travail dans le but d’être utile à telle ou telle collectivité, qu’elle constitue seulement un acte unilatéral par lequel l’autorité compétente déclare qu’elle ne s’oppose en aucune façon à ce que des distributeurs électriques empruntent la voie publique, mais elle ne règle ni les tarifs de distribution, ni les conditions d’établissement, etc.
- Le Conseil d’Etat, en cassant l’arrêté du Conseil de Préfecture a fait comprendre combien il trouvait fondée et juridique une pareille théorie, le Conseil de Préfecture n’étant compétent en vertu de l’article 4 de la loi de pluviôse an VIII que pour les contrats de travail public, 11e pouvait retenir devant lui l’examen des conséquences de l’autorisation donnée.
- Mais, après avoir annulé la décision du premier juge, le Conseil a donné la sienne, autrement plus nouvelle et plus intéressante : « En délice vrant à l’électricien les autorisations incrimi-« nées, dit-il, le maire n’a pas eu en vue d’assurer « un travail public; mais il résulte des eircons-« tances de la cause qu’il s’est proposé de laisser « créer un service public; or, sauf une exception « qui ne pourrait résulter que d’un texte formel, cc le contentieux du Service public appartient « au Conseil d’Etat et puisque je trouve devant « moi une difficulté de cette nature, je la juge « immédiatement ».
- Donc le Conseil d’Etat complète ce qu’une
- autorisation a toujours de laconique, en interprétant cette autorisation d’après les circonstances dans lesquelles elle est intervenue et, dans ce cas particulier, il n’hésite point à la considérer comme une concession d’un service. C’est le premier point intéressant à étudier.
- Et le second sera celui-ci : le Conseil d’Etat cherche, d’après les déclarations faites par le pétitionnaire initial auquel s’est substituée la Société Ariégeoise, quels engagements ont été pris en ce qui concerne la garantie.
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- DES CONDITIONS NECESSAIRES POUR Ç>u’uNE AUTORISATION PUISSE ETRE UNE CONCESSION I)’uN SERVICE
- rUHLIC.
- On perd assez facilement de vue que le Conseil d’Etat envisage les autorisations de voirie sous un double aspect ; la permission est, ordinairement — c’est même sa nature intrinsèque — un acte de police accompli par le maire comme maître de la surveillance d’une voie vicinale, par lequel il déclare simplement qu’il ne voit aucun obstacle à ce que le pétitionnaire fasse, sur la voie publique, telle ou telle occupation.
- Le maire 11e consulte même pas le Conseil municipal ; a fortiori n’exige-t-il aucune garantie du permissionnaire contre les difficultés que cette occupation pourrait créer à l’autorité qui la donne.
- Mais, d’autres fois, par un simple acte d’autorisation, il accomplit un acte de gestion des affaires communales„
- 11 en est ainsi notamment, quand, au lieu d’agir seul, il communique au Conseil municipal les demandes qui lui sont faites, quand il prend son avis, quand il exige, conformément aux ordres qui lui sont donnés, que certains engagements soient pris par le pétitionnaire ; en un mot, quand il réalise les désirs et exécute les instructions du Conseil, fonction dont il est chargé par l’article 90 de la loi municipale.
- C’est ce qu’a déjà dit, en termes excellents, M. Romieu dans ses conclusions au Conseil d’État dans l’affaire Goret contre Commune de Bar-le-Duc, arrêt du Conseil d’Etat du 16 juin 190‘A [Dalloz, 1904,3, 17). a Si on se trouve, dit ce cc magistrat, non en présence d’un entrepreneur cc cherchant à utiliser la voie publique pour une
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- « distribution collective, mais d’un particulier « propriétaire, commerçant, industriel, deman-« dant à se servir de la voie publique pour un « transport de lumière, d’eau, de force dans son « intérêt exclusif, on est dans le domaine de la « permission de voirie pure et simple ; le maire « agit dans le seul intérêt de la voie publique; « dès lors, les règles habituelles des permissions « de voirie,tant pour le retrait que pour l’octroi, « sont applicables, car l’acte du maire n’est « qu’un acte de puissance publique ordinaire, « un acte de voirie proprement dit (*).
- « Si, au contraire, il s’agit d’une autorisation « sollicitée par un entrepreneur de distribution « de lumière, l’existence du service public et les « engagements de la commune à son égard font « obstacle à. ce que l’autorisation d’occuper la « voie publique soit accordée pour effectuer « cette distribution. Il n’ya pas lieu dès lors pour « le maire à faire usage des pouvoirs qu’il tient « de l’article 98.
- « Il n’a pas à examiner si l’intérêt du domaine « public permet l’exécution des travaux pro-« jetés ; il n’a pas le droit d’aborder cet examen, « caria nature même et le but de l’autorisation « demandée font obstacle à ce qu’elle puisse « être accordée, puisqu’il s’agit non d’une pérît mission individuelle, mais d’une entreprise « collective de distribution que la ville s’est « engagée à ne pas laisser établir (*) »
- D’ailleurs, dans l’arrêt Collet, ville de Sedan, on retrouve, à peu près dans les mêmes termes, l’application du même principe. Il s’agissait d’une autorisation de voirie, que le Conseil municipal avait enjoint au maire de donner, mais en l’entourant de stipulations et de circonstances étrangères à l’intérêt de la voirie et imposait, au profit de la ville, l’obligation par le sieur Collet de garantir celle-ci de tout procès, le paiement d’une redevance et enfin le versement d’un cautionnement de 3 000 francs.
- (‘) Voir en matière d'éclairage C. E., 25 mai 1900, Cie Gaz et Eau, D., 1901,3,79 ; deux canalisations d'eau, 21 février 1890, commune d'Ivry et u juin 1891, ville de Maubeuge. D., 92.3.123.
- (*) Jurisprudence constante, voir G. E. 11 janvier 1895, Limoges, Dalloz, 95,5,13/|. Comparez en matière de pose do rails sur la voie publique C. E., 18 décembre 1891, commune Dubose, D., 93,3,44, et i3 janvier 1899, commune de Savonnières, P., 1903,46.
- Le Conseil d’État n’a point hésité à dire que l’autorisation donnée était inséparable du but pour lequel plie était prévue et des conditions qui y avaient été mises et que, de ce chef, elle était essentiellement différente des autorisations ordinaires (Dalloz, 1898. 3. 6),
- La conséquence de cette diversité entre les deux espèces d’autorisation, au point de vue de l'action en garantie, est la suivante :
- Si le maire a accordé une permission de voirie, en vertu de son pouvoir de police propre, sans consulter le Conseil municipal, et si cette permission de voirie attire à la commune un procès, l’appel en garantie devant le Conseil de Préfecture et même devant le Conseil d’État n’est pas possible, La première de ces juridictions n’est pas compétente, parce qu’il n’existe pas un contrat sur un travail public, et la seconde n’est pas compétente, parce que rien ne révèle qu’une concession de distribution ait été virtuellement donnée. C’est ce qui a été jugé dans l’affaire de la ville de Gap contre le banquier Aubert qui avait cru pouvoir éclairer ses locataires, au lieu de se contenter d’éclairer seulement son propre appartement, comme sa permission lui en donnait le droit, au moyen de la source éfeçtrogène qui, établie de l’autre cêté de la rue, dans un de ses immeubles, était réunie à ses bureaux au moyen d’un fil. La ville a dû payer une indemnité à la Compagnie du Gaz du Midi, mais n’a pu .obtenir, au moins de la juridiction administrative, une condamnation en garantie contre le propriétaire. Cette juridiction ne lui reconnaît que le droit d’ordonner le retrait de la permission pour l’avenir. Il en a été de même dans une affaire intéressant la Compagnie du Gaz de Vizille contre un sieur Martin, et on pourrait difficilement citer, sur le même point, un texte plus précis que celui de l’arrêt du j3 mai 1898 dans l’affaire de la Compagnie Gaz et Eau contre Ville de Sens f1).
- Mais si, au contraire, le Conseil municipal est
- (*) Arrêt du Conseil d’Etat, i5 avril 1910, Compagnie des GazduMidicontreVilledeGap et Aubert (Dalloz, 1912, 3, 68). Arrêt du 11 mars 1904, Martin contre Ville dp Vizille(/>af/os, 1903,3, 78). Compagnie Gaz et Eau contre Ville de Sens, Revue des concessions, tomeII, page 36a).
- A litre d’analogie, voir sur appel en garantie pour responsabilité en cas d’accidents, arrêt du 20 juillet 1909, Collard et Compagnie d’Electrioité de la Loire et Etat (Dalloz, 1911, 3, 70).
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- saisi de la demande de permission, s’il est consulté par le maire, si ce dernier, pour que la commune soit garantie, exige (ou est requis par le Conseil municipal d’exiger) du pétitionnaire une déclaration couvrant la commune contre toute indem' nité qui serait réclamée par le concessionnaire du gaz, il est certain que la portée de la permission dépasse de beaucoup, dans la pensée de celui qui la donne, comme dans la pensée de celui qui la reçoit, un acte de simple police, une autorisation ordinaire limitée à un seul fil ou à quelque poteaux... C’est un service public qui commence, c’est un service public qu’accepte la ville; et si, plus tard, dans le procès qui est fait à la ville, le permissionnaire qui a donné sa garantie intervient librement et directement devant lui, pour assurer sa propre défense, le Conseil d’Etat accepte ses explications sans le repousser de son prétoire, comme il devrait le faire s’il s’estimait incompétent.
- S’il est, au contraire, appelé en garantie, il le condamne à couvrir la commune toutes les fois qu’il a pris l’engagement de le faire (*).
- (*) Sur l’intervention directe de l’électricien devant le Conseil d’Etat, bien qu’il ne soit point intervenu devant le Conseil de Préfecture. (Voir un arrêt très intéressant : Cohen contre ville de Tarascon, du 22 juin 1906, Revue des concessions, t. V, page 334.) fi est en effet à remarquer qu’en droit administratif il n’y a pas lieu d’appliquer la règle du Code de procédure civile (art. 466) dans laquelle, pour intervenir pour la première fois en appel, il faudrait être dans la possibilité juridique de pouvoir faire tierce-opposition ; la disposition n’a pas été étendue dans la matière administrative qui est régie parle décret du 22 juillet 1806 dont l’article 21 permet l’intervention directe au Conseil d’Etat.
- Sur l'appel en garantie accepté par le Conseil d’Etat, voir les arrêts du 4 juin 1897 (Glejze contre ville de Foix, et 12 juillet 1901 entre les mêmes parties, Dalloz, 1903, 3, 7.) 11 est dit dans cet arrêt : « Considérant qu’il « résulte de l’accord intervenu pour la distribution de « la lumière électrique entre la ville et le sieur Gleize « que ce dernier s'est engagé à garantir la ville de toutes « les conséquences de cette distribution en ce qui con-« cerne la Compagnie du Gaz. » (Voir aussi arrêt du 4 août igo5, ville de Fécamp contre dame Legros, Revuedes concessions, t. IV, p. 41 4• )
- Voir sur la nécessité qui peut se présenter pour le Conseil de Préfecture de statuer dans certains cas par deux arrêtés différents, l’un sur la demande principale, l’autre sur l’appel en garantie, les arrêts Sallandrouze contre Vellette et ville d’Aubusson, arrêt du 27 juin 1902 (Dalloz, 1904, 3, 5 et 24 juillet 1908, Dalloz, 1910, 3, 41).
- Enfin, pour une simple autorisation contenant un tarif maximum, voir arrêts des secteurs électriques 16 mai 1902 (Dalloz, 1904, 3, 5).
- Or, dans notre espèce, il ne faisait pas de doute que la Société Ariégeoise d’Electricité ne fût vis-à-vis de la ville dans les condilions que nous venons d’indiquer: l’aulorisation de voirie n’avait été donnée que parce qu’il avait été certifié par le pétitionnaire, que si, de ce chef, la ville devait être inquiétée, il lui donnait sa garantie formelle, et tout l'historique des autorisations données à l’électricien par la ville en fait foi.
- On peut en juger par le simple exposé suivant : le 28 août 1890, le sieur Léotard, propriétaire d’une chute d’eau au moulin de Lestang, près Pamiers, demande une autorisation de canalisation électrique pour l’éclairage privé.
- Le n décembre, le Conseil municipal approuve la commission d’éclairage et la déclaration du maire qui émettaient l’avis formel que les autorisations ne fussent données que si Léotard se portait garant de toutes les revendications.
- Sensiblement à la même époque, un sieur Prost, directeur de la Compagnie Gazière elle-même, demandait la même autorisation et l’obtenait sous la même réserve. Sur ces entrefaites, Léotard, qui avait la chute, et Prost, qui avait de l’expérience comme distributeur, s’étaient réunis et s’étaient même adjoint Bernard et Pons. Le 9 février i89i, Prost adresse une demande relative à l’éclairage; le i3 février 1891, suivant une délibération, le Conseil municipal l’autorise et décide que, dans la ville de Pamiers, l’autorisation lui est accordée, à la condition qu’il couvrira la ville contre toutes les réclamations.
- Le 21 mars 1891, en échange de l’arrêté d’autorisation qui leur a été délivré par le maire, Bernard, Elie Pons et François Prost, associés, se reconnaissent solidairement responsables,aulieu et place de la ville, de toutes les réclamations qui pourraient être soulevées par la Compagnie du Gaz et les particuliers à raison du réseau électrique qui sera installé par eux dans la ville de Pamiers.
- Et enfin comme il fallait des autorisations pour la grande voirie, l’instruction fut faite par les services compétents, et le i5 juin 1891, il fut reconnu par le Directeur des Postes que l’entreprise Léotard et l’entreprise Prost n’était qu’une seule et même chose.
- En dernier lieu, Prost, Pons et Bernard obtiennent le 24 août 1891 l’autorisation d’éclairer les bâtiments du collège de Pamiers en se décla-
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- rant garants envers la ville contre toute revendication qui pourrait être faite par la Société la « Fusion des Gaz ».
- La situation étant ainsi précisée, Prost, Pons et Bernard fondèrent la Société dite « Ariégeoise d’Electricité », à laquelle Léotard faisait abandon de toutes les autorisations administratives et particulières attachées à l’exploitation.
- Il était difficile, dans ces conditions, de ne pas reconnaître, avec quelle minutie la ville avait exigé, à chaque tournant de cette histoire, la garantie personnelle de ceux auxquels elle octroyait touteslespermissions qu’ils demandaient.
- Il est assez étrange que dans ces conditions la ville de Pamiers, puisqu’elle croyait le Conseil de Préfecture compétent, n’ait pas pensé à formuler son appel en garantie devant cette juridiction, dès le moment où elle y était traînée par la Société « Fusion des Gaz ». Ce qu’il y (a de certain, c’est que, pour formuler cet appel, elle a attendu que les experts nommés par arrêt préparatoire du a3 novembre 1906 fussent sur le point de commencer leur œuvre ; elle dénonça le commencement des opérations à la Société, mais ce fut sans succès, car celle-ci ne se dérangea point ; il ne restait dès lors à la ville qu’à l’assigner devant le Conseil de Préfecture qui rendit, le 2/1 février 1908, un arrêt consacrant la responsabilité. de la Société Ariégeoise. Celle-ci
- s’étant pourvue au Conseil d’État, pendant que la ville poursuivait elle-même devant cette juridiction la question de l’expertise, il en est résulté que le Conseil était saisi pour la même affaire de deux requêtes de dates différentes, auxquelles il a répondu par la même décision.
- Si ce qui précède a été assez clairement exposé, il sera, croyons-nous, facile de comprendre que le Conseil d’Etat a admis qu’il ne se trouvait pas en présence d’une autorisation ordinaire, mais d'une autorisation qui avait toutes les apparences de la concession d’un grand service public comprenant à la fois l’éclairage des particuliers et l’éclairage de certains établissements communaux.
- Voilà pourquoi îl n’a point hésité à garder par devers lui l’examen de cette sorte de concession.
- Ce n’est d’ailleurs pas sur le point de la compétence du Conseil que la Compagnie Ariégeoise nous parait avoir fait porteries efforts de sa discussion .
- Mais à côté de ces questions de compétence, il y en avait une autre de pur fond et qui portait sur la validité des engagements pris par les auteurs de la Société et sur la validité des transmissions desdits engagements.
- C’est ce que nous étudierons dans un très prochain article. Paul Bougault,
- (A suivre.) Avocat ù la Cour d’appel de Lyon.
- NOMINATION
- Ecole Centrale des Arts et Manufactures.
- Nomination du Dihecteuii A la suite de la retraite, en 1910, comme directeur de l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures, de M. Paul Buquet, qui avait administré cet établissement pendant quinze ans avec une grande distinction, le gouvernement avait désigné pour lui succéder, à titre provisoire, M. Noël, sénateur de l’Oise, ancien élève de cette Ecole.
- On avait cru tout d’abord que les fonctions de directeur de l’Ecole Centrale étaient incompatibles avec le mandat de sénateur, et c’est pour cela que M. Noël avait été considéré jusqu’ici comme chargé d’une mission temporaire.
- Or, il résulte de « l’avis émis par les Sections réunies des finances, de la guerre, de la marine, des colonies, des travaux publics et des postes et télégraphes, de l’agriculture, du commerce et de l’in-
- dustrie, du travail et de la prévoyance sdciale, du Conseil d’Etat, en date du 22 mai 191a, qu’il n’y a pas incompatibilité entre les fonctions de sénateur et celles de directeur de l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures, et que le cumul des traitements afférents à ces deux fonctions n’est pas illicite ».
- En conséquence, par décret rendu sur la proposition du ministre du Commerce et de l’Industrie,en date du 3o décembre 1912, paru au Tournai officiel, du 8 janvier 1913 :
- « M. Noël (Ernest), sénateur, chargé à titre temporaire des fonctions de directeur de l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures, est nommé directeur de cet établissement ».
- Ce décréta eu son effetà partir du icr janvier 1913.
- Tous ceux qui ont pu apprécier les très grands services déjà rendus à l’Ecole Centrale par M. Noël se réjouiront de cette nomination.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Dans les informations récentes qu'a communiquées la Compagnie du Métropolitain de Paris, il faut noter la diminution des recettes de l'année 1913 par rapport à celles de la période correspondante de 1912. Il ne semble pas que cette diminution soit due à des circonstances exceptionnelles qui se produisent une année et ne se renouvellent pas. Au contraire, le Métropolitain aurait dû bénéficier d'un nouvel afflux de voyageurs apportés par la mise en service récente du tronçon Nord-Sud qui va jusqu'à la place Jules-.1 offri n.
- On est donc conduit à supposer que les recettes baissent pour une cause de concurrence : nous continuerons à observer les conséquences de ce phénomène économique auquel on n'a pas donné peut-être toute l'attention voulue, et nous verrons que l’ouverture de nouvelles lignes modifiera momentanément l’étiage des recettes, mais d'une année sur l'autre ne progressera pas comme jusqu'à présent à moins d’atteindre de nouveaux centres de population. La suppression de l'enceinte fortifiée, qui fera des communes environnant Paris comme une ceinture de nouveaux arrondissements, sera bien tentante pour faire cette expérience. Mais quelle opposition de la part des Compagnies de tramways de pénétration, du chemin de fer de Ceinture et de l’Ouest-Etat !
- La lutte sera vive. Mais combien apparaîtront encore plus imprévoyants les administrateurs d’alors de la Ville de Paris, gens à courte vue, qui, par esprit de clocher, renoncèrent à jamais au trafic des grandes lignes dont ils auraient pu assurer le transit. Tout ceci se rattache d'ailleurs au problème de la circulation dans Paris, qui pourrait par là recevoir quelques solutions intéressantes ; mais les dispositions acquises, comme les positions prises, conduiront comme maintenant à l'agrandissement exclusif des rues et boulevards, dont on modifiera la physionomie par la ressource des expropriations et à grand renfort de millions.
- La fameuse ligne n° 8 qui va de l'Opéra à l’église d’Auteuil ne peut toujours être mise en service complet : le commencement d’inondation que nous avons eu fin janvier a de plus causé un nouvel acci-
- dent au caisson que l'on fonce près du pont Mirabeau ; la voûte d'un égout voisin, plein autant qu'il pouvait l'être puisqu'il ne s'écoulait plus, s'est effondrée et l'eau s'est: répandue dans le chantier souterrain. Les dégâts ont été limités ; mais, pour l'instant, ne pouvant encore traverser la Seine, la Compagnie s'est mise d’accord avec la Ville de Paris pour procéder à une exploitation partielle depuis l'Opéra jusqu'à la place Beaugrenelle. La Ville achève l'aménagement des stations et la Compagnie pose les voies et les signaux. Dès que ces travaux seront achevés, la Compagnie exploitera pour le compte de la Ville qui recevra la totalité des recettes brutes encaissées, en comptant comme recettes propres à la ligne pour les stations communes à la dite ligne et à celles préexistantes l’excès des recettes antérieures réalisées par ces stations durant la période correspondante de l’année précédente. La Ville remboursera à la Compagnie la totalité des charges et dépenses occasionnées par l'exploitation, pendant cette même période, charges et dépenses calculées suivant une formule forfaitaire présentée par la Compagnie et qui est l'objet d'un examen des inspecteurs de la Ville. En résumé, la Compagnie exploitera pour le compte de la Ville de Paris à titre de véritable mandataire avec l'avantage pour le mandant d'être assuré de l’expérience et de l’habileté de son mandataire.
- Une assemblée extraordinaire des actionnaires de la Compagnie d’Électricité de T Ouest-Parisien est convoquée pour le 14 mars à l'effet d’examiner une proposition d'augmentation du capital ; cette réunion devait avoir lieu le 24 février, mais l’insuffisance des actions déposées a obligé à la reporter. Le Conseil proposera de porter le capital de 20 à 25 millions de francs par la création de 5o 000 actions de 100 francs chacune ; la politique, inaugurée par le Conseil, due au développement rapide de la force motrice dans le secteur où la Compagnie possède des concessions, exige des disponibilités nouvelles. On dit, d'autre part, qu'elle prendrait une participation de 2 millions 1/2 dans la Société qui se formerait pour fournir le courant à l'Ouest-Etat. Le bénélice du premier semestre de l'exercice en cours serait supérieur de 45oooo francs environ sur le précédent. On augure
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- donc bien des résultats de l’année, mais il faut compter que le second semestre est moins favorable et que la concurrence du Secteur de la Rive Gauche se fait de plus en plus pressante. Il serait en conséquence téméraire de penser, malgré l’indication en cours de l’action qui s’inscrit à 176, que le dividende futur sera supérieur à 7 francs, taux de l’an dernier.
- Le capitaliste ne manque pas d’ailleurs d’être en | ce moment sollicité de côtés divers. La Compagnie d'Electricité de Marseille procède à l’émission, au prix de 470 francs, d’obligations 4 1/2 %, coupons au ier juin et au premier décembre.
- La Compagnie Electrique de Franche-Comté, ; ancienne Compagnie Electrique du Moulin du Pré j (Bossert, Rufenacht et Cie) émet 1 400 obligations ; de a5o francs rapportant 5 % nets, coupons au | 3o juin et 3i décembre ; affaire locale intéressant j plus le petit capitaliste de la région où distribue la j Compagnie de Franche-Comté, mais le type d’obliga- ; tions imaginé et son rendement élevé est de nature à attirer cette clientèle.
- La Compagnie d’Electricité de Marseille peut avoir plus d’ambitions. Mais la concurrence que lui fera infailliblement l’émission de la Compagnie Barcelonaise de Traction, d’Eclairage et de Force doit lui être fort désagréable. Celle-ci propose au public 75000 obligations d’une valeur nominale de 20 livres sterling ou 5o3,2o francs, rapportant 25 fr. 16 d’intérêts annuels, nets de tous impôts. Et, comme le taux d’émission est de 455 francs, les privilégiés qui souscriront jouiront d’un revenu de 5,53 % . Les garanties qu’offre la Compagnie sont d'autre part de nature à donner confiance ; l’obligation est hypothécaire. La Compagnie exploite un service de distribution d’éclairage et de force, tramways compris, dans la ville de Barcelone qui compte 800000 habitants si l’on y comprend les agglomérations qui en dépendent.
- De nombreuses usines et manufactures restent à équiper, notamment des manufactures de laine et de coton qui comptent à elles seules en Catalogne 1 900 000 broches. Le projet de centrale de Seros, sur le P«.io Segre, comprendra quatre groupes tur-bo-alternateurs de 14 000 'chevaux ; une seconde centrale de Los Terradets, sur le Noguera Pallaresa, comprendra cinq groupes de 14000 chevaux également. Deux autres centrales auxiliaires, à Talara et à Pobla sur le Noguera-Pallaresa et pouvant développer 11 000 chevaux, compléteront le premier programme. Les usines principales,distantes de Barce-
- lone de 140 kilomètres, lui seront reliées par deux canalisations à double circuit sur pylônes d’acier; la tension de distribution étant de 110 000 volts jusqu’aux sous-stations. Ces lignes primaires auront un développement total d’environ 36q kilomètres, tandis que le réseau secondaire comprendra environ 34o kilomètres de lignes à 25 000 volts et 137 kilomètres de lignes à 6 000 volts.
- Mais, en outre, la Compagnie Barcelonaise de Traction possède la presque totalité du capital de la Corn-pagnia Barcelonesa de Electricidad qui dispose à Barcelone d’une ùsine thermique de 44 000 chevaux, en cours d’agrandissement pour être portée à 60 000 chevaux. Cette usine assurera le service de la clientèle actuelle et projetée jusqu'à la mise en service des usines hydrauliques. Dès à présent, les contrats de vente en cours ou signés garantissent une consommation nominale de 85000 chevaux; on estime à 100000 chevaux l’énergie à distribuer au moment du raccordement à la première usine hydraulique. Enfin, un contrat conclu avec la Société Ibérique de l’Azote, filiale de la Norvégienne,assure l’utilisation de 75 000 chevaux.
- Une convention avec la Compagnie Générale d’Electricité, et dont nous avons parlé en son temps, assure à la Barcelonaise de Traction un intérêt dans la Energia Electrica de Cataluna qui construit une usine hydraulique sur le plateau de Flamiseil et une usine thermique dans la banlieue de Barcelone. Les prévisions de recettes, basées sur les précédents de Rio de Janeiro, de Sao-Paulo et de Mexico, sont de 10 334000 pesetas pour 1914 et 19067000 pesetas pour 1915. Le capital de la Barcelonaise est de 25 millions de dollars,soit 125 millions de francs.
- Les obligations jouiront donc d’une série de garanties qui les rendent très attrayantes et condamnent à la médiocrité nos obligations de chemins de fer, même au taux de 4 % •
- La Compagnie Générale Française de Tramways proposera un dividende de 27,50 francs, égal au précédent. Tramways et Electricité, à Bruxelles, distribueraient 10 francs dont' un coupon de 5 francs récupérable pour l’exercice 1911. Les Tramways du Var et du Gard, malgré une réduction du bénéfice net de 28000 francs environ, maintiennent à 9 francs leur dividende. L’allocation au fonds de prévision pour renouvellement sera ramenée à 20 000 francs et le report à nouveau réduit de 34226 francs à 19 575 francs.
- D. F.
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- l*r Mars 1913.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- BOUGheS-dU-RhÔlie. — Le Conseil Général a adopté le projet de régie directe des chemins de fer départementaux présenté par l'administration; il a volé un emprunt de i 900 000 francs, dont 65o 000 francs, pour les travaux de mise en état et d’amélioration du réseau.
- Il a décidé, en principe, l’exécution des travaux suivants pendant les quatrième et cinquième années de la régie : électrification de la ligne du Pas-des-Lanciers, à Marseille, 47 ' 000 francs; électrification de la ligne de la Ciotat-Gare à la Ciolat-Ville et prolongement de cette ligne jusqu’aux établissements des Messageries Maritimes, 460 000 francs ; continuation de la ligne d’Orgon à Eyguières, 860 000 francs; enfin, élude delà ligne de Boulbon à Barbentane. 11 a, en outre, envisagé les travaux suivants d’électrification à exécuter ultérieurement : Arles-Salon, 1 100 000 francs ; Maussane-Chàteaurenard, 1 900 000francs; Boulbon-Chàteaurenard, 700 000 francs; Salon-Marseille, 18 400 000 francs.
- Tarn. — Est déclaré d’utilité publique l’établissement de deux lignes de tramways à traction mécanique, destinées au transport des voyageurs et des marchandises, entre la Ramière et Saint Sulpice et entre Saiul-Sulpice et Salvagnac. Devis : 2 460 000 francs.
- Vosges. — La Société des tramways de Gérardmer étudie un projet d’électrification de la ligne de Gérardmer à Retournemer.
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Ain. — La Société « l’Union Électrique » est chargée d’établir un devis pour l’installation de l’éclairage électrique de Marlieux.
- Drôme. — Le conseil municipal de Die discutera prochainement les offres faites par MM. Rivoire et Berges pour l’installation de l’éclairage électrique.
- Nièvre. — La Société Edison va créer un centre électrique important près de Fourchambault, sur le territoire des communes de Garchizy et Vareuncs; la force électrique pourra rayonner sur 5 départements et sera reliée avec les réseaux voisins actuellement en activité.
- SOCIÉTÉS
- Energie Electrique du Littoral Méditerranéen.
- Ventes du ior janvier 1912 au 3t décembre 1912....................Fr. 6 742 877
- Ventes du ior janvier 1911 au 3i décembre 1911.................... Fr. 5 991 204
- Différence en faveur de 1912.,.. Fr. 751 673
- Société Pyrénéenne d’Energie Electrique.
- Pour le mois de janvier 1913, les recettes annuelles minima garanties par contrats, atteignent 1 367 585 fr., en augmentation de 18 o34 francs sur le total atteint le mois précédent.
- Durant ce même mois de janvier, les ventes de courant facturées aux abonnés se sont élevées à 156 36o fr., contre 108 908 francs en janvier 1912.
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris.
- Les recettes de la première décade de février se chiffrent à 1 619 737 francs et accusent une augmentation de 9 554 francs par rapport à celles de la période correspondante de 1912.
- Depuis le 1" janvier la Compagnie a encaissé 6 636 655 francs et la moius-value comparativement à 1912 se trouve ramenée à 111 197 francs.
- Société Russe d’Electricité Schuckert et Cie-
- Celte Société, qui a récemment élevé son capital de 2 à 3 millions de roubles, projette de le porter à présent à 12 millions de roubles eu vue de fusionner avec les usines russes Siemens et Ualske, à l’instar de ce qui s’est accompli pour les mêmes usines eu Allemagne. Les deux Sociétés prendront la dénomination de Société Russe des Usines Siemens-Sehuckert.
- CONSTITUTIONS
- Société Bretonne d’Electricité. — Constituée le 17 février 1913. — Capital : 5oo 000 francs. -— Siège social : 19, rue Louis-le-Grand, Paris.
- La Néophile (Fabrications Electriques). — Constituée le i5 février 1913. — Capital : 120 000 francs — Siège social : 14, rue d’Amsterdatn, Paris.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XXI (2e Série).—N» 9.
- Société des Moteurs Salmson. — Capital :
- i 4oo ooo francs. — Siège social : g, avenue des Mouli-neaux, à Billancourt (Seine).
- Société Electrique de Saint-Priest et extensions. — Durée : 40 années. — Capital : 5oo 000 francs. — Siège social : i5g, boulevard Pereire, Paris.
- CONVOCATIONS
- Energie Electrique du Centre. — Le 7 mars, 7, rue de Madrid, Paris.
- Compagnie Générale Française de Tramways. —
- Le 12 mars, 7, rue Madrid, Paris.
- Société Française de Constructions et distributions Electriques. — Le 14 mars, rue Franklin, Bordeaux.
- FAILLITES
- Compagnie Générale d’Electricité du Sud-Espagne,
- 7, rue Scribe, Paris. — Syndic : M. Faucon.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 10 mars, à la mairie de Vichy (Allier), adjudication de l’éclairage électrique dans les nouveaux abattoirs. Montant : 12 435 fr. 60 ; cautionnement provisoire, fio francs; définitif, 600 francs. Visa des architectes huit jours avant l’adjudication. Renseignements détaillés à la mairie.
- * *
- Le i5 mars, à l'Administration des Chemins de fer de l’État, à Paris, acquisition et installation de 12 potences roulantes mues électriquement, à l’atelier du montage de Batignolles.
- Les industriels désireux de concourir pour cette installation peuvent se présenter dans les bureaux du Service électrique (ire division), 43, rue de Rome (8e), les mardis et vendredis, de i5 à 17 heures, jusqu’au i5 mars igi3.
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- Le io avril, au ministère de l’Agriculture, à Buenos-Aires, fourniture d’installation pour énergie électrique : générateur, alternateur et moteurs triphasés, dynamo, tableau de distribution, canalisations, etc.
- INFORMATIONS
- Comité Permanent d’Electricité.
- Sont nommés membres du Comité permanent d’Élec-tricité, pour les années 1913 et 1914 :
- MM.
- m-: Préaudeau, inspecteur général des ponts et chaussées. (Président).
- Guili.ain, président du Conseil d’administration de la Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson Houston ( Vice-président).
- Monmerqué, inspecteur général des ponts et chaussées (Secrétaire).
- Jullien, inspecteur général des ponts et chaussées.
- Bertiielot (André), administrateur délégué de la Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris.
- Boutan, directeur de la Compagnie du Gas de Lyon.
- Brachet, directeur du Secteur électrique des Champs-Elysées.
- Brvlinski, sous-directeui-de la Société du Triphasé.
- Cordier, administrateur délégué de la Société Energie Électrique du Littoral méditerranéen.
- Equer, administrateur délégué de la Compagnie générale Parisienne des Tramways.
- Haiu-é, de la Maison Sautler-Harlé et Cio.
- Hillairet, ingénieur-constructeur.
- Labour, directeur de la Société l’Eclairage Electrique.
- Meyer (Ferdinand), directeur de la Compagnie continentale Edison.
- Pavie, administrateur délégué de la Compagnie Générale Française de Tramways.
- Picou, ingénieur des arts et manufactures.
- Saiitiaux (Albert), ingénieur en chef de l’exploitation de la Compagnie du chemin de fer du Nord.
- Sée (Raymond), président de la Commission d’exploitation du Syndicat des usines d’électricité.
- Maringer, conseiller d’Etat, directeur de l’Administration départementale et communale du ministère de l’Intérieur.
- Lauriol, ingénieur en chef des Services généraux d’éclairage de la Ville de Paris.
- Michaux, membre du Comité consultatif de la vicina-lité au ministère de l’Intérieur.
- Belugou, ingénieur en chef à la direction de l’exploitation télégraphique au sous-secrétariat d’Etat des Postes et des Télégraphes.
- Lorain, ingénieur en chef des Postes et des Télégraphes.
- Devaux-Chabbonnel, ingénieur en chef des Postes et des Télégraphes.
- Le chef d’escadron Cordier, du 1 ie régiment d’artillerie.
- Le chef de bataillon Ferrie, delà direction du matériel du génie.
- Le chef de bataillon Simon, chef de l’établissement central du matériel de la télégraphie militaire.
- Dabat, directeur des eaux et forêts au ministère de l’Agriculture.
- Tavernier, inspecteur général de l’Hydraulique agricole, au ministère de l’Agriculture.
- Troté, ingénieur en chef des ponts et chaussées, chef du Service technique de l’hydraulique agricole au ministère de l’Agriculture.
- MM. Ourson, ingénieur en chef des ponts et chaussées et Girousse, ingénieur des Postes et des Télégraphes, sont attachés au Comité permanent d’électricité, en qualité de Secrétaires-adjoints,pour l’année 1913.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Paris. — imprimerie levé, 17, rue cassette.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Tfeaie-clil«|nlètn0 Mitée.
- SAMEDI 8 MARS 1913.
- Tome XXI (8® aérle). — N® 10
- , . La
- Lumière Électrique
- SOMMAIRE!
- EDITORIÀL. ... ..................... 289
- Théories et généralités*
- G. Martin. — Le moteur Latour shunt compensé ............................... 291
- Extraits de publications
- Sur les inconvénients que pourraient causer aux appareils des Postes et Télégraphes le
- vôisinage de certains paratonnerres spéciaux dits : « Niagaras ». — Rapport de
- M. Violle à l’Académie des Sciences.... 299J
- Mesures des pertes d’énergie dans les ma- ; chines à courant continu en fotiction de la
- vitesse, par W. M. Thornton............ ><>>
- Variétés
- La station centrale de Caen.............. 3o/j'
- Législation et Contentieux
- P. Boucault. — Â quelles conditions les
- villes condamnéès- à deâ dommages-intérêts ; au profit des gaziers peuvent-elles appeler -
- en garantie les électriciens ? (fin) . t... .... 3o6
- * Bibliographie
- Dr G. Weiss. —' Sur lés effets physiologiques
- des courants électriques.. . . ........ .•.«. . . 3io
- Rencade, JoliboiSj Broniewski. -— Conférences sur les alliages................. 3i 1
- Brevets
- Moteur polyphasé à collecteur â excitation réglable......... ...-.;... ............... 3ta
- Chronique industrielle et Financière
- Notes industrielles : Les monorails électriques. ................................... 3i3
- Etudes Economiques............................... 3 i 6
- Renseignements Commerciaux............ 318
- Adjudications.,.................................. 320
- EDIT
- Bien que le moteur Latour shunt compensé soit très répandu dans l’industrie, surtout pour des puissances faibles, la théorie de ce moteur est très délicate et difficile à saisir. M. Gabriel Martin, ancien élève de l’Ecole Polytechnique^ est parvenu.à en établir une théorie simple) qui sera certainement remarquée des techniciens.
- L’étude de M. Martin comprend d’abord une théorie physique approchée donnant une idée d’ensemble du fonctionnement du moteur, puis une: théorie màthématique plus complété1 condüisànt au diagramme. Un appendice montre dés résultats d’essais obtenus sur des înotëttrs Latour shunt de 7 et de 1 chevaux construits en série par les' Ateliers de Jeuniont.
- En ce qui concerne le diagramme, il est ài remarquer que, dans chaque machine élec-
- ORJAL
- trique, certains éléments jouent un rôle capital et sont suffisants pour expliquer presque tous les phénomènes que présente le fonctionnement de la machine. Pour établir un diagramme, la difficulté consiste, non pas à tenir compte dé toutes les conditions du problènrié (fuites, résistance) saturation, etc.), mais à discerner ceux de ces éléments qui ont une importance essentielle pour la machine considérée. Ainsi, pour le moteur d’induction, il suffit de tenir compte des fuites magnétiques, comme le fait M. Blondel. Le diagramme de Blondel peut s’appliquer aux transformateurs, mais pour ces derniers il est nécessaire de négliger la réluctance magnétique du noyau et de tenir compte des fuites et résistances ohmiques (diagramme de Kapp).
- Pour le moteur Latour shunt, les éléments
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XXI (2« Série). - N° 10.
- qui jouent un rôle capital sont les résistances des deux circuits traversant le rotor. En tenant simplement compte de ces deux résistances, M. Martin arrive à expliquer, par son diagramme, le fonctionnement du moteur avec une grande précision.
- On a réalisé déjà bien des progrès dans l’art de la préservation des coups de foudre depuis qu’en 175?. Franklin montra, le premier, la nature électrique des décharges qui se produisent pendant les orages, et mérita que l’Académie des Sciences de Paris caractérisa sa découverte par l’élogieuse formule : Eripuit cælo fulmen! Il n’en est pas moins vrai qu’il reste encore sur la nature et les effets de la foudre bien des points à élucider. Aussi n’est-il pas surprenant que M. le sous-secrétaire d’Etat aux Postes et Télégraphes ait cru devoir saisir l’Académie des Sciences des inconvénients que pourrait présenter pour les appareils de son administration le voisinage de ces paratonnerres à grand débit qu’on a nommés 1 üagaras, pour évoquer l’idée de « gouffres » d’électricité. Dans la séance du 17 février dernier, M. Violle a donné lecture, au nom de la Commission des Paratonnerres, d’un rapport très documenté, dont les conclusions ont été adoptées par l’Académie.
- Sans recourir à des considérations théoriques générales, telles que l’hypothèse électronique qui sert à expliquer actuellement les orages et les aurores, l’illustre rapporteur a formulé des règles précises, d’une grande importance pratique.
- Le rapport de M. Violle se termine par un vœu tendant à ce que l’Administration des Postes et Télégraphes signale à l’Académie les renseignements précis qu’elle aura recueillis sur les effets de la foudre. Ce vœu rappelle celui qui Tut émis en 1882 par le Ier Congrès international des Électriciens, et à la suite duquel le ministre des Télégraphes prescrivit « à tous les chefs de service compétents de faire étudier d’une façon spéciale par le personnel (6 000 à 7 000 agents) tout ce qui a trait aux coups de foudre ».
- v M. W.-M. Thornton a mesuré. expérimen-
- talement les pertes d’énergie dans les machines à courant continu en fonction de la vitesse. L’auteur déduit de ses essais que les pertes par frottement dans l’air croissent rapidement à partir d’une certaine vitesse. C’est une confirmation d’un résultat connu, à savoir que pour chaque genre de machines
- 11 y a, à qualités égales, une vitesse optimum qu’il ne faut pas dépasser, parce que plus la vitesse augmente et plus la commutation devient difficile. Il ne faut pas oublier d’ailleurs que les frottements par résistance de l’air ont leur utilité : ils servent à refroidir l’induit, et, comme l’a fait remarquer M. Swyngedauw, on exagère quelquefois ces frottements de certaines machines en munissant l’induit d’ailettes ventilatrices, afin de pouvoir admettre une densité de courant plus grande dans l’induit et augmenter la puissance de la machine.
- M. de Loisy donne, dans la Revue de métallurgie, une description importante des dispositions générales de l’Usine de Caen. L’auteur examine successivement le plan d’ensemble de cette usine, l’agencement des fours à coke, le grillage prévu dans la première période pour un tonnage annuel de
- 12 000 000 tonnes, le chargement en coke, minerai et castine des hauts fouimeaux de 4oo tonnes par vingt-quatre heures par des monte charges à plan incliné qui ont l’avantage de supprimer les chargeurs au gueulard. Il décrit ensuite la disposition d’ensemble des appareils Cowper agencés avec le dispositif Ch. Pérard, l’épuration du gaz, l’aciérie où l’on emploiera le « procédé au minerai » ou le procédé Thomas selon le prix de revient, les laminoirs, et enfin la station centrale. C’est cette dernière dont nous empruntons la description à M. de Loisy.
- M. P. Bougault achève aujourd’hui son étude juridique sur les conditions auxquelles les villes condamnées à des dommages-intérêts au profit des gaziers peuvent appeler en garantie les électriciens concessionnaires. Les conclusions de notre collaborateur sont, comme toujours, extrêmement précises.
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- 8 Mars 1913.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
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- LE MOTEUR LATOUR SHUNT COMPENSÉ
- Ce moteur est le seul moteur à collecteur à ! courant monophasé, dont la vitesse soit cons- ! tante. '
- Ses propriétés le rapprochent du moteur d’induction monophasé, mais il possède sur celui-ci les avantages suivants :
- i° Couple au démarrage considérable, égal à environ trois fois le couple normal;
- 2° Capacité de surcharge très élevée3 sans décrochage;
- 3° Meilleur cos <p, surtout à forte charge.
- Comme le moteur d’induction, le moteur Latour shunt peut fonctionner en génératrice asynchrone, au-dessus de sa vitesse normale.
- Cette propriété, jointe à sa facilité de démarrage, en fait le moteur idéal pour appareils de levage tels que grues, et ascenseurs.
- Il peut aussi remplacer avec avantage le moteur d’induction dans toutes ses applications, notamment la commande de machines-outils et de pompes centrifuges.
- Les moteurs Latour shunt, surtout de faible puissance, sont déjà très répandus. Pourtant ils sont bien moins connus que les moteurs Latour à caractéristique série, d’applications plus restreintes. Cela tient peut-être à ce qu’il n’a pas encore été donné de théorie simple du moteur shunt.
- Nous allons essayer de combler cette lacune. Nous exposerons d’abord une théorie physique approchée, puis une théorie mathématique conduisant au diagramme (').
- I. Théorie physique.
- Le moteur Latour shunt se compose d’un rotor à collecteur placé dans un stator sans pôles sail-
- (') Les principales études publiées jusqu’à présentsur le moteur shunt compensé monophasé sont celles de M. Bethknod (Eclairage électrique, 4 mars igo5, p. 32[ et 2 février, 7 avril 1907, p. 4g, 109, 252) et l’élude de M. Marujs Latour sur les « Propriétés des rotors à collecteur » [Eclairage électrique, 5, 12, 19 janvier 1907,
- p. 5, 41, n).
- lants. Toutes les masses de fer sont feuilletées Le stator est alimenté à la tension E du réseau.
- Le rotor comporte :
- i° Deux balais opposés, placés dans l’axe du stator et court-circuités;
- a0 Deux balais à 90° des premiers, alimentés au moyen d’un transformateur, à tension réduite e, en phase avec E.
- On a ainsi le moteur du schéma 1.
- v
- Le transformateur peut être un auto-transformateur constitué par le stator lui-même. On a dans ce cas le schéma 2.
- Nous supposerons très petites les résistances ohmiques. La réluctance des circuits magnétiques, par suite de l’existence d’un entrefer, n’est pas négligeable. Bornons-nous pour l’instant au moteur de la figure 1.
- I. Etudions dabord le moteur-au démarrage.
- Le rotor, par ses balais en court-circuit, se comporte comme lé secondaire d’un transformateur dont le primaire est le stator. Le courant de court-circuit a donc pour effet d’annuler à chaque instantle champ statorique. L’impédance du stator est réduite à sa résistance ohmique. Le courant prendra une valeur dangereuse pour les enroulements. Pour l’éviter, on devra faire démarrer le moteur en moteur à répulsion, par décalage des balais, ou en moteur Latour série, dans le cas de la figure 2, par l’ouverture d’un interrupteur placé en a. Le second procédé est le plus généralement employé. Dans ce cas l’interrupteur est un conjoncteur centrifuge.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XXI (2® Série). — IC* 10.
- II. Etudions maintenant le moteur en marche.
- Soit i le courant dans le stator,^ le courant traversant horizontalement le rotor, N le nombre de fils du rotor, v le nombre de spires du stator,
- — la fréquence, n le nombre de tours par seconde, ait
- Le courant it produit un champ magnétique horizontal, en phase avec lui, de flux total Lf,, L étant un coefficient constant.
- La rotation du rotor dans ce champ produit
- sans subir aucun déplacement relatif par rapport à lui. Il n’est soumis à aucune force électromotrice d’induction. La tension entre les balais horizontaux est très faible, égale à la chute ohmiquedans lerotor. Il faut alimenter le moteur à tension e très faible, pour que la marche au synchronisme soit possible.
- Mais alors nous changeons infiniment peu le moteur en supposant e — o, c’est-à-dire en court-circuitant les balais horizontaux.
- :
- entre les balais de court-circuit une force électro-motrice dynamique de valeur «N Lit.
- Celle-ci produit un courant de court-circuit i\ en retard d’un quart de période sur elle-même ; i'2 est défini par l’égalité :
- N = «NLi,
- dt '
- Cette équation donne, entre les intensités efficaces, la relation :
- Wl'2 = ftlj.
- Indépendamment du courant dynamique i\, le court-circuit est, comme au démarrage, parcouru -par un courant d’induction statique i\ annulant à chaque instant le champ statorique. Le champ résultant vertical <!» est donc dû au seul courant i'%. Il est en phase avec lui.
- Ce champ de flux •!> = Lt's est en retard d’un quart de période sur le champ horizontal. Leur ensemble donne un champ tournant dans le sens du moteur, à la vitesse du synchronisme.
- En général, ce champ est elliptique. Il devient circulaire quand L = I'„c’est-à-dire quand n. — to.
- Cette vitesse est le synchronisme.
- La commutation est évidemment parfaite au synchronisme.
- On a donc intérêt à faire de cette vitesse la vitesse normale du moteur.
- Supposons cette condition réalisée.
- L’induit tourne alors avec le champ tournant,
- Nous avons alors le schéma 3. Sous cette forme, le moteur est un véritable moteur d’induction. Il marche à vide au synchronisme, et, en charge, le rotor glisse dans le champ tournant.
- Le moteur peut aussi marcher en génératrice asynchrone, au-dessus du synchronisme.
- 11 ne faudrait pas déduire de ce raisonnement
- que le moteur du schéma 3 soit peu différent du moteur Latour shunt, car, dans le moteur limite auquel nous sommes arrivés, nous admettons l’existence d’une force électromotrice extérieure
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- e, infiniment petite, il est vrai, mais qui suffît pourtant à maintenir le courant I* et par suite à maintenir un champ tournant circulaire.
- Nous nous proposons maintenant de démontrer que
- i# Le courant 1'^ est constant en grandeur et
- TC
- direction, et en retard de -? sur E ;
- Le courant L est sensiblement constant en grandeur et en phase avec E (fig. Zi).
- En effet, la chute de tension dans le stator est due seulement à la variation du champ vertical L i\.
- L’équation du courant dans le stator est
- L -V ---;--- — O.
- dt
- D’après cette équation, le vecteur I'2 est cons-
- TC
- tant, et en retard de - sur E (fig. 4).
- Comme nous l’avons vu, lt est en avance de
- TC
- - sur I'a et a pour valeur :
- La vitesse est sensiblement constante, donc aussi It, et L est en phase avec E.
- On ne peut rien dire sur la direction de I sans faire d’hypothèses sur les ordres de grandeur relatifs des résistances. En pratique cos sp est voisin de i.
- Voyons comment le couple est produit, et cherchons son expression.
- Le couple est dû à l’action du champ stato-rique sur le champ rotorique résultant, comme dans toute machine électrique.
- Le champ rotorique se compose lui-même de deux champs :
- i° Le champ dû au courant de court-circuit. Le couple résultant de l’action de ce champ sur le champ statorique est nul par symétrie.
- 2° Le champ dû au courant 4- L’action du champ statorique sur celui-là produit le couple moteur.
- Les courants i et 4 sont sensiblement en phase. Donc le couple est à peu près proportionnel au produit I L.
- Comme L est sensiblement constant, les varia-
- tions du couple moteur sont* produites par la variation du champ statorique, ou, ce qui revient au même, du courant statorique.
- Le couple est sensiblement proportionnel au courant absorbé par le stator. A vide, ce courant est faible.
- Il nous a semblé intéressant, pour compléter cette étude physique, d’examiner comment les échanges d’énergie se produisent dans le moteur.
- Fig. 5.
- Nous nous appuierons pour cela sur la remarque suivante :
- Considérons un rotor à collecteur placé dans une carcasse métallique dépourvue d’enroulement (fig. à). Au moyen de 4 balais également espacés, faisons traverser le rotor par deux courants continus 4> z2. Il ne se développe aucun couple. On peut alors faire tourner le rotor sans dépense d’énergie, et la rotation a pour effet de provoquer un simple échange d’énergie électrique entre les deux sources produisant les courants i, et i2. Par exemple, si le sens de la rotation est le sens indiqué sur la figure 5, le circuit it sera soumis à une force électromotrice d’induction dynamique dans le sens de it et le circuit z2 à une force électromotrice opposée à z2. Le courant 4 cédera de l’énergie au courant 4.
- Revenons au moteur shunt, en marche normale.
- La force électromotrice e d’alimentation du rotor estemployée uniquement, nous l’avons vu, à vaincre la résistance ohmique du rotor. Toute l’énergie empruntée au réseau par le transformateur est donc transformée en chaleur par effet Joule dans le rotor*
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- Toute l’énergie prise par le moteur au réseau, et convertie en énergie mécanique, vient donc du réseau par le stator. Le stator, grâce au fonctionnement du transformateur en court-circuit, transmet au courant de court-circuit l’énergie qu’il reçoit du réseau.
- Le courant de court-circuit, par l’effet de la rotation du rotor, et d’après la remarque faite plus haut, transmet intégralement l’énergie reçue au courant horizontal «V Celui-ci, par action sur le champ statorique, donne le. couple moteur, et le déplacement du courant q dans ce champ produit la transformation d’énergie électrique en énergie mécanique.
- Nous avons étudié jusqu’ici le moteur du type i seulement.
- Il est facile devoir que le moteur •>. fonctionne de la même manière.
- En effet, dans ce moteur, le rapportdu nombre de spires formant le secondaire de l’auto-transformateur, au nombre total de spires du stator, est d’environ i/5o. Comme d’ailleurs les courants d’alimentation du stator et du rotor sont de même ordre, le passage du courant /, dans le stator produit un flux tout à fait négligeable devant le flux dû au courant i dans le stator.
- Le moteur o. diffère donc très peu du moteur i.
- il. Diagramme.
- La théorie précédente n'est qu’approchée, car nous avons négligé l’effet Joule, les fuites magnétiques, les pertes dans le fer, l’influence de la saturation, etc.
- 11 est nécessaire d’avoir une théorie plus
- a®
- eu
- >b
- I
- Fig. 6.
- N
- complète qui rende compte des phénomènes suivants, observés dans la marche du moteur :
- i° Le courant absorbé par le stator n’est pas, en général, en phase avec la tension.
- •2° Le courant L croit légèrement avec la vitesse.
- . 3° Si l’on introduit, en série avec les balais d’alimentation, des résistances croissantes, l’extrémité du vecteur I décrit la droite ab, si la puissance absorbée reste constante (fig. 6), c’est-à-dire que le moteur absorbe un courant déwatté en arrière de la tension. Ce courant croit rapidement avec la résistance.
- 4° Les harmoniques du réseau sont fortement renforcés, et augmentent sensiblement la vitesse du moteur. Grâce à eux, le moteur peut atteindre, à vide, une vitesse supérieure au synchronisme, et sa vitesse peut augmenter avec la charge.
- Nous tiendrons compte seulement des résistances des deux circuits traversant le rotor.
- Conservons les notations précédentes, et appelons :
- i' le courant total de court-circuit;
- Ri, R' les résistances des circuits parcourus par les courants id' ;
- <1> la composante verticale du flux.
- Les équations du courant dans les 3 circuits sont:
- E
- O
- e _ XL — R,*,
- at
- d<\>
- — NL -y- + /iNLq = R>ÿ. dl 1
- (2)
- (3).
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- 8 Mars 1913.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 2<J5
- D’après la irc équation, le vecteur représen-
- Si R, croît, la droite s’incline vers la gauche.
- tant <I> est constant, en retard de — sur E, et a
- •i
- Cherchons le lieu du point x'y'. Nous avons ;
- pour longueur —.
- Traduisons géométriquement les équations (-a) et (3). Nous obtenons les figures 7 et 8.
- Soient x'y'^Xiiji les projections des vecteurs I'Ii sur les axes x et y figurés.
- Chacune des égalités géométriques nous donne, par projection sur les deux axes, deux équations :
- Rj.r, wLNÿ, — nN<I>
- 13,?/, = e — wLN.r,
- R'j.-' = /iNL.r,
- R'// — — (i)N<t> -f- LN/ii/,.
- Ces équations déterminent xlyi,x'y' en fonr-tion de RjR' et de n.
- Des deux premières, nous tirons : Xi — A (ewL — <1>R,«)
- (1 — NL’WA) + NLo)A'l>./f Ri
- en posant
- A =
- R,2 + lo-L-.X2'
- Ouand n varie de o à l’infini, le point .r,//, dé-
- NLw
- crit une droite de coefficient angulaire--------=5—.
- tii
- Si Ri est petit, ce coefficient est très grand, et la droite très voisine de la verticale (fig. 9).
- R'.r' = N LA (euïL — <1>R,«) n
- IVy' — — wN<l> -f- LN (1 — NL2w2A) n
- -f Lai\TâwA<I>.«*.
- Fig- 9-
- Quand n varie, le point x'i•/' décrit une para-
- bole.
- Son axe a pour coefficient angulaire le rapport
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-
- 2Ut;
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXI (2* Série). — N? 40.
- des coefficients de nï dans les expressious de y'
- . , . NLw
- et de x x spit -—=—
- Rj
- Cet axe est parallèle à la droite décrite par le point xKyx,
- La parabole est placée comme l’indique la figure 9.
- Le point correspondant au démarrage (n — o) est sur l’axe des y, et sa position est indépendante de R4.
- Si Rj croit, la parabole s’incline vers la gauche en coupant toujours l’axe des y au même point.
- Cherchons la courbe décrite par l’extrémité du vecteur I. i est défini à chaque instant par l’égalité :
- — (v« 4- N«') = l— Ni', = = constante.
- 10 10
- La réluctance dt du circuit magnétique vertical est faible, mais non négligeable par suite de l’existence de l’entrefer.
- L’égalité géométrique correspondant à l’équation précédente est représentée parla figure 10.
- D’après cette figure, le lieu de l’extrémité du vecteur I s’obtient de la manière suivante : je considère la parabole lieu de l’extrémité du vecteur NI'. Je lui imprime une translation horizontale, vers la gauche, de longueur NI'. J’en prends alqrs le symétrique par rapport à l’origine : j’ai la courbe lieu de l’extrémité du vecteur vl. C’est une parabole (fig. 9).
- Les axes des deux paraboles, et la droite décrite
- par l’extrémité de I' restent constamment parallèles. Ils s’inclinent ensemble vers la gauche en partant de la verticale, quand Rt croît à partir de o.
- Le point de la seconde parabole correspondant au démarrage reste fixe.
- Cherchons l’expression du couple.
- Il est proportionnel, à chaque instant, au produit i , soit : C = K i i,.
- Le couple moyen peqdant une période est !
- ,, K /‘T.. , ,r vit L — tf / ihdt, 1 = —.
- 1 «/o <*>
- Soit a l’angle des vecteurs I It ; on a :
- C = KII ! cos a.
- Voyons quelles conséquences nous pouvons tirer de l’étude du diagramme établi :
- i° Si Rj est très faible, les deux paraboles sont très aplaties et leur axe presque vertical (fig. 9).
- L’arc de parabole décrit par l’extrémité de I est voisin de l’origine et à gauche de celle-ci. Dans ce cas Vintensité est toujours en avance sur la tension, et cos <p est d'autant plus voisin de 1 que la charge est plus forte.
- L’arc correspondant à la variation de vitesse entre la marche à vide et les surcharges admissibles est faible relativement à l’ordonnée du point correspondant au démarrage, car le courant au démarrage serait énorme.
- Le chemin parcouru par l’extrémité de I sur la parabole est sensiblement prQportionnel à la variation de n.
- La puissance absorbée varie proportionnellement au glissement. L'intensité et le couple varient sensiblement suivant la même loi.
- Les arcs décrits par les extrémités de I et I' se confondent presque avec des droites. Il suffit d’une faible augmentation de R, pour faire passer l’arc de parabole décrit par l’extrémité de 1 à droite de l’origine. Ceci, montre que le cos <p d’un moteur Latour shunt peut varier d’un moteur à l’autre, et varie même constamment, pour un moteur donné, suivant l’état dn collecteur et des balais.
- a0 Le courant d’alimentation du rotor L croît légèrement avec la vitesse.
- 3° Décrochage,
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- A vide, le couple tend vers o, non parce que I et L tendent vers o, mais parce que a tend vers -.
- Si le moteur ralentit, a passe une seconde fois par la valeur
- a
- Le couple passe donc par un maximum : le décrochage se produit au même instant.
- 4° Si l'extrémité de l descend au-dessous de Taxe des ,v9 le moteur marché en génératrice asynchrone.
- 5° Influence de R*.
- Si Ri croit, les axes des deux paraboles s’inclinent vers la gauche en pivotant autour du point correspondant au démarrage (fig. 11).
- Le courant déwattè absorbé par le moteur, à puissance constante, croit rapidement, et Vangle cp décroît jusqu à o, puis croit rapidement après avoir changé de signe.
- Il suffit, en réalité, d’ajouter une très faible résistance en série avec les balais d’alimentation du rotor, pour avoir un très mauvais cos <p, d’où l’importance d’avoir de bons contacts électriques.
- Dans le cas oà Vintensité est en avance sur la tension, on peut évidemment amener cos cp à la valeur i en augmentant Rt.
- 6° Influence des harmoniques.
- Pour un harmonique quelconque, le moteur tourne à une vitesse bien inférieure au synchronisme, d’autant plus que l’ordre de l’harmonique est plus élevé.
- D’après le diagramme (et aussi l’étude physique), un moteur marchant à une vitesse bien inférieure à sa vitesse normale absorbe un courant très intense. Le moteur renforce donc fortement les harmoniques du réseau, et cela Æautant plus que leur période est plus faible. L’influence des harmoniques est telle qu'un moteur peut marcher notablement au-dessus du synchronisme et sa vitesse peut augmenter avec la charge. Le meme moteur, alimenté par un courant à sinusoïde plus pure9 fonctionne normalement.
- ;ü Inilucnce des variations de IV.
- Elles ont peu d’inlluencc sur la marche du moteur. En effet l’équation (u) détermineIt indépendamment de II'. Si R' augmente, V diminue proportionnellement en conservant la même
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXI (2e Série).—N° 10.
- direction (équation 3). De même pour I. Une augmentation de R' diminue la puissance pour une vitesse donnée, donc diminue la vitesse si la charge reste constante.
- 8° On pourrait étudier d’une manière approchée l’influence de la dispersion et des autres éléments que nous avons négligés.
- Prenons, par exemple, l’influence de la résistance R et des fuites du stator. En tenant compte de ces deux éléments, l’équation du courant dans le stator devient :
- tAb di
- E — v — ^/-7-4-Rz. dt dl 1
- Elle est traduite géométriquement par la figure i2.
- L’effet de la chute ohmique due aux pertes dans le stator est de décaler <I> en arrière, d’un angle \i, et d’augmenter sa valeur, dans le cas de la figure 9 (fuites importantes par rapport à R).
- Le diagramme pourrait être construit en par. tant du nouveau vecteur «I». On trouverait évidemment, à vitesse égale, un angle cp diminué et une intensité augmentée.
- L'effet de la dispersion et de la chute ohmique dans le stator est d’augmenter la vitesse pour une charge donnée.
- Si l’on introduit une résistance en série avec le courant i, on se place dans le cas contraire au cas de la figure, et on diminue la vitesse.
- mont. Ces moteurs sont à rotor alimenté par courant dérivé du stator.
- I. — Moteurs de 7 chevaux.
- i° Variation de vitesse :
- Avide n — 1 o3o tours par minute.
- A charge normale n = 984.
- n décroît donc de 4,08 % entre la marche à vide et la marche en charge.
- Le moteur supporte facilement une surcharge de 08 % à partir de la charge normale. La vitesse s’abaisse alors à 948 tours par minute, soit 3,00 % à partir de la charge normale.
- 20 Variation de l’intensité d’alimentation du rotor 1 !.
- lt -- 0o ampères à marche normale, L =04 ampères à très faible charge.
- Sa variation est donc de 0,06 % .
- .L’intensité d’alimentation du stator varie dans les memes conditions de 55 à 18 ampères.
- 3° Couple au démarrage en moteur-série. Il est égal à 2,0 fois le couple normal.
- 4° Influence d’une faible résistance en série avec les balais d’alimentation du rotor.
- A charge normale, le courant d’alimentation du stator, qui était normalement de 65 ampères, devient égal à 76 ampères, et cos <p, voisin de 1 avec courant en avance sur la tension, devient égal à 0,7 avec courant en retard.
- Le vecteur I-I, croit dans les memes conditions de 7 à 53 ampères.
- Signalons, enfin, un deuxième procédé pour régler le cos <p du moteur Latour shunt : c’est d’alimenter le rotor à une tension e décalée par rapport à E, ainsi que M. Latour l’a proposé (’).
- Résultats d’essais.
- Voici des résultats d’essais obtenus sur des moteurs Latour shunt de série, construits par les Ateliers de Constructions Electriques de Jcu-
- O^Voir Biîtiiiînod. Le moteur shunt compensé monophasé. — Eclairage Electrique, 27 mai iyo5, p. ayo.
- IL — Moteur de 2 chevaux, 110 volts, 1 200 tours.
- On a obtenu les résultats suivants (Tableau 1), pour des charges variables entre la marche à vide et une surcharge de 72 % au-dessus de la charge normale.
- <p désigne l’angle de l’intensité I d’alimentation du moteur avec la tension aux bornes.
- l’angle de l’intensité du courant de court-circuil I' avec la tension aux bornes du moteur.
- L’anglede l’intensité d’alimentation du rotor L avec la tension aux bornes était si faible qu’il n’a pas été possible de mesurer son cosinus avec précision.
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- Tableau I.
- POINTS PUISSANCE ABSORBÉE (watts) TOURS PAR MINUTE 1 (ainpÈi'Cs) COS ? r (uni pères) COS '*/ *1 (ampères)
- I 'i 535 I IOO a 3,5 u,98 65 0,963 a8,4
- ‘1 1 9*H I 170 18,8 0 ,()a8 49 0,9a *9,4
- 3 1 578 1 180 15 ,5 0 h) 0,895 30,9
- 4 1 3 ‘A /, 1 18 5 1/, ,r» 0,83 >3,3 0,85 3i ,6
- 5 1 19a x xyi 1 a , (î 0 ,86 a 9,4 0,835 3 a, 9
- 6 884 i aoi 1 1 0,70 V ai ,5 0,67 33,9
- 7 Vja x a65 8 ,6 0 ,5a 17,6 o,49 35,7
- Pour terminer, résumons les principaux résultats auxquels nous sommes arrivés :
- Le cos tp du moteur est ordinairement voisin de î, mais il est très sensible aux variations de la résistance de contact des balais d’alimentation. Pour avoir un bon cos cp, il est nécessaire d’avoir de bons contacts électriques dans le circuit d’ali-
- mentation du rotor. 11 faut aussi maintenir en bon état le collecteur et les balais. Cette dernière condition est d’ailleurs facile à réaliser, car la commutation du moteur est toujours parfaite en marche normale.
- Cabiiiel Maiîtin.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- Sur les inconvénients que pourrait causer aux appareils des Postes et Télégraphes le voisinage de certains paratonnerres spèciaux dits « Niagaras ». — Rapport de M. J. Violle, au nom de la Commission des Paratonnerres. — Comptes Rendus, 17 février iyi3.
- M. le Sous-Secrétaire d’Etat aux Postes et Télégraphes a saisi l’Académie de l’ap-préliension que lui cause le projet de l’installation à Nantes d’un dispositif électrique dit niagara sur Pégdise Saint-Nicolas, située à i5o mètres environ du bureau central téléphonique, lequel est surmonté d’une tourelle d’aboutissement des fils aériens.
- S’il ne s’agissait que de cette appréhension spéciale, notre réponse ne nécessiterait pas un long exposé.
- M ais M. le Sous-Secrétaire d’Etat nous communique en outre l’avis très étudié d’un ingénieur de son administration, qui soulève divers problèmes, et il termine sa lettre en insistant sur l’importance de la « question qui intéresse à un haut degré le fonc-
- tionnement des services électriques de (son) administration, au double point de vue des lignes proprement dites et des bureaux centraux ».
- Nous avons donc pensé qu’il y aurait intérêt à considérer la question d’une façon plus générale, ainsi que l’avait fait M. l’Ingénieur de l’Administration, évidemment très au courant des idées actuelles sur l’électricité et ayant approfondi la météorologie électrique.
- i. D’abord, qu’est-ce qu’un niagara électrique ?
- C’est une longue et large lame de cuivre électrolytique, non écroui, partant d’un faisceau de pointes en cuivre placé à grande hauteur et aboutissant à une nappe d’eau dans laquelle cette lame se termine de même par un faisceau de pointes en cuivre.
- La longue lame de cuivre électrolytique et son aboutissement dans une nappe d’eau constituent, d’après l’auteur, M. de Beau-champ, les caractéristiques du système (toute action grêlifuge laissée de côté).
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- La manière de terminer en haut les paratonnerres par un rateau en cuivre, par des lames de cuivre en forme d’aloès disposées tout le long de la tige supérieure, ou par un balai de brins de cuivre effilés, est secondaire.
- L’écartement des postes dans un barrage électrique sera à régler suivant les circonstances : on l’a pris de io kilomètres dans le barrage électrique de la Vienne, d’après la largeur de la zone qui a paru protégée à Saint-Julien-l’Ars, où la première installation fut faite en 1899.
- La hauteur des postes a été fixée à 5o mètres ou 4° mètres, au minimum, au-dessus du niveau général du sol.
- Sous leur action continue, « l’électricité atmosphérique, dit M. de Beauchamp, a l’air de s’engouffrer dans le sol, les orages qui se présentent menaçants paraissent absorbés ; d’où le nom de niagara ou gouffre électrique donné à ces appareils, simplement pour faire image ».
- Dans un langage moins imagé, nous dirons que ces appareils sont de très hauts paratonnerres, à grand débit, généralement bien installés, réserves faites de certaines critiques qui, d’ailleurs, s’appliquent à presque tous les paratonnerres, dont les bienfaits, sont hors de cause ici.
- a. Depuis les instructions sur les paratonnerres, successivement adoptées par l’Académie des Sciences suivant les rapports de Le Roy, de Gay-Lussac et de Pouillet, des idées nouvelles se sont introduites quant à la manière d’établir les paratonnerres.
- D’un côté, Melsens a essayé d’appliquer le principe de la cage de Faraday à la protection des édifices contre les décharges atmosphériques.
- D’un autre côté, les éludes touchant les effets produits par les oscillations électriques rapides ont conduit les phycisiens à regarder les coups de foudre comme étant le plus souvent des décharges oscillantes à très courte période. D’où la nécessité de mettre à profit contre ces décharges les x-ésultats acquis dans les études précitées, ainsi que dans les installations si merveilleusement agencées de télégraphie sans fil,
- où les prises de terre, en particulier, sont effectuées avec un soin remarquable.
- 3. Il n’est peut-être pas sans intérêt de rappeler ici que l’Administration des Postes et Télégraphes a étédes premièresen France, et l’on doit l’en féliciter vivement, à s’engager dans la voie ouverte par Melsens et aujourd’hui généralement suivie.
- Voici, en effet, plus de vingt ans que le bureau central de Marseille, pour ne parler que de celui-là, est pourvu d’un système mixte établi d’après les plans de l’Inspecteur général Belz, et comprenant, outre les anciens paratonnerres classiques, un ensemble de tiges avec saillies et pointes multiples, un système complet de rubans en cuivre étamé de haute conductibilité, de câbles en même métal, de perd-fluide et d’appareils contrôleurs. Notons encore que la terre y fut prise d'une façon en quelque sorte double. Du réseau entier partaient quatre rubans de descente reliés entre eux, à leur partie inférieure, par un câble de cuivre reposant dans une tranchée profonde où l’on versa des tonnes de coke et de sel. Puis, comme on avait reconnu, à 4 mètres environ au-dessous, une couche glaiseuse, on perfora cette couche et l’on y prolongea les rubans de descente par des barres allant chercher jusqu’à 8 mètres une couche aquifère, à i’in-térieur de laquelle on les termina par des plaques de cuivre étamé.
- Quelques jours à peine après l’inaugurâ-tion, ce système résista victorieusement au terrible orage du ier octobre 1891, qui, pendant trois heures consécutives, fit jaillir d’énormes lames de feu de toutes les pointes et des fils, au nombre d’un millier, aboutissant à la tourelle téléphonique.
- Cet exemple est particulièrement intéressant. Il prouva une fois de plus qu’un système de paratonnerres bien conçu et exactement réalisé peut triompher d’actions extrêmement énergiques.
- 4. On citerait facilement des installations industrielles de paratonnerres établies, depuis lors, suivant les mêmes principes : bouquets de pointes réunis par des bandes de cuivre électrolytique étamé, larges de 3o cen-
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- timètres et épaisses de 2 millimètres, épousant au mieux la forme des bâtiments en évitant les angles brusques, et gagnant directement une terre appropriée, ainsi que cela a été pratiqué en 1890 à l’usine hydro-électrique de Cusset par la Société de Jonage.
- 5. Mais, dans la plupart des cas, encore aujourd’hui, les prises de terre, dont M. l’Ingénieur de l’Administration souligne très judicieusement l’importance, laissent fort à désirer. On se contente, par exemple, d’amener la tige de descente dans un puits sans se préoccuper de la manière d’être de ce puits, qui peut constituer une véritable bouteille de Leyde. Une mare d’eau stagnante ne fournira le plus souvent qu’une terre bien médiocre. Une couche d’eau telle que la nappe souterraine de la Seine, que l’on considère volontiers comme formant une terre excellente, présente encore elle-même une résistance énorme, relativement à celle d’un paratonnerre bien agencé. L’admirable poste de télégraphie sans fil installé à la Tour Eiffel ne s’est pas contenté de la couche aqueuse souterraine : il s’est constitué une terre presque sans résistance au moyen de surfaces métalliques énormes, offrant ainsi un modèle auquel il importera de savoir se conformer.
- 6. D'ailleurs, puisque les décharges atmosphériques affectent le plus souvent la forme d’oscillations extrêmement rapides, on n’attachera qu’une importance secondaire à la résistance ohmique des conducteurs relativement à leur self-induction qu’on devra s’efforcer de réduire au minimum. Tout système de pointes devra être muni d’un conducteur descendant directement et sans sinuosités appréciables à la prise de terre, formée elle-même par une surface métallique aussi grande que possible.
- 7. Si donc le cuivre électrolytique convient assurément très bien pour constituer le conducteur d’un paratonnerre, on ne devra pas se faire d’illusions sur le bénéfice que présenterait la grande conductibilité de ce conducteur, tandis que la terre à laquelle il aboutit laisserait à désirer.
- On n’oubliera pas non plus que, dans les manifestations les plus dangereuses de la foudre, ce ne sera pas la résistance du circuit qui gênera surtout le mouvement de l’électricité. Ce ne sera pas elle qui provoquera spécialement ces décharges qui pourront venir frapper brusquement des conducteurs voisins.
- 8. Déjà, dans l’instruction du 28 avril 1828, Gay-Lussac signalait le danger de rester près d’un paratonnerre en temps d’orage.
- En 1897, l’attention de l’Académie fut appelée de nouveau sur cette question, à propos des dangers que peut présenter le voisinage des conducteurs d’énergie électrique et par suite de tous les conducteurs « qui, exposés à des coups de foudre, peuvent transmettre momentanément des quantités énormes d’énergie ».
- D’après le rapport soumis à l’Académie le 81 mai 1897, « une ligne transportant de l’énergie électrique ne constitue par elle-même aucun danger pour les objets qui ne sont pas situés dans son voisinage immédiat : une distante de 10 mètres paraît suffisante pour écarter tout risque ».
- Cette règle convient de soi aux conducteurs de paratonnerres convenablement reliés au sol.
- Mais un paratonnerre, même bien agencé, peut présenter, à un instant donné, quelques défauts, surtout du côté de sa prise de terre.
- On agira donc prudemment en écartant tout conducteur indépendant à 20 mètres au moins d’un niagara et généralement de tout système analogue.
- 9. Nous n’avons d’ailleurs pas à faire état ici de la conductibilité que l’air acquerrait par ionisation, sous l’action de l’électricité émise par les pointes multiples d’un paratonnerre, ce paratonnerre fût-il un niagara. L’air, même fortement ionisé, n’est en fait qu’un médiocre conducteur.
- 10. Il nous paraît donc que le niagara projeté sur l’église Saint-Nicolas, à Nantes, ne saurait causer aucun dommage au bureau téléphonique situé à i5o mètres et installé avec le soin dont l’Administration des Postes
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- et Télégraphes s’est depuis longtemps fait une x’ègle.
- 11. Nous estimons de même que, dans l’incendie qui s’est déclaré à l’Hôtel des Postes de Poitiers, pendant le violent orage de la nuit du 20 au 26 juillet 1911, le niagara installé près de 90 mètres au delà, sur le belvédère de l’Hôtel de Ville, n’a joué aucun rôle.
- L’explication la plus vraisemblable du sinistre paraît être dans un coup de tonnerre ayant directement frappé la herse placée sur l’Hôtel des Postes.
- Quoi qu’il en soit, cet incendie, rapproché des lames de feu constatées en 1891 sur les paratonnerres et les fils téléphoniques du laureau central de Marseille, comporte un enseignement, à savoir qu’au point de vue de la sécurité il y aurait avantage à n’arriver aux stations centrales que par fils souterrains.
- 12. Assurément, chaque fil, à son entrée au bureau, est muni d’un système d’appareils protecteurs d’intensité (fusibles coupe-circuit) et protecteurs de tension (parafou-dres), qui ne laissent guère à désirer. Nous recommanderions seulement de mettre toujours en tête un parafoudre. Toutefois ce système, imaginé plutôt pour protéger des courants dus à quelque contact accidentel avec les lignes industrielles d’énergie, ne met qu’incoinplètement à l’abri des effets de la foudre.
- Si la foudre frappe le fil en rase campagne, elle le brise généralement sur trois ou quatre portées et elle ne va pas plus loin. Si, cependant, un courant parvient jusqu’au bureau, il sera arrêté par le système protecteur.
- Mais, lorsque la foudre frappe directement la herse ou la tourelle placée à la partie supérieure du poste central, l’accident deviendra grave, si, pour une cause quelconque, la décharge se trouve localisée en quelque sorte dans un court espace, d’où elle pourra s’élancer en traits de feu funestes.
- Avec des fils d’arrivée souterrains, le danger serait reporté aux cabanes de coupure (là où le réseau aérien devient souterrain), et il y serait beaucoup moins redoutable.
- 13. Nous devons enfin considérer le cas où des lignes aériennes passeraient à proximité d’un niagara.
- En dehors de toute autre considération, la nature même des lignesaériennes, « exposées à être déplacées par diverses causes mécaniques ou météorologiques, impossibles à éviter », rend très difficile la fixation d’une distance minimum.
- Une précaution essentielle consistera évidemment à installer avec un soin particulier les portions de lignes aériennes voisines d’un niagara.
- Cette condition remplie, nous estimons qu’en se tenant à 20 mètres de distance du niagara, on sera suffisamment à l’abri des influences possibles de cet appareil sur les lignes aériennes.
- 14. En résumé, un niagara est un grand paratonnerre disposé en vue d’un fort débit.
- Pour se garer de quelque défaut possible dans l’agencement de ce système et surtout dans sa prise de terre, pour se mettre complètement à l’abri de l’une de ces décharges latérales auxquelles peut donner lieu un conducteur frappé par certains coups de foudre, l’Administration des Postes et Télégraphes devra maintenir une distance de 20 mètres au moins entre un niagara, ou tout autre système analogue, et l’une quelconque de ses installations aériennes, poste d’arrivée, ou fils de lignes.
- D’autre part, comme une herse ou une tourelle de fils télégraphiques ou téléphoniques aériens, installée sur un hôtel des Postes, semble particulièrement exposée à la foudre, l’Administration aura intérêL à conduire les lignes au poste central par voie souterraine.
- Enfin, comme malgré les études poursuivies jusqu’à ce jour, certains effets du tonnerre restent encore mal connus, l’Académie émet le. vœu que l’administration des Postes et Télégraphes lui transmette les renseignements qu’elle est particulièrement à même de recueillir louchant l’électricité atmosphérique. Ainsi, des observations exactes s’ajouteront à celles que, depuis Arago, l’Académie se plaît à enregistrer sur une question qui intéresse si vivement l’humanité.
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- Mesure des pertes d’énergie dans les machines à courant continu en fonction de la vitesse. — W. M. Thornton. — The Electrician, 20 décembre 1912.
- Ces recherches ont été entreprises sur un moteur tétrapoiaire de 7,5 chevaux à la vitesse normale de 1 5oo tours par minute. Pour la mesure des pertes dues au frottement de l’air, le moteur fut placé dans une enceinte fermée où le vide avait été fait, et on l’actionna de l’extérieur. Comme la machine tournait à vide, il n’y avait pas lieu de faire entrer en ligne de compte l’élévation de température ou les pertes dans le cuivre dans le vide.
- Le moteur d’entraînement recevait son excitation spéciale d’une batterie, et la puissance consommée fut mesurée à l’aide d’appareils Weston normaux. On déduisit tout d’abord la perte « apparente » d’énergie par l’air en faisant la différence des pertes en watts dans l’air et dans le vide ; en multipliant cette perte apparente par le rendement du moteur d’entraînement, on détermina les pertes réelles W par frottement dans l’air. Celles-ci ne s’expriment pas au moyen d’une simple fonction exponentielle du nombre n de tours, mais par une expression complexe :
- W = an -f- bn* -f- cnz W
- en sorte-que le quotient -— se compose d’un terme
- constant, d’un terme proportionnel à la vitesse de rotation et, pour des valeurs de n supérieures à
- I 100, d’un terme proportionnel au carré du nombre
- W
- de tours. La fonction —» est donc linéaire par rapport
- n -
- à n jusqu’à n — \ 100 tours par minute et croît ensuite suivant une courbe d’après la loi
- W =rz 5,5 X io",J X rt3.
- II semble ainsi que la résistance spécifique due au frottement de l’air se compose d’un frottement de surface proportionnel à n et d’un frottement tourbillonnaire proportionnel à n2.
- Les essais d’autres auteurs ont donné pour W la
- valeur a n1-5 pour une vitesse périphérique jusqu’à 4 mètres par seconde, y compris les pertes par frottement dans les paliers ; par suite, les pertes par frottement dans l’air seraient
- W = bn2 *-}- o/i3.
- Mais pour des vitesses supérieures à f\ mètres, la loi jusqu’ici admise W = -cn n’est pas exacte. Les pertes tourbillonnaires n’ont d’importance pour une machine blindée que pour des vitesses très élevées ; par contre, elles doivent être envisagées déjà aux faibles vitesses angulaires pour des machines ouvertes.
- On lit une autre série d’expériences en laissant le moteur s’arrêter de lui-même dans l’air avec des pôles (on pièces polaires) massifs et feuilletés, et l’on mesura séparément les pertes dues au frottement. Dans l’équation W “ an* -f- bnx, on détermina par trois lectures les valeurs respectives de a pour n, n* et n$ avec 5,88 X 10—9 et de l’exposant :v des pertes par frottement dans les paliers en valeur moyenne : x — 1,19 pour n — 1 3oo, ensuite x — i,53 pour n = 1 000 et enfin x = 1,67 pour n — 200 à 400. Le frottement dans les paliers est donc assez variable avec la vitesse de rotation.
- En ce qui concerne les pertes spécifiques par hystérésis, on trouva pour les trois types de machines essayées (à pôles massifs, partiellement ou entièrement feuilletés) les valeurs respectives de 0,115, 0,074 et 0,062, valeurs qui peuvent être introduites comme valeur numérique de a dans la formule pour les pertes totales dans le fer
- W = en + dn\
- La valeur de cl pour les pertes tourbillonnaires (pour n 5> 83o) est, dans les mêmes conditions :
- 1,2 X 1 o 4,7 X 10—3, 3,2 X 10
- Les essais montrent que les pertes dans le fer sont analogues dans l’air aux pertes totales dans le vide, et que les pertes par frottement dans l’air croissent rapidement à partir d’une vitesse critique déterminée.
- M. K.
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- L'A' LUMIÈRE ÈLECTRiQUÈ T.XXI(2° Série)" — N° 4(L
- VARIÉTÉS
- La station centrale de Caen. {')
- C’est aux gaz de hauts fourneaux et de fours à coke que l’usine de Caen empruntera la presque totalité de l’énergie qui lui sera nécessaire. Elle devra en outre alimenter le chemin de fer minier et la mine elle-même, et envoyer à cette dernière d’autant plus d’énergie qu’on veut suppléer à la main-d’œuvre par plus de kilowatts.
- Les évaluations lés plus prudentes permettent de compter sur plus de 3o ooo kilowatts pour une production initialè de 8oo tonnes de fonte par jour, en utilisant la totalité de ces gaz dans des moteurs à explosion.
- Mais si les progrès de ces dernières années ont amené les'gros moteurs à gaz à la securité de fonctionnement indispensable à la marche d’une usine, leur manque d’élasticité constitutionnelle est toujours un défaut grave dans des installations à charge très variable.
- On a donc songé pour Caen à atténuer ce défaut en installant un groupe à vapeur puissant, capable de fournir momentanément une puisv-sance très supérieure à sa puissance normale ; la turbine était tout indiquée pour ce dur service, et c’est pourquoi l’on verra, à côté des puissants électrogènes à gaz, un turbo alternateur dont le rôle sera principale ment d’absorber les « pointes» des diagrammes, c’est-à dire de soulager les moteurs à gaz des à-coups de la centrale et d’agir comme ! tampon, d’une façon analogue à la dynamo-volant des anciennes centrales à vapeur.
- Enprenant à son compte les à-coups, ce groupe turbo-vapeur permettra aux moteurs de marcher normalement à une'charge électrique très voisine de la pleine puissance, ce qui compensera largement les quelques centaines de kilowatts qu’il consommera en tournant à vapeur.
- Enfin, ce groupe turbo-alternatif servira pendant la construction à produire l’énergie nécessaire aux chantiers, à l’éclairage, etc., et, dès octobre 1913, il fournira aux mines de Soumont la puissance qui leur est nécessaire pour se pré- (*)
- (*) Extrait d’un article de M. E. de Loisy, Revue de Métallurgie, février igi3.
- parer à livrer aux usines de Caen, dès leur achèvement, le minerai prévu.
- Il est certain qu’on eut hésité à adopter cette solution, alors que le projet ne comportait par ailleurs aucune installation à vapeur, mais (sauf bien entendu pendant la période préliminaire qui vient d’ètre mentionnée) on pourra produire cette vapeur sans aucune dépense de combustible, en récupérant la chaleur emportée par les gaz d’échappement des moteurs et par leur eau de refroidissement.
- O11 sait que cette application a été inaugurée par Cokerill,il y a 2 ans 1 /a, et que des essais très précis ont montré qu’on pouvait récupérer, sur une turbine consommant 6,5 kilogrammes par cheval électrique, 13 % de la puissance du moteur à gaz.
- Pour la station de Caen qui comportera, avec les soufflantes à gaz, 24000 kilowatts environ, cela fera donc une puissance à peu près gratuite de 3 000 kilowatts.
- Le chiffre de i3 % , donné par une installation de fortune, peut être dépassé ; mais, même en ne comptant que sur 10 % , on aurait toujours 2 400 kilowatts sans dépense de combustible.
- ; Gaz utilisé. —- Une centrale qui sera l’unique aliment de tous les moteurs de l’usine et de là mine ne peut pas être arrêtée, même quelques minutes et dans un petit nombre de ses unités, sans entraîner de graves perturbations.
- L’on a vu,plus haut comment on a prévu d’y parer pour tous les incidents qu’amène l’exploitation normale.
- Il convient d’examiner maintenant les moyens d’éviter toute cession dans l’alimentation en gaz de cette centrale. . .
- j
- Les gaz qu’elle aura à sa disposition comme sous-produits de la fabrication de fonte sont de deux sortes :
- a) Les gaz de fours à coke;
- b) Les gaz de hauts fourneaux.
- Les premiers sont de production permanente et sans arrêt, même court — à moins de catastrophe — et il 11’y a pas à s’inquiéter de pourvoir à leur défaut.
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- La production des seconds,-intimement liée à la marche dés hauts folirneaux, cesse complètement au moindre arrêt de ceux-ci et, sans parler d’arrêts dus aux accidents d’appareils ou d’allure, il est des arrêts dus aux incidents de la marche normale — changement de tuyères, etc., — qui ont une durée de i à 3 heures.
- Dans une usine ayant atteint son développement et comportant 4 à 5 hauts fourneaux, pour le moins, ces courts arrêts n’influent pas sur la centrale. Il en serait tout autrement à Caen pendant la première période avec 2 hauts fourneaux. . (
- L’arrêt normal d’un haut fourneau pendant 2 heures obligèrait' à supprimer la production d’énergie de la moitié des moteurs marchant au gaz de haut fourneau.
- Une telle éventualité est incompatible avec la sécurité de marche nécessaire à une grosse usine.
- Pour résoudre cette difficulté, deux moyens se présentent : ou bien prévoir les moteurs à gaz — un certain nombre, au moins — pour marcher indifféremment au gaz de hauts fourneaux ou de fours à coke, et, au cas où la première source tarit momentanément, de gaz de gazogène : avec des modifications légères, notamment aux espaces nuisibles, c’est-à-dire à la compression, les constructeurs garantissent la bonne marche de leurs moteurs dans ces conditions, ou bien encore — solution plus radicale et plus simple — mélanger le gaz de fours à coke au gaz de fourneaux et, remarquant que leur proportion respectivement conduit précisément à un gaz voisin dé i 200 calories, qui est le pouvoir calorifique du gaz de gazogène, suppléer avec un appoint de ce’dernier aux défaillances possibles des hauts fourneaux et n’avoir plus ainsi pour tous les besoins de l’usine, chauffage et force motrice, qu’un gaz unique de composition très variable.
- Puissance nécessaire. — La charge moyenne aid'tableau de la centrale ne dépassera pas, d’après une large évaluation, 21 000 kilowatts.
- Gette puissance sera fournie par six alternateurs de 4 000 kilowatts dont cinq marchant normalement, le sixième constituant la réserve et un turbo-alternateur de 3 000 kilowatts normal, dont il a été question plus haut, qui sera construit pour pouvoir donner 4 000 kilowatts pendant 1/2 heure.
- Pour remplir convenablement son rôle d’organe élastique protecteur, ce turbo-alternateur
- sera connecté sur le tableau tle ‘distribution,: sa turbine marchant à soupape presque fermée, et le régulateur n’introduira automatiquement la vapeur qu’à la demande spontanée du tableau ; le turbo-alternateur ne débitera donc de courant que pour compenser ce qui dépassera la marche normale. Mais, à supposer qu’un arrêt inopiné d’une toute autre cause intervienne pour un moteur particulier, il entre encore en jeu et par le même mécanisme pour le suppléer entièrement et donner toute latitude au chef de station de mettre en marche le groupe à gaz de réserve.
- Enfin, les alternateurs ont été prévus pour se maintenir en parallèle avec un seul coté du groupe jumelé en marche, l’autre étant débrayé, malgré que cette combinaison diminue de moitié le nombre d’impulsions motrices.
- Grâce à tontes ces précautions contre les à-eoups — principale cause d’arrêt actuelle des moteurs à gaz — et contre ces arrêts mêmes, on n!a pas hésité à choisir 6 moteurs jumëlés de 6 000 chevaux, au lieu de 12 de 3 000. La différen-de prix d’installation entre les deux solutions se traduit en eflét par un million de francs à peu près en faveur de la première, du fait principalement des alternateurs dont la largeur seule est augmentée, le PD2 restant le même.
- Ajoutons que le transport à la mine (3o kilomètres environ), devant se faire par câble souterrain, les alternateurs ont été munis d’amortisseurs et d’étoulTeurs d’harmoniques pour combattre tous effets de capacité du réseau et, généralement, s’associer aisément en parallèle.
- Le courant sera le triphasé 5 000 volts, 5o périodes, distribué à plus basse tension pour les petits moteurs et transformé en continu pour l’éclairage et certaines applications.
- Laminoirs. — Les laminoirs seront tous à commande électrique les réversibles à gros profilés et à larges tôles, ainsi que les bloomingset trains à brames exigeront donc des groupes Ilgner-Léonard.
- Dans un dessein d’unification, ces groupes ont été prévus identiques : s’il n’était pas pratique, en effet, d’identifier les moteurs dé ces différents trains, dont les vitesses maxima et surtout les couples initiaux présentaient trop d’écart, du moins il est particulièrement avantageux d’unifier les groupes qui les commandent et dont les puissances étaient fort voisines. —
- Les moteurs de blooming en effet demandent
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- des couples très élevés, mais jusqu’à une faible vitesse ; les moteurs de gros trains finisseurs, au contraire, exigent un couple soutenu jusqu’à une vitesse de 7$ tours environ et ne décroissent pas trop au delà.
- Ces deux exigences différentes se rencontrent pour donner des groupes ligner-Léonard de puissance très comparable, et l'on a intérêt à les prendre tous pareils au plus fort.
- Les couples admis dans telle récente installation de blooming atteignent la valeur formidable de 200 tonnes par minute et permettent de donner au lingot des passes de 90 millimètres. Ces chiffres, qu’011 est d’abord tenté de trouver exagérés, sont défendables pour quiconque s’est donné lu peine, à l’exemple de Taylor, de chronométrer les phases diverses du laminage d’un bloom. Il est bien net que les manœuvres qui accompagnent la phase proprement dite constituent une part importante du temps total, et la réduction du nombre de passes, obtenue avec des pressions plus fortes en supprimant les pertes de temps des manœuvres adventives, augmente considérablement la productivité de l’engin dégrossisseur.
- Mais il n’y a pas que les trains réversibles qui comportent des groupes ligne,r-Léonard.
- On a appliqué ces derniers temps ce mode de commande et de compensation à des trios, pour tôle et pour profilés, à un seul sens de r otation, malgré l’énorme dépense que nécessite la double transformation — et le triple équipement électrique — qui en résulte.
- Le volant, directement attelé sur le train, est en effet arrivé à sa dernière limite de puissance, arrêté d’une part par la vitesse du train, qui est fixée, et, d’autre part, par les conditions constructives qui bornent la résistance de cette pièce assemblée.
- Pour satisfaire aux exigences des lamineurs, toujours plus avides de production, et leur fournir un réservoir d’énergie cinétique que le plus lourd volant ne pouvait plus leur donner, il fallait distraire celui-ci du train et, en réduisant assez les dimensions pour le fabriquer d’une seule pièce, le faire tourner beaucoup plus vite à des vitesses tangentielles presque triples de celle que pouvait supporter un volant formé d^éléments assemblés, et soumis à des chocs.
- C’était donc revenir à la solution du compensateur ligner, propre aux trains réversibles et,
- dans ces conditions, l’on bénéficiait en même temps des avantages de la commande Léonard, dont fie réglage de vitesse est également précieux pour l’embauchage dans les trains trio.
- Il,résulte de celaqu’un ensemble de laminoirs, tous électriques — réversibles ou continus — comporte un nombre important de groupes de commandeetdecompensation, qu’ona un intérêt d’ordre et de surveillance à réunir en un même local.
- Mais cette réunion présente des avantages organiques encore plus importants : c’est d’abord, par un tableau de couplage approprié, do pouvoir connecter sur tel train qui doit marcher, et dont le groupe compensateur est arrêté, celui d’un autre train moins urgent ; c’est surtout de pouvoir répartir à la fois sur deux et même quatre groupes, c’est-à-dire sur quatre volants, les variations d’énergie individuelle de quatre trains, au lieu de les localiser chacune sur un groupe propre. Du fait qu’un collecteur unique ne pourrait absorber toute l’intensité du courant envoyé au moteur de laminoir, on est obligé, en effet, de dédoubler en deux génératrices la dynamo à courant continu du groupe. Cette sujétion électrique a son bon côté ; elle permet de croiser les quatre dynamos de deux groupes sur deux moteurs de laminoirs et, par cette liaison électrique, d’intéresser solidairement les deux volants de ces groupes aux variations de puissance.de chacun des laminoirs.
- Enfin, en ajoutant à cette liaison un accouplement mécanique entre les arbres de deux groupes installés pour cela dans le prolongement l’un de l’autre, on conçoit qu’on peut répartir sur les quatre volants de quatre groupes les à-coups de quatre trains tout en commandant indépendamment, comme il est nécessaire, chaque train par deux génératrices asservies à lui seul.
- Pour profiter des avantages de ces diverses combinaisons, les groupes ligner seront tous réunis dans une même.salle située à l’arrière des bloomings et trains à brames, puisque cet espace n’est pas nécessaire au développement de longues barres.
- La largeur totale de l’installation des laminoirs sera, pour lapremière phase, limitée à 3go mètres. Une très large marge d’extension est réservée pour la suite aussi bien du côté des tôleries que du côté des fours marchands.
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- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- A quelles conditions les villes condamnées I à des dommages-intérêts au profît des gaziers peuvent-elles appeler en garantie les électriciens? — (Swife) (1).
- III
- l’engagement invoqué contre la société
- ARIÉGEOISE ÉTAIT-IL ArALARLE ?
- Pour essayer de s’évader des charges d’ailleurs très graves de son contrat de garantie, la Compagnie Ariégeoise a du, évidemment, invoquer toute une série de moyens, qui sont presque classiques, savoir :
- i° L’engagement n’a été écrit que sur un seul exemplaire ;
- 2° La ville a attendu 6 ans pour lancer sa demande en garantie ;
- 3° C’est elle qui a accompli la première faute, car elle devait savoir qu’une jurisprudence constante lui imposait de tenir compte du droit de préférence;
- 4° La Société Ariégeoise n’a pas été mise en cause dans la première instance et, par conséquent, sa défense n’a pu être complète.
- Le Conseil d’Etat paraît ne s’ètrc arreté à aucun de ces moyens ; aucun d’eux d’ailleurs, comme on va le voir, n’est de nature à être pris en sérieuse considération.
- Nous allons l’indiquer en consacrant quelques mots de réponse à ces divers arguments.
- Sur la nullité de Vengagement résultant de Vexistence d'un seul exemplaire el de Vabsence de date certaine.
- Sans doute, Tarticle i3a5 du Code civil impose à tous les actes synallagmatiques la formalité des doubles exemplaires, pour lier les deux parties.
- Mais il ne faut pas oublier que cet article n’est pas applicable au droit administratif, dans lequel un contrat peut se former par la simple rencontre de la pollicitation qui résulte, par exemple, d’une délibération d’un corps élu, ou d’une
- inscription au crédit d’un budget, avec l'acceptation d’un tiers révélée par le simple accomplissement des conditions prévues dans la délibération ; ainsi, par exemple, le département est lié quand il annonce publiquement qu’il accordera des primes aux personnes rendant tel ou tel service ou faisant tel ou tel acte ; si l’acte est accompli, le département est alors lié encore qu’il n’ait été fait aucun contrat (Conseil d’Etat, 6 février 190!!. Dalloz. 1904.3.65, affaire Teis-sier). On ne voit pas pourquoi le pétitionnaire à son tour, faisant d’une façon unilatérale une pollicitation et offrant sa propre garantie, cette offre, étant acceptée par le Conseil municipal, 11e sc convertirait pas, dès l’acceptation du Conseil, en un acte formel.
- Quant à l’absence de date certaine, il suffit de remarquer que l’article i3a8 du Code civil ne peut être invoqué que par les tiers.
- Sur le long délai pris par la ville pour mettre en œuvre son action en garantie.
- C’est en principe que le garanti est libre de défendre ses intérêts comme il l’entend, soit en mettant le garant en cause, sur l’action principale, soit en attendant que l’action principale ait reçu une décision.
- Sans doute, en procédant de cette dernière façon, il s’expose à succomber si le garant démontre que le garanti s’est mal défendu et 11’a pas su ou 11’a pas voulu se servir des moyens qui auraient dû lui faire obtenir gain de cause dans l’instance originaire (Articles 1640 et xo3i du Code civil, voir répertoire alphabétique de Fu-zier-Uermann, V. garantie, numéros 171 et suivants).
- Mais il serait impossible de trouver un texte qui limitât (en deçà du délai trentenaire qui purge toutes les difficultés), la durée de l’action en garantie.
- Sur la faute que la ville aurait commise, en ne faisant pas la mise en demeure, dès l'année 1891, alors quelle devait en connailre la nécessité.
- L’argument, sur ce point, serait sans portée, car il résulte des circonstances de la cause que | fa Société Ariégeoise, et, plus exactement, ses
- (Û Lumière Electrique, ier mars 1913, p. 280.
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- auteurs avaient un intérêt absolu à ce que la ville ne soulevât point la question vis-à-vis de la Compagnie du gaz : celle-ci aurait pu, en effet, mettre en œuvre son droit de préférence et dès lors la Société Ariégeoise aurait pu faire son deuil de ses propres projets en ce qui concerne la lumière électrique ; le fait qu’elle prenait directement l’engagement de garantir la ville contre tous les recours, révélait assez que ladite Société ne voulait à aucun prix que la Compagnie gazière fût consultée. Et si vraiment on considérait que la faute a été commise, n’est-il pas certain qu’elle a été partagée par la Société Ariégeoise, qui, si sa thèse était vraie, aurait dû préciser qu’elle ne donnerait sa garantie que si la ville avait accompli ce qui lui paraissait être son devoir?
- Sur la faute qu aurait commise la snlle en ne mettant pas en cause la Société Ariégeoise dès la première instance de 1906.
- Sur ce point, pour réussir, la Société aurait dû démontrer que la ville a gravement compromis ses intérêts, en ne sachant pas se défendre.
- Mais des faits mêmes de la cause, il résulte qu’aucun tort ne peut être démontré à la charge de la ville. Sur le principe du droit de préférence, on ne peut pas dire qu’elle l’a laissé créer, puisque cette théorie du Conseil d’Etat remonte déjà aux arrêts de Déville-lès-Rouen et à l’affaire Maromme de 1900 et 1902. Quant au chiffre de l’indemnité, loin de se désintéresser de sa fixation, la ville avait fait tous ses efforts, et son mémoire en faisait foi, pour proposer au Conseil d’Etat tous les arguments de nature à faire diminuer les dommages-intérêts reconnus fondés par les experts de la cause.
- Dans ces conditions, on appréciera la clarté de l’arrêt, sur tous les points qui viennent d’être analysés.
- IV
- TEXTE DE L’AKRÛT
- Ouï, M. Wurtz en son rapport;
- Ouï,Me Coutard, avocatdelaSociété«LaFusion des gaz », Mc Raynal, avocat de la Société Ariégeoise d'Electricité et Me Bressolles, avocat de la Ville de Pamiers;
- Ouï, M. Pichat, Maître des requêtes, Commissaire du Gouvernement, en ses conclusions;
- Considérant que les deux requêtes ci-dessus
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- visées soulèvent la question de savoir: l’une, si la Société « La Fusion des gaz » a droit une indemnité; l’autre, si la Société ariégeoise d’Electricité doit garantir la Ville de Pamiers de la condamnation qui pourra, dece chef, être prononcée contrcelle ;
- Que dans ces circonstances, il y a lieu de joindre les dites requêtes, pour y être statué par une seule décision :
- Sur le montant de Vindemnité :
- Considérant qu’il résulte de l’instruction, notamment de l’expertise, qu’en tenant compte des circonstancesspécialesdans lesquelles la Société « la Fusion des gaz », déjà concessionnaire de l’éclairage au gaz, aurait dû organiser le service de l’éclairage par l’électricité et en faisant figurer, ainsi que,le demande la Ville de Pamiers, parmi les dépenses ann uelles d’exploitation de cet éclairage, l’intérêt et l’amortissement du coût d’unè machine à vapeur de secours destinée à suppléer, en cas de chûmage, le moteur hydraulique prévu à la station centrale d’électricité ainsi que les dépenses nécessitées par le fonctionnement, l’entretien et le remplacement éventuel de cette machine, et en portant, d’autre part, parmi les recettes de l’exploitation, ainsi que le demande la Société requérante, les recettes qu’auraientpro-curées les installations électriques faites chez des particuliers, les ventes d’appareils et les fournitures de courant pour la force motrice, recettes accessoires existant dans la généralité des entreprises d’éclairage électrique, il sera fait une exacte évaluation des bénéfices dont la Société requérante a été privée et, par suite, du préjudice qui lui a été causé, en lui allouant une indemnité de 126 5oo francs pour le dommage subi par elle jusqu’au 3i décembre 1911, et en fixant à i5 000 francs par an l’indemnité à laquelle elle aura droit à partir de cette date et jusqu’au jour où le préjudice aura cessé ;
- Que la Société requérante a droit aux intérêts des intérêts échus depuis une année au moins à chacune de ces dates, par application de l’article 1154 du Code civil;
- En ce qui concerne la requête N° 35 880 :
- Sur la compétence :
- Considérant que l’autorisation accordée an sieur Prost par le maire de Pamiers, conformément à la délibération du Conseil municipal du i3 février 1891, de poser des fils au-dessus de la voie publique pour la distribution de l’éclairage électrique aux particuliers, a été délivrée sous
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- diverses conditions, dont aucune ne comportait l’exécution d’un travail public sur ou sous le sol des voies publiques; qu’elle ne saurait, dès lors, être considérée comme constituant un marché de travaux publics dont il aurait appartenu au Conseil de Préfecture de connaître en vertu de l’article 4 de la loi du 28 pluviôse an YIII ;
- Que, par suite, c’est à tort que le Conseil de Préfecture s’est déclaré compétent;
- Mais considérant qu’en délivrant cette autorisation, le maire de Pamiers a eu en vue la distribution de l’éclairage électrique et a agi pour assurer un service public ;
- Qu’ainsi il appartient à la jurisprudence administrative de statuer sur le présent litige et qu’à défaut d’un texte attribuant compétence à un autre tribunal, le Conseil d’Etat est compétent pour prononcer sur les droits et obligation dérivant de ladite autorisation et instamment sur l’action en garantie dirigée par la \ ille de Pamiers contre la Société Ariégeoise d’Électricité substituée au sieur Prost;
- Au fond :
- Considérant que des documents versés au dossier, il résulte que la Société d’Electricité tient ses droits à la fois du sieur Léotard qui a fait apport à la Société, lors de sa fondation en 1893, de l’usine électrique et des installations ainsi que de toutes les autorisations administratives et particulières attachées à ladite exploitation, et du sieur Prost, bénéficiaire de l’autorisation à lui accordée en vue de la pose des fils pour la distribution de l’éclairage électrique, notamment par la délibération du Conseil municipal, en date du i3 février 1891, et l’arrêté du maire de Pamiers, du 21 mars suivant; qu’en échange de ces autorisations, Prost, et Bernard et Pons, ses associés, ont le ai mars, puis le a4 août 1891, pris l’engagement de garantir la ville de toute revendication ou réclamation de la Société « la Fusion des gaz », au sujet du résèau électrique de Pamiers ;
- Qu’il suit de là que la Société Ariégeoise d’Electricité substituée aux droits et aux obligations du sieur Léotard et des sieurs Prost et autres est tenue de garantir la Ville de Pamiers des condamnations prononcées contre elle et qu’il y a lieu de la condamner à rembourser à la ville des sommes dont celle-ci est déclarée débitrice par la présente décision, tant en principal qu’en intérêts et frais;
- Décide :
- Article premier. — La ville ‘de Pamiers paiera à la Société « La Fusion des gaz » la somme de lafiàoo francs pour le dommage subi jusqu’au 5i décembre 1911, et 1S000 francs pour le dommage qui sera subi à partir de cette date, et jusqu’à ce que le préjudice ait pris fin.
- Sur cette somme de is6 5oo francs, celle de 5 100 francs, afférente au préjudice subi en 1897, en 1898, en 1899, portera intérêts à partir du 17 décembre 1900; celle de 1 700 francs par an due pour les années 1900 et 1901, à dater du 3i décembre 1900 et du 3i décembre 1901; celle de 8600 francs due pour les années 1902, 1903, 1904, 1900, 1906, à partir du 3i décembre de chacune de ces années ; celle de i5 000 francs par an afférente au préjudice subi au cours des années 1907, 1908, 1909, 1910 et 1911. Enfin des indemnités annuelles de i5 000 francs à échoir jusqu’à la cessation du préjudice porteront intérêts à partir du 3i décembre de chacune de ces années, où elles seront venues à échéance.
- Les intérêts échus depuis plus d’une année aux dates des 19 janvier 1906, 3o juin 1910 et 10 décembre 1912, seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts à partir de ces dates.
- Art, 2. — Le surplus des conclusions de la Société cc La E’usion des gaz » est rejeté.
- Art. 3. — L’arrêté du Conseil de Préfecture de l’Ariège en date du 21 janvier 1902 est réformé en ce qu’il a de contraire à la présente décision.
- Art. 4. — La ville de Pamiers supportera les dépenses de l’instance N° 9063 y compris les frais d’expertise liquidés et taxés à 3 317 francs.
- Art. 5. — L’arrêté du Conseil de Préfecture de l’Ariège en date du 21 décembre 1908 est annulé pour incompétence.
- Art. 6. — La Société Ariégeoise d’Électricité remboursera à la ville de Pamiers les sommes dont celle-ci est déclarée débitrice par la présente décision vis-à-vis de la Société « La Fusion des gaz» tant en principal qu’en intérêts et frais.
- Aist. 7. — La Société ariégeoise d’électricité supportera les frais de l’instance N° 3588o.
- Art. 8. — L’expédition du présent arrêt sera envoyée au ministère de l’Intérieur.
- IV
- Quelle est la. ligne de conduite a tenir en
- PRÉSENCE DE CETTE JURISPRUDENCE?
- Aujourd’hui les villes qui auront à réclamer la
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- garantie des permissionnaires auront donc à se demander avant tout si elles trouvent dans la permission octroyée, ou dans les circonstances de cette permission, une promesse formelle de les relever de toute condamnation. Dans le cas de l'affirmative, elles auront à invoquer celte
- garantie devant le Conseil d'Ëtat, et seront déchargées de toutes les condamnations qu’elles auront encourues.
- Paul Boucault,
- Avocat à la Cour d’Appel de Lyon.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Dr G. Weiss.—S ni* les effets physiologiques des courants électriques. — i vol. in-i8 (ü8x.i8) de 86 pages, avec a6 planches. —Gauthieii-Yili.ars, éditeur, Paris 191a, — Prix, 5 francs.
- Cet ouvrage fait partie de la collection des Travaux du Laboratoire Central d’Electricité.
- Parmi les divers accidents qui peuvent se produire, celui qui est dû à l’électricité industrielle mérite une place à part par sa fréquence et par le drame secondaire qui l’accompagne parfois. Les courants dangereux ne sont-pas encore assez répandus et surtout la population ne les connaît pas depuis assez longtemps pour savoir à quel point ils sont redoutables. Un conducteur transmettant un courant de tension relativement élevée ne diffère pas assez de l’innocent fil télégraphique pour inspirer tout le respect qui lui est du. On ne voit pas le danger, et si un imprudent s’y laisse prendre, il ne se présente pas toujours un accident bref et rapidement terminé ; c’est souvent alors que la victime est encore vivante que la partie la plus angoissante va se dérouler; il n’y a pas d’exemple qu’il se produise un accident quelconque sans que de généreux sauveteurs interviennent au péril de leur vie, et dans le cas d’accident électrique, l’intervention est particulièrement dangereuse : on ne compte plus, en effet, les cas où, après une première victime, un, deux ou trois sauveteurs se font prendre à leur tour. Et ces faits se multiplient de plus en plus, à mesure que les réseaux s’étendent sur tout le territoire, le long des voies de communication et dans les plus petites bourgades, en meme temps que les tensions s’élèvent et que, par suite, le danger augmente.
- Il suffit, pour comprendre les préoccupations des Pouvoirs Publics à cet égard, de citer quelques chiffres.
- En 1905, une statistique opérée par le Service de l’Inspection du Travail, portant sur des périodes
- variables suivant les circonscriptions, mais dont la durée est comprise entre deux et sept années, a permis de retrouver 5i5 accidents dus aux courants électriques. Presque tous ces accidents mortels ont été causés par le courant alternatif ; trois seulement étaient certainement dus au courant continu.
- En 1907, il y a eu 571 accidents dont 28 mortels ; en 1908, le nombre d’accidents montait à 778 et en 1909, à 778, avec respectivement 26 et 33 morts.
- On conçoit que le ministre des Travaux publics ait jugé nécessaire de reviser les anciens règlements sur les secours à donner aux victimes et sur les précautions à prendre par les sauveteurs pour ne pas accroître le désastre. Une Commission a été nommée, et ce livre a pour but d’exposer, en les motivant, les conclusions auxquelles elle est arrivée au bout de plus de deux ans d’études.
- Ce qu’il importe d’observer dans tous les cas, ce sont les conseils généraux suivants :
- i° Soustraire le plus rapidement possible la victime aux effets du courant y
- 20 U humidité rend le sauvetage particulièrement dangereux. Si un accident se produit au-dessus de 6 000 volts, le sauvetage est toujoui's très dangereux. Il faut s’isoler avec grand soin du côté de la victime et du côté du sol ; la moindre négligence peut causer une catastrophe. Il convient d’appeler un médecin le plus rapidement possible pour donner des soins éclairés à la victime.
- En terminant ses travaux, la Commission a émis les deux vœux suivants :
- « En premier lieu, il est indispensable de faire l’édu_ cation du public, en particulier des enfants. Nous avons prévu une petite affiche destinée aux écoles qui, sous formes d’images, montre aux enfants quels sont les risques qu’ils peuvent courir en se mettant en contact soit avec des isolateurs, soit avec des fils. Il est à désirer que de petites conférences très sim-
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- pies et très pratiques soient faites aux instituteurs qui les répéteront aux enfants. C’est là un des moyens les plus efficaces pour réduire le nombre des accidents se produisant dans le public.
- « En second lieu, il importe que les accidents qui auront lieu dans la suite, surtout les accidents mortels, soient étudiés soigneusement, pour bien établir les conditions dans lesquelles ils se sont produits. La pénurie et l’incertitude des renseignements qu’on a en général à cet égard constituent une lacune grave dans nos connaissances.Nous espérons que les pouvoirs publics voudront bien instituer une réglementation pour que cette enquête scientifique sur les accidents se poursuive avec toutes les garanties nécessaires ».
- En dehors du travail du Dr G. Weiss, membre de l’Académie de médecine, l’ouvrage comprend l’exposé par M. Zacon des expériences sur l’électrocu-tion effectuées avec le concours de M. Ch. David, au Laboratoire Central d’Électricité par la Commission qui était présidée par l’auteur et dont les membres étaient : le Dr Langlois, MM. Leclerc de Pulligny, Monmerqué, Paul Weiss, Maurcau, Devaux Char-bonnel, Brylinski, Cordicr, Harlé, Hillairet, Janet, Boucherot et Zacon.
- La Société internationale des Electriciens a pris à sa charge les frais des expériences, et mis à la disposition de la commission les locaux, le matériel et le personnel nécessaires.
- L’Ecole de Médecine et l'Institut Marey ont prêté également du personnel et divers instruments.
- L’ouvrage se termine par une note sur un vêtement protecteur contre les effets physiologiques des courants électriques, vêtement inventé par M. Arlé-mieff, directeur de l’Institut électrotechnique de Kiew (Russie), et par une note de M. Guèry, au sujet du danger spécial des courants alternatifs provenant de la capacité : à ce propos, on se rappellera que le contact avec un seul conducteur est presque toujours dangereux.
- Nous estimons que la publication de ce Recueil est fort utile et que sa divulgation dans un public instruit rendra de grands services. Il importe, en effet, que les effets physiologiques des courants électriques ne soient pas simplement connus d’un nombre restreint de spécialistes.
- Conférences sur les Alliages, par MM. Ren-gade, Jolibois, BroniewSki.* — Une brochure de 36 pages avec 3o ligures. —. Paris A. 1 Luhmann et fils, éditeurs. — Prix bxoclié : 2 francs.
- Cette brochure, qui constitue le 3“ fascicule de la collection intitulée « Publication de la Société de Chimie Physique », contient le compte rendu d’une série de conférences faites, par les trois auteurs dont les noms figurent dans le titre sur un même sujet : l’analyse des alliages.
- Cette analyse est, on le sait, extrêmement délicate. Pour la mener à bien avec quelque certitude, il est utile de recourir concurremment à diverses méthodes, et ce sont ces méthodes qu’exposent successivement les auteurs.
- On peut d’abord recueillir des données précises sur les constitutions d’un alliage, en suivant la marche du thermomètre pendant sa solidification : c’est la méthode thermique.
- Ou encore par l’examen microscopique : ces deux procédés sont savamment décrits par M. Rengade.
- M. Pierre Jolibois expose ensuite d’une manière lumineuse comment on peut, à ces procédés physiques, substituer les procédés chimiques, d’usage plus anciens d’ailleurs que les précédents. Méthodes physiques d’une part et méthodes chimiques de l’autre ont leurs partisans, constitués en écoles rivales. Laconclusion de M. P. Jolibois c’esfque l’esprit d’exclusivisme n’apasjici de raison d’être et que chacune des méthodes procure un utile {contrôle de l’autre.Enfin M. W. Broniewski étudie les relations qui existent entre la structure des alliages et leurs propriétés électriques. C’est là le fondement d’une quatrième méthode d’analyse, dont le grand intérêt résulte de ce que les trois premières méthodes, thermique, micrographique et analyse chimique, se heurtent à de sérieuses difficultés lorsqu’il s’agit de composés définis entourés de solutions solides.
- Nos lecteurs ont dé jà pu suivre ici quelques-uns des résultats essentiels obtenus dans cet ordre d’études, auxquelles M. W. Broniewski a précisément apporté lui-même une contribution très distinguée.
- Ils trouveront dans ces quelques pages la récapitulation complète de ces résultats, d’où ressort une j dernière méthode d’analyse qui permet encore de compléter, en les contrôlant, les précédentes.
- Ainsi, ce petit ouvrage met au point d’une manière fort satisfaisante un ensemble très complexe de notions, parmi lesquelles les notions d’ordre élec-trotechnique jouent un rôle important.
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- BREVETS
- Moteur polyphasé à collecteur à excitation réglable. — Société alsacienne de constructions mécaniques a Belfort, résidant en France (territoire de Belfort).— N° 448. 538. Demandé le 28 novembre 1911, publié le 3 février 1913.
- On connaît déjà des moteurs polyphasés à collecteur dont on peut faire varier l’excitation, de façon à obtenir une certaine variation de vitesse au moyen d’un simple réglage du champ, absolument comme avec un moteur à courant continu. Si le moteur doit présenter une caractéristique shunt, c’est-à-dire si sa vitesse ne doit varier que de quelques % depuis la marche à vide jusqu’à la pleine charge, Tune des solutions connues consiste à munir le stator d’un enroulement d’excitation alimenté en dérivation par ' rapport aux balais avec interposition des enroulements secondaires d’un transformateur-série auxiliaire dont les enroulements primaires sont eux-mêmes intercalés entre le réseau et lesdits balais. Comme, d’autre part, dans le cas fréquent d’un réseau à tension trop élevée pour l’alimentation directe du collecteur, il est nécessaire d’employer un transformateur-élévateur de tension d’une puissance comparable à celle du moteur, et qu’en outre il est également nécessaire de prévoir un transformateur de réglage d’excitation, la disposition qui vient d’être décrite nécessite trois transformateurs, dont les deux premiers sont de puissance comparable à celle •du moteur, à moins que celui-ci ne soit, muni d’en-roulernents statoriques de compensation qui permettent de diminuer l’importance du transformateur série-auxiliaire, mais constituent souvent une complication sérieuse.
- L’invention dont il s’agit est due à M. Joseph Be-thenod. Elle a pour but d’éviter de telles complications par la combinaison du transformateur alimentant les balais avec le transformateur-série, de sorte qu’il ne demeure dans tous les cas qu’un grand transformateur, comme avec un moteur ordinaire sans réglage du champ.
- La figure 1 donne à titre d’exemple un mode de réalisation. Entre le réseau R et. le stator S se trouve intercalé le primaire du transformateur principal T dont le secondaire est relié aux balais B. Un
- petit transformateur d’excitation E dont le primaire est relié au réseau et dont le secondaire est monté en parallèle avec renroulement statorique unique S du moteur M, permet de régler la tension aux bornes de cet enroulement, c’est-à-dire le flux.
- Il est facile de voir que le montage ainsi établi répond entièrement au but cherché; bien entendu, il est applicable aussi bien aux moteurs dont le collecteur forme un organe isolé, entraîné soit mécaniquement, soit au moyen d’un moteur électrique de type spécial, etc.
- Fig*. 1.
- En résumé l’invention se rapporte à un moteur à courant polyphasé à collecteur, entraîné séparément ou non, caractérisé par l’emploi simultané d’un transformateur-série dont le primaire est intercalé ! entre le réseau et l’enroulement statorique du moteur, tandis que le secondaire est relié aux balais, et d’un transformateur de réglage d’excitation dont le | primaire est alimenté par le réseau et dont le secon-i daire est relié aux bornes de l’enroulement stato-j rique du moteur dans le but de modifier la vitesse par simple réglage du champ.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Les Monorails, électriques-
- Les chariots monoraijs pu rquways se répandent de plus ep plus pour la rpaputeotipu des fardeaux à l’intérieur des usines ; on les emploie généralement dans des installations fixes, mais ce n’est pas là une condition indispensable pour l’usage de ce genre d’appareils,
- La mise en route récente d’un de ces engins construit par les ateliers AbeiPifre montre, en effet, une application intéressante des monorails électriques aux chantiers des travaux publics.
- Sur ces chantiers les engins de manutention doivent être en nombre assez limité ; ils doivent en outre être rustiques et d’un déplacement facile. Ce sont principalement des monte-charges, des grues de façade ou des grues Titan pour la construction des bâtiments ; dans les chantiers de terrassement, on emploie des grues roulantes ou des treuils permettant de remorquer, entre autres appareils, une rame de wagonnets sur voie étroite.
- Il y a toutefois des cas où ces engins ne permettent guère de réduire la main-d’œuvre ouvrière dans de grandes proportions ; par exemple, s’il agit de l’ouverture d’une tranchée pour la construction d’un égout.
- Dans une entreprise de ce genre, comme le travail se fait simultanément sur une grande longueur, il serait nécessaire d’avoir plusieurs grues en fonctionnement pour charger lès déblais clans les tombereaux. L’installation d’une voie spéciale pour le roulement de ces grues serait coûteuse et ce mode de travail ne réaliserait pas d’économie, dans la conduite des travaux. De plus, la construction d’un égout se faisant généralement dans les voies livrées à la circulation, on ne peut tolérer qu’un encombrement très réduit pour le chantier. C’est pourquoi on a souvent installé, parallèlement à la tranchée, une voie sur laquelle roulent des wagonnets Decauville, qui servent au transport des déblais ou des matériaux de construction. Ces rames de wagonnets sont tirées par un treuil de chantier.
- Cette façon d’opérer donne encore au chantier un
- très grand encombrement, puisque la largeur de la tranchée doit être augmentée de celle de la voie des wagonnets. De plus, l’enlèvement des terres depuis le fond de la tranchée jusqu’au wagonnet et le chargement de ceux-ci dans les tombereaux doit se faire à la main.
- On voit donc l’utilité d’un appareil spécial qui allie à un encombrement minimum la facilité de manutentionner mécaniquement les terres extraites de la fouille, ou les matériaux qui serviront à la construction d’un égout.
- Le chariot monorail que nous allons décrire répond à cette double condition ; il vient d’être utilisé par M, Charrière, entrepreneur à Nantes, pour la construction de l’égout collecteur du quai de la Fosse dans cette ville, sur une longueur de un kilomètre environ.
- Description généncile de VInstallation. — La figure i indique l’agencement du chantier. A une extrémité on termine la maçonnerie de l’égout, tandis qu'à l’autre extrémité, on vient de commencer les fouilles. A mesure que la maçonnerie avancera et que les fouilles progresseront, on démontera un tronçon du chemin de roulement placé à l’arrière du chantier et on le transportera à l’avant.
- On voit donc que le monorail pourra servir à la fois à apporter les matériaux de construction aux maçons, et à enlever les déblais et les verser dans les tomberaux ou camions automobiles, qui les transporteront ensuite à la décharge publique.
- Suivant le nombre d’hommes placés sur le chantier, celui-ci s’étendra sur une longueur plus ou moins grande. Il pourrait arriver que le cube des terres extraites par jour justifiât l’emploi de deux appareils. Dans ce cas, un chariot automoteur se déplacerait sur chacune des moitiés du chemin de roulement, et ces chariots serviraient, l’un à l’enlèvement des terres, l’autre à l’apport des matériaux de construction à pied d’œuvre. L’un de ces appareils prêterait momentanément en cas de besoin son concours à l’autre, si le débit de ce dernier se trouvait insuffisant à certaines périodes de la journée. Mais dans l’installation dont il s’agit, la longueur de roulement étant de
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- 5o mètres, un seul chariot automoteur est suffisant. I débit moyen est de ioo tonnes par journée de La vitesse de translation est d’environ 90 mètres I 10 heures.
- x J'iy. 1. — Déversement d’uno benne dans un tombereau.
- par minute, celle de levage de o m. i5 par seconde 1 Chemin de roulement et ses supports, — Le en dehors des périodes de démarrage du moteur ; le chemin de roulement est supporté par des chevale-
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- ments en bois facilement démontables, dont les divers éléments sont réunis les uns aux autres par des boulons. La partie supérieure du chevalement laisse le libre passage du chariot et de la henne, La partie inférieure est entretoisée, de façon à former un assemblage absolument indéformable.
- Sur la poutre horizontale qui forme là partie supérieure du chevalement se trouve fixée une pièce en fers profilés qui sert de support au chemin de roulement proprement dit. Les chevalements sont écartés de 6 mètres; ils sont réunis de distance en distance par des tirants formant croix de Saint-André,- qu’on peut raidir au moyen d’écrous donnant à l’ensemble la rigidité nécessaire dans le sens longitudinal.
- Le chemin de roulement est composé de tronçons en fer I ayant précisément comme longueur l’écartement entre les deux chevalements, de sorte que tous les joints Sont placés à la même distance des chevalements. Il en résulte que si l’on démonte le chevalement placé à l’arrière du chantier et qu’on le reporte à l’avant avec le fer qu’il supporte, la position respective des chevalements, des fers et de leurs joints n’aura subi aucun changement. Il en est de même des lignes de prise de courant qui sont constituées par des fers plats réunis par des éclisses spéciales ; elles sont placées de chaque côté du chemin de roulement et supportées par lui au moyen d’isolateurs à cloches. Cette ligne de prise de courant est tronçonnée également par longueurs de 6 mètres, de sorte qu’on déplace un tronçon de la ligne chaque fois qu’on déplace un tronçon de chemin de roulement.
- Chariot— Le chariot se compose essentiellement d’un châssis en profilés porté par quatre galets qui roulent sur les ailes inférieures de la poutre de roulement. Sur ce châssis sont fixés les mécanismes de levage et de translation; la ceinture supérieure est prolongée pour servir de support à la cabine.
- La cabine est en bois de pitchpin verni, de façon à abriter le mécanicien contre les intempéries; elle est munie d’une porte vitrée à coulisse et est également vitrée sur sa face avant, qui est inclinée pour que le mécanicien ait la vue complètement libre sur le chantier. Elle porte un toit incliné, recouvert de zinc, pour éviter que l’eau n’y séjourne.
- Elle contient les appareils de contrôle et de manœuvre nécessaires à la bonne marche de l’ajjpa-reil, à savoir :
- Un contrôleur de levage;
- Un contrôleur de translation;
- Un tableau avec interrupteur et coupe-circuit;
- Une pédale pour actionner lds freins du mécanisme de levage et de translation.
- Le mécanisme de levage est monté sur un châssis en fers profilés, et comporte un .moteur hermétiquement blindé actionnant, par l’intermédiaire d’un réducteur à vis sans fin et d’engrenages, le tambour de levage sur lequel s’enroule le câble. Le tambour en fonte porte des rainures faites.au tour dans la masse du métal. Ces rainures sont avec pas à gauche pour une moitiédu tambour, et avec pas à droilepour l’autre moitié. Le câble s’enroule par ses deux extrémités à la fois, et assure ainsi à la charge une montée absolument verticale.
- Fig. 2.
- La liaison entre le moteur de levage et la vis est réalisée par un plateau formant accouplement élastique et permettant un démontage facile du moteur. Cé plateau forme en même temps poulie de frein pour un frein à contrepoids qui permet d’obtenir des arrêts précis de la charge.
- Les vitesses de levage et de translation ont été choisies de façon à permettre d’employer un moteur cle même force pour ces deux mouvements, pour réduire au minimum l’importance des rechanges.
- Le mécanisme de translation se compose d’un moteur fixé sur l’un des cadres porteurs des galets de translation et actionne, par l’intermédiaire d’engrenages, les couronnes dentées fixées aux galets de translation. Ces derniers sont en acier coulé.
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- Un frein actionné de la cabine permet des arrêts précis.
- Les moteurs fonctionnent sous courant continu à 44o volts. Leur carcasse est en deux pièces, de façon à permettre une visite facile du collecteur et de l’induit. Ils sont entièrement blindés pour pouvoir être exposés aux intempéries.
- Le contrôleur de levage assure le freinage électrique à la descente par mise en court-circuit de l’induit sur des résistances. Il est d’un type spécial, permettant de réaliser ce freinage sans à-coup et sans dommage pour le collecteur du moteur en cas de manœuvre brusque.
- Benne. — Les deux câbles de levage sont reliés aux extrémités d’une traverse en U à laquelle se trouve fixée la benne. Celle-ci est constituée par des tôles épaisses, des cornières et des fers plats ; elle est munie de roues, de façon à pouvoir se déplacer aisément sur le. sol.
- Un levier fixé à la traverse précitée maintient la benne dans sa position normale.
- On a établi la benne de façon que son centre de gravité se trouve au-dessus de l’axe de suspension lorsqu’elle est pleine, et en dessous de ce même axe lorsqu’elle est vide. U en résulte que la benne bascule d’elle-même dès que son levier est dégagé de son encoche, sans qu'il y ait d’effort de basculement à exercer ; elle revient ensuite automatiquement à la position verticale et peut, dans cette position, être posée sur le fond de la tranchée.
- Bénéfice d'exploitation. — Sans nous prononcer sur le calcul des bénéfices que doit procurer l’emploi d’un monorail dans la construction d’un ouvrage d’art, nous citerons simplement, d’après le constructeur, les chiffres suivants, à titre d’indications :
- La durée probable des travaux nécessités par la construction de l’égout collecteur du quai de la Fosse, à Nantes, est de iîio jours environ. Comme le nombre d’ouvriers nécessaires au chargement des terres dans les tombereaux et à la manutention des matériaux aurait été, par jour, de 20 à 25, c’est donc une économie journalière de main-d’œuvre de 100 à ia5 francs par jour que le chariot monorail a permis de réaliser.
- La dépense moyenne d’électricité par jour est de 3 francs environ. En comptant le salaire du mécanicien à 5 fr. 5o et la somme consacrée à l’entretien et à l’amortissement à 12 francs, on voit que la dépense totale par jour, nécessitée par l’emploi du chariot monorail est de: 3 fr. -j- 5 fiv5o-f- 12 fr. =20 fr.5o.
- Il en résulte une économie journalière de 80 à 100 francs, soit une économie totale de 12 à 15 000 fr. sur la construction de l’ouvrage.
- * *
- En terminant, on remarquera que l’appareil peut être également utilisé avec succès dans les usines et les installations à poste fixe, pour le déchargement et le transport des matériaux. Il peut être commode, dans ce cas, de remplacer la benne basculante par une benne automatique à câble. On peut aussi, en cas de besoin, remplacer la benne par un plateau sur lequel on placera des. balles ou des matières diverses.
- En dehors de ces monorails accompagnés de leur conducteur, on construit des monorails entièrement automatiques. Ces derniers, spécialement destinés au transport des matières d’un point déterminé à un autre point fixe, peuvent être manœuvrés par un seul homme placé à demeure près du poste de chargement ou de déchargement.
- Il est probable que l’emploi des monorails électriques se généralisera de plus en plus quand on en aura apprécié les avantages.
- E. P.
- CORRESPONDANCE
- Dans notre description des installations électriques de la ville de Rome (*), nous disions d’après les renseignements qui nous avaient été communiqués, cjue « tous les appareils de mesure sont du type de précision système Weston ».
- La Société C. Olivetti et CiG, de Milan, nous informe que les appareils enregistreurs totalisateurs, dont nous avons parlé ensuite, sont du type électrodynamique à relais, de haute précision, et qu’ils ont été construits et fournis par ses soins.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Les émissions actuellement en cours dans l’industrie électrique méritent; une mention particulière. En dehors de la Compagnie Barcelonaise de Traction, d’Eclairage et de Force, dont nous avons parlé dans notre dernière chronique, qui fait dire par ses émetteurs qu’elle réserve à l’industrie française une partie de ses commandes et, passant de la promesse à l’acte,
- (*) Lumière Jilectriquef a5 janvier igi3, p. 121.
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- confirme de suite à la Thomson-Houston un ordre de 4 alternateurs triphasés de io ooo kilowatts, il y a le Nord-Sud qui réalise un emprunt obligatoire, la Société Générale Electrique de la Marne, la Société Electrique de Saint-Priest et extensions, les Ardennes Electriques, la Compagnie Lorraine d’Electrici-té, les Tramways Toscans, enfin Railways et Electricité qui procèdent, ou vont procéder à des émissions d’actions ou d’obligations.
- Un moment on avait parlé pour le Nord-Sud d’une augmentation du capital-actions; mais la situation de l’entreprise ne faciliterait pas cette opération. Lé Conseil se résout pour l’instant à réaliser un emprunt de 35 millions par la création de 79 545 obligations de 5oo francs, à 4 % , remboursables au pair en 35 années à partir du ier septembre 1920. L’émission est faite au cours de 44o francs ; le revenu net, impôts français actuels déduits, ressort ainsi à 4,11 % U existe déjà 7G 080 obligations du même type en circulation : elles cotent 460. Le gage qu’offre aux porteurs l’actif de la Compagnie est suffisant pour garantir le montant total de ces deux emprunts ; la souscription paraît donc intéressante pour ceux qui s’intéressent aux entreprises de transport. On remarquera que le Conseil du Nord-Sud a suivi celui du Métropolitain en contractant l’emprunt pour une somme effective de 35 millions, le capital nominal des obligations souscrites s’élevant à 3g 762 5oo francs ; la formule est habile, mais elle grève proportionnellement en intérêts et primes d’amortissement le compte frais généraux. Le bilan de 19 ï 3 reflétera cette situation et permettra de juger de la valeur de la combinaison totale.
- La Société Générale Electrique de la Marne se
- constitue à Châlons-sur-Marne au capital de 440 000 francs, formé de 2 200 actions ordinaires entièrement libérées de 100 francs chacune dont 1 200 attribuées aux apporteurs, et de 2 200 actions privilégiées de 100 francs chacune libérées du quart. La société à une durée de trente ans et pour objet l’exploitation de l’usine électrique de Châlons-sur-Marne, ainsi que l’installation et l’exploitation de toutes autres usines et réseaux ou lignes pour la distribution de l’énergie électrique dans le département de la Marne.
- La Société Electrique de Saint-Priest se constitue au capital de 5o 000 ^francs divisé en 45o actions de 100 francs dont 5o actions d’apport attribuées au fondateur.
- Les Ardennes Electriques, dont les recettes men-
- suelles dépassent 3o 000 francs, ont besoin également de nouveaux capitaux, soit pour, leur fonds de roulement, soit pour le développement de leur réseau. Le bilan au 3i décembre 1912 fait ressortir un bénéfice d’exploitation de g<>5o4 francs, et un bénéfice net de 34 237 francs sur lequel le Conseil propose de prélever 9 25o francs à répartir aux actionnaires à raison de 5 % par action, et 17 456 francs à porter en amortissements extraordinaires» Une émission de 700 actions avait eu lieu dernièrement, mais celles-ci ne participent pas au dividende de l’exercice écoulé. Le produit de leur souscription n’a d’ailleurs pas suffi aux besoins de la Société qui, d’accord avec ses voisins, s’est réservé la distribution de l’énergie dans toute cette belle vallée de la Meuse où Monthermé, Rocroÿ, Revin, Fumay, llaybes, Givet, pour ne citer que les plus importants, forment autant de centres d’activité industrielle. Les obligations émises à 495 francs sont du type 4 1/2 % net d’impôts ; elles rapporteront donc aux souscripteurs 4,54 % .
- La Compagnie Générale de Railways et Électricité, qui a son siège à Bruxelles, met en souscription aux guichets des banques de Bruxelles et de Paris 20000 actions de capital, du nominal de 5oo francs. Le prix des actions nouvelles est fixé à 755 francs, soit avec une prime de 5o % ; elles sont réservées par préférence aux porteurs actuels à raison d’une pour cinq anciennes, que celles-ci soient de capital, de jouissance ou de dividende.
- Les Tramways Toscans constitués sous les auspices de Tramways et Électricité, en Société anonyme au capital de 1 5ooooo francs représentés par 15 000 actions de 100 francs chacune, mettent en vente par souscription publique au prix de 115 francs,
- 1 o 000 actions de capital. En même temps, ils émettent
- 2 000 obligations 5 % de 5oo francs au prix de 485 francs. Celles-ci rapportent 25 francs nets et sont remboursables en trente ans à partir de 1913. La Société possède la concession des tramways de Carrare à Avenza, et un intérêt prépondérant dans les Sociétés de Tramways de Viareggio et de Massa. La durée des concessions est de cinquante ans au moins et les villes desservies sont assez importantes et très industrielles en raison de l’exploitation de carrières de marbre. Le service des obligations est largement assuré par les bénéfices actuels de l’exploitation ; les actions pourraient espérer 7 francs
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- de dividende. Mais comme pour toutes les affaires qui se lancent, ce ne sont que des possibilités; et paj'er i5 francs déprimé pour des titres qui ne tou' cheront pas de dividende après le premier exercice, c’est un peu excessif.
- La Société Générale Belge d’Entreprises Électriques fait appel de nouveau au crédit public : elle porte son capital de 12 5oo 000 francs à i5 millions, et offre à ses anciens actionnaires et à des souscripteurs bénévoles 5 000 actions de 5oo francs qu’elle vend 85o francs. Il faut avoir dix actions anciennes pour en souscrire une nouvelle; les parts de fondateur elles-mêmes ont droit à 5 actions pour 2/, dixièmes de part. Les résultats du dernier exercice permettent de proposer 5o francs de dividende par action de capital et i3 francs par dixième de part contre 47,50 francs et 11,70 l’an dernier ; les revenus du portefeuille sont en effet en très sensible plus-value.
- En Allemagne, la Deutsch-Ueberseeisclie Elektri-zitats Gesellschaft va créer une nouvelle série d’obligations 5 % pour 25 millions de marks. Le produit en sera consacré à éteindre la dette en banque et à
- couvrir les dépenses occasionnées par les développements de l’exploitation à Buenos-Aires, Santiago, Valparaiso, etc.
- Il ne manque donc pas en ce moment de placements avantageux à faire dans notre industrie ; toutes ces Sociétés d’exploitations sollicitant à un taux peu différent, mais relativement élevé, puisque le plus bas est de 4,11 % . Le revenu des fonds d’Etat ou des valeurs de catégorie analogue fait mauvaise figure à côté de cela! On discutera de la sûreté du gage; on invoquera les aléas de toute exploitation, les précédents des tramways de ICiew, de Tiflis, de l’Ouest Parisien, de la Compagnie de Traction, ètc.; on ne convaincra pas cependant le capitaliste qui découvre une valeur d’un revenu compris entre 4 % et 5 % et dont il compte se débarrasser bientôt après avoir réalisé un léger bénéfice sur son capital.
- Mais tout ce mouvement de capitaux indique qu’il y a des constructions en perspective : stations centrales, lignes, sous-stations, postes de transformateurs, voitures de tramways, et doit inciter le constructeur à faire à toutes ces Sociétés l’offre de son concours.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRtCTION
- Paris. — La dernière commando de la Compagnie des Chemins de fer de l’Est a été ainsi répartie :
- 1 075 wagons LL. : 400 aux Ateliers du Nord de la France, à Blanc-Misseron ; 375 à la Lorraine-Diétrich, à Lunéville ; 3oo aux Ateliers du Tilleul.
- 800 wagons NN. : 600 à la Lorraine-Dielrich ; 100 à la Société Franco-Belge.
- 400 wagons O, aux Ateliers du Tilleul.
- 1 u5 fourgons à la Lorraine-Diétrich.
- 8 voilures BBC aux Ateliers du Nord de la France.
- 20 voitures CCC, aux Ateliers du Nord de la France. 45 voitures Cpy : 20 aux Ateliers du Nord de la France ; 25 à la Lorraine-Diétrich.
- Côte-d’Or. — Le conseil municipal de Châlillon-sur-Seine a voté une contribution de 5o 000 francs pour la construction des lignes de tramways Grancey-sur-Ource
- à Châtillon et Montbard à Châlillon.
- \
- Le conseil municipal de Laignes a voté un crédit de
- 10 000 francs en faveur de la ligne de tramways des Riceys à Laignes.
- Eclairage et force .motrice
- Ain. — M. Francisque Carrier, industriel à Rossillon, vient de louer ses importantes chutes d’eau de la Bur-banche à une société anonyme.
- Les villages de la Burbanche, les hôpitaux Rossillon, Cheigneu-Labalme,Armix,Premillieu,Cormaranche, etc , bénéficieront de l’éclairage électrique.
- Algérie. — Le conseil municipal de Guyotville est décidé en principe défaire installer l’éclairage électrique dans la commune.
- Aveyron. — L’éclairage électrique va être installé sous peu à Saint-Rome-de-Tarn.
- Basses-Alpes. — Le maire de Thorame-Haute vient
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- 8 Mars 1913.
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- de passer un contrat avec M. A, Jauffred, industriel, pour l’éclairage électrique des rues du village.
- C£tlV&dOS. —La Société des mines de Barbery vient j d’être autorisée par arrêté préfectoral à établir dans la ! commune de Sainl-Gcrmain-lc-Yasson une ligne élcc- j trique destinée à relier l’iisine génératrice au transfor- I mateur du Moulin de Livel et trois lignes à bas voltage j réunissant le poste transformateur à divers points de la j mine de Barbery.
- La même Société est également autorisée établir mie canalisation d’énergie électrique en vue de l’éclairage public et gratuit de la commune de Saint-Germain-le- ! Yasson,
- Cher. — Des pourparlers sont engagés entre plusieurs usiniers et le propriétaire du moulin des Bordes pour la création d’une station ^électrique à Bruère-Allieluimps dont le réseau s’étendrait aux communes environnantes.
- CÔte-cTOr. — L’éclairage électrique va être installé à Verrey-sous-Salmaise.
- Il est question d'installer l’éclairage» électrique à Marcenay et à Yitteaux.
- Doubs. — Il est question d’installer l'éclairage électrique à Remondans. M. Lcscot doit faire des propositions à ce sujet.
- GUPCl. — Il est question d’installer l’éclairage électrique à Bagnols-sur-Céze.
- Gers. —• Une enquête est ouverte à Audi sur le projet d’installation de l’éclairage électrique proposé par la Compagnie du Gaz delà ville d’Auch.
- Tl est question d’installer l’éclairage électrique à Mont-réal-du-Gers. La Société élecl rique de Yalence-sur-Buïsc doit présenter à ce sujet une demande de concession.
- Haute-Vienne. — Une enquête va être ouverte à Jabreilles sur le projet de concession de la distribution de l’énergie et. d’éclairage électriques dans la commune.
- Jura. — MM. Bouvet, Gaudict, Leroy, D1’ Perret, Delaborde et Piauroy sont chargés d’étudier les propositions relatives à la fourniture d’énergie et d’éclairage électriques qui viennent d’être présentées à la municipalité de Salins.
- Lozère. — Le préfet n’ayant pas approuvé les délibérations du conseil municipal de Langogne au sujet de la concession de l’éclairage électrique, il est probable que le choix du concessionnaire se fera sous peu par voie d’adjudication.
- Manche.— Il est question d’utiliser la force motrice de laSeluneen amont de Duceypour la distribution de l’énergie électrique dans tout l’arrondissement.
- La municipalité de Sainl-Pierre-Eglise a approuvé les propositions de l’usine i\ gaz de Cherbourg concernant l’éclairage électrique du bourg.
- Marne. — La municipalité de Sainl-Brice-et-Cour-colles étudie plusieurs projets qui lui ont été présentés pour l’installation de l'éclairage électrique.
- Oise. — Un projet est a l’élude pour l’installation de l’éclairage électrique dans la commune de Coye.
- Puy-de-Dôme. — L’éclairage électrique de Messeix sera fourni parla Société des houilles de Messeix.
- Saône-et-Loire. — Il est question d’installer l'éclairage électrique à Cluny. Le maire a reçu i\ ce sujet deux demandes de concession.
- Seine-et-Oise. — Le conseil municipal de Vaucres-son a accepté le projet déposé par le Secteur de la Rive gauche qui deviendra concessionnaire parallèlement avec l’Ouest-Lumière pour la distribution de l’énergie électrique.
- Il est question d’installer l'éclairage électrique à Rambouillet.
- Une enquête est ouverte à Mantes sur le projet de distribution d’énergie électrique.
- Seine-et-Marne. — Par l'intermédiaire d’un ingénieur, M. Aubert, une société de production d’énergie électrique se propose d’installer à Naugis une usine susceptible de fournir le courant nécessaire en tant que force et lumière à toute la région, dans uu rayon d’en-ron 4o kilomètres.
- Une enquête est ouverte sur le projet présenté par M. L. Joubert, ingénieur à Citry, concernant une distribution d’énergie électrique pour l’éclairage à la Ferlé-sous-.Touarre.
- Tam-et-Garonne. — Le conseil municipal d’Espa-lais a décidé de faire installer l’éclairage électrique dans la commune.
- Vosges. — Le maire de*Bruyères vient d’être autorisé à signer le contrat de concession de l’éclairage électrique avec la Société Dazey.
- TÉLÉPHONIE
- Allier. — La Chambre de commerce de Moulins est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 248 541 francs, en vue de l’extension du réseau téléphonique départemental de l'Allier.
- Loir-et-Cher. — La Chambre de commerce de Blois a approuvé les projets d’établissement de nouveaux circuits téléphoniques entre Blois et Romorantin, entre Blois et rl'onrs.
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- T. XXI (2e Séfië},— N" 10.
- m
- SOCIÉTÉS
- • t j _
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris.
- Les recettes du 21 au 28 février së sont chiffrées à
- Groupés Electrogèhes « Fiat Lux ». — Le 20 mars, 19, rue Blanche; Pàris.
- ADJUDICATIONS i
- 1 3o/j i3o francs. Celles du 21 au 29 février 1912 avaient été de 1 3g6 493 francs. Depuis le i®® janvier, la Compagnie a encaissé 9 534 >19 francs, soit 23g 916 fr; de diminution sur les deux premiers mois de 1912, lesquels comptaient un-jour de plus.
- FRANCE . :
- Le 20 mars, à la préfectltré lieChaltres (Eure;éLLoir), fourniture dé matériel roulant supplémentaire pour lés tramways d’Eure-et-Loir. >
- Tableaü des recettes d’exploitation du itiôis dè décembre 1912.
- DÉSIGNATION ANNÉE I912 DIFFéRiïNfcfc EÙTRK LES .RECETTES DES ONZE PREMIERS MOIS en 1912 et eu 191,1
- K ecettes du mois de déceinbre Recettes depuis le début de Tannée en faveiit de 19IÜ én fàVeut de 1911
- • t franc#) francs francs francs
- Energie Electrique du Nord de la France 287 297 2 841 741 556 486
- 2 932 836 i36 890 133927
- Electrique Lille, Roubaix, Tourcoing Compagnie Electrique de la Loire et du ,167.239 1 981 874
- Centre . ; Sofciété Générale de Forces Motrices et d’éclai- 544 2lf) 5 411 433
- rage de la ville de Grenoble Société' des Forces Motrices du Haut-Grési- 60 026 474 534 2.4 268
- ‘ vaùdan.. ;.. O7 370 682 749 94 nio
- io5 104 1 039 978 2gl 5o4
- Est-Lumière 553 000 4 662 171 683 126
- Société d’Electricité de Caen. 87 871 682 932 i35 048
- Société Méridionale de Transport de Forcé.... 169 2 i l 1 768 677 191 493
- Süd-Electriqué ; ; : , 336 704 2 o83 85o 474 656
- Est-Electrique : 8l 496 61 in 4o3 3i8 o36
- Electricité de Eordeaux et du Midi..; 195 II.O 2^67^8 1 362 388 i5o 598
- Énergie Electrique du Sud-Oiiest.. ;• 1 912 942 478 879
- Energie Electriqué du Littoral MéditeTranéèn. Chemins de Fer Electriquesdépartementaux de , 606 odo 6 742 849 75i 677
- la Haute-Vienne ' 54 TOS 485.741 327 i38
- .Tramways, de Roubaix-T6urcoing’ 168 120 •.? o3g 269 io5 go3 (l)
- () En 1911, Exposition de Roubaix.
- Société Italienne d’Electricité de Buenos-Aires.
- La Société Italienne d’Electricité de BuenoS-Airés qui 'vient d’être constituée avec le concours des -maisons Tosi, Pirelli et Brown-Boveri, a obtenu de la ville de Buenos-Aires une, concession de 5o ans pour la fourni-: ture à la ville de la force et de la lumière électrique.
- Cette Société travaille provisoirement avec Un capital entièrement versé de 11 millions de lires.
- CONSTITUTIONS
- Compagnie Générale de Distribution Electrique de l’Oise. — Capital : 5oo 000 francs. — Siège social:; 8, rue Saint-Philippe?du-Rôule, Paris.
- CONVOCATIONS
- Banque;dé l’Industrie Electrique. — Le 10 mars, 5i, rue de la Chaussée d’Anlin, Paris;
- Société des Etablissements Wanner. — Le 14 mars, 67, avenue de-la République, Paris.
- ^Etablissements Farcot. — Le i5 mars, 17, avenue de la Gare, Saint-Ouen.
- Adjudication restreinte de :
- 8 wagons à marchandises couverts; 12 wagons à marchandises découverts dits «tombereaux» avec traverses; 2 voitürës mixtes-fourgons pour voyageurs de i,e et de 2® classés. Montant : 99700. A valoir : 3oo, Total: 100 000. Cautionnement : 3 000 francs.
- Les demandes d’admission devront parvenir à M. Duperrier, ingénieur en chef, 16, rue du Cardinal-Pie, à Chartres, avant le 20 mars 5 heures du soir.
- Renseignements dans les bureaux dé la'Préfecture (ilc division) et des Ponts et Chaussées, 16, rué du Car-dinal-Piê, à Chartres.
- ITALIE
- Le 18,. mars, aux chemins de fer de l’Etat italien, à Rome, adjudication .internationale pour la fourniture d’un tour, d’un trépan et d’une limeuse pour l’atelier de Gallarace et de trois appareils pour soudure pour les ateliers de Pietrarsa, Vérone et Milan.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Paris. — imprimerie levé, 17, rue cassette.
- Le Gérant : J.-B, Nouet.
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- Trente-cinquième année.
- SAMEDI 15 MARS 1913.
- Tome XXI (8* série). — N* 11
- La
- Lumière
- ue
- SOMMAIRE
- EDITORIAL........ ,......•.............. 3a i
- Théories et généralités.
- L. Gratzmuller. — Mesure de la valeur de la résistance de contact des balais en charbon sur les collecteurs dans quelques conditions différentes................................. 3a4
- Extraits de publications
- Influence réciproque des antennes parallèles,
- parG.MESLiN....................•..... 334
- Condensateurs pour lampes à filament métallique............................... 335
- L’estimation des valeurs industrielles allemandes d’apres les cours de la Bourse de
- Berlin, par E. Weiiner................ 335
- Le moteur électrique dans l’imprimerie, par H. Marchand......................... 337
- Variétés
- L’électrification du réseau municipal de
- tramways à Paris, d’après une conférence
- de M. Mariage..................... 340
- Les éruptions volcaniques et leur répercussion sur la télégraphie sans fil, par A. Cr.
- Mc. Adie............................ 345
- Bibliographie
- A. Mauduit. — Contribution expérimentale et théorique à l’étude de la commutation dans les dynamos à courant continu. .... 346
- Brevets
- Moteur triphasé à excitation série avec transformateur série branché entre l'enroule-
- ment du rotor et celui du stator..... 347
- Chronique Industrielle et Financière
- Etudes Economiques........................ 348
- Renseignements Commerciaux............... 349
- Adjudications........................... 35 a
- Informations............................. 35a
- EDITOfiJAL
- Les très intéressantes recherches expérimentales et théoriques sur la commutation dans les dynamos à courant continu, que M. A. Mauduit a présentées à la Société Internationale des Electriciens, touchent de trop près à une question controversée de la construction des machines électriques pour passer inaperçues.
- Aussi plusieurs ingénieurs particulièrement compétents comme constructeurs ont-ils pris part à la discussion qui s’est ouverte à la suite de cette communication. L’un d’eux, M. L. Gratzmuller, a bien voulu nous communiquer un Rapport d’essais sur la mesure de la valeur de résistance de contact des balais en charbon dans quelques conditions différentes, rapport qu’il avait établi il y
- a onze ans, en collaboration avec M. Rentière, lorsqu’il était Chef du laboratoire à la Compagnie Thomson-Houston.
- On sait que le point de départ de la théorie qui conduit à l’équation dite d’Arnold fait intervenir, entre autres grandeurs, une résistance de contact inversement proportionnelle à la surface de ce contact. A la suite de nombreux essais, M. Gratzmuller a acquis, dès 1902, la conviction que la théorie d’Arnold et de ses élèves est inacceptable. Il tient même à « proclamer la banqueroute de l equation différentielle de la commutation ». L'intérêt de cette équation était manifeste tant que les hypothèses sur lesquelles elle reposait n’avaient pas été infirmées par l’expérience.’ _
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXI (2* Série). —N" 11.
- Il nous a paru intéressant de rapprocher du travail de M. Gratzmuller une analyse bibliographique de la thèse de M. Mauduit relative à la commutation, faite par un autre praticien qualifié, M. Guilbert.
- La question de la commutation n’est d’ailleurs pas seulement à l’ordre du jour en France. M. G.-W- Worrall a, en effet, publié dans The Electrician du 17 janvier une intéressante étude : « The Physical Theory of Commutation ». L’auteur y traite du rôle de la self-induction de la bobine en court-circuit et des conditions magnétiques de la zone de commutation (un diagramme représente la distribution du flux dans cette zone); il termine son mémoire par un examen critique des théories d’Arnold et de Menges, notamment en ce qui concerne la self-induction aux extrémités des connexions, et l’addition algébrique des forces électromotrices engendrées par deux champs se mouvant dans des directions différentes et avec des vitesses différentes.
- Nous avons eu le plaisir d’assister le 9 mars à la très intéressante conférence publique que M. N. Mazen a faite au Conservatoire des Arts et Métiers sur Y électrification de la banlieue de Paris des,Chemins de fer de l'Etal.
- Gomme la méthode d’exploitation en vigueur a été reconnue tout à fait insuffisante, on a conçu un programme d’améliorations d’une ampleur colossale, et dont.la réalisation a offert les plus grandes difficultés techniques. Pour assurer la bonne exécution de ce programme, il a fallu faire appel à tous les corps de métiers, et, comme l’a dit M. Mazen,
- « c’est, en réalité, toute l’industrie française qui l’exécute en ce moment sous l’impulsion énergique des Ingénieurs des Chemins de fer de l’Etat ».
- Il sortirait du cadre de notre Revue de reproduire in-extenso la conférence de M. Mazen. Mais dans un prochain article, nous mettrons en évidence tout ce qui a trait plus particulièrement à l'organisation de la traction électrique et aux motifs qui ont lait adopter pour la banlieue de Paris, desservie y>ar i’Etat, le courant continu (à 65o volts) comme dans une grande partie de la banlieue de Londres.
- Ajoutons que la Compagnie de l’Est a mis également à l’étude l’électrification de ses lignes de banlieue.
- M. Georges Meslin, professeur à la Faculté des Sciences de Montpellier, a adressé à l’Académie des Sciences une note, qu’il nous parait intéressant de reproduire telle quelle, sur Yinfluence réciproque des antennes parallèles sur les conditions de réception des ondes hertziennes. L’auteur signale l’action du réglage d’antennes voisines, reliées à des fortes réceptions, -sur les conditions de réception par l’une d’elles.
- Ses observations mettent en évidence le rôle que jouent, dans le champ hertzien, la capacité et la self-induction respectives d’antennes rapprochées.
- L’intérêt de cette étude est d’apporter une contribution appuyée sur des données expérimentales précises à l’étude du rôle encore si obscur de l’antenne, pour l’explication duquel on fait intervenir, tantôt la conductibilité de l’air (R. Blochmann, Délia Riccia), ou du sol (Tissot, Villot), et tantôt la considération des lignes de force (Blondel, Broca).
- L’emploi de condensateurs pour les lampes à filament métallique semble constituer un dispositif intéressant pour la technique de l’éclairage sur les réseaux à courants alternatifs en raison de leur faible consommation d’énergie.
- L’étude de M. E. Werner, de Wilmesdorf, relative à Y estimation des valeurs industrielles allemandes d’après les cours de la Bourse de Berlin, montre le rang qu’occupent les affaires d’électricité parmi les affaires relatives aux branches les plus importantes de l’industrie allemande.
- Cette étude a été jugée assez importante par la rédaction de YElektrotechnische Zeitschrift, pour que chaque mois les diagrammes de M. Werner, embrassant les six derniers mois écoulés, figurent à l’avenir à côté des tableaux ordinaires des cours de bourse. Un graphique d’ensemble sera publié dans la grande revue allemande à la fin de chaque année ; il sera établi de la même manière que celui qui figure ci-après (p. 336) et qui, dréssé pour la première fois, se rapporte à l’année 1912.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- On sait que la commande électrique se généralise de plus en plus dans les nombreuses industries où l’on a intérêt à rendre les machines aussi indépendantes que possible les unes des autres dans leur i'onctionne-ment. M. II. Marchand montre les avantages que présente l’utilisation des moteurs électriques dans l’imprimerie.
- M. Mariage a bien voulu nous communiquer quelques photographies qui viennent heureusement illustrer une description d’ensemble de l’électrification du réseau municipal des tramways à Paris complétant celle déjà parue sous la signature de M. J. Simey. Comme le caniveau souterrain s’imposait dans tous les quartiers où le Conseil municipal n’a pas admis le trolley aérien (voir p. 344), deux dispositifs restaient en présence : le caniveau central et le caniveau latéral. Les avantages du premier ont déterminé son adoption ; quant au second, bien qu’il ait été longtemps en faveur en France et à l’étranger, il semble devoir être complètement abandonné.
- Signalons une étude de M. A. Cr. Mc. Adie sur les éruptions volcaniques et leur répercussion sur la Télégraphie sans fil. Il y a certainement un grand intérêt pour le développement de la Météorologie dans le rapprochement des obsei’vations des « sans-filistes » coïncidant avec l’apparition d’une perturbation de caractère sismique; aussi serait-il désirable,à notre avis,que les Compagnies exploitantes de T. S. F. communiquassent aux bureaux météorologiques des divers Etats les rapports de leurs agents toutes les fois que ces derniers auront constaté des anomalies dans le fonctionnement des appareils.
- Un Congrès général des Electrotechniciens russes s’est tenu en janvier à Moscou. Nous résumerons dans un prochain numéro les travaux de ce Congrès ainsi que les résolutions auxquelles il s’est arrêté.
- M. A. (juillet a exposé dans le Journal de Physique (décembre 1912) la théorie et le mode d’emploi d’un nouvel électromètre absolu, qu’il a étudié avec l’aide de son
- élève,M. Aubert. Tous les électromètres absolus classiques, d’ailleurs assez difficiles à trouver — il n’y a pas, que nous sachions, d’électromètre absolu Thomson à la Faculté des Sciences de Paris — présentent de sérieuses difficultés de construction en raison des réglages nécessaires : il faut, dans le Thomson, que le disque attiré soit dans le plan de l’anneau de garde et soit, en outre, parallèle à la seconde armature. Dans le modèle Lippmann, les centres des deux armatures doivent coïncider et de plus, il faut s’assurer que la séparation des hémisphères internes ne se produit pas prématurément; dans le BichatetBlondlot, assez encombrant, il faut que les axes des cylindres armatures coïncident, etc.
- N’ayant pas trouvé dans les Pères de l’Elec-tromètrie ni dans Lord Kelvin en particulier, trace de la combinaison plan-sphère, d’une construction si facile et si peu coûteuse, M. Guillet a étudié et expérimenté cette forme, avec le concours de son Assistant. commodité de manipulation, l'absence de réglage proprement dit, la rapidité avec laquelle chacun peut réaliser Vappareil, désignent celte forme à l'attention de ceux qui ont à compter avec les hauts potentiels. On peut toujours, sans perdre en sensibilité, se placer en dehors de la région de disruption.
- Il nous reste à déplorer la mort de M. Alfred Picard, survenue ces jours derniers. Personne peut-être ne s’est signalé davantage à l’attention des ingénieurs du monde entier que cet infatigable travailleur. Il serait vain de prétendre retracer en quelques mots la carrière de l’illustre vice-président du Conseil d’Etat, membre de l’Académie des Sciences, qui a mérité l’honneur que ses obsèques soient célébrées aux frais de l’Etat.
- Nous rappellerons seulement qu’Alfred Picard, fut rapporteur de l’Exposition universelle de 1889, commissaire général de l’Exposition de 1900, et que son histoire des chemins de 1er français constitue un véritable monument. C’est lui qui présida la Commission chargée d’étudier les questions d’organisation du réseau de l’Etat après le rachat de l’Ouest. Il est mort à l’âge de 6q ans.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XXI (2e Série). — N° 14.
- MESURE DE LA VALEUR DE LA RÉSISTANCE DE CONTACT DES RALAIS EN CHARRON SUR LES COLLECTEURS DANS QUELQUES CONDITIONS
- DIFFÉRENTES
- A la suite d’une communication très intéressante de M. Mauduit. à la Société internationale des Electriciens, sur la commutation dans les dynamos à courant continu, M. Gros-selin, président de la Société, a exprimé l’espoir que les résultats obtenus par M. Mauduit fussent utiles à bon nombre d’ingénieurs chargés d’étudier les machines électriques et il a invité ceux-ci à présenter les observations ou les suppléments que pourraient leur suggérer la communication qu’ils venaient d’entendre.
- C’est pour répondre à l’invitation que M. Grosselin a bien voulu m’adresser personnellement, que j’ai exposé brièvement devant la Société une théorie nouvelle de la commutation.
- Cette théorie, qui se résume en quelques règles de bon sens relatives à une question très simple, étant établie en dehors de la notion de résistance de contact fonction de la position d’un point et correspondant à la densité de courant en ce point, il importe de justifier expérimentalement cette élimination.
- Les efforts nouveaux réalisés montrent qu’il peut être encore aujourd’hui intéres-.sant de répandre des notions établies nettement dans le sens qui vient d’être indiqué par le Rapport d’essais n° 46, que j’ai rédigé le 16 décembre 190a pour l’instruction du personnel Thomson-Houston, avec le concours démon regretté camarade M. Rentière.
- Quelques points de ce rapport montreront les erreurs des équations différentielles de la commutation au point de vue seul de la résistance de contact. Mais il y en a bien d’autres.
- Ce sera un exemple, une fois de plus, de la réflexion prudente avec laquelle il convient d’introduire la continuité et les infiniment petits dans les phénomènes physiques. Thèse à la mode aujourd’hui d’ailleurs pour des sujets beaucoup plus vastes (Lorentz, Borel,
- Perrin, Langevin, etc.), et qui a contribué à me donner l’audace de proclamer la banqueroute de l’équation différentielle de la commutation. Le rôle d’une théorie physique étant de classer les laits acquis par l’expérience, on ne saurait croire à l’intérêt scientifique ou industriel d’une théorie, basée sur une équation différentielle, qui n’a aucune base physique d’établissement ou pratique d’application.
- Il ne s’agit pas de critiquer les efforts ingénieux de mes devanciers qui ne disposaient pas des données expérimentales sur lesquelles je me suis appuyé, éclairé d’ailleurs parleurs propres travaux. Bien plus, je pense qu’il était naturel que les électriciens cherchassent à établir une équation différentielle, et que son écriture insuffisamment exacte pour rendre compte des phénomènes était une étape en quelque sorte inévitable. Je tiens particulièrement à cette occasion à manifester ma grande estime pour l’effort de M. Girault, effort très utile pour l’époque où il. a été réalisé. Cependant il semble que les faits expérimentaux exposés ci-dessous viennent infirmer les hypothèses dontM. Girault était parti.
- Cela posé, cette étude se divisera en deux parties. Nous donnerons, en premier lieu, le texte intégral de notre rapport d’essais du 16 décembre 1902, que M. Thurnauer a eu l’obligeance de nous autoriser à publier in extenso, ce dont nous le remercions vivement (‘). Puis nous continuerons cette étude expérimentale par la. reproduction de la nouvelle théorie que la communication de M. Mauduit nous a incité à exposera la Société internationale des Electriciens.
- (') La rédaction de ce rapport montre peut-être un peu trop qu’il était destiné à l'instruction du personnel des ateliers Thomson-Houston. Mais, en la modifiant, nous perdrions le droit de faire état de la date ancienne de son établissement.
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
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- I. — RAPPORT D’ESSAIS But des essais.
- Ces essais ont eu pour but l’étude delà résistance de contact des balais en charbon sur un collecteur.
- Méthode employée.
- On s’est d’aborçl servi d’un induit C7 à no volts. L’induit a été monté dans ses paliers sur des glissières ; on a supprimé le bâti pour éviter l’influence du magnétisme rémanent des inducteurs.
- Fig. r et a. — Dispositif employé pour la mesure de la résistance de contact des balais en charbon sur un collecteur.
- Sur l’une des tiges du collier porte-balais on a fixé deux porte-balais AL,, dont un seul était relié électriquement à cette tige, l’autre étant isolé de celle-ci au moyen d’une feuille de carton.
- Ceci étant, on pouvait faire passer le courant d’un balai à l’autre par les lames du
- collecteur sans passer par le bobinage de l’induit.
- On mesurait alors simultanément l’intensité et le voltage entre les deux porte-balais en a a (fig. a). On en déduisait la résistance totale pour les deux charbons et les contacts avec le collecteur. On divisait par a pour avoir la résistance de l’ensemble constitué par un porte-balai, un balai et une résistance de contact avec le collecteur.
- Pour mesurer directement la résistance de contact, on employait la même disposition ; mais on prenait le voltage entre les deux charbons en des points très voisins du collecteur, de façon à pouvoir négliger la faible épaisseur de charbon intercalée. En négligeant de même la résistance de la partie du collecteur intercalée, on obtenait ainsi la somme des résistances de contact pour les deux charbons et, en divisant par a, la résistance moyenne pour un seul.
- La difficulté était de prendre le voltage sur le charbon aussi bien à l’arrêt que pendant la rotation de l’induit. Pour y arriver, on a fixé contre le porte-balais, au moyen de cales isolantes et d’une presse en fibre, deux petites lames de cuivre b et c qui appuyaient de chaque côté de l’extrémité du charbon à 1/2 millimètre environ du collecteur (fig. 1). La presse une fois serrée, le tout formait un ensemble bien rigide malgré les trépidations.
- Pour mesurer la résistance du porte-balais muni de son charbon, on prenait alors le voltage entre a b et entre a c et on en faisait la moyenne ; ces deux voltages devaient d’ailleurs être sensiblement égaux.
- Il importe de voir nettement que le principe de la mesure consiste à prendre les voltages sur les charbons en un point très voisin du contact même, et que, de la lecture de ces voltages, on peut déduire assez exactement la résistance relative au contact, ceci avec une très grande approximation relativement à la variabilité de la grandeur à mesurer.
- En effet, nous avons pris des charbons QS4, qui ont pour résistivité i3 3oo microhms-centimètres. Alors 1 millimètre de charbon de section 17X10 mm’ a une résistance de 0,000783 ohm. Comme la résistance du contact est elle-même de l’ordre du centième I d’ohm et que la longueur de 1 millimètre est
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- exagérée, on voit que la résistance de contact s’apprécie avec suffisamment d’exactitude par la lecture du voltmètre.
- Pour régler la pression du charbon sur le collecteur, on tournait le collier porte-balais de façon que la tige soit au-dessous du collecteur et que les charbons soient verticaux ; on réglait alors la tension du ressort de manière à faire équilibre à un poids déterminé.
- Les mesures ont été laites dans ces conditions, en faisant varier le courant, la pression, la surface de contact, en changeant la qualité des charbons, etc.
- Les essais ont eu lieu, dans chaque cas, le collecteur d’abord immobile, puis tournant à différentes vitesses.
- Approximation dans les résultats d’essais. — Après un très grand nombre d’expériences, on a constaté que si l’on essayait de se replacer après un changement quelconque, dans les conditions d’une mesure faite antérieurement, on trouvait généralement un résultatdifférent. Gela provenait sans doute de ce que la portée du charbon devait être toujours différente de la modification dans la nature du contact, qui était apportée soit par l’interposition de poussières, soit par une modification des trépidations, etc.
- Ainsi, pour une intensité donnée, on n’obtenait pas la môme résistance si l’on réglait cette intensité par accroissement progressif du courant, ou bien si l’on dépassait cette, valeur pour revenir à sa valeur primitive par une diminution de courant.
- Le collecteur étant arrêté, on n’obtenait pas non plus la môme résistance si l’on effectuait la mesure directement après réglage du balai, ou bien le collecteur de nouveau arrêté après une légère rotation de ce dernier.
- De même, pendant une durée de quelques minutes, la résistance de contact diminuait légèrement quand la durée du passage du courant augmentait.
- Pour toutes ces raisons, on voit que la résistance de contact ne doit pas avoir une valeur rigoureuse et qu’on ne peut l’obtenir qu’avec une approximation assez faible.
- Néanmoins, en se rapprochant le plus possible des mêmes conditions expérimentales, on a pu obtenir des résultats assez comparables, dont les écarts maxiina dans le rapport de i à a n’étaient qu’en faible minorité. Cette approximation permet toutefois d’avoir une idée de l’ordre de grandeur de la résistance de contact.
- Essais.
- Résistance du charron et résistance de
- CONTACT POUR DIFFÉRENTES QUALITÉS DE CHARBON. — On a obtenu la résistance de contact, comme il est dit précédemment, en mesurant simultanément l’intensité du courant et les voltages entre c b' et b c' (fig. i). Les voltages cb' et bd étaient toujours très sensiblement égaux. On calculait la résistance avec le voltage moyen.
- Dans tous les cas, quelles que fussent les conditions et la qualité du charbon, on a constaté que la résistance de contact diminuait quand l’intensité du courant augmentait.
- On a obtenu la résistance d.’un porte-balais ALj muni de son charbon en mesurant l’intensité et le voltage entre ctb ou ac.
- On avait ici une difficulté à vaincre. En effet, le contact était en général mal réparti sur la surface de portée, et les filets de courant partant du point de contact avec le collecteur avaient des longueurs différentes à parcourir dans le charbon (fig. i bis); il en résultait une densité 4e courant variable en chaque point. En général le voltage ab était très différent de ac (fig. 2).
- On a opéré en déplaçant le charbon jusqu’à ce qu’on ait : ab—ctc. On admettait alors que la densité de courant, égale de chaque côté du charbon, était la même à l’inté-
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- rieur et l’on divisait le voltage ab par l’intensité du courant.
- Des résultats ainsi trouvés ont été toujours comparables, bien que la façon d’opérer fût un peu rudimentaire.
- Les charbons étaient usés à la toile émeri, de sorte que la longueur des différents charbons essayés n’était pas absolument la même. La planche A donne la résistance d’un porte-balai muni de son charbon, obtenue en prenant la moyenne des essais faits sur plusieurs porte-balais. La résistance est natu-
- libre du charbon ne dépasse pas io millimètres et que la résistance du “porte-balai intervient.
- La planche A donne, pour chaque qualité de charbon, la courbe de la résistance de contact en fonction du nombre d’ampères, le collecteur étant fixe, ou bien tournant à une certaine vitesse. Dans chaque cas, le charbon avait une section 17 mm X 10 mm et la pression était amenée à 5oo grammes par balai. Lorsque les mesures étaient faites en variant progressivement le courant, en l’augmentant
- Résistances de contact pendant la rotation du collecteur.
- QuaTi.é : !> e dert tatian
- , é : P. VT votan m.75oT.
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- TOtalionloooT
- 0,090 0,080 o,o7o 0,060 0,0 S o o,oto 0,030 o,oZo
- Résistances de contact-, collecteur fixe Résistance dün portebalai ALavecsoncharbon
- Forci balai romplet
- Planche A. — Résistances de contact et résistances de balais pour différentes qualités de charbon du type AL, (3c> X 17 X 10), Pression : 5oo grammes par balai.
- Tellement indépendante de la valeur du courant. On a essayé ainsi cinq qualités de charbon : marques X — E.G.Z. — P.V. —Q.S.— et R.R. de la Société « Le Carbone ».
- On peut s’étonner à juste titre que la résistance du porte-balai AL, avec marque R.R., depuis la tige fusqu’au contact, soit seulement le double de la résistance du même porte-balai avec marque X, bien que le rapport des résistivités des charbons soit plus grand; mais il faut se rappeler que la hauteur
- ou en le diminuant, on obtenait une courbe régulière ; mais dès que l’on changeait quelque chose et que l’on essayait de se placer ensuite dans les mêmes conditions, les résultats différaient en général des précédents, tout en donnant eux-mêmes une courbe régulière pour une variation progressive du courant.
- Les courbes de la planche A ont été tracées avec les points d’expériences, lorsqu’on ne disposait que d’une seule série de mesures.
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- Lorsque plusieurs séries ont été prises dans les mêmes conditions, à des moments différents, les points ont été portés sur la feuille. Les écarts étant quelquefois assez grands entre ces points, on a tracé une courbe approchée.
- Il est important de remarquer que les courbes tracées sont très approximatives, car le nombre d’essais faits dans chaque cas n’a pas été assez grand pour permettre de tracer une courbe moyenne ; il est arrivé, rarement il est vrai, que deux mesures faites dans les
- elle est environ le double de la résistance de contact quand le collecteur est fixe.
- La résistance du porte-balai muni de son charbon est toujours une fraction assez faible de la résistance de contact.
- Ces essais comparatifs sur différentes qualités de charbon ont été faits de 5 à 3o ampères.
- L’intensité de courant a été poussée beaucoup plus loin pour la qualité E.G.Z. (.voir ci-dessous : « Variation en fonction du courant »).
- o q2 0,i 0,6 0,8 'l
- Pression par balai enUffr.
- Planche B. — Variation de la résistance du contact en fonction de la pression par balai. Qualité du charbon : X.
- Type du porte-balai : AL, (3o X 17 X 10).
- Intensité du courant : a5 ampères.
- mêmes conditions apparentes ont donné des résistances dans le rapport de 5 à 8. Il serait donc hasardeux de déduire des conclusions trop rigoureuses de la comparaison des valeurs absolues données par ces courbes.
- On peut remarquer que la résistance de contact du charbon à collecteur fixe ou pendant la rotation du collecteur ne varie pas beaucoup d’une qualité à l’autre pour une même intensité.
- \ La résistance de contact est toujours plus grande pendant la rotation du collecteur ;
- INFLUENCE DE LA HOTATION DU COLLECTEUR SUR LA RÉSISTANCE DE CONTACT
- Lorsqu’on faisait passer le courant dans les balais, le collecteur étant fixe, et qu’on mettait ensuite le collecteur en marche progressivement, on observait une augmentation de voltage entre c et b dès le démarrage et ce voltage semblait se maintenir quelle que fût la vitesse. De même, en laissant le collecteur s’arrêter de lui-même, le voltage restait stationnaire pendant la ériode de vitesse
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- décroissante pour tomber brusquement lors de l’arrêt du collecteur.
- Les essais ont été ainsi répétés pour les différentes qualités de charbon avec des balais AL, (3oX 17 x 10) sur un induit C7 tournant de o à 1000 tours et avec des balais BC4 — E. G. Z. sur un collecteur 11 C4 tournant de o à 7^0 tours.
- Dès que les étincelles apparaissaient sous les balais à cause des vibrations du système, le voltage devenait très variable et semblait dépendre de la vitesse de rotation. Mais si, dans ce cas, on augmentait considérablement
- La résistance de contact semble indépendante de la vitesse de votation si l’on peut supprimer complètement les étincelles sous les balais, c’est-à-dire les trépidations.
- VAHIATION DK LA ltÉSISTANCK DK CONTACT EN FONCTION DE LA DHESSION DES CITAKHONS
- Pour constater l’effet de la pression, on a mesuré la résistance de contact avec des charbons X du type (3o X 17 X! 10), en faisant varier la pression sur chaque balai et en conservant l’intensité du courant égale à am-
- « 0,0Zo
- So 60 la
- 80 go loo -J 10' J2o 13o ü4-o lSo 160 170 <l8o <190 2oo 2lo
- 3o ïo
- Planche C. — Variation de la. résistance de contact en fonction du courant. Essais faits avec porte-balais types AL et BG.
- Qualités X. et E. G. Z. Pression par balai : 5oo grammes environ.
- la pression des charbons de manière qu’ils restassent toujours en contact avec le collecteur, les étincelles disparaissaient, en même temps que les déviations du voltmètre devenaient plus stables et à peu près indépendantes de la vitesse de rotation.
- Dans tous les cas, la résistance de contact était plus grande pendant la rotation, et environ le double de la résistance à collecteur fixe, d’après les résultats indiqués sur les courbes.de la planche A.
- pères, c’est-à-dire l’intensité maximum pour laquelle ces charbons sont utilisés.
- Les courbes de la planche B donnent les résultats obtenus, le collecteur (type C7) étant fixe, puis tournant à la vitesse de 900 tours par minute.
- On voit nettement que la résistance de contact diminue quand la pression augmente.
- Pour les balais AL, expérimentés, la pression moyenne employée dans la pratique est d’environ 5oo grammes.
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- D’autres mesures ont été faites sur des charbons de mêmes dimensions (3oX 17X10) de marques differentes pour diverses pressions.
- Le tableau I donne les résultats obtenus :
- teur était souvent inférieure à celle obtenue à l’arrêt immédiatement après le réglage des balais.
- D’autres essais ont été faits avec des balais BC4(63 X 25,4 X 31,7) marque E.G.Z;la sur-
- Tableau I.
- MARQUE DU CHARBON INTENSITÉ DU COURANT PRESSION PAR BALAI RÉSISTANCE 1>E CONTACT COLLECTEUR FIXE RÉSISTANCE D K C O N T A C T COLLECTEUR A I 000 T/M
- ampères grammes
- Marque X *9 5oo 0,023 0,040
- » » 3o 5oo 0,020 0,027
- » » 20 200 0 ,o/to o,o5o
- » » 3o 200 0 ,o3i 0 ,040
- Marque E.G.Z 16 5oo O ,023 0,043
- » » 16 200 0 ,o31 Illisible : étincelles
- » » ..... 20 1 a5o 0 ,024 o,o38
- Marque P. Y i8,5 200 0 ,o31 0 ,o56
- » 18 ,5 5oo 0,023 0 ,of) T
- Marque Q-S 25 200 0 ,o35 o,o5o
- )> » . 5oo 0 ,o3o 0,043
- )) » i6 200 0 ,o55 Illisible : étincelles
- » » ....... 5oo 0,046 0 ,o65
- Marque R.R....... 8,5 200 0,0 59 o,i36
- » » . 8,5 5oo 0 ,047 0,108
- » )) 27 5oo 0 ,o34 0 ,o5i
- VARIATION DE LA RÉSISTANCE DE CONTACT EN FONCTION DU COURANT
- On a d’abord fait des essais sur des charbons X de 3o X. 17 X 10, c’est-à-dire 1,7 cnr de portée, et 5oo grammes de pression, en variant l’intensité depuis 5 ampères jusqu’à 3o ampères. En effectuant les mesures de résistances du contact à collecteur fixe immédiatement après le réglage des charbons, on a obtenu la courbe I (planche G).
- On a ensuite répété les mêmes mesures, le collecteur tournant à la vitesse de 600 tours. Les résultats sont représentés par la courbe immédiatement au-dessus.
- En reprenant les résistances à l’arrêt, on a obtenu la courbe inférieure différente de la courbe I.Le phénomène suivantaété constaté plusieurs fois : la résistance de contact mesurée à l’arrêt après une rotation du collec-
- face de contact était de8,o5 cm4. La pression du ressort était réglée de façon à avoir environ 5oo grammes et on a opéré par la même méthode avec des intensités variant de 20 à 215 ampères.
- Les courbes de la planche G donnent les résultats obtenus. Les trois*courbes à collecteur fixe se rapportent à des charbons semblables réglés de la même façon.
- La courbe des résistances de contact pendant la rotation à 600 tours se rapporte au charbon de la courbe IL
- On a rapproché de ces courbes celles obtenues précédemrnent avec des charbons E.G.Z de 30X17 X 10 pour des intensités de 5 à 20 ampères (feuille C, courbes pointil-lées).
- Il est manifeste que, dans tous les cas, la résistance de contact diminue quand le courant augmente.
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- VARIATION DELA RÉSISTANCE DE CONTACT EN FONCTION DE LA SURFACE DE CONTACT ET DE SA NATURE. VARIATION AVEC LE NOMHltE DE BALAIS.
- On a entrepris une série d’essais dans le but de savoir comment variait la résistance de contact en fonction de la surface portante du charbon.
- pour une pression de 5oo grammes par balai.
- La planche D donne traduits en courbes les résultats obtenus.
- On a ensuite taillé en biseaux les bords du charbon de façon à réduire la largeur à o,5 cm. c’est-à dire la surface à o,85 cm2.
- La planche D donne les courbes des résis-
- I 0,0"o
- de 8
- 2o 3o i-o So 6o 7o 80 go Joo <llo 12o <13o 34-o J5o -16o 77o 18o 'Jgo Zoo 21o
- Planche D. — Variation de la résistance de contact en fonction de la surface et du nombre des charbons. Essais faits avec porte-balais types AL et BC. Qualité E.G.Z. Pression par balai : 5oo grammes environ.
- Unesériede mesuresde 5à 3oampères a été faitesurdescharbonsE.G.Z de i^cm.Xi cm, soit i?7 cm2 de surface de portée, à collecteur fixe et à goo tours de vitesse de rotation
- tances de contact, dans ces conditions. Pendant la rotation, on avait de légères étincelles, ce qui produisait des résistances trop grandes. On voit que ces résultats ne sont pas diffé-
- Tabusau II.
- SURFACE PORTANTE EN N OM R R1 I)’ A M PÈ R 1 1 S RESISTANCE DE CONTACT
- CENTIMÈTRES CARRES Collecteur fixe. A 900 tours-minute.
- 1,7 X i =1,7 cm2 ‘l 5 0 ,0 1 1 5 O ,02>ÿ
- 1.7 X o,5 — o,85 cm2 1.7 X o,i = 0,17 cm2 AT O ,01 3 0,084 étincelles lecture impossible
- 2'J O ,01 I
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- rents des précédents, et qu’en tout cas, ils sont loin de donner des résistances doubles comme on aurait pu le supposer.
- On a également fait des essais comparatifs à ampères et 5oo grammes de pression sur des charbons X de 30X17X10 dont on a diminué successivement la largeur à S millimètres, puis à 1 millimètre.
- Le tableau II (p. 33o) donne les résultats obtenus. Avec la dernière largeur la mesure pendant la rotation était impossible, des ruptures se produisant au passage d’une lame à l’autre.
- le voltage à la partie inférieure du charbon et d’avoir directement la résistance de contact.
- Voici comment on a opéré :
- On plaçait huit balais BG4 sur une des tiges de l’HG4 ; quatre de ces balais placés à côté les uns des autres étaient fixés directement sur la tige, tandis que les quatre autres étaient isolés de celle-ci au moyen de carton et que les quatre gaines étaient reliées électriquement entre elles au moyen de câble souple.
- On a vu, dans ce qui précède, que la résistance du charbon dans sa gaine est toujours beaucoup plus petite que la résistance de
- 60 lo
- So 1oo 11o -J2o 130 140 150 160 120 180 190 2oo 210
- Ampères
- Planche E. — Variation de la résistance de contact et en fonction de la surface et du nombre de charbon.
- Essais faits à collecteur fixe avec des charbons BC4 normaux et de largeur réduite. Qualité E. G. Z. Pression par balai : 5oo grammes environ.
- Dans cet essai, la variation de résistance n’est pas sensible, bien que les surfaces extrêmes varient dans le rapport de i à 10.
- On s’est proposé également de chercher comment varie la résistance de contact quand on met en parallèle plusieurs charbons sur une même tige. Il fallait pour cela un collecteur très long. On a choisi le collecteur d’un convertisseur IIG4 sur lequel appuyaient 8 balais BC4 par tige. Pour pouvoir utiliser tous ces charbons, on s’est débarrassé de la presse en fibre qui aurait permis de prendre
- contact. On prenait donc le voltage total entre les deux systèmes de gaines réunies des porte-balais, en mçme temps que l’intensité du courant. On en déduisait la résistance totale et la résistance de contact ne soustrayantla résistance du charbon dans son porte-balai mesurée antérieurement.
- Pour faire varier le nombre de charbons, il suffisait simplement de soulever un ou plusieurs d’entre eux dans leurs gaines sans rien changer à la disposition des appareils de mesure.
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- Les courbes de la planche D donnent les résultats obtenus pour i, 2, 3 ou 4 charbons BC4-E.G.Z (63 X 3i ,7 X 25,4) avec une pression de 5oo grammes environ par balai pour des intensités de 5o à 200 ampères.
- Les courbes en trait plein se rapportent aux résistances de contact à collecteur fixe et les courbes en pointillé aux résistances pendant la rotation du collecteur.
- Ces charbons, de même que presque tous ceux essayés jusqu’à présent, étaient formés au collecteur au moyen de toile émeri.
- On aensuite laissé ces charbons BC4-E.G.Z. se former d’eux-mêmes par frottement sur le collecteur. L’induit a tourné tous les jours pendant un mois environ; les charbons étaient alors polis sur presque toute la surface. Onarecommencé dansces conditionsles mesures avec collecteur fixe.
- La planche E donne les résultats obtenus (traitspleins) pour 1, 2, 3 ou 4 charbons (surface de contact par charbon
- 2,34 cm. X 3,17 cm. — 8,o5 cm2.
- On a ensuite diminué la largeur de chaque charbon successivement à 0,8 centimètre et à o,4 centimètre, ce qui portait respectivement la sui’face de contact par charbon à 2,54 cm2 et à 1,27 cm2.
- Pour conserver la portée des charbons sur le collecteur, on ne déplaçait pas les gaines à la partie supérieure en forçant le ressort; on réduisait sa largeur à la scie et on le remettait ensuite en place. On ramenait, après la remise en place du charbon taillé, la même pression que dans l’expérience précédente.
- Les résultats obtenus figurent en traits ponctués sur la planche E.
- Les résistances de contact pendant la rotation du collecteur n’ont pas été prises d’une manière suivie, des étincelles se produisant sous les balais dès que le courant dépassait 5o ampères, surtoutpourleslargeursréduites. Néanmoins, plusieurs mesures faites à 700 tours ont donné des résistances plus grandes en marche qu'à l’arrêt et permettant d’étendre aux résistances de contact, pour le collecteur tournant, la loi de variation en fonction de la surface trouvée pour le collecteur fixe.
- Avec un seul charbon ramené à 2,54 cm2 ou 1,27 cm2, on ne pouvait pas pousser l’in-
- tensité du courant au-dessus de roo ampères parce que le charbon rougissait.
- L’examen des courbes de la planche E ne permet pas de découvrir nettement l’influence de la surface de contact sur les résistances, et cependant les surfaces extrêmes varient de 1,27 cm2 à 8,0a cm2 X 4 — 3a,2 cm2. Les résistances de contact paraissent à peu près du même ordre de grandeur.
- D’autre part, on peut voir en comparant les courbes des planches D et E que la résistance de contact n’a pas beaucoup varié, que les charbons soient bien ou mal formés au collecteur. On a vérifié ce fait également avec des balais portant très mal.
- On a cherché aussi à voir si la résistance varie pour une durée de marche de plusieurs heures. On a pris à cet effet, deux charbons E.G.Z de 3oX 17 X 10 appuyés sur un collecteur C7 à 110 volts et l’on a maintenu un courant de 18 ampères pendant 4 heures, le collecteur tournant à la vitesse de 1 000 tours.
- On a trouvé comme résistance de contact :
- A la mise en marche..... o,o33 ohm ,
- Après 2 heures de marche.. o,o36 »
- Après 3 heures de marche.. o,o36 »
- Après 4 heures de marche.. o,o/|5 »
- Le collecteur était alors un peu noirci; on l’a passé au papier de verre et on a obtenu de nouveau o,o33 ohm.
- Dans un autre essai semblable de 9 heures, on a trouvé au début o,o5 ohm et o,o44 ohm après 9 heures.
- Conclusions.
- Tous les essais qui précèdent, bien qu’encore incomplets, perme ttent de tirer les conclusions suivantes :
- La résistance de contact d’un balai en charbon sur un collecteur dépend du courant qui le traverse, de la pression du balai et de l’état d’arrêt ou de mouvement du collecteur.
- Elle est plus grande pendant la rotation du collecteur et à peu près indépendante de la vitesse, à condition que cette vitesse ne soit pas nulle.
- Elle diminue quand le courant augmente.
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- Elle diminue quand la pression augmente.
- Le nombre des charbons mis en parallèle et leur surface portante ne semblent pas beaucoup intervenir. Il est en tous cas certain que la résistance de contact n'est pas inversement proportionnelle à la surface.
- Pour les pressions employées dans la pratique, la résistance de contact est toujours beaucoup plus grande que la résistance du charbon dans son porte-balai.
- D’autre part, les résistances de contact ne variant pas beaucoup avec les différentes qualités de charbon, il en résulte que la
- résistivité du charbon ne semble pas importer beaucoup en tant que résistance dans la commutation des machines à courant continu.
- Ce rapport a été rédigé parce qu’il contient quelques indications déjà nettes, mais il est bien entendu qu’il faut continuer quelques essais de manière à resserrer davantage les approximations, ce qui peut se faire maintenant plus facilement et sans une dépense exagérée. Quelques considérations théoriques feront prochainement l’objet d’une note additionnelle (’).
- L. Gra.tzmuller.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- Influence réciproque des antennes parallèles sur les conditions de réception des ondes hertziennes.— Georges Meslin. — Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, 17 février 1913.
- Au poste récepteur de T. S. F. que j’ai installé à Montpellier, j’ai eu l’occasion d’observer qu’en utilisant plusieurs antennes placées dans le voisinage les unes des autres et reliées à des appareils récepteurs, les conditions de réception par l’une d’elles sont notablement modifiées par le réglage des autres.
- Dans un premiergroupe d’expériences, je dispose de deux antennes A et A', l’une et l’autre horizontales, A' étant installée à quelques mètres au-dessous de A et parallèlement à celle-ci. Elles ont à peu près la même longueur (70 mètres environ) ; mais A est formée de trois fils distants entre eux de 1 mètre, tandis que A', constituée par un seul fil, correspond à une longueur d’onde un peu moindre. L’antenne A est en relation avec un récepteur R (récepteur par dérivation simple, modèle Ducretet); l’antenne A' est en relation avec le primaire d’un récepteur par induction R'.
- En général, l’antenne A' influe peu sur les conditions de réception par A, c’est-à-dire qu’il importe peu que A’ soit isolée, ou reliée directement à la terre, ou reliée à celle-ci par la self de R', pourvu toutefois que cette self n’ait pas précisément la valeur nécessaire pour établir la résonance, c’est-à-dire la meilleure réception en R'. Si l’on réalise enveffel, cette condition, l’audition en R par l’antenne A diminue brusquement et tout déréglage de A' — R',
- soit pàr augmentation ou par diminution de self, soit par l’isolement de A' par rapport à R', améliore l’audition par A.
- Ce résultat n’a d’ailleurs rien d’étonnant : on conçoit que, K! étant mise dans les conditions où elle reçoive et utilise l’énergie, A puisse alors en recevoir ou en utiliser une moindre quantité. Mais la propriété en question ne subsiste pas en ce qui concerne l'action réciproque de A sur A', c’est-à-dire que le réglage de A — R pour les conditions de résonance n’amène pas un minimum d’audition en A' —R' : en effet, en déréglant alors A par augmentation de self, on améliore l’audition par A', tandis qu’on l’affaiblit si l’on dérègle A par diminution de la self de R; on passe toutefois par un minimum, car l’isolement complet de A par séparation de A et de R produit une légère amélioration de l’audition par A'.
- Il y a là, entre l’action de A — R sur A' — R' et l’influence réciproque -de A' — R’ sur À — R, une dissymétrie qui ne tient pas d’ailleurs à la différence des appareils récepteurs R, R', car elle se maintient en permutant les communications, c’est-à-dire en reliant A avec R' et A' avec R. Elle se produit encore, comme je l’ai constaté, en mettant des détecteurs électrolytiques ou des détecteurs à cristaux, ces détecteurs pouvant être .de nature différente et permutés d’une façon quelconque pour R et R'.
- Cette dissymétrie peut donc être liée, soit à la dif- (*)
- (*) C’est précisément là l’objet de ma communication du 8 janvier igi3 a la Société internationale des Electriciens, qui fera la suite de cet article.
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- férence de dimensions des antennes, soit à leurs dispositions respectives. Et, ainsi que M. le commandant Ferrié a bien voulu me le suggérer, il y a intérêt à élucider ce point pour jeter quelque lumière sur les théories encore obscures relatives k la réception des ondes hertziennes. D’après certains physiciens, il y aurait deux propagations, l’une à travers l’éther de l’atmosphère, l’autre à travers l’éther du sol, d’où la possibilité d’interférences dans la production desquelles la position relative des antennes placées l’une au-dessus de l'autre jouerait un rôle important ; pour d’autres, l’énergie utilisée dans chaque antenne proviendrait de l’énergie reçue et de l’énergie rayonnée, ce qui ferait intervenir, pour une même position relative des deux antennes, les dimensions respectives (capacité, self-induction) de chacune d’elles.
- Pour approfondir ce point, j’ai permuté les deux antennes, mettant à la partie supérieure l’antenne A à trois fils et j’ai recommencé les déterminations indiquées plus haut. J’ai observé la même dissymétrie (*) qui ne semble donc pas liée à la position des «antennes et qui peut se résumer de la façon suivante :
- La réception par la petite antenne A' est améliorée lorsque l’antenne A est reliée à la self qui règle sa résonance ou à une self de valeur supérieure. Au contraire, l’audition de la grande antenne A est toujours diminuée si A' est réglée à la résonance ; elle est toujours améliorée par le déréglage de A', soit qu’on agisse sur la self d’antenne, soit qu’on modifie le secondaire du circuit de résonance.
- Condensateurs pour lampes à filament métallique. — Electrotechnische Zeitschrift, 6 février igi3.
- Certaines maisons anglaises construisent des condensateurs destinés à être intercalés, sur les réseaux à courants alternatifs, dans les circuits des lampes à filament métallique.
- L’avantage de ces condensateurs est de permettre de brancher, sur des réseaux à no ou volts, des lampes à basse tension et à faible intensité lumineuse, sans l’intermédiaire de transformateurs, lesquels absorbent toujours de Pénergie par suite de leurs pertes intérieures, tandis que les condensateurs fonctionnent presque sans perte. De plus, les condensateurs limitent l’accroissement momentané
- (1) Les actions signalées sur A sont même un peu plus intenses si l’antenne A estàla partie supérieure, auquel cas elle reçoit plus d’énergie.
- de l’intensité du courant au moment de la mise en circuit des lampes, ainsi qu’en cas de court-circuit éventuel. C’est pour cette dernière raison qu’il convient de placer le condensateur aussi près que possible des coupe-circuits principaux. Les condensateurs et les lampes peuvent être montés soit en parallèle, soit en série. Dans le premier cas, chacune des lampes à filament métallique à bas voltage est montée en série avec un condensateur; les divers groupes ainsi constitués sont montés en parallèle. Dans le montage en série, on emploie pour toutes les lampes à bas voltage un condensateur commun (fig. i). Chaque lampe est munie d’un interrupteur, qui permet de la mettre en court-circuit quand on veut l’éteindre. On peut monter en série des lampes de diverses tensions et de diverses intensités lumineuses; toutefois, l'intensité de régime du
- c6-------------------;_________________________
- (Offiwv mffiisv MHKttv 2âffiuv vjfcTî’
- Fig. i.
- courant doit être la même pour toutes les lampes et pour le condensateur. Si l’on veut remplacer certaines lampes par d’autres d’une intensité lumineuse plus forte, il faut choisir des lampes d’un voltage proportionnellement plus élevé. La somme des tensions aux bornes des lampes ne doit pas cependant, eu égard à la chute de tension dans le condensateur, dépasser Ao % de la tension du réseau, si l’on veut que ces lampes donnent une puissance lumineuse convenable. Il semble que ces condensateurs soient susceptibles de remplacer assez avantageusement les réducteurs de tension dont on a l’habitude de se servir. ' J. -L. M.
- L’estimation des valeurs industrielles allemandes d’après les cours de la Bourse de Berlin. — E. "Werner. — Elektrotechnische Zeitschrift, 16 janvier 1913.
- On sait que le cours de toute valeur industrielle, admise à la Bourse, subit l'influence soit de spéculations, soit de diverses circonstances économiques ou politiques.
- Si l’on considère le cours des actions d’une seule entrepose, toutes ces influences, parfois d’ordre
- secondaire, interviennent. Par contre, si l’on établit
- / .
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- Diagramme des cours d’actions industrielles en 1912. (Bourse de Berlin.)
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- r evner
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- Avril
- .Juillet
- Septemb.
- Décembre
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- la valeur moyenne des cours des actions d’un certain nombre de sociétés anonymes, on peut admettre que certaines hausses éventuelles sont compensées par certaines baisses ; mais la valeur relative des cours c’est-à-dire l’allure d’ensemble de ces cours pendant une période, peut servir de base pour l’estimation des actions cotées^ Plus le nombre des sociétés considérées sera élevé, plus l’influence des phénomènes secondaires signalés plus haut sera peu marquée. Il s’ensuit que, si les valeurs considérées manifestent des alternances régulières de hausse et de baisse, sans présenter de fluctuations inexplicables, on peut être certain qu’un équilibre convenable s’est établi entre les hausses et les baisses.
- Ce mouvement régulier des cours est indiqué très nettement par les diagrammes de la figure i, que l’auteur a relevé pour les différentes actions industrielles admises à la Bourse de Berlin de 1912.
- Le tracé de ces diagrammes de valeurs moyennes a été fait de la manière suivante :
- i° L’auteur a relevé les cours donnés à la lin de chaque mois par le bulletin des cours officiels;
- 20 En ce qui concerne les sociétés dont les actions ont servi à l’établissement de la ligure 1, il n’a tenu compte que de celles qui s’occupent de constructions, en dehors des sociétés de constructions électriques proprement dites.
- Toutes les sociétés anonymes qui traitent d’affaires purement commerciales ont été laissées de côté, de même que les sociétés immobilières, les entreprises financières et les sociétés propriétaires de bâtiments et de terrains. Il n’a pas été tenu compte non plus des sociétés en liquidation ou en faillite.
- Pour chaque société anonyme, on a tout d’abord évalué le capital effectif, que l’auteur désigne sous le nom de Capital en Bourse ; on sait que ce capital n’est pas toujours égal au capital nominal.
- Si l’on additionne d’une part, tous les capitaux en Bourse, et d’autre part, tous les capitaux cotés des sociétés anonymes appartenant à un même groupe industriel, l’expression :
- Total des capitaux cotés
- TH--—---------;--------5-------X 100
- lotal des capitaux en Bourse
- représentera le cours moyen relatif au groupe industriel considéré.
- Les sociétés anonymes, pour lesquelles ce calcul a été fait, ont été réparties en treize groupes, comme l’indique le graphique.
- Les valeurs de ces groupes ont servi à évaluer le cours moyen global, c’est-à-dire le cours de toutes
- les valeurs industrielles ; on a aussi évalué le cours moyen du groupe des entreprises de l’industrie électrique, qui sont des sociétés financières.
- Les diagrammes permettent de reconnaître à quelles époques le maximum ou le minimum de l’un quelconque des cours des valeurs industrielles considérées a été atteint. Ils permettent aussi de se rendre compte quelle a été leur estimation en Bourse.
- Gomme les cours marquent, dans une certaine mesure, une avance sur les phénomènes économiques qui influent sur la situation d’une industrie, l’examen des diagrammes des cours moyens peut donner de précieuses indications aux industriels. Lorsqu’une tendance à la hausse ou à la baisse se manifeste, tous les cours montent ou descendent à de rares exceptions; pour les valeurs dont le cours est faible en soi, la baisse persiste plus longtemps ; au contraire, quand les cours montrent une tendance nette à la hausse, les valeurs faibles suivent aussi le mouvement et contribuent à l’accentuation ultérieure de cette hausse.
- M. K.
- Le Moteur électrique dans l’imprimerie. — H. Marchand. — Cosmos, 9 janvier 1913.
- La simplicité des opérations et la facilité du travail sont les deux conditions essentielles de l’obtention d’un bon rendement et d’une grande production dans tout le domaine de la fabrication industrielle.
- L’exploitation des imprimeries ne fait pas exception à cette règle, et les grandes imprimeries modernes doivent leur énorme production à l’heureux agencement de leurs machines, à la suppression des transmissions, courroies, poulies, etc., à l’accessibilité parfaite de toutes les parties, au bon éclairage des locaux et des appareils, à la facilité des manœuvres.
- La réalisation de ces qualités précieuses est surtout attribuable à l’introduction de la commande électrique qui, dans ce domaine comme dans tous les domaines industriels, a apporté une véritable révolution des méthodes.
- Quelle énorme différence, en effet, entre les imprimeries actuelles —largement éclairées, bien aérées, aisément surveillées et fonctionnant avec une régularité admirable -— et les imprimeries anciennes, encombrées, resserrées, non ventilées, sombres et -mal servies par un outillage imparfait !
- La grande supériorité de l’actionnement électrique réside principalement dans la facilité avec laquelle il s’accommode de la commande.individuelle,
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- qui permet de rendre toutes les machines indépendantes l’une de l’autre dans leur fonctionnement et les dégage’ de toute servitude réciproque : avec la commande individuelle, plus de pertes de frottement élevées, plus de chômages généraux par le fait d’un dérangement partiel ; au contraire, des avantages importants, comme la facilité du réglage de la vitesse de marche des machines, l’appropriation exacte de cette vitesse au travail à fournir, une sécurité entière dans les différents services, l’absence de tout danger pour le personnel des presses, la possibilité d’arrêter instantanément, d’un point quelconque, une machine en marche, etc.
- L’application la plus intéressante est la commande des presses, presses à platine, presses rapides, presses en deux couleurs, presses rapides doubles, presses rotatives ; les premières catégories de presses ne demandent généralement que des puissances assez modérées : i cheval pour les presses à platine, i pour les presses rapides simples, 3 pour les presses en deux couleurs, 4 pour les presses doublés ; mais les presses rotatives sont des machines beaucoup plus fortes ; elles absorbent ordinairement une vingtaine de chevaux au moins ; dans certaines grandes installations pour l’impression des quotidiens, la puissance nécessaire va jusqu’à ioo chevaux ; l’actionnement de ces grosses machines et surtout le contrôle de leur équipement sont naturellement plus délicats que dans le cas de petites machines.
- Pour celles-ci, l’électrification de la presse s’effectue très simplement en reliant le moteur éleetrique à la machine par une transmission à courroie, à engrenage ou à frottement ; le moteur est placé sur des rails tendeurs, soit à côté de la presse, soit sous la tablette de celle-ci, soit sur le bâti, soit sur une console ; ce dernier mode de montage est de règle avec le couplage à frottement : dans ce procédé, le moteur porte sur son axe un disque en cuir qui s’appuie, par le poids du moteur, contre le volant de la machine ; le réglage de la pression se fait à l’aide de ressorts ; le démarrage s’opère au moyen d’un simple combinateur généralement du type tambour, identique à celui des tramways.
- Quant à la commande électrique de grandes presses rotatives, elle peut être réalisée de différentes façons.
- Ce qui rend l’actionnement de ces machines particulièrement délicat, c’est qu’il est nécessaire, 'd’abord, d’opérer des mises en marches très douces, sous peine de briser le papier ; ensuite, de pouvoir
- marcher à des vitesses réduites bien stables, pour procéder aux. corrections voulues ou à des vitesses supérieures aux vitesses normales, pour faire face aux demandes ; dans les équipements actuels, on est parvenu à réaliser une vitesse inférieure équivalant à io % approximativement de la vitesse normale, alors qu’il y a quelques années encore la vitesse minimum réalisable électriquement était de 5o % de la vitesse normale ; pour ce qui est des vitesses supérieures, elles vont jusqu’à 12b % et plus de la vitesse normale.
- Généralement, pour arriver dans de bonnes conditions à ces grandes portées de réglage, on emploie actuellement deux moteurs : un moteur de petite puissance pour la mise en marche et la marche lente, et un moteur de puissance répondant à la capacité normale de la presse pour le service ordinaire ; le gros moteur est réglé par le champ, et la mise en marche de l’un et de l’autre s’effectue sur un rhéostat.
- Les dispositifs de contrôle qui sont utilisés pour régler ces opérations constituent les instruments les plus intéressants de l’équipement. Ils ont pour objet la mise en marche régulière des appareils, de permettre aux ouvriers de provoquer cette mise en marche d’un point quelconque, d’accélérer la marche de la machine pour passer au travail normal, ou de la ralentir pour faire une correction, ou de l’immobiliser pour y travailler sans danger.
- Tâche multiple et complexe, qui paraît au premier abord d’une réalisation bien difficile, mais que l’on exécute cependant avec un outillage relativement simple et dont la sûreté de fonctionnement est parfaite.
- S’il fallait exécuter à la main les diverses modi-(fications successives de connexions électriques qui ' sont nécessaires pour arriver au résultat visé, le service serait très délicat et comporterait une grande habileté de la part de l’opérateur ; il ne se ferait d’ailleurs jamais avec la rapidité voulue, et il présenterait toujours quelque danger.
- Aussi a-t-on eu soin de réaliser des instruments automatiques, en effectuant les liaisons au moyen de dispositifs électro-magnétiques, contrôlés eux-mêmes par un combinateur commandé à l’aide de boutons.
- Ces dispositifs consistent chacun en un interrupteur actionné par un électro-aimant ; le combinateur est un commutateur rotatif dont le bras de contact se déplace sur des plots correspondant aux diffé-
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- rents contacteurs ; il est mû par un petit moteur électrique ; les boutons de contact commandent le circuit du moteur ou de certains contracteurs.
- Il y a par exemple des premiers boutons de contact pour la mise en marche ; lorsque Popérateur déprime l’un d'eux, il met en circuit le servomoteur qui déplace le bras du combinateur et le fait avancer aussi longtemps que Popérateur maintient le bouton abaissé : la machine démarre et gagne en vitesse ; lorsque Popérateur libère le bouton, elle continue à fonctionner à la vitesse acquise.
- Pour ralentir le mouvement, Popérateur pousse sur un bouton de ralentissement ; il fait tourner le servomoteur en sens contraire et ramène le bras de contact du combinateur de Pautre côté.
- D’ autres boutons permettent d’arrêter la machine ; d’autres, de la caler complètement en en rendant la mise en marche impossible d’un autre point ; d’autres encore servent à amener tout doucement les rouleaux exactement dans la position où l’on veut les avoir.
- Très ingénieuse est la méthode de mise en marche : le petit moteur n’agit pas directement sur l'arbre de la machine ; il attaque par l’intermédiaire d’une réduction de vitesse et d’un embrayage automatique ; lorsque Pon met la presse en marche, le petit moteur est d’abord seul en circuit ; il démarre et amène petit à petit la machine à la vitesse voulue.
- Si Popérateur manœuvre les appareils de contrôle de façon à pousser la machine, à l’accélérer, le gros moteur est à son tour mis en œuvre ; au moment où il est inséré dans le circuit, son armature a déjà acquis une certaine vitesse, ce qui facilite l’opération ; l’intensité de courant qu’il absorbe est, par le fait même, limitée à une valeur moins dangereuse que si Pon partait du repos.
- Le gros moteur accélère peu à peu la presse ; bientôt, celle-ci atteint une vitesse suffisante pour que le petit moteur ne soit plus utile; automatiquement, et par l’effet de la force centrifuge, l’embrayage qui relie ce moteur à la machine est dégagé et le gros moteur seul reste en service.
- A ces diverses opérations, le conducteur reste
- bien entendu étranger ; comme nous Pavons dit, toutes les opérations sont exécutées par le moyen de boutons, sans créer pour les ouvriers aucune sujétion spéciale : c’est la perfection technique unie à une simplicité de service idéale.
- Mais les machines à imprimer ne sont pas les seuls appareils — il s’en faut — qui interviennent dans l’imprimerie et qui soient susceptibles de recevoir avantageusement l’actionnement électrique; sans parler des appareils de manutention, il y a diverses, machines spéciales, comme les plieuses, les linotypes, etc.
- Ces applications ne présentent guère toutefois de particularité ; une exception est à faire peut-être, cependant, en ce qui concerne les linotypes.
- La linotype — cette merveilleuse combinaison qui effectue mécaniquement la composition typographique — est, en effet, d’une construction très compliquée, elle se prête assez mal à la commande électrique, bien que celle-ci lui soit d’une utilité incontestable, à raison de ce que la vitesse de rotation de son arbre principal y est faible, de ce qu’elle n’absorbe qu’une puissance presque insignifiante et, enfin, de ce que le couple requis est essentiellement variable.
- Le mécanisme distributeur fonctionne constamment, mais il n’absorbe que peu de puissance ; ce n’est qu’au moment où une ligne de matrices est complète que le mécanisme est mis en mouvement pour provoquer le coulage et qu’un couple considérable est nécessaire. On aurait pu, à la rigueur, adopter un système d’entraînement mixte, avec poids à remontage électrique ; mais on a préféré mettre au point un petit moteur spécialement approprié à cette application et dont le montage sur la machine puisse être confié au premier mécanicien venu.
- Ce problème a bientôt.été résolu pour les différents genres de courants utilisables : courant continu, courant alternatif monophasé et courant alternatif triphasé, et l’on dispose aujourd’hui de l’outillage voulu.
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- VARIÉTÉS
- L’électrification du réseau municipal de tramways à Paris.
- Nous avons donné, au lendemain de la communication deM. Mariage, un aperçu de cette importante électrification (').
- En raison de l’intérêt excejitionnel du sujet et de son actualité, nous y revenons ci-dessous d’après le procès-verbal de la séance des Ingénieurs Civils.
- HISTORIQUE DES MOYENS DE TRANSPORTS EN COMMUN DE SURFACE
- En 185/», le Service de transport en commun était assuré par dix Sociétés : Omnibus, Dames réunies, Favorites, Béarnaises, Citadines, Tricyclettes, etc., qui concoururent à former la nouvelle Entreprise des Omnibus. La Compagnie, définitivement constituée en i855, avait pour objet l’exploitation, avec droit exclusif de stationnement sur la voie publique, de toutes les voitures de transport en commun, dites omnibus, et de tous autres modes de transports en commun, et notamment de tous services d’omnibus sur voies ferrées.
- La Compagnie actuelle des Omnibus commença son exploitation le ieI mars i855, avec 435 voitures assurant dans Paris, le service de 25 lignes d’un développement de 149,7 kilomètres, et dans la banlieue, de 28 lignes d’un développement de 195,4 kilomètres. Les premières lignes exploitées par voies ferrées furent celles de la concession Loubat, du Louvre au Rond-Point de Boulogne, à Sèvres et à Yincennes, entre la Place de la Concorde et le Rond-Point de Boulogne avec embranchement sur Sèvres. Les voies furent poussées jusqu’au Louvre en 1878 et, en 1875, la Compagnie des Omnibus, qui s’était substituée au sieur Loubat, fit construire la ligne du Louvre à Yincennes.
- En 1880, le réseau de tramways atteint un développement de 131,582 kilomètres. En 1900, il existe 36 lignes de tramways d’un développement de 227,061 kilomètres.
- Les débuts de la traction mécanique à la Compagnie Générale des Omnibus remontent à l’Exposition de 1889; 3 automotrices à vapeur du système (*)
- (*) J. Simey, Lumière Electrique, 3o nov. 1912, p. 272.
- Rowan circulaient sur la ligne spéciale qui allait de l’Exposition au Palais du Trocadéro, à la gare du Trocadéro-Ceinture. En 1894, la Compagnie Générale des Omnibus adoptait la traction a air comprimé sur les lignes Louvre-Saint-Cloud-Sèvres et Versailles et Saint-Augustin-Cours de Vincennes. En 1897, ügne Cimetière de Saint-Ouen-Porte de Clignancourt-Bastille fut exploitée par des automotrices à vapeur, comportant un générateur et un moteur du système Serpollet.En 1907,les générateurs Serpollet de ces voitures furent remplacés par des générateurs Purrey. En 1898, plusieurs lignes furent transformées et équipées avec des voitures à air comprimé. A la même époque, deux lignes furent exploitées en traction électrique par accumulateurs. Egalement à .cette même époque, la Compagnie exploita diverses lignes avec des voitures à vapeur du système Purrey. Enfin, en 1906, la Compagnie obtint l’autorisation de poser le trolley entre le Point du Jour et Versailles et, supprimant les locomotives à air comprimé sur ce parcours, fit remorquer dans Paris les nouvelles voitures à Lrolley par des locomotives à vapeur.
- On voit, par l’énumération qui précède, que la Compagnie des Omnibus fit de gros efforts pour trouver des solutions pratiques de la question des transports à Paris, et il est utile de constater que les divers systèmes de traction, quelque imparfaits qu’ils puissent être, ont rendu de grands services au public.
- ÉLECTRIFICATION DU RESEAU MUNICIPAL DE TRAMWAYS
- La réorganisation des tramways dans Paris fut discutée de 1903 à 1910; la Compagnie des Omnibus obtint la rétrocession du Réseau municipal de Tramways, dont la concession était accordée à la Ville de Paris. Le réseau comprend 39 lignes, d’un développement de 293,03 kilomètres. La Compagnie des Omnibus se propose d’exploiter ce réseau par voitures électriques, avec prise de courant par caniveau souterrain et par trolley.
- Les voitures affectées aii réseau de tramways seront remisées dans treize dépôts, d’une superficie totale de 83 721 mètres carrés. Les travaux de bâtiment,
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- dans ces dépôts, s’élèveront à la somme de 8 millions environ. Les grandes réparations seront exécutées à l’Atelier Central de la Compagnie (Atelier commun aux Autobus et aux Tramways), dont la superficie est de 84 141 mètres carrés. Cet atelier a été complètement remanié et les dépenses totales pour bâtiments et outillages, tant pour les autobus que pour les tramways, s’élèveront à 3 5oo 000 francs.
- L’alimentation en énergie électrique sera assurée par 3 usines situées, à Saint-Denis, Vitry-sur-Seine et Billancourt. Les courants de ces usines seront distribués par des feeders haute tension à huit sous-stations chargées de transformer le courant à haute tension en courant continu à 600 volts qui sera distribué aux lignes de contact des tramways. Ces sous-stations sont reliées entre elles de telle façon que, en cas d’arrêt d’une des trois usines mentionnées ci-dessus, elles puissent être alimentées par l’une quelconque des deux autres usines.
- Le réseau de feeders haute tension est constitué par des câbles triphasés à haute tension sous plomb et armés, formés de trois conducteurs en cuivre; l’enveloppe en plomb entourant ces câbles est isolée de l’armature en feuillard par l’interposition de deux feuilles de papier enduit d’un ruban de colon étroit et d’un matelas de filin goudronné, de façon à les protéger contre les attaques d’ordre électrolytique ou d’ordre purement chimique qu’elles peuvent subir dans le sous-sol.
- L’aluminium a été substitué en grande partie au cuivre pour les conducteurs de 3oo, 400 et 600 millimètres carrés.
- Les dépenses à prévoir sont les suivantes.
- Feeders haute tension...... 2 5ooooo fr.
- Sous-stations.............. 3 900 000 »
- Feeders courant continu.... 4 800 000 »
- 11 200 000 fr.
- CANIVEAU SOUTERRAIN
- Les systèmes à plots n’ayant pas donné des résultats admissibles pour les grandes villes, la Compagnie a fait choix, pour les parties sur lesquelles le trolley n’est pas admis (p. 344), du système à caniveau souterrain.
- Le caniveau souterrain comporte deux conducteurs métalliques nus, supportés chacun séparément par des isolateurs. L’organe de prise de courant (charrue) est en contact avec les deux rails conducteurs et, pour permettre de relier cette charrue à la voiture, le caniveau comporte une rainure au niveau du sol.
- Les premiers caniveaux construits furent placés soit dans le centre des deux rails, soit sous une des files de rails- de roulement. Les premiers essais de traction électrique avec caniveau central furent exécutés en 1884, à Blackpool et à Çlovcland (Ohio).
- Le type de caniveau central fut appliqué également â New-York, en i885, sur 239 kilomètres.
- En 1897, lîgne Bastille-Charenton, à Paris, fut construite en caniveau central sur 1,7 kilomètre de voies doubles. En 1898, le Métropolitain de Washington avait exécuté 200 kilomètres de voies en caniveau central. En 1899, 5,3 kilomètres de voies doubles furent construits à Lyon. En 1900, 4 kilomètres furent construits à Nice; en 1901, 4,600 kilomètres à Bordeaux.
- Le caniveau latéral fut construit en i885 à Boston, en 1889 et 1896 à Budapest, sur 40 kilomètres; de 1896 à 1902 à Berlin, sur 12 kilomètres; en 1898 à Bruxelles, sur 3o kilomètres ; de 1900 à 1909, sur le réseau de la Compagnie Générale Parisienne de Tramways, sur 43 kilomètres; en 1902 à Vienne, sur 29 kilomètres; en 1906, à Paris, rues du Temple, Réaumur et du 4-Septembre, sur les voies de l’Est-Parisien.
- En 1903, le London C.G. fit une enquête très complète sur les avantages comparés du caniveau central et du caniveau latéral et décida ensuite d’adopter d’une façon générale le caniveau central à Londres.
- La Compagnie des Omnibus refit cette enquête et adopta le caniveau central.
- CANIVEAU CENTRAL
- Le caniveau central comprend des chaises en fonte placées tous les i,3o mètre, d’un poids de 160 kilogrammes et d’une hauteur telle que rencombrement au-dessous des rails de rainure soit de 0,60 mètre. Sur ces chaises sont fixés, au centre, les rails de rainures. Les bras des chaises supportent les rails de roulement par l’intermédiaire de cales en bois de teck paraffiné. Les rails de roulement h gorge sont; du type U. T. F., pesant 51,4 kilogrammes au mètre courant, et d’une longueur normale de 18,2 mètres. Les rails de prise de courant ont une longueur de 7,80 mètres; ils pèsent i2,o83 kilogrammes au mètre courant. Au droit de chaque chaise, l’écartement des rails de rainure est maintenu par deux tirants ancrés sur la partie supérieure des chaises; dans le pavage en bois, dont la poussée est très forte, on a intercalé au milieu de chaque
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- intervalle des chaises, des tirants supplémentaires ancrés sur rame des rails de roulement. Les isolateurs sont fixés aux patins des rails de rainure et prennent place dans des niches recouvertes de tampons en fonte (fig. i).
- Quand la hauteur libre sous la chaussée n’est pas suffisante, on est obligé de recourir à des caniveaux spéciaux dits semi-réduits, réduits et extra-réduits.
- Un des grands avantages du caniveau central est de permettre le remplacement des rails de roulement avec une grande facilité et sans exiger la construction de voies provisoires. De [plus, la rainure du cani- [
- Travaux de pose de l’ossature métallique et du réglage (durée g jours). Les rails de roulement sont généralement soudés par le procédé alumino-thcrmiquc.
- Travaux de bétonnage (durée : 6 jours). A signaler que, sur la plupart des chantiers, il a été fait usage de bétonncuses mécaniques.
- Travaux d’équipement électrique et de scellement des plaques qui recouvrent les niches d’isolateurs (durée : 4 jours).
- Une fois ces travaux terminés, les entrepreneurs de la Ville de Paris appliquent le béton de fondation
- Demi-coupe transversale sur une chaise.
- Demi-coupe transversale sur une niche d’isolateur.
- -veau.peut être plus étroite (a5 millimètres au lieu de 3o à 35).
- La construction du caniveau en voies courantes peut être effectuée de la manière suivante (la durée du travail est indiquée pour une longueur de zoo mètres de voie double) :
- Travaux de dépavage et d’enlèvement des anciennes voies (durée : 6 jours). .
- Travaux de démolition du béton de fondation et de terrassement du caniveau (durée : .7 jours). Les travaux de terrassement comprennent l’exécution d’une rigole de 0,70 mètre de longueur sur 0,40 m. de profondeur moyenne, avec fouilles spéciales tous les i,3o mètre pour le logement des .chaises de caniveau, et tous les 3,90 mètres pour les niches d’isolateurs.
- du pavage et ensuite exécutent le pavage. D’autres ouvrages sont également exécutés en voie courante, notamment les drainages du caniveau.
- MATÉRIEL ROULANT
- La Compagnie des Omnibus a tout d’abord décidé de supprimer l’impériale, qui a l’inconvénient de retarder la montée et la descente des voyageurs et d’olïrir des places peu confortables pendant la mauvaise saison. Les voitures sans impériale peuvent être plus spacieuses et mieux ventilées que les voitures avec impériale; mais, pour avoir des voilures sans impériale à grande capacité, il y avait différentes difficultés au point de vue du passage dans les courbes de faible rayon, de la rigidité du châssis,etc.
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- Fig. 2. — Voiture automotrice à empattement de 3 m. 60.
- Fig. 3. -
- Voiture automotrice à boggie
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- T. XXI (2e Série). —H" 11.
- La solution qui donne toute satisfaction au point de vue de l’adhérence est celle de l’emploi de quatre moteurs, un par essieu. Cette solution, très intéressante pour les Chemins de fer Métropolitains ou même certains tramways de grande banlieue, n'est pas économiquement exploitable pour des tramways urbains.
- Une autre solution a été adoptée par les Tramways Sud sur les voitures du groupe du Châtelet; elle consiste à avoir un boggie à deux essieux moteurs
- dont les roues sont de plus petit diamètre, en rapprochant le plus près possible de l’essieu moteur le point de support de la caisse sur la boggie, de façon à augmenter le poids adhérent (fig. 3). Ce système assure aux voitures un roulement très doux et un facile passage dans les courbes de faible rayon, mais l’adhérence n’est pas suffisante pour assurer la remorque d’un attelage dans de bonnes conditions sur des déclivités supérieures à 3 % .
- Dans ces conditions, la Compagnie aussi a étudié et
- Fig. 4. — Plun de Paris. La zone teintée indique la partie réservée au caniveau.
- et un boggie porteur. L’inconvénient de ce système est le faible poids adhérent.
- Pour avoir une adhérence totale, on a songé encore à accoupler par bielles ou par chaînes les essieux sans moteur aux essieux comportant des moteurs, mais cet accouplement est délicat et difficile à réaliser.
- La Compagnie des Omnibus a été conduite, ainsi que nous l’avons signalé (’), à retenir la solution des boggies à adhérence maxima, qui comportent un essieu moteur et un essieu directeur cons-
- truit des trucks à grand empattement (3,6o m.à deux essieux parallèles, tous deux moteurs (fig. 2). Les voitures |à grand empattement, dont le poids (est de i3 5oo tonnes, contiennent 49 places, dont 19 debout. La Compagnie a encore étudié et construit des voitures à empattement moins grand (3,au mètres) et à plates-formes extrêmes, d’une capacité de 45 places, dont i5 debout, et dont lé poids est de 12,5 tonnes. Enfin, la Compagnie des Omnibus a construit un type de voiture d’attelage montée sur deux boggies.
- Les châssis ont été construits en tôle d’acier emboutie.
- La suspension du matériel roulant a été étudiée
- (') Voir Lumière Electrique, loc. cil.
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- avec soin et les études ont porté sur la recherche de la double suspension par l’emploi de traverses danseuses, qui assurent un roulement très doux.
- Rappelons que les prévisions de dépenses pour le matériel roulant tramways sont de a/f millions de francs pour un nombre de i ioo voitures.
- Les éruptions volcaniques et leur répercussion sur la Télégraphie sans fil, par A. Cr. Mc Adie (1),
- L’auteur s’est inspiré d’un mémoire publié par le Bureau météorologique des Etats-Unis à Washington, sur trois éruptions volcaniques qui se sont produites depuis janvier 1912 dans les régions côtières de l’Océan Pacifique. Certains passages de ce mémoire lui paraissent pouvoir montrer l’influence des éruptions sur la radiotélégraphie. Il cite en outre différents extraits de rapports sur les memes phénomènes, notamment ceux du capitaine K. W. Perry comraan-dantle garde-côtes Manning, de Mr O.-W. Carlson, voyageant sur le Dora entre Unger et Kodiack, des électriciens de service aux stations radiotélégra-phiques de Kodiack et de Cordova (Alaska).
- Ces quatre rapports donnent une description détaillée de l’éruption du 6 juin 1912 qui eut lieu au mont Katmai dans la péninsule d’Alaska. Leurs auteurs furent unanimes à constater, durant cette période de troubles sismiques, une perturbation dans la réception des ondes hertziennes telle qu’il fut impossible d’obtenir du 6 au 8 juin aucune communication par télégraphie sans fil. Cette perturbation était toujours précédée d’une tension statique extrêmement élevée de ratmosphère.
- Le rapport de M. Carlson relate que dans l’après-midi du 6 juin, à i3 heures, alors que le Dora traversait le détroit de Karlut pour atteindre la ville de. Kodiack, l’opérateur entendit un fort bruit de tonnerre dans son appareil. Epouvanté, il dut quitter son poste. Le navire était à ce moment à 75 milles du volcan. L’agent de la station de Kodiack rapporte, d’autre part, que le 5 juin à 18 h. 3o, alors que le
- ciel était sillonné d’éclairs, le ^arafoudre fonctionna, et une étincelle d’environ deux pouces de long en jaillit. Celui de Cordova certifie enfin que le 8 juin, l’état atmosphérique était tel qu’il lui fut impossible de conserver son récepteur à l'oreille; tous ses efforts pour rétablir la communication avec la station de Kodiack restèrent vains.
- Après avoir passé en revue ces différents rapports, l’auteur termine par la conclusion suivante :
- De même qu’aucun tremblement de terre ne peut avoir lieu sans être décelé par les sismographes, de même aucune éruption volcanique d’une certaine importance ne saurait se produire sans influencer le baromètre dans une région de plusieurs centaines de milles ; aucun de ces derniers phénomènes, en raison de la grande quantité d’électricité qu’ils engendrent, ne peut se produire sans émettre dans l’éther d’ondes électromagnétiques. Ces ondes produisent sur les récepteurs du « sans-fil » une influence perturbatrice, en y induisant une certaine charge statique. II s’ensuit alors une interruption plus ou moins complète dans les communications. L’époque n’esïpas éloignée où, au moyen de ces diverses indications, il sera possible pour le météorologiste de déterminer la vitesse de propagation de la lave, du tonnerre ou des ondes sonores,leur pression ou leur choc, ainsi que la durée des orages et les effets des ouragans ou des cyclones. Il sera aussi possible de s’expliquer les ondes de marée et, à l’aide des indications des baromètres enregistreurs, de déterminer l’époque à laquelle doivent se produire les perturbations marines.
- On peut remarquer que, dans le cas où des navires munis d’appareil de télégraphie sans fil croisent au voisinage des volcans, le temps entre la production des effets statiques et la perception de la déflagration indique la distance du volcan qui est en activité. Les phénomènes hertziens sont pratiquement instantanés, tandis que les ondes sonores sont animées d’une vitesse approximative de 3/(3 mètres par seconde.
- A. Gavand,
- Ingr, Ancien Elève de l’Ecole Supre d’Electricité.
- ({) Résumé d’un article du Marconigrapk, février 1913.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- A. Mauduit. — Contribution expérimentale et théorique à l’étude de la commutation dans les dynamos à courant continu. — (Thèse de doctorat), i vol.in-8 de açjapagesel i5ifigures.—Dunod et Pinat, éditeurs, Paris, 1912.
- C’est évidemment un très grand plaisir pour moi de présenter, à nos lecteurs, le travail d’un ami que nous désirerions tous voir plus souvent notre collaborateur. Ce plaisir sera encore plus grand de ce fait que sa thèse touche à une des plus belles questions de la technique électrique.
- La question de la commutation dans les dynamos à courant continu est peut-être celle qui a été la plus étudiée depuis vingt ans et a conduit presque toujours à des résultats souvent controversés.
- Le grand défaut de la plupart des électriciens qui ont abordé cette question est d’y avoir vu, d’un trop bon œil, une possibilité de discussion mathématique d’une équation différentielle que l’insuffisance des connaissances des points de départa permis souvent de compliquer presqu’à plaisir.
- Le rôle primordial de la thèse de M. Mauduit aura été de jeter, sans crier gare, une grosse pierre dans la mare stagnante des élucubrations mathématiques plus compliquées à chaque étude nouvelle.
- Convaincu depuis longtemps que la question de la commutation ne pourrait jamais'être traitée sérieusement qu’au point de vue expérimental, et à la façon dont M. Boucherot avait étudié déjà le couplage en parallèle (au point de vue théorique, il est vrai), c’est-à-dire par cas particuliers successifs, j’ai été naturellement très heureux de constater que M. Mauduit avait entrepris celte étude.
- Le travail de M. Mauduit réside, en effet, dans la simplicité du cas étudié, grâce à un artifice très ingénieux, de la création d’une section artificielle de machine qui lui a permis de mettre en évidence l’effet séparé de quelques-uns des facteurs principaux de la commutation.
- Malheureusement le point délicat est de savoir si la section artificielle reproduit bien les phénomènes de la section ordinaire à une machine où généralement plusieurs sections sont en court-circuit, une par zone neutre.
- Après une étude des travaux connus et leur critique, M. Mauduit expose les différentes études expérimentales qu’il a été amené à faire et qui lui ont permis d’élucider et de combattre les théories admises jusqu’ici.
- La première partie de cette étude s’occupe des phénomènes de contact, base de la théorie moderne qui suivit la publication des idées ingénieuses de Tnorburn Reid sur la densité de courant sous les deux parties du balai en contact avec les lames (balai de même largeur qu’une lame et deux isolants). Les expériences entreprises montrent bien que cette densité de courant n’a pas l’importance qu’on lui attribuait et que les lois qui exprimaient la variation des résistances de contact pendant la commutation ne sont nullement exactes physiquement. La tension au contact loin d’augmenter suivant une loi linéaire, comme le voudrait l’école d’Arnold, tend, au contraire rapidement, vers une limite dès que la densité de courant dépasse la valeur normale. La variation de la tension au contact peut être alors supposée hyperbolique. Ce sera là probablement la base des théories nouvelles.
- M. Mauduit vérifie ensuite que le fait de cette variation hyperbolique avec une limite voisine de r,5 volt (asymptote horizontale) implique que le jeu des résistances de contact ne peut assurer l’inversion du courant sans étincelles que par des self-inductions très petites par rapport à celles des sections d’une dynamo normale.
- Les expériences suivantes montrent le rôle physique des balais de charbon au point de vue des étincelles et la différence d’effet des balais positifs et négatifs, surtout avec commutation mauvaise.
- Enfin, M. Mauduit étudie dans une dernière partie le rôle du champ de l’induit, de façon à trancher définitivement le point si souvent controversé de la fixité ou du déplacement du champ de l’induit dans le voisinage de la zone neutre.
- L’expérience établit qu’en court-circuit, avec l’excitation nécessaire pour obtenir un courant égal au débit normal, la force électromotrice induite est nulle dans les sections situées dans la zone neutre de l’inducteur ; le flux induit se déplace donc avec celui-ci dans cette région. Pendant la commutation,
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- le champ de l’induit change brusquement de sens à la fin de celle-ci et revient en arrière.
- On voit, par cette analyse forcément trop courte, combien l’étude expérimentale de la commutation faite par M. Mauduit constitue le fait nouveau qui doit mettre en branle l’armée des théoriciens et, il serait à le désirer, des praticiens, sur l’étude nouvelle de la commutation.
- Evidemment, les idées de M. Mauduit seront discutées et complétées, car son étude n’est, je le répète, relative qu’à un cas particulier ; mais je crois
- qu’elles montreront suffisamment ce que je disais plus haut, qu’avant tout, la commutation doit être examinée, de près, au point de vue expérimental.
- Si l’on peut d’ores et déjà écrire une nouvelle équation différentielle du courant pendant la commutation en partant de la variation hyperbolique des tensions au contact, je crois, comme M. Mauduit, qu’avant de rechercher ses points singuliers, il est nécessaire de poursuivre l’étude expérimentale et d’être fixé plus amplement sur le phénomène au point de Vue physique. G.-F. Guilbeht,
- BREVETS
- Moteur triphasé, a excitation série, avec transformateur série branché, entre F enroulement du rotor et celui du stator. — Société Siemens-Schuckert. — N° 44$ 5os. Demandé le 19 septembre 1912, publié le 3 février 1918.
- Pour pouvoir employer une haute tension dans l’enroulement du stator des moteurs triphasés, à excitation série, laquelle permet d’amener directement le courant du réseau sans production d’étincelles au collecteur, il est nécessaire d’intercaler un transformateur entre les deux enroulements.
- On donne habituellement à ce transformateur le même mode de couplage dans ses circuits primaire et secondaire. Si l’on couple en étoile l’enroulement relié au stator, et en triangle l’enroulement relié au rotor, on obtient certains avantages.
- En effet, quand on couple directement en série les balais elles conducteurs du stator, ou bien quand on branche, entre le stator et le rotor, un transformateur où les phases des voltages primaires et secondaires aient la même direction, on obtient le dé-veloppementmaximum des champs magnétiques dans le moteur, pour un décalage de 3o° des balais par rapport à la position du court-circuit (décalage le plus employé en pratique). Le moteur travaille donc dans des conditions défavorables : son rendement est défectueux, et sa capacité de charge est faible.
- Si l’on adopte au contraire un couplage du trans-
- formateur en étoile et en triangle (fig. 1), il faut, en service normal, pour un décalage de 3o° delà tension secondaire, amener les balais dans une position telle que les champs du stator et du rotor se compensent exactement. Il s’ensuit une amélioration sensible de fonctionnement du moteur.
- I—WWW
- Fig. 1.
- De plus, comme on peut employer dans l’enroulement secondaire des conducteurs de section moindre, il en résulte un abaissement du prix de revient.
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- T. XXI (2e Série). — N° 1
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Les résultats de l’exercice 1912 soumis par le Conseil d’administration à l’assemblée des actionnaires de la Société Centrale pour l’Industrie Electrique dénotent une situation très favorable des affaires auxquelles elle prête ou a prêté son concours. Les profits se sont en effet élevés pour l’année écoulée à 961 276 fr. 80 se décomposant en :
- Intérêts et divers........... 600 614 64
- Réalisation de participations. 34a 994 01
- Report de 1911............... 17 663 i5
- Total égal..... 961 276 80
- La Société avait pu, pour ces deux premiers exercices, distribuer 5 % en 1911 ; la réalisation d’une grande partie de son portefeuille lui avait procuré 1 o5o 5oo francs et lui avait permis de rembourser les parts de fondateurs.
- Cette fois, après réduction des frais généraux et divers, et amortissement des comptes mobilier et installation, frais d’études et divers, elle peut répartir i5 francs par action libérée de 2,5o francs ou 6 % , tout en reportant à nouveau 126 556 francs. Il n’est guère possible, étant données les variations du poste : participations, qui figure à l’actif pour 5 822 808 fr. 85 d’assigner un taux moyen aux revenus de la Société Centrale; d’autre part, l’existence du poste : espèces en caisse et en banques, qui n’est pas moindre de 4 777 224 fr. 54, et dont les intérêts ne sont pas explicités au crédit du compte profits et pertes nous ferait commettre une erreur grossière. Mais la différence entre 1911 et 1912 du montant des intérêts et coupons divers qui s’élève à 473 824 francs est bien en faveur des deux principales Compagnies de distribution d’énergie électrique auxquelles s’est intéressée la Société Centrale.
- La Compagnie Centrale d’Energie Electrique qui a pour centres d’exploitation : Rouen, la banlieue d’Alger et Châteauroux, a pu distribuer près de 4 % en 1911 ; pour 1912 elle proposera 4 % ou 20 francs par action entièrement libérée. Son action cependant ne s’étend encore que d’une façon limitée à ces centres cités plus haut. Des retards importants dans
- l’installation de la deuxième turbine de 2 000 kilowatts à l’usine d’Alger ne lui ont pas permis de bénéficier encore de la grande prospérité qui règne là-bas et qui conduit tous les colons à se procurer des moyens modernes d’exploitation.
- La Compagnie Centrale a d’ailleurs obtenu la concession de la distribution de l’énergie dans diverses communes des environs et se propose de desservir toute la plaine de la Mitidja-Rieu, ne pourra mieux servir les intérêts de la colonie et il est à souhaiter que bientôt de proche en proche les réseaux actuels s’étendent pour rendre à l’Algérie son antique prospérité. De ce côté la Société Centrale n’aura donc qu’à se féliciter des appuis donnés à sa filiale. A Rouen, la Compagnie Centrale a construit à Grand Quevilly une usine d’une puissance de 22 000 kilowatts qui alimente maintenant le réseau et pourra satisfaire aux besoins des communes de la banlieue pour lesquelles une concession d’Etat avait été demandée. Châteauroux, avec son usine de 1 5oo kilowatts à peine mise en route, ne peut participer encore aux profits de l’exercice ; les conditions de la concession y sont d’ailleurs moins intéressantes et des demandes de concessions ont été déposées dans un certain nombre de communes voisines pour que le groupe devint plus avantageux.
- Mais, pour le moment, le meilleur du portefeuille de laSociété Centrale est constituépar ses actions de capital et de dividende de la Société d’Électricité de Rosario, dont les premières ont touché 8,80 d’intérêt statutaire pendant 18 mois et les secondes 2,5o au bout du deuxième exercice. L’année 1912 confirmera ces résultats, et 1913 s’annonce comme meilleure, les recettes de janvier étant supérieures de 10 % à celles de 1912.
- Enfin, la Société Centrale a pris une large part dans la constitution du Consortium qui a groupé toutes les entreprises d’électricité et de transports de Constantinople et elle est prête pour d’autres affaires quand la crise balkanique aura pris fin. Par les résultats quelle a acquis en 1912 et par la répartition de ses bénéfices, elle débutera en igi3 avec un bilan magnifique qui ne contient à l’actif ni au passif aucun poste pouvant prêter à quelque réserve. Nous le résumons ci-dessous.
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- 45 Mars 1913.
- Actif
- Immobilisé 2 00
- Réalisable IO 858 O 00 O 08
- Actionnaires IO 000 OOO 00
- 2Ü 858 982 08
- Passif :
- Capital 20 OOO OOO 00
- Réserve 97 128 54
- Créditeurs divers i3 198 3i
- Coupon et tantièmes. . . . G a3 °99 20
- Report ia5 550 o3
- 20 858 982 08
- U vient de s’opérer dans notre industrie une nouvelle concentration de capitaux par la fusion de deux sociétés dont l’objet principal était les installations particulières et éventuellement les installations de réseaux de distribution. Nous voulons parler de la maison Devilaine et Rougé et de l’Omnium d’installations Électriques.
- La première est très connue sur la place de Paris où concurremment avec la Compagnie des Travaux d’Eclairage et de Force, la Société de Force et Lumière Électriques, Mildé et fils, etc., elle a participé, depuis plusieurs années, aux travaux d’installation qui se sont effectués dans tous les immeubles parisiens, y compris ceux de nos administrations publiques et des grands magasins; elle a même étendu son action en province, se faisant une spécialité des installations dites « de château », et s’essayant avec succès à l’exploitation d’un réseau aux environs de Tours.
- L’Omnium d’installations Électriques, dontle siège administratif est à Paris, possède plusieurs succur-salesenprovince : lesdeuxprincipales sontà Bordeaux
- et Roubaix; des agences secondaires sont installées à Calais, Arras, Béthune et Castr*es. L’Omnium a participé de son côté aux travaux de l’espèce qui ont été et sont la conséquence du développement de l’Énergie Électrique du Nord, de la Société Roubai-sienne, de la Compagnie d’Édairage de Bordeaux, de l’Électricité du Sud-Ouest, etc.
- Chacune de ces maisons possède donc une organisation préparée pour le même but et la fusion de l’une avec l’autre ne peut que profiter à chacune par la diminution des frais généraux, la réduction des prix du matériel résultant de la passation de marchés plus avantageux, l’utilisation sans chômage d’un personnel exercé et le bénéfice de relations plus étendues.
- La nouvelle Société, au capital de 1 200 000 francs, prend le nom d’Etablissements Devilaine et Rougé ; Omnium d’installations Electriques. Elle a acheté le fonds de commerce des deux Sociétés fusionnées, et elle se propose de continuer leurs affaires en les étendant. Elle se spécialisera cependant dans les installations d’éclairage de grand luxe (casinos, hôtels, châteaux, grands magasins), dans les grandes installations électriques industrielles et dans l’entreprise des réseaux de distribution.
- On annonce que les Tramways de Reims, ayant réalisé un bénéfice de H^booo francs, le Conseil proposera à l’Assemblée de répartir 2 fr. 5o par titre.
- La Compagnie Générale Parisienne de Tramways
- de son côté maintiendra ses dividendes de l’an dernier, 12 fr. 5o par action de priorité, 10 francs par action ordinaire, malgré une augmentation des bénéfices nets d’environ 45 000 francs.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Algérie. — Le conseil municipal de fîôue a approuvé les conventions entre la ville et MM. de La Perrière et P. Weiler pour la concession de tramways électriques et de distribution publique de l’énergie électrique.
- Alpes-Maritimes. — Le Comité chargé d’étudier le projet de création d’une ligne de chemin de fer reliant directement Nice à Grenoble a décidé de tenir un Con-
- grès à Nice les io, 11 et 12 avril igi3 ; il y a convié les représentants politiques, industriels, commerciaux et touristiques des départements suivants : les Alpes-Maritimes, les Basses-Alpes, les Hautes-Alpes, la Savoie, la Haute-Savoie, l’Isère, la Drôme, le Vaucluse, le Rhône et le Var.
- C’est au nom du conseil général des Alpes-Maritimes, de la municipalité et de la Chambre de commerce de Nice que seront adressées les invitations au Congrès. Les adhésions devront parvenir au secrétariat de la Chambre de commerce avant le 20 mars.
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- T. XXI (2e Série). — N° H
- Charente Inférieure. — Le maire de Rochefort est autorisé à entrer en pourparlers avec la Société des tramways Mercédès Stool pour l’installation de quatre grandes lignes de tramways à l’intérieur de la ville.
- Landes. — La commission départementale a voté le principe d’un emprunt de i 239 000 francs pour la ligne de chemin de fer d’intérêt local de Tartas à Mont-de-Marsan.
- Lot. — Le conseil général a voté la création d’un réseau de tramways d’après le projet étudié par l’ingénieur en chef ; la dépense est fixée à 11 800 000 francs ; le raccordement sera effectué avec les gares de la Compagnie d’Orléans, de Cahors, de Castelnau, de Gourd'on et d’Assier.
- Seine-et-Oise. — Le conseil municipal d’Enghien-les-Bains a voté une subvention pour la construction de la ligne de tramway Ermont-Enghien par Eaubonne, Montlignon, Andilly, Margency et Soisy.
- Tarn. — Un vœu est émis par le conseil municipal de Gaillac pour que la convention en cours des lignes du Gaillacois comprenne :
- i° Le prolongement de la ligue de Cadalen à Graulhet ;
- 20 La ligne de Rabastens à Salvagnac et à la Vère ; toutes ces lignes étant construites à voie d’un mètre et si possible à traction électrique.
- Vosges. — Le conseil municipal de Cornimont a voté une subvention de 40 000 francs pour la construction du tramway Travexin-Le Thillot.
- Russie. — La commission ministérielle pour l’étude de nouvelles voies ferrées en Russie procède à l’examen de deux projets de chemins de fer électriques parlant de Saint-Pétersbourg. L’un est déposé par M. O. Ilefding et sollicite la construction d'une ligne à double voie du type normal allant jusqu’il la frontière finlandaise. L’expédition des trains s’effectuerait de dix en dix minutes et la ligne profiterait d’un large trafic de voyageurs et de marchandises, principalement de bois. L’énergie électrique serait fournie par les chutes d’eau du fleuve Vouoksa. Le coût de l'entreprise est évalué à
- 2 959 000 roubles, à couvrir par un capital-obligations de 2 800 000 roubles et 400 000 roubles d’actions. La concession est sollicitée pour un terme de 81 années.
- Le second projet, émanant de MM. Lipsky et Biéloff, préconise la construction d’une section à double voie de type normal sur 17 kilomètres, de Pétersbourg à Ioukki, ainsi qu’une autre section d’environ 19 kilomètres, de Vosnessenski à Pétersbourg. Les frais de construction de la première section sont évalués à 1 928 000 roubles et à 2 007 000 roubles pour la seconde, soit au total
- 3 g35 000 roubles, à couvrir par un capital-obligations "de 3 935 000 roubles et 1 million de roubles d’actions.
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Ain. — La municipalité de Lent a décidé de nommer une commission chargée d’étudier un projet d’installation d’éclairage électrique.
- Le conseil municipal de Lalleyriat a décidé de traiter avec M. Montange, industriel, pour la fourniture du courant électrique.
- La municipalité de Poizat a accepté en principe le projet de distribution du courant électrique qui lui a été présenté par M. Montange.
- Algérie. — La municipalité de Saint-Louis a reçu une demande de concession de distribution d’énergie électrique de la Société Les Exploitations Electriques.
- La municipalité de Saint-Leu va mettre à l’enquête le projet de concession de distribution d’énergie électrique déposé par la Société <c Les Exploitations Electriques. »
- Basses-Pyrénées. — La Société hydroélectrique des Basses-Pyrénées dont les réseaux étaient jusqu’ici alimentés par la chute de Yal Carlos, située sur la frontière espagnole, procède actuellement à l'aménagement d’une chute de 4 5oo chevaux sur la Nive à Banca.
- Cette chute sera reliée par deux lignes à 3o 000 volts à l’usine thermique du Pont-de-Monguerre que possède cette Société près de Bayonne; la puissance de cette usine, qui comporte déjà deux groupes vapeur de 260 chevaux va être portée en plus de 1 2S0 chevaux par l’installation d’un groupe Diesel de 750 chevaux, actuellement en montage.
- Les réseaux qui alimentaient notamment Bayonne, le Boucau, Ossès, Cambo, etc., vont recevoir des extensions importantes. Le programme en cours d’exécution comporte pour le réseau à 3o 000 volts, outre les deux lignes citées plus haut, une ligne desservant l’importante agglomération industrielle du Boucau, et une ligne pour le service du tramway de Bayonne-Lycée à Biarritz, qui était jusqu’ici à traction à vapeur et dont l’électrification récemment décidée, doit être terminée au mois de septembre prochain.
- Un réseau à 5 000 volts desservira, en outre, d’une part, la côte basque jusqu’à Saint-Jean-de-Luz et Ascain, d’autre part, les communes des Landes.
- Bouches-du-Rhône. — Le conseil municipal d'Arles a décidé le remplacement à Salien de l’éclairage au pétrole par l’éclairage électrique.
- M. Castagnier, ingénieur-électricien, est nommé concessionnaire de l’électricité à Mallemort.
- Haute-Vienne. — La municipalité de Nantial a accepté les propositions de la Compagnie du Centre-Ouest.
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- Jura,. — Le conseil municipal d’Arbois a accepté en principe le projet Jeannin, en vue de l’adjonction d’une force hydraulique à la station électrique et charge la Commission d’éclairage de se mettre en rapport avec un ingénieur pour étudier et dresser un devis.
- Loiret. — Le conseil municipal de Yillemandeur a accepté les offres de la Société l’Energie Industrielle pour la distribution de l’énergie électrique.
- Une enquête va être ouverte à Mézières-sous-Belle-garde sur le projet d’installation de l'éclairage électrique par la Société l’Enei’gie Industrielle de Montargis.
- La concession de distribution d’énergie électrique à Echilleuse est accordée à la Société l’Energie Industrielle.
- Une enquête va être ouverte à Corbeilles sur le projet d'installation de la distribution d’énergie électrique qui a été présenté par la Société l’Energie Industrielle.
- Marne. — La municipalité d’Epernay a engagé des pourparlers avec la Société des Usines à gaz du Nord et de l’Est pour la distribution de l’énergie électrique.
- La Compagnie provinciale du gaz a fait des offres à la municipalité de Vitry-le-François pour l’installation de l’éclairage électrique.
- L’éclairage électrique sera installé dans la commune de Pringy par la Société d’Energie Electrique Meuse et Marne.
- La municipalité de Janvry a émis un avis favorable à la demande de concession de la Société Générale d’Energie Electrique.
- Saône-et-Loire. — Le conseil municipal de Melay a voté le principe de l’installation de l’éclairage électrique dans la commune.
- Seilie-et-Oise. — Un projet est à l’élude pour l’installation de l’électricité à Sucy-en-Brie.
- Seine-et-Marne. — Le conseil municipal de Ville-roy a reçu diverses demandes concernant l’établissement de l’électricité dans la commune.
- Tarn-et-Garonne. — Il serait question d’installer l’électricité à Castelsarrasin.
- Vienne. — La Société Le Centre Electrique est chargée d’installer l’éclairage électrique dans tous les bâtiments communaux de Chàtellerault.
- Yonne. — MM. Camus frères ont présenté au conseil municipal de Tonnerre une demande de concession concernant la distribution de l’énergie électrique. Le projet a été soumis à la Commission d’éclairage pour être examiné .
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- •
- Paris. — Une mission française, qui va déterminer, par échange de signaux radiotélégraphiques entre la Tour Eiffel et Washington, la différence de longitude des deux points, s’est embarquée, le 8 mars, au Havre. Elle est composée de M. Driencourt, ingénieur en chef hydrographe de la marine; du commandant Ferrié, dç l’Etablissement Central de Télégraphie militaire ; du capitaine d’artillerie Levesque, du service géographique de l’armée, et du lieutenant de vaisseau Gignou.
- Le service géographique de l’armée a déjà contrôlé, par T. S. F., la différence d’heure entre Paris et divers points de la France; mais c’est la première fois qu’une expérience de ce genre va être tentée à une aussi longue distance.
- DIVERS
- Nouveau cadran horaire.
- L’Administration des Postes, désireuse d habituer le public au système de la notation des heures de i à 24, qu’elle a adopté depuis plusieurs années, pour le timbrage des correspondances, va faire procéder à d’intéressantes expériences.
- Elle a décidé de faire appliquer sur les horloges de l’hôtel des Postes et du bureau central télégraphique, un cadran spécial qu’un inventeur lui a proposé.
- Ce cadran marque l’heure de 1 à 12, mais quand sonne 1 heure de l’après-midi, un déclic se produit et un autre cadran marquant de i3 à 24 se substitue au premier.
- La direction des chemins de fer de l’Etat va également expérimenter le double cadran à la gare Saint-Lazare, les essais seront ensuite généralisés, si le public accueille favorablement cette invention.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Société Française d’Electricité A. E. 6.
- 72, rue d’Amsterdam, Paris.
- Les machines à souder de l’A. E. G.
- Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, Jeumont.
- Bulletin, septembre 1912. — Les ponts roulants électriques construits par la Société Anonyme des Ateliers de Constructions électriques de Charleroi.
- Bulletin, octobre 1912. —Nos installations électriques aux Carrières du Hainaut à Soignies.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Société anonyme « Dynamo Farelec ». — Durée :
- 3o ans.------Capital : 75 000 francs. — Siège social :
- go, boulevard de Ménilmontant, Paris.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XXI (2° Série). —N° 11.
- Société Andelysienne d’Electricité.— Durée : 99 ans. — Capital : i 200 000 francs. — Siège social : 11, rue de la Tour-des-Dames, Paris.
- Société Anonyme du Secteur Electrique de la Bastille. — Durée : 3o ans. — Capital : 275 000 francs. — Siège social : 21, faubourg Saint-Antoine, Paris.
- CONVOCATIONS
- Chemins de fer à traction électrique de Pierrefitte,
- CauteretS et LutZ.----Le 28 mars, 21, rue de Londres,
- à Paris. ,
- Société des Accumulateurs Paul Gouin. —Le 27 mars, rue de Bellevue, à Colombes (Seine).
- Société d’Applications du Béton armé. — Le 27 mars, 11, rue de Belzunce, à Paris.
- Etablissements de Dion Bouton. — Le 3i mars, quai National, à Puteaux (Seine).
- Maison Bréguet. — Le 8 avril, 19, rue Blanche, à Paris.
- FAILLITES
- Société Anonyme des Anciens Etablissements Fal-COnnet-Pérodeaud. 156, avenue Malakoff, Paris. — Liquidateur : M. Faucon.
- ADJUDICATIONS
- France
- Le 29 mars, au Sous-Secrétariat d'Etat des Postes et des Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture d’appareils pour postes d’abonnés et bureaux centraux téléphoniques (18 lots).
- <*
- •* +
- L’Administration des chemins de fer de l’Etat, h Paris, a l’intention d’acquérir environ 2 5oo mètres de câble armé en cuivre de /too millimètres carrés de section et 55o mètres de câbles en cuivre nu de 400 millimètres carrés de section destinés à relier la sous-station de traction du Champ-de-Mars et la voie électrifiée de la ligne Paris-Invalides à Versailles R. G.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (3e division), 72, rue de Rome, à Paris (8e), les mardis et vendredis, de i5 à 17 heures, jusqu’au 26 mars.
- *
- * • '
- L’administration des chemins de fer de l’État, à Paris. a l’intention d’acquérir 20 voitures à voyageurs, à inter-circulation et à bogies.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement à cet égard dans les bureaux du service du matériel et de la traction (matériel), 44, rue de Rome, à Paris, lousles jours delà semaine de 2 à 5 heures de l’après-midi.
- + *
- s L’administration des chemins de fer de l’Etat, à Paris,
- La reproduction des articles de la
- a l’intention d’acquérir cinq groupes élévatoires (machines et pompes), destinés aux alimentations de Saint-Arnoult, Gallardon-Pont, les Herbiers, Saint-Laurent-sur-Sèvre et Velluire. ! •
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service du matériel et de la traction (9e bureau de la traction), 44» rue de Rome, à Paris.
- BELGIQUE
- Le 26 mars, à 11 heures, en la salle de la Madeleine, à Bruxelles, fourniture de câbles et d’accessoires pour l’administration des télégraphes (cahier des charges spécial n° 118). Soumissions recommandées le 22 mars.
- *
- * -A
- Le Ier avril, à n heures, à la maison communale, à Ixelles-lez-Bruxelles, fourniture de câbles armés pour réseau à basse tension nécessaires au service de l’électricité. Soumissions recommandées le 29 mars.
- *
- ♦ ¥
- Le 2 avril, à 11 heures, en la salle de la Madeleine, à Bruxelles, fourniture et pose de câbles téléphoniques et d’accessoires dans l’agglomération carolorégienne et à La Louvière (cahier des charges spécial n° n3). Soumissions recommandées le 29 mars.
- INFORMATIONS
- Société Industrielle des Téléphones.
- La Société Industrielle des Téléphones a été déclarée adjudicataire du câble sous-marin de Marseille à Alger, récemment voté par les Chambres.
- Institut Industriel de Nantes.
- Il serait question de créer prochainement à Nantes un Institut Industriel et .Commercial qui débuterait par un Institut de Chimie.
- Ecole Nationale des Mines de Saint-Etienne.
- Le concours'd’admission à l’Ecole Nationale des Mines de Saint-Etienne, pour l’année igi3, s’ouvrira, à cette école, le jeudi 26 juin igi3.
- Le nombre des élèves à admettre à la suite de ce concours est fixé à 37.
- Les demandes do participation au concours doivent être adressées, avant le 10 juin, au directeur de l’école.
- Ecole Centrale des Arts et Manufactures.
- Par décision du ministre du Commerce et de l’Industrie, les épreuves du concours d’admission à l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures en 1913, commenceront le 11 juin.
- Le clôture du registre d’inscription aura lieu le 20 mai.
- Lumière Electrique est interdite.
- Palus, — imprimerie lève, 17, aus cassette.
- Le livrant : Nuuei.
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- Trente-cinquième année.
- SAMEDI 22 MARS 1913.
- Tome XXI (8* i<ri«)._- N* là
- i;, )
- La
- Électrique
- SOMMAIRE
- EDITORIAL............................. 353
- , ' ' . Constructions de machines
- E.-J. Brunswick. — Méthode de prédéter-' mination de l'excitation des machines à courant continu.......................... 355
- Théories et généralités L. Gratzmuller. — Bases d’une théorie nouvelle de la commutation................. 359
- Appareillage
- A. ÈBELiNGet R. Deirel. — Appareils de distribution à isolement constant pour installations à courant faible................. 36a
- Extraits des publications
- La sécurité de fonctionnement des interrupteurs à huile, par M. Vogelsang........ 369
- Le but des appareils pour améliorer le facteur de puissance des distributions à courant al-
- ternatif, d’après,une conférenceMe M. Miles Walker. —.Résumé, de la• discussion.de ,
- MM. Wall et Siiearing. ^ 370
- Législation et Contentieux :
- L. Péjoine. — L’occupation concurrente de la " voie publique par les entreprises d’éclai-, -rage.................................... 374
- Brevets
- Dispositif de freinage avec récupération d’énergie au moyen des moteurs monophasés, à collecteur, à caractéristique série... 377
- Chronique Industrielle et Financière
- Etudes Economiques........................ 379
- Renseignements Commerciaux............... 383
- Adjudications............................. 384
- Informations.............................. 384
- EDITORIAL
- La méthode de prédétermination de l’excitation des machines à courant continu qu’expose M. Biujnswick concerne essentiellement la technique pratique. Le temps est passé, en effet, oit les constructeurs pouvaient se contenter d’un empirisme arbitraire et se fier au sentiment,personnel de leurs ingénieurs. Les spéculations industrielles sont devenues plus précises et la concurrence oblige maintenant les praticiens à des connaissances approfondies.
- M. Brunswick a été frappé de ce fait que, abstraction faite de la commutation, il n’y a pas lieu de faire de différence dans la présentation des réactions des alternateurs et des machines à courant continu. Peu de tentatives cependant ont été faites pour étendre
- à ces dernières les méthodes si utiles dé Potier et de M. Blondel qui complètent le principe de la méthode de Behn-Eschén-burg; les seuls auteurs qui aient marché dans cette voie paraissent être Arnold et M. Pichelmayer.
- Après avoir reconnu que la méthode usuelle d’évaluation de l’excitation totale, basée sur l’assimilation de la caractéristique à vide à celle relative au flux traversant réellement l’induit, conduit à des résultats complètement erronés, M. Brunswick est parvenu, par une analyse très serrée de quelques principes essentiels, à établir une méthode aisément applicable parles constructeurs , et conduisant à des épures peu compliquées. 11 importe de remarquer que la méthode de M. Bruns-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXI (2‘ Sé^r-ieia.
- wick s’est trouvée confirmée par l’expérience d’une manière très satisfaisante.
- L’article de M. Gratzmuller, conséquence du Rapport d’essais que nous avons publié dans notre dernier numéro, a pour objet les bases d'une théorie nouvelle de la Commutation et son application à la construction des machines à collecteurs lamelles. C’est sensiblement la reproduction de sa communication à la Société Internationale des Electriciens.
- On verra que, au lieu de chercher à estimer les densités des courants parasites, M. Gratzmuller calcule les différences de potentiel entre lames sous balais, diflféréttéés de potentiel précisément développées parles courants que l’on veut intentionnellement faire circuler dans les enroulements. Si celte différence de potentiel ne dépasse pas une certaine valeurexpérimentalé, il ne naîtaucun courant parasite destructif. Ajoutons que M. Gratzmuller décrira prochainement différentes dispositions de machines en les justifiant par sa théorie.
- MM. A. Ebeling et R. Déibel ont fait de nombreuses recherches sur les isolants ; ils se sont préoccupés, en particulier, de créer un appareillage à isolement élevé et constant pour les installations à courant de faible intensité. On sait que, dans ces installations, c’est surtout aux points de raccordement entre câbles et aux départs des dérivations qu’il est difficile de maintenir en service un isolement suffisant pour qu’aucune perturbation de ce chef ne soit à redouter. Les auteurs décrivent des plaques de connexion fort ingénieuses isolées à l’huile.
- L’emploi de l’huile comme isolant est devenu tout à fait général dans l’appai’eillage à haute tension. Il est intéressant pour les exploitants d’êtrerenseignés sur la sécurité de fonctionnement des interrupteurs à huile. Cette question a fait l’objet d’une étude détaillée de M. Vogelsang, dont nous donnons .un résumé.
- s Dans notre numéro du 22 février dernier, nous attirions l’attention sur un appareil de
- M. A. Scherbius relatif à la compensation du déphasage des moteurs d’induction. Ce* appareil a été très remarqué én Anglefetffh. Le professeur Miles Walker en a parlé longuement au cours d’une Communication qu’il a faite à 1’ « Institution ofEleetricalEngineers » sur le but des appareils destinés à améliorer le facteur de puissance des distributions à courant alternatif M. Gavand donne un résumé succinct de cette communication et de la discussion à laquelle elle a donné lieu à Birmingham et à Londres, discussion à laquelle pri-refif part notamment le Dr Kapp, dont le nom est bien connu en France, le Dr T. F. Wall, M. W. Shuttleworth et M. G.Shearing.
- Vavanceur de phase paraît susceptible de rendre des services commerciaux appréciables dans diverses applications industrielles, telles que la conduite des machines soufflantes, et dans là traction électrique, surtout dans les pays où, comme en Italie, le charbon coûte cher.
- Les questions juridiques que soulève l’oc-cupation concurrente de la voie publique par les entreprises d‘éclairage ont un caractère d’actualité évidente. Nos lecteurs se rappellent avec quelle autorité M. Paul Bougault a traité dernièrement un cas d’espèce se rapportant à ce sujet. Comme il est intéressant pour les exploitants de connaître exactement leurs di’oits en matière de voirie, nous croyons utile d’insister sur cette question. M. Léonard Péjoine, avocat à la Cour d’Appel de Paris, la développe avec beaucoup de clarté et de compétence tout en analysant l’excellent ouvrage de M. Remaury.
- On sait que le Sénat a discuté à la fin de février, en première délibération, le projet de loi, adopté par la Chambre des députés, relatif aux usines hydrauliques sur les cours d’eau et canaux du domaine public. Cette discussion est d’une grande importance pour de nombreuses Sociétés d’électricité ; aussi avons-nous confié à un jurisconsulte le soin d’en dégager tout ce qui a trait aux intérêts spéciaux des électriciens. Nous publierons cette étude dans le courant du mois d’Avril.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 35f>
- 22 Mars 1913 *
- MÉTHODE DE PRÉDÉTERMINATION DE L’EXCITATION DES MACHINES A COURANT CONTINU
- I
- C%Ue méthode a pour but de déterminer, avec rapfMKMtimation correspondant aux calculs industriels, Te*citfttion à fournir en charge à une génératrice à courent continu pour obtenir aux bornes une différence d» potentiel Ue, la vitesse de rotation étant tùm en tofcxç, par minute et l’intensité du courant dans l’induÉI La difficulté qu’on rencontre dans cette détermination réside dans la façon dont on doit tenir compte de la réaction d’induit. Quoiqu’il n’y ait, en fait, pas de différences dans la manière dont on doit envisager les réactions dans les machines à entrant continu et dans les alternateurs, on est arrivé» pour ces derniers, à des résultats excellents grâce aux méthodes de Potier et de M. Blondel, alors que pour les premières on emploie encore des pro-r cédés presque empiriques et donnant lieu à des résultats contestables et parfois même contraires à la réalité.
- Fig. i. — Caractéristique à vide E = P (G),
- Iaî = O.
- Efl'et de la réaction transversale d’après les méthodes usuelles Aire M', M0 M, ^ aire M„ M2 M'2 ,
- d’où
- Fkc <C Eq et Ec < Eq
- à excitation égale. m’0 m0 = excitation complémentaire.
- Tous les auteurs considèrent la réaction électromagnétique due à la circulation du courant dans l’induit comme se décomposant en réaction transversale et en réaction démagnétisante ou inverse. Celle-ci donne lieu à une diminution arithmétique de la force magnétomotrice appliquée à l’inducteur. Il est facile de calculer les
- ampères-tours nécessaires pour racheter cette diminution et, par suite, d’établir en conséquence l’enroulement inducteur suivant le mode d’excitation adopté pour la machine.
- Pour la réaction transversale, on admet généralement que le flux est uniformément réparti à vide sous le pôle, et que, par suite de la répartition, également uniforme, de la force magnéto-motrice due au courant d’induit, le champ s’affaiblira sous une moitié de la pièce polaire de la même quantité dont il croîtra sous l’autre moitié. Le flux total en charge sous le pôle doit rester d’ailleurs le même qu’à vide pour que la force électromotrice conserve la même valeur qu’à vide. De ce principe on déduit le tracé indiqué pour la figure i : OM0 M est la caractéristique à vide ayant pour ordonnées les flux ou, ce qui revient au même, les forces électromotrices à la vitesse wm, et, pour abscisses, les forces magné-tomotrices par pôle exprimées en ampères-
- Fig. 2. — Cas d’une machine à caractéristique rectiligne.
- Effet de la réaction transversale d’après les méthodes usuelles.
- tours. M0 m0 étant la force èlectromotrice à engendrer, on porte de part et d’autre de m0,
- Qu
- m0 m, = mt mt = —-,
- %
- étant la force magnétomotrice de réaction transversale. En menant les abscisses de ml et m-i et l’horizontale M't M0 M'a, on constate qu’en raison de la courbure de la caractéristique les triangles hachurés ont des aires inégales; le flux total sous le pôle n’a donc plus la même valeur,
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE T. XXI(2* Série)" i£»
- il sera devenu m'0 M'0 pour lequel l’égalité des triangles et M'oM''2M2 a lieu. Pour
- ramener la force électromotrice de /w'0M'0 à la valeur voulue m0 M0, il faudrait augmenter l’excitation d’une quantité égale à m'0m0.
- Ce procédé est en défaut lorsqu’on utilise la machine dans la partie rectiligne de sa caractéristique et que les balais sont calés sous la ligne neutre de la marche à vide. Dans ce cas, la réaction démagnétisante est nulle et, en appliquant la construction précédente, on voit que, la caractéristique étant rectiligne, les aires des triangles hachurés (fig. 2) sont égales. On ne devrait pas modifier l’excitation, alors que la pratique montre, dans ce cas, qu’on doit, au contraire, la renforcer davantage.
- Il
- La nouvelle méthode a pour objet de remédier à cette anomalie.
- On admettra que les flux en présence, comme les forcés magnétomotrices, se combinent vecto-riellement; on négligera les flux secondaires tels que ceux dus aux courants de Foucault dans l’armature de l’induit. Enfin, on ne tiendra pas compte de la variation de la répartition du champ sous les pièces polaires ni de l’influence de l’inclinaison des lignes de force dans l’entrefer lorsque l’induit est parcouru par un courant.
- Pour la commodité des calculs, on considère les flux et les forces magnétomotrices pour un pôle.
- La force magnétomotrice de réaction par pôle est égale au quotient de la force magnétomotrice de réaction de tout l’ensemble de l’induit par le nombre de pôles de l’inducteur ; cette réaction a pour valeur le produit du nombre de spires de l’enroulement par l’intensité du courant qui y circule.
- La réaction d’induit sera, comme ilestdit plus haut, décomposée en réaction démagnétisante et en réaction transversale.
- Appelons zone active de la machine, la région dans laquelle l’induit travaille effectivement; elle comprend l’entrefer, la denture, les encoches et la culasse de l’induit.
- Examinons ce qui se passe pour les flux, pour produire la force électromotrice voulue.
- L’enroulement doit être soumis à un flux utile Su dirigé à vide selon l’axe moyen des pôles; ce
- flux doit avoir la même valeur en charge et à vide. En charge, il se produit un flux de réaction Si qui peut être considéré comme dirigé suivant la ligne de calage des balais. Pour avoir une bonne commutation, les balais doivent être placés plus ou moins en avant de la zone neutre en charge, zone légèrement en avance sur cellè à vide, par suite de la torsion du champ. Si et Su sont donc décalés l’un
- , TC
- sur l’autre d’un angle légèrement supérieur a -,
- mais qu’on pourra pratiquement prendre égal à cette valeur. Pour obtenir le flux SH, on doit donc avoir dans l’entrefer un flux Sr résultant de S, et de S„, flux qu’on obtient facilement au moyen du diagramme de la figure 3.
- Fig. A.
- Pour les forces magnétomotrices, il se présente une particularité, la force magnétomotrice de réaction se décomposant en réaction démagnétisante et réaction transversale.
- La première ej-idest égale, en ampères-toilrs par pôle, à la somme des ampères-tours de l’enroulement induit compris dans un angle double de l’angle de décalage des balais par rapport à la zone neutre géométrique. Elle agit Sur le circuit magnétique de la machine, en sens inverse des ampères-tours de l’inducteur qu’il faudra augmenter de la valeur <g.w.
- La réaction transversale <§-u est égale à la réaction totale par pôle diminuée de <ÿ.îd. Si on considère (fig. k) le flux de réaction transversal, on voit que : i° la direction de la force magnétomotrice de réaction transversale est en quadrature avec celle d’excitation de l’inducteur; 20 le trajet du flux de réaction n’est pas le même que celui des lignes de force dues à l’inducteur, et les réluctances diffèrent. Pour avoir une composition des forces magnétomotrices correspondant à celle des flux, il faut affecter la réaction transversale d’un coefficient ou fadeur de forme, inférieur à l’unité, facile à calculer puisque le circuit correspondant est formé en grande partie par l’air.Ce coefficient peut être pris égal à 1 //, ou 1 /3 environ. Gela revient à remplacer la force magnéto-
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- 22 Mars 1913; , LA LU MJERtÈ ÉLECTRIQUE , 357
- motrice de réaction transvërsale par une autre
- Fig. 4. — Répartition de la réaction transversale.
- équivalente qui produirait le même effet dans le circuit inducteur.
- 111
- Ceci posé, on peut calculer l’excitation en utilisant une construction analogue à celle donnée par M. Picou pour la détermination de la caractéristique à vide.
- Soit U*, la différence de potentiel à obtenir aux bornes, r\ la résistance de l’enroulement induit à chaud mesurée, entre les lames -f- et — du collecteur, rK la contaclan.ee ou pseudo-résistance au contact entre balais et collecteur, JAî le courant total que doit débiter la machine ; la force
- JV 0
- Fig. 5. — Détermination de l'excitation en charge; diagrammes du flux et des excitations.
- électromotrice à engendrer devra être :
- — Ue -f- /'a (1a,) + IAs-Sa production exigera un certain flux utile représenté en OM4 sur la figure 5. Le flux de
- réaction & sera Mi M2 faisant avec OMt un angle exagéré à dessein sur la figure, mais qu’on
- %
- pourra prendre en pratique égal à —. Le flux résultant 3ÿ sera OM2, qu’on rabat en OM, sur 0$. Traçons.en a la caractéristique partielle de la zone active; la tangente O M* à l’origine cette courbe est la caractéristique partielle de l’entrefer. Dans celui-ci doit se produire le flux correspondant au point M* de cette caractéristique. Nous avons donc en O/h* les ampères-tours nécessaires pour l’entrefer. Dans lç reste de la zone active doit être engendré le flux ; les ampères-tours nécessaires seront M\ M", obtenus en retranchant deceux M* M", produisant le üux^,, dans toute la zone active, la partie Mi M', correspondant à la création de ce flux dans l’entrefer seul. Reportons-les en mt, m',,; Om\ représente le nombre total d’ampères-tours à appliquer à la zone active pour obtenir la force électromotrice Ec. Cette excitation doit se composer avec la force magnétomotrice de réaction transversale portée en ///'* ///"* normale à O///'* et égale à A:GI( [k= i /a ou i/"}), d’après ce qui a été dit pour donner l’excitation résultante O/h"*. O/h"* représente la force magnétomotrice à fournir par l’inducteur à la zone active, réaction transversale comprise; nous les portons en Oh/;, et en ajoutant m6 /h6 égal à la réaction démagnétisante, nous avons en Omn la force magnétomo-trice totale à appliquer sur l’inducteur pour toute la zone active.
- étant la caractéristique partielle rectiligne des dérivations de l’inducteur, en menantM6 M7 parallèle à &'uc (Mc/h0 = OM3 =3r„), nous avons en OM7le flux total dans l’inducteur. La caractéristique partielle fcc de celui-ci donne le nombre Oh d’ampères-tours nécessaire pour le circuit inducteur et nm6 représente l’excitation totale à donner à la machine.
- IV
- La construction précédente suppose connu le flux de réaction #i; on peut calculer celui -ci, mais ce procédé est fastidieux etincertain. llvautmieux déterminer expérimentalement^ sur des machines de proportions connues et en déduire, avec une approximation suffisante pour la pratique, sa valeur dans le cas d’une machine, quelconque,
- Cette détermination peut se faire par des nie-?
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- 358
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXI (2* Sérié): — H* tt.
- sures balistiques toujours délicates, ou plus simplement par uu essai en court-circuit, ou au moyen d’une partie connue de la caractéristique en charge, à débit donné et en excitation séparée. Ces deux procédés ont d’ailleurs le même but, déterminer l’excitation nécessaire pour qué la différence de potentiel aux bornes Uo soit nulle, l’intensité du courant étant lAg. Le premier donne directement cette excitation en supposant négligeable la résistance de l’ampèrémètre au moyen duquel on met l’induit en court-circuit et on mesure IAî. Le second procédé permet de faire cette détermination en s’appuyant sur les considérations qui vont être exposées.
- On peut pratiquement, tant que la machine n’est pas saturée, substituer à la caractéristique partielle de la zone active, celle à vide U„ = E = f {<%) pour IAî == O. On observe, en outre, comme cela se présente dans la théoriè des alternateurs, que la caractéristique à débit IA?
- TJ oufE
- d’après les caractéristiques à vide et à débit donné, en fonction de l’excitation par pôle.
- constant Uc = f' Q s’obtient par un déplacement oblique de la caractéristique à vide parallèlement à elle-même, sauf toutefois vers le pied de la courbe où elle s’écarte franchement du parallélisme. On arrive aisément avec un peu de pratique à tracer la courbe Uc jusqu’à sa rencontre avec l’axe des excitations, lorsqu’on en connaît quelques points (fig.6).
- Delà courbe Ucon déduit celle qui donne la force électromotrice Ec pour le débit IA? en ajoutant aux ordonnées la perte de charge due à la résistance de l’induit et à la contactânce dès balais. La courbe Ee part du point P pour lequel l’ordonnée p P est égale à cette perte de chargé (Uc —- o). A ce point correspond l’excitation ôp. Retranchons-en la réaction démagnétisante p q
- et construisons le triangle rectangle O t a, dont l’hypoténuse Or = Oq et dont le côté de l’angle droit rs représente la réaction transversale; Os représentera l’excitation nécessitée pour la production, dans la zone active, du flux qui engendre la force électromotrice Pp. Le flux utile est proportionnel à Pp ; le flux résultant qui doit émaner de la pièce polaire est, à la même échelle, proportionnel à l’ordonnée passant par s et relative à la caractéristique partielle de la zone active confondue avec la caractéristiqueàvide(Srr0C=Rs). Comme on connaît la direction du flux transversal, il est facile de construire en O P' T le triangle des flux (OP' = Pp. O T ==.R*, où OP' T = angle de décalage de Fi sur F„). Finalement P' T est égal, gà l’échelle des flux, au flux de réaction en court-circuit, c’est-à-dire au flux de réaction dû au courant I , en admettant que ce flux reste constant quelle que soit la valeur du flux utile &u.
- V
- On remarquera que, dans tout ce qui précède, on a considéré le flux de réaction comme proportionnel à la force magnétomotrice de réaction ét que, par suite, la machine n’est pas saturée. Une erreur de io à i5 % sur la valeur de serait d’ailleurs sans influence sensible sur le résultat final.
- VI
- Comme je l’ai dit dans ma communication à la Société Internationale des Électriciens en novembre 1912, les effets de la force magnéto-motrice de réaction et de celle d’inducteur, à flux égal, sont dans un rapport d’environ 1 à 8; avec les proportions usuelles, en prenant pour le coefficient de forme Aune valeur de 0,2 à 0,4, on arrive aune prévision par léger excès de l’excitation. Ce coefficient pourra d’ailleurs sé déduire expérimentalement de l’étude de machines similaires. La méthode appliquée, par exemple, à une machine de 120 volts, 46 ampères, 775 tours par minute donne, comme excitation calculée, une valeur de 2 36o ampères-tours par pôle, alors que celle déterminée expérimentalement est de 2 460 ampères-tours, ce qui conduit à une approximation de 4 % süffisammént Satisfaisante pour la pratiqué.
- E.-J. Brunswick.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- BASES D’UNE THÉORIE NOUVELLE DE LA COMMUTATION
- La commutation dans une machine à courant continu ou dans une machine dynamo quelconque à collecteur est l’ensemble de tous les phénomènes qui se passent dans les circuits qui se ferment par une section depuis le moment où l’une des lames soudées à l’une des extrémités de la section pénètre sous un balai, jusqu’au moment où la lame reliée à l’autre extrémité en sort. En réalité, la commutation peut être différente pour les diffé-l’entes sections placées dans une même encoche.
- En effet, l’arbre d’induit est au point de vue matériel un axe de symétrie, par répétition de la machine, dont l’ordre est égal non pas au nombre de lames, mais au nombre n d’encoches pour une dynamo bipolaire. Par là, nous entendons que le système matériel
- arc
- sera entièrement restitué par une rotation — 1
- n
- de l’induit. C’est donc sur toute cette période que l’étude doit porter, au moins dans le cas d’une machine à courant continu.
- Dans le cas d’une machine à courants alternatifs ou d’une machine à connexions équipotentielles ou d’une commutatrice, etc., la période du phénomène physique est en réalité beaucoup plus longue et multiple de la précédente.
- Considérons l’une des sections : ce que nous désirons, c’est faire passer dans les circuits d’utilisation, c’est-à-dire à l’extérieur de la machine, la somme des courants engendrés dans chacune des dérivations de l’induit. Nous voulons que cela se fasse : i° sans courants (fig. i) iv se fermant dans une section par courts circuits sous balais, perceptibles seulement par échauffement ou rougissement de ces balais; a0 sans arc ï2 entre la lame qui quitte un balai et ce balai (fig. i). Nous appellerons tous ces courants les courants parasites.
- Evidemment, sÿ l’on connaissait les circuits exacts de circulation des courants, si l’on connaissait la résistance totale R qui
- intervient pour un circuit de courant sortant d’une section, e la force électromotrice totale mise en jeu dans la section, L la self-induction de la section elle-même, et i le courant traversant la section, on pourrait écrire,
- Fig. i.
- dans le cas très spécial d’un balai ne touchant que deux lames:
- avec les conventions de signe bien connues.
- On pourrait même y introduire le rôle des capacités qui peuvent intervenir soit entre balai et collecteur, soit le long de la section.
- Il n’y aurait aucune chance de se tromper dans l’écriture d’une telle équation. C’est, en effet, l’équation qui convient à n’importe quel circuit ne comportant pas de dérivations dans n’importe quel phénomène. Mais il faut préciser le sens des coefficients et les conditions initiales. Sinon on se contente de masquer par une équation différentielle l’ignorance de la question. Or :
- i° Le courant dans la section, au moment où elle est court-circuitée par le balai, dépend du courant dans la dérivation de l’induit qu’elle quitte et peut être très complexe (courant alternatif, commutatrice, etc.).
- 2° e dépend :
- a. De la pulsation du flux inducteur, même s’il s’agit de courant continu et, dans ce cas, par exemple, par variation de la réluctance
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- due à la substitution d’une dent à une autre.
- b. De la self-induction de la section en commutation. Bien que peu importante dans beaucoup de cas, elle n’est pas toujours négligeable. Elle est souvent peu importante, car des machines à balais fixes peuvent bien commuter sans que l’on s’inquiète spécialement de compenser la force électromotrice qu’elle produit par une autre, ainsi que cela se passe : dans les commutatrices, les machines à bonne commutation à balais fixes sans enroulement compensateur ou à pôles auxiliaires qui commutent sans étincelles et à plein courant depuis la pleine excitation jusqu’à une excitation nulle, soit en moteur, soit en générateur (machines d’extraction). Elle existe cependant, puisque des machines dynamos qui commutent bien à pleine excitation et plein courant font souvent des étincelles à plein courant et faible excitation, puisque dans les machines considérées les ampères-tours de l’induit ou de sa compensation ne varient pas et que les mômes phénomènes se produisent soit dans la marche en moteur, soit dans la marche en dynamo, et quel que soit le sens de rotation à calage fixe des balais. Seule, la variation de la self-induction de la section en commutation intervient principalement. Cette variation provient de la désaturation des dents, et par suite, de la variation de la réluctance pour le flux dû aux ampères-tours de la section en commutation, flux qui se ferme par le circuit, inducteur. Nous voyons en passant que L n’est pas une grandeur constante.
- c. Du flux propice dû aux ampères-tours de l’induit, flux plus ou moins annulé ou changé de sens par l’enroulement de compensation ou les pôles auxiliaires. Rappelons que la première réalisation de ceux-ri appartient à M. Picou.
- 3° Dans la somme qui constitue /?, nous comprendrons :
- a. La résistance de la section;
- b. Les connexions plus ou moins résistantes entre cette section et les lames du collecteur ;
- c. Les résistances de contact. Ces résistances sont assimilables à des arcs apparents ou'non. C'est ce que j’avais signalé en janvier it)o3, à la suite d’une Communication
- de M. Boui’guignon à la Société Internationale des Electriciens. Un balai et un collecteur, quelque soin qu’on apporte, ne peuvent se toucher à chaque instant qu’en quelques points d’ailleurs variables, à moins d’avoir des surfaces souples, ce qui n’est pas en particulier le cas des balais en charbon. En toute rigueur, deux surfaces rigides ne peuvent se toucher qu’en trois points.
- Il ne faut pas songer à demander à ces seuls points d’assurer le passage du courant. Mais des arcs minuscules sous balais assurent le passage du courant. Naturellement, il sera inexact de considérer une résistance dè contact comme variable en raison inverse de la surface d’appui. Mais, de même que la surface du cratère d’un arc d’éclairage croît avec le courant, de même la surface des arcs considérés variera automatiquement avec le courant qui passera. Ce courant tendra naturellement à passer à chaque instant par les points les plus rapprochés, mais une fois amorcé il tendra, grâce à la diminution de la résistance avec le courant, à persister aux mêmes points.
- Cette conception permet d’expliquer :
- i° La faible variation de résistance avec le nombre ou la surface des charbons, puisque le courant utilise généralement seule la surface dont il a besoin, et que les charbons ou les balais, pour des raisons d’échauffe-ment ou d’autres, ont toujours des surfaces beaucoup plus grandes qu’il n’est besoin.
- a0 La diminution de là résistance avec la pression qui rapproche les surfaces ou principalement la diminution de la résistance avec l'intensité du courant jusqu’à une certaine limite.
- 3° Le transport de charbon sur le collecteur ou de matière cuivreuse sous les balais;
- 4° La variation de la résistance de contact avec les trépidations.
- 5° La très faible variation de cette résistance avec la matière plus ou moins argileuse et réfractaire introduite dans les balais. Sa rapide variation avec l’introduction de traces de cuivre dans les charbons, le cuivre pouvant modifier rapidement la nature des arcs.
- 6° La difficulté d’amorçage des machines possédant un faible magnétisme rémanent,
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- l’auto-excitation se produisant ensuite rapidement, puisque la résistance de contact énorme au début décroît rapidement avec le courant.
- 7° La diminution de la résistance de contact avec la température, puisque l’ionisation du milieu dépend de cette température. Elle explique pourquoi la résistance de contact pour une valeur instantanée d’un courant alternatif peut dépendre des valeurs antérieures du courant. Elle justilie le refroidissement soit du collecteur, soit des balais.
- 8° Elle explique pourquoi, lorsqu’une partie d’un charbon rougit, le rougissement tend à persister visiblement, puisque l’arc tend à subsister au point de la cathode déjà échauffé.
- 9° Pourquoi la pression à mettre sur un balai n’est pas proportionnelle à sa surface. Cette considération, bien que non énoncée, croyons-nous, est respectée souvent inconsciemment par ceux qui règlent des balais.
- io° Elle permet d’expliquer l’insuccès des enroulements série-parallèles sans connexions équipotentielles.
- 11° L’importance delà résistance de contact et la rapidité avec laquelle croissent les effets désastreux des courants parasites, si l’on dépasse à un instant quelconque de la période que nous avons appelée période de commutation une certaine tension limite. En effet, la tension de contact tendant vei’s une limite constante, l’afflux decourants perturbateurs croîtra rapidement dans les circuits où les autres résistances sont constantes lorsque la force électromotrice totale dans la section en commutation dépassera une certaine valeur. Gela d’autant plus vite que ces autres résistances constantes seront faibles. (Importance des connexions résistantes.)
- Nous croyons avoir établi clairement le manque de connaissance des coefficients de l’équation différentielle dans le cas singulièrement simplifié d’un balai touchant au plus deux lames. Ils dépendent de l’inconnue i, et quelques-uns tels que les résistances de contact sont de plus essentiellement variables d’un instant à l’autre suivant une loi de hasard.
- Dans le cas d’un balai touchant plus de deux lames, qui est le cas général, que ferons-nous ?
- Conclusion. — La faculté destructive d'un arc dépend de l'énergie mise en jeu dans cet arc.
- Aucun arc parasite dangereux soit sous balais, soit entre le balai quittant une lame et cette lame, ne pourra s'amorcer, ou tout au moins atteindre une valeur mettant en jeu une énergie dangereuse si la différence de potentiel entre deux lames consécutives pour toute lame touchant, un balai ne dépasse une certaine valeur. C’est toute la théorie que nous proposons.
- Voici le principe de l’application à l’établissement d’une machine :
- On ne cherchera pas à déterminer la densité de courant en chaque point de la section d’un balai, problème pensons nous insoluble. On supposera le problème résolu, en négligeant les courants à éviter que nous avons appelés « parasites ». On donnera au charbon une section suffisante pour le passage des courants utiles. Ensuite on estimera la différence de potentiel créée entre lames consécutives sous-balais à un instant quelconque. Si cette d. de p. est inferieure à une valeur e, donnée expérimentale, les courants parasites seront négligeables et la machine commutera bien. L. Ghatzmulliïh.
- (1) Une telle manière de voir les choses m’a permis de dimensionner sans mécompte, et sans aucun renseignement préalable, des convertisseurs en cascade Leblanc-Arnold, des moteurs à courants alternatifs simples et polyphasés. En particulier, en 1904, j’ai établi un moteur triphasé série à collecteur Gorges de 3oo chevaux, à 25 périodes, à vitesse variable. Ne disposant pas à ce moment de l’énergie nécessaire pour l'aire les essais à pleine charge, j’ai eu recours au bienveillant appui de notre distingué collègue M. Mazen. Grâce il son intervention auprès des chemins de fer de l’Etat, j’ai pu expérimenter complètement " dans la sous-station électrique de la gare Saint-Lazare. Ce moteur a été mis en service aussitôt. Nous n’en avons eu aucune nouvelle depuis trois ans. Une telle réalisation n’a pas d’antériorité, je crois.
- Grâce encore aux mêmes manières de voir, en particulier, nous avons pu dimensionner sans aucune base de comparaison, il y a quelques années, des moteurs monophasés de 600 chevaux actionnant avec succès une locomotive.
- La même théorie m’a amené à la conception des avanceurs de phase dits Scherbius Hroivn-Boveri (Bulletin de janvier 1903), et à des réalisations.
- La nouvelle théorie de la commutation que nous proposons est due, pour la plus grande partie, aux moyens de travail que j’ai rencontrés dans mon passage aux ateliers Thomson-Houston, au cordial encouragement de MM. Rechniewski et Guiltan.Lel au ..bienveillant appui delà haute autorité de M. Thnrnaner.
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- APPAREILS DE DISTRIBUTION A ISOLEMENT ÉLEVÉ CONSTANT POUR INSTALLATIONS A COURANT FAIBLE
- La faible énergie, qui est nécessaire en général pour la commande des appareils à courant faible, fait qu’on est obligé de se montrer très exigeant pour l’isolement des lignes à courant faible, afin qu’il ne se perde pas une grande partie de l’énergie dans les fils d’amenée du courant et qu’il ne se produise pas de dérangement dans le service. C’est surtout depuis que le téléphone a commencé à prendre une extension considérable, et que les modes d’exploitation modernes, tels que le système à batterie centrale, sont appliqués, que le besoin d’un isolement aussi parfait que possible des lignes et réseaux se fait sentir de plus en plus.
- Dans beaucoup de cas, ce ne sont pas les conducteurs qui causent des difficultés d’isolement (lorsqu’ils sont posés sous forme de câbles, on obtient facilement des valeurs d’isolement de plusieurs milliers de még-ohms par kilomètre), mais les points de distribution qui, ne pouvant être évités, font descendre ces valeurs élevées jusqu’à des fractions de mégohm. Ceci provient surtout de ce que l’on est presque toujours obligé, dans les installations à courant faible, de placer dans un espace réduit un grand nombre de points de raccordement et qu’on ne dispose souvent pour les points de distribution que d’endroits très défavorables à cet égard, de caves humides, par exemple. Par conséquent, pour améliorer l’isolement des lignes, il faut chercher à améliorer l’isolement des appareils de distribution, en veillant tout particulièrement à ce que l’isolement dépende aussi peu que possible de l’air et des variations de température, ce qui permettra un service régulier, quelles que soient les influences atmosphériques en jeu.
- Afin d’étudier avec précision les propriétés des divers isolants au point de vue de leur utilisation dans ce genre d’installations, la maison Siemens et Halske a fait un très
- grand nombre d’expériences, dont les résultats sont résumés dans le tableau I ci-dessous.
- La sensibilité de l’instrument dont on s’est servi était de i°— i32 ooo mégohms.Les valeurs trouvées dépendent delà nature de la surface et des matières soumises aux essais; elles ne doivent donc être considérées que comme approximatives.
- Les résultats de ces expériences ont montré que toutes les matières isolantes employées jusqu’à présent pour les appareils distributeurs, dépendent à un très haut point des conditions atmosphériques et que, dans nombre de cas, elles ne peuvent, par conséquent être utilisées dans des endroits constamment humides ou sujets à des changements brusques de température, quand il s’agit d’installations à courant faibledegrand rendement. Les matières qui résistent très bien aux variations de température comme le bois de teck, se comportent très mal à l’air humide, tandis qu’avec d’autres, comme la porcelaine, qui donnent ensuite des résultats relativement bons, il se produit une très forte diminution du pouvoir isolant (malgré le très grand écartement des bornes) quand la température varie.
- Les distributeurs ordinaires utilisés jusqu’à ce jour suffisent sans aucun doute quand on les place dans des endroits absolument secs et, avant tout, qu’on les tient propres. Toutefois, comme l’humidité atmosphérique atteint quelquefois pendant.des jours entiers des valeurs élevées, même dans des endroits complètement secs et protégés, ces appareils y donnent aussi de mauvais résultats si l’on ne prend pas de mesures spéciales, consistant, par exemple, à chauffer pour les maintenir secs les endroits renfermant les distributeurs. Pour obtenir un bon résultat avec cette méthode, il est nécessaire de chauffer à des températures fort désagréables, surtout en été, sans compter que les frais d’entretien de l’installation sont sensi-
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- Tableau I
- ê
- Vaviations du pouvoir isolant de diverses matières isolantes avec Vhumidité atmosphérique.
- ÉCA.RTEMENT des «ORNES POUVOIR ISOLANT INITIAL A UN DEGRÉ HYGROMÉTRIQUE DE 25 % APRÈS UN SÉJOUR DANS L’AIR A UN DEGRÉ HYGROMÉTRIQUE I)E 3(1 % PENDANT APRÈS SÉCHAGE DANS L’AIR A UN DEGRÉ HYGROMÉTRIQUE DE 30 % PENDANT APRÈS SÉCHAGE COMPLET, PUIS REFROIDISSEMENT A — «00° G, MESURE
- 4o heures a5o heures 18 heures Go heures EFFECTUÉE A 20° G
- jq ' I. Bois de teck.. mm 5 8o ooo r» 1 120 34o r>3o
- II. Ardoise.?.;. 5 33 ooo 3 1 80 270 3o
- III. Marbre . . .. 5 i3a ooo i 0 ,002 0 ,01 0 ,2 10
- IV. Eshalite.... 5 l3'2 ooo aG 4 4 ooo \rj 000 2
- V. Fibre vu.lca-
- nisée 5 320 i5 2 8 18 5o
- VI. Porcelaine neuve 15 i32 ooo Go 20 13 2 ooo i3a ooo 1
- VII. Ebonite
- neuve, brute. . 5 i32 ooo 120 4<> i3a ooo i3a ooo 3oo
- VIII. Ë boni l e neuve, brute.. I L> i3a ooo I {)() r>o i32 ooo i32 ooo 600
- IX. Ebonite neuve, brunie. 5 i3‘2 ooo 5 ooo 3 ooo i3a ooo i3a 000 40 ooo
- X. Ebonite
- neuve, brunie. 15 I 32 ooo 67 ooo 5o ooo i3a ooo i3a 000 0 0 L"-»
- XL Ebonite de 4 ans, brunis-
- sage disparu.. 5 i32 ooo 90 3o i32 ooo M & O O 60
- XII. Plaque à
- bornes spéciales avec remplissage d’huile
- i3a ooo
- datant de 4 ans. 8 i32 ooo i3a ooo l32 ooo i32 ooo i3a ooo
- blementplus élevés par suite du personnel nécessité. A cela vient s’ajouter qu’il n’est pas toujours possible, ou qu’il est au moins souvent difficile, de trouver des endroits secs à l’intérieur des maisons pour y monter les appareils, et que l’on est très souvent obligé de placer les distributeurs en plein air ou dans des regards qui sont toujours plus ou moins humides.
- Un autre grave inconvénient de tous les isolants utilisés jusqu'à présent pour les installations à courant faible est que leur surface subit avec le temps des modifications, et que leur pouvoir isolant, bon au début, baisse peu à peu. De l’ébonite de bonne qualité et très bien brunie, suspendue en plein air et protégée contre la pluie, perd déjà son brunissage au bout de six mois au point de ne plus présenter de diffé-
- rence par rapport à de l’ébonite non polie. Les pièces en ébonite conservées dans une chambre à F abri de la lumière gardent leur polissage pendant des années ; mais si elles se trouvent près d’une fenêtre, elles perdent complètement leur polissage au bout de trois ou quatre ans, même si elles sont protégées contre les rayons du soleil, et elles dégagent une forte quantité de soufre, ce qui peut produire des pertes de courant, surtout dans de l’air humide. La ligne XI du tableau permet de se rendre compte combien les pouvoirs isolants ont baissé à mesure du vieillissement des isolants, en comparaison avec l’isolant correspondant neuf (ligne IX), bien que la surface ait été nettoyée soigneusement à l’essence avant les mesures. Pour obtenirdans les distributeurs des conditions d’isolement irréprochables, subsistant même
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- dans des conditions hygrométriques défavorables, il fallait donc s’engager dans des voies toutes nouvelles.
- La maison Siemens et Ilalske est parvenue à surmonter ces difficultés, grâce à l’application d’un nouveau principe et à une construction extrêmement soignée. Le principe utilisé est très simple; il repose sur l’expérience acquise dans la technique des courants intenses. L’huile y est, en effet, employée en grande proportion comme isolant, comme c’est le cas pour les interrupteurs à fort courant, les transformateurs, etc. On ne pouvait naturellement exiger de personne que les nombreuses connexions nécessaires dans la technique des courants faibles fussent exécutées dans l’huile ou que l’huile fût vidée et remplie pour chaque raccordement. D’autre part, comme, on s’était rendu compte, par les essais mentionnés ci-dessus, qu’il faut avant tout empêcher le passage du courant à la surface de l’isolant, on a pu se borner à entourer l’embase de chaque borne d’une mince couche d’huile, tout en laissant la pièce servant à la connexion dépasser le niveau de l’huile de quelques centimètres.
- Dans tous les appareils décrits ci-dessous, il s’agit toujours de dispositifs servant en même temps à l’obturation d’un câble ; on pouvait, par conséquent, protéger un des côtés de la planchette à bornes contre les influences atmosphériques au moyen d’une composition isolante et se contenter de l’agencement spécial pour l’autre côté.
- La figure i représente la vue, et la figure a la coupe d’une tête de câble munie d’une planchette à bornes de ce genre. Les bornes traversent une plaque en ébonite qui constitue le fond d’une auge métallique. L’ébo-nite est vulcanisée d’une manière étanche à l’huile sur le bord de l’auge métallique et autour des bornes, de sorte qu’on évite ainsi la nécessité d’employer des garnitures spéciales pour empêcher les fuites d’huile. Afin d’empêcher les gouttes d’eau, qui viendraient à traverser la couche d’huile, de nuire, le fond de l’auge est muni, à l’endroit le plus profond, d’une rainure circulaire dans laquelle peut se rassembler toute l’eau condensée. Le raccordement des conducteurs du câble se fait sur la face inférieure de la
- planchette à bornes; le montage fini, on coule de la composition isolante dans la tête de câble proprement dite, de façon que le dessous de la planchette et le bout de câble
- t'ig. i.
- divisé soient soustraits à l’action de l’humidité atmosphérique. La partie supérieure en forme d’auge de la planchette à bornes est
- remplie, sur quelques millimètres de hauteur,d’huile minérale et les lignes de jonction ] partantes sont raccordées aux pièces de
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- contact situées quelques centimètres au-dessus du niveau de l’huile.
- Comme il ressort de la ligne XII du tableau i, les têtes de câbles munies de ces planchettes à bornes sont complètement insensibles à l’humidité atmosphérique et aux variations de température; elles dénotent toujours des pouvoirs isolants excellents. Un point important et digne d’attention, est que la surface de ces planchettes à bornes spéciales peut toujours être maintenue d’une manière durable en excellent état, contrairement à celle de tous les autres isolants qui, nous l’avons déjà mentionne plus haut, perdent de leur pouvoir isolant avec le temps.
- Pour pouvoir tirer complètement parti des résultats favorables indiqués ci-dessus, il a naturellement fallu, comme c’est le cas pour tout dispositif nouveau, surmonter certaines difficultés provenant en partie de la disposition horizontale des planchettes à bornes, qui étaient d’ordinaire verticales jusqu’à présent; il importait avant tout de fabriquer des planchettes à bornes étanches à l’huile.
- Le choix d’une ébonite résistante à l’huile ne présenta aucune difficulté, étant donné l’expérience déjà acquise dans la technique des gros courants, et les températures considérées ne dépassant pas 5o° C. On est parvenu également, après avoir surmonté les difficultés du début, à assembler si intimement, par vulcanisation, les bornes et le bord métallique en forme d’auge avec l’ébonite, qu’il ne fut plus besoin d’une garniture quelconque. Pour plus de sûreté, on essaie chaque planchette à bornes séparément en sortant de la fabrication, afin que seules eelles qui sont irréprochables puissent quitter l’usine.
- On ne peut se servir d’une huile quelconque pour l’isolement des bases des bornes, car les huiles résineuses, par exemple, s’altèrent avec le temps et attaquent l’ébo-nite. 11 faut toujours se servir de bonne huile minérale purifiée; c’est pour cette raison que l’huile spéciale nécessaire est livrée avec chaque appareil.
- Il faut également choisir avec soin les fils de connexions, parce que des fils à isolement hygroscopique produisent facilement des
- pertes et nuisent au bon pouvoir isolant des planchettes à bornes spéciales. Les meilleurs fils de connexions sont ceux isolés au caoutchouc; mais ils doivent résister aussi à l’action de l’huile, car ils peuvent de temps en temps venir en contact avec elle pendant le montage. On ne peut éviter non plus qu’au cours des années,surtout après un été
- Fig. 3. .
- chaud ou si les appareils restent à demeure dans des endroits chauds, les parois extérieures des planchettes à bornes ne se recouvrent d’une buée mince d’huile, ce qui n’a d’ailleurs aucune action sur la qualité de l’isolement. Ce fait est d’ailleurs sans importance, car tout autre distributeur a également besoin d’entretien ; il suffit d’essuyer le distributeur une fois par
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- an avec un chiffon sec. On est parvenu récemment à diminuer sensiblement le lam-pement de l’huile au moyen d’un vernis spécial. En ce qui concerne l’encrassement, les nouveaux appareils sont moins sensibles que ceux employés jusqu'à présent, parce que les poussières ne peuvent produire de courts-circuits. On a pourtant muni tous les modèles de distributeurs d’un dispositif de protection de forme spéciale qui n’a pas besoin d’être étanche à l’air. Un certain nombre de distributeurs sont en service depuis trois ans et n’ont pas encore nécessité
- Postes, il est nécessaire que ces réseaux présentent de bonnes valeurs d’isolement ; aussi a-t-on construit dans ce but des appareils spéciaux.
- La figure 3 représente une boîte de dérivation pour câbles, dans laquelle un grand nombre de câbles peuvent être introduits et divisés. Les têtes de câble, dont les détails sont indiqués par les figures x et a, sont étagées, de sorte que tous les raccordements nécessaires peuvent être exécutés d’une manière facile et claire. On peut également appliquer cette disposition en étages
- Fig. 4.
- de nettoyage, jusqu’à présent. Les valeurs indiquées dans la deuxième colonne du tableau i ont été obtenues avec une des plus vieilles planchettes à bornes, dont l’huile avait été remplie quatre ans auparavant et était fortement souillée par de la poussière.
- Maintenant que nous avons exposé le principe des nouvelles planchettes à bornes, nous indiquerons divers appareils types qui en sont munis et à la construction desquels M. F. Doring a activement collaboré.
- En raison de l’extension courante des réseaux urbains des Administrations des
- aux grands distributeurs en forme de pupitre. La figure 4 représente une boite de dérivation de lignes.
- Jusqu’à présent, les points où les câbles viennent se raccorder aux lignes aériennes constituaient les sources d’ennuis les plus fréquentes ; on a construit pour ces points des appareils spéciaux basés sur le principe du raccordement hors de l’huile, qui ont donné de très bons résultats. Ces appareils renferment un certain nombre d’étages dépendant du nombre des conducteurs du câble introduit et comportant chacun une ou deux planchettes à bornes. Dans
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- chacune de celles-ci sont enfoncées io tiges plates qui portent chacune des jeux de ressorts servant à la fixation des cartouches de fusibles et des parafoudres. La forme de ces planchettes à bornes et leur isolement à l’huile sont semblables à ceux des planchettes à bornes pour distributeurs décrits plus haut.
- possible le montage sur pince et diminuer ainsi les risques d’erreurs, les fils de connexion pour les fusibles sont soudés en fabrique et que l’intérieur de l’appareil (fig. 6) est rempli aux ateliers de composition isolante. Sur place, il ne reste plus qu’à raccorder les conducteurs du câble aux fils sous caoutchouc qui dépassent d’une planchette numérotée. Ces appareils sont livrés suivant les besoins, soit seulement avec des fusibles ou des parafoudres à vide (fig. 6), soit
- Fig. 6.
- La figure !> représente la coupe d’un appareil renfermant des cartouches de fusibles à vide. On remarquera que, dans ces appareils aussi, le câble arrivant est introduit directement et que, pour simplifier autant que
- avec des parafoudres à vide et des fusibles, intercalés par devan t (fig. 7) dans le bas. Par suite du faible isolement des parafoudres à charbon qu’on emploie encore souvent aujourd’hui, ces appareils 11e sont pas livrés
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- avec des parafoudres.à charbon. Il est bon de ne pas se servir, pour le raccordement de la tête de câble du distributeur, aux. lignes aériennes, de câbles,sous caoutchouc; comme on l’a fait souvent,- niais d’entourer chaque fil,sous , caoutchouc d’une gaine, de plomb spéciale. On évite ainsi beaucoup de dérangements, car le fil de connexion est, entouré de plomb jusqu’à l’isolateur et il est ainsi très bien protégé contre la décomposition sous l’influence-de l’air. Le raccor-
- , qu!à présent sur des réseaux, les valeurs de l’isolement ont été sensiblement améliorées, et ces appareils ont donné d’excellents ré-I sultats pendant de longues années de ser-j vice. Grâce au raccordement surThuile, on i est maintenant.en état d’obtenir, même dans les endroits de distribution humides, des j des isolements bons et durables ;• ce point présente une très grande importance pour la technique des courants faibles.
- En résumé, après avoir démontré, avec
- Fig.
- Fig. 8.
- dénient de ces câbles de connexion à un conducteur sous plomb et la conduite des câbles aux isolateurs sont représentés figure 8.
- Les appareils décrits ci-dessus ne représentent qu’une faible partie des appareils nécessaires dans les-installations à courant laible et construits par la maison Siemens etlfalske; une série d’autres appareils est également en construction et d’autres sont a 1 éludé. Dans tous les cas où ces appareils distributeurs ont été utilisés jus-
- exemples à l’appui, que les matières isolantes utilisées jusqu’à présent conviennent mal pour les appareils de distribution à courant faible, quand les conditions atmosphériques sont défavorables, nous indiquons un nouveau principe de connexion sur l’huile indépendant de toutes les influences atmosphériques et assurant un bon isolement ; nous montrons ensuite l’application de ce principe à des appareils qui ont fait leurs preuves.
- A. Eiselinc et R. Deiuel.
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- ..... j • . . '
- EXTRAITS DÈS PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- La sécurité de fonctionnement des intei'rup-teurs à huile. — M. Vogelsang. — Elektrotcch-nische Zeitschrift, 2 janvier 1913.
- L’auteur public les résultats d’essais de court-circuit effectués sur un interrupteur tripolaire à huile. Cet interrupteur est établi pour une tension de 10 à 20000 volts d’une intensité de 200 ampères; la hau-
- On a effectue un premier essai en provoquant un ; court-circuit sur une ligne reliée, à un alternateur triphasé de 4620 chevaux, lequel ne débitait que dans cette ligne. Le court-circuit fut obtenu en faisant tomber brusquement une barre- de fer sur les trois iils de la ligne. L’interrupteur à huile déclencha aussitôt; on remarqua seulement qu’il s’échappait un peu de fumée et que quelques bavures s’étalent formées sur les couteaux et sur les contacts fixes: toutefois les surfaces de contact n’avaient pas été endommagées et la manœuvre de rinicrrupteurétait aussi facile après cet essai qu’auparavant.
- On mit ensuite en parallèle 5 alterna-
- is- 1.
- leur des porcelaines est de 180 millimètres et la tension disruptive de 70000 volts; l'appareil est pourvu d’un dispositif d’enclenchement et de déclenchement automatique par courant continu. La figure 1 représente les principales dispositions de cet interrupteur, lequel contient 186 kilogrammes d’huile.
- teurs, d’une puissance individuelle de 4 620 chevaux; la puissance totale ainsi disponible était donc de 23 100 chevaux, dont i3 000 kilowatts constituaient la charge du réseau avec lequel la ligne spéciale d’essai était montée en parallèle.
- La tension avait une valeur constante de 12 000 volts à 25 périodes. Lorsque les 5 alternateurs furent, mis brusquement, en court-circuit, l’interrupteur déclencha immédiatement et sans provoquer de perturbation dans les autres parties de l’installation. A l’endroit où se produisit le court-circuit, on observa la formation d’un arc en forme de.boule de 1 m. 5o de diamètre environ. Après le court-circuit, la barre de fer était soudée avec les 3 conducteurs de 110 millimètres carrés de section; le câble lui-même était brûlé sur une grande partie de sa longueur. En ce qui concerne l’interrupteur, on remarqua, lors du déclenchement, une secousse assez violente; il est vrai que cet appareil reposait simplement sur le sol. Une certaine quantité d’huile s’échappa par l’ouverture de remplissage, ainsi qu’entre le couvercle et le récipient; on ne constata toutefois aucune différence appréciable dans le niveau de l’huile à l’intérieur de l’appareil ; cette huile qui était, avant les essais, claire et limpide, était devenue, après le second oourd-circuit, noire et opaque. On ne remarquait extérieurement
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- sur l’interrupteur ni détérioration, ni modification.
- Les surfaces de contact des couteaux et des mâchoires étaient restées parfaitement lisses ; à la partie supérieure des couteaux et sur les mâchoires apparaissaient des bavures, mais les contacts ne subirent néanmoins aucune déformation. Les diagrammes, relevés sur les appareils enregistreurs, montrèrent que la tension à la station centrale tomba à 7 5oo volts au moment du court-circuit. Ce dernier ne provoqua toutefois aucune perturbation de service.
- L’auteur a déduit des résultats de ces essais quelques considérations sur les conditions que doivent remplir les interrupteurs à huile pour que leur bon fonctionnement soit assuré. Ces conditions peuvent se résumer ainsi : dimensions de l’appareil largement prévues, distance suffisante entre les phases, quantité d’huile suffisante, longue course des pièces destinées à assurer la rupture et surtout rupture rapide. Cette dernière condition rend les interrupteurs à couteaux préférables aux interrupteurs à balais. En effet, avec les interrupteurs à couteaux, ces derniers ont déjà parcouru un certain chemin avant de se séparer des mâchoires de contact fixes qui les enserrent ; il en résulte qu’au moment de la rupture les couteaux sont déjà animés d’une certaine vitesse; la rupture est donc plus brusque qu’avec les interrupteurs à balais. Il est recommandable de prévoir les contacts pour une intensité de 200 ampères au maximum, ce que d’ailleurs une expérience de plusieurs années a montré parfaitement suffisant. En effet, avec des pièces de contact trop lourdes, la rupture peut être trop lente. Enfin, il faut prescrire au personnel de veiller soigneusement à l’entretien des interrupteurs à huile, et un dégagement de fumée ou une projection d’huile indiquant qu’il s’agit d’un court-circuit franc, de les visiter chaque fois qu’ils ont déclanché automatiquement. L’observation de cette dernière recommandation et une bonne construction de l’appareil permettent d’en garantir le fonctionnement irréprochable.
- M. K.
- Le but des appareils pour améliorer le Facteur de puissance des distributions à courant alternatif. —Electrical Review, 24 et 3i janvier igi3.
- Résumé do la communication faite à Loudres, le 9 janvier 1 g 13, à Y institution of Electrical Engineers, par le professeur Miles Walker et de la discussion de Birmingham.
- Le professeur Walker définit d’abord les différents facteurs entrant dans la détermination de la puis-
- sance magnétisante d’une machine génératrice. Cette puissance correspond à la composante déwattée nécessaire pour engendrer le flux dans tous les alter-nofluxeurs de la distribution. Cette composante est d’autant plus grande que la fréquence est plus élevée. Ainsi, si tout le flux peut être produit par un con-tinufluxeur comme dans un moteur synchrone, la fréquence du courant étant nulle, il n’y a aucune composante déwattée. D’autre part, en fournissant plus de courant continu qu’il est nécessaire pour produire le champ magnétique dans une machine, il est possible de créer un décalage en avant du courant qui pourra compenser un décalage en arrière introduit en un autre point de la distribution. L’excitation d’un alternateur a donc deux fonctions :
- i° Produire le champ magnétique qui doit donner naissance à la force électromotrice dans l’alternateur lui-même ;
- i° Fournir une force magnétomotrice additionnelle au moyen d’un courant déwatté et communiquée à toutes les machines du système qui n’auraient pas le courant continu nécessaire à leur excitation.
- De ces considérations préalables sur le jeu des puissances magnétisantes, l’auteur arrive à la nécessité de réduire la composante déwattée. Il fait remarquer que, ne pouvant supprimer la cause qui l’engendre, on ne peut être amené à annuler les effets qu’en produisant les champs magnétiques par des moyens indépendants. Si le courant magnétisant d’un moteur d’induction peut être fourni à la fréquence de glissement (1 période par seconde)'au lieu de la fréquence de distribution (5o périodes par seconde), la puissance magnétisante K. V. A. se trouve notablement réduite.
- Revenant à l’idée émise par M. Leblanc en 1906 sur l’emploi d’excitatrices spéciales pour fournir le courant magnétisant aux générateurs et aux rotors des moteurs d’induction, l’auteur objecte que le principal reproche qu’on peut faire à cette méthode, est d’exiger deux ou trois excitatrices dont le coût peut devenir excessif avec les forts courants distribués. Après avoir décrit la nouvelle excitatrice de M. Leblanc, il fait remarquer que son grand avantage est que l’excitation est fournie par les courants de l’armature eux-mêmes qui y produisent un flux donnant naissance à une force électromotrice exactement en quadrature avec le courant du circuit. Il ajoute enfin que le collecteur d’une telle excitatrice peut malheureusement atteindre des dimensions exagérées, si l’on considère les forts courants qui
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- circulent dans le rotor des moteurs d’induction de grande puissance (i ooo IIP).
- M. A. Scherbius dans une récente communication (*) a décrit un type de son déphaseur construit par MM. Brown, Boveri et C° (fig. 3) capable de ramener à l’unité le facteur de puissance d'un moteur de 6oo HII. Les dimensions d'encombrement de son socle étaient de o m. 127 X o, 559 X o,535 et son poids de 280 kilogrammes. Les courbes de cos <p d'un àutre moteur de 400 HP, 32 périodes, 160 tours par minute avec et sans déphaseur sont données par la figure 1.
- 0 40 30 120 160 200 240 280 32o 360 400 HP
- Fig. 1. — Courbe du facteur de puissance d’un moteur de > 4oo chevaux. — À, sans déphaseur en avant; B, avec déphaseur en avant dans le circuit.
- Il est h noter que la principale raison pour laquelle le déphaseur est susceptible d’un grand succès est que la puissance qu'il absorbe est très faible comparativement à la charge déwattée qu’il peut influencer, lorsqu’il est employé avec un moteur d’induction d'une puissance convenable. Un appareil de 3o KVA est capable de porter le facteur de puissance d’un moteur de 1 3oo KVA de o, 88 correspondant à un décalage arrière, à 0,95 correspondant à un décalage avant sur le premier.
- Le professeur Walker fait remarquer que l'anneau entourant l'armature de l'appareil Leblanc n’est pas réellement indispensable. Il a néanmoins l'avantage de réduire la réluctance du circuit magnétique lorsque l'armature est à rainures et, en fixant la position du champ indépendamment des courants dans cette dernière, il permet d’obtenir une commutation tout à fait satisfaisante. Une excitatrice sans anneau ex-térieura été construite par MM. Brown, Boveri et G°.
- L’armature peut être enroulée indifféremment en étoile ou en triangle; le premier enroulement convient quand le courant est intense et le voltage faible (i5 volts au maximum), le second convient mieux dans le cas inverse.
- Le déphaseur s’adapte mal aux moteurs d'induc-
- tion à démarrages fréquents et»à sens de rotation variable.
- Proposons-nous d'adapter un déphaseur à un moteur d'induction de 800 IIP faisant partie d'un groupe moteur-générateur. Il est nécessaire de nous demander si l’enroulement secondaire du moteur aboutit à des bagues munies de frotteurs, et, dans ce cas, de s'assurer si ces frotteurs pourront laisser passer normalement le courant de pleine charge. Avec un fort courant et un faible voltage, le déphaseur coûte plus cher qu’avec un faible courant et un haut voltage. Supposons le rotor du moteur triphasé et enroulé en étoile avec une tension de 800 volts par phase. Le courant watté sera environ de 255 ampères et pourra être recueilli sur un collecteur relativement petit. Pour trouver le courant rotorique nécessaire à faire fonctionner le moteur avec un décalage en avant sur le premier de cos <p = 0,95, on procède comme suit :
- Traçons une verticale représentant 255 ampères,
- Courant déwattè en avant < <90 2/?^ ^ J 2c^
- Fig. 2. — Construction donnant le courant rotorique nécessaire pour produire une avance de phase donnée.
- Le facteur de puissance d’un moteur de 800 IIP, 5o périodes, 490 tours par minute serait d'environ 0,88, de sorte que sans déphaseur on aurait une composante déwattée égale à 47 % du courant watté. Si le déphaseur agit de façon que le rotor débite un courant décalé en avant de même valeur (c'cst-à-dire 120 ampères), le facteur de puissance aux extrémités du stator serait sensiblement égal à l’unité. Si maintenant on désire avoir le facteur de puissance, à ces memes extrémités de 0,95, correspondant à un décalage en avant du courant sur sa direction primitive, on devra fournir au rotor un courant déwatté supplé-
- ai Lumière Electrique, 22 février 1918, p. 240.
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- mentaire de 3i % du courant watté, soit un courant déwatté total de 200 ampères. La somme géométrique de a55 ampères wattés et 200 ampères déwattés donnera le courant par phase débité par le rotor dans ces conditions, soit 324 ampères; c'est ce dernier courant qui devra servir de base au calcul du déphaseur. Si le rotor avait 400 volts par phase, on aurait un courant total de 65o ampères, ce qui augmenterait sensiblement la dépense.
- Quel voltage devra maintenant produire ce déphaseur ?
- L’armature devra être enroulée en triangle, de
- Fig. 3. — Construction donnant le voltage que doit produire le déphaseur.
- sorte que la tension triangulaire ou celle donnée entre deux bagues est la plus commode à considérer. Si le glissement normal du moteur à pleine charge
- est de — % , la force électromotrice dans la phase
- /,5
- À, par exemple (fig. 4), engendrée par le glissement sera de 20 volts, mesurée entre les bagues.
- Portons en OEa cette force électromotrice (lig. 3). La figure 2 nous a donné l’angle d’avance que devra avoir le courant sur sa tension, ce qui nous permet de tracer la ligne O a du courant dans la phase A. De meme O b et Oc* représentent le courant dans les phases B et G. Nous admettrons une chute de tension dans les balais et dans l’enroulement de 6 volts environ, que nous représenterons en EftR en phase avec O a. Admettons en première approxi-
- mation 5 volts pour la chute de tension due à la réactance des bobines du stator, qui sera représentée en RX. Il n’y a pas de réactance dans l’armature, parce que le champ dans cette dernière est annulé par un enroulement compensateur. Nous voyons que si nous ajoutons un voltage XV parallèle à ba} nous obtenons une résultante OV en phase avec O a. Le voltage que devra produire le déphaseur sera donc XV, soit 33 volts à l’échelle. Remarquons que la projection de OV sur la verticale donne OVr>OE«. Si OV,. est supérieur au voltage nécessaire pour faire circuler le courant dans le circuit du rotor, le seul effet sera que le glissement du rotor diminuera jusqu’à ce qu’on obtienne le courant watté nécessaire a la charge. Si OV,. 11’était pas suffisant pour fournir le courant watté, le glissement croîtrait.
- Le figure (3) montre qu'avec 33 volts produits par le déphaseur, le glissement serait légèrement
- Fig. 4. — Schéma des connexions.
- Enroulement en triangle de l’armature du déphaseur : a,/;,c; connexions du stator P, Q, R, et enroulement en triangle du rotor A, B, C, du moteur d'induction.
- diminué. Nous arrivons ainsi aux constantes suivantes du déphaseur : 33 volts et 334 ampères par phase.
- Résumé de la discussion de MM. Wall et Schearing.
- Le Dr T.-F. Wall a expliqué le fonctionnement de l’appareil Scherbius de la façon suivante : Il l'a représenté comme l’indique la figure 1 dans laquelle a est un anneau de fer pourvu de trous et portant un enroulement semblable à celui d’un induit de machine à courant continu. (En pratiqueTenroulementest en tambour). L’anneau et le collecteur sont fixés sur un arbre qui peut être entraîné. Les balais au nombre
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- de trois sont décalés de 1200 et reçoivent le courant des trois phases du rotor d’un moteur d’induction. Au repos, l’anneau agit comme une simple bobine de réactance triphasée. Les courants produisent un champ tournant F de 'pulsation à* correspondant à la fréquence des courants fournis aux balais.
- La force électromotrice E à ces balais et le courant I fourni peuvent être représentés par la figure 2, dans laquelle RI est la composante ohmique et XI la composante de la force électromotrice produite par le champ tournant, c’est-à-dire la force électromotrice de self-induction.
- Supposons l’appareil entraîné dans le sens du champ tournant: la pulsation de F est indépendante de la vitesse de rotation de l’anneau, puisque les points d’alimentation de l'enroulement restent lixes
- Fig. 1 à 4.
- dans l’espace. Il s’en suit que, lorsque l’anneau est entraîné à la vitesse « tours par seconde dans la même direction que F, la vitesse relative du champ F est nulle, ainsique la force électromotrice de self-induction. Les vecteurs E et ï sont dans ce cas représentés par la figure 3, c’est-à-dire que le courant est en phase avec la force électromotrice. Si l’anneau est entraîné à une vitesse supérieure à s, la composante XI de la figure 2 change de signe et le diagramme prend la forme de la figure 4, c’est-à-dire que le courant est en avance de phase sur la force électromotrice.
- On peut régler l’angle d’avance en agissant sur la vitesse d’entraînement de l’anneau.
- M. G. Shearing a donné les résultats des essais faits sur un moteur d’induction triphasé système Scherbius de af> chevaux, 5o volts et 4^o tours par minute, dont la vitesse de synchronisme étaitde 1000 tours par minute. Le déphaseur était monté en bout d’arbre du rotor et constitué par une cornmutatrice triphasée dépourvue de conlinufluxeur. Le flux d’excitation était emprunté à l’armature elle-même. Les extrémités du stator étaient connectées aux trois bagues de la cornmutatrice. De cette façon, la force électromotrice en avance de phase nécessaire était induite dans l’enroulement secondaire. Les essais ont été faits à 5of> volts et 4bo volts, dont deux à 5o5 volts avec et sans déphaseur et deux à 4Go volts dans les mêmes conditions. La relation entre le facteur de puissance et les kilowatts absorbés était donnée par les courbes de la figure 5.
- Les résultats des essais étaient favorables à l’emploi des déphaseurs.
- Le moteur était très léger eu égard à sa puissance : son poids net était de 298 kilogrammes, soit 14,5 kg par cheval, pour la charge évaluée. On a déduit
- 6 8 10 12 14 16 18
- Kilowatts absorbes Fig. 5.
- des caractérisques que le poids était de 14 à i5 kilogrammes par cheval pour un moteur sensiblement de même puissance et vitesse, mais non pourvu de déphaseur. Le facteur de puissance dans ce cas variait de 86 à 88 % .Ainsi, l’augmentation de poids due à l’appareil était compensée par la diminution de poids du moteur résultant de l’emploi du déphaseur. Il est à remarquer que sans déphaseur pour assurer un bon facteur de puissance, l’entrefer serait très petit. L’emploi du déphaseur, au contraire, ne nécessite pas un pareil entrefer et les difficultés mécaniques qu’entraîne ce dernier disparaissent ipso facto.
- A. Gavand.
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- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- L’occupation concurrente de la voie publique par les entreprises d’éclairage.
- C’est un sentiment assez répandu dans le public que dans leur aménagement en vue de satisfaire aux besoins nouveaux de confort, et notamment dans la transformation de leurs services d’éclairage public et privé, les villes françaises ne semblent pas avoir utilisé les découvertes et les procédés modernes aussi rapidement que le leur auraient permis les progrès de l’industrie.
- Les causes n’en sont pas attribuables à la léthargie où l’on se complaît de croire endormie l’initiative de nos municipalités.
- L’examen des décisions de jurisprudence relatives aux conflits entre entrepreneurs et communes nous montre au contraire que celles-ci essayèrent souvent de substituer à l’éclairage au gaz ou tout au moins d’établir à côté de lui l’éclairage électrique.
- M.Remaury, dans son ouvrage(') nous invite à suivre l’histoire de cette jurisprudence, et. nous fait assister à l’élaboration du droit de l’éclairage et du statut des entreprises qui ont en vue sa distribution.
- Pour placer les canalisations nécessaires à la distribution de l’éclairage aux divers quartiers d’une ville et pour le fournir à la consommation des habitants, l’entrepreneur doit nécessairement emprunter la voie publique. 11 ne le peut faire qu’en vertu d’une autorisation que lui accorde l’autorité sous la police de laquelle se trouvent les voies suivies. Cette autorisation sera— en principe— contenue dans un traité de concession, véritable contrat synallagmatique qui, en échange du privilège accordé à l’entrepreneur d’occuper, à l’exclusion de tout autre, le domaine public à l'effet d’y placer ses canalisations, fixe la durée de cette occupation, règle les conditions de l’exploitation, stipule au profit de la commune certains avantages, et fixe (*)
- (*) sA. Remaurv, docteur en droit, avocat à la Cour d’appel deToulouse.—Canalisations d’Eclairage. — i vol. in-8°, Dunod et Pinat, éditeurs, Paris. — Prix: 6 francs.
- en faveur des habitants, futurs consommateurs, un tarif maximum.
- De son côté, la commune s’interdit d’accorder une autre concession à une entreprise similaire susceptible de faire au concessionnaire une concurrence dont l’intention des parties est précisément d’écarter la possibilité,
- Mais, à côté de la concession, existe un autre mode d’occupation du domaine public : la permission de voirie accordée par le préfet pour la grande voirie et pour la petite par le maire, sous la forme d’un arrêté réglementaire, acte unilalé. ral, essentiellement révocable, qui ne confère au permissionnaire aucun droit proprement dit, mais tolère à son profit une situation précaire.
- Lorsque l’usage de l’éclairage électrique commença à se répandre, les communes qui s’étaient liées par des concessions avec des compagnies gazières pensèrent trouver dans l’octroi de permissions de voirie le moyen, sans violerl’engage-ment souscrit par elles de n’accorder aucune concession concurrente, d’introduire sur leur territoire le nouveau procédé d’éclairage.
- Ou bien la nouvelle Société d’éclairage électrique, profitant de ce que les routes èt les chemins de grande communication relèvent exclusivement de l'autorité préfectorale même dans la traversée des communes, sollicitèrent du préfet l’autorisation d’établir leurs canalisations sur le domaine de la grande voirie, et, grâce à cette permission légale, distribuèrent la lumière dans les quartiers des villes que traversaient’les grandes voies publiques.
- Victimes d’une concurrence qui troublait profondément leur exploitation, les compagnies gazières saisirent le Conseil d’Etat de nombreux recours tendant soit à l’allocation de dommages-intérêts, soit à l’annulation des permissions accordées.
- La rigueur des principes juridiques en jeu semblait faire prévoir leur insuccès.
- La permission de voirie ayant le caractère d’arrêté réglementaire, relevant du pouvoir discrétionnaire d’un agent d’autorité, maire ou préfet, qui exerce en l’accordant des attributions de
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- police, ne semblait pas de nature à engager la responsabilité des communes.
- D’autre part,la permission, bien qu’essentielle-ment révocable, n'était, comme tout arrêté réglementaire, susceptible de retrait que pour des raisons d’ordre général, et ne pouvait être retirée par le motif que les finances communales pouvaient être atteintes par une condamnation éventuelle au profit d'un concessionnaire lésé.
- Les communes semblaient donc à l’abri de toute responsabilité, et les permissionnaires nouveaux n’avaient, semble-t-il, rien à craindre.
- La théorie imaginée par le Conseil d'Etat déjoua ces calculs.
- Il vit, dans la permission de voirie, le mode d'accomplissement par le maire d’un véritable acte de gestion, engageant la responsabilité communale.
- Le maire, saisi d’une demande d'occupation de la voie publique,l’examine au double point de vue auquel il a le devoir de se placer : celui de la conservation des voies publiques communales et celui de la bonne gestion des service communaux.
- En accordant la permission sollicitée, le maire agit donc à la fois comme gardien du domaine public soumis à sa compétence et comme représentant des intérêts communaux, et, cette dernière qualité devant primer la première, il doit être considéré comme ayant fait un acte de gestion pour le compte de la commune.
- Par cette autorisation pure et simple (l'acte réglementaire rie pouvant contenir de stipulation de tarif) le maire risque de laisser le public à la merci de l’entrepreneur qui en bénéficie, ou de paralyser l’action d’une autre entreprise susceptible d’assurer le service public de l’éclairage au moyen d’un véritable traité de concession établi dans l’intérêt du groupement communal.
- De cette théorie de l’acte de gestion, le Conseil d’Etat a tiré comme conséquences :
- i° Que la responsabilité de la commune était engagée toutes les fois que la permission de voirie — accordée soit par le maire, soit par le préfet après avis favorable du maire et du conseil municipal — portait atteinte au privilège établi au profit d’un concessionnaire antérieur;
- 2° Que la responsabilité de la commune étant ainsi engagée, les permissions de voirie pouvaient être retirées par l’autorité qui les avait délivrées, non pas seulement pour un motif d’intérêt général, mais encore dans l'intérêt de
- la commune à ne pas rester exposée à une condamnation pécuniaire ;
- 3° Que les permissions de voirie, exposant ainsi la commune à une responsabilité éventuelle, pouvaient être assorties d’une stipulation de garantie imposée au permissionnaire;
- 4° Qu'en vue de limiter la responsabilité communale, le maire pouvait retirer la permission de voirie sans attendre qu’aucune condamnation ait été prononcée à l’encontre de la commune.
- Cette jurisprudence était d’autantplus logique que le Conseil d’Etat, interprète des traités de concession, entendait le privilège qui y était concédé en termes généraux à l'entrepreneur d’éclairage dans le sens d’un véritable monopole s’appliquant, d’une part, à tous les procédés d’éclairage (gaz et électricité), et d’autre part à l’éclairage public aussi bien qu'à l'éclairage des particuliers.
- Les permissions de voirie, accordées aux sociétés nouvelles d’électricité portaient donc nécessairement atteinte au monopole des compagnies gazières.
- Mais en même temps qu’il posait le principe du monopole comme une règle absolue des traités de concession, le [Conseil d’Etat le transformait en un simple droit au profit du concessionnaire d’établir, par préférence à tous autres, le nouveau système d’éclairage si la commune, désireuse d'y recourir, le mettait en demeure de l’installer. Droit de'préférence, susceptible d’ailleurs d’être résolu si le concessionnaire refusait de satisfaire à la demande de la commune.
- La logique de ce système devait amener et amena en effet le Conseil d’Etat à reconnaître aux communes le droit d’accorder des autorisations nouvelles d’occupation du domaine public, après une mise en demeu're de nature à assurer le maintien du privilège des premiers concessionnaires dans le cas où ils y déféreraient.
- Désormais, la nécessité de la mise en demeure devient la règle à observer parla commune avant d’introduire sur la voie publique un nouveau procédé d’éclairage. Règle générale applicable même au cas où les traités de concessions ne prévoieraient la découverte d’aucun nouveau procédé — règle qui n’est écartée que dans le cas, assez rare, où le traité de concession subordonne expressémentl’établissscment du nouveau mode d’éclairage à l’assentiment formel du concession-
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- Par sa jurisprudence, le Conseil d’Etat aboutissait donc à ramener la pratique à l’observation des principes dont elle s’était d’abord écartée.
- L’usage du domaine public peut être en effet assuré à plusieurs bénéficiaires sans que cette coexistence nuise aux uns et aux autres, à la condition que soit observée la distinction bien nette entre les entreprises d’intérêt particulier qui peuvent bénéficier d’une permission de voirie (hypothèse d’un industriel empruntant la voie publique pour amener l’électricité du lieu où il la produit au lieu où il la consomme lui-même et pour ses propres besoins) et les entreprises d’intérêt commercial qui ne peuvent occuper la voie publique qu’en vertu d’une concession.
- Concurremment avec le Conseil d’Etat, le gouvernement, par une circulaire, rappelait aux autorités ayant qualité pour délivrer les autorisations de voirie que la concession était le régime normal des entreprises de distribution d’électricité.
- « Il ne suffit pas, disait la circulaire du « i5 août 189'ï, d’une simple permission de voi-« rie qui ne pourrait régler que les conditions « de l’occupation du domaine public, abstraction « faite de l’exploitation des ouvrages autorisés. « L’autorisation doit être demandée par un acte « de concession qui réglemente cette exploita-cc tion et en fixe le tarif maximum. »
- En présence de ce double effort des circulaires ministérielles et de la jurisprudence du Conseil d’Etat, il semblait que la loi nouvelle dont on attendait qu’elle fixât la charte des entreprises de distribution d’énergie électrique, dût imposer à celles-ci l’obligation de recourir à la concession et reconnaître enéchangéleur monopole. Juste retour des choses : après avoir créé le principal obstacle à leur établissement, la théorie de la concession-monopole allait devenir la sauvegarde des entreprises d’éclairage électrique et les soustraire à l’effet de la concurrence !
- Un projet primitif rapporté par M. Berthelot contenait en effet le principe que : « l’autorité « compétente pour autoriser l’occupation de la « voie publique peut se refuser à délivrer la perte mission de voirie et subordonner cette occupe pation à une concession avec cahier des charte ges-type et tarif maximum. »
- Dans les remaniements et les modifications dont il fut l’objet, ce projet fut transformé au
- point que la loi qui sortit des délibérations des Chambres consacra un principe absolument contraire à celui qui avait guidé la jurisprudence et inspiré les circulaires gouvernementales.
- A la théorie de la concession-monopole, la loi du
- juin 1906 substituait la théorie de la libre concurrence.
- C’est en effet ce qui résultait des articles 3, 5 et 8 :
- Aut. 3. — « Une distribution d’énergie élec-« trique empruntant sur tout ou partie de son « parcours les voies publiques peut être ex-« ploitée, soiten vertu de permissions de voirie... « soit en vertu de concessions d’une durée déter-« minée... »
- Art. 5. — « Aucune permission de voirie ne « peut faire obstacle à ce qu’il soit accordé, sur « les mêmes voies, des permissions ou conces-« sions concurrentes... »
- Art. 8. — « Aucune concession ne peut faire « obstacle à ce qu’il soit accordé des permissions « de voirie ou une concession à une entreprise « concurrente sous la réserve que celle-ci n’aura « pas de conditions plus avantageuses... »
- Toutefois le législateur n’a pas voulu aller jusqu’à ce qui eût été la conséquence logique du principe de la libre concurrence et il a admis la possibilité, pour les communes, de créer un monopole au profit du concessionnaire de l’éclai-rage public.
- Mais il résulte du principe d’égalité et de libre concurrence qu’une commune 11e pourra jamais instituer ce privilège au profit d’un nouveau concessionnaire. Cette . faculté ne peut s’exercer que dans l’hypothèse où la commune, mise pour la première fois en présence d’un concessionnaire, discute avec lui des conditions du traité et lui consent un monopole.
- Au reste, la loi nouvelle réservait au gouvernement le soin de déterminer, par des règlements d’administration publique « toutes les mesures nécessaires » à son application.
- Le gouvernement en a profité pour revenir à la théorie de la concession-monopole qui avait été celle de ses circulaires et que la loi avait méconnue. Il y est arrivé pratiquement d’abord en ordonnant la centralisation des demandes de permissions de voirie entre les mains des préfets qui les instruisent, en imposant ensuite aux maires des communes où doit être distribuée la lumière l’obligation de provoquer l’avis du
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- conseil municipal, en organisant une procédure d'enquête à laquelle les concessionnaires antérieurs sont appelés à faire valoir leurs droits et leurs intérêts et enfin en recommandant aux préfets de refuser d’approuver les délibérations municipales qui autorisent par simples permissions de voirie les entreprises de distribution de lumière dans la commune.
- Telle est actuellement la procédure suivie.
- M. Remaury, après en avoir expliqué le détail et exposé les sanctions qui lui paraissent en assurer l’observation, termine son ouvrage par l’examen des divers litiges qui peuvent mettre aux prises, dans la pratique, concessionnaires, permissionnaires et communes.
- Il fait à chacune de ces hypothèses l’application des principes qu’il a déduits de l’examen des textes et de la jurisprudence et la dernière partie de son livre judicieux offre ainsi l’intérêt vivant
- d’un véritable code manuel des distributions d’éclairage.
- Nous ne saurions mieux faire que de nous associer* au vœu qu’il forme dans sa conclusion, qu’une loi, bien étudiée, vienne enfin mettre d’accord les intérêts des entrepreneurs d’éclairage et ceux des communes, en réservant la permission de voirie aux entreprises d’ordre exclusivement privé, et en précisant que le monopole conféré par la concession aux entreprises commerciales d’éclairage, ne leur assure qu’un simple droit de préférence pour l’établissement des procédés nouveaux qui viendraient à être découverts.
- La loi serait ainsi l’aboutissement logique d’une jurisprudence conforme à la fois aux principes du droit et aux exigences du progrès!
- Léonard Péjoine,
- Avocat t\ la Cour d'Appei de Paris.
- BREVETS
- Dispositif de freinage avec récupération d’énergie au moyen des moteurs monophasés à collecteur à caractéristique série. —M. Louis Gratzmuller. — N° 4^8 907. Demandé le i«p octobre 1912. Publié le i3 février 1913.
- Un moteur monophasé à collecteur à caractéristique série du type usuel, supposé bipolaire, com-porte essentiellement (fig. 1) un enroulement inducteur, disposé sur le stator, en série au moyen de deux balais avec un rotor à collecteur bobiné comme un circuit à courant continu, et, en outre, sur le stator, un bobinage, dont l’axe du flux coïncide avec l’axe du flux du rotor. Ce dernier bobinage, dit « enroulement de compensation », peut être en série avec le rotor ou en court-circuit, ou encore alimenté en dérivation sous une certaine différence de potentiel alternative, de phase convenable.
- Différentes variantes se ramènent à ce type.
- Un tel moteur, alimenté par un courant alternatif, tend à tourner dans un sens déterminé, en produisant de la puissance mécanique sur l’arbre. Si l’on inverse les connexions d’entrée et de sortie du courant, soit à l’inducteur, soit au rotor, il tend à tourner en sens inverse. Si alors, par un moyen quelconque, on maintient le premier sens de rotation,
- il faut fournir de la puissance mécanique sur l'arbre* et on peut recueillir de la puissance électrique aux bornes d’alimentation du moteur. On a donc affaire à une génératrice. Mais si le moteur est connecté soit à un réseau, soit à un alternateur, par l’intermédiaire ou non d’un transformateur, le moteur s’amorce également en génératrice «à courant continu
- Fig. 1.
- débitant sur la source. Pour éviter cet amorçage, il suffit de couper la liaison entre le rotor et les inducteurs par un transformateur, en profitant de ce fait qu’une partie quelconque d’un circuit à courants
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXI (2e Série), w*IMt2.
- alternatifs peut être alimentée par le secondaire d’un transformateur dont le primaire est dans le circuit. Mais il se produit alors un autre phénomène. La machine peut s’amorcer et un courant de basse fréquence peut se superposer au courant de la fréquence du réseau ou de la source.
- Le dispositif de M. Gratzmuller consiste, dans le cas où le rotor et l’inducteur directement en série du moteur ci-dessus, dit moteur principal, sont reliés à la source d’alimentation directement ou par l’intermédiaire d’un transformateur, à intercaler un moteur spécial, que l’on dénomme moteur auxiliaire, connecté en série, tournant par un moyen auxiliaire quelconque et ne pouvant développer qu’une force contre-électromotrice continue. Pour cela, les inducteurs sont munis d’amortisseurs, c’est-à-dire que sur le circuit magnétique du flux inducteur, on dispose un enroulement en court-circuit supprimant le flux alternatif. Ce moteur connecté en moteur ne peut s’amorcer en génératrice, et il suffît qu’un courant continu, traversant le moteur principal et le moteur auxiliaire, développe, dans le moteur auxiliaire, une force électromotrice suffisante pour que l’amorçage soit impossible.
- Sur une voiture comportant plusieurs moteurs de traction, on peut n’utiliser qu’une partie des moteurs pour la récupération et intercaler dans leurs circuits un ou plusieurs des moteurs non utilisés et pourvus d’enroulements amortisseurs court-circuités au moment où on leur demande ce service.
- Remarquons que dans le cas où l’on alimente les inducteurs ou l’induit des moteurs principaux par un secondaire de transformateur, l’iùtercalation dans leurs circuits des moteurs auxiliaires permet encore d’éviter les amorçages à basse fréquence. En effet la très basse fréquence permet la production dans le rotor d’une force eontre-électomotrice de même fréquence capable d’éviter l’amorçage du moteur principal. Le moteur P pourrait pour les mêmes raisons être du genre répulsion ou Latour, en principe un moteur quelconque à caractéristique série. En outre tous les moyens connus peuvent être utilisés pour faire varier la vitesse du moteur principal P, fonctionnant en génératrice : variation de voltage dans le circuit, variation de flux inducteur, tension aux bornes d’induit, décalage de balais, etc.
- Dans la figure i, P désigne le moteur principal, qui est directement alimenté par le secondaire s du transformateur dont le primaire p est alimenté par la source S. Il est en série avec le moteur A intercalé entre le moteur principal P et le secondaire s du transformateur, dont le primaire p est relié à la source S. ab est l’enroulement inducteur du moteur P, c et d sont deux balais qui appuient sur le collecteur, e /'est l’enroulement compensateur en court-circuit annulant sensiblement le flux de réaction de l’induit, g h, ij, kl sont les mêmes enroulements du moteur auxiliaire qui porte, de plus, un enroulement mn en court-circuit destiné à annuler le flux alternatif des inducteurs g h.
- ^-jA/VWWWVWW
- -6-
- Fig. 2.
- Dans la ligure a, la disposition est la même que précédemment, avec cette différence que les inducteurs a b du moteur P sont alimentés par le secondaire a d’un transformateur, dont le primaire % est dans le circuit c d, gh, i j, qui se ferme sur le secondaire s.
- En résumé, le dispositif permet d’effectuer le freinage avec récupération d’énergie, et d’éviter la superposition de courant continu ou de courant à basse fréquence; ce résultat est obtenu au moyen d’un moteur à caractéristique série, en intercalant en circuit, entre le moteur et la source d’alimentation, un moteur à caractéristique série spécial ne développant pas de forcé électromotrice à la fréquence du courant principal.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Les débats qui accompagnent le vote de la loi de financés sont d’une telle longueur qu'ils lassent le public français peu enclin déjà à se préoccuper des finances de l’Etatj et lui dérobent certaines dispositions fiscales qui ont les plus graves répercussions sur la vie économique du pays. Ainsi on ne paraîtpas avoir attaché grande importance à l’amendement suivant qui est gros de conséquences pour toute l’industrie la métallurgique en particulier, et pour l’avenir de nos sociétés de distribution d’énergie. Yoici en quoi consiste cet amendement : « A partir du icr « octobre 1913, les mines de houille seront assujetties a au paiement d’un impôt de 5o centimes par tonne « de houille, coke oubriquettes, expédiée ouvendue. « Seront exemptes de cette taxe les mines dont le « produit net servant de base à l’établissement delà « redevance proportionnelle sera égal du inférieur « à un franc par tonne. Pour les mines dont le pro-« duit net visé ci-dessus sera compris entre un franc « et un franc cinquante, la taxe sera égale à l’excès « du dit produit net sur un franc. Les exemptions « ou réductions prévues aux deux paragraphes ci-« dessus ne seront pas appliquées ou cesseront de « l’être aux mines dont le produit net aura atteint « ou dépassé un franc cinquante à partir de la pro-« mulgation de la présente loi. » Cette disposition devant procurer une apparence de quelques millions de plus âu budget a été vôtée presque sans discussion et à une importante majorité. Ainsi, sans se préoccuper de la répercussion de cette charge fiscale qui s’ajoute à là redevance proportionnelle votée il y a un an à peine, on décide par surprise que le consommateur paiera o fr. 5o de plus par tonne de houille, de coke ou de briquettes qu’il achètera : car vous penser bien que voulant atteindre l’actionnaire, le capitaliste, c’est la masse des consommateurs qu’on atteint, les Compagnies ayant toute liberté d’accroître leurs prix. Le promoteur de cette disposition a peut-être pensé que la concurrence étrangère servirait de régulateur au marché. Mais il ne s’est pas rendu compte que l’étranger en ce moment diminue son exportation, parce qu’il se suffit à peine à lui-îqêràe et que notre production progressive le chassé
- peu à peu de nos marchés ; puis le recoqrs à l’étranger ne constitue pas toujours la suprême ressource contre la situation du marché intérieur. Pour des raisons commerciales qui constituent entre industriels les liens les plus sûrs, ceux-ci trouvent avantage à s’adresser, fût-ce au prix de quelque sacrifice, à jdes compatriotes ; ils subiront la hausse ou une partie de celle-ci, ils la répartiront eux-mêmes sur leurs produits.
- Mais il y a, d'autre part, toutes nos sociétés métallurgiques qui se sont intéressées ces dernières années dans de nombreux charbonnages et qui sont leur propre fournisseur de coke métallurgique. Elles devront subir la loi. Comme nous sommes menacés d’une crise de main-d’œuvre plus violente encore que celle qui sévit depuis plusieurs années nous pouvons nous attendre sous peu à un renchérissement général de la vie. Certaines sociétés de distribution d’énergie insèrent dans leurs polices d’abonnement une clause d’augmentation du prix du courant en cas de variation du prix de la tonne de charbon évaluée à un cours qui a servi à la détermination des prix de vente ; la mesure précitée peutconduire au jeu de cette clause. Il faut espérer que le Sénat repoussera en dernier ressort cette mesure qui constituerait l’amorce d’impôts de consommation sur tous les produits du sol, transformés ou non,puis par voie d’analogie, sur le mètre cube de gaz, le kilowatt, le kilogramme de fonte et d’acier. Pourquoi pas ? Le résultat le plus net et le plus immédiat a été la baisse de toutes nos valeurs de charbonnages ; la perte à la bourse de Lille se chiffre par millions. Mais peu importe, puisque toute la science financière du législateur se borne à l’élaboration des meilleurs moyens d’appauvrir le pays.
- Le marché du cuivre ne dessine en ce moment aucun mouvement bien saillant d’avance ou de recul. La dernière statistique des producteurs américains fait ressortir pour février une réduction des stocks de 400 tonnes ; c’est peu. Les exportations ont été de beaucoup supérieures à celles de janvier ; les fabricants européens s’approvisionnent en effet fortement. Il paraît que les spécifications relatives à l’expédition stipulaient des livraisons rapprochées,
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- ce qui prouve l’absence d’approvisionnements. Ainsi les stocks en Angleterre et en France auraient diminué de i 700 tonnes sur les chiffres au début du mois. Cependant le Standard après une avance à 66.17/6 livres sterling est revenu à 65.5 livres sterling, tandis que l'électro n’abandonnait guère le cours de 69 livres sterling. D’une façon générale, nous considérons que la situation ne variera guère d’ici un mois. Il serait question dans certains centres américains d’une prochaine réduction de la production des mines ; mais rien d’officiel n’a été publié à ce sujet. Ce sont de ces bruits qui courent sans qu’on puisse en fixer ni l’origine ni la consistance, et leur démenti est aussi probable que leur confirmation. Il paraît plus certain de dire qu’aux Etats-Unis la situation politique influence la situation économique et que l’activité de la consommation s’est ralentie dans l’attente de la révision du tarif douanier. On essaie cependant d’escompter le solde du dividende du Rio-Tinto : il serait, d’après les uns, de 60 shillings, selon lesaulres de 5o shillings. L’acompte déclaré en octobre étant de /,o shillings, le dividende total serait de 90 à 100 shillings. Ce serait d’une importance capitale pour la valeur, car en 1911, le dividende ne fut que de 52 sh. 6; en 1910, de 5o shillings ; et il faut revenir à l’année 1907 pour trouver un dividende à peu près équivalent.
- Puisque nous donnons plus loin un renseignement sur le dividende probable de la Thomson-Houston, nous croyons de quelque intérêt de résumer les résultats du dernier exercice de sa filiale : la Ver-saillaise de Tramways Electriques et de Distribution d'Energie. Les recettes pour 1912 se sont élevées pour les tramways à 65o 000 francs ; pour l’éclairage et la force motrice, à 579636 francs; au total 1229636 francs. Les dépenses d’exploitation se chiffrant par 8o3 090 francs, le solde créditeur de ce compte est de 4^6 545 francs. Tous comptes arrêtés, le solde du compte Profits et Pertes est de 3i6ooofr. 5i et en y comprenant le report du précédent exercice de 332 989 francs ; le revenu net du capital engagé qui est de 2 800000 francs ressort ainsi à un peu plus de 11 % . Après un prélèvement de i5 800 francs pour la réserve légale et l'attribution de 3o francs aux 368 actions de priorité en circulation, l’assemblée a décidé de consacrer 4 5oo francs au remboursement de 9 actions de priorité et de répartir 25 francs d’intérêt aux actions ordinaires et 7 fr. 5o de dividende à toutes les catégories d’actions ; le fonds de prévoyance reçoit 81 455 francs.
- En résumé chaque action de priorité touche 37 fr. 5o et chaque action ordinaire 32 fr. 5o. Les conclusions générales du rapport sont que les recettes provenant de la distribution d’énergie augmentent dans une proportion notablement supérieure à celle des recettes des tramways ; le chiffre est de i3 % pour 1912. Malheureusement la progression des dépenses due aux arrêts très nombreux du service d’alimentation par le réseau Sud-Lumière a réduit le pourcentage des bénéfices. Ces incidents d’exploitation ont été,bien entendu, le point de départ non d’une action judiciaire, mais d’une transaction qui a mis à la charge du Sud-Lumière l’installation dans l’usine de la Versaillaise d’une puissante batterie d’accumulateurs, ainsi que du matériel électrique et mécanique nécessaire pour son utilisation sur un réseau à courant alternatif. Les circonstances qui ont causé les arrêts du réseau Sud Lumière, point ou mal déterminées, ont causé quelque appréhension dans toute sa clientèle et ont provoqué dans la région d’autres demandeurs en concession. Pour sa part, la Yer-saillaise en a vraiment subi d’importants dommages et la décision intervenue en la mettant à l’abri de la suspension de ses services lui économisera des dépenses d’exploitation qui augmenteront notablement les bénéfices à prévoir.
- Avis de dividendes. — Le Conseil d’Administra-tion de l’Énergie Electrique du Nord de la France proposera à l’assemblée du 2 avril de distribuer pour l’exercice écoulé un dividende de 5 1/2 %, soit i3 fr. 75 par action. C’est la conséquence des résultats très satisfaisants de l’exploitation, dont la publication des recettes dans une autre partie de cette revue permet de suivre les progressions.
- De même, le Conseil d’Administration de l’Energie •Electrique du Littoral Méditerranéen proposera à l’assemblée des actionnaires de distribuer un dividende de 17 fr. 5o par action, au lieu de i5 francs l’an dernier : soit 3 1/2 %.
- Les Forces Motrices du Rhône, malgré l’augmentation des bénéfices, maintiendraient leur dernière répartition de 27 fr. 5o par action et de 17 fr. 5o par part. La Société a besoin de toutes ses disponibilités pour soutenir sa politique de concurrence contre le Gaz de Lyon.
- La Société des Usines Jeanmaire qui a le monopole du gaz et de l’électricité à Lunéville distribue un acompte de 2 % .
- La Compagnie Française pour l’Exploitation des Procédés Thomson-Houston proposera à ses action-
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- naires la répartition d’un dividende de 35 francs par action contre 3i fr. 25 pour l’exercice antérieur. L’augmentation est fort sensible et ramènera l’attention sur cette valeur que la spéculation avait délaissée dans ces dernières années.
- Le dividende des Chemins de fer Nogentais proposé à l’assemblée prochaine du 3 avril, sera de 27 fr. 5o égal au précédent. Cette même, assemblée sera appelée à statuer sur l’échange ou le remboursement des obligations de 5oo francs 5 % émises en 1902 et 1905, et sur la création d’un même nombre d’obligations de 5oo francs 5 % , amortissables avant 1950 et sur une augmentation de capital.
- Le bénéfice net de la Société d’Électricité Kolben et C1*, à Prague, ressort à 5o6 i3o couronnes, supérieur de 79305 couronnes à celui de l’exercice précédent. Le Conseil proposera de répartir le même dividende de 6 1/2 % ou 26 couronnes par action, comme l’an dernier.
- La London United Tramways a clôturé son exercice 1912 dans de moins bonnes conditions que le précédent. Les recettes brutes sont inferieures de 11971 livres, et ne laissent après déduction des charges d’exploitation qu’un revenu net de 109793 livres au lieu de 125768 livres sterling pour le précédent exercice. Le service des intérêts et la provision pour l’income-tax ne laisse qu’un solde dispo-
- nible de 41 228 livres sterlinginférieur de 15 2o3 livres sterlingà celui de 1911 et que le Conseil propose d’appliquer à des réserves ou à des fonds de prévisions.
- L’émission d’obligations de la Compagnie Lorraine d’Électricité consécutive aux décisions de l'assemblée générale extraordinaire du 28 février portera Sur 56 000 titres qui seront offerts au public à 490 francs, rapportant 22 fr. 5o bruts par an. Ils seront remboursables au pair en trente-cinq ans.
- L’augmentation du capital de 10 à i5 millions décidée par la même assemblée a été couverte par la Compagnie Générale d’Electricité.
- La Compagnie Electrique de la Loire et du Centre (Compagnie Electrique de la Loire) se propose également d’émettre 3oooo obligations de 5oo francs, dont une partie est destinée à l’échange ou au remboursement des 11 662 obligations hypothécaires en circulation, et l’autre à créer des ressources nouvelles à la Compagnie.
- Le taux d’intérêt est de 5 % ; les obligations seront amortissables au pair en trente-cinq ans, à partir du icr janvier 1916.
- Enfin la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques annonce une émission de 24 000 obligations de 5oo francs rapportant 4 1/2 % net d’impôts.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — Une enquête d’utilité publique est ouverte sur un projet présenté par la Compagnie des Chemins de fer de l’Est, en vue de l’agrandissement de la gare de Paris. (Ligne de Paris à Strasbourg).
- Les pièces du projet resteront déposées, jusqu’au 26 mars inclus, à l’Hôtel de Ville de Paris (bureau des travaux publics du département et des communes).
- DOUbS. — Est déclaré d’utilité publique l’établissement d’une ligne de tramway à traction funiculaire et à traction électrique entre Besançon et le plateau de Bré-gille. Concessionnaire, M. Picard.
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- le projet présenté par M. Ducotté, ingénieur-électricien à Lyon, pour l’installation de l’éclairage électrique.
- Loire-Inférieure. — La concession de la distribution d’énergie électrique de Nozay est accordée à la Compagnie d’Energie électrique de la Basse-Loire.
- Lot-et-Garonne. — La municipalité de Crancon a mis à l’étude un projet relatif à l’installation de l’éclairage électrique.
- Mayenne. — La municipalité de Cluiteau-Gontier a engagé des pourparlers avec la Société du Gaz pour l’installation de l’éclairage électrique.
- Vienne. — La municipalité de Loudun étudie un nouveau projet pour l’installation de l’éclairage électrique.
- Loire. — Une enquête va être ouverte à Belmont. sur
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- T. XX» tar Série). - N-12.
- TÉIiÉPHOUHF
- I
- Basses-Alpes. u- La commission départementale a approuvé un premier emprunt de 99 993 francs pour la construction d’un deuxième réseau téléphonique.
- Sont adoptées les combinaisons proposées par l’administration des! P. TV T, pour l’établissement d’un deuxième circuit , téléphonique. Digne-Marseille : 90 440 francs.
- M£kWhe. — Le préfet est atttârisé à signer un traité d’ertqjjrttnt de 4oo 5oo francs pour l’extension du reseau téléphonique.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Lar&dlôtélégraphie en 1911 Le Journal Télégraphique vient de publier la statistique radiotélégraphi-que pour l'aünée igt 1, Ce document permet de se rendre compte de l’étàl exact de la nouvelle télécommunication au commencement de l’année 1912. En voici les éléments principaux, par pftÿs :
- Afrique du Sud : 2 stations côtières pourvues de récepteurs téléphoniques desservies par 8 agents. Trafic : 4 328 radiotélégrammes. Recettes : 33 438 francs. Dépenses : i43 433 francs.
- Allemagne : 19 statibhs côtières et 283 stations de bord, desservies par 16 morses, 3oi récepteurs téléphoniques et un relais enregistreur. Les systèmes représentés se répartissent ainsi : Telefunken, 242. Marconi; 56, de Forest, 4- Radiotélégrammes : 63 3yg. Recettes : 2o3 35i francs.
- République Argentine : 11 stations côtières et 25 stations de bord desservies par des récepteurs téléphoniques.
- Australie : 67 stations côtières et 17 stations de bord desservies par des récepteurs téléphoniques. Radiotélégrammes transmis : g38. Recettes : 8 926 francs.
- Autriche : 4 stations côtières et 37 stations de bord, 4i récepteurs téléphoniques et 4 morses.
- Belgique : t station côtière et 20 stations de bord ; 10 morses, 14 récepteurs téléphoniques, 24 agents, 12 42* radiotélégrammes. Recettes : 3 164 francs. Dépenses ; 43 542 francs.
- Brésil : 5 stations côtières desservies par des récepteurs téléphoniques, 35 agents, 11 528 radiogrammes. Recettes : 1.27 246 francs.
- Curaçao : 3 stations côtières, récepteurs téléphoniques, 7 agents, 299 radiotélégrammes. Recettes : 3 863 francs. Dépenses ; 28 448 francs,
- Danemark : 8 stations côtières et 19 stations de bord, 19 morses, 14 récepteurs téléphoniques, 3i agents, 1 967 radiotélégrammes. Recettes : 4 682 francs, Dépenses : 18 o55 francs.
- Espagne : t2 Stations côtières et 28 stations, de S. bkhtms efc4a récepteurs téléphoniques, 49 agents, $ tggt radiotélégrwnMmmv Recettes : 15367 francs. Dépenses: 112 840 francs.
- France : 17 stations côtières-et 198 stations de bord, 157 morses et ai5 récepteurs téléphonK|tt&.s, 25 agents, 22 3o4 radiotélégramittes. Recettes : 80 *54, ireafiS.
- Afrique occidentale française : 3 stations eôtières, récepteurs téléphoniques, 22 agents, 1 910 radîotdl$-grammes, Recettes : 28 a3o francs. Dépenses : 180 612 francs.
- Indochine française : 3 stations côtières, 3 morses et 4 récepteurs téléphoniques, 8 agents.
- Madagascar : 2 stations côtières, i station de bord, récepteurs téléphoniques, 8 agents, 2 527 radiotélégrammes. Recettes : 25 117 francs. Dépenses : 3i 835 francs.
- Grande-Bretagne : 44 stations côtières, 626 stations de bprd, 362 stations appartiennent au système Marconi, 27 au système United-Wireless, i3 au système Telefunken,
- 12 au système Lodge-Muirhead, 4 an système Helsby Wireless Telegraph Company, 3 au système Forest, et 1 à chacun des systèmes Anglo-Américan Telegraph Company, British Radio et Rochefort. Radiotélégrammes : 52 045. Recettes : 269 3o3 francs. Dépenses : 387 037 francs.
- Grèce : 1 station côtière, 17 stations de bord.
- Indes Britanniques : 10 stations côtières, 2 610 radiotélégrammes. Recettes : i5 45g francs. Dépenses : 109 422 francs.
- Indes Néerlandaises : 1 station côtière, 171 radiotélégrammes. Recettes : 1 268 francs. Dépenses : 244 018 francs.
- Italie : 20 stations côtières, 79 de bord, 7 i43 radiotélégrammes.
- Japon et Fqrmose : 7 stations côtières, 28 stations de récepteurs téléphoniques, 80 agents, 25 824 radiotélégrammes. Recettes : 5g 3g8 francs. Dépenses : 363 000 francs.
- Maroc : 4 stations côtières, 4 216 radiotélégrammes. Recettes : 36 510 francs.
- Mexique : 7 stations côtières, 34 agents, 108 radiotélégrammes. Recettes : 1 076 francs. Dépenses : 83 057 francs.
- Pays-Bas : 6 stations côtières, 53 stations de bord, 10 morses, 60 récepteurs téléphoniques, 65 agents, 7 435 radiotélégrammss. Recettes : 23 43a francs. Dépenses : 72 755 francs.
- Portugal ; 6 stations côtières, 6 stations de bord.
- Roumanie : 1 station côtière, 5 stations de bord.
- Russie ; 19 stations côtières, 2 stations, de bord,
- 13 morses, 21 récepteurs téléphoniques.
- Suède : 5 stations côtières, 29 stations de bord, 18 morses, 34 récepteurs téléphoniques, 140 agents, 286 radiotélégrammes. Recettes : 855 francs. Dépenses : uo3 800 francs,
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- 22 Mars 1913 .
- Comme complément à ces renseignements, il est utile d’ajouter que le nombre des stations nouvelles ouvertes au service pendant l’année 1912 a été de 6o3, dont 62 stations côtières et 54t stations de bord. Plusieurs administrations ont prescrit l’installation obligatoire de T. S. F. à bord des navires transportant des passagers. Le gouvernement autrichien songerait même à confier au ministre du Commerce le droit d'établir la station et de la faire exploiter par ses agents. Il est à désirer que l’initiative autrichienne soit suivie par toutes les administrations, car tous les navires, sans exception, devraient posséder des postes de télégraphie sans fil.
- SOCIÉTÉS
- Energie Electrique du Littoral Méditerranéen.
- Ventes du mois de janvier igi3... . Fr. 672 642
- Ventes du mois de janvier 1912.... Fr. 643 476
- Différence en faveur de 1913....Fr.. 29 t66
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris.
- Les recettes de la première décade de mars se sont élevées à 1 977 francs ; elles avaient été de 1 621 5i8 |francs pendant la période correspondante de 1912. Il y a donc une diminution de i5 541 francs qui porte à 285 309 francs la moins- value totale depuis le Ier janvier.
- Force et Lumière Electrique. — Le 3i mars, 3o, boulevard Haussmann, à Paris. *
- Omnibus Electriques de Saint-Mandé. — Le 3i mars, mairie de Saint-Mandé (Seine).
- Energie Electrique du Nord de la France. — Le
- 2 avril, 69, rue Miromesnil, à Paris.
- Société Roubaisienne d’Eclairage par le Gaz et l’Electricité. — Le 2 avril, 69, rue Miromesnil, à Paris.
- Tramways de Nice et du Littoral. -- Le 3 avril, 12, rue de Londres, à Paris.
- Tramways Electriques de Lille et Banlieue. — Le
- 4 avril, 5o, rue de Lisbonne, à Paris.
- Sooiété Nouvelle de l'Accumulateur Fulmen. — Le
- 5 avril, 58, rue Saint-Lazare, Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- L’Administration des chemins de fer de l’État, à Paris, a l’intention d’acquérir 8 câbles pour courant triphasé à i5 000 volts, destinés à relier la sous-station de la Garenne à l’Usine Nord.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement à cet égard
- Compagnie Française pour l’Exploitation des Procédés Thomson-Houston.
- Comparaison des recettes des exploitations du ier janvier au 28 février 1912-1913.
- DESIGNATION
- DES
- RÉSEAUX
- Compagnie générale Parisiennede tramways.
- Compagnie des chemins de fer Nogentais__
- Compagnie française des tramways électriques et omnibus de Bordeaux.........
- Compagnie des tramway s de Nice et du Littoral.
- Compagnie des tramways de Rouen........
- Société des tramways d’Amiens..........
- Société Versaillaise de tramways électriques. Société des tramways algériens.........
- 1912
- année
- bissextile
- 79964C75 283 896 »
- 456o23,6o 510226,82 228 685,80 613i6,85 43 962,65 125 3oi,8o
- RECETTES RECETTES
- MOIS DE FÉVRIER nu i01. JANVIER AU 28 FÉVRIER
- augmentation 1912 augmentation
- 1913 en année 1913 en 1913
- 1912 bissextile totale %
- 782792,95 16848,80 1 6752i5,5o 1655346,35 19869,15 1,18
- 289559,70 5653,70 601 191,35 6200.57,90 18866,55 3,13
- 453 147,60 2876 » 946490,85 966323,i 5 935298,70 19832,30 2,09
- 486 653,80 23573,12 913709,32 487 087,25 21589,38 a,36
- 22Q 300.20 623,40 5oo585,8o 13498,55 2,77
- 58 786 » 253o,85 i3i 465,25 i3o190,30 1274,95 0,96
- 42 710,60 I 252,o5 92546,90 93 822,65 1275,75 1,37
- 117 349,35 7 952,45 256752,90 259117,65 2364,75 0,92
- CONVOCATIONS
- Société Anonyme des procédés Westinghouse Leblanc. — Le 28 mars, 7, rue de Berlin, à Paris.
- Compagnie des Tramways de Saumur et Extensions. — Le 29 mars, 19, rue Blanche, à Paris,
- dans les bureaux du service électrique (ire division), 43, rue de Rome, à Paris (8e), jusqu’au 22 mars.
- *
- * *
- L’Administration des chemins de fer de l’État, à Paris, a l’intention d’acquérir deux jeux de quatre vérins élec*
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- LA ' LUMIÈRE ELECTRIQUE T. XXI (2e Série). il.
- triques de 5o tonnes, destinés aux remisages d’Auteuil et de la Garenne.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (3e division), 72, rue de Rome, à Paris (86), les mardis et vendredis, de i5 à 17 heures, jusqu’au 29 mars igi3.
- *
- * ¥•
- Le 8 avril, à la mairie de Lyon, construction d’un lycée de'garçons aux Brotteaux.
- ier lot : éclairage électrique; éval. : 37 000; caut. : 1 85o. — 2e lot : téléphones et sonneries électriques; éval. : 4 000; caut. : 200. — Le pli global contenant les pièces devra obligatoirement être adressé au maire de Lyon par la poste, recommandé, au plus tard le mardi 8 avril igi3, à 5 heures du soir.
- Renseignements à l’Office du Travail, Hôtel de la Mutualité, place Raspail.
- RÉSULTATS D'ADJUDICATIONS
- 12 mars. — Sous-secrétariat d'Etat des Postes et des Télégraphes, à Paris, fourniture de câbles téléphoniques.
- ior lot. — 10 000 mètres de câble téléphonique, sous plomb, à 28 paires de conducteurs, sous soie et coton, sans circulation d’air.
- Tréfileries du Havre, 1 g5o. — MM. Geoffroy et Delore, 1 95o. — Le Matériel Téléphonique, 1 948. — Société Industrielle des Téléphones, 1 929. —M. Gram-mont, 1 900, le kilomètre.
- Non adjugé, prix-limite dépassé.
- 2e lot. — 10 000 mètres de câble téléphonique sous plomb, à 28 paires de conducteurs, sous soie et coton, sans circulation d’àir.
- Tréfileries du Havre, 1 gôo. —- MM. Geoffroy et Delore, 1 885. — Le Matériel Téléphonique, 1 948. — Société Industrielle des Téléphones, 1 929. — M. Gram-mont, 1 900. — The India Rubber, 1 926 le kilomètre.
- Non adjugé.
- 3e lot. — i5ooo mètres de câble téléphonique, sous plomb, à i4 paires de conducteurs, sous soie et coton, sads circulation d’air.
- Tréfileries du Havre, 1 210. — MM. Geoffroy et Delore, 1 220. — Le Matériel Téléphonique, 1 232. — Société Industrielle des Téléphones, 1 2i5.— M. Gram-mont, 1 25o le kilomètre. .
- Non adjugé. . . . .
- * 1 -
- * «
- 11 mars.— Sous-secrétariat,d’Etat desrP;ostes et Télégraphes, à Paris, fourniture, de rtableaux commutateurs téléphoniques extensibles. ( ,
- Ateliers Thomson-Houston, 2 lots à 52 700. —Société des Ouvriers en Instruments de, précision, 2 lots à 52 126 — MM. Mildé fils et Cl0, 1 lot . à 57 690. — Le Matériel Téléphonique, 2 lots à 5i 889, moins-disant pour un lot; prix unitaires : tableaux , extensibles, 280,42 ; panneaux d’extension, 76,90 ; réglettes simples, i3,5o. —Société Industrielle-des Téléphones, 1 • lot à 52 257, 1 à 5i 577, moins-disant pour un lot; prix unitaires : 287,90; 67,30; 11,4o.
- Non adjugé, prix-limite dépassé.
- *
- 18 février. —Mairie de'Calais. Concours pour l’étude et l’exécution des travaux d’installation de l’éclairage électrique, 3 lots,'
- Ier lot. — Ecole supérieure professionnelle de garçons.
- 2e lot. — Crèche, rue Van Dick.
- 3e lot. — Crèche, rue Edgar-Quinet.
- Société Omnium d’installations électriques, à Roubaix (Nord), adjudicataire.
- INFORMATIONS Ecole Supérieure d’Electricité.
- Section de radiotélégraphie. — Promotion II 1912-igi3.
- Liste des élèves qui viennent d’obtenir le certificat d’études radiotélégraphiques, après avoir suivi l’enseignement spécial institué à l’Ecole Supérieure d’Electricité pour l’étude approfondie et pratique de la télégraphie sans fil.
- MM. Casenave, de Bellescize, Garnache-Creuillot, Caussin, Provotelle, Goupil, Taulier, Carrier, Bêle, Lemaire, Carré, Donval, Chireix, Poincelet, Balli, Ber-tin-Conrads, Clément, Ou-Tclieng-Shi, de Lagarde, Jau-bert, Burhannedin Bey, Abdullalif, Luciani.
- *
- * *
- Monument H. Schneider.
- Un comité vient de se constituer, au Creusot, pour l’érection d’un monument, dans la grande cité industrielle, en mémoire de M. Henri Schneider, ancien co-propriétaire gérant des Etablissements Schneider, fils de M. Eugène Schneider, fondateur du Creusot et père de M. Eugène Schneider, le directeur co-propriétaire gérant actuel de ces mêmes établissements.
- La reproduction des articles de la Lumière. Electrique est interdite.
- Paris. — imprimerie levé, 17, rue cassette.
- Le Gérant : J.-B. Noueï.
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- Trente-cinquième année. SAMEDI 29 MARS 1913. Tome XXI (3* série). — N* 13
- Lumi
- La
- ère Électrique
- SOMMAIRE
- EDITORIAL............................... 385
- Théories et généralités
- H.-A.-YV. Kunkhameii. — Les coefficients réciproques dans les réseaux électriques. 387
- F. Breisig. — Sur le théorème de réciprocité
- dans les réseaux de conducteurs.......... 388
- Mesures
- E. de Longueval. — Dispositifs ingénieux de fraude d’énergie électrique condamnés parles tribunaux.......................... 390
- Extraits des publications
- Sur l’influence réciproque de deux antennes voisines, par C. Tissot................... 394
- Les à-coups d’intensité à la fermeture du circuit d’un transformateur.................. 3g5
- Divers
- Congrès général électrotechnique russe.... 396
- Variétés
- B. da Costa. — L’emploi de l’électricité dans les travaux agricoles (Suite)..... 397
- . Bibliographie
- A. Witz. — Les moteurs à combustion interne . ............................... 4o3
- G. Chabaud. —La protection légale des dessins et modèles................... .... 4o4
- Correspondance
- Lettre de M. Gratzmuller à propos de l’avan-ceur de phase Scherbius................ 4o5
- Brevets
- Nouveaux rotors à très grande vitesse angulaire................................ 4o6
- Perfectionnement dans la commutation au démarrage des moteurs à collecteur...... 4 10
- Chronique Industrielle et Financière
- Notes industrielles . Les vernis isolants.... 4n
- Etudes Economiques...................... 412
- Renseignements Commerciaux.............. 414
- Adjudications........................... 415
- EDITORIAL
- M. Klinkiiamer, de Baden (Suisse), nous a adressé dernièrement la démonstration d’une proposition sur les coefficients réciproques dans les réseaux électriques. Il s’agit d’un théorème qu’on connaît généralemeni sous le nom de « Loi de Réciprocité » et qui est l’un des corollaires généraux des lois de Kirchhoff.
- Bien que ce théorème offre un intérêt manifeste pour la technique de la distribution des courants dans un réseau quelconque de fils, on n’en trouve pas la démonstration dans les ouvrages courants d’électrotechnique.
- Cette démonstration est ordinairement
- fastidieuse,car elle fait intervenir l’égalité de déterminants. Aussi celle que M. Klinkhamer propose est-elle, à première vue, très séduisante. Elle est basée sur les propriétés du calcul vectoriel.
- Cependant un examen attentif de cette démonstration nous a conduit à concevoir certains doutes, non pas sur son exactitude algébrique, mais sur les hypothèses dont elle dérive. Comme les travaux de M. le Professeur Breisig lui confèrent sur ces questions une autorité toute spéciale, nous lui avons fait part de nos remarques. M. Breisig y a répondu aussitôt en français ; nos lecteurs
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXI (2e Série). — N° 13.
- apprécieront avec quelle clarté son exposé sur le théorème de réciprocité dans les réseaux traite d’une question délicate.
- Les Compagnies de distribution d’électricité sont fréquemment victimes de fraudes au compteur, en dépit des nombreuses poursuites correctionnelles qu’elles exercent; car l’ingéniosité des fraudeurs semble avoir trouvé un stimulant dans la lenteur de la répression judiciaire.
- II existe bien des genres de dispositifs illicites, mais celui dont M. de Longueval donne deux exemples fait ressortir l’habileté d'un électricien, dénué d’ailleurs de scrupules.
- On sait que les abonnés à la force motrice qui détournent pour leur éclairage, à l’insu de l’exploitant, une partie du courant qui leur est vendu au tarif-force moins élevé que le tarif-lumière, tombent sous le coup de la loi. Ils commettent, en effet, un délit caractérisé d’escroquerie et sont passibles des peines édictées par l’article 4o5 du Code pénal.
- La jurisprudence a été récemment fixée à cet égard parla Cour suprême.
- Mais s’il est fort important pour les entreprises de distribution d’être armées par les tribunaux pour la répression énergique d’un genre de fraude qui leur est des plus préjudiciables, il est parfois très difficile pour les employés chargés de la vérification des compteurs de surprendre les modes de montage illicite. M. de Longueval leur rend donc un réel service en décrivant deux dispositifs ingénieux de fraude d'énergie électrique condamnés par les tribunaux, que M. P. Bougault a eu l’obligeance de lui faire connaître.
- Nous avons reproduit le ri mars une note de M. G. Meslin à l’Académie des Sciences sur l’influence réciproque des antennes parallèles sur les conditions de réception des ondes hertziennes. Nous donnons aujourd’hui, d’après les Comptes Rendus, une note dcM. le Commandant Tissot sur la môme question.
- Les à-cou])S d'intensité à la. fermeture du circuit des transformateurs préoccupent à juste titre les ingénieurs d’usines. Des re-
- cherches à l’oscillographe ont montré, en effet, que le courant de fermeture peut atteindre, pour des transformateurs à secondaire ouvert, une valeur centuple du courant permanent de la marche à vide. De tels à-coups sont des plus funestes pour les réseaux, mais on peut les amortir par l’interposition de résistances appropriées qui réduisent la valeur de l’à-coup d’intensité au double ou au triple du courant de marche à vide.
- Le Congrès général électrotechnique russe, qui s’est tenu récemment à Moscou, s’est occupé de multiples sujets (p. 3y6). Il a émis en particulier le vœu d’une loi sur les unités électriques. Tout en reconnaissant l’intérêt incontestable que présenterait, au point de vue commercial, la fixation légale des unités électriques, nous croyons que, dans une question qui touche de si près aux intérêts internationaux des Electriciens, il importe de faire preuve d’une grande prudence. On ne saurait, à notre avis, sanctionner telles quelles les définitions adoptées en 1908 par la Conférence internationale des Unités et Etalons électriques (Londres), notamment en ce qui concerne la définition de l’ampère international par le voltamètre à argent (').
- Nous continuons la publication de l’étude détaillée de M. da Costa sur l'emploi de l’électricité dans les travaux agricoles. L’auteur y expose, comme précédemment, le's idées de M. Lecler.
- L’ouvrage que M. Witz vient de publier sur les moteurs cl combustion interne 11e peut manquer d’être étudié par de nombreux ingénieurs. M. R. Chassériaud a bien voulu se charger d’en faire le compte rendu.
- Signalons une lettre de M. Gratzmuller à propos de l’avanceur de phase Scherbius.
- En terminant, nous appellerons l’attention tle nos lecteurs sur les nouveaux rotors « Leblanc » à très grande vitesse angulaire, qui offrent un intérêt général.
- (') 1t. ue JtAii.uiiuuuiE. —Lalixalion des Unités par voie législative (Revue générale des Sciences, i5 janvier •O* •*•)•
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- 29 Mars 1913.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- LES COEFFICIENTS RÉCIPROQUES DANS LES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES
- Soit lpq le courant dans le conducteur p, par suite de l'unité de force électroinotrice dans le conducteur q. Alors oA a, d’après Maxwell :
- lpq — Iqp-
- Pour établir cette proposition (*), on a coutume d’exprimer lm et lop dans les résistances élémentaires, au moyen de déterminants et en prouvant l’égalité de ces deux expressions. Mais on peut arriver au même résultat de la manière suivante :
- Si le réseau ne contient que des résistances ohmiques, le travail magnétisant est nul. Supposons que les forces électromotrices alternatives dans p et <7, données par les vecteurs p et q, soient les seules dans tout le réseau. On sait que l’eltet magnétisant d’une force électromotrice e, travaillant sur le courant i, est donné par le produit vectoriel [e ?;], On a alors (2) pour effet magnétisant total :
- I l\l + [Q/„] - o.
- (*) La loi de réciprocité s’énonce ordinairement de la façon suivante : !
- « Si une force : électromotrice E placée sur la branche « a, b d’un système de conducteurs linéaires et agissant « de a vers b, produit un courant 1 de c vers d dans la « branche c, d, la même force électromotrice, insérée « entre c et d et agissant de c vers d, produit lé même « courant I dirigé de a vers h dans le conducteur a b ».
- Ce théorème fait partie de la Théorie d’un système de conducteurs (voir Maxwell, Treatise, I, chap. III, § 8ü).
- Les relations de réciprocité se trouvent dans toutes les brandies de la science et permettent de déduire la solution de problèmes nouveaux, de problèmes plus simples et déjà résolus. (A7. T). L. R.).
- (3) La démonstration de M. Tvlinlchamer repose sur la considération du travail magnétisant nul ; on trouvera ci-après la discussion de M. Breisig sur ce point contestable. ' ‘
- Si l’on substitue à ip et 4 leurs valeurs respectives
- ip PIpp -j- Q_lpq Iq ——- QIqq + PIqp
- V .
- et si l’on observe que les lqp sont des quantités scalaires (puisque que l’on n’a admis que des résistances ohmiques dans le réseau), on obtient:
- 4/1 [PP] + kn [QQj + lpq [PQ] + lqp I QP] = O. ' En tenant compte des identités
- [PP] = [QQ] = <>
- Q . .
- [PQ] = — [QP]
- l’équation se réduit à
- lpq — Iqpi
- ce qu’il fallait démontrer.
- H.-A.-W. Klinrhamer.
- Mais nous tenons à féliciter M. Klinkhamer de son emploi judicieux des ressources du calcul vectoriel, précieux instrument d’analyse malheureusement délaissé par la plupart des auteurs français, malgré les avantages qu’il présente pour condenser les théories de mécanique ou de physique mathématique et mettre en évidence leur caractère physique.
- A l’appui de celle assertion, citons seulement deux travaux récents : l’exposé de M. Liebmann sur la Mécanique (statique, cinématique, dynamique, théorie du potentiel) paru dans le Taschenbuch filr Mathematiker und Physiker d’Auerbach et Rothe, et le mémoire de MM. E.-B. Wilson et G.-N. Lewis : « The space-time manifold of Relalivity. The non-euclidian Geometry of Mechanics and Electromagnetics », publié dans les Pro-ceedings of the An^.rican Academy of Arts and Science nov. 1912. ’ ! ()V. /). /,. R.) , ‘
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XXI (2* Série). — N° 13.
- SUR LE THÉORÈME DE RÉCIPROCITÉ DANS LES RÉSEAUX DE CONDUCTEURS
- Le théorème de réciprocité ne s’applique pas seulement à des courants continus ou à des courants alternatifs dans des réseaux sans selfs et sans capacités. Un théorème semblable est connu depuis longtemps dans la théorie des lignes électriques. Il a été vérifié par A. Franke (Elektrotechnische Zeitschrift 1891, p. 461) ; je lui ai donné une forme plus générale et plus simple dans mon traité « Theore-tische Télégraphié » §. 198.
- La relation entre la théorie des lignes électriques et le théorème en question est la suivante :
- Les conducteurs p et q d’un réseau quelconque s’étendent chacun entre deux nœuds du réseàu. Divisons les conducteurs en trois groupes. Le premier contient seulement le conducteur p et le troisième seulement le conducteur q ; dans le deuxième sont tous les conducteurs restants.
- Par rapport à p et q, ces derniers s’étendent entre quatre bornes, comme le montre la figure 1. L’ensemble des conducteurs du deuxième groupe est donc équivalent à une ligne double entre les bornes plt p.,, et qu qv Nous supposons que les valeurs des impé-
- dances des conducteurs du réseau ne soient limitées, pour une fréquence donnée, que par une seule condition : celle d’être indépendantes des valeurs des tensions et des courants dans les branches, ou, ce qui revient au même, que toutes les relations entre les tensions et les courants soient linéaires.
- Soit V„ la tension entre pi et p2, V, celle entre qx et q2, Ia le courant qui entre en />,, Ie celui qui reste en q2. On peut mettre les relations linéaires entre ces valeurs sous la forme
- V« = A,V„ + BIe (1)
- la = A2l'+ CVc
- dans laquelle, pour des courants alternatifs, toutes les valeurs sont des quantités complexes.
- Pour un réseau donné, on peut évaluer les coefficients par des mesures d’impédances | entre px et p2 si les bornes qx et q2 sont iso-1 lées ou en court-circuit, ou vice versa.
- La théorie et l’expérience prouvent que, quelle que soit la forme du circuit entre les quatre bornes, les coefficients sont liés par une relation :
- A,A2—BC = i. - (2)
- Je me borne à en esquisser seulement la preuve.
- La x*elation est évidente pour les inducteurs simples tels que les résistances, les condensateurs, les bobines de self, ou encore les transformateurs. On peut établir que des combinaisons quelconques de ces éléments satisfont aux équations (i) et (2).
- Pour la démonstration générale, on montre que si la relation (2) est vi‘aie pour un réseau' donné, elle ne sera pas changée si l’on ajoute, en série ou en parallèle, d’autres conducteurs satisfaisant par eux-mêmes à cette l'elation.
- Gela étant, ontiredes équations (1) un système équivalent.
- Ve = As\ a - BIa (3)
- If = A, Ia — CVa.
- Supposons alors que le conducteur /?, dont
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
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- 29 Mars 1913.
- l’impédance est RP, contienne un générateur de force électromotrice P, et que le conducteur q, d’impédance R„ contienne un générateur de force électromotrice Q. Pour les sens donnés des courants, on a alors
- Va = P — R„I«, V. = Q + R7I«.
- En introduisant ces valeurs dans les systèmes (i) et (2), on trouve :
- J a = | (A, + CH,,)— § (4)
- P Q
- le = n — g (Ai + CR,)
- où
- R = B + A4R(/ + A2R,, + CR,R„.
- Si, dans un premier cas, on pose A = o, P = E, et dans un deuxième P =? o, A = E, on déduit du système (3) la réciprocité entre les conducteursp et q. Celle-ci est donc une propriété générale des réseaux d'une forme quelconque, pour des courants constants comme pour des courants variables.
- Il reste encore à chercher si l’équation
- [P'/’l + [QA/] = o,
- surlaquelleM. Klinkhamer a fondé la démons-du théorème, est l’expression d’une réalité, ou bien si elle possède seulement une valeur formelle dans le cas où chacun des termes est identiquement nul.
- Dans ce but, il faut mettre en évidence lès valeurs absolues et les phases des quantités complexes. Soit
- P = E,e'0' ; Q = E„e'f,î
- I« = It ; Ie = I2ef>-*
- R =r R0eH
- A, —|— CRe/ UiC*?1 j A2 ~f“ GRp — .
- Les travaux magnétisants sont donnés alors par les expressions
- E,I, sin (0, —cl E2I2 sin (02 — X2).
- On trouve :
- E,11 sin (0, — À,) = sin — «p2) —
- no
- sin (02 — 0, —<}»), a E<2
- E2I2 sin (ô2 — A*) =---A_i_ sin (tji — 9,) + •
- “0
- p , sin (02 — 0i &)•
- **o
- La somme est nulle si ©j, <p.2 et <!> sont nuis, c’est-à-dire si le réseau ne contient ni capacités ni inductivités. Mais alors il n’y a pas du tout de travail magnétisant dans le système. La somme est encore nulle, par exemple, si
- tf2E,2 = «tE22, ©, = Cp2, & = o.
- Ce sont des conditions spéciales, non seulement pour les branches du réseau, mais encore pour une adaptation particulière des forces électromotrices appliquées.
- La somme des travaux magnétisants n’étant pas nulle en général, on ne saurait, à mon avis, baser la preuve du théorème de réciprocité sur une proposition en fonction des travaux magnétisants puisqu’en général cette proportion n’est vraie que si les quantités en question n’existent pas. La preuve deM. Klinkhamer a donc seulement un sens formel.
- F. Breisig.
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- 390
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXI (2e Série). — N» 43.
- DISPOSITIFS INGÉNIEUX DE FRAUDE D’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE CONDAMNÉS PAR LES ‘TRIBUNAUX
- Dans le courant d’avril 1912, La Lumière Electrique a publié sous le titre « Les vols d’électricité » un article de son distingué collaborateur, Mc Paul Bougault (').
- Se basant sur le texte de l’arrêt rendu par la Cour de Lyon, cet article expliquait qu’au cours d’une perquisition opérée dans l’usine de M. L..., à Lyon, il avait été découvert un appareil destiné à faire échapper aux compteurs, soit de force motrice, soit de lumière, une certaine partie de l’énergie électrique consommée.
- Au moyen de deux fiches de prise de courant, prudemment dissimulées dans les , W.-G. particuliers, M. L... pouvait shunter à volonté une bobine du compteur -force ou une bobine du cpmpteqr-lumière.
- Nous croyons utile de fournir à ceux de nos lecteurs qui s’intéressent à ces questions, quelques détails d’ordre technique, ne serait-ce que pour leur aider, le cas échéant, à reconnaître plus facilement les fraudes qu’ils pourraient avoir à déceler ou bien pour empêcher la consommation de la fraude en 1 installant des dispositifs appropriés.
- i ’* 4
- * *
- Rappelons tout d’abord que le Secteur de la Société Lyonnaise des Forces motrices du Rhône distribue l’énergie électrique sous forme de courants triphasés, au moyen d’une canalisation secondaire commune aux deux, services Force et Lumière.
- Les tarifs en vigueur pour l’énergie dépend sée pour l’éclairage et la force étant différents, on fait emploi de deux compteurs.
- En général, le compteur foi’ce est du type dit « à double wattmètre », c’est-à-dire que deux des conducteurs principaux sont connectés à deux bobines ou deux systèmes de bobines série du compteur, tandis que le troisième conducteur traverse directement l’appareil sansvêtre relié à aucune bobine série.
- Le compteur d’éclairage est du même type dans les installations où l’éclairage est très important, ou bien, lorsqu’il y a peu d’éclairage, il est monophasé, c’est-à-dire avec une seule bobine en série; c’était le cas dans 1’établissement de M. L....
- Dans ces conditions, il suffit de relier un jpoint convenablement choisi de la canalisation force à un point correspondant de la Canalisation lumière, l’un et l’autre point étant pris sur les conducteurs de l’abonné, c’est-à-dire après la sortie du compteur, et de relier ces deux points par un conducteur de section convenable pour court-circuiter ou shunter la bobine correspondante du compteur.
- Le schéma de la figure 1 indique nettement le dispositif qui avait été installé,
- Soit F la fiche de contact (utilisée comme 'interrupteur de fraude) reliée, d’une part au conducteur G de la distribution d’éclairage, d’autre part au conducteur D de la canalisation de force motrice, les conducteurs G et D étant connectés tous deux (au travers du icompteur), comme le montre le schéma, à !un même conducteur principal A du'secteur.
- Soit a la bobine à maximum d’effet (positive) du compteur.
- On voit immédiatement qu’il suffisait d’enfoncer la fiche de contact en F pour jcourt-circuiter la bobine a du compteur force ce qui avait pour résultat de ralentir 'considérablement l’allure du compteur, ou 'même, dans certain^ cas, de le faire tourner en sens inverse.
- Ce système de fraude nécessitait toutefois quelques précautions et, faute de les avoir observées, l’électricien responsable de l’installation illicite a laissé malgré lui des témoins accusateurs.
- En effet, la canalisation lumière étant prévue pour un débit, de beaucoup inférieur à la canalisation force, le coupe-circuit fusible p était naturellement insuffisant.
- Aussi l’installateur eut-il soin de substituer
- (1) Lumière Electrique, i3 avril 1912, p. 55.
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- 29 Mars 1913.
- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- 391
- au fusible en plomb placé primitivement clans le coupe-circuit un fil de cuivre étamé, sensiblement de même grosseur, de façon qu’à première vue, on ne distinguait aucune différence entre le fusible voisin en fil de plomb et le conducteur en cuivre' clamé ntercalé dans le circuit frauduleux.
- régler judicieusement sop degré de fraude en intercalant dans le circuit des résistances ou des bobines de self-induction permettant de réduire dans la proportion voulue la fraction du courant traversant ce circuit illicite; une collection complète de résistances et de bobines de self a été découverte
- Cr
- de l'abonné.
- c!c. Coupe-circuits.
- DEC. Conducteurs force j Oïl. » lumière ^
- -----Dérivation illicite.
- 1*'. Fiche de contact pour fraude sur consommation force , )
- L. Fiche de contact pour fraude sur consommation lumière \ a Dobine à maximum d’effet du compteur force.
- MN. Conducteur lumière du scclciir, à renforcer. p Coupe-circuit à renforcer.
- dissimulées dans les W.-C.
- Mais celui des conducteurs lumière utilisé comme dérivation illicite se trouvant aussi de section insuffisante pour permettre de frauder dans les proportions souhaitées, il arriva, à un moment donné, que son échaudé-
- es
- expe-
- ment devint tel que, au cours riences tentées par les fraudeurs, il provoqua un commencement d’incendie dont les experts n'eurent pas de peine à reconnaître les traces.
- C’est ainsi que l’électricien fut amené à
- derrière la paroi où était posée la prise de courant F.
- On voit aussi qu’en établissant d’une manière absolument analogue un << pont » entre le conducteur de lumière II et le conducteur de force E, reliés tous deux au travers des compteurs au cable principal B du secteur, il sulüsait d’introduire une fiche de contact entre les deux mâchoires de la prise de courant L pour court-circuiter ou slmnter la bdbine série du compteur lumière.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXI (2« Série). - N» 13 .
- Dans ces conditions, les coupables pensaient pouvoir utiliser en toute sécurité leur ingénieuse installation. Une fois les résistances ou les selfs bien ajustées, ils n’avaient plus rien à craindre, en effet, de réchauffement des conducteurs et, en cas de visite inopinée d’un contrôleur du Secteur, il suffisait d’aller auxW.-C. retirer les fiches F etL pour rétablir l’allure normale des compteurs.
- La seule difficulté consistait à dissimuler d’une manière suffisante les conducteurs de
- M. B..., entrepreneur de menuiserie à Lyon, a été découverte en même temps ; elle a fait l’objet d’un jugement identique au premier, confirmé également par la Cour de Lyon, puis par la Cour de Cassation.
- Les experts n’ont pas réussi à y reconnaître d’une manière certaine, comme chez M. L..., le dispositif de fraude sur le circuit d’éclairage; par contre, l’installation illicite adaptée au circuit de force motrice fonctionnait parfaitement en service courant.
- lampes
- Moteur
- Fig, 2. — ABC. Canalisation du secteur.
- C/* Compteur force, type double watt mètre, cm. 3oo ampères. C/ » lumière » » » 5o «
- eje Coupe-circuits fusibles.
- DEF. Conducteurs force l , ,, ,
- GHK. » lumière * do labonno-
- ---- Dérivation illicite.
- S. Interrupteur du circuit de fraude.
- p coupe-circuit i à renforcer pour réalisation de
- MF. Portion du conducteur ^ fraude importante.
- a Bobine à maximum d’effet du compteur force.
- connexion servant à jonctionner aux canalisations licites les bornes des prises de courant F et L. A cet effet, ces conducteurs de connexion avaient été assez adroitement posés dans un petit local voisin des W.-C. sous le prétexte d’une prise de courant tri-polaire installée en vue de l’actionnement ultérieur d’un moteur.
- Une seconde installation frauduleuse, exécutée par le même électricien chez un
- La figure 2 donne le schéma de cette seconde installation.
- Ici, au lieu d’une fiche de prise de courant servant à fermer le circuit de fraude, on avait installé un commutateur S pour servir d'interrupteur, et cet appareil, installé sur une galerie à une certaine distance du local des compteurs, était soigneusement dissimulé sous un coffret masqué lui-même par une certaine quantité de planches et d’objets divers,
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- Comme dans l’installation de M. L..., les fraudeurs se sont encore trahis eux-mêmes-en exagérant la proportion de courant détournée de son trajet normal.
- La section des conducteurs de lumière étant à l’origine bien inférieure à. celle des conducteurs de force motrice j ils durent remplacer la portion M N de la canalisation appartenant au Secteur, son isolement ayant été détruit par un commencement d’incendie et le conducteur correspondant de l’installation intérieure ayant été aussi l’objet d’un commencement d’incendie.
- Le fusible p et le conducteur reliant celui-ci au commutateur S durent également être renforcés.
- On reconnaît immédiatement qu’ici le principe de la fraude était exactement le même que pour la première installation.
- Plusieurs solutions ont été proposées en vue de remédier plus ou moins radicalement à toute velléité de certains installateurs ou de certains abonnés assez peu scrupuleux pour avoir recours à ce genre de fraude.
- Un moyen très simple consiste, par exemple, à croiser purement et simplement deux des conducteurs du circuit d’éclairage avant l’entrée au compteur.
- Dans ce cas, il s’établit un court-circuit qui révèle immédiatement l’existence de l’installation frauduleuse.
- Ce procédé ne doit évidemment être em-
- ployé qu’avec une certaine circonspection.
- ; -Un : autre moyen, d’ailleurs assez imparfait et coûteux, consiste à ne se servir que de compteurs triples.
- On peut aussi installer en circuit, sur les trois conducteurs principaux de l’abonné, un 'système d’électros en équilibre aussi longtemps que la consommation est régulière, mais actionnant un appareil déclencheur, un compteur spécial, un indicateur de fraude, etc., en cas de déséquilibrage produit par une dérivation illicite.
- Chacun de ces dispositifs possède ses avantages et ses inconvénients; l’exploitant choisira celui qui lui semble le mieux approprié au cas qui l’intéresse.
- Les quelques détails qui précèdent suffiront pour permettre de reconnaître rapidement, le cas échéant, l’existence de dérivations installées en vue d’une fraude au compteur.
- Quant à ceux des abonnés des Secteurs qui seraient tentés d’imiter MM. L... et B..., ils savent maintenant à quels risques ils s’exposeraient en cédant aux sollicitations d’installateurs dépourvus de scrupules, qui viendraient leur proposer de rendre leurs installations « plus économiques », de leur ajouter des appareils d’utilisation « ne consommant rien », ou autres avantages de ce genre.
- On voit qu’à divers titres, les jugements qui ont servi de point de départ à cet article méritent de retenir spécialement l’attention.
- ; E. de Longuevax.
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- Sur V influence réciproque de deux antennes Voisines» — G. Tissot. — Comptes Rendus de VAcadémie des Sciences, io mars 1913.
- Une communication récente de M. Meslin (*) à l’Académie des Sciences a attiré l’attention sur les phénomènes d’influence qui se produisent entre deux antennes réceptrices voisines.
- M. Tissot a eu l’occasion d’observer des phénomènes tout à fait analogues dans des expériences qu’il a exécutées autrefois et signalées en partie (a).
- « Nous nous proposions, disait-il, de tracer la « courbe de résonance d’une antenne d’émission « excitée en direct, en prenant comme résonateur « l’antenne réceptrice elle-même A, dont on faisait « varier la longueur, et dans laquelle était intercalé «, un bolomètre a. Afin de contrôler la constance « des émissions, nous nous servions tout d’abord « comme témoin d’une antenne fixe B voisine de A, « accordée sur l’émission et reliée à un second bolo-cc mètre b.
- « Mais nous avions dû renoncer à employer ce « contrôle, du moins sous cette forme, caries déviait lions du bolomètre b de l’antenne fixe B subis-tc saient des variations indépendantes de l’émission, « du seul fait du changement de longueur de Tante tenne variable A.
- ce On observait que, lorsque les antennes A et B ce étaient toutes deux simples, l’énergie captée par ce l’antenne fixe B passait par un minimum quand « on amenait l’antenne voisine A en résonance, mais « que, lorsque l’antenne variable A était multiple, cc le minimum de Ténergie reçue par l’antenne cc simple B correspondait à un certain décalage de cc l’antenne A en deçà de l’accord. »
- Ces observations anciennes s’accordent bien avec celles de M. Meslin.
- A priori, le premier effet s’interprète aisément d’après M. Tissot en observant que l’antenne A draine à son profit une portion de l'énergie du champ d’autant plus grande qu’elle est plus près de la réso-
- nance, ce qui réduit d’autant la portion d’énergie captée par B.
- Mais ce n’est là qu’une première approximation.
- Le phénomène observé dépend, en effet, et de la valeur respective de la quantité d’énergie captée par chacune des antennes, et de la modification qu’elles font subir, Tune et l’autre, au champ primitif de leur propre rayonnement.
- Or, le rayonnement d'une antenne (et réciproquement son pouvoir absorbant) est intimement lié aux dimensions électriques de cette antenne.
- Il dépend en particulier du facteur — (l, longueur,
- L-
- P
- p, rayon de l’antenne) qui entre dans l’expression du champ au voisinage immédiat d’un oscillateur linéaire f1).
- C’est parce que ce facteur a une valeur plus grande pour une antenne à plusieurs brins que pour une antenne simple, qu’une antenne multiple capte une quantité d’énergie plus grande qu’une antenne simple, ainsi que Taùteur Ta montré par ailleurs (2).
- Dans les expériences, où M. Tissot obtenait la modification de période du système par variation directe de la longueur de l’antenne, la raison de la dissymétrie apparaît immédiatement.
- On voit, en effet, que l’un des déréglagés, le déréglage au-delà de l’accord, produit deux effets qui tendent à rendre le système variable moins absorbant^ d’abord parce qu’il l’éloigne de la résonance, puis parce qu’il agit dans le sens d’un accroissement
- du rapport
- L’autre déréglage, au contraire, le déréglage en-deçà de l’accord, rend bien toujours le système moins absorbant en l’éloignant de la résonance, mais tend à le rendre plus absorbant en agissant
- dans le sens d’une diminution du rapport
- P
- De sorte que c’est la dissymétrie qui est la règle,
- (!) Lumière Electrique, x5 mars i<ji3, p. 334.
- (2) G. Tissot. — Sur la résonance des systèmes d’an-tetmés (Annales de Chimie et de Physique, 8e série, tome VIII, 1906, p. 463).
- (*) H. Poincaré. Conférences sur la T. S. F, à P École supérieure des Postes et Télégraphes (Editions de La Lumière Electrique, p. 61).
- (2) C. Tissot, locm cit,9 p. 5n.
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- et que, même avec deux antennes réceptrices identiques, le minimum de réception de l’antenne fixe accordée ne doit pas se produire exactement pour la résonance de l’antenne variable, mais pour un léger décalage de cette antenne en-deçà de l’accord.
- Dans le cas où l’on modifie la période par l’introduction d’une bobine de self, on est conduit à une interprétation analogue qui devient particulièrement simple en faisant intervenir la résistance d’émission de l’antenne.
- On établit, en effet, que la perturbation produite dans le champ incident par une antenne réceptrice (de résistance ohmique négligeable) est en raison
- inverse de v/ 1 + [£(-$)! , où (!>0 désigne
- la pulsation de l’onde incidente, ot la pulsation de l’oscillation libre de l’antenne excitée, L la self-induction effective du système récepteur et Re sa résistance d’émission (1).
- I
- Rc varie proportionnellement au carré du rapport—
- de la longueur réelle de l’antenne à la longueur d’onde du système. D’autre part, quand on modifie une antenne par addition de self, L w varie sensible-
- ment comme y^L. Par suite :
- En augmentant la self (déréglage au delà de l’ac-
- cord), on augmente
- (-S)
- et
- L w
- En diminuant la self (déréglage en-deçà de l’ac-
- ( o>20\ . . L w
- cord), on augmente I i -----J, mais on diminue -p- .
- De sorte qu'il doit se produire un phénomène analogue à celui décrit plus haut.
- Toutefois, pour qu’il devienne appréciable et donne lieu à une dissymétrie bien apparente, il faut qu’en agissant sur les selfs respectives de réglage,
- . . , Lu . ,
- on produise une variation de — plus grande pour
- l’une des antennes que pour l’autre.
- C’est ce qui a lieu quand on a en présence une antenne multiple, c’est-à-dire deux systèmes pour
- lesquels le facteur
- L w
- rT
- offre des valeurs très diffé-
- rentes.
- Les à-coups d’intensité $ la fermeture du circuit d’un transformateur. — Archivée fiir Elektrotechnik, n° 8, 1912.
- On sait que, lors de la fermeture du circuit d’un transformateur, il peut se produire des à-coups d’intensité qui atteignent plusieurs fois la valeur du courant de charge normal. Lorsque l’induction est élevée et la saturation faible, l’à-coup d’intensité est particulièrement violent. On sait également que l’interposition de résistances dans le circuit au moment de la fermeture diminue ces à-coups.
- M. W. Linke a déjà cherché à déterminer la grandeur de la résistance nécessaire (*). M. Rogowski entreprend, d’autre part, l’étude analytique du phénomène et il établit une équation différentielle dont la solution présente une difficulté provenant de ce que l’intensité du courant et l’induction ne sont pas reliées par des expressions linéaires. Pour obtenir une expression analytique qui, non seulement concorde suffisamment avec la courbe de magnétisme, mais encore permette l’intégration de l’équation différentielle, l’auteur remplace la courbe de magnétisme par une ligne brisée se composant de trois parties : la première correspond à la branche ascendante rectiligne, la seconde au genou de la courbe et la troisième à la région de la saturation. Pour chacune de ces trois parties, il existe une proportionnalité approximative entre la valeur de l’intensité du champ, c’est-à-dire le nombre d’ampères-tours par centimètre et la différence des inductions au début et à la fin de la partie correspondante. L’auteur détermine les coefficients de proportionnalité et les valeurs de F induction à l’aide d’une courbe de magnétisme ; il établit ainsi trois équations différentielles distinctes, dont chacune représente l’allure de l’induction dans la partie correspondante. Ces dernières équations différentielles penvent être aisément résolues.
- L’on reconnaît que, même pour de faibles valeurs de la résistance, l’à-coup d’intensité diminue rapidement. Pour de très faibles valeurs du rapport entre la chute ohmique et la force électro-motrice induite (1 à 3 %), on n’observe plus de trace de l’influence du magnétisme rémanent.
- M. K.
- (') Rüdenberg. Ann. der Pliysik, tomejXXV, 1908, p.446-
- (1) Arch. /. Elektro., nos 1 et 2 , 1912.
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- DIVERS
- CONGRÈS GÉNÉRAL ÉLECTROTECHNIQUE RUSSE
- Un congrès général électro-technique russe, a été tenu le mois dernier à Moscou. Analysons brièvement quelques-unes des questions soulevées.
- L’ingénieur . Pilkëvitçh, dans une communication sur les stations d’électricité, a fait valoir que, dans la plupart des | pays, l’idée prévaut maintenant qu’il est plus avantageux et plus rationnel d’ériger les stations à proximité du combustible et de transmettre l’énergie par lignes ou; câbles aériens aux lieux de consommation, que d’ériger les stations aux lieux mêmes de consommation et d’y conduire le combustible.
- La ville de New-York, par exemple, qui dispose de seize stations électriques d’une puissance d’environ 8oo ooo kilowatts, projette à présent de construire une station énorme aux mines de charbon les plus proches et d’en transmettre l’énergie par lignes aériennes.
- Saint-Pétersbourg obtiendra apparemment à bref délai l’énergie électrique de chutes d’eau proches et la ville de Moscou d'une station électrique à ériger en un endroit riche en combustible de tourbe. Le rapporteur en arrive à conclure qu’à l’heure présente, un réseau de câbles à 25 ooo volts peut être considéré comme parfaitement praticable. Pour les faubourgs de Saint-Pétersbourg, Moscou et autres grandes villes il n’y a nulle nécessité de transmettre le courant par des câbles de 6 ooo volts ; des câbles pour une tension de 20 ooo volts et au delà peuvent être parfaitement posés.
- Dans un autre ordre d’idées, l’ingénieur Smirnoff a suscité un vif intérêt par sa communication sur une nouvelle forme d’exploitation des entreprises électriques . municipales. Les entreprises électriques municipales accordées à des concessionnaires sont, de l’avis du rapporteur, à même de développer le plus rationnellement et dans la plus large mesure l’usage du courant électrique parmi la population, mais elles sont forcées d’amortir rapidement des dépenses effectuées pour un usage à long terme. Les stations électriques exploitées par les municipalités elles-mêmes ne sont pas en mesure d’étendre la consom-
- mation dans la proportion voulue, par suite de l’absence d’intérêt personnel des dirigeants, gênés, au surplus, par des dispositions d’ordre public quant à leur sphère d’activité. D’où tarifs peu rationnels, développement peu suivi dans l’usage de la marchandise-courant, retards dans l’extension de l’entreprise, surcharge des machines, arrêt provisoire dans l’acceptation de nouveaux abonnés.
- La nouvelle forme d’entreprise est basée sur la coopération de , la municipalité et de l’industrie privée, en ce sens que les installations sont abandonnées de préférence à la, ville, tandis que leur direction technique et commerciale devient le fait d’industriels privés. Le rapporteur a cité une série de stations électriques allemandes organisées suivant ce mode nouveau, et le congrès a décidé d’en étudier en détail l’application en Russie.
- La question du Métropolitain, à l’ordre du jour pour Moscou, a été présentée par M. KolivanofF, directeur du Chemin de fer urbain de Moscou. Selon le rapporteur, des voies de communication perfectionnées nouvelles ne peuvent nullement nuire au rendement des tramways ; au contraire, elles multiplieront le nombre de voyages. En 1920, la population de Moscou atteindra 2 millions d’habitants.Le nombre de voyages à cette époque peut 'être estimé à 200 par habitant et par an, soit 4<>o millions de voyages pour une population de 2 millions d’âmes. Le réseau de tramways ne peut assurer un semblable trafic, et la construction du Métropolitain s’impose.
- Le congrès a émis des vœux en faveur de lois sur les unités électriques et sur les droits de jouissance à reconnaître pour la traversée et la disposition des terrains servant à la pose des câbles électriques. Des données ont été produites sur le nombre d’accidents dus au courant électrique, sur l’imposition des stations d’électricité par les administrations provinciales,, sur l’assurance contre les accidents des ouvriers occupés dans les stations d’électricité; enfin le congrès a préconisé l’adoption de types déterminés de compteurs électriques à imposer par arrêté ministériel.
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- VARIÉTÉS
- L’EMPLOI DE L’ÉLECTRICITÉ DANS LES TRAVAUX AGRICOLES {Suite) (')
- CONSOMMATION D’ÉNERGIE DE DIVEI1S APPAREILS
- La consommation d'énergie tient en substance dans les tableaux ci-après dressés par M. Lecler, mais leur compréhension impose qu’on ne perde pas de vue l’introduction que leur donne leur auteur et interdit qu’on leur demande une trop grande précision. La consommation est, en effet, très variable :
- i° Le type d’appareil employé influe beaucoup sur les résultats obtenus; certains sont bien établis en vue d’une commande par moteur rapide, mais la plupart sont défectueux; souvent même on prend des appareils primitivement destinés à être actionnés à la main et on les transforme, plutôt mal que bien, en appareils à commande électrique.
- a0 Suivant l’ctat des produits traités (humidité, provenance, etc.); toutes autres choses égales d’ailleurs, les quantités d’énergie nécessaires pour traiter une quantité déterminée peuvent varier très notablement.
- 3° Les appareils à cylindres, tels que les broyeurs, concasseurs, aplatisseurs, etc., sont susceptibles d’absorber des quantités d’énergie variant entre des limites très étendues, pour peu que leur réglage soit défectueux,
- 4° En ce qui concerne les machines à battre, il est pratiquement impossible de prévoir exactement les les quantités d’énergie nécessaires par ioo kilogrammes de grain battu pour les raisons suivantes :
- a. Les divers types des batteuses absorbent des quantités d’énergie très variables par ioo kilogrammes de grain battu et, contrairement à ce qu’on pourrait croire de prime abord, ce sont les batteuses les plus primitives, les petites batteuses (moteurs électriques de a à 3 chevaux), telles que les anciennes batteuses à manège transformées, qui consomment le moins (par exemple, pour fixer les idées, de 3oo à 5oo watts-heures par ioo kilogrammes de grain). Les batteuses perfectionnées (moteurs électriques de io chevaux), au contraire, absorbent beaucoup plus (guère moins de 5oo watts-heures, etparfoisjusqu’à i ooo watts-heures par ioo kilogrammes).
- Cette anomalie apparente vient simplement de ce
- que les batteuses perfectionnées comportent, pour le nettoyage des grains des dispositifs plus compliqués (ventilateurs) qui absorbent de notables quantités d’énergie.
- b. Les batteuses consomment presque autantd’éner-gie à vide qu’en charge, la consommation à vide dépassant généralement 8o % de la consommation en charge.
- D'autre part, le poids de récolte passé dans la batteuse, en un temps donné, dépend pour une grande part de l’ouvrier engraineur, de telle sorte que, pour peu qu’il y ait un ralentissement dans l’alimentation, la consommation rapportée aux ioo kilogrammes de matière devient excessive.
- Le tableau I donne les consommations et les productions horaires des engins électriques qu’il mentionne. On peut en rapprocher le tableau II relatif à l’exploitation de i3 petites installations agricoles eton sera frappé de voir combien il totalise peu d’énergie électrique. Pourtant les chiffres donnés présentent l’intérêt particulier d’être d’origine expérimentale. L’auteur ne fixe point les conditions dans lesquelles on les a obtenues, conditions qui sont très dissemblables et dont les divergences apparaissent dans le tableau. Dans 5o % des petites fermes, la lumière est prépondérante. Il est dès lors impossible d’en tirer une conception optimiste pour les applications électriques à la ferme, et on sent en tout ceci peser de tout son poids le grave obstacle auquel une certaine forme de mutualité pourrait remédier : le morcellement excessif des propriétés.
- On ne peut pas déduire des tableaux la consommation par hectare de terre en culture et il est même douteux qu’elle offre de l’intérêt dans le cas considéré ; elle en aurait davantage dans les propriétés groupées donnant à une ferme l’importance de celle dont le cycle annuel de consommation sera défini au tableau III. M. Lecler écrit ce qui suit au sujet de la consommation rapportée à l’hectare:
- « Nousétudierons un peu plus loin les coefficients U et K qui figurent dans ces tableaux. Ces tableaux sont incomplets ; j’aurais vivement désiré rechercher quelle valeur on peut attribuer aux hypothèses consistant à rapporter les consommations, soit à l’hectare de terre en culture, soit au nombre d’habi-
- (') Lumière Electrique, 22 février 1913, p. 241,
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- Tableau I. — Conditions de fonctionnement de divers appareils d’intérieurs de ferme.
- DÉSIGNATION DES APPAREILS QUANTITÉS DE MATIÈRES TRAVAILLÉES PAR HEURE EN KlLOG. ÉNERGIE CONSOMMÉE PAR HEURE EN WATTS-HEURES (moyenne) ÉNERGIE PAR 100 KG DE MATIÈRES TRAVAILLEES (watts-heures)
- i° Broyeurs.
- Broyeurs d’engrais 2 000-2 5oo 2 GOO 125
- Broyeurs d’os frais (petit appareil) i3 15o 2 OOO
- Broyeurs d’ajoncs 36o 1 5oo 420
- Broyeur de pommes 1 000 5oo 5o
- Broyeur de tourteaux 55o 75o i5o
- 2° Concasseurs et aplatisseurs.
- Petit aplatisseur à avoine 16 200 I OOO
- Petit aplatisseur ù maïs 5o 200 400
- Aplatisseur d’avoine (type 600 1.) 400 110 275
- Concasseur à meules (avoine) 5o 3oo Coo
- Concasseur avec serrage excessif 5o 1 5oo 3 000
- Concasseur à meules (orge) 25o 1 800 700
- 3° Appareils divers.
- Coupe-racines avec décrotteur (betteraves).... 1 800 45o-5oo 25
- Coupe-racines sans décrotteur 20
- Elévateur à paille :
- a. Par ventilateur 2 000 3oo
- b. Par chaîne 20-25
- Presse ù paille 3 5oo
- Hache-paille : paille coupée à 8 mm 400 1 000 400
- Hache-paille : paille coupée i\ i5 mm 3oo
- Laiterie par 100 litres de lait traité, 25o-5oo (?)
- Moulin agricole . . 70 1 600-1 800 2 5oo (?)
- Trieurs 120 20
- Tarare ensacheur Goo 5o
- 4° Batteuses.
- a. Petites batteuses Très variable. moteur 2-4 chevaux 4oo-5oo
- b. Batteuses perfectionnées '—^ moteur 5-io chevaux 5oo-i 000
- Tableau II. — Consommations annuelles de diverses exploitations agricoles comprenant force, motrice (F) et éclairage (L).
- NUMÉRO I)E LA FERME NATURE DES APPAREILS EMPLOYÉS DANS LA FERME PUISSANCE TOTALE DES MOTEURS INSTALLÉS (P) CONSOMMATIONS ANNUELLES (en hkctowatts-iieures) COEFFICIENT DE COMPARAISON (KW-h)
- Force motrice (p) Lumière (L) Totale (K + L) F k = l LT =1 P
- I Trieur de grains I 483 7Ô2 I 235 0,64 48
- II Ecrémeuse et baratte. 0,5 340 5a3 8G3 0 ,G5 68
- III Ecrémeuse et baratte o,5 757 9^7 1 714 ‘ 0 *79 151
- IV Ecrémeuse, baratte, lessiveuse. 1 1 227 1 o63 2 2QO 1 ,i5 123
- V Ecrémeuse, baratte, lessiveuse. t,r> 2 483 1 353 3 836 1 ,84 i65
- VI Hache-paille, coupe-racines.. . i 411 1 3m 1 722 0,315 4i
- VII Hache-paille, coupe-racines... i 378 99* 1 722 0,38 38
- VIH Pétrin, coupe-racines o,5 991 1 135 2 028 0 ,8o5 >99
- IX Aplatisseur de grains 4 2 23<) 536 2 766 4,17 56
- X Batteuse 3,5 2 535 928 3 4 63 *2 » 74 72
- XI Batteuse, lessiveuse 4 3 332 97° 4 302 3,45 82
- XII Batteuse 4 3 002 992 4 494 3 ,5 3 86
- XNI Batteuse 3 ch. 5
- — Hache-paille ) j ch 5 4 ch. 5 5 066 1 3<)8 6 4G4 3,61 112
- «1 Goupc-racincs )
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- Tableau II bis
- :> INDUSTRIES LOCALES PUISSANCE TOTALE DES MOTEURS INSTALLÉS CONSOMMATION ANNUELLE EN JIKCTO WATTS-IIEURES FORCE MOTRICE (*) COEFFICIENT DK COMPARAISON (kw-II)
- Charron 4 a5o-3oo 60-95
- Menuisier 4 4oo-5oo 100-125
- Boulanger. I I20-100 iao-i5o
- Boulanger . ... 2 * 45o-()oo aa5-3oo
- Tableau III
- CONSOMMATIONS MENSUELLES (EN IIECTOWATTS-IIKURKS) RAPPORT DK COMPARAISON
- Force motrice (F) Lumière (L) Totale (F + L) K — —- (L)
- Janvier 3 0G9 699 3 768 4,4
- Février 4 279 49r> 4 774 8,65
- Mars . 2 4 08 372 2 760 6.5 8.5
- Avril 2 9.98 272 2 (170
- Mai I G74 i l4'A 1 816 11 *8
- Juin Juillet 694 1 *97 89 I I 2 783 1 309 7 >8 10,7
- Août i 009 i65 1 174 6,1
- Septembre 2 483 390 2 873 6,35
- Octobre 2 427 578 2 oo5 2,45
- Novembre 2 9.41 527 2 769 4 ,a5
- Décembre 3 97 » 4 543 7 )<>°
- Totaux annuels 26 751 4 4i3 3i 164
- Moyennes mensuelles ‘2 220 37> 2 600 6,08
- * a
- Kilowatts-heures par hectare et par an
- Lumière Force ..
- 1 >77 o,65
- Total
- i 2 ,42
- Tableau IV
- TRACÉ
- A
- B
- C
- MOYENNE
- 5 exploitations (i, n, ni, iv, v
- 2 exploitations (vi, vu)........
- i exploitation (ix)............
- ' VALEURS DE U
- NATURE DES APPAREILS U moyen U moyen
- mensuel annuel
- uw* U«
- Laiterie 9,26 I I I
- Coupe-racines, hache-paille. . 3,33 39,5
- Aplatisseur ... 4,65 56
- tants, ou encore au nombre de têtes de bétail.
- cc Mais actuellement il m'est impossible de rien dire de précis à ce sujet. Toutefois, il semblerait, en général, qu’on puisse s'attendre, dans des régions de petite culture soignée, à une consommation d’une vingtaine de kilowatts-heures par hectare et par an,
- tandis que, en grande culture (Tableau III), on ne pourrait compter que sur une douzaine de kilowatts-heures seulement, dont 2 pour l'éclairage et io pour la force motrice. Ces derniers chiffres sont inférieurs de moitié à ceux qu’on paraît adopter en général en Allemagne (4 kilowatts-heures pour la
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- lumière cl aokilowatts-heures pour la force motrice). Il faut faire une mention spéciale en ce qui concerne les applications à l’élévation de l’eau pour arrosage et irrigation, charge de jour et d’été, extrêmement favorable, et qui est susceptible d’augmenter très vite. Ainsi, dans un même réseau, cette application a absorbé (*):;
- En 1908................ 6 5oo ktv-h.
- En 1909................. 11 5oo —
- En 1910......... 18 3oo ' —
- ’i
- i Le tableau III offre , incontestablement, comme le tableau II, une indication utile sur la nature de la 'consommation et l’intérêt que les réseaux éleclri-!ques peuvent trouver en se l’assurant, i Le coefficient de comparaison K vise à donner lune idée de ce que serait la vente de force motrice ;dans une région dont on connaît déjà la consommation d’éclairage.
- volonté du cultivateur. C’est ce que montrent les figures 1 et 2 qui représentent les coefficients moyens d’utilisation mensuelle de diverses exploitations.
- Dans la figure 1 sont groupés les résultats relatifs à trois catégories de petites exploitations (tracé A, laiterie; tracé B, coupe-racines et hache-paille'; tracé G, aplatisseurs), tandis que la figure 2 est relative à des machines à battre. (Tous ces tracés représentent les valeurs moyennes de U pour les exploii-tations du Tableau II.)
- Pour les appareils de laiterie (lig. 1) (A), on voit que l’utilisation est à peu près régulière d’un bout de l’année à l’autre.'Il s’agit ici de petites exploitations. Pour de grandes laiteries, on aurait un maximum de consommation en été, parce que pendant cette période les vaches donnent plus de lait et aussi parce qu’il faut actionner les frigorifiques. De plus, l'a charge de laiterie a lieu pendant le jour. C’est donc une consommation intéressante...............
- 0 N n
- (Fig. 1. — Valeurs moyennes de U pour diverses catégories j d’appareils, d’intérieur de ferme,
- j Tracé Moyenne de
- ( A— ------5 exploitations (i, n, ni, iv, v).
- 1 B.—.— 2 exploitations (vi, vu).
- C------ 1 exploitation (ix).
- I Valeurs de U.
- j U‘ moyen U moyen
- j ' mensuel' • annuel
- ! Nature des appareils Um U0
- Laiterie....................... g,a6 i n
- Coupe-racines, hache-paille.... .‘i ,33 3ç>,5
- Aplatisseurs................... 4,65 '56 ‘ 1
- Le coefficient d’utilisation U est susceptible d’arhéliorations1 qui dépendent des habitudes ou de la
- U
- 25
- 20
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- Fig. 2. — Valeurs de U
- M A M J J F
- N D
- A S ; 0 pour les machines à ballre.
- Moyenne de 4'exploilations : • II moyen,mensuel : 7,3
- - P m = 4 chx. U moyen annuel : 88
- Par contre, tous les appareils relatifs à la .préparation 'de -la- nourriture du bétail avec des- aliments secs .(tourteaux, racines, paille hachée, grains concassés) sont beaucoup moins intéressants (fig. 1) (B).
- En effet, cette nourriture se donne en hiver,’ c’est-à-dire pendant des périodes où les réseaux sont déjà assez chargés par ailleurs.
- 1 (’) Voir ci-après : Essais comparatifs de pompes à \
- 'moteur électrique et à pétrole. ... ... j
- v Pour le battage, la situation est meilleure (fig. 2). tCèite figure représente'là moyenne des résultats des
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- quatre exploitations X à XIII du tableau II, dont l'allure générale est h peu près la meme, parce qu’elles sont dans la même région et les mêmes conditions. 11 Mais, en ce qui concerne le battage, il y a des anomalies apparentes. Pour certaines installations, le maximum de consommation a lieu immédiatement après la récolte (août). Pour d’autres, ce maximum se trouve décalé, et reporté aux mois d’hiver.
- Ceci provient simplement de ce que le battage se fait de deux manières différentes.' Dans certaines régions, on bat avec dés batteuses portatives de puissance supérieure' à 5 chevaux'(vapeur, moteur 'électrique de 8 à io chevaux), et l’on se débarrasse du battage, très souvent en plein air, aussitôt que “'possible après la récolte. Dans ce cas, les batteuses (souvent propriétés d’entrepreneurs et allant de ferme en ferme, tout au moins dans les pays de moyenne culture), marchent toute la journée, constituant ainsi une très bonne charge d’été (août). Dans d’autres régions, chaque ferme a sa petite batteuse fixe ; on rentre alors les récoltes pour les battre à temps perdu, au furet à mesure des besoins. Lés moteurs employés sont alors plus faibles (souvent même ces batteuses sont actionnées par manège), et les battages durent plus longtemps, parfois jusqu’en mars ou avril. L’agriculteur cherche alors à les faire
- f / ,
- par mauvais temps, ou le soir en hiver, ce qui n’améliore pas la situation de la centrale. Lé tracé figure i représente assez bien une moyenne entre les deux extrêmes : battage immédiatement après la récolte, ou battage réparti pendant riiivcr. On y trouve une pointe au mois d’août, les agriculteurs ayant battu une bonne partie de leur récolte à ce moment pour la vendre et préparer leurs semences.
- Fuis les battages sont ralentis en septembre c t octobre, au moment des labours, pour reprendre en hiver et être poussés activement en février, alors qu’il n’y a rien à faire dans les champs.
- Les résultats résumés ci-dessus sont en trop petit nombre pour qu’on puisse en tirer des conclusions bien certaines. Toutefois, ils mettent très nettement en évidence le caractère illogique du tarif qui fait payer aux agriculteurs un prix uniforme pour le courant de force motrice qu’ils utilisent pour leurs moteurs, en hiver pendant les heures à éclairage, ou en été pendant le jour.
- Il en résulte que, n’ayant aucun intérêt, au point ‘ de vue de la dépense de courant, à (aire fonctionner leurs moteurs à des heures déterminées, les agriculteurs les mettent en marche au moment où ils leur sont le plus commodes, par exemple, en hiver, le
- soir en rentrant des champs, pour concasser leur avoine, tandis qu’ils pourraient tout aussi bien faire ce travail le matin de bonne heure. Il en est de même dans une certaine mesure, pour les autres applications (battage, etc.).
- . Le remède à cette situation paraît donc consister dans un tarif variable avec l’heure de la journée, et aussi avec l’époque de l’année, comme à Lausanne.
- Il en résulte évidemment une légère complication, mais, d’autre part, la répartition de la charge à l’usine se trouve notablement améliorée.
- De plus, un tel tarif permettrait de livrer le courant à certaines heures de la journée à des prix très bas, et, par conséquent, de l’employer pour nombre d’applications, notamment l’élévation de l’eau.
- ♦
- ¥ ¥
- L’avenir précisera sur beaucoup de points les conclusions que nous empruntons à la conférence de M. Leclcr et donnera certainement raison à ceux qui prédisent un développement notable des services d’eau à force motrice électrique dans un but d’irrigation ou pour tous autrts besoins; Téconomie en est attestée par l’essai que l’auteur donne en annexe, dont nous donnons plus loin un résumé.
- Résultats $ exploitation des entreprises de distribution d'énergie électriques pour les travaux agricoles. — cc Les résultats que je communique sont en trop petit nombre pour que je puisse actuellement en tirer des conclusions ayant une valeur quelconque.
- « Je me bornerai donc à indiquer qu’il semble que le facteur de charge soit meilleur qu’on ne paraît généralement porté à le croire, quand il s’agit de stations desservant un nombre important de moteurs, bien que les coefficients' d’utilisation de chaque moteur soient toujours très faibles ; ce Tait proviendrait de ce que la puissance instantanée demandée à l’usine serait faible comparée à la puissance installée. .
- c< Je me propose d’ailleurs de revenir ultérieure-‘ment'sur cette ’ partie de la question, lorsque les applications agricoles de l’électricité se seront développées. ’
- - « Jè dirai seulement qu’on méconnaîtrait l’importance Jd'u débouche agricole pour les entreprises d’énergie électrique, si l’on voulait le juger d’après les résultats défavorables donnés par certains petits secteurs, à clientèle uniquement ou presque uniquement agricole.
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- « Dans l'état actuel des choses, il semble bien, d’ailleurs, qu’il ne faut pas considérer la clientèle agricole comme isolée, mais bien comme une clientèle d’appoint, susceptible d’améliorer l’utilisation du matériel et des installations pendant le jour, notamment pendant les heures de faible éclairage de « l’été ».
- En étudiant méthodiquement les besoins apparents ou latents d’une région, ainsi que les modifications aux conditions agricoles susceptibles d’améliorer la consommation de l’énergie électrique (par, exemple, la substitution des cultures arrosées ou irriguées aux cultures ordinaires), en organisant une propagande convenable adoptée aux besoins des agriculteurs, en pratiquant des tarifs modérés, en recourant à tous les concours bénévoles officiels ou privés, dont on peut disposer quand il s’agit d’aider l’agriculture, il ne paraît pas douteux qu’on n’arrive rapidement, dans nombre de régions, à développer dans une très large mesure les exploitations agricoles de l’électricité, pour le plus grand bien de l’intérêt général.
- ♦ *
- Essais comparatifs de pompe à moteur électrique et à pétrole. — Ces essais étaient organisés
- 0.50
- - O
- o.l s
- 100 200 300 400 $00 600 700 êOO $90 7000
- E
- Fig. 3. — Comparaison entre les pi-ix de revient de l’eau élevée par gi’oupes moto-pompes.
- Pompe électrique de i2m3 environ à l’heure. — B. Motopompe à péti-ole de i4m3 environ il l’heure. — C. Prix de revient du mètx-e cube d'eau élevé à 5“ de hauteur en centimes. — D. Pi'ix de revient de ioo ooo kilogrammètres. en eau montée.—E. Quantité annuelle d’eau montée (unités de ioo ooo kilogrummètres).
- \
- par le Syndicat des agriculteurs de la Vienne en collaboration avec d’autres sociétés d’agriculture du département.
- La figure 3 donne, sans d’ailleurs aucune prétention à l’exactitude, puisque l’évaluation des dépenses d’entretien et d’amortissement ne peut être que très approximative, faute d’une expérience suffisamment étendue, une comparaison entre les frais occasionnés par les deux sortes de pompes, dans l’hypothèse de courant à o fr. 25 le kilowatt et de pétrole ào fr. 41 le litre (la courbe A est relative à une pompe électrique et la courbe B à une pompe à pétrole).
- D’autre part, dans les régions agricoles et même, pourrait-on dire, un peu partout en dehors des grands centres, les services de distribution d’eau sont généralement défectueux, tant comme quantité que comme qualité. L’emploi d’énergie électrique soit pour l’élévation de l’eau, soit pour sa stérilisation par un des procédés utilisant l’énergie électrique (ozone ou rayons ultraviolets), est susceptible d’améliorer très notablement cette situation. Sans qu’il soit possible d’indiquer de chiiïres précis, il n’est pas discutable qu’il y ait là, pour les entreprises de distribution d’énergie électrique, un élément de recettes appréciable.
- * *
- Si l’électricité peut servir économiquement tous les besoins de l’agriculture, c’est ce que la conférence de M. Lecler ne permet pas d’affirmer. Mais le fait qu’elle se prête matériellement à leur réalisation n’est pas douteux. Des articles écrits par un spécialiste, M. Biiggeln, de Stuttgart, auquel M. Lecler rend hommage dans sa conférence, le prouvent abondamment et le dernier d’entre eux établit, après une discussion intéressante des tarifs en vigueur, une tarification rationnelle qui a fait ses preuves en d’autres pays et y a résolu le problème économique soulevé plus haut (*). C’est ce que montrent les nombreuses figures données au cours de ses articles par M. Biiggeln ; c’est ce qu’a montré en France même l’exposition du matériel agricole d’Amiens, dont nous rendrons compte en terminant. C’est ainsi, qu’à l’appui des conférences et des articles, les illustrations précises et les démonstrations publiques apportent leurs témoignages tangibles.
- (A suivre).
- B. da Costa.
- (*) La dépense d’énergie dans les compteurs et son importance dans les centrales agricoles, par II. Büggeln, (Lumière Électrique, n janvier 1913, p. 48).
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- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Aimé Witz. — Les moteui's à combustion interne. — I volume de 336 pages avec 87 ligures. — Octave Doin et fils, éditeurs, Paris 1913. —Prix : 5 fr.
- Tout foyer extérieur à l’enceinte du fluide qu’il doit chauffer, implique nécessairement des déperditions de chaleur ruineuses, par combustion incomplète, rayonnement extérieur, départ des gaz chauds à la cheminée, etc. Ces déperditions affectent lourdement le rendement d’une machine thermique ainsi constituée.
- En deuxième lieu, la théorie indique qu’une machine thermique est d’autant plus économique que la chute de température utilisée est plus grande. Or, le moyen qui se présente le plus naturellement pour élever la température supérieure du « cycle », c’est sans doute de disposer le foyer à l’intérieur même du fluide dont le travail est utilisé. On introduit ainsi dans le « cycle » selon lequel s’accomplit ce travail, tout le calorique disponible, et l’on supprime le rayonnement extérieur et les pertes à la cheminée.
- Telles sont les deux raisons physiques capitales qui expliquent et justifient les recherches dont ont fait l’objet les moteurs à combustion interne, ainsi que le prodigieux développement industriel qu’ils ont pris aujourd’hui.
- Mais il s’en faut bien qu’historiquement la question se soit posée avec avec cette netteté brutale. Comment, après la création de la machine à vapeur, création presque totale et définitive dès Watt, les physiciens se sont mis à chercher autre chose et mieux; pourquoi ce fut du côté du moteur à air que s’orientèrent leurs études; comment, avec Stirling et avec Ericsson, ils parvinrent à des réalisations industrielles; puis, quelles déceptions suivirent, et quelles en furent les raisons essentielles; comment enfin, en s’éloignant toujours de la machine à vapeur, on fut conduit à évoluer du moteur à air chaud vers le moteur à combustion interne : c’est là l’historique, on pourrait dire l’épopée de la force motrice au xixe siècle, dont M. Aimé Witz présente au début de son ouvrage une frappante et lumineuse synthèse.
- Nul n’était mieux qualifié que notre éminent collaborateur pour dresser le bilan actuel de la combus-
- tion interne, et M. d’Ocagne a été on ne peut mieux inspiré en confiant à l’auteur du classique Traité des moteurs à gaz et à pétrole et de la Dernière êvolu tion des moteurs à gaz, la rédaction d’un des livres les plus importants par sou objet de la« Bibliothèque de Mécanique appliquée et Génie » de la belle et très connue « Encyclopédie scientifique » du Dr Toulouse.
- M. Aimé Witz a divisé son ouvrage en trois parties, précédées d’une introduction historique :
- Dans la première, il pose les bases théoriques du fonctionnement des moteurs à gaz.
- Dans la seconde, il décrit plus de vingt types de moteurs différents, utilisant des combustibles solides (l), gazeux (2) ou liquides (3).
- Dans la troisième partie enfin, il indique les applications industrielles des moteurs fixes ou mobiles à combustion interne.
- Ainsi se trouvent réunis, sous un format des plus modestes, des documents d’une incontestable autorité, et qui sont particulièrement précieux à une époque où tout ingénieur a plus ou moins affaire avec les moteurs à combustion interne.
- La genèse historique de ces moteurs, que nous rappelions au début, explique toute l’orientation de leur perfectionnement. Ce fut une belle victoire que de substituer aux rendements dérisoires des machines à vapeur les 180 grammes de combustible par cheval-heure effectif que brûle le moteur Diesel, (Une place d’honneur, celle qui lui est due, est faite bien entendu par l’auteur dans ses monographies, à ce système de moteur). Ces 180 grammes pourront se réduire à i5o seulement si la compression actuelle de 40 kilogrammes peut être poussée, dans le Diesel de l’avenir, jusqu’à 25o kilogrammes, selon le rêve initial de l’inventeur. Et au delà encore, M. A. Witz nous laisse entrevoir l’utilisation éventuelle des explosifs véritables, tels que la nitroglycérine, pour la production de la force motrice. Il y a donc, si beaux que soient les résultats obtenus, (*)
- (*) Moteurs Belou, Holdorff et Brükner, Buckett, Bénier, Genty, Diesel.
- (2) Moteurs à combustion (Gardie) ; à explosion à deux temps; à quatre temps.
- (3) Moteurs Brayton, Prietsmau, Hornsby-Akroyd moteurs verticaux, Diesel.
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- place encore pour d’immenses perfectionnements; souhaitons que nos compatriotes, qui ont, selon le jugement de M. Witz, montré le plus d’initiative jusqu’à présent, mais qui ont été devancés par la pratique avisée des constructeurs allemands, prennent la tête dans cette marche au progrès. A coup sûr, parmi nos jeunes ingénieurs, beaucoup prennent un intérêt passionné à ces problèmes. A ceux-là nous ne pouvons donner de meilleur conseil que de lire l’ouvrage que nous présentons ici.
- R. Chassûriaud.
- Georges Ghabaud, Docteur en droit, Avocat à la Cour d’Appel. — La proie ctdon légale des dessins et, modèles. — i vol. in-8° de xiv-3:&3 pages. — H. DuNOD,et' E. P in at, éditeurs, Paris, 1913. — Prix : 9 francs.
- Depuis plus d’un siècle que l’industrie repose tout entière sur un principe de liberté et de concurrence, la double sauvegarde des droits de l’individu et des droits de la communauté s’est imposée aux préoccupations du , législateur, en matière de propriété industrielle.
- C’est de cette nécessité d*un statut nouveau que sortirent, au lendemain de l’abolition des Maîtrises et des Jurandes, les lois de 1791, de 1793 et, sous Napoléon Ier, la loi de 1806.
- Plusieurs textes peu à peu s’ajoutent à ces lois séculaires : loi du 28 juillet 1824 sur le nom des fabricants et de la localité d'origine d'un produit, loi du 5 juillet 1844 sur les brevets d'invention, loi du a3 juin ;i,8[»7 sur les marques de fabrique, loi du 18 avril 1886 sur les récompenses et distinctions industrielles, article 418 du Code pénal relatif à la divulgation des secrets de fabrique.
- La diversité et la complexité des droits dont sc compose la propriété industrielle aboutissent, on le voit, à uue législation fatalement touffue et délicate. Si les principes qui dominent la matière sont encore ceux qqi furent posés au lendemain de la Révolution, du moins sont-ils loin de rallier tous les suffrages. Il est peu de, domaines, au contraire, où les controverses soient plus fréquentes et plus aiguës, peu aussi où, à côté des discussions de doctrine, se rencontre une jurisprudence plus difficile à saisir et à interpréter.
- Deux lois nouvelles ont donné à la protection des dessins et modèles sa forme récente et traduisent l’orientation actuelle; ce sont les loisdun mars 1902 et du 14 juillet 1909.
- La première, dite loi sur la propriété artistique, complète, en s’y incorporant, la loi de 1793. Elle étend formellement aux architectes et statuaires le
- bénéfice de la loi des 19-24 juillet 1793 et y admet les sculpteurs et dessinateurs, quels que soient le mérite et la destination de leur œuvre.
- L’initiative en revient aux fabricants de bronze, désireux de se soustraire à l’application de la loi de 1806, principalement en ce qui concerne l’obligation d’un dépôt préalable aux conseils des Prud’hommes et d’assurer l’extension de la loi de 1793 aux œuvres gTart industriel.
- La seconde (loi du 14 juillet 1909), beaucoup plus générale, s’applique à tous les créateurs de dessins et modèles. Elle est venue mettre un terme aux incertitudes relatives à l’étendue de la loi de 1793-1902 et aux difficultés que soulevait son interprétation en présence de la loi de 1806, restée en vigueur. La loi de 1909 qui rajeunit ce dernier texte et supprime tout conflit en permettant au besoin de cumuler sa protection avec celle delà loi de 1793-1912,constitue désormais le droit commun en la matière.
- Tout créateur quel qu’il soit, artiste de talent ou simple fabricant peut placer sous son égide, au moment qu’il juge opportun, l’objet le plus modeste comme la plus belle merveille d’art appliqué.
- La loi de 1909 consacre à son profit le droit, exclusif d’« exploiter, vendre ou faire vendre » ses dessins et modèles.
- *
- Deux conditions sont imposées à cette protection : l’œuvre doit être nouvelle, elle doit faire l’objet d’un dépôt an greffe du Conseil des Prud’hommes. La loi de 1909 est donc plus voisine de la loi de 1806, qui exigeait également ces deux conditions, que de la loi de 1793 qui accorde sa protection sans dépôt; mais, depuis la loi de 1909, le dépôt n’est plus obligatoire avant toute mise en vente, il est seulement le point de départ nécessaire de toute action en justice. Pra-tiquemenl, d’ailleurs, il ne saurait être différé que par ceux qui ont, par ailleurs, un moyen efficace d’établir leur priorité d’invention etn’ontpas àredou-ler de voir un tiers déposer à leur place à la suite de leur divulgation.
- La publicité du dépôt n’est obligatoire qu’au bout de vingt-cinq ans ou comme préliminaire à la poursuite des contrefacteurs.
- Telle est l’importante matière à laquelle est consacré le savant ouvrage de M. G. Chabaud, avocat à la Cour d’Appel, dont on connaît la compétence particulière en ces questions (M.
- Grâce à un plan rigoureux, l’auteur a su condenser
- (*) Voir notamment : Les inventions de laforme\ Le droit d'auteur des artistes et des fabricants , le Régime inter-
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- LA' LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 2d Mars 1913.
- dans son livre, à côté d’un exposé doctrinal et historique très complet, touslesrenseignements pratiques dont peut avoir besoin l’industriel ou le spécialiste.
- L’extension de la loi de 1793 aux œuvres d'art industriel a donné à ce texte une importance toute nouvelle, nous l’avons vu, dans la législation relative aux dessins et modèles. M. Chabaud nous en donne une étude très complète. Il précise la situation actuelle par la genèse même des réformes accomplies. Le législateur de 1902 et de 1909 a voulu, en amendant les lois de 1793 et de 1806, supprimer les conflits antérieurs, concilier les aspirations divergentes en permettant le cumul des deux protections dans les cas où l’œuvre rentre dans les prévisions de la loi de 1793-1902. L’auteur s’est particulièrement attaché à la détermination, souvent fort délicate, de ces cas.
- L’élude détaillée de la loi de 1909 constitue la partie capitale de l’ouvrage. L’importance de ce texte, comme la faveur qu’il rencontre dans le monde cle l’industrie, à en croire les statistiques, en justifient l’ampleur. On y trouvera examinées bien des questions nouvelles que les tribunaux ne paraissent pas avoir encore tranchées et, sur les questions résolues, une documentation jurisprudentielle très abondante.
- Un exposé du droit international des renseignements sur les législations étrangères et les textes des lois étudiées complètent l’ouvrage. Une table alphabétique des matières le termine.
- A. Blachère,
- D1' en droit, Avocat à lu Cour d'Appct de Paris.
- CORRESPONDANCE
- Monsieur le Directeur,
- Dans le numéro du 22 février 1913, La Lumière Electrique a publié une analyse d’un article de M.A. Scherbius paru le 17 octobre 1912dans YElek-trotechnische Zeitschrift. M. Miles Walker, le distingué ingénieur de la British Westinghouse, a également fait diverses publications à ce sujet (').
- Il ne me paraît pas dénué d’intérêt de signaler que le principe d’un appareil procurant à ses bornes une tension analogue à celle d’un condensateur convenable placé dans le même circuit a été déjà décrit à la séance de janvier iqo3 de la Société Internationale des Electriciens. Il me semble absolument analogue à l’avanceur de phase de A. Scherbius. Son emploi a été prévu pour les machines asynchrones.
- national de la propriété industrielle (ce dernier ouvrage en collaboration avec M. Pillet, professeur à la Faculté de droit de Paris.)
- (*) Lumière Electrique, 22 mars igi3, p. 370. (N.D.L.R.)
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- t
- Le dispositif n’a pas été breveté, car il avait semblé résulter trop directement :* *i° des travaux de Maurice Leblanc sur les machines asynchrones pour la transformation du travail mécanique en énergie électrique ou inversement sans absorption de courants déwaltés; 2° des travaux de Marius Latour.
- Nous avons peut-être d’ailleurs eu des craintes exagérées sur la validité d’un tel brevet. .
- Voici les termes exacts de ma communication du 7 janvier 1903 : 1 : ’
- « Parmi les idées fécondes en conséquences émises par M. Leblanc ('), est celle de la génératrice asynchrone de courants polyphasés. Cette machine est fondée sur le principe suivant : Si un moteur d’induction est branché sur une distribution de courants alternatifs, il suffit de faire tourner le rotor au-dessus de la vitesse de rotation du champ pour fournir au réseau les courants wattés, tandis que le réseau lui-même doit fournir des courants de magnétisation.
- « M. Leblanc a montré que ces courants magnétisants pouvaient être fournis par le rotor lui-même, à condition de fermer ses enroulements sur des capacités ou sur tout autre appareil jouant le rôle de capacité. -,
- « Par exemple, on peut fermerles circuits du rotor sur un induit à courant continu extérieur à la génératrice asynchrone à q phases par q balais distants
- de — à condition de faire tourner l’induit plus vite <1
- que le champ tournant engendré par les courants eux-mêmes. Naturellement l’induit doit être entouré de fer pour diminuer la réluctance du milieu. Le fer peut être fixe ou tourner avec Vinduit (3) ».
- Dans ce dernier paragraphe, il me semble bien que j’ai défini l’appareil deM. A. Scherbius.
- J’avais d’ailleurs expérimenté en 1902 pour contrôler ces raisonnements aux ateliers de la Thoms'on-IIouston. Gomme moyen de fortune pour fermer le circuit magnétique, nous avions réalisé un gros cerclage en fil de fer autour de l’induit.
- La disposition d’un bobinage au travers de trous pratiqués dans des tôles d’un seul morceau a été décrit dans un brevet relatif à une autre question, à une date voisine.
- Avec mes remerciements, veuillez agréer, etc.
- L. Gratzaiuller.
- (') Je n’avais à cette époque aucun lién de parentéj.ou môme d’amitié avec M, Maurice Leblanc.
- (a) En monophasé, un effet analogue serait obtenu en alimentant le meme collecteur par deux balais diamétraux, deux autres balais dans l’axe perpendiculaire étant court-circuités. ' —
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- BREVETS
- Nouveaux t'otors à très grande vitesse angulaire. — Société anonyme pour l’exploitation des procédés Westinghouse-Leblanc. — N° 449 34i. — Demandé le ii octobre 1912. Publié le 2.4 février 1913.
- Si Ton veut communiquer une très grande vitesse angulaire à un rotor, il convient de lui laisser choisir, à chaque instant, son axe de rotation, pour qu’il
- Dans ce cas, on peut adopter la disposition représentée sur la ligure 1. L’arbre du rotor se termine par deux petites portées a a qui reposent dans des coussinets b b aussi légers que possible. Chacun d’eux est supporté par trois ressorts c, c, c, situés à 1200 les uns des autres (fig. 1 et 2). Des vis de réglage dy d, d, permettent d’amener le coussinet dans
- puisse tourner autour d’un de ses axes principaux d’inertie, passant par son centre de gravité.
- On peut employer dans ce but les dispositions représentées sur les figures i, 2 et 3 qui permettent de laisser au rotor la liberté nécessaire.
- * Le rotor peut être constitué par la réunion, sur un même arbre, d’un rotor moteur A et d’un rotor mû B
- la position voulue, malgré l’action du poids du rotor.
- Pour limiter les déplacements latéraux du rotor, on fixe à chaque coussinet une tige, qui doit être flexible, pour ne pas gêner les déplacements du coussinet et qui aboutit, d’autre part, à un point fixe f. Des vis de réglage g*, g (fig. 1) se vissant sur l’extrémité filetée des tiges e permettent d’avancer ou de reculer chaque coussinet. Enfin l’arbre porte deux butées qui s’appuient chacune contre le bord du coussinet correspondant.
- Lorsqu’il faut communiquer un couple au rotor, c’est généralement parce que ce couple est fourni par un autre rotor tournant à une autre vitesse que la sienne, sans quoi on accouplerait les deux rotors sur un même arbre. On a donc à passer par l’inter-
- Fig.
- (fig. 1). On n’a pas alors à lui transmettre de couple et il suffit de le supporter de façon que :
- i° A l’état de repos, son axe de figure occupe une position déterminée dans l’espace;
- 20 Ses déplacements latéraux soient strictement limités.
- 3.
- médiaire d’un réducteur de vitesses dont les arbres doivent tourner autour d’axes fixes.
- Il faut alors relier l’arbre du réducteur à celui du rotor, par l’intermédiaire d’un arbre flexible (fig. 3).
- L’arbre à grande vitesse £ du réducteur est porté par deux coussinets fixes /, /; deux butées k, kf limi-
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- tent son jeu latéral. Cet arbre doit être parfaitement rigide. Il est continué par un arbre flexible l relié lui-même à l'arbre du rotor A (fig. 3).
- On soutient toujours celui-ci au moyen de coussinets à ressorts semblables aux précédents, mais ils n’ont plus à être munis des tiges e, pour supprimer leurs déplacements latéraux.
- L’arbre flexible limite les déplacements latéraux du rotor.
- Il convient toutefois de caler sur l’arbre deux nouvelles butées m9 m (fig. 3), pour empêcher les coussinets de se déplacer le long de l’arbre.
- On a supposé, sur les figures 2 et 3, que l’axe du rotor était horizontal. Les mêmes dispositions peuvent s’appliquer si cet axe est vertical. Il suffit de prendre les précautions voulues pour permettre aux butées de supporter le poids du rotor. Ce poids devra aussi être supporté, soit par une des tiges e (fig. 1), soit par l’arbre flexible (fig. 3). Mais les rotors à très grande vitesse angulaire seront toujours légers et il n’y aura aucune difficulté à dimensionner ces tiges ou cet arbre de manière qu’ils ne flambent pas, c’est-à-dire ne fléchissent pas, sous leur charge axiale, tout en étant très flexibles.
- Avec les dispositions précédentes, il est facile de donner au rotor une première vitesse critique très basse, car elle ne dépend que de la flexibilité des ressorts c des tiges e ou de l’arbre flexible, que l’on peut rendre très grande. Quant à la deuxième vitesse critique du rotor, on peut la rendre supérieure à la vitesse normale de rotation, en rendant supérieure à celle-ci la première vitesse critique propre de chacun des rotors A et B et celle des bouts d’arbre qui les relient ou les prolongent, ces diverses pièces étant supposées isolées et reposant, à leurs extré-. mités, sur des points d’appui fixes.
- Il est d’ailleurs manifeste que l’on peut rendre très différentes l’une de l’autre les deux premières vitesses critiques d’un rotor suspendu comme il est représenté sur les figures 1 et 3.
- Mais il reste à franchir la première vitesse critique du rotor, au moment de sa mise en route et de son arrêt, ce qui est toujours dangereux.
- M. M. Leblanc a trouvé le moyen de franchir cette vitesse en toute sécurité, quelle que soit l’accélération communiquée à ce moment au rotor, en employant le procédé ainsi que les dispositifs suivants :
- Si la première vitesse critique du rotor est suffisamment basse, le procédé consiste, sans inconvénient, à caler les coussinets c c des figures précédentes jusqu’à ce qu’elle ait été dépassée de 5o %
- par exemple. Pendant ce temps, les choses se passent comme s'il n’y avait ni ressort ni arbre flexible et, par suite, plus de vitesse critique à franchir. Ensuite il n’y a plus qu’à décaler les coussinets et à leur rendre leur liberté. L’expérience a montré que le décalage des coussinets n’entraîne aucune perturbation et l’on a pu ainsi faire varier, de o à 3o 000 tours par minute, la vitesse d’un rotor, soit très rapidement, soit très lentement, sans qu’il fût possible de percevoir le moindre frémissement de l’arbre ou des ressorts.
- De même au moment de l’arrêt, il convient de recaler les coussinets, dès que la vitesse se rapproche de la vitesse critique.
- j L’expérience a montré de plus qu’il suffisait le iplus souvent de caler un seul des coussinets qui supportent le rotor. Cela s’explique aisément : si l’on désigne par a la première vitesse critique du rotor, lorsque les deux coussinets sont libres; par |3 sa première vitesse critique, lorsqu’un des coussinets est calé, les deux vitesses a et p peuvent être assez éloignées l’une de l’autre pour que, à une vitesse inter-
- médiaire y voisine de
- «+p
- la marche du rotor soit
- parfaitement stable, qu’un coussinet soit calé ou que tous les deux soient libres. Il suffit alors de marcher avec un coussinet calé, tant que la vitesse de rotation est inférieure à y et avec les deux coussinets libres, tant qu’elle lui est supérieure.
- La manœuvre nécessaire au calage ou au décalage du coussinet peut être faite à la main ou automatiquement, si la machine est pourvue d’un tachymètre, ce qui sera le cas le plus fréquent.
- ier cas : L’amplitude des déplacements des coussinets devra toujours être extrêmement petite, sans quoi les ressorts et les tiges ou arbres flexibles seraient rapidement mis hors d’usage. On a d’ailleurs le moyen de remplir cette condition, même avec un rotor médiocrement équilibré, si on le munit des équilibreurs automatiques, qui ont été décrite dans le brevet français n° 43a.GgS.en.date du 27.juillet 1911 et de ses deux additions du i3 décembre 1911 et du 20 juillet 1912.
- Si, comme il est représenté sur la figure 4, on entoure le coussinet b de trois butées n et p9 les deux premières fixes et la dernière mobile, les jeux ménagés entre le coussinet et les butées m, n pourront généralement être rendus assez petits pour qu’il n’y ait aucun inconvénient à serrer le coussinet contre elles, en abaissant la butée p.
- Sur la figure 4, ces butées n et p sont dispo-
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- sées à.iao0, les unes des autres, entre les ressorts de. suspension cyc, c. La butée p coulisse dans une
- gaine fixe où elle est guidée par un système q, q de rainures et de clavettes.
- TM ; j .* » Fig*. 5, !
- i t* ï ; . ^ : * .
- Une vis /• munie d’un .contre-écrou « permet de
- lîa^aisser. ou^de la relever, à volonté. La butée p et
- i > <
- la vis r peuvent être percées d'un trou pour envoyer l'huile de graissage au coussinet.
- La figure 5 représente, une coupe faite dans le même appareil par un plan passant par Taxe. La tige e est la.même.que celle de la figure i. S'ilts’agit d’un rotor muni d’un arbre flexible comme celui de la figure 3, il est naturel de caler de préférence le coussinet situé du côté opposé à cet arbre. Alors la tige e est supprimée et l’on maintient le coussinet en place, au moyen d’une butée m calée sur l’arbre, comme il est représenté sur la figure 3. ,
- S’il y a un inconvénient à désaxer momentanément l’arbre du. rotor, . pendant» la mise en marche ou l’arrêt, il suffit de rendre'lesdrois butées mobiles, comme l’est la butée p figures 4 et 5,.et de les approcher ou de les écarter simultanément du coussinet.
- U . . . v {
- Dans la disposition représentée sur les figures 6 et 7, les trois butées py p, p ont une section rectan- ( gulaire et peuvent glisser dans ' des^ logements de même profil, portés par une couronne fixe. ,
- Chacune d’elles est munie à sa partie inférieure de deux tétons t, t qui s’engagent'dans des rainures excentrées uy u9 pratiquées dans deux rondelles 9, 9 que l’on peut faire tourner autour de Taxe de la machine, au moyen d’une manivelle x. La rotation des rondelles 9 détermine le placement des tétons t dans les rainures u et par suite, l’avancement des butées p. .
- a® cas : Le calage ou le décalage d’un coussinet doit alors être fait automatiquement, lorsque le rotor passe par une vitesse déterminée. Cette opération devant être faite brusquement pour que la vitesse ne puisse varier sensiblement, pendant sa durée, il convient d’avoir recours à un sçrvo-moteur. On supposera que l’on dispose d’eau à un niveau élevé pour fournir le travail nécessaire, et il en faut d’ailleurs si peu qu’il n’en peut résulter aucune sujétion.
- Il s’agit, par exemple, de décaler, dans un sens ou dans l’autre, la manivelle x qui commande les mou-vemënts des rondelles 9y 9 des figures 6 et 7.* On peut avoir recours au dispositif représenté sur la fi-gure 8v . •
- La manivelle x porte un secteur denté yy qui engrène avec,une crémaillère z'.t Celle-ci est disposée à à l’extrémité de la tige d’un piston aiy qui peut se mouvoir dans un cylindre , , ,
- Le piston tend à être repoussé vers la gauche par un ressort c*.. Mais l’action de celui-ci est surmontée parla pression de l’eau, qui refoule le piston vers la droite,, tant qu’elle s’exerce surdui. . ,
- Le fond du cylindre, communique par un: orifice
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- dl avec une boîte renfermant deux clapets el et /'' reliés entre eux. de manière qu’on ne puisse ouvrir l’un sans fermer l’autre et réciproquement.
- Si, au contraire, le clapet e1 est abaissé et le clapet/'1 ouvert, l’arrivée du fluide moteur est intercepté et le cylindre communique avec l’extérieur.
- Lorsque le clapet ei est ouvert et le clapet f[ fermé, le fluide sous pression, qui arrive par un orifice g'1 se répand dans le cylindre et refoule le piston vers la droite, en comprimant le ressort e'.
- Alors le ressort c.1 se débande, le piston a1 est repoussé vers la gauche et le coussinet du rotor est décalé.
- Il s’agit donc de maintenir soulevé le système des
- Fig.
- Le piston occupe alors la position représentée sur la figure 8 et le coussinet du rotor doit se trouver calé.
- 8.
- deux clapets e* et p tant que la vitesse du rotor n’a pas atteint une certaine valeur, et de la maintenir abaissée tant qu’elle a une valeur supérieure.
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- Si la machine est munie d'un tachymètre à force centrifuge, dont l'axe est vertical, on fera prendre un point d'appui à ses masses, pour résister à la pesanteur, sur le fond du clapet fï} comme il est représenté sur la figure 8. Celui-ci sera maintenu soulevé, tant que la force centrifuge développée sur les boules ne sera pas suffisante pour soulever les masses du tachymètre.
- Dès que la vitesse sera devenue assez grande pour que les boules se lèvent, le système de clapets s'abaissera de lui-même. Il n’y aura donc qu’à régler la charge du tachymètre, de manière que les boules se lèvent, lorsque la vitesse aura atteint la valeur voulue.
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- * ¥
- En'résumé, le brevet en question est relatif aux dispositifs ci-après.
- i° Procédé d’équilibrage des rotors à très grandes vitesses angulaires supportés par des coussinets légers et reposant sur des ressorts, consistant à immobiliser l'un au moins des coussinets, tant que le rotor a une vitesse inférieure à une vitesse déterminée et à le rendre libre tant qu’il a une vitesse supérieure à celle-ci, le décalage ou le calage du ou des coussinets, lorsque le rotor passe par cette vitesse déterminée, pouvant être fait à la main ou automatiquement, grâce à l’action d’un tachymètre au moyen d’un dispositif convenable ;
- 2Ü Coussinet à trois butées à iao°, dont fune peut être déplacée radialement et bloquée en position pour caler l’arbre des rotors dans le coussinet;
- 3° Coussinet à trois butées à 120° se déplaçant radialement simultanément et portant chacune un téton s'engageant dans des rainures obliques de deux rondelles rotatives solidaires d'une même fourche-manivelle qui, en tournant, déterminent l’avancement des trois butées et le calage de l’arbre dans le coussinet;
- 4“ Scrvo-moteur pour la commande du coussinet à trois butées mobiles constitué par un cylindre, dans lequel se meut un piston soumis à l'action d’un ressort et dont la tige formant crcmaillière attaque un secteur solidaire de la manivelle, l’admission du fluide sous pression dans le cylindre du côté opposé au piston étant réglée par un dispositif de clapet, dont l’un ouvre l’admission pendant que l’autre ferme l’échappement et dont la lige commune est soumise à l'action d’un tachymètre qui détermine l’échappement du fluide lorsque la vitesse est devenue suffisamment grande.
- Perfectionnement dans la commutation au démarrage des moteurs à collecteur. — Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est. — N° 449 636. — Demandé le 21 octobre 1912. Publié le 4 mars 1913.
- La figure 1 représente un moteur à courant monophasé alimenté à tension variable parle secondaires d'un transformateur T dont le primaire/? est traversé par le courant à haute tension.
- Fig. 1.
- On sait qu’il est intéressant pour le démarrage des moteurs à collecteur de travailler à flux réduit.
- A cet effet (fig. 2), l’enroulement d'excitation E est alimenté par le secondaire s2 d’un transformateur t qui porte deux primaires dont l’un pA est traversé
- On voit aisément que, au démarrage, le courant qui passera dans l’excitation E sera moindre que s’il était proportionnel au courant qui traverse l'induit et que l’on travaillera ainsi automatiquement à flux réduit.
- L’enroulement æ*-2 peut s’agencer avec l’enroulement p2 de façon que le transformateur t ait une importance extrêmement faible. D’ailleurs, au lieu de disposer un enroulement p2 sur le transformateur on pourrait traverser directement une partie de l’enroulement d’excitation E. Enfin, si l’on consentait à disposer le circuit /?, à haute tension sur le moteur même, tout transformateur t pourrait disparaître. 11 suffirait de composer le circuit d’excitation E en deux parties, dont l’une serait traversée par le courant d’induiL et l'autre par le courant primaire du transformateur.
- Ce dispositif s'applique aussi au moteur à répulsion et aux machines polyphasées à collecteur.
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- Ai 1
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Les vernis isolants.
- On sait que la nature et la qualité des vernis employés pour protéger les enroulements contre riiumidité sont d’une grande importance dans la construction des machines et des appareils électriques.
- Nous donnons ci-après quelques renseignements sur une série de nouveaux vernis isolants, fabriqués par la Société B. Paege et Cia, de Berlin.
- Le premier de ces produits porte le nom d'Electro-êmaillon gris. Il s'agit d'un vernis destiné à protéger les enroulements contre les effets destructeurs des acides, de l'huile et de riiumidité. Ce vernis facilite la dispersion de la chaleur engendrée dans les conducteurs par le passage du courant ; d'autre part, il renforce, aussi bien au point de vue mécanique qu'au point de vue électrique, la protection des fils. Quelques couches de coton ou de cire constituent un isolement suffisant pour la plupart des cas de la pratique; l’électro-émaillon rend cet isolement insensible à l’action de la chaleur, de l'huile, des vapeurs acides et de riiumidité et lui assure une plus longue durée.
- Grâce à son pouvoir rayonnant, l'électro-émaillon augmente de zr) % environ le refroidissement des bobines. Les fils isolés au colon imprégné d’électro-émaillon supportent une surélévation de température de plus de 200°, ce qui réduit au minimum les dangers résultant d'un court-circuit ou d'une surcharge momentanée.
- Les fils, destinés à être recouverts d’électro-êmaillon, doivent être d'abord séchés au four, puis plongés dans un bain de ce vernis et enroulés immédiatement. On obtient ainsi, pour une bobine quelconque et à nombre d'ampères-tours égal, le même encombrement que si les fils n'étaient pas recouverts d’élcctro-émaillon. La bobine complète doit être ensuite séchée de nouveau au four.
- L’emploi de couches minces d'amiante séchées au four, puis imprégnées d'électro-êmaillon et enfin séchées de nouveau à l’air, se recommande pour l’isolement des parties intérieures des carcasses de mo-
- teurs, de contrôleurs, d'interrupteurs, etc. ; l’amiante ainsi traitée peut être appliquée par chauffage et par pression sur les surfaces métalliques auxquelles elle adhère, ce qui réalise une bonne protection contre les courts-circuits provenant de la formation d’étincelles.
- Le Paegol, transparent, s'emploie pour l’isolement des armatures, des plaques de connexions des dynamos, ainsi que pour l’imprégnation des matières isolantes, des bobines, des enroulements, etc. Les parties à recouvrir de ce vernis doivent être chauffées préalablement au four, puis plongées encore chaudes dans le vernis.
- Avant de passer éventuellement une seconde couche, il faut veiller à ce que la première soit bien sèclio. Le poids spécifique de ce vernis est d’environ 0,870 ; il ne faut pas l’employer à un degré de concentration plus élevé. S'il devient trop concentré, on peut le diluer de nouveau avec de l'essence de pétrole. Les récipients qui le renferment doivent être hermétiquement clos. D’après les essais effectués à la « Physikalisch-Technischc Reiclisversuehs-nnslalt », son isolement est suffisant pour une tension de 8900 volts en courant continu.
- Ce vernis sèche au four à une température d’environ ioo° G en six heures ; il reste souple et malléable ; il constitue une protection contre l'humidité et se recommande surtout pour les induits des moteurs de tramways.
- h*Inductol, foncé, est un vernis préparé spécialement pour résister à l’action de l’huile. Un échantillon de cambric plongé pendant plusieurs jours dans l’huile de résine à la température de i5o° G, présente le même aspect à la fin de cet essai qu’au-paravant. Ce vernis se recommande donc pour l’isolement des enroulements des transformateurs plongés dans l’huile. Il résiste, en effet, non seulement à l’huile minérale, mais encore à l’huile de résine employée pour l’isolement des transformateurs.
- Le Franklin, transparent, s’emploie pour le collage des tôles d’induits ou de transformateurs et des
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- disques en papier qui les isolent. Son isolement lui permet de supporter une tension de 11 ooo volts. Ce vernis adhère même aux matières humides ou mouillées, ce qui facilite l’encastrement des tôles; de plus, il ne se forme pas de bulles d’air sur les surfaces à coller. Les matériaux, tels que la toile à voile, le presspahn, le papier, le mica, les tissus huilés doivent être enduits de vernis au moyen d’un pinceau, puis (au bout d’une à deux minutes environ), lorsqu'ils commencent à coller aux doigts, appliqués sur la surface où il s’agit de les coller et, enfin, frottés avec un plioir. La dilution de ce vernis s’opère avec 96 % d’alcool; il adhère au fer, au verre, au celluloïd, etc. Le séchage des objets collés doit se faire, comme d’ordinaire, dans un four sec.
- Le Plaslon, noir, résiste aux acides et n’est pas hygroscopique ; il est neutre à l’état solide. 11 convient particulièrement pour les transformateurs refroidis par l’air et les bobines des machines. Il forme une masse compacte, dont le poids spécifique est de 1 environ. Cette masse n’est pas cassante, ce qui est particulièrement important pour les bobines qui doivent rester souples à froid, par exemple,pour les bobines statoriques des machines à encoches ouvertes. Le Plaston convient pour imprégner les bobines d’électros de toutes espèces. Ces bobines doivent être portées à une température d’environ ioo°C dans un vide aussi parfait que possible et soumises, pendant une heure ou deux selon leur grandeur, à l’action d’une pompe aspirante. Puis, grâce au vide régnant dans l’enceinte où se trouvent les bobines, on y fait pénétrer l’isolant, préalablement chauffé jusqu’à l’état fluide ; cette opération doit durer jusqu’à ce que les bobines soient complètement imprégnées de la masse liquide. On soumet ensuite ces bobines, dans une chaudière spéciale, à une surpression de cinq à six atmosphères, afin que la masse liquide remplisse complètement tous les interstices des bobines, dont l’air a été aspiré au préalable.
- Ceci est très important, étant donné que cette pénétration ne peut s’opérer que sous pression, surtout quand les diverses couches de l’enroulement sont fortemeut serrées les unes contre les autres. La tension disruptive du Plaston est de 6 000 volts par millimètre. Pour les transformateurs plongés dans l’huile, il existe une qualité spéciale de Plas-tort,
- M. K.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Les remarques que nous faisions dans notre dernière chronique au sujet de la nouvelle taxe de 5o centimes qui frapperait toute tonne de houille, de coke ou de briquettes expédiée ou vendue se trouvent maintenant pour ainsi dire illustrées par les chiffres que les milieux compétents indiquent comme devant en résulter : les mines du Nord et du Pas-de-Calais subiraient une surcharge de i5 millions. Pour l’ensemble du pays la taxe produirait 73 millions. Ce qui effraye d’autre part, c’est la perspective de son augmentation possible dans un avenir prochain. On prétend que, pour y échapper, nos compagnies houillères n’auront plus qu’à envisager l’utilisation sur place de leur production en créant des usines métallurgiques ou des stations centrales de distribution d’énergie. Leur initiative heureusement n’a pas attendu d’être stimulée par cette mesure fiscale. On sait que les mines de Lens ont participé à la constitution de la Compagnie Electrique du Nord et de la Compagnie des Forges et Aciéries de Pont-à-Vendin ; les mines de Béthune ont créé la Béthunoise ; Bruay la Société Artésienne. C’est un début qui se justifie par les nécessités de l’utilisation des déchets de la mine et des sous-produits des fours à coke, ce fut aussi l’occasion d’appliquer les réserves que les travaux neufs ou d’entretien n’absorbent pas. Mais même en admettant que toutes les compagnies adoptent cette politique, et toutes ne le pourront pas, elles n’échapperont pas à l’impôt qui frappera, n’en doutons pas, du moment où il sera établi,' toute tonne de combustible produite. Pour avoir une idée de la répercussion qu’a eu ce vote de la Chambre, notons que Courrières qui était à 6 3ao est tombée à 5 85o ; Lens de 1 85o a reculé à 1 720 ; et Liévin de 5 000 est revenu à 4 705. Les importateurs allemands ont d’ailleurs manifesté leur joie en pensant au bénéfice supplémentaire de 5o centimes par tonne qu’ils allaient réaliser. On craint qu’en temps de crise, les exploitants envisagent une baisse des salaires ou le chômage. Evidemment, il sera de mauvaise politique de leur part d’essayer de vendre pour conserver leur clientèle et ménager leur main-d’œuvre quand il leur sera plus profitable de cesser tout travail d’extraction. Encore une fois une mesure de représailles contre les capitalistes se retournera contre les ouvriers.
- La production du Cuivre en Russie ne cesse de progresser ainsi que nous l’avons fait ressortir
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- plusieurs fois. Mais 1912 a marqué une étape encore plus rapide : la [production a dépassé en effet deux millions de pouds tandis qu’elle n’était que de i 000000 pouds en 1911. L’importation étrangère est en légère diminution ; la consommation intérieure a donc augmenté de plus de 33 % . Ce sont les mines de l’Oural, puis du Caucase qui tiennent la tête du mouvement ; les mines de Kystimc seules ont presque doublé d”une année à l’autre. En Sibérie également il y a eu progression ; mais les difficultés de l’exploitation ne la maintiennent pas d’une façon aussi régulière. Les nouvelles d’ensemble sur les transactions qui se sont faites récemment et celles qui se préparent en cuivre affiné ou non affiné sont plus satisfaisantes. Les cours actuels sont considérés comme avantageux et aux Etats-Unis, aussi bien qu’en Europe, les consommateurs concluent dès marchés. Cependant on n’entrevoit pas encore la hausse.
- Avis divers. — La Société du Gaz et d’Élec-tricité de Roubaix proposera à ses actionnaires les dividendes suivants: /, fr. 670 par action de capital ; o fr. 60 par action ordinaire et o fr. 5625 par part de fondateur. L’an dernier, l’action de capital avait touché 2 fr. 5o.
- Le Conseil de la Ligure-Toscana d’Electricilé proposera la répartition d’un dividende de i3 lires par action pour l’exercice écoulé.
- Le dividende de l’Allgcmcine Ocsterreichische Elektrizitats Gesellschaft à Vienne est maintenu à 5 % ou 20 couronnes par action. La réserve extraordinaire est dotée de 5oo 000 courohnes et le report à nouveau est de 23g 876 couronnes.
- On dit qu'Electricité et Gaz du Nord constituerait une filiale pour l’exploitation de sa nouvelle usine de Valenciennes.
- La Société d’Électrochimie à Paris élève son capital de 6 à 10 millions par l’émission à 65o francs de 8 o00 actions nouvëlles de 5oo francs.
- La République Argentine constitue à l’heure actuelle un des principaux débouchés de l’industrie européenne. Les importations totales en 1912 s’y sont élevées à 384 853 469 pesos-or, dans lesquels les matériaux de construction rentrent pour 3i 260 467 elles articles d’électricité pour 9308785. Ce dernier chiffre est en augmentation de 2 620 112 pesos-or sur celui de 1911 ; il est inférieur à ce que comportent le développement et l’avenir du pays. Le budget de 1913 prévoit un excédent de recettes de 19478421 pesos-papier qui seront appliqués à une partie des
- dépenses extraordinaires pour leg travaux publics qui sont évaluées à 72 970 000 pesos-papier. Cette dernière indication est pour inciter nos constructeurs quels qu’ils soient à porter leur effort commercial de ce côté. La situation actuelle du marché intérieur subira tôt ou tard un ralentissement, auquel il faut parer dès maintenant par la conquête des marchés étrangers. Les prix y sont plutôt satisfaisants et permettent quelques sacrifices qui procureront quelques compensations au moment de la crise.
- La Société Italienne Thomson-Houston distribuera le même dividende que pour 1911 : soit 6 %.
- Les Tramways de Barcelone annoncent un dividende de 10 francs par action de capital et de 37 fr. 5o par dixième de part.
- Réunis le 17 courant en assemblée extraordinaire, les actionnaires et porteurs de parts ont ratifié la convention d'exploitation conclue avec la Barcelona Traction, Light and Power. Celle-ci garantit aux actions de capital actuelles ou à créer un dividende progressif allant jusqu’à i5 % , et aux parts de fondateur le dividende correspondant, quels que soient les résultats de l’exploitation. La Société Belge conserve cependant son individualité et son identité propres, ainsi que la propriété de ses concessions et de tous ses biens, meubles ou immeubles. En outre, les porteurs des deux catégories d’actions de la Société Belge recevront 10 dollars par action de capital et 60 dollars par dixième de part, en actions de la Barcelona, entièrement libérées, coupon n° 1 attaché.
- Le Métropolitain de Berlin dénommé « Gesellschaft für Elekt.rische Hoch und Untergrundbahnen » a réalisé en 1912 un bénéfice brut de 6381 658 marks et un bénéfice net de 3 531 906 marks. L'augmentation du bénéfice brut sur 1911 est de 319918 marks qui se retrouve presque en totalité dans la progression du bénéfice net qui est de 288 176 marks. Le dividende est porté de 5 3/4 à 6 % sur le capital versé de 42 millions et demi de marks d’actions nouvelles libérées de 25 % et souscrites au pair par I’Elek-trischc Liclit and lvraftanlagcn A. G. qui s’assure ainsi la majorité au Conseil de l’entreprise. La Deutsche Bank garantit d’autre part l’émission de io millions de marks d’obligations 4 1/2 %
- Remarquons en passant que les recettes du
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- AU
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- Métropolitain de Paris continuent à accuser depuis le début de 1912 une nioins-value qui atteint 288 000 francs. La valeur, entraînée dit-on par la baisse très brusque du Nord-Sud, a réactionné à 6*20 ; le dépôt sur la tribune du Conseil municipal d’un projet tendant à créer des billets d’aller et retour à o fr. ao de midi a a heures n’y serait pas étrangère non plus. Mais l’avis que la Compagnie adopterait un système nouveau qui procurerait de sérieuses économies d’exploitation pourra rendre quelque vitalité au marché de la valeur.
- Les Ateliers de Jeumont se seraient assuré l’exclusivité d’exploitation des brevets d’un système de
- traction autorégulateur qui supprimerait les résistances de démarrage et permettrait de récupérer au freinage la force vive emmagasinée. Un train d’essai sera mis en circulation d’ici un mois. Nous attendrons les résultats, pour nous prononcer d’une façon aussi catégorique que certains organes financiers, sur le bénéfice par action qui en résultera !
- La Société Générale russe d'Électricité aurait obtenu des résultats lui permettant de distribuer un dividende de 10 % ; mais le Conseil ne proposera que 9 % .
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Haute-Garonne. — La Chambre de commerce de Toulouse a émis un avis favorable au projet de construction du chemin de fer électrique de Toulouse à Castres^ comprise entre Yefeil et Beaupuy.
- Elle a approuvé également les projets de construction de nouvelles lignes de tramways électriques reliant la place Esquirol à Lardenne et Tournefeuille ; la place du Capitole à Croix-Daurade, l’Union, Saint-Jean et Casleî-maurou ; la place Matabiau aux Ponts-Jumaux et Blagnac ; la place Saint-Michel à Porlet et Pinsaguel, la place Esquirol à Saint-Simon et Cugnaux.
- Loiret. — Est déclaré d’utilité publique l’établissement de deux lignes de tramway à traction mécanique entre :
- ChiUillon-Coligny et Chàleaurenard ;
- *2° Tigy, Gien et Châtillon-sur-Loire, avec embranchement sur Briare.
- Concessionnaire : Compagnie des Tramways dû Loiret,
- Oise. — De concert avec les Chambres de Saint-Quentin et de Cambrai, la Chambre de commerce de Beauvais a décidé la mise à l’étude d’un projet de halage électrique entre Etrun et Janvillc, sur le canal de Saint-Quentin et sur le canal latéral à l’Oise,
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- \
- Aill. — Une enquête est ouverte à la mairie de Saint-Laurent sur le projet présenté par la Société d’éclairage
- des villes de Chalon-sur-Saône et Mâcon pour l’éclairage électrique de la commune.
- Haute-Vienne. — La commission des travaux est chargée d’étudier les projets présentés par plusieurs maisons pour l’installation de l’éclairage électrique à Bcllac.
- Loire-Inférieure. — Des pourparlers sont engagés avec la Société Nantaise d’Electricité pour 1 installation de l’éclairage électrique à Saint-Sébastien.
- Italie — Une demande et un projet viennent d être déposés pour l'aménagement et l’utilisation de l’énergie hydraulique du fleuve Marta à partir du lac de Boïsema.
- On estime que sur les 5a ooo chevaux de puissances nominales disponibles, on pourra en transmettre 33 ooo à Rome.
- Une partie de cette puissance alimenterait le chemin de fer projeté de Civita-Vecchia à Orte et de Vilerbe à Valentano, pour lequel le gouvernement italien a déjà permis d employer F énergie du Maria, le surplus devant contribuer à l’éclairage de Rome.
- TÉLÉPHONIE
- Eure. — La Chambre.de commerce d’Evreux est autorisée à avancer à l’Etat, par l'intermédiaire du département de l’Eure, une somme de ‘>J\ /|Oo francs en vue de l’établissement d'un circuit téléphonique Evreux-Versailles.
- Seine. — La Chambre de commerce de Paris est autorisée à avancer a 1 Etat au fur et a mesure des besoins une somme de 7**>o ooo francs en vue de con-
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- 29 Mars 1913. LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- courir aux dépenses de construction de circuits téléphoniques.
- Italie. — La Chambre des députés italienne vient d’approuver au commencement de ce mois la dépense de 54 millions pour rétablissement d’un câble téléphonique souterrain destiné à relier Turin-Génes-Milan-Bologne-Florence-Rome et Naples.
- L’ Eleitricista (i5 mars 1913), à qui nous empruntons cette information, fait observer que, dans les milieux techniques, cette installation d’un câble de plusieurs centaines de kilomètres ne rencontre pas une approbation unanime : « Ce quia pu éveiller et éveille encore le u plus grand étonuement, ajoute-t-elle, est bien le fait « qu’un semblable projet ait pu être conçu, étudié et « discuté, à ce qu’on nous affirme, par la Direction « Générale des Téléphones do l’Etat ».
- SOCIÉTÉS
- CONVOCATIONS
- Secteur Electrique de la ville d’Asnières. — Le 3 avril, 19, rue Blanche, à Paris.
- Tramways de Clermont-Ferrand et du Puy-de-Dôme. Le 8 avril, 94, rue Saint Lazare, à Paris.
- Société d’Exploitation des Appareils Rateau. — Le 8 avril, 7, rue de Madrid, à Paris.
- Compagnie Générale Française de Tramways. —
- Le *6 avril, 7, rue de Madrid, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- 1 RANCE
- L’Administration des chemins de fer de l’Etat, à Paris9 va procéder à l’achat de cables électriques pour moteurs de locomoteurs.
- Les industriels désireux de remettre des offres. de prix pour cette fourniture pourront, pour obtenir tous renseignements et documents utiles, s’adressera M. l’ingénieur en chef des approvisionnements généraux, 42, rue de Châlcaudun, à Paris, tous les jours ouvrables, de 9 heures à midi et de 2 heures à 6 heures.
- Les offres devront parvenir à M. le président des «adjudications des chemins de fer de l’Etat, 42, rue de Cha-teaudun, à Paris, le hindi 3i mars iyi3, au plus lard, avant 9 heures du matin.
- *
- * #
- L’Administration des chemins de fer de l’Etal, kParis,
- a rinlention de fairo installer les tableaux de manœuvre, coté alternatif, dos groupes convertisseurs de la sous-station loealç d’éclairage et de force au Champ-de-Mars.
- Les industriels désireux de concourir a cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (2° division), 43, rue do Rome, le mardi et vendredi, de i5 à
- 17 heures, jusqu’au 5 avril 1913.
- . - *
- ¥ *
- L’Administration des chemins de fer de l'Etat, à Paris, a l’intention d’acquérir et de faire installer: i° 2 chariots transbordeurs électriques pour locomotives; 20 de transformer, renforcer et mettre en service un chariot transbordeur existant, les 3 chariots destinés au dépôt des machines et à l’atelier du montage de Batignolles.
- Les industriels désireux de concourir à celle fourniture peuvent se renseigner immédiatement à cet égard dans les bureaux du service électrique, 43, rue de Rome, les mardis et vendredis, de i5 à 17 heures, jusqu’au
- 18 avril 1913.
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- ♦ *
- Le 18 avril 1913, au port de Sainl-Malo-Saint-Servan (Ille-ct-Yilaine), concours pour la fourniture et la mise en place des appareils destinés à l’outillage électrique de la forme de radoub projetée au port de Sainl-Malo-Sainl-Ser van.
- Cet outillage comporte :
- i° Deux pompes centrifuges pour les épuisements de la forme, deux moteurs électriques pour actionner ces pompes et les canalisations nécessaires;
- 20 Les appareils de manœuvre électrique permettant l’ouverture et la fermeture des deux vantaux de la porte d’écluse, ainsi que des deux portes volets;
- 3° Les appareils de manœuvre électrique permettant l'ouverture et la fermeture des vannes des aqueducs de remplissage et de vidange de la forme;
- 4° Les appareils de manœuvre électrique de la passerelle roulante franchissant la forme.
- Tous ces appareils de manœuvre électrique comprennent : les moteurs, leurs organes de commande et de transmission, leur appareillage électrique, ainsi que les accessoires nécessaires pour la mise en place et le fonctionnement du matériel.
- Les concurrents qui désirent prendre part à ce concours doivent en adresser la demande, par lettre recommandée, à M. l’ingénieur en chef des ponts cl chaussées, 3, rue de Fougères, à Rennes, avant le 18 avril.
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- * *
- Le a3 avril, à la mairie de Mannande (Lot-et-Garonne), installation de l’éclairage électrique à la caserne Tem-poure. Marché à forfait.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE T. XXI (2e Série). —N# 13.
- Les pièces nécessaires pour être admis à concourir devront être fournies au plus tard le io avril. Renseignements à la Chefferie du génie de Montauban (Hôtel Bon-necaze), et chez le casernier du génie, à Marmande.
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- Le 27 avril, à la mairie de Saint-Juéry (Tarn), concours pour la construction et l'installation de deux groupes élévatoires électriques et d’une conduite d’aspiration.
- . Les projets et soumissions devront être adressés sous pli recommandé, de manière à parvenir, au plus tard, le 27 avril, à 4 heures du soir.
- Renseignements dans les bureaux des ponts et chaussées, à Albi, 63, boulevard Soult.
- ESPAGNE
- Le 19 mai, à 12 heures, à la direction générale des travaux publics (ministère de fomento), à Madrid, adjudication de la concession d un tramway électrique à Barcelone dénommé « prolongacion y enlace por les calles de Garrigaet Muntaner »; cautionnement : pesetas 4 197,55.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- 8 mars. — Au sous-secrétariat d'Etat des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de fil de cuivre recouvert de gutta-percha et de coton. ior à 5e lots. — Chacun 6 000 kilogrammes.
- Société Industrielle des Téléphones, 4 lots 5 8,70, 1 à 8,55. — M. Grammont, 1 lot à 8,75, 1 à 8,70, 1 à 8,65, 1 à 8,6a, 1 à 8,5o. —Tréfileries et laminoirs du Havre, 1 lot à 8,70, 1 à 8,57. — The India Rubber, 1 lot à 8,70,
- 1 à 8,60. — Alliotet Roi, 1 lot à 8,65. — François et C1", 1 lot à 8,5o le kilogramme.
- Non adjugé, prix-limite dépassé.
- ♦ *
- i5 mars. — Au sous-secrétariat d’Etat des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de tableaux commutateurs téléphoniques.
- et 2' lots.— Chacun]5o tableaux commutateurs téléphoniques à 100 directions.
- Société Industrielle des Téléphones, 2 lots à 1 556,40.
- — Association des Ouvriers en Instruments de précision, 2 lots à 1 410. — Le Matériel Téléphonique, 1 lot à 1 388, 1 à 1 388,06. — Ateliers Thomson-Houston, 10, rue de Londres, Paris, adj. des deux lots à 1 285 l’unité;
- 3e lot. — 5o tableaux commutateurs téléphoniques à 5o directions.
- Société Industrielle des Téléphones, 1 061,80. — Association des Ouvriers en Instruments de précision,
- 1 oi5. — Le Matériel Téléphonique, 899. — Ateliers Thomson-Houston, 902 l’unité.
- Non adjugé, prix-limite dépassé.
- 4e et 5" lots. — Chacun 5o tableaux commutateurs téléphoniques à 25 directions.
- Société Industrielle des Téléphones, 2 lots à 601,85.
- — Association des Ouvriers en Instruments de précision, 2 lots à 64o. — Ateliers Thomson-Houston, 3 lots à 566. — MM. Mildé fils et Cle, 2 lots à 575. — Le Matériel Téléphonique, 46* avenue de Breteuil, Paris, adj. des 2 lots à 549,95 l’unité.
- 6e et 7e lots. — Chacun 25 tableaux interurbains. Association des Ouvriers en instruments de précision,
- 2 lots à 1 i5o. — Le Matériel Téléphonique, 2 lots à 1 078,38. — Ateliers Thomson-Houston, 2 lots à 1 i5i.
- — Société Industrielle des Téléphones, 25,, rue du 4-Sep-tembre, adj. des 2 lots à 1 o33,3o l’unité.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- PaRIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, 17, RUE CAUSETTE.
- Le Gérant : J.-B.Nodet
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 35e Année
- T. XXI (2e Série).
- TABLE MÉTHODIQUE DES MATIERES
- (ior TRIMESTRE 1913)
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Etude sur la réalisation des grandes vitesses angulaires (suite et fin). — M. Leblanc.— (Voic Lumière Electrique, 21 et28 décembre 191 a).. 7, 35
- L’avenir de l’électricité (suite). — R. Ghassé-riaud. — Consultations de MM. A. Blondel. P. Janet, Devaux Charbonnel et]C.-F. Guilbert.n, 67, 99
- A propos delà communication de M. Gouy: « Sur la théorie des gaz ionisés et le principe de Carnot ». — G. Darwin. — Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, 2 décembre 191a. 48
- Sur la réflexion des rayons cathodiques lents. —L. Houllevigue. — Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, 2 décembre 191a..... 48
- Des applications de diathermie comméra tion énergétique d’appoint. — J. Bergonié. — Comptes Rendus de 1‘Académie des Seiences, 2 décembre 1912.................................. 82
- La démonstration de l’amortissement des vibrations au moyen de l’oscillographe. — J. Herrman. —Elektrotechnische Zeistchrift, 12 décembre 1912.............................. 17*5
- Composition des forces êlectromotrices d’in-
- duction (Méthode de M. A. Guillet). — R. de Baillehache......................... 201
- Le moteur Latour shunt compensé. — G. Martin............................ 291
- Un modèle de surface pour l’explication de la notion de nombre de « lignes-tours ». — F. Eltlde. —Elektrotcchnik und Muschinenbau, 24 'novembre.1912............................ 240
- Mesure de la valeur de la résistance de contact des balais en charbon sur les collecteurs dans quelques conditions différentes. — L. Gratzmuller..........: ............... 32.4
- Bases d’une théorie nouvelle de la commutation. — L. Gratzmuller................. 359
- Les coefficients réciproques dans les réseaux électriques. — H. A.-W. Klinkha-mer.................;.................... 387
- Sur le théorème de réciprocité dans des réseaux de conducteurs.— F. Breisig.... 388
- CONSTRUCTIONS DE MACHINES
- Couplage pour moteurs-série triphasés à collecteur. — Société Siemens-Schuckert. — Brevet n°446 141, demandé le 18 juillet 1912........ 60
- Etude sur la construction des transformateurs statiques. — J. Reyval............135. 169
- Machines à rainurer les collecteurs. . 155
- Dispositif de ventilation pour génératrices de grandes puissances. — K. Weltzl. — Elek-trotechnik und Maschinenbau, 5 janvier 1913. 178 I
- Moteur alternatif a collecteur à vitesse réglable. — Compagnie Française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston. — Brevet n° 446 g32, demandé le 6 août 1912. Publié le 18 décembre 1912 186
- L’auto-excitation et la récupération avec les machines à caractéristique série. — A. Scher-bius. — Elektrotechnische Zeitschrift, 5 décembre
- 1912................................... ao5
- Nouvelle machine pour la compensation du déphasage des moteurs d’induction. — A.
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- T. XXI (2e Série).
- ScherbiUS. — Elektrotechnische Zeitschrift, 17 octobre 1912...........'................;....... 240
- Le coût des pertes dans les transformateurs. — Elektrotechnische Zeitschrift, 9 janvier igi3, d’après Proc. Am. Inst. El. Eng., tome XXX, 19n, p. 1257. 242
- Régulateur de potentiel compensé mono-
- phasé. — Société Brown-Boveri et Cie.— Brevet n° 446 335. Demandé le 22 juillet 1912. Publié le 2 décembre 1912............................... 248
- Groupe moteur-générateur produisant un courant continu d’intensité constante. — Société Alsacienne de Constructions Mécaniques. — Brevet n° 446986. Demandé le 25 septembre igi 1. Publié le 19 décembre 1912......................... 25o
- iPropriétés magnétiques des tôles pour dynamos. — de Nolly et Veyret............ 273
- Moteur polyphasé à collecteur à excitation réglable. — Société Alsacienne de Constructions
- Mécaniques.—Brevet n“( 448 538.demandé le 28 novembre 1911. Publié le 3 février 1913... ...... 3i2
- Moteur triphasé, à excitation-série, avec transformateur-série branché entre l’enroulement du rotor et celui du stator. — Société Siemens-Schuckert. —• Brevet n° 448 5o2. Demandé le 19 septembre 1912. Publié le 3 février igi3. 347
- Méthode de prédétermination de l’excitation des machines à courant continu. — E.-J. Brunswick.............................. 355
- Dispositif de freinage avec récupération d’énergie au moyen des moteurs monophasés à collecteur à caractéristique série. — L. Giiatzmuller. — Brevet n° 448907. Demandé le ieroc-. tobre 1912. Publié le i3 février 1913... 377
- Nouveaux rotors Leblanc à très grande vitesse angulaire. — Société anonyme pour l'exploitation [des procédés Westinghouse-Leblanc. — Brevet n° 449 34i. — Demandé le 11 octobre 1912. Publié le 24 février igi3............................ 4*°
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Sur l’emploi des sources lumineuses intenses et en particulier des lampes tripha-séés, — W. Schaffer. — Eleklrotechnische Zeitschrift, 7 novembre 1912......................... i5
- L’hygiène des sources de lumières artificielles et plus particulièrement des lampes à vapeur de 'mercure. — M. de Recklinghau-sen................................... 235
- TRACTION
- L’électrification des lignes de chemins de fer de la Ceinture et de la Banlieue de Bruxelles (suite). — J. Carlier. — (Voir Lumière Electrique, 14 décembre 1912)..........44) 72 io5
- Quelques considérations sur la traction électrique des chemins de fer métropolitains. — F.-L.......................... 183
- TRANSMISSION ET DISTRIRUTION
- Le convertisseur à vapeur de mercure. —E.
- de Longueval.......................... 265
- Perfectionnement dans l’emploi des dispositifs ^permettant de régulariser le débit d’une
- source d’énergie électrique. — Société Alsacienne de Constructions mécaniques. — Brevet n° 447 190.Demandé.le 19 octobre 1911. Publié le 26 décembre 1912.................................. 217
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- 35° Année.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- APPAREILLAGE
- Nouveau mode de construction de conden-sâteurs à air. — H. ScheringetR. Schmidt.
- — Elektrotechnische Zeitschrift, 26 décembre 1912. i3g
- Nouveau dispositif d’interrupteur automatique. — W. Burstyn. — Elektrotechnische Zeitschrift, 24 octobre 1912......................... 179
- Méthode pour éviter les surtensions avec les éleciro-aimants. — P. Kuschewitz. — Elektrotechnische Zeitschrift, 26 décembre 1912.. 212
- Condensateurs pour lampes à filament métallique. — Élektrolechnische Zeitschrift, 6 février igi3........................................... 335
- Appareils de distribution à isolement constant pour installations à courant faible. — A.
- Ebeling et R. Deibel................. 362
- 9
- La sécurité de fonctionnement des interrupteurs à huile. — M. Vogelsang. — Elektrotechnische Zeitschrift, 2 janvier 1913. 36g
- Le but des appareils pour améliorer le facteur de puissance des distributions à courant alternatif, d’après une conférence de M. Miles Wu-ker, — Résumé de la discussion de MM. Wai.i. et Siie-
- iuïs'G.......................................... 370
- MESURES
- La dépense d’énergie dans les compteurs et son importance dans les centrales agricoles. — H. Büggeln. — Elektrotechnische Zeitschrift,
- 28 novembre 1912....... .............. 48
- Compteur de vapeur.............. 89
- Mesure des pertes d’énergie dans les ma-
- chines à courant continu en fonction de la vitesse. — W.-M. Thornton. — The Eleclrician, 2odécembre 1912............................... 3o3
- Dispositifs ingénieux de fraudes d’énergie électrique condamnés par les tribunaux. — E. de Longueval............................... 390
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Télégraphie et Téléphonie. — Devaux Charbonnel
- 3i, 164 196
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Sur l’influence réciproque de deux antennes voisines. — C1 c. Tissot. — Comptes Rendus de
- l'Académie des Sciences, 10 mars 1 g 13.. 3g4
- Confèrence radiotèlègraphique internatio nale de Londres. — Oc p. Brenot.......... 228
- Phénomènes mis en jeu dans le détecteur êlectrolytique sans force électromotrice auxiliaire, et considérations théoriques sur le fonctionnement des détecteurs èlectrolytiques. — P. JégOU. —^ Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, 3 février igi3 ................. 23g
- Confèrence internationale del’heure. — Cm! P. Brenofc................................. 269
- Influence réciproque des antennes parallèles sur les conditions de réception des ondes hertziennes. — G. Meslin. — Comptes Rendus de
- l’Académie des Sciences, 17 février 1913. 334
- Les éruptions volcaniques et leur répercussion sur la Télégraphie sans fil, par A. Cr. Mc Adie................................... 345
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XXI (2- Série).
- VARIÉTÉS
- Sur l’œuvre de Henri Poincaré. — J. Bos-ler...................................... 53
- Prix de l’Académie des Sciences. — E. do Longueval................................ 86
- Les télégraphes et les téléphones au Parlement. — Rapport de M. Dalimier........ 115
- La réforme des écoles techniques supérieures en Autriche. —J. Brégeat........ 180
- Emploi de l’électricité dans les travaux agricoles. — B. da Costa................ 243
- Emploi de l’électricité pour l’amélioration du rendement agricole delà terre....... 185
- Protection contre l’incendie des postes d’interrupteurs à haute tension et à bain d’huile, et des transformateurs. — J.-B. Picot.,.. 277
- Comité anglais des Travaux de recherches..................................... 279
- La rouille dans le tunnel du Simplon.. 279
- La station centrale de l’usine métallurgique de Caen. — E. de Loisy. — Revue de Métallurgie février igi3...................... 3o4
- L’électrification du réseau municipal de tramways à Paris. — D’après la conférence de M. Mariage.............................. 340
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- Dans quelles conditions la déclaration des recettes dans les états statistiques de & disti'i-butions d’énergie électrique est-elle obligatoire? . — P. Bougault ................ 151
- A quelles conditions les villes condamnées à des dommages-intérêts au profit des gaziers
- peuvent-elles appeler en garantie les électriciens ? — P. Bougault............280 307
- L’occupation concurrente de la voie publique parles entreprises d’éclairage. —L. Pé-joine.................................. 374
- BIBLIOGRAPHIE
- Steinmetz (Ch.-P.). — Théorie et Calcul des phénomènes électriques de transition et des oscillations, traduit de l’anglais par Paul Bunet.— 1 volume in-8° jésus de 678 pages, avec 101 figures. — II. Dunod etE. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 22 francs. .................................. 5g
- Hollard (Auguste). — La thêoi'ie des ions et l'êlectrolyse. (Deuxième édition entièrement refondue.) — i volume in-8° de vu-220 pages, avec 16 figures. —
- Gauthier-Yii.i.aiis, éditeur, Paris, 1912. — Prix : 5 francs................................................ 87
- Podevyn (A)., Ingénieur, professeur d'électricité. — Recueil de problèmes et applications sur l'électricité, comprenant le calcul de la force, du groupement, de la lumière, des batteries d’accumulateurs, du pi'ix de revient, etc., aussi bien en courant alternatif qu’en courant continu. — 1 volume in-ia broché de 180 pages, avec
- 43 figures. — II. Desforges, éditeur, Paris 1912. — Prix : 3 francs................................. 87
- Kônigswerther (Alex.). —Manuels électro-techniques Fritz Hoppe. — Prinzip und Wir-kungsweise der Watt met er und Elektrizi-tâtszahlevfür Gleich-und Wechselstrom. (Principe et fonctionnement des waltmètres et des compteurs pour courant continu et courant alternatif.) Fascicule 10.
- — 1 volume de v 71 pages, avec 84 figures. — Prix : relié, 4 fr. 20.......................................... 88
- Hoppe (Fritz) — Ubungs aufgaben auf der Gleich-und Wechselstromtechnik. (Exercices sur la technique des courants continu et alternatif.) Fascicule 5. — 1 volume de v-237pages, avec 158 figures. — Prix : relié, 9 fr. 5p. —Johann-Ambrosios Bahtu, éditeur. Leipzig.................................... 88
- Annuaire du Bureau des Longitudes pour l’an 1913, avec des Notices scientifiques. —
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- 35e Année.
- LÀ LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- i vol. in-16 de plus de 800 pages, avec figures : Prix : 1 fr. 5o net. Gautiiier-Villars, éditeur, Paris. 120
- Bourrey (G). — Le problème de l’Apprentissage et l’Enseignement technique. — 1 vol. in-16 de 164 pages. — Dunod et Pinat, éditeurs. Paris 1913. — Prix : 2 francs.............. ....... 2i5
- Churchod (Adr.), Ingénieur diplômé de l’Ecole supérieure d’électricité. — Installations électriques de iorce et lumière ; Schémas de connexions ; préface de P. Janet, directeur de l’Ecole_Supérieure d’Elec-tricité. — Deuxième édition complètement remaniée et très augmentée. — Un vol. in-8° 16 X 25, de vii-
- 208 pages. — Dunod et Pinat, éditeurs, 1912. — Prix : broché, 7 fr. 5o.................................... 216
- Dr Corret (Pierre). — Télégraphie sans ûl. —
- Réception des signaux horaires et des télégrammes météorologiques (extrait du Cosmos, octobre et novembre 1912).— 1 vol. in-16 dega pages, avec 34 figures. —
- Editions de la Bonne Presse. Paris igi3, — Prix :
- •2 francs............................. . . ..... 246
- Escard (Jean), Ingénieur civil, lauréat de la Société
- d’Encouragement à l’Industrie Nationale, rapporteur général du premier Congrès International des Applications de l’électricité aux industries agricoles. — Les applications de l’électricité à l’agriculture. —
- Brochure de 74pages, avec 24 figures. — J.-B. Baillière et fils, éditeurs, Paris. — Prix : 2 francs. 247
- Dr G. Weiss.—Sur les effets physiologiques des courants électriques. — 1 vol. in-18 (28X18) de 86 pages, avec 26 planches. —Gautimer-Villars, éditeur, Paris, 1912. — Prix : 5 francs........ 310
- MM. Rengade, Jolibois, Broniewski. — Confèrences sur les Alliages. — Une brochure de 36 pages avec 3o figures. — Paris A. Hermann et fils, éditeurs. — Prix broché : 2 francs.......... 3n
- A. Mauduit. — Contribution expérimentale et théorique a l’étude de la commutation dans les dynamos à courant continu. — (Thèse de doctorat). 1 vol.in-8 de 292pageset i5i figures. —Dunod et Pinat, éditeurs, Paris, 1912............. 346
- A. Witz. — Les moteurs à combustion interne. — 1 vol. in-18 grand-jésus de 36o pages, avec 87 figures. — O. Doin et fils, éditeurs, Paris. — Prix : cartonné toile, 5 francs.................. 4°3
- G. Chabaud. — La pi'otection légale des dessins et modèles. — 1 vol. in-8° de 3a4 pages. — II.
- Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 9 francs............................................. 404
- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Fixation de l'azote par un mélange d’alumine et de charbon. — S.-A Tucker et Henry L. Read — Rapport présenté au 22e Congrès de Y American Electrochemical Society, à New-York, sept.
- 1912......................................... 49’
- Prix de revient de l’électrolyse des chlorures alcalins. — Engelhardt. — Chemikcr Zei-
- tung, vol. 35, n°s 64 et 65, et Metallurgical and Chemical Engineering, vol. X, 110 10........ i43
- Sur l’emploi de résistances du chrome métallique granulaire pour le chauffage électrique. — O. Dony-Henault. — Comptes Pendus de VAcadémie des Sciences, 6 janvier 1 g 13.. 174
- DIVERS
- Les avertisseurs d’incendie électriques. — W. Fellenberg. — Elektrotechnisnhe Zeitschrift,
- 14 novembre 1912.......................... 20
- L’installation électrique des grands magasins du Louvre. — J.-B. Picot............. 7e
- Les charges financières des usines à gaz et des centrales électriques.— F. Ross. — Elektro-lechnische Zeitschrift, 28 novembre 1912..... 83
- La Fondation d’une Association technique ;
- allemande del'èclairage. — G.Dettmar. —Elek-trotechnische Zeitschrift, 5 décembre 1912. 85
- Les applications domestiques de l’électricité. — Georges Dettmar. —Elektrotechnische Zeitschrift, 3i octobre et 7 novembre 1912.... 110
- Les installations électriques de la ville de Rome. [Fin.) — (Voir Lumière Electrique, 14 et 21 décembre 1912).....;.........i.............. 121
- Le développement de l’industrie électrique
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XXI (2’ Série).
- 422
- t^ep-Espagné. —M. von Scheven. — Elef-trotech-' Hilsçhë'Zeitschrift, 5 décembre 1912....... >4>
- Dispositif de connexion pour véhicules électriques.— Société Brown, Boveri et Cil“. — Brevet n° 447858. Demandé le 3i août 1912. Publié le 17 janvier 1913.......................................... 218
- Sur les inconvénients que pourrait causer aux appareils des Postes et Télégraphes le voisinage de certains paratonnerres spéciaux dits « Niagaras ». — J. Violle. — Comptes Rendus de VAcadémie des Sciences, 17 février igi3.. 299
- Les Monorails électriques.................. 3i3
- L’estimation des valeurs industrielles allemandes d’après les cours de la Bourse de Berlin. — E. Werner. — Elektrotechnische Zeit-
- schrift, 16 janvier 1913................... 335
- Le Moteur électrique dans l’imprimerie. — H. Marchand. — Cosmos, 9 janvier 1.913..,. . . . 337
- Les vernis isolants......................... 4« 1
- Liste des brevets français (Supplément), 90
- 154, 222, 290, 358
- CORRESPONDANCE
- Perturbations apportées aux lignes à courant faible par les lignes de traction électrique.
- Lettre de M. Arturo Perego et Cie... . 247
- Réponse de M. Devaux Charbonnel.. . 248 Lettre de MM. C. Olivetti et Cie,... ___ 3i6
- Lettre de M. Gratzmuller à propos de l'a-vanceur de phase Scherbius............ 4o5
- NÉCROLOGIE
- M. Cailletet (Louis)... M. Richard (Gustave)
- 52 1 MM SautterlLouis)etHabert(Gustave) 154
- 53 I M. de Laval (G)..................... 219
- RENSEIGNEMENTS ECONOMIQUES ET COMMERCIAUX
- Etudes économiques : 28, 61, 91, n4» 156, 188, 220, 25a, 205, 31 f>, 348, 379, 412
- Renseignements commerciaux : 29, 6>, g3, 126, i58, 190, 222. a53, 287, 318, 349) 38i, 4*4
- Nouvelles Sociétés : 64, 95, 128, 160, 22.3, 254,
- 287, 320, 35i, 414
- Adjudications : 32,64, 95, 128, 160, 191, 255, 288,
- 320-, 352, 385, 415
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-
-
-
- 35" Année. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE 423
- TABLE DES AUTEURS
- A.
- Adie A. Ch. Mc. — Les éruptions volcaniques et leur répercussion sur la télégraphie sans fil....................................345
- B
- Baillehache (R. de). — Composition des forces électromotrices d’induction. (Méthode de M. A. Guillet.).....................
- Bergonié (J.). — Des applications de diathermie comme ration énergétique
- d’appoint.............................
- Bosler (J.). — Sur l’œuvre de Henri Poincaré..........................................
- Bougault (P.). — Dans quelles conditions la déclaration des recettes dans les étals statistiques des distiibulions d’énergie électrique est-elle obligatoire ?
- A quelles conditions les villes condamnées à des dommages-intérêts au ' profit des gaziers peuvent-elles appeler en garantie les électriciens? . 280,
- Bourhey (G.). — Le problème de l’Apprentissage et l’Enseignement technique
- [Bill.)...............................
- Brègeat (J.). —> La réforme des Ecoles techniques supérieures en Autriche. Breisig (F.). — Sur le théorème de réciprocité dans les réseaux de conducteurs. Brenot (Cno P.). — Télégraphie sans fil.
- Conférence radiotélégraphique inter -
- nationale de Londres..................
- Conférence internationale de l’heure.
- Bhoniewski. — Voir Rengade...................
- Brunswick (E.-J.). —Méthode de prédélcrmi-nation de l’excitation des machines à
- courant continu.......................
- Büggeln (H.). — La dépense d’énergie dans les compteurs et son importance dans les centrales agricoles......................
- 201
- 82
- 53
- 3o'-
- 180
- 388
- 228
- 2.5g
- 1
- 355
- 48
- Burstyn (W.). —Nouveau dispositif d’interrupteur automatique. .... ., .
- C
- Cahlieii(J.). — L’électrification des lignes de chemins de fer de la Ceinture et de la Banlieue de Bruxelles. (Voir Lumière Electrique, 14 décembre 1912) (suite
- et fin.)....................44,7»,
- Chabaud (G.). — La protection légale des dessins et modèles. (Bibl.).
- Chasse ri aud (R.). — L’avenir de l’électricité. Consultations de MM. A. Blondel.
- P. Janet, Devaux-Charbonnel, C.-F. Guilbert {suite et fin). . . 11,67,
- Corret (Dr P.). — Télégraphie sans fil. {Bibl). Costa (B. da). — L’emploi de l’électricité dans les travaux agricoles. . . 243,
- Curciiod (A.). — Installations électriques de force et lumière. Schémas de connexions. (BiÜl.'.............................
- D
- Dalimier. — Les télégraphes et les téléphones au Parlement (Rapport). . . n5
- Darwin (G.). — A propos de la communication de M. Gouy : « Sur la théorie des gaz ionisés et le principe de Carnot ». 48
- Deibel (R.).— (Voir Ebeling)....................562
- Deny-IIenault (O.). —Sur l’emploi de résistance de chrome métallique pour le
- chauffage électrique....................174
- Dettmar (G.). — La fondation d’une Association technique allemande de l’Eclairage ............................................85
- Les applications domestiques de
- l’électricité . . . no
- Devaux Ciiarbonnel. — Télégraphie et Téléphonie. (Chronique de). La traction monophasée et le téléphone. . . . 131
- Téléphonie sous-marine. __._ 164, 196
- io5
- 99
- 246
- 397
- 216
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-
- LA LUMIÈRÈ ÉLECTRIQUE
- T. XXI (28 Série).
- 424
- B
- Ebeling (A.), et Deibel (R.). — Appareils de distribution à isolement constant pour installations à courant faible . . . 36a
- Emde (F.). — Un modèle de surface pour l’ex-
- plication de la notion de nombre de « lignes-tours ........ 240
- Engelhardt. — Prix de revient de l’électrolyse
- des chlorures alcalins...................143
- Escaiid (J.). — Les applications de l’électriciié
- à l’agriculture. (Bibl.).................247
- F
- Fellenbeiig [W.f. — Les avertisseurs d’incendie électriques...........................20
- 6
- Gratzmuller (L.). — Mesure de la valeur de la résistance de contact des balais en charbon sur les collecteurs dans quelques conditions différentes . . . . 324
- Bases d’une théorie nouvelle de la commutation..........................35g
- H
- Herrmann (J.).—La démonstration de l’amortissement des vibrations au moyen de l’oscillographe.....................17 5
- Hollard (A.). — La théorie des ions et l’électrolyse (20 édition). [Bibl.). ... 87
- Hoppe (F.). — Ubungsaufgaben auf der Gleich-
- und Wechselstromtechnik. [Bibl.). . 88
- Houllevigue (L.). — Sur la réflexion des
- rayons cathodiques lents..............48
- J
- .1 égou (P.). — Phénomènes mis enjeu dans le détecteur électrolytique sans force électromotrice auxiliaire, et considérations théoriques sur le fonctionnement
- des détecteurs électrolytiques. . . 23g
- Jolibois. —Voir Rengade.........................3n
- K
- Klinkhamer (H.-A.-W.). — Les coefficients réciproques dans les réseaux électriques.......................................
- Kuschewitz (P:). — Méthode pour éviter les surtensions dans les électro-aimants.
- Kônigswerther (A.). — Prinzip und Wir-kungsweise der Wattmeter und Elek-trizitatsziihler fur Gleich-und Wech-selstrom. [Bibl.).............................
- L
- Leblanc (M.). — Etude sur la réalisation des grandes vitesses angulaires. Voir Lumière Electrique, 21 et 28 décembre igi2. [suite et fin.).....................7,
- Loisy (E. de). — La station centrale de l’usine métallurgique de Caen.........................
- Longueval (E. de). — Prix de l’Académie
- des Sciences..........................
- Le convertisseur à vapeur de mercure ..........................
- Dispositifs ingénieux de fraude d’énergie électrique condamnés parles tribunaux.............................
- M
- Marchand (II.). — Le moteur électrique dans l’imprimerie..................................
- Mariage. — L’électrification du réseau municipal de tramways à Paris (conférence).
- Martin (G.). — Le moteur Latour shunt compensé......................'....*.
- Mauduit (A.). — Contribution expérimentale et théorique à l’étude de la commutation dans les dynamos à courant continu. [Bibl.). .... . . . .
- Meslin (G.). — Influence réciproque des antennes parallèles sur les conditions de réception des ondes hertziennes.
- N
- ÎVolly (de) et. Veyret. — Propriétés magnétiques des tôles pour dynamos.
- 387 21 2
- 88
- 35
- 3o4
- 86
- 265
- 3g°
- 337
- 34o 291
- 346
- 334
- 273
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-
-
- 35e Année.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 425
- P
- Péjoine (L.). — L’occupation concurrente de la voie publique par les entreprises
- d’éclairage...........................374
- Picot (J.-B.). — L’installation électrique des
- nouveaux magasins du Louvre. . . 76
- Protection contre l’incendie des postes d’interrupteurs à haute tension etàbain d’huile,etdestransformateurs. 277 Podevtn (A.). — Recueil de problèmes et
- applications sur l’électricité. (Bibl.). 87
- R
- Read (Henry L.). — Voir S.-A. Tucker . . 49
- Recklinghausen (M. de). — L’hygiène des sources de lumières artificielles et plus particulièrement des lampes à vapeur
- dejmercure..........................235
- Rengade, Jolibois, Broniewski. — Conférence sur les alliages. [Bibl.]. . . 3ii
- Reyval (J.). —Etude sur la construction des
- transformateurs statiques. . i35, 1G9
- Ross (F.). — Les charges financières des
- usines àgaz et des centrales électriques. 83
- S
- Schaffer (W.). — Sur l’emploi des sources lumineuses intensives et en particulier
- des lampes triphasées .................15
- Scherbius(A.). — L’auto-excitalion et la récupération avec les machines à caractéristique série ...............................2o5
- Nouvelle machine pour la compensation du déphasage des moteurs d’induction.............................‘>-4o
- Schf.ring (H.) et Schmidt (R.). — Nouveau mode de construction des condensateurs à air............................139
- Scheven (M. von). — Le développement de
- l'industrie électrique en Espagne . . i4o
- Schmidt (R.).—Voir Schering (II.) . . • 1 ^9
- Steinmetz (Ch.-P.). — Théorie et calcul des
- phénomènes électrique^ de translation et des oscillations (traduction P. Bu-
- net.) [Bibl.)..........................5q
- Siiearing, — Discussion de la Conférence de
- M. Miles Wallcer.......................372
- T
- Tiiornton (W.-M.). — Mesure des pertes d’énergie dans les machines à courant continu en fonction de la vitesse. . . 3o3
- Tissot (G.). — Sur l’influence réciproque de
- deux antennes voisines.............3o4
- Tucker (S.-A.) et Henry L. Read. — Fixation de l’azote par un mélange d’alumine et de charbon.................................49
- V
- Veyret. — Voir Nolly (de)...................273
- Violle (J.). — Sur les inconvénients que pourrait causer aux appareils des Postes et Télégraphes le voisinage de certains paratonnerres spéciaux dits « Nia-
- garas » (Rapport)...................299
- Vogelsang (M.). — La sécurité de fonctionnement des interrupteurs à huile . . . 369
- W
- Walker (Miles). — Le but des appareils pour améliorer le facteur de puissance des distributions à courant alternatif. . . 370
- Wall. — Discussion de la Conférence de
- M. Miles Walker. . . . ... 372
- Weiss (Dr G.). — Sur les effe ts physiologiques
- des courants électriques. (Bibl.). . . 3io
- Weltzl (K.). — Dispositif de ventilation pour
- génératrices de grandes puissances. . 178
- Werner (E.). — L’estimation des valeurs industrielles allemandes d’après les cours de la Bourse de Berlin . . . 335
- Witz (A.). — Les moteurs à combustion
- interne. [Bibl.). . ..............4o3
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-
-
- 426
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XSI (2* Série).
- TABLE DES SOCIÉTÉS
- Ier TRIMESTRE I9l3
- CONSTITUTIONS DE SOCIÉTÉS D’ÉLECTRICITÉ
- Ateliers de Constructions Electriques de
- Delle........................................128
- Compagnie de Distribution de Force et Lumière........................................191
- Compagnie Générale de Distribution Electrique
- de l’Oise. ............................... . 320
- Demoly et Martinot (Appareillage Electrique). 160
- La'Mondaine (Lampe Electrique)...................64
- La Néophile (Fabrications Electriques). . . 287
- Mailles, Raffin, Garim et Pupier (Comptoir Industriel, construction d’usines métallurgiques ou électriques)................. . . . 160
- Piquelle et Cie (Fabrication de piles et appareils
- d’électricité).............................. 64
- Société Alsacienne de Constructions Mécaniques à Belfort................................224
- Société Anonyme des Chemins de fer Basques. 160 Société Anonyme des Anciens Etablissements Aubert. . ..........................'. . . 191
- Société Anonyme du Secteur Électrique de la
- Bastille...................................... 352
- Société Anonyme « Dynamo Farelec ». . . 351
- Société Andelysienne d’Electricité .... 352
- Société Bretonne d’Electricité.....................287
- Société de Distribution d’Electricité de l’Ouest 223 Société d’Entreprises Générales d’Electricité. 160 Société des Moteurs Salmson. . . . . . 288
- Société Electrique de Montlouis....................191
- Société Electrique de Pléneuf.......................95
- Société Electrique de Saint-Priest et extensions............................................. 288
- Société Française du Radium........................160
- Société Luçonnaise d’Electricité...................191
- Société Sarthoise d’Eclairage et-de Force par
- l’Electricité...................................191
- Winter et G‘e (Installations Electriques) . . 254
- SOCIÉTÉS CITÉES DANS NOS ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Allgemeine Oesterreichische Elelitrizitiits Ge-
- sellschaft.................................413
- Ateliers de Jeumont...........................414
- Ateliers de Constructions électriques de Char-
- leroi.......................................29
- Banque de France..............................188
- Barcelona Traction, Light and Power Company................................. . i58, 413
- Compagnie électrique du Nord..................412
- Compagnie des Forges et Aciéries de Pont-à-Vendin.......................................412
- Compagnie Barcelonaise de Traction, d’Eclai-
- rage et de Force.............................286
- Compagnie d’Électricité de Marseille. . . 286
- Compagnie d’Electricité de l’Ouest-Parisien. 285 Compagnie du chemin de fer Métropolitain de
- Paris.................. . . 28, 61, 285, 414
- Compagnie du chemin de fer Métropolitain « Le Nord-Sud ». . . . ... . . 317
- Compagnie Générale d’Electricité . . . .125
- . Compagnie Générale Française des Tramways
- 221, 286
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- 35e Année.
- 427
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Compagnie Générale de Traction..............61
- Compagnie Lorraine d’Electricité. . i56, 38i
- Compagnie Madrilène d’Electricité .... 221
- Crédit Foncier de France....................12$
- Compagnie Générale Parisienne de Tramways. 34g Deutsch-Ueberseeische Eleklrizitttts Gesell-
- schaft................................ 318
- Deutsche Bank. . . . . , ............413
- Elektrische Licht und Kraftanlagen A.-G. . 413
- L’Electrique Lille-Roubaix-Tourcoing. . 221
- Electricité et Gaz du Nord................91
- Forces Motrices du Rhône..................i5^
- Les Ardennes Electriques................. . 317
- Ligura-Toscana d’Electricité . . . . . . 4i3
- Métropolitain de Constantinople. . . . . 188
- Métropolitain de Berlin (Gesellschaft für Elektrische Hoch-und Untergrundbahnen). . . 4i3
- Omnium Lyonnais . ia5
- Omnium d’installations Electriques.- . . . 349
- Société l’Eclairage Électrique............29
- Société Franco-Italienne du Métropolitain de
- Naples................................... 125
- Société Siemens et Halske et Schuckerf. . . 125
- Sud Electrique............................125
- Société Alsacienne de Constructions Mécaniques, Belfort............................ . i56
- Société Franco-Espagnole « Energia Electrica
- de Cataluna »............................
- Société Belge Popp. ..........................189
- Société Financière de Transports et d’Entre-
- prises................................220
- Société du Gaz et d’Electricité de Roubaix . . 4 «3
- Société d’Electricité de Rosario.........348
- Société d’Electrochimie........................4^3
- Société Italienne Thomson-JHouston . . . . 4*3
- Société des Tramways de Buenos-Aires. . 221
- Société Russe d’Electricité Westinghouse. . 252
- Société Norvégienne de l’Azote...........2Ô2
- Société Générale des Nitrures............252
- Société Générale Électrique de la Marne. . 317
- Société Electrique de Saint-Priest. . . . 317
- Société Générale Belge d’Entreprises électriques...................................... 3i8
- Société des Mines de Lens . . . . . . . 413
- Société Artésienne.......................414
- Société Générale Russe d’Electricité . . . . 414
- Société Vcrsaillaise de Tramways électriques et de Distribution d’énergie. . . . 38o, 383
- Société Centrale pour l’Industrie Electrique. 348
- Société Devilaine et Rougé. ...................349
- Tréfileries du Havre.....................29
- Tramways suburbains de Nancy. . . . . 221
- Tramways et Electricité à Bruxelles. . 286, 317
- Tramways du Var et du Gard...............286
- Tramways Toscans........................3 3 7
- Tramways de Reims........................34g
- Tramways de Barcelone...................4 13
- Union des Tramways.................221, 262
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